La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- SOIXANTE ET UNIÈME ANNÉE 1933 - PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C", ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT - GERMAIN
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- LA NATURE
- W° 2896. — 1-Janvier 1933.
- Paraît le rer et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 fran
- Pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (a<°> pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C'e, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VT (T{. C. Seine : i5.234) Tél. Danton 56-} 1.
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- N° 2896
- LA NATURE
- 1er Janvier J 933.
- UN IMMENSE JARDIN D'ACCLIMATATION EN RUSSIE
- ASKANIA-NOVA 11
- Askania-Nova, dans le sud de la Russie, n’est exclusivement ni un parc national, ni une réserve nationale, mais plutôt un vrai et immense jardin d’acclimatation, peut-être unique au monde.
- HISTORIQUE
- Il est intéressant de rappeler brièvement son origine. Nous n’aborderons pas les questions politiques liées à l’iiistoire de cette réserve. Vers la fin du xvme siècle la partie méridionale de la Russie et notamment le littoral de la mer d’Azov n’appartenait proprement à personne. Seids les Cosaques-Zaporogues, quand ils allaient guerroyer contre les Turcs, campaient parfois dans cette steppe immense, sorte d’océan terrestre dénué de toute végétation arborescente et couvert presque intégralement par l’herbe « Kovile » (Stipa). Les Cosaques-Zaporogues ayant fait leur soumission définitive à Catherine la Grande, ce territoire devint partie intégrante de l’Empire Russe.
- ‘iEn 1828, le tsar Nicolas Ier donna au duc allemand d’Anhalt-Ketensky 47 000 hectares de cette steppe. En 1841, celui-ci y fonda une ferme, et, possédant déjà en Prusse une terre nommée Askania, nomma celle-ci I. D’après les documents officiels de l’U.R.S.S.
- ASCANIA-NOVA
- .Perecoi
- Alexeevka
- MER
- /V O IRE
- D ' AZOV
- Fig. 1. — Le domaine d’Askania-Nova.
- Novaia-Askania, mais il géra mal ce domaine. Il tenta par exemple l’élevage hasardeux de purs sangs arabes. En 1856, presque ruiné, il vendit Askania-Nova à un de ses compatriotes Fein, qui était industrieux et avisé. Ce dernier entreprit avec succès l’élevage des moutons mérinos et acquit rapidement une grande fortune. Bientôt, il mariait sa fille à Édouard Falz, un émigré allemand aussi, établi et enrichi en Russie. Cette famille prit le nom de Falz-Fein.
- Édouard Falz-Fein à sa mort laissa : 160 000 ha de terres, environ 400000 moutons et 3000 autres animaux domestiques. Ses trois fils partagèrent l’héritage et le domaine d’Askania-Nova devint la propriété de Frédéric Falz-Fein, naturaliste instruit et amant passionné de la nature. Il creusa des lacs, planta un parc et se mit à introduire à Askania divers animaux et oiseaux sauvages.
- A partir de 1886, il employa un jeune paysan nommé Clime Sianko qui devint vite son bras droit. C’est ce Clime Sianko, avec Kout-cheroff, un ouvrier mécanicien, qui, pendant les guerres civiles de 1918-1921, réussirent à protéger et à sauver d’un complet anéantissement le domaine et sa faune sauvage. Enfin par le décret du 8 février 1921, le Comité national des Soviets non seulement déclara « Réserve nationale » le domaine d’Askania-Nova comprenant environ 20000 ha, mais il
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- y ajouta encore les terres des frères, et de la tante de Frédéric Falz-Fein, soit environ 19 200 ha. De sorte que ce domaine couvre actuellement 40 000 ha et mesure 40 kilomètres de long sur 18 kilomètres de large.
- L’AMÉNAGEMENT D’ASKANIA-NOVA
- Il comprend deux parties distinctes : l’une, Askania-Nova, proprement dite, est consacrée à racclimatation des mammifères et des oiseaux, l’autre Dornbourg, à l’agriculture et à l’élevage industriel. En traduisant ceci par des chiffres on peut dire que :
- 6000 ha sont absolument réservés à l’acclimatation et aux expériences scientifiques ;
- 22000 ha sont affectés au pâturage des moutons et autres animaux domestiques; 10000 ha à l’agriculture; le reste, soit environ 2000 ha, correspond aux parcs, jardins, bâtiments, routes, lacs, etc.
- Grâce à un tel aménagement, la réserve nationale doit produire, tant par l’agriculture que par l’élevage industriel, surtout la vente de laine, un bénéfice annuel d’environ 500 000 roubles or, soit environ six millions de francs stabilisés, ce que ses dirigeants estiment suffisant pour assurer son existence et son développement futur.
- Géographiquement Askania-Nova se trouve entre la mer Noire et la mer d’Azov, à 25 km de Pérékop, à 55 km du port de Kachovka sur le Dnieper, à 70 km du chemin de fer, à 120 km du chef-lieu d’arrondissement de Melitopol et à 120 de la ville départementale de Cherson (fig. 1).
- La Réserve zoologique proprement dite, ou Zooparc, se divise ainsi :
- 1° Le parc inférieur;
- 2° Le parc supérieur;
- 3° Les lacs extérieurs ;
- 4° Le grand enclos ;
- 5° Les bâtiments qui servent d’abris aux animaux;
- 6° Les écuries des chevaux sauvages.
- Le parc inférieur est celui où M. Falz-Fein fit ses premiers essais d’acclimatation. Sa surface est presque
- Fig. 3. — Le grand enclos. Les animaux de diverses régions vivent ensemble en liberté.
- rectangulaire, coupée à peu près au milieu par la ligne des lacs. Les essences dominantes y sont : le Charme, l’Orme, l’Acacia, le Frêne, le Chêne, ainsi qu’un Sapin et un Pin. Parmi les arbustes on trouve le Lilas, le Groseillier à fleurs jaunes, le Chalet ainsi que le Lyciet. Tous ces arbres ont été plantés par M. Falz-Fein dans une plaine déserte, de même d’ailleurs qu’y furent creusés les lacs. Pour mieux comprendre quel travail formidable exigèrent ces créations, qu’on sache qu’il n’existait à Askania-Nova ni rivière, ni source importante et facile à capter; tous ces lacs sont alimentés et toutes ces plantations sont irriguées par l’eau souterraine que fournissent trois puissantes pompes.
- Si M. Falz-Fein a voulu créer une réserve universelle où chaque mammifère et chaque oiseau pût choisir un habitat de son goût, il y a réussi. Dans le fourré ombreux des sous-bois habitent et nichent quantité de petits oiseaux migrateurs de toutes variétés. Dans les creux des arbres et dans des nichoirs haut placés se reproduisent des centaines de Faucons Crécerelles (Falco Finnunculus) et de Faucons Kobez (Falco vespertinus). Dans des nichoirs placés plus bas pondent les Tadornes Casarca (Casarca forruginea). Dans les canaux ombragés nichent les Canards sauvages colverts (Anas boschas) et même les Oies sauvages de diverses espèces.
- Les berges du lac sont diversement aménagées : du côté des bois elles sont escarpées; en face au contraire elles sont absolument nues sans aucune végétation, basses et formant des plages marécageuses où ont choisi leur résidence les Flamants et divers oiseaux de marais.
- Au milieu des lacs se trouvent plusieurs petits îlots bordés près de l’eau d’une barrière impénétrable de broussailles et de vignes sauvages. M. Falz-Fein les créa-t-il sciemment parce qu’il connaissait la grande utilité de ces dispositifs où par une divination géniale ? Toujours est-il que ces îlots permirent la grande multiplication de divers oiseaux. C’est là que nichent surtout les oiseaux aquatiques. Chaque couple de Cygnes, d’Oies sauvages et de Bernaches fait presque toujours son nid annuellement à la même place, qu’il défend avec jalousie et dont il chasse sévèrement les intrus.
- Derrière le lac se trouve le royaume des Nandous qui vivent là presque toute l’année et y élèvent leurs autruchons sans aucune intervention de l’homme.
- LES OISEAUX
- Examinons maintenant avec quelque détail les oiseaux habitant le parc zoologique. Un des plus grands succès d’acclimatation obtenu ici est le Canari. Cet oiseau vit dans le parc en pleine liberté et s’y reproduit abondamment, l’égayant beaucoup de ses vols et de ses chants. Toutefois au crépuscule, presque tous les Canaris rentrent de leur propre gré dans leurs volières, sans doute pour se mettre à l’abri des Rapaces.
- Un autre brillant résultat a été obtenu par M. Falz-Fein dans l’acclimatation des Rossignols du Japon (.Leiothrix lutea). Ils n’avaient jamais voulu reproduire en volière. Une fois remis en liberté, ils se multiplièrent aisément dans le parc.
- Les Canards sauvages colverts choisirent de préférence
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- la partie Est du lac. Une chose étrange est que ces oiseaux, tout en étant très nombreux et extrêmement prolifiques, restent cependant des plus méfiants vis-à-vis de l’homme. Leur nombre annuel peut être évalué à 3 ou 400.
- Les Tadornes aux cris mélodieux et aux couleurs voyantes contribuent aussi beaucoup au pittoresque du parc. Sauf pendant la panade, ils s’intéressent peu à l’eau, passant la plupart du temps dans la steppe ou dans les blés, dont ils recherchent le grain. Ils fréquentent aussi les bâtiments et souvent perchent sur les toits et même les cheminées. Comme nous l’avons dit, ils couvent dans des nichoirs en bois placés près du sol, mais il arrive qu’un couple choisisse une caisse haut placée, par exemple à 5 ou 10 m, destinée aux Faucons-crécerelles. Cette tendance des Tadornes à nicher parfois très haut a été observée de longue date. Les naturalistes ont cherché à expliquer comment font les parents pour descendre leurs petits après l’éclosion. Très longtemps on a cru qu’ils les transportent dans leurs becs. Après de longues et méticuleuses observations, M. Der-gounoff a pu établir que les petits dégringolent tout simplement l’un après l’autre du nid jusqu’à terre, sans se faire aucun mal. Le Tadorne est d’ailleurs très capricieux dans le choix de son nid. Souvent il dédaignera un nichoir qui nous semble lui parfaitement convenir et, par contre, dans une autre caisse placée juste à côté, s’installeront deux femelles ensemble. On trouve parfois des caisses contenant 20 à 30 œufs en plusieurs rangées. On rencontre souvent une femelle avec 20 petits et plus, mais il ne faut pas en conclure qu’elle les a tous couvés.
- En effet, le Tadorne a tendance à s’approprier la progéniture de ses congénères. Toutefois cette passion ne dure qu’environ huit jours, et une mère non seulement n’adopte pas des petits âgés de plus d’une semaine, mais les bat cruellement, s’ils s’approchent d’elle. Les Tadornes ont sur les lacs d’Aslcania-Nova un grand ennemi : c’est l’Oie d’Égypte (Chenalopex ægyptiacus). Autant ces grands palmipèdes restent indifférents à tous les autres habitants des lacs : canards, plongeons, etc., autant ils nourrissent une haine implacable contre les Tadornes et les battent tant qu’ils peuvent.
- Parmi les autres espèces de palmipèdes du Zooparc, habitent et se reproduisent les Fuligules morillons (Nyroca fuligula) et les Fuligules milonius (Nyroca ferina).
- Avant la révolution, le Zooparc possédait cinq variétés de Cygnes :
- Le Cygne sauvage (Cygnus musicus) ;
- Le Cygne à Col noir (Cygnus melanocoryphus) ;
- Le Cygne de Bewick (Cygnus Bewicki) ;
- Le Cygne muet (Cygnus olor) ;
- Le Cygne noir (Chenopsis atrata).
- Sauf les Cygnes sauvages (musicus), ils périrent tous pendant la guerre civile. A partir de 1925, l’administration d’Aslcania-Nova s’appliqua à réparer ces pertes. Des observations faites, tant à ce Zooparc qu’au jardin zoologique de Moscou, ont prouvé que les cygnes reproduisent très irrégulièrement : tel couple le fera chaque
- année, tandis que deux ou trois autres couples ne le feront jamais. A Moscou, par exemple, un couple a reproduit chaque année ; par contre aucun de ses descendants, au nombre de 17, n’a jamais reproduit. Il ne faut pas cependant regretter qu’Askania-Nova possède relativement peu de cygnes, car cet oiseau qui est le plus fort et qui a le plus mauvais caractère rend la vie fort dure aux autres habitants des lacs, notamment au moment des couvées. En 1922, il fallut enlever du lac un cygne qui chassait de leurs nids les bernaches du Canada, et un autre qui tua deux jeunes oies sauvages. En 1925 les cygnes détruisirent trois nids d’Oies d’Égypte, qui de ce fait restèrent cette année-là improductives.
- Les espèces suivantes d’Oies sauvages existent à Askania-Nova :
- Oie cendrée (Anser cinereus) ;
- Oie des moissons (Anser segelum) ;
- Oie à front blanc (Anser albifrons) ;
- Oie d’Égypte (Chenalopex aegypliacus) ;
- La Bernache du Canada (Branla canadensis) ;
- La Bernache nonnette (Anser leucopsis).
- Toutes ces espèces reproduisent assez bien et sont complètement acclimatées, car elles ne témoignent pas le moindre désir de quitter le Zooparc. M. Falz-Fein posséda aussi de rares exemplaires de l’Oie des neiges (Anser hyperboreus), mais ils ont été massacrés pendant la guerre civile et il ne reste actuellement que quelques métis de cette espèce avec l’Oie cendrée (A. cinereus).
- La partie centrale du lac formée de bas-fonds vaseux est occupée par les Flamants. Ils s’y nourrissent seuls pendant toutes les saisons, sauf en hiver où on les fait rentrer dans un abri. Ils sont alors nourris artificiellement de poissons secs. Il faut croire que ces conditions de vie leur conviennent, car ils conservent leurs couleurs vives : le corps rose avec les ailes d’un carmin vif. On sait qu’au contraire dans des conditions défavorables le plumage des Flamants pâlit rapidement, le rose se transformant en blanc et le carmin en rose. Toutefois jusqu’ici ces beaux échassiers n’ont jamais reproduit (fig. 2).
- L’un des plus grands succès d’Askania-Nova est l’acclimatation complète du Nandou. Il supporte le froid jusqu’à —18° et reproduit régulièrement. On sait que contrairement à tous les autres oiseaux, sauf le Cou-
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- cou, la femelle du Nandou ne s’occupe ni de couver ni d’élever. Ce sont les mâles qui font le nid et qui couvent chacun à son tour les œufs déposés par la femelle. On a observé à Askania-Nova des cas où le même nid est couvé successivement pas six mâles. Au fur et à mesure que les petits sortent de leurs œufs, un mâle quitte le nid et s’en va avec 5 ou 6 autruchons; un autre prend sa place et ainsi de suite. Mais quand tous les petits sont sortis, c’est le plus fort et le plus hardi des mâles qui rafle aux autres tous les autruchons et, comme tableau final, il n’est pas rare de voir un mâle promenant derrière lui jusqu’à 24 autruchons.
- Les lacs extérieurs se trouvent au nord-est du Zooparc et ils représentent une surface de 25 ha environ d’eau, de marais et de prairies artificiellement inondées, avec des roseaux. Ces lacs sont destinés aux oiseaux
- Fig. 5. — Cheval sauvage de Prjevalsky, né à Askania-Nova, vivant au Jardin zoologique de Moscou.
- migrateurs lors de leurs passages de printemps et d’automne. Toutefois quantité de migrateurs sont sédentaires à Askania-Nova, tels que les Tadornes, Oies sauvages et Cygnes, dont nous venons de décrire les mœurs.
- Le parc supérieur avait perdu presque toute sa haute futaie en 1922 à la suite de deux années consécutives de grande sécheresse et à cause de la difficulté qu’on éprouvait à se procurer pendant la guerre civile de l’anthracite, pour actionner les pompes. En automne 1922, les arbres morts furent enlevés et grâce au rétablissement de l’irrigation, les souches ont rejeté de nombreuses pousses. Actuellement, il existe un taillis d’une densité presque impénétrable où pullulent les faisans.
- Si la méthode de Falz-Fein, qui consistait à garder toutes les espèces en liberté et à peu près ensemble, présente un grand intérêt pour l’étude de leurs mœurs,
- cette méthode a donné aussi de mauvais résultats. En effet, actuellement, il ne reste à Askania-Nova presque aucun faisan de race pure : tous se sont croisés. Les croisements les plus fréquents peuvent se diviser en trois groupes : ordinaire, à collier de Mongolie; argenté, méla-note, de Reynaud ; doré et diamanté.
- Il s’est même produit des croisements du Faisan royal, ce qui est plus rare. Les hybrides les plus communs sont ceux du faisan du Caucase, de Mandchourie et du Japon.
- LES HÔTES DU GRAND ENCLOS
- Le prand enclos d’Askania-Nova est une célébrité
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- mondiale, car c’est là que M. Falz-Fein acclimatait en liberté un grand nombre d’animaux exotiques. Sa surface, qui fut de 60 ha du temps de M. Falz-Fein a été aggrandie et couvre actuellement 110 ha (fig. 3). La forme est presque triangulaire, et il est contigu au Zooparc. M. Falz-Fein entoura cet enclos d’une palissade de 2 m formée de planches verticales. Cette clôture a été remplacée ensuite par des planches horizontales écartées d’environ 25 cm. En 1925 cette clôture, presque pourrie, fut remplacée par la clôture actuelle en fil galvanisé.
- Pendant la guerre civile, l’enclos a subi des pertes très difficilement réparables. Cependant, la nouvelle administration a, depuis 1925, importé des animaux, par voie d’échange, et en septembre 1927, les habitants du grand parc clos étaient les suivants :
- Lamas, Cerfs de Mandchourie, Cerf de Crimée, Daims communs, Gnous rayés, Élans du Cap, Nilgauts, Gazelles de Perse, Antilopes Flarrisbuck, Cobe, Cervicapre, Bles-bok, Chèvre du Caucase, Mouflons à manchettes, arcar, de Corse, Kangourous roux et de Bennett, Saïga tartare, Autruches africaines, Emeus de la Nouvelle-Hollande.
- La plupart de ces animaux supportent très bien en hiver des froids de —15°, cependant il existe pour eux deux grands bâtiments construits en brique de torchis et recouverts de roseaux. Les animaux peuvent y entrer à leur guise pour s’abriter des vents du Nord et Nord-Est. Pour protéger les antilopes africaines qui ne supporteraient pas en hiver une température inférieure à 0°, il existe un bâtiment en briques avec portes et fenêtres où la température est maintenue pendant tout l’hiver à 5°. Tous ces animaux tant européens qu’exotiques se reproduisent très bien.
- Au commencement M. Falz-Fein avait essayé de faire cohabiter ensemble tous les hôtes de cet enclos ainsi que des chevaux sauvages de Prjevalsky et des Zèbres (fig. 4). Bien que ces deux espèces diffèrent beaucoup par leur caractère, la première très sauvage et méchante, la seconde très docile et gaie — toutes deux ont une déplorable tendance à tuer les petits des autres animaux. Pour cette raison, les chevaux de Prjevalsky ont dû être mis à part.
- Les cerfs se reproduisent très bien, mais ils exigent des précautions spéciales : le règlement prescrit d’enlever en automne les bois des mâles, tant ceux-ci pendant le rut deviennent dangereux1 attaquant même des bergers à cheval. En 1922, un cerf démonta ainsi un berger et
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- Fig. 6. — Bisons d’Europe, d’Amérique et métis à l’abreuvoir.
- l’aurait tué sans l’intervention d’un mâle yack, qui, par bonheur, chassa le cerf.
- Les chevaux sauvages de Prjevalsky (fig. 5) existent à Askania-Nova tant à l’état de race pure qu’à l’état de croisement avec des chevaux domestiques. Grâce à leur caractère sauvage et farouche, ils n’ont subi aucune perte pendant la guerre civile. Malgré de nombreuses tentatives de cavaliers tant rouges que blancs, nul ne put mettre la main sur cet équidé indomptable.
- Le Saïga (Saïga tartarica) est un rare échantillon d’Antilope tertiaire conservée jusqu’à nous. 11 y a peu de temps encore, ces ruminants étaient très nombreux dans les steppes du Sud de la Russie. Mais comme ils sont extrêmement sauvages et ne s’apprivoisent jamais, la « civilisation » les fit disparaître, et le dernier Saïga sauvage d’Europe fut tué il y a environ 30 ans à 40 kilomètres d’Askania-Nova. M. Falz-Fein possédait un troupeau de 17 saïgas. En 1921 des soldats qui passaient enlevèrent deux planches de la clôture et tout le troupeau se sauva, sauf un sujet qui reste actuellement. On espère pouvoir prochainement réparer cette perte, car les Saïgas sont encore assez nombreux dans les plaines du Turkestan.
- LE BISON
- Un des principaux buts visés à Askania-Nova est la restauration du Bison d’Europe, car pendant la guerre et les premières années de l’après-guerre tous les Bisons sauvages d’Europe furent massacrés (1). M. Falz-Fein possédait quelques Bisons d’Europe, mais ils se sont croisés tant avec des Bisons d’Amérique qu’avec des bovidés domestiques. En 1921 il ne restait comme reproducteur tant soit peu pur qu’un métis de Bison d’Europe et de Bison d’Amérique. En 1925 et 1926, la direction d’Askania-Nova se procura deux mâles de pur sang d’Europe et entreprit de régénérer la race en éliminant les métis. Le troupeau reproducteur comprend actuellement deux mâles et quinze femelles. Il est intéressant de constater que, grâce au renouvellement du sang, ces animaux sont extrêmement féconds, à la différence des anciens bisons sauvages. Fort probablement les conditions naturelles de cette Réserve lui sont favorables, car on doit se rappeler que le Bison d’Europe est un animal de plaine et de prairie, non de forêt. Si les derniers survivants de l’espèce avaient choisi comme refuge une grande forêt, c’est par le besoin de fuir le voisinage de l’homme (fig. 6).
- LES AUTRUCHES
- Nous devons signaler des observations faites à Askania-Nova sur les Autruches autres que le Nandou. Les Emeus du temps de M. Falz-Fein, n’ont reproduit qu’une fois seulement : deux petits. Ceci s’explique facilement : de l’autre coté de l’Équateur, la saison de leur ponte correspond à l’hiver de l’Europe, c’est-à-dire à l’époque où
- I. Voir La Nature n° 2842 du lor octobre 1930. Les derniers Bisons d’Europe, par W. Kazeeff.
- nous sommes obligés de les tenir enfermés et en conséquence privés de grands mouvements. La ponte qui a lieu normalement au mois de décembre a donné des œufs stériles. M. Fortounatoff, espérant que le froid retarderait la ponte, essaya d’en reculer l’époque en gardant les Emeus dehors, le plus possible. En 1923 il put retarder ainsi leur ponte jusqu’en janvier, en 1921 jusqu’en février, en 1925 encore plus tard et c’est cette année-là qu’il obtint une première couvée.
- L’autruche d’Afrique (fig. 7), par contre, reproduit assez bien et pond généralement de 12 à 15 œufs. Il faut dire cependant que beaucoup des autruchons périssent, car ils sont extrêmement peureux et se tuent en se jetant contre les murs. De plus, au printemps quand on les lâche, toutes les autruches ont la mauvaise habitude de sortir avec la rapidité d’une balle. Non seulement les jeunes, mais même les adultes, se cassent souvent les jambes.
- Fig. 7. — Autruches avec leurs petits.
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- LES HÔTES BÉNÉVOLES D’ASKANIA-NOVA
- Nous avons parlé des animaux et des oiseaux introduits à Askania-Nova par l’homme. Mais des animaux et des oiseaux se sont introduits à Askania-Nova de leur propre gré après avoir repéré dans l’immense steppe cette oasis. Les plus nombreux de ces nouveaux venus sont des oiseaux.
- Avant la création d’Askania-Nova par M. Falz-Fein, l’immense plaine ne possédait guère comme faune emplumée que des Outardes, des Grues, des Aigles, de rares Cailles et trois variétés d’Alouettes. Au printemps de 1888, on aperçut un premier oiseau nouveau venu, la Fauvette orphée (Sylvia hortensis Bechst); la même année, en automne, apparurent des Pinsons et en hiver des Jaseurs de Bohême (Acupelis garrulus) En 1890 on vit nicher ledit pinson, le bouvreuil et le verdier. Depuis 1906, après le forage d’un puits abyssinien, puis la création de marais artificiels, le nombre des oiseaux grandit rapidement. En 1908 nichèrent les Loriots jaunes, en 1911 des Pluviers et autres oiseaux exigeant une certaine quantité d’eau. On compte actuellement environ 40 espèces d’oiseaux ainsi acclimatés spontanément.
- Comme migrateurs, s’arrêtant pour se reposer à leur passage de printemps et d’automne, on compte environ 150 variétés. Parmi les rares exemplaires ont été aperçus le Cormoran huppé (Phalacrocorax graculus)
- et Rouge-queue tithys (Ruticilla ochruros ochruros), ce dernier en Russie habite exclusivement le Caucase.
- Tous les oiseaux qui nichent à Askania-Nova sont très confiants. L’administration a commencé à faire du baguage et espère obtenir par ce moyen des résultats intéressants.
- Bien entendu, cette quantité d’oiseaux peuplant Askania-Nova ne tarda pas à attirer l’attention des rapaces qu’on est obligé de chasser par tous les moyens. Le Busard des marais (Cireus aeruginosus L) a témoigné notamment une insistance extrême.
- Parmi les autres rapaces qui essaient de s’introduire on note : le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), le Faucon sacré (Hiero falco sacer) l’Épervier commun (Accipiter nisus), l’Autour (Astur palumbarius). Ajoutons que pendant la guerre civile de 1921-22, un fait très rare a été observé : l’arrivée de plusieurs bandes de Vautours moines (Vultur monachus) et de Vautours fauves {Gyps fulvus). Ce cas s’explique par la présence des milliers de cadavres humains et de chevaux morts qui couvraient la plaine environnante. La facilité de trouver une proie succulente attire aussi à Askania-Nova des mammifères carnassiers tels les renards ou les putois, auxquels il faut ajouter des hérissons qui gobent en quantité les œufs des faisans. Bien entendu tous ces indésirables sont détruits par l’administration.
- W. Kazeeff.
- LA PREHISTOIRE DU YO-YO
- Les lecteurs de La Nature seront peut-être heureux d’apprendre, après avoir lu l’intéressant article de M. Thévenin, qu’en réalité ce ne sont ni les Grecs, ni les Asiatiques, qui ont inventé le Yo-Yo, mais les hommes préhistoriques, et en particulier ceux de la fin de la Pierre polie et de l’Age du Cuivre-Bronze.
- Certes, dans les fouilles, on ne peut retrouver la lanière ou la ficelle, qui sert à actionner l’objet caractéristique ! Mais celui-ci, au lieu d’être en bois, pouvant être en pierre polie, on conçoit que la forme de l’appareil, si elle est bien démonstrative, suffise à affirmer l’existence de ce jouet (probablement pièce rituelle, ayant servi au début au Culte, qui naturellement s’est très bien conservée dans les stations de plein air et dans les gisements des Palafittes suisses, par exemple).
- En tout cas, nous connaissons de ces trouvailles, publiées avec des figures de l’appareil, qui sont très caractéristiques. Jadis le savant préhistorien Armand Viré en a figuré un exemple dans les Bulletins de la Société Préhistorique française, il est vrai sous la dénomination de poulie à rainure ou à gorge périphérique ! Mon collègue et ami me montra d’ailleurs cette belle pièce de collection, en roche dure, admirablement polie, comme tous les spécimens de cette sorte, trouvés surtout en Suisse et à Troie.
- Les traités classiques ont publié plusieurs figures de ce genre, en faisant remarquer tantôt qu’on ignorait alors leur nature et à quoi ils servaient, tantôt qu’on était réduit à des hypothèses. Dans les Stations lacustres d’Europe, de R. Munro, dont la traduction française est due à notre ami le Dr P. Rodet, la figure 79, intitulée Pierre discoïde, réduite au 1/3 grandeur, est un yo-yo véritable, mais assez grand, car il a 75 mm de
- diamètre et 25 mm d’épaisseur. D’ailleurs ces dimensions ne font rien à l’affaire, car la pièce de Troie était aussi grande. Ici la gorge est très nette et très marquée ! R. Munro en fait des objets spéciaux à l’Age du Bronze; il mentionne bien la rainure marginale (tr. franç., p. 266). « Jadis, dit-il, on y voyait des pierres de fronde ! Aujourd’hui on les considère comme un outil de potier, servant à façonner la base de divers ustensiles »....
- Mais, à la réflexion, on comprend vite que cette explication des anciens préhistoriens n’en est pas une...!
- On a signalé des pièces de cette sorte dans les Palafittes de Moeringen (p. 34, etc.) et, bien entendu, dans d’autres pays.
- Le Yo-Yo de Troie, découvert dans la première ville d’His-sarlik, qui correspond au début du Cuivre, sinon à la fin de la Pierre polie, a été représenté par Schliemann (fig. 99, p. 299), avec cette légende : « Instrument de pierre, entouré d’un sillon incisé et trouvé à 13 m 50-15 m de profondeur». Cette pièce est un « objet de granité, de forme ovale, avec une rainure profonde tournant tout autour dans le sens de la longueur. Elle ressemble à un outil de pierre, trouvé en Danemark, conservé au Musée de Copenhague, et reproduit dans le Nordiske Oldsager de J. J. A. Wordaœ (PI. XVIII, n° 87), parmi les objets de l’Age de la Pierre. Ce dernier semble avoir servi de poids pour le métier à tisser ou le filet de pêche.... »
- Comme on le voit, deux faits sont certains :
- 1° Le Yo-Yo remonte à la fin de l’Age de la Pierre (Troie; Danemark). Il est fréquent avec les Métaux (Palafittes) et au Bronze.
- 2° Jusqu’à ces derniers temps, on y a vu toutes sortes de choses...
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- De cette note, il me paraît résulter qu’il ne peut s’agir que d’un Yo-Yo, sans doute Objet de Culte vrai, comme toujours, pour ces époques lointaines.
- P. S. — Je croyais que J. Evans, dans son beau livre sur les Ages de la Pierre, avait figuré un disque à rainure périphérique. Vérification faite, cela n’est pas. Mais, en contrôlant ce souvenir, j’ai retrouvé les fameuses Balles en pierre, d’Irlande et d’Écosse, dont il a représenté deux spécimens. Or, d’après certains auteurs (Report Montrose Nat. Hist. and Ant. Soc., 1868), ces boules auraient servi à un certain jeu,non défini! Mais J. Evans ajoute: « Je ne vois guère comment elles auraient pu servir à un jeu quelconque, bien qu’après tout on puisse leur attribuer cet usage ! »
- Je ne suis pas de cet avis. Et il ne peut être question en l’espèce de Yo-Yo, car ces boules ont dû n’être que des Objets du culte, vu leurs décors et le nombre des facettes (3 et 6, chiffres spéciaux).
- Mais il importe de remarquer que les Esquimaux attachent
- des boules analogues avec des « nerfs » qui ne doivent être que les célèbres Tendons de Renne, utilisés par moi-même et certains chirurgiens pour les sutures intestinales ! Les lanières fines, en tout cas, étaient bien connues à la fin du Néolithique, puisque c’est ainsi qu’étaient attachées les Bolas !
- Quant à trouver des vestiges de ces liens dans les fouilles (suggestions de M. Thévenin), c’est une toute autre affaire...
- En réalité, J. Evans n’a parlé (p. 237) que « d’un morceau de granité trouvé à Nussdorf, ayant une dépression sur une face et une rainure semblable à celle d’une poulie, qui s’étend sur la moitié à peu près de la circonférence de la pierre. »
- Il a ajouté : « Cette pierre se rapproche beaucoup par sa forme des pierres ressemblant à des poulies, dont la destination est encore un mystère. »
- S’agit-il là d’un Yo-yo primitif? Je ne le crois pas, en raison du creusage en poulie limité seulement à une partie de la circonféï’ence. Dr Marcel Baudouin.
- =.- = OU EN EST LA PROTECTION _ . == CONTRE L’INCENDIE A BORD DES NAVIRES
- De récents sinistres maritimes, parmi lesquels la ter- de Marseille, plus récemment encore deux paquebots rible catastrophe du Georges-Philippar, et plus près de anglais et un hollandais, ont remis au premier plan de nous, l’incendie du paquebot Azay-le-Rideau dans le port l’actualité technique le problème ardu de la défense des
- Fig. 1. — Le paqueboOfrançais « Champlain » qui vient d'être mis en service sur la ligne du Havre à New York.
- Ce bâtiment dont le déplacement est de 28 000 tonnes et qui possède des machines propulsives d’une puissance de 29 000 ch, comporte un remarquable système de détection d’incendie, basé sur l’emploi de la cellule photo-électrique, et que nous décrivons au cours de cet article.
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- Fig. 2. — Détecteur d’incendie à température.
- Cet appareil a pour fonction de fermer un circuit électrique lorsque la température atteint une valeur déterminée. Il se compose essentiellement d’un « bilame » formé de deux lames A et B en métaux différents, encastrées par une extrémité dans un support à serrage C. Quand la température s’élève, le bilame s’incurve, par suite de la dilatation inégale des lames et le contact s’établit entre deux « grains » d’argent
- D et E.
- navires contre le feu. A terre, le secours est généralement immédiat, grâce aux corps de pompiers spécialisés et entraînés. Sur mer, au contraire, il faut se tirer d’affaire avec les « moyens du bord » et si les installations ne sont pas largement prévues, bien entretenues et surtout employées à temps, l’équipage risque de se trouver débordé.
- En France, il faut bien le dire, il ne semble pas que les progrès de cette technique essentielle aient été aussi rapides qu’à l’étranger. Une importante convention internationale, la « Convention de Londres pour la sauvegarde de la vie humaine en mer », a été établie le 19 mai 1929; cette convention qui comprend des chapitres détaillés concernant la lutte contre l’incendie, na pas été ratifiée par plusieurs grands pays, notamment la France et l’Angleterre. Mais, alors que les pays étrangers se font un devoir d’en appliquer, d’une manière quelque-
- fois surabondante, les prescriptions, en France, au contraire, la plupart des armateurs sont nettement en retard sur les possibilités actuelles.
- En ce qui concerne, en particulier, la détection à distance du feu, qui est préconisée par la Convention de Londres, rien n’a été fait, à notre connaissance, à bord des paquebots français, tout au moins dans les emménagements ; quelques lignes océaniques comportent le système de détection par les fumées (smoke detecting System) pour leurs cales à marchandises. Par contre, sur la plupart des paquebots étrangers, Bremen, Europa, Majestic, Berengaria, Léviathan, des détecteurs électriques ligurent dans les cabines, coursives, escaliers, salles à
- Fig. 3. — Détecteur d’incendie fonctionnant par la « rapidité de variation »
- de la tentpêrature.
- La promptitude avec laquelle la température s’élève au voisinage d’un foyer est souvent plus caractéristique du danger que la valeur absolue de cette môme température. Voici un type de détecteur basé précisément sur cette « rapidité de variation ». Entre les deux supports A et B est tendu un fil métallique F portant en C un « grain » d’argent qui peut venir en contact avec le grain fixe D. Le socle S est également métallique, mais comme il est beaucoup plus massif que le fil F, il s’échauffe (et par suite se dilate) moins vite que lui. On peut ainsi régler l’appareil de manière qu’il établisse le contact pour une augmentation de température de tant de degrés par minute.
- Fig. 4. — Réseau électrique d'alarme automatique à bord d’un navire.
- L’un des avantages de la détection électrique consiste dans l’automaticité complète que l’on peut réaliser à l’aide de relais comme le montre le schéma ci-dessous. Le très faible courant qui parcourt le circuit du détecteur D au moment où celui-ci a fonctionné se rend au tableau T où il agit sur le relais principal R. Ce dernier lance alors un « courant de commande » dont la valeur peut atteindre quelques dixièmes d’ampères, dans les différents appareils à mettre en action : lampes d’alarme L, L'; cloche ou klaxon d’alarme C; robinets électriques des pulvérisateurs d’eau A au point précis du sinistre; déclencheur P des portes coupe-feu; flèches lumineuses F indiquant la direction des « postes d’abandon » et des canots de sauvetage; relais R’ de renversement de marche des ventilateurs des locaux incendiés, cette manœuvre étant indispensable pour éviter de souffler les flammes dans les couloirs.
- manger, partout en un mot où l’incendie risque d’éclater et de prendre un développement rapide. Il y a là un élément de sécurité réel, qui aurait probablement suffi pour sauver le Georges-Philippar et qui agit incontestablement sur la clientèle étrangère pour la détourner de nos lignes de navigation.
- CARACTÈRES SPÉCIAUX DE L’INCENDIE MARITIME : INCENDIES DE CARGAISONS
- Trois sortes d’incendies sont à redouter à bord d’un navire : Vincendie de cargaison, h incendie de machines et V incendie d'emménagements. Chacun de ces types de sinistre présente ses caractères propres et demande à être prévenu et combattu différemment.
- L’incendie de cargaison, ou « feu de cale », est relativement fréquent; il s’allume souvent spontanément, dans les matières fermentescibles telles que le jute, le coprah., le coton en balles, la soie grège, surtout si ces matières ont été mouillées. Le coprah, en particulier, formé de noix de coco cassées, destinées aux savonneries, présente le plus grand danger lorsqu’il a été embarqué par
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- Fig. 5. — Le paquebot français de 21 000 tonnes Georges Philippar, détruit par le feu lors de sa première traversée.
- Ce navire, extrêmement moderne au double point de vue du luxe et de la technique, offre un cruel exemple d’une défense imparfaite contre le feu, qui a entraîné une catastrophe. Alors qu’à bord du Georges Philippar les installations d’extinction, par eau, par gaz carbonique et par extincteurs de toutes sortes étaient très largement prévues, le système de détection à distance était pratiquement inexistant, en sorte que les sauveteurs furent alertés trop tard et qu’un certain nombre de passagers trouvèrent la mort dans leurs cabines. Le feu prit au pont D et se
- propagea rapidement; au poste de T. S. F. et à la passerelle de commandement.
- temps pluvieux- Comme les foyers se forment au centre de la masse, il est également difficile de les détecter à l’aide d’appareils thermo-électriques et d’y accéder pour les éteindre. Le système de détection par les fumées que nous décrivons plus loin (voir fig. 6 et 7) permet, par
- Fig. 6. — Système de détection d’incendie par les f umées (smoke delecling System).
- Sur la passerelle de commandement du navire se trouve placé l’appareil central composé d’une boîte vitrée B dans laquelle une turbine T entretient une dépression permanente ; cette turbine, dont le fonctionnement est essentiel, est entraînée par deux moteurs M et M,. A la base de la boîte B débouchent une série de tuyaux (5 sur la figure, une quinzaine dans la réalité) RI, R2, R3... qui communiquent avec des cloches de prises d’air H placées dans les locaux à surveiller. Le moindre commencement d’incendie se traduit ainsi par un filet de fumée qui jaillit dans la boîte, illuminé par un système d’éclairage intérieur D placé sous un coude des tuyaux. L’installation détectrice est d’ordinaire complétée par un jeu de robinets à trois voies, V, qui permettent de diriger par les mêmes tuyauteries, dans les locaux incendiés, du gaz carbonique ou' de l’azote provenant d’une batterie E.
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- Fig. 7. —• Comment la cellule photo-électrique peut veiller sur l’incendie à bord des navires.
- Le smoke delecling syslem, représenté fig. 6, peut être grandement perfectionné par l’emploi de la cellule photo-électrique. A cet effet 1’ appareil principal est modifié comme suit : les orifices des différents tuyaux provenant des locaux à surveiller sont disposés en cercle et un bras creux et tournant A, monté au centre de la boîte vitrée B, vient se placer successivement devant chacun de ces orifices; ce bras, qui porte un cercle numéroté N (voir aussi fig. 8), est entraîné à la vitesse d’un tour en deux minutes par un renvoi à vis de l’axe de la turbine d’aspiration T. A cet instant, le jet d’air aspiré sortant du tuyau correspondant (R2 sur la figure) traverse le bras creux et effectue le parcours anguleux DEF avant de se rendre à la turbine T. Une lampe L envoie constamment en sens inverse un rayon lumineux qui se réfléchit sur les miroirs M et M', et vient tomber sur des cellules au sélénium placées en C. Par suite, si une trace de fumée vient obscurcir le conduit D E F, la résistance des cellules augmente, déterminant le fonctionnement d’un relais différentiel qui arrête le mouvement de la turbine;le numéro du local en feu se lit alors sur le disque N en même temps que les divers signaux : lampes d’alarme, sonneries, klaxons, entrent en action. Ce système réunit donc les avantages de la détection électrique et de la détection par les fumées (Foamite).
- contre, de repérer assez rapidement ces commencements d’incendie et de les combattre en insufflant un gaz inerte, vapeur d’eau, azote, anhydride carbonique, par les tuyaux précédemment utilisés pour la détection. Faute de cet appareillage perfectionné, on se borne à fermer les écoutilles qui sont ensuite recouvertes de prélarts mouillés, afin d’enrayer par asphyxie le développement du feu. De nombreux navires ont ainsi porté pendant plus de quinze jours le feu dans leur cale et sont arrivés à destination, le pont brûlant sous les pieds des matelots !
- INCENDIES DE L’APPAREIL MOTEUR
- Passons maintenant aux incendies de machinerie. Dans le cas de la chauffe au charbon, on a quelquefois des incendies de soutes, produits par l’oxydation des charbons pyriteux. Ces foyers sont peu dangereux; pour les éteindre, on les découvre en enlevant le charbon. Il n’en va pas de même avec Jes combustibles liquides, «fuel-oils » utilisés pour la chauffe des chaudières, «gasoils » légers employés pour les moteurs, qui émettent des vapeurs inflammables dans les locaux fermés et à température élevée. Pour les éteindre, les projecteurs à mousse donnent de bons résultats; mais l’emploi des gaz extincteurs lourds paraît encore préférable, lorsqu’il est possible d’évacuer préalablement le personnel, car ces gaz pénètrent dans les caniveaux et les parties basses où il est difficile de déloger le liquide en feu. Signalons également une innovation toute récente utilisée par le corps de pompiers de Paris, qui est l’emploi de l’eau ordinaire dirigée en pluie fine de façon à former avec le combustible une émulsion ininflammable.
- LE DANGER DES EMMÉNAGEMENTS LUXUEUX
- La partie la plus exposée d’un paquebot est sans contredit celle qui semblerait la plus facile à défendre, c’est-à-dire les « emménagements » pour passagers. Ceci tient à l’abondance des matières combustibles : bois contreplaqués, vernis cellulosique, tapis en caoutchouc, meubles, tentures, qui offrent au feu un aliment tout préparé.
- De plus, l’installation électrique est trop souvent réalisée sans contrôle efficace, à l’aide de conducteurs insuffisamment isolés, principalement aux connexions et logés dans l’intervalle des revêtements contre-plaqués et de la cloison métallique du navire. On sait que c’est
- Fig. 8. — Cercle indicateur de l’appareil détecteur à cellule photoélectrique.
- Pour l’explication du fonctionnement voir la légende de la fig. 7
- ( Foamite).
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- à un court circuit survenu dans les emménagements (fig. 5, pont D) que Ton attribue la perte du Georges-Philip par.
- LA * DÉTECTION AUTOMATIQUE »
- EST ESSENTIELLE DANS LA LUTTE CONTRE LE FEU
- Quand on examine attentivement chacun des incendies de navires survenus dans ces dernières années, on se convainc aisément que tous les sinistres graves sont des sinistres qui ont été combattus trop tard. Le cas des bâtiments incendiés dans les ports est tout à l'ait typique à ce point de vue, car il est dû au relâchement de la surveillance; le navire peut en général être sauvé à l’aide du matériel extrêmement puissant des ports, mais les dégâts sont souvent énormes : l’incendie, au Havre, du paquebot Paris, a coûté 30 millions !
- La détection électrique, déjà utilisée couramment dans les installations de terre, peut être basée soit sur la température absolue du local à surveiller, soit sur la rapidité avec laquelle cette même température s’accroît. Les fig. 2 et 3 montrent deux types de détecteurs de l’un et de l’autre genre.
- Quel que soit leur principe, les détecteurs électriques fonctionnent en fermant un circuit, c’est-à-dire en établissant un courant qui peut être par ailleurs augmenté à l’aide de relais à électro-aimants. On arrive ainsi à une automaticité complète, les manœuvres de sécurité pouvant toutes êtres confiées aux courants déclenchés par le courant pilote (fig. 4). Dans cette voie, il ne faut d’ailleurs pas aller trop loin, une automaticité absolue risquant d’endormir la vigilance du personnel.
- Fig. 10. — Levier de décharge d'une « bouteille » à gaz extincteur.
- Le levier est commandé à distance par câble ou par un déclenchement mécanique. Il enfonce un poinçon qui perfore une membrane métallique intérieure permettant au gaz de s’échapper dans la tuyauterie
- (Alfite).
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- Fig. 9. •— « Bouteilles » de gaz extincteur commandées à distance par relais électro-magnétique.
- Les leviers de déclenchement sont sollicités par un poids que le relais se borne à déclencher; l’intensité du courant de commande peut ainsi être très réduite (pour le détail des leviers, voir fig. 10). Le gaz utilisé est généralement du gaz carbonique ou de l’azote {Alfite).
- On a reproché aux installations de détection électrique de surcharger de circuits fragiles des bâtiments déjà encombrés de conducteurs. La fragilité n’est pas un défaut rédhibitoire si le réseau est monté en « circuits équilibrés » de façon que le moindre accident à un fil quelconque entraîne l’alarme. Pour ce qui est de l’encombrement, on ne peut prétendre que les conducteurs soient plus embarrassants que les tuyaux des systèmes à fumées. Pratiquement, l’exemple des installations exécutées sur des navires étrangers montre que les dispositifs électriques conviennent particulièrement aux emménagements, cabines, salles de bains, coursives, les cales, en revanche, s’accommodent particulièrement du système à détection par les fumées, avec son réseau de tuyaux robustes qui peuvent servir à des injections de gaz extincteur.
- LE « SMOKE DETECTING SYSTEM »
- Cette méthode de détection est fondée sur l’observation bien connue qu’un commencement d’incendie dégage une quantité appréciable de fumée avant d’entrer dans sa période de développement rapide. L’installation (fig. 6) comporte des tuyaux métalliques, RI, R2, R3,
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- Fig. 11. — Déclencheur à fusible.
- Ce déclencheur présente l’avantage de ne comporter aucun organe délicat. Le courant de commande traverse un 111 en alliage spécial dont la fusion libère le mécanisme d’ouverture de la « bouteille » à gaz
- (A/file).
- qui font communiquer les différents locaux à surveiller avec une boîte vitrée B dans laquelle une petite turbine T entretient un vide partiel. Cette boîte ou « poste central » est placée sur la passerelle de commandement du navire, où veille en permanence l’officier de quart. Dans ces conditions, un commencement d’incendie est aussitôt décelé par un filet de fumée qui s’échappe de l’orifice correspondant à l’intérieur de la boîte et qui est rendu très visible par un dispositif D d’éclairage interne. Le numéro de l’orifice permet d’identifier le local en feu, dans lequel il est possible d’insuffler immédiatement un jet de gaz extincteur par la simple manœuvre des robinets à trois voies V. Notons en passant que dans le cas où le gaz carbonique est utilisé, des dispositions spéciales ont dû être adoptées pour les conduites en vue d’éviter des obstructions par la formation de neige carbonique.
- UNE NOUVELLE APPLICATION DE LA CELLULE PHOTO-ÉLECTRIQUE
- Le système que nous venons de décrire présente le défaut d’être uniquement visuel, donc d’exiger du personnel une attention continuelle. L’emploi de la cellule photo-électrique a permis de rendre la détection entièrement automatique ; les fig. 7 et 8 montrent la disposition adoptée pour le poste central.
- Les cellules au sélénium, à résistance variable, moins sensibles mais plus robustes, ont été préférées, dans cet appareil, aux cellules photo-électriques génératrices de courant, du type cellule au potassium, employées pour lés mesures photométriques et le cinéma parlant.
- LA QUESTION DES ANTI-OXYGÈNES
- L’injection en masse de gaz non carburant est certainement le meilleur système d’extinction à employer à bord des navires (fig. 9 à 12). Jusqu’à présent, ce système n’était applicable que dans les cales, mais la découverte récente des anti-oxygènes permettra peut-être d’étendre le procédé, tout au moins dans une certaine mesure, aux locaux habités. Rappelons ce qu’il faut entendre par « anti-oxygènes ». On a constaté, depuis longtemps déjà, que de nombreuses oxydations étaient arrêtées par des traces seulement de certaines substances étrangères. C’est ainsi que pour empêcher l’oxydation rapide, à l’air libre, des vapeurs -d’acroléine employées comme gaz de guerre, il suffit, comme l’a montré le professeur Charles Moureu, d’y mélanger de très petites quantités de certains corps de la série des phénols. C’est ce qu’on appelle, du point de vue de la guerre des gaz, stabiliser l’acroléine; les naphtols, le pyrogallol, les tanins, l’iodoforme, les sulfures minéraux et organiques possèdent des propriétés analogues.
- Les corps anti-oxygène se présentent ainsi comme des
- Fig. 12. •—- Batterie à gaz importante montrant les « bouteilles pilotes ».
- Cette batterie, prévue pour un navire de tonnage moyen, (comporte deux sortes de « bouteilles ». Les deux premières, visibles à droite, ou bouteilles pilotes, sont ouvertes directement par le déclencheur électrique. Le gaz qui s’en échappe agit sur des pistons placés au-dessus des autres bouteilles et qui déterminent l’ouverture de ces dernières.
- (Alfiie).
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- catalyseurs négatifs, pouvant contribuer à retarder le rancissement des matières grasses, la résinification de l’essence de térébenthine, le vieillissement du caoutchouc, l’oxydation des métaux, etc. Or, tout récemment, M. Du-fraisse a montré que cette propriété paralysante s’appliquait également aux oxydations vives, c’est-à-dire à Vignition. De l’air contenant un centième de son volume de vapeur à’oxychlorure de phosphore agit ainsi comme un véritable fluide extincteur, et la propriété est déjà sensible avec une proportion de un à deux-millième ! Il y a là toute une technique nouvelle, qui appelle évidemment certaines mises au point, notamment en ce qui concerne l’extinction des foyers de vive flamme, mais dont on peut escompter, dès à présent, les meilleurs résultats.
- L’ORGANISATION DE LA SÉCURITÉ
- Parmi les mesures préventives, l’emploi des matériaux ignifugés est la plus importante. Des essais ont été faits l’été dernier à bord du paquebot Biskra de la Compagnie Transatlantique, avec le concours de la Société l’Oxylène, dans des conditions extrêmement sévères; on serait arrivé à maintenir une température de plus de 1100° dans une cabine, pendant une heure, sans que le feu pût se propager au dehors !
- Il faut signaler les progrès de la technique du béton émulsionné ou béton ultra-poreux qui, avec sa densité
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- de 0,3 seulement, constitue aujourd’hui un matériau isolant de premier ordre.
- Au point de vue électrique, une installation contrôlée, accessible, avec des canalisations séparées pour les courants de différents voltages, semble indispensable. La tension de 220 volts, utilisée pour l’éclairage, est manifestement exagérée; sur ce point, il y aurait lieu de se conformer aux recommandations du Congrès de l’Énergie électrique tenu à Bruxelles en 1930, qui a préconisé l’emploi du courant à 27 volts. Un maximum semble être 48 volts, qui constitue la limite d’amorçage des arcs à la pression atmosphérique ordinaire.
- Enfin, il serait peut-être utile, tout au moins sur les grands navires, de créer un personnel spécial uniquement chargé de la sécurité, tant au point de vue des voies d’eau que de l’incendie, dirigé par un officier spécialisé qui n’aurait aucun rôle de navigation à remplir; ce dernier aurait à sa disposition un poste central réunissant tous les appareils nécessaires, en particulier les instruments de détection du feu à distance et à’avertissement des voies d'eau, ainsi que les commandes des signaux d'alarme et des vannes d'injection des gaz extincteurs. Un organisme centralisé de ce genre, parfaitement adapté à ses fonctions, est seul capable d’assurer à bord d’un grand bâtiment moderne, la sécurité de l’équipage et des passagers. Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- LE DEUXIEME PLAN QUINQUENNAL
- EN RUSSIE
- Le premier plan quinquennal devait s’achever en 1933; mais, dès la fin de la troisième année, on résolut d’en finir en quatre ans, si bien que cette année 1932 est considérée comme la dernière de son exécution.
- La plupart des entreprises prévues sont installées, mais certaines laissent encore à désirer. Si la production atteint la norme initialement établie dans la plupart des branches industrielles, il reste un déficit pour l’extraction du charbon, la production de la fonte, l’industrie textile, l’industrie chimique et, dans l’agriculture, pour l’élevage.
- Par contre les quantités ont été largement dépassées pour l’extraction du pétrole, la fabrication des machines, la production d’énergie électrique.
- L’agriculture devait voir au bout de 5 ans la collectivisation de 20 pour 100 du nombre des petites exploitations individuelles; or, après 4 ans, la socialisation englobe 60 pour 100 des fermes, représentant 88 pour 100 de la surface arable.
- Le premier plan a transformé l’ancienne Russie, région agricole, en pays industriel; supprimant tout chômage dans les villes ; il a enrégimenté 8 millions de travailleurs supplémentaires dans l’immense armée du travail.
- Mais pour les qualités et prix de revient il reste encore beaucoup à faire.
- La chute des prix résultant de la crise mondiale portant sur les exportations de l’Union soviétique en céréales, bois, pétroles, a considérablement réduit ses disponibilités en devises étrangères.
- Pour régler ses échéances, elle a dû renforcer ses exportations et limiter ses achats ; il en est résulté une certaine gêne intérieure et un déficit dans les produits de large consommation.
- D’autre part le défaut de charbon et de métal a freiné la construction et la réparation, aussi bien des voies ferrées que du matériel roulant, compliquant ainsi le problème de la répartition des marchandises.
- LE NOUVEAU PLAN
- Les lignes du nouveau plan quinquennal, qui s’étendra donc de fin 1932 à fin 1937, ne sont pas encore absolument déterminées, mais ses objectifs sont nettement fixés.
- Le mot d’ordre de Lenine : « atteindre et dépasser les puissances capitalistes », ne constituera plus le but principal.
- On vise toujours la réalisation de l’indépendance économique de l’Union, c’est-à-dire que l’industrie lourde sera poussée de façon intensive, mais on veut également développer le plus large effort pour satisfaire aux besoins les plus urgents de la population.
- L’extraction du charbon sera portée à 250 millions de tonnes, celle du pétrole à 67 millions et la production de la fonte doit atteindre 22 millions de tonnes. :
- Il s’agit là de quantités minima, car pour la fonte par exemple, le groupe Magnitogorsk Kouznetz pourrait fournir :ces 22 millions de tonnes à lui seul. On se souviendra de ces deux usines dont l’une en Oural, sur les gisements de la Montagne
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- magnétique, échangeait son minerai contre le charbon de l’autre située à 2000 km en Sibérie.
- Mais à 1000 km de la Montagne magnétique, au centre du Kasakstan, dans le Karaganda, on a mis en évidence toutes les vastes ressources d’un nouveau bassin bouiller dont les couches d’excellent charbon viennent affleurer à la surface du sol et non loin de là s’étale un énorme gisement de minerai de fer. On en conduira l’exploitation suivant un programme qui reste encore à fixer définitivement.
- La production de l’aluminium sera l’objet d’une attention particulière.
- Concernant les autres métaux : plomb, étain, cuivre, etc., on entend d’abord inventorier les réserves. Mais déjà la voie ferrée du Karaganda est amorcée dans la direction des gisements de minerais de cuivre du Ko-ounrad, auprès du lac Balkach, où le plan envisage la construction d’une usine.
- Auprès de cette autre mer de la Sibérie centrale, le lac Baïkal, une autre base industrielle est prévue ; car cette région, à côté de réserves minérales énormes, récèle des possibilités énergétiques exceptionnelles. La rivière Angara, qui sort large et rapide du Baïkal pour aller se jeter dans l’Iénissei, peut, avec ses affluents, développer économiquement la puissance de 10 millions de kilowatts.
- D’autres centrales hydroélectriques seront créées sur la Volga et dans les montagnes de l’Oural et du Caucase.
- La puissance totale disponible dépassera 25 millions de kilowatts et la production annuelle 100 millions de kilowatts-heure.
- On envisage l’union de tous les réseaux électriques pour favoriser tout d’abord l’électrification des chemins de fer et celle des campagnes.
- L’industrie chimique doit fournir avant tout des engrais pour l’agriculture, les produits nécessaires à la défense nationale, et enfin tirer parti des gaz de fours à coke actuellement utilisés comme combustibles.
- Mais pour assurer au citoyen soviétique la satisfaction de ses besoins les plus essentiels, en attendant de lui procurer, le superflu, on entend développer les industries touchant de près ou de loin à l’habitation, au vêtement, à l’alimentation.
- L’industrie manufacturière doit au moins doubler et tendre à tripler la production des tissus, vêtements, chaussures.
- L’exploitation des forêts, mécanisée, fournira plus de bois, qui, transporté et travaillé plus rationnellement, trouvera dans la construction un plus large emploi.
- Et pour donner à l’agriculture un nouvel essor, l’industrie des machines sera particulièrement développée : sa production sera triplée.
- La progression de la collectivisation des terres est assurée, mais il conviendra d’améliorer le rendement des exploitations communes et de faciliter l’écoulement de leurs produits, et cela pour tous les produits, car jusqu’à présent on s’était occupé plus particulièrement des grains.
- Les multitudes paysannes que les machines remplaceront dans les zones agricoles surpeuplées trouveront un travail rémunérateur dans les nouveaux centres industriels de Sibérie, de l’Oural et du Ivazakstan.
- Actuellement, les transports constituent le point le plus faible de l’économie soviétique; les lignes de chemin de fer travaillent à plein. Il s’agit d’en effectuer la réfection, de doubler certaines lignes, de remplacer les vieilles locomotives par des machines plus puissantes et plus modernes, et partiellement par des locomotives électriques et à moteur Diesel; enfin seront mis en service des systèmes nouveaux de signalisation, d’autoblocage, d’auto-accrochage.
- De plus on établira 25 000 km de voies nouvelles.
- Les routes seront réparées et développées de façon à permettre l’usage des automobiles dont la production annuelle atteindra 300 000 unités en 1937.
- Concernant les voies nautiques, un plan envisage l’amélioration et l’éclusage des magnifiques rivières qui sillonnent toute la Russie.
- Tout l’Ouest vient d’être joint à la mer Noire du fait de la mise en service du barrage du Dniéper.
- Au centre et à l’est, la Volga, le fleuve le plus long de l’Europe, constitue le collecteur magistral de tout le système des routes liquides, mais elle débouche dans l’impasse de la Caspienne.
- Liée vers le Nord à la Baltique et à l’Océan glacial, bientôt par le canal qui la joindra au Don, elle sera mise en communication, à travers la mer Noire, avec le bassin méditerranéen.
- Ainsi le deuxième plan quinquennal vise à faire de l’Union soviétique le plus grand producteur industriel de l’Europe, à assurer son indépendance économique, à équilibrer les diverses branches de la production, à ouvrir aux régions déshéritées de nouvelles perspectives, et à procurer à la population un standard de vie plus satisfaisant, considéré là-bas comme la base nécessaire de la satisfaction de ses besoins moraux et culturels.
- J. Cotte.
- CHAMPS ET MINES DE DIAMANTS EN AFRIQUE DU SUD
- C’était en Angola, à l’extrême pointe nord-est de cet immense territoire, tout près de la frontière du Congo Belge; pour parvenir jusqu’ici, nous avions couvert six cents kilomètres de rail et mille kilomètres de route — et montré des visas et des autorisations en quatre ou cinq postes. Nous étions au cœur de la zone interdite, de la région des diamants. Voici vingt ans, nous ne serions pas arrivés jusque-là : point de ponts, point de routes, et des indigènes insoumis appartenant à cet ancien empire des Lundas dont le Mwata-Iamvo avait été le puissant souverain.
- Mais cette région du Cassai est riche en diamants; le magique attrait des pierres a attiré des explorateurs, des prospecteurs, puis des ingénieurs. La civilisation a pénétré dans le pays malgré la résistance des Noirs; et maintenant, ce sont les Blancs qui gardent farouchement le territoire, pour lutter contre les redoutables voleurs de diamants... ces diamants que l’on trouve au bord des rivières mélangés aux cailloux de quartz, et que l’on n’a pas le droit de ramasser : car quiconque est trouvé, en Angola, possesseur d’un diamant brut dont il ne peut justifier l’origine, est bon pour la prison. Et c’est en
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- Fig. 1. — Exploitation de sables diamantifères en Angola à Nzargi. (Phot. de Caters.)
- somme justice : car cette région des diamants a été rendue accessible grâce aux efforts immenses de la compagnie concessionnaire et de l’État portugais, aujourd’hui bénéficiaires de l’entreprise. On ne saurait admettre que n’importe qui ait le droit de se promener le long des rivières et de ramasser des pierres précieuses dans les sables.
- Les diamants sont, comme l’on sait, répartis sur presque toute la partie australe du Continent Noir, depuis le 5e jusqu’au 30e parallèle Sud. On les rencontre d’abord : dans des conglomérats d’époque triasique en Rhodésie du Sud; dans les conglomérats aurifères du Wit-watersrand (Transvaal, près de Johannesburg) et dans les roches dites de la série du Lubi-lache, qui s’étendent à la fois sur le Congo belge et en Angola.
- Mais les graviers alluvionnaires d’époques tertiaire et postérieure constituent une origine beaucoup plus importante des diamants. C’est ainsi que furent trouvés les vastes champs diamantifères du Yaal, du Hart s et de l’Orange, ces trois rivières d’Afrique australe. Il y a des gisements
- Fig. 2. — La picking-stalion d’une exploitation de diamants en Angola (Lunda) (Phot. de Caters).
- encore plus importants dans le bassin du Cassaï : et ce sont eux justement qui couvrent la Lunda, en Angola, et s’étendent au loin sur le territoire du Congo belge.
- Rien n’est plus banal et ne semble plus terne qu’une exploitation de sables diamantifères dans cette région. Une forêt malingre couvre la région. En une dizaine de points que les prospecteurs ont reconnus plus favorables, on a ouvert des chantiers d’exploitation. Des équipes de Noirs grattent le sol, enlèvent le stérile qui masque la couche diamantifère, stérile généralement peu épais, ici d’un pied, là d’un mètre, parfois d’un peu plus. Le gravier productif est d’un gris ardoisé, où brillent des pierres qui ne sont jamais des diamants, mais bien toujours des bouts de quartz sans la moindre valeur. Transporté à la brouette ou au wagonnet, le gravier diamantifère est lavé dans des pans, dans des cuves à secousse et des trommels de différents types, en appliquant le principe de séparation par gravité. La densité très élevée du diamant permet en effet de trier mécaniquement, dans une certaine mesure. On concentre ainsi les graviers lourds sur le lieu même de l’extraction des sables diamantifères.
- Le « concentré » est alors enfermé dans des boîtes cadenassées que l’on emporte à la picking-station, à la station de triage définitif. C’estune partie assez pittoresque de l’exploitation. Nous avons dit en débutant combien étaient vives — et justifiées, puisqu’il y a en ce moment 90 procès en cours en Angola seulement — les craintes de vol. La tentation est encore plus forte pour le Noir qui opère le tri que pour le voyageur qui se promène indiscrètement le long des rivières diamantifères. On a résolu la difficulté en faisant des jeunes garçons employés ici, des prisonniers volontaires. On pénètre dans la picking-station, située sur une éminence, par une porte de fer que peut seul commander le chef de poste. Les Noirs qui vivent à l’intérieur de l’enceinte, n’en peuvent pas sortir pendant un délai déterminé, d’ailleurs friable. Et s’ils en sortent, c’est après qu'on a pris toutes sortes
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- de précautions, depuis la fouille totale jusqu’à la purge.
- La partie technique est également assez curieuse. Ces jeunes Noirs, de dix à quinze ans, sont assis devant une table couverte d’une cuve plate en zinc pleine d’eau; au-dessus de la cuve se trouve une trémie d’où tombent peu à peu les graviers du « concentré ». Les boys, armés d’une petite baguette, font défiler les pierres devant leurs yeux; et avec une sûreté presque infaillible, ils décèlent
- Fig. 3.
- La grande cheminée diamantifère de Kimberley, aujourd'hui abandonnée. (Ph. South African Railways.)
- les diamants, qui ne pourraient être distingués à sec, mais qui, dans l’eau, brillent d’un éclat particulier, si petits soient-ils.
- D’ailleurs, le premier diamant découvert dans la région était si minuscule qu’on l’estima à... un franc : avant la guerre, il est vrai !
- Les diamants recueillis sont groupés par le chef de station et ses aides, tous hommes de confiance; la pro-
- duction est répartie suivant l’origine, et on a soin de peser séparément et de compter les pierres provenant des différents chantiers en exploitation, afin de pouvoir surveiller constamment la production, en quantité et en qualité. Et c’est un étrange spectacle que de voir manier, presque à pleines mains, ces petits objets à peine plus brillants que du sucre cristallisé ou candi, seule raison d’être de la magnifique organisation de ce coin de brousse sillonné de routes, et relié au monde par le téléphone et le télégraphe.
- C’est que, malgré les restrictions, la production diamantifère de la Lunda a été, en 1931, de l’ordre de 350 000 carats. Or, l’entreprise compte à peine quinze ans d’âge.
- Allons maintenant vers le Sud. Il suffit d’aller rejoindre, à deux ou trois cents kilomètres, le chemin de fer de Lobito; il nous mènera à Dilolo, sur la frontière Angola-Congo-Belge ; de là, le train poursuivra sur Tenké ou Tshilongo et atteindra au bout de six cents et quelques kilomètres la ville du cuivre, Élisa-bethville. Et puis, sortis du Katanga, nous traverserons la Rhodésie du Nord, Bulawayo, le Zambèze, à deux pas des Victoria Falls; voici Bulawayo, en Rhodésie du Sud; voici les solitudes sinistres du Betchouanaland, avant-goût du Kala-lxari; et puis Mafeking, la lisière du Transvaal avec de vieilles négresses habillées comme des Hollandaises; et enfin, Kimberley.
- Les villes anciennes ont des cathédrales, des palais, des monuments, dont elles sont fières. Kimberley n’a qu’un passé d’avant-hier ; ses maisons sont sœurs de celles que l’on nous montre dans les films du Far-West. Son principal « mémorial », c’est un trou.
- A Kimberley, on est assez fier de ce trou, de ce puits, le Big H oie, comme on l’appelle. C’est un symbole de l’exploitation des ressources diamantifères de l’Union Sud-Africaine.
- Là, en effet,il ne s’agit plus de diamants alluvionnaires, mais bien de ceux que l’on trouve dans les « cheminées », une des formations géologiques les plus curieuses du globe. La cheminée consiste en une sorte d’énorme conduit cylindrique et à peu près vertical, creusé dans l’épaisseur du sol comme le tuyau' central d’un volcan, et pouvant s’enfoncer à une profondeur indéfinie, humainement parlant; elle est remplie d’une colonne de péri-dotite porphyrique, connue plue généralement sous le nom de kimberlite, en raison du lieu où fut trouvée la première « cheminée ».
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- Fig. 4. — Un aspect de la mine Premier à Pretoria.
- Type caractéristique de cheminée diamantifère. C’est de cette mine que fut extrait le célèbre diamant Cullinan.
- (Ph. South African Railways.)
- Selon certains géologues, il s’agit là d’anciens volcans complètement usés par l’érosion et qui se sont trouvés comblés, en partie par de la kimberlite serpentinisée, en partie par un tuf et une brèche provenant de la kimberlite et enfin par des rocs stériles provenant des couches voisines traversées par la colonne. Depuis la surface jusqu’à une profondeur de 10 à 40 m, les matériaux qui emplissent le cylindre ont été métamorphisés par hydratation et oxydation jusqu’à devenir un minerai tendre, d’aspect argileux et de couleur jaunâtre connu sous le nom de « terre jaune ». Au-dessous, le roc a été hydraté, mais non oxydé; il garde une couleur verdâtre ou gris-bleu qui lui a valu son nom de « terre bleue ». Et à une profondeur plus grande, on rencontre de la kimberlite en bon état de conservation, qui, en raison de sa dureté, a reçu des mineurs sud-africains le nom de hardebank.
- Ces cheminées sont dispersées sur une vaste étendue de l’Afrique australe, mais la zone la plus importante, du point de vue économique, constitue une « ceinture du diamant », de direction bien définie, partant de Jagers-fontein, dans l’Etat libre d’Orange, pour se terminer à 500 km de là à la Mine Premier, au nord-est de Jagersfontein, tout près de Prétoria, au Transvaal.
- Les cheminées les plus importantes, découvertes jusqu’ici, sont celles de Kimberley, de Beers, Bultfontein,
- Fig. 5. — Diamants à l’état brut mélangés au sable dans la mine de diamants de Pretoria. (Ph. International Graphie Press.)
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- Dutoitspan, et Wesselton, près de Kimberley; de Jagers-. fontein, de Koffiefontein et enfin la Mine Premier.
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- Voyons maintenant comment se fait l’exploitation. Il ne faut pas perdre de vue que même dans les mines les plus riches, la teneur se compte en fractions de carat à la tonne. Dans les cheminées où l’on travaille actuellement, cette teneur va de l/12e de carat à 1/2 carat pour chaque tonne de terre diamantifère.
- Qu’on se reporte maintenant aux premiers temps de
- éboulements. On est obligé de soutenir les parois; mais le bois est rare, et les étais, difficiles à placer... Un jour, on abandonnera, et le Big Hole de Kimberley présente aujourd’hui un des spectacles les plus étonnants qu’il soit donné de contempler : celui d’un puits monstrueux, au fond duquel ne parviennent pas les rayons du soleil; une eau froide et noire reflète tristement le ciel; et le trou, avec ses falaises grises et ternes, son entourage de fils de fer barbelés, sa régularité géométrique et ses deux cents mètres de diamètre, témoigne des espoirs morts d’une autre époque, si proche et si lointaine à la fois : la dernière décade du xixe siècle.
- Fig. 6. — Tables à secousses pour la séparation du sable et des diamants à Pretoria. (Ph. International Graphie Press.)
- la découverte : c’est à deux pas du Kimberley actuel; aux premières nouvelles de la trouvaille, un rush se produit; une foule de prospecteurs et d’aventuriers viennent s’établir aux alentours; chacun délimite sa concession, son claim\ on gratte, on fouille, on lave la terre jaune assez molle. Et peu à peu, le site se creuse; on s’aperçoit vite de la forme de la zone diamantifère : un cercle, limité par des rocs stériles; ce cercle devient un cylindre creux, que surplombent des falaises verticales d’une étonnante régularité; on va toujours plus profondément; les ondées s’accumulent au fond du trou, en mares que l’on ne sait comment vider. Puis vient le temps des
- Nombreuses sont les cheminées diamantifères dont le puits est devenu inexploitable. Tel, celui de Bultfonteim Mais, autant le Big Hole de Kimberley est mort, autant l’exploitation de Bultfontein marque d’activité (ceci bien entendu, en dehors des périodes de crise aiguë comme celle que nous traversons et qui a paralysé le marché du diamant). Dans la Lunda, on a enclos étroitement la picking-station. A Bultfontein, ce sont des dizaines d’hectares qui sont transformées en camp retranché, avec un double barrage de fils barbelés, et une surveillance constante du personnel noir et des convicts lesquels, de par la législation, ne travaillent qu’en sur-
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- face. Ce camp reçoit le nom de compound. Les indigènes, ou les travailleurs amenés du Mozambique, y passent trois ou quatre mois de suite, bien logés, bien nourris et bien payés, mais prisonniers. Sinon, la surveillance serait impossible et les vols auraient pour double effet de ruiner les compagnies et de faire écrouler les cours du diamant.
- L’exploitation se fait à plusieurs centaines de mètres de profondeur. On a creusé des puits au voisinage de la dyke, de la colonne de roche diamantifère contenue dans la cheminée. Puis, des galeries partant de ce puits vont rejoindre le hardebank. Ici, l’exploitation ne diffère guère de celle de n’importe quelle mine.
- La roche, ramenée au niveau du sol, passe dans une série de broyeurs réglés de manière à pouvoir disloquer la roche, mais non à pouvoir briser les diamants. Tout le procédé habituel de lavage, de triage par centrifugation et par gravité est appliqué ici dans ses dispositifs les plus perfectionnés (jigs, tables à secousses, moulins cylindriques, etc.) Pour achever la séparation des diamants et des cailloux lourds (quartz), on les fait passer sur les toiles graissées, dans un courant d’eau; la graisse
- Fig. 8. •— Diamants du Transvaal à l’état brut (Ph. International Graphie Press.)
- happe les diamants et laisse rouler le quartz. Il n’y a plus qu’à racler la graisse, à la traiter par l’acide bouillant; et l’on a les diamants.
- Autrefois, plutôt que de broyer la roche, on la laissait se désintégrer par exposition à l’air et à la pluie ( flooring) ; devenue aussi tendre que le yellow ground ou terre jaune superficielle, elle était facile à traiter. Mais les exigences actuelles de la production massive ont rendu désuète cette méthode, sauf dans les mines de l’Etat d’Orange.
- Si nous remontons à l’année 1925 qui n’était ni de crise ni de prospérité excessive, nous trouvons pour l’Afrique du Sud (Union Sud-Africaine) une production de plus de deux millions de carats, valant plus de 150 millions
- Fig. 7. — Le tri et le classement du diamant. (Ph. International Graphie Press.)
- de francs-or et provenant de quelque huit millions de tonnes de minerai traité.
- Aussi le paysage des alentours d’une mine est-il complètement transformé soit par une formidable excavation comme celle de la Mine Premier —• le plus grand trou artificiel du monde —, soit par de vraies collines de stériles le long desquelles circulent des trains de wagonnets, et que surhaussent indéfiniment de puissants transporteurs mécaniques.
- Il reste enfin à nommer une dernière origine des dia-
- Fig. 9. — Une exploitation de diamants dans les champs alluvionnaires de l’Afrique occidentale du Sud. Kolmanskop à 20 km de Luderiizluicht. (Ph. South African Railway).
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- Fig. 10. — La colline de stériles à Kolmanskop. (Ph. South African Railways).
- mants. On en trouve dans le pléistocène et dans les conglomérats marins de formation assez récente : on en a remarqué en particulier sur la côte Nord-Ouest de la Province du Cap, entre les embouchures de l’Orange River et de la Groen River, surtout dans la baie Alexandre ; enfin, on en recueille aussi dans les conglomérats tertiaires, les graviers et les grès, ainsi que dans les sables alluvion-
- naires qui en proviennent C’est le cas, extrêmement important, des gisements diamantifères du Sud-Ouest africain, dans les déserts côtiers. On suppose que les diamants ont été amenés dans d’anciennes rivières et se sont déposés au fond de celles-ci, pour être ensuite repris et dispersés ou amassés selon les caprices du courant froid qui remonte le long de la côte africaine, et que l’on appelle généralement courant de Benguela. Le résultat a été de créer des zones alluviales d’une richesse prodigieuse, richesse si forte en vérité que l’exploitation intensive ruinerait totalement toute l’industrie du diamant telle qu’elle est organisée à l’heure actuelle. Ce n’est pas à désirer. D’abord, la présence de diamants a contribué pour beaucoup au progrès de la civilisation en Afrique australe, et une partie de la population en vit encore aujourd’hui. Et puis, il serait malheureux d’avilir complètement cette admirable matière étincelante. Ceux qui en possèdent seraient navrés, et ceux qui pourraient en acheter ne lui donneraient plus la même admiration, parce qu’ils la payeraient moins cher. Et c’est ainsi que la garde veille autour des champs de diamants du Namaqualand, qui sont environnés de redoutables clôtures, et qui restent inexploités, cachant des richesses immenses sous leurs sables arides, des richesses si grandes qu’elles se dévoreraient elles-mêmes.
- Christian de Caters. Ingénieur E. C. P.
- LE PÈRE DES TYPHONS
- LE R. P. LOU S FROC
- La Nature a eu l’occasion à maintes reprises de signaler à ses lecteurs les immenses services rendus à la navigation maritime par l’observatoire météorologique de Zi-Ka-Wei, près Changhaï (Chine).
- Nous trouvons dans le Journal de la Marine Marchande (13 août 1931), ce que peut être le labeur d’une année à cet observatoire.
- « En 1930, l’Observatoire a signalé 51 dépressions, 12 coups de vent, 34 typhons. Ces 97 alertes, bénignes, menaçantes ou dangereuses — en moyenne 8 par mois, une tous les 4 jours — ont forcé l’Observatoire à envoyer plus de 18 000 télégrammes, 7000 quotidiens aux Observatoires de Chine et de l’étranger —• 11 000 au moment du danger — Mais l’importance qu’attachent à Zi-Ka-Wei les marins se mesure à leurs appels. En 1930, les divèrses nations et les navires de toutes les nationalités ont envoyé 64 345 télégrammes -— en moyenne 175 par jour ! ».
- Il y a un demi-siècle bientôt que les Pères Jésuites, continuant l’œuvre scientifique des missionnaires du
- même ordre envoyés en Chine au xvue siècle (1) fondèrent à Zi-Ka-Wei un observatoire météorologique, dont le R. P. Marc Dechevrens fut le directeur.
- En 1879, le 1er août, un sévère typhon visita Changhaï. Le P. Dechevrens en fit après coup une relation détaillée où il réunissait toutes les observations faites et montrait comment l’arrivée en aurait pu être annoncée. Les marins en furent très impressionnés. La Chambre générale de Commerce demanda qu’on voulût bien créer un service d’informations aux marins et que le P. Dechevrens en prit la direction. La proposition fut agréée, on recueillit des fonds. Ce fut le début d’une œuvre admirable qui ne fit que grandir avec la collaboration étroite et très amicale de toutes les autorités administratives.
- Mais bientôt allait arriver à Zi-Ka-Wei celui que tous les marins d’Extrême-Orient ont appelé familièrement le « Père des Typhons », le R. P. Froc.
- 1. Le P. Ricci mort en 1610, le P. Schall mort en 1666 et le P. Verbiest mort en 1683 n’étaient-ils pas grands maîtres du bureau de mathématiques de l’Empereur de Pékin?
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- Né à Recouvrance en 1859, d’une famille d’armateurs, dans le plus beau port de France, le jeune Froc ne sera pas marin; en 1875, il entre dans la Compagnie de Jésus, et, simple religieux, il rendra à la marine plus de services que s’il avait été marin.
- En 1883, n’étant pas prêtre encore, il part pour la Chine et devient le bras droit du P. Dechevrens. En 1887, il revient en France, devient un brillant élève de Branly, qui appréciait beaucoup la rectitude et la clarté de son esprit (‘). Ordonné prêtre en 1892, il est de retour à Zi-Ka-Wei en 1894 et, en 1897, il est nommé Directeur de l’Observatoire; il est là dans son élément et il va faire merveille.
- Les typhons sont fréquents dans les mers de Chine. De juin à octobre, on peut en compter parfois une vingtaine : tourbillons d’une violence inouïe, destructeurs même de gros édifices et grands naufrageurs de tous les vaisseaux qui se trouvent sur leur passage. On peut dire qu’un navire surpris par le cyclone est un navire quasi perdu.
- Une région, grande comme la moitié du Nouveau-Continent, et comprenant une partie du Continent asiatique et une partie du Pacifique, voilà le domaine des Typhons.
- Le tourbillon, formé en plein océan, progresse lentement, quand il suit la direction inverse de la rotation de la terre, par conséquent quand il marche vers la côte chinoise; mais il peut faire trente nœuds, et même (exceptionnellement il est vrai) cinquante nœuds dans l’autre sens.
- La connaissance des variations barométriques dans les différentes stations du Pacifique, l’inspection des « cirrus », nuages élevés qui fuient le typhon, emportés par le courant d’air supérieur qui se dirige vers l’anticyclone, permettent, à qui possède le flair indispensable au métier, de localiser la dépression centrale et de découvrir la marche du tourbillon.
- Faire ces observations, en transmettre à toute heure le résultat à tous les sémaphores de la côte, et sauver ainsi des milliers de vies humaines et des millions de dollars, telle est l’œuvre du R. P. Froc.
- Voyons-le au travail. A toute heure arrivent à Zi-Ka-Wei les télégrammes des stations météorologiques (plus d’une centaine par jour). Depuis l’invention de la T. S. F., les navires en marche communiquent aussi leurs observations. D’après ces données le P. Froc et ses collaborateurs dressent la carte des isobares.
- Deux fois, ou même trois fois par jour, une nouvelle carte est affichée au sémaphore des Douanes, et quotidiennement l’une d’entre elles est imprimée et envoyée aux observatoires d’Europe.
- Un typhon est-il signalé, qui inquiète les marins du
- 1. Un vieux condisciple de 1888-89 se rappelle à cet égard le jugement plus d’une fois répété d’un maître de perspicacité et d’une débonnaireté... fort judicieusement modérée': M.Branly recourait toujours à son premier du cours de licence, quand, aux interrogations publiques de mécanique, de thermodynamique ou d’électricité, nos réponses embarrassées menaçaient d’embrouiller ou de retarder la leçon, t Voyons, Monsieur Froc, passez au tableau, venez donc nous dire cela clairement. » Et c’était à chaque fois un soulagement et un succès. (H. Gauthier « Etudes », 5 novembre 1932.)
- port, le P. Froc quitte l’Observatoire. Le voici à son bureau, près de la Tour des signaux du quai de France, penché sur le registre des dépêches qui s’allonge à chaque instant, dessinant et modifiant sa carte d’heure en heure ; suivant que la dépression semble se combler, le tourbillon s’éloigne.
- « Où est le typhon ? Peut-on partir ? » viennent lui demander sans cesse des capitaines de toute langue. Des ports japonais même, la demande arrive de la part des capitaines français. En même temps, l’indication des signaux à hisser est transmise aux dix-sept sémaphores qui jalonnent la côte. De Vladivostock à Saïgon, sauf les Anglais de Hong-Kong, et leurs proches voisins Chinois de Swatow, tous utilisent le code de signaux des Jésuites français de Zi-Ka-Wei, devenu actuellement combinaison simple de dix symboles, et qui permet d’indiquer la latitude et la longitude du lieu de la dépression, la direction qu’elle suit et la date, à quelques heures près, de l’observation transmise.
- Un bateau, qui a quitté le port depuis plusieurs jours, peut ainsi, en s’approchant des côtes, avoir des nouvelles du typhon qui menaçait et continuer sa route ou s’abriter s’il est besoin.
- L’observatoire assume depuis 1884, le service horaire du port de Changhaï. Chaque jour, à midi précis, on voit tomber la grosse boule d’acier du mât des signaux. Des horloges de précision conservées dans une cave à température constante permettent de donner l’heure au centième de seconde.
- Le R. P. Froc a publié de nombreuses monographies de typhons, tracé la trajectoire de 620 d’entre eux, la température en Chine, la pluie en Chine, l’atmosphère en Extrême-Orient, réuni une collection de 20 000 cartes du temps et de nombreux manuscrits. Cet important
- Fig. 1. — Le R. P. Froc.
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- Septembre Octobre — Novembre -
- *5_!I0_v
- Décembre
- r.ÛbàCrvâtoIre' do.2'-KA AVEÏ^
- Fig. 2. — Une carte établie à l'observatoire de Zi-Ka-Wei. (Marche des typhons de septembre à décembre 1930.)
- ensemble de documents constitue une sorte d’encyclopédie de la climatologie de l’Est asiatique.
- En 1925, atteint de la terrible maladie du sprue, inflammation du tube digestif, il revient en France se faire soigner. Guéri complètement, il repart pour la 10e fois peut-être, à l’âge de 69 ans, âge auquel on aspire au repos, reprendre ses occupations.
- Il revenait enfin en France en 1931; c’est à ce moment là que mon fils Joseph eut F occasion'de le voir, et voici ce qu’il raconte :
- « Je n’ai eu qu’une fois l’honneur d’approcher le P. Froc, mais je garderai toute ma vie l’impression profonde que' me fit cet homme à l’accueil si affable, aux yeux et au sourire si bons, avec je ne sais quelle pointe de fine malice qui est bien de chez nous.
- C’était en septembre 1931. Arrivé la veille de Marseille, à bord de Y Angers, sur lequel la Compagnie des Messageries Maritimes avait, comme pour les traversées précédentes, mis gracieusement à sa disposition une cabine de première classe, le P. Froc, mettait en place, dans sa petite chambre, ses bagages.
- — Vous quittez cette fois définitivement la Chine, mon Père.
- — Mais oui, j’ai fini mon temps.
- — J’ai lu, dans les Relations de Chine, en 1928, à pro-
- pos de votre retour à Zi-Ka-Wei, des détails fort curieux sur la façon dont vous êtes parvenu à établir la marche des typhons dans les mers de Chine et à sauver ainsi des milliers de vies humaines.
- — Je vois que vous avez lu attentivement ce que j’ai appelé, à ce moment-là, « mon article nécrologique ».
- Et le P. Froc sourit doucement, en homme qui, familiarisé avec la pensée de la mort, ne la redoute pas.
- — Ce qui m’a beaucoup touché, en quittant Changhaï, ce sont toutes les manifestations de sympathie et de reconnaissance qui ont entouré mon départ. Pas pour moi personnellement, bien sûr, mais à cause de la France.
- En prononçant ce nom, il me semble que la voix du P. Froc a quelque peu tremblé. Mais déjà il s’est ressaisi et me montre les souvenirs de cette reconnaissance du Conseil municipal international de Changhaï. Mes regards sont attirés par un grand portefeuille contenant des photographies, et dont la couverture s’orne d’une plaque d’argent surmontée d’un aigle bicéphale. Une inscription porte : « The Reverend Father L. Froc, s. j. from the Shanghaï municipal council 15 th Au-gust 1931. »
- Et comme je m’étonne de la presence de cet aigle bicéphale, le P. Froc me fournit, non sans une douce hilarité, l’explication : « Nicolas II devait venir à Changhaï. On avait prévu un souvenir à lui remettre. Comme le tsar n’est jamais venu, le souvenir était resté pour compte. C’est moi qui en ai hérité. Quand ces Messieurs ont su que je partais, ils se sont dit que cela serait très bien « pour un vieux bonhomme comme moi » !
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- Le « vieux bonhomme » avait su conquérir la haute estime et même l’affection du Président Doumer, qui le fit mander à l’Élysée dès son arrivée à Paris. C’était au Tonkin, en 1899, que M. Doumer, alors gouverneur général, avait fait appeler le P. Froc pour lui confier la mission de rechercher la position favorable pour un observatoire.
- Que de souvenirs avaient à échanger l’homme d’Etat parvenu au plus haut degré de la vie politique et le simple religieux uniquement connu par le renom de sa science et de sa bonté !
- M. Doumer était de ceux qui comprennent et se souviennent et sa joie fut grande d’annoncer au P. Froc que le ruban rouge décerné par le gouvernement en 1921 se
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- transformerait bientôt en rosette d’officier sur sa propre proposition.
- Le 1er février 1932, à l’Elysée, au cours d’une cérémonie toute intime, le P. Froc, accompagné des PP. Poidebard et Lhande, recevait des mains mêmes de M. Doumer, la rosette.
- Le monde savant recherchait avec empressement les occasions d’entendre le P. Froc sur le sujet qui avait été la préoccupation de toute sa vie : la prévision et la marche des typhons. Le 8 avril, en présence de M. Doumer et de M. Lebrun, le P. Froc faisait à l’École Polytechnique une conférence très remarquée sur cette question.
- L’œuvre du P. Froc ne meurt pas avec lui. Déjà le flambeau est confié aux mains jeunes et expérimentées du P. Pierre Lejay, fils de l’amiral. Le nouveau directeur a la charge des observatoires de météorologie, d’astronomie et de magnétisme.
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- Le 14 octobre dernier, on enterra à Paris le R. P. Froc. Ce fut un spectacle peu ordinaire à Paris de voir derrière le corbillard du pauvre qui emportait l’humble religieux, les amiraux Mouget, Lejay, Amette, les capitaines de vaisseau Cernet et Baudain de Villaine, le commandant Cavard représentant l’amiral Ilerr, le colonel Mallet, ancien commandant des troupes de la concession française de Changhaï. Les ministres de la Marine et des Colonies étaient représentés, ainsi que la Légation de Chine.
- Pour résumer la carrière de ce savant, bienfaiteur de l’humanité, nous emprunterons à un journal anglais, (1927) la phrase suivante : «Pour tous les navigateurs des côtes de Chine, le nom du P. Froc est synonyme de tout bien (stands for ail that is good) ».
- Virgile Brandicoubt.
- UNE MACHINE A DICTER A FIL MAGNÉTIQUE
- LES PRINCIPES DE L’ENREGISTREMENT ET DE LA REPRODUCTION DES SONS PAR FIL MAGNÉTIQUE
- Parmi les différents procédés qui permettent d’enregistrer et de reproduire les sons musicaux et la parole, le procédé à fil aimanté, inventé par Poulsen dès avant 1900, et désigné par lui sous le nom de télégraphone, paraît à priori comporter des avantages considérables et l’on peut s’étonner qu’il n’ait pas reçu jusqu’ici plus d’applications. Il semble cependant que son jour approche.
- Rappelons-en tout d’abord le principe : dans le système primitif, un fil d’acier enroulé sur un tambour suivant des spires régulières passait à vitesse constante devant le noyau d’un électro-aimant parcouru par un courant téléphonique provenant directement d’un circuit qui comportait un microphone et une pile. Le champ magnétique variable issu, dans ces conditions, de l’électro-aimant, provoquait à chaque instant une certaine aimantation dans la partie du fil arrivant à ce moment en regard des pièces polaires. Cette aimantation ne disparaît pas; grâce à cette rémanence, les variations du courant microphonique se trouvent inscrites en quelque sorte sous forme magnétique invisible mais réelle, le long du fil d’acier. En choisissant pour le fil un alliage d’acier^ r convenable, le magnétisme rémanent imprimé au fil, persiste très longtemps.
- Une fois l’enregistrement effectué, on peut reproduire immédiatement les sons en faisant dérouler à nouveau le fil aimanté devant les pièces polaires d’un électro-aimant relié directement à un récepteur téléphonique. Les variations du champ déterminent des courants variables dans le téléphone, et l’on reconstitue ainsi les sons originels, à condition évidemment que la vitesse constante de déroulement du fil cor-
- responde à la vitesse adoptée pendant l’enregistrement.
- Veut-on effacer l’enregistrement invisible imprimé sur le fil ? Rien de plus simple, l’on fait parcourir les bobinages de l’électro-aimant par du courant continu et de nouveau l’on déroule le fil devant les pièces polaires : l’inscription phonographique disparaît, et le fil peut servir de nouveau sans aucune préparation à un autre enregistrement.
- Avant l’avènement des amplificateurs, le télégraphone était voué fatalement à rester une curiosité scientifique. Les reproductions étaient trop peu intenses pour que l’appareil reçût des applications pratiques. La situation est aujourd’hui modifiée, et l’on comprend que des chercheurs se soient à nouveau attachés à mettre* au point cette remarquable invention.
- D’après son principe même, on comprend que le procédé dans sa forme ordinaire soit intéressant, surtout pour des cas particuliers d’enregistrement individuel de la parole. La reproduction d’épreuves phonographiques, à partir d’un premier enregistrement initial, peut, sans doute, s’effectuer par report de l’aimantation sur d’autres fils aimantés analogues, ou plutôt par report de l’enregistrement du fil aimanté sur des disques phonographiques par un procédé électromécanique, ou même sur des
- Fig. 1. — Disposition schématique des organes de l’appareil Dailygraph à fil aimanté.
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- Fig. 2. — Pour dicter une lettre que le Dailggraph enregistrera, il suffit de lire naturellement à haute voix; le microphone, placé sur la table du dicteur transmet à l’appareil placé dans une autre pièce, à côté de la dactylographe.
- films photosensibles par ùn procédé photophonique. Des essais intéressants ont été faits dans cette voie, mais sans avoir abouti à des résultats pratiques.
- L’intérêt actuel du fil de Poulsen réside surtout dans le fait qu’il se prête à des enregistrements qui peuvent être immédiatement reproduits sans aucune opération spéciale, puis effacés après avoir servi, afin de rendre le fil disponible pour un nouvel enregistrement.
- On conçoit qu’un grand nombre d’applications puissent être trouvées dans cette voie : cours phonographiques par correspondance, machines à dicter le courrier, enregistrements pour le journalisme radiodiffusé, etc.
- LES INCONVÉNIENTS DU PROCÉDÉ A FIL AIMANTÉ
- Poulsen, dans son modèle primitif, utilisait des bandes aimantées ou un fil d’acier de 1 mm de diamètre analogue à celui qui est employé dans les pianos, la vitesse de déroulement était de 120 m à la minute. L’intensité de la reproduction était assez faible, la persistance de l’enregistrement insuffisant. Le fil présentait surtout une résistance mécanique très variable, et, comme sa longueur pouvait atteindre plusieurs milliers de mètres, on conçoit quels inconvénients graves présentait sa rupture en cours de fonctionnement.
- Le problème de l’intensité de la reproduction ne se pose plus aujourd’hui, grâce aux amplificateurs. La principale difficulté pratique qui subsistait était donc d’obtenir un fil de diamètre très faible, doué simultanément des qualités mécaniques et magnétiques nécessaires.
- Nous avons signalé il y a quelque temps dans La Nature les travaux d’un technicien allemand, le D1 Stille, qui avait établi un appareil moderne à fil aimanté.
- Le fil était d’un diamètre réduit, d’une grande résistance mécanique, et l’emploi d’amplificateurs à lampes de T. S. F. pour l’enregistrement et la reproduction permettait d’améliorer l’inscription phonographique et d’obtenir une audition en haut-parleur intense.
- De telles machines seraient employées, paraît-il, en
- Allemagne et en Autriche dans des conservatoires de musique, mais il ne semble pas que l’inventeur ait réussi en tout cas à mettre à exécution ses projets d’accompagnement des projections cinématographiques sonores par ce procédé.
- UNE MACHINE DE BUREAU A FIL AIMANTÉ ET A USAGES MULTIPLES
- Il est possible que, dans l’avenir, on réussisse à perfectionner encore les machines à fil aimanté et à étendre leurs applications pratiques au domaine du phonographe et du film sonore. Mais, dès à présent, le système donne des résultats fort intéressants comme machine de bureau, machine à enregistrer des communications téléphoniques, machine à dicter, inscrivant sous la dictée des lettres que la dactylographe reproduira ultérieurement à la machine à écrire, ou des allocutions qui pourront être transmises par voie radiophonique ou téléphonique.
- Nous avons pu examiner à Paris une machine très perfectionnée d’origine allemande, établie sur ce principe et qui porte le nom de « Dailygraph ».
- Fig. 3. •— La transcription en dactylographie d’un enregistrement microphonique sur fit aimanté.
- La dactylographe écoute avec un casque ou un haut-parleur; deux pédales permettent d’obtenir la marche avant ou arrière, la répétition des derniers mots prononcés.
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- Elle comporte deux tambours, l’un enrouleur, l’autre dérouleur; ils assurent le passage du lil aimanté à une vitesse rigoureusement constante entre les pièces polaires de l’électro-aimant qui sert à l’enregistrement ou à la reproduction. Le fil, d’un diamètre de 2/10e de millimètre seulement, est en acier au cobalt; sa vitesse de déroulement réduite à 1 m. 20 par seconde permet un enregistrement d’une durée d’une heure environ avec les 4500 m de lil bobinés régulièrement sur un tambour de petit diamètre (üg. 1 et 3).
- Une lampe à vide est utilisée pour amplifier les courants microphoniques, téléphoniques ou radiophoniques à l’enregistrement, et pour amplifier également les courants reproduits qui iront actionner récepteurs téléphoniques, haut-parleurs, appareils téléphoniques ou radiophoniques, etc.
- Un dispositif d’alimentation à courant redressé n’exigeant aucun entretien rend le système complètement autonome.
- Un autre électro-aimant, dont les enroulements peuvent être parcourus par un courant continu d’une tension de 6 volts, sert à'effaceur et permet de supprimer immédiatement l’inscription phonographique. Un moteur électrique à vitesse constante entraîne les tambours tandis qu’un système de sécurité à débrayage automatique évite toute traction anormale pouvant déterminer une rupture accidentelle, et un dispositif additionnel assure une répartition régulière sur l’axe des bobines pendant l’enroulement ou le déroulement.
- La mise en marche de l’appareil pour l’enregistrement
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- ou la reproduction, ainsi que l’effacement total ou partiel de la bande, sont commandés à distance par de petits pupitres portant des boutons à poussoirs avec voyants de contrôle. Ainsi le système peut être facilement employé pour toutes les applications de l’enregistrement individuel, et permet tout spécialement dans les conditions les plus commodes l’enregistrement des communications téléphoniques et la dictée aux dactylographes (fig- 2 et 3).
- Par sa régularité et sa facilité de fonctionnement et surtout par la rapidité extrême avec laquelle on peut effacer l’inscription phonographique, l’appareil est extrêmement séduisant, et il peut rendre des services excellents, avec bien plus de commodité et de sécurité qu’une machine phonographique à disques ou à cylindres. Dans les conditions industrielles actuelles, la fabrication du fil d’acier spécial est cependant encore assez délicate, et le dispositif électro-mécanique de la machine doit être réalisé avec le plus grand soin. L’inconvénient le plus grave du système, du moins pour les usages non professionnels, consiste dans le prix assez élevé de l’appareil complet et surtout des bobines de rechange qui restreint son domaine aux bureaux très importants. S’il pouvait être fabriqué en série et monté en France au lieu d’être établi à l’étranger, la réduction de son prix de revient le mettrait à la portée d’un public plus nombreux et très vraisemblablement de nombreuses applications pourraient lui être trouvées.
- P. Hémardinquer.
- LA MÉDECINE DANS L ANCIENNE ÉGYPTE1’
- Les fouilles entreprises en Égypte depuis la campagne de Bonaparte n’ont cessé de révéler un si grand nombre de découvertes qu’on peut aujourd’hui entreprendre l’étude sur pièces de n’importe quelle activité humaine. Depuis nombre d’années déjà, les médecins n’ont pas manqué de porter attention à l’histoire de leur art et aux traces des misères humaines dans la haute antiquité.
- Les premiers guérisseurs furent des féticheurs, ces sorciers qui demeurent encore dans l’Afrique centrale les observateurs des forces et des ressources de la nature. Dans la faune, dans la flore, le féticheur préhistorique trouvait ses ressources thérapeutiques; les enfants apprenaient de lui ce qu’il tenait de ses ancêtres : l’action de certaines plantes et de substances animales. On retrouve dans les innombrables recettes des recueils médicaux de la Vallée du Nil l’emploi de nombre de matières répugnantes telles que l’ammoniaque dans l’urine.
- Partout, l’opération la plus connue dans la période préhistorique est la trépanation. Les fractures du crâne étaient probablement fréquentes, causées par les massues, les haches de pierre, etc. Cependant, en Égypte, la trépanation est apparue tardivement; la préhistoire ne l’a pas 1. Conférence faite à la Société française d’Histoire de la Médecine.
- connue, non plus que la protohistoire; elle se montre avec le Nouvel Empire (1650 avant J.-C.) et les connaissances acquises se perfectionnent singulièrement, comme nous allons voir.
- Les momies nous révèlent l’ancienneté de certaines affections, la manière dont les plaies étaient pansées, les maladies traitées. La paléopathologie est née en Égypte, où le climat et le sol facilitaient mieux qu’ail-leurs la conservation des corps. Sur ces corps, on a pu reconnaître de nombreuses blessures et des lésions intéressantes, qui fournissent une assez abondante documentation sur la science médicale dans l’Ancienne Égypte.
- L’embaumement n’est peut-être pas un procédé si secret et si mystérieux qu’on l’a cru tout d’abord. C’est une opération minutieuse, pratiquée dès la IIIe dynastie, et qui s’est développée au cours de 3000 ans.
- Les savants ont dit, et c’est encore une opinion qui a sa valeur, que l’on plongeait les corps dans une composition saline, le fameux bain de natron, décrit par Hérodote, qui durait 70 jours.
- L’inscription si belle que Reisner a trouvée sur les montants de la porte du tombeau de la reine Mer-es-Ankh III semble révélatrice, car cette inscription dit que
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- Fig. 1. — Tête de la momie de Ramsès II.
- la reine est restée dix mois et quelques jours chez les embaumeurs. Pourquoi si longtemps sans le bain prolongé ?
- Néanmoins, il semble qu’il faille citer aussi l’opinion du Docteur Derry, Professeur à la Faculté de Médecine du Caire. Pour lui, le secret de l’embaumeur, c’est d’enlever toutes les parties soumises à la décomposition rapide : le cerveau, la rate, le foie, et les intestins. Ces organes étaient remplacés par des bandes de tissu de lin trempées dans une substance résineuse. On prati-
- F g. 3. --Le nain Seneb et sa femme.
- quait encore le long des bras, des jambes, du thorax de longues incisions que l’on bourrait sous la peau des mêmes bandes résineuses, pour conserver autant que possible l’aspect extérieur du défunt. Tout le reste, c’îst le fait du climat d’Egypte.
- Parmi les dizaines de milliers de momies ramenées à la surface du sol, on a trouvé maintes fois des signes pathologiques, des plaies de différentes natures; par exemple des abcès dentaires, et quelquefois des ligatures de la mâchoire faites d’un fil d’or passé entre les dents.
- On a relevé des ostéo-sarcomes, mais jamais de traces de cancer, encore moins de syphilis ni de rachitisme. Et Dieu sait que ces fléaux affligent cependant l’Égypte moderne !
- La Basse Nubie, qui s’étend de la première à la deuxième cataracte vers le Sud, est un des pays les plus secs du monde; il est donc curieux de rencontrer dans les restes
- Fig.' 2. — Cas de fracture guérie avec déformation. 2e personnage en haut, à gauche.
- humains de cette région de nombreux cas d’arthrite chronique déformante.
- Quelques momies du Nouvel Empire portent des traces de goutte ; on a même pu obtenir dans les articulations la réaction chimique de l’acide urique.
- Quant aux blessures et aux fractures, elles sont légion. Elles étaient pansées au moyen de bandes qu’on se procurait chez l’embaumeur. Les fractures étaient mises dans des éclisses de jonc ou de bois dont l’usage est connu dès la Ve dynastie. Il est curieux de constater que les fractures les plus graves se guérissaient d’elles-mêmes, le patient étant forcé à l’immobilité complète, et qu on n’observe aucun cas de suppuration, même dans les fractures composées.
- Parmi les maladies étudiées et décrites par Elliot Smith, Sir Armand Ruffer et le docteur Derry, on peut citer : un cas typique de maladie de Pott, 1 examen par Ruffer d’une momie atteinte d’une spondylite tuberculeuse, cas presque unique; par Ruffer encore, l’examen d’une momie dont l’aorte porte des plaques d’artériosclérose très prononcées; des calculs biliaires dans lesquels le microscope a révélé la présence d’œufs de Bilhar-
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- zia ; sur une momie de la XXe dynastie, celle du roi Ramsès II, une éruption cutanée qui semble être la variole (la tempe est perforée d’un petit trou qui a dû être pratiqué avant le décès, peut-être, comme le font encore certaines peuplades africaines, pour obtenir la guérison de cette maladie).
- Le Musée du Caire possède d’amusantes statuettes de nains (fig. 3), de bossus (fig. 4), un cas de lordose, etc.
- Il faut dire quelques mots des instruments de chirurgie, bien qu’on en ait retrouvé fort peu. Le temple de Kom-Ombo reproduit sur une paroi toute une trousse chirurgicale où se trouvent : couteaux, scalpels, scies, crochets, pinces, lancettes et même des cautères.
- Dans les vestiges de remèdes qui nous sont parvenus, il y a des résines, de l’aloès, des plantes venues des Indes, de la noix muscade, des graines vénéneuses, et déjà un fameux remède soudanais contre les ophtalmies : le cassia-absus.
- Si l’on s’arrête devant une des nombreuses vitrines de Tout-ankh-Ainon, on voit deux petits cercueils dorés, parés, contenant deux embryons de trois et de cinq mois, provenant de la reine Ankh-es-en-Amen, supprimant
- Fig. 6. — Scène de naissance.
- Fig. 5. — La pierre de mise au monde. Hiéroglyphes de la naissance.
- la lignée haïe par les prêtres tout-puissants d’Amon-Ra.
- On connaît aussi la « pierre de mise au monde », qui existait dès la VIe dynastie, curieux siège obstétrical.
- Et maintenant parlons des médecins. Les féticheurs sont, bien entendu, restés anonymes. Le premier médecin des temps historiques, c’est Imhotep, qui fut divinisé au cours des âges et adopté par les Grecs (fig. 7).
- Sesa est chirurgien. Sur les deux faces de l’intérieur d’une porte de sa maison, on voit figurées une opération à la main et une autre au pied. Le malade serre fortement la main libre sous son aisselle pour ne pas troubler l’opérateur (fig. 8).
- L’attitude des malades montre qu’ils souffrent et les incriptions leur font dire : « Finis, laisse-moi m’en aller ! » et « Ne me fais donc pas tant de mal ! »
- L’autre côté de la porte représente une circoncision. L’opéré de gauche semble souffrir avec violence; un aide lui tient les deux mains devant la figure; le chirurgien se sert d’un couteau de silex rituel.
- De la IVe à la VR dynastie, on a trouvé plusieurs tombes de médecins qui portent des titres différents : les spécialistes sont donc « de très vieille noblesse ».
- C’est ainsi qu’on con-
- Fig. 4. — Un bossu. Statuette en bois.
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- Fig. 8. — Opérations à la main et au pied, figurées sur la porle du chirurgien Sesa.
- naît une admirable statue de Niankh-Re, chef des médecins du Roi (fig. 9) ; ailleurs, on trouve Pepi-Ankh, dit « le médecin du ventre du Roi, » on trouve aussi des oculistes, des « médecins, des clystères », etc.
- Pour la fin, j’ai gardé les papyrus. Ce sont là les documents les plus précieux pour instruire de l’état de la science médicale dans la vieille Égypte, car ils expriment la pensée des thérapeutes de cette époque reculée.
- Fig. 10. — Oculiste soignant un ouvrier tourne la tête vers lui.
- Il y a dix ans, on ne connaissait que des papyrus médicaux, collections de recettes dans lesquelles il était impossible d’identifier ni les noms des maladies, ni ceux des remèdes.
- La plupart de ces papyrus ont été composés peu après la Ire dynastie et recopiés au Moyen-Empire.
- Ces vieux ouvrages n’indiquent presque jamais de diagnostic.
- Les principaux sont :
- Le papyrus de Berlin. On y mentionne le trachome et sa conséquence fâcheuse le trichiasis, ainsi que le remède principal, le cuivre sous la forme de pommade à base de vert-de-gris.
- Le papyrus Ebers de Leipzig, qui est le seul traitant un peu d’anatomie; d’ailleurs fantaisiste, car l’auteur y énumère cinquante vaisseaux qui vont du cœur aux différentes parties du corps.
- Le papyrus Hearst de Californie.
- Le papyrus de Londres, dit papyrus gynécologique.
- D’une bien plus grande envergure est le papyrus Edwin Smith, datant de la XIIe dynastie, 2000 ans avant J.-C. L’écriture révèle que ce document est une
- Fig. 9. —Ni-Ankh-Re, médecin du Roi.
- Fig. 11. — Un morceau du papyrus Edwin Smith.
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- copie d’un ouvrage plus ancien de 500 ans. C’est le seul ayant une allure vraiment scientifique et médicale. Anonyme et inachevé, ce rouleau égyptien est unique en son genre, parce qu’il contient le journal clinique d’un médecin, décrivant 48 cas chirurgicaux.
- Ce qui frappe tout d’abord dans ce traité, c’est qu’il présente un ordre logique, et par conséquent déjà un certain esprit scientifique. La plupart des cas concernent des blessures causées par des armes de guerre : hache, lance, poignard, flèches.
- Chaque observation se présente dans un ordre systématique :
- 1° Le titre du chapitre, marqué à l’encre rouge, qui s’énonce ainsi : Instruction pour tel ou tel cas.
- 2° Examen médical : Si tu examines un homme ayant telle ou telle lésion, qui présente tels symptômes....
- 3° Diagnostic : Tu diras sur lui....
- 4° Pronostic : a) Maladie que je traiterai (favorable); b) maladie que je combattrai (douteux); c) maladie que je ne traiterai pas (défavorable).
- 5° Traitement.
- 6° Commentaire explicatif, mais pas toujours, ajouté par un autre médecin à une époque ultérieure.
- Prenons le 1er cas. L’auteur s’exprime ainsi :
- 1° Instruction concernant une plaie de la tête qui pénètre jusqu’à l’os de son crâne.
- 2° Si tu examines un homme qui a à sa tête une plaie pénétrant jusqu’à l’os de son crâne sans être béante, tu dois toucher sa plaie. Si tu trouves son crâne sans blessure de l’os, sans perforation, sans fente ni dépression, tu dois dire sur son état :
- 3° Plaie à la tête, sans que cette plaie ait « deux lèvres » (un écartement important).
- 4° Une affection que je traiterai (diagnostic favorable).
- 5° Tu dois le panser le premier jour avec de la viande fraîche, et ensuite soigner chaque j our avec de la charpie, du miel et de la graisse jusqu’à guérison.
- .:........::: r—.-::.7.= 29 ==
- Signalons que dans le commentaire le mot « Khay» qui signifie « examiner », est égal à « mesurer » et est associé à l’examen du pouls. Or, la manière de compter les pulsations a été regardée jusqu’à présent comme définie par Hiérophile d’Alexandrie; mais le papyrus semble affirmer que cette découverte date des premiers temps de l’Ancien Empire.
- Le cas 3 est une plaie perforant l’os du crâne avec contracture des muscles de la nuque, autrement dit un symptôme méningitique. Le médecin prescrit un repos absolu et, employant une comparaison originale, déclare qu’il faut amarrer le patient à sa borne comme un bateau, en lui construisant deux appuis en briques.
- Dans le 4e cas, on voit un symptôme de fracture de la base du crâne, provoquant aussi la contracture de la nuque. Le pronostic est réservé avec le traitement du cas précédent, et le texte dit — « Jusqu’à ce que tu saches qu’il a franchi un point décisif ». C’est la plus ancienne allusion à la crise.
- Passons au cas 7e. Il traite des sutures du crâne, il donne une description du tétanos avec fièvre, parlant du rire sardonique des tétaniques. Etant donnée la gravité du cas, il est remarquable que le pronostic ne soit pas absolument défavorable.
- Et voici qu’au cas 25e, luxation de la mâchoire, l’auteur recommande la réduction par les mêmes principes en usage de nos jours.
- Hélas, le dernier cas est incomplet dans ce livre millénaire.
- La question déjà soulevée, mais non résolue se pose : Est-ce là une œuvre scientifique ? Pour ceux qui croient que la suite logique des observations étudiées, classées à l’usage des Épigones constitue un mérite didactique, le fameux traité de chirurgie égyptienne ressortit déjà au domaine de la science.
- M. L. Foucart.
- Conférencière au Musée du Caire.
- VILLES SOUTERRAINES EN U. R. S. S. =
- La mer aurait englouti l’énigmatique Atlantide et tout près de Sébastopol on a cherché quelque temps, sous les flots qui baignent l’antique Chersonèse, une ville dont on croyait discerner des pans de murs, mais la terre aussi de ses vagues lourdes a submergé bien des cités.
- Les cendres ou les laves ont enseveli quelques Pompéi, mais point n’est besoin de volcans ; il semble qu’au cours des siècles les lourdes constructions s’enlisent peu à peu dans la terre à la recherche d’une tombe, ou bien que la poussière des âges s’accumule pieusement autour des pierres mortes comme pour les ensevelir.
- Aussi, l’archéologue, sous la ville neuve, cherche la cité antique; tous les âges historiques semblent s’étager comme les âges géologiques.
- Mais parler de tous les monuments qui ont sombré sous ces vagues pourtant si lentes du sol, ce serait répéter toute l’archéologie; je ne veux citer ici que les villes qui furent toujours souterraines.
- Tout au Sud de la Géorgie, dans des rochers dont les mille mètres dominent la vallée de la Koura, sont creusées les grottes qui formaient la ville de Bandzia. La reine Tamara les fit aménager. Il s’agit de cette reine Tamara qui, régnant au xme siècle, serait encore vivante, endormie dans quelque endroit inconnu. Elle doit s’éveiller sitôt que son peuple opprimé l’appellera; mais ces temps ne sont pas encore révolus, puisqu’elle dort toujours.
- Voici déjà la chapelle; des fresques représentent la reine Tamara, son époux : le roi David et des saints en nombre.
- Un peu plus loin un large corridor conduit à un bassin que remplit une eau fraîche et d’une extrême pureté.
- Puis les salles se succèdent, par centaines, vastes ou minuscules, reliées par des corridors et des escaliers.
- Vingt mille soldats habitaient là, sur la brèche taillée par la rivière dans les hauts monts du Caucase qui barraient la route aux incursions des hordes barbares.
- Si l’on remonte la rivière en admirant ses rives tourmentées.
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- les rochers enfin s’écartant un peu, on atteint la vallée de Gori où de beaux jardins peuvent enfin se prélasser, surveillés par un vieux château fort perché tout au sommet d’un mont conique.
- Peu après, sur la droite une sorte de porte s’ouvre dans le roc et ce serait l’enti'ée d’une vaste église. Un peu plus loin en face, sur la gauche de la rivière, la chaîne des montagnes forme une sorte de bastion où l’on discerne comme des fenêtres.
- C’est Oupliss-Tsikhé, ce qui signifie « la forteresse des souverains ». Elle faisait bonne garde toujours sur les rives de la Koura qui 40 km plus loin va baigner, au bas de ses gorges, Utskhet la ville sainte avec son église forteresse, puis Tiflis la capitale dont les villas à galeries, à toits plats, occupent les deux rives du fleuve et grimpent sur les flancs des montagnes.
- Oupliss-Tsikhé est non pas bâti, mais creusé à mi-hauteur du bastion rocheux. Ses chambres souterraines comportent des voûtes, des colonnes, le style en est grec et parfois arabe et les savants vous expliqueront que telles de ces cavernes datent du 1er siècle de notre ère; ils vous fixeront l’époque bien postérieure des autres. Un long tunnel descendait jusqu’à la rivière, où les habitants pouvaient accéder ainsi en toute sécurité.
- En Crimée se trouvent également des villes souterraines.
- Eski-Kermann était connue dès le 5e siècle. Elle aurait été
- creusée par les Gotlis; des sépulcres nombreux contenaient des squelettes, dont l’examen aurait permis d’identifier cette peuplade germanique autant que l’aspect des menus objets trouvés là.
- Une large entrée donne dans une vaste salle bordée de bancs de pierre; au milieu s’élève une grande croix de pierre également, des sorties conduisent aux corridors où des tuyauteries en briques disposées dans des caniveaux permettaient de faire circuler l’eau qu’utilisaient les habitants de ces multiples chambres. On trouve une église meublée de bancs et d’un autel taillés dans les rochers.
- Les guides font remarquer la faible épaisseur des cloisons et des plafonds, elle n’est que de 13 cm environ.
- On peut noter d’autres cités analogues. Inkermann avec le monastère des papes Clément et Martin, où trois vastes églises souterraines communiquent par des corridors.
- Tepe-Kermann est une ville creusée à l’aurore du Christianisme; catacombes destinées non pas à recevoir des morts, mais à servir de domicile aux vivants. Cette dernière ville est voisine de Bakhtchisaraï, « le palais des jardins », ancienne capitale des Khans tartares.
- J. C.
- EXPOSITION D’ETHNOGRAPHIE GUYANAISE
- AU TROCADÉRO
- Le Musée d’Ethnographie du Trocadéro, poursuivant le cours de ses intéressantes expositions temporaires, vient d’en organiser une relative à la Guyane. Elle réunit notamment, avec des documents imprimés, des cartes et des photographies, deux collections d’objets.
- La première, mise en dépôt au Trocadéro par Mlle Violette Héritage, provient des nègres Bosh ou nègres de la forêt, descendants d’esclaves qui se sont enfuis des établissements hollandais à diverses reprises de 1712 à 1826 et qui habitent actuellement les rives du Maroni et de plusieurs de ses affluents, tant en territoire français qu’en territoire hollandais. Leurs quatre principales tribus sont, du nord au sud : les Paramaca, les Poligudu, les Yuka et les Boni. Leur civilisation est assez homogène; ils conservent dans leurs coutumes, leurs rites, leurs croyances et leur langue des survivances très nettes de leur origine africaine, notamment de la Côte de l’Or.
- Leur art est exclusivement un art décoratif appliqué aux récipients découpés dans des calebasses et aux objets en bois : tambours en acajou à peau de biche tendue par des chevilles; pagaies, objets mobiliers qui sont souvent des cadeaux offerts par les Bosh à leurs fiancées, comme sièges, petites pagaies pour remuer le riz qui constitue leur principale nourriture, vans, pilons, battoirs à linge, peignes. Les motifs figurés (figures humaines, quadrupèdes, oiseaux, surtout serpents), sont assez rares, très schématisés et découpés ou incisés, non en ronde-bosse. Les motifs de beaucoup prédominants sont des bandes rubannées comme on en rencontre en Afrique occidentale, iei presque exclusivement curvilignes. On retrouvé sur
- un peigne le losange à une diagonale qui, en Afrique, est une schématisation du kauri. Les clous de tapissier européens à tête hémisphérique en cuivre, souvent piqués dans le décor rubanné, pourraient en être des substituts.
- La seconde collection, qui dès maintenant appartient au Musée, a été rapportée par la mission Monteux-Ri-chard (1931), et provient des Emerillon. Ces Indiens appartiennent au groupe des Tupi-Guarani qui au xvme siècle ont envahi le secteur limité par l’Itany, l’Inini, l’Approuague et l’Oyapok, en en délogeant diverses tribus karib. Les Emerillon, qui correspondent peut-être aux anciens Piriu, sont venus du Haut-Camopi, où ils situent leurs histoires sacrées, dans la région du Tampoc qu’ils occupent encore actuellement après en avoir été un moment rejetés vers le sud-est par les Tayra. Leur tribu comprenait au temps de Coudreau (vers 1890) un peu plus d’une centaine d’individus répartis en dix villages sur le Haut-Approuague, l’Inini et l’Ouaqui. Actuellement elle est réduite à 69 individus vivant sur le Tampoc en aval du confluent de l’Araoui. Ils reculent graduellement vers l’amont devant les chercheurs d’or noirs ou mulâtres, dont les installations souillent la rivière. Leur extinction graduelle, dont la civilisation des Blancs n’est pas responsable, est due à une sous-alimentation résultant de leur paresse, à une consommation immodérée de l’alcool de manioc, enfin à la tuberculose développée par l’absence d’hygiène et l’abus des bains froids.
- Certains des objets rapportés de chez les Emerillon ne les distinguent pas notablement des autres tribus guya-naises. Tels sont les arcs et flèches, les vanneries à décor en marches d’escalier, les «couleuvres» ou grages (tapet-
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- Fig. 1.
- Tambour des nègres Bosh, en acajou et peau de biche.
- Fig. 3.
- Peigne en bois des nègres Bosh. sut), étuis élastiques tres-
- sés en fibres à1 arouman (roseau) employés pour exprimer le suc toxique de la pulpe de manioc destinée à la fabrication des cassaves (galettes) et du kashiri (boisson fermentée), les couronnes ou diadèmes de fêtes, réservés aux hommes, en plumes de riches couleurs montées sur une armature de coton ou de vannerie. Parmi les instruments de musique, flûtes en roseau ou en os, une mention spéciale est due à deux types d’usage exclusivement religieux, le tiudiu-diu, calebasse à laquelle sont fixés avec du manil (résine) d’un côté une anche en roseau, de l’autre un long tuyau en ro-
- Fig. 2.
- Van en bois des nègres Bosh.
- seau, et la maraca, sorte de hochet fait d’une calebasse emmanchée contenant des graines ou des graviers.
- Comme objets particulièrement remarquables, nous citerons d’abord un récipient à eau fait d’une calebasse dont le décor dessiné en noir au genipa (teinture végétale), à deux zones superposées, l’une d’oiseaux (toucans ?), l’autre de poissons, présente une curieuse ressemblance, peut-être fortuite, avec le style péruvien de Tiahuanaco. Puis deux sièges (apuka) d’ancien style, en acajou sans décor, et deux autres en karapa prolongés latéralement par deux têtes naturalistes de corbeau blanc, à yeux incrustés qui sont pour l’un des graines rouges de pana-coco, pour l’autre des boutons de chemise de traite. Enfin trois spécimens, que cette collection est la seule à posséder, du baiwakuid ou udakuru, chapelet mnémonique, soi’te de rituel composé d’une cordelette de
- Fig. 4.
- Déroulement du décor d’une maraca (hochet rituel) des Emerillon.
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- Fig. 5.
- Calebasse décorée (récipient à eau) des Emerillon.
- coton indigène le long de laquelle sont attachés des objets de matière et de forme variées signifiant les phases successives du kashiri, fête religieuse ainsi appelée du nom de la boisson fermentée tirée du manioc qui y est consommée en abondance. Elle comporte également des bains de rivière en l’honneur de l’anaconda ou serpent d’eau (boid), considéré comme chargé jadis par Udakala (Dieu) de créer les différentes races de l’univers, et qui a également un rôle sacré chez la plupart des Indiens du Haut-Amazone. Les bains qui célèbrent ce serpent sont symbolisés en différents points du chapelet et notamment à la réunion de ses deux bouts par un nœud et une boucle. Les danses qui sont un autre élément essentiel de la cérémonie sont figurées par des appendices rappe-
- Fig. 7.
- Siège en bois (apuka) des Emerillon.
- lant les êtres (surtout animaux) qu’elles concernent : bouts de bois taillés qui en rendent grossièrement la forme générale, fragments réels de ces êtres, comme faisceau de poils du pécari, os de poisson, plumes d’oiseaux, ou symboles, par exemple une touffe de duvet symbolisant le vent, parce qu’elle est agitée par le moindre soufïle. La fréquence d’emploi de ce chapelet se reconnaît au degré de la couleur rougeâtre que lui communique son passage dans les mains des indigènes, toujours plus ou moins enduites de rucu. Il tient le milieu entre les cordes à nœuds qui, dans les quipu du Pérou précolombien, signifient des nombres, probablement des dates, et aux îles Marquises, rappellent des généalogies {mata) ou des chants (vanana), et les écritures pictographiques résumant des chants religieux, comme les dessins sur
- Fig. 6.
- Coiffure de cérémonie (canedad) des Emerillon.
- (Plumes d’ara, d’agami, de cacique et de corbeau blanc ; armature en aroumen, monture et ligatures en coton indigène).
- écorce de bouleau de la confrérie magique (midewiwin) des Ojibwa et les signes gravés sur les « bois parlants » (ko-hau-rongorongo) de l’île de Pâques.
- Il faut remercier la direction du Musée d’Ethnographie de nous présenter, dans les meilleures conditions d’examen, des ensembles aussi intéressants.
- G.-H. Luquet.
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- CACAO, CHOCOLAT ET VITAMINES =
- La valeur alimentaire du chocolat, aliment uniquement composé de sucre et de cacao, est connue depuis bien longtemps. Le passé du chocolat est plusieurs fois séculaire.
- C’est en 1524 que les navigateurs espagnols, revenant du Mexique, rapportèrent et introduisirent en Europe l’usage du cacao et de son succédané, le chocolat. Depuis cette époque, quelques dizaines de générations ont fait leurs délices de cette savoureuse denrée.
- Il semblait donc bien que le chocolat, aliment classique, ne pouvait plus être ballotté au gré des caprices de la mode ou des engouements médicaux. Voici qu’en ces dernières années, cependant, il a été l’objet de quelques critiques assez sérieuses pour mériter d’être discutées. Le corps médical, souvent peu informé en ce qui touche l’alimentation (car l’enseignement de la bromatologie n’existe pas encore dans nos facultés) exalte tour à tour ou rabaisse les vertus de certaines denrées sans toujours appuyer ses jugements suides notions suffisamment rationnelles. C’est précisément ainsi qu’il a, parfois, agi vis-à-vis du chocolat. Sous le prétexte que l’usage de cet aliment convient mal à certains, on aurait volontiers tendance à le proscrire en bloc. La puissance énergétique du chocolat ne saurait cependant être mise en doute. En fait, c’est un des aliments que les tables dressées par d’éminents diététistes (Koenig, Atwater, Alquier, etc...), tables qu’on trouve dans tous les ouvrages classiques, placent presque au premier rang par ordre de potentiel.
- La valeur stimulante du chocolat, du fait du cacao qui le compose et qui contient de la théobromine, n’est guère plus contestable. Il suffit, pour être édifié à ce point de vue, de se reporter au magistral exposé des effets surprenants du chocolat sur la fatigue et la récupération des forces épuisées, qu’a fait, naguère, le professeur Armand Gautier dans son célèbre traité de : 1’ « Alimentation et les Régimes ». Ce savant a vanté et excellemment défini l’action de bien-être que, « dans l’extrême fatigue, procure instantanément une tasse « de cacao ou de chocolat, ne contenant cependant que 14 gr « de matières alibiles, dont 7 gr de sucre et 2,5 gr de graisse... « action qui ne saurait s’expliquer que par un état nerveux « que provoque le parfum du cacao, que continue l’influence « tonique de la théobromine et que complète ensuite lentement «la partie nutritive de l’aliment à mesure qu’il s’absorbe; « même les personnes fatiguées par un effort intellectuel, en « tirent profit. »
- En réalité, le chocolat a été déconseillé par quelques médecins, à cause de la proportion trop élevée de graisse qu’il contiendrait et de la faible assimilabilité de ses matières protidiques. On a reproché, aussi, au chocolat de provoquer fréquemment des phénomènes d’anaphylaxie. Y a-t-il dans ces critiques une part de vérité; sont-elles, oui ou non, justifiées? Voilà ce qu’il a paru important d’examiner.
- Certes, les éléments protidiques du cacao ont un coefficient d’assimilation moins élevé que celui des albumines de viandes; cela ne saurait nous étonner, car ils partagent cette infériorité avec beaucoup de protéines appartenant au règne végétal.
- Les exagérations de l’école américaine qui, avec Mitchell, n’attribue qu’une digestibilité moyenne de 40 pour 100 aux protides du chocolat, ne nous paraissent pas pouvoir être prises en considération. Armand Gautier avait estimé à 85 pour 100 l’utilisation intestinale des corps protéïques du cacao. Munck et Ewald, dans leur traité de diététique, disaient que : « les substances albuminoïdes du cacao sont digérées jusqu’à concurrence de 60 pour 100 ». Pulfer a récemment montré que l’aptitude au remplacement de la protéine de viande par celle du cacao est remarquable chez
- l’homme. La viande, pour cet auteur, peut être remplacée complètement par du cacao ou du chocolat, sans que le bilan azoté cesse d’être positif.
- Quant aux matières grasses contenues dans l’amande du cacao, le reproche qu’on leur adresse n’est pas nouveau. Depuis longtemps, de sérieuses réserves avaient été faites par les physiologistes sur la proportion de beurre contenue dans le chocolat et sur la digestibilité même de ce beurre de cacao. A certaines époques, les critiques sur ce point furent vives, voire passionnées. 11 était plausible de penser, il est A^rai, qu’à l’instar des graisses et des huiles végétales, le beurre de cacao est digéré dans l’économie pour une proportion moins forte que certaines graisses animales telles que le beurre de vache.
- Il n’y aurait là rien que de conforme à ce que nous enseigne la bromatologie classique. Mais la critique ne s’est pas bornée à ces vues générales. Quelques praticiens ont noté que i’in-gestion du beurre de cacao pouvait jouer un rôle fâcheusement constipant chez les sujets particulièrement sensibilisés à cet égard. Ces appréciations défavorables n’ont pas été admises par tout le monde et elles ont fait l’objet des plus vives controverses. On a dû reconnaître qu’il y avait eu exagération manifeste et que la digestibilité du beurre de cacao, ainsi que sa valeur comparative comme aliment de substitution, ne pouvait pas être mise en doute, ceci n’étant vrai, bien entendu, qu’à la condition formelle qu’on ne dépasse pas les quantités physiologiques et qu’on adopte à l’égard du chocolat une sage mesure de consommation. La modération, qui est de règle partout, suffit ici à éviter tout inconvénient.
- Quant aux propriétés constipantes du beurre de cacao, l’accord sur ce point s’est encore si peu réalisé entre savants que certains ont recommandé la consommation du chocolat « surbeurré » pour vaincre ladite constipation...
- Voilà qui doit inspirer une certaine modestie, en ce qui concerne la faillibilité des jugements trop hâtifs en des matières si délicates !
- Quoi qu’il en soit, la m;se en doute de la valeur d’un aliment aussi universellement répandu et goûté que le chocolat nous a paru un fait assez grave pour nous inciter à rechercher personnellement la part que, dans l’alimentation pratique, il convenait de faire à de semblables critiques.
- Dans des expériences actuellement en cours, nous a\-ons obtenu des résultats favorables en substituant dans la nourriture des rats et des chiens du cacao et du chocolat à des aliments d’une autre nature, et cela en proportion lipidiquement et protidiquement équivalente.
- Ces animaux, fort éloignés de l’homme en ce qui concerne la conformation et les aptitudes de leur tube digestif, supportent fort bien, quant à présent, cette nourriture cependant si imprévue pour eux et si éloignée de l’instinct habituel qui, tout au moins pour les chiens, les porte vers une prédilection carnivore.
- Des singes aussi ont été mis, dans notre laboratoire, au régime du chocolat. Ces animaux, beaucoup plus rapprochés sur certains points de l’espèce humaine, très friands de chocolat, tolèrent admirablement une proportion très élevée, voire exagérée, de chocolat dans les régimes qui leur sont administrés.
- Il serait, certes, prématuré de formuler des conclusions définitives, qui ne sont de mise en matière d’alimentation, qu’a-près des années de pratique, mais des essais importants déjà, s’étendant sur de longs mois, autorisent à formuler les meilleurs espoirs sur la réussite complète de ces expériences.
- Depuis la découverte des vitamines qui a révolutionné les
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- conceptions classiques sur la nutrition, on ne juge plus les aliments essentiels sur leur seule valeur énergétique. Pour être complet, un aliment doit apporter avec lui certains principes qui le « vitalisent », principes capables d’entretenir, par le jeu des principales fonctions, la vie et la santé de ceux qui les absorbent.
- Ceci raj^pelé, nous avons estimé indispensable, pour porter un jugement définitif sur les vertus du cacao et du chocolat, d’effectuer des recherches sur la nature vitaminique et les propriétés de certains constituants du beurre et de la fève de cacao. Les résultats déjà obtenus dans cet ordre d’idées au cours de recherches poursuivies depuis plusieurs années, paraissent de nature à modifier les concepts généralement admis sur la place qu’il convient de réserver au chocolat dans le régime habituel des jeunes et même des adultes.
- Voici, brièvement exposés, les points nouveaux qu’il nous a été donné d’observer.
- Avec mes collaborateurs, le professeur Heim de Balzac et R. Lerat, les constituants de la matière grasse du cacao ont été soumis à un récolement sévère; on a ainsi réussi à en isoler deux substances de nature spéciale, qui se rencontrent de façon permanente dans les réserves grasses de la fève de cacao. Ces substances sont des stérols, alcools non saturés dont la constitution est encore fort mal connue. Pour rappeler leur origine, nous avons appelé théostérols, ces principes particuliers de la fève de cacao. Leur proportion y est relativement faible : ils représentent environ 0,3 à 0,4 pour 100 du beurre, ce qui ne fait guère que 0,15 à 0,20 pour 100 de la masse alibile constituant l’amande du cacao. Le beurre de la coque qui recouvre cette amande contient bien davantage de ces stérols : jusqu’à 6 ou 8 pour 100 suivant les provenances des fèves.
- L’intérêt de ces substances stéroliques du cacao c’est qu’elles offrent une grande analogie avec l’ergostérol, principe retiré de l’ergot de seigle et qui existe en faible quantité aussi dans la levure de bière. Bien qu’à un moindre degré que l’ergostérol, le b-théostérol, le plus actif des deux, a la propriété, lorsqu’il est soumis aux radiations « ultra-violettes » et qu’il a absorbé une quantité suffisante de celles-ci, de guérir par son ingestion le rachitisme provoqué chez des animaux particulièrement sensibles, tels que les rats blancs.
- La signification de ce résultat, c’est qu’une petite proportion de stérols irradiés a donné naissance à une vitamine que, dans la terminologie scientifique, on appelle la vitamine D.
- Cette transformation est physiquement prouvée par l’étude des spectres obtenus avant et après irradiation avec des solutions de stérols suffisamment diluées.
- La présence de cette vitamine D est indispensable dans la nourriture quotidienne des petits enfants. Elle les préserve effectivement des atteintes du rachitisme, affection à laquelle ils sont si sensibles, et dont le syndrome essentiel réside en une perversion des métabolismes associés du phosphore et de la chaux dont les proportions respectives deviennent anormales dans les tissus des os et des cartilages.
- Ce n’est pas tout pour les propriétés vitaminisantes du
- cacao. On sait qu’il existe une autre vitamine, la vitamine A, qui n’a pas seulement les propriétés anti-xéroplitalmiques qu’on lui avait d’abord reconnues. Cette vitamine A est aussi un agent excitateur de la croissance et, à ce titre, elle doit être dispensée dans les rations de tous les jeunes êtres : enfants comme adolescents, chez lesquels s’effectue encore un développement de la masse corporelle. Or, il nous a été donné, au cours de nos recherches, de mettre en évidence la présence de vitamines A dans l’amande du cacao. Dans de telles conditions, sous le bénéfice de ces éclaircissements apportés à des points de vue encore très nouveaux, le chocolat peut, il nous semble, être considéré à bon droit, comme un aliment utile à l’enfance et à la jeunesse.
- Il ne faut pas oublier, bien entendu, qu’en matière alimentaire toute règle générale peut avoir son application suspendue dans des cas particuliers. Le rôle du médecin, hygiéniste et conseiller de la famille, reste donc primordial dans des occurences dont il est seul juge. Le praticien qui aura toujours présent à l’esprit les critiques qu’on a adressées au chocolat, pourra ou restreindre ou augmenter son usage journalier chez les enfants ou les personnes plus âgées. La liberté d’appréciation reste entière. Ce que le médecin n’a pas, semble-t-il, le droit de méconnaître, c’est le remarquable faisceau de propriétés énergétiques, stimulantes, vitalisantes, accumulées dans le sucre et le cacao.
- Chaque fois qu’il y aura un effort particulier à donner, soit, par exemple : une marche à pied, une prouesse sportive, un match, une ascension, le chocolat, reconstituant sous un faible volume et un petit poids, est l’aliment de réserve, irremplaçable et destiné à rendre toujours d’inégalés services.
- Il y a bien longtemps que le professeur Landouzy, ce grand maître en diététique, le professeur Marcel Labbé et moi-même, avons réclamé que le chocolat, à l’égal du sucre, fasse partie réglementaire du petit vivre du soldat en campagne. Le chocolat étant facile à conserver, peu encombrant, il n’y a aucune difficulté matérielle qui s’oppose à cette innovation dans les règlements.
- Pour reconnaître le bien fondé de cette suggestion ne suffit-il pas de rappeler les services que la modeste tablette de chocolat envoyée par la famille : la mère, l’épouse, la sœur, a rendus dans la dernière guerre au soldat du front, souvent privé, au cours d’un déplacement hâtif ou d’une marche forcée, de l’alimentation réglementaire à laquelle il avait droit ?
- N’oublions pas, en terminant, que le cacaoyer, par l’effort de nos colons, est devenu l’une des grandes cultures de nos possessions d’Afrique Occidentale où la production de la savoureuse fève augmente tous les ans. C’est un devoir national de faciliter la consommation du cacao sous forme de chocolat et d’accroître la diffusion de ce remarquable aliment qui donne l’unité énergétique au moindre prix.
- L’industrie chocolatière française jouit depuis longtemps d’une grande renommée. Pour maintenir sa suprématie mondiale en perfectionnant ses fabrications, elle doit pouvoir s’appuyer sur la base solide d’une consommation intérieure légitimement accrue. Dr H. Labbé.
- LA RADIOPHONIE ET LES MUSÉES
- A la suite d’une enquête entreprise par un comité spécial de l’Association américaine des Musées, on a pu établir, nous apprend l’Office international des Musées, que 24 musées américains mettent régulièrement à contribution les facilités offertes par la radiodiffusion. On a remarqué que les causeries d’un quart d’heure environ, formant un tout, étaient beaucoup mieux accueillies par le public que les causeries en séries.
- Un de ces musées donne parfois des causeries en langues étrangères, deux autres possèdent une salle d’audition où l’on peut entendre leur programme aussi bien que celui d’autres musées et institutions d’éducation.
- Tous les musées s’intéressant à la question ont été invités à désigner un représentant pour siéger au comité de l’Association américaine des Musées.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1933 (']
- Au point de vue astronomique, le mois de lévrier présente un très grand intérêt par les bonnes conditions de visibilité des planètes Mars et Jupiter, qui vont se trouver en opposition avec le Soleil dans les premiers jours du mois prochain, dans la même région du ciel.
- A signaler encore une belle éclipse annulaire de Soleil, malheureusement invisible en France, puis la série des observations habituelles : occultations, conjonctions, etc.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en lévrier, qui sera de — 17° 9' le 1er, atteindra — 8° 1' le 28. C’est dire que le Soleil remontera fortement vers l’hémisphère nord du ciel pendant ce mois. La durée du jour augmentera rapidement en février et de 9U 22“ le 1er atteindra 10“ 52m le 28.
- On trouvera ci-dessous le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges parfaitement réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heure du passage.
- Février 1er 12“ 4" 22'
- — 3 12 4 36
- — 5 12 4 48
- -- 7 12 4 56
- — 9 12 5 0
- -- 11 12 5 2
- - 13 12 5 0
- 15 12 4 56
- — 17 12 4 49
- - - 19 12 4 39
- — 21 12 4 26
- — 23 12 4 11
- — 25 12 3 53
- -- 27 12 3 33
- Observations physiques.
- Observer, chaque jour
- Fig. 1.
- cela est possible, la surface solaire, soit directement à l’oculaire, muni d’une bonnette noire, soit par projection. On est prié de se reporter au « Bulletin astronomique » du n° 2892, où nous avons donné quelques indications sur les procédés d’observation du Soleil.
- Voici la suite des éphéméi'ides permettant l’orientation des dessins et des photographies.
- Dates.
- (0“, temps légal) P B0
- la plus favorable sera celle du 20 au 28, pendant laquelle la Lune ne gênera pas son observation.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire, à partir du 17 février et jusqu’à la lin du mois. Le 17, elle se trouvera dans le Lion (région de Régulus) et, chaque jour, se déplacera un peu vers l’Est, restant toujours à l’opposé du Soleil. Observation à faire vers minuit, moment où la lueur atteint sa plus grande élévation sur l’horizon, loin des lieux éclairés.
- Eclipse annulaire de Soleil. — Une éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris, se produira le 24 février. L’éclipse générale commencera à 9“ 56“ ; son maximum aura lieu à 12“ 46“ ; la fin à 15“ 37“. Cette éclipse débutera dans l’Océan Pacifique, sera visible dans la partie méridionale de l’Amérique du Sud, dans une partie de l’Océan Atlantique, de l’Afrique presque entière, de l’Asie Mineure dans la partie occidentale de l’Océan Indien.
- La phase annulaire atteindra une durée maxima de l‘"59s
- et la grandeur maxima de l’éclipse sera de 0,992, le diamètre du Soleil étant pris pour unité.
- 11. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois dë février, seront les suivantes :
- P.
- P.
- D.
- N.
- Q-
- L.
- Q-
- L.
- 2,
- 10,
- 17,
- 24,
- 13“
- 13“
- 14“
- 12“
- 16m 1 m 8m 44“
- Déplacement de la planète Mars sur le ciel du 1er janvier au 1er juillet 1933.
- L„
- F é vrier 3 — 12° 93 — 6° 21 1°,10
- 5 — 13°,72 — 6°,33 3340,77
- — 10 — 15°,62 — 6°,62 . 268°, 94
- — 15 —• 17°,39 — 6°,86 203o,10
- — 20 — 19°,01 — 7°,04 137o,25
- — 25 — 20<>,49 — 7°,16 7lo,40
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire.-— La lumière zodiacale,
- en février, devient bien visible, le soir, au Sud-Ouest. L’époque
- •
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0 h. à 24, à partir de 0 h (minuit). Le temps universel est le temps de Greenwich, c’est aussi le temps légal en France.
- Age de la Lune, le 1er février, à 0“ (T. U.) = 61,0; le 25, = 01,5. Pour avoir l’âge à une autre date du mois, à 0“, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 25.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février :1e 6, à 3“ = + 28° 22'; le 19, à 12“ = —- 28° 24'. On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel le 6 février, au moment du passage au méridien, vers 21“.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 3 février, à 21“. Parallaxe = 54' 12”. Distance = 404 770 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 18 février, à 11“. Parallaxe = 59' 16”. Distance = 369 985 km.
- Occultation d’Etoiles par la Lune. — Le 1er février, occultation de 20 II1. Bélier (gr. 6,4). Immersion à 21“ 52“, 5.
- Le 3, occultation de 18 Taureau (gr. 5,6). Immersion à 20“ 47m.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune, les 24, 25 et 26, l’amplitude des deux marées sera voisine de 100 centièmes.
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le Tableau ei-après, qui est établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1933, contient les données principales pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de février 1933 :
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- ASTRE Dates : Février Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 7“ 17“ 12“ 4m 52 16“ 54“ 21“ 19“ — 15° 40' 32'29"2 Capricorne I
- Soleil . . . 16 7 1 12 4 53 17 10 21 58 — 12 23 32 25 4 Capricorne l ”
- 26 6 42 12 3 43 17 26 22 37 — 8 47 32 21 0 Verseau
- 6 7 29 12 3 16 38 21 14 — 18 15 4,8 Capricorne
- Mercure . . 16 7 28 12 33 17 41 22 23 — 11 48 5,0 Verseau Un peu visible à la fin
- 26 7 13 12 59 18 46 23 29 — 3 29 5,8 Poissons du mois.
- 6 6 31 10 50 15 10 20 2 — 20 58 10,6 4 Capricorne
- Vénus . . . 16 6 29 11 3 15 36 20 54 — 18 21 10,4 0 Capricorne Inobservable.
- [ 26 6 21 11 13 16 5 21 44 — 14 51 10,2 o Capricorne
- 6 19 32 2 13 8 53 11 25 + 8 14 12,6 <r Lion !
- Mars. . . . 16 18 37 1 23 8 9 11 15 + 9 26 13,4 a Lion Presque toute la nuit.
- 26 . 17 37 0 30 7 24 11 2 + 10 53 13,8 x Lion
- Jupiter . . 16 19 12 1 37 8 2 11 29 -f- 4 55 40,8 a Lion Presque toute la nuit.
- Saturne . . 16 6 22 10 55 15 29 20 48 — 18 27 13,8 cp Capricorne Inobservable.
- Uranus. . . 16 8 46 15 22 21 59 1 16 + 7 27 3,4 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . 16 18 9 0 53 7 36 10 44 + 8 56 2,4 l Lion Toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 8 février, à 0“.
- Il sera un peu visible à la fin du mois, se couchant environ 1 heure et demie après le Soleil.
- Voici, pour février, la phase et la magnitude stellaire de Mercure.
- Disque Magnitude
- Dates. illuminé Diamètre stellaire.
- Février 5 0,99 4”8 — 1,0
- — 10 0,99 4, 8 — 1,2
- — 15 0,98 5, 0 — 1,2
- - 20 0,93 5, 2 — 1,2
- — 25 0,83 5, 7 — 1,0
- Vénus est inobservable, elle se rapproche de sa conjonction
- supérieure qui aura lieu en avril prochain. Son diamètre
- diminue, comme on le voit au tableau ci-après :
- Disque Magnitude
- Dates. illuminé. Diamètre. stellaire.
- Février 5 0,95 10 "6 — 3,3
- — 10 0,96 10, 5 — 3,3
- — 15 0,96 10, 4 — 3,3
- — 20 0,97 10, 3 — 3,3
- — 25 0,97 10, 2 — 3,3
- Mars est visible dans d’excellentes conditions et sera en opposition avec le Soleil le 1er mars.
- Il brille dans la constellation du Lion, à l’Est de Régulus (voir fig. 1).
- Cette planète est maintenant accessible aux petits instruments, quoique son diamètre, en raison de son éloignement, reste cette fois assez faible.
- Voici quelques données relatives à la présentation du disque de Mars :
- Angle Angle de
- de Latitude position Magni-
- Dates position du Dia- de la tude
- 1933 de l’axe, centre, mètre. Phase, phase, stellaire.
- Février 10 19°, 6 + 21°, 1 12",9 0",2 285°, 1 — 0,6
- — 20 17°, 9 + 20°, 7 13, 6 0, 1 275, 9 — 0, 9
- Pour reconnaître les configurations martiennes, on s’aidera du magnifique planisphère de la planète, dressé par M. E. M. Antoniadi, et qui est paru dans la revue L’Astronomie. En outre, on se rappellera que Mars tourne sur son axe en 24“ 37m 22% 65, soit à raison de0°, 24 en 1 minute et de 14°, 62 par heure.
- Donc suivant la date et l’heure, il sera facile de calculer la longitude de Mars tournée vers la Terre connaissant quelques passages du méridien zéro (Baie du Méridien). Voici quelques passages de la Baie du méridien par le centre du disque, en février : le 2, à 13“ 25m; le 4, à 14“ 38m; le 6, à 15“ 51“ ; le 8 à 17“ 4“; le 10, à 18“ 16“; le 12, à 19“ 28“; le 14, à 20“ 40“; le 16, à 21“ 52“; le 18, à 23“ 4“; le 21, à 0“ 15“; le 22, à 0“ 51“ ; le 24, à 2“ 2 le 26, à 3“ 14“; le 28, à 4“ 25“.
- Jupiter va se trouver en opposition avec le Soleil le 9 du mois prochain.
- Il est ainsi visible presque toute la nuit.
- La plus petite lunette permet d’observer Jupiter, de reconnaître les bandes nuageuses qui traversent son disque, et de suivre la marche des 4 principaux satellites. Ceux-ci donnent lieu à de curieux phénomènes dont on trouvera ci-après la liste pour février : Im. ou Em. : Disparition ou réapparition d’un staellite derrière Jupiter; P. c. ou P. f. : Commencement ou fin du passage d’un satellite devant Jupiter; E. c. ou E. f. : éclipse d’un satellite dans l’ombre de Jupiter; O. c. ou O. f. : passage de l’onîbre d’un satellite sur le disque de la planète.
- Saturne sera inobservable en février, la conjonction avec le Soleil s’étant produite le 27 janvier.
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-
-
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates. Févr. Heure Satel- lite. Phéno- mène. Dates. F évr. Heure Satel- litp. Phéno mène.
- 1 23ll19m II Em. 14 6 19 11 P. c.
- 4 0 38 III O. c. 14 20 17 I O. c.
- 4 3 46 111 P. c. 14 20 49 I P. c.
- 4 3 52 III O. f. 14 22 33 1 O. f.
- 4 5 27 I O. c. 14 23 4 I P. f.
- 4 6 12 I P. c. 14 23 39 III Em.
- 4 6 43 III P. f. 15 20 11 I Em.
- 5 2 36 I E. c. 16 0 14 11 E. c.
- 5 5 34 I Em. 16 3 55 11 Em.
- 5 23 55 I O. c. 17 19 26 II P. c.
- 6 0 38 I P. c. 17 21 10 II O. f.
- 6 2 11 I O. f. 17 22 2 II P. f.
- 6 2 52 I P. f. 20 3 43 I O. c.
- 6 21 4 I E. c. 20 4 8 I P. c.
- 7 0 0 I Em. 20 5 58 I O. f.
- 7 2 38 II O. c. 21 0 51 I E. c.
- 7 4 2 II P. c. 21 3 29 1 Em.
- 7 5 19 II O. f. 21 3 57 IV O. c.
- 7 6 38 II P. f. 21 22 4 I O. c.
- 7 20 17 III Em. 21 22 22 III E. c.
- 7 20 39 I O. f. 21 22 34 1 P. c.
- 7 21 19 I P. f. 22 0 27 1 O. f.
- 8 21 38 II E. c. 22 0 48 I P. f.
- 9 1 38 II Em. 22 2 58 III Em.
- 10 19 46 H P. f. 22 19 19 I E. c.
- 11 4 35 III O. c. 22 21 55 1 Em.
- 12 4 29 I E. c. 23 2 50 II E. c.
- 12 20 11 IV E. c. 23 18 55 I O. f.
- 12 23 55 IV E. f. 23 19 14 I P. f.
- 13 1 49 I O. c. 24 21 3 II O. c.
- 13 2 10 IV Im. 24 21 41 II P. c.
- 13 2 23 I P. c. 24 23 44 11 O. f.
- 13 4 5 I O. f. 25 0 17 II P. f.
- 13 4 38 I P. f. 26 19 19 II Em.
- 13 4 43 IV Em. 27 5 37 I O. c.
- 13 22 57 I E. c. 27 5 52 I P. c.
- 14 1 45 I Em. 28 2 45 1 E. c.
- 14 5 12 II O. c. 28 5 13 I Em.
- Voici toutefois les éléments de l’anneau pour le 15 février :
- Grand axe extérieur.............................. 34",48
- Petit axe extérieur.............................. -|- 10'',57
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de Panneau. + 17°, 85 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau.. + 18° 52
- U r anus disparaît de bonne heure à Y Ouest, et peut être encore observé dès l’arrivée de la nuit. Rappelons qu’Uranus, dont l’éclat est celui d’une étoile de 6e magnitude, est facilement visible à l’aide d’une simple jumelle.
- Pour trouver Uranus, on s’aidera de la petite carte spéciale parue au « Bulletin astronomique » du n° 2889, sur laquelle on reportera les positions ci-après :
- Dates.
- Février 6 — 16 ------* 26
- Ascension
- droite.
- 1“ 15m 1 16 1 18
- Déclinaison.
- + 7o 19' + 7 27 + 7 37
- Diamètre. 3",4 3, 4
- 37
- Avec une bonne lunette, Uranus montre un petit disque bleuâtre de 3",4 de diamètre.
- Neptune va arriver en opposition avec le Soleil le 27 février.
- à 21\
- 11 sera visible toute la nuit.
- On le trouvera au moyen de ses coordonnées, que voici :
- Ascension
- Dates.
- droite.
- Déclinaison. Diamètre.
- Février 6 10“ 45» + 8° 50' 2",4
- — 16 10 44 + 8 56 2, 4
- — 26 10 43 + 9 2 2 ,4
- Neptune brille comme une étoile de 8e à 9e magnitude. Une forte lunette montre cette planète avec un tout petit disque d’un peu plus 2" de diamètre.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 9\ Mercure en conjonct. avec Saturne, à 1° 32' S. Le 11, à 22\ Neptune la Lune, à 1° 7'N.
- à 5° 41'N. à 3° 2'N.
- Le 12, à 15h, Mars
- Le 12, à 21“, Jupiter
- Le 14, à 21h, Vénus
- Le 22, à 15h, Saturne
- Le 23, à 9h, Vénus
- Le 25, à 18h, Mercure
- Le 28, à 5h, Uranus
- Saturne, à 0° 13' S. la Lune, à 1° 59' S. la Lune, à 0° 38' N. à lo 36' S. à 4° 39' S.
- Temps sidéral. — II est utile de connaître le temps sidéral pour quelques jours du mois (un simple calcul permet de connaître ce temps pour n’importe quel moment).
- Dates.
- Temps sidéral à 0U (T. U.)
- Février 6 — 16 — 26
- 9h 2m 42 9 42 8
- 10 21 34
- Étoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile variable Algol (p Perséej, visibles à l’œil nu : le 17, à 23“ 24m; le 20, à 20* 13™.
- Étoiles filantes. — Un seul radiant est signalé comme actif, le 16 février, près de 7. Cocher, dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes (d’après M. W.-F. Denning).
- Sa position est :
- Ascension droite................— 74°
- Déclinaison.............48°
- V. Constellations. -— L’aspect de la Voûte céleste le 1er février, à 21h ou le 15 février, à 20h, est le suivant :
- Au Zénith, presque exactement, se trouve p du Cocher. Autour du Zénith : les Gémeaux, le Taureau, Persée.
- A l’Est : Le Lion; la Vierge; le Bouvier.
- Au Sud : Orion; le grand Chien; le Petit Chien.
- A l’Ouest : Le Bélier, La Baleine; Pégase.
- Au Nord : Le Dragon; à l’horizon, Deneb (p du Cygne), frôle l’horizon.
- Em. Touchet.
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- ^ LA RADIOPHONIE PRATIQUE EEFEE
- L’EMPLOI ACTUEL DES CADRES EN T. S. F. UN NOUVEAU MODÈLE DE CADRE RÉCEPTEUR
- LES MODIFICATIONS DES COLLECTEURS D’ONDES RADIOPHONIQUES
- Les premiers appareils récepteurs radiophoniques étaient peu sensibles. On les utilisait presque toujours avec une bonne antenne extérieure bien dégagée et, d’ailleurs, à ce moment, la sélectivité importait peu, puisque le nombre des émissions était très réduit. Dès 1922 ou 1923, la réception sur cadre paraissait pourtant déjà intéressante, mais elle était souvent difficile par suite, justement, du peu de sensibilité des récepteurs, et de la faible puissance des émetteurs.
- L’apparition des montages à résonance, et surtout des appareils à changement de fréquence permit d’établir des récepteurs fonctionnant parfaitement sur cadre, et l’augmentation de puissance des émetteurs facilita encore la solution du problème.
- Les sans-filistes commencèrent à se rendre compte à ce moment des avantages à la fois pratiques et techniques de ce collecteur d’ondes. L’adoption d’un cadre rend, en effet, le poste complètement autonome, évite, en général, l’emploi d’une prise de terre, supprime toute installation extérieure ou même intérieure gênante, et permet les déplacements faciles de l’ensemble récepteur.
- D’autre part, la sélection que rend possible l’emploi d’un cadre est maxima, parce que l’amortissement du circuit oscillant constitué par l’enroulement d’un cadre bien étudié et du condensateur d’accord est minimum, et que le pouvoir directif du cadre, dans le sens du plan des spires, est un facteur
- de sélection supplémentaire que ne peut procurer aucun autre collecteur d’ondes d’une manière aussi marquée.
- Il est indéniable, enfin, bien qu’on ne doive pas exagérer ses avantages sous ce rapport, que le cadre permet d’éviter dans une certaine proportion l’influence des parasites industriels et même parfois atmosphériques.
- Cet effet antiparasite relatif provient d’abord, évidemment, du peu de surface du cadre et de sa disposition à l'intérieur de l’appartement, ce qui réduit les risques d’influence par induction. L’effet directionnel de l’enroulement permet, en outre, d’éliminer quelquefois, au moins en partie, certains parasites industriels provenant d’une direction déterminée, et l’absence de prise de terre supprime la transmission des courants haute fréquence propagés par la terre. 11 est, d’ailleurs, possible d’utiliser, sinon des cadres spéciaux antiparasites, dont l’emploi serait pourtant souvent utile, mais au moins des cadres à prise médiane compensée, permettant d’obtenir des effets antiparasites plus marqués.
- Pendant plusieurs années, le cadre a donc paru le collecteur d’ondes idéal, non seulement aux amateurs urbains, qui ne pouvaient utiliser très facilement des antennes extérieures, mais même souvent aux auditeurs de province qui auraient pourtant pu aisément installer ces antennes extérieures.
- La construction pratique des postes-secteur à lampes à chauffage indirect, et surtout l’emploi en France des montages à haute fréquence à présélecteur ou des nouveaux modèles d’appareils à changement de fréquence de type plus ou moins américain, ont amené une diminution sensible et presque complète de la faveur dont jouissait le cadre auprès des sans-filistes. Presque tous les postes industriels de modèles récents sont des postes-secteur à réglage unique, fonctionnant à l’aide d’une prise de terre et d’une petite antenne de quelques mètres de long, intérieure ou extérieure; souvent même un fil du secteur est utilisé comme antenne de fortune. C’est uniquement dans le cas où l’on veut recevoir des émissions sur ondes très courtes, sur la gamme de 15 à 80 m de longueur d’onde environ, que l’emploi d’une antenne extérieure, bien dégagée, devient beaucoup plus utile.
- L’adoption de systèmes d’accord à réglage unique, aurait nécessité, en effet, en tout cas, l’emploi de cadres ayant des enroulements établis d’une manière très précise, de façon que l’accord du circuit oscillant d’entrée et des circuits de résonance, ou de changement de fréquence puisse être effectué au moyen des différents condensateurs variables accouplés et commandés par le même bouton de réglage. Le problème n’est, d’ailleurs, pas très difficile à résoudre, et il a été étudié au moment où l’on établissait des appareils à changement de fréquence à réglage unique fonctionnant sur cadre.
- L’auditeur de T. S. F. d’aujourd’hui devient, d’autre part, de plus en plus difficile, et de plus en plus exigeant. Il veut recevoir, la plupart du temps, dans les meilleures conditions de pureté et de qualité musicale, toutes les émissions européennes, et il veut que ce résultat soit obtenu sans aucun
- Fig. 1. — Quelques moulages mixtes d’antennes et de cadres.
- A, cadre servant de bobinage d’accord en « direct » ; B, cadre à spire indépendante iormant primaire d’un tesla; C, cadres formant les bobinages identiques des deux circuits d’un’dispositif présélecteur ; D, combinaison d’une antenne et d’un cadre destinée à atténuer l’iniluence des parasites.
- \/ Antenne
- Antenne
- indépendante
- Prise de terne
- Prise de terre facultative
- Fers te récepteur
- Fers le récepteur
- Antenne
- Résistance
- variable
- Vers te récepteur
- Condensateurs
- armantes !
- Condensateur de liaison
- Bobinages a induction antiparasite
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- réglage difficile, après la simple manœuvre rapide d’un seul bouton, à l’aide d’un ensemble récepteur d’un encombrement réduit.
- La forme actuelle normale du poste récepteur est la forme midget. Une môme ébénisterie de forme plus ou moins ogivale renferme les organes récepteurs, amplificateurs, et le bloc d’alimentation de l’appareil montés sur un châssis métallique, ainsi que le liaut-parleur du type électro-dynamique, le plus souvent. L’ensemble est donc disposé dans un bloc parfaitement autonome, d’encombrement réduit, et d’aspect en général assez élégant. L’auditeur désire supprimer tout accessoire supplémentaire, et c’est pourquoi l’emploi d’un cadre extérieur, surtout d’assez grandes dimensions, lui paraît gênant.
- Enfin, par définition, les postes-secteur ne peuvent fonctionner qu’en étant relié au secteur de distribution. Nous avons montré dans des articles récents que cette liaison indispensable au réseau rendait aussi le poste-secteur plus sensible à l’influence des parasites industriels, du moins si l’on ne prend pas de précautions spéciales pour éviter la transmission de ces courants haute-fréquence parasites par les lignes de distribution aux étages d’amplification du récepteur.
- Ainsi, si l’appareil n’est pas construit en conséquence, ou si 1 ’on n’emploie pas le dispositif additionnel nécessaire, en l’inter-.calant dans les fils d’arrivée du secteur, l’emploi d’un cadre avec un poste-secteur ne permet plus d’obtenir les effets de sélection habituels, non seulement vis-à-vis des émissions perturbatrices à éliminer, mais surtout vis-à-vis des parasites industriels.
- Mais tout ceci ne signifie nullement que l’abandon plus ou moins apparent du cadre soit complètement justifié. D’abord, le nombre des postes récepteurs fonctionnant à l’aide de batteries, ou tout au moins du courant redressé d’un secteur, est encore beaucoup plus important qu’on ne le croit généralement. Il y aurait même, paraît-il, dans certaines régions où les parasites industriels sont particulièrement violents des sans-filistes qui auraient de nouveau adopté des postes à batteries après avoir constaté les inconvénients locaux de l’utilisation des postes-secteur.
- Mais même l’emploi d’un poste-secteur peut être encore amélioré par l’adoption du cadre utilisé d’une manière rationnelle. Les montages récents à lampes à écran à forte pente, et plus particulièrement les montages à changement de fréquence, sont tellement sensibles qu’ils peuvent parfaitement fonctionner avec des enroulements de très petites dimensions, pouvant même être placés dans une ébénisterie midget. L’étalonnage rigoureux de cet enroulement rend possible le réglage unique, et l’adoption d’un système d’arrêt haute fréquence à bobines de choc et capacités de fuite sur les fils d’arrivée du courant du secteur détermine une séparation plus ou moins complète du poste et du réseau pour les courants haute fréquence, et rend au cadre, tout au moins en partie, ses avantages bien connus.
- Rien de plus facile, d’ailleurs, que d’adopter une solution mixte et d’utiliser un montage peu complexe permettant à volonté d’employer comme collecteur d’ondes le cadre ou l’antenne, suivant les conditions locales et surtout suivant les émissions qu’on veut recevoir. L’enroulement du cadre peut utilement être employé comme bobine d’accord pour le montage en « direct ». Il suffit de relier l’antenne à une extrémité de l’enroulement et la prise de terre à l’autre extrémité (fig. 1 A). Ce montage n’est pourtant pas recommandable parce qu’il est peu sélectif, et il est préférable d’employer l’enroulement du cadre comme le secondaire d’un tesla. Dans ce cas, on adopte en général une spire supplémentaire couplée assez lâchement au reste de l’enroulement et dont une extrémité est reliée à
- Fig. 2. — Le cadre « toutes ondes » type Thuillier monté sur son socle de réglage à combinaisons multiples.
- l’antenne et l’autre à la prise de terre (fig. 1 B). Cette spire unique joue alors le rôle d’un primaire apériodique dans un tesla à primaire apériodique.
- On a même pu, dans certains postes récents et, en particulier, dans des appareils anglais, employer deux enroulements de cadres servant pour la réception des émissions sur ondes moyennes, ou pour la réception des émissions sur ondes courtes, suivant qu’ils sont montés en série ou en parallèle. Mais si l’on veut recevoir à l’aide d’une antenne et d’une prise de terre, ces deux enroulements servent alors jmur constituer les deux circuits d’un dispositif présélecteur à liaison par capacité, et accordés par un condensateur à deux « rotors » accouplés. Ainsi, on a réalisé la forme la plus moderne de poste récepteur à antenne et à cadre, et les deux enroulements de petites dimensions peuvent d’ailleurs trouver place dans l’ébénisterie du poste lui-même (fig. 1 C). Des montages mixtes peuvent aussi avoir un effet anti-parasite jfius ou moins net (fig. 1D).
- UN CADRE TOUTES ONDES DE NOUVEAU MODÈLE
- Tout poste sensible d’ancien modèle, et même un assez grand nombre de modèles récents peuvent fonctionner à volonté sur antenne ou sur cadre, et, en général, les résultats que permettent d’obtenir la plupart d’entre eux peuvent être améliorés en employant un cadre bien étudié. Il nous paraît
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- donc intéressant de décrire sommairement un modèle de cadre très complet qui paraît bien offrir des avantages certains. Ce cadre, réalisé par M. Thuillier à Tourcoing, a une hauteur totale de 885 mm et un diamètre de pivotement de 360 mm. Il peut être combiné avec un socle de 205 sur 235 mm placé à la partie inférieure s’il est destiné à être posé à côté ou sur le récepteur, ou à la partie supérieure s’il est destiné à être installé dans un meuble.
- Ce cadre comporte six circuits bobinés sur des plans parallèles, toutes les spires étant formées avec du fil à brins divisés et parfaitement aérées de façon à obtenir le rendement maximum.
- Pour les petites ondes, les cinq premiers circuits sont connectés en parallèle, pour les ondes moyennes, quatre circuits sont connectés deux par deux en série, puis ces deux circuits de longueur double sont connectés en parallèle. Pour les grandes ondes, quatre circuits sont connectés en série et, enfin, pour les très grandes ondes, les cinq circuits sont connectés en série. Dans ces conditions, on obtient les cinq gammes suivantes : 100 à 300 m environ, 140 à 470, 300 à 1000, 600 à 1850, 750 à 2200.
- De plus, le dispositif comporte un bobinage supplémentaire en gros fil isolé établi sur un plan parallèle au plan des circuits normaux, et destiné à être relié à l’antenne et à la terre, en formant ainsi, comme nous l’avons expliqué précédemment, un primaire d’accord apériodique pour montage en tesla. Un
- condensateur variable peut, d’ailleurs, être placé dans ce circuit soit en série, soit en parallèle, grâce à la manœuvre d’un inverseur bipolaire rotatif monté sur le socle.
- Un deuxième inverseur du même type permet de brancher sur le tesla soit l’antenne seule, soit l’antenne et la terre. Sur le socle du cadre on a même disposé des interrupteurs à poussoirs qui permettent de mettre en connexion soit l’antenne, soit la terre, soit l’antenne et la terre sur les deux bornes du cadre, avec interposition de condensateurs lîxes appropriés, ce qui permet la réception « en direct » sur antenne dans le cas où l’on veut obtenir une réception puissante lorsque la sélectivité poussée n’est pas indispensable.
- L’ébénisterie servant de socle au cadre porte une rosace d’orientation, dont le demi-cercle avant est divisé en douze secteurs numérotés qui correspondent à une même orientation déterminée une fois pour toutes pour un lieudéterminé,d’après une carte radiophonique.
- Il est certain qu’un tel dispositif peut rendre encore de très grands services toutes les fois que l’amateur veut bien se résoudre à utiliser un collecteur d’ondes de cette catégorie, et ses avantages techniques sont souvent assez grands pour que les sans-filistes acceptent d’adopter un accessoire supplémentaire, même un peu encombrant.
- P. Hémardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Cadre toutes ondes: Constructeur : M. Thuillier, Tourcoing.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ANTISEPSIE PAR L’IODE NAISSANT
- L’iode à l’état naissant se trouve, paraît-il, à l’état ionisé et ne prend qu’ensuite la l'orme finale l2, sous laquelle il devient visible, ayant alors un effet beaucoup moins puissant sur les éléments microbiens.
- Partant de cette conception, le Dr Laurens, médecin otorhino-laryngologiste réputé, a proposé d’utiliser l’iode à l’état naissant dans les maladies de la gorge et du nez, en mettant l’iode en liberté par l’action de l’eau oxygénée sur un iodure.
- D’abord préconisé en gargarismes sucessifs, le traitement auquel il s’est arrêté consiste à l'aire dans les cavités des pulvérisations alternatives d’abord avec une solution d’iodure de sodium à 30 %, ensuite avec de l’eau oxygénée à 12 volumes, puis recommençant un certain nombre de lois en suivant le même ordre.
- Cette méthode a permis au Dr Moreau, qui l’a expérimentée, d’obtenir des guérisons rapides d’otites suppurées anciennes, de sinusites et de rhinopharyngites chroniques.
- On voit que ce procédé est d’un emploi très simple puisqu’il suffit au malade de disposer de deux pulvérisateurs en verre genre Vaast si répandus aujourd’hui, chargés l’un d’iodure, l’autre d’eau oxygénée; c’est pourquoi nous avons cru utile de, le faire connaître à nos lecteurs.
- DESTRUCTION DES GUÊPES
- Il existe plusieurs procédés de destruction des guêpes. Certains, parmi ceux qui ont été préconisés, ne peuvent pas être employés par tout le monde, en tous lieux et en toutes circonstances. Celui que je vais indiquer se recommande par sa grande simplicité qui le met à la disposition d’un enfant, et aussi par son absence de danger et sa grande et absolue efficacité. Au mois de septembre de cette année, j’ai disposé au-dessus de l’orifice d’un nid de guêpes qui se trouvait dans le jardin à proximité de ma maison de campagne, un globe de verre gobe-mouches ordinaire avec de l’eau savonneuse dans sa rigole intérieure. Non seulement il est inutile d’en calfeutrer les bords au niveau du sol pour obtenir une fermeture hermétique, mais au contraire, il semble, sans que je puisse l’affirmer d’une façon absolue, que l’intervalle qui subsiste ou qu’elles créent permet à des guêpes étrangères de venir à l’appel du bourdonnement se prendre au même piège, pès.que le soleil paraît, les guêpes s’élèvent dans le ballon de verre et y volent en sé heurtant d’une façon incessante aux parois jusqu’à ce qu’elles tombent d’épuisement dans l’eau de savon d’où elles se relèvent
- rarement et en tous cas pour peu de temps. Chaque soir, à la nuit, on les vide dans un trou fait à la bêche et qu’on recouvre de terre. Au bout du troisième jour, car mon piège était un peu petit en présence du si grand nombre des occupants, il n’y avait plus que quelques guêpes égarées qui avaient échappé à ces véritables hécatombes. On pourrait, sans doute, de la même façon et dans les mêmes conditions capter d’autres insectes ailés. Une petite modification de l’entrée, dans le genre des nasses, permettrait, s’il en était besoin, de les avoir vivants. Médecin-Colonel Pasteur.
- POUR DISTINGUER LES FILMS EN CELLULOÏD DES FILMS EN ACËTOÏD
- Il peut être intéressant de pouvoir distinguer avec facilité les fils en celluloïd à la nitro-cellulose des fils en acétoïd en acétate de cellulose dits ininflammables, mais ayant seulement l’avantage de brûler lentement à la façon du papier, sans déflagration.
- Le Journal la Photo-Revue dont les enseignements sont toujours précieux, nous fait connaître à ce sujet la recette suivante :
- Faire un mélange de
- Acétone = 20 cent cubes
- Acétate d’amyle = 10 cent cubes
- Au moyen d’un bâtonnet quelconque, on fait sur le film une trace légère et on observe le résultat :
- Sur le celluloïd, il se produit une traînée brillante, sur Vacétoïd, la trace est male et blanchâtre.
- T RANSFORMATION D’UN MUR EN TABLEAU NOIR
- Pour transformer un mur en tableau noir, opérer ainsi, après un rebouchage soigné.
- Prendre 200 gr d’ardoise finement pulvérisée y ajouter 30 gr de noir de fumée et délayer dans une quantité suffisante d’une solution de silicate de soude étendue de moitié d’eau, pour amener à consistance de peinture.
- Appliquer sur le mur au moyen d’une queue de morue deux ou trois couches dans le sens horizontal et dans le sens vertical en ayant soin de bien laisser sécher entre chaque application.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE
- Le Prix Nobel de Chimie pour 1932
- Le Prix Nobel de Chimie en 1932 a été décerné au savant américain Irving Langmuir. La contribution du Dr Langmuir aux progrès de la chimie est marquée surtout par ses travaux sur la forme et l’orientation des molécules des substances, en couche mince, ainsi que sur le mécanisme de la catalyse. Mais ce n’est qu’une partie de son œuvre qui est très vaste.
- Langmuir, attaché au laboratoire de recherches de la General Electric C° à Slieneetady, s’est tout d’ahord appliqué à l’étude des phénomènes qui se produisent dans la lampe électrique à incandescence; à cette occasion il a apporté une contribution importante à l’étude des lois de la conductibilité et de la convection de la chaleur; il a également étudié à cette occasion l’évaporation du tungstène et ses combinaisons avec l’azote; ces recherches ont conduit d’une part à la réalisation de la lampe à incandescence à atmosphère gazeuse, à la découverte de l’hydrogène atomique d’autre part et à de grands progrès dans la soudure électrique.
- Non moins importants sont ses travaux théoriques et expérimentaux sur l’émission thermionique ainsi que sur les atmosphères raréfiées et ionisées. Ils ont conduit à des réalisations nouvelles de grande importance pour les lampes de T. S. F. et pour les lampes à ions.
- La science pure a tiré des grands bénéfices des beaux travaux de Langmuir; mais il est bon de constater que ceux-ci ont été toujours entrepris à l’occasion et en vue d’applications pratiques.
- PHYSIQUE
- Du courant électrique conservé et transporté en avion de Hollande en Angleterre.
- C’est une bien remarquable expérience que celle à laquelle ont assisté en juin dernier à Londres, à une conférence de la Royal Institution, les auditeurs du professeur Mac Lennan. Ce savant exposait les progrès de nos connaissances sur la supraconductibilité, curieuse et mystérieuse propriété présentée par certains métaux, certains alliages et certaines combinaisons chimiques. Ces corps, portés à des températures très basses (— 265°,8 au-dessous du zéro centigrade pour le plomb, par exemple) deviennent des conducteurs électriques parfaits; ils ne présentept plus aucune résistance au passage du courant, de sorte que celui-ci une fois établi, il se maintient indéfiniment, tant que la température est maintenue au-dessous de la limite critique.
- C’est ce que le savant conférencier a mis en évidence d’une façon particulièrement originale et frappante : il présenta en effet, aux assistants un anneau de plomb, immergé dans de l'helium liquide et traversé par un courant de plus de 4200 ampères, facile à mettre en évidence par son action sur une aiguille aimantée. Or, ce courant avait été charge dans 1 anneau de plomb 6 heures avant la conférence, dans le laboratoire cryogénique de Leyde par le professeur Keesom, successeur du Dr Kamerlingh Onnes; un avion avait transporté de Hollande en Angleterre le courant ainsi emmagasiné. C’est assurément la première fois que du courant électrique est transporté, à distance de pareille manière.
- [RADIO -ÉLECTRICITÉ
- Communications à grande distance par ondes ultra=courtes.
- Les ondes hertziennes ultra-courtes sont celles qui ont des longueurs d’onde de l’ordre du mètre et au-dessous. On sait
- que les ondes de cette catégorie par leurs propriétés se rapprochent beaucoup des ondes optiques de l’infrarouge. Aussi a-t-on émis fréquemment l’opinion qu’elles ne pourraient être utilisées pour des communications à grande distance, en raison de leur propagation quasi rectiligne et de l’obstacle opposé, en conséquence, à leur passage par la rotondité de la Terre.
- Des expériences effectuées cette année par M. Marconi avec des ondes de l’ordre de ü m 50, prouvent que cette crainte n’est pas complètement fondée. Elles s’exécutaient entre le yacht Elettra de M . Marconi et la station de Rocca di Papa près de Rome. Des communications purent être établies entre ce poste et le yacht ancré au Cap Figari (Sardaigne), avec une onde de 0 m 57. La distance entre les deux points est de 275 km, portée bien supérieure à celle que la courbure de la terre permettrait aux rayons lumineux visibles dans les mêmes conditions.
- Ces rayons hertziens offrent toutefois, par leur faculté d’être dirigés et par leur pouvoir de pénétration à travers le brouillard, des qualités qui ont été souvent exposées dans cette Revue et qui paraissent leur réserver d’importantes applications.
- Signalons à ce propos qu’une liaison bilatérale par ondes hertziennes de 17 cm va être établie des deux côtés de la Manche, entre l’aérodrome anglais de Lympne et l’aérodrome français de St-lnglevert.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE L’air sec et le gel de silice.
- Les méthodes utilisées pour la production d’air sec peuvent se classer en trois catégories.
- 1° Emplois de corps, ayant une affinité chimique pour l’eau. (chlorure de calcium, acide sulfurique par exemple), ces produits sont soit jetés après usage, soit régénérés, la régénération permettant l’emploi d’une installation continue à cycle fermé.
- 2° Réfrigération. Dans cette méthode fréquemment employée pour le conditionnement de l’air, l’air à assécher passe à travers un ruissellement d’eau très froide; étant ainsi saturé à basse température il contient très peu d’eau. Mais pour obtenir de l’air très sec il faut un abaissement de la température au-dessous de 0°, le procédé devient donc coûteux, si l’on n’a pas besoin en même temps d’air refroidi.
- 3° Procédé par adsorption. La silice colloïdale ou gel de silice est le seul corps utilisé jusqu’ici pour fixer la vapeur d’eau par adsorption; dans ce procédé, la silice ne subit aucune modification chimique, l’eau adsorbée étant retenue sous forme de liquide dans les pores ultra-microscopiques du gel. Les opérations sont les suivantes : l’air humide traverse un lit de gel de silice qui capte sa vapeur d’eau ; puis le gel est réactivé en classant par la chaleur l’eau adsorbée; il est ensuite refroidi et ramené à la température d’utilisation.
- Cette méthode, comme celle de l’absorption chimique, ne demande qu’une alternance de réchauffements et de refroidissements, sans nécessiter d’énergie mécanique.
- Le gel de silice est une matière dure et vitreuse, granuleuse, c’est de la silice colloïdale, elle garde très longtemps son pouvoir d’adsorption. La quantité d’eau adsorbée par 1 kg de silice croît avec la pression partielle de la vapeur d’eau et avec une diminution de température.
- Suivant l’importance des installations de séchage, le nombre des adsorbeurs employés varie. Une petite installation comprendra 2 appareils, l’un traversé par l’air humide, l’autre en cours d’activation et de refroidissement. Dans une installation à 4 appareils 2 seront en série pour le séchage, un en activation, un en refroidissement, les fonctions étant permutées au bout d’un certain temps.
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- Dans les installations importantes des valves automatiques opèrent les changements de rôles. L’air obtenu par la méthode du gel de silice étant plus sec que certaines de ses utilisations ne l’exigent, on peut régler le degré d’humidité en mélangeant l’air séché à de l’air humide non traité.
- L’activation est réalisée en général par le passage de gaz chauds propres à travers le lit de silice. Quand on dispose de gaz chauds inutilisés à une température supérieure à 140° C, la dépense d’exploitation se réduit à l’énergie des ventilateurs et à l’eau froide de refroidissement. On a réalisé des installations d’air comprimé deshydraté où la chaleur de compression était utilisée pour l’activation du gel.
- Le procédé du gel de silice grâce à son efficacité et à sa simplicité a trouvé des applications très intéressantes, en particulier dans l’industrie électrique. Il est utilisé, pour le traitement de l’air nécessaire au séchage des matières isolantes des câbles et à la manipulation des huiles à imprégnation, qui doivent être exemptes de toute trace d’humidité.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La fabrication électro=chimique de Veau oxygénée et des persels.
- D’après une communication de M. Thilenius, au récent congrès d’Electricité, voici comment s’effectue actuellement en Allemagne la préparation électrolytique de l’eau oxygénée.
- On part de l’acide persulfurique H2S208. Ce corps est obtenu par l’électrolyse d’acide sulfurique de densité comprise entre 1,35 et 1,50, avec une densité de courant anodique de 1 ampère par cm2. L’opération s’exécute dans une cuve contenant une anode en platine et une cathode constituée par un tube de plomb parcouru par une circulation d’eau froide; les compartiments anodique et cathodique sont séparés par un diaphragme en argile. Le rendement est augmenté par l’addition d’ions Cl et Fl. La tension aux bornes d’une cuve est de 4,8 à 5,2 volts.
- L’acide persulfurique obtenu est distillé dans le vide; en présence des quantités importantes d’eau et d’acide sulfurique qu’il contient, il se transforme en acide sulfurique et eau oxygénée. Celle-ci est recueillie à la distillation tandis que l’acide sulfurique est renvoyé à l’électrolyseur. On obtient ainsi un produit à 40 pour 100 d’eau oxygénée, renfermant moins de 1 pour 100 d’acide sulfurique. On élimine ces traces d’acide soit chimiquement par la baryte, soit physiquement par distillation répétée, soit encore par électroosmose. Cette méthode a été récemment perfectionnée en remplaçant l’acide sulfurique par le persulfate de potassium qui, peu sobluble, est facilement séparable.
- Les persels sont des corps qui se rattachent étroitement à l’eau oxygénée; ceux qu’on utilise commercialement sont le perborate de sodium et le persulfate d’ammonium.
- Le perborate de sodium, très employé comme produit de blanchiment et de désinfection, peut être considéré comme un produit d’addition de l’eau oxygénée au borate de sodium. On le prépare en électrolysant sans diaphragme une solution de borate de sodium. Le persulfate d’ammonium est utilisé comme oxydant pour le blanchiment, pour l’affaiblissement des clichés photographiques, pour l’oxydation de l’acétylène ou acide acétique, ou de l’alcool en aldéhyde. On l’obtient par électrolyse du sulfate d’ammonium.
- AVIATION '
- Un avion anglais à moteur à huile lourde.
- La revue anglaise Nature signale la mise en service, a titre d’essais, du premier avion anglais équipé d’un moteur à huile lourde. Il s’agit d’un appareil Hawker « Horsley » muni d’un moteur Rolls Royce « Condor ». Ce moteur n’est pas, à proprement parler, un Diesel, mais un semi-Diesel. Le rapport
- de compression y est porté à 12 1/2, au lieu de 6 1/2 pour le moteur « Condor » marchant à l’essence. L’allumage se fait par magnéto et non par compression comme dans les Diesels véritables. La pression d’explosion maxima est de 64 kg par cm2.
- A sa vitesse normale de 1900 tours par minute, le moteur développe 500 chevaux au frein. Son poids est de 750 kg; soit 1,5 kg par cheval. Il est sensiblement plus élevé que celui du moteur Condor à essence qui pèse environ 1 kg par cheval. Mais comme la consommation de combustible doit être réduite de 25 pour 100 environ, le moteur à huile lourde peut encore assurer à l’avion une économie de poids pour les vols de longue durée qui exigent un fort approvisionnement de combusti le.
- ZOOLOGIE
- Les « yeux » d’écrevisse.
- La Nature a publié dans son numéro 2890 du 1er octobre dernier, une étude sur l’écrevisse qui nous a valu la bonne fortune de recevoir de M. Virailly, pharmacien à Sens, toute une collection d’« yeux » d’écrevisses que nous reproduisons ici.
- On sait que quelques Crustacés : l’écrevisse, plus rarement le homard, et aussi quelques crabes terrestres, présentent à certains moments dans l’estomac des pierres qui ont longtemps excité la curiosité. On les trouve, chez l’écrevisse, l’été,
- encastrées dans la paroi; extraites, elles ont une forme de bouton, convexes d’un côté, aplaties et bordées d’un bourrelet de l’autre.
- Les anciens leur attribuaient de puissantes qualités thérapeutiques et longtemps, on détruisit un nombre considérable d’écrevisses pour en extraire ces oculi seu lapides cancrorum. On sait maintenant que ces « yeux » ne contiennent rien autre que 63 pour 100 de carbonate de chaux, 18 à 19 pour 100 de phosphate, 1,5 pour 100 de carbonate de soude et 15 ou 16 pour 100 de matières azotées. Leurs vertus se réduisaient donc à combattre l’acidité et on leur préfère maintenant le carbonate de chaux pulvérisé, pur ou additionné d’un peu de phosphate.
- Chez l’écrevisse, les gastrolithes apparaissent et grossissent avant la mue. Quand celle-ci se produit, enlevant au crustacé d’un seul coup une énorme masse de calcaire, les « pierres » se détachent de la paroi, se fragmentent, puis se dissolvent et contribuent pour une petite part à fournir la chaux de la nouvelle carapace. On dirait aujourd’hui que ces « yeux » ne sont rien de plus qu’une réserve alcaline insolubilisée,un dépôt de calcaire qui se mobilise au moment où l’animal a perdu la protection mécanique de sa dure enveloppe et aussi la protection chimique qu’elle constituait contre un excès d’acidité. •
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- LIVRES NOUVEAUX
- A propos du centenaire des découvertes de Michel Faraday (1831-1931). 1 vol. 244 pages, publié par la Société française des Electriciens, 8, avenue Pierre-Larousse. Paris.
- Pour commémorer le centenaire de la découverte de l’induction par Faraday, découverte d’où est issue toute l’électricité industrielle, la Société Française des Electriciens a fait traduire et réunir en volume les articles publiés l’an dernier par le Times à la gloire de l’illustre savant anglais. Ces articles écrits par de célèbres savants contemporains, la plupart anglais, comme Lord Rutherford, sir J. J. Thomson, Oliver Lodge, sir Robert Hadfleld, quelques-uns étrangers comme Ostwald, Debye, Zeemann, résument la carrière et les travaux d’un des plus grands expérimentateurs que le monde ait connu, ou bien exposent à grands traits l’état actuel d’industries qui ont pris leur source dans les découvertes de Faraday : électrotechnique, radiocommunication, transmission de l’énergie, télégraphie et téléphonie, liquéfaction des gaz, électrochimie, etc. Une belle biographie due à M. Chaumat sert de préface à ce volume intéressant et varié.
- La propagation des ondes électromagnétiques,
- par P. Labat. 1 vol., 432 pages, 66 fig. Gauthier-Villars. Paris, 1932. Prix : 80 fr.
- L’auteur s’est donné pour but d’exposer dans toute son ampleur et de situer la question de la propagation d’une onde électromagnétique dans l’atmosphère terrestre, question capitale pour la pratique des radiocommunications, mais qui soulève de nombreux problèmes non encore résolus.
- L’ouvrage commence par une étude résumée des phénomènes ayant leur siège dans l’atmosphère et susceptibles d’intervenir dans la propagation des ondes : composition, état électrique, ions et corpuscules électriques, activité solaire et ses rapports avec les phénomènes électriques et magnétiques du globe, radiations pénétrantes, aurores polaires, etc. L’ensemble forme un excellent chapitre de physique du globe. La seconde partie de l’ouvrage aborde le côté théorique de la propagation des ondes dans l’air; elle vise à déterminer par la théorie les lois de la propagation des ondes dans les milieux ionisés, soit sans chocs moléculaires, soit avec chocs moléculaires, ou encore sous l’action d’un champ magnétique. L’auteur y groupe et résume des travaux importants encore assez peu connus en France. Quels résultats donnent ces théories quand on les applique au milieu réel qu’est l’atmosphère ? Tel est l’objet de la troisième parte de l’ouvrage.
- Le rapprochement entre la théorie et les faits observés donne ici d’intéressants résultats, il permet de confirmer certaines hypothèses sur la constitution de la haute atmosphère; il permet, d’autre part, de préciser les conditions de propagation des ondes hertziennes et de prévoir l’effet des variations de la constitution physique des couches atmosphériques.
- Le savant travail de M. Labat qui groupe les principales théories présentées en ces dernières années et les confronte avec les faits d’observation, est une utile mise au point d’une question de haute importance, pour la physique du globe comme pour les radiocommunications.
- La transformation de l’énergie électrique : commutatrices et redresseurs, par H.Giroz, 1 vol. 218 p., 65 fig. Armand Colin, Paris. Prix : 10 fr. 50.
- Les commutatrices et les redresseurs sont deux types de machines qui n’ont de commun que leur but : transformer le courant alternatif en courant continu. Les premières, en effet, sont des machines tournantes, faisant appel aux phénomènes d’induction, les secondes sont des appareils statiques utilisant en général la décharge électrique dans les gaz raréfiés. M. Giroz résume ici la théorie et les propriétés de la com-mutatrice, puis il expose le principe, les propriétés, le fonctionnement et le mode de construction du plus important des redresseurs statiques aujourd’hui utilisés par l’industrie : le redresseur à vapeur de mercure, appareil dont les emplois se multiplient rapidement. Le livre de M. Giroz est le premier en France, croyons-nous, qui aborde cet important sujet. Il le fait avec beaucoup de clarté, et rendra à cet égard des services certains, en permettant aux ingénieurs et aux usagers de compléter leur instruction sur un appareil qui commence seulement à entrer dans la technique classique. Le cadre un peu étroit de la collection Colin n’a pas permis à l’auteur d’aborder une classe d’appareils de’grand avenir se rattachant au redresseur celle des redresseurs à grille commandée. La seule et brève indication qu’il donne à ce sujet contient du reste une erreur historique en attribuant à MM. Dunoyer et Toulon une observation connue bien avant leur intéressant travail sur les appareils à électrode de contrôle commandée par déphasage.
- Traité de chimie minérale, publié sous la direction de P. Pascal. Tome XI. 1 vol., 836 pages, 46 fig. Masson et Cie. Paris, 1932. Prix : 155 fr.
- Ce nouveau volume du magistral ouvrage de P. Pascal est consacré
- aux métaux suivants : molybdène, tungstène, traité par A. Travers et L. Malaprade, uranium par Flatt, thorium par C. Boulanger, platine, palladium, par Clément Duval, osmium, ruthénium, par R. Charonnat, iridium par M. Delépine, rhodium par P. Poulenc. Pour chaque métal le plan adopté est le même; élaboration du métal, ses propriétés physiques et chimiques, méthodes d’analyse, poids atomique, applications, étude des différents composés. L’ensemble constitue une précieuse encyclopédie qui rassemble, sous une forme systématique particulièrement claire et commode, une documentation et une foule de données jusqu’ici éparses dans d’innombrables publications.
- Le cinéma parlant, par a. Soulier. 1 vol. 328 p., 117 fig. Garnier frères, Paris, 1932. Prix : 13 fr. 50.
- Le cinéma parlant a donné, en quelques années, naissance à une industrie dont la technique a pris un caractère hautement scientifique. Il exige une armée d’auxiliaires à qui sont nécessaires des notions élémentaires, mais claires de cette technique. Ils les trouveront dans le petit manuel de M. Soulier; celui-ci explique tout d’abord le principe de l’enregistrement des sons, donne quelques notions sur les amplificateurs, examine les différents procédés d’enregistrement, et l’organisation du studio, puis décrit les procédés de développement des films, et enfin l’appareil de projection optique et sonore ainsi que l’organisation de la salle de projection. On trouvera en annexe l’ordonnance du préfet de police concernant les théâtres, cinémas, etc.
- L’Auvergne, par Philippe Arbos, 1 vol. in-16, 224 p., 12 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1932. Prix : relié, 12 fr. ; broché, l(Hr. 50.
- L’auteur, professeur à l’Université de Clermont-Ferrand, s’est voué depuis de longues années à l’étude de l’Auvergne. Sans négliger le milieu physique, il s’attache surtout à l’activité humaine à laquelle ce milieu sert de cadre, avec le souci constant de montrer comment le présent se relie au passé. Cette préoccupation domine non seulement l’étude des traits généraux, mais aussi la description régionale particulièrement bien observée.
- C'est un document précieux où l’on trouve nombre de données précises sur la vie rurale, la population montagnarde et pastorale, le déboisement, la dépopulation, etc.
- Die Binnengewasser, par August Thienemann. Vol. XII. Hydrochemische Methoden in der Limnologie, par le Dr Resso Maucha. 1 vol. in-8, 173 p., 36 fig. Schweizerbartsche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1932. Prix : broché, 18 M. ; relié, 19,50 marks.
- Après la mer, les eaux douces ont attiré l’attention des biologistes. Le grand traité de limnologie du professeur Thienemann en est la preuve. Pour étudier l’écologie de ce milieu et sa productivité, des méthodes chimiques ont été adaptées, notamment au travail sur le terrain. En voici un exposé détaillé qui peut servir de manuel technique à tous ceux qui se consacrent à ces nouvelles recherches. L’auteur examine dans une première partie les procédés de dosage des gaz dissous : air, oxygène, acide carbonique; la deuxième est consacrée aux électrolytes : carbonates, silicates, phosphates, sulfates, chlore, iode, calcium, magnésium, potassium, sodium, fer, manganèse; la troisième traite des mesures organiques : pouvoir réducteur, azote sous ses diverses formes, soufre, méthane. Une abondante bibliographie suit. Comme souvent, les méthodes françaises sont bien peu examinées; par contre celles de Winkler occupent une place importante et d’ailleurs justifiée.
- Les oiseaux de France. Vol. 1, par A. Menegaux, 1 vol. in-16, 290 p., 107 fig., 64 pl. en couleurs. Encyclopédie du naturaliste, Lechevalier, Paris, 1932. Prix : cartonné toile, 50 fr.
- Pour couronner une longue carrière, consacrée à l’étude et à la défense de l’oiseau, l’auteur qui vient de quitter le Muséum entreprend un inventaire des oiseaux de France en 3 volumes. Le premier que voici est d’abord une introduction générale rappelant les règles de nomenclature, les provinces géographiques et les routes de migration, les caractères morphologiques et anatomiques, la protection des collections, les insectes parasites des oiseaux (qui n’avaient pas encore été rassemblés dans un ouvnage d’ornithologie), la description de tous les genres et espèces. L’atlas de 64 planches en couleurs qui suit figure les principaux Rapaces, Gallinacés, Colombins, Piciformes; d’autres planches en noir représentent des jeunes et des nids. Le texte d’accompagnement est abondant et naturellement documenté; il traite du régime alimentaire, du nombre des œufs et des pontes, de la distribution à la surface du globe et donne les noms utiles en 5 langues différentes.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- TOURISME
- Porte-cartes planchette.
- La nécessité de manipuler en plein air des cartes, des plans et des documents de toutes sortes se présente non seulement pour l’armée, mais aussi pour de nombreuses entreprises civiles telles que : travaux d’art, prospection de mines, piquetage de
- mains pour gravir une échelle ou conduire une voiture.
- La suppression du transparent a pu être permise grâce à une grande rapidité de fermeture ou d’ouverture (un seul bouton à pression très accessible).
- Enfin l’emploi de plusieurs surfaces rigides permet, lorsque l’appareil est déployé, de constituer devant l’opérateur, à hauteur de sa ceinture, une véritable petite table sur laquelle
- lignes à haute tension, construction de voies ferrées, etc.
- Or les sytèmes habituels de porte-cartes sont loin de donner satisfaction au point de vue pratique et sont de plus en plus abandonnés pour diverses raisons.
- Presque toujours un transparent en celluloïd recouvre la carte, empêchant ainsi d’y porter aucune annotation.
- D’ailleurs la flexibilité du porte-cartes ne le permettrait pas et il est impossible pour la même raison de mesurer exactement un direction à la règle ;
- Enfin, leur usage nécessite l’emploi des deux mains, sérieux inconvénient pouf les cavaliers, cyclistes, etc.
- Aussi, le porte-cartes-planchette difïère-t-il complètement des modèles connus : il a été inventé par M. P. Laze et a obtenu une médaille d’argent au dernier Concours Lépine.
- Son mode de transport et d’emploi (fixé sur la poitrine de l’opérateur) laisse à ce dernier l’entière liberté des deux
- Fig. 1. •— Le porte-caries planchette et son utilisation.
- angle, une distance ou de tracer une
- il peut graphiquer, prendre des notes, exécuter des croquis, ré-des ordres ou meme en conserver un duplicata grâce à la possibilité d’emploi d’un papier carbone.
- En cas d’intempéries violentes, deux fermoirs latéraux genre « Eclair » assurent une étanchéité absolue et des pochettes intérieures ont été disposées pour recevoir les cartes de rechange, les papiers, le rapporteur, la gomme et les crayons.
- La surface de carte accessible est très suffisante dans la plupart des cas (0 m 22 X 0 m 45) et l’appareil a été conçu de manière que la plus grande dimension puisse, au choix, se déployer soit en hauteur, soit en largeur, suivant les proportions de la zone à étudier.
- Notons également que les charnières servant d’articulation aux deux parties de la planchette ont été étudiées spécialement de manière à éviter la pliure brutale de la carte et sa compression, ce qui en assurera une plus longue conservation.
- Enfin la planchette portant la carte peut se séparer complè-
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- tement de l’étui imperméable pour être posée sur le sol, sur une caisse, sur une table ou même être fixée sur un pied d’appareil photographique, grâce à un raccord spécial prévu sous la planchette.
- 11 est alors possible d'effectuer des opérations topographiques sommaires; dans ce cas la petite boussole d’orientation fixée à l’appareil devenant insuffisante on pourra fixer un déclinatoire sur un trou spécial prévu à cet effet au moment de la construction.
- Bien entendu les matériaux ont été choisis de manière à réaliser un ensemble extrêmement léger et peu encombrant.
- Concessionnaires exclusifs pour la fabrication et la vente : Etablissements A. Lepetit, 6, rue Victor-Considérant, Paris.
- ÉCONOMIE MÉNAGÈRE
- Plan incliné supportant la masse totale du charbon et le dirigeant vers houverture de l'entonnoir.
- Ouverture de l 'entonnoir permettant au charbon de tomber dans le fond du coffre.j
- Un coffre-charbon pratique.
- Le logement du charbon à l’intérieur d’un appartement est un problème qui fait le désespoir de toutes les ménagères ! Les manutentions du combustible répandent des poussières
- noires qui salissent les vitres, les tentures et les meubles. On y remédie plus ou moins en plaçant la provision de charbon dans des coffres he rmétiquement clos; mais la difficulté n’est que déplacée : au moment où il faut puiser le charbon pour alimenter le foyer, il faut, armé d’une pelle, fouiller dans une masse qui résiste ; travail physiquement pénible et toujours plus ou moins salissant pour les personnes comme pour les choses.
- N’est-ce pas, du reste, les ennuis provoqués par les manutentions du charbon de terre qui actuellement favorisent, dans les appartements parisiens notamment, le développement de chauffages plus coûteux, mais plus commode : comme le chauffage au gaz ou le chauffage électrique ?
- Le coffre à charbon Pratt apporte une solution simple et élégante à une partie des difficultés signalées ci-dessus. Il évite les projections de poussière et rend très facile le puisage du charbon pour alimenter le foyer voisin.
- C’est une caisse en tôle renfermant à l’intérieur, fixés à ses faces latérales, des plans inclinés formant entonnoir. Ces plans supportent la masse totale du charbon, et ne laissent s’écouler dans la base du coffre que la quantité correspondant à la capacité d’une pelle à charbon. En outre la base du coffre est elle-même munie sur les côtés de deux plans inclinés qui empêchent le charbon de s’accumuler dans les angles où la pelle ne pourrait l’atteindre.
- Le coffre est fermé par un couvercle à la partie supérieure; on ne l’ouvre que pour le chargement et on le referme aussitôt; le puisage s’effectue par une porte percée dans la face avant et qui donne accès à la base du coffre; elle a une ouver-
- Plan incliné ernpéchanT~ le charbon de s 'accumuler dans les angles
- Fig. 2. — Coupe du coffre à charbon « Prall ».
- ture suffisante pour qu’une pelle ordinaire puisse y entrer sans difficulté.
- Elle se ferme par une tôle coulissant dans deux agrafes placées de part et d’autre de l’ouverture.
- Avec ce système très simple, pour puiser le charbon on n’a pas à soulever de pesantes masses de combustibles ; la jDelle prend son chargement dans la base du coffre où elle ne rencontre qu’une masse de charbon correspondant à peu près à sa capacité; le puisage est donc facile et peu fatigant; le poussier tombé, d’autre part, est enlevé en même temps que le charbon; il ne reste pas inutilisé dans le fond du coffre; d’autre part il ne peut, grâce à la disposition du coffre, se répandre au dehors; il est retenu à l’intérieur ainsi que les petits morceaux.
- En résumé, accessoire ménager fort bien compris qui réduit la fatigue du chargement des feux, maintient l’appartement propre pendant la période de chauffage actif, toujours redoutée des ménagères soucieuses d’un brillant intérieur.
- Ajoutons qu’il se fabrique des coffres de 10, 50,100 et 150 kg; c’est dire que chaque appareil de chauffage peut être muni de son coffre individuel, à proximité immédiate, tandis que l’on aura, à la cuisine par exemple, un coffre de plus grande capacité pour emmagasiner une certaine provision assurant quelques jours de chauffage.
- Enfvente aux « Produits Industriels », 99, rue de Charonne, Paris.
- ÉCONOMIE MÉNAGÈRE Ouvre=boîte de cirages.
- Rien de plus agaçant, parfois de plus difficultueux que l’ouverture des boîtes de cirage en fer-blanc. Le couvercle résiste à tous les efforts de la main ; il faut recourir à la pointe d’un couteau, par exemple, pour en écarter les bords, opération salissante, parfois dangereuse, et qui laisse la boîte déformée, difficile à fermer et à rouvrir ultérieurement.
- La plupart des fabricants ont fini par comprendre l’embarras où se trouvent leurs clients, les boîtes de cirage sont, pour la plupart, munies de petits dispositifs d’ouverture fort appréciés.
- Il existe toutefois encore des boîtes qui n’en sont pas pourvues. Le petit outil, très simple, représenté ci-contre, permet de les ouvrir aisément sans risque de se blesser ou de se salir. C’est un fil de fer replié en arc de cercle et muni de poignées à ses deux extrémités. Le fil de fer embrassele couvercle sur presque toute sa périphérie ; il suffit de le serrer en rapprochant les deux poignées tenues dans la même main ; on a ainsi une forte prise, qui ne glisse pas,et le couvercle dès lors se détache aisément de la boîte.
- En vente chez « Les Produits industriels » 99, rue de Charonne, Paris.
- Fig. 4. •— L’ouvre-boîte à cirage et son emploi.
- Fig. 3. — Le « Pratt ».
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Machine parlante à fil aimanté. — Cette machine est en vente à la Compagnie nationale des machines de bureau, 24, rue de l’Arcade, à Paris.
- Pourquoi la colle de relieur dégage=t=elle une mau= vaise odeur?
- Par les éléments qu’elle renferme, gélatine et amidon, la colle de relieur subit avec une grande facilité la fermentation putride, ce qui lui fait bientôt dégager une odeur nauséabonde, défaut que l’on peut éviter facilement en utilisant les propriétés antiseptiques des résines jointes à celles de l’essence de girolle, si employée en pratique dentaire sous le nom d’Eugénol.
- Dans cet ordre d’idées on peut réaliser une colle de bonne conservation en opérant ainsi :
- Prendre :
- Farine de sarrasin Colle forte de Givet Térébenthine de Venise Eau ordinaire
- = 70 grammss
- = 5 —
- = 10 —
- = 900 —
- Faire gonfler la colle forte dans la moitié de l’eau froide pendant douze heures, liquéfier ensuite au bain-marie et ajouter dans le liquide chaud sous forme de filet en remuant constamment le lait de farine obtenu en délayant d’autre part celle-ci dans le reste de l’eau.
- Incorporer la térébenthine puis cuire le mélange jusqu’à obtention d’une masse homogène, translucide, retirer du feu, répartir dans le mucilage cinq à six clous de girofle et laisser en contact jusqu’au len-
- demain.
- Passer enfin la colle au travers d’une mousseline, mettre en flacons et conserver bien bouché jusqu’au moment de l’emploi.
- Réponse à M. Massieux, Ile de Wigiit.
- Un procédé commode pour faire disparaître les taches de vin rouge.
- Lorsque les taches de vin rouge se trouvent sur du linge blanc, le lessivage et l’intervention de l’Eau de Javel en ont facilement raison, mais quand elles se trouvent sur des tissus de couleur, tels que nappes à liteaux ou dessins, jaunes, bleus, mauves ainsi qu’il en est d’usage fréquent, on risque fort d’enlever en même temps tache et teinture.
- Il existe cependant un procédé très simple, qui consiste à mettre la matière colorante du vin rouge dans un milieu identique à celui où elle se trouvait précédemment, milieu qui n’est autre que le vin blanc.
- Par simple macération, on verra peu à peu la couleur rouge se solubiliser et la tache disparaître, mais bien entendu il faudra avoir là patience d’attendre parfois jusqu’au lendemain, surtout si la tache a séché,'l’évaporation ayant diminué la solubilité de la matière colorante du vin rouge, mais l’effet étant par contre très rapide si la tache est traitée immédiatement après l’accident.
- N. B. — Par expérience personnelle, nous avons constaté l’efficacité du procédé, sans qu’il y ait aucune altération de la teinte du tissu support, quelle que soit sa fragilité.
- Réponse à M, Chabaneau, à Bordeaux.
- Ainsi que nous l’avons signalé, l’essai à l’acide sulfurique pour la détermination des goudrons ne représente qu’un à peu près pour les amateurs, l’analyse proprement dite étant du domaine du laboratoire. Il en est de même de l’évaluation de la viscosité qui nécessite l’emploi d’appareils spéciaux : Ixomètre de Barbey en France ou d’Engler en Allemagne.
- La résistance des bouchons à l'émeri sera=t=elle vaincue ?
- A plusieurs reprises nous avons fait connaître à nos lecteurs les moyens ingénieux et les tours de main dont on disposait pour vaincre la résistance tenace des bouchons à l’émeri; M. le Dr Cumenge de Nîmes a l’amabilité de nous communiquer à leur intention la recette suivante pour lutter avec avantage contre les bouchons récalcitrants, recette qui, paraît-il, lui a toujours réussi.
- Lorsque l’on a tout essayé, forcé avec une pince en bois, tapoté avec
- le talon de la pince, chauffé le goulot toutefois sans casser le bouchon, n fêlé le verre, il reste une ressource :
- Après avoir soigneusement nettoyé avec une pointe le sillon entre le bouchon et le^goulot, on y dépose quelques gouttes d’un mélange de Chloral = 39 grammes
- Glycérine =15 —
- Eau =2 —
- Acide chlorhydrique =3 —
- On laisse en contact quelque temps, il faut parfois trente-six heures, puis on chauffe, tapote et voit alors le bouchon le plus hermétique être obligé de céder. Réponse à M. L. J., aux Escaldes.
- Comment s'obtiennent les ciments magnésiens.
- Le ciment magnésien dit aussi ciment Sorel, qui porte également dans le Commerce les noms de Lithosilo-Veitchii Dexton, se prépare en mélangeant de la magnésie calcinée avec de la sciure de bois dans la proportion de une partie de magnésie pour trois et demie de sciure en volumes.
- Ce mélange est peu à peu arrosé d’une solution de chlorure de magnésium à 22°B jusqu’à ce qu’une poignée serrée dans la main reste assemblée sans cependant laisser suinter de liquide.
- La matière humectée est étendue aussi régulièrement que possible sur l’aire à recouvrir à l’aide d’un outil en bois léger, puis la surface est finalement travaillée avec une truelle en fer et la masse est abandonnée au durcissement, ce qui demande deux ou trois jours.
- Si on désire une masse colorée, on ajoute du jaune indien, de la terre de Sienne ou de l’ocre à la magnésie avant de commencer l’opération.
- N. B. La qualité de la magnésie dépend essentiellement de la température de calcination qui doit avoir été comprise entre 750° et 950°, en mettant en œuvre un minerai très pur.
- Réponse à |M. de) Maillard, fà Paris.
- De tout un peu.
- Wl. 6urèya,à Stamboul. — D'après la description que vous nous donnez de l’enduit en question, il s’agit très probablement d’un vernis gras rétractile appliqué sur un fond dont le solvant est de volatilité différente, il vous suffira de demander les produits tout préparés à la Maison Sœhnée frères, 58, rue de Saint-Mandé à Montreuil (Seine) qui est spécialisée dans ces fabrications.
- M. de Lavigerie, à Soissons. — A notre avis le meilleur procédé pour reboucher le trou de votre bouilloire en aluminium est d’y mettre un petit rivet également en aluminium, qu’après rivetage au marteau, vous arrondirez avec une petite bouterolle pour assurer le serrage garantissant l’étanchéité.
- Si toutefois vous désirez essayer une soudure voici une formule qui serait susceptible de vous donner satisfaction :
- Etain................................... 55 grammes.
- Zinc.................................... 37 —
- Aluminium................................. 8 —
- 100 —
- Faire fondre vers 700° environ, rendre homogène en remuant avec un bâton de bois, couler en baguettes.
- M. Thoral, à Montpellier. — L’accident que vous signalez, c’est-à-dire le maculage des papiers placés sur un bureau d’acquisition récente, doit provenir de ce que le meuble a été encaustiqué avec une préparation au pétrole.
- Le moyen le plus simple pour faire disparaître cet inconvénient est de recouvrir le bois d’une bouillie obtenue en délayant du plâtre neuf avec de la gazoline, on laisse en contact 24 heures, on estime le plâtre qui a absorbé le pétrole et on recommence si besoin est l’opération, car le pétrole contenu dans l’épaisseur du bois remonte ensuite par capillarité.
- N. B.—• Opérer le jour et éviter qu’un foyer soit à proximité, la gazoline étant très inflammable.
- M. d’A., à Assenois. — En nous rapportant aux indications de votre lettre, la rupture des parois de votre vivier est moins due â l’effet de la gelée qu’au délayage du schiste qui a pu se produire dans le
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- sous-sol où circulaient des eaux, de sorte que le radier doit se trouver dans certaines parties en porte-à-faux, ce qui, joint à la poussée latérale des terres, a provoqué des efforts sur les parois trop minces.
- A notre avis, le mieux serait de supprimer le drainage par en dessous, en dérivant les eaux à gauche et à droite du vivier par un autre drainage, puis de recimenter les fissures, après avoir noyé dans l’épaisseur de la paroi quelques bandes de fer à empattement pour « armer » en quelque sorte le ciment jointif.
- M. le Dr Bompard, à Vitry-le-François. — Le procédé le plus simple pour assurer la conservation des cordages est le goudronna^" qui peut se faire à la main en faisant passer la corde dans une marmite pleine de goudron de Norwège chauffée au bain-marie à 70°-80°.
- Au sortir du bain on fait abandonner à l’article son excès de goudron en le faisant passer dans une liuarde ou tube garni à son entrée d'une cor^e rugueuse, ce tube est incliné vers la marmite de manière que le goudron retombe dans celle-ci.
- Le goudronnage convient surtout aux cordages qui sont fréquemment immergés dans l'eau; s’il s’agit seulement d’une expositionéven-tuelle à la pluie vous pourriez peut-être vous contenter d’une imprégnation cuivrique consistant à passer alternativement dans les solutions
- suivantes :
- 1° Savon de Marseille....................... 250 grammes.
- Eau non calcaire............................. 10 litres.
- 2° Sulfate de cuivre (vitriol bleu) ... 60 grammes
- Eau ordinaire................................ 10 litres.
- Mouiller la corde jusqu’à imprégnation complète dans la première solution, faire égoutter à fond, puis tremper dans la seconde, laisser sécher, puis répéter l’opération deux au trois fois dans le même ordre.
- Etablissements Q. F., à Clichy. — 1° Nous n’avons pas connaissance d’une traduction française du Dictionnaire anglais dont vous parlez, si elle existe ce ne pourrait être qu’à la Librairie Dunod, 92, rue Bonaparte que vous pourriez la trouver.
- 2° Les dictionnaires de chimie industrielle ne traitent que les grandes industries et non de la fabrication des spécialités, mais vous aurez à votre disposition un grand nombre de monographies sur les questions qui vous intéressent à la Librairie Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- 3° Voici comme complément aux indications que nous vous avons données, quelques formules de mélanges à base d’huiles solubles, que vous pourrez préparer en vue du travail aux machines-outils :
- a) Huile végétale sulfonée..............150 grammes.
- Oléine ................................ 200 —
- Huile de résine........................ 200 —
- Huile minérale......................... 350 —
- Ammoniaque à 22°........................100 —
- b) Huile végétale sulfonée............. 750 —
- Lessive de soude à 20° B................24Ô —
- Ammoniaque à 22°........................ 10 —
- c) Huile de ricin sulfonée..............100 —
- Huile de résine........................ 200 —
- Huile minérale......................... 600 —
- Lessive desoudeà36°B....................100 —
- d) Huile végétale sulfonée............. 800 —
- Lessive de soude à 20° B................100 —
- Ammoniaque à 22°........................ 50 —
- Eau non calcaire........................ 50 —
- e) Huile végétale sulfonée..............150 —
- Oléine..................................100 —
- Huile de résine........................ 200 —
- Huile minérale......................... 400 —
- Lessive de soude à 36° B................150 —
- M. Alberto Sadoch,à Trieste. — 1. La confection d’agglomérés
- sous forme de briquettes du type « Charbon de Paris » nous paraît devoir être la meilleure utilisation à prévoir de vos poussiers de charbon de bois.
- On les obtient en mélangeant 100 kg de poussier et 50 kg de goudron de gaz, puis on comprime fortement en petits cylindres que l’on chauffe au rouge en vase clos pendant quelques heures; les matières volatiles distillent et peuvent être récupérées pour en retirer le benzol et les phénols; il reste un charbon très dur, brûlant lentement et régulièrement en donnant 10 à 12 pour 100 de cendres, qui convient très bien pour chauffage modéré par exemple dans les chaufferettes, cuisson prolongée des mets tels que pot au feu, etc.
- 2. Si votre poudre de bronze pour impressions typographiques est
- ..........=....'. .....= 47 =====
- devenue inutilisable par suite de souillures grasses, il vous sera facile de lui rendre ses qualités premières en la lavant à la gazoline ou, ce qui sera encore mieux au tétrachlorure de carbone qui a le grand avantage d’être incombustible, par conséquent d’éviter tout danger d’incendie.
- M. Leclercq, à Boulogne-sur-Mer.— Nous avons donné dans le n° 2835 du 15 juin 1930, page 575 la façon de préparer les savons à barbe en bâtons, veuillez bien vous y reporter.
- Cette préparation spéciale est nécessaire, les qualités requises ne pouvant être données directement au savon de Marseille du commerce.
- M. Coupard,à Toulon-sur-Mer. — Le délayage préalable de la farine de moutarde dans l’eau froide ne nous avait pas échappé, car nous avons signalé cette particularité dans le n° 2777, page 95, au sujet de l’enlèvement du goût de moisi aux tissus filtrants pour vins : nous disions en effet que ce n’était qu’ensuile qu’il fallait arroser d’eau bouillante, c’est donc par une omission typographique que ne figure pas dans la réponse à M. Wagner (n° 2885) à la suite de poignée de farine de moutarde de préparation récente, la mention * délayée dans l’eau froide ».
- Nous vous remercions toutefois de votre très intéressante lettre qui témoigne de votre sympathie pour notre publication.
- M. le Dr Piètrement,à Epernay. — Ainsique nous l’avons fait connaître dans notre n° 2863, page 179, la consistance particulière que présentent certaines huiles de graissage pour automobiles est due à la présence d’asphalte ou matière bitumineuse dont on peut facilement apprécier la présence et la proportion en ajoutant à 50 cm3 de l’huile à essayer, d'abord 50 cm3 d'éther de pétrole, puis 2 cm3 d’acide sulfurique pur, l’asphalte est alors précipité sous forme d’un dépôt épais dont il suffit de déterminer le volume pour avoir en le doublant la proportion centésimale.
- Il serait par conséquent facile de reconstituer la préparation par une addition asphaltique à une huile courante, si toutefois il était démontré que la présence de l’asphalte n’est pas sans quelque inconvénient pour le moteur.
- M. R. Bachellier, à Amiens. — 1° Le moyen le plus pratique pour préserver l’intérieur de votre vase en cuivre de l’action de l’eau, est de l’enduire de vernis à la gomme laque que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs, mais bien entendu, il ne peut être question que d’eau froide, car avec de l’eau chaude, la différence des coefficients de dilatation fera qu’aucun enduit ne tiendra dans ces conditions.
- 2° Vous trouverez certainement le genre de thermomètre qui vous convient dans l’une des maisons suivantes :
- Conin, 6 rue de Laromiguière (5e). Dujardin, 24, rue Pavée, au Marais (4e). Jacquinot, 25, boulevard du Temple. Lequoy, 12, boulevard Voltaire (11e). Société des Lunettiers, 6, rue Pastourelle. La Thermométrie générale, 261 faubourg Saint-Martin.
- M. de Guerny, à Clermont-Ferrand. — 1° La composition de la spécialité dont vous parlez n’a pas jusqu’ici été vulgarisée et nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner à son sujet.
- 2° Nous avons maintes fois donné la formule d’insecticides à pulvériser par exemple dans le N° 2875, page 191. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Collet, à Limoges. — Le produit que vous avez en mains devait être un fluosilicate altéré par carbonatation et dont la silice était remise en liberté.
- Si vous avez en vue une fluatation de maçonnerie, le mieux est de vous procurer les produits prêts pour l’emploi et de préparation récente chez Teisset-Kesler à Clermont-Ferrand qui s’est fait une spécialité de ces fabircations.
- M. Druis, à Mostaganem. — Nous avons traité la question «Révélateurs à la paraphénylène diamine et inversion dans le n°2891 du 15 octobre 1932, page 374, veuillez bien vous y reporter.
- M. Hugues, à Gap. — Le mastic suivant vous permettra de boucher facilement les fentes que présente l’écorce de vos vieux arbres :
- Prendre :
- Poix noire................................ 300 grammes
- Poix de Bourgogne......................... 300 —
- Suif.......................................125 —
- Cire jaune................................ 150 —
- Cendres de bois fines.....................125 —
- Faire fondre ensembïeà feu doux la poix, le suif et la cire, puis y incorporer progressivement la cendre.
- Au moment de l’emploi ramollir par la chaleur et appliquer sur les blessures parfaitement sèches.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. —- Un clou de la prochaine exposition de Chicago.
- Un chemin de fer aérien, à véhicules fusées, suspendu à 60 m de haut à des pylônes
- de 180 m. (Ph. Keystone.)
- Fig. 2. — Une huître géante (portugaise de 35 cm de long pesant 1500 gr) recueillie sur la côte de Lauzière non loin de La Rochelle. (Ph. Wide World.)
- Fig. 3. — Les tortues des Iles Caymans {Antilles), pesant de 36 à 140 kg sont importées [en Angleterre pour la confection du mets"national, la soupe à la tortue.
- On les conserve vivantes dans des bassins d’eau chaude.
- (Ph. Widt> World.)
- Fig. 4. —- Boucherie moderne, à Paris.
- Les vendeurs, vêtus de blanc, gantés de caoutchouc, travaillent dans une chambre fraîche, entièrement vitrée.
- (Ph. Wide World.)
- Fig. 5. — Locomotive électrique à moteur Diesel (à droite) en essai à Newcastle {Angleterre).
- (Ph. Wide World.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 3370.— Paris, lmp. Lahure — 1-1-1933,
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- N' 2897
- LA NATURE
- 15 Janvier 1933.
- LES RÉCENTS PROGRÈS
- A GAZ
- Kn 1910, les recherches de Georges Claude ont montré qu’on -pouvait utiliser la décharge électrique dans les gaz rares pour l’éclairage et, à partir de cette époque,
- Fig. 1. — Enseigne lumineuse par tubes à néon de Georges Claude fonctionnant sous haute tension.
- DES TUBES LUMINEUX RARES
- Dans le cas d’un tube ayant 20 mm de diamètre et 1 m de longueur, traversé par un courant continu de 0,1 ampère, on trouve que la chute totale de potentiel aux
- des tubes au néon émettant une belle lumière rouge-orangé ont été de plus en plus utilisés pour les enseignes et réclames lumineuses (fig. 1).
- Ces tubes de grande puissance ont un rendement élevé et, au cours des belles recherches qu’il a effectuées à leur sujet, Georges Claude a précisé leurs éléments constitutifs : pureté et pression du gaz rare 'nécessaire à leur remplissage, forme et nature des électrodes, etc...
- bornes du tube est de 402 volts qui se répartissent de la manière suivante :
- Chute de tension à la cathode : 165 volts.
- Chute de tension dans la colonne lumineuse : 280 volts. Chute de tension à l’anode : 17 volts.
- Lu couranl alternatif, chaque électrode fonctionne successivement comme cathode et comme anode et la chute de potentiel totale^estj-t^^^m's égale à 462 volts.
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- = 50 .r.v =rr:-.....:............t..... =
- On voit donc que ces tubes ont comme caractéristique essentielle de fonctionner sous une tension élevée et une faible intensité, ce qui nécessite l’emploi d’un transformateur.
- LES TUBES A BASSE TENSION
- Comme l’alimentation sous une tension aussi élevée n’est pas sans présenter des dangers et que l’emploi d’un transformateur complique l’installation, de nombreuses recherches ont. été entreprises en vue de diminuer la tension de fonctionnement. Il fallait pour cela .agir sur. chacune des trois chutes de tension qui interviennent à la cathode, à l’anode et dans la colonne gazeuse. Or les essais effectués ont montré qu’on pouvait réduire la chute de
- Fig. 2. — Schéma des nouveaux modèles de lubes à néon.
- Le générateur de courant, par exemple une dynamo à courant continu à 110 volts, est relié par un conducteur 2 à l’anode 3 de l’appareil à décharge 4 et par un conducteur 5 à la cathode 6 dudit appareil; 7 est une résistance de stabilisation calculée pour absorber, par exemple 10 % de l’énergie dissipée dans l’installation; la tension aux bornes de la résistance sera donc de 10yolts environ et, aux bornes de l’appareil à décharge, de 100 volts environ.
- L’appareil à décharge 4 contient du néon sous une pression comprise entre 3 mm et 0,05 mm de mercure.
- 8 est un dispositif d’allumage produisant l'à surtension nécessaire à la mise en route de l’appareil à décharge ; ce dispositif peut être mis hors circuit lorsque la déchargé passe à travers lè tübè.
- tension dans la colonne gazeuse en augmentant Fintensité: ainsi lorsque l’intensité passe de 0,5 ampère à 2 ampères, la chute passe de 280 volts à 116 volts par mètre. Malheureusement par suite de la quantité énorme d’énergie dépensée dans la cathode, les cathodes dites froides, habituellement utilisées dans les tubes luminescents, s’échauffent, rougissent et se volatilisent; d’où la nécessité de leur substituer soit des cathodes recouvertes d’un oxyde alca-
- lino-terreux dont- l’émission est liée à un phénomène thermoionique, soit des cathodes donnant naissance à l’émission par un point dit tache cathodique et constituées notamment par des métaux tels que le potassium, le sodium, le magnésium, le cadmium, le mercure, le plomb, etc. Dans ces conditions, la chute de tension cathodique tombe de 150 volts à 5 volts, la chute ano-dique restant sensiblement la même. On voit donc que la somme totale des chutes de tension qui interviennent dans le tube s’abaisse jusqu’à 138 volts et peut, par suite, être fournie par un réseau d’éclairage à basse tension.
- Cependant malgré les nombreuses recherches effectuées dans cette voie et les nombreux brevets qui ont été pris depuis une vingtaine d’années, on n’avait pas vu apparaître jusqu’ici d’installations d’éclairage. par tubes à basse tension véritablement pratiques. Aussi les ingénieurs de la société Claude-Lumière, sous la direction de M. André Claude, sc sont-ils eff orcés d’en améliorer le rendement, d’en accroître la durée de fonctionnement et d’en assurer la stabilité.
- Au cours de leurs études, ils ont été amenés à reconnaître : :
- 1° qu’à diamètre constant, lorsque la pression varie de quelques millièmes de mm à quelques mm, la tension passe par une valeur minima pour une pression dite pression optima. Cette loi étant vraie pour tous les gaz rares.
- Comme conséquence, le plus long tube possible de diamètre donné pouvant être alimenté sous une tension donnée, devra être chargé à la pression optima.
- 2° Que pour des diamètres croissants, la valeur optima de la pression décroît, la chute de tension par mètre décroissant également. En conséquence, les plus longs tubes alimentés sous une tension donnée seront les plus gros. _
- L’intensité lumineuse, mesurée au banc photométrique, suit des variations analogues de sorte que la consommation spécifique, quotient à un facteur près de la tension par l’intensité lumineuse, varie dans le même sens que la tension. On peut énoncer sur ses variations des lois analogues :
- 1° A diamètre constant, lorsque la pression varie de quelques millièmes de mm à quelques mm, la consommation spécifique passe par un minimum;
- 2° Pour des diamètres croissants, la valeur optima de la pression décroît et la consommation spécifique correspondante décroît également;
- 3° La valeur optima de la pression varie en raison inverse du diamètre.
- Dans le cas du néon, par exemple, lorsque le diamètre varie de 10 à 66 mm, la valeur optima de la pression varie de 1 mm environ à 0,05 mm. Comme les valeurs de la pression relatives aux minima de la consommation ne coïncident pas exactement avec celles obtenues pour le minimum de tension, le plus long tube n’aura pas le rendement maximum; on doit dans la construction d’un tube établir un compromis entre la plus grande longueur et le meilleur rendement. En considérant les valeurs optima du rendement on obtient avec l’hélium une consommation spécifique dans la colonne lumineuse de
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- 1,2 watt par bougie, et avec le néon, de 0,5 watt par bougie pour un diamètre de 10 mm et de 0,28 watt par bougie pour un diamètre de 66 mm; on voit par ces données qu’il s’agit là de rendements véritablement intéressants du point de vue pratique et tout à fait comparables à ceux que donnent les autres sources lumineuses d’usage courant.
- Cependant lorsqu’on examine les conditions dans lesquelles ils sont obtenus, on se trouve en présence d’un inconvénient grave tenant à ce que les pressions utilisées sont très faibles, et si l’on ne prenait des précautions spéciales très rigoureuses, le gaz serait très vite absorbé parles électrodes ou par les parois du tube et le fonctionnement ne durerait que quelques instants.
- 11 fallait donc éliminer complètement toutes les causes d’absorption du gaz. Les cathodes adoptées dans les tubes mis au point par M. André Claude sont constituées par du potassium. Sous l’action de l’énergie dépensée à la tache cathodique, le métal fusible est volatilisé, projeté en ligne droite, déposé sur les parois du tube qu’il rend obscures en même temps qu’il emprisonne le gaz. Pour éviter cet inconvénient, il a fallu dresser sur le trajet de la décharge une barrière qui arrête les particules métalliques; de plus une zone de température plus élevée, barrière thermique établie à l’entrée de la colonne lumineuse, arrêtera les vapeurs; les vapeurs métalliques sont emprisonnées dans cette chambre cathodique qui, contrairement à ce qui se passe dans les tubes « Cooper-1 lewitt », a une forme telle qu’elle présente des zones où cette vapeur puisse se refroidir, se condenser et couler à nouveau dans la masse métallique suivant un cycle fermé. On réalise ainsi une masse cathodique qui n’éprouve pas de pertes de matières et n’absorbe pas de gaz. D’autres précautions ont permis d’éliminer l’absorption par l’anode et par les parois du tube. Les résultats obtenus à la suite de ces recherches ont été entièrement satisfaisants puisqu’un tube de 30 mm de diamètre alimenté par un courant d’une intensité de 3 ampères a eu une durée de fonctionnement de 8000 heures soit environ un an à raison de 24 heures par jour.
- Une dernière difficulté se présente : un tube construit sur les données précédentes ne s’allumerait pas spontanément par application de la tension de fonctionnement.
- Afin de réaliser l’allumage, il faut faire émettre par la cathode des électrons animés d’une vitesse suffisante pour ioniser le gaz. De plus, la tension aux bornes du tube allant en diminuant à mesure que croît l’intensité du courant, ce qui correspond à ce que les techniciens appellent une caractéristique négative, un dispositif de stabilisation devient nécessaire. Pour tous les modes d’alimentation, le système d’allumage mis en œuvre repose sur le même principe : une surtension établie entre l’anode ou les anodes et la cathode charge un condensateur qui se décharge brusquement à travers un éclateur. Un dispositif très simple, constitué par une résistance à caracté-
- 3. — Groupe d'éclairage : 2 tubes à mercure, 1 tube à néon, courant triphasé 190 volts, puissance totale 2,2 hui.
- ristique positive intercalée dans le circuit assure la stabilisation.
- En résumé un dispositif complet d’éclairage par les nouveaux tubes lumineux à gaz rares comprendra (lig. 2 ) :
- 1° un équilibreur destiné à éviter de renvoyer dans le réseau le courant de retour;
- 2° un organe d’allumage;
- Fig. 4. — Bail d’usine éclairé par 3 groupes-, courant triphasé 190 volts; puissance totale 6,6 hw.
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- = 52 =' ; .......... ......~=
- 3° un organe de stabilisation;
- 4° un ou plusieurs tubes.
- Dans ces conditions la consommation spécifique csl de l’ordre de 0,5 watt par bougie avec le néon et de 0,3 watt par bougie avec le mercure. Ce sont là des rendements égaux ou supérieurs à ceux des sources de lumières usuelles qui rendent possibles des applications pratiques véritablement intéressantes soit en lumière monochromatique avec des tubes à hélium, à néon, ou à mercure, soit en lumière composée par combinaison de ces différentes sources.
- LES APPLICATIONS
- Parmi les essais d’application qui ont été effectués, signalons qu’un tube alimenté sous 220 volts par un courant triphasé de 25 ampères et consommant 3,1. kw, installé sur un pylône en bordure d’un aérodrome a été aperçu la nuit, en avion, par temps clair, à une distance supérieure à 55 km ; sa portée pratique, évaluée par la distance à laquelle il semble pouvoir être nettement repéré, est de l’ordre de 40 à 45 km. Il semble que par temps de brume, les rayons de grande longueur d’oncle qu’émet le néon puissent avoir une portée considérable.
- Le spectre du néon étant très sensiblement complémentaire de celui du mercure, l’association d’un tube au néon et d’un tube à mercure fournit une lumière se rapprochant beaucoup de la lumière blanche, avec une consommation spécifique qui est d’environ 0,5 watt par bougie; on voit que le rendement d’une telle installation est supérieur à celui de la plupart des installations d’éclairage par incandescence. Les tubes à mercure utilisés pour cet objet sont réalisés, non d’après le principe Coo.per-liewitt qui exige pour l’allumage des artifices tels que la rupture d’une colonne de mercure, mais d’après le principe indiqué par Georges Claude consistant à placer un peu de mercure dans un tube à néon (qu’on peut remplacer par un autre gaz rare)'. Ce tube s’allume alors comme un tube à néon, mais le passage du courant volatilise bientôt le mercure, dont la lumière y devient seule visible. Le néon et le mercure des tubes associés fournissant l’un et l’autre un bon rendement, on peut ainsi obtenir économiquement la lumière blanche et pénétrer dans le domaine de l’éclairage ordinaire.
- Une installation de ce genre, alimentée par un courant continu de 200 volts, a été installée au journal Le Mutin où elle fonctionne déjà depuis de longs mois, les tubes étant dissimulés derrière un verre légèrement dépoli.
- C’est encore d’une façon analogue qu’a été réalisée, sous la direction de M. Àycoberry, l’importante installation faite à 1’ « Office Central Electrique » avec 56 tubes à néon et 28 tubes à mercure disposés derrière un vitrage dépoli de 130 m\ Cet ensemble donne, dans une salle de plus de 200 m2, une lumière diffuse uniforme, très sensiblement blanche, d’un bel effet; l'éclairement moyen au sol est de l’ordre de 400 lux, la consommation totale de 36 kw. Le même éclairement, dans les mêmes conditions, aurait coûté 50 kw avec des lampes dites demi-watt, qui n’eussent pas donné cette qualité de lumière. Dans des ateliers, les tubes à basse tension, néon et mercure combinés, pourront être employés nus sans inconvénient et le rendement net en lumière blanche dépassera de plus de 20 pour 100 celui des lampes à incandescence dites demi-watt.
- Ce sont là certainement des résultats fort intéressants qui font le plus grand honneur à M. André Claude et aux ingénieurs de la Société Claude-Lumière qui ont collaboré aux recherches. Cela ne veut pas dire qu’il ne reste plus de progrès à accomplir dans le domaine de l’éclairage par tubes à gàz rares ou à vapeurs métalliques. Les travaux théoriques semblent indiquer que pour certaines vapeurs métalliques on pourrait obtenir des rendements' de l’ordre de 530 lumens par watt, environ 20 fois supérieurs au meilleur rendement jusqu’ici atteint. De plus, on pourrait peut-être utiliser d’autres gaz' rares que l’hélium et le néon pour la constitution des tubes à gaz luminescents, notamment le krypton et le xénon dont l’émission, très peu lumineuse sous l’excitation habituelle des courants de basse fréquence, donne au contraire un spectre d’étincelles éclatant quand elle est provoquée sous basse pression par des courants instantanés très intenses. Dans un domaine voisin, des lampes à rayons ultra-violets, utilisant la décharge dans le xénon ou dans un mélange de xénon et de néon, sont entrées dans la pratique courante des applications médicales. En ce qui concerne l’éclairage proprement dit, M. Aycoberry a pu présenter au cours d’une récente séance de la « Société des Ingénieurs Civils de France » des lampes à lumière très diffuse remplies de xénon et de néon sous basse pression qui, bien qu’on ne puisse les considérer que comme des essais de laboratoire, semblent riches de perspectives d’avenir O. A. IL
- ]. Les renseignements techniques contenus dans cet article ont été empruntés à une conférence de M. Aycoberry faite devant la Société des Ingénieurs civils de France le 28 octobre 19:12.
- = LOUIS DE BROGLIE ET LA MÉCANIQUE
- ONDULATOIRE
- Le prince Louis-Victor de Broglie, professeur desThéo-ries Physiques à la Sorbonne, vient d’obtenir le prix Albert de Monaco, décerné par l’Académie des Sciences. Cette haute distinction scientifique consacre l’œuvre géniale du jeune savant qui a frayé des voies nouvelles
- dans la Physique moderne et s’est déjà vu attribuer en 1929 le prix Nobel de Physique.
- L’œuvre de M. de Broglie se rattache intimement à la création de la nouvelle branche de la Physique théorique, que l’on nomme « Mécanique ondulatoire », et qui tend
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- de plus en plus à englober toutes les autres branches de la Physique, dont elle prétend devenir l’ossatiare même.
- La Mécanique ondulatoire, comme son nom l’indique, se propose de combler le fossé qui semble séparer les deux grandes doctrines physiques, dont l’une s’applique au domaine de la Matière et a comme base la vieille doctrine atomistique, toute imprégnée de l’idée de discontinuité, et dont l’autre embrasse le domaine des Radiations et est basée sur la doctrine des Ondes, impliquant l’idée de continuité. Ces deux doctrines ont évolué au cours du XIXe siècle indépendamment l’une de l’autre et chacune a enregistré des succès éclatants dans son domaine propre.
- Mais le jour où l’on s’est attaqué au problème fondamental de l’interaction de la Matière et des Radiations, problème qui constitue le point de rencontre de la doctrine de la Matière et de la doctrine des Radiations, les deux théories se sont avérées incapables de fournir une explication satisfaisante et complète des nouveaux phénomènes observés, ayant précisément trait aux rapports de la Matière et du Rayonnement (répartition de l’énergie radiante dans une enceinte fermée en équilibre thermique, effet photo-électrique, spectres optiques et spectres des Rayons X, effets Zeeman anormaux, etc.),
- Une crise aiguë, féconde en conséquences, s’est trouvée ouverte de la sorte en Physique, crise qui est loin dêtre résolue aujourd’hui, malgré les 32 ans de recherches et de tentatives passionnantes qui nous séparent de la publication du Mémoire célèbre de Planck, qui l’a déclenchée. Planck a introduit des conceptions discontinues dans le domaine des Radiations, fief jusqu’alors incontesté des grandeurs physiques continues.
- D’après lui, l’énergie radiante ne peut être émise ou absorbée
- que par grains élémentaires appelés « quanta », véritables atomes d’énergie radiante. Dans le cas d’une radiation monochromatique, ces quanta sont tous égaux entre eux et transportent chacun une énergie élémentaire W proportionnelle à la fréquence v de la radiation considérée :
- W = /i y ; (1)
- Le coefficient de proportionnalité 7i, le même pour toutes les radiations connues (lumière, rayons X, rayons y, etc..), s’appelle constante de Planck dont la valeur numérique est :
- h = 6,55 X 10“27 ergs X sec.
- Pour expliquer l’effet photo-électrique qui consiste dans l’émission d’un flot d’électrons par la matière soumise à l’action d’un rayonnement convenable, Einstein, géné-
- Fig. 1.
- ralisant les idées de Planck, a admis une structure atomique de la lumière, et plus généralement de toute énergie radiante. Ainsi, d’après les conceptions einstei-niennes, une source rayonnante peut être comparée à une batterie de canons qui enverrait des projectiles dans toutes les directions de l’espace. Ces conceptions constituent un véritable retour à la vieille théorie corpusculaire de la lumière, dite théorie d’émission, soutenue jadis par Newton contre la théorie ondulatoire de Huyghens et qui fut abandonnée à l’orée du xixe siècle à cause de son impuissance de fournir une explication des phénomènes d’interférences et de diffraction.
- Développant cette idée atomistique de la lumière, Einstein a édifié toute une théorie des « quanta de lumière » que l’on appelle aujourd’hui « photons ». Dans
- cette théorie on attribue à chaque photon une énergie élémentaire W = h v et une quantité de mouvements :
- /' V' '(2)
- C étant la vitesse de la lumière dans le vide. <
- La théorie de la lumière prend de la sorte un aspect tout à fait paradoxal : d’un côté, si l’on envisage les phénomènes de diffraction et d’interférences, il est nécessaire de recourir à l’Optique'ondulatoire, mais dès que l’on a affaire aux phénomènes impliquant une interaction de la Matière et du Rayonnement, comme c’est le cas de l’effet photo-électrique par exemple, on est forcé d’admettre une constitution granulaire de la lumière.
- Louis de Broglie frappé par ce caractère dualiste de la lumière, s’est demandé si un dualisme pareil n’existerait pas aussi dans le domaine de la matière. Son idée directrice était de rapprocher autant que possible la théorie de la lumière de celle de la matière, c’est-à-dire d’étendre le dualisme existant dans le domaine du rayonnement au cas des particules matérielles.
- L’idée géniale de Louis de Broglie fut d’associer à tout corpuscule matériel un phénomène périodique, une onde associée, inséparable du corpuscule (‘).
- De cette conception d’onde associée au corpuscule matériel, résulte une mécanique entièrement nouvelle, la mécanique ondulatoire, qui s’applique aussi bien aux corpuscules de matière (électrons et protons) qu’aux cor-
- 1. L’originalité de cette idée est d’autant plus remarquable qu’aucun l'ait expérimental ne pouvait à cette époque aiguiller la réflexion de L. de Broglie sur cette voie. Ce n’était qu’une spéculation d’ordre purement théorique, inspirée d’ailleurs par certains aspects de la théorie de la Relativité.
- Louis de Broglie.
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- ===== 54 =======:............:....:.;.="•.......:..=
- puscules de lumière (photons) et qui permet dé déduire le mouvement d’un corpuscule de la propagation de l’onde qui lui est associée. . .
- La théorie de Louis de Broglie assigne à la vitesse de propagation de ces ondes (vitesse de phase) une valeur supérieure à celle de la vitesse de la lumière dans le vide ;
- V = (j-\ - (3) -•
- c
- i> étant vitesse du corpuscule matériel. ' ;
- Cette formule jointe-à la formule donnée par la théorie de la Relativité selon laquelle à toute masse m correspond une énergie :
- W = mCa, • ^(4)
- permet de calculer la longueur d’onde de l’onde associée au corpuscule. ” ~
- En effet, d’après L. de Broglie, la, fréquence de l’onde associée est donnée par la -formule fondamentale de la théorie des quanta :
- W = Av. (1)
- Si l’on remplace la fréquence v par la formule bien connue :
- (5)
- À .
- dans laquelle :
- X s= longueur d’onde de l’oncle associée.
- Y = vitesse de propagation de l’onde associée,
- il résulte des formules (1.) et (5) que :
- W V
- A ~ T
- d’pù :
- _ Y x A
- W
- En remplaçant dans cette dernière formule V par la formule (3) et VF par la formule (4), on a en définitive :
- .. c2 h
- Y nu?
- mv
- (6)
- C’est la formule fondamentale de Louis de Broglie qui donne la longueur de l’onde associée au corpuscule en fonction du produit de la masse du corpuscule par sa vitesse, c’est-à-dire en fonction de sa quantité de mouvement.
- Chaque fois que la longueur d’onde de l’onde associée est faible par rapport aux obstacles matériels que le corpuscule peut rencontrer sur son trajet, les lois de l’optique géométrique s’appliquent et tout se passe comme si l’onde associée n’existait pas; on retrouve alors les lois de la mécanique newtonienne qui devient de la sorte un cas particulier d’une mécanique beaucoup plus générale, qui est la mécanique ondulatoire.
- Par contre, dans les cas où la longueur d’onde de l’onde associée n’est plus négligeable par rapport aux dimensions des obstacles rencontrés par le corpuscule matériel, les ondes associées subissent toute sorte de modifications (par réflexion, diffraction ou interférence) et influent à leur tour sur les conditions du mouvement de la particule.
- On peut tenter de donner une analogie tirée de l’observation courante, analogie grossière qu’il ne faut pas prendre au pied de la lettre, mais qui permet aux esprits assoiffés de représentations concrètes de se faire une idée tangible de la mystérieuse liaison qui existe entre les corpuscules et l’onde associée.
- Prenons un tout petit bateau d’enfant (ou plus simplement un bouchon en liège) et lançons-le sur la surface d’un bassin. Ce petit bateau se déplacera en laissant derrière lui un sillage qui engendre une onde se propageant avec une certaine vitesse et caractérisée par une certaine longueur d’onde.
- Si la vitesse du bateau est plus faible que la vitesse de propagation des ondes engendrées par son propre sillage, ces ondes vont précéder le bateau dans son mouvement.
- Supposons maintenant que sur le parcours du bateau il y ait des obstacles formés par exemple par une série de tous petits îlots séparés par des intervalles comparables à la longueur d’onde de' l’onde associée au petit bateau. Que va-t-il se passer ? Les ondes, véritables avant-coureurs du bateau, vont subir au voisinage des îlots toutes sortes de déformations (par réflexion, interférence et diffraction) et à leur tour modifieront le mouvement du bateau et lui imprimeront un autre mouvement que celui qu’il aurait au voisinage de ces obstacles en l’absence de ces ondes.
- L’influence de ces ondes est d’autant plus grande que la quantité de mouvement du bateau est plus faible (choc de l’onde contre le bateau).
- La différence entre la nouvelle mécanique et la mécanique newtonienne revient, dans notre exemple, à tenir ou à ne pas tenir compte de ces ondes associées qui dans certain cas modifient notablement le mouvement du petit bateau.
- Voilà une image bien grossière de cette liaison si subtile entre le corpuscule et les ondes, à laquelle fait appel la mécanique nouvelle. Comparaison n’est jamais raison et une analogie trahit toujours ce qu’elle prétend expliquer.
- Dans notre cas cette trahison est d’autant plus flagrante que la mécanique ondulatoire prétend précisément se passer de tout modèle mécanique et se pose en champion des théories physiques à base purement formelle et mathématique. Dans une expression tout à fait récente de cette théorie, cette tendance s’exprime par le refus d’accorder toute réalité physique à Fonde associée et à ne la considérer que comme un artifice mathématique permettant de calculer la probabilité de présence des corpuscules, en un point, donné de l’espace, ces corpuscules pouvant être des photons (grains de lumière), des électrons (grains d’électricité négative), ou des protons (grains d’électricité positive).
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- VÉRIFICATION EXPÉRIMENTALE DE LA THÉORIE DE LOUIS DE BROGLIE
- On sait que tout phénomène ondulatoire peut donner naissance, dans certaines conditions, aux phénomènes d’interférence et de diffraction.
- La mécanique ondulatoire, qui associe à tout corpuscule matériel une onde associée, conduit donc nécessairement à prévoir des phénomènes d’interférence et de diffraction pour les protons et les électrons.
- La découverte accidentelle en 1927 de ces phénomènes par deux physiciens américains Davisson et Germer, qui ignoraient complètement les recherches de L. de Broglie, est venue consolider de la manière la plus éclatante l’édifice théorique de la nouvelle mécanique.
- En effet, Davisson et Germer ont montré que la diffraction des électrons par les cristaux est en tout point analogue à celle djes rayons X.
- Ces recherches ont été complétées par G. P. Thomson, en Angleterre, qui, en interposant de minces écrans d’or ou d’un autre métal sur le trajet d’un faisceau des rayons cathodiques de même vitesse, a obtenu des anneaux de diffraction qui permettent par un calcul simple de trouver la longueur d’onde associée aux
- ...il— ....1 --= 55 =====
- électrons, en accord parfait avec la formule de L. de Bro-glie.
- ' _ h mv
- En France Ponte a vérifié cette formule avec une précision remarquable (à trois millièmes près). D’autre part, J.-.I. Trillat a effectué au laboratoire de M. de Broglie des recherches dans ce même domaine.
- Ces résultats expérimentaux constituent une peuve indiscutable en faveur des idées fondamentales de la théorie de L. de Broglie.
- Jusqu’ici le monde physique semblait scindé en deux parties, d’un côté le point matériel, dont les attributs sont : la masse, la quantité de mouvement, l’énergie ou même la charge électrique, de l’autre côté Y onde avec ses attributs caractéristiques : fréquence, vitesse de propagation, etc. Mais depuis l’avènement de la Mécanique Ondulatoire, il faut envisager une liaison plus intime entre ces deux entités physiques (ondes et corpuscules) et ne les considérer que comme deux aspects différents d’une même réalité dont l’essence même nous échappe encore.
- Bernard Kwai. et Marc Lesage.
- Fig. 2. — Anneaux de diffraction obtenus avec des électrons traversant une feuille d'or électrotylique (J.-J. Trillat et Th. von Hirsch).
- LES TACHES SOLAIRES
- ET LA PRÉVISION DU TEMPS
- Depuis cinquante ans un observateur très consciencieux et fort perspicace s’est astreint à comparer les variations des taches solaires aux diverses observations météorologiques, cela avec le constant souci d’éviter tout systématisme préconçu.
- Ce sont les résultats de ces cinquante années de recherches que nous allons résumer.
- Variations périodiques des taches solaires. — Une seule période des taches solaires se vérifie : celle de 11 ans (la période undécennale).
- Les taches remarquables reviennent chaque année, à leur anniversaire, à un ou deux jours près.
- Le total de toutes les taches observées — à la même date, — pendant des périodes de 30, 40 et 50 ans, fournit une courbe annuelle remarquablement semblable. — Les trois courbes de la fig. 1 tracées pour 12, pour 40 et pour 50 années, présentent un parallélisme indéniable.
- Il y a 25 ans, M. Henri Mémery, l’auteur de ces patientes
- recherches, signala cette observation effectuée sans idée préconçue ni théorie à vérifier. On objecta, à la Société Astronomique de France, que le soleil ne pouvait connaître notre calendrier. C’était une boutade ! Puisqu’il existe dans l’année (à un jour près) — un nombre exact (13) de rotations synodiques de 28 jours, les taches qui se forment et reparaissent aux mêmes régions du disque solaire, non seulement peuvent, dès lors revenir en face de la terre après un nombre de rotations solaires multiple de 13, mais encore — ce qui est beaucoup plus important, parce que fait diobservation, — cette curieuse périodicité des taches ressort nettement de toutes les statistiques solaires.
- Action « individuelle » des taches solaires. —
- Les taches ont une durée très varaiable, allant de quelques heures à plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.
- Le rapprochement des courbes de température et de la figuration de l’apparition des taches constate un fait constant, savoir :
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- Courbes de variations annuelles pour 12an nées
- Courbes de variations annuel/es pour Wan nées
- Courbes de variations annuelles pour 50an m
- Fig. 1. — Variai ions périodiques annuelles des laehes salaires pour 12, 40 el 50 années.
- la constatation du fait précisé par la figure 2 (année 1903) :
- Recrudescence des taches solaires suivie de températures en hausse.
- Diminution des taches solaires suivie de température en baisse.
- Les dictons sur le temps et les taches solaires. Si l’on compare les observations de 50 ans de l’Observatoire de faïence (Gironde) de M. Henri Mé-mery, avec la validité des dictons bien connus touchant l’influence sur le temps :
- des Saints de Glace (1.1, 12 et 13 mai), influence provoquée, suivant certains, par les étoiles filantes, on trouve qu’elle n’existe pas;
- de la Saint-Martin (l’été du 11 novembre), influence attribuée encore aux étoiles filantes, on la trouve tout aussi inexistante ;
- Jm température s'élève quand les taches apparaissent-,
- Elle s’abaisse lorsqu'elles disparaissent.
- La figure 2, relative à 1903, vérifie cette remarque. En particulier, pour les élévations de température des 22-28 février; 20-26 mars; 25-30 avril; 22-26 juin; etc... La représentation des taches, dans cette figure, ne note tpie la durée de leur apparition.
- Les taches solaires et la température. — l a courbe des températures quotidiennes, pour une série d’années, ne monte pas régulièrement de janvier à juin, ni ne descend régulièrement de juin à décembre. De nombreuses irrégularités la sillonnnent. Si l’on trace ces courbes pour un nombre d’années variable, les mêmes irrégularités se constatent.
- La figure 3 représente deux de ces courbes, l’une pour Paris de 1874 à 1923 (50 ans), l’autre pour Bordeaux de 1880 à 1929 (50 ans). Au-dessous, la courbe (1880-1929) des taches solaires de la figure 1 est reportée, — on relève
- des Perséides (tre quinzaine d’aout) — dont l’essaim n’a aucune influence sur la température alors que l’intervalle, ler-15 août, est l’une des époques de recrudescence des taches, la variation de température de cette époque confirme la relation ci-dessus entre taches et températures;
- de la Saint-Médard (pluie, 8 juin), la diminution des taches de la lre quinzaine de juin (voir fig. 1 et 3) explique ce dicton (pii a une base réelle;
- de la Lune Rousse (mi-avril); du 10 au 20 avril il y a une diminution annuelle des taches, d’où diminution annuelle de la température qui n’a rien avoir avec la lune.
- Les taches solaires et la pluie. — La pluie obéit à des causes multiples (actions électriques, vents d’ouest et de sud-ouest, etc...
- Les comparaisons entre les quantités annuelles de pluie et les moyennes annuelles des taches solaires ne donnent aucun résultat puisque, — d’après la relation entre taches et températures — Y action probable des taches sur la pluie se montre de sens inverse en été de ce quelle est en hiver. En hiver, la pluie conïcide généralement avec une élévation de température; c’est l’inverse en été.
- Par contre, il est remarquable que la pluviosité excessive des années 1930 et 1931 soit survenue à la suite de la diminution très rapide des taches solaires au cours de cés deux années, après le maximum de 1928-1929. On trouverait difficilement deux années consécutives aussi pluvieuses que 1930 et 1931, mais on trouverait difficilement aussi deux années consécutives présentant une diminution des taches solaires aussi importante, après un maximum de la période undé-cennale.
- Les disparitions des taches sont, dans nos régions, très fréquemment, suivies de l’apparition de dépressions, partant, de tempêtes.
- Fig. 2. — Année 1903, Températures à Bordeaux (moyennes quotidiennes). Taches solaires : Dates de visibilité de chaque lâche ou groupe de taches.
- Fév. Mars Avril Mai durn duill. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
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- Moyennes quotidiennes normales pour 50 années : Paris 1874-1923; Bordeaux : 1880-1929; Taches solaires 1880-1929.
- Les taches solaires et les séismes.
- -. Si, en regard des variations des ta-
- ches, on note, chaque jour, les phénomènes météorologiques, séismiques et volcaniques on observe que :
- Tous les tremblements de terre importants surviennent lors d’une diminution ou d’une absence de taches solaires.
- La cause riques
- siège dans le soleil, pourquoi la cause de séismes ne l’aurait-elle pas aussi ?
- Quoi qu’il en soit, le tableau suivant des séismes célèbres est particulièrement remarquable et en accord avec les courbes delà figure 4, représentant les courbes annuelles des taches, de la pluie, des tempêtes et des séismes.
- 1883 Tremblement de Dimin.
- des
- terre d’ischia. . 28 juil. taches.
- 1883 Eruption du lvra-
- katoa.........26 août. —
- 1887 Tremblement de
- terre à Nice . . 23 fév; —
- 1902 Eruption du mont Pelé
- (Martinique)..........8 mai. Dimin. des taches
- 1906 Sans Francisco. ... 18 avril.
- 1906 Valparaiso..............18 août. —
- 1908 Messine................28 déc. —
- 1909 Provence...............11 juin.
- 1912 Katmaï...................6 juin.
- 1923 Tokyo. ...............1er sep. Absence de taches
- Les taches solaires et la prévision du temps. —
- S’appuyant sur ses nombreuses observations continuées pendant 50 ans et qui, dès lors, imposent l’attention aux esprits dénués de systématisme et qui savent que l’observation patiente et sérieuse est la condition première de tout progrès scientifique, M. Henri Mé-mery s’est essayé à en déduire la prévision du temps :
- 1° Par les périodes solaires :
- Il remarque (Sté Astronomique de France, Sté Météorologique de France, décembre 1927) que les deux hivers 1929 et 1930 seraient probablement aussi froids que ceux de 1829 et de 1830, la période solaire commencée en 1923 ayant présenté des variations identiques à celles de la période solaire commencée en 1823 et l’été de 1927 ayant été froid et pluvieux comme celui de 1927.
- Cette prévision, vérifiée en 1929, ne le fut pas en 1930.
- Ce désaccord trouve sa raison dans l'évolution comparée des taches en 1830 et en 1930. Alors que l’hiver 1830 présenta une diminution notable des taches, celui de 1930 présente, au contraire, une recrudescence.
- Les maxima solaires de 1828 et de 1928 n’ont pas été rigoureusement semblables.
- 2° Par le mouvement des taches :
- Le 8 mars 1931. M. Henri Mémery fit connaître le temps probable du dimanche 15 mars 1931. Le retour des grandes taches qui avaient contourné le bord ouest solaire le 26 février 1921. devait être suivi d’une hausse de la température et d’un retour du beau temps, ce qui se réalisa.
- En terminant la publication des résultats de ces cinquante années d’observations, M. Henri Mémery s’exprime ainsi ;
- « Il ne semble pas qu’on ait sérieusement cherché dans le Soleil, par les méthodes indiquées dans les chapitres
- Fig. 4. — De 1880 à 1929 (50 ans). Époques de fréquence annuelle :
- 1° des lâches solaires; 2° de la pluie à Bordeaux; 3° des tempêtes dans l’ouesl de l’Europe;
- 4° des tremblements de terre.
- danv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Aoui Sepi. Oct. Nov. Déc.
- 9. Si 15
- Çue/çut s
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- ===== 58 ....................-....-..-.....=
- qui précèdent, la véritable cause des variations et des anomalies atmosphériques.
- « On peut comparer la situation des météorologistes à celle de quelqu’un qui chercherait uniquement dans l’installation électrique de sa maison les variations de courant provenant de l’usine centrale; il est bien évident que ses recherches ne donneraient aucun résultat.
- <c Or, ici, l’usine centrale, c’est le soleil; tout le monde le reconnaît, et il serait difficile aux météorologistes de ne pas être de cet avis. Mais presque tout le monde continue les recherches exclusivement dans l’atmosphère, comme si le soleil rayonnait une quantité invariable de lumière et de chaleur, ou comme si les phénomènes visibles sur sa surface étaient tout à fait négligeables ».
- Tous ces résultats doivent, évidemment, retenir l’attention. Mais ce qu’on ne trouve pas dans la publication (') que je viens de résumer et ce qui est à signaler, car l’auteur est un savant modeste qui n’a rien d’officiel, — c’est l’histoire de cet Observatoire de Talence et de son Directeur.
- J’ai connu M. Henri Mémery, sur les bancs de l’Ecole Primaire Supérieure de Bordeaux, il y a cinquante ans. Nous avions une quinzaine d’années et, déjà, la curiosité scientifique; ce qui nous rapprocha. Je lisais alors avec ardeur, les « Merveilles de la Science » de Figuier, le « Télé-phone»de Du Moncel; M. Mémery,passionné par l’observation du ciel, consacrait ses économies d’enfant, fort modestes, à l’achat de lentilles d’aussi longs foyers que le
- 1. H. Mémery. L’influence solaire et les progrès de la Météorologie. Résultats de 50 années d’observations solaires et météorologiques comprenant les observations et les recherches effectuées à Talence, à partir de 1300; 5 planches hors texte (Observatoire de Physique solaire et do Météorologie, 24, rue Émile-Combes; Talence (Gironde).
- permettaient ses ressources. Avec des tubes en carton qu’il confectionnait lui-même, il combinait des lunettes astronomiques. Ce furent les premiers instruments de cet observatoire de Talence que, seul, il a créé, que pendant 50 ans, il a développé et où, seul, tout d’abord, — les siens, avec lui, lorsque', plus tard il se fut créé un foyer, — il a, patiemment, durant cinquante ans, relevé, chaque jour, observations météorologiques et solaires.
- La vie nous sépara; il nous fallait la gagner. M. Mémery devint comptable, il l’est encore ; je rentrai, comme auxiliaire aux P.T.T. qui n’étaient alors (1883) que les Postes et Télégraphes. En 1886, je quittai l’Administration pour la Faculté des Sciences de Bordeaux où une bourse de licence m’était accordée. Licencié ès sciences physiques en 1887, je retrouvai M. Mémery, à une conférence. Son observatoire, déjà, s’était enrichi. Plusieurs années s’écoulent : en 1901, je quitte Bordeaux pour Poitiers et bientôt, je le retrouve aux Congrès de l’A.F.A.S. M. Mémery y retenait l’attention des météorologistes qui, cependant le trouvaient trop audacieux et restaient sourds à cette évidence : le Soleil, dieu énergétique de notre Terre, n’aurait-il donc pas une influence directe et immédiate sur notre atmosphère ? Le premier souci de la météorologie ne devrait-il pas être, — en pur bon sens, — de connaître, d’observer, de noter et de retenir les accidents et les mouvements de la surface solaire ?
- Ce clou., M. Mémery a mis cinquante an§, à l’enfoncer — envers et contre tous.
- Grâce aux 50 ans d’efforts d’un savant aussi modeste que clairvoyant, le clou s’enfonce.
- Albert Turpain,
- Professeur de physique à la Faculté des sciences de Poitiers.
- LES HELICES D’AVIATION
- A mesure que les records aéronautiques de vitesse, de distance et d’altitude progressent, la machine aérienne doit recevoir de constants perfectionnements pour enregistrer de nouveaux succès.
- Les différents organes constitutifs qui composent un avion sont aujourd’hui l’objet de minutieuses recherches en vue d’augmenter le rendement de chacun d’eux.
- Parmi ces organes, l’hélice, chargée de transformer le mouvement de rotation de l’arbre du moteur en mouvement de translation de l’appareil, a un rôle des plus importants. Nous allons d’abord examiner son fonctionnement afin de mieux juger les différentes améliorations apportées au cours de ces dernières années, et que le Salon de l’Aéronautique vient de mettre en lumière.
- FONCTIONNEMENT DE L’HÉLICE
- De tous les problèmes qui s’offrent aux constructeurs d’appareils d’aviation, celui de l’hélice est un des plus complexes puisque la géométrie, l’aérodynamique, la physique et la mécanique y participent à la fois.
- Entrent en effet en ligne de compte : la forme géométrique du propulseur, les relations mécaniques entre la vitesse de l’hélice, la vitesse du moteur et la vitesse générale de l’avion sur sa trajectoire, la résistance de la matière qui a servi à le construire, l’état physique (densité, viscosité, compressibilité) du fluide sur lequel il prend appui, et enfin des questions très délicates d’interactions aérodynamiques.
- Un propulseur hélicoïdal est composé d’un moyeu et d’un certain nombre de pales. Chaque pale peut être considérée comme formée d’une succession de profils analogues à des profils d’ailes, les profils disposés perpendiculairement à un rayon s’appuient sur des hélices coaxiales. Ils sont progressivement décalés et déformés au fur et à mesure qu’on s’éloigne du moyeu pour se rapprocher de l’extrémité de la pale.
- En nous référant à la figure 1, si nous coupons une pale d’hélice par deux cylindres de rayon r1 et i\ nous obtenons deux sections en forme de profil d’aile S4 et S2. En isolant par la pensée la section S4 astreinte à suivre la
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- rotation du moteur d’une part et la translation de l’avion d’autre part, l’addition des vecteurs vitesse appliqués à l’élément nous permet de composer la vitesse de translation V avec la vitesse de rotation lJt= 2tcr1 n pour obtenir la vitesse résultante W2 en grandeur et en direction.
- Ce profil a un angle de calage ‘P, donné par construction, c’est l’angle de la corde du prolil avec la direction fixe de la vitesse IJ ; l’angle d’incidence sous lequel le prolil sera attaqué est l’angle 14 de la corde avec la vitesse résultante Wr Si nous faisons la même construction pour la section S2 plus rapprochée du moyeu, nous remarquons (pie V n’aura pas changé, mais que la vitesse de rotation U2 est plus petite que U, et que l’angle de WJ,, avec U2 sera plus grand que celui de W, avec Vr
- L’incidence d’un élément de prolil dépend donc de son calage de construction et du rapport V//i caractérisant le fonctionnement de l’hélice. Or, en étudiant les variations
- Translation
- Translation
- Fig. 2. — Représentation des sections d’une pale d'hélice suivant
- un rayon.
- On coupe la pale par des plans tangents aux cylindres de rayon r,,
- ("g, r^.
- On rabat les sections sur le plan de la ligure de façon que les incidences réelles soient conservées : à gauche : construction à pas constant, à droite : construction à incidence constante.
- de l’action de l’air sur une aile suivant l’angle d’attaque, on apprend qu’il existe un angle appelé « angle optimum » pour lequel la finesse, c’est-à-dire le rapport de la portance à la résistance, est la plus grande.
- On aura donc intérêt à dessiner l’hélice pour que géométriquement et mécaniquement le plus grand nombre d’éléments de profils soient attaqués à l’angle optimum; en soulignant que, poux'une hélice rigide; ceci ne peut avoir lieu que pour une seule valeur du rapport Y/n.
- Au point de vue constructif, l’hélice peut être « à pas constant » ou à « incidence constante ».
- Pour que le pas soit constant le long de la pale, il faut que les différentes hélices coaxiales auxquelles sont tan-
- j S,
- Fig. 1. — Théorie de l’hélice.
- Composition des vitesses de rotation et de translation des sections d’une pale d’hélice en mouvement.
- gentes les cordes des profils successifs aient toutes le même pas, H, ce qui entraîne une relation géométrique entre les angles de calage des profils successifs. Pour deux profils situés aux distances rp r2 de l’axe de rotation, cette relation est :
- H, = 27trt tg = 2xtr2 tg <t>2.
- La représentation habituelle de la distribution des profils suivant un rayon de la pale fait d’ailleurs aisément comprendre ce qu’on entend par « pas constant » et « incidence constante » (fig. 2).
- Considérons maintenant un élément de profil au point de vue des forces qui lui sont appliquées; la résultante d R des actions aérodynamiques sur cet élément peut se décomposer en deux forces — l’une dirigée suivant l’axe de l’hélice et l’autre perpendiculaire à cet axe. La somme de toutes ces forces et couples élémentaires dT et dCr correspondant à chaque section forme « la traction T » et « le couple résistant Cr » dirigés respectivement suivant CL; et O y.
- Fig. 3. — Décomposition de la résultante des forces appliquées à une section de pale d’hélice.
- Y dC
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- Fig. 4. — Coefficients caractéristiques a, [3, r; d'une hélice
- V
- exprimés en fonction de y -------
- n D
- La valeur cle la traction et de la puissance absorbée variant suivant la constitution de l’hélice est déterminée expérimentalement en soufflerie.
- déterminer aussi exactement que possible leurs courbes caractéristiques.
- Le colonel Renard a établi les formules donnant la traction T et la puissance W absorbée pour des hélices géométriquement semblables :
- T = an2))4 W — (3 n3!)5
- V
- Le nombre y = —— qui joue un rôle très important ni)
- dans l’étude comparée des hélices a reçu le nom d’argument de similitude.
- Les coelhcients x et (3 ainsi que le rendement 7) :
- W a V a r' ~ T X V “ p ' nD ~~ p X T
- varient en fonction de l’argument de similitude et sont déterminés expérimentalement par l’essai de l’hélice.
- On opère généralement en maintenant constant le nombre de tours de l’hélice à un certain régime et en faisant varier la vitesse du vent dans la soufflerie; on porte sur un graphique les valeurs de a, [3, 7) en fonction de y; ou plutôt celles des coefficients sans dimension t = 8 a et ^ = 8 [3 appelés coefficients de traction et de puissance.
- Les courbes obtenues pour une hélice de pas II et de diamètre D ont l’allure de celles indiquées fig. 4. On y remarque pour
- y = 0 V = 0‘
- ESSAIS D’HÉLICES
- Les hélices, une fois dessinées et construite'»;, sont essayées soit dans une petite soufflerie en modèle réduit, soit en vraie grandeur dans une grande soufflerie de façon à
- Fig. 5. — Courbes de rendement d'une famille d'hélices différant par le pas relatif h =
- On remarque que les rendements rnaxima augmentent avec les valeurs V
- de —— jusqu’à une certaine limite, n D
- 0 0,2 0,4- 0,6 0,8 I 1,2 1,4- 1.6 nC
- l’hélice travaillant au point lixe sans translation est à son maximum de traction a0.
- On voit aussi que le coefficient jÜ reste sensiblement à son maximum pour une plage assez importante.
- Le rendement r( a une courbe plus arquée passant par un maximum.
- Si, conservant le profd constitutif, le diamètre, la largeur de pale, on modifie le pas
- relatif h — on obtient des hélices de même
- famille différant par le pas.
- Les courbes d’essais des éléments de cette famille, indiquées figure 5, permettent de choisir l’hélice qui, pour la valeur de V/nD considérée, convient le mieux en donnant le meilleur rendement. Le problème de l’adaptation de l’hélice est assez compliqué. Sans entrer dans le détail, on conçoit que pour un appareil le choix du pas optimum dépend de la performance que l’on souhaite mettre particulièrement en valeur. Si l’on veut réaliser la plus grande vitesse horizontale, on sacrifiera la vitesse en montée par exemple pour laquelle l’hélice travaillera sous un rendement médiocre, en choisissant pour :
- Y max . , .
- y = --------- le pas donnant le rendement
- n0 D
- maximum 7]m.
- L’examen des courbes de rendement tracées figure 5 montre également l’intérêt
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- de l’emploi des hélices « démultipliées » et des hélices « à pas variable ».
- Hélices démultipliées. — Si on considère les rendements maxima pour les différentes valeurs du pas relatif, on s’aperçoit que ceux-ci
- V
- croissent lorsque y = —— augmente et attei-
- nt)
- 1,2
- gnent leur maximum maximorum pour y à 1,4.
- On voit donc que pour obtenir les meilleures valeurs du rendement rj il est intéressant d’uti-V
- liser un —— le plus grand possible et pour cela
- de diminuer n le nombre de tours de l’hélice par l’emploi d’un réducteur entre le moteur et le propulseur.
- Les réducteurs à engrenages sont maintenant bien au point et leur utilisation sur les avions de raid Dewoitine « Trait d’Union » et « Blériot 110 » a permis une notable amélioration du record de distance en circuit fermé.
- Hélices à pas variable. — Dans certains cas, notamment pour les avions de chasse et avions strato-
- Fig. 7. — Hélice Ralier.
- Bipale en duralumin, moyeu en acier, pas réglable au sol.
- sphériques, les conditions de vol sont assez différentes en vol et en altitude puisque les caractéristiques de la cellule, du moteur et de l’hélice sont fonction de la densité de l’air, laquelle varie avec l’altitude. Si le moteur a son couple maintenu constant par l’intermédiaire de compresseurs, le nombre de tours de l’hélice va augmenter du fait de la diminution de son freinage et le groupe motopropulseur fonctionnera dans des conditions dangereuses et désavantageuses. Pour maintenir le nombre de tours sensiblement constant, il faudra augmenter le pas, ce qui amènera généralement une augmentation corrélative du rendement.
- En adaptant le pas optimum à chaque altitude on améliorera considérablement la vitesse de montée — vitesse qui, ainsi que le plafond, a une importance capitale.
- CONSTRUCTION DES HÉLICES
- La construction bois qui bénéficie d’une longue expérience et d’un faible prix de revient
- Fig. G. — Hélice Levasseur.
- Monobloc en planche de duralumin tordue. Le moyeu est supprimé et l’hélice fixée directement sur le plateau prolongeant le vilebrequin du moteur. Remarquer l’extrême effilement des profils d’extrémité.
- se voit peu à peu distancée par la construction métallique qui permet l’exécution plus pratique d’hélices à « pas réglable » et « pas variable », et l’utilisation de profils moins épais que ceux des hélices en bois.
- Les métaux les plus généralement employés sont les alliages légers duralumin, alférium, bien que l’acier doux, et les aciers spéciaux commencent à faire leur apparition.
- Hélices en alliages légers. — Elles sont soit monobloc (licence Reed), obtenues par for-geage et taillage d’une planche de duralumin — soit à pales indépendantes venant se visser sur un moyeu en acier au nickel chrome (Ra-tier). Cette disposition permet par une modification du calage des pales de corriger le régime du moteur de ifc: 50 tours en obtenant ainsi un gain appréciable de vitesse avec une variation insignifiante du rendement. La correction du pas facilite grandement la mise au point d’un appareil tout en rendant possible pour celui-ci la réalisation de performances optima (vitesse, altitude, charge utile) avec la même hélice.
- Le poids d’un propulseur en alliages légers est d’environ 10 pour 100 plus élevé que l’hélice équivalente en bois, mais il est probable qu’avec les nouveaux moyeux dits « à plateau » l’égalité des poids sera réalisée.
- Hélices en acier. — Les hélices en acier peuvent être constituées de deux façons : soit formées de deux coquilles estampées et raccordées par soudure autogène,
- Fig. 8. — Hélice Levasseur monobloc en acier spécial.
- Le moyeu est complètement supprimé. La fixation s’effectue par clavetage.
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- |v translation
- U rotation
- Axe du moteur
- Fig. 9. — Hélice à pas variable automatique Lepannentier.
- Équilibre d’une pale au sol et à l’altitude z suivant les valeurs de la traction et de la force centrifuge.
- l’intérieur de la pale restant creux (Paulhan-Pillard), soit prises dans la masse d’une ébauche en acier spécial (Levasseur). Dans ce dernier cas, bien que les pales en acier soient plus lourdes que des pales en duralumin, on arrive à réduire considérablement le moyeu de sorte que le poids total reste sensiblement équivalent.
- Hélices multipales. — On a remarqué au dernier Salon une tendance très nette à l’utilisation des hélices multipales — ceci provient de la généralisation de l’emploi des réducteurs sur de nombreux moteurs. L’hélice multipale régu-
- larise mieux le couple moteur que l’hélice bipale et supprime pour certains moteurs des vibrations dangereuses tout en permettant une diminution du diamètre.
- DISPOSITIFS DE VARIATION DE PAS
- De très nombreux brevets intéressant les hélices à pas variable ont été pris au cours de ces dernières années. Nous examinerons seulement les dispositifs français qui ont donné lieu à des réalisations confirmées par des essais au banc ou des essais en vol.
- Les dispositifs employés peuvent se ranger en trois catégories :
- — les hélices automatiques (type Leparmentier, Gobe-reau et Maujole).
- — les hélices semi-automatiques.
- — les hélices commandées (Blériot, Raticr).
- Hélice Leparmentier. — Le capitaine Leparmentier s’est attaché depuis plusieurs années au problème de l’hélice à pas variable automatique, dont un exemplaire monté sur un avion destiné aux records d’altitude avec charge a donné d’excellents résultats. Par construction la pale est inclinée de quelques degrés en arrière de l’axe du moyeu, une collerette la rend solidaire de celui-ci en permettant, par l’intermédiaire de roulements et butée, la rotation du pied de la pale par rapport au moyeu. La pale et l’inclinaison est calculée de façon qu’elle se tienne en équilibre au sol à un certain pas sous l’action de la force centrifuge et de la traction — à une certaine altitude z, la force centrifuge (fonction de la vitesse de rotation du moteur) et la traction (fonction de la densité de l’air) .prendront des valeurs différentes correspondant à une autre position d’équilibre de la pale et par conséquent à un autre pas (voir lig. 9).
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- Hélice Gober eau et Maujole. — La commande de variation de pas de cette hélice est également basée sur la force centrifuge agissant sur deux masselottes placées près du moyeu.
- Son principe est très séduisant et il semble que bien mise au point cette hélice peut présenter un vif intérêt.
- Hélice Ratier. — La conception de cette hélice' est telle que la composition de l’effort centrifuge et du couple de torsion maintient en équilibre le pied des pales sur une butée hélicoïdale. Cette butée est constituée par un manchon du moyeu formant écrou fixe dans lequel environ 1200 billes de 4 mm placées entre les 2 filets permettent la rotation du filet du pied de pale par rapport
- Fig. 13. — Détail du moyeu. Raher tripale, à pas variable au vol, commandée par un moteur électrique.
- au moyeu. Le pas du filet est calculé de façon que le couple de torsion tende à visser la pale tandis que l’effort centrifuge tend à le dévisser, un faible effort produit par un moteur électrique de l/10e de ch suffit alors à la commande de variation d’incidence.
- Un tableau indicateur placé près des instruments de bord permet de se rendre compte du repérage du pas à tous les régimes.
- Le supplément de poids résultant du mécanisme de pas variable est d’une vingtaine de kg par rapport à la même hélice, ce moyeu permettant le réglage en vol. Deux de ces hélices essayées sur les hydravions Cams 55 et Latecoère 28 ont donné une notable augmentation de
- la charge emportée tout en permettant une amélioration du temps 'de décollage.
- Hélice Blériot. —
- Le système de variation de pas est basé sur le principe d’un écrou commandé par chaîne astreignant une vis à un déplacement longitudinal.
- La liaison de la vis à la pale se fait par l’intermédiaire de petites biel-lettes.
- Cette hélice a également été essayée en vol et a donné de bons résultats.
- Hélice roue libre Paulhan=Pillard. — Lorsque sur un multimoteur un des moteurs tombe en panne, ceux qui restent en service dépensent une puissance inutile à vaincre la traînée de l’hélice du moteur stoppé. Des comparaisons en soufflerie entre l’hélice calée et l’hélice libre ayant montré que pour les valeurs usuelles du pas, l’hélice libre résiste moins que l’hélice calée, M. Pillard étudia l’adaptation d’une roue libre au moyeu d’hélice de façon que cette dernière tourne comme un moulinet.
- Un premier moyeu à roue libre par coincement muni d’un débrayage à aiguilles est maintenant bien au point
- Fig. 14. — Hélice à pas variable « Blériol ».
- Fig. 12. — Hélice à pas variable Gobereau et Maujole.
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- Fig. 15 et 16, — Moyeu de roue libre Paulhan-Pillard.
- A gauche, pour hélice en bois; à droite, pour hélice métallique.
- tandis qu’un second moyeu à cliquets et embrayage à friction tiansmettant le couple moteur donne également satisfaction. .
- A fin de déterminer les gains obtenus par ce dispositif, des essais officiels ont ete effectués sur divers types d’appareil. Sur ' hydravion bimoteur Gains ' à moteurs Hispano, l’adjonction d’un moyeu roue libre à l’une des hélices permet une augmentation de charge utile de 5/0 kg pour le même plafond obtenu avec l’hélice à moyeu ordinaire un des moteurs étant arrêté.
- Sur un avion Lioré etOlivier bimoteur Jupiter, des essais comparatifs entre hélice ordinaire et hélice roue libre donnent pour cette dernière un gain de vitesse de 8,7 km-h lorsqu’un des moteurs est stoppé.
- Ces exemples montrent bien l’intérêt du moyeu à roue libre pour les appareils multimoteurs.
- VISCOSITÉ ET COMPRESSIBILITÉ DE L’AIR
- un phénomène suivant la vitesse d’essai et les dimensions du modèle. Il y a donc intérêt à confirmer les essais de modèles de petites dimensions par des essais en vraie grandeur; à cet effet il existe aux Etats-Unis une soulïlerie de (3 ni de diamètre presque exclusivement réservée aux essais ' d’hélices.
- ;• La compressibilité de l’air aux grandes vitesses a pour les, héhoes une importance primordiale. Si on considère pii avion rapide dont le moteur entraîne à 2400 tours minute Une hélice de 2,80 ni de diamètre on s’aperçoit que la vitesse périphérique de l’extrémité des pales est de 352 m-sec. Or il a été établi, à la suite d’essais de profils dans de petites souffleries à grande vitesse, que certaines formes perdaient leurs qualités aérodynamiques lorsque la vitesse de l’air dans la soulïlerie approchait et dépassait la vitesse du son (soit 340 m-sec. dans les conditions normales de température et de pression).
- ; Cette particularité se traduit d’ailleurs dans les essais d’hélice en vraie grandeur par une diminution du rendement lorsque le nombre de tours dépasse une certaine limite. Etant donné ces résultats et le manque de précisions sur la question des très grandes vitesses, on a tout intérêt à éviter d’atteindre des vitesses périphériques aussi élevées en employant des moteurs à réducteurs et des hélices multiples pour absorber la puissance. Lorsqu’on ne peut le faire, il semble que, d’après des essais américains, les profils minces, plats, en forme de lame de couteau soient les moins sensibles à l’altération de leurs qualités au point de vue portance et résistance.
- On peut noter de plus que la vitesse du son, fonction de la pression et de la densité de l’air, diminue lorsque l’altitude augmente et serait de 300 m-sec environ à 10000 m de hauteur.
- On sait, en mécanique des fluides, toute l’importance prise par le facteur viscosité qui peut masquer ou altérer
- Fig. 17.— Polaire d’un profil de pale d’hélice.
- À la moitié de la vitesse du son (170 m/sec. environ) et au voisinage de la vitesse du son (340 m/sec.). On remarque l’effondrement de la polaire lorsque la vitesse d’essai atteint 340 m/sec.
- LES INTERACTIONS FUSELAGE-HÉLICE
- 11 est évident que les caractéristiques d’une hélice; traction, puissance transmise et rendement, dépendent de la forme du nez du fuselage devant lequel elle est placée. Si l’hélice est entraînée par un moteur à air dont le maître-couple intéresse la moitié du rayon de la pale, le rendement peut être diminué de 6 pour 100, comme le montrent certains essais américains sur des appareils en vraie grandeur. Au contraire, devant le capotage d’un moteur à eau bien profilé et assez pointu, le rendement peut être légèrement amélioré. De récents essais montrent aussi que la position du groupe moto-propulseur par rapport aux ailes peut amener des variations de l’ordre de 10 pour 100 sur le rendement global.
- On peut noter également que les moteurs démultipliés, en exigeant des hélices de grand diamètre, éloignent du fuselage la partie la plus active de l’hélice (située à peu près au tiers du rayon en partant du centre) et contribuent au bon fonctionnement de celle-ci.
- Le fuselage tubulaire Stipa. — Afin d’augmenter le rendement de l’hélice et d’améliorer les qualités propres de l’appareil complet au point de vue résistance et maniabilité, l’ingénieur italien Stipa n’a pas hésité à modifier radicalement la forme du fuselage pour le transformer en tube de Venturi.
- Cette solution, qui peut surprendre à première vue par
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- son originalité, a été minutieusement étudiée au tunnel aérodynamique et d’après les résultats obtenus, l’ingénieur Stipa, aidé par le gouvernement italien, a fait construire par la maison Caproni un appareil de tourisme qui vient d’effectuer ses premiers essais en vol.
- D’après les essais en soufflerie les avantages de ce principe peuvent être résumés ci-dessous :
- - augmentation du rendement maximum
- de l’hélice en présence du tube de Venturi; de 0,80 à 0,80 pour une hélice et de 0,83 à 0,89 pour une autre, par rapport à l’hélice
- isolée.
- — amélioration très nette du rendement
- V
- aux faibles valeurs de —— par rapport au
- n I )
- fuselage classique ;
- — bien que le contour intérieur du Venturi ait une importance capitale au point de vue résistance à l’incidence 0, le fuselage tubulaire sans moteur a une résistance ana-
- logue à celle d’un fuselage classique.
- — l’appareil complet a des qualités plutôt supérieures à celles des appareils de tourisme équivalents notamment — fait assez curieux — en ce qui concerne la
- Fig. 18.— Vues avant et arrière de Vaviun de tourisme Siipa-Caproni à fuselage tubulaire.
- Fig. 19. —• Schéma d'un avion slralosphérique à fuselage tubulaire en tube de Venturi.
- pour les avions stratosphériques il est certain que la variation de pas ne peut suffire, il faudrait également le diamètre variable; comme ce dispositif se heurte à de graves difficultés mécaniques, étant donné que des efforts de 60 tonnes sont appliqués aux moyeux d’hélices, il faut trouver des palliatifs.
- Dans un projet d’avion stratosphérique reliant Paris-New-York en 12 heures, actuellement à l’étude, on est surpris de voir qu’il faut 1 h 1/2 pour monter à 15000 m, car Phélice adoptée pour h; vol d’altitude travaille à un mauvais rendement (y, = 0,55 environ). Un peut' donc concevoir, comme l’indique M. Barjot, que la montée se fasse au moyen d’une première hélice (si possible à pas variable) et qu’à l’altitude de 15 000 on embraye une seconde hélice sur l’arbre moteur, la première hélice étant alors rendue folle. Pratiquement il faut d’abord pouvoir monter normalement à 15 000 m pour déterminer quel est le meilleur système à utiliser.
- sustentation maxima qui peut être comparée aux appareils munis d’ailes à fentes.
- De plus, comme le souligne l’inventeur, ce fuselage tubulaire s’adaptera parfaitement aux formes d’avions futurs : avions stratosphériques à propulsion par réaction ou à moteur à vapeur, avions géants multimoteurs.
- Hélices en tandem. — L’idée de placer deux hélices l’une derrière l’autre trouve actuellement son application d’une part dans le moteur Fiat 24 cylindres, 2800 ch destiné au record de vitesse, commandant deux hélices tournant à la même vitesse et en sens inverse, et d’autre part dans un brevet de M. B.arjot relatif à deux hélices embrayables successivement destinées aux avions stratosphériques.
- Peu d’expériences sur cette conception ayant été publiées, il est difficile d’en juger les avantages ; cependant
- CONCLUSION
- On voit que l’hélice propulsive a fait de sérieux progrès au cours de ces dernières années.
- Cette évolution se poursuivra jusqu’à ce que d’autres propulseurs : fusées, moteurs à réaction, rotors, etc... entrent à-leur tour en lice.
- Jean Lacaine.
- Fig. 20. — Projet d’avion géant dont les hélices fonctionneraient dans des tubes de Venturi.
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- LES FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES
- SELON LES MÉTHODES MODERNES
- Fig. 1. — Ouvriers trauaillanl à la main à une fouille.
- Je n’ai pas la prétention de me donner comme un maître el professeur dans l’art des fouilles archéologiques. Mais on m’a tant interrogé, en révélant quelquefois des idées si peu précises, sur la manière de fouiller, que je me permets d’aborder cette question de méthode..
- Au surplus, quand j’ai raconté ici ou là, dans:des conférences ou des causeries, mes campagnes passées, je me suis aperçu que la manière de trouver intéressait autant que les objets découverts. Enfin, j’ai encore une autre raison de traiter le sujet, c’est ma propre expérience ou plutôt mon inexpérience passée. Combien j’aurais été heureux en 1911,; au moment où j’allais entreprendre més premières .fouilles, d’entendre un des maîtres de l’archéologie me révéler ses méthodes et ses secrets, attirer mon attention sur certains ,points importants. J’ai dû faire mon apprentissage’ tout seul. Trois fois, j’ai profité du moins de mon expérience des années précédentes. J’ai récolté aussi ici et là dans les musées, dans:l.es sociétés scientifiques, auprès de collègues en archéologie, de précieux renseignements. Je. ne viens, donc pas dire « voici
- Fig. 2. — Fouille de 6 m de profondeur el de 14 in de largeur.
- comment il faut faire, foi d’archéologue », mais exposer les questions qui se posent sur le terrain, et les méthodes qui sont des progrès dans l’art de chercher. Je dirai même parfois : « Je fais ainsi, d’autres font autrement ».
- Je ne désespère même pas d’obtenir, à l’occasion de ces pages, des éclaircissements et des procédés d’archéologues qui voudront bien ne pas prendre ombrage de mon exposé, lequel n’a d’autre intention que d’être un exemple de collaboration scientifique internationale.
- Nous avons eu en effet, en janvier 1930 et 1931 à Bagdad, deux petits congrès de directeurs de mission en Irâq ; nous avons non seulement pris des décisions pour l’unité de la méthode dans l’étude de la céramique Mésopotamienne, mais nous avons aussi rédigé en allemand, en anglais et en français des définitions des états de la poterie d’argile, définitions attendues depuis longtemps dans le monde scientifique où les mêmes termes étaient jusqu’ici souvent employés dans des sens différents, faute d’entente. Nous avons encore causé entre nous de bien des questions techniques et j’avoue que j’ai profité sur plus d’ün point des renseignements ainsi recueillis; j’espère avoir aussi apporté une petite part, à l’information des autres. C’est dans le même esprit que j’aborde ici ce même sujet : comment faut-il aujourd’hui s’y prendre pour que des fouilles archéologiques soient le plus utile possible à la science.
- I. — CHOIX DU TERRAIN ET INSTALLATION
- Les trouvailles indigènes sont souvent Te prélude des recherches scientifiques : en pratique, le plus grand nombre des sites de l’Orient ont été découverts par les habitants. D’après les inscriptions qu’ils ont apportées, on a parfois pu établir du premier coup le nom de la ville ancienne. On décide alors d’entreprendre des fouilles méthodiques sachant où l’on va : ce fut mon cas en 1911 quand je partis pour El-Ouhaymer qui est l’ancienne Kich. J’ai par là répondu à une question souvent posée : « Comment savez-vous où il faut fouiller pour trouver soit quelque chose, soit surtout les restes des civilisations qui vous intéressent ».
- M. de Morgan, dans un mémoire sur les Recherches archéologiques signale comme les plus intéressants les lieux ayant servi de siège à un gouvernement important ou qui ont possédé un temple réputé. Le choix du site à explorer ne sera pas toujours le fait du fouilleur lui-même : on l’aura envoyé ici ou là, il n’aura qu’accepté la tâche. Si on a le choix, on cherchera saris doute à explorer un site qui n’ait pas été bouleversé par les pillages dans l’antiquité, ou par des fouilles faites sans méthode, ou par de longues explorations indigènes. Même si on est devant une tâche aussi ingrate, la mienne à Tello, celle des Allemands à Babylone, tout n’est pas perdu : il restera à mettre de l’ordre dans les travaux antérieurs, à explorer les parties du terrain négligées, surtout à descendre plus profondément que ses prédécesseurs (fig. 1).
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- affecter, ralentit ses progrès de mécanisme, parce que toutes ces opérations provoquent l’hésitation dans l’exécution mécanique.
- Dans la nouvelle écriture, d’un seul coup, sans aucun effort cérébral, les quatre premières opérations sont simultanément instinctives et la dernière, le choix du doigté, exige simplement un coup d’œil sur les accords qui font suite, pour permettre de choisir le doigté convenable à l’entraînement et à l’interprétation.
- I/élève est, dès la première lecture, dans la situation d’un musicien qui saurait l’œuvre par cœur. Toute préoccupation de lecture matérielle est supprimée et le cerveau de l’exécutant est libre pour la compréhension et l’interprétation de l’œuvre. La conséquence la plus
- Fig. 3. — Mlle Legal au piano sur clavier rationnel.
- curieuse est de rendre inutiles les études spéciales de mécanisme instrumental.
- Les exercices ne sont plus considérés que comme un ralïinement artistique d’exécution, ce qui est très différent, pour l’élève, d’un assouplissement digital, bien spéculatif et toujours fastidieux.
- L’écriture nouvelle ne nécessite pas impérieusement le clavier spécial rationnel, mais son principe peut s’appliquer au clavier traditionnel avec l’écriture appelée « Vitartist ».
- L’inventeur a imaginé une combinaison ingénieuse permettant de substituer au clavier traditionnel le clavier rationnel ou inversement, le clavier non utilisé étant logé au-dessous et à l’intérieur du piano, sans le secours d’aucun outil (fig. 4).
- E. Wmss.
- Fig. 4. — Le changement de clavier.
- Celui qui est inutilisé est logé à l’intérieur dqns le bas.
- UN OISEAU ETRANGE ET RARE
- LE BALAENICEPS ROI
- Le Jardin zoologique d’Anvers ne possède pas seulement le couple d’Okapis dont nous avous parlé dans le n° 2893. U a aussi un oiseau très rare, le Balaeniceps roi, un des types les plus curieux que l’on trouve dans les parcs européens. Cet oiseau a un bec extraordinaire qui lui
- a valu le nom vulgaire de Bec-en-Sabojt. La mandibule supérieure, énorme, se termine par un eroçhet puissant et pointu; la mandibule inférieure est arrondie à l’extrémité. _
- Cet oiseau est très haut sur pattes. Il a un aspect pesant
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- = 80 —
- et il ne se sert que fort peu de ses ailes qui ne lui permettent de s’élever qu’à une faible hauteur. Durant son vol, son cou est courbé en forme d’S. Au repos, le bec pend souvent sur le cou, à l’instar des pélicans. Son plu-
- Fig. 1.
- Le Balaeniceps roi.
- mage est d’un gris ardoise, plus ou moins foncé. Les plumes du dos ont un léger éclat métallique. Les côtés de la tête, le cou et le dessous du corps sont d’un gris brunâtre, le ventre est d’une couleur blanchâtre et celle du bec varie du jaune brun au gris olive avec des raies transversales d’un brun noir.
- D’après.les observations qui ont été faites, il est rare de trouver plus de 2 ou 3 Balaeniceps au même endroit. En général, ils se tiennent isolés l’un de l’autre. D’après le D1' Danis et M. A. Solvay qui eu observèrent plusieurs couples avant guerre dans la région de Lado (Congo belge), oji ne voit jamais ensemble le mâle et la femelle. La distance qui les sépare est d’environ 100 m.
- Ces oiseaux vivent dans la région des papyrus-sur des éminences de terrain. Quand ils sont poursuivis par des chasseurs, ils se posent parfois sur des arbres, mais cela est très rare. Ils se tiennent debout sur une patte — tel celui d’Anvers — l’autre étant repliée sous le corps et ils restent ainsi immobiles pendant plusieurs heures. Lorsqu’ils entendent des coups de fusils, leur premier réflexe est d’inspecter l’horizon avant de poser leur patte repliée sur le sol. Ce n’est qu’ensuite qu’ils prennent leur vol.
- Ils font leurs nids dans une dépression du sol. Après avoir amassé des roseaux, des débris de végétaux qu’ils réunissent sans ordre, ils y déposent leurs œufs qui mesurent 80 mm sur 56, sont d’un blanc bleuâtre et présentent souvent un aspect sale. La couvaison s’opère de juin à août pendant la saison des pluies. Les jeunes volatiles
- sont d’humeur querelleuse. En quinze jours, ils doublent de volume. Ils se nourrissent comme leurs parents de poissons qu’ils vont pêcher dans les éclaircies de roseaux ou de papyrus. Leur puissant bec leur est d’une grande utilité pour capturer les proies qu’ils avalent d’un trait. Ils s’attaquent également, mais d’une façon exceptionnelle, aux serpents et aux grenouilles et même aux cadavres. Dans les parcs on pourrait leur donner une nourriture carnée. Toutefois celui d’Anvers, qui s’y trouve depuis 1928, n’est approvisionné'que de poissons.
- Au début du xxe siècle, le Balaeniceps n’était connu que dans la région du Nil Blanc supérieur. On retrouve son elligie sur des tombeaiix^égyptiens des environs du Caire, datant de cinq mille cinq cents ans. Ce n’est que bien plus tard que cet oiseau recula vers le Nil supérieur. Le grand explorateur Sir llarry Johnston le découvrit vers 1902, sur les bords du lac Victoria et Stanley dans le llaut-Congo.
- On l’a également rencontré dans l’Airique Orientale anglaise. En 1911, le l)r Rodhain en tua un aux environs de Bukama, sur la Kungwe, allluent du Haut-Lua-laba.
- Cela montre la dispersion de cet oiseau étrange, que les indigènes nomment Mututa ou Motuta.
- Le Balaeniceps d’Anvers, nous a dit M. Michel l’Hoest, directeur du Jardin Zoologique, s’accommode fort bien
- Fig. 2.
- Le même, vu de face dans son parc à Anvers.
- de sa captivité. Nos deux photographies le montrent en des attitudes différentes et permettent d’en saisir toutes les caractéristiques.
- Ali Heritier.
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- E RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- NOUVELLES VARIATIONS SUR 10989
- Les curieuses propriétés présentées par le nombre 10989 (Voir La Nature du 1er mars 1931) rappellent celles des périodes de nombreuses fractions décimales périodiques simples et conduisent à le considérer comme la période d’une certaine fraction génératrice.
- L’addition d’un zéro à la gauche du nombre n’en change pas la valeur, mais permet de le diviser en 2 tranches d’un même nombre de chilïres, telles que chaque chiffre de l’une des tranches est le complément à 9 du chiffre correspondant de l’autre; en effet 010.989 donne 0 + 9 = 9, 1+8 = 9, 0 + 9 = 9. On retrouve ainsi, dès le début, une propriété commune à toute une classe de fractions décimales périodiques simples.
- Prenant alors ce nombre comme numérateur d’une fraction dont le dénominateur sera 999.999 et simplifiant, on trouve :
- 010989 1
- 999999 ~ 91
- pour la fraction génératrice cherchée.
- Si l’on effectue la division, on obtient en effet :
- 100
- 900
- 810
- 820
- 1
- 91
- 0,010989...
- Mais pour faciliter l’étude de ce cas particulier et de ceux qui seront exposés plus loin, il est avantageux d’écrire sur une lre ligne les restes'successifs et au-dessous sur une 2e ligne les chiffres correspondants de la période, ce qui donne le tableau suivant :
- Restes : 1, 10, 9, 90, 81, 82.
- Période : 0 1 0 9 8 9’
- On voit que le 4® reste, ajouté au Ie/, repro.duit.le dénominateur (1 + 90 -=.91) et qu’il était inutile, de. poursuivre l’opération, les restes suivants étant le complément à 91 des restes déjà obtenus et les chiffres de la période le complément à 9 de ceux qui précèdent.
- Ce tableau montre en outre que par une permutation circulaire la période convient pour tous les numérateurs représentés
- 82
- par les 6 restes de, la l.re ligne : ainsi la période de — sera 901098, etc.
- Il en résulte que si l’on considère la fraction —• en se bor-
- • 91
- nant aux cas où n est plus petit que 91, il faudra 15 tableaux analogues pour obtenir les 90 restes possibles de la division, puisque 6 X 15 = 90. Les périodes correspondantes se trouveront évidemment multipliées par la valeur de n.
- Les tableaux ainsi formés contiendront toutes les solutions publiées du problème HUBERT, qui consiste à trouver les nombres vérifiant l’addition suivante, quand on remplace chaque lettre par un chiffre déterminé :
- T H U B E R U B E R T H
- HUBERT
- Il s’agit ici de 2 permutations circulâmes portant sur le même nombre, la lre commençant par le 3e chiffre et la dernière par le 2e.
- Or si l’on examine chacun des tableaux ci-dessous, on voit qu’en prenant successivement pour n le 1er et le 3e reste, le 3 e et Je 5e, le 5e et le 1er, on obtient comme total le 2e, le 4e et le 6e reste, ce qui signifie que les périodes correspondant au 1er et au 3e reste donneront comme total la période correspondant au 2e, et ainsi des 2 autres groupes.
- Pour que les solutions soient acceptables, il est nécessaire que les chiff'xes de la période soient tous différents : c’est la raison pour laquelle 10 tableaux seulement sont utilisés sur les 15 prévus ci-dessus. - • - • •
- Restes : 2, 20, 18, 89, 71, 73 3, .30, 27, 88, 61, 64
- Périodes : 0 2 1 9 7. 8 0 3 2 9 6 7
- R. : 4, 40, 36, 87, 51, 55 6, 60, 54, 85, 31, 37
- P. : 0 4 3 9 5; 6 ; 0 6 5 9 3 4
- R. : 7, 70, 63, 84, 21, 28 '.8„ 80, 72, 83, H, 19
- P. : 0 7 6 9 2 3 0.' 8 7 9 1 2
- R. : 13, 39, 26, 78, 52, 65. 14,' 49, 35,' 77, 42, 56
- P. : 1 . 4 2 8 5 \ ’ 7 1 ;5 3 8 4 6
- R. : 15, 59, .44, 7 fi, 32, 47 16,.69, 53, 75, 22, 38
- P. : 1 6 4 8 3 5 1 7 5 8 2 4
- En appelant p la période 10989, on écrit immédiatement les solutions. Le Ie? tableau donne :
- 2 p + 18 p = 20 p ou 021978 + 197802 = 219780,
- 18 p + 71 p = 89 p ou 197802 + 780219 = 978021,
- 71 p + 2 p = 73 p ou 780219 + 021978 = 802197,
- et ainsi pour les 9 autres tableaux.
- On retrouve bien par ce procédé les 30 solutions publiées et les curieuses propriétés mises en évidence s'expliquent dès lors sans aucune difficulté.
- Les considérations ci-dessus permettent de trouver algébriquement le nombre 91 qui est la clef de la solution du problème.
- Il suffit d’exprimer d’une part qu’il existe au moins un reste de la division qui soit la somme du précédent et du suivant, d’autre part que chacun des 2 dividendes partiels formés avec les premiers restes est la somme du produit du diviseur par le chiffre correspondant de la période et du reste suivant. Désignant les restes par r, r, r", le diviseur par d, les chiffres de la période par x et ÿ, on a :
- r = r + r 10 r = dx + r’
- 10 r' = dy + r' ;
- ce qui donne :
- <1 ' r = r — r
- 10 r' = dy + r - :
- 9 r' = dy— r 90 r = 9 dx + dy — r (V, 91 r = d (9 x + y).
- Il en résulte que le second membre de l’égalité (1) doit être 91 ou un multiple de 91.
- Pour que cette condition soit remplie, quelles que puissent être les valeurs de x et de y, il suffit de donner à dla valeur 91.
- On peut résoudre par la même méthode le dernier problème
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- posé sur le mot HUBERT et qui consiste à trouver les nombres vérifiant l’addition suivante, quand on remplace chaque lettre par un chiffre déterminé :
- R T H U B E T H U B E R R T H U B E T H U BER R T H U B E
- HUBERT
- Il s’agit de 2 permutations circulaires portant sur le même nombre, la lre commençant maintenant par le 2e chiffre et la dernière par le 3 e.
- Pour trouver le diviseur qui sera la clef de la solution du problème, il suffit d’exprimer d’une part qu’il existe au moins un reste de la division qui soit la somme de 3 fois le premier des 2 restes précédents et de 2 fois le dernier, d’autre part que chacun des 2 dividendes partiels formés avec les mêmes restes est la somme du produit du diviseur par le chiffre correspondant de la période et du reste suivant.
- Employant la même notation que plus haut, on a :
- r" = 3 r + 2 r 10 r — dx + r'
- 10 r' = dy -f r'';
- ce qui donne :
- 100 r" = 300 r + 200 r 300 r = 30 dx -fi- 3 dy -f- 3 r"
- 200 r' =20 dy + 20 r"
- 100 r" = 30 dx + 23 dy + 23 r"
- 77 r" — d (30æ+23 y). .(1).
- Comme on a r" d, on a aussi 30 x -fi- 23 y 77 ; il en
- résulte, pour x et y, 6 groupes de valeurs convenant à l’équation (1) :
- i1 10
- a; = 0, y = 2 ; x = 1, y = „ ; x = 2, y = 0.
- • 3 t*
- On en conclut pour d la valeur 77.
- 11 est maintenant facile de calculer les restes-qui sont compris dans les 3 tableaux suivants, les seuls utilisables et corres-
- pondant à
- 12 3
- 77’ 77* 77
- Restes : 1, 10, 23, 76, 67, 54
- Période : 0 1 2 9 8 7
- R. : 2, 20, 46, 75, 57, 31
- P. : 0 2 5 9 7 4
- R. : 3, 30, 69, 74, 47, 8
- P. : 0 3 8 9 6 1
- En appelant p la période 12987, on écrit immédiatement les solutions.
- Le 1er tableau donne :
- 3 p + (2.10 p) =23 p ou 3x012987 + (2x129870) = 298701, 3.10 p 4- (2.23 p) = 76 pou 3x129870-1-(2x298701) =987012.
- Le 2e tableau donne 1 solution et le dernier 2, soit en tout 5 solutions.
- La solution correspondant à x = 2, y ~ 0 n’est pas acceptable, les chiffres de la période n’étant pas tous différents.
- Léon David.
- VARIÉTÉ
- A PROPOS DU RÉCHAUFFAGE DES MOTEURS
- Deux automobilistes campagnards employaient, pour échauffer leurs radiateurs, l’un, un réchaud catalytique, et l’autre, une résistance chauffante de 300 watts.
- Chacun trouvait son système très supérieur à l’autre, et ils en discutaient souvent, jusqu’au jour où ils se décidèrent à comparer scientifiquement leurs appareils.
- Les moyens dont ils disposaient étaient rudimentaires : un thermomètre et une romaine graduée en centaines de grammes. Pourtant les résultats obtenus peuvent intéresser quelques-uns de leurs collègues.
- Le poids du réchaud, à 10 heures, au moment de la mise en marche, dépassait 1300 grammes;
- à 11 h. le poids dépassait encore 130 gr.
- 14 h. le poids dépassait 1250 gr.
- 16 h. le poids dépassait 1200 gr.
- 17 h. le poids égalait 1200 gr.
- 7 h. le poids inférieur à 1000 gr.
- passait certainement 950 gr. Le réchaud, presque éteint, était encore tiède.
- Ces mesures donnent un maximum et un minimum de la conspmmation :
- De 10 h à 7 h, en 21 heures, on a consommé moins de 400 gr, c’est-à-dire moins de 19 gr à l’heure.
- De 11 h à 17 h, en 6 heures, on a consommé plus de 100 gr, c’est-à-dire plus de 16,6 gr à l’heure.
- On peut admettre, à moins de 10 pour 100 près, une consommation de 18 gr à l’heure.
- Et, comme la combustion d’un kg d’essence fournit 10 000 calories, le réchaud dégagera 180 calories à l’heure.
- Quant à la résistance, si nos ruraux s’étaient souvenu qu’un cheval vapeur équivaut à 736 watts, ils auraient calculé facilement "qu’elle dégageait 257 calories à l’heure, c’est-à-dire 40 pour 100 de plus que le réchaud.
- Malheureusement, ayant oublié ce détail, ils procédèrent à une nouvelle expérience au moyen d’une bouilloire électrique de 300 watts, dans laquelle ils placèrent 560 gr d’eau à 20 degrés. Ils mesurèrent alors les températures suivantes :
- après 1 minute, 24 degrés
- — 2 — 29 —
- — 3 — 35 —
- — 4 — 41 —
- — 5 — 47 —
- — 6 — 53 —
- _ 7 59 —-
- Ainsi donc, après deux minutes de mise en marche, le courant électrique élevait de 6 degrés par minute la température
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- de 500 gr d’eau, ce qui correspondait, par minute à 3, et par heure à 180 calories utiles.
- Comme ils ne savaient pas si le rondement de la résistance du radiateur était le même que celui de la résistance de la bouilloire, ils ne cherchèrent pas une précision plus grande et conclurent que la puissance du réchaud et celle de la résistance étaient du même ordre de grandeur. Restait la question de prix.
- L’hectowatt-heure étant facturé 0,18 îr. la résistance dépensait, à l’heure, 0,54 fr.
- Le litre d’essence pesant 800 gr et coûtant 2 fr., les 18 gr consommés à l’heure par le réchaud ne coûtaient que 0,042 fr., soit 4 centimes au lieu de 54.
- Mais on ne peut pas faire marcher le réchaud pendant une heure ; il faut le charger complètement le soir pour être sûr
- .............-- ... --.... 83 =
- qu’il ne s’éteindra pas pendant la nuit, et, une fois qu’il est allumé, on ne peut pas l’éteindre; on dépense donc, chaque fois que l’on s’en sert, 400 gr d’essence, qui coûtent 1 fr. Au contraire, le propriétaire de la résistance prétendait réchauffer suffisamment f’eau de son radiateur avec un fonc-tionnpment d’une heure, au moment de partir, ce qui ne lui coûtait que 54 centimes. 11 montrait alors que sa résistance, au lieu d’être placée, comme le réchaud, n’importe où sous le capot, était plongée dans l’eau de circulation, à la place du bouchon de vidange. De cette façon il conduisait directement ses calories aux bons endroits, au lieu de les employer à échauffer le capot, et obtenait en une heure le résultat qui lui en aurait demandé dix s’il avait essayé de réchauffer son moteur en faisant circuler de l’air chaud autour.
- De là l’économie observée. G. L.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- NOVEMBRE 1932, A PARIS
- Mois très pluvieux, relativement très doux pour la saison, avec pression barométrique plus élevée qu’à l’ordinaire et beaucoup de brouillard ; a été à peu près normal au point de yue de l’insolation.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 765 mm 1, dépasse la normale de près de 3 mm.
- Celle de la température, 7°,0, est supérieure de 1°,2 à la moyenne 1874-1923 et classe ce mois parmi les mois de novembre chauds. Les moyennes journalières de la température ont été très souvent en excédent. Si l’on excepte les deux derniers jours du mois, début d’une période froide qui s’est prolongée en décembre, il n’y a eu que deux refroidissements marqués, l’un du 7 au 11, l’autre du 16 au 18. Le premier a amené la première gelée à glace de la saison froide et le mini-'mum absolu mensuel (—2°,8 le 9). Le maximum absolu mensuel 16°,6 s’est produit le 5. Le refroidissement nocturne a été en général assez faible et la moyenne des minima 4°,0 est s rpérieure de 1°,0 à la normale, aussi on n’a noté que 5 jours de gel à glace et 7 jours de gelée blanche pour tout le mois.
- Les pluies, moins fréquentes que de coutume (12 jours de pluie appréciable au lieu de 15), ont été également bien moins abondantes. Le total pluviométrique, 28 mm 9, n’atteint que les 6 dixièmes du total normal et la plus forte quantité d’eau tombée en 24 heures n’a été que de 6 mm 1. A Montsouris, la durée totale de chute, 28 h. 50 m, est inférieure de 54 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Malgré la série de journées couvertes qui s’est produite du 9 au 22, la durée totale d’insolation présente un excédent de 3 h. 9.
- A l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, il y a eu dix jours sans soleil, dont sept consécutifs, tous compris entre le 10 et le 21.
- Les brouillards ont été très fréquents, ceux du 3, du 9, du 10, du 12, du 15 et du 18, se sont étendus à presque toute la région parisienne et ont été les plus persistants; plusieurs obscurcissements ont été observés pendant le cours du mois.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été, au Parc Saint-Maur, de 89,1 pour 100 et celle de la nébulosité de 71 pour 100.
- RÉSUMÉ DE L’ANNÉE MÉTÉOROLOGIQUE 1932
- L’année météorologique 1932, donne pour les observations faites à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, les résultats suivants :
- Moyenne de la pression barométrique (ait. 50 m) : 759 mm 10 (soit 763 mm 60 au niveau de la mer) minimum absolu : 734 mm 9 le 9 octobre; maximum absolu : 779 mm 8 le 23 décembre 1931 et le 27 janvier.
- Moyenne de la température (vraie des 24 heures) : 10°,7; moyenne des minima, 6°,5, des maxima, 15°,0; minimum absolu : —9°,2 le 12 février et maximum absolu : 35°,7 le 19 août.
- Hauteur totale de pluie tombée : 570 mm 4.
- Nombre de jours de pluie appréciable, 155 jours, plus 32 jours de gouttes.
- Moyenne de la nébulosité : 65,2 pour 100.
- Moyenne de l’humidité relative de l’air, 78,1 pour 100.
- Nombre de jours de : gelée, 67 ; gelée blanche, 72 ; de neige, 8; orage, 27; brouillard, 76; grêle, 4. Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR EMPÊCHER LES VÊTEMENTS HUILÉS DE “COLLER ”
- Lorsque les vêtements huilés commencent à « coller, on peut leur rendre leurs qualités primitives en les mettant d’abord tremper vingt-quatre heures dans une solution assez forte de. carbonate de soude (cris-
- taux du commerce) et de savon mou, on les met ensuite à plat sur une table et on les brosse vigoureusement avec une brosse de chiendent, on rince à l’eau douce à plusieurs reprises et fait sécher dans un courant d’air.
- Ouand le tissu est bien sec, on passe à sa surface pour terminer, un tampon de flanelle, imprégné d’aussi peu que possible d’huile de lin siccativée et on expose de nouveau à l’air quelques jours.
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- LES NOUVEAUX APPAREILS DE CONTROLE ET DE MESURE EN ALTERNATIF
- ET L’USAGE DES APPAREILS ÉLECTRIQUES MÉNAGERS
- Le nombre des appareils électriques ou radioélectriques d’usage domestique augmente chaque jour. A côté du poste récepteur radiophonique, et souvent du phonographe électrique, on trouve désormais dans de nombreux foyers des appareils de chauffage électriques : radiateurs ou fers à repasser, sinon des réchauds et des fours, des projecteurs cinématographiques d’amateur, des sonneries électriques, des téléphones intérieurs, des aspirateurs, des machines à laver ou à cirer, etc...
- Le fonctionnement de tous ces appareils est généralement bon. Mais si parfaite qu’en soit la fabrication, nul système électrique n’est complètement à l'abri de la fâcheuse panne ou, du moins, d’une irrégularité de fonctionnement. Si la détérioration est peu grave, et due seulement à un défaut insignifiant qui s’est produit à la longue dans le montage, on peut effectuer soi-même la réparation sans être électricien, ni sjié-
- cialiste. Encore faut-I il agir à bon escient. L’usager a donc le plus grand intérêt à posséder, dans ce cas, un appareil de contrôle et de mesure très simple, lui permettant de déceler lui-même rapidement la cause qui détermine les irrégularités de fonctionnement.
- Pour effectuer la recherche et la localisation des causes des pannes ou des irrégularités de fonctionnement, l’emploi d’appareils de contrôle et de mesure est indispensable. 11 faut cependant que ces appareils soient simples, faciles à transporter, robustes, d’un usage pratique, et qu’ils puissent être employés par un opérateur même non technicien. La généralisation constante de l’emploi du courant alternatif pour l’alimentation des appareils de tous genres, et même des postes récepteurs radiophoniques, a rendu nécessaire également l’établissement d’appareils spéciaux pouvant servir pour le. contrôle et la mesure en alternatif.
- Deux modèles récents d’appareils de contrôle et de mesure. — Parmi les appareils de contrôle et de mesure récents utilisables pratiquement par les usagers ou les revendeurs, pour l’examen des-appareils radio-électriques, de cinématographie sonore, ouïes appareils d’électricité domestiques, il y a, à l’heure actuelle, deux modèles entre autres, établis par un constructeur spécialiste des appareils de mesure, et qui semblent particulièrement bien étudiés.
- Le premier est destiné uniquement à la vérification rapide de tous, les postes récepteurs et amplificateurs en usage, ainsi que de leurs lampes et des appareils domestiques, mais, du moins pour les mesures, l’appareil ne peut servir qu’en courant continu.
- Le système indicateur fonctionnant comme milliampère-
- mètre ou comme voltmètre est du type apériodique de précision à cadre mobile pour courant continu. Sa forme et ses dimensions ont été étudiées pour en faire un véritable appareil de poche, le poids est inférieur à trois cents grammes, et les dimensions ont été réduites à 120 sur 80 sur 30 mm (%• !)
- L’appareil contenu dans un boîtier moulé présente la particularité de ne pas posséder de bornes. Les connexions s’effectuent par fiches, ce qui permet une très grande rapidité de mesure ou de vérification et supprime les aspérités du boîtier.
- L’échelle de l’appareil a un développement assez grand et comporte 120 divisions. Un miroir placé sous l’aiguille évite les erreurs de parallaxe; l’équipage mobile est muni d’un dispositif de remise à zéro accessible de l’extérieur, avec partie mobile pivotante sur saphir.
- Un tel appareil peut servir tout d’abord comme milliam-pèremètre ou comme ampèremètre. Les sensibilités sont alors de 3 milliampères, 30 milliampères, 300 milliampères et 3 ampères. Il peut également servir comme voltmètre; ses différentes sensibilités sont alors de 6 volts, 60 volts, et 240 volts.
- De plus, des shunts extérieurs permettent de lire les intensités supérieures à 12 ampères en courant continu, et on peut avoir ainsi des shunts de 30, 60 et 120 ampères.
- Cet appareil complet est, d’ailleurs, d’un prix relativement modique, et il peut servir malgré tout à des usages déjà très nombreux, comme nous le verrons plus loin.
- Cejrendant la mesure pratique des faibles courants et tensions en courant alternatif est plus malaisée qu’en courant continu. Lorsqu’on veut atteindre de grandes sensibilités, on se heurte à des difficultés très sérieuses tenant à la nature même des appareils employés, et aux différents phénomènes qui entrent en jeu en courant alternatif.
- Les appareils thermiques déterminent une consommation de courant assez importante, les couples thermo-électriques ne présentent pas les qualités de constance d’étalonnage et de robustesse exigées d’un véritable appareil industriel, et présentent une certaine inertie au point de vue thermique qui ne permet pas de suivre les variations rapides de courant.
- Dans les appareils électromagnétiques, l’influence de la self-induction pour les fréquences variables ne permet pas un emploi normal avec une graduation bien déterminée.
- Les techniciens des Etablissements Chauvin et Arnoux, ont repris récemment l’idée fort intéressante d’associer un redresseur de courant à oxyde de cuivre avec un galvanomètre de type connu à cadre mobile et à aimant permanent, de manière à constituer un appareil de mesure précis pouvant fonctionner tout aussi bien en courant continu qu’en courant alternatif.
- Cette idée d’utiliser des redresseurs de courant pour la mesure du courant alternatif avait d’ailleurs déjà été présentée auparavant, mais les systèmes redresseurs employés en pratique jusqu’alors n’avaient pas un fonctionnement assez régulier, assez constant pour permettre de garantir l’étalonnage suivant les différentes conditions d’emploi.
- Nos lecteurs connaissent bien sans doute maintenant les éléments redresseurs à l’oxyde de cuivre, servant en T. S. F. comme redresseurs d’alimentation, ou pour la recharge des accumulateurs sur courant alternatif. La partie active de ce redresseur est constituée par un disque de cuivre
- Fig. 1. — Le Radio-contrôleur Chauvin et Arnoux.
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- Tige d'assemblage
- Siège de l action redressante
- Plomb Face oxydée
- Rondelle isolante
- Séparateur Ailette de refroidissement
- Rondelle de cuivre oxydée sur une face
- Manchon isolant
- Fig. 2. — Vue d’un élément redresseur à oxyde de cuivre.
- oxydé sur l’une de ses faces (fig. 2). Cette oxydation est obtenue par chauffage à 1000 degrés environ. On obtient de l’oxyde cuivrique et de l’oxyde cuivreux, sels stables à haute température, et la couche superficielle d’oxyde cuivrique est enlevée mécaniquement
- Un élément redresseur comporte ainsi un certain nombre de disques enfilés sur une tige filetée avec rondelle terminale, écrou de bloquage, et rondelle de plomb interposée du côté de la face oxydée, de façon à assurer une bonne conductibilité électrique.
- Ces redresseurs entièrement statiques sont très rustiques et très solides, et, grâce à une fabrication de plus en plus perfectionnée, leurs qualités électriques sont également, à l’heure actuelle, absolument constantes.
- A l’aide de ces éléments de redressement qui ont déjà reçu tant d’applications pratiques diverses, on a pu également résoudre le problème assez délicat de la construction d’un appareil de mesure simple et précis pouvant fonctionner sur courant continu et sur courant alternatif, même pour des mesures portant sur des tensions alternatives de l’ordre de quelques volts, et des intensités au-dessous de 0 ampère 5.
- Pour redresser les deux alternances avec des éléments à l’oxyde de cuivre, on peut employer un montage avec transformateur à prise médiane au secondaire ou un montage en pont de Wheatstone. C’est cette dernière disposition qu’on adopte lorsqu’il s’agit d’associer un redresseur à un appareil de mesure électrique. Les disques redresseurs ont, dans ce
- Fig. 3.— Montage redresseur pour le redresscmen Ides deux alternances d’un courant alternatif.
- A. Montage à deux éléments avec transformateur à prise médiane ou secondaire. B. Montage à quatre éléments en pont de Wheatstone avec shunts aux bornes du galvanomètre G.
- Fig. 4. — Montage d’un redresseur oxycuivre à 4 unités, associé à un appareil de mesures électriques.
- cas, un diamètre de 20 mm, et les connexions sont réalisées suivant le schéma de la figure 4.
- Les quatre unités de redressement sont munies d’ailettes de refroidissement servant en même temps à amener le courant.
- La tension et l’intensité de courant que supporte ce redresseur sont respectivement de 4 volts et de 0,1 ampère environ. Dans ces conditions, réchauffement déterminé par le passage du courant n’atteint pas 10 degrés centigrades au-dessus de là température ambiante, et pratiquement l’influence de la température est peu importante sur le fonctionnement du système.
- On étend d’ailleurs le domaine
- des mesures par l’emploi de résistances en série ou en dérivation, et un tel appareil permet la mesure des courants à partir de quelques dizaines de microampères ou des tensions à partir de quelques dixièmes de volts. Le système est peu sensible à la fréquence, et la marge d’utilisation dépasse de beaucoup celle d’un appareil électromagnétique ou électrodynamique.
- Pratiquement un appareil de ce genre, constitué par l’association d’un redresseur et d’un appareil de mesure apériodique à cadre mobile, a pu être établi sous la même forme que l’appareil précédent. Son poids est de l’ordre de 400 gr et ses dimensions sont de 124 sur 80 sur 30 mm. Il ne comporte pas non plus de bornes et les connexions s’effectuent par fiches (fig. 5). Les fiches possèdent d’ailleurs un écrou mol-deté qui permet au besoin d’effectuer les connexions avec un fil quelconque.
- Cependant, sur le dessus du boîtier, se trouvent deux boutons poussoirs à enclenchement, l’un noir et l’autre rouge, que l’on enfonce alternativement suivant que les mesures sont à effectuer en courant continu ou en courant alternatif, et le cadran de repère comporte une échelle inférieure destinée aux mesures en courant continu ou redressé et une échelle supérieure destinée aux mesures en courant alternatif.
- L’appareil peut d’abord fonctionner, comme l’appareil précédé nt d’ailleurs, comme milliampère -mètre ou ampèremètre. Les sensibilités sont de 3 milliampères,
- 30 milliampères,
- Fig.- 5. — Le contrôleur Universel Chauvin cl Arnoux.
- Remarquer en haut du boîtier les deux boutons à poussoir permettant à volonté l’usage de l’appareil en courant continu ou alternatif.
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- 300 milliampères, 125 ampères et 7,5 ampères. Il peut également fonctionner comme voltmètre, et les sensibilités sont 1,5 volt, 7,5 volts, 30 volts, 150 et 300 volts, et 750 volts.
- Un tel système, malgré son faible encombrement, constitue donc un ensemble extrêmement complet.
- Emploi des dispositifs de contrôle pour la vérification des appareils ménagers. —
- Un contrôleur de ce type permet de vérifier rapidement la consommation d’un appareil d’éclairage, ou d’un dispositif électrique ménager quelconque, si cette consommation semble anormale.
- C’est ainsi que pour des lampes d’éclaii'age, et suivant la puissance de la lampe, on vérifiera l’intensité du courant d’alimentation qui doit être conforme aux indications du cons-tructeur.
- Pour un réchaud, un fer électrique, un radiateur, on emploiera la graduation 7 ampères 5 comme le montre la figure 6. Par exemple, un radiateur de 300 watts devra consommer 2 ampères 8 pour un secteur de 110 volts. De la même manière, on vérifiera la consommation des aspirateurs, cireuses, ventilateurs, frigorifiques, etc...
- D’une façon analogue, on pourra se rendre compte aisément de la consommation totale nécessaire pour l’alimentation de tous les appareils d’un appartement, et l’on pourra déterminer le type de compteur et le type convenable de fusibles. On pourra aussi calculer la dépense correspondante d’un appareil ménager quelconque, puisqu’on connaît la tension du secteur et l’intensité. Si I est la consommation en ampères et V la tension en volts du secteur, la puissance absorbée sera V I exprimée en watts. Connaissant la durée de fonctionnement des appareils, et le prix du kilowatt-heure, on
- déterminera immédiatement la dépense correspondante. Cette vérification est particulièrement intéressante pour les installations de chauffage électrique par accumulation.
- Un appareil de contrôle permet en outre le dépannage des petits appareils ménagers. Si ces derniers comportent un moteur universel à balai qui ne tourne plus, on commence par vérifier si le courant passe bien dans l’appareil en mettant le contrôleur en série, avec une sensibilité choisie en fonction de la puissance du moteur.
- Si le contrôleur ne dévie pas, le courant ne passe pas. On vérifie la tension du secteur, le cordon et la fiche de prise de courant, l’interrupteur, le rhéostat,les bornes, etc...
- Si l’aiguille dévie et indique une intensité supérieure à l’intensité normale, c’est que les inducteurs sont coupés, ou en court-circuit; il faut alors les vérifier et mesurer leur résistance.
- Enfin, si l’intensité du courant est normale, mais que pour certaines positions de l’induit, le moteur ait tendance à démarrer et s’arrête aussitôt, cela indique que l’induit, est partiellement coupé ou des lames du collecteur dessoudées.
- On vérifie alors toutes les lames du collecteur en posant l’extrémité libre des cordons sur deux lames voisines et en employant le courant du secteur, et le contrôleur comme voltmètre. On détermine ainsi la coupure et on peut ressouder la lame du collecteur détériorée (fig. 7).
- De même pour les appareils chauffants quelconques, réchauds, fers, etc. Si l’appareil ne fonctionne pas, il peut y avoir une coupure dans les fils de connexion ou dans la résis-
- Fig. 6. — Vérification de la consommation d'un appareil ménager.
- [g Collecteur
- Fig. 7. — Vérification des lames d’un collecteur de moteur électrique.
- Fig. 8 (à gauche). — Vérification d’un fer à repasser. Fig. 9 (au milieu). — Vérification d’un appareil téléphonique. Fig. 10 (à droite). — Vérification de la batterie d’accumulateurs, sur une automobile, à l’aide du contrôleur universel.
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- tance. On le vérifie facilement à l’aide du contrôleur utilisé comme voltmètre et du courant du secteur.
- Si l’appareil fonctionne, mais si on ne peut le toucher sans ressentir une commotion électrique, il faut mesurer l’isolement entre l’une des bornes et la masse de l’appareil, ce qui s’effectue facilement en employant l’appareil comme voltmètre et une pile quelconque. Si la valeur trouvée est nulle, c’est qu’il y a court-circuit. Si la valeur est trop faible, il y a tout de même détérioration (fig'. 8).
- On démonte alors l’élément chauffant et, par mesures d’isolement successives, on localise la détérioration. S’il y a lieu, on répare localement ou on remplace complètement l’élément chauffant détérioré.
- Un contrôleur de ce type permet aussi de vérifier les tensions aux bornes des piles de téléphone ou de sonnerie, comme les tensions au primaire et au secondaire du transformateur des sonneries alimentées par le courant alternatif d’un secteur.
- U permet aussi de vérifier un écouteur téléphonique (fig. 9). On enlève la membrane et on branche le contrôleur universel avec la sensibilité 3 milliampères aux bornes de l’écouteur. Lorsqu’on laisse alors retomber brusquement la membrane sur les pièces polaires, l’aiguille doit dévier. Sinon, les connexions sont défectueuses ou l’enroulement de l’une des bobines de l’électro-aimant est coupé. En branchant directement l’appareil aux bornes de l’une des bobines seulement on détermine celle qui est défectueuse (fig. 9).
- Sur une automobile, un appareil de contrôle permet de vérifier la tension et l’intensité du courant de charge de la batterie, de mesurer la consommation des différents accessoires électriques, etc. (fig. 10).
- Enfin, et la question est fort intéressante, à l’aide d’un contrôleur pour courant continu ou alternatif, on peut vérifier que les indications du compteur fourni par la compagnie sont bien exactes.
- Pour faii’e cette vérification, on met en service quelques appareils électriques de l’appartement, et on mesure la tension E du secteur ainsi que le courant total I absorbé alors par les appareils de l’installation (fig. 11).
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- Les compteurs électriques comportent une sorte de petite fenêtre horizontale à travers laquelle on aperçoit un disque qui tourne plus ou moins vite suivant que la consommation est plus grande.
- On compte le nombre de tours N du disque pendant un temps bien déterminé, une minute par exemple, et on vérifie alors que l’on a bien l’égalité suivante :
- N
- E X I = 3600 X — X K.
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- K est une constante indiquée sur la plaque du compteur et qui représente, en watts-heure, la valeur d’un tour du disque, Si cette constante n’est pas indiquée, il faut compter le nombre de tours du disque nécessaire pour faire avancer d’une unité l’aiguille du totalisateur en watts-heure.
- Comme on le voit, les usages des appareils actuels pratiques de vérification et de mesures électriques et radio-électriques, et surtout des appareils qui permettent aussi bien la mesure en courant alternatif qu’en courant continu sont très variés, même en ce qui concerne les simples appareils ménagers d’un appartement moderne.
- Ces contrôleurs perfectionnés dont on peut trouver maintenant aussi des modèles simplifiés, rendent des services au moins aussi importants pour la vérification et la mesure des constantes des récepteurs radiophoniques, des appareils électriques et des appareils de cinématographie sonore.
- C’est ce que montrera aussi une prochaine chronique de Radiophonie Pratique.
- L. Picard.
- Constructeurs : Chauvin et Arnoux, 186, rue Championne!.,
- Paris.
- Réseau
- Totalisateur
- Mesure de E
- Mesure de I
- Installation lampes etc.
- Fig. 11. — Vérification d’un compteur.
- LE “ BLOND PLATINÉ ” A LA MODE
- Il existe une mode pour les cheveux comme pour le vêtement et la coiffure.
- Cette mode impérieuse, qui oxygénait jadis toutes celles qui voulaient avoir l’aspect jeune et rieur des héroïnes de cinéma (style sympathique) et qui, il y a peu de temps/exigeait qu’on fût « blond Titien » ordonne aujourd’hui à toutes celles qui veulent être pastels de Latour, aspect jeune, sous des cheveux argentés, de se laisser « platiner » la chevelure. Que nos lecteurs et surtout lectrices se rassurent : le précieux métal n’entre pour rien dans ces préparations.
- Un journal américain, Aromatics, nous renseigne sur les détails de cette manipulation que nous tenons aussi du Manu-facturing chemist.
- Les cheveux doivent être tout d’abord blondis, à la manière habituelle, bien connue de tous les Figaros, c’est-à-dire à l’eau oxygénée, ce blond doit être aussi clair que possible et non jaunâtre comme il arrive souvent.
- Il faut ensuite procéder à un léger bleuissement du cheveu, soit à l’aide du bleu de méthylène, soit à l'aide de nigrosène, soit simultanément. Quand le blond pur, et non jaunâtre est très légèrement teinté de bleu, les résultats sont parfaits.
- Mais si le blond est légèrement jaunâtre, il arrivé que la combinaison jaune-bleu produit une teinte verdâtre, du plus désastreux effet. _
- Un cheveu blanc pur, teinté faiblement de noir, donnera un cheveu argenté, du plus gracieux effet.
- C’est pourquoi les artistes capillaires qui procèdent à cette petite cuisine délicate augmentent l’intensité de la nuance argentée, par l’adjonction d’un peu de noir au bleu de méthylène.
- On suggère de faire les solutions de bleu de méthylène et de nigrosène, à 10 pour 100 ou même moins, de les mélanger ensuite, et de procéder a dés essais sur une boucle de cheveux, avant l’application « in situ ». .
- Ainsi on évitera de fâcheuses bévues.
- On recommande de rincer finalement les cheveux avec des solutions légèrement acides, tartriques ou citriques. En somme, avant de livrer leurs précieuses toisons, les dames doivent être très circonspectes. Etre à la mode, c’est parfait, mais ne pas risquer des dermatoses pénibles, c’est encore mieux;
- Albert Hutin.
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- E LIVRES NOUVEAUX
- Lectures mathématiques. La géométrie plane, par Ch. Gabeaud, préface de Marcel Prévost de l’Académie française, 1 vol., 187-p.,-164 lig. Eyrolles. Paris, 1932. Prix : 20 fr.
- L’auteur présente ici des leçons de géométrie plane rédigées sous une forme nouvelle. Au lieu de brefs théorèmes énoncés, puis démontrés avec le maximum de concision, il expose les lois de la géométrie dans des « lectures » qui sont de véritables causeries, plus attrayantes sans doute que les sévères présentations de la théorie classique, plus suggestives et plus éducatives aussi, tout au moins pour les débutants bien doués. Il resterait à savoir si pour les esprits moyens la méthode est aussi efficace et sûre que la méthode classique qui a fait ses preuves au cours des siècles, et. qui au surplus, possède une indéniable beauté.
- Mathématiqu es financières, par J. Dûbourdieu, i vol., 220 p., 9'fig. Armand Colin. Paris, 1932. Prix : broché 10 l’r. 50.
- Cet ouvrage contient ùn exposé méthodique des problèmes que posent la théorie et la pratique des opérations' iinancières. Parmi celles-ci l’autéur a laissé de côté les opérations de change et de bourse qui île posent-que des questions d’arithmétique, extrêmement simples. Par contre il a étudié en détail les opérations de placement et d’emprunt, à court terme et à long terme. Il s’est efforcé principalement d’éviter les inconvénients d.’un exposé purement algébrique, en prenant'soin de mettre en évidence les origines comptables des équations employées usuellement, de manière à faire apparaître toujours la véritable nature de ces dernières, ainsi que la signification qu’il convient de leur attribuer. Comme, d’ailleurs, ses divers développements ne font appel qu’à des notions très élémentaires de mathématiques, cet ouvrage se recommande à tous ceux qui, praticiens ou non, s’intéressent aux questions financières.
- Einführung in die Ton Photographie von I), J. Eggert et D, R. Schmidt, 1 vol. 137 p., 122 lig. Verlag. S. Hirzel. Leipzig, 1932.
- On trouve exposés dans cet ouvrage, avec une parfaite clarté, les principes et les données scientifiques qui président'à la photographie des sons, technique d’une importance industrielle considérable depuis l’avènement de la cinématographie sonore. Le livre débute par un excellent résumé des lois acoustiques indispensables à connaître : composition et qualité des sons, définition de l’intensité sonore, etc.; il décrit ensuite les organes qui interviennent dans les systèmes de prise ou de reproduction des sons : modulateurs électriques de lumière, oscillographes, cellules photoélectriques, dispositifs d’entraînement du film. Puis il expose les lois du noircissement des émulsions photosensibles, ainsi que les conséquences qui en résultent pour les qualités du film sonore; il indique enfin les règles à suivre en pratique pour obtenir des enregistrements de bonne qualité ainsi que les mesures à faire pour contrôler cette qualité au cours des opérations d’enregistrement et de reproduction. Ce précis rendra de signalés services à tous les praticiens et techniciens du film sonore.
- Théorie et pratique de la Télévision, par E. Aisberg et R. Asciien, 1 vol.- 238 p., 216 fig. Et. Chiron, Paris. — Prix : 20 fr.
- La télévision a fait en ces dernières années de rapides progrès; déjà elle est à la portée des amateurs ingénieux à qui elle offre un champ de recherches et de réalisations réellement passionnant. L’ouvrage de MM. Aisberg et Aschen, le premier à notre connaissance qui ait été publiée en France, est précisément un ouvrage d’initiation rédigé pour guider les premiers pas de l’amateur : il expose tout d’abord avec une remarquable clarté, en s’aidant de figures schématiques excellentes, les principes sur - lesquels, reposent les méthodes actuelles de télévision. Il décrit ensuite, d’une façon succincte, les diverses réalisations industrielles actuellemént connues: systèmes Baird,Barthélémy, procédés'par tubes cathodiques; il termine en fournissant toutes les données nécessaires à l’amateur pour construire lui-même et utiliser un récepteur de télévision.
- Phosphatè-nitrate, paT Dr O. Stu'zer etDrN. Wetzel. 1 vol. 390 p., 101 fig. et 3 cartes hors texte. Verlag von Gebrüder Borntraeger. Berlin, 1932. N. 35. Schoneberger Ufer 12 a. — Prix broché : 32 R. pl.
- Cet ouvrage appartient à la collection « des gisements de minéraux non métalliques » que dirige le Dr Stutzer, professeur à l’Ecole -des Mines de Freiberg. Dans le présent volume, lé Dr Stutzer. lui-même a rédigé une excellente étude des gisements de phosphate dans le monde ; après avoir rappelé- brièvement les formes minéralogiques sous lesquelles'se présentent les phosphates dans la nature, indiqué la genèse.des.gisements pliosp.hatiques et donné.de substantiels renseignements sur l’industrie et le commerce des phosphates, il décrit méthodiquement tous les gisements actuellement -connus. Cette savante monographie condense une vaste documentation. Le travail du Dr Wetzel sur les nitrates est plus bref, les gisements de ces sels
- étant, on le sait, fort peu nombreux; il débute par une étude géologique et minéralogique des gisements Chiliens; suivie de considérations intéressantes sur la genèse de ces gisements et d’indications sur leur exploitation actuelle. Quelques pages suffisent pour passer en revue les autres gisements de nitrates naturels.
- Physiology oY farm animais, par J. II. Marshall et E. T. Halman. 1 vol. in-8, 366 p.,'118 fig. Cambridge IJniversity Press, Londres, 1932. Prix : cartonné toile, 15 sh.
- En 1920 paraissait la première partie de cet ouvrage, écrite par le professeur Marshall et la seconde aurait dû suivre la plume du professeur Wood. Après la mort de celui-ci, l’œuvre a été remaniée et terminée par M. llulnan et la voici maintenant complète en un volume. C’est un cours très didactique à l’usage des étudiants d’agriculture, destiné à leur enseigner les éléments de physiologie indispensables pour l’élevage des animaux de ferme, cours très général et élémentaire qui n’est qu’une introduction, une initiation bien conduite aux plus grands détails nécessaires de la technologie. Après une vue d’ensemble des grandes fonctions et des tissus, on y trouve, dans l’ordre, les aliments, la digestion, la circulation, la respiration, l’excrétion, la peau, le système nerveux, les sens, la locomotion, les sécrétions internes, lu reproduction, l’hérédité et le sexe, les processus de défense, la croissance, les vitamines, les métabolismes, pour terminer par des exemples de calculs de rations.
- Lutte contre les intoxications dans la fabrication des Poudres et Explosifs, par le ip Courtois-Suffit et Zedet, 1 vol. in-8, 327 p., 41 fig. J.-B. Baillière et Fils, Paris, 1932. Prix : 50 francs.
- La salubrité des ateliers où sont fabriqués les poudres et explosifs ne peut être obtenue que par le concours des médecins, des techniciens et des ouvriers. Cette salubrité exige des appareils perfectionnés pour éviter, autant que possible, au personnel le contact des substances et des vapeurs nuisibles, une surveillance médicale constante pour distinguer, dès leur début, les altérations causées par les différents produits aux diverses phases de la fabrication et pour étudier les moyens de les guérir et surtout de les prévenir. La collaboration du médecin hygiéniste et de l’ingénieur a réalisé cet ouvrage, riche de renseignements pratiques où bien d’autres industries insalubres trouveront nombre de données précieuses souvent très simples, pour la salubrité de leurs fabrications et l’hygiène de leur personnel.
- Précis de médecine légale, par le Dr Étienne Martin,
- 1 vol. in-8, 830 p., 95 fig. Doin et (lie, Paris, 1932. Prix : cartonné, 65 francs.
- Ce livre du professeur de la Faculté de médecine de Lyon résume son enseignement. Le médecin légiste y trouve tous les renseignements sur l’organisation de la médecine légale en France, les textes juridiques qu’il doit connaître, les barêmes d’évaluation d’incapacités dues aux accidents du travail, des modèles de certificats, les tarifs d’honoraires des experts. C’est dire son caractère pratique. 11 donne en outre les renseignements sur l’identification, l’examen des cadavres, les caractères des divers attentats, les questions de responsabilité, pénale et de capacité civile.
- Les ennemis de notre santé, par le Dr Henri Bouquet. 1 vol. in-16, 221 p., Hachette, Paris, 1932. Prix : 12 francs.
- Médecin érudit et en même temps l’un de nos plus réputés écrivains scientifiques, l’auteur enseigne à ses lecteurs non pas à se soigner et à se guérir eux-mêmes, mais à se préserver des maux évitables et à aider le médecin dans sa tâche de salut. 11 a déjà,, en trois volumes : La Médecine du temps présent, L'Ecole de la Santé, Pour bien se porter-, condensé les leçons d’une expérience avertie. Le quatrième, Les Ennemis de votre santé, qui vient de paraître, mérite le même excellent accueil. Il continue cette série de causeries qui mettent les idées médicales présentes à la portée de tous. Une première partie traite des « maladies dont on parle » plus particulièrement à notre époque,: appendicite, otite et mastoïdite, rhumatisme chronique, artère obstruée, hypotension, poliomyélite, calculs • vésicaux, zona, tétanos, etc.; une seconde élucide quelques « questions d’hygiène » : médecine préventive, végétatisme, l’œuf diffamé; le vin et là santé, dormir, une des faces du problème de l’a tuberculose, le chapitre dés parfums, convalescences, etc.
- Radiotelluristes et sourciers. Comptes rendus .du premier congrès international, Avignon, 24-27 avril 1932. 1 vol. in-8, 258 p.,170 fig. Dunod, Paris, 1932. Prix : 59 fr. 25.
- Ce congrès a réuni nombre d’adeptes qui ont présenté leurs méthodes, leurs théories et les applications qu’ils y voient dans, les domaines les plus variés. On trouve ici leurs communications et l’on peut ainsi faire le point des idées actuelles des convaincus de cette science divinatoire.
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- : NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. I. — Vue latérale <l'un tranchant d1 outil en Widia.
- MÉCANIQUE
- Nouveaux emplois du Widia
- Nous avons déjà signalé l’emploi du carbure de tungstène, fabriqué sous le nom de Widia par les usines Krupp, pour le travail du verre ou de la porcelaine.
- Cet alliage dépasse de bien loin, par sa dureté, les aciers au chrome et au nickel les plus durs, comme son nom (« Wie Diamant », c’est-à-dire « comme diamant ») l’indique, il est l’égal, sous bien des rapports, du minéral le plus dur et le plus précieux que l’on connaisse. Aussi ses emplois vont-ils en se multipliant dans le travail des métaux — tournage, forage, rabotage, fraisage — il permet d’atteindre, avec des efforts bien moindres et une usure réduite, des rendements supérieurs; le marbre, la porcelaine, le verre et d’autres matières, peuvent désormais se travailler avec les memes machines et les mêmes outils que les métaux.
- Dans les travaux de mines, ce nouveau corps trouve des emplois imprévus. Dans la plaine de rAllcmagne du Nord,
- on voit actuellement se multiplier ces échafauds à forer qui indiquent les sondages de recherche du pétrole. On y emploie des for ets énormes, analogues à ceux que fait voir la fig. 2. Faits en acier d’outil, ces forets n’ont que leur tranchant garni de widia : attachés à une tige de sondage d’une longueur allant jusqu’à 1000 m, ils rendent les mêmes services que les forets garnis de diamant, mais à un prix bien inférieur.
- La figure 3 fait voir le résultat d’un de ces forages. Sous la pression
- Fig. 3. — Pétrole jaillissant d'un sondage fait au Widia.
- énorme qui s’exerce sur elle dans les profondeurs du sol, l’iiuile s’écoule en un jet épais dans-de vastes bassins d’où on la transfère, au moyen de pompes, dans des navires ou des wagons-tanks. Dans la plaine de l’Allemagne du Nord, on extrait, de cette manière, déjà environ 200 000 tonnes de pétrole par an, ce qui équivaut à un dixième de la consommation du pays.
- Dans les houillères, le carbure de tungstène rend également de grands services. Avec un seul foret en widia, on fore, dans la houille, un trou d’environ 200 m, qui ne nécessiterait pas moins de 50 tranchants en acier. Dans les baveuses, machines qui ont une grande résistance à vaincre et dont les outils subissent une forte usure, l’emploi des tranchants en widia augmente énormément le rendement et la durée des outils et réduit, dans de fortes proportions, les frais de service.
- La scie baveuse, qui, sans dents en widia, serait incapable de fonctionner, voit, grâce à lui, sa vogue grandir rapidement : elle réduit le tirage à la poudre et permet l’extraction du
- Fig. 4. — Une « scie à charbon » avec dents en Widia.
- Fig. 2. — Outil de sondage en acier avec tranchant de Widia.
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- charbon en plus gros fragments. La figure 4 fait voir un mineur en train de se servir de ce précieux outil.
- Dans les mines de potasse, où les sels ne peuvent s’extraire que par la poudre, les forets en widia permettent de faire, en 2 minutes, des trous de 4,50 m de longueur.
- Dr A. Gradenyvitz.
- ZOOLOGIE
- Les loups en France.
- M. L. de la Bastide nous adresse une intéressante lettre qui complète l’article de Mme Feuillée-Billot (n° du 15 décembre 1932). Nous la reproduisons intégralement.
- « Permettez à un des derniers veneurs ayant chassé des loups de compléter les informations de M. Rollinat.
- J’habite dans l’arrondissement de Confolens. la partie qui appartenait autrefois au Limousin, proche de l’Angoumois, du Nontronnais qui était aussi Limousin et du Poitou qui pousse ses dernières brandes entre les rivières de Charente et de Vienne.
- Dans mon enfance le loup était encorela terreur. A la nuit tombée les femmes, les enfants, les chiens, les bestiaux étaient rentrés. Quand les hommes devaient longer ou traverser les bois de nuit, ils le faisaient toujours armés d’un fusil.
- Tous les ans, à l’automne, un de nos voisins, M. Roux de Reilhac, venait attaquer les louvards qui étaient dans les bois de mon père et en 1875, pour la première fois, j’étais admis à suivre la chasse sur mon poney, journée inoubliable où deux louvards étaient étranglés par les chiens.
- Avant la guerre de 1870 il n’y avait dans le pays que le loup de France, gris, avec une tache noire reliant le coin de l’œil au bas de l’oreille, des favoris blancs, se reliant à la gorge blanche. A partir de cette guei’re il est venu des loups qu’on disait allemands, beaucoup plus foncés, sans tache blanche à la gorge. J’en connais un certain nombre de têtes naturalisées qui se trouvent chez mes voisins.
- Vers 1890 les loups avaient beaucoup diminué. Néanmoins, la nuit, il en venait très souvent dans notre cour pour ramasser les os abandonnés par les chiens. Je me souviens d’avoir conservé longtemps un gâteau de cire que j’avais coulé dans la trace d’un loup d’une grandeur exceptionnelle, et que j’avais trouvée un matin dans le sable de la cour.
- En 1892, j’étais lieutenant de Cuirassiers et j’arrivais chez mes parents avec mon cheval pour un congé au moment où se donnaient rendez-vous dans le voisinage le célèbre chasseur de loups, le vicomte Emile de la Besge et M. Alexandre Jabet, qui réunissaient la douzaine de chiens que chacun possédait pour chasser les louvards de la région. J’ai suivi leur déplacement, menant avec ces Messieurs la vie errante, et ils ont pris 13 louvards dans ce mois d’octobre 1892. Parmi ces 13, il y en a eu 3 dans les bois de mon père et j’en ai conservé les têtes que j’ai fait naturaliser. Le vicomte de la Besge était installé chez son vieil ami et camarade de chasse M. de Reilhac. L’un et l’autre avaient 80 ans, étant nés en 1812, ce qui ne les empêchait pas de passer une partie de la journée à cheval derrière leurs chiens. M. de Reilhac estimait que dans sa vie il avait pris entre 700 et 800 loups. Le compte du vicomte de la Besge était un peu supérieur.
- Cette saison de Ces Messieurs a été la dernière série de prises dans le pays et a porté un coup funeste au recrutement de ces animaux.
- Néanmoins mes voisins, le comte de Chabot et M. Favre d’Echallens, qui chassaient le chevreuil débutaient toujours par quelques louvards. C’est ainsi qu’en 1913, au mois d’octobre, je leur en ai vu prendre quelques-uns, et j’ai conservé la tête de l’un d’eux.
- Après la guerre, on m’a signalé un loup à la passée habituelle dans un de mes bois. Ce loup avait tenté d’enlever le chien d’un boulanger. Le chien s’était réfugié sous la voiture et son maître avait effrayé le loup en faisant claquer son fouet.
- En 1924 ou 1925 j’étais allé dans les Bois de Cliarroux pour voir le Rallye Poitou, Equipage Richard-Deniau et le Rallye Charente, équipage Maillard, qui y venaient attaquer des cerfs. Ils furent empoisonnés toute la journée par une portée de loups qui coupaient la voie devant les chiens et il en était résulté un tel désordre que la journée avait été manquée.
- Dans cette région du Poitou, entre 1902 et 1914 le Rallye Gençais avait pris 53 louvards.
- En reste-t-il encore ? Je suis un adepte de la Radiesthésie, et je ne l’applique guère qu’aux choses de la chasse. J’ai toujours déterminé sans grande erreur la présence des animaux sur la carte et leur emplacement, à l’aide du pendule. J ’ai recherché s’il y avait encore des loups dans la région. J’ai pu en déterminer 3 ou 4 couples qui errent entre Nontron, Bellac, Poitiers et Angoulême. Il semble bien que ces couples aient élevé leurs louvards car je n’ai pas entendu dire que ces animaux aient été tués. L’an dernier, très probablement, un couple s’est introduit dans une bergerie mal fermée et a massacré une trentaine de brebis dans les montagnes de Blond.
- Quant aux autres régions, voici ce que je connais pour le Département du Cher.
- Le Baron Roger avait une très grande propriété en bordure de la Forêt de Vierzon. Entre 1875 et 1890 ses gardes ont tué un certain nombre de grands loups dont il avait conservé la peau et je lui ai connu un grand manteau, non pas en peau de bique, mais en peau de loup.
- En 1913-14 je suivais dans la Forêt de Vierzon l’équipage du Rallye Bercé. Je m’étais porté à un carrefour dit du « Chêne au Loup » pour voir sauter le cerf que nous chassions. Comme la route suivie par l’animal était classique, un certain nombre d’ouvriers de bois entendant venir la chasse s’étaient portés au carrefour pour voir sauter. Effectivement, notre cerf sautait l’allée. Tout près de lui un chien arrivait à l’allée, non pas un chien d’équipage, mais, semblait-il, un de ces bergers d’Alsace qui ne diffèrent du loup que par le nom et des détails qu’il faut connaître. Le chien s’arrêtait à l’allée, écoutant l’équipage venir. Au bout d’un instant il quittait la voie du cerf et venait vers moi au galop. Je demandais aux ouvriers à qui était ce chien dont les allures me semblaient bizarres. Personne ne le connaissait. Il galopait la tête basse, traque-nardant du derrière, et plus il approchait, plus j’étais persuadé que ce chien était un loup. Brusquement, arrivé à 20 m de moi, il m’apercevait en habit rouge sur mon cheval et s’arrêtait, la tête haute, les oreilles pointées. Il me regardait un instant, puis sautait au bois. Il n’y avait aucun doute possible, c’était bien un loup bien reconnaissable vu en travers, avec ses grosses épaules, son arrière-train tramant, et sa queue tombante.
- Je le signalais aux gardes qui effectivement en avaient connaissance depuis quelques jours et avaient vu son jned. Il ne tardait pas à disparaître.
- Je dois signaler un fait qui est passé inaperçu.
- Le Dr Henri Martin, un préhistorien, fils de l’historien de la Révolution, fait depuis longtemps des fouilles dans la région Sud-Est d’Angoulême et avait trouvé dans une station aurignacienne des têtes de canidés qui lui avaient semblé provenir de loups.. En 1910, deux loups adultes étaient tués dans la Forêt d’Horte proche de ces stations aurignaciennes. Le D1' Henri Martin en demandait les têtes, et les comparaît aux crânes des chiens aurignaciens. Aucun doute n’était possible, les chiens aurignaciens étaient bien des loups.
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- Depuis, en continuant ses fouilles, le D1 Henri Martin a découvert une grande quantité d’ossements de rennes, ces aurignaciens étaient des chasseurs de rennes. Beaucoup des jarrets de rennes étaient marqués par les profondes morsures faites par des canines et ces marques s’accordaient parfaitement avec les canines des loups. Or, lorsqu’un cerf est hallali courant, les chiens commencent toujours par l’attaquer aux jarrets, puis à la gorge. Le mode d’attaque des rennes était donc le même qu’aujourd’hui celui des cerfs, et les aurignaciens prenaient des rennes comme nous prenons des cerfs. Certainement pas de la-même manière, mais cependant d’une façon analogue.
- L’étage aurignacien correspond à la régression des glaces vers les sommets à la suite de la dernière période glaciaire. »
- L. de la Bastide.
- BOTANIQUE
- _ Le Papayer.
- Le Car ica papaya, de la petite famille des Papayacées — voisine des Passiflorées — est un arbre cultivé dans toutes les régions chaudes, pour ses fruits, dans le voisinage immédiat des habitations, où il sert à attendrir les viandes. Ses fruits et ses feuilles renferment en effet un ferment, la papaïne, qui attaque les matières azotées et les solubilise.
- C’est un des végétaux les plus populaires aux colonies, qu’on rencontre dans presque tous les jardins.
- Le Papayer est un petit arbre de 3 à 4 m de haut, à tronc droit et à bois mou, ayant le cœur rempli d’une moelle abondante. Ses feuilles sont grandes, digitées, très ornementales; elles ont la singulière propriété, lorsqu’on en enveloppe une chair quelconque, de la rendre tendre et succulente; c’est de ces feuilles surtout qu’on retire la papaïne ou trypsine végétale dont l’action digestive est utilisée en pharmacie.
- Les fruits, très abondants, apparaissent par grappes, tout le long du tronc; leur forme allongée, côtelée, a fait donner au papayer le nom d’« arbre à melons ». Leur saveur est particulière; on les mange jeunes, à demi formés, crus aussi bien que cuits à la façon des courges. Leur grosseur varie de la grosseur du poing, jusqu’à celle de la tête d’un enfant; ils peuvent atteindre le poids de plusieurs kilogrammes. La pulpe, assez épaisse, entoure un faisceau de graines, à péricarpe mince et .cassant; cette chair est d’un beau jaune orange, parfumée, sucrée, sans excès, à maturité complète, d’une saveur agréable. On consomme le Papaya, à l’instar du melon. Enfin, on connaît de nombreuses variétés de cet arbre utile, plus ou moins grosses, dont la confiturerie fait usage partout. Je suis persuadé qu’on pourrait, sous forme de conserve, introduire le Papayer comme beaucoup d’autres fruits, sur nos tables européennes, où sa fine saveur le ferait admettre. .Ceci concerne exclusivement 1 e Carica papaya, mais il existe d’autres espèces de Carica, dont les fruits sont petits — de la grosseur d’une cerise à celle d’un œuf — exquis et très parfumés. Si le Carica papaya n’a jamais pu être introduit dans les régions tempérées, ces dernières espèces réussissent parfaitement dans le Midi de la France et dans le Nord de l’Afrique, sans le moindre abri. J’en ai cultivé plusieurs types, avec succès, en Algérie et à Cannes, entre autres les Carica Candimarc-ensis et quercifolia, dont la taille ne dépasse pas 1 m 50 de hauteur, qui en saison se chargent de curieuses petites fleurs, auxquelles succèdent d’innombrables petits fruits, de goût sucré, délicieux, parfumés, qu’on mange crus ou sous forme de confiture. Si ces petites baies, grosses comme des cerises, étaient connues, nul doute que la culture de cet arbuste s’étendrait dans le Midi et en Afrique du Nord.
- Dans les pays chauds ou tropicaux, les Papayers sont mul-
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- tipïiés de semences, dont la germination et la végétation sont rapides; on les sème par deux graines, en pépinière, à 0 m 15 ou 0 m 20, en tous sens, de manière que lorsque les plants sont assez forts, on puisse facilement les relever avec la motte, lors de la mise en place définitive, qui se fait à des distances d’environ 3 à 4 m en tous sens : ceci pour la culture industrielle. Si l’on veut simplement en avoir un exemplaire dans son jardin, on le plante de manière qu’il soit bien isolé. Les arbres isolés sont d’un rapport extraordinaire et donnent parfois plusieurs centaines de kg de fruits.
- Dans toute l’Amérique du Sud, on en fait d’excellentes confitures qu’on trouve en Europe, chez les marchands de produits exotiques, sous le nom de papaya. Nul doute que préparés au sucre de canne, les fruits du papaya trouveraient amateurs s’ils étaient plus connus. R. de Noter.
- BIOLOGIE
- Acclimatation dépassée.
- Une plante croît plus mal généralement dans le pays où elle a été importée que dans son pays d’origine. Il y a des exceptions. Par exemple certains arbres des plateaux du centre américain au port rabougri deviennent de beaux arbres quand ils sont importés en Belgique. On prétend que les palmiers-dattiers sont moins délicats en Afrique du Sud que dans les oasis du Nord d’où ils furent tirés. Les agaves et les raquettes d’Opuntia sont devenues tellement caractéristiques de l’Orient qu’un peintre des Evangiles les y figura à l’époque du Christ; or il paraît qu’ils y sont d’importation assez récente de même que le cyprès et le pin Parasol.
- Dans les régions dépeuplées mais non désertiques, l’introduction d’une espèce exotique peut devenir un danger si elle détruit les êtres indigènes. M. Hickel cite ainsi l’invasion de milliers d’hectares par la ronce au Chili et en Nouvelle-Zélande, les Lantanas en Nouvelle-Calédonie et aux Iles Hawaï, les Opuntias ou figuiers de Barbarie à Madagascar et en Australie.
- — C’est du reste également dans les grandes îles de l’hémisphère austral que l’introduction du lapin et du cerf a créé un véritable fléau.
- L’agriculture coloniale constitue un cas monstre d’acclimatation dépassée. C’est l’Europe qui a fourni presque partout des boutures ou des graines et des animaux de ferme aux pays neufs qui s’en sont ensuite servi pour lui faire concurrence; on sait que maintenant, nous sommes envahis par les fruits de Californie, les moutons d’Australie, les bovins de l’Amérique du Sud, etc. La crise de surproduction actuelle pourrait donc être considérée comme une conséquence de l’acclimatation dépassée en pays neufs. Pierre Larue.
- ÉLECTRICITÉ
- Un conducteur électrique en sodium
- A une récente séance de VEleclrochemical Society des Etats-Unis, M. Boundy, ingénieur de la Dow-Chemical Society, a signalé que cette firme utilise depuis plusieurs années un conducteur électrique en sodium pur. Ce conducteur qui livre passage à un courant de 4000 ampères a 255 m de long. C’est en réalité un tube de fer rempli de sodium pur. On a constaté que le poids d’un tel conducteur est moindre que celui d’un câble en cuivre équivalent, tandis que le poids est à peu près le même. Le sodium est un métal d’aspect blanchâtre et très mou. Il s’enflamme rapidement au contact de l’eau qu’il décompose; sa manipulation est donc dangereuse, et il est peu probable que le curieux emploi que nous venons de signaler se développe beaucoup.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CONSTRUCTION
- Constructions
- démontables.
- Le problème cle la construction rapide et economique, pour les bâtiments de tous genres, est plus que jamais à l’ordre du
- Fig. 1. — Exemple d’assemblage à créneaux jour.
- de pièces mâle el femelle. Une des solutions
- les plus séduisantes
- est celle qui consiste à recourir à des éléments standard, fabriqués en série, et pouvant, dans la construction, s’assembler les uns aux autres sans jointoiement.
- Dans cette voie, il convient de signaler l’intéressante contribution apportée par un inventeur, M. Ii. A. Lefèvre.
- Les éléments à assembler sont des panneaux en ciment; la forme étudiée et réalisée par M. Lefèvre, en permet l’assemblage facile; elle permet également le démontage de la construction. On peut ainsi, avec des matéiiaux particulièrement économiques et résistants aux intempéries, édifier des constructions démontables, ce qui présente un intérêt manifeste dans de très nombreux cas, à la campagne en particulier, pour les habitations légères, les hangars, les garages, les clôtures.
- C’est par les dispositifs d’assemblage que le système de M. Letèvro se distingue des autres systèmes qui ont été déjà proposés dans le même ordre d’idées.
- M. Lefèvre a imaginé deux dispositifs.
- Dans le premier dispositif, les éléments à assembler sont de deux espèces, les uns femelles, pourvus d’évidements, sur leurs rebords, les autres mâles présentant en saillie des rebords de forme correspodnante. La forme de ces évidements et de ces saillies a une grande importance; tout angle aigu crée un point faible, cause de fragilité qui rend l’assemblage précaire. M. Lefèvre a recours à des assemblages à créneaux (fig. 1), qui ne présentent que des angles droits et assurent de ce fait, en même temps qu’un assemblage excellent, une parfaite solidité.
- La ligure 1 montre l’application à un poteau A, formant la pièce femelle, et présentant des entailles à créneaux dans lesquelles se montent des panneaux de remplissage B offrant en saillie la forme correspondant à celle des créneaux.
- En raison de la sécurité due à la forme de l’assemblage choisie, il est inutile de renforcer l’épaisseur des pièces aux
- points de jonction; tout scellement est également inutile.
- Dans le deuxième dispositif, on recourt encore à des assem-
- mais les pièces à assembler sont toutes
- blages utilisant des entailles en créneaux
- Fig. 2. — Exemple d’assemblage de pièces à entaille en créneaux, au moyen de clés de jonction.
- femelles, et l’on utilise pour les solidariser des pièces de jonction broches ou clés offrant des saillies qui s’engagent dans les entailles des pièces principales.
- La figure 2 donne un exemple de réalisation de ce disposilif. Les modes d’assemblage imaginés par M. Lefèvre peuvent
- Fig. 3. — Un garage démontable construit avec des poteaux el panneaux assemblés suivant le système Lefèvre.
- évidemment être utilisés aussi pour des matériaux autres que le ciment : pièces moulées de toute nature, bois, céramique, etc. Ils se prêtent aussi, surtout le deuxième dispositif, à l’établissement de constructions miniatures pour jouets d’enfants.
- Inventeurs : M. Lefèvre, père, 82, rue du Maréchal-Foch, Parmain (Oise).
- MÉCANIQUE
- Tracteurs=chenilles pour la fabrication des briquettes
- de tourbe.
- On sait que la Russie emprunte une grande partie de sa force motrice à de vastes usines n’employant d’autre combustible que les briquettes de tourbe. C’est que ce pays dispose d’énormes tourbières, couvrant, une superficie de plusieurs millions d’hectares.
- Voici le procédé qui, jusqu’à ces derniers temps, était le seul en usage.
- La tourbe était répandue sur une vaste surface plane, où on la laissait sécher; une équipe d’ouvrières, chaussées de patins semblables à des skis, foulait la matière molle, la comprimait puis y taillait des briquettes. Ce travail était 1res fatigant et
- Fig. 4. — Le Iraclcur-chcnille dont les chenilles munies de couleaux découpent des briquettes dans la tourbe.
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- insalubre. On vient de lui substituer un procédé mécanique, basé sur l’emploi de tracteurs-chenilles. Ce sont ces engins qui, désormais, tout en comprimant la tourbe par leur propre poids, y découpent îles briquettes à l’aide de 400 couteaux.
- Une usine mécanique de Hanovre vient de construire, à cet elïet, 15'tracteurs-chenilles, actionnés, chacun, par un moteur Diesel de 48 ch ; l’année dernière déjà, 43 engins du même genre, mais actionnés par des moteurs à essence, avaient donné d’excellents résultats.
- Ces machines à façonner la tourbe, qui remplacent des centaines d’ouvriers.sont, en service régulier, très économiques; un seul mécanicien suffit à en surveiller le fonctionnement et l’huile Diesel est d’un prix extrêmement bas.
- Constructeurs : Maison Hanomag, à Hanovre.
- AGRICULTURE Le « Tue=Taupes ».
- Chacun sait que l’envahissement par les taupes d’un massif, d’une pelouse, parfois même d’un herbage constitue un
- véritable fléau. Bien des procédés de destruction sont proposés pour se débar-, i-asser de ce petit mammifère si nuisible quand il est en nombre : pièges dont la mise en place demande certaines connaissances; produits liquides ou gazeux dont l’efficacité n’est pas toujours constante.
- Voici un appareil pas volumineux ni compliqué dont des essais faits au bois de Boulogne pour le compte de la Ville de Paris ont donné de b o ns résultats. Comme le montre la figure 5, il comporte, à la partie supérieure, un réservoir-entonnoir (a) avec dispositif d’étanchéité (c), à la partie inférieure, une cloche à gaz (i) dans laquelle se trouve une boîte de charge contenant un produit asphyxiant (h).
- Pour l’utiliser, on procède d’abord à l’ouverture de la taupinière au moyen d’une bêche plate, en évitant surtout de boucher la galerie creusée par l’animal; puis ayant mis le produit asphyxiant dans la boîte de charge, on fixe celle-ci au crochet (e) émergeant du fond de la cloche. Ainsi équipé, on place l’appareil sur l’orifice de la taupinière (.s) et on remplit d’eau le réservoir après avoir pris la précaution de rapporter de la terre à la base de la cloche afin que les gaz ne puissent s’échapper (lig. 6).
- Cela fait, le « Tue-Taupes » va agir désormais tout seul; les gaz produits — 150 litres environ — vont peu à peu pénétrer sous faible pression assez loin dans les galeries — au moins 50 mètres — exterminant les taupes s’y trouvant, et cela pour une dépense d’environ 1 fr 50.
- Si le terrain est sérieusement bouleversé, si des galeries multiples existent, il est indiqué de commencer par l’une des extrémités et de faire une expérience tous les 50 'mètres,
- Fig. 5. — Coupe de l'appareil.
- a, réservoir d’eau; b, poignée; c, dispositif d’étanchéité; d, entrée de l’eau; e, crochet; f, écoulement de l’eau; g, boîte de charge; /i, produit asphyxiant; i, cloche à gaz;/, ouverture de la galerie.
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- comme aussi si le sol est crevassé par suite de sécheresse, il y a lieu de jeter un peu de terre meuble sur ces parties par où autrement pourraient s’échapper les gaz.
- En vente au Consortium d’inventeurs « C.
- 1 f, 26, rue de la Pépinière, Paris.
- OBJETS UTILES
- Taille-crayon à lame de rasoir Gillette.
- Babbitt, le héros du roman de Sinclair Lewis, le type du bourgeois américain moyen, et même de l’homme moyen en général, éprouve un cruel embarras chaque fois qu’ une de ses lames de rasoir Gillette se trouve hors d’usage. Cette petite lame d’acier si coupante ne peut être abandonnée au hasard ; que d’accidents en pourraient résulter. Babbitt finit par s’en débarrasser en la jetant au sommet d’une armoire; là les lames s’accumulent à l’abri du regard de la maîtresse de la maison.
- Fig. 6.—- L’appareil en place esl rempli d'eau.
- Il y a mieux à faire des lames de rasoir Gillette que de les accumuler dans un coin obscur.
- Devenues inutilisables pour la barbe, elles constituent encore d’excellents outils tranchants, le tout est de leur trouver une monture commode.
- Au dernier Salon des Arts Ménagers, un inventeur viennois exposait, dans cet ordre d’idées, une petite monture en bakélite, pratique et élégante, qui permet d’utiliser aisément la lame Gillette comme taille-crayon. Elle se compose simplement de deux plaques que l’on sert l’une contre l’autre à l’aide d’un écrou, après avoir placé la lame entre elles, dans le logement ménagé à cet effet. L’une de ces plaques est munie en outre d’un entonnoir formant corps avee elle et dans lequel on place le crayon à tailler qui vient se placer ainsi sous l’angle convenable devant le tranchant de la lame.
- Une petite bague amovible en fibre se place dans l’embouchure de l’entonnoir conique, elle en retient le diamètre d’entrée et donne à l’orifiCe la section qui convient aux crayons de section usuelle.
- Pour tailler un crayon de plus gros diamètre, il suffit de retirer momentanément cette petite bague.
- Pour tailler, on place le crayon dans l’entonnoir et on le tourne, en poussant légèrement. En quelques instants, il est taillé correctement et finement. On a ainsi réalisé un taille-crayon peu coûteux et d’usage indéfini.
- Vendeur fPapo etRu-del, 9,Maria-hilterstrasse,
- Vienne-VI (Autriche).
- Fig. 7. — Détail du taille-crayon.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du mirage sur les routes. (VoirN0 du 15 oct.
- 1932, p. 377, et du 1« décembre 1932, p. 526).
- M. Paumier, auteur de l’article sur le mirage sur les routes, nous adresse la réponse suivante aux remarques du Pharmacien-commandant Languepin (N° du 1er décembre 1932).
- .. « Le phénomène que j’ai décrit dans le N° du 15 octobre de La Nalure n’est pas « une simple réflexion sur une route goudronnée faisant l’effet d’un miroir ». C’est d’une façon absolument sûre un phénomène de « mirage » si on prend le terme dans sa plus large acception, c’est-à-dire un ensemble de phénomènes optiques dus à la réfraction atmosphérique (voir à ce sujet l’excellent ouvrage de A. Berget : L’Air, illustré par L. Rudaux. Larousse, édit.).
- La route joue le rôle d’un miroir, c’est un fait certain, mais pourquoi en est-il ainsi ?
- Le phénomène décrit est certainement un phénomène de réflexion totale car :
- a) 11 est en relation avec l’indice de réfraction de l’air : il ne se produit pas en hiver, or c’est un fait élémentaire que l’indice de réfraction est une fonction de la température.
- b) Il varie avec l’incidence puisqu’on voit la partie réfléchissante se déplacer avec l’observateur.
- Si l’explication que j’ai donnée n’est pas la bonne et cela est fort possible, je serais très reconnaissant au lecteur de ce journal plus physicien que moi qui voudrait bien m’éclairer sur la nature de ce curieux phénomène ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Montage d’un poste à galène:
- Il est possible d’utiliser un variomètre pour l’accord en direct de l’antenne. L’emploi de ce dispositif évite alors, en général, l’adoption d’un condensateur variable, mais on peut cependant le shunter par un condensateur variable de 0,5/1000 à 1/1000 de microfarad. On peut, d’ailleurs, constituer très simplement un variomètre en montant en série deux bobines en fond de panier ou en nids d’abeilles, dont les positions sont variables l’une par rapport à l’autre.
- C’est ainsi qu’avec deux bobines de 35 et de 50 spires en série, on peut obtenir une longueur d’onde propre de 120 à 150 mètres environ. Avec deux bobines de 50 et 75 spires une longueur d’onde propre de ISO à 220 mètres environ. Avec un vario-coupleur de ce genre, et un condensateur variable, on peut recevoir toute la gamme des émissions sur ondes courtes. .
- Le montage du poste à galène demeure, d’ailleurs, le môme, le récepteur téléphonique ôtant shunté par un condensateur de l’ordre de 2/1000 de microfarad. Il semble cependant qu’on n’emploie plus guère à l’heure actuelle les variomètres dans ces montages-récepteurs; on les remplace par des blocs d’accord, dont les bobines sont intérieures au poste et qui sont plus simples et plus pratiques.
- On peut certainement utiliser des montages en tesla pour constituer les postes à galène, mais, dans ce cas, la recherche des émissions est évidemment un peu plus délicate. Le primaire et le secondaire peuvent être accordés par des condensateurs variables d’une capacité de l’ordre de 0,5/1000 à 1/1000 de microfarad et les caractéristiques du primaire dépendent évidemment de l’antenne employée. On peut, pour la gamme des émissions de radiodiffusion sur ondes courtes, utiliser au primaire une bobine de 30 spires et au secondaire une bobine de 45 spires environ.
- La construction des postes à galène n’a pas varié d’une manière aussi profonde que celle des autres postes récepteurs plus complexes. Cependant, quelques progrès ont pu être obtenus dans le montage du système d’accord, et dans la liaison du détecteur. Vous pourriez trouver quelques schémas de ce genre dans le tome III des Récepteurs modernes• de T. S. F., par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur).
- Réponse à M. R. S..., à Bordeaux.
- Choix de cellules photoélectriques pour la cinémato= graphie sonore.
- Des articles relatifs aux diverses catégories de cellules photo-électriques ont déjà paru dans la Revue. Vous pourriez, d’ailleurs, trouver des renseignements généraux sur les différentes catégories de cellules dans l’ouvrage Les Effets électriques de la lumière (Baillière, éditeur).
- En pratique, on utilise presque toujours en cinématographie sonore» pour la reproduction photophonique des enregistrements à opacité variable ou à opacité constante, des cellules photoémettriees à gaz au cæsium, dont la sensibilité a été récemment augmentée dans de très grandes proportions, et qui fonctionnent avec des étages de préampli-lication à lampes à chauffage indirect alimentées entièrement par le
- courant d’un secteur alternatif. Nous pouvons vous citer comme marques de cellules, les marques Philips, Gecovalve, Scad, etc.
- 11 existe encore assez peu d’ouvrages dans lesquels vous pourrez trouver la description détaillée de la construction d’un amplificateur, préamplificateur destiné à la reproduction photophonique des enregistrements. Vous pourriez cependant vous adresser à ce sujet aux éditeurs Film et Technique, 78, avenue des Champs-Elysées, à Paris.
- Réponse à M. Grand, à Toulouse (Ilte-Garonne).
- Poste=récepteur pour les colonies.
- Il existe à l’heure actuelle, en France, un assez grand nombre de postes récepteurs radiophoniques permettant de recevoir les émissions sur toute la gamme des longueurs d’onde, de 12 m à 2000 m.
- Nous pouvons vous citer, par exemple, les fabricants suivants :
- Comptoir général de T. S. F., 11, rue Cambronne, Paris (XV0).
- Etablissements Loewe-Radio, 19, rue Frédérick-Lemaître, Paris.
- Les appareils vendus en France sont évidemment destinés à la réception en Europe. Nous pensons cependant que le premier constructeur a établi ses bobinages de manière à permettre la réception dans les pays très humides sans crainte de l’influence des agents atmosphériques, et, en particulier, de l’humidité.
- Nous pouvons également vous signaler des appareils spécialement destinés à la réception sur ondes courtes dans les colonies. Voici quelques adresses à ce sujet :
- Etablissements Dyna, 43, rue Richer, Paris (IXe).
- Etablissements Lenier, 43, rue Magenta, à Asnières (Seine).
- Etablissements Radio-Source, 82, avenue Parmentier, Paris (XIe).
- Le premier constructeur a également fait des essais nombreux pour déterminer les détails de fabrication de ses postes en vue de leur emploi aux colonies, et, en général, ces constructeurs pourront vous donner des références d’après les résultats obtenus par leurs clients aux colonies. Réponss à M. Fraysse, à Hanoï (Tonkin).
- Appareil de régulation pour le courant des secteurs.
- Des articles sur les régulateurs de tension automatiques ou à commande manuelle ont paru récemment dans La Nalure.
- Vous pourriez vous procurer des lampes régulatrices fer-hydrogène aux Établissements Visseaux, quai Pierre-Scize, à Lyon (Rhône) et des lampes au néon aux Établissements Philips, 5,; cité Paradis (Paris).
- D’un autre côté, nous pouvons vous indiquer la maison Hewittic, rue du Pont à Suresnes (Seine) qui construit des régulateurs automatiques basés sur des effets de saturation magnétique.
- Réponse à M. G. A...,à Nice 1A.-M.).
- Haut=parîeurs à pavillon exponentiel.
- Les haut-parleurs électrodynamiques à pavillon exponentiel présentent l’avantage dé reproduire plus intégralement toute la gamme des fréquences musicales qu’un appareil à diffuser de petit diamètre, et d’être plus sensibles, c’est-à-dire de permettre d’obtenir une audition
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- de plus grande intensité, à égalité de puissance modulée transmise par la dernière lampe de l’amplificateur.
- Parmi les constructeurs qui pourraient sans doute vous fournir des pavillons exponentiels, nous pouvons vous indiquer les maisons survantes :
- Etablissements Cosmos, 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- Établissements Sidley, 86, rue de Grenelle, Paris.
- Établissements Melodium, 296, rue Lecourbe, Paris (XVe).
- Réponse à M. Jégouzo, à Paris.
- De tout un peu.
- IVI. Rolland, à Amiens. — D’après les renseignements que nous avons puisés à une source très autorisée, le Képhyr, sous son ancienne forme « fruste » de grains ou zooglées, ne se trouve plus dans le commerce et il faut s’adresser à des maisons spécialisées qui le préparent à l’état de culture pure. Dans cet ordre d’idées, les maisons suivantes nous ont été indiquées, Laboratoire Roger, 12, rue d’Rnghien à Paris. Société française du Tapo, 14, rue de Miromesnil. Le Képhyr Gla-zof'f, 11, rue Littré. Le Képhyr Salmon, fournisseur des hôpitaux, 28, rue de Trévise.
- M. Belleval, à Alger. — La désignation « trois matériaux à agglutiner ensemble » est trop vague pour que nous puissions prévoir le genre de colle qui conviendrait.
- Ouant à la spécialité à laquelle vous faites allusion, sa composition ne nous est pas connue.
- H. P. D., à Lujan (République Argentine). —Nous avons publié dans le N° 2886, page 143, une série de formules de liquides pour la conservation des pièces anatomiques, nous vous prions de vous y reporter.
- M. Senéclauze.à Renage.— 1° Vous pouvez essayer de débarrasser votre radiateur de sa rouille en y introduisant une centaine de grammes de crème de tartre et laissant en contact quelques jours, puis en purgeant et rinçant à fond, mais il est à craindre que, la rouille étant enlevée, des trous ne soient rendus libres et que des fuites se déclarent à la suite dü traitement, peut-être sera-t-il préférable de laisser les choses en l’état.
- 2° Vu le bas prix des aiguilles de phonographes et des lames de rasoirs mécaniques, le mieux est de les rebuter.
- M. Berthon, à Paris. — Le seul emploi que nous connaissions des os de seiches en dehors de l’oisellerie est celui de matière abrasive pour le polissage après pulvérisation.
- IVI. J. Q., à Grasse. —• Vous pourrez vous procurer les Glycols cl, leurs éthers à la Société d’importation des produits chimiques, 49 bis, Avenue Hoche, Paris (83).
- IVI. Audy, à Paris. —Le caoutchouc lorsqu’il n’a pas été exposé à l’air, c’est-à-dire lorsque la coupure est encore fraîche, possède la propriété de se souder directement à lui-même.
- Dans le cas qui vous intéresse il s’agit simplement de pastilles de gomme Para qui aussitôt après tranchage, sont isolées par une feuille imperméable empêchant l’intervention de l'oxygène.
- M. Blancher, à Orléans. — Vous pourrez préparer une encaustique à l’essence, analogue à la plupart des produits spécialisés du commerce en prenant :
- Cire d’abeilles vraie....................... 100 grammes
- Paraffine................................... 20 —
- Essence minérale . ........................ 900 cm3.
- Après dissolution à froid par contact prolongé et agitation ajouter : Alcali volatil................................. 10 cm3.
- N. B. — Ne pas chauffer, ce qui chasserait une partie de l’essence et ferait courir des risques d’incendie.
- Si on désire ùne encaustique plus fluide, augmenter à volonté la proportion d’essence.
- IVI. Heuzard-Digeon, à Laval. — La condition essentielle de réussite dans l'imperméabilisation des tissus par l’alumine, est le passage final à l’étuve à 50-60° pour décomposer l’acétate d’alumine, nous avons particulièrement attiré l’attention de nos lecteurs sur ce point dans l’exposé du procédé que nous avons fait dans le N° 2892, page 431, veuillez vous y reporter pour plus de détails.
- IVI. le Dr Vaurs, à Parigné-l’Evêque (Sarthe). — Le liquide employé dans les appareils appelés « ozoniseurs » est simplement de l'alcool méthylique, ce sont en réalité des formolateurs, l’aldéhyde formique produite jouissant de propriétés aseptisantes et désodorisantes.
- IVI. Benoiton, à Zinder. — Le peu de place dont nous disposons ne
- nous permet pas de traiter la question si étendue de la teinture et du vernissage des cuirs, mais nous trouverez une étude très complète des procédés employés dans le petit ouvrage : Les matières animales de l’Encyclopédie Billon qui a été édité par la Librairie Bernard, 29, quai des Grands-Augustins à Paris.
- IVI. de Bony, à Poitiers. — Vous pourrez préparer une excellente pâte pour les mains en opérant ainsi :
- Prendre :
- Poudre de marrons d’Inde...................... 225 grammes
- Poudre d’amandes douces mondées .... 200 —
- Poudre de racines d’iris....................... 50 —
- Poudre de savon neutre et sec .............. 20 — - -
- Carbonate de soude sec.......................... 5 —• , *
- La condition essentielle est d’amener les poudres par broyage à ÿ mortier à l’état impalpable, tamiser ensuite à la toile n° 100. !
- Incorporer alors cinq jaunes d’œufs en procédant de la même manière qu’en pâtisserie, c’est-à-dire en disposant la farine sous forme de couronne et en plaçant les jaunes au centre.
- Ensuite peu à peu faire absorber la farine par les jaunes en ramenant celle-ci au milieu et en pétrissant.
- Finalement quand la pâte est bien homogène on y ajoute :
- Miel liquide froid.........................100 grammes
- Parfumer à volonté avec l’essence de son choix, citron, violette, etc.
- IW. le Dr Tara, à La Guadeloupe. — 1° La formule de pâte à copier que nous avons donnée dans le n° 2869, page 479, est bien à base de gélatine puisqu’elle comporte 100 gr de colle forte. Nous pensons que vous pourrez remédier à sa liquéfaction sous votre climat tropical en y incorporant avant coulage dans le moule une cuillerée à café de la solution commerciale de formol à 40 pour 100 d’aldéhyde formique.
- 2° Pour conserver les peaux de petits animaux dans l’attente du tannage ou de la naturalisation, il faut après les avoir fait sécher à l’ombre sur une planche, poil en dessous, laver le côté cha r avec une solution composée de :
- Alun ordinaire.................................. 60 grammes
- Sel de cuisine.................................. 40
- Eau ordinaire................................. 1000 cm3
- On laisse sécher et renouvelle deux ou trois fois l’opération en faisant toujours sécher entre chaque application.
- IVI. Reeh, à Nantes. — Vous trouverez tous renseignements utiles dans la'.brochure Instructions pour la remise à neuf d’une voilure, qui vous sera adressée gracieusement sur demande par la Société Robbialac, 42, rue de Sèvres, à Boulogne-sur-Seine.
- IVI. Pradel, à Toulon.— Les couleurs pour aquarelle sont pour la plupart constituées par des couleurs dites d’aniline épaissies par de la gomme arabique. Dans le cas qui vous occupe le bleu est très probablement du bleu de méthylène que vous pourrez, pensons-nous, faire disparaître assez facilement par application ménagée au pinceau par une solution au conquième d’eau de Javel acidulée par qhelques gouttes d’acide chlorhydrique.
- Avoir soin de bien rincer ensuite pour enlever toute trace d’acide qui pourrait compromettre la solidité du papier.
- IVI. Duranton, à Troyes. — Le produit naphténique employé en tannerie et cliamoiserie est la tétra-hydronaphtaline Clü H12 ou tétra_ line préparée en hydrogénant le carbure par catalyse. C’est un liquide incolore bouillant à 204° C de densité 0.970 qui fut préparé en grande quantité par l’industrie allemande pendant la guerre comme substitut des essences de pétrole (carburant pour moteurs) et des essences de térébenthine (vernis et peinture) ; ses vapeurs sont inflammables et son odeur désagréable.
- Excellent dissolvant de matières grasses, du camphre et du soufre, il sert particulièrement dans le cas considéré comme agent dégraissant.
- IVI. Van Turnhout, à Bruges. — Voici quelques formules que vous pourrez utiliser pour la préparation de savons liquides :
- A. Savon de Marseille...................... 1000 grammes
- Carbonate de soude....................... 500 —
- Alcool à brûler........................... 1000 cm'1
- Sulforicinate d’ammoniaque................. 1000 —
- Pour masquer l’odeur de l’alcool dénaturé, ajouter 20 cm3 d’essence de lavande ou de mirbane.
- R Savon noir................................ 1000 grammes
- Alcool à brûler............................ 1000 cm3
- Sulforicinate de soude...................... 500 —
- Parfumer comme ci-dessus.
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- CURIOSITES NATURELLES
- Le Gérant : G. Masson.
- 3^28. — Paris, lmp. Laiiurk — i5-i-iç33.
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- LA NATURE
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- Prix du Numéro : 4 frar
- pour la vente en France.
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- LA NATURE
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- PRIX DE L'ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies . 12 mois (24 n"), 90 fr. ; — 6 mois (12 n"), 45 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois 24 n0*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n**) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger
- l arif n* 1
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- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour ÎOO sur les affranchissements des périodiques. Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
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- N° 2898
- LA NATURE
- 1tr Février î 933.
- ~GRANDEUR ET MODESTIE -=" D’UN SAVANT FRANÇAIS : SADI-CARNOT
- Été 1832. Le choléra, pour la première fois, ravage l'Europe. A Paris, ses victimes se comptent par milliers, et la terrible épidémie n’épargne point les hommes célèbres : Georges Cuvier, le ministre Casimir Perier, le général Lamarque, meurent du choléra. L’atmosphère politique, d’ailleurSj, est lourde. Et justement les funérailles de Lamarque, grand orateur de l’opposition, sont l’occasion d’une émeute, au début de juin. On disperse les manifestants avec brutalité. Voici une charge; elle est précédée d’un cavalier qui paraît ivre et qui passe au galop dans la rue, sabre au clair, culbutant des passants. Un jeune ingénieur, qui était venu là en curieux, s’élance hardiment, évite l’arme, saisit le soldat par la jambe et le jette à terre.
- La foule émerveillée l’acclame; mais lui se dérobe, poursuit son chemin...
- Et dix semaines plus tard, le 24 août, il est lui-même emporté par le choléra.
- La mort de cet ingénieur n’émut que sa famille et quelques amis. Savant modeste et jeune, il n’avait ni recherché ni connu la célébrité. Il était pourtant, avec Goethe et Cuvier, l’un des très grands génies qui disparurent cette année-là. Il se nommait Sadi Carnot.
- Son œuvre, à peine connue d’abord, fut peu à peu tirée de l’oubli, surtout grâce à William Thomson (lord Kelvin) à partir de 1848. Révélée alors au monde savant, cette œuvre admirable contribua puissamment à l’essor de toutes nos industries, y compris nos industries chimiques, et aux immenses progrès de la physique : Carnot avait fondé la thermodynamique, science de la chaleur et de l’énergie, et toutes les branches des sciences physiques y trouvaient le point de départ de nouvelles découvertes et de théories féondes.
- Notre dessein n’est pas d’analyser ici l’œuvre de Sadi Carnot. L’attention de nos lecteurs a été attirée
- sur elle à diverses reprises. Et La Nature a célébré comme il convenait le centenaire de la publication des Réflexions sur la puissance motrice du feu, l’unique mémoire du savant, dans lequel se trouve énoncé le fameux « principe
- de Carnot », ou second principe de la thermodynamique.
- .Je montrerai plus loin que le premier principe a été lui aussi découvert par Carnot.. Mais l’objet de cet article est surtout de présenter au lecteur la vie toute simple et l’attachante personnalité du savant, en qui s’alliait à une géniale intelligence, un caractère d’une très grande beauté.
- *
- * *
- Sadi Carnot appartient à une illustre famille dont les figures les plus connues sont celles de son père, Lazare Carnot, l’Organisateur de la Victoire, et de son neveu, le second Sadi Carnot, assassiné par Caserio en 1894, alors qu’il était président de la République Française.
- Ainsi encadrée par ces deux grandes gloires politiques, et comme écrasée par elles, la carrière scientifique de notre héros passa d’abord inaperçue. Pourtant, dans ce glorieux triptyque familial où le savant occupe la page du milieu, il peut paraître justement symbolique que cette place lui ait été réservée. Car il n’est aujourd’hui aucun homme de science qui ne reconnaisse en lui l’un des plus profonds initiateurs de tous les temps. Et il y avait — avec peut-être un peu d’exagération — un enthousiasme bien justifié dans cette louange de W. Thomson : « Dans toute l’étendue du domaine des sciences, il n’y a rien de plus grand, à mon avis, que l’œuvre de Léonard-Sadi Carnot ».
- Lorsqu’il naquit, en 1796, au Petit Luxembourg, son père était membre du Directoire. C’était une époque chargée de préoccupations pour les hommes au pouvoir : difficultés de la politique intérieure, soucis de la guerre
- Fig. 1. — Sadi-Carnot à dix-sept ans (cliché J. Boyer).
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- contre l’Autriche... D’après le témoignage de sa mère, c’est, à ces « agitations de la grandeur » que Sadi dut sa santé précaire.
- Les parents connurent d’ailleurs bientôt des angoisses qui les atteignaient plus directement. L’enfant avait à peine un an lorsque le coup d’État du 18 Fructidor obligea Lazare Carnot à s’enfuir; réfugié à Genève, l’illustre exilé fut encore inquiété par les Directeurs, et après de dramatiques incidents, put se rendre en Bavière où il resta deux ans.
- Pendant ce temps la mère abandonnée avait quitté le palais et s’était retirée avec l’enfant à Saint-Omer, dans sa famille.
- Le 18 Brumaire mit fin à ces épreuves. Le Consulat succédant au Directoire, le grand Carnot, « fructidorisé », revint dans sa patrie et devint ministre de la guerre. A cette époque Bonaparte avait encore des égards pour les républicains ; avec Lazare Carnot, qui avait protégé ses débuts dans la carrière militaire, il entretenait des relations amicales; et lorsque le ministre allait travailler à la Malmaison avec le Premier Consul, il emmenait souvent Sadi, alors âgé de quatre ans, pour qui Mme Bonaparte avait beaucoup d’affection. Elle s’occupait de l’enfant pendant que les grands personnages travaillaient.
- A cet âge déjà, Sadi montrait une vive curiosité pour tous les objets de la physique et de la mécanique. Si bien qu’un jour il réussit à tromper la vigilance de Mme Bonaparte et à s’enfuir jusqu’à un moulin fort éloigné dont il se fit expliquer lé mécanisme par le meunier.
- Qu’il me soit permis de transcrire une autre anecdote plus pittoresque, telle que nous l’a rapportée le frère cadet du savant, Hippolyte Carnot. Mme Bonaparte « un jour, et quelques autres dames, étaient montées dans une petite nacelle et la dirigeaient elles-mêmes sur un étang. Bonaparte survient, s’amuse à ramasser des pierres et à les jeter autour de la nacelle de manière à faire jaillir de l’eau sur les fraîches toilettes des batelières. Celles-ci n’osent pas manifester tout haut leur déplaisir, Le petit garçon, après avoir observé quelque temps ce manège, vient tout à coup se poser crânement devant le vainqueur de Marengo, et le menaçant du poing : « Animal de Premier Consul, crie-t-il, veux-tu ne pas taquiner ces dames ! »
- « Bonaparte, à cette apostrophe inattendue, s’arrête, regarde tout étonné l’enfant, puis il est pris d’un fou rire qui gagne tous les spectateurs de la scène. »
- Mais tournons rapidement quelques pages de cette histoire, que nous ne connaissons d’ailleurs que par fragments.
- Voici de nouveau Lazare Carnot écarté des affaires publiques, à cause de son opposition aux tendances monarchiques du nouveau gouvernement. Il s’est retiré dans son modeste et paisible domaine de Presles, et tout en se livrant à des recherches scientifiques, car il était lui-même un savant distingué, il consacre ses loisirs à l’éducation de ses fils. Connaissant les goûts de Sadi, il n’hésite pas à diriger ses études vers les sciences.
- Et c’est vraisemblablement de cette époque que date le premier germe des immortelles découvertes de ce
- dernier. Car le père-professeur s’était lui-même préoccupé des machines et de la puissance motrice du feu. Avant même de publier son Essai sur les machines en général, Lazare Carnot avait communiqué en 1784 à l’Académie des Sciences une étude sur les ballons. Le problème de l’ascension était résolu, car les frères Mont-gollier venaient de s’élever à une grande hauteur; Carnot s’attaquait à celui de la direction du ballon, considéré comme insoluble par la plupart de ses contemporains. C’est, à ma connaissance, la première étude qui ait été faite sur les ballons dirigeables. Malheureusement le mémoire a été perdu. Nous savons néanmoins que l’auteur y proposait l’emploi d’un moteur à rames légères. « machine à feu qui eût donné l’impulsion à des roues munies de palettes ». En fait, aucune machine de cette époque n’eût donné satisfaction. Carnot le savait. En bon mathématicien qu’il était, il songeait à donner à son ballon d’énormes dimensions, puisque sa force ascensionnelle devait être proportionnelle à son volume, tandis que la résistance de l’air ne l’était qu’à sa surface, pour une vitesse donnée. Mais surtout il prévoyait des perfectionnements des moteurs capables d’augmenter leur puissance, car il se rendait compte de l’insuffisance de la théorie des machines thermiques : « La machine à feu, écrivait-il, fournit un principe moteur très puissant... Combien de bras on épargnera dans les manufactures, lorsqu’on connaîtra mieux la mécanique du feu ! »
- Voilà donc bien la préoccupation du rendement des machines thermiques et le regret de l’imperfection de leur théorie, qui sont à l’origine des travaux de Sadi. Le programme scientifique réalisé si brillamment par le fils avait déjà préoccupé le père. Ce rapprochement me paraît éclairer fort utilement la genèse des recherches de notre savant. Il serait peu vraisemblable que Lazare Carnot, qui fut de beaucoup le principal professeur de son fils, n’eût pas directement contribué à éveiller les « réflexions » de celui-ci « sur la puissance motrice du feu ».
- En 1812 cependant, Sadi Carnot suivit pendant quelques mois les cours du lycée Charlemagne pour se préparer à l’Ecole Polytechnique, où il entra à seize ans. Il y fit de brillantes études. Un portrait du jeune polytechnicien nous a été conservé. Nous le reproduisons ici. Il nous montre un adolescent d’une beauté régulière, à l’expression calme, sereine et réfléchie. Ce charmant visage porte la marque de l’intelligence, de la loyauté et de la modestie.
- Voici quelques lignes que ce jeune homme écrivit à l’Empereur, au nom de ses camarades, le 29 décembre 1813 :
- « Sire, la patrie a besoin de tous ses défenseurs; les élèves de l’École Polytechnique, fidèles à leur devise, demandent de voler aux frontières pour p'artager la gloire des braves qui se dévouent au salut de la France. Le bataillon, fier d’avoir contribué à la défaite des ennemis, reviendra dans cette enceinte cultiver les sciences et se préparer à de nouveaux services. »
- Nous sommes loin de l’impertinente apostrophe qu’il adressait au même personnage, à l’âge de quatre ans, à la Malmaison.
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- En fait, le bataillon ne vola point aux frontières, mais participa en 1814, à la défense de Paris, à Vincennes. Sadi prit part à cette affaire et s’y comporta fort bien, ce qui lui valut des compliments de son père qui dirigeait à ce moment la défense d’Anvers. Ce fut son seul fait d’armes.
- A sa sortie de l’Ecole Polytechnique il suivit les cours de l’école d’application du Génie, à Metz. Le jeune officier fut alors pendant quelque temps l’objet de toutes sortes d’attentions et de flatteries, parce que son père était remonté sur la scène politique pendant les Cent-Jours. Mais, après Waterloo, Lazare Carnot fut de nouveau proscrit, et le jeune homme exerça humblement et consciencieusement son métier d’ingénieur militaire. Il en fut vite lassé. Ayant obtenu sa mise en disponibilité il se consacra désormais à des recherches scientifiques.
- On sait combien sa brève carrière fut féconde : en 1824 il publiait le célèbre mémoire déjà cité, où s’affirment d’ailleurs de belles qualités littéraires, et qui contient la découverte capitale du « principe de Carnot ». Il n’avait que 28 ans ! Cela tient du prodige, surtout si l’on se représente que cette découverte est exclusivement son œuvre, qu’il n’a eu ni précurseurs ni collaborateurs.
- Ce qui n’est pas moins surprenant, c’est la manière dont il fit connaître son travail. Il aurait pu le communiquer à l’Académie des Sciences ou à toute autre société savante : un joli succès, bien mérité, lui était assuré. Mais non; telles étaient sa réserve et sa modestie qu’il préféra faire imprimer son mémoire à ses frais. La mince brochure parut, mais à l’exception de quelques amis nul n’y prit garde. Elle faillit à tel point se perdre dans l’oubli que W. Thomson, ayant connu-son existence en 1845 jaar l’intermédiaire d’un mémoire de Clapeyron, ne put se la procurer que trois ans plus tard.
- Il ne faudrait pas croire que notre jeune savant, un peu froid et sauvage en apparence, fût un personnage austère et rébarbatif. Et d’abord il aimait la gaîté; il déclare lui-même que « le temps qu’on passe à rire est le mieux employé ». Seulement le rire, pour lui, devait céder le pas à la bonté; il avait horreur de la grossièreté, de la moquerie mauvaise et de la médisance. Dans ses notes posthumes nous relevons ces règles de conduite qu’il s’appliquait à lui-même :
- « Ne soyons pas exigeants : la perfection est si rare ! »
- « De l’indulgence, de l’indulgence ! »
- « S’abstenir de toute plaisanterie qui pourrait blesser. »
- Il aimait beaucoup l’exercice physique, malgré sa santé délicate, et d’après le témoignage de son frère il excellait à toutes sortes de jeux sportifs. De plus son insatiable intelligence ne le laissait étranger à aucune branche du savoir ou de la production artistique. Il suivait des cours, il lisait nos grands écrivains, il allait aux spectacles, aux musées, aux concerts; bon violoniste, passionné de musique, il s’initiait à l’art de la composition. Voici, à propos de ces multiples occupations, une curieuse énumération de règles qu’il s’appliquait; pour ce qui touche à l’hygiène, je les livre sous toutes réserves :
- « Varier les exercices du corps et de l’esprit : danse, équitation, natation, escrime de l’épée et du sabre, tir
- .... -...:- 99 =
- du fusil et du pistolet, patin, fronde, échasses, paume, boules; sauter à cloche-pieds, croiser les bras, renverser les reins, sauter en hauteur et en longueur, tourner sur un pied appuyé contre le mur, s’exercer le soir en chemise pour favoriser la transpiration avant d’entrer au lit; tour, menuiserie, jardinage, lecture en marchant, déclamation, chant, violon, versification, composition musicale ; huit heures de sommeil, promenade au réveil, avant et après les repas, grande sobriété; manger lentement, peu et souvent; éviter l’oisiveté et les méditations inutiles. »
- Un tel programme et des goûts si variés devaient en effet éviter l’oisiveté; il faut d’ailleurs y ajouter l’essentiel : le travail scientifique.
- Un autre trait bien attachant de ce caractère est la sincérité, la parfaite loyauté en toutes choses. Ceux qui l’ont connu en ont témoigné. Et je relève encore dans les notes de Carnot ces phrases significatives :
- « Ne faire aucune action que le monde ne puisse connaître. »
- « Parler peu de ce qu’on sait et point du tout de ce qu’on ne sait pas. Pourquoi ne pas dire plus souvent :
- « Je ne sais pas » ?
- « On ne doit jamais feindre un caractère que l’on n’a pas, et afficher un personnage que l’on ne pourrait soutenir. »
- « L’homme véritablement sage est celui qui aime la vertu pour la vertu même. »
- Les années qui suivirent celle de l’achèvement du mémoire furent encore bien employées, mais elles n’aboutirent à aucune publication. La mort vint trop tôt.
- Carnot avait dû interrompre ses recherches pendant deux ans et rentrer dans l’armée en application d’une ordonnance royale. Il devint alors capitaine du Génie, puis déposa de nouveau l’uniforme en 1828.
- Il se remit au travail, mais s’y épuisa. Vers la fin de juin 1832, il fut pris de maux de gorge, suivis de fièvre scarlatine. Il se rétablit, puis il y eut rechute. Encore une fois on le crut presque guéri, mais c’est alors qu’il fut emporté en quelques heures par le choléra. Il n’avait que 36 ans ! Peut-être n’y avait-il pas longtemps qu’il avait noté cette réflexion mélancolique : « La vie est un passage assez court. Je suis à la moitié du chemin. J’achèverai le reste comme je pourrai ».
- *
- * *
- Cette note, comme celles qui précèdent, fut sauvée à la mort du savant par sa famille et son ami Clapeyron. Suivant les règlements, les vêtements et les papiers des victimes du choléra devaient être promptement brûlés. On ne saura jamais si des documents précieux n’ont pas ainsi disparu à la mort de Carnot. Il est probable, toutefois, que les notes conservées sont les plus intéressantes. Malheureusement elles n’ont été publiées quv après un demi-siècle. Je dis malheureusement, parce qu’elles contenaient la découverte du premier principe de la thermodynamique, celui de la conservation de l’énergie. Dans l’intervalle, d’autres savants illustres, Joule en Angleterre, Robert Mayer en Allemagne, avaient retrouvé
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- le principe, mais n'avaient pas su en donner un énoncé aussi clair et général que celui de Carnot.
- « La chaleur, écrit celui-ci, n’est autre chose que la puissance motrice... qui a changé de forme. »
- Ici le savant rejette catégoriquement la vieille croyance au « calorique » indestructible, admise par ses contemporains. 11 ajoute : « Partout où il y a destruction de puissance motrice, il y a, en même temps, production de chaleur en quantité précisément proportionnelle à la quantité de puissance motrice détruite. Réciproquement, partout où il y a destruction de chaleur, il y a production de puissance motrice. »
- Voilà pour le principe de l'équivalence, cas particulier du principe de la conservation de l’énergie. Mais Carnot donne lui-même un énoncé presque parfait de ce principe général :
- « On peut donc poser en thèse générale que la puissance motrice est en quantité invariable dans la nature, qu’elle n’est jamais, à proprement parler, ni produite, ni détruite. A la vérité, elle change de forme...; elle n’est jamais anéantie. »
- Si l’on compare ces énoncés à celui de Mayer, si obscur; si l’on ajoute que Carnot avait calculé une valeur appro-
- chée de l’équivalent mécanique de la calorie, et même dressé le programme d’expériences que réalisèrent précisément, sans l’avoir connu d’ailleurs, Joule, Colding et Hirn, on doit convenir que Sadi Carnot est le fondateur de la thermodynamique tout entière.
- De ses notes, s’il n’avait été si modeste, il aurait pu tirer hâtivement un magistral mémoire. Mais il ne recherchait point la gloire ; il attendait que son travail fût achevé.
- Cette modestie le grandit, et ajoute à notre admiration. Il nous est difficile de réaliser la valeur de cette vertu chez un homme jeune qui porte en lui une telle puissance de création et de telles possibilités de gloire. Et je crois qu’on trouverait dans l’histoire peu d’hommes qui aient fait de si grandes choses avec si peu de bruit, laissant ainsi, en même temps qu’une œuvre admirable, une si haute leçon morale. Comment ne pas lui appliquer en terminant ce mot, que nous trouvons encore dans ses notes posthumes : « Combien la modestie ajoute au mérite ! Un homme de talent, qui cache son savoir, semble une branche inclinée sous le poids de ses fruits ».
- Roger Vène.
- UNE NOUVELLE SONDE POUR AVIONS
- On sait combien il est nécessaire pour le pilote d’avion de connaître la distance du sol lorsque la visibilité est réduite, la nuit et par les temps de brouillard.
- L’altimètre barométrique ne donne qu’une solution très incomplète ; il n’indique, en effet, et encore d’une façon grossière, que l’altitude au-dessus du niveau de
- Fig. 1. — Disposition schématique de la sonde acoustique sur un avion.
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- la mer, et il ne peut tenir compte du relief du sol. On a cité tout récemment le cas d’un avion victime, par temps de brouillard, d’un accident au sol alors que le pilote, se fiant à l’altimètre barométrique, croyait voler à 300 m de hauteur.
- Au dernier Salon aéronautique, un inventeur bien connu par ses travaux sur les ultra-sons, M. Florisson, a présenté une solution intéressante du problème sous le nom de sonde acoustique Florisson-Scam. L’appareil est actuellement soumis à l’homologation des Services Techniques de l’Aéronautique.
- On sait quel est le principe du sondage par écho. Un son étant émis de l’aéronef, si l’on peut mesurer le temps t écoulé quand l’écho est perçu (temps d’écho), on a immédiatement la distance au sol d par la relation :
- , 340 x t
- d métrés = ——------- secondes.
- ù
- La vitesse réelle du son dans l’air varie bien autour du chiffre moyen de 340 m : sec, suivant la température, la pression et le degré hygrométrique, mais les erreurs sont bien inférieures à 5 pour 100 et il paraît inutile, en pratique, de chercher une précision supérieure.
- La grosse difficulté, on le conçoit aisément, est de recevoir un écho au milieu du bruit violent des moteurs de l’avion. Nous allons voir comment la sonde acoustique a résolu cette difficulté.
- M. Florisson a mis à profit, dans ses recherches, l’expérience qu’il possède en matière de sondage sous-marin par échos. Les ultra-sons ne pouvaient être employés, car, dans l’air, ils sont étouffés sur un parcours très faible. Mais, en utilisant un son de fréquence élevée et un pavillon conique, on peut obtenir une émission suffisamment dirigée, et, avec des précautions acoustiques inspirées de ce qui a pu être observé avec les sondeurs sous-marins, l’inventeur a pu mettre assez rapidement au point le nouvel appareil, d’abord par des expériences au sol (perception des échos sur un mur malgré le bruit d’un moteur de motocyclette très proche), puis au cours d’une série d’essais en vol effectués sur un avion Farman à l’aérodrome de Toussus-le-Noble.
- L’appareil comprend un pavillon émetteur et un pavillon récepteur situés dans la partie arrière vide du fuselage, le pavillon récepteur étant placé le plus loin possible des moteurs, et dans le poste de pilotage le chronographe servant aux mesures. Les deux pavillons (fig. 1) sont disposés à l’intérieur du fuselage et les ouvertures sont couvertes d’une étoffe perméable au son et située dans le plan de l’entoilage, sans aucune aspérité. On évite ainsi les troubles dus aux tourbillons d’air que créeraient des ouvertures libres ou fermées d’une manière differente.
- Dans le pavillon émetteur est disposé un sifflet à air comprimé commandé par un clapet électro-magnétique. Le sifflet est alimenté par de l’air de 6 à 8 kg, fourni soit par le réservoir du bord si l’avion dispose d’air comprimé (J), soit par un petit compresseur Saintin actionné par un moulinet. Les organes du sifflet sont disposés de
- 1. On tend actuellement à doter les gros avions de transport de petits compresseurs montés en permanence sur les moteurs. On facilite ainsi les démarrages des moteurs et le gonflage des pneus.
- 101
- Fig. 2. — Le Chronographe.
- manière que les émissions soient très brèves et très puissantes.
- Le pavillon récepteur doit être soustrait le plus possible aux vibrations venant des moteurs et transmises soit par l’air, soit par les haubans, montants, etc. On l’isole acoustiquement grâce à un montage spécial, un revêtement de feutre, etc. Le pavillon récepteur est relié par un tube acoustique souple aux écouteurs d’un avio-phone.
- Le chronographe (fig. 2) est constitué par un boîtier contenant un mouvement d’horlogerie dont l’aiguille tourne à vitesse constante devant un cadran gradué de 0 à 200 m (et 400 m). Au moment où l’aiguille passe devant le zéro, un contact envoie le courant de la batterie du bord dans le clapet électromagnétique et il y a une émission brève, un puissant coup de sifflet. Ces coups de sifflet sont entendus faiblement par l’opérateur grâce à la disposition des pavillons dans le fuselage.
- Le fonctionnement de la sonde est très simple. L’opérateur se coiffe du serre-tête avec écouteurs d’avio-phone et met en route le chronographe. Pour une distance au sol de l’ordre de 50 m ou moins, l’écho est entendu fortement et comme l’émission se fait toujours automatiquement à chaque passage de l’aiguille devant le zéro, l’opérateur n’a qu’à chercher devant quel point de la graduation passe Vaiguille tournante au moment précis où l’écho est perçu. Pour faciliter cette recherche le chronographe porte une deuxième aiguille, dite aiguille repère, commandée à la main par une petite manivelle. L’opérateur amène les deux aiguilles à-coïncider à l’instant de l’arrivée de l’écho. Grâce à la répétition automatique des émissions, l’opérateur peut aisément con-
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- trôler lui-même ses mesures et on élimine ainsi toute chance de faux-sondages.
- Lorsqu’on veut sonder au delà de 200 m, un bouton aménagé à cet effet et marqué Ïl7> 200 permet de supprimer une émission sur deux. Un autre bouton marqué EM commande un interrupteur monté en parallèle avec le contact d’émission et permet de faire des émissions à la demande. Il sert pour les réglages de la sonde et on l’utiliserait, en cas de défaillance du mouvement d’horlogerie, en appréciant avec une montre ou à l’oreille (mais évidemment avec une précision moindre) le temps d’écho, dans des sondages effectués coup par coup.
- La portée dépend évidemment de la « bruyance » de l’avion et du mode de montage. Elle est de l’ordre de 150 m lorsque les moteurs sont en marche normale et, lorsqu’on met ces derniers au ralenti, on peut compter une portée de l’ordre de 300 m. On peut sonder à parlir de 5 à 10 m environ du sol.
- Lorsqu’on est plus près du sol, on ne peut faire de lecture sur le cadran, mais l’accroissement de la puissance d’écho et la « pénétration » progressive de l’écho dans l’émission sont si nets qu’un opérateur un peu entraîné a la sensation instinctive d’ « entendre l’arrivée au sol ».
- L’écho donne souvent quelques indications sur la région survolée. Au-dessus d’un sol plan on a un écho bref. Les bois et les terrains cultivés donnent des échos un peu assourdis. Un village, des hangars, etc., donnent des échos multiples. Au-dessus de l’eau calme on a des échos très brefs et très puissants.
- La sonde Florisson est principalement destinée aux avions multiplaces. Elle sera alors manœuvrée par l’opérateur de T. S. F. ou par un observateur qui utilisera l’aiguille repère et, par un répétiteur convenable, (ou à la voix) indiquera au pilote les distances au sol.
- Si le pilote se voit contraint de faire un atterrissage à la sonde, il devra évidemment faire les sondages lui-même tout en gardant sa liberté de manœuvre. Le pilote aura dans ce cas un serre-tête comportant un écouteur d’aviophone et à l’aide de raccords ad hoc, l’opérateur substituera très rapidement l’écouteur du pilote à l’un de ses propres écouteurs. Le pilote pourra alors, tout en manœuvrant l’avion et en conservant une oreille libre, présenter l’avion pour l’atterrissage en connaissant
- à tout instant la distance au sol et en « entendant l’arrivée ».
- Quelles sont les circonstances où l’appareil sera utile ?
- Il est bien évident que la sonde acoustique ne résout pas le problème de la sécurité dans tous les cas de visibilité mauvaise ou nulle et que la navigation dans ces cas reste dangereuse. Elle jouera cependant dans bien des circonstances, un rôle précieux. Si, par exemple, l’avion vole au-dessus d’un pays plat ou légèrement ondulé ou au-dessus de la mer, l'emploi de la sonde permettra de naviguer à faible altitude et de rechercher, sans danger, le « trou de temps clair » et le terrain permettant l’atterrissage. Si l’avion peut retrouver l’aérodrome grâce aux procédés de guidage et se placer au-dessus du terrain certainement libre, le pilote pourra effectuer entièrement l’atterrissage sans voir aucunement le sol. Un cas particulièrement intéressant est celui de l’hydravion qui doit ammérir par temps de brume. En règle générale la mer est alors calme et la sonde permettra un ammérissage régulier de l’hydravion. L’ammérissage de nuit sur une mer non trop agitée sera grandement facilité par l’emploi de la sonde.
- La situation la plus dangereuse est sans doute celle de l’avion en panne de moteur ou n’ayant plus de combustible et contraint d’atterrir avec une visibilité mauvaise ou nulle. Si les passagers et l’équipage ne pouvaient quitter le bord en parachute, l’emploi de la sonde permettrait de présenter correctement l’avion pour l’atterrissage, l’écho prévenant le pilote de l’arrivée au sol et la gravité de l’accident s’en trouverait probablement diminuée.
- La sonde pèse environ 8 kg 700 auxquels il faut ajouter pour le compresseur et ses accessoires 5 kg 400.
- On remarquera combien l’appareil est robuste et combien tous ses organes en ont été simplifiés. La sonde étant un instrument de sécurité, dont l’emploi, sauf cas très spéciaux, est assez peu fréquent, il est nécessaire que son fonctionnement soit immédiat et sûr. Ce résultat est obtenu grâce à une manœuvre facile de la part de l’utilisateur et grâce aux admirables qualités d’analyse de l’oreille humaine, laquelle sépare aisément l’écho du sifflet au milieu des bruits restant audibles au cône récepteur.
- H. Tscherning.
- LE SOLEIL
- Depuis que des moyens d’observation puissants permettent d’explorer les profondeurs de l’univers sidéral, le Soleil a perdu une partie de l’importance qu’on lui attribuait autrefois, car on sait combien est modeste la place qu’il occupe dans l’immense famille des étoiles. Néanmoins il demeure, et demeurera toujours pour nous, le centre du monde, l’astre dispensateur de lumière et de chaleur auquel la vie de notre planète est suspendue. De plus, il est.la seule étoile assez voisine de notre globe
- pour que nous distinguions des détails à sa surface; la seule dont le rayonnement nous parvient avec une intensité suffisante pour que nous puissions l’analyser et le mesurer avec précision. C’est pourquoi son étude, loin de se ralentir dans les temps modernes, s’est au contraire développée davantage. Elle forme, à l’heure actuelle, une des branches principales de l’astronomie physique et plus de dix observatoires, répartis sur toute la terre, y consacrent leur activité.
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- Avant que les lunettes fussent inventées, on avait bien signalé que des taches se montrent parfois sur le disque solaire, mais aucune conclusion n’avait été tirée de la présence intermittente de ces objets, le plus souvent à la limite de visibilité. 11 ne faut pas oublier en effet que, malgré sa proximité relative, le Soleil est encore à 150 000 000 de km de la Terre, en moyenne; c’est parce que son diamètre atteint presque le centième de cette distance, que son disque offre des dimensions déjà notables; mais, en fait, un détail de 50 000 km —- et les taches sont rarement plus grandes — y est à peine perceptible à l’œil nu.
- Quand on dirige une lunette astronomique sur le Soleil, on remarque que sa surface ou photosphère est formée d’une multitude de petits grains brillants, séparés par des intervalles relativement obscurs et que l’éclat du disque diminue peu à peu du centre vers la périphérie. La structure des taches se précise. Isolées ou réunies en groupes, elles apparaissent, en général, sous l’aspect d’un noyau sombre entouré d’une pénombre plus claire aux contours irréguliers. Dans la région qu’elles occupent, la photosphère présente un léger renforcement d’éclat que l’on a nommé facules. Certaines taches sont très éphémères; d’autres, au contraire, persistent pendant plusieurs mois. Leurs transformations incessantes, les phénomènes éruptifs dont elles sont parfois le siège, doivent les faire considérer, noir comme le signe d’une diminution de l’énergie du Soleil, mais comme les manifestations d’une activité accrue. Tous les 11,3 ans, en moyenne, celle-ci passe par un maximum; les taches sont alors nombreuses et importantes. Entre deux maxima consécutifs se place un minimum où elles sont petites, rares ou même totalement absentes.
- Les taches se lèvent à un bord du disque et, après avoir décrit des trajectoires presque rectilignes et parallèles entre elles, se couchent treize jours et demi après environ,
- Fig. 2. — La couronne solaire pendant une éclipse totale de l’astre.
- Fig. 1. Groupe de taches solaires et granulation photosphérique. Échelle 1 mm = 3200 km.
- Cliché Janssen. Observatoire de Meudon.
- à l’autre bord. On en conclut que le globe solaire est animé d'un mouvement de rotation sur lui-même, autour d’un axe peu incliné sur une perpendiculaire au plan de l’orbite terrestre, et que la durée d’un tour complet par rapport à la Terre, est sensiblement de vingt-sept jours. La durée de rotation vraie, facile à déduire de la précédente, est un peu inférieure à vingt-cinq jours et demi.
- Tels sont les principaux renseignements que nous fournit l’observation directe du Soleil, dans les conditions habituelles. Pour en recueillir de nouveaux, il faut faire appel au spectroscope qui, séparant les unes des autres, comme en un arc-en-ciel, les diverses radiations émises par un corps lumineux, permet de reconnaître, à la manière dont elles sont réparties, la nature chimique des substances qui entrent dans la composition de ce corps. On a noté ainsi, à la surface de l’astre, la présence de la plupart des éléments que l’on rencontre sur notre Terre. Tous sont à l’état de vapeurs. En effet, la température de la photosphère, déterminée par divers procédés, notamment par la mesure de son rayonnement calorifique, est voisine de 6000 degrés centigrades; c’est-à-dire qu’aucune substance terrestre n’y peut subsister à l’état solide ou liquide. Le globe solaire, dont l’intérieur est certainement à une température beaucoup plus élevée, est donc entièrement gazeux. S’il nous paraît opaque, néanmoins, c’est que les gaz, aux températures et pressions qui y régnent, se comportent à la manière d’un brouillard, rapidement impénétrable au rayon visuel.
- Les éclipses totales du Soleil, pendant lesquelles on peut, sans être gêné par l’illumination du ciel, observer les alentours immédiats de l’astre, nous ont appris depuis longtemps que celui-ci est entouré d’une atmosphère étendue, faiblement lumineuse par elle-même et forrnée de deux parties bien distinctes. La partie la plus basse, nommée chromosphère, est de beaucoup la plus intense.
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- Fig. 3. — Photographie de protubérance solaire obtenue au spectrohéliographe de Meudori. Échelle 1 mm = 12 000 km.
- Elle se présente comme un mince anneau rose, d’où s’élèvent par places des protubérances, roses également, sortes de flammes dont la tranquillité apparente contraste avec les formes tourmentées et qui dépassent parfois 100 000 km de hauteur. Au delà, apparaît la couronne, vaste auréole blanchâtre dont l’éclat décroît
- rapidement vers l’extérieur jusqu’à se confondre avec l'éclat du ciel sur lequel elle se détache encore, néanmoins, à des distances très supérieures au diamètre du disque éclipsé.
- Quand on analyse au spectroscope la lumière provenant de cette enveloppe hétérogène, on remarque que la plupart des vapeurs métalliques restent confinées à la base même de la chromosphère, dans le premier dixième de son épaisseur; les neuf autres dixièmes et les protubérances ne révèlent d’autre présence que celle de l’hydrogène, de l’hélium et du calcium. La matière dont est formée la couronne n'a pas encore été identifiée d’une manière certaine.
- On sait photographier aujourd’hui la chromosphère et les protubérances sans que le Soleil soit éclipsé. Les appareils employés, nommés spectrohéliographes, agissent comme des filtres qui, sélectionnant dans le rayonnement lumineux global les radiations chromosphériques et protubérantielles, reconstituent avec elles, par un procédé mécanique, des images à peu près identiques à celles que verrait un œil sensible seulement à ces radiations. Le spectrohéliographe fournit ainsi le moyen de
- Fig. 4. — Photographie de la chromosphère solaire obtenue au speclrohéliographe de Meudon.
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- connaître l’aspect de la chromosphère, non seulement de profil, comme pendant les éclipses, mais aussi de face, dans la partie qui se projette sur le disque. Avec des précautions spéciales, il a même permis récemment d’obtenir des images des parties les plus intenses de la couronne.
- Les spectrohéliogrammes de la chromosphère montrent une richesse de détails dont les observations de la surface ne peuvent nous donner aucune idée. On y voit notamment d’immenses nuages brillants qui recouvrent les faeules, des filaments sombres qui marquent le passage des protubérances sur le disque, une structure granulaire dont les éléments prennent souvent, autour des taches, un aspect tourbillonnaire. L’étude systématique de ces divers détails a révélé qu’ils participent à la rotation du Soleil, que leur fréquence est soumise, comme celle des taches, à la période undécennale; elle a fait connaître leur évolution, leur distribution sur le disque et, dans une certaine mesure, les liens qui les unissent les uns aux autres.
- Indiquons enfin que le rayonnement solaire n’est pas limité au flux lumineux et calorifique qu’il nous envoie. 11 comporte aussi une émission corpusculaire, probablement responsable des aurores polaires et des perturba-
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- tions du champ magnétique terrestre décelées par les oscillations de l’aiguille de la boussole autour de sa position d’équilibre habituelle.
- On voit quelle riche moisson de faits l’étude du Soleil a déjà permis de rassembler. Au cours de ces dernières années, les progrès ont été si rapides, ils ont fait l’objet de tant de publications, souvent fort arides, que seuls quelques spécialistes ont pu les sui vre dans leur ensemble. Aussi, doit-on savoir gré à M. G. Bruhat, professeur à la Faculté des Sciences de Paris qui, dans un livre récent (Collection Emile Borel, Félix Alcan, 1931) où il expose l’état actuel de nos connaissances sur le Soleil, a su grouper les résultats obtenus de la manière la plus claire, et présenter leurs principales conséquences sans intro-duire aucun développement mathématique. L’ouvrage s’adresse ainsi à ceux qui, sans être des savants, se tiennent un peu au courant du mouvement scientifique moderne. L’auteur s’est attaché constamment à n’y mettre en évidence que les observations les plus sûrement contrôlées et les hypothèses qui lui apparaissent le mieux établies. 11 a effectué cette discrimination délicate en physicien averti et parfaitement au courant des multiples travaux en cours. j d’Azambuja
- Astronome à l’Observatoire de Meudon.
- LES CHEMINS DE FER MAROCAINS
- Le réseau des chemins de fer marocains s’impose à notre attention par sa jeunesse, son outillage moderne et les résultats surprenants qui ont été obtenus, en quelques années. La charte ferroviaire du pays ne date, en effet, que de 1920 et déjà en 1932, les travaux effectués peuvent soutenir la comparaison avec ce qui a été réalisé en Algérie depuis un demi-siècle. En moins d’une génération, on est passé de la voie minuscule de 0 m 40, à la voie normale, des wagons tirés par des mulets, aux lourds wagons à bogies et aux automotrices de 80 tonnes. A peine terminées, les lignes sont ou vont être électrifiées. Et dans cet organisme jeune qui, jusqu’au moment où il a été atteint à son tour par la crise économique mondiale, a connu un développement si rapide, la voie ferrée est parvenue à s’assurer une part importante du trafic malgré la concurrence sévère de la route.
- LES CONDITIONS d’établissement
- A qui jette un coup d’œil sur une carte du Maroc, le réseau marocain peut au premier abord paraître déconcertant. Rien de semblable aux multiples tentacules qui, dans notre do-
- maine de l’Afrique occidentale française, s’élancent de la côte vers l’intérieur de chaque colonie, ou à l’immense râteau algérien allongé d’ouest en est et dont les dents sinueuses et fragiles s’enfoncent vers le sud. Au Maroc.
- Fig. 1. — Les chemins de fer à voie étroite du Maroc.
- Légende
- Ligne en exploitation.. „ supprimée............
- M É DIT E R R A N É E
- AGNOLE DU BIP?
- M.-el-Hadetr^ Souk-eJ-Aoba
- A T L A N T 1 Q U E Jrff Rabat/'
- lOuezzan
- Bir-Tam-Tam
- wercif
- Rhemisset
- Ahermourhou
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- Oued Zem
- Midelt
- Marrakech
- Echelle
- SOUS
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- Fig. 2. — Les chemins de fer à voie normale du Maroc.
- ce sont de multiples tronçons qui semblent jetés en tous sens, des articulations nombreuses dont on n’aperçoit pas tout de suite l’objet, des voies étroiles suivant ou recoupant des voies normales (fig. 1).
- Il suffit de faire appel aux données de l’histoire et de la géographie pour que cette première impression se dissipe. Rien de plus simple à expliquer, en effet, ([ue la présence de ces voies à 0 m 60 : elles furent les seules possibles au temps de l’occupation. Si d’autre part une ligne gravit les fortes pentes qui séparent Sidi-el-Haïdi d’Oued-Zem, c’est que sur son parcours ont été découverts les fameux gise-
- Fig.
- Train de la voie de 0 m 60 au Maroc.
- ments de phosphates de Kourigha. Un plan d’ensemble solide se laisse apercevoir sous un désordre apparent. De grandes artères s’ébauchent qui, une fois achevées, donneront un ensemble harmonieux et souligneront pour ainsi dire les possibilités économiques du Maroc. Les nécessités de l’occupation militaire, le relief et la configuration du pays, la présence de ressources exploitables, telles sont les trois conditions qui ont déterminé la construction des lignes actuelles et qu’il importe d’étudier en détail.
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- * *
- Les négociations diplomatiques et les opérations militaires qui ont jalonné notre installation au Maroc ont fait peser sur l’établissement des voies ferrées des contraintes assez lourdes. Déjà l’Acte d’Algési-ras, dans son chapitre VI, mettant des entraves au développement des communications et l’accord franco-allemand du 4 novembre 1911 précisait qu’aucun chemin de fer d’intérêt commercial ne pourrait être entrepris avant l’achèvement du Tanger-Fez. Si le traité de protectorat de 1912 et surtout la déclaration de guerre, en 1914, rendirent caduques ces stipulations, il fallut néanmoins attendre le traité de Versailles pour élaborer un nouveau statut. A notre arrivée au Maroc, on ne pouvait donc compter que sur les routes et les chemins de fer à voie étroite. C’est ainsi que les travaux de la voie à 1 m 055 construite de la frontière algérienne à Oudjda, avant l’acte de 1911, et qu’on voulait prolonger vers Taourirt et Fez durent être interrompus. En partant d’Oudjda à l’est, de Casablanca et de Kenitra à l’ouest, les troupes du Génie installèrent un réseau à voie étroite afin d’assurer au plus vite une liaison stratégique entre les principales villes de l’intérieur et les ports atlantiques qui nous servaient de bases d’opérations. Le premier tronçon, établi de Casablanca à Ber-Rechid, était du type Pechot, à 0 m 40 d’écartement; les wagonnets étaient mus par la traction animale, mais on abandonna ce système pour adopter la voie à 0 m 60 et la traction à vapeur. En 1916, les lignes achevées étaient ouvertes au service commercial. A mesure que l’occupation s’étendait, le rail permettait de ravitailler les postes militaires. Le 31 juillet 1921 la jonction était faite entre les tronçons est et ouest: la liaison était assurée d’Oudjda à Marrakech par Fez et Casablanca. Mais déjà l’équipement à voie normale commençait, permettant de plus grandes vitesses et un trafic beaucoup plus important. Lors de la révolte d’Abd-el-Krim, en 1925, de nouvelles lignes à voie étroite, gagnant
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- l’Ouergha, facilitèrent la résistance puis les opérations offensives contre le Hifî. Mais l’absence d’une grande transversale à gros débit se fit cruellement sentir : la ligne à 1 m 44 en construction, de Fez à Oudjda, comblera cette lacune.
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- Le relief du Maroc, au moins autant que les événements, a imposé au réseau ferroviaire son allure actuelle. Les travaux récents des géographes et surtout ceux de Gentil, ont permis de connaître, d’une manière assez précise, la structure, pourtant complexe, du pays. On
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- ouest au nord-est, tandis que d’Oudjda à Bou-Arfa, la voie marocaine s’élève sur de larges plateaux steppiques, analogues à ceux que rencontre le chemin de fer à voie étroite d’Oran à Colomb-Béohar et Kénadsa, dans la partie sud de son parcours.
- Entre les deux Mesetas, aucune communication facile, si ce n’est, au nord, la trouée de Taza — le Détroit sud-Biffain des géologues — qui isole le massif du Rilî. Par là s’est faite, après l’insurrection du Riff, la jonction entre l’Atlantique et la Méditerranée. Dépôts maritimes, puis, après l’exsondation, dépôts continentaux forment aujourd’hui de hautes plaines et l’un des principaux
- Fig. 4. — Viaduc de Sidi Karem-es-Zaouia sur la ligne Tanger- Fez.
- sait que de hauts massifs montagneux de type jurassien, les Atlas, laissent de part et d’autre, deux vastes régions plus basses, la Meseta marocaine et la Meseta oranaise. En partant du littoral atlantique il a donc été relativement facile de tracer et de poser des voies à travers les plaines du Gharb, de la Chaouïa et des Doukkala. En trois points, on est même parvenu au pied de l’Atlas : à Marrakech, à Oued-Zem et à Fez. Dans le Maroc oriental, qui du point de vue géographique se rattache nettement à l’Algérie, les conditions d’établissement étaient à peu près les mêmes que pour l’arrière-pays d’Oran : pour atteindre Midelt et la dissidence du Moyen Atlas, le l’ail utilise le long sillon que la Moulouya creuse du sud-
- axes de circulation. C’est l’ancienne Tingitane des Romains. Là passe le Chemin impérial, le Trik-es-Soltan qui unit le Maroc à l’Algérie. Là encore passera, suivant l’antique itinéraire, la voie ferrée Fez-Oudjda, qui soudera nos trois possessions du Maghreb.
- Vers le sud au contraire, les passages entre le versant atlantique et le versant méditerranéen sont très élevés : col des Bibaoun, de Tizi-N-Testet surtout de Tizi-N-Telouet qui offre à 2500 m un débouché vers l’oued Draa, tandis que plus au nord, dans le Djebel-el-Abarrat, le passage du Tizi-N-Telremt, à 2175 m, fait communiquer. la Haute Moulouya et l’oued Zig, en direction du Tafilelt. Pour l’instant, les chemins de fer s’arrêtent au
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- pied d’un aussi formidable obstacle, accessible seulement aux pistes et aux routes.
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- Le tracé des lignes marocaines, après avoir répondu au début de l’occupation à des raisons stratégiques, tient compte de plus en plus aujourd’hui des possibilités économiques des régions desservies. Les plaines atlantiques ont, les premières, fourni un important élément de trafic grâce à leurs ressources agricoles, céréales, produits forestiers, bétail, etc. Depuis une dizaine d’années, de nombreux gisements miniers ont été découverts et certains sont déjà exploités. Phosphates de Kourigha et de Ben-Guérir, fer de Khénitra et de Tiflet, manganèse deBou-Arfa et d’Irnini, plomb d’Aouli et de Béni-Tadjit, charbon de Djerada, fournissent ou fourniront un important trafic de matières lourdes que la route ne saurait évacuer facilement et que les chemins de fer s'efforcent
- Fig. 5. •—• La gare de Fez vue extérieure (Cie du Tanger-Fez).
- de desservir progressivement et suivant, en quelque sorte, un ordre d’urgence. .
- LE RÉSEAU ACTUEL
- I. Les chemins de fer à voie étroite. — On ne
- comptait plus, en 1931, que 1267 km de voies à 0 m 60, car depuis 1923, la relève des principaux tronçons s’est faite au fur et à mesure que la voie normale les remplaçait. Successivement, les lignes de Rabat-Fez, de Casablanca-Rabat, de Bou-Ahmed-Oued-Zem, de Ben-Guérir-Marra-kech ont été supprimées et la ligne Oudjda-Fez, qui assure encore l’unique liaison ferroviaire avec l’Algérie, est progressivement remplacée par le rail à 1 m 44.
- Malgré les améliorations apportées au tracé afin de raccourcir autant que possible les trajets, de ramener la rampe à 20 mm et d’élargir les courbes jusqu’à un rayon minimum de 100 m, la vitesse des trains demeure faible et leur débit très insuffisant. Les services automobiles leur font, depuis dix ans, une concurrence de plus en plus dure, à mesure que le réseau routier remplace les premières pistes de l’occupation. Le trafic des voyageurs puis celui des marchandises, ont lourdement fléchi.
- Les lignes qui subsistent sont aujourd’hui affermées à la Compagnie des Chemins de fer du Maroc. Elles peuvent se diviser en trois groupes : le réseau du Sud, celui du Gharb et celui du Maroc oriental.
- Le réseau du Sud : Bouskoura-Caïd-Tounsi-Mazagan, dessert la riche région agricole des Doukkala, qui sert d’arrière-pays à Mazagan, port d’exportation des œufs. Les tirs, terres fertiles, argileuses, profondes de plusieurs mètres, que les coups de vent du sud crevassent profondément en été, mais où les vents d’ouest jettent aussi de fortes averses, nourrissent une des populations les plus denses du Maroc. Le réseau du Gharb Ivenitra-Ouczzan Souk-el-Tleta - Mechra-el-Ilader, Aïn-Defali - Aïn-Aïcha gagne le piedmont verdoyant du Riff où les cultures de céréales alternent avec les champs de fèves et de courges ou avec des plantations d’oliviers. 11 a joué un rôle important pendant la guerre du Riff et garde un gros intérêt stratégique. Quant au réseau du Maroc oriental, il comprend, en dehors du Fez-Oudjda, la voie qui, de Guercif, par les gorges sauvages de la Mou-louya, gagne Midelt, à 287 km en amont, facilitant la réduction de la dissidence du Moyen Atlas. C’est dans le même but qu’a été construit l’embranchement qui, de Bir-Tam-Tam, s’élève sur les premières pentes de l’Atlas, pour aboutir à Ahermoumou, à 1004 m d’altitude.
- Indispensable il y a vingt ans, la voie étroite marocaine est destinée sinon à disparaître, du moins à ne plus assurer qu’un trafic local. A chaque travée qu’on enlève, c’est un peu du « vieux » Maroc qui s’en va et qui entre dans le domaine de l’Histoire.
- II. Les chemins de fer à voie normale.
- — Trois sociétés assurent l’exploitation des voies à 1 m 44 : la Compagnie franco-espagnole du Tanger-Fez, la Compagnie des Chemins de fer du Maroc et la Compagnie des Chemins de fer du Maroc oriental.
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- Le consortium franco-espagnol auquel les accords de 1911 et de 1912 concédaient le Tanger-Fez, fut enfin constitué en 1916. Les travaux, retardés par la guerre et la crise économique qui suivit, furent activement poussés à partir de 1921, et dès 1923 un premier tronçon, de Petit-Jean à Meknès, était ouvert au trafic. Le 1er juillet 1927 la ligne tout entière était terminée.
- Longue de 315 km, elle traverse successivement la zone tangéroise, la zone espagnole et pendant 204 km la zone française. C’est dans cette dernière partie de son trajet qu’il a fallu résoudre deux grosses difficultés. De Souk-el-Arba à Petit-Jean, on a dû faire de nombreux travaux de terrassements, par suite de l’inconsistance des terrains et du régime des eaux de l’oued Sebou. Ce fleuve abondant, très travailleur, se répand à l’époque des crues dans de multiples faux bras et transforme les parties basses de sa vallée en marécages : ce sont les rnerdjas, pâturages en été, marais en hiver. De Petit-Jean à Meknès, au contraire, la ligne s’élève rapidement de plus de 500 m, à travers de hautes collines
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- calcaires ou marneuses, atteint ensuite 600 m à Sebâa-Aioun, puis redescend jusqu’à Fez. Sur une quarantaine de kilomètres, c’est une rampe continue de 15 mm et les courbes n’ont qu’un rayon de 300 m, situation d’autant plus fâcheuse qu’à la montée, le trafic est beaucoup plus important que dans l’autre sens.
- Le trafic du Tanger-Fez accuse des progrès continus : de 295 000 tonnes de marchandises transportées en 1927, on passe à 363 000 tonnes en 1930, à 421 000 tonnes en 1931. Les recettes sont surtout importantes dans la zone française; cela tient à la richesse des régions desservies.
- La plaine de Petit-Jean est par excellence le pays du blé dur; l’orge pousse avec vigueur autour de Meknès et dans la plaine de Sais, qui s’étend au sud de Fez: occupée depuis déjà longtemps, cette partie du Maroc compte de nombreuses fermes européennes. Aussi ne faut-il point s’étonner si, parmi les expéditions, on compte 42 000 tonnes de céréales en 1931, sur un total de 59 000 tonnes. Les arrivages qui atteignent 362 000 t. sont surtout constitués par des matériaux de construction, des engrais et des carburants liquides.
- Le Tanger-Fez a également l’avantage de constituer la voie d’accès la plus rapide pour se rendre de France au Maroc : 70 heures suffisent pour aller de Paris à Fez, si l’on utilise les chemins de fer espagnols et les services maritimes qui, en 2 heures, traversent le détroit de Gibraltar, d’Algésiras à Tanger. Aux voyageurs qui redoutent le paquebot s’ajoutent les touristes désireux de visiter les villes curieuses qui jalonnent le parcours : les ruines de Volubilis et la ville de Moulay-Idriss à quelques kilomètres de Petit-Jean, Meknès aux innombrables mosquées, Fez et sa Médina célèbre.
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- La Compagnie des Chemins de fer du Maroc, constituée en 1920, s’est donné pour tâche de relier Casablanca aux capitales de l’intérieur,
- Fez et Marrakech, et d’assurer par le rail la liaison avec l’Algérie. Ce programme est à la veille d’être complètement réalisé. Sur les 1020 km concédés par le gouvernement chérifien à cette société, 749 sont ouverts à la circulation depuis 1931.
- Le réseau actuel est constitué par deux grandes lignes : de Casablanca à Rabat et à Petit-Jean, où se fait la soudure avec le Tanger-Fez, et de Casablanca à Marrakech, avec embranchement de Settat à Oued-Zem.
- La première, longue de 212 km, court en plaine, le long du littoral où se succèdent les ports : Fedhala, qui fait le trafic des pétroles, Rabat-Salé, à l’embouchure du Rou-Regreg et Kenitra, devenue aujourd’hui Port-Lyautey, dont la population est passée de 9000 habitants en 1926, à 19 000 en 1931. Le port s’est établi à 17 km de la mer, sur l’oued Sebou. Le Gharb,
- parcouru par la section Kenitra-Petit-Jean, lui sert d’arrière-pays et pour la future dorsale Tunisie-Maroc, il sera le débouché le plus proche sur l’Atlantique. Fn dehors de l’exportation des céréales, l’exploitation de la vaste forêt de la Mamora, riche en chênes-liège, les prochains travaux d’irrigation de la vallée de l’oued Beth sont, pour cette voie ferrée, autant d’éléments ou de possibilités de trafic.
- La ligne qui relie Casablanca à Marrakech mesure 250 km et a été inaugurée en 1928. Elle traverse la Chaouia, couverte de moissons, et par les gradins de Ber-Rechid et Krémisset, atteint l’Oum el Rebia qu’elle enjambe par un pont de 168 m. La courte escalade de là
- Fig. 7.— La gare de voyageurs à Rabai. (Pli. Oi'llce du Maroc.)
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- chaîne des Djebilat franchie à 591 ni a été réalisée sans que la déclivité de la voie dépasse 15 mm et que le rayon des courbes soit inférieur à 350 m.
- La Joigne des phosphates qui se détache de la précédente à Sidi-el-Aïdi, gagne depuis 1923, le centre d’extraction de Kourigha par des rampes de 3 à 10 mm et a été prolongée récemment jusqu’à Oued-Zem. Les minerais sont évacués à l’aide de puissants wagons trémies allant jusqu’à 50 tonnes de charge utile, et descendant au quai spécial de Casablanca où, depuis 1927, fonctionne une installation moderne d’embarquement sur le môle transversal.
- On sait qu’au Maroc les gisements de phosphates s’étendent d’une manière discontinue depuis le pays des Zaërs jusqu’à l’Atlas et de Mogador au Tadla. La région de Kourigha entre Oued-Zem et Ben-Ahmed, a été reliée la première à la mer, parce que l’évacuation de ses produits était relativement facile. Mais déjà la Compagnie des Chemins de fer du Maroc a obtenu en 1929 la concession d’une ligne allant de Sali à Ben-Guérir, où elle se raccorde avec celle de Casablanca à Marrakech, et qui desservira les gisements des Gantours. A partir de Ben-Guérir les travaux sont aujourd’hui
- et la pose de la voie s’est effectuée à la vitesse de 14 km par mois. Partant d’Oudjda, la voie s’élève sur la haute plaine fertile des Angad, et à partir de Naïrna descend presque sans interruption jusqu’à Guercif. Ce tronçon de la ligne, soit 170 km environ, a été ouvert à la circulation en 1931. On pense que tout sera terminé le 1er mai 1934.
- Les résultats de l’exploitation témoignent de l’elfort réalisé par la Compagnie des Chemins de fer du Maroc : de 32 000 tonnes de céréales transportées en 1924, on passe à 255 000 en 1929, tandis que le poids des marchandises monte de 55 000 tonnes à 209 000. Le transport des phosphates s’élevait de 190 000 tonnes en 1923 à 1 615 000 en 1929 et à 1 765 000 tonnes en 1930, procurant à la société une recette de 33 millions de francs. En 1931, l’exportation est d’ailleurs retombée à moins d’un million de tonnes par suite de la crise économique mondiale. Quant aux voyageurs, leur nombre est passé de 281 000 en 1924, à 1 455 000 en 1930.
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- La découverte de riches gisements de manganèse à Bou-Arfa amena la Société concessionnaire à demander
- pi a- • NaLi'ma tl A io un 676?o
- Oudjda
- Guercif Taourirt
- Fig. 8. — Le profil de la ligne Fez-Oadjda.
- presque terminés jusqu’à la gare phosphatière de Louis-Gentil.
- La même compagnie a encore en projet une ligne joignant directement Kenitra à Souk-el-Arba du Gharb et qui raccourcira sensiblement la distance entre les ports atlantiques du Maroc et Tanger. Enfin, il est question d’un chemin de fer de 400 km partant d’Agadir et s’enfonçant à travers le Sous ouvert à la colonisation en 1930, en direction des gisements métalliques découverts depuis peu. Mais l’intérêt de ces futures lignes s’efface devant celui qu’offre la construction du Fez-Oudjda, dernier chaînon de la grande dorsale nord-africaine.
- Prévue dans le programme de travaux de 1920, la ligne n’a été commencée qu’en 1928. Sa longueur est de 350 km. Elle traverse une région très accidentée et l’étude de son profil est suggestive. On ne compte pas moins de 39 ponts (dont l’un, qui traverse l’oued Sebou, mesure 103 m), 4 viaducs et 11 tunnels dont le plus important, celui du Scorpion, entre Fez et Taza, a une longueur de 2300 m. C’est le tronçon occidental, de Fez à Guercif, qui offre les plus grandes difficultés, car le pays est très montueux, coupé de nombreux cours d’eau. Moins de 85 km séparent le point le plus bas de la ligne (pont de l’oued Zuntana) du col de Bedjem-Zaza. Au contraire, à l’est, les travaux d’art sont moins nombreux
- la construction d’un chemin de fer destiné à assurer l’évacuation du minerai. Après de multiples conventions préliminaires on s’arrêta à la construction d’un chemin de fer à voie normale d’Oudjda à Bou-Arfa, confiée à la Compagnie des Chemins de fer du Maroc oriental. D’une longueur de 300 km cette voie nord-sud offre à la fois un intérêt économique indéniable pour la mise en valeur du versant oriental du pays et un grand intérêt stratégique, car elle se dirige vers le Tafilelt et commande le revers sud du Grand Atlas. On envisage
- o
- son prolongement jusqu’à Bou-Denib, non loin de l’oued Ziz et peut-être un jour une voie ferrée continue reliera-t-elle Oudjda à Agadir, en suivant le pied du Grand Atlas. D’autre part, le rail Oudjda-Bou-Arfa pourrait constituer l’amorce du Transsaharien, si l’on décidait de réaliser le projet par l’ouest.
- Commencés en 1928, les travaux ont été si rapides qu’en trois ans ils ont été terminés et qu’en 1931 la Compagnie a ouvert à l’exploitation provisoire la section comprise entre Oudjda et Berguent. Il convient cependant de remarquer que le joroblème de l’exportation possible du minerai n’est pas complètement résolu. Après bien des discussions, il avait été décidé à la Conférence nord-africaine de 1928, que l’on construirait depuis Oudjda, une ligne aboutissant à la Méditerranée, à Nemours, que l’on aurait équipée en conséquence. Depuis,
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- d’autres solutions ont été préconisées, en particulier l’équipement d’un port marocain sur la cote basse et sablonneuse de Saïdia, qu’une voie relierait à Oudjda. Déjà une route assure la liaison entre cette dernière ville et le port espagnol de Melilla. 11 est certain qu’une voie ferrée, quel que soit le terminus choisi sur cette portion du rivage méditerranéen, hâtera non seulement la mise en valeur des plaines côtières des Triffas et des Angad, mais celle du Maroc oriental tout entier qui, jusqu’à ces dernières années, a été quelque peu délaissé.
- 111. Vélectrification d'une partie du réseau. — Les Compagnies des Chemins de fer marocains se sont ingéniées à moderniser l’outillage et à perfectionner l’exploitation, a lin de résister à la concurrence de la route. Toutes les lignes sont à voie unique, mais le doublement est partout prévu. Les voies ont été renforcées par la pose de rails de 40 kg dans les sections accidentées ou supportant de lourdes charges et dans celles où l’on espère atteindre la vitesse de 100 km à l’heure. Actuellement on peut aller de Casablanca à Fez (324 km) en 7 h, à Tanger (415 km), en 9 h, à Marrakech (247 km), en 5 h. Les voitures à bogies, revêtues de teck, éclairées à l’électricité sont pourvues de l’intercirculation par passerelles. Les trains de jour ont des wagons-restaurants et aux trains de nuit sont accrochés des sleepings de la Compagnie internationale des wagons-lits. Talonnés par les services de transports automobiles (pii assurent des relations commodes entre les grandes villes de l’ouest, les Compagnies ont créé une 4e classe à prix réduit pour la clientèle indigène et cette initiative a donné d’excellents résultats. Elles ont égale-ment organisé l’évacuation méthodique des céréales, de juin à octobre. Dans les fermes, leurs services de camionnage viennent chercher les récoltes qu’on centralise à la gare la plus proche et que le train achemine ensuite jusqu’au port d’embarquement.
- C’est ainsi que dans le réseau des Chemins de fer du Maroc, les gares de Petit-Jean, de Sidi-Sliinane, de Settat et d’Oued-Zem, dotées de vastes cours et de voies de garage, servent de points de concentration à d’importants chargements de blé. Les stations elles-mêmes ont été construites et décorées de façon à s’harmoniser avec le paysage et l’architecture locale : la gare d’Alcazarquivir, à la jonction du Tanger-Fez et du chemin de fer de Larache, est une jolie réussite entre beaucoup d’autres (fig. 6).
- De toutes les améliorations apportées au jeune réseau, la plus importante est l’électri-lication d’une partie de ses lignes. Jusqu’à la découverte du gisement de Djerada on n’avait pas trouvé de houille au Maroc et, comme pour l’Algérie-Tunisie, à peu près tout le combustible est importé. Mais, plus favorisé que le reste du Maghreb, le Maroc reçoit de l’eau en abondance, sui’tout sur le versant occidental fouetté par les vents de l’Atlantique.
- Fi(j. 9. •— Train uuluinoleur des lignes Casablanca-Purl Lyauley. el Casablanca-Oued-Zem. (Pli. Chemins de 1er du Maroc.)
- is L’écran des Atias est assez haut pour que la fusion
- à des neiges soit tardive et soutienne le débit de puissants
- *z cours d’eau, en particulier le Sebou dont le débit varie
- r- entre 300 et 2000 m8, l’Oum-er-Rebia, en tre 40 et 1000 m3;
- ê- la Moulouva elle-même, bien que drainant le versant à
- le l’ombre de la pluie, oscille de 30 à 1000 m3 environ. 11
- it fut donc possible d’envisager un programme de grands
- :j- travaux hydrauliques, où la production de la force
- :îs motrice aurait sa large part.
- î- Dès 1921, les études commencèrent. En 1923 fut fondée
- 3s YEnergie électrique du Maroc, chargée de produire et de
- ic transporter le courant dont les Compagnies de chemins te de fer utilisent une partie sur leurs lignes, e- Actuellement la traction électrique est assurée par
- le deux usines génératrices et une usine de secours. La
- a- centrale thermique des Roches-Noires à Casablanca,
- se fut installée dès 1925; elle a une puissance de 24 000 kw
- Fig. 10. — Une automotrice en gare de Casablanca. (Ph. Ollice du Maroc.)
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- et sert surtout désormais comme usine d’appoint. Depuis 1929 en effet, fonctionne la grande centrale hydroélectrique de Sidi-Machou, sur l’Oum-er-Rebia, dont le débit passe de 25 m3 à l’étiage à 130 rn3 en hiver à cet endroit. Le barrage, qui donne une hauteur de chute de 18 m 80, contient 15 millions de m3 d’eau. La centrale fonctionne à l’aide de quatre groupes turbo-alternateurs à axe vertical et sa puissance varie de 3500 à 17 000 kw. A Salé, une centrale de secours à moteurs Diesel peut fournir 1200 kw. D’autres barrages sont en construction, en particulier sur l’oued Beht, à El Kanscra et sur l’oued N'Fis, au sud de Marrakech, avec 25 millions de m3 de retenue.
- L’énergie produite à 5500 v est transformée en courant alternatif à 60 000 v, qu’un réseau à haute tension transporte en suivant généralement le tracé des voies ferrées jusqu’à des sous-stations, toutes automatiques, à l’exception de celle de Casablanca qui sert de guide. Là le courant passe dans un poste de transformation triphasé qui abaisse la tension de 60 000 à 5000 v, puis dans des convertisseurs rotatifs qui en font du courant continu à 3000 v, utilisé par les automotrices ou les locomotives de 1000 à 1250 ch, pesant de 73 à 80 tonnes. Le contact est assuré par une ligne aérienne à suspension caténaire
- (11g. 9).
- La ligne des phosphates fut électrifiée la première. Elle présente une pente continue, de Ivourigha à la mer, si bien qu’un train chargé de minerai descend jusqu’à la côte sans dépense d’énergie. De plus, s’il est pourvu de moteurs réversibles, il fournit même une énergie appréciable qui aide à remonter un train vide. C’est ainsi qu’un convoi de phosphates de 2100 tonnes, descendant en récupération sert à remonter un train vide de 440 t., la centrale thermique ou hydraulique n’intervenant que pour faire l’appoint.
- Devant les résultats obtenus, on a décidé d’électri-licr peu à peu tout le réseau situé à l’ouest de Fez. A la ligne électrifiée des phosphates s’ajoute celle de Casablanca à Kenitra et les travaux sont presque terminés sur celle de Casablanca à Marrakech, ainsi que sur le
- Fig. 11. — Carie hydraulique du Maroc.
- !sP À G it E
- Légende
- Sa/e..............................•
- Si -Sai’d-Machoi. (centrale hydraulique).®
- Casablanca (centrale technique)...O
- Usine électrique..................0
- Barrage achevé ou en constructP.1 x
- MEDITERRANEE
- A T L A IV T / (7
- D
- Meknès
- K. Tadla
- Echelle
- Agadir
- tronçon du Tanger-Fez qui va devenir une partie de la transversale nord-africaine.
- LES PERSPECTIVES D’AVENIR
- L’achèvement prochain du Fez-Oudjda permettra l’établissement de relations directes entre les deux grandes capitales musulmanes, Marrakech la Rouge et Tunis « étendue comme un blanc burnous ». Ainsi le Maghreb se trouvera parcouru de bout en bout, de l’Atlantique au bassin oriental de la Méditerranée, par une voie normale à gros débit et à grande vitesse. 11 s’agit d’une voie orientée suivant le sens des parallèles, comme le Transafricain Lobito-Beïra, ouvert à l’exploitation en 1931, à travers les colonies portugaises et le Congo belge, et comme la voie Sénégal-Niger qui unit Dakar à Kouli-koro, amorce peut-être d’un Tchad-Océan, que souhaitait en 1921, dans son rapport au ministre des Colonies, le commandant Tilho au retour d’un voyage d’études. La plupart des grandes lignes de chemins de fer courent ainsi d’est en ouest : transsibérien, transautralien, transcontinentaux américains joignent des régions ayant sensiblement le même climat et offrant une certaine parenté géographique. Au contraire, les grandes voies méridiennes, reliant du nord au sud des régions très différentes, tels le Cap au Caire, le Transaméricain qui doit unir les deux Amériques, le Transsaharien, demeurent inachevées ou ne sont qu’à l’état de projet.
- La transversale nord-africaine aura tout d’abord une importance stratégique, du fait qu’elle permettrait, le cas échéant, des transports rapides de troupes d’un point à un autre du territoire. Mais elle aura surtout un intérêt considérable au point de vue économique. Elle abrégera très sensiblement la durée des voyages à travers l’Afrique mineure. Concurrencé par l’automobile pour les transports à petite distance, le rail reprend l’avantage lorsqu’il s’agit de longs parcours, tout au moins pour ceux qui préfèrent le sleeping à l’avion. Par sa seule présence, une « canalisation » à grand débit comme le Marrakech-Tunis, pourvue de puissants moyens d’évacuation vers les ports et le long de laquelle pourra s’ordonner la mise en valeur du pays, est susceptible de favoriser le développement du trafic. Mais pour que le trafic de cette longue artère soit supérieur à celui de l’ensemble de ses tronçons actuels, c’est-à-dire que le rail devienne un instrument de colonisation, il est nécessaire que la partie algérienne et tunisienne soit améliorée. Ainsi d’Oudjda à Oran, le chemin de fer fait Un détour démesuré pour desservir la haute plaine de Tlemcen et de Sidi-bel-Abbès et, à l’époque où l’on hésitait sur le choix du débouché maritime du Maroc oriental, un projet avait été préparé pour raccourcir le tracé d’Oran à Oudjda de 50 km, permettant de gagner 2 h, en prolongeant la voie ferré'e d’Oran à Aïn-Témouchent jusqu’à Lalla-Marnia. De même à l’est d’Alger, il a paru nécessaire de renforcer les voies et les ouvrages d’art afin d’augmenter la vitesse des convois et le travail est en cours. Enfin, l’effort dépensé pour terminer cette ligne ne sera vraiment profitable qu’à la condition que les trois pays traversés collaborent étroitement à la résolution des problèmes économiques qui se posent pour l’ensemble du Maghreb :
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- Fig. 12. — Barrage de l’Oued Mellah exécuté par la société « Entreprises de grands travaux hydrauliques ». (Ph. Office du Maroc.)
- l’organisation des Conférences nord-africaines a été un premier pas dans ce sens.
- Mais le Marrakech-Tunis n’offre pas qu’un intérêt inter colonial, ou plutôt inter-régional. 11 améliorera aussi les relations avec la métropole.
- Par un judicieux aménagement des horaires, on espère que de Paris à Marrakech, par Marseille et Alger, ou Oran, le voyage pourrait s’effectuer en 04 h, c’est-à-dire que notre capitale serait à moins de 3 jours (sans qu’on ait besoin de recourir à l’avion), de celle qui paraît appelée à devenir la grande station de villégiature de l’Afrique du Nord.
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- L’itinéraire France-Maroc par l’Espagne perdrait dans ces conditions une partie de ses avantages pour les voyageurs qui ne redoutent pas une traversée maritime de 24 h. Mais l’accès de l’empire chérifien par le Tanger-Fez peut être amélioré si le tunnel de Gibraltar est un jour creusé. Il serait possible d’aller de France au Maroc sans quitter le rail, sinon sans changer de wagon. Le projet de tunnel sous-marin d’Ibanez de Ibero a fait l’objet de nombreuses études préliminaires et de sondages récents qui ont prouvé la possibilité de relier les deux rives espagnoles en partant de l’anse de Bolonia pour aboutir entre les caps de Punta al Boassa et de Punta Karhush : la réalisation de ce tunnel serait une source de trafic pour les chemins de fer marocains.
- Enfin, dans le cas où serait construit le Transsaharien, celui-ci pourrait emprunter une des lignes du réseau marocain. Parmi les itinéraires par l’ouest, que les travaux du Comité consultatif d'études ont mis en vedette, figure en effet celui qui passerait par Oudjda et Bou-Arfa, déjà unies par une voie normale. La réduction progressive des dernières taches de dissidence marocaine depuis deux ans, en éloignant le risque d’insécurité, est un nouvel argument pour les partisans de ce tracé.
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- L’équipement ferroviaire du Maroc a été si rapide qu’il est encore difficile d’en mesurer les conséquences pour la vie marocaine. La réalisation de tel des grands projets auxquels on vient de faire allusion peut d’ailleurs modifier profondément la situation. Mais déjà l’achèvement imminent du programme, prévu en 1920, aura d’importantes répercussions sur le pays. 11 semlole en particulier que des villes comme Kénitra, Petit-Jean et surtout Oudjda, nœud important de voies ferrées et dont la population est passée de 19 000 habitants en 1926 à 29 000 habitants en 1931, soient appelées à bénéficier d’une activité accrue. Les gares principales deviennent autant de centres de colonisation. On assiste à la
- fois à une expansion du mouvement de colonisation et à une décentralisation des efforts, longtemps concentrés autour de Casablanca.
- Certes la primauté du grand port atlantique demeure, grâce à son excellente situation, mais son monopole a pris fin par suite de l’essor de petites métropoles régionales.
- Dans cette vieille civilisation agricole figée dans ses traditions et si longtemps fermée à l’Europe, les chemins de fer, comme ils l’ont fait dans l’Inde ou en Turquie, multiplient les échanges, accélèrent le rythme de la vie et apportent la trépidation de notre civilisation industrielle.
- Tout pays en sommeil a le visage simple d’un dormeur. Mais sous l’influence des forces qui le tirent de sa torpeur — le rail est une de ces forces — ses possibilités se découvrent, et sa physionomie nous apparaît alors beaucoup •plus complexe : c’est le cas du Maroc aujourd’hui.
- Maurice Debesse.
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- 114 LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE MODERNE = DANS LES FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES <>.
- VIII. PHOTOGRAPHIES, ESTAMPES, DESSINS
- Il est nécessaire de prendre des photographies des objets avant de les emballer pour les expédier aux musées : on ne sait pas, en elïet, quels objets seront abandonnés à l’expédition archéologique et quels seront retenus par le service local des antiquités; en outre, quelques objets dont une reproduction suffira pourront être laissés sur place; enfin, des objets très fragiles pourraient être détériorés; d’autres parfois ont été volés entre l’emballage et l’arrivée, comme tel beau poignard de bronze dont on n’a plus que la photographie de Sarzec.
- Il est également nécessaire de prendre sur le chantier même des photographies des tombes et des monuments qu’on ne peut songer à conserver, quelquefois des groupements de vases ou d’objets intéressants pour en établir la contemporanéité. Pour ces clichés, une trousse ou une série d’objectifs d’angles différents est nécessaire, car il n’est pas toujours possible de se rapprocher ou de s’éloigner. Le format qui paraît le plus convenable pour les reproductions et les vues, est le 13x18, mais on peut employer souvent des plaques 9X 12 et même 6,5x9 pour les petits objets. De toute façon, l’appareil devra avoir un tirage permettant la reproduction grandeur naturelle, et il est même parfois utile de pouvoir amplifier deux fois.
- Il ne peut être question de pellicules souples : les plaques seules donnent un résultat impeccable ou les pellicules rigides du genre de celles d’Agfa, de Kodak ou de Capelli (portrait-films, et noms analogues). Il y a intérêt à employer des plaques lentes et fines, orthochromatiques. Je pense qu’il faut aussi développer sur place, si c’est possible, pour s’assurer des résultats : on fera le nécessaire pendant l’époque chaude pour préserver la gélatine de la solution en passant les plaques dans un bain d’alun, de paraformaldéine anhydre, ou mieux de formol. Le manque d’eau propre est un grand souci pour l’archéo-
- 1. Voir n° du 15 janvier 1933.
- Fig. 1. — Etoffe ancienne autour d’un corps d’enfant.
- logue photographe ; la difficulté aussi sous la tente d’obtenir l’obscurité parfaite, même la nuit.
- Pour les objets et dessins, il est utile de pouvoir les photographier verticalement avec un appareil à renversement monté sur pied. On placera les objets sombres sur une glace sans tain, maintenue dans un châssis à crémaillère au-dessus d’un fond blanc, ce qui permettra d’éviter les ombres portées qui sont d’un très mauvais effet ('). Pour les bronzes oxydés on peut hésiter entre le fond blanc et le fond noir, celui-ci paraît souvent le meilleur. Exceptionnellement pour les bronzes, l’exposition au soleil est avantageuse.
- Pour les inscriptions sur pierre ou sur brique, quelquefois pour les faibles reliefs, il est tout indiqué de prendre des estampages. On connaît le procédé : du papier d’Arches, sans colle, est mouillé et appliqué sur l’objet, ensuite battu avec des brosses serrées et lourdes, à long manche; si le papier se déchire, il suffit de mettre une nouvelle couche et de recommencer l’opération. Sec, le papier se détache d’ordinaire de lui-même. Pour obtenir un estampage moins fragile, on l’enduit, après qu’il sera séché, d’un enduit à la gomme laque. Les feuilles sont roulées et gardées dans des boîtes cylindriques en métal. Les petites pièces gravées, quelquefois les inscriptions sur pierre dure, seront estampées à sec à la feuille d’étain, toujours enduite de vernis avant d’être enlevée.
- Le moulage des objets est d’ordinaire réservé aux spécialistes des musées. Les photographies tiennent lieu avec avantage de bien des croquis, mais pour bien des raisons elles ne remplacent pas toujours les dessins : le dessinateur, voire l’aquarelliste, peut souligner les objets importants et éliminer les accidents; il donnera surtout un aspect synthétique au tableau; un dessin est intelligent, la photographie ne l’est pas. Pour les inscriptions, les copies sont rarement remplacées par la photographie. Pour la céramique, le dessin géométral s’impose. Pour l’architecture, les dessins d’architecte sont absolument nécessaires. Les fouilleurs allemands de Babylone, de Shergat et Warqa, sont, à ce sujet, des modèles pour les architectes-archéologues : leurs dessins reproduisent toutes les briques.
- IX. PROCÉDÉS DE CONSERVATION
- J’ai parlé des tablettes : le mieux, pour les conserver, c’est de faire comme M. Woolley, à Ur, de les recuire, à 800° environ, jusqu’à ce qu’elles perdent leur eau de constitution. Ceci demande un outillage peu compliqué : on place les tablettes dans des ténéhés (grands bidons à pétrole), remplis de sable qui sont enfoncés dans un four en briques muni d’un chalumeau au mazout.
- Pour les ossements, voici le meilleur procédé : on fait baigner les os, préalablement nettoyés, dans un bain tiède de colle de peaux, dite colle Toffin : ce bain a l’avan-
- 1. La maison Lorillon m’a construit un pied d’atelier portatif à crémaillère très pratique, avec glace montée sur équerre coulissant sur le fût.
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- tage non seulement de défendre la surface des os, mais encore de nourrir les cellules osseuses. L’enduit de paraffine est tout à fait à abandonner. Le silicate ou l’acétone avec gélatine ont aussi des inconvénients, au dire des naturalistes.
- Pour enlever un crâne fracassé qui serait cependant utilisable sur place, par un anthropologue, on l’enveloppe dans une feuille d’étain qu’on applique avec un pinceau à la boîte crânienne et aux impuretés adhérentes ; ensuite on englobe le tout dans une gangue de plâtre appliqué couche par couche. Le plâtre est facile à briser à la pointe, la feuille d’étain l’aura empêché de coller à l’os, et on aura pu ainsi amener un crâne très fragile dans l’état de la découverte jusque sur la table des spécialistes.
- Pour détacher un corps entier, M. Woolley imprègne le sol de paraffine bouillante; on découpe à froid la partie intéressante, de côté et en dessous, comme on fait pour les plaques de gazon, et on peut emballer dans du coton.
- Je pense que les cuivres et les bronzes anciens, rongés d’oxyde, sont les choses les plus fragiles de toutes celles que nous livrent les fouilles. Quelques missions ont la chance d’avoir des chimistes pour leur décapage et des laboratoires bien outillés. Je n’ai pas pratiqué moi-même ces opérations de nettoyage à l’acide : je citerai le procédé à la dissolution alcaline de tartrate de potassium à 10 pour 100. L’or ne demande aucune préparation : il est toujours vierge. L’argent ne peut supporter-aucun nettoyage.
- Pour les étoiles anciennes, le sol mésopotamien n’est pas aussi favorable que celui de l’Egypte : quand elles ne sont pas conservées naturellement par le voisinage du cuivre et de ses oxydes, elles n’apparaissent dans les ruines iraquiennes que comme des cendres qu’un souffle réduit en poussières; on peut essayer de les imprégner à la main de colle de bois diluée, mais mes essais au vaporisateur n’ont jamais réussi.
- X. INVENTAIRE
- Pour l’inventaire, voici comment nous procédons à Tello. Chaque membre de la mission, présent sur les chantiers, possède un carnet à souches du type des carnets de vendeurs de magasins. Quand un ouvrier apporte un objet trouvé, on inscrit sur les deux parties de la fiche son nom, son équipe, la nature de l’objet, la profondeur où il a été trouvé, la date et le taux de la récompense méritée. La récompense immédiate sous cette forme de fiche monnayable incitera l’ouvrier à la recherche attentive et provoquera le zèle des autres, car l’Arabe est toujours jaloux. Le soir, on m’apporte dans des plateaux et par chantier, les objets, avec les carnets différents de couleur pour chaque chantier, portant ainsi les renseignements utiles pour l’inventaire et le journal des fouilles.
- L’enregistrement se fera le soir même, autant que possible. On prend les chantiers l’un après l’autre; je groupe d’ordinaire les objets analogues à la suite, laissant cependant toujours le mobilier d’une même tombe ensemble.
- Il faut marquer les objets à l’encre de Chine; les pierres noires, l’obsidienne par exemple, soit à la peinture, soit à l’encre blanche ou rouge. On placera le numéro de façon
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- Fig. 2. — Exemple de fiche d'objet.
- discrète, et on tâchera de laisser la place pour le numéro du musée. Tous les petits objets, surtout perforés, seront munis d’étiquette à fil. Les objets très petits seront mis dans de petites pochettes transparentes ou... dans des boîtes d’allumettes.
- XI. LES FICHES
- ; Des fiches individuelles pour tous les objets ou les groupes d’objets trouvés au même endroit sont nécessaires, tant pour l’inventaire définitif de la collection au musée que pour la description exacte et précise d’une fouille scientifique. Le groupement a même des inconvénients quand les objets sont séparés entre les musées. Le journal des fouilles ne peut remplacer les fiches. Un répertoire sous forme de catalogue n’est pas facile à consulter. Je dirai même qu’il faut deux espèces de fiches pour chaque objet, les unes aussi complètes que possible seront rangées dans l’ordre chronologique ou topographique des découvertes, les autres qui pourront être plus brèves seront classées par catégories d’objets (').
- Je fais la fiche complète sur papier fort de 10 cm sur 15, au revers millimétré, dit papier géographique : sur ce canevas on fait un croquis au crayon de l’objet, soit à la grandeur naturelle, soit au 2/5, soit au 1/5, comme 'il a été convenu au Congrès de Bagdad. Sur le côté blanc,
- 1. Voici les catégories dont j’use à Tello :
- 1, Poterie ordinaire; 2, poterie à bec ou à anse; 3, poterie incisée, imprimée ou modelée; 4, poterie à couverts (engobe ou émail); 5, poterie peinte; 6, fusaïolles, rondelles, roues, clous, chevilles, bobines, boulets; 7, cuivre et bronze; 8, inscriptions sur argile; 9, petits modèles (chars, lits, barques, vases votifs, armes figuratives); 10, inscriptions sur pierre; 11, statues et statuettes; 12, vases de pierre; 13, a. figurines moulées; b. figurines en ronde bosse; 14, objets divers en pierre; 15, silex; 16, a. cylindres gravés; b. sceaux plats gravés; 17, amulettes; 18, poids et pesons; 19, perles et ornements; 20, coquille, nacre, os; 21, or et argent; 22, divers (bitume, etc.).
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- jïinscris en haut, à gauche, le numéro d’inventaire, laissant le côté droit pour le numéro d’incorporation du musée. Suit une brève description (fig. 2). Ensuite, les mesures sont données en millimètres, aussi complètes que possible. Pour ces mesures, j’utilise un compas de Broca, une petite toise, des pieds à coulisse et des compas d’épaisseur. J’ai même construit un
- JL' l(/..O.
- Croquis d’une fiche de céramique. appareil pour le dessin
- des vases, qui consiste essentiellement en deux règles graduées à coulisse, l’une verticale, l’autre horizontale ; l’extrémité de celle-ci suit le contour du vase qu’on a placé au centre d’un cercle inscrit sur une planchette à dessin qui supporte l’appareil; les règles donnent en millimètres les mesures de la demi-coupe avec les réductions faites à l’avance au l/10c, 2/10°, 4/10°. Au milieu de la fiche, j’inscris le chantier ou le secteur, l’équipe, et la profondeur de la trouvaille. En bas à gauche, la date est inscrite au composteur; à droite, les références des clichés et des dessins.
- Tout ceci paraît bien compliqué : on ne saurait imaginer combien c’est précieux dans la suite. On ne regrette pas le temps perdu. La première année de mes fouilles à Tello, j’ avais un simple catalogue à une ou deux lignes par objet; la deuxième année, un seul genre de fiches, sans croquis le plus souvent.
- Les fiches classées par catégories d’objets sont aussi très précieuses. Il arrive souvent qu’une étiquette se détache ou qu’un numéro s’efface : s’il faut chercher entre 2000 fiches, c’est long; si l’on n’a qu’à prendre le petit paquet de fiches d’objets analogues, c’est beaucoup de peine évitée. En outre, un travail synthétique, par exemple sur les bronzes, sera prêt en quelques minutes, grâce à ce répertoire.
- Le Journal des fouilles résumera les travaux et décou'
- Fig. 4. •— Emballage des antiquités.
- vertes de chaque jour; il rappellera les dispositifs matériels adoptés dans chaque chantier, les changements de place des équipes et les niveaux atteints. Il comportera des croquis, par exemple pour le groupement des objets et les éléments d’architecture, toutes choses qui n’ont pas place sur les fiches.
- XI. L’EMBALLAGE DES OBJETS
- Ce n’est pas tout de trouver des objets et d’en prendre des photographies ou des dessins. Même si le fouilleur et la société scientifique qu’il représente n’ont droit à rien, l’archéologue chargé d’une mission a encore des devoirs envers ses collections : c’est un père qui doit mener ses enfants jusqu’à la majorité, en faisant entrer en bonne et due forme, dans les salles des musées, les objets qu’il a mis au jour.
- Il faut beaucoup de patience pour envelopper les menus objets, beaucoup de précautions pour emballer la céramique et les bronzes : il ne faut économiser ni le papier, ni le coton ou la fibre ; ils valent mieux que la paille qui se tasse et forme des vides dangereux.
- Il faut de bonnes caisses, il faut aussi avoir de petites boîtes de bois pour les objets les plus fragiles et les plus précieux. On peut employer des ténékés pour les autres. On aura soin de marquer les caisses et de les numéroter, notant brièvement leur contenu.
- L’automobile, au désert, n’est pas très favorable aux antiquités : mieux vaut un transport par mer, pourvu qu’on puisse surveiller la manutention.
- Il faudra s’arranger pour que les caisses, dûment cerclées d’acier et plombées, ne soient pas ouvertes aux postes douaniers, en s’adressant à temps à l’administration des Finances.
- Il restera alors à déballer aussi soigneusement qu’on aura emballé, sans presse ni impatience, les objets étant encore plus fragiles qu’au départ. Il y aura à faire un choix de ce qui pourra être exposé dans les vitrines du musée et de ce qui sera réservé pour l’étude. Mais qu’on me pardonne de citer encore une fois de Morgan, qui n’avait que trop raison quand il écrivait : « Nos musées européens, dans bien des cas, sont classés suivant le goût personnel de leur conservateur. Ce ne sont souvent que des groupements d’objets artistiques agréables à la vue et généralement le côté documentaire est entièrement négligé;... tendance plus fâcheuse que le désordre, celle qui fait séparer un « bel objet » de l’objet intéressant au point de vue scientifique seulement. C’est un crime de lèse-science que de placer en première ligne la satisfaction secondaire des yeux. Dans l’étude de l’antiquité, l’art n’est qu’un accessoire, dont la préoccupation ne doit pas tout absorber ». L’excuse, en France’ du moins, c’est que nos musées sont les palais des beaux-arts, que les conservateurs et le conseil des musées ne peuvent oublier ce point de vue, parce que le public vient surtout pour admirer les belles choses dont nos collections nationales sont si riches.
- Le travail de restauration regarde le musée, les musées modernes ayant des ateliers et un personnel de spécialistes. On veillera à ce que la restauration soit très discrète
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- et ne concerne que 3e nécessaire, les objets devant rester des documents.
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- On a pu se rendre compte par cet exposé que le métier de fouilleur n’est pas simple affaire d’intellectuel et de spécialiste. Il faut de toute nécessité être apte à diriger : voir, prévoir, décider. 11 faut savoir donner à chaque collaborateur sa tâche, l’y encourager, quelquefois l’y aiguiller. Il me paraît très sage de provoquer souvent l’avis de son entourage et de l’accueillir toujours, mais il faut aussi prendre ses responsabilités en décidant. Il faut avoir assez de force de volonté pour en imposer aux chefs indigènes, à des ouvriers indisciplinés, à une brute qui frappe un camarade, à une foule réclamant du travail. Il faut être attentif à la fatigue et aux blessures de ses gens, les défendre des imprudences et des dangers. Il faut aimer non seulement son métier mais aussi ses ouvriers : le rendement matériel en dépend aussi. Si l’on est quelque peu un animateur, il ne sera pas difficile d’intéresser et de passionner même les enfants à la recherche et à la joie de trouver. Les premiers archéologues d’Assyrie ont décrit la frénésie de leurs travailleurs lors de la découverte de taureaux de Khorsabad. Il faut savoir mettre la main à l’outil, à tous les outils, montrer au moins à tous comment s’en servir. Il faut être quelque
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- peu ingénieur, combiner le meilleur rendement du matériel et du personnel, changer les dispositifs chaque fois qu’il est nécessaire. Il faut savoir compter et administrer son budget avec économie. Il faut avoir l’esprit ouvert, tâcher de rapporter tous les renseignements possibles intéressant les autres sciences que la sienne, l’anthropologie, l’ethnographie, la météorologie, la botanique, l’histoire naturelle. Il faut non seulement travailler beaucoup, mais il faut être honnête dans son travail, scrupuleux dans ses descriptions : ce qu’on a oublié, on ne l’inventera pas; on ne dira que ce dont on est sûr. Et c’est la raison d’être de tout ce matériel aide-mémoire de fiches et du Journal, la raison d’être de croquis, levés de plans, photographies, des instruments de mesures. On l’a dit, il vaut mieux ne pas fouiller que de fouiller mal; il vaut mieux surtout se taire que de mentir. Il faut être patient avec les choses et avec les hommes, même avec les autres savants : la vérité a des droits, mais aussi les convictions. En un mot, pour être un bon archéologue, comme dans tous les genres de travaux, il faut aimer vraiment son métier : c’est-à-dire qu’il faut aimer la science et travailler de tout son pouvoir au progrès de la vérité dans le domaine de l’histoire de l’homme. II. de Genouillac.
- Erratum : 1er article, — page 66, flg. 2, lire :
- Fouille de 14 m de profondeur, plus 6 m de remblai.
- LAMPES ELECTRONIQUES A CHAUFFAGE INDIRECT PAR COURANT HAUTE TENSION
- Créer pour la radio des lampes électroniques dont les cathodes puissent être chauffées par le courant du secteur sans qu’il soit nécessaire d’interposer un transfor-
- fés sous des tensions bien supérieures à celles de 4 ou 6 volts habituellement employées n’est pas nouvelle : nous connaissons, depuis un certain temps déjà, des
- 109/1000 t=
- i disques
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- Fig. 1. — Schéma d’une détectrice à réaction avec valve doubleuse à tension et lampes Ostar, fonctionnant indifféremment sur secteur continu ou alternatif.
- Fig. 2. — Valve à 4 cellules montées en pont de Wheatstone.
- mateur ou une résistance, tel est le but que s’est proposé la société Gustav Ganz, de Vienne, et qu’elle a réussi à atteindre avec les lampes et valves Ostar Total-secteur. La tendance à établir des tubes capabbs d’être chauf-
- lampes électroniques utilisant dans le circuit de chauffage du courant continu de 20 volts; bien mieux, dans un ouvrage imprimé en 1922, M. Joseph Roussel indiquait qu’il étudiait une lampe à cathode tubulaire élec-
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- triquement indépendante du filament, chauffée sous 110 volts. Cette lampe n’a pas toutefois été réalisée industriellement et la maison Gustav Ganz est bien la première qui ait réussi à établir, pour chauffer les cathodes, des filaments admettant des tensions de 110, 220, voire même 250 volts.
- Le problème était délicat : il était indispensable, pour permettre l’utilisation des nouvelles lampes sur les appareils existants, de n’augmenter ni les cotes extérieures du tube, ni les dimensions de la cathode, celle-ci étant naturellement disposée de façon à prévenir la production de courts-circuits, de décharges statiques et d’actions électrochimiques dans le corps de chauffe.
- Après deux ans d’études et d’essais, toutes ces difficultés ont été surmontées et l’on est parvenu à fabriquer industriellement des tubes qui ont sensiblement les mêmes caractéristiques, les mêmes courbes de fonctionnement que les lampes « secteur » chauffées sous 4 volts.
- Il en résulte que la partie radioélectrique proprement dite : amplification à haute ou moyenne fréquence, détection, amplification basse fréquence, ne diffère en rien de celle des montages courants; seule, la partie alimentation se trouve modifiée dans le sens d’une grande simplification.
- Le filament de la lampe Ostar s’apparente à celui des lamjDes d’éclairage de même débit avec le précieux avantage, de par sa basse température de fonctionnement, d’être pratiquement insensible aux variations de tension du réseau et d’avoir une longévité plus grande. Dans les tubes destinés à être chauffés sous 110 volts, la longueur du filament atteint 60 cm; sa température n’excède pas 900° alors que les filaments chauffés sous 4 volts sont habituellement portés à 1200°. La consommation de ce filament est d’environ 6 watts. Le filament est placé dans un tube en céramique revêtu extérieurement d’une couche d’oxydes métalliques. La cathode est électriquement isolée du filament et fonctionne à une température de l’ordre de 800°.
- La grille est constituée par un fil qui s’enroule en spirale autour de la cathode.
- La plaque est formée d’une toile métallique à mailles très fines.
- Outre les lampes à plusieurs électrodes, la société Gustav Ganz fabrique des valves redresseuses électroniques comportant une, deux ou quatre cellules de redressement, dont les cathodes sont chauffées dans les mêmes conditions que celles des lampes, au moyen d’un filament alimenté directement par le secteur. Ces valves sont destinées à redresser, lorsqu’il est alternatif, le courant alimentant les circuits anode - cathode des lampes.
- Elles permettent d’assurer l’alimentation anodique sans aucun transformateur.
- La valve monoplaque est utilisable sur le courant à 220 volts et, dans le cas d’un récepteur à tension anodique relativement basse et à faible débit, sur le courant à 110 volts.
- La valve doubleuse de tension est destinée à alimenter les circuits anodiques sous une tension pouvant
- atteindre, à vide, 2 X \J2 X 110, soit 310 volts, en partant de 110 volts; elle agit sans aucun transformateur, simplement en réalisant le montage doubleur de tension. On sait que ce montage (fig. 1) se compose de deux cellules montées en série et chargeant alternativement deux condensateurs qui se déchargent simultanément dans les circuits anodiques.
- Enfin, il existe une valve tétraplaque (fig. 2) qui comporte quatre cellules disposées en pont de Wheatstone; celle-ci redresse les deux alternances et donne un courant se rapprochant suffisamment du continu théorique pour que la self-inductance de filtrage ne soit pas indispensable. Cette valve se recommande surtout lorsque l’on alimente avec du 220 volts alternatif.
- Grâce aux lampes et valves Ostar « Total-secteur », on peut, dans tous les cas, constituer des récepteurs radiophoniques fonctionnant sur le secteur sans transformateur d’alimentation. Les filaments de la valve et des lampes sont branchés en parallèle, directement sur le secteur. Les cathodes de ces lampes étant isolées des filaments, chacune d’elles peut être polarisée par une résistance créant une chute de tension de son propre courant.
- La seule particularité de montage à noter est la détermination du point neutre, qui est d’ailleurs superflue dans les petits récepteurs à une ou deux lampes. Ce point peut être déterminé en montant sur les fils du secteur, après avoir disposé une self-inductance double de filtrage, un potentiomètre de 10 000 ohms dont le curseur sera relié à travers une capacité de 0,5 mf au pôle moins de la haute tension.
- Si le montage se trouve équilibré de lui-même, comme c’est le cas lorsque l’on emploie une doubleuse de tension ou une valve tétraplaque, on peut se contenter d un potentiomètre capacitif constitué par deux condensateurs fixes de 0,1 mf montés en série sur le secteur et dont les armatures communes sont reliées au moins de la haute tension. Il est bon, pour éviter les parasites, de brancher dans tous les cas une capacité de 10/1000 de mf entre les fils du secteur.
- La lampe Ostar Total-secteur n’a pas seulement l’avantage de simplifier l’établissement des radiophones fonctionnant directement sur le secteur : elle permet en outre la réalisation de récepteurs fonctionnant indifféremment sur le continu et l’alternatif, quelle qu en soit la fréquence, sans aucune modification de l’appareil. Les récepteurs alimentés en courant alternatif par 1 intermédiaire d’nne valve doubleuse de tension doivent toutefois être pourvus, pour pouvoir fonctionner sur continu, d’un commutateur permettant de court-circuiter la valve.
- La création des lampes et des valves Ostar Total-secteur marque le début d’une phase nouvelle dans l’évolution des tubes électroniques : elle semble, en effet, ouvrir la voie à la simplification accentuée des postes de réception, et par là elle permettra sans doute d’en diminuer les prix et de multiplier, en conséquence, les amateurs de radiophonie.
- André Bourgain.
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- LES NOUVELLES BOITES DE VITESSES
- POUR AUTOMOBILES
- Parmi les nouveautés mécaniques présentées au dernier Salon de l’Automobile, les plus intéressantes, de beaucoup, avaient trait aux boîtes de changement de vitesse. Le fait est d’autant plus digne de remarque que la boîte est l’organe qui a le moins évolué depuis de nombreuses années, on peut même dire depuis la guerre.
- Il y a un an encore, la transmission « standard » que l’on trouvait à bord de toutes les voitures avait conservé la composition classique : un embrayage, à cônes ou à disques, manœuvré par pédale et une boîte contrôlée par levier à rotule. Cette boîte était uniformément du modèle à engrenages droits, mobiles longitudinalement ou « baladeurs », adopté, presque sans exception, par toutes les marques européennes et même américaines depuis que Ford avait abandonné son célèbre « type T » à changements de vitesses par différentiels.
- La boîte classique à baladeurs offre des avantages indéniables, en particulier au point de vue robustesse. L’engrenage droit, norma-
- Fig. 2. — Vue extérieure d’une boîte synchronisée avec roue libre.
- A gauche : levier des vitesses, en arrière : levier de frein à main, à droite petit levier pour le blocage éventuel du dispositif de « roue libre ».
- Fig. 1. — Boîte de vitesses silencieuse à pignons hélicoïdaux synchronisés.
- L’emploi de dentures hélicoïdales permet de réduire dans une très large mesure le ronflement des pignons transmettant l’effort moteur. Dans ce type de boîte, les pignons sont toujours en prise et montés fous sur leurs arbres, avec lesquels ils se trouvent solidarisés, au moment voulu, par des crabols dentés intérieurs. (Voir le fonctionnement fig. 3 et flg. 6, 7 et 8.) L’aspect de la boîte classique, avec engrenages droits « baladeurs », se trouve ainsi profondément modifié.
- (Zahnradfabrih)
- lement trempé, est pratiquement incassable; de plus, son usure est très lente, au point que la boîte ne nécessite que très exceptionnellement des réparations et « survit » généralement au reste du mécanisme. Par contre, elle présente deux défauts particulièrement pénibles à bord des voitures modernes, où l’on recherche le confort et le silence. Ce sont tout d’abord des vibrations accompagnées d’un ronflement plus ou moins aigu pendant la marche, inconvénient inhérent à toutes les dentures droites, quelle que soit la perfection du taillage; et d’autre part, un bruit très désagréable au moment de la mise en prise, si le conducteur n’a pas eu l’adresse nécessaire pour amener les deux dentures à des vitesses linéaires, ou périphériques, égales.
- Nous allons voir que ce double inconvénient a pu être corrigé, dans une très large mesure, par l’introduction des engrenages hélicoïdaux synchronisés, qui se répandent actuellement sur toutes les voitures; quant aux manœuvres fastidieuses du changement de vitesses, elles ont pu être considérablement améliorées par l’introduction des dispositifs de « roue libre » ainsi que du servo-débrayage, et même supprimées complètement dans le système automatique Fleischel, basé sur le degré de dépression du moteur.
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- Fig. 3. •— Vue d'ensemble d'une boîte à deux vitesses silencieuses et à prises synchronisées.
- A droite, arbre moteur venant de l’embrayage, à gauche, plateau du « Hector » transmettant le mouvement à l’arbre du pont arrière. Au-dessous, arbre de renvoi, entraîné constamment par l’arbre moteur grâce à un engrenage hélicoïdal non visible à droite. Sur l’arbre du Hector se trouvent : 1° une grande roue dentée coulissante, montée sur une partie cannelée de l’arbre et utilisée pour la « première » et la marche arrière; 2° un pignon hélicoïdal B tournant fou et entraîné constamment par le pignon C; 3° un crabol à denture intérieure (détail de construction fig. 5), coulissant sur une partie cannelée de l’arbre et pouvant venir ainsi en prise soit avec la denture b solidaire du pignon B, ce qui produit la « seconde » silencieuse, soit avec la denture a solidaire de l’arbre moteur, ce qui constitue la prise directe. {Citroën.)
- QU’APPELLE-T-ON “ BOITES SILENCIEUSES SYNCHRONISÉES ”?
- Les pignons hélicoïdaux (fig. 1) fournissent un moyen très simple de supprimer le ronflement de pleine marche; un pignon hélicoïdal peut être, en effet, considéré comme une juxtaposition de pignons élémentaires, chacun étant décalé d’un petit angle sur le précédent; il en résulte que, dans un engrenage hélicoïdal, l’entrée en contact de la dent menante et de la dent menée s’effectue d’une façon continue, donc silencieuse et sans vibrations. Pour ces raisons, les dentures hélicoïdales sont depuis longtemps utilisées pour les distributions ainsi que pour le renvoi d’angle de la grande couronne du différentiel.
- Une difficulté se présente lorsqu’il s’agit d’appliquer ces mêmes dentures hélicoïdales aux boîtes de vitesses;
- Fig. 4. — Engrenages du train principal de la fig. 3.
- c’est qu’elles ne se prêtent pas à la mise en prise «en bout», comme les engrenages droits, par suite de leur réaction longitudinale; la solution consiste à utiliser des pignons toujours en prise (fig. 1) mais montés fous sur leur arbre, avec lequel ils sont solidarisés, au moment voulu, par des crabots dentés coulissant sur une partie cannelée de l’arbre. Les figures 3 et 4 montrent l’ensemble des engrenages d’une boîte ainsi réalisée et la figure 5 le détail d’un crabot.
- Si nous passons maintenant à la seconde partie du problème, qui est la suppression du bruit de mise en prise, nous voyons que l’emploi des crabots en fournit précisément une solution fort élégante. Imaginons que sur le côté du crabot (fig. 5) on dispose une friction analogue à un minuscule embrayage : cette friction, grâce à un montage élastique, pourra venir en contact
- Fig. 5. — Détail de construction d'un « baladeur synchroniseur » ou crabot double muni de « frictions ».
- Ce baladeur comprend deux parties concentriques : 1° une couronne présentant extérieurement une gorge pour l’entraînement longitudinal et une denture intérieure destinée à venir en prise avec les dentures a et b (fig. 4); 2° un anneau central, monté à cannelures sur l’arbre, présentant latéralement des bagues à rainures en bronze ou frictions et une denture extérieure qui pénètre dans celle de la couronne. Les deux pièces se trouvent ainsi rigoureusement associées au point de vue des rotations; mais il n’en est pas de même dans le sens longitudinal où la liaison est assurée d’une façon élastique par un poussoir à bille pénétrant dans une encoche. II résulte de ce montage que lorsqu’on pousse le crabot, par la manœuvre du levier de changement de vitesses, contre la denture b (fig. 4) par exemple, la « friction » vient d’abord en prise avec une portée conique solidaire d,e cette denture, l’accrochage des dentures ne se produisant qu’ensuite, après égalisation des vitesses et, par suite, silencieusement. Les fig. 6, 7 et 8 montrent les trois étapes de ce fonctionnement.
- avec une portée conique de la pièce à craboter avant l’accrochage des dentures. Or, n’oublions pas qu’à ce moment cette pièce (ou inversement l’arbre du crabot, cela dépend de la construction de la boîte), tourne fou;
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- Fig. 6, 7 et 8. — Voici les trois positions successives d’un « baladeur synchroniseur » enlranl en prise
- avec la denture auxiliaire d’un pignon.
- A gauche, le baladeur est au point mort. Au milieu la friction seule est venue en contact avec une portée conique du pignon : celui-ci se trouve, par suite, entraîné sans difficulté, car, à ce moment, il tourne fou du fait que le moteur est débrayé. A droite, le baladeur étant poussé à fond, les dentures viennent en prise sans aucun bruit puisqu’elles se trouvaient précisément amenées à la même vitesse. (Citroën.)
- Fig. 9. — Comment se présente le changement de vitesse à manette système Iienriod.
- A, manette de manœuvre. B, index solidaire de la manette et se déplaçant sur le secteur C portant les indications des vitesses. D, renvoi spécial transmettant le mouvement de la manette à un arbre à cames qui opère les combinaisons dans la boîte E. G, transmission à rotule. H, tirette de frein.
- le léger effort de la friction suffira donc pour produire la synchronisation ou égalisation parfaite des vitesses et, par suite, l’accrochage des dentures se fera sans heurt et sans bruit. Les figures 6, 7 et 8 montrent les trois étapes de ce fonctionnement.
- Le crabot avec friction ou « baladeur synchronisé » fournit une solution complète, économique et légère. La plupart des boîtes actuellement sur le marché comportent une « première » et une marche arrière par engrenages droits, ce qui présente peu d’inconvénients étant donné la rareté d’emploi de ces combinaisons; la « seconde » silencieuse et la prise directe sont alors assurées par un crabot unique travaillant sur les deux faces (Citroën, fig. 3, 4 et 5, Renault, etc.). La « seconde » est vraiment silencieuse et peut être « poussée » jusqu’à de grandes allures sans vibrations, ce qui rend la conduite très agréable ; le retour de la prise directe à la a seconde » se fait directement, sans recourir à la manœuvre complexe du « double débrayage ».
- LES CHANGEMENTS DE VITESSES ÉPICYCLOÏDAUX
- Un de nos grands spécialistes de l’automobile disait récemment que le dispositif à baladeurs avait « du plomb dans l’aile » ! Tout en faisant la part de l’humour, il
- Fig. 10. -— Demi-coupe montrant, par arrachement, les engrenages planétaires de la boîte Iienriod.
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- et 10) au moyen de plusieurs trains épicycloï-daux successifs disposés côte à côte et freinés à volonté à l’aide d’une simple manette disposée sous le volant. Il n’y a plus ni levier de vitesses, ni pédale de débrayage. On arrive ainsi à une douceur de conduite remarquable, par suite de la continuité parfaite de l’effort moteur, ce qui constitue, soit dit en passant, une grande sécurité en côte ; un freinage extrêmement puissant peut être obtenu en pleine vitesse en passant brusquement et sans précautions en marche arrière ! Ce sont là des possibilités fort étrangères à la boîte classique à baladeurs.
- Fig. 11. — Double boîte, mécanique et électromagnétique, Voisin. En combinant les ressources des trains épi-
- (Pour le fonctionnement voir flg. 12.)
- faut bien constater aujourd’hui une vigoureuse contre-offensive des trains épicycloï-daux, trop abandonnés depuis quelques années et dont la souplesse d’adaptation est remarquable.
- Un train épicycloïdal est constitué comme un différentiel à engrenages droits; il comporte donc trois « mobiles » : la couronne
- extérieure, dentée intérieurement; le plateau porte-satellites; le pignon central ou planétaire. Les vitesses angulaires de ces trois mobiles se trouvent liées par une loi linéaire ; si l’un d’eux est moteur et qu’on freine progressivement le deuxième, le troisième se met en mouvement. Nous voyons apparaître ici l’une des propriétés les plus singulières de ces dispositifs épicycloïdaux, qui est de réunir en un seul appareil la boîte et l’embrayage !
- Cette propriété a été mise en œuvre d’une façon très complète par M. Iienriod (x) (fig. 9
- 1. M. Henriod mérite une mention spéciale dans l’histoire de l’automobile,] où il a débuté avec les « pionniers » de 1SS4, il y ja 49 ans !
- Retour
- d'huile
- Fig. 12. — Coupe de la boîle ou « relai » électromagnétique Cotal-Voisin.
- L’arbre A venant de la boîte mécanique porte une couronne B dentée intérieurement, solidaire d’une armature électromagnétique C dans laquelle le courant arrive par un balai X. L’arbre récepteur ou arbre de pont arrière D porte trois satellites qui engrènent continuellement d’une part avec la couronne B et de l’autre avec le planétaire central F solidaire d’un plateau mobile G. Ainsi, deux combinaisons peuvent être obtenues par la simple manoeuvre d’un bouton : si le plateau G adhère à l’armature C, on obtient une prise directe; si, au contraire, ce plateau adhère à l’armature fixe H, l’ensemble fonctionne comme un réducteur épicycloïdal silencieux. C’est la position « ville », la prise directe étant utilisée pour la route.
- Fig. 13. — Servo-débragage Chenard et Walcker.
- L’ensemble mécanique réalisé par Chenard et Walcker doit ses propriétés à la réunion sur un même châssis d’un servo-débrayage amorti et d’un système de roue libre. Voicile dispositif de servo-débrayage qui est conjugué avec la pédale d’accélérateur. 1° La pédale d’accélérateur étant relevée, le cylindre A communique avec la dépression et l’air accède librement en B sur l’autre face du piston par la tuyauterie allant au distributeur ainsi que par une rainure creusée dans la tige du piston. 2° Quand on commence à appuyer sur l’accélérateur, un mouvement d'approche rapide de l’embrayage se produit. 3° A ce moment, la rainure de la tige de piston étant sortie du presse-étoupe, la rentrée d’air ne
- s’opère plus que par l’orifice calibré du distributeur, ce qui produit un embrayage progressif.
- Accélérateur J?Pédale de débrayage
- Accéléra teur
- J i[ \jjjsswPédale de débrayage
- ''HV
- II r~. _
- Distributeur
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- cycloïdaux avec celles de l’électricité, on obtient des boîtes électro-magnétiques robustes et silencieuses que l’on commande à l’aide d’un simple bouton (Cotai). Voisin emploie une boîte de ce type, ou « relai électromagnétique », monté entre la boîte mécanique et le pont (fig. 11 et 12); tout se passe comme si la voiture comportait deux démultiplications de pont arrière, une grande pour la ville et une moindre, pour la route.
- LE SERVO-DÉBRAYAGE COMPLÈTE LA “ ROUE LIBRE ”
- Le « servo-débrayage » consiste à asservir la pédale de débrayage à la pédale d’accélérateur par l’action de la dépression du moteur (fig. 13). De la sorte, il n’est plus
- Fig. 14. — Principe du dispositif de « roue libre » à ressort enroulé. A : arbre provenant de la boîte; B: arbre de transmission allant au pont arrière; suivant les vitesses angulaires relatives de A et B, le ressort R (fixé sur A, mais simplement enroulé sur le manchon E) lait avancer ou reculer celui-ci le long du filetage de B. En bout de course, E vient s’engrener avec A par des stries.
- R B
- E R
- Fig. 15. — Réalisation pratique de la « roue libre » Chenard et Walcker à ressort enroulé.
- Sur l’arbre de gauche venant de la boîte est monté à cannelures un manchon A qui contient le ressort d’enroulement R. Un second manchon B extérieur est relié à l’arbre de pont (à droite) par des taquets T. L’écrou E est monté entre les deux manchons. Une tirette placée sur la planche de bord permet de solidariser instantanément les deux arbres au moyen d’un crabot, ce qui supprime l’effet de roue libre.
- nécessaire de débrayer pour changer de vitesse et on obtient des effets de « lancé » tout à fait analogues à ceux que procure un dispositif de « roue libre ».
- Ce dernier a cependant été combiné d’une façon très heureuse avec le servo-débrayage par Chenard et Walcker (fig. 13, 14 et 15), la boîte se trouvant intercalée entre l’embrayage automatique et le dispositif de roue libre. Grâce à ce montage, on peut « passer les vitesses » sans débrayer, revenir de la prise directe en première, par exemple, sans aucune précaution et sans bruit. La « roue libre » ainsi que le servo-débrayage peuvent être supprimés à volonté par la simple manœuvre de deux tirettes placées sur la planche de bord. Ajoutons que la construction de la « roue libre » la rend insensible au degré de viscosité de l’huile.
- LES TRANSMISSIONS AUTOMATIQUES
- Le rôle du conducteur dans la manœuvre d’un changement de vitesse comporte, d’une, part, une décision purement intellectuelle, un « jugement d’opportunité » et, en second lieu, une opération mécanique. Cette dernière peut être évitée par l’emploi d’un mécanisme pneumatique basé sur lp dépression du moteur ou encore par des dispositifs électromagnétiques tels que ceux de Cotai, que nous avons indiqués plus haut.
- Reste la décision mentale, qu’il suffirait de confier à un mécanisme convenable pour que la conduite de la voiture devienne entièrement automatique. Cette réalisation hardie ne présente rien d’impossible, car il s’agit, en somme, d’apprécier simplement le degré de charge du moteur; deux solutions principales peuvent alors être envisagées.
- On peut tout d’abord intercaler dans la transmission, à la place de la boîte, un transformateur de vitesse qui se règle de lui-même en f o n c-tion de l’effort demandé par les roues, de telle sorte que le couple demandé au moteur conserve toujours une valeur convenable.
- C’est la solution présentée il y a quelques années par Sen-seau de Lavaud. A la même époque, Cons-tantinesco avait créé un a transformateur » analogue où intervenait la vitesse. Ces deux tentatives n’ont pas eu tout le succès qu’on pouvait en
- Fig. 16. — Voici comment le degré de: « dépression » du moteur peut être utilisé pour parfaire le réglage automatique d'un distributeur d’allumage.
- A, arbre d’entraînement; R, liaison élastique; B, plateau freiné par un petit piston P, poussé par un ressort mais sollicité en arrière par la dépression du moteur qui s’exerce par la tuyauterie T; C, dispositif à force centrifuge; D, arbre du distributeur. Le « calage » de ce dernier est ainsi déterminé simultanément par la vitesse angulaire et la dépression.
- i~
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- Dépression en mètres d'eau
- Papillon fermé
- 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
- Vitesse du moteur en tours par minute
- Fig. 17. — Courbes donnant la dépression à l’aspiration d’un moteur en fonction de la vitesse de rotation.
- Ces différentes courbes correspondent à des ouvertures variables du papillon d’accélérateur, les courbes étant d’autant plus élevées que celui-ci est moins ouvert. On voit que la connaissance des deux grandeurs « dépression » et « vite-sse » définit complètement le « degré de charge » du moteur.
- espérer et il semble que les inventeurs se soient infligé une condition particulièrement difficile en recherchant la continuité dans la variation du rapport de transformation.
- Mais un procédé tout différent permet, fort heureusement, de « tâter le pouls » à un moteur d’automobile : il consiste à observer la dépression qui règne à la tubulure d’aspiration tout en tenant compte de la vitesse de rotation.
- La figure 16 représente schématiquement un régulateur d'avance pour distributeur d’allumage qui est précisément fondé sur ce principe et qui se trouve actuellement très répandu puisque Ford l’a adopté. Le résultat obtenu est des plus nuancés, supérieur, paraît-il d’après certains essais effectués en Angleterre, aux résultats que l’on peut attendre du meilleur conducteur réglant l’avance avec une manette.
- La figure 17 montre l’allure des courbes de dépression en fonction de la vitesse angulaire pour différentes ouvertures du papillon d’accélérateur.
- M. Fleischel vient de nous donner une remarquable réalisation de changement de vitesse automatique basé sur ce principe. L’installation comprend, tout d’abord, une boîte à quatre vitesses silencieuses à pignons hélicoïdaux, ces pignons étant solidarisés avec leurs arbres non par des crabots dentés mais par de larges embrayages individuels; quant au « cerveau » mécanique, ou déclencheur, chargé d’opérer les changements de combinaisons au moment propice, il est décrit en détail figure 18 (*).
- Cette transmission semble bien apporter une solution complète du problème du chan-
- 1. Pour la théorie complète du système Fleischel, on pourra se reporter à une conférence de M. Fleischel à la Société des Ingénieurs de l’Automobile, dont le texte a paru dans le numéro de février 1932 d’Omnia.
- gement de vitesses, avec la suppression de la pédale de débrayage et du levier. Une seule manette est nécessaire pour indiquer : « Marche avant », « point mort » ou
- « marche arrière »; la pédale d’accélérateur suffit ensuite à régler la vitesse de la voiture.
- L’utilisation du couple fourni par le moteur est tellement parfaite que l’on n’utilise pratiquement que les 3 « vitesses » supérieures sur les 4 vitesses que présente la boîte, la première n’étant utilisée que pour se tirer d’un cas difficile.
- Outre son grand intérêt au point de vue de l’évolution automobile, la transmission Fleischel représente une des plus parfaites réalisations du curieux domaine de l’automatisme mécanique. _ „
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 18. — Déclencheur automatique de la boîte Fleischel.
- Cet ingénieux appareil, véritable cerveau mécanique, effectue les manœuvres de changements de vitesses sans aucune intervention du conducteur, au moment le plus favorable. Il est contrôlé à la fois par la vitesse et par la dépression du moteur. A, arbre tournant entraîné par flexible; B, dispositif à force centrifuge exerçant une poussée de bas en haut sur le levier C qui pivote autour du point D. Le ressort E exerce une action de sens inverse par l’intermédiaire du levier F qui soulève le galet G, puis la bascule H; celle-ci appuie sur le galet I qui exerce à son tour son effort sur le levier K et par suite sur C. En déplaçant G et I au moyen du renvoi J, on change le rapport des bras de levier, ce qui permet de régler l’appareil à distance. La dépression du moteur s’exerce par la tubulure L sur un diaphragme intérieur dont l’action est également transmise par le levier K au levier principal C. Ce dernier se trouve donc soumis à une véritable action différentielle qui le rend capable 'de commander au mieux les manœuvres de la boîte des vitesses, par l’intermédiaire d’un dispositif pneumatique ou électrique.
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- EN MARGE DE L’HORTICULTURE
- UNE HERBORISATION... DANS MIREILLE
- En clôturant les fêtes du centenaire de Mistral, à Avignon en 1930, Edouard Herriot, dans une magnifique péroraison, définissait ainsi le chantre maillanais : « un poète de plein air et de soleil, un poète paysan qui, jusqu’à son dernier souffle, demeurera fidèle à sa foi terrienne ».
- Ce poète de soleil, ce poète qui croyait en son petit coin de terre qui va de la Durance à la mer, chanta la nature en connaisseur, sachant le nom de l’arbre accroché aux Alpilles calcaires que bleute le soleil, du brin d’herbe poussant péniblement parmi les galets de la Crau et celui des touffes marines clairsemées sur la plaine salée, la sansouiro camarguaise.
- Mistral aimait les plantes qui croissent sur le sol de Provence : il en connaissait les noms patois si jolis et si expressifs; son poème Mireille en est tout parsemé — tout parfumé — depuis « li roumarin don grès » (les romarins des champs pierreux), jusqu’aux grands micocouliers du mas de maître Ramon « où dès que mai s’éveille, pendent cent essaims ».
- Vivant en plein air et en plein soleil, ses premières impressions furent des impressions de « nature ». Les fleurs devaient instinctivement attirer l’enfant à l’esprit imaginatif que doit être un poète : la jolie histoire des fleurs de glais(') qu’il nous conte en ses Mémoires, en fait foi. Ne lui arriva-t-il pas « pichou-net » (il avait alors cinq ans) de tomber trois fois de suite dans le fossé longeant le mas, en voulant atteindre de ses menottes inhabiles « les fleurs blondines » de 1 ’Tris des marais ?
- Oh ! 3e joli ruisselet tentateur qui menait son eau au vieux puits familial, sous la garde des grands iris jaunes « aux hallebardes d’or » ! « ... Des demoiselles bleues, vertes, noiraudes et des notonectes bruns avec le ventre blanc » se trémoussaient sur « l’eau claire et riante... dans un fouillis de plantes aquatiques telles que ces massettes cotonneuses et allongées qui sont les fleurs du typha...-telles que le butome aux trochets de fleurs roses, et le pâle narcisse qui se mire dans le ru, et les lentilles d’eau aux feuilles minuscules et la langue de bœuf (1 2) qui fleurit comme un lustre, avec les yeux de l’enfant Jésus qui est le myosotis ».
- « Ce fossé, dit-il, fut le premier livre où j’appris en m’amusant l’histoire naturelle ».
- C’est en lisant dans les Mémoires de Mistral ses premiers souvenirs d’enfance que l’on comprend mieux pourquoi Mireille, ce poème de jeunesse, « ce raisin de Crau qu’avec toutes ses feuilles » il offrait en hommage à Lamartine, est tout imprégné de la nature.
- La flore provençale sert de décor, de fond de tableau à la naïve idylle de Mireille et de Vincent; les plantes (qui sont familières au poète) lui inspirent des métaphores gracieuses, ou lui servent à situer un paysage...
- Vincenette, « cette épineuse fleur de câpre», la sœur du vannier de Vallabrègue« avait des yeux bleus comme des prunelles»; son frère « le beau Vincent »« droit comme un roseau de Durance» [Arundo donax) compare Mireille aux grappes de fleurs blanches de l’Asphodèle :
- 1. Iris des marais.
- 2. En provençal : lengo de biou, c’est 1 ’Alisma plantago.
- « Vous, belle, je crois que vous êtes faite Comme les fleurs de l’Asphodèle Et la main hâlée de l’été N’ose caresser votre front blanc. »
- Quand Mireille tombe du mûrier dont une branche se rompt, « moins pâles sont les fleurs du cognassier » et lorsqu’elle s’enfuit vers les Saintes-Mai’ies, « ... des chênes nains (*) frôlant les têtes »... « elle vole sur les touffes des panicauts (!) et des camphrées (3) » et son sein agité...
- « Ressemble à ces campanules
- Qui, au rivage de la mer, étalent en été leur blancheur » (4).
- Le poète connaît sa flore. Il sait qu’
- « Au Sambuc, dans les grandes prairies ... fleurit la Cabridelle » (Aster tripolium)
- très commun en Camargue et qu’après la moisson, la centaurée du solstice; « l’auriolo » « étoile les guérets » de ses fleurs jaunes aux épines acérées.
- Il n’ignore pas le secret de la vallisnère, «î’erbeto di frisoun » (l’herbe aux boucles) qui croît dans le Rhône, et, qu’à la « saison de l’amour »
- L’une des fleurs toute seule,
- Monte sur l’eau rieuse,
- Et laisse au bon soleil épanouir son bouton;
- Mais la voyant si belle,
- L’autre fleur tressaille ;
- Et la voilà, pleine d’amour
- Qui nage tant qu’elle peut pour lui donner un
- baiser.
- Dans ce poème rustique, les plantes sont intimement liées à l’action. En entendant Mireille avouer à Vincent qu’elle l’aime, « les vieux saules étêtés sont émerveillés de jdaisir». « Les grands micocouliers pleurèrent » son départ du mas paternel et « les nymphéas demandaient aux gentils alcyons bleus » ce qu’elle était devenue... tandis qu’elle courait éperdue au milieu
- Des tamaris, des prèles,
- Des salicornes, des arroches, des soudes,
- Amères prairies des plages marines Où errent les taureaux noirs Et les chevaux blancs.....
- Comme le botaniste ramasse précieusement la plante qu’il trouve sur son chemin pour l’emprisonner entre deux feuilles de papier bulle, le poète a cueilli, au hasard de son poème, les plantes qu’il rencontra sur sa route. Son herbier s’appelle Mireille et la flore locale s’y est donné rendez-vous pour enjoliver gracieusement les amours de la fille de maître Ramon et de l’humble vannier de Vallabrègue.
- E. Meunissier.
- 1. Chêne Kermès, 2. Eryngium campestre. 3. Camphorosma monspeliaca4. Pancratium marilimum.
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- LES PSEUDO-FOSSILES
- Fig. l. — Un serpent pétrifié ? Non l simplement la marque des vagues sur de la boue molle.
- Qui n’a entendu parler de certaines sources ou de certaines eaux minérales qui « transforment en pierres » les objets que l’on y plonge ?
- Les plus connues chez nous sont celles du département du Puy-de-Dôme, à Saint-Allyre (Clermont), à Gimeaux, à Saint-Nacaire et aux États-Unis, les « Sources Chaudes » du Mammouth du Yellowstone Park (Montagnes Rocheuses). On appelle communément ces objets, des pétrifications.
- En réalité, il ne s’agit ici que d’une incrustation. La pétrification est tout autre chose; elle ne peut avoir lieu que sous certaines conditions.
- Tout d’abord, l’objet doit être assez ferme ou résistant pour retenir sa forme et c’est pour cette raison que seules les parties dures, telles que les coquilles des invertébrés, les os et les dents des vertébrés sont conservés.
- De fait, la pétrification n’est que la substitution plus ou moins intime de la matière minérale à la matière organique. Ceci se produit habituellement par l’infiltration d’une eau chargée de minéraux : chaux ou silice,
- Fig. 2. — Une carapace de tortue? Celle concrétion trouvée dans l’État de Virginie ne se rapporte aucunement à une tortue.
- qui remplacent la matière organique dissoute. Dans ce cas les structures cellulaires les plus délicates ainsi que la forme générale sont respectées.
- Extérieurement, l’objet pétrifié, qu’il soit en bois, en écaille, ou en os, ne diffère de l’original que par une augmentation de poids, de dureté et un changement dans sa coloration. Les objets complètement pétrifiés sont lourds et durs comme de la pierre. 11 est évident que la chair a disparu longtemps avant l’achèvement du procédé et que par conséquent il ne saurait y avoir de « corps pétrifiés », quoique Ton en signale fort souvent.
- Avouons, cependant, que certains objets en pierre, dénommés concrétions par les géologues, simulent parfois si bien des formes d’animaux ou d’objets familiers, que les profanes les prennent très facilement pour de véritables fossiles.
- Le Muséum national des États-Unis possède toute une collection de ces pseudo-fossiles sur lesquels M. Charles W. Gilmore, éminent géologue, a bien voulu nous documenter en nous remettant, en même temps, les photographies illustrant notre article et représentant quelques spécimens caractéristiques de ces imitations tout à fait remarquables.
- Ces pseudo-fossiles imitent très souvent des serpents pétrifiés ; notre première image en représente un échantillon particulièrement intéressant. C’est, nous dit M. Gilmore, le résultat d’un travail de vagues ou des ondulations dans de la boue molle, par des plantes aquatiques.
- D’autres pseudo-fossiles ont l’aspect de plantes, de fruits ou de légumes. M. Gilmore a trouvé une « citrouille » dans le « Désert Peint », au nord de T Arizona. L’objet est de la dimension d’une citrouille de bonne taille et sa surface rappelle vaguement la surface rugueuse d’une citrouille réelle; il est même garni d’une tige. Cette curieuse structure était nichée dans un grès tendre qui sous l’influence de l’érosion avait dégagé les concrétions plus résistantes. D’ailleurs, ces « citrouilles pétrifiées » ne sont pas rares dans cette contrée.
- Ces structures concrétionnées sont formées avec ou sans l’aide de quelque corps central formant noyau — une écaille, un bâton ou une pierre — autour duquel les particules se déposent souvent en couches concentriques. C’est ainsi que se forment des concrétions de grès, de calcaire, de silice, de minerai de fer argileux. Ce dernier se fendille parfois en formant des amas polygonaux et quand les crevasses ainsi formées se remplissent de calcite, on lui donne le nom de septaire, septaire fossile ou pierre à tortue, parce que leur ensemble rappelle d’une manière frappante une écaille de tortue, ce qui, du reste, fait souvent prendre ces concrétions pour des carapaces de tortues.
- Notre deuxième image montre un beau spécimen de « tortue fossile » (fig. 2), provenant de la Virginie occidentale.
- L’imagination aidant, le nombre d’objets que peuvent imiter ces concrétions est illimité. f q
- Il y a quelques années un professeur de géologie de
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- rUniversité du Wyoming reçut d’un correspondant occasionnel une concrétion ayant la forme d’une semelle de soulier et qui, d’après l’expéditeur, était la semelle pétrifiée d’une botte du fameux capitaine Bonneville, parce qu’il l’avait trouvée dans le voisinage d’une source auprès de laquelle Bonneville avait, dit-on, installé son camp. Certaines marques sur le bord de la semelle paraissant être les traces laissées par les fils ayant servi à la coudre l’avaient persuadé de la parfaite authenticité de sa trouvaille, unique dans son genre.
- Un jour que M. Gilmore collectionnait des fossiles dans le Wyoming il reçut la visite d’un fermier qui, après avoir examiné les ossements que le savant avait déjà recueillis, lui dit que, dans son ranch, il y avait une énorme « punaise » pétrifiée. Il l’invita à venir la voir. Inutile d’ajouter que cette fameuse punaise n’était qu’une forme concrétiqnnée ayant pris la forme segmentée d’une punaise.
- Enfin, on rencontre assez souvent encore une concrétion simulant à s’y méprendre une tête de canard (fig. 3). Ce qui semble être l’œil de la bête est probablement l’extrémité du noyau autour duquel s’est formée toute la masse.
- = L’INCENDIE DE ‘
- On sait que le dernier, le plus grand, le plus luxueux des paquebots assurant la liaison avec l’Amérique du Sud, Y Atlantique, mis en service en septembre 1931 par la compagnie de navigation sud-atlantique, a été entièrement ravagé par un incendie le 4 janvier dernier.
- Long de 227 mètres, jaugeant 42 000 tonnes, propulsé par 4 hélices actionnées par des turbines à engrenages recevant la vapeur de 16 chaudières au mazout, Y Atlantique présentait tous les raffinements du luxe dans son installation et notamment une « rue centrale », longue de 140 m, bordée de boutiques aux étalages somptueux.
- Le 3 janvier, Y Atlantique, retour de Buenos-Aires, avait quitté Bordeaux avec un personnel réduit à bord pour se rendre au Havre où il devait passer en cale sèche. Le 4 au matin, un sans-fil annonçait que le navire était en feu au large des îles anglo-normandes et de Cherbourg. A 6 heures, l’équipage était contraint d’abandonner le bord ; les 229 occupants purent s’enfuir, soit par les canots de sauvetage, soit en se jetant à la mer et furent recueillis par le cargo allemand Ruhr, l’anglais Ford-Castle, le vapeur hollandais Achillès, à l’exception de 19 victimes restées dans les fonds. L’énorme masse en flammes, environnée de fumée, dériva vers la côte anglaise et apparut au matin du 6 à la pointe de Portland. Plusieurs remorqueurs s’en approchèrent et bientôt le Minotaure pouvait y passer une remorque; d’autres suivirent; des hommes montèrent à bord, non sans péril et sans peine, et dans l’après-midi, après bien des incidents de toutes sortes, le navire escorté, halé par les remorqueurs, fut ramené vers Cherbourg où ils fut mouillé en grande rade à minuit.
- - — :........—— ................... = 127 =
- Avouons que les frappantes ressemblances des pseudofossiles excusent parfaitement l’enthousiasme des profanes qui les trouvent sur leur chemin, d’autant plus qu’en pareille occurrence il arrive parfois à des géologues ou à des paléontologues d’hésiter, au moins pendant quelque temps, en présence de ces formations aussi curieuses que bizarres. L. Ivuentz.
- Fig. 3. — Celte tête de canard est une simple concrétion.
- L’ATLANTIQUE ”
- Cet incendie, survenant moins d’un an après la perte du Georges-Philip par, dans la mer Rouge, et rapproché de nombre d’autres sinistres fréquents dans toues les marines marchandes, aussi bien étrangères que françaises, a fortement ému l’opinion. Les hypothèses les plus diverses se sont fait jour : attentat, court-circuit, défaut de construction ou surveillance et signalisation insuffisante, etc.
- Dès à présent, on peut dire que ces catastrophes répétées, et chaque fois si rapidement étendues, obligeront à reviser les techniques de construction navale, d’aménagement et de décoration des paquebots. Une vaste étude doit notamment être entreprise sur la tenue au feu des divers matériaux comme elle est déjà en cours au Comité technique de prévention du feu et à l’Office national des Recherches et Inventions depuis l’incendie de quelques grands magasins. Peut-être aussi, dans les projets financiers des futurs transatlantiques faudra-t-il faire une plus large part à la sécurité, même aux dépens du luxe des décors. Comme le disaient de nombreux marins en apprenant, la catastrophe : « un bateau n’est pas un château », et nous ajouterons ni un décor inflammable comme une torche.
- Les incidents du sauvetage soulèvent aussi nombre de questions de droit maritime qu’il serait bon d’adapter aux conditions actuelles d’appel par T. S. F. et de secours rapides.
- Ce qui reste éternel c’est le courage des marins, leur esprit de sacrifice, leur fraternité internationale dont ce sinistre donna un nouvel exemple digne d’admiration.
- A. B.
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- Enjhaut, une des premières vues prises, en avion, le 4 janvier.
- Au milieu, à gauche, le navire ramené à Cherbourg, par les remorqueurs,
- A droite, vue par bâbord.
- En bas, à gauche, la section du grand mât abattu par l’incendie.
- A droite,
- aspect de la coque gondolée avec ses peintures cloquées.
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- = L’ASSAINISSEMENT DES CAVES INONDÉES 129
- La vase, la boue, les immondices, déposées parles eaux, sont chargées de germes plus ou moins malfaisants. On y trouve des agents de la putréfaction, des microbes infectieux, qui peuvent entraîner des accidents graves chez les personnes (abcès, gangrène, tétanos, etc.), lorsqu’ils pénètrent dans le sang, par les écorchures, coupures, etc.), ou des maladies épidémiques, comme la fièvre typhoïde, l’infection par voie buccale se produisant par l’intermédiaire des mains, puis des aliments. Ainsi, les bacilles typhiques fixés sur les bouteilles peuvent être transportés sur la table avec celles-ci. Ils contaminent les doigts du consommateur, puis le pain, par exemple.
- Il est donc urgent de procéder au nettoyage et à la désinfection de tout ce qui a été recouvert de limon par les eaux troubles d’une inondation : sol, bas des murs, tonneaux, bouteilles, matériel, outils, etc.
- LA POMPE DES SAPEURS-POMPIERS PEUT-ELLE ÊTRE REQUISE?
- C’est une question souvent posée par des propriétaires pressés de mettre à sec leurs locaux envahis.
- La réponse peut se déduire de la réglementation en vigueur.
- D’après l’article 1er du décret du 10 novembre 1903, les sapeurs-pompiers i^euvent être appelés, exceptionnellement, en cas de sinistre autre qu’un incendie, à concourir à un service d’ordre ou de sauvetage.
- Logiquement, ce dernier mot ne vise que la préservation des personnes et des biens, en cas de péril. Or, il n’y a pas sauvetage dans le fait d’épuiser une cave inondée. C’est donc là un acte que le propriétaire doit accomplir par ses propres moyens et à ses frais.
- RECOMMANDATIONS AUX NETTOYEURS
- Ils doivent revêtir des habits spéciaux.
- Ils se garderont de toucher aux surfaces polluées, si leurs mains portent des écorchures.
- Pour prendre leurs repas, ils quitteront leurs vêtements de travail et se laveront soigneusement les mains avec de l’eau propre, contenant, par 10 litres, un demi-litre de solution de bisulfite de soude à 35 degrés; un savonnage atténuera ensuite l’odeur sulfureuse.
- LE NETTOYAGE
- Commencer par enlever la vase et les détritus divers qui recouvrent le sol et les murs, et profiter de l’occasion pour balayer les poussières et les toiles d’araignée, sur les parties non mouillées.
- Lorsque la boue se trouve en grande quantité sur le sol, on facilite son enlèvement en répandant dessus du plâtre, ou de la chaux, qui l’assèchent. Puis on lave à grande eau. S’il s’agit de terre battue, on l’arrose avec un lait de chaux.
- De même, gratter, brosser, laver, la vaisselle vinaire, le matériel, etc.
- Les immondices sorties de la cave et éloignées des habitations, sont désinfectées en y mélangeant parfaitement 5 kg de chaux vive par mètre cube, et 2 à 3 kg de sulfate de fer.
- Avoir soin, aussi, de ne pas les déposer dans le voisinage des puits et citernès.
- Faciliter ensuite, le plus possible, l’aération du local, car l’humidité qui imprègne le bois, les murs, favorise les moisissures, dont la mauvaise odeur caractéristique est absorbée par le vin.
- LA DÉSINFECTION
- Malgré les raclages et les nettoyages soignés à l’eau, il reste encore des matières en putréfaction dans la cave, si l’on ne fait pas usage d’antiseptiques.
- On doit donc encore stériliser, après lavage, tout ce qui a été souillé, contaminé.
- Par exemple, le matériel en bois sera frotté avec de l’eau contenant, par 10 litres, un litre de solution de bisulfite de soude à 35 degrés, on pourra aussi l’employer à l’intérieur des tonneaux.
- De même, on y laissera tremper quelques minutes les petits outils, les bouteilles, vides ou pleines.
- Mais ce désinfectant deviendrait onéreux, s’il s’agissait d’un grand local, de foudres, etc.
- Pour les murs, le produit le plus économique est le lait de chaux (10 kg de chaux vive dans 100 litres d’eau).
- On renforce son action antiseptique, par l’addition d’un kg de chlorure de chaux, puis d’un kg de sulfate de cuivre jjréala-blement dissous.
- Certains ajoutent seulement 200 g de soufre.
- Ou encore, 2 à 3 heures après l’application du lait de chaux simple, on pulvérise la solution de sulfate de cuivre à 1 à 2 pour 100.
- Le jet du pulvérisateur a l’avantage de mouiller plus parfaitement que le pinceau les recoins et anfractuosités, mais la mixture doit être soigneusement filtrée.
- Les gaz et vapeurs sont d’une application plus commode, et leur supériorité réside surtout en ce que leur action stérilisante s’exerce dans toutes les parties de la pièce.
- Ils agissent aussi sur les germes de l’air, les insectes. On connaît ces petites mouches du vin (Musca cellaris), qui abondent dans les endroits où fermente le moût, et que l’on voit flotter dans le goulot des bouteilles contenant du vin nouveau; elles transportent un peu partout les microbes de l’acétification.
- Mais il y a lieu de se méfier de la mauvaise odeur persistante que répandent certains produits et qui peut pénétrer dans les pores du bois, des bouchons, et se communiquer au liquide.
- Il est alors prudent de sortir les tonneaux pleins, et même tout récipient en bois, vide, pour leur appliquer un autre antiseptique, et de ne les remettre en place que lorsque toute mauvaise odeur a disparu.
- L’eau de Javel, le chlorure de chaux, le chlore, sont à signaler ici.
- Il est assez courant, dans les campagnes, de faire brûler de la paille humide dans les caves à assainir.
- Mais le formol et les composés phénoliques qui se dégagent communiquent une saveur spéciale au vin, dite goût de fumée, de bradé.
- Avec d’autres désinfectants, on a pu constater des goûts de créosote, de goudron, de naphtaline.
- Le gaz sulfureux, produit par la combustion du soufre, dont l’emploi se généralise de plus en plus, aujourd’hui, en vinification, est tout indiqué, comme antiseptique, par son bon marché, la facilité de sa production, et l’absence d’odeur persistante dans le vin.
- On répartit le soufre en canon (40 gr par mr> d’air) dans plusieurs récipients en terre, placés eux-mêmes, pour éviter les risques d’incendie, dans d’autres contenant de la terre ou de l’eau, et on les dispose en divers endroits et à différentes hauteurs.
- Les parois de la cave, et les objets qu’elle renferme, étant encore humides (à défaut, on pulvérise de l’eau), on ferme
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- = 130 ... ...............==
- toutes les ouvertures, saut' la porte, on calfeutre les lissures, puis on verse un peu d’alcool sur le soufre et on allume.
- Après avoir tiré la porte et bouché les rainures, on laisse en l’état au moins 24 heures.
- On peut aussi, de l’extérieur, envoyer dans la cave, à l’aide d’un tuyau, de l’anhydride sulfureux liquide (5 à 10 gr par mètre cube) contenu dans un sullitomètre.
- Il est prudent, au préalable, de graisser les cercles métalliques des tonneaux et autres ferrures, qui seraient attaqués par l’acide sulfurique qui se forme.
- C’est assez dire que ce que l’on appelle couramment, mais improprement, vapeur de soufre, ne convient pas pour les locaux d’habitation, pour lesquels on utilise le formol.
- QUELQUES CONSIDÉRATIONS TOUCHANT LE VIN MÊME
- Il a été vérifié que le vin contenu dans un fût qui est resté immergé dans l’eau un certain temps (fût bien bondé et bien plein), peut, par l’elïet de l’osmose à travers le bois, voir son degré alcoolique diminuer mais pas très sensiblement.
- D’autre part, que penser du danger d’infection de la boisson par les microbes pathogènes ?
- Nous ne croyons mieux faire que de reproduire la réponse, alors toute d’actualité à Paris, que le Médecin inspecteur général Vaillard faisait dans la « (lazette des Hôpitaux '» en 1910 :
- « Il s’agit, sans doute, de vins de qualité, en bouteilles cachetées. Dans ces conditions, à mon avis, il y a peu à redouter de l’inondation des caves.
- « La capsule de métal, ou l’enrobage de cire, constituent déjà une première protection efficace. Le bouchon de liège lin, introduit à forcement, réalise, d’autre part, une obturation suffisamment hermétique pour empêcher l’introduction des liquides extérieurs.
- « En admettant, même, qu’une souillure minuscule ait pu se produire (une grosse addition d’eau sera toujours très
- facilement visible), le vin, par sa nature même, aura vite raison des microbes dangereux, ainsi que le prouvent les intéressantes recherches de Sabrazès et Marcandier.
- « Dans le mémoire où ils traitent de l’action du vin sur le bacille d’Ebertli, ces auteurs ont montré que les vins purs, par leur acidité, exercent une puissante action bactéricide sur ce bacille.
- « L’une de leurs expériences consiste à ajouter, à du vin rouge pur, cinq gouttes d’une culture de ce microbe, c’est-à-dire des millions de germes : la survie du virus n’a jarhüis excédé neuf à dix heures. ^ -
- « L’action bactéricide des vins blancs esL encore plus rapide, parce tpie leur acidité est plus grande.
- « Les microbes pathogènes à redouter dans la présente circonstance ne pourront guère vivre dans le vin, où ils auront eu accès en minime quantité.
- « Rassurez donc vos correspondants, mais recommandez--leur d’examiner les bouteilles avec soin, à l’elïet de vérifier si les défectuosités du bouchage n’auraient pas permis un mouillage intempestif et de qualité plus que douteuse; dans ce cas, un prudent sacrifice sera nécessaire. »
- Rappelons, en terminant, les conseils que donnait aussi, alors, le Comité permanent des épidémies, aux négociants et aux particuliers dont les caves avaient été inondées.
- Les bouteilles pleines et bien bouchées qui ont séjourné dans l’eau devront être lavées extérieurement. Le goulot sera trempé dans une solution de formol commercial au centième.
- Quand des tonneaux en vidange auront été atteints par les eaux, leur contenu ne devra pas être livré à la consommation.
- Les tonneaux pleins seront nettoyés extérieurement.
- Les tonneaux vides, les fûts quelconques, le materiel vinaire, seront lavés à la vapeur d’eau, à la chaux et au carbonate de soude, égouttés et méchés au soufre.
- Antonin Rolet, Ingénieur Agronome, Professeur à l’Ecole d’Antibes.
- LE LOUP ET L’AGNEAU
- Dans le livre fort intéressant (') où J. Delmont, l’Autrichien capteur de fauves, narre ses souvenirs de la jungle, il est un chapitre particulièrement curieux qui présente sous un jour tout nouveau les rapports entre le loup et l’agneau. Ici, en effet, c’est l’agneau qui s’empare du loup.
- Ce n’est pas, à vrai dire, du loup véritable qu’il s’agit, mais de son cousinle Dingo, sorte de chien sauvage d’Australie, qui chasse par troupe et fait de terribles ravages dans les troupeaux.
- «J’ai vu, déclare J. Delmont, l’un de ces terribles Dingos prisonnier d’un troupeau de moutons, prisonnier dans toute la force du mot : captil, contraint, humilié, réduit à l’obéissance. Le mouton avait ravi le loup. »
- On sait que la steppe australienne nourrit des troupeaux de moutons innombrables, comptant parfois jusqu’à cent mille têtes, assez négligemment gardés du reste par quelques bergers qui ne regardent pas à un millier de moutons près. 11 arrive ainsi qu’une partie du troupeau se sépare et se perde : un mouton conducteur s’engage dans un défilé, des milliers d’autres le suivent, et parfois gagnent la montagne avant que le berger se soit aperçu de la désertion.
- Le « Dingo » observé par Delmont était prisonnier d’un de ces troupeaux égarés. Non seulement le captif était entraîné par la multitude, mais il était confié à une escorte. Quelques
- 1. J. Delmont. La capture des grands fauves et des pachydermes, traduit de l’allemand, par E. Gautier, Plon, Paris, 1932.
- béliers l’entouraient, et le gardaient. S’il cherchait à s’évader lorsque les bêtes en paissant s’étaient éparpillées, vite les béliers refermaient leur cercle. Il ne lui avait servi de rien de franchir par tant de bonds désespérés une foule de dos dont la tête plongeait dans l’herbe, les gendarmes lui avaient, comme toujours, barré la route. Et s’il parvenait à isoler quelque innocent agneau, vous imaginez dans quelle intention, les béliers se jetaient sur lui tête baissée.
- Le malheureux Dingo, complètement affamé, était réduit au squelette. Delmont le vit de près, la tête basse au milieu de ses gardiens et se déplaçant humblement avec eux. Pour essayer de le délivrer, il tira un coup de fusil en l’air. Le Dingo s’élança frénétiquement au milieu des moutons qui fuyaient pêle-mêle. Mais ceux-ci, ils étaient plus de mille, avaient retrouvé leur calme avant que leur prisonnier n’eût pu se dégager. Repoussé de proche en proche jusqu’au centre, le Dingo fut remis en garde. Quarante-huit heures après, le prisonnier, à bout de forces, pouvait à peine se mouvoir. Par pitié, Delmont mit fin à son supplice d’un coup de carabine.
- Mis en fuite par la détonation, les béliers revinrent bientôt. Muets et stupides, ils entourèrent le cadavre. La masse mouvante du troupeau les pressant, ils résistèrent. Le flot s’écoulant, ils se laissèrent dépasser. Le troupeau s’éloignant, ils bêlaient. Ils restèrent là des heures, fidèles au poste jusqu’à la nuit avancée... Les moutons avaient vu mourir le loup.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN MARS 1933 (*)
- Mois planétaire par excellence : mars en opposition avec le Soleil le 1er mars; Jupiter en opposition avec le Soleil le 9 mars; Mercure à sa plus grande élongation du Soleil le G; Neptune presque encore en opposition avec le Soleil (arrivée le 27 février), etc.
- L’attention des observateurs sera surtout retenue ce mois-ci par la planète Mars, qui nous présente maintenant son pôle boréal, marqué par la calotte neigeuse; malheureusement, comme nous l’expliquons plus loin, le diamètre de la planète restera petit et il faudra des instruments assez puissants pour effectuer d’utiles observations.
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire: •— Le mois de mars est particulièrement propice pour les observations de la Lumière zodiacale, qui s’élève alors très haut dans le ciel.
- La période la plus favorable s’étendra du 15 mars (aussitôt après le crépuscule) jusqu’au 27 ou 28 mars, époque où la Lune nouvelle commencera à gêner la visibilité de la lueur.
- La lueur anti-solaire s’abaisse sur l’horizon avec l’élévation du Soleil; elle sera difficilement visible, juste à l’opposé du Soleil.
- Du 16 au 18 on pourra la rechercher, vers minuit, autour
- de l’étoile p de la Vierge.
- I. Soleil. — Le commencement du Printemps sura lieu le 21 mars, à 2 h. A ce moment le Soleil traversera l’équateur céleste et sa déclinaison sera de
- 11. Lune. — Les phases de la Lune, en mars, seront les suivantes :
- 0°0'. Elle était de —7°39,lel L'r mars et atteindra + 4°5/ le 31.
- Une variation si rapide de la déclinaison du Soleil entraîne évidemment une grande différence dans la présence de cet astre au-dessus de l’horizon et la durée du jour variera de 10h55m le 1er à 12'l43‘“ le 31. (Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizorr).
- Voici, dans le Tableau ci-dessous, le temps moyen à midi vrai ;
- Dates. Heure du passa
- ars 10 r 12“ 3“ lls
- — 3 12 2 47
- - 5 12 2 20
- — 7 12 1 52
- — 9 12 1 23
- — 11 12 0 51
- — 13 12 0 . 19
- — 15 11 59 45
- — 17 11 59 11
- -- 19 11 58 36
- — 19 11 58 0
- — 23 11 57 24
- — 25 11 56 47
- — 27 11 56 11
- — 29 11 55 34
- — 31 11 54 58
- Fig. 1. — Aspect de la planète Mars au moment de son opposition.
- Le pôle Nord, en bas de la figure, est maintenant tourné vers la Terre. L’image est renversée telle qu’on la voit dans les lunettes astronomiques. Le cercle en traits interrompus représente le diamètre de Mars dans les oppositions très favorables. (Dessin de L. Rudaux.)
- P.O. le 4, à 10“ 23m.
- P. L. le 12, à 2“ 46m.
- D. Q. le 18, à 21“ 5'“.
- N. L. le 26, à 3“20m.
- Age de la Lune, le 1ür Mars, à 0“ (T.U.) = 4*,5; le 27, à 0“ = 01,9. Pour une autre date du mois, ajouter à l’âge 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 27.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en mars (le 5, à 12“ = + 28°24' ; le 18, à 18“ =• — 28°22'. Remarquer la très grande hauteur de la Lune dans le ciel, les 5 et 6 mars, lois de son passage au méridien, vers 19“ le 5 et vers 19“ 50 le 6.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 3 mars, à 18“. Parallaxe = 54'13". Distance = 404450 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), Je 15 mars, à 18“. Parallaxe = 59'41". Distance =367 51,
- Apogée de la Lune,le 31 mars à 13“. Parallaxe = 54'8". Distance = 405 070 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 4 mars, occulta-
- Observations physiques. — Voir ce que nous avons dit, le mois dernier (N° 2986) concernant les observations physiques du Soleil. Voici la suite des éphémérides permettant l’orientation des dessins ou des photographies du Soleil :
- Dates.
- (0“, T. U.) P B0 E0
- Mars 2 21°, 81 — 7°,23 5°, 5 4
- — 7 220,97 7°,25 299°,67
- — 12 23°,97 — 7°, 21 233°,78
- — 17 24°,81 — 7°,11 167°,88
- 22 25°,47 — 6°,96 1010,96
- — 27 25°,96 — 6°,76 36°,02
- — 29 26°,10 — 6°,67 9°,65
- Lion de 47 13. Cocher (gr. 6,0). Immersion à 19“50m.
- Le 8, occultation de 5 13. Cancer (gr. 6,4). Immersion à 0“3m,5.
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera remarquable du 27 au 31 mars.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 12 et au moment de la nouvelle Lune du 26. Du 12 au 15 mars, les marées seront très fortes, leur coefficient dépassant 100 centièmes. Il sera de 107 centièmes les 13 mars au soir et 14 mars au matin.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté 'de 0“ à 24“, à partir de 0“ (minuit). Le temps universel est le temps de Greenwich ; c’est aussi le temps légal en France.
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- 132
- ASTRE Dates : Mars Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (1). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamèti-e apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- \ 6 16h 26“ 12» 2m 7“ 17» 39“ 23» *7 m — 5° 44' 32' 17”2 Verseau
- Soleil . . . ) 16 6 6 11 59 28 17 55 23 43 — 1 48 32 12,0 Poissons ))
- [ 26 5 44 11 56 29 18 10 0 20 + 2 8 32 6,4 Poissons
- ( 6 6 51 13 6 19 21 0 9 + 2 45 7,0 Poissons
- Mercure . . 16 6 6 12 36 19 6 0 21 + 5 59 9,6 Poissons ! Le soir, au début du mois.
- ( 26 5 17 11 31 17 45 23 55 + 2 30 11,2 A Poissons
- i 6 6 12 11 20 16 29 22 22 — 11 34 10,0 X Verseau
- Vénus . . . 16 5 57 11 28 16 58 23 9 — 6 59 10,0 Verseau ? Invisible.
- ' 26 5 41 11 34 17 27 23 55 — 2 6 9,8 Poissons
- 6 16 43 23 42 6 40 10 50 + 12 0 13,8 0 Lion |
- Mars. . . .< 16 15 44 22 48 5 53 10 35 + 13 9 13,6 P Lion / En opposition, visible
- 26 14 50 21 58 5 6 10 24 + 13 50 12,8 a Lion toute la nuit.
- Jupiter. . . 16 16 59 23 30 6 2 11 16 + 6 20 41,4 Lion Toute la nuit.
- Saturne . . 16 4 40 9 17 13 55 21 1 — 17 40 14,0 0 Capricorne A l’aube.
- Uranus. . . 16 6 58 18 37 20 16 1 21 + 7 57 3,2 s-v Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . 16 16 10 22 56 5 41 10 41 + 9 14 ' 2,4 l Lion. Toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-dessus, qui est dressé à l’aide des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1933, contient les données les plus importantes pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de mars 1933.
- Mercure brillera comme étoile du soir au début du mois, sa plus grande élongation se produisant le 6 mars, à 15h, à 18°9' à l’Est du Soleil. D’après M. L. Rudaux, la visibilité de Mercure, le soir, commence 11 à 12 jours avant l’élongation, et se termine environ 6 jours après.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- Dates. Disque Diamètre. Magnitude
- illuminé. stellaire.
- Mars 2 0,67 6”,2 — 0,7
- — 7 0,45 7, 3 — 0,1
- — 12 0,24 8, 4 + 0,8
- — 17 0,08 9, 8 + 1,8
- 22 0,01 10, 8 + 2,9
- — 27 0,02 11, 2 + 2,6
- Mercure se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil
- le 23 mars, à 8».
- Vénus est inobservable, elle se trouvera en conjonction supé-
- rieure avec le Soleil le 21 avril. Le tableau suivant, d’après la
- valeur du disque illuminé, montre que la planète s’approche
- de sa conjonction (le disque illuminé atteignant alors la valeur
- 1,00, puisqu’il est éclairé de face \ . I •
- Dates. Disque Diamètre. Magnitude
- illuminé. stellaire.
- Mars 2 0,98 10,1 — 3,4
- — 7 0,98 10,1 — 3,4
- — 12 0,98 10,0 — 3,4
- — 17 0,99 9,9 — 3,4
- — 22 0,99 9,9 — 3,4
- — 27 0,99 9,8 -3,4
- Mars va se trouver en opposition avec le Soleil le 1cr mars, à 20". Sa plus petite distance à la Terre atteindra le chiffre de 100 853 370 kilomètres. C’est une opposition apliélique, en ce sens que Mars se trouvera à peu près au point le plus éloigné du Soleil de son orbite au moment de l’opposition. Aussi son diamètre maximum restera-t-il très faible et n’atteindra-t-il pas même 14” alors que dans des conditions très favorables il dépasse 25”.
- C’est ce que montre bien notre figure 1, qui donne l’aspect télescopique de Mars au moment de l’opposition. L’image est renversée, comme on la voit dans les lunettes astronomiques. Le pôle nord de Mars avec sa calotte neigeuse est ainsi au bas du dessin. Le cercle ponctué représente le diamètre qu’atteint Mars dans les oppositions les plus favorables.
- On trouvera au Bulletin astronomique du n° 2896 la marche apparente de Mars sur le ciel pendant les premiers mois de 1933.
- Voici quelques données disque de Mars ce mois-ci : relatives à la présentation du
- Angle Angle de
- de Latitude position Magni-
- Date position du Dia- de la tude
- de l’axe, centre. mètre. Phase. phase, stellaire.
- Mars 2 15°,8 + 20°,3 13”,9 0”,0 1990,9 _i)0
- — 12 13°, 6 + 20°,0 13”,7 0”,1 127°,8 — 0,9
- — 22 11, 8 + 19°,8 13”,2 0”,3 118°,7 — 0,7
- Pour l’observation des détails de la surface, se reporter au très beau planisphère de la planète dressé par M. E.-M. Anto-niadi et paru dans la revue Y Astronomie.
- Le diamètre assez petit de Mars en cette opposition va limiter quelque peu le temps pendant lequel on pourra l’observer utilement avec de petits instruments, après le mois de mai, la planète ne pourra plus être étudiée qu’avec des instruments très puissants.
- Jupiter va se trouver en opposition avec le Soleil le 9 mars, à 9».
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-
- Cette planète est l’une des plus intéressantes à étudier avec les instruments d’amateurs, aussi bien par les détails changeants de sa surface (bandes nuageuses, etc..), que par les curieuses évolutions de ses quatre principaux satellites (éclipses, occultations, passages devant la planète ou passages de l’ombre des staellites, etc.). En voici la liste pour, le mois de mars (voir le n° 2896).
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- )ates lars Meure.
- 1 0" 5
- 1 0 18
- 1 2 20
- 1 2 21
- 1 2 32
- 1 19 6
- 1 21 13
- 1 23 39
- 2 5 25
- 2 18 34
- o 18 44
- 2 20 49
- 2 20 58
- 3 23 37
- 3 23 55
- 4 2 18
- 4 2 31
- 4 19 43
- 4 20 3
- 5 18 43
- 5 21 34
- 7 4 38
- 8 1 59
- 8 2 1
- 8 4 15
- 8 4 16
- 8 23 7
- 9 1 23
- 9 20 27
- 9 20 28
- 9 21 56
- 9 22 10
- 9 22 42
- 9 22 43
- 10 0 55
- 10 1 27
- 10 19 51
- 11 2 8
- 11 2 12
- 11 4 45
- 11 4 53
- 11 10 19
- 11 20 29
- 11 23 20
- 11 23 40
- 12 21 10
- 13 0 1
- atel- lilc. Phéno mène.
- I O. c.
- I P. c.
- III E. c.
- I O. f.
- I P. f.
- IV Em.
- I E. c.
- I Em.
- II E. c.
- I O. c.
- I P. c.
- 1 O. f.
- I P. f.
- II O. c.
- II P. c.
- II O. f.
- II P. f.
- III O. f.
- III P. f.
- II E. c.
- II Em.
- I E. c.
- I O. c.
- I P. c.
- I O. f.
- 1 P. f.
- I E. c.
- 1 Em.
- I P. c.
- I O. c.
- IV O. c.
- IV P. c.
- I P. f.
- I O. f.
- IV P. t.
- IV O. t.
- ï E. f.
- II P. c.
- II O. c.
- IL P. f.
- II O. f.
- III P. c.
- III O. c.
- III P. f.
- III O. f.
- II Im.
- II E. f.
- la tes lars ! leure.
- 15 3h 45“
- 15 3 53
- 16 0 52
- 16 3 17
- 16 22 11
- 16 22 22
- 17 0 26
- 17 0 38
- 17 19 18
- 17 21 45
- 18 4 22
- 18 4 47
- 18 18 52
- 18 19 6
- 18 23 35
- 19 0 28
- 19 2 37
- 19 3 38
- 19 23 25
- 20 2 36
- 21 20 7
- 21 20 45
- 23 2 36
- 23 23 55
- 24 0 16
- 24 2 10
- 24 2 32
- 24 21 2
- 24 23 39
- 25 18 45
- 25 20 36
- 25 21 0
- 26 2 52
- 26 4 26
- 26 19 20
- 27 1 40
- 28 19 45
- 28 20 40
- 28 22 23
- 28 23 20
- 29 21 25
- 30 4 20
- 31 1 40
- 31 2 11
- 31 3 55
- 31 4 26
- 31 22 46
- Satel- lite. Phéno mène.
- I P. c.
- I O. c.
- I lm.
- 1 E. f.
- I P. e.
- I O. c.
- I P. f.
- I O. f.
- I Im.
- I E. f.
- II P. c.
- II O. c.
- I P. f.
- I O. f.
- III P. c.
- III O. c.
- III P. f.
- III O. f.
- II Im.
- II E. f.
- II P. f.
- II O. f.
- I Im.
- I P. c.
- I O. c.
- I P. f.
- I O. f.
- 1 Im.
- I E. f.
- I O. c.
- I P. f,
- I O. f.
- III P. c.
- III O. c.
- IV O. f.
- II Im.
- II P. c.
- II O. c.
- II P. f.
- II O. f.
- III E. f.
- I Im.
- I P. c.
- I O. c.
- I P. f.
- I O. f.
- I Im.
- Saturne est un peu visible à l’aube, il commence à se dégager du rayonnement solaire.
- 133
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 15 Mars :
- Grand axe extérieur 35",23
- Petit axe extérieur. , +10",12
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau. , + 16°,70
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau. . + 18°,22
- Uranus est encore visible et on pourra le rechercher, dès
- l’arrivée de la nuit, avec une simple jumelle, en s’aidant de la
- carte spéciale parue au Bulletin astronomique du n° 2889,
- sur laquelle on pointera les positions ci-après c le la planète :
- Dates. Ascension Déclinaison . Diamètre.
- droite.
- Mars 6 lh 19“ + 7° 45' 3",4
- — 16 1 21 + 7 57 3, 2
- — 16 1 23 + 8 9 3, 2
- Neptune, presque en opposition au début du mois, est
- visible toute la nuit. Voici quelques-unes de ses positions :
- Dates. Ascension Déclinaison Diamètre
- droite.
- Mars 6 10“ 42“ + 9° 8' 2",4
- — 16 10 41 + 9 14 2, 4
- — 26 10 40 + 9 19 2, 4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 11, à 5h, Mars en conjonction avec Neptune, à 3° 28' N.
- Le 11, à 5", Neptune — la Lune, à 1° 2' N.
- Le 11, à 5'“, Mars . — la Lune, à 4° 23' N.
- Le 11, à 23“, Jupiter — la Lune, à 2° 45' N.
- Le 12, à 23“, Jupiter — Lion (gr.4,2), à 0° 13' S.
- Le 22, à 3h, Saturne — la Lune, à 1° 40' N.
- Le 25, à 16“, Vénus — la Lune, à 3° 34' S.
- Le 25, à 17\ Mercure — la Lune, à 0° 56' N.
- Le 26, à ln, Mercure — Vénus, à 4° 35' N.
- Le 27, à 16“, Uranus — la Lune, à 4° 41' S.
- Temps sidéral. — Voici le temps sidéral pour quelques jours du mois. On en déduira le temps sidéral à toute autre date ou heure, sachant que le jour sidéral vaut 23h56m48 de temps moyen. Dates. Temps sidéral à 0h (T. U.)
- Mars 1er — 10 — 20 — 30
- 10h 33“ 23“
- 10 8 52
- 11 48 18
- 12 27 43
- Étoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol ((3 Persée), visibles à l’œil nu : le 12, à 21h59“; le 15, à 18“48“.
- Etoiles filantes. — L’Annuaire de Bureau des Longitudes signale, d’après W.-F. Denning, deux radiants actifs en Mars :
- Epoque. Ascension Déclinaison. Etoile
- droite. voisine.
- Mars 7 — 7
- 233° —18° ^ Scorpion.
- 244° + 15° À Hercule.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er mars, à 21h, ou le 15 mars, à 20h, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- A l’Est : La Vierge, la Chevelure; le Lion.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Au Sud : L’Hydre; le Navire; la Licorne; le Petit Chien.
- A l’Ouest : Le Taureau; le Bélier ; Orion. Em. Touchet.
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- 134 LA RADIOPHONIE PRATIQUE "TTZi:
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D'UN APPAREIL SIMPLE
- LES PERFECTIONNEMENTS DES HAUT-PARLEURS ÉLECTRODYNAMIQUES ET LE ROLE DE LEURS DIFFUSEURS
- Nous avons déjà eu l’occasion de signaler (chronique de Radiophonie pratique, Là Nature, 15 sept. 1932), l'importance que présentent la forme et la matière du diffuseur pour obtenir avec le haut-parleur électro-dynamique des résultats acoustiques satisfaisants.
- Pour étudier les propriétés d’un haut-parleur, on établit ce qu’on appelle sa courbe de réponse, qui permet de déterminer la fidélité avec laquelle ce haut-parleur traduit les différentes fréquences des oscillations électriques musicales en notes musicales de hauteur correspondante. Entre 250 et 500 périodes-seconde, les différents points de la membrane se déplacent en phase, et la masse de celle-ci peut être considérée comme appliquée à la bobine mobile. Pour les fréquences élevées, au delà de 300 périodes-seconde, la courbe de réponse dépend essentiellement des caractéristiques de l’équipage mobile. Pour les fréquences graves, en dessous de 300 périodes-seconde, la courbe de réponse dépend à la fois de l’équipage mobile et de l’intensité du flux d’excitation dans l’entrefer de l’électro-aimant.
- Quant à la sensibilité du haut-parleur, c’est-à-dire l’intensité d’audition plus ou moins grande produite en appliquant sur sa bobine mobile des oscillations électriques données, elle dépend presque uniquement de l’intensité du champ d’excitation.
- Il résulte de ces faits que, pour une sensibilité donnée, dépendant des caractéristiques électriques du haut-parleur, la courbe de réponse de cet appareil est intimement liée aux caractéristiques mécaniques de l’équipage mobile.
- Différents facteurs déterminent les caractéristiques électro-acoustiques de cet équipage. Ce sont la masse de la membrane du diffuseur, la forme et la surface de cette membrane, sa suspension extérieure, la masse, et la suspension centrale de la bobine mobile vibrante.
- Les trois premiers facteurs sont très importants, parce qu’ils déterminent la fréquence de résonance de la membrane, la réaction due à la résistance de l’air et, en partie, l’inertie totale de l’équipage mobile. On sait, d’autre part, qu’en fait, le diffuseur n’agit pas sur les masses d’air à la façon d’un piston de surface indéformable, mais qu’il semble présenter toujours des lignes nodales plus ou moins nettes et plus ou moins diversement disposées suivant les différentes fréquences acoustiques.
- La forme, le poids, la composition chimique du diffuseur, les dispositions prises pour en empêcher les déformations, ont donc une grande importance; de plus, la membrane du haut-parleur doit conserver des caractéristiques constantes, quelles que soient les variations de température et d’état hygrométrique de l’air.
- La membrane d’un haut-parleur électro-dynamique est un organe qui paraît à priori, extrêmement simple, et dont le prix de revient est peu élevé par rapport aux autres parties de l’appareil, mais on ne saurait trop insister sur l’influence qu’elle peut avoir sur les qualités musicales de l’ensemble du dispositif.
- Trop longtemps, beaucoup de diffuseurs ont été simplement faits de papier fort, collé suivant une génératrice ; ce procédé
- avait, en tout cas, à la longue, le désavantage, si le collage était insuffisant, de déterminer des détériorations de la membrane et des bruits de vibrations parasites. Les diffuseurs de sparterie, formés de toile et de papier, et les diffuseurs en toile encollée moulée utilisés aux Etats-Unis semblent préférables. Il semble pourtant qu’il soit encore plus rationnel, malgré les difficultés, de réaliser ces membranes à l’aide de papier moulé par aspiration, et on fabrique, depuis assez longtemps aux Etats-Unis, des membranes de ce type qui semblaient présenter presque seules des qualités électro-acoustiques complètement satisfaisantes.
- Un constructeur français spécialisé a maintenant pu réussir à fabriquer en France des membranes similaires présentant des qualités analogues, et sérieusement contrôlées.
- S’il est, en effet, possible de fabriquer dans n’importe quelle manufacture de carton moulé, rapidement et en quantités considérables, des cônes en carton ou en papier de dimensions données, il est impossible d’établir rapidement sans un outillage convenable et, en l’absence de tout contrôle technique, une membrane acoustique possédant de réelles qualités musicales.
- La membrane Sidley n’est pas réalisée par un des procédés de moulage par pression ou pneumatique, couramment employés dans l’industrie du carton, mais par un procédé de moulage par dépression qui permet d’obtenir un profil d’épaisseur convenable, et assure une régularité d’homogénéité et de poids qui ne peut être obtenue par les appareils habituels des fabriques de cartonnages.
- La matière première utilisée est d’une composition chimique qui diffère de celle des pâtes de papier ou de carton ordinaire, et elle est malaxée d’une façon spéciale afin d’obtenir par le moulage une substance qui assure un rapport défini de l’élasticité à la densité superficielle, rapport très éloigné de celui que l’on peut avoir avec les pâtes destinées à la papeterie ou au cartonnage.
- Après moulage, les diffuseurs sont, d’ailleurs, soigneusement séchés et imprégnés immédiatement d’un produit hydrofuge, afin qu’ils ne puissent de nouveau se charger d’humidité. L’importance de cette fabrication française nouvelle est déjà assez grande, puisque la production moyenne d’une seule usine est de l’ordre de mille membranes par jour, et sera portée sans doute, sous peu, à deux mille membranes.
- Les modèles différents de membranes, de même composition chimique, mais de formes, de dimensions, et d’épaisseurs différentes doivent, d’ailleurs, varier suivant les types des haut-parleurs eux-mêmes, et dépendent de l’intensité du flux magnétique dans l’entrefer ainsi que de la puissance modulée maxima prévue dans la bobine mobile. On voit qu’il s’agit là d’une fabrication qui doit être extrêmement précise.
- LES AUDITORIUMS D’ESSAIS CHEZ LES REVENDEURS
- Le critérium le plus simple qui puisse déterminer l’acheteur non technicien dans le choix d’un appareil est sans doute une audition directe obtenue avec un appareil déterminé, dans les meilleures conditions techniques.
- Bien souvent aujourd’hui, l’essai est fait par le vendeur au domicile même de l’acheteur : excellente méthode pour se rendre compte exactement du fonctionnement du poste dans ses conditions futures d’utilisation; elle a seulement le désa-
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- vantage de ne pas permettre d’essais comparatifs entre les appareils de différentes marques ou de différents modèles; le revendeur ne peut évidemment transporter un grand nombre de postes à la fois !
- Il faut donc féliciter de nombreux revendeurs parisiens ou de province d’avoir fait, ces derniers temps, un effort très sérieux pour faciliter aux sans-filistes le choix comparé d’un poste, grâce à des studios d’audition bien aménagés, dans lesquels les clients peuvent écouter dans des conditions excellentes les appareils des différentes marques.
- Différents studios d’audition de ce genre ont été inaugurés récemment à Paris. Nous citerons, par exemple, les studios Philips, Arc-Radio, Radio-Saint-Lazare, et il existait déjà depuis plusieurs mois le studio du Pigeon-Voyageur, qui semble avoir été un des premiers réalisés à Paris.
- Dans un de ces studios de création récente, la partie du magasin réservée à cette étude visuelle et auditive du poste par le client est divisée en deux parties..La première sei't uniquement à la présentation des appareils de différentes marques, et à leur examen détaillé par les clients. L’examen acoustique des appareils présentés s’effectue dans des cabines d’audition dans lesquelles les clients peuvent écouter et comparer à loisir sans être troublé par le brouhaha inévitable d’un magasin.
- Les cabines sont donc isolées acoustiquement avec grand soin; les planchers sont isolés du sol et les cloisons de séparations sont constituées de manière à former une paroi parfaitement isolante au point de vue acoustique. Elles comportent une double ossature en menuiserie habillée de deux couches de molleton épais, et supportant deux cloisons de staff. En aucun point, les parois intérieures et extérieures ne sont en contact, et la structure ne comporte aucune pièce métallique. Les canalisations de ventilation elles-mêmes sont garnies de joints souples, et les deux portes ont des huisseries complètement indépendantes l’une de l’autre. Les glaces de ces portes sont doubles, avec couche d’air intérieure.
- Il fallait, de plus, éviter toute déformation dans la transmission des sons. La forme des plafonds et des parois a été étudiée dans ce sens, et les niches de présentation des appareils garnies de tentures de velours amortissantes.
- Il est nécessaire, cependant, dans les installations de ce genre, de pouvoir faire fonctionner un assez grand nombre d’appareils à la fois. Dans l’installation Arc-Radio dont nous venons d’indiquer les caractéristiques on peut, par exemple, employer 24 récepteui’s simultanément. Il faut éviter non seulement les perturbations acoustiques produites par les différents récepteurs entre eux, mais encore les perturbations radio-électriques déterminées par leur interréaction mutuelle. Pour obtenir ce résultat, on a réalisé des blocs de découplage spéciaux. Pour 24 appareils, la descente d’antenne est ainsi divisée en trois dérivations de huit prises. Toutes les canalisations sont dissimulées sous des plafonds ou derrière les parois.
- Il faut également prévoir des lignes spéciales pour l’essai des haut-parleurs et des phonographes électriques, et, dans les studios très complets, l’installation devient fort complexe. Dans le studio indiqué, près de cent lignes bifilaires blindées communiquent avec les différents points du local, et aboutissent à un récepteur de distribution. Un répartiteur permet toutes les combinaisons désirables, et peut être modifié sans avoir à modifier les canalisations. On peut ainsi interconnecter facilement les différents pick-ups, amplificateurs, récepteurs,
- haut-parleurs, phonographes électriques, etc... et comparer immédiatement les systèmes étudiés, de sorte que le client peut choisir en toute connaissance de cause, et sans perdre de temps.
- Enfin, il faut encore prévoir des systèmes anti-jaarasites qui évitent l’influence des courants perturbateurs haute fréquence pouvant troubler les auditions. Toutes les canalisations de chauffage, éclairage, ou de transport de force sont ainsi blindées avec mise à la terre.
- L’EMPLOI DES RÉSISTANCES ET DES POTENTIOMÈTRES DANS LES POSTES MODERNES
- L’avènement des postes-secteur a amené un emploi de plus en plus étendu des résistances de toutes sortes pour le montage des appareils de réception. On sait, par exemple, que chaque lampe à chauffage indirect doit comporter désormais dans le circuit de sa cathode, le plus souvent, une résistance découplée par un condensateur, qui a pour but d’appliquer sur cette cathode et, par conséquent, sur la grille, la tension de polarisation nécessaire. Pour appliquer d’autre part, sur les plaques et les écrans des différentes lampes du poste, les tensions convenables, il est de même utile d’utiliser des résistances généralement fixes.
- Fig. 2. — Quelques montages de résistances variables clans un circuit d'accord.
- + Hte
- tension
- 4 volts
- tension
- H*? tension
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- § g
- G
- G
- ^ «2
- Fj<7. 3. — Emploi de résistances variables dans les circuits haute fréquence.
- Les résistances variables, maintenant, sont employées, non seulement pour permettre de faire varier l’intensité d’audition, mais même la tonalité, et sont employées alors en combinaison avec des condensateurs fixes d’assez forte capacité. Il a fallu étudier d’une manière de plus en plus soignée la fabrication de ces résistances, de façon à obtenir un fonctionnement durable sans risque d’échaufîement trop grand qui déterminerait des crépitements et des bruits parasites insupportables. Le réglage des résistances variables doit, d’autre part, être effectué d’une manière très progressive, sans qu’il se produise aucun mauvais contact dans la course du curseur, car le moindre défaut de contact déterminerait des bruits violents dans les haut-parleurs.
- Il est, à l’heure actuelle, deux catégories de résistances fixes, les résistances en matière moulée, généralement à base
- Fig. 5. — Emploi de potentiomètres et de résistances variables pour faire varier l’intensité de l’amplification basse fréquence et la tonalité
- de l'audilion.
- de graphite, et, d’ailleurs, très perfectionnées depuis quelque temps, et, d’autre part, les résistances bobinées en fil résistant. Les résistances variables sont, de leur côté, formées d’enroulement bobinés en fil résistant, de poudre de graphite à compression variable, ou bien encore composées d’une résistance de graphite sur laquelle se déplace un curseur mettant en circuit une portion plus ou moins grande de çette résistance. On peut, d’ailleurs, remarquer, à ce propos, que souvent les potentiomètres sont combinés avec des interrupteurs, ce qui permet des usages multiples, et réduit le nombre des organes de réglage d’un poste.
- 11 nous paraît donc intéressant d’indiquer quelques-uns des montages dans lesquels on utilise maintenant les résistances variables, et de décrire sommairement quelques modèles de résistances récents.
- On peut d’abord employer une résistance variable au graphite ou bobinée de 1000 à 6000 ohms pour constituer la liaison directe grille-antenne dans un appareil à montage d’accord apériodique (fig. 2a). C’est un montage de ce genre qui sera décrit plus loin pour un poste à une lampe haute fréquence à écran, une détectrice, une basse fréquence.
- De la même manière, un potentiomètre du même type peut servir comme shunt du primaire d’un tesla de plusieurs façons différentes (ûg. 2b, 2c et 2d). Elle permet ainsi de régler l’accord de l’amortissement du circuit d’antenne pour la réception d’émissions plus ou moins puissantes ou pour la sélection.
- H tetension
- Hte+
- tension
- Fig. 4. — Emploi d’un rhéostat ou d’un potentiomètre pour faire varier la tension plaque ou la polarisation de grille.
- Dans un poste-secteur, un potentiomètre d’un type analogue, mais dont la valeur de la résistance de l’ordre de 10 000 ohms varie suivant le type de lampes, permet à la fois de faire varier l’amortissement du circuit d’antenne et la polarisation de la cathode (fig. 3a). Un potentiomètre de 10 000 à 50 000 ohms est utilisé pour faire varier la tension d’une lampe à écran et, par conséquent, l’amplification produite par cette lampe (fig. 3b).
- De même que précédemment on employait un potentiomètre en shunt sur le primaire du tesla d’accord, on peut employer également un potentiomètre d’une résistance de l’ordre de 100 000 ohms en shunt sur le primaire d’un transformateur haute fréquence, ou un potentiomètre de l’ordre de 10 000 ohms monté comme le montrent les schémas 3c. et 3d.
- D’une manière analogue, un potentiomètre de 20 000 à 50 000 ohms sera utilisé pour faire varier la tension plaque d’une lampe haute fréquence (fig. 4a) ou bien une résistance montée en série permettra de remplir le même office (fig. 4b).
- De la manière bien connue, un potentiomètre permet de faire varier la polarisation d’une cathode d’une lampe à chauffage indirect, de même qu’un rhéostat sur polarisation de 75 000 ohms permet de remplir le même office (fig. 4c).
- Pour faire varier l’intensité de l’audition obtenue à l’aide des étages d’amplification basse fréquence, on peut monter sur le secondaire du transformateur basse fréquence un potentiomètre de 500 000 ohms (fig. 5a). Un contrôle de tonalité
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- est obtenu en plaçant sur le secondaire du transformateur basse fréquence une résistance d’un million d’ohms en série avec un condensateur de 6 millièmes de microfarad. On peut également obtenir un contrôle de tonalité sur la plaque en disposant 'une résistance de 100 000 ohms en série avec un condensateur de 5 centièmes de microfarad.
- Lorsqu’on veut régler la tonalité de l’audition obtenue avec une lampe trigrilie de puissance, on adopte enfin le montage de la figure 5 d avec un condensateur de 2 centièmes de microfarad en série avec une résistance de 200 000 ohms. Il est d’ailleurs de multiples usages des résistances variables qui sont encore trop peu connus des amateurs, la plupart du temps. En particulier on peut rendre très progressif le réglage du système de réaction d’un poste et surtout d’un appareil destiné à la réception des ondes courtes en shuntant la bobine de réaction par une résistance variable de 0 à 500 000 ohms qui permet de régler à volonté l’amortissement du circuit (fig. 6).
- Enfin, nous avons eu l’occasion d’indiquer l’emploi des résistances variables dans quelques systèmes anti-parasites.
- Comment sont constitués les résistances et potentiomètres variables actuels ? Les modèles à poudre de graphite comprimée sont établis très simplement avec un petit réservoir de graphite sur lequel appuie un piston réglable à l’aide d’une vis micrométrique (fig. 7). On conçoit, d’ailleurs, que la fabrication de ces résistances soit très délicate parce qu’il faut
- Fig. 7. — Résistances à graphite.
- a) En poudre de graphite comprimée ; b) Curseur à molette tournante sur piste de graphite; c) Même dispositif combiné avec un interrupteur (modèles Virostat).
- qu’elles puissent admettre des courants relativement intenses, dissiper rapidement la chaleur produite, permettre une variation progressive avec un fonctionnement silencieux. Il résulte de ces conditions que les grains de poudre ne doivent pas s’agglomérer en un bloc trop homogène, sous l’effet de la compression, ce qui empêcherait une augmentation progressive de la résistance, lorsque la pression diminue, et que le piston se relève.
- Il semble, d’ailleurs, qu’on emploie un peu moins ces modèles de résistances qui pouvaient être établies de 200 ohms à 5 mégohms maximum et supportaient une charge maximum de l’ordre de 20 watts, avec une tension maximum de 250 volts.
- Pour que les résistances au graphite permettent d’obtenir des résultats satisfaisants, il est nécessaire qu’elles soient parfaitement étudiées et par exemple le modèle représenté sur la figure 7 b comporte un contact de la prise variable avec la résistance au graphite par l’intermédiaire d’un cylindre métallique qui roule sur l’élément résistant. Le mouvement de rotation est imprimé à ce contacteur cylindrique par un petit pignon denté qui engrène sur une crémaillère circulaire. La résistance au graphite n’est ainsi soumise à aucun frottement, et ce dispositif de « volume-contrôle » dont la résistance peut varier de 1000 ohms à 1 mégohm au maximum peut être combiné avec un interrupteur qui permet d’effectuer la mise en marche de l’appareil avec le bouton
- de réglage de puissance.
- Cet interrupteur à rupture brusque est encastré dans le boîtier du volume-contrôle dont il est parfaitement isolé. Il permet de couper un courant de 3 ampères sous 125 volts ou un courant de 1 ampère sous 250 volts (fig. le).
- Enfin, les résistances et potentiomètres bobinés sont des appareils d’un fonctionnement extrême -ment sûr. On conçoit cependant qu’on ne puisse très facilement obtenir des résistances très élevées de cette manière et que, d’autre part, il soit nécessaire d’employer un système de curseur qui évite tout crachement, c’est-à-dire assure un contact parfait, et permette un réglage précis, tout en réduisant l’usure au minimum.
- C’est ce qui est obtenu dans le modèle de la figure 8. Le curseur glisse sur une lamelle métallique souple circulaire assurant le contact, mais ne frotte pas directement sur les spires de fil de la résistance.
- Les modèles les plus récents établis suivant ce système sont bobinés avec du fil de haute résistance mécanique et électrique, avec spires entièrement enfermées dans un boîtier en bakélite. L’axe de commande isolé permet la fixation directe sur le châssis métallique. Le système peut être combiné avec un interrupteur encastré, à rupture extra brusque à contact, de large section, et il est possible d’assembler un nombre quelconque d’appareils pour former un bloc à commande unique. D’un autre côté, on peut établir soit des bobinages à variation linéaire de résistance, c’est-à-dire dont la variation de résistance correspond proportionnellement à la variation du curseur, ou à variation progressive du type logarithmique qui convient mieux dans certains montages.
- On voit par ces quelques indications l’importance prise par l’emploi des résistances variables et potentiomètres dans la construction des appareils ainsi que les progrès réalisés dans la fabrication de ces organes essentiels.
- {A suivre.) P- Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits,
- Membranes de diffuseurs Climax et résistances Virostat. Sidley, 86, rue de Grenelle, Paris,
- Résistances et potentiomètres bobinés Rexor. Etablissements Giress, 16, boulevard Jean-Jaurès, Clichy (Seine).
- Bloc de montage Emgbloc. Emyradio, 198, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Fig. 8. — Résistances et potentiomètres bobinés à système de contact perfectionné (type Rexor).
- a) Vue d’ensemble, b) vue de profil, c) modèle à boîtier de protection.
- ' Haute tension
- Fig. 6. — Emploi d’une résistance variable pour le réglage du système de réaction.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ETHNOGRAPHIE
- Exposition des missions Jacques Bacot au Tibet.
- Le Musée d’Ethnographie au Trocadéro, expose jusqu’au 26 février, les objets recueillis par M. Jacques Bacot, durant ses séjours au Tibet Oriental (1907-1901), ainsi qu’aux marches tibétaines, à Darjeeling et Kalimpong, en 1913 et 1932.
- Le Tibet, que Ton écrit parfois à tort Thibet, est l’un des pays les plus fermés et les plus ignorés du globe. Situé au cœur du continent asiatique, approximativement entre le 78e et le 103e degré de longitude Est, et le 27e et le 39e degré de latitude Nord, il est bordé au Nord par la province de Sinkiang (Turkestan chinois) à l’Est et au Sud-Est par les provinces chinoises du Kansu, du Szechuan et du Yunnan, au Sud et à l’Ouest par la Birmanie, les Etats himalayens, et le Cachemire (Indes britanniques). C’est une des contrées les plus élevées du monde, composée presque entièrement de massifs montagneux (le mont Everest se trouve sur son territoire), d’une altitude moyenne variant de 4000 à 5000 mètres et, par suite, d’accès très difficile.
- La population actuelle tibétaine, dont nous connaissons fort peu les attaches ethniques, est une race de conquérants, venus avec leurs chevaux et leurs arcs probablement du Nord-Est à une date inconnue. Linguistiquement, elle se rattache au sino-tibéto-birman. D’une religion analogue au shamanisme sibérien, elle se convertit au bouddhisme du vne au ixe siècle de notre ère, et donna naissance au rite bouddhiste lamaïque (le tibétain classique est la langue sacrée du lamaïsme dans tous les pays de ce rite : Mongolie, etc...).
- Les habitants, qui se nomment eux-mêmes Pô, sont gouvernés temporellementpar le souverain spirituel du Lamaïsme, le Dalaï-Lama, dont la capitale est Lhassa. C’est un peuple robuste, très sportif, aimant faire des voyages de commerce ou de pèlerinage, et excellent à cheval sur les plateaux, soit sédentaire, soit nomade, mais jamais les deux à la fois. Les villes les plus importantes sont Lhassa, la capitale, et Gyantsé. On peut estimer la population à 4 ou 5 millions d’habitants.
- En 1907, dans un premier voyage au Tibet Oriental, où, parti de Yunnanfu, il suivit la vallée du Mékong jusqu’à Batang, fit la route du pèlerinage de Dokerla, et retourna par la Birmanie, M. Jacques Bacot recueillit les objets après les guerres sino-tibétaines, provenant du pillage de lamaseries par les Chinois, etc...
- Dans son second voyage, il partit en juin 1909 de Yunnanfu, arriva à Litang par le plateau du Niarong (ce qui n’avait jamais été fait avant lui), alla de Litang à Conkaling, et de là vers l’Ouest en traversant les fleuves. Il fut arrêté avant d’avoir atteint le bassin du Brahmapoutre, près de la source orientale de l’Irraouady, source à laquelle il arriva le premier. Son retour se fit par le pays Mosso et Yunnanfu.
- En outre, M. Bacot est allé en 1913 et 1932 à Darjeeling et à Kalimpong où il a également recueilli des objets.
- Certains objets exposés sont empruntés aux collections personnelles de M. Bacot et d’autres au Musée Guimet; la plupart d’entre eux appartiennent désormais au Musée d’Ethnographie, par suite d’un don très important récemment effectué par M. Bacot.
- A l’exposition ont été adjointes 37 photographies prêtées par Mme A. David-Neel, l’exploratrice bien connue et un ensemble important de livres extraits de la bibliothèque du Muséum, de la bibliothèque personnelle de M. Bacot et principalement de la bibliothèque du Musée d’Ethnographie.
- Des disques de musique tibétaine, joués certains jours, complètent cette remarquable documentation.
- MOUVEMENT SCIENTIFIQUE
- L’activité du Fonds national belge de la recherche scientifique
- et de la fondation universitaire en 1931=32 (')
- Les lecteurs de La Nature se souviennent, sans aucun doute, de ces deux œuvres destinées à soutenir le mouvement scientifique sous toutes ses iormes, depuis l’instruction spéciale des étudiants dans les diverses facultés du pays et de l’étranger, jusqu’aux recherches les plus hardies, comme celle du professeur Piccard.
- Les fouilles d’Apamée dans la région de Kalaat-el-Moudik (Syrie), entreprises par MM. Mayence et Lacoste, ont donné de grands et beaux résultats. Le champ des ruines d’Apamée qui couvre plus de deux cents hectares au bord du fleuve Oronte a été partiellement prospecté. Une imposante rangée de colonnes (plus d’un millier) qui décoraient une rue importante de la cité, sur une longueur de 1600 m ont été repérées. Cette importante artère était bordée de grands monuments dont un particulièrement a pu être rétabli dans ses façades antérieure et postérieure. L’âge de cet édifice a été établi avec précision par la découverte d’une inscription en l’honneur de l’empereur Lucius Verus (161-169) gravée sur une colonne du grand portique. Les statues des colonnes à cannelures torses, du plus haut intérêt, sont venues compléter le trésor architectural déjà mis à jour. De nombreux moulages furent exécutés sur place et on procède actuellement, aux Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles, à la reconstitution d’une partie de cette fameuse allée d’Apamée.
- Quand on pense que ces merveilleux résultats furent obtenus à l’aide de subsides minimes (à peine 250 000 fr.), on reste confondu devant l’esprit d’abnégation des deux savants qui dirigent ces travaux.
- Poursuivant son œuvre humanitaire, le fonds national a alloué pour l’exercice écoulé un nouveau subside de 100 000 fr. à l’expédition entreprise en Chine par le R. P. Rutten en compagnie de deux médecins pour expérimenter la méthode du D1’ Weigl dans la lutte contre le typhus exanthématique. Le vaccin du Dr Weigl a été inoculé à ce jour à plus de 180 missionnaires sans qu’un seul cas de mortalité due au typhus se soit révélé depuis l’application du sérum. Chaque année, les missions perdaient 4 à 5 personnes par ce terrible fléau. L’année polaire internationale n’a pas laissé le Fonds indifférent; un subside de 200 000 francs a été alloué à une commission compétente pour remplir le programme suivant :
- 1° L’établissement en Belgique d’une station magnétique destinée à remplacer, en partie, celle de l’Institut royal météorologique dont le fonctionnement est annihilé actuellement par les « courants vagabonds » des tramways.
- 2° L’établissement au Congo belge, dans la région équatoriale, d’une station magnétique consacrée aux memes études.
- 3° La réalisation de lancers journaliers de ballons-sondes en relation avec un programme d’études établi par M. Jau-motte, directeur de l’Institut royal météorologique.
- Le Massif du Ruwenzori (Afrique Centrale) dont le sommet s’élève à plus de 5125 m d’altitude a été exploré tant au point de vue géologique que zoologique et botanique. Une carte complète de cette région inconnue a été soigneusement établie. De l’avis des personnes compétentes, de sérieuses découvertes ont été faites qui seront l’objet de communications spéciales.
- Ici encore le résultat fut acquis par une dépense qui, pour le Fonds National, ne dépasse pas 200 000 francs. Le Fonds
- 1. Voir La Nature du 15 juillet 1931 et du l,r mai 1932.
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- continue toujours à s’intéresser pécuniairement à la station internationale de la Jungfraujoch, où tout un matériel perfectionné, avec un confort suffisant, est mis à la disposition des chercheurs. Dans le domaine industriel pur, le Fonds est intervenu pour un subside de 3 millions 700 mille francs pour des recherches spéciales, telles que le comportement des métaux ferreux à des températures comprises entre 300° et 700e* C, des recherches techniques spéciales dans les différentes universités belges, et dans l’étude des problèmes du lin qui présente pour l’avenir de l’industrie textile belge une importance primordiale, etc...
- Signalons en outre que trente personnalités scientifiques belges bénéficient d’un subside annuel de 25 000 francs chacune pour les aider dans leurs recherches; que huit subsides ont été accordés au titre « chercheur » pour un montant de près de 100 000 francs, neuf subsides au titre voyage pour plus de 300 000 francs et que de nombreux instruments scientifiques ont été prêtés à des savants.
- Quant à la Fondation Universitaire, elle a accordé aux étudiants de nos diverses facultés pendant l’exercice examiné, 218 prêts pour un montant de 75G 500 francs. Quinze étudiants ont également reçu des bourses pour des études à poursuivre à l’étranger. En outre, de nombreux ouvrages ont été acquis pour enrichir les bibliothèques de nos établissements d’instruction supérieure; la publication des travaux originaux a été encouragée comme par le passé.
- Comme l’on voit, nos deux œuvres nationales ont fait preuve d’une superbe activité.
- G. Remacle.
- PHYSIQUE DU GLOBE Un cratère météorique découvert en Arabie.
- Dans notre N° 2885 du 15 juillet 1932, nous avons signalé les cratères météoriques actuellement connus sur notre globe. Ces excavations, fort peu nombreuses, paraissent attribuables selon toute vraisemblance, à des bolides dont elles marqueraient le point de chute. Cependant on connaît de nombreux points de chutes de météorites et l’on y a retrouvé tout ou partie de ces projectiles célestes, mais en général sans y constater la présence de cratères semblables à celui du Caflon Diablo dans l’Arizona, ou aux multiples cratères de Ifenburg en Australie. Pourquoi ici des cratères profonds et de grandes dimensions, alors qu’ailleurs on retrouve les projectiles météoriques à fleur de sol ?
- Il y a là un mystère que la science n’a pas encore réussi à élucider.
- Aussi est-il fort intéressant d’enregistrer toute découverte de cratère do ce genre à la surface de notre Terre. Dans VAstronomie, Mme Gabrielle Camille Flammarion, au cours d’une belle étude sur les cratères météoriques, signale la découverte récente faite dans le désert de Rub’-Al-Khali, en Arabie, en janvier 1932, par un explorateur anglais, M. H. Saint-John Philby. La découverte ne manque pas de pittoresque. Nous ajouterons que l’explorateur lui-même, commerçant, agent diplomatique, explorateur, est une figure bien originale dont le journaliste français, Albert Londres, peu de temps avant sa mort tragique sur le Georges-Philippar, avait donné un beau portrait.
- M. Saint-John Philby avait entendu parler, au cours d’un précédent voyage, des ruines de Wabar, la ville du grand désert, et d’un mystérieux bloc de fer aussi gros qu’un chameau. Le 7 janvier 1932, il partit de Rigadh avec une petite caravane composée de 19 hommes et 32 chameaux, à la conquête de la cité, sur laquelle les anciens géographes ont raconté des histoires fabuleuses.
- Arrivée au point que l’explorateur avait repéré approximativement sur la carte comme l’emplacement de la cité, la caravane campa. M. Philby monta sur une dune de sable pour explorer les environs et tenter de distinguer la cité, but de l’expédition. Alors ses regards plongèrent dans le fond de deux cratères jumeaux encerclés de remparts bas. Là gisait Wabar, la cité des légendes ! Les fouilles commencèrent. I.'explorateur promit une certaine somme pour l’extraction du bloc de fer de la grosseur d’un chameau. Mais on ne trouva qu’une masse ronde, polie, dont les dimensions étaient si loin de celles d’un chameau que les chercheurs n’y avaient même pas prêté attention. Ce bloc est maintenant exposé au British Muséum de Londres. Au lieu des ruines de Wabar, de nombreux fragments météoriques jonchaient le sol.' »
- STATISTIQUE
- Les automobiles dans le monde.
- D’après la statistique du Ministère du Commerce des Etats-Unis, il existait, dans le monde, au 31 décembre 1931, un total de 35 058 378 véhicules automobiles, ce qui représente
- 1 automobile par 57 habitants.
- Ce nombre se décompose en 29 083 480 voitures de tourisme, 358 139 autobus et 5 616 759 camions.
- Dans le total, l’Europe s’inscrit pour 5 537 341 véhicules, soit 1 pour 72 habitants, les Etats-Unis pour 25 814103 (1 pour 4,7 habitants), les autres pays d’Amérique pour
- 2 011 762 (1 pour 41 habitants), l’Afrique pour 364 423 (1 pour 494 habitants), l’Asie pour 398 324 (1 pour 2259 habitants) et l’Océanie pour 932 425 (1 pour 70 habitants).
- Les Etats-Unis tiennent, de loin, le premier rang. La France vient au second rang avec 1 722 368 véhicules (1 par 24 habitants), dont 1 249 375 voitures de tourisme, 40 800 autobus, 432 193 camions; l’Angleterre occupe le troisième rang avec 1 562 553 véhicules, le Canada le quatrième avec 1 206 836 véhicules. L’Allemagne vient ensuite avec 611 210 véhicules, puis l’Australie avec 525 846 véhicules. Les pays où la densité automobile est la plus forte, après les Etats-Unis, sont Hawaï (50 292 véhicules : 1 par 7 habitants), la Nouvelle-Zélande (191 867 véhicules, 1 par 8 habitants), le Canada (1 par 8,6 habitants) et enfin la France (1 par 24 habitants) suivie de près par le Danemark (122 510 véhicules, soit 1 par 29 hab.).
- Les brevets d’invention en 1931.
- L’activité inventrice et industrielle des différents pays peut se mesurer jusqu’à un certain point par le nombre des brevets qui y sont demandés.
- La Revue La Propriété industrielle de Berne publie la statistique des brevets pour l’année 1931.
- En tête de tous les pays viennent les Etats-Unis où il a été délivré 52 161 brevets. Aux Etats-Unis l’accord d’un brevet est subordonné à un examen préalable des antériorités; il a été déposé en 1931 dans ce pays 79 981 demandes.
- L’Allemagne, pays à examen préalable, a délivré 25 846 brevets, et il y a été déposé 72 686 demandes.
- La France, pays où les brevets sont délivrés sans examen, a délivré 24 000 brevets.
- L’Angleterre, pays à examen préalable, en a délivré 21 949 et a reçu 36 117 demandes.
- L’Italie, la Belgique, la Suisse, pays sans examen, ont délivré respectivement 10 907, 9072 et 7384 brevets.
- L’Autriche, le Japon, la Tchécoslovaquie, l’Australie, pays à examen, ont délivré respectivement 5300, 4318, 3650 et 3041 brevets.
- Les taxes de dépôt et d’annuités ont rapporté au Trésor Français en 1931 la somme de 32 335 226 francs.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Echappement des gaz et de la vapeur f
- Chambre
- extérieure
- Sortie
- Entrée du liquide
- Cheminée
- -Chambre
- intérieure
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- Fig. 1. — Euaporateur à flamme immergée.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Un évaporateur à flamme immergée.
- Les évaporateurs sont très employés dans l’industrie chimique, pour effectuer des concentrations par exemple. Lorsqu’ils doivent être chauffés, ils le sont par l’extérieur. La chaleur se transmet de l’agent de chauffage au liquide à évaporer à travers une paroi métallique qui oppose toujours une certaine résistance au flux calorifique, résistance qui peut devenir considérable lorsque la paroi interne est entartrée de dépôts salins, mauvais conducteurs : cas très fréquent dans la pratique. D’autre part, une partie de la chaleur contenue dans l’agent de chauffage, que ce soit un gaz ou un liquide, se dissipe inévitablement vers l’extérieur et il en résulte une perte toujours sensible.
- Ces pertes, dans certains cas, pourront être évitées par l’emploi de l’évaporateur à flamme immergée, imaginé par M. Brunler et que la société anglaise Kestner Evaporator and Engineering C° exposait récemment à Londres, à l’occasion d’une exposition anglaise d’appareillage chimique.
- Le chauffage du liquide à évaporer est assuré par une flamme qui se produit au sein,même de ce liquide, dans un brûleur constamment immergé.
- Le combustible mélangé à l’air nécessaire à sa combustion, est refoulé dans ce brûleur à l’aide d’un ventilateur ou d’un compresseur; les gaz brûlés traversent le liquide, ils sont en contact direct avec lui et lui abandonnent sans perte leur chaleur.
- L’appareil est cloisonné intérieurement et comporte une chambre extérieure où pénètre le liquide frais; de là, par une canalisation extérieure, celui-ci descend et gagne le bas de la
- chambre intérieure où est placé le brûleur : il s’échauffe à son contact, et remonte le long d’une cheminée qui coiffe le brûleur, passe au sein de la chambre extérieure, pour déboucher dans une chambre d’échappement.
- Le liquide trouve un orifice de sortie à un niveau inférieur au niveau maintenu dans la chambre extérieure, tandis que les gaz et la vapeur s’échappent de la cheminée dans la chambre d’échappement et de là au dehors.
- Si l’échappement se fait à la pression atmosphérique, en raison de la présence dés gaz dans la vapeur d’échappement et de l’abaissement qui en résulte pour la tension de la vapeur d’eau pure, la température du liquide ne peut dépasser 80°. Seul le brûleur se trouve donc soumis à des températures élevées.
- Ceci permet, quand on traite des liquides corrosifs,rde garnir les parois internes du récipient de vernis protecteurs, qui ne résisteraient pas à l’action d’une haute température.
- Constructeur: Kestner Evaporator and Engineering C°, à Londres.
- TRAVAUX D’AMATEURS Agencement d’une meule en tour à bois.
- Les petites meules d’établi que l’on utilise dans les ateliers d’amateurs comportent un train d’engrenages sur un bâti, qui est fixé au bord de l’établi au moyen d’un boulon à pattes. La meule qui est généralement une meule émeri tourne alors très vite, caria transformation de vitesse assurée parles engrenages communique à l’arbre un nombre de tours respectables quand on agit sur la manivelle qui actionne la grande roue dentée.
- On peut très bien mettre à profit cette vitesse assez élevée pour réaliser un tour à bois dans des conditions très économiques. On remplace la meule par un plateau-support en bois, de même dimension, de sorte qu’il est interchangeable avec la meule que l’on peut retirer. Ce plateau-support sera muni de vis, d’une queue de cochon ou de tous organes de fixation des pièces en bois que l’on veut tourner, s’il s’agit par exemple d’un plateau.
- Pour éviter d’installer sur l’établi un support d’outils en éventail, comme dans les tours à bois ordinaires, on pourra tourner la surface latérale du plateau en utilisant tout simplement un petit rabot d’acier, et au besoin même un rabot légèrement cintré, comme on en trouve dans cette série d’outils.
- S’agit-il de tourner une pièce longue ? Il est nécessaire de
- Fig. 2. — Meule transformée en tour à bois.
- Pièce à tourner—
- Equerre
- ''Engrenages
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- la supporter à l’extrémité et d’éviter un trop grand porte-à-faux. La contre-pointe du tour sera tout simplement réalisée au moyen d’une équerre dans laquelle on fixera une pointe rentrant dans la pièce, ou dans laquelle on percera un trou formant lunette pour soutenir la pièce elle-même.
- Cette équerre sera fixée à l’autre bord de l’établi au moyen d’un C de mécanicien, de sorte que l’on n’a aucun trou à percer dans le plateau de l’établi, aucune pointe et aucune vis à placer.
- De plus, la meule, une fois son usage de tour à bois rempli, pourra redevenir à nouveau meule émeri; il suffit de démonter le plateau bois et de le remplacer par la meule interchangeable.
- OBJETS UTILES
- Une ombrelte=parapluie à manche télescopique.
- Les exigences de la mode ont réduit, ces derniers temps, les dimensions des parapluies et des ombrelles, réduction d’en-
- Fig. 3. — Coupe de Vombrelle-parapluie.
- combrement ayant plutôt porté sur la longueur du manche que sur la surface couverte.
- Les parapluies de petites dimensions dits « Tom-Pouce », quoique plus transportables que les anciens, présentent encore l’inconvénient d’être trop longs et aussi trop lourds; la mode exige un encombrement et un poids chaque jour plus réduits.
- Comment y parvenir? C’est le problème auquel un inventeur, M. Véron, s’est attaqué et auquel il a apporté une solution nou-
- velle en créant un parapluie ou ombrelle dont la longueur totale, lorsqu’il est fermé, est de plus de moitié inférieure à celle du « Tom Pouce ».
- Cette réduction est obtenue en adoptant un manche à tubes télescopiques, munis des verrouillages nécessaires pour les positions d’ouverture et de fermeture; tous autres accessoires utilisés sur les autres ombrelles et parapluies pouvant compléter l’équipement de l’ombrelle ou du parapluie à manche télescopique. Ce parapluie-miniature est plus particulièrement caractérisé par le renversement du cône lorsque l’ombrelle ou le parapluie se trouve fermé, le dotant ainsi d’un cachet d’originalité.
- D’autres accessoires de grand luxe peuvent compléter cet équipement et peuvent comporter particulièrement un chiffre gravé sur la calotte formant embout du parapluie, ce chiffre peut être remplacé par toute autre garniture, plaque Fig. 4.
- d’émaux, brillants, montre, etc., etc. Ombrelle-parapluie
- Le port de cette ombrelle ou parapluie fermée.
- à manche télescopique pouvant s’effectuer au moyen d’un ruban ou dragonne,
- grâce à quoi on le maintient au poignet, avec plus de facilité et moins d’encombrement qu’un parapluie « Tom-Pouce » et il est à considérer que le vide ménagé entre la cuvette et la calotte de recouvrement peut être utilisé pour recevoir les menus accessoires de la toilette féminine.
- Inventeur : M. Véron, 81, rue Jean-Baptiste-Clément, Boulogne-sur-Seine.
- Petite cisaille coupant d’équerre.
- Cette petite cisaille est composée d’un plateau muni d’échelles graduées et d’une lame qui coupe les documents juste au bord de ce plateau. Elle sert dans les ateliers de photographie, chez les papetiers, etc. Comme cet appareil est assez lourd et encombrant, en voici un autre qui rendra service aux amateurs photographes, ou pour le calibrage d’objets de faibles dimensions.
- Il se compose d’une paire de ciseaux ordinaires, dont la lame inférieure supporte un petit plateau portant un rebord exactement d’équerre avec la lame des ciseaux. On appuiera la photo contre le rebord, qui est gradué. 11 est donc très simple de
- Fig. 5. — Cisaille coupant d'équerre.
- couper avec précision et au format désiré, photographies, étiquettes, cartes d’échantillons, etc.
- En vente chez Berville, 18, rue Lafayette, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la floraison des bambous noirs
- (nos 2S91 et 2895).
- M. J. Gensoul nous écrit :
- « La biologie des bambous est assez mal connue : néanmoins depuis longtemps, on a constaté et admis ce fait curieux de la floraison simultanée de tous les pieds d’une espèce, ou tout au moins de tout un groupe immense de pieds portant sur des kilomètres carrés de peuplement. Ce phénomène qui a lieu, quel que soit l’emplacement des sujets, se produit à des intervalles qu’on estime généralement entre 50 et 100 ans.
- Les pieds meurent, mais semblent repousser du rhizome en nouvelles tiges, à l’instar d’un peuplement détruit par la gelée.
- En fait, les Phyllostachijs nigra (bambou noir) ont fleuri en 1932 dans toute l’Europe occidentale, et sans doute ailleurs : les renseignements d’Asie, à ma connaissance, manquent encore sur cet événement qui ne s’est pas produit en Europe depuis au moins 50 ans, sauf erreur.
- Si tous les bambous noirs importés proviennent du même pied, il est hors de doute qu’il ne s’observera d’autre exception que celles provenant d’un manque de lumière sur certains pieds : l’intéressant sera de savoir quelles seront les régions de Chine qui auront échappé à la floraison. »
- Le réce pteur de T. S. F. sur courant de secteur à 25 périodes.
- M. A. Vernay, ingénieur-électricien à ‘Nice, nous écrit à ce sujet :
- « En feuilletant le n° 2894 du 1er décembre 1932 de votre estimé
- QUESTIONS
- Choix d’un poste=récepteur.
- Nous n’avons pu répondre plus tôt à votre lettre, n'ayant pas les indications nécessaires; veuillez nous en excuser. Le prix que vous ne désirez pas dépasser pour l’achat d’un poste-récepteur radiophonique est relativement modique, nous vous conseillons donc, si vous désirez acheter un poste-secteur neuf, de vous contenter d’un appareil de grande marque, mais relativement simple, c’est-à-dire comportant seulement une lampe haute fréquence à écran, une lampe détectrice, une trigrille de puissance, et une valve. Dans cette catégorie d’appareils, vous pourriez trouver d’assez nombreux modèles de fabrication sérieuse. Nous pouvons vous indiquer par exemple les fabricants suivants :
- Établissements Hewittic, rue du Pont, à Suresnes (Seine).
- Établissements Lemouzy, 121, bd St-Michel, à Paris.
- 2° Un poste de ce genre à une seule lampe haute fréquence exige évidemment l’emploi d’une antenne assez bien dégagée, et ne possède pas une sélectivité très accentuée. Si vous voulez adopter un appareil très sensible et très sélectif, d’un prix qui ne soit pas supérieur à celui de l’appareil précédent, il vaut encore mieux choisir un appareil superhétérodyne alimenté par batteries, si l’emploi de ces batteries ne vous semble pas trop gênant.
- Pour trouver un appareil d’occasion en bon état, vous pouvez consulter utilement les petites annonces des grandes revues de vulgarisation, ou des revues spécialisées de T. S. F. Ces annonces sont généralement publiées par des particuliers auxquels vous pourrez demander les garanties nécessaires.
- Nous pouvons, d’autre part, vous indiquer l’adresse suivante pour l’achat d’un poste d’occasion, garanti en état de fonctionnement : M. Doussau, 5, rue de Lille, Paris (VIP).
- L’orientation de l’antenne n’a pas une très grande importance, et si vous employez un appareil sensible, vous pouvez même vous contenter d’une antenne intérieure courte, sinon d’un cadre.
- Pour vous documenter sur les postes récepteurs radiophoniques» vous pouvez consulter les ouvrages suivants :
- La pratique radio-électrique (Masson, éditeur).
- Les récepteurs modernes en T. S. F. (Chiron, éditeur).
- Réponse à Mme B..., à Vire (Calvados).
- journal, je trouve à la rubrique « Boîte aux lettres », réponse à M. Pru-netti à Guelma (Algérie), au sujet d’un poste-secteur sur courant à 25 périodes, appelé à fonctionner sur du courant à 50 périodes, un renseignement qui n’est pas tout à fait exact et que je prends la liberté de vous signaler :
- Il est très exact que le filtrage du courant redressé soit plus soigné sur les appareils destinés ù fonctionner sur 25 périodes. Cependant il arrive très souvent qu’un poste, étudié pour fonctionner sur 25 périodes, fonctionne mal ou pas du tout sur 50 périodes.
- Cela est dû uniquement au transformateur d’alimentation. Ces petits transformateurs sont calculés très justes comme puissance. Si l’on alimente à 50 périodes un transformateur calculé pour 25, la chute inductive prend une importance très grande. L’induction est, en effet, très basse si l’on fonctionne à 50 périodes. Le transformateur établi pour 25 périodes possède un nombre de tours de fils presque deux fois plus élevé. Dans ces conditions, on constate généralement une chute de tension en charge supérieure de 10 à 15 pour 100 suivant les modèles quand on alimente à 50 périodes un transformateur établi pour 25 périodes. A ce moment les filaments des lampes ne sont plus assez chauds. Le remède consiste à survolter dans la même proportion pour ramener les choses en l’état. Pratiquement, on y arrive au moyen d’un petit autotransformateur 110/130, branché entre le réseau à 50 périodes et le poste à 25 périodes. »
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Une nouvelle sonde pour avions. Constructeur : Sté de condensation et d’applications mécaniques, 42, rue de Clichy, Paris.
- ET RÉPONSES
- Amélioration de la sélectivité d’un récepteur radios phonique.
- 1° Vous paraissez croire que les récepteurs américains sont établis suivant des schémas de montage tout à fait particuliers. Il n’en est rien, en réalité, à l’heure actuelle, et des indications à ce sujet ont été données dans notre numéro spécial de La Nature, du 1er septembre 1932. Les appareils américains sont surtout caractérisés maintenant par les lampes dont ils sont munis, et qui présentent des caractéristiques un peu spéciales. La plupart d’entre eux sont des appareils à changement de fréquence qui, en principe, sont établis absolument comme les appareils similaires français ou allemands. Seuls les détails de construction radioélectriques et surtout mécaniques peuvent varier.
- De même, l’emploi d’un présélecteur sur un appareil ne constitue pas une caractéristique essentielle. Un présélecteur est, en réalité, un dispositif d’accord particulier qui est employé aussi bien sur un appareil à amplification haute fréquence directe que sur un poste à changement de fréquence.
- On peut donc seulement, en fait, comme il a été indiqué dans les chroniques de Radiophonie pratique, distinguer deux catégories d’appareils: les appareils à amplification haute fréquence directe et les postes à changement de fréquence. Toutes les autres dénominations sont simplement employées pour des raisons commerciales ou industrielles et ne peuvent avoir de valeur technique. Nous reviendrons sur ce sujet qui vous intéresse particulièrement dans une prochaine chronique de Radiophonie pratique.
- 2° Il nous semble assez anormal que la liaison haute fréquence entre votre première lampe et la détectrice s’effectue à l’aide d’un système apériodique, et nous désirerions avoir des indications à ce sujet. Sans étage haute fréquence à résonance, la sélection est évidemment très défectueuse pour la réception des émissions sur grandes ondes, et» même avec un seul étage à résonance, elle est souvent encore insuffisante lorsque l’antenne est assez longue et que le dispositif d’accord ne comporte pas de circuit-filtre.
- Si nous avons bien compris les termes de votre lettre, vous désireriez remplacer l’étage d’amplification semi-apériodique de votre poste par un étage séparé à liaison à résonance. Cette transformation est délicate, mais possible. Par contre, il nous semble beaucoup plus difficile
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- de placer un bloc d’amplification haute fréquence supplémentaire en avant du premier étage haute fréquence de votre appareil.
- A notre avis, le seul moyen simple consisterait à adopter un système d’accord plus sélectif pour la réception des émissions sur grandes ondes, puisque la sensibilité de votre poste vous paraît suffisante.
- 3° L’emploi de deux étages haute fréquence à résonance permet sans doute d’obtenir une sélection très accentuée et, si ces deux circuits de résonance sont convenablement établis, avec des condensateurs d’accord accouplés, on peut non seulement réaliser l’accord unique à l’aide d’un seul bouton, mais encore l’audition n’est nullement déformée.
- Cet emploi de deux étages haute fréquence à résonance n’interdit pas l’adoption d’un système présélecteur et, sur les derniers modèles d’appareils haute fréquence à deux étages, du type Philips 630 par exemple, on emploie un présélecteur à deux circuits, et deux circuits de résonance, ce qui constitue donc quatre circuits accordés au total.
- Réponse à M. J. Barral, à Petit-Quevilly (Seine-Inférieure).
- Phonographe à film.
- Nous avons fait paraître dans la revue un article consacré à la description d’une machine parlante à audition de longue durée comportant une bande en papier sur laquelle les sons sont enregistrés sous forme d’images en dents de scie d’opacité fixe. La reproduction est effectuée par réflexion d’un faisceau lumineux modulé par les différences de teintes de la bande, et qui vient impressionner une cellule photoélectrique reliée à un amplificateur de puissance actionnant un haut-parleur.
- Vous pouvez vous adresser pour avoir des renseignements sur cette machine à M. Ziegler, 74, rue Raynouard, à Paris (XVIe).
- Nous avons, d’autre part, décrit dans la revue, dans le numéro du 1er janvier 1933, une machine parlante à fil magnétique aimanté. Les usages de cette machine semblent, d’ailleurs, tout à fait différents de ceux de la première. Le rouleau de fil d’acier servant à l’enregistrement est, en effet, d’un prix très élevé, mais il peut servir presque indéfiniment, une fois l’enregistrement effectué; on peut l’effacer à volonté, en faisant dérouler ù nouveau le fil devant les pièces polaires d’un électro-aimant parcouru par un courant continu. La machine sert ainsi uniquement pour les enregistrements temporaires, et si l’on veut garder la trace de ces enregistrements, il faut généralement les reporter sur un autre support.
- Au contraire, le phonographe à bande de papier sensibilisé sera utilisé comme un phonographe électrique ordinaire à disques pour la reproduction d’enregistrements édités en grande série. Il est probable, d’ailleurs, que le prix des bobines ne sera pas supérieur à celui des disques actuels. L’adresse du fabricant de la machine parlante à fil magnétique est la suivante : Société des machines de bureau, 24, rue de l’Arcade, Paris.
- Réponse à M. Lepers, à Lyon (Rhône).
- Montage d’un haut-parleur électro magnétique.
- Sans doute, à l’heure actuelle, les haut-parleurs électrodynamiques sont-ils les modèles qui peuvent donner les meilleurs résultats, et leur emploi s’impose surtout lorsqu’on utilise un poste-secteur assez puissant, muni d’une lampe de sortie à forte tension plaque.
- Il faut cependant noter que la construction des moteurs de haut-parleurs électro-magnétiques a fait de grands progrès depuis quelque temps. Malgré leur prix de vente très réduit, les modèles actuels à palettes équilibrées, à réglage de l’entrefer ou non, lorsqu’ils sont montés avec un bon diffuseur à bords fixes de grand diamètre, et surtout avec un cône mobile bien établi, sont susceptibles de donner des résultats très suffisants, lorsque la puissance modulée de la lampe de sortie n’est pas très intense et ne dépasse pas deux watts, par exemple.
- D’autre part, les modèles magnétodynamiques fonctionnent comme des haut-parleurs électromagnétiques ordinaires, et pourtant possèdent en partie, les avantages des électrodynamiques.
- Comme vous nous le demandez, nous vous indiquons ci-dessous deux adresses de maisons françaises, établissant des moteurs électromagnétiques ;
- Etablissements Homo et Baugez, 123, boulevard Jean-Jaurès. Clichy (Seine),
- Etablissements Solor-Ferrix, 3, rue Mazet, Paris (VIe).
- Pour les modèles magnétodynamiques, vous pouvez vous adresser aux établissements Sidi-Léon, 86, rue de Grenelle, Paris.
- Réponse à M. Poulain, à Bosc-Roger (Eure).
- De tout un peu,
- IVI. Ledoux, château de St-Georges (Loir-et-Cher). — 1° Les
- réactions suivantes se produisent lors du renforcement des clichés photographiques :
- L’argent libre de l’image à renforcer se combine avec le bichlorure de mercure HgCl2 en donnant du chlorure double d’argent et de mercure dans lequel le mercure passe à l’état de protosel HgCl.
- Hg Cl2 + Ag = Hg Cl Ag Cl.
- Ce chlorure double est blanc. Pour lui donner une teinte noire on transforme le chlorure mercureux en chlorure de mercurosammonium d’un noir opaque ClN H;Hg! en même temps que le chlorure d’argent est dissous :
- [2 Hg Cl + 2 N H'* = N H'1 Cl + Cl N H2 Hg2
- 2° Le nombre de clichés que l’on peut traiter dans un volume donné de révélateur est fonction de l’état d oxydation de celui-ci, car à chaque opération, il y a oxydation à l’air et perte d’une partie du pouvoir réducteur. Pour pouvoir faire une détermination de ce genre, il faudrait effectuer les développements dans une atmosphère inerte d’azote par exemple, ce qui ne serait guère pratique et n’aurait par conséquent qu'un intérêt théorique.
- 3° Aucune disposition spéciale n’est nécessaire pour le lavage des clichés, si on dispose d’eau courante et de patience.
- Bibliothèque d’Auch. — Vous trouverez des produits pour assurer l’étanchéité des toitures en ciment dans les maisons suivantes : usines alsaciennes d’émulsions et isolants d’asphalte à Strasbourg(Bas-Rhin) ; société Saphic, 19, rue Saint-Roch, Paris (1er).
- M. Dardel, à Rouen. — Le papier photographique en question possède les mêmes qualités de conservation que les autres papiers à la condition que le lavage final soit poussé à fond pour éliminer toutes traces d’hyposulfite d’argent.
- M. Dollé, à La Chapelle-aux-Pots. — 1° Nous avons publié un article très complet sur les anti-détonants dans le n° 2860, page 13 du 1er juillet 1931, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Les peintures laquées genre ripolin ont pour base la standolie ou huile de lin cuite longuement à l’abri de l’air.
- Mb Mahieu, à Viilevêque (Maine-et-Loire). — 1° D’après les indications que vous nous donnez,il ne s’agit pas d’une teinture propre, ment dite du cuir, mais de l’application d’un vernis, dans ces conditions le vernis noir dit Zapon du commerce, vous donnera très probablement satisfaction.
- 2° Le produit employé pour vulcaniser à froid le caoutchouc est simplement une dissolution de 5 à 10 pour 100 de chlorure de soufre S2 Cl2, dans le sulfure de carbone CS2.
- 3° Le mastic de fontainier se compose de :
- Arcanson.................................100 grammes
- Brique pilée............................. 200 —
- Faire fondre l’arcanson à feu doux, puis y incorporer peu à peu la poudre de brique en remuant constamment de manière que le mélange soit bien homogène.
- S’emploie à chaud, sur la pierre parfaitement sèche.
- N. B. L’arcanson n’est autre chose que la colophane ou résine courante.
- Parfois on utilise sous le même nom le mélange suivant d’un emploi plus facile, mais que l’on doit laisser durcir quelque temps à l’air avant
- de mettre en contact avec l’eau :
- Brique pilée............................ 90 grammes
- Litharge parfaitement sèche............. 10 —•
- Huile de lin, quantité suffisante pour empâter.
- M. Tardy, à Niort. — L’hygroscopicité de votre sol, que vous nous signalez, doit être due à la présence d’un excès de chlorure de magnésium lors de la confection de l’enduit.
- Le seul remède à appliquer doit consister en lavages répétés de façon à éliminer le chlorure de magnésium, en laissant entre eux un certain intervalle de temps, pour que le chlorure puisse remonter à la surface par capillarité.
- M. Martini, à Toulouse. —1° Nous avons donné une formule très détaillée pour la préparation d’un encaustique liquide dans le n° 2892, page 431, veuillez bien vous y reporter.
- • 2° Pour empêcher l’-intérieur du four de votre cuisinière à gaz de se rouiller, sans lui communiquer de goût désagréable, il vous suffira de le frotter de temps à autre avec une couenne de lard.
- Chorzow.—-A notre grand regret, nous ne pouvons vous renseigner sur la composition éventuelle de cette spécialité qui nous est inconnue.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. -— Une famille de savants: M.Joliol et sa femme, Irène Curie, célèbres parleurs récentes découvertes relatives au « neutron ». (Ph. Keystone.)
- Fig. 2. — ]Le nouveau et très moderne cinéma « Rex » a marqué son inauguration par l'apposition d'une plaque dédiée à M. L. Lumière, l’inventeur du cinéma. — A droite : M. Lumière. (Ph. Wide World.)
- Fig. 3.— Ce gigantesque hangar, érigé à Sunnyrale {Californie), servira de base à un grand dirigeable militaire américain. (Ph. Keystone.)
- Fig. 5. — Ce grand électro-aimant sert à l’Hôpital Firmin~
- Desloge de Saint-Louis (Etats-Unis), pour extraire les corps métalliques introduits accidentellement dans l’œil. (Ph. Wide World.)
- Fig. 4. — Le centenaire de la naissance du grand ingénieur G. Eiffel, a été marqué par l’érection d’un buste au pied de la tour Eiffel.
- (Ph. Keystone.)
- Fig. 6. La nouvelle automobile avec laquelle sir Malcolm Campbell compte battre les records de vitesse. (Ph. Kevstone.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 3494. — Paris, lmp. Lahure — 1-2-1933.
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- N° 2899
- 15 Février 1933.
- LA NATURE
- A PROPOS DU XIIIe SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- LES MOTEURS D’AÉRONAUTIQUE A HUILE LOURDE
- Du récent Salon de l’Aéronautique deux nouveautés sont à retenir. La première concerne les cellules : c est l’autogire de Lioré-La Cierva; la seconde a trait aux moteurs : c’est la possibilité d’emploi pratique des huiles lourdes comme combustible.
- L’autogire est le fruit de nombreuses années d étude et d’effort. Il semble appelé, après les mises au point encore nécessaires, à transformer radicalement l’aviation de tourisme. Les possibilités de descentes et envols verticaux, ou presque, de cet appareil permettraient la simplification, sinon la suppression des champs d’atterrissage. Et nos lecteurs savent que cette question des terrains représente l’obstacle le plus important s’opposant à un emploi généralisé de l’avion privé.
- L’emploi exclusif du moteur à huile lourde constituerait un progrès non moins important que 1 utilisation de l’autogire. Dans l’un comme l’autre cas il a fallu des années de recherches pour arriver à une solution convenable. A l’heure actuelle plusieurs études sont terminées. Un moteur à combustion interne doit même être prochainement mis en service régulier sur un appareil de l’aéronautique militaire française.
- QUELQUES CARACTÉRISTIQUES DU MOTEUR DIE SEL
- Le moteur Diesel qui est le type classique du moteur à huile lourde est un moteur dans lequel les cylindres ne reçoivent pas un mélange carburé d’air et d’essence comme c’est le cas pour le moteur à explosion. Ils reçoivent séparément d’une part de l’air pur, par l’intermédiaire de soupapes d’admission et d’autre part le combustible, en général de l’huile lourde, injectée directement par
- Combustible
- Combustible
- Piston
- Fig. 1. — Moteur Clerget : vue schématique d'un cylindre.
- un moyen mécanique. L’allumage se fait automatiquement grâce à l’élévation de température due à la compression. Dans ce moteur, il n’y a pas de carburateur, ni de magnéto, par contre, il faut un dispositif d’injection forcée du combustible. Étant donné les très fortes valeurs de la compression, il faut aux cylindres des parois extrêmement résistantes. Enfin les difficultés d’injection à cadence rapide et précise, et en un temps très bref, d’une quantité
- Fig. 2. — Moteur Clerget : vue en coupe d'un injeclcur.
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- très faible de combustible, conduisent à des régimes lents de l’ordre de quelques centaines de tours par minute. Un moteur Diesel ordinaire aura donc une faible puissance massique. Le poids par cheval, pour les moteurs terrestres usuels, atteignait naguère encore 50 et même 00 kg.
- Le moteur Diesel peut facilement fonctionner selon le cycle à deux tênips. 11 échappe à l’inconvénient qu’a le moteur à essence à 2 temps de causer une perte importante de combustible, en rejetant dans l’atmosphère une partie des gaz carbures.. Ceux-ci pénètrent jin effet dans le cylindre alors que les ouvertures d’échappement ne sont pas encore fermées. Dans le Diesel, qui n’absorbe
- Fitj. 3. — Moteur Clerget : vue du 500 ch.
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- que de l’air pur, il n’y aura pas, de ce fait, perte de combustible. Autre avantage, le rendement théorique du moteur Diesel est supérieur à celui du moteur à essence. Ceci s’explique par le fait qué le rendement thermique croît avec l’augmentation du taux de compression. Mais, la qualité principale, du point de vue aéronautique, du moteur Diesel est de pouvoir consommer la plupart des 'huiles- lourdes soit végétales, soit minérales. L’emploi de ces combustibles, ininflammables aux températures ordinaires, est la meilleure défense contre l’inoendie. Pour ,ces moteurs, on utilise généralement le gaz-oil, huile de pétrole qui possède les caractéristiques physiques suivantes : densité à 15° C : 0,854, point initial
- de distillation 245° C ; point final de distillation 369° C-
- Etant donné les différences fondamentales qui existent entre le moteur Diesel industriel (poids : plusieurs dizain: s de kg au cheval) et le moteur d’aviation (poids : 1 kg par cheval ou même quelque 3 ou 4 centaines de grammes pour les moteurs les plus poussés), il n’était pas possible d’arriver au second en partant du premier et en lui faisant subir quelques améliorations de détail. 11 fallait reprendre complètement la question. C’est ce qu’ont fait en France en ces dernières années quatre constructeurs : Clerget, Jalbert, lloehefort, Compagnie lilloise des moteurs. Nous allons examiner rapidement les solutions auxquelles ils se sont attachés.
- LE MOTEUR CLERGET
- M. Clerget, qui créa pendant la guerre un moteur rotatif à essence universellement connu et encore employé, consacre, depuis plus de 6 ans, tous ses efforts au moteur à huile lourde. Il en a réalisé déjà plusieurs types sensiblement différents les uns des autres.Il a exposé au dernier Salon de l’Aéronautique, tant au stand Hispano-Suiza qu’à celui du Ministère de l’Air, deux types de moteurs de 300 ch et 500 ch. Ce sont des moteurs en étoile, à vilebrequin central et à refroidissement par l’air. Nous ne les décrirons pas dans leur détail, ce qui serait fastidieux; indiquons seulement les pi'in-cipes qui ont présidé à leur réalisation.
- Pour simplifier notre exposé, prenons d’abord le cas d’un monocylindre. Une telle machine se compose d’un cylindre et d’un piston fonctionnant selon les quatre temps classiques : aspiration, compression, combustion, échappement.
- Dans la culasse se trouvent ménagées des ouvertures destinées à loger les deux soupapes : la première, d’aspiration, par laquelle passe l’air pur destiné au cylindre; la seconde, d’échappement, devant permettre le rejet des gaz brûlés dans l’atmosphère, Enfin au sommet de la culasse vient se fixer le dispositif d’injection du combustible. L’injecteur auquel s’est arrêté M. Clerget après de très nombreuses recherches est un injecteur du type à aiguille. L’huile est refoulée sous pression dans eet injecteur en quantité et à l’instant voulus, au moyen d’une pompe que nous décrirons plus loin. Arrivant par le canal A, le combustible vainc l’action du ressort et soulève l’aiguille B (fig. 2).
- Il se précipite alors dans le cylindre en un jet très court et très violent et vient se pulvériser sur le piston. La puissance de ce jet est telle qu il se produit au point d’impact sur le piston une marque tout à fait caractéristique.
- La pompe (fig- 3) qui sert à injecter le combustible est une pompe à piston, la course du piston y est de longueur constante. L’huile arrive par un étroit orifice et est envoyée à l’injecteur par l’intermédiaire de la canalisation C.
- Le pilote commande le moteur en augmentant ou diminuant la quantité d’huile envoyée au cylindre. Pour
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- cela, la position de l’orifice peut être modifiée grâce au levier L, ce qui détermine la quantité de combustible fournie par la pompe.
- 11 y .a tout intérêt, pour la bonne marche du moteur, à ce que l’injection soit le plus rapide possible, il faut donc que le piston de la pompe elîectue sa coursé dans un temps minimum. Il est commandé par une came J) reliée mécaniquement à l’arbre moteur. Cette came agit sur le piston par l’intermédiaire de coulisseaux E. Ceci permet de réduire la durée de l’injection sans être amené à donner à la came un angle d’attaque trop important. En elfet, la came devrait normalement tourner à un nombre de tours égal à la moitié de celui du moteur (celui-ci étant à 4 temps). Mais l’impulsion de la came est transmise au piston par le système de coulisseaux dont l’ensemble est animé d’une rotation de sens inverse à celle de la came, le système étant réglé de telle sorte que -la came en passant devant le piston de la pompe ne rencontre un coulisseau qu’une fois sur deux, la came pourra donc tourner à une vitesse égale à celle du moteur. Cette méthode réduit de moitié la durée de l’injection.
- Les moteurs Clerget sont des moteurs en étoile ior-més d’un certain nombre de cylindres comprenant chacun leur injecteur et leur pompe à combustible. Le plus gros de ces moteurs est un 500 ch 14 cylindres qui ne pèse, tout équipé, que 500 kg environ. Nous sommes loin des 60 kg par cheval des moteurs industriels ! La commande des soupapes se fait mécaniquement par culbuteurs, la consommation est environ de 180 g d’huile par cheval et par heure. Si l’on tient compte de la différence de prix entre les huiles lourdes et l’essence, et du fart que le moteur à explosion consomme au moins 220 g d’essence par cheval-heure, il est facile de se rendre compte des économies qu’un tel moteur est susceptible de faire réaliser.
- Un moteur Clerget a donc un rendement global supérieur à celui des moteurs ordinaires ; le rendement thermique y est d’ailleurs également plus élevé, celui-ci étant fonction de la compression volumétrique. La sécurité et la régularité de fonctionnement peuvent être, à priori, les mêmes dans l’un ou l’autre cas. Les essais qui vont être réalisés indiqueront ce qu’il est en pratique.
- Le moteur Clerget, comme tous les Diesel, pose un problème supplémentaire : celui du démarrage. Le démarreur employé est à air comprimé. A ce sujet une précaution indispensable, précaution qui d’ailleurs s’applique à tous les moteurs, doit être prise : il ne faut jamais démarrer à froid. IJ pourrait en effet se produire de multiples ennuis : par exemple, l’huile de graissage, figée dans les tuyauteries, ne pourra pas venir, dès le début de la marche, lubrifier les parois du cylindre, d’où grippage, panne, etc...
- Le plus simple est donc, par temps froid,
- Lumière
- Carburateur
- Piston
- auxiliaire
- Cylindre
- auxiliaire
- Combustible
- Piston
- moteur
- Cylindre
- moteur
- Fig. 4. — Principe du moteur Jalberl : coupe schématique.
- de réchauffer les cylindres, .quelques heures avant le départ. On pourra pour cela faire usage de réchauds.
- LE MOTEUR JALBERT
- Une autre réalisation française de moteur à huile lourde pour avions est due à M. Jalbert. Un de ses
- Fig. 5. — Vue du moteur Jalberl 6 cylindres.
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- moteurs, acheté par le Ministère de l’Air, y est actuellement en essai.
- Pour résoudre le problème de l’injection du combustible, problème qui se décompose en trois phases : dosage du combustible à envoyer à chaque cycle dans l’air du cylindre, vaporisation de ce combustible, et envoi dans le cylindre à un instant donné, M. Jalbert a employé une solution tout à fait différente de celle utilisée pour le moteur Clerget. Pour situer l’ordre de grandeur de la difficulté à vaincre, indiquons que la durée de l’injection est de 1/1000 à 1/1500 de seconde et que le volume de liquide mis en jeu est de 4 à 5 mm5 par litre de cylindrée.
- Principe du moteur. — Dans ce moteur, le combustible est dosé par un gicleur et un dilfuseur travaillant en dépression, puis vaporisé par détente brusque dans le vide à travers de petits orifices. Cette vaporisation si; produit dans un petit cylindre auxiliaire surmontant le cylindre moteur. Enfin un piston auxiliaire injecte
- Fig. 6. — Représentation schématique du moteur Roche fort.
- la vapeur de combustible dans le cylindre principal, le combustible ayant à franchir une soupape de dimensions relativement grandes. Cette soupape ne se lève que de quelques centièmes de millimètre de façon à faire pénétrer la vapeur d’huile en lames très minces et à la répartir ainsi au mieux, dans la masse de l’air comburant.
- La figure.4 permet d’ailleurs de comprendre facilement le fonctionnement du système. Le piston moteur se déplace dans le cylindre. Le piston auxiliaire est synchrone du piston moteur. Leurs deux arbres tournent à la même vitesse si le moteur est à 2 temps et dans le cas d’un moteur à 4 temps le piston moteur accomplit 2 allées et venues quand le piston auxiliaire n’en accomplit qu’une. La liaison est établie de telle sorte que les deux pistons arrivent simultanément à fond de
- course; la compression maximum a donc lieu au même instant dans les deux cylindres. La pression maximum obtenue dans le cylindre auxiliaire est supérieure à celle qui est réalisée dans le cylindre principal.
- Prenons le cas d’un moteur à 2 temps à l’instant où l’explosion se produit. Le piston principal descend, le piston auxiliaire monte en créant un vide dans le cylindre auxiliaire. Quand ce piston découvre la lumière d’admission, il se produit une succion sur le carburateur et le mélange air-combustible se précipite dans le cylindre. Le combustible se vaporise partiellement par suite de la détente qu’il subit en pénétrant dans le cylindre. Ce dernier se trouve donc rempli d’un mélange d’air, de combustible vapeur et de combustible liquide qui évolue dans le cylindre moteur suivant le cycle d’un moteur à 2 temps ordinaire : détente, balayage par de l’air pur, puis compression de cet air lors de la course ascendante du piston. Simultanément le piston auxiliaire comprime le mélange air-combustible. Dans le voisinage dü point mort haut (piston moteur), la soupape s’ouvre automatiquement avec une avance déterminée par le calage relatif des pistons. Par suite de la différence de pression existant entre les deux cylindres, la vapeur du combustible est projetée violemment dans l’air comburant. Le combustible s’enflamme au contact de l’air échauffé, la soupape se ferme et le cycle recommence.
- En pratique la soupape décolle à peine de son siège pour laisser passage au combustible. Elle s’y repose immédiatement parce que la différence de pression entre les deux cylindres s’annule presque instantanément et surtout parce que l’effet de la pression d’explosion vient s’ajouter à celle du ressort.
- Le cylindre injecteur est alimenté au moyen d’un carburateur spécial, comprenant une plaque métallique légère et flexible intercalée entre le gicleur et le diffuseur d’une part et la lumière d’admission du cylindre d’injection d’autre part. Sous l’effet de la dépression, cette plaque s’abaisse, mettant le gicleur en état de débiter. Cette plaque sert à laminer le combustible lors de son passage à travers la fente ainsi formée.
- En partant de ce principe, il a été réalisé des moteurs qui semblent pouvoir donner des résultats très intéressants. On a pu facilement atteindre et même dépasser des régimes de 2000 tours minute. M. Jalbert a construit un moteur de 6 cylindres en ligne, à refroidissement par l’eau. Un tel moteur développe environ 200 ch à 2000 t/minute ; sa consommation est de l’ordre de 180 gr au cheval-heure, en employant une huile de pétrole de densité 0,9. Cette machine peut, d’ailleurs, théoriquement fonctionner avec n’importe quelle huile minérale ou végétale. Cependant il a été constaté à l’usage que certaines huiles ne convenaient guère, soit parce que, trop visqueuses, elles formaient une sorte de savon engorgeant les tuyauteries, soit parce qu’elles encrassaient les cylindres, etc...
- La question toujours délicate du démarrage est résolue par l’emploi d’un démarreur à inertie. Cet appareil
- Soupape commandée
- Chambre
- auxiliaire
- Allumage électrique
- Lumière d’admission d’ain
- IM 11
- Tuyau d’injection de combustible
- Piston
- Lumière "'dèchappemem
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- arbre d'hélice engrenages de liaison
- lumière , , „ d'échapp- | t*
- ventilateur (de balayage
- pompe à eau. letderéhid-
- se compose, dans son principe, d’un volant mis en marche par une manivelle à main. Lorsque le volant a atteint une vitesse suffisante, la manivelle est débrayée et le volant embrayé sur le moteur grâce à un système spécial. Un tel démarreur ne surcharge guère le moteur que d’une dizaine de kilogrammes.
- LE MOTEUR ROCHEFORT
- Le moteur Rochefort s’écarte encore plus des Diesel que les moteurs précédents. On peut même dire que ce n’est pas un Diesel, mais un moteur à explosion pouvant fonctionner avec de l’huile lourde. Bien que relativement compliqué, ce moteur présente nombre de particularités intéressantes.
- Le moteur Rochefort peut utiliser le cycle à 2 temps tout en conservant une consommation sensiblement égale à celle du 4 temps. Il nécessite un système d’allumage par magnéto et bougie.
- Pour comprendre le fonctionnement de cette machine, prenons le cas d’un moteur monocylindre à deux temps.
- La figure 6 en représente une vue schématique.
- Un tel moteur comprend dans son ensemble un piston et un cylindre, ce dernier est muni d’ouvertures d’échappement et d’admission et est surmonté d’une chambre d’un volume dix fois moindre que le sien. La chambre et le cylindre communiquent par l’intermédiaire d’une soupape commandée mécaniquement par un système de came et culbuteur.
- Supposons que le piston soit en haut de sa course, la soupape étant fermée. Faisons tourner le vilebrequin à la main. Le piston descend, découvrant les lumières d’échappement. Le piston continuant sa course, les lumières d’admission s’ouvrent à leur tour (grâce à un système de distribution). 11 y a alors aspiration et le cylindre se remplit d’air pur. Puis, lorsque le piston remonte, les lumières se ferment et l’air commence à se comprimer. Un système mécanique abaisse la soupape. La chambre et le cylindre se trouvent alors en communication. L’air comprimé
- Fig. 7. — Vue en coupe d’un moteur Diesel-Junkers d’avion.
- des tuyères, ce combustible se trouve entraîné et pulvérisé par l’air de celles-ci.
- Le principe de fonctionnement est donc le suivant : pendant la descente du piston : explosion du mélange carburé, détente, échappement, admission d’air pur. Pendant la remontée : admission d’air pur, remplissage du cylindre par le mélange carburé riche venant de la chambre, puis renvoi dans cette chambre d’une partie de celui-ci. Enfin, fermeture de la soupape et explosion.
- Le moteur Rochefort réalise donc un dispositif d’injection du combustible dans le cylindre moteur au début de la période de compression, lorsque le cylindre est parfaitement clos, c’est-à-dire après fermeture de l’organe d’admission.
- Nous ne décrirons pas le dispositif de pulvérisation et injection. Indiquons seulement que le combustible
- Fig. S. — Vue extérieure du moteur Junkers.
- Ce moteur a une puissance de 650 à 720 ch. ; il tourne à 1700 t. m., communique à l’hélice une rotation de 1180 t. m. 11 pèse 800 kg.
- passe donc en partie dans la chambre en traversant une série de tuyères convergentes divergentes placées au-dessus de la soupape. Lorsque le piston arrive en haut de sa course la soupape se ferme : c’est alors que se produit l’étincelle d’allumage.
- En recommençant plusieurs fois la même opération, l’air de la chambre va se trouver comprimé à une pression qui sera de l’ordre de 6 à 7 kg. Il se produit alors le phénomène suivant : au début de la remontée du piston, la pression est plus forte dans la chambre que dans le cylindre et l’air va se précipiter de la première dans le second, puis les pressions s’égalisent et ensuite l’air passe de nouveau du cylindre dans la chambre. Il se produit donc un véritable transvasement entre ces deux volumes.
- Si par un système d’injection et de pulvérisation approprié, une quantité donnée de combustible est introduite périodiquement dans la chambre au-dessus
- j \
- arbre d'hélice V» ♦ .
- 1 U _\ ' • échappement
- pompes a combustible
- \ ventilateur
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- Injectêur
- hbmpe à combustible
- Echappem ^ a es gaz brûlés^.
- Injection
- Echappement
- Echappem f; des . ^ gaz brûlés
- Admission d'air pur
- Fig. 9. — Schéma de fonctionnement du moteur C. L. M.
- De gauche à' droite : 1° Les'pistons sont rapprochés, l’injection va se produire. 2° Combustion, détente, commencement de l’échappement. 3° Les pistons se rapprochent — compression de l’air pur. 4° L’échappement se termine;'il y a balayage par l’air pur.
- mis en mouvement 'par un piston valve se trouve finement divisé par passage dans trois chambres successives reliées par des rainures hélicoïdales et une série d’ajutages convergents divergents;
- Cas d’un moteur polycylindrique.
- . Dans un moteur polycylindrique, seules les chambres auxiliaires sont reliées entre elles par un collecteur commun. Il s’ensuit un véritable transvasement entre les cylindres. L’ouverture d’une soupape d’injection s’effectuant un peu avant la fermeture de celle qui vient de fonctionner, la chute de pression dans le collecteur général se trouve ainsi, diminuée. On 'assure également une richesse moyenne au mélange injecté dans les cylindres, puisque le mélange créé dans un cylindre servira en partie à l’alimentation de ce dernier et en partie aux autres cylindres. Le collecteur permet donc une régularisation de la compression obtenue pour chaque cylindre : chacun d’eux fournira donc une puissance égale.
- Le Rochefort qui peut être alimenté avec n’importe quel combustible léger ou lourd (ou même gazeux, après adjonction d’un petit compresseur à débit réglable) n’utilise que de faibles pressions. Il doit donc pouvoir être léger, économique et posséder une certaine sécurité de fonctionnement; enfin le transvasement de cylindres à cylindres donne un bon équilibrage du couple moteur.
- M. Rochefort a réalisé, pour le compte du Ministère de l’Air, un moteur de 400 ch établi suivant les principes ci-dessus. Ce moteur est à 2 temps, à 6 cylindres et 12 pistons opposés. Il est refroidi par l’air grâce à une circulation spéciale entourant les parties à refroidir.
- LE MOTEUR DE LA CIE LILLOISE DES MOTEURS
- La Compagnie lilloise des Moteurs a exposé au dernier Salon un moteur d’aviation à huile lourde réalisé d’après les licences Junkers. Nous ne décrirons pas en
- détail l’alimentation en combustible qui est un système à injection directe par des pompes à combustible débitant chacune dans deux injecteurs.
- Le moteur C. L. M., qui fonctionne selon le cycle à 2 temps est un moteur à pistons opposés. Muni de 6 cylindres, il a donc 12 pistons et deux vilebrequins reliés par un train d’engrenages formant démultiplicateur. Ce système présente un certain nombre d’avantages. Dans un tel moteur, les culasses sont supprimées ainsi que les soupapes qui sont des organes fragiles à cause de leur fonctionnement à température élevée. Les pistons obturent et découvrent eux-mêmes les lumières de balayage ou d’échappement pratiquées dans la chemise, ce qui fournit de bonnes conditions de balayage et de remplissage. Enfin ce dispositif permet d’obtenir une grande course totale tout en conservant de faibles vitesses des pistons, il simplifie la construction par suppression de la culasse qui est une pièce assez compliquée et facilite le problème de l’injection en augmentant le tourbillonnement de l’air lors de l’admission.
- Le moteur C. L. M. est muni d’un compresseur Rateau qui lui permet de conserver sa puissance jusqu’à 4000 m d’altitude. Fournissant environ 500 ch à 2000 t/minute, le C. L. M. ne pèse que 502 kg, compresseur et démultiplicateur compris. C’est le poids auquel arrive M. Clerget pour son moteur de même puissance.
- Enfin, signalons que l’axe de l’hélice se trouve dans la partie supérieure de l’ensemble du moteur, ce qui présente les avantages du moteur à essence inversé : possibilité d’augmentation du diamètre de l’hélice et bonne visibilité.
- *
- * *
- En conclusion, comme l’indique l’étude ci-dessus, nous voyons que la question du moteur à huile lourde pour aviation n’est pas délaissée en France. A l’étranger également de nombreuses firmes étudient le problème. A titre d’exemple citons Fiat, en Italie, Junkers, en Allemagne, Packard, en Amérique, etc. Reaucoup de solutions sont très différentes tant dans les formes générales du moteur (étoile, cylindres en ligne; refroidissement à air ou à eaü; simples pistons ou pistons opposés) que dans la solution du problème de l’injection. Sur ces quatre moteurs, deux en sont encore à la phase d’études, les deux autres (Clerget, Lilloise) sont prêts à être montés sur avion.
- Étant donné la difficulté et le haut intérêt de la question, il est réconfortant de voir les résultats obtenus, résultats acquis grâce à l’opiniâtreté et à la ténacité des chercheurs. Et ceci permet d’augurer favorablement de l’avenir.
- Jacques Desgranges.
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- : L’ÉVOLUTION HUMAINE i
- ET LE NÉGRITO DE MALAISIE
- l^n 1928, j’ai parcouru la Péninsule malaise pour y faire des études d’anthropologie.
- Je débarquai à Singapour, ce très grand centre maritime et commercial, relais si important entre la Méditerranée, l’Océan Indien et le Pacifique.
- Toutes les nations ici s'affrontent... pacifiquement. C’est une véritable mêlée de peuples, une Babel où règne le plus bel ordre, malgré l’antagonisme de certaines races entre elles, en particulier chinoise, malaise, hindoue. C’est la paix, la paix profonde, parce que c’est la justice pour tous, quelle que soit la croyance, la nationalité, la couleur de la peau. Aussi, dans cet emporium, quelle sécurité dans les transactions ou dans la possession des biens !
- C’est l’internationalisme en puissance ou plutôt en action sous une forme féconde, durable, parce qu’une autorité libérale, mais forte, unique aussi, veille sur la destinée de tous ces peuples. Devant les antagonismes raciaux, les oppositions d’intérêts, il fallait un maître dont les capacités, les moyens d’action, l’esprit de justice et, par suite, le prestige ne pouvaient être discutés, s’imposaient. Ce maître a été l’Européen, en l’espèce, l’Anglais (un gendarme, mais un bon gendarme). Il a, en particulier, sauvé de l’extinction un groupe humain des plus intéressants : le Négrito, dont il va être question.
- Mais le Labour Party songe déjà à libérer ce conglomérat de peuples si difficile à maintenir dans l’ordre; il songe à lui donner une Constitution ! Singapour sera alors vraiment une Babel, une sanglante Babel où l’on s’exterminera consciencieusement et continuellement entre Malais, Chinois et Hindous, dont l’antagonisme est irréductible. Des « protecteurs » de peuples attardés, il n’en faut plus, paraît-il. C’est ce que clament tous les politiciens d’Europe dits avancés et conscients. Il faut libérer, libérer.
- Mais pénétrons dans la Péninsule malaise, cette immense presqu’île qui, du sud au nord, s’allonge sur 2000 km de Singapour à Bangkok. Il y a quelque tente ans, ce n’était qu’une vaste jungle. Aujourd’hui, ilr ay routes et chemins de fer et la jungle a été refoulée par d’immenses plantations d’hévéas.
- Mais ce qni nous intéresse, c’est la population, c’est le Négrito, surtout le Semang, lequel s’est dérobé au nouvel état social et économique créé par l’Européen.
- Il se montre, en effet, rebelle à toute vie sédentaire et reste un nomade de la forêt vierge. Le stade d’évolution du Semang est d’autant plus intéressant à étudier qu’il nous éclaire pleinement sur la valeur de certain concept dit «scientifique)) très à la mode aujourd’hui. Ainsi depuis que les sciences ont pris un grand développement dans le monde et que les arts mécaniques sont en voie de bouleverser toute notre vie sociale et économique, l’idée de progrès fatal, continu, a germé dans beaucoup de cerveaux et prend peu à pèu la force d’un dogme.
- Oui, affirme-t-on, l’homme serait doué d’une puissance latente de création, de transformation presque indéfinie.
- Peut-être, mais cette capacité est-elle l’apanage de tous les peuples i* La trouve-t-on, au moins en « potentiel », chez n’importe quelle race ? C’est ce qu’il s’agit de déterminer.
- Sans doute, ce « potentiel » échappe à toute mesure directe, mais nous avons toutefois un moyen sûr de l’estimer : c’est le degré de développement réalisé par cette race dans le domaine à la fois social, politique et économique, sinon scientifique.
- Ce développement est un critérium sûr de la capacité d’évolution d’une race quelconque. Si elle s’est arrêtée aux nécessités matérielles, n’a point dépassé, au cours des siècles, l’effort d’acquisition des moyens de s’assurer la pitance quotidienne par la chasse et la cueillette, nous pourrons conclure que cette race manque de tout « potentiel » d’évolution, est stérile et le restera.
- Par contre, nous verrons d’autres peuples se bâtir une renommée, réaliser de grandes choses dans certains domaines, mais échouer complètement dans d’autres et surtout s’arrêter brusquement dans leur évolution, s’évertuant en vain à dépasser certaines limites. Bref, certains peuples se « cristallisent », si on peut ainsi s’exprimer : le Chinois, au cours de son histoire, en est un bel exemple.
- LE NÉGRITO. SA VIE MATÉRIELLE
- Je l’ai trouvé, repéré dans l’Inde et à Ceylan, mais sur ce vaste territoire, sa race, ainsi qu’en Chine et en Indo-
- Fig. 1. — Négrito de Lenggong (haute vallée du Per aie), âgé de 25 ans, vu de face.
- Comparer sa taille à celle de l’Européen à sa gauche, le R. P. Cardon.
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- Chine, a subi de telles vicissitudes au cours des-.siècles, reçu l’empreinte de tant d’envahisseurs que je décrirai de préférence le négrito de la junpjlo malaise, parce que; c’esl, lui qui se rapproche le plus du type1 originel, malgré qu’il soit loin d’être resté pur. Toutefois, à l’heure actuelle, il représente, de par son' état social, fonction de son âge psychique, le type le plus primitif de l’humanité. Aucune race, mieux que la sienne, ne prouve cjue le progrès, l’évolution est loin d’être une loi de nature, une loi fatale. A
- En effet, le Semàng ou. Négrito de la jungle malaise est resté nomade et ne vit que'de chasse et de. cueillette. Il.se montre réfractaire à l’agriculture, n’en comprend pas l’importance, malgré toutes les difficultés qu’il éprouve souvent à se procurer une. pitance, suffisante. Et quelle pitance souvent ! Des serpents, des lézards, des bêtes puantes, de grosses araignées qu’il fait griller. Ce n’est
- pas de'lui qu’on peut de-
- Fig. 2.
- Le même Négrilo. vu de profil. Noter ]a forte ensellure et la longueur du tronc, la callipygie, : caractéristiques de la race.
- il n’a jamais songé à creuser
- mander : « De quoi se nourrit-il ? » La question se pose ainsi : « Qu’est-ce qu’il ne mange pas? » Comme fruit, le plus utile pour le Semang et, par suite, le plus recherché, est le durian (Durio zibethicus), dont l’odeur est insupportable à l’Eu-ropéen. Comme végétaux, il absorbe des pousses de toutes sortes, en particulier de bambou, des tubercules sauvages du genre Calladium ou Dios-corea, peu nourrissants, qu’il mange crus. Car le Semang manque de tout ustensile capable de résister à un feu continu : non seulement il est incapable de fabriquer aucun vase en terre, mais une pierre dure pour en
- faire une sorte de marmite ou à la tailler p'our en faire uAe arme ou un outil.
- , Il n’a donc pas encore atteint Y âge de la pierre, un âge qui, comme oq le sait, marque une véritable évolution, un stade très important de la vie psychique, imaginative, ilç l’homme préhistorique, de celui de France par exemple. En ce temps-là, le Négrito était à l’âge du bois, de l’os taillé et il y est resté. Aussi, pour cuire un aliment, comme le'riz par exemple, qu’il se procure quelquefois près du Malàis, n’a-t-il d’autre ustensile qu’un tube de bambou, d’une espèce à parois très épaisses, qui sert à la fois de bouillotte et de seau pour conserver l’eau. Par quel tour de force le Semang arrive-t-il à cuire du riz dans ce tube de bambou ? Ce que j’ai vu sur place, lors d’une visite à un camp de ces Négritos, c’est que les parois du tube avaient résisté et que le riz était assez bien cuit. Il est vrai que ce tube est vert, fraîchement coupé, riche en
- eau. On sait, d’autre part, que le bambou renferme beaucoup (h' silice.
- Maintenant, dira-t-on, puisque le Négrito fait cuire certains aliments, c’est qu’il a découvert l’usage du feu. Sans doute, et il l’obtient par le procédé primitif bien connu du frottement très rapide de deux morceaux de bois sec l’un contre l’autre. Aujourd’hui encore, dans l’Inde, c’est le feu obtenu par ce moyen et considéré comme sacré que le brahmane utilise pour les sacrifices rituels. Serait-ce donc l’Hindou qui, au cours de l’histoire, avant comme après Jésus-Christ, a tant de fois envahi la Malaisie, qui aurait initié le Négrito à l’usage du feu ? Nous l’ignorons et nous ne le saurons jamais.
- Mais si le Négrito a inventé le feu, comment se fait-il qu’il n’ait jamais songé à modeler une argile dont son pays abonde et à la cuire pour en faire un ustensile de cuisine ? C’est un fait : le Semang ne fabrique aucune poterie; sa capacité créatrice n’est pas allée jusque-là. Vous pourrez voir, sous l’abri du chef de tribu, une marmite, mais elle est en fer et lui a été vendue par un Chinois ou un Malais.
- J’ai dit plus haut que le Négrito n’a jamais pu atteindre ce stade de l’évolution humaine qu’on appelle l’agriculture, stade si marquant puisqu’il assura enfin à l’homme une alimentation constante, régulière, au lieu des aléas de son ancienne existence de chasseur.
- Mais si le Négrito a toujours été réfractaire à l’agriculture, peut-être ne l’est-il pas à l’élevage ? L’élevage, ce concept, cet effort ont encore dépassé ses capacités. Il n’a su dresser aucun animal : pas même le chien, semble-t-il. Je n’en ai pas vu dans le camp que j’ai visité et personne ne me l’a signalé en d’autres lieux. Il existe toutefois chez les Sakaï et Jakuns, tribus d’un ordre plus élevé que le Semang, adonnées à l’agriculture, tribus d’ascendance négrito, mais métissées de sang malais. D’ailleurs, la domestication du chien n’a pas l’importance de celle du cheval ou du bœuf, par exemple. Or, on ne mentionne aucune trace de bétail parmi les différentes tribus de Négritos, pas même le petit bœuf à bosse si résistant et si facile à nourrir.
- Inutile d’ajouter que les poules et canards, que l’on aperçoit nombreux dans les villages malais, ne se voient jamais dans les campements de nos Semangs. Or, lorsqu’un peuple a l’habitude de l’élevage, il le pratique n’importe où, même sur une barque, ainsi qu’on le voit couramment parmi la population flottante si curieuse de la Malaisie ou de la Chine du Sud. Il vous arrive même d’apercevoir, sur ces légers bateaux, un petit cochon jouant du groin avec les' poules ou lutinant avec la marmaille qui se traîne entre les avirons et les cordages, est née sur l’eau, y vivra, y mourra.
- De tout ce qui précède, que conclure ? Sinon que notre pauvre Négrito est fort mal loti pour s’assurer la pitance quotidienne. Mais sous ce dur climat qu’est celui de la Malaisie, avec les trombes d’eau qui, chaque jour, s’abattent sur la jungle à l’époque de la mousson de Sud-Ouest, soit six mois durant, notre « primitif » a-t-il au moins conçu un type d’abri suffisant ? Qu’on en juge : ce n’est même pas une hutte si rudimentaire qu’on l’imagine, que se construit le Semang. Une sorte de grossière natte
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- rectangulaire, de 2 m 50 sur 1 ni 75 environ, lui suffit. Elle est faite de feuilles de palmier entrelacées et posée à même sur le sol, en plan incliné, soutenue par deux bâtons. C’est là toute la maison : un vague toit et pas de cloison pour amortir le choc du vent ou de la pluie. Or, il pleut, presque chaque jour, dans la jungle malaise. Comme 'plancher, quelques bambous écrasés, aplatis, qui sont censés garantir contre l’humidité du sol.
- Inutile de parler de mobilier sous cet abri : le Négrito mange avec ses mains et boit dans un tube de bambou.
- Il n’a besoin d’aucun siège : il s’accroupit tel l’anthro-poïde.
- Etant donnée la pauvreté d’imagination et de réalisation qu’a montrée le Négrito dans l’édification d’un abri, malgré le stimulant à mieux faire d’un climat meurtrier, on aimerait à penser que son médiocre cerveau, un jour, ail cours de longs siècles, a pu enianter la technique du tissage et s’assurer désormais le vêtement, llélas ! il n’en est rien : le Seinang ignore le tissage malgré qu’il ait trouvé dans la jungle de précieuses plantes à longues fibres. On peut même ajouter, quand on a vu le pagne de ses femmes, que la texture, le feutrage des souples écorces utilisées, aurait dû ouvrir son imagination, lui faire franchir le pas que d’autres races ont lranchi, il y a des millénaires.
- La femme porte donc un pagne qui enserre le bassin cl descend à mi-cuisse : il est fait d’écorce battue ainsi assouplie. Et c’est tout le vêtement; aux jours de lete, il se complète d’une guirlande de lleurs sur la tête. L’homme, lui, a réduit le pagne à sa plus simple expression : ce n’est littéralement qu’un cache-sexe : une étroite bande d’écorce fixée en avant et en arrière à une ceinture faite d’un mince rotin, à défaut de corde.
- En résumé, les besoins matériels du Semang sont réduits au minimum. Tout effort pour une existence meilleure lui apparaît superflu : il n’y songe même pas.
- Il à l’imprévoyance de l’enfant, vit au jour le jour. Malgré l’incertitude constante de la pitance Fig
- quotidienne, il oublie de se créer la moindre réserve alimentaire, même quand l’apport de la chasse ou de la cueillette dans la jungle a été abondant, certain jour. 11 consomme tout, goulûment, ce même jour. La jungle est là, pense-t-il, car elle est tout pour lui, sa vraie mère nourricière, mais aussi trop souvent une marâtre. Elle est toujours saturée, ruisselante d’eau. Trop de plantes sont armées de sucs caustiques ou de crochets, de spiculés très siliceux, pénétrants comme une fine lame d’acier et lacérant cruellement la peau, les chairs, la face : c’est le bambou épineux, le rotin, certaines lianes, certains palmiers qui s’enchevêtrent dans tous les sens, se dressent partout devant le malheureux Négrito. Il doit glisser, se couler comme il peut dans cette masse aussi hargneuse que dense; s’y couler puisqu’il n’y a d’atrtres sentes que celles des fauves. Il existe aussi dans le clair-obscur de la jungle tant de bêtes rampantes et mordantes, telles que serpents de tout acabit, scorpions et mille-pattes,
- Fiy. h. — Groupe de Néyritos du clan Djeram à Lenyyony (péninsule malaise).
- gross.es araignées venimeuses, que le pauvre Négrito ne progresse qu’en levant les pieds très haut, et après un coup d’œil scrutateur vers le sol et autour de lui; autour de lui et aussi loin que possible, car il n’y a pas que la bête rampante : il faut prévoir l’attaque du tigre, de la panthère, du rhinocéros et même du « Pied Rond », l’éléphant, un hôte de la jungle à l’humeur des plus capricieuses et souvent redoutable pour l’indigène, surtout pour sa famille au repos. Oui, il se distrait quelquefois, l’éléphant, en démolissant, en réduisant en miettes
- 4. — Négrito. traîneur de pousse-pousse, entré dans la civilisalion.
- (Pliolos A. Legendre.)
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- la pauvre hutte du Négrito et du Salcaï, si bien qu’ils sont obligés d’en percher une très haut, dans les arbres, où ils se réfugient la nuit avec femmes et enfants.
- Aussi jugez des risques de la chasse, de l’aiï'ût pour se procurer la pitance quotidienne. Tour à tour traqueur et traqué, il vit dans des alertes continuelles, il ignore la sécurité de l’existence. Aussi, ce risque, cette appréhension constante ont-ils mis, dans son œil dilaté, l’effarement de la bête aux abois. Et cependant, malgré l’aicle du gouvernement anglais, il se x'efuse à cultiver un champ.
- Je laisse de coté le danger de la maladie, de la malaria en particulier; et celui du refroidissement dans la jungle suintante : d’où une pneumonie qui l’emporte.
- Une autre affection apportée par le Malais et le Chinois, la variole, fait des ravages si terribles que l’aborigène fuit sa hutte, son village, abandonne tout, y compris le varioleux.
- Le Semang est courageux : avec son arc ou son sempîtan (sarbacane) il abat le sanglier, le daim ou des oiseaux comme le faisan ou le paon. Il s’attaque même au tigre avec ses flèches empoisonnées (curare) et à l’éléphant dont il a souvent à se venger, surtout s’il possède quelques bananiers que le « Pied Rond » n’a pas manqué de saccager à fond.
- Telle est l’existence matérielle du Négrito et même du Sakaï qui cultive, lui, mais dont les récoltes ne sont jamais assurées, tant les bêtes pillardes de la jungle sont nombreuses.
- VIE SOCIALE ET CROYANCES
- Mais dans sa vie familiale et sociale, est-il plus heureux, le Semang, moins tourmenté par toutes sortes de risques ?
- Nullement : il se crée un amas de chimères, d’absurdes croyances ; il s’impose des devoirs, des tabous sans nombre. Il est à ce point la victime de son imagination enfantine qu’il vit réellement dans la terreur du fantôme de ses ancêtres et des esprits mauvais qu’il voit sans cesse rôder autour de lui; dans la terreur aussi de son halak ou sorcier, jeteur de sorts et guérisseur, mais surtout médium, interprète des volontés surnaturelles qu’il peut apaiser ou exciter. D’où la toute puissance du halak sur le malheureux indigène : d’autant plus que ce charlatan peut se muer en tigre, paraît-il, et dévorer quiconque a provoqué sa rancune : c’est la croyance absolue du Négrito. C’est encore le sorcier qui distribue les fétiches, les amulettes préventives ou curatives de toutes sortes de maux et d’accidents ; c’est par ses incantations que la foudre vous épargne, que l’arbre de la forêt ne s’écroule pas sur vous, que le démon du choléra ou de la variole s’enfuit épouvanté. C’est encore lui qui a fait du peigne, que toujours porte la femme aborigène, un objet précieux, aux effets magiques capables de neutraliser l’attaque des plus mauvais esprits de l’air et du sol. Et nos philosophes du xvme siècle nous ont ressassé le thème de l’existence paisible et joyeuse de l’homme primitif !
- CROYANCES
- Elles sont très vagues. C est le dieu K a ri ou Dieu-
- Tonnerre chez le Semang, apaisé par un jet de sang pris à la jambe droite et lancé en l’air.
- Chez le Sakaï, c’est le Dieu-Soleil, Tu llan, lequel se venge de la déesse Lune par le phénomène de l’éclipse, manifestation de jalousie parce que la Lune est trop riche en enfants et ces enfants innombrables ne sont autres que les étoiles.
- Chez le Jakun, d’ascendance négrito comme le Sakaï, c’est Tu Han Allah, parce que le Jakun est souvent musulman et cultive le sol, comme le Malais.
- Tout ce monde croit à l’existence d’une âme qui s’échappe du corps par le gros orteil. Cette âme est d’essence plus matérielle que spirituelle, puisque la famille garnit la tombe de victuailles à la mort et, plus tard, à époques fixes déterminées par la tradition. Certaines tribus vont jusqu’à planter du riz, du manioc, des patates sur cette tombe : acte de haute piété et... prévoyance, car l’âme du mort, si elle est négligée, ne manque pas de se venger.
- Il y a croyance à un Paradis. On y accède en se dirigeant vers le soleil couchant. Il y a un pont à franchir. Ce paradis est un jardin riche en fleurs, mais surtout en fruits. Il y a l’arbre Mapih, couvert de toutes les variétés de fruits, et sa sève est du lait qui jaillit éternellement par de vraies mamelles. Ce paradis est pour les bons, les élus, tandis qu’un chaudron ou un lac bouillant attend les méchants.
- Mais de toutes les croyances, la mieux implantée est ïanimisme, le chamanisme : elle a résisté à toutes les attaques des religions étrangères, surtout des plus élevées, parce que celles-ci sont incompréhensibles pour ces natures primitives, toujours au balbutiement de l’enfance.
- U animisme : pour l’homme de la jungle, tout animal, toute plante, tout rocher, toute rivière possède une âme; et ces âmes, ces esprits sont de deux catégories : les bons et les mauvais. Les mauvais sont légion et prennent toutes les formes : ce sont eux naturellement'qui rendent la vie si dure au pauvre Négrito.
- Parmi les « âmes » des choses, favorables au Sakaï et au Jakun, l’une des plus clémentes est celle du riz. A Vépoque de la récolte, on cueille 7 épis quon transporte à la hutte avec mille précautions. On les appelle « mes petits enfants chéris». Trois jours durant, aucun bruit autour d’eux pour ne pas les effrayer, mécontenter, et faire s’enfuir Vâme de chaque grain. Des plantes épineuses sont même placées autour de la .case pour arrêter ces petites âmes précieuses. Car si elles s’envolaient, le grain de riz en deviendrait stérile, ainsi que tous les épis réservés pour la semence.
- Une fête est donnée dans le village. Du riz cuit est empilé sur des plats (feuilles de bananier). Invocation propitiatoire à tous les ennemis du riz, aux bêtes de la forêt qui dévastent les champs, y compris le « Pied Rond», aux bêtes du*foyer, aux charançons, aux rats, à tous les insectes et larves rongeurs. Il est étrange que ce concept d*une âme du riz soit commun aux Guaranis de l’Amérique dù Sud. Il est courant au Siam, en Jnsu-linde et en Chine..
- Il existe encore une curieuse et charmante croyance parmi les Négritos. : .c’est celle que Vâme de l’enfant
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- encore au sein de sa mère, ne peut être que celle d’un petit oiseau, le Til Til Tapa. Dès qu’une jèune femme entend son cri, elle le considère comme l’annonce d’un enfantement. Et dès qü’elle n’a plus de doute, elle n’a plus de repos tant qu’un ti til tapa ne lui est pas apporté. Elle s’empresse de le manger, et, ainsi, son enfant est pourvu d’une âme, par Y incarnation en lui de celle du petit oiseau.
- A la naissance, il existe, pour la mère comme pour l’enfant, certaines prescriptions qu’on trouve dans beaucoup de pays. L’enfant est passé au-dessus de la (lamine du foyer et plongé aussi dans l’eau d’une rivière. La mère accouche dans une hutte provisoire qu’on brûle ensuite. Elle repose les premiers jours au-dessus d’un l'eu soigneusement entretenu, coutume que j’ai trouvée en Chine.
- Ces prescriptions ne constituent rien moins qu’un rituel de purification, d’origine aryenne, qui s’applique à la mort comme à la naissance. Après l’enterrement d’un parent, toute la famille et les autres assistants doivent se baigner dans l’eau courante, donc se purifier.
- Après cet aperçu de la vie matérielle et sociale du
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- Négrito de la Péninsule Malaise, est-il prudent, pour certains dogmatiques, d'affirmer, avec plus d’imagination que de raison, la fameuse thèse de l’égalité des races, ainsi que celle du progrès fatal, continu ? L’idéologie est une belle chose, mais seuls les faits comptent. Erudimini, gentes !
- De ces Semangs dont il a surtout été question, il ne reste plus que 2000 individus. L’Anglais met tout en œuvre ‘pour sauver ces pauvres êtres de la férocité du Malais et les amener à quitter la jungle, mais ils ne peuvent s’y décider, ils resteront donc les « Orang Houtanri)), ou « Hommes de la forêt vierge ».
- Nous aussi, Français, nous avons au Cambodge, dans la région de Kampot, sauvé de la destruction tout un petit peuple intéressant : les Saoucli. Ils croissent en nombre aujourd’hui et grâce à notre protection, à notre aide constante, ils quittent la forêt, prennent contact avec le Cambodgien. C’est là un véritable sauvetage qui honore la colonisation française. Sans elle, ce groupe ethnique serait aujourd’hui disparu. Ils ont dans l’administrateur Richomme le meilleur des protecteurs, ces Saouch. Dr A. Legendre.
- LES PHONOGRAPHES SANS PAVILLON
- ET LEURS PERFECTIONNEMENTS
- Le phonographe à reproduction mécanique est un appareil extrêmement simple, puisqu’il comprend seulement un système moteur actionnant le plateau tourne-disques sur lequel est placé le disque enregistré, un diaphragme reproducteur qui transforme en ondes sonores les vibrations mécaniques recueillies le long des sillons par la pointe de l’aiguille reproductrice, et un système diffuseur de sons, composé le plus souvent d’un bras acoustique et d’un pavillon.
- La qualité des auditions obtenues dépend essentiellement tout d’abord de l’enregistrement initial, et l’on sait les progrès réalisés sous ce rapport depuis l’avènement des procédés électro-mécaniques. Mais les caractéristiques du diaphragme et du système diffuseur de sons interviennent également dans le résultat final. Malheureusement, bien rares sont encore les phonographes mécaniques qui permettent de reproduire les notes graves avec une lidélité suffisante et n’introduisent pas de sons parasites, par suite de résonances nuisibles et de distorsions non linéaires, surtout quand on cherche à obtenir une intensité sonore suffisante.
- Nous avons déjà eu l’occasion d’indiquer, dans d’autres articles parus ici même, l’intérêt qui s’attache aujourd’hui encore à la construction rationnelle d’une machine parlante à reproduction purement acoustique, malgré les progrès et la concurrence des procédés de reproduction électro-mécanique ou photophonique. Le phonographe mécanique, de fonctionnement très simple et de prix de vente réduit, garde, en effet, l’avantage d’être à la portée des budgets moyens.
- La construction d’une machine parlante à reproduction uniquement acoustique semble à première vue très simple, en raison du petit nombre et de la simplicité des organes; elle est, en réalité, fort complexe.
- Le diaphragme attaqué par l’aiguille ou le saphir, suivant que l’enregistrement est du type à variations transversales ou à variations en profondeur, ne permet pas de reproduire avec une égale intensité les notes musicales de différentes fréquences. Si sa membrane vibrante est de petit diamètre, elle peut bien transmettre les fréquences aiguës, mais elle devient insuffisante pour les fréquences graves, car elle ne peut agir alors directement sur une masse d’air suffisante.
- Si, au contraire, on voulait employer une membrane de grandes dimensions, le rendement deviendrait médiocre pour les fréquences aiguës, et des résonances apparaîtraient bien vite, à mesure que ses dimensions augmenteraient.
- Pour faire disparaître les résonances propres du système, on a été souvent amené à amortir le système vibrant, mais cette opération est réalisée très souvent d’une manière irrationnelle au moyen de systèmes possédant une masse élevée. Les résultats sont très variables suivant les fréquences, et, ce qui est encore plus grave, on réduit ainsi dans des proportions considérables l’énergie recueillie par la pointe de l’aiguille; la reproduction sonore devient, par là même, très faible.
- Il ne faut pas oublier que dans les systèmes â reproduction mécanique, il est impossible d’amplifier l’énergie recueillie par l’organe vibrant; il est donc indispensable
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- L'éventail en papier, plissé qui a servi de point de départ aux travaux de M. Lumière.
- d’employer au mieux eelie énergie mécanique pour la transformer en énergie sonore..
- D’ingénieux et patients chercheurs ont souvent essayé d’établir des diaphragmes perfectionnés qui ne présentent pas ces -inconvénients, il existe, dans h; commerce, des systèmes reproducteurs à membrane métallique prolilée dont nous avons déjà indiqué les avantages, mais les dispositifs plus complexes présentant théoriquement des particularités.. intéressantes, par exemple, les diaphragmes à amortissement réglable suivant la nature de l’enregistrement, ne peuvent offrir des avantages pratiques certains, justement parce que leur emploi serait trop malaisé pour un usager non technicien.
- Les ingénieurs acousticiens ont, de même, déterminé les règles suivant lesquelles doivent être établis les pavillons diffuseurs de sons et les bras acoustiques pour permettre une reproduction satisfaisante des sons de différentes hauteurs, c’est-à-dire présenter une courbe de réponse régulière, sur toute la gamme de 150 à 200 périodes seconde jusqu’à 4500 ou 5000 -périodes environ.
- Malheureusement, il est bien difficile, dans la plupart des machines pariantes usuelles, de mettre ces règles en pratique et en particulier, de monter des pavillons de forme vraiment exponentielle. Les auditeurs disco-philes veulent des appareils-de prix assez réduit et de faibles dimensions, la plupart donnent même leur préférence à des appareils portatifs. Aussi, ces appareils populaires ne comportent-ils que des pavillons de forme plus ou moins empirique, et de dimensions beaucoup trop restreintes. Ils deviennent ainsi incapables de reproduire les sons graves comme les très basses vibrations de l’orgue ou de la contrebasse; ils font ressortir les har-
- Fig. 2. — Le diaphragme phonographique à membrane plissée de
- M. Louis Lumière. (Brevet français 401.501 du 25 juillet 1908.)
- moniques supérieures plus que les fondamentales, et introduisent même des sons parasites.
- C’est ainsi qu’avec des appareils portatifs de ce genre, les enregistrements de piano sont reproduits un peu comme des enregistrements de cymbales, d’une part parce que les sons fondamentaux graves du piano sont complètement supprimés, d’autre part, parce (pie ies vibrations parasites à fréquences élevées du diaphragme ou de l’équipage mobile provoquent, en général, une tonalité nasillarde fort désagréable.
- Nous avons eu l’occasion cependant de décrire, il y a quelques mois, dans La Nature, un type nouveau de pavillon à réflexion des sons utilisant un système parabolique <pii semblait donner des résultats appréciables malgré ses dimensions relativement réduites. Nous ne savons malheureusement pas encore si une fabrication industrielle a pu être entreprise. Il y a lien, en tout cas, d’encourager les tentatives de ce genre, comme celles de tons les fabricants qui tentent d’établir des appareils sous une forme plus rationnelle au point de vue acoustique.
- LES PRINCIPES DU PHONOGRAPHE SANS PAVILLON
- Il y a plus de vingt ans que l’on a eu l’idée, pour améliorer les résultats obtenus avec les machines parlantes, de remplacer le diaphragme, le bras acoustique et le pavillon diffuseur de sons du phonographe par un organe unique transformant l’énergie mécanique en énergie sonore. Cet organe unique est constitué, en quelque sorte, par un diaphragme dont la membrane vibrante de très grandes dimensions peut agir directement sur les masses d’air avoisinantes, en produisant les ondes sonores, au lieu de comprimer seulement la petite masse d’air contenue dans le bras acoustique.
- U y a entre le phonographe mécanique à diffuseur de sons de ce genre et le phonographe à pavillon, la même différence qu’entre les premiers haut-parleurs de radiophonie ou de T. S. F. à pavillon acoustique et les appareils actuels à diffuseur. On peut, d’ailleurs, remarquer que les haut-parleurs à diffuseur ont été présentés, pour la première fois semble-t-il, en 1879, au début de l’avènement du phonographe.
- LES PREMIERS TRAVAUX DE M. LOUIS LUMIÈRE
- C’est à M. Louis Lumière, l’inventeur du cinématographe, que l’on doit le premier modèle de phonographe sans pavillon à diffuseur, et c’est dans le brevet français 401.501 du 25 juillet 1908 qu’il a exposé les principes de son diaphragme à membrane plissée, qui devait être employé pendant de longues années, non seulement pour la reproduction phonographique, mais encore pour la construction des haut-parleurs de T. S. F. Dans ce système, M. Louis Lumière utilisait les propriétés acoustiques du diaphragme circulaire plissé, bien connu de tous les sans-filistes des débuts de la radiophonie.
- C’est, le hasard qui provoqua la découverte des propriétés du dispositif. L’inventeur avait été frappé du bruit particulier que produit la percussion au centre d’un
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- de ces éventails très communs constitué par l’étalement d’une feuille de papier plissé, dont les plis sont fixés ensemble à l’une de leurs extrémités (fig. 1).
- Lorsque l’appareil est ouvert, les rectangles formés par les plis ont l’un de leurs petits côtés situé dans un plan perpendiculaire à celui de la surface générale et le côté opposé est dans ce plan. Cette torsion transforme la surface plane du papier de chaque élément rectangulaire en une surface gauche. Elle s’opère sans que la limite d’élasticité soit dépassée, si les caractéristiques des rectangles et du papier sont convenablement choisies. La surface tout entière est tendue sans même que les bords soient sertis.
- On connaît les qualités de ce système : son inertie est très faible, il ne forme pas de lignes nodales nuisibles lorsqu’on l’attaque par le centre.
- Le système traducteur d’énergie mécanique en son préconisé alors, comportait une membrane plissée de ce type, d’un diamètre de 30 à 40 centimètres, sur le centre de laquelle on faisait agir par l’intermédiaire d’un système amplificateur à levier, convenablement calculé et amorti, les vibrations mécaniques d’une aiguille suivant les sillons du disque.
- C’est cependant seulement plusieurs années après avoir établi le principe initial du système et après avoir essayé des combinaisons mécaniques extrêmement variées, que M. Lumière réalisa des machines pratiques établies sur ce principe.
- Une de ces premières machines, construite en 1912, comportait une sorte de chariot muni de galets roulant sur des rails et qui portait le diffuseur plissé. Cette machine présenta la forme qu’indique la figure 3 et elle fut constamment perfectionnée jusqu’en 1919.
- Dans ce système, comme on le voit, le disque était placé au-dessus de la pointe reproductrice qui se déplaçait au-dessous de lui. Cette pointe appuyait seulement sur le sillon sous l’action d’un ressort à torsion variable portant à son extrémité un galet, de telle sorte que la pression sur le fond du sillon était réglable, et que l’usure était tout à fait normale. Plus tard, en 1920 et 1922, M. Lumière établit des modèles de machines parlantes simplifiées qui ne comportaient plus de chariots à glissières (fig. 4 et 5).
- Le système reproducteur avec sa pointe vibrante agissant par un système de levier sur le centre du diffuseur était porté à l’extrémité d’un bras hoiazontal pivotant, soit fixe, soit articulé, de manière" à assurer toujours l’inclinaison correcte de l’aiguille par rapport au sillon. C’est un modèle de ce genre qui fut adopté par la Cie du Gramophone et construit à de très nombreux exemplaires. Le système était simple, facile à manœuvrer, et les résultats acoustiques satisfaisants, malgré l’enregistrement encore imparfait employé à ce moment.
- Grâce à des ressorts compensateurs, le poids du système reposant sur la pointe de l’aiguille n’était que de l’ordre de 150 grammes, valeur admise normalement, comme on le sait, pour
- /•Vf/. 3. — Machine élablie dès 1912 par M. Louis Lumière et perfectionnée ultérieurement.
- Mlle comporte un diffuseur mobile reposant sur des galets roulant
- sur rails.
- assurer à la fois une reproduction correcte et éviter l’usure prématurée des sillons.
- Vers la même époque, la compagnie française Pathé avait adopté un système reproducteur analogue, mais destiné à des disques à saphir à enregistrement en profondeur. Le dispositif était toutefois beaucoup plus rudimentaire tant au point de vue mécanique qu’au point de vue acoustique. 11 comportait simplement un diaphragme à diffuseur conique portant à son sommet une pointe vibrante en saphir qui glissait le long des sillons du disque. Les vibrations de la pointe se transmettaient directement au diffuseur. L’ensemble était fixé à un bras pivotant dans le sens horizontal et était entraîné sim-
- Fig. 4 et 5. — Deux modèles de phonographes L. Lumière avec diffuseurs montés à l'extrémité de bras pivotants articulés ou non.
- (Machines construites de 1920 à 1922.)
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- plement par le glissement de la poinle le long des sillons (lig. G).
- Ces appareils simples présentaient des défauts acoustiques assez graves. Leur inertie était relative m eut grande, et ils reposaient directement sur le disque. Ils risquaient de produire ainsi une usure rapide des sillons, et l’intensité d’audition était relativement faible. Plus fidèles sans doute que les pavillons primitifs de l’époque, leurs qualités n’étaient cependant pas suffisantes pour permettre la reproduction des. disques modernes à enregistrement électrique dans desquels la gamme musicale a pu être étendue très fortement vers les fréquences peu élevées.
- UN NOUVEAU PRINCIPE DE CONSTRUCTION DES PHONOGRAPHES A DIFFUSEUR
- On sait aujourd’hui, en radiophonie, que le haut-parleur à diffuseur de grand diamètre à bords fixes a fait place à un haut-parleur électrodynamique. Celui-ci comporte un cône mobile de diamètre réduit, centré au moyen d’un joint flexible dans une ouverture pratiquée dans un grand panneau en matière insonore. Une bobine mobile solidaire du diffuseur se déplace dans le champ produit par un électro-aimant puissant, et elle est parcourue par les courants à fréquences musicales provenant de l’am-
- Fig. 7. — Coupe schématique de la machine parlante Acton de MM. Charlin et Mees.
- ], 2, 3, panneaux formant écran acoustique fixe. — 4, écran acoustique mobile sur glissières solidaires du diffuseur elliptique 5. — 6, plateau porte-disques.
- plificateur. Le diffuseur qui attaque l’air se déplace ainsi en avant et eu arrière d'une manière très marquée puisque ses déplacements peuvent atteindre plusieurs millimètres, sinon plusieurs centimètres.
- Ce dispositif permet à l’aide d’une petite membrane d’obtenir un grand volume de sons dans les notes graves, et sa faible inertie lui assure un rendement excellent à toutes les fréquences, .même élevées.
- Le système ne présente pourtant des avantages très nets que s’il est parfaitement étudié et établi, et surtout si l’on emploie un écran acoustique de surface suffisante. Cet .écran sépare, en effet, les faces avant et arrière de la membrane, et empêche l’interférence entre les ondes sonores produites sur les deux faces lors de la production de sons graves et intenses qui correspondent à des déplacements importants et relativement lents du diffuseur.
- De même qu’on a songé à appliquer, en quelque sorte, au phonographe le mode de construction des haut-parleurs électromagnétiques avec diffuseur à bords fixes, il est normal qu’on ait songé également à lui appliquer le mode de construction des haut-parleurs électrodynamiques récents à cône mobile, car les recherches en électro-acoustique sont de plus en plus solidaires.
- L’adaptation des haut-parleurs électrodynamiques au phonographe est cependant beaucoup moins simple qu’on pourrait le croire à priori. Il faut, en effet, établir un système reproducteur et diffuseur de sons qui-suive tous les déplacements de l’aiguille reproductrice, et ce déplacement doit être assuré uniquement par le guidage de l’aiguille le long des sillons.
- Cette condition rend nécessaire l’établissement d’un bloc très léger, et dont , le déplacement puisse être effectué par une action mécanique extrêmement faible.
- Dans les premiers appareils à diffuseur à bords fixes, l’ensemble reproducteur et diffuseur de sons était, nous l’avons vu, simplement monté sur un pivot, et reposait de tout son poids sur le saphir ou l’aiguille reproductrice. Outre les inconvénients que nous avons indiqués, le système devient inapplicable lorsqu’on veut remplacer le diffuseur de grand diamètre à bords fixes par un cône mobile de petit diamètre qui doit être encastré nécessairement dans un écran acoustique en matière insonore, dont le poids peut être de l’ordre de plusieurs kilogrammes.
- On ne peut donc songer, dans ce dernier cas, à rendre mobile le plateau qui supporte le disque par rapport au cône, celui-ci restant suspendu au centre de l’écran, de façon que les différents sillons du disque viennent se présenter successivement devant l’aiguille fixe, le guidage de l’aiguille au voisinage du plan du disque est assuré au moyen d’un système articulé qui le maintient à la distance convenable. Ce procédé paraît, d’ailleurs, extrêmement complexe et peu pratique.
- Il semble qu’il soit plus recommandable de disposer le cône sur une armature mobile très légère et susceptible de coulisser dans le plan de l’écran, de façon à assurer un joint acoustique sans exercer aucun frottement, tout en rendant mobile l’équipage qui supporte l’aiguille et attaque le cône. On peut encore rendre mobile soit l’écran
- Diffuseur
- Disque
- Pointe vibrante
- Fig. 6. — Principe du phonographe Pallié à diffuseur conique, pour disques à saphirs.
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- ou « baffle » tout entier, soit une partie, seulement de ce baffle, et fixer à cet écran mobile le cône avec sa pointe reproductrice. C’est la solution qui a été adoptée sur les appareils établis jusqu’à présent.
- UNE NOUVELLE MACHINE PARLANTE A DIFFUSEUR A CONE MOBILE
- MM. Charlin et Mees viennent d’établir une machine parlante sans pavillon à diffuseur à cône mobile construite suivant les principes que nous venons d’étudier, et qui a un aspect tout différent de celui du phonographe classique.
- La forme extérieure de l’appareil (on pourrait évidemment en imaginer d’autres) est celle d’un bureau dos d’âne de petites dimensions. L’abattant du bureau est mobile, et lorsqu’on l’ouvre, il tombe verticalement le long des pieds du meuble, et découvre un panneau oblique qui forme la partie avant du coffret supérieur. C’est ce panneau oblique et cet abattant vertical qui constituent avec les parois latérales du meuble l’écran acoustique permettant au diffuseur à cône mobile de reproduire les notes graves malgré son faible encombrement. Ce diffuseur de forme elliptique n’a en effet que 35 centimètres de large et 25 centimètres de hauteur, et on l’aperçoit au centre de la tablette oblique de la partie supérieure du meuble (fig. 7). Il est monté à l’aide d’un joint souple sur un panneau coulissant en matière insonore de manière à pouvoir suivre les déplacements de l’aiguille reproductrice de laquelle il est solidaire.
- Le moteur tourne-disques ordinaire, mécanique ou électrique, est monté sur un châssis fondu en aluminium fixé aux parois latérales du meuble à l’intérieur du coffret supérieur.
- Le cône vibrant est fixé, comme nous l’avons noté, par ses bords extérieurs souples au centre d’une ouverture pratiquée dans un panneau épais en masonite placé devant l’orifice allongé de la tablette supérieure, et qui se déplace au-dessus du disque par l’intermédiaire de galets reposant sur des rails. Toute la partie mobile formée ainsi par ce panneau, le cône vibrant, et le système reproducteur avec l’aiguille, ne pèse pas plus de 300 gr, et le dispositif de reproduction lui-même ne détermine sur la pointe de l’aiguille qu’un poids de 150 gr qui n’est pas supérieur à celui d’un bon pick-up. L’usure du disque demeure donc normale (fig. 8).
- D’autre part, le système de joint souple reliant le cône à l’écran acoustique permet à la pointe reproductrice de suivre les sillons d’un disque même fortement voilé. Un mouvement latéral est également prévu pour permettre à la pointe reproductrice de suivre un sillon excentré sans entraîner toute la masse mobile. Des disques mal centrés ou voilés peuvent ainsi être reproduits sans danger, et des disques neufs ne peuvent être détériorés.
- Comment est disposé le système reproducteur ? L’aiguille est montée sur un levier articulé sur un pivot; l’axe de ce pivot est solidaire d’une masse très élevée, de telle sorte que l’aiguille peut suivre facilement les fines inscriptions du disque sans que le déplacement lent de l’ensemble soit gêné en aucune façon. Le but de la masse élevée est de permettre la transformation du mou-
- vement transversal de l’aiguille en un mouvement longitudinal suivant l’axe du cône.
- L’amorti sse-ment de l’aiguille est réalisé au moyen d’un certain nombre de t a m p o n s d e caoutchouc convenablement disposés, travaillant à la compression ou au cisaillement. Enfin, les résonances parasites sont atténuées par des systèmes compensateurs absorbant l’excédent de puissance produit par certaines fréquences (fig. 8).
- Les résultats obtenus paraissent dès à présent fort intéressants, d’autant plus que le prix de vente reste de l’ordre de celui d’un appareil ordinaire et que la manoeuvre est toujours aussi simple.
- Le poids très peu élevé du cône et de l’équipage mobile, de l’ordre de 12 gr, assure un bon rendement de la transformation de l’énergie mécanique en énergie sonore. L’intensité d’audition est ainsi supérieure à celle qu’on obtient avec un phonographe ordinaire, et presque égale à celle que permet de réaliser un phonographe électrique d’appartement.
- L’application des principes énumérés permet de reproduire beaucoup mieux toute la gamme des fréquences musicales, surtout les notes graves, et de diminuer, les résonances et les sons parasites si gênants la plupart du temps dans les appareils mécaniques.
- Les enregistrements de piano sont ainsi reproduits dans des conditions excellentes. L’audition d’instruments délicats à reproduire à cause de leur timbre riche en harmoniques aigus comme
- le violon, devient Fl9- 9- L’appareil Acton.
- beaucoup plus vraie.
- La faible inertie du système assure la reproduction intégrale des attaques musicales et des sons fondamentaux.
- On obtient, de cette façon, une sensation de réalité et une ampleur sonore inconnues jusqu’à présent avec les appareils mécaniques de modèles populaires.
- La qualité des résultats dépend ce-
- Fig. 8. — Disposition schématique du système reproducteur de sons de l'appareil Acton.
- 4, écran acoustique mobile. — 5, cône vibrant elliptique. — 7, pointe de l’aiguille reproductrice.
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- pendant, et plus encore que dans les phonographes électriques, de la qualité de l’enregistrement et même des caractéristiques de la fabrication du disque. Il ne faut pas oublier que, seul, le phonographe électrique comporte des dispositifs compensateurs qui permettent d’amplifier l’audition presqu’à volonté et même d’atténuer les défauts des enregistrements. Seul le phonographe électrique, comporte aussi des systèmes de filtrage qui permettent d’éliminer plus ou moins les bruits de surface.
- Le constructeur a pourtant prévu un dispositif qui permet de faire varier dans une certaine proportion l’intensité d’audition. On adopte toujours des aiguilles très raides, en acier dur, qui usent moins les disques et permettent une grande fidélité, mais on augmente plus ou moins la longueur de l’aiguille qui dépasse la tête du mandrin, ce qui permet de faire varier dans la proportion de 1 à 10 le rapport du bras de levier et, par suite, l’intensité d’audition.
- LES NOUVEAUX TRAVAUX DE M. LUMIÈRE
- La machine phonographique récente que nous venons de décrire comporte un système diffuseur à bord mobile encastré dans un baffle également mobile. Est-il possible d’établir des machines parlantes sans pavillon acoustique, et permettant la reproduction correcte d’une gamme étendue de fréquences en utilisant un diffuseur perfectionné à bords fixes ?
- C’est, ce qu’a tenté récemment de réaliser M. Louis Lumière.
- Le 4 juin 1929, il prenait un brevet pour un diffuseur
- Fig. 10. — Le coffret supérieur de la machine Aclon, le panneau oblique
- a va ni relevé.
- acoustique carré ou rectangulaire constitué par des surfaces élémentaires trapézoïdales gauchies, à arêtes parallèles, présentant l’avantage de posséder la rigidité nécessaire à l’obtention d’un rendement acoustique élevé.
- Le diffuseur est formé de surfaces élémentaires trapézoïdales tracées au moyen de rayons équidistants dans une rondelle, dont le rapport'des diamètres intérieur et extérieur peut varier suivant les conditions de la torsion qui confèrent la rigidité nécessaire aux éléments après plissage et développement. Ces surfaces élémentaires sont ensuite plissées en zigzag et la rondelle est coupée en fragments que l’on développe en alignant sur une droite la circonférence intérieure de ces fragments de rondelle, dont l’étendue correspond aux dimensions choisies.
- Pour réaliser le diaphragme acoustique, on accole deux éléments semblables, en les plaçant l’un à côté de l’autre, du côté de la grande base plissée, de manière que les deux bases empiètent légèrement l’une sur l’autre et on colle ensemble les éléments ainsi rapprochés. On les perce ensuite afin de pouvoir insérer perpendiculairement à la direction des arêtes une barre rigide en aluminium ou en bois, de faible épaisseur et d’une certaine hauteur, barre que l’on relie aux deux éléments par collage au moyen de petites bandes de papier ou d’un vernis cellulosique (fig. 11).
- C’est par l’intermédiaire de cette barre, généralement attaquée en son milieu, que le diffuseur est réuni à la tige mobile du vibreur acoustique.
- Eh septembre 1930, M. Lumière prit d’ailleurs une addition à ce brevet consistant dans le remplacement de la barre rectiligne mince servant à transmettre les oscillations mécaniques par une barre de forme arquée offrant l’avantage d’accroître la rigidité transversale et d’augmenter le synchronisme sur toute la surface.
- En employant un diffuseur de ce dernier modèle, M. Lumière a réalisé dès 1930 une machine parlante-sans pavillon acoustique, présentant des caractéristiques très intéressantes.
- Fig. 11. — Nouveau diffuseur de M. L. Lumière. Principe de sa réalisation et coupe.
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- Fig. 12. — La nouvelle machine parlante à diffuseur cintré de M. L. Lumière.
- Comme on le voit sur la photographie de la figure 12, le diffuseur de sons est placé normalement au-dessus du plateau porte-disque; la disposition du bras portant l’aiguille reproductrice est à peu près normale, ce qui rend la manœuvre de la machine très pratique.
- Le diffuseur est constitué par une membrane plissée bombée, analogue à celle que nous venons de décrire, et le système de transmission des vibrations transversales de l’aiguille au diffuseur est tout à fait particulier.
- Ce système comporte un arbre léger, de préférence tubulaire, muni à une extrémité du porte-aiguille, et disposé de manière à osciller autour de son axe longitu-
- Fig. i'3. — Le dispositif de transmission des vibrations mécaniques dans la nouvelle machine de M. L. Lumière.
- dinal dans un bras rigide pouvant tourner autour d’un axe horizontal, dans une chape pivotant elle-même autour d’un axe vertical. L’extrémité de l’arbre opposé au 'porte-aiguille porte un petit levier qui attaque la tige de commande du diffuseur par l’intermédiaire d’un joint universel ou d’une rotule.
- Le joint universel ou sphérique permet au bras de décrire un arc de cercle autour du pivot de la chape, tout en transmettant les vibrations de l’aiguille. La rotule est placée à cet effet dans le bras, à l’intersection de l’axe horizontal de la chape et de l’axe vertical du pivot qui la porte.
- A l’aide de ce système mécanique, on pourrait, d’ailleurs, actionner un diffuseur d’un modèle quelconque et, par exemple, un diffuseur conique. Dans le modèle représenté, la boîte qui porte le diaphragme est complétée par un couvercle à volet mobile et est étudiée de manière à former un système réfléchissant les sons (fig. 13).
- M. Lumière a ainsi établi un système de transmission mécanique très général qui offre l’avantage de dégager complètement le porte-aiguille par rapport au diaphragme et permet d’employer n’importe quel diaphragme, ainsi que d’adjoindre à ce dernier une surface réfléchissant les sons. ’
- P.» Hémardinquer.
- UN PAS NOUVEAU DANS LA CONCEPTION EINSTEINIENNE DE L’UNIVERS
- L’UNIVERS EN EXPANSION
- Le problème que nous allons traiter ici n’est autre que celui de l’infini physique. L’univers est-.il infini ? Est-il possible de marcher droit devant soi sans jamais être arrêté ? Ce problème se trouve étroitement lié à celui de la structure géométrique de l’univers : la somme des angles d’un triangle physique est-elle égale à deux
- droits ? Il se trouve également fié au problème du passé et de l’avenir de l’univers : les propriétés métriques de l’univers ont-elles toujours été ce quelles sont maintenant et ne doivent-elles pas se modifier dans l’avenir ?
- Tout cela peut paraître un peu étrange et incompréhensible pour un être humain, il est commun de dire
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- en effet que la notion d’infini échappe à notre compréhension. Il n’en est que plus curieux de voir comment l’expérience permet d’aborder ce sujet et quelles perspectives nouvelles s’ouvrent devant nous.
- LA NOTION D’INFINI EN MATHÉMATIQUES
- L’idée de l’infini en arithmétique se réduit à ceci : après tout nombre entier, il y en a un autre. Henri Poincaré a dit que l’introduction de l’infini en arithmétique avait coïncidé avec l’introduction en logique d’un raisonnement d’une nature spéciale dit : raisonnement par récurrence. Voici en quoi consiste ce raisonnement : Nous voulons démontrer que telle propriété est vraie pour tous les nombres, nous établissons pour cela que, si la propriété est vraie pour un nombre n, elle est vraie pour' le nombre n-j-1, puis l’ayant établie pour le nombre 1 nous estimons par là même l’avoir établie pour tous les nombres. Le raisonnement par récurrence, on le voit, est étroitement lié à la notion d’infini arithmétique, et notre esprit s’accommode fort bien d’un raisonnement de cette nature. Nous concevons en effet cette notion d’infini arithmétique parce que nous l’avons reliée à. des notions de nombres finis : étant donné un nombre quelconque, nous savons l’atteindre par l’addition d’un nombre suffisant d’unités et nous concevons qu’une telle opération, limitée en pratique, puisse ne pas l’être à priori, en sorte que nous pouvons ne pas fixer de limite aux nombres sur lesquels nous, raisonnons.
- Cette notion d’infini étant bien examinée, on se rend compte que le mot infini n’est qu’un vocable destiné à abréger le langage et à permettre d’exprimer un raisonnement d’une manière plus courte. •
- Lorsque nous disons qu’un nombre variable tend vers l’infini, nous voulons simplement dire par là qu’étant donnée une grandeur quelconque, il arrivera un moment où le nombre considéré dépassera cette grandeur; pour définir un nombre qui tend vers l’infini nous ne faisons donc appel qu’à des éléments finis parfaitement concevables et l’expression « tendre vers l’infini » et, le mot « infini » lui-même ne sont que des abréviations pour exprimer une pensée précise et parfaitement concevable.
- On ne saurait trop s’élever contre l’affirmation gratuite que l’infini échappe à notre compréhension et peut nous épouvanter. Cette notion ne peut nous échapper que si nous perdons de vue sa définition et son sens véritable.
- De même qu’en arithmétique le mot infini a un sens bien déterminé, en géométrie l’idée qu’une droite est in finie-se réduit en définitive à ce fait que,'sur cette droite, si l’on compte les distances des points à partir d’une certaine origine, après tout mètre ou après tout kilomètre il y en a un autre. La notion d’infini en géométrie se réduit donc à la constatation expérimentale que si nous marchons toujours dans le même sens sur une droite infinie nous ne serons jamais arrêtés. La notion d’infini géométrique n’est pas plus obscure ni plus mystérieuse que celle du rapport de deux longueurs sur une droite. La preuve en est que nous concevrions difficilement une droite qui ne serait pas infinie.
- Il importerait de dire un mot d’autres infinis qui se sont introduits en mathématiques il y a une quarantaine
- d’années : les infinis non dénombrables. Mais si, du point de vue du raisonnement mathématique, ils ont le même caractère d’abstraction que l’infini arithmétique ou l’infini sur une droite, c’est-à-dire de n’être que des abréviations de langage ils n’ont pas la même signification ni le même intérêt physique.
- GÉOMÉTRIE ET ÉDIFICE LOGIQUE
- 11 importe, avant d’aller plus loin, de dire que nous entendons par géométrie une science expérimentale : la science de la mesure des longueurs et des angles dans l’univers qui nous entoure, ou, si l’on préfère, et bien que le terme soit impropre, une géodésie de l’univers. La géométrie apparaît donc, d’après notre définition, comme étant un chapitre de la physique. Nous admettons pour cela que certains corps ont des dimensions constantes et qu’au moyen de ces corps nous pouvons mesurer l’univers et en faire expérimentalement la géométrie.
- Notre définition de la géométrie peut paraître étrange et peu conforme aux méthodes employées dans les cours classiques de mathématiques, aussi pour la clarté du langage, désignerons-nous du terme « d’édifice logique » le corps de doctrine que l’on enseigne d’ordinaire sous le nom de géométrie : on raisonne sur des droites, sur des distances, sur des angles, etc... sans faire d’expériences, et l’on constitue une science qui n’est au fond qu’un chapitre de la logique et qui consiste principalement à déduire de certains postulats de départ des propriétés qui en découlent logiquement. Expérimentalement (d’édifice logique » n’est ni vrai ni faux, il ne constitue qu’une tautologie.
- L’édifice logique le plus connu (c’est même le seul qui le soit du vulgaire) est l’édifice euclidien appelé communément géométrie euclidienne.
- Les lois de la géométrie euclidienne sont bien connues de tous, car cette géométrie est devenue intuitive pour l’homme et se trouve enseignée d’une manière classique. Par exemple dans cette géométrie, la distance entre deux points A et B est égale à la somme des distances AC et CB si le point C se trouve entre A et B. Dans cette géométrie, et c’est là un de ses postulats les plus connus, la somme des angles d’un triangle est égale à deux droits. On sait déduire de ces postulats les relations qui lient les côtés et les angles d’un triangle, et d’une façon plus générale, les longueurs d’une figure géométrique quelconque. La géométrie analytique classique est la partie la plus parfaite de l’édifice logique euclidien.
- On appelle espace euclidien un continuum à trois dimensions (1) dans lequel les longueurs et les angles sont régis par les lois de la géométrie euclidienne.
- Une des propriétés qui nous intéresse le plus aujourd’hui est la suivante : l’espace euclidien est infini dans toutes les directions. Ceci veut dire que, sur une droite quelconque, on peut ajouter des mètres les uns au bout des autres sans jamais être arrêté ni, nous verrons plus loin», le sens de.cette affirmation, revenir à son point de départ en faisant le tour de l’espace.
- 1. On appelle continuum à 3 dimensions un ensemble de points ou si l’on préfère de lieux dans lequel il faut 3 nombres pour fixer la position d’un point.
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- LA NOTION ANCIENNE DE L’ESPACE PHYSIQUE
- On a cru jusqu’en 1916 que l’espace dans lequel nous vivions était euclidien, c’est-à-dire que la géométrie, science physique de la mesure des longueurs, coïncidait rigoureusement avec l’édifice logique euclidien et, de fait, cela est vrai à un très haut degré d’approximation. Lorsqüe nous traçons un triangle sur le papier la somme de ses angles est égale à deux droits. Si l’on veut faire appel à des expériences précises, les mesures astronomiques des angles que font entre eux les rayons lumineux qui parviennent à divers observateurs donnent des résultats en accord avec la géométrie euclidienne, comme si ces rayons étaient des lignes droites et comme si l’espace dans, lequel nous vivons était euclidien. Un autre point qui nous intéresse également est cette constatation qu’aussi loin que porte notre regard nous ne voyons pas de limite ni, que l’on excuse cette anticipation, de retour de l’espace sur lui-même.
- Cette constatation du fait que l’espace est euclidien est si fréquente qu’elle fait partie de notre expérience journalière; elle s’est implantée dans l’esprit humain au cours des siècles et paraît être maintenant une idée innée. L’homme a pris l’habitude de considérer l’espace comme étant euclidien, et il a fini par penser qu’il ne pouvait être autrement et que l’idée d’espace euclidien était dans son esprit avant d’être dans la nature.
- On peut dire que l’espace euclidien est une notion atavique à ce point qu’il devient très difficile même au savant de penser un espace non euclidien. On peut dire aussi que cette opinion que l’espace physique est euclidien est une constatation expérimentale élémentaire.
- L’UNIVERS GALILÉEN
- Pour être complet il importe d’introduire en physique une autre donnée qui est le temps.
- Le temps est une variable qui jointe à l’espace permet de localiser les événements. Lorsque nous pouvons fixer en quel point de l’espace et à quelle époque se produit un événement quelconque, nous avons la possibilité de définir sans ambiguïté tous les phénomènes constatables expérimentalement pat nous. La notion commune de temps est celle de .temps' absolu.
- Avec ces notions d’espace et de temps absolus, l’homme a pu pendant trois siècles constituer la physique. La mécanique, science des mouvements des points et des forces
- Fig. 1.
- qui les provoquent, a été le premier chapitre de la physique qui a paru définitivement constitué. Depuis Galilée et Newton aucune modification n’a été faite dans ses principes, et on a pu espérer longtemps, malgré de nombreuses difficultés, que tous les autres chapitres de la physique parviendraient à cet état de perfection qu’avait atteint la mécanique.
- Bien que plusieurs de ces chapitres, tels que l’élec.-tromagnétisme et l’étude du rayonnement, paraissaient rebelles, il y avait des choses qui paraissaient intangibles en physique : la géométrie, c’est-à-dire la science de.la mesure des longueurs, la cinématique et la mécanique, sciences de la mesure du temps et du mouvement des corps.
- LA RELATIVITÉ
- Les premiers coups portés à cette conception ont concerné la notion de temps. En 1905, Einstein proposa la théorie dite de la relativité restreinte. Cette théorie, basée sur une expérience faite par Michelson en 1880, modifiait simplement la manière dont deux observateurs mesuraient l’espace et le temps et liaient entre eux leurs mesures. Deux événements se produisant en des points différents de l’espace pouvaient être' simultanés pour un observateur et non pour l’autre. L’énergie ne pouvait se déplacer avec une vitesse supérieure à celle de la lumière. Cette théorie était dite théorie de la relativité parce qu’elle affirmait en outre l’impossibilité de définir, par une convention quelconque, un système de référence et de mettre en évidence le mouvement d’un observateur p^ir rapport à ce système par des moyens expérimentaux, si ce mouvement se réduisait à une translation rectiligne uniforme. C’est ainsi par exemple, que le mouvement de translation du système solaire ne peut être défini d’une manière absolue. Ou peut eoiïslater que le soleil se déplace dans une certaine direction et avec une certaine vitesse par rapport à certaines étoiles,. mais cela n’a aucun sens absolu, car on peut tout aussi bien dire que ce sont les étoiles qui se déplacent par rapport au soleil avec la vitesse opposée. On- peut dire en un mot, que la théorie de la relativité restreinte proposée par Einstein on 1905 revenait à nier l'existence, c’est-à-dire la possibilité de constatation expérimentale d’un milieu nommé ether qui aurait pu servir de système de réference pour repérer les mouvements de tous les-corps.
- Si la relativité restreinte introduisait dans les notions
- Einstein, le créateur des théories relativistes.
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- == 164 .....-—= .......... ' 1 =
- d’espace et de temps des modifications si profondes, elle ne modifiait nullement la géométrie. Pour un observateur quelconque l’espace restait euclidien et infini.
- Il importe de dire que la relativité restreinte a été vérifiée par de nombreuses expériences et quelle représente de nombreux phénomènes avec plus d’exactitude que le faisaient les notions d’espace et de temps absolus.
- LES GÉOMÉTRIES NON EUCLIDIENNES
- Nous avons fait tout à l’heure une distinction entre la géométrie et l’édifice logique, nous avons parle d édifice euclidien et dit que l’espace physique paraissait euclidien. Montrons maintenant d’une part que l’on peut imaginer des édifices logiques non euclidiens, et d autre part qu’il n’est pas absurde a priori de penser que l’espace dans lequel nous vivons pourrait ne pas être euclidien.
- Dans ce domaine, les théoriciens ont devancé les expérimentateurs : Lobatchevshi, mathématicien russe, Bolyai, mathématicien hongrois, puis Riemann, célèbre mathématicien allemand, créèrent au début du xixe siècle des édifices géométriques non euclidiens.
- Un édifice logique non euclidien est une suite de propositions partant d’axiomes différents de ceux de la géométrie euclidienne et s’enchaînant logiquement. La plupart des postulats et des résultats de ces géomètres étaient différents de ceux de la géométrie euclidienne. Dans la géométrie cle Lobatchevshi, par un point extérieur à une droite on peut mener une infinité de parallèles à cette droite et dans celle de Riemann on n’en peut mener aucune, alors que dans la géométrie euclidienne on pouvait en mener une et une seule (postulatum d’hu-clide).
- Signalons également que dans la géométrie de Lobat-chevski et de Bolyai la somme des angles d’un triangle est inférieure à deux angles droits alors que dans celle de Riemann elle lui est supérieure.
- Un peut établir un résultat qm restreint le nombre des géométries. Si l’on impose à une géométrie d admettre tous les déplacements possibles, en langage physique si l’on admet la possibilité d’existence de corps solides possédant tous les degrés de liberté possibles, on a a choisir entre 3 géométries : la géométrie euclidienne, la géométrie de Lobatchevshi et Bolyai et la géométrie de Riemann.
- Quelque étrange que cela paraisse, il est facile de concevoir ces géométries non euclidiennes, tout au moins celle de Riemann, et il importe pour la compréhension de ce qui va suivre de dire quelques mots de cette dernière.
- Nous allons montrer simultanément la possibilité de construction d’une géométrie Riemanienne et la possibilité pour l’univers physique d’être régi par cette géométrie.
- GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE.
- ESPACE SPHÉRIQUE
- Il nous sera nécessaire, pour des raisons de commodité, de réduire à 2 le nombre dès dimensions de l’espace sur
- lequel nous raisonnons. Comme nous établissons simultanément l’existence théorique et la possibilité physique de tels espaces, nous sommes obligés d’admettre, pour un instant et pour la commodité du langage, que les êtres humains sont des êtres à deux dimensions, c’est-à-dire des êtres infiniment plats, vivant sur une surface dont ils ne peuvent sortir. Malgré cette simplification, tout ce que nous dirons pourrait être étendu à un espace à trois dimensions et à un univers réel sans autres difficultés que celles provenant de longueurs de langage.
- Puisque nous imaginons que les êtres humains et l’espace n’ont plus que deux dimensions, la notion classique d’univers euclidien se confond avec celle de plan euclidien. D’après la théorie classique nous nous représentons donc les hommes comme étant des êtres plats se déplaçant sur un plan infini dans toutes les directions.
- Imaginons main tenant que ces êtres plats au lieu de vivre sur un plan comme le suppose la théorie classique, soient placés sur une sphère et que l’univers se réduise pour eux à la surface de celle sphère; nous considérons naturellement qu’ils ne peuvent observer que des longueurs sur la sphère, des angles entre des lignes tracées sur la sphère, et qu’ils ne peuvent recevoir d’impression lumineuse, par exemple, que de rayons lumineux se déplaçant sur la sphère. Ces êtres que nous imaginons connaîtront des corps solides plats à deux dimensions; avec ces corps, ils mesureront des longueurs et des angles. Ils observeront des rayons lumineux sur leur sphère et construiront une géométrie, le mot étant toujours pris dans le même sens de science expérimentale. Cherchons ce que sera cette géométrie.
- Remarquons d’abord que la géométrie que ces êtres construiront obéit à la condition d’admettre des déplacements; car, comme un plan, la sphère peut se superposer à elle-même par une infinité triple de déplacements. Il existe toujours un déplacement d’une sphère sur] elle-même ne changeant pas les longueurs et amenant un point donné de la sphère sur un autre point quelconque de celle-ci et une direction issue du premier point en coïncidence avec une direction quelconque issue du deuxième. Pour nous, observateurs de l’espace à 3 dimensions qui vdyons ces êtres se déplacer sur leur sphère, ces déplacements se réduisent à des rotations autour du centre de la sphère.
- Nos êtres appelleront « ligne droite » le plus court chemin d’un point à un autre ou, si l’on préfère, en termes techniques, les lignes géodésiques de leur univers : on sait que sur une sphère ces lignes sont des grands cercles, c’est-à-dire des sections de la sphère par des plans passant par le centre. Ils appelleront « distance entre deux points » la longueur de l’arc de grand cercle qui joint ces deux points. On sait que cette longueur est égale au produit du rayon de la sphère par l’angle sous lequel, du centre de celle-ci, on voit l’intervalle des deux points. S’ils adoptent comme définition de deux droites parallèles la définition classique, c’est-à-dire deux droites qui ne se rencontrent pas, il est facile de voir que par un point extérieur à une droite on ne pourra mener aucune parallèle à cette dî&te, car deux grands cercles d’une même sphère se rencontrent toujours en deux
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- Fig. 2. — Des êtres à deux dimensions vivant sur une sphère appelleront « droite. » ce que. nous appelons un grand cercle. Pour eux deux droites quelconques, même parallèles, se rencontreront.
- points diamétralement opposés (fig. 2). La géométrie que construiront nos êtres imaginaires sera la géomé-Irie de Riemann, et l’on voit en même temps que l’édifice de la géo-mél.rie riema-nienne n’est autre, si on le limite à deux dimensions, que la géométrie sphérique. 11 est Lien connu par exemple que la somme des angles d’un triangle sphérique est supérieure à deux droits, l’excès de cette somme sur deux droits étant égal à la surface du triangle (fig. 3).
- Cette géométrie riemanienne paraîtra aux êtres qui vivent sur une sphère comme la plus naturelle, car elle sera conforme à leur expérience courante et toutes les observations précises qu’ils pourront faire ne feront que confirmer cette constatation.
- Signalons une particularité curieuse : on sait que pour évaluer la distance d’un point C/que l’on ne peut pas atteindre, on mesure sa parallaxe : on prend une base AB perpendiculaire à la direction du point C (fig. 4). En A et B on mesure les angles a et [3 que font avec la base les droites AB et AC et l’on appelle parallaxe l’angle y égal à 180°-or.-fâ. La connaissance de la longueur AB et de l’angle v permet de calculer la distance du point C si on le suppose placé dans un espace euclidien.
- Si les êtres que nous imaginons répétaient cette opération, ils trouveraient que la parallaxe du point C est
- , 1
- positive tant que sa distance est inférieure à - tîR, qu’elle
- devient négative si la distance du point C à AB est
- 1
- supérieure à - tcR (fig. 5). Cet exemple nous montre clairement comment des observations faites sans quitter
- Fig. 4. — Mesure des parallaxes dans l’espace euclidien. L’observateur, se plaçant aux extrémités A et B de la base, mesure les angles a et [3, il eh déduit y = 180° — (a f |3) d’où la distance
- AC
- 1 y - AB cosec--
- 2 2
- la sphère permettent de reconnaître que cette surface n’est pas plane et que la géométrie sur cette surface n’est pas la géométrie euclidienne, mais bien la géométrie riemanienne.
- Signalons enfin la particularité qui peut nous paraître peut-être la plus curieuse et qui concerne l’infini physique pour des êtres vivant sur une sphère. Les êtres que nous avons imaginés traceront des lignes droites qui, nous l’avons dit, sont des grands cercles de la sphère et ils reconnaîtront que s’ils se déplacent sur ces lignes droites en marchant droit devant eux ils finiront par revenir à leur point de départ après avoir fait le tour de la sphère et avoir parcouru une longueur égale à 2 71R : longueur d’un grand cercle. Par exemple un être infiniment plat qui vivrait à la surface de la terre, qui partirait de l’Afrique vers l’Atlantique en suivant l’équateur, traverserait l’Amérique, le Pacifique et reviendrait à son point de départ en Afrique par le côté opposé de celui où il est parti.
- 11 nous est donc facile de concevoir, en nous limitant à des êtres à deux dimensions un univers fini et qui n’admet pas de bords. Il est un peu plus difficile de concevoir un espace à trois dimensions possédant les mêmes propriétés, mais la géométrie analytique, d’une manière plus précise la théorie mathématique des espaces métriques, nous permet de construire la géométrie d’un espace sphérique à
- trois dimensions. Fig. 5. -— Si on mesure avec la base AB la Dans un tel es- distance de C( et Ci par la méthode des parallaxes, on obtient pour C, une parallaxe pace, SI on mar- p0Sitive et pour C5 une parallaxe négative. chait indéfiniment
- dans la même direction, on reviendrait à son point de départ après en av oir fait le tour : un tel espace est dit sphérique.
- Par analogie avec l’exemple à deux dimensions que nous [avons donné, on propose souvent, comme image d’un tel es-
- Fiy. 3. — La somme des angles d’un triangle, sphérique est supérieure à deux droits.
- La figure représente un triangle sphérique formé de trois arcs de grands cercles rectangulaires, un équateur et deux méridiens distants de 90°. La somme des angles vaut 270°.
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- = 166 — — ==-:".................-.....=...,,=^=z=
- pace sphérique une sphère à trois dimensions plongée dans un espace euclidien à quatre dimensions. Il faut bien dire que celte image est assez peu commode pour nous, car, si l’espace euclidien nous est familier, il n’en n’est pas de môme de l’espace à quatre dimensions.
- De plus, cette représentation de l’espace sphérique par une sphère de l’espace à quatre dimensions présente un assez grave inconvénient. Elle pourrait nous laisser croire qu’un espace sphérique à trois dimensions est nécessairement plongé dans un espace euclidien à quatre. Or il n’en n’est nullement ainsi et physiquement on peut très bien concevoir l’espace sphérique à trois dimensions en lui-même sans faire appel pour cela à une quatrième dimension.
- Croire que l’espace sphérique à trois dimensions est plongé dans un espace euclidien à quatre est une a (Urination arbitraire et dont l’origine anthropocont.risle est évidente. Elle est une ultime conséquence de l’habi-
- tude que nous avons contractée de ne concevoir facilement que l’espace euclidien.
- Nous avons montré au contraire que toutes les propriétés métriques d’un espace peuvent être étudiées et défi nies entièrement sans quitter cet espace. C’est ainsi que l’on peut dé finir le rayon d’un espace sphérique sans le supposer pour cela placé dans un espace euclidien à une dimension de plus : imaginons que l’on fasse le tour de'l’espace sur une ligne droite et que l’on revienne à son point de départ, on appellera rayon de l’espace le quotient par 2 it de la longueur du trajet parcouru.
- Ainsi il n’y aurait aucune impossibilité, ni logique ni physique à ce que notre espace fût sphérique et des expériences physiques peuvent nous montrer s’il en est bien ainsi.
- (A suivre.) IIkniu Min mut,
- Astronome à l'Observatoire de Paris.
- = L’HÉRÉDITÉ EXPÉRIMENTALE =
- ÉTUDES SUR DROSOPHILA MELANOGASTER
- D’après ce que nous savons jusqu’à préseul. l’hérédité paraît suivre les mêmes lois dans tous les organismes animaux et végétaux. Mais toutes les espèces ne sont pas également convenables aux recherches expérimentales sur l’hérédité. Celles-ci ont été faites sur les animaux domestiques, les cobayes, les souris et dans le règne végétal sur les pois, les haricots, etc. Mais les résultats les plus intéressants paraissent avoir été obtenus par l’étude de Drosophila melanogaster, petite mouche brune de la banane que l’on trouve fréquemment dans les boutiques des fruitiers.
- Ce sont Morgan et ses élèves, Bridges, Muller et Stur-tevant qui, au début de ce siècle, ont commencé à étudier les caractères héréditaires de cette petite mouche; ultérieurement des recherches semblables ont été poursuivies dans un très grand nombre de laboratoires.
- Cette espèce animale se prête en effet particulièrement bien à ces études. On l’élève dans des verres dans les-
- Fiçj. 1. — Schéma des 4 paires de chromosomes de lu femelle (à gauche) et du mâle (à droite) de Drosophile, d'après Morgan, Slurtcvant, Muller et Bridges.
- 9 cf
- /.V IX
- quels on verse une bouillie faite de banane et d’eau à laquelle on ajoute un peu d’agar-agar. Ces verres sont placés à une température constante de 25°. La reproduction est rapide et en dix jours une mouche donne environ 300 descendants dont la moitié sont des femelles. Cour étudier les mouches, on les endort en les introduisant dans un verre dont le bouedum porte un petit bâton enveloppé de coton, hydrophile sur lequel ou a versé quelques gouttes d’éther. En une ou deux minutes les mouches sont immobilisées et on les verse sur une plaque de verre d’un blanc laiteux qui fait un contraste très net avec leur couleur brune. On les étudie avec un appareil binoculaire qui permet d’obtenir une image agrandie environ cinquante fois.
- Certaines mouches sont brunes, un peu brillantes avec de grands yeux rouges à facettes, des ailes transparentes avec 5 nervures longitudinales. Le dos du thorax porte deux sortes de poils : des petits presque invisibles et d’autres un peu plus longs, noirs, assez rudes. Les mâles sont un peu plus petits que les femelles et leur abdomen est noir, d’où le nom de melanogaster. Le type que nous venons de décrire est appelé type sauvage. Les variations en sont assez curieuses. Certains individus diffèrent en effet du type sauvage en ce qui concerne la couleur des yeux, la forme des ailes et leurs nervures, le nombre et la forme des poils longs du thorax, etc.
- Voici d’ailleurs quelques caractères héréditaires des Drosophïla melanogaster :
- 1 Caractères des yeux : w : white. — Yeux blancs.
- B : Bar. — Yeux ovales, br : brown. — Yeux bruns.
- S : Star. — Yeux rouges à grandes facettes, e : eyeless. — Sans yeux.
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- 2° Caractères des ailes :
- si. : streak. - Ailes retroussées.
- vg : vestigial. —• Sans ailes.
- ]) : Diehaete. — Ailes écartées.
- 3° Caractères des poils :
- f : farked. ... Grands poils bouclés (froissés).
- Petits poils sur le dos aussi bien que sur
- h : hairy. — les ailes.
- s : spineless.
- Quelques grands poils manquent.
- Ce qui nous intéresse le plus au point de vue de l’hérédité, c’est l’histologie des cellules somatiques et des cellules sexuelles.
- Les cellules somatiques ont un noyau dans lequel existent des chromosomes; les femelles et les mâles oui trois paires de chromosomes ordinaires ou autosomes. Kn j»lus de ceux-ci, on trouve chez les femelles deux chromosomes sexuels, tandis que les mâles n’ont qu’un chromosome sexuel dans leurs cellules somatiques auquel s’ajoute un chromosome en forme de crochet (fig. J).
- D’autre part, les cellules génitales après leur division . réductionnelle contiennent chez les femelles 4 chromosomes, tandis qu’il existe deux sortes de cellules génitales mâles (spermatozoïdes), l’un contenant 4 chromosomes tout à fait comme les cellules femelles, l’autre ayant
- 3 chromosomes plus le chromosome en forme de ero.-cliet (lig. 1).
- Le problème de la détermination du sexe est de ce fait facile à comprendre.
- La femelle reçoit un chromosome sexuel de la mère et un du père tandis que les mâles reçoivent leur seul chromosome sexuel de la mère. Pour ce qui est des autres chromosomes, les mâles comme les femelles en reçoivent un de la mère et un du père.
- La connaissance de ces faits peut beaucoup contribuer à faire comprendre les lois de l’hérédité.
- On suppose en effet que les chromosomes sont les porteurs des facteurs héréditaires. A chaque qualité, héréditaire correspond un élément hypothétique appelé gène ou facteur héréditaire, qui a sa place, dans un des
- 4 chromosomes.
- Les expériences de croisement ont prouvé d’une manière définitive que le chromosome en forme de crochet ne contient aucun de ces éléments et qu’il est par conséquent sans importance au point de vue héréditaire. On a pu faire à ce sujet quelques expériences de croisement assez simples, mais fort instructives.
- HÉRÉDITÉ RÉCESSIVE
- On prend une seule femelle présentant la qualité héréditaire, « ailes vestigiales » (sans ailes) et on la croise avec des mâles du type sauvage; on commence la numération des nouveau-nés le dixième jour après le croisement et on la continue jusqu’au vingtième jour, pour éviter de compter les mouches de la deuxième génération qui peuvent commencer à naître vers cette époque.
- Les résultats de ce croisement ne sont pas discutables, tous les descendants directs sont du type sauvage. Si ultérieurement on croise une femelle avec des mâles
- l' itj. 2. — Croisement d’une mouche à ailes vestigiales avec une mouché A ailes longues (Igpe sauvage.)
- Le deuxième chromosome normal est ligure avec la lettre Y, le môme porteur du facteur récessif vestigial porte la lettre v. La ligure représente la répartition des deux types pendant deux générations. D’après Morgan, Sturtcvanl, Muller et Hridges.
- de cette nouvelle génération, 3/4 seulement des mouches sont du type sauvage (lig. 2).
- Ce résultat s’explique facilement si l’on admet que les chromosomes sont le substratum des attributs héréditaires. Aux mouches sans ailes appartient, un gène récessif qui a sa place dans un des autosomes.
- Pour éviter les erreurs dans des recherches aussi complexes, on emploie une nomenclature spéciale, prenant note des gènes qui se trouvent dans un chromosome au-dessus d’une ligne horizontale et de ceux qui se trouven t dans l’autre chromosome au-dessous de celle-ci.
- Dans presque tous les laboratoires où l’on a étudié cette question, on utilise la nomenclatui’e anglaise, que nous avons citée ci-dessus.
- Un gène récessif est indiqué j^ar une minuscule. Les gènes dominants (on en connaît plusieurs chez Droso-phila) sont indiqués par une majuscule.
- Tous les individus du type sauvage qu’on a obtenus à la deuxième génération ne sont pas de la même catégorie : ou ils sont Vv ou ils sont VV. Les deux sortes peuvent être séparées en les croisant avec un mâle à ailes vesti-
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- HÉRÉDITÉ DOMINANTE
- Si Ton prend maintenant une femelle ayant des ailes écartées et qu’on la croise avec des mâles du type sauvage, dans la première génération nous trouvons un nombre égal de mouches avec des ailes écartées et de mouches du type sauvage. Si nous croisons une femelle avec un mâle de cette génération, tous les deux ayant des ailes écartées, la génération suivante se compose pour 1/3 de mouches du type sauvage et pour 2/3 de mouches avec des ailes écartées.
- Cela peut s’expliquer en supposant que le caractère des ailes écartées est dû à un gène dominant.
- Dans 1/4 des individus de la deuxième génération, le facteur héréditaire dominant est présent à dose double ce qui n’est pas dans ce cas compatible avec la vie chez Drosophile. Donc, les individus qui survivent comprennent pour 2/3 des mouches avec des ailes écartées, pour 1/3 des mouches du type sauvage.
- HÉRÉDITÉ PAR RAPPORT AU SEXE
- Enfin, croisons une femelle ayant des yeux blancs (le type sauvage a des yeux rouges) à des mâles du type
- Fig. 3. — Croisement (Varie femelle à yeux blancs cl Fan mâle à yeux
- rouges (type sauvage.)
- Les facteurs de ces caractères sont portés par le chromosome X; le facteur blanc porte la lettre w, le facteur rouge W. D’après Morgan, Sturtevant, Muller et Bridges.
- sauvage. Tandis que dans les expériences précédemment mentionnées, les femelles et les mâles étaient équivalents quant à leurs qualités héréditaires, on trouve que parmi les animaux reproduits par ce dernier croisement les femelles sont toutes du type sauvage, tandis que les mâles ont tous les yeux blancs (lig. 3).
- Cela s’explique en supposant que le gène récessif des yeux blancs w se trouve dans le chromosome sexuel X.
- Bien que des yeux blancs soient une qualité récessive et se trouvent chez les mâles à dose simple, la coloration blanche des yeux apparaît chez eux parce que le chromosome ne contient aucun facteur dominant.
- Ainsi nous retrouvons chez Drosophila melanogaster les 3 sortes d’hérédité que nous connaissons chez les autres animaux.
- Chez Drosophila, il existe environ 350 facteurs héréditaires différents, récessifs ou dominants, liés au sexe ou ne l’étant pas. Et non seulement nous connaissons le chromosome dans lequel se trouvent les gènes, mais nous sommes capables de les localiser, c’est-à-dire de préciser leur place dans le chromosome.
- Toutes les expériences faites avec Drosophile peuvent en effet être expliquées en supposant que les gènes sont placés dans les chromosomes filiformes comme une série de grains enfilés sur un cordon.
- On a pu arriver à faire un tracé des 350 qualités héréditaires susmentionnées. En effet, si nous supposons que ces 350 caractères ont leur gène dans les chromosomes, il faut bien qu’il y en ait plusieurs dans le même chromosome parce qu’il n’y a que 4 paires de chromosomes, ainsi les descendants qui héritent d’un caractère principal, héritent aussi des autres caractères dont les gènes se trouvent dans le même chromosome. Les expériences de croisement ont montré que cela existe en effet, mais elles nous ont prouvé aussi que le couplement n’est pas absolu. Prenons un exemple. Dans le chromosome génital se trouve en dehors du gène des yeux blancs (white = w) un autre gène, la « couleur jaune du corps » (yellow = y), tous les deux étant des gènes récessifs.
- Croisons une autre femelle ayant les caractères y et w avec des mâles du type sauvage.
- Si le couplement était absolu, la moitié des femelles devrait avoir des yeux blancs et une couleur jaune de corps; il devrait en être de même pour les mâles; or, on trouve les résultats suivants :
- $ 2 dV
- wy yw yw T y U w w yw U w
- Nombre des descendants. . . 82 2 1 82 82 1 î
- En résumé 333 mouches, dont 328 suivent la règle, tandis qu’il y a 5 exceptions, donc une proportion de 1,5 pour 100.
- Th. Morgan a donné de ce fait curieux une explication satisfaisante.
- Pendant la maturation des cellules sexuelles, les deux
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- chromosomes correspondants se trouvent à un certain moment (synapsis) tout près l’un de l’autre, c’est là un fait bien connu. A ce moment ont lieu des ruptures des chromosomes et les deux segments correspondants des chromosomes échangent leur place (fig. 4). Cette circonstance, qui est dans notre cas sans importance si la rupture se trouve en dehors de la distance qui sépare y et <v, obtient une importance très grande si la rupture a lieu entre eux deux. 11 naît alors deux chromosomes nouveaux, l’un portant le gène y, l’autre portant le gène w. Ce phénomène n’a lieu que pendant le développement des œufs, pas pendant le développement des cellules spermatiques. 11 explique jusqu’au moindre détail les résultats obtenus.
- Cependant il est également certain que ce phénomène que les Anglais appellent Crossing over (enjambement) a lieu plus souvent lorsque la distance entre les deux gènes est longue que lorsqu’elle est petite. Le pourcentage du Crossing over est en effet proportionnel à la distance entre les deux gènes.
- Th. Morgan appelle la distance correspondant à 1 pour 100 de Crossing over une unité de distance; la distance entre y et w dans l’exemple que nous venons de prendre est de 1,5.
- Il est ainsi facile de comprendre que l’on peut localiser tous les gènes d’un chromosome une fois que l’on a fixé arbitrairement la localisation d’un seul gène dans le chromosome.
- Si on répète les mêmes expériences, elles donnent toujours les mêmes résultats en dedans des limites de probabilité. Pour obtenir des résultats exacts il faut utiliser au moins 3000 mouches. Aujourd’hui on est arrivé à faire ainsi le tracé de 350 gènes connus chez cette petite mouche. La plupart des gènes sont récessifs, la minorité en est dominante. La plupart ont leur localisation dans les chromosomes 1, II et 111, tandis que le chromosome IV n’en contient que très peu. C’est un fait qui correspond très bien à l’aspect histologique des chromosomes montrant 3 paires de chromosomes longs et une paire de petits.
- Nous connaissons aussi des gènes dont la localisation dans les chromosomes est identique. Ce sont les soi-disant « multiples allélomorphes ».
- Ces caractères héréditaires que nous venons de mentionner sont les soi-disant « mutations ». Qu’est-ce donc qu’une mutation ?
- Dans les laboratoires où l’on étudie Drosophila mela-nogaster, on aperçoit de temps à autre qu’il apparaît des attributs non encore constatés auparavant. Th. Morgan s’en aperçut le premier en 1910, constatant la présence d’une mouche avec des yeux blancs dans un verre contenant des mouches du type sauvage. Chose curieuse, cet attribut nouveau était héréditaire. Plus tard, Morgan et tous les savants qui poursuivaient les mêmes études ont découvert qu’un grand’ nombre des caractères héréditaires peuvent apparaître subitement dans les cultures de mouches. L’apparition de ces mutations a donné lieu à beaucoup de théories; mais, jusqu’à présent, nos connaissances sont bien peu avancées sur ce sujet; ce que nous savons, c’est que les mutations peuvent avoir lieu aussi
- Fig. 4. — Mécanisme de l’enjambement des chromosomes amena ni l’échange des gènes figurés en B et C.
- D’après Morgan, Sturtevant, Muller et Bridges.
- bien dans les cellules sexuelles que dans les cellules somatiques et aussi que la fréquence des mutations peut être augmentée sous l’influence des rayons X.
- Dans plusieurs cas, il a été possible de vérifier les conclusions dérivées des expériences héréditaires par l’étude microscopique des chromosomes.
- Bridges a obtenu pendant ses expériences de croisement une femelle, dont la manière héréditaire pourra être expliquée en supposant qu’il existe dans les cellules somatiques de cette mouche 9 chromosomes, au lieu de 8. En faisant des coupes de l’ovaire de la mouche il a réussi à montrer 9 chromosomes : 3 paires d’autosomes plus 1 paire de chromosomes x -j- I chromosome y.
- On peut se poser des questions.
- 1° Est-il possible de modifier artificiellement les gènes dans les chromosomes ? On sait aujourd’hui, après les expériences de Muller et ses collaborateurs, que cela peut se faire par l’action des rayons X.
- 2° Est-il possible au moyen du microscope de découvrir dans l’histologie des chromosomes des modifications correspondant aux différentes qualités des gènes ?
- Sans aller plus loin dans cette question qui nécessiterait encore des développements considérables, on peut dire que tous les phénomènes héréditaires qui apparaissent chez Drosophila melanogaster peuvent s’expliquer par la théorie des chromosomes, contenant à leur intérieur les gènes disposés comme des grains enfilés sur un cordon.
- Dr Alf. P. Jacobskn.
- Bibliographie
- Th. Morgan, E.-H. Sturtevant, H.-J. Muller, C.-B. Bridges. Le mécanisme de l’hirédité mendelienne (Bruxelles, 1923).
- Th. Morgan, C.-B. Bridges, A.-H. Sturtevant. The genetics of Drosophila. (Bibliographia Genelica, t. II, 1925).
- E. Guyénot. La variation et l’évolution. L’hérédité. 3 vol. Doin, Paris, 1930-1931. •
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- PROPRIÉTÉS DES RÉSEAUX QUADRILLÉS
- LEUR EMPLOI POUR L'ATTÉNUATION DES EFFETS SOLAIRES
- a'
- Fig. 1. — Ombre et pénombre d’un fil de diamètre aa'.
- La cure solaire appliquée sans méthode et sans graduation risque de compromettre la santé des gens, jeunes ou vieux, en apparence bien portants : ceux qu’on prétendait guérir sortent souvent affaiblis de l’épreuve. Il est absolument nécessaire donc que l’héliothérapie soit appliquée avec' circonspection et graduation et qu’elle sorte de l'empirisme dans lequel elle n’a que trop vécu jusqu’à présent. Il faut pouvoir en particulier atténuer et mesurer l’énergie radiante utilisée.
- Pour obtenir une atténuation de la lumière solaire, il s’agissait de trouver un moyen qui n’altère pas la qualité du faisceau solaire incident. Il ne fallait donc pas penser à liltrer les rayons, car tout filtre laisse passer certaines radiations et en arrête d’autres. Par exemple, un verre de vitre de 1 mm,4 d’épaisseur arrête toutes les radiations de longueur d’onde inférieure à 2950unités Angstrbm, c’est-à-dire les rayons ultra-violets.
- Nous sommes arrivé à trouver une solution correcte du problème au moyen des réseaux quadrillés.
- Principe de la méthode. ----- Lorsqu’on interpose sur le trajet des rayons solaires un tel réseau et qu’on cherche en arrière au moyen d’un écran blanc à recueillir les ombres et pénombres des fils opaques du réseau, on constate que l’ombre du quadrillage, d’abord très nette, va en perdant de sa netteté pour disparaître sur l’écran à un moment donné où alors existe un éclairement uniforme. En écartant davantage l’écran, l’ombre du quadrillage reparaît, pour disparaître encore et fournir une deuxième plage à éclairement uniforme : tel est le principe de la méthode que nous avons trouvée pour résoudre le problème de l’atténuation des effets solaires.
- Etude du phénomène. —- Pour étudier complètement le phénomène, nous commencerons par voir ce qui se passe avec un seul fil, puis avec deux fils opaques parallèles. Prenons un fil de diamètre d exposé perpendiculairement aux rayons solaires : en supposant une section par un plan perpendiculaire au fil, le sommet du cône d’ombre se trouve à une distance h du fil. Si L et D sont respectivement la distance et le diamètre^ de la source lumineuse, on peut écrire :
- h _ P
- "d ï)
- Fig. 3. — Papier photographique cu-posé au niveau de la bande résultant de l'affrontement des pénombres de deux fils parallèles.
- Pour un autre (il, de diamètre d1, la hauteur h' du oô d’ombre est telle qu’ou a
- V _L d’ ~ D :
- ne
- sommet du cono d'ombre
- d’où l’on tire :
- h
- V =
- (’.e (pii veut dire que le formé par un fil est d’autant plus éloigné que le fil est plus gros.
- Prenons maintenant deux (ils parallèles écartés d’uni' distance S : disposons le plan de ces deux fils perpendiculairement aux rayons solaires ; un écran blanc déplacé en arrière montre d’abord l’ombre des deux fils. Éloignons davantage l’écran, il arrivera un moment où l’on verra sur l’écran une bande rectangulaire résultant de l’affrontement des pénombres de ces fils et au niveau de laquelle l’éclairement est moins intense que dans les autres points de l’écran, dette plage rectangulaire à éclairement uniforme se forme a une distance qui varie, .toutes choses égales d’ailleurs, avec Y écartement des fds. Par exemple, avec deux fils parallèles de
- 0 mm 75 de diamètre, la bande des pénombres juxtaposées se trouve à une distance d’autant plus grande que l’écartement des fils augmente.
- Fig. 2. —Ombres et pénombres de deux fils parallèles de sert ion d.
- Les pénombres s'affrontent dans le plan hh.
- Ecartement;
- 0 mm 75
- 1 mm
- 2 mm
- Distance de la bande 21. cent.
- 25 cm 35 cm
- Quant à la largeur de la bande rectangulaire, elle varie aussi avec l’écartement des fils, toutes choses égales d’ailleurs : avec deux tiges opaques de 5 mill. de diamètre, on a trouvé les valeurs suivantes :
- Ecartement 1 mm 2,5 mm
- Largeur de la bande 12 mm 18 mm 25 mm
- Cas d'un réseau quadrillé. — Ce qui se passe avec les fils parallèles se retrouve forcément dans le cas des réseaux quadrillés, puisque ceux-ci résultent de l’assemblage de fils parallèles et croisés. Nous avons dit qu’en
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- arrière d’un tel réseau exposé au soleil, un écran éloigné progressivement montre qu’à un certain moment l’ombre des fils du réseau est remplacée par une plage à éclairement uniforme et où la lumière salaire est sensiblement atténuée. Hn éloignant encore davantage récran, l’ombre des
- lils reparaît, puis une nouvelle plage à éclairement uniforme s’observe sur l’écran.
- La distance à laquelle se forment ces deux plages, dues, répétons-le, à l’affrontement des pénombres, varie avec la grosseur et avec l’écartement des fils constituant le réseau. Voici les nombres trouvés pour trois réseaux:
- lre plage 2° plage
- Réseau à fils de 0 mm 3 de diamètre
- écartés de 0 mm 5...................30 cm 51. cm
- Réseau à lils de 1 mm de diamètre
- écartés de 2 mm..................... 43,5 75 cm
- Réseau à fils de 2 mm 5 de diamètre
- écartés de 3 mm......................83 cm 144 cm
- Après de nombreuses expériences, nous avons trouvé (pie si l’on désigne par d, et d„ les distances où se forment les deux plages, on a
- <4 = d X 1,7
- tBBaaaiMaBl!
- Quant à l’atténuation de la lumière solaire produite
- par les réseaux quadrillés, une première constatation qualitative a été faite à l’aide du papier photographique dont une partie recevait les rayons directs du soleil et l’autre partie la lumière atténuée par le réseau : on constate ainsi que le papier sensible est nettement moins impressionné dans la partie située dans chaque plage à éclairement uniforme que dans les parties soumises au rayonnement solaire direct.
- Une autre constatation, quantitative celle-ci, a pu être faite à l’aide de Y héliomètre de Bordier : nous avons
- aaaaa
- «B~
- UN
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- I'
- g
- Fig. 5.
- Jiéseau métallique à gros fils.
- pu facilement déterminer la quantité de lumière reçue dans l’une et l’autre plage du réseau. Après un grand nombre d’expériences, nous avons trouvé que dans la deuxième plage, la plus éloignée du réseau, la proportion de lumière est plus faible que dans la plage la plus rapprochée du réseau : ainsi, avec un réseau constitué par des fds de 1 mm de diamètre et écartés de 2 mm, la proportion de lumière arrivant à la deuxième plage est de 68 pour 100. Au niveau de la première plage, cette proportion est plus forte, elle atteint 80 pour 100.
- La valeur de l’atténuation produite par ce réseau est donc de 32 pour 100 au niveau de la plage n° 2 et de 20 pour 100 au niveau de la plage n° 1.
- ün pourrait croire à priori qu’une atténuation de même ordre pourrait être obtenue en opérant en plein soleil, à condition de diminuer la durée d’exposition dans des proportions correspondantes. Pour comprendre la différence entre l’atténuation produite par un réseau et celle due à qne réduction du temps d’exposition au soleil direct, nous ferons volontiers la comparaison sui-
- vante : soumettons une substance albuminoïde donnée à une température de 68° d'une part et à une température de 100° d’autre part, pendant le même temps. Il est certain que dans le premier cas les effets physico-chimiques (coagulation, etc.), seront nettement atténués par rapport à ceux résultant de l’exposition de la même substance à la tempéra turc de 100°. De même, les effets biologiques consécutifs à une exposition des téguments dans le plan de l’une ou de l’autre plage d’un réseau pendant, par exemple, 30 minutes ne seront pas de même ordre que ceux consécutifs à l’exposition aux rayons directs du soleil pendant un temps plus court, par exemple 25 minutes. D’ailleurs, l’expérience prouve que l’érythème solaire (coup de soleil) ne se produit pas sous le réseau après un temps bien supérieur à celui amenant ce résultat par l’exposition directe au soleil. On peut relier entre eux ces temps l et t en fonction de l’atténuation a. du réseau. Nous écrirons en effet.
- 1.00
- Fig. 4.
- ïiéseuu tnmdriilé fin.
- Pour la plage où l’atténuation est de 32 pour 100, on a
- t
- 100. t'
- = 1,40.//
- Autrement dit, si le coup de soleil se produit en plein soleil après une heure d’insolation, on ne l’observera pas après 1,46x60 minutes, soit 1 heure 27 minutes au niveau de la deuxième plage du réseau.
- Conséquences pratiques. — Les résultats de cette étude expérimentale nous paraissent importants : l’atténuation de l’énergie radiante solaire sera utilisée avantageusement si l’on se décide à faire usage des réseaux quadrillés dans les cliniques liéliothérapiques et dans les sanatoria. Le réseau qui nous paraît le plus pratique est celui constitué par une toile métallique nickelée, ou mieux, chromée, dont les fils ont 1 mm de diamètre et un écartement de 2 mm : ce réseau serait fixé sur un cadre de grandeur suffisante et à orientation variable, de façon
- Fig. 6. —• Papier photographique exposé au rayonnement direct, à gauche et dans une plage du réseau, à droite.
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- = 172 ............
- à rendre toujours le plan du réseau perpendiculaire aux rayons solaires. -
- On placera les téguments du malade d’abord dans le plan de la plage n° 2 pendant quelques jours, puis dans le plan de la plage n° 1, avant d’exposer le malade au rayonnement solaire direct. On obtiendra ainsi des
- effets progressifs qui permettront de faire agir sur les malades des doses de plus en plus fortes d’énergie radiante. En opérant ainsi, on évitera les inconvénients et même les dangers d’une héliothérapie d’emblée directe et brutale.
- Prof. H. Bordier,
- Membre correspondant de l’Académie de Médecine.
- LES OREILLES D’ELEPHANT
- Les oreilles dont nous allons parler ne font point partie de l’anatomie de l’énorme pachyderme que vous connaissez : il s’agit des feuilles d’une plante ornementale, le Caladium esculentum, vulgairement dénommées oreilles d’éléphant, avec lesquelles elles ont, du reste, une certaine ressemblance.
- Cette plante fait partie de la famille des « Àroïdées », peu abondante dans les pays tempérés où nous ne connaissons, guère que l’Arum tacheté, dit Gonet, Pied de veau, Manteau de la Vierge, tandis que, dans les régions tropicales, elle comprend une douzaine d’espèces avec un nombre considérable de variétés.
- Toutes les plantes du groupe ont un port gracieux, un superbe feuillage coloré, parfois translucide comme de la baudruche, parfois taché des tons les plus éclatants et
- les plus délicats du rouge, du violacé, associés en teintes uniformes ou en panachures avec des nuances jaunâtres et des verts plus ou moins accentués. C’est précisément cette diversité des nuances qui constitue l’attrait du Caladium.
- Bien que toutes les espôeesmuissent être cultivées de la même façon, le Caladium esculbntum est le plus répandu en raison de la facilité relative de sa culture. La plante est assez rustique pour supporter le plein air pendant la saison, de juin aux premières gelées, à la condition d’être mise à bonne exposition et à l’abri des vents.
- Le Caladium esculentum se propage par tubercules empotés vers le 15 mars et plantés vers le 15 juin. On défonce le sol de Om 60 de profondeur, on étend au fond une couche de fumier chaud d’environ 30 cm d’épaisseur,
- Fig. 1. — Un plant d’ « oreilles d’éléphant »d Carliste {Pennsylvanie).
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- puis on comble de terre mélangée par moitié de terreau. On espace les tubercules de 1 m à 1 m 50 suivant leur vigueur, on arrose abondamment sitôt la plantation terminée, puis on couvre le sol d’un bon paillis. Tant que les plantes ne sont pas en végétation, il faut les arroser sobrement; dès qu’elles poussent, les arrosages doivent être fréquents et abondants. Les engrais liquides augmentent beaucoup la vigueur des plants en stimulant la végétation.
- Après deux ou trois mois de culture, ils ont acquis leur complet développement. En automne, on met les bulbes dans un endroit sec, jusqu’à la reprise de la végétation.
- Les « oreilles d’éléphant » atteignent parfois des dimensions extraordinaires, comme l’on pourra s’en convaincre par nos images prises à l’Ecole de Médecine de Carlisle (Pennsylvanie).
- La première représente un ensemble de sept pieds plantés par M. A. B. Nolan, major de l’Ecole, et mesurant 8 m 25 de longueur, 3 m 65 de largeur et 2 xn 13 de hauteur (lig. 1). La seconde montre une feuille prise sur l’un des pieds : elle est longue de près de 4 pieds 1/2 (environ 1 m 35) et large de 3 pieds 1/2 (1 m 05). C’est, du reste, un véritable record.
- Ajoutons enfin que le Caladium esculentum est surtout utilisable pour la décoration des pelouses où on le plante isolément ou en groupe. On s’en sert beaucoup aussi pour la formation de grandes corbeilles en mélange avec les Canna, les Eucalyptus, etc. L’aspect exotique de ses feuilles apporte un ornement remarquable à la décoration estivale des jardins.
- L. Kuentz.
- Fig. 2. — Une feuille monstre de 1 m 35 de long.
- = IRRIGATION INDIGÈNE AU MAROC
- L’irrigation est en général fort utile à la culture, elle est même indispensable dans les pays à pluies rares ou périodiques;
- Fig. 1. —• Puils à eau dans le Sous marocain.
- c’est le cas de la majeure partie du Maroc, où il pleut par intermittences de novembre à mars et où la sécheresse persiste le reste du temps.
- Les indigènes ont depuis les temps les plus'reculés imaginé toutes sortes de systèmes s’adaptant aux conditions locales,
- et exécuté de très importants travaux dans le but d’amener assez d’eau à leurs champs. Ils ont capté l’eau des rivières (oued) à des cotes suffisantes pour la conduire ensuite par simple gravité au point d’utilisation. Quelques-uns de ces canaux atteignent des longueurs considérables ; ainsi la Séguia Yacoubia, presque totalement ruinée aujourd’hui, qui aboutissait dans les plaines de Marrakech, mesurait plus de 150 kilomètres de développement. Elle devait débiter plus de deux mètres cubes à la seconde.
- Nous décrivons ci-dessous deux moyens originaux que les Marocains ont intensément employés pour atteindre les eaux de la nappe souterraine que la constitution géologique du pays favorise en de nombreux points.
- Dans la région d’Agadir et du cours inférieur de l’oued
- Fig. 2.,— Type d’une yhelara au Maroc.
- /inte légère pour l’écoulement
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- = 174 =..........=====.........^===
- Sous, où ceLte nappe n’est'pas profonde, on a construit des puits verticaux (lig. 1) dans lesquels une outre O et (y d’une cinquantaine de litres est attachée par ses extrémités, à deux cordes A et A', tirées simultanément par un bœuf ou. un mulet. L’eau se déverse dans une rigole R, qui la conduit aux champs à irriguer. Pour éviter la trop rapide usure des cordes, qui sont en libres de palmier, on les fait passer sur deux rouleaux en bois M et N. Nulle part au Maroc, on n’utilise le levier si fréquent en Provence.
- Pour les entreprises de plus grande envergure, exigeant de gros débit, on a recours à la galerie souterraine (ghelara) judicieusement placée pour atteindre, avec faible pente et moindre longueur, la nappe d’eau. Ces galeries sont creusées par des moyens primitifs et à l’aide de puits (lig. 2) pour l’éva-
- cuation des déblais; il arrive fréquemment que les ouvrages peu profonds s’éboulant et se creusant sans cesse, finissent par devenir de véritables tranchées ou l’eau coule à la base.
- Aux alentours de Marrakech, plusieurs ghetara mesurent de 10 à 12 km de longueur avec des hauteurs de tête atteignant 30 m.
- Signalons aussi que ce mode est très utilisé actuellement en Perse : la ville de Téhéran avec ses 400 000 habitants n’est pas alimentée autrement. Certaines de ses galeries d’amenée d’eau dépassent 25 km avec des profondeurs allant jusqu’à 150 m et des débits de 75 litres à la seconde. L’espacement des puits pour la construction est de 100 m; ils sont maintenus dans un excellent état et sont tous couverts pour les mettre à l’abri des eaux de ruissellement. V. G.
- = LA NOUVELLE LOCOMOTIVE = DES CHEMINS DE FER DE L’ÉTAT
- Les Chemins de fer de l’Etat ont fait établir, par. la Compagnie de Fives-Lille, une locomotive qui est, assurément la plus puissante qui ait jamais été construite en Europe. Cette nouvelle machine est du type Mountain, caractérisé par la présence cl’un bogie à deux essieux, de quatre essieux moteurs et d’un essieu porteur ou bissel, ce qui le fait désigner numériquement par le symbole 241. Ce type n’a été adopte en France que très récemment, d’abord par l’Est et le P.-L.-M., puis par l’État; il a l’avantage de se prêter bien mieux que ceux qui l’ont précédé à la traction des trains lourds et rapides sur des lignes de profil médiocre, aussi son emploi se développe-t-il de plus en plus sur les réseaux qui comptent au nombre de leurs grands itinéraires des voies présentant de longues rampes de plus de 6 mm par mètre.
- Les Chemins de fer de l’Etat qui, sous l’énei'gique impulsion de M. Dautry, s’efforcent de porter la vitesse de leurs trains rapides au maximum admis par lés règlements, né se sont pas déclarés satisfaits des résultats cependant très intéressants obtenus sur certains parcours grâce à la Mountain type Est : c’est ce qui les a conduits à faire construire, selon une formule analogue, une locomotive plus puissante encore, étudiée avec le concours de l’Office central d’Etudes de Matériel de Chemins de fer.
- Afin de faciliter la comparaison des deux machines, nous résumons ei-conti’e en un tableau quelques données numériques relatives à chacune d’elles.
- La nouvelle locomotive, dans la construction de laquelle on a fait un large emploi des nouveaux aciers au nickel est sensiblement plus grande que la Mountain type Est; par ailleurs, elle en diffère notablement dans la partie mécanique.
- Nous ne donnerons pas ici beaucoup de détails sur le foyer ni la chaudière. Nous nous contenterons de dire que la grille est à barreaux oscillants divisés en deux
- Mountain type Mountain type
- Est Eta t
- Longueur. . IG m 010 17 m 760
- Empattement 12 m 070 13 m 500
- Poids à vide 105120 kg 112800 kg
- Poids en charge 114710 kg 124850 kg
- Poids adhérent 74810 kg 784-00 kg
- Surface de grille. . . . 4 m2 43 5 m2
- Surface de chauffe. . . . 217 m2 60 268 m2 35
- Surface de surchauffe. . . 92 m2 57 85 m2 65
- Timbre / 17 hpz 20 hpz
- groupes commandés de la plate-forme de chauffe et que la voûte du foyer est constituée par de grosses briques simplement posées sur des tubes d’eau.
- L’alimentation en combustible d’une grille de 5 m2 sur laquelle il faut lancer près de deux tonnes de charbon à l’heure constitue un travail très pénible. Sur la nouvelle Mountain, elle est assurée mécaniquement par un sl.oker, inspiré d’un modèle américain ; celui-ci qui comporte un tube articulé contenant une vis également articulée (pii, mue par un petit moteur, amène le charbon du tender jusqu’à un gueulard placé à l’entrée, du foyer. Cette vis d’entraînement est assez puissante pour broyer les fragments de houille qui seraient trop gros. Le combustible, élevé jusqu’au bord du gueulard, est ensuite projeté sur le foyer, en diverses directions, par des jets de vapeur qu’il appartient au chauffeur de régler de façon à garnir convenablement tous les points de la grille. La nouvelle locomotive est la première qui, eu France, ait clé munie de ce dispositif dès la mise en service.
- La chaudière est normalement alimentée en eau par une pompe avec réchauffeur; elle peut aussi recevoir
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- l’eau par deux injecteurs de secours. La vapeur passe, avant d’être utilisée, dans les tubes d’un surchaulfeur où elle peut être portée à une température de plus de 400°. La chaudière et les organes dans lesquels circule la vapeur sont soigneusement calorifugés.
- La partie mécanique de la nouvelle locomotive a été simplifiée et son entretien rendu moins onéreux, par l’abandon du compoundage. Les cylindres, qui sont au nombre de trois, sont placés, l’un à l’intérieur du châssis, les deux autres de part et d’autre, à l’extérieur. Le cylindre intérieur sert en même temps d’entretoise des longerons.
- .. 175 =
- tribution à soupapes ne s’était pas toutefois très répandue en raison de sa délicatesse.
- Grâce aux progrès de la sidérurgie qui ont permis la préparation d’aciers spéciaux parfaitement adaptés aux conditions d’utilisation, il est maintenant possible d’établir des distributions à soupapes ayant une sûreté de fonctionnement au moins égale à celle à tiroir.
- La distribution appliquée à la nouvelle Mountain, a été inventée par M. Renaud, Ingénieur principal des Chemins de fer de l’Etat; elle comporte des arbres à cames en acier nitruré, c’est-à-dire ayant subi, après finition, en
- Fig. 1, — La nouvelle locomotive. (Pli. Archives photographiques des Chemins de i'er de l’Etat.)
- Les trois cylindres sont disposés sur le même alignement.
- La distribution de vapeur de la nouvelle Mountain est aussi très différente : au lieu de se faire par tiroirs comme il est d’usage sur les locomotives, elle est assurée par des soupapes commandées au moyen de cames, mécanisme qui rappelle celui que l’on voit sur les moteurs à explosion. Ce genre de distribution à déjà été appliqué à maintes reprises à des locomotives à vapeur; il a des avantages indiscutables : offrant un chemin facile et de larges issues, il évite le laminage de la vapeur; se prêtant à l’obtention de très fortes détentes, il permet de réaliser de notables économies de vapeur toutes les fois que la machine n’a pas à donner sa pleine puissance. La dis-
- atmosphère d’azote, un traitement thermique qui, tout en laissant à la fibre du métal sa ténacité naturelle, a procuré à la surface de la pièce une dureté qui la rend pratiquement inusable. Les leviers et les soupapes sont en acier au nickel demi-dur offrant, même à des températures de l’ordre de 400°, une très grande résistance à la corrosion.
- Les arbres à cames sont enfermés dans des boîtes étanches placées au-dessus des cylindres extérieurs. Ils son! commandés par dés engrenages en liaison avec, une (irise de mouvement ménagée sur les boulons des manivelles des roues de droite des deux essieux moteurs médians. Les soupapes d’admission et d’échappement, placées verticalement sur les cylindres extérieurs, horizontale-
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- Fig.
- La nouvelle locomotive des Chemins de fer de l’État, vue de profil.
- ment sur le cylindre intérieur, ont 160 mm de diamètre; leur levée peut atteindre, au maximum, 25 mm.
- Le changement de marche, qui est du type à vis, permet d’agir sur la boîte à cames et de faire varier les conditions d’admission. Un by-pass automatique ouvre les soupapes d’admission lorsque l’on marche à régulateur fermé. Les cylindres intérieur et extérieur ont des diamètres respectifs de 0 m 570 et de 0 m 530; les courses des pistons correspondants sont de 0 m 650 et de 0 m 760.
- L’essieu qui reçoit l’effort du cylindre intérieur ne comporte qu’un seul coude, alors que dans les machines com-pound à deux cylindres intérieurs cette pièce présente deux coudes ; cette simplification de forme augmente notablement la robustesse et réduit au minimum les risques de fissuration. Cet essieu, sur lequel sont calées deux roues pourvues de boutons de manivelle disposés à 120° de part et d’autre du coude, est établi en acier spécial. Il est pourvu de deux flasques qui jouent le rôle de contrepoids de manivelle, de sorte que la masse des contrepoids de roues a pu être réduite.
- Avec le moteur à trois cylindres ainsi établi, on évite le déhanchement particulier aux locomotives compound à quatre cylindres.
- Les bielles motrices et les bielles d’accouplement sont en acier au nickel-chrome; en dépit de leur apparence plutôt frêle, elles sont extrêmement robustes.
- Les roues motrices, dont le diamètre atteint 1 m 950,
- nere
- s’alignent sur une longueur de 6 m 150; grâce à l’amincissement des boudins des roues des quatrième et cinquième essieux et au jeu latéral du bogie et du bissel, la locomotive s’inscrit aisément dans les courbes, même lorsqu’elles n’ont qu’un rayon de 120 m.
- Cette machine présente bien d’autres détails intéressants, mais la place nous est mesurée. Ajoutons cependant que son esthétique a été particulièrement soignée.
- Du tender, nous nous contenterons de dire qu’il est monté sur des boîtes d’essieu à rouleaux S. 1\. F., système qui, jusqu’à ce jour n’avait guère été appliqué qu’aux voitures, qu’il est pourvu d’une écope permettant de prendre de l’eau en marche et qu’il est attelé à la locomotive par un dispositif de type américain permettant d’allonger notablement vers baria plate-forme de l’abri de la locomotive, par conséquent d’améliorer les conditions de travail du mécanicien et du chauffeur.
- La nouvelle Mountain est capable de produire un effort de traction de 33,5 tonnes; sa puissance, qui atteint plus de 2000 kilowatts, doit lui permettre de remorquer en palier 800 tonnes à 120 km à l’heure, limite de vitesse imposée par les règlements, et, en rampe de 8 mm par mètre, 500 tonnes à 90 km à l’heure. On estime que l’on pourra, grâce à elle, ramener de 4 h. 30 à 4 h. la durée du trajet de Paris à Cherbourg (371 km), en dépit des nombreuses rampes supérieures à 8 mm par m, dont certaines longues de plus de 10 km, qui en accidentent le profil.
- Il ne semble pas toutefois que cette machine puisse être immédiatement utilisée dans les conditions prévues pour son emploi : sa masse qui, avec celle du tender, atteint en ordre de marche 202 750 kg, ce qui représente une charge de 8820 kg par m sur la longueur de voie comprise entre les essieux extrêmes, ne saurait sans doute franchir en vitesse, en leur état actuel, certains ouvrages d’art. Quoi qu’il en soit, la nouvelle locomotive est une superbe réalisation et la Direction des Chemins de fer de l’État a, depuis quelques années, si bien montré ses intentions de faire toujours mieux, que l’on peut avoir entière confiance et escompter d’autres progrès encore.
- André Bourgain.
- Fig. 3. — Coupe de la nouvelle Mountain des Chemins de fer de l'État.
- 1776S.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES
- XIII. — INFLUENCE D’UN BON MAITRE
- Il est arrivé assez fréquemment qu’un jeune homme soit devenu un savant parce qu’un professeur perspicace ou un autre savant a su discerner eu lui la vocation scientifique et l'a aiguillé dans cette direction alors que, s’il eût; été livré à lui-même, il aurait peut-être suivi une tout autre voie. Le cas s’est, par exemple, rencontré pour Daubenion, Breguet, D(dessert, Léopold de Buclt, Ducharire. On peut aussi y ajouter, celui, assez curieux, où des professeurs ou des préparateurs, chargés fortuitement d’un enseignement (ce qui, entre parenthèses, est la meilleure manière de s’instruire) se sont, insensiblement, laissé entraîner vers une nouvelle direction de leur esprit et, se cantonnant alors dans la science qu’ils avaient pour rôle de faire connaître, y sont devenus des savants éminents; on en verra, plus loin, jusqu’à un certain point, un exemple dans celui de van Tieghem, qui, devenant ainsi son propre professeur, passa de la minéralogie à la botanique, science dans laquelle il acquit une réputation universelle.
- *
- * *
- Louis=Jean=Marie Daubenton (171G-1799) (2) est, surtout, connu par ce fait qu’il fut associé, de longues années, à Bulïon, ce qu’il dut à son mérite personnel et aussi... à ce qu’il était né dans le même village — Montbard, en Bourgogne — que ce grand zoologiste.
- Son père était notaire et descendait de notables et de magistrats établis depuis plusieurs siècles dans la région. Tout ce que l’on sait de sa jeunesse se résume à ce qu’il lit ses premières études, au Collège des désuites et s’y montra brillant élève. Sa famille convint de le diriger vers l’état ecclésiastique et, à cet elîet, lorsque ses humanités furent terminées, de l’envoyer à Paris, afin qu’il y fît des études supérieures de théologie. Mais son tempérament le conduisit à délaisser le droit canon et à se consacrer à la médecine. Ce qui l’attirait surtout dans ces études, ce n’était pas tant la médecine elle-même que l’anatomie humaine, science à laquelle il se livra particulièrement malgré les insuffisances de cet enseignement à cette époque. Cette passion ne l’empêcha pas de poursuivre les études classiques de la médecine pratique, ce qui lui permit, à l’âge de 24 ans, de prendre ses grades à Reims, en 1740. Devenu médecin, il retourna s’installer à Montbard, où il obtint rapidement une riche clientèle. C’est là qu’il rencontra Bulïon, qui y venait passer ses vacances pour se reposer du poste qu’il occupait alors à Paris d’intendant du Jardin royal des plantes médicinales. Séduit par les connaissances anatomiques de Daubenton, Bufïon le décida à venir le rejoindre à Paris avec la promesse — qu’il tint — de le faire nommer Garde et Démonstrateur du Cabinet d’Histoire naturelle au Jardin des Plantes. C’est dans cette fonction que Daubenton passa toute sa vie en collaborant, durant de longues années, avec Bufïon, s’occupant particulièrement de classer les collections et de fournir à son chef et ami des données anatomiques sur les animaux afin qu’il pût compléter le grand ouvrage que tout le monde connaît. Plus tard, il s’occupa plus particulièrement de la partie * utilitaire » de la zoologie et, spécialement, des moyens de tirer parti des animaux de la ferme : il sut, notamment, améliorer, par sélection et croisement, les moutons et obtenir d’eux des races à longs poils telles qu’il n’y en avait, alors, qu’en Espagne (5).
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. On écrivait aussi, alors, d’Aubenlon.
- 3. Pour plus de détails, voir : Louis Roule, Daubenion et l’exploitation de la nature, Flammarion, édit., Paris, 1925.
- ***
- Louis=Abraham Breguet (1747-1823) a consacré toute son existence, non à la science pure, mais à la science appliquée; il y est parvenu avec un plein succès et, en particulier, tout le monde connaît ses chronomètres, merveilles d’exactitude et d’ingéniosité.
- Il était né à Neuchâtel, en Suisse, d’une lamille française qui avait dû quitter la France au moment de la révocation de l’Edit de Nantes. A l’âge" de* 15 ans,^jl fut placé chez un horlogër et c’est là qu’il acquit une habileté et un talent qui ne devaient que s’accroître ; par la suite. Les "seuls documents que l’on possède sur sa première enfance sont très peu copieux; on sait, cependant, qu’il ne s’intéressait, nullement aux matières qu’on lui enseignait à l’école et qu’il était réfractaire à l’orthographe et. même, au dessin qui,'plus tard, devait, cependant, tant le guider dans l’agencement de ses mécanismes (on possède encore les originaux de ses dessins techniques qui sont d’une remarquable netteté). Dans son « Eloge » lu à l’Aca-^ démie des sciences — dont Breguehflpivait fait partie — Fou-rier (*) n’a fait qu’une courte allusion à sa jeunesse, mais qui, comme on va le voir, rentre, précisément dans le sujet de ce chapitre :
- « Un des professeurs les plus distingués de T Université de Paris, auteur ingénieux de plusieurs ouvrages de mathématiques, l’abbé Marie, remarqua dans Louis Breguet tous les indices d’une intelligence facile et très régulière; il lui persuada de se livrer avec ardeur à l’étude de la géométrie. Cet enfant qui devait un jour illustrer les arts, subissait alors les rigueurs de la fortune. Sa famille, autrefois opulente mais qui professait la religion réformée, avait été forcée de quitter la France et avait perdu une grande partie de ses biens. Les malheurs domestiques achevèrent l’ouvrage des dissensions civiles. Son père était mort à l’étranger (2) ; sa mère, mariée en secondes noces (51, destina son fils à la profession qu’il a exercée depuis avec un succès éclatant. La France et les arts doivent beaucoup à l’homme généreux qui protégea sa jeunesse et le dirigea dans l’étude des sciences, à celui dont il reçut les premiers conseils, les premières leçons, les premières marques d’intérêt. Il est honorable d’attirer par l’éclat de ses talents un auditoire nombreux, de propager les hautes connaissances et les découvertes utiles aux nations; mais distinguer dans la foule un enfant sans appui, reconnaître en lui le premier trait de génie, prévoir ce que la patrie et les sciences pourront lui devoir un jour, l’accueillir, l’encourager, l’instruire, c’est, dans l’ordre des bienfaits, un de ceux qui doivent occuper le premier rang. »
- Aux renseignements précédents, ajoutons les . suivants publiés (') par notre collaborateur, M. L. Reverchon, il y a quelques années.
- Son beau-père essaya de l’orienter vers l’horlogerie. Il l’emmena dans sa maison de Paris, mais ne semble pas avoir fait faire de grands progrès à l’enfant, dont la carrière ne se décida vraiment qu’à Versailles, où on finit par le mettre en apprentissage en 1762. Versailles où se tenait officiellement la Cour avait tout naturellement des maîtres de premier ordre et le jeune Helvète y prit le goût des pièces somptueuses. Son apprentissage terminé, il alla faire un assez long stage à Londres, qui possédait alors les premiers chronométriciens de l’Europe. Nous avons peu de renseignements sur les premières
- 1. Mém. de l’Acad. roy. de l’Institut de France, VII. Paris, 1827.
- 2. Il avait pu garder la nationalité française.
- 3. Avec un horloger à la tête d’une importante industrie qui avait une annexe à Paris.
- 4. L’Illustration, n° 4203.
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- années de son établissement. Nous sommes réduits à conjecturer que c’est seulement en 1775 qu’il fonda réellement sa maison. Breguet ne tarda pas à se faire remarquer et il était déjà célèbre en 1783, année où il commença l’exécution de la fameuse montre, dite de Marie-Antoinette, considérée comme son chef-d’œuvre et qui, achevée seulement en 1802, ne devait jamais, par suite, être connue de l’infortunée souveraine. Breguet a toujours passé pour avoir une origine picarde et lui-même en était convaincu. « Il paraît, cependant, écrit M. Rever-chon, qu’il se trompait. 11 était d’origine absolument neucha-teloise et non pas descendant d’un émigré picard. M. Alfred Chapuis, auteur d’un bel ouvrage sur la Pendulerie neuchate-loise, a retrouvé la trace des ancêtres de Breguet jusqu’en 1608. D’autre part, le nom de Breguet est extrêmement commun dans les montagnes neuchateloises depuis le xve siècle. Il peut paraître extraordinaire que la légende picarde de Breguet se soit si facilement et si solidement implantée qu’avant les découvertes de M. Chapuis, tout le monde y ajoutait foi. 11 ne faut pas oublier, cependant, que cette légende constituait un moyen tout à fait simple pour obtenir la naturalisation française puisqu’on s’en rapportait aux dires des intéressés, dires généralement invérifiables. On venait, lorsqu’on était protestant, tout naturellement de Picardie puisque Calvin lui-même était picard... »
- Breguet devait, plus tard, enrichir d’une multitude de procédés'nouveaux et ingénieux non seulement l’horlogerie, mais aussi la navigation, l’astronomie et la physique. Il restera le type du savant consacré à la science appliquée. Son fils devint pendant longtemps son collaborateur et mérita, comme lui, de passer à la postérité.
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- Benjamin Delessert (1773-1847) est connu, à la fois comme botaniste ou, plutôt, comme « collectionneur de plantes » et comme... philanthrope, deux épithètes qui se trouvent rarement associées, car, pour être philanthrope, il faut, généralement, être riche, ce qui n’est qu’exceptionnellement le cas des botanistes. L’« herbier Delessert » est universellement connu par sa richesse et, particulièrement, en France par la déception qu’il a causée aux botanistes français, lesquels espéraient le conserver éternellement, ainsi, d’ailleurs, que son auteur l’eût souhaité, alors que, par suite de diverses circonstances regrettables, il prit un jour la direction de la Suisse, d’où il n’est jamais revenu et ne reviendra, sans doute, jamais, ce qui, après tout, de nos jours, n’a plus guère d’importance.
- Delessert, ayant fait partie de l’Académie des sciences de Paris comme « Membre libre », Flourens (') eut, en 1850, l’occasion de prononcer son « Eloge » et c’est à celui-ci, très documenté, que nous empruntons ce qui suit sur sa généalogie :
- Benjamin Delessert naquit à Lyon le 14 février 1773. Ses ancêtres, attachés à l’église réformée, avaient été contraints de s’expatrier lors de la révocation de l’Edit de Nantes. Un demi-siècle plus tard, laissant une de leurs branches en Suisse, ils nous revinrent pour rendre au sol natal leurs exemples et leurs bienfaits. Etienne Delessert, père de Benjamin, après avoir longtemps dirigé à Lyon une importante maison de commerce, s’établit à Paris, en 1777. Son nom y fut bientôt entouré du plus grand respect. A une âme forte et pleine de dévouement pour le bien public, il joignait le génie des conceptions utiles. On lui doit la première idée de la grande Caisse d’escompte, devenue depuis la Banque de France. Son coup d’œil pénétrant et juste se portait sur tout. Il introduisait des améliorations notables dans l’agriculture et dans l’industrie. Il institua pour l’enfance, des écoles gratuites, dont quelques-unes
- 1. Eloges historiques, seconde série.
- subsistent encore aujourd’hui : fondations qui firent la joie de ses derniers jours. Sa compagne, Mme Delessert, née en Suisse, était un esprit supéiieur. Elle voulut diriger elle-même l’éducation de ses enfants et, s’étant donné cette grande tâche, en fit la pensée constante de sa vie entière. Cette jeune famille se développa sous les plus douces influences. Tout autour d’elle tendait à faire aimer la vertu. Berquin, l’« ami des enfants », était l’ami de la maison. Il venait, au milieu de ces sept enfants, chercher le coloris de ses jolis tableaux. Le petit Benjamin surtout l’attirait par sa naïveté gracieuse et Berquin se plaisait à dire qu’il trouvait en lui le plus charmant modèle. II fallut, plus tard, donner à cet enfant et à ses frères un précepteur et ce fut le plus éloquent des maîtres de ce genre, Jean-Jacques Rousseau, que l’on consulta et qui, avec cette raison exquise qui, parfois, se montre dans son Emile, conseilla moins un précepteur savant qu’un homme bon, vertueux et — ce sont ses expressions — d’une « patience invincible ». Rousseau faisait alors de la botanique son occupation favorite. 11 voulut être, pour cette science, le maître des enfants de Mme Delessert. Telle fut l’origine de ces Lettres sur la botanique, si connues et, en effet, si dignes de l’être, ouvrage où le savoir le plus réel cherche à se cacher et y réussit presque sous les formes les plus ingénieuses et les plus simples. Jean-Jacques aimait, en tout, le travail délicat et la perfection. 11 prépara, avec un soin infini, un petit herbier dont toutes les plantes avaient été recueillies par lui, où tous les noms, linnéens ou français, étaient écrits de sa main et où quelques notes venaient ajouter un intérêt de plus. Ce petit herbier fut envoyé par lui à ses disciples : il est devenu le noyau du plus grand herbier particulier du monde. Dès que le jeune Delessert put connaître les plantes, il les aima. Encore enfant, il parcourait, avec l’ardeur de cet âge, les environs de Passy, que sa famille habitait déjà. U cherchait partout des plantes. 11 recueillait aussi des coquilles. Poussé par son goût, il faisait des collections. Ces douces études l’occupaient tout entier et si, parfois, il en fut distrait, c’est qu’il rencontra quelque infortune à soulager, car, dès lors il savourait aussi ces joies-là dans le secret de son cœur.
- Un horizon plus vaste allait bientôt s’ouvrir devant lui. Benjamin Delessert commença de bonne heure cette éducation virile qui ne s’acquiert que par l’expérience des hommes et des choses et qu’il faut chercher loin de son pays, loin de sa famille. Dès 1784 (il avait alors 11 ans), il quitta le foyer paternel sous la direction chérie d’un frère aîné, jeune homme d’une capacité rare, également né pour les affaires et pour les sciences, et qu’une mort prématurée devait ravir, dans la force de l’âge, à tant d’espérances. Nos voyageurs se rendirent à Edimbourg, qui était alors le centre brillant des plus nobles études. Hulton et Playfair, Dugald-Stewart, Hume et Robertson, Adam Smith y donnaient de nouveaux aspects aux sciences physiques, à la philosophie, à l’histoire, à l’économie politique. D’Edimbourg Benjamin Delessert passa à Birmingham et le moment n’était pas moins propice. Le génie de la mécanique y soumettait à l’homme l’une des forces les plus puissantes et les plus terribles de la nature; Benjamin Delessert fut témoin des essais de Watt. Vers le même temps, Deluc, le savant géologue, écrivait à Windsor ses fameuses Lettres sur l’histoire de la terre et de l'homme. Il était l’ami de la famille Delessert.' Il accueillit nos deux jeunes gens avec la tendresse d’un père. La grande éducation est celle qui se fait auprès du génie. Chacun de ces hommes célèbres doua Benjamin Delessert d’un talent particulier. Deluc lui inspira le goût de-la géologie; ITutton, celui des expériences; Dugald-Stewart, le principe de cette philosophie écossaise, qu’on a louée quand on l’a nommée; Adam Smith lui apprit, par ses livres, à raisonner clairement sur l’économie politique; Watt le doua de l’intelligence supérieure des arts mécaniques.
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- Mais un autre guide, le guide le plus tendre et le plus écouté, n'avait pas cessé de veiller sur lui. Pendant tout le temps que. dura le voyage d’Ecosse et d’Angleterre, Mine Delessert fut toujours en relation avec ses deux enfants par ses lettres et par ses conseils. Dans scs lettres, qui ont été pieusement conservées par sa famille, Mme Delessert rend compte à ses fils de tout ce qui se passe à Paris. Elle observe, elle étudie, elle lit pour eux. Elle analyse pour eux les livres les plus'remarqua-bles; elle leur explique les découvertes nouvelles; elle tient sans cesse leur imagination tournée vers le beau, vers le grand; elle leur propose de grands exemples, de grands modèles. La France, comme chacun sait, a eu le bonheur de posséder Franklin pendant quelques-unes des dernières années de sa vie. 11 habitait Passy. Franklin et la famille Delessert se voyaient souvent. Au moment dont il s’agit, il était sur le point de quitter la France. Voici en quels termes Mme Delessert parle de Franklin à ses deux enfants : « Je ne puis vous dire, leur écrit-elle, avec quelle émotion je considère ce vénérable vieillard dont la vie a été si honorablement remplie. Il est très aimable, ayant toujours des choses spirituelles à citer. Quelqu’un lui ayant témoigné tous les regrets que nous éprouvions à la vue des préparatifs de son voyage, —«J’ai, répondit-il, passé ma soirée très agréablement; quand vient l’heure de se coucher, Il faut se rendre chez soi. Il m’en coûte infiniment de partir; souvent même, je me prends à balancer; mais j’espère que je serai ce qui est convenable. » — Un silence d’attendrissement suivit ces paroles; enfin quelqu’un ayant osé insister et lui représenter que ses compatriotes ne semblaient pas pénétrés de toute la reconnaissance qu’ils lui devaient, qu’il avait même d’ardents ennemis : — « Leur injustice, répondit-il, ne me surprendra pas; je connais les hommes; je ne leur en voudrai pas, et je n’en serai pas moins sensible au spectacle de leur bonheur ».
- Le séjour en Ecosse et en Angleterre a été l’événement décisif de la jeunesse de Delessert. C’est de là, c’est des études sévères qu’il y avait commencées et qu’il eut le courage de continuer, que sont nées les inclinations, les idées, les principes et toutes les parties dominantes de ses capacités puissantes et multiples.
- A ces notes publiées par Flourens, ajoutons que lorsque Benjamin Delessert revint en France, il avait 20 ans. On était alors en 1793 et il fit bravement son service dans l’armée. En 1795, son frère étant mort, il revint près de son père et prit la direction de sa maison. Il fonda une raffinerie de sucre à Passy et réussit à obtenir, en grand, de la betterave, le même sucre qui, à cette époque, provenait exclusivement de la canne à sucre ; c’était une véritable révolution dans l’industrie sucrière. Ce labeur ne l’empêchait pas de continuer ses études de botanique. Il accroissait son propre herbier par d’autres herbiers achetés à des érudits. C’est ainsi que fut fondé le Musée Delessert, qui, outre un herbier de 86 000 espèces (300 000 échantillons), renfermait une très riche bibliothèque mise à la disposition de tous, ainsi qu’un abondante collection de coquilles. Il fondait, en même temps, des hospices pour les enfants malades et les enfants trouvés et créait des caisses d’épargne, ainsi que diverses autres œuvres philanthropiques.
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- Léopold de Buch (1774-1853), qui a laissé un nom honorable en géologie, devint, quoique allemand, membre — mais seulement « associé étranger » — de l’Académie des sciences de Paris. C’est en cette qualité que Flourens fut amené à prononcer son Eloge (*) en 1856. Celui-ci est, malheureusement, peu explicite sur la jeunesse du futur géologue, mais nous allons,
- 1. Mém. de VAcad, des Sc. de l’Inst, impérial de France, XXVI. Paris, 1862.
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- néanmoins, en reproduire ci-après le début, qui montre, tout au moins, que l’amour de la géologie fut, chez Léopold de Buch, assez précoce et donne, en même temps, quelques vues d’ensemble sur les tendances scientifiques de son époque.
- « A compter des premières années du siècle de Louis XIV, il s’est fait, dit Voltaire, dans nos arts, dans notre esprit, dans nos mœurs, une révolution générale, qui doit servir de marque éternelle à la véritable gloire de notre pays. » — « Cette révolution, ajoute-t-il, ne s’arrêta point en France; elle s’étendit en Angleterre, porta le goût en Allemagne et ranima l’Italie qui languissait... » C’est en effet, vers le temps heureux dont parle Voltaire que l’on a vu se former, entre toutes les nations d’Europe, une émulation de travail et de gloire, et comme une alliance des esprits qui, se sentant plus forts par l’appui même qu’ils se sont prêté, en sont venus jusqu’à se poser ces grandes et fondamentales questions dont la solution semblait devoir nous rester éternellement cachée, En Allemagne, un des hommes qui ont le plus contribué à faire pénétrer dans le courage des grands efforts a été Leibniz. Tandis que ce rare génie méditait le projet de donner à son pays une vaste association littéraire et scientifique, une colonie de savants français, condamnés à l’exil par la révocation de l’Edit de Nantes, vint s’abriter auprès de lui. Ce fut un secours précieux dont il profita. Survint le règne de Guillaume I°r, tacticien rigoureux qui ne songeait qu’à la guerre, ne mesurait le mérite de ses sujets qu’à la hauteur de leur taille, et définissait les savants : de frivoles inutilités .La. docte Assemblée se vit, dans ce moment, fort délaissée et ne se releva que sous l’influence du grand Frédéric. Celui-ci ne déguisait rien de son goût pour la France : la littérature, la philosophie, la langue et, surtout, les beaux esprits, qu’il eût voulu lui enlever pour les fixer à Berlin. A défaut de Voltaire et de d’Alembert, il nous enleva Mauper-tuis et le fit président de son Académie. Frédéric imprimait à tous les ressorts intelligents de sa nation l’ardeur qui le dominait. Eclairées par son exemple, les familles les plus anciennes et les plus nobles comprirent que c’était s’honorer que de vouer leurs fils à ces labeurs énergiques, source inépuisable pour la patrie, d’un fructueux éclat. A Stolpe, dans l’Uckermark, et dans le calme d’une belle habitation, domaine patrimonial possédé depuis des siècles, une de ces familles qui, déjà, comptait des hommes illustres dans les lettres et la diplomatie voyait s’élever, au milieu d’un groupe gracieux de frères et de sœurs, un jeune rêveur intelligent et actif, mais brusque et méditatif, qui abandonnait les jeux et les joies de son .âge pour vouer à la belle nature, au milieu de laquelle il grandissait, toute son admiration enfantine. Après une première instruction sérieusement suivie, le jeune Léopold de Buch quitta les bords de l’Oder pour aller, à peine âgé de 16 ans, commencer de nouvelles et plus sévères études. Une légende populaire, consacrée par l’orgueil national, raconte que sa mère le vit s’éloigner sans trop d’amertume, car, disait-elle, « elle concevait de grandes espérances ».
- C’est à l’étude des mines, premier degré qui conduit à la géologie, que notre jeune homme, voulait consacrer ce qu’il se sentait d’aptitude et d’énergie. Peu de sciences sont, à la fois, plus récentes et plus anciennes que la Géologie. Dans tous les temps, les hommes se sont demandé comment le globe qu’ils habitent s’était formé et la question a toujours paru fort embarrassante. Aussi, quelques philosophes anciens, pour se tirer d’affaire, avaient-ils pris le parti, du moins très commode, de supposer le monde éternel. Heureusement qu’un écrivain, beaucoup plus ancien que ces philosophes et beaucoup plus savant — quoiqu’il ne songeât pas à l’être — nous avait transmis une indication singulièrement fidèle de la manière dont, les choses ont commencé et de tout le chemin qu’elles ont eu à faire pour arriver au point où nous les voyons. Le livre de
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- Moïse devint, à la lin du xvme siècle, le thème sur lequel travaillèrent tous les esprits. Stenon, Burnet, Woodward, Winston s’appliquèrent à étudier le déluge raconté par la Genèse et crurent pouvoir expliquer, parles seuls effets de ce déluge, tous les changements du globe.’Leibniz, le premier, comprit qu’avant l’action des eaux avait du s’exercer une action plus puissante encore; celle du feu. Car tout a été fondu, tout a été liquide. « Eh. i)iénr:s’éerie-t-il, quel autre, agent que le feu aurait pu fondre, ces grands '.ossements du globe, ces roches nues et ces blocs immortels : magna lélluris ossa, nudæque dise rupes atque imniortales silices 1 » A Leibniz succéda Bulfon. Dans sa Théorie de la terre, Bufl'on ne voyait encore que l’action des eaux; dans son système sur la Formation des planètes, il ne voit, plus que l’action du feu; dans ses Epoques de la nature, son ouvrage le plus médité et le plus parfait, il subordonna habilement l’action des eaux à celle du feu, marqua à chacun de ces deux agents son rôle, à chaque événement sa place, à chaque fait son âge; mais ce livre admirable venait trop tard.
- Dès l’apparition de ces deux premiers écrits de Bufl'on, ses contemporains s’étaient partagés : les uns avaient pris parti pour sa théorie, les autres pour son système-, les uns voulurent tout former par l’eau, les autres par le feu; les uns s’appelèrent .Yeptuniens et les autres Vulcaniens. Ces derniers eurent pour chef, en Angleterre, Hutton et Playl'air, et, en France, Desma-rets et Dolomieu. L’école de Freyberg, où se pressait l’Allemagne autour de Werner, devint le centre du neptunisme. C’est là que le jeune de Buch arriva en 1791. Confié à l’affection de Werner, il en fut le disciple favori et le commensal. Dans de longs et paternels entretiens, le maître, homme plein de séduction dans sa bonhomie et joignant au génie de la méthode le charme de l’éloquence, était heureux de livrer à un esprit pénétrant et vif les trésors de savoir que de longues années de méditation et d’observation avaient accumulés et qu’une paresse d’écrire qui ne pouvait être expliquée que parle succès
- facile de sa parole lui faisait un besoin d’épancher. Presque en même temps que Léopold de Buch étaient arrivés, à l’école de Freyberg,quelques jeunes gens dont il se forma un cercle d’amis. Ces liens, si faciles à serrer dans la jeunesse et que les luttes de la vie dénouent si souvent, furent, pour lui, durables autant qu’elle.
- La similitude des travaux ne troubla jamais son attachement sympathique pour Charles Friesleben et, dès ce jour, et pendant toute la durée de son existence, il a vanté sans restriction, aimé sans nuages, celui qui, pour une âme moins belle eût pu ne paraître qu’un rival dangereux, Alexandre de Humboldt. A 18 ans, notre jeune élève fit un essai de ses forces; il publia une description minéralogique-, et, dès l’épigraphe, on y sentait le vol hardi vers lequel il aspirait : « Le nouveau, écrit-il, étend et le grand élève le cercle de nos vues. » Sollicitant, deux ans après, un emploi dans le service des mines, il adressa au ministre Heinitz un second travail; là encore se laissait apercevoir la pénétration précoce de son esprit ; « Ce que j’ai voulu prouver, dit-il, c’est qu’il est possible de trouver des lois constantes suivant lesquelles s’opère la formation îles cristaux.» Un brevet d’élève royal référendaire, avec la mission de diriger l’exploitation des mines de Silésie, lui fut bientôt envoyé. Cet emploi retint Léopold de Buch pendant trois années. Mais, indépendant d’esprit et de fortune, riche d’avenir, ne connaissant de l’explication des grands phénomènes que ce que l’école de Freyberg en voulait admettre et trop perspicace pour s’en contenter, il se dégagea des entraves du monde artificiel, reprit sa liberté et jeta au loin son enveloppe d’ingénieur.
- Ajoutons à cette esquisse des débuts de Léopold de Buch qu’une fois libre, il se consacra à la Géologie pure et, presque tout seul,-explora à pied, les Alpes, la Styrie, l’Italie et, particulièrement, l’Auvergne.
- (.A suivre.) Henri Coüpin.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE 1932, A PARIS
- Mois chaud, sec et ensoleillé.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, 76G mm 1 est supérieure de 3 mm 5 à la normale.
- Celle de la température, 5°,2 est, en excès de 1°,9 sur la moyenne des 50 années de 1874 à 1923. Les températures moyennes journalières, légèrement supérieures à leurs normales respectives jusqu’au 4, se sont abaissées à partir du 5 et sont restées déficitaires jusqu’au 11. C’est pendant cette période froide qu’a été enregistrée la température la plus basse du mois, — 3°,1 le 10. A partir du 12, le temps s’est maintenu très doux jusqu’à la fin du mois à l'exception des deux journées des 28 et 29 un peu fraîches. A signaler particulièrement la période très chaude, notée du 18 au 21 pendant laquelle les maxima quodidiens comprennent le maximum absolu mensuel, 16°,5 le 20, dépassant les plus élevés notés à pareille époque depuis 59 ans.
- Le nombre de jours dé gelée, 7, est sensiblement la moitié du nombre normal. Au point de vue pluviométrique, décembre 1932 se classe parmi les mois de décembre les plus secs observés au Parc Saint-Maur, tels ceux de 1926, 1902, 1890 et 1875 dont les totaux mensuels n’ont pas atteint plus de 20 mm d’eau. Or, celui-ci en a fourni 22 mm 4, soit les 43 centièmes du nombre moyen, en 12 journées de pluie appréciable au
- lieu de 17 que l’on ..compte normalement. .-12 mm 2 d’eau ont été recueillis rien-que'.pour la seule journée du 26.
- Quelques flocons de neige, les premiers de la saison froide 1932-1933, ont été notés le- 10.
- A l’observatoire de Montsouris, la durée totale -de chute de pluie, 19 h. 50 m. ; est inférieure de 70 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- On a enregistré à l’Observatoire de a Tour-Saint-Jacques, 76 h. 30 m. de soleil, durée qui est supérieure de 83 pour 100 à la normale et qui n’avait été dépassée qu’une fois depuis 1894 (79 h. 50 m. en 1929). Il n’y a eu que neuf jours sans soleil (normale 16).
- Les brouillards, malgré cela, ont été fréquents, étendus et souvent persistants.
- Plusieurs obscurcissements ont été constatés pendant le mois : le 4, le 5, le 24, le 25 et le 26 surtout, où, dans le centre de la ville, à la Tour Saint-Jacques, il persista presque toute la journée.
- A l’Observatoire du parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité de l’air a été de 88, 4 pour 100 et celle de la nébulosité de 68 pour 100. On y a relevé 14 jours de brouillard, 8 jours de gelée blanche et les vents ont été très dominants des régions sud et sud-èst.
- Em. Roger.
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- TECHNIQUES DE L’ASIE CENTRALE
- L'exposition temporaire actuelle du Musée d’Etlmographie du Troeadéro, consacrée aux missions .1. Bacot, présente pour la première fois en France un ensemble tant soit peu complet d'objets tibétains, recueillis au Tibet Oriental et au Sikkim. Les nombreux objets, classés dans Jes vitrines suivant leur catégorie, couvrent les principales activités de la vie domestique et rituelle, et témoignent de l’état extraordinairement avancé de certaines techniques tibétaines.
- Nous extrayons pour les lecteurs de la Nature deux pièces qui nous semblent particulièrement intéressantes, du point de vue technique : une glissière pour pont de corde, et une, bouteille.
- La glissière (lig. 1) se présente sous l’aspect d’un morceau -le bois d’environ 23 cm de longueur, taillé d’une seule pièce et évidé en demi-cercle, donc ouvert, le dos en arête percé d’une lente transversale de G cm. Cette glissière, posée sur une corde, constitue le moyen de passage dont se servent communément les Tibétains sur toute l’étendue de leur territoire d certaines populations de l’Himalaya pour transporte)' les animaux, les femmes et les chargements de toute nature, par dessus h-s lieux qui exigent un pont. Le passage s’effectue de la façon suivante : Une corde est tendue entre Jes deux rives, plus basse du côté vers lequel on veut se diriger. La partie creuse de la glissière l’enveloppe. Une courroie est passée dans la fente de l’arête, et suspend l’homme, l’animal,
- Fig. 2. — Bouteille en bambou modelée sur la plante vivante.
- Fig. 1. — Glissière libélainc en bois pour passer les ponts de corde.
- ou la charge. Un n’a plus qu’à lâcher la glissière qui se déplace naturellement sur la corde préalablement beurrée, et par •conséquent glissante. Souvent d’ailleurs, il y a deux cordes parallèles possédant chacune une glissière, et dont l’une sert pou)' la montée, l’autre pour la descente. 11 peut arriver qu’après un certain usage, la corde soit lâche, que l’élan donné au départ de la glissière ne soit pas suffisant, et que celle-ci resté avec son chaigement arrêtée au milieu. En ce cas, on fait partir une seconde glissière avec un homme pour délivrer les gens ou chargements arrêtés. Dans son livre « Vers Népamelco », M. J. Bacot narre un tel sauvetage.
- Cette technique de passage de pont, utilisée dans tout ce pays montagneux, est donc particulièrement intéressante; on ne la rencontre nulle part ailleurs; elle tient peut-être à la robustesse et surtout à la « sportivité » de cette population qui adore par-dessus tout les jeux du corps, et qui a créé le fameux jeu de polo.
- L’autre technique que nous allons décrire n’appartient pas proprement aux Tibétains, mais aux Loud-zeu du Tibet oriental. Elle concerne les bouteilles représentées sur la ligure 2. Ces bouteilles, de 30 à 40 cm de hauteur, sont d’une seule pièce, malgré leur forme. Elles sont en bambou laqué. Leur préparation est très intéressante.
- Lorsque le bambou est encore sur pied, on fait une fente et une- pierre y est introduite; elle provoquera le rétrécissement du col, et formera l’anse de la bouteille. Lorsque la bouteille semble suffisamment formée, le bambou est coupé, et la section au-dessous d’un nœud donne naturellement le fond. La bouteille, laquée ou peinte, est terminée. Jusqu’ici, nous ne connaissons cette technique delà bouteille de bambou que dans les populations du Loudzekiangqpour autant que nous sachions, elle n'a jamais été adoptée par les populations voisines.
- L’exposition du Musée d’Etlmographie montre nombre d’autres choses intéressantes, en particulier la métallurgie des populations du Dergé, avec ses magnifiques calames en fer, qui mérite d’être notée. A. Smoular.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- GRAINES DE ROSIER
- A la station de floriculture de San Remo, M. Calvino a favorisé de 33 pour 100 la germination des graines de rosier en les plongeant pendant une heure dans une solution de sel organique de mercure. Une immersion de 6 heures a produit l’effet contraire.
- Une immersion de 6 heures dans l’eau ordinaire à la température du local (16 degrés) a favorisé de 16 pour 100 la levée des graines. Ceci montre que l’eau agit presque autant que le produit chimique.
- En tenant des graines de rosier durant 16 jours en chambre froide à zéro degré, on avança d’un mois leur germination.
- Suivant qu’on récolte les baies de rosier à l’état vert jaunâtre, orangé ou rouge, on obtient une germination de 27, 31 et 42 pour 100.
- Ces notions peuvent être utilisées par les amateurs de variétés nouvelles provenant de semis.
- SOL POUR AIRELLES
- L’airelle myrtille à baie bleue fuit les sols fertiles parce que. ces derniers n’ont pas une réaction acide. Les horticulteurs du Canada la lui donnent avec de la tourbe et du sulfate d’alumine. D’un sol neutre ou alcalin, de pH 7,6, ils font ainsi un sol acide de pH 5,5.
- La tourbe seule rend le sol trop froid et humide, le sulfate d’alumine seul ne rend pas le sol suffisamment acide; il faut mélanger les deux.
- Ces indications peuvent servir à la préparation de terres de bruyères artificielles ou à la correction de certaine terre qu’on désire acidifier pour obtenir des fleurs aux couleurs plus vives.
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- i2 EE. LA RADIOPHONIE PRATIQUE -------
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D'UN APPAREIL SIMPLE
- UN POSTE RÉCEPTEUR SIMPLE ET SENSIBLE
- Une des formes de récepteurs radiophoniques les plus simples et les plus populaires à l’heure actuelle est ce qu’on pourrait appeler le type C 119 modernisé en se reportant au nom populaire et, d’ailleurs, arbitraire d’un montage bien connu, en vogue il y a quelques années. Le montage C 119 primitif comportait une lampe haute fréquence triode, une détectrice et deux étages basse fréquence à transformateurs. La liaison haute fréquence à résonance s’effectuait soit au moyen d’un système à circuit oscillant accordé et capacité de liaison, soit à l’aide d’un transformateur haute fréquence à secondaire accordé. L’accord était réalisé en direct ou en Bourne, par exemple (fig. 1).
- Les amateurs des premiers âges de la T. S. F. employaient des bobines en nid d’abeilles ou même « en fond de panier » interchangeables, à montures à broches, pour constituer les bobinages d’accord et de liaison à résonance; plus tard, ces bobinages de bon rendement, mais d’une manœuvre parfois assez gênante, furent remplacés par des blocs d’accord et de résonance montés à l’intérieur du poste, et commandés seule-
- Fig. 1. — Le posle C. 119, comportant un système de liaison haute fréquence par transformateur à secondaire accordé.
- ment à l’aide de boutons molettés extérieurs fixés sur le panneau frontal.
- Les résultats obtenus étaient suffisants, du moins si l’on employait une bonne antenne extérieure, mais la qualité de ces résultats, et surtout la sensibilité du système ont été augmentées dans de très grandes proportions depuis le moment où l’on a pu remplacer la lampe triode haute fréquence par une lampe à écran, dont le pouvoir amplificateur est beaucoup plus grand, et dont la réduction de capacité inteime permet d’obtenir un fonctionnement plus stable, grâce à la diminution des liaisons parasites entre les circuits de grille (circuit d’accord) et les circuits de plaque (circuits de résonance).
- On emploie donc beaucoup à l’heure actuelle les appareils comportant une lampe haute fréquence à écran et, la plupart du temps, dans ces postes encore relativement simples, on adopte également un seul étage basse fréquence muni d’une lampe trigrille de puissance, de sorte que, sous sa forme moderne, le poste C 119 modernisé comporte une lampe haute fréquence à écran, une lampe détectrice, et une lampe tri-grille de puissance.
- La réalisation d’un tel montage est assez facile, ce qui
- explique, d’ailleurs son succès, et; ce « poste moyen » est en faveur, non seulement en France,mais encore plus à l’étranger et particulièrement en Angleterre. Il faut ce-pendant se rendre compte que pour utiliser au mieux les avantages produits par l’usage de la lampe à écran, il est néces-
- sane u adopter des utilisé avec une lampe haute-fréquence à écran. bobinages convenu- . blés, une disposition
- correcte des éléments, et souvent même un blindage portant une ouverture dans laquelle s’engage l’ampoule de lâ lampe, de manière a obtenir une séparation parfaite des circuits de plaque et de grille. Les postes industriels de ce genre, à l’heure actuelle, sont presque toujours blindés, et quelques-uns d’entre eux sont même munis d’un dispositi f présélecteur à filtre de bande qui permet d’augmenter encore la sélectivité du système, sans nuire en aucune façon à la qualité musicale de la réception.
- Ainsi constitué, Je montage possède des qualités toutes nouvelles et, en particulier, son pouvoir sélectif est accru dans de grandes proportions, mais, par contre, la réalisation du poste devient aussi un peu plus complexe et son prix de revient plus élevé. Il y a. donc sans doute des amateurs-constructeurs qui désireraient simplifier ce montage, en sacrifiant seulement une partie restreinte de ses qualités. En particulier, il y a des cas, où le sans-filiste, tout en désirant établir un montage assez sensible, ne considère plus comme indispensable d’obtenir une sélection très accentuée, surtout pour la réception en province, et veut avant tout monter aisément et rapidement un appareil simplifié de prix relativement réduit, et dont le réglage soit immédiat.
- Dans ces conditions, on peut se contenter d’employer, comme le montre la figure' 2, un système d’accord complètement apériodique avec une résistance R de 10 000 ohms fixe ou
- Fig. 3. — Un poste à étage haute fréquence simplilié avec lampe à écran.
- + Hfe tension ^ volts
- H.F à écran
- + k volts
- + H\e tension
- Fig. 2. — Suslème d'accord anéri
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- Fig. 4. — Bloc d’accord el de résonance permettant le montage immédiat, type Emyradio.
- variable, montée en shunt dans Je circuit d’entrée et qui .permette de faire débiter le collecteur d’ondes.
- Le remplacement du circuit d’antenne accordé ordinaire par cette résistance n’offre pas de désavantage t r è s marqué,du moins au point de vue de la sensibilité, si l’on admet que l’on effectue la réaction sur le circuit de résonance. O n r e -cueille à peu près la même tension
- haute fréquence aux bornes de la résistance qu’à l’extrémité du circuit d’accord; par contre, il est indéniable que la sélectivité a diminué par rapport àl’cmploi d’un montage d’accord enBourne ou en Oudin et surtout à l’adoption d’un présélecteur.
- En faisant varier la résistance d’antenne, on peut, d’ailleurs, régler l’intensité de réception, et on a ainsi un moyen simple d’obtenir toujours de bonnes auditions, même lorsqu’il s’agit d’émissions puissantes et rapprochées.
- Si l’on veut, pourtant, garder encore' une sélectivité suffisante, il convient de choisir un système de liaison haute fréquence assez sélectif, et comme le montre le schéma de la ligure 3, on peut alors adopter un dispositif à transformateur haute fréquence, le secondaire étant couplé avec la bobine de réaction. Quant à la troisième lampe, c’est une trigrille de puissance reliée simplement à la détectrice par un transformateur de rapport 1/3 ou 1/4.
- Fig. 5. — Établissement d’un montage à batteries avec le bloc précédent.
- Emybloc
- vsation k a 6 volts
- Terre Accus ou piles pouvant débiter ttà 16millds
- Grâce à l’emploi du système d’accord apériodique, le dispositif est particulièrement stable, et touL son réglage se réduit à celui du condensateur d’accord du secondaire du transformateur, et à la variation du couplage de la bobine de réaction. Le réglage d’un tel système est donc exactement le même que celui d’une lampe dé tectrice à réaction, et pourtant le récepteur est bien préférable, d’abord parce qu’il est plus sensible, et ensuite parce qu’il n’envoie pas dans l’antenne de courants perturbateurs haute fréqueirce capables de gêner les amateurs voisins.
- Pour permettre aux amateurs constructeurs d’établir immédiatement un tel montage, un constructeur de pièces détachées a établi récemment des blocs d’accord et de résonance comportant le transformateur haute fréquence, le condensateur variable avec son commutateur automatique petites ondes, grande ondes, et la réaction mobile agissant sur le transformateur haute fréquence (lig. 4). La commande du condensateur variable et celle de la réaction sont assurées simplement par deux boutons concentriques.
- Le condensateur variable est prévu pour tourner de 360°,
- 4 volts alternatif 2a5 --------------
- 2 V ç)V
- t H. P
- j© © © © © I Emybloc
- l-______
- 0 +IÜ0V' +200 V -15Y
- 6 m illis SBmil/is Fblaris!
- Fig. 6. — Le même montage réalisé avec des lampes à chauffage indirect.
- et il comporte un cadran transparent à deux teintes éclairé par l’arrière et gradué directement en longueurs d’onde pour toute la gamme petites ondes, grandes ondes de la radiodiffusion. Le système est fixé simplement sur le panneau antérieur du poste, et les graduations de repère sont visibles à travers une fenêtre pratiquée dans une plaque métallique (fig. 4).
- Toutes les connexions du bloc sont reliées à six bornes numérotées groupées sur une même barrette disposée à l’arrière du système, et il suffit de connecter ces bornes aux autres organes du récepteur et aux sources d’alimentation. Grâce à ce système, on peut d’ailleurs tout aussi facilement réaliser un appareil alimenté par batteries ou par courant redressé qu’un appareil alimenté entièrement par le courant alternatif d’un secteur avec lampes à chauffage indirect (fig. 5 et 6).
- On peut ainsi établir rapidement un trois-lampes moderne sensible, dont le panneau avant ne comporte que le bouton double de commande, un interrupteur-rhéostat s’il y a lieu, et la fenêtre d’un enjoliveur au travers de laquelle on distingue les graduations du cadran éclairé. Le bloc de petites dimensions peut même être disposé aisément dans une ébénisteric midget. P. Hémardinquer.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Annuaire astronomique et météorologique Camille Flammarion, pour 1933, publié par l’Observatoire de J'uvisy. 1 vol., 482 pages, 100 lig. E. Flammarion, éditeur, Paris, 1933. Prix : 12 fr.
- Voici la 69e lois que paraît ce précieux annuaire, bien ancien déjà, mais toujours jeune, grâce aux soins pieux et désintéressés avec lesquels Mme Gabrielle Camille Flammarion et ses collaborateurs en tiennent chaque année le contenu au courant des progrès de la science et en améliorent la présentation. C’est un ouvrage indispensable à tout amateur désireux de suivre et de comprendre les phénomènes célestes observables pendant l’année. La modicité de son prix ajoute encore à son mérite.
- Les épreuves photographiques à l’encre grasse,
- parC.de Santeul.1 vol. 108 p.,10fig. Cauthier-Villars.. Paris 1932. Prix : 20 fr.
- Les épreuves photographiques à l’encre grasse sont réalisées par un apport d’encre d’imprimerie sur la couche émulsionnée ou gélatinée du papier. Cette classe de procédés a l’avantage, très attirant pour l’amateur ou le professionnel, de permettre à l’opérateur d’intervenir personnellement ou même d’interpréter au cours de l’exécution de l’épreuve. Mais, pour obtenir de bons résultats, il faut une éducation et une expérience dont le très clair et très compétent traité de M. de San-teul facilitera l’acquisition à ses lecteurs.
- Le pH et sa mesure. Les potentiels d’oxydo-rê-duction. Le pH par M. Huybrechts, 2° édition, 1vol. in-16, 394 p., 42 lig. Bibliothèque scientifique belge. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : 25 francs.
- Il y a deux ans, l’auteur, professeur à l’université de Liège, donnait un très clair exposé du pH, dont voici la 2° édition. Sans chercher à montrer l’importance de ses applications, il se bornait à expliquer sa signification et sa place dans le domaine de la physico-chimie, en s’adressant à des biologistes souvent peu entraînés aux données physiques et au calcul. L’ouvrage ayant été rapidement épuisé vient d’être réimprimé avec de considérables additions. Si la notion du pH et de sa mesure est à peine modifiée par un chapitre sur l’activité, une deuxième partie est consacrée au rll, c’est-à-dire aux potentiels d’oxydo-réduction. Cette nouvelle mesure est étroitement liée à celle des concentrations en ions hydrogène et elle permet de suivre les gains et les pertes d’électrons des solutions. L’exposé qui en est fait est un des plus réussis qu’on possède de la question. Une série de notes, groupées en appendice, facilitent pour les débutants la compréhension complète de ces phénomènes physiques, aussi nouveaux qu’importants à connaître pour les biologistes.
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- ResSi.ources végétales du Sahara et de ses confins nord et sud, par Auguste Chevalier. 1 vol. in-8, 256 p. Laboratoire d’agronomie coloniale du Muséum, 57, rue Cuvier, Paris.
- 11 y a 32 ans, l’auteur, tout jeune, rentrait de sa première exploration du Soudan et du Sénégal, sous la direction du général de Tren-tinian : Tombouctou venait d’être occupée et il avait pu, l’un des tout premiers, passer 3 mois à examiner des plantes de la région. Depuis, il n’a guère cessé de parcourir le inonde et notamment l’Afrique, établissant peu à peu le bilan de nos richesses coloniales et, chemin faisant, trouvant des plantes précieuses et même sensationnelles, tel ce caféier sauvage d’Afrique, insensible aux insectes, qui a sauvé les plantations du monde comme les pieds américains de vigne ont arrêté les ravages du phylloxéra. Aujourd’hui, professeur au Muséum, chef de la mission permanente du Ministère des Colonies, Chevalier est le très grand spécialiste des plantes coloniales utiles; il sait leur histoire, leurs migrations, leurs limites, leurs possibilités d’extension et quand il applique ses méthodes très sûres et son expérience à un problème comme celui des ressources du Sahara, il faut l’écouter. Le Sahara est un désert et non un pays d’agrément. Rien n’y pousse aisément et en grandes quantités, mais on peut y réussir, à force de labeur, presque toutes les cultures : le dattier, les céréales, les fruits, les fourrages, les légumes, les textiles, les bois. L’assèchement et l’ensablement progressifs restreignent les surfaces disponibles, mais toutes les variétés agricoles d’autres déserts n’ont pas encore été importées, les modes- de culture esssayés; les razzias disparaissent qui diminuent la main-d’œuvre, mais la sécurité française èt le lent travail de pénétration compensent bien cette évolution. Alors, l’an dernier, Chevalier est reparti, escorté de deux jeunes dont un est tombé sur le terrain, pour faire cet inventaire, ce programme, cette sage prévision des possibilités qui changeraient déjà singulièrement la ligure de l’A. O. F., si on la réalisait dès maintenant.
- Les gentilshommes chasseurs, par le marquis de Foudras. Illustré de 47 lithographies originales de Roger Reboussin.
- 1 vol. 337 p., tiré en caractères Bodoni, par Couloumu, à 500 exemplaires numérotés. — Emile Nourry, éditeur, Paris 1932. Prix sur vélin d’Arclies : 250 fr.
- Le marquis de Foudras nous a laissé une douzaine d’ouvrages dont l’écriture simple, alerte et dégagée, pleine d’action et de vivacité, a toutes les qualités d’une .conversation de grand seigneur. Conteur inimitable, il s’est surpassé dans Les gentilshommes chasseurs.
- La librairie Emile Nourry offre aujourd’hui aux bibliophiles un volume d’un équilibre véritablement classique sur papier pur fil et avec typographie impeccable et d’une limpidité parfaite. L’artiste Roger Reboussin, l’a illustré de 47 lithographies originales dont dix hors texte et, en frontispice, un très beau portrait du marquis de Foudras.
- Mikroskopie, fur Jedermann. Einc mcthodische erste Einfiihrung in die Mikroskopie mit prak-tischen Uebungen, par le Dr Georg Stehli, 2e édition. 1vol. in-S, 72 p., 113 lîg. Franckh' sche Verlagshandlung, Stuttgart, 1932. Prix : broché, 2,80 M.; relié, 3,20 Marks.
- Cette initiation à la pratique du microscope est très heureusement conduite. On y apprend d’abord la constitution de l’instrument et l’art de s’en servir, puis comme on installe sa table de travail. Ensuite défilent les observations, d’abord simples comme celle du cristal de sel, de la bulle d’air, des grains d’amidon, puis les préparations de pattes, d’ailes, de trompes d’insectes, puis de petits êtres aquatiques pour aboutir aux coupes dans les tissus végétaux, puis animaux, et enfin aux bactéries. De bonnes photographies guident les manipulations et expliquent ce qu’on peut voir.
- Der Weg des Menschen vom links zum rechts-hander. Ein Beitrag zur vor und Kulturge-schichte des Menschen, par Richard Kobler. 1 vol. in-8, 142 p., 12 fig. Moritz Perles, Vienne et Leipzig, 1932. Prix : broché, 12 sch., relié, 15 schillings.
- Sauf de rares exceptions, les hommes sont plus adroits et se servent plus de la main droite que de la gauche; ils sont droitiers; quelques-uns seuls sont gauchers ou ambidextres. L’auteur soutient que la droiterie n’est pas primitive, qu’elle a succédé dans le temps à la gaucherie et il en cherche les preuves dans la physiologie, l’ethnologie, la préhistoire, l’anthropologie comparée.
- Nouveau traité de psychologie, par Georges Dumas. Tome IL Les fondements de la vie mentale.'1 vol. in-8, 612 p., 122 fig. Alcan, Paris, 1932. Prix : 100 francs.
- Voici le 2e volume du grand traité de psychologie écrit par toute l’école française et qui occupera 10 volumes. Le 1er était en grande partie occupé par des études de zoologie, d’éthnologie, de physiologie préparatoires et n’abordait guère que la méthodologie. Celui-ci entre dans le vif du sujet avec les réactions élémentaires, les sensations, les états affectifs, les images. L’excitation et le mouvement, l’irritabilité, inhibitions, réflexes, tonus sont traités par G. Dumas et H. Piéron et suivis d’une étude sur l’excitation psychique et les sécrétions par André Mayer. Les sensations sont passées en revue par B. Bourdon. Plus fortement teintés de psychologie sont les chapitres suivants où G. Dumas analyse les états affectifs : le désagréable et l’agréable, la douleur et le plaisir, les chocs émotionnels, les émotions, les besoins et Larguier des Bancels les tendances instinctives. Le dernier livre, consacré aux images par L. Meyerson, et clairement ordonné révèle souvent nombre de travaux étrangers récents qui transposent le problème assez loin des données classiques; l’image perd de son schématisme sensoriel, de sa valeur de mémoire pour devenir de la pensée; à la fois figuration et signe, irisée par toute la vie intérieure.
- L’art préhistorique, par René de Saint-Périer. 1 vol. in-8, 76 p., 60 pi. Rieder, Paris, 1932. Prix : broché, 20 fr.; relié, 25 fr.
- L’auteur à qui l’on doit nombre de fouilles et de découvertes importantes, notamment à Isturitz et à Lespuge, était particulièrement qualifié pour choisir, parmi toutes les œuvres d’art préhistoriques connues, dont beaucoup sont si surprenantes de dessin, de composition, de vie, les plus belles et les plus significatives, en faire un album et le commenter. Après un rappel des notions essentielles sur la situation géographique, la chronologie des époques, l’historique des découvertes, les techniques : matières et modes d’expression, il présente l’art animalier et géométrique, les stylisations décoratives, les figurations humaines et dit en terminant ce qu’on sait de l’origine et du sens de ces manifestations artistiques, 60 planches en héliogravure groupent les chefs-d’œuvre des collections, si bien que l’ensemble forme un livre, d’art et d’histoire qui est une parfaite initiation.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- Les moteurs à hydrogène.
- La réserve des carburants liquides naturels étant appelée à s’épuiser dans un avenir assez pro.che, la question des carburants de remplacement est tout à fait à l’ordre du jour et leur mise au point peut arriver à bouleverser l’économie de certains pays. La Compagnie des moteurs Erren, de Berlin, a fait des essais très satisfaisants de moteurs à explosion adaptés pour l’utilisation de l’hydrogène comme carburant. Son utilisation à grande échelle aurait de gros avantages, car non seulement l’hydrogène est un sous-produit de l’industrie chimique, mais encore il peut être produit n’importe où à bon marché et en grandes quantités par la décomposition de l’eau par électro-lyse sous pression. Les usines hydro-électriques pourraient utiliser leur courant aux heures creuses pour la production d’oxygène et d’hydrogène et livrer ces gaz à la consommation soit comprimés en bouteilles à haute pression, soit par des canalisations sous pression. De cette façon, des pays riches en chutes d’eau et démunis de combustibles naturels deviendraient producteurs d’une quantité importante de carburant.
- La combustion de l’hydrogène dans un moteur a longtemps semblé impraticable, en effet le mélange de ce gaz avec l’air ou l’oxygène est extrêmement détonant, la combustion semblait devoir créer un choc extrêmement violent, inadmissible dans le cylindre d’un moteur; de plus, après combustion, le mélange gazeux subit une diminution de volume importante qui rendait douteuse l’obtention d’un diagramme satisfaisant.
- Pourtant le moteur Erren, adapté au fonctionnement à l’hydrogène par l’addition d’une soupape d’admission de gaz dans chaque cylindre, s’est révélé d’une marche très sûre et .très satisfaisante. Des essais devant mie commission gouvernementale allemande ont montré l’impossibilité de la propagation de la détonation à l’extérieur des cylindres. La diminution du volume spécifique des gaz est compensée par la haute température obtenue, le diagramme obtenu étant tout à fait normal. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le moteur tourne d’une façon plus régulière et plus souple que dans le fonctionnement à l’essence. D’après les observations faites, il semble que la flamme de l’explosion ne vienne pas en contact avec les parois du cylindre; quelle que soit l’explication de ce fait, le résult/t est que le moteur consomme moins d’huile de graissage que les autres moteurs à combustion interne. N’importe quel moteur à essence, auquel on adapte une soupape spéciale, peut fonctionner à l’hydrogène seul ou à l’hydrogène avec un autre carburant, sans qu’il faille changer le taux de compression, la puissance ne diminuant que dans une très faible proportion. Mais un gain important de puissance peut être obtenu en augmentant ce taux et il est remarquable que, quelle qu’en soit la valeur, on n’obtient jamais d’autoallumage; on a adopté le taux de compression de 8 comme le plus satisfaisant.
- La compagnie Erren prévoit plusieurs modes d’utilisation de l’hydrogène :
- 1° La combustion de l’hydrogène avec l’air comme comburant dans le cas général ;
- 2° La combustion de l’hydrogène avec l’oxygène comme comburant, le gaz d’échappement est alors de la vapeur d’eau que l’on condense facilement. Un moteur fonctionnant de cette façon conviendrait pour les locomotives de mines et les sous-marins.
- 3° La combustion de l’hydrogène avec celle d’un carburant liquide. L’addition d’hydrogène faciliterait l’inflammation du mélange et permettrait l’utilisation de carburants de basse
- qualité. Dans ce cas, un petit électrolyseur serait adjoint au moteur et fournirait la quantité d’hydrogène nécessaire.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE La fabrication de la glace carbonique.
- La glace carbonique, ou glace sèche, est un produit qui est devenu rapidement populaire. A Paris, on a vu se développer, la saison dernière, la’ vente des glaces dites transportables, livrées dans de simples cartonnages où clics se conservent solides plusieurs heures, grâce à la présence de fragment de glace carbonique. M. IL Billardon, dans la revue « La Pêche maritime », explique très clairement comment on fabrique aujourd’hui cette glace sèche. Elle est obtenue par la détente d’acide carbonique liquide, lequel est nécessairement maine tenu sous une pression supérieure à GO kg.
- On sait que l’acide carbonique n’existe qu’à l’état solide ou gazeux à toute pression inférieure à 5,28 kg/cm2. La température d’évaporation ou de sublimation à cette pression est de —5G°6. Au-dessus de cette pression on a les états concomitants liquides et gazeux avec une température de —56°,6 pour la pression limite de 5,28 kg/cm2. Ce n’est qu’à cette température de —56°,6 et. sous cette pression de 5,28 kg que l’on peut avoir en présence les trois états du corps. C’est ce qu’on appelle, pour cette raison, le triple point. Le triple point joue un rôle essentiel dans les procédés récents de fabrication de la glace carbonique.
- Les premiers procédés employés consistaient à détendre à la jiression atmosphérique l’acide carbonique liquide : il se forme de la neige carbonique que l’on recueille et du gaz à •—79° que l’on se garde bien de laisser perdre, mais que l’on réunit au gaz aspiré par les compresseurs qui effectuent la liquéfaction.
- La neige ainsi obtenue est pulvérulente et légère ; offrant une très grande surface de contact avey l’air, elle s’évapore rapidement. Pour la rendre plus transportable, on l'a comprime fortement à la presse hydraulique et on en fait ainsi des blocs consistants d’emploi commode.
- Mais cette compression exige une certaine dépense de force motrice, un outillage et s’accompagne toujours d’une certaine perte de produit. En outre il reste toujours du gaz occlus, de telle sorte que les briquettes ainsi fabriquées ne dépassent pas la densité de 1,1. Les petites poches de gaz qui subsistent ainsi font meme parfois explosion et disloquent le bloc.
- Dans ce procédé, une partie de l’acide carbonique détendu redevient gazeux .“Si l’on est parti de liquide à 20° on n’obtient que 28 pour 100 de glace carbonique et 72 pour 100 de gaz qu’il faudra recomprimer à 60 kg pour le liquéfier à nouveau.
- Le procédé est donc fort onéreux; il a fait place à des méthodes plus économiques, fondées sur l’emploi de la compression étagée pour diminuer la consommation de force motrice, et sur l’emploi simultané de la détente étagée pour diminuer le poids d’acide carbonique à remonter de la pression atmosphérique jusqu’à celle de liquéfaction. Les étages de compression et de détente correspondent, ce qui simplifie l’exécution des appareils.
- Pour obtenir directement des blocs solides, sans recourir à la presse, on s’arrange pour que l’un des étages de détente se termine précisément au triple point. On a donc, dans le récipient qui reçoit l’acide carbonique détendu, une sorte de bouillie constituée par des cristaux de neige mouillés d’acide carbonique liquide. Si l’on ouvre ce récipient à la pression atmosphérique, une faible partie de l’acide carbonique
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- s’évapore et le froid produit congèle le liquide. On obtient ainsi des blocs presque transparents, extrêmement compacts et d’une densité de 1,4 environ, donc très avantageux au point de vue de l’emballage et du transport.
- AVIATION
- La traversée de l’Atlantique Sud par l’avion trimoteur
- Couzinet.
- Un brillant exploit vient d’être accompli par l’avion Arc- . en-Ciel, création de l’ingénieur Couzinet, patiemment mise au point en 5 ans d’efforts ingénieux. Il vient d’accomplir la traversée de l’Atlantique Sud entre Saint-Louis du Sénégal et Natal (Brésil), soit 3200 km, en 14 h 27, ce qui représente une vitesse moyenne horaire de 221 km 3. L’avion avait 6 personnes à bord : le chef pilote Jean Mermoz, qui déjà réussit une traversée de l’Atlantique sur le même parcours en mai 1930, mais en 21 heures; le pilote adjoint, capitaine Car-retier, le navigateur Mailloux, le chef mécanicien Jousse, le radiotélégraphiste Manuel et enfin comme passager, le constructeur lui-même, M. Couzinet.
- L’avion a pris son vol à Istres avec 7 personnes à bord, le 12 janvier à 10 heures; une légère avarie l’obligeait à faire escale à Port-Etienne (Mauritanie) le 13 janvier à 2 h. 35 du matin, après un parcours de 3937 km en 16 h 35. Reprenant son vol à 11 h 35, il arriva à Saint-Louis le même jour à à 14 h 30. Les pluies ayant inondé le terrain de Saint-Louis tout départ est impossible le 14 et 15; le départ est enfin donné le 16 janvier à 4 h 48; 6 personnes seulement prennent place dans l’avion; un aide-mécanicien est laissé à Saint-Louis. L’avion atterrit à Natal le même jour à 19 h 15, battant tous les records de rapidité et de poids transportés pour la traversée de l’Atlantique Sud. Le lendemain il gagnait Rio-de-Janeiro, puis Buenos-Ayres.
- L’Arc-en-Ciel est propulsé par 3 moteurs Hispano de 650 ch chacun, à 12 cylindres en V, munis de réducteur de vitesse et de suralimenteur.
- CHIMIE
- Une nouvelle huile commercialisée :
- L’huile de Babassu
- Les hauts prix relatifs des huiles de coco ou coprah, des huiles de palme, de palmiste et connexes, de plus en plus employées dans l’industrie des margarines végétales, ont conduit les botanistes et industriels coloniaux à chercher à ces dernières huiles des succédanés bon marché. Au Brésil on exploite des palmiers spéciaux : YOrbignia s ne ci osa, YOrbignia Mar-tiana, YAttalea speciosa. Ce dernier ne doit pas être confondu avec le palmier Piassaba ou Attalea funifera. Le nom commercial de l’huile de ces palmiers non encore connues commercialement, est celui d’huile de babassu.
- Cette huile est contenue au taux de 66 pour l00 du poids de l’amande. Cette amande elle-même ne constitue que 8 pour 100 du poids du fruit.
- L’endocarpe de ce fruit peut fournir 30 pour 100 de charbon à usages décolorants, 8 pour 100 d’acide acétique à 80 pour 100 de pureté, 8 pour 100 de goudron utilisable et un peu d’esprit de bois.
- Jusqu’ici il faut, pour obtenir 50 kg d’amandes de babassu, une journée pleine de main-d’œuvre, car on ne connaît pas encore de machine propre à faire économiquement ce travail.
- Nul doute qu’on y arrivera.
- A Maranhao (Brésil), des usines de ce genre ont été installées.
- En Bolivie, on se sert depuis longtemps du fruit du babassu et l’on nourrit du bétail avec ses tourteaux, que l’on dit être économiques, d’après un travail de Jacques Anié, paru dans les Archives de l’Institut biologique de Saô Paulo et excellents. Voici les constantes de l’huile de babassu :
- Densité à 150° : 0,913/0,924
- Densité à 100° : 0,868
- Indice de réfraction à 40°, 1 446/1,450.
- Lecture au butyro-réfractomètre pour l’huile brute, 33/36,3.
- Lecture au butyro-réfractomètre pour l’huile raffinée, 36,5.
- Indice d’iode, 7,4/15.15.
- » dellubl, 17,4
- » de sai5onification236 (pour l’huile)
- » de saponification 258,6 (pour les acides gras).
- Point de solidification 17.4/22.
- A. Hutin.
- CONSTRUCTION
- Poutrelles en aluminium.
- Jusqu’ici les alliages très résistants à base d’aluminium, du type « Duralumin » n’étaient point employés dans la construction des bâtiments comme pièces portantes. Certes cette utilisation était envisagée, notamment en Amérique, mais la fabrication de ces nouveaux profilés se heurtait à de grosses difficultés métallurgiques et mécaniques. On n’est arrivé à les vaincre qu’après de multiples recherches de laboratoires et des essais industriels ayant montré entre autres la nécessité d’employer une énergie plus puissante pour l’étirage des barres d’aluminium que pour celles d’acier; pour la production des lingots il faut un traitement spécial à plus haute température et pour le laminage une température d’environ 425° C.
- Actuellement, une usine établie à Masserxa (Etats-Unis) et appartenant à l’Aluminium Cy, produit un assez important tonnage de profilés en aluminium : U de 0 m 15 à 0 m 25 de hauteur, L de 0 m 10 X 0 m 15, Z de 0 m 10, etc., qui sont immédiatement lancés dans le commerce pour les besoins de la construction.
- La revue anglaise Engineering Record signale que dans cette usine il existe, un pont-roulant de levage de près de 22 m 50 de portée, entièrement construit en alliage dur d’aluminium, d’une puissance de 10 tonnes, d’un poids d’environ 11 tonnes, inférieur au poids d’un pont analogue de mêmes caractéristiques en acier, ayant également une plus grande vitesse, un démarrage plus prompt, et exigeant moins de force motrice.
- Des essais faits par le Laboratoire des Recherches sur l’aluminium (New-Kensington, Pa) sur six spécimens dé poutrelles en aluminium, et, à titre comparatif, sur quatre spécimens de poutrelles en acier, toutes ayant 3 m 20 de longueur, il résulte que si les premières fléchissent deux fois plus que les secondes, du moins les poutrelles en aluminium pesant deux fois moins que les mêmes spécimens de poutrelles en acier, supportent une charge de 13 pour 100 plus grande. C’est ainsi, notamment, que des poutrelles en aluminium de 0 m 25 et de 0 m 15 supportèrent en moyenne une charge 2,32 fois plus forte qu’une même poutre en acier, par rapport à leur poids réciproque, et le rapport est resté constant ou presque, pour les autres types de poutrelles. Ceci est intéressant, quand on se rappelle combien, dans le bâtiment, le poids mort d’un ouvrage joue un rôle important.
- Il semble donc, que cette fabrication ne'peut-que prendre de l’extension, et il faut souhaiter la voir s’installer en France, car l’aluminium est pour nous un métal national. M. B.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
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- MÉCANIQUE
- Petite machine=outiI multiple.
- Il est utile, aussi bien pour un amateur que pour un petit artisan, d’avoir à sa disposition une série de machines-outils différentes sur un meme bâti, par conséquent peu encombrantes, et en outre d’un prix d’achat peu élevé.
- En elïet, pour des travaux courants, il n’est pas toujours nécessaire d’acheter des machines-outils de dimensions analogues à celles que l’on rencontre dans les ateliers. On peut faire tout aussi bien avec quelque chose de moins important.
- Il existe beaucoup de combinaisons de machines de ce genre. En voici une assez originale, en ce sens qu’elle est conçue de manière que ses différentes parties peuvent fonctionner isolément et s’ajouter les unes aux autres au fur et à mesure;, de leur acquisition, pour constituer un 'ensemble très complet.
- Des dispositifs très ingénieux permettent la combinaison de diverses machines en une seule sur un même socle, comme nous allons l’expliquer rapidement:
- Naturellement, la machine comporte un bâti de tour qui peut être équipé soit en tour à bois, donc très simplement (fig. 1), soit en tour à métaux; dans ce cas il y a naturellement un chai'iot et une poupée fixe avec un plateau (%• 2).
- Ce bâti de tour est monté sur un socle qui se prolonge à une extrémité et peut servir d’assise à une sorte de
- socle de touret portant l’axe du tour avec les poulies de commande. Ce bâti pourra être indépendant et constituera alors un touret à polir ou à meuler, d’une façon extrêmement simple (fig. 3).
- Lorsqu’on veut utiliser l’ensemble comme tour, il suffira de visser le plateau sur le nez du tour.
- Ce plateau est assez curieusement conçu, car il est creux et forme carter pour la scie circulaire, tandis que sa surface latérale est garnie de manière à former le volant inférieur d’une petite scie à ruban.
- Pour réaliser cette dernière machine, on monte dans un logement de la poupée du tour un arbre que l’on fixe au moyen
- d’une vis; sur cet arbre, on emmanche une douille coulissante qui porte le plateau. Ce plateau est percé d’une fente qui servira de passage à la scie circulaire lorsqu’on aura dévissé le plateau du tour qui constitue son carter (fig. 4).
- Sur la même colonne verticale, on peut monter un bâti formant tête de perceuse sensitive, qui utilisera-naturellement le même plateau que l’on a installé parfaitement (fig. 6).
- Cette tête peut être simple, ou elle peut être combinée et dans ce dernier cas, elle porte de l’autre côté un volant, qui
- lorsqu’on retourne la tête, vient dans le même plan que le volant inférieur constituant le plateau du tour. Ces deux volants sont naturellement garnis d’une ceinture de caoutchouc pour avoir plus d’adhérence.
- La scie à ruban passe dans une encoche en T du plateau, et de l’autre côté, elle roule sur un galet qui se trouve entre deux oreilles sous le plateau horizontal (fig. 5).
- On a donc ainsi à sa disposition un grand nombre de machines-outils diverses ; naturellement la force motrice est appliquée à un cône à trois étages, de manière à réaliser les vitesses voulues ; en particulier pour le tour à bois, il faut une vitesse plus élevée.
- On peut appliquer à cette commande le moteur électrique par l’intermédiaire d’un train de poulies pour la réduction de vitesse, et ce moteur et son réducteur sont montés sur un socle en bois qui s’emmanche à tenons et mortaise dans le socle supportant les pièces de la machine.
- On obtient alors un ensemble absolument complet, peu encombrant et pratique, car en quelques instants on peut transformer la. machine et l’adapter au travail que l’on veut exécuter.
- Voilà donc une combinaison, à la fois élégante, ingénieuse et simple, qui paraît parfaitement bien adaptée au travail de l’artisan à domicile. Elle doit aider au développement ou au maintien d’une forme de travail particulièrement intéressante au point de vue social (fig. 7).
- E. Weiss.
- Adresse : Fonderies et Ateliers de Construction de Haraucourt, à Haraucourt (Ardennes).
- Fig. 1 à 7. — Petite machine-outil multiple.
- 1. Machine équipée en tour à bois. 2. Machine équipée en tour à métaux avec plateau et chariot. 3. Touret simplet. 4. Scie à métaux circulaire (la colonne est montée en attente). 5. Scie à ruban. 6. Perceuse sensitive. 7. La machine complète, réunion de toutes les machines des figures précédentes.
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- CONSTRUCTIONS D'AMATEUR
- Pour fabriquer à volonté des lettres transparentes photographiées.
- On peut avoir besoin, pour la publicité par exemple, de séries de lettres s’ajustant les unes à côté des autres, dans un
- donnant de suite, sur le premier film impressionné, une image positive, c’est-à-dire avec lettres transparentes sur fond noir. Pour avoir des lettres noires sur fond transparent, il faut faire un simple développement ordinaire.
- Nous avons mis sur nos ligures les seules cotes vraiment importantes. Monnier.
- Fig. S. — Fabrication de lettres transparentes photographiées.
- A, vue perspective du dispositif; B, coupe verticale; C, coupe transversale de la boîte 4.
- cadre, afin de former des phrases. Ces lettres,transparent es, laissent filtrer la lumière, soit du jour, soit de lamines électriques. Elles peuvent être en acétate de cellulose (film cinématographique ininflammable).
- Voici comment doit être fait l’appareil permettant d’obtenir ces lettres.
- Il faut deux plaques de bois 1 et 2 (fig. A), de mêmes dimensions, placées l’une sur l’autre et maintenues ensemble à l’aide de deux charnières q, q ne leur permettant de s’ouvrir que par un côté. Il y a trois ouvertures à pratiquer sur la plaque du dessus. On fait ces ouvertures à la scie à découper. L’une est au milieu, avec un petit rebord autour (fig. A et fig. B). On y place une lettre en métal mince perforé (5). La surface de la planchette 1 qui se trouve sous la lettre perforée doit être noircie mat. Les deux autres ouvertures se trouvent sous les deux boîtes 3 et 4 (fig. B et C).
- Ces deux boîtes sont faites de plaques de bois de même épaisseur que 1 et 2. Des'pointes très fines les fixent les unes aux autres. Les boîtes sont ensuite fixées sur la plaque du dessus 2.
- Il y a sur les bords extrêmes de la planchette 1 une bande d’étolîe noire collée. Lorsque la planchette 2 vient se placer sur la jilanchette 1, cette bande d’étoffe permet une fermeture douce et parfaite : la lumière ne passe pas.
- La boîte débitrice 3 contient un peu de film, un mètre environ du format de 35 mm, que l’on choisit sans perforations. Il est tout simplement roulé. On le passe sous la planche 2, puis on l’amorce dans la boîte 4.
- Dans cette boîte 4, un axe de bois 8 passe dans deux trous (voyez les coupes B et C). Un tambour de bois, 6, cylindre percé en son centre, contient l’axe qui s’y trouve enfoncé à force. Une plaque de métal 7 est clouée sur le tambour. On y engage l’extrémité du film.
- Cette mise en place du film a été faite dans l’obscurité, l’appareil se trouvant sous une lampe électrique éteinte.
- Si l’on ouvre brusquement la lampe, et cela pendant le temps nécessaire à une bonne exposition photographique, la lumière passant par les perforations de la lettre, impressionnera le film. De nouveau dans l’obscurité, on tournera l’axe 8 pour que le film avance. Nouvelle lumière, nouvelle photo. Puis on recommence...
- On emploie pour le développement les bains successifs
- OBJETS UTILES
- Appareil à découper les légumes.
- Quand on veut découper des légumes, et notamment des pommes de terre, en languettes plus ou moins minces, on utilise des appareils qui ont pour effet de faire passer les légumes à travers une sorte de grillage ou de quadrillage à cloison coupante. On fait pression au moyen d’une sorte de piston, et il faut naturellement déployer un certain effort, généralement avec un levier.
- Tous les appareils que l’on a utilisés jusqu’à présent sont d’un prix relativement élevé, et ils sont encombrants. Il est nécessaire de les fixer sur une table de cuisine, afin que l’appareil soit immobilisé convenablement. D’autre part, le piston compresseur est guidé, ce qui nécessite une construction onéreuse.
- Deux inventeurs ont imaginé un appareil à découper les légumes très simple, peu encombrant, très robuste et économique. Il permet, grâce à un bras de levier important, d’appliquer un grand effort sur le légume sans pour cela se fatiguer.
- La grille est très accessible, car elle est encastrée dans une planche robuste, laquelle peut être posée simplement sur un grand récipient, une bassine par exemple, où tomberont les découpures obtenues.
- Le piston est une plaque qui présente un quadrillage correspondant à celui de la grille, de manière qu’il puisse se présenter parfaitement à l’aplomb, et au besoin rentrer un peu dans les vides. Il est monté sur un grand levier, et au moyen d’un petit levier et d’une bielle, la combinaison des mouvements permet de placer automatiquement le piston dans une position convenable par rapport à la grille lorsqu’il s’en approche, afin que les dents du piston pénétrent dans les
- Fig. 9. — L’appareil à découper les légumes.
- alvéoles delà grille et en expulsent complètement les matières.
- Quand l’appareil est au repos, il suffit de rabattre le levier, et la planche peut alors être suspendue au mur par un piton à œil, de sorte que l’appareil n’est alors ni gênant, ni encombrant.
- Constructeur : Soulème, 20, Chemin des Moines, Bry-sur-Marne.
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- BOITE AUX
- QUESTIONS
- Présélection et amplification haute fréquence.
- Les préséleeleurs utilisés à l'heure actuelle servent à augmenter la sélectivité des appareils récepteurs fonctionnant sur antenne, tout en assurant la qualité de l’audition musicale, c’est-à-dire sans mutiler a bande des fréquences radiophoniques, et permettent en môme temps la réalisation plus facile d’un système d’accord à réglage unique.
- Les blocs haute fréquence, composés, en réalité, d’une lampe de couplage, se montent assez facilement en avant des appareils récepteurs à une lampe détentrice à réaction suivie d’étages basse fréquence, et permettent d’augmenter à lu fois la sensibilité du poste et su sélectivité, mais leur rôle est cependant beaucoup plus restreint, puisqu’ils ne peuvent s’appliquer le plus souvent justement qu’à des appareils sans amplification haute fréquence; d’ailleurs l’augmentation de la ^électivité qu’ils permettent d’obtenir est souvent moins sensible. 11 n’en est pas moins vrai que la lampe de couplage constitue parfois un moyen simple et pratique d’améliorer les résultats obtenus avec un appareil récepteur peu complexe. Comme constructeurs d’appareils simples à lampe de couplage, nous pouvons vous indiquer les Etablissements Televox, 12S, rue Brancion, Paris (XVe).
- Réponse à M. L. F. à Vannes (Morbihan).
- Différents systèmes d’enregistrement phonogra= phique.
- On a proposé jusqu’à présent différents systèmes pour l’enregistrement des sons. Parmi ces dispositifs de principes très variés, les uns ont permis d’obtenir des applications pratiques, d’autres sont encore à la période d’essais, et les derniers sont restés théoriques.
- Les seuls procédés qui aient permis jusqu’à présent d’obtenir des résultats pratiques sont les procédés d’enregistrement mécanique ou électro-mécanique sur disques, cylindres, ou bandes en matière plastique, les dispositifs d’enregistrement photophoniques sur des surfaces sensibles, et enfin les systèmes d’enregistrement magnétique sur bandes ou fils aimantés.
- Nous pensons que vous voulez faire allusion à M. lluguenard qui a cherché à utiliser une bande de matière plastique pour réaliser un système d’enregistrement électro-mécanique particulier. Nous n’avons pas indiqué, en effet dans le livre sur Le Phonographe cl ses merveilleux progrès le nom du technicien que vous nous citez.
- Veuillez nous préciser Si vous désirez connaître les travaux qui ont été effectués sur l’enregistrement des sons sur bande par un procédé électro-mécanique ou photo-électrique, ou bien si vous vous intéressez plutôt aux dispositifs tout différents d’enregistrement purement électrique, électro-magnétique, ou même électro-statique.
- Réponse à M. Voirin, à Paris.
- Réalisation d’un poste à changement de fréquence à réglage unique.
- A l’heure actuelle, et comme, il a été expliqué dans des chroniques de Radiophonie pratique et dans le numéro spécial de T. S. F. de septembre 1932, on emploie plutôt deux lampes dont l’une oscilla-trice, généralement triode, et l’autre inodulatrice généralement à écran, pour constituer le dispositif changeur de fréquence d’un super-hétérodyne, au lieu d’adopter une seule lampe à deux grilles radio-modulatrice, comblé on le faisait autrefois.
- On peut cependant' fort biéh réaliser un appareil à changement de fréquence à. réglage unique avec une lampe bigrille radio-modula-trice, et il existait déjà depuis plusieurs.années des appareils à batteries fonctionnant sur. cadre et à réglage unique.
- Les postes à changement de fréquence actuels à réglage unique fonctionnent, le plus souvent, à l’aide d’une petite antenne intérieure, et ils comportent généralement une première lampe fréquence à résonance, et très souvent un dispositif présélecteur à deux circuits accordés.
- On emploie, en tous cas, un ensemble de condensateurs spéciaux à rotors accouplés qui peuvent avoir des profils de lames différents suivant qu’il s’agit d’un circuit d’accord ou d’un cirôuit d’hétérodyne, et on pourrait également utiliser des condensateurs à éléments identiques semblables entre eux, mais comportant un ensemble de condensateurs ajustables. Ce dernier moyen paraît le plus souvent utilisé.
- LETTRES
- RÉPONSES
- Ce problème sera étudié sans doute prochainement dans une chronique de Radiophonie pratique.
- Vous pourriez, également trouver quelques notions élémentaires sur la question dans l’ouvrage « Le super-hétérodyne et la superréaction », par LL Hémardinquer (Chiron, éditeur).
- Enfin, une notice sur le problème de la commande unique a été éditée par les établissements Ribet et Desjardins, 10, rue Violet, Paris. Réponse à M. E. K..., à Colmar (Haut-Rhin).
- Recharge des accumulateurs sur le courant continu.
- D’après vos indications, l’alimentation de votre appareil récepteur est assurée à l’aide de deux batteries d’accumulateurs. La première est une batterie de chauffage de 4 v, la deuxième une batterie à haute tension de 100 v, qui sert à l’alimentation plaque des lampes.
- Puisque vous disposez du courant continu d’un secteur 110 v, la recharge est très facile dans ces conditions. 11 vous suffit d’employer des résistances qui permettent d’abaisser la tension du courant de charge à la valeur voulue de manière à "faire traverser les batteries par un courant d’une intensité égale au maximum au 1/ 10e de la capacité.
- Pour charger la batterie de 4 v, il vous suffira ainsi de monter en série une lampe à incandescence de résistance relativement faible, par exemple une lampe à filament de carbone de 50 bougies. Au contraire, pour charger la batterie de tension plaque, vous pourrez utiliser une ampoule à incandescence à blâment métallique de faible puissance.
- Avant de placer la prise de courant servant à la recharge, il faut, bien entendu, observer la polarité du conducteur d’amenée des courants, ce qui peut se faire très facilement au moyen de papier cherche-pôles ou avec un dispositif de fortune constitué par un simple verre rempli d’eau salée, dans lequel on fait plonger les extrémités dénudées de deux conducteurs reliés à la prise de courant. Le conducteur autour duquel se dégage le plus grand nombre de bulles gazeuses (formées d’hydrogène) est le pôle négatif.
- Si votre appareil fonctionne à l’aide d’une antenne avec prise de terre, il faut, bien entendu, prendre les précautions nécessaires si vous ne débranchez pas les batteries au moment de la recharge. Pour éviter tout court-circuit, il convient, en tous cas, de placer un condensateur de 1 microfarad entre la prise de terre et la borne-terre de l’appareil.
- 11 y a intérêt à ne pas attendre la décharge complète des batteries pour effectuer la recharge et à renouveler cette opération à intervalles réguliers. 11 est bon de se rappeler qu’une batterie déchargée, et surtout une batterie de tension plaque relativement fragile peut se sulfater très rapidement. Réponse à M. M. J..., à Paris.
- De tout un peu.
- Cordoba, République Argentine. — Ainsi que nous l’avons déjà indiqué à plusieurs reprises, le moyen le plus efficace pour imperméabiliser les murs est de les soumettre à la fluatation. Vous pourrez vous procurer les produits nécessaires pour cette opération chez Tesset-Kessler à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) qui s’est spécialisé dans cette fabrication.
- IVI. Vittecoq, à Elbeuf. — La proportion de triacétine dans le vernis considéré est de 5 à 6 pour 100, mais il faudra vous assurer que le vernis tout préparé dont il s’agit n’en renferme pas déjà, car dans ce cas il faudrait en tenir compte.
- Bureau d’hygiène de Nice. — 1° La polymérisation du formol se produit inévitablement avec le temps toutes les fois que la concentration dépasse 30 pour 100.
- 2° Pour obtenir la dépolymérisation lorsqu’elle s’est produite, il faut chauffer en vase clos, afin d’éviter la déperdition en formol.
- 3° Le transport en fûts de bois nous paraît le plus pratique sous tous rapports.
- M. Voor du Kers, à Bruxelles. — Veuillez nous faire connaître à quelle recette vous faites allusion ainsi que le numéro dans lequel elle a paru, afin que nous puissions nous rendre compte des causes de votre insuccès
- M. Landrieu, à Pau. — Nous pensons que vous pourriez au moyen de vos poussières de marbre fabriquer des marbres artificiels en prenant comme base la formule suivante :
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- Ciment........................................ 740 grammes
- Marbre en poudre...............................140
- Sable blanc................................... 500 —
- Eau ordinaire..................................250
- Colorer à volonté pour teinter ou produire les marbrures au moyen d’une couleur minérale choisie parmi les plus résistantes, par exemple : jaune minéral, jaune de Naples, jaune de chrome, ocre jaune, jaune de cadmium, bleu de Prusse, cendres bleues, bleu 'd’outremer, vermillon, minium, rouge d’Angleterre, ocre rouge, brun Van Dyck, brun de manganèse, terre de Vérone, vert de Cassel, vert Guignet, violet minéral, violet de Mars.
- Pour les noirs, employer les noirs au charbon sous forme de noir de fumée, noir d’ivoire, etc.
- M. le Dr Dansac. à Asnelles. —1° Vous préparerez facilement un produit pour brillanter et rosir les ongles en prenant :
- Collodion élastique........................ 50 grammes
- Liqueur d’Hoffmann......................... 45 —
- Infusion de benjoin................... . . 5
- Eosinate de potasse ....................... 0,20 —
- Parfumer à volonté à l’odeur préférée par quelques gouttes d’essence au choix : violette, rose, héliotrope, etc.
- 2° Pour éclaircir les cheveux, il suflit de passer à leur surface un tampon de coton hydrophile imbibé d’eau oxygénée additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque.
- 3° L’encre à tampon de couleur bleue ou violette n’est généralement pas une encre grasse, mais une encre à la glycérine, la majeure partie des empreintes est enlevée par l’eau tiède. S’il reste encore quelques traces de couleur, elles disparaissent par touches au pinceau imbibé d’une solution d’eau de javel au cinquième faiblement acidulée par l’acide chlorhydrique. Bien rincer ensuite pour éliminer l’acide qui compromettrait la solidité du papier.
- 4° Le Manuel du Parfumeur de Durville, édité par Desl'orges, 29, quai des Grands-Augustins, vous donnera certainement satisfaction.
- M. Wybaillie, à La Madeleine. — 1° On peut préparer soi-même une mixture obturante pour fuites de radiateurs d’autos avec la simple farine de lin achetée chez le premier herboriste venu. Une poignée de cette farine est délayée dans l’eau froide, puis la bouillie est versée dans le radiateur par le bouchon, la circulation d’eau étant assurée; les débris solides de la farine, tenus en suspension par le mucilage arrivent ainsi jusqu’à la fissure et la bouchent rapidement en formant à l’extérieur une croûte très adhérente et à l’intérieur un bouchon résistant fort longtemps.
- Une fois le résultat obtenu il est bon de purger le radiateur du liquide mucilagineux dont la présence est alors devenue inutile, de façon à éviter l’obstruction des conduites de circulation.
- 2° Si les dépôts calcaires sont constitués par du carbonate de chaux, vous pourrez très probablement les mobiliser en ajoutant à l’eau quelques cuillerées de mélasse, mais si l’eau est séléniteuse, c’est-à-dire chargée de sulfate de chaux, il faudra recourir à l’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce) étendu de dix fois son volume d’eau.
- Bien entendu, un rinçage à fond s’impose dans ce dernier cas, pour éliminer toutes traces d’acide qui pourrait ultérieurement attaquer le métal.
- Mme Ravet, à Tahiti. — 1° La dorure sur tranche des livres s’effectue ainsi :
- On place le volume entre deux ais et après avoir redressé les cartons, on serre fortement, puis avec un grattoir spécial à lame d’acier de la largeur requise, on gratte la surface de la tranche avec soin, afin d’enlever toutes les bavures de papier et on la brunit avec un polissoir en agate.
- Cela fait on passe une couche de Bol d’Arménie délayé dans un peu d’eau rendue albumineuse par du blanc d’œuf, on essuie aussitôt et brunit une deuxième fois sans laisser sécher*, ce travail permet à la dorure de mieux pénétrer et masque les défauts qui pourraient apparaître après coup sur la tranche.
- Il ne reste plus qu’à effectuer le travail de la dorure proprement dite; pour cela on applique au pinceau, sur la tranche à dorer, un mélange d’eau et de blanc d’œuf, soit un blanc pour trois fois son volume d’eau.
- Avant que cette colle ne soit sèche, on dépose à sa surface en se servant d’un tampon d’ouate de minces feuilles d’or battu.
- Quand toutes les parties de la tranche sont bien dorées, on attend cinq heures au moins pour commencer le brunissage qui doit être pratiqué très légèrement au début; puis avec un linge fin enduit de cire
- vierge, on passe une couche que l’on brunit avec plus de force parce qu’il n’y a plus à craindre que la dorure se détache.
- N. B. L’aluminium en feuilles peut remplacer l’or, si on désire donner aux tranches l’aspect argenté.
- Pour la dorure des titres de livres veuillez vous reporter au n° 2850, page 144.
- Vous pourrez vous procurer le matériel nécessaire aux opérations indiquées ci-dessus dans les maisons suivantes : Alivon et Malouin, 30, rue Lacepède (5°) ; Bourgault, 7, rue Chariot ; Crépin, même adresse ; Caplain, 1, rue Gozlin (Place Saint-Germain-des-Prôs). Longieu, 58, rue d’Iiauteville, Paris.
- Le Bol d’Arménie n’est autre chose qu’une argile ocreuse, c’est-à-dire colorée en rouge par de l’oxyde de fer.
- 2° Vous éviterez facilement la moisissure du cuir de vos livres en passant à la surface au moyen d’un tampon de coton une couche très légère d essence de térébenthine dans laquelle vous aurez fait dissoudre 5 pour 100 environ de stéarate de cuivre sec.
- Le stéarate de cuivre s’obtient sans difficulté en précipitant une solution de sulfate de cuivre (vitriol bleu) par une autre solution de savon blanc de Marseille et en lavant à plusieurs reprises, le dépôt verdâtre par décantation.
- 3° Dans les conditions où vous vous trouvez, le tannage le plus pratique des peaux de requins est le tannage à l’huile de poissons, qui consiste à imprégner celles-ci, bien gonflées par un trempage préalable, d’huile de foie de morue ou de baleine.
- Après chaque imprégnation, la peau doit être exposée à Pair de façon que l’huile puisse s’oxyder; entre chaque opération, on pratique un foulage pour expulser l’eau qui doit être remplacée par l’huile.
- Finalement on enlève l’excès d’huile en saupoudrant de plâtre sec et on effectue un palissonnage, c’est-à-dire un étirage dans tous les sens pour donner à la peau la souplesse voulue.
- 4° Nous avons donné dans le n°2849, page 95, toutes indications pour préparer une crème pour le visage et vous prions de vous y reporter.
- M. Vargelonnes, à Paris. — L’éclaircissement des cheveux s’obtient avec l’eau oxygénée alcalinisée par l’ammoniaque. Si on veut arriver au blond pâle il est nécessaire d’employer un produit très concentré à 20 volumes au moins.
- M. Michel, à Marseille. — 1° Vous trouverez une documentation très complète sur tout ce qui concerne l’aluminium dans les fascicules de la Revue de l’Aluminium et ses applications, 32, rue Guersant, Paris (17e).
- 2° On peut prendre comme type de vernis pour colorer les ampoules électriques la formule suivante :
- Acétate de cellulose......................... 60 grammes
- Alcool éthylique........................... . 125 —
- Acétone........................................ 675 •—
- Benzine.........................................125 —
- Alcool benzylique.......................... . 15 —
- L’alcool benzylique agit comme gélatinisant des acéto-celluloses et donne d’autre part du brillant aux pellicules.
- Ce vernis peut être coloré à volonté par toute couleur dite d’aniline soluble dans l’alcool; si on désire imiter le dépolissage il suffit d’additionner d’un pigment blanc opaque tel que kaolin, talc, sulfate de baryte, carbonate de chaux en quantité suffisante.
- 3° La plupart des colles de bureau demi-solides du commerce sont établies sur les bases suivantes :
- Dextrine..................................30 %
- Glycérine.................................20 —
- Eau. .................• • ............50 —
- 4° Nous avons publié un article très complet sur le tannage des peaux de serpents dans le n° 2823, page 576, vous y trouverez tous renseignements utiles sur cette question.
- M. Leurquins, à Avennes. — 1° Réponse à votre première question a été donnée dans un de nos derniers numéros.
- .2° La peinture sur ciment peut s’effectuer après traitement de la surface à peindre par l’un des trois procédés suivants :
- A. Laver à l’eau acidulée par 5 pour 100 d’acide sulfurique, puis laisser sécher.
- B. Badigeonner avec une solution aqueuse de silicate de soude à 15°Baumé ou avec une solution à 20° B'aumé de lluosilicate double de zinc et de magnésie, puis le lendemain laver à l’eau et ne peindre également qu’après séchage complet.
- C. Appliquer une solution de sulfate de zinc à 40 pour 100 qui fixe
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- ¥
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- —n—1-------------------
- ^
- lu chaux libre du ciment sous l'orme de sulfate de chaux en même temps qu’est libéré de l'oxyde de zinc, lequel est neutre et ne peut avoir qu’un heureux elïet sur la-peinture en agissant comme siccatif.
- M. Bechetoile, ALyon. — 1° La solution qui imprègne les figurines hygrométriques se compose de
- Gélatine blanche........................... 10 grammes
- Chlorure de cobalt......................... 1 — ’
- Eau ordinaire..............................100 cnv1
- 2° Les résines artificielles à base d’urée ne donnent des produits, transparents qu’après compression, par conséquent l’emploi de produits1 solubilisés ne donnerait pas satisfaction comme enduits.
- 3° Dans le problème considéré, la mouche agit par son poids si elle est en contact avec le récipient, lequel est lui-même sur le plateau de la balance; quand elle s’envole elle s’appuie sur l’air qui est refoulé avec une valeur égale, d’après le principe de mécanique que la réaction est égale à l’action, cet air refoulé agit sur le fond du vase comme si la mouche y était posée, par conséquent l’équilibre ne se trouve pas modifié.
- 4° Le meilleur moyen de protéger les bois des insectes xylophages est de faire une ou deux applications de zincate de soude ainsi obtenu.
- Préparer les deuif Solutions1: ‘ .,
- A Chlorure de zinc ‘à '45° B.‘ '. . . \ 480 cm'1
- Eau ordinaire. . . . '. 7V. .. . 1000 —
- B Lessive de soude caustique à 36° Iî. . . . 400 —
- Eau ordinaire........................... 2250 —
- Verser la solution de chlorure de zinc dans le solution alcaline, agiter puis passer au tamis, métallique pour retenir les grumeaux.
- Recouvrir la surface du bois de la mixture au moyen d’un pinceau ou d’un pulvérisateur, si la surface à traiter est assez étendue.
- 5° Dans le cas qui vous intéresse, il y a usure réciproque, mais celle de la lame d’acier est naturellement plus faible et n’est perceptible qu'au bout d’un certain temps, lorsque le disque a fait un grand nombre de révolutions.
- M. Ricard, à Paris. —- La formule suivante de colle vous donnera très probablement satisfaction :
- Caoutchouc pur Para........................... 95 grammes
- Gomme laque................................... 55 .—
- Térébenthine de Mélèze........................ 55 —
- Cire de Candelia.............................. 40 —
- Sulfure de carbone........................... 755 —
- Faire digérer le caoutchouc dans le sulfure de carbone pendant plusieurs jours, jusqu’à dissolution en agitant fréquemment, ajouter ensuite les résines . pulvérisées ainsi tquq la cire en copeaux, laisser à nouveau digérer avec agitations répétées, jusqu’à obtention d’un produit homogène. ^ V
- N. B. Dans l’industrie, la dissolution est favorisée par intervention de chaleur, en autoclave, mais l’amateur doit se contenter d’une digestion à froid, le chauffage du,sulfure de carbone présentant de grands dangers d’incendie.
- M. Philippe, à Troyes. —L'encre pour tirage des épreuves au travers des feuilles perforées au cyclûstyle se prépare ainsi :
- Prendre :
- Savon blanc................................ 200 grammes
- Eau non calcaire........................ 150 —
- lluile de lin siccativée...................200
- Glycérine ................................. 250 —
- Violet de Paris ........................... 70
- Kaolin................. 130“ —
- Dissoudre au bain-marie le savon dans la moitié de l’eau additionnée de glycérine et incorporer à la crème ainsi obtenue l’huile de lin puis le kaolin.
- Délayer d’autre part le violet de Paris dans le reste de l’eau, ajouter peu à peu le produit à la masse précédente et broyer longuement au mortier jusqu’à homogénéité parfaite.
- N. B. Le broyage est une condition essentielle de réussite.
- R. S. T., Paris. — Nous n’avons pas encore eu en main les spécialités dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- IVI. Cosson, à Mezeray. —-1° La poudre à base d’alun destinée à l’épuration et à la clarification de l’eau des puits, qui a été préconisée par Blarez se compose de :
- Permanganate de potasse ........ 25 grammes
- Sulfate d’alumine ........................ 250 —•
- Kaolin lavé. ............................. 750 —
- Un emploie un kilogramme de cette poudre par cinq mètres cubes d’eau à épurer ; on mélange d’abord dans un seau d'eau, puis on répartit
- „ .. s
- dans le puits, par portions successives en brassant, puis laisse reposer au moins quatre à cinq jours avant de remettre le puits en service.
- 2° Les composts sont formés par des débris organiques de toutes sortes auxquelles on ajoute de la terre et des substances minérales | susceptibles d’en activer la décomposition, la chaux par exemple, ou de les enrichir en éléments fertilisants tel le phosphate de chaux.
- Les débris utilisés peuvent être les balayures de cour, les curures de fossés et de mares desséchées, les déchets animaux ou végétaux, les , feuilles, les fonds de greniers, de basse-cour, les matériaux de démolition chargés en salpêtre, passés à la claie.
- Toutes ces substances doivent être mélangées aussi intimement que possible pour en activer la décomposition en y incorporant environ un dixième de leur volume de poudre de chaux éteinte.
- Pendant sa préparation, le compost doit être recoupé et remanié deux ou trois fois de manière à favoriser l’intervention de l’air utile à la nitrification, c’est-à-dire à la transformation de l’azote organique et ammoniacal en azote nitrique, directement utilisable par les plantes.
- N. B. La chaux éteinte et le phosphate de chaux ne doivent pas être utilisés simultanément dans un compost, car il y a incompatibilité entre ces deux éléments.
- M. de Puydt, à Viroflay.— Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner la spécialité dont vous parlez, mais nous supposons qu’il s’agit simplement d’un produit épilatoire du type suivant :
- Sulfure de baryum........................... 50 grammes
- Oxyde de zinc pulvérisé..................... 25 —
- Amidon...................................... 25 —
- Pour amener à l’état de pâte, il suffit d’y ajouter quantité suffisante de glycérine.
- Après avoir appliqué sur la partie à épiler, ne laisser que juste le temps nécessaire pour amener la chute du poil, laver à grande eau et poudrer à l’amidon ou à l’oxyde de zinc.
- Bibliothèque de Châtillon. — 1° Si après avoir obtenu la destruction des mauvaises herbes par le chlorate de soude, vous voulez annuler l’action de ce sel, il vous suffira de répandre à la surface du sol du sulfate de fer pulvérisé désigné commercialement sous le nom de vitriol vert; à la condition d’être employé en quantité suffisante, son pouvoir réducteur compensera le pouvoir oxydant du chlorate de soude.
- 2° Nous ne possédons pas de données assez précises sur le genre de polycopiste en question, pour donner à son sujet des indications sérieuses.
- 3° On peut rendre momentanément le papier transparent en le badigeonnant pendant le calcage avec un pinceau imbibé de benzine. Bien entendu il faut employer de la benzine pure ne laissant aucun résidu après évaporation.
- 4° Le collage du papier transparent dit papier à calquer présente parfois certaines difficultés qu’il est possible d’éviter par le tour de main suivant : „
- On humecte au préalable avec de l’alcool, la partie du papier que l’on veut fixer, puis on applique la colle sur l’objet qui doit le recevoir, bois ou carton, le collage s’effectue alors avec facilité.
- S’il s’agit de coller du papier à lui-même, on opère d’une façon identique en imbibant également d’alcool les parties à joindre avant d’y mettre de la colle.
- N. B. Le vulgaire alcool à brûler convient parfaitement.
- Ma Masonite, à Paris.—Aucune colle ne peut convenir pour coller indistinctement tous les matériaux : marbre, métal, caoutchouc, etc.; chaque colle doit être adaptée à l’emploi particulier qui est prévu.
- M. Çoupard, à Toulon-sur-Mer.—Pour préparer le parchemin on utilise les peaux de moutons, d’agneaux, de chèvres et particulièrement celles des veaux mort-nés, mais lorsqu’il s’agit du parchemin dit vitré destiné aux instruments de musique dits de batterie, ce sont surtout celles d’âne dont on se sert.
- Les peaux sont d’aiiord reverdies par trempage et débourrées, puis on les tend sur un cadre de bois qui porte le nom de herse, on pratique l'écharnage avec un instrument spécial dont le dos arrondi sert ensuite à l'édossage qui s’effectue sur le côté fleur pour Légaliser.
- On saupoudre de blanc d’Espagne la peau toujours tendue et on la polit à la pierre ponce du côté chair, opération que l’on répète sur la fleur sans employer de blanc.
- Si l’on a en vue l’obtention du parchemin vitré, on fait sécher au soleil pour lui donner sa transparence.
- Enfin on donne un encollage du côté fleur au moyen d’une colle à la fécule et à la gélatine et laisse sécher à nouveau.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. -terre) est
- - La voilure chimique des pompiers de Dagenham (Angle-équipée pour combattre les incendies d’huile et de pétrole (pli. Roi.)
- Le transport sur roules par tracteur d’une pièce de fonte de 100 tonnes (pli. Keystone.)
- ....„-i
- Fig. 3. — Une table de, jeu distribuant les caries automatiquement. (Ph. Keystone.)
- Fig. 5. — Un diaphragme géant de 1 m 20 d’ouverture construit par la maison Zeiss, pour un télescope de l’Observatoire de Bruxelles.
- (Pli. Keystone.)
- Fig. 4.
- Le sous-marin le plus petit du monde, long de 7 m, large de 3 m a élé
- construit aux Etats-Unis pour des explorations océanographiques.
- (ph. Keystone.)
- Fig. 0.
- Le pupitre de contrôle de l”éclairage dans
- le nouveau cinéma géant de la cité de la Radio à New-York.
- (Ph. Keystone.)
- . -
- Le Gérant : G. Masson.
- 3503. — Paris, lmp. Lahure — 15-2-1933.'
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- N° 2900
- LA NATURE
- 1" Mars J 933.
- LE SECRET DE JAVA
- EST-IL LA CURE D’ALTITUDE?
- LES PLANTATIONS DE CANNE DE JAVA RAVAGÉES PAR UN MYSTÉRIEUX FLÉAU
- Il y a presque un demi-siècle, Java, la perle des colonies hollandaises en Océanie, le pays des mille et une nuits, des sultans à trois femmes, des
- temples à mille clochetons, traversait une crise redoutable où la fortune de la Hollande menaçait de sombrer. Depuis 1888, peut-être depuis 1878, un fléau mystérieux sévissait sur les cultures de canne à sucre (P et les planteurs de l’île étaient dans le plus vif émoi. Ils s’adressèrent à Treub, botaniste éminent, qui était directeur du Jardin botanique javanais de Buitenzorg, celte merveille de la végétation tropicale où sont rassemblées sur de larges espaces toutes les plantes les plus remarquables des pays chauds (2). Treub promena ses visiteurs parmi toutes ces splendeurs végétales et dit à ces agriculteurs désemparés : « toutes les ressources de la Science qui sont rassemblées ici sont à votre disposition ». Comme il les reconduisait, ils traversèrent un site admirable qui les frappa beaucoup, c’était un coin où se trouvaient réunies les fougères en arbres; de là Treub leur
- Fig. 1. — Canne à sucre malade du Séreli.
- Premier type en jet de fontaine (d’après Wakker et Went De Ziekten van het Suikerriet). .
- 1. Le mal a été désigné par les Javanais sous le nom de Séreh. On le reconnaissait quand les plantes présentaient les caractères suivants de quatre types : 1° en jet de fontaine (tige très courte, à nombreux bourgeons; feuilles retombant dans toutes les directions comme dans un jet d’eau et striées de jaune vert; vaisseaux rouges et remplis de gomme); 2° à feuilles en éventail quand l’attaque était plus tardive (vaisseaux rouges et remplis de gomme; racines mortes); 3° à plusieurs tiges assez grandes mais feuilles normales (tiges à entre-nœuds longs en bas, courts en haut, vaisseaux rouges, gommeux, bourgeons bouffis; feuilles striées de jaune); 4° apparence externe normale (mais vaisseaux rouges et gommeux dans la tige seulement, pas dans les racines). En général, la tige est couverte de racines adyentives nombreuses, atrophiées et mortes surtout dans leurs sommets. La plante malade fleurit, mais les fleurs.sont avortées.
- lit admirer le paysage, qui était réellement splendide. A l’horizon, deux montagnes se profilaient sur le ciel en tons d’une grande douceur. « Je viens, ajouta-t-il, de créer une station alpestre, dépendance de Buitenzorg; c’est le premier laboratoire montagnard fondé dans le monde (3) ; vous pourrez en disposer également. » Combien ces paroles furent prophétiques, car le salut devait venir de la montagne. « J’ai attiré ici, par l’attrait de la science et par l’appât des richesses qui y sont rassemblées, une élite de savants européens » et il leur cita quelques noms notamment ceux de Soltwedel, de Krüger, etc. « N’hésitez pas à vous adresser à eux. lis feront tout, n’en doutez pas, pour vous être utiles. »’
- Ce conseil fut suivi; une activité intense régna dans tous les laboratoires. Des recherches de la plus haute importance furent entreprises; mais, fait étrange, le mal dont on cherchait la cause demeura énigmatique : les travaux avaient beau s’accumuler, la question n’avançait pas; cependant l’ennemi de la canne touj ours inconnu, restait présent et ses ravages s’étendaient, bientôt toute l’île fut;envahie. Pendant quarante ans, les savants les plus distingués affluèrent à Java, attirés par le génie
- 2. Je ne citerai que le Figuier aux mille racines (Ficus bénjaminea, dont une espèce voisine est adorée dans l’Inde,' le Fieus religiosa), le Victoria regia, ce Nénuphar gigantesque du Brésil dont les énormes feuilles peuvent porter un enfant, les Vaquois, etc.
- 3. En réalité, le Jardin du Pêtit Saint-Bernard (Italie) était plus ancien, mais ce fut d’abord un refuge créé par les religieux pour secourir les voyageurs perdus au milieu des neiges; cette fondation remonte aux débuts de l’ère chrétienne ; elle avait été même utilisée par les Romains, car il reste une colonne dédiée à Jupiter. Le père Chanoux, dans la seconde moitié du xixe siècle, a transformé une partie du
- ; Jardin de l’hospice en Jardin botanique. Il porte avec raison le nom de Chanousia (inauguré officiellement en 1922, après la mort de ce père).
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- Il s’agissait, en effet, d’une dégénérescence et on sait depuis les travaux d’Adolf Mayer (1886) et surtout d’Iwanowsky (1892) sur une affection de ce type sévissant sur le tabac (mosaïque) que la sève de cette plante filtrée à travers une bougie de porcelaine et inoculée transmettait intégralement les symptômes de celte maladie. Ils crurent cependant qu’il s’agissait d’une Bactérie, négligeant le l'ait que le filtre aurait dû l’arrêter. Il était réservé à Allard (1915-1918) de montrer que le jus de la plante et le virus qu’elle contient est bien plus réfractaire au sublimé que les Bactéries.
- Duggar et Karrer cherchèrent à préciser les dimensions des particules actives du suc et ils conclurent qu’elles sont comparables à celles des molécules d’hémoglobine, mesurant environ 30 p.jj. (p. lettre grecque signifiant millième de millimètre; p p, millième de p). On voit, par cela même, combien ces corpuscules sont petits; aussi le microscope le plus puissant ne permet pas de les voir. On se tire d’affaire en leur donnant le nom de virus ou mieux d’ultra virus (Hauduroy) Ç).
- Aujourd’hui, on tend à rattacher le Séreli aux maladies de la dégénérescence. Selon Quanjer, c’est une «gommose du bois et du liber des faisceaux libéro-ligneux, et ici on constate une accumulation des produits d’assimilation dans les feuilles, suivie d’un bourgeonnement précoce des rhizomes. L’engorgement du bois provoque, en outre, un bourgeonnement des yeux inférieurs. » (2). On pourrait être tenté de dire, d’après cela, qu’il n’y a plus lieu de parler du « secret du Séreh » comme le faisait Kobus en 1903. Cette expression, qu’on s’étonne d’ailleurs de lire dans un mémoire scientifique, ne paraît plus justifiée s’il s’agit d’un microbe invisible. Cela reste toujours une conception assez énigmatique, mais ce n’est plus un-secret.
- Fig. 2. — Canne atteinte de Séreh.
- Type feuilles en éventail (d’après Wakker et Went).
- rayonnant de Treub, mais toutes les investigations aboutirent à un échec complet : aucun Champignon ne fut découvert, aucune Bactérie ne put être incriminée. Cela fut constaté et répété d’année en année : en 1899, par Clautriau; en 1902 par Kobus; en 1903, par Kamer-ling; en 1923, par Quanjer, etc.
- Vers 1902, Kobus écrivait qu’on avait fait « d’intéressantes et efficaces recherches sur d’autres maladies de la canne, mais M. Went pas plus que M. Wakker (x) ne réussirent à découvrir le secret du Séreh »
- C’était sous ce dernier nom que les Javanais désignaient les plantes malades, parce qu’elles ressemblaient à une autre graminée, assez fréquemment cultivée à Java, V Andropogon Schoenanthus; mais ils avaient un autre mot pour le fléau, celui de n géré, qui voulait dire dégénéré. C’est un exemple, à ajouter à beaucoup d’autres, où l’instinct populaire devinait et entrevoyait la solution d’un problème que la science était impuissante à résoudre.
- I. MM. Wakker et Went ont publié, en 1898, un admirable ouvrage illustré sur les maladies de la canne à sucre (en hollandais), livre qui est classique « De Ziekten van het Suikerriet op Java, 217 p., 25 planches en couleurs. Brill-Leiden.
- LA LUTTE CONTRE LE FLÉAU PAR LA CURE D’ALTITUDE
- Visible ou invisible peu importe à l’agriculteur, ce qu’il demande c’est qu’on le débarrasse de ces pestes qui le ruinent. C’est ce qu’a réussi à faire Soltwedel par la cure d’altitude, qui consiste à établir en montagne, à 300 ou 600 m d’altitvide, des pépinières de boutures. Cette découverte a d’ailleurs-été faite par le plus pur empirisme.
- Cependant, én tenant compte de cette solution pratique, on peut être tenté d’envisager une autre interprétation du mot secret employé par Kobus et admettre qu’il l’appliquait à la technique employée pour arriver à la guérison; on pouvait être tenté de penser qu’elle n’avait pas été entièrement publiée. Avant de mourir, en 1889, Soltwedel avait fait intégralement connaître comment il opérait; mais la méthode des boutures al-
- 1. Ultra virus Mosaïque du Tabac 30 à 60 p.tr.
- Rage.............20 à 40 p,o.
- Bactériophage.. . 20 à 30 p.tj,.
- Peste aviaire. . . 5 o.u.
- Bactéries.
- Bacille tuberculeux . . 1 à 3 [i.
- (ou 1000 à 3000 jajji,). Bacille pyocyanique 4 à 6 u,.
- (ou 4000 à 6000 ^.1).
- Ces ultra virus ne se cultivent pas en dehors de l’organisme vivant; ils élisent domicile dans les méristèmes, c’est-à-dire dans les tissus
- jeunes en active division.
- 2. 2e Congrès international de Pathologie comparée (Paris, t. I, p. 344, 1931).
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- pestres était tellement simple, puisqu’elle rappelait celle du dernier des laboureurs, que ce seeret-là semblait bien être celui de tout le monde (x) et l’on pouvait penser que Kobus savait qu’il y avait autre chose!
- Y avait-il réellement un tour de main non décrit qui n’était connu que de quelques initiés, comme un secret de fabrication dans une usine ? On pouvait le penser.
- On a émis l’hypothèse (due à M. L. Brunehant, membre de l’Académie d’Agriculture) que c’était une technique de jardinage que l’on employait à Java. Ce mot n’était pas très explicite, il pouvait sous-entendre : bouturage, repiquage, semis (2), etc., opérations que font d’ordinaire les jardiniers et les horticulteurs. On n’éclaircit pas ainsi la question, même quand on envisage, en outre, une savante irrigation et une abondance de main-d’œuvre dans un pays surpeuplé pour expliquer le succès financier des méthodes javanaises. Si le jardinage est le tour de main secret de Java, pourquoi cette méthode prétendue elïicace est-elle impuissante en plauie ? C’est ce que Kuijper a établi avec précision en 1925. Si elle ne réussit qu’en montagne, c’est donc que l’altitude et le climat alpestre interviennent.
- Pourquoi Kobus, en 1902, a-t-il employé 1’expression « secret du Séreh » ? Voulait-il dépister les concurrents de la Hollande ? Il avait, en effet, en 1901, révélé l’énorme importance pratique de la méthode de Soltwedel (3), ce que tout le monde ignorait jusqu’alors; il dévoilait ainsi le secret; on peut supposer qu’il a cherché à persuader à tous les étrangers que les Hollandais avaient inventé quelque chose de nouveau et de préférable : la sélection chimique. Par conséquent les lecteurs du savant mémoire de Kobus dans les Annales du Jardin Botanique de Buitenzorg devaient penser que la cure d’altitude était désormais périmée. Or, on sait à l’heure présente qu’il n’en est rien et que la sélection chimique a été une déception et n’a rien donné. En 1903, personne en dehors de Java n’avait envisagé que la cure d’altitude était une chose sérieuse; nulle part surtout, à cette date et même depuis jusqu’à aujourd’hui, personne n’avait songé à mettre en pratique un procédé aussi enfantin.
- Par un trait de génie, Soltwedel eut l’idée d’appliquer à la canne une vague remarque faite sur la pomme de
- 1; Depuis 1889, l’utilisation de la cure d’altitude et son efficacité ont été attestées : en 1898 (Waltker et Went), en 1900 (Congrès agric. de l’Exposit. univ. de Paris), en 1902 et 1903 (Kobus), en 1915 (Fellinga), en 1917, 1919 et 1920 (Van Harreveld), en 1920 (Lyon), en 1925 (Kuijper), en 1928 (Jeswiet), etc.
- 2. Le semis débarrasse souvent les plantes contaminées de leur virus; mais, en plaine, les semis ne donnent rien de bon.
- 3. 120 millions de kilogrammes de boutures sont envoyées chaque année des pépinières dans les grandes chaînes volcaniques de Java (pour cuit.).
- Ce qui prouve bien l’exactitude de ce que j’avance ici, c’est la surprise de Lyon, en 1920, quand il constata que la technique de Soltwedel était appliquée en 3 étapes à 3 altitudes différentes : 1500 et 1800; puis 600 à 750; puis 300 m.; enfin en plaine.
- Ce qui est extrêmement surprenant, c’est que personne alors n’ait compris; cela tenait aux idées fausses qui dominaient dans la science et qui y dominent encore : on ne croit pas que le climat et en général le milieu agissent sur la plante; surtout on ne veut pas admettre que l’action éphémère, qui se produit ainsi ait un caractère héréditaire. C’est pour cela que l’on n’a pas vu qu’il s’agissait d’une découverte économique considérable. Les immortelles découvertes de Lamarck étaient méconnues et le sont encore aujourd’hui.
- terre (fin du xvme siècle); son mérite n’est pas tant de s’être rappelé une chose que beaucoup d’agriculteurs européens savaient, mais d’avoir eu la pensée heureuse de l’appliquer à une plante très différente et tropicale, tandis que la pomme de terre est un végétal des pays froids et tempérés; ensuite, après avoir constaté que le traitement alpestre était efficace, d’y avoir cru fermement et surtout d’être arrivé à y faire croire les autres.
- Newton répondait à ceux qui lüi'dèinandaient comment il avait découvert les lois de l’âttràction universelle : « en y pensant toujours » et c’est en voyant tomber une pomme que l’idée était entrée la première fois dans son esprit. La pomme qui tombe, c’est ce qui produit ce que Charles Nicolle appelle « l’éclair » (*) qui frappe l’esprit de l’inventeur, mais la découverte n’existe réellement qu’après le contrôle de l’expérience ou du calcul et c’est là que le génie se révèle. Parfois le calcul est très vite fait ou de suite le résultat de l’expérience est acquis. Ce fut probablement le cas de Newton, mais ce qui a été long et ce qui est toujours difficile, c’est de
- convaincre les autres. Soltwedel dut faire un véritable
- 1
- 1. Cli. Nicolle. Biologie de l’invention, 1932, Alcan.
- Fig. 3. — Canne atteinte de Séreh dont les tiges sont couvertes de racines mortes (d’après Wakker et Went).
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- apostolat pour la canne et on est en droit de dire, pour ce cas comme pour beaucoup d'autres1 : le génie est une longue patience.
- L’ŒUVRE DE SOLTWEDEL
- Quelques aspects du Jardin bolanique de Buitenzory (Java).
- Fig. 4 (à gauche). — Rivière avec Victoria reyia.
- Fig. 5 (à droite). — Allée de Vaquois (Pandanus).
- Fig. 6 (en bas). — Fougères arborescentes (pli. A. Lacroix).
- ait possibilité pour aucune comparaison. Pasteur a véritablement localisé l’agent de la malade rabique, il l’a même cultivé purement dans le cerveau du lapin, mais sans le voir; il a1 reproduit la rage avec une précision frappante : son mérite est immense, sa découverte est donc merveilleuse et l’étude de cette étrange et affreuse maladie est ce qu’il a fait de plus extraordinaire. Mais c’est par l’empirisme qu’il est arrivé à guérir ces foules d’enragés qui affluaient au laboratoire de la rue d’IJlm, à l’école Normale, de toute l’Europe, même du fond de la Russie, à la suite de morsures par des loups. En réalité le virus qu’étudiait Pasteur n’était inconnu qu’en apparence.
- Pour la maladie de la canne à sucre, la cause était
- Le lecteur peut être un peu surpris (pie je rapproche le nom d’un obscur agronome hollandais de celui du plus grand mathématicien de tous les temps, une des plus grandes gloires de l’Angleterre. J’ai déjà, en 1927 p), rapproché la découverte de Soltwedel pour le Séreh de celle de Pasteur pour la rage; cependant, depuis cette époque, aucun critique ne m’a signalé qu’un tel rajtprochement était inadmissible. Dans les deux cas, il s’agissait d’un virus et Pasteur comme Soltwedel ont combattu dans la nuit contre un ennemi invisible; certes la technique de Pasteur était très savante et il s’appuyait sur ses immortelles découvertes ; la l'iacherie du ver à soie étudiée avant 1870, le choléra des Poules et le charbon des Moutons de 1877 à 1885. La méthode culturale de Soltwedel était bien humble, c’était celle qu’on emploie dans toutes les plantations et il semble bien qu’il n’v
- 1. Coslantin (J.). La cure d’altitude, son emploi et son efficacité en pathologie végétale {Ann. sc. nat. Bot. 10» série, t. IX, p. 299 à 369, 9 figures, 1927).
- Fig. 7. — Laboratoire alpestre de Tjibodas (dépendance du .Jardin botanique de Ruilen/.org (photo. A. Lacroix).
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- Fig. B à 12. — Quelques-uns des savants hollandais et étrangers qui uni étudié les maladies de la dégénérescence à Java et en Hollande :
- au milieu, Treub, directeur du jardin botanique de Builenzorg.
- De gauche à droite : le professeur AYent et le professeur Kroger; vers la droite, le Dr Botjes et le l)r Ouanjer.
- réellement ignorée et d’une manière complète : c’est pour cela que le résultat obtenu par Soltwedel est surprenant. Certes d’autres agronomes savaient que les pays froids et montagnards donnaient parfois des plants meilleurs, mais c’est lui qui a eu le mérite incontestable de transformer cette observation accidentelle en une technique juste. Par sa ténacité, il a su convaincre les praticiens de l’exactitude de ce qu’il avançait et de l’ef-lieacité de la cure d’altitude. Il a certainement fait une grande découverte pratique.
- Ce qui caractérise un progrès qui mérite d’être qua lilié grand, c’est que son importance est destinée à s’accroître avec le temps et les applications qui en découlent sont destinées à se multiplier. Surtout depuis les beaux travaux de l’Ecole hollandaise de Botjes, de Quan-jer, les faits découverts sur le Séreh s’illuminent par tout ce que l’on sait maintenant sur toutes les maladies de la dégénérescence qui s’étendent, peut-on dire, à toutes les plantes cultivées (pomme de terre, betterave, tabac, haricot, caféier arachide, manihot, etc., qui sont des plantes aussi bien des pays tempérés que des régions tropicales) (1). Ces rapprochements laissent entrevoir
- 1. L’immense importance économique de ces maladies s’est révélée partout. Elles se manifestent aux Etats-Unis avec une excessive intensité et aucun pays n’est si profondément atteint. En Europe, c’est surtout la pomme de terre, la betterave et le tabac qui subissent les
- des conséquences capitales au point de vue économique si le traitement alpestre imaginé par Soltwedel de 1885 à 1888 trouve son application.
- Une particularité sur laquelle il y a lieu d’insister, c’est que la cure d’altitude est restée nécessaire, bien que constituant un joug pesant pour les cultivateurs (le can nes de Java, dont ils auraient bien voulu se libérer, car la technique entraînait de grandes dépenses (frais de culture et de manutention en montagne; dépensés de transport en chemin de fer à 500 ou 1000 km de distance, entraînant des désinfections supplémentaires à l’arrivée, par suite des contaminations dans les wagons surchauffés). Malgré les recherches nouvelles et les grands perfectionnements récents de la culture, lé séjour en montagne est toujours ellicace.
- A l’heure actuelle, si les planteurs des Indes néerlandaises ne craignent aucune rivalité, s’ils n’ont besoin d’aucune protection, d’aucune détaxe, d aucune prime
- plus graves dommages. La culture de la canne à sucre tend à disparaître de certaines régions. En France pour la pomme de terre, une des plus grandes cultures de notre pays, la production a baissé considérablement dans ces dernières années à cause de la dégénérescence : l’exportation des tubercules avant 1914 atteignait 1 580 000 quintaux de plus que l’importation; en 1926, c’était l’inverse : on a importé 700 000 quintaux de plus qu’on n’en a exporté et 600000 quintaux nous sont venus de Hollande où la purification des semences est réalisée depuis 1913 (par Botjes puis par Ouanjer).
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- à l’exportation, d’aucun droit de douane, d’aucun contingentement, c’est à Soltwedel qu’ils le doivent. Si la ruine, que tout le monde redoutait pour Java en 1883, ne s’est pas produite; si une ère d’inouïe prospérité a commencé après cette date, c’est toujours au modeste agronome hollandais, dont le nom est ignoré de presque tout le monde, que cela est dû.
- Ce nom est certainement celui d’un bienfaiteur de l’humanité. Il a d’ailleurs fait une autre découverte capitale, liée d’ailleurs intimement à la première, qui prouve surabondamment qu’il était un habile dépisteur de faits nouveaux et un grand inventeur.
- Cette seconde trouvaille se rapporte, en effet, encore à la canne à sucre. U ri' fait déconcertait tous les planteurs, quand le Séreh eut envahi toutes les plantations de J’île : toutes variétés étaient atteintes par le même virus. Où avait beau faire venir des cannes cultivées
- et saines des contrées les plus lointaines : toutes invariablement se contaminaient.
- On conçoit, si l’on tient compte de ce fait, combien l’attention des chercheurs était en éveil pour relever le moindre indice de résistance à la maladie. Soltwedel était certainement à l’affût et c’est ainsi qu’il découvrit une plante sauvage de canne absolument indemne au Séreh. On lui donna le nom de Kassoer et c’est au pied d’une montagne, le mont Tjéremé, qu’elle fut rencontrée par lui la première fois. Ce que personne n’a dit jusqu’ici, moi d’ailleurs pas plus que les autres, car j’ai parlé plusieurs fois du Tjéremé depuis 1927, c’est que cette montagne est un volcan : ce point est important comme on va le voir plus loin. J’ai eu la preuve de ce fait en consultant récemment la riche collection de clichés photographiques que M. A. Lacroix, Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Sciences, a rapportés récemment de sa féconde mission à Java et dans les pays voisins. J’ai été
- saisi d’une assez vive surprise en examinant ces plaques et en voyant que deux d’entre elles, qui avaient été prises en avion, révélaient l’existence d’un cratère et portaient sur les étiquettes le mot : Tjérémai ou Tjéremé. Les volcans sont très nombreux à Java, et quelques plaques de M. Lacroix, toujours prises en avion, montrent des chaînes entièrement volcaniques. Dans la chaîne de Tengger, notamment, on aperçoit surtout le cratère de Brumo et la mer de sable. L’île entière de Java paraît presque volcanique.
- On peut se demander où je veux en venir par de telles digressions : on va en comprendre la raison. Jeswiet l’habile directeur du service de l’hybridation à Java, a rappelé, en 1928, que Kriiger avait retrouvé Kassoer sur un autre volcan, le Mœriah. 11 y a lieu de lier ces deux observations. Beaucoup d’esprits inattentifs auraient négligé de tels rapprochements; mais tout ce qui touchait Kassoer, variété douée d’immunité vis-à-vis du Séreh, prenait pour Soltwedel une importance considérable. 11 se mit à ruminer dans son esprit toutes ces remarques.
- « Tiens! tiens! pensa-t-il, c’est au pied d’une montagne qu’a été trouvé le type Kassoer et aussi sur le Moeriah, autre montagne; mais le mont Tjéremé est aussi un volcan. 11 s’agit donc d’une plante sauvage qui aime à la fois les montagnes et les volcans. Je ne vois pas très bien pourquoi elle aime les volcans (1), mais je commence à entrevoir les raisons pour lesquelles elle aime les montagnes. Les caractères de ce type se rapprochent de ceux des variétés cultivées, mais sa tige est, mince, et ne contient presque pas de sucre (2); de plus, il produit une flèche fertile. Or, jamais pareille hampe fertile ne s’observe dans les cannes cultivées qui sont toujours stériles. A quoi tiennent ces différences ? Doit-on dire que les dernières sont des êtres dégénérés (3) ? En abusant d’elles par les services qu’il, leur impose, l’homme leur a fait évidemment perdre des caractères primitifs qu’elles possédaient quand elles étaient des plantes spontanées ».
- Mais Kassoer représentait-il le végétal primitif ? Une nouvelle enquête s’imposait pour savoir d’où venaient
- 1. Stocklasa a prétendu, mais il a provoqué beaucoup de scepticisme, que les volcans peuvent agir sur les plantes et il croit que c’est sur les Bactéries de la nitrification que cette action se révèle. Il attribue aux gaz émanés du Vésuve un effet radioactif qui explique la fécondité de la Campanie voisine où l’on fait jusqu’à trois récoltes de fruits en une année. Selon M. Moutet (1932), la production du Blé serait accrue par les substances telles que l’uranium, radium,'”etc. : le rendement des témoins étant 100, passerait pour les grains à 135, pour la paille à 170!
- 2. Ce caractère de tige mince est mentionné par Sundararaman en 1930. Or, d’après les savants indiens, c’est un caractère des plantes sauvages des plaines immenses du nord de l’Inde, d’où elles sont descendues de l’Himalaya. En 1926, à Natal, Dodds a insisté sur sa faible teneur en sucre.
- 3. On sait que souvent la pomme de terre cultivée ne produit pas de fleurs ; le Bananier donne des fruits en culture, mais jamais de graines ; il en est de même de l’Arbre à pain. La culture entraîne donc souvent la stérilité.
- Fig. 18. -— Le Volcan Tjéremé, au pied duquel on a trouvé pour la première foin la canne Kassoer (vue prise en avion, photo A. Lacroix).
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- les particularités qui le distinguaient de toutes les cannes des plantations.
- Voilà Soltwedel parti en campagne. Il grimpe sur le mont Tjéremé qui est un volcan; il fait l’ascension du Mœriah qui est une montagne et, sur l’un et sur l’autre, il trouve, à côté de Kassoer une herbe qui avait échappé jusque-là à son attention. C’est une plante chétive et malingre, il hésite même à y reconnaître une canne. Il est tenté de croire d’abord que c’est une graminée quelconque, comme toutes celles qui poussent aux bords des chemins. 11 acquiert bien vite la conviction que c’est là la véritable plante primitive; c’est; elle qui mérite le qualificatif de spontanée, c’est le Saccharurn spontaneum d’où tous les types cultivés sont dérivés.
- « Mais qu’est-ce donc que Kassoer ? » Un nouvel éclair traverse son esprit. : « C’est un hybride naturel, c’est certain. »
- C’est un de ces produits que la nature engendre, mais qui sont l’œuvre de la civilisation : Kassoer est une plante illégitime, suite lamentable de l’influence néfaste de l’homme qui, en créant l’Agriculture, a troublé les lois de la Nature et introduit dans le monde le désordre à la place de l’ordre qui y régnait primitivement. C’est là une vision qui trouble cet agriculteur candide qu’est Soltwedel et il cherche a savoir comment le crime s’est passé...
- Son enquête policière commence. Le phénomène hors nature lui paraît d’abord invraisemblable, impossible même; puisque la plante cultivée est stérile elle ne doit pas avoir de graines, elle n’a pu se marier clandestinement avec la filante sauvage.
- 11 parcourt alors précipitamment tous les champs cultivés, surtout au moment où ils arrivent a la maturité. Oh surprise ! 11 constate que l’axiome cultural de la stérilité absolue de la canne cultivée n’est exact qu’en gros : assez fréquemment les flèches apparaissent... Alors, tout est possible, et le mariage clandestin ne. peut surprendre... 11 ne se donne pas le temps de vérifier l’hypothèse de l’hybridation : il la sait exacte. Il voit le pollen des pieds sauvages montagnards emplir l’air des volcans et s’épandre dans les plaines voisines où sont toutes les plantations de canne et il comprend pourquoi il a trouvé le premier individu de Kassoer au pied du mont Tjéremé, qui est un volcan.
- Henri Poincaré, le grand mathématicien, a lui aussi souvent annoncé des découvertes qu’il n’avait nullement vérifiées, parce que, grâce au puissant cerveau qu’il possédait, il savait qu’elles étaient vraies : superbement, il pensait que c’était aux esprits de deuxième zone à les vérifier.
- Soltwedel ne pouvait pas avoir la
- même confiance et surtout l’inspirer aux autres. Il a fallu les recherches patientes de Jeswiet, publiées seulement en 1928, pour que l’on apprenne qu’il avait eu parfaitement raison. Il est d’ailleurs préférable qu’il n’ait pas cherché des preuves au moins avec persévérance, il y aurait consacré un temps précieux, qui aurait été perdu pour des besognes plus hautes, et la mort le guettait.
- L'expérience importante de Jeswiet a prouvé quelque chose de plus : non seulement elle a montré pourquoi c’était près du mont Tjéremé qu’on a trouvé d’abord Kassoer, mais elle a expliqué que c’était parle croisement de Biack-Chéribon avec le S. spontaneum qu’on le réussissait. Or Blach-Chérihon est justement,’ la variété cultivée célèbre, qui était la gloire de .lava et qui avait
- Autre vue du volcan Tjérenmï (photo A. Lacroix).
- Fig. 20. —•
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- fait sa fortune... avant l’épidémie du Séreh. Cette variété a été la première atteinte par la maladie, parce qu Vile y était presque seule cultivée, d’une façon extensive. Le nom qu’elle porte rappelle la résidence de Chéribon, car c’était là qu’étaient concentrées les cultures les plus importantes en 1883.
- L’expérience de Jeswiet, malgré sa publication tardive, a donc été très utile : non seulement parce qu’elle a confirmé Ja vue de Soltwedel, mais parce qu’elle a expliqué avec certitude pourquoi on a trouvé Kassoer au pied du mont Tjéremé : c’est, parce que cette montagne est, voisine de Chéribon. C’est, en consultant la collection de clichés de M. Lacroix que je me suis convaincu de ce
- .11 est solidement établi que cette immunité existe aussi pour le Saccharum sponlanenm ('); il est très vraisemblable que Soltwedel a eu connaissance de cette propriété. Comme il était surtout praticien, il ne s’est pas appesanti sur ce point; il n’en a peut-être pas compris tout l’intérêt. La canne spontanée est un type à tige mince et elle ne renferme pratiquement pas de sucre. 'Foutes les cannes cultivées, appelées aussi (‘aunes nobles sont à tige épaisse et c’est pour cela qu’elles sont, industrielles : elles renferment parfois une quantité énorme de sucre. Aux environs de 1923-1926, on récoltait 14 tonnes de sucre à l’hectare. Depuis 1926, on a introduit un nouvel hybride qui a pour symbole P. O. .1. 2878 (2) encore
- Fig. 21. — Chaîne volcanique à Java (photo A. Lacroix).
- fait, car une plaque porte sur l’étiquette les deux mots : Tjérémai et Chéribon.
- L’hypotjièse de Soltwedel, peut-être hâtivement formulée, a main tenant, grâce aux travaux de Jeswiet, une base solide; elle va nous permettre de tirer de nouvelles conclusions et elles devront bénéficier de la certitude que nous possédons maintenant.
- Je vais expliquer pourquoi Kassoer résiste au Séreh P).
- 1. Ce point très important contrôlé par Soltwedel avant sa mort est encore exact aujourd’hui : la résistance au Séreh et à la Mosaïque de la canne (autre maladie de la dégénérescence) a été confirmée en 1928 par Jeswiet, en 1930 par Sunderaraman. Elle persiste depuis plus de 40 ans.
- supérieur au point de vue de la production et qui occupe 93 pour 100 de la surface plantée à l’heure actuelle : le chiffre de sucre obtenu à l’hectare est, dit-on, fantastique. On comprend que Java n’ait pas de rival dans le monde pour l’industrie sucrière. Comment veut-on qu’un praticien s’intéresse à un type comme le spontaneum qui ne eon-
- 1. Costantin (J). Hérédité montagnarde acquise par la canne à sucre (C. B. Acad. Sciences, t. 195, n° 5, p. 345, 25 juillet 1932). — Les cannes sauvages de l’Inde (Revue de Botanique appliquée et d'Agriculture coloniale, t. 12, n° 136, décembre 1932).
- 2. Ce symbole s’explique de la façon suivante : P signifie Proebsta-tion; O, oost, est; J, Java. C’est la station de l’Institut du sucre où tous les hybrides sont obtenus.
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- tient pas de sucre ou à peu près. Une pareille plante est un pur néant pour le planteur.
- Cela ne veut pas dire cependant qu’il faut la mépriser. Cette plante spontanée, sauvage, à port d’herbe, de petite taille, est évidemment un type médiocrement alimenté ; les cannes cultivées ont des tiges puissantes et leur hauteur correspond à leur surnutrition. Le sponianeum a des qualités qui compensent très bien la pauvreté sucrière, on peut les résumer en une simple phrase : il est rustique. Un homme rustique est souvent un rustre (même racine) : c’est un individu râblé résistant; les montagnards méritent au plus haut point, ce qualificatif de rustique. Le climat alpestre agit d’ailleurs sur les plantes comme sur les hommes : il les durcit et c’est certainement pour cela que le spontaneum ne prend pas le Séreh. Rusticité semble donc l’équivalent de santé solide, de résistance au froid, à la pluie, au vent, à la verse et il doit en découler une immunité vis-à-vis de parasites visibles ou invisibles.
- Pourquoi Kassoer, être bâtard, est-il doué d’une résistance remarquable vis-à-vis de la dégénérescence ? Comme nous connaissons maintenant ses parents, nous pouvons répondre : son père est résistant (spontaneum), sa mère au contraire est ultra-sensible à la maladie (Black Cheribon). C’est donc la rusticité montagnarde paternelle qui est intervenue. Les lois de l’hybridation sont maintenant connues grâce aux travaux de Mendel et de tous ses continuateurs. La résistance aux maladies est donc un .caractère mendélien. C’est d’ailleurs prouvé pour d’autres maladies : par Beffen pour le blé dans le cas des rouilles; par Orton pour le cotonnier dans le cas des flétrissures (Wilt, Fusarium vasinfectum). D’ailleurs on sait avec netteté d’autre part pour le Séreh que la résistance est un caractère lamarckien puisqu’elle est soumise à l’influence de l’altitude.
- Je ne veux pas examiner comment un caractère peut être à la fois mendélien et lamarckien. C’est un problème de philosophie scientifique d’une portée considérable, mais en dehors des questions que j’étudie ici.
- LE TRAITEMENT ALPESTRE ET L’AGRICULTURE
- On voit tout ce que les conquêtes, en apparence si modestes, de Soltwedel contiennent en germe. On commence, je pense, à entrevoir tout ce que cachait l’histoire du Séreh. Personne ni à Java, ni en Hollande ne l’a dit nettement ou n’a voulu le dire; peut-être même, personne ne l’a su. Parmi les agronomes qui ont approché de la vérité, on peut certainement citer Kobus; mais il s’est trompé sur l'efficacité de la sélection chimique, car il a écrit que le Séreh était vaincu par cette méthode et que les planteurs n’auraient plus à payer un lourd « tribut » à la montagne. Ceci a été dit en 1902 et le Séreh existe toujours et, s’il n’était tenu encore en échec par la cure d’altitude, il sèmerait partout la dévastation et la ruine. L’erreur de Kobus est si colossale qu’un doute peut venir à l’esprit, mais il n’est pas permis de douter de la sincérité de ce savant; en tous cas, s’il avait voulu dépister les concurrents, il aurait admirablement réussi; s’il n’en est pas ainsi, ce qui est très probable, c’est qu’il n’a pas compris véritablement le secret de Java.
- Si je me suis tant intéressé à cette passionnante ques-
- Fig. 22. -— Canne à sucre à Java.
- Les tiges remplies de sucre sont rassemblées en grand nombre pour être envoyées à l’usine (photo. A. Lacroix).
- tion, c’est parce que, dès 1922, j’ai entrevu que le traitement alpestre touchait à des problèmes primordiaux pour l’Agriculture, notamment pour la pomme de terre dont la culture est de premier ordre pour notre pays; mais j’ai nettement dit alors que le sort de toutes les
- Fig. 23. — Terrain des expériences de MM. J. Copiant in, P. Lebard et J. Magrou à La Grave; au fond La Meige (photo. Lebard).
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- plantes cultivées étaient lié à la solution de la dégénérescence. Personne n’a paru comprendre que je pouvais avoir, raison. En 1930, je me suis décidé d’abord avec M. Lebard, assistant au Muséum, à faire les premiers essais, renouvelés en 1931, puis en 1932, avec la collaboration nouvelle de M. Magrou, chef de service à l’Institut Pasteur. Des champs d’expériences ont été organisés en montagne (au laboratoire alpin du Lautaret, 2100 m d’altitude; à La Grave, 1500 m; à Villard d’Arène, 1650 m) et en plaine (au laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau, de la Faculté des sciences de Paris; au Jardin Lionet à Brunoy, annexe du Muséum d’histoire naturelle; au Jardin Botanique de la Faculté des sciences de Grenoble). Les premiers résultats sont pleins de promesses; ce qui peut le faire croire, c’est qu’ils ont surpris beaucoup de monde; mais il faudra de longs efforts pour donner les preuves définitives.
- Les encouragements pour poursuivre nos études ne nous ont pas manqué et ils ont contribué, dès 1932, à nous donner l’idée d’étendre nos recherches au blé (x).
- 1. Le blé est d’ordinaire sain, mais il subit comme l’a prouvé autrefois Schubeler (1873) l’action des hautes latitudes; il est à peu près certain qu’il en est de même des hautes altitudes, comme c’est vrai d’ailleurs pour la pomme de terre saine. On connaît une maladie de la dégénérescence du Blé, la rosette, transmise par les grains et le sol; il est surtout atteint partout par la rouille (Urédinée : Champignon).
- Addition pendant l’impression, — Dans les derniers numéros des Comptes rendus de l’Académie des Sciences (30 janvier 1933, 6 février et 13:février 1933), j’ai expliqué que, selon moi, les mycorhizes (Champignons symbiotiques des racines), produisent la résistance à la dégénérescence et à la rouille (caféier, blé). Cette action est parallèle à celle du climat alpestre. C’est Treub qui a trouvé le premier des Champignons dans les racines de la canne : il crut qu’ils étaient la cause du Séreh. C’est Tschirch qui a prouvé qu’ils n’étaient pas des parasites mais des mycorhizes (1891) : c’est une importante découverte, mais il ne rechercha pas quel était leur rôle.
- P.-S. — Deux photographies de savants hollandais, celle de M. Jeswcet et celle de M. Van Harreveld, arrivées pendant l’impression, n'ont pu être reproduites; nous l’avons vivement regretté.
- Nos cultures d’essai de La Grave et Villard d’Arène ont reçu la visite d’agronomes éminents venus pour voir nos pommes de terre, et ils ont constaté la vigueur de notre blé, dont nous n’avions que quelques parcelles.
- La municipalité du Bourg d’Üisans, qui est situé dans la vallée de la Romanche à 700 m d’altitude et dans la région du Lautaret, a mis à notre disposition un terrain d’essai dans le but de doter la région de variétés saines.
- D’autre part, la Compagnie de Chemin de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, qui a déjà rendu de nombreux services à l’Agriculture française, a compris l’importance de nos cultures montagnardes de pommes de terre, aussi la Société hôtelière et touristique de ce réseau a commencé, dès 1932, à consacrer une partie de l’important domaine de 500 hectares qu’elle possède au mont Revard (1500 m d’altitude) aux environs d’Aix-les-Bains à l’étude pratique de ces questions.
- Des expériences ayant été envisagées par nous sur la culture de la pomme de terre en Algérie (où cette plante est atteinte, dès la seconde année de plantation, d’une dégénérescence prématurée et générale) en vue de résoudre des problèmes théoriques et pratiques, les services agricoles de la Maison Carrée, près d’Alger, ont été autorisés par le Gouvernement général de l’Algérie à entreprendre des essais en 1933. Des essais complémentaires vont aussi être tentés dans l’Atlas avec le concours de la direction de l’Institut scientifique chérifien de Rabat.
- Le champ d’exploration défriché d’abord par Solt-wedel s’élargit ainsi progressivement. Il est à souhaiter que la cure d’altitude, appliquée par lui à la canne, trouve son emploi en Europe et dans l’Afrique du Nord pour le développement de l’Agriculture de notre pays.
- J. Costantin.
- Membre de l’Académie des Sciences.
- UN PAS NOUVEAU DANS LA CONCEPTION EINSTEINIENNE DE L’UNIVERS
- î L’UNIVERS EN EXPANSION {Suite n° ux).
- ESPACES PLUS GÉNÉRAUX RELATIVITÉ GÉNÉRALISÉE
- Revenons à nos êtres infiniment plats et plaçons-les cette fois sur une surface quelconque, ces êtres construiront une géométrie qui sera la géométrie métrique de la surface sur laquelle ils vivent. En général leur géométrie n’admettra pas de déplacements. Sans insister sur ce point, signalons qu’à la fin du xixe siècle, les mathématiciens, particulièrement en France, Darboux puis Cartan, ont abondamment développé cette théorie métrique des surfaces, et montré comment l’expression qui donne le carré de la distance de deux points infiniment voisins de la surface, ce que l’on appelle le ds‘-, permet d’établir
- toutes ses propriétés géométriques. Ces théories peuvent s’étendre aux espaces à un nombre quelconque de dimensions, en particulier /aux espaces à trois et quatre dimensions. On sait faire la géométrie des espaces non euclidiens les plus généraux.
- Ces considérations n’avaient eu qu’un intérêt purement mathématique jusqu’en 1916, lorsque Einstein proposa la théorie de la relativité généralisée. Dans cette théorie, l’univers est un continuum non euclidien à quatre dimensions : trois d’espace et une de temps. Les propriétés métriques de ce continuum, c’est-à-dire la définition des longueurs et des intervalles de temps dans l’univers se trouvent fixées par ce que l’on appelle le ds2 de l’univers.
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- La théorie d’Einstein consiste à poser les relations qui existent entre ce ds~, la densité matérielle et la densité de mouvement en chaque point de l’univers. Bien (pie ce fait n’ait pas été établi en toute rigueur, on pense (pie les équations d’Einstein permettent de calculer le ds~ sans ambiguïté une fois que l’on a donné la distribution de la matière dans l’univers et son mouvement.
- On peut donner de celte théorie une image assez grossière. Reprenons nos êtres à deux dimensions vivant sur une surface, supposons cette fois la surface élastique et plaçons-la dans le champ de la pesanteur. On peut se représenter la matière comme des poids répartis sur cette surface et l’on comprend que celle-ci soit déformée par les poids et que sa métrique, c’est-à-dire la mesure des longueurs des courbes tracées sur cette surface, puisse être calculée lorsqu’on connaît la répartition des poids; par exemple, si la surface est libre de toute masse, elle prendra une forme plane, et des êtres vivants à sa surface se croiront dans un espace euclidien. Si l’on place une grosse masse en un point, la surface se creusera en ce point et dans son voisinage ; nos êtres imaginaires observeront que leur univers n’est plus euclidien, mais qu’il présente une courbure et ils se sentiront attirés vers la masse.
- Un autre point important de la théorie d’Einstein est ce fait que la mécanique apparaît comme un chapitre de la géométrie, car le mouvement des pointsjü matériels se trouve défini lorsqu’on connaît le ds* de l’univers. On impose aux points matériels la condition de suivre les lignes de plus court chemin.
- On sait que cette théorie d’Einstein a été l’objet de trois vérifications qui semblent assez bonnes.
- Nous avons dit que le ds2 de l’univers, ou si l’on préfère sa métrique, se trouve conditionné par la densité et le mouvement de la matière en chacun de ses points. Les équations d’Einstein qui établissent ces conditions contiennent deux constantes inconnues et un éminent géomètre français, M. E. Cartan a montré que les équa-
- Fig. 7. •—• Augmentation du rayon de V uni vers d'après Lemailre.
- Abcisses : Temps (unité 100 millions d’années).
- Ordonnées : Rayon de l’univers (le rayon initial est pris pour unité).
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- Fig. 6. — Récession des nébuleuses spirales proportionnelle àladistance.
- Abcisses : distance au soleil en millions de parsecs. x
- Ordonnées : vitesse d’éloignement en km/sec
- lions écrites par Einstein étaient les seules que l’on pouvait formuler, si l’on imposait à ces équations la condition de comporter comme conséquence les équations de la mécanique. On conçoit qu’il soit très important de connaître les valeurs de ces deux constantes arbitraires. L’une d’elles est connue avec grande exactitude, car elle n’est autre que le coefficient de l’attraction newtonienne.
- Jusqu’à présent l’expérience ne nous a pas permis de déterminer la seconde.
- STRUCTURE MACROSCOPIQUE DE L’UNIVERS D’APRÈS LA THÉORIE D’EINSTEIN
- Nous entendons par structure macroscopique de l’univers la métrique de cet univers lorsqu’on se place à une très grande échelle, c’est-à-dire lorsqu’on néglige les petits accidents locaux qui peuvent intervenir. Nous allons préciser tout à l’heure à quelle échelle il faut se placer pour cela. Prenons un exemple : on sait qu’un gaz est composé de molécules, séparées par des vides d’autant plus grands que la densité est plus faible, douées d’une agitation désordonnée; étudier un gaz en considérant isolément ses molécules, c’est faire son étude microscopique; étudier un gaz en considérant l’action totale et les propriétés globales de milliards de molécules, c’est faire son étude macroscopique. Pour faire cette étude, on se placera à une échelle suffisamment grande. Par exemple, on considérera que le mm est une petite longueur. Supposons que l’on veuille évaluer la force qui s’exerce en chaque point du gaz, on étudiera pour cela le mouvement d’un-e, masse et on cherchera son accélération et comme on se place au point de vue macroscopique, on adoptera pour valeur de l’accélération la moyenne de celle-ci sur un mm de la trajectoire
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- et non pas sur 1/100 000 de mm. On conçoit en effet que sur un intervalle de 1/100 000 de mm, la force exercée sur le point puisse être troublée par des perturbations locales alors que sur un intervalle de 1 mm la moyenne de ces perturbations est toujours pratiquement la même.
- On voit que pour considérer l’univers d’un point de vue macroscopique, il faut se placer à une échelle telle que la densité de la matière dans l’univers apparaisse comme constante; nous verrons tout à l’heure qu’une telle échelle suppose que les plus petits déplacements que l’on effectue sont de plusieurs millions de fois les dimensions de la Voie lactée;A une telle échelle, l’univers physique apparaît comme rempli uniformément de matière, c’est-à-dire celle-ci ayant une densité et une agitation iden- * tiques en tous ses points. On peut alors chercher quelle doit être, d’après la théorie d’Einstein, la structure géométrique d’un tel univers. Voici le résultat que l’on trouve.
- L’espace doit être sphérique, son rayon dépend de la densité matérielle et de la constante cosmogonique, le temps «a une signification absolue. Un tel univers est appelé : univers d” Einstein. Le fait que dans cet univers il existe un temps absolu n’a rien de contraire au principe de relativité. C’est la conséquence du fait qu’il existe un système de référence privilégié, celui qui est lié à la matière.
- ♦Une telle conséquence dé la théorie d’Einstein n’a rien d’impossible, car iL est certain que si notre espace est sphérique son rayon doit être très grand ; aussi avons-nous pu croire jusqu’à présent que l’espace était euclidien. Montrons-le en prenant l’analogie d’êtres infiniment plats à deux dimensions vivant sur une sphère.
- Supposons que le rayon dé cette sphère soit très grand par rapport à la région que nos êtres peuvent explorer. Cette région explorée-. sera très voisine d’un plan pour la même raison qui fait qu’en première approximation une petite région de la surface de la terre nous apparaît comme plane. Nos êtres imaginaires se croiront donc d’abord -sur un plan et construiront-- d’abord une géométrie euclidienne : mais ils pourront se rendre compte qu’ils vivent iur une sphère lorsque leurs observations deviendront plus précises ou lorsqu’elles s’étendront à une région suffisamment étendue.
- Explorons donc l’espace et cherchons ce que l’astronomie peut nous dire à ce sujet.
- L’UNIVERS ASTRONOMIQUE
- Dans cette revue rapide de l’univers qui nous entoure, nous nous attacherons particulièrement aux distances et nous chercherons à aller le plus loin possible. Partons de la terre qui est un globe dé 6378 km de rayon, allons vers le soleil qui ést à une distance de 23 400 fois le rayon de la terre, puis allons aux limites du système solaire, la distance de la planète la plus éloignée est une trentaine de fois la distance de la terre au soleil; ce monde solaire qui a pourtant des dimensions très restreintes dans l’univers est déjà grand à notre échelle humaine, la lumière à la vitesse de 300 000 km/sec met une douzaine d’heures pour le traverser. Un homme marchant à une allure de 6 km à l’heure mettrait 200 000 ans pour effectuer le même trajet.
- Pour évaluer les distances stellaires, on emploie une unité qui s’appelle le parsec. Le parsec est la distance à laquelle on voit le rayon de l’orbite terrestre supposé perpendiculaire au rayon visuel sous un angle d’une seconde. La lumière met un peu plus de trois ans à parcourir un parsec. Les étoiles les plus proches de nous sont à quelques parsecs.
- On sait que le soleil qui n’est qu’une étoile parmi des milliards d’autres est plongé dans un système stellaire appelé - Voie Lactée ou Galaxie.
- Le problème de la structure de la Voie Lactée est un de ceux qui préoccupe à juste titre les astronomes. Sans entrer dans les détails des recherches effectuées à ce sujet disons que la Galaxie est un amas stellaire de forme aplatie et? sans doute spirale ou qu’il est peut-être formé d’une agglomération de quelques systèmes analogues.
- Pour mesurer les distances des astres de la Voie Lactée on a d’abord employé la méthode des parallaxes dont nous avons dit un mot précédemment, mais bien vite on s’est aperçu que cette méthode était insuffisante, car elle ne permet d’évaluer que la distance des astres très proches. Pour sonder l’univers à des profondeurs suffisantes il fallut employer d’autres méthodes. Leur principe est photométrique; on mesure l’éclat apparent d’un astre dont on connaît par ailleurs l’éclat absolu, c’est-à-dire %’éclat qu’il aurait s’il était placé à l’unité de distance. La comparaison de ces deux éclats fournit la distance de l’astre étudié. On sait ainsi que la Voie Lactée dans sa plus grande dimension a 60 000 parsecs de diamètre, la lumière met plus de 200 000 ans à la parcourir de part en part. Le nombre des étoiles de la Voie Lactée est d’une trentaine de milliards, sa masse totale est de quelques dizaines de milliard de soleils.
- ' Au delà de la Voie Lactée se trouvent d’autres astres appelés nébuleuses extragalactiques, ou plus souvent nébuleuses spirales. Ce sont des amas d’étoiles analogues à notre Galaxie, le plus proche est à 360 000 parsecs et les plus petites nébuleuses spirales que l’on ait pu observer sont à environ 1.00 millions de parsecs. De telles distances sont très grandes par rapport à celles que nous considérons dans la vie courante : la distance des nébuleuses lointaines est de 3 millions de milliard de kilomètres. Le nombre des spirales connues est d’environ un million et il semble que dans les parties de l’univers que nous avons pu explorer jusqu’à présent les spirales soient réparties à peu près uniformément; en tous cas il ne semble pas que leur nombre par unité de volume aille en diminuant quand on s’éloigne de la Voie Lactée.
- Malgré l’étendue du monde exploré il n’a pas été possible jusqu’à présent, par des mesures de longueur ou d’angle, de vérifier si notre univers est euclidien ou non. En particulier il n’est pas possible de mettre en évidence des parallaxes négatives, car ces dernières seraient beaucoup trop petites et bien hors de portée de nos possibilités de mesure.|Par contre un résultat nouveau et tout à fait inattendu concernant les mouvements des plus lointains de ces astres a été récemment observé et a jeté une lumière nouvelle sur la structure de notre univers et sur son évolution.
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- LES VITESSES RADIALES
- On sait mesurer par un procédé spectroscopique la vitesse radiale des astres, c’est-à-dire leur vitesse d’ap-
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- proche ou d’éloignement suivant la droite qui joint l’observateur à l’astre étudié, et qui est appelée le rayon vecteur. Lorsqu’une source lumineuse s’éloigne d’un
- Fitj. 8. — Une nébuleuse spirale, Messier 81. (Photo, communiquée pur M. le Pr CliréLien.)
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- observateur, la longueur d’onde des rayons lumineux qui parviennent à celui-ci se trouve augmentée par rapport à la longueur d’onde émise par la source et l’augmentation est proportionnelle, en première approximation, à la vitesse de la source. Si au contraire la source s’approche avec la même vitesse, la longueur d’onde se trouve diminuée de la même quantité, c’est le phénomène connu sous le nom d’effet Doppler Fizeau.
- Effectivement on a observé cet effet dans le spectre des étoiles et on a pu mettre en évidence ainsi les vitesses radiales des étoiles. La mesure du déplacement des raies dans les spectres stellaires par rapport aux mêmes raies du spectre d’une source terrestre donne directement la vitesse radiale des étoiles en km/sec.
- 11 y a une dizaine d’années on a tenté de mesurer les vitesses radiales des nébuleuses spirales et dès le début on a remarqué que ces dernières avaient tendance en général à s’éloigner de la voie lactée comme si celle-ci exerçait une répulsion sur elles. Devant ce curieux résultat, les astronomes américains Ilubble et Humason tentèrent au Mont Wilson de déterminer les vitesses radiales de spirales aussi faibles que possible. C’était là un problème rendu difficile par la faiblesse de la lumière que nous envoient ces astres et il fallut pour y arriver construire des spectrographes spéciaux. L’instrument utilisé était le télescope de 2,50 m du Mont Wilson, la chambre photographique du spectographe était ouverte à F/0,6 et la dispersion n’était que 875 A au mm à 4500 A. Avec cet instrument Ilubble obtint les spectres de nébuleuses spirales de 19° grandeur, c’est-à-dire les nébuleuses les plus faibles que l’on puisse photographier. Les poses duraient jusqu’à 30 heures et se faisaient naturellement en plusieurs nuits. Bien que les nébuleuses spirales soient composées d’un très grand nombre d’étoiles de natures differentes, leur spectre global présente un caractère stellaire; on y voit en particulier les deux raies II et K du calcium ionisé qui sont très intenses dans le soleil, et on peut, grâce à cette circonstance, mesurer leur vitesse radiale avec une erreur qui, dans le cas des observations de Ilubble, allait de,'25 à 300 km par seconde.
- Le résultat obtenu par Ilubble es t le suivant :
- Les nébuleuses spirales s’éloignent de nous avec une vitesse proportionnelle à leur distance comme le montre le tableau ci-dessous :
- Nébuleuses Nombre Distance Vitesse
- en millions radiale
- de parsecs en km/sec
- isolées 21 1,2 630
- Amas de la Vierge 7 1,8 890
- isolées 16 3,3 2.350
- Pisces 4 6,9 4.630
- Pegasus 5 7,2 3.810
- Cancer 2 9,1 4.820
- Perseus 4 10,9 5.230
- Coma 3 14, 4 .7.500
- LJrsa major 1 22,9 11.800
- Léo 1 36,3 19.600
- La ligure G montre nettement cette proportion. La-distance des nébuleuses spirales a été évaluée en mesu-
- rant leur éclat apparent. On voit que la nébuleuse la plus lointaine dont on ait pu mesurer la vitesse radiale, une petite nébuleuse de la constellation du Lion, s’éloigne de nous à la vitesse de 20 000 km/sec, le 1/15 de la vitesse de la lumière. La réalité de ce phénomène ne fait aucun doute.
- Quelle peut être -l’origine de ce déplacement ? Nous allons voir que la théorie d’Einstein l’explique. j
- UNIVERS EN EXPANSION
- Pour expliquer ces phénomènes, de Sitter avait déjà proposé en 1917 une solution des équations d’Einstein (jui supposait l’univers sphérique dans l’espace et dans le temps. L’univers de de Sitter, sur lequel nous n’insisterons pas, car l’exposé de ses propriétés est véritablement trop difficile sans symbole mathématique, expliquait la récession des spirales que l’on commençait à constater à cette époque, il présentait le défaut de supposer l’univers vide de matière. La solution du problème a été donnée par Friedman en 1922, puis reprise par Lemaitre en 1927 ; elle est basée sur cette remarque que l’univers d’Einstein, c’est-à-dire un espace sphérique rempli de matière ayant une densité uniforme vérifiant les équations d’Einstein, peut exister en effet mais est instable.
- Rappelons par un exemple ce que l’on entend par instabilité d’une position d’équilibre : considérons une surface convexe tournant sa convexité vers le haut et plaçons une petite hille sur cette surface. Le point le plus élevé de la surface sera manifestement une position d’équilibre pour la bille, puisque si on place la bille en cet endroit sans lui donner de mouvement, elle y restera indéfiniment, mais on conçoit aussi que cette position soit instable, la moindre perturbation déplacera la bille et dès que celle-ci aura quitté sa position d’équilibre, elle s’en éloignera de plus en plus vite. ^
- $;Si T’oiEreprend les équations d’Einstein en supposant cette fois que l’espace est sphérique, mais que son rjiyon est variable avec le temps, on s’aperçoit que ces équations sont vérifiées si les variations du rayon en fonction du temps suivent une certaine loi. Il n’est pas possible actuellement de préciser a priori la forme de ee.t I é loi, car elle dépend de la masse totale de l’univers et.de la constante cosmogonique. On sait seulement quelles foirmes cette loi peut prendre. j
- L’une de ces formes, qui est représentééSur la figure 7 et à laquelle Lemaître s’est attaché particulièrerlient, consiste en ceci : le rayon de l’univers ']3art c|’une valeur initiale au temps —oo , valeur qui correspond àf un espace d’Einstein en équilibre instable et à mesipfe que le temps augmente, le rayon de l’univers augmente indéfiniment. 1 ,v;
- Il existe d’autres formes de solution : l’une d’elles consiste en ce que le rayon de l’univers oscille période/ quement entre une certaine valeur et zéro. Il est évidemment impôssiblejfd’admettre que le rayon de l’univers puisse devenir nul ; d’ailleurs s’il devenait suffisamment petit, l’univers ne pourrait plus être considéré d’un point de vue macroscopique, et l’étude simplifiée
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- que nous en avons faite cesserait d’être valable; on admet donc que dans cette deuxième forme de variation du rayon, ce dernier oscille entre deux valeurs dont l’ime est très petite.
- En lin dans une troisième forme de variation le rayon de l’univers serait primitivement infini, décroîtrait jusqu’à une valeur très petite, puis augmenterait indéfiniment.
- Les phénomènes constatés par Hubble se trouvent expliqués par la théorie d’Einstein.
- On peut montrer en effet que si l’univers était sphérique et si son rayon allait en augmentant avec le temps, un observateur 'quelconque verrait les astres qui l’entourent s’éloigner de lui avec des vitesses proportionnelles à leurs distances. Si l’on veut reprendre l’analogie du début, nous devons comparer les hommes à des êtres infiniment plats qui vivraient sur une sphère élastique, le rayon de la sphère variant suivant une certaine loi; actuellement le rayon augmenterait. 11 est manifeste que dans ces conditions les divers points de la sphère paraîtraient s’éloigner les uns des autres, les observateurs assisteraient à une dilatation d’ensemble de leur univers.
- DONNÉES NUMÉRIQUES
- Comme nous l’avons dit, il est difficile de préciser numériquement les circonstances dans lesquelles se Irouve notre univers, car nous sommes dans l’ignorance de la constante cosmogonique. Un peut cependant donner quelques ordres de grandeurs : si notre univers était un univers d’Einstein en équilibre, son rayon ne dépendrait (pie de la densité moyenne de la matière. En adoptant pour celle-ci un chiffre moyen, on trouve un rayon de 718 millions de parsecs. Le domaine de l’univers que nous avons pu explorer est donc une faible partie de celui-ci.
- Dans une autre solution adoptée par Lemaitre, le rayon initial de l’univers aurait été de 364 millions de parsecs. 11 serait actuellement d’environ 1500 millions de parsecs, actuellement il doublerait en 1500 millions d’années.
- Signalons enfin que, dans un fort curieux travail, l’éminent astronome anglais sir Arthur Eddington a donné une évaluation de la constante cosmogonique basée sur l’analogie qui existe entre deux termes de l’équation de Dirac de la mécanique ondulatoire. Ce travail est trop récent et n’a pas encore reçu de vérification ni d’application, aussi le laisserons-nous provisoirement de côté.
- UNIVERS INFINI EN EXPANSION
- Récemment, Einstein a montré que l’uni vers pouvait avoir une structure toute différente de celle que proposait Lemaitre : les équations d’Einstein se trouvent vérifiées par un espace euclidien, infini dans toutes les directions, mais dans lequel les distances entre les corps se dilatent suivant une certaine loi..La théorie nous conduit donc à admettre aussi bien que l’univers est fini ou qu’il est infini, mais l’expérience nous oblige à admettre qu’il se dilate.
- ..... — 207 =
- LES ÉVÉNEMENTS INCONNAISSABLES
- Pour terminer, signalons une curieuse propriété de l’univers en expansion. Dans un tel univers, tout observateur a le droit, au point de vue mécanique, de se supposer fixe, les autres corps s’éloignant de lui avec une vitesse proportionnelle à la distance. Pour une augmentation de la distance de 1 million de parsecs, l’augmentation de la vitesse d’éloignement est de 558 km/sec. C’est ainsi que les astres situés à 1 million de parsecs s’éloignent avec une vitesse de 558 km/sec, que les astres situés à 100 millions de parsecs “s'éloignent avec une vitesse de 55 800 km/sec, et que les astres situés à une distance de 538 millions de parsecs s’éloignent de nous avec une vitesse de 300 000 km/sec, c’est-à-dire avec la vitesse de la lumière. Quant aux astres situés plus loin, leur vitesse d’éloignement est supérieure à celle de la lumière.
- 11 ne faut pas voir là une contradiction avec le principe de relativité restreinte, car ce principe affirme sim-plement^jue deux corps voisins dans l’espace et dans le temps ne peuvent se déplacer l’un par rapport à l’aulre avec une vitesse supérieure à celle de la lumière. Dans le cas que nous considérons actuellement il s’agit d’un phénomène différent : la longueur d’espace qui sépare notre système solaire d’une nébuleuse extrêmement lointaine augmente avec une vitesse supérieure à celle de la lumière; cette vérité n’a qu’un sens d’interprétation, mais ne correspond pas à la possibilité pour nous d’effectuer des échanges d’énergie avec les corps qui se déplacent avec une vitesse supérieure à celle de la lumière.
- La particularité que nous voulons signaler est la suivante.
- Les événements qui se produisent sur les astres situés actuellement à plus de 538 millions de parsecs sont inconnaissables pour nous, car il n’existe pas de possibilité de communication entre ces événements et nous. Le principe de relativité restreinte nous apprend qu’en effet aucun signal ne peut se déplacer avec une vitesse supérieure à celle de la lumière; par conséquent, tout signal qui nous serait envoyé en ce moment de l’un de ces astres ne pourrait nous parvenir puisqu’il se déplacerait moins vite que n’augmenterait la distance entre lui et nous.
- Telles sont les conclusions auxquelles nous conduit provisoirement la science moderne. L’univers que nous croyions euclidien autrefois ne l’est sans doute pas, et l’expérience nous montre qu’il se dilate homothétique-ment. L’avenir nous dira sans doute très prochainement quelle est exactement la forme de l’univers et quels sont son passé et son avenir. On ne peut s’empêcher d’admirer, malgré bien des tâtonnements et des erreurs, la puissance prodigieuse.de l’esprit humain; limités comme nous le sommes à des déplacements à la.surface de notre petit globe; nous parvenons à concevoir la structure du monde immense qui nous entoure et avec lequel nous n’avons que de fugitives communications par la pâle lueur qui nous vient des étoiles. Cette constatation nous donne confiance dans l’avenir.
- Henri Mineur.-
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- = LA PRODUCTION DU MULET
- DANS LES BASSES-ALPES
- L’élevage du mulet se poursuit en France avec succès dans plusieurs régions. Il faut citer d’abord le Poitou, gloire du mulet, puis les Pyrénées, la Corse.
- Il existe un centre de production moins connu et qui mérite cependant toute la sympathie et l’appui des éleveurs : ce sont les Basses-Alpes.
- Toute production zootechnique est en général régie par la nature du terrain et la configuration du sol. Les Basses Alpes au relief escarpé, aux voies de communication réduites, aux rares chemins de fer devaient se consacrer utilement à la production de cet agile animal.
- Les centres les plus connus étaient Barcelonnetle, Allos, Barrême, Sisteron, La Javie, Castellane, Turries, Seyne.
- De 1921 à 1924, quelques essais d’élevage tentés dans les cantons de Beillanne et Saint-Etienne-les-Ormes n’ont pas été poursuivis, car dans ces régions peu accidentées, on préfère le cheval. La région d’Allos s’est orientée vers la production du lait que la ligne de Digne à Nice permet d’exporter sur le littoral.
- Le centre de Barrême-Clumanee a disparu depuis 1924, les nouvelles lignes de chemin de fer permettant l’exportation du fourrage. Ainsi qu’on le voit, les conditions économiques règlent toujours l’orientation zootechnique.
- Les seuls centres de production du mulet qui soient restés fidèles à cette spéculation sont La Javie, Saint-Geniez, Authon, Castellanne, Soleilhas et Seyne surtout qui a beaucoup progressé.
- Le canton de Seyne est situé à une altitude variant de 1100 à 1400 mètres. Sa superlicie est de 26 000 hectares environ.
- Les cultures comportent une faible zone de blé et de seigle, des pommes de terre, mais surtout des prairies artificielles et temporaires, des prés naturels, des herbages, des pâturages et des pacages.
- La prairie domine. C’était une indication première pour l’élevage des équidés.
- Fit). 1. — Un élalun ardennais de 5 uns cl demi.
- L’éloignement de toute ligne de chemin de fer, d’autre part, montrait que la ressource logique consistait à faire consommer l’herbe sur place par un bétail facilement transportable et susceptible d’être bien vendu.
- En effet, les jeunes muletons trouvent facilement acquéreur à l’âge de 5 à 6 mois sur les diverses foires de la région, à Selonnet, Seyne, au liaut-Vernet, à Barles. Cette production domine complètement l’élevage des bovidés dont l’effectif ne dépasse pas le cinquième de celui des équidés.
- C’est vers la moitié du xixe siècle que cette spéculation a pris son essor. On comptait, à cette époque, plusieurs haras particuliers. Les juments du pays, assez médiocres, étaient présentées aux baüdets. On en obtenait des produits mal équilibrés, souvent décousus.
- Vers 1913, un éleveur, J. Prunier, importa quatre baudets espagnols, un baudet du Poitou et trois bons étalons bretons. Quelques années plus tard, il augmenta son haras de deux baudets espagnols, trois baudets du Poitou et un étalon percheron qui lit souche l’excel-lents produits.
- Grâce à cette heureuse initiative, le format des juments s’améliora, les muletons prirent force et silhouette, leur renommée s’étendit et l’on vint les rechercher du Midi viticole, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie et même de l’Espagne.
- Depuis 1920, l’Administration et les Haras accordèrent leur précieux concours ainsi que l’Office départemental agricole qui consacre généreusement ses efforts au perfectionnement de cette heureuse production.
- Par un examen rigoureux des reproducteurs mâles, on élimina progressivement les animaux défectueux malgré les protestations de quelques étalonniez.
- Depuis 1922, le Service des saillies est assuré exclusivement par des étalons approuvés, autorisés ou acceptés et par des baudets approuvés. Ainsi le canton de la Seyne est-il devenu un centre mulassier de première importance pour la région du Midi.
- Un programme parfaitement établi par l’Office agricole édicta l’amélioration du format de la jument mulas-sière par élimination des types défectueux et institution de concours annuels aux juments suitées.
- Alin d éviter les dangereuses conséquences de la consanguinité, on décida d’importer des étalons ardennais et boulonnais ainsi que des juments de même origine. La précieuse race asine du Poitou poursuivait son rôle améliorateur grâce à des achats de baudets etd’ânesses pleines.
- On créait également un syndicat d’élevage et un livre généalogique.
- Chaque année, à la lin du mois d’octobre, une commission officielle approuve les animaux reproducteurs. L’Office agricole attribue des primes de conservation.
- Un Concours mulassier se tient chaque année au début du mois d’août à Seyne qui organise à cet effet une fête locale et régionale animée par la présence des nombreux
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- touristes qui viennent passer leurs vacances dans celte pittoresque région.
- Des catégories spéciales ont été créées pour les pouliches ardennaises et boulonnaises importées, les ânesses suitées d’ànons pour pousser à la création d’une race asine dans le pays.
- Un syndicat mulassier fut institué en prenant comme point de départ le haras de Mme veuve Prunier qui comportait deux étalons percherons et un breton, 8 baudets, 3 poitevins, 5 espagnols. En 1925 ce syndicat était créé ainsi qu’un Stud-book.
- En principe, la jument destinée à la reproduction ne fournit aucun travail, même léger, car, à partir de sa première présentation au male qui a lieu à l’âge de 3 ans environ jusqu’au jour de sa réforme, elle est suivant l’expression populaire : « au lait ou à l’œuf ».
- Régulièrement, chaque année, elle doit donner un produit : poulain ou muleton. La monte a lieu de lin février à lin juin.
- Comme le muleton a beaucoup plus de valeur que le poulain, la jument est d’abord présentée au baudet, puis ensuite au cours de la même matinée, en cas d’échec, à l’étalon.
- Les naissances s’échelonnent de lin janvier à lin mai. 8 à 9 jours après la naissance du produit, la jument est à nouveau présentée au mâle.
- L’allaitement du jeune se poursuit à l’écurie et autour de la ferme durant les premiers mois.
- Dès la 2e quinzaine de juin les juments et les élèves sont lâchés sur la montagne pastorale pourvue de sources et dotée d’un abri rustique pour la nuit. Ce régime assure aux animaux une rusticité remarquable.
- Les juments séjournent à la montagne jusqu’en septembre, — sauf celles qui sont destinées aux concours — et ne descendent dans la vallée que quelques jours avant les foires.
- Après la vente des élèves, les juments poursuivent leur gestation à l’écurie en attendant la naissance du muleton.
- Les écuries, autrefois défectueuses, sont améliorées, mais les animaux couchent sans litière, la paille étant trop rare pour sullire aux besoins. Cette particularité nuit évidemment à la bonne présentation des sujets.
- La région de Seyne produit actuellement 170 à 180 poulains, 410 à 420 muletons vendus après sevrage à des maquignons qui en poursuivent l’élevage jusqu’à 15 et 18 mois, à l’écurie en automne et en hiver, au printemps et en été sur les pâturages des montagnes.
- =- DE L’IÉNISSÉI
- Jules Verne n’aurait jamais osé ni prévoir, ni décrire la grande aventure qui'se prépare sur les bords de cet Angara où dévalait par les rapides le radeau de Michel Strogof.
- Le transsibérien peut nous amener par là.
- Si nous prenons à Paris le train qui correspond avec le
- Fig. 2. — Une jument de Seyne avec son muleton.
- En généra], les maquignons espagnols recherchent vivement ces muletons de 15 à 18 mois, préférant le baudet de trait léger un peu long dans ses reins avec les allures du cheval dans son train antérieur. Les muletons plus étoffés sont vendus pour l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, ou l’Italie.
- En 1911 le prix moyen d’un mulet de 15 à 18 mois variait de 600 à 750 fr, la mule plus recherchée atteignait 900 à 1000 fr.
- En 1920-1921 les mulets de 18 mois se payaient couramment 3000-3200 fr.
- Dès 1927-1928 les prix maxima des mulets de 18 mois oscillaient entre 4000 et 5.500 fr, tandis que les muletonnes de 5 à 6 mois valaient souvent de 4000 à 5200 fr.
- En 1929-1930 une certaine baisse était manifestée, mais actuellement la situation s’améliore avec tendance à la hausse.
- Il est très intéressant pour l’élevage français de voir se créer dans cette région un nouveau centre muletier qui pourra desservir les besoins de la culture méridionale malgré l’emploi des tracteurs. Ces mulets sont réputés pour leur sobriété et leur résistance à la fatigue.
- La prospérité de cet élevage maintiendra dans ces montagnes une population agricole laborieuse et tenace qui n’a guère d’autres ressources pour y vivre et y prospérer.
- 11 faut donc féliciter les Haras, l’Oflice agricole, les Services vétérinaires d’une initiative aussi généreuse. •
- Paul Diffloth;
- AU BAÏKAL .........................-
- transsibérien, en 13 jours nous serons transportés, 12 à 13 000 kilomètres plus loin, à Pékin ou sur les bords de la mer du Japon.
- Après la Pologne, voici la Russie d’Europe singulièrement plate et monotone; l’Oural la sépare de l’Asie, mais on gravit
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- insensiblement la crête fort basse de l’Oural, que marque la vallée rocheuse où la Telxoussovaia s’écoule, puis ce sont encore des steppes à perte de vue coupées de quelques zones forestières. Le décor devient singulièrement accidenté lorsque, à une semaine de Paris, on approche de Krasnoïarsk, ville de 80 000 habitants dont les maisons proprettes s’allongent sur les bords du large fleuve : l’ïéxiisséi et l’on est bien surpris d’apercevoir parmi ces maisons une sorte de temple égyptien : le musée.
- Perpendiculairement à la voie ferrée, l’iénisséi remonte droit vers le nord jusqu’à la mer de Kara; mais, à 800 km avant d’aboutir à la mer, se trouve déjà le port d’Igarka où peuvent aborder les navires venus des ports européens. Par ce moyen liquide peuvent cheminer les gros poids, par exemple les radeaux formés avec les troncs des pins coupés dans la Taïga.
- Mais continuons notre route. Le train traverse l’iénisséi et nous emporte vers l’Orient; la forêt couvre les pentes des collines et l’on rencontre de petites villes : lvhansk, Tchéré-mekovo, centres de bassins houiliers, puis sur les bords de l’Angara, c’est Irkoutsk dont les 100 000 habitants tiennent relativement à l’aise, car cette ville en comptait beaucoup plus alors qu’elle jouait le rôle de havre pour les trappeurs qui venaient là se défaire de leurs fourrures et se détendre de leurs longues et fatigantes randonnées.
- Le chemin de fer longe alors l’Angara jusqu’au lac Baïkal dont cette rivière constitue le déversoir; puis, il contourne la partie méridionale de cel te mer intérieure longue de 600 kilomètres sur 80 de large; il longe parfois les rivages, mais aussi, traversant, 39 tunnels, il escalade les collines et l’on aperçoit entre leurs pentes le frais miroir derrière les branches des sapins, cèdres ou mélèzes.
- Cette masse d’eau, énorme, car on y a relevé des fonds de 1500 m, fait l’étonnement des savants.
- Sa faune et sa flore lui sont particulières comme si la vie y avait évolué à l’écart du reste du monde.
- Cependant les singuliers habitants de ces eaux n’intéresseront peut-être pas d’une façon particulièrele Français moyen.
- Est-il si important que l’on ait pêché là d’étranges poissons, que l’on ait distingué là 600 formes différentes d’infusoires ou 46 espèces de vers inconnus ailleurs ?
- Les préoccupations quotidiennes nous écartent un peu du grand problème de l’origine et de l’évolution de la vie.
- Mais encore que d’autres surprises nous sont réservées.par cette région prédestinée!
- Prédestinée, car ces rochers que nous venons de voir, qui ceinturent l’immense bassin, étaient adorés par les Toungouses, qui tenaient le lac pour une divinité supérieure; ti'anquille et magnanime à l’ordinaire, il était impitoyable pour les criminels et lorsque des blasphémateurs l’appelaient autrement que « Monseigneur l’Océan » il soulevait en tempête des vagues furieuses.
- Or, tout à l’entour et dans le bassin de la rivière Angara qui porte au fleuve ïénisséi les eaux du Baïkal, sur un territoire égal à celui de la France, se trouvent accumulées, en réserves énormes, les richesses les plus précieuses, tandis que la population dépasse à peine le million d’hommes, presque tous cultivateurs.
- De tous côtés s’étendent en larges zones, absolument vierges, des terres pétries d’un fertile humus qui sous les
- sapins^ou les mélèzes attendent encore les premiers hommes.
- Parfois peut-être un coup de fusil a troublé les bruissements de la taïga et l’apparition fugitive d’un trappeur a fait s’égailler par les buissons les bêtes étonnées, mais nul homme n’a pu dire : « ce terrain m’appartient ».
- Or, tout cela ne sera bientôt que le passé.
- A l’Eden primitif, sans transition, va se substituer un paradis d’acier et de béton armé que peuplera l’homme standard, tandis que les divinités des bois et les roussalkas des eaux abandonneront la place aux gnomes tangibles de notre siècle : les machines.
- C’est par millions que des hommes seront là-bas soudain transplantés; la tâche de chacun sera délimitée pour la mise en exploitation de toutes ces ressources.
- En quelques années, au centre de l’Asie, se formera donc une nation nouvelle d’un potentiel économique comparable à celui de l’Allemagne; mais cette nation sera nouvelle aussi par sa structure sociale, elle ne comptera ni rentiers, ni spéculateurs, ni marchands, ni rêveurs, mais seulement des travailleurs salariés ; elle comportera donc surtout des ouvriers, mais ne sera pas privée de bureaucrates.
- Le transsibérien relie déjà ce pays d’un côté à l’Europe, de l’autre, à l’Extrême-Orient. Le réseau formé par l’Angara et ses affluents présente un système de routes liquides plus économiques au moins pour les gros poids et ce système relierait directement le Baïkal avec l’Océan, large chemin qui mène à tous les ports du monde.
- Mais, pour que cette route soit praticable, il faut en maîtriser les élans trop brusques. Les affluents de l’Angara dégringolent en cascades et l’Angara même comprend de nombreux rapides où seules les petites barques conduites par des pilotes experls peuvent passez entre les rochers.
- Les barrages mettent en évidence des chutes de 30 à 100 m, ce qui permet d’obtenir une énergie singulièrement économique.
- Aussi pour étudier la contrée et pour mettre en œuvre toutes ses ressources, le gouvernement soviétique a-t-il créé l’institut d’état « Angarstroi ».
- Des avant-projets il résulte que l’on pourrait déjà construire un chapelet de centrales hydro-électriques capables de développer une dizaine de millions de chevaux, et cette puissance serait susceptible d’extension ultérieure.
- On créerait d’abord des centrales thermiques sur le bassin houiller bien connu de Tcheremékovo qui fournit, exi dehors du bozz chaz’bozz ordizzaire, uzze houille bitumineuse abazzdozz-zzazzt lors de la distillation des produits azialogues au pétrole.
- La région coznprezzd deux autres bassizzs houiliers de grande importazice, des gisements de minerais de fer, de cuivre, etc.
- Les forêts occupeizt pz’ès de la moitié de ce territoire.
- Des avant-projets ozit déjà tracé le programme de la mise ezz valeur de toutes ces ressoizrces.
- Elle doit être réalisée partiellement pendant la deuxième Piatéletka qui débzzte ezz jazivier 1933.
- Les pz’ojets de coloizisatioiz sozzt ezi discussion; il s’agit non seulement de créer des usizies, mais exzcore d’assurer la culture des terres et de construire des villes pour nourrir et loger tout uxx peuple.
- C’est l’embryoxi de cette Asie moderzze qui finira par devenir une Amériqzze xxouvelle. ‘
- J. Cotte.
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- y=» LA TÉLÉVISION PAR LE CINÉMA E3211
- RADIOVISION ET TÉLÉCINÉMATOGRAPHE
- Nous avons montré, dans notre article publié dans La Nature le 15 septembre 1932, les dillieultés qui s’opposaient en télévision à la transmission d’images détaillées et de surface sullisante..
- Pour obtenir de bons résultats, il faut pouvoir recevoir le plus grand nombre possible de détails, c’est-à-dire produire une image aussi line que possible ; ceci exige que l’on puisse transmettre les, valeurs des opacités lumineuses correspondant à un très grand nombre d’éléments de l’image, résultat qui nécessite la transmission correspondante d’un nombre d’oscillations électriques extrêmement élevé par seconde.
- Alors qu’on considère dans les problèmes des transmissions téléphoniques des fréquences maxima de l’ordre de 3300 à 4000 périodes-seconde, et dans les problèmes radiophoniques des fréquences maxima de l’ordre de 4000 à 5000 périodes-seconde, il faut, déjà en télévision pour avoir une image carrée de 10 cm de côté suffisamment détaillée, considérer des fréquences de transmission de l’ordre de 100 000 périodes-seconde au minimum.
- La transmission de telles images, en conservant le principe actuel de la transmission successive des éléments, ne peut se concevoir qu’avec l’emploi d’ondes hertziennes très courtes, d’une longueur de l’ordre du mètre. Aussi les émissions pratiques de radiovision effectuées jusque maintenant soit en Europe, soit aux Etats-Enis, sur des longueurs d’ondes moyennes de l’ordre de 200 à 500 m ne peuvent guère être considérées que comme des essais, du plus haut intérêt sans doute pour les amateurs curieux de progrès seientiliques, mais incapables de satisfaire des spectateurs exigeants.
- L’Allemagne, grâce à son nouveau poste émetteur sur ondes ultra-courtes de 7 m, d’une puissance de 15 kilowatts, a pu pratiquer les premières bonnes trans-
- Fig. 2. •— Pour transmettre simultanément les images et les sans enregistrés sur un film sonore, on utilise séparément un traducteur photophonique et un transmetteur analyseur de télévision.
- Bande des sons
- Images
- Cellule pour la / transmission
- des images.
- l/flf-s le poste
- émetteur de radiovision
- Film
- sonore
- Vers le poste émetteur radiophonique.
- Traducteur des sons
- missions d’images détaillées de radiovision.
- La Compagnie Fernseh A. (L, associée de la Compagnie anglaise Baird, a pu, grâce à cet émetteur, transmettre récemment des images de 3 sur 4 centimètres comportant 10 800 points avec une cadence de 25 images par seconde.
- Plus récemment, d’ailleurs, des essais du même genre semblent avoir été entrepris avec le nouvel émetteur Baird installé dans la « Maison de la Radio » anglaise. Ainsi, peu à peu, on se rapproche du but, et la télévision, hier utopie, est bien près d’être une réalité pratique. Les systèmes émetteurs et récepteurs des dispositifs Fernseh-Baird peuvent comporter des organes d’analyse et de synthèse électro-mécaniques ordinaires, avec des disques de Nipkow comportant 90 ou 120 ouvertures. Ces ouvertures ont, d'ailleurs, un diamètre de l’ordre du 1/ 100e de millimètre et leur réalisation est évidemment délicate. Il est bien évident aussi que l’amplification, tant à l’émission qu’à la réception, d’oscillations aussi rapides, ainsi que la modulation des systèmes luminescents employés, et même le choix des caractéristiques des cellules photoélectriques émettrices soulèvent des problèmes extrêmement complexes, et d’une solution difficile.
- Mais, si le problème de la transmission des oscillations électriques en télévision constitue une des dillieultés essentielles, ce n’est malheureusement pas la seule, ni même la seule importante. Lorsqu’on veut téléviser des personnages animés, ou même des objets quelconques placés dans un studio, il faut tenir compte des difficultés d’éclairement qui peuvent se présenter. Malgré l’augmentation de leur sensibilité, les cellules photo-électriques utilisées ont encore, en effet, une sensibilité relativement faible, et cette sensibilité est très variable suivant les couleurs des radiations qui viennent tomber sur elles. Aussi, afin d’obtenir des variations lumineuses intenses, capables d’engendrer des oscillations électriques d’ampli-tudeassez grande pour assurer, à la réception, la formation d’images à contraste satisfaisant, il faut éclairer très fortement le sujet à téléviser, et avec des rayons de couleur correspondant à l’effet qu’on veut obtenir.
- Cet éclairement intense est particulièrement difficile à réaliser, même au studio, lorsqu’il s’agit de radioviser les personnages vivants, et il devient encore plus difficile, sinon impossible, bien souvent à établir quand les scènes se déroulent en plein air.
- Des essais curieux, que nous avons du reste relatés en leur temps, ont été réalisés par l’inventeur anglais Baird,
- Fig. 1. —Pour Vexploration des objets eux-mêmes on emploie en télévision des disques de Nipkow à ouvertures disposées en spirales; pour les explorations de films iéléci-nématographiques, les ouvertures sont disposées sur une circonférence.
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- pour la transmission des courses du Derby d’Epsoui. Les transmissions s’effectuaient à ce moment par cables multiples, artifice qui permettait d’atténuer la difficulté de transmission d’une image détaillée de grande surface, il semble bien qu’on ne puisse, à l’heure actuelle, dans la télévision en plein air, même par temps clair, ét à plus lorte raison par temps couvert, obtenir des images détaillées. " '
- Le télécinématographe ou le radio-cinématographe, qui transmettent au loin, par [il ou par les ondes hertziennes. tout comme la télévision, des images enregistrées sur un film cinématographique, ne se heurtent pas à semblable difficulté. L’éclairement et l’exploration de l’image y sont relativement aisés. , ;
- - L image enregistrée sur le film est de petite surface, sans profondeur, et sans coloration. Elle peut être éclairée violemment par transparence sans aucun inconvénient, ce qui permet d’assurer l’effet nécessaire sur les cellules photoélectriques, même en employant un système analyseur a grands détails. De plus, la bande de film cinématographique placée dans le système transmetteur peut être animée d’un mouvement de translation régu-ber devant le système analyseur, de sorte que ce dernier peut être simplifié et qu’on peut employer, par exemple, un disque de Nipkow à ouvertures disposées suivant un cercle et non suivant une spirale (fig. I ).
- On peut, d’ailleurs, si l’on veut transmettre en même temps les images et les sons enregistrés sur un film sonore a bande photographique, utiliser un système de traduction phonique, séparé du dispositif de télévision, et qui est relié a un poste émetteur radiophonique, ou même au poste émetteur de radiovision lui-même, si celui-ci est pourvu d’un montage permettant des transmissions simultanées des sons et des images sur la même longueur d’onde.
- Puisqu’il en est ainsi, pourquoi ne pas ramener le problème essentiel et mal résolu de la télévision, au problème plus accessible de la téléeinématographie ?
- L'est ce que vient de faire la Compagnie bernseli A. G. Travaillant en collaboration avec la Compagnie Zeiss-Ikon, elle a mis récemment au point un ensemble combiné cinématographique et radio-cinématographique extrêmement curieux, dont les détails de construction nous ont été aimablement communiqués par AL A. T. Stoyanowsky, directeur de la Compagnie de télévision Baird-Natan. Le principe en est le suivant : la scène
- l'i'.h ... Disposition schématique de l'appareil de cinéma-radiovision
- de la Société Fernsch.
- à transmettre est d’abord filmée. Le film développé en un temps très court sert à la transmission à distance, comme il vient d’être expliqué, il est reconstitué à la station réceptrice et là le spectateur assiste, non pas à la projection de la scène originale elle-même, mais de sa cinématographie.
- UN ENSEMBLE RADIO-CINÉMATOGRAPHIQUE ORIGINAL
- L’appareil Fernseh-Zeiss se compose en principe d’une caméra cinématographique associée à un appareil automatique de développement et de lixage et à un transmetteur de radiovision (fig. 3 et 4).
- La particularité la plus intéressante de ce dispositif consiste dans le laps de temps extrêmement court qui s’écoule entre le moment où le film sensible a été impressionné dans la caméra cinématographique, et le moment ou Ton transmet les images enregistrées sur ce film dans l’appareil de radiovision.
- Sans doute un décalage de Tordre de quelques minutes entre ces deux opérations ne présenterait-il que peu d’inconvénients; cependant on a intérêt à le réduire pour des raisons pratiques. La vitesse de déroulement d’un film sonore standard est de Tordre de 27 ni
- par minute; pour chaque minute de décalage qui s’écoule entre le moment d’enregistrement cinématographique et le moment de transmission, il faut ainsi prévoir l’emmagasinage de 27 ni de film, soit dans le système de développement et de fixage, soit même dans un récipient spécial ad hoc, d’où des difficultés très grandes, car un décalage de quelques minutes détermine la nécessité d’emmagasiner plus de 100 m de film.
- Après son passage dans la caméra cinématographique, le film impressionné est envoyé par un tube étanche à la lumière dans la cuve de développement et de fixage. Grâce à l’emploi d’un révélateur spécial et d’une émulsion particulièrement sensible on a réussi à réduire le
- temps de développement à une demi-seconde.
- Le temps de lixage, qui est normalement de Tordre de 1 minute et demie, a pu être réduit aussi à 4 ou 5 secondes.
- Le passage dans un bain supplémentaire entre le développement et le fixage et un court lavage après le fixage n’exigent chacun qu’une demi-seconde, de sorte que la durée totale des opérations photographiques est seulement de 10 secondes.
- Pour éviter toute perte de temps, le film n’est pas séché complètement avant son passage dans le transmetteur de radiovision qui fait suite à la cuve de développement et de fixage. La couche d’humidité est simplement répartie de façon régulière, et le film encore humide est enroulé après son passage dans l’appareil émetteur sur un tambour conservé dans l’eau. 11 peut évidemment être utilisé par la suite à la fabrication de bandes positives ordinaires.
- Le mouvement du lilm est continu, et l’emploi d’un disque de Nipkow à ouvertures en cercle déjà indiqué permet d’éviter la perte due à l’obturation. Le disque de Nipkow employé comporte, d’ailleurs, 90 ouvertures
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- en forme d’hexagones réguliers, de 9/100e de millimètre de côté.
- L’entraînement du fdm et la rotation du disque d’analyse sont assurés au moyen de deux moteurs synchrones séparés, tournant à 1500 tours-minute, excités par le même secteur.
- L’appareil de prise de vues est à croix de Malle ordinaire, et le mouvement du film est ainsi discontinu. Lu accouplement élastique entre la caméra et le moteur d’entraînement du film suffit à assurer la concordance du déroulement, et la prise de vue en studio ou en plein air s’eiï'ectue absolument comme avec un appareil cinématographique ordinaire.
- L’éclairage du film dans le système émetteur de radio-vision est assuré par une lampe à incandescence de 160 watts. L’image de l’ouverture d’exploration est projetée par un objectif sur le film qui se meut d’un mouvement continu, et un condensateur est intercalé entre la cellule photo-électrique et le diaphragme pratiqué dans la paroi arrière du transmetteur de radio-vision.
- On peut remarquer qu’on transmet des images négatives, et non des images positives. Cela n’a aucun inconvénient en radiovision, puisqu’on sait qu'on peut très facilement inverser les images dans les système récepteurs par un simple montage électrique.
- Le système paraît destiné surtout à la transmission des actualités et peut-être quelque jour, sans doute, l’on utilisera ainsi dans des salles de spectacle des transmissions d’actualités parlantes vraiment immédiates. Mais, dans ce cas, s’il n’y a aucun inconvénient à recevoir les images visuelles avec un décalage de quelques secondes entre le moment où elles sont enregistrées et le moment où elles sont transmises, il faut pourtant évidemment que la réception des images soit accompagnée d’une manière absolument synchrone de l'audition
- Fig. 4. •— Vue de l’appareil de cinéma-radiovision Fernreh (photo communiquée par la Société Baird-Nalan).
- des sons correspondants. Le meilleur moyen paraît être d’enregistrer sur le film non seulement les images, mais encore les sons, et de retransmettre ensuite simultanément les uns et les autres. Cette manière d’opérer permet en outre d’obtenir un film sonore ordinaire qui ultérieurement pourra servir à la projection cinématographique.
- La radiovision, on le voit, suscite chaque jour, des recherches très originales. Les résultats, comme il arrive toujours en pareil cas, en sont une source de progrès également pour bien des branches de la science ou de la technique, voisines ou éloignées.
- P. I I KM A R PIN QU K U.
- L’UTILISATION RATIONNELLE DE LA CHALEUR SOLAIRE
- La quantité d’énergie que le soleil déverse sur la terre s’élève à près de 2 petites calories (1,93 d’après Abbot) par cm2 perpendiculaire aux rayons et par minute.
- Cette quantité de chaleur suffirait pour fondre en une heure une couche de glace de 15 mm d’épaisseur. En d’autres termes un m2 de sol horizontal à l’équateur reçoit théoriquement par jour une somme de calories égale à celle que produirait la combustion de 1 kilogramme de houille.
- En pratique, une fraction seulement de cette énergie arrive jusqu’au sol; l’absorption atmosphérique, même par ciel découvert, retranche'en effet à elle seule au moins 3/10e de la radiation incidente.
- Mais même en réduisant l’énergie déversée à 1 petite calorie par cm2 et par minute, c’est encore 10 grandes calories, soit 4260 km-m déversées par minute, et m2 de carré de surface normale à la radiation. Il était naturel qu’on cherchât à utiliser cette puissance après transformation en énergie mécanique.
- . Les appareils qui ont été expérimentés dans ce but jusqu’à présent utilisaient presque tous des miroirs, de préférence paraboliques, destinés à concentrer les rayons solaires sur un tube noirci, protégé par une enveloppe de verre, et contenant de l’eau ou un liquide plus ou moins volatil.
- Le Français Mouchot fut, on le sait, le premier à pro-
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- Fig. 1. — Principe du nouveau mode cl'utilisation de la chaleur solaire.
- L’eau est échauffée par les rayons solaires sous une lame d’huile, dans une cuve à fond noir; on a ainsi une source chaude à 50°, qui combinée avec une source froide à la température ambiante (fleuve, lac, mer à 26°) peut fournir de la force motrice.
- par l’emploi d’appareils de lion tels que des miroirs. Axi devra plutôt chercher à
- poser une telle réalisation, et à construire un appareil de ce type. (1860'). Ses travaux furent repris par l’Américain Shuman (1910) et en 1912, une Compagnie, la « Sun Power Company » installait à Méadi près du Caire une usine solaire qui couvrait 1200 m2; on serait arrivé à produire un cheval par 17 m2 de surface d’insolation (1).
- Aucune de ces tentatives n’a reçu finalement la sanction d’une pratique continue.
- En effet, en raison du chiffre plutôt faible de la constante solaire, les récepteurs d’une installation «industrielle » doivent avoir des dimensions énormes ; même en comptant 1 cheval pour 20 m2, on s’imagine mal un seul
- 1. On a essayé également de distiller par la chaleur solaire des eaux salines ou saumâtres pour l’obtention d’eau potable. On utilisait à cette fin des châssis vitrés sous lesquels l’eau brute s’échauffait par « effet de serre ».
- L’idée première en revient à l’Américain Harding. (Installation de Salinas (Chili), 1883). Le système fut repris récemment par MM. Mau-rain, Richard, Ginestous, qui procédèrent à des expériences intéressantes (Voir : La Nature, 1er mars 1929).
- Fig. 2. -—• Comment on peut, avec du papier Kraft, constituer une cuvette d'insolation.
- petit hectare recouvert d’une verrière que le moindre orage suffirait à détruire. Les miroirs, les verres à vitre comportent des frais considérables de premier établissement ; de plus, les miroirs perdent rapidement leur poli et le mauvais temps amène des dégâts ou des bris de verres ; et les d épenses d’exploitation sont par elles-mêmes prohibitives.
- Le problème se trouve aujourd’hui simplifié du fait que l’on a réalisé des turbines pouvant tourner avec un écart de température de 10°. On sait que la démonstration en a été faite en 1.928 par M. G. Claude, aux fins d’utiliser les différences de température des mers tropicales.
- Il n’est donc plus nécessaire de viser à obtenir des températures relativement élevées
- concentra-contraire, on réaliser une différence plus faible, mais avec des moyens permettant d’aménager aussi bon marché que possible des surfaces d’insolation considérables. Autremen t dit, on devra gagner, par un surcroît des calories solaires pouvant être emmagasinées, ce qui sera perdu sur leur qualité. Un prix suffisamment bas du kw installé doit être en fin de compte le seul facteur à considérer, ce qui ne pourra être obtenu que par un dispositif aussi simple que possible et ne devant nécessiter qu’un minimum de matériaux à transporter.
- UNE NOUVELLE MÉTHODE. — SON PRINCIPE
- Si l’on soumet au rayonnement solaire, sous un ciel découvert, une couche d’eau d’une douzaine de cm dis-posée sur un~fond noir et recouverte d’une lame d’huile transparente, on constate qu’elle s’échauffe rapidement et que sa température, initialement de 26° par exemple, dépasse 50° vers 3 heures de l’après-midi. Cette expérience peut être réalisée non seulement sous les tropiques de façon courante, mais aussi dans le Midi de la France pendant le mois de juin. Or, la température des grandes masses d’eau naturelle (fleuve, lac, mer en surface) dépasse rarement 28°, même dans les régions équatoriales ; on se trouve donc disposer en fin de journée d’une différence de température d’au moins 25°, différence tout à fait utilisable pratiquement pour produire de l’énergie mécanique.
- Le phénomène observé s’explique, facilement : la lame d’huile en surface joue exactement le rôle d’un verre à vitre et réalise très simplement un « effet, de serre » analogue à celui que l’on obtient au moyen de châssis vitrés. Toute perte par évaporation se trouvant supprimée, l’énergie incidente ne peut qu’échauffer l’eau continuellement et s’y emmagasiner intégralement, déduction faite des pertes par rayonnement ou convection, mais nous verrons plus loin comment l’on peut limiter considérablement ces dernières au moyen de dispositifs très simples.
- Sur les 700 petites calories environ (compte tenu de l’absorption atmosphérique) que reçoit par jour sous les
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- tropiques un cm carré de sol horizontal, le dispositif permet d’emmagasiner dans la couche d’eau près de 300 calories.
- ((ig. 1).
- LA RÉALISATION
- La simplicité même de ce procédé de chauffage d’eau par la chaleur solaire permet d’envisager la possibilité d’aménager à très bon marché des surfaces de terrain considérables.
- Des sols rigoureusement plans sont très courants sous les tropiques : zones de savane au Soudan, reg ou hammadas Sahariens formés d’un terrain ferme et d’une horizontalité presque absolue.
- Le noircissement et l’imperméabilisation du sol par bitumage, à la façon de nos routes, serait facile à réaliser. Mais, plus simplement encore, il suffirait de disposer à même le sol des feuilles d’un de ces matériaux à base de bitume employé couramment aujourd’hui comme hydrofuge dans l’industrie du bâtiment : feutre asphalté, callendrite ou mieux du papier Kraft qui est un papier bitumé spécial très résistant aux agents physiques et, de plus, extrêmement bon marché (1).
- La surface d’insolation sera divisée en cuvettes carrées (de 10 m sur 10 m par exemple) disposées en damier. Les feuilles doubles ou triples de papier Kraft en formeront le fond; elles seront soudées entre elles au moyen d’un mastic asphalté et rebitumées en surface pour assurer une étanchéité parfaite.
- Les bords relevés verticalement formeront les cloisons des cuvettes et l’agencement sera maintenu au moyen d’un jeu de câbles comme le représente la figure 2.
- La lame huileuse superficielle, d’une épaisseur de 5 mm environ, serait de préférence obtenue à partir d’huiles végétales très courantes dans les régions tropicales; huiles de ricin, de palme, de graines de coton, etc... Toutefois, certaines d’entre elles présentent le gros inconvénient d’être très siccatives et par conséquent se résini-lîeraient rapidement par étalement en couche mince au contact de l’air. On peut pallier très facilement à cet inconvénient en ajoutant à l’huile une proportion de 1/1000 d’une substance « antioxygène ». Rappelons à ce sujet que de l’huile de lin, type même de l’huile très siccative, a pu être conservée pendant plus d’un an en couche d’un millimètre sans la moindre altération grâce à l’addition d’une proportion aussi minime d’antioxygène.
- La lame d’huile en surface, si elle supprime complètement, les pertes de calorique par évaporation, laisse encore subsister des pertes par convection qui commencent à devenir sérieuses lorsque la température de la couche
- 1. Voir à ce sujet La Nature 1926. Suppl, p. 133.
- Outre son usage comme succédané de la toile imperméable, le papier Kraft est employé couramment aux États-Unis comme revêtement protecteur de jeunes cultures.
- Fig. 4.
- Fig. 3, — Coupe schématique des cuvettes d'insolation.
- d’eau dépasse d’une dizaine de degrés celle de l’atmosphère, surtout si celle-ci est un peu agitée.
- C’est pourquoi il y aura intérêt à réaliser au-dessus de la surface d’eau un espace d’air au repos qui constitue, on le sait, un excellent calorifuge. Comme le montre la figure 3 il suffira de disposer une simple lame de cellophane à 25 cm environ au-dessus de la couche d’huile. Cette substance présente un coefficient de transparence élevé et une très grande résistance tant à la chaleur qu’à l’humidité. Cette lame simplement supportée par de légers câbles permettrait d’obtenir les mêmes effets qu’une verrière.
- Quant à la perte par le sol, elle ne pourrait en aucune façon être bien élevée. La terre sèche, le sable, sont déjà de très mauvais conducteurs. De plus, le papier Kraft formant cloison supplémentaire limitera le transfert de calorique que l’on pourrait encore réduire en disposant entre le fond des cuvettes et le sol un revêtement isolant de nature végétale : paille, débris de végétaux, déchets de coton, etc...
- LE FONCTIONNEMENT
- L’eau étant étalée chaque matin sur les cuvettes atteint sa pointe thermique vers 3 heures de l’après-midi, mais on ne peut songer à l’utiliser alors en bloc pour une production instantanée d’énergie, et il est nécessaire de l’emmagasiner dans un réservoir jouant le rôle d’accumulateur de chaleur; de cette façon on régularisera la production d’énergie qui sera engendrée au fur et à mesure des besoins.
- Ce réservoir sera constitué par une enceinte circulaire
- Vue schématique d'une, installation de force motrice, utilisant la chaleur solaire suivant le système Ii. Barjol.
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- eu béton armé de 4 m de haut environ érigée sur un sol plan rendu étanche par bitumage par exemple, et recouvert à sa partie supérieure d’un revêtement isolant : deux feuilles parallèles de papier Kraft soutenues par un treillis limiteraient un espace d’air ou un matelas de substance isolante, de préférence végétale : paille, déchets de coton. Les murs de l’enceinte pourraient être également calorifuges extérieurement de façon identique.
- La masse d’eau chaude ainsi accumulée sous une petite surface spéci tique ne se refroidirait cpie de quelques degrés par 24 heures. Onia puisera au niveau supérieur selon les besoins pour être injectée dans un bouilleur; une ébullition sous pression réduite en abaissera la température d’une quinzaine de degrés (de 55 à 40°) par exemple) en produisant 25 kg de vapeur par m3. Un dégazage préalable sera inutile puisque cette eau destinée à être insolée tous les jours se trouve protégée de tout contact avec l’air par la lame d’huile.
- Après passage dans le bouilleur, l’eau usée tiède serait refoulée à la partie inférieure du réservoir, l’eau chaude étant toujours puisée à la partie supérieure.
- Le bouilleur, le condenseur, les conduites ne devant pas supporter de fortes pressions, ni de hautes températures, seraient avantageusement construits en ciment et recouverts extérieurement d’un enduit imperméable à l’air et d’un calorifuge. En négligeant les pertes thermiques de ce côté, et en admettant pour la turbine un rendement de 75 pour 100 (rendement thermodynamique final : 4 pour 100 en moyenne) chaque m3 d’eau se refroidissant de 15° dans le bouilleur serait susceptible de produire environ 2500 kw. Or, une surface d’insolation de 4 m2 permet d’obtenir 1 m3 d’eau chaude en supposant que les cuvettes d’exposition reçoivent chaque matin l’eau tiède refoulée dans le réservoir après passage dans le bouilleur (1).
- 1, Une centrale capable de produire 75 kilowatts ou 100 ch pendant 8 heures exigerait par conséquent une surface d’insolation formée d’un carré de 60 m de côté, et un réservoir de 17 m de diamètre sur 4 m de haut. On peut estimer en gros à 10 i'r par m2 le coût d’aménagement des cuvettes réceptrices et à 30 l'r le prix de revient du mètre cube d’eau chaude accumulée, dont l’éner-
- Peut-on envisager des 'procédés plus avantageux pour produire de l’énergie mécanique à partir de la chaleur solaire ?
- On serait tenté de fonder quelque espoir dans un appareil photo-électrique qui transformerait directement cette énergie noble qu’est la radiation solaire en énergie électrique. Mais les appareils présentés jusqu’aujourd’hui ont un rendement extrêmement faible qui s’apparente à celui des piles thermoélectriques : la cellule Westinghouse fournit 1 watt par yard2. Même eri supposant la réalisation d’un transformateur photo-électrique de rendement élevé, il faudrait encore qu’il fût suffisamment bon marché pour permettre de réaliser économiquement de grandes surfaces d’insolation. De plus, il faudrait y annexer des batteries d’accumulateurs.
- Dans un autre ordre d’idées, on pourrait songer à emmagasiner indirectement la chaleur solaire au moyen de cultures intensives : le bois récolté étant ensuite brûlé dans une centrale thermique.
- Les naturalistes admettent que la culture du maïs est celle qui donne le maximum d’emmagasinage du calorique. Or, sauf constatations plus précises, il ne paraît pas qu’un hectare bien arrosé puisse fournir, aux points les plus privilégiés, plus de 5 tonnes par an de matières ligneuses à 2500 calories par kg, soit 12 500 000 calories, ce qui correspond à un pourcentage de 20 pour 100 de l’énergie rayonnée par le soleil. En supposant un rendement thermodynamique de 15 pour 100, la quantité d’énergie mécanique obtenue serait à peu près équivalente à celle
- gie partielle utilisable correspond à une chute virtuelle de 200 m.
- Comparée à une centrale thermique de même puissance, la centrale solaire n’exigerait donc qu’un supplément d’aménagement de 750 l’r par ch installé, le prix- des autres appareils (turbine, alternateur,...) étant à peu près équivalent dans les deux cas. Or il faut dépenser annuellement 1 tonne de charbon pour produire 1 ch, chaque jour pendant 8 heures. Comme dans les régions tropicales le prix de la tonne de charbon dépasse presque toujours 500 fr, on voit que le capital d’installation des récepteurs et de l’accumulateur d’eau chaude serait amorti en moins de deux ans, ensuite la centrale solaire se trouverait produire gratuitement l’énergie, déduction faite, bien entendu, des frais d’amortissement et d’entretien du matériel (10 pour 100 par an environ).
- Fig. 5. — Vue aérienne d’une installation solaire.
- ,u...
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- que représente la montre la disposition des réprocédé donnerait son tout au loup,’ de Tan-parties teintées de d’une insolation ré-atmosphère suffisant -transparente pour se installations d'énergie
- Fig. 6. — Planisphère (d’après Gibson in A. Berget. Le Ciel) montrant les régions du globe où l’énergie solaire pourrait être utilisée directement tout au long de l'année. Au-dessus de la ligne isotherme annuelle de 0°, l’énergie thermique des eaux incongelées peut être utilisée pendant l’hiver en combinaison avec une utilisation directe de la chaleur solaire en été.
- que donne le procédé solaire direct, mais il faudrait inscrire à son passif, les dépenses prohibitives qu’exigeraient les engrais, les travaux d’irrigation, de coupe et de dessèchement.
- LES APPLICATIONS
- Le planisphère ligure G, gions où le plein rendement née. Toutes les noir bénélieient gulière et d’une ment sèche et prêter à des solaire.
- Lu réalité, et c’est la partie la plus complexe du problème, il s’agit de disposer d’une source froide en rapport.
- Sur les côtes on utiliserait bien entendu, l’eau de mer de surface (27°), ou mieux, si la configuration sous-ma-rihe s’y prête, l’eau un peu plus profonde située sous la couche dite « de variations ». Pour l’Atlantique, cette eau est accessible dès 150 m à une température rigoureusement constante de 15°.
- A l’intérieur des terres, les grandes rivières ou les lacs assez profonds fournissent une eau dont la température représentant la moyenne des 24 heures dépasse rarement 28° (Nil au Soudan).
- Dans les régions privées de toute hydrographie, on dispose malgré tout de la nappe profonde qui, dans notre Sahara, n’exède jamais 70 m. Comme les puits jaillissants sont relativement rares et d’un débit insignifiant, il faudrait pomper cette eau froide qui, d’abord utilisée dans le condenseur, pourrait servir ensuite à d’autres usages : irrigation par exemple.
- 11 semble préférable toutefois d’utiliser comme source froide dans ces réoions le refroidissement nocturne intense
- O
- de l’atmosphère : une masse cl’eau de réserve serait étalée pendant la nuit sur des cuvettes identiques à celles qui servent à l’insolation, mais dépourvues, bien entendu, de tout revêtement en surface (lame d’huile et cellophane). Au Sahara, la température nocturne s’abaisse fréquemment jusqu’à zéro et il n’est pas rare de trouver au matin des flaques d’eau recouvertes d’une pellicule de glace. La masse d’eau ainsi refroidie serait conservée dans un réservoir-accumulateur du même type que celui qui a été décrit ci-dessus pour la mise en réserve de l’eau chauffée par insolation. Dans ces pays désertiques, on pourrait ainsi disposer d’une différence de température dépassant 60°.
- Les régions équatoriales qui sont dotées de l’alternance d’une saison des pluies avec une saison sèche ne pourraient utiliser le procédé solaire que pendant cette dernière période seulement. Mais l’on peut entrevoir une production balancée d’énergie hydraulique donnant son plein rendement pendant la saison des pluies qui gonfle au maximum le débit des fleuves et des chutes..
- Enfin, aussi paradoxal que ceci puisse paraître, le procédé serait parfaitement applicable dans les régions arctiques pendant l’été. La longueur des jours compense alors l’obliquité des rayons solaires et la quantité de calorique déversée chaque jour d’été par m2 de sol horizontal peut atteindre les trois quarts de celle qui est recueillie à l’équateur (’).
- En Sibérie, où Ton passe presque sans transition d’un froid extrême à une extrême chaleur, Tété est brûlant même au delà du cercle polaire : on a constaté à Yakoust 38° de chaleur et en juillet, aux dires des voyageurs, la toundra brûle sous les pieds comme une lave. Par contre, l’eau des fleuves se maintient au voisinage de zéro par la fonte continuelle des glaces accumulées pendant l’hiver. Les centrales solaires estivales seraient donc particulièrement efficientes, et elles pourraient être avantageusement combinées avec l’utilisation hivernale de l’énergie thermique des eaux incongelées (2). On réaliserait ainsi une production continue d’énergie tout au long de Tannée.
- Dans les pays intertropicaux où le charbon et le pétrole atteignent des prix excessifs, le procédé permettrait d’obtenir à bon marché la force motrice nécessaire en premier lieu à l’irrigation du sol en vue de la culture. C’est particulièrement le cas de l’Égypte où la richesse du pays est tout entière suspendue au problème de l’irrigation. C’est aussi le cas de notre Soudan qui n’exige également qu’une solution du problème de l’eau pour créer autour du Niger une vaste culture cotonnière. Au Sahara même, le sol, s’il était convenablement irrigué, deviendrait d’une étonnante fertilité (1).
- 1. Travaux de M. Maurain au Groenland en juillet-août 1932. Voir comptes rendus de l’Académie des Sciences, 28 novembre 1932,
- 2. Voir à ce sujet : La Nature, septembre 1929.
- 1. « Dans le Mzab, la magnificence des jardins et de la végétation n’est entretenue que grâce aux nombreux puits « khottaras ».
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- Jusqu’à présent, la mise en valeur des colonies a dû utiliser ce moyen primitif qu’est la force motrice humaine ou la force motrice animale ; or, le moteur humain ne peut guère fournir par jour plus de 200 000 kg-m, alors qu’un kw-h qui correspond à un récepteur solaire de 6 à 10 m2 permet d’irriguer un hectare pendant 14 heures avec 3 m 50 d’élévation; de plus, il convient de souligner que l’irrigation peut se contenter d’une production discontinue d’énergie.
- Parmi les autres applications du procédé, on peut citer la production d’eau distillée à partir d’eaux saumâtres ou salines. Cette production serait d’ailleurs automatique puisqu’en utilisant comme source froide une masse d’eau douce régulièrement refroidie par exposition nocturne, celle-ci s’augmenterait régulièrement de l’eau distillant du houilleur dans le condenseur, à partir de l’eau de mer ou de l’eau saline exposée sur les cuvettes d’insolation (1).
- ou «Chadoufs », d’où nègres, ânes et chameaux remontent sans cesse l’outre de 40 à 50 litres emplie d’eau fécondante. »
- (Bong : Grande géographie : Afrique du Nord).
- En Égypte plus de 100 000 hommes sont employés tout le long de l’année à transporter dans des récipients qu’ils portent sur leur dos de l’eau du Nil pour l’irrigation des terres.
- 1. A Port-Étienne, en Mauritanie, on doit faire venir l’eau potable de Bordeaux par cargos. Le procédé permettrait d’obtenir l’eau potable par distillation d’eau de mer.
- Enfin, le procédé possède un intérêt tout particulier, pour l’industrie nitratière Chilienne. Celle-ci opère en effet dans une région désertique située juste sous le tropique du Capricorne et où le combustible est hors de prix. On y effectue le raffinage du nitrate par un procédé (procédé Guggenheim) comportant la dissolution du « caliche » par chauffage à 50° et la cristallisation du nitrate par refroidissement à 10° et au-dessous. Or, les cuvettes d’insolation du type décrit plus haut permettaient d’obtenir sans combustibles, ni échangeurs de température une solution à 50°; d’autre part, le rayonnement nocturne extrêmement intense réaliserait automatiquement le refroidissement à 10° exigé pour la précipitation du sel raffiné.
- On pourrait combiner ces opérations avec une production simultanée d’énergie. De l’adoption d’un procédé « naturel solaire », il résulterait indubitablement un abaissement du prix de revient du nitrate naturel qu’alourdit fortement aujourd’hui la dépense de combustible nécessitée par les opérations complexes de raffinage.
- Toute la situation matérielle et politique d’un des grands pays de l’Amérique du Sud pourrait s’en trouver avantageusement modifiée.
- IL Barjot.
- L’ORIGINE ET LES MIGRATIONS DES CELTES
- Le berceau originaire des Celtes et les voies d'expansion de ce peuple intelligent et remuant, qui tint une si grande place on Europe au cours du premier millénaire avant notre ère, ont été l’objet de longues discussions entre les spécialistes. L’ouvrage posthume d’Henri Hubert, qui vient de paraître dans la collection « L’évolution de l’humanité » (*), fait faire un pas décisif à cette question si controversée.
- Ce que l’auteur apporte de nouveau, c’est d’abord sa méthode. Jusqu’ici, en cette matière comme en bien d’autres, historiens et linguistes ont travaillé, chacun de leur côté, sans s’ignorer sans doute, mais avec des matériaux et des procédés différents.
- Fait beaucoup plus grave : historiens et linguistes, de leur côté, ignoraient totalement les préhistoriens et vice-versa. Ceux-là remontaient lentement et prudemment le cours du temps à l’aidé des témoignages de la période historique — chroniqueurs, inscriptions, inductions d’ordre phonétique et grammatical —-et ne risquaient que de timides conjectures sur le passé obscur qui échappait à l’investigation directe. Ceux-ci au contraire descendaient à travers les âges avec une rapidité déconcertante pour les premiers, en englobant dans leurs recherches des dizaines de millénaires impossibles à chiffrer. Et lorsqu’ils arrivaient, à la descente, aux périodes auxquelles les premiers remontaient péniblement, ils ne se rencontraient pas, car ils ne parlaient pas la même langue : les uns disaient : langages et nations; les autres : races; ceux-là : Ligures, Gaulois, Pietés ou Celtes, Italiques, Ibères; ceux-ci brachy et dolichocéphales, ou : bronze et fer, tumulus ronds et allées couvertes. Pourtant c’étaient les mêmes peuples qui étaient étudiés sous des aspects différents. Ne pouvait-on procéder à une identification réciproque et coordonner des efforts divergents ?
- De bons esprits Font tenté. Les archéologues ont cherché
- 1. Paris, La Renaissance clu livre, 2 vol.
- à se rapprocher des linguistes, plus méfiants, et des historiens, plus accueillants. On trouve, notamment chez Déchelette, des traces de cet effort. Mais jamais, du moins en France, une tentative de synthèse aussi complète que celle de Hubert n’avait été élaborée. L’auteur était avant tout un archéologue, mais il s’est fait historien et linguiste. Il s’était initié à la grammaire indo-européenne et au celtique en particulier, auprès d’un des maîtres de la science, M. Vendryès, dont il avait suivi l’enseignement. Pour la première fois il a combiné les données de l’archéologie et de la linguistique (spécialement de la toponymie), ce qui lui permet d’étayer des conjectures plus solides que ses prédécesseurs, lorsqu’il s’appuie sur des faits concordants empruntés à des disciplines différentes.
- Quelques réserves sont sans doute à faire au point de vue linguistique. Hubert donne une fausse idée du problème basque, en laissant croire que la théorie de la filiation ibérique n’a plus que quelques tenants parmi les linguistes : c’est le contraire qui est vrai; surtout depuis les recherches de Menen-dez Pidal, qui a jalonné le recul de l’ibère-basque en Espagne, il n’est plus guère permis de douter. L’auteur aurait dû chercher chez les romanistes (et non chez Dottin qui les donne d’après ceux-ci) les survivances du vocabulaire gaulois et des tendances gauloises en français (’). Il n’est pas aù courant des recherches toponymiques de la dernière décade, par exemple quand il dit qu’il n’y a eu Gaule que six noms en briga\ il semble avoir à peine connu les Noms de lieu de Longnon (titre inexact à la bibliographie) et pas du tout la grande revue toponymique internationale fondée en 1925 (Zeitschrift für Ortsnamenforschung), qui a longuement discuté la question, dont il s’occupe, des rivières allemandes de radical — apa — Mais il ne faut pas oublier que Hubert est mort en 1927 et que
- 1. .T’en ai donné un résumé dans mon Histoire de la langue française (Paris, Payot, 1930), pp. 38, 164, etc.
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- sos amis, par un louable scrupule, se sont interdit d’ajouter aux développements de l’auteur.
- Ces restrictions faites, on ne peut que louer la largeur de vues, la puissance de synthèse, comme aussi la sûreté de documentation et l'esprit critiqué de l’auteur.
- Que de vues neuves nous apporte-t-il ! D’abord sur le foyer originaire du celtisme. Reprenant une tradition ancienne, Camille Jullian, au début de son Histoire de la Gaule, faisait descendre les Caulois du Jutland, le long' de la mer du Nord. Mais il a renoncé par la suite à cette hypothèse, pour se rallier à une conjecture d’origine linguistique, qui paraît aujourd’hui assurée : l’unité, longtemps persistante, du groupe italo-celtique. Partant à son tour de cette donnée, Hubert s’est efforcé de lui donner des bases géographiques et historiques. Les Italo-Celtes étaient installés dans l’Europe Centrale, entre Rliin et Oder, à l’époque de Hallstatt (premier âge du fer). Les futurs Italiques sont descendus peu à peu vers l’Italie par l’Est (région du l’rioul), tandis que les Celtes se sont différenciés plus à l’ouest : leur berceau primitif serait l’Allemagne du sud, entre Rhin et Thuringe, région qui offre le maximum de noms de lieux gaulois en Allemagne et peut-être le maximum absolu de noms gaulois de rivières; de bonne heure ils se sont étendus jusque vers la mer du Nord, d’où des colonies successives sont parties pour les Iles Britanniques.
- Une autre théorie originale, et qui sera plus discutée que la précédente, est; celle du clivage des dialectes italo-celtiques. S’appuyant sur le fait que le passage de qu'à, p s’observe dans une partie du groupe celtique (gallo-britannique) et du groupe italique (osco-ombrien), il suppose ingénieusement que chacun de ces groupes s’est « clivé » parallèlement, à l’extérieur, avant leur séparation complète : les fractions qui ont gardé l’élément palatal ou Irlandais d’une part, Latins de l’autre — auraient quitté les premiers, au nord et au sud, la famille commune, au sein de laquelle se serait produite ensuite l’évolution q’u—^-p. . Même pour les linguistes, il y a fort à prendre dans les aperçus d’Hubert. Ses remarques sur les rapports entre le celte et l’italique d’une part, le germanique de l’autre, si elles ne sont pas entièrement originales, ont du moins l’intérêt d’être présentées en formules saisissantes : le Celtique est
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- apparenté au germanique surtout par le vocabulaire, à l’italique surtout par des concordances phonétiques (sous réserves) et grammaticales. Et ceci qui est extrêmement juste comme vue d’ensemble des évolutions phonétiques celtiques : le celtique s’est engagé sur la voie de la parésie phonétique.
- Il y aurait bien d’autres choses à signaler dans cet ouvrage, où l’archéologie, comme il était à prévoir, tient la première place, avec une illustration remarquable qui met en valeur la richesse de la documentation. La civilisation celtique jusqu’à notre ère est étudiée d’une façon à la fois plus approfondie et plus synthétique qu’elle ne l’a jamais été.
- A propos des anciens types d’habitations, je tiens à signaler une rencontre curieuse. Les lecteurs de La Nature se rappellent peut-être que, dans un récent article sur ce sujet (1er juillet 1932, p. 2), je présumais que les mazots valaisans et les horreos asturiens, également sur pilotis, devaient représenter des survivances des palafîltes. Hubert, qui ne connaissait pas Yhorreo asturien (pas plus que le stabbar norvégien, signalé ici par M. Charles Rabot (*), a émis la même hypothèse que moi sur le mazot, avec d’intéressantes précisions d’ordre géographique. Or j’ignorais ses conceptions quand j’ai formulé ma théorie, comme lui les miennes. Cette coïncidence du point d’arrivée, avec des points de départ et des procédés d’investigation différents, fortifie singulièrement notre conjecture commune.
- Comme tous ceux qui ont étudié les Celtes, Hubert s’est pris d’une vive sympathie pour cette race si séduisante qui a donné la première une unité de civilisation (de nation serait trop dire) à notre pays. Certes nous devons nous mettre en garde contre une celtophilie exagérée, surtout en ce qui concerne les survivances ethniques et sociales : d’autres substrats se sont superposés (sans compter les assises inférieures plus mystérieuses) pour constituer les Français et la France. Il n’en reste pas moins que certains traits de notre psychologie sociale — individualisme, curiosité d’esprit, facultés d’assimilation — peuvent être attribués à nos origines celtiques.
- Albert Dauzat.
- 1. La Nature, 15 sept. 1932.
- A PROPOS DES PUITS AERIENS
- L’étude publiée sur la captation des humidités atmosphériques dans La Nature du 15 novembre 1932 par M. L. Chaptal, remet en lumière la question si intéressante des puits aériens.
- Les vestiges de Théodosia, en Crimée, ne sont pas les seules preuves de l’existence fort ancienne de ces « capteurs » dont l’invention remonte certainement, aux âges les plus reculés.
- Les essais actuels, réalisés à la station de physique et de climatologie agricole de «Bel Air» près Montpellier et ceux que le savant ingénieur Knapen poursuit à Trans de Provence, sont assez déterminants pour nous faire espérer une réalisation pratique à faible délai.
- “ On sait tqut l’intérêt qui s’attache à ce problème pour l’alimentation en eau potable des pays chauds, en particulier dans les régions où les pluies sont rares et la végétation très faible ou inexistante. C’est justement dans ces régions que l’application donnera ses meilleurs résultats.
- Mais je lie doute pas que les chercheurs aj)prendront avec intérêt qu’un « capteur » qui fonctionne depuis des siècles, existe dans une de nos régions les plus chaudes et les plus sèches : dans le département des Pyrénées-Orientales.
- Je veux parler du sarcophage du cloître d’Arles-sur-Tech en Vallespir qui fournit bon an mal an plus de 100 litres d’eau pure; certains prétendent même que le débit annuel atteindrait 300 litres.
- Les petites fioles de verre affectant la forme de gourdes sont distribuées chaque année par centaines aux pèlerins.
- Le sarcophage chrétien orné d’un Christ est taillé dans un monolithe calcaire et daterait du ive siècle. Son couvercle prismatique est fixé par des agrafes de métal scellées au plomb ;il n’est pas absolument jointif, ce qui permet à l’air et à l’humidité de pénétrer librement. Un léger espace visible sur le côté gauche est même suffi-
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- sant pour laisser passer le siphon au moyen duquel on puise l’eau. Cette eau, dont l’alimentation mystérieuse a fait croire plus d’une fois à la supercherie, est considérée dans le pays comme miraculeuse.
- Une pierre tombale en* marbre ldanc, encastrée dans le mur au-dessus de la tombe, représente un seigneur catalan : Guillaume Gaucelme de Taillet, guéri d’un cancer au nez par beau du sarcophage.
- La légende rapporte qu’à une époque très reculée, de terribles épidémies s’étaient abattues sur le Vallespir infesté, de plus, par de nombreuses bêtes féroces. Le prieur de l’Abbaye d’Arles-sur-Tech (vme siècle) qui devint saint Arnulphe fit alors un voyage à Rome d’où il rapporta les reliques de deux saints persans : saint Abdou et saint Sennen qui sont toujours les patrons du pays où leurs noms sont encore donnés à de nombreux enfants.
- Pour le transport, l’abbé, afin d’éviter les risques de la route, avait caché le précieux coffret contenant les reliques dans un tonneau rempli d’eau puisée à'une source
- Fig. ]. — Le sarcophage d'Arles - sur- Tech.
- miraculeuse. En arrivant à destination, les reliques furent déposées dans l’église où elles sont encore visibles, et dès ce jour, il ne fut plus question ni des épidémies ni des bêtes féroces.
- L’eau du tonneau avait été yerséc dans le sarcophage; vide; un lépreux s’en servant pour se laver aurait été guéri et, depuis, l’alimentation mystérieuse se renouvelle régulièrement et les nombreux malades qui s’en servent en retirent de grands bienfaits.
- J’ai questionné l’abbé actuel qui, fort obligeamment du reste, m’a donné de l’eau puisée en ma présence, en satisfaisant autant que possible ma curiosité :
- «Quelle que soit la légende, il ne faut pas attribuer au mystère de l'alimentation les vertus curatives de l’eau. Certains prétendent que je remplace moi-même cette eau au fur et à mesure des besoins; plusieurs contrôles et une surveillance sévère ont détrompé les incrédules. Cette condensation doit être toute naturelle et la science l’expliquera tôt ou tard. L’eau de rosée était déjà recommandée au Moyen Age pour les maladies d’yeux, les maladies de peau, les plaies, la gravelle...
- « Enfin, reste l’élément impondérable que viennent chercher les pèlerins et les malades dont beaucoup ont été guéris. Ceci est du ressort de la Foi... »
- L’eau que j’ai emportée est très pure et se conserve depuis longtemps sans s’altérer. Nous sommes ici sans aucun doute en présence d’un «capteur» d’humidité atmosphérique. Son rendement élevé par rapport à ses dimensions réduites en fait un modèle simple et précieux pour les chercheurs qui examineront avec intérêt la nature de la pierre, la situation et l’orientation du sarcophage, les températures du jour et de la nuit aux différentes saisons, etc.
- Le résultat ainsi obtenu est-il le simple effet du hasard ?
- J’en doute, car la situation de nombreux châteaux et couvents sur des sommets arides, fait penser que l’on avait recours à d’autres moyens encore que les simples citernes, dans des régions où la sécheresse absolue dure quelquefois pendant un an et même plus.
- Il n’est pas douteux que les intéressés retireront de précieux ensèignements d’une visite fort intéressante, dans une région pittoresque trop peu connue.
- Paul Basiaux.
- UNE MACHINE ÉLECTROSTATIQUE A 10 MILLIONS DE VOLTS
- La photographie ci-contre donne une saisissante idée de la machine gigantesque que vient de construire un physicien américain, le Dr Robert J. Van de Graaff, à l’Institut Technologique du Massachusetts, à Cambridge, Mass. C’est, en effet, la machine électrostatique la plus puissante du monde, destinée à ouvrir de nouvelles
- possibilités aux recherches sur la structure atomique et aux applications thérapeutiques de l’électricité. L’énergie électrique engendrée par cette machine se présente sous la forme d’un courant continu. On construit, pour cette machine, des tubes de décharge spéciaux qui, permettront sans doute la décomposition des atomes; les
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- décharges ainsi produites seront, pour les applications thérapeutiques, plus efficaces que les rayons X les plus pénétrants.
- Les énormes sphères d'aluminium constituant les électrodes de cette machine n’ont pas moins de 4,5 m de diamètre; elles sont d’un poids de 1500 kgs chacune et reposent sur des colonnes creuses en textolite de 1,2 m de diamètre et de 7,5 m de hauteur, portées, à leur tour, par des chariots qui permettent de régler facilement la distance mutuelle des deux sphères.
- De grandes ouvertures circulaires, pratiquées dans les deux sphères permettent de connecter les tubes de décharges insérés dans leur intervalle. Dans la sphère de droite, on voit un expérimentateur qui regarde par l’ouverture d’entrée, également circulaire. L’intérieur de l’espace sphérique constitue un laboratoire parfaitement installé, où les expérimentateurs, en vertu de lois physiques bien connues, seront tout à fait à l’abri des décharges, pendant le fonctionnement de la machine.
- L’énergie électrique est engendrée par des courroies sans fin en soie, venant d’en bas, passant à travers les colonnes creuses, entrant à l’intérieur des sphères et transportant les charges électriques projetées sur elles à la base de la machine. Une charge positive s’accumule à la surface de l’une des sphères, et une charge négative à celle de l’autre, jusqu’à ce que, ces deux charges ayant atteint une certaine tension, une décharge ait lieu entre les sphères sous la forme d’un véritable éclair.
- Un modèle réduit de cette machine, exposé lors du récent Congrès de la Ligue américaine pour l’Avancement des Sciences, à Atlantic City, permettait d’engendrer des potentiels de 10 000 000 volts.
- I)1' Alfred Giudunwitz.
- Fig. 1.
- La machine électrostatique en construction à Cambridge (Mass.).
- UN ANIMAL RARE : LE DIABLE DE TASMANIE
- Les Diables portent ce nom à cause de leur caractère farouche et indomptable et aussi parce qu’ils ont des appétits carnassiers. Ils ne comptent qu’une espèce : celle de Tasmanie.
- Cet animal qui rappelle l’ourson ? c’est le Devil, diable des émigrants dont Gray avait tiré le nom de Diabolus.
- Par ses formes générales, il est intermédiaire entre un Ursidé et un Mustélidé et pourrait être comparé à un glouton. Toutefois sa queue est plus longue. D’après son aspect, au lieu d’être nommé le Koala, le qualificatif d’ours à bourses lui conviendrait mieux.
- Son corps est lourd et ramassé. La tête est laige et le museau est épais et court. Il a de larges oreilles, très peu longues, une queue épaisse et la moitié de la longueur du corps est couverte de poils d’égale longueur. 11 est monté sur des pattes petites, mais épaisses. Les antérieures ont cinq doigts et sont plus robustes que les^ postérieures qui n’ont pas de pouce.' Les ongles sont longs, recourbés en faux, et le train de devant plus élevé que celui de derrière. Son maintien, sa démarche et tous ses mouvements rappellent l’ours. Sa dentition se compose de quarante-deux dents avec quatre prémolaires en
- moins, très serrées cl plus grosses que chez les Tylacines. Notons qu’il a des canines très fortes.
- Son pelage rappelle également Tours par sa coloration. Il a un aspect grossier et touffu, les jarres à peine plus longs que la bourre. Il est noir ou brun noir avec un collier blanc ét il porte en outre, à la nuque, sur les épaules et à la base de la queue, des taches blanches de dimensions variables.
- La taille du Diable de Tasmanie est à peu près semblable à celle du blaireau. Son corps a 0 m. 60 de long et la queue, 0 m. 30. i
- Ses mœurs sont, par certains points, semblables à celles de Tours. Mais il a des habitudes plus nocturnes, il craint davantage la lumière, carie soleil l’aveugle. Aussi passe-t-il ses journées à dormir dans les cavernes ou les fentes des rochers. S’il est troublé dans son repos, il fait entendre des grognements semblables à ceux que Ton perçoit dans un jardin zoologique quand deux de ces animaux se disputent un morceau de viande. Son allure est moins vive que celle des Martres et des Civettes.
- Autre caractéristique de cet étrange animal : il marche comme Tours en ayant soin de poser toute la plante du pied sur le sol.
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- Il s’assied comme le chien et porte, à l’aide de ses pattes de devant, sa nourriture à sa bouche.
- Le Diable de Tasmanie est, de tous les animaux, l’un des plus méchants et des plus coléreux. Il s’irrite facilement et si on le contrarie il devient furieux. 11 s’attaque avec violence et en particulier aux moutons des colons dont il se nourrit. Malgré sa petite taille, sa force, son activité, ses mâchoires puissantes et écartées lui permettent de tuer des animaux ayant plusieurs lois sa grosseur. Sa conduite et son caractère légitiment son nom. Le nombre de ses petits varie de 3 à 5. 11 possède des glandes qui secrétent un liquide très fort et qui jadis était fort employé comme parfum et que Ton trouve aussi chez les Lemures de Madagascar.
- Cet animal, qui pourrait sembler inapprochable, se laisse facilement prendre à l’appât à cause de sa voracité. S’il est
- attaqué par les chiens, il se défend jusqu’à la mort avec une rage incroyable. Il devient de plus en plus rare, car les colons lui ont fait une chasse continuelle du fait qu’il ravage les basses-cours et les troupeaux.
- En captivité, son caractère ne se modifie pas. 11 demeure toujours aussi haineux contre ses gardiens ou les visiteurs. Sa chair est comestible et rappellerait celle du veau. 11 ne devient pas très vieux et il' est difficile de lui fixer un âge.
- La, Société de Zoologie d’Edimbourg vient de perdre le Diablfa.de. T.asmanie qui en ét ait l’un des hôtes les plus curieux. La race de cet étrange animal ne tardera pas à disparaître et il sera bien plus difficile d’en conserver la descendance que celle du Bison d’Europe- qui est en voie de renouvellement depuis la création du parc d’Aseania Nova en Russie méridionale. An Héritier.
- ELECTRIFICATION DES ECLUSES DE SURESNES
- PRÈS DE PARIS
- Vers Suresnes, le trafic de la batellerie est particulièrement intense sur la Seine à cause de la proximité des usines de la banlieue nord-ouest de Paris. Là, se trouve •installé un système d’éclusage, qui se compose d’une nouvelle écluse à un seul sas de grande capacité et de deux autres écluses à sas de débit moindre (l’ancienne et une petite) situées à la suite Tune de l’autre et parallèlement à la première (fi g. 1). La grande écluse, mesurant 180 m de longueur et 18 m de largeur, peut contenir un train entier de bateaux, c’est-à-dire un remorqueur et 5 péniches. A l’amonl et à l’aval, ces 3 écluses sont munies de portes dites « busquées» comportant chacune 2 vantaux qui viennent s’arc-bouter dans la position de fermeture.
- L’ÉQUIPEMENT DES ÉCLUSES
- Comme dans presque toutes les installations similaires sur canaux, à Suresnes, chacun des vantaux porte 2 vannelles destinées à faciliter le remplissage et la vidange du sas. Mais en raison de l’importance du volume de liquide à déverser, on a dû accélérer les opérations au moyen des vannes, qu’il suffit d’ouvrir pour laisser communiquer le sas respectivement avec les biefs amont et aval par des aqueducs ménagés dans la maçonnerie au voisinage des portes. D’ordinaire, le remplissage et la vidange du sas s’effectuent à l’aide des vannes et on utilise seulement les vannelles comme appoint à partir d’un certain niveau. L’éclusage d’un bateau nécessite donc, chaque fois, la manoeuvre des portes, des vannes et éventuellement des vannelles, dans un ordre déterminé. Pour une péniche suivant le fil de l’eau, par exemple, le cycle des manœuvres à effectuer à partir du moment où le bateau entre dans le sas comporte 1° la fermeture de la porte amont; 2° l’ouverture des vannes aval et éventuellement des vannelles; 3° l’ouverture de la porte aval; 4° la fermeture des vannes et des vannelles aval. Entre les manœuvres 2 et 3 doit s’écouler naturellement
- le temps nécessaire à la vidange du sas, car on ne peut ouvrir une porte que quand l’égalité du niveau de l’eau se trouve établie de'part et d’autre.
- En définitive, ce problème de navigation fluviale ne va pas sans certaines difficultés, complications et pertes de temps., Aussi l’Administration des ponts et chaussées, eu vue d’accélérer le trafic particulièrement intense des écluses de Suresnes et de faciliter la lâche de son personnel, a récemment confié aux Etablissements llillairet, le soin de les électrifier. Les dispositifs de commande et de contrôle sont rassemblés dans deux postes situés aux extrémités amont et aval du bajoyer central. Un seul éclusier assure la manœuvre grâce à des combina-leurs blindés étanches (types jde la « Télémécanique électrique ») actionnant divers équipements à eontacteurs. Du poste amont, on commande les portes et les vannelles de la grande et de l’ancienne écluse; du poste aval, on actionne les portes et les vannelles aval des 3 écluses mais les vannes peuvent aussi se commander toutes indifféremment de l’une ou de l’autre station.
- Les combinateurs étanches sont disposés à l’air libre, au rez-de-chaussée d’une cabine en retrait et vis-à-vis du sas correspondant. Une clé amovible s’engageant dans une ouverture en forme de T, permet soit la rotation du combinateur qui actionne les moteurs dans un sens ou dans l’autre, soit le déclenchement d’un contact d’arrêt. D’autre part, tous les combinateûrs possèdent un dispositif de rappel au zéro et les eontacteurs un dispositif auxiliaire d’auto-alimentation. De cette façon, après une première impulsion, le mouvement commandé se poursuit jusqu’en fin de course ou jusqu’au déclenchement automatique provoqué en cas d’obstacle, même si le contact avec le combinateur ne se trouve pas maintenu. Eontacteurs et relais, montés en coffrets blindés, sont rassemblés sur 2 charpentes métalliques se faisant vis-à-vis dans la cabine du premier étage de chaque poste (fîg. 2). Quant au courant triphasé, un transformateur voisin le fournit. Le câble d’amenée à 2 déri-
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- valions franchit les écluses sur des passerelles el il aboutit. dans chacun des postes, à un tableau de répartition sis également au premier étage. Enfin, on a placé, à la partie supérieure de chaque coffret, deux hublots de signalisation rouge et blanc munis chacun de 2 lampes pour indiquer les positions extrêmes respectives de fermeture et d’ouverture de l’organe manœuvré. Un éclairage simultané des deux hublots correspond aux stations intermédiaires. Ajoutons que les moteurs, les systèmes d’arrêt en fin de course, les combinateurs et autres appareillages sont construits de manière à supporter les plus
- nelles et des portes des écluses de Suresnes (fig. 3). par où passent quotidiennement 200 bateaux environ.
- A chacune des 8 vannes de la nouvelle installation, correspond une borne de manœuvre blindée étanche renfermant un moteur à cage de 2 ch avec réducteur de vitesse par 3 relais à engrenages droits et embrayages à griffes ainsi qu’un distributeur entraîné par roues dentées. Ce dernier actionne les contacts d’arrêt à fin de course et les contacts de verrouillage. Un combinateur unique, commandant à la fois les deux équipements à conlaeteurs, contrôle les deux vannes d’une même tête
- Fig. 1. — Vue générale des écluses de Suresnes que traversent quotidiennement 200 bateaux environ.
- fortes pluies et les câbles armés une immersion assez longue. Pour l’entretien, les réparations éventuelles ou pendant les périodes de crue, les ouvriers peuvent démonter tout ce matériel en quelques heures tandis que des systèmes de débrayages montés sur les bornes de manœuvre permettent le passage instantané de la commande électrique à la commande manuelle.
- LES MANŒUVRES
- Ces généralités posées^ examinons rapidement comment s’exécutent les manœuvres des vannes, des vali-
- de sas sauf les vannes amont de l’ancienne écluse et la vanne aval de la petite écluse, commandées individuellement. Des lampes de signalisation, disposées dans les coffrets des combinateurs, contrôlent l’arrêt automatique que provoquent, à l’ouverture et à la fermeture, les contacts de fin de course du distributeur. Chaque manœuvre dure en moyenne 2 minutes et demie mais quand l’éclu-sier veut ouvrir la vanne amont de l’ancienne écluse, il peut la répartir en deux temps et la porter à 7 minutes afin d’éviter aux péniches des remous dangereux. Ce résultat s’obtient avec les contacts du combinateur qui, arrivés sur la position « ouverte », actionnent un relais
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- Fig. 2. •— Premier étage du poste assurant la commande électrique des vannes
- et portes amont.
- On y voit les équipements à contacteurs installés en vis-à-vis, les capots de ceux de gauche sont enlevés pour montrer les dispositifs intérieurs. Au fond : tableau d’arrivée et de répartition. A la partie inférieure, on distingue les boîtes d’arrivée des câbles conduisant aux moteurs.
- embrayage à griffes et limiteur d’effort mécanique.
- Sur la borne de manœuvre, se trouve, en outre, un éleetroaimant de frein blindé et étanche. Un seul combinateur commande en même temps les deux équipements à contacteurs correspondant aux deux moteurs d’une porte et des hublots de signalisation rendent possible son contrôle. Quand un obstacle fortuit arrête la porte, le limiteur d’effort mécanique fait patiner le moteur et la surcharge provoque alors le déclenchement des relais de protection. Par suite, le freinage se produit et le moteur, isolé de la ligne, s’arrête.
- D’autre part, la signalisation générale se fait au moyen de feux clignotants; elle comporte 4 panneaux disposés sur les portes de commande, à hauteur des portes amont et aval des écluses et munis chacun d’i différent (rouge, vert ou blanc).
- L’cclusier actionnant à volonté lumineux d’une des cabines où il se tient,
- grâce a un commutateur
- à clé amovible, règle
- commandant la bobine du eontacteur. Au bout d’un temps réglable jusqu’à 2 minutes, la minuterie du relais lait intervenir à son tour une seconde minuterie coupant l’alimentation du contacteur et interrompant durant 3 à 5 minutes, le mouvement qui reprend automatiquement jusqu’à l’ouverture complète de la vanne. En outre, les enclenchements des contacteurs se condamnent réciproquement grâce à des relais de verrouillage que commandent les interrupteurs de fin de course et qui empêchent l’ouverture de l’une des 8 vannes tant que celle qui lui correspond n’est pas fermée; on évite ainsi toute
- Fig. 3.
- très bien les mouvements des bateaux à éclu-ser.
- A l’aide de tous ces ingénieux agencements électro-mécaniques, l’administration a pu non seulement réduire le personnel des écluses de Suresnes et rendre moins pénible la besogne de l’éelu-sier, chargé d’assurer leur bonne marche, mais surtout accélérer les évolutions de la batellerie fluviale dans cet endroit de la Seine, qui contrôle toute la navigation de Paris vers Rouen et Le Havre.
- Jacques Boyeh.
- Un vantail de la porte amonl de la grande écluse nwnlranl le dispositif de commande électrique des deux vannelles.
- Au premier plan : la borne de manœuvre du vantail.
- communication inopportune entre les biefs amont et aval.
- De leur côté, les vannelles, au nombre de deux par vantail, se manœuvrent de la manière suivante. Pour chacune d’elles, un moteur à cage de 1 ch avec réducteur de vitesse entraîne par un accouplement à tocs et une transmission à roues dentées et chaîne Galle, le cric de l’ancienne installation. Un corn-binateur unique, commandant deux équipements à contacteurs semblables, contrôle les 4 vannelles d’une porte dont les arrêts en fin de course s’obtiennent par le calage des moteurs qui entraînent après un temps réglable, le déclenchement des relais de protection.
- Enfin chaque vantail de porte se trouve commandé, comme les vannes, au moyen d’une borne de manœuvre étanche renfermant lin moteur à double cage de 4 ch avec réducteur de vitesse par 3 relais à engrenages droits,
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- ——-... RECREATIONS MATHEMATIQUES ^ 2
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 15 DÉCEMBRE 1932 (N» 2895)
- Rappelons d’abord l’énoncé de ces problèmes :
- Problème A.
- Un chef d’institution avait inscrit N élèves, en vue de la rentrée d’octobre.
- Chaque élève devait recevoir un nombre de crayons égal au double du nombre de ses condisciples diminué de 35.
- 11 serait resté 2150 crayons à l’économat.
- A la rentrée, 10 élèves ont manqué.
- Chacun d’eux a reçu un même nombre de crayons, et il en est resté 450 à l’économat.
- 1° Combien y avait-il d’élèves inscrits Combien y a-t-il eu d’élèves présents ? Combien chacun d’eux a-t-il reçu de crayons
- 2° Combien chaque élève présent aurait-il dû recevoir de crayons, pour qu’il n’en restât plus à l’économat ?
- Problème B.
- Un avion part de Granville pour le Bourget. Cet avion possède une vitesse bien régulière. Au moment du départ, l’horloge de cet aérodrome marque exactement 8 heures. Quand il arrive au Bourget, l’horloge de ce nouvel aérodrome marque 10 h. 35.
- Le même avion part du Bourget au moment où l’horloge marque exactement midi; mais la vitesse, à cause du vent d’ouest, est diminuée de 30 km à l’heure, sans cesser d’être régulière. Quand l’avion rentre de Granville l’horloge de cet aérodrome marque 3 h. 50.
- Le lendemain, le même avion part de Granville encore à 8 heures, mais sa vitesse régulière est plus grande de 30 km à l’heure que la vitesse à l’aller de la veille. L’avion arrive au Bourget quand l’horloge de ce dernier aérodrome marque 10 h. 02 min.
- On demande : 1° La distance des 2 aérodromes; 2° la vitesse de l'avion dans chacun des 3 voyages.
- Problème C.
- Quel est le plus pelit nombre qui divisé par 10 donne 0 pour reste, divisé par 9 donne 8 pour reste, divisé par 8 donne 7 pour reste, etc., divisé par 2, donne 1 pour reste ?
- Solutions. — Problème A. — Solution très simple de M. Dreyer, à Roussillon (Isère).
- A. Soit x le nombre des élèves inscrits. y le nombre de crayons à remettre à chacun des x élèves, s le nombre de crayons remis à chacun des x — 10 élèves.
- 1) æ (2 (a: — 1) — 35) = xyi
- 2 X x‘l — 37 x — xy.
- Nombre des crayons remis aux x — 10 élèves = (x-—10). z.
- La différence entre (x — 10) et xy est 2150 —- 450 = 1700.
- 2) (ai — 10) z -—— xy == Ï700, xz -r— 10 z — xy = 1700.
- xz — 10 s ----- xy + 1700,
- Soustraction.
- 1) — 2) xz — 2x x1 + 37 x — 10 z = 1700.
- x = 100
- 100 a — 20 000 + 3700 — 10 z = 1700.
- 90 z — 16 300 = 1700.
- 90 a = 18 000.
- z = 200. . .
- Avec x = 100 dans l’équation 1).
- 20 000 — 3700 ==' 100 y.
- 100 y = 16 300. y = 163.
- Réponses : 1° Elèves inscrits 100.
- Elèves présents 90.
- Nombre de crayons distribués à chacun des 90 élèves : 200.
- 2° Pour distribuer le stock total de crayons il aurait fallu remettre 265 crayons à chaque élève.
- Problème B. — Solution de M. l’Abbé Huelle.
- Ce problème ne demande, en apparence, que la recherche de deux inconnues, la distance des deux aérodromes et la vitesse de l’avion.
- Cependant, comme l’énoncé comporte trois circonstances et, par suite, l’établissement de trois équations, c’est qu’il y a trois inconnues à déterminer.
- Quelle est donc la troisième inconnue de ce problème que les vieux professeurs de mathématiques auraient rangée dans la catégorie des problèmes à inconnue dissimulée ? Cette inconnue, c’est la différence des heures locales de Granville et du Bourget.
- Appelons x cette différence des heures locales et réduisons les temps donnés en minutes ainsi que les vitesses données en kilomètres par minute.
- Le Bourget retarde de x minutes sur Granville. L’avion, à l’aller, tiendra donc l’air pendant 155 + x minutes. Si sa vitesse est de y kilomètres par minute, la distance z des deux aérodromes sera donnée par l’équation.
- Z = (155 + x) y (1)
- Au retour du même jour on aura de même :
- 2 = (230 — x) [y ~ 0,5) (2)
- , et pour le voyage du lendemain :
- z = (122 + x) {y + 0,5). 1 (3)
- Egalant les 2 valeurs de z données par (2) et (3), on a l’équation :
- y -|- 0,5 -122+ x // - (),5 230- .r'
- qui donne, après calculs,
- 88
- Portant cette valeur dans l’équation qui résulte de la combinaison de (1 ) et de (3),
- (* + 155)//= (a;+ 122) (y + 0,5). on trouve facilement l’équation :
- *2 + 68* — 780 = 0
- dont la racine positive x = 10 convient seule..
- Le premier nombre doit donc être divisible par 100.
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- On a donc :
- 88
- 54 — 10
- 88
- 44
- Les vitesses de l’avion sont par suite de 120 km au premier voyage, de 90 km au retour et de 150 km au voyage du lendemain.
- La distance des deux aérodromes est :
- Z = (155 + 10)2 = 330 km.
- Problème C.
- Soit le nombre N : on peut écrire suivant l’énoncé :
- N — mult. de 10 — 1
- N = — 9 — 1
- ' N = — 8 — 1
- i N'= — 2 — 1
- donc N + 1 = mult. de 10
- N.+'l — 9
- N + 1 ~ 2. -
- Il s’agit tout simplement de trouver'le plus petit commun multiple des 10 premiers nombres : ce qui donne,
- 23 X 32 X 5 X 7 = 2520.
- Le nombre cherché est donc 2519.
- Un certain nombre de nos lecteurs qui ont trouvé la solution exacte y sont arrivés par des moyens détournés beaucoup plus longs.
- Le problème est très joli et sa solution est en somipe très simple.
- Ont résolu les 3 problèmes :
- MM. Roger Fleurot, industriel, Val-d’Ajol (Vosges). Hibou, rue Pont-de-Lodi, Paris. Louis Saceardv, a Gonstantine. Valaize a Argehtéuil (Seine-et-Oise). Paître, professeur à l’institut professionnel de Nantes. Dreyer à Roussillon (Isère). M. Cornet, chef du bureau d’Hygiène, à Amiens.
- Les problèmessA et B. M. Rambâl à Mulhouse.
- Les problèmes B et C. '
- M. Abbé Maton, Saverne •(Bas-Rliirr). Bouseraud, à Chambéry (Savoie).D’Henri Brisson, étudiant, Lisieux (Calvados). Commandant Noisel, à Charleville. Evrard, à Dison (Belgique). Huyghebaert, à Anvers (Belgique). J. Célafd, Cercle de l’Union à Roanne. Jean Monnig, étudiant à l’Ecole polytechnique, Bruxelles. Ch. Daes, élève à l’Ecole abbatiale de Lophem-les-Bruges (Belgique). P. Fleury, ingénieur chimiste à Rennes (Ille-et-V.). M. Marcou, ingénieur à Carmaux. Infernet, ingénieur à Carmaux, M. Fortunet, ingénieur à Oran.
- Les problèmes A et C.
- MM. Brisset, professeur à Fécamp. Ferdinand Burdin, rue de Condé, à Lyon. Allary, à Alfortville (Seine). Mazoué, professeur à Nice.
- Le problème C.
- MM. Gely, à Toulouse. René du Pierram, Reims. Cosson, notaire, Mézeray (Sarthe). Ad. de Beaumont, Albi (Tarn). Jourdan à Gelât, par Bouge-Chambalud (Isère). Bouffé, étudiant en droit, Lyon. Port, ingénieur mécanicien honoraire, Brest. Samuel Marti, Montbéliard.
- Mlles Colette Gaudret, collège de jeunes filles, à Langres.
- Catherine Bigo, à Poix (Somme). Capitaine Antoine Moyen, Metz (Moselle). Lieutenant Edouard Mimoso Serra. Lieutenant de cavalerie, à Lisbonne (Portugal). Louis Schœlïer, ingénieur, Lausanne. Abbé Chevallier, curé à St-Martin-le-Gaillard (Seine-Inférieure).
- Nous proposerons cette fois un problème qui n’est pas nouveau, mais qui est présenté sous une forme originale, par M. Port, ingénieur mécanicien honoraire, à Brest.
- Problème A. — En supposant que la Terre soit une sphère d’or de 12735 km de diamètre, combien faudrait-il de Terres semblables pour représenter le capital que seraient devenus 0 f 05 placés à intérêts composés à 5 pour 100 depuis le commencement de Père chrétienne, c’est-à-dire pendant 1932 ans ? Densité de l’or : 19,3. Valeur du kg d’or : 16G50 francs.
- Problème B. — Disposer les 12 premiers nombres aux extrémités et aux intersections d’une étoile à 6 pointes de manière à obtenir le total de 26 (voir la figure ci-jointe).
- A + B + D + E = 26.
- A + L + J' + I = 26.
- Iv -j- J -j- H -j- G = 26, etc...
- Et pour terminer, un petit problème très gracieux que nous empruntons à Sphinx, revue belge des questions récréatives en abrégeant son pittoresque exposé :
- A l’occasion de la fête on avait à découper 3 tartes de 35 centim. de diamètre : deux méthodes pour découper : découpage en secteurs, ou découpages en carrés.
- On était 8 personnes : Rose pas compliquée, trace prestement ses 4 diamètres qui ont fait 8 parts égales. Jeanne employa le 2e procédé et fit 8 parts non identiques mais équivalentes n’entamant que 6 fois les bords. Elle eut moins à tracer que Rose, 65 millim. de moins.
- La mère intervient et constate qu’on n’a pas réservé la part du pauvre. Elle prend la dernière tarte, fait 9 parts équivalentes et comme tout bienfait porte en soi sa récompense, elle fait les 9 parts en traçant 21 millim. de moins que Jeanne.
- Mais Robert renchérit sur le tout et dit à sa maman : tes morceaux sont symétriques. Mais si tu les faisais égaux tu aurais gagné au moins 30 millimètres. « Tu seras géomètre », dit la mère, en dégustant la tarte.
- Dessiner les figures des 4 procédés indiqués.
- Existe-t-il de meilleurs procédés donnant une plus petite valeur pour la longueur totale des lignes de partage ?
- Virgile Brandicourt.
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- L’ŒUVRE DU CÉLÈBRE BOTANISTE HOLLANDAIS
- HUGO DE VRIES
- Le 16 février dernier, lu Hollande a i'êté Hugo de Vries, le génial botaniste qui, né à Haarlem en 1848, entra ce jour-là dans sa 85° année. Rappelons, à ce propos, l’œuvre du savant émule des Jussieu, des Linné, des Tournefort, des Naudin et des Mendel.
- Hugo de Vries s’initia à la physiologie végétale en suivant, d’abord les cours des Universités de Leyde, puis de Heidelberg
- sa fameuse théorie de la mutation (1900-1903) le mirent en vedette. En effet, Hugo de Vries eut le rare mérite d’appeler l’attention sur les lois que le moine autrichien Grégor Mendel avait découvertes de 1865 à 1869, à peu près en même temps que le Français Charles Naudin.
- Ces règles, passées inaperçues durant une trentaine d’années, semblent conditionner l’hérédité médiate ou atavique.
- et de Wurtzboürg. Reçu docteur ès sciences naturelles en 1870, on lui donna l’année suivante une chaire à la Realschule d’Amsterdam. Devenu privat-docent à Halle en 1877, son enseignement eut beaucoup de succès non seulement en Allemagne mais dans les Pays-Bas où il fit alors une série de conférences résumées dans ses Recherches sur les causes méca-hiquesidu développement de la cellule (1877). Ce livre et d’autres mémoires non moins remarquables lui valurent la chaire dè botanique de l’Université d’Amsterdam (1880), puis la direcr tion du Jardin botanique de cette ville (1896).
- - D’autre part, ses ouvrages;-sur la plasmolyse (1885), sur la pangehèsè intracellulaire (1899), son originale étude sur les 'déformations provoquées chez les plantes (1892), et surtout
- Plus précis que Darwin, Hugo de Vries commença par définir l’espèce d’une façon méthodique. « Quelles que soient, écrit-il, les idées que nous nous fassions sur la manière dont se sont produites les formes actuelles des êtres qui composent le monde organisé, toutes les fois que nous voulons mettre de l’ordre dans ce nombre immense d’êtres, nous sommes obligés de chercher un point de départ qui puisse servir de base à nos classifications. Ce point de départ, c’est l’espèce. Mais qu’est-ce que l’espèce ? Qui nous donnera le « mètre » au moyen duquel nous la circonscrirons, pour en faire notre « unité », notre terme de comparaison dans la hiérarchie des classifications ». Là réside la difficulté et quand on veut préciser, les définitions proposées laissent souvent place à l’arbitraire. Hugo de Vries
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- apporta quelque clarté dans ce domaine en formulant des considérations générales sur la nature particulière des ululations, autrement dit sur les variations brusques et spontanées, créatrices d’espèces nouvelles. Ce phénomène était déjà connu, mais dans son livre Espèces et variétés, leur naissance par mutation, traduit par L. Blaringhcm (1908), le savant hollandais en donnait une originale théorie, basée sur des recherches expérimentales poursuivies d’abord dans le Jardin botanique de F Université d’Amsterdam, puis continuées dans sa propriété de Lunteren (Hollande).
- Les conceptions d’Hugo de Vries heurtaient les idées des naturalistes d’alors, qui se représentaient la descendance des espèces comme une évolution continue se déroulant lentement à travers l’immensité des âges.
- Selon Hugo de Vries, la transformation d’une espèce en une autre s’opère souvent d’une façon soudaine. Les conceptions théoriques du sagace « jardinier » dérivent, du reste, des multiples observations qu’il fit sur une plante de grande taille à fleurs jaunes, YŒnothera Lamarckiana. Au cours des cultures, qui portèrent sur plus de 50 000 pieds, il vit que des graines provenant de types identiques donnent des formes diverses non ]ras seulement par ces écarts individuels, disparus à la génération suivante, mais par des différences stables, transmissibles héréditairement, une fois acquises. Il obtint ainsi plusieurs centaines de mutations dont il considéra quatre d’entre elles comme des espèces nouvelles.
- Malgré l’opposition de plusieurs savants, entre autres celles du Français Le Dantec et de l’Anglais Poulton, la théorie de la
- mutation jouit à présent d’une grande vogue dans les milieux scientifiques, après les travaux de Blaringhcm, de Cuenot, de Tsehermak et de divers spécialistes qui montrèrent que les observations faites par de Vries sur les fleurs d’Œnothères ne représentent pas un phénomène unique dans le monde végétal. Ainsi Duchesne a pu constater des changements brusques analogues dans le fraisier et Blaringhcm dans le maïs.
- Quel que soit, d’ailleurs, l’avenir réservé aux découvertes d’Hügo de Vries) lés travaux, qu’il poursuit encore bien qu’octogénaire, daiis son jardin et ses serres de Lunteren sur de nombreuses familles de végétaux, lui assurent une place très honorable parmi les plus grands botanistes de notre époque. Si la mùtation'hc se produit pas chez toutes les espèces, si elle a lieu à certains moments et non à d’autres, si elle est parfois nuisible, elle explique néanmoins pourquoi, entre les séries parentes des êtres organisés,* lès types intermédiaires manquent fréquemment. Si on n’a jamais observé de mutations ayant la valeur d’un changement de genre, si ces brusques transformations n’affectent que divers caractères superficiels des espèces mutantes, si les vraies mutations sont des raretés, bien des progrès horticoles ou agricoles paraissent ressortir à ce phénomène : variations de croissance, variations de coloris des feuilles et des fleurs transmises par semis, disparition des épines, etc.
- Enfin tous ceux qui s’intéressent à la vie végétale consulteront longtemps encore avec fruit le Traité de Botanique, que de Vries a publié en collaboration avec Oudeman.
- Jacques Boyer.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR OUVRIR LES HUITRES
- A supposer que vous aimiez les huîtres et que vous ne craigniez pas les dangers que peuvent faire courir à la santé celles qui auraient été contaminées, il reste une difficulté : les ouvrir. Si l’on en charge le vendeur, il faut ensuite les transporter ouvertes, au risque de perdre l’eau qui baigne entre leurs valves; et si on veut le faire chez soi, au moment de se mettre à table, c’est un travail laborieux. Une huître mal ouverte a mauvais aspect, est déchiquetée, laisse sourdre un jus brunâtre, et si l’on a effrité la coquille, de petits morceaux de calcaire parsèment la chair. On a inventé nombre d’instruments, de couteaux spéciaux, pour réussir, mais ils n’évitent pas l’effort à faire pour vaincre la résistance du mollusque qui s’obstine à contracte r son muscle puissant serrant les valves l’une contre l’autre. Et, dahsycet effort, une maladresse, un dérapage risquent de blesser les mains,
- MM. V. Kochring et H.-F. Prytherch, de la station!’ de pêches de Beaufort, aux Etats-Unis, ont étudié systématiquement le moyen de faire bâiller les huîtres avant de les ouvrir, ce qui rend très facile l’opération jusqu’ici si pénible. Le Bureau des pêches américain vient de publierfles résultats de ces recherches. Les huîtres n’aiment pas les acides, les eaux à pIL faibles. Elles bâillent quand on les plonge dans de l’eau chargée d’acide carbonique, d’acide chlorhydrique, d’acide acétique, d’acide lactique, d’acide formique, etc. Elles se referment lentement quand on n’a pas employé des doses trop fortes et qu’on les replace dans de l’eau de mer non acidifiée. Les acides à faible concentration ne tuent donc pas le mollusque. En outre, ils ont tous une certaine action bactéricide. Enfin, dit-on, ils ne modifient pas le goût. Les auteurs ont obtenu les meilleurs résultats en abaissant le pH de l’eau entre 2 et 3, au moyen d’acide chlorhydrique, ce qui représente une assez forte dose d’acide, laquelle est d’ailleurs peu à peu meutra-lisée par le carbonate de la coquille. Au besoin, ils lavent les huîtres une fois ouvertes dans l’eau de mer non acidifiée.
- La technique n’est peut-être pas encore au point et tout à fait satisfaisante, mais elle méritait, croyons-nous, d’être signalée.
- LE COR BAROMÈTRE
- Il est courant d’entendre dire, par les personnes ayant des cors, que ces intempestifs développements épidermiques, leur annonçaient avec certitude les changements de temps, sans qu’ellent aient pensé qu’elles prenaient l’effet pour la cause.
- En réalité, c’est le cuir de la chaussure qui est l’enregistreur des variations hygrométriques de l’atmosphère, car le cuir y est extrê-
- mement sensible et change de dimensions avec l'humidité relative.
- Lorsque l’air devient sec, les cuirs tannés au végétal éprouvent une diminution de surface d’environ 6 pour 100, diminution qui atteint 18 pour 100, si le tannage a été effectué « au chrome ».
- On conçoit facilement que dans ces conditions, le cor se trouve comprimé et annonce par la douleur à son infortuné possesseur, qu’il y a quelque chose de changé dans l’état atmosphérique, ainsi que pourrait le lui révéler l’hygromètre le plus perfectionné. e
- Si on considère le dessus de la chaussure, c’est-à-dire l’empeigne, est presque toujours actuellement tanné au chrome, qu’il est plus mince dont plus apte à se mettre en équilibre d’humidité, que le cuir de la semelle, généralement tanné au tannin végétal, on voit que le pied emprisonné subit sans pouvoir s’y soustraire, des variations de pression que nous enregistrons en somme d’assez mauvaise grâce.
- Et s’il faut tirer une conclus on de ces observations tannico-météorologiques, émettons le vœu que, tout au moins pour les pieds sensibles, l’utilisation des cuirs soit inversée, réservant les cuirs tannés au végétal, pour les empeignes, seuls les cuirs chromés servant à confectionner les semelles, ce qui aura, d’autre part, le grand avantage de leur assurer une plus longue durée.
- COMMENT S’HABITUER A COUCHER LA FENÊTRE OUVERTE EN TOUTES SAISONS
- La meilleure manière d’arriver à supporter pendant la nuit l’a>r froid, sans avoir à craindre rhumes et bronchites, est de procéder ainsi :
- Entr’ouvrir seulement la fenêtre, au début en laissant tomber les grands rideaux, ou placer devant celle-ci un écran tel qu’une couverture, afin que l’air n’entre pas directement dans la chambre.
- Chaque jour augmenter progressivement l’ouverture de la fenêtre, ou diminuer les dimensions de l’écran, jusqu’à une suppression complète.
- Comme précautions complémentaires, avoir soin de placer le lit dans l’endroit le plus reculé de la chambre, par rapport à la fenêtre, et de telle façon que l’air froid n’arrive pas directement sur le lit, se couvrir de bonnes couvertures et mettre les bras sous celles-ci.
- Pour terminer, disons pour Jes personnes craintives, que l’accoutumance peut s’amorcer dans les premiers jours, en ouvrant simplement la fenêtre d’une chambre voisine, laissant bien entendu, libre la porte de communication; ainsi les poumons deviendront plus robustes, dans le calme réparateur du sommeil.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AVRIL 1933 '(*)
- L’occultation de Régulus (a Lion) par la Lune, le 6 avril, le phénomène le plus important à observer ce mois-ci (voir plus loin).
- Planètes en évidence pour l’observation : Mercure (plus grande élongation le 20) ; Mars, Jupiter et Neptune, encore très bien placés pour l’étude. Puis la série des phénomènes habituels : conjonctions, lumière zodiacale, variables, lumière cendrée de la Lune, étoiles filantes, etc.
- I. Soleil. — Le Soleil, en avril, s’élève beaucoup dans l’hémisphère nord, puisque sa déclinaison, de + 4° 29' le 1er ayril atteindra + 14° 43' le 30. La durée du jour augmente également d’une manière importante et passe de 12“ 47"’ le 1er à 14h 27“ le 30. Cette durée est celle de la présence du bord supérieur du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris.
- Elle est variable suivant la situation des lieux, en latitude et en longitude. Le petit tableau ci-après, que nous composons à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion, est fort instinctif à ce point de vue :
- 1er avril | er mai
- Ville Lever Coucher Lever Coucher
- Lille . . 5“ 30™ 18“ 15™ 4» 25“ 19“ 5™
- Strasbourg. . . . 5 10 17 57 4 11 18 41
- Brest .... . . 6 0 18 45 5 1 19 29
- Bourges. . . . . 5 34 18 17 4 37 LO CO
- Lyon .... . . 5 24 18 7 4 31 00
- Bordeaux . . . . 5 47 18 28 4 55 19 5
- Toulouse . . . . 5 40 18 19 4 50 18 54
- Marseille. . . . . 5 24 18 3 4 34 18 38
- Ajaccio . . . . . 5 11 17 48 4 23 18 21
- Alger .... . . 5 36 18 .9 4 56 18 34
- L’influence de la longitude apparaît nettement en comparant les heures de Strasbourg et de Brest. A Strasbourg, le Soleil se lève et se couche environ 50 minutes plus tôt qu’à Brest. L’influence de la latitude apparaît dans la valeur de la durée du jour. Cette durée, le 1er avril, est sensiblement la même pour toute la France, parce que le Soleil est encore peu éloigné du point vernal et le jour dure un peu plus de 12 heures. Mais le 1er mai, la différence s’accentue et le jour, à Lille, dure 1411 40m, tandis qu’à Alger il n’est que de 13h 38™. Cette différence s’accentue à l’époque des solstices et nous y reviendrons un jour. On ne se doute pas des différences que présenterait au même moment, le ciel de France, pour un observateur qui pourrait se déplacer instantanément du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. La France continentale, quand on la voit sur une mappemonde, paraît bien petite comparée à la surface totale terrestre. Mais son étendue est suffisante cependant pour introduire de grandes différences dans les aspects célestes.
- Voici le Temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours.
- Dates Heure du passage
- Avril 1er *11» 54' " 408
- •— 3 11 54 4
- — 5 11 53 29
- .— 7 11 52 54
- •— 9 11 52 20
- — 11 11 51 47
- — 13 11 51 16
- — 15 11 50 45
- Dates. Heure du passage
- Avril 17 11“ 50“ 16 -
- — 19 11 49 49
- — 21 11 49 23
- — 23 11 48 59
- — 25 11 48 37
- — 27 11 48 17
- — 29 11 47 59
- Observations physiques. — Voir au n° 2986 ce que nous avons dit concernant ces observations. Voici la suite des éphémérides pour l’orientation des dessins ou photographies
- du Soleil.
- Dates. P B0 L0
- 0“ T. U.) — •— —
- Avril l‘r — 26»,27- — 6»,51 330»,07
- — 6 — 26 40 — 6 22 264 10
- — 11 — 26 35 — 5 87 198 10
- O TT*' 1 1 — 26 12 — 5 49 132 08
- — 21 — 25 70 — 5 06 66 01
- — 26 — 25 10 — 4 61 359 99
- Lumière zodiacale. — Celte lueur est très remarquable en
- avril. On pourra l’observer notamment du 14 au 26, période pendant laquelle la Lune ne gênera pas son étude.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en avril se présentc-
- ront comme suit :
- P. Q. le 3, à 5“ 56“ D. Q. le 17, à 4“ 17“
- P. L. le 10, à 13“ 38™ N. L. le 24, à 18“ 38“.
- Age de la Lune, lel" avril, à 0" (T. U.) = 5f,9 ; le 25 avril = 0!,2 Plus grandes déclinaisons de la Lune, en avril : le 1er, à 21“ = + 20» 18'; le 15, à 0“ = — 28» 14'; le 29, à 3“ = + 28» 7'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 12 avril, à 11". Parallaxe = 60' 36”. Distance = 361 850 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance de la Terre), le 28 avril, à 4". Parallaxe = 54' 1”. Distance = 405 945 km.
- Occultation d’étoiles par la Lune. — Le 6 avril, occultation de Régulus (y. Lion). Cette belle étoile, de magnitude 1,3, sera occultée pendant 28 minutes seulement. La Lune présentera une phase intermédiaire entre le premier quartier, et la pleine Lune. L’étoile disparaîtra pour Paris, à 20"53m, 5, derrière le bord obscur de la Lune. Elle réapparaîtra à 21“ 23m 0 derrière.le bord éclairé. Cette occultation sera presque tan-gentielle, l’étoile pénétrant très peu derrière la région de pôle nord lunaire.
- Il sera très intéressant de déterminer les lieux où l’occultation ne sera plus visible. On peut même espérer, si l’on se trouve juste à la limite, voir l’étoile raser le bord de la Lune et disparaître et réapjraraître, à travers les dépressions que laissent entre elles les montagnes. Cette occultation, que l’on pourra suivre avec les plus petites lunettes, ne se produira donc plus à une certaine distance au Nord de Paris. Elle n’est pas visible en Belgique. Phénomène très important à observer.
- Le 14, occultation de 135 B. Scorpion (gr. 6,0). Émersion à 2" 11™, 5.
- Le 30, occultation de A Gémeaux (gr. 5,1). Immersion à 23“ 33», 5.
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera très remarquable les 26, 27 et 28 avril.
- Marées-, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 10. Elle seront très fortes comme on le voit ci-après (heures de la pleine mer à Brest) :
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps légal, ou temps universel (T. U.), compté de 0“ à 24“, à partir de 0“ (minuit). L'heure d’été sera mise en vigueur dans le courant d’avril. 11 y aura lieu, dès son adoption, d’ajouter 1 heure aux heures indiquées ici.
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- Dates. Marées du matin. Marées du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Avril 9 311 4 ni 88 1511 22™ 95
- — 10 3 39 100 15 58 105
- — 11 4 17 108 16 35 109
- — 12 4 34 108 17 14 106
- — 13 5 35 102 17 55 97
- — 14 6 18 90 18 40 82
- En raison de la forte amplitude de ces marées, le mascaret se produira à diverses reprises. Voici l’heure probable de son arrivée à Quillebeuf, Villequier et Caudebec :
- Coefficient Arrivée du mascaret à
- Dates, de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Avril 10 100 'J h m 7“ 54™ 8" 3™
- — 10 105 19 34 20 11 20 20
- — 11 108 7 51 8 28 8 37
- — 11 109 20 8 20 45 20 54
- — 12 108 8 26 9 3 9 12
- — 12 106 20 46 21 23 21 32
- — 13 102 9 48 9 45 9 5
- Dates. Partie éclairée Diamètre Magnitude
- du disque stellaire
- Avril 1 e r 0,10 10", 8 + .1,8
- 6 0,20 10,1 + 1,3
- — 11 0,30 9,3 + 1,0
- -- 16 0,39 8,5 + 0,8
- — 21 0,47 7,7 + 0,6
- — 26 0,54 7,1 + 0,4
- Vénus est inobservable, elle sera en conjonction supérieure
- avec le Soleil le 21 avril, à 16 h
- Mars est encore visible presque toute la nuit, à environ
- 2 degrés à l’Est de la belle étoile a du Lion (Régulus).
- Voici la suite des éléments aréographiques, utiles à cou-
- naître pour les observations physiques de la planète, et si
- Angle de
- Angle de Latitude 1 tosition Magni-
- Dates. position du Dia- fie la tude
- 01' (T. U.) de l’axe, centre, mètre. Phase phase, stellaire.
- Avril 1er 10“,5 + 19",9 12",5 0",5 115«, 2 —0,5
- - 11 10 ,0 + 20, 1 11, 5 0 ,6 ! O
- — 21 10 ,2 + 20, 6 10, 6 0 ,8 112,5 —0,0
- Le diamètre de Mars sera déjà bien réduit à la fin du mois. *
- ASTRE Dates : Avril Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 5» 24™ 11“ 53™ 29s 18» 25™ 0» 56™ + 6" 1' 32' 0"8 Poissons
- Soleil. . . 15 5 3 11 50 45 18 39 1 33 H- 9 1 31 55 4 Poissons * ))
- 25 4 44 11 48 37 18 54 2 10 + 13 8 31 5 2 Bélier
- 5 4 46 10 41 16 37 23 40 — 1 53 10 2 a Poissons Le matin, à la fin du
- Mercure . . 15 4 1 10 15 16 28 23 55 — 2 28 8 6 Poissons | mois. Plus grande élon-
- 25 4 12 10 13 16 13 0 32 + 0 28 7,2 Poissons gation le 20.
- L 5 5 25 11 40 17 56 0 41 + 2 53 9,8 Poissons
- Vénus . . . 15 5 8 11 46 18 25 1 26 + 7 47 9,8 Ç Poissons Inobservable.
- ( 25 4 53 11 54 18 54 2 13 + 12 24 9,8 Bélier
- 5 14 4 21 13 4 22 10 17 + 14 0 12,0 a Lion
- Mars . . . 15 13 25 20 32 3 40 10 16 + 13 42 11,2 a Lion Presque toute la nuit.
- ( 25 12 53 19 56 3 0 10 19 + 13 0 10,2 cl Lion
- Jupiter. . . 15 14 43 21 20 3 58 11 4 + 7 32 39,8 / Vierge Presque toute la nuit.
- Saturne . . 15 2 48 7 29 12 10 21 11 — 17 0 14,6 i Capricorne Le matin avant l’aurore.
- Uranus. . . 15 5 3 11 46 18 28 1 28 + 8 35 3,2 Ç-o Poissons Inobservable.
- Neptune . . 15 14 9 20 55 3 42 10 39 + 9 29 2,4 49 Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-dessus, que nous avons di •essé à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1933, renferme les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’avril.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du matin le 20 avril, à 3», à 27° 19' à l’Ouest du Soleil. Il sera visible, en d’assez bonnes conditions quelques jours avant et après cette date.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure.
- l’on veut étudier les détails de sa surface, une lunette de moyenne puissance sera nécessaire.
- Voir au « Bulletin astronomique » du n° 2896 la marche apparente de Mars sur le Ciel pendant le mois d’avril.
- Jupiter, dont l’opposition avec le Soleil a eu lieu le mois dernier, est visible presque toute la nuit. La plus petite lunette suffit pour voir les bandes nuageuses qui traversent son disque et pour suivre les satellites principaux dans leur révolution autour de Jupiter (voir au n° 2896 l’énumération des phénomènes auxquels ces satellites donnent lieu).
- Saturne est un peu visible le matin, avant l’aurore.
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- 231
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter
- Dates : Satci- Phéno- Dates : Satel- Pliéno-
- Avril Heure lite. mène. Avril Heure lite. mène.
- 1 î1 34“ I E. f. 15 2>'18* 1 Im.
- 1 20 39 I P. c. 15 23 39 1 P. c.
- 1 20 39 1 O. c. 16 0 28 I O. c.
- 1 22 21 I P. f. 16 1 54 I P. f.
- 1 22 54 I O. f. 16 2 43 1 O. f.
- 2 20 2 1 E. f. 16 19 30 III O. f.
- 3 3 57 II lm. 16 20 45 I lm.
- 3 20 42 IV Irn. 16 23 52 I E. f.
- 3 23 51 IV Em. 17 20 21 1 P. f.
- 4 2 18 IV E. c. 1.7 21 12 I O. f.
- 4 22 2 II P. c. 19 2 41 11 P. c.
- 4 23 15 11 O. c. 20 2 33 111 Im.
- 5 0 41 11 P. f. 20 20 22 IV E. c.
- 5 1 55 II O. f. 20 21 45 II Im.
- 5 19 41 III Im. 20 23 33 IV E. f.
- 6 1 23 III E. f. 21 2 14 II E. f.
- 6 21 4 II E. f. 22 20 25 II O. f.
- 7 3 26 I P. c. 23 1 27 I P. c.
- 7 4 5 I O. c. 23 2 23 I O. c.
- 8 0 32 I Im. 23 19 39 III P. f.
- 8 3 28 1 E. f. 23 20 23 111 O. c.
- 8 21 52 1 P. c. 23 22 33 I Im.
- 8 22 34 1 O. c. 23 23 28 11 O. f.
- 9 0 7 I P. f. 24 1 46 II E. f.
- 9 0 40 I O. f. 24 19 54 I P. c.
- 9 21 57 I E. f. 24 20 52 I O. c.
- 9 18 59 1 l'm. 24 22 9 I P. f.
- 10 19 17 I O. f. 24 23 6 I O. f.
- 12 0 20 II P.c . 25 20 15 I E. f.
- 12 1 51 II O. c. 28 0 .8 II Im.
- 12 2 53 IV P. c. 28 21 41 IV P. f.
- 12 3 0 II P. f. 29 20 22 II O. c.
- 12 23 5 III lm. 29 20 57 II P. f.
- 13 2 13 III Em. 29 23 2 11 O. f.
- 13 2 14 ni E. c. 30 20 6 ni P. c.
- 13 19 24 ii Im. 30 23 15 ni P. f.
- 13 23 39 il E. f. r i
- Voivi les éléments de l’anneau, à la date du 16 avril :
- Grand axe extérieur............................... . 36",73
- Petit axe extérieur...............-...............+ 9",99
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau..................................... + 15°,70
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 17°,89
- Uranus se trouvera en conjonction avec le Soleil le 13 avril, à 18". Il est donc inobservable.
- Neptune est encore bien placé pour l’observation, se couchant, le 15 avril, à 3“ 42” du matin. On le recherchera aux positions ci-après :
- Ascension Diamètre
- Dates droite Déclinaison apj>arent
- Avril 5 10" 40“ + 9 “24' 2",4
- — 15 10 39 + 9 29 2,4
- — 25 10 38 + 9 32 " 2,4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 7, à 3h, Mars en conjonct. avec la Lune,à 2° 46' N.
- Le 7, à 14", Neptune à 101 ' N.
- Le 8, à 4U, Jupiter — — à 2» 26' N.
- Le 15, à 7", Vénus Uranus à 0° 39' S.
- Le 18, à 12", Saturne — la Lune,à 1° 16' N.
- Le 22, à 14", Mercure — — à 5° 41' S.
- Le 24, à 2", Uranus — — à 4° 45' S.
- Le 25, à 1", Vénus — à 5° 40' S.
- Le 27, à 6", Jupiter avec y Lion (gr. 4,8), à 0°5 N'
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Heure (T. U.) à 0"
- Avril l°r Inférieur 0" 52” 48 12" 35” 36'
- 11 0 12 43 14 15 2
- — 14 — 0 0 56 —
- 14 — 23 57 0 —
- 21 23 29 30 13 54 27
- Les étoiles — et l’Etoile Polaire elle aussi — font un tour complet du ciel en 23" 56“ 4S de temps moyen. Il arrive parfois, et c’est le cas pour le 14 avril, que l’Etoile Polaire passe au méridien deux fois au cours de la même journée.
- Etoiles variables. — Le 6 avril, maximum d’éclat de R Andromède (variable de 5 m,6 à 14m,7, en 409 jours).
- Le 7 avril maximum de T Baleine (variable de 5m,2 à 6m,0 en 156 jours).
- Maxima d’éclat de fi Lyre : 12 et 25 avril.
- Etoiles filantes. — Quelques essaims sont actifs en avril :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison Etoile voisine.
- Avril 9 255" + 36“ 7t Hercule
- — 16 au 30 206° -j- 13“ Yj Bouvier
- — 19 et 24 271“ + 33“ 105 Hercule
- -- 29 et 30 326“ — 20 a Verseau
- L’essaim des Lyrides, qu’il faut observer du 19 au
- (radianl, 104 Hercule), donne des météores rapides.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste
- 1er avril à 21", ou le 15 avril, à 20", est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse. L’étoile X Grande Ourse est presque exactement au Zénith.
- Au Nord-. La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- A l'Est : Le Bouvier; la Couronne boréale; le Serpent; Hercule.
- Au Sud-Est : L’Epi de la Vierge; j3 Balance.
- Au Sud : Le Corbeau; l’Hydre; la Licorne; le Petit Chien. A l'Ouest : Orion, le Taureau; les Gémeaux.
- Au Sud-Ouest. Le Grand Chien et Sirius se couchent.
- Em. Touchet.
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- ^ L’AUTOMOBILE PRATIQUE =
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES ET PRATIQUES CONSEILS PRATIQUES
- LA CARROSSERIE ET LA SÉCURITÉ EN AUTOMOBILE
- Los carrosseries automobiles sont, aujourd’hui, presque toujours, fabriquées en série par les constructeurs des châssis eux-mêmes ; bien rares sont devenus les amateurs qui recourent au carrossier spécialiste pour faire carrosser leur voiture à leur goût. En quittant ainsi le domaine de l'art ou de l’artisan pour entrer dans celui de la grande industrie, la technique de la carrosserie ne s’est pas immobilisée, comme on aurait pu le craindre. Bien au contraire, elle a bénéficié d’études approfondies, conduites en vue d’obtenir non seulement une fabrication bon marché, mais encore une parfaite adaptation de la carrosserie au châssis.
- Le rôle de la carrosserie est tout d’abord d’assurer le bien-être et le confort des voyageurs contre les intempéries. On lui demande aussi un aspect aussi élégant que possible; des lignes harmonisées avec celles du châssis, et établies suivant des conceptions modernes.
- Le temps n’est pas loin où l’on dessinait les carrosseries automobiles, un peu comme celles des voitures hippomobiles. On comprend aujourd’hui que les formes de la carrosserie ne sont pas entièrement arbitraires; outre son rôle de logement des voyageurs, elle a encore à remplir un rôle mécanique et protecteur fort important.
- Les carrosseries modernes presque entièrement tôlées, et dont le toit seul est souple, avec une armature entièrement métallique ou mixte, c’est-à-dire en bois et en métal, sont relativement légères, mais forment pourtant de plus en plus une sorte de bloc presque indéformable. Leurs lignes sont étudiées de manière à offrir le moins possible de résistance à l’avancement dans l’air.
- Si cette dernière caractéristique est, en réalité, relativement peu importante pour les vitesses moyennes normales, la première est beaucoup plus essentielle. La carrosserie-bloc augmente en effet les qualités de résistance du châssis et, par là même, s’oppose à ses déformations. Elle augmente donc la durée de service de la voiture, et l’on ne constate plus les « jeux » si désagréables de toutes les parties mobiles, en particulier des portes, qui se traduisaient par des bruits gênants, et même parfois par une usure prématurée.
- La carrosserie doit jouer aussi un rôle protecteur, en cas d’accident, mais pour qu’il soit efficace, il ne faut pas que des détails négligés puissent être, en cas' de choc quelconque, une source de dangers.
- C’est ainsi que toutes les voitures de tourisme devraient être munies complètement de vitres de sécurité, tout au moins sur leur pare-brise et les glaces avant. Combien d’accidents peu graves ont été transformés en catastrophes parce qu’on avait négligé' celte précaution essentielle.
- Sur la plupart des voitures actuelles neuves de série, les constructeurs livrent maintenant des vitres de sécurité, mais il en est encore qui ne comportent pas cette particularité, et la majorité des voitures d’anciens modèles n’en sont pas munies.
- De même, si le confort est essentiel, il ne faut pas que la recherche du confort poussée à l’excès puisse diminuer la facilité et la précision de conduite de la voiture. Dans certaines carrosseries aux coussins placés très bas, et à la direction très inclinée, le conducteur est presque complètement allongé. Non seulement il n’aperçoit pas les extrémités des ailes, mais encore son champ de vision est très réduit. La conduite dans
- ces conditions, surtout dans les villes, devient fort difficile. Si la position du conducteur ne lui permet pas d’exercer un effort rapide et énergique sur les pédales et sur la direction, il peut en résulter aussi des inconvénients très graves en cas de danger, lorsqu’il est nécessaire d’effectuer la manœuvre rapide et même quelquefois brutale qui sevde peut éviter l’accident. C’est pourquoi, sous un autre rapport, une direction très démultipliée et une suspension trop souple sont parfois dangereuses.
- Lorsque nous examinons de la même manière les perfectionnements mécaniques apportés au châssis, il est de même indispensable de se demander en premier lieu s’ils ne peuvent pas constituer un danger stipplémentaire en cas d’accidents, ou tout au moins gêner les manœuvres qui pourraient éviter l’accident. Nous avons montré dans une chronique récente que l’emploi d’un dispositif de roue libre, si séduisant à priori, et qui peut présenter, par ailleurs, des avantages réels, doit être déconseillé aux conducteurs novices, surtout pour la circulation dans les villes.
- Suivant le même principe, si un constructeur vous offre à volonté une direction à droite ou à gauche, il faudra choisir celle qui paraît offrir le plus de garanties de sécurité.
- Avoir une voiture confortable et facile à conduire, c’est fort bien, mais à mesure que le nombre des véhicules en circulation augmente il faut surtout avoir une voiture sûre.
- LE DÉVELOPPEMENT DE LA MOTOCYCLETTE
- En 1932, les motocyclettes ont été exposées au Salon en même temps que les automobiles. Cependant l’on a peu parlé des progrès de la motocyclette, progrès néanmoins très réels. La circulation des motocyclettes èn France est beaucoup plus importante qu’on ne le croit généralement, puisqu’il n’y aurait pas moins de 450 000 motocyclettes répandues sur notre territoire. Signalons, à ce point de vue, que c’est en Allemagne que l’on trouve le plus de ces machines, par suite sans doute de l’abolition des taxes pour les modèles d’une cylindrée inférieure à une certaine valeur. Il y a plus de 700 000 motocyclettes en Allemagne, et il n’est peut-être pas indifférent à ce propos de remarquer le rôle que doit jouer la motocyclette dans les formations militaires motorisées !
- Les moteurs monocylindriques sont toujours en majorité, mais on voit quelques modèles de sport à 2 cylindres, et même à 4 cylindres, qui peuvent alors comporter des transmissions à la cardan par arbre rigide. Les moteurs « poussés » avec soupapes à culbuteurs sont plutôt en diminution, et on semble surtout adopter, comme en automobile, des culasses à turbulence avec soupapes latérales plus faciles à construire en série.
- Comme en automobile aussi, on s’efforce de réaliser des blocs moteurs plus propres et plus faciles à entretenir, et la plupart des modèles de tourisme sont munis de changements de vitesses commandés au pied.
- Pour augmenter le confort et la sécurité, les machines comportent un centre de gravité abaissé au maximum, et des freins puissants sur les deux roues. La cylindrée assez élevée permet de placer deux voyageurs sur la machine, le conducteur et un autre voyageur derrière sur une selle suivant le système dit en « tandem ».
- On adopte de plus en plus sur ces machines les accessoires normaux de l’automobile : indicateur et compteur de vitesse, éclairage électrique, rétroviseur, etc... Malheureusement on ne peut encore leur adopter de carrosserie protégeant des
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- motocyclistes contre les intempéries et même contre les accidents!
- 11 y a, d’ailleurs, toujours un problème intéressant qui se pose : c’est celui de la construction des bicyclettes à moteur, d’un poids inférieur à 30 kg, et d’une vitesse maximum de 30 km à l’heure. Ces machines utilitaires, économiques, qui peuvent être conduites par n’importe quel usager, comportent presque toujours des moteurs à deux temps robustes et peu coûteux. Les modèles exposés paraissent avoir rencontré un grand succès, et nombreux doivent être les cyclistes qui se décideront à échanger leur machine contre des vélos-moteurs, sinon à adopter un moteur sur leur bicyclette, car ce dernier procédé ne semble pas avoir donné souvent de bons résultats.
- UN STABILISATEUR SIMPLE ET SUR
- Dans une suspension élastique classique, le châssis peut s’incliner transversalement par rapport au pont-arrière, car ce dernier n’est relié au châssis par aucun dispositif autre que les ressorts de suspension. Sur les voitures munies de suspensions très souples, et dont la carrosserie est relativement haute, il peut se produire ainsi de dangereux mouvements de roulis causés par les dénivellations de la route, ou les inclinaisons trop accentuées déterminées par la force centrifuge dans les virages « attaqués » à allure trop rapide.
- D’où des dérapages qui proviennent de la variation de
- i Attaches articulées
- Fig. 1. — Système stabilisateur Rcpusseau monté sur les ressorts arrière à gauche.
- charge que subissent les roues. Cet inconvénient est d’autant plus grave que le sol est plus glissant.
- Tout en laissant aux ressorts leur souplesse normale, on peut l’atténuer à l’aide d’un dispositif simple et facile à poser représenté sur la ligure 1. Cet appareil est composé essentiellement d’une barre rigide de liaison T, fixée sur les ressorts de la voiture, près des jumelles arrière, au moyen d’attaches articulées spéciales, et parallèlement au pont arrière et au châssis.
- Cette barre de liaison est pourvue de deux bras flexibles B et B' reliés aux ressorts de la voiture au voisinage du pont arrière par l’intermédiaire d’autres attaches articulées. L’en-semhle ainsi formé par la barre de liaison T et les bras B et B' constitue une sorte de joug bT b’ relativement rigide, etlechâssis sera ainsi maintenu dans une position sensiblement parallèle à celle du pont-arrière, tandis que la flexibilité des bras B et B' est suffisante pour conserver la souplesse de la suspension.
- Au moment où un ressort se comprime ou se détend au delà d’une certaine limite, le système imprime au ressort opposé une impulsion dans le même sens, mais il faut remarquer que le système ne fait pas double emploi avec les amortisseurs ordinaires, et son but est d’ailleurs complètement différent.
- L’AÉRATION DES CARROSSERIES CONDUITE INTÉRIEURE
- Le type de carrosserie le plus répandu est la conduite inté-
- rieure; il a fallu en étudier soigneusement la forme des auvents des portières et des pare-brise, afin d’obtenir l’aération convenable, et d’assurer au conducteur et aux passagers une visibilité satisfaisante.
- Pourtant, dans la plupart des modèles actuels, lorsqu’on ouvre la glace du pare-brise, l’air s’engouffre directement sous la glace et vient frapper directement les visages du conducteur et du passager assis sur la banquette avant en risquant de projeter sur eux des poussières et des insectes, si la voiture roule à grande vitesse sur route.
- Nous avons remarqué, dans un modèle récent de carrosserie construit en grande série, un dispositif simple mais ingénieux qui évite cet inconvénient, du moins lorsque le pare-brise est seulement légèrement entr’ouvert (fig. 2). L’air pénètre sous le pare-brise par une fente étroite ménagée dans la carrosserie et se disperse vers le plancher des places avant sans former de remous gênants. On augmente ainsi le confort et la sûreté de conduite de la voiture.
- Fig. 2.— Système d’aération ordinaire parla glace du pare-bise; à droite : système perfectionné adopté sur les nouvelles carrosseries Peugeot 301.
- UN DISPOSITIF SIMPLE POUR LA VISION DANS LE BROUILLARD
- Le brouillard sévit pendant une grande partie de l’hiver dans un grand nombre de nos régions, il peut rendre la conduite difficile pendant la nuit. La lumière jaune possède la propriété de percer beaucoup mieux le brouillard, et d’être beaucoup plus visible même par temps « bouché ». Pour mieux voir dans ces conditions et surtout être mieux vu, c’est-à-dire pour augmenter la sécurité, il peut donc être intéressant de placer sur les phares des écrans amovibles jaunes.
- On peut trouver des modèles pratiques d’écrans de ce genre d’un prix très modique, et qui se placent immédiatement à l’aide d’attaches entièrement en caoutchouc, ne rayant pas la surface métallique des phares comme le montre la figure 3.
- UN SYSTÈME DE CHAUFFAGE CENTRAL POUR AUTOMOBILE
- On a proposé déjà de nombreux systèmes de larrosseries d’automobiles. Les uns lont électriques, et offrent souvent 'inconvénient d’être peu efficaces,
- >u d’exiger de la batterie d’accumu-ateui’s un travail trop intense, les tutres fonctionnent à l’aide de la haleur fournie par les gaz chauds L’échappement.
- Ce sont évidemment ces derniers [ui sont les plus robustes et les plus fficaces, mais on connaît les pro-iriétés nocives des gaz d’échappement. Il faut donc, avant tout, que e dispositif soit construit de telle orte qu’il ne puisse se produire ucune émanation délétère à l’inté-ieur de la carrosserie.
- Il semble bien que l’appareil assez
- chauffage pour
- Fig. 3.'— Ecran jaune incassable pour phare, à monture entièrement en caoutchouc (type Pharoclair).
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- Fig, 4. — Système de chauffage central pour automobiles (Système Simplex-Standard).
- simple que représente la ligure 4 possède les qualités nécessaires. L’air frais et pur est pris directement derrière le ventilateur où le nid d’abeilles du radiateur au moyen d’un cornet métallique. Il est porté ensuite à haute température dans les tubes métalliques fixés sur le collecteur d’échappement. Deux tuyaux métalliques souples avec joint en amiante canalisent l’air chaud vers des radiateurs avant et arrière. A l’avant , un radiateur souffleur sert de repose-pieds aux passagers, et ventile de l’air chaud sous les pieds du conducteur. A l’arrière, un repose-pieds nickelé forme radiateur-chaufferette. Les conduites d’air chaud en acier avec joints en amiante sont absolument étanches, et évitent tout danger. Des obturateurs permettent, d’ailleurs, un réglage à volonté.
- UN ÉPURATEUR D’AIR COMPLET
- Il existe quatre principes utilisables pour l’épuration de l’air aspiré par lé moteur. On peut d’abord provoquer un tourbillonnement dans lequel la force centrifuge projette la poussière au dehors. On peut séparer la poussière par inertie en obligeant l’air en mouvement à changer brusquement de direction.
- On peut le purifier par léchage en le faisant passer sur des substances huileuses ou graisseuses qui retiennent les particules solides. On peut enfin lé filtrer en le faisant passer à travers un tissu tel que le feutre.
- La: plupart des épurateurs d’air contiennent des filtres et,
- Fig. 5. •— Épurateur d’air à triple effet « Simms-Vortex »,
- (Vue d’ensemble et coupe).
- si ces systèmes sont simples, ils offrent parfois l’inconvénient de nécessiter le remplacement du filtre de temps à autre ; ils peuvent également provoquer des augmentations de la dépression si le filtre est partiellement bouché.
- Dans un nouveau système qui vient d’être établi, on utilise au contraire à la fois les trois premiers procédés, et non le dernier.
- On donne à l’air un mouvement tourbillonnaire, dans lequel il abandonne les particules poussiéreuses qui se trouvent projetées vers la périphérie de l’épurateur. Cet air est conduit alors dans un compartiment auxiliaire, dans lequel il lui est imprimé un changement brusque de direction, et, enfin, les impuretés sont dirigées vers une surface huilée à laquelle elles adhèrent.
- Comme le montre la figure 5, par suite de la succion du moteur, l’air passe par l'ouverture de l'appareil, et il est obligé de prendre un mouvement rotatoire dans une direction telle que les particules de poussière se trouvent projetées vers la périphérie. Par suite d’un changement brusque de la direction des filets d’air, les poussières sont projetées par inertie dans le récipient interne, intérieurement enduit d’huile.
- Le récipient contenant les poussières est démontable, de sorte qu’on peut surveiller en tous temps le bon fonctionnement du système. Par suite de son principe, il est impossible que l’épurateur puisse causer un supplément de dépression ou un étouffement du moteur, même si le récipient est rempli de poussière. Enfin, grâce à sa forme spéciale, il agit comme silencieux à l’entrée d’air et évite le bruit de souffle parfois si désagréable.
- 11 se place, d’ailleurs, aussi près que possible du carburateur avec le récipient disposé verticalement dans la partie inférieure.
- Fig. 0. •— Pince-clé universelle Spob à serrage par levier.
- Vers le carburateur
- Récipient
- UN OUTIL UNIVERSEL SIMPLE
- On a souvent besoin d’un outil universel pour les petits réglages ou les « petites pannes » urgentes, même si l’on ne veut pas effectuer de véritables réparations. La clef anglaise est certainement un outil commode, mais sa manœuvre est parfois assezlongue, si l’on a à serrer des écrous de différentes dimensions. L’outil indiqué par la figure 6 permet d’obtenir un serrage beaucoup plus rapide. Il comporte, comme on le voit, des mâchoires montées à charnières avec un système de serrage à crémaillère et levier. Pour serrer un écrou, on dégage entièrement le levier des dents de la crémaillère, et on approche les mâchoires de l’outil à environ un centimètre de la pièce à saisir. On ferme ensuite le levier, et on fait pression et serrage en tenant les branches et le levier d’une seule main.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Stabilisateur Repusseau. — Établissements Repusseau, 57, rue Danton, Levallois-Perret.
- Ecrans jaunes pour phares-.-— Accessoires Auto-Luxe, 10 bis, rue d’Issy à Billancourt (Seine).
- Chauffage central Simplex Standard. — Bastille Auto-Garantie, 15, rue de l’Arsenal, Paris (4e).
- Epurateur d’air Vorlex. — Société Française des appareils « Simms » 48, rue Paul-Verlaine à Lyon-Villeurbanne (Rhône).
- Outils Universel « Spob » — Établissements P. Malivet, 29 bis, rue de la Bastille, Nantes.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- GÉOGRAPHIE
- Les caractéristiques et l’état actuel de la Russie.
- Depuis la guerre et la révolution bolchevique, la Russie est devenue un pays fermé et mystérieux, sur lequel les renseignements sont contradictoires et incertains. Des voyageurs de passage nous donnent de temps à autre les résultats d’enquêtes superlicielles, presque toujours influencées par des préventions d’ordre politique. Voici qu’un géographe ipxi a connu la Russie d’avant-guerre, qui a fait de longs séjours dans le pays aux diverses époques de sa transformation et qui, fait plus rare, parle couramment le russe, nous donne la synthèse objective et impart iale qui nous manquait jusqu’ici.
- M. Carnena d’Almeida, dans ce nouveau volume de la Géographie universelle qui est un des plus captivants de la collection ('), met d’abord en valeur les caractéristiques permanentes, géographiques et sociales, de cet immense pays, qu’il détaille ensuite par grandes régions. Nulle part les conditions naturelles n’ont commandé plus impérieusement qu’ici l’action de l’homme. Il semble que la Russie soit prédestinée aux régimes autoritaires, qui, sous la pression des faits, continuent l’œuvre de leurs prédécesseurs, même lorsqu’ils sont inspirés d’idées politiques antagoniques. Les Soviels ont repris sous une aut re forme le programme tsariste de mise en valeur économique et même le programme expansionniste de Pierre le Grand : continuité de vues et d’efforts, qui domine la variation des régimes.
- Les causes, les modalités et les résultats de l’expérience soviétique sont analysés en toute objectivité. Les fondateurs du nouveau régime étaient des révolutionnaires aigris par l'exil, convaincus de la force irrésistible des dogmes et des systèmes, faisant fi de l’expérience et animés d’une véritable mystique à laquelle ils essayèrent de gagner les masses. Ils éprouvèrent de profondes déceptions, tant à l’intérieur, en se heurtant à l'opposition irréductible des paysans avec laquelle il fallut composer, qu’à l’extérieur, en voyant que la révolution universelle, escomptée par eux, avait avorté.
- Mais il faut reconnaître que le régime a su s’adapter pour vivre. Si la pauvreté de la vie, qui touche parfois à la misère, est le prix d’un effort économique disproportionné aux possi-* bilités actuelles, il serait imprudent de méconnaître l’importance de cet effort, bien que le fameux plan quinquennal, n’ait été qu’imparfaitement réalisé. Des statist iques vérifiées permettent d’apprécier les résultats, comme les besoins et les lacunes, tandis que des photographies variées de villes et villages nouveaux, de marais remis en culture, de ports, de barrages, de fabriques, d’élévateurs, de tracteurs au travail nous montrent à quel point la Russie est en train d’américaniser son outillage et ses habitations, alors que l’homme et la nature, surtout en Sibérie, gardent encore l’aspect fruste et pittoresque du passé.
- Un hors-d’œuvre qu’on aurait désiré plus copieux — mais l’importance de la Russie a réduit les voisins à la portion congrue — nous instruit de la géographie physique et humaine de la Finlande et des pays baltes (Esthonie, Lettonie, Lithuanie), au début de ce volume dont la documentation neuve et la clarté d’exposition seront particulièrement appréciées. Albert Dauzat.
- ZOOLOGIE
- Un garde=manger vivant : le pélican.
- Ijes pélicans, ces gros palmipèdes habitant les régions tropicales et tempérées de l’Ancien et du Nouveau Monde, ont l’habitude de vivre par colonies comprenant parfois jusqu’à
- 1. Tome V, États de la Baltique, Russie, Paris, Armand Colin, 1933, broché 100 fr.
- huit cents individus, et, comme ils sont de voraces mangeurs de poissons, ils s’en vont ensemble capturer leur nourriture quotidienne.
- Ils témoignent du reste, en cette occurrence, d’une adresse tout à fait surprenante.
- Après avoir choisi un endroit convenable, une baie, où l’eau soit peu profonde, ils se placent tous autour en formant un grand croissant. Puis, battant fréquemment l’eau avec leurs ailes déployées, ils s’approchent lentement du rivage, jusqu’à ce que les poissons se trouvent cernés dans un espace étroit : alors commence le repas en commun.
- Mais le festin n’a pas toujours lieu sur place. Quelques-uns des pêcheurs, en bons parents, préfèrent ramener leur pro-
- Fig. 1.—• Le repas des jeunes pélicans.
- vision au logis. Il est vrai qu’ils ont à leur disposition tout ce qu’il faut pour faciliter ce transport.
- Us possèdent, en effet, une vaste poche fort remarquable qui est intérieurement suspendue au-dessous du bec. Cette poche peut s’étirer considérablement.
- Or les pélicans l’emplissent de nourriture sans avaler, et c’est précisément cette particularité qui leur permet de rapporter jusqu’à leur nid, en un seul voyage, Tout un garde-manger suffisant pour approvisionner, d’un coup, leurs petits.
- De là est née la vieille légende du pélican se déchirant la poitrine pour .nourrir ses enfants. La photographie ci-jointe montre comment elle est née.
- Ceux qui voyaient de loin des petits pélicans fouiller avec ardeur au fond du gosier maternel et entrer la tête et le cou dans la gorge de la nourrice ont pu croire que celle-ci leur « partageait ses entrailles ». L. K.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cours de thermodynamique, par G. Bruiiat (2° édition).
- 1 vol., 422 p., 159 fig. Masson et Cie. Paris, 1933. Prix : 55 Ir.
- Voici la 2e édition de l’excellent cours de thermodynamique de M. Bruhat à l’usage de l’enseignement supérieur. Cet ouvrage, par la clarté et la précision de ses exposés, par les aperçus qu’il donne sur les applications théoriques et pratiques de la thermodynamique a rendu les plus grands services à l’enseignement français. Depuis 1926, date de la première édition, il n’est pas survenu.d’événements obligeant de procéder à un remaniement fondamental des notions classiques ici développées. Cependant l’auteur a complété- en divers points son premier exposé : le chapitre sur les moteurs à vapeur thermiques a reçu des développements nouveaux tenant compte des progrès industriels réalisés en ces dernières années (chauffe au charbon pulvérisé, vapeur à haute pression, etc.). Surtout il a apporté, tenant compte des idées récemment exposées par M. Raveau, un remaniement profond du chapitre exposant le principe de Carnot. Cette nouvelle rédaction a l’avantage indiscutable de maintenir aux raisonnements un caractère essentiellement physique et d’enlever à cette partie abstraite le caractère d’un jeu mathématique qui en voile, aux yeux des étudiants, la signification profonde.
- L’acoustique architecturale, par Gustave Lyon, 1vol., 70 p., 30 fig. Édition « Film et Technique ». 78, avenue des : Champ s-Élysées. Paris, 1932. Prix : 15 fr.
- M. Gustave Lyon a consacré une longue carrière aux problèmes d’acoustique architecturale; il a construit ou dirigé la construction d’un grand nombre de salles. 11 livre ici au public les enseignements de sa précieuse expérience. 11 rappelle quelques données essentielles d’acoustique, avec démonstrations expérimentales à l’appui : nécessité de concentrer par réflexion le maximum d’énergie sonore dans l’oreille des auditeurs, nécessité que ces parcours réfléchis ne dépassent pas de 1/15 de seconde le parcours direct. Il montre ensuite, sur un certain nombre de cas particuliers, comment on étudie acoustiquement une salle et de cette analyse, il déduit un certain nombre de règles. Cette étude acoustique qui abonde en données numériques du plus haut intérêt est complétée par une étude de l’aération des salles et par la reproduction de l’article consacré par M. L. Fournier, dans La Nature en 1909, à la suppression de l’écho réalisée par M. Lyon dans la salle du Trocadéro.
- Mélanges de Pierre Termier, avant-propos de Jeanne Boussac-Termier. 1 vol., 308 p. Resciée, de Brouwer et Gie, éditeurs. Paris, 1932. Prix 18 francs.
- Pierre Termier (1-859-1930) fut un géologue savant et original, un écrivain éloquent et sensible, un chrétien fervent; c’était une personnalité attrayante et sympathique. Sa fille, Mme Boussac-Termier, la fait revivre sous ses différents aspects en rassemblant ici des articles, des discours, qui n’avaient pu trouver place dans les précédents ouvrages de Termier, et jj;,n y joignant les dernières pages inédites sorties de la plume du savant. On trouvera dans ce recueil de magnifiques conférences géologiques, de touchantes allocutions relatives aux œuvres auxquelles le chrétien se consacrait, des oraisons funèbres de savants, et aussi l’émouvant discours prononcé sur la tombe de son très cher ami, le fougueux écrivain Léon l'îloy, le « mendiant ingrat ».
- DiSCOVerU Reports. Cambridge University.Press. Station lish 1929-1931,* 1 vol. in-4, 232 p., 5 pl. Ptix : 32 sh.
- The urine-genital System the p i -whale (Baiœ-noptera physaïns), par J.M>. Ommanney% 1 vol. in-4, 104 p., 30 üg. Prix : 15 sh.
- Lobster-Krill, anomuran cru acea that are the food Of whples , par L. Harrisôn Mattiiews. 1 vol. in-4, 18 p., 1 fig., 1 pl. Prix : 4 sh.
- . Voici 3 nouveaux fascicules des rapports de l’expédition anglaise de la Discovery dans l’Atlantique austral pour l’étude des baleines. La Nature a déjà dit à plusieurs reprises tout ce qu’ils apportent de nouveau à notre, connaissance des grands Cétacés, si difficiles à observer. Cette fois-ci, le JUr fascicule énumère les opérations faites par les deux navires du Cajrde Bonne Espérance au Cap Horn et du 30° au 70° de latitude sud, ainsi qu’à la station établie à terre à la Géorgie du Sud. Le 2e étudie avec précision l’anatomie des systèmes urinaire et génital de la baleinoptère ; ils apparaissent comme très primitifs parmi ceux des autres mammifères et ne présentent guère de particularités, sauf leurs énormes dimensions. Le 3e décrit deux espèces de Crustacés du genre Munida dont une a un stade post-larvaire flottant qu’on rencontré en masses énormes à la surface de l’Océan où il sert de nourriture aux oiseaux, aux poissons et aux baleines.
- Guide pour Vétude expérimentale du sol, par
- Albert Demolon et Désiré Leroux. 1 vol. in-8, 214 p., 72 lig.
- Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1933. Prix : 35 francs.
- L’étude du sol, très négligée en France alors qu’elle se développait dans tous les autres pays, présente un intérêt de premier ordre pour l’agriculture autant (pie pour la biologie végétale. Longtemps bornée à des analyses chimiques élémentaires, elle a profité des données physiques récentes. Le sol est apparu comme un colloïde, ayant des propriétés d’adsorption pour les ions et les molécules organiques, baignant dans une solution complexe, tamponnée par les carbonates. De nouvelles techniques sont donc nécessaires pour l’examiner, de nouvelles expériences pour donner ces notions aux jeunes agronomes. Les auteurs ont heureusement choisi les plus démonstratives. Ils décrivent les manipulations utiles, la plupart très simples, pour prélever les échantillons, en faire l’analyse mécanique, révéler l’état colloïdal de l’argile, doser le calcaire et l’eau, déterminer le pli et corriger l’acidité, observer l’adsorption, noter les substances solubles, recueillir l’atmosphère, et même chercher l’intensité des actions microbiennes. C’est un excellent manuel, fruit d’une expérience et d’une conception des plus heureuses.
- r r
- Eléments de pharmacodynamie spéciale. Etude de l’action des divers médicaments, par Edg. Zunz.
- 2 vol. in-8, 1271 p., 168 fig. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix :
- 190 francs.
- Il y a deux ans, l’auteur, professeur à l’université de Bruxelles, publiait les éléments de pharmacodynamie générale dans lesquels il étudiait l’absorption des médicaments, leurs modifications dans l’organisme, leur rétention et leur élimination, leurs effets, la tolérance, les antagonismes et les actions cumulatives. Après cette étude générale, voici celle des propriétés pharmacologiques de chacun des nombreux produits employés en clinique. L’ensemble forme une œuvre magistrale, la somme de tout ce qu’on sait actuellement sur ces nombreux et importants sujets. Pour chaque corps, l’auteur rappelle sa composition chimique, examine ses actions physiologiques su* chaque partie de l’organisme, ses transformations, son élimination, sa toxicité, les préparations pharmaceutiques prescrites au Codex français et dans les pharmacopées belge, américaine, internationale, et termine par une bibliographie complète renvoyant aux travaux originaux. 11 passe ainsi en revue plus de 1500 produits, admirablement classés par catégories : anesthésiques généraux, hypnotiques, anesthésiques locaux, analgésiques centraux,modérateurs des réflexes, paralysants des centres et des extrémités nerveuses para- et orthosympathiques, déprimants des cellules ganglionnaires, curarisants, excitants des cendres et des terminaisons, modificateurs de la température, anti-inflammatoires, cardiaques, vaso-constricteurs et dilatateurs, diurétiques, hormones, hypoglycémiants, ions alcalins, modificateurs de la nutrition, du sang, de la motilité et du chimisme gastro-intestinal, médicaments agissant sur la respiration et sur la peau, antihelminthiques, antiseptiques, désinfectants. Il termine par la chimiothérapie, les vaccins, les sérums les agents vivants antagonistes des germes pathogènes, les traitements par les protéides, les colloïdes, les thérapeutiques par choc anaphylactique.
- De nombreuses figures, dont beaucoup originales provenant des recherches de l’auteur, complètent ce texte prodigieusement complet et une table des matières permet de retrouver rapidement tous les renseignements désirables.
- C’est une œuvre considérable, livre de référence des pharmacologistes des médecins et des physiologistes.
- La trépanation crânienne chez les néolithiques
- et chez les primitifs modernes, par le Dr E. Guiard.
- 1 vol. in-4, 132 p., 126 p., 13 pl. Masson et Cie, Paris.
- Prix : 30 francs.
- La découverte de crânes néolithiques troués, non pas accidentellement ou par altération, mais bien intentionnellement, après la mort ou même pendant la vie, signalée par Prunières et étudiée par Broca, fut une des plus curieuses découvertes des préhistoriens. Depuis, les observations sont devenues très nombreuses et on a très longuement discuté leur interprétation. Mais la pratique de la trépanation par des moyens primitifs se rencontre encore de nos jours; elle existait il y a peu de temps en Amérique du Sud, à Tahiti, en Nouvelle-Zélande, chez les Mélanésiens, au Daghestan, et l’on en trouve des traces non seulement en Aurès et en Serbie, mais même au xvmc siècle au Pays de Galles. L’auteur a patiemment réuni tout ce qu’on sait et l’a méthodiquement groupé; il en résulte que la trépanation est fort ancienne, qu’elle se pratiquait immuablement de la même façon, qu’elle était à la fois physique et magique, destinée à combattre les céphalalgies, et qu’elle était pratiquée par des races brachycéphales
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉCANIQUE
- Touret électrique à vitesse constante.
- Les petits moteurs électriques trouvent constamment de nouvelles applications; ils permettent, sans installation spéciale, et avec une faible dépense de courant, toutes sortes de petits travaux industriels et d’amateurs. Un grand progrès a été réalisé en ces derniers temps en rendant leur vitesse régulière, constante, par un montage approprié.
- M. Vassal a réalisé un de ces moteurs très bien étudié, sans collecteur, démarrant en charge, n’emballant pas à vide, et blindé, ce qui ne trouble plus les auditions de T. S. F. Ce moteur trouve de multiples applications. Et notamment, M. Vassal l’a utilisé pour actionne)- un petit touret qui permet tous les petits affûtages : burins, tournevis, forets et tous les petits travaux de perçage. Le modèle d’amateur porte en bout d’arbre, d’un côté une meule à grain moyen de 80 mm de diamètre et de l’autre un mandrin de 6 mm de creux. Un autre modèle pour mécaniciens porte deux meules de grains différents qu’on peut d’ailleurs remplacer par des disques ou des bi ’osses à polir. L’ensemble ne pèse que 2 kg 700; il peut être
- Fig, 1. — Touret électrique ù vitesse constante.
- monté sur tour pour la rectification des pointes ; il ne consomme qu’un demi-ampère et peut donc se brancher sur une prise quelconque de courant. C’est donc un outil indispensable pour toute la petite mécanique.
- Constructeur : M Vassal, 13, rue ilenri-Regnault, Saint-Cloud (S.-et-O.)
- OBJETS UTILES Briquet=montre.
- Voici un objet de grand luxe, sans doute, mais fort ingénieux et qui constituera un magnifique ornement sur la table d’un fumeur, tout en le renseignant sur l’heure et en tenant constamment à sa disposition la flamme nécessaire à la cigarette ou au cigare.
- La particularité essentielle de ce briquet n’est pas de posséder une montre, mais elle réside dans le fait que celle-ci est remontée chaque fois que l’on soulève le bras recouvrant la mèche de briquet.
- Le mouvement est remonté pour 7 heures chaque fois que le bras est relevé.
- Le mouvement entièrement remonté a une réserve de marche correcte de 36 heures, avec une vitesse supplémentaire d’en-
- Fiy. 2. — Le briquet-montre.
- viron 10 heures. Le mouvement d’horlogerie employé est de haute précision.
- En vente chez Kirby Beard et C°, 5, rue Auber, Paris.
- Une scie électrique pour bouchers
- On vient de mettre au point une scie électrique qui, dans les boucheries et les abattoirs, est appelée à rendre de grands
- Fig. 3. — La scie électrique pour bouchers.
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- services. Elle présente, en eil'et, sur tous les autres outils employés pour couper la viande — scies à main, scies à ruban, hachets, etc. — le grand avantage de ne pas faire d’éclats, d’assurer une coupe lisse et de pouvoir servir en plusieurs endroits.
- La facilité avec laquelle elle se manie permet de l’appliquer partout et de la diriger parfaitement.
- La manette disposée latéralement se tient de la main gauche, — la manette postérieure de la droite, quand les doigts de la main droite pressent le commutateur disposé sur cette dernière manette, la scie se met à fonctionner.
- Dès que la pression de la main cesse de s’exercer ou que la main lâche la manette, la scie s’arrête immédiatement; aussi les scies hors de fonctionnement, qu’on laisserait en contact avec le secteur, ne présentent-elles aucun danger.
- fermeture à heures fixes, déterminées en fonction de l’horaire, comme on les pratiquait en général autrefois, est un système qui ne convient plus aujourd’hui, en présence de la circulation accrue à la fois sur la voie ferrée et sur la route, et devant les
- A'
- Dispositif permettant de fixer instantanément les lacets de souliers.
- Le r^titme accéléré de la vie moderne fait rechercher, pour les multiples actes quotidiens, des moyens permettant d’en abréger la durée. Pour si minime qu’elle soit, l’opération du laçage et du délaçage .des chaussures ne devait pas échapper à cette loi générale.
- Voici en effet qu’on peut désormais, en quelques secondes, fixer les lacets des chaussures ou les détacher sans aucun nœud, grâce à un petit dispositif ingénieux.
- Il suffit de passer, une fois pour toutes, les extrémités du lacet dans l’ouverture ménagée pour cela dans l’appareil. La chaussure se trouve alors prête pour ses laçages et délaçages quotidiens et évite à son heureux possesseur les ennuis (perte de temps et énervement) que lui causent ces opérations, peut-être sans qu’il s’en rende compte lui-même en raison d’une habitude séculaire.
- Pour se lacer correctement, il n’aura qu’à tirer les cordons à lui en les écartant; le laçage ne se défera plus, le coinçage du lacet étant parfaitement assuré par le ressort. Au moyen d’une poussette, on dissimule ensuite les bouts du lacet dans la chaussure.
- Pour délacer le soulier, il suffit d’appuyer sur le ressort pour libérer le lacet et celui-ci coulisse facilement dans l’appareil.
- Cet utile accessoire, dénommé le « Com-y-serre », permet même de fixer le lacet d’une seule main
- Fabricant : J. Lanthiez, 22 bis, rue Vallier, Levallois-Perret (Seine).
- ÉLECTRICITÉ
- Emploi des rails de la voie pour annoncer l'approche
- des trains.
- L’annonce de l’approche des trains est devenue une nécessité aux passages à niveau, par exemple. L’ouverture ou lia
- vitesses de plus en plus élevées des véhicules qui empruntent ces voies.
- Un ingénieur des chemins de fer de l’Etat, M. Guiraud, a imaginé un système d’annonce, utilisant les rails même de la voie, système électrique, bien entendu, et que le train lui-même met en marche par son passage.
- En voici le principe, d’après un article détaillé de M. Ph. Rey, récemment publié par le Génie Civil :
- A la distance d du point à protéger (lig. 7) un trembleur S, connecté aux rails de la vpkg- produit en permanence et à une cadence régulière des modifications brusques de l’état électrique des files de voies constituant cette^ voie.
- P- : „ v •
- Le trembleur*..d’un mécanisme analogue à celui des sonneries électriques, est excité*à*l’aide d’une petite batterie de piles de 4 à 5 volts.
- Au point à protéger, un transformateur T, ayant son primaire relié ajix îails de 1a. même voie, reçoit l’elîet des variations brusques de l’état électrique de la section de voie comprise entre le trembleur S et ses bornes. 11 communique ces variations à son enroulement secondaire E, dans lequel est connecté un récepteur E.
- Celui-ci sera par exemple acoustique, téléphone ou même haut-parleur.
- Dans ce cas, tant que la zone à protéger est libre de tout véhicule, on perçoit au récepteur E des battements rythmés à la cadence du trembleur. Dès qu’un train aborde le trembleur, ses essieux court-circuitant les deux files de rails empêchent les pulsations électriques de parvenir au récepteur qui devient muet pendant toute la durée de séjour du train dans la zone à protéger.
- L’annonce des trains résultant de la cessation d’un phénomène électrique, le système offre d’incontestables avantages au point de vue sécurité; tout incident dans' le fonctionnement de l’appareil ne pouvant avoir d’autre effet que de provoquer une annonce intempestive qui prévient aussitôt du dérangement.
- Sur ce principe, il a été construit par la Sooiété parisienne d’études et d’applications mécaniques toute une série d’appareils qui ont été essayés avec succès par les Compagnies de Chemins de fer.
- Ces appareils n’exigent aucune modification aux rails, en particulier, aucune connexion électrique entre rails. On a ainsi réalisé des appareils avertisseurs acoustiques pour la protection des passages à niveau à barrières normalement fermées, des appareils pour la protection des chantiers sur voies ferrées.
- M. Guiraud a également construit des postes téléphoniques .portatifs se branchant sur les rails qu’ils utilisent comme ligne de transmission.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du mirage sur route (Voir n° 3 du 15 Octobre 1932, du 1er Décembre 1932 et du 15 Janvier 1933.
- Nous recevons de M. le Colonel Lobligeois, la lettre suivante :
- « Comme suite aux trois articles parus dans La Nature, au sujet du mirage sur les roules, permettez-moi d’intervenir en tant qu’ancien polytechnicien, ayant passé quatre années dans les Hauts Plateaux du sud-oranais où j’ai vu 1res fréquemment le mirage.
- ,1e partage entièrement l’avis du pharmacien commandant Langue-pin [La Nature du l"r décembre 1932), et les arguments donnés par M. Paumier [La Nature du 15 janvier 1933) ne me convainquent nullement.
- La route l'orme, miroir, je l’ai constaté souvent : le phénomène ne se produit pas en hiver, d’une part parce que le goudron est moins lisse, d’autre part, parce que la réflexion ne se produit sur une surlace noire que si les objets sont très fortement éclairés.
- Ouant au fait que la « partie réfléchissante se déplace avec l’observateur », il résulte immédiatement des lois de la réflexion : ce phénomène est vrai (jour tous les miroirs.
- Ce qui prouve le plus nettement qu’il y a « miroir » et non « mirage », c’est que l’image est renversée (voir la photographie jointe à l’article du 15 octobre 1932), comme dans toutes les réflexions, alors' qu’elle est droite dans le mirage (réfraction) !
- Je puis citer le fait suivant, à cet égard : allant un jour à cheval, de Méehéria à Aïn-ben-Khélil (54 km de piste), j’ai eu presque tout le temps des phénomènes de mirage autour de moi, en général sous forme de lacs fantastiques ou de déformation de l'horizon; mais, à un moment où je passais au niveau de l’unique groupe de palmiers que l’on voit de la piste, nommé Djénan-el-Légah, que je connaissais bien, j’ai aperçu deux fois ce groupe, les deux images étant l’une au-dessus de l’autre, parfaitement nettes et de même intensité, se détachant sur le fond chaotique des cailloux.
- Je me rappelle avoir fait la réflexion : si je devais pointer une pièce d’artillerie sur ce but, je ne saurais pas s’il faut viser l’image du haut ou celle du bas.
- J’ai vu celte double apparence pendant environ un quart d’heure. Puis les deux images se sont rapprochées, ont empiété l’une sur l’autre, et se sont finalement confondues.
- Voilà le mirage. » * s J ,<•
- A propos du . réchauffage des moteurs (N° 2897,
- 15 janvier, p. 82). 1
- Un de nos lecteurs nous demande :
- 1° Si l’on trouve dans le commerce des résistances chauffantes pouvant se visser à la place du bouchon de'vidange d’un radiateur.
- 2° Quel procédé employer pour obtenir, non pas une chaleur considérable, mais une température dépassant constamment et légèrement le point de congélation, avec une dépense d’énergie minime.
- Voici les réponses :
- 1° On ne trouve pas .encore dans le commerce de résistances chauffantes pouvant se visser à la place des bouchons de vidange de radiateurs. Cela tient à l’infinie diversité des bouchons employés. Pour réaliser un type de résistance pratique, il faudrait commencer par obtenir des fabricants de radiateurs un commencement de standardisation, permettant à la même résistance de s’appliquer à plusieurs voitures différentes; la question n’est pas encore au point.
- 2° Si l’on se propose, non pas de réchauffer son moteur, mais simplement d’empêcher la congélation de l’eau du radiateur, le problème
- est beaucoup plus simple et l’on trouve, dès maintenant, dans le commerce, pour un prix modique, les appareils nécessaires.
- Chacun sait que l’eau possède, vers 4 degrés centigrades, un maximum de densité. Entre quatre degrés et zéro l’eau devient d’autant plus légère qu’elle est plus froide. Par conséquent, si l’on se propose simplement d’empêcher l’eau du radiateur de se congeler, il n’est nullement nécessaire d’apporter des calories à la partie inférieure du radiateur. 11 suffira d’introduire un thermo-plongeur quelconque dans le haut, par le bouchon de remplissage, lequel est toujours assez grand. Supposons que la température de l’eau soit deux degrés au moment où on introduira l’appareil; l’eau, s’échauffant à son contact, deviendra plus lourde, tendra à descendre, et le thermosiphon fonctionnera à l'envers jusqu’au moment où toute la masse aura atteint quatre degrés.
- A partir de ce moment la circulation s’arrêtera et l’on pourra chauffer à l’ébullition la surface de l’eau sans élever la température du fond qui restera quatre degrés. C’est une température à laquelle les carburateurs de types anciens ne gazent pas bien fort, mais qui suffit, néanmoins, pour éliminer tout risque de congélation. Nous aurons donc avantage, au point de vue économique, à dépasser le moins possible, à la surface, cette température de quatre degrés.
- L’expérience montre que, sur la plupart des voitures, une résistance de 70 watts est suffisante, pourvu que l’on ait soin de couvrir le radiateur afin de diminuer les pertes de chaleur. Les couvre-capots les plus coûteux ne sont pas les plus efficaces et l’élégance du coup d’œil a peu d’importance à l’intérieur d’un garage particulier; la meilleure couverture est un édredon hors d’usage. Dans ces conditions, en laissant la résistance en circuit 24 heures par jour, en consommerait 1680 watts. En supposant l’hectowatt à 18 centimes, ce qui est à peu près un maximum, la dépense serait de 3 francs les jours où la voiture ne sortirait pas.
- Après une sortie, le radiateur, recouvert immédiatement de notre édredon, conserve pendant plusieurs heures une température suffisante et pendant ce temps il faudrait bien se garder de mettre la résistance en service. En moyenne l’assurance électrique contre le gel des radiateurs ne reviendrait pas à 1 fr. 50 par jour de gelée, ce qui n’est pas cher.
- Mais où trouver un thermoplongeur de 70 watts?
- On trouve des thermoplongeurs dans tous les bazars d’électricité. Ces appareils, conçus dans le but de faire tiédir le plus rapidement possible un verre d’eau pour les dents ou la barbe, ont, en général, une puissance de 300 watts, au moins. Placés dans le haut de notre radiateur, ils dépenseraient 6 francs de courant en une nuit, et vaporiseraient inutilement une bonne partie de l’eau, que nous retrouverions le lendemain, dans notre édredon.
- Mais, si vous avez le courant à 110 volts, ce qui est heureusement le cas le plus fréquent, il vous suffit de demander au marchand un thermoplongeur pour 220 volts. La puissance développée dans une résistance varie comme le carré de la force électromotrice appliquée aux bornes. Le thermo-plongeur qui aurait absorbé 300 watts sous 220 volts, n’en consommera que le quart sous 110 volts et vous aurez ainsi l’instrument rêvé, assurant, à très bon compte, la non-congélation de votre eau.
- On vous dira peut-être qu’une lampe de 70 watts, accrochée sous le capot, produirait le même effet! N’en croyez rien. Il y a un avantage considérable à amener vos calories au contact direct de l’eau que vous voulez échauffer. G. Lancelin.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum. — Le Ciséquerre (voir n° 2S98, p. 141).
- Dans l’article publié sur cet appareil, la chute d’une ligne à la composition, nous a fait dire que « l’appareil était assez lourd et encombrant », Nous voulions dire, au contraire, que le Ciséquerre remplace avantageusement un appareil lourd et encombrant.
- Comme on peut s’en convaincre à l’examen de la figure, et mieux encore à l’usage de l’objet, le Ciséquerre est une petite cisaille à main, légère, peu encombrante, très maniable et d’un emplo i extrêmemen pratique.
- . Nous rappelons qu’il est en vente chez Berville, 18, rue La Fayette, Paris.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- çÆmÊÊmé
- ;'*vv
- Fig. 1. —• Travaux pour la régulation du Mississipi A Memphis, au lieu des épis habituels en vannerie (bas de la ligure) on a placé sur le fond de gigantesques matelas formés de tuiles en béton (haut de la ligure). (Ph. Keyslone.)
- Fig. 2. — Une auloslrade de 5 km de long, aux Etats-Unis, entre Jersey et Newark. (Pli. Keyslone.)
- Fig. 3. —• Un phare ? Non. Un nouvel hôtel de montagne en Italie.
- (Pli. Keyslone.)
- Fig. 4. — L’escalier de Vhôtel précédent. (1 h. Keyslone).
- Fig. 5. — Installation de rayons X à 2,4 millions de volts pour produire des rayons aussi pénétrants que ceux du radium-
- Laboratoire AEG à Berlin. (Ph. Keyslone.) Fig. 6.
- Le palais des Sciences de la future exposition de Chicago.
- (Ph. Keystone.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 3656. — Paris, lmp. Lahure — i-3-1933.
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- N 2901. 15 Mars 1933. Prix (Ju Numéro: 4 fra
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- LA NATURE
- MASSON et C1*, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VJ* (T\. C. Seine : i5.23q) Téi. Danton 56-tt.
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- N” 2901
- LA NATURE
- 15 Mars 1933.
- LA NOUVELLE “ FORME-ÉCLUSE ” GÉANTE
- DE SAINT-NAZAIRE 11
- La construction du paquebot de 313 ni Normandie (fig. 1) a exigé la création d’installations nouvelles dans les ports appelés à recevoir le nouveau bâtiment. En ce qui concerne l’achèvement du navire, qui s’effectue,
- Dès 1925 un projet de travaux fut présenté au .Ministère des Travaux publics, sur l’initiative de la Chambre de Commerce de Saint-Nazaire; ce projet comportait l’élargissement à 40 m. de l’écluse ainsi qu’un appro-
- Fig. 1. — Le paquebot de 313 m Normandie dans la nouvelle forme-écluse de Saint-Nazaire-Penhoët
- comme on sait, en « cale sèche », les bassins spéciaux du port de Saint-Nazaire se trouvaient radicalement insuffisants; déjà en 1923, lorsque les services techniques de la Compagnie Transatlantique mirent à l’étude le paquebot Ile-de-France (fig. 4), les caractéristiques choisies furent étroitement limitées par le gabarit de l’écluse du bassin à flot, qui est de 28 m 50.
- 1. Documents aimablement communiqués par la Chambre de Commerce de Saint-Nazaire. ;
- fondissement du bassin de Penhoët au droit des quais d’armement des chantiers. L’Administration préféra le projet plus radical que nous voyons aujourd’hui réalisé et qui consiste dans l’établissement d’un nouvel ouvrage faisant communiquer obliquement le bassin de Penhoët avec la Loire (voir les cartes fig. 2 et 3); fermé à ses deux extrémités par des portes, ce canal peut ainsi remplir les fonctions (Fécluse, de bassin à floi et de bassin de radoub ou cale sèche.
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- BASSIN
- *7 DE ST NAZAfhtL
- BASSIN DE P E N HO ET
- NOUVELLE FOftMïJ-':
- Fig. 2. — Situation du nouvel ouvrage dans l'ensemble du port de Saint-Nazaire.
- La composition des travaux est la suivante : un canal ou sas d’écluse, deux entailles ou enclaves dans le quai (fig. 3, 7 et 8)) pour l’effacement des portes coulissantes, deux musoirs extérieurs, deux quais de raccordement avec les quais du bassin, deux stations de treuils au bout des enclaves pour la manœuvre des portes, une station de pompage, enfin les deux portes semi-flottantes pesant chacune 1250 tonnes, avec leur mécanisme de traction et d’équilibrage hydrostatique.
- La dépense a été fixée à 80 millions, dont 64 fournis par l’Etat et 16 par la Chambre de Commerce; la plus grande partie de l’entreprise a été exécutée au titre des réparations et prestations en nature et la durée totale des travaux a été de quatre ans.
- LA FRANCE POSSÈDE DÉSORMAIS LA SECONDE ÉCLUSE DU MONDE
- La plus grande écluse existant actuellement dans le monde est celle d’Ymuiden, sur le canal qui fait communiquer Amsterdam avec la mer du Nord; son sas atteint les dimensions vraiment colossales de 400 m X 50 m. Le Canada possède, il est vrai, une écluse de 406 m 50, sur le canal Welland, qni fait communiquer le lac Erié
- avec le lac Ontario, mais sa largeur n’est que de 25 m, ce qui es t suffisant pour le Ira lie fluvial. Quant aux célèbres écluses de Panama, elles mesurent seulement 305 m sur 33 m 50 et cette largeur réduite, qui constitue un obstacle au passage des très gros bâtiments n’a pas été étrangère aux décisions de la Conférence de Washington qui a fixé à 35 000 tonnes la limite du déplacement des navires de guerre.
- La nouvelle écluse de Sainl-Nazaire Pen-hoët, avec ses 350 m de longueur, 53 m de largeur en tête et 50 m au « plafond » est donc sans conteste la plus importante du monde après l’ouvrage d’Ymuiden. jLa largeur aux
- Porte
- 'oulante
- 3 ASS IN -
- Fig. 3. —• Plan d'ensemble des travaux montrant les possibilités de la forme de 350 m comme : écluse, bassin à flot, forme de radoub.
- Fig. 4. —• Premier passage d’un bâtiment dans la forme-écluse (paquebot lie de France, 28 octobre 1932).
- entrées est rigoureusement égale à celle de la section courante, toute saillie de construction ayant pu être évitée grâce au système d’effacement des portes. La cote du plafond aux entrées est de 8 m, ce qui donne 12 m 64 de hauteur d’eau par haute mer ordinaire et jusqu’à 13 m 46 par vives eaux d’équinoxe.
- Le « radier » ou plancher de l’écluse a été garni de tins en béton armé destinés à soutenir la coque des navires mis à sec. Ces tins reposent directement, sur le rocher.
- VOICI DES PILOTIS OBLIQUES DE 32 MÈTRES DE LONGUEUR
- Le sous-sol des rives de la Loire, au point où devaient être exécutés les travaux, présente une structure particulière; sous le sas lui-même, ses deux quais et les deux enclaves destinées aux portes, le rocher fut atteint sans difficultés. Par contre, les fondations de l’un des quais de raccordement avec le bassin de Penhoët, le quai Est, tombaient en pleine vase molle, le
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- - Fbnt roulant 6 T.
- Moteur
- despompes
- (+ 7,35)
- US.OO)
- lond solide se trouvant très bas, à la cote 25 m; les travaux se présentaient, par suite, de la façon suivante : du niveau du sol, formé de remblais et de cailloux, jusqu’au niveau de basse mer, environ 7 m; de ce niveau jusqu’au nouveau fond, 15 m; au-dessous de cette cote, donc en pilotis, 10 m en moyenne.
- De plus, sur la face interne du quai, le terrain était tellement « fluent » qu’une forte poussée était à prévoir sans qu’il fût possible de la calculer avec précision. On a donc utilisé un très grand nombre de pieux allant jusqu’au rocher et dont la longueur atteint en certains points 32 m par suite de leur position oblique. Leur section est de 38 X 42 cm et ils portent un frettage en fd en fer.
- Le battage de ces pieux gigantesques a été exécuté avec une sonnette construite tout exprès et mesurant 35 m de hauteur; le mouton, mû par la vapeur, pesait 6 tonnes.
- LE PÉNIBLE « TRAVAIL D’APPROCHE » DANS LA VASE
- Deux pelles à vapeur, deux excavateurs à grappins, un certain nombre de treuils et de grues, cinq locomotives et 50 wagons de 6 m3, roulant sur 4 km de rails, ont été utilisés pour les travaux; 500 000 m3 de déblais meubles (vases et terres) et 300 000 m3 de rochers furent déversés
- Fbmpes dassèchement
- Tuyauterie dechappement r-de téjecte un g
- Puisard
- Fig. 5 cl G. — Slulion de pompage.
- Coupe verticale et plan en coupe horizontale à la hauteur des pompes d’épuisement (Bergeron).
- en Loire où ils ont permis d’étendre les terre-pleins existants. La quantité totale de béton utilisé, dosé à 246 kg de ciment par m3 mis en œuvre, se monta à 1.50 000 m3. Ce béton, employé sous forme semi-liquide, était mis en place par gravité.
- La fouille du seuil nord et du massif d’appui de la porte amont a été extraordinairement difficile. Le rocher était très bas, constitué par un gneiss de mauvaise qualité surmonté de couches de terre irrégulières présentant d’énormes poches de sable mouvant. L’eau entrait de partout. On fut obligé de procéder par échelons, en construisant le seuil et le massif par morceaux séparés aux points où les travaux étaient possibles; des ceintures de palplanches, ou pieux jointifs étanches, étaient ensuite mises en place, prenant appui contre les parties déjà construites et permettaient d’étendre petit à petit la construction. Ces rudes travaux préparatoires durèrent plus d’un an ; le point le plus bas atteint par les terrassiers se trouvait à 25 m au-dessous du niveau du sol.
- LES POMPES D’ÉPUISEMENT
- La « station de pompage » de l’écluse (fig. 5 et 6) comporte un double jeu de pompes refoulant sur des conduites de 1 m de diamètre. Le volume total à enlever est de 150 000 m3, qui peuvent être évacués en huit heures avec quatre pompes ou en 16 heures avec deux pompes
- Fig. 1 ei S. — Coupe longitudinale el coupe transversale de V« enclave » servant à Veffacement de la porle aval.
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- V^coupe longitudinale
- Fig. 9. — Porle semi-flollante et roulante aval (demi-élévation, demi-coupe verticale et plan).
- seulement. La puissance moyenne absorbée par chaque pompe est de 280 ch.
- Si nous reprenons la comparaison avec les écluses de Panama, nous voyons que l’évacuation et le remplissage de ces dernières sont beaucoup plus rapides, atteignant jusqu’à 90 000 m3 en une demi-heure, ce qui n’a rien d’extraordinaire puisque ces déplacements s’effectuent uni-
- quement par gravité. Ajoutons que, dans le cas d’une forme de radoub, les pompes, rarement utilisées, doivent ne représenter qu’un capital modéré.
- Outre ces quatre grandes pompes d’exhaustion, la station comporte deux pompes d’assèchement puisant aux caniveaux du radier et capables de refouler 200 litres par seconde à 18 m de hauteur. Elles sont destinées à évacuer les rentrées d’eau pour maintenir la forme à sec.
- PRINCIPE
- DES PORTES SEMI-FLOTTANTES
- Les portes de la forme-écluse, au nombre de deux, ont la forme d’un énorme caisson en acier à entretoises horizontales (fig. 9) dont les dimensions sont les suivantes : largeur hors tout 52 m 10; épaisseur, fourrures d’appui comprises 8 m 90; hauteur hors tout 15 m 10. Elles ont été construites au moyen d’un portique de montage dans la forme même qui était alors fermée par les batardeaux ou digues provisoires de construction.
- Le poids total de chaque porte « à l’air libre » est de 1250 tonnes, soit plus de six fois le poids d’une grande locomotive, mais un caisson de flottaison de 1726 tonnes a été ménagé dans le milieu de la porte. Ce caisson est limité par les deux poutres médianes, qui
- Fig. 10. — Le « miroir » de la forme écluse de 350 m, la seconde du monde après celle d'Ymuiden, en Hollande.
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- sont à âme pleine; il est divisé en dix compartiments dont neuf peuvent être employés comme water-ballasîs réglables, les pompes nécessaires étant logées dans le compartiment de tête.
- Il est donc possible, en cas de besoin, de faire flotter complètement la porte, <pii constitue alors un bateau-porte du type classique, pouvant être amené en place par treuils et coulé en position de fermeture. Une solution différente a cependant été adoptée pour des raisons de commodité et de rapidité; on a laissé à la porte un excédent de poids de 40 tonnes qui est supporté par deux chariots, run inférieur, à l’avant, roulant sur deux rails espacés de 4 m 50, l’autre supérieur, à l’arrière, roulant sur deux rails espacés de 11 m 50. Ces chariots sont munis de palonniers ou fléaux répartissant la charge sur les galets. La suspension de la porte au chariot supérieur est élastique; elle offre un jeu de 5 cm dans tous les sens ce qui permet à la porte de se déplacer légèrement pour s’appliquer contre le cadre de fermeture.
- Un dispositif à crémaillères d’un type nouveau permet de déplacer les portes en agissant sur le chariot supérieur. Ces crémaillères sont gigantesques : la distance entre deux « dents » consécutives (ou maille de la crémaillère) est de 2 m 405 ! Les dents sont remplacées ici par des rouleaux sur lesquels agissent des engrenages
- mûs par deux moteurs à courant continu de 65 ch.
- Les dispositions électriques de ces moteurs sont fort intéressantes; ils tournent à 940 tours par minute et sont alimentés en courant continu à 440 volts par un groupe convertisseur système Léonard, à tension variable. On sait que ce système procure une extrême souplesse de fonctionnement et permet, notamment, de franchir des « points durs » sans variation excessive de vitesse.
- L’effort normal fourni par les crémaillères est de 26 tonnes. La machinerie est du reste prévue pour pouvoir entraîner la porte même en cas de rupture du chariot inférieur : l’effort à exercer est alors évalué à 50 tonnes, la porte glissant sur les fourrures en bois qui garnissent l’entretoise inférieure.
- La vitesse communiquée à la porte est de 0 m 10 par seconde avec un seul moteur et de 0 m 17 avec les deux. Dans ce cas, la fermeture totale demande environ cinq minutes.
- Cinq minutes pour enfermer la Normandie en cale sèche, c’est là un chiffre qui se passe de commentaires ! Par son remarquable équipement mécanique aussi bien que par les difficultés heureusement surmontées au cours de sa construction, la forme-écluse de Penhoët constitue une des plus belles réalisations actuelles du génie civil français.
- Pierre Devaux.
- LA CINÉMATOGRAPHIE ÉLECTRIQUE
- L’enregistrement des images en cinématographie s’effectue, on le sait, grâce à l’action de la lumière sur une composition photosensible de sels d’argent recouvrant la bande en celluloïd qui se déroule à vitesse constante dans la chambre obscure de la « caméra ». Il y a là simplement une action chimique. La surface impressionnée dans l’obscurité est soumise, par la suite, au développement, qui fait apparaître l’image latente par l’action d’une solution réductrice convenable, ensuite l’image est fixée, c’est-à-dire qu’on enlève la substance sensible restée inaltérée dans les parties obscures. Cette première image est un négatif-, les parties les plus éclairées y viennent en noir, et inversement; il faut une deuxième série d’opérations chimiques, après avoir fait agir ou non de nouveau la lumière sur une surface sensible, pour obtenir une image positive correspondant au sujet photographié ou cinématographié.
- Il existe, cependant, d’autres systèmes qui permettent d'enregistrer les images sans employer de surfaces photosensibles, ni d’opérations chimiques. C’est ainsi que dans la transmission d’images téléphotographiées au moyen d’appareils simplifiés, on enregistre au poste récepteur les images transmises à l’aide d’un phénomène électrolytique, en faisant agir des courants d’intensité variable sur une feuille de papier imbibée d’une solution chimique, au ferrocyanure. par exemple.
- Lorsque nous avons étudié dans La: Nature les cellules photovoltaïques ou à contact imparfait, et, en général, les effets photoélectriques, nous avons eu l'oc-
- casion de faire remarquer que la plupart des phénomènes photographiques doivent être accompagnés de phénomènes électriques. Il est probable que l’influence de la lumière sur la surface sensible se traduit par des effets électriques très rapides et irréversibles, ce (pii empêche leur étude.
- A titre de curiosité scientifique tout au moins, il est possible d’aller plus loin, et d’affirmer que dès à présent,
- Fig. 1. — Un appareil d'enregistrement de cinématographie électrique (Phonovisor Baird).
- Amplificateur
- à fréquence musicale Cellule
- photoélectrique
- Système
- déclairaqe
- Traducteur
- élecirc-
- magnétigue
- Sujet à
- cinéma tographier
- Disque phonographique
- à. enregistrer Moteur d'entrainem
- commun
- analysi
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- on peut enregistrer et reproduire les images cinématographiques sans h aide d’aucune surface photosensible ni d’aucune opération chimique.
- Le procédé, à vrai dire, ne semble pas présenter encore un grand intérêt pratique; il a déjà été indiqué il y a plusieurs années par M. Baird, l’ingénieur anglais, bien connu, qui a étudié les procédés de télévision. Néanmoins, comme une récente communication à l’Académie des Sciences, de M. Dussaud, de Genève, attire l’attention sur cette question, il nous semble intéressant de rappeler les principes des dispositifs qu’on peut employer dans ce but.
- Dans la cinématographie, comme dans la photographie ordinaire, on forme l’image réelle de l’objet sur la surface sensible, et on fait agir simultanément sur toute la surface sensible les différents faisceaux lumineux correspondant aux differentes jjàrties de l’image. Dans la cinématographie électrique, on adopte le procédé pratiqué fin télévision, savoir : l’enregistrement successif des
- Moteur d'entrainement
- Disque phonographique enregistré
- Pick-up
- .électromagnétique
- Amplificateur
- Système optique
- Disque de / Nipko w intégrateur
- Observateur
- Fig. 2. — Schéma d’un système reproducteur de cinématographie électrique à vision directe.
- éléments de l’image au moyen d’un système analyseur, et leur reproduction également successive* à l’aide d’un système intégrateur animé d’un mouvement synchrone.
- Pour enregistrer et retraduire ainsi les opacités lumineuses de chaque élément de l’image, on traduit les variations lumineuses en oscillations électriques de fréquences assez élevées, mais qui restent à l’heure actuelle dans la gamme musicale, et on enregistre ces oscillations électriques par un intermédiaire électro-acoustique, comme on enregistrerait des oscillations microphoniques provenant d’un amplificateur phonographique. Pour reproduire l’image, on utilise l’enregistrement ainsi effectué, et les oscillations électriques obtenues sont retraduites en v&kiations lumineuses provenant d’une source modulée quelcouque, par exemple, d’une lampe à luminescence.
- En principe, un appareil d’enregistrement de cinématographie électrique auquel M. Baird, d’ailleurs, avait donné le nom de phonooisor, est constitué comme le montre la figure 1. Le sujet à cinématographier est placé devant un appareil émetteur de télévision compor-
- tant un système d’éclairage indirect suivant le principe d’Ekstrom; un disque de Nipkow analyseur dirige sur le sujet un faisceau lumineux de balayage, qui en se réfléchissant, vient impressionner un groupe de cellules photo-électriques connectées à un amplificateur.
- Les oscillations électriques à fréquences musicales actionnent, après amplification, un enregistreur électromagnétique qui inscrit des sillons spiraloïdes à variations transversales sur un disque phonographique ordinaire. L’entraînement de ce disque est. d’ailleurs, assuré par le moteur même qui fait tourner le disque de Nipkow.
- Pour la reproduction de l’image ainsi enregistrée sur le disque phonographique, on adopte un disque de Nipkow intégrateur identique. Le traducteur électro-magnétique suit les sillons du disque, en reproduisant les oscillations électriques qui sont amplifiées et viennent moduler une lampe luminescente au néon, placée, comme à l’habitude, derrière les ouvertures en spirale du disque de Nipkow.
- L’opérateur qui observe la surface luminescente de la cathode de la lampe au néon à travers les ouvertures du disque aperçoit ainsi les images animées du sujet einématographié. qui ont été enregistrées sur le disque par ce procédé électro-acoustique. On pourrait, d’ailleurs. à l’aide d’un système récepteur de télévision, à lampe luminescente à cratère ou à cellule de lverr, et à tambour de Weiller ou à disque à lentilles, obtenir une projection sur écran des images cinématographiées.
- Le procédé est très curieux, mais il doit, répétons-le, être considéré, pour l’instant, plutôt comme une curiosité scientifique, que comme un système pratique.
- D’abord, la qualité des images enregistrées, et surtout reproduites, ne peut dépasser, évidemment, celle des images télévisées ordinaires, et cette qualité est encore assez médiocre, comme nous avons eu l’occasion de le montrer dans des articles sur la télévision. Bien plus, il semble difficile d’éviter des distorsions optiques dues à des défauts d’enregistrement.
- Au surplus, la qualité des images télévisées par les moyens actuels dépend essentiellement de la fréquence des oscillations électriques qu’on peut transmettre entre le poste émetteur et le poste récepteur. Pour obtenir une image cinématographiée par ce procédé, de surface suffisante, et présentant des détails satisfaisants, il faudrait pouvoir enregistrer des oscillations électriques à très grande fréquence de l’ordre de 100 000 périodes-seconde, par exemple. Cet enregistrement est évidemment impossible par les procédés électro-mécaniques phonographiques d’aujourd’hui.
- Dans un article très original et récent de cette Revue, M. Gradenwitz a exposé les travaux de techniciens allemands qui ont réussi, en quelque sorte, à dessiner des sons sous forme de figures géométriques sur des bandes destinées à être reproduites dans un traducteur photo-électrique. On voit par l’exposé que nous venons de faire que, si l’on peut créer, en quelque sorte, des sons sous forme d’images, on peut également transformer aussi les images en sons, pour les enregistrer et les reproduire finalement sous leur forme primitive.
- P. Hémardinquer.
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- HERBAGES SANS SOL
- Le Dr Spangenberg, après des expériences de plusieurs années, a mis au point un procédé qui, dans un délai de dix jours seulement, fournit, sans terre végétale, avec des semences préalablement soumises à l’action d’un liquide nutritif (dans un réservoir spécial), des plantes pleinement développées de 40 cm de longueur, ayant des racines latérales et présentant les mêmes qualités nutritives que l’herbage frais, indépendamment du climat et des conditions météorologiques extérieures.
- Cette curieuse invention est basée sur des expériences américaines dont il résulte que le maïs n’est assimilé par le bétail qu’à raison de 50-60 pour 100 de sa teneur en substances alimentaires, alors que, suivant les calculs théoriques, l’organisme animal devrait en assimiler 85 pour 100. Or, au cours de ses essais, M. Spangenberg observa que la digestion s’améliorait toutes les fois qu’on mélangeait le maïs avec du foin, de la paille, des trognons de maïs, etc., de façon à prolonger la durée normale de la mastication et de la salivation. L’observateur constata également que la meilleure digestion, due à une salivation plus longue, devait être attribuée à la diastase (pie renferme la salive. Comme cette diastase se forme aussi en soumettant le maïs à un processus germinatif, il était tout naturel d’essayer de rendre le maïs plus digestible par une germination artificielle. Malheureusement, les expériences faites dans ce but prouvèrent invariablement que ladite germination entraînait une perte de 15 pour 100 de la substance nutritive du maïs, en raison des oxydations concomitantes. Ainsi, l’inventeur se voyait placé devant le problème de prévenir toute perte de substance, condition indispensable pour tirer profit du processus germinatif. Il fallait donc prendre des mesures appropriées pour compenser la désagrégation des grains de maïs. De nombreuses expériences furent faites dans le but de trouver les éléments nutritifs les plus efficaces pour les différentes semences et pour étudier les effets des semences ainsi traitées sur les différents animaux alimentés avec elles.
- D’autre part, pour assurer un parfait succès, il s’agissait de construire un appareil spécial comportant des réservoirs hermétiquement clos où la germination pût avoir lieu dans une enceinte bien séparée de l’air atmosphérique. Cet appareil est constitué par une armoire de 2 m 20 de hauteur, et de 4 m2 de surface, dont les dix tiroirs fermés reçoivent chacun, de 35 à 50 kg de grains de maïs, répandus, en une couche d’environ 3 cm d’épaisseur, sur une plaque perforée de 2 m2 de superficie. Un système de tubes et de robinets assure fhumectation de ces grains avec une solution nutritive, pendant 30 minutes, trois fois au cours d’une journée de 24 heures. C’est ainsi qu’on obtient, en dix jours, des plantes d’une longueur allant jusqu’à 40 cm, avec des feuilles et des racines, d’un poids de 4 à 6 fois supérieur à celui des semences dont on est parti, c’est-à-dire par tiroir un poids de 150 à 300 kg d’herbe fraîche, ration journalière de 20 bœufs,. Comme les différents tiroirs se chargent, l’un après l’autre, à un jour d’intervalle, le premier arrive à maturité au bout de 10
- Fig. 1. — L’armoire à germination Spangenberg, avec ses dix caisses, disposées en deux rangées et ensemencées à intervalle d’un jour.
- jours, et le s-autres suivent, donnant des récoltes continues tous les jours.
- Quand les plantes ont atteint un certain degré de développement, on peut ajouter à la solution nutritive des quantités minimes d’iode, de fer ou d’autres sub-
- Fig. 2. — Deux caisses dans l'armoire, la supérieure au 10e jour de
- germination.
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- Fig. 3. — Les plants atteignent au 10° jour 30 cm de long, plus 10 cm
- de racines.
- stances médicinales contre les maladies des animaux.
- Le fourrage frais qu’on obtient de cette manière est •—• lés expériences faites en différents endroits en font foi, — l’équivalent parfait, pour ce qui concerne la valeur alimentaire et la teneur en vitamines, de l’herbage le plus frais du printemps; il possède une saveur spéciale et les animaux le préfèrent à tout autre aliment, le mangent goulûment et s’en trouvent bien. Les maladies disparaissent, le lait devient plus abondant et plus gras et il en est de même de la viande. L’élevage du bétail pourrait ainsi désormais se faire en tout endroit, à la ville comme à la campagne, indépendamment des conditions climatériques et météorologiques; les produits : viande, lait,
- Fig. 4. — La vitesse de croissance, montrée par differents plants à intervalles de germination d’un jour.
- beurre, etc., seraient partout et toujours, en toute sai son et en tout endroit, équivalents comme quantité et qualité.
- De récents essais ont prouvé que les bêtes atteintes de fièvre aphteuse avancée se remettent après quelques jours d’administration de cet herbage industriel, sans aucun autre curatif; la tuberculose du bétail guérirait également d’une façon spontanée.
- L’élevage du bétail nourri de ce fourrage vert permet de réaliser déjà à la fin de la première année, des poids de 450 à 500 kg par individu. L’engraissement, grâce au nouveau fourrage, se fait bien plus rapidement qu’autre-fois; l’augmentation du poids atteint jusqu’à 6 kg par jour et comme l’engraissement ne prend que trois mois, la consommation de fourrage est bien inférieure à celle qu’exige le procédé usuel. L’amélioration de la qualité et de la quantité des produits (cette dernière de 18 à 22 pour 100 pour le lait et de 16 à 20 pour 100 pour la viande) se réalisent rapidement et à bon marché.
- IJn essai de 60 jours, fait sous le contrôle de la Chambre d’-Agriculturp de Lubeck, a donné un excédent de poids de 40 pour 100 par rapport au groupe servant de comparaison. Les bêtes engraissées d’après le nouveau procédé ont été vendues sur le marché à des prix supérieurs de 50 pour 100 à celui d’autres bêtes, nourries du lourrage ordinaire.
- La germination artificielle des semences, avant l’ensemencement, a également donné d’excellents résultats; les semences s’en trouvent particulièrement renforcées pour résister à la sécheresse. Ce phénomène est actuellement l’objet d’études complémentaires, au laboratoire de l’inventeur.
- Il va sans dire que ce nouveau fourrage se mélange, comme à l’ordinaire, avec du fourrage grossier, tel que foin, paille, etc., les ferments qu’il contient activent l’assimilation des produits moins digestifs.
- Une analyse récemment faite à Berlin, sous les auspices de la Société allemande d’Agriculture, a démontré que le maïs germant, à l’état absolument sec, renferme de 15 à 18 pour 100 de protéines, dont 13 pour 100 parfaitement digestibles, tandis que les semences de maïs dont on part, sans traitement germinatif, renferment seulement 9 à 10 pour 100,de protéines.
- La température normale de germination est de 22 à 25° C. Comme les étables, en été, sont, en moyenne, à une température de 25°, une armoire à germination y trouve sa place; en hiver, on ajoute à la solution nutritive 1 ou 2 seaux d’eau bouillante.
- Les frais généraux de ce nouveau procédé se calculen t, en Allemagne, à environ 2 marks, soit 12 francs, par jour et par armoire; or. comme chaque armoire fournit le fourrage requis pour 20 bœufs, les frais, par jour et par bête, ne sont que d’environ 60 centimes, ce qui, étant donné les grands avantages du nouveau fourrage, est minime.
- Ce même fourrage se prête également et avec des avantages analogues : amélioration de la qualité, augmentation de la quantité des produits, a 1 elevage des moutons et des porcs. Pour les premiers, on réalise aussi une amélioration notable de la qualité de la laine. Il
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- en est de même de l’élevage des poules, qui mangent avidement le fourrage : à noter, dans ce eas, une grande activation de la ponte.
- On peut, naturellement, traiter d’autres semences par ce même procédé; parmi celles qui ont été, jusqu’ici, expérimentées, notons les fèves, les fèves de soya, les
- semences de coton, les lupins : ces deux dernières se débarrassent spontanément de leurs matières vénéneuses.
- Enfin, appliqué aux fèves, aux semences de coton et à d’autres plantes, le procédé Spangenberg fournit d’excellentes salades d’un goût exquis.
- Dr Alfred Graden\vitz.
- LE NOUVEL AMÉNAGEMENT DE LA ROTONDE
- AU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- La Rotonde de la Ménagerie du Muséum d’Histoire naturelle de Paris, a été remise à neuf, en partie, et sous la lumière que laisse largement passer une coupole vitrée, de nombreux Mammifères de petite taille sont
- Tout de suite, en entrant dans la rotonde, le visiteur remarque quelques cages de Singes, de petits Carnivores, de Rongeurs, etc.
- De gauche à droite, voici d’abord deux cages habitées
- Fig. 1. — Ventrée de la rotonde restaurée et éclairée.
- abrités, en une présentation nouvelle, qui a été réalisée par les soins de M. le Professeur Bourdèlle, directeur du Laboratoire de Mammalogie du Muséum et de la Ménagerie des Mammifères et Oiseaux.
- Les frais de réparation du bâtiment ont incombé au Muséum.
- Ceux du nouvel aménagement des animaux ont été couverts par la Société des Amis du Muséum et grâce à une subvention accordée par le Conseil municipal de la Ville de Paris.
- par divers Singes d’Afrique qui ne peuvent trouver place dans la Singerie. Ce sont principalement des Cercopithèques tels que des Callitriches (Lasiopyga callitrichus), des Grivets (« Singes de Saba » des Anciens), (Lasiopyga griseo-oiridis), des Patas (Lasiopyga patas) ou Cercopithèques rouges.
- Puisque nous avons consacré un article aux Singes de A* la Ménagerie (voir le n° 2806 de La Nature), nous ne ferons que nommer ceux de la Rotonde.
- Dans la cage suivante vivent de petits Carnassiers : une Civette rasse (Viverra schlegeli), rapportée de Madagascar par M. Petit, en 1932; puis des Mangoustes
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- (Il erp estes obscurus), qui sont — comme nous l’avons dit précédemment — les ennemies-nées des Serpents.
- Une autre cage de Carnivores abrite un superbe Chat sauvage de l’Afrique du Nord, des Zorilles et des Putois.
- Les Zorilles demeurent la plupart du temps cachés pendant le jour, sous le foin qui garnit leur demeure. Zorilla zorilla Gmelin est un petit Carnivore Mustélien qui tient des Ratels et des Mouffettes. Les sujets présents, don du Dr Arnault, viennent du sud algérien. Du reste, le genre Zorille est uniquement africain.
- Le pelage du Zorille, — que l’on appelle aussi Rhabdo-gale, — noir en dessous, rayé longitudinalement de blanc et de noir en dessus, est très élégant, et recherché pour la parure féminine.
- Le Putois prend son repas. A le voir dévorer un morceau de chair fraîche, on est renseigné sur son appétit de Carnassier; cependant, il se régale d’un morceau de poire séchée que je lui offre, et il m’en redemande, car les petits Carnassiers aiment beaucoup les fruits.
- Voici maintenant des Rongeurs.
- En une cage est exposé un groupe d’Agoutis, au beau pelage, à la mine éveillée, L’Agouti de la Guyane (Dasy-procta prymnolopha Wagl.) surtout, est vraiment joli en sa robe brillante rousse et fauve, pointillée de brun. Il voisine avec deux autres espèces d’Agoutis : l’Agouti de l’Amérique du Sud (Dasyprocta aguti Desm.), ou Lièvre doré, qui est de taille supérieure, et un Agouti plus petit, de forrnes effilées, de pelage plus brun (Dasyprocta coro-nala Wagl.), qui habite la Guyane, le Brésil et le Pérou.
- Ces Cavidés ont une certaine analogie avec notre Lièvre.
- Ils se nourrissent de végétaux de toutes sortes : feuilles, racines, fleurs, fruits et graines.
- Gracieux et familiers, les Agoutis doivent s’habituer aisément à la captivité. Ils sont d’une extrême propreté. Et rien n’est plus amusant que de les regarder manger : prenant délicatement le fruit que je leur offre, ils s’assoient et se servent de leurs pattes antérieures comme de mains pour tenir la friandise et la porter à leur bouche; ils la grignotent du bout des dents, avec un visible souci de ne pas se salir. Puis ils se dressent, en une expressive mimique, pour demander un autre morceau du bon fruit sucré.
- Les loges de la cage suivante sont occupées par des Ecureuils palmistes A crus, gracieux Rongeurs de la Côte d’ivoire, au pelage gris fauve rayé de brun, et par le curieux Athérure, du Cameroun.
- L’Athérure (Atherura af ricana Gr. ; se rapproche un peu du Porc-épic puisqu’il est couvert de piquants, mais il est de plus petite taille et de formes plus sveltes. Sa queue est terminée par d’étranges appendices cornés. Ce petit animal a une gentille mine éveillée. Il doit avoir des mœurs crépusculaires car il parait montrer plus d’activité à la tombée du jour.
- Dans la dernière cage, nous voyons des Ecureuils tricolores de Malabar et des Écureuils blancs de Finlayson, originaires de l’Indochine et de l’Annam.
- Rien de plus charmant que ces Ecureuils, fieux de Malabar surtout ont une brillante parure : le dessus du corps est noir, les lianes d’un pâle jaune soufre et le ventre d’un roux magnifique.
- Fig. Z. — Le centre de la rotonde, avec les nouvelles cages; au milieu. Malvis vai'i.
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- Au centre de Ja Rotonde, sous Ja coupole vitrée, se trouve rassemblée une importante et rare collection de Lémuriens, ainsi que des groupes intéressants de Singes d’Amérique et d’Asie.
- A droite, nous voyons des Singes d’Amérique, représentés par des Sajous et des Eriodes.
- Parmi les Sajous, notons le Sajou A pelle ou Sajou brun ('Cebus apella Erx.) du Brésil et de la Guyane et le Sajou Capucin (Cebus fatuellus L.) du Brésil. Ces petits Singes vivent en troupes nombreuses dans leur pays d’origine. En captivité, ils ont un air plaintif et ne cessent de pousser des cris qui ressemblent à des gémissements.
- Les deux Eriodes ou Brachytiles arachnoïdes, aimables et gracieux, ont la fourrure épaisse et laineuse.
- Les Lagotriches (Lagothrix lagothricus Humb.) du Brésil, ont le pelage noir, la queue prenante.
- Des Singes de l’Amérique, on passe aux Singes d’Asie représentés par plusieurs espèces de Macaques, tels que le Macaque du Bengale (Pithecus rhésus Audebert), de l’IIimalaya, de l’Inde et de l’Annam et le Macaque à bonnet chinois (Pithecus sinecus Linné), de l’Inde. Ceux-ci ont la robe claire, plus ou moins jaunâtre, la face rosée. Le Bonnet chinois a les poils de la tête séparés par une raie médiane, ce qui lui donne un aspect apprêté et amusant.
- Mais certainement le groupe le plus intéressant de ce local est celui des Lémuriens.
- Singuliers représentants de la faune de Madagascar, les Lémuriens semblent réunir les caractères des Singes, des Insectivores, des Carnivores et des Rongeurs.
- Le corps des Lémuriens est grêle. Leur museau rappelle celui des petits Carnassiers, du Renard et du Chien. Les membres postérieurs, un peu plus longs que les membres antérieurs, se terminent comme ceux-ci, par des mains à pouce opposable. La queue est longue, mais non prenante. Les oreilles sont très développées. Le pelage est doux, laineux, serré. La langue est pourvue d’un appendice particulier nommé « langue inférieure ». Les Lémuriens sont généralement assez petits. Ils sont propres aux îles de l’Afrique orientale et de l’Asie méridionale, et particulièrement à Madagascar.
- De mœurs nocturnes — on les a appelés x Singes nocturnes de l’Ancien Continent » —ils ne s’animent qu’aux heures crépusculaires ; alors ils se mettent en chasse, glissant comme des ombres le long des branches. Dans l’obscurité, on voit seulement luire leurs veu:>#de feu, et c’est sans doute leur aspect spectral qui leur a valu le nom de Lemur.
- Avec une adresse sûre, ils sc saisissent des oiseaux endormis ou de leurs œufs, car si leur régime est surtout frugivore, ils ne détestent pas certains aliments d’origine animale.
- Les Makis, propres à Madagascar, forment la partie essentielle de la collection des Lémuxdens où se trouvent des représentants de presque toutes les espèces.
- Nous voyons ainsi un groupe de Makis à front blanc (Lemur albifrons Et. Geoff.), au pelage roux et brun, aux grands yeux dorés, à la face encadrée de clair.
- Fig. o. — Un Éléphant se désaltérant.
- Un groupe de Makis fauves à face noire (Lemur fulvus Et. Geoff.) comprend notamment une mère et son petit, né à la Ménagerie. Tous deux ne se quittent pas; le petit reste constamment accroché à la fourrure de sa mère. Gris et fauve, il est, d’ailleurs, très joli.
- Un groupe de Makis Macaco ou Makis noirs (Lemur mucuco L.) est également très beau. L’espèce présente cette particularité que la couleur varie avec le sexe : le mâle est noir, tandis que la femelle est brun roux, nuancé sur la tête d’un brun presque noir.
- xMais quoique tous les Makis précédents soient très beaux et en très bon état, notre préférence va aux Makis mococo ou à queue annelée (Lemur catta Linné). Leur pelage, fin, soyeux et épais, est d’un gris délicieux, le gris de l’écureuil petit-gris, avec des reflets roses. La queue est annelée de noir et de blanc. Ils ont les yeux jaune clair, cernés de gris, les joues et les oreilles blanches ; le museau pointu est noir.
- Plusieurs naissances ont été constatées dans ce groupe, et rien n’est plus charmant qu’un petit Maki mococo, demeurant étroitement attaché à sa mère pendant les premiers mois de son existence.
- La physionomie des Makis, en général, et du Maki macaco en particulier, rappelle celle de certains petits Chiens et aussi, un peu celle du Chat. On assure que les Makis privés ronronnent comme le Chat lorsqu’on les caresse.
- Don généreux d’un industriel, ami du. Muséum, la cage centrale abrite un groupe de Makis de toute beauté : ce sont des Makis Vari, noir, blanc et rouge (Lemur variegatus Et. Geoff.) (lîg. 2).
- Posés sur deux planches élevées, ils sont serrés les uns à côté des autres comme des Oiseaux des îles. Ces charmants animaux, vêtus d’un somptueux pelage un peu laineux et frisé, sont absolument splendides.
- Les uns sont noir et blanc. D’autres ont le dessus du corps tout blanc. La face est tantôt noire, tantôt masquée de blanc.
- Le Maki vari rouge est roux fauve et brun. 11 a de jolis yeux clairs, à l’iris d’un jaune vert.
- Tous ont une longue queue noire, les pieds et les mains
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- noirs. Les Makis sont doux et sociables. On ne constate pas chez eux les colères et les querelles qui agitent les petits Singes proprement dits.
- Mais tout à coup, une clameur s'élève, et les Makis, si tranquilles tout à l’heure, se jettent follement de tous côtés. Je suis leur regard et je comprends la raison de leur soudaine terreur : les employés ’ dela Ménagerie procèdent au nettoyage de la coupole de‘ verre et nos Makis aperçoivent en transparence les brosses et les balais; ces objets insolites qui, croient-ils, les menacent d’en haut, leur paraissent épouvantables.
- J’ai eu maintes fois l’occasion d’observer que tous les animaux privés s’effrayent à la vue des objets agités ou en mouvement au-dessus d’eux.
- Au hurlement d’alarme poussé par les Makis répondent les cris aigus des Singes. Et tous les autres petits animaux du pourtour demeurent muets, cloués sur place et tremblants. Je surprends un pauvre Agouti qui, une croûte de pain entre les dents, frémit de tous ses membres. Un petit Cercopithèque ne sait où se cacher.
- A chaque coup de balai, la panique se renouvelle. Elle gagne les petits enfants visitant la Ménagerie, qui se mettent à leur tour à crier et à pleurer. Et même des adultes quittent la rotonde, impressionnés par la voix déchirante des Makis vari. Alors ceci nous rappela que lorsqu’on chassa — et si abusivement! — les Makis, pour leur fourrure, les chasseurs les plus endurcis ne voulaient pas tuer eux-mêmes les pauvres bêtes pour ne pas entendre leurs plaintes : ils les faisaient tuer par des indigènes.
- Des animaux d’une telle beauté devraient être respectés. Ils sont un ornement de la nature. Et d’autant plus que les espèces sont rares et propres uniquement à la faune de Madagascar.
- Dans les loges du pourtour de la Rotonde qui communiquent avec l’extérieur, et dont certaines ont déjà subi les transformations nécessaires, habitent quelques grands Mammifères ongulés : Eléphants, Hippopotames, Rhinocéros, Girafes.
- Les trois Eléphants sont déjà familiers du public. Le plus grand est un mâle d’Elephas indiens, don de MM. Amar.
- Rex est un sujet très adulte, âgé de quarante ans environ, que l’on dit être l’un des plus grands Éléphants d’Asie, actuellement domestiqués. Il mesure, en effet, 3 m 15 de hauteur et pèse 3600 kg. Ses défenses ont 1 m 75 de longueur.
- Capturé en son enfance dans la jungle des Indes, Rex a parcouru le monde, avec les autres animaux du cirque Amar. Il va terminer paisiblement sa vie dans la rotonde de la Ménagerie où il semble se plaire parfaitement et où il fait l’admiration des visiteurs.
- Rex reçoit chaque jour une ration de 50 kg de fourrage, 30 kg d’avoine et de son, 20 kg de betteraves ou carottes, sans compter les nombreux kilogrammes de pain et gâteaux, de fruits et friandises diverses que lui donne le pxiblic. De plus, le géant reçoit une ration quotidienne de 200 litres d’eau.
- Rex est venu remplacer Je bel Eléphant femelle dont la mort est récente. Racket était bien connue des visiteurs «le la'Rotonde. Donnée en 1902 par M. Doumer, alors gouverneur de l’Indochine, Racket a vécu trente ans à la ménagerie du Muséum.
- Le second Éléphant est Lihj, une femelle d'Jüephas indicus.
- Le troisième est un petit Éléphant d’Afrique, à la peau claire, aux longs cils roux, de type très différent des sujets d’Asie. Arrivé très jeune au Muséum, il y a été élevé, et paraît maintenant assez bien acclimaté pour y vivre longtemps.
- Un Hippopotame amphibie femelle (Uippopotamus amphibius L.) provenant du Tchad, vit à la Ménagerie depuis de longues années. Sêraphine a, depuis peu, un compagnon, Dick, avec lequel elle fait très bon ménage.
- Puis ce sont les fameux Hippopotames nains du Libéria. Il y a deux individus, d’ailleurs séparés car l’un est pacifique et l’autre querelleur. Chœrupsis liberiensis Leidy n’a que quelques ressemblances avec l’Hippopotame amphibie. C’est un animal en partie terrestre, petit et noirâtre, de la taille d’un Porc, qui se comporte d’une façon très dissemblable de celle de l’Hippopotame amphibie. On ne le trouve plus qu’au Libéria, en Afrique.
- On peut examiner à son gré le sujet sociable qui s’approche volontiers des visiteurs pour leur demander du pain, en une mimique qui ne laisse point d’équivoque.
- Vient ensuite un Rhinocéros d’Afrique, Rhinocéros bicornis L., d’allure fort impressionnante.
- Enfin, un couple de Girafes du Tchad, -— dont l’une offerte par le Colonel et Mme Raulet, l’autre par M. Rémond, administrateur des Colonies, — ramené par la mission Rerthollet, habite la Rotonde depuis l’année dernière et semble s’acclimater à souhait.
- Les Autruches du Maroc ont été transférées au Zoo de Vincennes.
- Par contre, actuellement, en saison d’hiver, la Rotonde abrite provisoirement à côté des animaux que nous venons d’énumérer, tout un lot de gazelles de l’Afrique du Nord (Gazella dorcas, Gazella cuvieri), de Céphalophes divers, un grand Potamochère, un grand Fourmilier d’Amérique ou Tamanoir, heureux de se trouver à l’abri et à la chaleur, en même temps que bien nourris. Ceux-là retourneront au plein air quand les beaux jours reviendront.
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- Ainsi qu’on peut s’en rendre compte, la Rotonde contient tout un monde d’animaux dont chaque genre mériterait une étude spéciale, et dont le nombre augmente sans cesse. Aujourd’hui nous avons seulement pris pour but de donner une idée d’ensemble d’une collection qui s’est enrichie d’espèces rares et qui, bien installée et bien présentée, fait honneur à la Ménagerie du Muséum National d’Histoire naturelle.
- A. Feuillée-Billot.
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- REVÊTEMENT DE CHAUSSÉE EN CAOUTCHOUC
- L’idée de remplacer les matériaux recouvrant certaines routes ou voies publiques actuelles par un produit souple et élastique comme.le caoutchouc semble extrêmement séduisante et offre des avantages appréciables au point de vue du roulement et de l’insonorité. Les premiers essais remontent à 1929 et lurent tentés un peu partout, en Angleterre, en Hollande, aux Etats-Unis, et même en France, place Mazas à Paris. Deux procédés sont mis en œuvre : le pavage et le revêtement. Le pavage se compose de blocs — généralement de 0 m 228 X 0 m 44 X 0 m 038 à 0 m 057 d’épaisseur — dans lesquels entre une composition de latex et de matières dures : sable, pierres brisées, brique et métal. Le revêtement fait appel entièrement au caoutchouc, sans incorporation de corps étrangers lesquels, sans doute, renforcent sa dureté, mais lui retirent son élasticité.
- C’est à cette conception que, sur la proposition d’une fabrique de Clermont-Ferrand, la Ville de Paris s’est ralliée en vue d’essais, quai de la Râpée. Ce revêtement expérimental est constitué par de grandes plaques de caoutchouc, de dimensions variables, composées de deux couches superposées de 0 m 03; la couche de surface est moins épaisse que celle du fond, laquelle repose sur le sol. Elles sont posées sur béton de ciment par
- coulée à chaud d’asphalte fondu. La surface est lisse et donne l’impression, comme il est possible à chacun de s’en rendre compte, de rouler sur un véritable tapis.
- Malgré l’important; trafic qui circule sur cette partie du quai de la Râpée, presque à l’angle de la rue Diderot, c’est-à-dire en un point où la circulation est particulièrement intense, les résultats sont des plus encourageants. Aucune usure, aucune déformation ni soulèvement n’ont été constatés au bout d’une année d’usage. Ce genre de revêtement offre de nombreux avantages sous le rapport du silence, de la propreté et de l’entretien. Même mouillé, il n’est pas glissant et supprime les risques de dérapage. La glace et la neige n’y adhèrent pas, comme aussi la poussière n’y a pas prise; enfin son nettoyage est des plus faciles et son entretien nul puisqu’il ne comporte aucun traitement de conservation.
- En raison de son prix de revient élevé, on comprend que les applications pratiques de ce type de revêtement de chaussée ne peuvent être que restreintes, par exemple, au voisinage des hôpitaux, cliniques, laboratoires scientifiques, observatoires, lycées et facultés, etc., tous établissements où le silence est désirable et la trépidation doit être évitée avec le plus grand soin. M. R.
- LE PÉTROLE DE MÉSOPOTAMIE
- ET SON “ PIPE-LINE ”
- Si difficile qu’il soit de réunir sur le même objet deux records qui s’opposent l’un à l’autre, on peut dire des gisements pétrolifères de l’Irak qu’ils sont à la fois, humainement parlant, les plus vieux et les plus jeunes dans le monde : les plus vieux, parce que leur histoire nous fait remonter au delà du Déluge, et les plus jeunes, parce qu’ils en sont tout juste à leurs débuts industriels.
- HISTORIQUE
- Les légendes bibliques en révèlent l’existence à propos de deux événements fameux : quand Noé construisit son arche, il l’enduisit, à l’intérieur comme à l’extérieur, de bitume, matière que lui fournirent les affleurements mésopotamiens; et, plus tard, quand les descendants du patriarche, redoutant un nouveau déluge, voulurent édifier une tour, ils tirèrent de ces mêmes gisements le bittime dont ils composèrent un mortier.
- Puis, pendant des millénaires, les bateliers du Tigre s’y approvisionnèrent du naft dont ils calfataient leurs curieux
- esquifs de forme ronde, tressés d’osier, tandis que les pasteurs nomades y trouvaient cette mystérieuse « huile de pierre » qu’ils employaient à soigner leurs chevaux et leurs dromadaires souffrant de maladies de la peau.
- La véritable histoire de ces gisements s’ouvre au début de ce siècle; contentons-nous d’en exposer ici les titres de chapitre. Un prospecteur d’origine néo-zélandaise, M. William K. d’Arcy, déjà connu pour sa découverte des richissimes gisements de la Perse méridionale, exploités depuis lors par l’Anglo-Persian Oil Company, tourne son activité vers ceux de la région du Tigre. Les intérêts britanniques, qu’il représente se heurtent aussitôt aux ambitions de l’Allemagne, qui vient d’obtenir de la Turquie (mars 1903) la concession de la construction du chemin de fer de Bagdad. Lin accord intervient en 1912, avec la création de la Turkiçh Petroleum C°, entre les intérêts en conflit. Finalement, à la veille même de la guerre, soit le 28 juin 1914, un iradé confirme la concession des champs d’huile au groupe financier qui s’est constitué dans les proportions suivantes : 50 pour 100 à
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- l’Anglo Persian Oil, 25 pour .1.00 à la Royal Dutch Shell et autant à la Deutsche Bank.
- La victoire des Alliés modifia eet arrangement, d’abord en faisant de la France l’héritière des droits allemands, puis en acceptant la coopération des Etats-Unis. Le gouvernement du roi Faiçal, le nouveau souverain de Mésopotamie, confirmait les privilèges de l’ancienne société, qui prenait le nom de The Iraq Petroleum Company. Un accord définitif, passé en 1928, réglait comme suit les parts des intérêts en présence : déduction faite des 5 pour 100 accordés en reconnaissance de services rendus à une compagnie dont le fondateur, M. Gulbenkian, est d’origine arménienne, le surplus, soit 95 pour 100. était partagé, par parts égales,entre l’Anglo Persian. la Royal Dutch-Shell, le consortium américain et la Compagnie Française des Pétroles.
- C’est indiquer que, par l’entremise de cette dernière société, la France recevait une part de 23,75 pour 10(1 dans les profits à attendre.de l’exploitation des gisements pétrolifères compris entre le Tigre, la frontière persane et la frontière turque.
- Fin.
- Aspect caractéristique des couches mrmnclinales de la région de. Kirkouk.
- LES SURPRISES DE LA PROSPECTION
- En somme, les pourparlers et négociations que nous venons d’indiquer très sommairement s’étaient poursuivis dans le vague, en ce sens que personne n’aurait pu jurer si les gisements qui en formaient l’objet, révélaient les richesses escomptées. Certes, on - avait relevé en divers points des aUleurements de bitume, d’huile et de gaz; mais ces manifestations superficielles sont trop souvent trompeuses, car elles ne révèlent pas, a, priori, si elles sont comme l’avant-garde d’une masse de pétrole emprisonnée dans le sous-sol ou comme l’arrière-garde d’un dépôt d’huile qui aurail été asséché, au cours des âges, soit par l’elfet de l’érosion et de la disparition des terrains imperméables qui le recouvraient, soit par l’action des failles.
- L’honneur revient au R' Pascoe, chef du service géologique de l’Inde, d’avoir, à lui seul, réalisé la première prospection méthodique, Puis, à partir d’octobre 1925, fut organisée une prospection plus détaillée, sous la conduite de douze géologues pétroliers, dont trois Français. En raison de certaines stipulations de l’accord passé entre le gouvernement irakien et la compagnie, ce travail dut être mené rapidement. En l’espace de douze mois, les géologues firent choix de dix « structures », apparemment propices à des tests ou puits d’étude.
- On me permettra de rendre hommage à ces pionniers, à leur courage , à leur endurance, et aussi à leur flair scientifique, expression qui se justifiera dans un instant. En ces régions où la police était encore bien mal organisée, ils eurent à se défendre contre le fanatisme des nomades. Les écarts de température (chaleur torride pendant la journée entre les nuits quasi glaciales) n’ajoutèrent pas à leur confort. Enfin, ils eurent à résoudre des difficultés d’ordre géologique spéciales, semble-t-il, à l’Irak. Nous n’en retiendrons que celle-ci : les structures superficielles n’y sont pas toujours parallèles aux structures sous-jacentes. Ainsi, pour ne citer qu’un cas qui va nous servir, un monoclinal (surface horizontale raccordée à des plis parallèles) peut très bien recouvrir et déguiser un anticlinal ou dôme.
- Et ce fut précisément ce que l’on constata, quand les machines à forer entrèrent en jeu, à partir de la fin d’avril 1927. Huit des dix aires choisies furent attaquées simultanément. L’une d’elles, celle de Kirkouk, qui présentait l’apparence monoclinale que je viens d’exposer, fut le théâtre d’une chose prodigieuse : le 14 octobre, au lieu dit Baba Gurgur, tout proche de la petite ville de Kirkouk, la sonde du puits n° 1 parvenait «à la profondeur de 465 m, sans avoir encore fourni d’indices bien encourageants, lorsqu’elle creva soudain le dôme, libérant un torrent de pétrole qui, sous l’énorme pression des gaz, jaillit dm trou, en dressant une colonne haute de 50 m.
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- Surpris par le flot, les chefs-sondeurs et leur personnel indigène furent trempés d’huile jusqu’aux os; et l’on eut à déplorer la perte de trois vies humaines : un Américain et deux Kurdes, qui faisaient la sieste dans un creux du terrain, à" quelque distance, ne se réveillèrent pas, asphyxiés par la nappe de gaz délétères.
- On ne put maîtriser le gusher qu’après trois jours d’efforts, durant lesquels le jet déversa 90 000 barils (soit 12 000 tonnes) de pétrole par 24 heures. Il eût été possible de refouler l’huile dans son puits. Disposait-on du matériel indispensable à pareille opération ? Le flot visqueux s’éeo\ilait sur les pentes et menaçait de gagner le Tigre, sur les rives duquel il pouvait provoquer des catastrophes. On se résigna donc à le canaliser vers une région déserte et à la réduire en fumée par un incendie méth odique.
- LES CREÜSEURS A L’ŒUVRE
- La Mésopotamie avait eu, de tous temps, ses feux éternels, émanations d’hydrocarbures gazeux que les pèlerins venaient vénérer, précisément aux abords de Kirkouk. Elle eut là son gigantesque «feu de joie», expression qui ne fait pas ici figure de rhétorique, car (''accident avait cette signification heureuse qu’il démontrait l’étonnante richesse du gisement.
- Au cours des deux années qui suivirent (soit 1928 et 1929), trente autres puits furent achevés sur cette seule structure de Kirkouk; ils permirent d’en déterminer les dimensions,quisont d’environ 90 km de longueur sur 3 de largeur. Ces 31 puits (auxquels s’en ajoutera un 32e, en voie d’achèvement) sont séparés par des intervalles de 800 m à 5 km. Selon leur position respective sur la structure ils ont atteint le calcaire pétrolifère à des profondeurs variant entre 400 et 1100 rn.
- Il va de soi que toutes les précautions avaient été prises pour empêcher la répétition de l’aventure que nous venons de décrire. Grâce à des dispositifs spéciaux, les jaillissements furent maîtrisés dès leur tentative de production, et l’on ferma les vannes des puits après en avoir jaugé le débit. Nous savons donc que, à l’exception d’un seul, qui se révéla « sec », tous sont d’excellents producteurs et que la plupart ont un rendement considérable. Bref, bien quel’onnepuissecalculerqu’approximativement
- (à des millions de tonnes près) la valeur potentielle du gisement de Kirkouk, on sait qu’il suffira de mettre en exploitation quinze de ces puits (les autres restant en réserve) pour assurer la production annuelle, prévue parles contrats, qui sera de l’ordre de 4 000 000 tonnes.
- Il convient de remarquer que ce gisement est le seul, parmi les dix structures pétrolifères étudiées dans les limites de la concession, dont on ait poursuivi le développement; et c’est dire, en somme, que la Iraq Petroleum C° a tout juste entamé ses ressources, réparties dans un territoire qui est d’environ 90 000 km*. Tout nous autorise à croire que le seul champ d’huile de Kirkouk, qui est beaucoup plus étendu que ceux de l’East Texas et de Bakou, se chargera de fournir, pendant des dizaines
- . — I.'éruption imprévue du pétrole au sondage de Baba-Gurgur en 1927. Un jet latéral de pétrole.
- d’années, les 4 millions de tonnes requis. D’autres puits s’ajouteront, successivement à la trentaine en existence;
- Fig. 4. — Le forage de Baba-Gurgur et l’écoulement du pétrole lors de l'éruption imprévue de Baba-Gurgur.
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- Fig. 5. — Babci-Gurgur. — Un feu perpétuel alimenté par les suintements pétrolifères était l’objet de la vénération des indigènes.
- est « en sommeil » au creux de ses puits et, pour continuer notre image, il ne sortira de sa léthargie qu’à l’achèvement des réseaux de conduites qui lui livreront l’accès du rivage méditerranéen.
- Le pipe-line de l’Irak sera l’un des ouvrages les plus remarquables du genre, avec sa longueur totale de près de 1900 km pour ses deux branches. A. la vérité, il en existe de plus longs aux Etats-Unis, le record appartenant à celui de la Stanoline Pipe-lune Company, avec ses 7600 kilomètres. Mais on n’avait pas encore tenté pareille entreprise dans des régions à la fois aussi désertes et aussi accidentées. Nous décrirons le tracé de l’ouvrage, non sans avoir indiqué, tout d’abord, qu’il présente la forme de la lettre Y, avec son point de départ ( lvir-kouk) et ses deux terminus (Tripoli de Syrie et le nouveau port palestinien de Haïfa). Précisons, en outre, que les différences de niveau et
- de l’avis des chefs-sondeurs américains employés par la compagnie, l’exécution des forages sera aussi facile que rapide.
- COMMENT SE TRANSPORTERA LE PÉTROLE DE L’IRAK
- Certaines statistiques publiées l’année dernière aux Etats-Unis démontrent que les chiffres et l’imagination peuvent faire fort bon ménage : dans les tableaux indiquant la production mondiale du pétrole, l’Irak se voit gratifié de plus d’un million de barils que ses puits auraient fournis, en 193:1, tant à la consommation locale qu’à l’exportation. En réalité, ce chiffre s’applique à la production de la Khanikin Oil C°, qui exploite des gisements situés à la frontière irako-persane. La Iraq Petroleum C° s’est contentée d’installer, près de Kirkouk, une petite raffinerie qui assure ses propres besoins. Le pétrole
- Fig. 7. -— Le port, de Tripoli de Syrie, point d’arrivée du pipe-line
- septentrional.
- Fig. G. — Une vue de Kirkouk, point de départ des pipe-lines.
- la viscosité de l’huile brute ont imposé la construction de douze stations de pompage, échelonnées le long des deux parcours.
- On remarquera au cours de notre description, que le pipe-line traverse, sur la quasi-totalité de son tracé, des régions désertiques, dépourvues d’eau potable, de routes et, cela va sans dire, de chemins de fer, fréquentées par quelques bandes de nomades, et n’offrant, çà et là, que des agglomérations valant tout au plus le nom de village. Et c’est donner là quelque idée des obstacles qu’il a fallu vaincre, en creusant des puits à la recherche de l’eaudouce, en construisant des routes pour assurer le transport du matériel, en édifiant des baraquements pour le personnel aux abords des divers chantiers, en reliant les postes par un réseau de fils télégraphiques.
- Un véritable travail d’exploration préluda aux études topographiques, qui ne débutèrent réellement qu’en 1928 et qui se poursuivirent sans arrêt jusqu’en 1931. Le tracé fut modifié plusieurs fois, d’après les observations rap-
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- portées à Londres par des expéditions de contrôle. Enfin, au début de 1932, la compagnie en cause, la Mediterranean Pipelines Limited, liliale de la Iraq Petroleum, passa ses commandes de matériel (conduites, machinerie, poteaux et fils télégraphiques et téléphoniques, véhicules, etc.). Nous montrerons plus loin l’envergure de grand style prise, dès lors, par les travaux.
- LA LIGNE DOUBLE
- Kirkouk, silué à 240 kilomètres au nord de Bagdad, et presque au centre du champ pétrolifère qui porte son nom, est la tête de ligne de l’ouvrage, qui comporte tout d’abord deux conduites jumelles. Celles-ci atteignent presque aussitôt la première station de pompage, double elle aussi, et qui est placée à Hassar, localité dont l’altitude est de 300 m. Elles descendent
- Fig. S. — L'ancienne ei primitive raffinerie arabe près de Fallia.
- Fig. 9. — La traversée de l’Euphrate par la pipe-line.
- en pente douce, à travers des plaines cultivées, pour atteindre la rive gauche du Tigre, aux gorges de Fatha, à 100 m d’altitude. Fatha, qui n’est qu’un amas de ruines sans grand intérêt, possédait dans son voisinage une petite raffinerie, conduite par d’entreprenants Arabes qui abritaient leurs primitifs alambics dans des huttes de pisé, édifiées en forme de ruche d’abeilles, selon l’architecture du pays; ils y traitaient le crude, recueilli aux basses eaux le long de la rive gauche du fleuve, où il s’accumulait par le jeu des infiltrations. Cette pittoresque usine n’est plus en fonctions, depuis la mise en service de la raffinerie installée près de Kirkouk, qui pourvoira aux besoins locaux; il convient de rendre justice à la compagnie concessionnaire en notant qu’elle a dédommagé les distillateurs indigènes.
- C'est aux abords du Tigre que les constructeurs du pipe-line ont rencontré les premières difficultés. Les deux rives sont soulevées par des crêtes rocheuses, qui. se présentent obliquement; on a dû creuser à la mine des tranchées profondes pour recevoir les conduites, qui sont en
- place depuis le 15 septembre. Un a élevé au même point un téléférique, d’une capacité de 3 tonnes et demie pour assurer le transport des matériaux et approvisionnements d’une rive à l’autre.
- Après le passage du Tigre, les deux conduites traversent une région de dunes, où elles atteignent bientôt la deuxième station de pompage, double comme le sont la première et la troisième. Elles s’engagent ensuite dans la vaste dépression du Wadi Tharthar, région où les constructeurs ont eu à vaincre d’autres difficultés. Les marécages d’eau salée alternent avec les affleurements de gypse qui soulèvent des alignements de hautes crêtes, dont l’altitude s’élève jusqu’à 250 m. Pendant la saison des pluies, les oueds se transforment en torrents.
- Comme ceux du Tigre, les abords de l’Euphrate présentent des soulèvements rocheux
- Fig. 10. — Automobile dans la région des laves que traverse la pipe-line Nord.
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- qui ont imposé le creusement de tranchées profondes. Le pipe-line traverse le fleuve près de Haditha, plaisante agglomération entourée de palmeraies ; on y installe un second téléférique delà capacité deiO tonnes. (Testa moins de 2 kilomètres de cette localité, située sur la rive droite de l’Euphrate, que l’on construit la troisième station de pompage; et (‘'est à 10 km plus loin que les deux conduites se séparent, après un parcours de 241 km, l’une (qui forme la section septentrionale) obliquant brusquement à l'ouest pour se diriger, presque en ligne droite, sur Tripoli, tandis que l’autre, connue sous le nom de section méridionale, poursuit son orientation Nord-Est-Sud-Ouest en se dirigeant vers Haïfa.
- L’ITINÉRAIRE DE LA SECTION SEPTENTRIONALE
- Le tracé de cette partie du pipe-line présente de tels avantages qu’on s’étonnerait qu’il n’ait pas été adopté comme prolongement unique du premier secteur,
- Deux autres stations de pompage s’échelonnent sur le parcours, avant que la ligne atteigne les célèbres ruines de Palmyre, où l’altitude redescend à 375 m. De ce point, la ligne monte graduellement, à travers des terrains de formation alluvionnaire, rencontre sa quatrième station de pompage et, à quelques kilomètres à l’ouest de Fui'klus, parvient à son point culminant, d’une altitude de 790 m, pour redescendre, à travers une région de collines calcaires, à 480 m, dans la vallée de l’Oronte. qu’elle traverse à quelque distance au sud de Homs. Déjà desservie par la voie ferrée qui relie Damas et Tripoli à Constan tinople et à l’Europe, cette ville de 57 000 âmes, actif centre d’agriculture, est devenue la tète de ligne d’un embranchement qui sert à la construction de cette section septentrionale du pipe-line et qui transporte journellement, depuis plusieurs mois, une moyenne de 400 tonnes de matériel. Dans ce but. Homs a été pourvue d’ateliers, d’entrepôts, de voies de garage, etc..
- Fin. 'II. — lin paysaye sur le Ira jri du pipe-linc dans le déserl de Syrie.
- n’étaient les exigences politiques qui en décidèrent autrement. Il subit d’un coup d’œil à la carte pour constater qu’elle est beaucoup plus courte que la section méridionale : 610 km contre 748, mesure prise entre le point de-bifurcation et la mer. Le fait quelle rencontre bien moins d’obstacles naturels ajoute considérablement à ses avantages.
- A partir de Haditha, point de bifurcation, la conduite reste à peu près parallèle à l’Euphrate sur une longueur de 129 km, la région comportant des aires rocheuses, fréquemment soulevées en arêtes. Rencontrant bientôt la première de ses quatre stations de pompage, elle traverse la profonde dépression du Wadi Rutka, puis la frontière de l’Irak, et pénètre sur le territoire syrien, qu’elle ne quittera plus. Se dirigeant nettement vers l’ouest, elle gravit les pentes d’une région désertique où alternent les aires pierreuses et les zones alluviales, et dont le point culminant est d’une altitude de plus de 600 m.
- (Quittant la vallée de l’Oronte, la conduite s'engage dans une région de laves, parsemée de gros blocs basaltiques, d’une largeur de quelque 25 km en s’élevant rapidement, de 486 m à 532 m. Elle passe en vue du village de Tel-Kelah, non loin d’un magnifique château fort construit jadis par les Croisés. Enfin, tout en longeant la route carrossable et la voie ferrée, elle descend vers son terminus, situé à 7 km de Tripoli et de son petit port d’El-Mina, dont l’aménagement a été l'une des premières œuvres entreprises.
- Là comme au terminus de Haïfa, la lente déclivité du rivage interdit aux navires de haut bord de s’approcher à moins d’un kilomètre et demi des quais. Les bateaux-citernes recevront leur cargaison de pétrole par des conduites immergées, aboutissant à des bouées ancrées au large; : de puissantes pompes, installées au terminus, assureront la rapidité du chargement. C’est le mode de chargement le plus moderne et le plus économique.
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- LE TRACÉ DE LA SECTION MÉRIDIONALE
- La longueur de cette section (748 km) qui se développe sur des territoires placés
- 1. Aux abords de l’Euphrate.
- 2. Uichargement des tuyaux.
- 3. Déplacement des tuyaux à l'aide d’un tracteur.
- 4. Manœuvres à bras d’homme.
- 5. Caravane sur le trajet de la pipe-line.
- 6. Piste le long- de la pipe line.
- sous mandat britannique, (Trans-Jordanie et Palestine) ou soumis à l’influence anglaise (Irak), fait que l’on a dû la pourvoir de cinq stations de pompage. Partant de Haditha (point de bifurcation), elle rencontre successivement les deux premières en traversant une région acci-
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- dentée, totalement dépourvue d’eau, remarque qui peut s appliquer à la plus grande partie du tracé. Le terrain s’améliore en approchant de Rutbah, Cette localité, dont 1 altitude est de 700 pi, possède l’un des très rares puits d eau douce qui existent en ces immenses déserts, circonstance à laquelle elle doit d’avoir été, depuis des temps immémoriaux, le carrefour des principales pistes de caravanes. Par aéroplane comme par automobile, elle marque le milieu du trajet entre Bagdad et Damas; on l’a pourvue, depuis plusieurs années, d’un aérodrome, d’une station de télégraphie sans fd, d’une auberge, et aussi d’un fort, prêt à s’opposer aux incursions des nomades.
- La ligne s’engage aussitôt dans une région de plus en plus désertique, où s’échelonnent les trois dernières stations de pompage. Le terrain est généralement plat, coupé çà et là de dépressions, et aussi d’ondidations pierreuses. A partir de Burqua commence l’affreuse région des laves, qui se prolonge sur 160 km et jusqu’à Umm-el-Jimal. C’est sur cette partie du parcours que les constructeurs du pipe-line ont rencontré les plus graves difficultés. Là lave s’y présente tantôt sous la forme de plaques massives, tantôt sous celle de blocs détachés, dont la grosseur peut dépasser le mètre cube, et qui reposent sur un sol sablonneux, sans consistance. Le transport des conduites et autres pièces de matériel pesantes sur un pareil terrain est une besogne ardue. Le manque d’eau est absolu : ni sources, ni puits. On ne relève nulle part des traces d’habitation humaine, à l’exception de deux groupes de constructions de pierres que l’on suppose être les ruines de temples fort anciens. Dans cette partie du parcours, le point culminant du pipe-line est de 1036 m, cote atteinte à la base d’un volcan éteint.
- L’ouvrage, qui a quitté l’Irak pour se développer en lr(ans-Jordanie, décrit un coude brusque, qui le fait remonter vers le nord-ouest, et franchit les contreforts méridionaux du Djebel-ed-Druz, en passant par Lbnm-el-Jirnal, antique ville qui fut bâtie de blocs de lave. Les Romains, qui l’occupèrent, y construisirent ou yrestau-tèrent de vastes citernes pour emmagasiner l’eau de pluie. Les sources sont inexistantes; les puits les plus rapprochés se trouvent au pied des montagnes, à une distance d’une dizaine de kilomètres.
- Le tracé emprunte ensuite un terrain plat qui s’élève
- -Zo'fjf. I-o. Une machine à creuser les tranchées en fonctionnement
- j sur les chantiers de la pipe-line.
- sensiblement aux abords de Malrak, station du chemin de fer du Hedjaz; au début de 1932, elle n’était encore constituée que par une voie de garage et quelques demeures arabes. Devenue la tête de ligne d’une voie ferrée prévue pour la construction de la section méridionale, elle a vu s’édifier des entrepôts, des ateliers de mécanique, des maisons d’habitation. Mais, là aussi, le manque d’eau est absolu; on a dû se résoudre à édifier un aqueduc, long de 27 km, qui, par pompage, apportera de l’eau de la rivière Zerka.
- De nouvelles difficultés se présentent au delà de Malrak. La ligne franchit une série de collines calcaires, en s’élevant rapidement à 790 ni, point culminant qu’elle atteint près d’Irbid, à 28 km du Jourdain, et où elle abandonne les déserts pour pénétrer dans une région très peuplée et très cultivée. Elle franchit la profonde dépression de ce fleuve historique en descendant à 258 m au-dessous du niveau de la mer, remonte aussitôt en pente raide pour se trouver, à 16 km à l’ouest du Jourdain, sur une éminence haute de 225 m au-dessus de la Méditerranée. Il ne lui reste plus qu’à descendre la vallée de l’Esdralon pour toucher le rivage de la baie d’Acre, à 3 km au nord-est de Haïfa, en un point couvert de dunes.
- L’aménagement du port, la construction de jetées, de brise-lames, de quais, d’entrepôts, de bureaux, furent commencés en 1929. On espère que le nouveau port sera suffisamment avancé pour qu’on puisse l’ouvrir à la navigation dans quelques .mois. L’insuffisance des ressources en eau potable impose à la Iraq Petroleum Company l’obligation de forer des puits profonds dans les dunes de sable, à la recherche de nappes souterraines. Il faut prévoir que la population de Haïfa, qui est actuellement de 25 000 âmes, augmentera à un taux très rapide, dès l’ouverture du port et l’achèvement du pipe-line.
- QUESTIONS D’EAU, DE CLIMAT ET DE ROUTES
- Pour rendre pleine justice à l’effort accompli par la compagnie concessionnaire, il faut, noüs résignant à des redites, récapituler les obstacles naturels qu’ont eu à vaincre ses ingénieurs, non sans avoir rappelé que l’immense contrée que traversent les trois secteurs du pipeline est, dans le monder entier, l’une des régions les plus hostiles à l’industrie humaine, avec son manque d’eau quasi ‘général, l’absence de routes carrossables, l’extrême rarete d’habitants sédentaires. Aucun des pipe-lines construits aux États-Unis ne s’est heurté, tant s’en faut, à de pareilles difficultés.
- Préciser que l’ouvrage a nécessité près de 2000 km de tubes d’acier, d’un diamètre variant entre 25 <pt 30 cm. représentant un poids total de 116 000 t, c’est décrire déjà une face du problème, car il ja fallu s’occuper, avant tout, de construire des routes sur les chaussées desquelles les camions lourdement chargés pourraient s’aventurer sans risques. D’autre part, pour soustraire les tubes à l’action des écarts de températures, à la corrosion, et aussi pour les protéger, le cas échéant, contre les tentatives de « sabotage », on a dû les enterrpr dans des tranchées profondes d’un mètre, au minimum. Enlin, comme les opérations de pose et de soudage ont commencé simultanément sur divers secteurs, la cons-
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- truction d’une ligne télégraphique et téléphonique reliant les chantiers s’imposait comme l’une des premières besognes.
- Pour mener à bien cette triple tâche, et pour la mener rapidement, la compagnie dut distribuer ses commandes à quatre pays de grandes industries. (La France eut notamment à livrer 55 000 tonnes de tubes, sur les 116 000 prévues). Dès les premiers jours de novembre 1932, tout le matériel mobile (excavatrices, machines à creuser les tranchées, grues montées sur des automobiles à chenilles pour la mise en place des tubes, ateliers portatifs pour le soudage des tubes placés bout à bout, camions, etc.) était déjà débarqué dans les deux ports-terminus.
- On peut dire que la question de l’eau primait toutes les autres. Il fallait en trouver non seulement pour assurer les besoins du personnel, mais aussi pour satisfaire ceux des machines à vapeur chargées de fournir de la force motrice sur de nombreux points. Nous avons vu que l’eau de surface est rare, sauf pendant les quelques semaines que dure la saison des pluies. Quant à l’eau souterraine, elle est généralement sursaturée de sel et, conséquemment, impropre à tous usages. On ne peut se procurer de l’eau douce (qui ne l’est, d’ailleurs, que plus ou moins) qu’en fonçant des puits de 120 à 150 m.
- On en a foré surtout près des douze stations de pompage, dont on veut faire comme autant de petites villes industriellement autonomes : chacune aura ses ateliers de construction et de réparation, ses chalets où les membres du personnel pourront vivre avec un maximum de confort, son aérodrome, ses réservoirs capables d’emmagasiner, par prélèvements sur l’afflux du pipe-line, la quantité de pétrole requise pour assurer la succion des pompes et pourvoir de combustible les foyers des chaudières.
- Le personnel actif affecté à la construction du pipeline comporte 500 Européens ou Américains et 6000 indigènes. Ces chiffres indiquent l’importance des camps que l’on a érigés le long du tracé.
- Notons enfin que la construction des lignes télégraphiques et téléphoniques a exigé 25 000 mâts tubulaires en tôle d’acier, 6000 km de fils de cuivre au cadmium, 120 000 bobines isolatrices, etc. Au passage du Tigre et de l’Euphrate, les fils seront supportés par des tours hautes de 40 m.
- LE PRÉSENT ET L’AVENIR
- L’activité avec laquelle sont menés les travaux ne permet que des précisions immédiatement périmées. A la fin de décembre 1932, les tâches préliminaires étaient achevées : la majeure partie du matériel (y compris les 116 000 tonnes de tubes), débarquée aux deux ports méditerranéens, ainsi qu’à Bassorah, s’acheminait régulièrement vers l’intérieur. Une sage organisation avait prévu l’installation de deux chantiers initiaux, l’un sur l’Euphrate, l’autre sur le Tigre, dont les équipes pourraient proliférer, en tirant de la main-d’œuvre indigène de bons contremaîtres suffisamment instruits par quelques mois d’apprentissage. Et c’est bien ce qui s’est produit; cette méthode a permis d’ouvrir de nouveaux chantiers de pose sur les trois secteurs du pipe-line. La longueur
- Fig. 14. — Nouvelle raffinerie.
- totale des conduites posées, soudées et enterrées doit atteindre actuellement 300 km, et 800 km de tubes sont alignés dans le désert, prêts pour les équipes de pose. On peut prévoir que l’œuvre sera terminée dans le cours de l’été de 1934. Mais il est probable que le pétrole de Kirkouk touchera le rivage méditerranéen dès le début de cette même année, grâce à l’achèvement de la section septentrionale dont nous avons dit qu’elle est plus courte et d’une exécution plus facile que la section méridionale.
- Il sufflt d’avoir sous les yeux un planisphère terrestre pour saisir l’importance du rôle économique dévolu au pipe-line de l’Irak, dont le coût, évalué d’abord à un milliard de francs, mais qui sera sensiblement inférieur à cette somme devient quantité quasi négligeable en face des résultats escomptés.
- On remarque, tout d’abord, que Tripoli et Haïfa sont beaucoup plus rapprochés des grands ports européens que ne le sont Constantza et Batoum, centres respectifs de l’exportation des pétroles roumains et russes. Si nous ne retenons, parmi ces ports importateurs, que Marseille et Londres, les distances en milles nautiques s’inscrivent comme suit :
- De Tripoli à Marseille . . . 740 à Londres. .2395
- De Constantza à Marseille . 1575 à Londres. 3150
- De Batoum à Marseille. . . 1965 à Londres. 3705
- Ces chiffres indiquent nettement comment les huiles irakiennes seront favorisées sur le chapitre du transport, vis-à-vis de leurs plus proches rivales, auxquelles nous aurions pu ajouter les pétroles persans. Mais les avantages de Tripoli apparaissent encore plus impressionnants, si nous comparons sa situation géographique à celle des principaux centres d’exportation pétrolière du Nouveau Monde, par rapport aux grands centres d’importation européens, en choisissant, par exemple, Le Havre et Hambourg, les distances continuant à s’exprimer en
- milles nautiques :
- De Tripoli au Havre.........................2.230
- à Hambourg...............................2.685
- De Maracaïbo (Venezuela) au Havre...........4.235
- à Hambourg...............................4.675
- De Galveston (Texas) au Havre...............4.815
- à Hambourg.............................5.255
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- De Los Angeles (Californie) au Havre..........7.555
- à Hambourg...............................7.995
- A leur privilège géographique, les gisements de l’Irak ajoutent-ils des avantages sur les prix de revient ? Il serait prématuré de répondre à cette question. Mais l’opinion d’un expert des Etats-Unis, M. Wirt Franklin, président de l’Association indépendante des Pétroliers américains. mérite attention, quand il déclare que « le coût de
- production du pétrole de l’Irak est pratiquement négligeable. » Ce jugement est basé, sans nul doute, sur les éléments que nous avons signalés, au cours de cette étude : faible profondeur de l’horizon pétrolifère de la structure de Kirkouk; vastes dimensions de ce champ d’huile; très haut rendement individuel des puits; grande facilité des operations de forage.
- Vxcroit Fou ni n.
- LES RÉCENTS PROGRÈS DANS L’INDUSTRIE DES ACCUMULATEURS AU PLOMB
- LE MÉCANISME CHIMIQUE DE L’ACCUMULATEUR AU PLOMB. — LA SULFATATION
- Il est reconnu aujourd’hui que la vieille théorie de Gladstone et Tribe connue sous le nom de « théorie de la double sulfatation « et qui fut imaginée vers 1882 par ces auteurs, est complètement erronée; elle est remplacée aujourd’hui par la théorie de la réaction réversible à laquelle Ch. Féry, le maître éminent en cette matière, a été amené en 1919 par ses l'echerches (x) :
- Pba+SO* H2+Pb205 - S04Pb2+H20-j-2 PbO2, (1) et qui a été confirmée par la belle thèse de A. P. Rollet (2) effectuée au laboratoire de M. le Professeur Uackspill à Strasbourg.
- On peut remarquer que dans l’équation (1) il ne se forme sur aucune des deux plaques de l’accumulateur
- 1. Fonctionnement chimique de l’accumulateur au plomb (Bulletin de la Soc. chim. de France 25, 1919, p. 223), et Bulletin de la Soc. française des Electriciens, 3° série, S, n° 77, 1919).
- 2. Thèse de doctorat, soutenue à la Faculté des Sciences de l’Université de Strasbourg, 1929.
- Fig. 1. — Expérience monlranl comment on peut réaliser un accumulateur insulfalable : la négative B est protégée par une couche de pétrole P, contre l’oxygène do l’air. Grâce à la l'orme du tube, les échanges d’oxygène entre les deux plaques A et B sont rendus im-possibles.
- du sulfate de plomb S04Pb, contrairement à ce qui x*ésul-tait de l’équation de la double sulfatation, ainsi dénommée parce qu’elle admettait la formation de ce sel peu soluble et isolant dans les deux plaques, après décharge : Pb-j-2SO4H2+Pb021; S04Pb+2H20+S04Pb.
- Pour Féi’y, la formation de ce sel aux deux électrodes serait due à des réactions secondâmes se produisant :
- 1° à la négative sous l’action de l’oxygène de l’air ou des positives voisines, sur la matière déchargée :
- S04Pb2+S04H2+0 = 2 S04Pb+H20.
- 2° A la positive, par suite d’une réduction par l’hvdro-gène, ces plaques donnent lieu comme on le sait à des chutes de matière pendant la charge qui suit leur sulfatation, car c’est à leur surface que l’hydrogène dégagé par les négatives exerce son effet réducteur. La réduction superficielle de Pb205, par l’hydrogène dégagé lentement du repos par les négatives, amène ce composé à l’état de PbO2 comme les recherches de Féry l’ont démontré. A la décharge, cette couche superficielle se réduit encore : 2 Pb02+1-P = Pb203+H20.
- Le minium Pb203, ainsi formé, est alors attaqué par S04H2 :
- Pb203+S04H2= PbS04+ PbOs+ H20.
- On comprend facilement que le remplacement de l’oxygène par le groupe SO4 diminue la porosité superficielle de ces plaques et que, dans ces conditions, les gaz qui se dégagent sur la grille restée conductrice soulèvent et décollent la croûte sulfatée superficielle. C’est ainsi que prennent naissance les dépôts boueux que contiennent toujours les bacs et que la positive se vide et voit diminuer sa capacité.
- Comment éviter ce grave accident de la sulfatation qui se produit si facilement et qui donne à l’accumulateur au plomb la réputation d’être si délicat ?
- Les causes de la sulfatation sont, d’après Féry, l’action de l’oxygène de l’air (ou même celui de la positive) sur la négative. Sur la positive, au contraire, cette sulfatation est due à une action réductrice superficielle de l’hydrogène sur la matière positive.
- Il doit donc suffire, d’après ce qui vient d’être expliqué, pour empêcher la sulfatation, 1° d’éviter d’une manière aussi complète que possible les échanges gazeux entre ces deux plaques et 2° de s’opposer à l’action directe de F oxygène de l’air sur la négative.
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- L’expérience suivante faite par Ch. Féry confirme ces prévisions. Si l’on monte dans un tube en U (fig. li deux petites plaques, l’une.4 positive et l’autre B négative, en ayant soin de verser à la surface du liquide tle la branche du tube qui contient la négative B une couche de pétrole B, on réalise les conditions imposées.
- On constate alors qu’un élément; ainsi formé et ayant la faible capacité de 0A-h,2 garde sa charge pendant plus d’un an et qu’il peut être conservé au repos, déchargé sans se sulfater. De plus, on n’observe aucune trace de chute de matière dans la partie coudée du tube servant de bac. Un dispositif de ce genre a toutes les qualités d’un élément vraiment insuifatahle.
- L’ACCUMULATEUR « FÉRY-CARBONE »
- Le dispositif du tube en U, excellent pour réaliser les conditions théoriques s’opposant à la sulfatation des deux électrodes, et pour suivre facilement les variations de couleur desdeuxplaques, tant pendant la charge que pendant la décharge, ne peut constituer, à cause de sa fragilité, son encombrement et sa grande résistance intérieure, un élément industriel.
- Principe de Vaccumulateur « Féry=Carbone ». —
- Deux modèles, construits par la Société « le Carbone », ont été imaginés par Féry pour réaliser les conditions fondamentales s’opposant à la sulfatation des deux plaques : l’un est destiné aux éléments transportables et l’autre aux éléments pour batteries fixes; ils renferment tous deux un dispositif identique pour s’opposer à l’action réciproque des gaz dégagés sur les deux électrodes : un séparateur latéral continu entourant complètement. les négatives. Seul le dispositif empêchant l’introduction de l’oxygène de l’air diffère.
- Accumulateur « Féry^Carbone » transportable.— Le séparateur continu protégeant latéralement les négatives contre l’action oxydante des positives voisines est réalisé (fig. 2) par deux plaques de bois, S et S,, ou toute autre matière poreuse, maintenues dans des cadres en matière moulée inattaquables-par l’électrolyte. Un seul cadre Ç maintient les deux plaques de bois de la même négative P. De plus, ces cadres présentent à leurs angles supérieurs deux trous T obliques retenant l’hydrogène jusqu’au niveau inférieur de ces trous. La prise de courant de ces négatives se fait à la partie inférieure' Q des plaques de manière à réaliser l’étanchéité absolue pour la petite quantité de gaz ainsi retenue à la partie supérieure de ces plaques.
- Les plaques de bois imprégnées d’électrolyte constituent d’autre part des séparateurs perméables aux ions, et imperméables aux gaz et s’opposent d’une manière complète aux échanges gazeux entre les deux plaques.
- Par ce dispositif extrêmement simple, on réalise ces conditions théoriques idéales, qu’après charge, les négatives sont surmontées d’une atmosphère d’hydrogène, tandis que les positives seules sont surmontées par l’air oxydant. La partie supérieure du cadre, maintenant les deux plaques de bois, forme une véritable cloche à niveau constant recueillant l’hydrogène. Pour cette raison, ce modèle est « à cloche ».
- Accumulateur « Féry=Carbone » pour batteries
- Fig. 2. — Réalisation industrielle de Vaccumulateur insulfalable Féru. Le séparateur latéral protégeant les négatives dans le modèle d’accumulateur transportable.
- fixes. — Le montage de cet élément est encore plus simple, car il n’entraîne aucune modification de la prise de courant sur les négatives : le cadre du modèle précédent est réduit à ses deux parties verticales constituées en matière moulée inattaquable. Chacune de ces réglettes porte trois creusures, l’une centrale dans laquelle la négative vient s’encastrer, et deux autres rainures étroites dans lesquelles sont cimentées les plaques de bois. L’ensemble de la plaque et du séparateur latéral continu qui la protège vient se caser dans des rainures moulées dans le bac et destinées à en maintenir l’écartement avec les positives alternées.
- Les systèmes de séparateurs ainsi constitués sont légèrement plus hauts que les plaques à protéger, de sorte qu’en versant à la surface de l’élément contenant son électrolyte une couche d'huile lourde de pétrole, on évite complètement le passage des gaz du compartiment anodique au compartiment cathodique. De plus, les gaz ainsi filtrés n’entraînent avec eux aucune trace d’électrolyte, ce qui se produit, on le sait, avec les accumulateurs usuels, dans les salles où se fait la charge, rend l’atmosphère irrespirable et oxyde toutes les pièces métalliques contenues dans la salle de charge.
- LES HEUREUX RÉSULTATS DE LA SUPPRESSION DE LA SULFATATION, DÉFAUT CAPITAL DE LA COMBINAISON PLANTÉ
- Nous avons indiqué précédemment les avantages directs de l’absence de sulfatation dans les accumulateurs protégés auxquels a conduit la théorie de Féry :
- 1° Conservation de la charge à circuit ouvert.
- 2° Conservation de la capacité en fonction de l’âge de l’élément et du nombre de décharges subies.
- 3° Possibilité de conservation sans sulfatation, même au repos et après décharge.
- 4° Suppression des boues obligeant à une réserve inutile de liquide, lequel ne participe pas aux réactions et augmente inutilement le poids et l’encombrement des éléments.
- Mais il est d’autres avantages constatés depuis deux ans
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- par l’usage de ces nouveaux éléments et qui sont une conséquence de la non-sulfatation : la pratique a montré que l’évaporation de l’électrolyte est bien moins rapide dans ces accumulateurs protégés que dans le type ordinaire, même dans le modèle à cloche.
- Ce résultat est intéressant dans une foule d’applications en demandant une surveillance moins active et un remplacement d’eau moins fréquent dans les bacs.
- Il s’explique aisément par la non-fixation de l’acide au repos sur les plaques. Il est aisé de comprendre que cette fixation de SO4 marche de pair avec un affaiblissement de la densité de l’électrolyte. Or, l’acide à 24°B usuellement employé est hygrométrique (*), tandis que plus dilué, il perd d’autant plus d’eau par évaporation que sa dilution est plus grande.
- L’énumération de ces principaux avantages montre que le système très simple de protection cpii vient d’être décrit a supprimé tous les défauts reprochés depuis si longtemps à l’accumulateur au plomb, tout en lui conservant ses remarquables qualités dues à sa grande force électromotrice et à sa faible résistance intérieure.
- Pour donner une idée de la faible perte de charge à circuit ouvert, nous terminerons en donnant les résultats d’un essai tout récent : un élément de 120 amp.-heures (décharge en 10 heures) a fourni 175 amp.-heures dans un service ne nécessitant que 5 A-h par jour (2).
- Rechargé et mis au repos après cet essai, il fut constaté qu’au bout de quatre mois de repos à circuit ouvert, il n’avait perdu que 13 pour 100. Cette perte eût été atteinte en 13 jours par un élément ordinaire. Ajoutons qu’après une surcharge de 3000 A-h à 3 A. pendant 1000 heures cet élément n’a pas été détérioré par chute de matière et a pu fournir une décharge normale en 10 h., ce que n’aurait pu supporter sans dommage un accumulateur non protégé. Le coût additionnel du système protecteur n’augmente que de 10 pour 100 environ le prix de l’élément.
- Cette faible majoration sera rapidement amortie, si on se rappelle que dans la plupart des cas, c’est la sulfa-
- 1. L’expérience montre que de l’acide sulfurique d’un degré quelconque de dilution tend à prendre à l’air, en France, la densité 1,30, qui correspond à la tension moyenne de la vapeur d’eau dans ce pays. L’acide à 66° B, triple sensiblement de volume à l’air, tandis que l’acide de densité inférieure à 1,30 se concentre au contraire.
- 2. Bien que ne nécessitant qu’une dépense journalière de 5 A-h environ, ce service ne pouvait utiliser ni les piles ni les accupiles, car il présentait des pointes nécessitant un fort débit.
- tation des plaques qui cause la destruction des batteries(1)’
- La supression de la « sulfatation », défaut capital des éléments au plomb, par un procédé de protection simple et peu coûteux, ouvre aux accus Féry Carbone une foule d’applications pour lesquelles les accumulateurs ordinaires étaient exclus jusqu’ici.
- Ils constituent un réservoir d’électricité gardant sa charge d’une manière remarquable et susceptible néanmoins de fournir de gros débits.
- CONCLUSION
- De tout ce qui précède, il résulte que la réaction admise par la théorie, autrefois classique, de la double sulfatation est complètement erronée : elle n exprime que les réactions parasites secondaires qui nuisent au fonctionnement normal de F accumulateur au plomb, elle néglige la réaction qui est réellement productrice dl énergie électrique. Cette réaction donne la composition des matières actives épuisées par une décharge prolongée très longtemps après le crochet final à 1,8 volts et qui correspondrait en effet, à la « double sulfatation » profonde des deux plaques.
- Ceci explique pourquoi les constructeurs, privés du guide sûr que constitue une théorie exacte, ne sont pas parvenus jusqu’ici à supprimer le grave défaut de la sulfatation.
- En adoptant les vues théoriques de Féry, la société « Le Carbone » a pu, au contraire, réaliser industriellement des éléments permettant l’emmagasinement de f électricité avec un rendement voisin de celui obtenu pour l’accumulation de l’eau et du gaz.
- L’industrie électrique, qui possède des machines si parfaites pour la production de l’énergie continue ou alternative, ainsi que des redresseurs de rendement acceptable, sera la première à bénéficier de ce progrès. Il permettra aux centrales thermiques la mise en réserve de l’énergie électrique produite pendant les heures creuses aussi facilement que l’emmagasinement de l’eau dans les centrales hydro-électriques par leurs usines de pompage. A. Troller.
- 1. Le prix et l’encombrement des nouveaux accus sont même souvent moindres que ceux des anciens, car la pratique a démontré qu’en téléphonie, par exemple, on peut remplacer un élément de 20 A-h par un de 10 A-h rendant les mêmes services et ayant une vie plus longue.
- LE CANAL DES PHARAONS ET DES KHALIFES
- I
- L’idée de relier la Méditerranée à la mer Rouge remonte à la plus haute antiquité. Quinze siècles environ avant notre ère, cette idée avait déjà été réalisée par l’exécution d’un canal qui mettait en communication le Nil avec la mer Rouge. C’était une déviation, en amont de Bubastis de la branche Péluniaque du Nil, la plus orientale de ce fleuve. Elle se dirigeait d’abord vers le Nord-Est, suivait la vallée de l’Ouadi Toumilat (la terre de Gessen de la Bible), puis descendait vers le sucl-Est,
- traversait les Lacs-Amers et, s’infléchissant vers le Sud, venait se déverser dans la mer Rouge, tout près de la ville actuelle de Suez (fig. 1).
- Sa longueur, d’après Hérodote, était de quatre journées de navigation et sa largeur permettait à deux trirèmes de passer de front.
- Suivant Strabon, cette largeur égalait cent coudées et sa profondeur était suffisante pour donner passage aux plus grands bâtiments. Pline seul l’a déterminée en l’exagérant et lui donne 40 pieds.
- Cette entreprise a été attribuée à divers souverains.
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- Hérodote en attribue l’exécution à Néco fils de Psamme-tik Ier; Aristote, Diodore de Sicile, Strabon, Pline à Sésostris, Darius et Ptolémée Philadelphe ; mais tous le laissèrent inachevé, parce qu’ils craignaient que la mer Rouge étant plus élevée que le sol de l'Egypte, celle-ci serait submergée.
- Cette assertion sur l’inégalité du niveau des deux mers a persisté jusqu’à nos jours. En 1798, la commission d’Egypte l’a affirmée également, d’après le rapport des ingénieurs, déclarant que le niveau de la mer Rouge était plus élevé de 9 m 908 que celui de la Méditerranée.
- Aujourd’hui, il a été établi que les deux mers sont parfaitement de niveau. C’est un l'ai-t désormais acquis à la science de l’hydrographie et placé au-dessus de toute discussion.
- ÏI
- D’après ce qui précède, on voit que la plupart des écrivains ont attribué à Sésostris l’honneur d’avoir le premier entrepris la création du canal.
- D’autre part, Wilkinson avance que dans les ruines de l’une des villes qui s’élevaient sur ses rives, il a trouvé un monument portant des sculptures et le nom de Ramsès II ('). « Chose fort heureuse, ajoute-t-il, puisqu’elle est une preuve solide qu’elle existait (cette ville) à une période au moins aussi ancienne que celle du règne de ce monarque » (2).
- La preuve d’une antiquité encore plus ancienne nous est offerte par un bas-relief sculpté sur la paroi extérieure du mur nord de la salle hypostyle du temple de Karnak. Ce bas-relief (fig. 2), orienté au sud, représente Seti Ier
- père de Sésostris, au retour d’une expédition contre les Rotennou, arrivant devant la ville de Zalou, bâtie sur la rive droite du canal, à l’endroit même où celui-ci prend naissance, dans la branche Pélusiaque.
- Ceci nous montre que ce cours d’eau artificiel existait déjà bien avant Sésostris, mais ne permet pas encore d’établir, d’une façon certaine, à quel monarque on doit l’attribuer.
- On a vu plus haut que Pline a déterminé, en l’exagérant, la profondeur du canal à laquelle il. donne 40 pieds et que, de son côté, Strabon déclare que cette profondeur était suffisante pour de grands navires, ce qui suppose un tirant d’eau de 12 à 15 pieds. Or cette pro-
- 1. Sésostris.
- 2. Wilkinson. The Mantiers and eastomps of tlie Egyptians, vol. 1 Canal of the Red Sea.
- Fig. 2. — Bas-reliej de la salle hypostyle du temple de Karnak.
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- CANAL DES PHARAONS
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- Fig. 1. — Topographie de la région que traversait le canal.
- fondeur n’est point nécessaire pour les vaisseaux du Nil, il est donc à croire que le canal avait été creusé pour recevoir des navires pouvant naviguer également sur la mer.
- Existant déjà du temps de Séti Ier, comme le prouvent les bas-reliefs de la salle hypostyle de Karnak, et rien n’autorisant à l’attribuer à ce prince, ce canal n’a pu être établi que par un souverain ayant accompli une importante expédition maritime.
- III
- Les Égyptiens faisaient une consommation prodigieuse de parfums, pour le culte de leurs dieux. Aussi les Pharaons envoyaient-ils souvent leurs vaisseaux à la recherche des lieux qui produisaient l’encens et la myrrhe. Ils donnaient à ces pays lointains les noms de Pount et de To-Nuter : terres divines.
- Les inscriptions donnent le nom de Neh-t-Ana, mot à mot, Sycomore de VAna, à un arbre qui était très abondant au Pays de Pount, et dont les bas reliefs de Deïr-el-Bahari nous offrent de nombreuses images.
- Cet arbre est gros, contourné, ainsi que ses branches, les feuilles sont allongées comme celles de l’olivier, et semblent terminées en pointe aiguë. Dans ces bas-reliefs, indépendamment du feuillage, on remarque, adhérents à l’écorçe du tronc et à la naissance des plus fortes branches, de petits lingots irréguliers, a, h, c, représentant la gomme ou résine qui s’écoule spontanément, avant l’incision (fîg. 3). La description que fait Pline f1) de
- 1. Hist. nat. Liv. XII. 30-32.
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- la myrrhe et de l’encens nous permet de conclure que c’est de l’arbre à myrrhe, plutôt que de celui de l’encens, que sortait la substance que les Egyptiens nommaient ana et que nous désignons par le nom de myrrhe.
- C’est du pays de Pount que venait Y ana préféré, le plus suave, le plus pur.
- IV
- La première expédition remonte à la XIe dynastie. Le Pharaon Sonkh-Kara envoya à Pount un fonctionnaire, chargé d’explorer la contrée et de lui ramener des ana frais. Mais parmi les travaux qu’il fit exécuter : creuser des puits et établir une route entre le Nil et la mer Rouge, il n’est fait mention d’aucun canal. 11 faut pour cela descendre jusqu’à la XVIIIe dynastie.
- C’est seulement au temple de Deir-el-Bahari, œuvre de la reine Hatasou, comme l’attestent les nombreuses inscriptions, qu’il est fait mention d’une importante expédition maritime aux marches de Fana. On peut donc affirmer, que c’est à cette princesse que revient l’honneur d’avoir la première fait creuser, seize siècles environ avant J.-C., un canal qui peut être considéré comme l’ancêtre du canal de Suez actuel.
- Y C
- Hatasou appartenait à cette race de femmes de génie qui conçoivent de vastes projets et ne reculent devant aucun obstacle pour accomplir les plus audacieuses entreprises. Pour mieux remplir son métier de roi, en imposer par un aspect viril, elle s’habillait en homme, s’ingé-
- niant par tous les moyens à dissimuler son sexe. Elle portait le pschent, le casque ou la couronne sur les cheveux coupés court, le menton orné d’une barbe postiche (lig. 4). Son règne fut prospère et lui permit d’édifier de nombreux monuments, non seulemen t à Thèbes même, mais aussi dans les autres parties du royaume.
- V1
- L’envoi des aromates destinés à Thèbes, se faisant par l’intermédiaire du commerce étranger, des marchands, peu scrupuleux, mêlaient souvent sous un seul nom des substances diverses dont quelques-unes pouvaient à peine être considérées comme des parfums.
- Pour mettre un terme à de pareilles fraudes, ce qu’il • y avait de mieux à faire était d’aller recueillir Y ana sur les lieux mêmes où il croissait en abondance et d’acclimater dans la vallée du Nil cette précieuse substance.
- « Sa Majesté royale ayant formé ce vœu, sa prière
- Fig. 4. — La reine Hatasou.
- monta jusqu’au trône d’Amon et une voix se fit: entendre dans le Lieu grand. » (’).
- 1. Le Sanctuaire.
- a b e'
- o O o
- Fig. 3. •— Jeune sycomore de l’ana (Arbre à myrrhe).
- Fig. 5. — Navire égyptien construit pour la reine Hatasou,
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- C’était la parole du dieu lui-même ordonnant d’explorer les routes de Pount, de s’engager sur les chemins qui mènent aux Marchés de /’Ana, afin d’y prendre des aromates à volonté, et d’en amener les produits merveilleux à ce Dieu créateur des beautés de la reine. » (*).
- Dès ce moment llatasou consacra toute son activité à satisfaire la volonté de son père Amon.
- VII
- Les bateaux du Nil ne pouvant tenir la haute mer, la reine d’Egypte lit construire spécialement pour cette expédition une flotte de cinq navires, susceptibles de pouvoir naviguer aussi bien sur la mer que sur le Nil (fig. 5) ; elle prit comme auxiliaire l’un des personnages les plus considérables du royaume; il se nommait Sen-Mouth, c’est lui qui eut .le commandement de l’expédition.
- Fig. 6. — Pays de Pounl.
- Fig. 7. — Constructions de Niams-Niarns.
- L’importance qu’y attachait la reine d’Égypte était si grande que, pour en perpétuer le souvenir, elle en fit reproduire les divers épisodes, depuis l’arrivée au pays de Pount, jusqu’au retour à Thèbes. Ce sont de magnifiques bas-reliefs coloriés, sculptés sur les parois du temple de Deir-el-Bahari. Toutes les scènes sont représentées en registres superposés suivant l’usage adopté par l’art égyptien.
- VIII
- Nous sommes au pays de Pount. Sen-Mouth a dressé sa tente sur le bord du fleuve dans un site enchanteur infiniment pittoresque où se développent, ombragées par des palmiers et des sycomores, les habitations des indigènes, sorte de huttes circulaires, formées de coupoles reposant sur des pieux élevés, pour les mettre hors d’atteinte des animaux féroces, abondamment répandus dans la région. Une échelle mobile en facilite l’accès (fig. 6).
- De nos jours encore, ce genre de constructions est d’un usage courant chez les Niams-Niams et autres naturels de l’Afrique équatoriale (fig. 7).
- 2. Chabas, Etudes sur l’antiquité historique.
- Les habitants, grands, élancés, différaient peu du type égyptien. La chevelure coupée court, chez les uns, était abondante chez les autres et s’étageait en petites mèches ou flottait en petites nattes habilement arrangées (fig. 8).
- Pour inspirer confiance, Sen-Mcuth, accompagné d’une faible escorte, a fait déposer sur le rivage une table basse où sont étalés divers produits de l’industrie thé-baine : anneaux et bracelets d’or enrichis de pierreries, des colliers de perles, des haches, des poignards ouvragés avec un goût exquis (fig. 9).
- Prévenu de l’arrivée des étrangers, Parohou, le roi du pays, quelque peu effrayé à la vue de gens armés, s’avance, plein de crainte, au-devant du messager royal. Il est accompagné de sa femme, de ses deux fils, de sa fille et de quelques notables du pays.
- Venues à dos de baudet, ces dames ont mis pied à terre, pour recevoir plus dignement les nouveaux venus.
- Le corps couvert de boursouflures de graisse, le bas des jambes entouré de bracelets de chair, l’aspect de la femme est plutôt repoussant (fig. 10).
- 1 Les savants voient dans ce genre d’infirmité, le plus ancien cas de stéatopygie.
- Le bon accueil qui est fait aux indigènes par le messager royal et la vue des riches présents envoyés par la reine
- Fig. 8. — Indigène de Pount.
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- Fig. 9. — Rencontre du messager royal égyptien et du roi de Pouni.
- d’Egypte, ont dissipé toute crainte et après les compliments de bienvenue s’engagent les négociations.
- Dans le registre supérieur, l’affaire est conclue. Paro-hou, toujours accompagné de sa remarquable épouse, revient au campement égyptien. Il est suivi de nombreux serviteurs qui apportent les divers produits du pays : des sycomores de PAna, déracinés et transplantés dans des couffes (fîg. 11), des bassins contenant des anneaux d’or, un tas énorme de myrrhe amoncelée devant le messager royal.
- L'ne autre paroi nous montre l’embarquement, sur les navires égyptiens, des richesses du To-Nuter, elles sont infiniment variées (fîg. 12). Indépendamment de trente et un sycomores de l’Ana, les explorateurs emportent de l’or, du cuivre, de l’ébène, des plantes et des fruits
- Fig. 11. — Transport des arbres à Ana.
- inconnus dans la vallée du Nil, des défenses d’éléphants, des guépards de chasse, des panthères apprivoisées (fig. 13), des cynocéphales, qui sautent et gambadent à travers les cordages.
- D’autres tableaux nous montrent l’arrivée à Thèbes de la Hotte égyptienne, où elle est accueillie avec les transports du plus vif enthousiasme Les milices thébaines viennent au-devant des explorateurs, avec leur musique, trompettes (fig. 14), et tambours, les uns portent des étendards, des rameaux verdoyants, des enseignes au nom de Ra-ma-lva (fig. 15), et les escortent jusqu’au temple d’Amon, où sont déposées les richesses apportées du pays de Pount.
- IX
- Après avoir été longtemps interrompue, la communication des deux mers par le Nil fut d’après les écrivains arabes, rétablie par les Romains et les Khalifes.
- Makryzy déclare que le prince qui, pour la seconde fois, fit creuser le canal est l’empereur Adrien, soit qu’il en finît le travail, soit qu’il ait été l’auteur ou le restaurateur.
- X
- Quand Amrou Ben-el-Aas eut fait la conquête de l’Égypte, on éprouva à Médine une disette cruelle sous le Khalifat
- d’Omar, Prince des Fidèles. Celui-ci écrivit alors à Amrou et lui expédia un ordre ainsi conçu : « De la part du serviteur de Dieu, Omar, Prince des Fidèles à Amrou-ben-el-Aas, salut sur toi. J’en jure par ma vie, ô Amrou, tandis que toi et tes compagnons vous vous engraissez, vous ne vous inquiétez point si moi et les miens nous maigrissons; viens à notre secours, viens, Dieu te le rendra. »
- Amrou lui répondit : « Je viens à ton secours, j’y vais. Je t’expédie un convoi de bêtes de somme dont la première sera déjà arrivée chez toi, quand la dernière sera encore chez nous. »
- L’arrivée de ce convoi répandit l’abondance parmi les habitants, chaque maison de Médine eut une bête de somme avec sa charge de comestibles. On les mangea accommodés avec la graisse des bêtes de somme qui les avaient portés, leur cuir servit à faire des chaussures, chacun employa comme il voulut les sacs qui contenaient les comestibles, on en fit des vêtements et autres objets semblables.
- Omar écrivit de nouveau à Amrou de venir le trouver
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- Fiy. 12. — Chargement des navires égyptiens avec les merveilles du pays de Pounl.
- et lui ordonna de creuser un canal depuis le Nil jusqu’à la mer pour faciliter le transport des provisions à la Mecque et à Médine. Amrou se borna à recreuser le canal primitif qui fut conduit depuis le Nil jusqu’à Kolzoum, l’an 18 de l’hégire (639 de J.-C.). On le nomma Canal du Prince des Fidèles.
- « On y passa, dit Makryzy, jusqu’à l’époque où ben-Aly-Taleb se révolta à Médine où il voulait s’ériger en souverain, contre Abou-Jafar-el-Mansour, alors khalife de l’Irak. Celui-ci écrivit à son lieutenant en Egypte pour lui ordonner de combler le canal de Kolzoum, afin qu’il ne servît point pour porter des provisions à Médine. Cet ordre fut exécuté et toute communication interrompue avec la mer de Kolzoum.
- « Les choses sont restées en l’état où nous les voyons maintenant, 833 de l’hégire'» (1155 de J.-C.)
- XI
- Lors de l'expédition d’Égypte, le Directoire ne manqua
- point de faire figurer au programme qu’il donna à la commission le percement de l’isthme de Suez et le rétablissement du canal des deux mers.
- Aussi, dès son arrivée en Égypte, le général en chef Bonaparte, qui avait reçu l’ordre d’examiner soigneusement cette question, se hâta d’accourir à Suez, afin de se rendre compte personnellement de l’état des lieux et s’il était possible de recommencer l’œuvre des Pharaons avec les ressources qu’offraient la science et l’industrie modernes.
- Il partit du Caire le 24 décembre 1798. Le 30 décembre, il retrouva, le premier, les vestiges de l’ancien canal qu’il suivit pendant environ cinq heures. Satisfait de cette découverte, il se porta à l’Ouest, en passant par l’ouady de Toumilat, où le 3 janvier 1799, il trouva près de Bel-beys, l’autre extrémité du canal des Pharaons.
- A la suite de cette nouvelle découverte, il chargea une commission d’ingénieurs de rechercher s’il serait possible de rétablir cette ancienne voie de communication.
- Fig. 13.
- Panthère apprivoisée.
- Fig. 14. — Tambour égyptien.
- Fig. 15.
- Trompette égyptien et porte-étendard.
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- La question étant résolue affirmativement, Lepère, président de la commission, rédigea un mémoire où il proposait un tracé peu différent de celui de l’ancien canal, et qui allait rejoindre la mer à Alexandrie. La dépense était évaluée à cinquante millions de francs et la durée du travail à dix années. Il présenta son étude à Bonaparte le 6 décembre 1800, au moment du départ de celui-ci pour la France. « La chose est grande, dit-il, ce ne sera pas moi qui maintenant pourrai l’accomplir, mais le gouvernement turc trouvera peut-être un jour sa conservation et sa gloire dans l’exécution de ce projet. »
- Dans son mémoire, Lepère, pour ne rien omettre, signalait l’erreur accréditée depuis des siècles, relativement à la différence de niveau entre les deux mers. Cette remarque contribua pour beaucoup à retarder la solution.
- XII
- Au mois d’octobre 1854, au cours d’un voyage d’Alexandrie au Caire, à travers le désert de Libye, que lit Ferdinand de Lesseps avec le Vice-roi d’Egypte, Mohammed Saïd, il fut pour la première fois question entre eux du percement de l’isthme de Suez et de la création du canal des deux mers. La dépense totale était estimée à 185 millions de francs et la durée maximum des travaux à six années.
- Le prince accepta l’exécution de ce projet, et le 30 octobre, de Lesseps obtint le premier acte de concession. Les travaux commencèrent aussitôt (*).
- L’Angleterre voyant dans l’établissement de ce canal ses intérêts menacés, en prit ombrage et ne cessa d’y faire la plus vive opposition,
- Soutenue par son gouvernement, la presse anglaise entreprit contre le projet et son auteur, une campagne d’injures et de diffamations.
- Line commission internationale appelée à se prononcer entre les affirmations de de Lesseps, qui voyait le percement possible et rémunérateur et les allégations de lord Palmerston, alors premier ministre, qui le déclarait impossible et néfaste, se prononça à l’unanimité en sa faveur. L’Académie des sciences, se conformant aux conclusions de son rapporteur Ch. Dupuis, donna son entière approbation, tant à l’entreprise qu’aux moyens proposés pour l’exécuter.
- Malgré les difficultés de toute sorte qu’on ne cessait de lui susciter tant au Caire qu’à Constantinople, le
- 1. Percement de l’isthme de Suez par Ferdinand de Lesseps.
- 25 avril 1855, de Lesseps donna lui-mêine le premier coup de pioche, sur l’emplacement actuel de Port-Saïd.
- Mais l’opinion anglaise ne cessant se montrer hostile ne fallut rien moins, pour neutraliser ses nouvelles attaques, que l’intervention de Napoléon Il'I, gagné de bonne heure à la cause du canal, par de Lesseps, parent de l’impératrice.
- La situation se compliqua de nouveau par la mort de Mohammed-Saïd et l’avènement d’Ismaïl Pacha.
- Une campagne d’intrigues fut habilement menée en faveur de l’Angleterre, avec le concours occulte du duc de Morny et de Nubar Pacha, premier ministre d’Ismaïl.
- Mus par un sentiment d’étroit égoïsme et de patriotisme mal compris, les hommes d’état anglais désirant, avant tout, conserver exclusivement le monopole de l’Angleterre dans les Indes, sans y rien changer, auraient voulu forcer toutes les nations de la Méditerranée à demeurer entièrement étrangères au commerce de l’Orient et les empêcher de s’y créer une route facile et lucrative. Peu leur importait d’immoler aux intérêts particuliers de leur pays l’intérêt de l’humanité entière.
- Or, s’il est aujourd’hui une vérité démontrée en économie politique et internationale, c’est qu’on ne s’enrichit pas en appauvrissant les autres. Le vrai moyen de prospérer, c’est de faire que tous ceux avec qui l’on est en rapport prospèrent également.
- Cette fois encore, ce fut l’intervention de Napoléon Il'I, qui mit un terme à toutes les cabales et sauva la situation.
- Le 15 août 1869, la digue qui retenait la mer Rouge fut coupée et les eaux des deux océans se joignirent dans les Lacs-Amers.
- Le 17 novembre, le canal fut solennellement inauguré à Port-Saïd, en présence du Khédive Ismaïl, de l’impératrice Eugénie, de l’Empereur François-Joseph, du prince royal de Prusse, du prince et de la princesse des Pays-Bas, d’une affluence considérable de personnages officiels et autres visiteurs venus du monde entier.
- C’est ainsi que, grâce à la persévérance d’un Français, Ferdinand de Lesseps et à l’intervention de l’empereur Napoléon III, fut exécuté et cette fois d’une manière définitive, le projet que, sous l’inspiration du Dieu Amou, avait conçu, 3600 ans auparavant, la reine d’Egypte Hatasou Ra-ma-Ka.
- P.-Hippolyte Boussac.
- Membre de l’Institut d’Égypte.
- = LA PREVISION DES SEISMES =
- PAR LES ACTIONS ÉLECTROMAGNÉTIQUES
- Dans une no Le présentée par M. Wolf à l’Académie des Sciences le 16 septembre 1907, M. Nodon annonçait que les séismes étaient précédés d’oscillations de l’électromètre. Dans d’autres communications à l’Académie, le même auteur signalait des effets analogues observés à l’aide de magnétomètres
- dont l’équipage aimanté était orienté perpendiculairement au méridien magnétique. Les phénomènes électromagnétiques précédant les séismes, étaient accusés par des oscillations d’une période régulière de sept secondes, dont l’amplitude était proportionnelle à l’intensité du séisme.
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- M. Bustos Navarrele, directeur de l’Observatoire del Salto à Santiago du Chili, construisit en 1924 suivant les indications de M'. Nodon, un magnétographe enregistreur qui fut installé dans une cave de l’Observatoire et rnis à l’abri des variations de température et des vibrations du sol. A la suite de cinq années d’observations journalières. M. Navarre te se décida à utiliser la méthode électromagnétique pour la prévision des séismes au Chili. Dans ce but, il disposa, en octobre 1932, un grand magnétographe Nodon, dans une grotte, de
- Santiago, et d’autres magnétographes en divers points de la région centrale du Chili, en particulier à Talca. Les diagrammes magnétiques permettent de prévoir l’arrivée des séismes une vingtaine d’heures à l’avance. En centralisant les prévisions, il serait possible de déterminer la position du iutur épicentre et de prendre des précautions utiles pour sauvegarder la vie des habitants menacés par le cataclysme. Le professeur Immamura de Tokyo étudie l’installation de cette méthode de prévision au Japon.
- UNE INTÉRESSANTE CAPTATION D’EAU
- DANS LE PUY-DE-DÔME
- Pendant que de nombreuses localités, voire même des villes importantes, sont encore à chercher une solution pour leur alimentation en eau potable, trois agglomérations du Plateau Central ont, en se groupant, résolu le problème d’une façon qui vaut la peine d’être citée.
- Il s’agit des trois villes de Riom, Volvic et Chatel-guyon, soit une population de plus de 20.000 âmes et une station thermale prenant chaque jour un plus grand développement.
- La carte ci-contre (fig. 3), indique la position respective de ces trois villes ainsi que leur altitude qui est de 500 m pour Volvic, 400 m pour Chatelguyon et 350 m pour Riom. Géographiquement, c’est la zone de contact de la chaîne volcanique des puys et des plaines de Limagne, sillonnée de basaltes et de coulées de lave qui descendent en dessous de la cote 400.
- On' connaissait bien d’importantes sources émergeant presque à la base d’une de ces coulées vers Saint-Gcnest et Marsat, mais outre qu’elles ne donnaient pas des eaux d’une pureté suffisante, il ne fallait pas songer à en alimenter Volvic de 100 m plus élevée. On savait, en outre, par les précédentes études hydrogéologiques de M. Glangeaud {1 ) que celle région avait un régime
- 1. Les régions volcaniques du Pu y de Dôme, Bérenger, éditeur, Paris.
- Fig. 2. — Volvic. — Sources du goulot. Chambre de distribution des eaux.
- Fig. 1. — Volvic. Sources du goulol.
- Bâtiment abritant la chambre de distribution des eaux — à gauche le trop-plein qui s’échappe au dehors.
- tout à fait particulier. En effet, les projections volcaniques, solides ou liquides, cendres ou laves, en comblant les anciennes vallées pliocènes creusées dans le substratum granitique ont bien changé la topographie des lieux, mais elles n’ont pas modifié le mode de circulation des eaux. Celles-ci, grâce à la porosité de ces déjections, suivent leurs cours antérieurs mais souterrainement. De ce fait, les cirques renfermant un tel remplissage sont devenus de véritables bassins d’alimentation pour les sources de toute la chaîne des Puys.
- Les résurgences de Saint-Geniès et de Marsac paraissent être exactement dans ce cas ; il s’agissait donc de retrouver en amont de Volvic la nappe aquifère qui leur donnait naissance.
- Un avant-projet de recherche fut confié à M. Glan-
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- P Puits de recherche AB Galerie de captage Echelle
- * + + +*+ + *. ojt + t * A—
- i/Ghàtel-Gu]
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- \ O N 5
- farsat
- Coures
- Goulot
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- CARTE GÉOLOGIQUE de la RÉGION de VOLVIC
- Fig. 3. — Carte géologique de la région de Volvic.
- geaud qui ne tarda pas à évaluer le bassin hydrographique Volvic-Saint-Genest à plus de 40 knr et même à y lixer les anciennes vallées pliocènes. Elles se réuniraient d’ailleurs toutes en une seule au lieu dit « Le Goulot de Volvic », où les deux lianes granitiques se rapprochent brusquement et ne sont plus qu’à 300 m l’un de l’autre. Ce point étant largement suffisant par son altitude pour alimenter par simple gravité les trois villes, il y fut décidé le programme suivant : une galerie à légère pente montante, partirait de la cote 578 et se dirigerait vers l’ouest à la rencontre de la base du remplissage volcanique, qui devait renfermer la rivière souterraine.
- Comme ce travail s’annonçait long et dispendieux, étant donné l’inclinaison assez faible (8 à 10 cm par mètre) des coulées, on le lit précéder d’un puits vertical placé 80 m plus haut, soit à la cote 658. Ce puits traversant toutes les laves, devait atteindre le granité de base et lixer définitivement sur la présence de l’eau. Il fut commencé en juin 1925 et à 80 m de profondeur entra dans un basalte scoriacé fortement aquifère : des expériences soutenues de pompage démontrèrent qu’on était bien en présence de la nappe cherchée. Il ne restait plus que le travail, relativement facile, pour l’évacuation de cette eau.
- Le puits placé sensiblement à l’axe de la vallée avait, avant d’atteindre la roche aquifère, traversé six couches de laves séparées par des intervalles de pouzzolanes ou de cendres, on savait donc à l’avance quels terrains on allait rencontrer dans la galerie.
- Celle-ci fut exécutée sans aucune difficulté et bien avant d’atteindre le puits (200 m environ), à plus forte raison bien avant d’atteindre le granité, elle rencontra le basalte scoriacé (lig. 4), qui donnait un véritable torrent d’eau.
- Le jaugeage accusa 350 1 à la seconde et les travaux furent arrêtés à la longueur de 750 m. Le but était atteint et au delà, le débit minimum fixé dans les projets étant de 150 litres-seconde.
- La galerie complètement aménagée (lig. 2), se présente
- avec une hauteur totale de 1 m 90, sous voûte en plein cintre de 65 cm de rayon; l’eau s’écoule dans un radier cimenté et protégé tout au long de la galerie par une dalle en ciment.
- A l’extrémité elle arrive dans un bassin de distribution de 30 m3 avec vannes réglables.
- La consommation des trois villes intéressées est de 175 litres par seconde environ, c’est-à-dire la moitié du débit total; le reste s’échappe sous forme de ruisseau mais qui, à moins de 20 m de distance, a déjà disparu dans le sol.
- Des projets sont en vue pour utiliser ce trop-plein à parfaire l’alimentation de la ville de Clermont-Ferrand, encore assez mal pourvue et qui ne se trouve qu’à une douzaine de kilomètres de Volvic.
- *
- * *
- Sur la carte géologique, les terrains volcaniques dont nous venons de parler et qui semblent dériver du volcan de la Nugère, sont divisés en trois zones. A la base, entre Marsat et Volvic, ce sont des basaltes; a l’ouest de Volvic ce sont les laves, plus connues sous le nom d’andésites et fort activement exploitées ; plus à l’ouest encore c’est la chaîne des Puys où dominent les trachytes.
- Le tout recouvre un vaste massif de terrains anciens qui s’arrête brusquement à l’est par la grande faille de la Limagne.
- Vers la vallée de l’Ailier, on trouve des terrains tertiaires et plus bas des alluvions plus récentes sur lesquelles tranche la coulée de basalte de Volvic.
- Pour terminer nous ajouterons que l’eau du « Goulot de Volvic », dont le débit est constant, est d’une pureté remarquable, jointe à une grande fraîcheur. La température au point d’émergence est invariable à 8° centigrades. Elle renferme des teneurs en silice, chaux et magnésie plus élevées que celles des eaux d’origine exclusivement granitique ; on lui croit, en outre, une certaine puissance radioactive.
- V. C.
- Fig. 4. — Coupe schématique du remplissage volcanique suivant l’axe
- de la galerie.
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- LA QUADRATURE DU CERCLE
- Avant de parler de ce problème célèbre, je rappellerai, à titre d’introduction, et pour avoir une base comparative, un problème beaucoup plus simple, traité dans les ouvrages élémentaires de géométrie.
- Soit proposé de déterminer la médiane AM d’un triangle, étant connus les trois côtés BC, AB, AC du triangle. Nous pouvons nous servir de la formule algébrique :
- AM = - V2 (AB* + AC2) — BC* .
- En extrayant la racine carrée avec 2,3,4..., décimales, nous calculerons la médiane AM avec l’approximation que nous voudrons.
- Nous pouvons aussi construire avec un compas le triangle ABC : ensuite, le compas nous permettra de trouver le milieu M du côté BC; nous joindrons le point A au point M, et nous mesurerons la longueur AM de la médiane avec un décimètre.
- Ici, l’approximation sera limitée par l’imperfection des instruments. Si les côtés AB, AC, BC sont de l’ordre du km, si les longueurs du dessin sont de l’ordre du dm, AM, une fois dessiné, sera mesuré tout au plus à un demi-millimètre près, à un demi-centième près ; AM étant, comme AB, AC, BC, de l’ordre du kilomètre, le dessin fera connaître AM à un demi-centième près du kilomètre, à 5 mètres près. Des précautions difficiles à prendre pourraient faire connaître AM avec une approximation un peu plus grande. Le calcul, au contraire, peut faire connaître AB à un millimètre près, à un millième de millimètre près et beaucoup plus, et sans la moindre difficulté, pourvu que les trois côtés du triangle soient aussi connus avec l’approximation demandée pour la médiane.
- Nous avons donc deux solutions, l’une algébrique, l’autre géométrique de ce problème.
- Il y a une infinité de problèmes du meme genre, ayant à la fois une solution algébrique et une solution géométrique.
- Mais il y a aussi une infinité de problèmes analogues,qui n’ont pas de solution géométrique; ils ont seulement une solution algébrique. Ce n’est pas que la solution géométrique, par la règle et le compas ensemble, ou par la règle seule, ou par le compas seul, inconnue des mathématiciens actuels, ne puisse être un jour découverte : non pas. La seule inspection du problème permet de dire, en l’étudiant par l’algèbre, s’il a une solution géométrique, ou s’il n’en a pas.
- Au nombre de ces problèmes, que l’algèbre pi'évoit dépourvus de solution par la règle et le compas, est la quadrature du cercle.
- *
- * *
- Voici quel est ce problème : construire un carré de même aire qu’un cercle donné; c’est-à-dire, le rayon d’un cercle étant donné, construire par la règle et le compas le côté du carré équivalent.
- Le problème suivant est aussi, sous une autre forme, celui de la quadrature du cercle : déterminer par la règle et le compas, un segment de droite ayant même longueur qu’une circonférence dont on connaît le rayon. Ces deux problèmes n’en font qu’un, parce qu’il y a un rapport simple entre la longueur d’une circonférence et le côté du carré ayant même aire que le cercle :
- La longueur de la circonférence multipliée par la moitié du rayon égale l’aire du cercle.
- Ce qui peut sembler bizarre, c’est que des problèmes analogues, concernant des courbes beaucoup plus compliquées que le cercle, ont des solutions géométriques, par la règle et le compas. Rappelons les lunules d’Hippocrate. Rappelons
- aussi la quadrature de la parabole, découverte par Archimède. La cyeloïde, engendrée par un point d’une circonférence qui roule sur une droite, a pour longueur huit fois le rayon de la circonférence, la longueur étant celle de l’arc compris entre deux sommets consécutifs de la cyeloïde, appartenant à la ' droite sur laquelle elle roule; un sommet est un des points où Je point du cercle considéré touche la droite.
- Un coup d’œil sur l’histoire des tentatives faites pour résoudre le problème impossible, comme nous le verrons, de la quadrature du cercle, présente de l’intérêt.
- Jusqu’au xvm* siècle, les chercheurs appartiennent à deux catégories bien distinctes : les uns sont des mathématiciens, les a vi Ires sont des illuminés: ils posent, le problème à leur manière, ils parlent un langage qui n’a rien de ce qu’il devrait être.
- Tel Nicolas de Cusa, cardinal, l’un des esprits les plus profonds du xv® siècle, si connu par son traité De concordantia catholica et par les missions importantes dont il fut chargé par plusieurs papes, à Constantinople, en Allemagne, en France, en Angleterre. Cusa prétendait résoudre le problème en faisant rouler une circonférence sur une ligne droite ; il mesurait le segment rectiligne compris entre deux contacts successifs d’un même point de la circonférence avec la droite. Regio-montanus se chargea de montrer au cardinal que son excursion dans un domaine si différent du sien était intempestive ; cela était assurément aisé au savant allemand, le plus illustre astronome que, jusqu’au xvi® siècle, ait produit l’Europe chrétienne, tant par ses ouvrages que par ses lettres, qui nous font connaître l’état des sciences mathématiques au début de la Renaissance.
- Vers le milieu du xvi® siècle, Oronce Fine, bien que professeur royal de mathématiques, s’illustra par ses paralogismes non seulement sur la quadrature du cercle, mais aussi sur la trisection de l’angle et la duplication du cube, problèmes qui n’ont pas non plus de solution par la règle et le compas. Pierre Nunez, plus connu sous le nom de Nonius, géomètre portugais, auteur d’ouvrages de valeur destinés aux navigateurs de son pays,d’oùsontsortiesla notion de Leoxodromie et une solution exacte et neuve du problème du crépuscule minimum et des jours où il a lieu, précurseur de l’invention du vernier, réfuta Fine : on peut croire que cela ne fut pas difficile au professeur de l’université de Coïmbre. Et cependant Oronce Fine professa avec éclat au Collège royal, à Paris, et construisit des instruments de mathématiques et d’astronomie, qui lui valurent une grande notoriété. Ce fut le type du savant indigent qui se retrouve à toutes les époques, à la honte des sociétés civilisées ; il était réduit à vivre de la vente des instruments qui sortaient de ses mains.
- Scaliger, le plus grand philosophe peut-être du xvi® siècle, auteur du célèbre traité De emendatione temporum, et de quantité d’autres ouvrages, professeur aux universités de Genève et de Leyde, entreprit « à titre de délassement » le même problème. Estimant peu les géomètres, il voulut leur montrer la supériorité d’un homme tel que lui... mais il se trompa si bien que Viète et Clavius le couvrirent sans peine de ridicule. Sans peine, assurément. Viète n’est-il pas, par ses travaux algébriques, l’un des plus grands mathématiciens : et il était français. C’est lui qui montra le lien entre les équations du 3 e degré et les problèmes de la duplication du cube et de la trisection de l’angle, aussi célèbres que celui de la quadrature du cercle, et qui fit bien d’autres découvertes que nous n’avons pas à rappeler ici. L’allemand Clavius, beaucoup moins illustre, bien qu’on l’ait surnommé YEuclide du xvr® siècle, a cependant à son actif le calendrier grégorien, dont nous faisons usage depuis son époque.
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- ===== 274 " ..... = 1 .—
- Qu’un philosophe et non des moindres, Hobbes, soit tombé dans le même travers, et ait aussi prétendu dans son De ratio-ciniis et fastu geometrarum que toute la géométrie édifiée jusqu’à lui n’était qu’un tissu de faux raisonnements* que le grand Wallis ait pris la peine de lui montrer son erreur au sujet de la quadrature du cercle, passe encore; mais que dire d’un astronome, Longomontanus, auteur de cette énormité : 7t a pour valeur exacte 3,14185 ?
- L’ère des chercheurs philosophes ou mathématiciens paraît close au xviu* siècle avec le français Lambert; il démontre que le nombre tt, rapport de la circonférence au diamètre, est-incommensurable, et démontre ensuite, en 1761, que le carré de 7t est lui-même incommensurable. Ce n’était pas une preuve de l’impossibilité de la quadrature du cercle, puisque le rapport de la diagonale du carré au côté du carré, est lui-même incommensurable : or, rien do plus facile que construire avec la règle et le compas la diagonale d’un carré connu par son côté. Mais la présomption que le problème de la quadrature du cercle est impossible s’impose alors aux savants et ce ne sont plus que des personnes étrangères à la géométrie qui s’en occupent, poursuivant la tradition d’Olivier de Serres, qui confond l’aire du cercle avec celle de l’hexagone, d’un certain Cluver qui, en 1695, croit résoudre le problème et donne sa mesure en avançant qu’Archimède s’est trompé dans sa quadrature de la pax*abole, d’un nommé Léger qui prône que 24 et 25 ont même racine carrée : tant de bruit fut fait à ce propos que ces noms sont restés, ainsi que celui de Clerget, qui étendit ses arguties au mouvement de la Terre, impossible selon lui; Basselin, un professeur, ignorait les travaux d’Archimède sur la parabole.
- L’histoire de Mathulon, fabricant d’étoffes à Lyon, montre jusqu’où peut aller l’outrecuidance, et aussi combien ce que nous appelons aujourd’hui le grand public s’intéressait à la quadrature du cercle : autant qu’à la pierre philosophale.
- Mathulon déposa vers 1750, à Lyon, une somme de 1000 écus, annonçant aux « géomètres et aux méchaniciens » la découverte de la quadrature du cercle et du mouvement perpétuel, et consentant à ce que cette somme fût remise à qui lui montrerait son erreur. Nicole, académicien, lui prouva que sa quadrature n’était pas soutenable et prétendit que les 1000 écus lui fussent remis. Mathulon de plaider, ce qui aboutit à sa condamnation par les tribunaux. Nicole remit les 1000 écus aux hospices de Lyon.
- On voit mal les tribunaux de notre époque connaître de semblables causes : le cas n’est cependant pas unique au xvnie siècle.
- Une personne « de condition » en effet, dont nous n’avons pu découvrir le nom, annonça encore, vers 1770, la quadrature du cercle et provoqua tout l’univers à déposer les plus fortes sommes, en nantissement de la contradiction attendue. Or sa découverte, puissamment embroussaillée, se réduisait en dernière analyse à partager un cercle en quatre parties égales par deux diamètres perpendiculaires, à retourner ces quatre quarts de cercle leurs quatre angles en dehors, pour en faire un carré, et prétendre que ce carré était égal au cercle. L’auteur basait toute une cosmogonie sur le sujet, il expliquait même le mystère de la Trinité. Aussi bien, trois personnes, dont une femme, se mirent sur les rangs pour réclamer les 10 000 livres que le héros de cette histoire avait déposées à l’appui de ses prétentions. Quelque incroyable qu’il soit, l’affaire fut plaidée au Châtelet. Les juges furent plus sensés que le méritait le pédant, car ils furent d’avis que la fortune d’un homme ne devait pas souffrir de ses erreurs, quand elles ne sont pas nuisibles à la société. Le roi ordonna ensuite que les paris fussent annulés.
- On pourrait prolonger cet historique au moins jusqu’à
- l’envoi, il y a quelques lustres, d’une sommation d’huissier à l’Académie des Sciences, visant à l’insertion dans ses comptes rendus, d’une solution du fameux problème : car un article du règlement de la savante assemblée lui interdit, à bon droit, d’examiner cette question. L’auteur, très connu par un genre d’activité bien différent, qui fut tout à son honneur, en fut pour ses frais.
- Actuellement, ces chercheurs d’occasion se sont rabattus sur de prétendues démonstrations du dernier théorème de Fermât : l’impossibilité de résoudre en nombres entiers l’équation :
- am + àm = (m
- quand on impose à m la condition d’être plus grand que 2 : on sait que ce théorème est démontré seulement pour un grand nombre de valeurs de m, mais non pour toutes ses valeurs. Nous connaissons un mathématicien, spécialisé dans ce genre de questions où il excelle, qui reçoit sans cesse de soi-disant démonstrations du théorème de Feimat.
- Disons pour conclure que le mathématicien Lindemann a démontré, en 1882, bien plus que l’impossibilité de la quadrature du cercle.
- *
- * *
- Mais de ce que le problème géométrique est impossible, il ne résulte pas que le problème algébrique le soit, certes non.
- De même que la médiane d’un triangle peut être calculée avec l’approximation qu’on veut, de même le nombre 7r peut- être calculé avec autant de décimales qu’on veut.
- Le premier dans cette voie fut Archimède : il montra que t: est compris entre 3 + 10 : 71 et 3 + 10 : 70. Beaucoup plus tard, au xvie siècle, Pierre Metius, médecin, père du mathématicien hollandais Adrien Metius, trouva la valeur approchée, si connue, 7r = 355 : 113; ce nombre diffère de tc de moins de un cinq-millionième; il n’est pas besoin pratiquement d’en connaître une plus grande approximation. Cependant Viète calcula 7: avec 10 décimales, puis Ludolph van Ceulen avec 34, puis 126; disons pour les amateurs de comparaisons, que cela permettrait, observe Montucla, de calculer avec une erreur mille millions de fois moindre que T « épaisseur d’un cheveu », la circonférence d’un cercle dont le diamètre serait mille millions de fois plus grand que la distance de la Terre au Soleil.
- Et si cela ne suffit pas à quelque lecteur de ces lignes, il pourra se reporter à la valeur de 7t, calculée par Shanks en 1873, avec 707 décimales, reproduite dans la publication bruxelloise « Le Sphinx », numéro de juin 1932.
- *
- * *
- Une remarque intéressante peut être faite à ce propos. On a beaucoup discuté, dans le vide, cette question :
- Les chiffres du nombre 7i sont-ils distribués au hasard ?
- La statistique que voici de ces chiffres va nous donner une réponse :
- Chiffres................ 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
- f les décimales de :
- 1 à 100 . 8 8 12 11 10 8 9 8 12 14
- Nombre \ 101 à 200 . . 12 11 12 8 12 12 7 4 13 9
- de ces ) 201 à 300 . 7 10 11 12 15 7 15 7 7
- chiffres j 301 à 400 . . 13 13 9 8 10 13 11 4 10 9
- dans 1 401 à 500 . 6 16 10 11 6 11 6 12 9 13
- 501 à 600 . . 14 3 12 12 10 7 16 8 6 12
- \ 601 à ^00 . . 13 16 8 10 8 5 6 8 12 14
- Totaux 73 77 74 72 71 63 70 51 71 78
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- Exception faite pour le chiffre 7 (8* colonne) dont nous allons reparler, les lois du calcul des probabilités peuvent être regardées comme suivies pour la répartition des chiffres 0, 1, 2, 3, etc., dans les 700 premières décimales du nombl'e tt.
- En effet, les totaux les plus probables sont tous égaux à 70; la probabilité des totaux extrêmes 78 et 63 est 0,0005; ces deux nombres peuvent être regardés comme acceptables. Mais la probabilité du total 51, qui concerne le chiffre 7, es1
- ...rrrrr-.....- 275 =
- inférieure à 0,000 000 000 001 ; il y a plus : le déficit permanent, vis-à-vis de 10, nombre le plus probable, des fréquences 8,4, 7, 4, etc., du chiffre 7, indique, par son allure systématique, malgré la présence du nombre 12, qu’une loi entre en jeu, donc tjue le hasard n'est pas seul en cause. Quant à aller plus loin, nous ne le pouvons pas actuellement.
- H. de Montessus de Ballore, Docteur ès sciences, Lauréat de l’Institut.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- JANVIER 1933, A PARIS
- Mois assez froid avec pression barométrique élevée et insolation à peu près normale, peu pluvieux et avec beaucoup de Brouillards.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer. 766 mm 6, est supérieure de 1 mm 5, à la normale.
- La température relativement élevée pour la saison durant les neuf premiers jours s’est ensuite abaissée au-dessous de la normale au début de la deuxième décade, et elle est devenue franchement basse le 21 et ne s’est relevée qu’à partir du 29. La moyenne diurne a été inférieure à la normale pendant 19 jours consécutifs, du 11 au 29, période qui comprend tous les jours de gelée du mois. Parmi ces jours de gelée il y a eu 6 journées consécutives sans dégel (du 22 au 27).
- La moyenne mensuelle de la température, 1° 7, est inférieure de 1° 2 à la température, moyenne des 60 mois de janvier écoulés depuis 1874 au Parc Saint-Maur; elle n’a cependant rien d’exceptionnel et il suffit de remonter de quatre années en arrière (janvier 1929) pour trouver une moyenne mensuelle en janvier notablement plus basse 1— 0° 06). Le maximum absolu, 13° 0,a été enregistré le 2 ; le minimum absolu —9° 6, le 27, est le plus bas noté en janvier depuis 1918, mais il reste Irès notablement supérieur au minimum le plus bas enregistré en janvier, au Parc St-Maur depuis 1874 (— 17° 0 le 16 janvier 1893).
- Les températures les plus basses obtenues tant dans l’intérieur de Paris qu’aux environs, ont été respectivement
- de — 9° 1, le 27, à La Villette et à Belleville et de — 13° 0, à la même date, à Montesson.
- La quantité totale de pluie recueillie à Saint-Maur pendant le mois, 31 mm 0, est déficitaire aussi bien que le nombre de jours de pluie ou neige appréciable. Ce déficit est, pour la hauteur des précipitations de 21 pour 100, pour le nombre de jours, de 4 (11 au lieu de 15).
- La durée totale de chute de pluie à l’Observatoire de Mont-souris est de 33u 30 m et est inférieure de 43 pour 100 à la moyenne des 25 années (1898-1922). Les hauteurs maxima recueillies en 24 b sont : pour Paris, de 10 mm 6 à Charonne, pour les environs, de 14 mm 9 à la Belle-Epine.
- Les chutes de neige ont été assez fréquentes mais peu importantes; les 11, 16, 17, 18, 19, 24 et 25 elles ont affecté presque toute la région, les 23, 28, 29 quelques points seulement .
- On a enregistré, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 55 h 35 m de soleil, durée supérieure de 4 pour 100 à la normale. Des brouillards ont été signalés, dans la région parisienne, tous les jours du mois (moyenne 27). L’excès porte sur les brouillards faibles et moyens. Le brouillard a persisté toute la journée, par places tout au moins, 3 jours au lieu de 5.
- A l’Observatoire du Parc St-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été de 83,9 pour 100 et celle de la nébulosité de 72 pour 100. On y a relevé : 4 jours de neige, 1 jour de grésil, 20 jours de gelée, 14 jours de gelée blanche, 13 jours de brouillards, 17 jours de brume, 4 jours de sol couvert de neige.
- E. Roger.
- z L’ENIGME DE LA TRUFFE
- La truffe noire d’hiver (Tuber melanosporum), du Périgord et de la Provence, si réputée et si délicieusement parfumée, — on sait qu’il existe bien d’autres espèces qui ont moins de valeur, ou n’en ont même pas du tout, — n’a pas encore livré complètement le secret de sa vie intime, aux nombreux assauts qui lui sont livrés par les savants ou les simples chercheurs avides de découvrir la clé du mystère.
- Cette découverte ne constituerait pas seulement une conquête intéressante au point de vue de la biologie végétale, mais elle donnerait surtout la possibilité de multiplier et de produire à volonté le précieux tubercule.
- On a bien créé des truffières artificielles, mais l’artifice ici n’est qu’apparent. On plante une essence truffière, c’est-à-dire sympathisant avec la truffe, ou, comme l’on dit encore, une essence attractive, et presque uniquement le chêne (chêne
- blanc et chêne vert), en x'éalisant les meilleures conditions de sol, d’exposition, de climat. Puis on donne aux arbres des soins culturaux appropriés, labours, fumures, tailles, arrosages même, quand la chose est possible.
- Mais quant à apporter dans le sol les germes, l’organe reproducteur, de la fameuse boule noire tant convoitée, comme l’on sème du blé, ou plante des fragments de pomme de terre, il n’en est pas question. On se contente de prendre les glands destinés à fournir les jeunes plants, sur des sujets bons truf-fiers.
- C’est donc plutôt une truffière cultivée que l’on crée ainsi, qu’une truffière artificielle.
- On recommande bien, il est vrai, d’enfouir au pied des arbres quelques brouettées de terre puisée dans une truffière en plein rapport, ou d’y enterrer des épluchures de truffes, ou des truffes
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- mêmes, mais les résultats ne sont pas meilleurs que dans une truffière naturelle... quand on en obtient.
- C’est qu’on ne connaît pas encore, en effet, les conditions exactes dans lesquelles la truffe se multiplie.
- Certes, les idées que l’on se fait sur ce sujet sont bien differentes des hypothèses variées, et singulièrement fantaisistes, émises par certains auteurs grecs, ou latins. En voici, d’ailleurs quelques-unes.
- De Théophraste : « Des végétaux privés de racines qu’engendrent les pluies d’automne, accompagnées de coups de tonnerre ». Plutarque, bien après, pensait de même, mais sans faire allusion à la nature végétale du tubercule.
- D’Athénée : « Production spontanée du sol; des enfants de la terre. »
- De Porphyre : « Des enfants des dieux. »
- De Néandre : « Du limon de la terre modifié par la chaleur centrale. »
- Fig. 1. — Tuber melanosporum.
- Truffe entière et coupée en long. A droite, parenchyme où naissent les spores; à gauche, cellule contenant des spores et spores isolées
- (d’après Barrai).
- D’Encélius : « De la pituite des arbres. »
- De Pline l’Ancien : « Miracle delà nature; callosité de la terre, agrégation des éléments du sol facilitée par les pluies, et que l’influence de l’électricité fait remonter près de la surface. »
- De Juvénal : « Produit de la foudre et des orages. »
- Mais même de nos jours, il règne bien encore, dans quelques régions truffières, des théories peu orthodoxes sur la matière.
- Ecartons d’abord cette poétique légende qui fait naître la truffe d’une pomme de terre, par le coup magique de la baguette d’une fée :
- Un bûcheron périgourdin avait donné asile à une pauvre vieille à demi morte de faim et de froid, qui pour le récompenser de son hospitalité se mua en jeune et, jolie femme couverte de pierreries, pour accomplir le miracle : changer la vulgaire pomme de terre en truffe.
- Une opinion assez répandue dans certaines campagnes fait naître la truffe des piqûres d’insectes sur les racines des arbres, à la façon des galles formées sur les feuilles du chêne par l’extravasion de la sève causée par les lésions du Cynips (Hvménoptère).
- On trouve bien, en effet, parfois, des larves clans les 'truffes, mais il est à peine besoin de dire que s’il existe réellement une mouche spéciale dite mouche truffière (ou autre insecte analogue), que l’on voit voltiger au-dessus des terrains à truffes, elle est tout simplement, là pour déposer ses œufs, d’où sortiront des larves, dans les truffes, qui l’attirent par leur odeur caractéristique répandue à complète maturité.
- On raconte encore que la truffe est une excrétion des racines produite par la foudre, ou une maladie; une exsudai ion dos rameaux et des feuilles tombée sur le sol; une sorte' de fermentation de la terre, etc.
- Mais les initiés savent fort bien, grâce aux travaux de savants parmi lesquels il faut citer Bulliard, Vittadini, Berkeley, Tulasne, Chatin, etc., que la truffe est un végétal, un champignon souterrain (champignon hvpogé), de l’ordre des Ascomycètes, famille des Tubéracées, genre Tuber.
- Elle est pourvue d’un mycélium, organe qui remplace, chez ces cryptogames, les racines, tout comme citez les Agarics, les Morilles. Elle produit des corpuscules de multiplication, ou spores d’une infinie petitesse, assurant la perpétuation de l’espèce, et qui sont portées par la boule, la truffe elle-même, comme porte aussi des spores, mais un peu différemment, le chapeau des champignons vulgaires.
- Théophraste, 300 ans avant .J.-C., reconnaissait déjà la nature végétale de la truffe, mais il croyait celle-ci sans racines, et capable de se reproduire et de se suffire à elle-même.
- C’est qu’ici le réseau mycélien est très fin, très délicat, de couleur grise, et par suite peu visible, ce qui explique qu’il soit, dans la terre, passé longtemps inaperçu.
- En le dégageant du sol avec beaucoup de précautions, par exemple sous un filet d’eau, on peut constater qu’il about il au chevelu des racines de l’arbre, aux radicelles, avec lesquelles il est en connexion intime par des épanouissements.
- D’après M. G. Boyer, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, il semble que la truffe naine du chêne noir, séparée des radicelles par le sectionnement de ses attaches mycéliennes, ne puisse plus se nourrir dans la terre. Mais M. Lecoq de Boisbaudran a pu vérifier que si l’ablation du mycélium nuit dans une certaine mesure au développement du tubercule, elle ne l’empêche pas absolument, soit que la truffe absorbe les sucs du sol, soit plutôt qu’elle se remette en relation avec l’arbre par un nouveau mycélium.
- On a dit aussi que l’on a pu extraire, en août, de jeunes truffes de leur habitat naturel, pour les transporter dans un autre terrain, où elles se sont fort bien développées; mais on n’a pas eu confirmation de la chose.
- Quant aux spores, aux graines du champignon, elles sont dans des sacs clos spéciaux, ou asques (d’où vient le nom d’Ascomycètes), noyés dans la masse de la truffe.
- Quand celle-ci se désagrège, les spores peuvent, dans des conditions favorables, engendrer de nouveaux tubercules.
- Avec une telle connaissance de la constitution des organes de la truffe, révélée grâce surtout au microscope, certains vont peut-être trouver étonnant que l’on ne soit point encore arrivé, par une culture raisonnée dans le sol, à multiplier à volonté ce cryptogame si recherché, comme on produit aisément, par exemple, le champignon de couche sur un tas de fumier.
- Hélas ! si l’anatomie de la truffe est bien connue, il n’en est pas de même de sa physiologie. .
- Et d’abord, comment se multiplie-t-elle ?
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- Périgord, que
- Fig. 2. — Développement de la truffe, d’uprès Boulanger.
- a) ascopore en voie de germination, montrant la résorption latérale de la membrane externe, b) formation de l’oogone et des anthéridies. c) développement de l’œuf dans l’oogone, d) œuf et anthéridies bien développés.
- .11 y a déjà fort longtemps que le comte de Borch prétendait avoir vu germer les spores, mais on avait mis en doute un tel l'ait.
- En 1890, M. Condamy, d’Angoulême, supposait que la trufïe procède de la rencontre d’un mycélium mâle, brun, lixé sur les racines de l’arbre, et d’un mycélium blanc venant des feuilles.
- Vers 1898, M. A. deGrammout de Lesparre déduisait de ses recherches sur la trulïe du ses spores sont de sexe différent. Api'ès leur union, la spore femelle ainsi fécondée peut engendrer le mycélium producteur du tubercule.
- Mais le processus de cette reproduction sexuée ne peut s’accomplir que dans certaines conditions particulières.
- Ainsi, la truffe désagrégée et les asques ouvertes, les spores sont mises en liberté. Transportées par les oiseaux, les insectes, le vent, elles arrivent sur les feuilles d’arbres appropriés (chêne, etc.), et c’est là que se fait le rapprochement des sexes.
- L’organe reproducteur ainsi engendré tombe avec les feuilles, et donne naissance, dans le sol, au mycélium.
- En somme, le cycle végétatif des spores nécessiterait un hôte de passage, un substratum transitoire, comme on en voit des exemples chez la rouille du blé (épine-vinette), la rouille grillagée du poirier (genévrier Sabine), etc.
- Un entrevoit, dès lors, un procédé simple de culture : de novembre à fin janvier, et dans la première quinzaine de mai, on écrase quelques truffes bien mûres et on en fait une pâte avec un peu d’eau, que l’on étale avec un pinceau, sur la nervure médiane des feuilles bien vertes du chêne, sur pied, et à l’abri du soleil. Au bout de 2 à 3 mois, on détache ces supports et les enfouit dans des sillons superficiels creusés dans la direction des racines de l’arbre.
- Hélas ! cette technique n’a pas donné de résultats.
- M. Boulanger s’est attaché, vers 1900, à produire du mycélium, dans le but d’en semer dans le sol.
- Il fait germer les spores, —• et il n’est pas question, ici, de sexes différents, sur des tranches de carotte, avec transplantation, ensuite, en culture pure.
- Le mycélium obtenu est très fin, très résistant, et on peut y voir, après un mois de végétation, un grand nombre de nodules, qui sont autant de petites truffes en formation.
- Ensemençant ensuite ce mycélium au pied des chênes, l’auteur dit avoir obtenu des tubercules allant jusqu’à la grosseur d’une noix, et dont l’arome était prononcé au point de pouvoir employer un chien pour les rechercher.
- Malgré tout, on n’a pas eu connaissance qu’on ait donné suite à ce mode de production artificielle.
- Voici encore M. Matruchot qui, vers 1903, faisait germer les spores, non plus sur carotte, mais sur pomme de terre. Le mycélium obtenu diffère sensiblement de celui de M. Boulanger, tout en donnant aussi de petites masses dures, ou sclérotes, qui sont des truffes en perspective.
- L’Institut Pasteur offrait de livrer du mycélium, avec le mode d’emploi, à ceux qui désiraient tenter la culture artificielle des truffes, mais nous ignorons encore ici le résultat que l’on a pu en obtenir.
- M. Raphaël Dubois a produit également le mycélium de truffe sur des tubercules, avec développement subséquent en milieu nutritif composé d’amidon, de glucose, glycérine, asparagine, tannin, mycélium qu’il a ensuite enterré aux pieds de chênes truffiers, sans doute sans plus de succès.
- En somme, il n’apparaît pas que le voile mystérieux soit complètement déchiré.
- Les travaux de laboratoire sont très intéressants, et il
- faut féliciter ceux qui s’adonnent à de si minutieuses recherches.
- Malheureusement, le sol dans lequel doit vivre le champignon est d’une grande complexité. 11 se passe là de multiples réactions, des phénomènes biologiques, bio-chimiques, chimiques, bien différents de ceux qui peuvent se produire sur le substratum solide (carotte, pomme de terre, gélatine, etc.) ou liquide (bouillons de culture divers) des laboratoires.
- On peut, d’ailleurs, en dire autant de ces expériences où l’on fait germer des graines, ou croître des plantules, dans de l’eau, comme opérait Raulin dans sa cuvette à moisissures, ou dans du sable calciné, du verre pilé, etc., milieux qui n’ont rien de commun avec les terres agricoles.
- Dans le problème de la truffe, il y a certainement à chercher un x mystérieux, que le hasard fera peut-être découvrir un jour.
- Nous avons dit que le mycélium du champignon est en relation, dans le sol, avec les radicelles du chêne, par exemple. A défaut d’observation directe, il n’y a qu’à penser que les emplacements des truffes sous l’arbre s’éloignent de plus en plus du tronc, c’est-à-dire que la production suit le développement centrifuge des radicelles.
- Mais quelle est donc la sorte d’association qui lie ainsi le chêne à la truffe ? Cette dernière vil-elle en parasite, c’est-à-dire puise-t-elle des principes nutritifs, dans la sève de
- Fig. 3. — Fécondation des spores femelles, d'après M. de Grammonl
- de Lesparre.
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- l’arbre, ou est-elle attirée par quelque substance spéciale. Y a-t-il état symbiotique entre les deux végétaux ?
- Ou bien encore, le parasitisme n’est-il qu’indirect, c’est-à-dire qu’un tiers organisme indispensable s’interpose entre les radicelles et le mycélium du cryptogame ?
- Ou enfin, ce dernier est-il saprophyte, ne vit-il que sur les racines mortes, ou autres débris en décomposition ?
- Certains croient plutôt au parasitisme, direct ou indirect, invoquant que les arbres bons trulïiers ne sont pas, généralement, des sujets vigoureux, mais souffreteux, et qu’ils ne se font pas vieux. Il semble donc que le mycélium du tubercule, qu’hébergent leurs radicelles, gêne leur vitalité.
- On sait aussi que les places à truffes sont dépouillées d’herbes imarques), quand les tubercules apparaissent. Ces derniers exercent donc sur les plantes adventices une action déprimante, n’épuisent-ils pas leurs racines, à moins qu’ils n’émettent quelque toxine ?
- On peut encore imaginer que le mycélium truffier a quelque analogie avec les mycorhizes, filaments de champignons fixés sur les radicelles de certains arbres, et constituant pour eux des organes d’absorption remplaçant les poils absorbants absents.
- Mais, soit dit en passant, ces mycorhizes peuvent devenir de vrais parasites si le sol s’appauvrit en humus. Alors ne trouvant plus l’azote humique qu’ils cédaient ensuite à l’arbre, une fois transformé, en échange de l’amidon et du sucre élaborés par les feuilles vertes, ils vivent aux dépens de leur hôte, qu’ils épuisent, le mettant ainsi en état de réceptivité au regard des attaques de saprophytes vulgaires. C’est une des raisons que l’on donne de la maladie de l’encre du châtaignier, par exemple.
- En somme, on n’a pas encore pu expliquer la sympathie qui existe entre certaines essences d’arbres (Chatin cite plus de 50 espèces truffières) et la truffe.
- Mais s’il est établi que l’intermédiaire de champignons quelconques est indispensable entre le mycélium de celle-ci et les radicelles de l’arbre, il devient illusoire de vouloir ensemencer un sol avec des spores, du mycélium, ou des fragments de truffe, sans avoir, au préalable, apporté l’agent de liaison,
- ....."-= LE CUIR
- UTILISATION DES
- On désigne sous le nom de « planche de cuir » le produit résultant du déchiquetage des déchets de cuir, suivi d’une agglomération dont nous dirons un mot plus loin.
- Le Cuir Technique du 2 janvier dernier indique qu’aux Etats-Unis, il est produit annuellement plus de 50 millions de kg de déchets de cuirs tannés, dont on fait 15 millions de kg de « planche de cuir » Le matériel utilisé permettrait d’en produire le double.
- La « planche de cuir » contient généralement, de 50 à 80 pour 100 de déchets de cuir; le reste est constitué de celluloses résiduaires, de déchets de lin, chanvre, vieilles cordes, etc.
- La fabrication de la « planche de cuir » du carton de cuir, du papier de cuir, etc., est un à-côté des industries du papier, plutôt qu’une industrie réellement autonome. A notre connaissance, les déchets de cuir agglomérés ne peuvent guère remplacer le cuir normal dans l’industrie de la chaussure, même pour les produits de qualité inférieure ou tout au moins pour les parties soumises à l’usure.
- Il est facile de distinguer au microscope, un cuir naturel tanné, d’une « planche de cuir ».
- dont il faut aussi chercher à favoriser le développement.
- Il se peut encore, qu’en dehors de toute relation avec l’arbre, la truffe exige la présence dans la terre d’un agent particulier, soit d’ordre organique soit d’ordre minéral.
- Et alors pose la question de savoir si des deux fadeurs sol et arbre, l’un d’eux est prépondérant.
- Certains affirment qu’il faut le concours des deux. Mais il en est aussi qui plaident plutôt en faveur de l’arbre, tandis que d’autres mettent le sol au premier rang.
- M. Fournet, trulïiculteur distingué, à Sarrazac (Lot), a constaté que l’emploi généralisé d’une essence unique d’arbre donne la prédominance aux variétés de truffes propres à cette essence.
- Là où les truffières artificielles sont placées côte à côte de truffières naturelles ne produisant que des truffes de diverses races et de médiocre qualité, elles fournissent la Mélanospore vraie.
- lie chêne vert donne des truffes plus appréciées que le chêne blanc; est-ce parce que cette essence réclame une meilleure exposition, ou elle-même est-elle pour quelque chose dans cette supériorité ?
- On a fait remarquer que si l’on retourne à la bêche le sol d’une truffière en plein rapport, les tubercules ne se multiplient plus, et cependant on n’a rien changé dans la composition du sol.
- La production cesse également lorsque les arbres sont tués, par la gelée, par exemple.
- Mais on répond aussi que l’on a trouvé des truffes dans un pré jusqu’à 10 m au moins d’un bois de chênes.
- On a pu constater que dans un quartier bien limité, au point de vue constitution du terrain, tous les chênes étaient trulïiers, tandis que dans un quartier voisin pas un chêne ne donnait de truffes.
- On peut conclure, non sans quelque logique, que l’existence de la truffe est non seulement liée à celle d’un arbre (chêne, noisetier, charme, peuplier, etc.) mais peut-être aussi à certaines conditions à remplir par le sol, mais qu’il reste encore à découvrir. Antonin Rolet,
- Ingénieur Agronome, à Antibes.
- FACTICE .........................................=
- DÉCHETS DE CUIR
- Dans le premier, on voit les fibrilles intimement tordues en torons serrés, et les fibres sont à leur tour toronnées en paquets de fibres, d’où une compacité très grande. Dans la planche de cuir, au contraire, il n’existe plus rien du toronnage serré.
- En somme, malgré la pression que subissent les déchets, l’imperméabilité est beaucoup moindre, dans la « planche de cuir ».
- Quelques mots sur la fabrication de cette dernière. Les déchets de cuir, réduits à l’état de pulpe, sont additionnés de papier pulpé, de forte pulpe de cordes également pulpées (99 pour 100 d’eau et 1 pour 100 de matière) avec la machine à tamis.
- En somme c'est la technique du papetier qui intervient là : défibreuses, piles, filtres-presses, etc. La chimie h’y a pas encore dit son dernier mot. Dès maintenant on peut donc concevoir l’utilisation rémunératrice de tous les déchets de cuir, qui, jusqu’à présent, n’a été que partielle, puisque parfois on les brûlait.
- Albert Hutin.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La théorie atomique et la description des phénomènes, par Niels Bohr. Traduction française par Andrée Legros et L. Rosenfeld. Un vol. 112 p. Gauthier-Vjllars. Paris, 1932. Prix : 20 fr.
- M. Bohr, le célèbre physicien de Copenhague, a réuni en volume quelques articles de haute vulgarisation, épars dans diverses publications savantes, et où il met en lumière, avec une remarquable pénétration les traits qui marquent l'évolution de la physique théorique en ces dernières années.
- C’est cet ouvrage qui nous est présenté aujourd’hui en traduction française. Un premier article, remontant à 1925, montre le développement de la théorie quantique jusqu’à l’apparition des travaux d’IIeisenberg et l’application de cette théorie à l’architecture de l’atome, application connue sous le nom d’atome de llohr. L’auteur, dans cette étude, accuse déjà les caractères illogiques de cette théorie, qui, bien que cadrant remarquablement avec nombre de faits, ne devait être qu’une étape vers des théories plus générales et plus cohérentes. Dans le deuxième article, écrit en 1927, après l’apparition de la mécanique ondulatoire de L. de Broglie et de Schrodinger, après le mémoire de Heisenberg sur le principe d’incertitude, l’auteur montre que le postulat fondamental de l’indivisibilité du quantum d’action oblige fatalement à renoncer à une description causale des phénomènes dans l’espace et dans le temps. Cette conclusion entraîne la physique dans les voies de la mécanique statique; l’auteur en indique les traits essentiels. Dans le troisième article, l’auteur examine l’aspect philosophique général de la théorie quantique. L’obligation pour la physique atomique de renoncer au principe de causalité n’est nullement, comme certains l’ont cru, une abdication de la science. M. Bohr rappelle que celle-ci, en décrivant les phénomènes, ne saurait jamais prétendre à expliquer leur essence propre, mais ne peut que s’efforcer de démêler le plus de relations possibles dans la multiplicité des données de l’expérience.
- Dans le dernier article, après avoir redessiné à grands traits l’évolution récente des théories physiques, cherchant à se libérer des représentations intuitives, il essaye d’entrevoir comment les théories nouvelles pourraient trouver application dans le domaine biologique.
- Ces pages, lucides et profondes, méritent d’être lues et méditées par tous ceux qui s’intéressent aux progrès de la science et de la philosophie.
- The National Physical Laboratory collected Researches. Vol. XXIII, 1932. The William Froude Laboratory. 1 vol. 452 p. His Majesty’s Stationery Office. Adastral House. Kingsway. London. 1932. Prix net : 1 livre.
- Ce volume est entièrement consacré à la publication d’études hydrodynamiques poursuivies au Laboratoire William Froude dans la grande institution anglaise de recherches physiques. On y trouve une étude de M. Baker sur les formes et dimensions de coques d’hydravions, les résultats de mesures faites au bassin par M. Kent, pour étudier la tenue, dans une houle artificiellement créée, de modèles réduits de navires de commerce; du même auteur, les résultats d’observations faites en mer, relatives à l’effet du vent, des vagues et des conditions météorologiques, sur la propulsion, la tenue à la mer et la vitesse des navires; MM. Baker et Bottomley, Smith-Keary, étudient dans différents cas l’action des gouvernails non équilibrés et la manœuvre des navires dans diverses conditions. MM. Baker, Nigley, Kent, étudient l’action des hélices propulsives, etc.
- Manipulations de chimie, par Clément Duval. 1 vol., 376 p., 90 iig. Masson et Cie. Paris, 1933. Prix : 65 fr.
- Ce volume contient 300 manipulations de chimie minérale et 420 manipulations de chimie organique à l’usage des chimistes, étudiants, candidats à la licence et à l’agrégation. Elles peuvent toutes être exécutées avec un matériel sommaire et à l’aide de corps peu coûteux en un temps inférieur à une semaine. Elles ont été choisies et groupées de façon à mettre en évidence l’application de lois ou de méthodes générales. Leur description est rédigée soit d’après les mémoires originaux, soit d’après l’expérience personnelle de l’auteur et de ses collaborateurs. L’ouvrage constitue un guide précieux pour les professeurs et leurs élèves; aux chimistes en général, il apporte des renseignements précis sur la préparation d’un très grand nombre de corps et à ce titre rendra de signalés services dans tous les laboratoires.
- Orages, grêle et foudre dans la Haute-Loire, par
- Albert Baldit, 1 vol. 224 p., 40 lig. Imprimerie «La Haute Loire ». Le Puy-en-Velay, 1932.
- Cet ouvrage d’un éminent météorologue dépasse de beaucoup le cadre d’une étude locale dans lequel son titre modeste tendrait à le faire classer. Il comporte bien entendu une étude statistique des orages (années 1912 à 1914 et 1919 à 1930) dans le département de la Haute-Loire, département du reste privilégié à ce point de vue en raison de
- sa situation et qui offre en conséquence un remarquable domaine d’observations. Ce qui est particulièrement intéressant dans le travail de M. Baldit, c’est le parti qu’il tire de ces 15 années d’observations pour analyser la mécanique des orages en étudiant les rapports de ceux-ci avec la situation barométrique et la température, ainsi que leur distribution géographique dans le département. Il expose également les théories actuelles de l’orage et les confronte avec les observations précises faites sur un certain nombre d’orages de pluie, de grêle, de neige, de foudre, de froid, etc. L’auteur monlre ainsi combien peuvent être fécondes, à condition d’être judicieusement dirigées, les études météorologiques conduites dans le cadre cependant si étroit du département. A l’étude des orages succède une brève étude de la grêle, puis un examen détaillé des chutes de foudre observées dans le département, portant sur la répartition di ces chutes suivant les moments de l'année et les régions du département, sur les particularités qui ont caractérisé l’événement, les dommages et les accidents causés, documentation précieuse et dont on souhaiterait avoir l’équivalent pour toute la France.
- La production et les applications de froid, par
- A. Boutaric, 1 vol., 120 p., 27 fig. J.-B. Baillière, Paris 1933. Prix :
- 15 fr.
- L’auteur étudie succinctement les méthodes générales permettant de refroidir les corps, les propriétés que présente la matière aux basses températures, et enfin les applications du froid. Parmi ces applications, il a réservé une place spéciale, d’une part à la liquéfaction des gaz, qui a pu se développer grâce surtout aux recherches de Louis Cailletet, et de Georges Claude, d’autre part à la conservation des denrées périssables, point de départ d’une industrie aujourd’hui extrêmement florissante entièrement créée par celui qu’on a justement nommé le « Père du Froid » : Charles Tellier. Le lecteur trouvera ici, sous une forme agréable et à la portée de tous, l’essentiel de ce qu’il faut savoir aujourd’hui sur la science et l’industrie du froid.
- Les moteurs à vent, par René Champly. 1 vol. 272 pages,
- 194 fig. Dunod, éditeur, Paris 1933. Prix broché : 68 fr.
- Malgré l’importance pratique que présentent aujourd’hui encore les moteurs à vent, si répandus sous le nom d’éoliennes, il n’existait dans la littérature technique française, aucun ouvrage un peu étendu sur ce sujet si intéressant à tant d’égards. M. Champly a entrepris de combler cette lacune; l’ouvrage qu’il a composé rendra de grands services aux techniciens comme aux utilisateurs. L’auteur, en effet, a rassemblé une abondante documentation avec chiffres à l’appui sur tous les moteurs à vent modernes construits notamment en France, Amérique, Allemagne, Danemark, Russie. Il décrit non seulement les modèles courants, avec indication des résultats donnés en exploitation, mais encore les tentatives intéressantes effectuées en ces dernières années par des chercheurs comme le Pr La Cour de Copenhague, MM. Constantin et Darrieus de Paris pour la production en grand de l’électricité à l’aide du vent. Il donne de nombreux détails pratiques sur les modes d’utilisation de la force du vent : élévation de l’eau, production d’électricité, etc., sur les modes de construction et de montage des machines. L’étude théorique du moulin à vent soulève de nombreuses difficultés et a provoqué bien des discussions qui ne sont pas closes. L’auteur ne s’est pas aventuré lui-même sur ce terrain délicat, mais il a cédé la parole à un théoricien éminent, M. G. Darrieus, en reproduisant intégralement une remarquable étude dans laquelle ce savant ingénieur met au point, avec une parfaite clarté, les bases fondamentales sur lesquelles doit reposer une théorie saine du moteur à vent.
- Météoropathologic, par A. Aimes. 1 vol. in-8, 219 p. Maloine,
- Paris, 1932.
- Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Montpellier, l’auteur passe en revue toutes les corrélations, dont certaines évidentes et d’autres plus discutées, entre les facteurs climatiques, atmosphériques, telluriques, cosmiques et les phénomènes physiologiques et pathologiques. L’influence des saisons, de la température, de l’humidité est bien connue; les actions électriques, les périodicités solaires et lunaires restent encore plus mystérieuses.
- Allez, mes enfants,., et vous serez des chefs, par
- Léon Guillet, 1 vol. in-16, 239 p. Plon, Paris, 1933. Prix : 12 fr.
- Le directeur de l’École Centrale, qui a étudié passionnément la question de la formation des élites, conte mille anecdotes personnelles, pour décrire les caractères qu’il a pu observer, dégage les principaux facteurs qui entrent en jeu, étudie la mise en valeur, le développement de ces facteurs, arrive finalement à un ensemble de commandements dont on ne peut s’écarter; tel est succinctement le plan de ce volume' écrit pour ses petits-enfants par un homme qui aime la jeunesse et s’est dévoué entièrement à elle.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE L’Abbé Verschaffel
- L’abbé Verschaffel, correspondant de l’Académie des Sciences, est mort le 24 janvier dernier à Villefranque près de Bayonne, à l’âge de 83 ans. Il était né en Belgique à Destel-donck près de Gand le 1er mars 1850.
- Nous reproduisons ci-dessous l’éloge de ce savant prononcé à l’Académie des Sciences le 30 janvier dernier par M. Emile Picard.
- « Notre Coi’respondant, M. l’abbé Verschaffel, a dirigé pendant vingt-sept ans l’Observatoire d’Abbadia, près de Hendaye que notre ancien Confrère M. d’Abbadie avait donné à l’Académie en 1896. Il l’a organisé méthodiquement avec un soin extrême. Avec des moyens très modestes en personnel et en matériel, il en a fait un établissement dont les observations méridiennes sont hautement estimées dans le monde astronomique. Véritable entraîneur d’hommes, M. l’abbé Verschaffel a formé des jeunes gens du pays au maniement de la lunette méridienne, où ils ont acquis une grande habileté. C’est ainsi qu’ont été faites les très nombreuses observations se trouvant dans les vingt volumes et dans les divers Catalogues publiés par l’Observatoire d’Abbadia.
- D’une ingéniosité admirable, mécanicien autant qu’as-tronome, M. l’abbé Verschaffel, a créé un instrument qui rend d’immenses services dans les observations méridiennes. On sait que, pendant longtemps, celles-ci furent faites par la laborieuse méthode dite de l’œil et de l’oreille. Vers 1850, on commença à enregistrer électriquement, à peu près comme dans le télégraphe Morse, ce qui diminuait la fatigue immédiate de l’observateur, mais l’enregistrement se faisait sur de longues bandes à développement continu, dont le relevé exigeait beaucoup de temps, chaque pointé demandant la mesure précise d’une longueur. Ce grave inconvénient est totalement supprimé dans le chronographe de M. Verschaffel, qui d’abord imprime jusqu’aux centièmes de seconde les chiffres mêmes des époques des passages successifs de l’astre aux divers fils de la lunette, et qui en outre ne fait dérouler la bande qu’au moment de l’impression avec la longueur strictement nécessaire. Le chronographe enregistreur de M. Verschaffel fonctionne depuis 1900 à Abbadia. C’est un instrument dont la mise en train exige du soin de la part de l’observateur, mais qui est plus robuste que les instruments similaires construits depuis pour atteindre le même but, qualité précieuse pour un établissement situé loin des ressources d’un grand centre. M. Verschaffel a en outre établi pour toutes les réductions de grands abaques, qu’il a construits lui-même, rendant le travail plus sûr, moins pénible et plus rapide.
- L’Observatoire d’Abbadia s’est associé quelque temps aux travaux de la Carte du Ciel. Il est essentiel de connaître sur chaque cliché photographique la position absolue d’un certain nombre d’étoiles, c’est ce qu’on appelle les étoiles de repère. M. Verschaffel s’est attaché à l’observation de ces astres relatifs aux zones de Pai’is et d’Alger; des discussions ultérieures ont montré que l’ensemble de ces observations est d’une remarquable précision.
- Notre regretté correspondant poussait la modestie jusqu’à l’extrême limite. Il faisait tout sans bruit, craignant toujours de se mettre en avant. Son chronographe a figuré à l’Exposition universelle de 1900; mais, dans l’introduction qu’il a écrite pour le tome I des publications d’Abbadia, rien n’appelle particulièrement l’attention sur cet instrument, alors tout nouveau, dont la description occupe à peine une page entre divers appareils d’usage courant. »
- HISTOIRE DES SCIENCES Les centenaires scientifiques en 1933.
- M. E. C. Smith, dans la revue anglaise Nature, signale les principaux centenaires scientifiques et industriels qui pourront être célébrés en 1933.
- Nous en extrayons les renseignements qui suivent.
- En avril 1933, l’Angleterre célébrera avec solennité le centenaire de la mort de Trevithick, un ingénieur anglais, qui fut un grand pionnier en matière de machines à vapeur et de locomotives. Un autre ingénieur anglais, Frederick Konig (1774-1893) sera également commémoré; on lui doit d’importants progrès dans les machines à imprimer.
- I.'année qui vient est le bicentenaire de la naissance de l’illustre chimiste anglais Priestley (1733-1804), de Charles Borda (1733-1799) le grand astronome et mathématicien français, de Carsten Niebulir (1733-1815), célèbre historien allemand.
- En 1933 tombent également les centenaires de la mort de Nicéphore Niepce (1765-1833), l’inventeur de la photographie; de Thomas Allan (1777-1833), le minéralogiste d’Edimbourg; de André Marie Legendre (1752-1833), le grand mathématicien français.
- On pourra célébrer également les centenaires de la naissance de sir Henry Roscoe (1833-1915) chimiste anglais, R. CJebsch (1833-1872), mathématicien allemand, de Maurice Lœwv (1833-1907), astronome français, de von Richthofen (1833-1905), géographe allemand, de Guthrie (1833-1886), chimiste anglais, de Nobel (1833-1896), l’inventeur de la dynamite.
- MÉTÉOROLOGIE
- Les basses températures de janvier 1933.
- Leur cause probable.
- L’abaissement important de la température survenu clans la deuxième quinzaine de janvier, sur presque toute l’Europe, remet en question la cause probable des variations anormales du temps.
- Si la cause immédiate de ces variations réside dans le déplacement de certains centres de hautes et de basses pressions barométriques, déplacement qui détermine la direction des vents, on ne peut s’arrêter à cette unique explication, car il j'este à rechercher la cause qui fait déplacer les grands centres d’action de l’atmosphère; en outre, cette cause doit pouvoir rendre compte des variations de la température, puisque avec la même direction des vents et une pression barométrique sensiblement identique, on observe des températures très différentes, par exemple :
- Du 15 au 20 décembre 1932, températures très douces (18° à Boi’deaux, les 16, 17 et 18 décembre) : pressions élevées sur le centre et l’ouest de l’Europe; centres de basses pressions sur l’Atlantique.
- Du 15 au 25 janvier 1933, températures très basses : pressions élevées sur l’Europe; basses pressions sur l’Atlantique.
- Un état atmosphéi’ique sensiblement le même ne peut donc expliquer des températures aussi différentes que celles de la deuxième quinzaine de décembre et de la deuxième quinzaine de janvier; de même, on ne peut trouver la cause de ces variations dans la direction des vents, puisque avec des vents d’Est, comme en janvier, le thermomètre' marquait, en décembre, pendant la nuit + 7° à + 8° à Bordeaux. Nous sommes donc obligés de chercher dans une autre voie.
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- Variation des phénomènes solaires.
- On observe des coïncidences très curieuses entre les variations de nos tempéi'atures, d’une part et, d’autre part, les variations observées dans les phénomènes de la surface du Soleil : taches, lacules, etc., dont l’étude est poursuivie à l’Observatoire de Talence, chaque jour, depuis plus de trente années; ces observations, complétées à l’heure actuelle, sur près de 60 années, ont fait apparaître la relation suivante, au sujet de l’action probable des phénomènes solaires sur ies températures de l’Europe occidentale.
- Toute recrudescence de taches solaires ou de îacules est suivie d’une hausse de la température;
- inversement, toute diminution de taches solaires ou de faeules est suivie d’une diminution de la température.
- C’est précisément la coïncidence qui s’est produite en décembre dernier et en ce mois de janvier.
- En décembre, l’apparition de grandes taches à la surface du Soleil (une de ces taches a été visible à l’œil nu du 10 au 15 décembre) a été suivie de températures relativement élevées, surtout lors d’une recrudescence de ces taches, du 18 au 20 décembre. Ces dernières, par suite de la rotation du Soleil sur lui-même en 25 jours environ, sont revenues du 3 au 10 janvier, en montrant: une diminution à partir du 10 janvier.
- À la suite de cette diminution et de la disparition complète de ces taches après le 16 janvier, la température s’est abaissée considérablement sur presque toute l’Europe et sur la Méditerranée occidentale. En résumé :
- Recrudescence des taches solaires à partir du mois de novembre, pendant le mois de décembre et la première quinzaine de janvier : températures relativement élevées pour la saison.
- Disparition de ces taches du 16 au 27 janvier : abaissement important de la température.
- Nouvelle formation de taches du 26 au 28 janvier : nouvelle hausse de la température.
- Ces coïncidences sont conformes à la règle énoncée ci-dessus cl mettent en relief, une fois de plus, ce que l’on peut appeler « l’action individuelle » des taches solaires sur nos températures.
- Période probable de 100 ans.
- On peut noter également qu’une périodicité de 100 ans dans le retour des périodes solaires peut fournir d’utiles indications sur le retour probable de certaines saisons à un siècle d'intervalle.
- C’est ainsi que l’hiver froid de 1929 correspond à l’hiver froid de 1829 et à celui de 1729; l’été frais et pluvieux de 1927 correspond à l’été frais et pluvieux de 1827; les années peu agréables de 1930 à 1932 correspondent aux années 1830 à 1832; le mois d’août chaud de 1932 correspond à celui de 1832; le mois de janvier froid de 1933 à celui de 1833, etc.
- Cette correspondance séculaire peut très bien s’expliquer par le fait que, dans un siècle, il existe 9 périodes solaires de 11 ans, 1 en moyenne; malgré la durée inégale des périodes solaires (durée qui s’étend de 9 à 13 ans), on observe le retour, aux mêmes dates d’un siècle à l’autre, de périodes solaires de même durée.
- Si ces périodes étaient rigoureusement semblables d’un siècle à l’autre, on pourrait annoncer que l’année 1933 présentera les mêmes caractères que l’année 1833 qui n’a pas été une année chaude; mais cette indication ne pourrait offrir une certaine précision que si nous connaissions la cause qui fait paraître et disparaître les phénomènes de la surface du Soleil.
- Toutefois, on peut constater que les variations atmosphériques considérables auxquelles nous venons d’assister au
- cours de ces deux mois d’hiver, ont coïncidé avec des phénomènes nettement déterminés de la surface du Soleil et indiquent la véritable cause de ces variations. Aussi, on. peut regretter que le Soleil ne possède pas la place qui lui revient dans les observations météorologiques. Henri Mémery.
- Observatoire de Talence (Gironde).
- GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE Avenir des chotts Nord=africains.
- Nous nous souvenons d’avoir lu une étude sur les possibilités hydroélectriques des chotts sud-tunisiens en utilisant les 37 m de différence de niveau entre les chotts El Djérid (+ 16 m.) et Gliarsa (— 21 m.). Evidemment la fantaisie imaginative y tenait grande place puisque pareille réalisation aurait justement tendance à un équilibre stable et définitif; la récupération ne serait donc qu’éphémère.
- Mateur
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- 150 K.
- Nous voyons, par contre, un moyen rationnel de tirer parti de ces lacs salés en extrayant les substances utilisables que renferment leurs eaux. Rien de chimérique à cela d’autant moins que des applications ont déjà eu lieu.
- Qu’onse souvienne qu’en juin 1915 où pour la première fois les Allemands envoyèrent à nos troupes des obus asphyxiants à base de brome et où nous n’avions rien pour riposter, ce fpt un chott tunisien qui nous permit d’être le plus rapidement sur pied d’égalité avec nos adversaires. Ce fut, il est vrai, un véritable tour de force puisque en quelques mois, aux portes mêmes du désert, on put produire tout le brome dont on avait besoin.
- On avait tout d’abord songé aux eaux mères des marais salants; leurs stockages étaient notoirement insuffisants; ce ne fut qu’après qu’on étudia les chotts africains. Tous révélèrent des eaux à un degré de concentration suffisante; le maximum étant atteint à la Sèbkha el Melha, près de
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- Zarzis, ce fut l’unique raison du choix. L’installation édifiée sur le bord de ce lac fonctionna dès avril 1916 et ne s’arrêta qu’à l’armistice, ayant fourni à elle seule plus de 1000 t de brome à la Défense Nationale.
- La Seblcha el Melha qui n’est qu’à 50 km environ de la frontière de Tripolitaine est distante de Tunis de plus de 600 km; elle a une superficie de 15 000 b et une profondeur qui varie de 20 à 25 m. La teneur en brome de ses eaux est de 2 gr 24 par litre, soit quarante fois plus élevée que celle de l’eau de mer. On peut de suite en déduire que ses réserves de brome doivent être de l’ordre de 5 millions de tonnes, bien inférieures encore à celles de la mer Morte évaluées à un milliard de t (les eaux de la mer Morte contiennent 4 g. 8 de brome par litre).
- A Zarzis, on a profité d’un immense avantage, c’est que les matières organiques ont presque totalement disparu, oxydées qu’elles ont été par l’air; il en résulte au traitement une consommation de chlore réduite à son minimum.
- La Sebkha el Melha se trouve à un niveau un peu inférieur à celui de la mer dont elle n’est séparée que par un mince cordon littoral. Il arrive assez fréquemment, surtout au moment, des fortes marées, que des grosses vagues déferlent sur ce seuil et inondent la surface du lac qu’elles transforment en bourbier. Sous l’effet du soleil ardent et du sirocco, l’eau s’évapore rapidement et la solution saturée de sel s’ajoute aux eaux mères qui imprègnent cette surface spongieuse. Le vent recouvre le tout d’un sable fin qui peu à peu prend l’aspect d’une boue intensément noire.
- Les eaux mères se rassemblent en poches dont l’ouverture supérieure s’appelle un « aoun »; elles sont parfaitement limpides. Les pompages durant la guerre qui se sont poursuivis pendant 30 mois sans discontinuité n’ont, apporté aucune variation au niveau de l’eau.
- La composition moyenne des eaux concentrées de la Sebkha
- el Melha est la suivante.
- Eau. LEO..................... 865
- Chlorure de sodium NaCl...... 154
- Sulfate de magnésium SO4 Mg. ... 30
- Chlorure de magnésium Mg Cl2. . . 176
- Chlorure de calcium CaCl2...... 1
- Chlorure de potassium KC1 .... 23
- 1249
- On voit de suite quelle source pratiquement inépuisable de sels divers peuvent devenir les chotts africains; on a déjà tiré parti du brome, demain on peut parfaitement viser le magnésium, le potassium et même d’autres substances plus diluées, telle que l’iode.
- On peut d’ailleurs considérer que ces lacs salés se trouvent à un stade intermédiaire par lequel sont passés jadis tous les dépôts sédimentaires que nous connaissons, aussi bien ceux de Stassfurt, que ceux de Mulhouse et de Cardona. Rien donc de surprenant de leur demander des productions quelque peu analogues. Y. C.
- MÉTÉOROLOGIE
- Observation de Vanneau de Bishop en Australie à la suite de l’éruption du volcan Quizapu au Chili.
- Le Monthly Weather Review de Washington publie la lettre suivante adressée à M. Ingalls du Scientific American, par M. Frazer-Paterson de Broken-Hlil (Australie).
- « Je vous informe que l’anneau de Bishop était visible à l’ouest ‘du ciel le samedi 23 juillet 1932 Cette date est postérieure de 10 semaines et demie environ à l’éruption des Andes. L’anneau était de couleur sépia. »
- La revue météorologique américaine complète cette lettre par les commentaires suivants.
- L’anneau de Bishop, qui doit son nom au R. P. Sereno Bishop de Honolulu, Hawaï, le premier observateur qui l’ait signalé après l’explosion du Krakatoa en 1883 est un large halo, dilïus, d’environ 22° de diamètre extérieur. 11 est dû à la diffraction de la lumière solaire par les fines poussières volcaniques en suspension dans la stratosphère.
- L’apparition de l’anneau de Bishop en Australie n’est qu’un des nombreux phénomènes de même origine signalés dans l’hémisphère austral depuis l’explosion du volcan Quizapu (latitude : 35°38,,sud) survenue dans la soiréedulO avril 1932. L’intensité de la radiation solaire parvenue au sol a, du reste, subi une forte réduction sur une grande partie de cet hémisphère, Par contre il ne semble pas que ces poussières volcaniques aient manifesté leur présence dans l’hémisphère Nord.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- L’emploi de la triéthanolamine comme agent d’émulsification.
- Il existe trois éthanolamines :
- La monoéthanolamine : NH2-C1I2-CH20H.
- / CH2-CH2OH
- La diéthanolamine : NH
- et la triéthanolamine : N-(CH2-CH2ÜH)3
- dérivant de la substitution successive aux trois atomes d’hydrogène de l’ammoniaque, du radical -CH2-CH2OH.
- Ces trois produits étaient, au début, des produits de laboratoire, mais ils n’ont pas tardé à avoir des débouchés importants dans les industries produisant des émulsions, à cause de leurs propriétés émulsifiantes vraiment remarquables, quand ils ont été transformés en sels.
- Comme l’ammoniaque, les éthanolamines donnent des sels avec les acides même faibles, tels que les acides stéarique, oléique, abiétique, etc.
- L’oléate d’éthanolamine, en particulier, est soluble dans presque tous les liquides organiques, il en abaisse considérablement la tension superficielle, et permet par là de les mettre en émulsion.
- L’emploi de la triéthanolamine a eu un grand développement dû à la simplicité de la préparation de l’émulsion, et à son bon marché relatif, puisque de très faibles quantités de cette substance suffisent à créer des émulsions stables et parfaites.
- Pour réaliser une émulsion d’une huile avec la triéthanolamine, on dissout dans l’huile un acide gras, l’acide oléique par exemple, et on y déverse lentement, en agitant, une solution aqueuse d’éthanolamine, l’émulsion se fait instantanément, en prenant une allure crémeuse.
- Evidemment, la quantité d’éthanolamine et la quantité d’acide oléique doivent être en rapports bien définis, sans quoi la stabilité de l’émulsion serait compromise.
- Nous donnons à titre d’exemple la description de la fabrication d’une émulsion d’huile d’olive.
- On dissout d’une part 20 kg d’acide oléique dans 77 kg d’huile d’olive que l’on verse dans une solution de 3 kg de triéthanolamine dans 50 kg d’eau, en agitant.
- Le mélange devient instantanément blanc et crémeux. On peut préparer également des émulsions d’huiles et de cires minérales, d’huiles animales, etc... H
- Les émulsions à la triéthanolamine peuvent être diluées dans une certaine limite, tout en restant stables.
- H. Soyer.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHAUFFAGE Calorimètre « Calorus »
- Cet appareil, destiné — comme son nom l’indique — à mesurer la quantité de chaleur émise par des radiateurs, se
- Fig. 1. — Coupe du ca-lorimèlre Calorus installé sur un radiateur.
- ploi d’appareils électriques spéciaux ou de câbles électriques encombrants; il se pose en moins de dix minutes sur chaque radiateur et son encombrement est tellement réduit qu’il passe inaperçu au regard des personnes non averties. Il est en outre indéréglable et inviolable.
- On aperçoit de suite les avantages d’un calorimètre. Poulie propriétaire : 1° la faculté de chauffer aussi longtemps qu’il est nécessaire durant l’hiver et à une température suffisamment élevée, sans avoir la crainte de ne pouvoir récupérer les frais de chauffage, comme il arrive avec le système à forfait ; les locataires payant avec le Calorus exactement ce qu’ils consomment; 2° plus grande facilité de location des appartements, puisque cet appareil permet de ne pas majorer le loyer à l’avance par un prix forfaitaire, pïüs ou moins juste; 3° diminution de combustible pouvant atteindre 1/4 à 1/3, les locataires ne laissant plus leurs radiateurs ouverts à longue journée et ne consommant la chaleur que selon leurs besoins, tout comme pour l’eau, le gaz et l’électricité. Pour le locataire : 1° l’avantage de ne payer que strictement ce qu’il a consommé pour son propre chauffage; 2° la faculté de proportionner constamment la dépense de chauffage à ses besoins et à son budget.
- Le calorimètre Calorus s’adapte également sur les canalisations de distribution d’eau chaude, toujours comme compteur de chaleur et non comme compteur de volume.
- Constructeur : Calorimètre « Calorus », 7 rue du Bois, à Asnières (Seine).
- compose essentiellement d’un tube rempli d’un liquide spécial dont la vitesse d’évaporation est proportionnelle à la quantité de chaleur que cède le radiateur sur lequel l'appareil est installé.
- Le niveau du liquide entre le 0 de l’échelle dont chaque calorimètre est muni et une division quelconque de celle-ci, donne donc une valeur-moyenne correspondant aux quantités de chaleur émise piar le radiateur durant un certain temps: d’autre part, l’échelle étant proportionnée à la surface de chauffe du radiateur, on a ainsi la possibilité de connaître la consomma Lion de chacun des radiateurs d’un ap-prartement, et par là même, de régler le débit de ces radiateur-s en vue de réaliser des économies.
- Son installation ne nécessite ni modification des tuyauteries ni em-
- , ^ CHIMIE
- Flacon aspirateur pour les vapeurs corrosives ou inflammables.
- Lorsqu’un laboratoire ne possède pas un nombre suffisant de sorbonnes étanches et branchées sur des cheminées à tirage
- naturellement ou artificiellement efficace, la protection du personnel et même du matériel contre les vapeurs corrosives ou inflammables libérées au cours d es manipulai ions constitue un pn-oblème aussi impérieux que parfois difficile à résoudre.
- Le dispositif très simpile deM. Ch. O. Guillaumin apqiorte une contribution heureuse à sa solution; son efficacité a été démontrée au cours de manipmlations où il s’agissait d’absorber des quantités importantes d’acides percldorique et nitrique, gaz particulièrement corrosifs pour l’entourage.
- Comme on le voit sur la figure ci-contre, le col du ballon dans lequel s’effectue la réaction est engagé dans l’ouverture de la piartie sphérique soufflée à l’extrémité d’un tube plongeur.
- Le rebord intérieur, qui empêche les produits de condensation de retomber, sert également à retenir le col du ballon et dispense de le fixer autrement qu’en le posant sur un support de Berthelot, le tout étant suffisamment stable. Le tube pjlongeur s’engage dans la tubulure d’un flacon rempli au départ, jusqu’à environ 1 cm au-dessus de l'orifice du tube, de soude ou d’ammoniaque diluées à 1/4 environ ou de tout autre liquide absorbant. Ce flacon est relié à une trompe à eau en verre, du pdus grand débit possible. 11 y a intérêt à ce que les joints de caoutchouc soient réduits à la seule longueur nécessaire pour assurer une soupdesse suffisante à l’ensemble du système.
- Sous l’action du courant d’air, qui refroidit la sphère, une bonne piartie des vapeurs s’y condense et tombe dans ce flacon; le reste y est absorbé en grahde partie à l’état gazeux au cours du bouillonnement intense produit piar le courant d’air et il ,ne piasse dans la trompe qu’une pietite fraction n’atteignant les tuyaux des canalisations d’évacuation que diluée dans une grande masse d’eau, et n’ayant donc pilus silices tuyaux qu’une action corrosive réduite au minimum.
- Les opérateurs sont à ce point pirotégés qu’on peut conduire des destructions nitropercliloriques ou similaires sur une simple piaillasse au milieu du laboratoire.
- Si l’on utilise l’ammoniaque diluée comme absorbant, il y a piarfois des cristallisations qui viennent se loger dans la trompie en fin d’opiération (per-chlorate d’ammonium, carbonate de calcium).
- On s’en débarrasse par un lavage à l’acide chlorhydrique dilué.
- En dehors des applications toxicologiques, l’appareil a été utilisé pour le dosage dans le matériel biologique du calcium, du soufre, du phosphore total, de l’azote selon Kjeldahl.
- Ilpieut être réalisé en Fig. 2.— Emploi du flacon aspirateur. toutes dimensions, il faut noter toutefois que
- pour obtenir de bons résultats, il ne faut pias laisser un intervalle tropi grand entre le col du ballon et l’ouverture de son capuchon spihérique.
- En vente aux etablissements Neveu-Fontaine, 20, rue Gay-Lussac, Paris.
- Trompe à eau
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- PHONOGRAPHE
- Etui distributeur pour aiguilles de phonographes
- L’aiguille de phonographe pose bien des problèmes; l’un de ceux qui préoccupent le vendeur comme l’usager est celui de l’emballage; dans les emballages usuels, notamment dans les boîtes où les aiguilles sont placées en vrac, celles-ci s’émoussent plus ou moins au cours des transports et sous les chocs; de plus le prélèvement d’une aiguille dans une masse désordonnée, hérissée de pointes, est une petite opération un peu désagréable.
- M. Lorant a imaginé un système d’étui distributeur fort ingénieux qui fait disparaître ces difficultés; il est du reste, adopté actuellement par la maison Marshall, fabrique d’aiguilles bien connue.
- L’étui se présente sous la forme d’un tube en carton dont l’aspect extérieur rappelle celui des cartouches d’armes à feu.
- La capsule supérieure conique, en laiton, est percée d’un trou calibré avec précision, conformément au diamètre des aiguilles dont le tube est chargé. Une spirale en cuivre poli
- Fig. 3. — Etui distributeur d'aiguille de phonographes.
- se trouvant à l’intérieur de l’étui et dans sa partie supérieure, retient la masse d’aiguilles qui a tendance à se précipiter vers l’ouverture lorsque le tube quitte sa position de repos (horizontale ou verticale) et est basculé en avant.
- Il suffît à ce moment de frapper du doigt, légèrement, l’étui, du geste du fumeur qui fait tomber la cendre de sa cigarette : l’aiguille apparaît par son côté mousse. Il suffit de l’enlever et de s’en servir. Un petit étrier fermoir vient obstruer l’orifice quand l’étui n’est pas en service. L’étui contient 200 aiguilles. Sa forme et son encombrement réduit permettent de le placer aisément dans une poche de gilet ou à l’intérieur d’un phonographe ordinaire.
- En vente aux établissements Mandels, 80, faubourg Saint-Denis, Paris.
- MÉCANIQUE
- Un poulpe mécanique à la recherche de trésors.
- Le « poulpe » mécanique dont nous relatons les exploits est un grappin de conception nouvelle qui saisit les ferrailles,
- les gros morceaux de minerai, les pierres, le coke, voire même les immondices de tout genre — en un mot tout ce que d’autres grappins ne prennent que difficilement ou pas du tout.
- Ce « poulpe », comme on l’appelle, vient de recevoir un curieux emploi, la recherche des trésors sous-marins : La Société « Sori-ma » à Gênes, spécialisée dans le sauvetage des navires coulés, possède plusieurs de ces grappins, d’une capacité de 33 à 700 litres; elle s’en est servi lors du sauvetage de la cargaison d’or du vapeur naufragé « Egypt », dont la valeur se chiffrait par 400 à 450 millions de francs.
- Situé au fond de la mer, à 140 m de profondeur, ce navire n’était en effet guère accessible aux scaphandriers. Or, pour avoir accès au trésor, logé (pour plus de sécurité) dans le pont inférieur, il fallut d’abord enlever tous les obstacles, notamment les quatre; ponts supérieurs, -- besogne dont les « poulpes » s'acquittèrent avec beaucoup d’aisance.
- Ce n’est qu’ensuite que commença leur tâche principale et d’un nouveau genre.
- Les barres et pièces d’or mises à découvert furent retirées du navire par un petit « poulpe » spécial qui, à chaque coup de grappin, remontait jusqu’à 18 barres et 1000 pièces.
- Le travail était si bien organisé qu’il fut possible de remonter en un quart d’heure trois grappins pleins d’or.
- Un scaphandrier avait pris place dans un caisson à blindage d’acier et muni de fenêtres qui, pour observer le travail du grappin, fut descendu dans la mer.
- Ce caisson était relié par téléphone au bateau de sauvetage, ce qui permettait au scaphandrier de diriger les manœuvres du grappin.
- Constructeur : Maison Demag, à Duisburg, Allemagne.
- CYCLISME
- Le vélocino
- On propose constamment de nombreux perfectionnements et modifications à la bicyclette, mais tout en laissant subsister pour ainsi dire sa forme classique.
- \^oici une invention beaucoup plus originale, car elle modifie complètement l’allure du véhicule.
- / Le but de l’inventeur a été d’éviter que les genoux
- Fig. b.— Un « poulpe » de 700 litres employé à la démolition de l’épave sous-marine de 1’ « Egypl ».
- •b
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- Fig. 6. — Le Velocino.
- soient emprisonnés entre le tube horizontal du cadre et les poignées du guidon, spéci alemcnt dans les courbes, que la roue d’avant dans les courbes soit prisonnière entre les pieds, d’éviter les fréquentes torsions du cadre causées par les chocs reçus à l’avant.
- La roue d’avant a été rendue indé-et la rupture de la
- l'ormable par les chocs, même très forts, fourche est évitée également.
- Il ne se produira plus.de ruptures dans le cadre par fort continu sur le pédalier, qui dans la hicylette est suspendu, mais qui dans le Velocino est appuyé.
- Le poids eL la longueur de la bicyclette sont diminués. Le pédalage pour le cycliste est plus facile, bien qu’il soit assis sur une selle très basse.
- Les pédales ne peuvent heurter les tibias du cycliste lorsqu’il conduit la hicylette à la main, chose fort désagréable, et lorsqu’il roule, ses chevilles sont protégées contre les chocs. Enfin il n’est plus besoin d’enfourcher la bicyclette pour y monter ou en descendre.
- Cette invention donne au cycliste une position plus rationnelle, plus commode et plus hygiénique : elle permet de tenir le buste vertical (même à la montée et à la descente), et rend l’exercice de la bicyclette agréable et non fatigant, même pendant longtemps, sans qu’un entraînement préalable soit nécessaire.
- f-
- TRAVAUX D’AMATEURS
- Pied démontable d'appareil de photo pour travaux documentaires.
- Le pied d’appareil ordinaire de photo à trois branches ne peut être employé en toutes circonstances. La photographie des pages d’un livre, celle de documents |jfiprimés divers exige un pied, un support plutôt, de forme spéciale. Le pied ou support d’appareil dont nous donnons ci-dessous la description, et que l’on peut faire soi-même, semble appelé à rendre des services.
- La figure A nous montre ce support vu de profil et la figure B nous le montre dans l’autre sens. Il est en bois.
- On emploie ordinairement pour se documenter, dans le genre dont nous parlons plus haut, la chambre noire classique en bois, avec verre dépoli pour la parfaite mise au point.
- On la voit en 1, vissée sur la planche 2 qui aura été garnie d’une tige de fer filetée au pas ordinaire de la photo.
- Celte planche 2, munie à chacune de scs extrémités d’un
- Fig. 8. •— Détails du pied démontable d'appareil photographique, pour travaux documentaires.
- Comme on le voit sur la figure G, la roue avant est de petite dimension et le pédalier est fixé au-dessus, il commande toujours une roue arrière motrice. La selle est fixée à l’arrière au-dessus de la roue motrice, et le cycliste tient dans ses deux mains un guidon qui passe derrière lui et qui actionne naturellement la petite roue avant.
- Grâce à cette position, on évite certains inconvénients de la bicyclette ordinaire, notamment pour les obstacles, pour les rencontres : il est facile de monter et de descendre de la machine, et cette dernière étant très légère — son poids ne dépasse pas 9 kg — elle est facilement transportable à la main ; on la porte sans peine et on la loge très commodément dans une voiture.
- De longtemps, on n’avait vu nouveauté aussi révolutionnaire !
- En vente chez Cycles Vélocino, 27, rue Rempart-des-Moines, Bruxelles.
- axe métallique fixé fortement, tourne entre les montants do bois 3.
- Une plaque de fer 10 incomplètement circulaire et ajourée d’une ouverture courbe permet à 2 de tourner et, par conséquent, de diriger l’objectif en tous points depuis le haut jusqu’en bas. On fixe à l’aide du boulon 4. La plaque 10 est vissée sur 2.
- Les pièces de bois 5 fixent, toujours à l’aide de boulons, les montants 3 sur les bois à section carrée droit et gauche G. Le montant3 se termine par un fer rond 7 qui s’enfonce dans G. Deux bois également à section'carrée 9 joignent les extrémités des bois 6. Il y a, aux quatre coins de la base, des écrous 8 pour fixer et serrer sur une tige filetée et vissée dans le bois.
- C nous montre, en plan, un des quatre coins semblables de la base 9.
- Ce pied support, qui est entièrement démontable, peut se placer sur une table. Il permet de photographier en haut, en face.
- Pour la documentation mise sur la table même, il photographiera en bas.
- Les dimensions qui lui seront données dépendent évidemment de l’appareil qu’il porte et de son objectif.
- Monnier.
- Fig. 7. — Comment on monte sur le « Velocino ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la lune « rousse » (il 2892).
- M. B. de Viviès nous écrit :
- « Il est heureux de voir un savant français, M. le professeur Boutaric, donner une explication scientifique du l'ait indiscutable de la lune rousse.
- Peut-on lutter contre les gelées printanières ? Pratiquement oui, sauf dans les cas extrêmes. Des expériences d’abord modérées qui sont devenues ensuite chez moi pratique courante portant sur plusieurs ares de légumes, me permettent d’affirmer que l’emploi de phosphates basiques et de chaux en grande quantité (30-50 kg de phosphate à 15° par are) donne aux légumes comme aux céréales ou à la vigne une très grande résistance à la gelée ainsi qu’aux maladies parasitaires; cette résistance semble due à une plus grande minéralisation des tissus des plantes. Les nitrates au contraire et les engrais azotés employés en excès, donnent certes des plantes plus belles, mais aussi moins résistantes.
- La gelée d’automne (particulièrement celle des haricots) est d’un autre ordre et à mon avis n’est pas une vraie gelée. Une nuit, la température tombe-t-elle au-dessous de la température limite de végétation d’une plante (vers+ 5 pour les haricots), les parties aériennes soumises à cette température cessent de vivre, mais les racines et le collet des plantes, protégés par le sol encore chaud, continuent à apporter de la sève vivante, celle-ci fait alors éclater les parties hautes déjà mortes, comme si elles étaient gelées. Là aussi l’apport d’engrais phosphatés et de chaux donne de bons résultats et il m’est arrivé d’avoir encore des aubergines et des haricots fin novembre, un mois après les voisins ».
- Encore à propos des bambous noirs.
- M. B. de Viviès nous écrit :
- « Plusieurs lecteurs de La Nature ont signalé la floraison dans leur pays de pieds de bambous noirs; on pourrait probablement relever le même fait dans beaucoup d’autres points de la France et de l’Europe; je puis personnellement citer les endroits suivants où ces bambous ont fleuri cette année : Puget-Ville (Var), Rieux-Minervois et Azille (Aude), Laroque-de-Veyre (Tarn).
- Le fait est connu depuis longtemps et les botanistes en donnent l’explication indiquée par le Dr Nogier dans le n° du 15 décembre de La Nature : quand un pied de bambou fleurit, tous ses cousins, dérivés par rejets successifs de la même souche, fleurissent en même temps que lui, quelles que soient les conditions climatériques; mais les graines ne sont pas forcément bonnes. Tous les pieds de bambou noir ayant fleuri cette année ont beaucoup de chance de mourir cet hiver; les
- QUESTIONS
- Les pavillons exponentiels.
- Les pavillons exponentiels que nous avons indiqués récemment, sont plutôt destinés à des modèles d’amateurs. Il faut, d’ailleurs remarquer à ce propos que ces pavillons sont peu employés par suite de leur encombrement et de leur l’orme souvent peu élégante, et non pas de leurs défauts techniques. Il est certain, cependant, que leur emploi permettrait une plus grande intensité sonore à égalité de puissance du moteur électro-dynamique. D’autre part, l’effet directionnel est beaucoup moins violent, et les notes graves sont encore mieux reproduites qu’avec des haut-parleurs électro-magnétiques à diffuseur de petit diamètre.
- Malheureusement, la construction de ces pavillons exponentiels est encore relativement délicate, et le prix des liaut-parleurs électro-dynamiques à diffuseur a pu être abaissé, d’autre part, dans des proportions notables. On conçoit ainsi qu’en pratique peu d’amateurs sans-Iilistes puissent songer à adopter ces pavillons. Il est cependant possible de combiner un haut-parleur électrodynamique à diffuseur avec un système acoustique plus simple permettant d’accroître les qualités de diffusion du cône mobile du haut-parleur. Nous donnerons des détails à ce sujet dans les chroniques de Radiophonie pratique.
- amateurs feront donc bien de se renseigner par avance auprès des hor tieulteurs pour remplacer au besoin leurs bambous noirs.
- Le même fuit s’est passé (vers 1910 je crois) pour le bambou blanc (B. mitis) très répandu en Provence, et tous ceux qui fleurirent cette année-là périrent le printemps suivant. Ce phénomène fut particulièrement observé et décrit alors par M. Daveau, préparateur au Jardin botanique de Montpellier.
- Les bambous cultivés en France (et appelés maintenant Phyllo-slaehis par les savants) sont surtout le Bambou noir en question, le B. doré un peu plus petit, et le Grand Bambou qui en Provence dépasse parfois 10-15 m de haut avec une tige de la grosseur d’un verre à boire. Moins répandus sont les bambous du groupe B. Métaké (genre Arundinaria) à tiges minces mais très solides et a feuilles rappelant celles des grands roseaux ».
- A propos des OS de seiches (v. boîte aux lettres, m du 15 janvier 1933, p. 95).
- M. A. Leleux, de Mouvaux, nous signale un emploi intéressant de l’os des seiches.
- Il l’a vu, il y a quelques années, recommander par un médecin belge à une fillette atteinte de déviation de la jambe droite. On pulvérisait l’os en grattant le côté friable et la poudre était administrée à raison d’une cuiller à café par jour. C’est de la chaux iodée et assimilable. Les résultats de cette médicamentation ont été très satisfaisants. Notre correspondant ajoute qu’il utilise cette poudre pour ses enfants en bas âge et que ceux-ci n’ont aucun trouble de dentition. Une fillette de 22 mois qui n’avait aucune dent, soumise au même traitement, a eu au bout d’un mois 5 dents venues en même temps et sans douleur; depuis sa dentition s’est développée d’une façon normale.
- Il serait intéressant de recueillir d’autres observations sur ces propriétés de l’os de seiciie.
- A propos des propriétés des réseaux quadrillés
- (v. n° du 15 lévrier 1933.)
- M. A. D. de Beaumont nous écrit, à propos de l’article du professeur H. Bordier.
- « Bien des rues des grandes villes marocaines sont protégées des ardeurs du soleil par une sorte de treillis formé de lattis à claire-voie.
- Les indigènes ont instinctivement appliqué, d’ailleurs avec un empirisme qui s’éloigne beaucoup, comme rendement, de la donnée scientifique de M. Bordier, la théorie si originale et excellente de ce dernier. »
- RÉPONSES
- L’inconvénient des systèmes de ce genre réside toujours dans l’importance assez grande de leurs dimensions.
- Nous avons, d’ailleurs, transmis votre lettre, comme vous nous l’aviez demandé.
- Réponse à M. l’abbé P..., à Versailles (S.-et-O.).
- Construction de cellules au sélénium.
- Nous vous remercions de votre communication relative à la construction de cellules au sélénium, et nous la publierons dans nos chroniques de Radiophonie pratique-, elle intéressera certainement nos lecteurs.
- Ce qu’il y a de délicat dans l’établissement des cellules au sélénium c’est surtout, évidemment, le traitement thermique qu’il faut effectuer et la proportion de soufre ou de tellure qui doit être mélangé au sélénium. De ces caractéristiques dépendent, en effet, les qualités de sensibilité et surtout de plus ou moins grande inertie de la cellule. Il faut, d’ailleurs, que la couche sensible conserve longtemps ses propriétés sans variation trop grande, et sans présenter trop de fatigue électrique. Ainsi, s’il est possible d’établir rapidement, et à peu de frais relativement, des cellules d’essai donnant des résultats suffisants pour effectuer des expériences de laboratoire, il est sans doute difficile de
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- réaliser des cellules de constantes bien déterminées conservant longtemps leurs propriétés sans variations sensibles.
- Réponse à M. l’abbé W. 11..., à Church Point (Nouvelle Ecosse) Canada.
- Amélioration d’un phonographe à reproduction électrique.
- Votre appareil de reproduction phonographique électro-mécanique, tonné à l’aide d’un moteur électrique tourne-disques, sans doute à induction, bien que vous ne l’indiquiez pas, d’un pick-up électromagnétique et des étages basse fréquence d’un poste récepteur radiophonique alimenté par le secteur, actionnant un haut-parleur électrodynamique, ou même électromagnétique, peut donner de bonnes auditions, à condition de prendre les précautions nécessaires pour la liaison et le montage des différents organes.
- Le ronflement entendu dans le haut-parleur, et qui trouble les auditions phonographiques lorsque l’intensité des sons est peu considérable, peut provenir de plusieurs causes. Tout d’abord, le courant d’alimentation plaque du poste peut être mal filtré ou bien les organes d’alimentation eux-mêmes sont mal blindés, ce qui provoque des effets d’induction nuisibles. D’autre part, le courant d’excitation du haut-parleur électrodynamique (si ce dernier n’est pas alimenté par te courant plaque lui-même), peut être également mal redressé ou mal filtré. Dans ces deux cas, le ronflement persiste évidemment pour la réception des émissions radiophoniques, et non pas seulement pendant les auditions phonographiques.
- Enfin, des ronflements peuvent se produire par suite des effets d’induction produits par le pick-up électromagnétique et par ses câbles de connexion sur les étages d’amplification et le haut-parleur, ce qui peut produire même, en quelque sorte, des effets de réaction liasse fréquence.
- Comme vous l’avez remarqué vous-même, on peut obtenir une amélioration, dans ce cas, en connectant à la terre la masse du bras du pick-up et du moteur. Nous vous conseillons simplement d’intercaler sur le fil de connexion un condensateur d’un microfarad, afin d'éviter tous risques de court-circuit.
- Réponse à M. Gruet, à Sfax (Tunisie).
- Questions diverses sur la pratique radio=électrique.
- 1° Les redresseurs secs à oxyde de cuivre sont des éléments qui paraissent fort simples, et sont, en réalité, peu complexes, mais leur fabrication est cependant très délicate, et c’est pourquoi nous ne pouvons vous conseiller d’en tenter la réalisation. 11 vaut beaucoup mieux les acheter dans le commerce puisqu’ils sont établis maintenant par des fabricants très spécialisés, et leur prix de vente est, en réalité, assez réduit.
- Comme vous le savez, un élément de redressement est formé simplement par une rondelle de cuivre traitée spécialement et oxydée sur une face, montée sur une tige filetée, avec contact assuré par une rondelle de plomb de même diamètre.
- On peut très facilement connecter en série un nombre de disques quelconque suivant la tension et l’intensité que l’on veut obtenir, en assemblant plusieurs unités sur la même tige filetée, et en les séparant par des rondelles conductrices ou isolées ou par des ailettes de refroidissement. Les ensembles de refroidissement ainsi formés pourraient être facilement montés en parallèle lorsqu’on désire un courant redressé de grande intensité.
- Pour redresser les deux alternances du courant, on monte les unités groupées en série, en parallèle, ou en série parallèle, dans les quatre broches d’un pont. Pendant la première demi-période d’une alternance, le courant passe dans une moitié des unités de redressement et, dans la seconde demi-période, il passe dans l’autre moitié de cette unité de redressement.
- Votre poste à quatre lampes ne doit pas exiger pour son alimentation de plaque une intensité considérable et supérieure à une trentaine de milliampères sans doute, mais il y a intérêt à établir dès l’abord un redresseur pouvant produire un courant d’une intensité relativement considérable de l’ordre d’une cinquantaine de milliampères. L’amateur constructeur qui modifie souvent ses montages peut ainsi continuer à employer le même système dans tous les cas et sans avoir à modifier son dispositif. Il est, d’ailleurs, possible, comme vous le savez, d’établir également un redresseur produisant du courant filtré pour l’alimentation plaque d’un poste en utilisant une valve biplaque électronique.
- Vous pouvez trouver la description complète de montages de systèmes d’alimentation de ce genre dans des revues spécialisées comme La T. S. F. pour tous, ou dans des ouvrages comme le tome II des Récepteurs modernes de T. S. F. (Chiron, éditeur).
- 2° L’intérêt des lampes à écran consiste notamment à permettre l’établissement de montages à amplification haute fréquence directe comportant un étage d’amplification à liaison à résonance bien établi, et de fonctionnement régulier. Le montage à liaison à résistance que vous avez réalisé ne peut donc donner des résultats satisfaisants, étant donné surtout que vous avez choisi une résistance de plaque de valeur trop faible par rapport à la résistance interne très élevée de la lampe. Si vous aviez voulu établir un montage à liaison apériodique ou semi-apériodique, il aurait mieux valu, en tous cas, établir une liaison à impédance en employant un bobinage haute fréquence bien établi.
- Si vous désirez absolument réaliser un appareil très simplifié comportant une lampe à écran haute fréquence, nous vous conseillons plutôt d’établir un système d’accord d’antenne apériodique avec une résistance en shunt, et un système de liaison haute fréquence à résonance, de sorte que le réglage du poste se ramène à celui du circuit de liaison à résonance. Un montage de ce type a, d’ailleurs, été décrit récemment dans une chronique de Radiophonie pratique.
- Si vous désirez, au contraire, obtenir le plus de sélection et le plus de sensibilité possibles, il vaut mieux employer un montage d’accord classique en tesla ou en Bourne, et un système de liaison haute fréquence à résonance. Il faut, dans ce cas, prendre quelques précautions pour le montage de la lampe à écran. Vous pouvez, si vous le voulez, trouver des détails sur le montage d’un récepteur de ce genre dans le tome IV des Récepteurs modernes de T. S. F., par P.Iiémardinquer (Chiron, éditeur).
- Réponse à M. le Professeur Racovitza, à Cluj (Roumanie).
- Réception avec antenne de fortune.
- Nous avons bien reçu votre intéressante communication relative à des expériences effectuées avec un appareil à deux étages d’amplification haute fréquence et nous indiquerons, dans une chronique de Radiophonie pratique, les résultats que vous avez obtenus.
- Avec les postes modernes à plusieurs étages d’amplification haute fréquence ou du genre super-hétérodyne à changement de fréquence, la sensibilité est si grande qu’on peut obtenir des réceptions satisfaisantes, même d’émissions lointaines ou très faibles, avec un collecteur d’ondes plus ou moins de fortune, ou très réduit.
- On a déjà remarqué que le corps humain pouvait, dans ce cas, jouer également un rôle de collecteur d’ondes, mais les effets sont très variables, par suite de phénomènes divers de capacité, et suivant les caractéristiques électriques du sujet et suivant l’isolement du corps par rapport au sol.
- Ces faits, très amusants et très curieux, ont d’ailleurs déjà été indiqués dans La Nature, il y a quelques années.
- Les effets ne sont évidemment pas les mêmes si l’on touche à la main du fil d’antenne isolé ou du fil d’antenne nu, et aussi si plusieurs sujets se donnant la main forment une sorte de chaîne humaine originale.
- Suivant les cas, on forme ainsi, en effet, un collecteur d’ondes de fortune, dont la longueur d’onde propre varie dans de grandes proportions, et les résultats sont ainsi plus ou moins bons, même sans faire intervenir les variations d’isolement toujours sensibles.
- On peut remarquer également qu’avec ces récepteurs modernes à grande sensibilité, on obtient souvent de bonnes réceptions en connectant simplement le fil de prise de terre à la borne antenne de l’appareil. La plupart du temps l’intensité d’audition n’est pas diminuée, bien au contraire, c’est seulement la qualité qui, parfois, peut varier parce que l’influence des parasites est dans ce cas généralement beaucoup plus marquée.
- Réponse à M. le Dr H. P..., à Chateau-Thierry (Aisne).
- Comment on parfume les colles de bureau.
- Pour donner aux colles de bureau un parfum agréable, on peut employer toutes les essences d’usage courant en parfumerie, mais en ayant soin d’éviter toute exagération, ce qui rappellerait les produits de toilette.
- Les essences sont d’abord dissoutes dans l’alcool concentré, dans la proportion de 5 cm3 d’essence pour 100 cm3 d’alcool, puis on ajoute goutte à goutte cette solution à la colle, sans s’inquiéter d’un léger trouble qui se produira, mais disparaîtra ensuite par agitation.
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- Les essences qui conviennent le mieux sont celles de géranium, imitant la rose, laquelle additionnée d’une trace d’essence de girolle rappelle à son tour l’œillet, l’essence de violette naturelle qu’il est plus économique de remplacer par l’ionone ou violette artificielle, enfin les essences de citron et de lavande vraie (Lavandula vera), cette dernière ne devant pas être remplacée par l’essence de lavande commune ou huile d’aspic dont l’odeur est moins agréable. "
- D’après les praticiens, on doit éviter de se servir de vanille qui rappelle les articles de confiserie, ni de bergamote dont l’odeur est vulgaire. Quant à la nitro-benzine appelée aussi essence d’amandes amères ou essence de mirbane, elle ferait immédiatement penser aux savons bon marché, c’est pourquoi elle n’est pas à conseiller.
- Réponse à M. P.-R., à Moulins.
- P.-S. — 1° Les colles moites du commerce sont généralement constituées par :
- Dextrine............................30 grammes
- Glycérine...........................20 —
- Eau.................................50
- 2° Nous avons donné dans le n° 2889, p. 288, la composition de l’encrivore en deux flacons dont vous parlez, veuillez bien vous y reporter.
- Quelles sont les précautions à prendre pour faire à la maison un bon vinaigre de vin.
- La préparation domestique du vinaigre de vin, pour s’effectuer
- correctement, doit être conduite ainsi :
- Au fond du récipient, tonnelet par exemple, on dispose d’abord une couche de 5 à 6 cm de copeaux de hêtre, propres, que l’on arrose de bon vinaigre tiédi, c’est-à-dire porté à 30°-35°C, mais non bouilli et on place le tout dans un endroit chaud tel qu’un placard de cuisine, où il restera à demeure, sans y toucher, de manière qu’il se développe à la surface un voile léger dû à la production du ferment acétique Mijcoderma aceti qui doit par oxydation transformer l’alcool du vin en acide acétique d’après la formule
- C2H(10 + O2 = C2H402 + 1I20
- Alcool acide acétique
- Au bout d’une huitaine de jours, on peut alors introduire dans le récipient le vin à transformer en vinaigre, avec la précaution essentielle de ne pas briser le voile, pour cela on se sert d’un entonnoir à longue douille allant jusqu’au fond.
- Afin qu’il ne se produise pas en même temps une fermentation mucilaçineuse par prolifération d’un ferment parasite, le Bacterium xijlinum, on prendra soin de stériliser ce vin en le chauffant quelques minutes à 55°-60°C.
- Le vin ne sera pas introduit d’un seul coup, mais par doses progressives de 48 h. en 48 h. jusqu’à remplissage complet.
- Il ne reste plus qu à attendre quatre à cinq semaines, que l’acétification soit complète, après quoi on peut soutirer le vinaigre en laissant environ un tiers dans le récipient pour servir d’amorce à une nouvelle acétification.
- On fait alors le plein avec du vin toujours stérilisé et on continue les opérations comme il vient d’être indiqué.
- N. B. — Le vinaigre soutiré doit toujours être filtré au papier ou à la chausse, pour le débarrasser des petits vers appelés anguillules (Anguillula oxophila) qu’il contient; bien que ceux-ci soient en réalité tout à lait inoffensifs, on peut en effet éprouver quelque répugnance à les consommer, quand on en connaît la présence certaine.
- Réponse à M. Ibled, à Paris.
- Augmentons la capacité calorifique des bouillottes.
- Habituellement, on se contente de remplir d’eau chaude les bouillottes, ce qui ne permet d’emmagasiner qu’une faible quantité de calories. Au contraire, on peut dans le même récipient disposer de beaucoup plus de calories en faisant usage de solutions salines en présence d’un excès de sel.
- Lorsque l’on chauffe la bouillotte chargée de ladite solution, le sel qui était insoluble à froid absorbe de la chaleur en se dissolvant et par un phénomène inverse, au fur et à mesure du refroidissement, le sel abandonne en recristallisant la même quantité de chaleur qu’il avait absorbée.
- En résumé, on peut ainsi « loger » dans une même bouillotte la somme des chaleurs absorbées d’abord par la dissolution, puis ensuite pour élever la température jusqu’à 100° si par exemple la bouillotte avant d’être mise en service est plongée dans l’eau bouillante.
- Des essais auxquels on a procédé dans cet ordre d’idées il est résulté que l’acétate de soude convenait particulièrement à cette application, étant beaucoup plus soluble à chaud qu’à froid, absorbant au moment de sa dissolution, beaucoup de calories, enfin, n’ayant aucune action nuisible sur le métal de la bouillotte.
- Pour préparer la solution en question, il suffit de faire dissoudre 15 kg d’acétate de soude du commerce dans II litres d’eau bouillante, puis d’en remplir les bouillottes en ayant soin de ne pas remplir complètement, autrement dit de ménager « un creux » en prévision des dilatations et contractions ultérieures.
- Au moment de l’emploi, il suffit de plonger la bouillotte telle quelle dans de l’eau à l’ébullition, où on la laisse jusqu’à ce qu’elle se soit mise en équilibre de température et qu’elle ait fait la provision de la chaleur qu’elle doit transporter dans la fraîcheur des draps ou sous les pieds frileux. Réponse à M. S. A., à Poitiers.
- a Comment on rend les tissus ininflammables.
- Les tissus de nature végétale en coton, lin, chanvre, etc., présentent une grande inflammabilité qui en fait des agents de transmission rapide en cas d’incendie, c’est pourquoi il est utile, toutes les fois que cela est possible, de les ignifuger, ce qui peut être réalisé à peu de frais en les trempant dans le bain suivant dont la formule a été mise au point par Kling et Florentin du Laboratoire municipal de la Ville de
- Paris.
- Acide borique............................. 50 grammes
- Borax, borate de soude cristallisé. . GO — Eau bouillante.......................... 1000
- Après immersion de l’étoffe, laisser égoutter sans tordre, puis sécher à l’air; une toile neuve fixe environ 45 gr de sels par mètre carré; le mélange ne compromet pas la solidité de la fibre, il est sans action sur les couleurs bon teint.
- Réponse à M. Baurel, à Rochefort.
- P. S. — Le blanc gélatineux se prépare de la lagon suivante :
- 1° Pour quatre mètres carrés à couvrir, on délaie dans un demi-litre d’eau deux pains de blanc de Bougival, soit environ un kg et on laisse « infuser » du jour au lendemain.
- 2° Cela lait, on verse dans la mixture un litre de colle bouillante préparée en prenant
- Colle de lapin.................. 1000 grammes
- Eau ordinaire................... 10 litres
- Laisser de préférence le blanc gélatineux mûrir une journée avant de l’employer.
- Généralement le blanc gélatineux est teinté par addition d’un peu de noir de charbon ou d’outremer que l’on prendra soin également de faire infuser plusieurs heures avant de le mêler au badigeon, pour éviter qu’il ne se produise des « fusées ».
- Dernière recommandation importante : toujours passer au tamis avant d’en faire usage et s’en servir tiède.
- Pour préparer une colle de pâte de bonne conser= vation.
- Faire une solution de 5 gr d’alun dans 200 cm3 d’eau tiède, laisser refroidir, puis se servir de ce liquide froid, pour délayer progressivement une quantité suffisante de farine, suivant la consistance que l’on veut donner à la colle.
- Additionner d’une pincée de résine en poudre-et de quatre clous de girofle, porter à l’ébullition en remuant pour éviter la formation de grumeaux et mettre en pots.
- N. B. —Les propriétés antiseptiques sont dues à l’Eugénol, phénol qui constitue le principe odorant de l’essence de girofle; il a pour formule Cl0HuOH, par oxydation il donne la vanilline artificielle.
- De tout un peu.
- IVl. le Dr Bourzac, à Marseille. •— 1° Nous avons traité la question cadrans de montres lumineux dans le n° 2872, page 47 et celle de la préparation du sulfure de zinc phosphorescent dans le n° 2875, page 190, veuillez bien vous y reporter.
- . 2° Les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir les tubes au néon que vous désirez : Compagnie des Tubes luminescents C.T.L., 35, rue Beaubourg (3e); Janvier, 25, boulevard Voltaire (11e); Société Standard, 25, rue Marbœuf (8e); Compagnie d’applications électro-luminescentes, Capello, 13 bis, rue de l’Industrie à Courbevoie (Seine); Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne; Etablissements B. J. 10, rue Bichat (10e).
- Le Gérant : G. Masson.
- 3721. — Paris, lmp. Lahure — 15-3-1933.
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- N° 2902
- LA NATURE
- JM Avril J 933.
- SSAI DE MORPHOGENIE
- De tout temps, des morphologistes tels que Haeckel, Thompson, Plateau, W. Roux, Tomlinson,* Anthony, Rhumbler, Monod-IIerzen et bien d’autres essayaient d’expliquer les innombrables formes de la nature par des lois physiques, et de comprendre ainsi leur naissance. Nous allons essayer de synthétiser tous ces efforts et apporter, de cette façon, une certaine hase à la morphogénie physique.
- 11 convient, tout d’abord, de souligner qu’il existe dans la nature un grand nombre d’êtres vivants dont les formes sont, géométriquement, très simples; ainsi, parmi les êtres unicellulaires tels que les radiolaires, on trouve
- vitesses differentes (Bouasse), les vibrations acoustiques (Chladny, Trehin), l’évaporation lente ou le chauffage mitigé (Bénard), le mélange de deux phases (tourbillons de fumée de Lord Kelvin), la cristallisation (Dauzère), la formation des gouttes tombantes ou celle des jets liquides (Tomlinson, Thomson, Oberbeck), les effluves électriques (De lieen, Lafay), et autres (lig. 4 à 9).
- Il est facile de trouver des équivalents de ces formes dans la nature, ainsi que l’on peut le voir d’après quelques exemples que nous donnons ci-dessous (fig. 10 à
- 14).
- Par ailleurs, l’analyse géométrique des formes tour-
- Fig. 1. et 2. — Formes géométriques. A gauche, spiculés d’éponges, d’après Schmidt; à droite, un radiolaire, d’après Haeckel.
- Fig. 3.
- Comparaison des formes de la carapace de divers crustacés, d’après Thompson.
- des formes en pentaèdres, octaèdres, dodécaèdres, etc. (lig. 1 et 2), bien étudiées par Haeckel.
- Mais, dans l’immense majorité des cas, les formes de la nature sont plus complexes. Parfois, néanmoins, on parvient, par une analyse géométrique, à retrouver les lignes et les formes simples, notamment lorsque ces formes complexes résultent de transformation ou de révolution des formes simples. Les exemples donnés par Thompson, concernant les formes des divers crabes ou les crânes de mammifères sont particulièrement instructifs : ils démontrent que l’on parvient à obtenir ces formes diverses simplement en traçant une forme fondamentale sur des échelles ou des plans variés (fig. 3).
- Dans d’autres cas, les formes de la nature reflètent celles qui sont engendrées par le mouvement tricinétique, dit, tourbillonnaire.
- Ce mouvement tourbillonnaire, dont l’exemple le plus frappant est celui de la trombe marine, naît au cours de divers phénomènes physiques, tels que l’écoulement d’une veine liquide à travers un orifice étroit (Savart), le contact de deux veines liquides se mouvant avec des
- billonnaires permet de démontrer que ces formes peuvent varier pour ainsi dire à l’infini lorsqu’on cherche à obtenir leurs harmoniques et leurs lignes d’enveloppe. Cette analyse a été faite par Righi, Dechevrens et, récemment, par Lartigue (fig. 15 et 16). Il est facile de voir combien certaines formes de la nature, telles qu’on les voit dans les fleurs et dans les feuilles, se retrouvent dans toute leur netteteté.
- Il semble donc que, à l’heure actuelle, dans de nombreux cas les formes de la nature puissent être ramenées à des formes géométriques simples.
- Ces formes simples, à quoi sont-elles attribuables ?
- Certaines formes naturelles matérialisent les lois de la mécanique : ce sont, en particulier, les formes géodé-siques. On sait que les lignes géodésiques, faisant partie des lignes de courbure, représentent le minimum d’effort ou de distance à parcourir, ou bien les forces de tension, de flexion, etc. (fig. 17). Les travaux d’Anthony sur la contraction des muscles, de Schaeffer sur celle des fibrilles contractiles des Vorticelles, de Schwendener sur la structure des os des mammifères (fig. 18 et 19), démontrent
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- Fig. 4 à 9. — Quelques formes physiques.
- De gauche à droite : 4. Tourbillons acoustiques, d’après Walter Hughes. — 5. Tourbillons de solidification, d’après Bénard. — 6. Tourbillons de cristallisation, d’après Dauzère. — 7. Tourbillons de gouttes tombantes, d’après Tomlinson. — 8. Tourbillon de jet d’eau, d’après
- Czermak. — 9. Tourbillons d’effluves électriques, d’après Lafay.
- que ces structures reflètent l’existence de lignes géodé-siques parfaites. Tout se passe comme si la structure durable ou occasionnelle des matériaux en question était due à l’accumulation des substances, selon le parcours de ces lignes de courbure, de ces lignes du moindre effort.
- Dans d’autres cas on peut ramener les formes naturelles à l’action de forces physiques simples. Nous allons passer en revue plusieurs phénomènes physiques qui engendrent des formes variées que nous retrouverons facilement dans la nature.
- En étudiant les lois (Véquilibre des liquides, Plateau a dégagé plusieurs surfaces d’équilibres (surfaces minima) qui font songer aux formes naturelles; ce sont les surfaces onduloïdes, caténoïdes, nodoïdes et spiralées. Donnons l’exemple de surfaces onduloïdes (fig. 20 et 21).
- De nombreuses formes naturelles font penser aux champs des forces physiques. L’existence de ces champs de forces a été relevée par de nombreux auteurs, nous passerons rapidement en revue les principaux résultats obtenus.
- Les champs de forces de cristallisation se reflètent dans la formation des cristaux de neige (fig. 22). La forme fondamentale de ces cristaux est un tétraèdre ou hexaèdre, mais cette forme fondamentale varie, dans
- ses détails, à l’infini; il est permis de supposer que ces variations de la forme principale, soient dues à la présence de diverses impuretés dans l’atmosphère, au moment de la formation de ces cristaux. Cette supposition est basée sur les travaux de Leduc, et ceux, plus récents, de Dauzère : la présence d’impuretés modifie automatiquement la forme des cristaux d’une substance, surtout si cette impureté est en dispersion colloïdale; elles se transforment alois, pour n’importe quelle substance, en arborescences plus ou moins fines (fig. 23 et 24), dont on trouve des analogies dans la nature (fig. 25 et 26).
- Des champs de forces de précipitation, faciles à mettre en évidence; lorsque ces précipitations se font en milieu colloïdal, elles prennent également des formes arborescentes.
- M. Fischer a étudié les champs de forces de gonflement et de synérèse (fig. 27 et 28) ; les formes observées présentent des analogies avec la structure du tissu pulmonaire avec celle des perles (fig. 29) et avec d’autres formes périodiques sui lesquelles nous avons attiré l’attention dans cette même revue, il y a quelques années (1).
- 1. W. Kopaczewski, La Nature, n° 2792, 1er septembre 1928, et Traité de Biocolloïdologie, tome III, fascicule 3, Paris 1933, Gauthier-Villars, éditeurs.
- Fig. 10 à 14. — Quelques formes physiques et leurs analogies biologiques.
- De gauche à droite : 10. Structure du caoutchouc non vulcanisé. — 11. Spodogramme de Tradescantia, d’après Tschopp. — 12. Une méduse, Periphylla dodecabostrycha, d’après Maas. — 13. Une autre méduse, Orylhia viridis (Cuvier). — 14. Tourbillons de diffusion, d’après Leduc.
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- Les précipitations des métaux, formées au cours de V électrolyse, rappellent, une fois de plus, les formes arborescentes que nous avons vues au cours des précipitations diverses en milieu colloïdal (fig. 30 et 31). Les mêmes formes s’observent au cours du phénomène de A.-C. Becquerel.
- Les champs de forces magnétiques, étudiées par von Lommel (fig. 32 et 33), trouvent leur équivalent dans la structure des troncs d’arbres, relevée par Stanoiewitch (fig. 34 et 35). Les champs de forces électriques peuvent être constatés au cours des décharges, bien étudiées par Leduc, Trouvelot, Lee de Forest et autres (fig. 36 à 38) ; cette fois-ci encore, on trouve des formes identiques dans la nature; sans parler des silhouettes d’arbres divers, soulignons l’analogie frappante avec des formes de champignons parasites (fig. 40 et 41).
- Tel est l’ensemble des faits que nous avons rapidement esquissés, en renvoyant les lecteurs pour d’autres détails à une monographie spéciale (*).
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- vement qu’elle engendre donne lieu à des formes spéciales, variables selon la direction et le nombre de ces directions : translation, rotation et pulsation; dans ce cas les formes fondamentales d’équilibre sous l’impulsion extérieure se transforment en formes de mouvement. Toute force physique agissant sur un système matériel en repos est capable de modifier sa distribution primitive. Selon la durée de cette action cette modification sera courte ou durable.
- La forme statique engendre alors sous l’influence des forces physiques une forme dynamique. Comme il n’y a pas dans le monde matériel d’équilibre parfait, toute forme est essentiellement variable.
- Dans la nature également. Nous rappelons, pour mémoire, aux lecteurs curieux de connaître de nombreux exemples de variations constantes des formes des êtres vivants, les travaux de Darwin et de ses successeurs. Citons quelques exemples tirés de l’ouvrage de Houssay, concernant l’action des agents physiques divers sur la
- Nous avons essayé de montrer que l’on peut ramener la multitude des formes observées dans le monde organisé à une série de formes fondamentales. Ces formes définies simples, rares dans la nature, mais ayant servi jadis de base aux fondateurs de la géométrie, engendrent, sous V influence des facteurs extérieurs, du mouvement en particulier, toute une série de formes nouvelles dont la combinaison mutuelle donne lieu à la complexité apparente des édifices naturels.
- Si une force agit pendant un certain temps et disparaît ensuite, on constate la naissance de formes nouvelles, aboutissant à un stade d’équilibre; alors l’analyse mathématique démontre qu’elles représentent le stade de stabilité, la surface minima, le chemin le plus court, la position la plus stable par rapport aux forces de la pesanteur, etc.
- Si la force agit pendant un temps prolongé, le mou-
- 1. W. Kopaczewski. Traité de Biocolloïdologie, Tome IV, fascicule 1. Paris 1933. Gauthier-Villars, éditeur.
- variation des formes des êtres organisés ou des organes particuliers. Nous avons surtout en vue l’action rapide et démonstrative.
- Ainsi, sous l’influence de la lumière, de nombreuses espèces qui vivent à la fois à la lumière et à l’obscurité (Arachnides, Insectes, Crustacés, etc.), montrent un développement de certains organes, des antennes par exemple, qui sont destinées à remplacer la vision par le sens tactile. Les expériences de Loeb ont démontré que la lumière possède une action immédiate sur la vitalité de certains organismes. Ainsi, chez un Hydraire, Euden-drium racemosum, l’obscurité arrête tout bourgeonnement des polypes; chose remarquable, certaines radiations sont très actives à ce point de vue. Schroeder a démontré l’action de la lumière sur la pigmentation des diverses chenilles.
- L’action de la chaleur est non moins évidente. Déjà en 1820 Edwards a démontré la nécessité de régler convenablement la température si l’on veut conserver
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- les grenouilles vivantes. Ces résultats ont été confirmés ensuite, par Schultze entre autres. L’action des variations de la température sur les papillons a été étudiée tout particulièrement par E. Fischer.
- La pesanteur exerce une action indéniable sur la forme des animaux. On a souligné que la taille des animaux marins est toujours plus grande que celle des animaux d’eaux douces : la densité permettant ainsi un développement plus libre. Houssay a démontré cette action sur les œufs à1 Axolotl : elle se traduit par une anisotropie de l’œuf.
- D’une manière générale, toute action physique provoque la modification des formes organiques; citons encore, parmi les facteurs étudiés, quoique sommairement, la dessiccation et la dureté de surfaces solides soumises à un champ magnétique ou électrique, les actions chimiques, etc.
- Comment agissent les forces physiques ?
- Nous avons vu que toute force physique se manifeste par la propagation d’un champ de forces.
- En étudiant la diffusion, la décharge électrique ou la cristallisation, il est assez facile de mettre en évidence l’existence de ces champs de forces : c’est toujours une propagation centrifuge,
- — c’est un aster artificiel.
- Mais, dans certaines conditions, lorsque les lignes de forces ne peuvent pas se propager avec liberté entière, elles subissent des modifications : la première propagation centrifuge est déviée, puis divisée, et ainsi de suite, nous assistons à des effluves ramifiées, arborescentes, caractéristiques pour les décharges électriques par exemple. Les mêmes formes s’observent au cours de la cristallisation ou de la diffusion : à la propagation libre en formes centrifuges succèdent, au moindre empêchement (présence des corps étrangers dans la cristallisation, augmentation de la viscosité dans la diffusion, etc.), la production soit de formes arborescentes atypiques, soit d’une structure’ cellulaire ou granulaire, soit, enfin, la solidification complètement amorphe. Les travaux de Leduc et de Dauzère sont très intéressants à cc point de vue.
- Le rôle de ces facteurs inhibiteurs se retrouve dans n’importe quel phénomène physique. Ainsi, les vibrations acoustiques, selon la nature du milieu, selon ses propriétés physiques, sa viscosité en particulier, engendrent des formes variées (figures de Chladny).
- 11 est donc probable que le champ engendré par une force physique élémentaire (telle que la diffusion, la pesanteur, la cristallisation, les vibrations sonores, lumineuses, électriques ou magnétiques, etc.), est toujours le même; il subit des modifications par suite de l’intervention d’une autre force physique, en se combinant avec le nouveau champ des forces.
- 11 faut donc admettre qu’à cette analogie des formes des champs, doit correspondre l’analogie des causes.
- 11 semble, à l’heure actuelle, qu’effectiveinent, toute force physique élémentaire engendre un mouvement caractéristique, dans trois directions. C’est un mouve-. ment tricinétique ou tourbillonnaire.
- Le mouvement tourbillonnaire produit, en effet, des formes dont les analogies avec celles de champs des forces sont indiscutables; grâce à ce mouvement tourbillonnaire, les particules matérielles se fixent sur les lignes de forces physiques mises en jeu, et dans les cas où l’on arrive à extérioriser ces lignes de forces, on obtient les figures cellulaires, arborescentes, granulaires, etc., que l’on a vues dans les cas d’extériorisation des champs de forces physiques diverses. Dès lors, faut-il en conclure que l’intervention de n’importe quelle force physique s’explique uniquement par la naissance d’un flux tourbillonnaire ?
- Depuis longtemps déjà les philosophes n’ont point manqué de répondre à cette question par l’affirmative. A cette conception est arrivé en 1664 Descartes dans son « Principes de Philosophie », puis Malebranche
- Lord Kelvin, Tomlinson, Marco, Weyher, Parenty et, récemment Lartigue. Citons pour terminer quelques opinions de physicochimistes qui se sont occupés des problèmes de morphogénie. M. Fischer, après avoir observé ces analogies des formes au cours du gonflement des colloïdes, dit que « la ressemblance de ces structures avec certaines images histologiques est tellement évidente qu’il est impossible de n’en point tirer la conclusion que dans les deux cas, les forces agissantes sont les mêmes ».
- Au cours de ses expériences sur l’écoulement des hydrosols gélifiables, E. Hatschek a obtenu des formes rappelant à s’y méprendre celles des méduses ; frappé par ces analogies des formes, l’auteur dit que « les analogies entre les gels expérimentalement employés et les gels complexes qui entrent dans la composition des organismes ou de leurs organes, sont si grandes qu’elles nous conduisent à la possibilité d’envisager les variations des formes du milieu environnant comme provoquées par des modifications parfois faibles de la composition (concentration saline de l’organisme ou de la température).
- Dans le camp des biologistes, il convient de citer les travaux de Houssay et notamment son ouvrage « La Forme et la Vie » paru en 1900 où l’auteur trace, d’une manière systématique et bien ordonnée, les premières étapes de la morphologie et de la biologie physique. Dans des termes mesurés s’explique également Leduc : « Beaucoup, même parmi les savants, conçoivent la biologie synthétique comme la fabrication d’êtres vivants analogues aux êtres vivants actuels, en ayant tous les
- Fig. 11 à 19. — Quelques formes géodésiques.
- De gauche à droite : Lignes d’enveloppe d’une poutre fixée, d’après Schwendener. — Vorticelle en extension, d’après Schaeffer. — Lignes de courbure de la tête du fémur, d’après Schwendener.
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- En haut, de gauche à droite :
- 20 Surfaces d’équilibre de liquide, d’après Plateau.
- 21 Ascilla gracilis, d’après Haeckel.
- 22 Quelques formes de cristaux de neige, d’après Benthley.
- 23 et 24 Deux cristallisations en milieu colloïdal, d’après Leduc. 25 et 26 Deux agates naturelles, d’après Monod-Herzen.
- 27 Dispersion de savon, d’après M. Fischer.
- 28 Synérèse d’albumine, d’après M. v. Millier.
- 29 Structure d’une perle, d’après Raphaël Dubois.
- 30 et 31 Dépôts électrolytiques d’argent, d’après Stéphane Leduc. 32 et 33 Photographie et schéma d’un champ magnétique, d’après
- von Lommel.
- 34 et 35. Aspect et schéma du champ de forces d’un tronc d’arbre, d’après Stanoïewitch.
- 36 et 37. Décharges électriques, d’après Stéphane Leduc.
- 38 et 39. Décharges électriques, d’après Lee de Forest.
- 40 et 41. Deux cultures de teignes, d’après Sabouraud.
- A gauche, Trichophyton du chat.
- A droite, Microsporum audouini.
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- attributs, toutes les qualités. Cette conception est enfantine, contraire à la pensée scientifique qui nous révèle que toute œuvre est progressive, évolutive, et que le temps est un facteur indispensable à tout phénomène; elle est contraire aux révélations des sciences naturelles qui nous présentent les êtres vivants actuels comme le résultat de transformations lentes et successives, poursuivies dans des conditions constamment variées, pendant des temps d’une durée presque incommensurable ». On a opposé aux analogies que nous venons d’étudier, l’argument courant : « comparaison n’est pas raison », il ne faut pas « forcer les analogies », etc.
- Leduc répond à cela d’une manière pleine de bon sens :
- « Mais, forcer les différences conduit également à l’erreur. Différencier les êtres vivants par la nutrition, définie, par l’absorption du milieu, la transformation chimique, la fixation de la substance absorbée et le rejet dans le milieu de substances qualifiées déchets, c’est, prétendre les différencier par des caractères qui appartiennent à toutes les réactions chimiques »...
- En l’état actuel de nos connaissances que nous avons cherché à résumer d’une manière aussi simple que possible, et en nous contentant d’exposer uniquement les faits dûment établis, il semble que la multitude des formes de la nature soit produite par l’intervention de
- forces physiques variées. On peut les ramener aux actions et surtout aux interactions de diffusion, de passage d’un état de la matière à l’autre (solidification, liquéfaction, gazéification, la cristallisation étant une forme particulière de la solidification) d’électrisation, de magnétisation, de gravitation, etc.
- L’intervention de ces forces se traduit-elle toujours par la production d’un flux, d’un mouvement ? Ce mouvement est-il toujours un mouvement tourbillonnaire ? Il est impossible, sans être philosophe, de donner une réponse même partielle.
- Mais, rapprocher la morphogénie de la physique, des forces fondamentales de la nature, identifier ces forces, isoler, parfois, leur action prépondérante, c’est un pas de géant fait dans la recherche des mécanismes qui produisent les formes naturelles.
- La nature de ces forces physiques fondamentales reste inconnue, dira-t-on ? D’accord. Mais, si leur essence est mystérieuse, même pour les physiciens, leurs applications sont de plus en plus importantes et étendues. Souhaitons que la biologie, en admettant leur intervention dans la production de formes naturelles, y trouve, elle aussi, les éléments de nouveaux progrès dans un domaine encore trop peu exploré.
- DrW. Kopaczewski.
- LE FUTUR NAVIRE DE LIGNE FRANÇAIS
- “ DUNKERQUE ”
- Fig. 1. — Aspect du cuirassé allemand « Deutschland ». (D’après Les Flottes de combat du Ct Vincent Bréchignac).
- Lorsqu’il s’est agi de fixer, au traité de Versailles, les limites qui seraient imposées à l’appareil naval militaire de l’Allemagne, les experts appelés à en discuter estimèrent, et ils étaient vraiment autorisés à le penser, qu’en limitant à 10 000 tonnes le tonnage maximum de ses futurs cuirassés, on lui permettrait de reconstituer simplement un noyau de flotte susceptible de défendre son littoral ou de maintenir une certaine suprématie dans la Baltique.
- Le type de bâtiment répondant à cette définition paraissait être une sorte de monitor suffisamment cui-
- rassé et armé, convenant à la navigation dans la mer baignant les côtes qu’il pourrait y avoir lieu de protéger et susceptible de se ravitailler aisément dans ses bases naturelles, toujours peu éloignées. Il était difficile de concevoir qu’une coque de 10 000 t pût en même temps être protégée sur ses flancs par une cuirasse foi te, c’est-à-dire lourde, porter une artillerie puissante, donc pesante, être mue par une machinerie capable de la pousser à très grande vitesse, et posséder en outre un important rayon d’action, toutes qualités militaires qui correspondent à beaucoup de place et de poids disponibles (-1).
- Or, c’est sous un tout autre aspect que se présente le cuirassé « Deutschland » que l’Allemagne vient d’achever et qui va incessamment commencer ses essais.
- Appliquant, en effet, à l’étude du problème qui leur était posé leurs aptitudes indéniables a tirer parti des progrès scientifiques et leur ingéniosité à les traduire dans la pratique, les spécialistes allemands chargés d’établir les plans du nouveau cuirassé ont réussi, sans dépasser les limites imposées, à en faire un fort redoutable instrument de combat.
- Ils ont, paraît-il, employé pour la coque un métal
- 1. C’est en ces termes que nous annoncions dans La Nature du 15 mars 1929 la prochaine mise en chantiers, à Kiel, du premier cuirassé allemand de remplacement.
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- Fig. 2. — Schémas du cuirassé allemand « Deulschland ». (D’après les Flottes de combat du Ct Vincent-Bréchignac).
- nouveau, très léger et très résistant qui procure une considérable économie de poids. A cette économie s’ajoute encore celle fournie par le procédé de la soudure autogène des plaques de tôle, remplaçant le rivetage. Enfin ils ont réalisé, dit-on encore, pour la machinerie un nouveau type de moteur Diesel, capable de développer, en deux groupes, une puissance de 50 000 ch, permettant d’atteindre la vitesse de 26 nœuds. Et ce Diesel perfectionné, ne pèse, nu, que 8 kg par cheval; avec toute la machinerie, tuyautage auxiliaire compris, le poids est seulement de 22 kg par cheval, alors qu’ailleurs on arrive généralement à 35 ou 40 kg.
- Par l’emploi de tous ces moyens, on réalisait donc une impressionnante économie de poids qui allait permettre de placer à bord de ce navire inattendu une puissante artillerie et une provision de combustible constituant à la vitesse de 20 nœuds un rayon d’action de 10000 milles (18520 km), soit près de 3 fois la distance Havre-New-York, et sans doute bien davantage, à une vitesse de croisière de 15 nœuds.
- L’armement est formidable pour un si faible déplacement. Il comprend : 6 canons de 280 mm, d’un modèle perfectionné, lançant à 27 000 m un projectile de 300 kg, 8 pièces de 150 mm, et plus 6 tubes lance-torpilles.
- Les flancs sont cuirassés à 127 mm seulement, les ponts à 38 et 102 mm; c’est là le point faible de la nouvelle unité allemande. La défense contre les mines et les torpilles est assurée par un compartimentage serré et un fort système de cloisons spéciales.
- On estime que le navire, avec ses 375 livres sterling à la tonne, est le plus coûteux qui ait jamais été construit (1).
- Il résulte de tout ceci que le « Deutschland » est un bâtiment très armé, pas très protégé, très rapide, et capable de courir les mers très longtemps. Or la première unité de ce type étant près d’entrer en service, la seconde sera prochainement lancée, la 3° a été commencée en octobre 1932, et la 4e le sera au cours de l’année financière 1933-1934. Les 5e et 6e, autorisées par le traité de Versailles suivront, sans doute aucun, à leur tour.
- Chacun de ces bâtiments est donc, à lui seul, supérieur, à tous les navires cuirassés ou autres actuellement à flot, exception faite pour les seuls deux croiseurs de bataille anglais Nelson et Rodney.
- Une escadre de Deutschland, comme celle qui se prépare, et même une seule unité de ce type, ne trouverait donc actuellement devant elle aucun navire en état de lui résister, sauf, je le répète, les Nelson et Rodney, dont la vitesse est seulement de 23 n., et à qui le cuirassé allemand échappe rait donc aisément. La mer appartien-
- 1. Les flottes de combat de 1933. Cl Vin-c ent-B ré chignac.
- drait donc, sans contestation possible, à ces redoutables nouveaux venus, conçus dans une évidente pensée de guerre au commerce ennemi. On n’a pas oublié, que dans les premiers mois de 1918, la chasse aux navires de commerce par les sous-marins allemands obtint des succès tels que, s’il n’avait pu y être apporté promptement un remède radical (par la destruction intensifiée des sous-marins eux-mêmes) la situation des alliés, privés du ravitaillement indispensable, serait rapidement devenue très critique. Or, dans ce genre de guerre que les sous-marins ne pourront plus faire, puisque ce type a été rayé par le Traité de Versailles des rangs de la flotte germanique, les navires du type « Deutschland » sont tout prêts à les suppléer.
- On conçoit que la France ne pouvait rester impassible devant un danger aussi manifeste. Mais dans son désir de ne pas voir se rouvrir la course aux armements, elle a longtemps, trop longtemps peut-être, hésité à dresser sa parade au coup droit germanique. Elle s’y est cependant décidée, et la ténacité de M. Georges Levgues, Ministre de la Marine, a obtenu du Parlement la mise en chantier, le 26 décembre 1932, d’un bâtiment de ligne, (en attendant les autres), dont le plan avait été mûrement et longuement étudié par le Conseil supérieur de la Marine et le Comité technique des constructions navales, et dont voici les données principales.
- Le déplacement du « Dunkerque », c’est son nom, a été, après quelques hésitations fixé à 26 500 t. Il excède ainsi, de plus du double, le tonnage du cuirassé allemand, et
- Fig. 3. — Le Dunkerque, vu en plan.
- quadruples de canons de 330 mm. D. Tour militaire. C. Cheminée.
- E. Catapulte. F. Tourelles d’artillerie secondaire.
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- on estime que par là, comme aussi par ses autres indices de puissance, le navire français pourra sans crainte, tenir tête à deux de ses adversaires éventuels.
- L’artillerie principale des « Dunkerque » comprendra 8 canons de 303 mm largement supérieurs aux 0 pièces de 280 mm du « Deutschland », si perfectionnées soient-elles. On a repris pour leur disposition le projet de tourelle à 4 canons, étudié et mis au point en 1914 pour les cuirassés du type Normandie, dont la construction a ensuite été arrêtée. Il y aura donc à bord des « Dunkerque », pour la première fois dans la marine française, deux tourelles seulement renfermant chacune 4 canons de 303 mm., Une autre innovation consiste dans remplacement choisi pour ces tourelles.
- Au lieu de les placer une à l’avant, l’autre à l’arrière suivant la tradition et comme l’ont fait les Allemands sur leur « Deutschland », on a suivi l’exemple donné par l’Amirauté anglaise à bord de ses croiseurs de bataille. Nelson et Rodney et les deux tourelles quadruples du Jhmkerque seront situées sur la plage avant, la seconde plus élevée que la première et pouvant tirer par dessus celle -ci ; on obtient ainsi une formidable concentration du feu de l’artillerie principale pour tout combat se développant en chasse et jusqu’à 30 ou 40 degrés de l’arrière du travers.
- Mais, par contre, aucune des grosses pièces ne peut tirer en retraite. L’idée qui a présidé à l’établissement du plan d’armement de ces navires est, en effet, qu’ils auront à combattre en poursuivant l’ennemi qu’ils domineront parle volume de leur feu et parla vitesse. On n’a donc pas envisagé qu’ils auraient à soutenir la lutte par l’arrière, autrement que contre des petits bâtiments, torpilleurs ou contre-torpilleurs, pour laquelle, leur très puissant armement en artillerie secondaire, sera plus que suffisant.
- Celle-ci, en effet, ne comptera pas moins de 16 canons
- d’un calibre avoisinant 140 mm, disposés 12 en 3 tourelles quadruples placées sur l’arrière du fort central, comme l’indique le croquis ci-joint, et 4 en deux tourelles doubles sur les flancs.
- En plus, pour se défendre contre les entreprises des avions, le « Dunkerque » disposera d’une quarantaine de petits canons spéciaux et mitrailleuses. Il portera encore 2 hydravions, du modèle de ceux qui ont fait leurs preuves à bord de nos croiseurs modernes, et qui seront utilisés pour les reconnaissances et pour le réglage du tir des canons. Ces engins aériens seront lancés par une catapulte placée sur la plage arrière, et repris à la mer au moyen d’une grue.
- La protection de notre nouveau navire de ligne comprendra un épais cuirassement des lianes et de la flottaison, comme aussi des ponts horizontaux, contre les projectiles de l’artillerie et les bombes d’avions. De plus un système tout nouveau de cloisonnement intérieur le mettra à l’abri des dégâts des torpilles et urines.
- L’appareil propulseur sera, non point comme sur les Deutschland, du système Diesel, mais du système à va|)eur avec chauffe au mazout. La vitesse qu’il fournira est estimée à 30 nœuds environ, supérieure par conséquent de 2 nœuds à celle de son adversaire éventuel.
- Une tour militaire sera placée en guise de mât, sur l'arrière de la seconde tourelle de 330 mm (D fig. 3). Elle portera la passerelle de navigation, les blockhaus de combat, les postes de direction de tir, et généralement tous les appareils de commande des organes offensifs et de sécurité du navire.
- Tel est, dans ses grandes lignes, le navire que nous pousse à construire la nécessité de ne pas laisser notre flotte désarmée devant la menaçante machine de guerre allemande. Il n’est pas douteux qu’il répondra largement aux espérances qui accompagnent sa mise en chantier. (A Sauvaire-Jourdan.
- LES GAZ COMBUSTIBLES LIQUÉFIABLES
- PROPANE ET BUTANE
- Malgré la concurrence acharnée que lui fait en ce moment l’électricité, le gaz de houille est toujours, parmi les découvertes du siècle dernier, l’une des plus couramment utilisées et des plus profondément entrées dans les mœurs. Entamé dans le domaine de l’éclairage, sa supéiâorité, dans celui du chauffage, paraît inattaquable, car les prix actuels du kilowattheure ne permettent l’utilisation du chauffage électrique que dans des cas tout à fait spéciaux.
- Malheureusement, jusqu’ici, le développement de l’emploi du gaz se trouvait arrêté par une grosse difficulté : c’était la question du transport. Quand nous disons que le gaz est entré dans les mœurs, il faudrait ajouter : « pour les habitants des villes », car les habitants des campagnes sont privés du bénéfice de cette découverte, et il ne paraissait pas, jusqu’ici, qu’ils pussent jamais en profiter.
- C’est qu’une usine à gaz, avec ses cornues de distillation, ses scrubhers, ses gazomètres et ses canalisations, exige une
- immobilisation de capitaux considérable qui ne saurait être amortie si l’on ne peut la répartir sur un grand nombre d’abonnés.
- Pratiquement, le chiffre de 7 à 8000 habitants constitue à peu près la limite minima au-dessous de laquelle l’exploitation d’une usine à gaz, dans une localité, cesse d’être rémunératrice, à moins de conditions exceptionnelles.
- Toute la population des petites villes et toute celle des campagnes est donc privée du gaz, et, malgré tous les efforts effectués, on n’a jamais trouvé, depuis un siècle, à cette situation, de remède pratique et économique.
- Sans doute, cette population n’en est plus réduite aujourd’hui aux antiques cheminées à bois et aux réchauds à charbon de bois. On a créé des réchauds fonctionnant aux vapeurs d’essence, ou de pétrole, ou d’alcool. Mais ces appareils, quoique constituant un énorme progrès, ne donnent tout de même pas autant de commodité que les installations au gaz
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- dans lesquelles il suffît de tourner un robinet pour obtenir immédiatement une flamme propre, chaude et facile à régler.
- On avait pensé, à une certaine époque, trouver la solution du problème par l’emploi de l’acétylène. Il suffisait, en effet, de transporter une matière solide, facile à manipuler, le carbure de calcium, pour obtenir, par la simple action de l’eau, un gaz d’un haut pouvoir calorifique. Malheureusement, le prix du carbure de calcium est élevé, et, malgré tous les efforts effectués, il n’a pu être abaissé suffisamment pour que son emploi puisse se généraliser. C’est que sa fabrication exige la décomposition de la chaux entre ses éléments : calcium et oxygène, et l’on conçoit combien ce processus exige plus d’énergie que l’opération consistant à faire dégager de la bouille, par un simple chauffage, les produits gazeux qu’elle contient.
- Quant à transporter le gaz de ville en le comprimant, on a cherché à le faire, mais on a vite été arrêté par l’énormité des pressions nécessaires. Il faudrait une pression de 1000 kg par cm2 pour qu’un litre de gaz comprimé puisse dégager 1 m3 de gaz d’éclairage.
- Dans ces toutes dernières années, une solution nouvelle de cette question a été trouvée à l’étranger, dans les pays producteurs de pétrole, tels que les Etats-Unis et la Pologne.
- On sait que, dans les régions pétrolifères, il existe des puits qui dégagent des quantités considérables de gaz naturels.
- Ces gaz naturels ont pour élément essentiel le corps même qui constitue l’élément principal du gaz de ville : le méthane. Ils sont donc susceptibles des mêmes emplois que le gaz de ville. Aussi, depuis longtemps, on a compris l’intérêt qu’il y avait à les capter et à les distribuer dans les villes voisines où ils se substituent avantageusement non seulement au gaz de houille, mais également à tous les autres combustibles. En particulier, dans le voisinage des puits de gaz naturels, de nombreuses usines, de nombreuses centrales électriques sont chauffées au gaz naturel.
- Mais le méthane n’est pas le constituant unique des gaz naturels. On s’est aperçu bientôt que, dans les canalisations, il se produisait des condensations d’un liquide léger et facilement inflammable : la gazoline ou essence légère. Au début, ces condensations constituaient une gêne. Plus tard, avec le progrès des moteurs à explosion et notamment de l’automobile, cette essence légère devint l’objet de nombreuses demandes, et l’on se rendit compte qu’elle pouvait donner lieu à une exploitation rémunératrice. C’est en 1903 que pour la première fois il se fonda à Sisterville (Virginie orientale), une société pour la vente de la gazoline extraite des gaz naturels.
- Dès lors, les procédés d’extraction de cette gazoline se développèrent et tous les producteurs de gaz naturels se mirent à récupérer ce précieux produit. Nous ne nous étendrons pas sur les procédés mis en œuvre. Signalons seulement qu’ils peuvent être basés sur trois principes :
- 1° Soit sur le refroidissement et la compression des gaz naturels. La gazoline se condense dans les parties froides des appareils ;
- 2° Soit sur le lavage des gaz par un solvant : gas oil ou huile lourde, qui retient énergiquement la gazoline, puis la restitue ultérieurement par chauffage;
- 3° Soit sur l’adsorption de la gazoline par le charbon actif. Les gaz, traversant une colonne pleine de charbon actif, le charbon se charge de gazoline. Ensuite, si l’on soumet ce charbon à l’action de la chaleur et de la vapeur d’eau, la gazoline s’échappe : on la recueille dans un condenseur et le charbon peut servir pour une nouvelle opération.
- Pour donner une idée de l’importance de ces procédés, il nous suffira de dire que le dégazolinage des gaz naturels a fourni aux Etats-Unis, en 1929, plus de 64 000 hl de gazoline.
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- En réalité, les gaz naturels des régions pétrolifères ne contiennent pas seulement du méthane et de la gazoline, ils contiennent tous les carbures d’hydrogène de la série du méthane, dont voici les principaux termes •
- Poids
- spécifique
- Formule à l’état Point Point
- Noms. chimique. liquide. de fusion. d’ébullition
- Méthane. . . . CH* 0,415 — 184° — 164°
- Ethane . . . . C2 II6 0,446 — 172° — 84°
- Propane. . . . C3 II8 0,536 — /45° — 37°
- Isobutane . . . C* Iiiü 0,6029 — 17°
- Butane normal . C* H10 0,6 —135° _|_ 10
- Pentane. . . Cs H1* 0,6454 —131° + 36°3
- Hexane . . . . C° Hu 0,6603 — 94° + 68°9
- Heptane. . . . C7 H1C 0,7018 + 98°5
- Octane . . . . C8 H18 0,7188 + 125°8
- Parmi ces corps, les deux premiers sont des gaz permanents, très difficilement liquéfiables ; les quatre derniers sont les principaux constituants de la gazoline. Quant au propane, à l’isobutane et au butane, ce sont des gaz facilement liquéfiables, dont une partie s’échappe avec les produits gazeux et dont l’autre partie est retrouvée dissoute dans la gazoline.
- Ainsi donc, la gazoline brute recueillie par extraction des gaz naturels contient, à l’état dissous, ces trois produits qui, bien que gazeux, se sont trouvés partiellement liquéfiés et captés par elle. Mais ces produits ont, à la température ordinaire, une certaine pression de vapeur. Dans les réservoirs à gazoline qui sont fermés, mais non absolument hermétiques, ils tendent sans cesse à se vaporiser. Il en résulte à chaque transvasement, et même simplement par l’action du temps, un dégagement de vapeurs facilement inflammables, qui n’est pas sans danger, et une perte continue de poids qui n’est pas sans inconvénient. Pour éviter ces ennuis, on fait subir à la gazoline une opération dénommée « stabilisation ». Cette opération consiste simplement à la faire bouillir sous pression dans une tour munie de plateaux et surmontée d’un condenseur; les vapeurs de gazoline condensées retombent dans le fond de la tour, tandis que le propane, l’isobutane et le butane s’échappent à l’état de vapeurs. On peut alors, ou bien les recueillir ensemble par condensation, ou bien les soumettre à une nouvelle distillation avec réfrigération pour les séparer en deux fractions, dont l’une, composée essentiellement de propane, sera dénommée propane, tandis que l’autre, dénommée butane, sera constituée par le mélange du butane normal et de l’isobutane, dont la séparation complète serait difficile et d’ailleurs bien inutile.
- En Pologne, on se contente généralement de la première solution : on obtient donc un mélange des trois éléments que nous avons indiqués : propane, isobutane et butane. Ce produit, dénommé gazol, peut être conservé à l’état liquide à la température ordinaire, sous la pression de 8 kg. Il est mis en bouteilles d’acier résistant à cette pression, dont là contenance est de 10 ou de 40 litres. Les bouteilles de 10 litres contiennent 5 kg 5 de gazol et pèsent, pleines, 13 kg 500.' Celles de 40 litres contiennent 22 kg de gazol et pèsent pleines 51 kg. Ces bouteilles sont vendues aux petits consommateurs. Pour les gros consommateurs, usines à gaz ou bien industries diverses, le gazol est expédié dans des wagons-citernes ou dans des camions-citernes de grande capacité et résistant à la pression de 8 kg.
- En Amérique, on cherche à réaliser une séparation plus poussée à la distillation, et l’on obtient les deux produits commerciaux dénommés propane et butane, dont nous avons indiqué précédemment le mode de séparation.
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- Voici quelques caractéristiques de ces produits.
- Pouvoir calorifique au mr> . Propane commercial. 23 850 Butane commercial. 30 500
- — au kg . 12 006 11 900
- Densité à l’état liquide . . 0,509 0,576
- — gazeux . . 1,523 1,95
- Point d’ébullition ^ —-42°7 — 7°7
- ( final. . -—40° 0°
- Pression de vapeur à 21°. . 8 kg 4 2 kg 3
- On remarquera de suite, sur ce tableau, l’énorme pouvoir calorifique de ces corps comparativement au gaz de ville qui ne dégage en brûlant que 4500 calories par mètre cube. Un mètre cube de propane dégage donc 5,3 fois plus de chaleur qu’un mètre cube de gaz de ville; pour le butane, ce chiffre est de 6,77. Il en résulte que, si ces gaz sont vendus au mètre cube, le consommateur a intérêt à les utiliser tant que leur prix n’excède pas 5,3 ou 6,77 fois celui du mètre cube de gaz de ville. Au point de vue facilité de transport, 1 litre de propane liquide pesant 0 kg 509 est capable de dégager autant de chaleur que 1 mJ 33 de gaz de ville. Il faudrait comprimer le gaz de ville à une pression de 1330 kg par cm2 pour pouvoir le transporter sous le même volume.
- Comme en Pologne, ces produits sont vendus pour la consommation domestique dans des cylindres d’acier d’une capacité de 52 à 58 litres, dans lesquels la pression est, à 20° C, de 8 à 9 kg pour le propane, 2 à 3 kg pour le butane. Ils sont également expédiés par wagons-citernes et camions-citernes capables de supporter les mêmes pressions.
- La consommation de ces produits se développe actuellement aux États-Unis avec une rapidité considérable, comme le montre le tableau suivant :
- Nombre de litres de propane et butane Années. consommés à l’état liquide.
- 1922 847 000
- 1923 1 048 000
- 1924 1 428 000
- 1925 1 535 000
- 1926 1 767 000
- 1927 4 145 000
- 1928 17 187 000
- 1929 38 727 000
- 1930 68 464 000
- 1931 108 311 000
- Pour l’utilisation dans la consommation domestique, les conditions sont faciles : chaque usager possède deux bouteilles dont l’une est en service sur ses appareils de chauffage par l’intermédiaire d’un régulateur qui abaisse la pression à 100 ou 150 mm d’eau. Quand cette bouteille ne donne plus de pression, l’usager met l’autre en service et avise la Compagnie qui vient remplacer la bouteille vide par une pleine.
- Dans les localités plus importantes, où la densité de la population justifie l’établissement de canalisations de distribution, les Américains utilisent un autre procédé. On préfère, en général, pour ces distributions, ramener à 4500 calories le pouvoir calorifique du gaz, ce qui apporte quelque simplification aux appareils, en permettant d utiliser les mêmes réchauds et becs que pour le gaz de houille. Le haut pouvoir calorifique du butane et du propane, lorsqu’ils sont purs, entraîne, en effet, cette conséquence qu’il faut pour leur com-
- bustion complète une quantité d’air considérable; dans un bec construit en vue du gaz à 4500 calories, ils donneraient une flamme brillante et fumeuse, on n’obtiendrait pas la flamme bleue. Ce n’est là qu’un bien mince inconvénient pour la clientèle des campagnes qui n’a aucun espoir d’être jamais alimentée au gaz de houille, et qui peut avoir des becs spéciaux. Mais il n’en est pas de même pour la clientèle urbaine : les villes grandissent vite, surtout aux États-Unis et l’on prévoit le cas où l’augmentation de la population justifierait la création d’une usine à gaz de ville succédant à la petite installation au propane ou au butane. 11 ne faut pas que, dans ce cas, les usagers soient obligés de changer tous leurs réchauds et tous leurs becs. C’est pourquoi l’on préfère, pour la distribution urbaine, ramener le pouvoir calorifique du gaz à 4500 calories, en y mélangeant une certaine quantité d’air. Le butane (ou le propane) transporté en camions-citernes, est stocké dans un réservoir sous pression. De là, il passe dans un évaporateur, constitué par un serpentin placé dans une cuve d’eau qu’on réchauffe en hiver, s il y a lieu. Puis il arrive dans un mélangeur où se réalise automatiquement un mélange homogène, par exemple, de 17 pour 100 de butane et 83 pour 100 d’air. Ce mélange se comporte dans les canalisations et dans toutes les utilisations, comme du gaz de ville ordinaire. On voit combien ces installations sont simples, comparées à celle d’une usine à gaz qui exige des fours, des cornues, des scrubbers et d’importants gazomètres. Leur succès est d’ailleurs considérable et leur nombre est passé aux États-Unis, de 7 en 1929, à 85 en 1932.
- Tout ce que nous venons de dire s’applique aux États-Unis et à la Pologne, pays producteurs de gaz naturels, et ne paraît pas, au premier abord, concerner la France, qui semblerait devoir rester privée des avantages procurés par l’emploi du butane et du propane. Nous allons voir qu’heureusement, il n’en est rien.
- En effet, grâce à la loi du 30 mars 1928, qui a établi un régime douanier spécial pour les dérivés du pétrole raffinés sur le sol français, il se construit actuellement, en France, un certain nombre de raffineries de pétrole. L’un des buts de cette législation est, d’ailleurs, le traitement du pétrole de Mésojjotamie. On sait que, de par le traité de San-Remo, un quart de ce pétrole est réservé à la France; les sondages effectués ont mis en évidence l’extrême richesse de ce gisement et un pipe-line est actuellement en construction pour l’amener à la côte.
- D’ici peu, au lieu d’acheter à l’étranger de l’essence, du pétrole lampant, de la paraffine et des huiles de graissage, la France produira elle-même toutes ces substances dans les raffineries montées sur son territoire.
- Or, lorsqu’on distille le pétrole brut, les premiers produits qui s’échappent sont gazeux, et ces gaz ont précisément une composition identique à celle des gaz naturels : ils sont très riches en propane et en butane.
- Mais ce n’est pas tout. Pour pouvoir tirer du pétrole brut les quantités énormes d’essence qu’exige le développement de l’automobile et de l’aviation, on soumet les fractions lourdes à une opération dénommée « cracking », qui est un chauffage sous forte pression.
- Or, le dégagement d’essence résultant du cracking est, comme celui de la distillation, précédé par une émission de gaz dont la composition est également voisine de celle des gaz naturels et qui contiennent également du propane et butane.
- La France peut donc tirer le propane et le butane, sur son propre territoire, d’un produit qui, de par les conventions internationales, lui appartient.
- Voici, par exemple, quelques analyses comparées de gaz naturel, de gaz de pétrole brut et de gaz de cracking.
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- Gaz
- Gaz de pétrole Gaz
- naturel. brut. de cracking.
- Méthane. . . . Ethane . . . . ' ' | 65,8 s 8,1 ( 13,9 41,7 18,4
- Propane. . . . . . 16,7 29,4 22,3
- Butane . . . . . . 6,8 41,7 8,7
- Autres . . . . . . 10,7 6,9 8,9
- 100,0 100,0 100,0
- Les raffineries de France actuellement en construction, ont une capacité de production totale annuelle de 4 000 000 de tonnes de pétrole brut.
- Comme le pétrole brut fournit en moyenne 1 pour 100 de gaz à la distillation et encore 3 pour 100 de gaz au cracking, cela représente une quantité annuelle de gaz de 160 000 t contenant environ 65 000 t de propane et de butane, représentant l’équivalent en calories de 160 millions de mètres cubes de gaz de ville. Bien qu’il ne faille pas compter sur la récupération totale de ces produits, on voit que la France possède néanmoins des ressources suffisantes pour un large développement de leur consommation.
- Comme aux Etats-Unis et en Pologne, ces produits vont être recueillis, mis en bouteilles ou en réservoirs et vendus soit au public, soit aux organismes qui se créeront pour doter de canalisations de gaz les petites localités.
- En ce qui concerne l’utilisation respective des deux produits butane et propane, il est probable que le public français, pour les usages domestiques, préférera le butane qui se conserve à l’état liquide, sous une pression de 3 kg seulement. Cette faible pression est avantageuse, car elle augmente la sécurité en diminuant les risques de fuite, et d’autre part elle permet de réduire l’épaisseur, donc le poids des récipients. Cette considération présente une certaine importance, car les usagers tiendront sans doute à ce que les bouteilles soient faciles à manipuler et à transporter par une seule personne. Peut-être même le paysan pressé voudra-t-il aller chercher sa bouteille de butane chez le dépositaire, et la rapporter à la main, comme un simple bidon d’essence. Par contre, les grands froids, pen-
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- dant lesquels la pression risquerait de devenir insuffisante’ sont extrêmement rares en France et de très courte durée-Nous avons vu que le butane commercial est un mélange de butane, se condensant à -|- 1° et d’isobutane, se condensant à — 17°. Ce n’est donc qu’aux environs de — 10° que la pression intérieure devenant égale à la pression atmosphérique, la bouteille cesse de débiter du gaz. Le moindre réchauffage suffit d’ailleurs, à ce moment, à faire reprendre le dégagement gazeux.
- Le butane commence, du reste, à être connu et apprécié du public français. Il existe déjà en effet une société française qui a entrepris la distribution de ce combustible, qu’elle importe d’Amérique et qu’elle livre liquéfié en bouteilles contenant 13 kg de butane. De nombreux constructeurs ont établi des appareils d’utilisation : réchauds, fours, chauffe-eau, etc., destinés à fonctionner avec le gaz détendu issu de la bouteille. Ces appareils offrent les mêmes commodités et la même sécurité que les appareils fonctionnant au gaz d’éclairage.
- Quant au propane, son utilisation naturelle est l’alimentation îles établissements industriels auxquels il donnera des moyens de chauffage nouveaux, ainsi que celle des installations de distribution de gaz dans les petites localités, selon un procédé analogue à celui utilisé en Amérique, qui fournira, par mélange d’air et de propane, un gaz absolument analogue dans ses propriétés et ses effets au gaz des réseaux urbains actuels. Pour ces industries ou installations, le transport et le stockage de ce corps sous une pression de 8 kg, bien inférieure à celle des chaudières à vapeur modernes, ne saurait présenter ni difficulté, ni danger.
- Il n’est pas douteux que les habitants des campagnes françaises sauront, comme ceux des campagnes polonaises et américaines, apprécier les avantages que leur procureront bientôt les nouveaux produits. On a souvent remarqué que les progrès effectués au xxe siècle, comme l’automobile, le cinéma, ou la T. S. F., avaient eu pour effet de faire profiter les habitants des campagnes des conquêtes que le xixe siècle avait réalisées au profit trop exclusif des habitants des villes. II en sera de même pour le gaz.
- R. VlLLERS.
- HYDROGENÈSE AÉRIENNE ET TERRESTRE
- L’hydrogenèse aérienne et terrestre est l’étude de la formation et de la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique. Les quantités d’eau qui sont répandues dans l’air, d’une façon très inégale, atteignent des chiffres impressionnants. Leur distribution varie également suivant les lieux. Elles sont influencées par l’état du ciel, l’orientation, la disposition, la constitution du sol et la présence de la végétation. Par une évaluation qui ne peut être qu’approximative, sans doute, on estime que la chaleur solaire évaporerait, chaque année, dans les régions équatoriales, une couche d’eau ayant au moins cinq mètres d’épaisseur (Maury). Dans cette zone, il ne tomberait qu’une hauteur de pluie de 2 m. Les 3 m restants, si on évalue à 240 millions de kilomètres carrés la surface sur laquelle se produit l’évaporation, représenteraient un volume d’eau égal à 720 km3. Cette masse énorme, dont la chaleur passera en partie aux pôles sous cette forme de vapeurs, va adoucir les rigueurs
- de leur climat de glace, mais laisse aussi, sur son parcours, les marques de sa bienfaisance. On comprend que Dessoliers ait conçu le dessein de provoquer artifi-ciellemeut de ces vastes courants aériens et le désir de les diriger, par prévision, au gré des éléments, pour la fertilisation des régions désertiques.
- Avant d’accomplir une telle prouesse scientifique, il est bon de s’enfermer d’abord dans le cercle des phénomènes naturels. L’observation et l’expérimentation sont loin d’avoir donné pour les faits les plus proches de nous toutes les explications et éclaircissements qui peuvent nous guider.
- LA CAPTATION DE L’HUMIDITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- L’eau dont s’abreuve notre planète vient donc de la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère. Elle tombe
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- sous forme de rosée ou de pluie. Ces deux manifestations d’un, même phénomène obéissent à une double action physique ! saturation et condensation. Leur intensité apparente, le moment de leur apparition, les niveaux où elles se produisent, leur forme et certaines influences secondaires seules les différencient. La teneur de l’air en vapeur d’eau pour une pression normale constante suit les proportions qu’indique le tableau ci-dessous, dans les limites qui intéressent ce travail. Par mètre cube, l’air peut dissoudre environ :
- 4 gr d’eau à 0° degré 82 gr à 50°
- 5 gr — 5° — 129 gr à 60°
- 9 gr — 10° — 196 gr à 70°
- 20 gr — 20° — 290 gr à 80°
- 30 gr — 30° —
- Qu’un de ces facteurs, température ou pression, ch
- isolément ou tous deux ensemble, dans le même sens ou en opposition et l’absorption ou l’élimination de l’eau se produit. Nous n’apercevons que ces réactions extrêmes. En réalité, tout dans la nature respire ou transpire avec un dynamisme qui lui est propre. C’est ainsi que les gaz se maintiennent qualitativement et quantitativement, dans le milieu où ils se trouvent.
- La vapeur d’eau, sur un principe différent mais par un
- Fig. 1. — Coupe d’un puits aérien Knapen.
- A. calotte très dense; D. entrées d’air; E. sorties d’air; F. prise d’air iroid la nuit. G. masse de refroidissement; K. goulette d’entrée d’eau; L. citerne de décantation; M. pompe avec abreuvoir; N. regard de visite; O. galerie de séparation et d’isolement du sol échauffé
- par le soleil.
- Jrise d'air froid de la nuit
- Entrces
- Entrées d'aii
- Sorties d'aii
- Citerne
- même mouvement de bascule, est incessamment renouvelée au gré des forces physiques favorables ou contraires. C’est sur lui que repose le système du « siphon atmosphérique » de Knapen pour l’extraction de l’humidité en excès de l’intérieur des constructions. Celles-ci se trouvent asséchées proportionnellement au degré hygrométrique de l’air dans lequel elle ést rejetée par des canaux inclinés en bas et spécialement aménagés dans le mur, à cet effet. La logique, en apparence du moins, de la réversibilité du phénomène, donnait, de prime abord, raison à l’ingénieur. Ne pouvait-il pas, sur des parois refroidies par le froid interastral sous la transparence et la limpidité des nuits, recueillir dans un ;t puits aérien » l’eau de condensation de l’humidité atmosphérique ? C’était, après plusieurs millénaires, renouveler le prodige de Théodosia dans l’ancienne Tauride des Grecs (Hitier) et faire jaillir des sources dont l’abondance quotidienne des 720 m3 d’eau suffisait, à cette époque, à alimenter les 140 fontaines de la ville. La construction élevée à Trans dans le Var au milieu d’influences favorables remplit de nombreuses et excellentes conditions que Knapen rappelle dans la description qu’il a faite de son édifice. Il fait également mention de l’épaisseur des murailles, de leur imperméabilité extérieure, de leur masse, de la qualité des matériaux et de leur nature. Un dispositif central, des ouvertures d’aération et des parois intérieures à arêtes vives offrent plus de facilité à la condensation et à l’écoulement des eaux. Cet essai n’a pas encore réalisé l’espoir formulé par l’ingénieux savant et qu’on souhaite voir se remplir, tant ses conséquences seraient heureuses.
- Toutefois, dans un écrit antérieur, j’avais mis en garde contre l’importance de la production d’eau annoncée et que mes calculs, en tenant compte de la chaleur spécifique des matériaux qui donne le nombre de frigories disponibles, ne pouvait expliquer. D’autre part, en se rapportant au tableau ci-dessus, que l’on songe au volume d’air considérable qui devra passer par les ouvertures d’aération, soit pour condenser la vapeur, soit pour refroidir les parois du système en raison de sa faible chaleur spécifique. De plus, avant toute production de rosée, il faut que les deux atmosphères, intérieure et extérieure, comblent leur déficit de saturation. Cette dernière condition crée une grande difficulté dans les climats secs ou les deux thermomètres du psychromètre enregistrent souvent une différence de près de 20 degrés, si elle n’est compensée, ce qui arrive fréquemment aussi, par un grand écart entre les températures diurne et nocturne de ces régions. Devant une telle complexité du problème, comment dès lors établir et régler la vitesse de 1 air dans le puits aérien, vitesse qui devra être nécessairement variable avec tous les changements de ces facteurs et s’accorder au ton de la chaleur spécifique et au cours de la conductibilité thermique des matériaux. Sinon, il se produira un réchauff ement trop rapide ou un refroidissement trop lent qui arrêtera ou inversera le phénomène. La complication d’un tel appareillage, dans de telles conditions semble dépasser les établissements construits jusqu’à ce jour par la technique moderne. Cependant, l’ingénieur Zibold aurait réédifié avec succès, momenta-
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- nément, auprès des anciennes constructions de Crimée, ces sortes de tumulus par amas de galets pris au bord de la mer.
- Chaptal, récemment à Montpellier, a été également plus heureux. La lecture de son étude de la rosée et des dépôts aqueux de l’atmosphère nous démontre toute l’importance de ses expériences menées avec précision. On trouvera relatées ses observations dans les Annales de la Science Agronomique de janvier et février 1930 et dans La Nature, n° 2893. Ce remarquable physicien attribue à la rosée un rôle très notable dans la végétation puisqu’il l’évalue à 2000 kg par hectare et par jour. Un tel résultat, qui est en concordance avec l’opinion des hydrologues allemands, sera, sans nul doute, contesté par l’école adverse qui considère la condensation de la rosée comme un apport insignifiant à l’humidité terrestre et attribue à la pluie seule de l’importance.
- Courty, de Bordeaux, estime qu’un arbre de hauteur moyenne recueille annuellement autant de rosée que de pluie, tandis que Diénert, dont on connaît l’autorité, ne donne à la première que 9 m3 par hectare et par an.
- LA ROSÉE
- Je ne chercherai pas à concilier ces deux thèses extrêmes, avant d’avoir tenté des expériences et exposé, plus loin, avec d’autres chiffres, celles qui me permettront déjà quelques éclaircissements à ce sujet. Elles portent, en effet d’une façon générale, sur le mécanisme de l’élimination de la vapeur et de la formation de l’eau au sein de la terre et par extension, sur les conditions de son apparition dans un «puits aérien». Ici, se manifestera le rôle d’un agent qui, malgré sa toute-puissance, paraît avoir été complètement ignoré quant à son mode principal et direct d’intervention. L’apparition de la rosée à la surface du sol présente quelques irrégularités qui ne sont pas toujours aisément saisissables, mais dont certaines peuvent trouver une explication raisonnable. On la voit surtout sur les corps imperméables à l’eau, dont la chaleur spécifique est faible et d’un grand pouvoir rayonnant. Ceux-ci ont, de ce fait, une rapide déperdition de chaleur qui va progressivement en augmentant quand elle n’est pas influencée par la présence, à proximité, d’autres corps qui troublent ces échanges thermiques et créent un abri.
- Ces données minutieusement interprétées par Wells et Melloni sont anciennes. Elles nous apprennent l’importance du choix des matériaux, le grand pouvoir émissif du verre et des substances végétales, surtout quand elles sont vertes et lisses comme le feuillage et qui diffère peu de celui du noir de fumee, égal à l’unité. Leur température, indiquée par un thermomètre en verre, serait toujours inférieure à celle d’un thermomètre à armature métallique qui donne, lui, exactement la température de l’air.
- La coupole du ciel la plus favorable à cette opération
- Firj.
- — Caisse cliauffaille disposée face au soleil avec vue de sa disposition intérieure.
- de rayonnement est comprise dans un espace circulaire ayant pour centre le zénith, et dont le diamètre embrasse un angle de 60 à 70 degrés. La rosée apparaît quand l’hygromètre est entre 90 et 98, ce qui ne nécessite qu’une déperdition de chaleur de quelques degrés.
- Toute protection peut agir de plusieurs façons, soit en isolant les corps qui se trouvent au-dessous du rayonnement réfrigérant de la haute atmosphère, soit en les réchauffant, dans une certaine mesure, par échange de calories. Elle empêche ainsi ou retarde la condensation de l’eau dont la vapeur est reprise lentement par les éléments voisins ou par l’air. Les corps poreux et celui qui nous intéresse particulièrement et les contient tous, la terre, ne présentent pas de rosée apparente par suite de l’imbibition des substances qui la composent. Des tableaux donnent, entre des limites assez étendues, la précision n’étant pas possible, des moyennes pour chacune d’elles. Ces proportions sont importantes et peuvent s’élever pour des pierres meulières à grain assez fin et serré jusqu’à 200 gr d’eau et plus, suivant leur dureté, par décimètre cube.
- Mais il y a une différence sensible entre les quantités d’eau que peuvent absorber les substances hygrosco-piques à l’air et les chutes de rosée si l’on considère seulement la surface exposée au rayonnement céleste d’une part et de l’autre l’imbibition des matériaux même, en l’absence de formation de rosée apparente. Les expéri-
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- mentateurs, malgré l’ingéniosité de leurs procédés, donnent des résultats très différents qui s’étendent de 1/iO à l/100e de millimètre d’épaisseur de rosée en une nuit.
- Ces proportions seraient intermédiaires, si on se reporte aux quantités données par Houdaille de Montpellier. Celui-ci a calculé une hauteur d’eau de 6 mm 5 à 9 mm 8 par an, soit 6 kg 5 à 9 kg 8 par mètre carré, 1 à 2 pour 100 de la hauteur de la pluie. La quantité serait de 80 à 90 gr par mètre carré et par jour, un maximum s’étant élevé jusqu’à 428 gr.
- Le Dr Parchinger, d’Autriche, dans deux séries de quarante observations, a obtenu de 60 à 70 gr à une température de 2°,5 par mètre carré pour la rosée formée sur le gazon sous lequel il plaçait une feuille de papier buvard absorbant. Il notait l’augmentation de poids, pour une surface donnée.
- A l’aide de son drosomètre, Raymond, d’Antibes, a trouvé plus de 40 kg d’eau par an et par mètre carré,
- Pierre meuliere . éponge ou autres substances
- Treillis
- Eau de condensation
- Fig. 3. — Coupe d\une caisse chauffante.
- avec maximum de 500 gr en une nuit. J’ai constaté moi-même qu’une vitre de 1500 cm2 me donnait sur chacune des faces, une buée de 9 gr, au mois de septembre, à Paris. Tout ce qui précède démontre avec évidence quelle grande disproportion existe entre les calculs des expérimentateurs.
- Elle est aussi manifeste, en ce qui concerne les installations signalées en Crimée. Ces treize proéminences mesuraient environ 30 m de long sur 25 m de large et 10 de hauteur, donnant une surface bien restreinte d’absorption d’humidité atmosphérique en égard aux 700 m3 de leur production.
- Ni la chute d’une rosée abondante dont j’ai indiqué les limites extrêmes qui ont été observées, ni l’énorme volume d’air qui devrait pénétrer dans ces amoncellements de pierres soit pour livrer une telle masse d’eau, soit pour la refroidir et permettre sa précipitation en prenant la chaleur latente de sa vapeur, ne saurait donner une explication valable d’un tel phénomène.
- L’ABSORPTION DE L’HUMIDITÉ PAR LES MATÉRIAUX POREUX
- Par contre, comme je vais l’exposer, si on tient compte de la porosité des matériaux et en conséquence de leur pénétration par les gaz et vapeurs, on admettra les proportions que j’ai obtenues. Tout se passe, en dehors du principe de la paroi froide, comme si, par analogie avec une solution saturée, la vapeur d’eau, après avoir rendu sa chaleur latente par des condensations successives, véritable pluie naissante, tombait alourdie au sein de l’air par une sorte de convection. Ainsi, s’expliquerait, le recel momentané, dans ces tas de pierres ou dans le sol, d’une telle quantité d’eau et d’un si rapide refroidissement. La rosée, pour être plus apparente sur les surfaces imperméables, ne serait donc plus la manifestation la plus importante du dépôt de l’humidité atmosphérique.
- En exposant une pierre meulière de 1 kg, c’est-à-dire offrant une surface externe totale, sa densité étant de 2,2, d’un peu moins de 400 cm2, et la surface supérieure de rosée, n’étant que de 64 cm2, j’ai obtenu journellement, en tout temps, une oscillation à peu près constante d’un accroissement nocturne et diminution diurne sous une cloche exposée au soleil, de 5 gr d’eau. Une brique rouge pesant 500 gr en prenait 7 gr dans les mêmes conditions alternatives.
- Quelle que soit leur dénomination, hygroscopicité, porosité, perméabilité, vitesse d’évaporation représentent un coefficient qui n’est pas négligeable et qu’on met facilement en évidence. Un mur de pierre d’un mètre carré et de 0,72 cm d’épaisseur sera traversé en une heure, avec une différence de température de un degré par 2,80 mètres cubes d’air. L’expérience de Petten-kofer démontre qu’un aggloméré de pierres de 40 cm2 de surface sur 35 cm d’épaisseur, calibré dans un cylindre, laisse passer assez de souffle pulmonaire pour courber et même éteindre la flamme d’une bougie. Cette expiration forcée est de l’ordre d’un onzième d’atmosphère, égale à une pression d’une centaine de grammes, comparable à celle de la brise. J’ajouterai que gaz et vapeurs, en pénétrant dans toute substance, y subissent des effets chimiques ou des modifications physiques de densité, température... qui interviennent encore dans les mouvements incessants de la matière et qui constituent la vie des choses comme celle des êtres organisés.
- L’atmosphère ne s’arrête donc pas à la surface du sol, mais descend jusqu’à une certaine profondeur avec tous les éléments qui la composent.
- Mais, en dehors de ce rythme habituel, normal, tout déséquilibre ne résultera que de la mise en action d’un de leurs potentiels respectifs sous l’influence plutôt directe qu’éloignée d’une force qui les domine toutes, la chaleur solaire. Sans elle, la terre immobilisée pour l’éternité deviendrait un sépulcre de glace sous un immense linceul de neige.
- Dès que les premiers rayons du soleil frappent le sol, l’air s’échauffe à son niveau et à son contact. Des vapeurs se forment qui diffusent en plus ou moins grande quan-
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- tité. Elles se répandent à l’extérieur, au gré des vents qui passent ou qu’elles suscitent, jusqu’à ce qu’elles rencontrent de nouvelles conditions favorables à leur condensation. Ce qui se passe en haut, se produit également en bas, à l’intérieur de la terre et dans des proportions difficiles à évaluer, mais que j’essaierai bientôt d’apprécier.
- Cette conviction m’est venue à la suite d’expériences qui avaient pour but d’obtenir,pour nos colonies d’Afrique, une distillation d’eau (sans eau). Ayant repris le système de châssis (fig. 2 et 3) que Maurain avait remis en usage et préconisé pour l’épuration des eaux par la distillation solaire, je substituai au réservoir toutes sortes de substances plus ou moins hydrophiles telles que : terre, sables à grains de différentes grosseurs, gel de silice, pierres diverses, briques, plâtre en plaques ou en morceaux, éponges, coke, amiante... Ces corps, à leur état naturel ou imprégnés de certains sels hygroseopiques, tels que : sulfate de soude, sel marin, chlorure de magnésie, iodure de zinc, chlorure de calcium... étaient placés soit sous une simple cloche en verre, soit dans une caissette en treillis de fils de fer à fines mailles et glissée au milieu du châssis vitré dont je viens de parler. La distillation s’est opérée parfaitement, régulièrement et avec une abondance en rapport avec la quantité de la substance employée et sa qualité absorbante, et comparable à celle des châssis munis de leur réservoir d’eau. Son rendement concorde donc avec les évaluations expérimentales de Maurain et Brazier à Paris, Ginestous à Tunis et Richard à Monaco, et avec les données personnelles que j’ai fournies en plusieurs publications. II s’élève à environ deux litres cinquante à quatre litres d’eau distillée par jour et par mètre carré de surface ensoleillée, suivant la saison, le climat et la latitude du lieu. C’est à ce point que je considère, dès maintenant, cette distillation (d’eau sans eau), comme devant être tentée tout de suite, dans les régions complètement désertiques du Sahara où cette possibilité de boire reste seule, localement, à la disposition d’un poste isolé.
- D’autre part, pour donner une idée approximative de cette production suivant les matériaux employés, voici les résultats que j’ai obtenus. Une éponge sèche, non préparée, de 20 gr, a subi régulièrement une augmentation; puis une restitution de 2 gr d’eau pendant quelques jours, tandis qu’une éponge de 10 gr imprégnée de chlorure de calcium absorbait un peu plus de son propre poids d’eau, qu’elle rendait de jour dans les mêmes conditions.
- Son volume, cependant, à la suite de cette imbibition. s’était réduit de plus de moitié.
- Cette expérience a été également effectuée avec une pierre meulière (fig. 4 et 5) de construction que j’avais prise à terre, dans ma cave. Son poids était de 980 gr, sa densité au voisinage de 2, son volume correspondait à peu près à 1/2 décimètre cube et sa surface extérieure à 500 cm2. Placée sous une cloche en verre et exposée à un pâle et nébuleux soleil d’octobre, elle perdit 10 gr pendant les quelques heures d’insolation.
- Puis la pierre présenta un régime à peu près
- Pierre meulière concassée envi-ron : 1 kiloq
- Pierre meulière environ : 1 kg. V2 dm3
- Condensait
- Condensation1
- Fig. 4 et 5. — Expériences de distillation sur des malériauxÇenfermés sous cloche de verre.-
- A gauche : pierre meulière.
- A droite : pierre meulière concassée.
- constant, perdant et récupérant alternativement 5 gr d’eau par jour. Fragmentée en morceaux plus petits, mis en tas, le rendement s’accrut d’un gramme quotidien. Au contraire, une pierre de 4 kg ne donnait plus que 12 gr au lieu de 20 gr qu’elle aurait dû rendre pour concorder avec la première, fait dont il faudra tirer la conséquence.
- La ventilation s’est toujours montrée défavorable. La moindre brise gêne la formation de la rosée ou la reprend aussitôt, de même que le plus petit soulèvement de la cloche ou l’enlèvement du bouchon qui la clôt en haut, diminue ou fait disparaître la buée qui se dépose à l’intérieur. Enfin, en acceptant le taux de 5 gr d’eau par kilogramme de pierres ou par demi-décimètre cube, ce qui est équivalent, on arrive à trouver pour les treize monticules de Théodosia qui ont chacun 25x30x10 m, un rendement de 975 m3 Si on retire un cinquième représentant les pertes diverses inévitables, l’évaporation extérieure, les vides qui existent entre les cailloux..., on se rapproche très sensiblement des 720 km3 annoncés dès le début de ce travail.
- Fig. 6, 7, 8. — Expériences de distillation sur une éponge placée sous entonnoir
- de verre.
- A gauche : sans ventilation; à droite avec ventilation.
- Condensation
- Condensation
- Condensation
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- LA CONDENSATION SUR LES MATÉRIAUX
- Mais comment se fait cette condensation ? 11 n’y a plus, en effet, aucune proportion entre les surfaces réceptrices et une si grande quantité d’eau, d’après les documents que j’ai rapportés ci-dessus. Si l’on considère, pour chaque monticule en projection plane, une surface de 800 rn2 il faut en revenir à l’hypothèse que j’ai formulée de la descente de cette humidité dans des matériaux qui l’absorbent aussitôt pour la soustraire à l’évaporation. Gasparin écrit :
- « Si l’on fait attention cependant que la rosée ne se produit que dans l’air très légèrement agité, et près du sol, qu’ainsi elle ne peut provenir que de la condensation d’une partie de la vapeur contenue dans une couche d’air assez peu épaisse, on jugera que cette quantité ne peut être considérable ». Cette opinion semble erronée et prend l’agitation légère de l’air comme une cause favorable, alors qu’elle n’est très vraisemblablement qu’une résultante contraire à cette production. Elle met dans l’impossibilité de se rendre compte du phénomène. Si, par contre, on fait intervenir l’hygroscopicité des matériaux qui, comme certaines terres, peuvent contenir plus de la moitié de leur propre poids d’eau, tout s’explique sans difficulté.
- Fig. 10. — Dans l'entonnoir ainsi disposé, il sc produit de jour une condensation intérieure et de nuit une condensation extérieure.
- Sous Ja
- radiation froide nocturne
- Sous la . —;; radiation chaude diurne .
- Gravier^
- Treillis
- Condensation intérieure
- Condensation extérieure-
- Les couches de l’atmosphère y participent jusqu’à la hauteur où s’établit l’isothermie avec les régions avoisinant le sol et la rosée prend surtout le rôle d’une manifestation témoin. Enfin, j’ai eu la curiosité de faire placer en arrière de mes châssis une deuxième vitre protégée par un couvercle. La distillation s’y produisit encore plus abondante qu’en avant. Pensant à la similitude des mêmes réactions dans la terre, aussitôt, j’organisai une nouvelle démonstration (fig. 10) susceptible d’en donner la preuve. Un entonnoir en verre d’assez grande dimension, muni dans le fond du cône d’un treillis sur lequel j’étageai des graviers de plus en plus fins et de la terre desséchée d’une taupinière voisine, fut placé normalement, grande ouverture en haut, dans le sol d’une prairie, loin de tout abri.
- Ce qui apparut concilie les deux théories contraires, l’une, que l’eau de la végétation vient d’en haut, l’autre, qu’elle remonte des profondeurs du sol où se trouve la nappe d’eau souterraine alimentée par des pluies abondantes. De jour, sous l’action du soleil, apparaissait à l’intérieur, pour disparaître et se former de nuit à l’extérieur, une buée avec de grosses gouttes d’eau. Ces dernières étaient dues à la transsudation de la terre sous-jacente d’alentour.
- Une bâche étendue sur le sol se mouille, pendant la nuit, des deux côtés face ciel et face terre.
- Bien plus, cas assez particulier, je constate que les vitres de couverture de ma véranda (fig. 11, 12), assez haut situées, suintent, au-dessus et au-dessous, des gouttes d’eau. Ces dernières glissent jusqu’à une traverse de fer qui présente elle-même une abondante buée, et tombent sur le sol cimenté, en quantité notable. Des vitres superposées horizontalement restent sèches, sauf la face ciel de la première (fig. 13). Séparées par un intervalle plus grand, elles se recouvrent toutes de buée, des deux côtés.
- Sur des vitres placées verticalement, il en est de même. Ce qui se passe au niveau du sol est une sorte de vaporisation alternative, de transpiration et perspiration dans les deux sens, à la fois normale et nécessaire.
- L’observation suivante présente également une certaine analogie. Le rez-de-chaussée d’une maison de campagne que j’habite temporairement en août-septembre a des murs d’une épaisseur de près de 80 cm. Au nord-est, un côté jardin, à l’ombre et enfoui dans la terre, presque jusqu’au niveau de la fenêtre, est sec. Les deux autres, autour desquels, pendant le jour, tourne le soleil qui les échauffe, présentent en dedans, sur une bonne moitié de leur hauteur, des traces évidentes d’humidité, et bien que la température à peu près constante à l’intérieur ne varie que de 19 à 20 degrés. Pendant l’hiver, au contraire, et sans feu, le séchage se produit spontanément par fugue vers les régions extérieures beaucoup plus froides. Il en est de même du cloître de l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce, que l’on répare actuellement et que l’on essaie de protéger à l’aide de lames de plomb. Le côté cloître ensoleillé est humide, tandis que du côté nord les dégradations des murs sont plutôt extérieures, face à la cour. Vers la cuisine, il y a les mêmes détériorations.Il en est encore ainsi de la fraîcheur et de l’humidité des
- POREUX
- Condensation
- Fig. 9. —- Expérience dé. distillation avec ventilation sur un bloc de pierre meulière placé sous une cloche de verre.
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- derrière
- Solive
- Verrière
- Solive
- Condensationi
- Condensation
- Fig. Il ci 12. — Condensations sur une véranda.
- caves qui semblent alterner successivement, par contraste, en hiver ou en été, avec le froid ou la chaleur extérieure, toutes choses étant égales d’ailleurs, c’est-à-dire en l’absence de causes de perturbations locales. On arrive ainsi à ce paradoxe, non conforme aux idées généralement admises, que pour assécher un mur épais, il faut le préserver, au dehors, de la chaleur.
- Le nombre de lrigories nécessaires à la condensation de la vapeur d’eau n’est donc plus un facteur simple, égal au produit de la dillerence des températures moyennes, diurne et nocturne, multiplié par le poids et la chaleur spécifique des matériaux employés. Le calcul serait insuffisant pour l’évaluation totale d’un rendement. Il lui faut un exposant de saturation progressive qui croît avec l’insolation du jour, en élevant parallèlement le point de rosée. L’intérieur du capteur, pendant la première partie de la nuit, doit être même plus chaud que l’extérieur, ce qui favorise vers ce dernier côté la distillation de sa vapeur et, vers le centre, l’appel de la fraîcheur de la nuit. Au sommet des crêtes montagneuses, les sources n’ont pas d’autre origine. Par suite de l’altitude et du refroidissement correspondant, de l’absence ou au moins de la sensible diminution du rayonnement terrestre sur des hauteurs isolées, les parties qui ne sont pas exposées au soleil ont une température très inférieure à celles qui s’y trouvent soumises. Elles présentent, de cette façon, l’optimum des conditions favorables du sol quand, par surcroît, ces régions se trouvent sous l’influence d’un état hygrométrique saturé par une certaine étendue d’eau, notamment par la mer. Ces dispositions se retrouvent, mais combien plus faibles et non compensées par l’ardeur du soleil, en ce qui concerne le foggara. Cette galerie souterraine, si longue et d’origine plusieurs fois centenaire, est creusée de préférence au sein de roches calcaires, dans des vallées. On retrouve et peut expliquer de la même manière, l’humidité sous les grands ergs de sable du Sahara, Les saisons printanières et automnales ont le rendement le meilleur à cause du contraste plus grand entre la chaleur de vaporisation solaire et la réfrigération des nuits plus froides. Il y a, sans doute, des dérogations à cette constatation assez générale et qui peuvent être dues aux lieux, ainsi qu’il ressort déjà de cette étude, et à toutes sortes de variations dans la constitution du sol et des matériaux. Je les ai éprouvées et reconnues, ayant fait mes expériences dans des contrées fort différentes; en France, à Paris et en Franche-Comté, en mission au Maroc, à Rabat et en Algérie, à Colomb-Béchar, réunissant ainsi des conditions fort dissemblables. Des essais préliminaires, dans chaque contrée, seront donc nécessaires avant l’édification de ces capteurs de l’humidité de l’air. Matériaux et mode d’arrimage devront être préalablement étudiés sur place. Cette étude explique bien des faits jusqu’ici difficiles à comprendre et permet de pénétrer avec des idées neuves dans les réalisations de l’hydrogenèse aérienne et terrestre dont je résume ainsi qu’il suit les notions qui me paraissent acqui-
- ses. La condensation de la vapeur d’eau est d’autant plus importante qu’elle a lieu dans une atmosphère calme, à température plus élevée et plus voisine de son point de saturation comme il arrive généralement dans les climats marins ou les contrées soumises aux mêmes conditions favorables. Elle résulte d’un déséquilibre soumis à trois causes dominantes qui sont : l’hygroscopicité des matériaux, la chaleur diurne et le froid nocturne. Le dépôt de rosée par le principe de la paroi froide n’explique pas à lui seul la quantité d’eau retenue dans le sol, même quand on tient compte de l’évaporation par la ventilation qui l’exagère et lui est toujours particulièrement défavorable. Une autre interprétation du phénomène pourrait être cherchée dans une sorte de double convexion, simultanée et mutuelle, de l’air et de la vapeur d’eau.
- La formation de l’eau dans un capteur ne pourrait elle-même provenir de cette simple imbibition. Elle subit une nouvelle évaporation qui dans un va-et-vient de l’extérieur à l’intérieur et du centre à la périphérie est due à l’action d’un notable déséquilibre de température que provoquent habituellement la chaleur solaire et le froid nocturne. Ces alternatives ne peuvent se produire que dans des constructions épaisses qui n’éprouvent à aucun moment, dans leur masse toute entière et en même temps, les influences d’échauffement et de refroidissement. Toutes ces conditions étant observées, le problème de l’hydrogenèse peut être envisagé avec espoir. Cette entreprise n’est donc pas chimérique et l’antiquité nous en a donné l’exemple. On sait aussi qu’aux Canaries, les habitants de l’île de Fer trouvent
- Fig. 13. •— Des vitres superposées horizontalement à faible distance restent sèches sauf la face supérieure de la première; quand elles sont assez espacées elles se recouvrent chacune de buée des deux côtés.
- Fig. 14. — Le phénomène est le même pour des vitres verticales.
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- dans ces condensations d’eau une suppléance complète à l’absence des pluies. Dans la plupart des régions du littoral de la mer, ces phénomènes font partie essentielle du climat. Leur bienfaisance s’étend assez loin dans les terres. Avant que la science, soit par le refroidissement artificiel ou la détente des gaz et des vapeurs, ait mis au point des appareils, ce moyen pour ainsi dire naturel de collecteur d’eau aura toujours une certaine faveur par sa simplicité et par sa supériorité économique. Un tel sujet valait d’être traité. Il fait l’objet des préoccupations constantes de M. le Résident général du Maroc, M. Lucien Saint, et de toute l’attention de M. Guinand,
- secrétaire général au ministère de la Guerre. On comprend toute cette sollicitude quand on sait l’émouvante affliction des années sèches du Sud Tunisien et les entraves que le manque d’eau met à notre expansion coloniale. Aussi, bien que le travail soit ardu pour sa réalisation pratique, y consacrerai-je encore mes elîorts, afin de conserver à l’hygiène sociale ce beau fleuron de la santé humaine.
- Docteur E. Pasteur, Médecin Colonel
- à l’IIôpital militaire du Val-de-Grâce.
- UN NOUVEL APPAREIL DE TÉLÉVISION
- LE VISIOLA BR AMI
- ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉVISION
- Si l’on voulait faire aujourd’hui le point en matière de télévision, on constaterait que malgré les grands progrès accomplis, bien des difficultés restent encore à
- vaincre pour que cette nouvelle application de la science entre définitivement dans nos moeurs.
- Car il faut bien l’avouer, la télévision n’en est qu’à ses débuts.
- Avec les transmissions actuelles d’images explorées
- Fig. 1. — L'appareil Visiola.
- d, moteur d’induction. — f, synchroniseur à roue phonique. — h, hélice à miroirs. (L’appareil complet tient dans le creux de la main.)
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- à 30 ou 60 lignes, on ne saurait prétendre encore à réaliser le télécinéma ou le téléthéâtre, comme on l’a malheureusement annoncé trop souvent.
- La télévision actuelle ne permet de voir d’une manière acceptable que des premiers plans, des personnages en buste ou tout au plus en pied.
- C’est déjà un fort beau résultat et une foule de transmissions intéressantes peuvent dès à présent être effectuées en images de 30 lignes, témoin les émissions régulières de Londres, 4 fois par semaine à partir de 11 heures du soir, les lundi, mardi, mercredi et vendredi.
- LA TÉLÉVISION D’AVENIR
- Si elle devait en rester là, la télévision n atteindrait, certes qu’une partie seulement de son but réel, qui est d’être le complément visuel de la radiophonie.
- Le télécinéma et le téléthéâtre ne seront guère possibles qu’à partir d’images explorées à 120 ou 150 lignes.
- Or, comme tout le monde le. sait, avec les bandes de modulation de 10 kilocycles allouées actuellement à chaque poste émetteur, il n’est guère possible de transmettre, sans risque de brouillage, des images explorées à plus de 30 lignes.
- C’est pourquoi l’on se tourne de plus en plus vers les ondes très courtes, qui permettraient de transmettre des images à exploration plus détaillée.
- Malheureusement, à cause même de leur mode de propagation en ligne droite, la portée de ces ondes ne pourra guère dépasser 20 km.
- Actuellement des essais de transmissions d’images à 90 lignes et plus, se poursuivent en Allemagne, sur une longueur d’onde de 7 m.
- L’avenir de la télévision serait donc lié pour une large part, dans l’état actuel de la technique, à la construction de stations d’émissions à ondes très courtes.
- LE PROBLÈME DE L’EXPLORATION N’EST PAS COMPLÈTEMENT RÉSOLU
- Cette question de transmission mise à part et si l’on estime que la télévision doit permettre le télécinéma et le télétbéâtre, on constate que le problème de l’exploration détaillée de l’image n’est pas encore résolu, quoi qu’on dise.
- Utilisables à la rigueur pour la télévision d’aujourd’hui, les systèmes actuellement employés (disque de Nipkow, roue de Weiller, disque à lentilles) devront être complètement abandonnés pour la télévision de l’avenir.
- Aucun de ces systèmes, en effet, ne répond au problème de l’exploration détaillée de demain (150 à 300 lignes d’exploration par image).
- Disque de Nipkow. — Le disque de Nipkow est sans doute, le plus simple et le plus démocratique des systèmes d’exploration, mais il a l’inconvénient d’être d’un grand encombrement et d’un rendement lumineux excessivement faible.
- Pour une image de 53 mm x 39 mm explorée en 30 lignes, il faut en effet utiliser un disque de 50 cm de diamètre, dont l’encombrement et l’inertie, on le conçoit, commencent à entrer en ligne de compte, surtout pour la synchronisation.
- Fig. 2. — L’appareil Visiola au repos.
- D’autre part à l’aide de ce même disque, on n’utilise à chaque instant qu’environ la l/2000e partie de la surface éclairée par la source, la presque totalité de la lumière étant inemployée. Si l’on passe d’un disque à 30 trous (30 lignes d’exploration) à un disque à 150 trous (réalisation du télécinéma et du téléthéâtre) le problème change complètement de face et devient à peu près insoluble.
- On se trouve pris en effet dans le dilemme suivant :
- Ou l’on veut que l’image formée par le disque à 150 trous ait un format de 52 X 39 mm (ce qui n’est déjà pas grand), et il faut que le disque mesure 2 m 50 environ de diamètre (encombrement prohibitif à tous points de vue).
- Ou l’on veut s’en tenir à un disque de 50 cm de diamètre et alors l’image formée n’a plus que 10 X 8 mm de format, ce qui représente environ le quart de la surface d’un timbre-poste, et ce, sans espoir de projection.
- D’autre part, suivant cette seconde méthode, les trous du disque devront avoir 1/10® de millimètre, ce qui n’est pas pour les mettre à l’abri de l’obstruction par les poussières.
- Fig. 3. — Constitution de l'hélice à miroirs, j, lame à tranches réfléchissantes. — i, bloc de lames assemblées — h, bloc de lames formant l’hélice à miroirs après décalage.
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- Disque à lentilles de Brillouin. — Plus perfectionné, certes, que le disque de Nipkow, en ce sens qu’il utilise à chaque instant la totalité de la source lumineuse, le disque à lentilles de Brillouin est par contre plus compliqué, plus cher et présente plus d’inertie. Pour une exploration de 150 lignes, on se trouve à peu près devant les mêmes difficultés d’encombrement que pour le disque de Nipkow avec en plus 150 lentilles à régler optiquement, leur inertie néfaste à la synchronisation, leur prix exorbitant et enfin leurs déréglage fréquents par force centrifuge, provoquant soit des chevauchements, soit des lignes noires entre les lignes d’exploration.
- Roue à miroirs de Weiller.
- — Comme le disque à lentilles de Brillouin, la roue de Weiller a un rendement lumineux rationnel, mais au prix des mêmes difficultés que celui-ci.
- Pour la télévision d’avenir à 150 lignes, on se trouve avec la roue de Weiller dans la même impasse qu’avec le disque de Nipkow et le disque à lentilles. Les explorateurs cathodiques. — Très en faveur auprès des théoriciens de la télévision, les systèmes d’exploration par rayons cathodiques ne semblent pas avoir pratiquement donné jusqu’ici ce que l’on attendait
- d’eux.
- En premier lieu, ils Fig. 6. Fonctionnement sont peu lumineux et
- de l’hélice à miroirs. , , >
- ne permettent pas de
- projection ; or,vu l’impossibilité pratique de construire de grands tubes nécessairement onéreux et encombrants, on en restera probablement aux dimensions d’une image de 10 x 10 cm.
- En second lieu, l’exploration de ces systèmes cathodiques laisse souvent à désirer.
- On utilise en effet à l’heure actuelle des oscillateurs à relaxations, très complexes, dont le but est de
- Lampe à Filament linéaire
- -Point
- lumineux
- Hélice à miroirs
- Fig. 4.
- La lampe linéaire Visiola b, fente lumineuse. c, fenêtre d’utilisation.
- dévier le spot cathodique suivant deux directions perpendiculaires pour lui faire tracer une courbe en dents de scie à pas serré.
- Or, malgré les précautions les plus minutieuses, les moindres variations des constantes de ces oscillateurs amènent, soit des espacements irréguliers entre les lignes d’exploration, soit au contraire des chevauchements.
- Enfin, il semble que ce soit une difficulté de moduler et de dévier un pinceau cathodique en le maintenant suffisamment homogène pour que le spot lumineux formé sur l’écran fluorescent soit bien délimité, condition sine qua non d’une image nette.
- Le Visiola Brami semble résoudre le problème de l’exploration. — L’appareil Visiola, conçu et mis au point par AI. Joseph Brami, paraît au contraire, par ses caractéristiques remarquables, résoudre le problème de l’exploration, aussi bien pour la télévision actuelle que pour celle d’avenir.
- Basé sur le principe de l’hélice Gard-ner, cet appareil est comme on peut le voir sur la figure 1, de dimensions extrêmement réduites (il tient complet dans le creux de la main).
- De faible prix de revient, absolument indéréglable, le Visiola ne nécessite pour sa synchronisation qui est parfaite (vu le poids de quelques dizaines de grammes seulement de son dispositif d’exploration) que les courants issus d’un poste ordinaire de T. S. F.
- De plus, l’inconvénient des lignes noires séparant les lignes d’exploration des autres systèmes (disque de Nipkow, roue de Weiller, disque à lentilles, systèmes cathodiques) est, dans cet appareil, réduit jusqu’à rendre ces lignes quasi imperceptibles, l’exploration est pratiquement continue.
- Quant à l’inconvénient du chevauchement des lignes d’exploration observé dans les autres systèmes, il est impossible qu’il se produise de par la constitution même de l’organe explorateur.
- En outre par une simple manœuvre et, sans changer d’explorateur, l’appareil peut recevoir tous les formats d’image existants (à même nombre de lignes bien entendu) soit à exploration verticale, soit à exploration horizontale.
- C’est là un point fort intéressant, car il existe dans les transmissions actuelles, pour le moins deux formats d’images : le format allongé verticalement dit format anglais dont les dimensions sont dans le rapport 3/7 et
- Lampe à filament linéaire
- < î &
- i i i i Miroin plan image virtuelle
- r , > 7 position a.
- V Pivots J 1 y =5
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- Fig. 5. — Principe du miroir tournant.
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- le format allongé horizontalement dit « standard » dont les dimensions sont dans le rapport 3/4 (image cinématographique).
- Enfin, et ceci est peut-être l’une des caractéristiques les plus importantes de l’appareil Visiola, l’encombrement et le poids de son système d’exploration (quelques dizaines de grammes) est le même pour une exploration de 30 lignes que pour une exploration de plusieurs centaines de lignes (télécinéma et téléthéâtre).
- Ce dernier point est, on le comprend, d’un intérêt capital pour la télévision d’avenir ainsi que pour le « démarrage » de la télévision actuelle, car l’hésitation de l’acheteur, qui craint de ne plus utiliser demain l’appareil qu’il aura acheté aujourd’hui, n’a plus sa raison d’être, le possesseur d’un Visiola pouvant en quelques minutes remplacer l’organe explorateur actuel de 30 lignes par un nouveau d’un plus grand nombre de lignes (de même poids et de même encombrement) et suivre ainsi le progrès sans avoir à renouveler son matériel.
- Lampe linéaire Visiola
- \ Visiola
- ’ Hélice
- Loupe à miroir' grossissante
- Fig. 8. — Installation du Visiola pour la réception individuelle.
- DESCRIPTION DE L’APPAREIL VISIOLA
- Comme on peut s’en rendre compte par les photographies, l’appareil Visiola est le plus petit et le plus compact des appareils de télévision connus.
- Sur son bâti en forme d’U sont montés à la fois un moteur à induction minuscule (1/160° de ch; consommation 4 w sur 110 v) une hélice à miroirs exploratrice et un synchroniseur à roue phonique.
- Ce bâti-support porte de chaque côté deux entretoises à crapaudines à graisseur, dans lesquelles tournent les deux pivots d’extrémités d’un arbre d’acier.
- Cet arbre est entraîné à une extrémité par le rotor du petit moteur à induction.
- L’inducteur de ce moteur est formé de tôles rectangulaires empilées, montées sur le bâti au moyen de deux entretoises.
- Les deux pôles de l’inducteur portent des bagues de décalage de champ.
- A l’autre extrémité de l’arbre est montée la roue phonique à 30 dents en tôle feuilletée au silicium à haute perméabilité.
- Cette roue phonique tourne entre les pôles réglables taillés en biseaux d’un électro formé aussi de tôles
- Fig. 7. •— L’appareil Visiola en marche.
- L’hélice à miroirs en rotation paraît former une aire d’éclairement parfaitement uniforme.
- rectangulaires empilées, montées sur le bâti à l’aide de deux entretoises.
- L’hélice à miroirs exploratrice est formée, comme le montrent les photographies, de lames en acier inoxydable, noircies sur toutes leurs faces et réfléchissantes sur une tranche seulement.
- Ces lames obtenues par des procédés mécaniques et optiques spéciaux, couverts par des brevets, sont montées par leur trou central sur une douille tubulaire, pour former un bloc comme représenté sur les photographies.
- Pour former l’hélice à miroirs, lesdites lames sont ensuite décalées les unes par rapport aux autres suivant unehélice d’un tourde 360 degrés,au moyen de machines brevetées dont la précision atteint le demi-centième.
- L’hélice à miroirs du Visiola prévue pour les émissions actuelles à 30 lignes se compose de 30 lames, décalées d’un angle de 12 degrés.
- Le bâti du Visiola est monté sur un axe-support tour-
- Fig. 9. — Réception de la lettre E sur l’hélice à miroirs.
- En 1, la lampe Visiola est placée à la distance convenable et la lettre transmise sur format 3 X 7 est entièrement contenue dans l’aire explorée par l’hélice. En 2 la lampe est rapprochée; la lettre est raccourcie dans le sens de l’exploration. En 3, la lampe est éloignée et la lettre est au contraire allongée.
- Lampe linéaire Visiola
- Hélice
- miroir
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- nant dans une pièce de passage au moyen d’un bouton moleté, ce qui permet de passer de l’exploration verticale à l’exploration horizontale.
- LE FONCTIONNEMENT DE L’APPAREIL
- Comment fonctionne f hélice à miroirs du Visioîa.
- — Reposant sur le principe du déplacement optique de l’image virtuelle d’une source lumineuse dans un miroir tournant, l’hélice à miroirs gagnerait à être expliquée par l’exemple du miroir tournant.
- En se référant à la figure 5, on suppose un miroir plan pouvant tourner d’un angle a autour de deux pivots médians.
- Une source lumineuse linéaire frappe ce miroir de manière à former pour la position (a) son image virtuelle en haut de ce miroir.
- En tournant le miroir d’un angle a (suivant la flèche tournante) de manière qu’il occupe la position (b) en pointillé, on remarque que l’image virtuelle de la source linéaire s’est déplacée le long du miroir d’un
- Fig. 10. — Visiola en fonctionnement.
- Réception de l’image d’un X transmis sous format anglais 3 X 7; exploration verticale. L’image se forme sur l’hélice à miroirs.
- angle 2 a suivant la flèche pour venir se former en bas du miroir.
- Si pour un angle donné de rotation du miroir entre la position (a) et la position (b), l’on désire que l’image virtuelle se déplace d’une extrémité à l’autre du miroir, il devient nécessaire de placer la source à une certaine distance du miroir.
- Cette distance, qui dépend de l’angle de rotation et de la longueur du miroir peut être déterminée à l’avance par la formule :
- 2 sin a
- où d est la distance miroir-source et l la longueur du miroir.
- En agissant sur la distance miroir-source, on peut donc augmenter ou diminuer l’angle de rotation du miroir pour un déplacement de l’image virtuelle de la source d’une extrémité à l’autre du miroir.
- On comprend aussi cju’en dehors de ces deux positions (a) et (b) du miroir, qui déterminent l’angle a, l’image
- virtuelle de la source tombe en dehors du miroir et par suite ne se trouve plus visible sur le miroir.
- Si l’on remplace à présent le miroir plan par l’hélice à miroirs du Visiola, et que l’on place la source linéaire parallèlement à son axe (fig. 5) et à une distance telle que pour l’angle de décalage entre deux lames successives (12 degrés) le déplacement optique de l’image virtuelle de la source linéaire se fasse d’une extrémité à l’autre de chaque tranche formant miroir, on constate qu’à une position donnée de l’hélice, l’image virtuelle de la source ne peut tomber que sur une seule des tranches réfléchissantes à la fois, celle se trouvant dans le champ de l’angle d’incidence par rapport à la source.
- Imprimons une rotation à l’hélice; nous remarquerons que son fonctionnement est identique à celui du miroir plan, seulement le phénomène de déplacement de l’image virtuelle de la source linéaire se répète au passage de chacune des tranches réfléchissantes.
- Au passage de la première tranche réfléchissante, une portion d’image de la source linéaire en forme de point (intersection de la source linéaire et de la tranche réfléchissante) glisse de haut en bas (ou inversement).
- Sitôt que le point lumineux arrive à l’extrémité inférieure de cette tranche, il disparaît et instantanément un autre point lumineux (seconde portion juxtaposée de la source linéaire) apparaît à l’extrémité supérieure de la tranche n° 2, il glisse vers le bas et disparaît à l’extrémité inférieure de la tranche n° 2 pour faire place instantanément à un autre point lumineux (troisième portion de la source linéaire) qui apparaît à l’extrémité supérieure de la tranche n° 3 et le phénomène se répète jusqu’à la dernière tranche pour ensuite réapparaître instantanément sur la première.
- Ainsi, l’hélice à miroirs produit en tournant un phénomène d’exploration d’image, point par point et ligne par ligne, qui tient à la fois de l’exploration par démasquage (disque de Nipkow) et de celle par déplacement optique (roue de Weiller), le phénomène d’exploration par déplacement optique se produisant dans le sens des lignes d’exploration (donc des tranches) et celui par démasquage se faisant dans le sens perpendiculaire. En fin de compte, l’hélice à miroirs en rotation crée une aire éclairée uniformément comme représenté sur la fig. 7.
- Comme on le voit, l’inconvénient des chevauchements ou des lignes noires séparant les lignes d’exploration des autres systèmes (disque de Nipkow, roue de Weiller, disque à lentilles, systèmes cathodiques) n’existe pas dans ce système.
- Comment fonctionne le Visiola. — Pour expliquer le fonctionnement de l’appareil Visiola, on suppose à présent que l’on ait à recevoir l’image d’un E, transmis par Londres sur 30 lignes, format 3/7, à raison de 12 images et demie par seconde (fig. 9).
- En premier lieu, il faut que l’hélice à miroirs se compose de 30 lames à tranches réfléchissantes décalées sur un tour complet de 360 degrés, donc décalées entre elles d’un angle de 12 degrés.
- L’épaisseur et la longueur de ces lames doivent être telles qu’en rotation l’hélice à miroirs forme une aire d’exploration dont les dimensions soient dans le rapport 3/7.
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- L’hélice à miroirs du Visiola, dans sa réalisation industrielle actuelle, présente ces caractéristiques.
- On règle la vitesse du moteur à induction au moyen d’un rhéostat, de manière que l’hélice à miroirs tourne à raison de 12 tours et demi environ par seconde.
- Pour maintenir le synchronisme entre l’émetteur et l’appareil Visiola, on branche le synchroniseur à roue phonique sur les courants d’images reçus (directement ou indirectement par l’intermédiaire d’un oscillateur entretenu par la fréquence des lignes d’images) de manière que, suivant le processus connu, la roue phonique (qui comporte 30 dents) synchronise l’ensemble.
- On branche aussi la lampe au néon linéaire spéciale Visiola (installation schématique pour vision individuelle, figure 8) sur les courants d’image reçus.
- Si le synchronisme est réglé en phase, l’image du E transmis se forme sur l’hélice à miroirs (figure 9, partie 1) suivant le processus déjà expliqué,
- Dans l’installation de la figure 8, on a tenu compte de la distance exacte entre la lampe au néon linéaire Visiola et l’hélice à miroirs, de sorte que l’image reçue couvre entièrement l’aire explorée par l’hélice.
- Si à présent on rapproche cette lampe de l’hélice à miroirs (figure 9, partie 2), on s’aperçoit que l’image du E est réduite dans un sens (sens de l’exploration) et qu’il se forme deux portions d’images secondaires en haut et en bas de cette image.
- Dans le cas contraire, c’est-à-dire d’un éloignement de la lampe Visiola par rapport à l’hélice à miroirs (figure 9, partie 3) il se produit un allongement dans un sens de l’image du E (dans le sens de l’exploration) à tel point qu’elle ne se trouve plus contenue entièrement dans l’aire explorée par l’hélice à miroirs.
- Dans l’appareil Visiola, on met à profit ce phénomène dans le but de recevoir des images de même nombre de lignes, mais de formats différents, en partant du format le plus allongé.
- Ce procédé, allié à la possibilité de faire tourner l’appareil Visiola d’un angle de 90 degrés sur son axe-support au moyen du bouton moleté, permet de recevoir ces différents formats d’image en exploration verticale ou horizontale.
- Bien entendu, la lampe Visiola doit pour tous ces changements être placée correctement à l’endroit qui lui convient.
- On peut, dans ce but, soit monter cette lampe sur un prolongement du bâti en prévoyant des dispositifs de rapprochement ou d’éloignement par vis et crémaillère,
- de manière à faire tourner la lampe en faisant tourner le bâti, soit monter plusieurs lampes à des endroits déterminés pour chaque format d’exploration et prévoir un commutateur mettant en circuit la lampe qui convient (commutateur qui peut être actionné automatiq uement par la rotation de l’axe-support).
- Sans nul doute, l’appareil Visiola marque, comme on a pu le voir ci-dessus, un progrès important, à tous points de vue, dans la voie du perfectionnement de la télévision.
- Mais il reste la difficulté de la fameuse bande de transmission que les efforts incessants des tarderont pas, il faut
- Fig. 11. — Visiola en fonctionnement. Réception d’un Z transmis sur format « standard » 3 x 4 (image cinématographique). Exploration horizontale. L’image se forme sur l’hélice à miroirs. Dans ce cas la lampe doit être plus rapprochée de l'hélice à miroirs.
- techniciens de tous les pays ne l’espérer, à résoudre.
- André Bercy.
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- Hélice à miroir
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- Fig. 12. — Installation du Visiola pour la projection sur écran.
- LE RAISIN DE CORINTHE
- De temps immémorial, on cultive, en Grèce, une espèce particulière de vigne donnant des grains noirs, très petits el sans pépins, nommés raisins de Corinthe. Des variétés blanches et roses à feuilles très découpées se rencontrent aussi dans le vignoble grec et elles fournissent, en plus
- grand nombre que les cépages corinthiens ordinaires, des grains volumineux à pépins mûrissant plus vite, plus riches en sucre et moins acides que les raisins sans pépins.
- Cette originale culture prit d’abord naissance dans le
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- Fig. 1. — Les régions de culture du raisin de Corinthe. (Elles sont teintées en gris, le long des côtes).
- Péloponèse, puis elle se propagea au commencement du xve siècle dans les îles de Zante et de Céphalonie qui, dès le siècle suivant, fournissaient à elles seules les 9/10e du raisin de Corinthe. Après quelques alternatives de prospérité et de marasme causées soit par les événements politiques, soit par l’invasion duphylloxéra en France et son heureuse répercussion sur les exportations grecques de raisins secs, soit par les tarifs douaniers prohibitifs de certains pays consommateurs, les viticulteurs hellènes créèrent en 1925 le Comptoir central du raisin de Corinthe, véritable coopérative qui favorisa puissamment leur négoce en régularisant l’offre et la demande, en contrôlant la production et surtout en installant en 1926, un 1ns--titut scientifique à Pyrgos. Dans cet établissement et dans ses stations annexes, se poursuit, sous la savante direction de M. Roussopoulos, l’étude scientifique du raisin de Corinthe, au point de vue agricole, biochimique, industriel. L’Institut renseigne les producteurs, leur fournit des semences et des plants sélectionnés, leur enseigne les meilleures méthodes culturales, analyse les sols, défend les vignobles contre le phylloxéra ou autres ennemis, leur donne des instructions rationnelles pour combattre les maladies cryptogamiques, etc.
- Toutes ces mesures administratives et techniques ont porté leurs fruits, si bien qu’actuellement l’industrie du raisin de Corinthe traverse une ère de développement que seuls, divers contingentements européens ont pu ralentir au cours de la campagne 1931-32.
- L’aire géographique de cette précieuse vigne s’étend maintenant dans le Péloponèse sur une étroite bande côtière ayant quelques kilomètres de longueur. Les principaux centres de production sont Corinthe,
- Pyrgos, Aeghion, Patras, Amalias, Kyparissia, Calamata, Filiatra, Gargaliani, Pylos et Mé-thoni. En outre, on cultive le raisin de Corinthe à Zante et à Ghytion (Céphalonie). Il constitue d’ailleurs presque l’unique richesse de l’Élide.
- Dans ces régions, d’une altitude inférieure à 100 mètres, sauf quelques collines avoisinant Aeghion, la température descend rarement au-dessous de 0° et ne dépasse guère 36° à 40°.
- Les chutes d’eau y varient de 500-700 mm à 1 m. D’ordinaire, ces pluies sont torrentielles, accompagnées parfois de grêle et d’orages, en été comme en hiver.
- Au printemps, on observe des brouillards et quelques gelées, mais si l’atmosphère est souvent humide et la rosée très fréquente, il neige rarement.
- LE CEPAGE
- L’origine du cépage corinthien est controversée. Odard et Pulliat le considèrent comme une espèce spéciale de vigne sauvage tandis que Marès ne voit, dans ses diverses variétés, que des plants millerandés et fixés, puis propagés ultérieurement par boutures. Au cours de ces accidents végétatifs, occasionnés par la coulure et qui entraînent un avortement plus ou moins complet des grains du raisin, la souche mère aurait disparu. Les observations et expériences récentes de l’agronome japonais Yasusi Oinoue tendraient à légitimer cette dernière opinion. L’absence des pépins proviendrait d’une fécondation incomplète; elle serait due à une simple fécondation au lieu d’une double comme cela se produit, en général, dans toutes les espèces de vignes.
- Quoi qu’il en soit, le Corinthe se distingue des autres cépages par sa précocité et son évolution rapide. En Grèce, sa végétation dure de 136 à 141 jours. Il débourre fin mars, fleurit vers la première dizaine de mai et sa maturation s’achève entre la fin de juillet et le commencement d’août. A maturité complète, le poids des grains varie suivant les localités. Dans les vignobles d’Amalias, on récolte des raisins à gros grains; ceux de Zante, au contraire, sont petits. Notons, pour fixer les idées et sans que ces chiffres aient une valeur absolue, qu’une grappe mûre de Corinthe ordinaire pèse en moyenne 95 gr. Toutefois on a obtenu à l’Institut de Pyrgos, sur un pied d’une variété sélectionnée, une grappe de Corinthe atteignant le poids respectable de 1 kg 605, c’est-à-dire 10 à 15 fois plus grosse que celles des cépages ordinaires du même type.
- LA CULTURE
- Voici, d’après un excellent mémoire de M. N. C. Roussopoulos présenté au IIe Congrès international de la vigne et du vin de Rarcelone (1930), comment se pratique aujourd’hui la culture des vignes corinthiennes, en Grèce. Après les vendanges, les producteurs procèdent à Vécu-mage vers le mois d’octobre ou le commencement de novembre. Cette opération consiste à ouvrir, autour de
- Fig. 2. — Mise en place des fourches de bois destinées à soutenir les souches.
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- Fig. 3. — Un cep chargé de grappes dans un vignoble Corinthien.
- chaque pied conduit généralement en forme de gobelet, une petite cuvette, destinée à recevoir les pluies automnales et les feuilles mortes. Tous les trois ans, les vignerons grecs approfondissent chacune de ces poches afin d’y enfouir du fumier, du sulfate d’ammoniaque ou d’autres engrais appropriés. Vers la fin de l’année ou au début de janvier, en espoudasse les vignes. Cette élimination préliminaire des branches inutiles permet de conserver seulement les beaux sarments qu’on rabat et qu’on taille définitivement au sécateur le mois suivant sur 2-3 yeux, en pins du bourillon. On fait ensuite un labour à la houe à main afin de dégager le pied de la vigne qui pourra profiter ainsi des dernières pluies et lorsqu’au mois d’avril les jeunes pousses se montrent, on bine pour niveler le sol et enfouir les mauvaises herbes. Entre temps, on redresse la souche dont on soutient les ramifications en les liant avec du raphia ou de l’osier.
- Fig. 4. — Une grappe exceptionnelle de raisin de Corinthe, pesant 1 kg. 605, obtenue d’une variété sélectionnée à l’Institut agricole de Pyrgos.
- Au moment de la floraison, on procède à une opération spéciale : l’incision annulaire qui se fait en général à la serpette au bas de la souche et en remontant plus haut chaque année. L’anneau d’écorce ainsi enlevé sur 3 millimètres environ de largeur se referme au bout d’une vingtaine de jours et diminue quelque peu le mouvement de la sève, qu’on ralentit encore par un écimage ultérieur. A Aeghion où l’on soigne beaucoup les vignobles, on préfère pratiquer l’incision sur les bras du gobelet afin de ne pas affaiblir le tronc par des blessures annuelles. L’opération s’exécute au moyen de ciseaux plats et courbes qui embrassent le bois et auxquels on imprime un mouvement de va-et-vient pour sectionner l’écorce sur une largeur de 1 millimètre seulement.. Quand on s’adresse à cette méthode, on supprime l’extrémité des rameaux 3 jours environ avant de pratiquer lesdites taillades.
- En outre, aux approches de la maturité, on étaye les sarments fructifères avec des fourches de bois pour que les raisins ne se souillent pas en tramant sur le sol et à plusieurs reprises, comme en France, on fait subir aux vignes corinthiennes des sulfatages, soufrages et autres traitements anticryptogamiques sans compter qu’on les arrose souvent en été comme en hiver afin de donner à leurs racines l’eau qui leur manque parfois.
- Pour les vendanges, qui s’échelonnent de la fin de juillet à la première quinzaine d’août selon les lieux et les années et qui sont très précoces, par exemple en Messé-nie, on emploie des petites corbeilles d’une contenance de 6 kg, dans lesquelles les cueilleurs déposent les grappes. Une fois les récipients pleins, on les vide dans des paniers d’une capacité plus grande (20 kg environ) que d’autres ouvriers portent sur leurs épaules soit jusqu’aux emplacements de séchage, soit jusqu’à la voiture garnie d’une étoffe imperméable qui emmène les hottes pleines jusqu’aux caves de vinification. Dans quelques districts on remplace les corbeilles de vendange par des plateaux en zinc à bords relevés.
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- Fig. 5. — Mise sur claies des grappes de raisin de Corinthe, pour le séchage au soleil.
- LE SÉCHAGE
- Il s’opère de différentes façons. En Aeghiakie et en Corinthie, endroits où l’on n’a guère à redouter la coulure des grains par suite de pluies et de vents violents, on coupe les grappes,puis on les suspend simplement sur le cep même qui les a produites et on les y abandonne. Séchant ainsi à l’ombre des feuilles, le raisin prend une remarquable couleur bleu foncé. Mais la plupart du temps le séchage s’effectue loin des vignes,à l’ombre ou au soleil.
- La première méthode est longue,mais donne en revanche des produits supérieurs. Ce séchage à l’ombre se fait sous des hangars, soit sur des claies superposées maintenues par une ossature en bois recouverte à son sommet d’une bâche de protection contre les intempéries, soit en suspendant les grappes à des fds de fer galvanisés disposés en lignes parallèles et en, étages distants de 30 cm l’un de l’autre. Les hangars surmontés d’une toiture en tôle ondulée à 2 pentes, protégés latéralement contre les pluies par des étoffes, mesurent, d’ordinaire
- Fig. 6. — Hangars pour le séchage à l'ombre.
- 1 m 50 de largeur sur 6 m de longueur. Us peuvent emmagasiner 1800 à 2000 livres de raisin, qui demandent 18 jours à 4 semaines pour sécher. Après ce temps, on descend les grappes ridées, on les désagrège à la main et on étale leurs grains en plein air sur des claies ou sur une étoffe propre afin que, sous l’influence des rayons solaires, leur dessiccation s’achève.
- Le séchage peut s’opérer uniquement au soleil. On étale alors les grappes, le pédoncule en haut, soit sur le sol même préalablement enduit de terre glaise ou recouvert de papier, soit encore sur des claies à fond plein en bois ou à fond en toile métallique. Chaque oque (312 kg environ) de raisin frais exige pour son étalage une surface d’environ 6 m2. Selon les circonstances atmosphériques, le séchage sur le sol dure de 7 à 10 jours. Vers le milieu de cette période, des femmes retournent les rafles, durant une belle après-midi, en écartant les raisins avec soin. Deux ou trois jours après, les raisins sont secs. Les grappes recroquevillées et devenues cassantes se désagrègent facilement sous les doigts des ouvriers ou sous les dents des râteaux. Les grains ainsi isolés et munis presque tous de leur pédicelle restent encore un couple de jours étendus sur le sol,puis on les rentre avant le coucher du soleil afin d’empêcher la ponte des petits papillons crépusculaires dont les chenilles les parasiteraient ultérieurement. On les nettoie ensuite mécaniquement au moyen d’un tarare au haut duquel on verse les raisins secs et désagrégés. Les mouvements trépidants des tamis classent ceux-ci en une ou deux catégories de grosseurs différentes et les débarrassent de leurs impuretés. Les grains propres arrivent dans un panier tandis que les brindilles et autres débris tombent d’un autre côté sur le sol.
- Quant à l’aire sur laquelle on étend les grappes de Corinthe, sa superficie est plus ou moins grande ; on oriente son grand axe de l’est à l’ouest avec une légère pente vers le midi et on ménage des caniveaux sur. tout son pourtour afin de permettre l’évacuation des eaux de pluie. En outre, on tend sur des solives, soutenues par des pieux bifurqiiés, des étoffes qu’on replie sur le faîtage lorsqu’il fait beau ou qu’on déploie au-dessus de l’aire soit pour protéger les raisins de l’humidité nocturne, soit quand le temps devient menaçant. Dans ces conditions, 3 parties de raisin frais fournissent une partie de raisin sec avec environ 10 pour 100 d’impuretés (rafles, grains défectueux, pédicelles, poussière, etc.) On conserve ces raisins en tas de 1 m 50 de hauteur en attendant leur envoi aux importants entrepôts de Patras, de Calainata, d’Ae-ghion, de Catacolon ou de Céphalonie. Là, les Corinthes subissent leur ultime toilette (nouveau vannage, classements par grosseurs et qualités, etc.) Ensuite, les grains pesés automatiquement sont pressés et emballés dans des caisses clouées, entourées de fils de fer et portant chacune sur leur couvercle la marque d’origine contrôlée parles agentsduaComptoir central » ou organisation financière des divers producteurs, comme nous l’avons déjà noté. Commercialement, on classe les raisins de Corinthe
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- en 6 catégories qui sont, par ordre de qualités décroissantes Aeghion (Vostitza), Corinthe (golfe), Patras, Amalias à gros grains, Pyrgos et autres provinces (Olympie, Pylie, Messénie). D’une façon générale, les raisins des collines ont un goût plus fin que ceux des plaines et des pédicelles plus grêles; ceux séchés à l’ombre se distinguent par leurs grains couleur bleutée et leurs pédicelles jaune verdâtre. En particulier, les raisins secs d’Aeghion de qualité supérieure possèdent une jolie nuance bleutée foncée, un goût sucré très agréable, ils sont doux au toucher et élastiques. Les raisins de Corinthe les égalent presque, ceux de Patras moins fins que les précédents contiennent un peu de grains rouges et à partir des Amalias, on tombe dans les qualités inférieures que caractérisent une saveur astringente, des arrière-goûts assez désagréables, une plus grande proportion de grains rouges et une élasticité moindre.
- DONNÉES STATISTIQUES
- Terminons cette courte étude par quelques statistiques afin de montrer l’importance que joue le Raisin de Corinthe dans la production hellénique.
- D’après les dernières données officielles, la culture du Corinthe occupe, en Grèce 656 624 stremmas soit 65 662 hectares et les autres vignes s’étendent sur 131 665 hectares. Mais selon le « Comptoir central » ces chiffres seraient trop élevés et la superficie cultivée en variétés sans pépins ne dépasserait guère 60 000 hectares dans le Péloponèse et les îles Ioniennes. Cependant le commerce du raisin de Corinthe représente à lui seul, 1 151 900 000 drachmes alors que les produits des autres vignes hellé niques atteignent seulement 737 100 000 drachmes pour le moût, 99 500 000 drachmes pour les raisins de table et 65 300 000 pour le Sultanina (grappe aux grains ellep-soïdes jaune doré et de saveur exquise). Sa valeur correspond au l/14e de toute l’économie agricole de la Grèce.
- Jusqu’à la dernière crise, la production annuelle du
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- raison de Corinthe oscillait autour de 280 millions de livres vénitiennes (1 livre = 0 kg 480) dont 180 millions livres pour l’exportation. Les pays importateurs de ce « présent des Dieux » sont par ordre d’importance décroissante la Grande-Bretagne (qui en achète les 3/4), les Pays-Bas, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie, la France et le Canada. Quant aux trois principales nations cultivatrices de raisins secs, leurs exportations se chiffraient annuellement par 945 290 quintaux (Grèce), 804 827 quintaux (Etats-Unis), 333 383 quintaux (Australie). Si donc Corinthe fut jadis un centre intellectuel d’un incomparable rayonnement et l’un des carrefours du commerce de l’Antiquité, les minuscules raisins secs et bleutés qui parfument les puddings et petits fours consommés aujourd’hui dans l’univers entier, maintiennent encore sa
- Fig. 7. — Vannage et triage des grains au tarare.
- célébrité séculaire d’une façon prosaïque sans doute, mais néanmoins très brillante auprès des gastronomes des deux mondes ! Jacques Boyer.
- DETECTION AUTOMATIQUE DES INCENDIES
- A BORD DES NAVIRES
- Dans son excellent article sur la protection des navires contre l’incendie (n° 2896, 1er janvier 1933), notre collaborateur P. Devaux a montré que la détection automatique de tout commencement d’incendie est essentielle dans la lutte contre l’incendie. Le drame tout récent de Y Atlantique succédant à tant d’autres catastrophes récentes, aussi bien à l’étranger qu’en France, a prouvé une fois de plus la justesse de cette assertion. Les navires modernes, les paquebots surtout, concentrent sur un petit espace tant de matériaux inflammables et dans des conditions si favorables au développement de l’incendie, que dès que celui-ci a pris un peu d’ampleur, les moyens du bord deviennent impuissants à le combattre. Les
- moyens de lutte directe contre le feu n’ont pu suivre jusqu’ici la même progression que les masses à défendre. Il y a aujourd’hui à cet égard une disproportion flagrante entre l’attaque et la défense. Pour rétablir la sécurité, il est donc indispensable de renforcer les mesures préventives. Les efforts à cet égard doivent s’orienter dans trois voies principales ! ils porteront tout d’abord sur la construction elle-même : recherche de matériaux incombustibles tout en restant légers; précautions rigoureuses dans les installations électriques, réalisation de dispositifs de coupe-feu s’opposant à la progression rapide de l’incendie; ils auront à s’exercer aussi sur la création, à bord des grands bâtiments, d’un service de surveillance
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- avec personnel spécialisé chargé de vérifier constamment le matériel de défense, d’inspecter les points dangereux, de veiller aux consignes, etc. Il faut enfin que tout commencement de sinistre soit signalé à temps pour que la lutte puisse être entreprise sans délai et avec toutes chances de succès
- M. Devaux a signalé qu’il existait pour les cales des systèmes de détection automatique, par les fumées, systèmes complétés par des moyens pour projeter instantanément sur les foyers ainsi décelés des torrents d’acide carbonique. Ce mode de protection a fait ses preuves, il est employé à bord d’un grand nombre de
- navires importants et se répand rapidement. Mais les cales ne sont pas la partie la plus vulnérable des navires à passagers : les dangers les plus graves, on l’a bien vu, ont leur siège dans les superstructures qui abritent les locaux habités. Ici la détection est beaucoup plus difficile; à tel point que jusqu’ici on a pu la considérer comme pratiquement inexistante. Sans doute il existe des détecteurs par variation brusque de température, mais ces appareils ne peuvent résoudre complètement le problème; il est bien évident que l’on ne peut les faire trop sensibles, sous peine de multiplier les avertissements intempestifs ; il faut une flamme vive pour les impressionner, mais bien souvent, hélas, quand
- l’appareil entrera en action, c’est que l’incendie sera déjà au stade où la lutte devient difficile. Ces détecteurs sont généralement électriques ; on ne peut en multiplier le nombre sans multiplier les canalisations, et surtout les relais, appareils délicats, à surveillance difficile, exposés à de multiples causes d’avarie qui risquent de les rendre inopérants au moment précis où leur parfait fonctionnement serait indispensable. Tout dispositif de sécurité doit assurer une sécurité totale; la fausse sécurité n’est qu’un danger de plus, car elle endort la surveillance. Or, le point faible de la plupart, sinon de la totalité des relais connus, ce sont, avant tout les contacts, organes capricieux et peu sûrs, parfois générateurs d’étincelles qui sont elles-mêmes des sources de dangers Un inventeur justement célèbre, M. Chilowski, vient de se poser à son tour ce difficile problème de la détection du feu dans les locaux habités, il lui a apporté une solution ingénieuse et élégante, dont nous allons exposer le principe.
- Il convient de rappeler ici que M. Chilowski, venu de Russie, a mis, pendant la guerre, son génie inventif au service de la France, et qu’en collaboration avec M. Langevin, il a doté notre marine du repérage des sous-marins et du sondage en mer au moyen des ultra-sons.
- Le système nouveau qu’il vient d’imaginer a été réalisé avec la collaboration de la société de Condensation et l’Applications mécaniques.
- LA NAISSANCE DES INCENDIES
- Comment se manifestent les incendies à leurs débuts ? De deux façons : soit par un dégagement de fumées, soit par un dégagement de chaleur. Dans le premier cas, il n’y a pas de dégagement de chaleur important, mais production abondante de fumées : le feu couve. C’est le cas le plus fréquent; et sa fréquence s’accroîtra encore avec tous les progrès à attendre de la technique préventive qui, développant l’emploi des matériaux difficilement combustibles, rendra lents la plupart des débuts d’incendie. Il ne faut cependant pas négliger le second cas, celui où le début de l’incendie se manifeste par une vive augmentation de température, et apparition de flammes, mais en général sans aucun dégagement de fumées.
- M. Chilowski estime, en conséquence, que tout système de détection, pour être efficace, doit être mixte, c’est-à-dire capable de déceler l’un ou l’autre de ces deux phénomènes. Il s’est imposé en outre de réaliser un ensemble simple et peu coûteux permettant de multiplier les organes de guet, condition indispensable en raison du grand nombre des locaux à surveiller.
- Le système comporte des détecteurs individuels, placés dans les cabines, les couloirs, etc., tous réunis à une chambre centrale de contrôle; dès qu’un détec-
- DETECTEUR DE CABINE
- cellule.
- lentille
- lampe
- fil protégé7
- ressort
- Fil nu
- CHAMBRE DE CONTROLE
- cellule centrale
- TABLEAU D ' ALARME
- ressort
- relais7 optique
- relais
- magnétique
- lampe
- avertisseur sonore
- rhéostat
- courant d'alarme
- V_- interrupteur
- courant d'alimentation
- Fig. 1. — Schéma du système Chilowski, pour la détection de l'incendie.
- Le détecteur de cabine, sa liaison au relais optique de la chambre de contrôle.
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- leurs entre en action, un avertisseur sonne, fait retentir dans cette chambre centrale un appel puissant et continu. En même temps un voyant indique le détecteur qui a donné l’alarme et par suite l’endroit où l’incendie s’est manifesté.
- DÉTECTEUR DE CABINE
- Voyons d’abord comment cet organe assure la détection des fumées : il comporte une petite lampe électrique dont les rayons lumineux sont dirigés par une lentille sur un miroir, qui à son tour les réfléchit sur une cellule photoélectrique au sélénium. Si une fumée s’interpose entre le miroir et la cellule, son opacité réduit l’intensité du faisceau lumineux, la résistance de la cellule est modifiée. Celle-ci est insérée dans un circuit électrique connecté en série à un relais équilibré dont nous expliquerons plus loin le mécanisme remarquablement simple et robuste, relais placé dans la chambre centrale. La cellule, mise au point par M. Chilowski, après plusieurs mois de recherches, a une sensibilité inégalée jusqu’ici; une légère variation d’intensité du faisceau lumineux produit une variation de résistance suffisante pour déséquilibrer le circuit du relais optique et mettre celui-ci en action dans la chambre centrale; le relais à son tour fait fonctionner voyant et avertisseur sonore comme il sera expliqué plus loin. Aucun amplificateur n’est nécessaire entre la cellule et la chambre centrale. L’organe de surveillance est donc ici un faisceau lumineux; il a, entre autres, l’avantage de n’êtrepas encombrant, d’être insensible aux chocs et aux mouvements du navire, et de se prêter à la surveillance d’espaces aussi étendus qu’on le veut.
- Quant à la détection du dégagement de la chaleur, elle est assurée par un fil qui s’enroule sur une poulie dont l’axe porte le miroir dont il a été parlé plus haut. Un des brins du fil est nu, l’autre est protégé; les deux extrémités libres sont fixées à un ressort. En cas d’augmentation brusque de température, l’un des brins se
- RELAIS OPTiQUE
- écran [position alarme}
- Flotteur
- écran
- Fig. 2. — Le relais optique.
- dilate plus vite que l’autre, la poulie et le miroir sont légèrement déplacés, et le faisceau lumineux en conséquence se trouve légèrement dévié. La cellule reçoit alors moins de lumière, l’effet produit sur elle est donc le même que lors de l’apparition d’une fumée.
- Ainsi un seul et même organe, simple et robuste, assume la mission de transmettre l’alarme à la chambre centrale.
- Fig. 3. — Chambre centrale de contrôle, contenant une file de relais optiques à voyants, surveillés par un rayon lumineux.
- CHAMBRE DE CONTRÔLE
- retais optique
- lampe
- cellule central.
- vers le tableau d'a
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- CHAMBRE CENTRALE
- L’organe essentiel de la chambre de contrôle est le relais dit « optique » (lîg. 2). Il comporte une tige en acier au cobalt, donc fortement magnétique, munie d’un voyant et plongeant dans un liquide lourd de même densité, le bromoforme par exemple, au sein duquel elle se trouve en équilibre indifférent. La tige est placée dans l’axe de deux bobines dont les enroulements, de sens inverse, sont parcourus chacun par un même courant électrique prélevé sur un circuit général d’alimentation. Toutefois la cellule du détecteur de cabine est montée en série dans le circuit d’une des bobines.
- La tige d’acier au cobalt est le noyau d’un double électro-aimant constitué par les deux bobines, au sein desquelles elle flotte. Au repos, c’est-à-dire quand aucun rayon lumineux ne frappe la cellule du détecteur de cabine, les courants qui traversent les deux bobines sont sensiblement égaux et l’appareil est réglé pour que la tige, attirée par l’électro-aimant du bas, s’enfonce dans son bain de liquide. Le voyant est à la position basse; ce simple aspect révèle que le détecteur de cabine est au repos. Un rhéostat sur le circuit de la bobine supérieure permet d’effectuer le réglage. Que l’éclairement de la cellule photoélectrique vienne à diminuer, c’est, nous l’avons vu, le signe prémonitoire d’un danger d’incendie, aussitôt la résistance de la cellule photoélectrique augmente, les circuits des deux bobines du relais sont, de ce fait, déséquilibrés; l’attraction de la bobine supérieure l’emporte sur celle de la bobine inférieure : la tige attirée se soulève et le voyant monte avec elle. La sensibilité de ce relais est très grande et un très léger déséquilibre suffît à assurer un mouvement de
- grande amplitude à la tige qui, dans son bain liquide de même densité, monte ou descend à la façon d’un ludion. Un petit bobinage supplémentaire, excité par le courant d’alimentation, permet de ramener la tige à sa position normale dans le cas où elle l’aurait quittée accidentellement. Le voyant de la tige assure la signalisation optique. Voici comment est donné l’avertissement sonore. Lorsque la tige, attirée par la bobine supérieure, se soulève, le voyant vient masquer une lampe éclairant en permanence une cellule photoélectrique placée dans la chambre de contrôle. Cette cellule est insérée dans le circuit d’un relais électromagnétique commandant un avertisseur électrique sonore; tant qu’elle est éclairée, sa résistance est faible et le relais maintient ouvert le circuit de l’avertisseur. Aussitôt que le voyant du relais optique intercepte la lumière, la résistance de la cellule augmente; le relais électromagnétique n’a plus la force de maintenir ouvert l’interrupteur du circuit de l’avertisseur. Celui-ci entre en action et ne s’arrêtera qu’au moment où le voyant, revenant à sa position de repos, démasquera la lampe.
- On remarquera que le relais optique, organe vital du système, est rigoureusement dépourvu de tout contact : aucun contact ne se rencontre ni dans le détecteur de cabine, ni dans le trajet entre celui-ci et la chambre centrale, ni dans le relais optique. En outre ce dernier est d’une robustesse et d’une sûreté remarquables ; de par son principe même il est indifférent aux chocs, aux trépidations, au roulis et au tangage. Enfin il est d’une construction simple, ce qui permet de le fabriquer en série, très économiquement. Nul doute, du reste, que cet ingénieux appareil ne trouve de nombreuses applications dans une foule d’autres domaines électriques, notamment pour les appareils de mesure.
- A chaque détecteur individuel correspond, nous l’avons dit, un relais optique dans la chambre centrale. Tous ces relais sont rassemblés de telle sorte que leur surveillance se fasse d’un seul coup d’œil. Ils sont disposés en ligne; une seule lampe, une seule cellule photoélectrique et un seul avertisseur sonore suffisent pour assurer la signalisation acoustique; comme on le voit sur la figure 3. Le faisceau lumineux issu de la lampe surveille, en quelque sorte, toute la file du relais. Si l’un d’eux se soulève, à l’appel d’un détecteur quelconque, son voyant masque la lampe et l’avertisseur retentit.
- ORGANISATION GÉNÉRALE
- On conçoit aisément comment, par le système qui vient d’être expliqué, l’on peut assurer la protection de locaux multiples. Les dispositions peuvent être très variées; le système est très souple et se plie à toutes les dispositions de construction ; si l’on ne veut pas installer un détecteur dans chaque cabine, ce qui entraînerait des canalisations trop nombreuses, rien de plus simple que de disposer des hublots dans les parois pour laisser passer
- Fig. 4 (à gauche). — Vue partielle d’un détecteur de cabine.
- A droite, la lampe, munie d’un projecteur. A gauche, la cellule photoélectrique. On aperçoit au-dessous le détecteur thermique, constitué par un fil dont l’un des brins est protégé, l’autre nu.
- Fig. 5 (à droite). — Vue partielle d’un détecteur de cabine : le miroir.
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- un faisceau lumineux qui surveillera plusieurs cabines à la fois.
- De même, on pourra, dans bien des cas, diminuer le nombre des lampes de surveillance en employant des miroirs pour renvoyer le faisceau lumineux d’une seule lampe sur deux ou plusieurs cellules de détecteurs individuels.
- Le dispositif de M. Chilowski n’a pas encore été expérimenté à bord d’un navire; mais il a fait déjà, à terre, l’objet d’expériences très réussies et très démonstratives. Grâce à lui, on dispose d’un système de détection des incendies qui paraît répondre parfaitement aux exigences de la sécurité. Il pourra du reste être aussi utile à terre que sur les navires.
- Sur ceux-ci, on continuera à assurer la protection des cales par le système à détection de fumées qui a fait ses preuves. On se rappelle en quoi il consiste. Des prélèvements d’air sont faits d’une façon continue dans les locaux surveillés, à l’aide d’un ventilateur et amenés dans des tubes réunis dans une chambre centrale de contrôle. Ces tubes y sont inspectés par un rayon lumineux; la présence des fumées s’y révèle soit par une variation d’opacité, soit dans d’autres systèmes par une dispersion de la lumière (effet Tyndall), phénomènes qui, d’une part, mettent en action des avertisseurs optiques et sonores, et d’autre part, déclenchent automatiquement dans les tuyaux d’aspiration un flot d’acide carbonique
- Fig. 6. — Un modèle de chambre centrale de contrôle.
- Les relais optiques à voyant sont placés dans une chambre à fenêtre transparente; on aperçoit au-dessus de la boîte les bobines supérieures des électros de commande. A gauche, la lampe de surveillance; à droite, la cellule et l’avertisseur sonore; sur le boîtier, les boutons de réglage des relais optiques.
- qui ira étouffer le foyer d’incendie dès son apparition. On ne saurait évidemment recourir à ce mode de combat dans les locaux habités.
- A. Troller.
- == LES FLUCTUATIONS PERIODIQUES ==
- DE LA PESANTEUR
- NOUVELLES RECHERCHES DES PHYSICIENS DE MARBOURG
- Les attractions du soleil et de la lune, cause du flux et du reflux de la mer, donnent lieu aussi à des variations périodiques de la pesanteur, se manifestant par des fluctuations du poids des corps. Peu considérables en valeurs absolues (quelques dixièmes de milligramme par kilogramme et par jour), ces fluctuations sont d’une grande importance théorique, car elles mettraient en évidence une marée de la croûte solide de la terre. En outre, suivant les indications de Courvoisier, déduites d’observations nombreuses et très variées, il existerait, à la surface de la terre, des fluctuations environ 10 fois plus fortes de l’accélération de la gravité, fluctuations dues au déplacement de la terre dans l’espace cosmique. La mise en évidence d’un tel effet aurait évidemment une importance scientifique énorme et serait de nature à modifier les bases mêmes de la physique.
- M. R. Tomaschek, professeur à l’Université de Mar-bourg, en collaboration avec M. W. Schaffernicht, s’est proposé d’élucider ces phénomènes en recourant à un dispositif d’une précision jusqu’ici inégalée. Il s’est servi surtout d’un gravimètre bifilaire dont, le principe a été indiqué par Gauss et qui, par une suspension en même
- temps bifilaire, convertit les variations du poids d’un corps suspendu par un spiral en rotations de celui-ci, rotations enregistrées photographiquement.
- Afin d’éliminer, autant que possible, les influences de la température, M. Tomaschek a installé son dispositif à environ 20 m au-dessous du sol, dans une galerie bien protégée contre la chaleur et où les fluctuations diurnes de la température restaient, en général, au-dessous de quelques millièmes de degré. Malgré cette précaution, l’expérimentateur ne réalisa le maximum de précision qu’après avoir adopté un spiral fait d’un alliage Krupp « W T 10 », dont les propriétés élastiques sont à peu près indépendantes de la température. L’enregistrement photographique avait lieu dans une enceinte séparée. Un traitement thermique préalable permettait d’éliminer, dans une large mesure, les résidus élastiques d’abord très gênants. Afin d’éliminer l’influence de la pression atmosphérique variable et dont les fluctuations donnaient lieu à des variations de la poussée s’exerçant sur le poids, variations pouvant aller jusqu’à un multiple des variations dues aux variations de la pesanteur, l’expérimentateur a disposé son appareil de façon à le mettre
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- Fig. 1. — Dispositif expérimental du Pr Tomaschek installé dans une galerie souterraine à 20 m au-dessous du sol.
- en évidence. C’est dire que le déplacement de la Terre dans l’espace ne saurait se démontrer par des mesures de la pesanteur. Voilà une importante confirmation expérimentale des bases de la théorie de la relativité.
- Les déductions relatives à la géo-physique sont également d’un grand intérêt : ces recherches, de concert avec les mesures faites avec le pendule horizontal, permettent en effet, de déterminer les mouvements de marée du globe terrestre solide. Le résultat est surprenant, car ces mouvements seraient considérablement supérieurs à ceux qu’on admettait jusqu’ici. La marée mi-diurne provoquée par la lune aurait, par exemple, la valeur de =b 23 cm, c’est-à-dire que la surface de la terre, sous l’influence de la lune, oscillerait de près d’un demi-mètre par jour.
- Or, ces fluctuations sont trop importantes pour qu’on puisse les interpréter par le fait que le globe céderait élastiquement. 11 semble, au contraire, que des fluctuations de la surface dues, peut-être, au flux et reflux des Océans (Indien et Arctique) viennent s’y superposer. Pour élucider ces phénomènes, il faudra des expériences ultérieures qui ont déjà été abordées.
- *
- * *
- Ces recherches du laboratoire de Marbourg ont été faites sous les auspices et avec l’aide financière de la « Notgemeinschaft » (Secours de crise à la Science allemande) et de la Société Helmholtz.
- Alfred Gradenwitz.
- à l'abri de la pression atmosphérique extérieure, pendant les réglages et les mesures.
- C’est ainsi que la sensibilité de l’appareil a pu être poussée au point de déceler des variations de la pesanteur allant jusqu’à un milliardième de sa valeur. La figure 2 est une réduction, dans le rapport de 1 à 3, de l’enregistrement fait avec ce dispositif. On y reconnaît clairement comment la pesanteur décroît, lors de la culmination de la lune; une analyse détaillée des courbes fait voir que tous les détails des fluctuations de la pesanteur déterminées par les positions variables de la lune et du soleil au firmament s’y retrouvent en effet.
- Le résultat d’une série ininterrompue d’essais de plusieurs mois est particulièrement intéressant, car il ne fait voir aucune trace de la variation, dépassant celle occasionnée par le soleil et la lune, qu’indique Courvoisier et qui devrait être environ 30 fois supérieure à celles mises
- Fig 2. — a) courbe de température (1 cm de l’original = 0,007° (degré C.) b) Heure de culmination supérieure du soleil. c) Courbe de la pesanteur (1 cm de l’original = 10~7 gr.). d) Heure de culmination de la Lune, e) Enregistrement de temps. f) Dates, g) Déclinaison de la Lune.
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- LES CHASSE-NEIGE
- Le Touring Club a organisé celte année son troisième concours de chasse-neige dans la région de Nice, au col de l’Aution, à 2000 m d’altitude. Ce concours était très sévère, car en dehors de l’efficacité des appareils, il faisait intervenir les conditions suivantes : modicité du prix d’achat, consommation plus ou moins élevée en huile et en essence, entretien de l’appareil, etc...
- A la suite du concours de Font-Romeu, nous avions déjà insisté sur la nécessité du rendement économique des appareils et nous sommes heureux de constater que nous étions bien d’accord avec les organisateurs du concours.
- Pour les appareils de la série légère, qui sont destinés à enlever une couche de neige peu épaisse, le système à étrave fixée à l’avant du véhicule ou sur un traîneau-remorque donne de bons résultats. Il existe d’ailleurs dans certains départements de la France des appareils en service courant, qui déneigent les routes, à condition toutefois de ne pas se trouver devant des masses considérables de neige.
- Fig. 1. — L’appareil Buron et Juste sur les pentes de Turini à 2000 ni au-dessus de Nice. (Pfi. Roi.)
- Quoi qu’il en soit, en raison des conditions imposées pour le concours de cette année, les appareils présentés étaient tous du type à étrave. Naturellement, il arriva ce que tout le monde prévoyait : les étraves furent bloquées par des masses de neige qu’elles ne purent rejeter et il fallut l’aide des chasseurs alpins armés de pelles, pour ouvrir une route et livrer passage aux chasse-neige.
- Il faut signaler toutefois un appareil présenté par M. Juste, constructeur tenace qui s’est déjà fait remarquer lors des précédents concours.
- Pour enlever justement les masses de neige que l’étrave ne peut franchir, il a installé sur l’appareil une benne pio-cheuse, qui permet alors de dégager les masses de neige compacte et d’ouvrir un passage à l’étrave. Malheureusement cette benne se trouvait à l’arrière de l’appareil, et pour s’en servir il fallait tourner bout pour bout dans une route étroite, bordée d’un côté par un talus presque à pic, de l’autre par un ravin non moins impressionnant.
- M. Juste fut obligé d’entailler la masse de neige du talus de manière à ménager un retrait permettant le recul de
- Fig. 2. — L’appareil Buron el Juste pelletant la neige.
- (Ph. Keystone.)
- C’est le cas pour les congères, par exemple. On fait généralement intervenir des travailleurs qui armés de pelles ouvrent une tranchée dans la masse.
- Cette manœuvre peut être supprimée si l’on a des engins susceptibles de débiter mécaniquement la neige, comme les turbines présentées à Font-Romeu en 1931. Mais, il faut considérer que le prix d’un appareil de ce genre dépasse 150 000 fr , et atteint parfois 300 000, que son moteur a une puissance relativement considérable, et que par suite il consomme une quantité importante de combustible, il faut enfin considérer que l’amortissement de l’appareil ne doit pas dépasser 5 ans. Tout cela rend évidemment perplexe l’ingéneur des Ponts -et Chaussées qui ne dispose que d’un crédit modeste pour assurer la circulation routière en hiver dans les régions montagneuses.
- Certains préconisent alors de tasser tout simplement la neige avec un rouleau, et de ne pas chercher à l’enlever.
- Fig. 3. —- L’appareil Somua, à étrave, chasse-neige Degiorgi.
- (Ph. Roi.)
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- l’appareil afin qu’il puisse tourner. Malgré cela, l’avant de l’engin surplombait l’abîme d’une façon inquiétante, et ce ne fut que grâce à la ténacité du constructeur que la manœuvre put se terminer victorieusement.
- Des prouesses de ce genre ne peuvent être demandées en service courant.
- Aussi aucun prix n’a-t-il été décerné pour le concours de Nice. Seules des primes d’encouragement ont été données par le Touring-Club, dont l’action, dans ce domaine, est aussi utile que désintéressée. Il faut le remercier pour ses initiatives, pour l’organisation de concours qui permettent de bien poser le problème, d’en dégager les données, et d’orienter les chercheurs vers les solutions efficaces.
- Le but à atteindre est de réaliser un engin capable de combattre victorieusement les masses de neige compactes et de grande épaisseur, tout en se déplaçant à une vitesse suffisante
- lorsqu’il s’agit de neige friable, en couche peu épaisse. En outre il faut que son prix d’achat soit suffisamment réduit, sa consommation faible, sa durée suffisante pour que l’amortissement puisse être réparti sur un laps de temps assez grand.
- On voit que le problème du chasse-neige routier est très complexe. La neige est fantasque, elle s’accumule parfois dans des proportions formidables; au contraire dans certains cas elle se répand uniformément en couches molles.
- L’appareil doit pouvoir s’adapter à toutes les conditions et posséder des qualités économiques de fonctionnement, ce qui ajoute encore à la difficulté. Ce sera l’honneur du Touring-Club d’avoir par ses efforts persévérants, aiguillé les constructeurs ingénieux vers des réalisations qui, n’en doutons pas, finiront bien par aboutir à la solution définitive du problème posé. E. Weiss.
- NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES
- Fig. 1 à 3. — A gauche : Guignol ou Buratlino. Au milieu ; Marionnette ou Fanloccio A droite : Marionnette à pédales.
- Le théâtre des Marionnettes de Salzbourg, dernièrement de passage à Paris, vient de remettre à la mode les petits bonshommes de bois ou de carton.
- D’une exécution parfaite, fort bien présentées, ces marionnettes ont recueilli les louanges presque unanimes des critiques de théâtre et la visite des spectateurs voulant être à la page.
- On m’a écrit de différents côtés d’initier un peu les lecteurs de La Nature aux mystères de la vie des marionnettes ; comme j’ai passé à peu près toute mon existence avec elles, les créant, les animant, les présentant, je vais maintenant les faire connaître aux lecteurs de La Nature.
- Ce que l’on attend de moi, ce sont plutôt des renseignements didactiques que des éclaircissements historiques, aussi malgré le grand intérêt que l’histoire de la marionnette peut présenter, n’en parlerai-je qu’autant que cela
- sera indispensable, me limitant à décrire les phases de la fabrication ainsi que les nécessites et difficultés de la présentation.
- Cela permettra aux amateurs, et c’est ce qui m’a été demandé, d’établir eux-mêmes des théâtres de marionnettes.
- D’abord, une précision qui s’impose : il y a deux sortes, je ne dirai pas de marionnettes, mais de poupées auxquelles on imprime les mouvements de la vie et qu’on suppose douées de la parole alors qu’on parle pour elles : ce sont les marionnettes et les guignols, deux genres de personnages entièrement différents : la marionnette est mise en mouvement soit par des fils manœuvrés au-dessus d’elle, soit par des fils ou des leviers actionnés sous elle, soit par les deux systèmes conjugués.
- De plus elle représente le corps humain en entier (fig. 2), tandis que le guignol ne montre que la moitié du corps jusqu’à la ceinture (fig. 1) ; la vie est communiquée à ce dernier par les doigts et la main de l’opérateur, qui est glissée à l’intérieur du corps.
- Donc, si l’on veut être bien compris, il ne faut pas employer indifféremment l’un ou l’autre terme comme je l’ai vu faire souvent.
- Que de fois j’ai lu des notes, des récits, des réflexions sur les marionnettes de George Sand dans son célèbre théâtre de Nohant : or, ces marionnettes n’en étaient pas : les personnages étaient des guignols.
- Disons aussi que le Guignol en italien se nomme Burattino et que la Marionnette est appelée Fantoccio, dont nous avons fait « fantoche ».
- Encore quelques mots avant de décrire les détails de fabrication de ces amusants personnages et des théâtres qui sont indispensables à leur présentation.
- A mon avis, basé sur une longue expérience, la marionnette convient aux spectacles comiques, féeriques, mais elle est insuffisante pour les sujets sérieux, exception faite pour les marionnettes à pédales dont nous parlerons spécialement plus loin.
- Dans ma fabrication qu’on a bien voulu trouver bien réussie, j’ai essayé de présenter du Molière : seules les
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- Précieuses Ridicules ont pu réussir grâce aux gaîtés du texte, aux jeux de scène, etc. Les Deux Aveugles, de Moineau, Les Deux Timides, de Labiche, La Consigne est de ronfler,toutes pièces très amusantes et un peu « farces » ont eu aussi leur succès. . -
- Peut-être a-t-on un peu exagéré les mérites des marionnettes de Salzbourg et la critique en louangeant outre mesure l’attrait des marionnettes, l’illusion qu’elles donnent, ne s’est pas rendu compte que l’intérêt qu’elle leur prêtait, la dose d’illusionnisme qu’elle leur attribuait venait de ce qu’elle les voyait une seule fois; l’enthousiasme aurait diminué si elle avait assisté à une série de représentations.
- On est toujours influencé par le coup de surprise bien connu des prestidigitateurs.
- Le même phénomène de suggestion s’est produit chaque fois qu’une troupe de marionnettes, le plus souvent étrangère, est venue donner quelques représentations à Paris, tels que Holden, Prandi, Braun, etc.
- La marionnette est excessivement amusante, son théâtre peut produire des effets scéniques très artistiques, mais il ne faut rien exagérer. Son grand mérite est que les vedettes de la troupe n’ont pas de fantaisies et sont à la disposition du directeur aussi facilement que le groupe des figurants.
- Alber.
- UN PROCEDE ORIGINAL DE MAQUILLAGE
- PHONOGRAPHIQUE
- Les disques, et, à plus forte raison, les cylindres phonographiques enregistrés avant 1925, étaient gravés, on le sait, à l’aide de procédés primitifs, dont les résultats n’étaient que médiocrement satisfaisants des points de vue acoustique et artistique. De grands artistes, des poètes, des acteurs, des hommes politiques, aujourd’hui disparus, ont pourtant, à ce moment, exécuté sur disques ou cylindres des enregistrements de paroles, de chants, ou de musique que nous avons conservés, et qui présentent aujourd’hui une valeur documentaire, scientifique, sentimentale, ou même artistique quelquefois considérable.
- L’intérêt de ces anciens enregistrements serait encore plus grand si l’on pouvait leur donner les qualités acoustiques qui leur manquent et que possèdent les enregistrements électromécaniques modernes. Il faudrait, en quelque sorte, leur redonner une vie nouvelle, en les « rajeunissant » au point de vue technique.
- On peut bien, sans doute, se contenter de retranscrire par un procédé électro-mécanique d’anciens enregistrements sur des disques fabriqués industriellement par des procédés modernes. Ainsi, il y a quelques mois une suite d’enregistrements phonographiques édités par la Compagnie française Pathé, et intitulée « Les voix qui se sont tues », comportait les reproductions sur des disques de fabrication moderne, et par un procédé électro-mécanique, d’anciens enregistrements exécutés, il y a de nombreuses années, par des acteurs ou des chanteurs célèbres disparus. Ces reproductions à peu près littérales d’anciens enregistrements, en plus de leur grande valeur de souvenir, n’étaient pas sans présenter un caractère artistique intéressant.
- Mais, grâce à des procédés de technique phonographique extrêmement délicats, il est maintenant possible de faire beaucoup mieux. De même que des artistes habiles savent, par une savante restauration, re'donner une vie nouvelle aux couleurs effacées des vieux tableaux, les ingénieurs du son peuvent donner une nouvelle vie à d’anciens enregistrements exécutés, plusieurs années avant l’apparition du procédé électro-mécanique.
- Voici un premier exemple des résultats qu’on peut obtenir dans cette voie : les laboratoires de la Compagnie américaine Victor ont voulu faire renaître dans sa splendeur initiale la voix du plus grand artiste de chant des temps modernes : Enrico Caruso. Le disque ainsi réenregistré, édité en France par la Cie française du Gramophone, comporte deux airs de l’illustre ténor, un air de Paillasse de Léoncavallo et un air de Martha, de Flotow.
- C’est un véritable miracle de l’art phonographique, l’enre-
- gistrement de l’orchestre, primitivement très insuffisant, y a repris toute sa plénitude, et le chant de l’artiste a acquis une puissance que les anciennes éditions ne laissaient pas soupçonner. Des musicographes difficiles ont pu, il est vrai, discerner quelques défauts dans cette première œuvre de rajeunissement, et l’on conçoit les difficultés de mise au point d’un tel procédé. Les résultats déjà obtenus n’en sont pas moins remarquables.
- Cette curieuse opération de rajeunissement phonographique que seuls peuvent exécuter des artistes et des ingénieurs du son d’habileté consommée, a été réalisée en plusieurs phases. Il a d’abord fallu enregistrer un accompagnement d’orchestre complètement nouveau en opérant à peu près de la même manière que pour la sonorisation après coup des films cinématographiques muets.
- Les musiciens sont placés dans le studio d’enregistrement, comme s’il s’agissait d’un enregistrement ordinaire; le chef d’orchestre est simplement coiffé d’un casque d’écoute, avec lequel il peut suivre la reproduction du disque à réenregistrer placé sur un dispositif tourne-disque électrique, dans une jiièce voisine. Il est ainsi possible de régler exactement le jeu des musiciens, de manière que le nouvel enregistrement orchestral coïncide exactement avec l’ancien, tout au moins par le rythme, et accompagne parfaitement le chant déjà enregistré. Le disque de cire initial ainsi gravé permet d’effectuer une première épreuve. On joue alors simultanément dans le studio d’enregistrement le disque nouveau d’orchestre, et le disque ancien complet, et on réenregistre l’ensemble, en amplifiant tout d’abord la voix déjà gravée sur l’ancien disque à l’aide d’amplificateurs et de filtres à fréquences musicales convenables.
- De cette manière, les sons musicaux du nouveau disque d’orchestre viennent masquer complètement les sonorités de l’ancien accompagnement, et se substituent entièrement à lui. L’intensité et la qualité de l’enregistrement de la voix sont, d’autre part, améliorées dans des proportions notables.
- Ces procédés de maquillage phonographique, extrêmement délicats, auront, sans doute, d’autres applications que le rajeunissement des voix. On peut en effet envisager des procédés artistiques de maquillage, de truquage phonographique, comme il existe des procédés de truquage optique, procédés qui permettraient aux metteurs en scène et aux artistes de traduire la réalité d’après leur propre vision artistique, et non plus seulement d’enregistrer comme une stricte photographie de ce qui est.
- P. Hémardinquer.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN MAI 1933 (*]
- Aucun phénomène saillant à signaler ce mois-ci. Les planètes Mars et Jupiter sont encore bien placées pour l’observation, mais il faut se bâter, car Mars s’éloigne et les deux planètes vont se coucher de plus en plus tôt.
- Signalons la série habituelle des phénomènes du système des satellites de Jupiter, divers maxima d’éclat d’étoiles variables et surtout, si le temps est beau, la recherche du croissant lunaire le soir du 24 mai (voir plus loin, au § II : Lune).
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en mai, passe de 4- 15° 2' le 1er à -|- 21° 54' le 31. Nous arrivons ainsi, à la fin du mois, presque aux plus longs jours de l’année. La durée du jour, en effet, qui est de 14h 30m le 1er atteindra 15h 47m le 31 (le maximum est de 16h 7m au moment du solstice d’été, en juin). Cette durée du jour est celle de la présence du bord supérieur du Soleil, à Paris. Nous avons vu, le mois dernier, les différences considérables qui affectent cette durée, lorsque la latitude est autre que Paris. Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure exacte du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Date. Heure du pass£
- Mai 1er 11» 47“ 43’
- — 3 11 47 29
- — 5 11 47 17
- — 7 11 47 7
- — 9 11 47 0
- — 11 11 46 54
- — 13 11 46 51
- — 15 11 46 51
- — 17 11 46 53
- — 19 11 46 57
- — 21 11 47 3
- — 23 11 47 11
- — 25 11 47 22
- — 27 11 47 35
- — 29 11 47 49
- — 31 11 48 6
- Fig.
- Observations physiques. —
- Une petite lunette, munie d’une bonnette à verre noir suffit pour observer la surface solaire et faire la statistique des taches et facules. L’observation peut aussi, plus aisément, se faire par projection. Toutefois, pour la visibilité des petits détails, rien ne vaut l’observation directe.
- Voici la suite des éphémérides pour l’orientation des dessins et des photographies du Soleil :
- Dates. (0» T. U.)
- Mai
- 1°
- 6
- 11
- 16
- 21
- 23
- 26
- 31
- — 24°31,
- — 23,35
- — 22,21
- — 20,89
- — 19,42 —- 18,78 -- 17,79
- — 16,02
- B»
- - 4° 12
- - 3,60
- - 3,06
- - 2,49 -1,91
- - 1,68
- - 1,32
- - 0,72 Bulletin
- Lumière zodiacale. — Elle sera encore, un peu visible au début du mois, mais la grande longueur du jour, et l’inclinaison de la lueur sur l’horizon — elle est confondue avec l’écliptique — empêchent de l’observer utilement.
- IL Lune. ~ I .jcs phases de la Lune pendant le mois de mai, seront les suivantes :
- P. Q. le 2, à 22» 39“ D. Q. le 16, à 12» 50“
- P. L. le 9, à 22» 4“ N. L. le 24, à 10» 7“
- Age de la Lune, le 1er mai, à 0“ = 6>,2; le 25 mai - 0>,6.
- Pour une autre date du mois, ajouter un jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 25.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 12, à 9» = — 28“ 3'; le 26 mai, à 9» = 27“ 59'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 10 mai, à 18». Parallaxe = 61' 14". Distance = 358 100 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 11». Parallaxe = 53'56". Distance = 406 575 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune.— Le 1er, occultation de 9 Cancer (gr. 6,2). Immersion à 19» 36“,5.
- Le 5, occultation de 79 Lion (gr. 5,5). Immersion à 21» 5“.
- Le 30, occultation de 7 Lion (gr. 6,2). Immersion à 22» 25“,5.
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera très intense et très belle les 25, 26 et 27 mai, au crépuscule.
- Croissant lunaire. — Le 24 mai, le Soleil se couchera à 19» 34“ et la Lune à 20» 21 “, soit 47 minutes après. Si le ciel est très pur, l’Annuaire astronomique Flammarion écrit qu’« il serait tout à fait exceptionnel de voir, à la jumelle ou à la lunette, le très mince croissant de la Lune, vers 20», à l’Ouest ».
- Si cette observation est possible — et elle sera grandement facilitée aux personnes possédant des équatoriaux, estimer, ou mieux, mesurer l’amplitude de croissant visible, comptée du centre de la Lune. Cette amplitude, qui serait de 180° sur une sphère parfaitement régulière, se trouvera singulièrement réduite du fait des aspérités qui recouvrent la Lune.
- Marées-, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 9 mai. Elles atteindront une assez forte amplitude, comme on peut le constater dans le tableau suivant (heures de la pleine mer à Brest) :
- 1. — Marche de la planète Saturne sur le ciel pendant l’année 1933.
- 295°92
- 227,82
- 161,71
- 95,58
- 29,41
- 2,98
- 323,29
- 257,13
- astronomique
- Marées du matin.
- sont
- 1. Toutes les heures données dans ce exprimées en temps légal, ou temps universel (T. U.), compté de 0 h à 24 h, à partir de O h (minuit). L'heure d’été étant en vigueur, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici pour qu’il y ait
- Dates. Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Mai 8 2» 22“ 86 14»44“ 91
- — 9 3 5 96 15 26 100
- — 10 3 47 102 16 10 103
- — 11 4 32 102 16 55 100
- — 12 5 19 96 17 44 91
- — 13 6 8 86 18 33 80
- Marées du soir.
- concordance entre la production des phénomènes et l’heure indiquée par les pendules.
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- Voici l’heure probable de l’arrivée du mascaret dans les lieux ci-après :
- Coefficient ________Arrivée du Mascaret à :
- Dates, de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Mai 9 100 19“ 5“ 19“ 42“ 19“ 51'
- — 10 102 7 24 8 1 8 10
- — 10 103 19 45 20 22 20 31
- - - 11 102 v 8 5 8 42 8 51
- - 11 100 20 27 21 4 21 13
- Aujourd’hui où l’on se déplace très rapidement et facilement, voici une occasion d’observer un curieux phénomène naturel : le passage de la barre, remontant le cours de la Seine.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, que nous avons établi à l’aide des données contenues dans l’Annuaire astronomique Flammarion, renferme les données les plus utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de mai. Nous en exceptons la planète Pluton, dont l’observation est réservée aux plus puissants instruments des observatoires.
- = 325
- Angle de
- Angle de latitude position Magni-
- Dates position du Dia- Phase. de la tude
- (0“ T. U.) de l’axe. centre. mètre. phase. stellaire.
- Mai 1 11“0 + 21°3 9"7 0"9 112°1 + 0,2
- — 11 12,4 -r 22,0 9,0 0,9 112,1 + 0,4
- — 21 14,2 + 22,8 8,3 0,9 112,3 + 0,6
- —- 3i 16,3 + 23,6 7,8 0,9 112,6 + 0,7
- Voir au Bulletin astronomique du n° 2896, la marche apparente de Mars à travers la constellation du Lion, pendant le mois de mai.
- Hygiea, la petite planète n° 10, arrivera en opposition le 14 mai. Elle atteindra la magnitude 8,9, ce qui limitera évidemment le nombre des observations.
- Voici quelques positions où l’on pourra la rechercher :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- Mai 8 15“ 27”,8 — 23“ 47 '
- — 16 15 21 ,3 — 23 19
- — 24 15 14 ,9 — 22 47
- ASTRE Dates : Mai Lever à Paris Passage au Méridien de Paris j1). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 4‘ 27“ 11“ 47“ 178 19“ 9” 2“ 48” 16“ 12' 31'45",4 Bélier j
- Soleil . . . 15 4 12 11 46 51 19 23 3 27 + 18 50 31 41 8 Taureau f »
- 25 4 0 11 47 22 19 35 4 7 + 20 55 31 37 4 Taureau
- 5 3 56 10 25 16 54 1 23 + 5 48 6,2 o Poissons i Inobservable,
- Mercure . . 15 3 47 10 49 17 51 2 26 + 12 40 5,4 Bélier , en conjonction
- 25 3 51 11 30 19 10 O O 46 + 19 46 5,0 Pléiades avec le Soleil, le 28.
- 5 4 41 12 2 19 24 3 1 + 16 32 9,8 Taureau
- Vénus . . . 15 4 32 12 13 19 54 3 51 + 19 57 9,8 Taureau , Inobservable.
- 25 4 30 12 25 20 21 4 43 + 22 28 9,8 Taureau
- 5 12 25 19 24 2 23 10 26 + 11 57 9,4 a Lion
- Mars . . . 15 12 O O 18 55 1 47 10 36 + 10 38 8,8 p Lion >Première partie de la nuit.
- 25 11 44 18 28 1 13 10 48 + 9 4 8,2 y Lion
- Jupiter. . . 15 12 41 19 19 1 58 11 1 + 7 49 36,6 y Lion Première partie de la nuit.
- Saturne . . 15 0 54 5 36 10 19 21 16 — 16 42 15,4 0 Capricorne Le matin.
- Uranus. . . 15 3 9 9 54 16 39 1 34 + 9 11 3,2 o Poissons Inobservable.
- Neptune . . x 15 12 9 18 56 1 43 10 38 + 9 35 2,4 49 Lion Première partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure va se trouver en conjonction supérieure avec le Soleil, le 28 mai, à 19h. Il sera invisible tout ce mois-ci.
- Vénus est également inobservable, étant encore très près du Soleil avec lequel elle s’est trouvée en conjonction supérieure le 21 avril dernier.
- Mars est encore bien visible dans la première partie de la nuit, se couchant, le 15, à 1“ 47m du matin. Mais son diamètre diminue déjà beaucoup, ce qui va limiter les observations à l’aide des petites lunettes.
- Voici quelques éléments aréographiques utiles à connaître pour les observations physiques :
- Jupiter est encore bien visible, se couchant, le 15, vers 2h du matin. C’est un monde particulièrement facile à observer à l’aide de petits instruments.
- Avec une bonne jumelle, on voit déjà les quatre principaux satellites. Une petite lunette, sur pied bien stable, permet de reconnaître le disque aplati et de voir les bandes nuageuses qui traversent la surface du globe de Jupiter.
- On trouvera, au n° 2896, l’énumération des divers phénomènes auxquels donnent lieu les satellites dans leur révolution autour de la planète géante. Voici la liste de ces phénomènes pour mai. Une bonne longue-vue ou une petite lunette suffisent pour les observer.
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date: Mai. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date: Mai. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 0" 22m I Im. 16 1' 25“ I P. c.
- 1 0 22 III O. c. 16 22 32 I Im.
- 1 21 43 I P. c. 17 21 5 I O. c.
- 1 22 46 I O. c. 17 22 7 I P. f.
- 1 23 58 I P. f. 17 23 18 I O. f.
- 2 1 0 I O f. 18 20 24 III Em.
- 2 22 10 I E f. 18 20 29 I E. f.
- 6 20 43 II P. c. 18 22 11 III E. c.
- 6 22 59 II O. c. 19 1 15 III E. f.
- 6 23 23 II P. f. 22 20 44 II lm.
- 7 1 37 II O. f. 23 20 14 IV Im.
- 7 23 45 III P. c. 23 23 55 IV Em.
- 8 20 41 II E. f. 24 0 25 I lin.
- 8 23 34 I P. c. 24 20 9 II O. f.
- 9 0 41 I O. c. 24 21 46 1 P. c.
- 9 1 48 I P. i. 24 22 59 I O. c.
- 9 20 40 I lm. 25 0 0 I P. f.
- 10 0 5 I E. f. 25 21 1 III Im.
- 10 20 16 I P. f. 25 22 24 I E. f.
- 10 21 24 I O. f. 26 0 15 III Em.
- 11 21 15 III E. f. . 29 23 16 II Im.
- 13 23 12 II P. c. 31 20 9 II O. c.
- 14 1 36 II O. c. 31 20 15 II P. f.
- 15 22 5 IV O. c. 31 22 46 II O. f.
- 15 23 16 II E. f. 31 23 39 I P. c.
- 16 0 58 IV O. f.
- Saturne est visible le matin, se levant, le 15, à 0“ 54“. L’anneau se referme peu à peu; actuellement, nous voyons sa face boréale. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 14 mai :
- Grand axe extérieur...................... 38",46
- Petit axe extérieur. '................... + 10",13
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan
- de l’anneau............................ + 15°, 27
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau................................. + 17°, 59
- Saturne sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 7 mai, à 2". Il sera stationnaire le 27 mai, à 1" (voir fig. 1).
- Uranus est inobservable ce mois-ci; il s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 13 avril dernier.
- Neptune sera en quadrature orientale avec le Soleil le 29 de ce mois, à 7". On pourra le rechercher aux positions ci-après :
- Ascension Diamètre
- Dates. droite. Déclinaison. apparent.
- Mai 5 10" 38“ + 9° 34' 2",4
- — 15 10 38 + 9 35 2, 4
- — 25 10 38 + 9 35 2, 4
- Neptune sera stationnaire le 18 mai, à 20".
- IV.
- Le 4, Le 4, Le 5, Le 6, Le 15, Le 16, Le 17, Le 21, Le 24, Le 24, Le 25,
- — Phénomènes divers. —
- à 17", Mars en conjonction à 23", Neptune —
- à 11", Jupiter —
- à 15", Mercure —
- à 21", Saturne —
- à 20", Mars —
- à 22", Mercure
- à 11", Uranus —
- à 0", Mercure —
- à 15", Jupiter —
- à 7", Vénus
- Conjonctions : avec la Lune,
- Neptune, c Bélier (5m,6) la Lune,
- y Lion (4“,8), la Lune,
- à 2° 2' N.
- à 1° 10' N,
- à 2° 22' N,
- à 2“ 12' S.
- à 0° 51' N.
- à 0° 47' N.
- à 0“ r S.
- à 4° 55' S.
- à 5° 24' s,
- à 0° 1' s.
- à 4° 44' s.
- Etoile Polaire-, Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Heur n ('1 \ U.). à 0".
- Mai 1 Inférieur 22" 50“ ‘ 14“ 14" 33“ 53'
- — 11 — 22 11 1 15 13 19
- — 21 — 21 31 48 15 52 44
- — 31 — 20 52 38 16 32 10
- Etoiles variables. — Maxima des étoiles variables à longue période en mai :
- Le 8 mai, R Cancer, variable de 6m,0 à 11“,8, en 370 jours. Le 8 mai, R Hydre, variable de 3m,5 à 10m,l, en 417 jours. Le 9 mai, R Corbeau, variable de 5“,9 à 14“,0, en 311 jours. Les 8 et 21 mai, (3 Lyre, variable de 3“,4 à 4m,3, en 12,91 jours.
- Etoiles filantes. — Peu d’essaims sont actifs en mai.
- Du 1er au 6 mai, les Aquarides. Radiant -p Verseau. Météores rapides, avec tramées.
- Le 22 mai, météores provenant de la région de a Couronne.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er mai, à 23", ou le 15 mai, à 22", est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; les Chiens de Chasse ; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse; la Girafe; Cépliée; Cassiopée; le Cocher.
- Au Nord-Est : Le Cygne.
- A l’Est: Le Sagittaire; le Scorpion; l’Aigle; la Lyre; Hercule; la Couronne boréale.
- Au Sud : Ophiuchus; la Vierge; la Balance; le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Em. Touciiet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- BRUNISSAGE ET POLISSAGE DES FERS
- Voici le procédé adopté par certains ateliers de ferronnerie pour brunir les fers forgés, lustres, etc.
- 1° Noircir les parties à la fumée du feu de forge, ensuite frotter légèrement les aspérités des fers;
- 2° Passer sur les laces un vernis blanc à tableau, mais coupé de moitié avec de l’essence minérale.
- Comme entretien, par la suite, il suffit d’employer de la cire parquet de temps en temps et de frotter légèrement avec un chiffon de laine.
- Quant au polissage, il s’obtient d’abord avec la lime douce, ensuite avec de la toile à émeri de degrés variés de finesse.
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- NOUVEAUX PROGRÈS DU PHONOGRAPHE
- MÉCANIQUE
- Nous avons exposé, il y a quelque temps dans La Nature, l’intérêt que présente le problème du perfectionnement des phonographes à reproduction purement acoustique, et les efforts tentés par les fabricants français pour aboutir à des résultats satisfaisants dans ce sens.
- Nous avons décrit, à ce propos, des modèles de phonographes à diffuseurs, sans pavillon acoustique, de caractéristiques assez particulières.
- Aujourd’hui, à tort ou à raison, la clientèle des discophiles accorde toutes ses préférences aux modèles portatifs de machines parlantes. C’est pourquoi les constructeurs s’efforcent surtout de perfectionner les modèles de phonographes de ce type. En dehors des travaux que nous avons déjà signalés, il serait injuste de ne pas en indiquer d’autres également récents, présentant un intérêt certain, et qui méritent, à ce titre, d’être connus du public des discophiles.
- UN PHONOGRAPHE PORTATIF PERFECTIONNÉ A LARGE PAVILLON
- Les constructeurs de machines parlantes à reproduction acoustique ont tenté avant tout d’améliorer le diaphragme reproducteur, organe de transformation des vibrations mécaniques en ondes sonores. Le diaphragme à membrane de mica, seul employé pendant de nombreuses années, cède souvent la place maintenant aux modèles à membrane métallique profilée, peut-être plus délicats, mais, en général, plus sensibles.
- D’autre part, on sait, aujourd’hui, établir théoriquement, lout au moins, des pavillons exponentiels grâce auxquels la reproduction des notes basses devient possible. La fidélité de reproduction est satisfaisante ainsi sur toute la gamme des fréquences musicales, c’est-à-dire de 150 périodes-seconde environ jusqu’au delà de 500 périodes-seconde.
- Théoriquement, un pavillon exponentiel a un rendement d’autant meilleur qu’il est plus long, et que sa section de sortie a une surface plus grande. Lorsqu’il s’agit d’appliquer ces principes à la construction des machines parlantes, on est rapidement limité par des considérations de construction mécanique, d’esthétique, et surtout d’encombrement. On arrive pourtant, en repliant ingénieusement le cornet sur lui-même, et sans diminuer par trop la qualité des résultats acoustiques, à loger de longs cornets dans des meubles de formes et de dimensions acceptables.
- L’application des principes de construction du pavillon exponentiel devient beaucoup plus délicate dans le cas de l’appareil portatif; il faut ici, en effet, viser au poids et à l’encombrement minimum, facteurs inversement proportionnels, en quelque sorte, au rendement du pavillon exponentiel.
- On peut sans doute employer des matériaux légers, matières moulées, bois contreplaqués, tôle plombée, pour établir des pavillons dont le poids demeure raisonnable, mais la question d’encombrement est beaucoup plus grave. En particulier, pour obtenir une reproduction correcte des notes graves, c’est-à-dire avoir une audition phonographique bien constante, il faut employer un pavillon exponentiel dont la bouche de sortie ait une section de quelque 1400 cm2 au minimum. Cette condition était difficilement remplie jusqu’à présent dans les appareils portatifs, et la plupart de ces derniers ne possèdent que des pavillons dont la section, à la bouche de sortie, ne dépasse guère 550 cm2.
- Un jeune ingénieur, M. Combopoulos, a réussi à mettre au point, récemment, une machine parlante portative, dans laquelle grâce à un artifice ingénieux, la section de la bouche
- Fig. 1. •— Le phonographe « Amplor », à large pavillon acoustique pliant, établi par M. Combopoulos.
- du pavillon a 31 cm sur 50 cm, c’est-à-dire 1550 cm2.
- La partie supérieure de la bouche du pavillon est, en effet, formée par la paroi interne du couvercle convenablement profilée, et les côtés latéraux sont constitués par des abattants pliants à charnières. La table du plateau tourne-disques forme enfin la partie inférieure de cette bouche. Dans sa position de fermeture, l’appareil a l’aspect et les dimensions des autres portatifs du commerce (fig. 1).
- Fig. 2. — Coupe el vue d’ensemble du pavillon « Amplor ».
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- Comme le montre le schéma de la figure 2, la partie interne du dispositif en tôle a une forme stéréophonique, bien connue, d’ailleurs, et qui augmente encore les qualités acoustiques du système. Sans doute, le développement de cette partie interne constituant l’embouchure du pavillon n’est pas suffisant pour répondre aux indications de la théorie ; mais cependant, grâce à l’augmentation de la section de la bouche, il est déjà possible, non seulement d’obtenir une intensité sonore plus grande, mais encore une fidélité de reproduction bien plus accentuée.
- UN APPAREIL A DIFFUSEUR SIMPLE ET PERFECTIONNÉ
- Nous avons exposé dans un récent article les travaux entrepris pour la réalisation de machines parlantes sans pavillon
- Fig. 3. — Le phonographe portatif à diffuseur, « Phonodiff », établi par M. Ogueij.
- à diffuseur, nous y avons décrit des machines parlantes à diffuseur à bords mobiles, montés dans des meubles.
- Dans la catégorie des appareils portatifs, l’emploi du diffuseur convenablement adapté permet également d’obtenir des résultats très améliorés.
- Un constructeur français de machines parlantes, M. Oguey, a pu réaliser un phonographe de ce genre d’une simplicité et d’une facilité d’emploi vraiment remarquables.
- Cet appareil ne joue qu’ouvert, comme le montre la photographie de la figure 3. Il ne comporte pas de diaphragme, mais simplement une sorte de bras métallique, dont le but est de transmettre les vibrations mécaniques recueillies par la pointe de l’aiguille au diffuseur conique monté dans le couvercle. Le système ressemble un peu ainsi au dispositif de M. Louis Lumière que nous avons décrit dans notre dernier article.
- Fig. 4. — Phonographe « Phonodiff ».
- Coupe du bras reproducteur et transmetteur, et du diffuseur.
- La manœuvre de l’appareil est identique à celle d’un phonographe ordinaire.
- Les vibrations recueillies par la pointe de l’aiguille sont transversales; elles sont transformées par un système de leviers en impulsions latérales qui agissent sur le sommet du cône vibrant. Le poids du bras étant très faible, l’usure des disques est plutôt moindre qu’avec un diaplmagme ordinaire (fig. 4).
- Les diffuseurs coniques utilisés sont à bords fixes, et leurs diamètres sont relativement réduits, étant donné la nécessité de réduire de même les dimensions du coffret. Malgré tout, les résultats sont meilleurs qu’avec un appareil à pavillon ordinaire de mêmes dimensions. En particulier, sans doute par suite de l’amortissement soigneusement déterminé produit sur les organes vibrants par la résistance du diffuseur, les résonances et les nasillements si désagréables dans certains appareils portatifs paraissent complètement supprimés. La fidélité de la reproduction, même sur une gamme relativement basse, est aussi bien meilleure. Le prix de l’appareil est du même ordre que celui d’un appareil ordinaire à pavillon.
- On pourrait enfin signaler le modèle à diffuseur coulissant de M. Bazin de Lisieux, établi avec un dispositif de commande du diffuseur, d’ailleurs, beaucoup plus rudimentaire, et qui, au contraire des appareils précédents, présente la particularité de ne pouvoir jouer que fermé (fig. 5).
- P. Hémardinquer.
- Fig. 5. — Le phonographe « Palmodian » de M. Bazin, fermé et ouvert.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité de chimie minérale publié sous la direction de Paul Pascal, tome IV. (Antimoine, bismuth, vanadium, niobium, tantale, bore.) 1 vol. 630 pages, 54 lig. Masson et Cie, Paris, 1933. Prix : P20 fr.
- Ce volume porte à sept le nombre des tomes du grand traité de chimie de Pascal, actuellement publiés par les soins du secrétaire général, notre collaborateur Paul Baud. Les cinq derniers sont annoncés pour paraître dans un délai de six mois. Le nouveau tome présente les mêmes qualités que ses prédécesseurs : documentation approfondie, présentée d’une façon méthodique, sous une forme claire rendant la consultation du livre très aisée. Les corps étudiés dans cet ouvrage ne donnent pas lieu à des industries importantes; ils intéressent, surtout, la chimie pure; les auteurs ont rassemblé toutes les données physiques et chimiques concernant le corps pur et ses composés, ainsi que les modes de préparation; chaque chapitre est accompagné d’une abondante bibliographie. M. P. Renaud a traité l'antimoine, M.Piconle bismuth, M.Lalande le vanadium, MM.Cham-petier et Pied le niobium et le tantale, M. Chrétien le bore.
- Le travail et le façonnage décoratifs du verre,
- par J. Wolf. 1 vol. 412pages,52 lig. et 12pl.liors texte.L’Edition universelle, 53, rue Royale, Bruxelles. Prix : 65 fr.
- Cet ouvrage, écrit par un spécialiste autorisé, sera lu avec agrément et avec; fruit, par tous ceux qui, à quelque titre que ce soit, s’intéressent à l’industrie du verre. Après un rappel très clair des propriétés du verre et de ses divers modes de fabrication, suivi d’un bref historique de l’art de la verrerie, l’auteur décrit les divers modes, anciens et modernes, de façonnage et de décoration du verre : colorations dans la masse, décoration au moyen d’une couche de métaux vitrifiés, au moyen de couleurs vitrifiées, production de reflets métalliques, de lustres, d’irisations; peinture sur verre; décoration par attaque chimique de la surface et modes de gravure; façonnage par action mécanique sur la surface : découpage, sciage, perçage, emploi des abrasifs, taille à la main ou à la machine, dépolissage et gravure au jet de sable. Puis l’on passe à l’étude de la métallisation en général et plus particulièrement de l’argenture.
- L'ouvrage se termine par un chapitre consacré aux vitraux et aux mosaïques. Pour chacun des procédés, l’auteur indique avec précision les matières et les outils à employer, ainsi que toute la technique de l’opération. Son livre, auquel nous ne connaissons pas d’équivalent dans la littérature technique française, sera donc un guide précieux et indispensable pour une foule d’industriels, d’artisans et d’artistes. 11 contribuera au développement de l’emploi du verre dans la construction et la décoration.
- Paléopathologie et pathologie comparative, par le
- Dr Léon Pales. 1 vol. in-8, 352 p., 63 pi. Masson et Cie, Paris. Prix : 120 francs.
- Depuis la fin du xviii» siècle, on n’a cessé de décrire des malformations et des lésions observées sur des os fossiles. La question est importante, car,dans l’étude des races préhistoriques, il convient de distinguer ce qui est caractère anthropologique distinctif et ce qui est pathologique. L’homme de la Chapelle-aux-Saints est à la fois le type de la race de Néandertlial et un malade atteint de pyorrhée, de spondylose et d’arthrite. L’auteur a entrepris de préciser les distinctions nécessaires. 11 passe en revue d’abord les dystrophies : malformations congénitales, rachitisme, luxation de la hanche, pied bot, etc., puis les lésions maxillo-dentaires, les spondyloses, les ostéo-arthrites, les lésions osseuses, les manifestations de la syphilis, de la tuberculose, des tumeurs. Une longue bibliographie donne les références nécessaires et une série de très belles planches reproduit les aspects les plus caractéristiques.
- Discovery Reports, publiés par le Discovery Committee. Volume VI. Cambridge University Press, 1932 :
- Pycnogonida , par Isabella Gordon. 1 vol. n-4, 137 p., 74 fig. Prix : 15 sh.
- Report on Penguin embryons collected during the Discovery investigations, par C.-W. Parsons, 25 p., 9 fig., 6 pi. Prix : 9 sh.
- On the distribution and movements of whales on the South Georgia and South Shetland whal-ing grounds, par Stanley Kemp et A.G. Bennett, 26 p., 6 fig., 36 pi. Prix : 8 sh.
- On the development of Cephalodiscus, par c.-c. John. 14 p., 2 pi. Prix : 4 sh.
- Report on soundings taken during the Discovery investigations, 1926-1932, par H.-J.-P. Herdman, 32 p., 5 fig., 7 cartes. Prix : 15 sh.
- Sponges, par Maurice Burton, 156 p., 56 lig., 10 pi. Prix : 20 sh.
- A list of worms parasite in Cetacea, par h.-a. Bay-
- lis, 26 p. Prix : 25 sh 6 d.
- Suite des études si abondantes et si riches effectuées au cours des voyages de ces dernières années dans l’Atlantique Sud par les navires anglais de recherches scientifiques sur les baleines.
- 65 espèces de Pycnogonides ont été ramassées dont 15 sont nouvelles; toutes, sauf 2, sont des espèces de l’Atlantique ouest et sud. Si elles n’ajoutent guère à nos connaissances morphologiques, elles ont fourni quelques anomalies et une liste abondante d’organismes encroûtants.
- Presque toutes les études d’embryologie des oiseaux ont porté sur le poulet, si facile à se procurer et à observer. 78 embryons de pingouin, récoltés en Géorgie, et aux Shetland du sud, ont permis d’étendre les notions acquises aux oiseaux aquatiques et de voir la précocité de leur adaptation.
- On sait si peu encore des déplacements des baleines qu’une statistique des points où l’on en tua aux diverses saisons et des directions dans lesquelles elles nageaient alors, présente beaucoup d’intérêt, sans toutefois apporter encore d’explication définitive.
- Le Cephalodiscus est un de ces animaux aux affinités multiples dont l’embryologie n’a été entrevue qu’au début de ce siècle; les récoltes de larves de la Discovery et d’autres heureusement trouvées dans des collections anglaises apportent nombre de faits nouveaux.
- L’hydrographie pure s’enrichit de très nombreux sondages pratiqués surtout au son qui permettent de dresser des cartes très détaillées des fonds océaniques au sud et à l’est du cap Horn sur une grande étendue de mer.
- Les éponges ont fourni 168 espèces dont 35 nouvelles et les spécimens recueillis furent assez abondants pour préciser la distribution géographique les époques de reproduction, les modes de développement, l’abondance qui en fait une source considérable de silice.
- Enfin, une liste très complète est établie des vers parasites des Cétacés et ils sont nombreux.
- Faune de France, 25. Chilopodes, par n. w. Brolemann.
- 1 vol. in-8, 405 p., 481 lig. Lechevalier, Paris, 1932. Prix : 100 fr.
- Les Chilopodes forment une des quatre classes d’animaux qu’on groupa longtemps sous le nom de Myriapodes. Leur observation a été fort négligée et il est encore nombre de régions de France où aucun amateur n’a commencé leur inventaire. L’auteur qui s’est consacré à leur étude depuis plus de 40 ans a rassemblé tout ce qu’on sait à leur sujet dans un travail capital paru il y a seulement deux ans dont La Nature a rendu compte, en regrettant seulement qu’il ne ligure pas dans la Faune de France, l’œuvre collective des zoologistes français. 11 vient d’y prendre place et donne tous les renseignements nécessaires, non seulement pour une exacte détermination des espèces, mais aussi pour leur récolte et leur conservation, en même temps que sur leur organisation, leur développement, leur biologie, leur distribution géographique et leur phylogénie. 11 sera un gruide précieux pour ceux qui voudront aider à compléter ce chapitre de la zoologie.
- Les arachnides (Scorpions, araignées, etc.), par
- Lucien Berland. 1 vol. in-8, 485 p., 636 fig. Encyclopédie entomo-
- logique. Lechevalier, Paris, 1932. Prix : 150 fr.
- L’auteur, élève d’Eugène Simon, sous-directeur de laboratoire au Muséum, est un des savants les plus compétents en Arachnides, qu’il étudie depuis 25 ans. On le sent bien dans ce livre de première main qui présente nombre d’originalités dues à l’abondance et à la finesse des observations personnelles. La systématique s’y trouve très sûre et tout à fait à la page, mais elle s’arrête aux familles et n’occupe qu’une petite part de l’ouvrage. L’anatomie est remarquablement traitée, mais réduite aux traits essentiels. Par contre, la biologie, qu’on voit habituellement décrite par traits épars, dans un grand nombre de mémoires originaux, où trop souvent l’observation est faussée par des tendances anthropomorphiques ou synthétiques, est ici traitée de main de maître; on y sent l’observation personnelle, attentive, non prévenue, sans prétentions philosophiques et tout le livre en reçoit une bonne odeur de sincérité et d’honnêteté. Cependant, les mœurs des scorpions, des pseudoscorpions, des faucheux, des araignées, des acariens qu’il rassemble, sont parmi des plus singulières, notamment les danses, les luttes, les cérémonies compliquées qui accompagnent la reproduction, le tissage des toiles, la capture des proies, l’instinct maternel. Une autre sagesse est d’avoir exposé la distribution géographique, les restes fossiles, les ressemblances de formes de tous ces animaux très stables sans chercher à en tirer un vain arbre généalogique.
- Ce livre doit donc être hautement recommandé comme un exemple et un modèle de tout ce que peut donner de solide et de définitif une observation objective consciencieuse.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Johs. Schmidt.
- A maintes reprises, son nom avait paru dans La Nature, à propos de magnifiques campagnes océanographiques. Il avait pénétré dans le grand public à propos de la merveilleuse histoire de l’anguille. Mais il avait encore bien d’autres titres à l’admiration, et notamment par de patientes études sur les races des animaux les plus divers et leurs variations. Johs. Schmidt meurt, à 56 ans, en pleine activité, brusquement emporté par la grippe.
- Il venait d’être élu par la Société de Biologie et faisait partie depuis plusieurs années de l’Académie des Sciences, à titre de correspondant.
- Devant celle-ci, M. Joubin vient de rappeler sa vie et son œuvre.
- « Le Dr Schmidt, a dit M. Joubin, débuta par des recherches de bactériologie; puis il fut chargé d’une mission botanique au Siam, d’où il rapporta la première flore de ce pays. Au cours d’un voyage dans la mer Rouge il étudia les Algues pélagiques microscopiques; ce fut l’origine de ses mémorables travaux sur le plancton.
- « Chargé de la direction de l’Institut Carlsberg, il entreprit, pendant plus de 20 ans des travaux de zoologie pure et appliquée sur la biologie de divers Poissons, notamment la Morue et le Flétan en Islande et aux îles Féroé, Le navire océanographique, le Tfior, exécuta, sous sa direction, neuf croisières aux Antilles danoises, dans les mers d’Europe et en Méditerranée.
- « Le Thor fut remplacé par un navire plus grand, le Dana, sur lequel Schmidt fit de 1920 à 1922 une croisière mémorable dans l’Atlantique, au cours de laquelle il élucida le problème séculaire du développement, des métamorphoses et des migrations mystérieuses de l’Anguille. Il en rapporta des matériaux de toutes sortes qui ont fait l’objet de publications nombreuses par lui-même et ses collaborateurs.
- « Le premier Dana fut remplacé en 1928 par un navire plus grand, du même nom, aménagé sur les plans de Schmidt, et, pendant les années 1928 à 1930, il le conduisit autour du monde, faisant, notamment, au voisinage de nos colonies, d’innombrables crochets dans tous les Océans. Il a constaté que les diverses espèces d’Anguilles qui s’y trouvent se comportent avec les variantes les plus curieuses, comme celles d’Europe. Schmidt a rapporté de ce voyage une incroyable quantité de matériaux du plus haut intérêt qui commencent seulement à être étudiés par un grand nombre de spécialistes. Jamais, en aucun pays, croisières n’ont réuni une pareille accumulation de documents.
- « Entre temps, pendant de longues années, Schmidt a étudié expérimentalement les races du Houblon et il a ainsi transformé la brasserie au Danemark.
- « Les découvertes et la réputation mondiale du professeur J. Schmidt lui avaient ouvert les portes de diverses Académies et sociétés savantes. Il faisait partie de nombreuses commissions scientifiques internationales ; il était vice-président du Conseil international pour l’exploration de la mer. Sa disparition prématurée sera vivement ressentie dans le jmonde savant. Nous ne pouvons pas oublier qu’il fut, dans les bons, et surtout dans les mauvais jours, un grand ami de la France et des naturalistes français.
- « L’Académie présente à Mme Schmidt et à l’Académie des Sciences de Danemark l’expression de ses regrets et ses condoléances. »
- La Nature s’associe à ces douloureux regrets
- MÉTÉOROLOGIE
- Concours de photographies de nuages à Voccasion de l’année internationale des nuages.
- La Commission internationale pour l’Étude des Nuages — dont le directeur de l’Office national météorologique de France est président — a décidé l’année dernière, que, du 1er août 1932 au 31 août 1933, les observations et les mesures relatives aux nuages seraient intensifiées dans tous les pays. Cette « Année internationale des Nuages » coïncide avec 1’ « Année polaire internationale », vaste entreprise de coopération scientifique, dont le but est d’obtenir, durant une année, des observations météorologiques et géo-physiques dans les régions polaires ou désertiques formant lacunes dans le réseau normal, de développer aussi le fonctionnement de ce réseau normal. Bien que les projets primitifs n’aient pu être réalisés qu’incomplètement, par suite de la crise mondiale, on peut attendre de l’entreprise, telle qu’elle est engagée, de précieux résultats, notamment en ce qui concerne notre connaissance de la circulation générale et des grandes perturbations de l’atmosphère.
- Certains jours, dits « de premier ordre », les sondages de vent et de température en altitude, ainsi que les observations et mesures relatives aux nuages, sont multipliés. De tels jours, il serait particulièrement intéressant de reconstituer l’aspect du ciel sur la France. Cette opération nécessite un réseau serré de prises de vue et elle n’est possible qu’avec la participation d’un grand nombre de collaborateurs bénévoles. Le directeur de l’Office national météorologique fait donc appel à tous ceux qui s’intéressent à la météorologie, ainsi qu’aux professionnels ou amateurs de photographie-, afin de stimuler leur zèle et de créer une émulation il institue un concours doté de prix (1er prix, 2000 francs, 2e prix 1000 francs, 3e prix, 500 francs, médailles et diplômes) qui récompenseront les meilleurs envois et seront décernés, au cours de l’été prochain, par un jury comprenant des météorologistes qualifiés et des personnalités compétentes en photographie.
- Deux périodes ont été choisies : 12 et 13 avril 1933, 12 et 13 juillet 1933; au cas où la veille, un beau temps clair et persistant serait prévu, l’Office national météorologique se réserve de reporter l’opération, en faisant connaître cette remise par la voie de la presse et de la radiodiffusion. Trois photographies par four au moins doivent être prises, à des heures aussi voisines que possible de 8 h., 14 h. et 19 h. (heure d’été), En outre des photographies intermédiaires sont désirables chaque fois que le caractère d’ensemble du ciel change, sans tenir compte évidemment des transformations des individus nuageux qui sont incessantes. Le but à atteindre est que la série des photographies représente, sans lacune grave, l’évolution d’ensemble du ciel. Par exemple, au cours d’une belle journée calme, le ciel présente des nuages isolés en monceaux, avec des sommets blancs, bourgeonnant, en forme de têtes de choux-fleurs. Chaque nuage, pris isolément, se transforme sans cesse, mais l’évolution d’ensemble du ciel est beaucoup plus lente; dans le cas envisagé, trois photographies dansla journée sont suffisantes pour suivre complètement l’évolution d’ensemble du ciel : l’une prise au moment où les nuages de beau temps se forment; la seconde lorsqu’ils sont le plus nombreux et qu’ils ont atteint leur plein développement, ce qui.se produit en général au début de l’après-midi; enfin la dernière, le soir, lorsqu’ils s’aplatissent et tendent à disparaître.
- Chaque photographie doit porter au dos, d’une manière très nette, un certain nombre de renseignements indispensables à l’utilisation de la photographie :
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- Nom et adresse de l’opérateur.
- Lieu de la prise de vue (localité et département).
- Date complète (heure, jour, mois, année).
- En outre les indications suivantes, sans être indispensables, offrent un grand intérêt.
- Évaluation grossière de la proportion de l’ensemble du ciel recouvert par des nuages, quels qu’ils soient (par exemple, ciel entièrement clair, ciel 1/4 couvert, ciel 1/2 couvert, ciel couvert sauf quelques trous, ciel entièrement couvert).
- Renseignements sur la partie du ciel n’apparaissant pas sur la photo (par exemple, reste du ciel analogue, ou moins nuageux, ou couvert).
- Direction vers laquelle était pointé l’appareil (Nord, Nord-Ouest, Ouest).
- Hauteur approximative de la visée au-dessus de l’horizon (par exemple : hauteur 30°, 15°, 60°).
- Voici un exemple des mentions à porter au dos d’une photographie :
- Paul X..., 115, rue de la Courneuve, Dugny (Seine).
- 8 heures, 12 avril 1933.
- Couvert sauf quelques trous. Reste du ciel entièrement couvert.
- Direction Nord-Ouest. Hauteur 45°.
- A la fin de chacune des deux périodes de prises de vue, de bonnes épreuves des photographies, placées entre deux feuilles de carton, devront être envoyées à l’Office national météorologique, sans qu’il soit nécessaire de timbrer l’enveloppe à condition de libeller l’adresse de la manière suivante :
- Année des Nuages.
- M. le Ministre de l’Air, Office national météorologique, 196, rue de l’Université, Paris (7e).
- Voici quelques recommandations essentielles, dont de précédentes expériences ont montré la nécessité.
- 1° Il s’agit de photographier des ensembles de nuages et non pas des nuages isolés. Il faut donc que l’image représente la plus grande surface possible du ciel, c’est-à-dire que, si on a le choix, il convient d’utiliser l’objectif donnant le plus grand « champ ».
- 2° Il ne faut pas se laisser guider par un souci de « photo-génie ». Des nuages très élevés, transparents, à peine visibles ou un voile nuageux grisâtre presque uniforme, sont aussi intéressants pour définir le caractère d’un ciel, que les beaux nuages en monceaux à forts contrastes d’ombre et de lumière, qu’on observe, par exemple, au cours des journées orageuses. La valeur artistique des photographies est secondaire, la préoccupation essentielle de l’opérateur devant être de ne laisser échapper aucune transformation radicale d’aspect du ciel et d’obtenir une série aussi représentative que possible de son évolution.
- 3° Aucune photographie ne doit être rebutée. Toute épreuve, qu’elle soit grise, floue, ou apparemment insuffisante peut, dans certains cas, constituer un document précieux. Bien entendu, il faut néanmoins chercher à obtenir des épreuves aussi bonnes que possible afin de mettre en évidence le maximum de détails de la structure des nuages.
- 4° Quand les nuages sont dépourvus d’ombre, il est nécessaire de la faire apparaître sur la plaque en interposant un écran jaune assez foncé. Quand il s’agit au contraire de nuages présentant de fortes ombres propres, il faut éviter qu’elles se confondent sur la plaque avec le bleu du ciel, qui vient en noir; dans ce cas il ne faudra utiliser qu’un écran faiblement teinté qui laissera le bleu du ciel impressionner la plaque, tout en réduisant suffisamment l’action des tons gris des nuages.
- 5° Les inscriptions au dos des photographies, mentionnées plus haut, sont indispensables; si elles manquent, ne fût-ce
- =...................— ....— 331 =
- que partiellement, la photographie sera le plus souvent inutilisable.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Les salines de Ras Hafun.
- L’installation des Salines de Ras Hafun, dans la Somalie italienne, un peu au Sud du cap Gardafui, mérite d’être signalée; son ampleur en fait une des premières salines mondiales. Elle est de date toute récente puisqu’elle fut édifiée à la suite de l’insurrection des nègres du sultanat de Migiurtina, de 1925-1926, qui dévasta tous les anciens aménagements.
- La saline était alors exploitée assez rudimentairement, un chemin de fer à voie étroite et une série de péniches de 150 tonnes permettaient l’évacuation des produits par la baie du Nord, sorte de lagune ne dépassant jamais 3 m d’eau. On profita de cette destruction pour isoler la saline proprement dite des autres aménagements : moulins, accumulateurs et appareils de chargement et ceux-ci furent construits dans la presqu’île même de Hafun, se rapprochant ainsi des eaux profondes et permettant le chargement direct dans les grands cargos de mer.
- Un câble transporteur fut installé avec une station d’angle à Elgafi. Le premier tronçon de 14 400 m de loi g franchit la baie du Nord, appelée aussi « le Ivorr »; le second se trouve à peu près entièrement sur la terre ferme et mesure 9200 m. Dans la station d’angle, les wagonnets passent automatiquement. Le débit du téléférique est de 75 tonnes à l’heure, mais tout est prévu pour le doubler à volonté.
- Les forces respectives nécessaires à chaque tronçon sont de 220 ch et 150 ch; la vitesse de marche est de 2 m 75 à la seconde; elle ne sera pas modifiée par l’augmentation du tonnage, celui-ci étant obtenu par le rapprochement des wagonnets.
- Les grosses puissances en jeu ne permettent pas l’entraînement du câble tracteur par simple adhérence sur la poulie motrice; aussi a-t-on employé la poulie spéciale Karlik qui est munie de pinces s’ouvrant et se fermant sous la seule pression du câble.
- A la saline qui porte le nom de l’agglomération de Hordio, le rivage est presque horizontal; l’eau pénètre naturellement dans les canaux d’alimentation des bassins où la distribution se fait par des jeux de vannes: quelques pompes existent en outre pour permettre le ravitaillement en eau salée par marée basse. Les bassins ont chacun les dimensions respectives de 80 et 60 m, leur superficie totale mesure 10 km de longueur sur 2 de largeur. On considère que l’évaporation journalière est de 18 mm d’eau. Il ne faut pas oublier que cette côte africaine est sinon la plus chaude du globe, mais celle où la forte chaleur est la plus constante.
- Entre la station de Hafun d’arrivée du câble, où se trouvent les installations de broyage et de stockage et la station de chargement des navires par fond suffisant, un câble aérien double, de 1830 m de longueur, sert à l’embarquement. Les pylônes sont doubles aussi et construits en béton; le débit total actuel est de 150 tonnes à l’heure à la vitesse de 1 m par seconde; il pourra être porté à 300 tonnes quand le besoin s’en fera sentir.
- Chaque câble déverse le sel dans des trémies d’où des bandes distributrices le transmettent aux bandes principales de chargement montées dans des bras pivotants.
- Toute l’installation a été réalisée dans le but d’écarter le plus possible l’intervention de la main-d’œuvre indigène sur laquelle on ne peut compter.
- V. C.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ
- Le nouveau rhéostat de démarrage R. Planche.
- Tous les usagers du courant électrique utilisé comme l'orce motrice connaissent les ennuis que leur apporte le démarrage des moteurs. Nous ne les rappellerons pas, mais nous pouvons dire que les machines électriques ne seront réellement utilisables par tout le monde, assurées d’un fonctionnement absolument régulier, que le jour où un démarreur pratique parfaitement automatique les accompagnera dans les installations.
- Un tel démarreur vient d’être construit par M. Roué Planche, ingénieur à qui Pou doit déjà de nombreuses invcn-
- l’envoi n’est donc pas réalisée et les moteurs s’en aperçoivent à leur détriment.
- Il existe un autre procédé de construction des rhéostats : il consiste à plonger des électrodes dans un liquide acidulé. Plus ces électrodes seront profondément enfoncées, plus elles recueilleront de courant. Ce système est très progressif puisque les électrodes peuvent être animées d’un mouvement de descente plus ou moins lent leur permettant d’envoyer au moteur un courant qui, à chaque instant, se rapproche de plus en plus de la valeur du courant normal d’alimentation.
- Oui mais... ou introduit ainsi sur le circuit, avant le moteur, un organe mécanique compliqué, par conséquent sujet
- Fig. 1 (à gauche). — Coupe du rhéostat Planche au repos.
- C. cône de départ. T. turbine F. flotteur. R. réservoir de réserve. D. électrodes de démarrage. E. Électrodes circulaires.
- Fig. 2 (au milieu). — Rhéostat en fin de démarrage après exécution de la mise en court-circuit.
- La pression de l’électrolyte refoulé par la pompe soulève la membrane souple supérieure M qui court-circuite les 3 phases du moteur par appui contre les barrettes supérieures Pt P2 P3 reliées aux cours de départ. Le surplus refoulé revient dans le réservoir de départ.
- Fig. 3 (à droite). — Coupe de rhéostat montrant la position du flotteur en fin de démarrage.
- tions, entre autres celle d’un compresseur qui reste toujours une merveille.
- C’est à la suite d’un grand nombre d’essais sur des modèles de plus en plus perfectionnés que l’inventeur est parvenu à mettre au point un nouveau rhéostat de démarrage dont la conception s’éloigne fortement des appareils similaires construits jusqu’ici.
- Les rhéostats sont, en général, constitués par un certain nombre de spires que l’on introduit dans le circuit de l’induit du moteur avant de lui envoyer la totalité du courant qu’ils doivent seulement absorber lorsque leur régime de marche normale est atteint; on met ensuite ces spires progressivement hors circuit à mesure que le moteur prend de la vitesse. Comme les spires sont métalliques, le frotteur qui les franchit ne peut envoyer le courant que par fractions séparées, par à-coups par conséquent. La progressivité de
- à de telles défaillances que le système s’est condamné lui-même.
- Allons-nous rejeter cette dernière solution ? Ce serait éliminer le gros avantage qu’elle contient en germe, qui est représenté par la progressivité rigoureuse du fonctionnement du rhéostat.
- Changeons donc le système mécanique. C’est ici que réside l’idée de l’inventeur.
- Puisqu’il est difficile d’assurer la plongée régulière des électrodes dans le liquide, il suffira pour résoudre le problème, d’envoyer le liquide sur les électrodes.
- C’est là, en effet, le point de départ de l’invention qui a demandé plusieurs années de recherches avant de se présenter avec tous les avantages que l’on était en droit d’attendre d’elle.
- Si, dans une petite cuve à trois électrodes en relation
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- électrique avec les trois bornes d’un moteur, on fait monter peu à peu un liquide conducteur du courant, on réalisera un rhéostat de démarrage absolument parfait parce que la montée du liquide peut être assurée par une pompe commandée jjar le moteur lui-même.
- On pourrait donner à un tel moteur le nom de « autodémarreur » si le terme n’avait déjà été employé pour présenter une solution toute différente.
- Nous pouvons décrire sommairement ce nouveau rhéostat liquide en laissant de côté toutes les explications techniques qui intéressent seulement les spécialistes.
- Les figures qui illustrent ce texte vont d’ailleurs le compléter parfaitement (fig. 1, 2, 3).
- il se présente sous la forme d’une petite cuve métallique très robuste pourvue d’un réservoir à liquide qui alimente un récipient inférieur par l’intermédiaire d’un flotteur.
- Dans ce dernier organe est logée une petite turbine à axe vertical, commandée par pignons d’angle et une poulie à courroie reliée au moteur électrique dont il faut assurer le démarrage.
- Au-dessus du récipient inférieur il en existe un autre qui contient trois électrodes circulaires reliées par leur sommet aux bornes du moteur; enlin, à côté, un troisième réservoir renferme encore trois autres électrodes, plus hautes que les premières et plongeant en permanence dans le liquide conducteur.
- La première ligure permet de distinguer nettement ces organes, qui sont essentiels. Elle représente l’appareil au repos.
- Le flotteur a laissé échapper la quantité de liquide nécessaire à la mise en marche ; les grandes électrodes, dites de démarrage, plongent par leur base dans la solution pour assurer l’envoi d’un faible courant dans le moteur au moment de l’enclenchement.
- Exécutons ce geste. Le courant éprouve une grande résistance pour traverser le peu de liquide qu’il trouve entre les électrodes : le moteur en reçoit donc fort peu, mais il se met cependant à tourner très lentement. Cela suffit d’ailleurs pour entraîner la turbine qui commence aussitôt à refouler un peu de liquide dans la chambre des trois électrodes de lancement. Ces électrodes baignent alors plus complètement ; la résistance liquide diminué et le moteur, recevant plus de courant, tourne plus vite.
- Dès lors le flux liquide progresse et ne tarde pas à envahir la chambre des électrodes supérieures, lesquelles assurent une nouvelle voie de passage au courant, ou plutôt élargissent la voie primitivement ouverte et permettent au moteur d’en recevoir de plus en plus jusqu’au moment où ces électrodes étant entièrement noyées, la totalité du courant d’alimentation traverse l’appareil pour permettre au moteur d’atteindre son régime normal.
- Cependant, malgré l’abondance du liquide autour d’électrodes de grande surface, le courant laisse toujours une partie de lui-même, si faible soit-elle, dans l’appareil. C’est une perte qu’il importe de supprimer en mettant l’appareil en court-circuit, quand le démarrage est achevé.
- Cette fonction est réalisée de la manière suivante :
- Quand le moteur atteint presque son régime normal, la poussée du liquide s’exerce alors dans une chambre circulaire fermée à sa partie supérieure par une membrane élastique qui se soulève.
- Cette membrane porte des barrettes métalliques qui viennent alors appuyer énergiquement sous des contacts reliés directement aux bornes du moteur. Le courant trouve alors un chemin de très faible résistance et passe par ce chemin pour se rendre au moteur qui se trouve ainsi alimenté
- par la totalité du courant. Comme la turbine continue à tourner avec le moteur, la surpression est évitée par l’aménagement d’une canalisation de refoulement qui oblige le surplus du liquide à faire retour au réservoir inférieur pour établir une légère circulation d’électrolyte qui égalise les températures.
- Remarquons encore que le flotteur (fig. 2) qui était entièrement submergé au moment de la mise en marche se trouve en position de fonctionnement normal lorsque le court-circuit est établi, pour assurer la constance du niveau de l’électrolyte dans le réservoir inférieur.
- Admettons maintenant que le moteur s’arrête, soit accidentellement, soit à la commande. Immédiatement la turbine s’immobilise puisqu’elle est solidaire du moteur; le liquide abandonne alors le réservoir supérieur et fait retour au réservoir inférieur, non en empruntant l’étroit passage que lui laisse le bouchon B qui règle le débit (fig. 2), mais en soulevant une soupape annulaire qui forme la base de la chambre de la turbine (S, fig. 2).
- Pendant le refoulement, cette soupape reste collée sur son siège en raison de la pression qu’elle supporte; mais dès que la turbine cesse de tourner, le sens de la pression se trouve renversé et la soupape se soulève pour permettre à l’élec-
- Fig. 4. — Moteur muni d’un rhéostat Planche.
- trolyte de descendre rapidement en isolant les électrodes.
- Nous devons insister sur l’automaticité du fonctionnement d’un tel rhéostat. Les circuits, une fois bouclés, mettent le moteur à la disposition du rhéostat sans aucune intervention étrangère. Les ouvriers n’ont jamais à y toucher.
- C’est la solution idéale de l’automatisme, puisque seul le régime du moteur exerce une action sur sa propre alimentation.
- Qu’il se produise un incident, comme presque chaque jour les usagers en rencontrent : rupture d’un fusible d’une phase, ou même blocage de la turbine, le rhéostat intervient immédiatement pour signaler l’accident. Dans ce cas, en effet, l’électrolyte chauffe dans le compartiment des trois grandes électrodes de premier démarrage. Il se produit un peu de vapeur qui s’échappe par le trou d’équilibrage des pressions du liquide. Cette vapeur pénètre dans la chambre des électrodes circulaires (supérieures), exerce une pression sur le liquide et l’oblige à retourner dans le réservoir de la turbine par une ouverture ménagée à sa base. Le moteur tourne alors moins vite puisque son alimentation est réduite et il peut attendre ainsi pendant plusieurs heures que la cause de l’accident ait attiré l’attention.
- D’après le peu que nous venons de dire, il est déjà possible
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- de se rendre compte de la valeur de l’appareil pour peu que l’on soit initié au fonctionnement des démarreurs, que l’on se soit trouvé aux prises avec l’un ou l'autre des systèmes existants.
- On lui reconnaîtra en premier lieu une merveilleuse souplesse, puisque la turbine qui commande l’ascension de l’élec-trolytc est entraînée par le moteur lui-même en réalisant une sorte d’auto-connexion automatique et rigoureusement progressive. C’est avec une précision merveilleuse que les résistances s’éliminent par fractions infinitésimales et que de ce fait le courant pénètre dans l’induit sans le moindre à-coup. Toute comparaison avec un rhéostat introduisant même une infime fraction de spire n’est pas possible. Autant vaudrait comparer une chute d’eau dans une conduite forcée à un torrent qui dévalerait librement les flancs d’une montagne.
- Notons bien que la vitesse de démarrage dépend du couple résistant. Si ce couple est élevé, le moteur et la turbine tournent en s’acheminant lentement vers le régime normal. Si, au contraire, il est faible, le démarrage a lieu avec une rapidité beaucoup plus grande.
- Cette souplesse n’appartient pas, d’ailleurs, en propre, à la fonction démarrage; elle se retrouve en présence de tous les incidents qui peuvent se produire. Immédiatement, le rhéostat intervient pour ramener le moteur à sa position de départ.
- Il est encore un point particulier sur lequel il nous paraît nécessaire d’attirer l’attention; c’est la capacité calorifique. Les liquides et les métaux ont une capacité calorifique différente. Un litre de liquide, ou un kg, absorbe beaucoup plus de calories qu’un kg de métal. Dans le cas présent, 10 litres (ou 10 kg) d’électrolyte ont une capacité calorifique cinq fois supérieure à celle d’une résistance métallique équivalente. En d’autres termes, 10 kg d’électrolyte absorbent autant de chaleur que 50 kg de résistances métalliques.
- Il résulte de ce fait que, quelle que soit la quantité de chaleur produite pendant le démarrage, cette chaleur est toujours absorbée et évacuée ensuite, cela sans qu’un seul atome de liquide soit porté à une température plus élevée que ses voisins en raison du brassage intime opéré par la turbine. D’ailleurs si la température de l’électrolyte atteignait accidentellement son maximum, qui est de 100 degrés, on en serait prévenu immédiatement par un dégagement de vapeur.
- Les qualités essentielles du rhéostat électrolytique et sa robustesse de construction lui permettent d’affronter les conditions les plus dures. C’est ainsi que, pratiquement, le nombre des démarrages consécutifs est illimité, l’appareil se remettant au point de départ en moins de deux secondes. De même, le temps du démarrage peut être très long sans aucun inconvénient puisque la quantité de chaleur dégagée sera toujours facilement absorbée par le liquide. De cet ensemble de qualités en découle une dernière : la robustesse, dont personne ne peut méconnaître l’importance, puisque l’appareil peut être mis entre toutes les mains, celles du plus inexpérimenté des manœuvres pour qui la conduite des moteurs électriques détermine encore une certaine appréhension que, désormais, rien ne justifiera plus. L. Fournier.
- Constructeurs : Planche et Cie, à Villefranche-sur-Saône (Rhône).
- OBJETS UTILES Pinces -asperge.
- Manger les asperges avec les doigts gâte certainement une partie du plaisir que l’on éprouve à les déguster; il est fort désagréable d’avoir la main souillée de liquide.
- La « pince-asperge » figurée ci-contre supprime cet ennui.
- La pince bien en main prend l’asperge tout naturellement
- dans l’assiette pour la porter à la bouche. On l’empoigne d’abord aux 2/3 environ de sa longueur, tout glissement étant évité à cause des petites dents qui garnissent les cuillères.
- Fig. 5. — Le Pirtce*asperge ei son emploi.
- Celles-ci, étant fixées par l’arrière aux bras de la pince, il est impossible que le jus coule le long de l’instrument.
- L’appareil se fait en métal blanc argenté, ou chromé.
- Fabricant : Ach. Klein, rue Lescouvé, Amiens, Somme.
- Extracteur de jus « Lemora »
- Pour exprimer le jus d’un citron, d’une orange, en général on coupe le fruit, en deux ou plusieurs morceaux que l’on presse ensuite entre les doigts ou avec un presse-citron, opération assez incommode qui a, en tout cas, l’inconvénient de réunir au jus la pulpe et les pépins.
- Le « Lemora » est une tige creuse, perforée, munie en outre d’un ourlet tranchant; on introduit l’objet dans le fruit; elle le traverse de part en part; son ourlet tranchant fait une saignée dans les tissus; quand on presse le fruit, le jus, mais le jus seul, s’écoule à travers ce tube; aucune crainte de se salir les mains puisque l’écorce reste intacte. Une tige de bois fournie avec l’appareil sert, après usage, à dégorger l’intérieur
- Fig. 6. — L’extracteur de jus « Lemora ».
- du canal de l’extracteur. L’appareil est fort simple, le procédé est pratique et élégant.
- En vente chez Kirby-Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Choix d’un poste récepteur.
- Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises, dans la Revue, qu’à l'heure actuelle, on pouvait distinguer deux catégories essentielles de postes-secteur sensibles et sélectifs, permettant la réception de la plupart des émissions européennes sans antenne extérieure, à l’aide d’une simple antenne intérieure, ou même a,rec une simple prise de terre.
- Les premiers sont les appareils à amplification haute fréquence directe, comportant généralement deux étages de résonance à lampes à écran I-Iewittic (Philips, Mildé, Suga, Radiola, etc., par exemple); les autres sont des postes super-hétérodynes à changement de fréquence, dont les détails de construction ont, d’ailleurs, été modifiés au fur et à mesure des progrès de la radiotechnique (Lœwe, Ariane, Sonora, etc.).
- Il est bien évident que rien n’est parfait en ce qui concerne l’ensemble des qualités des appareils de T. S. F., malgré les perfectionnements constants de la construction des récepteurs, et tout système de construction comporte donc ses inconvénients. Il en est de même dans d’autres industries, pour la fabrication des automobiles ou des machines électriques par exemple. Ainsi, chacune de ces catégories d’appareils présente un ensemble d’avantages séduisants, mais aussi des inconvénients plus ou moins graves.
- Beaucoup d’appareils à amplification haute fréquence directe peuvent être moins sensibles, et surtout moins sélectifs que des .superhétérodynes, malgré l’emploi récent des systèmes d’accord perfectionnés à présélection. En général, cependant, ces appareils à amplification haute fréquence directe sont relativement peu sensibles à l’influence des parasites industriels.
- D’après vos propres indications, vous désirez changer votre appareil actuel, justement parce qu’il n’est pas assez sélectif. Il est donc préférable que vous adoptiez un appareil superhétérodyne à changement de fréquence à six lampes, d’un des modèles indiqués plus haut. Il existe, d’ailleurs, comme vous Je savez sans doute, des postes à changement de fréquence dits « toutes ondes » qui permettent la réception des émissions de toutes longueurs d’ondes depuis 15 m jusqu’à 2000 m. Le dernier modèle de poste Lœwe, par exemple, possède cette propriété. Un modèle LMT du Matériel téléphonique présente également cette caractéristique.
- C’est là un avantage assez intéressant, parce qu’on peut ainsi recevoir des émissions provenant de postes récepteurs fort éloignés, et parce que les réceptions sont alors, bien souvent, presque exemptes de parasites, même dans des conditions assez défavorables.
- Nous ne pensons, d’ailleurs, pas que les perturbations que vous constatez dans votre poste pour la réception des émissions sur ondes longues proviennent essentiellement des défauts de ce poste. Il est bien plus probable qu’elles sont dues à de mauvaises conditions locales de réception. Le remplacement de votre appareil actuel par un poste encore plus récent, et encore plus perfectionné, ne permettrait pas sans doute d’obtenir des résultats bien meilleurs, sous ce rapport du moins.
- Le seul remède qui pourrait être tenté, et encore son efficacité n’est-elle pas absolument certaine, consisterait à placer dans le circuit d’alimentation de votre appareil, un système antiparasite à bobines d’arrêt haute fréquence et condensateur de fuite, dont quelques modèles ont déjà été signalés dans la revue et, en particulier, dans le numéro spécial de septembre 1932. Réponse à Abonnée de Haute-Savoie,
- De tout un peu.
- F. D. B., à Bruxelles.— l°Le meilleur moyen d’empêcher la sulfatation des accumulateurs est de les « soigner » à la charge et à la décharge en observant que l’intensité de charge doit être égale au dixième de la capacité en ampères-heures. Par exemple pour une batterie de 40 A-H on devra recharger à 4 ampères.
- A fin de charge le degré Baume de l’électrolyte ne doit pas dépasser 28° à 30°, la tension doit être de 2,5 volts par élément, les accumulateurs étant encore dans le circuit et non séparés.
- Pour l’opération, les accumulateurs devront de préférence être montés en série pour utiliser d’une part au maximum la différence de
- potentiel disponible sur le secteur (110 v en continu) au lieu de la dissiper dans des résistances et d’autre part pour éviter des actions réciproques d’un élément à l’autre, qui peuvent se produire dans le cas d’accumulateurs insuffisamment formés.
- Durant la décharge, ne pas descendre en dessous de 1,8 volt par élément, la densité de l’électrolyte peut être à ce moment de 12° à 13° Baumé.
- Si le niveau du liquide vient à baisser, en principe c’est de l’eau qu’il faut ajouter et non de la solution acide, n’employer que de l’eau distillée et non de l’eau ordinaire.
- Enfin ne jamais laisser un accumulateur complètement déchargé.
- 2° Bibliographie demandée : Les industries de fermentation, par Boullariger. Microbiologie agricole par Kayser de l’Encyclopédie Wery, chez Baillière, 19, rue Hautefeuille. Fabrication des cuirs et travail des peaux par Hue, même librairie. Sulfonation des huiles dans le Formulaire de François, Béranger, éditeur, 15, rue des Saints-Père;. Fermentation du tabac, Dictionnaire de Wurtz, Hachette, éditeur, 79, boulevard Saint-Germain. Matières colorantes et chimie de la teinture, par Tassart, librairie Baillière.
- M. Le Roy àGuiglo (Côte d’Ivoire). —Les grès flammés sont des grès recouverts d’émaux qui à la cuisson prennent un cachet d’originalité imprévue, la plupart du temps, due au hasard de l’action d’un feu réducteur poussé et maintenu à un haut degré de température.
- Le procédé suivant est généralement employé. On applique à la surface de l’objet au moyen d’un pinceau une dissolution de chlorure de cuivre à 20 pour 100 à trois reprises en laissant sécher entre chaque application, puis on émaillé par-dessus avec la composition suivante :
- Feldspath pulvérisé...................... 1500 grammes
- Acide borique.............................. 100 —•
- Sel marin................................... 50 —
- Carbonate de chaux.......................... 50 —
- Carbonate de soude.......................... 50 —
- Préalablement fritté, puis additionné après broyage de : Oxyde d’antimoine diaphorétique........... 200 grammes
- Cet émail est appliqué sur la pièce sous forme d’une couche de deux millimètres environ d’épaisseur.
- Après l’émaillage on met une couverte d’un demi-millième environ
- d’une glaçure composée de :
- Sable blanc............................. 200 grammes
- Oxyde de plomb.......................... 400 —
- Carbonate de potasse..................... 40 —•
- Acide borique............................ 20 —
- Azotate de cuivre calciné................ 20 —
- Oxyde de jaune de chrome................. 20 —
- Ce mélange étant d’abord fondu en verre sans le cuivre ni l’urane qui ne sont ajoutés qu’après le broyage de la masse vitrifiée.
- La cuisson se fait d’abord au ramollissement de la montre 04 ou 05 de Seger, soit 1210° à 1230°, puis on charge l’alandier avec du charbon sous une épaisseur de 15 à 20 cm et on ferme le registre de tirage.
- On laisse ainsi le moufle se remplir de fumée pendant une heure environ sans y toucher, au bout de ce temps on recommence à chauffer en donnant au feu son allure ordinaire; quand on voit la montre 3 tomber à son tour, on refait un nouvel enfumage et on continue le feu jusqu’à la fin de la cuisson qui est indiquée par la chute de la montre 8 (1290°), la montre 9 (1310°) commençant à pencher, on remplit à nouveau le foyer sur 20 à 25 cm d’épaisseur d’une couche de poussier de charbon et coke par moitié à peu près, on ferme le tout, c’est-à-dire le tirage, le foyer et le cendrier, par lutage à l’argile, en ayant soin toutefois de laisser un jour de 2 cm X 10 cm au bas de la plaque qui ferme le cendrier afin que le l'eu ne s’éteigne pas totalement, puis on abandonne l’opération jusqu’à complet refroidissement.
- Si le travail a été bien fait, on doit retirer du moufle des pièces flammées jaune vif et rouge du plus bel effet.
- IVI. Galmiche, à Lambezellec. — 1° Les toiles à tableaux se préparent de la façon qui suit :
- La toile étant bien fixée sur le châssis par de menus clous dits «semences», on y passe une couche de colle de peau et laisse bien sécher.
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- Ensuite, on ponce légèrement à la pierre ponce fine pour taire disparaître les rugosités et on donne une épaisse couche de couleur blanche préparée à l’huile dont le pigment sera constitué par parties égales de sulfate de baryte, argile blanche (kaolin), oxyde de zinc et blanc d’Espagne (éviter d’une façon absolue le blanc de céruse qui noircit aux émanations sulfureuses).
- Après séchage parfait, on donne un dernier ponçage pour uniformiser.
- N. B. — Si on désire une teinte crème, on peut ajouter à la peinture ci-dessus une pointe de terre de Sienne.
- 2° Les nettoyages dits « à sec » par les teinturiers dégraisseurs parce que l’on n’emploie pas d’eau, se font en réalité à pleine benzine, ce qui les fait, dans le métier, désigner sous le nom d’etnpleins.
- L’opération s’effectue dans un récipient complètement clos qui reçoit les articles à nettoyer ainsi qu’une grande quantité de benzine, puis on donne à l’appareil un mouvement de rotation qui fait se frotter les étoffes entre elles et permet à la benzine de dissoudre les corps gras qui fixent les impuretés, celles-ci devenues libres gagnent le fond après l’arrêt et les vêtements sont alors sortis parfaitement dégraissés, il ne reste plus qu’à passer à l’essoreuse et à aérer. .
- Les principaux appareils utilisés sont : la laveuse Polonais, la laveuse Dehaitre, la laveuse à double enveloppe du même constructeur, dans laquelle la caisse extérieure est fixe, une caisse intérieure mobile recevant les objets à traiter, enfin la laveuse balanceuse type français ou type anglais. Bien entendu un matériel de ce genre n’a sa raison d’être que pour le professionnel à cause de la grande quantité de benzine mise en œuvre.
- 3° La lampe Pigeon est construite par les établissements des lampes Pigeon, 2, rue Claude-Vellefaux, Paris, XIe.
- M. Veyrat, à Tonnerre. — Les montures de vos lunettes en simili-êcaille sont certainement constituées par du celluloïd, la préparation suivante vous permettra d’en effectuer la réparation :
- Celluloïd transparent................. 60 grammes
- Acide oxalique......................... 3 —
- Acétone.............................. 200 —
- La seule difficulté sera d’avoir des surfaces assez étendues à rapprocher pour qu’il y ait adhérence suffisante. Vous ferez donc bien, après le premier collage déjà bien séché, de faire un bourrelet, autour de la fente avec la même colle de manière à former un empâtement de consolidation.
- M. Berland, à Touggourt, Algérie. — Le Protargol est de l’al-buminate d’argent; pour enlever les taches résultant de l’usage de ce produit, on plonge pendant cinq minutes le linge dans de l’eau bromée (1 gr de brome agité avec 100 cm3 d’eau distillée) qui transforme l’argent en bromure incolore.
- On lave ensuite à grande eau, puis on trempe dans une dissolution d’hyposulfite de soude à 5 pour 100 pour dissoudre le bromure d’argent.
- Rincer à nouveau abondamment.
- N. B. — Il est essentiel d’éliminer complètement l’hyposulfite d’argent, sans quoi il y aurait ultérieurement noircissement du linge à la lumière.
- M. Bousquet, à St-Lô. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2894, page 527, veuillez bien vous y reporter.
- M. Moinot, à Magné. — Ainsi que nous l’avons signalé, les enduits dits craquelés sont le résultat de la différence de contraction entre la couche de fond et la couche superficielle.
- En ce qui concerne les poteries craquelées, elles sont obtenues en appliquant sur un corps de poterie siliceux une couverte feldspathique; au refroidissement, l’écart de contractibilité fait que la couverte éprouve un retrait supérieur à celui de son support, d’où la production de fentes dans l’enduit.
- Il doit paraître prochainement un ouvrage sur cette question par Larchevêque, nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons connaissance de sa parution.
- M. le Dr Dubois, à Saint-Benoît-du-Sault. — Voici, d’après les indications qui nous ont été très aimablement fournies par un de nos lecteurs, la façon la plus pratique de préparer un écran cinématographique :
- Construire un châssis aux dimensions voulues, par exemple 75 cm X 100 cm, en'bois blanc bien rigide, une traverse étant nécessaire pour assurer une rigidité convenable.
- Il est bon de peindre ce châssis avec une couleur à l’huile quelconque afin que l’humidité ne le fasse pas jouer.
- Tendre avec soin un calicot que l’on cloue sur les côtés à l’aide de semences en intercalant entre le châssis et la toile un carton blanc mat. On peut cacher les pointes en clouant sur la bordure une baguette demi-ronde à l’aide de «finette» d’ébéniste; l’écran est alors prêt à recevoir l’enduit dont voici la composition pour I m2.
- Collodion à 5 pour 100............. 250 grammes
- Carbonate de chaux précipité. ... 15 —
- Poudre d’aluminium fine............ 25 —
- Alcool à brûler, quantité suffisante pour faire 500 cm3.
- On broie au mortier le carbonate de chaux et la poudre d’aluminium on ajoute le collodion en agitant bien, on met en flacon à col large et dilue par la quantité nécessaire d’alcool.
- Enduire la toile avec une queue de morue large, en utilisant la moitié de la préparation. Veiller à la régularité de l’application, bien imbiber la toile et finir en passant régulièrement dans le même sens.
- Laisser bien sécher, passer une seconde couche avec la moitié restante de la préparation, toujours bien mélangée, en évitant la proximité de toute flamme.
- Après séchage complet, la toile se trouve parfaitement tendue.
- M. Degermann, à Saint-Max. — Nous pensons que le ciment à l’albumine vous donnera satisfaction pour effectuer un recollage de la faïence résistant à l’eau chaude.
- Commencer par préparer de la poudre de verre très fine, en chauffant fortement un morceau de verre blanc, puis en le trempant subitement dans l’eau froide, opération qui a pour but de rendre le verre très friable et que l’on désigne sous le nom d'étonnement.
- Piler ensuite le verre au mortier, passer au tamis très fin.
- Pour préparer la colle, broyer sur un marbre, au couteau, la poudre de verre avec une quantité de blanc d’œuf suffisante pour obtenir une pâte ferme, en enduire les parties à joindre, serrer fortement en ligaturant avec une ficelle, laisser bien sécher avant de remettre en service.
- Bibliothèque de Laval. —• Les dépôts de tartre qu’abandonnent les eaux par ébullition et évaporation sont essentiellement constitués par du carbonate et du sulfate de chaux, ce dernier présente en particulier une grande dureté, c’est pourquoi les eaux sélêniteuses sont si funestes aux chaudières ou canalisations dans lesquelles circule de l’eau chaude.
- Pour obtenir un détartrage, il convient donc d’abord de transformer le sulfate de chaux en carbonate, ce que l’on peut réaliser en ajoutant à l’eau d’alimentation environ 1 pour 100 de carbonate de soude et laissant l’appareil en fonctionnement, la réaction suivante a lieu sous l’influence de la chaleur :
- * Ca SO4 + CO3 Na2= CO:!Ca + Na2 SO4
- on purge à fond et rince pour éliminer le sulfate de soude, puis on remplace le liquide par de l’eau additionnée d’environ 5 pour 100 de mélasse ou, à défaut, de sucre; par contact prolongé, il se forme du sucrate de chaux soluble que l’on évacue comme précédemment.
- N. B. — En prenant la précaution d’alcaliniser légèrement l’eau d’alimentation dès la mise en service de l’appareil, on obtient de suite des dépôts pulvérulents qui n’ont pas d’adhérence, ce qui évite d’avoir à pratiquer un détartrage.
- M. Brion, à Saint-Dié. — Vous obtiendrez une colle analogue aux produits actuellement en vogue du commerce par la préparation, suivante :
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- M. Sager, à Paris. —Votre ruban doit être enduit avec du latex de caoutchouc-, nous avons donné dans le n°2893, page 479, quelques adresses de maisons où vous pourrez éventuellement vous procurer cet article.
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- 1-4-1933.
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- LA NATURE
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- LA NATURE
- 15 Avril 1933.
- FOSSILES MAGIQUES DU
- MAROC
- PRATIQUES MAGIQUES MAROCAINES
- Les pratiques magiques sont encore, à l’heure actuelle, extrêmement répandues au Maroc : en fait, la magie joue un rôle prépondérant dans la mentalité des masses populaires de l’empire chérifien. Ainsi le Moghreb s’affirme comme étant toujours demeuré un milieu berbère à psychologie archaïque; l’islamisme maintenant, comme jadis le christianisme ou le judaïsme, n’exerce ici sur l’esprit des indigènes qu’une action superficielle, sauf, bien entendu chez les gens d’origine étrangère, comme par exemple chez les Andalous de Fès, Maures venus d’Espagne.
- Dans la magie berbère, comme en Europe aux temps préhistoriques et protohistoriques, le règne animal occupe une place prédominante, avec les ossements, peaux, poils, plumes, etc., de chauves-souris, hérissons, panthères, hyènes, renards, chacals, belettes, sangliers, gazelles, aigles, corbeaux, huppes, serpents, caméléons, étoiles de mer, oursins, etc., employés dans des buts variés, tandis que le règne minéral n’est guère représenté que par le mica, auquel il faut ajouter la terre des lieux saints.
- Aussi est-il curieux de noter l’importance exceptionnelle qu’a prise, dans la sorcellerie au Moghreb l’emploi de fossiles, sur lesquels Edmond Doutté, Abel Brives, le Dr F. Mauchamp, Robert Boutet et Jean Gattefossé, ont attiré l’attention.
- FOSSILES MAGIQUES DES IDA OU TANAN
- Edmond Doutté a, le premier, dès 1903, fait connaître l’existence, dans le sud du Maroc, de véritables devins qui prédisent l’avenir, en faisant parler des coquilles fossiles de Brachiopodes, de Térébratules, élevées et nourries par eux, disent-ils; en général, ces sorciers emploient leur science, à la demande de leurs clients,
- pour des usages assez particuliers, tels que forcer l’amour d’une femme, rendre un homme impuissant ou même faire mourir un rival.
- Abel Brives a, en 1909, apporté de précieuses données géologiques et géographiques sur cette question des fossiles magiques du Moghreb méridional. Au cours de son troisième voyage dans l’empire des Chérifs, en 1904,
- il eut l’occasion de visiter le pays des Ida ou Ta-nan (*), entre Mogador et Agadir. Séjournanten flanc du djebel Oujdad (2), dans la fraction Ida ou Am-ran (3) de cette confédération, A. Brives reconnut « parmi les amulettes que les hommes portent sur eux, un coquillage fossile. Une grosse Rhynchonelle assez commune, dénommée tarzout(4), jouit, paraît-il, ajoute notre regretté collègue, de la propriété de répondre par de petits cris aux questions qui lui sont posées. Chacun interprétant la réponse suivant ses souhaits, cet oracle est souvent consulté. »
- A. Brives ne spécifie pas autrement le fossile magique des Ida ou Ta-nan. Mais Louis Gentil, qui, en 1905, suivit sur le territoire des Ida ou Amran, un itinéraire tout proche de celui d’Abel Brives, indique, à la hauteur du village des Ait Amjjoud, c est-à-dire au pied même du djebel Oujdad, « de nombreux points fossilifères, où dominent les Brachiopodes : des Rhynchonelles se trouvent ici en quantité considérable,
- 1. Le terme ida, localisé géographiquement dans la partie occidentale du pays des Chleuh, Berbères de l’Ouest du Haut Atlas marocain, est synonyme du mot habituel de la même langue placé au commencement des noms de tribus, Ait : tous deux veulent dire enfants descendants; le premier, qui se retrouve sous la forme ioudan, gens, ans le parler chaouia de l’Aurès signifie en outre groupement. — Le mot ou, en berbère, signifie fils.
- 2. Aouljdad de la nouvelle carte au 200 000e du Maroc.
- 3. Cette fraction est appelée aussi Aït Amran.
- 4. Féminin diminutif de azrou, mot berbère signifiant pierre, rocher.
- Commandement
- i i Territoire des Républiques indépendantes ou dut on oui es
- 1 I Commandements des G ds Caïds : Mtouggi ____Gondafi, Glawi
- '/ LZZl Zone d’administration directe du MakhserL
- Fig. 1. — La région des Ida ou Tanan, par rapport aux grandes divisions politiques du Sud marocain.
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- et l’on pourrait, dit l’explorateur, en recueillir plusieurs quintaux en quelques heures. »
- Le Brachiopode magique des Ida ou Tanan est certainement le fossile que vient de décrire Edouard Roch (1930), sous le nom de Rhjnchonella multiformis major Kilian, forme « extrêmement abondante », dit notre confrère, dans un sous-étage du Crétacé inférieur, l’Haute-rivien supérieur, du Haut Atlas occidental au sud de Mogador. Ce Brachiopode, qui mesure 32 mm de diamètre, se fait remarquer par le profond sinus de sa grande valve, qui divise celle-ci en deux ailes bien individualisées.
- Le Dr Mauchamp, en 1911, parle également des fossiles magiques du Moghreb. Les talebs, c’est-à-dire les savants, dit-il, emploient beaucoup, en sorcellerie, une coquille fossile bivalve, dite tazrout, qu’on trouve dans la montagne d’Agadir. Cette coquille offre, ajoute-t-il,
- l’illusion vague d’un visage : la charnière et la petite barrette transversale qui la termine représentant le nez et la bouche, deux impressions de l’insertion des muscles correspondant aux yeux.
- Il est évident, d’après cette brève description, que le fossile magique signalé par le Dr Mauchamp n’est pas la Rhynchonelle en cause dans les écrits d’Abel Brives. Jean Gattefossé vient de préciser que le bivalve en question est Isocardia aquilina Coquand ou une forme voisine de ce Lamellibranche.
- Très commun dans les terrains du Crétacé moyen (Cénomanien) des Hauts Plateaux de l’Algérie et de la Tunisie (environs de Boghar, Bou Saada, Batna, Tébessa, Sbéitla, Fériana, Gafsa) et toujours représenté par des moules internes, souvent d’ailleurs assez frustes, ce Lamellibranche fossile nord-africain a été rattaché tantôt au genre
- Isocardia, tantôt aux Isoarca ou aux Anisocardia. La dénomination primitive d’Isocardia aquilina a été changée en effet, bientôt par Coquand lui-même, en Isoarca aquilina. Replacé dans le genre lsoardia par Péron, ce Bivalve fut attribué par Pervinquière aux Anisocardia, tandis que Munier-Chalmas hésitait à en faire une espèce d’Anisocardia ou de Plesiocyprina. Au Maroc, E. Roch vient d’indiquer (1930), Isoarca sp., parmi les fossiles qui « jonchent le sol de leurs débris, près d’Aït Chleuh et d’Ifouriane, immédiatement au nord d’Agadir » : c’est évidemment ce dernier Bivalve qui est envisagé dans les travaux de .Jean Gattefossé.
- Suivant la tradition populaire, un fossile recueilli chez les Ida ou Tanan doit tout d’abord être porté par le sorcier qui veut s’en servir plus tard, à la grande zaouia de Sidi Brahim ou Ali, où se trouve le tombeau du saint patron de la confédération, qui groupe 30 000 montagnards, répandus sur un territoire presque circulaire de 40 km de diamètre : récemment étudiés par R. Montagne (1927-30), les Ida ou Tanan demeurèrent jusqu’en 1928, tout à fait indépendants du pouvoir central marocain.
- CARACTÈRES ETHNOGRAPHIQUES DES IDA OU TANAN
- Le principal centre de leur république fédérative, Tighanimin, tout proche du tombeau de Sidi Brahim ou Ali, abrite encore les descendants de ce grand marabout, soit une soixantaine de familles, disposant d’une quarantaine d’esclaves noirs, les uns et les autres installés dans la fraction, Aït ou Saka des Aït ou Azzoun. Disciple, paraît-il, de Sidi Saïd ou Abd en Naïm (des Haha), et soi-disant apparenté à Sidi Ahmed ou Moussa (du Tazeroualt), Sidi Brahim ou Ali est traditionnellement l’organisateur politique des Ida ou Tanan, Berbères dont le pays est bordé au nord-ouest par celui des Haha, et au sud, par le Sous, contrée dont le Tazeroualt forme la marche méridionale.
- Deux moussems, réjouissances publiques religieuses saisonnières, se tiennent chaque année à Tighanimin, dont l’un, celui d’automne, le premier jeudi d’octobre du calendrier julien, coïncide avec la date de réunion, sous l’olivier sauvage « ddou tzemmourt » proche du mausolée, de l’asssemblée qui règle les différends intérieurs de la confédération; lors de l’autre moussem, au printemps, le 15 mars du calendrier julien, se font les offrandes d’une des tribus des Ida ou Tanan, les Aït Tinkert. Ces offrandes consistent en œufs, semoule et huile d’argan, le tout ayant été apporté au tombeau et déposé sur une pierre plate, au lieu dit Tasmount. Tandis que les marabouts et leurs esclaves noirs s’emploient à confectionner avec ces dons, un plat, s’engage un combat rituel à coups de pierres entre les Chleuhs présents. Ce combat, qui rappelle ceux ayant lieu lors du moussem de Sidi Ahmed ou Moussa (du Tazeroualt) ou à l’époque de certaines fêtes de la plaine du Sous, correspond évidemment
- Fig. 2. — Tribu de la confédération des Ida ou Tanan (d’après R. Montagne. Les Berbères et le Makhzen dans le Sud du Maroc. F. Alcan, éditeur.)
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- à de vieilles traditions païennes en rapport avec les manifestations ayant pour objet de faire tomber la pluie et de rendre l’année favorable aux cultures. Lorsque le combat rituel cesse, à Tighanimin, grâce à la médiation des marabouts, chaque fraction des Ida ou Tanan amène au tombeau du saint une vache destinée à être égorgée. Le rôle dévolu dans cette cérémonie, à l’olivier et aux Nègres, s’observe fréquemment en Berbérie, au cours des manifestations liées aux plus anciennes traditions populaires nord-africaines.
- Les Ida ou Tanan forment une alliance d’une trentaine de fractions, réunies elles-mêmes en trois tribus autonomes, ayant chacune leur statut particulier : à l’est, les Aït ou Azzoun ont gardé le régime politique traditionnel des conseils de notables, qui accomplissent chaque année, suivant un cérémonial réglant d’une façon précise des rites plusieurs fois séculaires, une tournée de justice; à l’ouest, au contraire, les Aït Tinkert sont commandés par des chefs indépendants; au sud enfin, chez les Ifesfasen, existent côte à côte de minuscules républiques et de lilliputiens États soumis à des potentats, dont le pouvoir est plus ou moins limité par des assemblées de personnages influents. D’une façon générale, il semble que les notables ou « inflas » aient possédé à l’origine une puissance magique, qu’ont conservée chez les Ida ou Tanan, les « inflas el khir », les bons augures ou porte-bonheur de la tribu, gens des Aït Ouanzig, fraction par laquelle commence toujours la tournée de justice. Au contraire, chez certains Ida ou Tanan, le gouvernement est passé des mains du conseil des notables ou « taqbilt » à un chef ou « amghar », dépourvu de tout prestige magique. Si autrefois il y eut au Maroc des rois magiciens chez les peuplades du Rif (Ghomara), de la région de Casablanca-Rabat (Ber-ghouata) et du Sous (Tazeroualt), aujourd’hui leurs successeurs spirituels sont incontestablement les marabouts, tels que les descendants de Sidi Ahmed ou Moussa au Tazeroualt ou de Sidi Brahim ou Ali chez les Ida ou Tanan (x).
- USAGES MAGIQUES DES FOSSILES DES IDA OU TANAN
- Comme je l’ai dit précédemment, le tombeau de Sidi Brahim ou Ali est le centre marabou-tique des pratiques incontestablement anté-isla-miques de toute cette région berbère. L’in-
- 1. A l’Est des Ida ou Tanan, entre les secteurs d’influence des Mtouga et des Goundafa, dans le Haut Atlas, subsistent d’autres groupes berbères autonomes, comme les Ida ou Izimer, « les fils du Bélier », sans doute les gens de la montagne qu’El Bekri, au xi° siècle, présente comme les adeptes d’un vieux culte libyque auquel doivent se référer les gravures rupestres d’Ovins casqués des Ksours sud-oranais. L’antique tradition des magasins collectifs ou agadirs persiste précisément chez les Ida ou Izimer, tandis que les Ida ou Tanan en ont conservé seulement le souvenir traditionnel et les Haha simplement la désignation toponymique de lieux élevés creusés de grottes : ainsi apparaît le double caractère de l’agadir originel, citadelle avec dépôts souterrains de marchandises.
- Fig. 3. — Échantillons en grandeur naturelle de Rhynchonelia multiformis Roemer var. major Iïilian du gisement d’Aougenl (Zaou'ia Amissen) (d'après Ed. Roch. Etudes géologiques dans la région méridionale du Maroc occidental).
- fluence de la grande zaouia des Ida ou Tanan s’étend d’ailleurs largement en dehors du territoire de la confédération, comme le montrent les rites conférant un pouvoir magique au fossile d’Agadir : ce serait, suivant la légende, Moulay Abdallah ben Hocein, cousin de Sidi Brahim ou Ali, qui aurait découvert les vertus spéciales du moulage de Lamellibranche du Cénomanien sud-marocain.
- C’est l’offrande, par le pèlerin propriétaire du moulage, d’un présent au saint, qui confère au fossile apporté à Sidi Brahim ou Ali, son efficacité magique particulière. Le Bivalve est ensuite enfermé dans une chambre, c’est-à-dire dans une boîte de bois ou dans une outre de cuir spécialement fabriquée à son intention. Le fossile est nourri désormais avec du sucre; il peut être aussi alimenté fictivement si son détenteur a préalablement
- Fig. 4. — Isocardia aquilina. fossile magique du Sud marocain.
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- égorgé, avec un couteau neuf, sept hirondelles naissantes, de nichées différentes, dont les corps ont été ensuite cuits avec une plante, ultérieurement broyés, puis enterrés dans le cadavre d’une bête, où les vers viennent finalement manger cette mixture. Lorsqu’enfin le fossile sera consulté par un quémandeur, employant l’intermédiaire du magicien détenteur du moulage rendu magique, le consultant devra, avant toute demande, commencer par invoquer Sidi Brahim ou Ali.
- Le sorcier, afin d’interpréter la réponse du tazrout, place le fossile contre son oreille : le murmure qu’il perçoit alors indique au magicien le sens de la réponse à donner à l’interrogateur, selon que ce dernier désire être renseigné sur l’évolution future d’une maladie, sur la découverte d’un trésor ou sur tout autre sujet.
- En principe, le sacrifice d’un mouton, ou à l’extrême rigueur d’une poule, sera le point de départ de l’exécution des vœux formulés par l’interrogateur; cependant le sorcier pourra aussi écrire, sous la dictée du tazrout, une formule qui sera remise au consultant.
- Aux yeux des informateurs du Dr Mauchamp, le choix de ce fossile magique s’expliquait par le fait que ledit
- Fig. 5. — Collier de petites rondelles des rois Guanches (extrail des Essais sur les Isles Fortunées et l'Antique Atlantide, par J.-B.-G.-M. Bory de Saint-Vincent, officier français. Paris, Germinal an XI.)
- moulage interne, vu par la région du crochet, offre l’image d’une face humaine, la charnière et la barre transversale qui la limite représentant le nez et la bouche, tandis que les reliefs, contre-empreintes des creux correspondant aux insertions musculaires, figurent les yeux.
- Pour M. Jean Gattefossé, la coutume chleuh constituerait une simple survivance de traditions néolithiques, quelque peu licencieuses, dont cet auteur aurait repéré la trace en Provence, dans des gisements préhistoriques, dès 1921. Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs, qu’est observée en milieu berbère la persistance d’usages de l’âge de pierre; l’ambre notamment jouit auprès des femmes indigènes du Maroc de vertus qui lui étaient déjà attribuées en Europe au Néolithique, comme le prouvent de très vieilles traditions italiotes (1).
- L’emploi magique de fossiles s’est propagé vers le nord d’Agadir, à Marrakech et à Casablanca. Il compte parmi les usages de sorcellerie les plus appréciés dans les masses populaires de cette dernière ville. D’une façon générale d’ailleurs, dans cette cité neuve, créée entièrement par nous, la magie, pratiquée essentiellement par des Soussi ou des Nègres, par exemple, par des
- 1. L’ambre du Sous, couramment vendu aujourd’hui sur les marchés des grandes villes marocaines et notamment de Marrakech, viendrait du Tazeroualt ou même de plus au Sud; peut-être était-il déjà connu de Pline.
- Sahariens d’Aqqa, de Foum Zguid, de Tatta et autres oasis de l’Extrême-Sud, constitue l’une des bases fondamentales de la mentalité indigène ; il ne faut pas perdre de vue que le peuplement berbère domine, numériquement Casablanca, avec ses 105 000 individus dits « musulmans », alors qu’il y a 25 ans, Dar el Beïda, le bourg arabisé précurseur de la capitale économique du Maroc français, comptait seulement 20 000 âmes.
- A Casablanca, le magicien qui fait parler le fossile est dit « toto rmair », le maître de la chose, le maître du mystère. Originellement, le coquillage aurait été, selon Jean Gattefossé, non pas « la pierre qui parle », mais « la pierre qui fait parler ». Lorsqu’un Chleuh, selon une coutume immémoriale en pays Soussi, s’apprête à émigrer, il va chercher un tazrout dans la montagne et se rend au marabout de Sidi Brahim ou Ali, pour apprendre l’arabe (ou aujourd’hui le français) : dans cette intention, il couche une nuit au lieu sacré, en ayant soin de dormir avec le tazrout sous sa tête; le matin il se réveille convaincu qu’il sait la langue de la contrée où il est sur le point de se rendre. Lorsque donc, à Marrakech ou à Casablanca, un magicien soussi invoque un de ces Bivalves, c’est la pierre qui lui ferait dire ce qu’il ignore, comme le fossile apprend à parler au Chleuh émigrant.
- COQUILLES DE PORCELAINES MAGIQUES AFRICAINES
- Je me demande si ces pratiques magiques marocaines n’ont pas quelque rapport, en ce qui concerne le choix des moulages fossiles, avec un fait bien connu des conchyo-logistes. Les coquilles actuelles de Cypraea, vulgairement connues sous le nom de Porcelaines, quand on les applique sur son oreille par la face portant l’ouverture, ont la propriété de renvoyer dans cette position l’écho des bruits extérieurs qui ont parcouru leur vide interne : il en résulte pour l’auditeur l’impression d’entendre une voix humaine (2). Or les Cypraea ont depuis longtemps, frappé l’attention des hommes, et chez de très nombreux peuples sont considérées comme un attribut de la déesse de l’amour : on en retrouve la trace aujourd’hui dans nombre de traditions populaires et même dans des noms locaux.
- De nombreuses Cyprées ont été rencontrées dans les hypogées de Carthage : les unes sont, selon P. Pallary, de provenance méditerranéenne, mais beaucoup d’autres révèlent des espèces de la mer Rouge. Deux coquilles du musée du Bardo appartiennent au type Cypraea pantherina Solander, forme érvthréenne déjà trouvée dans des tombes de l’ancienne Egypte à Négadah par Flinders Petrie et à Karnalc par Legrain ; un certain nombre d’autres Porcelaines de grande taiJle, se rattachant à la faune de la mer Rouge, sont représentées dans les matériaux provenant de fouilles d’égyptologues. Généralement leurs coquilles sont perforées d’un trou de suspension; l’une d’entre elles, C. arabica Linné
- 2. C’est une telle constatation qui est à l’origine du nom pilo canteux donné par les marins de Boulogne (Pas-de-Calais) à divers Gastéropodes (Buccin, etc.), en raison du bruit entendu dans la coquille vide, quand on en applique l’ouverture contre son oreille.
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- figurait déjà dans le matériel des tombes énéolithiques de la Haute Égypte découvertes par de Morgan.
- Pline a appelé la Cyprée, conque de Vénus. Eusèbe Vassel pensait que la coquille de Cypraea était censée, aux temps puniques, représenter Tanit ou Astarté, la déesse carthaginoise de la fécondité (1).
- En provençal, selon Victor Gelu dans Lou Garagaï, la Porcelaine est appelée viranio. En langue d’Oc, le verbe vira signifie à la fois tourner, retourner, et interpréter, donner un bon ou un mauvais sens, se vira voulant dire spécialement être ému de crainte ou de frayeur. La spire de Cypraea n’étant point visible extérieurement, il semble bien que ce soit la seconde signification de vira qui ait été à l’origine du sens de viranto : la Porcelaine serait la coquille qui interprète et qui, par suite, éveille l’idée de crainte (’2 3). Le nom provençal de la Cyprée pourrait donc être lié à des pratiques magiques locales plus ou moins comparables à celles des Ida ou Tanan du Maroc et en tout cas fort anciennes dans notre région du Sud-Est.
- D’ailleurs les Cyprées ne sont pas rares dans les stations de l’âge du Renne du Midi de la France. Des parures de Cypraea lurida Linné et de Cypraea pyrum Linné provenant d’eaux assez profondes de la Méditerranée, ont été trouvées sur le squelette de l’Homme de Laugerie-Basse (Dordogne), à la hauteur du front, des bras, des genoux et des pieds. Des coquilles de Cypraea europaea Montagu, C. pyrum Linné et C. spurca Linné ont été découvertes dans les grottes de Grimaldi près de Menton (Alpes-Maritimes), cavernes où ont été précisément rencontrés des squelettes de Négroïdes, associés d’ailleurs à de nombreux squelettes d’Hommes du type de Cro-Magnon (J).
- La petite Porcelaine commune dans les collections du musée des Pères Blancs, à Carthage, est encore une forme de la mer Rouge, C. annulus Linné : déjà observé dans les tombeaux de l’ancienne Égypte à Koptos (Flin-ders Petrie) et à Karnak (Legrain), ce coquillage se présente rodé à la face dorsale, révélant ainsi, selon Lortet et Gaillard, qu’il servait peut-être déjà de cauris à cette époque reculée.
- Indépendamment de cet ordre spécial d’utilisation, les coquilles de petites Porcelaines (C. moneta Linné), jouent un rôle important dans les pratiques magiques africaines : tous les sorciers noirs en portent abondam-
- 1. Un curieux hasard fait que la fraction des Ida ou Tanan habitant tout près du tombeau de Sidi Brahim ou Ali porte le nom de Tanit.
- 2. D’après une tradition populaire languedocienne rapportée par l’abbé de Sauvages, tradition populaire liée sans doute à des concepts magiques, « une pierre d’un poids énorme incitait, par sa forme singulière, les gens avides de trésors ou les simples curieux à la retourner; après bien du travail et des sueurs, l’opération réalisée aurait permis de lire sur la face enterrée de ce bloc rocheux : « Vira më vouliëi, që daqël cousta më douliëi. »
- 3. Une dizaine de ces squelettes portaient des résilles ou couronnes, colliers, bracelets ou pagnes de coques de Nassa neriiea Petit, parfois colorées en rouge oligiste. Des cachettes comportant plus de 8000 coquilles, la plupart teintes en rouge, dont 10 pour 100 perforées, ont été trouvées dans cette station. Le squelette de la femme de la grotte dite des Enfants était enveloppé d’un véritable lit de coquilles de Trochus, observation qui fait songer aux coutumes actuelles pratiquées dans les cimetières de Salé ou de Rabat et rapportées ici. De même des restes humains trouvés dans la grotte néolithique du cap Sportel reposaient sur des amas de coquillages.
- Fig. 6. — Coquilles de Moules répandues sur des lombes à Salé (d'après E. Laoust, Hesperis, 1923).
- mont sur les vêtements de leur corps, particulièrement à leur coiffure; c’est le cas, par exemple, de ceux, très nombreux, qui partis du Soudan parcourent les ksours du Sud ou les villes du Maroc atlantique. Les Cypraea jouissent de vertus très appréciées, qui sont peut-être à l’origine de leur emploi comme monnaie dans le continent noir : Louis Tauxier, Marty, Charles Monleil, ont fait voir que les cauris jouent, en effet, un rôle fort important dans les pratiques de divination chez nombre de groupements noirs de l’Afrique occidentale (J). Enfin au Moghreb, les petites tresses de cheveux des enfants, tresses qui affectent des dispositions différentes suivant, le saint patron sous la protection duquel est placé l’individu, s’ornent fréquemment d’une Porcelaine ou encore d’un petit sac renfermant soit de la terre d’un marabout, soit des talismans écrits.
- ROLE DES COQUILLAGES MARINS ACTUELS DANS L’ETHNOGRAPHIE DU MAROC ATLANTIQUE
- En ce qui concerne le pouvoir magique des coquillages dans les milieux berbères, je rappellerai que le pays chleuh
- 1. Déjà au Néolithique, les gens du Sahara possédaient des coquillages, objets de parure, ils se présentaient donc comme aujourd’hui les Nègres qui traversent le désert pour aller du Soudan en Berbérie. Des coquilles de Conus provenant de l’Atlantique tropical font partie de l’appareil habituel de la coiffure des Négresses Hartania des oasis du Touat; de telles coquilles ont été aussi indiquées d’Ouargla et d’Aïn Sefra.
- Fig. 7. — Perles formées d'articles de liges d’Encrines fossiles, vraisemblablement utilisées comme parure à l’époque néolithique, trouvées dans le Tidikelt par G.-B.-M. Flamand.
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- notamment, est sans cesse parcouru par des diseuses de bonne aventure qui, selon E. Laoust, tirent leurs horoscopes de conques marines. Les femmes soussies portent encore aujourd’hui des colliers formés de petites coquilles montées sur un fil, comme jadis les rois guanches de Fortaventure et de Lancerote (Canaries) arboraient des diadèmes de cuir ornés de coquillages. Les femmes du Sous utilisent aussi de grosses Moules appelées ruizrug ou buzrug, pour conserver et délayer leurs fards, comme le faisaient autrefois les belles Carthaginoises, en se servant de valves de Peignes, Pectoncles, Mactres ou Patelles, qui figurent dans les vitrines du musée Lavi-gerie, où on les voit demeurées toujours pleines de couleur (rouge vif, rose, violet).
- A Rabat et surtout à Salé, P. Pallary et E. Laoust ont signalé le fait que des coquilles de Moules, Patelles et Pourpres sont répandues sur les tombes : « il y a de la baraka (c’est-à-dire du pouvoir magique) dans les coquilles », se bornent à dire les indigènes. Dans la nécropole romaine de Chella, près de Rabat, IL Basset a indiqué la présence de coquillages dans le mobilier funéraire. Enfin les ruines de la Carthage punique ont fourni un vase portant l’inscription : « tombeau de Bodasroth, fils de Baal Hammon », rempli de coquilles brisées de Murex trunculus Linné.
- Si les Moules sont encore fréquemment consommées par les indigènes de Rabat-Salé, de Safi et de la cote du pays chleuh (Mogador à Agadir), sous les noms berbères de aful, tafult, tigri, buzug, par contre les Patelles et les Pourpres ne figurent plus dans l’alimentation des Marocains, après avoir été pendant fort longtemps de consommation courante au Moghreb. Le long de la côte atlantique, du cap Spartel au cap Ghir, des tas de coquilles de Moules, de Patelles, de Pourpres (P et de Troques calcinées, ont été reconnues en effet, par P. Pallary, en compagnie de silex néolithiques, notamment à Rabat, Casablanca, Mogador. Plus au sud, en bordure du territoire des Ida ou Tanan, du cap Ghir à Agadir, le long du littoral encore, un certain nombre de grottes (Ifran Ouroua) ont leur entrée partiellement obstruée par des amas de coquillages calcinés (Moules dominantes, Pourpres, Patelles), renfermant en outre des silex taillés et rappelant les concheros des Canaries (2).
- ROLE DES COQUILLAGES MARINS ACTUELS ET DES FOSSILES DANS L’ETHNOGRAPHIE PRÉHISTORIQUE DE L’ALGÉRIE, DE LA TUNISIE ET DU SAHARA.
- Les grottes littorales du pays des Ida ou Tanan n’ont malheureusement pas été fouillées méthodiquement.
- 1. A l’époque romaine, des textes d’Horace, Ovide, Pomponius Mêla, Pline, Silus Italicus parlent de la pourpre gétule ou maure, fabriquée sans doute à Mogador depuis les temps puniques, pense S. Gsell. Des établissements phéniciens ont même existé dans cette région, comme en témoigne le texte du périple d’Hannon (antérieur au milieu du ive siècle), qui mentionne quatre comptoirs entre le Mur Carien (Mogador) et le Lixus (Draa) : Gvtte (Agadir Ighiddene chez les Ida ou Zeika), Aéra (la ville d’Agadir actuelle), etc. Les Phéniciens auraient aussi atteint les îles Canaries, qu’ils auraient semble-t-il, d’après Pline, consacrées à la Junon phénicienne (Astarté).
- 2. Les instructions nautiques portugaises du xvi° siècle signalent encore des agadirs sur la côte des Ida ou Tanan du cap Ghir à Agadir (Palma = cap Ghir; Turucuce = adrar Tarkoukou; Tucurumu = Aït Daoud; Tamarate = asif Tamghakht).
- Par contre, celles de la région d’Oran, grâce aux travaux de P. Pallary, nous éclairent sur les conditions de vie des Néolithiques du littoral barbaresque : ces hommes mangeaient, après les avoir fait cuire, des Moules, des Patelles, des Pourpres, des Troques et également un Cirrhipède, Pollicipes cornucopiae LeachP). Ils délaissaient, par contre, de nombreux Mollusques dont les coquilles se trouvent néanmoins dans les dépôts archéologiques des grottes d’Oran : à plusieurs reprises, les derniers tours de spire du Triton nodiferum Lamarck y ont été trouvés colorés en rouge, de même que des Columbella rustica Linné perforées pour servir d’objets d’ornement (2). La couleur lie de vin ou sang de bœuf de diverses coques de la caverne des troglodytes oranais laisse à penser que les tests de Mollusques étaient doués aux yeux de ces hommes de pouvoirs magiques. Dans le remplissage des mêmes grottes ont été découverts, à côté de coquilles actuelles, de nombreux moulages de fossiles (Cônes, Troques, Moules, Lithodomes, Peignes, Haliotides), rappelant par leur forme des anses de poterie ou des hachettes (3).
- Déjà à la fin du Paléolithique, le remplissage des abris de la Mouilla, aux environs de Lalla Marnia, à 40 km de la Méditerranée, en Oranie, révèle des données ethno* graphiques qui sont à rapprocher de celles fournies par les fouilles des grottes néolithiques d’Oran ou par les observations récentes chez les Ida ou Tanan. A côté de coquilles de Moules cuites, les détritus laissés par les habitants de la fin de l’âge de la pierre taillée à Lalla Marnia comprennent, selon A. Barbin, des coquilles marines, Pourpres, Bucardes, Arches, Pectoncles, perforées naturellement ou artificiellement pour pouvoir être suspendues comme objets de parure; des fossiles se trouvent aussi dans les dépôts archéologiques de la Mouilla, par exemple des dents de Requins et une Térébratule, cette dernière faisant songer aux Brachiopodes magiques actuels des Ida ou Tanan.
- A Bougie, A. Debruge a recueilli dans la grotte-sépulcrale Ali Bacha, d’âge néolithique, un certain nombre d’exemplaires d’un Mollusque miocène Turritclla tripli-cata Brocchi, dont la coquille perforée et peinte en rouge était évidemment considérée par les Néolithiques de l’endroit comme douée d’un certain pouvoir magique. Ces fossiles constituaient même, dit notre confrère, « l’ornement de prédilection des anciens habitants de cette région du littoral, car une vingtaine d’entre eux ont été découverts en contact direct avec les squelettes humains du remplissage de la caverne ».
- Cette observation est à rapprocher de l’exemple classique de l’Homme de Brunn (Moravie), dont le squelette remontant à l’âge du Renne portait un collier ou plastron de 600 fragments de Dentalium badense. Ici comme là, les coquillages fossiles trouvés dans les sépulcres prove-
- 1. Ce Crustacé, mangé également par les Enéolithiques de Tanger (grotte du cap Spartel à idoles sexuées d’Ovins mâles), est de consommation courante aujourd’hui en Espagne et l’a même été en France (Bretagne, Normandie), où, selon Bruguière, il avait la réputation d’un aliment aphrodisiaque.
- 2. De même que des Bucardes et des Pectoncles.
- 3. De nombreuses coquilles fossiles pliocènes (Huîtres, Peignes) taillées intentionnellement ont été observées par G. Flamand dans le remplissage néolithique d’une grotte du boulevard Bru à Alger.
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- naient de gisements distants de plusieurs kilomètres de la station préhistorique.
- Un véritable trafic de coquilles marines semble d’ailleurs avoir existé très anciennement au Sahara. E. Gobert a trouvé une coquille plutôt rare du golfe de Gabès, Nassa gibbosula Lamark dans une série de localités de la région de Gafsa (Sud tunisien) : 1° à Bir Khanfous, dans une station du Gétulien (Paléolithique récent); 2° à Aïn Aâchena dans un gisement de la fin du Gétulien (Mésolithique); 3° au Redeyef, dans un abri du Présaharien (Néolithique ancien), où cette coquille était particulièrement abondante. Or Desor, Martins et Escher de la Linth, avaient, depuis longtemps, découvert la coquille de ce Gastéropode dans les sables stratifiés de Bou Channa (Souf, Sud constantinois), dans une station préhistorique selon R. Tournouèr, comme Bellucci l’avait plus tard observée dans les alluvions de l’oued Akarit, à Gabès, avec de beaux silex taillés. Ce coquillage a donc dû avoir une grande valeur dépendant sans doute du pouvoir mystique qui lui était attribué.
- Enfin, G. Flamand a découvert au Tidikelt, dans la vallée de l’oued Botha, des tronçons de tiges d’Encrines
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- d’âge carbonifère, utilisées certainement à la confection de colliers. Ces articles de Crinoïdes rappellent les rondelles de terre cuite fabriquées jadis par les indigènes des Canaries : ces rondelles ont été trouvées sur plusieurs momies découvertes dans les grottes de cet archipel; elles étaient enfermées dans de petites bourses de cuir, enfilées les unes à la suite des autres dans des courroies, formant ainsi de petits chapelets. Le nom de cuentas, sous lequel sont connus ces assemblages de disques éveille évidemment une notion arithmétique s attachant à ces pièces ethnographiques; mais une telle idée n’exclut pas, surtout vis-à-vis de morts, l’hypothèse d’un pouvoir magique attribué à ces pièces. Ces deux considérations interviennent d’ailleurs simultanément dans 1 usage courant des cauris par les sorciers noirs.
- Ainsi aux Canaries, presque en face du pays des Ida ou Tanan, l’usage de pierres artificielles à pouvoir magique a subsisté fort longtemps comme une sorte d’évocation de la mentalité préhistorique, ainsi que le fait est aisé à constater de nos jours, dans le sud-ouest du Maroc
- atlantique. L. Joleaud.
- Professeur à la Sorbonne.
- E L’EXPLORATION SCIENTIFIQUE = DE L’OCÉAN INDIEN OCCIDENTAL
- Depuis la célèbre croisière du Challenger qui, de 1872 à 1876, a, on peut le dire, ouvert la voie aux recherches océanographiques, toutes les mers du globe ont été l’objet d’explorations scientifiquement organisées. L’Atlantique Nord, en particulier, a été sondé et étudié à fond par de nombreuses croisières, dont celles du Prince Albert de Monaco, poursuivies pendant 35 ans entre le tropique du Cancer et le parallèle 80° de latitude nord, ont donné des résultats remarquables. L’Atlantique Sud a été l’objet de nombreux travaiix poursuivis par les océanographes allemands; le Pacifique a été exploré, de la surface au fond, par les navires hydrographiques américains, par le brick-goélette le Carneggie, construit « sans fer » pour établir la carte magnétique, par le navire du savant et regretté explorateur danois Schmidt. Les hydrographes hollandais, par leurs admirables travaux effectués avec autant de science que de conscience, ont pu dresser une « carte gravimétrique » et ont mesuré, à l’est des îles de la Sonde, les plus grandes profondeurs connues, qui atteignent aujourd’hui 10 700 m; et les mers polaires, l’Océan Arctique et l’Océan Antarctique ont été étudiés par de nombreuses expéditions anglaises, allemandes et françaises, celles-ci commandées par notre grand marin, le Dr Charcot.
- Mais, seul, l’Océan Indien, du moins dans sa partie « ouest », n’avait été l’objet d’aucune étude suivie : nous entendons par « partie ouest » la région de la Mer d’Arabie, au nord des Seychelles et à l’ouest de l’arête dorsale qui réunit les îles Maldives aux îles Chagos.
- Cette région a une profondeur moyenne générale de 4500 m, mais elle est, au point de vue scientifique, la moins bien connue des régions océaniques, car elle est restée en dehors du progrt mme d’études du Challenger et n’a pas été explorée depuis cette expédition célèbre : les sondages profonds y sont rares, au moins dans la plus grande partie de son étendue. Les mouvements de l’eau, tant dans le sens horizontal que dans le sens vertical, y sont peu connus. Par ailleurs, c’est une zone qui ouvre un vaste champ de recherches, parce qu’elle est bordée au nord et à l’ouest par de grandes terres continentales qui entravent la circulation de l’eau et rendent, de ce fait, les problèmes un peu moins simples ; en outre, les apports d’eau douce faits par les fleuves des terres qui la bordent sont assez faibles, et cela contribue à la constance relative de composition de ses eaux.
- Au point de vue biologique, la faune des régions au-dessous de 100 m de profondeur n’est connue que par les recherches du navire britannique Investigator, limitées forcément aux mers voisines des rivages de la péninsule hindoustanique. Or l’intérêt que présente cette faune est augmenté par l’existence probable de communications qui existaient précédemment entre cette zone et la Méditerranée et l’Atlantique, lorsque le continent indien était relié à l’Afrique du Sud et à Madagascar.
- Quant à la topographie sous-marine, elle a une grande importance pratique, et il y aurait un intérêt tout spécial à connaître jusqu’à quelle distance vers l’est les montagnes se continuent au-dessous des eaux sous la forme d’arêtes
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- dorsales; il est, en outre, indispensable d’étudier les dépôts, en particulier le « sable vert ».
- On sait la part capitale que le regretté Sir John Murray, l’un des savants qui ont p articipé à la campagne du Challenger, a prise dans l’étude des fonds océaniques : c’est lui qui, avec le professeur Renard, en a établi la classification complète et a été ainsi le fondateur de cette branche si importante de l’Océanographie, la « lithologie sous-marine », à laquelle le professeur Thoulet a consacré sa vie. En présence du manque de données sur la partie ouest de l’Océan Indien, les héritiers de l’illustre océanographe anglais ont tenu à continuer l’œuvre de leur ancêtre et ont offert le concours pécuniaire nécessaire à l’organisation d’une expédition océanographique destinée à compléter nos connaissances sur cette partie presque inconnue de l’Océan Indien.
- Un comité a été formé pour arrêter tous les détails de la campagne. Il est composé de MM. J. C. Murray, président et trésorier; J.
- Stanley-Gardiner, secrétaire; E. J. Allen, directeur du laboratoire maritime, à Plymouth; et W. T. Caïman, conservateur de la section de zoologie au British Muséum.
- Ces quatre personnes représentent les administrateurs des biens de feu Sir John Murray.
- Puis viennent le vice-amiral H. P. Douglas, ancien hydrographe en chef de l’Amirauté britannique; le capitaine de vaisseau Edgell, hydrographe de l’Amirauté ;
- Stanley Kemp, directeur des recherches au « Colonial Office »; C. Tate Regan, directeur du British Muséum (histoire naturelle) ; R. B. Seymour-Sewell, colonel I. M. S., administrateur de l’Indian Muséum, Calcutta ; et enfin G. I. Taylor, professeur à l’Université de Cambridge.
- L’expédition sera placée sous la direction du colonel R. B. Seymour-Sewell, M. D., qui fut, à l’époque, chirurgien-naturaliste sur le navire explorateur Y Investigator. On espère que l’Amirauté déléguera un hydrographe de haute compétence pour diriger les travaux de sondage et de topographie sous-marine : ce point est d’autant plus important que la détermination des lignes « isobathes » (courbes de niveau de profondeur), à l’aide de sondages par le son, forme l’élément fondamental du programme de l’expédition. Le directeur en second des travaux scientifiques sera M. E. F. Thompson, qui assurera les recherches d’ordre chimique. Le reste du personnel comprendra trois jeunes naturalistes, spécialement chargés des travaux relatifs à la faune.
- Le navire que l’on se propose d’utiliser est le George
- Bligh, du service des pêches du « Ministry of Agriculture and Fisheries », et qui sera pris en fret. C’est un robuste chalutier de 42 m 50, tenant bien la mer, et ayant rendu de bons services pendant la guerre. Il sera pourvu d’un matériel de sondage par le son, fourni par l’Amirauté britannique.
- Le plan de la campagne prévoit le départ d’Angleterre pendant le mois d’août 1933. Le navire fera route directement par la Méditerranée et le canal de Suez, vers Great Hanish Island, au sud de la Mer Rouge, où commencent les sondages, les dragages et les prises d’échantillons d’eau, qui se poursuivront dans le détroit de Bab-el-Mandeb jusqu’à Aden.
- Voici les dates prévues (à titre d’indication) avec les longueurs des itinéraires successifs.
- 1. D’Aden à Karachi, du 20 septembre au 11 octobre (trajet : 1700 milles marins);
- 2. De Karachi à Bombay, par le golfe d’Oman et
- l’entrée du golfe Persique, du 11 octobre au 8 novembre (1800 milles) ;
- 3. De Bombay à Mon-basa, sur la côte d’Afrique (route par le nord), du 8 au 27 novembre (2350 milles) ;
- 4. De Monbasa à Bombay (route par le sud), du 1er au 20 décembre (2350 milles) ;
- 5. De Bombay à Colombo, du 27 décembre au 10 janvier (900 milles) ;
- 6. De Colombo, incursion vers le sud-ouest, du 14 janvier au 3 février 1934 (2200 milles;
- 7. De Colombo à Zanzibar, du 7 au 26 février (2600 milles).
- Le travail ultérieur ne peut pas être donné d’une façon certaine : il dépendra, en effet, des résultats obtenus au cours des itinéraires successifs. Toutefois, on prévoit le retour, en partant de Hanish Island, le 30 avril 1934. Les durées variables des trajets indiqués ici dépendront de l’état du temps et du nombre de « stations » que l’on fera le long de chaque tronçon dont la topographie sous-marine devra être déterminée par sondage acoustique.
- A la plupart des « stations » en haute mer, on prendra la température « par étages », ainsi que des échantillons d’eau pour en déterminer ensuite la composition, la densité, et le pIJ; on récoltera également des échantillons de fond à toutes les stations, en prêtant une attention spéciale à la « ligne de vase » de Murray, sur les talus continentaux. La distribution de la faune, surtout entre 100 m et 2000 m de profondeur, est une partie essentielle du plan de la campagne.
- Le centre d’organisation de l’expédition sera au labo-
- EUROPE
- ASIE
- Karachi
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- OCÉAN INDIEN
- Fig. 1. — Itinéraire de l’expédition de l’Océan Indien
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- ratoire de zoologie de T Université de Cambridge. Les administrateurs ont consenti à ce que tout le travail relatif à la faune fût fait en collaboration avec le British Muséum (Histoire naturelle) : tous les spécimens présentant un intérêt scientifique seront ajoutés aux collections uniques de cette institution célèbre et seront ainsi mis, d’une façon permanente, à la disposition des savants. Disons enfin que l’on escompte, pour la traversée de la Mer Rouge, le concours d’océanographes égyptiens qui
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- prendront, jusqu’à Aden, passage à bord du George Bligli.
- Tel est le plan de la « campagne océanographique de l’Océan Indien ».
- Quand on voit de tels efforts, on ne peut que regretter qu’il n’y en ait pas d’équivalents chez nous... Et pourtant, nous avons des colonies dans l’Océan Indien et ailleurs.
- Alphonse 13 erg f. t .
- Professeur à l’Institut océanographique.
- ^ NOUVELLES METHODES = DE DÉSINTÉGRATION ATOMIQUE
- DIFFICULTÉS DE RÉALISER DES TRANSMUTATIONS ATOMIQUES
- On se représente actuellement l’atome Q) comme formé d’un noyau central électrisé positivement, autour duquel gravitent des électrons négatifs dont le nombre va de 1 pour l’hydrogène à 92 pour l’uranium. Le noyau central semble être lui-même un ensemble complexe dont la structure est encore mal connue; mais, dans tous les cas, on est cl’accord pour penser que c’est dans le noyau de l’atome que réside toute sa personnalité chimique. On peut enlever plus ou moins facilement un ou plusieurs des électrons satellites, ce qui a pour effet d’ioniser l’atome, sans altérer profondément cette personnalité; l’atome reprend les électrons qui lui ont été enlevés, dès qu’il en a la possibilité, en revenant à son état initial. Pour passer d’un atome à un autre, c’est-à-dire pour produire une véritable transmutation, il faut disloquer le noyau lui-même. C’est là une opération difficile à réaliser à cause de la barrière de potentiel constituée par les électrons accumulés autour du noyau. Les efforts tentés dans cette voie ont, pendant longtemps, été absolument infructueux.
- EXPÉRIENCES DE RUTHERFORD AVEC DES PARTICULES a (»)
- Les premiers résultats positifs obtenus l’ont été en 1919, par Rutherford qui, en soumettant un certain nombre d’éléments à l’action de particules a émises par une substance radio-active convenable, est parvenu à désintégrer leurs atomes en mettant en liberté des atomes d’hydrogène privés de leur électron satellite, c’est-à-dire des noyaux d’hydrogène ou protons.
- Jusqu’en 1930, on ne connaissait, pour atteindre le noyau des atomes, que la méthode précédente; elle avait permis de désintégrer tous les éléments légers, depuis le bore jusqu’au potassium, à l’exception peut-être du carbone et de l’oxygène, éléments pour lesquels les résultats sont douteux. Mais le rendement des transmutations ainsi réalisées est toujours très faible; dans
- 1. La Nature, n° 2889, 15 septembre 1932.
- 2. La Nature, n° 2524, 19 août 1922.
- les meilleurs cas, il ne dépasse pas le millionième, c’est-à-dire que sur un million de projectiles a mis en œuvre pour bombarder l’élément dont on veut provoquer la désintégration, un seul au maximum sera utile et déterminera la dislocation d’un des atomes bombardés.
- INTÉRÊT D’EXPÉRIENCES AVEC D’AUTRES PROJECTILES
- La petitesse de ce rendement est une très grosse difficulté pour l’expérimentateur; d’où l’intérêt qu’il y avait à rechercher si le noyau des atomes ne pourrait pas faire explosion sous l’action, non seulement de particules a mais encore de protons ou, plus généralement, d’ions positifs animés de très grandes vitesses. Il ne paraît pas difficile, en effet, d’obtenir des sources de protons fournissant un nombre de projectiles bien supérieur à celui que donnent les préparations radioactives utilisées. Mais pour atteindre les noyaux des atomes au moyen de protons, ou d’une façon plus générale au moyen d’ions positifs quelconques, comme ont permis de le faire, dans les expériences déjà citées de Rutherford, les particules a des substances radioactives, il fallait communiquer à ces protons ou à ces ions des vitesses et par suite des énergies cinétiques considérables.
- Pour exprimer l’énergie d’un corpuscule électrisé, on fait actuellement usage d’une unité se rattachant mieux que les autres unités d’énergie à la méthode mise en œuvre pour animer d’une certaine vitesse un projectile électrisé, ce qu’on réalise en le soumettant à l’action d’une certaine différence de potentiel. Considérons un projectile de masse m et dont la charge e positive ou négative soit égale à celle d’un électron; si le projectile se déplace sous l’action des forces électriques qui le sollicitent entre deux points d’un champ électrique présentant entre eux une différence de potentiel V, le travail des forces électriques au cours de ce déplacement aura pour valeur Ve et, en vertu du théorème des forces vives, un tel travail imprimera au projectile une énergie 1
- cinétique - m telle qu’on ait :
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- Ainsi l’énergie du projectile se mesure par le produit d’une différence de potentiel et d’une charge électrique. En prenant comme unité de charge électrique celle de l’électron et comme unité de différence de potentiel l’unité pratique, à savoir le volt, on obtient comme unité ce qu’on appelle Y électron-volt qui représente l’énergie acquise par un projectile ayant la charge d’un électron lorsqu’on le soumet à une différence de potentiel égale à un volt.
- Il n’est pas difficile d’obtenir des sources intenses d’ions positifs. Il s’en produit dans la décharge des gaz raréfiés et on peut les recueillir en arrière de cathodes perforées où ils constituent ce qu’on appelle rayons anodiques, rayons canalisés, ou plus simplement rayons positifs. Dans une ampoule dont le gaz résiduel est de
- l’hydrogène, on obtiendra ainsi un flux de particules constituées par des noyaux d’atomes d’hvdrogène, c’est-à-dire par des protons.
- ACCÉLÉRATION DES IONS DANS UN CHAMP CONSTANT
- La principale difficulté consiste à accélérer suffisamment ces ions positifs pour en faire des particules susceptibles de pénétrer jusqu’au noyau des atomes bombardés par eux. On peut songer à produire l’accélération des ions en les soumettant simplement à une tension très élevée appliquée aux bornes du tube à vide où ils prennent naissance; dans cette voie, on est vite arrêté dans les possibilités expérimentales par la limite des tensions
- réalisables qui ne semble guère pouvoir dépasser actuellement le million de volts.
- Toutefois, la méthode compte à son actif un succès retentissant. C’est au moyen de protons accélérés dans un champ constant de quelques centaines de mille volts que Cockroft et Walton sont parvenus à désintégrer les atomes de lithium avec émission de deux particules a rapides (1). Ce résultat est extrêmement intéressant du point de vue théorique : c’est qu’en effet, l’énergie des protons incidents capables d’opérer cette transmutation n’est que de 100 000 électrons-volts, alors que l’énergie des particules a libérées dépasse 15 millions de la même unité, ce qui montre que l’énergie libérée par ce processus est plus de cent fois supérieure à celle qu’il est nécessaire de mettre en jeu pour le déclencher.
- Comme l’écrivait M. Leprince-Ringuet. : « Si l’on pouvait avec chaque proton incident désintégrer un noyau de lithium, on aurait un moyen de provoquer une libération d’énergie extraordinaire : mais il faut beaucoup de protons pour que l’un d’eux ait chance d’opérer une telle transmutation et le rendement de l’opération au point de vue de Y énergie totale mise en jeu est encore de moins du millième; par ailleurs, cette réaction est parmi toutes celles que l’on connaît, celle qui libère la plus grande quantité d’énergie et de beaucoup ».
- Par la même méthode, les mêmes auteurs sont parvenus à désintégrer un grand nombre d’autres éléments : le bore, le fluor, le carbone, l’aluminium, et même l’uranium.
- L’accélération • des ions dans un champ constant demande la mise en œuvre de tensions très élevées. Sans doute sait-on produire des tensions de l’ordre du million de volts et peut-être, par l’utilisation des tensions mises en œuvre dans la foudre, pourrait-on aller au delà ; toutefois, la production et l’utilisation de telles tensions ne vont pas sans présenter de grandes difficultés.
- ACCÉLÉRATION DES IONS DANS UN CHAMP A HAUTE FRÉQUENCE : MÉTHODE RECTILIGNE
- Mais une méthode très ingénieuse, dont le principe a été imaginé par M. Jean Thibaud, permet d’accélérer des protons ou des ions positifs quelconques par l’emploi de tensions beaucoup moins élevées et aisément réalisables. Il consiste à employer une tension alternative élevée pour produire un champ électrique oscillant à grande fréquence; la première alternance du champ communique une première accélération aux ions qui sont ensuite envoyés dans une sorte de cylindre de Faraday où ils sont soustraits à toute action électrostatique pendant l’alternance inverse suivante.
- 1. L’atome de lithium de poids atomique égal à 7, soumis à l’action d’un proton ou ion hydrogène de poids atomique égal à 1, donne deux particules a, c’est-à-dire deux noyaux d’atome d’hélium de poids atomique égal à 4. Avec les notations chimiques habituelles, l’équation de la transmutation pourrait s’écrire :
- Li (7) + H (1) = 2 He (4). (La Nature, n° 2882, 1er juin 1932).
- Fig. 1. — Dispositif monté par Jean Thibaud pour reproduire les expériences de Cockroft et Walton sur la désintégration du lithium par un flux de protons. A. Tube producteur d’ions positifs (H+, He+) alimenté par une tension de 150 000 volts. B. Tube à vide élevé où se produit l’accélération, en une seule fois, entre 2 électrodes cylindriques creuses. G. Fenêtre d’aluminium mince permettant l’observation dans l’air des rayons a de transmutation du lithium produits par le bombardement des ions positifs rapides. F. Bobine d’induction à très haute tension. P. Pompe à diffusion à huile. D. Electro-aimant pour la mesure éventuelle des énergies atteintes par les ions (déviation dans un champ
- magnétique).
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- Vf2~5 i 51
- Fig. 2. — Schéma du dispositif établi par M. Jean Thibaud pour l’accélération des ions positifs par sa méthode d’accélérations multiples à haute fréquence (méthode par tube rectiligne).
- L’appareil est combiné de manière que les ions sortent du cylindre de Faraday pendant la demi-période qui suit, au cours de laquelle le champ se trouve avoir le même sens qu’au début et communique aux ions une nouvelle accélération. Lors de la demi-période suivante pendant laquelle le champ serait de sens inverse et détruirait l’accélération imprimée aux corpuscules, on préserve encore les ions en les faisant passer dans un deuxième cylindre de Faraday, et ainsi de suite. On conçoit qu’on puisse ainsi obtenir, au cours de chacune des alternances de même sens pour lesquelles les ions ne se trouvent pas dans le cylindre de Faraday, des accélérations qui s’ajoutent de manière à imprimer aux ions une vitesse aussi grande qu’on le désire. Les appareils destinés à mettre en œuvre cette méthode peuvent être réalisés de différentes manières. La figure 2 représente le schéma d’une partie du tube établi par M. Jean Thibaud pour l’accélération des ions positifs. Ceux-ci sont produits dans un ballon sphérique muni d’une anode refroidie, d’une cathode refroidie et percée axialement d’un long capillaire de 12 cm qui maintient une surpression dans la chambre de décharge et définit un pinceau étroit de rayons positifs. Ce faisceau est dirigé dans l’axe d’un long tube cylindrique en verre, constamment évacué par une pompe moléculaire, et qui renferme le dispositif d’accélérations multiples : les ions passent dans une série de tubes cylindriques (cage de Faraday) connectés alternativement aux extrémités d’une bobine couplée au circuit oscillant d’une triode de 800 watts. La longueur ln d’un quelconque des tubes doit croître proportionnellement à la vitesse acquise précédemment par l’ion (x). Un profil approprié est donné aux extrémités en regard des tubes de manière à ramener vers l’axe les ions qui tendraient à s’en éloigner. M. Jean Thibaud a ainsi opéré avec des protons H+, avec des ions positifs fournis par des molécules d’hydrogène (IJ2 H~) et également avec des ions du mercure; le champ alternatif à haute fréquence était produit par une triode du type de celles qui sont utilisées en T. S. F. pour engendrer les ondes courtes et fournissant des longueurs d’ondes comprises entre 15 et 200 m. Le courant d’ions accélérés avait une intensité de l’ordre du millionième ou du cent-millième de milliampère. Dans ces conditions, malgré la faible puissance de la triode dont il disposait, M. Jean Thibaud a obtenu des ions de mercure accélérés par une tension de 145 000 v à partir d’un courant alternatif donnant des ondes de longueur d’une centaine de mètres et dont la tension de crête était seulement de 13 000 v, en sorte que l’opération comportait 11 accélérations successives.
- 1. Pour déterminer la vitesse acquise par les ions après leur passage dans les accélérateurs, ceux-ci sont déviés dans un champ magnétique et reçus sur une électrode excentrée connectée à un galvanomètre sensible. A cet effet, l’extrémité du tube cylindrique est disposée entre les pôles d’un électro puissant (9000 gauss sur un diamètre de 20 cm, dans l’entrefer 5,5 cm).
- EXPÉRIENCES DE LAWRENCE
- Mais le physicien américain, Lawrence et ses collaborateurs, pourvus de moyens techniques beaucoup plus puissants que ceux dont disposait M. Jean Thibaud, sont parvenus, depuis les recherches de cet auteur, à obtenir des protons de deux millions d’électrons-volts, par ces méthodes d’accélérations multiples; ils ont ainsi réussi à reproduire les résultats de Cockroft sur les désintégrations atomiques par bombardement de protons. Il convient toutefois de signaler une différence importante entre les dispositions américaines et celles de M. Jean Thibaud; les premières ne comportent qu’une seule enceinte pour la production et l’accélération des ions dans laquelle règne un vide médiocre, tenant à la nécessité de maintenir une pression d’hydrogène suffi-
- Fig. 3. — Photographie du dispositif de M. Jean Thibaud pour l’accélération des ions positifs par sa méthode d'accélérations multiples à haute fréquence (méthode par tubes rectilignes).
- a et c. Anode refroidie et cathode perforée 4u tube producteur d’ions positifs.
- 1, 2, 3... 6, 7. Tubes rectilignes accélérateurs successifs reliés en c au générateur (triode) d’ondes à haute fréquence.
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- X-
- 10 à 15 mètres
- jQlampe ]
- 10000 (7%
- Hydrogène T u~= r Q
- * 8 kv A. (mètres) = ——
- R cfC =4570 v/VT7
- Fig. 4. — Schéma du dispositif établi par M. Jean Thibaud pour l’accélération des ions positifs par sa méthode d’accélérations multiples à haute fréquence (Méthode magnétique).
- santé pour la production des ions; au contraire, dans le dispositif de M. Jean Thibaud, l’enceinte productrice d’ions est différente de celle où a lieu l’accélération, les enceintes ne communiquant que par un conduit capillaire qui sert de passage aux protons, ce qui permet de réaliser un vide excellent dans la chambre d’accélération.
- ACCÉLÉRATION DES IONS DANS UN CHAMP A HAUTE FRÉQUENCE : MÉTHODE MAGNÉTIQUE
- M. Jean Thibaud, discutant les possibilités de sa méthode d’accélérations multiples à haute fréquence par tubes rectilignes, fait remarquer que si elle permet l’accélération des ions avec les moyens ordinaires des laboratoires, il semble que pour obtenir des énergies cinétiques comparables à celles des rayons a, on devrait augmenter dans de grandes proportions le nombre des accélérations, ce qui aurait pour conséquence d’imposer à l’appareil une longueur considérable de l’ordre d’une dizaine de mètres. Aussi a-t-il expérimenté une méthode d’accélération des corpuscules un peu différente. Dans cette nouvelle méthode, dite magnétique, le champ alternatif de haute fréquence est établi entre deux électrodes parallèles (grilles) reliées à un résonateur couplé à la source oscillante. On dispose, en outre, cm champ magnétique H perpendiculairement au champ alternatif : les ions, produits par un dispositif approprié entre les électrodes et accélérés par le champ oscillant, décrivent des arcs de cercle.
- On ajuste le champ H et la longueur d’onde X de l’oscillateur de façon que les ions reviennent dans le champ alternatif toutes les demi-périodes; ils reçoivent des impulsions répétées et peuvent acquérir des vitesses élevées. La figure 4 représente schématiquement l’installation qui est prévue pour accélérer les ions 1I+ jusqu’à 425 000 v.
- La figure 5 montre une vue d’une partie de l’appareil.
- L’utilisation d’électro-aimants d’un diamètre polaire plus important, tel que celui de l’Académie des Sciences à Bellevue, permettrait d’envisager la production d’ions d’une dizaine de millions de volts.
- CONCLUSION
- Fig. 5. — Photographie du dispositif de M. Jean Thibaud pour l’accélération des ions positifs par sa méthode d’accélérations multiples à haute fréquence. (méthode magnétique).
- a. Tube producteur de protons (ions 11 + ).
- b. Chambre plate, en pyrex, pour l’accélération des protons.
- c. Canalisation de pompage.
- d. Piège à vapeur de mercure (par condensation au contact de l’air liquide). j. Jauge de Mac Leod (pour la mesure du degré de vide).
- o. Rentrée d’hydrogène (osmo-régulateur à palladium) pour l’alimentation du tube à protons.
- h. Pôles d’électro-aimant à champ magnétique intense.
- Le problème de la transmutation des atomes entre actuellement dans une voie nouvelle qui paraît devoir être particulièrement féconde grâce à l’attaque des noyaux atomiques par des protons ou des ions de grande vitesse.
- Les résultats obtenus sont déjà d’une grande importance et les expériences qui se poursuivent activement dans divers laboratoires font espérer pour un avenir prochain des rendements de transmutation bien supérieurs à ceux qu’on a obtenus jusqu’ici.
- A. Boutaric.
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- LÉ CANAL ALBERT (LIÈGE-ANVERS) > 349
- Entre le grand port d’Anvers et l’important centre industriel et minier de Liège, la Belgique ne possède que des voies navigables totalement insuffisantes. Ces voies, le canal de la Campine, jonction Meuse-Escaut avec le canal de Turnhout, sont longues (153 km) et parsemées de 24 écluses, qui ralentissent considérablement le trafic. Il faut en eiïet 12 jours dans ces conditions à des bateaux de faible tonnage pour gagner l’une des deux cités au départ de l’autre.
- Une grosse difficulté vient encore nuire a la navigation, c’est la nécessité inéluctable de passer par l’enclave hollandaise de Maestricht (lig. 1).
- Depuis quelques années, un autre facteur est entre en ligne de compte : la région située au nord
- LE TRACÉ
- En vue de diminuer les dépenses, on a été amené à emprunter au départ de Liège le tracé de l’ancien canal de Maestricht, sans pénétrer sur le territoire hollandais. Arrivé à ce point, il faudra obliquer vers la gauche pour contourner l’enclave de Maestricht en entamant les collines qui séparent le bassin de la Meuse de celui de l’Escaut. Notons qu’en certains endroits la cote atteint bien près de 120 m. Ensuite, il faudra descendre dans le bassin de l’Escaut. Les compétences furent unanimes à fixer au droit du col d’Eygenbilsen le point le plus favorable à cette percée. La nécessité de desservir le
- de llasselt est devenue la principale réserve belge de houille. On compte qu’il existe sous le territoire délimité sur notre carte plus de 12 milliards de tonnes de houille, alors que le reste du pays, bassins de Mons,
- Charleroi, Liège ne dépassent pas aujourd’hui un milliard de tonnes. L’exploitation houillère dans cette région vient d’entrer dans une phase active de production; signalons qu’en 1921 l’extraction s’élevait à 322 000 t alors qu’en 1931, l’ensemble des sièges fournit 4 171 000 t. En outre cette richesse en charbon entraînera nécessairement la création d’industries diverses sur place. Or, la région manque actuellement de voies navigables pour l’évacuation de cette énorme production qui n’est qu’à ses débuts.
- C’est pour ces diverses raisons que le gouvernement belge et son Roi, toujours dévoué à la prospérité nationale, décidèrent la construction d’un canal direct entièrement sur le territoire belge et permettant la circulation de bateaux de 2000 t au moins.
- Dans son discours du 3 mars 1930, prononcé à Liège lors de l’inauguration des travaux, le Roi Albert, auquel le peuple belge rendit hommage en donnant son nom au canal, disait : « L’exploitation de cette voie d’eau sera, pour Liège, pour Anvers et pour le pays tout entier, une nouvelle source de richesses et il me semble que cette jonction de la grande cité de la Meuse à la grande cité de l’Escaut apparaîtra comme le symbole visible de l’union et de l’unité nationales ». Le canal réduira à 127 km le parcours de Liège à Anvers avec 7 écluses seulement pour compenser la chute du plan d’eau qui entre les deux villes est de 50 m environ. Enfin, ajoutons que par ses tranchées profondes, le canal Albert constituera une défense militaire de premier ordre.
- 1. Nous devons les photographies qu’illustre cet article à la bienveillance de M. le Directeur du Service photographique du Ministère de l’Agriculture de Belgique, auquel nous exprimons ici tous nos remerciements.
- Fig. 1. — Le tracé du canal Albert qui reliera prochainement CEscaul à la Meuse en desservant le nouveau bassin houiller de Campine sans quitter le territoire belge.
- bassin houiller oblige alors le canal à se diriger vers le Nord-Est pour longer le bord sud de cette importante région, sur 15 km environ. Il empruntera ensuite le canal d’embranchement de Llasselt, puis gagnera l’ancien canal dit de jonction de l’Escaut à la Meuse, pour atteindre finalement Anvers. Ces deux derniers biefs devront être approfondis et l’on envisage la création d’un port aux environs de Idasselt.
- L’examen d’une carte hypsométrique des régions à traverser nous révèle que la Meuse à Liège se trouve à la cote 60, que le terrain compris entre Liège et Lanaye n’est qu’à la cote 50 (c’est une plaine basse) et qu’entre Lanaye et Eygenbilsen se trouve un plateau (cotes 80 à 119) qu’il faudra entamer tout le long de l’enclave de
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- Fig. 2. — Le canal Albert: Construction de murs-digues à Harcourt.
- Maestricht et percer (à Eygenbilsen) pour pénétrer dans
- construit, vu l’impossibilité d’y construire une digue ordinaire. La terre des digues a été amenée par train et tassée par des charrues spéciales (fig. 4).
- Toute cette masse de terre a été apportée de la tranchée creusée au delà de Lanaye, dans les collines de séparation des deux bassins Meuse-Escaut qu’il faut absolument entamer, comme nous l’avons déjà dit. On estime que l’entaille que l’on doit faire dans les collines au nord de Lanaye entraînera un déblai de 25 millions de mètres cubes. Ces déblais trouvent heureusement une utilisation partielle dans la confection des digues. Lorsque les digues seront complètement terminées (printemps 1933) le reste des terres sera déversé dans la plaine comprise entre le canal et la Meuse. Les terrains bas seront ainsi mis au niveau des digues, ce qui contribuera beaucoup à consolider ces dernières et donnera une superbe plaine d’environ 200 hectares.
- C’est d’ailleurs pour ces raisons que l’on a décidé de combiner le creusement de la tranchée au nord de Lanaye
- le bassin de l’Escaut. Le reste du parcours se trouvera en terrain presque plat et ne semble pas présenter de difficultés bien grandes.
- LES TRAVAUX ACTUELS
- La Meuse devant être le point d’alimentation du canal à l’origine, il faut de toute nécessité que le plan d’eau du canal ne dépasse pas celui du fleuve. En outre pour ne pas s’exposer à des travaux de terrassement trop onéreux, on ne peut songer à abaisser ce plan du niveau de Liège, jusqu’à Eygenbilsen. On conçoit que cette nécessité n’est pas sans provoquer de grosses difficultés techniques dans l’exécution des travaux.
- De là l’obligation de surélever les digues du nouveau canal de 10 m au-dessus de l’ancien canal de Maestricht. Les digues s’étendent sur une longueur de 6 km et sont édifiées en terre avec revêtement de béton (fig. 3). On peut voir sur la photographie la digue entièrement construite et au fond du bief l’ancien canal de Maestricht. En outre au niveau de Lixhe un mur digue de 1700 m de longueur (fig. 2) a dû être avec l’exhaussement du canal au sud de la même localité.
- La photographie de la fig. 5 donne un aspect de l’énorme tranchée (à Vroenhoven et Canne) où plus de dix pelles à vapeur et 10 grappins à chenille enlèvent par jour 20 000 m3 de terre évacués par 150 trains circulant sur 65 km de voies.
- La section de franchissement de la crête d’Eygenbilsen (fig. 6) a également été entreprise. C’est encore un gros morceau de l’œuvre à accomplir si l’on pense que pour réaliser un mètre du canal il faut enlever 4000 m3 de terre formée d’argiles rupéliennes dont les glissements sont à craindre, et de sable fin qui met rapidement les outils hors d’usage. Au sujet d’Eygenbilsen, le Ministère des Travaux publics communiquait ce qui suit en janvier 1933 : « Malgré l’hiver, les travaux de la tranchée d’Eygenbilsen n’ont pas été suspendus et par semaine les terrassements s’enlèvent à raison de 10 000 m3. Les chantiers n’ont été organisés qu’en mai 1932 et bien
- Fig. 4. — Confection des grandes digues en terre entre Harcourt et Lanaye.
- Fig. 3. — Nouvelle digue terminée avec revêtement en béton entre Harcourt et Lanaye, en bordure de l'ancien canal Liége-Maestricht.
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- que de nombreux travaux préparatoires aient été exécutés, on a déjà enlevé 350 000 m3 sur les 1 500 000 prévus. Les déblais atteindront 80000 m3 par mois dès que le temps sera plus favorable. La possibilité d’y établir le canal à la cote 60 devient donc une réalité ».
- LES PROJETS EN COURS
- Le Comité du trésor réuni à Bruxelles en décembre 1932 prévoyait de la façon qui suit l’ordre des travaux :
- 1° Achèvement en 1934 du tronçon Liége-Bruyden;
- 2° Achèvement en 1934 du tronçon Iferen-thals-Anvers.
- 3° Construction d’un petit bief Bruyden-Neerhaeren (pour joindre l’ancien canal Guillaume au canal Albert).
- Et, enfin, il est prévu, que pour 1935 les ba- Fig. 5. - Canal Albert : La tranchée à Vroenhoven.
- teaux de 3000 tonnes circuleront entre Liège et Anvers.
- DURÉE DES TRAVAUX ET COUT DE L’ENTREPRISE
- D’après les estimations faites jadis, on espérait mener à bien cette formidable entreprise en huit années. Contrairement à ce qui arrive ordinairement dans les grands travaux, on estime pouvoir terminer le canal et les écluses pour 1935, gagnant ainsi trois ans sur les projets primitifs. Quant au coût total de l’entreprise, il s’élèvera certainement à plusieurs milliards, le tronçon de Liége-Lanaye ayant été adjugé seul pour 400 millions.
- Malgré cette forte dépense, nous pouvons dire que le canal Albert est une nécessité de l’heure présente dont les immenses services auront tôt fait d’amortir un capital aussi élevé.
- Fig. 6. — La tranchée d’Eygenbilsen. C. Remaele.
- LA TRANSPLANTATION ANIMALE
- LES GREFFES DE TISSUS TRÈS JEUNES
- Si les expérimentateurs qui ont tenté de faire des transplantations chez les Vertébrés jeunes et adultes, au lieu d’opérer de façon déductive et intuitive, sans rapport avec les données positives connues, étaient partis des faits acqxiis, les déceptions et les insuccès eussent été moins nombreux. Depuis un temps déjà long, la greffe végétale constitue un champ d’expériences qui a fourni des résultats précieux, à la fois théoriques et pratiques; c’est à elle qu’auraient dû s’adresser, pour y puiser les connaissances théoriques indispensables, les expérimentateurs désireux de transposer au règne animal la
- méthode des transplantations. Pour en avoir méconnu les leçons, ils ont essuyé de nombreux insuccès.
- La greffe végétale est conditionnée, en dehors de la technique appropriée, par deux facteurs primordiaux : le greffon doit provenir d’un organisme phylogénétiquement très rapproché du porte-greffe; il doit être à l’état embryonnaire ou très jeune. Dans toutes les greffes végétales, qu’elles soient faites en écusson, en fente, en couronne, par approche, ou par toute autre méthode, le greffon est constitué par du tissu ayant un potentiel de développement. C’est l’œil, bouton, ou bourgeon qui
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- constitue le tissu qui se développera ultérieurement dans son nouveau milieu, même si, avec ce bourgeon, on implante du tissu plus âgé. Dans aucun cas, un horticulteur n’aurait l’idée de transplanter des organes complètement développés, de vieilles branches sans bourgeons, des feuilles ou des fleurs.
- D’autre part, quant à la première condition, dans aucun cas il ne songerait à greffer un bourgeon de 'cerisier sur un églantier, ou une Cactée sur une Légumineuse, plantes phylogénétiquement éloignées.
- Néanmoins, en dehors des greffes de glandes sexuelles très jeunes, entreprises tout d’abord par Steinach, puis par de nombreux autres chercheurs, et de celles de tissus d’embryons et de nouveau-nés qui feront l’objet de cet article, la grande majorité des transplantations chez les Vertébrés snpérieurs ont été faites avec des tissus et organes adultes ou bien évolués et ne possédant plus, par conséquent, aucun potentiel de développement. Ce n’est pas l’obstination qui a appelé le succès, d’autant plus que souvent les expérimentateurs faisaient le rêve chimérique d’implanter des tissus phylogénétiquement éloignés. J’ai récemment passé cette question en revue (May, 1932) (L et je n’en résumerai ici que les grandes lignes.
- Il ressort nettement de tous les travaux antérieurs que chez les Mammifères, avec des tissus adultes, seules les autogreffes, ou greffes chez le donneur lui-même, donnent des résultats permanents. C’est ainsi que Carrel (1902, 1905), dont les expériences de transplantation en masse des organes au moyen de la technique de suture des vaisseaux sanguins avaient fait naître les plus grands espoirs, n’a obtenu de greffes durables et fonctionnelles que dans l’autotransplantation chez les Mammifères adultes, telle que celle du rein (1911), mais non pas dans les homotransplantations (sur des individus de même
- espèce), et hétéro-transplantations (sur des individus d’espèces différentes), où les organes greffés étaient résorbés ou éliminés.
- Plus récemment encore des expérimentateurs avant des desseins intéres-
- 1. May Raoul, M. — La transplantation animale. 1 vol. in-8, 352 p., 170 üg. Gauthier-Villars, Paris, 1932.
- sés ont voulu faire croire à la possibilité de greffe durable du testicule évolué du singe chez l’Homme. Mais dans aucun cas, les auteurs de ces expériences n’ont fourni la preuve que le testicule adulte, greffé de façon homoplastique ou hétéroplastique, ait été non seulement vascularisé, mais que ses cellules spécifiques aient conservé de façon permanente leur vitalité, leur fonction et leur aspect normaux.
- Et pourtant, Paul Bert avait déjà montré, en 1864, la voie en cette matière. 11 greffait des queues et des pattes de ratons blancs de quelques jours sous la peau de ratons de même âge, et constatait que les tissus implantés grandissaient rapidement. Ainsi, l’extrémité de la queue, sur une longueur de 2 cm 5, d’un raton de dix jours, était écorchée et introduite sous la peau d’un raton du même âge. Trois mois et demi après, la queue incluse mesurait environ 9 cm, ce qui, joint aux 2 cm 5 que mesurait le moignon de la queue naturelle, donnait 11 cm 5. Or, la queue intacte d’un rat, né à la même époque, avait 13 cm 5 de longueur. La queue implantée avait donc grandi sensiblement aussi vite que si elle fût restée en place, tout en ayant subi pendant le premier mois un retard notable dans son accroissement.
- Dans un autre cas semblable, après quatre mois, les articulations de la queue, bien que raides, n’étaient pas ankylosées : les os avaient grandi comme dans les conditions normales; la queue était appliquée contre la peau par des tractus de tissu lamineux qui contenaient un grand nombre de vaisseaux; une veine cutanée d’assez fort calibre s’anostomosait à plein canal avec une des veines latérales de la queue. Enfin, les faisceaux musculaires de renforcement qui partent de chaque vertèbre avaient subi la dégénérescence graisseuse; mais les tendons avaient acquis toute leur longueur. 11 semble bien que dans ces cas, nous n’ayons pas affaire à des greffes mortes (Nageotte), mais bien à une croissance de tissus qui, greffés très jeunes, avaient continué à évoluer.
- Les greffes de tissus d’embryons ont nettement montré que les conditions, dans ce cas, permettent un développement ultérieur de l’implant. Malheureusement, faites pour la plupart, dans un but de pathologie expérimentale, les auteurs n’en ont tiré que des résultats physiologiques très incomplets. Ces greffes avaient généralement comme but la vérification de l’hypothèse de Cohnheim sur l’étiologie des tumeurs. Cette hypothèse suppose que, dans certaines régions de l’organisme, quelques cellules embryonnaires restent inutilisées pour la formation du tissu adulte, et les tumeurs résulteraient de la prolifération ultérieure de ces enclaves embryonnaires.
- A la suite de cette hypothèse, de nombreux expérimentateurs ont eu l’idée d’introduire dans l’organisme des animaux, par l’implantation ou l’injection, des cellules embryonnaires, pour voir si elles y provoqueraient la formation de tumeurs malignes.
- De tous les travaux faits dans ce but, il ressort que les tissus implantés se sont développés et ont persisté chez le porte-greffe, on n’a définitivement prouvé leur rôle dans la genèse des tumeurs que dans quelques cas
- Fig. 1.— Greffes d’os entiers réalisées en 1923 par Aron et Simon chez des embryons de cobaye.
- 1. Humérus témoin, la et lt. Humérus greffé isolément après 3 semaines. le. Humérus greffé, articulé avec les os voisins, après 3 semaines. 1 d. Humérus greffé, articulé avec les os voisins, mais les articulations ouvertes.
- Fig. 2.— Chambre antérieure de l'œil d’un petit lapin, montrant un membre d’embryon de lapin qu'on y a implanté 15 jours auparavant (d’après Faldino, 1924).
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- très rares. C’est ainsi que Wereschinski (1924) cite un cas observé par Kelling, trois autres par Askanazy, et un par lui-même où il y aurait eu production de tumeurs malignes à la suite d’implantations de tissus embryonnaires chez des adultes de même espèce. Encore y a-t-il possibilité que, dans certains cas, le tissu implanté fût déjà cancériforme.
- Quelques chercheurs, pourtant, ont employé la méthode des greffes embryonnaires chez l’adulte, non pas dans l’espoir de provoquer des tumeurs malignes, mais comme moyen d’étude morphologique ou physiologique du greffon lui-même. Cristiani et Ferrari ont ouvert la voie en cette matière, en 1897. Ils greffaient d’une part du tissu thyroïdien d’embryon ou de nouveau-né chez l’animal adulte et d’autre part du tissu para-thyroïdien, de la même façon. Le tissu thyroïdien évoluait vers le stade de tissu thyroïdien adulte, tandis que le tissu parathyroïdien gardait toujours ses caractères primitifs, sans jamais aboutir à la formation de tissu thyroïdien adulte. Ils ont pu ainsi démontrer le malfondé de la théorie qui supposait que les glandes para-thyroïdiennes étaient des organes thyroïdiens embryonnaires, capables d’assumer la fonction thyroïdienne lorsque le corps thyroïde venait à manquer; mais ils ont négligé l’étude physiologique de ces greffons.
- Pozerski et Krongold (1914) ont montré que les greffes d’intestin embryonnaire de rat faites sous la peau d’un animal adulte, et qui présentent histologiquement un développement tout à fait complet, ne contiennent ni sécrétine, ni ferments solubles pour les hydrates de carbone (sucrase, maltase, laccase). Seule la kinase s’y trouve en très grande quantité.
- Simon et Aron (1921), Aron et Simon (1922, 1923) ont employé cette méthode dans une étude sur les facteurs d’accroissement des os longs. Avant eux, en dehors des greffes d’os embryonnaires faites dans le but de provoquer des tumeurs, seul Ducuing (1912) avait étudié la survie d’un os embryonnaire de lapin transplanté à un lapin adulte. Aron et Simon ont fait leurs expériences chez le cobaye. Ils ont greffé à des animaux adultes, dans le tissu cellulaire sous-cutané du dos, des os prélevés sur des fœtus de 55-95 mm. Ils pratiquaient les transplantations suivantes : 1° os entiers, en connexion avec les os sus- et sous-jacents, partiellement transplantés avec eux; 2° os entiers, libérés de toutes connexions avec les os et tissus voisins; 3° os entiers en connexion, à une extrémité seulement, avec les os voisins; 4° fragments d’os comprenant l’épiphyse, libérée de toutes connexions, et la moitié de la diaphyse; 5° fragments d’os comprenant l’épiphyse en connexion avec les os voisins et une moitié de la diaphyse ; 6° diaphyse seule. Les os implantés étaient prélevés, par la suite, une à huit semaines après leur greffe (fig. 1).
- La survie du transplant a été constamment obtenue; il a contracté d’étroites adhérences avec le tissu cellulaire du voisinage et a reçu par l’intermédiaire de celui-ci une abondante vascularisation. Dans le cas des expériences 2 et 3, on assiste à la fois à des modifications de l’ossification encliondrale (développement anormal des épiphyses) et périostique (épaississement diaphysaire).
- Fig. 3. — Œil de rat, dans la chambre antérieure duquel on a introduit 15 jours auparavant des fragments de tissu cérébral. Les greffons sont blancs et bien vascularisés (d’après May, 1930).
- L’expérience 4 aboutit à une perturbation de l’ossification encliondrale seule, l’os périostique conservant son calibre normal. Enfin les expériences 1, 5 et 6 n’ont pas déterminé de modification notable de la forme du transplant. On peut en inférer que : 1° lorsqu’il se produit une prolifération du cartilage épiphysaire dans un sens opposé à celui du développement normal, l’os périostique y répond par un accroissement excessif. Encore faut-il, pour que cette réaction ait lieu, que la diaphyse conserve ses connexions avec les deux épiphyses; la diaphyse, isolée ou en rapport avec une seule épiphyse, même proliférante, ne subit pas de modification; par contre, la diaphyse en rapport avec les deux épiphyses, dont une seulement prolifère, se développe anormalement ; 2° pour que le cartilage épiphysaire conserve son mode régulier d’accroissement, il semble indispensable que les os adjacents exercent sur lui leur action de présence.
- Fig. 4. — Coupe d’un greffon de substance cérébrale dans l’œil de rat. Les cellules pyramidales sont au contact de l’iris, (en bas, en gris pointillé (d’après May, 1930).
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- Histologiquement, Aron et Simon ont vu que la persistance de la vie et surtout de l’ordonnancement normal du cartilage de l’épiphyse est assurée par le maintien de ses rapports avec les os voisins, même si, de ces os, il ne subsiste qu’une faible partie juxta-articulaire. La mise en jeu des divers processus de l’ossification primaire est commandée par l’évolution „de l’épiphyse cartilagineuse. De l’élargissement de l’épiphyse, en effet, résulte automatiquement l’accroissement en largeur de l’os. Quant à l’accroissement en longueur, on sait qu’il est dû à la multiplication des chondroblastes et à leur orientation en groupes isogéniques axiaux dans la zone dite « cartilage sérié »; or, si l’on conserve l’intégrité des rapports articulaires de l’os avec ses voisins, on maintient de ce fait, en même temps que la vie de l’épiphyse, cet ordonnancement, condition • première de l’allongement. Mais la multiplication des cellules n’a plus lieu ou se ralentit à l’extrême, et l’on est amené à admettre que, normalement, elle est déclenchée par des facteurs mécaniques (pressions, actions musculaires), absents dans les greffes et qui, dans le même sens que la simple influence de contact, agissent sur l’épiphyse.
- Dans le même ordre d’idées rentrent les travaux de Faldino (1923, 1924), et de Sartori (1926). Faldino a étudié de façon particulière le développement des articulations. 0 implantait la partie distale des membres d’embryon de lapin de 13 à 16 jours dans la chambre antérieure de l’œil de lapins adxiltes, et étudiait le développement ultérieur des implants (fig. 2). De ses recherches il ressort que la formation des articulations et des cavités articulaires correspondantes est déterminée, au début, par des conditions inhérentes au blastème primitif, sans que président, à cette différenciation initiale, des forces mécanico-musculaires. Mais pour la différenciation complète des articulations, pour que les cavités articulaires soient permanentes, et pour la distribution harmonique des divers tissus qui les constituent, la fonction du système musculaire est un indispensable complément.
- En implantant d’autres parties d’embryons ou des
- Fig. 5. — Coupe de greffon de thyroïde de raton nouveau-né. Dans la chambre antérieure de l’œil, 163 jours après l’implantation chez un rat mile jeune. La thyroïde a sa forme adulte, est vascularisée à partir de l’iris et possède une parathyroïde (à gauche).
- émulsions de tissus embryonnaires dans la chambre antérieure de l’œil, Faldino a observé l’évolution de tous les tissus : peau et ses annexes (poils, ongles, glandes) ; tissu conjonctif, os avec leur moelle, cartilage, muscle strié, et même du tissu nerveux (cellules radiculaires et ganglionnaires, fibres nei’veuses). Il a donc démontré que même les tissus embryonnaires homoplastiques les plus complexes peuvent être greffés et évoluer dans un milieu approprié du porte-greffe adulte. Les implants hétéroplastiques, par contre, ont été résorbés.
- 11 semble se développer une immunité locale dans l’œil contre les greffons embryonnaires homoplastiques. Si, après une première implantation qui a bien évolué, on en fait une seconde dans le même œil, celle-ci ne se développe que d’une façon très limitée. Mais faite dans l’autre œil, qui est intact, la greffe évolue parfaitement.
- Sartori (1926) a repris ces expériences de Faldino; implantant des yeux embryonnaires, il a eu moins de succès que Faldino. De la peau d’embryons, provenant de géniteurs pigmentés, greffée dans la chambre antérieure de lapins albinos, a formé du pigment, montrant ainsi que la capacité d’élaborer du pigment est inhérente aux tissus embryonnaires, et non pas conditionnée par leur milieu.
- L’implantation de tissu nerveux isolé fut obtenue par Dunn (1917), qui a montré que l’on pouvait greffer, dans l’hémisphère cérébral de ratons albinos de neuf à dix jours, du cortex cérébral provenant de ratons de la même portée, donc du même âge. Elle a obtenu de cettqfaçon la survie des neurones, dans des cas où le greffon s’était accolé au plexus choroïdien du ventricule latéral.
- Dans tous les autres cas de greffe cérébrale qui sont cités par cet auteur (Thompson, 1890, Saltykow, 1905, Del Conte, 1907), la masse greffée ne s’est pas complètement désagrégée pour disparaître ensuite, mais les neurones sont morts et seules les structures de soutien sont demeurées. Dans les cas de greffe de ganglions rachidiens de Nageotte (1907), ces ganglions, provenant de lapins nouveau-nés ou âgés de quelques jours, étaient transplantés sous la peau de l’oreille d’un lapin adulte. Après des phénomènes très intéressants de néoformation de leurs prolongements, les cellules mouraient entre la deuxième et la troisième semaine qui suivaient la greffe. Ces résultats ont été confirmés par de nombreux auteurs.
- D’Abundo (1913) a aussi constaté des manifestations de survie partielle dans des fragments de moelle implantés sous la peau ou dans le péritoine, notamment dans le cas des fibres périphériques et de la névroglie.
- J’ai étendu ces recherches (May, 1930) à la greffe de tissu nerveux très jeune chez l’adulte. Ma technique consistait en l’introduction, au moyen d’une pipette en verre, du tissu cérébral provenant de ratons blancs nouveau-nés dans la chambre antérieure de l’œil de rats blancs adultes (fig. 3).
- Les fragments de tissu cérébral ont résisté à l’asphyxie, se sont greffés sur l’iris, ont été vascularisés, et se sont maintenus aussi longtemps que j’ai conservé les rats porte-greffe, près de six mois pour quelques-uns, c’est-à-dire de façon permanente, étant donnée la durée de vie du rat blanc. Quoique le point d’attache principal
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- fût dans tous les cas l’iris, dans certains cas les greffons nerveux se sont appliqués intimement à la face interne de la cornée, mais n’avaient pas de rapports vasculaires ou nerveux avec celle-ci.
- Les transplants étaient traversés de part et d’autre par une quantité de vaisseaux sanguins qui, émanant de l’iris, en assuraient la nutrition. Autour de la substance nerveuse s’est formée une méninge fine.
- L’arrangement typique des cellules cérébrales ne paraît pas exister dans les greffons ; elles sont dispersées dans toute leur masse. Mais les neurocytes ont une structure qui est essentiellement celle de cellules nerveuses normales (fig. 4); il existe aussi, dans les transplants, des cellules de la névroglie. Les libres nerveuses de l’iris et celles du greffon sont restées dans leurs territoires respectifs.
- Ainsi, le greffon nerveux jeune, placé dans un milieu favorable, s’est adapté parfaitement à ce nouveau milieu et a conservé sa spécificité.
- 11 a contracté des rapports nutritifs intimes avec le porte-greffe adulte, et cela lui a permis de continuer à avoir son métabolisme. Mais, au point de vue nerveux, le transplant et son hôte ont conservé toute leur individualité, et il n’y a pas eu d’interpénétration dans ce domaine.
- Actuellement j’étudie la physiologie des greffes d’autres organes très jeunes, notamment ceux à sécrétion externe et interne. Dans ce domaine un résultat intéressant aurait déjà été obtenu par Voronoff et Didry (1931). Alors que ces auteurs n’ont essuyé que des échecs dans la greffe du pancréas adulte, dans un cas ils ont implanté à un chien dépancréaté et glycosurique des pancréas fœtaux de même espèce, dans la tunique musculeuse des anses intestinales grêles; ils auraient constaté la disparition de la glycosurie. Un tel cas, isolé, mériterait d’être confirmé et amplifié par de nombreuses expériences.
- J’ai récemment décrit (May, 1932), l’action vicariante durable de la greffe intraoculaire de thyroïde de raton nouveau-né sur le développement du rat blanc éthyroïdé.
- J’ai découvert, sous la loupe binoculaire, un lobe thyroïde d’un raton blanc né le jour même. Je l’ai aspiré, avec sa parathyroïde, dans une pipette de verre, puis j’ai introduit ce lobe thyroïdien dans la chambre antérieure de l’œil d’un rat blanc âgé de quatre à sept semaines, par insufflation. Cette opération était faite sur un à quatre individus de mêmes sexe et âge. Après une semaine, j’excisais complètement la thyroïde et les parathyroïdes de ces rats, ainsi que celles d’autres individus de mêmes sexe et âge, presque toujours de la même portée, en conservant des témoins. J’ai élevé ces rats six mois. Mes expériences ont été faites sur quinze portées ou groupes.
- Le greffon provenant du nouveau-né a évolué dans son nouveau milieu et a acquis la structure d’une thyroïde et d’une parathyroïde adultes, ainsi que le prouvent les examens histologiques faits à diverses époques du
- Fig. 6. •— Action durable de la greffe inlra-oculaire de thyroïde de raton nouveau-né
- chez le jeune rat blanc.
- Photographie de 6 mâles de môme âge (147 jours). Les 3 sujets à gauche ont reçu dans l’œil, au 48° jour, un greffon de thyroïde et de parathyroïde, et ils ont été éthvroïdés une semaine après. Les 2 suivants n’ont pas été greffés mais ont été éthyroïdés au même moment; leur développement est fortement ralenti. Le dernier à droite est un témoin non opéré (d’après May, 1932).
- développement (fig. 5). Des pesées faites tous les mois ont montré que les porte-greffes éthyroïdés se sont développés comme les témoins non opérés, tandis que les rats simplement éthyroïdés ont eu une croissance très incomplète (fig. 6).
- La thyroïde et la parathyroïde de nouveau-né atteignent aussi leur structure histologique adulte dans l’œil de rats non éthyroïdés.
- Il ressort donc de ce travail que la thyroïde et la parathyroïde de raton nouveau-né, implantées dans l’œil d’un jeune rat, se développent comme elles l’auraient fait in situ, et peuvent assumer les fonctions des tissus semblables du porte-greffe si ceux-ci viennent à manquer.
- On voit donc que si, chez les Mammifères, on ne peut obtenir la greffe durable et fonctionnelle de tissus adultes chez un autre individu de la même espèce, un greffon très jeune, de même espèce, est toléré, comme dans le règne végétal, chez un Mammifère plus âgé, et peut remplacer, chez ce dernier, les organes semblables qui viennent à manquer. Les recherches actuelles permettront peut-être d’établir si des applications pratiques de ces faits sont possibles chez les Mammifères supérieurs et chez l’Homme. Raoul M. May.
- Institut Pasteur, Paris
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- LE SOLEIL DANS LES MAISONS
- Obscur
- Obscur
- Obscur
- Fig. 1. — L’ensoleillement actuel : le soleil esl sur le toit, mais perdu.
- Dans les grandes villes, nombreux sont les locaux qui ne reçoivent que peu ou pas de soleil. Cela tient à plusieurs causes.
- D’abord la seule voie d’accès du soleil est la fenêtre, qui est un moyen insuffisant d’ensoleillement dans la plupart des cas. En effet, elle a forcément une orientation fixe et cette orientation n’est pas nécessairement bonne : placée au nord elle ne reçoit jamais de soleil; placée à l’est ou à l’ouest, elle n’a de soleil que pendant un tiers du temps ; ce n’est donc que si la fenêtre est au sud qu’elle recevra le soleil plus de la moitié du temps.
- D’autre part, si bonne que soit l’orientation de la
- Fig. 2. — L’ensoleillement avec l’Arlhel; le soleil est sur le toit, mais ulilisé.
- C/air
- Clair
- Clair
- fenêtre, lorsqu’un masque se trouve devant elle, le soleil ne peut pénétrer. Or, dans les grandes villes, la moyenne des rues est étroite ; les maisons, en face, forment donc écran et empêchent l’arrivée du soleil. Il en est de même pour les fenêtres qui donnent sur une cour, car ces cours sont étroites par nécessité de construction.
- En outre, une autre cause qui empêche le soleil de pénétrer, c’est que plus il est haut sur l’horizon, plus la projection du rayon est courte dans la maison, et que d’autre part, étant bas sur l’horizon à partir d’une certaine heure, le rayon risque d’être arrêté par les maisons d’en face.
- De sorte que l’ensoleillement que permettent les fenêtres n’intéresse qu’une surface relativement petite, aux environs de celles-ci (fig. 1).
- Ajoutons une nouvelle cause de diminution : les rayons solaires tombant de haut en bas éclairent les parquets ou tapis (surfaces sombres) dont le coefficient d’absorption est très considérable (en moyenne 85 pour 100).
- N’oublions pas aussi que tous les sous-sols sont condamnés à ne jamais recevoir un rayon de soleil, et l’on sait que l’aménagement des sous-sols est de plus en plus courant dans les constructions modernes, certains immeubles en possédant deux ou trois où travaille de jour un nombreux personnel (fig. 1).
- Enfin, s’il est vrai que le soleil pénètre facilement par les fenêtres des façades sud, on peut constater — surtout l’été et en toutes saisons dans les pays de grand soleil —• que les habitants repoussent le soleil au dehors à l’aide de volets ou de stores, ou encore ne pratiquent que peu d’ouvertures (style arabe) pour éviter à la fois la chaleur et la réverbération.
- En résumé, de nombreux obstacles soit naturels soit volontaires empêchent le soleil de pénétrer normalement dans les locaux : orientation défectueuse, écran des maisons voisines, verticalité de la fenêtre, absorption par les parties sombres, chaleur violente du soleil...
- Par contre, on est amené à éclairer beaucoup de locaux de travail à l’électricité, parce que le soleil ne peut y pénétrer ou n’y pénètre que d’une manière gênante, ce qui entraîne des frais de lumière artificielle (lumière rouge et lugubre) alors que des millions de bougies solaires blanches sont perdues sur les toits.
- L’APPAREIL ARTHEL
- C’est pour remédier à ces graves inconvénients que M. Jacques Arthuys, industriel parisien, inventa un héliostat pratique, F « Arthel ». Cet appareil permet d’avoir le soleil dans tous les locaux, même dans les sous-sols : il discipline en outre l’ensoleillement en forçant les rayons solaires à utiliser des cheminements que naturellement ils ne peuvent pas suivre (technique Arthel). Il prend le soleil là où il est, c’est-à-dire sur le toit, le capte tant qu’il brille et le répand à l’intérieur de la maison (fig. 2). -
- Le procédé est simple : il consiste essentiellement en un grand miroir tournant placé sur le toit de la maison; ce miroir tournant renvoie les rayons du soleil sur un
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- miroir fixe, dont l’efîet est de réfléchir ces rayons de haut en bas, de manière à créer une colonne intérieure de soleil qui chemine par les vides existants des maisons (cours, courettes, cages d’escaliers, ou puits spéciaux dans les maisons de l’avenir) ; sur cette colonne sont prélevés des faisceaux secondaires qui, par un jeu de miroirs et de lentilles, sont transmis dans toutes les directions. Ces faisceaux de soleil sont, enfin, projetés sur les surfaces claires des locaux, c’est-à-dire les plafonds blancs dont le pouvoir d’absorption est très faible (10 à 15 pour 100) (fîg. 3).
- Si on ajoute que le miroir tournant est automatique et dirigé par le soleil lui-même, que les miroirs extérieurs sont nettoyés automatiquement chaque fois que le soleil brille, on conçoit aisément qu’un tel dispositif permet de réaliser un ensoleillement réel de n’importe quel local.
- En effet, puisque le soleil est saisi par un grand miroir mobile, sur le toit, l’orientation de la maison devient indifférente; pour la même raison, l’étroitesse des rues et des cours est également indifférente et ce n’est, plus le bord de la fenêtre seulement qui peut être ensoleillé, mais les parties les plus reculées, les pièces qui sont en plein centre de la maison, ainsi d’ailleurs que les pièces qui ne prennent pas jour sur l’extérieur (comme les sous-sols et les caves).
- D’autre part, comme le procédé Arthel permet de projeter le soleil sur les plafonds — dont le pouvoir d’absorption est faible — des quantités de lumière moindres que celles qui entrent par les fenêtres peuvent donner des effets supérieurs à l’ensoleillement direct. Par ailleurs, comme le rayonnement ainsi capté est forcément limité, on peut dans les pays chauds, ou en été dans les pays tempérés, clore complètement les fenêtres pour éviter la chaleur du soleil et ensoleiller avec l’appareillage Arthel ; on aura la lumière sans la chaleur. En effet, grâce à la technique Arthel, on n’a pas besoin de fenêtres pour amener le soleil (fig. 4).
- Robuste, construit pour résister aux plus fortes tempêtes, pourvu de glaces inaltérables et optiquement parfaites quant à leur planimétrie, l’appareil Arthel est extrêmement simple, malgré la complexité du problème scientifique qui était à résoudre.
- Il n’a, en effet, aucun mouvement d’horlogerie; c’est le soleil qui le fait marcher. Sur la figure 5 on voit un tube en tôle, dit tube-directeur. A l’intérieur de ce tube C, il y a un plateau en métal sur lequel se trouvent fixés trois con-tacteurs à mercure qui sont, en somme, trois gros thermomètres. Une partie des rayons qui tombent sur la glace mobile entre dans le tube-directeur qui porte une lentille. Cette lentille donne au fond du tube une image du soleil qui a son foyer au centre du plateau de métal chromé.
- Le cadre mobile ne bougeant pas, mais le soleil se déplaçant dans le ciel, il est évident que la tache solaire dans le tube ne va pas rester au centre; elle se déplace et au moment où il serait dangereux que la glace continuât à rester fixe, la tache solaire vient toucher un des contacteurs
- Fig.
- 3. — L’installation d’un appareil Arthel sur le toit de l'immeuble de !’Intransigeant, 100, rue Réaumur, à Paris.
- à gaz et à mercure qui, sous l’effet de la chaleur, réagit immédiatement. Le mercure montant instantanément, met le contact électrique de la maison par l’intermédiaire d’une électrode, ce qui a pour effet de faire tourner le petit moteur de 1/6 ch placé dans le
- Fig. 4. — L’ensoleillement rationnel des immeubles.
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- So/eil
- Miroir
- Tache solaire
- Fig. 5. — L’installation sur le toit : les flèches indiquent la marche des rayons solaires.
- carter et, aussitôt, la glace tourne d’un mouvement imperceptible à l’œil.
- La glace tournant et suivant ainsi le soleil, il est évident que la tache solaire va revenir vers le centre et, à ce moment, elle cesse d’influencer le contacteur, celui-ci — aussi rapidement qu’il a agi sous la chaleur — réagit au refroidissement. Le mercure descend immédiatement et le courant est coupé : la glace s’arrête.
- Le soleil continuant sa course, l’opération recommence et ceci indéfiniment.
- En résumé, l’agent moteur est le soleil qui ne peut pas faire d’autre chemin dans le tube que celui qui a été prévu; il lui est impossible d’y échapper, car il se promène
- Fig. 6. — Jardin d’été en sous-sol.
- Rezde chaussée
- entre deux positions défendues par des contacteurs qui forcent la glace soit à tourner, soit à s’immobiliser.
- En outre, un dispositif extrêmement simple assure la correction de la déclinaison, car il ne faut pas oublier que la trajectoire du soleil sur la voûte céleste varie au cours de l’année.
- Le reste de l’appareillage est constitué par de la serrurerie, des poutrelles et des glaces. Le grand miroir fixé en haut du pylône, reçoit les rayons solaires du miroir mobile et les renvoie à l’intérieur de la maison où ils sont diffusés sur les plafonds des pièces, à l'aide de petits miroirs inclinés (fig. 4).
- Il faut aussi dire un mot de ce qui a été prévu pour le démarrage le matin ou le démarrage après un nuage.
- Sur la figure 5 on aperçoit tout à fait à gauche une sorte de petit tonnelet A. C’est simplement un tube creux dans lequel il y a également un contacteur à mercure.
- Supposons que nous soyons au matin d’un jour ensoleillé : le miroir s’est arrêté la veille au soir, face à l’ouest, et naturellement, au coucher du soleil, il s’est immobilisé dans cette position. La nuit se passe. Le lendemain matin, la glace tourne le dos au soleil levant. Dès que les rayons solaires vont apparaître, ils vont attaquer le contacteur placé dans le tonnelet. Le mercure montant immédiatement, ferme le circuit électrique qui donne le branle au miroir mobile et celui-ci se met à tourner rapidement. Au bout d’une minute à peine, il est arrêté en face du soleil. A ce moment-là, l’image du soleil dont nous avons parlé tout à l’heure est dans le tube, elle chauffe le contacteur qui réagit instantanément et arrête le miroir. C’est alors que recommencent les opérations dont nous avons parlé précédemment. Lorsqu’un nuage, qui a immobilisé l’appareil pendant un certain temps, s’en va laissant le soleil briller à nouveau, le miroir mobile automatiquement se remet en face de l’astre.
- Une objection vient tout de suite à l’esprit : « Si le temps est nuageux, un sous-sol, par exemple, qu’Arthel ensoleille ne peut pas se trouver plongé dans l’obscurité ehaque fois que le soleil se cache... » On a donc assuré l’allumage automatique du circuit électrique existant dans tous les locaux où l’on a besoin actuellement de cette lumière artificielle pendant le jour. Autrement dit, dès que le soleil brille dans le ciel, l’électricité s’éteint, mais elle s’allume automatiquement dès que le soleil disparaît : ici encore, c’est le soleil lui-même qui déclenche tout, en attaquant un contacteur au mercure du même genre que ceux décrits ci-dessus.
- On aura compris que, dans tous les cas, l’appareil est complètement asservi au soleil et cela par le soleil lui-même qui est le « cerveau » présidant à toutes les opérations, alors que le mécanisme n’est qu’un simple agent d’exécution. Il est par suite indéréglable.
- LA DISTRIBUTION DE LA LUMIÈRE PAR L’APPAREIL ARTHEL
- Le miroir mobile de l’appareil Arthel possède une superficie utile de 4 m2; comme il est inutile de mettre le soleil là où il arrive déjà, toute la puissance peut être
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- utilisée pour les parties de la maison qui ne reçoivent pas le soleil naturellement. L’appareil donne au maximum 100 000 lumens par mètre carré de miroir, soit, par ciel très clair, 400 000 lumens, puisque le cadre mobile prend 4 m2 de soleil; cette puissance équivaut à 32 000 bougies. Dans les pays tempérés, on peut compter sur une moyenne de 320 000 lumens pendant 9 mois de l’année et dans les pays du sud et des tropiques sur 400 000 toute l’année.
- Par suite, 4 m2 de soleil bien utilisés développent une puissance lumineuse suffisante pour ensoleiller d’une manière intense 500 m2 de plafond clair et d’une manière convenable 700 à 750 m2 de plafond ; on peut même aller jusqu’à 1000 m2 de plafond dans les pays où l’atmosphère est particulièrement claire. Mais il est évident que ces 200 à 400 000 lumens ne seront pas répartis uniformément puisque, selon les endroits, il conviendra d’obtenir un éclairage plus ou moins intense : on éclairera différemment un salon, un hall, un couloir et une salle de travail.
- La quantité de lumière solaire diffusée dans une pièce dépendra de la superficie des miroirs de renvoi. De même que l’eau arrive dans les maisons par une grosse canalisation et esf répartie dans les pièces par des robinets d’un calibre plus ou moins important qui règlent son débit, de même le faisceau solaire est distribué par des miroirs plus ou moins grands qui renvoient donc plus ou moins de soleil.
- Par suite de cette distribution rationnelle des rayons solaires, la chaleur du soleil n’est plus à craindre. Ce qui élève la températurs, c’est la concentration des rayons solaires. Si nous envoyons, par exemple, 4 m2 de soleil sur 4 m2 de surface, la chaleur sera intense (suivant régions et saisons). Or, c’est l’ensoleillement actuel : en été, une fenêtre laisse passer par exemple, 4 m2 de soleil pour ensoleiller une pièce de 16 m2... la température devient insupportable et on ferme les volets.
- L’appareil Arthel répartit ce même flux lumineux sur 500 à 1000 m2 de plafond; réchauffement est réduit en proportion.
- C’est l’histoire de l’arrosoir d’eau : renversé sur un mètre carré de terrain, il inonde et détrempe la terre, mais réparti sur 400 m2 il humidifie à peine le sol.
- D’autre part, la lumière ainsi distribuée et ainsi diffusée sur les plafonds n’incommodera pas les personnes puisqu’elle n’est nulle part assez violente pour provoquer de phénomènes d’éblouissement.
- Pour conclure, l’invention de M. Jacques Arthuys apporte aux demeures des villes le soleil et cela, partout jusque dans les sous-sols. Elle permet de combattre l’ombre si propice dans les locaux obscurs à la prolifération des microbes de toute nature; tous les locaux pourront avoir le soleil.
- L’appareil Arthel permet de tirer plein parti de la lumière du jour, si précieuse pour l’homme; au lieu de la laisser se perdre inutilement sur les toits, il la met à la disposition de tous les occupants de la maison qu’il libère ainsi des servitudes de la lumière électrique, si fatigante pour les yeux.
- La lumière artificielle doit disparaître en effet, chaque fois que le soleil brille au dehors : on pourra ainsi réaliser
- Miroir fixe
- Vide de ia salle
- Fig. 7. — Plafond lumineux pour une grande salle.
- des économies d’électricité variant de 35 à 70 pour 100, par an, suivant les régions.
- L’appareil Arthel enchaîne le soleil. Il permet d’avoir le beau temps partout dans la maison, quand il fait beau dehors. Le ciel se reflétera en quelque sorte ainsi
- Fig. 8. — Cas d'une grande salle ensoleillée par des lustres Arthel.
- Plancher
- Miroir
- Miroirs
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- Fig. 9. — Effet décoratif obtenu par les rayons solaires tombant du toit dans une coupe placée au bas de l’escalier (l’Intransigeant, à Paris).
- jusque dans les sous-sols; la gaieté entrera partout.
- Les ingénieux dispositifs de M. Arthuys paraissent donc susceptibles d’entraîner des modifications profondes dans les conditions générales de l’existence à la ville et notamment dans l’architecture des habitations, magasins, bureaux et édifices publics.
- On pourra dorénavant fermer sur les façades sud toutes les fenêtres, ne pratiquer dans les pays chauds que de petites ouvertures dans les murs des maisons et amener le soleil par des puits spéciaux au centre de la maison : sur le flux vertical descendant, on prélèvera la quantité de lumière désirée, pour la diffuser largement sur les plafonds. On aura ainsi une belle lumière sans chaleur. La maison sera fraîche et claire. On pourra même concevoir en sous-sol des jardins d’été très agréables, des piscines ensoleillées, etc. En un mot, l’usager distribuera le soleil suivant ses besoins et sa fantaisie (fig. 5, 6, 7, 8, 9).
- QUELQUES EXEMPLES D’APPLICATION
- L’éclairage par les appareils Arthel est déjà entré en service dans un certain nombre d’immeubles et l’on peut citer un assez grand nombre d’applications intéressantes. Nous ne citerons que les suivantes.
- Un appareillage du même genre que celui décrit plus haut fonctionne sur le toit de Y Intransigeant, à Paris. Il ensoleille la cage d’escalier. Une autre installation a été réalisée à l’Hôtel Métropole de Bruxelles, et au « City Magazijn » de MM. Hagemeyer et Cie, à La Haye. « Le Palais des Arts » à Milan sera ensoleillé prochainement par un appareil Arthel.
- A l’Hôtel Métropole les rayons solaires tombent au sommet d’un grand bock de bière pour donner un éclairage semi-indirect. Le sommet du bock de bière est revêtu d’une mousse (pour imiter la mousse de bière) et a l’air d’un phare qui éclaire non pas les plafonds mais les tables et les personnes qui consomment.
- L’effet est magnifique; là où on relevait au luxmètre 60 lux quand la lumière électrique seule brûlait — et elle brûlait tout le long de l’année — on relève maintenant 200 lux en février, toutes les lampes électriques étant éteintes.
- Au point de vue économique, les appareils dont nous venons de parler sont extrêmement intéressants. Évidemment, il faut faire des frais pour leur installation, mais ceux-ci une fois envisagés, contrairement à tout ce qui entre dans l’équipement d’une maison, l’appareil les amortit par ses propres moyens.
- E. Weiss.
- Fig. 10. — Ensoleillement du Café de l’Hôtel Métropole de Bruxelles. Les rayons solaires sont diffusés par des glaces réparties au sommet d’un grand bock de bière qui mousse (ph. H. Charlier).
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- UN NOUVEAU SYSTÈME MIXTE = D’ENREGISTREMENT ET DE REPRODUCTION DES SONS
- LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES D’ENREGISTREMENT ET DE REPRODUCTION DES SONS
- Les procédés pour enregistrer et reproduire les sons musicaux sont déjà fort nombreux. 11 existe des systèmes mécaniques, électro-mécaniques, photophoniques, et môme purement électriques, et les sons peuvent être ainsi gravés, en quelque sorte, sur des disques, des cylindres ou des bandes en matière plastique, et aussi sur des bandes ou des fds métalliques.
- D’assez nombreux procédés d’enregistrement des sons ont été déjà décrits dans La Nature. Les dispositifs modernes d’enregistrement électro-mécanique sur disques, en particulier, les procédés d’enregistrement photophonique sur films sensibles pour cinématographie sonore, et enfin les systèmes électro-magnétiques de Poulsen sur fil ou bande d’acier aimantés ont été étudiés en détail.
- Ce sont, en réalité, les seuls, d’ailleurs, utilisés actuellement dans l’industrie.
- On peut cependant concevoir bien d’autres dispositifs. Divers systèmes ont été étudiés au laboratoire, qui sont peut-être appelés à un grand avenir. Signalons dans cet ordre d’idées, les systèmes mixtes électro-mécaniques et photophoniques, dans lesquels l’enregistrement des sons est effectué sur un disque, ou plutôt sur une bande en matière plastique, à l’aide d’un outil graveur électromécanique, la reproduction des sons ainsi enregistrés est obtenue par un traducteur phonique à cellule photoélectrique analogue à un dispositif utilisé en cinématographie sonore ; le système présente, a priori, des avantages assurés, pour certaines applications. C’est pourquoi il nous paraît intéressant de décrire ici un procédé de cette catégorie, qui a déjà permis d’obtenir des résultats encourageants.
- Diapason
- ^ Violon Piano
- Burin Ou tu (D
- tranchant electrom éca n iq ue
- t\/W\M A/VV\AVVVV\AAMAWWWWVV\M/VVVV^'
- » / "J Dentelure
- Ruban cellulosique phonographique
- très mince
- Fig. 1. — Principe du système d'enregistrement Nublat.
- A. F orme de courbes phonographiques obtenues dans l’enregistrement photophonique à opacité constante et surface variable.
- B. Principe de l’appareil de découpage phonographique du film sonore.
- LE PROCÉDÉ NUBLAT
- Ce procédé consiste essentiellement à inscrire les sons à l’aide d’un outil électro-magnétique; celui-ci, actionné par le courant microphonique amplifié provenant d’un amplificateur à lampes, exécute une sorte de découpage phonographique dans un ruban en matière plastique; c’est-à-diré qu’au lieu de tracer des courbes phonographiques plus ou moins profondes dans la matière plastique, comme cela a lieu pour les disques ordinaires, l’outil graveur découpe réellement la matière plastique du ruban, d’ailleurs très mince, sous forme de dents de faible amplitude,-et qui sont plus ou moins comparables, aux dimensions près, aux dents de scie formées dans le procédé d’enregistrement photophonique sur la piste sonore des films à opacité fixe et surface variable (ûg.l).
- La reproduction des sons ainsi enregistrés s’effectue par un procédé photophonique en faisant passer la hande dentelée devant une fente lumineuse très étroite, dont l’image est projetée sur une cellule photoélectrique. Le dispositif est identique à celui qu’on emploie dans la reproduction des films à opacité constante, mais, rappe-lons-le, la largeur des dentelures est bien plus faible (2 /100 mm), la piste sonore des films actuels ayant une largeur de l’ordre de 2 mm.
- Il est assez curieux de constater que cette idée de découpage phono graphique d’une bande plastique est fort ancienne. Un dispositif très ancien dû à l’ingénieur russe Vikszemsky et présenté en 1889, consistait, en effet, à graver mécaniquement, non la surface d’un
- Fig. 2.
- Appareil enregistreur et reproducteur Nublat.
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- film en matière plastique, mais la tranche, de manière à obtenir des dentelures suivant une courbe reproduisant la forme des vibrations sonores.
- Cette dentelure permettait de reproduire mécaniquement les sons à l’aide d’un diaphragme ordinaire, dont la pointe vibrante suivait le tracé des dents de scie.
- L'idée de cette découpui'e phonographique est même peut-être plus ancienne. C’est en 1857, en effet, que Léon Scott de Martinville exposa le principe du phonautographe qui permettait d’obtenir des courbes représentant l’enregistrement de la voix humaine. Les courbes phono-graphiques obtenues avec le phonautographe de Léon Scott furent ensuite découpées dans des lamelles métalliques dans les laboratoires de phonétique; en obligeant une pointe rigide à suivre la courbe obtenue par ce découpage, on peut réaliser des reproductions des sons, au ralenti, en quelque sorte.
- Les chercheurs de ce temps n’avaient à leur disposition, ni les appareils d’enregistrement électro-mécaniques, ni les dispositifs de reproduction photo-électriques. C’est pourquoi, les premiers essais entrepris dans cet ordre d’idées n’eurent aucune portée pratique.
- LE FONCTIONNEMENT DES APPAREILS NUBLAT
- Le ruban en matière cellulosique employé pour l’enregistrement par M. Nublat a normalement une largeur de 16 mm. Son épaisseur est de 4/100e à 5/ 100e de mm, et son prix est fort réduit. Il est enroulé sur des bobines identiques à celles que l’on utilise sur les projecteurs de cinéma d’amateur, la matière utilisée est opaque et peu hygrométrique.
- La vitesse de déroulement du ruban, identique dans le système enregistreur et dans le système reproducteur, paraît un peu plus rapide que celle qui est adoptée pour les bandes de films sonores. Elle est de l’ordre d’une quarantaine de mètres à la minute. L’épaisseur extrêmement faible de ce ruban permet d’établir des rouleaux de 30 cm de diamètre seulement, avec lesquels on peut effectuer des enregistrements d’une durée d’une heure. Le ruban permet, d’ailleurs, plusieurs enregistrements côte à côte, et ainsi la durée totale de l’audition peut être portée à 4 ou 5 heures.
- Le microphone relié à un amplificateur permet d’actionner un graveur électro-mécanique portant un véritable outil tranchant, qui découpe, dans le ruban entraîné à vitesse constante, des dentelures phonographiques de quelques centièmes de millimètre de hauteur, presque invisibles à l’œil nu.
- Le ruban est ainsi divisé en deux moitiés qui se raccordent exactement, et on obtient, en réalité, deux enregis-
- trements simultanés. On peut même reporter les dentelures sur des bandes sensibles par un procédé photographique ordinaire, ce qui permet d’effectuer autant d’épreuves qu’on le veut.
- La reproduction correcte par le système photoélectrique exige la réalisation d’un guidage particulièrement soigné de la bande, étant donnée la faible hauteur des dentelures et la nécessité d’obtenir une reproduction correcte devant le système reproducteur. 11 est indispensable, d’autre part, d’éviter toute détérioration de ces découpages très fragiles. On peut, il est vrai, doubler la bande enregistrée par un support quelconque transparent, ou reproduire photographiquement les courbes phonographiques sur une bande photosensible, comme nous l’avons indiqué.
- LES APPLICATIONS POSSIBLES DU PROCÉDÉ
- Ce procédé original serait, d’après l’inventeur lui-même, destiné surtout aux usages d’amateur. Le prix très peu élevé de la bande et la manipulation simple des appareils d’enregistrement, permettraient, en effet, à tout opérateur, même non spécialisé, de réaliser des enregistrements microphoniques, radiophoniques ou téléphoniques d’une durée très longue et sans interruption. On pourrait ainsi obtenir des documents sonores quelconques présentant un intérêt familial, historique, politique, enregistrer les communications téléphoniques, sonoriser les films d’amateur, et même dicter des lettres destinées à être dactylographiées.
- On pourrait, d’autre part, songer à reporter sur des bandes les enregistrements phonographiques gravés sur des disques, et obtenir ainsi des auditions phonographiques de longue durée dans un but artistique, didactique ou simplement récréatif.
- La possibilité de retranscrire également par la voie photographique les enregistrements obtenus permet d’entrevoir que le système pourrait être utilisé en cinématographie sonore, tout au moins pour des enregistrements d’actualités.
- La mise au point d’un tel procédé, assez complexe malgré sa simplicité apparente, demandera sans doute encore un certain délai, et la faible amplitude même des dentelures phonographiques réalisées ne peut, semble-t-il, permettre d’espérer des résultats acoustiques aussi bons que ceux qu’on obtient avec les procédés photophoniques actuels. Le système est poui’tant assez original, et présentera, semble-t-il, des avantages fort intéressants pour de nombreuses applications, si des appareils pratiques d’enregistrement et de reproduction peuvent être établis industriellement. P. Hémardinquer.
- = UNE MACHINE A LAVER LES WAGONS =
- Les compagnies de chemins de fer, à la recherche d’économies dans tous les domaines, ont adopté récemment une curieuse machine à laver les wagons, qui fait, à elle seule, très rapidement le travail de plusieurs ouvriers. Cette machine joue le rôle d’une gigantesque
- brosse qui frotte et nettoie les parois extérieures du wagon; elle est également capable de projeter des torrents d’eau sur ces parois.
- Nous avons pu visiter et voir fonctionner la machine employée par la Compagnie de Paris à Orléans et qui est
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- Fig. 1. — A droite, la machine à laver. A gauche, le bâlimenl abritant machines, moto-pompes et tableaux de commande.
- installée à l’entretien de Paris, près de la station d’Orléans-Ceinture.
- Un solide bâti de fers entretoisés, mesurant au total 9 m 40 de longueur, fermé extérieurement par de fortes tôles, monté d’un côté et de l’autre d’une voie normale, abrite 4 rouleaux ou tambours à axe vertical, soit 8 au total, mesurant tous également 2 m 60 de hauteur.
- L’écartement entre axes des rouleaux dressés d’un même côté de la voie est de 2 m 35, cet écartement, toujours entre axes, des 4 rouleaux placés d’un côté de la voie et de ceux placés de l’autre côté étant de 4 m.
- Chacun de ces 8 rouleaux ou tambours est composé de 16 fers cornières placés verticalement en couronne à égale distance de l’axe.
- Sur chacun de ces fers sont agrafées, l’une au-dessous de l’autre, 4 fortes bandes de cuir, pleines dans la partie agrafée au fer, entaillées extérieurement, et divisées ainsi sur ce bord, et sur une profondeur de quelques cm, en 8 parties égales.
- Chacune de ces divisions porte, également agrafées au cuir, des bandes de drap usagé. Chaque fer cornière, ou élément, portant 3 groupes de 32 bandes et un de 16 bandes, soit 112, chaque rouleau compte 112 X 16 = 1792 bandes, et l’ensemble des 8 rouleaux 14 336 bandes.
- Entre les rouleaux et de chaque côté sont installées des rampes verticales, au nombre de 18 au total, à raison de 9 de chaque côté de la voie, percées d’une multitude de petits trous par lesquels l’eau servant au lavage, portée à la pression de 5 kg 5 par l’un des deux groupes motopompe de 21 ch, — le second étant en réserve, — est projetée sur les voitures .en jets puissants, et à raison de 100 m'' à l’heure.
- Lorsque les rouleaux, ou tambours verticaux, sont au repos, les bandes de drap servant au lavage retombent mollement vers le sol, entraînées par leur poids. En vertu
- Fig. 2. •— Par 18 rampes percées d'une multitude de petits trous, Veau est projetée à raison de 100 m3 à l’heure à une pression de 5 kg 5.
- de la force centrifuge, et dès que les rouleaux sont mis en marche, tournant en sens contraire, elles s’en écartent, et tendent à prendre une position horizontale. L’écartement, 2 m 02 d’un côté à l’autre de la voie, entre les extrémités de ces bandes, est alors très inférieur à la largeur totale des voitures, 3 m en moyenne, dont les surfaces latérales sont vigoureusement brossées par ces bandes, en même temps qu’elles sont inondées d’eau lancée à la pression ci-dessus indiquée.
- Ce frottement des bandes de drap sur les parois des voitures freine évidemment très fortement la rotation des rouleaux, et d’autant plus que ces bandes sont presque immédiatement saturées d’eau. Cette résistance nécessite, pour la machine entière, l’emploi de 4 moteurs de 18 ch chacun, installés à raison de deux de chaque côté, au sommet des bâtis, soit une puissance totale de 72 ch.
- Les deux premiers rouleaux, un de chaque côté, tournent à 49 tours à la minute; les deux seconds à 46 tours. Ce sont les dégrossisseurs ou laveurs. Les deux troisièmes tournent à 59 tours, les deux derniers à 37. Ce sont les rinceurs. Ces vitesses de rotation, après une longue série d’essais, ont été reconnues comme étant les plus convenables.
- Machine et groupes moto-pompe sont abrités dans un petit bâtiment, élevé à proximité de la machine à laver, où se trouve également un tableau général de commande pour l’ensemble de la machine, comprenant un bouton d’arrêt et un bouton de marche sur lequel il suffit d’opérer une légère pression pour mettre en mouvement l’ensemble des rouleaux.
- Mais ce tableau comporte, en outre, 4 tableaux particuliers, un pour chaque paire de rouleaux, avec, également, bouton d’arrêt et bouton de marche permettant
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- de ne mettre en mouvement qu’une partie des rouleaux, en laissant les autres à l’arrêt, ou d’en arrêter à volonté une partie, en cours de travail, lorsque tous ont été mis en marche.
- Les trains passent entre les deux rangées de rouleaux à une vitesse réglementaire d’environ 3 km à l’heure, 4 au maximum, et la machine est mise en marche dès que la locomotive est passée. Un train de 12 voitures à boggies, mesurant environ 250 m, passe donc tout entier entre les rouleaux en 4 à 5 minutes, pendant lesquelles il reçoit de 7000 à 8000 1 d’eau et est rudement caressé, sur ses deux surfaces latérales, par
- Fig. 3.
- Les rouleaux étant en mouvement, les bandes de drap s’écartent et se tendent, prêles à assurer un brossage énergique.
- les 14 336 bandes de drap. Aussi les voitures en sortent-elles brillantes, pimpantes, coquettes, attirantes, toutes prêtes à accueillir de nouveaux occupants, et à repartir.
- La machine que nous venons de décrire, commandée par un seul employé, effectue en cinq minutes au maximum, et avec une perfection plus grande, un travail équivalent à celui qu’effectuait, en une heure, une équipe de sept ouvriers. Il est donc inutile d’insister sur le progrès réalisé par cette machine, et l’on conçoit sans peine l’intérêt qu’elle présente, au double point de vue du travail et de l’économie.
- Georges Lanorville.
- Fig. 4. — Un train passe dans la machine à 3 km à l’heure et reçoit environ 7000 à 8000 litres d’eau.
- NOUVELLE ANTILOPE FOSSILE DE TRANSBAÏKALIE
- Le Muséum de l’Académie des Sciences de Leningrad (U. R. S. S.), s’est enrichi tout récemment d’un fragment du crâne d’un mammifère cavicorne. Il fut découvert dans le sud de la Transbaïkalie, dans la vallée de la rivière Jertchi ou Jartchei, l’affluent de la rivière Ouldourga qui se jette dans la rivière Nertch. Cette trouvaille présente un haut intérêt.
- Le fragment comprend une partie de la boîte crânienne, avec une tige de la corne gauche conservée sur une longueur de 10 cm environ. La couleur gris brunâtre et l’état de conservation des ossements les rapprochent d’autres de la période quaternaire déjà trouvés dans l’Asie septentrionale. Toutefois les particularités morphologiques assignent à ce crâne une place tout à fait exceptionnelle dans la famille des Cavicornes (Bovidés). En effet, d’abord la surface presque plate de l’occiput comprend non seulement la base de l’os occipital, mais aussi l’os pariétal. Ces deux os forment un angle d’environ 162°. Toute la surface de l’os occipital est presque abrupte (fig. 1 et 2) ; elle descend verticale-
- ment aussitôt après les tiges des cornes sans aucune saillie derrière leur base. Ce détail distingue le crâne en question des crânes de la plupart des animaux cavicornes, dont la boîte crânienne s’allonge en arrière de la base des cornes et possède généralement une forme arrondie; l’angle formé par les os occipital et pariétal chez ces derniers varie entre 120° et 145°. Ces règles s’appliquent à tous les moutons et chèvres (fig. 3) ainsi qu’à toutes les antilopes (').
- On observe cependant une certaine diminution de la saillie de la boîte crânienne et une augmentation de l’angle formé par les os occipital et pariétal parmi les Caprovinés, chez Ammotragus et Pseudois. Mais il faut reconnaître que cet aspect n’est que purement optique, provenant du volume démesuré des cornes chez les espèces ci-dessus. Bien que la partie frontale du crâne transbaïkalien soit absente, l’emplacement des trous
- 1. Sauf les Bubalidinés comprenant des animaux d’une forte taille voisins des Bovidés.
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- auditifs, très près de la tige des cornes, indique un front allongé et les cornes repoussées en arrière.
- Quant à l’angle facial, qui est de 45 à 50° chez Arnmo-tragus, de 40 à 50° chez Bubalis, de 50° chez le Bison et de 60 à 70° chez le Bœuf, il serait de 58° pour le crâne en question.
- A première vue, l’espèce d’antilope fossile transbaï-kalienne peut être rapprochée de l’un des trois groupes : Caprovinés, Bovi-nés et Bubalis.
- Cependant les particularités indiquées de l’os pariétal la distinguent des Caprovinés. Ensuite les sinus des os du crâne sont excessivement développés; ils se trouvent non seulement dans l’intérieur des os frontaux mais s’étendent sur toute la longueur des os pariétaux, jusqu’aux sutures, particularité qu’on rencontre, selon Schlosser, chez les Bubalidinés et les Bovinés seulement, et non chez les Caprovinés.
- L’antilope trans-baïkalienne diffère des Bovinés par plusieurs caractères : ces derniers ont l’occiput bas et large; les bases des cornes sont largement écartées, tandis qu’ici elles sont rapprochées, leur écart n’est que de 27 mm.
- Par contre, toutes les caractéristiques rapprochent l’animal transbaïkalien de la famille des Bubalis. Toutefois les tiges de ses cornes sont tout à fait rondes et tordues, la corne droite à droite et la corne gauche à gauche (comme une vis ou un tire-bouchon), tandis que chez Bubalis les cornes sont tordues en sens inverse. C’est pour ces raisons que Gromov a donné à cette espèce le nom de Parabubalis caprivornis n. gen. et n. sp.
- Disons enfin que si les ossements des représentants de la famille de Bubalis furent trouvés dans l’île de Samor, en Bessarabie, en Perse, aux Indes et en Chine, l’habitat actuel du genre est limité aujourd’hui à l’Afrique.
- On a déjà découvert antérieurement en Asie des restes d’animaux apparentés à ceux qui vivent actuellement en Afrique : des cornes tordues en spi raie ressemblant à celles du bezoard actuel (Cervicarpa be-zoartica) ; des coquilles d’œufs d’autruches dans des couches sablonneuses près de la ville de Troiz-kosavsk(Transbaï-kalie).
- Ces faits sembleraient indiquer que la faune africaine actuelle vécut jadis, en même temps, en Transbaïkalie, c’est-à-dire en Sibérie, dont le climat est cependant aujourd’hui très rigoureux.
- W. Kazeeff.
- UN CURIEUX RONGEUR
- LE SPALAX
- La faune de France s’est accrue récemment de deux mammifères : le Rat musqué et le Ragondin, tous deux importés et élevés pour leur fourrure. Quelques sujets échappés des centres d’élevage ont pu s’acclimater chez nous. Les Services agricoles s’occupent de ces évasions et nous n’en dirons rien ici.
- Dans un temps plus ou moins indéterminé, verrons-nous surgir un autre petit mammifère rongeur ? Je veux parler du Spalax, qui progresse de l’Est à l’Ouest et, par conséquent, marche lentement vers nous.
- C’est un bien curieux animal que le Spalax. A première vue,
- on le prendrait pour un Insectivore, et les anciens étaient très excusables, qui le considéraient comme une espèce de Taupe. Ce n’est que dans la seconde moitié du xviii' siècle que la véritable organisation du Spalax a été reconnue. Dès lors, les Rats Taupes furent classés dans la famille des Rongeurs Spalacidés, qui fut ensuite divisée en sous-familles et en genres.
- Le type de la sous-famille des Spalacinés et du genre Spalax est le Spalax zemmi, dont on connaît actuellement une douzaine de formes. La forme hongroise, — le Spalax de Hongrie — présente un corps cylindrique, un cou très peu distinct. Le
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- caractère essentiel, c’est la largeur de la tête : celle-ci est nettement plus large que le corps. De plus, le crâne, le front sont aplatis; le museau, robuste, constitue une sorte de tarière au moyen de laquelle l’animal creuse ses galeries souterraines. Du museau aux tempes, un repli cutané s’étend.
- En apparence, le Spalax n’a ni yeux ni oreilles; en réalitéj ces organes existent sous la peau, mais rudimentaires et ne s’ouvrant que par un minuscule orifice. Ces sens presque nuis sont remplacés, sans doute, par un sens osmotique développé.
- Les pattes sont courtes; mais les mains, aux cinq doigts onguiculés n’ont pas les fortes griffes fouisseuses de la Taupe.
- Le Spalax de Hongrie mesure de 20 à 22 cm de longueur, et son poids est d’environ 300 gr. Sa fourrure, d’un gris nuancé, est extrêmement jolie. Il paraît que la coloration du pelage varie suivant les terrains qu’habite l’animal, ce qui est conforme aux lois du mimétisme.
- Les dents ont ceci de remarquable que les incisives inférieures sont sensiblement plus longues que les incisives supérieures.
- Les Spalax vivent solitaires. Ce sont de grands travailleurs Ils se creusent de longues galeries compliquées, opérant par pression du museau et non par fouissement. Ils ne rejettent pas de terre au dehors, mais plutôt tassent celle-ci. De plus, ils ont soin de revêtir d’argile les parois des galeries.
- Les galeries sont ramifiées, et les Spalax savent aménager des chambres à affectation spéciale : chambre de reproduction, magasins où les provisions s’amoncellent, chambre de détritus et d’excréments, etc...
- Les Spalax sont nuisibles à certaines cultures. Ils mangent des racines, des tubercules. Ils ont une prédilection pour les
- pommes de terre, et aussi pour les carottes, le trèfle, les oignons. Mais ils ne touchent pas aux haricots, aux pois, ni aux choux.
- Les Spalax sont peu prolifiques. La femelle ne met bas qu’une fois par an, et elle n’a que deux ou trois, parfois quatre petits. Le danger d’envahissement par ces animaux n’est donc pas bien grave, ni bien imminent !
- Le Spalax zemini habite le sud-est de l’Europe et de l’Asie occidentale; on le trouve principalement dans la Russie méridionale, l’Ukraine, et en Asie Mineure; le Caucase limiterait son aire de dispersion.
- Le Spalax de Hongrie a été étudié par le Dr Bêla Bodnard, de qui M. le professeur E. Bourdelle présenta récemment à la Société nationale d’Acclimatation, une intéressante communication, illustrée de clichés. Le savant hongrois a réussi à élever et à apprivoiser deux sujets de cette espèce si farouche, si difficile à conserver en captivité; l’un a vécu 175 jours, l’autre 285 : ce qui est vraiment un record.
- Le travail du zoologiste hongrois paraîtra dans l’une des publications de la Société d’Acclimatation.
- Au Muséum national d’Histoire naturelle, des sujets montés sont conservés dans les collections de Rongeurs.
- Le Spalax est un animal trop singulier pour ne pas avoir suscité des légendes. C’est ainsi que les Russes lui ont attibué des vertus curatives miraculeuses. Quiconque aurait le stoïcisme de se laisser mordre par un Spalax, — croyait-on, — puis tuerait l’animal en l’étouffant, acquerrait le pouvoir de guérir les écrouelles par simple imposition des mains...
- A. Feuillée-Billot.
- LES NOUVEAUX RAYONNAGES METALLIQUES DE LA BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉUM
- La meilleure façon qu’on avait trouvée d’honorer les livres, dans les bibliothèques d’autrefois, c’était, après les avoir revêtus d’une élégante reliure, de les placer dans de lourds meubles en bois sculpté, pourvus de rayons plus ou moins profonds et dont le corps inférieur s’avançait suffisamment pour que les lecteurs pussent s’y accouder ou y prendre des notes.
- Par suite de l’accroissement prodigieux du nombre des livres et des nouveaux besoins à satisfaire, de pareilles installations sont considérées aujourd’hui comme inutiles et encombrantes. Les livres n’occupant que le devant des rayons, du moins si l’on a quelque souci du bon ordre, toute la partie postérieure des rayons, de beaucoup la plus large, surtout dans le corps inférieur, se trouve inutilisée et abandonnée aux rats ou à la poussière. Le nombre des livres qu’on peut aligner sur ces rayons est absolument hors de proportion avec la place que de pareils meubles occupent dans les locaux qui leur sont réservés.
- Le problème est particulièrement urgent pour une bibliothèque comme celle du Muséum, riche sans doute
- en ouvrages proprement dits, mais incomparablement plus riche encore en publications d’un caractère périodique. Tandis que pour les premiers, il suffit de ménager sur les rayons une longueur exactement correspondante à leur épaisseur, il importe, au contraire, pour les secondes de tenir compte du fait que chaque collection et même chaque section d’une collection est destinée à s’augmenter chaque année dans des proportions impossibles à déterminer à l’avance. Ne pas prévoir la chose, ce serait condamner les bibliothécaires à des remaniements continuels, tout au moins pour l’ensemble des collections périodiques.
- Nous avons dit que la Bibliothèque du Muséum avait besoin, plus qu’une autre, de se préoccuper des publications périodiques et l’on nous comprendra aisément si on veut bien réfléchir que, pour ceux qui ont comme mission de faire progresser les sciences naturelles, les écrits importants ne sont pas tant les traités qui résument, pour l’ensemble d’une science ou pour une de ses parties les résultats acquis, que les publications plus hâtivement rédigées qui énoncent au jour le jour les expériences, les
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- découvertes ou même les projets simplement ébauchés. Ce qui intéresse nos naturalistes, c’est ce qui se passe dans les musées analogues au nôtre, dans les jardins botaniques, dans les parcs zoologiques du monde entier. 11 leur importe de connaître les travaux qui sont entrepris dans les laboratoires agricoles, forestiers, coloniaux ou maritimes. Ils doivent compléter leur documentation en s’enquérant des communications qui sont faites dans les innombrables sociétés savantes, dans celles qui s’occupent des trois règnes de la nature aussi bien que dans celles qui se spécialisent dans un seul règne, dans une classe ou même dans une espèce particulière. Nous donnerons une idée de l’abondance de ces travaux en disant que la Bibliothèque du Muséum, bien que le manque
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- plus légères adossées au mur. Les uns comme les autres offraient huit rayons au plus sur leurs 3 m 25 de hauteur et présentaient des corps inférieurs plus ou moins proéminents dont la largeur, allant de 0 m 60 à 0 m 93 excluait toute possibilité d’ajouter d’autres meubles dans la salle. En mettant bout à bout les rayons des meubles existants, on arrivait à peine à une longueur totale de 1500 m.
- La première condition exigée des constructeurs de rayonnages métalliques, ce fut qu’ils nous présentassent une installation permettant de loger, dans le même local et dans des conditions plus commodes pour nous, un nombre de volumes très notablement supérieur à celui que nous pouvions loger dans nos meubles en bois.
- Nous avons dit que nos meubles en bois n’offraient
- Fig. 1. — La façade de la bibliothèque du Muséum.
- de place l’ait empêchée jusqu’ici de donner tout le développement nécessaire à ce genre de publications, en possède actuellement plus de quatre mille collections distinctes, dont plus de la moitié sont des collections vivantes, c’est-à-dire s’enrichissant chaque année soit de quelques fascicules, soit, plus souvent, d’un ou de plusieurs volumes.
- Le local dans lequel se trouvaient jusqu’ici conservées les collections de ce genre était la grande salle du rez-de-chaussée qui fait suite à la Galerie de minéralogie et donne d’un côté, sur la rue de Buffon et de l’autre sur le Jardin. Les livres étaient placés soit dans des meubles assez élégants en chêne, disposés sur quatre lignes à l’intérieur de la salle, soit dans des constructions un peu
- qu’un développement linéaire de 1500 m et nous devons ajouter qu’une partie des livres n’étaient accessibles qu’au moyen d’un escabeau ou d’une échelle, qu’il fallait traîner à l’endroit voulu. Dans le projet qui nous a été soumis par les Etablissements « Nord et Alpes », projet qui a été agréé et complètement réalisé, le développement linéaire atteint 5246 m et tous les volumes se trouvent à portée de la main. Voyons comment cet important accroissement a été obtenu.
- Dans la partie centrale, pour donner un exemple, les 4 rangées de meubles en chêne ont été remplacées par 14 épis doubles de 5 m de longueur chacun, comportant sur chacune de leurs faces, 18 étagères en hauteur. Cette accumulation des épis n’a pas empêché de réserver entre
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- chacun d’eux un passage largement suffisant pour le personnel de service. La raison en est que la largeur des tablettes, qui pour la majorité des épis est de 0 m 25, ne dépasse pas dans les autres 0 m 30. On obtient ainsi, pour cette seule partie centrale de la salle, un développement linéaire de 2240 m, supérieur à lui tout seul à celui de tous les meubles en bois dans l’ancienne installation.
- Nous ne croyons pas nécessaire de faire les mêmes calculs et les mêmes rapprochements pour les autres parties de la salle. Bornons-nous à dire que tous les épis, soit simples, soit doubles, offrent la même superposition de 16 étagères, toutes également accessibles à la main,
- crochets découpés à même la tôle et, à la partie inférieure, d’un ergot découpé de la même façon. La tablette étant montée sur ses joues, il suffit pour la mettre en place d’introduire les trois crochets puis l’ergot dans les encoches verticales d’une crémaillère. La tenue de la tablette est parfaite parce que les trois crochets assurent un triple point d’appui et que l’ergot qui a été introduit, lui aussi, dans une encoche, empêche tout mouvement latéral. Pour retirer la tablette il suffit de la soulever suffisamment pour que les trois crochets sortent des trois encoches. Le système a l’avantage de ne présenter aucune aspérité nuisible aux livres. Une preuve de la facilité avec laquelle se fait le montage, c’est que trois
- Fig. 2 et 3. — Les nouveaux rayons métalliques au-dessus et au-dessous du plancher métallique à claire-voie.
- grâce au plancher métallique intermédiaire, auquel on accède par des escaliers également métalliques placés à chaque extrémité de la salle.
- Disons un mot maintenant de ces étagères et surtout de la façon dont elles peuvent être placées ou déplacées. La question est de toute première importance parce que l’un des reproches qu’on adresse aux rayonnages en bois, c’est la difficulté que présente le déplacement des rayons, dans le cas, surtout, où le bois a travaillé.
- Dans notre système, qui est analogue au système Snead, les étagères sont formées d’une tablette placée entre deux joues mobiles. Le côté vertical arrière de chaque joue est muni à sa partie supérieure de trois
- ouvriers, habitués il est vrai à ce genre de travail, ont pu en cinq journées monter les tablettes sur les joues et mettre en place les 5000 étagères.
- Donnons un détail pour terminer. Le poids de la charpente métallique est de 18 tonnes, celui des tablettes avec leurs joues de 19 tonnes. Le poids total de l’installation est donc de 37 tonnes.
- Il n’y a pas de doute qu’avec les facilités que va lui donner cette nouvelle installation, la Bibliothèque du Muséum n’arrive à réunir la plus nombreuse et la plus riche des collections de périodiques relatifs aux sciences naturelles. L. Bultingaire,
- Bibliothécaire en chef du Muséum.
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- L’AVIATION CIVILE EN A. O. F.
- ET EN AFRIQUE DU NORD
- Rentrant d’nn assez long voyage en A. O. F. et en Afrique du Nord, je voudrais dire en quelques mots ce que j’ai vu, quels sont les résultats acquis et ce que l’on peut espérer de l’aviation civile dans ces colonies.
- Tout d’abord, tout le monde connaît la ligne — que l’on peut qualifier d’impériale — exploitée par la Compagnie Aéropostale. Cette ligne joint Toulouse à Santiago du Chili en passant par Dakar et Natal. On peut la diviser en 4 tronçons principaux :
- Toulouse-Casablanca
- Casablanca-Dakar
- Dakar-Natal
- Natal-Santiago
- La partie Toulouse-Casablanca est exploitée normalement avec passagers et fret postal. L’avion part le matin de Toulouse pour arriver vers le milieu de l’aprcs-midi à Casablanca, ayant l'ait escale à Barcelone, Alicante, Tanger et Rabat. Cette ligne rend de grands services aux Français du Maroc pour leurs déplacements et l’avion est généralement au complet. Je ne parle pas du courrier, car on n’écrit plus au Maroc que « par avion » et le temps gagné est particulièrement intéressant au point de vue affaires.
- Casablanca-Dakar ne fait que le courrier pour l’A. O. F. et l’Amérique du Sud sans prendre de passagers en raison des risques spéciaux que présente la traversée de la soi-disant « colonie » espagnole du Rio-dc-Oro. Les escales obligatoires ou facultatives sont (dans l’ordre) Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros, Port-Etienne, Saint-Louis et Dakar.
- Je ne dirai rien de la vie des pilotes de ligne et de celle des chefs d’aéroplaces décrites dans des livres que tous ont lus :
- « Vent de sable », « Vol de nuit » par exemple. Cette vie est particulièrement dure, car s’il faut lutter contre les éléments, vents de sable, tempêtes et brumes, il faut surtout craindre la panne qui vous fait atterrir en dissidence. On se souvient de la captivité de Serre et de tant d’autres chez les tribus insoumises de Mauritanie.
- Le cran des pilotes dans cette portion de ligne est admirable et il faudrait que l’on connaisse mieux le dévouement des chefs d’aéroplace. Pendant ma présence à Dakar on signale un jour la disparition du Commandant de Cercle militaire de Port-Etienne, parti dans une petite embarcation pour se rendre en un point voisin de la côte. Le chef d’aéroplace de Dakar, M. Riguelle, prend son avion et suit la côte en « rase-motte » atterissant deux fois près des douars (sans savoir ce que ces atterrissages lui réservent) pour demander des renseignements. Finalement il aperçoit une barque à la côte, descend et lit le numéro qui est celui de l’embarcation du Commandant de cercle. Il atterrit non loin de là et a la chance de pouvoir ramener l’officier.
- Dans un autre secteur, on sait ce que le chef d’aéroplace d’Alger a fait en participant aux recherches entreprises dans le Sahara pour retrouver Reginensi et ses compagnons.
- Le trajet Dakar-Natal se fait actuellement par mer jusqu’à ce que la Compagnie aéropostale dispose d’hydravions suffisants pour permettre l’exploitation aérienne avec sécurité. Lorsque ce jour sera venu, il est probable que le point de départ sera Saint-Louis et non Dakar, le plan d’eau de Dakar ne valant pas celui de Saint-Louis.
- J’ai pu assister au transbordement du courrier venant d’Amérique : lorsque l’aviso a signalé son arrivée prochaine par
- T. S. F., trois voitures de l'Aéropostale viennent se ranger sur le quai et une vedette attend le bateau à l’entrée du port. Pendant que l’aviso prend son mouillage, le courrier est mis dans la vedette qui l’amène aussitôt à quai. Là, il est chargé dans une camionnette et les trois voitures partent vers l’aérodrome, la première est celle du chef d’aéroplace, elle emmène le pilote, la seconde contient le courrier, et la troisième sert de voiture de rechange en cas de panne d’une des premières. Ce petit convoi traverse rapidement la ville en s’annonçant bruyamment (les excès de vitesse lui sont permis) et il gagne le terrain qui se trouve à près de 10 kilomètres, à Ouakarn. On charge alors le courrier dans l’avion qui part aussitôt, l’équipage comprenant un pilote et un radio. On suit le vol de l’appareil jusqu’à ce qu’il arrive à Saint-Louis. Le transbordement du courrier demande à peu près 20 minutes, ce qui est un très beau résultat.
- Je ne parlerai pas de l’étape Natal-Santiago parce que je ne l’ai pas faite et parce qu’elle est exploitée d’une façon absolument normale.
- En A. O. F. il n’y a|pas d’aviation civile, quoique des lignes régulières soient prévues de Dakar à Conakry, Dakar à Bamako et à Gao, et Bamako à Grand-Bassam. A Gao la ligne ferait sa jonction avec la ligne transsaharienne, une autre allant au Dahomey et une troisième se dirigeant vers le Tchad avec prolongement vers le Congo et Madagascar.
- Mais l’aviation militaire a préparé magnifiquement le terrain et des bases sont organisées à Dakar, Thiès, Bamako, Segou, Tombouctou et Gao. 11 y a d’ailleurs des escadrilles en certains points. En outre, entre les terrains, permanents dotés de personnel et de matériel, on a aménagé des terrains de secours; ce sont de vastes espaces,dont beaucoup mesurent 1 km sur 1 km, débroussaillés et parfaitement plans. En effet, en dehors de ces points — qui sont d’ailleurs assez rapprochés — il est rigoureusement impossible de se poser, tout le pays est couvert par la brousse et la brousse est constituée par de hautes herbes et des arbustes épineux avec, de place en place, des baobabs.
- Sur les terrains de secours il n’y a rien, mais ils sont en général peu éloignés de villages indigènes et le noir est extrêmement complaisant et hospitalier.
- J’ai dit tout à l’heure qu’à Gao aboutissait la ligne transsaharienne; à vrai dire il ne s’agit pas d’ün service exploité intensivement, mais plutôt d’un essai sérieux qui se poursuit actuellement. On sait que la Compagnie Générale Transsaharienne assure par automobile la liaison Colomb-Bécliar (terminus du chemin de fer venant d’Oran) à Gao en passant par Adrar, Reggan et le poste du « Bidon 5 ».
- Cette Compagnie, d’accord avec la Compagnie Aérienne Française, double son exploitation sur le parcours Reggan-Gao d’un service aérien qui est considéré comme un service de première classe. Ce trajet en automobile demande trois jours alors qu’il est effectué en 8 heures par avion. Mais la piste terrestre sur laquelle se guide l’avion est parfois peu visible ou se divise : on termine donc son balisage en disposant tous les 10 1cm environ des panneaux en forme de toit doublés d’une petite balise d’orientation. Il faut se souvenir en effet qu’on ne vole pas à la boussole au-dessus du Sahara; la moindre erreur ou la moindre dérive peut vous faire écarter d’une façon dangereuse de la route.
- Souhaitons que cet essai de liaison entre le Sud-Oranais et le Soudan réussisse, car il diminuerait considérablement le temps nécessaire pour gagner nos possessions d’Afrique
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- Centrale, surtout si, ultérieurement, la liaison totale aérienne pouvait se faire.
- Laissant l’A. O. F., je suis parti pour le Maroc.
- Dans l’Empire Chérifien il n’existe aucune ligne aérienne régulière. Il est certain qu’il n’y a pas gros intérêt à relier entre elles par avion les principales villes marocaines, car au point de vue postal, les relations par fer ou par automobile sont pratiquement suffisantes. Mais on reste étonné que la grande transversale nord-africaine Casablanca-Oran-AIger-Constantine-Tunis ne soit pas encore créée. Cette ligne devait être organisée dès 1930 comme cela fut promis officiellement; depuis rien n’a été fait.
- Or, il y a un courant important de voyageurs entre le Maroc et l’Algérie occidentale et dans toute l’Algérie. Actuellement on va de Casablanca à Oran par « car » en deux jours, ou bien on peut prendre le train jusqu’à Fez, là, prendre le car jusqu’à Oudjda et reprendre enfin le train : la durée du parcours est la même. D’ici quelques années (deux ou trois) il sera possible de faire le trajet entièrement par voie ferrée, mais le temps ne sera pas considérablement diminué.
- En Algérie et Tunisie les relations entre villes principales sont extrêmement lentes, car... même les trains dits « express » s’arrêtent à toutes les gares ou presque. 11 n’y a pas de rapides. La seule consolation que puisse avoir un voyageur est de prendre le train de nuit et de s’installer dans une couchette : cela lui permet de dormir un peu, mais il ne va pas plus vite.
- Les populations nord-africaines réclament avec insistance la mise en service de la ligne Casablanca-Tunis qui serait utilisée par de nombreux passagers et par le fret postal; on ne voit pas bien ce qui en retarde la réalisation.
- Par contre, l’aviation privée fait des progrès tous les jours et assez nombreux sont ceux qui se servent de leur avion pour leurs affaires. On a même cité le cas d’un colon de l’Ora-nie qui possède un petit Farman et l’utilise pour venir à Oran : il le gare dans sa ferme comme une simple voiture.
- Voici approximativement le nombre d’avions en service :
- Casablanca..............................12
- Oran....................................12
- Sidi-bel-Abbès..........................15
- Saïda................................... 2
- Tiaret.................................. 4
- Ces chiffres augmentent tous les jours.
- Je n’ai pas les chiffres d’Alger et des villes de l’Est, ils sont moins importants d’ailleurs.
- 11 est assez normal que le Maroc soit venu rapidement à l’aviation privée, en raison, d’une part, des distances importantes séparant les villes et, d’autre part, en raison du fait que le pays forme un vaste terrain d’atterrissage où l’on peut se poser presque partout en cas de panne.
- La liaison Alger-Marseille s’effectue régulièrement tous les jours (sauf le lundi) par hydravion, mais, en raison des difficultés du parcours, les passagers ne sont pas admis. Cette ligne transporte seulement le courrier postal auquel elle fait gagner un temps fort appréciable.
- De Tunis partent trois lignes régulières exploitées par la Compagnie Air-Union : Tunis-Bône et Tunis-Marseille ainsi que Tunis-Rome exploitée par la Societa Aera-Mediterranea (compagnie italienne).
- La ligne Tunis-Bône a été ouverte en juillet 1929 : l’itinéraire choisi était un itinéraire côtier et l’exploitation se faisait par hydravion (la liaison devant être assurée uniquement pendant la saison d’été).
- Il y avait un aller et retour par semaine.
- En 1930, la Compagnie a adopté un itinéraire terrestre et
- l’exploitation s’est faite à la cadence de deux allers et retours par semaine. Ce nouveau système assurant une plus grande régularité et une plus grande vitesse a immédiatement entraîné un accroissement très important du trafic.
- En 1931, les services ont eu lieu à la fréquence de trois allers et retours par semaine à l’aide de deux appareils affectés au centre de Tunis.
- La liaison France-Tunisie avait été organisée par la Compagnie Aéronavale fondée par M. Lioré : le centre d’exploitation était alors Antibes.
- La ligne créée en 1926 s’est arrêtée jusqu’au l“r décembre de la même année à Ajaccio; à partir de cette date les vols se sont effectués régulièrement jusqu’à Tunis à raison de un service par semaine. Le trajet Ajaccio-Tunis n’a toutefois été ouvert aux passagers qu’en mars 1927.
- La Compagnie Aéronavale a fusionné avec la Compagnie Air-Union en juin 1927.
- Au début de 1929, le centre d’exploitation d’Antibes s’est transporté à Marignane afin que la liaison aérienne France-Tunisie se trouve en correspondance directe avec la liaison aérienne Paris-Marseille.
- Enfin dans le dernier trimestre 1929, les services Marseille-Ajaccio-Tunis et retour ont été effectués à la cadence de trois allers et retours par semaine. En décembre 1929, les services sont devenus quotidiens sauf le lundi. C’est à la même époque que le matériel mono-moteur a été remplacé par un matériel bi-moteur.
- Les hydravions sont aménagés pour recevoir 6 à 7 passagers, des bagages, du fret et de la poste.
- Actuellement pour assurer un service quotidien, sauf le lundi, sur Marseille-Tunis, le centre de Marignane dispose de 8 appareils. On peut considérer que sur ces 8 appareils il y en a toujours un qui se trouve en révision générale. Les travaux de révision sont effectués à Marignane dans les ateliers de la compagnie. Les autres appareils assurent à tour de rôle le service, effectuant en moyenne chacun 4 allers et retours par mois. En général un appareil arrivé au jour J à Tunis, venant de Marignane, reste à Tunis le jour J + 1 pour constituer la réserve et rentre à Marignane le jour J -j- 2.
- L’équipage de chaque appareil est constitué par un pilote, un mécanicien et un radio. Pendant la durée du voyage, ce dernier se tient constamment en liaison avec le sol par T. S. F. pour les communications de sécurité et éventuellement pour celles du trafic. En cas d’ammérissage forcé, l’équipage lance par T. S. F. les signaux de détresse réglementaires. L’installation de la T. S. F. est réalisée sur l’appareil de telle manière que l’émission et la réception sont encore possibles après l’ammérissage.
- Dès qu’un ammérissage imprévu est connu ou dès que le silence d’un appareil peut donner des craintes à son sujet, l’exploitation déclenche le dépannage. Pour assurer ce dépannage la Compagnie dispose de 3 dépanneurs ayant chacun sa zone d’action, l’un est stationné à Marseille, l’autre à Calvi et le troisième àBonifaccio. Le dépannage dans le secteur des côtes de Sardaigne est en principe assuré par les moyens de dépannage italiens en exécution d’accords internationaux.
- La ligne italienne Tunis-Rome est également exploitée par hydravion et le trajet s’effectue en 4 heures 1/4 ou 6 h. 3/4, suivant que l’avion fait le voyage directement ou avec escales (Societa Aéra Mediterranea).
- Tel est, dans ses grandes lignes, l’état actuel de l’aviation civile en Afrique Occidentale et en Afrique du Nord. Il y a encore beaucoup à faire, mais il faut cependant enregistrer les résultats obtenus qui sont loin de manquer d’intérêt.
- J. Sers.
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- = NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES
- Les premières marionnettes que nous connaissons (je ne parle pas des poupées grecques articulées en terre cuite) remontent au xviib siècle. Elles étaient en bois et par conséquent fort lourdes et difficiles à manœuvrer. Actuellement, on a trouvé qu’il était nécessaire de les alléger le plus possible et de simplifier leur mécanisme. La tête est en carton moulé ainsi que le corps et les mains. Les bras seuls et les jambes sont en bois léger, sapin ou peuplier; les articulations que l’on a longtemps faites au moyen de deux pitons croisés (fig. 1) sont beaucoup plus souples et plus maniables, lorsqu’elles sont composées d’un simple petit morceau de cuir souple glissé et cloué dans une fente du bois (fig. 2).
- La tête tourne librement sur une tige coupée au milieu par une genouillère (fig. 3) ; elle peut donc ainsi tourner de droite à gauche et réciproquement pour dire non et s’incliner pour dire oui. Le corps doit pouvoir se plier en deux. Longtemps on a mis une charnière entre le buste et le bassin, mais on a trouvé préférable de remplacer la charnière par une simple bande de cuir d’un mouvement beaucoup plus doux : Quelques présentateurs ont compliqué le mécanisme en faisant remuer les yeux et agir la bouche : c’est là une complication qui rend le maniement beaucoup plus difficile et qu’il faut laisser aux automates. Même pour les grandes marionnettes de 0 m 75 de haut, l’effet obtenu n’est pas en comparaison de la peine exigée et pour les petites de 0 m 35, ces minuties sont inutiles.
- En possession d’une marionnette construite comme je viens de le dire, il faut lui donner la vie. De simples fils manœuvrés avec beaucoup d’adresse se chargeront de les animer et plus les articulations seront souples, meilleur sera le résultat. Ces fils peuvent être plus ou moins nombreux suivant les mouvements qu’on se propose d’imprimer au personnage. Les fils indispensables sont deux fils placés un à chaque épaule et servant à faire tenir le personnage debout; deux fils aux genoux pour le faire marcher, deux aux avant-bras pour le faire gesticuler et deux pour la manœuvre de la tête. Voilà donc huit fils qu’il faudra faire agir et si l’on désire quelques mouvements spéciaux, il faudra ajouter des fils supplémentaires. Quelques marionnettes à mouvements compliqués en ont un nombre considérable, par exemple, le squelette qui danse, dont tous les morceaux s’éparpillent et qui se reconstruit, le jongleur qui arrive, se couche sur un lit et jongle au moyen de ses pieds avec un gros cylindre, la mère gigogne, une des plus anciennes marionnettes compliquées connue, qui entre en scène, laisse sortir de sous ses jupes une douzaine
- de petites poupées, puis se transforme en ballon avec nacelle, les passagers étant les deux bras de la marionnette transformés en personnages.
- Comme il ne faut pas confondre les fils ni les laisser s’embrouiller entre eux, ils viennent tous aboutir soit à une planchette munie de pitons, soit à un bâton percé de trous. Chacun d’eux est terminé par une boule ou une olive qui permet de les saisir rapidement sauf ceux de suspension qui sont fixés à demeure. Ils sont naturellement toujours placés dans un même ordre, ceux de tête au centre, ceux des jambes à l’extrémité. De plus une couleur différente, dont ils sont peints, guide l’attention de l’opérateur.
- La manœuvre de la tête est obtenue de différentes manières. A mon avis voici la meilleure. A dix centimètres de la barre de suspension, les deux fils de la tête sont fixés à une petite barrette puis continuées jusqu’à la barre par des élastique. Si l’on appuie sur la barrette, les élastiques cèdent
- et la tête s’incline. Si on oblique la barrette, la tête suit le mouvement (fig. 4).
- Nous verrons prochainement la fabrication des têtes et l’installation des théâtres. Le prestidigitateur Alber.
- Fig. 1 à 4. — En haut à gauche, articulation croisée ; au milieu, articulation en cuir. En bas à gauche, articulation de la tête; au milieu, manœuvre de la tête; à droite une marionnette simple montée.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- CIMENT POUR AQUARIUM
- Le ciment pour aquarium se compose de :
- Gutta percha................ 100 grammes
- Poix de Bourgogne........... 600 —
- Pierre ponce................ 300 grammes
- Faire fondre ensemble doucement, en évitant l’inflammation, la gutta et la poix, puis y incorporer la pierre ponce.
- Appliquer ce ciment encore chaud sur les parties à luter parfaitement sèches, puis lisser avec une lame de couteau ou un petit fer à souder chauffés sans excès pour ne pas produire la rupture des feuilles de verre avoisinantes.
- Le ciment ainsi préparé donne des résultats parfaits comme solidité, mais son emploi demande l’acquisition d’un certain tour de main, on peut le rendre plus maniable en diminuant la quantité de pierre ponce et en ajoutant une petite quantité de goudron de houille, mais cela aux dépens de la rigidité de l’ensemble s’il s’agit de la construction d’un aquarium neuf.
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- LA CHAYOTTE
- La Chayotte (Sechiurn edule), de la famille des Cucurbitacées est originaire de l’Amérique centrale, du Mexique, du Guatemala, des Antilles, etc.
- C’est une grande plante végétant assez bien dans le Midi de la France, mais qui, un peu tardive, ne saurait être recommandée comme économique pour ces régions.
- Ce précieux légume forme un des mets favoris des habitants de l’Amérique du Sud et il est répandu dans toutes les zones chaudes et même tempérées du globe, y compris l’Afrique du Nord.
- Née au Mexique, cette plante vit son aire d’expansion s’étendre d’abord aux Indes Orientales, puis partout ailleurs au point que cette Cucurbitacée fait presque partie intégrante et spontanée des autres flores mondiales. Lors de la conquête du Mexique par Cortez, la Chayotte, de même qu’aujourd’hui, était, en tant que légume, considérée comme de premier ordre, par les Aztèques, les Mayas et autres peuples des pays du sud de l’Amérique.
- C’est, en effet, une plante de grande importance alimentaire, parce qu’elle est très prolifique : on a vu un seul pied produire Fapprovisionnemen'fT”3’hivër~~îFune nombreuse famille. Si la Chayotte était mieux connue en Europe, il n’est pas douteux que sa consommation serait considérable; malgré les frais de transport qui grèveraient ce produit, son importation en Europe se ferait sur une grande échelle.
- Cependant, nous avons à nos portes, nos colonies de l’Afrique du Nord, dont les divers climats sont très favorables à sa culture, et d’où on pourrait le distribuer sur les marchés de la Métropole.
- Je me hâte de déclarer, que la Chayotte ne remplace aucun végétal potager connu, comme on pourrait tenter de le croire : elle se recommande simplement par elle-même et c’est mieux.
- La Chayotte porte plusieurs noms, suivant les pays : Chouchoute à la Guadeloupe et à la Martinique, Chocho à la Jamaïque, Vegetable Pear ou Poire végétale, dans les coloi.ies anglaises et en Amérique du Nord, où on en mange beaucoup.
- C’est une plante vivace, grimpante, très vigoureuse, sarmen-teuse, à la manière de la vigne, par ses vrilles. Elle s’est adaptée facilement à tous les climats ayant \ine douce température, malgré la routine de bon nombre d’habitants, tant ses qualités furent appréciées, dès le début de son introduction partout.
- Si la Chayotte — prononcez Chioti — est bien cultivée, un seul pied doit, jc_hyrépète, suffire àJApprovisionnement de toute une famille, en hiver, sans que celle-ci se lasse de manger ce fruit-légume, qui est sain, agréable, suffisamment nutritif pour compter dans l’alimentation; de plus, il se conserve plusieurs mois avec toutes ses excellentes qualités.
- Pour la culture de la Chayotte, il est préférable de la planter dans un sol léger, profond, bien travaillé, rendu fertile par l’apport de fumiers d’étables ou par des engrais chimiques, il faut encore que le terrain soit bien perméable, pour que les irrigations profitent à tout son système radiculaire.
- Cependant ce végétal est de culture aisée et pourvu que de profondes façons lui soient données, il croît même dans la glaise.
- Pour la plantation, on pratique des trous circulaires de 0 m 60 à 0 m 80 de diamètre, sur 0 m 30 ou 0 m 40 de profondeur; ces trous sont comblés de fumier décomposé bien tassé afin que les puissantes racines de la Chayotte puissent s’y développer et trouver la nourriture indispensable à sa nature vorace; après quoi on finit de remplir la cavité avec la terre qui en a été extraite. On opère au début de mars, dans le Midi
- et en Afrique du Nord; aussitôt après, on plante un fruit entier, qui d’ailleurs ne contient qu’une seule graine qu’il ne faut pas dégager de la pulpe qui l’entoure, sous peine de pourriture, le point d’attache en dessus, en le recouvrant de 0 m 05 ou 0 m 06 de terre légère ou de sable fin de rivière. On n’a plus qu’à entretenir le sol en bon état de propreté, par des binages et des sarclages qui hâteront le départ de la végétation jusqu’au moment où l’on va pratiquer les irrigations; pour ce faire on ouvre des rigoles d’arrosage autour de chaque pied, comme on le fait d’habitude pour tous les légumes.
- En quelques jours, la chaleur aidant, on voit poindre le germe qu’émet le fruit planté et qui croît avec une extrême rapidité. Quatre mois plus tard ou plus, suivant la température et les irrigations, la floraison commence, se produisant à toutes les attaches des feuilles, puis les fruits apparaissent, au point de surcharger ce végétal si extraordinairement prolifique — on a vu des exemplaires produire jusqu’à 600 fruits — qu’il lui faut de solides soutiens pour supporter l’énorme poids de sa fructification, qui se continue durant plusieurs mois, si la température ne s’abaisse pas trop subitement.
- Cultivée commercialement, la Chayotte demande de solides supports; pour ce faire, les Américains de la Floride ont imaginé des sortes de potences hautes de 2 m, espacées de 10 m et reliées entre elles par de gros fils de fer tendus fortement, avec des tendeurs.
- On plante deux pieds de Chayottes entre deux potences, suffisant amplement pour couvrir une surface immense et on irrigue.
- Je l’ai dit, le meilleur des fumiers est celui des étables, mais comme ce végétal est très vigoureux, sa voracité exige de temps en temps, tous les mois environ, de nouveaux apports d’engrais, purin ou autre, et un peu de sels de nitrate de soude et de sulfate d’ammoniaque, 50 gr par pied, à l’entour et non contre la souche, afin de stimuler la végétation par une adjonction d’azote; on enfouit cela au moyen d’un crochetage, très utile, en même temps, pour aérer le sol, puis on irrigue fortement.
- Les fruits se produisent par un, rarement deux, à l’insertion des feuilles. Autant que possible, ils ne doivent pas dépasser 500 gr, pour être de qualité parfaite; à demi mûrs, ils sont tendres et succulents.
- En vue de la plantation future, au contraire, on laisse les Chayottes durcir complètement sur pied, quels que soient leur poids et leur grosseur.
- Au fur et à mesure de la récolte, on rentre les fruits à l’abri sous un hangar où ils se ressuient, car il faut qu’ils soient bien secs pour qu’on puisse les emballer, puis, on commence l’expédition sur les centres que l’on désire exploiter.
- Il existe un certain nombre de variétés de ce bon légume, originaires pour la plupart du Guatemala; elles diffèrent entre elles par leur volume et le coloris de l’épiderme : la valeur nutiûtive est pareille pour toutes ; on en connaît dépassant 1 kg; certaines sont vertes, d’autres presque noires ou blanc d’ivoire, plus ou moins lisses ou épineuses presque toujours allongées où en poire. Les fruits (à peine épineux, d’ailleurs), sont les meilleurs et les plus recherchés.
- Les tiges sèches donnent une fibre solide et légère, avec laquelle on confectionne en Amérique des chapeaux d’un poids minime, des paniers, des sacs, des nattés, etc.; cette matière, si elle était connue, devrait certainement pouvoir être utilisée industriellement; enfin, le bétail est avide’du feuillage du Sechium edule, qui est très nourrissant; j’ajoute
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- que les grosses racines de ce végétal sans pareil, sont excessivement riches en amidon.
- L’analyse des fruits frais de la Chayotte, donne, pour 100 :
- Eau............................... 90,2
- Protéine........................... 1,1
- Graisse ........................... 0,2
- Carbo-hydrate.................. 7,5
- Fibres............................. 1,0
- Total......................100,00
- La valeur nutritive de ce légume est un peu plus élevée que celle de la courge, mais sa saveur plus line rappelle le chou-fleur : elle est exquise.
- Le plus pratique pour l’expédition au loin, est de procéder comme les Américains, en paniers ou caissettes légers de G à 12 fruits, enveloppés de papier et de fibres de bois.
- Les Chayottes sont parfois atteintes dans les régions chaudes, humides ou tempérées, par des maladies cryptogamiques, que l’on combat au moyen d’une solution de sulfate de cuivre à 1 pour 100, bu de fleur de soufre, en pulvérisations. Un ver attaque le fruit et le détériore, on s’en préserve préventivement avec de l’eau nicotinée à 5 pour 100 sur les branches et sur les feuilles; un insecte ronge les feuilles, on l’écarte avec des aspersions partout d’arséniate de cuivre. Ces quelques soins suffisent pour qu’on puisse rester maître de la situation; cependant ces désagréments n’existent pas en Afrique du Nord et dans le Midi de la France.
- La Chayotte se consomme de diverses façons : après avoir été préalablement pelée, on la coupe en morceaux, puis on la fait blanchir à l’eau un peu salée; la cuisson est accomplie en quelques minutes. On la prépare alors à la crème, au beurre fondu, à la tomate, frite au beurre ou à l’huile, en sauce
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- blanche, à la poulette, farcie, en beignets, au gratin, au fromage de gruyère ou de Parmesan râpés, à l’étuvée, en salade, en pickles, et de plusieurs autres manières.
- La Chayotte est un légume de choix qu’il faut planter; elle sera facilement acceptée partout, grâce à sa finesse. Sa production est énorme et doit donner de sérieux profits. Je ne saurais trop appuyer sur sa valeur marchande, qui dépasse de beaucoup les prévisions les plus optimistes.
- En admettant un hectare en culture, il faut d’abord décompter les frais d’installation d’un are de Chayotte :
- Labour......................................20 fr.
- Engrais.....................................30 —
- Plantation de 25 fruits à 1 fr l’un.........25 —
- Total..........................75 —
- Rapport d’un are : 25 plants produisant 100 fruits chacun, donneront au minimum 2500 Chayottes, à 0 fr 75 l’une; prix de gros, ou 1775 fr. à l’are.
- En déduisant les frais que je puis estimer à l’are, à environ 75 ou 100 fr, il reste 1675 fr net.
- C’est un bon profit ; même en ne tablant que sur la moitié de ce chiffre, le résultat serait de 800 fr environ, par are.
- Il ne faut pas être trop gourmand, mais on peut espérer beaucoup, quand on a le climat et le sol favorables. En rappelant aux agriculteurs cette culture non oubliée, mais certainement négligée, j’espère que l’avenir verra nos marchés amplement pourvus de ce légume fameux et si recherché en Amérique et... ailleurs (').
- R. de Noter.
- 1. En ces dernières années les marchés du Midi (Côte d’Azur) ont été largement pourvus de ce fruit, qui semble de plus en plus en laveur grâce à l’auteur de cette note.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1933, A PARIS
- A ne considérer que les moyennes mensuelles, le mois de février 1933 est, dans son ensemble, sensiblement normal.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, 763 mm 2, est sensiblement égale à la moyenne des 60 mois de février écoulés depuis 1874 (763 mm 4); la température moyenne, 4°,3, présente un excédent de 0°,4 à la normale; le total pluvio-métrique, 38 mm 5, n’est supérieur à la normale que d’une quantité un peu inférieure à 10 pour 100; seule, l’insolation est en déficit de 30 pour 100.
- Le mois qui vient de s’écouler est formé, quant à la température, de deux périodes présentant des caractères nettement différents. Pendant la première, qui a duré jusqu’au 10, il y a eu des pluies fréquentes et une forte nébulosité avec des températures élevées rappelant celles d’avril. Le 4, la moyenne des 24h, 10°,9, est la plus élevée observée à pareille date depuis 1874. A partir du 11, le ciel s’est éclairci et le temps devint sec et assez froid. Les chutes de neige qui se sont produites entre le 18 et le 23 ont coïncidé avec une recrudescence du froid et la température ne s’est radoucie que le 26. C’est dans la nuit du 26 au 27 que les dernières traces de la couche de neige qui couvrait le sol ont disparu dans le parc de l’Observatoire. Le nombre de jours de gelée s’élève à 13, ce qui est tout à fait normal et les températures extrêmes, 13°,7 le 5,
- et — 6°,1 le 24, sont à peu près égales aux extrêmes absolus moyens. Il y a eu 14 jours de précipitations appréciables, contre 13, nombre moyen, dont 4 de neige et la hauteur maximum recueillie, en 24 h, 11 mm 2, correspond à la journée du 27.
- A l’Observatoire de Montsouris, la durée totale de chute, 32 h 40 m, est inférieure de 11 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. On a enregistré, à celui de la Tour Saint-Jacques, 69 h 55 m de soleil, durée inférieure de 13 pour 100 à la normale.
- Un obscurcissement a été observé le 18, à Montsouris, de 11 h 12 à 17 h 47. Des brouillards ont été signalés dans la région, tous les jours du mois (nombre moyen 24). L’excès porte seulement sur les brouillards faibles et moyens. Le brouillard n’a jamais persisté toute la journée sur aucun point, alors que sa persistance est constatée en moyenne trois jours.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été de 81,9 pour 100 qt celle de la nébulosité de 73 pour 100; on y a constaté : 14 jours de brouillard, 5 jours de sol couvert de neige, 8 jours de gelée blanche, un jour de givre, 2 jours de grésil.
- Les vents ont été fréquents d’entre N et N-E.
- E. Roger.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La théorie einsteinienne de la gravitation (Les vérifications expérimentales), par G. Darmois. 1 vol., 30 p. Hermann et Cie, Paris, 1932. Prix : 7 fr.
- La théorie de la relativité restreinte et celle de la relativité générale d’Einstein sont susceptibles d’un certain nombre de vérifications expérimentales directes : avance du périhélie de Mercure et de Mars, avances du nœud de Vénus, courbure des rayons lumineux au voisinage du Soleil, déplacement des raies spectrales vers le rouge dans un champ de gravitation.
- L’auteur expose ici les résultats d’observations jusqu’ici entreprises dans ces différents domaines, il en discute impartialement la valeur.
- La dynamique relativiste et l'inertie de l’énergie.
- par Francis Perrin. 1 brochure, 20 pages. Hermann et Cie, Paris, 1932. Prix : 6 fr.
- Après avoir rappelé les grands traits de la dynamique classique, l’auteur de cette conférence montre comment elle se modifie, pour les grandes vitesses, dans la théorie relativiste et il indique les vérifications expérimentales auxquelles celle-ci a satislait.
- Les conséquences de la relativité dans le déve-lopnement de la mécanique on lui itoire, par Louis de Broglie. 1 brochure, 20 pages. Hermann et Cie, Paris, 1932. Prix : 6 fr.
- Cette conférence a pour objet de montrer comment, dans le développement récent de la théorie des quantas, la relativité a facilité le parallélisme du développement des théories corpusculaire et ondulatoire.
- Notions de mécanique ondulatoire, par L. Brillouin. 1 brochure, 36 p. (Collection des Actualités scientifiques et industrielles.) Hermann, Paris, 1932. Prix : 10 fr.
- L’auteur montre, sur un certain nombre d’exemples fondamentaux, comment se présentent, en mécanique ondulatoire, les problème? relatifs à l’étude des systèmes atomiques et comment les équations obtenues se résolvent par approximations successives.
- La cinématique de la relativité, par E. Bauer. 1 brochure, 32 p. Hermann et Cie, Paris, 1932. Prix : 6 fr.
- Dans cette conférence, l’auteur montre à grands traits comment sous la poussée d’un besoin de synthèse de plus en plus générale, ont évolué au cours du siècle dernier, les théories physiques, et comment cette évolution a modifié les notions d’espace et de temps absolus pour aboutir aux théories relativistes. Est reproduite la discussion qui a suivi cette conférence et au cours de laquelle M. Langevin a donné une démonstration très simple des formules du groupe de Lorentz.
- La relativité, par Paul Langevin. 1 brochure, 18 p. Hermann et Cie, Paris, 1932. Prix : 6 fr.
- Dans cette causerie qui servit de conclusion générale à une série de quatre conférences de MM. Bauer, Darmois, de Broglie et Cartan, sur les théories de la relativité; M. Langevin met en lumière avec une merveilleuse clarté, les traits dominants de ces théories; il montre comment celles-ci sont nées de la critique des notions familières de temps et d’espace, critique imposée aux physiciens par les contradictions entre l’expérience et les théories admises jusque-là. Il fait enfin ressortir l’importance de la théorie relativiste, non seulement pour la physique elle-même, mais aussi pour la philosophie et pour la théorie de la connaissance.
- Thermodynamique générale (gaz et vapeurs), par
- H. Bouasse (2e édition). 1 vol. 600 p., 215 fig. Delagrave, Paris, 1933. Prix, broché : 60 fr.
- Le traité de thermodynamique de M. Bouasse a été écrit vers 1913; c’était un des premiers volumes de son magnifique cours de physique, véritable travail de Bénédictin, qui ne compte pas aujourd’hui moins de 45 volumes, tous écrits de la main du maître. L’auteur a remanié son premier texte, en augmentant surtout la place donnée à la technique et le nombre des applications numériques. Mais il a maintenu l’esprit dans lequel était rédigée la première édition : les principes et les déductions sur lesquels repose la thermodynamique sont exposés avec toute la clarté et les développements nécessaires pour que le lecteur suive sans peine la marche des idées et comprenne facilement le sens et le maniement des formules. M. Bouasse, avec raison, se préoccupe, avant tout, d’enseigner ce que sont les phénomènes, comment on les étudie et comment on les calcule. Dans cet esprit, il a écrit un excellent livre d’enseignement qui continuera à rendre d’éminents services aux étudiants et à leurs maîtres.
- C. A. Bjerknes. Sein Leben und seine Arbeit, par le
- Dr V. Bjerknes, traduit du norvégien en allemand par Else Wegener-Koppen. 1 vol. 218 p., 31 fig. et 1 portrait. Julius Springer, éditeur, Berlin 1933. Prix broché : 8,60 R. M.
- C. A. Bjerknes est un grand savant norvégien qui s’est illustré par ses expériences sur la transmission à distance des actions des sphères puisantes, et par les conséquences théoriques qu’il en a tirées pour l’hydrodynamique, en mettant en évidence notamment le parallélisme qui existe entre le domaine de l’hydrodynamique et celui de l’électro-magnétisme. Son fils, lui-même savant remarquable, nous présente ici une biographie complète de son père. Ce n’est pas seulement un pieux témoignage d’afîection filiale, c’est un document instructif à plus d’un égard : il nous révèle les difficultés auxquelles s’est heurtée à ses débuts la carrière de C. A. Bjerknes; sans fortune, mais se sentant attiré vers les mathématiques et la science pure, le jeune savant se trouve quasi paralysé par l’organisation rudimentaire de l’enseignement scientifique supérieur en Norvège, vers le milieu du siècle dernier. Et l’on comprend ainsi l’influence du milieu extérieur sur l’éclosion du génie scientifique. L’auteur nous montre comment s’est développé le génie de Bjerknes, les sources où il s’est alimenté, le bénéfice qu’il a tiré de la lecture des œuvres originales de Lagrange, d’Abel, de Cauchy, les leçons qu’il a puisées dans l’enseignement de Lejeune-Dirichlet: puis en même temps qu’il nous décrit les phases de sa vie modeste et régulière, il nous fait connaître les étapes de sa pensée et nous montre comment, et dans quel esprit, il a abordé à l’âge mûr les expériences et les travaux qui l’ont rendu illustre. 11 donne enfin un clair résumé de l’œuvre du savant. L’ensemble forme un précieux document pour l’histoire et la psychologie des sciences.
- Géographie des animaux, par Marcel Prenant. 1 vol.
- in-16, 199 p., 4 cartes. Collection Armand Colin, Paris, 1933.
- Prix : broché, 10 fr 50; relié, 12 fr.
- Voici un petit livre dont on ne saurait trop recommander la lecture non seulement à tous les naturalistes, mais aussi à tous les curieux des grands problèmes biologiques, du peuplement de la terre et des rapports entre espèces. Dans une langue très simple, derrière laquelle on sent une documentation impeccable mais discrète et un esprit remarquablement clair, l’auteur passe en revue, groupe, synthétise la multitude des faits relatifs à la biogéographie : distribution des animaux dans l’espace et dans le temps; facteurs physiques généraux et caractères des milieux terrestre et aquatiques; conditions biologiques, interdépendance des espèces, écologie et statistique. De faits très sûrs et particulièrement bien choisis, l’auteur dégage les saines méthodes d’observation et de recherche et les idées directrices qui doivent guider les théories aussi bien que la pratique de la biogéographie.
- L’année psuchologique. 32e année, par Henri Piéron.
- 2 vol. in-8, 949 p., fig. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Alcan, Paris, 1932. Prix : 120 fr.
- Chaque année, l’auteur, professeur au Collège de France, réalise ce labeur énorme de grouper en deux volumes tout ce qui est paru dans le monde entier, tant sur la psychologie classique, que sur ses innombrables ramifications et applications : physiologie nerveuse, psychologie comparée, psychologie pathologique, ethnique sociale, psychotechnique, pédagogie, et même métapsychie; et chaque année, on ne peut lui mesurer les éloges tant pour la diversité et le groupement méthodique des sujets traités que pour la clarté de ses analyses. On peut dire que l’Année psychologique est nécessaire et suffisante à tous ceux que préoccupent les multiples problèmes de l’esprit, de sa formation, de ses déficiences, et naturellement les physiologistes, médecins, éducateurs, juges, organisateurs du travail, etc. 1670 analyses de travaux provenant de 141 périodiques de toutes langues, représentent l’activité de l’an passé.
- Mais l’Année psychologique n’est pas qu’un recueil bibliographique; élle publie aussi d’importants mémoires originaux. Cette fois-ci, la psychophysiologie est représentée par deux études, l’une de Piéron sur la sensation chromatique, données sur la latence propre et l’établissement des sensations de couleur, qui apporte les résultats des expériences que poursuit l’auteur depuis longtemps, l’autre, de Durup, sur la complexité des impressions de mouvement consécutives d’ordre visuel, ainsi que par une curieuse note de Toulouse, d’Heucqueville et Neoussikine qui envisagent l’émotivité et la chronaxie de subordination. Un important mémoire de Fessard sur les rythmes nerveux et les oscillations de relaxation est à la limite de la psychologie et de la physiologie pure. La psychologie du travail et de l’apprentissage voit à son actif trois nouvelles contributions de Foucault sur le travail mental sans mouvements, de Chweitzer sur l’étude expérimentale de la courbe d’apprentissage, et de Schreider qui envisage le rôle de quelques phénomènes d’ambivalence et de refoulement dans la psychologie du travail. La psychologie animale est représentée par un travail de Ruch sur l’appréciation du temps chez le rat blanc. Enfin un dernier mémoire se rapporte au domaine de la sélection professionnelle par l’emploi des méthodes psychotechniques, celui de Lahy et Korngold sur la sélection des opératrices de machines comptables.
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- : NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Le duc des Abruzzes.
- Le duc des Abruzzes, cousin germain du roi d’Italie, ancien amiralissime de la flotte italienne, vient de mourir le 17 mars dernier. Il était né à Madrid le 29 janvier 1873. II fut aussi explorateur et à ce titre il laissera son nom dans la science géographique. Il fut le premier à faire l’ascension du Mont St-Elie dans l’Alaska en 1897. En 1906 il réussit à atteindre les deux sommets du Massif du Ruwenzori dans l’Afrique orientale. Enfin en 1909 il explora le massif central de Kara-koram dans l’Himalaya et atteignit le sommet du pic K2 à 7500 m d’altitude. Il a publié sur cette exploration un important ouvrage.
- ASTRONOMIE Le ciel en poche.
- M. Boutilly, directeur des Forêts d’Algérie, vient de publier de nouvelles cartes du ciel, permettant aux amateurs d astronomie de reconnaître facilement les étoiles. Les cartes sont au nombre de douze (une pour chaque mois), et divisées en quatre horizons. Calculées pour Paris, elles peuvent cependant être employées sur une large bande de latitudes.
- Un planisphère joint aux cartes porte les courbes correspondant à la marche des planètes, calculées jusqu au 1er janvier 1935. Enfin un petit appareil lumineux fort simple facilite l’emploi des cartes; le tout peut tenir dans une poche.
- (Chez les principaux libraires et chez l’inventeur, M. Boutilly, 96, rue Michelet, Alger.)
- AÉRONAUTIQUE
- La catastrophe du dirigeable américain « Akron ».
- Le beau dirigeable Akron de la marine américaine, pris dans la tempête et l’orage, s’est perdu en mer, au large des côtes du New-Jersey dans la nuit du 3 au 4 avril dernier, 74 personnes, équipage et passagers, ont péri dans la catastrophe ; un officier et 3 hommes seulement ont pu etre sauves ; l’un d’eux a succombé peu après son sauvetage. On compte parmi les victimes l’amiral Mofett, chef de l’Aéronautique des Etats-Unis, et le commandant Berry, chef du centre aéronautique de Lalcehurst. Le semi-rigide Blimp I. 3, qui, à l’annonce du désastre, s’était porté sur les lieux de 1 accident, avec 7 personnes à bord, a heurté, à son retour, un fil électrique à haute tension; il s’est enflammé et l’épave est tombée en mer : le commandant et un homme ont péri ; le reste de l’équipage a pu être sauvé.
- On sait que VAkron, construit voici 2 ans, était le plus grand dirigeable américain, il était gonflé à l’hélium.
- 'PHYSIQUE
- Un nouveau constituant de Vatome : Vélectron positif.
- Les théories modernes de l’atome admettent que celui-ci est constitué par des particules d’électricité négative, les électrons gravitant autour d’un noyau positif lui-même formé par l’agglomération d’électrons, et de particules élémentaires chargées positivement : les protons ou noyaux d’hydrogène. Il y a quelques mois, grâce aux progrès des investigations faites sur la constitution des noyaux atomiques, l’existence d’un autre constituant, le neutron, s’est révélée aux physiciens.
- Voici qu’à la faveur des mêmes études, on est amené à admettre l’existence d’un quatrième constituant élémentaire : l'électron positif, qui serait une particule de même masse que l’électron négatif, mais portant une charge positive.
- Les premières expériences qui ont laissé entrevoir l’électron
- positif sont dues au physicien américain Anderson; celui-ci, observant les effets produits par des rayons cosmiques pénétrant dans une chambre de détente a constaté l’existence de trajectoires suggérant la présence d’électrons positifs.
- Ces observations ont été confirmées ultérieurement par Blackett et Occhialini.
- D’autre part, M. et Mme Joliot-Curie, observant au moyen de la chambre de détente les effets produits par le passage de neutrons à travers la matière, ont constaté également l’apparition de trajectoires électroniques rétrogrades qui s’interprètent aisément dans l’hypothèse de l’électron positif.
- De nouvelles expériences, conduisant à la même conclusion viennent d’être effectuées au Cavendish Laboratory de Cambridge, par Chadwick, Blackett et Occhialini; elles font l’objet d’un compte rendu publié dans Nature de Londres (n° d’avril 1933). Nous le résumons ci-dessous :
- Une capsule contenant du polonium, source de rayons a et un morceau de glucinium était placée au contact de la paroi d’une chambre de détente. A l’intérieur de celle-ci était fixée une cible en plomb de 2,5 cm2 et 2 mm d’épaisseur. Le glucinium bombardé par les rayons a du polonium donne naissance à un rayonnement consistant en rayons a et en neutrons, qui pénètre à l’intérieur de la chambre de détente et frappe la cible de plomb. Des photographies des trajectoires étaient prises à l’aide d’un dispositif stéréoscopique. Pendant la détente on appliquait un champ magnétique d’environ 800 gauss.
- La plupart des trajectoires enregistrées sur les photographies étaient nettement, en raison de leur courbure, des trajectoires d’électrons négatifs. Plusieurs d’entre elles toutefois, avaient une de leurs extrémités sur la cible ou à son voisinage et montraient une courbure en sens inverse. Elles pouvaient être dues soit à des particules portant une charge positive, soit à des électrons négatifs émis dans les parties éloignées de la chambre, et dont la trajectoire aurait été incurvée par le champ magnétique de façon à aboutir à la cible de plomb. L’examen statistique des résultats sembla prouver que les trajectoires partaient de la cible et par suite que les projectiles étaient chargés positivement.
- L’expérience suivante vient encore à l’appui de cette hypothèse; une plaque de cuivre de 0,25 mm d’épaisseur fut placée sur le trajet des particules, et quelques bonnes photographies de trajectoires positives purent être enregistrées dans ces conditions. Elles révélèrent que les corpuscules possédaient une énergie moindre du côté opposé à la cible qu’entre la cible et la plaque de cuivre. Ce fait tend bien à prouver que les corpuscules émanent de la cible et traversent la plaque de cuivre en y perdant de l’énergie.
- Les courbures des trajectoires dans le champ magnétique montrent d’autre part que l’électron positif a la même masse que l’électron négatif, et une charge électrique égale et de sens contraire.
- Comment ces électrons positifs sont-ils engendrés ? Proviennent-ils de l’action des neutrons émis par le glucinium, ou de l’action du rayonnement y qui les accompagne ? On ne peut encore se prononcer à cet égard. Mais les trois physiciens anglais annoncent qu’ils ont entrepris des expériences pour essayer d’élucider ce point de haute importance.
- DÉMOGRAPHIE
- Mouvements de la population en Belgique depuis
- la guerre
- A la fin du xixe siècle et pendant les quelques premières années du xxe siècle la population belge s’accroissait surtout
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- MER DU
- PAYS -BAS
- BRABANT
- HAINAUT'
- Accroissements de populations de 19l8à 1930
- .........25 °/o
- E3...........18%
- ES3............7 %
- DU]..........5%
- EZ2------Régression
- LUXEMBOURG
- dans le Hainaut (bassins de Mons et de Charleroi) et dans la province de Liège, à cause de l’exploitation houillère intense dont le corollaire inévitable était un essor extraordinaire des industries métallurgiques, verrières et céramiques. Bruxelles de son côté, voyait naître dans sa banlieue un grand nombre d’industries, tandis qu’Anvers prenait un essor considérable. Cette ville avait décuplé son trafic (14 millions de tonnes en 1914) depuis 1850 et triplé le nombre de ses habitants. Enfin, dans la région gantoise, l’industrie du lin attirait la population. Après la guerre, des facteurs nouveaux ont modifié la répartition de la population qui du reste augmente partout sauf en de rares régions déshéritées, comme le Luxembourg et Namur. La Camphre est devenue le principal pôle d’attraction. Le bassin houiller qu’on y découvrit en 1901, ne fut réellement mis en exploitation qu’à partir de 1919. La production est passée depuis de 322 000 tonnes en 1921 à 4170 000 tonnes en 1931. Aussi la population qui était de 250 000 habitants avant 1914 a-t-elle atteint 380 000 en 1932. C’est la principale réserve de houille du pays : 12 milliards de tonnes, alors qu’on estime à un milliard au plus les réserves des anciennes régions houillères telles que le Hainaut et Liège.
- Les bassins houillers du Hainaut et de Liège vont rapidement en s’appauvrissant; il y existait en 1914 272 sièges d’exploitation alors qu’aujourd’hui on en compte à peine 220 et certains sont dans une situation très précaire. La population ouvrière y est stationnaire et il est à prévoir que d’ici cinquante ans, elle aura diminué de moitié au profit du nord du pays, car la disparition de la houille entraînera l’émigration des industries tributaires. On a bien découvert, il y a quinze ou vingt ans, de nouveaux gisements houillers dans le sud du Hainaut au voisinage de la frontière française, mais ces dépôts, d’une exploitation difficile, ne semblent pas devoir donner de sitôt d’importants rendements. M. F. Baudhuin, professeur à l’Université de Louvain, prétend que le Hainaut redeviendra rapidement agricole, tout en conservant des usines comme dans la région de Charleroi. La situation dans la région gantoise (pays de filatures de lin et du travail agricole de ce produit) est aussi assez précaire. Depuis 1928, le lin traverse une crise dont il ne se relèvera probablement pas. La population de cette région est attirée par Anvers dont le commerce d’exportation a atteint plus de 22 millions de tonnes en 1931, tandis que sa banlieue a vu naître des usines importantes, draineuses de main-d’œuvre comme celles de Ford et de la General Motor.
- Bruxelles voit également augmenter sa population, grâce à ses nombreuses usines et à son voisinage d’Anvers.
- C’est pour ces raisons que Hasselt (Limbourg) et Anvers voient leurs populations augmenter de 25 pour 100, Bruxelles de 18 pour 100, alors que le Hainaut tombe à 5 pour 100. Selon M.Baudhuin,la situation peut donc se résumer comme suit :
- 1° Attirance du nouveau bassin de la Campine;
- 2° Attirance du port d’Anvers;
- 3° Attirance de Bruxelles;
- 4° Extinction progressive des houillères du Sud avec transfert lent des industries vers le nord.
- La population ira du Sud vers le Nord et la région industrielle à grande prospérité de l’avenir sera localisée dans la région comprise entre Anvers, Bruxelles, Liège et Maeseyek
- G. Remacle.
- GÉOLOGIE
- Richesses minérales de la Mandchourie
- La Mandchourie est à l’ordre du jour. On sait généralement assez mal que cette province sino-mongole, qui borde la Sibérie sur plus de 2500 km a une superficie presque double de celle delà France. Elle se trouve en outre sensiblement à la même latitude.
- Depuis longtemps, on considère la Mandchourie comme une des provinces les plus développées de la Chine tant par son agriculture que par son industrie minière. Elle le doit certainement à l’extrême fertilité de son sol et à la richesse de son sous-sol, mais elle le doit aussi à la présence du chemin de fer transsibérien qui s’y développe sur plus de 1000 km, et au voisinage immédiat des Japonais en Corée.
- Dès le début du siècle, les Japonais ont énormément contribué à la mise en valeur de ce pays, soit en ouvrant des mines de charbon et de fer, soit en intensifiant les moyens des placers aurifères, soit en créant de nouvelles lignes de chemin de fer. Aussi l’industrie extractive atteint-elle aujourd’hui des chiffres qu’envieraient des nations occidentales.
- Les principales substances sérieusement exploitées sont le charbon, l’or et le fer; ce dernier n’a encore qu’un centre réellement actif, au nord de Moukden, quoique de nombreux autres gisements soient déjà connus.
- Charbon. Les évaluations des r éserves de charbon de la Mande ho urie faites à la conférence internationale de 1913 s’étaient arrêtées à 1200 millions de tonnes ; on est certain aujourd’hui qu’elles sont de beaucoup trop faibles. Toute la région sud de Moukden n’est pour ainsi dire qu’un vaste bassin houiller, et, quoique ces charbons soient d’âge relative-
- Fig. 1. — La Mandchourie et ses principaux gites minéraux.
- Légende
- Charbon ......
- Extraction d'or .. Chemin de fer „ Echelle
- ‘Sungari Jj
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- ment récent (la plupart sont tertiaires, les plus vieux, jurassiques) ils sont tous d’excellente qualité.
- La production actuelle dépasse 6 millions de tonnes, dont 4 millions pour la célèbre mine de Fushun. Située à 50 km au sud-est de Moukden, celle-ci appartient à la « South Mand-chourian Railway C° », sous le contrôle japonais. Elle exploite une des plus puissantes couches de combustible connues dans le monde entier puisqu’elle atteint et dépasse même 130 m d’épaisseur. Les travaux sont à la l'ois souterrains et à « ciel ouvert », ces derniers offrant un spectacle réellement surprenant, dès l’arrivée en gare de Fushun par les immenses excavations où, tels des fourmis, s’agitent des milliers et des milliers de coolies autour des wagons et des pelles à vapeur (1).
- Les autres principaux charbonnages sont Pen-Si-Hu sur le chemin de fer Moukden-Antung ; Yeu-Tai et Ou-hou-Tsin, au long du transmandchourien et quelques houillères au nord de Port-Arthur. Elles produisent chacune entre 100 000 et 500 000 tonnes.
- Citons encore le bassin du Sai-Ma-Chi (80 km au nord-est de Feng-FIuang-Cheng) et le gisement de Chang-cbun à l’ouest de Kouang-Tchen-Tsé.
- Or. En ce qui concerne le métal jaune, la Mandchourie est de beaucoup la plus riche de toute la Chine, dont elle fournit au moins 75 pour 100 de la production. Des placers et terrasses alluvionnaires existent au nord le long des vallées de l’Amour, du Sungari et de l’Argoun, au sud dans tout le hassin du Liao et sur les frontières coréennes et sibériennes du côté de Vladivostok. Les moyens d’exploitation sont sensiblement les mêmes que dans la Sibérie et quoique la production soit assez variable d’une année à l’autre, on peut tabler sur une moyenne de 30 millions de francs-or annuels.
- On conçoit que devant les richesses naturelles dont nous venons de parler sommairement activant déjà une évolution industrielle et celles immenses restant encore à mettre en œuvre la Mandchourie soit présentement un des points de mire du monde entier. V. C.
- ZOOLOGIE
- Un revenant : le Diablotin
- Voisins des Albatros, des Puffins, des Pétrels, tous oiseaux du grand large, se trouvent les Ptérodromes ou Estrélates.Ces divers oiseaux sont groupés dans l’ordre des Procellariformes, caractérisé par la position des narines qui forment deux tubes cornés soudés au bec.
- Les Ptérodromes ont tous un bec noir, des pieds palmés de deux couleurs, un plumage tacheté de blanc.
- On en connaît trois espèces qui n’apparaissent que très rarement sur nos côtes.
- Le Plerodroma breviceps, qui vit dans l’est du Pacifique, a été rencontré en 1889 sur la côte du Pays de Galles. Le Plerodroma neglecta du sud du Pacifique a été trouvé mort en Angleterre, en 1908. Le Pterodroma hasitala ou diablotin, qui vit aux Antilles, a été capturé une fois eh France près de Boulogne, une autre fois en Angleterre vers 1850; on considérait l’espèce comme éteinte, depuis le dernier individu tué dans l’état de New-York en 1893.
- Or, à la dernière assemblée de la Société ornithologique et mammalogique de France, tenue au mois de février, une nouvelle sensationnelle fut annoncée par le président, M. Rapine. Un diablotin vient d’être capturé, exténué mais vivant, dans ’île de la Dominique, une des petites Antilles, et l’oiseau a survécu. D’où venait-il ? Où pourra-t-on retrouver l’espèce?
- 1. La mine de Fushun dont le développement n’a sans doute pas atteint son développement maximum est, après celle bien connue de Kaiping dans le Pe-Tchi-Li, la plus importante de toute la Chine : ses réserves absolument certaines dépassent le milliard de tonnes.
- Le serval.
- La Société zoologique d’Ecosse, fondée en 1909, a vu ses désirs se réaliser dès 1912, année de l’achat du terrain sur lequel est aménagé le jardin d’Edimbourg et dont l’extension n’a cessé de s’accroître depuis. Ce dernier se trouve dans un site magnifique, possède des fosses modernes et des animaux robustes, malgré un climat assez froid.
- Parmi les hôtes de ce jardin, l’un des plus curieux est le Serval, chat du Cap ou chat tigre africain et qui est surnommé par les Boers Boschkatt. Il a beaucoup d’analogie avec le lynx.
- Il en diffère par ses formes grêles, sa queue courte, ses jambes hautes. Sa tête est allongée et se termine par des oreilles longues et pointues. La couleur de son pelage est d’un fauve puce, plus foncé sur le dos et blanchâtre sous le corps, mais l’ensemble présente de nombreuses taches noires, pleines et disposées en bandes longitudinales sur l’épine dorsale où elles sont légèrement allongées. Sur les jambes, elles se fusionnent pour former des raies transversales. Les oreilles sont noires à la base et la queue, dont le bout est noir, présente sept ou huit anneaux de la même couleur. La taille des vieux mâles serait d’environ 1 m., celle de la queue ne dépassant rarement 0 m 38. La hauteur du Serval au garrot est de 0 m. 55.
- On le trouve dans toute l’Afrique, du Cap à l’Algérie.
- Sur le Kilimandjaro, il vit jusqu’à 1500 m. d’altitude.
- Le Serval offre différentes variétés selon l’habitat (Afrique occidentale, Sénégal,
- Sierra Leone, Angola, Togo et Afrique australe). Certaines, au pelage plus foncé, types mélaniques, se rencontrent dans les steppes situées au pied du Kilimandjaro, ce qui leur a fait donner un nom spécial par les indigènes.
- Cet animal vit dans les steppes, les forêts, ou les montagnes recouvertes d’une épaisse végétation. Il ne chasse que la nuit et s’attaque aux lièvres, aux jeunes antilopes, aux agneaux et en particulier à la volaille. Les colons lui font une chasse sans répit et le captivent souvent dans des pièges.
- La plupart d’entre eux sont d’un naturel doux et s’apprivoisent facilement. Ils jouent avec leur gardien, avec des boules et avec d’autres servals. Par contre, il y en a d’autres d’humeur belliqueuse et que l’on ne saurait approcher. On rapporte qu’ils sont très friands de lait. Leur fourrure est très estimée par les peuplades nègres et en particulier par leurs chefs qui l’emploient comme attributs de pouvoir.
- Pendant longtemps, on crut que le Serval craignait le froid et qu’il fallait prendre, en captivité, de grandes précautions pour l’en protéger. Or, cette affirmation ne semble pas exacte si l’on prend comme témoin le Serval du Jardin d’Edimbourg qui dort, à l’extérieur de sa cage, même en hiver.
- C’est d’ailleurs le seul spécimen qui se trouve dans ce Zoo. Le directeur fort aimable, M. T. H. Gillespie, nous indiqua qu’il ne s’était jamais reproduit et qu’il venait de la colonie de Kenya en Afrique orientale. Il est nourri de chair de cheval et de lapin dont il s’accommode fort bien. Ali Héritier.
- Fig. 1. — Le serval du « Zoo » d'Edinbourg.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHYSIQUE
- INDUS-
- TRIELLE
- Appareils in -dustriels pour la mesure de l’humidité.
- Les mesures des conditions hygrométriques ont acquis une importance croissante dans diverses industries ; elles peuvent être elîectuées au moyen de différents appareils :
- 1° Thermomètre sec et Iherrno -mètre humide.
- La figure 1 représente un appareil basé sur ce principe bien connu ; c’est un thermomètre enregistreur à deux
- Fig. 1. — Thermomètre sec et thermomètre humide enregistreurs.
- aussi des appareils simplement indicateurs comprenant un réservoir sec et un réservoir humide reliés chacun à un cadran, ainsi que des appareils de mesure à distance constitués par des thermomètres électriques indicateurs ou
- réservoirs de mercure en tube d’acier. Il existe
- Fig. 2. — Appareil portatif à lecture directe pour la mesure électrique de l’humidité.
- enregistreurs.
- Cette méthode est applicable jusqu’à une température de 80° environ, ce qui permet de l’employer pour le contrôle de diverses opérations de séchage. Elle présente l’inconvénient de nécessiter des calculs et l’utilisation de tables pour connaître le degré hygrométrique.
- 2° Mesureurs d’humidité électriques à lecture directe.
- Ces appareils sont également basés sur le principe du thermomètre sec et du thermomètre humide , ils sont réalisés au moyen de thermomètres électriques à résistance suivant un montage particulier permettant de lire directement le degré hygrométrique. Ces appareils ne conviennent que pour des températures inférieures à 40°, on les utilise par exemple pour la mesure du
- Fig. 3. — Enregistreur de température et d'humidité à membrane
- de baudruche.
- degré hygrométrique dans les locaux habités; il existe deux modèles : l’appareil portatif et l’appareil enregistreur.
- Dans l’appareil portatif (fig. 2), les résistances des deux thermomètres sont montées dans le prolongement l’une de l’autre autour d’une tige commune et sont reliées par des conducteurs à un indicateur à deux échelles, l’une donnant la température mesurée par le thermomètre sec, l’autre le degré hygrométrique. L’indicateur est muni d’un commutateur à qua tre positions : hors circuit, essai, température, humidité ; lorsqu’il est en face de l’indication température, le thermomètre sec est seul en circuit, la lecture se fait sur l’échelle inférieure. Un réglage effectué à la main suivant l’indication du thermomètre sec permet de lire directement sur l’échelle supérieure le degré hygrométrique de l’air lorsque l’on place le commutateur à la position humidité (graduation de 30 pour 100 à 100 pour 100).
- Dans l’appareil enregistreur, le réglage est fait automatiquement par l’intermédiaire d’un relais commandé par le thermomètre sec.
- 3° Appareils à membrane en baudruche.
- Ces appareils sont basés sur les propriétés hygroscopiques de la baudruche dont l’enregistreur mixte de température et d’humidité (fig. 3) est une application.
- Des enregistreurs d’humidité à distance sont basés sur le même principe; les variations de longueur de la membrane en baudruche agissant, par
- Fig. 4.— Mesureur d’humidité à distance, à membrane de baudruche.
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- l'inrtermédiaire d'un « micromètre Shalce-spear à fil chaud » (fig. 4), sur une résistance électrique et sont ainsi transmises à un enregistreur (fig. 5) qui peut être placé à grande distance de fél ém e n t sensible (graduation de 30 pour 100 à 100 pour 100). Ces appareils qui ne sont utilisables qu’au-dessous de 40° conviennent pour les basses températures ; ils sont employés notamment pour la mesure du degré hygrométrique dans les chambres frigorifiques, dans les gaines de ventilation des grands édifices, etc.
- La membrane en baudruche est aussi utilisée dans les appareils portatifs appelés indicateurs d’humidité d’une présentation analogue à celle d’un « pyromètre de surface Cambridge ». La membrane de baudruche, montée dans une enveloppe de protection perforée que l’on met en contact avec le produit dont on veut connaître le degré d’humidité, agit mécaniquement sur l’aiguille d’un indicateur (fig. 6). Il existe plusieurs types de ces appareils permettant de mesurer le degré d’humidité à la surface d’un corps ou à l’intérieur de réserves de différents produits tels que coton, laine, tissus divers, papier, tabac, café, levure, etc. Ces appareils ont une application intéressante en imprimerie pour l’impression en différentes couleurs, ils permettent de contrôler par la mesure de la teneur en humidité du papier si celui-ci n’a pas subi de déformation entre deux impressions consécutives.
- 4° Appareil électrique à condensateur (fig. 7).
- Un échantillon de la substance à essayer est placé dans un condensateur approprié dont la capacité est fonction de la teneur en humidité de cette substance utilisée comme diélectrique. Ce condensateur est intercalé dans un circuit comprenant un autre condensateur dont le réglage au moyen d’un disque gradué pour obtenir une déviation déterminée de l’aiguille d’un ampèremètre permet d’établir rapidement le pourcentage d’humidité dans l’échantillon à l’essai. Des courbes
- Fig. 6. — Indicateur d'humidité à membrane de baudruche.
- Fig. 7. — Mesureur d’humidité à condensateur.
- établies pour differentes substances en fonction de la graduation du disque et de la teneur en humidité sont fournies avec l’appareil; il suffit, après l’essai d’un produit quelconque, de se reporter à la courbe correspondante pour connaître immédiatement le pourcentage d’humidité. Cet appareil peut être utilisé pour quantité de produits tels que le thé, le café, etc.
- En vente aux Etablissements F. C. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris (5°).
- SPORTS
- Canot à pédales.
- Un nouveau canot à pédales a été piloté l’été dernier par son inventeur qui a réussi à faire seul la traversée de Cherbourg en Angleterre.
- Les dispositions adoptées sont assez originales. Le propulseur comporte un arbre transversal qui est monté sur l’embarcation et qui est réuni mécaniquement d’une part à un arbre longitudinal porte-hélice et naturellement, d’autre part, au dispositif de commande à pédales.
- L’arbre porte-hélice est porté par un carter qui est monté sur l’embarcation de façon à pouvoir osciller autour d’un axe horizontal.
- Un levier de commande disposé à la portée du pilote permet à volonté l’immersion ou le relevage de l’hélice.
- Sur l’arbre transversal, on a monté des poulies ou des organes analogues susceptibles d’entraîner l’arbre dans un seul sens, relié à des pédales. Un dispositif de rappel tend à faire tourner
- Fig. 8. — Vue du mécanisme installé dans le canot.
- Fig. 5. — Enregistreur d’humidité,
- enregistrant les indications de l'appareil de la figure 4.
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- Fig. 9. — L'arbre porle-hêlice se relève en, tournant sur Varticulation fixée contre la coque.
- les poulies dans le sens pour lequel l’arbre n’est pas entraîné. Bien entendu l’embarcation comporte un système de gouvernail qui est commandé par le passager.
- Le grand avantage de ce dispositif est la possibilité de relever l’hélice en présence d’un obstacle, ou même de la maintenir relevée lorsqu’on désire pour une raison quelconque naviguer à la rame ou à la pagaie.
- Ce relevage est intéressant, si l’hélice par exemple rencontre des herbes aquatiques qui s’enroulent autour des pales. On s’en aperçoit immédiatement par la résistance que l’on rencontre au pédalage, on relève alors l’hélice.
- On donne un coup de pédale assez vif pour la faire tourner rapidement, et l’eau et les herbes sont entraînées par la force centrifuge. Si elles résistent, il est facile de les retirer en s’allongeant à l’arrière de l’embarcation pour atteindre l’hélice.
- Avec ce système de pédalage et de propulseur, la vitesse de déplacement est beaucoup plus grande qu’avec les rames, et avec moins de fatigue.
- Les mains restent libres et rien n’empêche d’ailleurs de les utiliser en tirant sur des rames.
- Cette embarcation est particulièrement précieuse pour la pêche et la chasse, justement parce que les mains sont disponibles, et en raison aussi du silence du propulseur lorsqu’il fonctionne.
- Le poids du mécanisme est d’ailleurs faible et n’augmente pas sensiblement celui de l’embarcation, à laquelle il s’adapte très rapidement.
- Fig. 10.— Départ pour la traversée de Cherbourg en Angleterre.
- Au moyen de boulons, on monte le système à l’extérieur du canot ; lorsqu’on l’enlève, il suffit de boucher l’ouverture par une rondelle vissée, et l’embarcation peut être .utilisée comme un canot ordinaire.
- On peut modifier d’ailleurs la longueur d’enroulement des courroies de traction sur les poulies, raccourcir ou allonger les cordes qui sont attachées à ces courroies de manière à faire varier l’amplitude du coup de pédale.
- A chaque coup de pédale, une courroie qui est reliée à la pédale déplacée se déroule de la poulie qu’elle fait ainsi tourner en entraînant le moyeu par les griffes d’embrayage et par un engrenage conique l’hélice est actionnée. Un ressort de rappel assure la remise en place de la courroie, lorsque la pédale a cessé son action.
- Ce dispositif s’applique bien aux embarcations légères, et l’expérience a montré qu’il est susceptible d’un rendement intéressant étant donnée la performance qu’a réalisée l’inven-
- teur.
- Constructeur: M. Kérambrun, à Guim-gamp (Côtes-du-Nord).
- HORTICULTURE
- Bêche=sarcleuse à injection.
- .Couper « entre deux terres » les herbes vivaces ne suffit pas pour les détruire à moins de recommencer l’opération plusieurs fois chaque été.
- C’est que leurs racines sont très profondes.
- On peut compléter l’opération par un empoisonnement, par exemple au chlorate de soude.
- Mais il faut opérer sur la section fraîche et ne pas toucher aux plantes voisines.
- D’où la création de bêches sar-cleuses à injection rappelant les pals à sulfure de carbone employés contre le phylloxéra des racines.
- Dans le modèle des Ateliers de Poclain, la solution est dans le manche creux (1) d’une longueur de 1 m environ, sur lequel on appuie en bout (2).
- On enfonce ainsi un ressort (3) qui pousse la tige creuse (4) en enfonçant la bêche (5) dans le sol fermant l’orifice (6), dégageant au contraire le clapet de la pompe (7) dont le piston (8) est solidaire de la bêche.
- On règle la course de la pompe en l’arrêtant par une butée (9) sur la tige creuse qui est la pièce « travaillante ».
- Le même instrument pourrait servir pour injecter des engrais liquides dans le sous-sol des jardins.
- C’est une combinaison ingénieuse du sarclage mécanique et du sarclage « chimique » valable surtout contre les chardons.
- Il existe un moyen indirect de détruire ces derniers, c’est de mettre la terre en luzerne fauchée au moins trois fois par an.
- Les racines du chardon finissent par s’épuiser à fournir des jeunes pousses. Pierre Larue.
- Coupe de la bêche-sarcleuse à injection.
- Constructeur : Ateliers de Poclain, à Plessis-Belleville (Oise).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le caoutchouc et les revêtements de chaussées.
- M. R. M. Gattefossé, 16, rue du Commandant-Marchand, Lyon, nous écrit à ce sujet :
- « Depuis de très longues années, je ne néglige jamais l’occasion de signaler mes essais au sujet du revêtement en caoutchouc des routes.
- Votre article du 15 mars me donne à nouveau cette occasion. J’emploie les déchets de caoutchouc, réduit en poudrette, cette pou-
- drette est en partie soluble dans le goudron, et s’y mêle aisément, on peut au besoin répandre comme le gravillon.
- On obtient ainsi très économiquement des chaussées goudronnées contenant des proportions variables de caoutchouc, ce qui leur donne presque toutes les propriétés des revêtements de caoutchouc pur, avec l'économie de l’asphalte.
- « Les déchets de caoutchouc pèsent sur le marché et avilissent les cours. Leur usage sur routes créerait un débouché intéressant. Les routes ainsi revêtues sont très élastiques et non dérapantes ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Le Soleil dans les maisons, appareils J. Arthuys, constructeur : Arthel, 29, rue d’Artois, Paris.
- Construction d’un écran acoustique pour haut= parleur.
- Le rôle d’un écran acoustique, ou baffle, pour haut-parleur électro-dynamique consiste à séparer, lors des mouvements lents et très marqués du diffuseur correspondant à des sons graves et intenses, l’onde de pression de l’onde de dépression produite en arrière du diffuseur, et qui annulerait complètement l’effet produit par la première. Ainsi, le baffle a un simple effet séparateur, il doit avoir une surface suffisante, une épaisseur convenable, et être constitué en une matière qui ne puisse vibrer en produisant ainsi des sons parasites. En dehors de cette question acoustique, il y a, d’autre part, des caractéristiques purement mécaniques à considérer : il faut évidemment que la surface de l’écran reste plane, de manière à ne pas se déformer, ce qui serait nuisible au point de vue esthétique et pourrait même déterminer des déformations de la monture du haut-parleur.
- On peut ainsi fort bien adopter du bois contre-plaqué, pourvu qu’il soit assez épais, comme on peut adopter des écrans en acajou, en chêne ou en hêtre, ou encore en peuplier. On peut également utiliser des matériaux plus ou moins complexes employés à l’heure actuelle dans la construction des salles de concert ou des salles pour projection sonore, tels que celotex, masonite, etc.
- On peut trouver maintenant des écrans acoustiques tout préparés dans les maisons de construction de haut-parleurs, et même chez les revendeurs de matériel radio-électrique. Nous vous indiquons par exemple les maisons suivantes :
- Arc-Radio, 24, rue des Petits-Champs, Paris.
- Radio-St-Lazare, 53, rue St-Lazare, Paris.
- Etablissements Dubois, Au Pigeon Voyageur, 252 bis, boulevard St.-Germain, Paris, etc.
- Réponse à M. Pradon, au Grand Ouevilly (S.-Inf.).
- Matériaux d’isolement acoustique.
- Nous avons fait paraître dans la revue quelques articles sur la mesure des bruits et sur la qualité d’isolement acoustique de différents matériaux. Il existe à l’heure actuelle un assez grand nombre de matériaux absorbants permettant d’obtenir de bons résultats. Nous pouvons vous citer par exemple le Celotex, 172, boulevard Berthier, à Paris.
- Vous pouvez vous adresser à cette maison pour avoir des renseignements. Vous pouvez également obtenir des détails plus nombreux sur les matériaux d’isolement acoustique en vous adressant à une revue spécialisée. Vous pouvez par exemple écrire à ce sujet à La Technique cinématographique, 78, avenue des Champs-Élysées, à Paris.
- Réponse à M. Brunet, à St-Sébastien (Espagne).
- Amélioration d’un poste récepteur.
- Votre poste-secteur à amplification haute fréquence directe est sans doute un excellent appareil, mais il n’a plus à l’heure actuelle une sélectivité assez accentuée pour permettre d’éliminer les stations
- de longueurs d’onde voisines, étant donné que le nombre et la puissance des différentes émissions augmentent constamment.
- Sans doute la meilleure solution consisterait-elle à remplacer simplement ce poste récepteur par un poste-secteur plus moderne à amplification haute fréquence directe et à présélecteur, ou même par un appareil superhétérodyne perfectionné à étages d’amplification haute fréquence préliminaire.
- Si vous ne voulez pas vous résoudre à affecter à cet achat la somme nécessaire, nous pensons cependant qu’il n’y a guère d’intérêt pour vous à chercher à transformer complètement votre récepteur. Cette transformation serait difficile et longue, et serait relativement coûteuse. Elle ne pourrait aboutir, en réalité, à aucun résultat bien intéressant.
- Vous pouvez seulement essayer d’augmenter la sélectivité du poste en lui adjoignant un système de circuit-filtre supplémentaire extérieur genre Philecior par exemple, ou mieux un filtre de bande. Vous pouvez trouver des détails sur la construction d’un dispositif présélecttur dans le tome II des « Récepteurs modernes de T. S. F. » (Chiron, éditeur).
- Vous pourriez également tenter d’adopter un cadre comme collecteur d’ondes, mais, dans ce cas, la sensibilité de l’ensemble serait également diminuée.
- Il ne faut pas espérer d’ailleurs obtenir une sélection tiès accentuée, mais seulement une amélioration plus ou moins marquée des résultats. Une modification complète de ces résultats ne pourrait être obtenue que par la transformation du montage intérieur et elle n’est nullement recommandable, comme nous l’avons indiqué.
- Réponse à M. Touzain, à Langues (Ute-Marne).
- Construction d’un poste émetteur d’amateur.
- Nous n’avons pas encore décrit dans nos chroniques de Radiophonie pratique beaucoup de modèles de postes émetteurs d’amateur, parce qu’à l’heure actuelle, il est bien peu d’usagers de la T. S. F. qui songent à employer un appareil de ce genre. Vous n’ignorez, d’ailleurs pas, qu’en France, par suite du monopole des P. T. T. et des nécessités de la défense nationale, l’émission d’amateur est strictement réglementée, et, avec juste raison. Si même les causes précédentes n’existaient pas, on conçoit qu’il serait indispensable de contrôler les émissions d’amateur, afin qu’elles ne puissent gêner les auditions normales des auditeurs de T. S. F. voisins.
- On peut, d’ailleurs, trouver maintenant dans le commerce des pièces détachées permettant facilement le montage d’un petit poste émetteur sur ondes courtes radio-téléphonique ou radiotélégraphique. Grâce à l’emploi des courtes longueurs d’onde, il est possible d’obtenir des communications à une distance assez considérable, malgré la faible puissance d’antenne réelle.
- Pour vous procurer les pièces détachées nécessaires, et pour obtenir également un plan de montage détaillé, vous pouvez vous adresser au constructeur suivant :
- Etablissements Dyna, 43, rue Richer, à Paris.
- Réponse à M. Chavas, à Lyon (Rhône).
- Perfectionnements d’un poste récepteur.
- 1° Vous ne nous indiquez pas exactement quel est le montage de votre poste, mais d’après les renseignements que vous nous donnez, aous pensons qu’il s’agit d’un appareil superhétérodyne comportant
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- une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux étages moyenne fréquence, une détectrice et un étage basse fréquence à lampe triode de puissance. L’alimentation est effectuée à l’aide de batteries, l’une de 4 volts et l’autre de 80 volts. Le haut-parleur est un ancien modèle électro-magnétique à pavillon.
- Sans doute ce modèle de haut-parleur est déjà fort ancien, et il est bien probable que vous obtiendriez des résultats supérieurs en le remplaçant tout au moins par un modèle à moteur électromagnétique ou magnétodynamique à diffuseur conique à bords fixes, ou plutôt à bords libres, monté dans un écran acoustique de surface suffisante et d’épaisseur assez grande pour ne pas entrer en vibrations.
- Nous ne croyons pas cependant que, dans ce cas, l’adoption d’un haut-parleur électro-dynamique soit à recommander, car votre étage basse fréquence de sortie est muni d’une lampe de trop faible puissance, alimentée sous une tension relativement faible. Si le moteur électrodynamique de haut-parleur a une fidélité bien supérieure à celle d’un moteur électro-magnétique, sa sensibilité est pourtant, en général, beaucoup moins accentuée.
- En réalité, d’ailleurs, et nous l’avons déjà expliqué plusieurs fois dans nos chroniques, un haut-parleur est simplement un appareil qui permet de traduire en ondes sonores les oscillations électriques à fréquence musicale qui lui sont transmises par l’amplificateur à lampes. C’est donc un traducteur d’énergie; en général, il ne sert pas à corriger les défauts du système récepteur, mais les met en valeur aussi bien que ses qualités. Il faut donc, avant tout, s’attacher à augmenter les qualités du radio-récepteur, ce qui ne dispense pas, d’ailleurs, d’adopter, comme nous vous l’avons indiqué plus haut, un haut-parleur aussi perfectionné que possible, et du type qui convient le mieux aux caractéristiques du récepteur, et spécialement de la lampe de puissance de sortie.
- 2° Vous augmenterez sans doute la sensibilité du poste, en môme temps que vous obtiendrez une intensité sonore plus considérable, en remplaçant vos lampes d’ancien modèle par des types plus récents à forte amplification. C’est ainsi que vous pouvez adopter comme lampe détectrice une A 415 Philips, ou une RO 4.215 Visseaux, ou encore une RO 4.324 Visseaux. Comme lampe bigrille. vous pouvez employer une RO 4.181 Visseaux. Enfin, comme lampe de puissance de sortie, et, étant donné que vous n’utilisez qu’un seul étage d’amplification basse fréquence, vous obtiendriez certainement une amplification plus considérable en adoptant une lampe trigrille de puissance, une B 443 Philips, ou une RO 4243 Visseaux par exemple.
- Il y aurait également intérêt à appliquer sur la plaque de cette lampe et sur sa grille auxiliaire une tension supérieure, et de l’ordre de 100 à 120 volts par exemple, tout en maintenant évidemment une tension de l’ordre de 80 à 90 volts maximum sur les plaques des lampes moyenne fréquence et de la détectrice. Il suffit, dans ce but, de monter une batterie supplémentaire de 40 volts dans le circuit de la lampe de sortie. Il faut, bien entendu, que la valeur de la polarisation de la grille de cette lampe soit déterminée avec soin, de manière à éviter des distorsions qui pourraient se produire si le point de fonctionnement se déplaçait en dehors de la partie rectiligne de la caractéristique de la lampe.
- Nous vous conseillons, d’ailleurs, de ne pas connecter directement la grille auxiliaire de la lampe trigrille au pôle positif de la batterie de plaque. Il y a toujours intérêt à utiliser dans le circuit de cette grille une résistance variable d’une dizaine de milliers d’ohms. En faisant varier à volonté la valeur de cette résistance, on peut ainsi non seulement régler l’intensité de l’audition, mais encore faire varier la tonalité de cette audition, c’est-à-dire amplifier plus ou moins les sons aigus ou les sons graves. Cette caractéristique est fort intéressante car on a souvent reproché aux lampes trigrilles de produire l’amplification exagérée des sons aigus.
- 3° Vous pouvez fort bien remplacer vos batteries d’accumulateurs par un système d’alimentation totale sur courant alternatif, qui vous fournira, d’une part le courant de 4 volts redressé servant au chauffage du filament des lampes, d’autre part, le courant de haute tension également redressé servant à l’alimentation des plaques avec des tensions différentes, respectivement par la lampe bigrille changeuse de fréquence, les étages moyenne fréquence et la détectrice, et enfin la lampe de sortie de puissance.
- Cette boîte d’alimentation peut comporter un système de redressement à contact imparfait à oxyde de cuivre avec un circuit de filtrage à condensateurs électrolytiques servant à l’alimentation des filaments.
- Pour l’alimentation plaque, on peut adopter, d’autre part, une valve bi-plaque à vide, redressant les deux alternances, et un circuit de filtrage comportant deux enroulements à noyau de fer d’une impédance de l’ordre de 200 henrys et deux condensateurs de 6 microfarads.
- Des résistances shuntées par des condensateurs de découplage d’une capacité de l’ordre de 1 microfarad permettent d’obtenir les différentes tensions nécessaires, et même la tension de polarisation appliquée sur la grille de la lampe de sortie, ce qui permet, le cas échéant, de supprimer la petite pile de polarisation correspondant à cette lampe.
- Vous pouvez par exemple trouver les renseignements et détails nécessaires pour le montage d’une boîte d’alimentation de ce genre dans le tome II des « Récepteurs modernes », par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur).
- 4° Nous ne savons pas exactement ce que vous voulez désigner par l’expression « pureté d’audition ». La réception peut être troublée en radiophonie par l’influence des parasites industriels ou atmosphériques, par des émissions de longueur d’onde voisine de celle à recevoir, si l’appareil n’est pas suffisamment sélectif, et enfin par des distorsions ou déformations musicales des sons entendus.
- Il faudrait donc que vous nous indiquiez avec plus de précision les défauts d’audition que vous avez constatés. Les indications que nous vous avons données dans cette réponse concernent plus spécialement le perfectionnement de la qualité musicale de l’audition par l’amélioration de l’amplification musicale et du système de haut-parleur. Il peut évidemment se produire des brouillages, par suite d’un manque de sélectivité de l’appareil ou des troubles dus aux perturbations parasites industrielles ou atmosphériques. Ce sont là des questions toutes différentes qui exigeraient d’importants développements, mais qui, d’ailleurs, ont déjà été traitées plusieurs fois dans nos chroniques.
- Réponse à M. Guyard, Vernon (Eure).
- Construction d’un récepteur à quatre lampes.
- Le montage récepteur à résonance comportant une lampe haute fréquence à écran à circuit accord, une lampe détectrice et un ou deux étages basse fréquence qui a été décrit dans nos chroniques de Radiophonie pratique présentait la particularité d’avoir un système d’accord apériodique constitué simplement par une résistance variable disposée entre l’antenne et la terre. Ce système diminue sans doute la sélectivité, mais présente, par contre, l’avantage de simplifier beaucoup la manœuvre de réglage. Ce poste constitue ainsi une variante intéressante du fameux montage C. 119 modernisé, et si connu des amateurs constructeurs des débuts de la T. S. F.
- La résistance d’accord, généralement variable, est montée en shunt dans le circuit d’entrée et a une valeur d’environ 10 000 ohms. On peut d’ailleurs trouver dans le commerce des blocs d’accord permettant le montage rapide du récepteur. Ces blocs comportent les bobinages de résonance et les condensateurs ainsi que les enroulements de réaction.
- Nous vous indiquons ci-dessous l’adresse du constructeur de ces blocs :
- Établissements Emy-Radio, 198, boulevard St-Germain, Paris.
- Vous pourrez trouver d’autre part, dans le tome IV, des Récepteurs modernes de T. S. F. (Chiron, éditeur), le plan de montage et les indications nécessaires pour la construction de ce poste.
- Réponse à M. Chassériau, à St-Roch (Var).
- Construction d’un amplificateur à fréquence musi= cale.
- La question de la construction des amplificateurs à fréquence musicale prend chaque jour une importance plus grande, car c’est d’elle en effet que dépend la qualité de l’enregistrement et de la reproduction des sons dans toutes les applications des machines parlantes, qu’il s’agisse d’amplification microphonique ou phonographique, ou d’accompagnement sonore des films.
- Il n’existe cependant pas encore à notre connaissance d’ouvrage de technique spécialisé contenant une étude très détaillée de cette question. Nous vous indiquons seulement ci-dessous des livres qui pourront vous donner des renseignements sur certaines parties parti- # culières du problème :
- Le phonographe et ses merveilleux progrès, par P. Hémardinquer (Masson éditeur).
- Les propos de la cabine, par P. Graugnard, Editions Film et Technique, 78, avenue des Champs-Élysées, Paris.
- Les lampes de T. S. F. modernes, par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur).
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- Nous croyons également qu’un ouvrage sur l'Amplification musicale est en préparation à la librairie Chiron, 40, rue de Seine, à Paris. Vous pouvez vous adresser à cette librairie, le cas échéant.
- Réponse à M. S. I. S., à Paris.
- Machines parlantes à films photophoniques.
- Nous avons indiqué dans la revue qu’on pouvait, à l’heure actuelle, établir des machines parlantes comportant des lilms, sur lesquels les sons sont enregistrés, soit par un procédé photo-électrique, soit par un dispositif électro-mécanique. Dans les deux cas, la reproduction des sons est généralement obtenue à l’aide d’un traducteur de sons photophonique comportant une cellule photo-électrique, sur laquelle agit un faisceau lumineux très lin modulé ayant traversé la bande enregistrée et s’étant rellétée sur elle.
- Pour avoir des renseignements sur la machine parlante à film photophonique sélénophone, vous pouvez vous adresser à M. Ziégler, 74, rue Raynouard, à Paris (XVI*).
- Les appareils à ruban sonore type Nublat, dans lesquels l’enregistrement est obtenu par un procédé électro-mécanique et la reproduction par un système photophonique, sont établis par les Etablissements Nublat, 4, rue Belloni, Paris (XVe).
- Réponse à M. Gravant à Lyon (Rhône).
- De tout un peu.
- 1° Le Pulvérisateur Waast se trouve 22, rue de l’Odéon, à Paris; son prix est d’une vingtaine de francs environ.
- 2° Le nombre et la durée des pulvérisations, avec production d’iode à l’état naissant, dépend naturellement de la gravité de l’affection à soigner; en tout cas, le traitement est inoffensif; il peut donc être essayé sans crainte. Réponse à M. l’Abbé B..., à O... (Nord).
- M. Pelien, à Neuilly-sur-Seine. — 1° Vos craintes sur la toxicité d’une colle additionnée de sublimé, à la dose de 15 gouttes et d’une solution à 1 pour 100 cm3 de colle, ne sont pas fondées.
- En effet le sublimé ou bichlorure de mercure est courammenL employé en thérapeutique â la dose de un à trois centigrammes par jour.
- Si on cherche quelle serait la quantité de colle à absorber pour y trouver un centigramme de •sublimé, on trouve, étant donné que 20 gouttes ou un centimètre cube d’une solution à 1 pour 100 contiennent 0 01x15
- ——— = 0 gr 0075 de bichlorure de mercure, quantité qui se trouvera contenue dans 100 cm:i de colle de sorte que un centigramme se
- trouvera dans = 133cm:i30.
- 0,0075
- Il ne viendra a personne l’idée de boire 133 cm5 de colle, même pour avoir l’équivalent d’un traitement médical... inoffensif.
- 2° La destruction .des punaises par le pétrole est une pratique fort ancienne, universellement connue; elle présente l’inconvénient d’apporter à la literie une odeur très désagréable, quanta la question fraîcheur de la poudre de pyrètlire elle peut être résolue facilement en s’adressant aux producteurs français tels que Domaine de Signac à Bagnols-sur-Cèze (Gar), Domaine d’Aquiera à Tavel (Gard) ou en se servant des pyréthrones qui en sont extraites par la Maison Gattefossé 110, route de Crémieu, à Villeurbanne, Lyon.
- 3° L’emploi de l'alcool dans la préparation de la colle à laquelle vous faites allusion, n’a rien de surprenant puisque la colle de poissons n’est soluble qu’en sa présence.
- M. Laurent, à Paris. — Nous ne vous conseillons pas d’appliquer le procédé de nettoyage aux gravures anciennes coloriées, car il est fort probable que les couleurs se comporteraient de la même façon que les matières colorantes sécrétées par les moinissures et qui sont la cause des taches. Dans ce cas, il est préférable, à notre avis, de s'abstenir de tout traitement.
- M. Bertrand, à Boulogne-sur-Seine. — Voici quelques adresses de maisons spécialisées, où vous pourrez faire effectuer Vimperméabilisation à l’alumine:
- Teintureries de Tliaon, 23, rue de Marignan. Teinturerie de l’Ile-Saint-Denis, quai de la Cage à Gennevilliers (Seine). I-Iannart frères, de Roubaix, 37, rue La Fayette, à Paris.
- AC, à Rodez. — Le mastic pour rebouchage des fentes de parquets se prépare sans difficultés en prenant:
- Cire jaune. ...................... 350 grammes
- Suif............................. ^-50 —
- Résine en poudre................... 20 —
- =--..... • , —..... f
- —...... ........... 383
- Amener à fusion, rendre homogène et incorporer :
- Blanc d’Espagne pulvérisé .... 200 grammes
- Ocre rouge pulvérisé................. 5 —
- Ocre jaune.......................... 15 —
- Ce mastic s’applique en le versant chaud dans les rainures. On laisse refroidir, puis on racle l’excédent d’abord avec une lame de couteau, puis avec un morceau de vitre cassée, de forme arrondie.
- La teinte s’approprie à celle du parquet en faisant varier la dose de rouge ou de jaune et en ajoutant au besoin une pointe de noir de fumée.
- M. Saint-Augustin, à Enghien. — Vous pouvez prendre comme base de préparation de rouleaux encreurs les données suivantes :
- Peser un poids connu de gélatine ou simplement de colle forte sèche de belle qualité et la mettre à tremper une journée dans l’eau froide, de façon qu’elle absorbe l’eau à saturation, retirer alors la gélatine gonflée puis la mettre dans un récipient avec un poids de glycérine égal à celui de la colle sèche, liquéfier au bain-marie, rendre homogène, puis couler en moules appropriés préalablement huilés; ne démouler de préférence que le lendemain pour laisser le temps à la préparation de faire prise.
- N. B. — La proportion de glycérne peut, bien entendu, être modifiée suivant le degré de souplesse que l’on veut conférer au rouleau. Si on veut lui donner de la dureté, on y ajoute dans le même but une proportion convenable de kaolin avant moulage.
- Temvo-Congo. — 1° Pour tanner les peaux de petits animaux, il faut opérer ainsi :
- Après avoir dépouillé l’animal, on écharne la peau, c’est-à-dire qu’on la racle du côté chair avec un couteau à lame mousse pour enlever les débris de graisse ou autres.
- On immerge ensuite la peau dans un bain contenant par litre d’eau.
- Alun............................. 100 grammes
- Sel marin........................ 50 —
- la dissolution peut s’en faire à chaud, mais il faut attendre que le bain soit revenu à 18°-20° avant d’y plonger la peau; celle-ci doit être complètement couverte, puis on remue plusieurs fois par jour.
- La durée d’immersion dans le bain varie selon la nature et la grosseur de l’animal; on compte, en dessous de celle du lapin, un jour; pour le lapin et le lièvre, deux jours, pour le renard, trois jours, le loup cinq à six jours.
- On écharne alors définitivement par un second grattage de façon à obtenir du côté chair une surface lisse, puis on fait sécher sur une corde, en ayant la précaution de frotter souvent la peau avant séchage complet.
- Une fois la peau sèche, on l’assouplit en la frottant côté chair, les extrémités de la peau étant tenues à deux mains, sur une planche tenue verticalement de champ et à bords arrondis, on tire ainsi en tous sens (opération qui porte le nom de palissonnage en mégisserie).
- La peau est enfin saupoudrée de talc et frottée entre les mains, comme pour un savonnage, elle est enfin battue avec une baguette pour en lever le talc.
- Un brossage et un peignage terminent l’opération. 2U Veuillez pour le tannage des peaux de serpents et reptiles, vous reporter à notre article du n° 2823, p. 576.
- Bibliothèque de Chaudoc. — Vous pouvez utiliser pour préparer une encre de solidité moyenne, la formule que nous avons donnée dans le n° 2887, p. 180, c’est-à-dire en dissolvant 8 gr de bleu de méthylène dans un litre d’eau.
- Pour effectuer des corrections, il vous suffira de passer au moyen d’un petit pinceau, sur l’endroit à traiter une trace du mélange suivant :
- Eau de Javel................................20 cm3
- Eau ordinaire ...............................80 —
- Acide chlorhydrique........................ 10 gouttes.
- N. B. — L’acide chlorhydrique du commerce ou acide muriatique, peut être employé sans inconvénient.
- Vesuna, à Périgueux. — Nous pensons que le mastic au fer conviendrait particulièrement au scellement de vos conduites en fonte,. car au bout de quelques jours il devient très dur et peut supporter une grande pression, ce mastic se prépare en prenant :
- Fleur de soufre................... 90 grammes
- Limaille de fer................... 600 —
- Faire du tout une pâte avec de l’eau contenant en solution 20 gr de sel ammoniac par litre additionnés de 20 cm:| de vinaigre et se servir de cette pâte pour luter les joints en ayant soin de bien lisser..
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
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- Fig. 1.
- Le Professeur Piccard (à gauche), à New-York, avec son frère Jean Piccard (à droite). (Pli. Keystone.)
- Fig. 2. — Le physicien américain Harkins et son appareil pour photographier les trajectoires des débris d'atomes artificiellement désintégrés. (Ph. Keystone.)
- Fig. 3. — Le récent lancement du paquebot « Présideni-Doumer » destiné aux lignes d’Indo-Chine. (Ph. Roi.)
- Fig. 4. — Une lampe d’émission radioélectrique de 200 kilowatts réalisée aux Etats-Unis.
- On peut comparer ses dimensions à celles d’une lampe ordinaire de T. S. F.
- (Ph. Wide World.)
- Fig. 5. — Les hauts fourneaux d'une aciérie russe récemment mise en service.
- Usine Staline, bassin du Don. (Ph. Keystone).
- Fig. 6. — Curieux équipement d’un ouvrier occupé à polir au jet de sable une cloche sortant de fonderie. (Ph. Keystone.)
- t.e Gérant : G. Masson.
- 38.41 — Paris, lmp. Lahure — i5 i-'o33.
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- N’ 2904. — ï" Mai 1933.
- Paraît le i*T et le i5 de chaque mois.
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- Prix du Numéro : 4 frar
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, iîo, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T{. C. Seine : 15.2^4) Tel. Danton 56-n.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 90 fr. ; — 6 mois (12 n°’), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois 24 n0'), 105 fr. ; — 6 mois (12 n0’) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger
- Tarif n* 1
- Un an . Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif n* 2
- Un an.........
- Six mois. .......
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- Tarif extérieur n” 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques ; Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, C tba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, LAlhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie [U.R.S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N° 2904
- LA NATURE
- J" Mai 1933.
- I- COMMENT
- ETABLIR UN AEROPORT
- Parmi les problèmes entièrement nouveaux que pose aujourd’hui dans les divers pays le développement de la navigation aérienne, l’un des plus importants est celui des terrains d’atterrissage. Sans terrains d’atterrissage sullisamment nombreux, bien répartis sur le territoire
- de l’orientation par rapport aux vents dominants, doivent être complétés par des bâtiments de service : gare de voyageurs, messageries pour le fret, hangars d’avions, ateliers, dont les accès eux-mêmes doivent faire l’objet d’un plan méthodique.
- Fig. 1. — Vue aérienne de l’aéroport du Bourget montrant l’implantation des bâtiments d'administration et des hangars en bordure
- de la roule de Flandre. (Photo Cie aérienne française.)
- national et bien équipés au point de vue technique, il n’y a aucune sécurité pour les aviateurs.
- A côté des simples terrains de secours destinés à recevoir les avions en détresse, il est nécessaire de prévoir un certain nombre d’aires d’atterrissage beaucoup plus importantes, capables de faire face à un trafic intense et destinées à devenir les points d’arrêt réguliers des grandes lignes aériennes. Ces terrains spéciaux, minutieusement étudiés au point de vue de l’emplacement et
- On est ainsi conduit, pour ces grandes stations de l’air, à la notion à’aéroport, ce dernier englobant le terrain, appelé aussi quelquefois « aérodrome », et les bâtiments ou aérogare.
- La création d’un aéroport se présente, par suite, comme un ensemble complexe qui doit être étudié non seulement en lui-même mais dans ses rapports avec la ville à desservir et avec le trafic général dont il constitue un des points d’appui.
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- Aérogare , douane, administration
- l/ents c/omina
- 'Hangars , ateliers Route d'accès
- Bâtiments divers
- Fig. 2. — Plan d’un aéroport en V.
- Cette disposition est très favorable à l’exploitation et facilite les manœuvres en réduisant le roulage à terre; elle permet un bon « dégagement » des abords du terrain.
- DÉFINITION DE L’ « EMPLACEMENT FAVORABLE »
- Ce double aspect de la question, local et géographique, a été trop souvent négligé par les créateurs dans les débuts; c’est ainsi qu’on trouve en France des aéroports gigantesques, mais tellement éloignés de tout centre habité qu’il faut une heure d’auto ou davantage, aux voyageurs, pour gagner la ville voisine ! D’autres, au contraire, établis, dans un but louable, trop près de l’agglomération, se trouvent aujourd’hui étriqués de tous côtés entre les maisons et complètement en dehors du réseau national et international.
- Il y a donc lieu de s’enquérir, avant tout avant-projet : des liaisons locales, régionales et interrégionales, ces
- dernières devant du reste être considérées en fonction des débouchés internationaux existants ou possibles; des chiffres de base relatifs au trafic probable, fret et passagers ; des terrains disponibles se prêtant à des communications faciles tant pour le ravitaillement que pour la circulation des voyageurs.
- Cette question des communications mériterait à elle seule une longue étude. L’avion, moyen de transport rapide, perd beaucoup de son intérêt si les voyageurs gaspillent un temps précieux pour arriver dans le centre des affaires. Un exemple typique, à ce point de vue, est le parcours Paris-Londres où l’on estime que plus de 55 pour 100 du temps total du voyage sont perdus à terre, en déplacements et manutentions !
- En réalité, un tel problème ne pourrait être résolu d’une façon complète, tout au moins au voisinage des très grandes villes, que par l’étude simultanée, confiée aux Travaux publics, de voies d'accès spéciales : voies ferrées, auto-routes, voies souterraines. C’est ainsi que pour le Bourget (fig. 1), une solution nouvelle finira peut-être par s’imposer, consistant à reporter le terrain plus loin de Paris, tout en le desservant par des accès autonomes.
- Un bon type d’aéroport, à ce point de vue, est celui de Berlin-Tempelhof, bâti aux portes de la ville, à laquelle il est relié par un embranchement spécial du métropolitain.
- DIMENSIONS ET ORIENTATION DU TERRAIN
- L’expérience a conduit, pour la superficie des terrains, aux chiffres suivants qui sont, remarquons-le, des minima :
- Pour avions de tourisme, appareils légers : 30 ha, avec des pistes (fig. 3) de 5 à 600 m dans le sens des vents dominants ;
- Pour l’aéroport « de chef-lieu », destiné à un trafic commercial à l’exception des appareils lourdement chargés : 50 ha ;
- Aéroports de grande base (Bordeaux, Marseille), 100 ha, pistes supérieures à 700 m;
- Bases nationales, formant têtes de lignes internationales, 200 ha, pistes de 700 à 1000 m.
- Ajoutons qu’il est préférable, en cas d’achat, d’acquérir trop de terrain, tout au moins sous forme d’options qui, ultérieurement, peuvent être cédées au besoin avec bénéfice par suite du développement du quartier autour de l’aéroport. Il faut toujours prévoir que les agrandissements seront difficiles et qu’au moment où ils seront nécessaires, ils se heurteront à des coalitions d’intérêts privés.
- Le terrain peut être acquis à l’amiable ou par expropriation, ce dernier procédé supposant nécessairement l’intervention de l’État sous forme de concession. On peut aussi envisager une simple location du terrain oul’octroi d’une servitude d’atterrissage.
- Fig. 3. — Schémas d’aérodromes avec pistes.
- L’usage des pistes orientées dans le sens des vents dominants permet de n’aménager qu’une surface réduite du terrain.
- MASSACHUSSETS
- SAN-FRANCIS CO
- JBR0WNSVILLE (Texas)
- PORT - WASHINGTON (Long-Island)
- INDIAN OPOLIS
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- AMÉNAGEMENTS DU SOL
- Le terrain, cela va sans dire, aura été choisi dans un site topographiquement dégagé, plaine ou plateau; il doit, de préférence être horizontal (2 pour 100 de pente semble un maximum), plan et suffisamment dur.
- Ces deux dernières qualités peuvent être obtenues artificiellement. Les opérations commencent par un nivellement général par labourage et hersage, jamais par comblement, les terres d’apport étant extrêmement longues à se tasser sullisamment ; on améliore ensuite la
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- La meilleure solution paraît un gazonnement très fourni sur terrain ameubli et tassé ; ce travail préliminaire exige au minimum un an et doit être fait avec beaucoup de soin. Le gazon devra, par la suite, être fauché régulièrement une ou plusieurs fois chaque année. On a recommandé l’emploi de troupeaux de moutons qui procurent un entretien très satisfaisant.
- LA FORMULE DES AÉRODROMES A « PISTES MULTIPLES »
- Nous avons supposé jusqu’ici que le terrain ou aéro-
- Fig. 4. — Vue d’ensemble aérienne du terrain du Bourget prise dans le sens sud-est. ((Phot. C.ie aérienne française.)
- .Cette photographie montre bien la « fermeture » progressive du terrain au fur et à mesure du développement des bâtiments. C’est là un inconvénient de 1 ’implantation linéaire. Les bâtiments d’administration se trouvent au milieu de la ligne des hangars.
- nature du sol, notamment par un drainage très soigné si la terre est marécageuse.
- Quel est le meilleur revêtement d’un aérodrome ? Le gazon absorbe bien la pluie, empêche la formation de poussières et le déchaussement des pierres sur terrain meuble; il fournit une élasticité fort utile. En revanche, il est facilement défoncé par les roues d’avions lourds, à l’atterrissage : des ornières se creusent et l’envol peut devenir, par suite, impossible. Les Américains ont été jusqu’à préconiser deux types différents de surfaces; l’une, bétonnée, pour l’envol; l’autre, gazonnée, pour l’atterrissage.
- drome était aménagé dans son entier; c’est là une solution onéreuse qu’il n’est pas toujours possible d’envisager.
- Fort heureusement, l’avion n’atterrit pas sur toute une surface, mais sur une ligne ou plus exactement sur certaines lignes dirigées à l’encontre des vents dominants, ces derniers étant le plus souvent au nombre de deux. De là l’idée de créer, sur le terrain grossièrement aménagé, des pistes disposées en étoile ou en triangle avec, quelquefois, une aire centrale de 200 à 300 m de diamètre.
- La largeur à donner à ces pistes est de l’ordre de 150 m avec des longueurs totales d’un millier de mètres. Leur surface étant relativement réduite, on peut améliorer
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- IMPLANTATION DES BÂTIMENTS
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- Fig. 5. — Définition du « volume de sécurité » indispensable aux abords d’un terrain d’auiation.
- Ce volume est limité par une surface conique prenant appui sur le périmètre du terrain et inclinée à l’angle de 1/15 qui représente la « pente » d’atterrissage des avions lourds.
- très sensiblement le sol de ces pistes, notamment par des imprégnations avec des brais formant les queues de distillation dans l’industrie du pétrole. Ces pistes doivent être complétées par des chemins de roulement permettant aux avions au sol de se rendre par leurs propres moyens, moteur au ralenti, de la gare aux pistes et réciproquement.
- La ligure 3 montre quelques-unes des dispositions adoptées sur différents aéroports des États-Unis.
- LE PROBLÈME DES DÉGAGEMENTS
- Un aérodrome, c’est là une vérité qu’il faut avoir toujours présente à l’esprit, n’est pas, malgré les apparences, une surface, mais un volume à trois dimensions. Il ne servirait à rien, en effet, de disposer d’une aire magnifique si de proches obstacles, arbres des routes, cheminées, lignes électriques, venaient s’opposer au passage des avions circulant très bas, à la pente usuelle d’envol ou d’atterrissâge.
- Cette pente, pour de gros avions chargés, peut s’abaisser à 1/15, c’est-à-dire qu’un avion qui aura décollé juste au bout du terrain ne devra pas trouver devant lui d’obstacle supérieur à 100 m, à moins de 1500 m. Le « volume » de l’aérodrome se présente, par suite, comme limité par une surface tronconique appuyée sur le périmètre du terrain et évasée vers le ciel avec une pente de 1/15. Ceci signifie que des servitudes devront être imposées aux propriétaires et entrepreneurs du voisinage, leur interdisant toutes constructions qui pénétreraient dans ce « volume de sécurité » (fig. 5).
- Dans l’alignement des vents dominants, ces servitudes doivent être absolues sous peine de catastrophes répétées. Il n’en est pas tout à fait de même dans les autres directions où des tolérances peuvent être, à la rigueur, admises à la condition qu’un balisage extrêmement visible de nuit et de jour signale les obstacles aux aviateurs.
- Il est élémentaire que les édifices même de l’aéroport soient les premiers à respecter cette servitude; tel n’est malheureusement pas toujours le cas sur les aéroports existants. Au Bourget, notamment, pour un avion se préparant à atterrir face au nord-ouest, certains bâtiments « masquent » près de la moitié de la largeur du terrain : un avion lourd, après avoir passé sur les toits à 20 m, par exemple, survolera inutilement 300 m de terrain avant de toucher le sol !
- Ceci nous amène à parler d’un problème très important qui est celui du meilleur groupement des bâtiments en vue de ce double résultat : sécurité des appareils, obtenue par un dégagement maximum de faire; facilité de l’exploitation générale par la réduction du trajet que les avions devront parcourir au sol et par une disposition convenable des accès.
- Plusieurs écoles sont ici en présence ; l’un des premiers en date est le système en ligne, les constructions se trouvant accolées à la route principale qui borde l’aérodrome (fig. 4). L’inconvénient de ce système, dans les grands aéroports, est que le développement des bâtiments s’effectuant en largeur, l’étendue de l’aérogare devient excessive : au Bourget, certains services se trouvent actuellement à plus de 1000 m de la Direction ou de la Douane. De plus, un terrain ainsi aménagé doit être entièrement clôturé, ce qui conduit à des dépenses très élevées.
- Le système à noyau central présente de gros avantages; les bâtiments se trouvant groupés au centre de
- Fig. 6. — Phare à éclats type « Bourget ». (Phot. Barbier, Bénard et Turenne.)
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- l’aérodrome, on dispose par tous les vents d’une piste d’envol et d’une piste d’atterrissage distinctes, séparées par les constructions centrales. Si les dimensions de l’aérodrome sont suffisantes, on peut même supprimer entièrement tout roulage à terre, les avions partant de la gare ou venant s’y poser. Tout le périmètre du terrain, ce qui n’est pas le cas avec les bâtiments en bordure, se trouve dégagé. L’éclairage de nuit est également facilité : un projecteur central et quatre ou cinq projecteurs périphériques suffisent pour procurer un éclairage parfait de tout le terrain. En revanche, des accès souterrains sont à peu près indispensables, ce qui représente une mise de fonds importante.
- A ces deux types, il convient d’ajouter toute une série de types triangulaires (lig. 2), dont le principe est le suivant : le terrain a la forme d’un Y ou d’un X à branches inégales et dirigées dans le sens des deux vents dominants. Chacune de ces deux pistes est prévue suffisamment large (environ 400 m) pour l’envol et l’atterrissage et les bâtiments sont construits dans l’angle. On réunit ainsi, dans une certaine mesure, les avantages des constructions en bordure et du système à noyau central.
- La pratique s’accommode mal, du reste, de formules trop absolues, l’implantation d’une aérogare devant être fatalement un compromis où l’on tiendra compte simultanément du régime des vents, de la forme du terrain et
- de la position des voies d’accès.
- AMÉNAGEMENT DE
- L’AÉROGARE ET
- DES HANGARS
- Nous ne pouvons entrer dans le détail de la construction des bâtiments, qui relève de l’art des architectes. Faisons néanmoins observer que le confort et même un certain luxe sont ici indispensables, les voyageurs des lignes aériennes formant une clientèle habituée à ses aises et à l’agrément du décor.
- Une plate-forme de débarquement en béton doit être créée devant le bâtiment de la gare, en vue des arrivées et départs
- Fig. 1. — Feu d’horizon repliable monté sur remorque. (Phot. Sautter-Harlé.)
- par temps pluvieux. Une marquise entièrement en porte-à-faux serait même, en général, utile, bien que les grandes dimensions des appareils actuels en rendent la réalisation difficile.
- En ce qui concerne les hangars pour avions, les techniques sont assez variées ; en France les anciens hangars métalliques de 20 m et de 33 m, provenant des stocks de guerre, ont fait place à des hangars en béton armé ou en charpente métallique, de 36 m de profondeur et 50 m d’ouverture. Aux Etats-Unis, la Western Air Express a installé à Los Angeles un hangar hexagonal de 87 m de diamètre avec 6 portes de 37 m d’ouverture ; les avions se placent facilement, étant donné leur forme, dans les espaces triangulaires ainsi réalisés.
- Il faut également signaler les hangars à portes basculantes de Cleveland; ces portes, parfaitement équilibrées, pivotent autour d’un axe horizontal comme la porte d’une ratière, assurant ainsi le dégagement maximum.
- COMMENT SE PRÉSENTE LE PROBLÈME DU « BALISAGE »
- Nous arrivons maintenant aux installations de balisage dont l’importance est fondamentale dans l’équipement d’un terrain d’aviation.
- Fig. 8. — Balisage de nuit réglementaire des pylônes de T. S. F.
- /so/ateurs
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- Fig. 9. — Tube à néon à alimentation unipolaire pour lignes électriques à haute tension. (Phot. Barbier, Bénard, Turenne.)
- Les navigateurs aériens attendent du balisage les renseignements suivants :
- Savoir où l’on est;
- Savoir où l’on peut atterrir et dans quel sens (cette dernière question se posant également pour l’envol).
- Le premier problème — désignation du lieu — ne présente pas de grosses difficultés. On peut installer au centre des terrains des cercles de signalisation de couleur blanche ou mieux orange clair, d’une quarantaine de mètres de diamètre; ces cercles portent, inscrits au centre, le nom, complet ou abrégé, de la localité ou encore les coordonnées géographiques du lieu, latitude et longitude. Les lettres doivent avoir 6 m de hauteur avec 1 m de largeur de trait. Ces inscriptions peuvent être répétées sur les toits.
- Quel que soit l’emplacement choisi pour ces inscrip-
- Fig. 10. — Manche à vent réglementaire sur mât raballablc.
- lions on se souviendra qu’elles doivent se lire « à l’endroit » pour un observateur placé au sud, comme sur une carte de géographie.
- Phares d'aéroport. Signalisation des obstacles.
- — Le second problème du balisage : « indiquer le point d’atterrissage et la manière d’atterrir », est autrement complexe. 11 comprend :
- La signalisation de nuit, à distance, de l’aéroport par un phare de grand atterrage. Ce phare doit être situé sur une hauteur mais peut se trouver, sans inconvénient, assez éloigné du terrain; sa portée doit être de 70 à 80 km, ses éclats successifs reproduisant sous forme conventionnelle « l’indicatif » de l’aéroport. Un certain nombre de ces éclats doivent être rouges;
- IJn phare local de moindre portée (hg. 6) ;
- La mise en évidence de tous les obstacles situés au voisinage de l’aérodrome : toitures, cheminées, lignes électriques, antennes de T. S. F. Les pignons, les pylônes, les cheminées doivent être peints en blanc ou en bandes alternativement blanches et rouges. La nuit, ces obstacles doivent être signalés par des chaînes de feux visibles dans toutes les directions et garnissant toute la hauteur de l’obstacle; une lanterne au sommet est tout à fait insuffisante pour le cas d’avions volant à faible hauteur ou encore en cas de brouillard. Les cheminées très élevées, dont le sommet est difficilement accessible, peuvent être éclairées par projecteurs. Les mâts et drisses de T. S. F. doivent être signalés de jour par des « flammes » ou banderoles, la nuit par des feux (fig. 8); pour les lignes à haute tension, les tubes à néon (fig. 9), suspendus par une électrode et qui s’allument par capacité conviennent de jour et de nuit. Les mâts et pylônes doivent être peints en zones blanches et rouges.
- Viennent ensuite :
- La délimitation du terrain et la détermination des alignements d’envol et d’atterrissage;
- La signalisation variable ou signalisation d’exploitation, comprenant l’indication de la direction du vent et un certain nombre de signaux optiques permettant de correspondre sous une forme rudimentaire avec les avions en vol.
- Nous allons examiner rapidement ces deux problèmes.
- Délimitation du terrain et des alignements favorables. — De jour, le contour du terrain doit être dessiné au moyen de balises en bois créosoté, peintes en bandes blanches et rouges (France) ou orange sur noir (États-Unis); ces balises ont la forme de prismes, de pupitres ou de cônes (États-Unis). Des balises de neige sont nécessaires aux points les plus importants (saillants et rentrants du terrain) ; ce sont des prismes triangulaires placés à 2 m 50 du sol, formés de voliges noires et blanches sur chevrons.
- Ajoutons que les obstacles situés sur le terrain, zones inondées, mal fauchées, appareils d’entretien, doivent être signalés par des bandes de toile blanche et rouge, et de nuit, par des lanternes.
- De nuit, le périmètre est jalonné par des lampes de 25 bougies sous lanternes étanches rouges groupées par deux, une à l’extrémité de chaque balise. Ainsi, chaque balise est signalée par deux feux rouges.
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- Fig. 11. — « T d’atterrissage » indiquant, par son orientation, la direction du vent. (Phot. Barbier, Bénard et Turenne).
- On remarquera les dispositifs d’éclairage nocturne.
- Par contre, l’un de ces feux doit être blanc pour les balises situées en face d’une « trouée »; cette signalisation bicolore indique aux pilotes qu’ils trouveront en face d’eux dans cette direction, des espaces débarrassés d’obstacles élevés jusqu’à une assez grande distance.
- Les pistes sont bordées par des feux encastrés à bordure de ciment.
- Manches à vent et T d'atterrissage. — La direction du vent est indiquée par des manches bottantes en forme de cônes allongés, montées sur un cercle de 1 m de diamètre qui peut lui-même tourner autour de son diamètre vertical (fig. 10). La longueur des manches est de 5 m, avec des zones alternativement blanches et rouges (ou noires et oranges) de 1 m chacune. L’ensemble rappelle un immense fdet à papillon ondulant dans le vent et contribue à la physionomie caractéristique des aéroports.
- De nuit, on peut illuminer les manches à vent par une lampe intérieure. Les manches doivent être nombreuses, bien réparties et montées sur des mâts d’au moins 5 m de préférence aux toits, qui occasionnent des remous.
- Pour les avions en vol, ces manches sont peu visibles, bien qu’il soit possible la nuit de les éclairer à l’aide de projecteurs. La direction du vent est donc indiquée au pilote par un appareil spécial, le « T d’atterrissage », constitué par un modèle d’avion grossièrement construit en bois ou en tôle et mobile autour d’un axe vertical (fig. 11). Ce modèle mesure 7 m de longueur sur 5 m de largeur avec 1 m de trait. Monté sur billes, il s’oriente de lui-même face au vent, dans la direction que doit prendre pour atterrir, un avion véritable; on peut aussi le diriger à la main. La nuit, le T doit être lumineux, ses deux axes soulignés par des lignes de lampes.
- En cas de vent nul ou inférieur à 3 m par seconde, le T est calé dans une direction réglementaire.
- On emploie aussi quelquefois trois feux blancs sur le terrain disposés en triangle isocèle de 200 m de base et au moins 400 m de hauteur. L’avion doit atterrir du milieu de la base vers le sommet. Sur les terrains de secours on utilise des pots fumigènes dont les fumées, la nuit, sont rendues visibles par des fusées éclairantes.
- Voici f « aire aux signaux » pour la télégraphie optique. — La direction du vent n’est pas le seul renseignement que l’aéroport doive faire connaître aux aviateurs. Pour correspondre avec les appareils en vol, toute une télégraphie optique a dû être imaginée qui se trouve matérialisée sur l’aire aux signaux (fig. 12).
- Cette aire, placée en un point apparent de l’aéroport, comporte les dispositifs suivants :
- Le T djatterrissage ;
- Le carré attention, formé par un panneau rouge de 3 m de côté se détachant sur fond blanc et bordé, la nuit, de lampes rouges.
- Ce panneau est mobile; on le fait apparaître pour annoncer un signal;
- Le triangle vert, en forme de triangle de 3 m de côté, bordé la nuit, de lampes vertes et qui est employé pour autoriser à atterrir;
- Le triangle rouge, constitué de même et signifiant : « Interdiction d’atterrir ». Au cas où plusieurs avions sont en vol, on doit pouvoir faire clignoter les lampes de l’un
- Fig. 12. — « Aire aux signaux » de composition réglementaire.
- Barres indicatrices de vitesse du vent
- Triangle
- Triangle
- rouge
- Panneau
- attention
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- et de l’autre panneau de façon à reproduire l’indicatif de l’avion auquel on s’adresse ;
- Les barres de vitesse du vent. Ce sont trois barres de 3 m de longueur installées parallèlement à 2 m d’intervalle, à proximité du T d’atterrissage. Elles comportent un dessus en verre épais strié, recouvrant des lampes blanches. Le nombre de barres allumées exprime la vitesse du vent :
- Zéro barre allumée signifie : vent inférieur à 5 m par seconde.
- Une barre allumée signifie : vent compris entre 5 et 10 m par seconde.
- Deux barres allumées signifient : vent compris entre 10 et 15 m par seconde.
- Trois barres allumées signifient : vent supérieur à 15 m par seconde.
- L’allumage des barres est commandé soit à la main, soit automatiquement au moyen d’une girouette anémométrique, par l’intermédiaire de contacteurs.
- Un groupe de 5 panneaux blancs consécutifs de 1 m X 3 m, encadrés de lampes et servant à interdire momentanément l’emploi de la T. S. F.
- Certaines figures • dérivées des jeux de cartes sont quelquefois utilisées pour des signaux particuliers.
- Ces différents signaux sont complétés par des jeux de fusées à baguette et à parachute. On distingue : la fusée blanche éclairante, la fusée verte (autorisation d’atterrir), la fusée rouge (danger à l’atterrissage), la fusée à étoiles
- Fig. 13. — Boule rouge et blanche pour correspondre avec les pilotes au sol.
- Ce signal indique que le vent est nul ou inférieur à 3 m par seconde et que les avions doivent, par suite, s’envoler dans le sens des consignes de piste.
- Fig. 14. — Voici les deux méthodes utilisées pour illuminer un terrain à l’atterrissage.
- A gauche, projecteur à nappe éclairant sur 180°; à droite projecteur double à faisceaux concentrés.
- vertes (ordre d’atterrir). La hauteur atteinte doit être voisine de 300 m.
- Signaux pour les avions au sol. — Les signaux de faire s’adressent uniquement aux avions en vol; ils doivent être doublés par des appareils de signalisation visibles de toute l’étendue du terrain pour les pilotes à terre.
- Le T d’atterrissage est remplacé par les manches à vent.
- L’interdiction d’envol est exprimée par un solide blanc et rouge, formé de deux pyramides de 1 m de hauteur et 50 cm de côté accolées par leurs bases, que l’on hisse sur un mât de 10 m; de nuit, ce « rhomboèdre » est matérialisé par un groupe lumineux blanc et rouge.
- Quand le vent est nul ou inférieur à 3 m par seconde, on hisse une boule à fuseaux rouges et blancs de 1 m de diamètre indiquant aux pilotes qu’ils n’ont pas à se préoccuper du vent mais doivent se conformer aux consignes de piste (fig. 13). C’est donc l’équivalent du T bloqué. De nuit cette boule est remplacée par un feu orange.
- La simultanéité des deux manœuvres : blocage du T, hissage de la boule, doit être absolument garantie, sans quoi il arriverait que des avions atterrissent dans une direction au moment où d’autres s’envoleraient dans une direction différente, ce qui constituerait un grave danger. Cet asservissement réciproque peut être contrôlé électriquement.
- Eclairage des terrains pour les envols et les atter= rissages de nuit. — Dans la marine, la navigation nocturne présente une sécurité au moins égale à la navigation de jour, du fait de la perfection de la signalisation côtière : phares et fanaux d’alignement ou d’entrée de ports.
- Pour qu’il en soit de même dans l’aviation, en dehors, bien entendu, de toute défaillance du matériel, il faut également, tout d’abord, une signalisation satisfaisante : nous avons vu comment on peut la réaliser; mais cette signalisation doit être nécessairement complétée par des dispositions spéciales d’éclairage intensif du sol au moment de l’atterrissage.
- Deux procédés peuvent être envisagés selon qu’on éclaire par l’arrière de l’avion ou par le côté, cette dernière méthode étant à peu près exclusivement employée aujourd’hui. Les projecteurs d’atterrissage doivent être bas, convenablement disposés autour du terrain en tenant compte de la disposition des pistes ou de la direction des vents dominants et installés autant que possible à demeure; le faisceau, très aplati, est étalé sur 180° d’ouverture horizontale, chaque projecteur éclairant une zone de 500 m environ de profondeur sur 300 m de largeur.
- Les lampes à utiliser peuvent atteindre 10 000 w ; on recommande des lampes à plusieurs filaments alimentés par différents « ponts » électriques de façon à réduire les risques d’extinction accidentelle. Le meilleur éclairage à réaliser est celui de 3/4 arrière venant de la droite des pilotes; cette condition permet de déterminer au mieux l’emplacement de chaque projecteur,
- Les figures 15 et 16 représentent des projecteurs d’atterrissage construits sur ces principes. Le projecteur à
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- nappe étalée (fig. 15) est muni d’une « optique » à méridienne en échelons de Fresnel ; le poste à feux croisés (fig. 16) comporte des miroirs paraboliques argentés.
- Outre la zone d’atterrissage, l’aire de débarquement et la gare doivent être fortement éclairées ; le hangar réservé aux avions de passage portera une lettre lumineuse, un R, visible de tous les points du terrain.
- Centralisation des commandes. — Il paraît indispensable, bien que cette réalisation complète soit encore assez rare, que toutes les commandes des appareils de signalisation et de balisage se trouvent réunies dans un poste unique. Ce poste peut être soit la tourelle vitrée du surveillant de piste, soit indépendant mais en liaison directe avec cette tourelle.
- L’ensemble des dispositifs de balisage d’obstacles et l’ensemble des dispositifs de délimitation de nuit doivent être reliés à deux interrupteurs séparés, le contrôle général se trouvant réduit à ces deux interrupteurs.
- Un pupitre de commande doit permettre d’effectuer à distance tous les signaux que nous avons énumérés, aussi bien sur l’aire aux signaux que sur les mâts de l’aérodrome.
- Ces commandes à distance sont du ressort de la télémécanique générale et n’offrent pas de difficultés spéciales
- LE POINT DE VUE FINANCIER
- Telles sont, d’un point de vue strictement technique, les principales données que l’expérience a permis de recueillir pour l’installation des aéroports et qui ont été codifiées dans le règlement ministériel des aérodromes, du 20 avril 1932.
- Nous avons dû laisser de côté la question administrative et financière qui exigerait à elle seule un long développement et qui semble actuellement en voie d’évolution. A la notion d’État patron de la totalité du réseau aérien, constituant en fait un véritable monopole, se substitue peu à peu la formule plus souple des concessions aux Chambres de Commerce, concessions qui s’accompagnent d’une liberté plus ou moins grande laissée à l’exploitant.
- Dans ces conditions, l’aspect financier prend une importance particulière, l’Etat ne pouvant assumer à lui tout seul la charge des déficits éventuels. Le contrat relatif à l’aéroport de Lyon-Bron est intéressant à étudier à ce point de vue.
- Le problème économique des aéroports ne recevra une solution définitive que lorsque les taxes d’atterrissage, de location des hangars et autres recettes seront suffisantes pour couvrir la totalité des frais d’exploitation, ceux de premier établissement pouvant être au contraire supportés, pour la plus grande partie, par l’État.
- Nous ne nous dissimulons pas qu’un tel état de choses suppose un développement presque colossal de la navigation civile. Mais l’aviation nous a habitués à tous les miracles.
- Pierre Devaux, Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 15. — Projecteur d'atterrissage donnant une nappe étalée sur 180°.
- Ce projecteur est du type dioplrique; il est muni d’un équipage réfringent ou « optique » demi-circulaire, avec méridienne à « échelons » de Fresnel; à droite, armoire des appareils de contrôle. Le projecteur est monté sur une remorque; il est «signalé», lorsqu’il est éteint, par deux lampes rouges visibles à la partie supérieure. (Ph. Barbier, Bénard et Turenne).
- Fig. 16. — Poste automobile d'atterrissage comportant un groupe -élecirogène et deux ensembles orientables de deux projecteurs chacun.
- Pour la production de faisceaux peu ouverts et très lumineux, les projecteurs calopiriques, à miroirs paraboliques argentés, sont les plus avantageux. Les progrès de l’industrie des lampes à incandescence permettent de construire des filaments de forme ramassée que l’on peut « centrer » avec précision au voisinage du foyer; des lampes à filaments multiples alimentées par des circuits différents permettent d’obtenir une grande sécurité contre une extinction subite. Grâce à ses deux faisceaux croisés à 45° (cf. fig. 14), ce type de projecteur donne un éclairement pratiquement régulier au centre et sur les bords de la nappe. (Ph. Sautter-Ilarlé.)
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- LE MUSÉE PRÉHISTORIQUE DU GRAND-PRESSIGNY
- Il est hors de doute que les plateaux qui, au sud de la Touraine, séparent les rivières de la Creuse et de Claise, sont l’un des plus anciens habitats de l’espèce humaine. C’est ce que l’archéologie nomme le Pressignien.
- La carte de ce territoire a été dressée par M. J.-B. Barreau, ingénieur des Ponts et Chaussées à Tours, qui possède une parfaite connaissance de la région, en même temps que de hautes connaissances géologiques. Le Pressignien, d’après lui, embrasse la vallée de la Vienne, au sud-ouest des collines de Châtellerault, les rives de la Creuse et de la Claise, ainsi que celles des affluents de cette dernière, l’Egronne et le Brignon.
- Dans cette région, les traces de l’habitation de nos ancêtres néolithiques sont, pour qui sait voir, aussi
- Fig. ]. —-La grotte préhistorique de Rouincinu, à Charnizay, près du Grand-Pressigny. (Photo Porcheron.)
- nombreuses que flagrantes. Citons seulement, non loin d’Obterre, les Palets de Gargantua, monument mégalithique, fait de quatre « palets » (il en reste trois) que, suivant la légende, l’épouse du géant transporta au champ de l’Humiau dans son tablier de noces; près de Pauvrelay, les allées mégalithiques du bois de Brune; les gîtes de Larcy et de la Bonnetière, aux environs du Chatelier; enfin les grottes de Saint-Rémy-sur-Creuse, qui présentaient trois étages superposés d’abris sous roches, jusqu’au début du xixe siècle, époque à laquelle l’étage supérieur, miné par les pluies, s’est éboulé dans la vallée. Pareil accident s’est produit pendant la guerre de 1914-1918, a Chaloupy, où s’est écroulé le réduit préhistorique dont, pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais avaient fait une redoute.
- L’un des plus magnifiques exemples de l’habitation néolithique se trouve aussi dans le Pressignien. C’est, creusée dans la butte de Rouinciau, en face de la fontaine, une caverne profonde à laquelle un pilier de soutènement confère, comme on peut le voir sur la figure 1, une apparence déjà moins primitive que n’en présentent générale-
- ment les antres de cet âge. On y retrouve, près des vestiges d’autres piliers, l’âtre de pierre où brûlait le feu familial. De là, un couloir en arc de cercle, d’une dizaine de mètres de longueur, disposé pour la défense, menait à la chambre souterraine.
- A travers la voûte de cet abri central, s’ouvrait une cheminée creusée jusqu’au sommet de la butte, et dont l’orifice, béant à l’air libre, était dissimulé parmi les broussailles. C’était par là qu’en cas d’alerte, pour rentrer au gîte, se glissait l’homme poursuivi par un ennemi. De là aussi, il jetait l’alarme aux autres habitants de la caverne, et tous gagnaient une chambre souterraine, réduit de la défense.
- Car la science, qui ne recule devant aucune audace, a reconstitué la vie des individus vivant au Pressignien à cette époque, sise aux confins des âges néolithique et paléolithique, qu’elle assigne à ses habitants. Ils étaient chasseurs, dans les forêts épaisses couronnant les coteaux; pêcheurs, dans les rivières coulant au pied des collines leurs rubans cristallins.
- L’hiver, ils se réfugiaient dans les cavernes de Saint-Rémy-sur-Creuse, les grottes du bois d’Apres aux abords d’Yzeures, ou les cavernes ouvrant sur les rivières déjà citées. Les beaux jours venus, ils retrouvaient, dans les champs, leurs huttes, assez semblables aux cabanes gauloises, comme l’ont fait supposer des fonds d’habitations découverts entre Paulmy et Neuilly-le-Brignon.
- Le Pressignien préhistorique n’avait qu’à se baisser pour ramasser des silex, en rognons, en nodules et surtout en masses compactes. Il en remarqua vite les inestimables qualités. Variété grossière, à grain serré, de quartz calcédoine décalcifié, le silex du Grand-Pressigny est tout ensemble très dur pour porter un choc, et très friable quand on l’attaque sous un angle fort ouvert. L’homme néolithique, pourvu d’infimes moyens matériels, observa que le silex peut donner, par l’action successive du feu et de l’eau froide, sous l’action du violent changement de température ainsi provoqué, joint à une juste frappe, des éclatements réguliers. Ces éclatements se produisaient au flanc d’un bloc-matrice, dont le noyau très dur pouvait être finalement utilisé soit comme marteau, soit comme élément susceptible, à son tour, de taille et de polissage.
- L’industrie du silex était née. Dans la région qui nous occupe, les mines de débitage et les ateliers de plein air devaient prendre une fabuleuse extension.
- Énumérer la variété des objets qui sortirent de ce que Joseph Déchelette appela « les grandes officines de Pressigny », c’est faire le tour de l’esprit humain à son éveil. Nos ancêtres fabriquaient grossièrement, et à grand’peine, toutes sortes d’outils et d’armes : racloirs, perçoirs, tranchets pour préparer les peaux, effiloirs à appointer les osiers; pointes de flèches, haches de guerre, hachettes votives. Ils façonnaient de vagues socs, et aussi
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- des instruments lins, lancettes, outils de chirurgie ou de torture. Ils arrondissaient des boulets à main, ils cabossaient des coups de poing; les pointes de flèches étaient taillées, outre celles qui venaient du silex, dans le jaspe, le jade et l’obsidienne qui se trouvaient sur place, mais en faibles gisements.
- Une comparaison s’impose entre les lames néolithiques en feuilles de laurier extraites de blocs siliceux du Grand-Pressigny et les poignards de cuivre des Phéniciens : ceux-ci, malgré le progrès qu’ils représentent, semblent directement dérivés de ceux-là. Même remarque pour la hache polie classique, en silex pressignien jaune cire : la hachette de bronze, qui lui succède, ne ht qu’en copier la forme déjà harmonieuse.
- Des centaines de haches polies ont été retrouvées sur les territoires qui nous occupent. Et la perfection des ouvrages, instruments, armes ou bijoux pressigniens était telle que toute l’Europe occidentale, d’après Ed. Hue, les réclamait aux fabricants. On a trouvé des silex ouvrés du Grand-Pressigny, bien reconnaissables à leur couleur de cire, en Suisse, dans la région lacustre de Morges, et jusqu’au Danube. Des convoyeurs les transportaient à dos d’animaux, par des pistes frayées à peine, vers la Bretagne; et par les vallées de la Seine, de la Meuse et du Rhin, vers la Belgique ou le canton de Vaud. Sur le plateau de l’Épargne, au-dessus de la vallée de l’Egronne, qui semble le magasin des instruments finis — ailleurs on a trouvé des monceaux d’objets inachevés — la marchandise ne devait pas séjourner longtemps.
- Le moyen âge, on s’en doute, ne s’intéressait pas aux éclats de silex qui parsemaient le sol, sur les domaines des seigneurs de Tigné ou de Montpezat, propriétaires du Grand-Pressigny et autres lieux. Vers la Creuse, région classique des grandes mines de débitage, pays archaïque avec ses vignes, ses prairies et ses champs bosselés, parsemés d’éclats et de lamelles de silex, on tenait les haches en pierre, trouvées d’aventure, pour des « pierres de foudre » : les placer dans un logis en construction devait préserver de l’orage. Sous Louis XIII, le... savant Boece de Boot, assurait que ces haches étaient d’antiques outils en fer, transformés en pierre par le temps !
- Il fallut attendre plus de deux siècles encore le Christophe Colomb du Pressignien.
- En 1862, l’abbé Brung, vicaire au Grand-Pressigny, se promenait avec son cousin, l’instituteur Jardonnet, sur le plateau de la Claisière. En plein champ, ils découvrirent des cailloux bizarrement taillés, qu’ils offrirent au Dr Léveillé, dont la réputation de savant était déjà bien établie dans le village. Le docteur s’enthousiasma pour ces trouvailles. Il eut le mérite, qui n’était pas mince à l’époque, de pressentir là d’importantes découvertes archéologiques. Se mettant lui-même aux fouilles, il découvrit bientôt la première « livre de beurre ».
- C’est ainsi, d’un mot qui passa depuis dans le vocabulaire scientifique, que Me Malardier, notaire au Grand-Pressigny, devait peu après baptiser les nuclei ou blocs-matrices, par analogie de forme avec les pains de beurre que les paysans du Lochois viennent vendre au marché. La première de ces livres de beurre, dans lesquelles, au surplus, les initiés reconnaissent quarante types dilïé-
- Fig. 2. — La Chatière, atelier préhistorique de plein air, en surface, au Grand-Pressigny. (Photo Maurice Porcher.)
- rents, fut donnée par le Dr Léveillé au musée de la Société archéologique, à Tours.
- Le praticien se livra bientôt avec passion à cette vocation nouvelle. 11 déposa ses trouvailles dans la ferme de Moisay, qui devint bientôt insuffisante à contenir les objets recueillis dans un territoire sans cesse élargi. 11 signala, comme ayant été le siège d’une véritable industrie préhistorique, autour du Grand-Pressigny, les communes d’Abilly, Barrou, Chaumussay, la Celle-Guénand, la Guerche, Laugny, Méréj Neuilly-le-Brignon, Paulmy et le Petit-Pressigny.
- En 1864, il découvrit « l’atelier » de la Claisière. Un « atelier » pour le Dr Léveillé, n’est pas un champ où l’on ramasse, en grattant un peu la terre, des instruments en silex taillé ou poli. Ce sont des places semées d’éclats de formes variées, entassés plus ou moins régulièrement en tas arrondis de 2 m de diamètre environ. Sur les points respectés par la charrue au long des âges, ces amas peuvent atteindre aussi 2 m d’épaisseur.
- « Les ateliers me sont apparus, dit le docteur, comme si les ouvriers venaient d’abandonner leur travail. »
- Fig. 3. — Le village du Grand-Pressigny (Indre-et-Loire).
- (Photo G. Algret.)
- Au-dessus, le château du xvc siècle; au milieu, la tour Vivonne du xvie.
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- Il situait les principaux ateliers de la région aux lieux-dits Boufféré, la Canonnière, la Claisière, la Davière, la Doucetterie, les Dubois, l’Epinat, la Fontaine, la Grasse-Coue, la Guerche, Larey, Moisay, le Petit-Carroir, les Pivots, le Riveau et la Chatière, dont nous donnons une photographie (fig. 2).
- On conçoit qu’à multiplier ainsi les recherches, les collections du docteur prirent une ampleur respectable. Voici comment son confrère Edmond Chaumier, savant archéologue lui aussi, et dont nous aurons à parler plus loin, vit la maison du découvreur :
- «La cour était encombrée de livres de beurre; il y en avait autour des plates-bandes et un peu partout. Les marches du perron étaient envahies par d’énormes ammonites et des blocs de bois fossile ; la maison entière était emplie de ses collections. Le polissoir (qu’il assurait valoir plus de 10 000 francs or) et les plus belles pièces avaient les honneurs du salon. Le cabinet de consultation regorgeait de silex, dans une vitrine, sur les rayons de la bibliothèque, sur le bureau; dans les corridors, dans les chambres à coucher, partout des silex, Les armoires, placards, commodes, tout était plein. Mme Léveillé n’avait pas où mettre son linge. Les lits inoccupés en étaient couverts. »
- Le docteur attribuait aux pièces trouvées par lui des destinations précises : cuillers, peignes, voire profils humains. La presse régionale s’émut, des articles parurent, amusés ou dithyrambiques.
- Dès le mois d’août de la même année 1864, les premiers explorateurs étrangers arrivèrent au Grand-Pressigny. Les paysans, qui avaient d’abord regardé avec dédain les « charcheux d’piarres », remplacèrent cette épithète méprisante par celle de « savants ». Des collectionneurs se livrèrent à de patientes recherches et groupèrent d’importantes séries de pierres œuvrées. Citons parmi eux M. Chauveau, maire de Barrou, qui découvrit en 1883, aux Ayez, une cachette contenant un lot de cent dix lames taillées, longues de 25 à 38 cm, les plus longues que connaisse le monde scientifique; puis M. Thibault, médecin à Saint-Flovier ; le Dr Orillard, de Châtellerault; M. J.-M. Rougé, le distingué conservateur-adjoint de la Bibliothèque, à Tours, guide érudit avec lequel nous avons visité le terroir pressignien.
- Le renom de celui-ci s’étendait toujours. Des chercheurs et des archéologues de presque toutes les nationalités vinrent étudier, scruter, fouiller les abords du Grand-Pressigny. Des Allemands choisirent parmi les quarante polissoirs repérés dans la région depuis les premières trouvailles du Dr Léveillé et expédièrent chez eux, par Bâle, des pièces de premier choix.
- Il devenait urgent d’intéresser les autorités officielles au gisement pressignien. Du 21 au 26 août 1910, le VIe Congrès préhistorique de France réunit à Tours une centaine de savants, géologues et préhistoriens, accourus des quatre coins de l’Europe. Le Dr Chaumier, président du Comité tourangeau, organisa au château de Plessis-les-Tours une importante exposition préhistorique, dans laquelle une large place fut réservée au Grand-Pressigny.
- Les travaux de ces hautes personnalités, suivis par deux journées d’excursions sur les lieux des découvertes,
- eurent pour résultat, tout d’abord, d’égaler le Pressignien aux autres ateliers préhistoriques les plus justement célèbres. Apparut aussi la nécessité de grouper d’une façon définitive le bel ensemble représenté par les collections passagèrement réunies à Tours, et qui risquaient, en restant isolées, de se perdre ou de se fragmenter, pour le plus grand dommage de la science.
- Le Dr Chaumier déposa en ce sens, au Congrès préhistorique, un vœu qui fut adopté à l’unanimité. De ces préoccupations naquit le Musée préhistorique, installé dans la mairie du Grand-Pressigny en 1912, et qui fut classé parmi les monuments historiques, par arrêté du 3 avril 1930. M. Jacques Rougé, l’un des hommes qui possèdent le mieux l’archéologie tourangelle, et qui ont fait le plus pour elle, avec cette modestie érudite et tenace dont les classes lettrées de nos provinces offrent tant d’exemples, en a été nommé le conservateur. Aucun choix ne pouvait être aussi heureux.
- ♦ *
- Le musée du Grand-Pressigny ! Ses organisateurs lui attribuent la seconde place parmi ses semblables, immédiatement derrière celui de Saint-Germain. Et sans doute n’ont-ils pas tort, car M. Paul Yitry, l’éminent conservateur du Louvre, n’hésite pas à écrire que le Musée du Grand-Pressigny possède « la plus belle collection de silex taillés et polis qui soit au monde ». Emanant d’une bouche aussi autorisée, cette parole est impressionnante. Voulez-vous que nous allions excursionner ensemble au Grand-Pressigny ?
- C’est un bourg de deux mille habitants peut-être, tassé au pied de la colline qui porte un château, d’aspect imposant encore. La mairie, pour accueillir les collections des « charcheux d’piarres » a fait ce qu’elle a pu. Entendez qu’elle a garni de vitrines son vestibule et ses deux salles, si bien que les employés municipaux en sont réduits à grossoyer leurs paperasses entre les racloirs moustériens et le mobilier funéraire de la sépulture néolithique du Vigneau. Je me trompe, elle a fait encore autre chose, la mairie : elle alloue les deux cents francs de subvention annuelle qui sont l’unique ressource — je dis l’unique ressource — du musée.
- On demeure confondu devant la disproportion qui existe entre ce revenu et les raretés présentées dans les armoires et les vitrines de cette maii'ie de village; mais de toute évidence, celle-ci ne peut rien de plus. Là cependant se rencontrent, offertes avec un désintéressement rendu plus méritoire par les années d’efforts qu’elles avaient coûté à réunir, les collections J.-M. Rougé, J.-B. Barreau, Chauveau, Drs Gobillot, Léveillé et Ed. Chaumier. Le professeur Verneau a apporté, pour le classement, le précieux secours de sa compétence universellement reconnue.
- Sans doute, vous n’attendez pas que je détaille par le menu les trésors des vitrines. Les haches, lames, perçoirs, grattoirs, scies, percuteurs et pointes de flèches, le tout en silex, s’alignent sur les cartons en files innom-bi’ables, et le musée possède plus de quatre cents livres de beurre dont le poids varie de 500 gr à 8 kg. Leur
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- largeur est comprise entre 37 cm et quelques-uns seulement, ces derniers pour les blocs-matrices de très petits instruments. 11 en est de carrées, plates ou bombées, de
- profondes, dans lesquelles les haches étaient passées et repassées à la main, pour les polir. On frissonne en pensant aux semaines, aux mois de travail — sinon aux an-
- Fig. 4. — Quelques belles pièces du musée de Pressigny.
- 1. Ébauches de haches prêtes pour le polissage. ?. Haches polies. 3. Pointes de flèches et de fléchettes. 4. Percuteur et bloc de silex non travaillé. 5. Une des 52 grandes lames trouvées à Barrou, par M. Chauveau. Longueur : 33 centimètres. 6. Polissoir portatif en silex rose et hache. 7. Molaire d’Elephas primigenius trouvée dans la région des ateliers. 8. Polissoir demi-cylindrique en grès trouvé à la Claisière par le Dr Léveillé en 1862. 9. « Livre de beurre », montrant le prélèvement des lames sur les côtés.
- (Les photogi-aphies 1 à 7 sont de M. Maurice Porcher, les deux dermères de M. G. Algret.)
- rondes aussi, sur le pourtour desquelles plusieurs lames nées — que ces primitifs hirsutes ont dû passer accroupis,
- ont été levées. autour de ces blocs, pour les user ainsi en y frottant leurs
- Il y a aussi des polissoirs, blocs informes striés de raies cailloux. Le géant de la série est creusé de quinze rainures
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- parallèles et pèse 180 kg. C’est une pièce unique au inonde. Selon les présomptions parfaitement logiques du conservateur, elle a dû servir à polir un seul type de haches, s’adaptant au gabarit. Et ce devait être une règle générale.
- Non loin, voici un autre polissoir, plat, celui-là, et en silex rose. 11 appartenait à la collection de M. Rougé; cette pièce est d’une inestimable rareté.
- Mentionnons également une salle dite « de comparaison », extrêmement intéressante en ce qu’elle présente des outils et des armes identiques à ceux du Pressignien, mais issus de diverses régions, même extra-européennes. Ainsi se vérifie, une fois de plus, l’impressionnante unité de F Homme, partout semblable à lui-même, à un degré de civilisation équivalent.
- Une constatation s’impose, en quittant le Musée du Grand-Pressigny, si pauvre, mais si riche en son indigence même : il y a ici un excès de richesses accumulées, d’autres
- encore sont promises, qui ne seront logées qu’avec peine. N’est-ce pas grand dommage ? Tant de précieuses raretés dans un cadre si chétif ! 11 faudrait ici, pour l’honneur de la préhistoire française, un musée digne de ce nom.
- M. Paul Vitry a émis le vœu qu’au Grand-Pressigny, quelque vieux logis, contemporain de Mgr de Sillery, pressignien et académicien, soit aménagé à cet effet. 11 suggère aussi l’adaptation à la préhistoire de quelque dépendance du vieux château Renaissance qui dresse encore sur la colline son corps de logis à l’italienne.
- Nous verrions assez les hachettes néolithiques rassemblées près de l’ancien beffroi, la Tour Vivonne, qui a si grand air. Ce témoin des siècles enfuis abritant, protégeant les bribes, péniblement réunies par les hommes d’aujourd’hui, d’une époque évanouie dans le lointain des âges, voilà, semble-t-il, qui ne manquerait pas de caractère. Jean Màuclère.
- LA FLOCULATION DES COLLOÏDES
- GÉNÉRALITÉS SUR LES SOLUTIONS COLLOÏDALES
- Depuis les recherches de Graham, on a été amené à distinguer les solutions vraies, dans lesquelles la substance
- dissoute est à l’état de molécules ordinaires , des solutions colloïdales, dans lesquelles la substance dissoute existe à l’état de petits conglomérats de molécules auxquels on a donné le nom de mi-celles (du latin mica qui signifie petite parcelle). On trouve dans le monde vivant, tant animal que végétal, un grand nombre de solutions colloïdales et notamment le sang, le lait, le blanc d’œuf, la lymphe, les diverses humeurs de l’organisme, la sève, le latex.x On peut en obtenir en mettant au contact de solvants appropriés diverses substances solides produites par les animaux ou les végétaux. Avec les albuminoïdes, l’amidon, la gomme arabique, le tanin, la dex-trine, le liquide utilisé peut être l’eau ; mais, dans certains cas, il est nécessaire d’adopter d’autres solvants que l’eau et notamment : la liqueur de Schweitzer ou une solution de chlorure de zinc pour la cellulose ordinaire; l’acétone, l’acide acétique ou un mélange alcool-éther pour la nitro-cellulose, etc. Enfin, on sait préparer synthétiquement un nombre considérable de solutions colloïdales et, à condition de mettre en œuvre des méthodes convenables et des solvants appropriés, la plupart des corps simples ou composés de la chimie minérale peuvent être mis à l’état de solutions colloïdales.
- Toutes ces solutions, d’origines si diverses, présentent
- entre elles quelques caractères communs qui les différencient des solutions ordinaires. En particulier, si on les superpose avec précaution au solvant pur, la substance dissoute diffuse beaucoup plus lentement de la solution vers l’eau pure qu’elle ne le fait dans le cas des solutions ordinaires.
- L’écart entre les vitesses de diffusion est encore beaucoup plus marqué si l’on sépare la solution du solvant par une membrane appropriée, notamment une feuille de papier parchemin ou de cellophane. En mettant la solution dans une sorte de tambour dont la partie inférieure est constituée par une de ces membranes et mettant cette membrane en contact avec l’eau pure, on constate que le passage de la substance dissoute à travers la membrane, très rapide lorsque cette substance existe à l’état de solution vraie, devient au contraire très lent ou à peu près nul quand la substance est à l’état colloïdal. L’opération précédente, connue sous le nom de dialyse, permet de séparer les micelles colloïdales des molécules ordinaires, et l’appareil au moyen duquel cette séparation est réalisée constitue un dialyseur (fig. 1).
- Tandis que les solutions ordinaires sont parfaitement transparentes, les solutions colloïdales sont souvent troubles et il est impossible de les clarifier par une simple filtration sur papier-filtre. Sans doute y a-t-il à cet égard de grandes différences des unes aux autres; mais on peut toujours constater le trouble d’une solution colloïdale en la disposant dans une cuve de verre à faces parallèles que l’on fait traverser par un faisceau de lumière et qu’on examine en se plaçant latéralement : la solution s’éclaire vivement sur le passage du faisceau lumineux, tandis que, dans le cas d’une solution ordinaire, la trace du faisceau est à peu près imperceptible. Ce phénomène traduit l’existence d’une hétérogénéité marquée des solutions colloïdales, hétérogénéité que permet souvent de déceler un examen ultramicrosco-
- ~Eau pure
- Cristal/isoir
- Fig. 1. — Schéma d’un dialyseur permettant de séparer dans une solution les colloïdes des cristalloïdes.
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- pique au moyen duquel on peut constater l’existence des micelles.
- Mais la propriété peut-être la plus caractéristique des solutions colloïdales est celle désignée sous le nom de floculation, pectisation ou coagulation. Sous un grand nombre d’influences, les particules d’une solution colloïdale peuvent se séparer du solvant en donnant soit un dépôt pulvérulent, soit, le plus souvent, des flocons ou un coagulum qui laisse peu à peu exsuder le solvant. Ainsi les solutions d’albumine floculent instantanément quand on les chauffe vers 80° C; la caséine du lait se coagule et se sépare du liquide par l’action de la présure ou des acides; enfin la plupart des solutions colloïdales laissent déposer leurs micelles par introduction de quantités convenables d’un électrolyte quelconque, acide, base ou sel. C’est ce phénomène si caractéristique et si important des solutions colloïdales dont nous nous proposons d’examiner, au cours de cette étude, les principales modalités.
- DEUX CLASSES DE SOLUTIONS COLLOÏDALES
- Tout d’abord, tandis que les propriétés que nous avons signalées ne font apparaître aucune distinction nette entre les diverses solutions colloïdales, la floculation, au contraire, revêt des apparences fort dissemblables, qui ont permis de séparer deux groupes principaux qui se différencient d’ailleurs par d’autres caractères.
- Ainsi pour certaines solutions colloïdales, parmi les-quélles on peut citer celles de métaux, d’oxydes, de sulfures, etc., les particules ne semblent avoir aucune affinité pour l’eau ou plus généralement pour le solvant, et elles fournissent par floculation des flocons ou des poudres à peu près anhydres; on désigne les colloïdes qu’elles contiennent sous le nom de colloïdes hydrophobes ou lyophobes ou encore suspensoïdes, pour rappeler les analogies que leurs solutions présentent avec celles des simples suspensions. Pour d’autres, comprenant surtout des solutions de colloïdes naturels et notamment l’albumine, la gélatine, les gommes, les particules qu’elles renferment ont la propriété de se gonfler par absorption d’eau ou plus généralement de solvant et elles coagulent sous forme de gelées qui emmagasinent une proportion importante de ce solvant. On désigne les colloïdes qu’elles contiennent sous le nom de colloïdes hydrophiles ou lyophiles ou encore émulsoïdes, pour rappeler quelques analogies que leurs solutions présentent avec les émulsions.
- Il existe d’ailleurs d’autres différences importantes entre les deux groupes de solutions colloïdales que nous venons d’envisager. Les colloïdes hydrophobes floculent sous l’influence de quantités d’électrolyte généralement très faibles, d’où le nom de colloïdes instables qu’on leur d onne quelquefois ; au contraire, la floculation des colloïdes hydrophiles ne se produit que par addition de doses relativement massives d’électrolyte, ce qui leur a fait donner le nom de colloïdes stables. Ainsi,tandis que des solutions colloïdales de sulfure d’arsenic, d’hydrate ferrique, de ferrocyanure de cuivre, etc., floculent par addition d’une quantité d’un acide, d’une base ou d’un sel dont le poids ne dépasse guère le 500e o'u le 1000e du poids total des micelles colloïdales, la floculation
- d’une solution de caséine ou de gomme nécessite, pour se produire, des doses d’un sel alcalin de l’ordre de 10 à 20 pour 100 et même quelquefois supérieures.
- Nous examinerons successivement les caractères principaux que revêt la floculation chez les solutions de colloïdes hydrophobes et chez celles de colloïdes hydrophiles.
- FLOCULATION DES COLLOÏDES
- HYDROPHOBES
- Nous venons de mentionner que les sols de colloïdes hydrophobes floculaient sous l’influence de très petites quantités d’électrolyte quelconque, acide, base ou sel.
- Tous ces électrolytes existent en solution à l’état d’ions : dans une solution de chlorure de sodium par exemple, on trouve des ions Na+ portant une charge élémentaire positive et des ions Cl- portant une charge élémentaire négative; dans une solution de chlorure de baryum, il existe des ions Ba++ porteurs de deux charges élémentaires positives et des ions Cl-, dans une solution de sulfate de sodium, l’ion sodium Na+ porte une charge élémentaire positive et l’ion SO4 deux charges élémentaires négatives.
- Or, dans une solution colloïdale, les particules en suspension sont toujours électrisées, et cette électrisation constitue un facteur important de la stabilité de la solution colloïdale, grâce à la répulsion d’origine électrique qu’elle provoque entre les particules et qui s’oppose à leur agglutination. En présence d’un électrolyte, les particules colloïdales fixent l’ion de l’électrolyte dont le signe est opposé au leur propre, ce qui entraîne une diminution progressive de leur charge et par suite de la force de répulsion électrique qui s’exerce entre elles; si les forces répulsives d’origine électrique deviennent inférieures aux forces d’attraction d’origine capillaire, les particules peuvent se réunir lorsque les mouvements incessants dont elles sont animées les amènent à se rencontrer, ce qui entraîne la floculation.
- Fig. 3. — Courbe représentant la variation de la durée de floculation en fonction de la concentration. dans quelques cas oü l’ion actif de l’électrolyte est polyvalent.
- La floculation ne se produit pas pour des concentrations inférieures à a ou comprises entre b et c ; le graphique révèle l’existence de deux zones de floculation.
- t.min
- g" O log-CL logb 4 log.c
- 'Logarithme de là concentration en chlorure-d'aluminium
- 20.10-* 30.10"* 40.10"* 50.10'“ C
- Concentration d'électrolyte
- Fig. 2. — Courbe représentant la variation de la durée de floculation d’une solution colloïdale dans le cas le plus général. Pour des concentrations salines inférieures à a, la floculation ne se produit pas.
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- Ces considérations très simples font prévoir que dans la floculation d’une solution colloïdale, l’ion électrolytique qui intervient, ou, comme on dit, l’ion actif, est celui dont la charge électrique est de signe contraire à celle des particules : c’est le cation pour un colloïde négatif et Fanion pour un colloïde positif. Effectivement, si on analyse le floculat obtenu, on peut y constater la présence des ions dont la fixation par les particules colloïdales a provoqué la floculation et reconnaître que les ions fixés sont bien ceux dont le signe est opposé à celui des particules colloïdales.
- La floculation des colloïdes hydrophobes par les électrolytes obéit à quelques lois très simples. Ainsi un électrolyte est d’autant plus actif qu’il est plus fortement ionisé et que l’ion dont la charge est de signe opposé à celle de la particule colloïdale possède une valence plus élevée. Pour faire floculer un sol de sulfure d’arsenic, par exemple, il faudra environ 40 fois moins de chlorure de baryum dans lequel l’ion actif est l’ion Ba++ bivalent que de chlorure de sodium dans lequel l’ion actif Na+ est monovalent ; et il faudra environ 200 fois moins de chlorure d’aluminium pour lequel l’ion actif A1+_H+ est trivalent. Cette loi empirique, connue quelquefois sous le nom de loi de Schulze-IIardy, ne peut être considérée que comme fournissant des indications qualitatives et elle comporte de nombreuses exceptions; mais, dans bien des cas, elle renseigne sur l’allure des phénomènes.
- ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DE LA FLOCULATION
- La floculation des solutions colloïdales peut être suivie, soit directement par l’observation à l’ultramicroscope, soit indirectement par l’étude d’une propriété physique de la solution colloïdale, telle que sa viscosité, sa coloration, son opacité, etc.
- L’observation à l’ultramicroscope est très instructive, elle a permis notamment à Cotton et Mouton de préciser suivant quel mécanisme se forment les flocons à partir des particules colloïdales : « Si, écrit M. Cotton, l’on fait diffuser lentement dans une préparation d’argent de Bredig une petite quantité d’une solution d’alun, par exemple, on voit peu à peu à l’ultramicroscope l’aspect du liquide se modifier. Au lieu de points isolés indépendants, on y voit des groupes composés au début seulement de deux ou trois points qui sont évidemment solidaires les uns des autres. Si l’on attend quelque temps, le nombre des amas ainsi formés va en augmentant, en même temps qu’il se forme des groupes composés d’éléments plus nombreux ou des sortes de chapelets. Quand on observe avec un peu de patience, on peut même parfois saisir directement l’instant où un grain de couleur déterminée vient se déposer sur un amas déjà formé dont il fera désormais partie. Il faut bien insister sur ce point que (dans ce cas au moins) les granules ne sont pas collés les uns aux autres; ils réagissent les uns sur les autres, mais ne se touchent pas. S’ils se touchaient, on ne pourrait évidemment pas les distinguer les uns des autres une fois la coagulation produite. Non seulement ils sont séparés par des distances appréciables au microscope, mais ils possèdent, au moins au début, une certaine indé-
- pendance : dans les amas formés d’un petit nombre de grains, dans les chapelets par exemple, les mouvements browniens qui persistent encore ne sont pas identiques pour les différents grains.
- C’est, sans doute, à cette structure qu’il faut rattacher l’aspect de flocons spongieux dans lequel le coagulum se présente le plus souvent. »
- L’observation à l’ultramicroscope permet même de suivre en fonction du temps comment varie le nombre des particules après qu’a été introduit l’électrolyte floculant.
- Dans certains cas, et notamment pour les sols d’hydrate ferrique, d’alumine, etc., la floculation détermine un accroissement progressif de la viscosité qui a pu être utilisé pour suivre la marche de la floculation avec le temps.
- Pour beaucoup de solutions colloïdales coloréés, la floculation s’accompagne d’un changement de coloration aisément perceptible même par simple observation directe. Ainsi une solution colloïdale d’or, qui est d’un beau rouge, vire au violet, puis au bleu, par addition d’un électrolyte, et les particules qui se déposent ont cette dernière couleur. Le temps nécessaire pour que se produise le changement de teinte renseigne sur la. durée de la floculation.
- Mais, dans tous les cas, le grossissement des particules qui précède la floculation entraîne un accroissement d’opacité de la solution colloïdale. Aussi peut-on suivre d’une manière extrêmement précise l’évolution qui précède la floculation et en mesurer la durée en étudiant l’opacité croissante de la solution pour une radiation déterminée au moyen d’un photomètre, muni d’un verre absorbant, ou mieux au moyen d’un spectropho-tomètre. C’est là une méthode très générale et dont la mise en œuvre ne demande pas un appareillage compliqué.
- Les diverses techniques précédentes permettent d’étudier comment varie la durée de floculation t d’une solution colloïdale en fonction de la concentration C que possède dans la solution l’électrolyte introduit. Pourvu qu’on opère dans des conditions identiques, cette variation suit une marche régulière et peut être représentée sur un graphique tracé en portant la concentration C en abscisses et les durées de floculation t en ordonnées.
- Lorsqu’on fait varier la nature du colloïde et celle de l’électrolyte, les divers graphiques ainsi obtenus peuvent être ramenés à deux types principaux :
- 1° Dans tous les cas où la floculation est produite par un ion monovalent, la durée de floculation augmente de plus en plus à mesure que diminue la dose de l’électrolyte (fig. 2) et, pour une certaine concentration limite de cet électrolyte, finit par devenir infiniment grande, après quoi la floculation ne se produit plus; la courbe, d’allure hyperbolique, présente ce que les mathématiciens appellent une asymptote dont l’abscisse a sépare en deux régions distinctes les concentrations : celles dont la valeur est supérieure à a peuvent faire floculer la solution colloïdale, tandis que celles dont la valeur est inférieure à a ne produisent pas la moindre trace de floculation;
- 2° Lorsque la floculation est déterminée par un ion
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- polyvalent, il peut arriver que la courbe représentant comment varie la durée de floculation en fonction de la concentration de l’électrolyte révèle l’existence de deux zones de floculation (fig. 3).
- On observe des résultats analogues dans la floculation d’un certain nombre de colloïdes par des électrolytes contenant un ion polyvalent, à condition que cet ion soit l’ion actif de l’électrolyte vis-à-vis de la floculation envisagée, c’est-à-dire l’ion de signe contraire au signe de la particule colloïdale. C’est ce que l’on a obtenu par exemple, pour les floculations de solutions colloïdales de gomme-gutte, de résine mastic et d’or par le chlorure d’aluminium, le chlorure ferrique, le chlorure de thorium, etc. et pour les floculations des sols d’hydrate ferrique par le phosphate de sodium, l’arséniate de sodium, le citrate de sodium, le ferrocvanure de potassium, etc.
- Dans le cas où la courbe de floculation est du type représenté sur la figure 2, la valeur de la concentration a qui correspond à l’abscisse de l’asymptote peut être prise comme mesurant la stabilité du colloïde vis-à-vis de l’électrolyte considéré, puisque la floculation se produit, en des temps d’ailleurs variables, pour toute concentration supérieure à a et qu’elle est impossible à observer pour des concentrations inférieures. Dans le cas où la floculation du colloïde, produite par un électrolyte à ions polyvalents, présente deux zones de floculation comme l’indique le graphique de la figure 3, il est beaucoup plus difficile d’exprimer par un nombre la stabilité du colloïde vis-à-vis de l’électrolyte; en toute rigueur, cette stabilité devrait être définie par les abscisses a, b, c, des trois asymptotes que comporte le graphique.
- CONDITIONS QUI RÉGISSENT LA STABILITÉ DE LA SOLUTION COLLOÏDALE
- La stabilité d’une solution colloïdale vis-à-vis d’un électrolyte donné dépend d’un grand nombre de facteurs parmi lesquels il convient de citer :
- 1° La structure interne du colloïde, caractérisée par la grosseur moyenne de ses granules et leur nombre par unité de volume;
- 2° Les conditions extérieures au milieu (température, agitation, lumière, etc.);
- 3° La présence dans le sol de petites quantités de substances étrangères de nature électrolytique ou non.
- a) L’influence de la grosseur moyenne des grains sur la stabilité d’une solution colloïdale vis-à-vis d’un certain électrolyte dépend à la fois de la nature de la solution colloïdale et de celle de l’électrolyte; en particulier, le sens de cette influence n’est pas toujours le même, et il n’est pas vrai notamment, comme on pourrait le supposer a priori, qu’un mûrissement des particules, qu’il soit spontané ou provoqué par l’action de la chaleur ou de toute autre influence, entraîne une fragilité plus grande de la solution colloïdale vis-à-vis de tous les électrolytes. Au cours de nombreuses recherches sur ce sujet, j’ai eu l’occasion de montrer qu’il est impossible de rien dire de général concernant l’influence de la grosseur moyenne des granules sur la stabilité d’une solution colloïdale. L’influence qu’exerce la concentration de la solution
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- colloïdale sur la stabilité, pour des particules de même grosseur moyenne, varie également avec la nature de l’électrolyte et avec celle du colloïde.
- b) Pour une solution colloïdale donnée, la stabilité vis-à-vis d’un électrolyte peut dépendre de la température sous laquelle on opère, de l’agitation, de l’action des radiations lumineuses, de la concentration sous laquelle l’électrolyte est introduit, etc.
- L’action de la température varie avec la nature de la solution colloïdale et avec celle de l’électrolyte utilisé pour provoquer la floculation, sans qu’il soit possible de formuler aucune règle générale concernant le sens de l’action exercée.
- Une agitation continue et énergique de la solution colloïdale après introduction de l’électrolyte diminue souvent la quantité de l’électrolyte nécessaire pour produire la floculation.
- Certains auteurs ont signalé une influence des radiations lumineuses, mais je n’ai pu la constater dans aucune des expériences que j’ai entreprises à ce sujet sur les solutions colloïdales de sulfure d’arsenic, de gomme-gutte, de résine mastic ou d’hydrate ferrique.
- Toutefois, dans des recherches récentes, nous avons constaté, mon élève Jean Bouchard et moi, que l’addition de faibles quantités de diverses matières fluorescentes (fluorescéine, éosine, érythrosine, etc..), aux solutions colloïdales, leur commu- nique une photosensibilisation très nette : la floculation est beaucoup plus rapide sous l’influence de la lumière et surtout des radiations ultraviolettes que dans l’obscurité, alors que l’action de la lumière ou de ces radiations est sans aucune influence, tout au moins pour la durée des essais réalisés, soit sur le mélange de la substance colorante avec la solution colloïdale, soit sur celui de la solution colloïdale avec l’électrolyte floculant.
- La lumière ou les radiations ultra-violettes n’agissent sur la floculation que lorsque, au sein de la solution colloïdale, se trouvent réunis à la fois la substance fluorescente et l’électrolyte floculant. La dose d’électrolyte nécessaire pour produire la floculation est souvent abaissée d’une manière très considérable : ainsi en présence de fluorescéine, la dose de chlorure de lithium provoquant la floculation d’un sol de sulfure d’arsenic est environ dix fois moindre sous l’influence du rayonnement ultra-violet que dans l’obscurité.
- Il y a là une action photosensibilisatrice tout à fait comparable à celle que diverses matières colorantes exercent sur la destruction des microbes en présence des radiations. Il s’agit bien d’une action due à la fluorescence elle-même, car toute diminution du pouvoir fluorescent, soit par la présence de substances antioxygènes (inhibiteurs incolores), soit par l’addition d’une matière colorante dont le spectre d’absorption en solution présente une bande voisine d’une bande d’absorption de la matière fluorescente (inhibiteur coloré), soit par un accroissement de viscosité du milieu, entraîne une diminution correspondante de l’action photosensibilisatrice.
- Enfin la quantité d’électrolyte nécessaire pour faire floculer une solution colloïdale donnée peut varier notablement avec la manière dont l’électrolyte est introduit
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- et elle est généralement d’autant plus grande que cet électrolyte est introduit dans la solution colloïdale sous une plus grande dilution.
- c) Mais l’un des facteurs susceptibles d’influer le plus fortement sur la stabilité d’une solution colloïdale vis-à-vis d’un électrolyte est l’introduction, dans la solution colloïdale, d’une substance étrangère, même sous des doses très faibles.
- On a signalé depuis longtemps que l’addition de colloïdes hydrophiles, tels que gélatine, albumine, gomme arabique, etc., exerce une action protectrice très nette sur certaines solutions colloïdales, notamment sur les hydrosols d’or.
- Mais ce phénomène est loin d’être général.
- Dans le cas, par exemple, de sols de sulfure d’arsenic et d’hydrate ferrique, des suspensions de gomme-gutte et de résine mastic, on constate souvent que l’addition d’une petite quantité du colloïde hydrophile rend tout d’abord la solution colloïdale plus sensible à l’action des électrolytes.
- Si l’on augmente la dose du colloïde hydrophile introduit, l’accroissement d’instabilité qu’il provoque dans le sol peut aller s’atténuant et finir par s’annuler.
- Des quantités plus fortes exercent ensuite une action protectrice de plus en plus nette; toutefois des doses massives déterminent souvent la floculation du sol. Pour des quantités de colloïde hydrophile croissantes, à partir de zéro, on peut donc observer successivement :
- 1° Un accroissement de sensibilité du sol aux électrolytes ;
- 2° Un effet protecteur vis-à-vis des électrolytes ;
- 3° Une floculation en l’absence de tout électrolyte.
- La présence de traces d’électrolytes joue un rôle tout aussi remarquable sur la stabilité des solutions colloïdales.
- Graham avait déjà signalé que si l’addition en quantité importante d’un électrolyte à une solution colloïdale en provoque la floculation, l’élimination complète des traces d’électrolytes que renferme normalement une solution colloïdale est tout aussi nuisible à sa stabilité.
- Ainsi, en dialysant les solutions colloïdales d’hydrate ferrique pour enlever l’excès d’acide chlorhydrique qui diminue leur stabilité, il remarqua qu’il ne fallait pas prolonger trop longtemps la dialyse, sous peine de voir la solution colloïdale floculer spontanément dans le dialyseur.
- Il fut le premier à signaler l’action stabilisante ou, comme on dit souvent, peptisante, des électrolytes.
- Depuis, ces phénomènes de peptisation ont été bien des fois constatés et ils sont couramment utilisés pour la préparation des solutions colloïdales.
- Mais l’addition à une solution colloïdale de quantités très faibles d’un électrolyte n’en modifie pas toujours la stabilité dans le même sens vis-à-vis des floculations produites par divers autres électrolytes.
- Ainsi, une trace d’ammoniaque telle qu’en peut absorber une solution colloïdale de sulfure d’arsenic au voisi
- nage de laquelle se trouve un flacon d’ammoniaque débouché, qui protège la solution colloïdale très nettement vis-à-vis des floculations par les chlorures alcalins et le chlorure d’aluminium, la rend, au contraire, nettement plus sensible à l’action du chlorure de baryum, du chlorure de magnésium, du chlorure de zinc.
- L’addition de petites quantités de potasse, de soude, de silicates alcalins, agit d’une manière analogue.
- Les suspensions de gomme-gutte et de résine mastic se comportent vis-à-vis de tous ces électrolytes comme les solutions colloïdales de sulfure d’arsenic.
- Un phénomène plus curieux est la protection qu’exerce l’introduction de faibles quantités d’un électrolyte contre la floculation produite par des doses plus fortes du même électrolyte.
- Dans un très grand nombre de cas, j’ai constaté avec la collaboration de plusieurs de mes élèves, qu’une solution colloïdale de sulfure d’arsenic, de gomme-gutte ou de résine-mastic dans laquelle on a introduit préalablement une dose d’électrolyte trop faible pour provoquer la floculation, pouvait ensuite supporter sans floculer une dose (3 du même électrolyte supérieure à la dose a que supporte le colloïde non traité.
- L’introduction préalable d’une faible dose de l’électrolyte protège la solution colloïdale contre l’action de doses plus fortes du même électrolyte.
- L’analogie de ce phénomène avec l’accoutumance de l’organisme à certains poisons est trop évidente pour qu’il soit nécessaire d’y insister.
- De même qu’un sujet peut arriver progressivement à absorber des doses d’un toxique qui seraient mortelles pour un sujet normal, de même une solution colloïdale peut supporter, à condition de l’ajouter progressivement, une dose d’électrolyte qui, introduite en une seule fois, déterminerait la floculation.
- Ces phénomènes rappellent aussi les effets de la vaccination.
- L’analogie, dans ce cas, peut être poussée assez loin.
- Ainsi l’effet de protection réalisé sur un colloïde dépend de la dose préparante introduite; quand on augmente cette dose, l’effet de protection croît d’abord, passe par un optimum et décroît ensuite. De même, un certain temps d’incubation est nécessaire; la protection réalisée par l’introduction d’une dose donnée de la substance préparante, généralement nulle ou très faible au début, croît avec le temps, passe par un optimum au bout d’un certain temps qui dépend de la nature du colloïde et de celle de l’électrolyte, puis semble s’atténuer lentement.
- D’éminents biologistes, notamment M. Lasseur, professeur de microbiologie à la Faculté de Pharmacie de l’Université de Nancy, ont montré l’intérêt que présente le phénomène précédent pour la préparation de certaines solutions colorantes et pour l’étude de l’agglutination des microbes.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
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- = L’ESSOR DES APPLICATIONS DU NICKEL
- ET DE SES ALLIAGES
- I. — LE NICKELAGE
- Le développement des emplois du nickel est un facteur important des progrès de la technique moderne. Dans le magnifique effort d’ensemble qui a porté la métallurgie au degré de perfection qu’elle atteint aujourd’hui, ce n’est que vers la fin du xixe siècle que le nickel est venu donner son puissant concours. Au point de vue industriel c’est donc un métal jeune, « le plus jeune des métaux de grande envergure industrielle », suivant le mot de M. Léon Guillet.
- Pourtant, ses débuts dans l’industrie des hommes se perdent dans la nuit des temps. C’est un fait curieux que le nickel, découvert en 1751 par Kronstedt, qui put l’extraire d’un arséniure naturel, ait été utilisé sous forme d’alliages bien avant d’être connu, et même à des époques très reculées.
- Cela tient à ce que ce métal existe dans la plupart des fers météoriques, et dans des minerais complexes qui fournissent directement de bons alliages. C’est ainsi que des fers météoriques à 9 pour 100 de nickel ont déjà servi, il y a cinquante siècles, à fabriquer des sabres; le packjong de la Chine antique est un alliage naturel de cuivre et de nickel; et le royaume de Bactriane, anéanti par les Scythes il y a deux mille ans, avait déjà, au ine siècle avant notre ère, des pièces de monnaie en cupro-nickel naturel (fig. 1).
- Mais l’emploi systématique du nickel est fort récent. Relevons quelques dates qui marquent des étapes importantes :
- 1843 : début de la pratique du nickelage;
- 1861 : découverte en Nouvelle-Calédonie, par l’ingénieur français Garnier, d’un abondant minerai, la garnié-rile, silicate double hydraté de nickel et de magnésium;
- 1886 : création des aciers au nickel à haute teneur;
- 1900 : emploi des aciers à basse teneur de nickel pour la cémentation;
- 1907 : introduction du nickel dans la fabrication des fontes spéciales.
- C’est aussi au début du xxe siècle qu’apparaissent le métal Monel, remarquable alliage de nickel et de cuivre, et divers autres alliages dont les travaux de laboratoire et les essais industriels devaient bientôt montrer les précieux avantages.
- Depuis la fin de la guerre, un grand nombre de belles recherches ont encore élargi considérablement le champ des applications du nickel. Signalons, parmi les récents progrès, les perfectionnements des procédés de nickelage; l’emploi des aciers inoxydables austénitiques et des fontes inoxydables au nickel-cuivre ; la mise au point d’aciers spéciaux au nickel et au nickel-chrome se prêtant parfaitement au moulage; le durcissement des alliages légers à base d’aluminium par addition de nickel; la création d’alliages
- conservant des propriétés mécaniques élevées à haute température, et dans lesquels entre toujours le nickel; l’emploi des alliages magnétiques fer-nickel; la mise au point industrielle des accumulateurs alcalins.
- L’exploration de ce riche domaine n’est d’ailleurs pas achevée; les recherches actuelles des métallurgistes autorisent de nouveaux espoirs. En sorte que les applications du nickel sont à l’ordre du jour, tant par l’importance qu’elles ont récemment acquise que par l’essor qui leur paraît encore réservé dans l’avenir.
- Pour le public français, ce sujet présente un intérêt d’autant plus évident que la possession de la Nouvelle-Calédonie place la France au second rang des nations productrices de nickel, immédiatement après le Canada. La fondation, en 1929, d’un « Centre d’information du nickel » (x) composé d’éminentes personnalités françaises, — savants et ingénieurs collaborant pour le profit de la science et de l’industrie — est significative de l’importance et de l’actualité de cette vaste question, dont nous voudrions donner ici un aperçu d’ensemble.
- Nous limitant d’ailleurs aux principaux emplois industriels du nickel et de ses alliages, nous devons laisser de côté le problème complexe de la préparation du métal à partir de ses minerais. Mais il est évident que l’essor des applications n’a été possible que grâce aux progrès accomplis dans la métallurgie du nickel, aussi bien pour le traitement du minerai calédonien que pour celui du minerai canadien et norvégien, formé surtout de sulfures, mélanges de pyrrhotine nickelifère et de chalcopyrite.
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- Comme tous les autres métaux, le nickel est surtout employé à l’état d’alliages. L’étude systématique des alliages métalliques a mis à la disposition des constructeurs des gammes si riches de matériaux qu’il est assez rare qu’un métal pur convienne mieux à un usage déterminé que tel ou tel de ces mélanges.
- Toutefois les applications industrielles du nickel pur non seulement demeurent fort importantes, mais se développent largement.
- C’est de métal commercialement pur, et non chimiquement pur, que nous parlons. Il contient des corps étrangers, mais en proportions trop faibles pour mériter le nom d’alliage. Ces impuretés sont des traces de métaux
- 1. Depuis sa fondation, le Centre d’information du nickel a publié toute une série d’études remarquables et approfondies qui ont été notre principale source de documentation. Nous lui devons aussi la plupart des illustrations de cet article.
- Fig. 1. — Pièce baclrienne en cupro-nickel (255 ans avant Jésus-Christ.)
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- Fig. 2. •— Mine de nickel en Nouvelle-Calédonie.
- Le minerai calédonien s’extrait facilement à ciel ouvert, le plus souvent à flanc de coteau.
- non éliminées par la métallurgie (cobalt, fer, cuivre), et de petites quantités de manganèse ou de magnésium volontairement ajoutées dans le but de rendre le nickel ductile et malléable, en le séparant des traces de soufre qui le rendraient cassant. C’est le métal ainsi guéri de sa « maladie du soufre » qui est livré à l’industrie sous le nom de « nickel malléable ».
- Fig. 3. —• Montage pour nickelage de. 16 pare-chocs d’automobiles Renault.
- LE NICKELA.GE MÉTHODES MODERNES
- Le nickel est pratiquement inoxydable, très résistant aux agents chimiques, réfractaire, dur, blanc, susceptible d’un beau poli. Cet ensemble de qualités en fait un métal de choix pour le recouvrement de toutes sortes de pièces métalliques auxquelles on désire donner un aspect plus propre et plus agréable, ou que l’on veut préserver de la corrosion.
- Ces revêtements se font toujours par électrolyse. Disons tout de suite que la réalisation industrielle du nickelage, relativement facile sur le cuivre ou ses alliages, est au contraire un problème délicat lorsqu’il s’agit de recouvrir du zinc, beaucoup plus électro-positif que le nickel, du fer ou de l’acier, si sujets à la corrosion, ou encore de l’aluminium, dont le caractère électro-positif n’est pas gênant (probablement à cause de la formation d’une mince couche d’alumine), mais sur lequel le dépôt de nickel ne peut adhérer fortement que si la surface a été rendue rugueuse par un procédé convenable.
- En fait, les difficultés de la technique du nickelage n’ont été surmontées d’une manière très satisfaisante que tout récemment, surtout depuis 1927. Il faut bien reconnaître que jusqu’à cette époque on se contentait de résultats médiocres. On admettait, par exemple, que les objets en fer nickelés fussent piqués de rouille au bout d’un certain temps d’usage, et linalement corrodés sur toute leur surface : les vieux guidons de bicyclettes et les anciennes carrosseries d’automobiles en font foi. Mais de remarquables progrès ont été accomplis dans ces dernières années, tout particulièrement par l’industrie française, et notamment par la mise au point des méthodes rapides de nickelage que nous allons décrire.
- Dégraissage. — L’opération préliminaire du dégraissage est très importante. Les pièces à nickeler sont presque toujours recouvertes d’un film de matières grasses dont il faut les débarrasser avec soin. Pour cela on les traite d’abord par un solvant organique, tel que le trichlorure d’éthylène C2HC13, qui présente l’avantage sur le benzol et l’essence minérale autrefois employés, d’être difficilement inflammable et de permettre un traitement à chaud.
- Le dégraissage ainsi obtenu est d’ailleurs insuffisant. On l’achève par un procédé nouveau qui remplace l’ancien brossage au lait de chaux, et qui consiste en un dégraissage électrolytique, dans un bain chaud, dont la nature dépend du métal à nickeler, mais qui est habituellement du carbonate de sodium ou de la soude caustique. On utilise de fortes densités de courant, de sorte que la surface des pièces, prises comme cathodes, est le siège d’un abondant dégagement d’hydrogène qui contribue à l’élimination des matières grasses. Une curieuse amélioration du procédé consiste à ajouter au bain d’électro-lyse une matière pulvérulente, telle que la silice ou l’alumine, qui parfait le dégraissage sans qu’on puisse dire si elle agit par adsorption ou par abrasion.
- Préparation des surfaces. — Ces pièces dégraissées ne sont pas encore prêtes, en général, pour le nicke-
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- lage; leur surface est propre, mais inapte à fixer fortement un dépôt de nickel.
- Cette inaptitude est particulièrement marquée pour les pièces en aluminium; leur surface doit être i’endue rugueuse; on y parvient en les immergeant, après le dégraissage, dans une solution acide et très chaude de perchlorure de fer : il se forme, par déplacement, un dépôt de fer mince et adhérent où le nickel s’accrochera énergiquement. Ce procédé, mis au point récemment, a fait du nickelage de l’aluminium, considéré jusqu’ici comme industriellement irréalisable, une opération courante et qui réussit parfaitement.
- Pour les autres métaux, l’obligation de rendre la surface rugueuse est moins impérieuse; elle s’impose pourtant lorsqu’on veut obtenir un dépôt à la fois épais et adhérent. C’est pourquoi le nickelage est presque toujours précédé d’une légère corrosion. Là encore la tendance moderne est l’emploi de l’électrolyse, avec de fortes densités de courant. Pour l’acier, par exemple, on utilise une solution d’acide sulfurique à 53° Baumé où les pièces, prises comme anodes et soumises à une densité de 15 ampères par dm2, ne séjournent qu’une vingtaine de secondes.
- Le dépôt électrolytique. Le nickelage rapide.
- — C’est alors seulement qu’on procède au nickelage électrolytique. Ici le grand progrès accompli par l’industrie française est la création de procédés permettant d’utiliser de fortes densités de courant, et par conséquent d’obtenir des dépôts suffisamment épais en peu de temps. Alors que jusqu’à ces dernières années, on ne savait obtenir de bons dépôts, épais, durs et adhérents, qu’avec de faibles densités de courant, atteignant au maximum 0,75 ampère par dm2, on emploie couramment aujourd’hui 10 ampères par dm2. Cela permet d’obtenir en moins d’un quart d’heure un dépôt de 25 microns, épaisseur qu’on a rarement intérêt à dépasser.
- Ce remarquable résultat a été obtenu par les moyens suivants : électrolyse à chaud (vers 50°) ; agitation de l’électrolyte par un courant d’air énergique; augmentation de la concentration du bain d’électrolyse en sel de nickel; enfin addition à ce bain d’une faible quantité d’un agent oxydant (acide nitrique ou nitrate de nickel) pour supprimer les petites bulles d’hydrogène qui sans lui se fixeraient sur la surface à nickeler.
- Le mécanisme de l’électrolyse est celui de la galvanoplastie, bien connu : il consiste essentiellement en un transport de métal des anodes a solubles » aux cathodes ; celles-ci sont donc les pièces à nickeler elles-mêmes (fig. 3), tandis que les anodes sont des masses en nickel
- (fig- 4).
- Quant à l’électrolyte, il est principalement constitué par une solution de sulfate de nickel, à laquelle on ajoute diverses substances : les unes servent à augmenter la conductibilité du bain (sulfate d’ammonium), les autres à faciliter la corrosion des anodes (chlorures), d’autres encore à régulariser l’acidité du bain (acide borique). On sait que cette acidité est caractérisée par la concentration en ions H+; la valeur du pH joue ici un grand rôle dans le succès de l’opération; on la mesure et on la contrôle par les procédés habituels de colorimétrie; la
- Fig. 4. — Montage de 4 anodes « dépolarisées », en nickel pur légèrement oxydé.
- valeur à maintenir dépend de la composition du bain, de sa température et de la densité du courant, mais reste voisine de 5,3.
- Une chose qui peut paraître surprenante est la diffî-Fig. 5. — Anodes en nickel.
- A gauche : Anode laminée ordinaire après corrosion. Remarquer les plaques noirâtres spongieuses prêtes à tomber : l’anode « charbonne ». A droite : anode « dépolarisée » après corrosion dans les mêmes conditions que la précédente : la surface est propre, l’usure plus régulière.
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- Fig. 6. — Bain de nickelage comprenant les bacs de dégraissage électrolytique, la cuve de corrosion, les bains de nickelage el de rinçage.
- culté d’obtenir de bonnes anodes. En réalité il y a là tout un problème assez complexe et encore incomplètement résolu. Une bonne anode devrait se dissoudre régulièrement de manière à restituer au bain tout le métal déposé sur la cathode, et cela sans s'effriter et sans polluer l’électrolyte.
- Or les anodes ordinaires en nickel coulé ou laminé se dissolvent mal, ce qui tend à rendre le bain trop acide, se désagrègent partiellement, donnant des grains qui flottent dans l’électrolyte et viennent former des rugosités sur les cathodes, enfin donnent lieu à la formation d’un oxyde noir de nickel, ce qui entraîne des pertes de métal.
- L’addition de chlorures au bain d’électrolyse atténue ces inconvénients sans les supprimer; un progrès beaucoup plus important a été réalisé par la fabrication
- d’anodes spéciales, dites « dépolarisées », constituées par du nickel très pur légèrement oxydé. « L’oxygène présent sous forme d’oxyde de nickel insoluble à l’état solide, écrit M. Marcel Ballay, serait la cause d’une hétérogénéité régularisant la corrosion sans introduire de matières étrangères dans l’électrolyte. » Quoi qu’il en soit, les résultats obtenus avec ces nouvelles anodes sont très satisfaisants; la figure 5 met en évidence leur supériorité. C’est un montage d’anodes de ce type que représente la figure 4.
- Les méthodes de nickelage rapide dont nous venons de jaarler se prêtent bien à l’organisation rationnelle du travail et en augmentent le rendement.
- Mais c’est surtout par la qualité des résultats que ces méthodes constituent un remarquable progrès. On demande à un bon dépôt d’adhérer fortement au métal sous-jacent, et d’autre part de protéger efficacement ce métal, c’est-à-dire d’être continu et aussi peu perméable que possible. On apprécie donc la qualité du revêtement par des essais d’adhérence et des essais de protection, effectués sur des plaquettes nickelées.
- Pour l’adhérence, l’essai le plus sévère est celui des pliages successifs : la tôle est pliée complètement, puis ouverte, repliée, jusqu’à rupture, et le dépôt ne doit pas se détacher le long de la cassure. Avec les méthodes modernes on atteint ce résultat même pour des dépôts de 25 microns d’épaisseur sur acier ou alliages de cuivre.
- Pour l’efficacité de la protection, qualité surtout exigé# des revêtements sur fer et acier, l’essai au brouillard salin est le plus intéressant. Il consiste à exposer les pièces à une pulvérisation d’eau salée à 20 pour 100 pendant un temps déterminé. Dans cette atmosphère, le fer et l’acier sont très rapidement corrodés; les pièces nickelées résistent un certain temps à l’épreuve, puis commencent à se « piquer » de petites taches de rouille. Si le nickelage est bon, il ne doit se produire, même au bout de cent heures, aucun décollement autour de ces taches, qui doivent être petites, peu nombreuses, et facilement effacées par avivage.
- les méthodes rapides se sont révélés excellents.
- Les qualités remarquables de ces dépôts ont d’ailleurs rendu un grand service à la technique du chromage. On sait combien les revêtements de chrome sont aujourd’hui appréciés, à cause de leur dureté, de leur jolie couleur et de leur admirable poli. Mais ils sont très difficiles à obtenir; dans l’état actuel de la technique, ils ne peuvent pratiquement dépasser 1 micron d’épaisseur, ce qui est très insuffisant pour protéger l’acier (fig. 7). Il faut donc de toute nécessité déposer le chrome sur un premier revêtement épais, imperméable, et à peu près de même couleur que lui. C’est le nickel qui convient le mieux; mais le chromage est une épreuve sévère pour le revêtement préalable, et les méthodes rapides de nickelage à chaud, donnant des dépôts parfaitement adhérents, ont permis de diminuer considérablement les rebuts dans de nombreux ateliers de chromage. (A suivre.) Roger Vène.
- Fig. 7. — Voici deux plaquettes d’acier qui ont subi l'essai au brouillard salin pendant 20 jours entiers :
- Celle de droite avait été chromée directement; elle est fortement rouillée; la protection était illusoire. Celle de gauche avait reçu avant chromage un dépôt de nickel de 20 microns d’épaisseur; elle est presque intacte, malgré la sévérité de l’épreuve.
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- POISSONS DU CAMEROUN
- Région de l’Afrique équatoriale, s’étendant du golfe de Biafra jusqu’au Tchad, le Cameroun est un pays de plateaux dont les parties méridionales chaudes et humides contrastent avec la brousse et les savanes soudanaises du nord. On a déjà prospecté les environs des principaux centres : Yaoundé, Douala, Ioumban, à la recherche des richesses minières et forestières, mais l’inventaire faunistique est encore loin d’être établi. Récemment, un des meilleurs voyageurs naturalistes français, M. Th. Monod, a recueilli soit dans la Sanaga et le Nyong, tributaires de l’Atlantique et coulant de l’est à l’ouest, soit dans les affluents de la Sanaga (Ngoko, Kadei) et du Logone allant d’ouest en est, soit dans le Benoué qui se dirige
- siècles, puisque des artistes contemporains des Pharaons les ont sculptés sur d’anciens monuments d’Égypte. Les formes et la taille varient beaucoup dans cette étrange tribu, mais ses membres présentent tous de petits yeux, une grosse tête logeant un cerveau relativement grand pour un poisson; certains présentent en plus une trompe, un appendice qui leur donne un aspect tout à fait inaccoutumé.
- Le plus curieux est certainement le Gnathonème fantastique (fig. 1) dont le museau allongé rappelle une trompe d’éléphant ! A l’extrémité de celle-ci, on distingue sa bouche minuscule garnie en haut de trois petites dents et en bas de trois longues dents coniques et échancrées.
- Fig. 1 à 4. — Quelques Mormyridés du Cameroun.
- En haut à gauche, Gnathonème fantastique. En haut à droite, Gnathonème du Ntem. En bas à gauche, Mormyre à tête de cheval.
- En bas à droite, Paramyomyre à nageoires égales.
- du sud au nord de l’ancienne colonie allemande, une importante collection de poissons qu’il a rapportés au Muséum où le spécialiste des poissons d’eau douce, le Dr Jacques Pellegrin, est en train de les étudier.
- Grâce à l’amabilité de ce savant et de « l’Agence économique des territoires africains sous mandat » qui a bien voulu nous communiquer les belles photographies reproduites ici, nous pouvons présenter quelques-uns de ces curieux spécimens ichtyologiques.
- POISSONS NOUVEAUX
- Parmi tous les poissons peuplant les fleuves et les rivières du Cameroun, les plus extraordinaires appartiennent à l’originale famille des Mormyridés dont on a décrit plus de 125 espèces vivant toutes dans les eaux douces africaines. Certains d’entre eux, à la chair assez estimée sur les rives du Nil, sont connus depuis des
- Une sorte de menton en forme de doigt termine cet appendice bizarre. Friand des petits Crustacés qui fourmillent dans les eaux vaseuses des fleuves de l’Afrique occidentale, il les cherche au moyen de cet organe tactile et les ingurgite dans son long tube buccal à la manière d’une pilule. L’étroitesse de sa bouche lui interdit des proies plus volumineuses ; il peut cependant atteindre une taille respectable puisque les pêcheurs Bantous ou Foulbés en capturent parfois des exemplaires mesurant 50 cm de longueur.
- Une espèce voisine, le ^Gnathonème du Ntem (fig. 2) (ainsi appelé par M. Pellegrin, parce qu’on l’a pêché dans la rivière de ce nom), quoique atteignant des dimensions moindres n’a pas un faciès moins extraordinaire; il porte, sous la bouche, un appendice globuleux; en moyenne, il mesure une trentaine de cm de longueur. Le Mormyre cheval (fig. 3), qui vit dans les rivières
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- Nyong et Sanaga, peut atteindre quelques cm de plus; sa tête se prolonge en une sorte de chan-frein qui lui donne un aspect équin, tandis que ses dents égales et tranchantes rappellent celles de la « plus noble conquête de l’homme ». Quant au Paramyomyre à nageoires égales (fig. 4), son profil fait songer plutôt à une silhouette de Léporide; on l’a seulement pêché jusqu’ici dans la Sanaga et il ne mesure guère que 25 cm de longueur; deux incisives médianes, très développées accentuent son profil.
- Parmi les poissons étranges de cette région, nous n’aurions garde d’oublier le Gavialocharax, découvert encore par M.Th. Monod. Ce pseudo-crocodile appartient à la famille des Characinidés dont les nombreuses espèces peuplent les eaux douces de l’Amérique centrale et méridionale, de toute l’Afrique, sauf la région mauri-tanique, mais manquent en Europe, en Asie et dans l’Amérique du Nord. Pêché dans la rivière Wuri, cet original brochet africain a le museau terminé par un bec garni de dents aiguës. M. Giltay a décrit récemment, sous le nom de Belenophage de Hutsebout, un Chara-cinidé nouveau de même allure; toutefois ce poisson recueilli à Buta (Congo belge) mesure à peine 7 cm, alors que la Gavialocharax de Monod avait 23 cm.
- Fig. 5. — Gavialocharax de Monod.
- POISSONS COMMUNS
- D’ailleurs, il ne faudrait pas croire que la faune ichtyo-logique de l’Afrique occidentale se borne à ces curiosités. Depuis longtemps, les populations indigènes du Cameroun et du Togo se nourrissent des poissons qu’elles pêchent soit dans la baie de Douala, soit dans les fleuves des bassins côtiers (Wouri, Sanaga, Nyong, Ntem, etc.), soit dans les cours d’eaux douces des steppes soudanaises, notamment le Benoué, le Logone, le Chari et le Tchad.
- Sur le littoral maritime, d’octobre à mai, les poissons abondent dans l’estuaire et au voisinage immédiat de la côte. Les pêcheurs indigènes sont des piroguiers très habiles. Sur leurs frêles esquifs d’une belle coloration naturelle rouge violet, ils sillonnent l’estuaire, descendant ou remontant le Wouri par tous les temps. Ils apportent sur les marchés de Douala ou aux navires mouillés à Souellaba et même jusque dans les ports de Victoria et de Tiko (Cameroun britannique) des produits variés. Tantôt ils y vendent la curieuse Raie guitare (Rhino-batus rasus), moins commune en ces parages que la Raie perlée (Dasybatis margarita), tantôt ils les approvisionnent d’Aloses (Ethmalosa dorsalis) ou de Corbs
- (Corvina nigrita) fumés, tantôt ils vont y proposer des Polynèmes à quatre fils (Polynemus quadrifilis), qu’on rencontre aussi bien sur les côtes que dans les rivières depuis le Sénégal jusqu’au Congo. On nomme vulgairement « Capitaines » ces superbes et très bons poissons qui peuvent dépasser 1 m 50 de longueur.
- Souvent aussi les pêcheurs de Douala capturent de belles Soles dites Langues de chien (Cynoglossus sene-galensis), fort abondantes dans la baie, des Morues d’Afrique (Epinephelus) qui pèsent parfois plus de 100 kg, des Mulets (Mugil cephalus), des petites Sardines (Pellonula vorax) ou des Sardines plates (Pellona afri-cana), etc. Certains monteurs de pirogues se font une spécialité de la pêche des crustacés qui vivent nombreux sur les côtes de l’Afrique occidentale, entre autres divers Crabes, deux espèces de crevettes aux pinces énormes et surtout la fausse écrevisse (Callianassa Fumera WhiteJ,à qui le Cameroun doit son nom et dont les indigènes se régalent.
- La faune ichtyologique des régions de l’intérieur est encore beaucoup plus variée que celle Me la baie de Douala puisqu’elle comprend,- d’après le remarquable ouvrage de M. Jacques Pellegrin sur « les poissons des eaux douces de l’Afrique occidentale », 192 espèces réparties en 58 genres et 15 familles. Parmi les habitants des fleuves et rivières des bassins côtiers, nous retiendrons simplement quelques-uns des plus importants au point de vue alimentaire qui se rangent, comme dans toute l’Afrique, entre cinq groupes principaux : les Mormyridés, les Characinidés, les Cyprinidés, les Silu-ridés et les Cichlidés.
- Du premier groupe, mentionnons le Mormyrops deli-ciosus à la chair particulièrement savoureuse et de plus grande taille que son cousin le Mormyre cheval cité plus haut, les Gnathonemus et les Marcusenius, très répandus dans toute l’Afrique tropicale. Parmi les nombreuses espèces de Cyprinidés, on y trouve une vingtaine d’espèces du genre Barbus, Barbeaux et Barbillons au corps recouvert d’écailles marquées, à leur partie extérieure visible, de nombreuses stries parallèles ou divergentes. Comme représentants des Cichlidés dénommés vulgairement Carpes, citons les Hemichromis, les excellents Pelmatochromis au profil convexe, au museau arrondi aussi long que large et parfois de belle taille. Le Pelmatochromis Kingsleyae est aussi une espèce très commune qu’on rencontre depuis le delta du Niger jusqu’au Congo. Quant aux Siluridés, ils constituent la famille la plus abondamment représentée dans les cours d’eau de la région forestière du Cameroun. Parmi tous ces poissons que les colons appellent indistinctement des « Machoirans », les naturalistes rangent entre autres les Synodontis à la nageoire dorsale courte, composée d’une épine forte et de six ou sept rayons mous, les Clarias qui jouissent de la faculté de pouvoir résister plusieurs jours à la privation d’eau, grâce à un organe ressemblant grossièrement à un chou-fleur qui surmonte leurs branchies et leur permet de respirer l’air atmosphérique.
- Les poissons des steppes soudanaises ne diffèrent pas beaucoup des types précédents. Cependant à côté des Mormyrops, des Gnathonèmes, des Synodontes et autres
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- Fig. 6 et 7. — A gauche : Pêcheur du Cameroun tenant une Raie perlée. (Dasybatis margarita.) A droite : Pêcheur de Douala lenanl une Raie
- guitare (Rhinobatus rasus) et une Aiguillette (Tylosaurus).
- espèces des bassins côtiers, voisinent quelques sujets originaux.
- Dans le Benoué, par exemple, on pêche une raie étrange la Dasybatis rudis, que les indigènes appellent « scorpion d’eau ». Un brochet, le Sarcodaces odoë est très commun dans le bassin du Niger; son museau allongé, dont la partie prémaxillaire arrondie dépasse la mâchoire inférieure, l’a fait surnommer « chien d’eau » par les pêcheurs nègres. La teinte générale de son corps est brune ou olivâtre en dessus, argentée en dessous. UAlestes nurse a une vaste distribution géographique comprenant le Nil jusqu’au Victoria, le lac Rodolphe, le Tchad et l’Afrique occidentale du Sénégal au Cameroun; elle doit son appellation indigène de « femme lépreuse » à sa coloration dorée foncée sur le dos avec une tache noire au-dessus du début de la ligne latérale et une autre sur la fin du pédicule caudal. Le Citharinus citharus s’appelle en haoussa, la « querelle avec l’épouse », à cause du grand nombre d’arêtes que renferme son squelette si bien que la femme qui l’accommode en laisse toujours en le préparant et s’attire ainsi les réprimandes de son maître. Ce savoureux et très prolifique Characinidé s’accommode bien des eaux bourbeuses et mal aérées du Tchad, de la Gambie ou du Niger. Chose digne de remarque, il possède une cavité située derrière ses branchies et dans laquelle l’air s’accumule; cet organe respiratoire acces-
- soire, découvert par Sagemehl, sert à l’oxygénation de son sang.
- La Tilapie de Galilée habite non seulement la Palestine, le Jourdain, les fleuves asiatiques et le Sahara où elle remonte jusque dans l’Adrar, mais on la trouve encore en Afrique, dans le Nil, le Tchad, le Niger, le Sénégal et l’Oubanghi. Comme ses congénères, la femelle de cet étrange Cichlidé conserve dans sa cavité bucco-bran-chiale ses œufs jusqu’à leur complet développement et continue même à y héberger encore ses petits plus ou moins longtemps à l’état d’alevins.
- De leur côté, les Foulbés capturent avec une grande facilité, dans leurs rivières, les Arius gigas qu’ils appellent « moutons d’eau » et ils s’emparent souvent aussi de
- Fig. 8. — La Callianasse, à laquelle le Cameroun doit son nom. (Camerones, en portugais).
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- beaux spécimens du célèbre Silure électrique (Malap-terurus electricus) qu’ils surnomment, dans leur langage imagé, le « poisson faisant frissonner » à cause de la violente décharge électrique qu’il produit au moment de sa capture, le bras du pêcheur restant complètement engourdi pendant cinq minutes, aux dires du Dr Gaillard. Les autres secousses vont en s’atténuant : après une dizaine environ, on peut tenir en mains le Silure, car la sensation, quoique très appréciable encore, n’est plus douloureuse. Ce poisson, comestible, est très répandu en Afrique, on le rencontre du Nil au Zambèze, y compris le Tanganyika, mais à l’exclusion du lac Victoria et de quelques rivières de l’est africain et, à l’ouest, du Sénégal au Congo. Les propriétés électriques du Malapterure sont, d’ailleurs, connues depuis fort longtemps ; aussi lesArabes du Nil le désignent-ils sous le nom de « Tonnerre ». Signalons, pour terminer cette liste, fort incomplète des poissons remarquables du Cameroun, le curieux Hete-rotis niloticus, surnommé « frappeur d’eau » par allusion à son claquement sec quand il remonte à la surface. Ce gros poisson à la chair très estimée se tient surtout dans les eaux marécageuses du Nil, du Tchad, du Sénégal, de la Gambie, du Niger où on le repère facilement, car il construit un nid pour abriter sa progéniture.
- MODES DE PÊCHE
- Quant aux engins de pêche employés par les noirs du Cameroun, s’ils sont primitifs par leurs formes et leur disposition, quelques-uns de ceux dont nous allons parler ne manquent certes pas d’ingéniosité.
- D’abord sur le littoral maritime, enfants, hommes ou femmes ramassent les coquillages ou certains poissons simplement à la main nue sans se servir d’appareils. Les populations côtières se procurent ainsi les Callia-nassa à Douala et les pêcheuses d’Akonolinga s’emparent facilement des Clarias sous les herbes des lagunes. Les riverains de la Sanaga, très habiles tireurs, se servent de l’arc pour pêcher au milieu des cours d’eau, tandis que les pêcheurs de la baie de Douala utilisent indépendamment de harpons, de sagaies et de foenes, du coupe-coupe pour assommer les poissons attirés par des torches.
- La pêche à l’hameçon se pratique couramment au Cameroun soit avec de simples gaules, soit avec des lignes de fond à flotteurs montés sur deux bâtons terminaux, soit comme les Moudangs de Léré, avec des lignes formées d’un seul avançon monté sur un fruit sec de Lagenaria, faisant office de flotteur.
- Les genres de filets africains varient beaucoup selon les régions. Dans le sud, on emploie l’épervier, encore inconnu dans le nord. Les filets à manœuvre horizontale, oblique ou verticale sont également très répandus au Cameroun. Citons entre autres les divers haveneaux (Etan des Fang et des Boulons, Evunga des Bakokos, Ngumbé des Ssos), les épuisettes nigéro-tchadiennes en arc simple ou double, le térében ou panier en cône se manœuvrant de haut en bas avec filet recouvrant Je poisson. D’autres engins fixes tels le Ndambê batta, actionné de bas en haut, soulèvent au contraire le poisson. Les sennes sans bâtons à flotteurs et poids (épésé) ou à deux bâtons de bout à manœuvre verticale ou oblique (Ngoto à crevettes des Doualas), les sennes à bâtons nombreux, planes ou à poches entre des bâtons, s’emploient dans les bassins nigéro-tchadiens concurremment avec les nasses de tous modèles : nasses à noix de palme pour les Palaemon jamaicensis, bourse des S’ssos du Nyong, burdigues à chambres des Battas, barrages transversaux des Mousgoums, barrages à entonnoirs des Kotokos; cadre à branchages des Yaoundés, poche en natte des Moundangs, etc.
- Depuis quelques années, l’administration française incite les populations indigènes à mieux exploiter les richesses ichtyologiques du Cameroun, que des savants français se sont efforcés de faire connaître. Récemment, le gouverneur Marchand a même fondé à Souelaba une école de pêche que dirige avec autorité le commandant Briaud. Cet habile technicien et ses collaborateurs cherchent par tous les moyens, à développer et à perfectionner les procédés de capture et surtout les archaïques méthodes indigènes de conservation des produits tirés des eaux douces de l’Afrique occidentale.
- Jacques Boyer.
- : LES LAMPES A LUMINESCENCE
- LEURS DIFFÉRENTS EMPLOIS
- Les lampes luminescentes dans lesquelles on utilise les phénomènes d’ionisation des gaz ont, à l’heure actuelle, des emplois de plus en plus étendus et de plus en plus divers.
- Les tubes à lueur, à intensité lumineuse constante, sont adoptés depuis longtemps pour la publicité, et même pour l’éclairage de grande puissance, le rendement de certains d’entre eux s’est révélé bien supérieur à celui des lampes électriques à incandescence. Les tubes modulateurs de lumière produisant des lueurs d’intensité
- variable en correspondance avec des oscillations électriques auxquelles ils sont soumis, sont utilisés très souvent pour l’enregistrement des sons en cinématographie sonore, et pour la traduction courant-lumière en télévision ou en téléphotographie.
- On a adopté des tubes à décharge froide et de nombreux systèmes thermioniques comme redresseurs de courant, et même pour l’amplification radiotechnique. Il est enfin des usages moins importants, mais fort intéressants, tels que la régulation des tensions des systèmes d’alimen-
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- tation des amplificateurs, ou l’établissement de tubes témoins de sécurité, et même la production d’oscillations électriques dans certains appareils de musique radioélectriques, par exemple, qui mériteraient d’être signalés.
- Sans avoir la prétention de passer en revue tous les usages possibles actuels des lampes à luminescence, dont certains sont déjà bien connus et ont été étudiés dans cette revue, nous voudrions surtout insister sur leur emploi en télévision et en cinématographie sonore, et indiquer quelques particularités nouvelles ou originales de leurs applications en radiotechnique.
- LES PHÉNOMÈNES D’IONISATION DANS LES AMPOULES LUMINESCENTES
- Le fonctionnement des lampes luminescentes est basé sur les phénomènes d’ionisation des gaz qu’il est bon de rappeler.
- Quand on applique une différence de potentiel constante assez élevée produite àU’aide d’une machine électrostatique, d’une bobine d’induction, ou d’un transformateur élévateur de tension, entre deux électrodes placées dans un tube contenant un gaz sous une pression de l’ordre du millimètre de mercure, il se produit dans le tube un régime permanent de décharge et des phénomènes d’ionisation (fig. 1).
- Dans le volume de gaz considéré à pression réduite, il existe toujours des électrons libres; par suite de la différence de potentiel appliquée sur les électrodes, ces électrons sont attirés vers l’anode et, dans cette course, peuvent entrer en collision avec un atome du gaz. Un électron rencontrant un atome du gaz le dissocie, et en détache un électron négatif. Celui-ci et l’électron primitif se dirigent vers l’anode, rencontrent de nouveaux atomes qu’ils dissocient, et ainsi de suite. Les atomes ainsi rendus positifs se dirigent vers la cathode et y récupèrent les électrons déficients.
- Fig. 2. — I. Allure de la courbe caractéristique intensité-tension d'une lampe aujiéon.Dans la région ED, la décharge est à résistance négative. II. Courbe d’utilisation pratique d'une petite lampe au néon à plaque avec résistance de 3000 ohms en série (type Gécovalve).
- Espace obscur Espace obscur
- de Faraday de Crookes
- Anode
- Cathode
- Colonne positive
- Lumière négafive
- Game
- cathodique
- Fig. 1. — Aspect de la décharge lumineuse dans un tube à gaz raréfié.
- Les électrons mis en liberté se précipitent vers la plaque, et, chacun à son tour, pourra libérer un autre électron, d’où un phénomène en progression géométrique. L’équilibre sera atteint lorsque la vitesse de recombinaison des électrons libres avec les atomes privés d’électrons à l’intérieur de la trajectoire de décharge sera égale à la vitesse de libération.
- Tout atome ou groupe d’atomes possédant une charge résiduelle due à l’enlèvement ou à l’addition d’électrons, est appelé ion et l’on donne le nom à’ionisation au phénomène que nous venons de décrire.
- Il y a, d’ailleurs, d’autres procédés qui permettent d’obtenir l’ionisation des gaz. Celui que nous venons d’indiquer est réalisé en appliquant simplement une différence de potentiel sur des électrodes, d’où le nom de système à décharge froide. Mais on peut également provoquer une ionisation par choc, comme nous l’indiquons plus loin, en utilisant un filament chaud émetteur d’électrons placé dans un tube, qui a reçu pour cette raison le nom de tube thermionique.
- Le phénomène dépend, d’ailleurs, d’un certain nombre de facteurs : distance entre les électrodes, la différence de potentiel appliquée, nombre d’atomes par unité de volume (pression du gaz) et nature du gaz lui-même.
- Ce dernier facteur fait varier l’énergie cinétique minimum nécessaire pour libérer un électron extérieur de l’atome, et l’on appelle potentiel d’ionisation le potentiel que doit perdre l’électron pour acquérir cette énergie. Ce potentiel est ainsi de l’ordre de 13 volts pour l’hydrogène, de 25 v pour l’hélium, de 21 v pour le néon, etc.
- Les lois de la décharge de rupture dans les gaz rares purs sont différentes de celles qui s’appliquent aux autres gaz. Les électrons qui ont heurté une molécule sans l’ioniser rebondissent avec une force égale à celle qu’ils avaient avant le choc. Cette qualité est utilisée dans les lampes luminescentes de télévision et de cinématographie sonore qui sont presque toujours remplies de gaz rares, tels que le néon et l’argon, mais il faut cependant noter que l’emploi des vapeurs métalliques, telles que celles de sodium, semble se répandre également.
- LES EFFETS DE L’IONISATION DANS LES TUBES A GAZ RARÉFIÉ
- A l’ionisation se rattachent des effets de luminescence dont l’apparence est variable suivant la pression du gaz, et la nature de ce gaz. Comme nous l’avons indiqué plus haut, les phénomènes de luminescence utilisés dans les tubes servant à traduire les oscillations électriques
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- en oscillations lumineuses se produisent lorsque la pression du gaz est de l’ordre de 1 mm de mercure.
- On voit ainsi sur la figure 1 comment se présente alors l’aspect du tube. Une mince couche lumineuse dite gaine cathodique est appliquée contre la cathode, puis on trouve un espace obscur dit espace de Crookes, dont la longueur augmente à mesure que la pression diminue. Ensuite, se présente une région assez faiblement lumineuse, la lumière négative, séparée plus ou moins nettement de l’espace de Crookes, puis une seconde région sombre : l’espace de Faraday .
- Enfin, une colonne lumineuse, parfois striée, la lumière positive, va de l’espace de Faraday à l’anode, et celle-ci est entourée d’une gaine lumineuse très vive. Aux pressions considérées, lorsque le tube est allongé, la lumière positive remplit presque tout le tube; c’est elle qui est seule utilisée pour produire l’effet bien connu dans les tubes au néon d’éclairage de plusieurs mètres de longueur, employés maintenant en si grand nombre pour la publicité.
- Mais, si l’on rapproche les électrodes dans des tubes de forme cylindrique ou aplatie, et, sous certaines conditions de pression, on peut, au contraire, rendre presque invisible la lumière positive, et apercevoir seulement la lumière négative et la gaine cathodique. C’est ce phénomène qui est utilisé dans les lampes luminescentes adoptées en télévision, et généralement aussi en cinématographie sonore. La lueur d’intensité variable produite par ces dispositifs est donc uniquement négative, et elle est, d’ailleurs, localisée sur la cathode.
- Fig. 3. — Courbes lumière courant de lampes au néon.
- A. Modèle satisfaisant. J3. Modèle défectueux.
- LES CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DES LAMPES LUMINESCENTES AU NÉON
- Les premières lampes luminescentes modulatrices ont eu recours au néon et, à l’heure actuelle, la plupart des systèmes traducteurs courant-lumière utilisent des ampoules remplies de néon à faible pression ou remplies d’un mélange de néon avec d’autres gaz.
- Le néon est un gaz rare de l’air, au même titre que l’hélium, l’argon, le krypton et le xénon. Il y a en volume 0,0015 et en poids 0,001 de néon dans l’air.
- On obtient le néon par distillation fractionnée de l’air liquide; comme les composants de l’air n’ont pas le même
- point d’ébullition, on obtient d’abord un mélange d’hélium et de néon.
- Ce mélange est placé dans un vase soumis à une température extrêmement basse; le néon se solidifie et se sépare ainsi de l’hélium.
- Le néon est dans les tubes de télévision à une pression de l’ordre de plusieurs millimètres de mercure et la tension d’amorçage appliquée sur les électrodes, c’est-à-dire la tension pour laquelle la luminescence apparaît, peut être relativement faible, de l’ordre de 130 à 160 v.
- La luminescence de ces tubes est jaune orangé ou rouge orangé, car le néon est rarement pur, et des traces d’autres gaz comme l’hélium, l’hydrogène, l’argon et l’azote suffisent pour modifier la coloration.
- Les électrodes sont presque toujours dissymétriques, de sorte que le courant dans ces tubes ne peut passer que dans un sens; cette conductibilité unilatérale est utilisée, d’ailleurs, dans des valves redresseuses de courant alternatif, utilisées en radiotechnique, ou pour la recharge des accumulateurs.
- Lorsqu’on applique sur les électrodes d’une lampe au néon des tensions régulièrement croissantes, et qu’on observe l’intensité du courant auquel cette lampe livre passage, on constate que le courant ne passe qu’à partir du moment où une luminescence apparaît dans l’ampoule; mais, dans un certain domaine de tensions, tant que celle-ci n’a pas atteint une certaine valeur, dite critique, l’intensité du courant diminue lorsque la tension augmente. C’est ce qu’on exprime en disant que la lampe a une résistance négative. Ce phénomène est représenté sur la courbe caractéristique de la lampe intensité-tension, par la branche DE de cette courbe (fig. 2).
- Nous remarquerons à ce propos, et nous ne pouvons nous étendre sur ce sujet dans cet article consacré spécialement aux lampes luminescentes modulatrices, que la lampe au néon peut être employée comme régulatrice de tension, et également comme productrice d’oscillations électriques entretenues. C’est ainsi qu’on utilise des petits tubes au néon pour régulariser la tension dans le secondaire d’un système d’alimentation par courant redressé, et qu’on a pu employer de petits tubes au néon comme systèmes oscillateurs dans des appareils de musique radiotechniques ou de télévision cathodique.
- En télévision ou en cinématographie sonore, on n’utilise pas, d’ailleurs, la propriété de résistance négative de la lampe, qui pourrait servir pour des effets de détection, et on régularise son fonctionnement à l’aide d’une résistance de quelques milliers d’ohms, montée en série, et placée souvent dans son culot. La tension appliquée est supérieure à la tension critique E, et le fonctionnement s’effectue alors dans la partie supérieure linéaire de la courbe ABC.
- La courbe d’utilisation d’une lampe au néon avec résistance en série se présente ainsi comme le montre la figure 2 en II. Pour obtenir une luminescence régulière avec le modèle étudié, il faut augmenter la tension au delà de 200 v, et le débit varie alors aux environs de 18 milliampères.
- L’idéal, pour les emplois en télévision, serait que l’intensité lumineuse fût proportionnelle à l’intensité
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- électrique (la courbe intensité-lumière est alors une droite). En l'ait, si pour certains modèles, la courbe obtenue réellement est très satisfaisante, pour d’autres, elle s’écarte plus ou moins de la forme idéale; c’est ainsi que la courbe A de la figure 3 est très satisfaisante, alors que la courbe B indique que les caractéristiques de la lampe considérée sont mal étudiées.
- Ces lampes sont soumises à l’action d’un courant auxiliaire d’une intensité moyenne qui provoque la formation d’une luminescence également moyenne. Sous l’action des oscillations électriques provenant du récepteur de télévision, par exemple, l’intensité du courant et, par suite, la brillance de la lampe varient autour de cette valeur moyenne (fig. 4).
- L’inertie des lampes au néon est extrêmement faible, et peut être rendue facilement de l’ordre du 1/100 000e de seconde. Elle est assez réduite pour convenir à l’heure actuelle à tous les besoins normaux de la technique de la réception, même en radiovision.
- lLES LAMPES AU NÉON A CATHODE PLATE ET LEURS CARACTÉRISTIQUES
- L’éclairage au néon est né des études du savant français, Georges Claude ; elles datent de 1910, mais s’appliquaient aux lampes d’éclairage pour la publicité lumineuse. Les lampes au néon pour télévision ont été surtout étudiées par Mac Farlane Moore, de la General Electric Company aux États-Unis, par F. Skaupy et Julius Pintsch, en Allemagne, ainsi que par beaucoup de chercheurs qui ont étudié les dispositifs récepteurs de télévision, tels que Jenkins, Ives, etc., aux États-Unis.
- Il y a quelques années on employait des lampes comportant deux électrodes en forme de spirales parallèles; la luminescence se produisait entre les spires séparées par un faible intervalle. Ce modèle paraît abandonné; parmi ceux que l’on emploie aujourd’hui, le plus simple a une cathode formée d’une plaque métallique plate, et une anode constituée par un cadre en fil métallique entourant la cathode et placée à peu de distance de celle-ci (fig. 5). A partir d’une certaine tension, la cathode commence à se couvrir d’une lueur rouge orangée et l’on augmente la tension jusqu’à ce que la plaque soit uniformément lumineuse.
- Le rendement de ces lampes est de l’ordre de 0,15 bougie par milliampère, ce qui correspond à une brillance de 0,03 lambert par milliampère seulement.
- Le type Philips, par exemple, où la longueur totale de l’ampoule cylindrique et du culot est de 165 mm,
- le diamètre de 50 mm, comporte une plaque rectangulaire en fer décapé au sable de 50 sur 35 mm, recouverte d’un côté d’une couche isolante afin de limiter Information de luminescence à la face nue de la plaque.
- L’anode est constituée par un cadre rectangulaire en fil métallique de dimensions à peu près égales à celles de la cathode, et situé à peu de distance de celle-ci; le culot porte trois broches, deux d’entre elles sont reliées à l’anode et à la cathode, la troisième sert uniquement à la solidité.
- L’intensité du courant traversant le tube est au maximum de 40 milliampères, le courant de repos est réglé à 20 milliampères environ, ce qui correspond à une tension de quelque 260 v. Le minimum de courant pour lequel la plaque est entièrement luminescente est de 4 milliampères. La variation maximum d’intensité est ainsi de 20 — 4 ou 16 milliampères et le courant peut varier au maximum de 4 milliampères à 36 milliampères environ.
- S’il est utile et désirable d’avoir une lampe à luminescence qui permette d’obtenir un éclairement suffisant, il est absolument indispensable, d’autre part, d’obtenir des images contrastées; le contraste ne peut être évidemment réalisé qu’avec des variations d’intensité suffisamment importantes pour donner lieu à des variations de luminescence correspondantes.
- P. Hémardinquer.
- (A suivre.)
- Brillance
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- Obscurité
- Fig. 4. — Variation de la brillance de la lampe suivant les variations du courant.
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- Fig. 5. — Aspect et dimensions (en mm) d’une lampe au néon à cathode plate pour télévision.
- GISEMENTS DE MOLYBDENE EN FRANCE
- Dans une note précédente, nous avons montré les applications grandissantes du molybdène. Jusqu’à présent aucune exploitation en France n’en a eu lieu, mais une région nous paraît particulièrement intéressante à ce point de vue : celle des Vosges méridionales.
- C’est d’ailleurs une région minière par excellence, car quoique absolument inactive aujourd’hui, elle renferme les districts métallifères de Giromagny, d’Auxelles et de Plancher-les-Mines, jadis si intensément travaillés et les mines moins connues de Château-Lambert et du Tillot.
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- Filons métallifères
- Fig. 1. — La région minière de Giromagny et du Tillol.
- Les premiers sont situés dans les terrains porpliyriques ou primaires, ces derniers souvent métamorphisés mais toujours fortement plissés; ils comprennent de très nombreux filons diversement orientés. La gangue est généralement quartzeuse, la minéralisation, cuivreuse, plus rarement plom-beuse; la plupart du temps l’ensemble est argentifère et auri-
- fère. La présence des métaux précieux n’a certainement pas été étrangère à la célébrité et au grand développement de ces mines ; on peut même être surpris que des tentatives de reprise n’aient pas eu lieu à notre époque.
- On possède beaucoup moins de renseignements sur les anciennes mines du Tillot et de Château-Lambert; ce furent des travaux exécutés au xvme siècle qui mirent à jour des vides importants ayant trait à des filons principalement cuivreux. Les terrains encaissants sont constitués exclusivement par des granités à amphiboles et les filons y sont beaucoup moins nombreux que dans la zone de Plancher et Giromagny.
- Château-Lambert, nom qui dérive de Chastel-Humbert, est un petit village bâti aux pieds du groupe de rochers nus et escarpés, qu’on dénomme Tête du Midi et qui atteignent 1000 m d’altitude au-dessus de la mer. C’est à son voisinage immédiat que se trouve un faisceau filonien riche en molyb-dénite. Ignorant ce minerai, on ne s’en est nullement préoccupé jadis.
- On retrouve des filons analogues à quelques kilomètres au sud, au lieudit La Fonderie, sur la commune du Haut-du-Them; ils sont à peu près vierges. Et à l’ouest du fort de Château-Lambert on connaît un puissant filon plombifère, filon du Boulay, longtemps exploité pour la fluorine, qui lui sert de gangue, et dans lequel on a signalé à diverses reprises du molybdène sulfuré.
- La présence de minerais de molybdène dans trois groupes fdoniens des environs de Château-Lambert, est la preuve certaine d’une venue de ce métal dans le sud des Vosges ; aujourd’hui que de nombreuses industries s’en servent, ce pourrait être le signal d’un renouveau minier de cette région.
- V. C.
- UN NOUVEAU MATÉRIAU DE CONSTRUCTION AÉRONAUTIQUE
- L’ACIER INOXYDABLE SOUDÉ
- Depuis quelques années ii s’est engagé, dans l’industrie aéronautique, une véritable lutte entre la construction en bois et la construction métallique, cette dernière utilisant soit les alliages légers ou ultra-légers, soit l’acier à haute résistance.
- Si nous en jugeons d’après les appareils exposés au Salon de l’année dernière, il semble que le métal l’emporte pour les appareils de gros ou moyen tonnage et que le bois conserve la faveur pour les petits appareils. En effet, les quelque vingt avions de tourisme exposés étaient presque tous en bois, tandis que les appareils militaires étaient constitués de duralumin ou d’acier, les alliages de magnésium, tels que l’électron, faisant leur apparition dans certaines parties annexes : roues, train d’atterrisage, hélice, etc. Nous n’insisterons pas ici sur les avantages et inconvénients respectifs des deux modes de construction. Signalons cependant qu’à
- partir d'un certain tonnage, l’emploi du métal conduit à une construction beaucoup plus légère que celle utilisant le bois.
- Mais une des principales difficultés que l’on rencontre, lors de l’utilisation du métal, réside dans l’art de protéger, d’une façon légère, efficace et économique, les métaux contre la corrosion due à l’eau de mer ou aux agents atmosphériques. La corrosion peut en effet, diminuer la résistance du métal de façon considérable et cela d’autant plus dangereusement que ses effets en sont souvent cachés, soit à cause de l’emploi de profilés fermés ou semi-fermés, soit parce que les attaques du métal sont difficilement visibles à l’œil nu.
- Cette question, qui est importante pour les avions terrestres et primordiale pour les hydravions, a conduit à de nombreuses recherches qui ont abouti à un certain nombre de procédés différents.
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- LES PROCÉDÉS DE PROTECTION CONTRE LA CORROSION
- Nous ne décrirons pas en détail les différentes méthodes utilisées, et celles-ci sont d’ailleurs trop connues pour qu’il soit utile d’insister sur leurs propriétés respectives. Mentionnons seulement, en quelques mots, les plus importantes d’entre elles.
- L’un des procédés de protection les plus simples consiste à enduire les parties à préserver des attaques de la rouille, d’une couche de graisse ou huile, ou à les revêtir soit d’émail, soit de vernis.
- Pour qu’une graisse puisse former un revêtement efficace, il faut qu’elle réunisse un certain nombre de qualités telles que de pouvoir donner naissance à un film adhérent, tenace, continu, imperméable à tous les agents atmosphériques, qu’elle soit sans action chimique sur le métal à protéger, et quelle puisse s’appliquer facilement et pour un prix suffisamment économique.
- Ce mode de protection, qui n’est pas sans valeur, n’est que temporaire et ne peut donc être considéré comme un véritable procédé anticorrosif.
- Dans une autre méthode, les parties à protéger sont revêtues de certains métaux, tels que le zinc ou le cadmium.
- Signalons également le procédé anodique qui a pour but de produire à la surface de l’aluminium ou de ses alliages une couche résistante d’oxyde. Ce résultat est obtenu par électrolyse. Le métal à traiter est pris comme anode, la cathode est en charbon et l’électrolyte contiendra soit de l’acide chromique, soit un chromate ou bichromate pouvant former de l’acide chromique sur l’anode.
- Le procédé anodique a donné de bons résultats mais présente un inconvénient : la protection n’est pas uniforme sur toute la surface du métal par suite de diverses causes telles que l’hétérogénéité des tôles, les difficultés de réglage du bain, les formes compliquées des profilés employés.
- Un autre système, « la protalisation », a .également pour objet de réaliser la protection grâce au dépôt d’une couche d’oxyde sur les parties métalliques à préserver. Pour cela le métal à traiter est trempé dans une solution bouillante contenant des sels métalliques (tels que chromate, manganate, molybdate, etc.), du carbonate alcalin et une petite quantité de tartrates. Il se produit alors, à la suite de diverses réactions chimiques, un dépôt d’oxyde très adhérent. De nombreux vernis, qui tiennent difficilement sur l’aluminium ou ses alliages, seront très adhérents une fois déposés sur cet oxyde. Il en résultera ainsi une double protection.
- La « protalisation » offre l’avantage d’être un procédé très simple; mais, relativement nouveau, il n’est que faiblement utilisé par l’industrie aéronautique.
- L’ACIER INOXYDABLE
- Une des meilleures méthodes de protection contre la corrosion serait évidemment de pouvoir employer de l’acier inoxydable. Seulement, un tel acier exige pour son utilisation une technique spéciale et de grandes précautions doivent être prises lors de son emploi. Parmi les trois ou quatre procédés utilisables pour l’assemblage des différentes pièces, la plupart sont à éliminer pour differentes raisons, ainsi que nous allons l’indiquer ci-dessous. Mais avant d’examiner les conditions d’emploi de l’acier inoxydable, disons quelques mots de ses propriétés.
- L’acier inoxydable ou acier « 18-8 » (les Américains l’appellent « acier stainless ») est un alliage ferreux renfermant 18 pour 100 de chrome, 8 pour 100 de nickel et à peine 0,18 pour 100 de carbone.
- Après un certain traitement thermique, cet alliage a la propriété d’être inaltérable, au moins dans certaines conditions d’atmosphère extérieure. Ses divers constituants, fer, chrome, nickel, carbone, forment une « solution solide » et l’ensemble possède des qualités remarquables qui peuvent d’ailleurs varier dans des proportions considérables selon le traitement auquel il est soumis. Ainsi, à son maximum de ductilité, sa résistance à la traction est de 60 kg par mm'2 et son allongement de 55 à 65 pour 100. Mais cette résistance peut atteindre 280 kg/mm2, l’allongement diminuant alors de 65 à 5 pour 100. C’est par un traitement métallurgique convenable, étirage, laminage à froid, etc., que telles ou telles propriétés pourront être obtenues. Ses autres constantes physiques, résistance électrique, pouvoir magnétique, etc., varient également dans de grandes proportions.
- Il est concevable qu’étant donné sa haute résistance, l’acier 18-8 ne soit pas commode à percer ou à poinçonner. Ceci rend difficile l’emploi du rivetage comme mode
- Fig. 1. — Ouvrier exécutant un empennage en acier inoxydable.
- Il tient en main la pince à souder. On voit à droite le poste de soudure.
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- d’assemblage. Remarquons de plus que les rivets devraient également être inoxydables d’où nécessité d’avoir des rivets tendres, résistant mal au cisaillement, ou alors d’employer des rivets fort difficiles à travailler.
- La soudure à l’étain est insuffisamment résistante, la soudure autogène, en échauffant le métal, modifie ses propriétés.
- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE DE L’ACIER INOXYDABLE
- Une société américaine vient de mettre au point un procédé de soudure électrique qui rend possible la construction des avions en acier 18-8. Les avantages du procédé américain peuvent se résumer en deux points principaux : 1° grande rapidité de la soudure ; 2° contrôle automatique de la valeur de chaque soudure.
- En effet, il est connu qu’avec les méthodes ordinaires de soudure électrique, il se forme autour du point de soudure un anneau qu’on appelle la « couronne » et dont la texture est différente de celle du métal environnant. Le métal perd dans cette région ses qualités d’inoxy-dabilité et voit ses caractéristiques mécaniques considérablement diminuées. Une telle soudure est mauvaise, offre des risques de rupture et ne peut être utilisée pour la construction aéronautique. Or, on a constaté que les modifications subies par le métal sont fonction du temps pendant lequel passe la décharge électrique entre les électrodes. A partir d’une certaine vitesse, de l’ordre de l/1000e de seconde, le métal ne se transforme pas et conserve ses propriétés mécaniques. Cette vitesse se trouve réalisée par la machine à souder Budd.
- La valeur de la soudure est fonction d’un certain nombre de facteurs tels que l’intensité du courant, la durée de ce courant, la pression des électrodes, l’épaisseur des pièces métalliques à souder. Grâce à un système
- ingénieux, qu’il serait trop long de décrire ici, la valeur de la fonction résultant de ces différents facteurs se trouve inscrite sur un graphique et cela pour chaque point de soudure.
- De l’examen de ce graphique on peut déduire si une soudure est bonne ou mauvaise.
- D’ailleurs dans ce dernier cas la machine s’arrête d’elle-même, un avertisseur acoustique étant de plus prévu pour éveiller l’attention de l’ouvrier utilisant l’appareil.
- Les réalisations. — Le procédé de soudure électrique a été appliqué, en Amérique, à la construction de plusieurs appareils.
- L’un d’eux, un amphibie du type Savoia Marchetti, est actuellement en France (fig. 3).
- C’est un biplan à quatre places, muni d’un moteur de 200 ch. L’intérêt de cet appareil réside dans son faible poids à vide qui est de 800 kg. Les performances obtenues sont remarquables pour un amphibie de cette puissance. Citons la vitesse maximum 200 km/h et la vitesse minimum 88 km.
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- La méthode Budd qui vient d’être importée en France, il y a peu de temps, a reçu un accueil très favorable, tant de la part des constructeurs que de celle des services officiels.
- D’ici un an tout au plus, le premier appareil français construit entièrement en acier stainless aura fait ses essais. Si ceux-ci sont conformes à ce que l’on est en droit d’en attendre, il n’est pas exagéré de dire que ce procédé, qui a des applications dans de nombreux autres domaines tels que automobile, chemins de fer, etc., constituera pour la construction aéronautique une véritable révolution.
- Jacques Desgbanges.
- Fig. 3. — L’avion amphibie B. B. 1, en acier inoxydable soudé, ammérissanl à New-York.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES
- XIII. — INFLUENCE D’UN BON MAITRE (Suite)
- Pour compléter ce chapitre, il nous reste à donner quelques renseignements sur deux botanistes français, Duchartre et Van Tieghem.
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- Duchartre (1811-1894), qui a laissé un certain nom dans la Botanique, surtout par sa vie laborieuse, était né à Porti-ragnes, petit village de l’arrondissement de Béziers, où son père était avocat; ses ascendants étaient des propriétaires ruraux. Ses études, commencées à Béziers, furent continuées à Toulouse, où son père était venu s’établir pour augmenter ses ressources, qui étaient assez précaires. Ses études classiques furent achevées avant qu’il eût 16 ans; en attendant d’avoir l’âge requis pour passer le baccalauréat, il suivit les cours de Picot de Lapeyrouse, professeur d’histoire naturelle à la Faculté des Sciences et professeur de botanique .au Jardin des plantes de Toulouse. C’est à ce moment que se dessina sa vocation scientifique.
- Depuis le xvme siècle, et, plus spécialement, depuis la fondation de l’Académie des sciences de Toulouse en 1729, la botanique, dans ce chef-lieu, avait été tenue dans le plus grand honneur. Ladite Académie s’étant établie dans l’hôtel de la Sénéchaussée, on créa, en 1746, un jardin où les plantes usuelles furent rangées d’après leurs « vertus », puis un autre jardin consacré à toutes les espèces, classées suivant le système que Tournefort, le premier herborisateur des Pyrénées, avait publié en 1694. Picot de Lapeyrouse, nommé professeur de botanique, avait réussi à transporter le Jardin des plantes dans l’immense enclos des Carmes déchaussés. Telle est l’origine du jardin où Duchartre fit ses premières études. Chaque année, dans la salle des Illustres, au Capitole, l’Administration municipale décernait des prix aux élèves qui, en suivant les cours du Jardin des plantes, s’étaient distingués par leur assiduité ou leur intelligence. Le spectacle de ces distributions solennelles enflamma l’imagination du jeune Duchartre. En 1828, il travailla si bien qu’il obtint le second prix et les ouvrages qui lui furent donnés contenaient les oeuvres de Picot de Lapeyrouse. En 1829, il reçut le prix de la division supérieure, avec cette mention : « Prix unique avec éloges », prix qui consistait en une série de volumes qui furent, pendant quelques années, sa seule bibliothèque scientifique. Dès lors, il ne songea plus qu’à herboriser dans les Pyrénées, herborisations qui furent pour lui de véritables parties de plaisir. Duchartre entreprit alors la révision de l’herbier de Lapeyrouse et, en 1836, publia, dans les Annales des sciences naturelles, un travail remarqué sur les Saxifrages. Duchartre gagnait alors sa vie avec des leçons que lui avait procurées un Inspecteur d’Académie, Delcampe. Ce dernier avait conçu pour lui une vive amitié et voyait avec regret que ces leçons l’empêchaient de travailler. Il lui offrit un poste de professeur dans un établissement important qu’avait créé l’Abbé Delbos, curé de Monsempron (Lot-et-Garonne). Les six années qu’il passa dans la splitude de Monsempron servirent très utilement sa carrièf^ss^l passa d’abord sa licence ès sciences naturelles (1839) et eutjvpour juges, deux de ses futurs collègues à l’Académie des sciences : de Quatrefages et Moquin-Tandon. Ce n’est point par la mémoire et la lecture des livres, mais par la réflexion et l’observation des faits qu’il habitua son intelligence à comprendre les phénomènes de la nature. Dès sa jeunesse, il parlait bien parce qu’il savait ce qu’il disait et il conserva l’habitude d’écrire tout d’un jet
- 1. Voir La Nature depuis le n? 2808.
- parce qu’en prenant la plume la composition était faite dans son esprit et ses arguments enchaînés les uns aux autres. Rien ne lui fut plus utile que les explorations auxquelles il soumit, pendant dix ans, la chaîne des Pyrénées et l’arrondissement de Béziers. En marchant, il méditait et travaillait sur la nature même (f).
- En 1843, Duchartre partit pour Paris, où il fut attaché au riche herbier Delessert (celui dont nous avons parlé plus haut, dans ce même chapitre). Plus tard, il devient professeur de Botanique à la Faculté des sciences de Paris, bien que ses travaux originaux fussent assez peu importants et sans grande envolée ; il a laissé un excellent Traité de Botanique, qui, malheureusement, n'est plus aujourd’hui au courant de la science.
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- Philippe van Tieghem (1839-1914), qui porta un si vif éclat sur la Botanique française et sur le Muséum d’Histoire naturelle de Paris, où il fut professeur, était d’origine française par sa famille maternelle et d’origine hollandaise par sa famille paternelle. Son grand-père Louis-Charles-Dominique, né à Honshott, avait été administrateur du gouvernement de Napoléon Ior, dans les Pays-Bas; à la chute de l’Empire, il opta pour la France et fut nommé, par Louis XVIII, receveur des douanes de Bailleul. C’est là que naquit son fils,Philippe-Dominique van Tieghem, lequel, s’unissant à Mlle Amélie Bubbe, d’une des plus anciennes familles de la ville, eut, à son tour, trois filles et deux fils, dont le plus jeune, né à Bailleul en 1839, devint père du botaniste Philippe van Tieghem. Un des compatriotes de celui-ci, M. Léon Bocquet, a donné, dans un quotidien (2), quelques détails sur l’enfance et la jeunesse du célèbre savant, détails qui le montrent jeune homme studieux, mais pas plus porté pour la botanique que vers les autres sciences :
- « Philippe-Dominique van Tieghem, négociant notoire, faisait, avec les Antilles, le commerce des toiles. Peu après la naissance de son fils, il se rendit à la Martinique. A peine était-il débarqué à Saint-Pierre qu’il mourait, emporté par la fièvre jaune. Mme van Tieghem ne put survivre à la douleur qui la frappait; elle déclina après avoir donné le jour à son cinquième enfant. L’orphelin fut recueilli par ses familles paternelle et maternelle, dont l’une était flamande et l'autre wallonne, mais, toutes deux, vivant dans un milieu austère où l’on se montrait fermé aux sollicitations du dehors et même aux simples joies familiales; pour tout dire, le puritanisme y dominait. L’adolescence de Philippe van Tieghem s’écoula dans cette froide solitude, à l’écart des relations coutumières et de la tendresse expansive. Pour égayer la grise monotonie de sa vie, l’enfant n’avait guère que la bibliothèque de son père, ouverte à sa curiosité en éveil. Et la sagesse des vieux livres amis l’inclina de bonne heure vers l’étude. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner si, dès l’Ecole communale, puis au Collège de Bailleul, Philippe van Tieghem devint un habitué des premières places. Il fit mieux. Encore élève de seconde, il obtint le diplôme de bachelier ès sciences. O» devine aisément quel lustre en rejaillit sur le pensionnat et l’externe. C’était quelque chose, en 1856, qu’un bachelier ! Philippe van Tieghem, préludait de la sorte à une carrière de succès universitaires où il allait conquérir successivement des grades ambitionnés et acquérir, chaque année, des titres nouveaux à l’admirative surprise de ses condisciples et de ses compatriotes. Parvenu
- 1. Louis Passy, Notice sur M. Duchorire, lue dans la séance de la Société nationale d’agriculture de France, du 16 décembre 1894.
- 2. Grand Echo du Nord.
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- au terme des connaissances que Bailleul pouvait dispenser, le jeune homme, ayant obtenu une bourse au Lycée de Douai, y suivit, pendant deux ans, les cours de Mathématiques spéciales et se prépara à l’École Polytechnique. Suivant les conseils de ses camarades Gernez et Mascart, il prépara, en même temps, les examens de l’Ecole Normale supérieure (section des sciences) où il fut reçu d’emblée, second, au concours de 1858. »
- Sa vocation botanique ne devait venir que plus tard et par une voie détournée, ainsi que l’explique la Notice suivante, publiée par un de ses gendres, M. Julien Costantin ('), l’émi-nant botaniste du Muséum :
- « Philippe van Tieghem eut une inspiration heureuse en entrant dans l’Université. Il y fut de suite apprécié comme il méritait de l’être, notamment par Joseph Bertrand, et, lorsque, à la sortie de l’École, le directeur, Désiré Nisard, félicita son oncle Napoléon Bubbe d’avoir un tel fils adoptif, le jeune Philippe éprouva une des joies les plus vives de sa vie. Parmi ses maîtres de la rue d’Ulm, van Tieghem fut promptement distingué par Pasteur, dont le nom était déjà illustre grâce à ses découvertes retentissantes sur la génération spontanée et sur les fermentations qui soulevaient tant de questions philosophiques, tant de problèmes industriels et qui allaient ouvrir une ère si inattendue et si extraordinaire à la médecine. Ame chaleureuse, ce grand homme, mieux que tout autre, était apte à goûter les qualités de celui qui travailla dans son laboratoire, lorsqu’il eut conquis le titre d’agrégé des sciences physiques et naturelles. Pasteur avait eu, à cette époque, une idée féconde et a eu une influence décisive sur l’évolution scientifique de la Grande École dont il était le sous-directeur : il fit créer les fonctions d’Agrégés préparateurs qui devaient permettre de sélectionner l’élite et de susciter une légion de travailleurs parmi les jeunes normaliens. Van Tieghem prit rang parmi les premiers élus de cette phalange et fut nommé,
- 1. Annales des sciences naturelles.
- en 1861, Agrégé-préparateur de Botanique et de Minéralogie. En devenant ainsi botaniste sous la discipline pastorienne, Philippe van Tieghem se trouva, sans le vouloir, placé dans une catégorie spéciale de naturalistes qui fut dès l’abord un peu suspecte, surtout non classée, et lorsqu’il présenta à la Sorbonne son travail sur la fermentation ammoniacale, Duchartre se déclara incompétent pour juger un mémoire de chimie. Les conceptions de Pasteur bouleversaient la classification des sciences : van Tieghem, qui souhaitait d’être naturaliste, devint, un peu contre son gré, docteur ès sciences physiques. Il a donc été le premier représentant de la glorieuse phalange des pastoriens dont les noms sont connus de tous : Duclaux, Raulin, Gernez, Gayon, Roux, Chamberland, Thuillier, Metschnikofî, etc. Entraîné vers la Botanique par une très ferme vocation, van Tieghem prépara un second Doctorat sous l’inspiration de Decaisne. Il conquit ce nouveau titre en 1867 par son mémoire sur les Aroïdées (') qui, selon Duchartre, était remarquable par ses aperçus nouveaux en Anatomie et en Physiologie et constituait un travail considérable où abondaient les faits soigneusement observés. D’ailleurs, avant la conquête de ce nouveau diplôme, la chaire de Payer devint vacante en 1864, et l’Administration, représentée par le directeur Nisard et le sous-directeur Pasr teur, n’hésita pas à mettre en première ligne le nom de van Tieghem pour le poste de Maître de conférences de Botanique à l’École Normale, où il fut nommé à 25 ans ».
- C’est, ensuite, pendant quarante-cinq ans, l’apparition continue d’admirables travaux, dont nous n’avons pas à nous occuper ici (a), mais que tout botaniste connaît et qui en font le chef de la Botanique moderne. Henri Coupin.
- 1. Famille de plantes comprenant surtout des espèces exotiques; en France, elle est représentée surtout par deux Arum ou Gouels. notamment le Gouel tacheté ou pied-de-veau, commun en France.
- 2. On les trouvera, résumés, dans : Gaston Bonnier. L'Œuvre de Philippe van Tieghem (Rev. gén. de Bot., 26, 1914, p. 353).
- =E RECREATIONS MATHEMATIQUES =
- LA CONSTRUCTION DES NEUF POLYÈDRES RÉGULIERS
- Un polyèdre régulier peut être défini comme un solide dont toutes les faces sont des polygones réguliers égaux et les faces contiguës également inclinées l’une sur l’autre.
- A la différence des polygones réguliers, les polyèdres réguliers sont en nombre limité; mais comme pour ceux-là on les distingue en polyèdres convexes et concaves (ou étoilés), selon qu’une quelconque de leurs faces prolongée laisse ou non le solide tout entier d’un même côté.
- Les cinq polyèdres réguliers convexes, tétraèdre, cube, octaèdre, dodécaèdre et icosaèdre sont bien connus et faciles à construire; mais il n’en est pas de même pour les quatre polyèdres réguliers concaves.
- Poinsot, qui læ a le premier décrits, s’exprimait ainsi à leur sujet, dans son mémoire lu à la lr0 classe de l’Institut le 24 juillet 1809 :
- « A la difficulté propre de ce genre de spéculations (théorie des polyèdres), se joint encore ici la difficulté, bien plus grande qu’on ne pourrait le croire, de construire ou de se représenter facilement des solides, etc... »
- Aussi les modèles des quatre polyèdres concaves sont-ils plutôt rares ; c’est ce qui résulte en effet de la note sur la théorie des polyèdres réguliers communiquée par Bertrand à l’Aca-
- démie des Sciences le 11 janvier 1858. Elle commençait ainsi :
- « Puisque l’attention de l’Académie est appelée sur la théorie très intéressante des polyèdres, je saisirai cette occasion pour annoncer que M. Gourgeon, dont les physiciens connaissent l’habileté et l’esprit ingénieux, a bien voulu construire à ma prière les polyèdres réguliers étoilés décrits dans le tome II des Mémoires des Savants étrangers. Ces solides existaient, il est vrai, déjà chez M. Poinsot qui les a découverts; mais malgré la bienveillance avec laquelle l’illustre géomètre accueillait ceux qui désiraient les étudier, ces modèles n’étaient pas à la disposition du public : les solides construits par M. Gourgeon y seront entièrement, car ils appartiennent maintenant au Collège de France. »
- La présente récréation a pour but de montrer qu’on peut cependant arriver à reproduire ces polyèdres concaves en les décomposant en leurs parties naturelles et procédant ensuite à leur reconstitution.
- Rappelons d’abord la description des cinq polyèdres réguliers convexes :
- Le tétraèdre présente 4 faces qui sont des triangles équilatéraux, 4 sommets et 6 arêtes.
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- Le cube ou hexaèdre a 6 faces qui sont des cari'és, 8 sommets et 12 arêtes.
- L’octaèdre a 8 faces qui sont des triangles équilatéraux, G sommets et 12 arêtes.
- Le dodécaèdre présente 12 faces formées de pentagones réguliers convexes, 20 sommets et 30 arêtes.
- L’icosaèdre a 20 faces qui sont des triangles équilatéraux, 12 sommets et 30 arêtes.
- Gomme il a été dit plus haut, ces solides se construisent facilement à l’aide de leurs développements.
- En ce qui concerne les quatre polyèdres réguliers concaves, on les désigne d’abord d’après le nombre de leurs faces convexes ou étoilées, puis d’après leur espèce, celle-ci étant le nombre de fois que la sphère circonscrite est recouverte par les projections à l’aide de rayons de toutes les faces du solide considéré.
- 1° Le dodécaèdre de 7e espèce présente 12 faces qui sont des pentagones réguliers étoilés, 20 sommets et 30 arêtes.
- 2° Le dodécaèdre de 3e espèce à faces étoilées a 12 faces qui sont des pentagones réguliers étoilés, 12 sommets et 30 arêtes.
- 12 pyramides pentagonales, dont chacune a pour base l’une des faces du noyau.
- Pour la construction il suffit encore de connaître le rapport de l’arête latérale a de la pyramide au côté c du dodécaèdre noyau. Ce rapport a la même valeur que précédemment.
- DODÉCAÈDRE DE 3‘‘ ESPÈCE A FACES CONVEXES
- On peut utiliser pour la construction le solide que l’on vient d’obtenir. Il suffira de remplir les 30 intervalles qui existent entre les faces en regard de 2 pyramides voisines par 30 tétraèdres : 4 de leurs arêtes a se confondent avec les 4 arêtes des 2 faces en regard, la 5e c occupe le fond du sillon et [la 6e s joint leurs 2 sommets. Le rapport de cette dernière s à l’arête a a encore pour valeur :
- s \/ü + 1_
- à ~ 2
- ICOSAÈDRE DE 7° ESPÈCE
- C’est le plus difficile à construire. On peut néanmoins y
- Fig. 1. — Vue stéréoscopique des neuf polyèdres réguliers.
- 3° Le dodécaèdre de 3e espèce à faces convexes a 12 faces qui sont des pentagones réguliers convexes, 12 sommets et 30 arêtes.
- 4° L’icosaèdre de 7e espèce présente 20 faces qui sont des triangles équilatéraux, 12 sommets et 30 arêtes.
- CONSTRUCTIONS
- DODÉCAÈDRE DE 7e ESPÈCE
- Ce solide peut être considéré comme formé d’un noyau représentant un icosaèdre et de 20 pyramides triangulaires dont chacune a pour base l’une des faces du noyau.
- Il suffira pour le construire de connaître le rapport de l’arête latérale a de la pyramide au côté c de l’icosaèdre. Ce rapport, donné par le calcul, est :
- a y/5 + 1 c = 2 ’
- DODÉCAÈDRE DE 3e ESPÈCE A FACES ÉTOILÉES
- Le noyau est ici formé d’un dodécaèdre et complété par
- parvenir en le considérant comme formé d’un dodécaèdre et de 12 ensembles de pyramides supportés par les 12 faces du noyau.
- Chaque ensemble comprend une pyramide pentagonale servant de support, par ses 5 faces latérales, à 5 pyramides triangulaires appropriées.
- La base de la pyramide central e s’obtient en joignant par des droites les milieux des côtés successifs d’une des faces du noyau. Il en résulte un pentagone régulier convexe inscrit dans cette face et sur lequel doit être appliquée la base égale de la pyramide centrale.
- Il ne reste plus, pour terminer le solide, qu’à compléter les milieux des 30 arêtes par 30 dièdres ajustés d’une manière convenable.
- Nous ne donnons pas les nombreux rapports des différentes arêtes, ceux-ci étant trop compliqués pour une simple récréation mathématique; il est préférable de mettre sous les yeux du lecteur une vue d’ensemble des neuf polyèdres réguliers (fig. 1).
- Lorsqu’on a devant soi les solides eux-mêmes, c’est un vrai
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- régal pour la vue de pouvoir admirer leurs formes harmonieuses ; ainsi avons-nous pensé être agréable aux lecteurs de La Nature en leur en donnant ici une vue stéréoscopique
- Pour examiner la figure 1 et obtenir l’effet de relief, il est utile, sinon indispensable, de s’aider d’une feuille de papier rigide tenue verticalement entre les 2 yeux d’un côté et les 2 vues de l’autre, chaque œil ne regardant ainsi que la vue qui lui est destinée. En se plaçant à la distance de 25 cm, pour un
- œil normal, et attendant quelques secondes, on finit presque toujours par obtenir l’effet désiré.
- Les solides représentés ici sont en bristol et tous inscrip-tibles dans une sphère de 12 cm de diamètre f1).
- Léon David.
- 1. On trouve chez l’auteur, 25, rue du Fresne, Angers (M.-et-L.), les feuilles de construction des 9 solides décrits, les solides eux-mêmes et les vues stéréoscopiques.
- LA MÉCANIQUE EN AGRICULTURE
- La mécanique agricole progresse lentement parce qu’il faut attendre un an pour essayer un perfectionnement conçu lors de la saison d’emploi.
- Elle profite des inventions réalisées dans les autres branches de la mécanique et en fait profiter les autres branches.
- Les progrès les plus généralisés portent sur les roulements par l’emploi de paliers à billes, d’engrenages sûrs, de chaînes à rouleaux remplaçant les coussinets, les transmissions par courroies ou chaîne ordinaire.
- Le graissage sous pression ou par bain d’huile s’introduit peu à peu. On n’est plus obligé d’arrêter la machine chaque heure ni d’en sortir couvert de cambouis. L’automobile a réalisé ce miracle de la propreté.
- Un des écueils de l’emploi économique des machines est la difficulté de les amortir par un trop petit nombre de journées de travail par an, ce qui a conduit au travail par entrepreneurs ou par coopérateurs.
- On a même monté des phares à acétylène sur les tracteurs pour leur permettre de travailler la nuit.
- Les citadins qui dirigent les nations européennes ont eu le mirage du tracteur !
- U devait permettre de produire beaucoup de blé avec peu de gens. Mais le revers est que l’on exporte ainsi l’argent de la campagne au profit des métallurgistes et pétroliers. On est revenu vite aux attelages, produits et nourris par la ferme, d’autant qu’il y a surproduction de céréales.
- Conduites généralement plus vite que l’antique araire, les machines agricoles actuelles doivent être plus solides. Aussi emploie-t-on de moins en moins le bois, la fonte et le fer, mais surtout les aciers. Certaines pièces particulièrement exposées sont en acier au chrome ou au nickel. Dans une expérience de rupture effectuée en Allemagne, une pièce d’acier
- au nickel a résisté à 15 000 chocs, alors que 4000 ou 5000 chocs eurent raison de pièces semblables en aciers ne renfermant que fer et carbone.
- Il n’y a pas, a priori, infériorité de qualité par rapport à l’avant-guerre, mais plutôt l’inverse.
- Un tracteur est plus souvent en réparation qu’une automobile parce que toutes ses pièces travaillent à pleine charge. Celles de l’automobile ne supportent qu’un effort modéré à chaque accélération du moteur.
- L’abandon du bois dans certains bâtis n’est pas un avantage pour l’agriculteur qui peut mieux réparer un instrument en bois. De plus le maniement est moins désagréable par la gelée ou bien sous un soleil implacable, car le bois régularise la température.
- Les avant-trains en bois ont reçu un usage inattendu, en permettant d’employer avec un attelage de quatre ou six chevaux les instruments habituellement tirés mécaniquement. Il n’est pas normal, en effet, que les chevaux restent à l’écurie cependant qu’on userait tracteur et essence.
- Il est vrai que cette dernière peut être remplacée par le gaz pauvre de bois ou de charbon de bois, mais les gazogènes à cet effet n’étaient pas plutôt mis au point que les moteurs Diesel et autres à huiles lourdes, leur faisaient concurrence et que les aliments du bétail moteur baissaient de prix rapidement !
- Beaucoup de machines agricoles sont arrêtées par la boue ou par les obstacles. Les constructeurs n’ont pas attaché assez d’importance aux roues qui doivent en général être d’une hauteur dépassant un mètre avec jante en bois, pour que la terre ne reflue pas entre les rais. La roue est la chaussure de la machine. Pierre Larue,
- Ingénieur agronome. *
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- GAZONS DE GOLF
- La mode du « Golf » s’étend en Europe. Le succès d’un terrain de golf est dû à ses accidents naturels où l’on pratique des trous comme but de balles lancées à la crosse. Il est dû aussi à la solidité du gazon que des tondeuses et rouleaüx, souvent automobiles aujourd’hui, entretiennent ras et nivelé.
- Pour les pelouses vertes (greens), les graminées préférées en Amérique sont Agroslis tenuis, Agrostis canina, Agroslis stolonifera variété compacta et accessoirement le paturin (Poa trivialis) et la Fétuque rouge (Fesluca rubra) variété fallax).
- Sur les < fairways » ou circuits de jeu, on préfère : Agrostis palustris, Poa pralensis, Poa trivialis. Festuca rubra fallax, Fastuca ovina tenui-folia, Lolium paenne (ray grass anglais) et, si le climat ne convient pas aux précédentes : Poa compressa, Poa nomoralis, Alopecurus pralensis.
- Sur certaines parties ou par contraste, on désire des herbes grossières on sème Phleum pralense (fléole), Dactglisglomerata, Arrhenatherum
- elatius (Avoine élevée) et Anthoxalum adoratum (flouve). Ce sont plantes de prairies de fauche.
- On évite les plantes comme le paturin annuel (Poa annua) qui peuvent pourrir en saison humide.
- On sème généralement au début de l’automne. Les semis de printemps sont envahis durant l’été par des plantes annuelles d’aspect désagréable.
- Les greens (pelouses) sont tondues presque tous les jours. On leur rogne ainsi 8 à 15 mm. Les pistes de jeu sont coupées deux ou trois fois par semaine de 15 à 25 mm.
- Durant les périodes sèches, on pratique l’arrogage en pluie.
- On réduit par la chaux l’acidité du sol en excès. Mais la chaux fait apparaître les trèfles. On intervient alors par des engrais azotés favorables aux graminées.
- Les gazons constituent un luxe nécessaire aux Anglo-Américains qui avaient créé des pelouses jusque autour de leurs baraques à l’arrière-front de guerre.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1933 0
- Le nombre des phénomènes astronomiques visibles est bien réduit ce mois-ci, en raison de la grande longueur du jour.
- Il y a lieu de signaler, tout d’abord, le commencement de l’été astronomique, le 21 juin.
- Parmi les conjonctions de planètes, il convient d’attirer l’attention sur la conjonction de Mars et Jupiter, le 4 juin (voir plus loin).
- Toutes les planètes principales sont visibles ce mois-ci, mais la plupart dans d’assez mauvaises conditions d’observation.
- Une seule occultation d’étoile par la Lune, le 14 juin.
- I. Soleil. — Le Soleil, en juin, atteindra sa plus grande élévation au moment du Solstice d’été, qui se produira le 21 juin, à 211'. Ce sera le commencement de l’été.
- La déclinaison du Soleil sera de + 22° 2’ le 1er juin; elle atteindra son maximum, -j- 23° 27', le 21 pour retomber à + 23° 12' le 30 juin, à 12".
- La durée du jour atteindra sa valeur maximum (16" 7m) au moment du solstice, du 17 au 24 juin. Elle sera de 15" 49“ le 1er et de 16“ 4ra le 30.
- Voici le temps moyen à midi vrai. C’est, autrement dit, l’heure exacte que doivent indiquer les pendules lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage. Dates. Heure du passage
- Juin 1 11" 48“ 14* Juin 17 11" 51“ 15"
- — 3 11 48 33 — 19 11 51 41
- —- 5 11 48 53 — 21 11 52 8
- — 7 11 49 14 — 23 11 52 34
- — 9 11 49 37 — 25 11 53 0
- — 11 11 50 0 — 27 11 53 25
- — 13 11 50 25 — 29 11 53 50
- — 15 . 11 50 50
- La connaissance du temps moyen à midi vrai permet de tracer exactement la méridienne par l’ombre du fil à plomb sur le sol, lorsqu’on connaît l’heure exacte et la longitude du lieu.
- Observations physiques. — Une simple jumelle, fixée sur un pied bien stable, permet de reconnaître les taches du Soleil. Opérer par projection sur un écran blanc. La jumelle étant dirigée vers le Soleil — ce que l’on reconnaît à l’illumination considérable du champ projeté — écarter progressivement les verres de la jumelle au moyen de la mise au point. Peu à peu l’image devient nette et quand la mise au point est faite, l’écran montre le Soleil et ses taches.
- En écartant convenablement l’écran de la jumelle, on obtient une image solaire d’une bonne grandeur.
- Voici la suite des éphémérides pour l’orientation des dessins et photographies du Soleil.
- Dates.
- (0", T. U.) P B0 L„
- Juin 5 — 14»,12 — 0°,12 190°,96
- —• 10 — 12, 11 + 0,48 124, 74
- — 15 — 10, 01 + 1,08 58, 60
- — 20 — 7, 84 + 1, 67 352, 41
- -- 25 — 5, 60 + 2,25 286, 23
- — 30 — 3, 34 + 2,82 220, 05
- Lumière zodiacale. — Elle sera inobservable en raison de la longueur du jour, notamment dans la partie boréale de la France où la nuit, à l’époque du solstice, n’est pas complète.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de juin, seront les suivantes :
- P. Q. le 1er, à 11" 53“ N. L. le 23, à 1" 22“
- P. L. le 8, à 5" 5“ P. Q. le 30, h 21" 41“
- D. Q. le 14, à 23" 26“
- Age de la Lune, le 1er juin, à 0“ 7^,6; le 24 juin = 01,9.
- Pour une autre date du mois ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 24 juin.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le 8, à 18" == —27" 58'; le 22, à 15" = + 27" 57'.
- On remarquera la faible hauteur de la Pleine Lune, au-dessus de l’horizon le 8 juin, vers minuit.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre, le 8 juin, à 3". Parallaxe = 61' 26". Distance = 356 938 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 21 juin, à 14". Parallaxe — 53' 56". Distance = 406 826 km.
- Occultation d’étoiles par la Lune. — Le 14, occultation de 78 Verseau (gr. 6,3). Emersion à 0" 51 “,0.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Pleine Lune du 8. Ces marées seront peu importantes, leur coefficient atteignant seulement la valeur 94 centièmes. Aussi le phénomène du mascaret n’est-il pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, dressé au moyen des données de l’Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juin 1933.
- Mercure sera un peu visible à la fin du mois, sa plus grande élongation du Soleil se produisant le 2 juillet. Toutefois, les observations seront difficiles en raison de la grande longueur des jours.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- Dates. Partie du disque illuminée Diamètre. Magnitude stellaire.
- Juin 5 0,93 5"2 — 1,3
- — 10 0,84 5, 5 — 0,8
- -- 15 0,73 5, 9 — 0,4
- — 20 0,53 6,4 0,0
- — 25 0,54 7,0 + 0,3
- — 30 0,45 7,6 + 0,6
- l'énus s’écarte progressivement du Soleil et est un peu visible, le soir, en des conditions toutefois peu favorables.
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel, compté de 0" à 24", à partir de 0" (minuit). L’heure d’été étant en vigueur, ajouter I heure à toutes les heures indiquées ici pour qu’il y ait concordance entre la production des phénomènes et l’heure marquée par les horloges.
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- ASTRE Dates : Juin Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris ('). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 1 6 3» 51“ Il» 49“ 39 19» 48m 4" 56™ + 22® 38' 31'34"0 Taureau
- Soleil . . . 16 3 48 11 51 2 19 54 5 38 + 23 21 31 32, 0 Taureau
- ( 26 3 50 11 53 12 19 56 6 19 + 23 23 31 30, 8 Gémeaux
- £ 6 4 22 12 34 20 46 5 37 + 25 1 5,2 'Ç Gémeaux
- Mercure . . < 16 5 8 13 18 21 28 7 1 24 44 6,0 o Gémeaux Le soir, à la fin du mois.
- { 26 5 51 13 41 21 31 8 4 + 21 34 7,0 Ç Cancer
- [ 6 4 36 12 42 20 48 5 46 24 6 10,0 t Gémeaux
- Vénus . . . 1 16 4 50 12 56 21 3 6 40 “f- 24 10 10,2 t Gémeaux Le soir, mais difficile à
- ( 26 5 11 13 10 21 9 7 33 + 23 3 10,4 x Gémeaux voir dans le crépuscule.
- J 6 11 24 17 59 0 33 11 6 + 6 59 7,6 a Lion
- Mars . . . 16 11 11 17 36 0 1 11 22 + 4 56 7,0 t Lion Première partie «le la nuit.
- J 26 10 59 17 14 23 30 11 40 + 2 48 6,6 p Vierge
- Jupiter. . . 16 10 46 17 20 23 55 11 8 + 6 59 33,4 y Lion Première partie de la nuit.
- Saturne . . 16 22 48 3 30 8 12 21 15 — 16 50 16,2 t Capricorne Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 16 1 6 7 53 14 41 1 39 i _r 9 42 3,4 o Bélier Avant l’aurore.
- Neptune 16 10 4 16 51 23 38 10 38 i ~~r 9 30 2/j 49 Lion Première partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Dates. Partie du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Juin 5 0,98 10"0 3,4
- — 10 0,97 10, 1 3,4
- — 15 0,97 10, 2 3,3
- — 20 0,96 10, 3 3,3
- — 25 0,95 10, 3 3,3
- — 30 0,95 10, 5 3,3
- Mars se trouvera en quadrature orientale avec le Soleil le 6 juin, à O11. Son diamètre diminue de plus en plus et son observation est réservée maintenant aux lunettes puissantes.
- Voici quelques renseignements aréographiques utiles.
- ArtgL e de
- Angle de Latitude position Magni-
- Dates. position du Dia- de la tude
- 0“ (T. U) . de l’axe centre mètre Phase phase stellairi
- Juin 10 18»,7 + 24» 2 7",3 0",8 112»,9 + 0,8
- — 20 21, 2 + 24, 7 6, 9 0, 8 113, 1 + i,o
- — 30 23, 8 + 25,0 6, 3 0, 7 113, 3 + 1,1
- On trouvera au Bulletin astronomique du n° 2896 la carte de la marche apparente de Mars sur le ciel pendant le mois de juin.
- Jupiter se couche de plus en plus tôt et suit Mars. On peut l’observer dès l’arrivée du crépuscule. On sait qu’une bonne jumelle permet déjà d’apercevoir les quatre principaux satellites. Une petite lunette montre le disque aplati et les bandes nuageuses qui le traversent.
- Voir au n° 2896 la description des phénomènes auxquels donnent lieu les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de Jupiter. Voici la liste de ces phénomènes pour le mois de juin :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter
- Date. Juin Heure Satel- lite. Phéno- mène. Date. Juin. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 20» 47“ I Im. 14 22h 48“ 11 P. 0.
- 2 0 19 I E. f. 16 21 58 I P. c.
- 9 20 22 I P. f. 16 22 52 II F. f.
- 2 21 36 I O. f. 16 23 12 I O. c.
- 5 23 18 III O. f. 17 22, 0 IV P. c.
- 7 22 46 II O. c. 17 22 39 I E. f.
- 7 22 52 II P. f. 19 23 11 III P. c.
- 8 22 42 I Im. 23 21 8 III E. f.
- 9 21 18 I O. c. 24 21 4 I Im.
- 9 22 17 I P. f. 25 20 38 I P. f.
- 9 23 31 I O. f. 25 21 49 I O. f.
- 10 20 43 I E. f. 26 20 43 IV E. c.
- 12 22 19 HT P. f. 30 22 9 III E. c.
- Jupiter va se trouver en conjonction avec Mars le 4 juin, à 21\ à 0°16' au Nord. Cette conjonction sera très intéressante à suivre.
- Jupiter sera en quadrature orientale avec le Soleil le 5 juin, à 21h.
- Saturne se lève de plus en plus tôt. On se reportera à la figure 1 du Bulletin astronomique, du n° 2902, où l’on verra la marche apparente de Saturne sur le ciel pendant l’année 1933.
- Les éléments de l’anneau, à la date du 15 juin, seront les suivants :
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-
-
-
- Grand axe extérieur................. 40",49
- Petit axe extérieur................. + 10, 76
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau................. + 15°, 41
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan
- de l’anneau ..................... + 17°, 24
- Élongations de Titan, le principal satellite de Saturne : 9 juin, à 0“,6 à l’Ouest; 16 juin, à 17h,3 à l’Est; 24 juin, à 22»,7 à l’Ouest.
- Uranus devient visible le matin, difficilement toutefois en raison de l’arrivée du jour.
- Voici quelques positions où l’on pourra le chercher; pour cela une simple jumelle suffit :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Juin 6 1“ 38“ -f- 9° 34' 3",4
- — 16 1 39 + 9° 42 3, 4
- — 26 1 40 + 9° 49 3, 4
- Neptune est visible dès l’arrivée de la nuit. Voici quelques
- positions où l’on pourra Je chercher :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- — — — —
- Juin 6 g 00 CO ô 9“ 33“ 2",4
- — 16 10 38 9 30 2, 4
- — 26 10 39 9 26 2, 4
- Neptune brille comme une étoile de 8,5 magnitude. Avec un instrument assez puissant, il présente un petit disque d’un peu plus de 2 secondes d’arc de diamètre.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 7“, Neptune en conjonctionaveclaLune, à 1° 27' N. Le 1-, à 18“, Mars — à 2° 19'N.
- Le 1», à 20*, Jupiter — à 2» 37'N.
- Le 3, à 8“, Mars — avec y Lion (gr. 4,8), à 0° 17' N.
- = 423
- Le 4, Le 8, Le 12, Le 17, Le 24, Le 25, Le 28, Le 29, Le 29, Le 30,
- a 21“, Mars, en conjonction avec Jupiter, à 16“, Mercure —
- à 5“, Saturne à 19“, Uranus à 14“, Vénus à 6“, Mercure à 14“, Neptune à 8“, Jupiter
- avec Vénus, à 1° 7' N.
- avec La Lune, à 0° 31' N.
- — à 5° 11' S.
- — à 2° 4' S.
- — à 1° 30' S.
- — à 1» 44' N.
- — à 3» 3' N.
- à 23“, Mars — avec (3 Vierge (gr. 3,7) à 0° 14' S.
- à 2“, Mars — avec la Lune, à 3° 8' N.
- Etoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Étoile polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage. Heure (T. U.) Temps sidéral à 0“.
- Juin 10 Inférieur 20“ 13“ 308 17“ llm 35s
- — 20 — 19 34 21 17 51 1
- — 30 — 18 55 13 18 30 26
- — 30 Supérieur 6 57 12
- Étoiles variables. — Maximum de R Cassiopée : le 26 juin. Maxima d’éclat de (3 Lyre : les 2,8; 15,7 et 28,7 juin. Minimum d’éclat de [3 Persée (Algol), le 27 juin, à 0“ 12m.
- Étoiles filantes. — Peu de météores en juin; les nuits sont très courtes et, dans le Nord de la France, l’aurore fait suite au crépuscule.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er juin, à 23“, ou le 15 juin, à 22“, est le suivant :
- Au Zénith : Hercule; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Cocher; Persée.
- A l’Est : Le Cygne; le Dauphin; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus ; le Scorpion; la Balance.
- A l’Ouest : Les Gémeaux (Castor et Pollux) se couchent; le Lion ; la Vierge ; la Grande Ourse.
- Em. Touchet.
- TRAITEMENT DES PLAIES PAR LES LARVES
- DE MOUCHES
- Qui eût pensé que la larve de mouche, l’immonde asticot, pût devenir un précieux auxiliaire du médecin et du chirurgien ? M. C. Bressou, dans la revue «La Terre et la Vie», nous apprend que des chirurgiens américains l’utilisent aujourd’hui avec succès pour le traitement de certaines plaies osseuses suppurées et rebelles.
- Pendant la guerre, on avait déjà remarqué que certains blessés tardivement r-elevés sur le champ de bataille avaient leurs blessures couvertes de larves sans cependant présenter de fièvre ou de signes d’infection, et sans que la guérison se trouvât retardée par cette souillure. Bien antérieurement, Ambroise Paré, puis le baron Larrey avaient signalé et expliqué le rôle bienfaisant des larves de mouches : elles débarrassent les plaies des matières putrescibles sans jamais toucher aux bourgeons vivants ni provoquer d’hémorragies.
- Les chirurgiens, américains ont songé à tirer parti de ces observations, en utilisant des individus propres et stériles. A cet effet, ils pratiquent dans des incubateurs spéciaux,
- l’élevage de la larve de la Mouche verte : Calliphora crypto-cephala.
- Lorsqu’on a en vue un traitement, on prélève dans l’incubateur des œufs du jour, on les stérilise dans du sublimé ou de l’alcool et on les transporte aseptiquement sur des tranches de bœuf et d’agar-agar stériles où les larves éclosent et grandissent.
- Puis, sur la plaie largement lavée avec un sérum physiologique, on place des larves âgées de deux jours. Le nombre en varie avec la dimension de la blessure. On couvre le tout de gaze stérile; ce pansement est refait tous les trois jours; chaque fois on lave la plaie avec du sérum et on introduit des larves nouvelles sans jamais se servir de solutions antiseptiques chimiques. A la suite de plusieurs applications de ce genre, la plaie se nettoie et se cicatrise.
- Ce traitement serait particulièrement recommandé pour certaines ostéites suppurées chroniques.
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- PHONOGRAPHIE, RADIOPHONIE, RADIOVISION
- L’INTÉRÊT DE L’EMPLOI DU PHONOGRAPHE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Il serait vain de nier que l’industrie phonographique subisse actuellement en France une crise assez grave. Elle est due, certes, avant tout, aux difficultés économiques du moment, mais aussi peut-être au développement de plus en plus grand de la radiophonie, et enfin à des causes assez particulières, dont les fabricants de matériel phonographique et les éditeurs de disques auraient peut-être pu empêcher l’apparition. Cette crise n’est, d’ailleurs, pas spéciale à la France, et elle est même peut-être encore plus accentuée à l’étranger, particulièrement aux Etats-Unis.
- Dans ce dernier pays, on aurait constaté non seulement une diminution de plus en plus nette de l’emploi du phonographe mécanique, mais encore une disparition plus ou moins complète des appareils à reproduction électrique.
- Il est pourtant indéniable que cette désaffection du public américain envers le phonographe est due à des raisons d’ordre psychologique et technique à la fois.
- L’accroissement du nombre des postes émetteurs radiophoniques, l’augmentation de leur puissance, l'amélioration de la qualité musicale et de la composition du programme des •radio-concerts assurent désormais aux auditeurs sans-filistes la réception quotidienne, presque à chaque heure de la journée, de transmissions musicales, artistiques, politiques ou financières présentant un intérêt suffisant. L’achat d’un radio-récepteur devient de moins en moins onéreux, surtout aux Etats-Unis, et l’entretien de l’appareil est réduit au minimum, d’autant plus qu’il n’existe pas dans ce pays pourtant en déficit de taxes radiophoniques, et il n’est même pas question d’en instituer.
- Le prix d’un phonographe mécanique est peut-être inférieur à celui d’un radio-récepteur, mais le phonographe exige l’achat d’assez nombreux disques, d’où une dépense relativement importante. La fabrication en série des phonographes électriques aux Etats-Unis a diminué dans de grandes proportions le prix de revient de ces appareils, mais il est encore cependant au moins égal à celui d’un radio-récepteur.
- Dans ces conditions, l’aspirant discophile ne se décide à faire l’acquisition d’un phonographe et des disques correspondants que s’il est assuré à l’avance d’obtenir des résultats supérieurs au point de vue musical, et une jouissance artistique plus grande que celle qu’il obtient avec un radio-récepteur. Il faut bien l’avouer, l’auditeur américain en est arrivé à négliger les possibilités du phonographe mécanique et même du phonographe électrique, parce qu’il n’était plus assuré d’obteuir ces résultats avec les appareils qu’on lui présentait.
- Par suite de la crise économique sans doute, les industriels américains se sont surtout attachés, semble-t-il, à établir des phonographes mécaniques et même des phonographes à reproduction électrique à des prix de plus en plus bas, espérant ainsi attirer la grande masse des acheteurs. Mais, et nous l’avons déjà montré dans des articles parus dans cette revue, la construction du phonographe mécanique et a fortiori celle du phonographe à reproduction électrique, sont beaucoup plus délicates qu’il peut semblera première vue, lorsqu’il est nécessaire de réaliser non pas de simples appareils capables de produire des bruits, mais de véritables instruments de musique. Un trop grand nombre de phonographes américains de fabrication récente, offerts au public à des prix très bas, ne permettaient pas d’obtenir une reproduction de qualité, et c’est sans doute en grande partie dans ce fait qu’il faut voir le déclin de la vogue du phonographe aux Etats-Unis.
- La crise est encore loin, heureusement, de présenter la même acuité, en France, mais l’exemple peut être salutaire pour les constructeurs et les éditeurs de disques. Le seul moyen sans doute d’empêcher dans notre pays le déclin du phonographe est d’établir des appareils mécaniques à des prix raisonnables, mais avant tout bien réalisés au point de vue acoustique. De même, et surtout, il est indispensable de de leur assurer une très haute qualité musicale.
- Il est certain, d’autre part, que les éditeurs de disques ne peuvent négliger l’enregistrement des œuvres populaires, de music-hall, ou de films sonores par exemple, destinées à la grande masse du public. II est non moins certain que l’abandon des enregistrements de musique classique ou moderne, de théâtre phonographique original, de diction, etc..., déterminerait aussi l’abandon du phonographe par les discophiles les plus passionnés. Fort heureusement, de nombreux indices très nets et récents nous montrent que les éditeurs de disques ont maintenant compris le danger qui menaçait leur industrie.
- Dans des articles récents parus ici même, nous avons exposé les progrès fort intéressants constatés dans la construction du phonographe à reproduction mécanique; la plupart de ces progrès, comme on a pu s’en apercevoir, ont été réalisés en France. Ainsi, c’est peut-être à l’heure actuelle en France qu’on étudie avec le plus d’attention la question toujours essentielle, à notre avis, des perfectionnements de cet appareil si simple, mais qui pourrait être un instrument populaire d’éducation musicale et artistique merveilleux.
- Le phonographe à reproduction électro-mécanique, cet admirable instrument de musique, n’a pas encore pris en France le développement qu’il aurait dû normalement acquérir. Ce fait est dû sans doute en partie aux erreurs des industriels et des commerçants, mais certainement aussi, et en grande partie, à une compréhension inexacte du public quant au rôle que doit jouer une machine parlante de ce genre...
- Le phonographe électrique présente sur le radio-récepteur, le grand avantage de permettre à l’auditeur d’entendre quand il le veut, aussi souvent qu’il le veut, le morceau de musique, l’enregistrement de paroles, ou de chant, de son choix. Mais il est indispensable que cette audition soit d’une qualité musicale supérieure à celle d’une réception radiophonique. L’avantage n’est donc pas assez grand si la reproduction phonographique est inférieure en qualité à l'audition radiophonique, et c’est alors avec raison que le sans-filiste se contente fort bien d’un radio-récepteur, et n’a nulle envie d’acheter un phonographe avec ses disques, ou même d’adapter à son récepteur un ensemble phonographique avec pick-up.
- Sans doute, dira-t-on, il n’est pas à craindre de perturbations parasites dans les reproductions phonographiques, mais ces perturbations ne sont surtout marquées la plupart du temps, que pour la réception des émissions lointaines ou faibles, et le bruit d’aiguille des reproductions phonographiques peut être également assez gênant sur des machines parlantes mal construites.
- A propos de cette concurrence qui devrait, au contraire, se transformer en une collaboration entre l’industrie phonographique et l’industrie radio-électrique, remarquons, en passant, que l’abus des radio-diffusions de disques mal organisées a causé un tort certain à l’audition phonographique; l’auditeur sans-filiste n’a nullement le désir d’entendre encore une fois et à titre onéreux des enregistrements qu’il a déjà entendus gratuitement et trop souvent à son gré. Une réglementation prudente a, du reste, mis fin à ces abus nuisibles pour tous.
- Ainsi, l’avantage essentiel du phonographe à reproduction électrique devrait être avant tout de permettre une audition
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- de meilleure qualité. Sans doute la reproduction électromécanique des disques permet-elle d’augmenter presque à volonté l’intensité d’audition, grâce à l’amplification réalisée par les lampes à vide de puissance. Cette intensité de l’audition peut être utile dans les applications professionnelles ou semi-professionnelles. C’est pourquoi on a demandé trop souvent aux phonographes électriques employés dans les salles de danse, dans les casinos, dans des hôtels, dans les fêtes foraines, dans les salles de cinéma d’être bruyants-, il serait nécessaire avant tout d’exiger qu’ils reproduisent de la musique.
- Ces appareils à forte amplification, mais mal étudiés, mal réglés quelquefois et mal entretenus, ont fait au phonographe électrique une réputation désastreuse parmi les amateurs de bonne musique. C’est pourtant justement à ces amateurs de bonne musique que devrait convenir avant tout une machine parlante de ce genre, car c’est elle qui peut assurer dans les conditions actuelles de l’électro-acoustique une audition de
- la qualité la meilleure.
- L’enregistrement des disques phonographiques ne peut sans doute être parfait, pour des raisons acoustiques et électromécaniques bien connues, exposées déjà dans cette revue, et que nous avons étudiées dans notre ouvrage : Le phonographe et ses merveilleux progrès.
- En fait, en dessous de 150 périodes environ, les notes graves
- sont à peu près inexistantes dans l’enregistrement. On trouve un maximum plus ou moins net vers la fréquence 1000, et à partir de 4 à 5000 périodes au maximum, les notes aiguës sont tout à fait dé-croissantes(fig.l ). Malgré les ef-
- 100 200 300 400500 1000 2000 3 5000
- Fréquences en périodes seconde
- Fig. 2. — Courbe caractéristique d’un bon pick-up.
- forts des ingénieurs spécialistes de l’enregistrement, il est impossible de supprimer complètement cet inconvénient et nous avons montré, d’autre part, dans nos articles consacrés aux phonographes mécaniques, combien il était déjà difficile dans ces appareils de ne pas ajouter, aux défauts provenant de l’enregistrement, des distorsions dues aux caractéristiques du système reproducteur.
- Au contraire, grâce à la reproduction électromécanique, on peut s’opposer aux défauts inhérents à l’enregistrement même des disques, c’est-à-dire ne pas augmenter les défauts dus à l’enregistrement, et bien au contraire, en supprimer, en partie, les effets nuisibles. Il suffit d’étudier les caractéristiques des organes du phonographe électrique : pick-up, amplificateur et haut-parleur, de manière à établir un ensemble permettant une reproduction fidèle, non pas seulement des fréquences musicales enregistrées, mais même des fréquences musicales initiales.
- La courbe de la plupart des amplificateurs de puissance montre une faiblesse de l’amplification au delà de 3000 périodes-seconde. Au contraire, l’amplification des notes graves est, en général, satisfaisante, et si l’on adopte, comme c’est le cas général, un haut-parleur électro-dynamique, il peut même se produire des amplifications exagérées des notes musicales graves.
- Au moyen de dispositifs correcteurs, de principes simples, mais dont l’application est fort délicate, on peut atténuer ces défauts de l’ensemble amplificateur haut-parleur, et il existe
- même, comme on le sait déjà, des systèmes réglables de correction de la tonalité, permettant à volonté d’amplifier la gamme des fréquences aiguës ou des fréquences graves. Il n’en est pas moins certain que le pick-up re-producteur ne doit pas, comme on pourrait le penser a priori, reproduire avec une égale intensité toutes les fréquences musicales, et sa courbe idéale de réponse n’est nullement une droite.
- Elle doit, au contraire, présenter une pointe de résonance pour les fréquences inférieures à 250 périodes-seconde, et une pointe semblable pour les fréquences supérieures à 3000 périodes-seconde. On trouve, d’ailleurs, maintenant dans le commerce beaucoup de pick-up dont les caractéristiques se rapprochent de ces caractéristiques idéales. On note parfois pourtant que la pointe de résonance est placée sur une gamme trop grave, et les fréquences au delà de 3500 périodes sont trop sacrifiées (fig. 2).
- Il faut, avant tout, que le pick-up ne présente pas de résonances multiples sur des zones différentes de la gamme musicale. On est arrivé à supprimer, en général, ces irrégularités par un amortissement plus rationnel de l'armature vibrante, et cet amortissement est désormais assuré par des dispositifs ne contenant pas de caoutchouc ou tout au moins formés avec des plaques de caoutchouc traité spécialement, ce qui assure une grande durée de fonctionnement sans aucun réglage.
- LA FORME LA PLUS RÉCENTE DU RADIO-PHONOGRAPHE
- Nous venons d’indiquer plus haut les avantages essentiels du phonographe à reproduction électrique. A l’heure actuelle, et malgré les progrès de la fabrication de ces appareils, la plupart d’entre eux, du moins en ce qui concerne les modèles de grandes marques bien étudiés électriquement et acoustiquement, sont des appareils encore relativement coûteux, il est, d’autre part, bien rare qu’un dis-copliile se contente d’un phonographe, et ne désire pas quelque jour faire l’acquisition d’un radi o-r écepteur, s’il n’en possède déjà. Aussi, l’instrument de mu -
- Fig. 3. — Un ensemble radiophonographique récent : Radio-coffret Diehl.
- 1000 10.000 juences en périodes seconde
- Fig. 1.'— Caractéristiques très schématiques des éléments d’un phonographe à reproduction électrique. A, disque. B, amplificateur et haut-parleur. C, pick-up idéal.
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- Fig. 4. — Le pick-up « Omnix-Thorcns » à tête mobile el à impédance variable.
- sique mécanique le plus complet à l’heure actuelle est-il le radio-phonographe, constitué par la réunion dans une même ébénis-terie d’un radio-récepteur et d’un système phonographique de r eproductio n électrique. Il y a désormais en F rance de nombreux modèles de radio-phonographes, de construction nationale ou étrangère, qui assurent l’obtention des meilleurs résultats tant au point de vue radiophonique qu’au point de vue phonographique.
- Le radio-phonographe très complet et très puissant, présenté sous forme de meuble, n’a pas rencontré pourtant, semble-t-il, une très grande vogue, d’une part parce qu’il est coûteux, d’autre part, parce qu’il est encombrant.
- Les constructeurs français ont donc eu récemment l’idée d’établir des radiophonograplies sous une forme, en quelque sorte, réduite et de monter sur l’ébénisterie d’un poste inidget renfermant dans son boîtier le récepteur de T.S.F. avec son
- système d’alimentation et le haut-parleur électrodynamique, un mouvement phono -graphique tourne-disque et un pick-up élec-tromag né tique. On peut trouver à l’heure actuelle des modèles de phonographes de ce genre assez réduits et donnant d’excellents résultats, offerts au public à des prix qui ne sont guère supérieurs à ceux des postes midget correspondants (fig. 3).
- Beaucoup d ’ama -teurs sans-fîlistes possédant de bons postes-secteur à amplification basse fréquence puissante voudraient pourtant, et avec raison, utiliser ce récepteur pour la reproduction électrique des disques. Il est certain qu’à
- l’heure actuelle, la plupart des postes-secteur comportent des étages de sortie à lampes de puissance à forte tension plaque et de bons haut-parleurs électrodynamiques. Ils peuvent donc dans les meilleures conditions être utilisés pour la reproduction électrique. Il suffit en effet de leur adjoindre un moteur tourne-disque et un pick-up électro-magnétique relié d’une manière rationnelle à la lampe détectrice de l’appareil ou à la première lampe basse fréquence suivant les cas.
- Il faut cependant que l’ensemble radio-plionographique ainsi constitué soit d’usage pratique et assure une audition de bonne qualité musicale sans aucune perturbation parasitaire.
- Les fabricants de matériel phonographique présentent depuis peu des ensembles d’adaptation composés d’un moteur à induction, d’un pick-up avec son bras-support et son potentiomètre de réglage de l’intensité sonore, montés dans une ébénisterie à tiroir de forme particulièrement bien adaptée pour servir simplement de bloc à un poste secteur midget (fig. 5).
- Grâce à l’emploi du moteur à induction sans balai, il n’y a pas à craindre de bruits parasitaires dans le récepteur radiophonique et sur nombre de pick-up électromagnétiques on trouve maintenant des systèmes de liaison qui permettent d'adapter au mieux le dispositif suivant les caractéristiques de la lampe du poste à laquelle on transmet les oscillations à fréquence musicale.
- Un modèle récent de pick-up électro-magnétique comporte même une manette extérieure qui permet de faire varier immédiatement l’impédance des enroulements du pick-up en circuit suivant la résistance interne de la lampe du poste (fig. 4). On obtient de cette manière, et très rapidement, un ensemble radiophonographique efficace, permettant souvent d’avoir des résultats comparables à ceux qu’on peut obtenir avec un meuble radio-plionographique coûteux et encombrant.
- La « tête » du pick-up pivotant dans le plan vertical pour permettre la fixation de l’aiguille reproductrice porte simplement une manette en ébonite se déplaçant en face de quatre repères. En faisant tourner cette manette, on détermine immédiatement la variation de l’impédance des enroulements, et on peut, d’ailleurs, juger rapidement par l’expérience de la combinaison optima convenant pour le poste récepteur auquel on veut adapter le pick-up.
- L’appareil comporte également d’autres perfectionnements. La tête du pick-up est fixée sur une pièce pivotant dans le plan horizontal à l’extrémité du bras, de sorte qu’elle présente avec l’axe du bras un angle constamment variable, et déterminé automatiquement par un levier de commande. Ainsi on obtient une orientation constante de la pointe reproductrice par rapport au sillon phonographique durant toute la durée de la reproduction du disque. D’où une usure plus normale et une qualité de reproduction aussi bonne que possible par suite du fonctionnement mécanique plus rationnel du système traducteur.
- Le potentiomètre qui permet de faire varier l’intensité d’audition est placé, d’autre part, dans le bâti du bras support; il est commandé par une mollette de grand diamètre dont seul le bord denté est extérieur au bâti. Enfin, le bras porte une barre verticale déclenchant un système d’arrêt automatique du moteur tourne-disque. P. Hémardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Cosmogramme Braun : Établissements Max Braun, 31, rue de Tlem-cen, Paris (20e).
- Raclio-coffrd Diehl: Établissements Abroponel, 9, rue Godot-de-Mauroy, Paris (9e).
- Radiophonographe Midget: Radiola, 79, boulevard Haussmann, Paris.
- Pick-up Omnix Thorens : Établissements Diedrichs, 13, rue Bleue, Paris.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE
- Hérodote et les pétroles de Mésopotamie.
- On ne lit plus guère Hérodote, c’est dommage; sans doute chez lui l’historien ne brille-t-il pas par l’esprit critique; mais le voyageur sait rendre compte fort exactement de ce qu’il a vu.
- Les prospecteurs qui ont découvert le pétrole de Mésopotamie avaient-ils lu Hérodote? C’est peu probable; ils y auraient cependant trouvé de très nettes indications sur la présence abondante des hydrocarbures dans le sous-sol de cette région. M. le Commandant de Marien, président d’honneur de la Société « Sciences, Lettres et Arts » de Bayonne a bien voulu nous signaler les passages d’Hérodote qui traitent de cette question. Les voici, extraits de la traduction Giguet (Paris-Hachette, 1860).
- Pétroles de Mésopotamie. — Livre VI-CXIX, p. 370. — ... Les captifs d’Erétrie sont conduits à Suze... Darius, fâché contre eux... loin de leur faire aucun mal, les établit en Cissie (Kissin), sur un domaine à lui propre, dont le nom est Arde-ricca ('). Ce lieu est à deux cent dix stades de Suze et à quarante du puits qui produit trois substances. On puise, en effet, dans ce puits, du bitume, du sel et de l’huile; voici comment : on y descend une cigogne à laquelle est attachée une demi-outre au lieu de seau; on la fait plonger, on la retire et on la vide dans un réservoir, d’où le liquide se répand dans un second bassin; là il prend trois formes : le bitume et le sel se solidifient sur place; l’huile coule encore jusqu’à des vases que les Perses nomment rhadinaces ; elle est noire et d’une odeur désagréable. C’est dans ce pays que le roi établit les Erétriens, et, jusqu’à mon temps, ils ont possédé ce territoire, conservant leur ancien langage...
- Pétroles de l’Irak. — Livre I, CLXXIX, page 69. — Construction des murs de Babylone... On faisait des briques avec la Terre des fossés... on les cuisait au four après cela, on se servait, comme ciment, de bitume en ébullition et l’on montait les rangs de briques...
- On compte huit jours de marche de Babylone à une autre ville que l’on nomme Is, où coule une petite rivière du même nom, qui se jette dans le grand courant de l’Euphrate; cette rivière fait jaillir de ses sources de nombreux grumeaux de bitume, et c’est de là que l’on en a transporté pour construire les murs de Babylone.
- GÉOLOGIE
- Un problème qui n’est pas résolu! Possibilité de l’existence de la houille dans la plaine du Forez
- Quand, en 1881, un sondage qu’on forait aux environs de Meylieu-Montrond, dans la plaine du Forez, vit jaillir de 500 m de profondeur, une eau bicarbonatée sodique et bromo-iodurée, on fut quelque peu surpris, car c’était la houille qu’on recherchait.
- Devant l’abondance et la qualité de ces eaux, on songea de suite à leur utilisation. Il en naquit l'Établissement thermal, aujourd’hui réputé, de Montrond-les-Bains, alimenté par la source dite du Geyser; mais le but initial fut totalement délaissé.
- Le forage avait été entrepris à la suite d’études faites par divers ingénieurs stéphanois, notamment par Francis Laur, et poursuivait le prolongement éventuel de la bande houillère de Sainte-Foy-Largentière, en dessous des terrains récents du
- 1. Ardericca, bourg de l’Assyrie, voisin de trois sinuosités de l’Euphrate en aval de Babylone, toc. cit., Livre. CLXXXV, page 72.
- Forez. La carte figure 1 indique les grandes lignes de la question.
- Parallèlement au bassin houiller de la Loire, compris entre les vallées du Rhône et de la Loire, et au milieu des monts du Lyonnais, existe une seconde dépression à sédiments carbo-nifériens. Elle est connue principalement à l’ouest, par les couches de charbon exploitées jadis à Sainte-Foy-l’Argentière, mais se prolonge au long de la vallée de la Brévanne, puisqu’on retrouve la houille à la Giraudière et au voisinage de Sain-Bel. A la Giraudière, les veines deviennent minces et ne sont pas exploitables; plus à l’est, elles se réduisent à l’état de simples filets. *
- Or, dans le bassin de la Loire, un phénomène analogue se produit : le terrain houiller de la zone orientale, vers Givors, ne contient que des couches de charbon à peu près sans valeur; elles deviennent plus importantes et certes utilisables, à Rive-de-Gier, pour prendre tout leur développement à Saint-Étienne et au delà.
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- Fig. 1. — Le houiller du Forez.
- Dans les deux bandes houillères, il y a donc indiscutablement enrichissement graduel en houille, en allant de l’est à l’ouest. Il était donc logique d’escompter à l’ouest du lambeau houiller de Sainte-Foy-l’Argentière, un autre lambeau plus important (XY, par exemple).
- Mais le sondage de Montrond qui trouva à 502 m de profondeur les eaux artésiennes qui lui valurent le nom de « Source du Geyser », resta dans les terrains tertiaires et n’atteignit pas la base du remplissage forézien, qui aurait pu être tout aussi bien le terrain houiller que les micaschistes.
- Le sondage traversa des couches argilo-calcaires, parfois fortement aquifères, et des grès plus ou moins fortement cimentés; à la base, avant l’eau jaillissante, il était depuis 27 m dans les sables. Tout permet de donner à ces sables un âge oligocène.
- Le problème de l’existence de la houille dans la plaine du Forez reste donc entier; contrairement à une idée qui s’était jadis accréditée, le sondage de Montrond n’a apporté aucune preuve négative; il a simplement indiqué qu’il fallait aller au delà de la profondeur qu’il avait atteinte.
- V. C.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Radioélectricité (T. S- F.). Extrait du volume Vllï (1927-1928) des Tables annuelles des constantes (fi. A. C.), rédigé par M. Mesny (Paris), 18 p. Gauthier-Villars, Paris, 1932. Prix : relié, 30 fr. ; broché, 25 fr.
- Rien de plus indispensable que les recueils de données numériques sûres pour quiconque entreprend un travail approfondi d’ordre scientifique ou industriel. C’est la tâche à laquelle se consacre, depuis de longues années, M. Marie en publiant régulièrement ses Tables annuelles de constantes physiques. Dans le présent volume, M. Mesny a extrait des travaux originaux de nombreux physiciens des données sur les tubes électroniques, les oscillateurs à quartz et magnétostriction, la propagation des ondes hertziennes, les atmosphériques, la dispersion des ondes courtes, etc.
- «
- Photographie. Extrait du volume VIII (1927-1928) des Tables annuelles de constantes (T.A.C.), rédigé par M. W. Clerc (Rochester) et L.-P. Clerc (Paris), 32 p. Gauthier-Villars, Paris, 1932. Prix : relié, 40 fr. ; broché, 35 fr.
- Ce recueil, extrait des Tables annuelles de constantes, que dirige M. Ch. Marie, rendra d’éminents services à tous ceux qui utilisent la photographie soit pour des usages scientifiques, chaque jour plus nombreux, soit pour des usages industriels. On y trouve le résumé ou le rappel d’études importantes et récentes parues dans diverses publications, ayant trait aux lois du noircissement, à la sensitométrie et à la photométrie photographique, au développement, à la sensibilisation et à la désensibilisation, à la sensibilité des émulsions, etc. Le texte est en français et en anglais.
- Discussion sur révolution de l’univers. Traduction et avant-propos, par P. Couderc. 1 vol. XII-70 pages. Gauthier-Villars, Paris, 1933. Prix : 15 francs.
- Au meeting du Centenaire de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, tenu à Londres en septembre 1931, s’institua une passionnante discussion sur l’évolution de l’Univers. Des savants illustres y prirent part : Sir James Jeans qui conclut à la mort thermique de l’Univers, l’abbé Lemaître, auteur de la théorie aujourd'hui célèbre de l’Univers en expansion; W. de Sitter, le grand théoricien hollandais, sir Arthur Eddington, A. Milne, R.-A. Millikan, Des communications de ces savants jaillissent en abondance des aperçus nouveaux, des synthèses frappantes. M. Couderc les présente ici au grand public français qui, sans nul doute, les appréciera à leur valeur et y trouvera une source de méditation.
- Les transmutations artificielles, par L. Leprince-Ringuet. 1 brochure 46 pages, 4 pl. hors texte. Hermann et Cie, Paris, 1933. Prix : 15 francs.
- Depuis 1931, une magnifique éclosion de découvertes a enrichi la physique des transmutations; à la liste des transmutations radioactives spontanées connues depuis longtemps se sont ajoutés de nombreux processus de transmutations artificielles : effet Bothe et Becker, effet Curie-Joliot, expériences de Cockroft et Walton. Avec la découverte du neutron, nos connaissances sur l’architecture du noyau atomique ont pris un autre cours. Dans une conférence d’une parfaite lucidité, l’auteur résume tous ces travaux récents et montre comment se présentent en conséquence les conceptions actuelles sur la constitution de la matière.
- La télévision expérimentale, par I. G. R. Van Dyck.
- 1 vol. 190 p., 146 fig. Dunod, Paris. Prix : 25 fr, et V. I. R. O. S. A., 412, chaussée de Turnhout, Anvers. Prix : 35 fr belges.
- La télévision a fait en ces dernières années, de rapides progrès; elle offre actuellement un magnifique champ de recherches et d’expériences aussi bien à l’amateur qu’au savant. Les ouvrages sur la télévision, du moins en français, sont très rares. L’abondance des matériaux aurait-elle découragé les écrivains ? L’ouvrage de M. Van Dyck comblera partiellement cette lacune; ce n’est pas un traité complet; il n’a point cette prétention; en particulier l’historique et les questions purement théoriques ont été laissées de côté : l’auteur s’est surtout préoccupé de donner à l’amateur toutes les données nécessaires pour comprendre parfaitement le mécanisme des méthodes actuelles de télévision, et pour tirer judicieusement parti des appareils, pièces détachées, etc., que l’industrie met aujourd’hui à sa disposition. Des explications toujours très claires, de nombreux schémas de montage souvent originaux, que l’auteur a personnellement expérimentés, d’excellents conseils pratiques dictés par l’expérience, font de ce petit livre un guide parfait pour l’amateur de télévision, surtout pour celui qui rêve de réaliser lui-même ses montages et de pratiquer à son tour l’expérimentation, source de tout progrès.
- Comment supprimer les parasites et les brouillages en T. S. F., par Michel Adam. 1 vol. 112 p., 52 fig. Editeur : Radio Magazine, 61, rue Beaubourg, Paris. Prix : 5 francs.
- Ce petit ouvrage, qui sera précieux à tbus les auditeurs de T. S. F., contient tous les renseignements pratiques sur les parasites et les brouillages, leur production, leur nature et leur élimination.
- On y trouvera les montages antiparasites convenant pour la suppression des brouillages produits par les enseignes lumineuses, les sonneries, les appareils téléphoniques, les contacteurs tournants, les redresseurs, les vibreurs, les moteurs à courant continu et alternatif, les ascenseurs, les lignes à haute tension, les appareils médicaux, les tramways, les frigorifiques, etc...
- On y trouvera également des consultations d’avocat, les jugements, les arrêts, les ordonnances et les arrêtés des maires pris pour protéger l’auditeur contre les parasites.
- Traité de biocolloïdologie,par W. Kopaczewski. Tomel. Pratique des colloïdes. Fascicule IV. Mesures optiques et données numériques. 1 vol. in-8, 232 p., 71 fig. Gauthier-Villars et Cie, Paris. Prix : 40 fr.
- Nous avons déjà signalé l’apparition des premiers fascicules du grand ouvrage entrepris par notre collaborateur. Après les propriétés mécaniques, les mesures des concentrations moléculaires et ioniques, celles capillaires et électriques, voici les mesures optiques : ultra-microscopie, néphélémétrie, colorimétrie, réfractométrie, inter-férométrie, polarimétrie, action des radiations. Pour chaque méthode on trouve le principe, la technique expérimentale, les principaux types d’appareils. Ce tome I se termine par une longue suite de tables numériques qui rassemblent toutes les données utiles et évitent d’avoir à les chercher dans d’autres ouvrages spéciaux.
- Traité de biocolloïdologie, par W. Kopaczewski. Tome II. Biocolloïdes. Origine, préparation, purification, propriétés. 1 vol. in-8. 517 p., 67 fig. Gauthier-Villars et Cie, Paris. Prix : 80 fr. «
- Après avoir donné dans le premier tome les propriétés et les méthodes de mesures des colloïdes en général, l’auteur aborde ici les très nombreux colloïdes qui constituent le sol et les êtres vivants. Il met ainsi au point ce qu’on sait des argiles, des matières humiques, de la silice, des eaux minérales, du pétrole, puis des produits végétaux : glucides, amidon, dextrine, cellulose, glycogènes, laminarènes, inulines, gomme et mucilages, pectines, tanins, résines, alcaloïdes, glucosides, sapo-nines, enfin des produits animaux : protides, albumines, globulines caséines, gélatines, kératines, flbroïnes, muçines, lipides et lécithines, stérols, pigments, chlorophylles, carotinoïdes, hémoglobines, hémo-cyanines, büirusines, pigments bactériens, matières colorantes. Pour chacune, il indique les origines, les modes de préparation et de purification, les propriétés. C’est un vrai traité de biochimie vu du point de vue colloïdal.
- Colloïdes et micelloïdes. Leur rôle en biologie et en médecine par Auguste Lumiüre. 1 vol. in-8, 806 p., 33 fig., 34 pl. en couleurs. Maloine, Paris, 1933. Prix : cartonné toile, 75 fr.
- Depuis douze ans, le célèbre savant lyonnais soutient, développe, perfectionne la conception très générale qu’il s’est formée des phénomènes biologiques : « l’état colloïdal est l’une des conditions essentielles et indispensables de la vie; la destruction de cet état, c’est-à-dire la floculation, détermine la maladie et la mort ». Chaque ouvrage nouveau qu’il écrit constitue une mise au point plus complète et plus démonstrative.
- Celui-ci débute par un rappel des propriétés des colloïdes que l’auteur sépare en deux groupes très différents, les colloïdes proprement dits et les micelloïdes. Il les montre ensuite dans les tissus vivants et explique par leurs transformations progressives la sénescence, la vieillesse, la mort; il discute de ce point de vue les essais de rajeunissement. Puis il aborde leurs transformations brusques qui créent ces états pathologiques dont on commence à peine à imaginer l’importance et la généralité : l’anaphylaxie, les chocs, l’instabilité humorale. Chemin faisant, il apporte une vision toute nouvelle de nombreux faits, de multiples syndromes que la notion de colloïde illumine, alors que trop souvent ils restaient inexplicables, quand même on n’avait pas omis d’y porter attention. C’est toute une orientation de la physiologie et surtout de la médecine dans les voies physico-chimiques modernes.
- L’immigration continen taie et transcontinentale
- par le Dr René Martial. 1 broch. in-8, 55 pages. J.-B. Baillière et Fils, Paris, 1933. Prix : 8 fr.
- L’auteur dégage les directives qui devraient régler l’immigration de la main-d’œuvre étrangère en France, pour qu’elle fût profitable aux points de vue sanitaire et racial.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OPTIQUE
- Un nouveau genre de lunettes : les lunettes « Perivist » à vue pleine.
- En comparant le nouveau modèle de lunettes imaginé par les usines Zeiss, à Iéna, avec les lunettes traditionnelles, on remarque les graves défauts dont ces dernières étaient affectées.
- Les nouvelles lunettes constituent, en effet, un progrès incontestable au double point de vue esthétique et optique; d’autre part, elles fatiguent bien moins celui qui les porte.
- Le fait que les tiges s’attachent, non pas à mi-hauteur de la monture, mais en des points bien plus hauts, donne aux nouvelles lunettes une apparence particulièrement coquette : Les tiges, contournant les tempes, en ligne droite, laissent les yeux entièrement libres et, par conséquent, évitent l’effet si fâcheux d’œillères. Les contours sont plus harmonieux et s’adaptent mieux aux traits du porteur.
- L’œil peut regarder librement de tous côtés; même un coup d’œil latéral n’est aucunement gêné, le champ visuel étant entièrement libre.
- La parfaite répartition du poids aux points d’appui — nez et oreilles — en rend le port sûr et commode.
- Le fait que les verres sont légèrement inclinés en avant représente, au point de vue optique, un avantage indubitable, car l’œil peut ainsi regarder suivant la direction qui lui est naturelle. Dr A. Gradenwitz.
- Constructeur : usines Zeiss, à Iéna.
- AGRICULTURE
- Le motocultivateur Gravely
- Quand on prononce le mot de motoculture, on évoque immédiatement l’idée de puissantes charrues automobiles ou remorquées par tracteurs. Ce genre de machines, en raison même de sa puissance, n’a reçu encore que des applications assez limitées; en outre, il ne se prête qu’à un nombre assez restreint de gros travaux.
- Le travail des champs comporte bien d’autres opérations que le défonçage du sol : suivant la nature de la culture, l’agriculteur doit donner à sa terre, au cours de la saison, de nombreuses façons : jusqu’ici il ne disposait guère, à cet effet, que d’outils à main; plus les cultures doivent être soignées, plus elles se rapprochent du jardinage et plus elles exigent de travail manuel, de temps et de main-d’œuvre coûteuse.
- On conçoit combien peut être précieuse l’intervention du moteur pour abréger et faciliter ces travaux. On y songe depuis longtemps; bien des efforts ont été tentés pour réaliser l’outil à moteur adapté à ces délicats travaux de façons.
- Le problème semble enfin résolu, avec le motocultivateur Gravely, appareil né des patientes recherches et mises au point d’un homme de la terre, un jardinier qui connaissait parfaitement toutes les conditions à satisfaire pour réaliser un outil pratique.
- Le moto-cultivateur Gravely est essentiellement une moto-brouette, avec une roue motrice unique, très étroite. L’homme qui la manie en tient les deux manches à la main et la guide dans sa marche.
- Fig. 1. — Lunettes « Perivist » à vue pleine.
- Les pièces travaillantes se fixent soit à l’avant, soit à l’arrière de la roue motrice sur un châssis porté par la brouette.
- Ces pièces sont de diverses sortes suivant le travail à effectuer; on peut en placer plusieurs à la fois pour ti'avail-ler sur plusieurs rangs simultanément. Dans ce but le châssis est constitué par deux longerons-supports articulés dont
- Fig. 2. — Le motocultivateur Gravely. (Ph. Roi.)
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- Fig. 3. — Sillons tracés avec le motoculteur Gravelg (à gauche).
- un dispositif très simple permet de varier l’écartement; de 15 à 90 cm, et même à 150 cm, avec un dispositif d’extension spécial.
- Sur le châssis se montent en outre les roulettes de terrage et des dispositifs de guidage.
- L’appareil équipé des pièces ad hoc peut servir de houe pour l’écroûtage des couches de terre dure, il peut être employé comme charrue cultivateur, comme machine à tracer les sillons, à enfouir les semis et à butter, également comme machine à ameublir et à scarifier.
- C’est un véritable outil universel, de construction simple, puissant et robuste, fonctionnant en tous terrains, assez réduit pour les plus petites et plus délicates cultures, assez fort pour les grandes.
- En vente chez'Gomiot, 87, boulevard Gouvion-Saint-Cyr, Paris (17e).
- ÉLECTRICITÉ
- Trousse « Illico » pour remplacement des fusibles.
- Les plombs qui protègent votre installation d’éclairage électrique viennent de sauter. Voici toute la maison dans l’obscurité. Tout le monde connaît cette désagréable surprise, il faut à tâtons partir à la recherche d’une lumière de fortune, rassembler les outils nécessaires et entreprendre le remplacement des fusibles, dans des conditions en général fort incommodes.
- Un inventeur, M. Jean Reix, s’est posé le problème de réduire au minimum ces petits ennuis et il y a réussi en éta-
- Fig. 4.
- Les différentes pièces de la trousse « Illico ».
- blissant une trousse fort ingénieusement conçue qui contient tout ce qui est nécessaire pour effectuer commodément la petite réparation : éclairage, fils fusibles et outils.
- C’est une boîte cylindrique en bois, avec un couvercle vissé, et qui se termine par une lame de porte-vis, la boîte formant le manche du porte-vis.
- Dévissons le couvercle, nous trouvons à l’intérieur de la boîte une bobine garnie de trois grosseurs différentes de fil fusible, permettant 100 à 150 changements. Cette bobine, creuse elle-même, contient deux ou trois fortes allumettes bougies, pouvant éclairer chacune environ trois minutes, temps largement suffisant pour rétablir la lumière.
- Une petite rondelle complète l’ensemble : une de ses faces est garnie de papier de verre et sert ainsi de frottoir aux allumettes, l’autre est percée d’un trou en son centre pour recevoir la petite bougie, formant ainsi une sorte de minuscule chandelier qui peut se poser partout facilement.
- Ce n’est pas tout : le couvercle de la boîte est muni d’une ficelle; celle-ci est d’une grande utilité; elle permet, par exemple d’accrocher la trousse à un clou à proximité du compteur, ou des plombs si ceux-ci sont distincts du compteur; on peut aussi l’accrocher à un fil du compteur. En tout cas, on peut la placer à l’endroit même où on aura besoin d’elle, au moment de l’accident. Donc plus de longues recherches, parfois infructueuses, dans les tiroirs.
- On a sous la main, instantanément et commodément, tout ce qu’il faut pour parer à la panne de lumière.
- En vente chez M. Jean [Reix, 33, boulevard des Batignolles. Paris (8e).
- OUTILLAGE
- Pelle « Tatou
- 0
- Fig.
- i. — La Pelle Tatou ».
- Cette pelle en acier trempé, est composée de deux louchets polis et coupants, unis parallèlement face à face par une articulation qui permet d ecarter ou de rapprocher leurs tranchants par action sur les manches. Son maniement est très simple : en effet, après avoir soulevé verticalement l’outil, en ayant soin de maintenir les manches parallèles, on frappe fortement le sol pour augmenter la force de pénétration déjà obtenue par le poids de l’outil. La terre et les déblais à enlever se trouvent de cette façon pris dans le cylindre par les louchets.
- En écartant ensuite les manches de l’outil, les tranchants des louchets se rapprochent, transformant ainsi le cylindre en tronc de cône, de sorte que la terre saisie se trouve comprimée et dans 1 impossibilité de s échapper. Il ne reste plus, en tenant les manches écartés, qu’à soulever l’outil contenant les déblais • sans effort, étant donne la longueur du bras de levier -• pour porter ces derniers hors de la fouille ou de l’excavation, puis de rapprocher brusquement les manches pour voir les déblais tomber sur le sol à l’endroit voulu.
- La pelle « Tatou » représente donc une économie sensible de temps et d’efforts.
- Constructeurs : Les Boulonneries et Ferronneries de Vieux-Condé (Nord).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
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- De tout un peu.
- M. Dinet, à Roumazières (Charente). — Stenhouse a donné Je le nom d’acide quercilannique au tannin contenu dans l’écorce du chêne ordinaire',on lui attribuela formule G'4 H1J CD. Ce tannin diffère de celui de la noix de galle en ce qu’il ne peut être transformé en acide gallique et ne donne aucune trace de pyrogallol par distillation sèche. On le considère comme un glucoside polygallique, sa solubilisation est facile dans l’eau et dans l’alcool.
- La Quercine ou quercite C(5HiaO'5 est une matière sucrée contenue dans les glands d’où on peut l’extraire sans difficultés par l’eau chaude.
- La quercine est soluble dans huit à dix parties d’eau froide et dans l’alcool étendu; surtout à chaud, elle est inaltérable à l’air, résiste à une température de 215° C, fond à 235°C et se sublime en brunissant légèrement.
- La Quercàtine Ca7HliOu est un produit dérivé du quercitrin ou matière colorante du quercitron, par dédoublement avec libération d’isodalcite. Elle se présente sous forme d’une poudre cristalline d’un beau jaune citron, insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante, mais très soluble dans l’alcool. La quercétine se décompose à 350nC sans sublimation.
- N. 13. — Les tannins maintenus en solutions chaudes d’une façon prolongée se transforment au contact de l’air en une masse brune insoluble désignée sous le nom de tannin oxydé. Il ne convient donc pas, d’une manière générale, d’exagérer le chauffage des solutions de produits tanniques.
- IVI. Chausson, à Paris. — L’emploi de l’esprit de sel (acide chlorhydrique commercial ou acide muriatique) était tout à fait contre-indiqué pour chercher à enlever des lâches de graisse sur un carrelage, car il ne pouvait en résulter qu’une mise en liberté d’acides gras.
- Ce ne sont donc pas en réalité des taches d’acide muratique que vous avez actuellement à enlever mais celles provenant d’acides gras ou de graisses non modifiées.
- Pour cela il vous suffira d'abord de bien laver pour éliminer l’acide employé restant dans l’épaisseur du carrelage, puis d’imprégner copieusement d'eau seconde des peintres (lessive de soude caustique à 5° Baume), laisser en contact quelques heures, puis rincer abondamment à l’eau tiède.
- M. J. B. G., à Bordeaux. — Les colles en poudre dont vous parlez sont des colles à la caséine que l’on délaie dans l’eau tiède au moment de l’emploi: vous pouvez prendre comme type de ce genre de colle les proportions suivantes :
- Poudre de chaux tamisée...................30 grammes
- Carbonate de soude cristallisé pulvérisé . . 20 —
- Caséine en poudre du commerce .... 50 -—
- Conserver en vase bien fermé et en lieu sec.
- IVI. Desbrière, à Paris. —- 1° A notre connaissance, il n’a pas été publié de tables des solubilités du soufre-dans la tétrahydronaphtaline, mais il vous sera facile de vous en rendre compte, par quelques essais très simples, en sursaturant le liquide à l’ébullition, puis en faisant des prélèvements à différentes températures pendant le refroidissement. Vous pouvez également opérer par reste après cette sursaturation en décantant à une température donnée, pour peser l’excès de soufre non dissous.
- 2° Vous trouverez de la tétrahydronaphlaline dans l’une des maisons suivantes : Neveu-Fontaine, 20, rue Gay-Lussac, à Paris; Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure à Aubervilliers (Seine).
- IVI. D. et Cie, à Paris. — Nous ne connaissons pas la composition de cette spécialité et regrettons de ne pouvoir vous renseigner à ce sujet.
- IVI, Ménager, à Jurançon. — Vous pourrez vous procurer sans difficultés du ciment de Vitry en vous adressant à la Société générale des Ciments dont le dépôt est chez M. Tournelles, 7, rue Cochin, Paris, 5e.
- Nous vous rappelons que la condition essentielle pour obtenir des moulages délicats est la finesse; vous ferez donc bien d’effectuer un tamisage préalable du produit qui vous sera livré, avant de vous en servir; plus la poudre obtenue sera fine, meilleur sera le résultat,
- en observant les précautions d’usage, particulièrement celle d’éviter l’empâtage du moule par une couche d’huile trop épaisse.
- R. S., à Roubaix. — 1° Vous pourrez facilement transformer votre vieille plume en chlorure d’or en suivant la technique que nous avons indiquée dans le n° 2890, page 336.
- 2° Pour rendre imperméable le fond de votre vase en grès, il vous suffira d’y passer une ou deux couches de vernis à la gomme laque que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs.
- N. B. — Le vase doit être parfaitement sec.
- E. M., à Namur. — Pour déboucher voire tuyau de lavabo obstrué par des cheveux, y introduire jusqu’à contact avec l’obstruction un tube de caoutchouc, puis après avoir adapté à l’extrémité libre du tube un entonnoir verser dans celui-ci un grand verre environ de lessive de soude caustique à 36° B, que l’on trouve dans le commerce sous le nom de potassium des peintres.
- Il ne restera plus qu’à attendre que la soude ayant solubilisé les cheveux, le débouchage se fasse spontanément, ce qui peut demander quelques heures.
- N. B. — On peut activer l’opération en mélangeant à la lessive une cuillerée de poudre d’aluminium, laquelle en présence de l’alcali dégagera de l’hydrogène, il se produira ainsi au point où le tuyau est obstrué un brassage du liquide, ce qui renouvellera les contacts entre la masse de cheveux et la soude, en favorisant la dissolution.
- M. Saugeron, à Marseille. 1° Pour changer le sens de rotation de la poulie commandée, c’est-à-dire celle de l’appareil à mettre en mouvement il vous suffira de croiser la courroie de commande, vous n’aurez ainsi aucune modification à apporter au fonctionnement du moteur.
- 2° Les soudures de l’aluminium se font au moyen d’un alliage du type suivant :
- Etain.............................. 550 grammes
- Zinc............................... 380 —
- Aluminium.......................... SO •—
- suivant la dureté que l’on désire donner à la soudure, on augmente ou diminue la quantité d’aluminium.
- Les flux employés pour souder l’aluminium ou décapants sont presque toujours à base de chlorures ou de fluorures alcalins susceptibles de donner avec l’aluminium des sels doubles facilement fusibles formant un revêtement protecteur.
- Dans cet ordre d’idées, voici deux formules qui à l’usage ont donné satisfaction :
- A Chlorure de potassium..............60 grammes
- Chlorure de calcium............30 —
- Cryolithe (AlaF°, 6NaF) .... 10 —
- Gratter légèrement les surfaces à souder, employer le décapant à la façon habituelle comme les brasures.
- B Chlorure de potassium............60 grammes
- Chlorure de lithium............20 —
- Chlorure de sodium............15 —
- Bisulfate de potasse............ 5 —
- Après avoir bien mélangé, fondre au creuset, couler la masse liquide sur une plaque métallique, broyer lorsqu’elle est refroidie.
- Pour l’emploi, délayer avec quelques gouttes d’eau pour former une pâte que l’on applique sur les parties où doit s’effectuer la soudure.
- J.-L., à Sète (Hérault). — 1° Vous trouverez des boyaux tout préparés pour le recordage des raquettes à la manufacture de Saint-Etienne, 42, rue du Louvre, à Paris.
- 2° Nous avons indiqué avec détails et figures, dans le n° 2633, p. 94, la façon de procéder pour remplacer un boyau de raquette. Comme nous ne pouvons reproduire ici lesdites figures indispensables à la compréhension de l’article, nous vous prions de vouloir bien vous y reporter.
- 2° Pour entretenir les manteaux de. cuir, il suffit de passer de temps à autre à la surface, un tampon de flanelle très légèrement imprégné de vaseline.
- 4° 'L’enduit dont vous parlez est très probablement à base d’hydrocarbures et de couleur au stéarate, vous pourrez très probablement l’enlever à l’essence minérale, mais s’il contient du noir de fumée insoluble dans tous les dissolvants, vous ne pourrez espérer un nettoyage complet.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — La lulle contre le bruit. Enregistrement des bruits de la rue, boulevard Suchel. (Pli. Keystone.)
- Fig. 2. Un tube gigantesque à rayons X, sous 800 000 volts construit par une Société américaine pour le traitement du cancer.
- (Ph. Keystone.)
- Fig. 3. — ILhorloge parlante de l’Observatoire prismes de quartz a exigé plus d’un an de travail, construit par le D* Forsythe, de Paris. (Pli. Roi.) Nela Park (Ohio). (Ph. Keystone).
- Fig. 6. — M. Campbell et sa voiture, après la conquête du record de vitesse de 437 kmjheure. (Ph. Roi.) Fig. 7. — Un souvenir du froid de cet hiver dans l’Europe Centrale : traîneaux à voiles à Plaitensee. (Ph. Roi.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 3y23. — Paris, lmp. Lahure — i -5-iq33.
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- LA NATURE
- Le PARTHENON
- C.IN V/IX A.*,
- vu par un U2V2U2
- N’ 2905. — 15 Mai 1933. \f
- Paraît le in et le i5 de chaque mois
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- N* 2905
- LA NATURE
- 15 Mai 1933
- L’ÉLAN
- Après le Bison d'Europe (Bison bonasus h.), l'Elan (Alces) est le premier animal voué ci une destruction totale très prochaine. Fort heureusement le Conseil International de la Chasse vient de créer une Commission sj)é-ciale pour la protection de ce Cervidé. Cette commission, réunie à Berlin le 21 mai dernier, dans sa résolution déclara« qu'il y a urgence à se préoccuper de la conservation des élans et de l'augmentation de leur nombre qui ne présente aucun danger sérieux pour l'agriculture ». Une semaine environ avant cette réunion, nous avions pu blié un article sur la vie et les mœurs de l'élan(v).
- Notre collaborateur, M. W. Kazeefj, qui a vécu de longues années dans les régions habitées par l'élan et qui a présenté une étude détaillée à leur sujet, à la réunion de la Commission spéciale de l'élan à Berlin, nous communique quelques details supplémentaires sur la vie et les mœurs de ce
- Tout permet de croire que l’élan existait
- Fig. 1. — Élan mâle âgé de 20 ans environ. Remarquer le sabol fendu.
- Cervidé. avant le
- premier homme. Dans la littérature, son nom fut cité pour la première fois, il nous semble, par Jules César: on le trouve ensuite chez Pline et, enfin, nous savons que sous Gordien 111 (238-244) dix élans furent amenés et qu’en 273 Aurélien en fit paraître plusieurs L'iomphe.
- m perlant de l’élan, Jules César écrit : « Us ne se coulent jial pour se reposer et ne peuvent se relever une /ils sont tombés. Pour dormir, ils s’appuient les arbres; aussi les chasseurs coupent-ils eeux-
- l.es Elans dans l’Europe nord-orientale, par Jean Mauclèke, La Nature, n° 2881, 15 mai 1932.
- Fig. 2. — Ramure-pelle d’un vieil élan.
- ci de telle façon qu’ils tombent facilement et entraînent l’animal qui s’y appuie ». En réalité, l’élan est doué d’un flair très lin ; son ouïe prompte et sa défiance rendent aussi son approche des plus difficiles. Notons aussi que, contrairement aux dires de César, l’élan se couche volontiers sur le sol, au moins deux fois par jour, et pendant toutes les saisons. Exceptionnellement, il ne peut se relever que très difficilement une fois tombé sur la glace.
- Il nage admirablement et il va à l’eau non seulement pour se sauver d’une poursuite, mais le plus souvent par plaisir, pour s’y baigner et s’y rafraîchir. Grâce à une conformation particulière de ses sabots, fendus et réunis à leur origine par une membrane extensible (fig. 1), ainsi qu’à ses pinces-ergots, il peut se déplacer sur un sol marécageux sans trop s’enfoncer. Mais lorsque ce sol ne peut plus le porter, l’animal s’assied sur son arrière-train, étend en avant les pattes antérieures et glisse à la surface de la vase, se poussant avec son derrière. Cependant on a signalé des cas isolés où des élans trop confiants dans leur capacité de s’aventurer sur un sol marécageux furent ensevelis dans des tourbières mouvantes.
- L’élan exige une tranquillité absolue, il n’aime pas être dérangé, non seulement par l’homme, mais aussi par d’autres animaux sauvages, même inofïensifs. Quand les administrateurs de l’ancienne forêt impériale russe de Bialowieza y introduisirent des cerfs, des chevreuils et des sangliers, les élans qui y habitaient depuis des siècles la quittèrent promptement. Il ne faut pas citer comme un démenti les élans des pays Scandinaves ou de la Prusse orientale; ces élans, encerclés par des déboi-
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- sements, se trouvent dans l’impossibilité matérielle de se sauver; ils sont obligés de rester où ils sont et leur salut ne dépend plus que de la protection généreuse de l’homme.
- 11 y a beaucoup de controverses au sujet de la ramure de l’élan (fig. 2), tant parmi les naturalistes que parmi les chasseurs. Généralement, le bois d’élan représente une grande cime, en forme de pelle à peu près triangulaire, aplatie et creuse, dont les bords sont profondément dentelés de plusieurs andouillers. Mais on rencontre aussi et assez souvent des élans portant des bois, dont la cime-pelle est presque imperceptible (fig. 3, 4 et 5). D’après le développement des bois, certains naturalistes et chasseurs voient deux races des élans. D’autres
- Une autre considération non moins importante est la suivante. Si les descendants d’un mâle porteur de la ramure-pelle ont parfois les ramures-perches, on n’a pas observé jusqu’ici un cas contraire, c’est-à-dire des élans ayant le bois normal, descendant d’un père porteur de la ramure-perche. Or il est indiscutable et, hélas, malheureusement, que des défauts de la conformation, des maladies, des signes de dégénérescence se transmettent aux descendants plus facilement que les bonnes qualités de la race et ceci tant parmi les animaux que parmi les hommes. Pour cette. raison, en Prusse orientale où les élans sont sévèrement protégés, on détruit maintenant les élans portant la ramure-perche, alln de conserver la pureté de la race.
- Fig. 3. — Ramure-perche d’un élan de 10 ans. Fig. 4. — Ramure-perche d'un élan de 16 ans. Fia. 5. — Ramure-perche d'un élan de 20 ans. Fig. 6. — Ramure-pelle d’un élan de 13 uns.
- estiment que la ramure dont la cime-pelle est presque imperceptible est un signe de dégénérescence. Actuellement cette dernière opinion commence par triompher et non sans raison, à notre avis. En effet, il est d’usage parmi des chasseurs d’estimer l’âge d’un élan d’après le nombre total des andouillers des deux cornes. Or, si, sauf quelques exceptions, cette règle est assez exacte pour le bois d’un développement normal (fig. 6), il est complètement faux pour le bois dont la cime-pelle est peu développée. Un simple coup d’œil sur nos photographies (fig. 3, 4, 5 et 6) montre immédiatement que les ramures-perches poussent beaucoup plus faiblement par rapport à l’âge et à la structure de l’animal.
- Puisque l’appréciation de l’âge d’un élan par l’examen de sa ramure est le plus souvent impossible, disons qu’actuellement on établit son âge par l’examen de la dentition, à peu près de la même façon que pour un cheval (fig. 7).
- Il existe aussi trop de contradictions au sujet de l’apprivoisement des élans ou plutôt au sujet de leur conservation en état de la domesticité. Les anciens naturalistes et voyageurs parlent des élans apprivoisés non seulement comme d’animaux d’agrément ou de curiosité, mais même comme d’animaux presque d’utilité publique, servant pour le transport du courrier, par exemple, etc. En réalité des jeunes élans s’apprivoisent
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- 'Fig. 7. — Dentitions des élans de 1 à 16 ans.
- facilement (fig. 8), mais ils ne supportent jamais longtemps la captivité. Ils semblent d’abord prospérer, mais ils ne tardent pas à maigrir et périssent tous au bout de peu de temps. Certaines observations permettent de supposer qu’ils périssent faute de la nourriture propre à leur espèce. L’élan se nourrit généralement de petites branches (de 5 à 6 mm de diamètre) de bouleau, de tremble, de saule, de sorbier, de noisetier et d’aulne, ainsi que de leur écorce, c’est-à-dire de plantes riches en tanin. En incorporant le tanin dans la nourriture des élans en captivité on réussit à les conserver plus longtemps, mais ils périssent tout de même, peut-être faute d’autres substances nécessaires.
- La chasse à l’élan la plus passionnante a lieu lors de son rut, qui commence vers le 15 août et dure 4 à 5 semaines. Pendant ce temps, les mâles sont très excités et ils se livrent entre eux à des combats acharnés. Le
- Fig. 8. — Femelle d'élan apprivoisée, âgée d’environ 5 mois.
- poil hérissé, le regard brillant, la tête baissée pour mieux flairer, le mâle parcourt la forêt à l’aube et vers le coucher du soleil. De temps en temps, il s’arrête et brame, laissant entendre des sons entrecoupés et bas. Il frappe le sol avec ses sabots de devant, et une salive mousseuse coule de son museau épais. Le chasseur explore les endroits fréquentés par les élans et, une fois la voix d’un mâle entendue, il cherche à s’approcher. Pour maintenir l’animal sur place et même parfois pour le faire avancer près de lui, le chasseur emploie comme appeau une espèce de corne grossière taillée dans l’écorce de bouleau, avec laquelle il simule le mugissement rauque que les élans font entendre quand ils s’appellent. Certains chasseurs réussissent mieux à simuler ce mugissement en employant une bouteille conique dont le fond est coupé. Un vieux mâle blessé pendant cette saison est presque toujours mortellement dangereux, car il s’empresse d’attaquer le chasseur. Armé de cornes énormes et de sabots redoutables, un élan blessé peut être aussi redoutable qu’un ours et même davantage, car si le corps à corps avec un ours blessé laisse une vague chance de
- salut, la ramure et les pieds d’un élan ne pardonnent pas.
- Sauf, quand un mâle excité oublie sa méfiance et permet d’approcher assez facilement, il est très difficile d’atteindre des élans sauvages et de les tirer (1).
- Pour cette raison, la battue aux élans est très répandue. Une fois le petit troupeau rembuché, on distribue les places aux chasseurs tireurs et les rabatteurs poussent les animaux sur la ligne des tireurs. Pour réussir une telle battue, il faut d’abord que les rabatteurs ne soient pas nombreux et ne fassent pas de bruit excessif. En effet, un mâle très âgé et expérimenté dirigerait son troupeau justement sur le bruit, le sachant moins dangereux que la ligne silencieuse des tireurs. Le mieux est d’employer 3 à 5 rabatteurs qui doivent marcher tout doucement, en échangeant entre eux de temps en temps quelques paroles et en donnant des coups de hache sur les arbres. Les élans croient avoir affaire à de simples bûcherons et ils avancent sur la ligne des tireurs tout en continuant à paître. Les chasseurs peu civilisés du Nord de l’Europe et de la Sibérie utilisent cependant des procédés plus barbares : ils pratiquent la chasse générale-
- 1. Cependant des élans des pays Scandinaves et de Prusse orientale, habitués aux allées et venues des hommes, se laissent approcher assez facilement.
- Fig. 9. — Mâle (à gauche) et femelle réunis.
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- ment vers la fin de l’hiver, quand les rayons du soleil commencent à fondre la neige dans la journée et quand les froids des nuits en forment une croûte épaisse. Cette croûte supporte aisément le poids d’un homme même sans skis, mais elle s’enfonce sous les sabots minces et pointus de l’animal. Au bout d’une demi-heure de course, les pieds des élans, coupés par les bords dentelés de cette croûte glacée, commencent à saigner abondamment. Ce sont les femelles pleines qui tombent les premières d’épuisement. Le chasseur tranche avec un couteau la carotide de l’animal épuisé et affolé, le laisse sur place et continue sa course meurtrière. Il arrive que deux compagnons chasseurs réussissent à exterminer, même pendant une courte journée d’hiver, un troupeau
- = LA FLOCULATION
- FLOCULATION DES COLLOÏDES HYDROPHILES
- Parmi les solutions des colloïdes hydrophiles, il convient de citer tout d’abord celles de produits naturels d’origine organique : amidon, dextrine, agar-agar, albumine, gélatine, protéines diverses.
- La principale différence qui sépare ces solutions colloïdales de celles que fournissent les colloïdes hydrophobes réside, comme je l’indiquais au début de cet article, dans les quantités d’électrolytes qu’il faut faire intervenir pour provoquer la floculation. Tandis qu’il suffit de quantités de l’ordre d’une millimolécule-gramme par litre pour faire floculer la solution d’un colloïde hydrophobe comme le sulfure d’arsenic ou le ferrocya-nure de cuivre, il faut faire intervenir des concentrations souvent bien supérieures à une molécule-gramme par litre pour faire floculer une protéine. De plus, les quantités d’électrolyte nécessaires pour la floculation ne semblent pas liées à la valeur de l’ion actif.
- Pour un certain nombre d’auteurs, notamment pour Kruyt, les propriétés des colloïdes hydrophiles tiendraient à ce que les particules de ces colloïdes fixent une quantité considérable d’eau, d’où d’ailleurs leur dénomination. En diminuant ou supprimant cette hydratation, on change complètement le caractère de la solution colloïdale et on lui confère les principales propriétés qui caractérisent la solution d’un colloïde hydrophobe. Dans une solution aqueuse d’amidon, par exemple, les particules étant fortement hydratées possèdent des propriétés peu différentes de celles de l’eau; la solution paraît tout à fait claire et ne manifeste qu’un effet Tyndall très faible; elle résiste à la floculation par le chlorure de baryum. Si l’on y introduit de l’alcool en quantité suffisante, ce qui a pour effet de déshydrater les particules, les propriétés optiques des particules deviennent très différentes de celles de l’eau et la solution prend un aspect nettement trouble rappelant celui du lait très étendu. En même temps la floculation se produit pour des doses d’électrolvte très inférieures à celles que nécessitait la solution d’amidon avant l’addi-
- de 5 à 7 individus. Bien entendu, des chasses pareilles ont été et sont défendues, mais dans des régions du Nord où il n’existe qu’un garde pour 100000 ha ou plus et un seul gendarme pour un territoire égal à un des plus grands départements de France, aucune surveillance n’est pratiquement possible. Notons ici, en passant, qu’en Russie, depuis 1896, la chasse à la femelle d’élan était défendue sous peine d’une amende de 1350 francs-or, ou d’un emprisonnement. Comme la femelle ne porte pas de bois (fig. 9) et comme la chasse n’était pas permise pendant les mois où les mâles se trouvent démunis de leurs bois, il était très facile aux chasseurs de bonne foi d’observer ce règlement.
- W. Kazeeff.
- DES COLLOÏDES r ^ =
- tion d’alcool et, pour des électrolytes différents, les doses nécessaires dépendent de la valence de l’ion actif, comme l’indique la règle de Schulze-Hardy énoncée au début de cet article. L’addition d’alcool modifie dans le même sens les propriétés des solutions d’agar-agar ou de gomme arabique dans l’eau.
- Loeb a insisté sur l’importance du rôle joué pa- la concentration en ions LU sur les propriétés des solutions de protéines. Le fait peut-être le plus net est que, suivant la valeur de cette concentration, la protéine se déplace en des sens opposés sous l’influence du courant électrique : dans un milieu acide caractérisé par une forte concentration en ions LU et par suite, par une faible valeur du coefficient pH, les particules de protéine se comportent comme des cations et cheminent de l’anode vers la cathode dans un tube à électrophorèse; elles se comportent comme des anions et cheminent en sens inverse, de la cathode vers l’anode, dans un milieu basique de faible concentration en ions LU. Pour une certaine concentration en ions LU définissant ce qu’on appelle le point isoélectrique de la protéine, on ne constate plus aucun transport électrique des molécules de protéine. Le point isoélectrique constitue, pour une protéine déterminée, une donnée très importante. En ce point, la stabilité de la solution passe par un minimum et la floculation se produit très facilement, ce que l’on traduit souvent en disant que la solubilité de la protéine est minima au point isoélectrique.
- FLOCULATION RÉCIPROQUE DES COLLOÏDES
- Quand on mélange deux solutions colloïdales, il peut arriver que l’ensemble donne lieu à une floculation. C’est ce phénomène que l’on désigne habituellement sous le nom de floculation réciproque des colloïdes. Il se présente sous des aspects différents suivant que le mélange porte sur deux solutions de colloïdes hydrophobes, sur deux solutions de colloïdes hydrophiles, ou sur une solution de colloïde hydrophobe et une solution de colloïde hydrophile.
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- I. FLOCULATION RÉCIPROQUE DE DEUX COLLOÏDES HYDROPHOBES
- Quand on mélange deux solutions de colloïdes hydrophobes dont les granules ont des signes opposés, on observe une floculation pour des proportions relatives des deux solutions colloïdales comprises entre certaines limites. Si, dans un volume déterminé d’une solution colloïdale d’hydrate ferrique (dont les granules sont positifs), on introduit des quantités croissantes d’une solution de sulfure d’arsenic (dont les granules sont négatifs), on observe que la floculation commence pour une certaine quantité aî de la solution de sulfure d’arsenic, subsiste jusqu’à une quantité b2 de cette solution, et disparaît ensuite. 11 y a donc une seule zone de floculation qui, pour le volume considéré de la solution d’hydrate ferrique, se produit lorsque les quantités de sulfure d’arsenic introduites sont comprises entre les limites
- et b.,. La courbe de la ligure 1 qui représente comment varie la durée de floculation lorsqu’à un certain volume de la solution d’hydrate ferrique on ajoute des volumes croissants de la solution de sulfure d’arsenic, possède deux branches in-linies d’abscisse a. et à., montrant que pour des quantités de sulfure d’arsenic inférieures à a2 o\i supérieures à b2 aucune floculation ne se produit, la floculation survenant en des temps variables pour des doses de sulfure d’arsenic comprises entre les deux limites préeédentes. On explique généralement la floculation qui s’observe lorsqu’on mélange des substances colloïdales dont les granules ont des signes contraires par une neutralisation réciproque des particules. Lorsque la charge des particules complexes obtenues est devenue nulle, toute action répulsive entre ces particules ayant disparu, rien ne s’oppose plus à ce qu’elles s’agglomèrent et se séparent du solvant.
- Cette théorie est très simple et semblé contenir une grande part de vérité. Toutefois elle n’est pas en accord avec tous les faits observés. En particulier, elle n’explique pas la floculation qui s’observe dans certains cas par mélange de solutions colloïdales dont les particules ont le même signe. Ainsi d’après Freundlich et Nathan-sohn, l’hydrosol de trisulfure d’arsenic et l’hydrosol de soufre préparé à partir de l’hyposulfite, qui sont tous deux formés de particules chargées négativement, peuvent floculer mutuellement lorsqu’on les mélange en des proportions convenables; il en est de même pour les hydrosols de soufre et certains hydrosols d’argent ou de sélénium, qui sont également tous formés de particules chargées négativement.
- Une autre théorie de la floculation mutuelle des solutions colloïdales attribue cette floculation à la destruction par réaction mutuelle des traces des électrolytes qui, dans les deux solutions colloïdales, jouent le rôle de
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- stabilisant ou de peptisant. Effectivement, dans des recherches sur la floculation réciproque de l’hydrosol de silice par l’hydrosol d’hydrate ferrique, on a constaté que les zones de floculation ne dépendaient pas des quantités des particules colloïdales en présence, mais seulement des quantités des électrolytes peptisants, à savoir le silicate de soude pour la silice et le chlorure ferrique pour l’hydrate ferrique. La floculation se produit lorsque, par réaction mutuelle, ces électrolytes se détruisent. On comprend ainsi que des hydrosols dont les particules colloïdales ont le même signe puissent donner lieu à des floculations; il suffit que leurs électrolytes peptisants soient susceptibles de réagir l’un sur 1 autre.
- IL FLOCULATION RÉCIPROQUE D’UN COLLOÏDE HYDROPHILE ET D’UN COLLOÏDE HYDROPHOBE
- Lorsqu’on introduit un colloïde hydrophile dans la solution d’un colloïde hydrophobe, divers phénomènes peuvent se produire. Cette introduction peut accroître la stabilité de la solution du colloïde hydrophobe et jouer un rôle protecteur vis-à-vis de la floculation par les électrolytes. Ce phénomène fut découvert il y a près de cent ans par Faraday qui peut compter parmi les pionniers de la science des colloïdes. L’illustre physicien anglais avait observé que l’addition de gélatine aux solutions colloïdales d’or qu’il avait préparées les rendait assez stables pour qu’on puisse les évaporer à siccité sans en modifier la couleur. Mais c’est à Zsigmondv que l’on doit l’étude systématique complète de l’effet de protection exercé par les colloïdes stables sur les hydrosols d’or. Cet auteur a donné le nom d'indice d'or au nombre de milligrammes du colloïde protecteur qui suffît à empêcher le virage du rouge au bleu de 10 cm3 d’un hydrosol d’or après addition d’un cm3 d’une solution de chlorure de sodium à 10 pour 100.
- On peut le déterminer très simplement par le mode opératoire suivant :
- Dans trois tubes à essai on verse respectivement 0,01, 0,1 et 1 cm3 de la solution colloïdale protectrice, puis dans chacun d’eux 10 cm3 de l’hydrosol d’or. On agite vigoureusement pendant 3 minutes. Dans chaque tube on ajoute ensuite 1 cm3 d’une solution à 10 pour 100 de chlorure de sodium et on agite. Si par exemple le virage se produit seulement dans le premier tube, l’indice d’or est représenté par une quantité de colloïde protecteur comprise entre les quantités contenues dans 0,01 et 0,1 cm3 de la solution de ce colloïde protecteur. Pour obtenir une évaluation plus précise on intercale une nouvelle série de mesures dans cet intervalle, en prenant par exemple des volumes de la solution du colloïde protecteur égaux à : 0,01 cm3, 0,03 cm3, 0,05 cm3 et 0,07 cm3.
- Fig. 1. — Courbe, représentant les durées de floculation d’un sol d’hydrate ferrique par des quantilés croissantes d’un sol de sulfure d’arsenic.
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- Le tableau ci-dessous donne à titre d’exemple quelques indices d’or obtenus par Zsigmondv pour divers colloïdes stables.
- Colloïdes Indice d’or.
- Gélatine et autres sortes de colles........ 0,005-0,01
- Colle de poisson.............................. 0,01-0,02
- Caséine....................................... 0,01
- Gomme arabique ............................... 0,15-0,25
- Gomme arabique, mauvaise qualité .... 0,5 -0,4
- Oléate de sodium........................... 0,4 -1
- Gomme adragante............................environ 2
- Dextrine.................................^ 10 ‘^O
- Amidon de pomme de terre...................environ 25
- Silice colloïdale............................... oc
- Acide stannique vieux........................... oc
- Mucilage de pépins de coings.................... oc
- Il n’est pas douteux que l’indice d’or d’un colloïde stable constitue un caractère physique important de ce colloïde. Ainsi l’addition d’un colloïde protecteur à l’hydrosol de platine diminue et Unit par supprimer les propriétés catalytiques de cet hydrosol. Or, en étudiant les quantités des divers colloïdes stables qui réduisent dans le même rapport l’activité catalytique du platine colloïdal, on constate que ces quantités varient comme l’indice d’or. Se basant sur ces résultats, on a proposé de caractériser les diverses variétés de gélatine par leur indice d’or. Cependant il ne semble pas que cet indice soit en relation avec les propriétés des gélatines qui sont les plus intéressantes pour la plupart des applications.
- Signalons en passant que l’addition des colloïdes hydrophiles, qui retarde la floculation des colloïdes hydrophobes, retarde aussi la vitesse de formation des cristaux au cours des précipitations. D’où l’emploi de produits gélatineux qu’on a proposé pour empêcher la formation de dépôts adhérents sur les parois des chaudières. D’où également leur emploi dans la fabrication des crèmes glacées pour éviter la formation de gros cristaux de glace au cours de la congélation et augmenter ainsi l’onctuosité du produit.
- Mais les phénomènes présentés par l’addition d’un colloïde hydrophile dans la solution d’un colloïde hydrophobe sont beaucoup plus compliqués que ne pourrait le laisser croire l’exposé précédent. L’effet protecteur ne se manifeste souvent qu’à partir d’une certaine dose du colloïde hydrophile ; et de très faibles doses de ce colloïde hydrophile peuvent, au contraire, avoir pour effet de diminuer la stabilité de la solution du colloïde hydrophobe dans laquelle on l’a introduit. On observe alors ce qu’on appelle un effet de sensitisation par les électrolytes. L’effet de sensitisation ainsi observé est très net vis-à-vis de la floculation des solutions colloïdales d’hydrate ferrique que facilite l’addition de gélatine, d’albumine, de protéine sous des doses très faibles. On a proposé de caractériser les divers colloïdes hydrophiles par un indice de fer qui traduirait la réduction de stabilité
- produite par une quantité donnée du colloïde vis-à-vis de la floculation de la solution d’hydrate ferrique par le chlorure de sodium.
- Au cours de recherches exécutées en collaboration avec M. le professeur Charles Achard, membre de l’Académie de Médecine, nous avons été amenés à constater que les sérums sanguins exercent une influence accélératrice très nette sur la floculation de l’hydrate ferrique et cela sous des doses extrêmement faibles. Ainsi, alors que la floculation d’une certaine solution colloïdale d’hydrate ferrique par l’azotate de potassium se produit en 60 minutes, l’introduction d’un sérum normal sous une concentration qui, dans le mélange floculant, correspond à 1/3 cm3 du sérum pour cent litres du mélange, accélère la floculation de telle manière que celle-ci se produit maintenant en 21 minutes, dans le cas d’un sérum normal n’ayant subi aucun chauffage. Nous avons reconnu que le chauffage du sérum atténue beaucoup l’action sensibilisatrice qu’il exerce sur la floculation de l’hydrate ferrique, la réduction de l’activité dépendant de la température et de la durée de chauffage. De même, certains états pathologiques entraînent une diminution d’activité du sérum. Il y a là, comme on voit, un moyen d’étude des sérums, susceptible de fournir, sur les modifications qu’ils peuvent subir, des indications intéressantes.
- Enfin, en dehors des deux effets que nous venons de signaler relatifs soit à la protection, soit à la sensibilisation des colloïdes hydrophobes par les colloïdes hydrophiles, on peut encore observer, lors du mélange de la solution d’un colloïde hydrophile et de celle d’un colloïde hydrophobe, une floculation réciproque des deux colloïdes. La découverte de cette floculation réciproque des colloïdes hydrophiles et hydrophobes semble remonter à celui que l’on considère habituellement comme le fondateur de la science des colloïdes, Graham, qui avait eu l’occasion de constater la précipitation des hydrosols d’alumine ou de silice par la gélatine. Le phénomène dépend du signe des granules des colloïdes. Ainsi une solution de gélatine additionnée d’une trace d’acide, de manière que les granules aient une charge positive, précipitera un sol de trisulfure d’arsenic, tandis qu’après addition de quelques gouttes d’ammoniaque, la même solution de gélatine dont les granules sont maintenant négatifs précipitera un hydrosol d’hydrate ferrique.
- III. FLOCULATION RÉCIPROQUE DE DEUX COLLOÏDES HYDROPHILES
- Il arrive souvent qu’on puisse mélanger impunément et en toutes proportions les solutions de deux colloïdes hydrophiles différents. Mais là encore on ne saurait énoncer de règles tout à fait générales et l’on constate dans certains cas une floculation très nette lors du mélange de deux solutions de colloïdes hydrophiles. C’est ce que Graham avait observé en mélangeant une solution de gélatine et une solution de gomme arabique. Comme autre exemple intéressant, on peut citer la précipitation des solutions de protéine par le tanin, propriété utilisée en analyse, le tanin pouvant servir de réactif pour les protéines et inversement. Un grand nombre de
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- précipitations mutuelles ont également été signalées dans le groupe des protéines.
- Parmi les facteurs susceptibles d’intervenir dans cette floculation mutuelle des colloïdes hydrophiles, l’un des plus importants semble être la concentration en ions hydrogène de leur solution. Ainsi, au cours de la floculation réciproque des protéines, on a signalé que les conditions optima de précipitation sont réalisées lorsque la concentration en ions HH~ de la solution contenant le mélange des protéines est comprise entre les concentrations de cet ion qui définissent les points isoélectriques des deux protéines. Dans ces conditions, en effet, l’une des protéines existe à l’état de cation et ses particules sont chargées positivement, l’autre est à l’état d’anion et ses jmrticules sont, négatives; il peut donc arriver que leur mélange donne lieu à la formation d’un complexe insoluble. Au contraire, si la concentration en ions 11 ' de la solution se trouve du même côté par rapport aux points isoélectriques des deux protéines, celles-ci existent toutes deux à l’état de cation ou d’anion, ayant le même signe, et l’on comprend que leur mélange ne fournisse aucune floculation.
- D’ailleurs, même lorsque les conditions relatives à la concentration en ions II1' sont réalisées, la floculation par mélange des deux solutions ne se produira, comme dans le cas des mélanges de deux solutions colloïdales instables, que pour des proportions convenables. On ne l’observe pas si l’un ou l’autre des deux colloïdes mélangés est en grand excès.
- Ces phénomènes peuvent aider à comprendre certaines réactions utilisées en microbiologie et en sérothérapie, notamment la précipitation mutuelle des toxines et antitoxines, des bactéries et agglutinines.
- CONCLUSION
- Dans cet article, déjà bien long, j’ai pu envisager seulement quelques-uns des aspects sous lesquels se présente le phénomène si complexe de la floculation des colloïdes. Il ne m’a pas été possible d’indiquer, même sommairement, ses applications, ni son rôle en biologie, dont l’exposé à lui seul demanderait une étude spéciale.
- .................................:.....= 439 =
- A cet égard, cependant, la floculation des colloïdes apparaît comme extrêmement importante. Elle intervient constamment dans les industries dérivées de la cellulose, dans celles du papier, de la viscose, de la soie artificielle, des résines synthétiques, dans la fabrication des poudres sans fumée, etc. Tout récemment j’ai pu montrer avec la collaboration de M. Maurice Pieltre, membre de l’Académie d’Agriculture, que c’est par des phénomènes de floculation se produisant dans les solutions de matière colorante sous l’influence des mouillants ajoutés, qu’on pouvait interpréter certains des résultats négatifs fournis par l’emploi des matières colorantes dans le traitement des maladies cryptoga-miques de la vigne. En biologie, le phénomène d’agglutination des microbes, les diverses réactions de séro-dia-gnostic, etc., peuvent être rattachés à des floculations de colloïdes. Enfin M. Auguste Lumière a brillamment souligné l’importance du rôle que la floculation joue dans les phénomènes biologiques. Il a établi que les accidents anaphylactiques sont en relation avec la production de floculats dans le sérum du sujet anaphylactisé auquel on injecte une nouvelle dose d’antigène. Il a été amené à penser qu’un grand nombre d’états pathologiques résultent de floculations accidentelles localisées dans certains organes et que la sénilité pouvait être rattachée à un mûrissement spontané des granules colloïdaux dans les liquides humoraux de l’organisme, mûrissement qui diminue progressivement l’activité des échanges entre les granules et le milieu liquide environnant. Ce mûrissement annonce et prépare une floculation de ces granules, supprimant tous les échanges et entraînant l’issue fatale. M. Auguste Lumière a condensé ses conceptions dans une phrase souvent citée. « L’état colloïdal conditionne la vie; la floculation entraîne la maladie et la mort. » Même si cette opinion contenait une part d’exagération, il n’en est pas moins vrai que la floculation joue un rôle de la plus grande importance dans les phénomènes biologiques, comme dans tous ceux où interviennent ces substances si répandues, si fragiles et encore si mystérieuses que Graham a désignées sous le nom de colloïdes.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- LES LAMPES A LUMINESCENCE
- LEURS DIFFÉRENTS EMPLOIS ( Suite' )
- L’EMPLOI DES LAMPES A CATHODE PLATE EN TÉLÉVISION
- La puissance lumineuse des lampes à cathode plate est assez faible; leur cathode a une surface relativement étendue, la luminescence a également une surface étendue, de sorte que la brillance est très réduite. De plus, la manière dont on utilise en général ces tubes dans les
- 1. Voir le nü 2904, du 1er mai 1933.
- récepteurs de télévision diminue encore leur rendement lumineux déjà minime.
- On emploie exclusivement, en effet, ces dispositifs dans des récepteurs dits à vision directe, et en combinaison avec des systèmes intégrateurs électro-mécaniques, presque toujours à disque de Nipkow. L’observateur regarde pour ainsi dire la surface luminescente de la cathode à travers les trous du disque (fig. 1). Il n’aperçoit donc à un instant donné qu’un élément luminescent de
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- Cathode
- luminescente
- Lampe au néon
- Ouverture du disque
- Disque de Nipkt
- Lentille
- grossissante
- l'observateur
- Position de la lampe vue de face
- Fig. 1. -— La lampe au néon à cathode plaie disposée derrière le disque de Nipkow intégrateur (A : vue de face — B : vue de proiil;.
- la plaque, correspondant au diamètre du trou du disque, et la proportion de lumière utilisée réellement est ainsi d’autant plus faible que le nombre de trous est plus grand, c’est-à-dire que le nombre d’éléments de l’image est également plus grand, que l’image est plus détaillée.
- Ainsi, si le nombre de trous du disque est de l’ordre de 30 au minimum, valeur normale à l’heure actuelle, la fraction de la surface de la plaque vue à un moment donné est de l’ordre de l/2000e seulement, ou même beaucoup moins, ce qui est absolument déplorable.
- On peut sans doute utiliser les lampes au néon à cathode plate en condensant leur luminescence à l’aide d’un système optique, pour la projection sur écran, mais alors
- les avantages de simplicité d’emploi du système sont également diminués, et il vaut encore mieux employer un autre modèle de lampe.
- Il est probable que ces petits modèles de tubes seront ainsi réservés aux appareils récepteurs d’amateurs très simples. Pour cet usage, ils conservent des avantages certains : ils sont extrêmement faciles à monter à la suite des amplificateurs, n’exigent pas l’adoption d’une tension auxiliaire très élevée, et permettent d’obtenir des variations de luminescence régulières, sans réglage complexe, à l’aide d’une puissance modulée relativement faible.
- Dans ces conditions, ils peuvent être placés simplement à la suite d’un radiorécepteur à peu près quelconque, pourvu que la gamme intégrale des fréquences soit bien transmise.
- LES RECHERCHES SUR LES LAMPES A LUMINESCENCE A DÉCHARGE FROIDE
- Les nombreuses recherches effectuées pour améliorer les lampes à luminescence à décharge froide, en vue de la photophonie ou de la télévision, ont visé l’amélioration de la couleur, l’augmentation de l’intensité lumineuse.
- Les techniciens ont été amenés à modifier les dimensions et les formes des électrodes, ainsi que parfois leur nature; ils ont été conduits aussi à modifier la nature et la pression du gaz raréfié contenu dans l’ampoule.
- Le néon plus ou moins mélangé d’impuretés produit, on le sait, une lueur rouge orangé. L’argon permet d’obtenir une lumière bleue ou verdâtre, la vapeur de sodium une luminescence jaune. Les lampes à vapeur de sodium et de mercure produisent une teinte jaune verdâtre; en ajoutant du néon et de l’argon, la lueur générale obtenue est blanche.
- Un mélange d’argon et d’azote en proportions convenables donne aussi une lueur blanche.
- L’hélium produit une luminescence blanc bleuté, mais exige l’application d’une tension élevée.
- On a conservé le néon avec des proportions assez faibles d’autres gaz dans les lampes destinées à des usages simples en télévision parce que sa lueur rouge orangé permet d’obtenir un rendement optique encore meilleur que les lueurs bleuâtres, et que sa tension d’ionisation est peu élevée.
- En Allemagne, on a réalisé des lampes renfermant un mélange d’hélium, de néon et de vapeur de mercure produisant une luminescence blanc rougeâtre, mais les travaux les plus intéressants ont été exécutés, il y a déjà quelque temps, dans les laboratoires téléphoniques Bell, dans le but d’obtenir des images de grande surface pouvant être projetées sur écran, des images en couleurs, ou convenant à des usages spéciaux.
- Les plus récents modèles de tubes à grande puissance à cathode plate, nécessitant d’ailleurs une circulation d’eau pour le refroidissement, ont reçu un grand perfectionnement grâce à une modification de la surface de la cathode. Celle-ci est formée de cuivre nickelé recouvert d’une couche de glucinium, par une méthode de vaporisation et de condensation. Une cathode ainsi traitée est beaucoup moins sujette au phénomène de la pulvérisation sous l’influence du bombardement électronique, phénomène qui, à la longue, recouvre l’ampoule du tube
- Fig. 3. — Lampe au néon à tro groupes d’électrodes pour Iran, missions séparées, mais simu tanées de trois parties d’ui image.
- Fig. 2. — Lampe à cathode plaie au glucinium
- établie par les laboratoires Bell.
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- eu face de la zone luminescente d’un enduit plus ou moins opaque.
- D’autre part, devant les difficultés immenses que soulève la transmission des images détaillées de grande surface, de nombreux techniciens ont envisagé de diviser la difficulté, et de transmettre simultanément plusieurs parties de l’image à l’aide de plusieurs circuits émetteurs et récepteurs fonctionnant en même temps, et synchronisés.
- Dans les systèmes récepteurs de cette catégorie, au lieu d’utiliser plusieurs lampes à luminescence fonctionnant simultanément, on peut employer une lampe à électrodes multiples. La figure 3 montre, par exemple, un modèle des laboratoires Bell à trois groupes d’électrodes à cathodes plates rectangulaires. On obtient ainsi trois parties de l’image d’une même couleur et éclairées d’une manière uniforme.
- En 1927, déjà, les laboratoires Bell avaient établi pour la réception collective un système luminescent au néon,
- 1___1____
- Fig. 5. — Coupe et divers modèles de lampes-cratères américaines.
- tout à fait original formant, en quelque sorte, un écran multicellulaire, et composé de 2500 éléments individuels.
- Un tube en verre replié cinquante fois en zigzag et rempli de néon contenait une cathode commune foi’mée par une spirale métallique. Les anodes individuelles étaient formées de rectangles de papier d’étain collés extérieurement sur la paroi du tube.
- Un courant frès faible appliqué entre la cathode commune et une anode quelconque individuelle sous l’action d’un distributeur rotatif tournant à 16 tours-seconde déterminait une luminescence à cet endroit, et on obtenait ainsi une image assez grossière formée de 2500 éléments.
- LES LAMPES A CRATÈRE A DÉCHARGE FROIDE
- Les lampes au néon à grande surface cathodique ont un rendement extrêmement faible, ainsi que nous venons de le montrer. C’est pourquoi, il y a déjà quelques années, on a eu l’idée de remplacer ces tubes par des modèles luminescents présentant une surface luminescente beau-
- Trou carré de l'anode
- Tube de
- isolant
- Vers le ' réflecteur
- I Fig. 4. — Lampe à luminescence de M. René Hardy.
- (Fabrication Borderie.)
- coup plus réduite, de l’ordre de quelques millimètres carrés.
- On donne à cette catégorie de tubes le nom de tubes à cratère, justement parce que la lueur y est concentrée sur une partie resserrée. On obtient ainsi un rendement très supérieur, et cette source de lumière modulée, plus ou moins punctiforme, permet d’obtenir des réceptions sur écran à l’aide d’un disque de Nipkow à lentilles ou d’un tambour de Weiller à miroirs.
- Le tube à cratère le plus ancien paraît avoir été le
- Fig. 6. — Récepteur de télévision comportant un disque à lentilles et lampe cratère.
- (Modèle Integra établi par M. Marc Chauvierre.
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- Anode
- Cathode
- Sortie d eau
- Arrivée d'eau
- Fig. 7. — A gauche : Coupe d’une lampe-cratère à refroidissement par circulation d’eau.
- A droite : Lampe-cratère de grande puissance des laboratoires Bell.
- tube de Moore américain avec une cathode présentant une cavité de petit diamètre au centre. Cette cathode est entourée par une cloche en verre blindant ses côtés, et laissant seulement à découvert la cavité centrale ou cratère. L’anode a la forme d’un anneau entourant la cathode. Lorsque la lampe est en fonctionnement, la luminescence se concentre dans le cratère central de la cathode sous forme d’un point très brillant d’intensité variable.
- L’idée nouvelle de pratiquer une cavité dans la cathode pour obtenir une concentration de la luminescence semble avoir été trouvée par hasard par suite d’un défaut accidentel d’une plaque cathodique, et il faut, d’ailleurs, prendre des précautions de construction pour que la lumière reste bien concentrée dans le cratère. On peut augmenter la pression du gaz pour accroître l’ionisation, mais on est vite limité dans cette voie par la nécessité de conserver la loi linéaire entre les variations d’éclat et les variations de courant.
- La plupart des lampes à cratère de petit modèle sont établies comme le montrent les coupes des figures 4 et 5. La distance entre électrodes est de l’ordre de 8/10e de mm; un trou borgne de l’ordre du millimètre est ménagé dans la cathode horizontale ou verticale. Au-dessus ou en avant de la cathode est disposé un diaphragme
- métallique servant d’a-Fig. 8. — Principe des lampes node, et percé d’un trou à luminescence à cathode chauffée qUj peut être avanta-de moyenne puissance.
- geusement carre pour ' faciliter le balayage de
- l’image, et dont les dimensions sont déterminées d’après les caractéristiques optiques nécessaires de la source lumineuse modulée. La petite masse lumines-
- cente doit se trouver entre les deux électrodes, et apparaître exactement à l’ouverture du diaphragme de l’anode. On détermine en conséquence la pression du gaz et la distance des électrodes.
- L’emploi des métaux alcalins sur la cathode, en déterminant une émission électronique, assure une luminescence plus vive avec une tension moins élevée. On peut aussi recouvrir les bords du cratère d’une couche d’oxydes de métaux alcalino-terreux ou de métaux rares, comme pour les cathodes des lampes de T. S. F.
- Il a été présenté en France, à l’usage d’amateurs, un modèle fonctionnant sous une tension de 300 v et une intensité de 20 milliampères. Le diamètre du point lumineux est de 1,5 mm; la longueur de l’ampoule est de 120 mm, son diamètre de 32 mm.
- Un jeune technicien français, M. René Hardy, a étudié spécialement la fabrication de ces lampes et en a construit des séries assez diverses. L’électrode centrale est généralement en tungstène et l’électrode extérieure en nickel. On peut employer un mélange de gaz raréfiés de 90 pour 100 de néon avec 10 pour 100 d’hélium ou d’argon. L’amorçage s’effectue sous une tension plus basse de l’ordre de 75 v avec du sodium ou du potassium, mais une tension de 150 v peut être considérée comme moyenne. Les modèles d’amateurs sont réglés avec une intensité moyenne de 30 milliampères, et les variations peuvent s’effectuer entre 15 et 50 milliampères environ (fig. 4).
- On peut donc désormais établir des récepteurs d’amateur à disque à lentilles ou à tambour de Weiller avec des tubes de ce genre. Leur emploi exige pourtant, en général, l’obtention d’une puissance modulée plus considérable que pour les tubes à cathode plate et leur adaptation est plus délicate.
- Pour obtenir des images de grande surface sur écran, on a cherché à construire des lampes à cratère à grande puissance. La concentration de la luminescence sur les électrodes, et surtout sur la cathode, détermine cependant un échauffement très intense, pouvant même amener la fusion de l’électrode; c’est pourquoi on a été obligé de pré voir un système de refroidissement à l’aide d’ailettes à grande surface, ou même de circulation d’eau. Les ingénieurs des laboratoires Bell ont ainsi établi des lampes à circulation d’eau pouvant livrer passage à un courant de 500 milliampères.
- La cathode est tubulaire et en cuivre nickelé, fermée à la base, et aplatie latéralement d’un côté, de façon à former une surface rectangulaire sur laquelle apparaît la luminescence. L’eau de refroidissement circule dans un tube en verre auquel la cathode est fixée. Un écran en mica isole la cathode et localise la décharge entre celle-ci et l’anode, constituée par une bande métallique rectangulaire formant une sorte de cadre ouvert à l’extrémité opposée à la base du tube (lig. 7).
- On fait cesser la fatigue qui peut se produire dans ces modèles à grande puissance en introduisant dans l’ampoule une petite quantité d’hydrogène. La lampe reprend de suite ses qualités primitives et l’image redevient aussi nette qu’auparavant. L’hydrogène nécessaire est introduit, lorsqu’il est besoin, à l’aide d’un tube auxiliaire en verre à bouchon poreux, fermé norma-
- Cathode.
- Anode
- Anode /
- Filament / chauffant /
- Ecran soumis a un potentiel positif
- Filament
- chauffant
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- lement par du mercure, et adapté à un appendice de la lampe.
- LES LAMPES A LUMINESCENCE A CATHODE CHAUFFEE
- Dans tous les modèles que nous venons d’étudier, la différence de potentiel appliquée entre les électrodes suffit à provoquer une ionisation, au moyen des électrons libres attirés par l’anode. Mais cette ionisation peut être facilitée en provoquant l’émission électroniqTie de la cathode chauffée, de même qu’on obtient l’émission électronique de la cathode des lampes de T. S. F. On obtient ainsi une ionisation plus intense, et, par suite, une luminescence beaucoup plus forte, tout en utilisant une tension de polarisation moins élevée à égalité des effets réalisés.
- Un tel tube comporte ainsi une cathode chauffée par un courant continu à basse tension, mais d’assez forte intensité. On peut, en outre, utiliser un écran porté à une tension positive élevée pour accélérer encore la vitesse du flux électronique, et la forme des électrodes est toujours telle que la luminescence est concentrée sur
- une surface relativement faible.
- Un modèle qu’on peut maintenant trouver en France contient un filament fonctionnant sous une tension de 2 v, et une intensité de 3,75 ampères. La tension anodique est de 150 v, et l’intensité du courant anodique de 500 milliampères. Le diamètre du point lumineux est de 3,5 milliampères. Enfin sa largeur est de 110 mm et son diamètre de 36 mm. La résistance interne d’un tel système est, d’ailleurs, beaucoup plus faible que celle de la lampe au néon habituelle.
- On peut, tout au moins en théorie, établir sur ce principe des lampes à luminescence très puissantes. C’est ainsi que la lampe utilisée par Sanabria aux Etats-Unis, et qui lui aurait permis d’obtenir des projections carrées de 2 m de côté environ, était un modèle de ce genre alimenté par un courant de 1 ampère sous une tension de 40 v.
- Ce tube de Taylor, assez improprement appelé tube à arc, contient un filament chauffé par un courant d’une tension de 7,5 v et deux électrodes circulaires séparées par un anneau isolant (fig. 9). La fidélité d’une source lumineuse aussi puissante est difficile à obtenir, et surtout à maintenir.
- On a signalé récemment l’apparition en Allemagne d’une nouvelle lampe à cathode incandescente, remplie de vapeur de sodium raréfiée. Dans cette lampe très originale, on n’utilise plus la lumière négative, comme dans tous les modèles précédents, mais bien la lumière positive produite par l’ionisation. L’emploi d’une cathode
- Courant module de 1 ampère sous 40i^o/ts
- Filament
- Anneau
- isolant
- Elëct rodes circulaires
- , ,, Vers la batterie 'de1 chauffage ou un transformateur d'alimentation.
- Faisceau de lumière modulée blanc orangé
- Fig. 9. — Principe du tube luminescent à grande puissance à cathode chauffée employé par Sanabria aux Etats-Unis (d’après Télévision News).
- à oxyde permet de réduire suffisamment la tension appliquée sur l’anode aux environs de 100 v. L’anode est en aluminium et la cathode est un cylindre en nickel entourant le filament, et couvert d’oxyde de baryum.
- L’ampoule est en forme d’U multiple, et pour obtenir un effet d’éclairage régulier, une plaque de verre dépoli est placée devant la lampe (fig. 10 et 11).
- La luminescence obtenue est blanc jaunâtre; l’intensité lumineuse, remarquable, est de 126 bougies; l’éclairement dans les conditions d’utilisation de 10 lux; aucun effet de tramage n’est à redouter, la surface éclairée est de 2,5 cm sur 5 cm.
- La courbe caractéristique du système est satisfaisante pour une intensité de 10 à 100 milliampères correspondant à une tension anodique de 160 v.
- La brillance optimum est obtenue entre 30 et 60 milliampères; la puissance nécessaire pour la modulation varie entre 1 et 14 w; avec 4w seulement, les résultats sont déjà très bons.
- L’emploi de ce dispositif est pourtant un peu spécial. Sa température optimum de fonctionnement est de 180°, de sorte qu’on est obligé de placer le tube dans un coffret métallique séparé du récepteur de télévision. On a trouvé, de plus, que pour éviter la formation de rayures noires dans les images, il était nécessaire de soumettre la lampe à un courant de haute fréquence. Les oscillations nécessaires sont produites par une lampe à vide hétérodyne; une extrémité de la bobine de couplage est connectée à une extrémité de la cathode et l’autre à une plaque métallique placée à quelques millimètres
- Fig. 11. — Schéma de connexion de La lampe Osram à vapeur de sodium.
- Ci ihode
- .Lampe de I sortie de l'amplifié
- Gourant de chauffage
- Anode
- Générateur u(L(LGvl(LQ.G
- Fig. 10. — Aspect extérieur de la lampe Osram à vapeur de sodium.
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- = 444 ..............—................................~=
- de la lampe, de telle sorte que l’influence de l’oscillateur s’exerce par capacité.
- L’éclairement obtenu avec un disque de Nipkow ordinaire à 60 ou même à 90 trous est suffisant pour obtenir une image visible dans une chambre faiblement éclairée.
- Sans doute, le système est-il assez complexe, mais on voit pourtant l’importance des progrès obtenus en comparant sa luminosité à celle d’une lampe au néon primitive à cathode plate et à décharge froide. Une lampe à luminescence à vapeur de mercure réalisée récemment également aux États-Unis et chauffée par un bobinage parcouru par un courant haute fréquence modulé aurait également permis d’obtenir une intensité lumineuse encore beaucoup plus grande, de l’ordre de 3000 bou-
- gies (?), mais il s’agit là de résultats de laboratoire et l’emploi de tels systèmes demeure encore très délicat.
- Dans cette étude déjà longue, nous avons dû nous borner à glaner dans un champ très vaste où les recherches se multiplient chaque jour et où les progrès sont rapides. Grâce aux travaux sur les tubes à luminescence, les lampes de télévision se sont promptement perfectionnées. Mais c’est sans doute dans les domaines voisins de la cinématographie sonore et surtout de l’éclairage proprement dit que les recherches sur la luminescence ont eu les conséquences pratiques les plus importantes. Il n’est pas exagéré de dire que l’on attend d’elles une nouvelle révolution dans l’art de l’éclairage électrique. Nous y reviendrons prochainement.
- P. riÉMARDINQUEK.
- L’ESSOR DES APPLICATIONS DU NICKEL =
- ET DE SES ALLIAGES
- IL — LE NICKEL PUR ET L’INDUSTRIE CHIMIQUE
- Pour convenir à un usage déterminé, un métal ou alliage doit en général satisfaire à un nombre considérable d’exigences. Il est certain que sur ce chapitre des exigences, les industries chimiques ne le cèdent à aucune autre; seul un métal doué d’un ensemble exceptionnel de qualités peut entrer dans la fabrication des appareils qu’utilisent ces industries.
- Le nickel est justement un de ces métaux de choix et convient à de multiples usages.
- Cela tient d’abord à sa résistance à l’attaque d’un grand nombre de produits chimiques, tels que les alcalis et beaucoup d’acides et de sels neutres.
- Le nickel dans l’appareillage chimique. — De plus, ses qualités mécaniques élevées lui permettent de supporter les efforts auxquels il est soumis en service. Sa grande résilience, sa résistance à la traction qui est du même ordre que celle de l’acier doux, sont ici des qualités particulièrement précieuses.
- Enfin, il se laisse facilement travailler : la fabrication, les retouches et les réparations des appareils en nickel peuvent s’effectuer dans de bonnes conditions. Le nickel peut être étiré, laminé, embouti, forgé, moulé, usiné de toutes sortes de manières. La récente mise au point de la soudure autogène du nickel pur exempt de soufre, — opération considérée comme irréalisable jusqu’à ces dernières années — constitue un progrès notable, particulièrement utile aux industries chimiques, où les assemblages rivés ne donnent généralement pas satisfaction, tandis que la soudure autogène permet d’obtenir des joints aussi résistants à la corrosion que le corps des pièces.
- La résistance parfaite du nickel à l’attaque des alcalis a été largement exploitée dans les industries de la soude caustique (fig. 1) et dans la fabrication de l’ammoniaque synthétique par fixation de l’azote de l’air.
- Quant aux acides, le seul qui attaque énergiquement le nickel est l’acide azotique; les autres acides usuels ne l’attaquent que faiblement ou même pas du tout. C’est ainsi que le nickel résiste mieux à l’acide chlorhydrique que tous les autres métaux ou alliages courants. Parmi les nombreux appareils où cette qualité est mise à profit, citons les cornues et chambres de réaction pour la préparation du chlorure d’aniline.
- Les industries de l’acide acétique et de l’acétate de cellulose utilisent aussi de nombreux objets en nickel, tels qu’agitateui’S, plaques perforées, revêtements de réservoirs.
- Signalons encore les tubes d’évaporation pour la fabrication des gélatines photographiques, les machines à graver pour la gravure à l’acide fluorhydrique, les
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- réservoirs de parfums, les récipients pour la préparation des résines synthétiques, etc.
- La catalyse. — Mais il est une autre qualité du nickel dont nous n’avons pas encore parlé et qui a fait de ce métal un auxiliaire précieux de l’industrie chimique : c’est son aptitude remarquable à catalyser les réactions d’hydrogénation, découverte en 1897 par M. Sabatier.
- Le point de départ des travaux de ce savant, effectués en collaboration avec M. Senderens, fut la transformation intégrale en éthane d un mélange à volumes égaux
- Fig. 3. — Appareils d’hydrogénation des huiles par catalyse. (Établissements Fournier-Ferrier, Marseille.)
- d’éthylène et d’hydrogène, en présence de nickel très divisé préparé par réduction de son oxyde. De la même façon ce nickel réduit permettait de transformer tous les carbures éthyléniques en carbures paraffiniques. Ce même effet catalytique s’est révélé très général, à des températures variables allant jusqu’à 180°, et la plupart des réactions d’hydrogénation utilisées dans l’industrie ont pu être obtenues plus aisément, ou avec un meilleur rendement, grâce à ce nouveau procédé. Il faut remarquer que les halogènes et le soufre, en altérant la surface des grains de nickel, agissent comme poisons du
- Fig. 2. — Tube catalyseur contenant de la tournure de nickel.
- catalyseur (x) ; aussi le tube de catalyse est-il souvent précédé d’une traînée de cuivre chauffée à 250° qui retient les impuretés nocives; dans ces conditions, la durée du catalyseur est presque indéfinie.
- Lorsque la matière à hydrogéner est gazeuse, elle est envoyée avec l’hydrogène dans un tube catalyseur tel que celui que représente la figure 2, chauffé à la température convenable. Lorsqu’elle est liquide, comme dans l’importante industrie de transformation des huiles en graisses solides par hydrogénation directe, elle est mélangée au métal pulvérulent et agitée violemment avec l’hydrogène.
- Nous ne pouvons songer à passer ici en revue toutes les industries chimiques qui ont bénéficié de la découverte de M. Sabatier. Signalons toutefois la transformation des aldéhydes en alcools primaires, celle des cétones en alcools secondaires, la production des amines à partir des amides, oximes, et autres composés azotés.
- Une mention spéciale doit être faite pour l’hydrogénation directe des noyaux aromatiques simples ou
- 1. Le soufre est donc un bien grand ennemi du nickel, puisqu’il nuit autant à ses qualités chimiques qu’à ses qualités mécaniques.
- Fig. 4. — Réservoir à lait en nickel pur.
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- Fig. 5. — Ustensiles en nickel pur de la Manufacture Métallurgique de Tournus.
- complexes. C’est ainsi que, grâce au nickel, le benzène, les phinols et d’autres dérivés du benzène sont aisément transformés en cyclohexane et en dérivés de ce carbure.
- De même la synthèse industrielle de l’alcool, qui peut être appelée à un très grand développement dans les pays, comme le nôtre, dont le sol est pauvre en pétrole, s’accomplit aisément à partir de l’acétylène, en transformant d’abord celui-ci soit en éthylène, soit en aldéhyde : dans le premier cas c’est la transformation de l’acétylène en éthylène, et dans le second cas celle de l’aldéhyde en alcool, qui sont catalysées par le nickel.
- Ce métal permet encore de transformer par hydrogénation l’oxyde de :arbone et le gaz carbonique en
- Fig. 6. — Percolateurs en nickel. (Établissements Grouard Frères.)
- méthane, et par conséquent le gaz d’eau, dont le pouvo r calorifique est faible, en un gaz de pouvoir calorifique élevé.
- Notons enfin que dans certaines conditions de température et de pression, variables suivant les cas, le nickel peut jouer un rôle inverse et devenir catalyseur de déshydrogénation; cette propriété peut être utilisée, par exemple, pour ramener la pipéridine à l’état de pyridine. Il y a donc là, dans toutes ces réactions d’hydrogénation et de déshydrogénation où les propriétés catalytiques du nickel sont très supérieures à celles des autres métaux, un champ très vaste d’applications de ce métal.
- III. — USAGES DIVERS
- L’inoxydabilité et la résistance à la corrosion du nickel l’ont fait adopter pour la fabrication d’instruments de chirurgie et de divers appareils de laboratoires de chimie (capsules, pinces, creusets, etc.).
- L’industrie laitière apprécie également les qualités du nickel pour le transport et la pasteurisation du lait; la figure 4 montre un grand réservoir à lait en nickel pur, divisé en cinq compartiments qui contiennent chacun 1500 litres environ.
- Ces mêmes qualités en font un métal de choix pour la fabrication des ustensiles de cuisine (fig. 5). Ces objets, en métal homogène, réfractaire, et d’une très grande résistance à l’usure, sont d’une durée indéfinie; en outre, ils peuvent être maintenus parfaitement propres, et ils offrent toute sécurité, car les sels de nickel ne sont pas toxiques. Il est vrai que le nickel est un moins bon conducteur thermique que l’aluminium ou le cuivre; mais, beaucoup plus dur et plus résistant que ces métaux, il peut être employé en tôles plus minces. On en fait aussi des services à thé ou à café, des plateaux, des percolateurs (fig. 6).
- Dans l'industrie électrique le nickel pur est utilisé pour faire des anodes, plaques et supports d’électrodes de lampes de T. S. F.; pour fabriquer des thermomètres à résistance, concurremment au platine, car le nickel, réfractaire et très peu altérable à chaud, possède en outre un coefficient de température élevé.
- Accumulateurs alcalins. — Mais sa principale application dans l’industrie électrique est la fabrication des accumulateurs alcalins, dont la première conception revient à Edison, et dont la mise au point industrielle est aujourd’hui réalisée. On sait que ces accumulateurs sont appréciés pour leur robustesse, leur durée, la possibilité de les laisser déchargés et abandonnés sans entretien, sans qu’ils se détériorent. Ils sont d’ailleurs trop connus pour que nous nous attardions à les décrire. Rappelons seulement que l’électrolyte est une solution concentrée de potasse, la plaque positive étant en nickel recouvert d’hydrate de nickel, et la plaque négative en fer recouvert d’hydrate ferreux.
- Le fer est souvent remplacé par du cadmium recouvert par son hydrate. Les accumulateurs nickel-cadmium présentent l’avantage de pouvoir être chargés indiffé-
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- reminent à fort régime ou avec une faible intensité, tandis que pour les éléments au fer une intensité minimum est nécessaire pour obtenir une bonne réduction de l’oxyde hydraté. Mais surtout les accumulateurs nickel-cadmium conservent leur charge beaucoup mieux que les autres éléments, parce que le cadmium réagit sur l’électrolyte encore plus faiblement que le fer. Ils peuvent donc, après avoir été chargés, être abandonnés sans soin pendant longtemps et remis en service sans nouvelle charge. Cette propriété les fait souvent préférer aux accumulateurs nickel-fer.
- Les compagnies de chemin de fer utilisent largement les accumulateurs alcalins pour l’éclairage des trains et des signaux, la traction dans les gares, les circuits de contrôle des locomotives électriques. On les utilise encore pour les batteries de chauffage et de tension de plaque en T. S. F., pour alimenter des lampes de mineurs, etc.
- IV. — LES MONNAIES EN NICKEL PUR
- Voici enfin une application très importante et qui absorbe chaque année une masse considérable de nickel : la fabrication des monnaies.
- Le graphique ci-contre (fig. 7), emprunté à M. Dha-vernas, montre l’importance croissante de cette fabrication. Sans doute on utilise parfois pour cet usage, non pas le nickel pur, mais des alliages, comme le cupronickel des petites monnaies françaises; toutefois c’est surtout à l’état pur que le nickel constitue un métal monétaire incomparable.
- Les monnaies en nickel pur ont un aspect agréable, une belle couleur blanche et propre, inaltérable.
- En outre, elles ont une exceptionnelle résistance à l’usure, très supérieure à celle des monnaies en bronze d’aluminium, en alliages d’argent, ou même en cupronickel. Cette précieuse qualité, non seulement conserve indéfiniment aux pièces leur bel aspect, mais encore permet de réduire au minimum les frais de remplacement.
- Il convient aussi de souligner l’extrême difficulté de la contrefaçon des monnaies en nickel pur. S’agit-il de fausses monnaies ? Non seulement les pièces de nickel sont très difficiles à imiter, mais encore les pièces fausses peuvent être immédiatement décelées, sans la moindre analyse chimique, au moyen d’un simple aimant. Le nickel est en effet magnétique, mais aucun des métaux blancs susceptibles de l’imiter ne possède cette propriété, même pas les cupro-nickels. S’agit-il alors de vraies pièces ? Les contrefacteurs pourraient y songer, parce que la valeur nominale des pièces de nickel est très supérieure à leur valeur intrinsèque. En réalité, la fusion de ce métal réfractaire, son affinage, indispensable à cause de la « maladie du soufre », son laminage et sa frappe, exigent une technique si délicate, un outillage et une main-d’œuvre si importants, qu’une véritable usine serait nécessaire. La fraude est pratiquement impossible. Aucun métal monétaire n’offre autant de sécurité pour l’État.
- L’emploi du nickel évite en outre un danger qui menace toujours les monnaies d’or ou d’argent : la thésaurisation. Nul ne songe à amasser des pièces en
- tonnes
- -H oo o
- 3ooo
- Fig. 7. — Tonnages totalisés des pièces en nickel pur émises dans
- le monde.
- métal non précieux qui constituent d’ailleurs une monnaie fiduciaire.
- Notons enfin l’avantage que présente l’emploi d’un métal pur de conserver sa valeur intrinsèque en cas de démonétisation : le nickel des monnaies est immédiate-
- Fig. S. — Marmite électrique de 50 litres pour cuisine de restaurant. L’intérieur et le couvercle sont en nickel pur. Le chauffage électrique est assuré par une résistance électrique en nickel-chrome consommant 5 kw. (Établissements Etelec.)
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- ment utilisable par l’industrie, notamment pour les fabrications qui intéressent la défense nationale, ce qui n’est pas le cas pour le nickel contenu dans notre alliage monétaire à 25 pour 100 de nickel et 75 pour 100 de cuivre (pièces percées de 5, 10 et 25 centimes). Cette remarque a une grande portée, car une monnaie de nickel constitue une réserve importante susceptible de jouer un rôle essentiel en cas d’agression étrangère. « On peut dire sans exagération, observe M. J. Dhavernas, que l’acier au nickel est aussi indispensable que la poudre ou les explosifs et que, sans le nickel, la défense d’un pays est à peu près impossible. » L’acharnement des Allemands à se procurer du nickel pendant la Grande Guerre, en a fourni la preuve.
- Pour toutes ces raisons le nickel est de plus en plus employé pour la fabrication des monnaies. Depuis la guerre, une dizaine de pays ont mis en circulation de nouvelles pièces en nickel pur : l’Italie, la Belgique, le Luxembourg, la Pologne, la Lettonie, etc.
- La France semble avoir renoncé au nickel pur pour des raisons d’économie. Les jetons en bronze d’aluminium des Chambres de Commerce, qui pourtant n’ont pas donné entière satisfaction, sont simplement refondus pour servir à la frappe de monnaies d’État, tout à fait analogues. La loi du 25 juin 1928 a remplacé les billets de 10 et de 20 francs par des pièces en argent au titre de 0,680 dont la frappe est en cours.
- La question d’une pièce de 5 francs destinée à remplacer les petites coupures est discutée depuis plusieurs années. L’utilité économique de cette pièce n’est contestée par personne, mais les controverses portent sur le choix du métal à employer, argent ou nickel pur. A l’heure où nous écrivons, la Commission des Finances de la Chambre vient de se prononcer pour le nickel. En raison des avantages exposés ci-dessus, nous croyons que cette décision est sage et espérons qu’elle sera confirmée. Il paraîtrait d’ailleurs bien illogique, alors que nous devons acheter le cuivre et l’argent à l’étranger, de ne pas encourager les producteurs français de la Nouvelle-Calédonie; l’intérêt de notre lointaine colonie est ici en pleine harmonie avec celui de la Mère-Patrie (*).
- Ces diverses applications du nickel que nous venons d’examiner ici et dans notre précédent article suffiraient à assurer à ce métal une place honorable dans l’industrie. Mais il ne s’agit là que du nickel pur. Les applications que nous passerons en revue à propos des alliages sont encore plus importantes, aussi bien par la quantité de métal qu’elles mettent en jeu que par les immenses progrès métallurgiques qu’elles représentent.
- Roger Vène.
- 1. Depuis que cet article a été rédigé les pièces de 10 et 20 francs en argent ont été mises en circulation, et la frappe d’une pièce de 5 francs en nickel pur a été votée par le Parlement.
- LA CAVALCADE DU PARTHENON
- VUE PAR UN CAVALIER
- La cavalcade, dit-on habituellement, et pourtant, si l’on s’en réfère à l’allure des chevaux, à la composition, au rythme de l’œuvre et à sa valeur esthétique, on pourrait, nous semble-t-il, en distinguer deux, celle des faces Nord et Ouest, et celle de la face Sud (fîg. 1, 2 et 3).
- Envisageons d’abord la frise du Nord, conservée au Musée Britannique, et celle de l’Ouest, encore en place au Parthénon. Devant l’éblouissant défilé de ces cavaliers élégants et souples, si intimement liés à leurs ardentes montures, devant cette explosion de vie, de grâce et de jeunesse harmonieusement réglée, nous nous conformerions volontiers au ne sutor ultra, s’il ne nous semblait que certains aspects du chef-d’œuvre sont encore incompris, voire même ignorés.
- Tout d’abord, l’attitude des chevaux nous paraît mériter un examen complémentaire.
- Le défilé s’exécute évidemment au galop, sur le pied gauche, conformément à la règle hellénique et au précepte de Xénophon. Mais le galop comporte un nombre infini d’attitudes, parmi lesquelles il nous faut reconnaître et déterminer, celle que le sculpteur a choisie et voulu représenter (fîg. 4 à 6).
- La photographie fixe aujourd’hui ces attitudes, prises chacune isolément, mais du fait même qu’elle les fixe,
- elle ne reproduit pas exactement l’impression que nous donne le passage d’un cheval au galop sous nos yeux.
- Nul n’ignore, en effet, que les images successives perçues en ce cas par notre rétine ne s’effacent pas aussitôt, mais persistent et se superposent en séries continues de quelques fractions de seconde, en sorte que notre œil saisit au lieu d’images isolées, des synthèses d’images qui se pénètrent réciproquement sans arrêt.
- Dans ces conditions, l’artiste qui cherche à rendre ce qu’il voit, doit résoudre ce difficile problème, la représentation synthétique d’un mouvement variable et continu.
- De la préhistoire à nos jours, d’innombrables peintres et sculpteurs se sont attachés à fixer l’aspect du cheval au galop. Les grottes ornées de l’époque magdalénienne, les nacres ciselées sumériennes découvertes à Our, les bas-reliefs assyriens, égyptiens, grecs, romains, les monnaies et intailles minoennes, grecques, romaines, sassanides, les dalles funéraires chinoises en pierre noire, d’époque Han, les bas-reliefs Tangs, les études du grand Okusaï, celles des artistes occidentaux modernes, les Parrocel, les Carie Vernet, les Meissonier, etc., forment un inépuisable recueil de représentations du galop (fig. 8 à 15).
- Mais la vérité s’est généralement dérobée à ce vaste effort de recherche. Sauf en une exception passagère, son
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- Fig. ]. — La cavalcade de la face Nord du Parihénon.
- résultat se résume en effet à la création de deux types à tout faire, celui du galop cabré et celui du galop volant, tous les deux inexacts et en contradiction flagrante avec les photographies du galop.
- Seuls entre tous les peuples, les Grecs échappèrent momentanément à ces routines invétérées, et dans une intuition de génie créèrent le cheval de la frise immortelle, dans son attitude criante de vérité.
- Quelle est cette attitude ? Plusieurs critiques ont cherché vainement à la définir. Un éminent érudit U)
- de leurs émules, grâce à la photographie instantanée des animaux en mouvement et à la projection de films au ralenti, on peut se rendre compte aisément aujourd’hui, que les chevaux de la cavalcade sont représentés au premier temps du galop (1) à l’instant précis où un pied postérieur est à l’appui, tandis qu’un bipède diagonal et un pied antérieur se préparent à marteler successivement le sol. Du fait de ces trois gestes, l’oreille perçoit trois sons, et ces trois sons marquent les trois temps du galop (fig. 7).
- Fig. 2. — La face Ouest.
- l’a désignée sous le nom de « canter », mais le canter n’est pas une attitude, c’est un galop d’essai préliminaire à la course, galop pendant lequel les gestes et attitudes du cheval sont essentiellement variables.
- Dans son bel ouvrage sur le Parthénon, M. Collignon écrit que les chevaux de la cavalcade s’enlèvent dans une courbette, mais la courbette n’est pas du galop, c’est un air de manège classique, exécuté sur place, et dans lequel les sabots postérieurs sont au sol, tandis que les antérieurs s’enlèvent simultanément comme dans le conventionnel galop cabré.
- Grâce aux expériences de Muybridge, du Dr Marey et
- 1. Salomon Reinach. — La représentation du galop. Ernest Leroux.
- D’un bout à l’autre de la cavalcade, on retrouve cette attitude caractéristique du premier temps (fig. 4 à 6) ; toutefois, l’incertitude de l’artiste, et peut-être son désir de répartition harmonieuse entre les pleins et les vides, se traduisent par des variantes inexactes. Certains chevaux, en effet, galopent au désuni, en sorte que le jeu de la position de leurs membres antérieurs sont intervertis, d’autres ont les deux pieds postérieurs au sol, comme dans le galop cabré (fig. 5 et 6). Mais ces défauts
- 1. Seul Buffon avait deviné les trois temps du galop antérieurement à ces expériences, et constaté qu’à un moment les quatre membres sont en l’air et qu’on voit les quatre fers à la fois. Mais sa remarque n’éveilla pas l’intérêt des artistes.
- Fig. 3. —• La face Sud.
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- Fig. 4 et 5. — Deux groupes de cavaliers de la face Nord. (Phot. Giraudon.)
- n’ont pas retenu jusqu’ici l’attention, en sorte que l’éminent critique déjà cité (1), offre en exemple de l’attitude exacte rendue célèbre par les chevaux du Parthénon, le dessin d’un cheval qui galope au désuni.
- Ces défauts peuvent passer inaperçus, dans la cavalcade, mais après le ive siècle, ils deviennent plus marqués dans l’art grec, et infligent souvent au cheval des attitudes forcées et invraisemblables (fîg. 13 et 14).
- Faut-il attribuer à Phidias seul, le mérite d’avoir découvert vingt-cinq siècles avant notre époque, le secret du galop représenté sur le Parthénon ? Il ne le semble pas, car selon la remarque de Salomon Reinach, le même galop est figuré sur des monnaies de Corinthe et de Syracuse, antérieurement à Phidias (fîg. 9). Quoi qu’il en soit, pendant environ deux siècles, les Grecs eurent le monopole de cette heureuse trouvaille. Toute la frise en est imprégnée, et le merveilleux défilé en paraîtrait peut-être monotone, s’il n’était animé du génie de Phidias.
- Les Grecs n’allèrent pas plus loin dans la découverte
- 1. Salomon Reinach.
- Fig. 6. — Un groupe de la face Ouest.
- du mécanisme du galop, et, quoi qu’on en ait dit, ne représentèrent jamais aucune autre attitude exacte de cette allure.
- Après Alexandre, l’oubli vient, avec la décadence, et la fâcheuse routine du galop cabré réapparaît dans l’art hellénistique (fîg. 13 et 14).
- Après avoir étudié l’allure, cherchons à déterminer le type du cheval. M. Collignon croyait reconnaître en lui le cheval idéal décrit par Xénophon, mais le signalement donné par l’historien grec ne saurait en rien s’appliquer aux chevaux de la cavalcade. D’après Xénophon en effet, « le cheval de cavalerie doit avoir l’encolure haute comme celle d’un coq, le poitrail aussi large que possible, le rein large et double, la croupe aussi large que possible, les pieds épais et bien évidés.
- Pareil cheval, tout en largeur et chargé de muscles ne ressemble évidemment en rien à l’élégant coursier de la cavalcade. C’est plutôt un pesant limonier, de gros trait, qu’un cheval de cavalerie.
- Peut-être en sera-t-on surpris, mais Xénophon avait ses raisons, qu’il nous donne dans VAnabase. On lit, en effet, dans ce vivant récit : « Nos braves hoplites n’avaient que mépris pour le cavalier, qui manque de solidité, ne peut porter que des coups mal assurés, craint toujours de tomber, et n’a d’autre supériorité que de se dérober plus facilement ».
- Xénophon partageait sans doute, l’opinion de ses hoplites à l’égard des cavaliers, et craignait pour les siens le cheval léger, nerveux, difficile à monter. Delà sa préfé-
- Fig. 7. — L'allure d’un cheval au galop, d’après les chronophotographies de Mareg.
- 1er temps
- 2° temps
- 3e temps
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- :.. ""......jf ‘ " ~..............~.....
- En haut, au milieu, terre cuite de Chine, du début du vu» siècle (Musée de Cleveland).
- A gauche, décadrachmede Syracuse, v* siècle).
- A droite, plat sassanide, en argent, du début du vu» siècle.
- Au milieu, à gauche, bas-relief assyrien d’Assourbanabal.
- rence pour le gros et lourd cheval qu’il décrit.
- Rien n’indique au reste, que les Grecs aient suivi ses conseils à ce sujet, car le type élégant du cheval de la cavalcade règne en maître dans l’art hellénique jusqu’au me siècle.
- Avec sa tête au modelé
- Fig. 8 à 15.
- Quelques représentations antiques du galop.
- A droite, bas-relief de Karnak, à Tlièbes.
- En bas, à gauche, quadrige dit de l’Hercule mélampige (Grèce, fin du ive siècle).
- A droite, sarcophage dit d’Alexandre (musée de Constantinople).
- Au milieu, rouleau de Josué, vu» siècle, Byzance (Vatican).
- savant et à l’expression frémissante, comme celle des chevaux de la « nuit », son encolure flexible, son rein court, ses épaules et sa croupe aux reliefs bien suivis et sans empâtements, sa poitrine profonde, ses membres et ses articula-
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- Fig. 16 à 1S. — Quelques représentations du galop.
- De gauche à droite : Tournoi, dans la salle de Dollinger, à Ratisbonne; sceau de Guillaume de Forz, comte d’Aumale (1259).
- Tombeau du cardinal Duprat (xvie siècle) à la cathédrale de Sens.
- lions aux détails si nets, ses veines de pur sang saillantes sous la peau line, et l’influx nerveux qui l’anime, ce cheval réalise un type de beauté exceptionnel, qu’on retrouve parfois chez le cheval syrien moderne.
- Après Alexandre, le cheval des documents figurés grecs s’empâte, et retourne à la convention du galop cabré.
- Cinq siècles après Xénophon, Virgile décrit à son tour, dans les Géorgiques, le type du cheval idéal à ses yeux et, par une curieuse rencontre, c’est le même animal commun et chargé de muscles, dont Xénophon préconisait l’emploi. Toutefois, à l’inverse de Xénophon, Virgile le dépeint tel qu’il est représenté de son temps
- Fig. 19. •— Philippe J 11, par Velasquez. (Musée du Prado.)
- sur les documents romains, exception faite de ceux où l’influence grecque domine, la colonne Trajane, par exemple. Mais revenons à l’examen de la cavalcade; certains de ses caractères dont nous avions longtemps ressenti la beauté sans arriver à la définir, nous apparurent récemment avec plus de netteté et désormais nous avons espéré mieux comprendre ce qui donne à l’ensemble, tant de vie, d’ampleur et d’accent.
- Par intervalles heureusement distribués, des groupes au relief plus marqué, frappent le regard, groupes dans lesquels un cheval relève et un autre abaisse la tête. Ces morceaux d’éclatante valeur sont incorporés dans l’harmonieux ensemble, et de leur alternance, de la répétition cadencée des gestes et des attitudes s’élève un rythme souverain, élément essentiel de l’œuvre. Ce rythme évoque en nous la pensée d’un beau leit-motif musical, tel un grand largo de Hændel, ou bien l’admirable rythme ternaire de la Cène du Vinci.
- Jetons maintenant un coup d’œil sur la frise du Sud. Son marbre a souffert de mutilations nombreuses, mais le mouvement d’ensemble est visible, certains cavaliers et la partie inférieure des membres des chevaux sont bien conservés, et l’on peut discerner le contraste de ce bas-relief avec les deux autres.
- Remarquons tout d’abord que l’attitude du premier temps du galop, si exactement rendue sur les frises du Nord et de l’Ouest, a disparu sur la frise du Sud, où l’on ne voit plus que le galop cabré ou bien un jeu des membres sans caractère défini. Il en est de même de l’alternance des gestes et des groupes, ainsi que du rythme de la composition. Sur la frise du Sud, tous les cavaliers sont assis de même, tous regardent en avant, et leurs têtes équidistantes s’alignent rigidement, en haut du bas-relief. C’est l’écoulement continu et presque monotone d’une colonne de cavaliers sans personnalité distincte. Au Nord et à l’Ouest, au contraire, la verve et la diversité dominent, la position des cavaliers varie avec une aisance juvénile, les uns regardent en avant et caressent l’encolure, d’autres se retournent face au spectateur. Enfin les têtes de ces cavaliers ont un port tout individuel, et leur ligne légèrement sinueuse épouse le rythme des groupes.
- L’essai de comparaison qui précède ne nous empêche nullement d’admirer la frise du Sud, mais il nous permet
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- Fig. 20 à 22. — Le galop vu en Orient.
- A gauche, en haut, frise du temple d’Angkor-Vat; en bas, Manuscrit persan du xvi° siècle. A droite, chevaux d’Okusaï.
- de mieux comprendre pourquoi nous lui préférons les deux autres.
- Si l’on veut bien nous excuser d’avoir une opinion, nous la résumerons en disant, que la cavalcade du Parthé-non porte la marque de deux maîtres. Le premier, celui
- des frises Nord et Ouest est un dieu, vraisemblablement Phidias, le second, celui de la frise du Sud, un grand sculpteur de son école.
- C* Lefebvre des Noettes.
- LE MISTRAL DANS LES PLAINES DU RHÔNE MOYEN
- ENTRE BAS-DAUPHINÉ ET PROVENCE
- A l’époque où l’infrastructure des lignes aériennes commençait à s’étendre de toute part, il apparut indispensable à l’Office national météorologique de créer et d’organiser sur ces mêmes lignes des postes météorologiques d’observations, et de faire bénéficier la navigation aérienne des études entreprises dans ces postes.
- C’est ainsi que sur tous les trajets envisagés la météorologie dut assumer une lourde tâche préliminaire en étudiant les conditions atmosphériques des routes aériennes.
- En ce qui concerne la partie de la vallée du Rhône
- comprise entre Lyon et Marseille, il y avait là un vaste champ ouvert à la météorologie du fait du « mistral », ce vent impétueux qui s’engouffre dans la vallée du Rhône à Valence et s’en va mourir sur la Méditerranée en s’infléchissant vers le Golfe de Gênes.
- 1. DEUX SORTES DE MISTRAL : LE MISTRAL GÉNÉRAL ET LE MISTRAL LOCAL
- Le poste météorologique de Montélimar-Ancône, créé en 1920, était admirablement placé pour étudier les
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- Ccd îrvh.
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- Vienne
- Echelle
- Hautes pressions (Anticyclone) [^W^j Pressions moyennes.
- [T: I .’l Basses pressions (Dépression) ,-,, Direction du Mistral
- Fig. 1. — Type des situations barométriques qui donnent naissance
- au mistral.
- caractéristiques, j’allais dire les pulsations de ce fleuve aérien qui double, en altitude, son voisin le Rhône.
- ,Les observations faites pendant six années (1921 à 1926 inclus) nous ont permis de nous rendre compte qu’il y avait deux sortes de mistral : l’un « mistral général », l’autre «mistral régionalou local», d’origines différentes, mais dont les effets sont identiques (1).
- Je résumerai, dans les lignes ci-dessous, l’étude publiée dans La Météorologie (2) sur ce phénomène, en montrant également son influencé sur l’agriculture et l’aéronautique.
- Le « mistral général » est créé par une situation barométrique type, connue, classée qui détermine sur la
- 1. Ces remarques nous ont frappé, à la suite d’une série d’observations effectuées en collaboration avec M. Faucher, professeur de géographie à la Faculté des Lettres de Toulouse.
- 2. Revue éditée par la Société météorologique de France, 196, rue de l’Université, à Paris (7°).
- Fig. 3. — Coupe verticale de la vallée du Rhône dans le plan nord-sud, montrant la désagrégation des nuages au-dessus de chaque plaine, par
- temps de mistral.
- zone intéressée un mouvement généralement rapide de l’air (fig. 1). Par temps de mistral général, Dijon, Lyon, Marseille enregistreront, toutes choses égales d’ailleurs, des vents à composante nord-ouest en altitude et plus ou moins forts au sol suivant l’orographie de la région.
- Il y a toujours mistral lorsque la pointe d’une zone de hautes pressions (anticyclone des Açores) représentée par la courbe 770 (fig. 1) atteint le Golfe de Gascogne, les côtes occidentales de la France ou les côtes septentrionales de la péninsule Ibérique. Sans entrer dans des détails techniques, je me bornerai à indiquer que le mouvement vers l’Est d’une pareille zone de hautes pressions est dû au passage de noyaux barométriques en hausse ou en baisse qui, de ce fait, renforcent l’anticyclone des Açores si c’est un noyau de hausse, ou bien creusent la dépression méditerranéenne si c’est un noyau en baisse.
- Le « mistral local », lui, est créé par les différences thermiques dues à la topographie de la vallée moyenne du Rhône (fig. 2).
- Les plaines qui se succèdent en chapelet, de l’Isère à la mer, formées d’alluvions perméables, s’échauffent fortement et facilitent l’évaporation; elles favorisent donc la formation de centres dépressio nnaires qui jouent les uns par rapport aux autres, le rôle de
- foyers d’appel. Ceci est confirmé par la désagrégation des nuages au-dessus de chaque plaine quand le mistral amène au-dessus de celles-ci une couche nuageuse (fig. 3).
- Ainsi donc se trouve créé, par la seule disposition naturelle de ces plaines, un mouvement de l’air allant croissant du nord au sud, car c’est à l’entrée de ces plaines (et non dans les défilés), que le vent reçoit ses brusques accélérations (x).
- Certaines situations barométriques telles que celles appelées « marais barométriques » (2) sont propices à l’observation du mistral local puisqu’elles ne viennent pas perturber ce mouvement propre à la vallée rhodanienne. C’est ainsi que l’on observe un vent faible à
- Fig. 2. —L’orographie de la vallée du Rhône, cause du « mistral local ».
- 1. « Contribution à l’étude du mistral : L’accélération ». C. R. Académie des Sciences, t. CLXXXI, p. 323, séance du 31 août 1925. D. Faucher et E. Rougelet.
- 2. On dénomme ainsi une zone plus ou moins étendue où la pression est sensiblement égale en tous points et ne peut donner lieu, par conséquent, à un mouvement bien défini de l’air; le vent y est généralement variable en direction et en vitesse.
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- N
- Période d Veto b ne
- à Mars
- chaud
- S
- ->- Froid
- Période d’Avrilà Septembre .
- Frais <-----
- Fig. 4. — D’octobre à mars, le refroidissement du continent augmente la vitesse du mistral; d'avril à septembre, réchauffement des terres la
- contrarie.
- Lyon, modéré à Tain à l’entrée de la plaine de Valence, assez fort ou fort à Valence, violent à Montélimar, modéré à Orange, faible, nul ou même de sens contraire à Marignane, près de Marseille. Cette décroissance du mistral local à Orange et à Marignane est due à la variation thermique diurne qui, créant la brise de mer, refoule le mistral local.
- On conçoit donc sans peine qu’un vent déjà bien établi par une situation barométrique propice au « mistral général » soit accru, dans des proportions importantes parfois, dans la zone du « mistral local », c’est-à-dire entre Valence et Orange (*) (voir fig. 10). Cette particularité d’un brassage d’air fréquent assure à la vallée du Rhône une situation climatique privilégiée : absence de brouillard et air sec.
- La durée du mistral est très variable. La périodicité connue des trois, six, neuf jours, n’a pas été observée durant les années 1921 à 1926.
- La période la plus longue a été observée en mars avec sept jours. C’est, du reste, pendant la période d’octobre à mars que le mistral est le plus fort. Le refroidissement du continent par rapport à la Méditerranée
- 1. Ce cas fut particulièrement net le 28 février 1929 où le mistral général atteignit, dans la vallée du Rhône, une vitesse excessive. On nota à Montélimar entre 15 h 50 et 16 h, un vent de 41 m 6 à la seconde, ce qui correspond à une vitesse de 149 km 8 à l’heure.
- Mois J
- Courbe d évaporation totale
- .Nord
- Courbe d'évaporation par vent du N et Mistral
- Mois J
- Courbe d'ê v,
- par Vent du Sud
- •oration
- Fig. 5. — L’évaporation est plus forte, par vents du sud, et favorise les gelées printanières.
- plus chaude, tend à renforcer la pointe anticyclonique sur la France, cause du mistral et par conséquent à augmenter la vitesse de ce vent. Au contraire, d’avril à septembre, réchauffement des terres, plus grand que
- De gauche à droite :
- Fig. 6. — Le mouvement de l’air au contact de l’obstacle créé par les haies de cyprès qu’établissent les paysans de la vallée du Rhône pour protéger leurs cultures contre les effets du mistral.
- Fig. 7. — Effet des haies sur le vent : pot fumigène à 3 m 20 en aval de la haie.
- Fig. 8. •— Effet des haies sur le vent : pot fumigène dans la zone calme à 2 m 50 en aval de la haie.
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- Fig. 9. — Effet des haies-écrans sur le vent : en haut écran simple; en bas, écran triple.
- celui de la mer, affaiblit la pointe anticyclonique, donc contrarie le mistral (fig. 4).
- 2. INFLUENCE SUR L’AGRICULTURE.
- ÉVAPORATION
- L’effet de froid ressenti lorsque souffle le mistral, est dû à l’évaporation intense qu’il occasionne. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer tout d’abord, l’évaporation est plus forte par vent de sud que par vent de nord et cette constatation a permis de donner une explication au problème si complexe des gelées printanières, celles-ci étant beaucoup plus importantes lorsque le vent tourne, dans la nuit de nord à sud et par ciel pur que par vent nul. On pouvait croire, en effet, que l’arrivée du courant Sud, amenant avec lui une température plus élevée aurait dû contrarier la formation des gelées. Mais on ne disposait pas, à ce moment, d’indications précises comme celles qui ont été analysées pendant l’année 1925 et qui nous permettent de dire aujourd’hui que le vent de Sud, tout en apportant une élévation thermique, accroît l’évaporation ; c’est cette évaporation par vent de Sud, qui détermine au printemps ou à l’automne, les gelées nocturnes ou matinales si funestes à l’agriculture (fig. 5).
- 3. PROTECTION CONTRE LE MISTRAL L’agriculteur se protège contre le mistral par l’établissement de haies de cyprès qui opposent au vent un feuillage
- Fig. 11. — Zones de turbulence et de rabattement près d’un obstacle.
- ___ Zone ____
- "de rabattement
- Mistral
- Obstacle
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- toujours touffu. Une observation curieuse nous a permis de nous rendre compte que le paysan rhodanien, ignorant des lois aérodynamiques, a cependant trouvé un moyen d’annihiler pratiquement l’influence du mistral sur de faibles surfaces. Par des plantations parallèles de haies de cyprès, il arrive à créer une « zone calme » dans le lit même du vent. Il nous a paru intéressant d’étudier qualitativement comment se comportent les filets d’air au contact d’obstacles naturels et voici les résultats de ces expériences.
- Les filets d’air étaient matérialisés, pour être photographiés, par des pots fumigènes, placés à des distances variables de l’écran constitué par une haie de cyprès taillés mesurant 2 m 80 de hauteur, sur une épaisseur de 0 m 80, afin de juger des zones de turbulence.
- La photographie (fig. 6), représente le vent arrivant sur l’écran, au nord. On distingue à la partie supérieure les filets d’air fran-
- Zone du Mistral
- fne non soumise au Mistral
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- ÜÉ1 Mistral focal ^ E2 Mistralge 1 1 Limite Ouest du Vent du Nord
- Fig. 10. — Zone du mistral et ligne de navigabilité optima pour les avions par temps de mistral.
- chissant la haie, tandis qu’au pied de celle-ci se forment des mouvements giratoires secondaires.
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- Pour la figure 7, le pot fumigène fut placé exactement à 3 m 20 en aval de la haie. On voit nettement à gauche l’amorce d’un contre-courant sollicité par la dépression créée par l’écran tandis qu’à droite la fumée s’élève verticalement, matérialisant ainsi la limite de la zone calme et dépressionnaire.
- Enfin la ligure 8 représente une émission de fumée dans la zone calme. Le pot fumigène était placé à 2 m 50 en aval de la haie.
- Cette vue montre d’une façon particulièrement suggestive le calme de cette zone. A la partie supérieure gauche, on distingue une portion du contre-courant se joignant à l’ondulation propre du mistral passant par-dessus la haie.
- Il ne suffit donc pas de préserver les parties cultivées par une seule haie, il faut, en fonction de la hauteur du premier écran, établir parallèlement à celui-ci d’autres écrans afin d’annihiler justement ces contre-courants qui, plus violents que le mistral lui-même, occasionnent aux cultures des mouvements désordonnés nuisibles au rendement (fig. 9).
- 4. INFLUENCE DU MISTRAL SUR LA NAVIGATION AÉRIENNE
- Si l’influence du mistral sur la navigation fluviale, sur les trafics ferroviaire et routier, est nettement déter-
- Fig. 13. — Zone dangereuse d’Aubignas.
- minée, elle s’exerce d’une manière encore plus accusée et plus directe sur la navigation aérienne.
- Là, ses effets se manifestent d’une façon brutale, sans ménagement puisque sans obstacles opposés à sa. course. Reprenant les deux définitions du mistral, on peut dire que par « mistral général » le vent est très fort en altitude et l’avion ne trouve guère de couche propice pour l’éviter; cependant, le dépouillement des sondages effectués pendant les périodes de mistral au poste météorologique de Montélimar pendant les six années consécutives (1921 à 1926) fait apparaître une altitude moyenne où le vent, pour le trajet sud-nord, est moins fort. Cette altitude se situe entre 1400 et 1600 m; généralement même, c’est à cette altitude que se rencontrent les premières composantes sud. Par « mistral local », il n’en est pas de même. Là intervient la largeur, l’aire du débit aérien. Il était logique de supposer que puisque la vallée du Rhône est le siège d’un courant rapide nord-sud, ce même courant n’étant plus sollicité par les dépressions dynamiques des plaines rhodaniennes n’aurait par conséquent qu’une vitesse réduite à l’ouest et à l’est de
- Cléon d'Andnan
- ^ f I \
- Colline de Marsanne
- Fig. 12. — Zone dangereuse de Cléon d’Andran.
- la vallée. La zone critique du mistral a été décelée par une série d’observations recueillies de part et d’autre de la vallée pendant plusieurs années. Ces observations nous ont permis de délimiter l’extension de ce courant aérien et de déterminer sur la carte les endroits où son influence est moindre. C’est ainsi que nous avons pu indiquer les meilleures conditions de navigabilité dans le sens sud-nord entre Marseille et Lyon, plus exactement entre Montélimar et Valence. On voit d’après la carte ainsi obtenue (fig. 10) que la meilleure ligne de navigabilité passe franchement à l’est de la vallée. Les avions réalisent donc, en empruntant cet itinéraire, un gain de temps et de combustible appréciable.
- Il semble que le mistral diminue assez rapidement à l’est et à l’ouest du Rhône, mais jusqu’où s’étend sa zone d’action ? Il est difficile de répondre avec précision à cette question; on peut dire toutefois qu’en cas de mistral local, le vent n’est très fort ou violent que dans une zone plutôt étroite. De nombreuses enquêtes faites sur place permettent d’affirmer qu’il y a étranglement de cette zone entre Orange et Avignon.
- La délimitation de la zone d’influence du mistral est un élément d’appréciation important dans l’examen des explications du mistral. A notre avis, il y a mistral dès que l’anticyclone Atlantique atteint les hauts plateaux cévenols; l’air s’écoule vers l’est d’abord, puis tout naturellement vers le sud par le couloir rhodanien. Ce phénomène est sous la dépendance de la situation atmosphérique générale; mais la différence de pression entre le Massif Central et la Méditerranée, qui lui correspond, peut être renforcée par des contrastes thermiques locaux refroidis-
- Fig. 14. — Au-dessus de la ligne thermique critique, les brumes se condensent en nuages; au-dessous de cette ligne, les nuages se désagrègent. T : température. T < T'.
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- sement des terres par rapport à la mer, échauflement des plaines encaissées de la vallée du Rhône).
- Ces deux éléments : étendue et hauteur de la zone du mistral, permettent déjà d’avoir sur la structure de ce courant aérien une idée suffisamment nette à la latitude de Montélimar pour que les pilotes naviguent à une altitude convenable (1). Mais si cette altitude permet aux pilotes de profiter d’une plus grande vitesse moyenne, elle ne leur donne aucune indication quant aux zones dangereuses qu’ils peuvent rencontrer.
- En effet, l’orographie très accidentée de la zone survolée — et particulièrement en empruntant l’itinéraire favorable situé à l’est de la vallée — fait naître des zones tourbillonnaires : courants ascendants et de rabattement. Si les premiers sont favorables au vol à voile et facilitent le vol à moteur, les seconds sont très dangereux pour tous les vols, car la puissance mécanique d’un avion pris dans un courant de rabattement est bien faible. C’est pourquoi il nous a paru utile d’essayer de déceler, avec le plus de précision possible, les points critiques où ces courants sont engendrés.
- Pour que ceux-ci puissent être étudiés, il est indispensable qu’ils soient rendus visibles (2).
- Il n’était pas possible d’utiliser, en l’occurence, des pots fumigènes, étant donné les grandes étendues du champ d’observation. Ce sont donc les nuages eux-mêmes qui nous ont permis de recueillir les premiers éléments de cette étude.
- Le mistral étant engendré par le passage, au nord de Lyon, d’un noyau de hausse barométrique, suivant un noyau de baisse ayant amené dans la région lyonnaise des précipitations, il s’ensuit que ce même mistral transporte vers le sud où il s’écoule une humidité considérable. Ce courant, saturé de vapeur d’eau, arrive, à mesure qu’il se précipite vers la Méditerranée, dans des zones de plus en plus réchauffées. Sa vapeur d’eau, en s’élevant, se condense en nuages. Si donc, un obstacle naturel s’oppose à la marche de ce courant aérien et l’oblige à
- 1. Afin que les avions puissent profiter de la couche favorable décelée par les sondages, nous avons fait une proposition, qui fut acceptée, d’ajoindre aux messages pour routes aériennes, des indications brèves donnant l’altitude, la vitesse et la direction de cette couche.
- 2. La faveur avec laquelle est accueilli le vol à voile permettra pratiquement l’étude de ces courants, même en l’absence de nuages.
- s’élever, la vapeur d’eau qu’il contient se condense et rend visible l’évolution des filets d’air contre cet obstacle (fig. 11). Après avoir observé, durant plusieurs années, tout le long du trajet Valence-Orange, le même processus de formation et de résorption des nuages au-dessus des obstacles naturels, par période de mistral, nous avons commencé nos mesures, d’abord autour du poste de Montélimar, et nous avons obtenu les résultats suivants :
- Par mistral de 10 à 15 m de vitesse moyenne, les points dangereux sont les suivants :
- 1° Plaine de Cléon d’Andran et de Marsanne au nord-est du poste météorologique et à 10 km (fig. 12) ;
- 2° Immédiatement après le massif accidenté du Coiron, à 10 km à l’ouest du poste, vers la localité d’Aubignas (fig. 13).
- En observant la hauteur maximum où ces volutes nuageuses cessent leur mouvement ascendant pour continuer à être entraînées par le mistral, nous avons pu déterminer la hauteur critique h de ce mouvement par la formule connue : h = d tg a, d étant la distance horizontale du nuage à l’observateur et a l’angle formé par la .ligne de visée « observateur-nuage » avec l’horizon (*).
- CONCLUSION
- J’ai rapidement esquissé, dans ce bref exposé, l’état actuel des recherches météorologiques sur un vent qui, connu dès l’antiquité, n’avait encore jamais fait l’objet d’une étude approfondie et serrée jusqu’au moment où l’O. N. M. créa et organisa tout un réseau de postes météorologiques dont les indications commencent à intéresser, sous des formes diverses, toutes les branches de l’activité économique.
- Le mistral dans la vallée du Rhône prend une réelle importance du fait qu’il est le facteur dominant avec lequel doivent compter les aviateurs et c’est précisément au moment où le développement de la navigation aérienne prend un si grand essor que ces études locales pourront aider à déterminer les routes aériennes les plus favorables
- E. Rougetet,
- Chef du Poste météorologique de Montélimar-Ancône.
- 1. Ce mouvement est presque permanent et il existe une ligne thermique critique où, de part et d’autre, la condensation des brumes en nuages (partie supérieure hachurée) ou la désagrégation de ceux-c (partie inférieure), suivent le même processus (fig. 14).
- LES ARBRES PERISSENT-ILS PAR LE FROID?
- De nouvelles expériences viennent d’être poursuivies en Suisse par M. A. Barbey sur les causes de mortalité des arbres forestiers dans les cas attribués au froid.
- Il a été démontré que, dans beaucoup de cas, ce n’est pas la gelée qui désorganise les tissus, ce n’est même pas le soleil levant comme dans les gelées blanches des bourgeons, c’est la sécheresse du vent.
- En effet, quand le sol est encore gelé, si persiste un vent sec provocant l’évaporation, les racines ne peuvent répondre à
- l’appel et les tissus se désorganisent, d’autant plus rapidement que le vent est plus sec, plus violent et plus chaud, de sorte que la chaleur peut être en partie responsable de la mortalité attribuée à la gelée !
- La plupart du temps la mortalité n’atteint que les ramaux les plus aqueux et respecte le tronc et les branches principales. Celles-ci émettent de nouveaux bourgeonsi La croissance de l’arbre est seulement retardée.
- Pierre Larue.
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- LE DNIÉPROSTROÏ
- Le mot « Dniéprostroï » qui depuis 1927 tenait la vedette dans les quotidiens soviétiques, s’y trouve remplacé maintenant par le mot Dniéprogès, qui signifie « station électrique du Dniéper », tandis que la première appellation se traduisait par « Construction sur le Dniéper » .
- Est-ce à dire que l’édification se trouve terminée ?
- Non pas, l’installation entière comporte 9 turbines, de 90 000 ch chacune, développant donc ensemble la puissance de 810 000 ch.
- Or, actuellement 5 turbines seulement sont montées;
- Kiew, la mère des villes russes, puis l’ancienne Ielcate-rinoslaw actuellement Dniepropetrovsk, puis tout de suite, il entame les dernières ramifications des Kar-pathes, roches granitiques si dures que le fleuve n’a pu niveler son lit et dégringole à travers les rochers sur une pente fort tourmentée.
- Sur 95 kilomètres on comptait 9 rapides formant pour la navigation l’obstacle le plus redoutable.
- Juste en aval de ces rapides s’étend la grande île Khortitza, qui fut le repaire des cosaques zaporogues illustrés par Tarass Boulba et Mazeppa, leur dernier
- Fig. 1. — La maquette du barrage et de l’usine hydroélectrique du Dniéprostroï. (Ph. Rap.)
- elles marchent d’ailleurs au ralenti, car les usines qui doivent absorber cette puissance ne sont pas encore achevées.
- Les plans d’ailleurs ne prévoient la pleine utilisation de cette énergie que d’ici deux années environ.
- Mais l’ouvrage principal se trouve parachevé : le barrage, la station centrale, les écluses.
- HISTORIQUE
- Désormais, du Dniéper ont disparu ces rapides qui tinrent une si large place dans la légende et l’histoire de l’Ukraine. Le Dniéper, le fleuve le plus important de l’Europe après la Volga et le Danube, parcourt paresseusement environ deux mille kilomètres, traversant d’abord d’immenses forêts et marécages, arrosant
- ataman. Ce mot « zaporogues » signifie derrière les rapides; c’était là en effet que, tapis dans leur île, ils préparaient leurs incursions sur les villes ou campagnes voisines, dirigeant leurs attaques sans préférence, tantôt sur les Russes, tantôt sur les Polonais ou les Turcs.
- Et tandis que les marchands arrivés dans la zone des rapides étaient souvent forcés de décharger leurs marchandises et de traîner sur le rivage leurs trop lourds bateaux, les cosaques faisaient glisser leurs petites barques à travers les récifs tout prêts à rançonner les voyageurs.
- Sous la grande Catherine, on fit sauter un certain nombre de roches, mais sans résultats appréciables.
- En 1796, l’ingénieur Desurvolant proposa, la construction de canaux latéraux et jusqu’en 1905 on examina
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- de nombreux projets ayant tous pour but l’amélioration de la navigation.
- Par places, on enleva dans le lit du fleuve les pierres entraînées, on fit sauter d’autres roches, on creusa des canaux, mais trop étroits et où la vitesse de l’eau restait trop rapide.
- En 1905, seulement, les projets des ingénieurs Défosse et Routenchel envisageaient également l’utilisation de la puissance hydraulique.
- Dès la même année, un autre projet fut présenté par l’ingénieur Graftio qui par la suite établit les plans de la centrale hydroélectrique Volkhow mise en marche en 1926.
- De 1905 à 1915, onze projets furent déposés, envisageant tous des barrages multiples. Ces projets furent examinés, discutés, mais certains obstacles apparaissaient prohibitifs.
- C’était d’abord l’énormité des investissements, ensuite la nécessité d’exproprier des villages entiers ou de gros propriétaires fonciers dont les terrains se trouvaient inondés.
- Après la révolution, en 1919, l’ingénieur Nicolaï prévoyait encore deux barrages. L’ingénieur Alexan-drof se prit alors à ce problème, s’arrêtant à un seul barrage situé un peu au-dessus de l’Ile Khortitza. Chargé de poursuivre cette étude, il présenta ses plans dès l’année 1925. Son projet fut soumis à deux maisons américaines, à une allemande et chacune d’elles apporta ses corrections; des expériences effectuées avec une maquette du barrage fournirent aussi des indications.
- L’ingénieur américain Cooper, constructeur des plus importants barrages d’outre Atlantique, fut nommé conseil de l’entreprise.
- Et dès 1927, la centrale de Volkhov se trouvant achevée, les travaux purent commencer.
- Le projet de l’ingénieur Alexandrof est aujourd’hui réalisé. Le barrage relève le niveau du fleuve de 37 m 50; un lac s’est formé de 16 km de largeur à certains endroits et de 100 km de longueur, inondant 22 villages.
- NAVIGATIONLFLUVIALE
- Mais il s’ensuit que les bateaux à vapeur de la mer Noire peuvent remonter jusqu’au centre de l’Ukraine et plus loin dans la Russie blanche; ils peuvent y transporter le charbon et l’anthracite du Donetz, les minerais de Krivoï-Rog, les pétroles, huiles lourdes du Caucase, tandis qu’ils redescendent chargés de bois, de céréales, de phosphorites.
- D’autre part pour joindre à la mer Noire les régions qui s’étendent presque jusqu’à la mer Baltique, le plan quinquennal a prévu l’éclusage et l’aménagement du haut Dniéper et de ses affluents. Enfin, on a perfectionné l’outillage des ports fluviaux Gomel, Dniépro-petrovsk et Kiew.
- IRRIGATION
- En plus de la production de force motrice et de l’amélioration des transports, le barrage facilite l’irrigation
- d’une étendue de terrain que l’on a évaluée à 700 000 hectares.
- Le fleuve traverse une zone agricole riche et fertile, mais que brûle en été un soleil trop ardent. La formation d’un lac, l’élévation du niveau de l’eau sur 100 km favorisent les infiltrations, augmentent l’humidité de l’air et permettent d’étendre le système d’irrigation. Lors des crues de printemps, des masses d’eau chargées d’un fertile humus le répandront dans la campagne au lieu de le déverser inutilement dans la mer. Ultérieurement d’autres barrages seront établis en aval du Dniéprogès.
- Aux environs de Nicopol l’endiguement du fleuve développera la puissance de 60 000 kw et permettra l’arrosage d’une bonne partie de l’Ukraine méridionale.
- Enfin on prévoit plus bas un troisième barrage qui pourvoierait à l’irrigation de la zone littorale et même de la Crimée que désole une perpétuelle sécheresse; mais il ne s’agit là que d’une éventualité dont les grandes lignes ne sont pas encore arrêtées.
- LE BARRAGE
- L’ensemble de l’installation forme un arc de cercle de 600 m de rayon. Sa convexité résiste à l’effort du courant. Gomme une voûte repose sur ses murailles, la jetée s’arc-boute à ses deux extrémités, sur les rives granitiques et sa base s’encastre d’ailleurs dans le rocher qui forme le lit du fleuve. La résistance de cette pierre est exceptionnelle; elle est évaluée à 1700 kg, minimum par centimètre carré. Lorsqu’on voulut la concasser pour l’incorporer dans le béton, les broyeurs fournis cependant par la firme Krupp, ne résistèrent pas et furent brisés; et l’on dut créer des concasseurs spéciaux.
- La centrale électrique s’appuie sur la rive droite tandis que, sur la rive gauche, s’allonge le canal livrant passage aux bateaux; entre les deux rives la jetée repose sur deux îlots.
- Pour établir la digue, il fallut assécher le fleuve, ce que l’on ne pouvait évidemment réaliser d’un seul coup. On a donc procédé de la façon suivante.
- Des bâtardeaux jumelés ont été disposés entre les rivages et les deux îlots, formant ainsi des compartiments étanches d’où l’on a pompé l’eau, tandis que le fleuve se déversait entre les deux îlots.
- Les bâtardeaux étaient constitués par des cadres de bois remplis de cailloux; on assura l’étanchéité non sans difficulté en jetant du gravier fin, du sable, de la terre.
- Le lit du fleuve étant ainsi partiellement mis a nu, on retira le sable et les cailloux roulés, puis le roc dont nous avons dit l’extrême dureté fut creusé pour recevoir les fondations des piles, qui placées à la distance de 13 m les unes des autres formaient les contreforts de la digue.
- Pendant ce temps, sur la rive droite, on commençait l’édification de la centrale hydroélectrique.
- Lorsque les contreforts de la rive gauche furent établis, on démolit les bâtardeaux si bien que par les travées libres entre les piles s’écoulait l’eau du Dniéper.
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- On établit alors entre les deux îlots un compartiment étanche formé par deux lignes parallèles de batardeaux et la file des contreforts y fut prolongée.
- Le barrage s’allonge sur 766 m et comprend 48 piles de 3 m 25 d’épaisseur; à pic en amont, elles s’élargissent en aval de haut en bas pour former un pied solide.
- Sur la face intérieure des contreforts on avait pratiqué des rainures. Des boucliers furent glissés dans ces rainures formant des boîtes rectangulaires, moules des cloisons de béton qui, reliant les piles, réalisaient un ouvrage continu.
- Ces cloisons s’arrêtaient à la cote 42 rn 25, le point le plus bas du lit du fleuve constituant l’origine des hauteurs. Elles étaient surmontées de vannes Stoney de 10 m de hauteur coulissant dans les rainures des contreforts et que permettaient de soulever deux grues roulantes circulant sur les voies de manœuvre. Une passerelle de manœuvre, un pont route surmontent la digue.
- Enfin, entre celle-ci et les écluses, deux pertuis de manœuvre permettent de régulariser le niveau du lac d’amont.
- Lors des crues, les vannes Stoney soulevées, l’eau monte dans les travées à 6 à 7 m au-dessus du sommet de la cloison.
- ÉCLUSES
- Le canal de dérivation creusé dans le rocher, sur la rive gauche, comprend trois sas de 120 m de long sur 18 m de large. Le niveau du fleuve se trouvant généralement relevé de 37 m 50 par le barrage, la dénivellation correspondant à chacune des écluses s’élève donc à 12 m 50.
- STATION
- La station hydroélectrique joint la digue à la rive droite, formant un rectangle de 240 m de long sur 68 m de large.
- Elle comportera 9 turbines dont 5, déjà installées, sont en ordre de marche.
- Ce sont des turbines Francis, développant chacune la puissance de 90 000 ch.
- La puissance totale atteindra donc 810 000 ch ou 560 000 kw.
- Leur rotor, de 6 m de diamètre, dont l’axe est vertical et tourne à 88 tours 1/4 par minute, est surmonté d’un volant directement accouplé de 10,2 m de diamètre et comportant 68 pôles. Le stator mesure 13 m de diamètre, et l’ensemble de cet alternateur fournit un courant triphasé de 13 800 v, 50 périodes.
- Fig. 2. — Les phases des travaux du Dniéprostroï.
- a) Croquis du Dniéprostroï.
- b) lre phase de la construction. — Des bâ-tardeaux sont établis entre les rives et les deux îlots formant deux fosses A et B, d’où l’on peut pomper l’eau. En A, on établit les piles du barrage; en B, la station centrale; le fleuve coule entre les deux îlots ;
- c) 2e phase de la construction. — Les bâ-tardeaux sont démolis en A et le fleuve coule en ce point entre les travées des piles tandis qu’on construit des bâtar-deaux en C pour prolonger la digue. En B on continue la construction de la station centrale.
- Un triple transformateur élève la tension à 110 000 v.
- MARCHE DES TRAVAUX
- L’installation fut dirigée par l’ingénieur Winter qui avait conduit les travaux de la centrale de Chatoura, tandis que l’ingénieur Vendeneev constructeur de la station du Volkhow lui servait d’adjoint. Plusieurs allemands et américains jouaient le rôle de conseils et l’ingénieur Cooper lui-même ne quittait guère le chantier.
- Il fallait creuser 3 400 000 m3 et pour moitié dans le roc si dur qu’au début tous les outils cassaient.
- 11 fallait d’autre part mettre en œuvre 1 200 000 rqs de béton.
- On faisait venir le ciment d’Am-hrocief et le sable d’Eupatoria en Crimée.
- Ce n’était pas que le sable ne fût abondant dans le bassin du Dniéper, mais trop fin, il ne pouvait convenir.
- Par contre les travaux d’excavation fournissaient les cailloux nécessaires soit pour le remplissage des bâtardeaux, soit pour la confection du béton.
- On désagrégeait les rochers en les faisant sauter avec l’oxygène liquide, explosif choisi surtout à cause de la sécurité de son emploi: en effet dans tous les cas, au bout d’une demi-heure l’oxygène est évaporé, la cartouche devient inofîensive et l’on peut s’approcher en toute tranquillité.
- Les débris provenant de l’explosion, ramassés par des pelles mécaniques qui les déversaient dans des wagons à bascules, étaient amenés aux ateliers de broyage.
- Les pierres brisées, après criblage, étaient mécaniquement transportées et jetées dans les caissons des bâtardeaux ou bien amenées à l’usine à béton.
- Naturellement les travaux étaient menés de front sur les deux rives et comme on ne pouvait songer à transporter le béton d’une rive à l’autre, sur chacune se trouvait un atelier de concassage et de préparation.
- Les ouvriers travaillaient jour et nuit par 3 postes de 8 heures. Ils devaient réaliser une production journalière bien déterminée, 800 ms de béton mis en place sur la rive droite, tandis que pour la rive gauche la norme atteignait 1200 m8.
- L’émulation se mit de la partie, chaque poste et chaque rive entendait détenir le record de la production.
- Un système de télégraphe optique fut créé pour lancer les défis d’un rivage à l’autre et pour proclamer les résultats obtenus.
- Lorsque la norme de production était dépassée de
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- 100 m3 ou allumait une étoile verte et quand la surproduction atteignait 300 m3 on faisait triomphalement, briller une énorme étoile rouge.
- La presse enregistrait quotidiennement ces résultats et les ouvriers soviétiques suivaient passionnément les péripéties diverses de ce duel.
- La rive gauche termina son travail plusieurs semaines avant le délai fixé, tandis que la rive droite l’acheva juste au terme voulu, fort gênée qu’elle était par la disposition des lieux.
- Pour 1930 les plans arrêtaient la pose du béton à 418 000 m3, mais les ouvriers dans leurs réunions décidèrent de porter ce chiffre à 500 000 m3. Grâce à l’intervention des brigades de choc, ils soutinrent l’effort et réalisèrent le total qu’ils avaient fixé.
- Cette détermination et plus encore ce résultat eurent le plus grand retentissement dans tout le pays.
- La construction de ce gigantesque ouvrage dura près de 5 ans; en 1927, on procédait déjà aux travaux préparatoires. Le terme en était fixé à fin décembre 1932,
- L’usine d’oxygène fournissait 100 kg à l’heure; les compresseurs, débitaient 270 m3 d’air par minute; 400 moteurs électriques tournaient et l’énergie nécessaire était fournie par une centrale comportant des machines à vapeur et des moteurs Diesel dont la puissance totale atteignait 13 000 kw.
- Le personnel dont le chiffre fut toujours variable atteignait vers la fin 25 000 ouvriers effectifs, ce qui représente une population bien plus considérable. 11 fallait loger et nourrir tout ce monde.
- On construisit donc sur chaque rive un village, avec maisons ouvrières, baraquements, des écoles, des clubs, des cinémas, un hôpital.
- L’alimentation était assurée par des magasins coopérâtes, mais aussi par l’usine cuisine.
- Dans ses chaudières géantes bouillait la soupe de 10 000 personnes.
- Pour un prix modique de 27 à 50 kopecks, elle fournissait des repas comprenant le potage, un plat garni, un dessert.
- Fig. 3. — Photographie prise de la rive gauche du Dnieper pendant les travaux. (Ph. Rap.)
- c’est-à-dire qu’à cette époque on envisageait la mise en service des premières turbines.
- Or, le 9 octobre déjà 5 turbines pouvaient fonctionner.
- Ce travail ne fut pas mené sans incidents ni accidents ; les pièces mécaniques n’arrivaient pas toujours en temps voulu; il fallut bien longtemps pour assurer l’étanchéité des bâtardeaux. A la station électrique, alors que les ouvriers travaillaient dans le lit déjà sec du fleuve, les bâtardeaux cédèrent, submergeant travaux et matériel; heureusement le personnel alerté en temps utile eut le temps de s’échapper.
- Enfin il fallut consolider par places le lit de pierres, creuser des fosses, y injecter du ciment. Plus de 600 t de ciment y passèrent.
- L’organisation du travail fut tout un problème. On débuta en 1927 comme on avait travaillé pour le barrage du Volkhov; des hommes munis de pics et de pelles enlevaient les cailloux et les chargeaient sur de primitives télégas; mais on préparait la mécanisation.
- Celle-ci ne devint complète qu’au début de 1931; alors travaillaient 25 000 ouvriers. On voyait partout : perforateurs, pelles à vapeurs, derricks, grues locomotives. Cinquante locomotives, sur 100 km de voie, desservaient les travaux.
- La salle à manger toute vitrée est très claire; tout au moins avant les repas, sur les tables les nappes sont blanches, et blanches les blouses des serveuses. Des pots de fleurs sur les tables donnent à cet ensemble un aspect engageant.
- Mais une immense pancarte, suspendue au plafond barre la moitié de la salle et proclame :
- « L’alimentation en commun est un chemin vers la vie nouvelle ».
- Ainsi nos héros, et qui ne sont pas des héros sans le savoir, sont bien avertis que le repas même n’est pas un repos sur la route qui mène au nouvel Eden terrestre.
- UTILISATION DE L’ÉNERGIE
- Cette magnifique réalisation fournira annuellement de 2 à 4 milliards de kilowatts-heure qui desserviront toute la région dans un rayon de 300 km.
- Elle fournira l’énergie à Dniepropetrovsk qui fut toujours une ville industrielle, au bassin houiller du Donetz, à ses mines, à ses usines métallurgiques, aux mines de fer de Krivoï-Rog, aux chemins de fer et aux campagnes que, depuis Lénine, on veut toujours électrifier.
- Mais la majeure partie de la force sera consommée
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- Fig. 4,
- sur place dans les usines dites du Nouveau Zaporojié.
- Ce groupe industriel comporte une usine métallurgique avec hauts fourneaux débitant journellement chacun 800 t de fonte, des fours Martin de 510 t, des fours basculants, des laminoirs, une fonderie, des fours à coke. Le programme initial de production annuelle atteint 1 million de tonnes de fonte. 1 200 000 t de coke, 160 000 t d’acier.
- Des fours électriques sont aménagés dans une usine spéciale qui recevra la fonte liquide et fournira des aciers spéciaux.
- Puis viennent les usines de ferro-alliages et particulièrement de ferro-manganèses. car l’union soviétique, exportant actuellement ses minerais de manganèse de Nicopol et du Caucase, songerait à vendre désormais les métaux eux-mêmes.
- Une usine d’aluminium en fournira 15 000 t et consommera sa bonne part d’énergie.
- Le laitier des hauts fourneaux donnera du ciment, on édifiera d’autre part des fours à chaux et des briqueteries. Enfin des usines chimiques produiront 150 000 t d’engrais, du chlore, du carbure de calcium, etc.
- Ce vaste ensemble industriel occupera 40 000 ouvriers, ce qui correspond à une population de 100 à 150 000 habitants.
- Le viaduc disposé en amont du barrage aurait été noyé; on l’a donc démoli, mais on construit un pont qui chevauche File Khortitza et comporte deux étages : l’un pour la route et l’autre pour la voie ferrée.
- En face une ville est en construction, c’est « Grand Zaporojié », séparée des usines par des jardins, elle en pourra loger les 40 000 ouvriers avec leurs familles.
- On élève les maisons ouvrières, les édifices publics et administratifs, les instituts. Une grande voie de 75 m de largeur la traverse : la route de Berlin à Sébastopol.
- L’ensemble des constructions purement industrielles comporte des investissements de grande envergure :
- Les travaux de bétonnage de la digue de la rive gauche du Dnieper, en juillet 1930. (Ph. Rap.)
- Le Dniéprostroï millions de roubles 220
- L’usine métallurgique .... 140
- Les ferro-alliages 15
- L’acier électrique 30
- L’usine d’aluminium 28,5
- Les usines chimiques 18,5
- (En évaluant le rouble au 452 tarif officiel
- que 612 000 ch. La puissance mise en œuvre dans des chutes du Niagara atteint bien 1 500 000 ch, mais c’est le total fourni par 9 stations dont la plus importante atteint seulement 430 000 ch.
- 250 ouvriers suffiront pour conduire l’ensemble de cette station hydro-électrique et le prix de revient du kilowatt-heure sera de l’ordre de 0.5 kopeck, alors que dans les centrales thermiques, il revient 5 fois plus cher.
- Cet ouvrage permet de transformer l’Ukraine occidentale en un pays fortement industrialisé, fournissant ainsi du travail à sa population paysanne surabondante, il alimente la zone minière orientale en énergie bon marché, il assure à l’agriculture de nouveaux éléments de fertilité, et relie à la mer Noire tout l’ouest russe.
- C’est une réalisation technique intéressante, un outil puissant de l’économie nouvelle de la Russie et cependant d’autres travaux plus grandioses sont projetés sur la Volga et même au centre de la Sibérie.
- J. Cottf..
- Fig. 5. — Vue perspective de la centrale du Dnieper. (Ph. Rap.)
- (13 f 20) cela représenterait près de six milliards de francs. On ne saurait ainsi compter, ni même fixer en change étranger une valeur bien exacte ; mais cette valeur est évidemment colossale.
- Car il s’agit là du barrage le plus important ^ du monde, celui du Tennessee ne développe
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- CINQUANTENAIRE DE L’ÉCOLE DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE INDUSTRIELLES
- DE LA VILLE DE PARIS
- Fig, 1. — Les nouveaux laboratoires rue Courcelle-Seneuil.
- L’École de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris vient de fêter le cinquantenaire de sa fondation par de brillantes cérémonies et par l’inauguration de nouveaux bâtiments, dans lesquels sont installés des laboratoires de chimie remarquablement équipés.
- M. Copaux, ancien élève de l’École et aujourd’hui directeur des études, en a profité pour rappeler l’origine de cette fondation.
- Dès 1822, des industriels de Mulhouse avaient créé dans cette ville une école supérieure de chimie spécialisée dans les industries de la toile peinte. En 1872, à Paris, Frémy avait organisé des travaux professionnels de chimie dans une dépendance de son laboratoire du Muséum. C’était alors tout ce qui existait en France pour former des chimistes et leur apprendre leur métier.
- En présentant le rapport de la classe des produits chimiques à l’Exposition internationale de 1878, Charles Lauth, Alsacien de Strasbourg, élève de Gerhardt, inventeur de plusieurs colorants organiques (violet de Lauth, vert de méthyle, bleu de méthylène) et conseiller municipal de Paris, avait demandé la création d’une école nationale de chimie.
- Ses amis Germer-Baillière, Bixio et de Lanessan proposèrent alors au Conseil municipal de Paris, vers la fin de 1880, la fondation d’une telle école, dans le cadre municipal, et ajoutèrent au programme des . études la physique qui, à la veille du premier Congrès international d’électricité (1881), se révélait riche de promesses.
- En juillet 1882, le Conseil municipal adopta le projet. Le premier directeur fut Schutzenberger qui avait enseigné la chimie à l’école de Mulhouse avant de venir à la Sorbonne. L’école s’installa dans les restes du collège Rollin, rue Lhomond. Curie y trouva un laboratoire.
- En 1897, Schutzenberger se retira; il fut remplacé par Gariel, puis par Lauth l’année suivante; en 1905, Haller prit la direction, ayant M. Langevin comme directeur des études ; à sa mort, M. Langevin lui succéda.
- Les bâtiments s’étaient agrandis progressivement
- et les laboratoires organisés. De 1900 à 1903, on avait élevé en bordure de la rue Vauquelin des salles d’électrochimie, d’électro-technique, de machines, de dessin, des amphithéâtres. De 1908 à 1911, on avait élevé des services d’électricité générale, de physique, d’optique. Enfin, on vient de construire le long d’une nouvelle voie, la rue Courcelle-Seneuil, des laboratoires de chimie très modernes (fig. 1). Ces agrandissements ont fait disparaître la salle modeste où Curie découvrit la piézo-électricité et le radium; une inscription (fig. 2) rappelle son emplacement. Actuellement, l’école reçoit chaque année une cinquantaine d’élèves, provenant pour la plupart des écoles primaires supérieures de la Ville de Paris, choisis après concours.
- Les études durent trois ans pendant lesquels les étudiants passent 4200 heures à l’école dont 35 pour 100 à suivre des enseignements théoriques et 59 pour 100 dans les laboratoires, à exécuter des travaux pratiques.
- Les trois premiers semestres sont consacrés à une préparation générale et uniforme, après quoi les cours restent communs, mais les travaux pratiques diffèrent selon l’orientation choisie vers la physique ou la chimie.
- A la sortie, un examen, complétant les notes obtenues en cours d’études, aboutit à l’attribution du diplôme d’ingénieur E. P. C. I.
- Depuis 50 ans qu’elle fonctionne, l’École a formé environ 1000 chimistes et 500 physiciens, dont quelques-uns sont parmi les noms les plus connus du temps présent : Georges Claude, Paul Boucherot, Paul Langevin, Charles Féry, Georges Urbain, Paul Lebeau, André Debierne, etc. Certains sont devenus membres de l’Institut, professeurs au Collège de France, à la Sorbonne, etc. La plupart sont entrés dans l’industrie à laquelle ils ont apporté des idées scientifiques, des méthodes techniques précises, qui lui ont permis de se développer et de prospérer malgré les concurrences étrangères.
- Depuis 1926, l’École de physique et de chimie a été rattachée à l’université de Paris. Mais elle n’avait pas attendu cette reconnaissance officielle pour doter le pays d’une pléiade de savants et d’ingénieurs fortement instruits, dans la théorie autant que dans la pratique, une élite dans la nation. André Bercy.
- Fig. 2. — Plaque commémorative du laboratoire de Curie.
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- QUELQUES CAS CURIEUX D’INTOXICATIONS
- PAR LES CHAMPIGNONS
- La question des empoisonnements par les champignons est certainement une de celles qui ont été le plus profondément remaniées par les travaux modernes.
- On sait maintenant qu’il n’y a pas une, mais plusieurs manières d’être intoxiqué par les champignons. A chacune de ces manières correspond un poison différent, hébergé par une espèce différente, produisant des symptômes différents et, surtout, point capital, appelant une thérapeutique différente.
- On voit immédiatement que faire un diagnostic d’empoisonnement par les champignons sans préciser, en outre, parmi les quatre ou cinq types d’intoxications que peuvent causer les cryptogames, quel est celui dont souffre la victime, c’est faire un diagnostic totalement incomplet; c’est, de plus, être dans l’impossibilité d’instituer un traitement approprié puisque, comme dit plus haut, il n’y a pas de traitement omnibus, mais bien plusieurs thérapeutiques très distinctes selon le genre de myco-intoxication à combattre.
- En dépit de la clarté apportée dans ce domaine au cours des dernières années et bien qu’il soit aujourd’hui possible de dresser un tableau à peu près satisfaisant des divers modes d’empoisonnements, il reste bien des recoins sombres où la lumière n’a pas encore pénétré.
- Que dire, par exemple, de Sarcosphaeria coronaria (= S. exi-mia), espèce consommée couramment dans certaines contrées et qui, un beau jour, sans raison connue, se montre vénéneuse, sub-léthale ? On a expliqué cette irrégularité de toxicité par le mode de préparation : cuite, Sarcosphaeria coronaria serait comestible, car le principe toxique qu’elle contiendrait serait thermolabile et, donc, détruit par la chaleur; crue, il subsisterait non modifié et le champignon serait vénéneux. Pour des raisons dans le détail desquelles nous ne pouvons guère entrer ici, nous rejetons cette explication, non point peut-être comme fausse, mais comme assurément insuffisante et le mystère reste entier.
- D’autres cas sont aussi rebelles à l’explication rationnelle et l’un des plus curieux est certainement le suivant sur lequel nous allons nous étendre quelque peu. Nous voulons parler des intoxications par absorption simultanée de Coprins et de vin.
- Le Coprin en cause est Coprinus atramentarius, espèce comestible s’il en est et à chair particulièrement délicate. Sa délicatesse s’explique par son extraordinaire rapidité de croissance (quelques heures) qui produit un tissu lâche, à membranes cellulaires réduites au minimum. Cette rapidité de croissance s’explique à son tour par le substratum très riche sur lequel croît ce Coprin : fumier ou terrains fumés. Très recherché des amateurs, il est le frère de Coprinus comatus (Coprin chevelu), également comestible classique et dont les petits manuels de vulgarisation ont popularisé l’image.
- Or C. atramentarius, en dépit d’une comestibilité éprouvée et incontestable, peut, dans certains cas, produire un syndrome très net. dont les caractéristiques sont les suivantes : a) intense rubéfaction de la face s’étendant même au cuir chevelu qui se colore parfois de pourpre foncé ainsique le sommet du buste; b) palpitations : le cœur bat fortement et plus vite; les artères, surtout dans la région temporale, vibrent violemment sous la pression de l’ondée sanguine; on a constaté chez certains malades jusqu’à 150 pulsations-minute. Il est à remarquer que ce type, d’empoisonnement ne comporte ni coliques, ni vomissements, alors qu’ils sont l’accompagnement et comme la teinte de fond de la plupart des autres genres.
- Devant ces symptômes inquiétants ou, tout au moins, impressionnants pour le profane, l’entourage se décide à
- faire appeler le médecin, mais quand celui-ci arrive, les troubles ont diminué d’intensité ou ont même, le plus souvent, entièrement disparu. Il se borne à constater la guérison et s’en va. Mais voici qu’après le repas suivant, les mêmes phénomènes reparaissent, bien que le menu n’ait comporté, cette fois, aucun aliment fongique. Le troisième repas, le quatrième ramènent avec eux les mêmes manifestations, cependant de plus en plus atténuées. Après le quatrième ou le cinquième repas, elles cessent définitivement.
- Un examen attentif de ces intoxications étranges finit par montrer, après élimination de toutes une série d’hypothèses, que Coprinus atramentarius ne produit les troubles susmentionnés que lorsqu’il est fait usage de vin au cours du repas où le champignon est consommé. Et encore : que ces troubles ne- reparaissent aux repas suivants que si le malade — l’ex-malade, puisque tout symptôme a disparu — boit à nouveau du vin.
- Ceci n’est pas une théorie plus ou moins ingénieuse ou plus ou moins vérifiée ; c’est maintenant un fait acquis et une donnée certaine fondée sur une nombreuse suite d’observations. Nous avons pu nous-même en effectuer une dans la région lyonnaise en novembre 1932. On peut donc considérer comme bien établi que dans certains cas (mais non toujours), l’absorption simultanée de Coprinus atramentarius et de vin provoque un empoisonnement peu grave mais bruyant, caractérisé par de la rubéfaction faciale et des palpitations violentes.
- Quant à rendre compte de ce phénomène, de ces troubles déclenchés par la conjonction de deux aliments séparément inoffensifs mais dont la réunion constitue un couple actif, c’est ce qu’il esta peu près impossible de faire dans l’état actuel de nos connaissances. Tout au plus peut-on, en toute prudence et avec beaucoup de circonspection, suggérer le processus suivant. Coprinus atramentarius contiendrait un principe toxique qui s’emmagasinerait dans le foie; la lenteur de son élimination mettrait l’individu à l’abri de tout accident. Lorsqu’on boit du vin en même temps qu’on consomme le champignon, ce corps, admis par hypothèse comme soluble dans l’alcool, serait dissous par le vin absorbé (assimilé à de l’alcool) et entraîné dans l’organisme à dose massive au lieu d’y être introduit parcelle à parcelle à mesure que le foie l’y laisserait pénétrer.
- Bien entendu, ceci n’est qu’une tentative d’explication qu’on ne peut, pour plusieurs raisons, considérer comme véritablement satisfaisante.
- Il est bien d’autres empoisonnements mystérieux, notamment ceux que provoque parfois Clitocybe nebularis, consommé impunément chaque année et dans tous les pays, car c’est une espèce ubiquiste, par des milliers de mycophages. Chauvin en signala les méfaits en 1921, mais non sans hésitations et non sans se demander si le champignon était bien le coupable, tellement l’idée de toxicité semblait incompatible avec cette espèce utilisée aussi couramment. (Il en a été contrôlé 1300 kg rien qu’à Dijon et pendant la seule saison 1930). Depuis, Bourgeois a signalé un deuxième cas, et nous-même avons pu en observer un troisième, collectif, provoqué par cette espèce dont nous précisons, en passant, qu’elle avait été ingérée en parfait état de fraîcheur; on ne peut donc admettre qu’il s’est agi d’une intoxication par des produits de décomposition. Ajoutons que ces empoisonnements ne furent pas mortels. Le nombre des espèces capables de donner la mort est, en effet, très petit, contrairement à ce qu’on croit communément. On les compterait sur les doigts d’une seule main.
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- Ceci, d’ailleurs, ne doit pas donner une fausse sécurité aux amateurs de champignons non mycologues; ils doivent se rappeler la formule suivante que la Société linnéenne de Lyon suspend toujours en bonne place, à l’entrée de ses expositions mycologiques annuelles : il est peu d’espèces vraiment mortelles, mais celles qui le sont tuent sûrement. Nous ajouterons que si les espèces mortelles sont rares en tant qu’espèces, elles sont, au contraire, très communes en tant qu’individus : l’Amanite phalloïde est un des champignons qu’on rencontre le plus couramment dans tous les terrains et dans tous les pays, depuis juillet jusqu’à novembre inclus.
- En manière de conclusion, nous dirons simplement que les champignons constituent une nourriture non pas suspecte,
- mais tout de même infiniment moins recommandable que le pain, le beurre, la viande, le sucre, les œufs et les légumes riches. On doit les consommer avec prudence, après s’être assuré de sa tolérance personnelle (très variable d’individu à individu et sans rapport obligatoire avec la capacité digestive). Enfin, il faut savoir que, ce faisant, on court encore un léger risque ! Nous disons léger, car nous admettons, bien entendu, que les espèces récoltées l’ont été par un mycologue compétent et que celles véritablement vénéneuses ont été soigneusement exclues. Sur ce point, on ne saurait, cela va de soi, trop recommander la prudence.
- Marcel J osserand.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MARS 1933, A PARIS
- Le mois de mars 1933 a été chaud, très ensoleillé et peu pluvieux avec pression barométrique un peu plus élevée que d’ordinaire (-f- 1 mm 4).
- La moyenne mensuelle de la température, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, a été de 8°,6, supérieure de 2°,3 à la normale et il faut remonter jusqu’à 1912 pour trouver en mars une température légèrement supérieure (8°,7). Le temps s’est maintenu doux ou chaud presque sans interruption et il n’y a eu qu’une seule journée qui a présenté un écart négatif notable à la moyenne (— 1°,4 le 21). Le maximum absolu, 20°,4, a été noté le 28 et le minimum absolu — 0°,8 le 21, ce dernier est assez remarquable : il est supérieur de 3°,3 au minimum absolu moyen. Depuis 60 ans on n’a observé que deux fois un minimum absolu plus élevé, en 1912 — 0°,4 et en 1927 — 0°,3, alors qu’en 1890, on en eut un de — 11°,0. Le nombre de jours de gelée, 4, n’atteint pas la moitié du nombre moyen (9) ; par contre, le nombre de jours de gelée blanche, 14, est en excédent de 3 unités. Les nuits ont été en général assez fraîches, aussi la moyenne des minima est-elle plus voisine de la normale que celle des maxima (écarts à la normale : minima -f- 1°,0; maxima + 2°,8). A l’observatoire de Montsouris, la moyenne des maxima, particulièrement élevée, 14°,2, comme au Parc Saint-Maur, a été dépassée deux fois seulement depuis 1872 (16°,1 en 1880, immédiatement après le grand hiver 1879-1880 et 15°,5 en 1893).
- Le total pluviométrique, 32 mm 6, est en déficit de 21 pour 100; il a été recueilli en 8 jours de pluie appréciable (normale 14 jours) dont le plus pluvieux, le 20, a fourni 8 mm 3, pendant les 24 heures. Il y a eu deux périodes de sécheresse presque
- absolue, l’une du 8 au 16, l’autre du 21 au 31. A l’Observatoire de Montsouris la durée totale de chute de pluie a été de 24 h 10 m; inférieure de 57 pour 100 à la moyenne des 25années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 heures pour la région : à Paris 14 mm 2 (Hôpital St-Louis) et aux environs, 12 mm 8 (Sevran et Marly) du 2 au 3. On a noté, le 20, sur presque toute la région, des flocons de neige, de la grêle ou du grésil accompagnant la pluie. Il a grêlé en outre les 7, 17, 18 et 19 par places. On a observé, le 3, de petits orages en banlieue E. et S.; le
- 19, des coups de tonnerre à Villepreux et à Montesson; le
- 20, de faibles orages sur presque toute la région entre 16 h 30 et 18 heures. Des brouillards ont été signalés tous les jours, soit 31 jours au lieu de 25, nombre moyen. L’excès porte uniquement sur les brouillards épais, 10 jours au lieu de 5. Le brouillard n’a jamais persisté toute la journée dans aucune des stations du service météorologique de la Ville de Paris.
- Un obscurcissement a été observé le 20, à 16 h 30 au Champ de Mars et de 16 h 45 à 17 heures à Vaugirard et à Montsouris.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la pression barométrique moyenne du mois a été de 762 mm 7, ramenée au niveau de la mer; la moyenne de l’humidité relative de 70, 6 pour 100 et celle de la nébulosité de 46 pour 100. La durée d’insolation (190 h 9, d’après l’hcliographe Campbell) classe mars 1933 au cinquième rang parmi les plus ensoleillés de la période 1874-1933, immédiatement après mars 1907 (212 h.); le maximum enregistré en mars est 233 h, en 1929. On y a constaté : 1 jour de grêle, 2 jours d’orage, 10 jours de brouillard, 15 jours de brume, 1 jour de tempête (le 17).
- Em. Roger.
- = RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- FAUT-IL PINCER LES POIRIERS?
- Certains prétendent que la taille des arbres en hiver n’est rien à côté de l’utilité des pincements. En réalité la plupart des chevaliers du sécateur exagèrent; sauf dans le cas d’arbres à l’étroit dans des jardins trop petits, il faut être plutôt avare d’amputations et de pincements.
- On sait que cette dernière opération consiste à couper à l’ongle l’extrémité des pousses encore tendres au cours de la végétation, de façon à faire refluer la sève vers les fruits.
- Soit, mais on détruit en même temps des feuilles qui nourrissent toute la plante, on réduit donc sûrement les récoltes des années suivantes, et parfois celles de l’année même comme viennent de lé confir-
- mer les expériences de M. Duru sur des poiriers en palmettes du type Verrier.
- Sur les arbres dont les bourgeons ont été pincés, il a obtenu 143 poires pesant 34 kg 600 soit en moyenne 214 gr par fruit;
- Sur les poiriers non pincés, 168 fruits pesant 44 kg 200 soit 263 gr par fruit.
- Les arbres, du même âge, étaient intercalés pour éliminer les influences de sol, d’ombre, etc.
- Donc, non seulement il y a eu moins de poires après le pincement, mais le poids de celles-ci a été moindre.
- Il faut dire que l’expérience de pincement de 1932 avait déjà eu lieu en 1928 sur les mêmes arbres ainsi un peu affaiblis, ce qui confirme la nocivité du pincement pour l’avenir des récoltes.
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- LES OMBRES CHINOISES
- Les marionnettes reviennent à la mode. 11 y a toujours eu beaucoup d’amateurs cultivant ce genre de distraction, mais en ce moment elles ont un regain de succès. Je disais dans un précédent article (') que la marionnette est excessivement amusante et que les vedettes de la troupe sont toujours à la disposition du directeur. Il en est de même des ombres chinoises qui mieux encore que la marionnette sont d’une installation facile et peuvent donner de forts jolis résultats artistiques sans exiger autant de matériel et de personnel. C’est pour cela sans doute que l’on m’a demandé aussi des renseignements sur les théâtres d’ombres et leur installation. Ici, sans entrer dans le détail, quelques mots d’histoire ne seront pas inutiles.
- Les ombres dites chinoises ont bien une origine orientale, et viennent de Chine, du Japon et de l’Inde d’où elles furent importées en Europe au XVIIIe siècle. Laissons de côté ces ombres assez primitives auprès de celles qui vont nous occuper.
- Le premier théâtre d’ombres fut celui de Séraphin, ouvert en 1772, à Versailles et qui fit courir tout Paris. Profitant de sa vogue, Séraphin transporta son théâtre à Paris à la Galerie de Pierre (Galerie de Valois), au Palais-Royal et son spectacle eut de la vogue pendant soixante-quinze ans. Sa pièce au succès inoubliable fut le Pont Cassé. Comme tout bon théâtre d’ombres doit posséder cet ancêtre, je reproduis aujourd’hui l’ensemble du théâtre et je donnerai prochainement les personnages et leur mécanisme. Après Séraphin les ombres furent un peu oubliées, jusqu’à ce que Caran d’Ache les remît en honneur au Chat Noir avec l’Epopée. Ce fut la grande époque des ombres, mais elles étaient perfectionnées et connurent des effets que Séraphin ne pouvait prévoir, grâce à la lanterne de projection. Les sujets militaires de Caran d’Ache au Chat Noir, ceux que je présentais également tels que le Bataillon carré, le 1. La Nature, n° 2902, 1er avril 1933.
- Fig. 2. — Au pays de rêve.
- Régiment qui passe (dont je reproduis ici un fragment) eurent un grand succès grâce un peu aux effets du nombre de personnages, de perspective, de décors, dont on put les entourer; vinrent ensuite les sujets tant soit peu féeriques, de la Tentation de Saint Antoine, de Rivière, de la Marche à l’Etoile, du Sphinx, la Fiancée du Timbalier de Bellanger, l’Orgie romaine, Au pays du Rêve, etc...
- D’un spectacle enfantin on était parvenu à faire un véritable théâtre artistique capable de produire les plus merveilleux effets.
- Notre prochain article sera consacré à l’établissement du théâtre d’ombres. Alber.
- Fig. 3. -— Une compagnie du régiment qui passe.
- UN OIGNON D’UNE CONSERVATION INDEFINIE
- La nature nous livre à chaque instant quelque nouveauté, qui jusqu’à ce jour a échappé à la sagacité des savants ou des chercheurs : tel est le cas de cet oignon qui provient du Congo belge où il vient seulement d’être introduit, après bien des péripéties, dans un sac postal, comme on va le voir.
- Mon correspondant qui m’en parle comme d’une merveille me dit qu’aucun oignon n’a une longévité aussi tenace et il m’en fait l’éloge avec un enthousiasme, qui me laisse supposer que mes lecteurs le partageront.
- En résumé, cet oignon eut bien des traverses avant d’arriver à destination, sans souffrir de sa longue captivité dans un sac postal où il résista, sans air, à la chaleur tropicale qu’il dut
- subir, durant sept mois. Pour une cause ou pour une autre, ce sac dut encore rester trois mois dans un local fermé et enfin, on put l’ouvrir : chose curieuse, les oignons qui y étaient enfermés n’avaient pas souffert ; on les planta enfin et la végétation se fit normalement.
- L’année suivante, on renouvela cette expérience fortuite et la récolte se conserva également en bon état pendant près de onze mois, sans aucunement pâtir, d’où on conclut que cet oignon avait toutes les qualités requises pour être admis dans nos potagers. Maintenant d’où provient cette espèce ou variété d’oignon ? Il serait difficile de répondre. A mon avis, il doit avoir été introduit dans le centre de l’Afrique par les
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- missionnaires et il s’est modifié sous l’influence du climat et de la culture... ou bien, comme cet oignon possède une souche comparable à celle de l’échalote, on peut supposer que c’est une espèce distincte. Cependant Kunt prétendait que l’aire géographique de cette Liliacée part de l’Asie occidentale et qu’on ne la rencontre dans aucune autre partie du globe. On l’a trouvée à l’état spontané en Afghanistan, au Beloutchistan, dans le royaume de Lahore, en Indochine, en Chine, au Japon, etc.
- Pline cite l’oignon, les Egyptiens le connaissaient et le cultivaient etles anciens Mexicains le connurent de tout temps. Cortez le vit sur les marchés du Mexique, mais de Candolle réfute cette dernière assertion, en assurant que les liliacées du genre Allium sont excessivement rares en Amérique : tous les oignons qui figurent dans les jardins sud-américains ont été importés.
- Quoi qu’il en soit, l’oignon est une plante vivace ; sa culture et sa récolte se font méthodiquement et l’Afrique, à mon avis, n’a pas donné naissance à une espèce nouvelle puisqu’on conteste la réalité d’une trouvaille de ce genre en dehors des régions asiatiques.
- L’oignon dont je parle, d’une conservation indéfinie, est donc un oignon immortel; à ce titre il doit énormément nous intéresser, quelle que soit son origine, ne serait-ce qu’en vue des hybridations ou croisements futurs qu’on pourrait faire avec lui, soit en portant son pollen sur les stigmates ou pistils de variétés européennes, tels que les oignons de Mulhouse,
- d’Espagne, de Dauoers, de Madère, de Ténériffe, Rouge foncé, des Vertus, etc. Qui sait ce qui sortirait de telles fécondations artificielles ? On n’ignore pas le rôle que joue aujourd’hui la génétique; l’intervention de l’homme est presque celle d’un créateur, puisque les hyhridateurs ont doté nos jardins^ d’une foule de types nouveaux, qui font nos délices au point de vue culinaire et notre joie par la diversité des coloris des fleurs obtenues ainsi.
- L’oignon immortel ou perpétuel, comme on voudra le nommer, sera le bienvenu dans nos potagers, car il nous permettra de conserver ce bulbe très longtemps, sans qu’il végète, ce qui en même temps nous donnera un légume de meilleure saveur.
- Comme tous les oignons, il faudra semer celui-ci en pépinière, ou bien de même que l’oignon patate ou l’échalote, en séparer les bulbilles pour les repiquer à distance, ce qui le conserverait bien franc dans ses caractères et sa production qui, paraît-il, est prodigieuse. Mais d’où provient-il ?
- C’est la question que se poseront, avec moi, tous ceux qui ont un peu étudié la nature de cette liliacée, dont on n’a pas encore trouvé de types sauvages ailleurs qu’en Asie.
- L'oignon perpétuel ou immortel, découvert en Afrique est, dans tous les cas, excessivement intéressant, c’est pourquoi je le signale aujourd’hui, espérant que cette trouvaille extraordinaire fera quelque bruit dans le monde agricole, à cause de sa longue garde, alors que tous ceux que nous connaissons sont d’une conservation difficile et souvent précaire. R. de Noter.
- LE CHROME ET L’INDUSTRIE DES PRODUITS RÉFRACTAIRES
- Le chrome est un métal relativement nouveau dont l’importance n’a pris naissance qu’avec la découverte des alliages et aciers spéciaux. On connaît suffisamment toute la gamme des fers et aciers chromés, si en honneur aujourd’hui pour se dispenser d’en faire l’énumération. Mais, depuis quelques années, de nouveaux débouchés dans l’industrie des produits réfractaires ont encore vu le jour; ils grossissent sans cesse comme le montrent les proportions respectives de minerai de chrome pour chaque usage, à dix années d’intervalle.
- 1920 1930
- Alliages métallurgiques.......................50 % 40 %
- • Fabrication de produits réfractaires ... 15 % 40 %
- Industrie chimique (pigments).................35 % 20 %
- L’emploi de la chromite Cr203.Fe0, minerai presque exclusif du chrome, comme réfractaire, est né avec les fours à acier Martin basique; il s’est généralisé sous forme de briques, mais existe aussi sous forme de ciment. C’est sa stabilité chimique jointe à son caractère neutre qui a fait de ce minerai un intermédiaire tout indiqué entre la silice et la magnésie ; il renferme toujours d’ailleurs des proportions appréciables de ces substances comme nous le verrons plus loin. Il résiste particulièrement bien à l’action des métaux, des scories et des vapeurs diverses.
- Les briques réfractaires de chromite ont une densité voisine de 4; elles fondent à une température comprise entre 1950° et 2050° C, elles ont cependant une tendance fâcheuse à s’effriter dès qu’on atteint 1450° C, après avoir résisté admirablement aux températures plus basses.
- Nous avons dit que la chromite, appelée aussi sidérochrome, était un mélange de sesquioxyde de chrome et d’oxyde ferreux de composition théorique Cr203 : 68 pour 100 et FeO 32 pour 100. Mais en réalité le minerai est toujours accompagné de quantités variables de silice, d’alumine et de magnésie et ces composants accessoires influent énormément pour les emplois réfractaires. Le rapport normal entre Cr203 et FeO
- varie de 2,1 à 3,1; plus la teneur en fer est élevée par rapport à celle du chrome, plus le minerai est fusible et moins il est utilisable.
- On a fixé d’une façon générale les pourcentages extrêmes des constituants des chromites réfractaires comme suit : sesquioxyde de chrome 38 à 48 pour 100; alumine 12 à 24 pour 100; oxyde ferreux 14 à 24 pour 100; magnésie 14 à 18 pour 100; silice 4 à 10 pour 100.
- Nous donnons ci-dessous les analyses de deux types de minerai considérés comme limites par de nombreux fabricants :
- I II
- Sesquioxyde de chrome. Cr203 . . . . 41.05 0/ /o 48.57 0/ /o
- Alumine. A1203 . . . . 20.01 0/ /o 14.13 0/ /o
- Oxyde ferreux FeO . . . . . 15.06 0/ /o 20.60 0/ /o
- Magnésie MgO. . . . . 16.84 0/ /o 10.39 0/ /o
- Silice. SiO2 . . . . . 5.91 0/ /o 5.52 0/ /o
- Pratiquement les briques de chromite ne constituent pas le revêtement idéal pour les garnissages de four vu leur sensibilité mécanique à l’érosion qui se manifeste toujours au moment de la charge et de la décharge de l’appareil. Elles conviennent, par contre, dans tous les cas où une grande résistance aux actions chimiques est nécessaire; elles rendent de grands services toutes les fois que des gaz sulfureux sont en jeu.
- Une application récente de la chromite a lieu dans les fours de séchage de la pulpe de papier au sulfite. Elle donne aussi d’excellents résultats dans les fours à réverbères pour la fusion du cuivre, quoiqu’on lui reproche d’absorber une trop grande quantité de métal pendant l’opération.
- On considère que les gisements de chromite les plus appréciés par l’industrie des produits réfractaires sont ceux de l’Afrique du Sud, de la Grèce et de Cuba.
- Nous ajouterons que les briques et les liants à base de chromite possèdent, en dehors de leur point de fusion élevé, une grande conductibilité thermique et une résistivité électrique relativement basse qui peuvent être parfois appréciées.
- Y. C.
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- LA XME EXPOSITION
- L’Exposition de photographie de 1933 a révélé aux visiteurs un certain nombre de nouveautés, aussi bien dans la catégorie des objectifs, des appareils et de leurs accessoires que dans celle des émulsions : tous ont pu constater les remarquables progrès accomplis par l’industrie française.
- OBJECTIFS
- Les objectifs sont parvenus à un degré de perfection tel qu’il est véritablement impossible de faire mieux; néanmoins, on trouve dans cette branche un certain nombre d’instruments nouveaux, plutôt destinés aux artistes et aux professionnels.
- C’est ainsi que les établissements Boyer présentent cette année YOpale, dont l’ouverture atteint F/4,5 et qui, grâce à une aberration chromatique spécialement calculée, donne des images enveloppées susceptibles d’atteindre une haute valeur artistique. Cette même maison a également établi, en vue d’applications spéciales, un curieux dispositif optique, VA nam qui se place sur l’objectif et procure une déformation méthodique de l’image; nous reviendrons ultérieurement sur cet instrument destiné à la fois à corriger ce que nous appellerons « les erreurs de la nature » et à produire par la photographie directe de personnes des silhouettes de proportions conventionnelles.
- Il est un objectif d’emploi de plus en plus fréquent, que les opticiens ont beaucoup négligé, c’est celui de projection pour lequel on se contente généralement de la combinaison Petzwal. Les établissements Boyer fabriquent maintenant un ana-stigmat spécial, le Rubis, qui permet d’obtenir des projections absolument exemptes d’irisations et aussi nettes à la périphérie que vers le centre. Cet objectif, dont l’ouverture peut atteindre F/2,9, est exempt d’aberration de sphéricité et donne des images très lumineuses et d’une parfaite homogénéité, même lorsque l’on utilise un angle très étendu. Le Rubis, qui se fait dès maintenant dans toutes les longueurs focales usitées pour cette application, permettra à l’amateur de mettre en valeur, par la projection, ses collections de diapositifs stéréoscopiques ou monoculaires, ce qu’il ne pouvait faire encore en raison de la médiocre qualité de l’optique des projecteurs fabriqués
- Fig. 2.— L’appareil 4 1/2x6 Dehel (Société Demaria-Lapierre et Mollier).
- DE PHOTOGRAPHIÉ 469
- Fig. 1. — L’appareil 3x4 Elax (Société Lumière).
- jusqu’à ce jour. Déjà, d’ailleurs, le Rubis connaît un vif succès en projection animée.
- Pour en finir avec l’optique, nous signalerons que les établissements Boyer ont entrepris la construction de condensateurs. Aucun opticien digne de ce nom ne s’était encore occupé de cet organe dont le rôle est d’assurer une égale répartition de la lumière sur la surface à projeter. Les condensateurs Boyer permettront de créer des projecteurs susceptibles d’utiliser au mieux le flux lumineux, même lorsque le format sera plus petit que celui normalement admis par l’instrument.
- APPAREILS A FILMS
- En dépit de quelques créations nouvelles de provenance étrangère, l’emploi, en photographie, du film normal de ciné est en régression : on accorde maintenant la préférence à la bobine ordinaire protégée par une bande de papier opaque, que l’on trouve chez tous les marchands. Le plus petit des formats réduits obtenus dans ces conditions est le 3x4.
- Parmi les nouveaux appareils de ce type, nous citerons VElax (fig. 1), qui permet de faire 16 photographies 3x4 sur la bobine pour 8 poses 4x6 1/2. Dans l’Elax, la planchette porte-objectif est reliée au corps par 4 tendeurs articulés assurant une rigidité parfaite. L’obturateur, qui fonctionne dans le voisinage immédiat du film, est à rideau métallique et ne peut se dérégler; il s’arme automatiquement lorsqu’on fait avancer le film de la largeur d’une image : cette disposition a l’avantage de supprimer une manœuvre et de rendre impossible deux impressions successives sur une même section de la bande. L’Elax est pourvu d’un excellent anastigmat dont la distance focale est de 50 mm; ouvert à F/3,5, cet objectif permet d’utiliser aisément les grandes vitesses données par l’obturateur focal et procure des images d’une finesse incomparable, autorisant les plus fortes amplifications; la lentille frontale est montée sur une rampe hélicoïdale grâce à laquelle la mise au point peut être faite sur toute distance comprise entre 1 m 50 et l’infini.
- Dans le même ordre d’idées, en ce qui concerne l’utilisation du film, nous trouvons le 41/2 X 6 qui permet d’exécuter 16 photographies sur la bande de la bobine pour 8 poses 6x9. Il nous suffira, pour montrer à quel point cette combinaison est avantageuse, de faire remarquer que les 16 vues 4 1/2 X 6 reviennent exactement au même prix que 8 photographies 4x6 1/2 ou 16 clichés 3 X 4. Les établissements
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- Fig. 3. — L’obturateur du Dehel.
- Demaria-Lapierre et Mollier, en construisant le Dehel 4 1/2x6, ont fait preuve d’une heureuse initiative.
- Le Dehel (fig. 2) est une petite chambre pliante à ouverture automatique : il suffit, pour la mettre en batterie, d’appuyer sur un bouton. Cet appareil est pourvu d’un objectif anastig-mat d’une distance focale de 50 mm, ouvert à F/4,5 ou à F/6,3.
- L’obturateur (fig. 3), qui donne la pose en 1 et 2 temps et 3 vitesses chronométrées, se règle au moyen d’une bague qui entraîne également une couronne sur laquelle sont gravées 12 indications réparties en quatre groupes et disposées de façon qu’à tout instant l’une d’elles soit visible à travers chacun des quatre guichets pratiqués dans le boîtier; ceux-ci sont surmontés des inscriptions brillant, clair, gris, sombre et indiquent le diaphragme à employer, eu égard à l’état du ciel et à la vitesse pour laquelle est disposé l’obturateur; s’il y a incompatibilité entre ces deux éléments, le mot non apparaît au guichet, et indique qu’il faut opérer à une vitesse moins grande. Ce dispositif très simple évitera bien des mécomptes aux débutants et même aux amateurs moyens.
- Le Dehel se fait aussi en 6 X 9.
- Fig. 4. — Le Monoflex Gallus.
- Nous n’avons pas trouvé, dans le type si répandu de l’appareil pliant 6 X 9 ou 6 1/2 X 11 pour films en bobines, de nouveautés remarquables ; cependant, les Pax, en métal fondu, de Boyer, que nous avons décrits l’an dernier, ont, grâce à un jonc métallique qui protège les angles, un aspect plus soigné encore que nous tenons à signaler.
- Appareils Réflex. — Nous avons remarqué une très intéressante chambre Réflex fabriquée par les Usines Gallus. On sait que les appareils de ce système permettent de suivre, jusqu’au dernier moment, le sujet à photographier, sur une glace dépolie horizontale : lors du déclenchement, le miroir incliné à 50 grades qui réfléchit l’image projetée par l’objectif' s’escamote et laisse celle-ci se former sur la surface sensible, balayée à cet instant même par la fente d’un obturateur focal. Le Réflex se prête aussi bien à la photographie artistique q\i’au reportage; il présente, sur tous les autres appareils, l’énorme avantage de permettre d’opérer immédiatement après la visée sur la glace dépolie. Il procure des facilités telles que son emploi tendrait à se généraliser s’il n’était relativement lourd et de prix élevé.
- Les Usines Gallus se sont attachées à établir un Réflex de poids, de volume et de prix aussi réduits que possible, sans léser aucune des qualités de l’instrument. Elles y sont parvenues en limitant le format à 6 X 6 et en utilisant, comme surface sensible, le film en bobines.
- Le Monoflex Gallus (fig. 4) est entièrement établi en métal ultra-léger, fondu sous pression; il est formé de deux parties principales : l’envelopp'e, qui porte l’objectif et le viseur à capuchon, le châssis à mécanisme, sur lequel est fixé l’obturateur et qui reçoit les bobines.
- L’objectif est un anastigmat à quatre lentilles dont la distance focale est de 75 mm et l’ouverture maximum égale à F/4,5 ; la mise au point se fait par déplacement de la lentille frontale.
- L’obturateur focal du Monoflex donne la pose et des vitesses chronométrées, échelonnées de 1/10 à 1/500 de seconde. On le déclenche par une pression à double détente : la première escamote le miroir, la seconde provoque le balayage de la surface sensible par la fente. Le miroir se remet de lui-même en place aussitôt après l’obturation.
- Gainé de maroquin, protégé aux angles par des joncs métalliques et pourvu de boutons de commande soigneusement chromés, le Monoflex est d’une présentation élégante et aura certainement un vif succès.
- Ajoutons que cet appareil s’ouvre vers l’arrière, ce qui permet de l’adapter à l’amplificateur Gallus. Ce dernier instrument comporte une lanterne électrique et permet d’utiliser l’optique de l’appareil photographique pour projeter sur un plan horizontal l’image agrandie d’un cliché placé sur le support. On obtient par ce moyen d’excellentes copies positives 14 X 14 et 18 X 18 des négatifs 6 X 6 du Monoflex. Les clichés donnés par cet appareil sont d’ailleurs tellement fins que l’on peut, avec un agrandisseur tel que le Noxa, tirer des images beaucoup plus grandes.
- Appareils stéréoscopiques. — En stéréoscopie, comme en photographie monoculaire, le film en bobines gagne du terrain. Jusqu’à présent, cette surface sensible ne pouvait guère être employée, pour ce genre de photographie, que dans les magasins spéciaux du Yérascope, de l’Ontoscope et du Rolleido-scope. On avait bien vu paraître des châssis en tôle permettant d’adapter les appareils 6 X 13 à l’emploi des bobines, mais ces accessoires étaient d’une qualité si médiocre qu’ils ne pouvaient donner satisfaction aux stéréoscopistes, amateurs particulièrement exigeants quant à la netteté. On fabrique maintenant
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- d’excellents châssis à bobines pouvant aisément être adaptés à n’importe quel appareil stéréoscopique de précision.
- Le châssis Gallus, le seul de cette classe que nous ayons vu à l’Exposition, est établi en métal fondu ultra-léger; il est pourvu d’un volet métallique permettant de le séparer de la chambre, alors même qu’un film est en cours d’impression. Ce châssis, qui peut indifféremment recevoir les bobines 6x6 ou 6 X 9 du type normal, est d’un emploi extrêmement facile. L’amorçage se fait comme dans les appareils pliants a film, en ayant soin toutefois de faire passer la bande de papier entre deux feuillures qui longent les grands côtés de la fenêtre d’impression. Selon que le film utilisé sera du type pour 6x9 ou pour 6X6, on repérera sa position en consultant un compteur entraîné par le film, ou en observant, à travers le guichet rouge d’arrière, le numéro imprimé sur le papier de protection. Ce guichet est normalement fermé par un volet dont le bouton de manœuvre commande en même temps un plateau presseur qui assure la parfaite planéité du film, par blocage contre la fenêtre d’exposition, tant que le guichet est fermé.
- Depuis longtemps, de nombreux amateurs souhaitaient trouver un appareil stéréoscopique pliant, spécialement établi pour l’emploi du film en bobine : cette lacune est maintenant comblée par le Stérélux 6 X 13 (fig. 5) de la Société Lumière. Guère plus encombrant que le 6 1/2 X 11 aujourd’hui si répandu, cet appai'eil utilise les mêmes bobines et permet d’obtenir 7 images stéréoscopiques sur des bandes établies pour 8 poses monoculaires; son emploi est donc particulièrement économique. Le dos de l’appareil montre une fenêtre oblongue, percée dans le sens de la longueur et sur le côté de laquelle sont portés, à 2 cm les uns des autres, les chiffres de 1 à 7 : de la sorte il suffit, pour avancer le film exactement de la quantité voulue, de faire coïncider le chiffre marqué sur le papier de la bobine avec le nombre correspondant impi'imé sur la gainerie.
- La planchette porte-objectif étant reliée au corps de l’appareil par quatre tendeurs articulés qui garantissent un rigoureux parallélisme avec la surface sensible, et la planéité du film étant assurée par un presseur, le Stérélux permet d’obtenir, sur film en bobine, des images ausèi fines que celles données par les plus précis des appareils rigides établis pour l’emploi des plaques.
- Les objectifs, dont la distance focale est de 75 mm, l’ouverture maximum égale à F/6,3 ou à F/4,5, sont pourvus de diaphragmes à iris accouplés par une bielle intérieure ; les lentilles frontales sont montées sur une rampe de mise au point et solidarisées par une bielle extérieure. Notons que les objectifs sont décentrés de 5 mm vers le haut. L’obturateur, qui fonctionne entre les lentilles, donne la pose en 1 ou 2 temps, le 1/25, le 1/50 et le 1/100 de seconde.
- LTne encoche, ménagée sur le cadre de la fenêtre d’impression, laissera sur le haut de l’image de gauche une trace qui permettra de la reconnaître immédiatement lorsque l’on procédera au tirage de diapositifs au moyen de couples stéréoscopiques dont les deux éléments auront été séparés d’avance.
- Cet appareil, qui est très étudié, quoique de construction très simple, est appelé à un grand succès et amènera à la pratique de la stéréoscopie nombre d’amateurs.
- Il n’y a pas cette année de nouveautés dans le domaine des agrandisseurs; nous signalerons toutefois que Noxa expose un modèle destiné à l’agrandissement du 6 X 6 et des formats inférieurs et que ses appareils 6 X 9 et au-dessus peuvent maintenant être pourvus d’une colonne à crémaillère de section carrée sur laquelle la console mobile se déplace lorsque l’on fait tourner un pignon irréversible commandé par un bouton moletté (fig. 6). Nous noterons aussi que le nouveau Noxa
- Fig. 5. — Le Stérélux 6 X 13 de la Société Lumière. A, recto; B, verso.
- T. 7, pour clichés 6x6, peut recevoir trois objectifs de longueur focale égale à 85, 50 et 20 mm, ce qui lui permet d’agrandir à tout rapport compris entre 1 fois 1/2 et 20 fois, et que tous les agrandisseurs de cette maison sont susceptibles de recevoir un margeur (fig. 6).
- LES ACCESSOIRES
- Peu de nouveautés intéressantes dans cette catégorie. Le pied tubulaire en laiton muni d’une tête à rotule Tourelle ou Saturn avec plateau amovible reste incontestablement le plus pratique. Nous avons vu quelques télémètres à prismes : on
- Fig. 6. — Le nouvel agrandisseur Noxa.
- Rampe
- de mise au point
- Bouton de manœuvre
- Lampe rouge —
- Repères<
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- == 472 , '====^=
- peut se demander quel est le degré d’utilité de ces instruments destinés à mesurer des distances de l’ordre d’une dizaine de mètres et dont la précision ne dépasse guère celle à laquelle l’amateur le moins doué parvient aisément par évaluation directe.
- Nous signalerons l’apparition d’un nouveau posomètre à vision, inventé par le Prof. Luzy, qui permet de déterminer très rapidement le temps de pose. Ce petit instrument, qui est fabriqué par la maison Gravillon et sur lequel nous reviendrons ultérieurement, est d’emploi très facile, ce qui lui vaudra un grand succès.
- Le posomètre Filmograph, bien connu de nos lecteurs, a été doté d’un perfectionnement qui en facilite le maniement : la course de la tige réglette du rhéostat est maintenant limitée par une butée mobile dont on détermine la position au début de la journée : l’opérateur est ainsi dispensé du petit effort de mémoire consistant à retenir, pendant plusieurs heures, le degré de la réglette sur lequel il convient de régler le rhéostat.
- Sans insister sur le matériel de laboratoire, qui est plutôt du ressort de la photographie industrielle, nous signalerons la tireuse Yrondy, construite par les établissements Schram-bach, qui est caractérisée par l’emploi d’une source de lumière à peu près punctiforme; on obtient ainsi des tirages très nets, même lorsque le papier n’est pas exactement en contact avec le négatif.
- Le matériel d’éclairage pour photographie à la lumière artificielle est toujours en progrès. Dans les appareils pour professionnels, nous remarquons le diffuseur Pyrallax, boîte à lumière à section spirale capable d’éclairer d’une façon uniforme toute la hauteur du modèle. Le matériel d’amateur s’enrichit d’une nouvelle lampe Osa Nitraphot qui fournit un flux de 5000 lumens tout en ne consommant que 200 watts ; ce rendement élevé est naturellement obtenu au détriment de la durée : celle-ci est de l’ordre d’une dizaine d’heures. C’est énorme, par rapport aux lampes Osa Yacublitz qui, elles, ne durent que le temps d’un éclair : celui-ci est produit par l’inflammation électrique, au moyen d’une pile de lampe de poche, d’une feuille de magnésium enfermée dans une ampoule de verre. Grâce à cette lampe, on peut faire, la nuit, de la photographie instantanée sans aucune émission de fumée ni possibilité de projection de matière incandescente.
- LES ÉMULSIONS
- C’est daiis la fabrication des surfaces sensibles que l’on enregistre les progrès les plus.importants. Le film accentue l’avance prise sur la plaque : désormais les émulsions nouvelles seront, le plus souvent, coulées sur celluloïd avant de l’être sur verre.
- La Société Lumière s’est particulièrement distinguée; elle présente, cette année, trois nouveautés remarquables : le Portrait-film orthochromatique, le film Superlumichrome et le Filmcolor.
- Le nouveau Portrait-film est une pellicule relativement épaisse en feuilles calibrées, destinée à procurer aux possesseurs d’appareils à plaques, aux professionnels notamment, les avantages essentiels du support souple : la non-fragilité, la légèreté et l’encombrement réduit qui facilitent le classement et la conservation des clichés. L’émulsion coulée sur ce support présente des qualités remarquables : elle est d’une grande pureté, d’une extraordinaire finesse, d’une gradation assez étendue pour traduire correctement les modelés les plus délicats en même temps que les plus violents contrastes d’ombres et de lumières, et cependant sa sensibilité est très élevée. L’orthochromatisme du Portrait-film a été étudié tout spécialement pour le portrait : l’émulsion est très sensible au jaune, de sorte qu’elle n’exagère en aucune façon les irrégularités dues à l’inégale distribution des pigments de l’épiderme et se prête très bien à la photographie à la lumière électrique.
- Le Portrait-film Lumière est anti-halo : les rayons atteignant la surface dorsale après avoir traversé l’émulsion sont, non pas réfléchis, mais absorbés par un enduit coloré qui se dissout dans le bain de développement. Les deux faces de ce film sont légèrement doucies de sorte que l’on peut, sans interposition de mattolin, retoucher sur l’une ou l’autre face.
- Nous avons vu paraître, l’an dernier, le film Lumiclirome, dont la sensibilité est deux fois plus grande que celle de la pellicule ordinaire et qui, de plus, est orthochromatique et anti-halo. La Société Lumière fabrique maintenant un nouveau film, le Super-Lumichrome, caractérisé par une sensibilité au moins double de celle du Lumiclirome, alliée aux autres qualités de ce dernier film : comme lui le Super-Lumichrome est très sensible au jaune et au vert et protégé contre le halo par un enduit dorsal se dissolvant dans le révélateur.
- Le film souple Lumicolor qui, comme son nom l’indique, est destiné à la photographie des couleurs, est assurément la plus importante des nouveautés révélées par l’Exposition. L’emploi de l’Autochrome et du Filmcolor entraîne certaines sujétions qui écartent de la photographie des couleurs la masse des amateurs, aujourd’hui habitués à n’opérer qu’au moyen d’appareils à bobines, se chargeant en plein jour. Avec le Lumicolor, la photographie des couleurs est aussi simple, aussi facile que la photographie en noir : l’amateur n’a à faire aucune autre manipulation que celles auxquelles il est accoutumé et il lui suffit de poser 10 fois plus qu’avec le film ordinaire pour obtenir le résultat désiré; il n’y a même pas lieu de munir l’objectif d’un écran spécial comme il faut le faire avec les autres préparations propres à la photographie des couleurs : le filtre jaune nécessaire est appliqué sur le film lui-même sous la forme d’une teinture qui se dissout au cours du développement.
- La Société Lumière a pensé, avec juste raison, qu’il était désirable que le film Lumicolor ne soit développé que par des opérateurs familiarisés avec ce travail. En l’état actuel des choses, le seul moyen était d’obliger l’amateur à confier le traitement à un laboratoire spécialisé, en comprenant les frais de développement dans le prix d’achat.
- La création de la bobine Lumicolor est le plus grand progrès qui ait été réalisé en photographie depuis un quart de siècle.
- Nous avons vu, en d’autres stands, quelques nouvelles émulsions négatives : la maison Grieshaber présente les plaques Aschrom et Super-Aschrom, qui sont à la fois très rapides, orthochromatiques et anti-halo et semblent ne différer l’une de l’autre que par le degré de sensibilité; la société Guille-minot exposait la plaque Fulgur, extra-rapide et anti-halo; Agfa enfin connaît un succès mérité avec l’émulsion Superpan, qui est coulée indifféremment sur verre ou sur celluloïd souple ou rigide. Cette maison présentait aussi des plaques et films pour la photographie des couleurs, mais ce sont là des spécialités dans lesquelles l’industrie française a toujours eu une maîtrise incontestée et que nous n’avons par conséquent aucune raison d’importer.
- Nous n’avons pas trouvé dans les papiers de nouveautés vraiment remarquables; nous citerons cependant le Lupex et le Verdex d’Agfa qui, par simple développement, donnent respectivement des tons bruns et verts, le Zéda ultra-vigoureux de Bauchet et surtout les papiers Chromex de Guilleminot, qui sont assez rapides pour l’agrandissement et procurent par développement tous les tons compris entre le noir et le rouge, en passant par le brun et le sépia.
- L’Exposition de 1933 a révélé, dans le domaine de la photographie, nombre d’innovations dignes d’être signalées; la cinématographie n’est pas non plus restée inactive : nous verrons, dans un prochain article, qu’elle a présenté des nouveautés véritablement très intéressantes. André Bourgain.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cristallographie, minéralogie, structure de la matière. Extrait des volumes VIII (1927-1928) et IX (1929), des Tables annuelles de constantes (T. A. C.), rédigé par M. le prof. Niggi et Brandenberger (Zurich), Mathieu (Paris), 223 p. Gauthier-Villars, Paris, 1932. Prix : relié, 100 fr. ; broché, 90 l'r.
- Cet important volume rassemble les données définies avec précision, les résultats nouveaux des mesures et déterminations qui résultent des principaux travaux effectués en cristallographie dans le monde entier, au cours des années 1927, 1928 et 1929. C’est dire qu’il réunit une vaste documentation d’autant plus précieuse qu’il ne s’agit pas d’une simple compilation, mais d’un véritable inventaire critique où les auteurs se sont attachés à ne publier que les données numériques ayant une valeur certaine. On trouvera dans ce recueil la composition, les paramètres cristallographiques, les formes, densité, dureté, cohésion et les propriétés physiques d’un très grand nombre de substances minérales et organiques, ainsi que la description des structures révélées par l’analyse au moyen des rayons X.
- Plant Sociology. The Study of plant communi-
- frev, par J. Braun-Blanquet. Traduit de l’allemand par George D. Fuller et Henry S. Conard. 1 vol. in-8,439 p., 180 fig. Mc, Graw-Hill Cy, New York et Londres, 1932. Prix : cartonné toile, 4,50 ,f. L’auteur, qui est directeur de la station internationale de géobotonique de Montpellier, a publié en allemand, en 1927, une sociologie végétale ou étude de la végétation qui est rapidement devenue classique. La voici maintenant en anglais, augmentée de diverses additions faites d’un commun accord entre l’auteur et ses traducteurs, tous deux proiesseurs d'universités américaines. Il ne reste plus qu’à l’éditer enfin en français ! L’auteur considère les plantes qui vivent côte à côte comme des communautés ou des unités sociales; il analyse les conditions, présentes et passées de ces associations. Dans la première partie, il analyse les unions dépendantes ou commensales, les compétitions, l’organisation des communautés et leurs caractères. Puis, sous le nom de synécologie, il étudie les facteurs du milieu : climat, sol, action des animaux et de l’homme; sous le nom de syngénétique, il décrit le développement et l’histoire des communautés. Enfin, la synchorologie groupe les faits de distribution géographique. 11 aboutit à une classification systématique des faciès végétaux et termine par une abondante bibliographie. C’est une œuvre magistrale qui ouvre de nouveaux horizons aux observateurs de la nature et renouvelle l’intérêt qu’on trouve aux observations d’histoire naturelle; aux herbiers, aux flores locales elle donne une nouvelle valeur qui attirera certainement l’attention des botanistes et de tous les biologistes.
- Theoretische Biologie, par Ludwig v. Beiitalanfy. Band 1 : Allgemeine Théorie, Physikochemie, Aufbau und Entwicklung des Organismus. 1 vol. in-8. 349 p., 4 fig. Gebrüder Borntraeger, Berlin, 1932. Prix : broché, 18 m; relié, 20 m.
- Cette biologie théorique est un riche compendium des théories de la biologie : peu de faits, mais un très grand nombre d’interprétations et d’hypothèses, les unes classiques, les autres plus récentes. Après avoir discuté des questions de logique et de méthodologie, l’auteur examine les théories fondamentales : mécanistes, vitalistes, organistes, puis aborde les fondements physico-chimiques, chimiques et énergétiques. Il passe ensuite en revue les conceptions cellulaires et embryo-géniques sans oublier les problèmes de la forme. 11 plaira ainsi aux théoriciens et aux philosophes plus qu’iJ ne sera utile aux hommes de laboratoire, écrasés par la masse des faits disparates.
- Zoologie biologique, par Etienne Babaud, fascicule 2. Les phénomènes de nutrition. 1 vol. in-8, 286 p., 168 fig. Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1933. Prix : 50 fr.
- On connaît les idées de l’auteur, professeur à la Sorbonne : l’étude de la forme est stérile quand elle n’est pas vivifiée par l’étude des fonctions et du milieu, car l’être vivant est un tout malléable et qui ne répond pas à des prédestinations ou des prédéterminations, mais s’adapte plus ou moins bien aux conditions du monde qui l’environne. Dans une première partie, l’auteur avait examiné la structure de la matière vivante et la diversité des formes, puis les rapports sensorio-moteurs avec le milieu qui commandent l’écologie et le comportement. Dans ce 2e fascicule, il étudie les échanges de matière, la nutrition, le métabolisme. Il passe en revue les phénomènes digestifs et les organes où ils s’opèrent, les phénomènes respiratoires ou échanges gazeux à travers des parois perméables, puis l’assimilation et l’excrétion, la thermogenèse, la circulation. Cette revue des grandes fonctions et de leurs principaux aspects morphologiques dans toute la série animale, le conduit à une vue d’ensemble du fonctionnement général de l’organisme, coordination imparfaite de tous les mécanismes spéciaux.
- Die Tierwelt der Nord und Ostsee, par Grimpe et Wagler. Fascicule XXII, 1 vol. in-8, 152 p., 150 fig. Akade-mische Verlags. Gesellschalt, Leipzig, 1932. Prix : 13,60 marks. Peu à peu, les fascicules s’ajoutent à cet inventaire zoologique et
- biologique de tous les animaux peuplant la mer du Nord et la Baltique. Voici le 22 contenant 4 monographies, traitées toujours sur le même plan : morphologie, développement, physiologie, systématique, bibliographie. Le premier, consacré aux Archiannélides, est rédigé par M. Remane à qui l’on doit déjà tant de beaux travaux sur les petits animaux marins; il y groupe tout ce qu’on sait des Annélides les plus primitives et les plus petites : Polygordiens, Saccocirridés, Proto-drilidés, Nérillidés, Dinophiles. M. Cori traite ensuite un autre petit groupe non moins intéressant, les Phoronis, aux panaches si gracieux ; aux larves qui ont longuement fait discuter la position du groupe dont on a supposé les affinités avec beaucoup d’autres invertébrés, M. Zimmer étudie les Eupliausiacés, ordre de Crustacés schizopodes, qui renferme des formes extrêmement abondantes dans le plancton de haute mer où elles sont la nourriture de nombreux poissons. Enfin, M. Ludwig Freud rassemble les données sur les Cétacés des mers du Nord, un des ordres de Mammifères les plus intéressants par sa grande adaptation aquatique et qui contient les espèces les plus volumineuses. Chaque monographie est parfaitement à jour et suivie d’une bibliographie qui permet de retrouver aisément les mémoires originaux.
- Deep-sea Angler-Fishes (Ceratioidea), par c. Tate.
- Regan. 1 vol. in-4, 113 p., 172 fig., 10 pi. Carlsberg Foundation’s
- oceanograpliical expédition round the world. Report 2. Reitzels
- Forlagl Copenhague; Oxford University Press, Londres, 1932.
- Prix : 15 sh.
- Les campagnes du Dana, sous la direction du Dr Johs. Schmidt, dans l’Atlantique nord, avaient permis la récolte de nombreux poissons, voisins des baudroies, dont le Dr Tate Regan, directeur du Bri-tish Muséum, fit connaître les particularités extraordinaires et de nombreuses formes nouvelles. La Nature a présenté en son temps (n° 2756) ces remarquables observations. Le nouveau voyage du Dana autour du monde, de 1928 à 1930, a donné 172 nouveaux individus dont beaucoup forment encore de nouvelles espèces. Leur étude ajoute à nos connaissances d’un groupe de poissons à peine vu jusqu’alors et permet au Dr Tate Regan d’établir une liste systématique de onze familles, des genres et des espèces, et de compléter l’étude anatomique du squelette et de la ligne latérale. En outre, l’abondance des prises précise la répartition géographique : abondance dans les mers les plus chaudes; existence de quelques rares espèces spéciales vers l’Islande, le sud de l’Afrique, la Nouvelle-Zélande; faune particulière du golfe de Panama. Enfin, de nouveaux mâles, nains parasites, soudés aux femelles, ont été rencontrés, mais aussi des mâles libres sans filament sur la tête. Une abondante illustration montre toute l’étrangeté et la diversité des formes observées. Due dire de telles révélations zoologiques dans le groupe des Vertébrés, si ce n’est que l’océanographie biologique, telle que le Dr Schmidt l’a pratiquée, est un des plus neufs et des plus fertiles moyens de recherches, riche en surprises de toutes sortes.
- Traité de physiologie normale et pathologique,
- par G.-H. Roger et L. Binet. Tome IX. Système nerveux. 1rc partie.
- 1 vol. in-8, 566 p.,fig. Masson et Cie, Paris, 1933. Prix : relié, 100 fr.
- On sait que les physiologistes français ont entrepris de publier, en 11 volumes, le bilan actuel de leur science. Chaque tome embrasse dans son ensemble, un des grands chapitres. Déjà 7 volumes ont paru et voici le huitième qui ne le cède en rien aux précédents, comme précision et comme intérêt. Il est consacré aux fonctions nerveuses et donne un aperçu très complet et parfaitement à jour des divers problèmes à l’étude. M. Jean Verne décrit, en histophysiologiste, l’élément fondamental, le neurone, sa structure, son fonctionnement ; M. Couvreur examine la dégénérescence wallérienne après section et la réparation, si intéressante pour l’avenir, des lésions traumatiques; M. Ivan Bertrand, en anatomopathologiste analyse les processus de désintégration nerveuse. En physiologistes, MM. Cardot et I.augier rappellent les caractéristiques fonctionnelles du tissu nerveux et étudient l’excitabilité, la conductibilité, les réflexes. Passant à la biologie générale, M. Bohn discute les tropismes et leurs théories. M. Lévy-Valensi revient à l’homme pour énumérer les sensibilités et leurs voies, la motricité, le mouvement, l’acte. MM. Alajouanine et Cornil envisagent le problème des localisations cérébrales, si difficile et complexe, attaqué par l’anatomie, la clinique, l’expérimentation, et M. Jean Lhermitte fait de même pour les ganglions centraux, les corps striés, la couche optique, les formations sous-thalamiques. MM. Léon Binet et Pierre Gley disent tout ce qu’on sait de la circulation cérébrale et M. Richet fils des convulsions. M. R. Legendre conduit le lecteur jusqu’aux portes de la psychologie à propos du sommeil et M. Nicloux traite en chimiste biologique des anesthésiques et de la narcose.
- Le tout forme un ensemble remarquable dont on ne saurait trop recommander la lecture.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- AVIATION
- Le survol du mont Everest.
- La mission anglaise qui entreprend actuellement une nouvelle tentative d’ascension du mont Everest comprend une escadrille de trois avions. Deux d’entre eux ont réussi à survoler et à photographier la plus haute chaîne de montagnes du monde. Ce succès est dû à une minutieuse préparation et à un équipement spécialement étudié.
- Les avions sont des appareils normaux à moteur de 580 ch, muni d’un suralimenteur destiné à en maintenir la puissance constante, à toutes les altitudes du vol.
- Chaque avion était monté par un pilote et un observateur; le poste du pilote n’a qu’une ouverture, laissant passer la tête; celle-ci est protégée par un pare-brise en verre. Le poste de l’observateur est complètement fermé; il est muni de fenêtres latérales et d’une fenêtre dans le plancher. Pilote et observateur sont revêtus d’une combinaison chauffée électriquement; ils sont munis d’un masque respiratoire leur permettant de respirer de l’oxygène; les avions emportaient chacun quatre cylindres d’oxygène de 750 litres, ce qui permettait une bonne demi-heure de vol à haute altitude en atmosphère raréfiée, en laissant encore disponible, à titre de sécurité, une ample provision d’oxygène. L’un de ces quatre cylindres constitue, en effet, une réserve, dont la mise en jeu peut être commandée soit par le pilote, soit par l’observateur, de sorte que, si le pilote se trouve momentanément indisposé, l’observateur peut lui administrer un supplément d’oxygène. Les lunettes dont les aviateurs sont munis sont elles-mê nés réchauffées électriquement par des résistances électriques placées entre les feuilles transparentes qui en constituent les verres. On évite ainsi les dépôts de buée et de givre sur les lunettes.
- L’appareil photographique est monté dans le plancher du fuselage, au voisinage immédiat du siège du pilote; mais il est accessible à l’observateur; celui-ci a pour mission de remplacer les disques de film, après leur utilisation par l’appareil photographique dont les prises de vues sont entièrement automatiques. Un seul rechargement, du reste, était prévu au cours du survol de l’Everest.
- L’appareil photographique est muni d’un dispositif de chauffage électrique à réglage thermostatique.
- Il y a également des réchauffeurs pour empêcher la formation de glace dans l’oxygène.
- Tous les accessoires électriques du bord : dispositifs divers de réchauffage, moteurs de l’appareil photographique, exigent une génératrice électrique d’une puissance de 1 lcw, actionnée par le moteur de l’avion.
- MINÉRALOGIE
- Le radium — Sa présence en France— Ses variétés de minerais.
- La Nature du 15 janvier 1932 a étudié la production actuelle du radium dans le monde et a montré qu’elle était assurée à peu près totalement par les mines du Congo beige qui alimentent les usines d’Oolen.
- On est loin cependant d’oublier les anciens centres producteurs de cette précieuse substance : St-Joachimsthal, Portugal, Madagascar, Colorado, qui d’ailleurs de temps à autre donnent quelques signes d’activité et on ne se désintéresse nullement de toutes découvertes qui pourraient être faites dans cet ordre d’idées. Un géologue, M. Chermette, vient de publier un fort intéressant travail sur les minerais radio-actifs français, groupant tout ce qu’on en connaît dans notre pays.
- Ces roches radifères sont localisées, pour le moment du
- moins, au Massif Centrai, et quoiqu’on les retrouve dans le Limousin et même l’Aveyron, deux zones s’avèrent relativement riches : l’Autunois et le Forez.
- Dans l’Autunois, la découverte remonte à une date où l’on était loin de songer au radium. Ce fut vers l’An VII (1800) que M. de Champeaux, dont les descendants sont encore aujourd’hui exploitants de mines dans le Morvan, trouva un minéral verdâtre, inconnu jusque-là, qu’on appela urane oxydé.
- Un peu plus tard, le savant Ilaüy reconnut qu’on était en présence d’un phosphate d’urane et de chaux et en 1852 on lui donna le nom d’autunite pour le bien distinguer du type cuprifère ou chalcolyte.
- Vers 1900, ces découvertes s’étendirent plus à l’ouest vers Grury et Issy-l’Evêque, toujours en Saône-et-Loire et aussi,
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- © Point ou des Initierais radifères ont été reconnus
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- au Nord, vers Beauregard, dans la Nièvre. Dans ces points on avait affaire à de véritables filons dont le remplissage était complexe mais où dominaient la pyromorphite, le quartz et la fluorine; l’autunite ou la chalcolyte apparaissaient en petits cristaux disséminés dans les épontes granitiques. Un permis d’exploitation vient d’être accordé, ayant pour objet le filon de spath-fluor du Crot-Blanc à Grury; vraisemblablement nous ne croyons pas à une richesse suffisante pour l’extraction industrielle.
- Les montagnes du Forez ont décelé la présence de minerais radifères en plusieurs localités du versant de la Limagne; à Lachaux et à St-Martin-des-Olmes, ils accompagnent des filons quartzeux, parfois métallisés, et'à St-Rérny sur-Duralle comme à Les Andres Icommune de Busset) ils sont liés à la fluorine. Malgré plusieurs demandes de concession minière, aucune n’a été accordée.
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- cet ouvrage, en donne la description dans le Génie Civil.
- Le nouveau pont assure en particulier la liaison entre Venise et le grand port industriel de Marghera, situé vis-à-vis d’elle, au bord de la lagune, port qui a pris une grande extension depuis une dizaine d’années.
- Ce viaduc a une longueur totale de 3997 m depuis la ville de Mestre sur la terre ferme jusqu’à la place d’arrivée à Venise, le viaduc proprement dit sur la lagune est accolé au pont de chemin de fer; il se compose de 228 arches égales de 12 m 13 d’ouverture entre axes des piles; cinq terre-pleins,
- Groupe de l’urane.
- MINERAIS COMPOSITION COULEUR GISEMENTS
- Uraninite ou Pechurane. . . . Uranate de plomb et terres rares. noir-brun Bohême, Congo
- Gummite Uranate de plomb, fer, silicium. rouge-jaune Congo
- Becquerelite Oxyde d’urane UO3. 2II20. jaune Congo
- Curite Uranate de plomb 2PbO, 5 U O3, 4ii20. brun-rouge Congo
- Kasolite .... Silico-uranate de plomb 3PbO, 3U02, 3Si02, 41120- rouge Congo
- Carnotite Urano-vanadate de potassium K2(U02) (VaO 4)2 + 3 aq. jaune Etats-Unis
- Uranite Phospho-uranate de cuivre Cu (UO2)2 (PO 4)2 + 8 aq. vert Congo
- Autunite Phospho-uranate de chaux Ca (UO2)2 (PO 4)2 + 8 aq. vert-jaune Portugal, Autun
- Parsontite Phospho-uranate de plomb. 2PbO. UO3, P2Os, H20. brun Congo
- Stasite Phospho-uranate de plomb hydraté 4PbO . 8U03,
- 3P205 . 12I120. jaune d’or Congo
- Les deux régions que nous venons de voir, aussi bien celle d’Autun que celle du Forez, sont constituées par des granités entrecoupés de dykes et filons nombreux; outre le quartz et la fluorine que nous avons cités, on rencontre des barytures, des granulites, des pegmatites et aussi quelques filons plom-beux. Il pourrait se faire qu’en profondeur existent des masses importantes de pechblende, minéral considéré comme la source du radium, mais aucun indice n’est encore visible.
- Aussi considérons-nous les minerais radifères du Massif Central comme de simples guides pour les recherches futures.
- Groupe des niobo-titanates et des niobo-tantalates.
- MINERAIS COMPOSITION GISEMENT
- Bétafite Niobatitanate d’urane Nb2Or>. UO3. TiO2 . CaO • Ta2Or;. Madagascar
- Euxénite Niobatitanate de terres rares Nb208, Y203, TiO2, UO3, Ce2Os. —
- Samiresite —- complexe Nb20:; . UO3. PbO, TiO2, Ta*O0. —
- Fergusonite Niobat.e de terres rares Nb208, Y203, Ta2Os. —
- Hatchettolite Niobo-tantalate d’urane Nb206 . Ta2Os, UO3, CaO . Fe. —
- Microlite Tantalate de chaux Ta208 . CaO, Nb20K, Fe.
- Samarskite Niobo-tantalate d’urane Nb2Os . TaO3, UO3, Y203. —
- Blomstrandite — de terres rares Nb203 . Ta2Os. UO3 . TiO2 . CaO —
- Ampangabeite — d’urane Nb2Os Ta203 . UO3 •—
- Yttrotantalite Tantalate de terres rares Ta203 . Nb20; . UO3. Y203
- Nous donnons ci-dessus la liste des principaux minerais radifères et leur composition : il faudrait y ajouter pour qu’elle soit complète tous les minerais de terres rares (Monazite, Thorite, Thorianite, Xénotime, Cérite, etc.), dont la liste s’allonge tous les jours par les découvertes constantes qu’on en fait. V. Charrin.
- TRAVAUX PUBLICS
- Venise réunie à la terre ferme par un pont=route.
- Venise est réunie à la tei're ferme, depuis 1846, par un viaduc pour voie ferrée. Jusqu’ici on ne pouvait donc accéder à la célèbre cité insulaire que par chemin de fer ou par bateau.
- En 1930, malgré les protestations des artistes et des écrivains, le gouvernement italien décida d’entreprendre la construction d’un nouveau viaduc, longeant le pont du chemin de fer et destiné aux automobiles, aux véhicules routiers et aux piétons.
- M. E. Miozzi, qui assuma l’étude et l’exécution de
- dont quatre de 103 m 70 de longueur chacun et un cinquième central de 140 m 94 le divisent en 6 tronçons. Entre chaque terre-plein on compte 37 voûtes; chacune de ces séries de voûtes est limitée par deux piles-culées de 8 m 65 d’épaisseur: la série médiane toutefois est limitée par deux piles-culées de 13 m 73 d’épaisseur chacune.
- Le tablier du pont a une largeur de 22 m 25, comportant, à partir de la lagune, un parapet de 0 m 50, un trottoir de 3 m, une chaussée de 15 m 75 et une passerelle de 3 m réservée aux cyclistes.
- Les fondations ont été établies sur des pieux en béton armé, pour lesquels on a utilisé un mélange de ciment à haute résistance et de pouzzolanes.
- Ce viaduc a coûté 38 millions de lires ; il est complété à l’intérieur de Venise par un nouveau canal de grande largeur, accessible à des bateaux de fort tonnage et évitant les sinuosités du Grand Canal qui constituait jusqu’ici l’artère principale de la ville.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CONSTRUCTION
- La maison métallique G rames.
- Parmi les solutions proposées pour résoudre le problème si difficile de l’habitation à bon marché, la construction entièrement métallique est une de celles qui mérite d’être retenue. Elle se prête en effet à la fabrication en série à l’usine, et permet de réduire au minimum le travail d’édification si onéreux avec les méthodes actuelles de maçonnerie; les habitations ainsi construites peuvent offrir les mêmes garanties de salubrité et de confort que les constructions en maçonnerie; elles ont sur les maisons en bois l’avantage de l’incombustibilité. Enfin, en raison des prix, actuellement très bas, des produits sidérurgiques, elles peuvent être vendues à très bon marché.
- A ces avantages d’ordre général, la maison métallique Crames que nous allons rapidement décrire joint quelques avantages particuliers, dus à l’heureuse conception des éléments qui la constituent.
- Fig. 1. —- Une maisonnette en éléments métalliques Grames.
- Ceux-ci sont des éléments normalisés d’environ 1 m‘2 de surface et 48 mm d’épaisseur. Les faces extérieure et intérieure en sont constituées par deux tôles d’acier réunies sur les quatre côtés à l’aide de profilés également en acier, assemblés par soudure électrique. L’intervalle entre les deux tôles est rempli d’un isolant calorifuge et insonore de très faible conductibilité.
- La caractéristique essentielle de cet élément est qu’il se monte sans rivets, vis, ni boulons par un système à baïonnette s’emboîtant sur une ossature tubulaire. Aussi le montage est-il rapide; il n’exige que très peu de main-d’œuvre et est fort économique. Il se réduit à un simple accrochage et le propriétaire de la maison peut l’effectuer lui-même.
- Tous les éléments des maisons Grames sont identiques et interchangeables : donc rien de plus aisé que d’établir des constructions de dispositions très variées, d’agrandir une maison existante ou de remplacer une partie endommagée. Ce mode de construction se prête à la réalisation de maisons et de baraquements démontables.
- La maison métallique n’a fait son apparition qu’à une date toute récente; une telle innovation se heurte, c’est fort naturel
- Fig. 2. — Un baraquement démontable en éléments métalliques Grames.
- à bien des préjugés. Cependant l'expérience a montré que ce genre de bâtiment est capable de donner toute satisfaction aux exigences de l’hygiène et du confort; il permet d’aménager un home agréable et même élégant. La double paroi à remplissage isolant, en effet, assure une excellente protection contre la chaleur et le froid; elle rend l’habitation insonore. D’autre part, il est bien évident que le mur métallique est une cuirasse particulièrement efficace contre l’humidité extérieure. Quant aux parasites, rongeurs et insectes, ils ne peuvent trouver d’abris dans des parois métalliques lisses.
- Celles-ci, sur la face interne, ainsi que les cloisons intérieures, peuvent recevoir toute espèce de décorations : peintures laquées, papiers peints, etc...
- La maison métallique Grames est construite par les Établissements J. Gravet et P. Mesland, à L’Isle-Adam (S.-et-Oise .
- ÉLECTRICITÉ
- Nouvel enrouleur « Aid y ».
- Chacun sait combien l’enchevêtrement des câbles des appareils électriques, en particulier des lampes, des appareils ménagers, etc., cause de désordre et de désagréments, de casse et de frais.
- Le nouvel enrouleur « Aldy » permet d’éviter ces inconvénients.
- Fort simple, il est constitué par un tube cylindrique dont le
- Fig. 3. — L’enrouleur « Aldy » vu avec arrachement partiel.
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- vide intérieur est utilisé pour escamoter les raccords ou interrupteurs, et qui comporte à ses deux extrémités deux ou plusieurs encoches.
- Les longueur et section du tube et la forme des encoches diffèrent suivant les diamètres et longueur du câble et le genre des raccords ou interrupteurs.
- On obtient l’enroulement du câble à la surface extérieure du tube (cas le plus général) par la simple rotation du tube à la main, et on bloque cet enroulement par le passage et le coincement des extrémités du câble dans une ou plusieurs des encoches, qui sont de formes appropriées pour répondre aux différents cas qui peuvent se présenter : câble libre à ses deux extrémités ou seulement à l’une d’elles, etc.
- Pour répondre à toutes les conditions d’emploi, il a été prévu des modèles spéciaux, par exemple des tubes du modèle télescopique utilisables pour des câbles de différents diamètres ou longueurs, des boutons d’accrochage fixés à demeure ou de façon amovible, à la surface du tube, pour assurer un enroulement ou un déroulement partiel du câble, etc.
- En résumé, cette nouvelle invention apporte, dans la présentation et l’usage des appareils électriques, une solution simple, élégante et peu onéreuse au problème du rangement des câbles.
- Vente en gros : Aldy, 30, rue de Grammont, Paris (2°).
- Un nouveau redresseur de courants pour accumulateurs : le Rectigor.
- Nos lecteurs savent que pour conserver une batterie d’accumulateurs en bon état de fonctionnement, il importe de la maintenir constamment chargée.
- Dans les installa tions courantes usuelles de petite et moyenne puissance, on ne dispose à cet effet que du courant; du secteur; c’est le plus souvent aujourd’hui du courant alternatif qu’il faut redresser; il est à peu près indispensable d’adjoindre à la batterie un redresseur prêt à entrer en action, dès que celle-ci s’est sensiblement déchargée. Les types de redresseurs sont nombreux aujourd’hui; certains d’entre eux, les redresseurs secs à oxyde de cuivre notamment, qui conviennent admirablement pour les batteries de petite puissance, comme celles de T. S. F., sont moins indiqués pour les batteries de puissance moyenne, parce que leur prix d’achat devient trop élevé, et que leur rendement est assez faible.
- Le plus économique des redresseurs, le redresseur à arc de mercure, très employé pour les unités de puissance importante, n’avait pu jusqu’ici être adapté aux puissances relativement faibles comme celles des batteries des petits garages, parce que son rendement tombe très bas aux faibles voltages.
- Un nouveau modèle de redresseur à vapeur de mercure, de puissance réduite et de rendement acceptable, vient d’être mis au point.
- Il s’agit d’une lampe à vapeur de mercure, redressant les deux alternances; elle dérive d’un modèle plus puissant qui a déjà fait ses preuves. Grâce à un montage spécial et entièrement nouveau, ce chargeur est en quelque sorte réduit à sa plus simple expression; il ne comporte qu’une ampoule à vapeur de mercure, une self, une résistance et un dispositif d’allumage par surtension. La tension obtenue du côté continu est soit 6, soit 12, soit 18 volts et l’intensité fournie est de 4 ampères.
- Ce chargeur peut donc charger soit une batterie de 6 v, soit une batterie de 12 v ou 2 de 6 v montées en série, soit une batterie de 6 v et une de 12 v montées en série, ou 3 batteries de 6 v montées en série. Ce qui permet, en somme, de satisfaire journellement un certain nombre de clients.
- Le fonctionnement de l’appareil est absolument automatique. l’ampoule s’allumant et débitant aussitôt qu’on a
- fermé les circuits alternatif et continu. Son rendement est excellent : 40 pour 100 environ à 18 v, 30 pour 100 environ à 12 v.
- Sans aucun montage supplémentaire, ce chargeur permet également la recharge des batteries de 4 v de T. S. F.
- L’ampoule à vapeur de mercure est très robuste et d’une longue durée, l’appareil n’émet aucun parasite susceptible de gêner les réceptions radiophoniques, son encombrement est extrêmement réduit et sa présentation impeccable.
- Enfin le prix de ce chargeur est particulièrement intéressant et, grâce à son bon rendement et à sa faible consommation, il peut se brancher sur n’importe quelle prise de courant lumière; sa consommation est d’environ 200 w, soit quelques sous par heure.
- Le Rectigor, type B, est fabriqué par la Sté anonyme Hewittic, 11, rue du Pont, à Suresnes.
- HYGIÈNE Le Feyagourt.
- Étuve électrique pour la fabrication du Yogourt.
- Le yogourt est un lait aigri sous l’action d’un ferment spécial. Ses qualités hygiéniques et thérapeutiques sont bien connues ; il est particulièrement apprécié des estomacs délicats; il convient admirablement aux enfants et aux vieillards.
- A Paris, il est facile de se procurer du yogourt préparé par les spécialistes.
- Mais chacun peut le fabriquer soi-même, à partir d’une première préparation; à condition toutefois d’observer rigoureusement certaines précautions. Il s’agit en somme de faire la culture d’une espèce microbienne déterminée, laquelle, une fois arrivée à maturité, provoque une fermentation spéciale du lait, suivie de coagulation.
- Cette culture doit s’effectuer à une température constante de 40 à 45°, et c’est là précisément que réside le point délicat de la fabrication; car pour un amateur la surveillance des températures pendant un temps assez long est un travail difficile et une lourde sujétion.
- On peut s’y soustraire par l’emploi de l’étuve Feyagourt, c’est une étuve à chauffage électrique qui assure et maintient automatiquement la température optima.
- On fait d’abord bouillir le lait, on y verse 4 cuillérées à café de yogourt provenant d’une préparation antérieure, on place ce mélange dans l’étuve, et on applique le courant. Après 45 mn de chauffage sur 110 v, 30 mn sur 125 v et 15 mn sur 220 v, la préparation est achevée.
- L’étuve Feyagourt, en aluminium poli ou en métal argenté, est fabriquée en différentes dimensions, depuis les capacités courantes de 1/2 litre et 1 1 de lait, jusqu’à 9,5 1 et même davantage.
- Constructeur : Établissements Fémoka, 13, rue des Montibeufs, Paris (20e).
- Fig. 4. •— Le « Feyagourt ».
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET REPONSES
- Récréations mathématiques.
- Voici l’adresse de la Revue mensuelle des questions récréatives Sphinx, dirigée par M. Kraitchik, 75, rue Philippe-Baucq, Bruxelles. Cette intéressante revue est également en vente à Paris, à la librairie Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Réponse à M. J. P..., à Paris.
- Défauts d’un poste superhétérodyne.
- En principe, votre appareil à changement de fréquence comportant une lampe haute fréquence, une lampe modulatrice, une lampe oscil-latrice, un étage moyenne fréquence, une lampe détectrice, un étage basse fréquence et une valve, semble bien établi suivant les données les plus récentes de la radiotechnique. Il ne comporte pourtant, on peut le remarquer, qu’un seul étage moyenne fréquence à lampe à pente variable, et, de plus, il est équipé avec des lampes de type américain possédant des qualités indéniables mais qui sont, en général, assez peu « poussées ».
- Dans ces conditions, sa sensibilité ne peut être aussi grande que celle d’un appareil comportant plusieurs étages d’amplification moyenne fréquence.
- Nous ne savons pas si l’appareil comporte ou non un système d’accord présélecteur avant le changement de fréquence. Ce dispositif accroîtrait encore la sélectivité.
- Quoi qu’il en soit, le manque de sensibilité relative pour la réception des émissions sur grandes ondes provient sans doute de l’emploi d’un seul étage en moyenne fréquence. Le bruit de fond constaté lors de cette réception est, par contre, à peu près normal, parce qu’on le constate la plupart du temps avec un poste superhétérodyne secteur lors de la réception des émissions sur grandes ondes, surtout dans la journée.
- L’antenne que vous employez nous semble avoir une longueur trop grande, et comporter une descente également trop ongue pour être adaptée à ce type d’appareil. Une antenne trop longue, dans ce cas, n’augmente pas beaucoup la sensibilité, et diminue la sélectivité. Vous auriez certainement intérêt à utiliser une antenne plus courte, et surtout, autant que possible, une descente d'antenne plus réduite. Un poste superhétérodyne de ce genre devrait, d’ailleurs, pouvoir fonctionner dans d’excellentes conditions, même avec une antenne ntérieure.
- Nous ne pouvons vous indiquer, sans examiner l’appareil, si la lampe oscillatrice est normale ou non. Il y a beaucoup de chances pour qu’elle le soit, et les défauts dont vous vous plaignez proviennent ainsi avec beaucoup plus de probabilités d’une mauvaise adaptation du collecteur d’ondes, ou du principe général de montage du poste, qui ne peut évidemment être modifié.
- Nous restons, d’ailleurs, à votre disposition pour vous donner des renseignements complémentaires, si vous voulez bien nous indiquer plus exactement le type de poste que vous employez.
- Réponse à M. A. P..., à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie).
- Construction d’un adaptateur pour la réception des ondes très courtes.
- Puisque vous possédez un poste superhétérodyne à arape bigrille et à deux étages moyenne fréquence alimenté par batterie d’accumulateurs, il vous sera certainement très facile d’adapter à cet appareil un dispositif simple permettant la réception des ondes très courtes sur ia gamme de 15 à 80 m de longueur d’onde environ.
- Cet adaptateur comportera une seule lampe oscillatrice qui pourra être une lampe à forte pente, par exemple une B. 424 Philips ou une RO. 4324 Visseaux. Cette lampe fonctionnera en autodyne et permet-ra d’obtenir un changement de fréquence spécial pour les ondes courtes. Elle sera reliée à l’aide d’un bouchon à cinq broches aux douilles de la lampe bigrille du poste ordinaire, cette lampe bigrille ayant été préalablement enlevée.
- On déconnecte le cadre, ou la prise d’antenne et la prise de terre, du poste ordinaire, et une fois l’adaptation du bouchon d’alimentation del a lampe auxiliaire effectuée, on connecte aux bornes « antenne et « terre » de l’adaptateur, l’antenne et la prise de terre normalement utilisées.
- Il est indispensable de remarquer à ce sujet qu’on ne peut recevoir les émissions sur ondes très courtes dans de bonnes conditions en employant simplement un fil du secteur comme antenne de fortune, et encore moins uniquement une prise de terre.
- Il faut adopter une bonne prise de terre et une antenne, de préférence extérieure et bien dégagée, mais qui peut, à la rigueur, être intérieure. Suivant la longueur de cette antenne, on la connectera directement à l’entrée de l’adaptateur pour ondes courtes, ou par l’intermédiaire d’une capacité fixe de quelques dix-millièmes de microfarad.
- Une fois l’adaptation effectuée sur le poste, les organes d’accord et de réglage de ce dernier ne sont plus en circuit, et il est donc inutile de les manoeuvrer. Seul le bouton de réaction ou de réglage de l’intensité sonore peut encore jouer un rôle.
- Le réglage de l’ensemble récepteur pour ondes courtes constitué par le poste superhétérodyne et par l’adaptateur se réduit alors essentiellement à la manœuvre du condensateur d’accord de ce dernier appareil, et dans celle de son système de réaction. Ce réglage est donc, en réalité, aussi facile que celui d’une lampe détectrice à réaction avec cette seule différence qu’il doit être effectué avec grand soin, étant üonné la précision absolue des réglages, en général, pour la réception des ondes très courtes.
- L’adaptateur comporte généralement des bobinages interchangeables d’accord et de réaction à deux ou trois enroulements. Ces bobinages comportent des broches qui s’enfoncent sur des douilles disposées en concordance sur le socle de l’adaptateur.
- Nous avons, d’ailleurs, déjà donné des détails sur des appareils de ce genre dans plusieurs numéros de la revue et, en particulier, dans le numéro spécial de T. S. F. du l°r septembre 1932.
- Voici deux adresses de constructeurs qui établissent des adaptateurs de ce genre pour la réception des émissions sur ondestrès courtes:
- 1° Établissements Dyna, 43, rue Richer, Paris.
- 2° Établissements Lénier, 43, rue Magenta, Asnières.
- Réponse à M. Luc, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- Fonctionnement d’un contrôleur d’allumage pour bougies d’automobile.
- On peut vérifier le bon fonctionnement des bougies d’allumage d’une automobile, à l’aide d’un tournevis à manche isolant. On tient le manche du tournevis dans la main, on applique la tige sur la borne de la bougie et on approche la pointe de la masse du moteur. Une étincelle jaillit et on peut se rendre compte de la longueur et de la brillance de cette étincelle.
- Cependant, on emploie beaucoup plus souvent maintenant un contrôleur d’allumage, petit accessoire dont l’emploi est facile, et le fonctionnement plus régulier et plus visible. Dans ces appareils, il ne se produit pas d’étincelle, mais seulement une luminescence rouge orangé due à un phénomène d’ionisation dans un tube au néon à deux électrodes, sous l’influence du passage du courant à haute tension.
- Ce phénomène de luminescence dans les tubes au néon par un effet d’ionisation a été expliqué, par exemple, dans un article sur les tubes à luminescence paru dans le numéro du 1er mai 1933, de la revue.
- Les courants à haute tension, mais à très faible intensité, qui déterminent la luminescence parviennent au tube à néon par deux électrodes métalliques appliquées aux deux extrémités de l’ampoule.
- L’une de ces électrodes est appliquée plus ou moins directement sur la borne de la bougie d’allumage; l’autre est reliée à la masse par l’intermédiaire du corps de l’opérateur qui tient le manche du contrôleur dans sa main. Il se produit un phénomène du même genre que lorsqu’un automobiliste touche par mégarde la tête d’une bougie. L’imprudent reçoit alors une très forte secousse, ce qui indique le passage d’un courant, mais dans le cas du contrôleur d’allumage l’intensité du courant est très faible, et provoque seulement la luminescence du tube sans causer évidemment la moindre gêne à l’automobiliste. Réponse à M. Kœnig, à Toulon (Var).
- De tout un peu.
- J.-M.-Q. à Saint-Mandé. — 1° Nous ne connaissons pas particulièrement la composition dont vous parlez, servant au décalami-
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- nage des moteurs d’autos, mais il est fort probable qu’elle est voisine
- d’une des suivantes: A) Brevet Hochwall.
- Furfurol .... 700 grammes
- Naphtaline .... 300 —
- Benzol .... 800 —
- Alcool dénaturé 600 —
- B) Brevet Midgley et llochwall.
- Pyridine .... 700 grammes
- Naphtaline .... 300 —
- Benzol .... 800 —
- Alcool dénaturé .... 600 —
- lin place de la pyridine on peut employer également les amines suivantes:
- Amines aromatiques primaires: aniline, toluidines, xylidine, cumidine.
- Amines aromatiques secondaires : monométhylaniline, monomé-thyltoluidines, monométhylxylidine et leurs holomogues.
- Amines tertiaires hétérocycliques : pyridine, quinoléine et homologues.
- Amines aromatiques tertiaires : diméthylaniline, diôthylaniline) diméthyltoluidines, diméthylxylidine et homologues.
- Pour l’emploi, on introduit dans le cylindre du moteur, on fait tourner celui-ci à la main et laisse séjourner le liquide quelques heures. Quand on met ensuite le moteur en marche, le carbone dissous est expulsé avec les gaz d’échappement.
- 2° 11 est évident que votre mélange huile de lin et ammoniaque employé pour l'entretien du cuir a dû, au contraire, produire un durcissement, car l’huile de lin au contact de l’air s’oxyde en donnant de la linoxyne solide, c’est le phénomène qui se produit quand les peintures * sèchent », un tel mélange doit donc être évité et vous obtiendrez un bien meilleur résultat en vous servant simplement de la vaseline blonde du commerce.
- 3° Le mélange suivant vous permettra d'argenter par frottement,
- sans difficulté
- Blanc d’Espagne ..................... 150 grammes
- Cyanure de potassium................... 40 —
- Nitrate d’argent....................... 20 —
- Nettoyer préalablement avec soin l’objet à argenter, puis frotter avec un tampon imprégné de la mixture délayée dans un peu d’eau, de façon à former une pâte.
- N. B. — Eu égard à la toxicité du cyanure, prendre de grandes précautions lors de l’emploi et se laver a fond les mains après l’opération.
- 4° L’essence dite poids lourds renferme des hydrocarbures à point d’ébullition plus élevé (205°) que l’essence tourisme (180°), elle a également une densité plus grande, 0,742 contre 0,728; la vaporisation de la première nécessite par conséquent un réglage adéquat à ces propriétés.
- Si votre moteur se trouve mieux de l’emploi essence poids lourds, c’est que son réglage était mieux approprié à cet usage qu’à celui de l’essence tourisme.
- M. Noiret. à Abbeville. — A notre grand regret, il ne nous est pas possible de traiter ici in extenso une question aussi étendue que celle de l’agrandissement en général: le mieux est de vous procurer les ouvrages spéciaux, par exemple : Les agrandissements d’amateur et les agrandissements à la lumière artificielle de Delamarre édités, avec figures, parla Librairie I. de Francia, 118, rue d’Assas à Paris.
- M. Reliant, à Paris. — Les larves xylophages que vous avez trouvées dans un bois vermoulu sont très probablement celles de la Vril-lette des sables ou vrillette opiniâtre (Anobium pertinax ou striatum), l’insecte parfait a environ quatre millimètres de longueur, d’un brun foncé avec un duvet de couleur fauve, ses élytres sont striées, il est caractérisé par sa persistance à feindre la mort quand on le touche, d’où le nom de pertinax qui lui a été donné, la tête est petite et peut s’enfoncer dans le corselet, elle est pourvue de mandibules puissantes, les antennes sont insérées près des yeux et terminées en massue, les ( pattes sont courtes.
- Les adultes sortent de leurs galeries au printemps, la reproduction a lieu à cette époque, les insectes s’appellent pendant la nuit en faisant entendre des bruits secs rythmés, semblables au tic tac d’une montre, résultant d’un choc sur le bois, ce qui a motivé l’expression « d’horloge de la mort » chez les personnes superstitieuses, bien qu’il ne s’agisse en réalité que d’un appel d’amour.
- " ' = 1 —........ - 479 ==
- C’est à l’état de larves que l’effet destructeur sur le bois est le plus intense, celles-ci sont d’aspect blanchâtre, courbées en arc, pourvues de trois paires de pattes et de deux fortes mâchoires, ce sont elles qui forent les trous cylindriques semblables à ceux produits par une vrille, trous qui se prolongent à l’intérieur en galeries parfois très étendues.
- Si cette question vous intéresse, vous pourrez soumettre ces bestioles à un laboratoire d’entomologie, par exemple celui du Muséum d’Histoire naturelle au Jardin des Plantes ou encore de l’Institut agronomique, rue Claude-Bernard, mais nous devons vous prévenir que la détermination concluante ne pourra être faite que sur l’insecte parfait, c’est pourquoi il sera nécessaire de tenir les larves en incubation dans un lieu tiède, mettant à leur disposition de la sciure d’aubier provenant des bois suivants : chêne, châtaignier et noyer, de préférence récemment abattus, pour que l’animal puisse arriver à sa forme définitive.
- IV1. Sachier, à Chalon-sur-Saône. — Vous obtiendrez un produit analogue aux spécialités du commerce vendues pour imprégner les balais de colon, en prenant
- Huile de vaseline ................150 grammes
- Pétrole lampant................... 850 —
- Parfumer si on le désire par un peu d’huile d’aspic (lavande commune ou Lavandula spica) pour masquer l’odeur du pétrole.
- IV1. Poulain, au Havre. — 1° Les renseignements que nous avons publiés sur les caractéristiques de l’essence touriste, provenaient également d’une source officielle, en l’espèce le Ministère du Commerce, mais ils étaient de date moins récente que ceux que vous nous communiquez, nous nous empressons de porter à la connaissance de nos lecteurs les dispositions actuelles.
- 2° Pour obtenir la neige carbonique, on fait arriver un jet d’acide carbonique liquide dans un récipient à parois minces, la gazéification de la partie qui se vaporise produit un froid intense, c’est-à-dire une absorption de chaleur telle que le reste du liquide se solidifie sous forme de neige que l’on recueille dans un sac en toile.
- Si on n’utilise pas le gaz détendu qui est à basse température, le rendement n’est que de 10 à 15 pour 100, mais industriellement on lui fait traverser un échangeur où il refroidit le liquide carbonique avant de le faire pénétrer dans l’évaporateur, on atteint ainsi un rendement de 30 à 35 pour 100.
- Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l’article très complet que nous avons publié sur cette question dans le n° 2788 du 1er juillet 1928, page 27.
- Etablissements Dussé, à Paris. — 1° Nous pensons qu’une peinture au silicate serait celle qui conviendrait le mieux pour protéger vos bacs devant servir à emmagasiner le mélange essence alcool
- pour automobiles.
- Prendre par exemple :
- Lithopone........................... 500 grammes
- Silicate de soude à 40°B.............200
- Eau ordinaire....................... 200 —
- Pour l’emploi :
- 1° Donner une première couche avec du silicate seul non pigmenté à 22 °B.
- 2° Appliquer comme seconde couche, la peinture proprement dite indiquée ci-dessus, teintée si besoin est par de l’outremer ou du noir de fumée.
- 3° Terminer par une couche de silicatage simple, mais à 26° B.
- Bien entendu, chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- N. B. — 1° Eviter d’employer des couleurs dites d’aniline pour teinter, car elles se dissoudraient dans l’alcool et le coloreraient.
- 2° Le caoulchène est un des produits les plus volatils de la distillation sèche du caoutchouc, c’est un isomère du butylène C4I4S, il bout à 14°C, sa densité est de 0.650, il se congèle à —10°C en fines aiguilles.
- Cette distillation donne en même temps du butylène et de l’eu-pione.
- 3° La composition d’une pâte à roder est subordonnée à la nature de la matière qui doit être usée; pour répondre utilement à votre question il serait nécessaire de connaître d’abord quel rodage vous avez en vue.
- M. Mulet, à Linselles (Nord). — Nous pensons que vous pourrez vous procurer du cyclohexanol à l’adresse suivante : établissements Gaillard. 134, boulevard Félix-Faure à Aubervilliers (Seine).
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — Le nouvel immeuble de l’Ecole de Puériculture de la Faculté de Médecine (ph. Roi).
- Fig. 3. — Les avions qui viennent de survoler le Mont Everest
- (ph. Keystone).
- Fig. 4.
- Expérience de stabilité
- faite en Angleterre sur un autobus (ph. Roi).
- Fig. 2.— Un nouveau dirigeable géant, le Maçon,mis en service par l’Amirauté américaine quelques jours après la catastrophe de l’Akron (ph. Keystone).
- Fig. 5. — Le volcan Brone, à Java, en éruption (ph. Roi).
- Fig. 6. — Les nouvelles écluses d’Anfreville-sous-les-Monts [Eure), sur la Seine.
- Longueur 220 m; largeur 17 m; tirant d’eau 5 m (ph. Roi).
- Le Gérant : G. Masson.
- 4002. — Pans, lmp. Lahure — i5-;-i933.
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- LA NATURE
- N° 2906. — r Juin 1933.
- Paraît le i«r et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 franc
- pour la vente en France.
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- Paraît 1^ 1er et le 1 5 de chaque mois (jïï pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1®, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI- (7{. C. Seine : i5.i34) Tel. Danton 56-n.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n”), 90 fr. ; — 6 mois (12 n"), 45 ir.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n0*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n“) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger
- Tarif n* 1
- Un an. Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif n* 2
- Un an.........
- Six mois. .......
- 130 fr.
- 65 fr.
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissement* des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Bica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n‘ 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et G‘*, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l*r de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aucc abonnés
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain. Paris Yi*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cu, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
- La reproduction des illustrations de t La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d origine.
- L’EPIDIASCOPE
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- N° 2906
- LA NATURE
- Ie* Juin 1933
- = LE PRÉTENDU “ OPPIDUM ” =
- DÉCOUVERT PRÈS DE CLERMONT-FERRAND
- Au mois de février dernier, une découverte « sensationnelle » fut annoncée simultanément au monde savant, par la voie d’une communication à T Académie des inscriptions et belles-lettres, et au grand public, par la voie de la presse d’information. 11 ne s’agissait de rien de moins que d’une ville forte pré-romaine. On la disait plus grande qu’aucune de celles qui fussent connues jusqu’alors. L’état de conservation aussi en était remarquable : alors que les lieux habités de la Gaule antérieurs à la conquête romaine ne nous ont laissé que de pauvres vestiges enfouis dans le sous-sol, ici, au contraire, des ruines « très importantes » étaient encore visibles, disait-on, et bien conservées; on pouvait voir « une quantité d’abris à coupoles avec voûte à encorbellement, des restes multiples de fortifications, d’énormes murailles, dont quelques-unes sont épaulées par de robustes contreforts» ; le tout est construit en pierre sèche (1).
- 1. Le principal auteur de la découverte et quelques-uns de ceux qui l’ont suivi sont môme allés plus loin. Cet oppidum, qu’ils pensaient avoir retrouvé, ils ont voulu lui donner un nom et ils l’ont identifié avec Gergovie, qui, en fait, est située à quelques kilomètres de là, au sud de Clermont. Masi ici, il a fallu aller si fort contre l’évidence qu’il n’y a pas lieu d’insister. Je signalerai seulement : 1° que la persistance du nom de Gergouia est attestée par nombre de textes médiévaux et, encore de nos jours, par la forme patoise Dzargoy0; 2° qu’il y a entre la topographie du puy de Gergovie et celle que César a décrite dans ses Commentaires des concordances frappantes. L’hypothèse ne se peut soutenir.
- Fig. 1. •— L’emplacement des Côtes de Clermont et celui de Gergovie (en bas, à droite), d’après la carte d’état-major.
- Et ce n’était pas le trait le moins surprenant de l’affaire qu’il eût fallu attendre si longtemps pour découvrir de telles ruines, placées comme elles le sont. Car le plateau des côtes de Clermont, qui les porte, est à moins d’une heure de marche de Clermont-Ferrand. Comment avaient-elles donc pu passer inaperçues jusqu’à maintenant? C’est de quoi les auteurs de la « découverte » ont cherché à rendre compte en alléguant que le plateau serait d’accès difficile, sans chemin et tout couvert de ronces inextricables.
- Cette peinture est poussée au noir à l’excès. Certes, aucune route pour automobile ne passe là-haut. Mais ni les cultivateurs des environs, qui y mènent paître leurs bestiaux, ni les militaires de la garnison de Clermont, qui y ont un terrain de manœuvre, ni les chasseurs, ni les simples promeneurs n’ont jamais rencontré de difficulté à accéder au plateau et à v circuler.
- A la vérité, tous y avaient plus ou moins remarqué des murailles et des cabanes en pierre sèche. Mais, comme ils en avaient aussi observé de pareilles en de multiples endroits de l’Auvergne (autour d’Issoire, à la Serre, à Gergovie, à Châteaugav, etc.,) et hors d’Auvergne, dans le Yelay volcanique aussi bien que dans le Rouergue et le Quercy calcaires, par exemple, ils ne s’étaient pas mépris sur leur nature, qui n’est ni urbaine ni militaire.
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- La hauteur que les cartes désignent sous le nom de Côtes de Clermont (à parler proprement, ce nom est seulement celui du versant méridional de la hauteur) domine Clermont au nord. Elle se compose d’un 'massif calcaire et marno-calcaire, détaché de la plaine aux environs de 350 m d’altitude et surmonté, au sommet, par une table basaltique approximativement plate, mais inclinée de l’ouest (624 m) vers l’est (580 m.) 11 s’agit là d’un type de relief très répandu dans la région. Lors de l’activité des volcans en Auvergne, les coulées se sont épandues en suivant les fonds des vallées, naturellement. Par la suite, ces anciens fonds, protégés par leur cuirasse basaltique contre l’érosion, sont devenus des plateaux plus ou moins élevés au-dessus des nouvelles vallées que les cours d’eau se sont creusées.
- Sur cette cuirasse, purement rocheuse à l’origine, la décomposition du basalte et des matières végétales a constitué à la longue une mince couche de terre.
- A quelle époque l’homme a-t-il entrepris de mettre ces plateaux en culture ? C’est ce qui ne saurait être précisé dans l’état présent de nos connaissances. Il n’est pas invraisemblable que cela ait eu lieu à plusieurs reprises, aux époques de surpopulation des campagnes, de main-d’œuvre abondante et à bon marché, de terre chère. La dernière de ces époques n’est pas éloignée de nous. Le plateau des Côtes de Clermont était encore cultivé au xixe siècle. Ce n’est que depuis les années d’après la guerre que la raréfaction de la main-d’œuvre en a amené l’abandon complet. Quoi qu’il en soit de la date, pour rendre arable la mince pellicule de terre de ces terroirs, encore a-t-il fallu en extirper préalablement les pierres qui les encombraient et qui eussent arrêté les outils.
- Ces pierres, les cultivateurs s’en sont débarrassés en les rejetant aux bords des parcelles, les faisant servir ainsi à la clôture, ou en les amassant au milieu des parcelles en un ou plusieurs tas. Sur le plateau des Côtes de Clermont le défrichement paraît avoir été poussé suivant les besoins et les possibilités d’un chacun et l’épierrage y a produit un réseau irrégulier de murs plus ou moins épais, plus ou moins élevés.
- Si du plateau on passe aux versants, le spectacle change en partie. On constate d’abord une différence de culture. C’est ici la vigne qui domine. Elle occupait naguère les versants tout entiers, jusqu’à la table basaltique du sommet. Aujourd’hui, bien des parcelles sont en friche. Toutefois il en reste encore un certain nombre de cultivées.
- L’éboulement qui se produit peu à peu sur les bords de la table basaltique avait'jonché ces versants de cailloux. Ici encore, il a donc fallu épierrer le sol au préalable. Mais les vignerons ne se sont pas contentés de rejeter les pierres aux limites des parcelles. Ils en ont édifié des murs de soutènement, qui adoucissent la déclivité en donnant à la pente un profil en gradins; ces murs servent aussi de barrages propres à diminuer l’action des pluies d’orage, qui tendent à entraîner vers le bas la terre ameublie par la culture. Parfois, un escalier facilite le passage d’un palier à l’autre. Et quand la poussée des
- terres supérieures a paru trop forte, elle a été contre-butée par des contreforts adossés au mur.
- Les laboureurs de la région aiment à se construire dans leurs champs des abris où se réfugier pour laisser passer une averse ou afin de protéger leurs instants de repos contre le vent froid en hiver, l’ardeur du soleil en été. Aux Côtes de Clermont, le mauvais temps venant principalement de l’ouest et du nord, ces abris devaient avoir l’entrée tournée vers l’est ou le sud et c’est ce qui a lieu en fait. Naturellement, dans les terroirs pierreux, ces cabanes sont construites en pierre. La forme n’en est pas rigoureusement identique partout. Quand la pierre se débite en plaques, ainsi que c’est le cas du basalte des Côtes de Clermont, les cabanes sont couvertes d’une sorte de coupole, formée d’encorbellements successifs, de plus en plus rapprochés les uns des autres, jusqu’au sommet, où une dernière dalle forme clé de voûte.
- Les constructions de cette sorte sont assez fragiles. In coupole en pierre sèche ne tarde guère à s’effondrer, dès qu’elle cesse d’être entretenue régulièrement. Celles qui existent encore ne doivent pas être très anciennes. Aujourd’hui, on ne construit plus guère de ces cabanes, peut-être même plus du tout. Mais on le faisait encore il y a peu d’années. Les quadragénaires des pays où il en existe à présent en ont vu construire de leur vivant.
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- Voilà, sommairement décrit et restitué en sa vraie place, l’objet de la prétendue découverte. C’est dans les vestiges laissés en ces lieux par la culture qu’on a voulu reconnaître les ruines d’un « oppidum » (1).
- Et pourtant, rien ne ressemble moins à un système défensif que le labyrinthe des clôtures d’épierrage et des murs de soutènement. Pour s’en rendre compte, une courte visite sur les lieux suflit, voire le simple examen du plan de l’« oppidum » qui a été publié. Les longues murailles qu’on y voit alignées parallèlement l’une à l’autre en suivant le sens de la pente, avec, par endroits, des cabanes, dont la porte est tournée vers l’assaillant hypothétique, eussent-elles pu avoir d’autre effet que de fournir des défilements à ce dernier ? Les contreforts, qui sont à pans inclinés, et, à plus forte raison, les escaliers lui eussent singulièrement facilité l’escalade. Et pourquoi les murs les plus « énormes » se trouvent-ils aux endroits les mieux fortifiés par la nature, si ce n’est parce que la pente y étant plus raide, il y fallait des murs plus forts, pour retenir les terres ? Quant aux fameux « abris à coupole », qui ont été également décorés du nom de « casemates », si l’utilité n’en apparaît point dans un système défensif, ils sont, d’autre part, de dimensions trop restreintes pour avoir pu servir d’habitations.
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- En somme, il s’agit d’un problème mal posé. S’il est évident que ces clôtures de champs, ces cabanes de labou-
- 1. On relève bien, en un endroit du plateau des Côtes de Clermont, un pan de mur et alentour des débris céramiques : tessons de poterie gallo-romaine et fragments de tuiles à rebords. C’est un indice qu’il a existé là une habitation gallo-romaine. Mais ces vestiges archéologiques n’occupent qu’une superficie minime : quelques parcelles seulement. Ils ne sauraient correspondre à un centre habité important.
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- Fig. 2. — Quelques aspects des ouvrages en pierres sèches de la région de Clermonl :
- 1. Cabane aux Côtes de Clermont. Le sujet à côté tient un mètre à la main. 2. Autre cabane. 3. Cabane à Gergovie. 4. Cabane du plateau de Châteaugay. 5. Cabane du plateau de la Serre. 6. Cabane près de Bergonne. 7. Tas d’épierrage aux Côtes de Clermont. S. Tas d’épierrage à Gergovie. 9. Mur de soutènement avec contre-torts aux Côtes de Clermont. 10. Murs d’épierrage et de soutènement aux Côtes de Clermont. Vue d’en haut. 11. Le même ensemble vu d’en bas. 12. Un escalier taisant communiquer deux paliers. 13. Mur de clôture-épierrage au plateau de la Serre.
- rurale dont elles conservent le souvenir. Et cette histoire rurale, quand elle sera mieux connue, ce n’est pas seulement le dur labeur au prix duquel nos populations agricoles ont défriché le sol, pour le rendre productif, qu’elle nous fera connaître; c’est elle aussi qui nous fournira une des clés de bien des événements de l’histoire générale, qui ont été, comme l’a
- reurs n’ont rien à voir avec les vestiges d’une ancienne ville, fortifiée ou non, elles n’en offrent pas moins à l’étude une matière d’un intérêt puissant et d’une grande portée. C’est, en effet, tout un chapitre de notre histoire
- écrit M. Marc Bloch « le hoyau ou la serpe du défricheur ».
- 1. Les caractères 1931, p. 17.
- j, « préparés » par P.-F. Fournier, Archiviste du Puy-de-Dôme.
- originaux de l’histoire rurale française, Paris,
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- PAIX SUR LA TERRE
- Quelques lecteurs de La Nature n’ont peut-ôtre pas oublié une étude de psychologie animale, La Mort du Poisson bleu, publiée ici même le 15 novembre 1931. Le hasard m’a permis d’observer à deux reprises différentes d’autres manifestations qui montrent ce qu’il peut y avoir de comparable dans l’âme des hôtes aux sentiments qui se rencontrent chez les hommes.
- Je remercie La Nature de bien vouloir donner encore à ces petites études de psychologie sa généreuse hospitalité.
- J.-L F.
- Il y a quelques années, j’étais à la campagne, accoudé à la fenêtre de mon cabinet de travail, contemplant devant moi les platanes splendides qui dressent leurs plus hautes branches à 40 mètres du sol, et par-dessus les bois, les collines lointaines qui ferment l’horizon.
- J’aperçus tout à coup, rangés à côté les uns des autres, dans la rainure de la fenêtre, quatre ou cinq de ces nids arrondis, qui semblent faits de terre gâchée, de la grosseur d’une petite olive, et dans lesquels sont enfermés les cocons de certains insectes.
- Curieux de voir leur contenu, je fis sauter la petite carapace de terre et j’ouvris le cocon qui y était renfermé. Il contenait plusieurs petits vers blancs, semblables à des larves de mouches et quelques débxâs méconnaissables. Je pensai que ces larves venaient des œufs déposés par quelque insecte et qu’elles avaient dévoré, en se développant, l’hôte régulier du cocon.
- Passant au nid voisin, j’y trouvai également quelques larves semblables, mais cette fois les débris évidents d’un insecte, et en particulier des fragments d’ailes transparentes. Mon hypothèse se vérifiait donc complètement. Les larves n’étaient que des parasites nourris aux dépens du cadavre de l’insecte assassiné dans son cocon.
- Très intrigué par ces observations, j’ouvris avec les plus grandes précautions un troisième cocon. A ma grande surprise, j’y trouvai un insecte vivant, un diptère, de la taille d’une petite abeille, au corps rayé de noir et de jaune. Aussi surpris que moi, sans aucun doute, de cette naissance prématurée, mais évidemment presque à terme, il se mit immédiatement à marcher sur l’entablement de la fenêtre, où je l’avais délicatement déposé. Il lissa sa tête et ses antennes avec ses pattes de devant, comme nous le voyons faire aux mouches avec tant de vivacité, secoua ses ailes, et alla, sans aucune hésitation, s’installer sur un brin de paille, où il resta immobile, se chauffant au soleil, contemplant sans étonnement apparent la nature qu’il regardait pour la première fois.
- Quelles que soient les merveilles auxquelles nous ont accoutumés les insectes, j’étais quelque peu étonné de voir cette prise de possession immédiate, instantanée du monde extérieur par un animal qui, une minute auparavant, attendait dans le silence, l’obscurité et l’inconscience de sa vie larvaire, dans la somnolence évidente de son ganglion cérébral, que sonnât l’heure de sa naissance.
- Après avoir brisé sa fragile enveloppe de terre, j’ouvris avec les mêmes précautions un dernier cocon, et j’en retirai, dans les memes conditions, un animal identique au premier, un frère évidemment, ou une sœur, né sans doute de la même mère !
- Sorti du cocon, l’insecte vint, comme son frère, s’ébrouer au soleil sur la pierre chaude de la fenêtre. Mais à peine eut-il fait quelques pas qu’il aperçut, à vingt centimètres environ, toujours perché sur son brin de paille, l’insecte fait à son image, son compagnon, son frère
- Et c’est ici que l’histoire devient tragique et passionnante. Car à peine eüt-il aperçu cet animal semblable à lui, le premier qu’il eût jamais vu, ce frère, cet être de sa forme, de son essence et même de son sang, que l’insecte, plongé subitement dans un monde inconnu, et qui, dix secondes auparavant, était dans son cocon, avec ses membres repliés sous son corps, dans l’immobilité spectrale de la chrysalide, brusquement, se précipita sur lui, — et la bataille commença ! Le premier, sur son brin de paille branlante se défendait comme il pouvait, l’autre, solide sur la pierre, attaquait de toutes ses forces. De leurs mandibules ouvertes qu’ils maniaient comme des cisailles, ils s’efforçaient de se couper les pattes, ils se mordaient les ailes. Au bout d’une demi-minute de cette bataille acharnée, tous deux roulèrent sur la pierre et le combat se termina sans blessures trop graves !
- Mais quel spectacle, et quel enseignement ! Ainsi voilà deux êtres, et sans doute deux frères, nés des mêmes parents, et qui, mis en présence avant même qu’ait encore sonné l’heure de leur naissance, sans être poussés par la faim, ni par aucune nécessité naturelle, obéissant à quelque instinct obscur légué par l’atavisme, se précipitent l’un sur l’autre avec acharnement, en essayant de se détruire. Ils ne savent ni ce qu’est la vie, ni ce qu’est la mort, ni ce qu’est la faim, mais ils ont dans le sang une sourde passion, une férocité native qui les pousse invinciblement au meurtre, à la bataille, à l’inutile destruction !
- L’instinct de l’extermination est dans l’âme des hommes, comme il est dans celle des bêtes, ou tout au moins de certaines d’entre elles, car il en est d’inoffensives ! Nous le voyons par la dévastation des mers, par le massacre délibéré des animaux qui en font la parure et la vie, par le dépeuplement des grands espaces de l’Afrique, où, dans un siècle, nos petits enfants ne verront plus la faune magnifique que connaissent encore les hommes d’aujourd’hui qui travaillent à la détruire. Elle ne restera quelque jour que dans les images miraculeuses que les cinémas d’aujourd’hui légueront aux siècles futurs.
- Et puis, hélas ! il v a la destruction des hommes ! L’humanité se dévore elle-même.
- Quelques jours après avoir observé la scène que je viens de décrire, je la racontai au Président Léon Bourgeois. «Monsieur le Président, lui-dis-je, vous qui êtes un pacifiste, écoutez cette histoire et vous verrez comment le goût du meurtre et du carnage hante tout ce qui vit. »
- « Pacifiste ! », me dit-il, avec un accent que je n’oublierai pas, « ne dites pas cela ! Je suis un pacifique. Je veux la paix. Mais je veux au besoin être assez fort pour l’imposer ! »
- La guerre est la loi de la nature. Mais l’homme a souvent montré qu’il était le maître du monde. Il a vaincu la nuit, et le temps et l’espace! il triomphe chaque jour de la maladie et de la mort !
- Sera-t-il, quelque jour, le maître de la guerre?
- J.-L. Faure.
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- CURIOSITÉS ET PRINCIPES MÉCANIQUES DANS LES MACHINES A CALCULER
- verrouillages, l’opérateur ayant
- Fig. 1. — Machine à calculer électrique entièrement automatique à clavier.
- En haut, le clavier' d’inscription des nombres, au-dessous les deux compteurs donnant les résultats partiels et généraux; en haut à droite, les carrés d’enclenchement pour le tirage des totaux partiels ou généraux. Au premier plan, les touches d’addition-multiplicatjon, de soustraction-division et de mouvement-automatique des compteurs. Cette machine effectue la multiplication et la division entièrement automatiques (Mercédès).
- 11 existe dans la mécanique un domaine particulier qui n’a pour ainsi dire rien de commun avec la mécanique ordinaire, un domaine où le mouvement discontinu est la règle, où des accélérations énormes sont constamment appliquées et où les dilapidations d’énergie n’ont aucune importance; un domaine où l’on trouve des « monstres » comme des roues, auxquelles il manque une dent ou encore des roues à dents mobiles, ces dernières s’éclipsant à volonté dans le corps de la roue; en lin un domaine où régnent en maîtres les enclenchements et les
- tout juste le droit de mettre en route, mais la machine se réservant le contrôle absolu des opérations !
- Ce domaine, dont l’importance pratique croît de jour en jour, est celui du calcul mécanique (fig. 1). Son exploration complète serait fastidieuse, par suite du foisonnement des modèles actuellement sur le marché, sur lesquels il est du reste parfois difficile d’avoir des renseignements sincères. D’autre part, les ouvrages parus en librairie sur la question n’épuisent pas le sujet, qu’ils envisagent généralement sous un jour purement mathématique et historique.
- Nous voudrions aujourd’hui parcourir simplement à vol d’oiseau le vaste champ des machines à calculer modernes, en dégageant les principes généraux qui ont présidé à leur construction et en signalant au passage un certain nombre de curiosités mécaniques (1).
- 1. Nous tenons à remercier ici M. Fézer qui nous seconde de ses indications.
- Fig. 2. — Machine à calculer électrique à curseurs.
- L’inscription des facteurs se fait au moyen des curseurs visibles sur le pupitre supérieur, les résultats apparaissant dans le double compteur inférieur. La mise à zéro s’effectue en tournant les écrous à oreilles. Cette machine effectue la division automatique; bien que son aspect extérieur rappelle celui des machines à roues d’Odhner, elle est fondée sur un principe dérivé des « crémaillères arrêtées » (Hamann).
- LES DEUX a EMBRANCHEMENTS » DU CALCUL MÉCANIQUE
- On peut distinguer, dans le domaine des instruments mathématiques, deux classes générales, ou, pour parler comme les naturalistes, deux « embranchements » bien distincts. Le premier, qui a pour prototypes bien connus la règle à calculer, les abaques et les nomogrammes, a pour caractéristique d’effectuer des calculs approchés, la grandeur trouvée étant d’autant plus près de la vérité que la perfection matérielle des dispositifs utilisés est plus grande. C’est ainsi qu’on améliore les résultats fournis par une règle à calcul en se servant d’une loupe.
- Rien de semblable ne se présente dans la seconde catégorie, qui est celle des instruments arithmétiques; ceux-ci opèrent sur des nombres finis, représentés par des chiffres selon les principes de la numération arabe, et par conséquent fournissent des résultats exacts, comme en obtiendrait un comptable, la plume à la main.
- Une horloge réglée par un pendule conique à mouvement continu nous donne une idée des appareils de la première catégorie, ceux de la seconde pouvant être comparés à une roue de loterie, qui ne s’arrête que dans un nombre déterminé de positions à cause de son cliquet.
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- Fig. 3. — Principe du bloqueur à câble élastique, type Monroë.
- L’organe de blocage est un ressort à boudin A A' maintenu dans les fenêtres des pièces fixes B15 B2, B3... et qui s’engage entre les dents des roues à bloquer R„ R,, R3... En ces points le ressort est muni d’une petite bague en acier trempé C. Outre ce bloqueur « relatif », la machine possède des bloqueurs absolus à action momentanée (fig. 5).
- A priori, une machine arithmétique semble donc en quelque sorte plus parfaite qu’un appareil de calcul approché. Mais, revers de la médaille, les mécanismes arithmétiques ne sont capables, comme un comptable en chair et en os, que des quatre opérations et des calculs qui s’y ramènent.
- Par contre, les instruments de calcul approché permettent de résoudre les plus difficiles problèmes du calcul algébrique, logarithmique et intégral, d’effectuer des analyses et sommations harmoniques et des intégrations d’équations différentielles. Bon nombre de ces problèmes, remarquons-le en passant, ne peuvent être résolus directement par l’esprit d’une manière exacte. De tels appareils sont donc, sur des points bien définis, supérieurs au cerveau humain !
- APPAREILS ALGÉBRIQUES, ANALYSEURS ET INTÉGRATEURS
- Au point de vue strictement mécanique qui nous occupe aujourd’hui, les instruments de calcul approché sont loin de présenter les innombrables ressources des machines à calculer arithmétiques. Signalons simplement quelques curiosités.
- — Dans les appareils logarithmiques, les hélices logarithmiques en forme de vis.
- — Pour la résolution des équations algébriques de degré supérieur, les balances à équations, soit «sèches» (Grant, Exner), soit fondées sur des principes hydrostatiques (Meslin) ; les méthodes basées sur les lignes
- Fig. 5.
- Bloqueur absolu type Monroë. Cette pièce pivote autour de l’axe A; soulevée par l’extrémité du levier L (fig. 4) elle vient présenter son doigt D entre les dents de la roue chiffreuse qu’elle arrête en pleine vitesse. Ce bloqueur, une fois abandonné par le levier L, n’offre plus aucune résistance au passage des dents.
- équipotentielles dont la trace apparaît dans certains dépôts électrolytiques, et les méthodes potentiométriques dont le pont de Wheatstone fournit un exemple simple.
- — La célèbre machine de Torrès y Quevedo, qui permet de construire des fonctions algébriques de degré élevé, et par suite de résoudre des équations algébriques quelconques. Basée sur l’emploi de cercles logarithmiques liés par des engrenages, cette machine est munie d’une « fusée » spéciale en forme de spirale conique munie de dents, indispensable pour réaliser l’addition des nombres représentés par leurs logarithmes.
- — Les intégromètres, dont les types simplifiés sont appe-
- o Q
- K-----
- Fig. 4. — Mécanisme du report des retenues, type Monroë.
- La manivelle de la machine entraîne, par l’intermédiaire des multiplicateurs ou sélecteurs (voir fig. 9 et 10) non représentés sur la figure, les roues F qui engrènent directement avec les roues chiffreuses; cette première opération correspond approximativement à 1/2 tour de manivelle. Ensuite se produisent les reports; à cet effet, la goupille G de la roue R, qui a un report à passer, a abaissé le nez du basculeur B. Ce dernier se trouvant en position basse accroche au passage, par son rebord incliné K, le rebord S (voir maintenant la figurine de droite) de la lame P montée sur le bras L qui tourne avec l’axe O ; la lame coulisse alors transversalement et vient accrocher la roue réceptrice R' qu’elle fait avancer d’une dent. Un bouton du levier L soulève ensuite en passant la bosse C du basculeur B qui se trouve ainsi remis au zéro. Les différents leviers tels que L sont implantés en hélice sur l’arbre O afin de permettre les reports « en feu de file », par exemple :
- 9999 + 1 = 10 000.
- lés planimètres; ils permettent de calculer les intégrales définies, c’est-à-dire, en pratique, les aires.
- — Les intégraphes, plus perfectionnés encore puisqu’ils tracent automatiquement la courbe intégrale d’une fonction donnée. Ces opérations d’allure transcendante se réduisent du reste à une simple multiplication continue : dy = y.dx.
- — Les intégrateurs composés, qui permettent d’intégrer les équations différentielles.
- — Les différenciateurs, qui donnent la dérivée, appareils peu employés, car, à l’inverse de l’esprit humain, les dispositifs mécaniques passent avec beaucoup plus de facilité à l’intégrale qu’à la dérivée !
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- LA MACHINE A PRÉDIRE LES MARÉES,
- DE LORD KELVIN
- Il convient d’ajouter à cette liste certains appareils d’un emploi rarissime, tels que les analyseurs harmoniques qui décomposent automatiquement une fonction périodique en série de Fourier et les totalisateurs harmoniques qui permettent de reconstituer une fonction dont on connaît la série.
- Un exemple extrêmement remarquable de ce dernier type d’appareils est le tides predictor ou machine à prédire les marées, dont les grandes nations maritimes possèdent chacune actuellement un modèle. Le service hydrographique de la marine française utilise un « pré-dictor » de lord Kelvin opérant sur 17 termes et mû par
- Fig. 7. •— Schéma du principe du report à double différentiel et à came dans le « calculalor » de Burrough's.
- Cette machine, comme le complomètre de Felt, est à action directe, c’est-à-dire que les touches du clavier entraînent directement les roues chiffreuses R,, R2.... Par suite le report consiste, non plus en un embrayage plus ou moins complexe, mais en une poussée discontinue d’une roue sur la suivante. La roue de droite R, est liée à sa voisine de gauche Ra, par deux différentiels C4 et C2 séparés par un engrenage de rapport 1/10; de plus Rt porte une came spirale S qui soulève un doigt D solidaire d’une crémaillère courbe K engrenant avec la couronne Ct du premier différentiel. Quand la roue R, avance de 0 à 9, le mouvement transmis par cette came a pour effet de compenser le mouvement transmis directement par le satellite du différentiel C1( en sorte que l’engrenage reste immobile. Au moment du passage de R, au zéro, D échappe, la couronne de Ct revient brusquement en arrière sous l’effet du ressort A et le report passe jusqu’en R2. La couronne C2 est utilisée pour transmettre à R» l’action directe des touches.
- Fig. 6. — Principe des machines imprimantes à crémaillères arrêtées.
- La figure représente une seule « tranche » décimale de la machine; le râteau Lt qui exécute une oscillation complète, sollicite par le ressort R la crémaillère C qui descend jusqu’à la butée A; cette butée est mise en place par les touches du clavier. A la fin de ce mouvement de descente, on peut obtenir, si on le désire, l’impression des données sur le rouleau de papier T, en déclenchant le marteau M qui vient frapper la crémaillère imprimante C; la roue de compteur D, qui a enregistré le mouvement de descente de la crémaillère, s’efface, au moment de la remontée, sous l’action de la came K. Si, maintenant, on désire imprimer le total contenu dans le compteur, on fait intervenir la butée R qui bloque la roue J) au zéro : la crémaillère « contient » alors le chiffre que représentait la roue 1) et ce chiffre peut être imprimé en T.
- ployé à l’heure actuelle dans un certain nombre de magasins et de banques de Paris.
- Sous une forme plus mécanique on peut également utiliser des crémaillères ; c’est le cas d e ces petits appareils de poche dont on se sert en faisant glisser les crémaillères avec une pointe (-1). Mais ces instruments élémentaires ne constituent que des embryons de machines à calculer : il leur manque la possibilité d’avancer indéfiniment dans le même sens, privilège uniquement réservé aux roues, ainsi que le report automatique des retenues.
- Nous ne mentionnerons que pour mémoire les réglettes multiplicatrices de Genaille qui paraissent aujourd’hui totalement abandonnées malgré leur extrême commodité.
- 1. Et certaines machines récentes et très importantes comportent jusqu’à 10 000 crémaillères (Egli-Bull).
- un moteur de 1/4 de cheval. En six heures, cet appareil donne la courbe continue de la marée, heure par heure, telle qu’elle se produira pendant une année. Une semblable somme de calculs, s’il fallait les effectuer directement, serait absolument au-dessus des possibilités humaines.
- INSTRUMENTS ARITHMÉTIQUES ÉLÉMENTAIRES
- Si nous passons maintenant aux machines à calculer arithmétiques, nous tombons dans un domaine foncièrement différent, qui est celui de la roue dentée.
- Cet emploi de la roue dentée n’est pas absolument obligatoire pour opérer des calculs sur des nombres entiers; un exemple antique est le boulier qui est em-
- Fig. S. — Dispositif de remise à zéro au moyen de roues à dénis coupées (« arithmomèlre » de Thomas.)
- Les roues Rt, R2, R5, liées aux roues chiffreuses possèdent 10 dents dont une coupée; la crémaillère CC' reçoit à la main un mouvement de va-et-vient et entraîne les roues jusqu’à ce que le vide se présente : elles sont alors au zéro. La crémaillère s’efface ensuite en s’écartant
- transversalement.
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- Fig. 9. — Principe de la multiplication par additions répétées.
- La machine comporte une partie fixe F et un chariot mobile G ou compteur qui contient les roues chiffreuses. Dans la partie fixe se trouvent les multiplieurs élémentaires ou sélecteurs S,, S.2, Sr>... qui ne sont autres que des « changements de vitesses » à rapport réglable (les sélecteurs représentés ici sont des cylindres de Thomas, cf. fig. 10); un seul tour de la manivelle permet ainsi de passer le multiplicande, soit ici 4321 dans le compteur et en répétant 3 fois, par exemple, l’opération, on verra apparaître aux lucarnes du compteur le produit 12963 de 4321 par 3. En poussant le chariot vers la droite, on peut introduire de môme le multiplicande, autant de lois qu’il est nécessaire, aux ordres décimaux supérieurs.
- FONCTIONS FONDAMENTALES DANS LES MACHINES A CALCULER
- Venons-en maintenant aux machines à calculer proprement dites, autrement dit aux machines à roues dentées.
- Une roue dentée ou « chifïreur », constitue à elle seule une machine à calculer élémentaire et voici comment on peut le montrer. Supposons que la roue présente devant l’index fixe le chiffre 3; faisons-la avancer de 2 divisions : nous constaterons qu’elle marque maintenant le chiffre 5. Il n’y a pas d’autre « mystère » dans tout le domaine des machines à calculer, les opérations les plus complexes se trouvant toujours basées sur cette propriété additive; mais il existe dans les machines complètes de nombreuses fonctions annexes que nous allons examiner maintenant.
- Première fonction, trop rarement mise en évidence et pourtant fondamentale : le blocage. La lecture de la roue chiffrée n’a de sens que si cette roue est assujettie
- à s’arrêter dans certaines positions bien déterminées. Nous sommes ainsi conduits à armer la roue de dents entre lesquelles viendra se présenter le bloqueur. Le blocage peut être relatif, si le bloqueur agit d’une façon permanente mais élastique (fig. 3), comme le sautoir des horlogers; il peut aussi être absolu : dans ce cas, il sera nécessaire que le bloqueur se retire au moment où la roue devra être mise en mouvement pour le calcul.
- On arrive à ce résultat soit en faisant intervenir le bloqueur uniquement à l’instant précis où il s’agit d’arrêter la roue dentée (fig. 5),
- soit à l’aide de cames analogues à des croix de Malte.
- Ici, une remarque s’impose : c’est que les chiffres ne sont pas du tout nécessaires pour que la roue constitue un chif-freur; il suffit qu’elle porte des dents équidistantes et une origine, marquée par un repère quelconque, tel qu’un ergot ou une dent plus épaisse que les autres. Pour connaître le chiffre que marque la roue, on la fera tourner en arrière jusqu’à ce que son ergot vienne buter contre un certain repère lixe; la roue se trouve alors à zéro.
- Or, et ceci est important, une telle opération, qui consiste à « lire » le chiffre en remettant le chiffreur à zéro, peut être effectuée par un mécanisme. Ce mécanisme sera, par exemple, une crémaillère sollicitée par un ressort et qui avancera jusqu’au (joint exact où le lui permettra la roue dentée; il suffira alors que cette crémaillère porte le long de son dos, régulièrement espacés, des caractères d’imprimerie, pour que l’on obtienne l’impression automatique du chiffre sur un rouleau de papier.
- Tel est le principe fécond des machines à calculer imprimantes qui reposent sur l'emploi de roues dentées non chiffrées, intérieures à la machine (lig. 6).
- MÉCANISMES DE REPORT AUTOMATIQUE DES RETENUES
- Une roue ne peut indiquer qu’un chiffre; pour former un nombre, il faudra placer côte à côte plusieurs roues, soit sur le même axe géométrique (Bur-rougfis, Monroë. Barrett, Odh* ner), soit sur des axes parallèles (.Payen, Madas, Mercédès).
- Un mécanisme spécial devra alors être établi entre les dents consécutives de telle façon que lorsqu’une roue arrive au zéro au cours d’une opération, cette roue passe automatiquement la retenue à sa voisine de gauche en la faisant avancer d’un cran.
- Si la machine est décimale, toutes ses roues posséderont 10 dents (ou un multiple de 10) ; mais il existe des machines non décimales, à calculer en monnaie anglaise, par exemple. Dans ces machines certaines roues peuvent porter 8 dents, ou 12 ou 25 : la retenue fonctionnera néanmoins avec la même simplicité au passage du zéro eu sorte que ce genre de calcul, fort pénible pour un calculateur en chair et en os, n’introduit au contraire aucune complication dans la machine.
- Au point de vue mécanique, le report des retenues
- Fig. 11.
- Roue mulliplicalrice d’Odhner.
- En déplaçant le levier L qui agit sur une came intérieure spirale, on peut faire saillir à volonté de 0 à 9 dents à la périphérie de la roue. La dent isolée D, susceptible de basculer perpendiculairement au plan de la figure, est réservée au report des retenues.
- Fig. 10. — Voici le cylindre de Thomas, premier en date des « sélecteurs » pour machines à multiplier.
- Un pignon coulissant sur un arbre carré parallèle au cylindre permet d’aller chercher le mouvement dans la région où ce cylindre possède 0, 1, 2... ou 9 dents. Le doigt isolé est utilisé pour le report des retenues.
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- Fig. 12. — Voici l’un des plus récents modèles de machine à calculer automatique.
- Cette machine, basée sur le principe des crémaillères arrêtées, comporte deux claviers différents, pour le multiplicateur et le multiplicande; elle présente une particularité de fonctionnement remarquable qui lui permet d’effectuer les opérations en « choisissant », dans tous les cas, le plus court chemin. Ainsi, si l’on a posé comme multiplicateur 99 999 999, la machine fait d’elle-même un tour en avant dans les centaines de millions et un tour en soustraction dans les unités, soit 2 tours au lieu de 72 !
- 11 en résulte un gain de temps très marqué (Hamann).
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- peut être effectué de diverses façons. On peut confier à chacune des roues chilfreuses le soin d’entraîner sa voisine, comme dans le « compto-mètre » de Felt; dans les machines comportant des arbres tournants, on a recours à un véritable embrayage, ou plutôt à un organe d’accrochage monté sur un arbre tournant et qui est armé par la roue qui passe à zéro : cet organe, en forme de dent ou de pêne, vient faire avancer d’un cran la roue dentée de gauche, puis s’efface en passant devant une rampe spirale ou hélicoïdale; tels sont les mécanismes de report delà Dactyle (fi g. 11), de la Monro'è (fig- 4), de la Madas. Dans les machines à crémaillères, il suffit de déplacer d’un cran la butée de fond de course de la crémaillère pour obtenir le report.
- Une mention spéciale est due au remarquable mécanisme de report du calculator de Burrough’s qui comporte deux différentiels, soit vingt-huit en tout pour la machine ! La fi g. 7 représente sous forme schématique ce dispositif, qui a pu être logé à l’intérieur des tambours chiffrés.
- MISE A ZÉRO
- Le mécanisme de mise à zéro des roues chilfreuses est en liaison étroite avec celui du report des retenues. Dans les machines imprimantes, c’est le fonctionnement même des crémaillères qui produit la mise à zéro, comme nous l’avons vu : il suffit de les dégrener des roues dès que l’impression est faite.
- Dans certaines machines, on sollicite de façon élastique les roues jusqu’à ce qu’elles viennent au 9, puis on les abandonne et on ajoute 1 dans la roue des unités. La retenue passe alors avec rapidité d’un bout à l’autre de la machine. Pour les machines du typeOdhner, pour la Monro'è et quelques autres (fig. 2), l’entraînement
- Fig. 13. — Machine imprimante électrique à clavier.
- A gauche, bouton carré de mise en addition ou en soustraction ; à droite, touches servant à provoquer l’impression des totaux partiels ou généraux, touche « répétition » qui maintient enfoncées les touches numérotées du clavier pour passer plusieurs fois le même nombre, touche correction, touche « non addition », pour l’inscription des numéros ou dates, et barre de mise en marche. Cette machine présente ceci de particulier que le chariot porte-papier peut être déplacé transversalement, ce qui, en combinaison avec la touche répétition, permet d’effectuer des multiplications. Les extrémités des crémaillères imprimantes sont visibles devant le papier; ces crémaillères s’élèvent de longueurs convenables au moment de l’impression (Barrett).
- se produit à frottement jusqu’à ce que chaque roue bute sur son ergot de zéro.
- La fig. 8 montre un curieux mécanisme de remise à zéro par crémaillère agissant sur des roues dont une des dents a été coupée (arithmomètre de Thomas)', ce dispositif a été remplacé aujourd’hui par des cames refoulées par une coulisse à bossages (Payen).
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- MECANISMES DES MACHINES A MULTIPLIER
- Telles que nous les avons envisagées jusqu’ici, les machines à calculer ne conviendraient qu’à l’addition. Elles pourraient également faire la soustraction soit grâce à des graduations inversées, soit par renversement de marche : dans ce dernier cas, les dispositifs de report des retenues doivent pouvoir passer des retenues négatives, c’est-à-dire faire reculer d’un cran une roue quand la roue de droite passe du zéro au 9 en rétrogradant.
- Que faut-il maintenant, pour qu’une machine puisse faire la multiplication ? Deux solutions se présentent : ou bien la machine procédera par additions répétées, ou bien on lui « enseignera » la table de multiplication en la munissant d’un organe reproduisant sous forme mécanique la table de Pythagore.' Envisageons tout d’abord le première solution.
- Voici (fig. 9) en C un boîtier contenant six roues chif-
- Fig. 14. — Voici [la labié de Pglhagore mécanique ou « plaque Bollée ». Cette plaque est obtenue en plantant dans une table de Pythagore des tiges de longueurs proportionnelles aux chiffres. Ces tiges sont utilisées pour pousser des crémaillères engrenant avec les roues chiffreuses.
- Fig. 15. — Type de « machine comptable », où se trouvent combinées les' ressources d’une machine à écrire cl d'une machine à calculer.
- Cet ensemble comprend une machine à écrire à frappe électrique et un certain nombre de compteurs amovibles; six de ces compteurs sont visibles à gauche ainsi que deux d’un type différent en bas à droite. Ces compteurs sont actionnés à tour de rôle par un levier faisant partie de la machine à écrire, chaque compteur venant se présenter devant ce levier selon les mouvements du chariot; de la sorte chaque compteur fournit, à chaque instant, le total d’une des colonnes du bordereau en cours d’iinpression. Des enclenchements rendent impossible le calcul sans l’écriture et vice versa. Le petit chariot à rouleaux est destiné à l’impression d’un « carbone » de contrôle (Rlercédès).
- freuses derrière des lucarnes; eet ensemble est mobile; c’est le compteur de la machine. En St, S2, S., S4, se trouvent 4 petits « changements de vitesses » ou sélecteurs qu’on règle au moyen de touches ou de boutons d’après les chilfres du multiplicande; soit par exemple 4, 3, 2, 1. Donnons maintenant un tour de la manivelle M : nous verrons apparaître dans les lucarnes de droite le nombre 4321; un second tour portera ce nombre à 8642, un troisième (les mécanismes de report des retenues entrant cette fois en jeu) donnera 12963. Avançons maintenant le compteur d’un cran vers la droite et donnons un tour ; nous lisons 56 173 qui est le produit de 4321 par 13.
- Tel est le processus de l’opération; voyons maintenant comment sont construits les sélecteurs, cœur et âme de la machine. Ici nous tombons en plein paradoxe mécanique.
- Pour l’automobile, le changement de vitesse est un appareil qui reçoit un mouvement continu et qui restitue un mouvement également continu, fort heureusement pour la voiture! Cette nécessité ne se retrouve pas dans les machines à calculer. Voici le premier en date des sélecteurs ou entraîneurs (lig. 10); c’est le cylindre de Thomas à dents inégales (1820), déjà inventé, du reste, par Leibnitz en 1694. Le pignon récepteur peut coulisser sur un arbre carré parallèle au cylindre, ce qui permet d’aller chercher le mouvement dans la région où le cylindre possède 0, 1, 2... ou 9 dents. Le mouvement obtenu est saccadé, mais contrôlé de façon impérative par des croix de Malte.
- Ce système de sélecteurs, robuste mais encombrant, a été perfectionné dans la Madas et quelques autres machines modernes. La Monroë comporte des cylindres en deux pièces : l’une possède 4 dents inégales disposées sur un secteur de sa circonférence et l’autre possède 5 dents ordinaires disposées sur le secteur complémentaire.
- En emboîtant convenablement ces deux secteurs l’un dans l’autre, on arrive à créer tous les solides de 0 à 9 dents; ces mouvements sont commandés par les touches du clavier.
- Voici maintenant la roue d’Odhner (fig. 11) dont les dents, mobiles dans le sens radial, peuvent s’effacer à l’intérieur de la roue par le jeu d’une came intérieure en spirale. La dent séparée est destinée au report des retenues; elle est susceptible de basculer légèrement pour faire saillie sur le côté de la roue- de façon à venir accrocher, sur la gauche, la roue chilïreuse de rang décimal supérieur. La roue d’Odhner, très plate, est peu encombrante; elle est utilisée dans la Dactyle, VOriginal Odhner, la Brunstviga.
- Une grande conquête des machines à sélecteurs a été la division automatique. Cette opération se fait en mettant la machine en marche soustractive; la machine ayant soustrait le diviseur une fois de trop, le compteur se remplit de 9 jusqu’à la gauche et le déclenchement du dernier report est utilisé pour obtenir la correction en provoquant un tour en marche additive puis le passage à l’ordre décimal suivant. La division peut ainsi être faite « au moteur ».
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- LES MACHINES A CRÉMAILLÈRES
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- Aux machines à cylindres de Thomas et à roues d’Odhner, il convient d’ajouter les machines du type Mercedes (fîg. 1 ) créées par llamann, où l’ensemble des sélecteurs se réduit à neuf longues crémaillères parallèles reliées à un levier oscillant transversal qui leur communique des mouvements de coulissement sinusoïdaux. La première crémaillère se déplace d’une dent, la deuxième de deux et la neuvième de neuf. De petits pignons coulissant sur des arbres carrés disposés transversalement au-dessus des crémaillères, permettent d’aller chercher la crémaillère présentant le déplacement désiré.
- Le résultat mécanique obtenu est donc tout à fait semblable à celui produit par des cylindres, à ceci près (pie le mouvement est continu. Toutefois, un débrayage
- est nécessaire entre pi-
- gnons et crémaillères ou entre chilfreurs et arbres carrés pour éviter l’entraînement pendant la course de retour des crémaillères.
- Cette sujétion du débrayage pendant la moitié de chaque cycle de la machine est caractéristique de l’emploi des crémaillères et nous la retrouvons dans l’immense domaine des machines à crémaillères arrêtées qui constitue la majorité des machines actuellement sur le marché.
- Nous avons indiqué ci - dessus le principe des crémaillères arrêtées qui se trouve explicité par le schéma de la fi g. 6. On voit que ce dispositif constitue un véritable sélecteur, permettant de répéter un nombre en vue de la multiplication. Néanmoins cette propriété n’était pas en général utilisée, ce type de machine étant employé à peu près uniquement pour les travaux imprimés de comptabilité et de banque qui ne donnent lieu qu’à des additions et des soustractions.
- Sous cette forme, la machine à calculer a conquis le monde des alïaires, depuis la caisse des boutiques, où l’on utilise des petits modèles imprimants à clavier, mus par un levier, jusqu’aux impressionnantes machines à établir les comptes de banques, capables d’opérer à la fois sur vingt colonnes différentes en tirant au fur et à mesure les totaux horizontaux et verticaux, soit partiels, soit généraux. Dans ces modèles perfectionnés, les mouvements de tabulation sont automatiques, la machine passant automatiquement d’une colonne à l’autre
- Fig. 17. — Cliquet à deux directions obligéant à terminer la course commencée.
- Le secteur denté S est fixe; le cliquet G, sollicité par le ressort R ne peut se renverser qu’aux extrémités de la course du levier N. Il empêche donc l’opérateur de ramener ce levier après une course incomplète.
- C Retour
- Fig. 16. — Principe des trois mobiles, appliqué dans certaines machines
- à levier.
- Le levier à main L peut osciller librement; dans le sens aller, il entraîne par un ergot G l’axe secondaire A. Ce dernier est relié à une genouillère en deux pièces B C dont le point O est fixe, qui se bloque en fin de course et ne peut être débloquée que par le choc du marteau M. Ce marteau est lui-même actionné par le mécanisme de la machine qui est le dernier à fonctionner, généralement le mécanisme d’impression. L’axe A entraîne par un très fort ressort R l’axe D qui agit directement sur le mécanisme, et en particulier sur le râteau Lt de la iîg. 6; cet axe est sollicité dans le sens retour par un faisceau de ressorts R' moins forts que R et contrôlé par un cylindre à huile H. De plus, l’axe A comporte un dispositif à cliquet semblable à celui de la figure 17. Cet ensemble de dispositions mécaniques interdit les fausses manœuvres suivantes : course brutale à l’aller aussi bien qu’au retour, course aller incomplète, retour prématuré avant que le mécanisme ait fini de fonctionner.
- et se mettant d’elle-même en addition ou en soustraction selon qu’il s’agit d’un crédit ou d’un débit.
- Nous ne pouvons nous étendre sur ces dispositils (jui relèvent plus de la mécanique générale que~du domaine particulier du calcul mécanique.
- MACHINES A TABLE DE PYTHAGORE
- Répéter l’addition, soit avec les doigts (comptomètre, calculator), soit à la manivelle, n’est pas le seul moyen d’opérer mécaniquement la multiplication. Bollée, en 1889, imagina un organe spécial, la plaque qui porte
- Fig. 18. — Enclenchement réciproque des louches au moyen de billes
- {type Moon).
- Les tiges T des touches s’enfoncent entre les billes B logées dans un canal C et ne laissant place qu’à une seule tige. IL est, de la sorte, impossible d’enfoncer une nouvelle touche tant que la précédente
- n’est pas relevée.
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- ===== 492 =............ =........:.==.v . ......
- son nom et qui permet d’efl'eetuer la multiplication directe (fig. 14).
- La plaque Bottée est construite en plantant dans une table de Pythagore des tiges de longueurs variables, chaque longueur étant proportionnelle au chiffre dont la tige occupe la place. Par exemple, sur la dernière case, qui porte le nombre 81, on plantera une tige de longueur 8 et une de longueur 1.
- On-conçoit que cette plaque, par des déplacements dans ses deux dimensions puisse venir présenter sous l’extrémité de crémaillères mobiles les tiges de longueurs convenables. La plaque étant ensuite soulevée fera avancer les crémaillères qui communiqueront leur mouvement aux roues chiffreuses. Ainsi, il ne sera plus besoin que de deux révolutions de la machine pour chaque chiffre du multiplieur; savoir une pour les tiges des unités et une pour les tiges des dizaines. La multiplication est, par suite, extrêmement rapide.
- Le principe de Bollée n’est appliqué aujourd’hui, à notre connaissance, que dans deux machines, du reste remarquables : la Millionnaire, construite en Suisse par Egli et la Moon, de Hopkins, reprise par Burrough’s aux Etats-Unis.
- Dans ces deux machines, la plaque est unique; la Moon, qui est combinée avec une machine à écrire, comporte un ensemble de combinaisons mécaniques vraiment extraordinaires. Récemment, elle a été munie d’un tambour à vingt compteurs disposés en cage d’écureuil et permettant à la machine de travailler à volonté dans vingt colonnes de chiffres différentes. Les compteurs, mobiles sont formés de piles de roues dentées qui passent
- automatiquement d’un axe sur un autre au moment de l’utilisation ! Ce sont là des dispositions comme on n’en trouve <pie dans le calcul mécanique.
- LE PRINCIPE DES TROIS MOBILES
- Une extrême abondance d’enclenchements de sécurité et de verrouillages est la caractéristique des machines modernes; ces dispositifs finissent du reste par occuper toute la place disponible, si bien qu’il est fort difficile, en ouvrant la machine, de distinguer les organes calculateurs.
- Les principaux enclenchements ont pour but de bloquer le clavier dès que le levier (ou la manivelle) est déplacé du point zéro, d’empêcher d’enfoncer à la fois certaines touches (11g. 18) ou de demander simultanément à la machine des résultats contradictoires, comme un total partiel et un total général.
- La fig. 16 met en évidence le principe « des trois mobiles » appliqué dans la plupart des machines à levier pour éviter les fausses manœuvres du levier. Cette disposition soustrait au maximum le mécanisme calculateur : crémaillères, roues dentées du compteur, dispositif d’oscillation du compteur (fig. 6) aux brutalités du dehors.
- Le principe des trois mobiles est appliqué également dans les machines du même type mues par moteurs électriques, le rythme de la machine ne dépendant, par suite, que du réglage du cylindre à huile et nullement de la vitesse du moteur. Une sécurité parfaite peut ainsi être obtenue dans le fonctionnement des organes délicats et rapides des machines à calculer.
- Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- NOUVEAUTÉS AÉRODYNAMIQUES
- APPLIQUÉES A DES AVIONS MODERNES
- Transposer immédiatement les résultats d’essais de laboratoire sur un appareil en vraie grandeur est une fructueuse méthode couramment employée en Amérique.
- La construction des avions Northrop nous en offre une illustration frappante puisque ces appareils comportent les derniers perfectionnements que la science aérodynamique vient de mettre en lumière au cours de l’année 1932.
- Deux de ces appareils du type « Gamma » sont destinés l’un au capitaine Hawks, célèbre par ses records de liaison entre différentes villes d’Amérique et d’Europe, et l’autre à la mission transantarctique Ellsworth qui doit survoler le pôle Sud ; enfin un troisième du type « Delta » doit servir de prototype d’avion postal et de transport rapide à grand rayon d’action.
- Examinons successivement sur les vues de l’appareil les points susceptibles de retenir notre attention.
- Côté groupe moto-propulseur ; remarquons tout d’abord * l’hélice à 3 pales qui absorbe mieux les vibrations que l’hélice bipale et permet une réduction du diamètre. Cette hélice est actionnée par le dernier moteur 700 ch
- Wright à refroidissement par air, compresseur et réducteur qui lui assure une grande légèreté (560 gr au ch). Ce moteur est constitué par 2 rangées de 7 cylindres en étoile décalées l’une par rapport à l’autre, formant un groupe compact de faible maître-couple; il est enveloppé d’un capot NACA spécial réduisant au minimum la résistance des ailettes de refroidissement.
- Le train d’atterrissage à jambe unique et amortisseurs à huile réalise une grande économie de résistance par rapport au train tripode de forme classique; de plus, la place disponible dans le haut des carénages peut être utilisée pour placer des réservoirs ou des bagages.
- En continuant notre inspection sur le chapitre des résistances, nous noterons que cet appareil possède, entre le fuselage et l’aile surbaissée sur laquelle il repose, un raccordement de forme spéciale qui est le fruit de longues recherches aux tunnels aérodynamiques de Pasadena et Aix-la-Chapelle.
- La question, des raccordements ou congés touche au grave problème des interactions qui est primordial en aérodynamique appliquée. On sait en effet que si on
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- Fig. 1. — L’avion Northrop gamma du capitaine Franck Ilawhs, dénommé « Sky chief ».
- (Archives de la revue VAéronautique.)
- Fig. 2. — L'avion Northrop gamma de la mission transatlantique Ellsworih.
- On remarque sur cette photographie le volet crocodile, les ailerons au-dessus de l’aile et décalés, la forme spéciale du raccordement
- du fuselage à l’aile. (Archives de la revue l’Aéronautique.)
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- Hélice tripa/e
- Large carénage du train
- Vue de face
- Aileron en dessus
- Raccordement spécial.
- Capot N A CA
- Vue en plan
- Poste de. pilotage surbaissé
- Moteur en double étoile
- Volet "Crocodile
- Vue de profil
- Caractéristiques particulières des avions « Northrop
- Fig. 3.
- associe un corps parfaitement caréné à une aile peu résistante, la résistance totale de l’ensemble peut être très supérieure à la somme des résistances partielles des deux
- éléments. On dit alors qu’il y a une mauvaise interaction entre les deux coi’ps.
- En galbant convenablement le raccordement entre l’aile et le fuselage à la fois dans la vue de face et dans la vue de profil (fig. 4) on peut, comme Fa montré le professeur Karman, annuler toute interaction nuisible. Cette solution ollre en plus l’avantage d’assurer un bon écoulement de l’air le long du fuselage et d’éviter des vibrations d’empennage qui se sont produites dans certains appareils à aile surbaissée.
- Remarquons également que, pour éviter toute saillie, le poste de pilotage dépasse très peu hors du fuselage et vient se raccorder avec la dérive, contribuant ainsi à donner à l’ensemble des lignes bien profilées.
- Considérons maintenant les caractéristiques de la voilure, nous voyons qu’elle comporte comme innovations intéressantes : le volet « Crocodile » et les ailerons au-dessus de l’aile.
- LE VOLET « CROCODILE »
- Nous savons que, pour diminuer la vitesse d’atterrissage, le constructeur d’avions peut munir ses appareils de différents dispositifs destinés à augmenter la portance des ailés.'Parmi ceux-ci on peut distinguer des solutions qui sont encore du domaine expérimental comme « les voilures tournantes »,« la surface variable »(1), et d’autres parfaitement classiques comme les volets de courbure, les ailes à fentes, le bec de ' sécurité qui ont fait leurs preuves. . . . ' '
- Le volet « Crocodile » est un perfectionnement du volet de courbure normal. Son application sur une aile consiste à séparer le bord de fuite en deux parties, l’une restant fixe, constituée par l’extrados de l’aile, et l’autre
- 1. Voir La Nature, n00 2872 du 1er janvier 1932 et 2883 du 15 juin 1932. >
- Comment on peut combattre les interactions nuisibles entre ailes et fuselage avec un bon raccordement.
- Fig. A
- '.Vue AV I VueAR
- Mauvais raccordement
- Vue AV ’ l VueARS
- Bon raccordement (forme plus allongée)
- Fig. 5. — Dispositifs augmentant la courbure et la sustentation d’un profil.
- Profil non déformé
- Volet de courbure
- Volet a fente
- Volet "Crocodile
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- (T) Profil initial
- Profil à deux fentes
- (3) Profil "Crocodile a. = 20° $=20°
- Fig. G. —• Comparaison entre une « aile à courbure et fentes » et une aile « crocodile ».
- mobile autour d’une charnière s’ouvrant comme les mâchoires d’un crocodile.
- L’avantage de cette solution est de retarder le décollement qui se forme sur l’extrados d’une aile ordinaire lorsque le volet est braqué et qui provoque une diminution de la portance.
- Sa conception s’apparente à l’aileron à fente qui crée
- Fig. 8. — Fonctionnement du volet Zap.
- P2 i—Tzr*'
- 1 Fbsition fermée
- 2 Position ouverte
- - Aile sans fente
- - Aile avec fentes ' Aile "Crocodile“
- b XU
- 4/ Z
- Fig. 7. •— Aile à courbure et fentes variables et aile « Crocodile ». Courbes unitaires des portances (coefficient 100 Cz en fonction de l’incidence i de la partie avant des ailes).
- entre l’intrados et l’extrados un courant d’air additionnel empêchant le décollement et prolongeant la courbe des portances (100 Cz) en fonction de l’incidence.
- Afin d’être renseigné sur son efficacité, il nous a paru intéressant de comparer le volet normal, le volet à fente et le volet «Crocodile» sur une même aile. Nous nous sommes servi pour cela d’une aile à fente et courbure variable étudiée personnellement en 1931 à l’Institut de Saint-Cyr.
- Cette aile (fig. 6) se compose de 5 parties : une partie
- Fig. 9. — Dimensions et positions des ailerons indépendants placés au-dessus du bord de fuite des ailes.
- Braquage différentiel -20 0 et +10°
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- = 496 —=t-t: ==r....................———
- fixe avant, deux volets A et B susceptibles de prendre les braquages a et (Ü en créant des fentes et en augmentant, la courbure générale du profil, et de deux volets auxiliaires C et D permettant la fermeture ou b' réglage des fentes. En plaçant une tôle figurant l’extrados du profil original et en braquant les volets d’intrados on réalise ainsi une aile « crocodile ».
- Les courbes unitaires de la figure 7 montrent qu’en comparant les portances maxima les volets à fentes marquent un avantage très net sur les volets « crocodile » pour les volets de grande profondeur par rapport à la corde totale du profil (braquage des volets A -f- B). Lorsque la corde du volet ne dépasse pas 30 % de la corde totale, le volet « crocodile » a un Cz maximum légèrement supérieur à celui du volet à fente.
- Avant de conclure définitivement sur les mérites des ® deux systèmes, il faudrait compléter ces essais par la mesure des moments de charnière et faire une étude constructive permettant de déterminer la solution la plus légère.
- Ajoutons que M. Zap a perfectionné le volet « crocodile » en faisant coulisser la charnière d’articulation de manière à augmenter d’une part la surface totale de l’aile, et d’autre part, à répartir le moment de charnière entre la coulisse et le point d’appui de la biellette AB sur le bord de fuite.
- AILERONS AU-DESSUS DE L’AILE
- On sait Cfue, pour incliner correctement un avion en virage, il faut créer un moment de roulis par la dissymétrie d’un système d’ailerons, lie volet crocodile, en imposant la rigidité de l’extrados au bord de fuite, ne peut permettre l’emploi des ailerons classiques; aussi le système de gauchissement ordinaire a 1 -il été remplacé par deux petites ailes fixées comme le montrent
- les photos 1 et 2 et la figure 9. 11 semble que leur action doit être assez ellieaee puisque leur surface est plutôt inférieure à celle des ailerons ordinaires; ceci s’explique par le fait que l’aile munie du volet crocodile n’atteint pas de fortes incidences et que les ailerons en dessus sont dans d’excellentes conditions de fonctionnement.
- 11 se peut également que les ailerons en dessus donnent un faible moment de giration, ce qui est une condition souhaitable pour avoir une bonne défense latérale de l’appareil.
- PERFORMANCES
- L’intérêt des solutions nouvelles appliquées sur les avions Northrop se trouve démontré par les performances exceptionnelles de ces appareils.
- L’avion « Gamma » du capitaine llawks et de la mission Ellsworth peut atteindre une vitesse maxima de 346 krn-h et atterrir, grâce à son volet crocodile, à 102 krn-h lorsque sa charge est complète et seulement à 68 km-h lorsque les réservoirs ne contiennent plus qu’une heure d’essence.
- L’écart de vitesse tout à fait remarquable est dans ces deux conditions : 3.4 et 5,1, écart de vitesse qui est dans ce dernier cas supérieur à celui de l’autogyre.
- Il faut noter de plus que ces appareils ont 4000 km de rayon d’action à la vitesse de croisière de 320 km-h
- L’avion « Delta » ayant un fuselage agrandi pour permettre d’y loger 7 passagers n’atteint que 338 km-h de vitesse maxima, mais permettra néanmoins de relier New-York à Los Angeles en 16 heures de voyage.
- Alors que l’empirisme et la routine régnent encore trop souvent, il nous a paru intéressant de signaler ces excellents résultats qui démontrent une fois de plus que tout progrès aéronautique doit s’appuyer sur de nombreux essais de laboratoire. Jean Lacaine.
- L’ABATAGE ÉLECTRIQUE DES ANIMAUX
- On a bien souvent critiqué, à tous points de vue, les transports d’animaux vivants, en bateaux et en chemins de fer, les longs voyages de [bêtes entassées, se piétinant, s’écrasant. Mal nourries, non abreuvées, elles maigrissent et perdent leurs qualités avant d’arriver à l’abattoir.
- Combien il serait plus avantageux et plus humain de tuer les bêtes dans les centres d’élevage et de transporter seulement la viande dans des wagons réfrigérés.
- Quoi qu’il en soit, il faut dans tous les cas abattre les animaux, les assommer, leur trancher nette la carotide, les saigner, selon le genre d’animal, voire le rite religieux. Cela comporte des préparatifs qu’on dit non perçus par l’animal, bien que les phénomènes de sensibilité de nos « frères inférieurs » ne soient plus à démontrer.
- Il convient donc d’abattre les animaux avec le minimum de préparatifs (qu’ils voient souvent, qu’on le veuille ou non), et la plus grande rapidité.
- En ces dernières années, on a imaginé divers pistolets
- sans balle, avec tige pénétrant au milieu du front, tuant, mais ne détériorant pas la viande (question économique). Les maires de diverses villes : Lyon, Saint-Étienne, Roanne, Dunkerque, Orange, Courthézon, etc., tout-puissants en la matière— ainsi jugé par le Conseil d’État-—les ont imposés en leurs abattoirs municipaux.
- A la Fédération des Sociétés protectrices des animaux de France et des Colonies, nous faisons tous nos efforts, en vue de ces améliorations.
- ♦ 4
- Tout récemment, on a essayé l’abatage électrique, qui provoque la perte de conscience instantanée, a-t-on dit.
- Il s’agissait là de faits anciens et relativement oubliés.
- Au 2e Congrès international d’Electrologie et de Radiologie médicale de Berne, en septembre 1902, le professeur Stéphane Leduc, de l’École de Médecine de Nantes, mon-
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- Ira — j’y étais — des faits de perte de connaissance immédiate chez des animaux, chien et lapin, soumis à des variations électriques de son invention et qui ne réagissaient plus à des sensations provoquées et normalement douloureuses.
- Le professeur Leduc employait des courants continus avec 150 à 200 intermittences à la seconde, sous une tension de 12 à 30 volts, d’une densité de 2 à 10 milliampères, la cathode à la nuque et l’anode sur la région lombaire. Il y avait ou non des convulsions, puis la respiration devenait régulière, l’animal dormait paisiblement, ou le semblait. (On verra plus loin pourquoi ces réserves).
- Plus tard, M. Leduc se lit appliquer sa propre méthode, il se sentait s’assoupir, mais ses opérateurs n’osèrent aller plus loin.
- Tout récemment, des expériences ont été faites aux abattoirs d’Orléans, puis à ceux de la Villette, avec succès, sur des porcs, et devant une nombreuse assistance, par l’inventeur d’un nouvel appareil, M. Auger, d’Olivet (Loiret). Des porcs, des veaux, des moutons, des chiens s’endormirent (ou le parurent) assez rapidement, ne réagirent pas, et furent saignés dans l’immobilité la plus complète.
- L’appareil a la forme d’une raquette de tennis. Il se branche sur le courant alternatif du secteur qui passe dans un transformateur à deux circuits séparés, sous boîtier métallique étanche et résistant.. Un manche en bois porte l’interrupteur. Boulons, écrous, lames de ressorts, laissent passer ou non le courant, par (bmx branches sépa-
- Fig. Z. — Expérience d'abatage de porcs aux abattoirs de la Villette.
- L'inventeur, M. Auger, opérant.
- Fig. 1. — L'appareil électrique de M. Auger.
- Le manche en bois (1) comporte un interrupteur (5) qui coupc le circuit des tils (3) passant dans le manche. Ces fils sont reliés à des boulons et écrous (8) qui font passer le courant dans des lames de ressort (6) pour aboutir aux électrodes (11) lesquelles portent un
- tampon d’éponge qui, humidifiée, facilite le passage du courant.
- rées qui sont appliquées de chaque coté de la nuque, sur la dépression proche des oreilles.
- Quand le courant passe, l’animal se débat parfois quelques secondes, puis s’immobilise pendant plusieurs minutes, temps plus que suffisant pour le saigner. Le contact n’a duré que quelques secondes et si l’on abandonne l’animal à lui-même, il se réveille paisiblement.
- La viande, ont déclaré les expérimentateurs, ne subit, par ce traitement, aucune altération; le sang s’écoule même avec plus de fluidité et de pureté, plus complètement. Il n’y a pas de massacre des chairs, comme avec les autres procédés d’assommage, d’écrasement, d’où économie appréciable.
- *
- * *
- J’ai exposé ces résultats à la Société de Pathologie comparée le 8 novembre 1932. Depuis, j’ai reçu la visite du Dr Hertz, chirurgien de l’hôpital Rothschild, qui est venu, non contester les faits, mais les interpréter tout différemment : il n’y aurait pas anesthésie, mais contracture, l’animal est immobilisé, ne peut bouger, mais sent. Je l’ai prié de venir à ladite Société, le 10 janvier 1933, nous exposer ses vues et ses expériences qui datent de 1925 et dont aucune actualité n’avait justifié, nous dit-il, la publication jusqu’ici.
- M. Hertz se base d’abord sur les dires mêmes du professeur Leduc qui sentit et décrivit tous les contacts qu’on lui fit subir. Puis M. Hertz essaya les cou-
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- rants de Leduc sur diverses personnes, hommes et femmes, qui sans réagir aux opérations subies et nécessaires, purent dire ensuite tout ce qu’ils avaient ressenti, pendant qu’ils restaient immobiles.
- Le problème se posa alors du phénomène organique produit : contracture ou anesthésie électrique ? D’après les expériences de M. Hertz, avec les courants de Leduc, la première seule existerait, et pas l’autre.
- Une discussion suivit à la Société de Pathologie comparée. On peut différencier les courants continus à fréquentes interruptions de Leduc, des courants alternatifs actuellement employés et ayant servi aux abattoirs d’Orléans et de la Villette, Paris.
- M. Auger me dit qu’il a bien paru à des vétérinaires présents qu’il y avait d’abord un peu de tétanisation, mais qu’ils avaient vite constaté que les animaux redevenaient souples, tout en continuant de dormir, de ne pas réagir.
- A mon sens, l’anesthésie électrique existe, et s’est souvent manifestée chez des électrocutés accidentels. Le professeur d’Arsonval a prouvé que les accidents électriques se produisaient de deux manières : électro-lyse et destruction, inhibition ou arrêt nerveux. Les mouvements ne prouvent rien, car Humphry Davy, en 1807, sur le pendu Uhr bien mort, avec 2400 éléments de Volta, fit se remuer violemment les membres du cadavre. Les accidentés électriques se réveillent — évidemment, ceux qui ne sont pas tués — sans le moindre souvenir, souvent.
- En 1893, sur la ligne de Paris-Saint-Denis, 3500 volts passèrent dans la cuisse d’un ouvrier, pendant une heure;
- ramené à la vie par la respiration artificielle (on traite un électrocuté comme un noyé), il ne se souvint de rien.
- Mon confrère américain, le Dr Spilka, m’envoyait en 1907 une étude sur les divers procédés de mort utilisés dans les divers Etats de l’Amérique du Nord, états à législation différente, et concluait que l’électroeution était le procédé le plus indolore, incomplet sur le moment mais provoquant une syncope immédiate que l’on pouvait transformer en mort réelle, par la prolongation du passage du courant.
- L’anesthésie électrique existe donc réellement. Est-elle déterminée, facile à produire, mathématiquement, systématiquement ? Tel est le problème à résoudre, les expériences sont difficiles, mais les zoophiles ont déjà quelque peu satisfaction de l’abatage électrique récent : on n’y a pas la vue des souffrances éprouvées, parce que non manifestées (cela ne leur subit évidemment pas) — et au point de vue économique, nulle détérioration, nulle perte de sang : les vaisseaux raidis et béants le laissent s’écouler jusqu’à la dernière goutte et on obtient une viande nette et propre.
- En mettant, si j’ose dire, les choses au pire, l’habileté et la rapidité du tueur gagneront encore et diminueront, la souffrance, si souffrance il y a, quoique non visible, supprimeront l’immobilisation souvent difficile et angoissante pour l’animal.
- Mais il faut chercher encore pour être sûr de l’abolition totale de la douleur dans l’abatage, quel qu’il soit, et électrique (on me l’affirme de Londres) en particulier.
- Dr Foveau de Couhmelles.
- L’AMENAGEMENT HYDRAULIQUE DE LA VALLÉE DU MOYEN NIGER
- Réduit à ses cléments fondamentaux, le jaroblème de l’aménagement du Moyen Niger paraît simple : un fleuve abondant, le Niger, présente dans son cours moyen et en bordure du désert un véritable delta de 100 000 km2, que sa crue annuelle envahit et dont on ne tire à peu près rien jusqu’à présent. Il s’agit d’aménager cette zone deltaïque ainsi que la région située immédiatement en amont, de façon à lui assurer, grâce à des barrages et à des canaux, une irrigation régulière qui permettra de la transformer en un vaste champ de cultures tropicales, au premier rang desquelles se placeront le riz et le coton.
- Programme grandiose, qui suscite beaucoup d’espérances, et dont on a amorcé la réalisation en ouvrant dès 1929 le canal de Sotuba. De nouveaux travaux, plus importants, ont été entrepris depuis. Examinons de plus près dans quelles conditions l’œuvre se présente et quelles possibilités elle offre à la colonisation.
- LE PAYS
- La sécheresse est le fléau de cette écharpe de terres africaines qui s’étend de l’Atlantique à la mer Rouge,
- entre le désert et le pays forestier. Des hivernages trop peu humides provoquent des famines terribles : celle de 1902, celle de 1913-14 firent périr au minimum plusieurs centaines de milliers d’habitants. Moins grave, celle de 1926 ruina la production.
- L’ensemble du Soudan français jouit d’un climat continental, à fortes amplitudes thermiques (+ 7° et -j- 46°), mais la saison des pluies se raccourcit du sud au nord et permet de distinguer, dans la zone du Moyen Niger, c’est-à-dire du 12e au 16e degré lat. N., trois variétés climatiques. De Bamako à Sansanding, où pousse le karité, la hauteur des pluies atteint 1 m et celles-ci tombent de mai à novembre. De Sansanding au sud du Farinaké s’étend la savane à baobab, qui reçoit 0 m 75 de pluies et où les récoltes deviennent aléatoires. Enfin dans le Sahel, la pluie (25 cm par an) tombe en bouquet d’orages stridents, de juin à octobre; la culture du gros mil (sorgho) est seule possible, mais c’est surtout un pays d’élevage, où les troupeaux des nomades mangent les graminées rigides qui poussent parmi les arbustes épineux, les gommiers et les mimosées. Pendant
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- la saison sèche, Y harmattan, puissant vent du N.-E., souille et crevasse rapidement le sol, accentuant les effets de la sécheresse et mettant en péril les récoltes privées d’eau.
- Dans ce pays assoiffé, le Niger apporte la vie. Avec la steppe et le ciel, il est l’un des trois éléments du paysage soudanais. Eguerriou ! (la mer) : c’est ainsi que le désignent les Touareg arrivant sur ses bords. Vu du plateau de Koulouba qui domine la ville de Bamako et qui, avec le palais du Gouverneur et les bâtiments officiels, prend ligure d’acropole, le Niger, apparaît comme l’artère royale du Soudan. Les voyageurs ont célébré sa beauté : il faut le voir à l’aurore, lorsque les brumes irisées laissent apparaître par places les rideaux d’arbres où les vols d’aigrettes blanches posaient autrefois tant de flocons de neige. Les Bosos et les Somonos — population de pêcheurs et de bateliers qui vivent du fleuve — sont aux aguets dans leurs petites barques, parmi les roseaux. Au crépuscule, des symphonies de couleurs étranges envahissent la vallée, que les peintres ont tenté d’évoquer sur leurs toiles.
- Le Niger présente deux aspects très différents dans son cours moyen. Jusqu’à Sansanding, il coule dans un lit unique et sa pente, très forte entre Bamako et Kouli-koro (près d’un demi-mètre par km), s’affaiblit progressivement. Puis il se divise en plusieurs bras, à travers des plaines basses, au modelé confus, véritable Mésopotamie que la photographie aérienne vient de faire connaître d’une façon précise. Tandis que dans la
- Fig. 2. —
- Fig. 1. — Pirogue sur le lac de Korienza, région deltaïque de Soudan (Pli. Agence économique de l’A. O. F.).
- zone prédeltaïque, le Niger coule au fond du talweg, dans la zone du delta, il coule au flanc d’une vallée dont la pente s’abaisse lentement et régulièrement vers le nord, rendant beaucoup plus aisée l’irrigation par gravitation.
- Trois bras se détachent du lit principal sur la rive gauche :l’un se dirige vers le Sahel, un autre va se perdre dans le Macina, enfin le marigot de Diaka aboutit au lac Debo. C’est ce delta que le Niger inonde chaque année.
- La crue débute en juin à Bamako et se propage assez
- Troupeau au bord du lac Debo (Delta nigérien). (Pli. Agence économique de l’A. O. F.).
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- lentement vers l’aval. Le fleuve sort de son lit en août à Mopti. Le maximum est atteint vers le 1er novembre en face du lac Debo. Pendant plusieurs mois, la zone deltaïque comprise entre Sansanding et le lac Debo est couverte d’eau. Les pâturages de borgou et de riz sau-
- Fig. 4. — Delta central nigérien.
- Plan des irrigations d’après M. Belime.
- vage que paissent les troupeaux durant la saison sèche sont submergés. Le Niger roule alors d’énormes quantités d’eau : à Kouli-koro, l’échelle des crues a donné en octobre 1925 une hauteur de 8 m 25, pour un débit évalué à plus de 10 000 m '. Puis la décrue commence, le pays est libéré en mars au plus tard. On se rend compte de l’intérêt qu’il y aurait à régulariser et à canaliser les eaux de crue pour assurer l’irrigation de la région. Chose remarquable : la pé-j'iode de crue du Niger coïncide avec les cycles culturaux des plantes susceptibles d’être cultivées en irriguant le delta. C’est ainsi que la culture du coton commence au milieu de juin et se termine au plus tard en février, les arrosages s’étendant sur 7 mois au maximum et se terminant un mois avant la dernière cueillette. Or c’est également de juin à janvier que le fleuve a ses hautes eaux.
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- Le pays irrigable est formé par des terrains d’alluvions, semés çà et là de quelques buttes de grès anciens. Ces alluvions, sables, argiles fines et masses de latérite, donnent des terres compactes, peu fissurées, où les racines des plantes pénètrent très difficilement au-dessous du sol remué par la houe ou la charrue. Ils sont recouverts par des dépôts éoliens qui atteignent au plus 10 à 15 cm d’épaisseur à l’origine du delta. Ces terrains sont naturellement peu fertiles et on ne peut pas compter, pour les enrichir, sur l’apport des limons du Niger, pourtant riches en azote. Le fleuve du Soudan contient en effet très peu de sédiments : 107 gr par mètre cube d’eau au maximum, au début de la crue contre 1050 gr par mètre cube d’eau pour le Nil. L’engrais, et surtout le fumier de ferme, devra donc jouer un grand rôle dans la mise en valeur de la contrée : d’où la nécessité d’associer étroitement l’élevage à l’agriculture. Cette faible teneur en alluvions a toutefois une conséquence heureuse : l’envasement des canaux, même établis à très faible pente n’est pas à craindre, comme dans l’Inde ou en Égypte.
- L’exploitation du sol se heurte à une autre difficulté : la rareté de la main-d’œuvre. Le Soudan est l’une des moins peuplées de nos colonies de l’A. O. F. : la densité n’est que de 3 habitants au km2. Elle varie de 4 à 10 le long de la vallée du Moyen Niger. Cette population rx’est qu’un débris : au xixe siècle elle fut décimée par les razzias des nomades, les empires soudanais que nous dûmes détruire n’étant avant tout que des entreprises de traite. Les famines ont périodiquement causé de grands ravages. Peu nombreuse, la main-d’œuvre du Niger est en outre fragile. Sous-alimentée, elle résiste mal aux maladies épidémiques. L’hygiène demeure encore peu répandue, malgré les progrès réalisés, et la mortalité infantile est évaluée à 60 pour 100. Enfin toute l’éducation agricole des indigènes reste à faire. Les
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- nègres n’emploient d’eux-mêmes ni la charrue ni les animaux de trait. Ils utilisent à toutes fins une courte houe triangulaire, bonne tout au plus à gratter le sol. Pas de fumures, sauf les ordures amassées autour des villages. Plusieurs récoltes se succèdent sur le même terrain, qu’on laisse ensuite en friche pendant quelques années, afin qu’il retrouvq sa fertilité. C’est ainsi que, dans la zone prédeltaïque et le delta, on cultive les céréales : millet, sorgho, riz et maïs, qui forment l’essentiel de l’alimentation indigène. On rencontre aussi, en cultures intercalaires le plus souvent, l’arachide et le coton, mais le rendement est faible et la récolte incertaine.
- Telles sont les conditions qu'offre le Moyen Niger à un aménagement rationnel. A côté d’éléments favorables, la mise en valeur de cette partie du Soudan rencontre, on le voit, de sérieuses difficultés, qui tiennent moins à la nature qu’aux hommes.
- LES PROJETS D’AMÉNAGEMENT
- Dès que l’occupation du Soudan fut achevée, on se rendit compte de l’importance que pouvait avoir l’irrigation par les eaux du Niger. En 1903, Favard proposait la création d’un barrage en aval de Tombouctou. Puis l’attention se porta vers le delta : Périquet publia un rapport sur l’irrigation de la région du lac Debo. En 1910-11 la mission Ilardel préconisa de grands travaux dans le Macina et en particulier la mise en valeur de la zone située au débouché du marigot de Diaka.
- C’est en 1920 que l’ingénieur général Belime, promoteur des travaux actuels, mit au point un avant-projet d’aménagement de la vallée du Moyen Niger. Il suggérait la création de deux systèmes hydrauliques indépendants.
- Le premier, alimenté par un barrage situé entre Bamako et Koulikoro permettrait l’irrigation de la zone deltaïque par le canal de Nyamina sur la rive gauche et le canal de Ségou sur la rive droite. Le moyen Bani, affluent du Niger, aurait été aménagé dans son lit majeur, de façon à arroser une bande de 10 km de large découpée en casiers endigués, tandis qu’une plaine alluviale aurait été gagnée à la culture sur sa rive droite. Le second système hydraulique intéressait la zone deltaïque : un bar-
- Flatter,
- MTenon,
- Marceau
- Fig. 5. — Plan d'ensemble du canal expérimental de Sotuba.
- rage, construit près de Sansanding, rendrait possible l’irrigation du Sahel, du Macina, tandis que le canal de Djenné arroserait la région du Bani inférieur. Quant à la zone lacustre du Débo qui s’étend au nord-estdu delta, on prévoyait son assèchement partiel. — Au total, 1 850 000 hectares fertilisés, dont 540 000 destinés au coton, 335 000 au riz et autant aux légumineuses ainsi qu’à l’élevage.
- L’exécution de ce programme considérable aurait coûté cher. Il convenait, d’autre part, de compléter les renseignements, encore très fragmentaires, que l’on possédait sur la région à mettre en valeur. Les études poursuivies pendant plusieurs années ont abouti à d’intéressants résultats. On pense que le delta du Niger
- Fig. 6. — Canal de Sotuba.
- Les ouvrages de prise d’eau au centre et les vannes à sable à gauche. (Pli. Agence économique de l’A. O. F.).
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- Fig. 7. — Prise d’eau du canal de Sotuba.
- Le barrage des Aigrettes, près de Bamako. (Pli. Agence économique de l’A. O. F.)
- a poussé autrefois ses branches jusqu’au fond de la cuvette du Djouf, aujourd’hui en. plein désert. Puis le Niger soudanais ou Djoliba aurait été capturé par une branche du Niger de la Nigeria qui par la coupure de Tosaye aurait soutiré ses eaux, dessinant désormais l’immense boucle actuelle. On a la preuve que par la
- Fig. 8. — Plaine de Baguineda.
- Un canal distributeur alimenté par le canal de Sotuba.
- (Pli. Agence économique de l’A. O. F.)
- suite le delta vif du Niger soudanais s’est rétréci. Poussés par l’harmattan, les sables ont envahi le nord de la zone deltaïque, où le lac Faguibine sert encore de témoin. Les branches du fleuve ont été isolées du lit principal par des bourrele ts sableux et son t devenues des bras morts ; c’est ainsi que le Falla de Molodo, futur canal du Sahel, ne reçoit plus la crue du Niger qu’au moment des très hautes eaux, où le Ilot parvient à écrêter le sommet de la berge qui le sépare du lit actuel. Les plaines que parcourent ces défluents, autrefois fertiles, ont été peu à peu abandonnées par leurs population à mesure que le des sèchement s’étendait.
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- Les enquêtes, les relevés topographiques effectués depuis 1920 ont amené à penser que le delta devait être équipé le premier. C’est pourquoi le plan définitif d’aménagement de M. Belime, plus modeste et mieux étudié que l’avant-projet, se préoccupe surtout de la mise en valeur de la zone deltaïque, sans renoncer complètement à celle de la zone prédeltaïque.
- Il s’agit, d’une part, de protéger le delta vif contre les crues qui l’envahissent et d’autre part, de capter, d’amener et de distribuer les eaux du Niger dans les parties irrigables. Pour assurer la protection du Macina, dont les cultures sont fréquemment détruites ou compromises par l’inondation annuelle, de puissantes digues insub
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- mersibles, larges de 8 à 10 m, longeront la rive gauche du Niger ainsi que les rives du marigot de Diaka. De multiples canaux de drainage, utilisant les thalwegs naturels régularisés, évacueront les eaux de pluie et les excédents de l’irrigation. Celle-ci se fera à l’aide des bras morts actuels, convenablement aménagés pour un débit de 150 m5-sec : par le Falla de Molodo, délluent du Sahel, les eaux pourront gagner le pays de Kala, le Kouroumari, le Fari-maké et le Méma. Le délluent de Sansanding, divisé en deux branches, ira arroser le Karéri et le .Marina. Les terrassements nécessaires sont évalués à 15 millions de m". Au total, un million d’hectares seront rendus à la culture. Dans le vaste triangle aménagé ne subsisteront plus à l’état primitif que deux régions en lorme d’amande : le Kokéri et le pays de Sananga.
- 11 n’est malheureusement pas possible d’alimenter les défluents en eau sans construire un ouvrage de retenue. Ce sera le rôle du barrage de Diamarabougou, dont l’emplacement se trouve près de Sansanding. 11 aura une largeur de 1227 m, barrant complètement le Niger en un point où une épaisse lentille de conglomérats ferrugineux permet d’asseoir solidement la partie centrale de l’ouvrage. Il sera composé de 65 pertuis de 15 m d’ouverture, séparés par des piles-culées de 5 m d’épaisseur Chaque pertuis sera fermé par une vanne mobile qu’on pourra relever plus ou moins au moment des crues. Des échelles à poissons ont été prévues aux deux extrémités de la passe centrale. Les communications entre les deux rives du fleuve seront assurées par un pont-route de 5 m de large, prenant appui sur les piles du barrage. Un canal de navigation d’une largeur de 8 km, creusé sur la rive droite, permettra aux bateaux de contourner l’obstacle et réunira les deux biefs navigables du Niger.
- A deux km en amont du barrage et sur la rive gauche sera placée la tête du canal adducteur, large de 100 m au plafond, débitant 300 nr' et rejoignant les défluents du Sahel
- 1
- et de Sansanding par une pente de : ——r— •
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- LES TRAVAUX EFFECTUÉS
- Dès 1925 furent entrepris à titre d’essai les premiers travaux comportant la construction d’un barrage et d’un canal près de Bamako ainsi que l’endiguement du haut-Macina.
- Le barrage de dérivation est établi en un point où le Niger est divisé en plusieurs bras par des îles rocheuses. Il est formé de deux parties fermant le chenal de Damanda et celui des Aigrettes, et d’un tenon intermédiaire obturant l’étroit passage qui traverse l’île Flatters. Placés à l’extrémité sud du barrage des Aigrettes, quatre pertuis servent à évacuer les sables qui s’accumulent en amont et risqueraient d’engraver le lit du fleuve.
- Fi (j. 9. — Le barrage de Damanda terminé. (Ph. Agence économique de l’A. O. F.)
- Le canal de Sotuba destiné à l’irrigation de 6000 ha est alimenté par une prise d’eau située près des vannes à sable. Long de 27 km, il suit la vallée du Niger protégée par de hautes digues. Son débit est de 10 nr1 à la seconde; il mesure 16 m 50 au plafond et a une profondeur de 1 m 50. L’arrosage des plaines de Baguineda et de Sou-dougou s’effectue grâce à des canaux secondaires de distribution.
- Mais ce n’est là qu’un des buts visés par les constructeurs : le canal de Sotuba est l’amorce du grand canal de Ségou que préconisait l’avant-projet de 1920 et il a été construit de façon à être élargi facilement. D’autre part son tracé a été établi sans qu’aucune courbe ait un rayon inférieur à 500 m : prolongé de 15 km, il servira de canal de navigation en contournant ]’obstacle
- Fig. 10. — Vn village de colonisation. (Ph. Agence économique de l'A. O. F.)
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- des rapides du Niger à Sotuba. C’est enfin dans cette zone à pente forte qu’il sera équipé pour fournir à la région la force hydro-électrique.
- Ces premiers travaux ont en outre l’avantage de donner une idée du prix de revient et du temps nécessaire à un aménagement plus considérable. L’ensemble a coûté 18 millions de francs. Les barrages ont été faits en 112 jours, grâce à 1200 travailleurs indigènes et à une vingtaine d’Européens. Un matériel puissant avait été mis à la disposition des chantiers : locoinobiles, concasseurs, pistolets de forage, canons à ciment pour les enduits, etc. Le creusement du canal a été réalisé pendant les saisons sèches de 1920, 27 et 28, grâce à 3000 travailleurs. L’état sanitaire a été excellent et le pourcentage de décès dans la main-d’œuvre inférieur à celui des indigènes vivant dans leurs villages.
- L’endiguement de la rive gauche du Niger ayant pour but de soustraire aux dangers de l’inondation la région du haut Macina n’a commencé qu’à la fin de 1927 et se poursuit encore à l’heure actuelle. 11 s’agit d’édifier une digue de 10 m de large et s’élevant à 1 m au-dessus des plus fortes crues.
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- Devant la réussite de ces travaux, on a décidé dès 1929 de réaliser l’essentiel du projet définitif de M. Be-lime, c’est-à-dire l’irrigation du delta. Sur l’emprunt colonial autorisé par la loi du 22 février 1931, l’aménagement hydraulique du Moyen Niger figure pour 300 millions, dont 180 millions pour la construction du barrage de Diamarabougou, près de Sansanding. Afin de centraliser les efforts, un Office du Niger a été créé en 1930. 11 a son siège à Ségou et comprend plusieurs sections : il s’occupe de l’exécution des projets d’irrigation, contrôle les travaux agricoles, dirige l’amélioration de l’élevage et se charge de recruter et de fixer les colons indigènes sur les terres arrosées.
- Les travaux vont commencer incessamment, et un délai de 7 ou 8 années est prévu pour leur exécution.
- Fig. 11. — Ferme de Banankoro. Coton irrigué. (Pli. Agence économique de l’A. O. F.)
- La superficie irriguée sera d’abord de 150 000 ha, puis de 250 000 ha lorsque tout le réseau adducteur aura été réalisé.
- Pour assurer le ravitaillement des chantiers et hâter la mise en valeur, une voie ferrée est nécessaire. Celle qui vient du Sénégal s’arrête à Koulikoro et avant qu’elle soit prolongée sur Ségou, la voie de la Côte d’ivoire desservira déjà le Moyen Niger : venant de Bingerville, le rail qui devait être seulement poussé jusqu’au bassin du Bani aboutira à Ségou.
- LES ESSAIS AGRICOLES
- 1 ous ces travaux d’hydraulique seraient vains si l’indigène se révélait incapable de s’en servir. D’où les multiples essais faits depuis 30 ans, afin de savoir si les noirs du Soudan, habitués à la culture extensive, peuvent s’adapter aux pratiques de la culture intensive née de l’irrigation.
- On avait placé de grands espoirs dans les écoles d’agriculture et les fermes-écoles. On s’est aperçu qu’une fois sorti de ces établissements le jeune indigène, revenu dans son village, au milieu de gens ayant gardé les vieux usages, souvent se remettait peu à peu à faire comme eux.
- Aujourd’hui on a adopté le système du village de colonisation indigène. L’expérience a débuté en 192*4 à Niénébalé, près de Koulikoro. Un certain nombre de familles travaillent sous le contrôle discret de quelques Européens. Les résultats ont été très satisfaisants, et ces familles ont abandonné leurs anciens villages pour se fixer sur les terres qui leur ont été concédées à Niénébalé. Cette x'éussite a facilité le peuplement des terres irriguées par le canal de Sotuba où, dès 1930, quatre villages de colonisation ont pu être créés, avec leurs rues bordées de manguiers, leurs maisons de briques et leurs champs de mil, d’arachides et de coton.
- *
- * *
- Que peut-on attendre de l’aménagement en cours ?
- D’abord, du coton. Les premières études ont été entreprises en 1898 sous la direction du général de Trenti-nian. Puis on a multiplié les tentatives en vue d’améliorer la culture en terre sèche du coton indigène, en attendant la possibilité d’irriguer. Depuis 1903, Y Association cotonnière coloniale a encouragé les semis de variétés américaines. Mais si 14 usines d’égrenage et 36 usines privées traitent la récolte (4000 t exportées en 1930), les résultats n’ont pas répondu complètement aux espoirs conçus, car les nègres n’ont pas su s’adapter d’eux-mêmes aux variétés nouvelles plus fragiles.
- On a alors organisé un Service agronomique du coton, longtemps dirigé par un spécialiste américain, le DrForbes, afin de connaître les meilleures variétés à cultiver au Soudan. D’une façon générale la longueur des fibres diminue du nord au sud à mesure que l’humidité augmênte et on passe de brins de 32 mm à des brins de 20 mm. U Allen américain, originaire de la Caroline, paraît convenir à la région qui s’étend de Bamako à Mopti, tandis que plus au nord le Durango et le Big Bull laissent pré-
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- voir de plus belles fibres. Des stations d’essai ont été créées à Barrankoro et à Diafarabé pour la culture cotonnière en terre irriguée et on pense obtenir un rendement de 800 à 900 kg à l’ha.
- Plante épuisante, le cotonnier ne pourra revenir que tous les 3 ou 4 ans dans l’assolement des terrains arrosés. Comparé à l’Indo-Chine qui donne un coton à fibre courte et cassante comme celui de l’Inde, à Madagascar où tout est encore à faire, à l’Afrique du Nord dont les récoltes sont très irrégulières, le Moyen Niger apparaît à l’heure actuelle comme la région coloniale la plus favorable à une grosse production. Mais quel appoint pourra-t-il fournir à la métropole qui consomme en moyenne 300 000 t par an ? 11 semble que lorsque /’aménagement sera complet, culture sèche et culture irriguée pourront fournir 70 000 t de coton.
- Le riz occupera autant de place que le textile. On espère que le Macina deviendra le grenier de l’A. O. F. qui actuellement importe de 30 000 à 40 000 t de cette céréale. Le sol des rizières sera enrichi grâce aux engrais verts et en particulier au Crotalaria juncea utilisé dans le delta indou du Godavery. En sélectionnant à Diafarabé variétés de l’Inde et variétés locales, on a obtenu 3 t de paddy en moyenne à l’hectare.
- L’élevage jouera un grand rôle dans la mise en valeur du pays, apportant l’engrais nécessaire et permettant de mieux alimenter la population qui manque d’azote. Le troupeau bovin, formé surtout de zébus, décimé par les épizooties, a besoin d’être régénéré et si l’effort entrepris réussit, on peut espérer que le Moyen Niger deviendra le fournisseur de viande du sud de l’A. O. F. à qui la chaleur, l’humidité et la mouche tsé-tsé interdisent l’élevage. Dès avant guerre, une bergerie installée à Niafunké entreprit l’amélioration du troupeau ovin :
- Fig. 12. — Ferme de Niénébalê. Une rizière irriguée. (Ph. Agence économique de l’A. O. F.)
- si le damane ou mouton à poil présente peu d’intérêt, le mouton à laine du Macina, croisé avec des mérinos d’Espagne et d’Algérie, peut donner une bonne laine.
- L’équipement de cette région fournira du coton à la métropole et développera en même temps les cultures de céréales et l’élevage propres à mettre les habitants à l’abri des famines. Ainsi se trouvent heureusement associées deux formules coloniales qui trop souvent s’opposent : celle de l’équipement en vue des produits d’exportation et celle des cultures vivrières et des échanges locaux; celle des grands travaux et celle des «petits paquets »; celle qui considère l’Afrique comme le chantier et le marché de l’Europe et celle qui s’efforce d’organiser les Afriques indigènes.
- Maurice Debksse.
- RADIOGRAPHIE DES PIÈCES MÉTALLIQUES
- AU MOYEN DE SUBSTANCES RADIOACTIVES
- L’une des propriétés les plus intéressantes des rayons X, en ce qui concerne leurs applications, est celle qu’ils possèdent de traverser des corps opaques pour la lumière ordinaire. Ce pouvoir de pénétration varie beaucoup avec la nature de la substance interposée sur le faisceau des rayons X. Il diminue à mesure que croît la masse atomique des éléments qui constituent cette substance; de plus les rayons X éprouvent un affaiblissement d’autant plus grand que, toute autre chose égale, l’épaisseur traversée est plus considérable. Si donc les rayons X se propagent à travers un corps dont la structure est hétérogène, l’affaiblissement qu’ils éprouvent varie avec la constitution et avec l’épaisseur des parties traversées. Reçus ensuite sur un écran de platino-cyanure de baryum ou sur une plaque photographique, ils permettent de voir par radioscopie ou d’enregistrer par radiographie de très intéressants détails sur la structure du corps
- examiné. On sait quels services les examens radiologiques par les.rayons X ont rendus et rendent chaque jour en médecine.
- Pour l’examen de pièces métalliques composées généralement d’éléments lourds et de masse atomique élevée, il a fallu disposer d’ampoules à rayons X fournissant des rayons de grand pouvoir pénétrant et d’intensité élevée. Or les rayons X sont d’autant plus pénétrants que leur longueur d’onde est plus courte, et celle-ci décroît à mesure qu’augmente la tension appliquée aux bornes de l’ampoule; on est allé très loin dans cette voie et on possède aujourd’hui des ampoules à rayons X du type Coolidge (x) fonctionnant sous des tensions de l’ordre
- 1. Rappelons qu’une ampoule Coolidge comprend une cathode constituée par un fil de tungstène porté à l’incandescence par le courant d’un accumulateur et qui, comme tous les corps incandescents, est le siège d’une émission d’électrons d’autant plus intense que la tempéra-
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- de 400 000 volts et traversées par des courants de 2 à 3 milliampères. Dans ces conditions, les rayons X émis sont à la fois très intenses et très pénétrants; ils conviennent parfaitement pour l’examen des pièces métalliques.
- Une technique s’est créée il y a une dizaine d’années sous le nom de radiométallographie qui permet d’enregistrer par radiographie les moindres défauts dans les masses métalliques. Dans bien des cas, la radiométallo-
- Fig. 1. — Tube à rayons X de M. Holweck à potentiels échelonnés, fonctionnant sous 300 000 volts.
- graphie fournit des renseignements du plus grand intérêt qu’il serait absolument impossible d’obtenir par d’autres procédés : c’est ainsi qu’elle permet de contrôler une pièce usinée, de vérifier un montage, d’apprécier
- ture du filament est plus élevée. Ces électrons sont accélérés par une différence de potentiel considérable établie entre la cathode, et une anticathode également en tungstène qu’ils vont bombarder, leur vitesse étant d’autant plus grande que la différence de potentiel mise en œuvre est plus élevée. L’anticathode frappée par les électrons émet des rayons X d’autant plus pénétrants que la vitesse des électrons est plus grande et que la différence de potentiel utilisée pour les accélérer est plus élevée.
- un procédé de fonderie ou d’étamage, sans qu’il soit nécessaire de procéder sur la pièce à aucune attaque ni aucun prélèvement.
- A l’heure actuelle, il existe des laboratoires de radio-métallograpliie dans les usines métallurgiques les plus importantes. Comme source de rayons X on peut employer un tube Coolidge ordinaire à enveloppe de verre; mais sous les énormes tensions qui sont utilisées, il se produit autour de l’ampoule un champ électrique considérable qui nécessite de la part des opérateurs beaucoup de précautions, et qui oblige à disposer à 1. m au moins de l’ampoule les pièces à radiographier. Les tulies à enveloppe métallique (x) mis au point par M. Holweck ne présentent pas cet inconvénient, la partie centrale de ces tubes réunie au sol sert à la fois de protection contre la haute tension et contre les rayons parasites. Avec de tels tubes on peut diminuer la distance entre l’ampoule et l’objet à radiographier, ce qui permet une réduction du temps de pose. M. Holweck a ainsi obtenu la radiographie d’un moteur à courant continu à carcasse de fonte avec un temps de pose d’un tiers de seconde, ce qui correspond pratiquement à une pose instantanée, en utilisant un courant de 3 milliampères et une tension continue de 300 000 volts appliquée en deux étages (fig. 1).
- L’emploi des rayons X pour la radiométal-lographie de pièces importantes, s’il peut être considéré comme parfait au point de vue des résultats obtenus, présente cependant un inconvénient : il nécessite, comme on s'en rendra compte par l’examen des figures 2 et 3, des installations très compliquées, très volumineuses, dillicilement transportables et impossibles à monter en plein air. Les examens ra-diométallographiques ne peuvent être effectués que dans des laboratoires munis d’un outillage électrique et mécanique puissant, et par suite dont l’installation et l’entretien comportent des dépenses élevées. De tels laboratoires tendront
- 1. M. Holweck a émis en 1923 l’idée très féconde d’utiliser, pour la réalisation de tubes à haut potentiel, une succession d’échelons de tension imposant une répartition convenable du potentiel. Cette idée a été utilisée depuis en Amérique, notamment par Coolidge qui a réalisé, en 1927, un tube à rayons cathodiques fonctionnant sur deux ou trois étages de tension, mais dans le mode de construction employé par les Américains le faisceau d’électrons est obligé, pour être accéléré par la totalité de la différence de potentiel, de parcourir un long chemin, atteignant 1 m ou plus, ce qui rend dii-ûcile la concentration des électrons. Dans le modèle de M. Holweck, le faisceau ne parcourt pas beaucoup plus de chemin que dans un tube ordinaire (quelques cm). L’appareil se compose de deux étages séparés par un diaphragme métallique central et épais faisant partie de la pièce de protection. Ce diaphragme sépare le tube en deux branches dans lesquelles on fait simultanément le vide par une pompe moléculaire hélicoïdale spécialement étudiée pour avoir un grand débit sous basse pression. Les pièces isolantes qui entourent complètement les électrodes sont en silice fondue. L’anode est re froidie par un courant de pétrole mis en mouvement par une pompe de circulation elle-même refroidie par de l’eau.
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- de plus en plus à constituer des organismes subventionnés par un groupe d’industries métallurgiques, examinant les pièces qu’on leur apporte; c’est seulement à cette condition qu’on peut espérer amortir les frais considérables d’installation.
- LA RADIOGRAPHIE PAR RAYONS GAMMA
- Mais il existe un rayonnement électromagnétique de môme nature que les rayons X, comme lui très pénétrant et de longueur d’onde encore plus courte, c’est celui qui est constitué par les rayons y des substances radioactives; il pourrait donc être substitué aux rayons X pour l’obtention des radiographies.
- Mme Curie a signalé il y a déjà longtemps que, par l’emploi des rayons y, l’installation nécessaire à la radiologie médicale serait réduite à sa plus simple expression : une plaque photographique enveloppée de papier noir placée au-dessous de la région à examiner, et un tube à radium disposé au-dessus. Il était naturel de songer à mettre en œuvre les mêmes rayons pour la radiométallographie.
- Dès 1925, MM. Laborde et Pilon en France réussirent à prendre la radiographie d’une turbine de paquebot avariée en utilisant les rayons y émis par 750 mg de radium, et l’essai effectué fut très encourageant. Mais c’est au cours de l’année 1931 que Robert F. Mehl et ses collaborateurs ont mis au point, aux Etats-Unis, dans tous ses détails, la technique de la radiométallographie par rayons y, indiqué les conditions de son emploi et précisé les résultats qu’elle est susceptible de fournir. Une étude analogue a été reprise à l’Institut du radium à Paris par M. Regnier qui a confirmé et étendu les résultats obtenus en Amérique.
- Comme source de rayons y on peut prendre une ampoule renfermant un élément radioactif quelconque. Pratiquement, les seuls que l’on puisse mettre en œuvre sont : le radium, le mésothorium et l’émanation du radium ou radon. On disposera de part et d’autre de la pièce à radiographier l’ampoule et le châssis porte-film contenant le film sensible et un écran renforçateur destiné à accroître l’intensité de l’impression radiographique. La quantité de substance radioactive nécessaire dépend évidemment de la nature et de l’épaisseur de la pièce à radiographier, de la distance à laquelle est placée l’ampoule et du temps de pose envisagé.
- Le tableau suivant que nous empruntons à une étude de M. Holweck donne les quantités de radium nécessaires pour obtenir une bonne radiographie en une nuit (15 heures), l’écran renforçateur étant constitué par deux minces feuilles de plomb placées de part et d’autre d’un film radiographique à double couche (voir le tableau page suivantej.
- On voit que la quantité de radium nécessaire pour radiographier en une nuit des pièces métalliques croît rapidement avec leur épaisseur : tandis qu’à travers 10 cm de fer on peut obtenir une bonne radiographie avec 250 mg de radium, il en faut 1,185 g quand l’épaisseur
- Fig. 2. — Installation de l’ensemble du tube à rayons X de M. Holweck en vue des mesures.
- atteint 15 cm. En pratique, les quantités de radium qu’il conviendra de mettre en œuvre pour radiographier des
- Fig. 3. — Tube à rayons X de M. Ilolwcck en fonctionnement.
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- DISTANCE EN MM.
- ÉPAISSEUR 300 450 600 750
- A EXAMINER — —- — — - - — - ^
- R a Era. Ra Em. Ra Em. Ra Em,
- mg millicuries. mg millicuries. mg millicuries. mg millicuri es.
- 25 mm .... 5,3 5,6 12,0 12,7 21,3 22,5 33,3 35,2
- 50 mm .... 12,6 13,3 28,3 29,9 50,3 53,1 78,6 83,0
- 75 mm .... 29,3 31,0 66,0 69,7 117,3 123,8 183,3 193,(i
- 100 mm .... 63,0 66,6 141,6 149,6 251,6 265,8 393,1 415,3
- 125 mm .... 132,5 140,0 298,2 315,0 530,0 560,0 828,1 875,0
- 150 mm .... 296,5 313 666,6 704 1185 1252 1852 1956
- pièces de fonderie courantes varieront entre 200 mg et 1 gramme.
- Dans le tableau donné ci-dessus, les quantités de radium
- sont exprimées en mg. Dans l’ampoule où le radium est enfermé il se trouve en équilibre avec tous ses produits de désintégration et notamment avec celui qui constitue de beaucoup la source la plus importante de rayons y : le radon. Or on appelle curie la quantité de radon qui est en équilibre radioactif avec 1 gramme de radium; c’est pourquoi les nombres du tableau précédent font également connaître, évaluée en millicuries, la quantité de radon qu’il serait nécessaire de mettre en œuvre pour obtenir de bonnes radiographies dans les conditions expérimentales.
- Le radon présente du point de vue de son utilisation un inconvénient très sérieux. Il se désintègre rapidement, se détruisant de moitié en quatre jours environ, ce qui ne permet guère d’expédier des tubes de radon à de grandes distances sans s’exposer à un affaiblissement important de leur activité. Mais il présente sur le radium un avantage
- précieux dans quelques cas : sa valeur est bien inférieure à celle du radium puisqu’il constitue, par rapport à celui-ci, un revenu qu’il est impossible d’accumuler, le radium représentant au contraire un capital de grande valeur.
- Lorsque l’opération projetée comportera des risques de perte ou de destruction de la source radioactive, il sera évidemment tout indiqué de constituer celle-ci par du radon. C’est le cas notamment dans une des applications envisagées par les Américains qui ont eu l’idée d’effectuer des radiographies de pièces de bateau sans mettre celui-ci en cale, en utilisant des scaphandriers pour placer la
- l’extérieur du navire, le se trouvant à l’inté-
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- Dans de telles conditions, l’emploi de tubes de radon dont la perte ne présenterait pas grand inconvénient est beaucoup plus indiqué que celui de tubes de radium d’une valeur de plusieurs centaines de mille francs.
- La radiométallographie par rayons X est une technique encore toute récente, mais les quelques indications qui précèdent, et que nous avons empruntées à une étude de M. Holweck (1), montrent qu’elle est susceptible de fournir des renseignements intéressants et qu’elle pourra être utilisée dans des cas où la radiométallographie par rayons X serait beaucoup plus difficile à mettre en œuvre.
- Elle doit rendre de grands services à toutes les bran ches de la construction métallique.
- Tout permet de croire qu’elle se développera rapide ment, en raison de la simplicité relative de sa mise en œuvre.
- A. B.
- 1. Holweck. Bulletin de la Société des ingénieurs soudeurs, mars-avril 1932.
- Fig. 4 (à gauche). — Radiographie de la pièce représentée sur la fig. 5.
- Fig. 5 (à droite). — Pièce métallique dont on voit la radiographie sur la fig. 4.
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- LA FONTAINE ARDENTE
- A 25 km au sud de Grenoble, une curiosité naturelle a depuis longtemps retenu l’attention : des émanations de gaz ïaoilement inflammables sortent à même le sol, au milieu de terrains calcaires. Les habitants ont donné à ces phénomènes l’appellation significative de b ontaine ardente.
- Géographiquement, le point d’émergence se trouve sur la rive gauche de la Gresse, affluent du Drac près du hameau de La Pierre, au sud de Saint-Barthélemy, non loin de la route de Miribel à Vif. Géologiquement, ces régions sont constituées par les chaînes subalpines secondaires qui s’appuient au levant sur les terrains cristallins: jurassique et crétacé, formant ainsi des bandes parallèles, de direction d ensemble nord-sud et de plongée à l’ouest.
- Ces manifestations hydrocarburées étaient connues des Romains, puisqu’elles sont mentionnées dans divers ouvrages de leur époque. A diverses reprises, dans la suite, on signala des explosions dues à l’inflammation de ces gaz par les enfants du pays qui en jouaient. En 1885, on entreprit 1 étude scientifique de ces dégagements et une analyse faite à la b acuité de Grenoble leur donna la composition suivante :
- Méthane.......................... 98.84 %
- Acide carbonique................... 0-58 %
- Azote............................ 0.48 %
- Oxygène.......................... 0.10%
- Des sondages de captage furent entrepris, mais la nature ébouleuse des sédiments traversés les fit rapidement abandonner, pour les remplacer par une galerie, attaquée à l’aval et destinée à recouper souterrainement les strates d où s échappaient les gaz. Cette galerie aurait atteint 110 m de longueur et aurait été arrêtée, suivant les uns, par une explosion, suivant les autres, par des éboulements; en tout cas, elle n’est
- pas arrivée aux assises qu’on soupçonnait hydrocarburées. On ne sait donc rien de plus qu’auparavant.
- La géologie locale permet cependant d’étayer des hypothèses pour expliquer ce phénomène. On a voulu voir jadis l’origine de ces émanations dans les décompositions des sédiments organiques du Trias profond, conduites au jour par des fissures dans les terrains supérieurs. On s’appuyait sur la fréquence du Trias à être à la fois gypsifère, salifère et bitumineux; c’était le moment, il est vrai, où l’on considérait le Permo-Trias comme le plus propice aux réserves pétrolifères en France du moins.
- Nous croyons l’explication beaucoup plus simple. Il existe deux horizons où l’on rencontre des posidonies, petits bivalves marins : le callovien, au point même d’émergence de la Fontaine Ardente et le Toarcien, sous-étage du Lias, beaucoup plus à l’est. On sait que ces posidonies — ici Posydonomya alpina — se sont transformées souvent, lors de la sédimentation, en kérosène et que cette dernière substance soumise à une élévation de température, se décompose en donnant des gaz hydrocarburés. Ces derniers seraient arrivés au jour, soit en suivant les strates calloviennes, soit par des cassures, s’ils viennent du Toarcien.
- Cette hypothèse touchant la provenance de ces émanations inflammables est plus satisfaisante que toute autre; elle pourrait d’ailleurs être le point de départ de possibilités nouvelles. Les schistes toarciens ont été reconnus propres à la fabrication des produits pétroligènes en plusieurs zones du pays, rien n’empêche qu’il en soit de même dans la vallée du Drac.
- V. C.
- L’AGRANDISSEMENT DES HALLES CENTRALES
- DE PARIS
- Au lieu de se demander ainsi qu’on le l'ait parfois, si les Halles centrales se trouvent aujourd’hui à leur emplacement idéal, on pourrait tout aussi légitimement se poser la question de savoir si ces Halles n’ont pas déterminé le groupement de Paris concentriquement autour d’elles. L’examen d’un plan de la capitale fournit à ce point de vue une réponse indubitable. Ceci implique que les Halles furent à l’origine de la capitale.
- En effet, l’agora ou marché de la ville de Lutèce existait à cet emplacement même, proche du point de jonction des deux grandes voies historiques, l’une du nord au sud franchissant le fleuve à la hauteur de l’Ile de la Cité, l’autre d’est en ouest longeant la Seine.
- C’est ce que confirme un historien autorisé parlant de cette dernière voie, laquelle passait à la hauteur de l’actuelle rue Rambuteau :
- « L’emplacement actuel de l’église Saint-Eustache
- « se trouvait à droite de cette voie. A gauche était l’agora «ou marché. Le berceau de nos Halles se serait donc per-« pétué à travers les siècles à l’endroit même où elles « furent primitivement construites. » (j1).
- Sans doute, ce marché eut au cours des âges maintes vicissitudes, mais sans cesser d’évoluer sur place.
- Comme on le sait, les Halles centrales actuelles furent entreprises à l’époque où les chemins de fer qui venaient d’être créés allaient permettre d’y amener de toute la France des denrées qui nécessairement devaient être concentrées quotidiennement dans une halle unique.
- C’est en 1851 que ces Halles, divisées par pavillons, furent entreprises. Sur les douze pavillons prévus d’après les plans de l’architecte Baltard, dix seulement portant les numéros 3 à 12 ont été construits. Il reste donc à
- 1. M. Hoffbauer. Paris à travers les âges. Firmin Djdot, édition 1878.
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- édifier les pavillons à l’ouest,, autour de la Bourse de Commerce, les pavillons 1 et 2 ainsi désignés au plan primitif.
- A leur achèvement en 1860, les Halles centrales n’eurent à satisfaire qu’aux besoins d’une population de 1 500 000 habitants au lieu de 6 000 000 et plus qu’elles desservent aujourd’hui.
- Au cours de cette période, le tonnage des marchandises vendues annuellement s’est proportionnellement accru de 100 millions à 800 millions de tonnes.
- Le mouvement d’échange entre Paris et la province qui en résulte a une importance économique de premier ordre, d’autant plus que les tonnages annoncés ci-dessus ne sont qu’une fraction de l’ensemble, le commerce privé ayant une importance bien plus grande que celui du marché officiel des Halles.
- Ôn en aura une idée par cette constatation que le ravitaillement de Paris se traduit par l’arrivée de près de cent trains quotidiens, représentant seulement 40 pour 100 de ce ravitaillement, le surplus arrivant par véhicules hippomobiles ou automobiles.
- La nécessité des Halles centrales pour Paris a été reconnue, afin d’y créer un grand centre de commerce des comestibles où le producteur soit assuré du placement de ses denrées et le consommateur certain de trouver toutes celles dont il a besoin; et aussi comme le meilleur moyen d’assurer l’approvisionnement des marchés de quartier et d’y assurer l’équilibre des prix d’après le cours d’achat des denrées sur le marché principal.
- Cette nécessité ressort bien d’une délibération de la Commission municipale, prise en 1851, qui, dès cette époque, écartait le déplacement des Halles dont la conséquence eût été « d’imposer à la Ville de nouveaux sacrifices pour l’acquisition au centre même de Paris d’un grand nombre de propriétés bâties d’une valeur foncière et industrielle considérable ».
- Il ne vint même pas à l’idée, on le voit, que le transfert pût avoir lieu en dehors du centre.
- Ces raisons n’ont pas cessé d’être vraies, mais depuis lors, l’accroissement de trafic occasionné par les Halles a fait de celles-ci une entrave à la circulation telle qu’on ne peut raisonnablement songer à l’aggraver. C’est à cela cependant qu’aboutit le projet de l’Administration en prévoyant de tripler la surface des locaux de vente.
- Quant au déplacement des Halles centrales, il n’en saurait être question, aucun projet présenté n’ayant paru susceptible d’être retenu ni même défendu. En effet, le but logique d’un pareil déplacement pourrait être de placer ces Halles proche delà voie ferrée afin d’y recevoir directement les marchandises. Une telle nécessité détermine l’emplacement et son étendue aux points d’arrivée par voie ferrée de la plus grande partie de ces marchandises, c’est-à-dire entre les lignes de chemin de fer P.-L.-M. et celles de l’Orléans, en amont des gares terminus de ces deux réseaux. Or il n’existe pas dans cette région de terrains disponibles ou simplement propres aux immenses installations dont la création s’imposerait à grands frais. Au surplus, cet emplacement ne saurait convenir aux besoins des acheteurs et il entraî-
- nerait pour le centre de Paris des pertes énormes et sans doute sa décadence.
- De cet ensemble de considérations qui mériteraient d’être développées, il résulte que les Halles centrales doivent être adaptées sur place à leur destination. Il s’offre alors deux manières d’opérer cette adaptation, d’une part le système actuel en surface, d’autre part le système en hauteur et en profondeur, conforme aux vœux de la Chambre de Commerce de Paris et des usagers.
- *
- * *
- Au cours de sa session d’avril 1930, le Conseil municipal a été mis en présence des deux solutions, celle en surface présentée par l’Administration et celle en hauteur d’après le projet de M. Bourdeix, architecte-ingénieur, rapporté par M. Dufrenne, conseiller municipal, dont nous allons parler.
- L’idée directrice de ce projet, c’est la nécessité d’éviter en ce point l’entrave à la circulation des Halles centrales, déjà intolérable avec l’établissement actuel. Avant tout cette question doit préoccuper à l’égard d’un projet de Halles agrandies. Delà, l’idée des garages automobiles en surélévation de l’immense bloc formé par l’édifice prévu.
- En même temps, l’extension de l’édifice serait assurée :
- 1° En hauteur par le moyen d’étages et de galeries et en profondeur par le moyen d’un sous-sol;
- 2° En surface sur l’emplacement des pavillons 1 et 2 autour de la Bourse de Commerce.
- Les surfaces de vente seraient ainsi quintuplées, le tout dans le cadre de l’établissement actuel complété par la première étape du projet de l’Administration.
- Comme dans un garage automobile, tous les plans de l’édifice seraient accessibles par véhicules automobiles au moyen de rampes, en sorte que les marchandises soient partout déchargées et ensuite chargées au niveau de vente.
- Ainsi desservi, l’édifice comporterait un premier sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage ainsi que des galeries périphériques dans chaque pavillon au-dessus du rez-de-chaussée et de l’étage. Ces trois plans ainsi que les galeries seraient affectés à la vente.
- En surélévation et couvrant le tout sur 4 hectares 1/2, une plate-forme couverte et une seconde à l’air libre, soit 9 ha, constitueraient un garage d’une capacité de 5000 voitures, susceptible d’admettre pendant la durée du marché les véhicules qui, à l’heure actuelle, restent amassés par milliers sur les voies avoisinant le marché. On sait la gêne intolérable qui en résulte pour la circulation dans le quartier et jusque sur le boulevard Sébastopol, les communications essentielles entre le nord et le sud de Paris étant de ce fait rendues fort difficiles.
- Dans la journée, en dehors des heures de fonctionnement des Halles, le garage et les sous-sols abriteraient les voitures foraines venues chaque jour dans le centre de Paris et désencombreraient une surface égale de la voie publique. En sorte que par un moyen unique on résoudrait le double problème de circulation locale de la matinée aux abords des Halles et, de même, celui du centre de Paris, surtout critique dans l’après-midi et dans la soirée de chaque journée.
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- Le garage a ainsi un maximum d’utilisation; d’autre part sa dépense de création n’est qu’un accessoire relativement modique de celle que nécessite la reconstruction des Halles. 11 en résulte que dans ces garages, on peut envisager des tarifs réduits bien inférieurs à ceux des garages souterrains tels qu’il en a été proposé. D’autre part, les garages aériens sont, au point de vue hygiénique, bien préférables à ceux-ci.
- Il y a encore à se préoccuper de l’encombrement et de la malpropreté du quartier des Halles dus au fonctionnement du carreau. Afin de les réduire, il subirait de disposer ce carreau dans le sous-sol, prévu d’une seule étendue sous tous les pavillons. Ainsi, directement accessible par rampe en voiture et à pied, et de la station du métro sans passer à la surface, ce carreau fonctionnerait d’une manière analogue à celui en surface, mais sans y produire ni encombrement ni malpropreté.
- En plus, il y aurait un deuxième sous-sol affecté aux
- La propreté des abords serait de même améliorée d’une part par la suppression du carreau à la surface des rues et d’autre part, par l’extension à tout le quartier des Halles du système prévu d’évacuation des déchets.
- Enfin, et contiguës à chaque pavillon, il serait créé des chambres frigorifiques aux différents niveaux de vente et la réfrigération des salles de vente des viandes et des poissons éviterait, pendant l’été, les énormes pertes par avarie.
- Ainsi seraient résolues et sur place les questions d’encombrement des abords des Halles, de stationnement dans le centre de Paris, d’agrandissement au quintuple des surfaces de vente actuelles, toutes directement desservies par véhicules, en même temps que l’hygiène et la propreté du voisinage seraient assurées.
- En un mot, l’ensemble des inconvénients ayant suscité l’idée de déplacement des Halles cesserait, l’ensemble
- Fig. 1. — L’aspect des Halles reconstruites.
- locaux de service. Dans ce sous-sol serait disposé un réseau de canalisations pneumatiques souterraines affecté à l’évacuation des déchets. Cette question délicate serait ainsi résolue par un moyen déjà largement expérimenté, mais nouveau dans cette application.
- Dans chaque pavillon sont prévues des gaines verticales établies et raccordées à une canalisation collectrice pneumatique souterraine. Dans ces canalisations, de violentes chasses provoquées par l’admission brusque de l’air atmosphérique entraîneraient instantanément ces déchets en des bateaux en attente dans ce but sur les rives proches de la Seine.
- Un tel système, agissant par dépression, offre la certitude de ne provoquer aucune mauvaise odeur dans les locaux desservis. En effet, l’air destiné aux chasses sera puisé dans ces locaux où instantanément il sera remplacé par de l’air atmosphérique. De plus, une canalisation « ad hoc » reliée à la pompe aspirante permettra le nettoyage par le vide dans tout l’établissement.
- de ces installationspouvant êtrenon seulement maintenu mais développé.
- La dépense de 400 millions prévue pour la réalisation de ce projet, comprend les intérêts intercalaires et l’annuité en intérêts et amortissement de ce capital. Celle-ci, ainsi que les autres charges, s’équilibrent en recettes avec les produits d’exploitation des surfaces nouvelles créées, la Ville continuant à son profit l’exploitation du rez-de-chaussée, tout comme elle le fait aujourd’hui.
- Restent la question délicate de la reconstruction avec la moindre gêne pour le fonctionnement du marché, et celle du moindre délai de réalisation à envisager.
- L’exécution des travaux nécessite le transfert des deux pavillons actuels 11 et 12 dans deux pavillons provisoires aux endroits que la Ville voudrait bien désignér dans ce but; après quoi l’entreprise pourrait être poursuivie par groupes de deux pavillons jumeaux successivement édifiés et mis en service jusqu’à achèvement par les pavillons 1 et 2.
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- Sortie
- Y des étages
- Rue Rambuteau
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- Escaliers
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- Déchets
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- Commerce/
- Sse. Déchets
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- Fig. 2. —- Plan du rez-de-chaussée.
- CONCLUSION
- Le débat sur cette importante question s’est poursuivi devant le Conseil municipal au cours de sa session d’avril 1932. 11 a amené l’Assemblée et l’Administration à envisager le problème des Halles Centrales dans son étendue et sa complexité.
- En écartant par son vote les 2e et 3e étapes qui lui étaient proposées par l’Administration, le Conseil s’esl, en somme, prononcé en principe pour l’unité du marché et contre l’extension en surface. Ceci justifie l’expression de M. Massard, président de la 2e Commission, qui, résumant le débat, a déclaré avant le scrutin que l’Assemblée voterait la première étape proposée, mais « sans enthousiasme, avec résignation ».
- Aussi M. Dufrenne rassurait-il en montrant que la réalisation de cette première étape était en fait différée aussi longtemps que dureraient les expropriations
- dont il a fait ressortir le délai invraisemblable de quatre ou cinq années. En sorte que sept à huit années seront nécessaires pour cette réalisation. Pendant ce temps, ajoutait-il, le volume de la circulation automobile, de même que celle propre aux Halles, auront doublé.
- Telle est la perspective ou plutôt l’alternative, car il a en effet demandé et obtenu le renvoi à la Commission compétente pour étude du projet qu’il rapportait, envisageant la reconstruction immédiate des Halles centrales agrandies en hauteur, en profondeur et en surface avec garages automobiles en surélévation, ainsi que nous venons de l’exposer.
- Dans ces conditions, concluait M. Dufrenne, la question des Halles centrales serait résolue sans aucune charge pour le contribuable au triple point de vue de la circulation, de l’extension en surface, de l’hygiène, et à ces divers points de vue avec une ampleur digne du «Grand Paris». P. Bourdejx,
- Architecte-Ingénieur.
- Fig. 3. — Coupe à travers les Halles reconstruites.
- Terrasse
- Terrasse
- 2e. Etage
- Plancher interm
- Plancher internP'T
- Passage
- souterrain
- Plancher in term
- Rez de chaussée andP~ -
- ____Rue Ram bu tca u , /
- Wïïipm^mni'iŸWir-gTTTî!//..
- P_ ïLxtfadps dejdvgùfe dujnôtro
- Extrados sur station
- Rails, du métro
- |2? Spusjsèj [EvcjituÀL
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- -"Sa ,• S> é^EvacuationiES, /Aa
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- LES ANTIQUES MADONES D’AUVERGNE 513
- ET LE SECRET DE LEUR CONSERVATION
- Le touriste épris d’art religieux ancien, qui visite les vieilles églises d’Auvergne, a souvent l’agréable surprise d’y voir de curieuses statues en bois du xne ou du xme siècle, représentant une vierge assise sur un trône, tenant sur ses genoux un enfant au Visage sévère et vieillot, le tout grossièremen t sculpté et plein de rudesse.
- A Saint-Nectaire, à Marsat, à Oreival, à Mailhat (Puy-de-Dôme), ces madones sont contemporaines des églises romanes qui les abritent; elles ont donc environ huit siècles d’existence ! Le temps, les vers et le vandalisme des périodes troublées de l’histoire de France les. ont respectées et elles sont parvenues jus-qu’à nous dans un bon état de conservation.
- Ces statues appartiennent au groupe des Vierges dites «de Majesté », bien connues des archéologues. A l’origine, elles étaient uniquement destinées à servir de reliquaires.
- Un grand nombre d’entre elles, en effet, portent dans le dos (lig. 1) ou sur la poitrine (fig. 2) une ou plusieurs cavités creusées en forme de loget-tes où étaient conservées des reliques de la Sainte Vierge, rapportées d’Orient par les croisés ou les pèlerins.
- La plus ancienne de ces Vierges de Majesté se trouvait au xe siècle dans l’ancienne cathédrale de Clermont-Ferrand. Elle a malheureusement disparu; mais nous en connaissons le dessin par un manuscrit de l’époque, conservé à la Bibliothèque de la ville. D’après le texte de ce document, cette madone aurait servi de modèle à toutes les autres. Celles-ci, en effet, reproduisent assez fidèlement le type primitif, inspiré lui-même des fresques des catacombes ou des mosaïques des plus anciennes basiliques de Rome. Les légères variantes observées intéressent surtout la forme des vêtements ou du trône et la position des mains.
- Originaires d’Auvergne, ces curieuses statues ne tardèrent pas à se répandre dans les provinces voisines, puis au nord de la Loire, en Italie, en Espagne, en Allemagne et jusqu’en Suède (L. Bréhier). On peut évaluer à une quarantaine le nombre de ces vierges qui subsistent dans les seuls départements du Puy-de-Dôme, du Cantal
- Fig. 2. — Vierge de Saint-Bénin de Chargnal (Puy-de-Dôme), du XIF siècle, en bois marouflé, l’une des plus belles el des mieux conservées.
- Classée comme monument historique.
- et de la Haute-Loire, Les musées de Paris (Louvre, Cluny, Arts décoratifs), de Rouen, de Genève, de Moulins et plusieurs collections particulières en possèdent un petit nombre d’exemplaires, mais leur provenance auvergnate ne fait aucun doute pour les archéologues avertis.
- Il n’y a pas lieu, dans une Revue des sciences, de faire ressortir l’intérêt de ces madones au point de vue artistique et iconographique. Qu’il me suffise de faire connaître simplement les procédés employés aux xne et xme siècles, dont l’efficacité merveilleuse a préservé ces statues de toute destruction, durant huit siècles et
- assurera encore leur conservation, il faut du moins l’espérer, durant de nombreux lustres.
- Au début de cet article, il a été spécifié que toutes ces statues sont en bois. Les rares exemplaires en pierre du même type dit « de Majesté», ne sont que des bas-reliefs sculptés sur le linteau des portails d’églises romanes (Notre-Dame du Port, à Clermont-Fd; Mo-zat (Puy-de-Dôme). La Vierge en pierre qui surmonte la porte Sainte-Anne, à Notre-Dame de Paris, est une reproduction fidèle des madones auvergnates ; mais le travail de sculpture mieux fini annonce déjà l’art gothique ; elle est donc un peu moins ancienne que ses sœurs en bois.
- Il est intéressant d’observer que le chêne et le noyer sont les seules essences employées par les sculpteurs du xii® siècle, à moins que les statues en tilleul, en orme ou en châtaignier n’aient pas résisté aussi longtemps et soient aujourd’hui détruites. Quoi qu’il en soit, le bois sculpté ne reste jamais à nu : il est toujours recouvert soit d’un marouflage de toile, soit d’un placage d’or, d’argent ou de cuivre, soit enfin d’une simple peinture à la détrempe.
- Le marouflage se pratiquait de la manière suivante : après avoir terminé son travail de sculpture, l’imagier collait avec soin sur la surface une toile fine de chanvre, de manière à obtenir une adhérence parfaite. Après séchage, cette toile était peinte de differentes couleurs. Le visage, les mains, les pieds, le trône et le socle de la
- Le
- Fi<). 3. — Vierge du XIIc siècle, en bois marouflé.
- trône et le socle non marouflés sont en mauvais état. (Clichés J. Chataing.)
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- statue n’étaient que très rarement marouflés; ils étaient simplement recouverts de peinture. C’est ce qui explique pourquoi ces parties de la statue, quand elles ne sont pas complètement détruites, sont toujours les moins bien conservées (fig. 3, 4 et 5).
- L’inconvénient du marouflage est d’empâter plus ou moins la sculpture dans ses détails les plus délicats; mais comme celle-ci manque totalement de finesse, l’empâtement est à peine perceptible à l’œil non exercé. 11 est curieux de remarquer qu’on n’aperçoit aucune trace de piqûre de vers à la surface du marouflage, et si l’on soulève avec un canif un morceau de toile, on constate que le bois est parfaitement sain. On peut donc affirmer que l’ellicacité du marouflage pour la préservation des anciennes sculptures est absolue.
- pas parce que la plupart d’entre elles ont été détruites par leurs ravisseurs, après avoir été dépouillées de leur précieux placage ?
- Enfin, le plus grand nombre des, madones auvergnates du Moyen Age ne sont ni lamées de métal, ni marouflées, mais simplement peintes, ou plutôt badigeonnées avec des couleurs minérales diluées avec du blanc d’œuf ou de la colle de peau. Les nuances ne sont pas nombreuses : le bleu foncé, le brun, le rouge, le vert et le blanc sont les seules couleurs employées.
- Partout où ce badigeon est resté adhérent, le bois qu’il recouvre est en parfait état de conservation; mais pour peu que par effet de l’humidité, ou par suite de chocs violents, la peinture ait disparu, le bois mis à nu ne tarde pas à se piquer et à tomber en poussière. Ne cherchons
- Fig. 4. — Vierge de Mailhat (Puy-de-Dôme), du XIIe siècle, en bois marouflé et doré. Le trône, simplement colorié, est en mauvais état, tandis
- que la Vierge est admirablement conservée.
- Remarquer le nimbe de l’Enfant Jésus, en forme de roue en bois fixé au sommet de la tête.
- Fig. 5. — Vierge en bois marouflé et peint, du XIIIe siècle, en bon état de conservation.
- Fig. 6. — Vierge en bois peint non marouflé, du XIIe siècle, en mauvais état de conservation. (Clichés J. Chataing.)
- Le procédé du placage en métal était plus rarement employé; mais if donnait comme le marouflage d’excellents résultats. 11 consistait à recouvrir le bois sculpté de minces lames de métal plus ou moins précieux. Ces lames très malléables épousaient tous les creux et reliefs du sujet. Toutefois le visage et les mains étaient simplement peints. La statue de la cathédrale de Clermont-Ferrand était lamée d’or « le plus fin »; celle d’Orcival était recouverte de lames d’argent; la vierge de Château-neuf-les-Bains, admirablement conservée, était plaquée de cuivre, avec cabochons et ornements en argent.
- Mais si ce dernier procédé était excellent pour la conservation du bois sous-jacent, il avait le grave inconvénient de tenter la cupidité des voleurs. Si les vierges lamées d’or ou d’argent sont devenues rares, ne serait-ce
- pas ailleurs la cause principale de destruction complète, ou du mauvais état d’un grand nombre de statues anciennes (fig. 6).
- Je ne puis terminer cet article sans engager vivement les amateurs d’art roman, ou les simples curieux de choses anciennes, qui doivent l’été prochain se rendre en Auvergne pour leur santé ou leur plaisir, à voir quelques-unes de ces intéressantes vierges « de Majesté » particulières à cette province et précieuses pour l’histoire de la sculpture sur bois au Moyen Age (x).
- J. Chataing.
- 1. Liste des statues les plus curieuses : Orcival, Saint-Nectaire, Mailhat, Saint-Remy-de-Chargnat, Saint-Gervazy, Châteauneuf-les-Bains, Saint-Victor-Montvianeix, Marsat, Varennes-sur-Usson (Puy-de-Dôme), Vauclair, Laurie (Cantal), La Chomette, Sorlhac,, Champels (Haute-Loire).
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- LA PLUIE ET LES ORAGES A GRÊLE =515
- EN BEAUCE, AUTOUR DE CHATEAUDUN
- LA PLUIE
- Les observations du Service hydrométrique ont . permis d’établir que, dans le bassin de la Seine, la distribution de la pluie est en rapport à la l'ois avec l’altitude des lieux et leur éloignement de la mer; ainsi les quantités d’eau recueillies annuellement sont de 1500 à 1800 mm dans le Morvan (600 à 800 m d’altitude) ; de 900 mm près des lignes de partage des eaux; d’environ 550 à 600 mm au centre du bassin; puis un peu plus de 700 mm près de la mer.
- Dans la partie sud du département d’Eure-et-Loir, région beauceronne et un peu percheronne, s’étendant autour de Châteaudun, cette moyenne annuelle de hauteur d’eau, pour 31 années d’observations (de 1892 à 1922) est de 566 mm, se ré-partissant comme suit, pour les onze stations pluviom étriqué s suivantes : J a n ville,
- 480mm;Voves,499mm;
- Orgères, 546 mm; Bon-neval,497 mm ; Châteaudun, 592 mm; Cloyes-sur-le-Loir,
- Brou, 499 mm ; llliers,
- 443 mm; Anthon-du-Perche, 704 mm; Thi-ron-Gardais, 704 mm;
- Nogent-le-Rotrou,
- 686 mm.
- Durant cette période, l’année qui donna le moins de pluie, fut celle de 1921 qui fournit une moyenne générale pour toute la région de 288 mm seulement ; la station d’Illiers ne recueillit que 150 mmpour toute l’année.
- L’année la plus pluvieuse a été celle de 1910 qui fournit une moyenne, pour toute la région, de 856 mm; les stations d’Authon-du-Perche et de Thiron-Gardais reçurent respectivement pour cette année-là, 1117 mm et 1121 mm.
- Il y eut des chutes de pluie remarquables qui, en 24 heures, donnèrent plus de 60 mm de hauteur d’eau au pluviomètre, notamment celles-ci : 27 août 1900, 65 mm 5 à Bonneval (en une heure); 7 juin 1904, 90 mm 2 à Châteaudun (en une heure et demie) et à Bonneval, 74 mm; 24 juillet 1904, 65 mm 2 à Authon-du-Perche ; 23 juillet 1906, 88 mm à Nogent-le-Rotrou et 78 mm à Voves; 26 juillet 1911. 60 mm 5 à Nogent-
- le-Rotrou; 9 mai 1915, 60 mm 2 à Authon-du-Perche; 9 juin 1915, 66 mm l à Authon-du-Perche; 30 juin 1917, 90 mm 5 à Authon-du-Perche; les 17-18 octobre 1920, 85 mm 2 à Châteaudun et 62 mm à Cloyes-sur-le-Loir.
- LES ORAGES A GRÊLE
- La plupart des orages à grêle désastreuse qui frappent la région autour de Châteaudun suivent la même direction,
- celle du S. O. vers le N. E., quelques-uns, par exception, celle du S. vers le N.
- Les communes qui paraissent les plus exposées à cette terrible calamité sont celles particulièrement comprises dans la contrée s’étendant depuis le couloir de la vallée du Loir, entre les deux forêts de Marchenoir et de Fréteval, en Loir-et-Cher , jusqu’au faîte du plateau beauceron, entre Voves et Janville, vers Ymonville, Fres-nay-l’Evêque et dont la ligne axiale passe par Morée, Brévain-ville, Charray, La Fer-té-Villeneuil, Thiville, Lutz-en-Dunois, Saint-Cloud - en - Dunois, Ci-vry, Vazize, Notton-ville, Bazoches-en-Du-nois, Cor main ville, Courbehaye, Fontenay-sur - Conie , Baignolet , Fains-la-Folie, Viabon.
- La région qui s’étend sur la rive droite du Loir, à l’O. de Châteaudun (communes de Boisgasson, Langey, Lanneray, Châtillon-en-Dunois, Logron, Gohory), de même que celle du Haut-Loir, au N.-O. et au N. de Bonneval (communes de Saumeray, Bouville, Vitray-en-Beauce, Ermenonville-la-Petite, Luplanté, Epeautrolles, Saint-Loup), sont aussi assez souvent atteintes.
- Il a été remarqué que les localités se trouvant dans le sens du vent ou de la marche de ces orages, et situées par conséquent en avant des deux forêts désignées plus haut, sont plus souvent atteintes que celles situées immédiatement en arrière qui ne le sont presque jamais, immunité sans doute causée par suite du passage des nuées orageuses au-dessus des parties boisées. Em. Roger.
- 576 mm;
- Fig. 1. — La région de Châteaudun.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1933 (‘)
- La période des étoiles lilantes débute en juillet. Par les nuits transparentes sans elair de Lune, il est fréquent de voir surgir des météores. L’observation de ces météores est tout à fait à la portée des amateurs et du plus grand intérêt. Elle consiste, pour celui qui ne veut pas faire une étude approfondie, à porter sur des cartes les trajectoires observées en notant, avec le plus grand soin, le point d’apparition et celui de disparition. Les observations en deux ou plusieurs stations distantes de plusieurs kilomètres (au moins de 10 à 20) sont encore plus attrayantes et utiles, car elles permettent de calculer la hauteur des étoiles filantes. Noter l’heure d’apparition avec la seconde exacte (le mieux est d’employer pour cela un ehronographe réglé par T. S. F.).
- On utilisera avec profit, pour ces observations, les cartes spéciales pour l’observation des étoiles filantes de la Société astronomique de France (2) ainsi que les bulletins spéciaux pour l’inscription des météores observés. Les lecteurs de La Nature sont invités à s’entendre pour organiser des observations simultanées. Malheureusement, cette année, en août,
- l’époque des Perséides, la Lune gênera les observations.
- I. Soleil. — Le Soleil, en juillet, descend sensiblement sur notre horizon austral, puisque sa déclinaison, de + 2308, le 1er ne sera plus que de + 18° 20' le 31, soit une diminution de 4° 48' dans la hauteur du Soleil à midi, entre le début et la fin du mois.
- La durée du jour diminuera de 16» 4m le 1er juillet à 15»8“ le 31, c’est-à-dire de près de 1 heure dans le cours du mois.
- Le petit tableau suivant donne le temps moyen à midi, vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du centre'du Soleil au
- méridien de Paris. On sait que l’ombre d’un fil à plomb donne, à ces heures précises, la direction du méridien. 11 importe de faire une correction pour les lieux situés en dehors du méridien de Paris. En première approximation, on peut se contenter de retrancher de l’heure du passage à Paris la longitude en temps du lieu par rapport à Paris, si ce lieu est situé à l’Est ; et de l’ajouter si ce lieu est à l’Ouest.
- laires à l’aide d’une simple jumelle, en opérant par projection.
- L’observation quotidienne du Soleil à l’aide d’une lunette, munie de sa bonnette à verre noir, est recommandée, pour reconnaître la présence de phénomènes imprévus. Si on le peut, observer à plusieurs reprises au cours de la journée.
- Voici la suite des Ephémérides pour l’orientation des dessins et des photographies du Soleil :
- Dates.
- Juillet
- U.) P «O Lo
- 5 — 1°,06 + 3°, 3 6 153°,87
- 10 + 1°,21 + 3°,88 87»,69
- 15 + 3°,91 + 4°,47 8»,29
- 20 + 5»,67 -j- 4°, 8 4 315», 37
- 25 + 7°,82 + 5°,27 249», 2 2
- 30 + 9»,90 + 5»,67 183»,08
- Lumière zodiacale. —
- Fi,j. 1.
- Trajectoire appareille de la planète Uranus sur le ciel, pendant l’année 1933.
- Une simple jumelle suiïït pour voir Uranus et suivre son déplacement au milieu des étoiles. Du 1er juin au 1er septembre, la planète dTlerschel paraîtra presque immobile entre les constellations des Poissons et du Bélier.
- Dates . Heure du passage. Dates, Heure du passa
- Juillet 'Y e r 11» 54“ 14B Juillet 17 11» 56“ 348
- — 3 11 54 36 — 19 11 56 44
- — 5 11 54 58 21 11 56 51
- —• 7 11 55 18 — 23 11 56 56
- — 9 11 55 36 — 25 11 56 59
- — 11 11 55 54 — 27 11 57 0
- — 13 11 56 9 — 29 11 56 58
- — 15 11 56 22 — 31 11 56 53
- Observations physiques.— Nous avons indiqué, le mois dernier (n° 2904), le moyen de reconnaître la présence des taches so-
- La
- lumière z.odiacale est pratiquement inobservable ce mois-ci. On essaiera de la reconnaître le matin, à la fin du mois, avant l’aurore.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en juillet, seront les suivantes :
- P. L. le 7, à 11» 51“
- D. Q. le 14, à 12» 24“
- N. L. le 22, à 16» 3“
- P. Q. le 30, à 4» 44“
- Age de la Lune, le 1or juillet, àO» (T. U.) =7 f9; le 23 juillet, à 0» = 0J,3. Pour une date du mois autre que le 1cr ou le 23, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le lor ou le 23.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 6, à 3» = + 27° 59'; le 19, à 18» = — 28° 1'. On remarquera la faible hauteur de la Lune dans le ciel lors de son passage au méridien, le 6 juillet, à 23» 24“.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 6 juillet, à 12». Parallaxe = 61'9 '. Distance = 358 600 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 18 juillet, à 24». Parallaxe = 54'2". Distance = 405 820 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Aucune occultation d’étoile un peu brillante n’est signalée ce mois-ci.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 7 juillet et de la nouvelle Lune du 22. Elles seront de faible amplitude, leur coefficient maximum atteignant seulement 95 centièmes.
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce' mois-ci, en raison de l’amplitude assez faible des marées.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0» à 24», à partir de 0» (minuit). Pendant l’adoption de l’heure d’été, ajouter 1» à todtes les heures indiquées ici.
- 2. On trouvera ces cartes au bureau de la Société astronomique de France, 7, rue Suger, Paris (6e). M. Boulet, bibliothécaire.
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- ASTRE Dates : Juillet Lever à Paris Passage au Méridien de Paris ('). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. "Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 6 3“ 55"' 11" 55m 8" 19" 54», 7" 1 m + 22» 43’ 31/30",8 Gémeaux
- Soleil . . . 16 4 5 11 56 28 19 48 7 41 + 21 25 31 31,4 Gémeaux > »
- 26 4 16 11 57 0 19 37 8 21 + 19 29 31 32,8 Cancer
- i 6 5 14 13 41 21 8 8 45 + 17 24 8,6 o Cancer } Le soir, au début du
- Mercure . . j 16 6 6 13 14 20 23 9 0 H- 13 59 10,2 a Cancer > mois. Plus grande élon-
- ( 26 5 14 12 19 19 23 8 45 + 13 7 11,4 a Cancer ) gation le 2.
- 1 b 5 36 13 22 21 8 8 25 + 20 49 10,6 y Cancer
- Vénus . . . l 16 6 5 13 32 21 0 9 15 + 17 38 11,0 Cancer >Le soir, dans le crépuscule
- ; 26 6 34 13 41 20 48 10 3 + 13 39 11,2 a. Lion
- \ 6 10 49 16 54 22 59 11 59 + 0 32 6,4 [1 Vierge
- Mars.... J 16 10 40 16 34 22 28 12 19 —. 1 49 6,0 Vierge Dès l’arrivée de la nuit.
- 26 10 33 16 16 21 59 12 40 — 4 14 5,8 Vierge
- J upiter. . . 16 9 10 15 37 22 4 11 22 + 5 22 31,0 t Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . 16 20 47 1 26 6 5 21 9 — 17 21 16,6 t Capricorne Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 16 23 10 5 58 12 47 1 42 + 9 58 3,4 54 Bélier Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . 16 8 10 14 56 21 41 10 41 + 9 15 2,4 49 Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-dessus, que nous avons dressé à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de juillet 1933.
- Mercure sera visible le soir, au début du mois, sa plus grande élongation se produisant le 2 juillet, à 17“, à 25° 53' à l’Est du Soleil. Les conditions dans lesquelles l’observation de Mercure pourra se faire seront, cette fois, assez défectueuses, en raison notamment de la longueur des jours.
- Voici la phase et la magnitude stellaii’e de Mercure :
- Dates. Partie du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Juillet 5 0,37 8",4 + 0,8
- — 10 0,28 9,2 + 1,1
- 15 0,20 10,1 + 1,4-
- — 20 0,11 10,9 + 1,8
- — 25 0,04 11,3 + 2,4
- — 30 0,01 11,3 + 3,0
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 30 juillet, à 111'. On le vérifie, si l’on peut dire, à l’aide du tableau ci-dessus : le 30 juillet le disque illuminé sera réduit à 0,01, le diamètre n’augmentant plus et la magnitude stellaire atteignant son minimum. Mercure passant entre le Soleil et nous, mais pas exactement devant le Soleil, nous présentera alors son plus grand diamètre, en même temps, il ne sera plus éclairé, si ce n’est par un très mince filet de lumière tourné vers le Soleil et alors la valeur 0,01 pour la partie du disque illuminée se rapporte à ce très mince croissant. Si Mercure passait juste devant le Soleil, cette fraction tomberait à zéro.
- Vénus se dégage peu à peu des rayons solaires; elle devient mieux visible le soir. Elle va briller maintenant sur nos soirées jusqu’à la'finfde l’année, mais sera toujours assez basse sur l’horizon.
- Voici le tableau de la phase et de magnitude stellaire de Vénus.
- Dates. Partie du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- J uillet 5 0,94 10",6 — 3,3
- - 10 0,93 10,7 — 3,3
- — 15 0,02 10,9 — 3,3
- - - 20 0,91 11,1 — 3,3
- - 25 0,90 11,2 — 3,3
- — 30 0,89 11,4 — 3,3
- Ce tableau, comme le précédent, jDermet de vérifier la marche de Vénus autour du Soleil, par rapport à la Terre. Au fur et à mesure que Vénus s’écarte du Soleil, la partie illuminée du disque diminue puisque la phase s’accentue quand on s’éloigne de la conjonction supérieure. En même temps, Vénus se rapproche de la Terre et le diamètre augmente. L’éclat varie peu parce qu’il y a sensiblement compensation du fait de l’augmentation du diamètre et de la diminution de la partie éclairée.
- Mars est maintenant difficile à observer, car il se couche de plus en plus tôt et son diamètre diminue. Les observations utiles ne pourront plus être effectuées qu’avec de très grands instruments.
- Petites planètes. — Les petites planètes Pallas (2) et Euno-mia (15) vont se trouver en opposition avec le Soleil en août. Voici quelques positions où l’on pourra les rechercher :
- Dates. Eunomia (15) Pallas (2)
- — Æ CD ^M ^ CD
- Juillet 11 21" 33'»,9 — 9° 7 )) ))
- - - 19 21 28 ,8 — 8 39 )) »
- -- 27 21 22 ,2 — 8 18 21» 51m 7 12» 43'
- Magnitude à l’opposition : Eunomia = 8,0; Pallas = 9,0. Jupiter précède Mars et devient aussi difficilement observable. Une petite lunette suffit pour voir les bandes qui traversent sa surface et pour suivre les déplacements des satel-
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- Utes. Voir au n° 2896 la description des phénomènes auxquels donnent lieu les quatre principaux satellites. Voici la liste de ceux observables en juillet.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date. Juill. Heure Satel- lite. Phéno- mène. Date. Juill. Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 20h15ra II P. f. 11 20h 6m I O. f.
- 2 20 21 I P. c. 17 21 30 1 Im.
- 2 21 30 I O. c. 18 20 14 III O. c.
- 3 20 59 I E. f. 18 21 1 I P. f.
- 4 20 29 IV P. f. 25 20 15 III P. c.
- 7 21 26 III Im. 25 20 31 II Im.
- 9 20 17 II P. c. 25 20 46 I P. c.
- Saturne se trouvera en opposition le 5 du mois prochain. Il est visible presque toute la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 13 juillet :
- Grand axe extérieur................ 41",80
- Petit axe extérieur. ....... + 11",54
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau................. + 16°,02
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau........................ + 16°,93
- Élongations de Titan, le principal satellite de Saturne :
- A l’Est, le 2 juillet à 15h,3 et le 18, à 12h,9; à l’Ouest, le 10 juillet, à 20h,5, et le 26 à 18h,l.
- Uranus va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil, le 20 juillet, à 13». Il se lève le 16 un peu après 23», e t ainsi est visible dans - la seconde partie de la nuit. Pour trouver Uranus, on utilisera la petite carte ci-çontre (fîg. 1) qui donne sa marche à travers la constellation des Poissons pendant l’année. A la fin du mois, Uranus sera presque stationnaire.
- Neptune est inobservable ce mois-ci, perdu dans les lueurs du crépuscule.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à 18», Vénus en conjonction avec yi Cancer (5,5) à 0°3' S
- Le 9, à 12», Saturne Le 12, à 13», Mercure Le 15, à 3“. Uranus Le 23, à 12h, Mercure
- la Lune, à 0° 24' N. Vénus, à 3° 52' S. la Lune à 5° 26' S. la Lune, à 6° 26' S.
- Le 24, à 22», Vénus en conjonction avec la Lune, à 1° 31' N. Le 25, à 21», Neptune — la Lune, à 1° 56' N.
- Le 26, à 22u, Jupiter — la Lune, à 3° 33' N.
- Le 28, à 13», Mars — la Lune, à 4° 2' N.
- Etoile Polaire; Temps sidéral, — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage Heure. Temps sidéral
- (T. U.) à 0»
- Juillet 10 Supérieur 6» 18m 5S 19» 9“ 52“
- — 10 5 38 59 19 49 18
- — 30 — 4 59 51 20 28 43
- Etoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile variable
- Algol Persée), , observables à l’œil nu : le 17 juillet, à 1» 53m;
- le 19, à 22» 42ra.
- Minima d’éclat de (3 Lyre : Juillet 11,6; 24,5.
- Maximum d’éclat de R Aigle, variable de 5m,5 à 11“,8 en 310 jours, le 16 juillet.
- Etoiles filantes. — L’essaim des Perséides, dont l’activité dure pendant plus d’un mois, commence à donner des météores à partir du 7 juillet. Le radiant initial se trouve vers o Cassiopée. Il se déplace progressivement vers vj Persée (au moment du maximum de la chute) pour disparaître dans la Girafe vers le 21 août.
- Voici quelques essaims donnant des météores en juillet :
- Epoques Ascension droite. Déclinaison Etoile
- Juillet 23 au 25 48° + 43» P Persée
- — 25 au 28 335 + 26 t Pégase
- 25 au 30 341 — 13 o Verseau
- — 26 au 29 342 — 34 6 Poisson austr
- — 27 7 + 32 8 Andromède
- — 27 au 31 29 + 36 P Triangle
- — 31 310 + 44 a Cygne
- Les Aquarides, du. 25 au 30 juillet, sont des météores lents, à longues trajectoires.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er juillet à 23», ou le 15 juillet à 22» est le suivant :
- Au zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède. A l’horizon nord, le Cocher.
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau, les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; le Serpent.
- A l’horizon occidental, la Vierge. Em. Touciïet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CABINET NOIR IMPROVISÉ
- On a souvent réalisé des dispositifs plus ou moins compliqués pour manipuler des plaques photographiques en plein air. L’un d’eux vient d’être rappelé non sans une pointe d’ironie par la Revue française de photographie du 1er mai 1933. Il s’agissait du parapluie laboratoire du Dr Buchner qui était en usage ou tout au moms proposé en 1893. Ce parapluie spécial, entouré d’un rideau, pesait 1 kg 200 et était vendu 44 francs. Il serait peut être difficile d’en trouver un exemplaire actuellement.
- Sortant du domaine de la fantaisie, il peut être utile de faire savoir aux amateurs de photographie que chacun d’eux porte sur soi les éléments d’un cabinet noir déjà très perfectionné, permettant d’ouvrir
- et de charger des châssis en plein jour. Il suffit d’avoir un veston ou un pardessus en tissu foncé bien doublé d’une étoffe également foncée. Le vêtement quitté, on enfile les bras par le bas des manches. Les mains se rejoignent ainsi sous le dos, et en repliant avec soin le vêtement on peut constituer une petite chambre noire assez vaste pour y ouvrir ou recharger un châssis, et surtout pour refermer un châssis récalcitrant, sans être obligé de le sortir de l’appareil et de voiler ainsi la plaque, genre d’accident dont j’ai souvent été témoin. Ce procédé est très simple et j’imagine que les photographes invétérés n’oublieront pas, à présent, de faire mettre des doublures foncées en t>ssus très serrés à leurs vêtements et que même ils sauront, y ajouter quelque autre perfectionnement en vue de rendre la chambre noire plus étanche ou plus confortable. L. ü.
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- PHONOGRAPHIE, RADIOPHONIE, RADIOVISION
- LES PROGRÈS DE L’ENREGISTREMENT PHONOGRAPHIQUE INDIVIDUEL
- Nous avons indiqué précédemment les données du problème de l’enregistrement individuel des disques de phonographe, et décrit quelques-unes de ses applications [les plus intéressantes. Dans ce genre d’enregistrement individuel, il s’agit de réaliser sur des disques en matière plastique des inscriptions sonores, généralement à variations transversales, permettant presque immédiatement, et généralement sans préparation complexe, la reproduction des sons enregistrés. Dans les procédés ordinaires, au contraire, le premier disque initial sert seulement par une suite d’opérations électrolytiques, à l’exécution de disques épreuves, seuls destinés à la reproduction des sons.
- Il existe d’autres procédés d’enregistrement individuel, à ondulations transversales gravées par des procédés acoustiques ou électro-mécaniques. Nous avons, par exemple/indiqué dans un récent numéro le principe du procédé du ruban sonore Nublat, à inscription électro-mécanique et à reproduction photophonique, qui semble appelé à un avenir intéressant. Les dispositil's proposés, soit photophoniques, soit à lil aimanté du genre Poulsen-Stille, soit mixtes, ne sont cependant pas encore utilisables dans la pratique courante, surtout lorsqu’il s’agit d’applications semi-professionnelles ou même d’amateur, et lorsque les appareils doivent être manœuvrés par des opérateurs non spécialistes. Le procédé courant demeure donc le système à disques, mais de grands progrès ont été réalisés encore, d’une part dans la fabrication de ces disques, et d’autre part, dans les systèmes d’enregistrement et de reproduction.
- Une première catégorie d’appareils est destinée uniquement aux amateurs discophiles possédant un phonographe à moteur mécanique ou même électrique, mais à diaphragme acoustique ordinaire. Ce sont des dispositifs très simples et très bon marché qui ne peuvent sans doute exécuter des enregistrements bien complexes ni très artistiques, mais permettent, par exemple, de créer une collection de souvenirs de famille ou autres, très précieux; ou encore se prêtent à la « correspondance parlée ».
- Les disques utilisés dans ces appareils sont en métal, généralement en aluminium; ils sont recouverts d’une légère couche d’huile ou de paraffine, et sont ainsi utilisables immédiatement sans aucune préparation. L’inscription des sillons est réalisée à l’aide d’un burin en saphir, et la reproduction des sons s’effectue à l’aide d’aiguilles en corne de forme cylindro-conique.
- Pour simplifier encore, on peut utiliser dans des appareils pour l’enregistrement le diaphragme ordinaire du phonographe, en remplaçant évidemment l’aiguille reproductrice par le burin d’enregistrement; une aiguille spéciale de reproduction doit être adaptée une fois l’enregistrement effectué.
- Un appareil relativement récent et possédant des caractéristiques pratiques qui paraissent bien étudiées, est représenté ainsi par la figure 1.
- Comme on le voit, le système est composé tout d’abord d’un bâti métallique très léger qui se fixe presque immédiatement sur un phonographe quelconque, sans même qu’il soit besoin de le fixer par une vis.
- Ce bâti repose sur [le panneau supérieur du phonographe, d’un côté par un pied 2, d’autre part liar un œillet 3 sur le pivot du plateau porte-disques. L’appareil est placé de telle sorte que son axe est perpendiculaire au diaphragme. On
- Fig. ]. — Système d'enregistrement individuel acoustique sur disques en aluminium (type Egovox).
- A. Dispositif monté sur un phonographe mécanique ordinaire.
- D. Détails du dispositif d’entraînement du diaphragme enregistreur.
- allonge ou l’on raccourcit la coulisse é, de façon que la vis 5 soit sensiblement parallèle au plan du disque et, dans ces conditions, la mollette verticale 8 doit appuyer sur la surface d’un disque en aluminium vierge placé sur le plateau. La vis sans fin 5 est ainsi entraînée par friction, et le chariot 7 à écrou engrené sur cette vis sans fin est entraîné latéralement.
- Le chariot entraîneur porte à l’extrémité d’un axe vertical une lame de ressort horizontale 9 à laquelle est attaché un ressort spiral, ayant en son centre une aiguille enregistreuse en saphir 6. Cette aiguille est placée dans le diaphragme, à la place de l’aiguille reproductrice ordinaire.
- Lorsque le mouvement phonographique est en marche, le diaphragme est ainsi entraîné latéralement par le système de chariot, et par l’intermédiaire du ressort spiral attaché au burin. Cet entraînement n’empêche pas les vibrations du burin déterminant l’enregistrement, grâce au montage sur ressort spiral et les vibrations parasites sont même atténuées (fig. 1 B). Il n’v a aucun réglage à effectuer; on peut simplement incliner plus ou moins le diaphragme et employer, s’il y a lieu,
- Fig. 2.-—Montage d’un appareil d'enregistrement phonographique individuel d’amateur.
- Microphi
- Groveur electromécaniqi
- Vers prise de pick-up sur poste de T. S. F.
- ophonique n o j
- r 7 Primaire oecondam
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- à h grii/e gvlet? de h détectrice
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- un cornet amplificateur lorsque le pavillon du phonographe n’a pas une « bouche » suffisante.
- Un très grand nombre de disco-philes possédant un phonographe à reproduction électrique ou un radiorécepteur désirent, dans un but quelconque, soit pour enregistrer des commun i c a t i o n s microphoniques ou téléphoniques, soit pour enregistrer des communications radiophoniques, utiliser un dispositif d’enregistrement individuel. Dans ce cas, ils ont évidemment intérêt à adopter un dispositif d’enregistrement électro-mécanique à pick-up spécial, établi particulièrement dans ce but.
- Le montage de l’appareil, dans ce cas, est très simple. On adopte un microphone à contact de charbon d’une aussi bonne qualité que possible, et adapté dans le circuit primaire d’un transformateur à grand rapport d’amplification, de l’ordre de 50 à 80, par exemple, en série avec une batterie de piles d’une tension de l’ordre de 4 à 6 volts, et, s’il y a lieu, un rhéostat permet de faire varier l’intensité du courant microphonique.
- C’est le secondaire de ce transformateur microphonique qui doit agir sur la première lampe de l’amplificateur à fréquence musicale (fig. 2). On peut utiliser, d’ailleurs, avec succès les étages basse fréquence d’un radio-récepteur quelconque et, dans ce cas, le secondaire du transformateur microphonique est simplement connecté à la « prise pick-up » du radiorécepteur.
- L’inscripteur électro-magnétique, dont les enroulements ont généralement une impédance suffisante, est connecté directement à la sortie du radio-récepteur, comme s’il s’agissait
- d’un haut-parleur électro-ma-
- le tf'ansformateu 1 microphonique
- Fig. 3.
- Schéma d’un petit amplificateur de
- puissance à deux lampes pour enregistrement individuel.
- Fig. 4. — Schéma d’un dispositif d’alimentation o-nétiqueà«rande totale à courant redressé .pour Vamplificateur de jmpédanceb On
- la fig. 3. 1 nCe' . U
- peut taire varier
- l’intensité des courants musi -eaux transmis à cetinscripteur, et même leur tonalité, à l’aide d’un régulateur ordinaire d’intensité sonore, et d’un contrôleur de tonalité, identiques à ceux qui sont adoptés pour l’aud i tion en haut-parleur.
- Il est, d’ailleurs, extrême -ment facile d’établir un amplificateur séparé
- Secteur
- 'bipkque vide
- de filtres
- A+4v AL HT l+Polar.
- permettant l’inscription des sons sur disques plastiques. Il n’est nullement besoin d’avoir un amplificateur très puissant. On peut se contenter, par exemple, d’adopter le modèle de la figure 4 qui comporte une lampe triode d’entrée, et une lampe trigrille de puissance de sortie. Cet amplificateur peut être entièrement alimenté par le secteur, et on a tout intérêt, pour obtenir une audition d’une plus grande pureté, à utiliser du courant redressé pour le chauffage des filaments et l’alimentation des plaques, comme le montre la figure 4.
- On n’utilise plus guère maintenant les disques métalliques. On n’a pas trouvé encore la matière plastique idéale assez molle au moment de l’enregistrement, et assez dure au moment de la reproduction. Les techniciens allemands ont présenté un disque plastique au moment de l’enregistrement et qui doit être placé ensuite dans un four chauffé électriquement, de manière à durcir sa surface. Ce système est assez complexe, et paraît peu pratique pour des amateurs non spécialisés.
- On peut se procurer maintenant de très bons disques en gélatine, soit complètement homogènes, soit à âme en carton, conservant une planéité plus parfaite pour une surface relativement grande, et, lorsqu’il s’agit, par exemple, d’établir des enregistrements assez longs sur disques de grand diamètre à 33 1/3 tours.
- Il suffit, toujours après l’enregistrement, de recouvrir la surface des sillons d’une légère couche de vaseline additionnée d’un peu de formol.
- D’autres disques encore plus perfectionnés ont une-âme métallique re-couverte d’une couche cellulosique. La reproduction s’effectue alors sans aucune préparation.
- Dans un cas comme dans l’autre, l’inscription des sillons peut être obtenue à l’aide d’un burin en saphir, ou mieux en diamant. On a pourtant mis au point depuis quelque temps des aiguilles spéciales en acier qui permettent d’enregistrer dans les meilleures conditions plusieurs faces de disques, et sont d’un prix peu élevé. La reproduction s’effectue simplement à l’aide d’aiguilles recourbées spéciales en acier, d’un modèle que nous avons déjà eu l’occasion de décrire dans nos chroniques.
- Dans ces conditions, l’enregistrement phonographique individuel d’amateur a pu être simplifié dans de très grandes proportions; il suffit essentiellement d’utiliser un bon moteur électrique. Il est, en effet, indispensable que ce moteur ait une puissance suffisante pour déterminer dans des conditions absolument régulières la rotation du plateau porte-disques, et l’entraînement de l’outil électromécanique. Le moteur doit encore être plus puissant lorsqu’on veut effectuer des enregistrements à vitesse réduite au-dessous de 78 tours par minute, d’autant plus que la gravure des sillons phonographiques en matière plastique exige évidemment un effort supplémentaire ; dans ces conditions, les moteurs à induction ordinaires adoptés sur la plupart des phonographes électriques ne peuvent plus bien souvent être utilisés, et il est préférable de les remplacer par des moteurs asynchrones ou même synchrones de modèles spéciaux.
- Il existe plusieurs modèles de systèmes d’amateur d’enre-
- Fig, 5. — Système d’entraînement de l’enregistreur électromécanique Braun.
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- gistrement électro-mécanique pouvant être fixés sur un mouvement phonographique, après remplacement ou non du moteur ordinaire, et qui assurent de bons résultats avec un maximum de simplicité. Nous en avons, d’ailleurs, déjà indiqué quelques-uns.
- Le système d’entraînement indiqué sur.la figure 5 est assez original.
- Une pièce métallique à bouton molleté B commandant le serrage d’un mandrin est montée sur l’axe du plateau tourne-disque; cette pièce porte une vis sans fin verticale. Sur cette vis verticale s’engrène le pignon en fibre C monté sur l’axe d’une vis sans fin horizontale servant à l’entraînement de l’outil enregistreur électro-mécanique O. La vis sans fin horizontale repose sur deux pivots tels que M, montés sur les branches d’un pont pouvant pivoter dans le plan horizontal, et lixé sur le plateau tourne-disque à l’aide d'un seul plateau en fonte vissé.
- Le pick-up enregistreur O porte au moment de l’enregistrement un poids N en forme de disque, enfilé sur un pivot I, afin d’obtenir une gravure plus profonde des sillons. Ce poids est démonté au moment de la reproduction.
- Pour la reproduction, d’ailleurs, le système est utilisable immédiatement en remplaçant l’aiguille enregistreuse du pick-up par une aiguille reproductrice, en enlevant le poids additionnel N et en remplaçant la vis sans fin d’entraînement par une petite tige métallique de section ronde, sur laquelle le pick-up roule librement à l’aide de petits galets.
- Le système permet d’obtenir, à la vitesse normale de 78 tours, des enregistrements de 4 minutes et demie avec des disques de 25 cm et des enregistrements de 5 minutes avec des disques de 30 cm.
- Enfin, désormais, l’enregistrement phonographique individuel permet de réaliser des résultats vraiment artistiques, capables de rendre les plus grands services du point de vue didactique pour l’enseignement de la musique et du chant.
- C’est ainsi qu’une société a installé à Paris, il y a quelques mois, un studio spécial établi suivant les données les plus récentes d’acoustique, et dans lequel les amateurs, les artistes, les musiciens, les acteurs, les chanteurs, et même les conférenciers et les hommes politiques peuvent faire enregistrer leur voix, ou leurs exécutions musicales dans les meilleures conditions, sur des disques en matière cellulosique à âme métallique. Les enregistrements sont directs et immédiats et le disque une fois enregistré est prêt à être joué sur n’importe quel phonographe mécanique ou électrique (fig. 6).
- La qualité des résultats acoustiques obtenus est due d’une part à la composition de la couche cellulosique recouvrant l’âme métallique du disque qui assure une diminution du bruit de fond, d’autre part à l’étude particulièrement poussée des appareils d’enregistrement, des circuits d’amplification, et à la perfection des microphones du type Reisz employés (fig. 7).
- L’enregistreur électro-mécanique est d’un poids très réduit, de l’ordre de 80 à 90 gr ; il possède une armature très amortie dont la fréquence de résonance propre est située en dehors de la gamme musicale, ce qui permet d’obtenir de bons enregistrements, même pour le piano, dont les sons demeurent, on le sait, les plus difficiles à inscrire, même lorsqu’on emploie les procédés phonographiques ordinaires constamment perfectionnés.
- Ainsi, l’enregistrement phonographique individuel, malgré les difficultés de toutes sortes qui s’opposent encore à sa mise au point définitive, a cependant permis dès à présent d’obtenir des résultats très réguliers pour de nombreuses applications, et même pour des usages professionnels ou artistiques.
- Fig. G. —- Studio d’enregistrement individuel, installé suivant les règles acoustiques des studios professionnels (S. E. S).
- UNE SÉRIE DE DISQUES TRÈS ORIGINAUX
- Un inventeur a pensé que le disque phonographique pouvait se prêter à des jeux fort amusants, ou même sei'vir à donner des renseignements sur le temps probable.
- Voici un disque pour réaliser en société un jeu de hasard fort amusant. Il porte d’un côté le fac-similé d’une roulette de Monte-Carlo, de l’autre, un disque en couleurs sur lequel sont représentées les silhouettes de 6 chevaux, avec des chiffres imprimés tout autour.
- Les couvercles de la boîte contenant le disque servent en quelque sorte de « tapis », sur lesquels les joueurs placent leur mise. On dispose le disque, par exemple, du côté de la face marquée « roulette » sur le plateau du phonographe et les joueurs mettent leurs mises sur le tapis comme s’il s’agissait d’un jeu de roulette ordinaire. Un opérateur met le phonographe en marche, et on entend alors la reproduction des bruits d’une salle de roulette dans un casino, et les appels des croupiers: « Rien ne va plus »... « Faites vos jeux » etc... Au moment où l’opérateur entend le croupier indiquer « rien ne va plus », et le bruit de la bille qui s’arrête dans une case, il arrête immédiatement le mouvement du phonographe; l’aiguille du diaphragme se place à ce moment en face d’un numéro indiqué
- Fig. 7. — Ensemble d’enregistrement phono graphique individuel. Reisz — S. E. S.
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- sur le disque, et c’est ce numéro qui est gagnant. Le jeu s’effectue d’une manière analogue sur la face qui porte l’enregistrement de courses de chevaux.
- Le même inventeur a réalisé une sorte de baromètre original et parlant indiquant le temps probable. Un système d’index dont la position varie suivant l’état hygrométrique de l’air a une position mobile sur un disque enregistré spécialement. La position de l’index indiquée à un moment donné désigne une partie de l’enregistrement. Il suffit de reproduire cette partie de l’enregistrement avec un phonographe quelconque pour connaître d’une manière plus ou moins approximative les prévisions météorologiques correspondantes d’une manière automatique et parlante, et, en tout cas, fort amusante.
- UN BLOC AMPLIFICATEUR TRÈS PRATIQUE
- Un ensemble bien étudié, d’une puissance suffisante et d’une haute qualité d’amplification musicale, comportant un amplificateur alimenté entièrement par le secteur, et un bon haut-parleur électrodynamique constitue, à l’heure actuelle,
- un dispositif pouvant servir à de multiples usages. Il permet, en particulier, et tout d’abord, la reproduction électrique des disques après adaptation à un mouvement phonographique avec mo teur électrique et pick-up bien étudié. Il peut également servir pour amplifier une réception radiophonique d’intensité trop faible, et, enfin, il peut être employé pour l’enregistrement phonographique individuel, pour l’accompagnement sonore des projections cinématographiques, ou même pour l’amplification microphonique, ou téléphonique.
- On peut maintenant trouver des blocs amplificateurs de ce genre bien conçus électriquement et acoustiquement, présentés sous une forme relativement réduite dans un boîtier en matière moulée ou en ébénisterie, dont les côtés forment un écran acoustique efficace assurant la reproduction fidèle des notes graves et intenses.
- Un modèle de ce genre très bien étudié, et d’un prix assez peu élevé, est représenté sur la figure 8. Il comporte, comme on le voit, dans un boîtier en matière moulée, un châssis métallique sur lequel sont disposés les organes d’amplification et d’alimentation, et un haut-parleur électro-dynamique encastré dans le panneau antérieur.
- L’amplificateur comporte deux étages munis de lampes du type américain efficaces et de prix réduit. L’alimentation plaque est assurée à l’aide d’une valve également de type américain. L’enroulement d’excitation du haut-parleur électrodynamique forme l’impédance du circuit de filtre de l’alimentation plaque. Le groupe de transformateurs est soigneusement blindé.
- Cet appareil robuste, d’encombrement assez réduit, de construction robuste et simple, est ainsi appelé, dans nombre de cas, à rendre de grands services.
- P. Hémardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Enregistreur Egouox : Etablissements Rémi, 17, rue Brunei, Paris.
- Graveur électro-mécanique : Max Braun, 31,rue de Tlemcen, Paris (20e).
- Studios et appareils d’enregistrement sonores : Société S. E. S., 9, rue de Ponthieu, Paris.
- Bloc d’amplification musicale: Etablissements Brunet, 5, rue Sextius-Michel, Paris (15e).
- Disques-Jeux : Productions Pierre Schmitt, 6, rue de Grammont, Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône).
- Fig. 8. — Le bloc amplificateur Brunet.
- LES BREVETS D’INVENTION EN FRANCE EN 1932
- Le Bulletin officiel de la Propriété industrielle et commerciale publie la statistique des brevets délivrés en France en 1932.
- * Il a été délivré 20 000 brevets et 1650 certificats d’addition, au total : 21 650 demandes instruites ; il a été déposé 20 630 demandes de brevets et 1643 demandes de certificats d’addition, soit 22 003 demandes, sur lesquelles 986 ont été abandonnées par leurs auteurs.
- Le nombre des brevets et additions délivrés en 1932 est en légère diminution sur celui des années précédentes (24 000 pour chacune des années 1929, 1930 et 1931, 22 000 en 1928) ; il reste supérieur à celui des autres années antérieures (17 500 eh 1927, 18 000 en 1926) et notamment à celui des années d’avant-guerre pour lesquelles le maximum a été atteint en 1910 aveè 16 064 demandes accordées.
- Sur les brevets accordés en 1932, un peu plus de la moitié ont été délivrés à des personnes habitant la France ou les colonies : soit 11 252. Sur les autres brevets : 4057 proviennent d’Allemagne, 1516 des États-Unis, 1290 d’Angleterre, 1017 de Suisse, 443 de Belgique, 352 d’Italie, 348 de Hollande.
- Si on examine le classement des brevets par nature d’inventions, on constate que la classe la plus favorisée est celle de l’électricité qui compte, dans ses diverses subdivisions : 2216 brevets et 231 additions. On trouve ensuite 1055 brevets et 88 additions pour « organes, accessoires et entretien des machines », 862 brevets et 73 additions pour « moteurs divers 588 brevets et 52 additions pour appareils de chauffage et de combustion.
- Relevons encore que le produit des taxes afférentes aux brevets d’invention s’est élevé en 1932 à 25 285 349 francs.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Dix leçons d’astronomie, par E. Esclangon, membre de l’Institut. 1 vol., 110 p., 21 planches. Gauthier-Villars, Paris, 1933. Prix : 25 francs.
- La vulgarisation est, il faut bien l’avouer, un genre tombé en discrédit parmi les maîtres de la pensée scientifique française, et notamment parmi les astronomes. Cet ostracisme nous paraît fort regrettable et il y aurait beaucoup à dire à ce sujet; aussi pensons-nous qu’il convient de féliciter hautement le directeur de l’Observatoire de Paris pour avoir délibérément rompu avec cette règle, en s’inspirant du brillant exemple d’Arago, un de ses prédécesseurs. L’astronomie, plus que toute autre science, appelle et mérite la vulgarisation, parce qu’elle est intimement liée aux progrès essentiels de toute civilisation et plus encore parce qu’elle offre à l’homme des sujets de méditation philosophiques et religieux d’une importance primordiale. Les dix brillantes leçons de M. Esclangon sont adressées au grand public; elles ne supposent chez le lecteur aucune connaissance préalable; elles suffisent à lui révéler l’immensité de l’univers, tel que nous pouvons le mesurer avec les instruments modernes; elles lui donnent les notions essentielles sur les étoiles et leur évolution, puis revenant au monde solaire, l’auteur en donne une rapide description en faisant ressortir tout le mystère qui enveloppe encore pour nous ces mondes si proches. Il termine par un éloquent appel en faveur de l’équipement des observatoires astronomiques, si mal dotés en comparaison de leurs émules étrangers.
- Evaporation, condensation et refroidissement,
- par E. Hausbrand. 7° édition, mise à jour par M. Hirsch. Traduit de l’allemand par G. Konig, 1 vol., 472 p., 218 fig. Ch. Béranger. Paris, 1932. Prix relié : 125 francs.
- L’ouvrage classique de Hausbrand, précieux recueil de données pratiques, date de 1899. Sa traduction française est depuis longtemps épuisée. Aussi accueillera-t-on avec faveur cette nouvelle édition, entièrement remaniée et mise au courant des plus récents progrès de la science expérimentale et de la technique.
- L’ouvrage débute par l’étude théorique des lois fondamentales de l’évaporation des liquides purs ou des solutions et par celle de la transmission de la chaleur; dans cette partie on trouvera l’examen des divers cas qui se rencontrent dans la pratique industrielle avec formules et chiffres à l’appui : échanges de chaleur de liquide à liquide, de gaz à liquide, de vapeur condensable à liquide, etc., à travers des parois métalliques, propres ou souillées. On passe ensuite à la théorie des appareils évaporatoires à multiples effets; un important chapitre est consacré au chauffage par compression des vapeurs perdues (pompe de chaleur). L’ouvrage se termine par la description des principaux types d’installations évaporatoires actuellement en usage.
- Les colloïdes. Manuel de chimie colloïdale, par
- H. R. Kruyt. Traduit d’après l’édition anglaise, par J. du Plessis de Grénédan. 1 vol. in-8, 329 p., 118 flg. Félix Alcan, Paris, 1933. Prix : cartonné toile, 60 francs,
- Le professeur Kruyt, du laboratoire van’t Hof d’Utrecht, a publié en hollandais un manuel de chimie colloïdale qui a rapidement attiré l’attention par sa clarté, sa méthode, sa sûre documentation. Bientôt, il fut traduit en anglais et ainsi se répandit largement. Voici maintenant sa traduction française due à M. du Plessis de Grénédan, dans laquelle il n’a rien perdu de ses qualités. Les colloïdes apparaissent de plus en plus, aux confins de la physique et de la chimie, comme un état de la matière susceptible de révéler bien des lois plus profondes, et aussi de suggérer de multiples applications. Mais leur étude est encore trop peu avancée pour qu’on ait une idée générale et précise de leur nature et de leurs réactions. Chaque auteur a sa conception personnelle; Kruyt à qui l’on doit d’importantes contributions aux recherches a la sienne qu’il développe d’une façon didactique, sans masquer aux lecteurs les autres points de vue. Il rappelle d’abord ce qu’on entend par colloïdes, leurs propriétés, les phénomènes électriques qu’on y observe; puis il passe en revue les suspensoïdes et les émulsoïdes, leur stabilité, leur floculation, leurs principaux caractères. Enfin, il groupe dans une 4e partie les cas spéciaux et les phénomènes encore actuellement moins bien situés dans le plan d’ensemble. Parmi tous les ouvrages récents consacrés aux colloïdes, celui de Kruyt apparaît un des meilleurs, un vrai manuel pour l’étudiant.
- Géographie des plantes, par Henri Gaussen. 1 vol. in-16, 222 p., 8 cartes. Collection Armand Colin, Paris, 1933 Prix : relié, 12 if. ; broché, 10 fr 50.
- La géographie botanique évolue rapidement, parmi les controverses, et elle s’encombre d’un vocabulaire peu accessible aux non-spécialistes. En dehors de l’important traité d’Emmanuel de Martonne, il n’y avait pas d’ouvrage français récent sur cette branche de la science. L’auteur, partant des conditions d’acquisition de l’aire des plantes, montre quels problèmes elle pose. Par un large tableau de l’histoire géologique et de l’évolution, il donne les raisons historiques
- des aires, et, s’appuyant sur quelques exemples précis, il explique des répartitions très curieuses. La deuxième partie traite des groupements de plantes et l’auteur a su éclairer le dédale des notions statiques et dynamiques des formations, associations, climax. On y trouve des tableaux de la flore et de la végétation de la France, synthèses des derniers travaux, en même temps qu’une vue d’ensemble des régions florales du globe et un précieux vocabulaire.
- Ecrit d’un style précis et alerte, illustré de cartes bien comprises, ce petit livre sera bien accueilli des géographes. Les botanistes y trouveront matière à discussions fécondes; les agronomes, les forestiers et tous ceux qui, dans le grand public, s’intéressent aux questions biologiques y puiseront une foule de renseignements précieux.
- L’œuf humain et ses annexes, par M. Lucien et H. Ver-melin, 1 vol. in-8, 158 p, 78 fig. Gaston Doin et C°, Paris, 1933.
- Prix 35 fr.
- Fruit de la collaboration d’un anatomiste et d’un obstétricien, tous deux professeurs à la Faculté de médecine de Nancy, ce livre rassemble les dernières acquisitions embryologiques. 11 décrit les produits sexuels, le cycle génital, la fécondation, la nidation, le développement, les annexes, la circulation dans l’embryon, avec une clarté qui en fait l’introduction indispensable aux études d’obstétrique pour les étudiants en médecine.
- Tuberculose des organes hématopoïétiques. Le sang dans la tuberculose, par J. Rieux et B. Le Bour-dellès. 1 vol. in-8, 239 p., 11 fig., 1 pl. en couleurs. Bibliothèque de la tuberculose. Doin et Cie, Paris, 1933. Prix : cartonné, 60 fr.
- Le sang et les organes qui le forment : ganglions lymphatiques, rate, moelle des os, méritent un examen détaillé dans l’infection tuberculeuse. Elle débute dans les ganglions et c’est là que Calmette l'ait agir le B. G. G. pour créer l’immunité chez l’enfant; elle provoque une multiplication des cellules ganglionnaires; elle attaque d’abord les organes hématopoïétiques; le sang s’en trouve modifié. L’attention doit donc être attirée sur cet ensemble de réactions encore inégalement connues et nul ne pouvait mieux le faire que le professeur Rieux, depuis longtemps spécialisé dans l’étude du sang et de la tuberculose, avec la collaboration de son ancien élève du Val-de-Grâce.
- Dictionnaire de la langue des Iles Marquises,
- par Mgr René Ildefonse Dordillon. 1 vol., in-8, 598 p. t. XVIII des travaux et mémoires de l’Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris. Prix : cartonné toile, 62 fr. 50.
- Il y a un an, paraissait dans cette collection la grammaire de la langue des Iles Marquises et le dictionnaire marquisien-français que complète aujourd’hui le dictionnaire français-marquisien. Ces deux volumes sont l’œuvre de Monseigneur Dordillon qui vécut dans ces îles de 1860 à 1888 et s’appliqua à les évangéliser. Ils fixent le dialecte parlé à cette époque, qui a d’ailleurs évolué depuis, et montrent aussi la langue jugée nécessaire par les missionnaires pour approcher des indigènes et se mêler à leur vie.
- Baléares, îles heureuses, par Amédée Fayol. l vol. in-8, 251 p. Les écrivains associés, Paris, 1933.
- Le tourisme a découvert les îles merveilleuses, fortunées, qui se groupent en Méditerranée à l’est de l’Espagne et la mode est venue de s’y rendre en caravanes. Mais ces îles : Majorque, Minorque, Ibiza, n’ont pas que leur beauté; elles ont aussi une longue histoire dont les traces apparaissent encore : maisons et villages préhistoriques, églises et monastères du temps de la lutte avec les Maures, châteaux du temps du royaume des Baléares dont la capitale fut un temps Perpignan, et plus près de nous, ce sont après Charles-Quint, les souvenirs des Anglais et des Français qui tant de fois débarquèrent aux îles en des jours heureux ou malheureux : Cabrera, la conquête de l’Algérie. De Raymond Lulle à Orfila, on ne compte plus les illustrations nées aux îles, sans parler des ancêtres de Bonaparte qui en partirent peut-être pour la Corse. Et parmi les visiteurs, on ne sait que citer : l’aventure d’Arago qui faillit y périr, George Sand et Chopin, l’archiduc Salvator d’Autriche ... Tout cela est conté d’une manière charmante et documentée dans ce livre qui est un prélude, une invitation au voyage.
- Le fumier artificiel. Fabrication et utilisation en agriculture et en culture maraîchère, par
- Ch. Lafite et J. Caudron. 1 broch. in-16, 56 p. Librairie Agricole de la « Maison Rustique », Paris, 1933. Prix : 4 fr 50.
- La fabrication du fumier artificiel est à l’ordre du jour et nombre de praticiens s’y intéressent au moment où la crise les oblige à faire des économies d’engrais. Les auteurs, agriculteurs exploitants dans la Marne, ont étudié et appliqué avec succès et en grand cette fabri- 1 cation dont ils donnent ici la recette.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. 1. — Serre du College Park (Manjland), chauffée électriquement.
- (Des thermostats placés de distance en distance, près du vitrage, contrôlent la température du terrain.)
- électricité
- Le chauffage électrique des châssis et des serres.
- Des horticulteurs d’une école rurale américaine, le « College Park» du Maryland (États-Unis), ont entrepris, depuis plusieurs années, une série d’expériences sur le chauffage électrique ' des châssis et des serres. Ces intéressants essais avaient pour but de déterminer les dispositifs, à adopter en l’occurrence. Nous nous proposons de résumer ici le rapport que ces techniciens viennent de publier.
- Les châssis employés se composaient de coffres en bois, de format carré, mesurant 1 m 8, sur 1 m 8, et installés sur couche selon les procédés ordinaires. D’après leurs observations, ces spécialistes conseillent d’y mettre une épaisseur de terreau de 23 cm de profondeur utile. Quant au montant des côtés du châssis, leur hauteur doit varier avec les plantes à cultiver. Dans ces châssis, on pose des câbles chauffants
- Fig. 2. — Deux châssis équipés pour le chauffage électrique, au College Park (Maryland, Etats-Unis).
- parallèles distants l’un de l’autre de 15 à 18 m sauf à proximité des bords où on les resserre un peu afin de compenser les pertes calorifiques. On place sous ces câbles et tout autour du châssis, un lit de 20 à 30 cm de charbon de bois ou de cendres qui empêche les déperditions de chaleur tout en assurant un excellent drainage. Comme puissance électrique, M. Geo W. Kable directeur du « College Parle » et ses collaborateurs recommandent 400 watts pour un châssis de 1 m 8, sur 1 m 8, sous les climats rigoureux et seulement 250 à 300 watts dans les régions tempérées. Ils chiffrent à 1,2 kilowatt-heure, par mètre carré de surface de châssis et par jour, l’énergie consommée. Des graines de laitues et de tomates semées ainsi sur des couches, chauffées électriquement levèrent rapidement et étaient bonnes pour le repiquage 17 jours plus tard. Les horticulteurs constatèrent, en outre, que les pieds poussés près des câbles ne subissaient aucun dommage du fait de ce voisinage.
- De même, les serres peuvent se chauffer électriquement, ‘soit au moyen de câbles enfouis, soit à l’aide de radiateurs coulissants. Ces derniers disposés sous lestab les supportant les plantes, chauffent le terreau par rayonnement et l’air ambiant par convexion.
- La serre d’expérience du « College Park » avait 2 bacs cimentés de 90 pieds de long, constx-uits de part et d’autre d’une allée centrale. Plusieurs thermostats, installés de distance en distance près du vitrage, contrôlaient deux sections de 6 m 75 de longueur chacune. Ces appareils étaient réglés pour maintenir la température du terreau entre 1° et 5° au-dessus de celle de l’atmosphère de la serre dans laquelle on cultivait des Azalées et autres plantes d’appartement. La consommation journalière varia de 0,6 à 1,2 kilowatt-heure par mètre carré de surface chauffée. D’après les horticulteurs américains, le chauffage électrique activerait la croissance des sujets de 10 à 50 pour 100, selon les espèces végétales. Nos maraîchers et nos forceurs de fleurs auraient donc intérêt à essayer cette méthode dans leurs établissements ou tout au moins nos stations horticoles pourraient l’expérimenter pour se rendre compte si son rendement est intéressant au prix actuel du courant en France. Jacques Boyer.
- CHEMINS DE FER
- L'Exposition des Automotrices des Chemins de fer de l’État.
- La lutte entre le rail et la route oblige les chemins de fer à rechercher des modes d’exploitation nouveaux plus souples, plus économiques, à départs plus fréquents. De là sont nées en ces derniers mois les automotrices à moteurs pour voies ferrées. Véritables voitures automobiles adaptées à la circulation sur rails, elles bénéficient de ce chemin de roulement idéal qu’est la voie ferrée, de sa précieuse police de sécurité. Elles apportent d’autre part le bénéfice des mérites de l’automobile : autonomie du véhicule, facilité de conduite, vitesse, dépenses réduites de traction.
- Les chemins de fer de l’Etat viennent d’organiser à la gare Saint-Lazare une exposition des véhicules de ce genre qui vont circuler sur un certain nombre de ses lignes.
- L’une d’entre elles : l’automotrice Bugatti fera, d’ici quelques jours, le service sur la ligne Paris-Deauville pendant la saison balnéaire. Certaines de ces voitures sont mues par des moteurs Diesel. Signalons aussi un nouveau modèle de wagons à grande capacité pour les lignes de grande banlieue. On est revenu au wagon à 2 étages, qui permet de réduire la longueur et le poids des trains pour un même nombre de voyageurs transportés.
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- Fig. 1. — Automotrice Bugalli à 52 places équipée avec 4 moteurs de 200 ch chacun. La vitesse commerciale dépasse 110 km-h.
- Fig. 2. — Vue intérieure de l'automotrice Bugatli.
- Fig. 3. — Wagon à étages pour lignes de banlieue pouvant transporter 278 voyageurs dont 118 assis.
- Fig. 4.— Automotrice rapide Renault à moteur Diesel à 12 cylindres en F.
- Cette voiture peut transporter 56 voyageurs assis et atteint en palier la vitesse de 120 km-h.
- Fig. 5. — Automotrice « Charentaise » des Entreprises industrielles.
- Cette voiture propulsée par un moteur Diesel de 80 ch de la Cie lilloise des Moteurs peut transporter 55 voyageurs assis. Elle fait du 90 km en
- palier. Elle est réversible et munie d’un poste de conduite à chaque extrémité.
- Fig. 6. — Automotrice « Micheline » à 36 places.
- Cette voiture est équipée d’un moteur Hispano 12 cylindres de 52 ch. Elle est réversible. Elle réalise une vitesse de 105km-heure en palier.
- (Photos Roi.)
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- INSTRUMENTS DE PHYSIQUE
- Oscilloscope « Cambridge »
- C’est un oscillographe pour observations visuelles seulement, destiné surtout aux laboratoires d’électrotechnique, établissements d’enseigne-ment,etc... L’appareil ne comporte qu’un seul équipage électromagnétique, mais, grâce à l’emploi d’un commutateur synchronisé associé à un dispositif à miroirs tournants, on peut observer simultanément deux courbes, celles-ci étant projetées sur un verre dépoli de 10 cm XlO cm.
- La source lumineuse est constituée par une lampe à incandescence de 24 watts et, en appuyant sur un bouton, on peut survolter momentanément la lampe pour rendre plus visibles les tracés, si cela est nécessaire.
- i Lapériodedel’équipage (nonamorti) e*st d’environ un 1000® de seconde et une intensité efficace de 0,2 amp. donne sur le verre dépoli une courbe de 9 cm environ d’amplitude. Le verre dépoli est muni d’un capuchon pouvant se rabattre pour le transport.
- : L’appareil est très robuste et il fonctionne dans n’importe quelle position; par exemple l’on peut calquer commodément les courbes en plaçant l’appareil .sur son côté, le verre dépoli étant dans le plan horizontal. Son encombrement est de : 45 cm X 35 cm X 20 cm; son poids net de : 13 kg.
- I En vente aux Établissements F.-C. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris (5e).
- CONSTRUCTION Escalier fantôme Slingsby.
- Ce type d’escalier fait de bois et de pièces métalliques en acier a pour but de remplacer un escalier fixe, et par consé-
- Fig. 2. — Escalier descendu Fig. 3. — Escalier complètement à moitié. descendu.
- quent d’économiser une place maintenant coûteuse, comme aussi de permettre l’utilisation normale d’un grenier.
- Tout ce qui est visible de la pièce inférieure, quand il est remonté, est un panneau aménagé dans le plafond. La descente et l’élévation de l’escalier s’effectuent aussi facilement que l’ouverture et la fermeture d’une porte ordinaire. Enfin il s’arrête dans toutes positions, laissant le panneau ouvert, si besoin est, pour la ventilation du local.
- Son installation n’exige aucun outillage spécial. II se fait pour toutes hauteurs, avec un emmarchement de 0 m 48; les marches ont 0 m 19 de largeur sur 0 m 02 d’épaisseur. Le poids du modèle moyen est d’environ 40 kg.
- Constructeur : H.-C. Slingsby, 22, rue de Chabrol, Paris X°.
- OBJETS UTILES
- Le « Santache » remplisseur pour stylos.
- Le remplissage du stylo est une petite opération qui ne va pas sans difficultés. On l’a beaucoup simplifiée en créant les porte-plume réservoirs à pompe ; il suffit de les plonger, de toute la hauteur de la plume, dans le flacon à encre, de soulever puis d’abaisser le levier et le remplissage est terminé.
- Rien de plus simple; cependant cette petite manœuvre comporte quelques ennuis : il n’est pas très aisé de plonger l’appareil dans l’encre, exactement à la hauteur voulue : si on l’enfonce insuffisamment le remplissage est défectueux; si on l’enfonce trop, le bord inférieur du porte-plume est souillé d’encre et inévitablement on se tache les doigts quand on se sert du stylo. En outre, quand le flacon d’encre commence à s’épuiser et que le niveau
- de l’encre y est trop bas, il „ , ,
- f ’ Fig. 4. — Le « Santache ».
- faut se livrer a des manœuvres compliquées jrnur
- utiliser l’encre qui reste. Tous ces petits ennuis sont évités avec l’ingénieux appareil « Santache », réalisé par la maison bien connue « Eversharp ».
- Le remplisseur, que l’on peut remplir d’une encre quelconque à son choix, est un flacon muni d’un bouchon spécial en caoutchouc dur. Ce bouchon a la forme d’un cône creux, communiquant par un siphon avec le liquide du flacon. On enfonce la plume du stylo à recharger dans le cône et on procède de la façon usuelle à la manœuvre de remplissage : le rebord inférieur du stylo s’appuie contre les parois du cône de caoutchouc et il se forme ainsi une chambre à peu près étanche; la manœuvre du levier du stylo provoque l’appel de l’encre et celle-ci ne peut jamais dépasser, dans le cône, le niveau voulu. Le remplissage s’effectue sans que l’encre atteigne jamais le rebord du stylo.
- Le remplisseur a, en outre, l’avantage qu’il remplit le stylo d’encre seulement, et non pas d’air et d’encre; enfin, il permet d’utiliser jusqu’à la dernière goutte l’encre du flacon.
- Celui-ci est toujours hermétiquement fermé; il peut se transporter sans risque dans la poche; l’encre ne s’y altère pas.
- En vente dans tous les magasins et librairies. Prix : 10 fr.
- Fig. 1. — Oscilloscope « Cambridge ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du, réchauffage des moteurs.
- Une très importante fabrique de réchauds catalytiques s’est émue d’une variété, à propos du réchauffage des moteurs, parue dans notre numéro 2S97 du 15 janvier 1938.
- Notre collaborateur disait, à propos du réchaud q,u’il avait expérimenté :
- « Mais on ne peut pas faire marcher le réchaud pendant une heure; il faut le charger complètement le soir pour être sûr qu’il ne s’éteindra pas pendant la nuit, et, une fois qu’il est allumé, on ne peut pas l’éteindre ».
- Ce reproche ne s’applique pas aux réchauds fabriqués par notre aimable correspondant. Ces réchauds sont, en effet, munis d’un couvercle qu’il suffit de mettre en place pour en arrêter le fonctionnement à un instant quelconque.
- Nous lui en donnons acte très volontiers.
- A propos des os de seiches. — Les farines de poisson. (Voir n° 2901. Boîte aux Lettres.)
- Nous recevons la lettre suivante de la Société « L’Azote alimentaire » à Arcachon (Gironde).
- « Dans votre numéro 2901, vous parlez de l’emploi des os de seiches au point de vue médical, et vous sollicitez des avis.
- L’os de seiche serait utilisé, comme les arêtes de poisson ou les os
- QUESTIONS ET
- Emploi d’un radiorécepteur alimenté par du cou= rant redressé.
- Un appareil à lampes ordinaires à filaments à faible consommation, alimenté d’une part par une batterie de chauffage de 4 v, rechargée constamment par un système de recharge du type oxymétal à faible débit, et en courant de plaque par une boîte d’alimentation à valve à vide biplaque peut donner d’excellents résultats sans aucun ronflement gênant.
- Il convient cependant, la plupart du temps, d’interrompre le fonctionnement du dispositif de charge de la batterie de chauffage durant les auditions, et il convient également de mettre à la terre le pôle haute tension de la boîte de tension plaque, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un condensateur d’une capacité de l’ordre du microfarad lorsque le radio-récepteur fonctionne sur cadre et n’est pas relié à la terre.
- 2° 11 convient, la plupart du temps, et lorsque le haut-parleur est séparé du radio-récepteur, de ne pas l’approcher de ce dernier. 11 pourrait, en effet, se produire, lorsque l’appareil n’est pas blindé, des effets de réaction basse fréquence produisant des ronflements continus, quelquefois assez gênants.
- 3° On peut, la plupart du temps, distinguer des troubles d’audition produits par des défauts du poste récepteur lui-même ou de l’émission à recevoir, et ceux d’origine naturelle, qui sont dus à des anomalies de la propagation des ondes hertziennes ou à des perturbations atmosphériques ou industrielles.
- Les parasites de différentes origines se manifestent, comme on le sait, par des craquements, des grésillements divers, plus rarement par des ronflements. Les variations des conditions de propagation se traduisent par des variations d’intensité de réception. Le « .fading » ou « évanouissement » consiste en des variations d’intensité de l’au dition constatées lors de la réception d’émissions sur ondes courtes de la gamme de 200 à 600 m en particulier.
- L’emploi d’un système antifading atténuant les inconvénients de ce phénomène dû probablement à des inégalités de réflexion des ondes hertziennes sur la couche réfléchissante ionisée entourant la terre à grande hauteur, ne peut être recommandé qu’avec un appareil très sensible. Un dispositif antifading permet bien, en effet, de diminuer la sensibilité du poste au moment où la réception est maxima, mais il ne permet pas de l’augmenter au delà d’une certaine limite, au moment où la réception est minima. Si cette question vous intéresse
- de baleines, dans l’élevage des animaux, si le prix n’en était pas si élevé.
- Les farines de poisson comportent des éléments (mélangés avec d'autres produits azotés), qui leur donnent une haute teneur en phosphate de chaux, dont l’utilisation est immédiate pour les poulets, et chez les porcs plus particulièrement, et dont l’usage empêche les vaches laitières de se décalcifier.
- L’alimentation en farine de poisson, des personnes n’est pas encore entrée dans le domaine commercial, sauf en Amérique, où il existe des usines fabriquant ce produit. 11 est probable que d’ici peu de temps elle sera sur le marché, en préparations pharmaceutiques équivalentes aux nombreux reconstituants que l’on donne aux enfants, et remplacera peut-être l’huile de foie de morue.
- La farine de poisson, pour l’élevage du bétail, jouit en France, dans le gros public, de préjugés qui n’ont que l’excuse de l’ignorance, car la production mondiale annuelle est, ou a été, de 380 000 t, sur lesquelles l’Allemagne absorbe près de la moitié; l’Angleterre, la Hollande et le Danemark s’en servent utilement, pour les industries du lait et de la viande.
- Fabriquant notre farine à bord de nos chalutiers (nous sommes les seuls à le faire en France), nous sommes à la disposition de vos lecteurs pour tous renseignements qu’il leur plaira de nous demander : Société Azote, alimentaire, à Arcachon ».
- RÉPONSES
- particulièrement, vous pouvez consulter à ce sujet l’ouvrage de M. Lucien Chrétien, intitulé « L'Anti-Fading ». (Les Éditions générales, 44, rue N.-D.-des-Victoires, Paris).
- Réponse à M. Delisle, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- De tout un peu.
- IVI. de Moissac, à Lavaux. — Comme suite à la réponse que nous vous avons faite dans le. n° 2893 du 15 novembre 1932, un de nos lecteurs M. Poulain du Havre a l’amabilité de nous signaler que les caractéristiques de l’essence dite touriste, sont actuellement fixées officiellement de la manière suivante moins rigoureuse, puisqu’il n’est plus question de densité, ni de point d’inflammabilité (Annales de l'office national des combustibles liquides, n° de septembre-octobre 1932, pages 883-884) ; savoir :
- L’essence touriste doit être limpide, incolore, neutre, ne pas contenir de composés sulfureux décélables au plombite de soude, ne donner lieu à aucun dépôt et remplir les conditions suivantes à la distillation à l’appareil de Luynes-Bordas.
- a) Plus de 25 pour 100 en volumes doivent passer avant 100° C.
- b) A 175°C le résidu doit être au plus égal à 5 pour 100 du volume initial.
- c) A 205°C, le résidu doit être au plus égal à 1 pour 100 du volume initial et reste liquide à 15°C.
- A l’importation en France ou à la sortie des raffineries exercées par la douane, un contrôle sérieux est effectué, aucune essence autre que touriste ne peut être versée à la consommation sous cette dénomination.
- Lorsqu’une essence ne présente pas les qualités requises, elle ne peut être livrée à la consommation qu’après mélange avec au moins 25 pour 100 d’alcool venant du service des Poudres, elle est alors vendue sous le nom d’essence poids lourds qui est en fait un carburant composé susceptible de dissoudre une petite quantité d’eau sans se troubler, tandis que l’essence pure n’en dissout pas à 15°C.
- Un mélange contenant 25 pour 100 d’alcool peut dissoudre environ 1 pour 100 d’eau en volumes et à 50° environ 2 pour 100.
- M. Michel, à Marseille. — Comme suite aux renseignements que nous vous avons donnés récemment, nous croyons utile de vous signaler que nous avons publié dans le n° 2870 du lor décembre 1931, page 482, un article très complet sur la bauxite, dans lequel vous trouverez une mise au point déjà très documentée sur la question qui vous intéresse.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. •— Un modèle de baie en miniature reconstituée par l'Institut technologique de Californie pour l'étude de la tenue à la mer des digues et jetées.
- (Ph. New-York Times.)
- Fig. 2. — Une catapulte géante pour avions à bord du paquebot allemand Westphalen transformé , en aérodrome flottant.
- (Ph. Keystone.)
- Fig. 4. — Trois élégantes de l’Etat de Burma. Les anneaux qu’elles se placent au cou depuis l'enfance leur ont allongé anormalement le cou. (Ph. Roi.)
- Fig. 5.— Un tube à rayons X sous 2 millions de volts, en montage à U Institut technologique de Californie.
- (Ph. New-York Times.)
- Fig. 3. — Un nouveau modèle de cheminée de navire,
- avec écrans pour protéger le pont contre la fumée.
- (Ph. Keystone).
- Fig. 6. — La pièce maîtresse d’une gigantesque entreprise d’irrigation-, le barrage Sukker à Sind, sur VIndus. ( Indes anglaises.)
- (Ph. Keystone.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 41 ii. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1-6-19*3.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 paves far rtvrnfrn)
- LA NATURE
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- N° 2907
- LA NATURE
- 15 Juin 1933.
- L’UTILISATION DES MOUVEMENTS DE LA MER
- L’ONDO-POMPE DE CATTANEO
- Le problème de l’utilisation de l’énergie de la mer est toujours à l’ordre du jour. Dans une note du 15 octobre 1931 (x) où je donnais les résultats des essais du rotor de Savonius, je parlais de la visite de M. F.
- Cattaneo à Monaco, en juin 1931. Il m’exposa plusieurs de ses inventions, en particulier celle de son ondo-pompe rapide dont la simplicité et l’ingéniosité me parurent devoir permettre un bon fonctionnement. M. Cattaneo m’invita à visiter à Voltri, près de Gênes, les installations de la station expérimentale d’études qu’il a établie, et qui comporte divers appareils d’essais, tels qu’un énorme flotteur, un bassin différentiel, etc., dont il ne peut être question ici. J’y allai et j’eus le plaisir de voir fonctionner le premier modèle d’ondo-pompe qui était à ce moment en marche depuis douze ans. Dans ce modèle, le flotteur a 60 cm de diamètre; il est relié à distance au piston ^plongeur par une forte chaîne passant sur deux poulies situées l’une au-dessus du flotteur, l’autre au-dessus du piston. Quand la mer monte dans le puits du flotteur, celui-ci est soulevé et le piston, très lourd, tombe
- 1. « Sur l’emploi du rotor de Savonius pour l’utilisation des vagues de la mer », Bull. Instilul océanogr., n° 583, 15 oct. 1931. Voir aussi:
- « Sur l’emploi du rotor de Savonius et du dynamomètre de Stevenson pour l’utilisation des vagues de la mer », Recherches et Inventions, n° 185, février 1930, p. 41-43, 3 fig.
- Voir encore Houllevigue, La Science et la Vie, n° 166, avril 1931, description et figures du rotor de Savonius.
- par son propre poids et chasse l’eau dans la colonne montante ; quand le flotteur descend il fait remonter le
- piston en tirant la chaîne. J’ai pu constater qu’il suffisait d’une faible houle pour actionner le système. Cette ondo-pompe élève l’eau de mer à 8 m, dans un bassin d’où sa chute actionne un moteur électrique d’atelier. M. Cattaneo a joerfectionné celui-ci en supprimant tout intermédiaire, chaîne et poulies ; le piston est attaché d’une façon fixe au flotteur et alors le piston descend avec le flotteur et monte avec lui; il n’y a plus de bruit de chaîne et de poulies, le système est silencieux; c’est celui-ci qui a été construit pour la première fois pour Monaco. Il comporte deux pistons plongeurs symétriquement placés par rapport au flotteur.
- Dans le projet de M. Cattaneo le flotteur se meut dans un tube de fonte de 6 m de long (en un ou plusieurs morceaux) qu’on fixe aux rochers au bord de la mer et de façon que son bout inférieur ouvert se trouve à 3 m 50 sous le niveau moyen de la mer. Le bout supérieur, à 2 m 50 au-dessus du niveau moyen, est fermé par un couvercle que traversent, dans des presse-étoupe, les pistons plongeurs et les guides du flotteur. On prévoit la nécessité de retirer le tube de fonte de 6 m, pour l’entretenir, par exemple une fois par an.
- Pour divers motifs nous avons préféré remplacer le gros tube de fonte par un
- Fig. 1. — Le flotteur placé sur un chariot avant la mise en place. Les deux tubes-guides sont vissés sur le flotteur, leurs têtes ainsi que celles des pistons plongeurs sont fixées dans la traverse. L’ensemble est destiné à se mouvoir tout d’une pièce dans le puits. M. Calleri, mécanicien de YEider, en bas, donne une idée des dimensions de l’appareil. (Phot. L. Sirvent.)
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- puits dont l’emplacement a été choisi d’accord avec M. Cattaneo et qui est situé à l’extrémité du petit promontoire qui se trouve correspondre au milieu et au pied du Musée. Dès que le Conseil d’administration de l’Institut océanographique les eut autorisés à sa séance de décembre 1931, les travaux furent commencés par l’entreprise Fontana et Gamba, celle-là même qui a construit le Musée. Les aléas des travaux à la mer ne tardèrent pas à se présenter. Le mauvais état de la mer interrompit à plusieurs reprises le creusement du puits; dès qu’on arriva au-dessous du niveau de la mer, des infiltrations obligèrent à un épuisement au moyen d’une pompe qui nécessita de fréquentes réparations.
- Une fois le puits de 1 m 50 de diamètre arrivé à 3 m 50 au-dessous du niveau moyen, il a été prolongé horizontalement par une galerie de 1 m 50 de large et de 0 m 60 de hauteur et d’environ 1 m 40 de longueur destinée à mettre en communication le puits avec la mer par l’extérieur, au moyen d’un scaphandrier. Mais auparavant il fallait achever le puits en lui donnant 2 m 50 de hauteur au-dessus du niveau moyen de la mer à l’aide d’un mur cintré de cette hauteur, en ciment, très épais, appuyé de chaque côté sur le roc. Nous avons
- ainsi obtenu un puits de 6 m de hauteur. On y installa trois fers à T tenus par des sortes de pinces dont le manche est solidement scellé da&s la paroi et dont la pince saisit le fer à T ; la lame libre du fer à T est garnie sur toute sa longueur de bois retenu sur le fer par des boulons. Ces trois fers à T ainsi garnis sont dressés suivant les arêtes idéales d’un prisme triangulaire équilatéral et servent de guides au flotteur. Sur quatre planches de teck de 6 m de long, fixées dans la paroi du puits, mais amovibles, sont fixés : les deux tuyaux d’aspiration de chacun des pistons plongeurs, le tuyau d’aspiration de la grande pompe et celui de la petite pompe électrique du Musée.
- A partir du 3 novembre on put voir les tubes-guides du flotteur et les pistons plongeurs, tous reliés par une même traverse horizontale, monter et descendre suivant les mouvements
- de la mer, avec beaucoup de souplesse et de facilité.
- Venons-en maintenant à la description de l’ondo-pompe elle-même (x).
- Dans un puits de 6 m dont 3 m 50 sont au-dessous du niveau moyen de la mer et dont le fond communique avec la mer, se trouve un flotteur qui suit les mouvements d’ascension et de descente de l’eau du puits et qui transmettant, de la façon que nous allons dire, ces mouvements à deux pistons plongeurs de pompe, permet d’élever l’eau de la mer à la hauteur qu’on a fixée.
- Pour cela, le flotteur spécial très ingénieux, de M. F. Cattaneo, se compose de deux parties bien distinctes (fig. 2) : le flotteur proprement dit, hermétiquement fermé, plein d’air, F, et une chambre d’eau E, en libre communication par en bas avec l’eau du puits, et, en haut, par les tubes TT et les robinets RR avec l’air extérieur. Ces tubes TT servent en même temps de guides et glissent dans des presse-étoupe PP du couvercle qui peut fermer hermétiquement le puits. Ces deux tubes-guides traversent le flotteur F sans communiquer avec l’air qu’il contient. Ils sont réunis juste au-dessous des robinets RR par une traverse Tr à laquelle sont également fixés deux pistons plongeurs Pp qui descendent et montent dans des cylindres Cy munis de presse-étoupe et dont ils refoulent l’eau dans les colonnes d’alimentation des aquariums. Le flotteur se meut entre trois guides verticaux de la longueur du puits. Le fonctionnement est très simple : on commence, après avoir mis le flotteur en place, par ouvrir les deux robinets pour permettre à la chambre E de se remplir d’eau, puis on les ferme; quand l’eau monte dans le puits, le flotteur et les pistons plongeurs montent, l’eau (aspirée à 3 m 50 par un tube muni d’üne crépine) se précipite dans les cylindres C y, quand l’eau baisse dans le puits, le flotteur descend ainsi que leë pistons plongeurs qui refoulent l’eau des cylindres C y, dans la canalisation des aquariums. Le flotteur F est fait de façon à soutenir à la surface de l’eau son propre poids, celui des tubes-guides, des pistons plongeurs et la traverse. Mais à la descente, si le diamètre des pistons plongeurs atteint certaines dimensions, ou si la hauteur de refoulement est trop grande, il peut se faire que le poids de l’ensemble ne suffise pas pour un fonctionnement convenable du système. C’est ici qu’apparaît l’utilité de la chambre à eau si ingénieusement imaginée par M. F. Cattaneo (de Voltri). Les robinets RR ayant été ouverts, la chambre d’eau s’est remplie d’eau. Ainsi est créé un poids, aussi grand qu’on le voudra, et qui, étant plongé dans l’eau quand la mer monte dans le puits, ne pèse rien à la montée et qui, à la descente, apporte pour le refoulement de l’eau dans la canalisation l’appoint de poids nécessaire et suffisant.
- En effet, le flotteur ne descend pas aussi vite que le niveau de l’eau dans le puits, à cause de la résistance apportée par le refoulement de l’eau à la hauteur voulue; le flotteur avec une partie de la chambre d’eau se trouve ainsi au-dessus du niveau de l’eau du puits. Le poids
- 1. Voir ma note Sur l’emploi de Vondo-pompe Cattaneo pour utiliser les mouvements de la mer. C. R. Acad, des Sciences, séance du 19 décembre 1932, p. 1205-1208, fig., et le Génie Civil du 7 janv. 1933.
- Fig. 2. — Coupe verticale de l’ondo-pompe Callaneo dans le puits.
- F, flotteur; E, sa chambre d’eau; TT, les deux tubes-guides avec leurs robinets RR; P p, les deux pistons plongeant dans les cylindres Cy; C, couvercle du puits; PPPP, les quatre presse-étoupe; Tr, traverse supérieure.
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- de l’eau de cette partie émergée de la chambre d’eau agit alors pour vaincre la résistance au refoulement, et il ri émerge de la chambre d'eau que juste ce qui est nécessaire pour vaincre cette résistance.
- Le flotteur (fig. 3) a été construit par M. Ghio, de Monaco, en tôle d’acier de 4 mm d’épaisseur ayant 1 m 008 de diamètre extérieur, 1 m 20 de hauteur dont 0 m 76 pour le flotteur proprement dit et 0 m 44 pour la chambre d’eau. Les rivets ont été remplacés partout par la soudure autogène. Son poids est de 290 kg. Il a été éprouvé à 4 kg. Les deux tubes-guides du flotteur sont en acier de 6 m de long, de 70 mm de diamètre extérieur, de 3 mm d’épaisseur, pesant chacun 35 kg, les pistons plongeurs en acier, de 5 m 50, de 60 mm de diamètre extérieur, de 3 mm d’épaisseur, pèsent chacun 25 kg; la traverse en bois réunissant les têtes des tubes-guides et des pistons pèse 25 kg. Le poids total de l’ensemble est donc de 435 kg, alors que le flotteur contient 575 litres d’air environ, d’où une forte marge de flottabilité.
- Le flotteur et les tubes-guides décapés au sable par M. Dumas, de Nice, ont été soigneusement laqués à trois couches par M. Calleri, mécanicien du Musée.
- Un hydromètre enregistreur Richard inscrit les variations du niveau de l’eau dans le puits sur un papier se déroulant à 76,5 mm à l’heure.
- Pour mesurer le débit, on reçoit l’eau dans un récipient à section triangulaire à sommet inferieur et médian, divisé en deux parties égales par une cloison longitudinale; le récipient peut osciller à droite et à gauche autour d’un axe longitudinal passant sous le sommet. Quand une moitié est remplie,son poids fait basculer cette moitié qui se vide pendant que l’autre se place sous le tuyau et se remplit à son tour, bascule, se vide et ainsi de suite. Un index fixé au récipient actionne un compteur de tours, dont le nombre multiplié par le contenu des deux moitiés du récipient (50 1 dans notre cas) donne le débit exact de l’ondo-pompe.
- Le couvercle du puits (fig. 4), qui a 1 m 50 de diamètre, est fait d’un cadre de madriers dont deux ont 170 X 30 X 15 cm, deux autres ont 110 X 30 X 15 cm. Au milieu de ce cadre est une traverse de 125 X 26 X 14 cm qui porte les quatre presse-étoupe et est boulonnée par ses extrémités, au milieu des deux traverses principales. Le cadre des quatre madriers est posé sur un grand anneau plat en caoutchouc de 2 cm d’épaisseur, de 8 cm de largeur, qui donne l’étanchéité du couvercle. Celui-ci est complété par deux épais panneaux de bois.
- L’eau refoulée par les pistons plongeurs peut, à volonté, monter à 51 m, à 64 m où est le plus haut réservoir d’alimentation des aquariums du Musée, ou bien être rejetée immédiatement à la mer (d’environ 3 m de hauteur).
- Pour faire obstacle aux coups de mer qui peuvent se produire (surtout pendant la nuit, alors qu’on ne peut exercer de surveillance), un orifice de 20 cm de diamètre, qui est maintenu ouvert pour le fonctionnement des pompes, peut être automatiquement fermé par un lourd bouchon suspendu à une petite hauteur au-dessus de l’orifice. Quand la course du flotteur devient excessive
- Fig. 3. —• Le flotteur.
- On voit les deux anneaux de suspension : l’extrémité d’un des tubes destiné à recevoir les tubes-guides; les bouchons de deux petits orifices permettant d’introduire du lest dans le flotteur ou d’en retirer. On voit aussi les lignes de soudure autogène unissant les diverses parties du flotteur. La chambre d’eau s’étend entre la ligne de soudure horizontale intérieure et le bas du flotteur; le flotteur proprement dit, plein d’air, occupe la partie supérieure plus importante.
- (Phot. L. Sirvent.)
- la traverse supérieure mobile appuie sur le levier qui soutient le bouchon, celui-ci tombe et ferme l’orifice. L’air enfermé dans le puits constitue alors un frein puissant auquel s’ajoute la résistance du refoulement de l’eau à 51 ou à 64 m. Le fonctionnement est d’une grande souplesse. Un autre moyen qui petit être associé au premier est un dispositif qui permet d’ouvrir automatiquement les robinets des tubes-guides du flotteur quand celui-ci descend trop bas. Ce dispositif fonctionne, comme le précédent, au moyen de la traverse mobile. Quand les robinets ont été ouverts et que le flotteur est porté en haut, il ne peut plus redescendre, car l’eau de la chambre d’eau est remplacée par de l’air et le poids du flotteur ne suffît plus à vaincre la résistance offerte au refoulement de l’eau par les pistons plongeurs. 11 va sans dire que cet effet ne se produit pas si le poids du flotteur et de ses annexes suffît à vaincre cette résistance sans l’appoint du poids variable de l’eau de la chambre à eau. Quand le couvercle est ainsi complètement fermé, il est possible, au moyen d’une vanne et d’une canalisation, d’utiliser à distance une turbine à air, dont M. Cattaneo a construit un modèle, et qui tourne dans le même sens, aussi bien
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- Fig. 4 et 5.—• Vue du couvercle du puits laissant passer à travers quatre presse-étoupe les deux tubes-guides du flotteur et les deux pistons plongeurs.
- Au premier plan les deux cloches à air des tuyaux de refoulement. On voit à droite le levier portant la masse cylindrique en plomb, qui vient obturer l’orifice au-dessus duquel il se trouve, quand le flotteur descend au-dessous de la limite fixée. A gauche on voit la vanne qui peut se manœuvrer à distance au moyen d’une tige, de façon à établir ou fermer plus ou moins la communication de l’air du puits avec l’air extérieur. On voit encore deux traverses en fer à double T, destinées à renforcer le couvercle et s’appuyant contre des fers scellés dans le béton et qu’on voit mieux dans la photographie de droite, due comme celle de gauche, à M. L. Sirvent.
- quand l’air comprimé sort du puits et que l’eau y monte, que lorsque l’air est aspiré quand elle y descend.
- Le 14 novembre dernier, par une houle très faible, l’ondo-pompe Cattaneo a monté l’eau successivement à 51 m, puis à64mde hauteur, à raison de 495litres à l’heure pour 51 m. Le 20 novembre avec une houle plus forte on élève 990 1, le 21, 1320 1., le 29, 1584 et 1980 1 par heure à 51 m de hauteur.
- Avant d’envoyer l’eau dans nos réservoirs, le 29 novembre, on s’est assuré qu’elle ne présente aucun effet nocif sur les animaux délicats, tels que les Ciona, les Spirogrciphis, etc.
- Le diamètre des pistons plongeurs a été fixé à 60 mm de façon que le fonctionnement puisse être assuré avec de faibles mouvements de la mer; on peut ainsi profiter des circonstances qui se présentent le plus souvent et ne chômer que par mer tout à fait calme. Mais le poids de l’ondo-pompe et de l’eau de la chambre d’eau permettrait l’emploi de pistons d’une section presque double.
- Le principe de l’onde-pompe de M. F. Cattaneo me paraît être un des meilleurs pour utiliser l’énergie de la mer dans les mers sans marées. On peut amener l’eau à débit irrégulier, dans des bassins élevés, de dimensions
- convenables, de façon que sa chute soit régulière et donne une énergie constante.
- L’ondo-pompe fonctionne par un mode alternatif direct comme la houle elle-même, tandis qu’avec le rotor de Savonius le mouvement alternatif de la houle était transformé en mouvement rotatif dans le rotor et ce mouvement rotatif en mouvement alternatif dans les pompes à double effet (celles-ci pourraient peut-être d’ailleurs être remplacées par des pompes rotatives.)
- Un avantage de l’ondo-pompe, c’est que l’aspiration se fait à la montée du flotteur, c’est-à-dire d’autant plus facilement que l’eau monte plus haut dans le puits.
- L’ondo-pompe Cattaneo pourrait être installée en une foule de points des côtes de la Méditerranée. Avec l’électrification générale des pays, le développement de ce système en petites puissances sera sans doute faible. Mais on trouvera peut-être des solutions avantageuses pour de plus grandes puissances. Il était nécessaire de faire une installation dont le fonctionnement fût facile à voir, et cet essai est tout à fait dans les attributions de l’Institut océanographique. Deux miroirs vont être installés à la fenêtre de la salle des tortues. Ils permettront aux visiteurs de suivre les mouvements de l’ondo-
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- pompe plus facilement qu’à travers le gros hublot qui se trouve dans le plancher de cette salle.
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- Le puits de 6 m creusé au pied du Musée doit être considéré comme un outil de recherches et d’expériences variées et non pas uniquement destiné à l’ondo-pompe Cattaneo; il nous permettra aussi de prendre désormais l’eau nécessaire à nos aquariums à 3 m 50 de profondeur environ, de sorte que cette eau sera plus propre et à une température plus convenable que celle que irons avons dû prendre jusqu’ici à 0 m 80 et qui s’est montrée nocive à deux reprises pour nos animaux.
- Le puits nous permet aussi d’établir une bonne «prise de terre » pour notre système de paratonnerre en reliant ce système aux quatre tuyaux d’aspiration qui plongent jusqu’au fond du puits. Il servira encore à expérimenter sur une grande échelle les propriétés si remarquables de la laque pour la protection des métaux contre l’action de l’eau de mer.
- Nous avons fait un puits dans le rocher parce que nous n’avions pas en vue uniquement l’ondo-pompe Cattaneo, comme nous l’avons dit précédemment. Quand il s’agit
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- au contraire uniquement de l’installation de cet appareil, il est beaucoup plus économique de remplacer le puits par un tube de fonte, de ciment, en un ou plusieurs segments et de fixer ce tube contre la paroi faite à peu près verticale par un scaphandrier mineur pour la partie la plus profonde (2 m à 3 m 50), le travail de 0 à 2 m pouvant être fait sans scaphandre. Quant à l’ondo-pompe, je crois qu’il y aurait grand avantage à avoir un Uotteur annulaire, avec un seul cylindre de piston central, qui servirait en même temps de guide unique. Ainsi nos deux pistons plongeurs de 60 mm de diamètre seraient remplacés par un seul de 85 mm ayant la même section que les sections réunies des deux de 60 mm; ce piston de 85 mm n’aurait que 267 mm de circonférence, tandis que les deux autres réunis en ont 377, donc moindre frottement dans le presse-étoupe unique; on n’aurait qu’un cylindre et qu’un piston au lieu de deux, de même un seul tuyau et un seul clapet d’aspiration, de même un seul tuyau et un seul clapet de refoulement. Le flotteur annulaire aurait comme le flotteur actuel ses deux tubes-guides à robinet.
- Dr Jules Richard, Directeur du Musée océanographique de Monaco.
- LE PHÉNOMÈNE DE MERGET
- Avant d’étudier le phénomène qui porte son nom, je crois intéresser les lecteurs de La Nature en faisant précéder mon travail d’une brève notice biographique sur le professeur Merget.
- Parmi les physiciens du xixe siècle, Merget est un des plus distingués quoique étant peut-être l’un des moins connus. Ancien élève de l’École normale supérieure, Merget fut reçu à l’agrégation des sciences physiques après un concours des plus brillants; il se présenta ensuite à l’agrégation des sciences naturelles où il fut reçu aussi dans un bon rang. Après avoir enseigné la physique au lycée de Bordeaux, Merget fut nommé à la Faculté des Sciences de Caen, puis à la Faculté des Sciences de Lyon où il se fit remarquer par ses qualités d’érudition très spéciales.
- En 1871, pendant un mouvement insurrectionnel, il eut une altercation violente avec le Doyen de la Faculté : il fut alors mis en disponibilité (x), n’ayant pas voulu se justifier auprès du Ministre de l’Instruction publique d’alors, Jules Simon, qui avait été son camarade à l’École normale. C’est pendant cette période qui va de 1871 à 1877, jusqu’au moment de la création des Facultés de Médecine, que Merget fit des recherches de physiologie végétale au « Parc de la Tête d’Or », de Lyon. Entre
- 1. On trouvera dans la Petite Gironde de Bordeaux, des détails intéressants sur ces événements, n° du 15 septembre 1928 « Figures d’autrefois ».
- temps, il avait été chargé par un riche industriel lyonnais, M. Guimet, de faire des conférences scientifiques publiques au Théâtre Bellecour, aujourd’hui disparu, qui contenait trois mille places; ce théâtre était toujours bondé à chacune des conférences de l’illustre professeur.
- Quand la Faculté de Médecine de Bordeaux fut créée, Merget fut nommé chargé de cours de physique médicale ;
- 1. — Le Nelumbium speciosum. Feuilles vues de face à gauche et de profil à droite; au milieu, la fleur; en bas à gauche, le fruit.
- Fig.
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- après avoir pris ses inscriptions de médecine, il soutint une thèse sur le sujet suivant : « Mercure, action physiologique, toxique et thérapeutique ». Ce travail remarquable était le résumé des recherches entreprises depuis plus de vingt ans. A cette Faculté, il eut pour premier préparateur Bergonié qui devint son successeur, puis le professeur Sigalas (Factuel doyen de la Faculté de Bordeaux) auquel je succédai moi-meme.
- La publication du travail qu’on va lire est un hommage que je suis heureux de rendre à la mémoire de mon ancien maître de la Faculté de médecine de Bordeaux.
- DÉCOUVERTE DE LA THERMODIFFUSION
- A lire les livres didactiques, il semble que Merget n’a pas fait d’autre découverte que celle de la continuité de la vaporisation du mercure, contrairement aux affirmations de Faraday.
- Le phénomène que je vais décrire et étudier, « la thermo-diffusion gazeuse », a été découvert par Merget pendant ses années de disponibilité. Il avait obtenu du maire de Lyon, Barodet, l’autorisation de travailler dans un petit local bien modeste au Parc de la Tête d’or dans le but de faire des recherches de physiologie végétale. Il avait été intéressé par les recherches de Dufour et de Feddersen sur les phénomènes de diffusion entre des masses d’air à différents états hygrométriques : ces travaux lui suggérèrent l’idée d’entreprendre des expériences sur des organismes végétaux où se trouvent réunies les conditions les plus favorables à leur production. Il s’adressa à une plante aquatique, le Nelumbium speciosum, appelé nelombio, et qui était le lotus sacré des anciens. On sait que ses feuilles ayant la forme d’une cuvette (fig. 1) peuvent atteindre jusqu’à 50 cm de diamètre.
- En recouvrant d’eau la concavité centrale d’une feuille de cette plante (fig. 2) et en exposant le limbe au soleil, Merget constata le dégagement de bulles gazeuses, tant par les stomates que par des ouvertures artificiellement pratiquées. C’est la constatation de ce phénomène qui conduisit Merget à le reproduire sur des corps inertes poreux, car ce phénomène produit sur le Nelumbium speciosum, en dehors de la sphère d’activité vitale de la plante, est une simple conséquence des conditions physiques de structure du milieu où l’influence excitatrice de la chaleur détermine le dégagement gazeux : ce milieu, formé par les tissus parenchymateux du limbe, se réduit aupoint de vue physique à une sorte de diaphragme poreux et humide.
- THERMODIFFUSION DANS LES CORPS POREUX HUMIDES
- Aussi bien, Merget se demanda si la circulation gazeuse constatée sur les feuilles de Nelumbium ne pouvait pas être produite avec un corps poreux préalablement mouillé.
- Pour cela, il prit un récipient en terre poreuse cuite, d’un grain assez fin; il remplit la cavité de fragments de la même terre; le col verni était muni d’un tube de dégagement : cet appareil appelé par Merget «thermodiffuseur », préalablement mouillé avec de l’eau ordinaire,
- et dont le tube plonge dans une cuve à eau, présente le phénomène suivant : à mesure qu’on le chauffe, on voit se dégager des bulles gazeuses (fig.3) provenant d’un mouvement diiïusif rentrant ; la pénétration de l’air ambiant va en croissant quand la température s’élève progressivement. L’air qui a traversé la paroi poreuse se dégage par le tube abducteur; ce dégagement est dû à un excès de pression à l’intérieur du bloc poreux; « mais l’on ne saurait voir, dit Merget (1), dans ce dégagement un effet de la détente et de la condensation de la vapeur intérieure, car il se produit encore, et ilpeut même s’accélérer, soit lorsqu’on remplit le thermodiffuseur de chaux vive, soit lorsqu’on le chauffe à une température inférieure à 100° en faisant déboucher son tube abducteur dans un bain d’eau bouillante. »
- Les résultats obtenus sont indépendants de la nature du corps poreux et de la nature du liquide qui le mouille. Les propriétés thermodiffusives des corps poreux se retrouvent dans les substances pulvérulentes quand elles ont été mouillées et suffisamment condensées par un tassement préalable.
- DESCRIPTION ET MÉCANISME DU PHÉNOMÈNE
- A la suite de ces expériences préliminaires, Merget a décrit le phénomène de la thermodiffusion de la manière suivante :
- « Quand un corps poreux ou pulvérulent humide, environné d’un gaz quelconque, est mis clans des conditions propres à déterminer la vaporisation de son eau d’imbi-bition, le mouvement de sortie de celle-ci à l’état de vapeur provoque en sens contraire un mouvement de rentrée du gaz ambiant qui afflue par tous les pores superficiels et s’accumule à l’intérieur sous pression. L’échauffement, par cela même qu’il est le moyen de vaporisation le plus commode et le plus puissant, est aussi celui qui convient le mieux pour la production du phénomène de la thermodiffusion gazeuse qui ne dépend d’ailleurs que des dimensions des pores du bloc poreux.»
- Le mode le plus direct de vérification expérimentale consiste à prendre un bloc d’un corps poreux quelconque, du plâtre par exemple, dans lequel on creuse une cavité cylindrique où l’on engage un tube ouvert aux deux bouts qu’on scelle au plâtre gâché. Si le plâtre est bien sec, l’échauffement du bloc dans la flamme d’une lampe à alcool, dans celle d’un bec de gaz ou au-dessus d’un feu clair de charbon, détermine la dilatation de l’air intérieur qui, libre de s’échapper au dehors parles ouvertures des pores superficiels, reste constamment en équilibre de pression avec l’air extérieur, ainsi que le montre le stationnement des niveaux d’un manomètre relié au tube abducteur.
- Les choses ne se passent plus de la même façon lorsqu’il y a eu préalablement imbibition du bloc par l’eau ou par un liquide volatil. Dans ce cas, dès qu’on commence à le chauffer, la dénivellation du liquide du manomètre accuse un accroissement immédiat de la pression intérieure (fig.5), et cet accroissement est toujours en rapport avec celui de la température de l’échauffement. Si, au lieu de relier le tube abducteur à un manomètre, on fait
- 1. C. B. Acad, des Sciences, 1871, p. 1356.
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- plonger son extrémité dans une cuve à eau, l’air qui afflue sous pression à l’intérieur du bloc, rencontrant une résistance qu’on peut toujours rendre inférieure à sa pression, se dégage par cet orilice avec une vitesse qui se règle toujours elle aussi sur la marche de réchauffement.
- On répète plus commodément ces expériences en substituant au bloc poreux des appareils de construction très élémentaire.
- Un vase poreux de pile vide ou rempli d’une substance pulvérulente et portant, suivant son axe,un tube de verre scellé avec du plâtre gâché, constitue un bon thermo-dilîuseur. A défaut de vase poreux, on se procurerait plus économiquement encore un thermo-diffuseur en prenant de vulgaires pipes de terre bourrées avec de la terre de pipe pulvérisée, le tuyau de la pipe elle-même servant alors de tube de dégagement (fig. 4).
- LA THERMODIFFUSION N’EST PAS LA DIFFUSION SIMPLE
- « Il reste bien établi, dit Merget Q), par une séi’ie d’expériences, que le phénomène de la thermodiffusion diffère essentiellement des phénomènes d’échanges
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- thermodiffusion au point de vue de quelques réactions chimiques qui s’opèrent dans les espaces capillaires où circulent l’azote et l’oxygène de l’air en présence de la vapeur d’eau et de certaines bases introduites dans la masse, sous l’influence de l’élévation de la température pendant réchauffement du corps poreux.
- THERMODIFFUSION PAR LES ONDES COURTES
- Récemment (1), j’ai pensé à utiliser pour l’étude du phénomène de Merget, la chaleur dégagée dans un bloc poreux par le passage d’ondes électriques à très haute fréquence qui ont l’avantage d’échauffer le bloc sans que celui-ci soit exposé à absorber des produits de combustion variés, comme dans le cas où réchauffement est réalisé par une flamme ou par un feu de charbon de bois, ainsi que l’avait fait Merget. Le bloc qui m’a servi dans ces expériences est constitué par un vase poreux cylindrique rempli de brique finement concassée et ayant 6 cm de diamètre et 9,5 cm. de hauteur. Son poids, à l’état sec, est de 398 gr; ce bloc est muni d’un tube abducteur plongeant dans la masse poreuse.
- Dans mes expériences, le bloc poreux était entouré
- Rayons solaires.
- Fig. 2.
- Coupe schématique d’une feuille de Nelumbjura speciosum.
- A travers la masse d’eau centrale, des bulles gazeuses se dégagent au soleil.
- Fig. 3. — Bloc poreux thermodiffuseur TT' présentant le phénomène de Merget,
- après humectation par l’eau et échauffement, ou après imbibition par un liquide très volatil à la température ordinaire.
- Fig. 4.
- Pipe en terre, bourrée de terre de pipe mouillée,
- chauffée par une flamme.
- Des bulles gazeuses se dégagent par le tuyau.
- gazeux entre des atmosphères de composition différente, par diffusion simple.
- Une seule considération suffit d’ailleurs pour le prouver : c’est que la pression indiquée par un manomètre, qui ne saurait être supérieure dans le cas de la diffusion simple, à la pression atmosphérique augmentée de la tension de la vapeur d’eau à la température de la paroi froide dans l’appareil, 15 à 20°, surpasse de beaucoup la pression atmosphérique. »
- APPLICATION DE LA THERMODIFFUSION
- Le phénomène de la thermodiffusion joue un rôle important et à peu près complètement inconnu : les pierres de nos maisons, le sol, nos vêtements même, lorsqu’ils sont tant soit peu échauffés après avoir été mouillés, fonctionnent comme des appareils thermodiffuseurs, et cela avec une activité parfois surprenante.
- Pendant que j’avais l’honneur d’être préparateur du professeur Merget, j’ai étudié (2) le phénomène de la
- 1. Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences, 4° session, p. 358.
- 2. Étude expérimentale du rôle de la circulation de l’air atmosphérique par thermodiffusion à travers les corps poreux. Thèse de Bor-
- deaux, 1890.
- d’un carton fortement serré et maintenu par un lien : il était placé entre les deux plateaux-condensateurs (fig. 6) d’un appareil de Beaudouin donnant 30 millions de périodes par seconde, soit 10 mètres de longueur d’onde.
- Quand le bloc est préalablement desséché, il ne se dégage aucune bulle de gaz par le tube abducteur dont l’extrémité plonge dans l’eau; mais si l’on mouille le bloc, un dégagement gazeux ne tarde pas à se manifester sous l’influence de réchauffement par les ondes courtes. Ainsi, dans une expérience où le bloc a absorbé 15 cm3 d’eau tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les bulles gazeuses ont commencé 12 minutes après l’établissement du courant; la température du bloc était à ce moment-là de 77°,5; le dégagement a duré 34 minutes et s’est arrêté, le thermomètre marquant 73°,5. Dans cette expérience le volume d’air recueilli a été de 256 cm3.
- J’ai cherché à voir comment varie le volume d’air ayant thermodiffusé avec le volume d’eau imprégnant les espaces capillaires, en introduisant le liquide par le tube abducteur. Voici les nombres trouvés dans trois expériences :
- 1. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, tome 196, 1933, p. 255.
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- Imbibition avec 5 cc d’eau 15 —
- 40 —
- Dégagement
- gazeux
- après
- 12 minutes 9 minutes 7 —
- Volume du Durée du gaz
- dégagement recueilli
- 21 minutes 202 cc
- 36 — 243 —
- 46 — 292 —
- Ces nombres montrent que le dégagement gazeux et la durée du phénomène vont en augmentant à mesure que l’imbibition s’est faite plus profondément dans les espaces capillaires du bloc.
- La thermodifïusion se produit non seulement avec l’eau, mais avec tous les liquides volatils : ce dernier cas avait été peu étudié jusqu’à présent parce que le moyen d’échauffement précédemment employé risquait d’enflammer ces liquides. Avec réchauffement par les ondes courtes, au contraire, un tel danger n’est pas à craindre.
- J’ai étudié le phénomène de Merget en faisant absorber à la masse poreuse différents liquides. Voici les nombres trouvés après introduction de 15 cm3 d’alcool méthy-lique et d’acétone.
- Durée du dégagement
- Alcool méthylique. 46 minutes Acétone............33 —
- Volume du gaz recueilli
- 207 cm3 222 —
- Ces nombres semblent indiquer que le volume gazeux dégagé pendant la thermodiffusion est d’autant plus grand que le liquide imprégnant les espaces capillaires est plus volatil : les points d’ébullition de ces substances sont en effet respectivement de 66° et 50°,3.
- Il doit très probablement s’effectuer, pendant le phénomène de Merget, des combinaisons chimiques, et en particulier des oxydations, sous l’influence de l’élévation de température et du champ oscillant de très haute fréquence : c’est une question qui pourrait intéresser les chimistes.
- CONTINUITÉ DU PHÉNOMÈNE DE MERGET
- Je me suis ensuite demandé si la continuité du phénomène de Merget ne pouvait pas être démontrée en réalisant la thermodifïusion gazeuse sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir l’élévation de température du bloc poreux.
- Je me suis servi pour ces expériences (x) du même vase poreux décrit précédemment. J’ai opéré d’abord avec de l’éther éthylique dont le point d’ébullition est de 35°,5. Comme j’avais observé pendant la thermodifïusion produite par l’imbibition du bloc avec de l’eau, que la température à laquelle commence le dégagement gazeux, est sensiblement inférieure à celle de l’ébullition de ce liquide, j’ai pensé qu’à la température ordinaire, de 15 à 18°, le dégagement des bulles par thermodiffusion pourrait se produire aussi bien avec l’éther que quand le bloc est imbibé d’eau et soumis à un échauffement plus ou moins considérable.
- L’expérience a confirmé mes prévisions : on introduit par le tube abducteur 10cm3d’éther danslamasse poreuse où les fragments de brique pilée absorbent rapidement
- 1. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, tome 196, 1933, p. 819.
- le liquide. On place alors dans un support le bloc légèrement incliné en disposant une petite cuve à eau dans laquelle plonge l’extrémité du tube abducteur. Aussitôt on voit se dégager des bulles gazeuses, exactement comme dans le cas de l’eau quand la température du bloc est portée à 70° environ. Ce dégagement dure jusqu’à ce que l’éther soit complètement évaporé, ainsi que je m’en suis assuré en pesant le bloc dont le poids à l’état sec était de 398 gr. En plaçant le bloc dans un cylindre de carton serré autour de lui, on peut apprécier la température du système: or j’ai vu cette température baisser pendant la thermodifïusion : de 19°,5 la température est descendue à 18°,4 à la fin de l’expérience.
- Dans d’autres expériences, j’ai opéré avec du chlorure d’éthyle dont le point d’ébullition est encore plus bas : en introduisant 10 cm3 de ce liquide par le tube abducteur, la thermodiffusion a commencé aussitôt. Le dégagement gazeux dure moins longtemps qu’avec l’éther, mais les bulles se succèdent avec une rapidité plus grande. Là aussi la température du bloc s’abaisse pendant la thermodiffusion : de 19°,5, le thermomètre est descendu à 17°,6 à la fin du dégagement gazeux.
- Il faut noter que dans l’une et l’autre de ces expériences, les bulles gazeuses n’ont pas ou ont à peine l’odeur du liquide introduit dans la masse poreuse. Ces expériences prouvent bien que réchauffement du bloc thermodiffuseur n’est pas obligatoirement indispensable pour que le phénomène de Merget se produise : il suffit de s’adresser à des liquides dont la vaporisation puisse se faire assez rapidement à la température ordinaire.
- Quoi qu’il en soit, ces faits démontrent, comme on le voit, la continuité du phénomène.
- THERMODIFFUSION PAR LES VAPEURS DE CERTAINS CORPS SOLIDES
- La réalisation du phénomène de Merget à la température ordinaire m’a conduit à rechercher si la thermodiffusion ne se produirait pas en introduisant dans la masse poreuse des corps solides facilement vaporisables, pris à un état de grande division.
- J’ai pensé aux corps qui m’avaient permis autrefois (*) d’obtenir par la condensation de leur vapeur au sein d’une masse d’eau une pseudo-solution colloïdale, comme le camphre, l’iode, etc.
- Pour imprégner les espaces capillaires du bloc poreux avec le corps solide étudié, j’ai pris ce corps à l’état dissous dans un solvant très volatil, comme l’éther, dont la vaporisation produit elle-même à la température ordinaire un dégagement gazeux par thermodillusion.
- La solution est introduite à l’intérieur de la masse de façon à imprégner les espaces capillaires dans toutes leurs parties. Le bloc est alors fixé dans un support, l’extrémité du tube abducteur plonge dans une cuve à eau. L’éther, en se volatilisant, produit aussitôt la rentrée de l’air ambiant sous pression et des bulles gazeuses commencent à se dégager.
- Pour étudier la thermodiffusion par le corps solide introduit dans la masse poreuse, il fallait que le bloc
- 1. Voir La Nature, n° 2803, 15 février 1929, p. 174.
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- soit d’abord débarrassé complètement du dissolvant : on reconnaît que tout l’éther a disparu de deux façons qui se complètent l’une l’autre, par la cessation du dégagement gazeux et par la perte de poids du bloc préalablement pesé à l’état sec et après introduction de la solution.
- 1° Thermodij fusion avec le camphre. On a fait dissoudre 3 gr de camphre en poudre dans 15 cm3 d’éther : le bloc pèse alors 411 gr; à l’état sec, son poils était de 398 gr. L’augmentation du poids est donc de 13 gr.
- On dispose le bloc poreux comme il a été dit; on voit alors le dégagement gazeux commencer aussitôt et se poursuivre bien régulièrement pendant près de 2 heures, la température du laboratoire étant de 19°.
- Le poids du bloc n’est plus que de 401 gr, ce qui correspond bien aux 3 gr de camphre introduit (401-398) : l’éther a donc été entièrement volatilisé. Dans ces conditions, si un dégagement gazeux se produit quand on échauffera le bloc, on ne pourra l’attribuer qu’à la volatilisation du camphre.
- l’ai cherché tout d’abord à provoquer la thermo-
- 1,50 gr d’iode dans 12 cm3 d’éther : la solution est introduite dans la masse poreuse par le tube abducteur : le poids du bloc est passé alors de 398 gr à 406 gr. Placé dans un support et l’extrémité du tube plongeant dans de l’eau, le système ne tarde pas à présenter la thermodiffusion due à la vaporisation de l’éther.
- Après 1 h. 20, les bulles cessent : le poids du bloc est à ce moment-là de 399 gr 50, ce qui prouve que tout l’éther s’est évaporé et qu’il reste 1 gr 50 d’iode (399,50-3')8).
- Le bloc est alors disposé, comme dans l’expérience précédente, sur le petit réchaud à gaz. Les bulles d’air se dégagent plus tardivement qu’avec le camphre, mais elles deviennent régulières et durent pendant plus d’urxe demi-heure.
- Après leur cessation, le poids du bloc est de 398 gr, ce qui indique que tout l’iode s’est volatilisé.
- Ces expériences prouvent donc bien que le phénomène de Merget peut être réalisé non seulement avec des liquides volatils, mais aussi avec des corps solides facilement vaporisables.
- Bloc poreux thermodiffuseur TT' imbibé d’eau
- el chauffé au-dessus d’un réchaud.
- Un manomètre indique une dénivellation nette.
- Flexible
- Eprouvette
- graduée
- Borne
- Carton
- Fig. 6. — Dispositif pour réchauffement d’un lhermodiffuseur par les ondes courtes.
- B et B' sont les bornes de l’appareil producteur des ondes. — I.es plateaux-condensateurs sont formés par un disque métallique recouvert d’ébo-nite du côté interne. Le bloc poreux est entouré d’un carton et son tube abducteur est raccordé à un autre tube aboutissant à une cuve à eau.
- infra - rouges
- Cuve a
- Fig. 7.
- Coupe schématique d’une feuille de Nelumbium.
- Par le pétiole coupé, des bulles gazeuses se dégagent quand le limbe reçoit un rayonnement calorilique.
- diffusion du bloc, ainsi chargé de camphre, par réchauffement par les ondes courtes, en plaçant le système entre les plateaux-condensateurs reliés à un appareil fournissant 30 millions de périodes par seconde (1), mais il ne s’est produit dans ces conditions aucun dégagement gazeux, la température atteinte par le bloc n’avait pas dépassé 35°.
- J’ai alors disposé le bloc sur un petit réchaud à gaz, en maintenant l’extrémité du tube abducteur dans l’eau et en imprimant au bloc un mouvement de rotation continue.
- Au bout de 4 ou 5 minutes,desbulles d’air ont commencé à apparaître et elles sont devenues de plus en plus nombreuses à mesure que réchauffement est devenu plus intense; la durée du phénomène a été de 45 minutes environ. Une forte odeur de camphre s’était répandue dans la pièce, mais les bulles gazeuses dégagées sentaient à peine le camphre.
- Le bloc avait, à la fin de l’expérience, retrouvé son poids initial de 398 gr, ce qui indique que le phénomène de Merget a pris fin quand tout le camphre a été volatilisé grâce à l’échauffement du bloc dans toutes ses parties.
- 2° Thermodij fusion avec Viodc. — On a fait dissoudre
- 1. Voir C. R. Acad, des Sciences, n° 4, 1933, p. 255.
- THERMODIFFUSION GAZEUSE DANS LES VÉGÉTAUX AQUATIQUES
- Maintenant que nous avons étudié le phénomène de Merget sous ses différentes faces, revenons aux premières expériences faites par Merget sur la feuille de J\elum-bium speciosum exposée aux radiations solaires.
- Rappelons que si l’on recouvre d’eau la concavité centrale d’une feuille de cette plante il se dégage, sous l’influence du rayonnement solaire, des bulles de gaz à travers la masse liquide (fig. 2). De nombreuses expériences ont montré à Merget que le gaz dégagé dans ces conditions était de l’air atmosphérique : il s’agit là d’un phénomène étranger à la respiration chlorophyllienne. L’expérience réussit encore très facilement quand on remplace le rayonnement solaire par une source de chaleur constituée, par exemple, par une plaque annulaire de tôle chauffée au-dessous du rouge, ou plus facilement, par une lampe émettant des rayons infra-rouges. Merget admet que c’est la différence de température entre les parties du limbe directement exposées au rayonnement calorifique et celles qui en sont préservées par la masse d’eau qui détermine la sortie du gaz inclus dans ces dernières; et pour que ce gaz puisse sortir malgré la pression
- * *
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- hydrostatique supérieure, il faut qu’il y ait une action impulsive émanant de l’air voisin échaudé. L’eau du centre de la feuille ayant uniquement pour effet de soustraire les tissus sous-jacents à l’action calorifique du foyer, son remplacement par de l’eau suffisamment chaude, pour uniformiser la température du limbe devait arrêter toute émission gazeuse à travers les surfaces recouvertes. C’est en effet le ésultat qu’a constaté Merget.
- Pour rendre sensible l’accroissement de pression intérieure dans une leuille de Nelumbium, Merget, après avoir coupé le pétiole, le mit en communication au moyen d’un tube de caoutchouc, avec un manomètre à eau : en exposant dans ces conditions le limbe de la plante à un rayonnement calorifique de nature et d’intensité définies, Merget a mesuré des dénivellations qui ont varié de 10 à 30 cm.
- Le dégagement gazeux par le pétiole (fig. 7) est assez important pour que les feuilles de Nelumbium exposées, les unes au soleil, les autres à un feu clair de charbon, aient donné, la première 250 cm° d’air, les secondes 1 litre d’air par minute, soit des centaines et des milliers de fois le volume de la feuille par heure, et cela pendant plusieurs heures sans interruption, quelquefois pendant des journées entières.
- Pour entretenir la continuité d’un débit aussi considérable, il fallait évidemment qu’il y eût à chaque instant. rentrée par le limbe d’un volume d’air égal à celui qui sortait par le pétiole. L’air atmosphérique n’est pas le seul gaz qui puisse être ainsi diffusé thermodynamiquement à travers le limbe : Merget a constaté le même dégagement avec l’oxygène, l’azote, l’hydrogène, l’acide carbonique, l’oxyde de carbone, le protoxyde d’azote.
- Il s’établit donc un véritable courant circulatoire gazeux des parties vertes qui respirent à celles qui ne respirent pas, avec un double mouvement corrélatif d’aspiration par les premières et d’expiration par les secondes.
- CURIEUSES EXPÉRIENCES DE MERGET SUR LE NELUMBIUM
- En poursuivant ces si intéressantes expériences sur le Nelumbium speciosum. Merget a constaté que le dégagement gazeux par le pétiole peut durer pendant très
- longtemps; cependant le pouvoir thermodilïusif s’affaiblit progressivement à mesure que la feuille de cette plante se dessèche et elle le perd complètement par une dessiccation assez avancée; mais on peut le lui restituer à peu près intégralement en la ramenant à son état hygrométrique primitif : des feuilles de Nelumbium desséchées au mois d’août 1873 et que la dessiccation avait rendues rigides et cassantes, ont été prises en cet état cinq mois après, c’est-à-dire en janvier et février 1874 : placées alors entre deux doubles de linges mouillés, elles ont retrouvé toute l’humidité qu’elles avaient perdue. Cette absorption d’humidité ayant eu pour elfet de ramener les tissus à leur turgescence et à leur souplesse primitive, ces feuilles se trouvèrent ainsi physiquement reconstituées et par suite recouvrèrent toute l’énergie de leur activité thermodiffusive qu’elles manifestèrent comme à l’état frais.
- Merget a pu d’ailleurs, à plusieurs reprises successives, abolir et rétablir alternativement en elles cette activité en les faisant passer par des alternatives correspondantes de sécheresse et d’humidité, et parmi celles qui ont présenté ces faits de réviviscence, il s’en est rencontré sur lesquelles Merget a pu les répéter jusqu’à des centaines de fois avant que leur désorganisation fût assez avancée pour les mettre hors de service.
- Les phénomènes thermodynamiques découverts par Merget, en particulier pour les plantes aquatiques, dont le limbe subit un échaufîement par les rayons solaires, surtout important dans les régions équatoriales, ont une influence marquée sur l’activité de leur développement végétatif en déterminant, par les excès de tension intérieure continue qu’ils produisent, les rhizomes et les racines à s’enfoncer avec la force de pénétration qui les caractérise, dans un sol recouvert de la couche d’eau dans laquelle vivent ces plantes.
- Des expériences que je poursuis en ce moment (juin 1933) sur le Nelumbium, en utilisant les rayons calorifiques émis par une lampe à rayons infra-rouges, donneront bientôt l’explication du renflement énorme du rhizome, entre la région inférieure du pétiole et les racines.
- H. Bordier,
- Membre correspondant de l’Académie de Médecine.
- LE GISEMENT DE CALCITE DE LOUVERNE
- (MAYENNE)
- A quelques kilomètres de Laval, sur la voie ferrée Paris-Brest, existe une petite localité : Louverné, qui possède un gisement de calcite des plus intéressants. Situé dans le calcaire carbonifère, il a été très visité et étudié par de nombreux géologues et minéralogistes : J. de Lapparent, A. Lacroix, par exemple. Ce dernier a écrit que ce gisement de calcite est « un des plus remar-
- quables... et qui mérite de devenir classique pour l’étude de cette espèce minérale ».
- Les lignes qui précèdent ont été écrites en 1910. Depuis cette époque, les conditions ont un peu changé. Le calcaire carbonifère de Louverné est activement exploité pour la fabrication de la chaux. On rencontre dans la région, un grand nombre de fours à chaux. Aussi,
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- en 20 ans, la topographie en a été singulièrement modifiée. Des carrières ont été abandonnées, qui sont devenues des étangs profonds, aux eaux étrangement vertes, que les pêcheurs fréquentent l’été (fig. 11. De nouvelles ont été ouvertes depuis. Si bien que les « nids » à cristaux de calcite, particulièrement abondants il y a 30 ans, sont aujourd’hui en nombre plus restreint. Néanmoins, il suffit encore de quelques heures pour recueillir nombre d’échantillons intéressants. En particulier, les parois verticales des carrières abandonnées sont toujours riches. Dans les terres labourées environnantes on rencontre aussi de gros cristaux, qui, malheureusement, ont été très souvent détériorés par les chocs et l’eau de pluie.
- Le gisement de Louverné reste donc encore intéressant, et pour plusieurs raisons. D’abord, les cristaux qu’on y rencontre atteignent souvent des dimensions imposantes, qui en font des pièces remarquables pour les collections.
- (A. Lacroix, par exemple, en a emporté pour les collections du Muséum.) En plus de cela, le nombre des formes cristallines rassemblées dans cette localité est assez élevé et se prête bien à une étude cristallographique de la calcite.
- Dans ce qui suit, nous nous proposons de décrire rapidement les plus remarquables de ces cristaux. Nous commençons par rappeler quelques notions de cristallographie.
- LA CALCITE
- Le carbonate de calcium, C03Ca, existe dans la nature sous deux formes : l’aragonite, qui cristallise dans le
- système orthorhombique et la calcite, cristallisée dans le système rhomboédrique. La calcite est la variété véritablement stable à la température ordinaire; si, par exemple, on chauffe de l’aragonite, elle décrépite en donnant de petits rhomboèdres de calcite. Elle est peu soluble dans l’eau (10 mgr par litre à 10°), mais plus soluble dans l’eau chargée de gaz carbonique; c’est là l’origine de son rôle très important en géologie et en agronomie. Ce n’est pas un minéral dur : dans l’échelle de Mohr, sa dureté est prise conventionnellement égale à 3.
- I La calcite possède un très grand nombre de formes cristallines (plusieurs centaines et on en découvre de nouvelles chaque année). Mais elles se ramènent à un
- 3,
- 2tt
- 3“
- Fig. 2. — Rhomboèdre.
- Fig. 3. — Scalértoèdrc.
- Fig. 1. — Carrière abandonnée à Louverné (Mayenne).
- Les parois verticales de ces carrières présentent encore de jolis cristaux de calcite. (Cliché J. Jaffray.)
- petit nombre de types, qu’il n’est pas difficile de retrouver, comme nous allons le voir.
- Le système rhomboédrique. —- Rappelons que les cristaux du système rhomboédrique possèdent les éléments de symétrie suivants :
- 1° Un centre de symétrie C;
- 2° Passant par C, un axe de symétrie A, d’ordre c’est-à-dire tel qu’en faisant tourner le cristal de
- autour de cette droite, il coïncide avec lui-même;
- 3° Trois plans de symétrie, passant par A et faisant entre eux des angles égaux;
- 4° Trois axes de symétrie passant par C et respectivement perpendiculaires aux plans de symétrie.
- Le polyèdre le plus simple qui possède ces éléments de symétrie est le rhomboèdre, qui constitue la forme primitive du système rhomboédrique. Ses six faces sont des losanges égaux. Il est représenté par la figure 2 avec la notation classique des sommets, des arêtes et des faces. L’axe A est la droite aa. Les plans de symétrie passent par une arête b (culminante) et la diagonale du losange opposé. Les axes de symétrie joignent les milieux de deux arêtes d opposées.
- Conformément à la méthode d’Haüy, on obtient
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- Fig. 4. — Scalénoèdre entier. (Cliché J. Jaffray.
- formé est un rhomboèdi'e plus ou moins aplati.
- Enfin, si la troncature est perpendiculaire à A, elle n’est reproduite que deux fois (une fois en haut, une fois en bas).
- 2° Une troncature quelconque sur un sommet e est répétée douze fois et forme un scalénoèdre. Si la troncature est parallèle à A, le solide est un prisme à douze faces. Une troncature symétrique n’est répétée que six fois et donne un rhomboèdre.
- 3° Une troncature sur une arête b donne un scalénoèdre ou un rhomboèdre dit équiaxe, si elle est symétrique.
- 4° Une troncature sur une arête d donne encore un scalénoèdre, sauf un cas particulier où on a un prisme hexagonal.
- En définitive, nous pouvons dire que les plus compliqués des cristaux de calcite ne comprendront que des faces appartenant soit à des rhomboèdres, soit à des scalénoèdres, soit à des prismes.
- LES CRISTAUX DE LOUVERNÉ
- toutes les formes cristallines possibles, en imaginant des troncatures sur les sommets et les arêtes, répétées par les éléments de symétrie (r).
- De plus, il est bien entendu que ce n’est pas le développement des arêtes et des faces qui compte, mais la valeur des angles dièdres (loi de Romé de Lisle).
- Ceci posé, cherchons les principaux types de formes cristallines.
- 1° Une troncature quelconque sur un sommet a est répétée 12 fois par les éléments de symétrie et engendre un solide appelé scalénoèdre (fig. 3); il est formé de deux pyramides à six faces raccordées par un hexagone gauche. Pour une certaine troncature d’ailleurs, l’hexagone devient plan et le scalénoèdre s’appelle isocéloèdre.
- Si la troncature est symétrique, c’est-à-dire perpendiculaire à un plan de symétrie, elle n’est répétée que six fois (trois fois en haut, trois fois en bas) ; le solide
- On ne trouve pas à Louverné le rhomboèdre primitif p. Cette forme cristalline est extrêmement rare; on ne la rencontre que dans certaine grotte d’Islande et elle est très recherchée pour la fabrication des niçois. Mais il est facile de la produire artificiellement. Les trois plans p constituent, en effet, les trois plans de clivage de la calcite, et il suffit d’un coup de marteau sur n’importe quel cristal pour produire ces rhomboèdres. Très souvent, on les rencontre à Louverné, éclatés sous les pics des carriers et leur dimension peut atteindre le décimètre. Certains sont remarquablement transparents et montrent bien la grande biréfringence de la calcite.
- Les cristaux les plus fréquents sont les scalénoèdres aigus, provenant d’une troncature sur d (-1). Très souvent, les scalénoèdres constituent à eux seuls toute la forme cristalline. Il est assez rare d’en rencontrer de complets et presque toujours, en essayant de les détacher de la roche, on les brise par la moitié. Rarement transparents, ils sont plutôt d’une teinte fauve et les faces sont striées.
- Ils atteignent parfois des tailles respectables (jusqu’à 20 cm de hauteur). Parfois, on les trouve associés par plusieurs centaines et de taille extrêmement variable (fig. 4 et 5).
- Les scalénoèdres peuvent présenter en outre des faces qui appartiennent à des rhomboèdres. Par exemple, les faces du rhomboèdre primitif apparaissent souvent à la pointe du scalénoèdre. Il en est de même des rhomboèdres provenant de troncatures symétriques sur un sommet e, ou même du prisme à six faces ayant même origine (2).
- On rencontre encore seul, le rhomboèdre équiaxe (°) très aplati, provenant d’une troncature symétrique sur une arête b.
- Le rhomboèdre équiaxe, associé au prisme à
- 1. Notation classique : d2.
- 2. Notations : dV, d2e:î, d2 prisme e2.
- 3. Notation : b1.
- 1. Les troncatures ne sont pas en nombre indéfini, mais au contraire limitées pratiquement à quelques-unes par la loi des indices rationnels.
- Fig. 5. — Scalénoèdres de calcite.
- Certains échantillons ont la pointe tronquée par un rhomboèdre. L’échantillon de gauche mesure 13 cm de hauteur. (Cliché J. Jaffray.)
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- six faces provenant d’une troncature symétrique sur un sommet e et parallèle à A, constitue la variété u en tête de clou » d’ilaüy.
- La calcite se présente alors sous forme de cristaux accolés; le prisme est peu développé et seule la moitié du rhomboèdre est visible (fig. 6).
- Fig. 6. — Calcite en tête de clou. (Cliché J. Jaffray.)
- 541 =
- Les mâcles. — On trouve encore très fréquemment à Louverné une association de deux cristaux appelée mâcle. Celle qu’on y rencontre, les minéralogistes l’appellent une mâcle par hémitropie normale (x). 11 est facile de se rendre compte comment elle est faite. Soit un scalé-noèdre et un plan perpendiculaire à l’axe ternaire A passant par le centre; on l’appelle plan d’hémitropie. Supprimons par la pensée toute la portion du scalé-noèdre qui se trouve au-dessous du plan et remplaçons-la par un solide symétrique de la partie supérieure par rapport au plan d’hémitropie. L’ensemble constitue la mâcle, qui a, par conséquent, l’aspect d’un isocéloèdre avec trois angles rentrants (lig. 7). A Louverné, on en rencontre de très imposantes, atteignant parfois 30 cm de hauteur.
- J. Jaffray, Agrégé de l’Université.
- 1. Le Plan d’hémitropie est a1.
- Fig. 7. — Mâcles de calcite.
- L’échantillon de gauche a 18 cm de haut. (Cliché J. Jaffray.)
- .. LE “ TRAUTONIUM ” =
- INSTRUMENT DE MUSIQUE ÉLECTRONIQUE
- Parmi les inventions récentes les plus intéressantes dans le domaine de la musique électronique, il faut signaler celle du Dr Trautwein, du Département de Recherches radioélectriques du Conservatoire à Berlin. Le fait qu’un compositeur comme Hindemith a voulu écrire des œuvres exprès pour cet instrument témoigne suffisamment de son importance musicale.
- En outre, son fonctionnement vient à l’appui d’une théorie acoustique relative à la qualité du son, au « timbre » des instruments en général, théorie qui n’est certes pas nouvelle, mais qui est trop souvent méconnue.
- On peut la résumer brièvement comme il suit : dans presque tous les cas, la qualité du son produit par un
- instrument muscial, son timbre caractéristique dépend de la présence d’un ou de plusieurs « formateurs de ton » (en allemand Tonformanten), ou sons « partiels » qui se font entendre simultanément avec la note fondamentale. Ce sont des oscillations amorties, d’une fréquence déterminée qui est toujours supérieure à celle de la note fondamentale, mais qui n’en est pas forcément un multiple. En effet, on peut varier la fréquence de la note fondamentale entre des limites assez étendues pour produire plusieurs octaves de la gamme musicale sans que la fréquence du « formateur » change. Autrement dit, les « partiels » ne sont qu’exceptionnellement des harmoniques du « fondamental ».
- On devrait chercher l’origine de ces oscillations du
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- Fig. 1. — Schéma de principe du Traulonium.
- „ « formateur » dans les petites variations de volume qui se manifestent pendant la production de la note : elles disparaissent par amortissement avant la lin de chaque période de l’oscillation fondamentale, ou elles sont supprimées au moment où commence une nouvelle période.
- En tout cas, le côté théorique mis à part, les résultats musicaux du nouvel instrument offrent certainement un vif intérêt : car aux avantages des instruments électroniques antérieurs (réglage ininterrompu de la hauteur du son permettant tous les intervalles, le quart, le huitième de ton, etc.; réglage ininterrompu du volume sans variation de timbre; durée illimitée du son, etc.), il joint une qualité unique, la variation instantanée et ininterrompue du timbre. Nous ne sommes plus limités à certains timbres prédéterminés (par les tirettes d’orgue,
- Fig. 3. — Vue d'ensemble du Traulonium.
- par exemple) : notre choix s’étend ici à l’infini; et la transition d’un timbre à un autre peut se faix-e par nuances presque imperceptibles, donnant ainsi des effets complètement nouveaux : un violon qui se transforme peu à pexx en trompette, pour citer un exemple.
- Sur la ligure 1 oix voit un des montages imaginés par le 13r Trautwein, montage assez facile à construire mais peu adapté à la musique : il présente un intérêt plutôt expérimental. Une lampe à néon 1 est connectée à une résistance variable de l’ordre d’un mégohm et à un condensateur de quelques milliers de microfarads. Une soui’ce de tension, dont la valeur dépend de la lampe choisie, est insérée dans le circuit : la lampe commence alors à s’allumer et à s’éteindre à une allure déterminée par les valeurs du condensateur et de la résistance, en produisant chaque fois un courant électrique. 11 se produit ce qu’on appelle des oscillations de relaxation. Les courants brusquement variables ainsi engendrés sont d’abord amplifiés par la triode 4; ils passent au circuit
- -vwwvwwvwwwvw
- Clavier
- Fig. 2. — Un circuit électrique du Traulonium.
- S, dont la fréquence propre se trouve entre 400 et 4000 périodes, et dont l’amortissement peut être réduit au moyen du condensateur de réaction 5 ou augmenté par la résistance 7. (La résistance 6, d’un mégohm environ, sert à réduire le couplage entre S et le circuit de la lampe à néon : l’emploi de cette résistance constitue un perfectionnement important.)
- Or, si on règle le circuit de la lampe à néon à une fréquence au-dessous de la limite musicale (vers 16 périodes par seconde) on entend une série de sons comparables à des coups de cloche, ou aux sons d’un xylophone, et toute variation du condensateur du circuit S changera la hauteur de la note donnée par la « cloche » ou par le « xylophone ». A ce moment la hauteur de la note dépend uniquement du circuit S. La lampe à néon joue le rôle du battant de la cloche ou du marteau du xylophone.
- Si maintenant on augmente la fréquence du circuit de la lampe à néon (en diminuant soit la résistance 2, soit la capacité 3), ces coups isolés deviennent de plus en plus rapides, et, une fois la limite musicale dépassée, on ne les entend plus comme coups isolés, mais comme note basse. A ce moment on obtient un effet des plus curieux; la note entendue jusqu’ici disparaît complètement, et seule la nouvelle note (due à la lampe à néon)
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- subsiste, avec un certain timbre défini. De plus, ce timbre reste pour ainsi dire invariable pour toute variation de la nouvelle note (par la résistance 2, par exemple), pourvu que la fréquence du circuit S reste inchangée. Tout changement de cette fréquence se traduira par un changement de timbre, par exemple, une fréquence basse du circuit S (le circuit du « formateur de ton ») peut faire penser à un basson, une plus haute à une clarinette, plus haute encore à une trompette : et toujours sans que la hauteur de la note varie.
- L’amortissement du circuit S réagit sur la qualité du son d’une autre façon. Un faible amortissement donne un effet assez aigu et même aigre; un amortissement plus marqué donne des tons sonores et doux. A ce propos le Dr Trautwein fait une remarque intéressante sur les différences entre un bon violon et un mauvais, qui peuvent s’expliquer, selon lui, par des effets d’amortissement des « formateurs de ton » (mécaniques au lieu d’électriques) que tout instrument possède.
- Le cadre de cet article ne se prête qu’à une rapide esquisse des théories du Dr Trautwein. Nous en mentionnerons seulement quelques traits, en passant. Voici une observation sur les résonances de haut-parleur : leur mauvais effet résiderait moins dans l’exagération de certaines notes que dans la tendance à produire des « formateurs de ton »; l’amélioration fréquemment observée en mettant une capacité en parallèle serait la conséquence de l’absorption des courants donnant lieu à ces oscillations. Voici une autre observation relative à l’effet que produit non seulement sur la hauteur des sons d’une reproduction phonographique, mais également sur leur timbre, une vitesse de rotation anormale du disque : ici la fréquence des « formateurs » aussi bien que celle des fondamentales est altérée.
- Une autre expérience instructive avec le circuit de la figure 1 peut se faire en maintenant constante la fréquence fondamentale, et en changeant lentement, mais pas trop lentement, celle du circuit S au moyen de son condensateur variable. Pendant la durée de cette opération on pourra entendre très distinctement les deux notes à la fois, et suivre les changements de hauteur de celle due au circuit S. Mais au moment où on cesse de faire varier cette fréquence, l’oreille ne perçoit plus la note supérieure; seul l’effet de timbre subsiste. En revanche, des modifications brusques du circuit S donnent l’illusion de plusieurs instruments différents jouant à tour de rôle; si. au contraire, le changement des caractéristiques du circuit se fait très lentement, on croit entendre un instrument qui, imperceptiblement, se métamorphose en un autre : effet curieux et, nous l’avons déjà dit, unique. Finalement, si l’on modifie simultanément les deux fréquences, celle de la lampe à néon (la fondamentale) et celle du circuit S (le « formateur de ton ») on constate des effets « extrêmement singuliers », pour employer le mot de l’inventeur.
- La figure 2 représente le schéma d’un instrument plus complet, et qui peut être employé pour la musique. Il est à noter que dans cet appareil, le fonctionnement est plus compliqué, en ce qui concerne le réglage de la hauteur des notes. Le « clavier » consiste en un fil flexible que la
- Fig. 4. — Comment on joue sur le Trautonium.
- pression du doigt met en contact avec la barre située au-dessous de lui; selon la position du doigt, on polarise donc plus ou moins fortement la grille de la première lampe. Le résultat de cette manœuvre est de faire varier la résistance interne de cette lampe, résistance qui joue ici le rôle de la résistance 2 de la figure 1. Si on se servait directement de ce clavier, la manipulation serait assez
- Fig. 5. — Le Dt Trautwein (debout) entre deux virtuoses du Trautonium.
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- difficile, un tout petit déplacement du doigt d’un côté du fil changeant la hauteur de la note beaucoup plus qu’un déplacement bien plus prononcé vers l’autre côté, tandis qu’en employant la triode comme intermédiaire, cet inconvénient disparaît.
- Il est à noter que la pleine tension de la batterie de grille est appliquée quand le fil est sans contact avec la barre, la lampe à néon étant ainsi complètement bloquée. Il n’y a donc pas de difficulté ici à éviter un legato monotone, comme c’était le cas avec quelques instruments antérieurs, parce que chaque attouchement du doigt sur le fil donne une note détachée : naturellement on pourra cependant obtenir des legato et même des glissando en glissant le doigt le long du fil d’une position à une autre, sans perdre le contact avec la barre.
- On ne voit sur la figure 2 qu’un seul circuit de « formateur de ton »; mais il est toujours possible d’en monter plusieurs, ce qui est le cas pour les instruments destinés aux usages pratiques.
- Les photographies montrent des instruments de ce genre fabriqués actuellement par Telefunken. Leur portée est de trois octaves, suffisante pour les amateurs : notons que l’un des boutons que l’on aperçoit permet de placer ces trois octaves où l’on veut dans la gamme des fréquences audibles, donc de jouer comme contre-basse ou comme petite flûte, à volonté. Les autres boutons règlent le timbre (fréquence des circuits des « formateurs de ton »), le chauffage des filaments, etc. Bien que le musicien photographié joue avec ses deux mains, il n’est produit qu’une seule note à la fois : l’usage des deux mains évite un trop grand déplacement d’une seule main le long du
- : LE SERPENT
- Me promenant un jour au jardin zoologique de Francfort, le hasard me conduisit devant une cage en verre fermée en haut par un grillage, et qui contenait deux serpents ! Et ce hasard me servit bien, car il me permit d’assister à une scène, d’ailleurs très courte, mais qui me montra jusqu’à l’évidence qu’il peut entrer parfois dans ces petites têtes plates des sentiments d’un caractère élevé, qui n’ont rien d’instinctif, qui sont voulus, qui sont pour ainsi dire médités, et qui ne peuvent trouver leur source que dans la raison.
- Ces deux serpents étaient de la grosseur de joncs et de cette nuance brun clair qui semble être la couleur la plus commune chez ces animaux.
- Un gardien avait mis dans la cage un malheureux moineau. Au moment où j’arrivai, un des deux serpents, qui se tenait vers le milieu, avait saisi le moineau par la tête et s’efforçait de l’avaler. La tête avait complètement disparu, jusqu’aux épaules, mais le pauvre moineau battait désespérément des ailes, et faisait des efforts violents pour échapper à l’étreinte des mâchoires qui l’étouffaient.
- Le deuxième serpent était resté dans un coin de la cage, immobile, soulevant sa petite tête et regardant de son œil fixe le drame qui se jouait devant lui.
- clavier, et facilite les legato. Il convient également de noter que les repères métalliques, disposés à la façon des touches noires d’un piano, ne servent qu’à indiquer la position précise.
- Le réglage du volume de son est double, il est assuré d’abord par la pression du doigt sur le fil du clavier : au-dessous de ce fil et de la barre se trouve une résistance à pression, reliée à l’amplificateur. En outre, le volume peut être réglé au moyen d’une pédale que l’on aperçoit sur les photographies, son but est surtout d’éviter une certaine fatigue du doigt dans le cas de variations d’une durée prolongée.
- Il est probable que cet instrument sera développé surtout dans les deux voies suivantes : tout d’abord, comme un instrument musical assez simple pour amateur pouvant s’adapter à tout récepteur radiophonique par les bornes du « pick-up », pour utiliser la partie basse fréquence et le haut-parleur de l’appareil; et ensuite, comme nouvel instrument d’orchestre, surtout pour les notes graves. Dans ce registre, le Trautonium a des tonalités vraiment merveilleuses, supérieures à celles de tout autre instrument connu, sauf peut-être l’orgue, et il a sur ce dernier l’avantage de pouvoir donner des quarts de ton, des glissando, etc. Le même principe peut évidemment s’appliquer aussi, si l’on veut, à un instrument à touches, comme aussi à un instrument à plusieurs « cordes» parallèles jouant plusieurs notes simultanément; mais les possibilités de l’instrument dans sa forme simple sont si étendues qu’il vaut mieux les exploiter avant d’aller plus loin.
- R. R A VEN-Il ART.
- SECOURABLE ..........................
- Le moineau continuait à battre des ailes, mais d’une façon convulsive et de plus en plus irrégulière.
- Tout à coup, le corps du serpent se détendit brusquement. Il saisit le moineau au niveau de l’épaule, au point d’implantation de l’aile et, pendant une minute environ, le maintint solidement jusqu’à ce que la malheureuse bête dont les battements d’ailes devenaient de plus en plus faibles, fût tombée dans l’immobilité de la mort.
- Quand tout fut fini et que rien ne vint plus s’opposer au tranquille engloutissement de la victime, le serpent, secourable à son compagnon, alla, dans le coin de sa cage, reprendre son immobilité première.
- Voilà ce que j’ai vu. En venant au secours de son camarade notre serpent n’était poussé ni par la faim, ni par le désir de prendre sa part du festin. Son action s’est bornée à venir prêter assistance à un ami dans l’embarras, sans autre but que de lui rendre service et de faciliter sa besogne. Il l’a fait d’une façon désintéressée, poussé par un sentiment d’altruisme qui ne peut prendre sa source que dans les profondeurs d’une conscience obscure. Mais, cependant, d’une conscience!
- J.-L. Faure.
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- = LE PREMIER AÉRODROME FLOTTANT 545
- Fig. 1. — Le Westphalen, équipé en aérodrome flollani.
- On a souvent préconisé, pour faciliter les traversées de l’Atlantique par avion, le recours à des îles flottantes,
- permettant aux avions de faire escale et de se ravitailler à mi-parcours. Cette idée vient d’être mise en pratique, par une société allemande de transports aériens, la Lufthansa, sur sa ligne d’Amérique du Sud.
- A cet effet, elle a loué le Westfalen, bâtiment de transport du Norddeutscher Lloyd et l’a aménagé, avec une dépense relativement modeste, en aérodrome flottant, destiné à accueillir à leur arrivée les hydravions, à les ravitailler et à assurer leur départ au moyen d’une catapulte géante,la plus grande qui existe actuellement.
- Il faut avoir vu de ses yeux cet engin lancer un bateau volant de 14 à 15000 kg, pour se rendre compte de ce qu’est une telle opération : en moins d’une seconde l’hydravion doit prendre sa vitesse de vol normale de 150 km à l’heure. Il faut, à cet effet, mettre en jeu une puissance de l’ordre de 15000 ch et pour cela comprimer, dans un cylindre d’acier, une masse d’air à plus de 160 atmosphères, pour la libérer, brusquement, par le jeu d’un seul levier, L’air comprimé ainsi dégagé s’échappe avec un sifflement tita-
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- Fig. 3. — La voile-traîne étendue sur la mer pour recevoir un hydravion.
- nesque, poussant devant lui, avec une violence extrême, le traîneau qui porte l’hydravion. A 5 m de distance, le traîneau s’arrête, pendant que le bateau volant prend son vol dans l’océan aérien et tout s’est passé
- sans laisser la moindre trace, sans tremblement ni vibration de la coque.
- Cette catapulte, de même que celles qui, depuis peu, arment les paquebots express du Norddeutscher Lloyd, pour lancer les avions postaux, a été construite d’après les plans de M. E. lleinkel, constructeur d’avions.
- Le dispositif qui recueille à bord de l’île bottante les avions à leur arrivée n’est pas moins intéressant; c’est une voile-traîne conçue par M. liein, directeur de la société Dschanag, qui a été chargée de l’aménagement du Westfalen en aérodrome bottant.
- Cette voile, renforcée par des tiges de bois, d’environ 16 m de long et de 8 m de large, est assez grande pour accueillir un hydravion des dimensions d’un Dornier-Wal. On la lance à la mer à l’approclxe de l’avion et on la traîne en réduisant la vitesse de marche du navire. Dès que l’hydravion a été enroulé dans la voile-traîne, le navire se remet à accélérer sa marche, de façon à tendre la voile et à soulever l’avion hors del’eauenvirormante. C’est ainsi qu’on constitue entre le navire et le bateau volant qui ammérit une liaison assez solide pour le prendre a bord, même par une mer houleuse. La voile qui traîne après le navire constitue une voie presque lisse, sur laquelle l’hydravion glisse parfaitement.
- Une grue haute de 13 m 5 au-dessus du pont du navire et qui, même sous une inclinaison de 10°, fonctionne parfaitement, sert à hisser le bateau volant à bord du navire.
- Une installation frigorifique très bien conçue sert à approvisionner l’équipage en vivres, même pour un voyage de plusieurs semaines.
- Cet aéroport bottant doit évidemment, à l’égal d’un phare, être visible de loin pendant la nuit. 11 a été muni d’un projecteur de 120 millions de bougies llefner, fournissant la lumière nécessaire pour exécuter la manœuvre de remontée de l’hydravion, même dans une obscurité complète.
- Devant rester en communication radiotélé-graphique continue avec les postes aériens et de terre, cet aéroport bottant a été muni d’installations d’émission et de réception très puissantes, pour ondes longues et ondes courtes.
- D’autre part, on a prévu à bord un émetteur de réserve et une installation pour faire des relèvements radiotélégraphiques, à l’aide de laquelle les hydravions qui approchent peuvent, à tout moment, déterminer leur position par rapport au Westfalen. Enfin, il a été installé, à bord, une station météorologique et océanographique.
- On va très prochainement inaugurer un service bi-hebdomadaire d’avions entre l’Allemagne et l’Amérique du Sud, destiné, jusqu’à nouvel ordre, au seul transport des marchandises et du courrier.
- Ce service alternera avec des départs, également bi-hebdomadaires, de Zeppelins, en sorte qu’on aura, toutes les semaines, l’occasion de faire expédier les lettres et les colis postaux par la voie des airs, en quatre jours, à
- Fig. 4. — Remontée d’un hydravion à bord.
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- Rio-de-Janeiro, en cinq jours, à Buenos Aires; tous les quinze jours, il y aura, du reste, un départ pour voyageurs.
- Le service aérien d’Allemagne à Cadix, premier tronçon, sera fait par des avions, le second tronçon, par hydravions,
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- de Cadix aux lies Canaries, puis à la côte occidentale d’Alrique, de là à l’aérodrome üottant et, enfin, à la côte orientale de l’Amérique du Sud.
- Dr A. Gkadi;NWITZ.
- = LES APPAREILS CONTRE LA SURDITE
- ET L’AUDITION PAR VOIE OSSEUSE
- LE MÉCANISME DE L’AUDITION — LA TRANSMISSION AÉRIENNE ET LA TRANSMISSION OSSEUSE DES SONS.
- On connaît assez bien désormais le fonctionnement purement acoustique de l’oreille, mais on discerne encore fort mal le mécanisme de la perception auditive. En général, d’ailleurs, nos faibles connaissances nous permettent bien rarement de préciser les modalités des phénomènes complexes de la transformation des excitations en perceptions.
- Les trois parties de notre organe de l’audition, qui sont l’oreille externe, l’oreille moyenne, et l’oreille interne, constituent l’une l’appareil collecteur de sons, l’autre, un appareil de transmission, et enlin la troisième, un appareil de réception.
- L’oreille externe comprend seulement le pavillon et le conduit auditif externe, elle recueille les ondes sonores et les dirige vers l’oreille moyenne, et tout d’abord vers la membrane du tympan (lig. 1).
- Cette dernière, tendue comme une peau de tambour, vibre sous l’action des pressions et des dépressions successives de la petite masse d’air contenue dans le conduit auditif, et transmet ces vibrations à fréquence musicale à la chaîne des osselets placés dans la cavité tympanique. Les trois petits osselets dont cette chaîne est formée vibrent à leur tour et le dernier d’entre eux, ou étrier, appliqué sur une membrane dite de la fenêtre ovale, transmet enfin au liquide remplissant l’oreille interne des vibrations synchrones de celles du tympan. Nous ne sommes pas encore fixés d’une façon absolument précise sur la manière dont ces ébranlements sonores peuvent être transformés en impressions auditives.
- Ce qui est certain, c’est que pour déterminer les perceptions auditives il est nécessaire de mettre en vibration le liquide de l’oreille interne.
- Au lieu d’obtenir ce résultat par la voie normale aérienne du tympan et des osselets, on peut songer à le réaliser directement, c’est-à-dire en mettant en vibration les os du crâne en contact avec le sac membraneux de l’oreille interne. Ainsi, du moins en principe, les vibrations sonores peuvent se transmettre à l’oreille interne par l’intermédiaire des os du crâne, et l’ébranlement communiqué à ces os se communique de proche en proche sans faire vibrer le tympan ni la chaîne des osselets.
- En réalité, cette transmission par voie osseuse ne peut
- être exclusive, parce que les vibrations des os se transmettent également à la chaîne des osselets et, par là même, en partie par la voie directe aérienne.
- Lorsque nous appliquons un écouteur téléphonique sur notre oreille, la transmission des vibrations sonores à l’oreille interne s’effectue à la fois par voie directe et par voie indirecte. La petite masse d’air contenue dans notre conduit auditif est mise en vibration sous l’action des vibrations du diaphragme de l’écouteur, et ces vibra-
- Nerfauditif
- Lima
- Dure mère
- Rampe
- vestiôu/aire
- Rampe
- tympanique
- Canaux demi-circulaires Cellules mastoïdiennes Vestibule
- i
- Rocher Fenêtre ovale lhaine des osselets Voie osseuse
- Fig. 1. — Coupe schématique de l'oreille, montrant les deux modes de propagation des vibrations sonores vers l’oreille interne.
- tions se communiquent également indirectement aux os du crâne puisque l’écouteur est appliqué sur notre oreille.
- L’AUDITION PAR TRANSMISSION OSSEUSE ET LES SOURDS
- Nous avons eu l’occasion d’indiquer dans des articles précédents parus dans La Nature, à la fois le nombre très grand des cas de surdité, et les différentes causes qui peuvent amener l’altération plus ou moins complète de l’ouïe. Les lésions qui déterminent la surdité peuvent porter soit sur l’oreille moyenne, soit plus rarement, heureusement, sur l’oreille interne. Dans le cas où les nerfs auditifs sont détruits plus ou moins partiellement, aucun traitement et à plus forte raison, aucun appareil acoustique ou électrique ne peut être essayé avec succès.
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- Un grand nombre de surdités sont dues à des scléroses ou à des perforations du tympan, ou à des ankylosés de la chaîne des osselets, par exemple, et ainsi, à une mauvaise transmission des vibrations sonores par la voie ordinaire aérienne.
- Aussi, y a-t-il fort longtemps que l’on a songé, pour
- Fig. 2. — L’osléophone, un des premiers atténuer certaines appareils d'audition par voie osseuse. surdités, a recourir à la transmission osseuse. Ce
- moyen offre, en outre, l’avantage d’éviter toute irritation du conduit auditif et du tympan quij très souvent, s’enflamment facilement, et même, chez certains sujets, peuvent souffrir de suppurations.
- Les premiers appareils acoustiques contre la surdité, formés par des cornets acoustiques associés ou non à des tubes acoustiques, facilitaient seulement la transmission des ondes sonores par la voie normale aérienne. La plupart des appareils électro-acoustiques que nous avons déjà eu l’occasion de décrire dans des articles précédents, et qui comportent un système de microphones, avec ou sans amplification supplémentaire électro-mécanique ou radio-électrique, et des écouteurs téléphoniques de petit modèle, permettent d’avoir recours à la fois aux deux modes de transmission. C’est d’ailleurs pour cette raison que, pour certains sujets, seul l’emploi de ces appareils électro-acoustiques permet d’obtenir des résultats.
- LES PREMIERS APPAREILS ACOUSTIQUES A TRANSMISSION OSSEUSE
- Les premiers appareils à transmission osseuse étaient à fonctionnement unique acoustique, et ne donnaient pas, en réalité, de résultats fort satisfaisants. Ils ne permettaient d’entendre, en effet, que les sons très intenses, et seuls, la plupart du temps, les sons musicaux étaient assez bien perçus, mais la parole était d’une netteté insuffisante.
- L’audiphone ou ostéophone, réalisé en Allemagne, semble-t-il, comportait une plaque vibrante mince et
- Ondes sonores
- Fig. 3. — Principe du denîaphone.
- Ondes sonores
- FU de soie tendu
- Plaque de bois :
- Fct vil Ion en bois
- vibrant
- llexible d’ébonite ou de carton, de forme rectangulaire et d’une trentaine de centimètres de hauteur sur 25 cm de largeur. Elle était montée sur un manche ou un écran à main ou un éventail. Des fils lixés au bord supérieur permettaient de tendre cette plaque, en la rendant plus ou moins convexe, et de former ainsi une sorte de diffuseur de sons plus ou moins analogue à un modèle de diffuseur monté sur un haut-parleur radiophonique (lig. 2).
- On tenait l’instrument par le manche, la face convexe dirigée vers la source sonore, et on en appliquait le bord supérieur sur les incisives supérieures. Les vibrations ainsi transmises au diffuseur se transmettaient aux dents du sujet et par là, aux os du crâne, puis à l’oreille interne.
- On peut constituer assez facilement un appareil de fortune de ce genre au moyen d’une plaque de matière mince quelconque pouvant entrer en vibration, par exemple, au moyen d’une plaque de carton, de nacro-laque, de presspahn, etc. On serre légèrement l’extrémité supérieure de la plaque entre les dents, et on tient à la main l’extrémité inférieure, en lui donnant une forme suffisamment bombée.
- Au lieu d’appliquer la partie vibrante sur les dents du sujet, on peut utiliser la transmission par une autre partie des os du crâne, et, par exemple, appliquer la partie vibrante derrière le pavillon de l’oreille.
- M. le professeur Hautant, dans son très intéressant livre sur les affections de l’oreille, a décrit un appareil très curieux, le « dentaphone », composé de deux parties : un récepteur et un transmetteur. Le récepteur est une sorte de pavillon acoustique en bois, comportant à son embouchure un diaphragme métallique pouvant entrer en vibrations. Le transmetteur est formé d’une plaque de bois réunie à la membrane métallique du récepteur par un fil de soie : c’est là le principe des petits dispositifs téléphoniques, jouets dont se servent encore les enfants. Le malade saisit la plaque de bois entre ses dents et dirige l’ouverture du cornet acoustique vers l’interlocuteur, en tendant fortement le fil intermédiaire qui sert à transmettre les vibrations.
- Enfin, la canne acoustique est une tige en bois de 50 à 80 cm de longueur, munie à chacune de ses extrémités d’une armature métallique. L’une de ces armatures est une plaque de forme concave, et vient s’appliquer sur le larynx de la personne qui parle, l’autre plus petite est appuyée sur les dents ou l’apophyse mastoïde du sujet.
- Les résultats obtenus à l’aide de ces appareils primitifs étaient bien incertains. Cependant, lorsqu’on veut entendre par la voie osseuse, non pas des sons émis directement par un interlocuteur ou par des instruments de musique, mais les ondes sonores provenant d’une membrane en vibration, du diaphragme d’un écouteur téléphonique par exemple, ou d’un diffuseur de haut-parleur, on peut obtenir des résultats déjà fort intéressants au moyen d’un dispositif de fortune très simple.
- Il suffit, en effet, d’utiliser une tige de bois de 30 à 50 cm de long, de quelques millimètres d’épaisseur et de quelques centimètres de large, d’appuyer une extrémité de cette planchette sur les incisives supérieures et l’autre bout sur le diffuseur ou sur la plaque vibrante,
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- comme le font, d’ailleurs, les praticiens des usines d’automobiles pour la recherche des vibrations des moteurs.
- LES APPAREILS ÉLECTRO-ACOUSTIQUES A TRANSMISSION OSSEUSE
- Les premiers résultats vraiment probants d’audition par transmission osseuse ont été obtenus à l’aide d’appareils électro-acoustiques. Un appareil de ce genre, qui peut comporter un microphone et sa pile agissant directement ou par l’intermédiaire d’un amplilicateur supplémentaire microphonique ou même d’un amplificateur radio-électrique, se distingue en réalité d’un appareil correspondant à transmission ordinaire des sons par voie aérienne par la présence d’un écouteur téléphonique spécial de petites dimensions muni d’un embout auriculaire ou maintenu par un serre-tête. Ce récepteur téléphonique doit être, en effet, remplacé par un vibra-teur actionné par les courants microphoniques amplifiés ou non et qui doit transmettre ces vibrations aux os du crâne ou aux dents de la personne sourde.
- Nous avons déjà eu l’occasion de décrire dans La Nature l’osophone, appareil réalisé il y a quelques années, par M. Hugo Gernsback, un technicien et journaliste américain bien connu. Ce système comportait un organe électromagnétique à armature vibrante relié à un amplificat ;ur à lampes de T. S. F. La personne sourde serrait entre ses dents l’extrémité de l’armature vibrante et percevait ainsi les sons.
- Il semble qu’on obtienne des résultats bien meilleurs, et, en tout cas, une audition bien plus nette et moins désagréable, en transmettant les vibrations par les os du crâne, le nez, les tempes ou l’apophyse mastoïde. Le vibrateur électro-magnétique doit alors comporter sur son armature une petite plaque en métal poli peu oxydable, et qu’on applique assez fortement, mais sans pression exagérée, sur les os du sujet.
- L’établissement d’un appareil de ce genre est assez délicat en réalité. Il faut que l’appareil ait des dimensions très réduites et soit très léger, presque invisible, pouvant être maintenu sur la tête au moyen d’un serre-tête également réduit ou tenu à la main au moyen d’un manche analogue à celui d’un face à main. Il faut que la pression de l’organe vibrant sur les os du crâne ne détermine à la longue ni inflammation locale ni troubles nerveux. Il faut surtout que les résultats acoustiques soient bons, que l’intensité de la perception soit suffisante, l’audition très nette, non seulement pour les sons musicaux mais aussi pour la parole. Le problème est donc assez difficile à résoudre malgré la simplicité relative des dispositifs qu’on peut imaginer.
- Un appareil récent, de fabrication américaine, inventé par le Dr Lieber, et qui a fait récemment son apparition en France, paraît apporter une solution intéressante du problème.
- Dans ce système, l’écouteur téléphonique est remplacé par un petit organe vibrant, de poids et de dimensions aussi réduits que ceux d’un petit écouteur téléphonique à embout auriculaire (fig. 4 et 5). Ce vibrateur comporte un diaphragme métallique vibrant disposé en face des pièces polaires d’un électro-aimant relativement
- Diaphragme vibrant
- Pièce polaire
- Ressort
- Aimant
- Bobinage de lèlectro
- Tige centrale
- Plateau de contact
- Fig. 4. — Le Sonotonor.
- Vibrateur électromagnétique pour l’audition par les os du crâne. (Coupes transversale et longitudinale.)
- puissant malgré ses faibles dimensions. Au centre de cette plaque vibrante est fixée une petite tige métallique munie à son extrémité d’une sorte de petit plateau recouvert d’une feuille d’or. C’est cette partie, extérieure au boîtier du système et légèrement bombée, qui viendra s’appliquer sur les os du crâne et transmettra les vibrations sonores.
- Le petit vibrateur est maintenu, comme nous l’avons noté, derrière le pavillon de l’oreille par un serre-tête très léger. II peut être appliqué sur les tempes, sur le nez, au moyen d’un manche de face à main et peut même être fixé à un collier sous forme de pendentif, ce qui constitue une présentation originale et même élégante (fig. 6).
- En principe, un tel vibrateur peut être employé avec succès à la place d’un écouteur ordinaire pour sourds, et combiné avec n’importe quel dispositif radio-acoustique ou même radio-électrique. Il faut pourtant remarquer que si la transmission des sons par voie osseuse présente les avantages que nous avons expliqués, elle ne peut prétendre à un rendement acoustique aussi bon que la transmission par voie aérienne normale. Il paraît donc indispensable d’adopter un vibrateur de ce genre avec un appareil électro-acoustique assez puissant, par exemple à amplification microphonique, avec un récepteur téléphonique, un poste de T. S. F. ou un phonographe électrique. Un dispositif d’ensemble pour l’audition par voie osseuse peut être ainsi formé par un ensemble de deux microphones avec une pile et un amplificateur micro-phonique comportant un système de réglage de l’intensité, et agissant sur un vibrateur de ce type. Il va sans dire que dans un tel ensemble, le vibrateur peut être remplacé instantanément par un écou-
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- teur ordinaire à embout auriculaire, ce qui permet également l’audition par voie aérienne.
- LES VARIATIONS DE TONALITÉ DANS LES APPAREILS ÉLECTRO-ACOUSTIQUES
- Notons encore un perfectionnement intéressant, applicable d’ailleurs, également, aux appareils à transmission directe.
- Suivant la nature et le degré de la surdité, la diminution de la sensibilité de l’ouïe du sujet est plus ou moins accentuée, et la gamme des notes musicales perçues plus ou moins par la personne dure d’oreille varie dans des proportions appréciables.
- 11 y a, d’ailleurs, très souvent, une bande de fréquences musicales critiques à laquelle le sujet est sensible. Bien souvent la personne sourde est aussi particulièrement sensible aux notes aiguës et, par conséquent, « le bruit
- courants musicaux de fréquences plus ou moins aiguës.
- Pour obtenir des résultats, il faut cependant que l’on puisse faire varier à volonté l’action de ces capacités, et que leur valeur corresponde à l’impédance des enroulements des écouteurs. Celle-ci est faible dans les modèles ordinaires, et il en résulte qu’il serait dilïicile d’obtenir une variation de tonalité simplement par ce moyen.
- Nous avons donc fait personnellement des essais avec des écouteurs de faible impédance et un système de liaison intercalé dans le circuit micropbonique. Ces essais nous ont donné de très bons résultats. Le dispositif employé, relativement très simple, permet de faire disparaître le bruit de fond, d’augmenter la netteté de l’audition, et de faire varier sa tonalité générale suivant les caractéristiques de l’ouïe du sujet, et ses dispositions particulières.
- Le « bruit de fond » peut ainsi être atténué dans de grandes proportions en employant un dispositif de ce genre. Nous en avons expliqué les avantages et les carac-
- Appuyé à la tempe. Sur le front. Derrière l’oreille.
- Fig. 6. — Trois manières d’uliliser le Sonolonor.
- de fond » qui se fait entendre dans certains appareils peut lui être particulièrement désagréable.
- 11 y a donc intérêt, dans tous les appareils électroacoustiques contre la surdité, à pouvoir faire varier à volonté la gamme moyenne des sons amplifiés, de manière à l’étendre plus ou moins vers les notes aiguës ou vers les notes graves, et, d’autre jDart, à diminuer autant que .possible l’importance du bruit de fond.
- On parvient à ce résultat en choisissant avec soin les constantes mécaniques et électriques du microphone et de l’écouteur téléphonique. On peut également faire varier la fréquence propre du système vibrant, modifier ainsi l’épaisseur de la pièce vibrante, et l’écarter plus ou moins des pièces polaires.
- On peut également, en principe, faire varier la tonalité en agissant par des moyens électriques sur les oscillations musicales transmises par le microphone, et on emploie dans ce but un système de condensateurs montés en dérivation sur le ej^cuit, et qui livre passage aux
- téristiques, d’ailleurs, dans un ouvrage consacré à l’étude de ces questions. Dans tous les appareils électro-acoustiques en général l’apparition des bruits parasites est un inconvénient dont la disparition est précieuse. On l’obtient uniquement dans certains appareils en choisissant convenablement les caractéristiques et la disposition du microphone, mais il est déjà beaucoup moins sensible dans les ensembles à transmission osseuse, justement par suite de l’amortissement assez considérable de la pièce vibrante du transmetteur électro-magnétique qui transmet difficilement les sons très aigus.
- Les appareils électro-acoustiques, à transmission par voie osseuse, seront sans doute encore perfectionnés, mais dès maintenant leur efficacité semble grande, même dans des cas de surdité déjà accentuée, et leurs inconvénients au point de vue physiologique sont extrêmement réduits, ce qui constitue en leur faveur un avantage très appréciable.
- P. IIhmardinquer.
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- LA RÉFRIGÉRATION == DES VOITURES DE VOYAGEURS
- Avez-vous déjà fait un long voyage, en chemin de fer, par une température sénégalienne ? Si non vous ne pouvez assez savourer votre bonheur.
- J’ai, moi, le 19 août dernier, alors que le thermomètre marquait 35°7 (37°8 à Boulogne), 0) effectué le parcours de Paris, •— départ 7 h. 36, — à Brive, — arrivée 15 h 47, — avec arrêt de 11 h 11 à 11 h 33 en gare de Château-roux, et j’ai su, ce jour-là, ce que c’est qu avoir chaud dans un train.
- Aussi ne saurait-on trop féliciter la Compagnie de Paris à Orléans des études qu’elle a entreprises en vue d’améliorer le confort des voyageurs qui se confient à elle, en période de grandes chaleurs, pour de longs parcours.
- Voitures avec fenêtres fermées. — Que se passe-t-il en effet, dans une voiture fermée, par les journées,
- chaudes et ensoleillées ?
- Les rayons solaires, quelle que soit la direction du train, frappent d’autant plus normalement la toiture que le train roule pendant les heures les plus chaudes, c’est-à-dire au moment où le soleil est le plus élevé au-dessus de l’horizon. Souvent, de plus, ils frappent,
- — moins normalement,
- — l’une des deux parois latérales, tantôt l’une, tantôt l’autre, suivant les courbes de la voie, et, toiture et parois absorbant facilement les radiations solaires, en raison de leurs couleurs généralement sombres, et les transmettant non moins facilement par suite de leur conductibilité assez grande, la température intérieure ne tarde pas à s’élever, malgré les pertes de calories que la vitesse du train imprime par convection à la toiture et à la paroi insolées.
- Le corps humain ayant une température normale de 37°, la chaleur dégagée par les voyageurs s’ajoute à la chaleur produite par les rayons solaires et ce, d’autant plus que la température intérieure de la voiture est plus éloignée de 37°. Cette action du corps humain devient nulle, fort heureusement, lorsque la température de la voiture approche de 37°, ce qui n’empêche pas celle-ci de s’élever encore aux arrêts en plein soleil.
- Et ainsi, ô Châteauroux ! cette température intérieure peut atteindre, pendant ces arrêts, une valeur... inima-
- Fig. 2. — Bac à glace. Schéma de la circulation d’air.
- Fig. 1. — Voiture P.-O. de 2e classe, réfrigérée.
- Bac à glace à trois chambres. Au-dessus, moto-ventilateur surmonté de la prise d’air de l'orme spéciale.
- ginable, et, en tout cas, très supérieure à la température extérieure.
- Au fur et à mesure que la température de la voiture s’élève, le corps humain se défend par une sudation de plus en plus abondante, et l’évaporation rapide de cette sueur peut causer un bien-être momentané. Malheureu-
- Fig. 3. •— Schéma montrant comment s’effectue la réfrigération de la voiture du P.-O.
- Aspirateurs statiques
- m:to-ven i fateur
- Compartiment
- Compartiment
- Bac à glace Couloir
- et groupe moto-ventilateur
- Conduite de refoulement
- 1. La Nature, n° 2891, p. 371.
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- Fig. 4. — Diffuseur d'air frais dans un compartiment, avec les chaînettes d'ouverture et de fermeture.
- sement, la vàpeur d’eau ainsi produite, sans diminuer la température intérieure de la voiture, augmente l’humidité relative de l’air, entravant peu à peu l’évaporation de la sueur, qui se fait de plus en plus difficilement, et le séjour dans cette voiture surchauffée et saturée d’humidité devient infiniment pénible.
- Il convient d’ajouter que cette sueur, — il faut bien l’avouer, — n’est pas toujours inodore. On peut avoir pour compagnons de voyage des gens qui ne se « tubent » que fort rarement. Parfois, des voyageurs transportent avec eux des produits alimentaires, fromages, par exemple, ou autres, à odeur forte. Enfin, la fumée du tabac, le gaz carbonique provenant de la respiration, les poussières de la voiture, certaines toxines, peut-être, contribuent à rendre de plus en plus irrespirable l’air du compartiment, et, par suite, à diminuer le confort des voyageurs.
- Isolation insuffisante. — Que faire contre réchauffement des surfaces extérieures des voitures, la transmission de cet échauffement par conductibilité, et sa dispersion à l’intérieur par convection ? Peu de chose. L’isolation d’une voiture de voyageurs est très difficile, sinon impossible, en raison de l’épaisseur qu’il faudrait donner aux parois, et les minces couches d’air, de feutre ou de liège qui séparent les panneaux composant les parois latérales n’ont qu’un effet calorifuge tout à fait insuffisant.
- Et la chaleur lumineuse provenant des rayons solaires passe à travers les vitres qui occupent environ un tiers de la surface des parois latérales. Devenue chaleur obscure,
- Fig. 5. — Coupe schématique du diffuseur d’air frais.
- Conduite d’air frais
- Volet c/e. réglage
- Toile metalliot
- elle s’emmagasine à l’intérieur, ainsi transformé en serre, et c’est un mal qu’on ne peut éviter complètement, mais seulement atténuer à l’aide des stores et des rideaux.
- Voitures avec fenêtres ouvertes. — Nous n’avons envisagé jusqu’ici qu’une voiture fermée complètement. L’ouverture des fenêtres, pendant la marche du train, produit un abaissement de température et une diminution de l’humidité beaucoup plus importants, notamment pour les voyageurs qui se trouvent sur le parcours du courant d’air ainsi produit, et le bien-être qui en résulte est d’autant plus sensible que la vitesse de l’air, par rapport aux occupants, est plus grande.
- Mais ce courant d’air présente nombre d’inconvénients. U charrie, en effet, des poussières et des escarbilles qui souillent tapis et coussins, ainsi que les vêtements des occupants, et qui, parfois, pénètrent dans les yeux des voyageurs, et il n’est pas toujours sans danger pour ceux qui transpirent abondamment et qui peuvent être exposés ainsi à un refroidissement brusque toujours fâcheux et dont les suites peuvent être graves.
- Solutions incomplètes. — Cette ouverture des fenêtres pendant la marche n’est donc qu’un pis aller, et là n’est pas encore la bonne solution. Elle n’est pas davantage dans l’emploi des aspirateurs et souffleurs statiques qui diminuent, il est vrai, la température et l’humidité relatives à l’intérieur de la voiture, mais dont le rendement théorique est fort influencé, dans la pratique, par toutes sortes de causes.
- Les ventilateurs brasseurs d’air, également essayés, ne donnent pas non plus satisfaction. Tout d’abord, ils consomment beaucoup trop d’énergie électrique; leur action très localisée, violente dans leur voisinage et, plutôt désagréable, est à peu près nulle à une certaine distance; ils brassent tout indifféremment : air pur, poussières et bactéries, et, en ce sens, ne vont pas sans de graves inconvénients; enfin, le brassage uniformise la température, et le degré hygrométrique de l’air; mais quand ceux-ci sont partout, trop élevés, il ne présente plus d’utilité.
- De petits appareils frigorifiques seraient trop encombrants et exigeraient une énergie que ne pourrait fournir la batterie d’accumulateurs de la voiture.
- Plusieurs réseaux américains ont bien équipé des voitures avec des groupes frigorifiques. Mais il s’agissait de voitures dont la tare — 100 tonnes — est beaucoup plus grande que celle des voitures françaises — 40 à 50 tonnes. Ces groupes absorbent une énergie 30 fois plus grande que celle qui est absorbée par le dispositif P.-O., et le prix de revient est considérablement plus élevé. C’est pourquoi, dans les derniers équipements réalisés aux États-Unis, où l’on compte actuellement plus de cent voitures réfrigérées, les systèmes de réfrigération à groupe frigorifique mécanique sont très sérieusement concurrencés par des systèmes analogues à ceux duP.-O. dont la mise en service est antérieure à celle des voitures américaines.
- Problème à résoudre. — Comment donc pouvait-on : 1° abaisser la température des voitures; 2° abaisser, si possible, le taux d’humidité, et, enfin, 3° donner à
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- l’air une légère vitesse, non nuisible, par rapport aux voyageurs, tout en le renouvelant ?
- Tel était l’énoncé du problème. Voyons, d’après M. Wallet, chef de la section des recherches et des améliorations de la Compagnie d’Orléans, comment celle-ci l’a élégamment résolu :
- Dispositif adopté. — A une extrémité de la voiture à réfrigérer, dans une armoire communiquant avec une prise d’air de forme spécialement étudiée et disposée dans la toiture, elle a installé un bac en tôle galvanisée, à trois chambres, qui peuvent être chargées de pains entiers de glace, à raison d’environ 125 kg par chambre (fig. 1).
- Entre ces chambres est laissé un intervalle qui, à sa partie inférieure, communique avec l’air contenu entre les parois intérieures de l’armoire et le bac lui-même, et, à sa partie supérieure, avec une buse qui surmonte le bac (fig. 2) et qui conduit l’air refroidi à un groupe moto-ventilateur, logé également dans l’armoire, composé d’un moteur électrique d’un 1/2 ch et d’un ventilateur, actionné par la batterie d’éclairage pouvant refouler dans la voiture 1300 à 1400 m3 à l’heure.
- Sur la buse a été disposée une prise d’air additionnelle qui peut être obturée plus ou moins complètement à l’aide d’un volet de réglage et qui permet de mélanger de l’air non refroidi à l’air froid.
- Le mélange, dont la température est réglée par l’ouverture plus ou moins grande du volet, est refoulé dans une conduite de distribution logée à la partie supérieure du couloir, entre la toiture et un faux plafond, et qui, avec une longueur d’environ 20 m, présente une section décroissante afin que l’air refroidi qui y est refoulé, et malgré la présence des diffuseurs qui le distribuent dans les compartiments, conserve toujours sa vitesse initiale qui est d’environ 9 à 10 m. par seconde (fig. 3).
- Ces diffuseurs, placés au-dessus de chaque porte de compartiment, sont munis tout d’abord, près de la partie communiquant avec la conduite d’air réfrigéré, d’un volet manœuvré de l’intérieur du compartiment à l’aide de deux petites chaînettes qui permettent de l’ouvrir ou de l’obturer à volonté (fig. 4). Le diffuseur, s’évasant ensuite, est fermé par une fine toile métallique. Elle protège un tissu-filtre plissé en accordéon qui a pour but, outre son dépoussiérage, d’augmenter la surface de sortie de l’air refroidi pt d’en diminuer la vitesse, afin que son arrivée dans le compartiment ne donne pas l’impression d’une douche glacée (fig. 5).
- L’ensemble de ce dispositif est complété par une série d’aspirateurs statiques placés sur le. toit et qui évacuent l’air vicié
- Fonctionnement. — Le groupe moto-ventilateur mis en marche aspire de l’air à l’extérieur par la prise d’air de la toiture. Cet air pénètre dans l’armoire, descend sur les côtés du bac à glace jusqu’à la partie inférieure tout en se refroidissant, remonte dans les passages réservés entre les parois du bac, se refroidissant plus encore au contact des parois glacées et perdant par condensation une partie de son humidité, arrive dans la buse et est alors aspiré par le ventilateur qui le refoule dans la conduite et dans les diffuseurs grâce auxquels il donne
- ....... ...... ......... 553 =
- aux voyageurs l’impression d’une brise légère. S’échauffant peu à peu, et devenant par suite plus léger, il est évacué à l’extérieur par des aspirateurs statiques (fig. 6) qui fonctionnent de façon d’autant plus satisfaisante que le refoulement de l’air par le ventilateur produit dans les compartiments un léger excès de pression.
- L’ouverture du volet de réglage placé sur la buse permet au ventilateur d’aspirer, en même temps que l’air refroidi au contact des bacs, une certaine quantité d’air plus chaud venant directement de l’extérieur. Il est possible ainsi de modifier à volonté la température de l’air déversé dans les compartiments par les diffuseurs.
- Il convient d’ajouter que cette réfrigération est sur-
- Fig. 6. •—• Intérieur de compartiment réfrigéré. Au plafond, derrière la lampe, aspirateur pour évacuation de l'air échauffé.
- tout efficace quand les portes et les fenêtres des compartiments sont maintenues fermées, puisque la température dans ces compartiments est inférieure à la température extérieure. Le débit d’air du ventilateur est d’ailleurs suffisant pour assurer dans ces conditions une aération abondante. L’air des compartiments est renouvelé une dizaine de fois par heure, et les poussières, odeurs, fumées de tabac, sont évacuées par les aspirateurs dont le fonctionnement est assuré, même en cas d’arrêt du train, en raison de la légère surpression.
- Résultats. — Ils sont excellents.
- Dans un essai fait entre Paris et Blois (fig. 7), par une température extérieure moyenne de 33° à l’ombre, avec deux voitures dont une réfrigérée, on constata ceci : température intérieure dans chacune des voitures, au départ d’Orsay : 26° 3. A Paris-Austerlitz, même tempé-
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- Heures
- Es .S9
- Fig. 1. —• Relevés de températures effectués en été, sur le parcours Paris-Blois, dans deux voitures, l’une ordinaire, l'autre réfrigérée.
- 1, voiture ordinaire; 2, extérieur à l’ombre; 3, air à l’entrée du bac à glace; 4, voiture réfrigérée; 5, air sortant des diffuseurs.
- rature dans la voiture réfrigérée, 30° dans la voiture témoin.
- Maximum dans la voiture réfrigérée ; 28°5 entre Les Aubrais et Blois; dans la voiture non réfrigérée, maxi-
- mum 35° au même moment, après avoir atteint 35°5 pendant l’arrêt aux Aubrais.
- Dans l’essai ei-dessus, alors que la température extérieure, à 15 h 30, atteignait à l’ombre 33°5, elle était de 27°5 dans les voitures réfrigérées, de 30° dans le couloir de ces voitures, contre 35° dans les voitures non réfrigérées, et 34° dans leur couloir (lig. 8). La différence de température : 7° à 8° pour l’intérieur des voitures, n’est plus que de 4° pour les couloirs, volontairement non réfrigérés. Ceux-ci constituent ainsi un lieu de transition permettant de passer progressivement d’une température extérieure élevée à une température intérieure très
- ’seur
- Air frais
- Fig. 8. — Répartition de l’air réfrigéré dans un compartiment.
- Les températures correspondent à celles du point A de la figure 7. Les températures entre parenthèses sont celles des voitures non réfrigérées.
- inférieure. Cette transition est donc très douce et sans aucun danger.
- On a fait, de plus, une constatation très remarquable qui montre l’influence considérable de la ventilation et du renouvellement d’air qu’elle assure aux voyageurs : dans une voiture réfrigérée, et aussi longtemps que cette ventilation fonctionne, une élévation de température de quelques degrés est facilement supportée, mais devient très pénible dès que le ventilateur est arrêté.
- Prix de revient. — A quelles conditions ces résultats sont-ils obtenus, et le poids, l’encombrement, la dépense nécessités par ce dispositif ne sont-ils pas prohibitifs ? Nullement. Le poids total, y compris la charge de glace, n’est que de 800 kg environ; l’encombre-plan de l’armoire, placée à w.-c., de 60 X 90 cm, et la totale d’installation, peu im-déjà pour une voiture exis-
- Fig. 9. — Voiture de 2e classe réfrigérée. Sur la toiture prise d’air spéciale.
- ment en côté des dépense portante
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- tante, serait encore réduite si ces appareils étaient pla- comprises, La consommation de glace ne dépasse d’ail-
- cés sur des voitures neuves construites en prévoyant leurs pas une trentaine de kg par heure, en moyenne,
- leur installation. Le prix de revient global de la ventilation avec air refroidi est très minime, toutes charges Georges Lanorvitxe.
- ^EEEE LA NOUVELLE ÉCOLE NATIONALE == DE LUNETTERIE DE MOREZ-DU-JURA
- Petit centre industriel plein d’activité malgré la bâtisses artistiques à montrer aux touristes. Par contre,
- crise économique, Morez-du-Jura se trouve à 700 m l’habileté de ses artisans a fait connaître depuis
- d’altitude sur la grande route de Paris à Genève. Pour longtemps ses lunettes et ses pince-nez ainsi que ses
- Fig. 1. — Vue générale extérieure de l'Ecole nationale de lunetterie de Morez-du-Jura.
- en admirer l’ensemble, il faut gravir les pentes du Bichet et s’arrêter sur le sommet de ce plateau. Alors l’originale cité apparaît au fond d’une gorge dominée par de hautes collines verdoyantes ; ses maisons, ses ateliers de lunetterie et ses fabriques d’horlogerie se dressent, çà et là, sur les bords sinueux de la Bienne, dont les eaux torrentueuses causent parfois de désagréables surprises aux riverains. Seule, d’ailleurs, sa merveilleuse situation topographique distingue Morez, car elle n’a ni monuments, ni vieilles
- horloges monumentales non seulement en France, mais à l’étranger.
- C’est dans ce cadre pittoresque et dans cette ambiance parfaitement adaptée à son objet, que se trouve la nouvelle Ecole nationale de lunetterie et d’optique récemment construite. Elle comprend trois corps de bâtiments distincts étagés sur les flancs de la montagne du Rizoux et réunis entre eux par un escalier monumental couvert. Les ateliers, salles de cours et laboratoires aux planchers
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- Fig. 2. — Elève lunelier-opticien, en train de « surfacer » mécaniquement des verres cylindriques.
- Le travail comprend 3 séries d’opérations : dégrossissage, doucissage et polissage.
- joliment mosaïqués, aux murs blancs, aux larges baies vitrées, sont méthodiquement installés et pourvus d’un outillage très moderne. Pour l’instant, 158 jeunes gens, venus de tous les coins de la France, y acquièrent en quatre années d’études les connaissances nécessaires à l’une des professions auxquelles on les prépare. Quatre-vingt-dix-sept se destinent à devenir des contremaîtres ou des chefs d’atelier opticiens-lunetiers, quarante-cinq se spécialisent dans la mécanique de précision et seize dans la menuiserie. Les 47 élèves dont les parents habitent Morez sont externes, 109 autres, dont la famille demeure plus ou moins loin, sont internes et 2 de la
- promotion 1932-1933 déjeunent dans l’établissement, mais dînent et couchent en ville.
- On y admet les candidats dès l’âge de 12 ans révolus en exigeant d’eux le certificat d’études primaires, puis en leur faisant subir un examen écrit (dictée, composition française, arithmétique, histoire et géographie).
- A leur entrée, ils suivent naturellement les cours de la section qu’ils ont choisie et à leur sortie, s’ils ont satisfait aux épreuves du programme, ils reçoivent le diplôme d’ « élève breveté de l’Ecole nationale professionnelle de Morez » avec indication de la spécialité : lunetterie-optique, mécanique de précision, horlogerie, menuiserie.
- Le personnel enseignant se compose d’un ingénieur-chef de travaux ayant sous ses ordres un certain nombre de chefs d’ateliers et de contremaîtres experts.
- L’ATELIER DE LUNETTERIE ET D’OPTIQUE
- Ces généralités posées, voyons maintenant à l’œuvre professeurs et futurs lunetiers. Comme nous l’avons fait, lors d’une récente visite en compagnie de M. Prélat, le savant directeur qui nous pilotait aimablement en nous donnant tous les éclaircissements techniques désirés, nous nous arrêterons plus longuement au deuxième et au troisième étage du plus important des bâtiments scolaires qui mesure 100 m. de longueur et 15 m. de largeur. Là, se trouvent Y atelier de lunetterie et d’optique avec tous les outils et machines nécessaires à l’exécution des verres ainsi qu’à la réalisation des montures de lunettes ou de pince-nez, les salles de cours, de dessin et d’ophtalmo-métrie avec tous les appareils propres à l’examen des yeux, les laboratoires, etc. Cette section de l’École de Morez a pour but de former des opticiens complets, possédant les connaissances théoriques et pratiques nécessaires pour l’exercice de leur art. Après une première année passée surtout devant l’établi afin d’apprendre à manier le marteau ou la lime, le burin ou le tour et à se familiariser avec l’outillage mécanique, ils abordent ensuite le travail du verre.
- Regardons ces jeunes artisans en train de surfacer, c’est-à-dire de donner aux verres leur forme définitive, qui corrigera tel ou tel défaut de vision. Comme le note avec juste raison J. Monneret dans la troisième édition de son livre classique Le Lunetier-Opticien (1930), cette opération est « longue et minutieuse ». Elle s’exécute au moyen de « blocs » en fonte ou en cuivre, plans ou courbes sur lesquels les élèves frottent les verres jusqu’à ce qu’ils épousent parfaitement la configuration superficielle de ces outils. Le bloc présentant une surface creuse s’appelle « bassin » et celui qui a une surface convexe se nomme « balle ». Ces blocs servent à surfacer les verres sphé-
- Fig. 3. -— Ensemble de l’atelier de travail du verre à l'Ecole de lunetterie de Morez-du-Jura.
- Meulage, classement, examens divers des verres, etc.
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- Fig. 4. —• Ensemble de Vatelier de fabrication des moulures de lunelles et pince-nez.
- riques dont les faces sont des portions de sphère soit concaves, soit convexes ; les verres cylindriques dont les faces sont des portions de cylindres concaves ou convexes ; les verres plans aux surfaces planes et parallèles ; les verres prismatiques dont les faces sont encore planes, mais non parallèles.
- On exerce égaleme :t les apprentis opticiens de l’Ecole nationale professionnelle de Morez à réaliser les verres bifocaux et trifocaux, les différentes sortes de verres sphéro-cylindriques, bi-cylindriques, toriques et hyperboliques, les verres périscopiques et les verres à images ponctuelles dont on calcule les deux courbures de façon que la vision reste aussi nette sur les bords qu’au centre. Mais notre attention n’est pas de mentionner tous les « chefs-d’œuvre » de la lunetterie contemporaine. Contentons-nous d’assister au surfaçage des verres sphériques les plus courants. Pour obtenir des verres concaves, les élèves de deuxième et de troisième année prennent des morceaux ronds ou ovales, qu’ils dégrossissent, doucissent et polissent successivement. Le dégrossissage se fait, verre par verre, sur une balle tournant au fond d’une cuve dans laquelle se trouve de la poudre de grès humidifiée.
- L’apprenti, penché sur la cuve, appuie avec sa main droite le verre plat sur la balle tandis qu’il verse continuellement avec sa gauche du grès sur cette dernière et, au bout d’une minute, le verre a pris la courbure voulue. Puis il procède, de façon identique, pour creuser l’autre côté du verre, non sans s’assurer, de temps en temps, de la coïncidence parfaite des deux courbures. Cette vérification exige du coup d’œil, car l’élève doit se rendre compte que l’épaisseur du verre est pareille sur tout le pourtour.
- Le doucissage complète l’opération précédente et pour l’effectuer on recouvre complètement le verre d’une balle de même courbure. Sur la face libre de chaque verre on applique uxre molette de poix et finalement on dispose sur l’ensemble un bassin de courbure identique préalablement chauffé. La chaleur ramollit la poix qui fait adhérer les verres à l’intérieur du bassin. Après avoir constitué, de la sorte, un de ces blocs, on le porte sur une machine qui se compose essentiellement d’une tige verticale encastrée dans un bâti en fonte. Cet axe est mû électriquement et sa partie inférieure, ressemblant au nez d’une machine à percer, porte une manivelle dont le bouton entraîne le bassin dans un mouvement circulaire et ondulatoire sur la balle fixée en dessous. Entre celle-ci et le bassin, l’apprenti introduit une potée d’étain qui provoque, peu à peu, la disparition des grosses stries produites par le grès et quand il juge ce résultat obtenu il enlève de sa machine le bloc qui porte les verres, le lave soigneusement pour qu’il n’y reste aucun grain d’émeri et il le transporte sous une machine semblable à la première, mais pour laquelle il se sert d’un émeri plus fin. Puis il change encore de machine et de grain d’émeri deux ou trois fois jusqu’à l’obtention d’un clouci parfait sans raies visibles. Finalement les jeunes gens
- procèdent au polissage, qui se fait sur des instruments analogues à ceux employés pour le doucissage, mais ils substituent à la potée d’émeri du « rouge à polir » étendu sur un épais tampon de laine qui recouvre la balle. Ils décollent alors les verres polis qu’ils recueillent sur une peau de chamois. Ils les reprennent ultérieurement pour les doucir et les polir sur leur deuxième face.
- FABRICATION DES MONTURES
- Observons maintenant les élèves de 3e ou de 4e année créer les innombrables montures des verres. Dans cet
- Fig. 5. — Élève en train de fraiser les tenons de lunelles.
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- Fig. 6. — Un coin de la salle d’oplométrie.
- L’élève apprend à mesurer le champ visuel au moyen du périmètre.
- atelier, les artisans exécutent d’abord tous les outils nécessaires pour réaliser en série un modèle donné de pince-nez ou de lunette, puis à l’aide de machines délicates ils filètent les vis ou fraisent les tenons d’un usage courant en lunetterie, ils étudient le rôle des griffes et des plaquettes, la fonction des ressorts et les méthodes d’ajustage.
- 11 leur faut naturellement pour mener à bien ces diverses besognes non seulement tenir avec dextérité le tour ou la lime, le burin ou le chalumeau soudeur, mais ils doivent encore acquérir des notions assez étendues d’optique géométrique et d’ophtalmologie, en maniant des instruments spéciaux. Dans les laboratoires de l’école de Morez, les élèves déterminent l’acuité visuelle par le procédé classique reposant sur la lecture de tests, objets placés à 5 ou 6 m de l’observé, cette distance excluant l’intervention de la fonction accommodative.
- LA SALLE D’OPTOMÉTRIE
- Dans la salle d'optométrie, indépendamment des expériences ordinaires au banc d'optique, ils s’initient en particulier, à la manœuvre du périmètre. Cet appareil, constitué essentiellement par un arc de cercle de 30 cm de rayon mobile autour de son axe, permet de mesurer le champ visuel. La tête du sujet se place en face de la concavité de l’arc de cercle en sorte que l’œil examiné correspond exactement au centre de la sphère décrite par l’axe du périmètre. L’observateur obtient ce résultat en élevant ou en abaissant une mentonnière qui immobilise la tête de son patient et note sur un index de papier la perception périphérique de chaque œil examiné séparément.
- Du laboratoire, revenons à l’atelier d’ajustage des montures sis au même étage. Là, les élèves opticiens s’exercent encore à prendre des mesures sur le sujet à l’aide de règles spéciales, du pupillomètre et autres appareils scientifiques, s’ils veulent exécuter correctement les ordonnances d’oculistes après leur sortie de l’école. Entre autres données essentielles à recueillir sur la figure du client, notons la hauteur, la largeur,
- Fig. 7. — Elèves exécutant des expériences et des mesures au banc d’optique.
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- l’inclinaison et la profondeur du nez, la largeur de la face, la longueur des tempes et la distance interpupillaire ou distance du centre d’une pupille au centre de l’autre. Cet intervalle correspond à l’écartement visuel de chacun des yeux et varie suivant que le binocle doit servir à un myope ou à un presbyte.
- Indépendamment de tous ces travaux et de bien d’autres que nous avons passés sous silence afin de ne pas allonger notre article, les élèves opticiens parachèvent leur instruction technique en étudiant les objets qu’ils sont appelés à vendre dans leur magasin tels que baromètres, compas, jumelles, appareils photographiques, etc., dont ils apprennent à faire les réparations courantes. De leur côté, les mécaniciens ne s’inquiètent ni de la lunetterie, ni de l’optique ; leurs cours et leurs exercices scolaires se rapportent uniquement à la mécanique de précision (ajustement à la lime et au tour, travaux de rabotage, fraisage, etc.). De même, les candidats horlogers, en plus des travaux mécaniques ordinaires qu’ils font, se spécialisent à partir de la 3e année dans l’exécution d’une minuterie complète, des divers échappements, régulateurs, horloges, pendules ordinaires et électriques, appareils enregistreurs, etc. Enfin, dans la section de la menuiserie, les élèves peu nombreux apprennent à travailler le bois sous toutes ses formes. Les armoires ou autres meubles qu’ils fabriquent sous la direction d’habiles contremaîtres (et que nous avons pu admirer lors de notre récente visite) attestent leur virtuosité en ébénisterie.
- Terminons par une remarque consolante en temps de pessimisme.
- L’Ecole nationale professionnelle de Morez n’a guère d’analogue ni chez nous, ni à l’étranger. Le seul établissement qu’on pourrait lui comparer est Y Ecole d’optique cV Iéna, mais l’enseignement qu’on y
- Fig. 8. •— Une partie de Vatelier de mécanique à l’Ecole de Morez-du-Jura.
- Les élèves s’exercent à la manœuvre des machines-outils.
- donne est plutôt théorique que pratique : les techniciens allemands qui en sortent ont une haute culture scientifique mais ne sont que de vagues praticiens puisqu’ils ne travaillent à l’atelier que 6 heures par semaine. Au contraire, leurs confrères français, avec leur diplôme reconnu par l’Etat, pourront, au bout de peu de temps, faire honneur à la corporation.
- En outre, malgré la crise, l’avenir de la profession semble souriant, car si tous ceux de nos compatriotes qui devraient corriger leurs défauts oculaires au moyen de verres le faisaient, comme l’exigerait la bonne conservation de leur vue, les opticiens de 1H rance ne pourraient les satisfaire qu’à grand’peine !
- Jacques Boyer.
- = LE MARECHAL DE VAUBAN ----------
- PRÉCURSEUR DU TAYLORISME ET INGÉNIEUR CIVIL
- La France commémore le tricentenaire du Maréchal de Vauban, né à Saint-Léger-de-Foucherets (aujourd’hui Saint-Léger-Vauban, Yonne), le 1er mai 1633. A cette occasion, d’érudits compilateurs ont vanté les mérites du célèbre ingénieur militaire qui apporta aux systèmes de ses prédécesseurs, Errard, Deville, de Pagan et de Clerville, des modifications assez importantes pour qu’on le considère comme le véritable créateur de la fortification moderne. De nombreux articles de journaux ont rappelé qu’il sut entourer nos frontières d’une triple enceinte de forteresses construites sur un plan métho-
- dique, depuis les Flandres jusqu’aux Alpes etaux Pyrénées. Au cours de sa longue carrière, il travailla à plus de 300 places anciennes, conduisit 53 sièges et assista à 140 combats !
- Laissant à nos confrères le soin d’énumérer la gigantesque besogne accomplie par le grand poliorcète, nous voulons montrer qu’il ne fut pas seulement un ingénieur militaire génial, un artilleur hors pair, un économiste distingué qui dans sa Dixme royale préconisait déjà l’égalité de l’impôt pour tous les citoyens, mais qu’il a envisagé, le premier, les méthodes du travail tech-
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- nique et qu’il a exécuté aussi d’importants ouvrages de génie civil.
- Il fut, en particulier, le génial précurseur du Taylorisme, car il semble avoir eu, le premier, l’idée de régulariser la paye des ouvriers employés au charroi des terres dans la construction des fortifications. Un règlement établi pour fixer le prix que les entrepreneurs devaient payer aux soldats chargés des terrassements du génie en Alsace ayant amené des réclamations, Vauban s’efforça de trancher scientifiquement le différend. Il institua des expériences afin de fixer le rendement en fonction de la charge transportée et de la distance parcourue.
- Voilà donc bien avant l’Américain Taylor (auquel on attribue le mérite de l’innovation) le premier essai expérimental d’établissement rationnel d’un barème de salaires.
- Parmi les importantes entreprises pacifiques exécutées par Vauban, retenons Vaqueduc de Mainte-non. Comme la machine de Marly ne suffisait pas à alimenter en eau Versailles, ses parcs, et ses jardins,
- Louvois résolut d’amener l’Eure dans la ville de Louis XIV. Il chargea donc La Hire des nivellements et Vauban de tracer le programme des travaux.
- D’après le plan adopté par le ministre, la rivière détournée de son cours à Pontgouin au-dessus de Chartres devait être conduite au moyen d’un aqueduc qui la franchissant de nouveau à Maintenon, la portait jusqu’à Houdre-ville, puis de là, un canal l’amenait jusqu’à l’étang de Trappes, réservoir de Versailles. Les chantiers, dirigés par Vauban, s’ouvrirent le 1er mai 1685 et on les. peupla avec toute l’armée du siège de Luxembourg, soit environ 30 000 hommes que commandait le marquis d’Uxelles. Malgré le bon marché de la main-d’œuvre d’alors, les frais devinrent énormes, engloutissant peu à peu le produit des impôts et il fallut arrêter les travaux au bout de 4 ans, d’autant plus que ce remuement de terres humides avait engendré des épidémies qui décimaient ces vieux soldats « héros de 20 batailles ».
- Seules aujourd’hui près de Maintenon, quelques arches
- en ruines, garnies de lierre et de mousse, attestent la grandeur de l’œuvre inachevée.
- En 1686, Vauban fut encore chargé de se rendre sur place pour inspecter les travaux du canal du Midi menés à bien par Riquet de Bonrepos, mais auxquels on désirait apporter certains perfectionnements. Son projet consistait à élargir le canal, puis à le prolonger depuis Toulouse jusqu’à la Réole et de l’autre côté depuis l’étang de Thau jusqu’au Rhône. Il établit des aqueducs afin d’éviter l’envasement des sas, substitua des ponts-tournants
- aux ponts de pierre pour faciliter le passage des gros bateaux, agrandit le bassin de Saint-Ferréol, un des deux réservoirs créés par Riquet au point de partage et y conduisit, par une galerie souterraine, toutes les eaux superflues de la Montagne Noire pendant l’hiver.
- Enfin, dans son très intéressant Mémoire sur la navigation intérieure de la France, Vauban esquissa la carte du vaste réseau navigable qui devait relier entre elles toutes les rivières de notre pays : il dressa les plans du canal de Bourgogne, du canal d’Aix à Marseille, du canal parallèle au Rhin allant de Huningue à Landau par Neufbrisach et Strasbourg ; il recommanda de rendre navigables le Doubs et ses affluents. Le canal du Rhône au Rhin devait réaliser partiellement l’idée du savanthydraulicien. On peut également noter que bien avant les Brunhes et les de Martonne, il fit de la géographie physique, humaine et économique. Çà et là, dans sesmémoires ou rapports, on rencontre des vues originales et des observations précises sur les régions naturelles du royaume, sur l’organisation méthodique des transports, sur le tracé des voies navigables et sur le réseau routier.
- En définitive, « le premier des ingénieurs et le meilleur des citoyens », comme le surnomma justement Voltaire, fut une des plus nobles figures du siècle de Louis XIV. Aussi distingué comme technicien civil que comme ingénieur militaire, il besogna pour le bien général de sa patrie avec une inlassable activité à laquelle sa mort, survenue à Paris le 30 mars 1707, put seule mettre un terme. J. de la Cerisaie.
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- Fig. 1. — Le Maréchal de Vauban (1633-1707).
- (D’après une gravure du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de Paris).
- La cicatrice que l’on aperçoit sur la joue gauche du grand ingénieur est la glorieuse trace d’une balle qui le i'rappa pendant le siège de Douai en 1667.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES 5
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 1er MARS 1933 (N° 2900)
- Reprenons les problèmes proposés.
- Problème A. — En supposant que la Terre soit une sphère d’or de 13 735 km de diamètre, combien faudrait-il de Terres semblables pour représenter le capital que seraient devenus 0 f 05 placés à intérêts composés à 5 pour 100 depuis le commencement de l’ère chrétienne, c’est-à-dire pendant 1932 ans ? Densité de l’or : 19,3. Valeur du kg d’or : IG 650 fr.
- Problème B. — Disposer les 12 premiers nombres aux extrémités et aux intersections d’une étoile à 6 pointes de manière à obtenir le total de 26.
- A + B + D + E = 26.
- A + L + J -f I = 26.
- Iv -|- J -f H -f- G = 26, etc...
- Problème C. — A l’occasion de la fête on avait à découper 3 tartes de 35 cm de diamètre : deux méthodes pour découper : découpage en secteurs, ou découpages en carrés.
- On était 8 personnes : Rose, pas compliquée, trace prestement ses 4 diamètres qui ont fait 8 parts égales. Jeanne employa le 2e procédé et fit 8 parts non identiques mais équivalentes n’entamant que 6 fois les bords. Elle eut moins à tracer que Rose, 65 mm de moins.
- La mère intervient et constate qu’on n’a pas réservé la part du pauvre. Elle prend la dernière tarte, fait 9 parts équivalentes et comme tout bienfait porte en soi sa récompense, elle fait les 9 parts en traçant 21 mm de moins que Jeanne.
- Mais Robert renchérit sur le tout et dit à sa maman : tes morceaux sont symétriques. Mais si tu les faisais égaux tu aurais gagné au moins 30 millimètres. « Tu seras géomètre » dit la mère, en dégustant la tarte.
- Dessiner les figures des 4 procédés indiqués.
- Existe-t-il de meilleurs procédés donnant une plus petite valeur pour la longueur totale des lignes de partage ?
- (Emprunté à Sphinx).
- Solutions. — Le problème est des plus simples, il n’y a qu’a appliquer la formule des intérêts composés A =a (1 -fr)11 et à remplacer las lettres par leur valeur.
- On arrive à un nombre de 40 chiffres, soit environ :
- A = 4 332 092 suivi de 33 zéros.
- Ce qui finalement, après des opérations simples, mais un peu longues se traduit par un nombre de terres en or de
- 12 505 000 000 environ.
- M. Alliaume fait observer que la Banque de France, avec ses importantes réserves en or, est loin d’être aussi riche. Il demande qu’on calcule quelles devraient être les dimensions des caves qui pourraient renfermer un pareil trésor !
- Problème B. — Une omission a été commise dans l’énoncé: il fallait ajouter : C = J -f H (G = L-f B E = J -f L, etc., ce qui réduisait le nombre de solutions. Nos lecteurs à cause de cette omission nous ont envoyé des solutions nombreuses; parmi celles-ci nous choisirons la solution et Je raisonnement ingénieux et assez court de M. Turenne, ingénieur-constructeur à Paris.
- On doit totaliser 6 fois 26 points, soit 156 points. On compte 2 fois les 6 points du milieu pour une fois les 6 points extérieurs si on parcourt la totalité du polygone. Les points du milieu auront donc comme total 26 et le total des chiffres des 6 points extérieurs sera 52.
- Le total 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 étant de 78.
- 11 faudra donc des petits nombres au centre plus qu’au dehors.
- Si nous y admettons 1 2 3 4 total 10, nous devrons compléter par 16 points trouvés dans 567891011 12. Donc seulement 3 combinaisons possibles :
- 11 et 5, 10 et 6 9 et 7.
- Si nous présentons les 3 groupes complets, nous avons le choix entre :
- 123 4 5 11 —- 123479 — 123 4 6 10
- Pour des raisons de symétrie du polygone étoilé nous voyons que la dernière combinaison, si on la groupe en deux moitiés de 13, est la meilleure, 10 et 3 = 13 et le trois laisse 2 chiffres à droite et 2 chiffres à sa gauche donnant 13. Les autres combinaisons sont moins régulières. Nous adopterons la 3e d’abord, quittes, s’il le fallait, à revenir aux autres.
- Nous mettons 10 d’un côté, 3 en face pour faire 13. A côté de 10, nous mettons 2 et 1 qui font 13, en face 6 et 4 qui font, avec le 3, toujours 13. Nous mettons 6 en face de 2 pour ne pas avoir sur les lignes 2 fois le même total. Nous avons donc en tournant 10 2 6 3 4 1 et les totaux sont sur les 6 lignes amorcées 12 8 9 7 5 11, donc bien différents. Tiens! ce sont justement les chiffres qui restent à placer; la symétiie se continue, il y a du bon.
- Pour placer le 12, nous le mettrons en face du plus petit total 5 et du côté opposé au grand total 12 :
- 12 sera en face du 4 et du 3
- 12 . 3 . 6 nous placent le 5
- 12 . 4 . 1 nous placent le 9.
- Il reste à placer 7. 8. 11.
- Comme pour le 12, nous prenons le plus petit total qui reste 7 et nous ne nous mettons pas du côté du 10 :
- 11 viendra en face de 6 et 3
- 11 . 6 . 2 placent le 7
- 11 . 3 . 4 placent le 8.
- La rosace complète est donc le dessin placé en tête de la page suivante :
- Il y a, dans les chiffres formant le tableau, 6 combinaisons donnant le total 13 :
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- Dans la figure, il y a 8 combinaisons formant 13 : 6 par addition de 2 chiffres et 2 par addition de 3 chiffres. En les joignant, on obtient une figure symétrique intéressante.
- Problème C. — Voici, en bas de la page, la disposition adoptée par le Sphinx.
- On n’a guère trouvé d’autres solutions : quelques lecteurs ont ajouté des solutions où ils envisagent des parts de tarte rondes, ce qui ne doit pas être très facile à exécuter, eût-on l’habileté et l’esprit géométrique de la maman belge.
- Ont trouvé les 3 problèmes :
- M. Arnaud, de Marseille.
- 1. Longueur totale : 8 r. — 2. Longueur totale : 6,280 r.
- 3. — — : 7,51035r. — 4. — — : 7,34009 r.
- M. Bessicart, Auguste à Libramont, Belgique.
- M. Marcou, ingénieur à Carmaux (Tarn).
- Problème A. — M. Alliaume, La Varenne (Seine).
- M. Ferdinand Burdin, à Lyon.
- Problème A et B. — M. Cornet, directeur du bureau d’hygiène à Amiens.
- M. Bouleau, Ecole nationale d’Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne.
- Problème B. — MM. Turenne, ingénieur à Paris. — Lionel Laming à Elbeuf (Seine-Inférieure). — Eugenio de Eehave à Burgos (Espagne). — Gabriel Jacquemond, Le Chambon (Loire).
- Problème C. — M. Port, ingénieur à Brest.
- Problèmes proposés à la sagacité de nos lecteurs :
- Problème A. -— Combien faut-il écrire de chiffres pour écrire les 1000 premiers nombres ?
- Problème B. — Quels sont les plus grands nombres qu’on peut obtenir :
- 1° En employant 3 fois le chiffre 3?
- 2° En employant 3 fois le nombre 10?
- Problème C. — Trouver un nombre qui soit égal à la somme des chiffres de son cube. (Taisant.)
- Problème D. — Une arnesurolle que nous osons à peine proposer :
- Prouver que Je ménage-concierges de l’obélisque de Louqsor a eu un fils dont l’existence est indiscutable.
- Le hasard nous a fait rencontrer un ouvrage bien curieux : Récréations arithmétiques ou 1800 problèmes dont les résultats présentant des faits numériques pris dans l’histoire, la géographie, la physique, l’astronomie, etc., par J. Jaclot et Darbel aîné, professeur d’histoire, de géographie, de tenue de livres, etc. Paris, 1838.
- Quelques exemples typiques intéresseront sans doute nos lecteurs et leur apprendront des choses que probablement ils ignorent comme, par exemple, le nombre d’années qui s’est écoulé entre la création du monde et le déluge ! Autant de francs que procurera le bénéfice de la vente de 25 pièces d’étoffe qui ont coûté 1250 fr et qui ont été vendues 2906 fr. (problème 8).
- Voulez-vous savoir de combien d’îles se compose l’archipel des Sandwich? Résolvez ce problème : trouver le nombre par lequel il faut multiplier 359 pour obtenir 5026 au produit. C’est aussi simple que de consulter le Larousse ou un atlas (problème 16); une très simple division vous donne 14.
- L’astronomie vous intéresse-t-elle ? Désirez-vous connaître le diamètre de Vénus ? Voici le très simple problème 62, qui vous est proposé : Un propriétaire a mis une maison en loterie ; il place pour 33 120 fr de billets à 12 fr l’un. Combien a-t-il émis de billets? Le nombre trouvé est le diamètre de Vénus !
- Et ainsi de suite : des opérations enfantines vous apprendront sans fatigue combien de bœufs immola Pythagore pour témoigner sa reconnaissance aux dieux, quand il eut découvert la démonstration du carré de l’hypoténuse.
- Terminer par cette perle : « Tout le monde sait quel était l’âge de Noé, quand le déluge inonda la Terre ».
- Nos jeunes lecteurs qui l’ignorent sans doute le trouveront en cherchant la superficie d’un triangle scalène dont un côté a 40 pieds et la perpendiculaire abaissée du sommet opposé sur ce côté, 30 pieds.
- Virgile Brandicouht.
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- NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES 563
- Jusqu’à ces derniers temps les têtes des marionnettes, comme les corps du reste, étaient le plus souvent en bois et c’est avec ces personnages que les théâtres des Foires Saint-Germain, Saint-Laurent, le théâtre Séraphin, les Cabotins d’Amiens, les marionnettes de Lille, obtinrent pendant de longues années de très grands succès. A titre de curiosité, je donne une reproduction d’un Cabotin,marionnette amiennoise, toute en bois, qui m’a été gracieusement communiquée par M.Bran-dicourt. Dans ce type, les jambes sont d’une seule Fig. 1. — Un cabotin d'Amiens. venue et c’est par un système de mortaises que ces jambes et les avant-bras sont fixés au corps.
- Ce que l’on recherche maintenant pour la facilité du maniement, c’est la légèreté du personnage et c’est le carton qui a donné le meilleur résultat, non pas le carton massif, mais le carton léger formé de papiers superposés, collés et pressés; c’est avec lui que l’on fait les corps et les têtes de la façon suivante : on commence par modeler en cire ou en glaise la tête dont on a besoin. Les marionnettes se font de différentes tailles, de 0 m 35 à 0 m 75 de haut, suivant la grandeur de la salle à laquelle on les destine et souvent aussi simplement suivant le goût du constructeur. La tête doit être d’après le canon classique de 1/7® de la hauteur du corps et c’est sur cette proportion que l’on se base pour établir son modelage qui suivant le terme consacré doit être « de dépouille ».
- Si l’on veut créer des types bien originaux, il y a lieu de modeler une tête spéciale pour chaque personnage, mais souvent on emploie une tête sans grand caractère, que l’on peint, que l’on grime et que l’on coiffe de différentes façons.
- La tête étant modelée, on la moule en plâtre, en ayant soin de couper le moule en deux, A et B, suivant le pointillé (fig 2). Les deux parties du moule sont alors passées au vernis copal et l’on peut opérer Je moulage définitif. Pour cela on prend du
- papier peu collé, souple, le papier de journal par exemple, que l’on mouille et on applique plusieurs couches de ce papier mouillé et imprégné de colle de pâte dans les moules. Pour que le papier épouse bien tous les mouvements et les creux du moule, il faut mettre des petits morceaux à la fois et leur fane prendre la forme en les tapant doucement et perpendiculairement avec un pinceau tenu debout; lorsque les deux parties du moule sont d’une bonne épaisseur, on les coupe avec des ciseaux pour qu’elles viennent araser les bords et l’on est en possession de deux demi-coques, qu’il suffit de réunir l’une à l’autre au moyen de quelques bandes de papier. Avec un petit coup de papier de verre fin, on obtient une surface qui n’a rien à envier au plâtre, et une pièce légère qui ne risque pas de se casser. Avant l’assemblage des deux pièces, on peut percer l’emplacement des yeux et mettre des yeux de veire, mais je trouve cela inutile, surtout pour les marionnettes de petite dimension.
- Les corps se font en deux parties (thorax et bassin) et chaque partie en deux pièces comme les têtes. A la base de la tête, au bas du thorax, haut et bas du bassin, on cloue une légère planchette qui fait fond et sert à fixer les cuirs cliarnièits. A hauteur des épaules, c’est une réglette carrée qui reçoit en son milieu le pivot de la tête et en bouts les cuirs-charnières des bras. Les têtes étant peintes comme je l’ai dit, la marionnette, munie de ses bras et de ses jambes, passe aux mains delà costumière et souvent du coiffeur perruquier pour les pièces soignées. Les costumes peuvent être soit simplement épinglés sur le corps si l’on en prévoit l’emploi sans changement, soit préparés avec boutons, agrafes, etc., si l’on veut pouvoir les changer à l’occasion. Par des bourrages dans les costumes on peut bien facilement modifier l’aspect des marionnettes et si l’on désire des différences de tailles, le raccourcissement du thorax et des jambes est facile à opérer dans la fabrication. Les fils de tirage, plus ou moins nombreux, complètent la marionnette.
- Le prestidigitateur
- Alber. Fig. 2. — Moule et articulation de la tête.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AVRIL 1933, A PARIS
- Mois chaud dans l’ensemble, avec une période de températures excessives suivie d’un intense refroidissement, très sec, très ensoleillé et remarquable surtout par sa pression barométrique exceptionnellement élevée.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer 765 mm 0, est supérieure de 4 mm 8 à la normale et, deux fois seulement depuis 60 ans, elle a été plus élevée que celle de cette année, en 1912 et en 1896, surtout en cette dernière, de 1 mm 7.
- La moyenne mensuelle de la température, 10°,8 dépasse la normale'de 1°,2. Le début du mois a été chaud et la tempé-
- rature s’est élevée progressivement jusqu’au 11, où l’on a noté le maximum absolu du mois, 26°,2 et une moyenne journalière de 17°,2 (normale du 28 juin). Ces valeurs dépassent de plus de l°les plus élevées enregistrées à pareille époque depuis 1874. A partir du 18 le temps s’est refroidi brusquement et la température a continué à s’abaisser jusqu’au 20 où l’on a noté le minimum absolu du mois -— 1°,1, avec une moyenne journalière de 4°,8 (normale du 25 février). Après quatre journées de gelée à glace, la température s’est radoucie le 24 et est restée égale ou supérieure à la normale jusqu’à la fin du mois.
- A l’Observatoire de Montsoufis, Je maximum absolu a été
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- de 26°,5 observé le 11 également et il présente une valeur
- qui n’avait été dépassée que cinq fois depuis 1872 et toujours à une date moins précoce (26°,9 le 20 avril 1893, 26°,8 le 21 avril 1875, 27°,3 le 22 avril 1893, 27°,3 le 29 avril 1913, 28°,3 le 26 avril 1874).
- La hauteur totale de pluie a été de 13 mm 2 à Montsouris et est inférieure de 70 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922; seules, depuis 1872, les années 1875 et 1893 ont présenté un mois d’avril plus sec (10 mm 1 en 1875 et 0 mm 3, en 1893). La durée totale de chute, 5 li 30 m est en déficit de 80 pour 100 sur la moyenne des 25 années 1898-1922. Il n’y a eu que 6 jours de pluie, au lieu de 16, nombre moyen. Du
- lor au 11, et du 13 au 27 la sécheresse, à Montsouris, a été
- complète; la première de ces périodes faisait partie d’une série de 22 jours consécutifs de sécheresse, qui avait commencé le 21 mars. Une telle durée n’avait été dépassée qu’en 1893 (28 jours consécutifs sans pluie, du 2 au 29 avril).
- Malgré la douceur de la température du début du mois et la valeur élevée de l’insolation, la végétation n’a pas été
- favorisée autant qu’on aurait pu l’espérer. Cela tient, d’une part, au refroidissement qui s’est produit du 18 au 23, et, d’autre part, au déficit pluviométrique. Au Parc Saint-Maur, du 21 mars au 24 avril inclus, la sécheresse n’a été i nterrompue que par une très faible averse (0 mm 3) survenue le 12 avril. L’avance de la végétation ne s’élève à la fin du mois d’avril qu’à une dizaine de jours.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques 239 h 55 m de soleil, durée supérieure de 40 pour 100 à la normale. Avril 1909 et 1914 avaient été plus ensoleillés : le premier avec 251 h 40 m et le second avec 257 h 40 m.
- Il y a eu beaucoup de brouillards matinaux.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été de 63,4 pour 100 avec un minimum absolu de 13 pour 100 le 16 et le 19; celle de la nébulosité de 51 pour 100. On y a constaté : 2 jours de brouillard, 22 jours de brume matinale, 16 jours de rosée, 6 jours de gelée blanche, 1 jour d’éclairs seuls; les premières hirondelles le 26.
- Em. Roger.
- MOULIN A SEL AUVERGNAT
- D'ORIGINE ÉGYPTIENNE
- Dans les montagnes d’Auvergne, l’usage de certains instruments ou ustensiles de ménage, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, s’est conservé jusqu’à nos jours. Nous avons décrit récemment une pompe en bois d’origine gallo-romaine, usitée dans les environs d’Issoire. Le moulin à sel qui fait l’objet de cette note, remonte plus haut encore, puisqu’il était en usage chez les Egyptiens, trois ou quatre mille ans avant notre ère.
- Comment cette invention égyptienne est-elle venue s’implanter en Auvergne ? Il est difficile de répondre à cette
- question. Cependant plusieurs auteurs s’accordent à dire qu’une colonie phénicienne est venue, à une époque très reculée, s’établir à l’est de la province, dans la plaine du Livradois et c’est probablement par elle que ces moulins à sel en granit auraient été importés.
- Tandis que dans les autres provinces françaises on se contentait de piler dans un mortier le gros sel gris, le seul qui fût livré à la consommation dans le centre de la France, avant le xixc siècle, les moulins à sel étaient en usage dans la plu-
- part des chaumières des monts du Forez et du Livradois. Ces chaînes de montagnes, il est vrai, fournissent un granit très dur et par conséquent éminemment propre à la fabrication de ces ustensiles de ménage. Tous les tailleurs de pierre de cette région fabriquaient en série ces moulins, qu’ils vendaient jusque vers 1830, sur la place publique, les jours de foires et de marchés.
- Leur construction d’ailleurs est extrêmement simple et bien comprise.
- Ils se composent de deux masses de granit taillé, de forme cylindrique, dont l’une immobile, B, sert de base à une meule tournante A, de même diamètre, qu’on met en mouvement à l’aide de la poignée I (fig. 2) et qui est munie d’une trémie verticale et cylindrique E, destinée à recevoir le gros sel.
- La masse immobile, taillée dans sa partie supérieure en forme de dôme entouré d’une rigole ou gorge C, porte à son point culminant un pivot métallique FI, dont la hauteur guide l’écartement de la meule qui repose sur le pivot au moyen d’une barrette en fer scellée sur les bords inférieurs de la trémie.
- La meule A concave en dessous, épouse à peu près la forme du dôme central de la masse fixe; mais la courbure d’excavation est calculée de manière qu’elle aille en se rétrécissant progressivement jusqu’à la rigole circulaire. Le sel descend de la trémie et arrive moulu très finement dans le tiroir G, par le trou cylindrique de descente F creusé verticalement dans la masse fixe.
- A la suite d’un usage prolongé, les aspérités des surfaces frottantes finissent par disparaître. Il est nécessaire alors de faire repiquer la meule et le dôme central; c’est le tailleur de pierre qui est chargé tous les deux ou trois ans de cette remise à neuf. Pour conserver l’écartement normal de la meule et de sa base, il lime le pivot métallique, pour compenser la faible épaisseur de granit enlevée par le ciseau.
- J. Chataing, Membre de l’Académie des Sciences et Belles-Lettres de Clermont-Ferrand.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES ET PRATIQUES CONSEILS PRATIQUES
- LA SÉCURITÉ ET LE CONFORT EN AUTOMOBILE
- Une automobile doit, avant tout, posséder des qualités techniques : solidité, souplesse, silence, vitesse moyenne élevée, consommation réduite en carburant, en huile et en pneumatiques. Elle doit, de plus, être facile à entretenir et à conduire; elle doit, enfin, être confortable, et même élégante. On sait les progrès qui ont été réalisés depuis peu d’années dans la construction des voitures en série; on peut désormais établir pour des prix relativement réduits d’excellents modèles qui possèdent toutes ces qualités.
- Cependant, il est encore d’autres caractéristiques à considérer lorsqu’on veut acheter une voiture neuve ou même d’occasion, et avant tout, il faut* examiner les garanties de sécurité.
- Les causes des accidents sont multiples. La plupart d’entre eux ne sont pas dus à des défauts mécaniques de l’automohile, mais bien à des coïncidences malheureuses, au mauvais état des routes, à des conditions atmosphériques défavorables, et surtout, il faut bien l’avouer, aux conducteurs eux-mêmes ; c’est trop souvent, l’automobiliste prudent et habile qui est victime du « chauffard » imprudent et maladroit.
- S’il est des causes d’accidents malheureusement imprévisibles, il faut cependant s’efforcer de mettre, comme on dit très vulgairement, « tous les atouts de son côté»; il faut avant tout, une voiture qui « tienne bien la route » et soit manœuvrable aisément au gré de son conducteur a toutes les vitesses normales, quelles que soient les circonstances critiques dans lesquelles on peut se trouver.
- C’est ce facteur essentiel de la sécurité qui est malheureusement négligé parfois dans certains modèles récents. Comme le faisait fort justement remarquer notre excellent confrère M. Faroux dans un article de « La Vie Automobile », on a trop souvent sacrifié au confort et à la vitesse des véhicules, sans se soucier des conditions nécessaires de sécurité. On a adouci outre mesure la suspension, on emploie des pneumatiques plus gros, et de moins en moins gonflés; la démultiplication de la direction devient très grande, et beaucoup [de voitures modernes qui peuvent dépasser une vitesse de 90 ou de 100 km à l’heure n’ont pas de freins assez puissants et assez^ précis en rapport avec cette vitesse.
- Il serait donc désirable que les constructeurs portent leurs efforts de ce côté, en étudiant de plus en plus leurs voitures toutes carrossées, dans les conditions de route les plus dures et les plus critiques. Satisfaire la clientèle en lui offrant des voitures de plus en plus rapides et de plus en plus confortables, c’est bien sans doute, mais ne lui livrer que des modèles assurant toute sécurité dans des conditions normales de route à un conducteur suffisamment habile, ce serait encore mieux.
- UNE NOUVELLE BOUGIE A ISOLANT PERFECTIONNÉ
- Les moteurs récents tournant à grande vitesse et à forte compression exigent l’emploi de bougies de plus en plus perfectionnées. Les matières céramiques utilisées jusqu’ici, telles que la stéatite, la sillimanite, la porcelaine, sont souvent
- assez sensibles aux effets de la chaleur et aux variations brusques de la température. Il peut se produire des fissures et même des claquages du culot i solant.
- Le mica est plus résistant à cet égard, mais les bougies à isolant en mica sont plus chères. D’ailleurs, les températures élevées et un écliauffement prolongé peuvent détériorer également le mica.
- L’isolant doit posséder, d’autre part, une résistance élevée à l’action chimique des oxydes métalliques déposés sur la partie de l’isolateur placée dans le cylindre, qui constituent les résidus de certains carburants modernes.
- Les combinaisons siliceuses renfermées dans les matières
- isolantes céramiques utilisées forment avec les oxydes métalliques une couche conductrice, qui peut entraîner le court-circuit, d’où des ratés d’allumage.
- On 1 a proposé récemment comme isolant un nouveau produit appelé le corindon fritté, qui n’est, pas un corps vitreux, mais possède un caractère cristallin prononcé ; c’est une alumine pure comme dans le J cas des minéraux naturels, corindon, rubis, saphir, etc...
- Les matières premières employées pour sa fabrication sont très pures, elles sont moulées par un dispositif perfectionné, et « frittées » à des températures très élevées, atteignant presque 1800°.
- La conductibilité thermique de ce corps est très élevée ; elle atteint en effet 16,8 alors que les valeurs correspondantes
- pour la porcelaine et le mica ne sont que de 0,9 et de 0,3. Ce corps possède un haut pouvoir isolant, conserve sa forme aux températures les plus élevées, et résiste bien aux changements de température. Il a été ainsi possible d’établir des modèles résistant aux effets de la chaleur ainsi qu’à l’encrassement par l’huile et la calamine. Ils permettent un long usage, puisqu’il n’y a pas à craindre de détérioration de l’isolant; il suffit de vérifier l’écartement des électrodes tous les 8000 ou 10 000 km (fig. 1).
- Fig. 1.
- Coupe d'une bougie à isolant en corindon fritté.
- PARE-CHOCS PNEUMATIQUE
- Le pare-chocs est devenu un accessoire indispensable de l’automobile, et c’est un dispositif, en général, extrêmement simple. Mais s’il est mal étudié ou mal monté, il peut être tout à fait inefficace, augmenter encore les détériorations de la voiture en cas de collision, ou provoquer même de petits accidents fâcheux.
- Le pare-chocs doit être assez souple pour ne pas transmettre au châssis les chocs qu’il subit. Il doit les atténuer,
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- tout en restant assez élastique pour reprendre immédiatement sa forme initiale. Il doit, de plus, ne pas dépasser de chaque côté du véhicule l’alignement des roues et des ailes, en risquant de provoquer des accrochages intempestifs, et il doit cependant protéger suffisamment et complètement les ailes et les roues de la voiture.
- Nous avons déjà décrit des pare-chocs divers élastiques, en métal ou en caoutchouc. Ces pare-chocs comportaient généralement, lorsqu’ils étaient en caoutchouc, un tube creux, mais à parois assez épaisses. Un fabricant français vient de présenter récemment un modèle élastique extrêmement curieux et original : il présente la particularité d’être formé d’un tube pneumatique, gonflé à la pression convenable à l’aide d’une valve, et combiné avec une armature rigide ou semi-rigide, solidaire d'une monture flexible à ressort fixée à l’avant et à l’arrière du châssis de la voiture (fig. 2).
- Le tube pneumatique absorbe complètement les chocs normaux, et amortit considérablement les chocs violents auxquels résiste l’armature flexible du pare-chocs. Les embouts du tube pneumatique cèdent, d’autre part, à l’accrochage à l’envers sans aucune déformation constante.
- Le dispositif paraît donc très simple, et semble devoir donner des résultats 'satisfaisants.
- Pare-chocs Aoart et Arrière
- Fig. 2. — Pare-chocs « Dulcior » à tube pneumatique.
- PLAQUE DE POLICE LUMINEUSE ET DEMONTABLE
- D’après les récents règlements de police, la plaque arrière indiquant le numéro d’immatriculation des automobiles doit être éclairée d’une façon très visible. Aussi, la plupart des plaques les plus récentes sont-elles lumineuses, transparentes, et éclairées par derrière par le feu arrière de la voiture. Elles servent ainsi, en même temps, de lanterne arrière.
- Ces plaques doivent, évidemment, porter l’inscription des numéros et des lettres d’immatriculation, très rapidement exécutées pour permettre une pose presque immédiate sur une voiture neuve ou déjà en usage.
- Un fabricant d’accessoires pour automobiles vient d’établir un modèle de plaque lumineuse, qui paraît bien posséder ces qualités. Elle comporte, en effet, des lames transparentes serties dans un cadre métallique. Il suffit de démonter une tringle centrale pour dégager les demi-plaques supérieure et inférieure. Sur ces demi-plaques sont peints des rectangles blancs dont les dimensions correspondent exactement aux cotes fixées par le Code de la Route.
- Dans les limites de ces rectangles, on colle au savon noir des vignettes-caches gommées qui servent à composer le numéro d’immatriculation, et on pulvérise au pistolet une
- Fig. 3. — Le « Contrôleur-Auto » Chauvin et Arnoux.
- peinture cellulosique noire, demi-brillante, sur toute la surface de la plaque.
- Quand la peinture est sèche, on détache les caches qui ont servi à réserver le blanc, et la plaque est prête. On peut même, si l’on veut, appliquer simplement la peinture noire avec un pinceau.
- UN CONTROLEUR POUR L’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE DES AUTOMOBILES
- L’équipement électrique est une partie essentielle de la voiture; son bon fonctionnement est indispensable, non seulement pour assurer la sécurité de marche pendant le jour et pendant la nuit, mais encore parce qu’il assure, la plupart du temps, l’allumage des cylindres du moteur. Il convient donc de vérifier fréquemment le bon état et le fonctionnement normal des différentes parties de l’équipement, des accumulateurs, du démarreur, de la dynamo, et également des accessoires.
- Il est bon d’employer pour cet usage un appareil de contrôle, à la fois précis et robuste. Aussi, nous semble-t-il intéressant d’indiquer un modèle particulièrement bien adapté qui a été établi par un constructeur connu d’appareils de mesure électriques.
- Cet appareil, très simple et très robuste, facilement portatif, dont l’aspect général est indiqué par la figure .3, peut servir comme ampèremètre pour 420-400 ampères maximum.
- Fig. 4. — Vérification d'une batterie d’accumulateurs avec le contrôleur Chauvin et Arnoux.
- A. Vérification de la batterie. B. Vérification des éléments un à un.
- C. Mesure de l’isolement.
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- Circuit
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- d'utilisation
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- Il peut également être employé comme voltmètre, de 0 à 4, et de 0 à 20 v.
- Les bornes qu’on aperçoit dans le bas de l’appareil servent pour les mesures de tension de 4 v ou de 20 v maximum; la borne supérieure de droite sert de borne commune. Deux bornes situées sur le haut de l’appareil servent pour les mesures d’intensité, et un bouton de serrage permet de mettre un shunt en circuit pour les mesures de grande intensité.
- Un tel appareil peut d’abord servir à vérifier le voltage total de la batterie, en reliant la borne commune à la masse, et la borne positive de la batterie à la borne 20 v. Pour que les résultats soient valables, il est nécessaire d’effectuer cette mesure lorsque la batterie est en fonctionnement. On peut à cet effet, par exemple, allumer les phares (fig. 4 A).
- Si le voltage ainsi examiné est inférieur à la normale, il convient de vérifier chaque élément l’un après l’autre, de manière à localiser le défaut de la batterie. Cette vérification s’exécute avec la borne commune, et la borne de gauche du voltmètre 4 v. On peut déterminer les polarités respectives des bornes selon le sens de déviation de l’aiguille (fig. 4 B).
- Lorsqu’il se produit des anomalies de fonctionnement dans l’équipement ou des décharges spontanées de la batterie, il convient, d’autre part, de vérifier le bon isolement du réseau de distribution.
- A cet effet, on relie la masse du châssis à la borne coin-
- Circuit
- ' d utilisation
- Circuit ' d utilisation
- Fig. 5. — Vérifications de la consommation des divers organes de la voiture à l’aide du « Contrôleur Auto ».
- A. Vérification de petits accessoires. B. Vérification de gros accessoires. C. Vérification du démarreur.
- mune 0,et la borne négative de la batterie qui,bien entendu, ne doit plus être reliée à la masse, à la borne 20 v du contrôleur (fig. 4 C).
- On enlève les lampes des phares et on débranche le retour <4 la masse des accessoires, tels que klaxon, essuie-glaces, etc..., puis on ferme successivement les interrupteurs. Si l’isolement est bon, l’aiguille du voltmètre ne doit pas dévier. Si elle dévie, on peut déterminer, par cette déviation, la valeur en ohms de l’isolement.
- Grâce au même appareil, on peut déterminer la consommation des petits accessoires en reliant la borne 0 à la borne de masse, en débranchant le câble de masse de la batterie et en reliant la borne 4 ampères du contrôleur au pôle négatif de la batterie. De la même manière, on peut déterminer la consommation des gros accessoires en reliant, au moyen d’un gros cordon, la borne négative de la batterie à la borne de gauche 20 ampères du contrôleur (fig. 5 A et 5 B).
- Enfin, ce qui est fort important, le contrôleur permet de vérifier la consommation du démarreur qui est souvent tout à fait anormale. La liaison est effectuée comme dans le cas précédent, mais en serrant le bouton moletté mettant le shunt en circuit. La déviation totale est alors obtenue pour 400 ampères. Comme le courant présente alors une pointe fugace, on appuie sur un bouton spécial de butée agissant sur l’aiguille, afin de n’obtenir qu’un léger mouvement de celle-ci lorsqu’on manoeuvre le contact du démarreur (fig. 5 C).
- En laissant les connexions inchangées,on peut vérifier le courant de charge, en desserrant le bouton moletté lorsque le moteur est lancé. L’aiguille dévie en sens inverse, ce qui indique que la batterie se charge.
- Un tel appareil peut donc rendre de grands services, non seulement aux garagistes et électriciens spécialistes, mais encore à tous les usagers qui s’occupent eux-mêmes de l’entretien de leur voiture.
- UN DIFFUSEUR DE CARBURATEUR
- Nous avons déjà décrit, dans nos chroniques d’Automobile pratique, un système de diffuseur effectuant un brassage complet du mélange carburant avant son envoi aux cylindres. Il est peut-être intéressant de donner à ce sujet quelques renseignements complémentaires, pour répondre aux questions des lecteurs qui nous ont écrit à ce sujet.
- En principe, l’appareil comporte, sur une bride métallique qui prend la place du joint du carburateur, deux hélices à trois pales en bronze à pas contraire, placées au centre de l’orifice de la tuyauterie d’admission (fig. 6).
- Sous l’effet de l’aspiration, ces deux hélices très libres sur leurs coussinets se mettent en mouvement en malaxant et en brisant les fines gouttelettes du jet d’essence liquide provenant du gicleur du carburateur.
- Ce brassage mécanique augmente la qualité du mélange, et évite le risque de noyer les bougies, et surtout les cylindres, par excès d’essence.
- De plus, le système est entouré d’un grillage protecteur inoxydable qui annule le risque du retour de flamme.
- La vaporisation créée dans le carburateur sous l’influence de la dépression engendrée par la course d’aspiration du piston, s’effectue, en réalité, sous forme de deux courants gazeux animés de vitesses différentes. L’un de ces courants est formé par les gouttelettes d’essence qui viennent du gicleur. Il emprunte l’axe de la tuyauterie joignant le carburateur à la tubulure d’admission. L’autre courant, qui est formé surtout d’air, est concentrique au premier, et paraît longer les parois de la tuyauterie (fig. 7).
- Le diffuseur a donc pour but de mélanger plus intimement ces deux courants ascendants, et la vitesse de rotation des deux hélices qui tournent en sens contraire peut d’ailleurs
- Admission
- Fig. 6. — Disposition schématique du lurbo-diffuseur M. P. G.
- Fig. 7. — Le mélange des courants gazeux à la sortie du gicleur avec ou sans diffuseur.
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- atteindre 5000 ou 6000 tours, d’où un mouvement tourbillonnaire efficace (fig. 7).
- On pourrait ainsi obtenir des départs plus faciles, tant à chaud qu’à froid, un fonctionnement du moteur plus régulier, en même temps qu’une économie d’essence.
- UNE MOTOCYCLETTE A CARROSSERIE
- Le nombre des motocyclettes en France est beaucoup plus élevé qu’on ne le croit généralement, puisqu’il y a plusieurs centaines de milliers de ces véhicules en circulation. Si ce chifi're paraît un peu élevé a priori, c’est que la motocyclette est assez rarement un véritable moyen de transport utilitaire. La circulation dans les villes avec cet engin est assez difficile, et la plupart d’entre elles sont donc utilisées par des « Français moyens » qui se contentent de s’en servir pour leurs excursions, durant le week-end ou les vacances. Il y a bien, sans doute, des ouvriers qui se rendent à leur travail à motocyclette, des médecins, des prêtres, des mécaniciens, des ingénieurs, des fonctionnaires qui emploient ce moyen de transport, mais la proportion en est relativement réduite.
- Nous déplorions, dans une récente Chronique d’automobile,
- Fig. 8. — Une motacyclelle carrossée.
- que les motocyclettes ne fussent pas carrossées. La plupart du temps, le pauvre motocycliste est ainsi exposé à toutes les intempéries, et c’est sans doute aussi ce manque de protection qui rend malheureusement la plupart des accidents de motocyclettes aussi dangereux. Un de nos fidèles lecteurs, M. Thibault Lalande, habitant les Landes, nous a envoyé à ce sujet une fort intéressante communication, décrivant une carrosserie de motocyclette qu’il a construite lui-même,
- et qu’il utilise constamment sans accident ni incident d’aucune sorte. Notre correspondant n’est, d’ailleurs, pas un grand sportif, et c’est justement pour avoir plus de confort qu’il a établi cette petite carrosserie.
- Tout l’ensemble, représenté sur la figure 8, ne pèse que 32 kg. Il mesure, aux points extrêmes, 1 m 40 de haut, et 2 m 50 de long.
- Trois goupilles suffisent pour la fixer, et, même quand l’opérateur n’est pas habile, il faut moins d’une minute pour le montage bu le démontage. Le motocycliste peut donc transformer sa machine suivant les variations atmosphériques.
- Notre correspondant a îrion^é la carrosserie sur une motocyclette Terrot de 3 ch, mais n’importe quelle machine peut recevoir le même agencement après un ajustage d’une durée qui ne dépasse guère une heure.
- Il faut se rendre compte, évidemment, qu’une telle carrosserie ne peut être employée par tous les temps. Lorsqu’il fait chaud, elle est inutile, et même désagréable. Lorsque le vent souffle en tempête, elle peut être dangereuse, mais par temps de pluie, de froid ou de brouillard, la carrosserie apporte au motocycliste un confort inconnu jusqu’alors.
- Les formes de l’appareil sont étudiées pour diminuer autant que possible les difficultés de pénétration dans l’air, et la surface d’attaque est peu considérable parce qu’elle est formée de courbes fuyantes. Le pare-brise fermé avec ses montants ne présente qu’une surface de 0 m2 24.
- La surface des côtés, par contre, est d’environ 2 m2. On réagit contre la poussée latérale, s’il y a lieu, en inclinant le corps du côté opposé, et le pilotage reste exactement le même avec ou sans carrosserie. Les premiers jours seulement, on éprouve un peu de gaucherie pour monter en selle et mettre en marche.
- Ce prototype de carrosserie, malgré les multiples essais et tâtonnements inévitables, est revenu à un millier de francs. S’il était établi en série, il pourrait sans doute être livré pour un prix bien inférieur.
- 11 y a donc là une idée intéressante, et la carrosserie pour motocyclettes sera peut-être appréciée des usagers qui considèrent surtout leur engin comme un instrument de transport et un moyen d’agrément plutôt que comme un appareil de sport. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Bougies à isolant en corindon. Siemens, 17, rue de Surène, Paris.
- Pare-chocs à tube pneumatique Dulcior. Etablissements Scotte à Bourg-en-Bresse (Ain).
- Plaque lumineuse. Repusseau, 77, rue Danton, Levallois (Seine).
- Contrôleur pour équipement électrique. Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet, Paris.
- Turbo-diffuseur M. P. G. 13, rue d’Armenonville, Neuilly-sur-Seine.
- Carrosserie pour motocyclette. M. Thibault Lalande à Saint-Vincent-de-Paul (Landes).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L’OIGNON DIURÉTIQUE PUISSANT
- On ignore le plus souvent que l’oignon dont nous faisons un usage courant pour la cuisine agit très énergiquement sur les reins en produisant une diurèse énergique dans tous les cas où l’élimination urinaire est insuffisante, ce qui produit l’hydropisie, l’enflure des jambes, et d’une façon générale l’oedème; il agit également d’une manière favorable sur le foie, dans la cirrhose, quand les cellules de cet organe n’ont pas encore subi d’altération importante.
- Pour que cet utile effet soit obtenu, il est indispensable que la cuisson n’ait pas modifié la constitution des sucs de l’oignon, il faut donc que celui-ci soit consommé cru.
- Comme sous cette forme l’ingestion peut être assez pénible, on tourne la difficulté soit en faisant macérer pendant quelques heures cinq ou six oignons bien mûrs, pilés dans une tasse de lait, soit ainsi que l’a conseillé le Dr Carie de Bordeaux, en mettant à infuser 300 gr d’oignons également divisés dans 600 cm:l de vin blanc et on additionne le tout de 100 gr de miel blanc.
- Lorsque l’on juge que les échanges ont eu lieu en agitant fréquemment, on filtre au papier et met en bouteille, puis on consomme à la dose d’un verre à madère matin et soir.
- Après quelques jours de ce traitement, on constate une véritable débâcle urinaire qui fait disparaître rapidement les œdèmes.
- Ainsi qu’on le voit le remède est simple et peu coûteux, c’est pourquoi nous avons cru utile de le signaler à nos lecteurs.
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- DOCUMENTS ASTRONOMIQUES
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- LES ASPECTS VARIABLES DE JUPITER
- Aspect général de Jupiter en 1933.
- A droite : aspects successifs depuis 1926. (Images renversées, le Sud en haut.)
- On sait que si la disposition des bandes de Jupiter, parallèles à son équateur, est un fait permanent, de nombreuses particularités ou variations se constatent, qui modifient parfois grandement l’aspect général. La facilité d’observation de la planète, à l’aide de modestes instruments, permet aisément de suivre ces curieuses transformations, qui ont été assez remarquables depuis quelques années.
- Actuellement, c’est-à-dire pendant l’opposition qui s’achève, l’impression d’ensemble a été celle d’une disposition de bandes multiples, fines, volontiers pâles dans l’hémisphère austral, et dont la régularité a semblé parfois très grande. En comparant cette image à celles de la série de droite (dont l’interprétation est un peu simplifiée afin de mieux définir les caractères principaux), il est facile de constater les considérables variations qui se sont succédé depuis 1926.
- A cette dernière époque, l’aspect de Jupiter était très peu compliqué; en 1928 et surtout 1929 de nombreux détails étaient visibles : taches claires et sombres très apparentes, altérant la régularité des bandes et, fait rare, des détails se notaient jusqu’à des latitudes élevées dans l’hémisphère boréal. De nouveau, une tendance plus simplifiée s’est dessinée en 1931 et semble s’accentuer, d’après l’actuel aspect. La comparaison de ces figures souligne ces énigmatiques phénomènes. L. Rüdaux.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MINÉRALOGIE
- Un nouveau minerai de chrome.
- On connaissait en Nouvelle Zélande dans la chaîne des Dun Mountains, une roche volcanique qui en avait tiré son nom, la dunite mais qu’on considérait presque comme une rareté minéralogique. C’était en quelque sorte un agrégat cristallin de grains de péridot avec pyroxène et fer chromé ayant une grande analogie minéralogique avec certaines météorites péridotites fort rares.
- Cette roche de couleur vert jaunâtre, complètement infusible, se dissout dans l’acide chlorhydrique, elle présente en outre la particularité d’être relativement légère (densité 3.30) dans cette famille de produits plutoniques profonds. En tout cas on ne songeait en rien à l’utiliser industriellement.
- Mais de nouvelles découvertes viennent d’être faites dans les monts Oural où l’on croit être en présence de masses de dunite de plusieurs dizaines de millions de tonnes. Les explorations auxquelles se livre l’Institut de Recherches scientifiques de l’Oural auraient déjà donné quelques précisions. La roche de teinte toujours sombre, plutôt vert olive que gris, aurait une teneur moyenne de 0 gr 2 de platine par tonne et renfermerait en outre du vanadium, du cobalt et du nickel en quantité non négligeable.
- On sait que jusqu’à maintenant les besoins mondiaux tant pour les ferro-chromes que pour les produits réfractaires et l’industrie chimique sont assurés à peu près exclusivement par la chromite, Cr2ObFeO ou sidérochrome dont la composition théorique : 68 pour 100 de sesquioxyde de chrome et 32 pour 100 d’oxyde ferreux passe le plus fréquemment à
- la suivante :
- Oxyde de chrome...........................56 %
- Oxyde de fer..............................32 %
- Silice, alumine et magnésie...............12 %
- La production de chromite doit avoir atteint 350 000 tonnes annuelles, assurées surtout par l’Afrique du Sud, la Nouvelle Calédonie et les Indes : elle a plus que doublé durant ces dix dernières années.
- Devant pareils débouchés, les gisements ouraliens ne peuvent être que les bienvenus.
- GÉOLOGIE Les puits profonds.
- Les sondages miniers, notamment ceux qui ont pour objet la recherche du pétrole, atteignent parfois des profondeurs considérables.
- D’après M. Sawdon, dans The OU Weekly, résumé par les Annales de l'Office national des combustibles liquides, le plus profond puits de cette catégorie se trouve au Mexique, c’est le jardin 35 de la Penn Mex Fuel C°, à Alamo, province de Vera Cruz.
- Il atteint 3328 m. Il est du reste improductif. Il a été foré à la vapeur.
- Le plus profond puits productif du monde se trouve aux Etats-Unis; c’est le Lloyd 83, de F Associated Oil C°, Ventura, avenue Field (Californie).
- Achevé le 12 juillet 1932, il atteint 2961 m. Il a été également foré à la vapeur.
- Le sondage le plus profond des Etats -Unis est le Bradley 1 de la Western Gulf Oil C°, Santa Barbara County (Californie). Il a atteint au 1er septembre 1932 la profondeur de 3140 m. Il est foré au système Rotary mû par moteurs.
- Il existe également à Ventura, Californie, un puits improductif de 3060 m. de profondeur.
- MARINE
- Un nouveau croiseur mouilleur de mines pour la Marine française : « l’Émile=Bertin ».
- On a lancé le 9 mai dernier aux Chantiers de Penhoet, à Saint-Nazaire, le croiseur mouilleur de mines Ernile-Bertin.
- Ce sera un puissant bâtiment, rapide et fortement armé, parfaitement adapté à la mission délicate et essentielle à laquelle il est destiné.
- Il déplacera 5886 t; sa longueur est de 167 m entre perpendiculaires, sa largeur de 16 m. La vitesse maxima prévue aux essais est de 34 nœuds.
- La puissance normale des machines sera de 102 000 ch, elle pourra être poussée jusqu’à 120 000 ch; elle sera fournie par quatre groupes de turbines actionnant une hélice.
- Son armement comprendra 9 canons de 152 mm en 3 tourelles triples; 4 pièces de 90 mm et 8 de 37 mm., contre avions, des mitrailleuses, 6 tubes lance-torpilles sur affûts triples, un hydravion, une catapulte et un nombre important de mines.
- Les méthodes les plus modernes ont été appliquées à la construction de la coque, soudure électrique, emploi d’alliages légers, allègement poussé au maximum de toutes les installations intérieures.
- Ce beau navire a reçu le nom d’un illustre ingénieur des constructions navales, Émile Bertin (1840-1924), l’inventeur du cloisonnement cellulaire, de la quille de roulis, à qui la flotte de guerre française d’avant-guerre est redevable d’une grande partie de ses progrès techniques; de 1886 à 1890, il fut le rénovateur de la flotte japonaise pour qui il établit les plans de croiseurs très puissants dont l’apparition fit époque.
- Les lecteurs anciens de La Nature n’ont sans doute pas oublié les remarquables articles qu’il publia pendant la guerre, dans nos colonnes, sur la guerre navale.
- AÉRONAUTIQUE
- L’aviateur polonais Skarzynski survole l’Atlantique Sud en avion léger.
- Cet exploit a été accompli les 7 et 8 mai derniers; l’aviateur Skarzynski, quittant Saint-Louis du Sénégal, à 23 heures, a atterri à Maccio (Brésil) le lendemain à 18 h 30, soit 3586 km sans escale en 19 h 30.
- L’avion construit en Pologne par les ingénieurs Royalslci, Drzewiecki et Igura est un avion de tourisme léger, ne pesant que 450 kg.
- Le retour de l’avion « Arc=en=Ciel » d’Amérique du Sud en Afrique.
- L’avion Arc-en-Ciel, construit par R. Couzinet, qui franchit, voici 3 mois, d’un seul vol, l’Atlantique Sud, vient, regagnant l’Europe, d’effectuer avec succès la même traversée en sens inverse. Parti le 15 mai de Natal (Brésil) à 3 heures du matin (heure de Paris), il atterrissait à Dakar à 20 h. 10 (heure de Paris), franchissant à la vitesse horaire de 186,4 km les 3200 km qui séparent ces deux points.
- L’avion piloté par Mermoz avait 7 personnes à bord, dont le constructeur, M. Couzinet, C’est la 2e fois que l’Atlantique Sud est traversé dans le sens Ouest-Est; la première traversée avait été effectuée, sur un avion à faible puissance, par Bert Hinkler, l’aviateur qui il y a quelques semaines a péri tragiquement en Italie.
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- CHIMIE INDUSTRIELLE Le noir de silice.
- Tel est le nom d’uu nouveau pigment obtenu en chauffant, à l’abri de l’air, entre 1000 et 1200° centigrades un mélange de charbon très finement pulvérisé avec un produit siliceux, dont la terre à diatomée est le type idéal.
- On arrive ainsi après séparation par cyclone à air à une poudre de densité apparente 0,25 et renfermant approximativement 18 pour 100 de carbone, 74 pour 100 de silice, 8 pour 100 de sels de fer, d’aluminium, de calcium, etc... Cette poudre a un pouvoir absorbant élevé pour les huiles, le mélange se fait bien et s’étale facilement, on peut, par conséquent, l’employer dans la fabrication des peintures et des encres.
- Le « noir de silice » réduit les oxydes métalliques aux températures élevées et adhère très fortement aux objets. Il peut servir en outre de support au nickel utilisé comme catalyseur d’hydrogénation.
- La terre à diatomée employée doit, cela se conçoit, renfermer le moins d’impuretés possible: sous ce rapport on sait que nos gîtes de l’Oranie présentent une réelle supériorité.
- V. Charrin.
- Le talc dans les Alpes.
- Si les Pyrénées, avec la zone de Luzenac, renferment le principal centre d’exploitation du talc, les Alpes n’en sont pas complètement dépourvues. Tout le monde connaît la craie de Briançon qui n’est en somme qu’une stéatite d’un blanc laiteux particulier, et dans la partie septentrionale de la chaîne de Belledonne une exploitation industrielle du talc est en activité.
- Le gisement se trouve dans les schistes cristallins qui orientés nord, nord-est dominent la vallée de l’Arc. Ces schistes sont d’âge assez mal déterminé; ils sont tantôt chloriteux, tantôt micacés, tantôt sériciteux; en de nombreux cas ils sont granulitisés par métamorphisme. C’est d’ailleurs au métamorphisme qu’on peut attribuer l’origine de la concentration talqueuse qui constitue le gisement ; elle est interstratifiée sous une épaisseur de 2 à 3 m, entre des schistes normaux et se présente en feuillets tendres d’un vert grisâtre, fortement aquifères. La pente de tous les bancs est voisine de la verticale.
- L’exploitation a lieu par galeries souterraines à flanc de coteau; l’altitude est voisine de 1200 m. Un câble aérien rejoint la galerie de sortage à l’usine de préparation qui se trouve au village d’Argentine (cote 450 environ). Le minerai brut est tout d’abord mis en stock pour le faire égoutter, puis séché graduellement dans un four ad hoc; pendant cette opération, la roche qui avait auparavant un aspect peu engageant prend une teinte beaucoup plus blanche. On broie ensuite et on blute pour arriver aux produits marchands. Ceux-ci sont expédiés par la gare d’Aiguebelle. Ces talcs sont destinés principalement aux papeteries de l’Isère; la marche est d’ailleurs intermittente et la production de l’ordre seulement de quelques centaines de tonnes par an.
- AGRICULTURE
- Conservation des pommes de terre de semence.
- Conserver des pommes de terre pour la table ou les conserver pour la semence sont des opérations à peu près inverses.
- La seule précaution qui soit commune, c’est la protection contre la gelée.
- Elle n’est pas difficile à assurer pour la pomme de terre de
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- consommation, toujours en gros tas qui résistent bien. Adéfaut de cave, il suffît parfois de couvrir le tas avec de la paille. On peut aussi mettre en silo couvert de terre.
- Si la conservation des plants est un peu plus délicate, c’est qu’ils ont été triés d’avance et mis en caissettes plates offrant moins de masse et exigeant un local où la température ne descende guère au-dessous de 0°, c’est-à-dire le plus souvent une cave.
- Or une cave est mal éclairée. Et les plants de pommes de terre se trouvent bien de la lumière qui les durcit et les verdit, verdissement empoisonnant par ailleurs la pomme de terre potagère.
- Cette dernière, la potagère, craint autant la chaleur que le froid. Au-dessus de 10°, une partie de l’amidon se transforme en sucre. Ce sucre devient fermentescible. 11 diminue la faculté de conservation. A la cuisson, il se caramélise, donnant mauvais aspect aux « frites » qui n’en sont guère plus mauvaises du reste.
- La chaleur, au contraire, active la faculté germinative du semenceau.
- Lumière et chaleur ne se trouvent en hiver que dans une serre.
- Fig. 1. — Magasin vitré pour pommes dei erre de semence.
- Dans les pays où l’hiver n’est pas très rigoureux ni le soleil très vif comme sur les bords de la mer du Nord, on construit maintenant des serres en vitres dépolies à double paroi qui ont à peine besoin d’être réchauffées.
- Le verre flou dit « verre cathédrale » est préféré. L’aération est assurée par la porte et des « lanterneaux » sur la faîtière.
- Ici l’aération n’a pas besoin d’être ménagée comme pour la conservation des tubercules de table que Ton craint de voir se « ratatiner ».
- Les semenceaux ne craignent donc que la gelée et l’action directe des rayons solaires.
- Un magasin tout en vitres dépolies permet de leur donner à discrétion air, lumière et chaleur naturelle.
- Ajoutons qu’en local bien éclairé, avec les caissettes de pommes de terre à portée de l’œil et de la main, la surveillance est plus complète, les plantes parasites ou douteuses sont éliminées de suite.
- Au printemps on assiste au départ de germes plus gros et on procède à une dernière sélection pour planter.
- Pierre Larue.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L'univers en expansion, par H. Mineur, 1 brochure, 41 pages, 1 pl. hors texte. Hermann et Cie, Paris, 1933. Prix : 12 fr.
- Nos lecteurs n’ont pas oublié les remarquables articles que M. Mineur a publiés dans nos colonnes sur ce sujet. Ceux d’entre eux qui désireront approfondir l’étude de cette question en trouveront ici l’exposé complet avec les développements mathématiques qui ne pouvaient trouver place dans une revue de vulgarisation.
- The National Physical Laboratory. Report for the year 1932, 1 vol., 278 pages, 52 fig. His Majesty’s Stationery Office. London, 1933. Prix: 14 sh.
- Ce rapport résume les travaux exécutés pendant l’année 1932 par la grande institution anglaise de recherches. Ces travaux portent sur un nombre de sujets étonnamment variés et témoignent d’une intense et féconde activité. La plupart d’entre eux ont été, manifestement, dictés par les besoins de l'industrie et des services publics. Il est impossible de résumer en quelques lignes ce copieux exposé; signalons toutefois un certain nombre de points d’importance; en physique : le développement des recherches acoustiques et la création de bâtiments spéciaux pour ces études; les études d’hygrométrie et de calo-rimétrie, les applications de la radiologie à l’étude des métaux, et à l’art dentaire; en aérodynamique, les recherches au tunnel sous pression, et l’étude des courants fluides à l’aide de l’ultra-microscope; en radioélectricité, les travaux sur les ondes courtes et très courtes, la mise au point d’oscillateurs à fréquence constante; en technologie : les recherches sur la dureté, la résistance et la fatigue des métaux, les investigations sur la soudure électrique, la corrosion, les alliages légers, les alliages dentaires, la création d’un nouveau bassin d’essai des carènes, etc.
- Les matériaux de constructions civiles et des travaux publics (tome IV), par E. Marcotte. 1 vol., 484p., 243 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1933. Prix : 100 francs.
- Ce volume est consacré au béton armé, au bois, aux peintures et vernis et aux routes en béton. Il fait l’historique du béton armé dans la construction, indique ses propriétés, le mode de calcul et de réalisation des pièces les plus employées, et les méthodes d’essai. Il indique aussi les procédés d’imperméabilisation du béton. Pour les bois, après des notions générales, il montre quelles sont les propriétés mécaniques et les caractéristiques des principales espèces; il signale les différentes tares et défauts qui peuvent en altérer les qualités. Après un chapitre sommaire sur les peintures, l’auteur expose en détail les différentes techniques de construction de routes en béton. En annexe on trouvera un certain nombre de documents officiels ou semi-officiels réglementant la technique du béton en France et à l’étranger ainsi que des notes techniques sur divers produits et outillages.
- Traité de biocolloïdologie, parW. Kopaczewski. TomeIII : Phénomènes colloïdaux, 1 vol. in-8, 592 p., 150 fig., 8 pl. en noir et 18 en couleurs. Gauthier-Villars et Ce, Paris, 1933. Prix : 110 fr.
- Voici le 3° tome de ce grand traité qui en comprendra 5. Il traite des phénomènes qu’on observe spécialement dans les colloïdes : phénomènes de contact; catalyse, biocatalyse; phénomènes électrocapillaires : adsorption, électrophorèse, électrocapillarité; conditions d’équilibre des sols, suspensoïdes et émulsoïdes, des gels (gélification, liquéfaction, synérèse, gonflement). Vient ensuite une revue des caractères généraux que révèlent de nombreux colloïdes : précipitations périodiques, anneaux, labilité périodique, pouvoir tampon. Tout cela permet d’aborder les théories multiples qu’on a faites à propos des colloïdes, depuis les premières recherches de Hardy jusqu’aux conceptions modernes, les unes chimiques, les autres physiques, d’autres encore physicochimiques. Comme les précédents, ce tome-ci se termine par d’abondantes tables de données numériques, commodes à consulter.
- Trois problèmes : l’espèce, l'instinct, l'homme,
- par le Dr Emile Devaux. 1 vol. in-8, 350 p. fig. Le François, Paris, 1933. Prix : 25 fr.
- L’auteur observe que parmi les plantes et les animaux, il en est de même organisation, de même groupe, dont la vitesse de développement est très différente, héréditairement, sans action du milieu; il fait de cette allure un critérium d’espèce. L’évolution n’est pas nécessairement un changement de formes, mais un changement de vitesse et le ralentissement du développement est synonyme de perfec-tionnement. Les inégalités de croissance empêchent l’interfécondité et créent de nouvelles races, de nouvelles espèces. L’homme doit tout son développement cérébral à l’extrême ralentissement de sa croissance; il est le produit de la steppe succédant à la forêt. Ces idées sont appuyées par de nombreuses lectures et des observations personnelles sous des latitudes diverses.
- Leben und Brkennen. Vorarbeiten zu einer biolo-gischen Philosophie, par Gustav Woli-f. l vol. in-8, 442 p. Ernst Reinhardt, Munich, 1933. Prix : broché, 11,50 m; cartonné toile, 14 marks.
- Dans la première partie, consacrée aux problèmes biologiques dans le sens restreint, l’auteur défend le vitalisme dans des exposés ardents spirituels, contre toutes les théories basées sur le mécanisme, notamment contre les théories de Darwin, de Lamarck et de Geoffroy. Avec les idées et les connaissances biologiques ainsi affirmées, il aborde hardiment et vigoureusement dans la 2° partie le domaine de la philosophie : problèmes de la vie et de l’âme, de la vie et de la connaissance, de l’absolu, de la vérité, de la valeur et de la liberté II affirme l’existence d’éléments biologiques fondamentaux, expliquant l’hérédité, l’origine des êtres, la régénération, etc. Curieux ouvrage intéressant les naturalistes, les médecins, les philosophes, les théologiens, par son effort pour expliquer l’univers.
- Les phénomènes sociaux chez les animaux, par
- François Picard. 1 vol. in-16, 201 p., 9 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1933. Prix : broché, 10 f. 50; relié, 12 francs. L’auteur, professeur à la Sorbonne, est bien connu des zoologistes et des biologistes par ses travaux sur les insectes. Dans cette excellente collection de monographies de toutes sortes, il entreprend, non de conter une l'ois de plus les détails bien connus de la vie des abeilles ou des fourmis, mais de passer en revue toutes les associations qu’on observe dans la nature. Il distingue les simples groupements dus aux différents facteurs du milieu, les foules, des rassemblements incoordonnés, des colonies et des bandes souvent migratrices et des groupements organisés ou sociétés, pour aboutir aux familles, aux castes, aux sociétés humaines. Chemin faisant, il discute la valeur des explications qu’on a données de la vie sociale, non sans finesse et parfois non sans ironie pour les doctrines sociologiques et philosophiques. Et il arrive à une classification heureuse des innombrables formes sociales qu’une observation attentive révèle dans le monde animal et particulièrement chez les insectes. Le sujet intéresse tous les biologistes et bien d’autres qui y trouveront longuement à méditer sur l’étroitesse des vues trop générales.
- Les maladies de lumière et leur traitement, par
- Hubert Jausion et François Pagès, 1 vol. in-8, 204 p., 48 fig., 11 tableaux. Masson et Cie, 1933, Paris. Prix : 45 francs.
- Le soleil est considéré comme le père de la vie et l’on ne parle que de ses bienfaits. On recherche ses rayons et de là vient la mode des cures de lumière, des voyages dans le midi, des sports d’hiver et des costumes de plage. Mais il a aussi ses dangers et l’on a pu grouper sous un nom, les lusites, les nombreux troubles qu’il provoque, notamment sur la peau. Bénins pour la plupart, ils ne font guère que réveiller des troubles morbides qui prennent ainsi un aspect saisonnier. Il est bon de les connaître et cette étude d’ensemble, la première qui voit le jour, permettra d’y penser et aussi de les traiter.
- Pour combattre les troubles digestifs, par le Dr Léon Schekter. 1 vol. in-8, 121 p. Gaston Doin et Cie, Paris, 1932. Prix : 15 fr. .
- L’auteur rappelle les règles d’hygiène digestive qui préviennent et combattent les troubles de la santé : composition des aliments, calcul de la ration, renseignements à fournir au médecin, aliments interdits, boissons et alcool, tisanes, alimentation des malades.
- L'antéhistoire, par le Dr Henri Joliat. 1 vol. in-8, 247 p. Editions de la Baconnière, Neuchâtel; Maison du Livre'français, Paris. Prix : 45 fr.
- L’antéhistoire est pour l’auteur, tout ce qui est antérieur à l’an mille avant J.-C., à l’époque du fer et des premières grandes guerres. Elle comprend les périodes géologiques, la préhistoire et la protohistoire dont on n’a aucun texte écrit, mais seulement des fossiles, des squelettes, quelques objets et constructions. Il en brosse un tableau large, mais prudent, et s’applique particulièrement à l’ascendance de l’homme, à la naissance des sociétés, de la religion, de la famille, des institutions.
- Pour comprendre le grec, par l’Abbé Moreux. 1 vol. in-16 de 272 p. G. Doin, Paris, 1933. Prix : 20 fr.
- Ce livre n’est pas destiné à former des hellénistes; son but est de donner aux lecteurs le moyen d’accéder rapidement à la compréhension d’un texte grec.
- On retrouvera dans cet ouvrage les méthodes pédagogiques qui ont déjà servi à l’auteur pour le latin. Les questions de morphologie qui paraissent si complexes pour un débutant, ont été simplifiées et il n’a été fait appel à la mémoire que le moins possible. Des exercices variés et abondamment expliqués faciliteront la compréhension des textes judicieusement choisis.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OUTILLAGE
- Petite scie domestique rotative se branchant sur un courant de lumière.
- On peut exécuter chez soi et sans beaucoup de peines bien des petits travaux domestiques, réparations de meubles et de bibelots ou autres bricolages sans avoir besoin de recourir au concours toujours dispendieux de l’homme de métier. A la campagne, en particulier, maintenant que la plupart des maisons de village et même les fermes isolées disposent de l’énergie électrique, le petit propriétaire doit souvent remplacer le menuisier ou le serrurier, le maçon ou le peintre pour entretenir et embellir son foyer. Mais il lui faut pour cela un outillage adéquat. La petite scie circulaire portative que l’abbé Amphoux, aumônier de l’Hôtel-Dieu de Lyon, vient d’imaginer pour faciliter la tâche de ces artisans occasionnels figurera dorénavant en bonne place dans l’arsenal d’outils perfectionnés, mis aujourd’hui à leur disposition, car elle peut se brancher sur une prise de courant de lumière comme un simple fer à repasser.
- Cette nouvelle scie mesure 15 ou 20 cm de diamètre et se fixe en bout d’un arbre tournant sur paliers à billes. Elle repose sur un bâti en fer, entouré, sur les côtés, par des plaques rectangulaires en tôle ajourée, qui supportent une table en tôle plus épaisse livrant passage à la lame circulaire protégée par un chapeau amovible à volonté afin de permettre le sciage en longueur.
- Le petit moteur qui actionne la scie est du type universel marchant aussi bien sur le courant alternatif que continu à 110 ou 220 volts; sa force est de 1/8 ou de 1/6 de ch selon les modèles et les compteurs usuels de 3 ou 5 ampères suffisent pour l’alimentation. Le mouvement se transmet par une courroie sur poulie à gorge et un ressort antagoniste maintient la tension voulue. La mise en marche s’effectue directement par le bouton interrupteur placé sur l’un des côtés de l’appareil. La vitesse peut atteindre 5000 tours à vide et grâce à cet « élan » entretenu par l’action de la dynamo, la scie coupe très bien une pièce de bois jusqu’à 5 centimètres environ d’épaisseur. Enfin, comme le poids total de l’appareil prêt à fonctionner ne dépasse pas 8 kg, la scie Amphoux servira non seulement pour les travaux de menuiserie domestique mais encore elle rendra bien des services à l’atelier comme sur le chantier, aux emballeurs, aux ébénistes, aux électriciens, aux encadreurs, en un mot à tous les ouvriers qui ont à débiter de
- Fig. 2. —• L'hydrosphère et son emploi.
- Fig. 1. — Petite scie domestique rotative.
- menues planches, à scier des onglets ou des baguettes dans des bois de faible épaisseur.
- SPORT
- L’hydrosphère. Nouvel appareil de sport nautique.
- Cet appareil est un ballon de forte taille gonflé à l’air et sur lequel sont fixées deux pagaies de forme spécialement étudiée.
- Il permet à celui qui ne sait pas nager, et après quelques minutes seulement d’apprentissage, de lâcher pied, de faire la planche et d’avancer dans l’eau sans appréhension comme sans danger, en s’aidant des jambes.
- A celui qui sait nager, il permet de parcourir, à belle vitesse, sans essoufflement une distance au moins trois fois plus grande que celle qu’il pourrait couvrir par ses seuls moyens.
- L’appareil se compose d’une vessie en caoutchouc de première qualité et de grande taille qui peut se gonfler sans danger d’éclatement, d’un ballon en forte toile et d’une paire de pagaies.
- Pour monter l’hydrosphère, on place la vessie dans le ballon en faisant sortir la tubulure de gonflage par l’œillet pratiqué dans le ballon. Pour maintenir la vessie en place, on plie la tubulure sur elle-même et on la retient par un élastique provisoire. On introduit alors aux deux pôles du ballon les embases des pagaies et on les lace convenablement. On retire l’élastique de la tubulure et on gonfle le ballon avec une pompe à ballon. On gonfle sans excès ; on place les deux pagaies dans le même plan et on termine le montage en gonflant à bloc. L’appareil alors est en ordre de marche.
- Pour s’en servir, on tient les pagaies paumes en dessus et l’on pagaie en accompagnant le mouvement des mains d’un mouvement des pieds correspondant.
- En vente chez M. IL Greb., 97, boulevard Saint-Michel. Paris.
- OBJETS UTILES La Cafetière Cornus.
- Presque tout le monde consomme du café; cependant les gourmets en cette matière déclarent que rien n’est plus rare
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- Café moulu
- Fig. 3. — Coupe de la cafetière « Cornus ».
- colonne de café moulu, elle s’accumule avec une légère pression dans la partie A de la chambre, et elle refoule l’eau à travers l’entonnoir et le filtre. Dès que l’eau est assez chaude, elle commence à monter dans l’entonnoir et à bien mouiller le café, condition essentielle d’une bonne extraction du suc et de l’arome; puis elle entre en ébullition; elle traverse alors le café moulu, en l’épuisant complètement, et vient se déverser dans le récipient supérieur qui forme le pourtour du filtre. Là, l’infusion est, jusqu’à la fin de l’opération, maintenue à la température convenable, voisine de l’ébullition.
- L’opération est terminée dès qu’il ne sort plus du filtre qu’une écume incolore. O11 retire alors la cafetière du feu, le café est prêt.
- Un avantage important de cet appareil réside dans le parfait épuisement du café moulu, aussi lui sulîit-il de 5 à 6 grammes de café par tasse au lieu de 8 à 15 avec les appareils usuels.
- C’est une appréciable économie; elle a en outre pour effet de réduire dans la même proportion la quantité de caféine absorbée; les cœurs fatigués s’en trouveront bien.
- Il faut signaler aussi que le prix de l’appareil est modique.
- En vente aux Etablissements Laffitte, 4, Galeries Mont-pensier, Paris.
- qu’un bon café. Sans pai’ler du choix fort délicat de la matière première, la confection même du breuvage est beaucoup moins aisée qu’il ne paraît au premier abord. Bien des personnes se contentent de verser, au hasard, de l’eau chaude sur du café moulu; le résultat de cette manœuvre simpliste est rarement satisfaisant pour les véritables amateurs. Mais qui donc aujourd’hui, a le loisir de donner à cette opération tous les soins conseillés par Brillat-Savarin ?
- Ici encore il faut trouver un instrument à substituer à l’homme. Le problème a tenté beaucoup d’inventeurs, et chaque jour i’on voit apparaître de nouveaux modèles de cafetières.
- En voici une nouvelle qui automatiquement, et en évitant les dépenses excessives de café, donne à coup sûr quelques tasses d’un café parfajt au point de vue de la saveur et de l’arome.
- La cafetière comporte 3 parties : un entonnoir filtre à la partie supérieure duquel on place le café moulu, une chambre inférieure, et un récipient supérieur; l’entonnoir filtre est placé au milieu de la chambre inférieure; celle-ci, qui reçoit
- l’eau est séparée du récipient par une paroi métallique, étanche; l’entonnoir filtre ayant été chargé de café moulu est fixé sur la paroi interne de la chambre intérieure, à l’aide d’un bouchon se vissant sur celle-ci ; la chambre est remplie d’eau; il suffit maintenant de chauffer sur un foyer quelconque : la vapeur d’eau se dégage en raison de la résistance qu’offre à son passage la masse d’eau et la
- Fig. 5. — Le dossier-camping.
- CAMPING
- Le dossier=camping
- Voici un nouvel accessoire du camping qui offre l’avantage d’être simple, très léger et peu encombrant. C’est un dossier portatif. Il est formé d’une toile dont une partie est tendue sur un cadre métallique tandis que l’autre partie s’étend simplement à terre, servant à protéger du contact direct avec le sol; la toile tendue, au contraire, sert de dossier; à cet effet le cadre qui la porte est muni d’un cadre articulé servant de soutien. Les montants métalliques des deux cadres se terminent en couteaux qui s’enfoncent dans le sol sous le poids de l’occupant et donnent ainsi à ce nouveau siège une parfaite stabilité.
- On peut donner au dossier toute inclinaison que l’on désire.
- En position de transport, on replie la toile mobile sur l’arrière du cadre, et elle se fixe à la toile tendue par des boutons pressions. L’ensemble forme alors un rectangle plat très peu encombrant.
- On peut, en outre, fixer sur les montants du cadre à l’endroit que l’on veut une tablette amovible réglable en tous sens, formant à volonté accoudoir, table pour écrire, pare-soleil, etc.
- Le dossier-camping est en vente aux Etablissements Campo 12, rue du Commerce, Paris (15e).
- Fig. 4. — La cafetière « Cornus ».
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Les appareils contre la surdité. — Association amicale des durs d’oreille, 18, boulevard Beaumarchais, Paris, et Sonotonor, établissements E.-B. Meyrowitz, 18, boulevard Haussmann, Paris.
- Réception des émissions de télévision•
- Il y a déjà, à l’heure actuelle, un certain nombre d’émissions régulières de radio-vision que les amateurs peuvent assez facilement recevoir en France. Tout d’abord, la Société Baird-Pathé-Natan exécute des essais assez réguliers par l’intermédiaire du poste de l’École supérieure des P. T. T. sur une longueur d’onde normale de 447 m 1, les lundis, mardis et vendredis entre 15 h et 16 h, et les autres jours de la semaine, le matin, entre 9 h. et 10 h.
- De plus, M. Barthélémy, dans son studio de la Compagnie des Compteurs à Montrouge, relié également au poste de l’École Supérieure des P. T. T., fait des essais réguliers les mardis et vendredis de 16 h. à 17 h 30.
- Les deux émissions ne sont cependant pas du même type. Les premières sont effectuées suivant le système Baird, c’est-à-dire avec exploration verticale et transmission de 12 images, 5 par seconde (disque tournant à 750 tours à la minute). Les deuxièmes sont effectuées suivant le système standard, à exploration horizontale, avec transmission de 16 images, 6 à la seconde (disque tournant à 1000 tours par minute).
- On peut également recevoir assez facilement en France, désormais, les émissions anglaises effectuées à Londres par la Compagnie Baird par l’intermédiaire du poste de Londres-National sur une longueur d’onde de 261 m 5. Ces émissions du type indiqué plus haut ont lieu les lundis, mardis, mercredis et vendredis entre 23 h et 23 h 30. Elles sont accompagnées par des paroles ou de la musique synchronisées transmises par la station de Midland Régional sur une longueur de 398 m 9.
- La réception des émissions parisiennes et même des émissions anglaises est possible avec tout bon radio-récepteur de haute qualité musicale, parce que la bande des fréquences actuelles de radio-vision n’est guère plus étendue que la bande normale des fréquences radiophoniques. D’ailleurs, pour recevoir les émissions anglaises, il faut utiliser un poste-récepteur assez sensible et assez sélectif, de préférence un excellent appareil à changement de fréquence.
- Pour obtenir de bons résultats avec un appareil récepteur de radiovision à vision directe, à lampe au néon à plaque, il n’est pas indispensable d’obtenir à la sortie de l’appareil une puissance modulée supérieure à 1 watt environ, mais si l’on veut, en même temps, réaliser le synchronisme par « les signaux d’image » avec une roue phonique, et sans utiliser un système amplificateur auxiliaire, il est indispensable d’avoir à la sortie de l’appareil une puissance modulée supérieure, de l’ordre de 1 w 5 à 2 w au minimum. Des articles sur la réception des émissions de radiovision ont déjà paru dans La Nature, et, en particulier, dans le numéro du 15 septembre 1932. Nous reviendrons sur ce sujet dans un numéro assez prochain, car la question varie évidemment en même temps que les données du problème se transforment sous l’influence des progrès de la technique.
- Réponse à M. Mayet, à Paris,
- Réglage d’une horloge par les signaux horaires
- Nous avons fait des recherches pour retrouver l’article que vous nous indiquez dans votre lettre. Un système de remise à l’heure des horloges au moyen des signaux de T. S. F. a été indiqué dans le numéro 2885 de La Nature, du 15 juillet 1932.
- Les signaux horaires de la Tour Eiffel ont toujours lieu de la même façon. Une documentation extrêmement intéressante et très complète sur ce sujet spécial, consacrée aux émissions horaires du monde entier, a été publiée dans le numéro du 7 mai 1933 de Radio-Magazine, que vous pourrez utilement consulter (63, rue Beaubourg à Paris).
- Bien que nous ayons déjà décrit des systèmes de remise à l’heure des horloges, nous serions très heureux de recevoir une description du modèle que vous avez imaginé.
- Réponse à M. Hoorickx, à Bruxelles (Belgique).
- Emploi d’un système antiparasites pour poste* secteur.
- Le système le plus efficace de lutte contre les parasites industriels consiste à adapter sur les appareils perturbateurs eux-mêmes des dispositifs, généralement assez simples, qui empêchent la naissance, ou tout au moins la propagation, des courants perturbateurs à haute fréquence.
- Dans le cas que vous nous indiquez, cet emploi de système antiparasites n’est malheureusement pas possible, puisque vous n’avez pas pu déterminer exactement l’emplacement et la nature des appareils perturbateurs. 11 ne vous reste donc que la ressource d’essayer d’empêcher la propagation des courants parasites le long des fils du réseau vers le poste-secteur, et également d’atténuer, autant que possible, les courants parasitaires transmis par le collecteur d’ondes.
- Il faut d’abord éviter, comme vous le faites actuellement, d’employer un fil du réseau comme antenne, et il est indispensable d’utiliser une antenne séparée, même intérieure à la rigueur, mais bien isolée.
- La prise de terre ne doit pas non plus être utilisée en guise d’antenne même si le récepteur est assez sensible. Vous pouvez, de plus, employer un système qui a pour but d'empêcher la transmission des courants perturbateurs par le câble d’alimentation et d’atténuer les parasites des collecteurs d’ondes. Nous avons déjà décrit des systèmes de ce genre, en particulier dans le numéro du 1er septembre 1932 de La Nature. Il en existe qui sont réalisés sous la forme d’un coffret en ébénisterie blindé intérieurement, et servant de socle à l’appareil lui-même. Vous pouvez vous adresser à ce sujet aux établissements Radio-Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, à Paris (VIe).
- Réponse à M. Léon, à Mulhouse.
- Vérification de la vitesse de rotation du plateau d’un phonographe.
- Les défauts que vous constatez, lors du fonctionnement de votre phonographe portatif, la tonalité générale aiguë et les variations de tonalité, peuvent fort bien provenir d’un mauvais réglage de la vitesse de rotation du plateau et d’irrégularités de cette vitesse.
- Si l’on augmente, en effet, la vitesse de rotation d’une machine parlante à disques, la tonalité devient plus aiguë, de même que le ralentissement la rend au contraire plus grave. Il y a, en même temps, une véritable transformation du caractère musical; les sons simples changent seulement de fréquence, mais les sons complexes sont complètement déformés.
- Tous les phonographes possèdent une manette de réglage avec secteur gradué ou une vis avec bouton moletté, mais il ne faut accorder qu’une valeur relative à la graduation indiquée sur l’appareil. Le moyen le plus simple de déterminer avec une grande précision la régularité de la vitesse de rotation du plateau consiste à placer sur ce plateau un disque stroboscopique comportant 75 barres radiales, et à éclairer ce disque à l’aide d’une petite lampe au néon, ou même d’une petite lampe à incandescence ordinaire, alimentée par du courant alternatif d’un secteur à 50 périodes. Si le disque tourne exactement à 78 tours à la minute, on doit avoir l’impression que les barres restent immobiles. Si elles semblent se déplacer dans le sens de la rotation, le disque tourne trop vite, si elles semblent au contraire se déplacer dans le sens inverse le disque tourne trop lentement.
- Pour avoir des détails sur cette question du réglage de la vitesse de rotation du disque, vous pouvez consulter l’ouvrage « Le livre du disque », par P. Hémardinquer (Chiron, édit., 40, rue de Seine, à Paris). Réponse à M. Delagrange, à Paris.
- De tout un peu.
- M. Bouchet, à Saint-Maurice-de-Beynost (Ain). — Le liquide employé dans les appareils dit ozonisateurs, qui sont en réalité des formolateurs, est simplement de l’alcool méthylique légèrement coloré par une couleur d’aniline et parfumée par une essence telle que la verveine, le terpinéol, le géranium ou le musc.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — Dans une mairie de Paris, au cours organisé par la Ligue de défense aérienne, les auditeurs portent des masques à gaz. (Pli. Roi.)
- Fig. 3-4-5. — Manœuvres aériennes aux environs de Monldidier. 3. L’attaque d’un ballon d’observation. — 4. L’observateur se jette en parachute. — 5. La chute d’un ballon incendié. (Ph. Roi.)
- Fig. 6. — Le professeur Lawrence, de l’Université de Berkeley (Californie) et l'appareil avec lequel il produit des proions de 5 millions d’éleclrons-volts pour opérer des désintégrations atomiques.
- (Ph. New-York Times.)
- S
- — Renflouement du cuirassé allemand Prince Régent Léopold coulé à Scapa Flow. (Ph. Roi.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 4i56. — lmp. Lahure, q, rue de Fleurus, Paris. — r5-6-1933.
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- LA NATURE
- SOIXANTE ET UNIÈME ANNÉE —
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABETIQUE
- Abatage électrique, 490.
- Abruzz.es (Duc des) : nécrologie, 375.
- Accus : recharge sur courant continu, 189. Accumulateurs au plomb : récents progrès, 202.
- Acclimatation dépassée, 91.
- Acier inoxydable soudé en construction aéronautique, 414.
- Aérodrome flottant, 545.
- Aérodynamique : nouveautés, 494.
- Aéroport, 385.
- Afrique du Sud : mines de diamants, 14. Agriculture mécanique, 420.
- Air sec et gel de silice, 41.
- Airelles : sol, 181.
- Amplificateur bloc, 522.
- Anneau de Bisliop en Australie, 282.
- Antilope fossile de Transbaïkalie, 364. Antisepsie par l’iode naissant, 40.
- Appareils électriques de mesure, 84. Aquarium : ciment, 371.
- Arbres : périssent-ils par le froid ? 458.
- Asie centrale : techniques, 181. Askania-Nova, 1.
- Assainissement des caves inondées, 129. Astronomie : bulletin, 35, 131, 229, 324, 421,516.
- Allanlique : incendie, 127.
- Atlantique sud : traversée par l’avion trimoteur Couzinet, 186, 570.
- Atlantique Sud i traversée par avion léger, 570.
- Automobiles dans, le monde, 139. Automobiles : nouvelles boîtes de vitessw, 119.
- Automobile pratique, 232, 565.
- Automotrices des chemins de fer, 524. Aviation civile en A. O. F., 369.
- Avion anglais à huile lourde, 42.
- Avions : sonde, 100.
- Avion trimoteur Couzinet : traversée de l’Atlantique sud, 186.
- B
- Babassu : huile, 186.
- Balaeniceps roi, 79.
- Bambous noirs : floraison, 142.
- Beauce : pluie et orages, 515. Bôchc-sarcleuso à injection, 380.
- Belgique : population, 375.
- Bibliothèque du Muséum : rayonnages métalliques, 366.
- Blond « platiné » à la mode, 87,
- Boîtes de vitesses pour automobiles, 119. Bouchons émeri : ouverture, 46.
- Bouillottes : capacité calorifique, 288. Brevets d’invention en 1931, 139.
- Brevets d’invention en France en 1935, 522. Briquet-montre, 237.
- Broglie (Louis de), 52.
- Brunissage et polissage des fers, 326.
- Butane, 296.
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- G
- Cacao, chocolat et vitamines, 33.
- Cafetière Cornus, 573.
- Calcite : gisement de Louverné, 538. Calorimètre Calorus, 283.
- Cameroun : poissons, 407.
- Canal Albert, 349.
- Canal des Pharaons, 264.
- Canot à pédales, 379.
- Caoutchouc : revêtement, de chaussée, 253, 3S1.
- Captage d’eau dans le Puy-de-Dôme, 271. Carnot, 97.
- Cavalcade du Parthénon, 448.
- Caves inondées : assainissement, 129.
- Cellules au sélénium, 286.
- Cellules photoélectriques pour cinéma sonore 94.
- Celtes : origine et migrations, 218. Centenaires scientifiques en 1933, 280.
- Cercle : quadrature, 273.
- Chaleur solaire : utilisation rationnelle, 213. Champignons: cas curieux d’intoxication, 465. Chasse-neige, 321.
- Châssis : chauffage électrique, 524.
- Chauffage électrique des châssis et serres, 524. Chaussée en caoutchouc, 253, 381.
- Chayotte, 372.
- Chemins de fer marocains, 105.
- Chimie : prix Nobel, 4L
- Supplément au n» 2907 de La Nature du 15 Juin 1933.
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- Chocolat, cacao et vitamines, 33.
- Chotts nord-africains : avenir, 281.
- Chrome et produits réfractaires, 4GS. Chrome : nouveau minerai, 570.
- Ciel on poche, 375.
- Ciments magnésiens, 46.
- Ciment pour aquarium, 371. Cinématographie électrique, 245.
- Cisaille coupante d’équerre, 141. Coffre-charbon pratique, 45.
- Colles de bureau : parfum, 287.
- Colle de pâte de bonne conservation, 288. Colle de relieur : mauvaise odeur, 46. Colloïdes : floculation, 398, 436. Conducteur électrique en sodium, 91. Conservation des antiques madones d’Auvergne, 513.
- Constructions démontables, 92.
- Cor baromètre, 228.
- Courant électrique transporté en avion, 41. Cratère météorique en Arabie, 139.
- Croiseur mouilleur de mines, 570.
- Cuir factice, 278,
- F
- Fenêtre ouverte pour dormir, 228.
- Films en celluloïd et acéloïd, 40.
- Flacon aspirateur pour vapeurs corrosives, 283.
- Floculation des colloïdes, 39S, 436.
- Floraison des bambous noirs, 142, 2S6. Fonds national belge de la recherche scientifique, 138.
- Fontaine ardente, 509.
- Forez: houille, 427.
- Fossiles faux, 126.
- Fossiles magiques du Maroc, 337.
- Fouilles archéologiques, 66, 114.
- Froc (R.-P.), père des typhons, 20.
- Froid et arbres, 458.
- I
- lénisséi au Baïkal, 209.
- Incendie de VAllanlique, 127.
- Incendies : détection â bord des navires, 315. Incendie : protection des navires, 7.
- Institut Ilcinrich Hertz, 72.
- Iode naissant : antisepsie, 40.
- Irrigation indigène au Maroc, 173.
- J
- D
- Désintégration atomique, 345.
- Détection des incendies des navires, 315. Diable de Tasmanie, 221.
- Diablotin, 377.
- Diamants: mines en Afrique du Sud, 14. Dirigeable Akron : catastrophe, 375.
- Disques originaux, 521.
- Distributeur d’aiguilles de phonographe, 284. Dniéprostroï, 459.
- Dossier-camping, 574,
- Dunkerque, 294.
- E
- Eau oxygénée : fabrication électrochimique» 42.
- Écluses de Suresnes : électrification, 222. Écluse géante de Saint-Nazaire, 241.
- École de physique et de chimie : cinquantenaire, 464.
- Écrevisse : yeux, 42.
- Égypte ancienne : médecine, 25.
- Élan, 433.
- Électron positif, 375.
- Enrouleur Aldy, 476.
- Escalier fantôme Sligsby, 526.
- Ethnographie guyanaise : exposition, 30. Évaporateur à flamme immergée, 140. Everest : survol, 474.
- Exposition de photographie, 469. Extracteur de jus « Leinora », 334.
- G
- Gaz combustibles liquéfiables, 296.
- Gazons de golf, 420.
- Gel de silice et air sec, 41.
- Glace carbonique : fabrication, 1S5.
- Golf : gazons, 420.
- Graines de rosier, 1S1.
- Grand-Pressigny : musée préhistorique, 394. Guêpes : destruction, 40.
- Guyane : exposition d’ethnographie, 30.
- H
- Halles centrales de Paris : agrandissement, 509.
- Haut-parleur à pavillon exponentiel, 94. Haut-parleur électromagnétique, 143.
- Hélices d’aviation, 5S.
- Herbages sans sol, 247.
- Herborisation dans Mireille, 125.
- Hérédité expérimentale, 166.
- Hérodote et pétroles de Mésopotamie, 427. Horloge : réglage par T. S. F., 575.
- Houille du Forez, 427.
- Huile de Eabassu, 186.
- Huîtres : pour les ouvrir, 228.
- Humidité : appareils industriels de mesure, 378.
- Hydrogenèse aérienne et terrestre, 299. Hydrosphère, 573.
- Java : secret, 193.
- Jupiter : aspects variables, 539.
- L
- Lacets de soulier : fixation, 23S.
- Lampes à luminescence, 410, 439.
- Lampes électroniques à chauffage indirect, 117.
- Légumes : appareil ;ï découper, ISS. Lettres transparentes photographiées, 1S8. Leyat : écriture musicale, 77.
- Livres nouveaux, 43, 88, 184, 236, 279, 329, 374, 427, 473, 523, 572.
- Locomotive nouvelle des chemins de fer de l’État, 174.
- Loups en France, 90.
- Loup et agneau, 130.
- Louverné : gisement' de calcite, 538.
- Lune rousse, 286.
- Lunettes Perivist, 429.
- Lunetterie : école de Morez, 555.
- M
- Machines â calculer, 485.
- Machine à dicter à fil magnétique, 23. Machine électrostatique ù 10 millions de volts, 220.
- Machine-outil multiple, 1S7.
- Madones d’Auvergne : conservation, 513. Maison métallique Gramcs, 476. Mandchourie : richesses minérales, 376. Maquillage phonographique, 323.
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- Marionnettes : naissance et vie, 322, 371, 563. Maroc : chemins de fer, 105.
- Maroc : fossiles magiques, 337.
- Maroc : irrigation indigène, 173. Mathématiques : récréations, 81, 225, 561. Mécanique en agriculture, 420.
- Mécanique ondulatoire, 52.
- Médecine dans l’ancienne Égypte, 25.
- Mer : utilisation des mouvements, 529. Merget, : phénomène, 533.
- Mésopotamie : pétrole, 253.
- Météorologie : mois, 83, 180, 275, 373, 466, 563.
- Meule agencée en tour à bois, 140.
- Mirage sur les routes, 94, 239.
- Mireille : herborisation, 125.
- Mistral, 453.
- Molybdène : gisements en France, 413. Morez : école de lunetterie, 555. Morphogénie, 289.
- Moteurs à hydrogène, 185.
- Moteurs d’aéronautique û huile lourde, 145. Moteur : réchauffage, 82, 239, 527. Motocultivateur Gravely, 429.
- Mouches : larves pour le traitement des plaies, 423.
- Moulin à sel auvergnat, 564.
- Mulet dans les liasses-Alpes, 208.
- Musées et radiophonie, 34.
- Muséum : aménagement de la rotonde, 249. Muséum : bibliothèque, 366.
- Musique électrique, 541.
- Musique : rationalisation, 77.
- N
- Navires : détection des incendies, 315. Navires : protection contre l’incendie, 7. Nécrologie : Jolis. Schmidt, 330.
- Nécrologie : l’abbé Verschaffel, 280. Nécrologie : le duc des Abruzzes, 375. Négrito de Malaisie et évolution humaine, 151. Nickel : applications, 403, 444.
- Niger : aménagement hydraulique, 498. Noir de silice, 571.
- Nuages : concours de photographies, 330.
- O
- Océan Indien : exploration, 343.
- Oignon diurétique, 568.
- Oignon d’une conservation indéfinie, 467. Ombres chinoises, 467.
- Ombrelle-parapluie à manche télescopique, 141.
- Ondes : institut Heinrich Hertz, 72.
- Ondes ultra-courtes à longue distance, 41. Ondo-pompe Cattaneo, 529.
- Oppidum prétendu près de Clermont-Ferrand, 481.
- Or : exploitation des gisements alluvionnaires, _74.
- Orages en Beauce, 515.
- Oreilles d’éléphant, 172.
- Os de seiche, 286, 527.
- Oscilloscope Cambridge, 526.
- Ouvre-boîtes de cirage, 45.
- P
- Paix sur la terre, 484.
- Papayer, 91.
- Parthénon : cavalcade, 448.
- Pavillons exponentiels, 286.
- Pélican, 235.
- Pelle « Tatou », 430.
- Pesanteur : fluctuations périodiques, 319. Pétrole de Mésopotamie, 253.
- Phonographe à film, 143.
- Phonographe: enregistrement individuel, 519. Phonographe mécanique : nouveaux progrès, 327.
- Phonographe : réglage de vitesse, 575. Phonographes sans pavillon, 155. Photographie : X° exposition, 469. Photographies : documents, 48, 96, 144, 192.
- 240, 384, 432, 480, 528, 576.
- Pied démontable d’appareil photographique, 285.
- Pince-asperges, 334.
- Plaies : traitement par les larves de mouches, 423.
- Pluie en Beauce, 515.
- Poiriers : faut-il les pincer, 466.
- Poissons du Cameroun, 407.
- Polyèdres réguliers : construction, 418. Pommes de terre : conservation des semences, 571.
- Porte-cartes planchette, 44.
- Poste à galène, 94.
- Poste récepteur : choix, 142.
- Poste récepteur pour colonies, 94.
- Poste secteur anti-parasites, 575.
- Poulpe mécanique, 284.
- Poutrelles en aluminium, 186.
- Préhistoire : le grand-Pressigny, 394. Prévision du temps et taches solaires, 55. Prix Nobel de Chimie, 41.
- Propane, 296.
- Pseudo-fossiles, 126.
- Puits aériens, 219.
- Puits profonds, 570.
- Q
- Quadrature du cercle, 273.
- R
- Radiophonie et musées, 34.
- Radiophonie pratique, 38, 134, 182, 519. Radiophonographe, 424.
- Radiorécepteur alimenté sur continu, 527. Radium en France, 474.
- Radium : radiographie de pièces métalliques, 505.
- Rails annonçant les trains, 238.
- Raisin de Corinthe, 311.
- Ras Hafun : salines, 331.
- Récepteur: amélioration de la sélectivité, 142. Récepteur de T. S. F. sur courant à 25 périodes, 142.
- Réchauffage des moteurs 82, 239, 527. Recherche scientifique : fonds national belge, 138.
- Redresseur de courant Rectigor, 477. Réfrigération des wagons de voyageurs, 551. Régulation du courant des secteurs, 94. Réseaux quadrillés, 170, 286.
- Rhéostat de démarrage Planche, 332.
- Rosier : graines, 181.
- Rotonde du Muséum, 249.
- Routes : mirage, 94, 239.
- Russie : Askania-Nova, 1.
- Russie : caractéristiques et état actuel, 235. Russie : 2° plan quinquennal, 13.
- Russie : villes souterraines, 29.
- S
- Saint-Nazaire : écluse géante, 241.
- Salines de Ras Hafun, 331.
- Savants quand ils étaient jeunes, 177, 417. Schmidt (Johs.) : nécrologie, 330.
- Scie domestique rotative 573.
- Scie électrique pour bouchers, 237.
- Seiche : os, 286, 527.
- Séismes : prévision électromagnétique, 270. Serpent secourable, 544.
- Serres : chauffage électrique, 524.
- Serval, 377.
- Silice : gel et air sec, 41.
- Sol pour airelles, 181.
- Soleil : 102.
- Soleil dans les maisons, 356.
- Sonde pour avions, 100.
- Sons : nouveau sy tème d’enregistrement et de reproduction, 361.
- Spalax, 365.
- Stylos : remplisseur Santache, 526.
- Surdité appareils, 547.
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- T
- Tableau noir sur un mur, 40.
- Taches de vin rouge : enlèvement, 46.
- Taches solaires et prévision du temps, 55. Taille-crayon à lame de rasoir, 93.
- Talc dans les Alpes, 571.
- Techniques de l’Asie centrale, 181.
- Télévision : nouvel appareil, 306.
- Télévision pur le cinéma, 211.
- Télévision : réception, 575.
- Températures liasses de janvier 1933, 280. Tibet : missions Jacques Bacot, 138.
- Tissus ininflammables, 28S.
- Touret électrique à vitesse constante, 237. Tracteursmhenilles pour briquettes de tourbe, 92.
- Transplantation animale, 351.
- Trautonium, 541.
- Triéthanolamine émulsifiant, 282.
- Trousse « Illico », 430.
- Truffe : énigme, 275.
- Tubes lumineux à gaz rares, 49, Tue-taupes, 93.
- Typhons ; R. P. Froc, 20 .
- U
- Univers en expansion, ICI, 202
- V
- Vauban précurseur, 559.
- Vélociné, 284.
- Venise réunie à la terre par un pont-route, 475.
- Verschaffel (abbé) : nécrologie, 280.
- Vêtements huilés qui collent, S3.
- Villes souterraines en U. R. S. S., 29. Vinaigre de vin : préparation, 288, Visiola Rrami, 300.
- Vrios (Hugo de) ; œuvro, 227.
- \v
- Wagons de voyageurs : réfrigération 551, Wagons : machine à lover, 362.
- Widia : nouveaux emplois, 89.
- Y
- Yagourt : l'eyagourt, 477. Yeux d’écrevisse, 42. Yo-yo, préhistoire, 6.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alrer. — Naissance et vie des marionnettes, 322, 371 5G3. — Les ombres chinoises, 467.
- Azambuja (L.-d’). — Le soleil, 101 .
- B. (A.). — Récents progrès des tubes lumineux â gaz rares, 49* — L’incendie de l'Atlantique, 127. — Radiographie de pièces métalliques par substances radioactives, 305.
- B. (M.). — Poutrelles en aluminium, 180. — Revêtement de chaussée en caoutchouc, 253.
- Barjot (11.). •— Utilisation rationnelle de la chaleur solaire, 213.
- Basiaux (Paul). — A propos des puits aériens, 219.
- Bastide (L. de la). —• Les loups en France, 90.
- Baudouin (Dr Marcel). — La préhistoire du yo-yo, 0.
- Bercy (André). —• Nouvel appareil de télévision, 300. — Cinquantenaire de l’iîcole de physique et de chimie, 464.
- Berget (Alphonse). — Exploration scientifique de l’Océan Indien occidental, 343.
- Bertiielot (Cii.). — L’exploitation des gisements alluvionnaires d’or, 74.
- Bordier (Prof. IL). — Propriétés des réseaux quadrillés, 170. •— Le phénomène de Merget, 533.
- Bourdeix (P.). — L’agrandissement des Malles centrales de Paris, 509.
- Bourgain (André). — Lampes électroniques à chauffage indirect, par courant haute tension, 117. — Nouvelle locomotive des chemins de fer de l’État, 174. — La Xe exposition de photographie, 469.
- Boussac (P.-Hippolyte). — Le canal des Pharaons, 264.
- Boutaric (A.). — Nouvelles méthodes de désintégration atomique, 345. — La floculation des colloïdes, 398, 436.
- Boyer (Jacques). •— Electrification des écluses de Suresnes, 222. — L’œuvre du célèbre botaniste hollandais Hugo de Vries, 227. — Le raisin de Corinthe, 311.—Poissons du Cameroun, 407. — Chauffage électrique des châssis et serres, 524. — L’école nationale de lunetterie de Morez, 555.
- Brandicourt (Virgile). — Le père des typhons, 20. — Récréations mathématiques, 225, 561.
- Bultingaire (L.). — Nouveaux rayonnages métalliques de la bibliothèque du Muséum, 366.
- C. (J.). — Villes souterraines en U. R. S. S., 29.
- C. (V.). — Irrigation indigène au Maroc, 173. — Intéressant captage d’eau dans le Puy-de-Dôme, 271. •— L’avenir des chotts nord-africains, 281. — Les salines de Ras Ilafun, 331. — Richesses minérales de la Mandchourie, 376. — Gisements de molybdène en France, 413. — La houille dans la plaine du Forez, 427. —• Le chrome et l’industrie des produits réfractaires, 468. — La fontaine ardente, 509.
- Caters (Christian de). — Champs et mines de diamant en Afrique du Sud, 14.
- Cerisaie (J. de la). —• Vauban, précurseur, 559.
- Charrin (V.). —• Le radium en France, 474. — Le noir de silice, 571.
- Chataing (J.). — Les antiques madones d’Auvergne, 513. — Moulin à sel auvergnat, 564.
- Costantin (J.). — Le secret de Java, 193.
- Cotte (J.). — Le 2° plan quinquennal en Russie, 13. —_De l’Iénis-seï au Baïkal, 209. — Le Dniéprostroï, 459.
- Cou pin (Henri). — Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 177, 417.
- Dauzat (Albert). — Origine et migrations des Celtes, 218. — Caractéristiques et état actuel de la Russie, 235.
- David (Léon). —• Nouvelles variations sur 10.989, 81. — Construction de neuf polyèdres réguliers, 418.
- Deiiesse (Maurice). — Les chemins de fer marocains, 105. —. L’aménagement hydraulique de la vallée du moyen Niger, 498.
- Desgranges (Jacques). — Les moteurs d’aéronautique à huile lourde, 145. — L’acier inoxydable soudé en construction aéronautique, 414.
- Devaux (Pierre). — Où en est la protection contre l’incendie à bord des navires, 7. — Nouvelles boîtes de vitesses pour automobiles, 119. — La nouvelle forme-écluse géante de Saint-Nazaire, 241. — Comment établir un aéroport, 385. — Curiosités et principes mécaniques dans les machines à calculer, 485.
- Difeeotu (Paul). —• Le mulet dans les Basses-Alpes, 208.
- Faure (J.-L.). — Paix sur la terre, 484. — Le serpent secourable, 544. .
- Feuii.lée-Billot (A.). — Nouvel aménagement de la rotonde au Muséum, 249. — Un curieux rongeur, le Spalax, 365.
- Forbin (Victor). — Le pétrole de Mésopotamie, 253.
- Foucart (M.-L.). — La médecine dans l’ancienne Égypte, 25.
- Fournier (L.). •— Rhéostat de démarrage Planche, 332.
- Fournier (P.-E.). — Le prétendu oppidum découvert près de Clermont-Ferrand, 481.
- Foveau de Courmeli.es (Dr). — L’abatage électrique des animaux, 496.
- Genouillac (II. de). —Les Touilles archéologiques selon les méthodes modernes, 66, 114.
- Gradenwitz (Dr Alfred).— L’institut Hcinrich Hertz pour l’étude des ondes, 72. — Nouveaux emplois du widia, 89. •— Machine électrostatique à 10 millions de volts, 220. — Herbages sans sol, 247. — Fluctuations périodiques de la pesanteur, 319. — Le premier aérodrome flottant, 545.
- Hémardinouer (P.). — Machine à dicter à fil magnétique, 23. — Radiopolionie pratique, 38, 134, 182. — Les phonographes sans pavillon, 155. — Télévision par le cinéma, 211. — La cinématographie électrique, 245. — Maquillage phonograpliique, 323. —. Nouveaux progrès du phonographe mécanique, 327. — Nouveau système d’enregistrement et de reproduction des sons, 361. — Les lampes à luminescence, 410, 439. — Phonographie, radiophonie, télévision, 421. — Les appareils contre la surdité, 547.
- Héritier (Ali). — Le balaeniceps roi, 79. — Un animal rare : le diable de Tasmanie, 221. — Le serval, 377.
- Hutin (Albert). —• Le blond « platiné » à la mode, 87. — L’huile de Babassu, 186. — Le cuir factice, 278.
- Jacobsen (Dr Alf. P.). •— L’hérédité expérimentale, 166.
- Jaffray (J.). — Le gisement de calcite de Louverné, 538.
- Joleaud (L.). — Fossiles magiques du Maroc, 337.
- Josserand (Marcel). —• Quelques cas curieux d’intoxication par les champignons, 465.
- K. (L.). — Le pélican, 235.
- Kazeeff (W.). —• Askania-Nova, 1. — Nouvelle antilope fossile, de Transbaïkalie, 364. — L’élan, 433.
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- = 582 .... .................„z„ . . =
- Kopaczewski (Dr W.). — Essai de morphogénie, 289.
- ICuentz (L.). — Les pseudo-fossiles, 126. — Les oreilles d’éléphant, 172.
- Kwal (Bernard) et Lesage (Marc). —Louis de Broglie et la mécanique ondulatoire, 52.
- L. (G.). — Réchauffage des moteurs, 82, 239.
- Ladbé (Dr H.). •— Cacao, chocolat et vitamines, 33.
- Lacaine (Jean). — Les hélices d’aviation, 58. •— Nouveautés aérodynamiques, 492.
- Lanorville (Georges). — Machine à laver les wagons, 362. — Réfrigération des wagons de voyageurs, 551
- Larue (Pierre). •— Acclimatation dépassée, 91. — La mécanique en agriculture, 420. — Les arbres périssent-ils par le froid ? 458. — Conservation des pommes de terre de semences, 571.
- Lefebvre des Noettes (Comm1). — La cavalcade du Parthénon vue par un cavalier, 44S.
- Legendre (Dr A.). — L’évolution humaine et le négrito de Malaisie, 151.
- Lesage (Marc). — Voir Kwal (Bernard).
- Luquet (G.-H.). — Exposition d’ethnographie guyanaise, 30.
- Mauclère (Jean). — Le musée préhistorique du Grand-Pressigny, 394.
- May (Raoul M.) — La transplantation animale, 351.
- Mémery (Henri). — Les basses températures de janvier 1933, 280.
- Meunissier (E.). — Une herborisation dans Mireille, 125.
- Mineur (Henri). — L’univers en expansion, 161, 202.
- Monnier. — Lettres transparentes photographiées, 18S. — Pied démontable d’appareil photographique, 285.
- Montessus de Ballore (M. de). — La quadrature du cercle, 273.
- Noter (R. de). — Le papayer, 91. — La chayotte, 372. — Un oignon d’une conservation indéfinie, 467.
- Pasteur (médecin-colonel). — Destruction des guêpes, 40. — Hydrogenèse aérienne et terrestre, 299.
- Picard (L.). — Appareils électriques de mesure et de contrôle, 84.
- •— L’automobile pratique, 232, 505.
- R. (L.). — Cabinet noir improvisé, 518.
- Raven-Hart (R.). — Le trautonium, 541.
- Remaele (G.). — L’activité du fonds national belge de la recherche scientifique, 138. — Le canal Albeit, 349. — Mouvements de la population en Belgique depuis la guerre, 375.
- Richard (l.)r Jules). — L’utilisation des mouvements de la mer, 529. Roger (Em.). —Le mois météorologique, 83, 180, 275, 373, 466, 563.
- — La pluie et les orages à grêle en Beauce, 515.
- Rolet (Antonin). — L’assainissement des caves inondées, 129. — L’énigme de la truffe, 275.
- Rougetet (E.). — Le mistral, 453.
- Sauvaire-Jourdan (Comm1). — Le nouveau navire de ligne français Dunkerque, 294.
- Sers (J.). — L’aviation civile en A. O. F., 369.
- Smoular (A.). — Techniques de l’Asie centrale, 181.
- Soyer (II.). — Triôthanolamine émulsifiant, 282.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 35, 131, 229, 324, 421, 516.
- Troller (A.). — Récents progrès des accumulateurs au plomb, 262.
- — Détection automatique des incendies à bord des navires, 315. Tsciierning (H.). — Nouvelle sonde pour avions, 100.
- Turpain (Albert). — Les taches solaires et la prévision du temps, 55. Vène (Roger). — Grandeur et modestie d’un savant français :
- Sadi Carnot, 97. — L’essor des applications du nickel, 403, 444. Villers (R.). — Les gaz combustibles liquéfiables, 296.
- Weiss (E.). — La rationalisation de la musique : l’écriture musicale Leyat, 77. — Petite machine-outil multiple, 187. — Les chasse-neige, 321. — Le soleil dans les maisons, 356.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Louis de Broglie et la mécanique ondulatoire (B. Kwal et
- M. Lesage)................................................ 52
- Le soleil (L. d’Azambuja).................................... 101
- L’universenexpansion (H. Mineur).......................101, 202
- La quadraturedu cercle (R. de Montessus de Ballore) . . . . 273
- L’abbé Verscliaffel : nécrologie..............................280
- Le ciel en poche..............................................375
- Curiosités et principes mécaniques dans les machines à calculer
- (P. Devaux)............................................... 485
- Aspects variables de Jupiter..............................569
- Récréations mathématiques :
- Nouvelles variations sur 10.989 (L. David)............... 81
- Solutions des problèmes (V. Brandicourt).......... 225, 561
- Construction des neuf polyèdres réguliers (L. David). . . . 418
- Bulletin astronomique (Em. Touchet). . 35,131,229,324,421, 516
- II. — SCIENCES PHYSIQUES
- I. Physique.
- Récents progrès des tubes lumineux à gaz rares (A. B.)...... 49
- Conducteur électrique en sodium................................. 91
- Propriétés des réseaux quadrillés (IL Bordier).............. 170
- Machine électrostatique à 10 millions de volts (A. Gradenwitz) . 220
- Fluctuations périodiques de la pesanteur (A. Gradenwitz). . . 319
- Nouvelles méthodes de désintégration atomique (A. Boutaric). . 345
- L’électron positif, nouveau constituant de l’atome..........375
- La floculation des colloïdes (A. Boutaric)............ 398, 436
- Radiographie des pièces métalliques par substances radioactives
- (A. B.)......................................................505
- Le phénomène de Merget (II. Bordier)............................533
- 2. Chimie.
- Le prix Nobel de chimie pour 1932.............................. 41
- Air sec et gel de silice....................................... 41
- Fabrication électrochimique de l’eau oxygénée et des persels. . 42
- L’huile de Babassu (A. IIutin)...................................186
- Le cuir factice (A. Mutin).......................................278
- Triéthanolamine émulsifiant (H. Soyer)...........................2S2
- Le chrome et l'industrie des produits réfractaires (V. C.) . . . 468
- Nouveau minerai de chrome........................................570
- Le noir de silice (V. Charrin).................................571
- III. — SCIENCES NATURELLES l. Géologie. — Physique du Globe.
- Champs et mines de diamants en Afrique du Sud (C. de Caters) 14 L’exploitation des gisements alluvionnaires d’or (Ch. Berthelot) 74
- Les pseudo-fossiles (L. Kuentz).................................126
- Cratère météorique découvert en Arabie..........................139
- Utilisation rationnelle de la chaleur solaire (II. Barjot). . . . 213
- A propos des puits aériens (P. Basiaux)......................219
- Prévision des séismes par les actions électromagnétiques. . . . 270
- Intéressant captage d’eau dans le Puy-de-Dôme (V. C.). . . . 271
- Hydrogenèse aérienne et terrestre (Dr E. Pasteur)............299
- Antilope fossile de Transbaïkalie (W. Kazeeff)...............364
- Richesses minérales de la Mandchourie (V. C.)................376
- Gisements de molybdène en France (V. C.).....................413
- La houille dans la plaine du Forez (V. C.)...................427
- Le radium en France (V. Ciiarrin)...............................474
- La fontaine ardente (V. C.).....................................509
- Le gisement de cal cite de Louverné (J Jaffray)..............538
- Puits profonds..................................................570
- Le talc dans les Alpes..........................................571
- 2. Météorologie
- Le itère des typhons (V. Bifandicourî)..................... 20
- Les taches solaires et la prévision du temps (A. Turpin). ... 55
- Les basses températures de janvier 1933 (II. Mémery). . . . 280
- Avenir des cliotts nord-africains (V. C.)..................281
- Anneau de Bishop en Australie..............................282
- Concours de photographies de nuages........................330
- Le mistral (E. Rougetet)...................................453
- Pluie et orages en Beaucc (E. Roger).......................515
- Le mois météorologique (Em. Roger). 83, 180, 275, 373, 466, 563
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Askania-Novu (W. Kazeeff)................................... 1
- Les « yeux » d’écrevisse.................................... 42
- Le balaeniceps roi (A. Héritier)............................... 79
- Les loups en France (L. de la Bastide)...................... 90
- Le loup et l’agneau............................................130
- L’hérédité expérimentale (Dr A. P. Jacobsen),..................166
- Le mulet dans les Basses-Alpes (P. Difflotif)...............208
- Un animal rare : le diable de Tasmanie (A. Héritier)........221
- Le pélican (L. K.).............................................235
- Nouvel aménagement de la rotonde au Muséum (A. Feuillée-
- Billot).................................................... 249
- Essai de morphogénie (Dr W. Iyopaczewski)......................289
- Jolis. Schmidt : nécrologie....................................330
- La transplantation animale (R.-M. May).........................351
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- Un curieux rongeur, le Spalax (A. Feuillêe-Billot)..........365
- Un revenant : le diablotin.....................................377
- Le serval (A. Héritier)........................................377
- Poissons du Cameroun (J. Boyer)................................407
- L'élan (W. Kazeef).............................................433
- Paix sur la terre (J.-L. Faure).............................484
- Le serpent secourable (J.-L. Faure)............................544
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Le papayer (R. de Noter)..................................... 91
- Acclimatation dépassée (P. Larde)............................ 91
- Une herborisation dans Mireille (E. Meunissier)..............125
- Les oreilles d’éléphant (L. Ivuentz).........................172
- Le secret de Java (J. Costantin).............................193
- L’œuvre du célèbre botaniste hollandais Hugo de Vries(J. Boyer). 227
- Herbages sans sol (A. Gradenwitz)............................. 247
- L’énigme de la truffe (A. Rolet).............................275
- Le raisin de Corinthe (J. Boyer). ..................... 311
- La chayotte (R. de Noter)....................................372
- Les arbres périssent-ils par le froid (P. Larue)........., , 458
- Oignon d’une conservation indéfinie (R. de Noter)............467
- Conservation des pommes de terre de semences P. Larue) . . 571
- IV. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- Préhistoire du yo-yo (l)r M. Baudouin)....................... 6
- Le 2° plan quinquennal en Russie (J. Cotte).................. 13
- La médecine dans l’ancienne Égypte (M.-L. Foucart)........... 25
- Villes souterraines en U. R. S. S. (J. C.)................... 29
- Exposition d’ethnographie guyanaise (G.-H. Luouet)........... 30
- Les fouilles archéologiques selon les méthodes modernes (H. de
- Genouili.ac)..........................................06, 114
- Exposition des missions Jacques Bacot au Tibet...............138
- L’évolution humaine et le négrito de Malaisie (Dr A. Legendre) . 151
- Techniques de l’Asie centrale (A. Smoular)...................181
- De l’Iénisséï au Baïkal (J. Cotte)...........................209
- Origine et migrations des Celtes (A. Dauzat)....................218
- Caractéristiques et état actuel de la Russie (A, Dauzat). . . . 235
- Le canal des Pharaons (P.-I-I. Boussac)....................... 264
- Les salines de Ras Halun....................................... 3.31
- Fossiles magiques du Maroc (L. Joleaud)...................... . 337
- Exploration scientifique de l’Océan Indien occidental (A. Berger). 343
- Le Duc des Abruzzes : nécrologie......................* . . 375
- Mouvements de population en Belgique depuis la guerre (G, Rrc-
- maele).......................................................375
- Le musée préhistorique du Grand-Pressigny (J. Mauclére). . 394
- La cavalcade du Parthénon vue par un cavalier (Lefebvre
- des Noettes).................................................448
- Le prétendu oppidum découvert près de Clermont-Ferrand
- (P.-E. Fournier).............................................481
- Les antiques madones d’Auvergne (J. Chataing).................. 513
- Moulin à sel auvergnat (J. Chataing)............................564
- V. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Cacao, chocolat et vitamines (Dr IL Labbé). . . ............. 33
- Le blond «platiné » à la mode (A. 1-Iutin)................... 87
- Assainissement des caves inondées (A. Rolet).................129
- Le soleil dans les maisons (E. Weiss)........................356
- Traitement des plaies par les larves de mouches..............423
- Quelques cas curieux d’intoxication par les champignons (M. Jos-serand)......................................................465
- L’abatage électrique dtlfl animaux (Dr Foveau de Courmeh.es). Les appareils contre la surdité (P Hémardinquer)...
- VI. — SCIENCES APPLIQUÉES
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Nouveaux emploi» <ju Widia (A. Gradenwitz).................... 89
- Fabrication de la glace carbonique...............................185
- Moteurs à hydrogène..............................................185
- Poutrelles en aluminium (M. B.)..................................186
- Gaz combustible» liquéfiables (R. Villers).......................296
- Détection automatique des incendies à bord dos navires (A. Trol-
- i.er)....................................................... 315
- Nouveaux rayonnages métalliques de la bibliothèque du Muséum
- (L. Bultingaire)............, . . ..................... 366
- L’essor des applications du nickel (R. Vène)............ 403, 444
- La mécanique en agriculture (P. Laitue)..........................420
- L’utilisation des mouvements de la mer (Dr J Richard) .... 529
- L’école nationale de lunetterie de Morez (J. Royer). ..... 555
- 2. Photôgraphie. — Phonographie.
- Les phonographes sans pavillon (J. Hémardinquer)......155
- Maquillage phonographique (P. Hémardinquer')............323
- Nouveaux progrès du phonographe mécanique (P. Hémardinquer) .................................................327
- La Xe exposition de photographie (A. Bourc.ain).........469
- 3. Électricité.
- Machine à dicter à fil magnétique (P. Hémardinquer). . . .
- Courant électrique transporté en avion....................
- Ondes ultra-courtes à longue distance.....................
- L’institut Heinrich Hertz pour l’étude des ondes (Dr A. Gradenwitz) .....................................................
- Appareils électriques de mesure et de contrôle (L. Picard). . . Lampes électroniques à chauffage indirect par courant haute
- tension (A. Bourgain)...................................
- Télévision par le cinéma (P. Hémardinquer)................
- La cinématographie électrique (P. Hémardinquer)...........
- Récents progrès des accumulateurs au plomb (A. Troller). .
- Nouvel appareil de télévision (A. Bercy)..................
- Nouveau système d’enregistrement et de reproduction des sons
- (P. Hémardinquer).......................................
- Lampes à luminescence (P. Hémardinquer).............410,
- Phonographie, radiophonie, télévision (P. Hémardinquer) . .
- Chauffage électrique des châssis et serres (J. Boyer).....
- Le trautonium (R. Raven-Hart)........................
- 23
- 41
- 41
- 72
- 84
- •117
- 211
- 245
- 262
- 306
- 361
- 439
- 424
- 524
- 541
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Collecteurs d’ondes : modifications..........» • • •
- Cadre toutes ondes nouveau............................
- Haut-parleurs électrodynamiques et diffuseurs.........
- Auditoriums d’essais..................................
- Résistances et potentiomètres.........................
- Récepteur simple et sensible..........................
- Enregistrement phonographique individuel : progrès. . . .
- Disques très originaux............................. • •
- Bloc amplificateur pratique...........................
- 3S
- 40
- 134
- 134
- 135 182 519
- 521
- 522
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Irrigation indigène au Maroc (V. C.j.................
- Electrification des écluses de Surcsnes (J. Boyer).
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- Nouvelle formc-écluse géante de Saint-Nazaire (P. De-vaux). . 241
- Le pétrole de Mésopotamie (V. ForuinI.....................253
- Le canal Albert (G. Remaele)...............................3411
- Le üniéprostroï (J. Coïte)..................................459
- Venise réunie ù la terre par un pont-route..................475
- L’aménagomont hydraulique de la vallée du moyen Niger (M. De-
- besse)....................................................498
- L’agrandissement des Halles centrales de Paris (P. Bourdeix). 509
- 5. Transports.
- Réchauffage des moteurs (G. L.).........................82,' 239
- Les chemins de 1er marocains (M. Debesse)...................... 105
- Nouvelles boîtes de vitesses pour automobiles (P. Devaux). . 119
- Les automobiles dans le monde...................................139
- Nouvelle locomotive des chemins de fer de l’État (A. Bourgain'. 174
- Revêtement de chaussée en caoutchouc (M. IL).................. 253
- Chasse-neige (E. Weiss)......................................321
- Machine à laver les wagons (G. Lanorville)......................362
- L’exposition des automotrices des chemins de 1er de l’État. . . 524
- Réfrigération des wagons de voyageurs (G. Lanorville). . . . 551
- Automobile pratique (L. Picard) :
- Carrosserie et sécurité....................................232
- Motocyclette : développement...............................232
- Stabilisateur simple et sûr................................233
- Aération des carrosseries..................................233
- Vision dans le brouillard..................................233
- Chauffage central pour automobile..........................233
- Épurateur d’air.......................................... 234
- Outil universel simple.....................................234
- Sécurité et confort........................................565
- Bougie perfectionnée.......................................565
- Pare-chocs pneumatique.....................................565
- Plaque de police lumineuse.................................566
- Contrôleur électrique..................................... 566
- Diffuseur de carburateur...................................567
- Motocyclette à carrosserie.................................568
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Avion anglais à huile lourde.............................. 42
- Les hélices d’aviation (J. Lacaine)....................... 58
- Nouvelle sonde pour avions (IL Tsciierning)...............100
- Les moteurs d’aéronautique à huile lourde (J. Desgranges) . . 145
- Traversée de l’Atlantique sud par l’avion trimoteur Couzinct. 186, 570
- L’aviation civile en A. O. F. (J. Sers)...................369
- Catastrophe du dirigeable américain Akron.................375
- Comment établir un aéroport (P. Devaux)......................3S5
- L’acier inoxydable soudé en construction aéronautique (J. Desgranges) .................................................414
- Le survol du mont Everest....................................474
- Nouveautés aérodynamiques (J. Lacaine).......................492
- Le premier aérodrome flottant (Dr Gradenwitz)................545
- 7. Guerre et Marine.
- Où en est la protection des navires contre l’incendie (P. Devaux). 7
- L’incendie de VAtlantique (A. B.)..........................127
- Le futur navire de ligne français Dunkerque (Comm1 Sau-
- vaire-Jourdan)..........................................294
- Le croiseur mouilleur de mines « Émile Berlin »............570
- VIL - HISTOIRE DES SCIENCES
- Grandeur et modestie d’un savant français : Sadi-Carnot (R. Vène)......................................... 97
- Centenaires scientifiques en 1933............................. 280
- Hérodote et les pétroles de Mésopotamie.......................427
- Cinquantenaire de l’École de physique et de chimie (A. Bercy). 404 Les vieux savants quand ils étaient jeunes (IL Coupin). 177, 417
- Vauban précurseur (J. de la Cerisaie)........................559
- VIII. - VARIA
- Rationalisation de la musique ; l’écriture Leyat (E. Weiss). . 77
- L’activité du fonds national belge de la recherche scientifique
- (G. Remaele)...................................................13S
- Les brevets d’invention en 1931...................................139
- Les brevets d’invention en France en 1932..................... 225
- Naissance et vie des marionnettes (Alger) .... 322, 371 5G3
- Les ombres chinoises (Alber)......................................467
- IX. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- I. Inventions et Nouveautés.
- Porte-cartes planchette.................................... 44
- Coffre-charbon pratique.................................... 45
- Ouvre-boîtes de cirage..................................... 45
- Constructions démontables.................................. 92
- Tracteurs-chenilles pour briquettes de tourbe.............. 92
- Tue-taupes................................................ 93
- Taille-crayon à lame de rasoir............................. 93
- Évaporateur à flamme immergée............................. 140
- Meule agencée en tour à bois...............................140
- Ombrelle-parapluie à manche télescopique...................141
- Cisaille coupant d’équerre.................................141
- Machine-outil multiple.....................................187
- Lettres transparentes photographiées.......................188
- Appareil à découper les légumes............................188
- Touret électrique à vitesse constante......................237
- Briquet-montre.............................................237
- Scie électrique pour bouchers..............................237
- Lacets de souliers : fixation..............................238
- Rails annonçant les Irains.................................238
- Calorimètre Calorus........................................283
- Flacon aspirateur pour vapeurs corrosives..................2S3
- Distributeur d’aiguilles de phonographe....................2S4
- Poulpe mécanique...........................................284
- Vélociné...................................................284
- Pied démontable d’appareil photographique..................285
- Rhéostat de démarrage Planche..............................332
- Pince-asperge..............................................334
- Extracteur de jus a Lemora »............................. 334
- Humidité : appareils industriels de mesure.................378
- Canot à pédales........................................... 379
- Bêche sarcleuse à injection................................380
- Lunettes Perivist..........................................429
- Motocultivateur Gravely....................................429
- Trousse Illico.............................................430
- Pelle « Tatou »............................................430
- Maison métallique Grames...................................476
- Enrouleur Aldy. . .........................................476
- Redresseur de courant Rectigor.............................477
- Feyagourt..................................................477
- Oscilloscope Cambridge.....................................526
- Escalier fantôme Slingsby..................................526
- Remplisseur de stylos Santaclie............................526
- Scie domestique rotative . ................................573
- Hydrosphère................................................573
- Cafetière Cornus...........................................573
- Dossier-camping............................................574
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- 2. Recettes et procédés utiles.
- Antisepsie par l’iode naissant............................... 40
- Guêpes : destruction......................................... 40
- Films en celluloïd........................................... 40
- Tableau noir sur mur......................................... 40
- Vêtements huilés qui collent................................. 83
- Graines de rosier............................................1S1
- Sol pour airelles............................................181
- Ouvrir les huîtres...........................................228
- Cor baromètre.............................................. 228
- Dormir la fenêtre ouverte....................................228
- Brunissage et polissage des fers. . . .......................32G
- Ciment pour aquarium.........................................371
- Gazons de golf...............................................420
- Poiriers : faut-il les pincer ?..............................466
- Cabinet noir improvisé.......................................518
- Oignon diurétique........................................... 568
- 3. Boîte aux Lettres.
- Colle de relieur........................................... 46
- Taches de vin rouge........................................ 46
- Bouchons émeri: ouverture.................................. 46
- Ciments magnésiens....................................... 46
- Mirage sur les routes..............................04, 239
- Montage d’un poste à galène............................. 94
- Cellules photoélectriques pour cinéma sonore............... 94
- Poste récepteur pour les colonies.......................... 94
- Régulation du courant des secteurs......................... 94
- Floraison des bambous noirs........................ 142, 286
- Récepteur sur courant à 25 périodes.....................142
- Poste récepteur: choix,..................................142
- Récepteur: amélioration de la sélectivité................142
- Phonographe à film..........................................143
- Haut-parleur électromagnétique............................. 143
- Radiophonie.................. 189, 287, 335, 381, 478, 527
- Accus : recharge............................................189
- Réchauffage des moteurs............................ 239, 527
- Lune rousse.................................................286
- Os de seiches...................................... 286, 5S7
- Réseaux quadrillés..........................................286
- Pavillons exponentiels......................................286
- Cellules au sélénium........................................286
- Colles de bureau : parfum...................................287
- Vinaigre de vin : préparation...............................288
- Bouillottes : capacité calorifique..........................288
- Tissus ininflammables.......................................288
- Colle de pâte...............................................288
- Caoutchouc et chaussées.................................... 381
- Contrôleur de bougies d’auto................................478
- Télévision : réception......................................575
- Réglage d’horloge, par T. S. F..............................575
- Poste secteur anti-parasites................................575
- Phonographe : vitesse du p ateau............................575
- 4. Livres nouveaux.
- Livres nouveaux, 43, SS, 184,236,279,329,374,427, 473,523, 572.
- 5. Documents photographiques.
- Documents photographiques, 48, 96, 144, 192, 240, 384, 432, 480
- 528, 576
- Le Gérant : G, Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1933.
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