La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- SOIXANTE ET UNIÈME ANNÉE 1933 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET Cte, EDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- SUPPLÉMENT AU N° 2919 (15 Décembre 1933).
- Le gérant : G. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE
- N- 2908. — /- Juillet 1933.
- Paraît le i,r et le i5 de chaque mois.
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- Prix du Numéro : 4 fran<
- pour la vente en France, \
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois pages par numéro)
- LA NATURE
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- N° 2908
- LA NATURE
- l” Juillet 1933.
- EEEEr LE CHAUFFAGE ==
- ET LE CONFORT DANS LA MAISON
- Il peut paraître paradoxal de choisir le premier numéro d'été de La Nature pour parler du chauffage et évoquer l’hiver au moment des vacances. Cependant, qui attend le retour à la ville, lors des premiers froids, pour assurer sa provision de combustible, faire reviser son installation de chauffage et ramoner ses cheminées ?
- On assiste depuis quelques années à une nouvelle évolution des problèmes du chauffage et du conditionnement de l’atmosphère des maisons où nous vivons.
- Après les cheminées monumentales où l’on brûlait du bois, après les poêles et les fourneaux, puis les appareils à feu lent, le chauffage central est venu, à air chaud, puis à vapeur et à eau chaude. Et voici qu apparaît à l’horizon le chauffage urbain, collectif.
- D’autre part, en perfectionnant les procédés et en examinant plus correctement les théories, on tend à revenir au chauffage par l’air, mais en y ajoutant le conditionnement, la « climatisation » qui nous ferait vivre un éternel printemps, au maximum de confort, par Vépuration et l’humidification optima du courant d’air chaud.
- Enfin, aux combustibles solides, sont venus faire concurrence les combustibles liquides ou gazeux, sans cendres. Les brûleurs deviennent automatiquement réglables et ne dégagent plus de fumées. Enfin l’électricité elle-même entre en concurrence.
- Le moment nous a paru propice pour grouper toutes ces études, tous ces progrès et les présenter méthodiquement à nos lecteurs, pour guider leur choix, orienter leurs préférences, faire connaître toutes les voies nouvelles dans lesquelles s’engagent la science et l’industrie du chauffage, et où l’on compte déjà nombre de réalisations intéressantes et réussies.
- pn de l’avenir sera saine et tout d’abord elle sera protégée contre l’humidité. Ensuite elle sera ventilée sans au moyen d’air pur, pris en hauteur, débarrassé de ses poussières et de ses microbes par lavage et filtration, xené au degré hygrométrique convenable et à la température la plus agréable, par chauffage en hiver, par \t en été. Il sera distribué en des points choisis pour utiliser au mieux toutes les qualités qu’on vient de lui donner yfiter les hommes plus que les murs et les parties hautes proches des plafonds.
- plus enfumer les villes et pour réaliser la meilleure utilisation des calories ou des frigories, on réalisera de petites usines d’immeubles ou même des grandes par quartiers ou par villes, si bien que chacun créera son confort, à son gré, par un simple jeu de robinets ou de boutons, sans aucun souci, sans aucune main-d’œuvre.
- D’ici que cet idéal soit atteint, et il est en route, voici où nous en sommes actuellement.
- L’HYGIENE DE LA CONSTRUCTION
- MESURES CONTRE L’HUMIDITÉ ET DISPOSITIFS POUR L’AÉRATION
- L’hygiène de la construction a réalisé, ces dernières années, des progrès appréciables, sinon décisifs, dans la lutte contre les méfaits dus à l’humidité et à l’air confiné.
- Les techniciens du bâtiment et le public averti n’ignorent plus les dangers qui résultent de l’influence pernicieuse de ces deux facteurs tant pour la durabilité des constructions que pour la santé des êtres qu’elles abritent.
- En fait, depuis les temps les plus reculés où l’homme s’est mis à bâtir, il a été en butte aux dégâts causés par l’humidité.
- On trouve les échos de la lutte contre ce fléau dans des ouvrages très anciens, tel le Pentateuque par exemple, où Moïse donne déjà des conseils sur les mesures à prendre pour s’en préserver.
- En ce qui regarde l’habitabilité même des édifices, les inconvénients en sont aussi variés que désagréables et doublés de funestes conséquences.
- Méfaits et inconvénients de l’humidité. — Dans une maison humide, tout s’abîme et se gâte les maçonneries se désagrègent ou se disloquent ; les enduits
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- dégradés tombent, les boiseries pourrissent, les vêtements se défraîchissent.
- Tout ce que l’on peut y disposer comme meubles, linge ou tapisserie se détériore.
- Aucune décoration, aucune mesure de simple propreté n’est possible ; les papiers de tenture se détrempent et, leur colle venant à fermenter, leur surface se recouvre de moisissures repoussantes.
- Les efflorescences salines, le salpêtre entre autres, bourgeonnent sur les parois des murs atteints, détruisant les peintures qui se boursouflent et s’écaillent.
- Certains cryptogames connus pour s’attaquer aux pièces de charpente et de menuiserie,-—comme la mérule, par exemple, ce champignon si redouté des constructeurs, — naissent et fructifient, grâce précisément à l’humidité, dans les milieux obscurs, infectés d’air stagnant.
- Notons encore que les murs envahis par l’eau deviennent bons conducteurs, perdant ainsi une majeure partie de leurs qualités de protection contre les variations thermiques extérieures.
- Il en résulte en particulier une plus grande dépense de chauffage l’hiver, en raison des pertes supplémentaires de calories supportées de ce fait.
- . Cette série d’inconvénients de tous ordres s’accompagne, pour l’habitant, de graves dangers menaçant sa santé.
- Eau
- Fig. 1. — Principe du siphon atmosphérique breveté Knapen.
- Fig. 2. — Assèchement d’un mur humide par le procédé breveté Knapen.
- Des dangers de Vhumidité. — C’est dans les immeubles humides et mal aérés que les statistiques du Casier sanitaire de la Ville de Paris accusent le plus grand nombre de décès par les maladies contagieuses.
- L’un des principaux facteurs physiologiques en cause à ce sujet est le froid inhérent à l’état de tels locaux :
- quand on y pénètre, on sent « la fraîcheur tomber sur les épaules ».
- Le mécanisme d’une semblable impression s’explique aisément : l’air atmosphérique, exactement comme les matériaux dont nous citions le cas précédemment, perd en s’humidifiant ses qualités isolantes.
- Dans ce milieu bon conducteur, le corps des êtres vi-vants subit une
- perte calorique inaccoutumée, que ses propres sources de chaleur n’arrivent plus à contre-balancer.
- Il s’ensuit pour les sujets exposés à cette anomalie une diminution sensible de leurs forces vitales, qui les met en état de moindre résistance physique vis-à-vis des atteintes de la maladie ou des agents de la contagion.
- D’autre part, il est reconnu qu’une ambiance humide favorise le réveil et la multiplication des germes pathogènes, entretient leur existence et excite leur virulence.
- Les recherches du professeur Trillat, de l’Institut Pasteur, ont prouvé que, par le fait de l’humidité, les effectifs des colonies microbiennes se trouvaient plusieurs fois centuplés et, qu’en outre, la présence d’un gaz pollué, tel par exemple l’air expiré par les êtres vivants, augmentait encore considérablement cette dangereuse floraison.
- Il est également démontré que les moisissures garnissant les murs contaminés ou leurs revêtements, telles les peintures ou les tapisseries endommagées, aident à la vie et à l’accroissement des germes venus s’y déposer, le plus généralement par condensation en raison du manque d’aération des locaux malsains.
- De semblables constatations et l’observation attentive des demeures suspectées, en raison de leur mauvais conditionnement et des décès qui s’y renouvelaient, ont conduit le corps médical à rendre l’humidité responsable de la propagation ou de l’aggravation des pires affections, comme le rhumatisme sous toutes ses formes, le cancer et la tuberculose.
- Les anciens remèdes inefficaces. — On a beaucoup fait pour lutter contre une semblable calamité. Depuis longtemps, de nombreux remèdes ont été mis en œuvre ; mais conçus empiriquement, hors de toute analyse du problème, ils n’ont guère donné satisfaction.
- Ils appartiennent généralement à l’une des classes suivantes : les enduits ou revêtements d’une part, les couches isolantes d’autre part.
- Les enduits ou revêtements n’ont de réelle utilité qu’à titre de mesure contre les infiltrations : ils permettent de réaliser l’étanchéité des terrasses ou des murs exposés à la pluie, des parois des réservoirs, des silos, des citernes, etc..., etc.
- Mais, appliqués en d’autres cas, sur les soubassements des constructions dégradés par l’eau venue du sol, ils ne réussissent qu’à cacher le mal déjà occasionné et à permettre à l’humidité, — en supprimant les chances d’évaporation sur la hauteur de ce masque, — de monter plus haut pour réapparaître finalement au-dessus de celui-ci.
- C’est dans les mêmes circonstances que l’on a imaginé d’établir entre les fondations et l’élévation des murs une couche dite « isolante », disposée à travers ceux-ci.
- Cependant, quelle que soit la nature des matériaux employés, — corps gras ou produits hydrofuges, utilisés seuls en assise, ou mélangés aux mortiers, — métaux tels que le plomb, le zinc ou autres, — ils subissent les attaques des produits dissous par l’eau tellurique, accumulée dans les sous-œuvres par leur barrage.
- Ils durent ainsi plus ou moins longtemps et l’eau>
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- après avoir consommé leur carence, reprend son ascension impossible à enrayer.
- A un phénomène aussi permanent il fallait donc opposer un remède d’une durée illimitée.
- Nouvelles méthodes plus rationnelles. — C’est ce qu’un inventeur belge, M. Knapen, bien connu depuis longtemps en France dans le monde technique, s’est attaché à obtenir.
- Après avoir observé, dans les conditions et sous les climats les plus divers, quantité d’exemples d’humidité, en cherchant à déterminer leurs origines probables, il est arrivé à conclure qu’il était possible de les sérier, selon celles-ci, en quatre classes générales relevant des causes suivantes : humidité de construction, infiltration, capillarité, condensation.
- Humidité de construction : elle est engendrée par l’eau contenue dans les matériaux ou utilisée pour leur mise en œuvre, par celle également provenant des intempéries durant l’exécution des travaux.
- Si on lui en donne le temps, elle s’évapore naturellement; mais que l’on vienne à occuper prématurément les locaux, à appliquer par exemple les papiers de tenture, les boiseries ou les peintures sur des parois insuffisamment sèches, elle se révèle alors par de désagréables surprises, rappelant le constructeur imprudent aux règles de son art : « il faut laisser ressuyer les plâtres », conseille avec raison le dicton populaire.
- Humidité d*infiltration. — Celle-ci provient du passage de l’eau à travers les maçonneries, soit du fait d’accidents comme des fuites de conduites d’eau, soit en raison de l’établissement même des parois. Ce dernier cas est celui des murs de sous-sols en contact avec les terres et envahis par leurs eaux s’ils en sont mal protégés, — des murs extérieurs insuffisamment garantis contre les pluies battantes, — des dalles de terrasse dont l’étanchéité n’est pas bien assurée.
- L’origine des dégâts indique ici les précautions à prendre pour s’en prémunir ou le remède à apporter si on a lais.sé le mal se déclarer.
- Humidité de capillarité. — C’est la plus commune et la plus fréquente. Chacun sait comment l’eau du sol monte dans les murs, en raison de l’attraction capillaire exercée sur ses molécules par la multitude de petits canaux formés par les vides interstitiels des matériaux.
- C’est à ces vides qu’ils doivent d’ailleurs leurs qualités d’élasticité, qualités qu’il est donc essentiel de leur conserver, puisque la solidité même des constructions en dépend. 11 faudra retenir cette clause importante quand il s’agira de traiter les matériaux ; tout remède apporté, quel qu’il soit, devra la respecter, sous peine de créer une dangereuse situation.
- Humidité de condensation. — Elle résulte de la transformation en liquide, à l’intérieur ou à la surface des matériaux, des vapeurs émanant du sol ou en suspension dans l’atmosphère.
- Elle engendrera des dépôts de rosée, aussi bien au niveau du terrain, sur les soubassements des bâtiments, que sur toute la surface des parois des locaux, à l’intérieur de ceux-ci.
- Le premier de ces phénomènes va à l’encontre de l’efficacité des « couches isolantes » puisqu’il provoque la saturation des matériaux le plus généralement au-dessus de celles-ci, établies au niveau des fondations plus bas que la zone des condensations.
- Le second se produit très souvent dans les endroits embués, telles les cuisines, les salles de bains, etc., ou dans les locaux surpeuplés, même momentanément, comme les écoles, les églises, les salles de spectacle ou les musées, les jours d’affluence.
- Ce sont là des circonstances éminemment dangereuses pour les occupants ; en effet :
- D’une part, l’humidité qui sature alors l’atmosphère active, comme nous le savons, la vie microbienne, action d’ailleurs renforcée par le pourcentage élevé des gaz, déchets de respiration et de perspiration du même moment ;
- D’autre part, les précipitations qui vont se faire sur les murailles y transportent les miasmes de ce même air ambiant et les concentrent précisément sur des surfaces souvent déjà couvertes de dépôts, où ils trouvent une nourriture propre à leur développement.
- LES PROCÉDÉS KNAPEN
- C’est par l’air, remède naturel et abondamment à notre disposition, que M. Knapen est arrivé à lutter contre ces deux dernières espèces d’humidité.
- Puisque rien ne peut arrêter l’eau dans son effort d’ascension par capillarité dans les murs, puisque rien également ne peut empêcher sa vapeur, quand elle
- Fig. 3. — Les procédés brevetés Knapen appliqués avec succès à l’assainissement des maçonneries du palais de Versailles.
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- sature l’atmosphère d’un local, de se précipiter sur les parois pour les souiller, il nous suffit, a-t-il justement pensé, de l’évacuer dans le premier cas et d’éviter son accumulation dans le second.
- Nous allons voir comment il y parvient par des méthodes simples auxquelles ses recherches l’ont conduit.
- LE SIPHON ATMOSPHÉRIQUE KNAPEN
- Dans un vase rempli d’eau aux trois quarts et ensuite d’huile, plongeons par sa partie ouverte une éprouvette pleine d’eau ; si en lui donnant une certaine pente, nous soulevons cette éprouvette jusqu’à la couche d’huile, nous verrons celle-ci monter dans le tube, dont l’eau au contraire s’écoulera (fig. 1). C’est évidemment la différence de densité des deux liquides qui a causé cet échange, engendré en quelque sorte dans un siphon monobranche.
- Le fonctionnement du siphon atmosphérique Knapen réalise de la même façon un mouvement d’échange naturel de quantités d’air différemment saturées.
- L’appareil utilisé est un tube de terre cuite de composition convenable et d’un profil extérieur spécial, dont le canal intérieur, d’un diamètre de 29 mm, présente des parois lisses à la partie inférieure et nervurées finement à la partie supérieure (fig. 2).
- A l’aide de mortier poreux, cet élément est scellé dans la muraille qu’il pénètre d’environ la moitié de de son épaisseur et on lui donne une certaine inclinaison de l’intérieur vers l’orifice. Chaque siphon ainsi disposé absorbe dans son rayon d’action l’humidité des maçonneries qui l’environnent.
- L’air extérieur, plus sec que celles-ci, pénètre dans le tube et s’y sature à un degré plus élevé qu’il n’était en rentrant ; mais en même temps il se refroidit de sorte que, sa densité ayant de ce fait augmenté, la pente du canal l’entraîne au dehors avec la quantité de vapeur dont il s’était chargé. Un volume égal d’air extérieur le remplace en même temps, et cette opération se renouvelle incessamment aussi longtemps qu’il y a de l’humidité dans la maçonnerie.
- Le degi’é hygrométrique de l’atmosphère dépasse rarement dans nos régions une moyenne de 60° à 75° ; les propriétés de saturation de cet air, c’est-à-dire, en somme ses facultés d’assèchement, offrent donc une marge de 40° à 25° de l’hygromètre, utilisable pour le but proposé.
- En fait, chaque appareil est capable, ainsi que l’ont montré les expériences de mesures réalisées à cet effet, d’évaporer une moyenne de 700 à 900 gr d’eau par mois (1).
- Pratiquement, les siphons sont mis en place le plus souvent sur une rangée horizontale au pied des murs traités, dans la zone dite « critique », ainsi caractérisée dans ses observations par M. Knapen qui y a reconnu l’endroit où se manifestaient d’une façon plus intense les effets de la capillarité et ceux de la condensation des vapeurs en provenance du sol.
- A titre d’exemple d’application, nous reproduisons
- 1. Dr Mazêres. L’humidité dans les habitations. Imp. L. Delbrel et O, à Bordeaux.
- ci-dessous une photographie de la façade sur le parc d’une des ailes du Palais de Versailles, où le procédé Knapen a été utilisé pour assainir les maçonneries, mises en très mauvais état par l’humidité (fig. 3).
- Cette vue montre nettement l’efficacité de la méthode : les taches lépreuses qui souillaient les murs du haut en bas disparaissent peu à peu en commençant par la partie inférieure, et les pierres reprennent en même temps un aspect sain et agréable qui cadre mieux avec la majesté du monument.
- Il a été fait à notre connaissance des milliers d’autres applications de ce traitement, dont on peut dire à juste titre qu’il fait « respirer les murs ».
- C’est d’ailleurs par l’utilisation de l’air atmosphérique que le même inventeur, auteur de cette méthode pratique, a pu porter remède également à l’humidité de condensation. Le système, qu’il a imaginé à cet effet, résout en même temps un autre problème plus général, celui de Y aération elle-même des constructions ; nous nous placerons donc à ce double point de vue pour en faire l’exposé.
- La nécessité de l’aération des constructions. — La
- nécessité du renouvellement de l’air dans les locaux, habités ou non, n’est plus à démontrer : il faut de l’oxygène pour maintenir en état sain les matériaux des constructions, comme il est aussi indispensable à l’existence des êtres vivants qu’elles abritent.
- Alors que l’homme peut vivre trois semaines sans nourriture solide, il ne saurait durer plus de trois minutes sans air.
- A raison de dix-huit respirations d’un tiers de litre par minute, il lui faut, en vingt-quatre heures, 8640 litres d’air pesant ensemble 11 kg 500, c’est-à-dire près de cinq fois plus, en poids, que de nourriture.
- Encore, ne comptons-nous ici que les besoins de la respiration pulmonaire ; ceux de la perspiration sont cependant en moyenne le septième de celle-ci, ce qui finalement élèverait notre estimation au chiffre de 13 kg environ.
- Or, si l’on se préoccupe généralement d’un bon ordinaire d’alimentation, l’approvisionnement d’air des immeubles reçoit souvent moins de soin.
- Les calculs ci-dessus permettent de juger combien c’est injuste, disons même imprudent et dangereux.
- Une autre négligence pour le moins aussi funeste de conséquence, quant à la santé des occupants, conduit à laisser de côté les mesures utiles pour évacuer les déchèts respiratoires.
- Sur ce point, les travaux des hygiénistes conduisent encore à conclure au péril de semblables errements.
- Déjà en 1889, Brown-Séquart et d’Arsonval démontraient expérimentalement comment, plus même que le gaz carbonique, les miasmes de l’air expiré étaient nocifs pour les êtres vivants.
- Plus récemment, les recherches de M. le Professeur Trillat, ainsi que nous le disions précédemment, faisaient ressortir comment les buées respiratoires pouvaient favoriser dans des proportions étonnantes le développement des colonies microbiennes.
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- Qualités d’une bonne aération. — Ces considérations permettent de définir les deux principales qualités d’une installation efficace d’aération ; elle devra assurer d’une façon permanente : d’une part, l’arrivée d’air nécessaire à la respiration des êtres vivants et au « lavage », en tous points du local, des parois murales souillées par les condensations malsaines; d’auti’e part, l’évacuation des émanations de tous genres de gaz susceptibles de polluer l’atmosphère de l’endroit.
- Quant à l’air qu’il faut approvisionner, le choix en est aisément fait à coup sûr : l’atmosphère en est la source inépuisable et la meilleure.
- Le réputé naturiste, Dr Hector Durville, en a défini ainsi les précieuses qualités physiologiques : « L’air atmosphérique, chargé du magnétisme de la lumière solaire, rempli des forces physiques qui échappent à notre analyse, est certainement le réservoir le plus vaste et le mieux rempli que nous ayons à notre disposition pour y puiser certaines énergies qui nous sont nécessaires » (1).
- On le prend donc là où il est en se gardant bien d’y changer quelque chose, de crainte qu’une intervention humaine quelconque ne vienne par une mécanique inopportune en détruire ou amoindrir le remarquable pouvoir vital.
- D’ailleurs, n’envoie-t-on pas au « grand air » les personnes qu’une vie sans doute mal conditionnée dans des locaux trop fermés en a privées au point d’altérer leur santé.
- A fortiori, il suffit par conséquent, de procurer aux êtres vivants, dans les intérieurs où leurs habitudes les confinent, ce même « grand air », facteur capital de leur existence.
- 11 va sans dire qu’il y a quelquefois exceptionnellement lieu d’y apporter — prudemment — quelques correctifs ; les hygiénistes font ainsi humidifier l’air au moment voulu, dans les pouponnières, pour protéger les bronches encore trop jeunes des bébés contre les effets accidentels d’une trop grande siccité de l’atmosphère.
- De même, dans certaines grandes salles de réunion, susceptibles d’abriter des affluences inaccoutumées, fait-on usage de semblables mesures, pour donner aux occupants une impression agréable de fraîcheur.
- Des installations considérables permettent ainsi de filtrer l’air, de l’humidifier, le chauffer ou le refroidir à volonté, moyennant une dépense de premier établissement et de fonctionnement quotidien qui limite évidemment ces dispositifs aux immeubles dotés d’un budget de construction et d’entretien capable de faire face à ces frais élevés.
- Mais pour la vie courante, dans l’habitation de toujours, celle qui fait l’objet des présentes préoccupations, en raison du séjour prolongé qu’y font les occupants relativement au reste de leur temps, l’air du dehors, grâce à ses élémeiits vivifiants physiques et chimiques, peut remplir son rôle sans aucun adjuvant. Notre nez, merveilleux organe naturel d’adaptation, le vérifie et le met au point, si c’est nécessaire, avant de l’envoyer à nos poumons.
- 1. La cure naturiste, par le Dr G. Durville. — Ed. Institut de Médecine, 15, rue de Cimarosa, Paris.
- Mesures désuètes et périmées. — Voyons maintenant ce que l’on a utilisé jusqu’alors pour réaliser les conditions d’une aération convenable des constructions.
- Par une regrettable habitude, ayant pris en la circonstance pour ainsi dire force de loi, on a toujours compté, pour ce faire, sur l’ouverture des fenêtres des façades, sans plus se préoccuper si cette confiance tranquille était bien justifiée.
- Or l’observation des faits montre sans conteste que ce moyen, si solidement établi dans la coutume des gens, est pratiquement inutilisable, car il engendre aussi bien des courants d’air insupportables que des refroidissements inacceptables en saison d’hiver.
- En réalité dans les logements comme dans les bureaux, dans les magasins, les écoles ou les hôpitaux, les fenêtres restent closes la plupart du temps.
- Aussitôt qu’elles sont refermées, par exemple après le quart d’heure réglementaire d’ouverture dans les écoles, l’atmosphère emprisonnée se pollue de nouveau rapidement, par suite des nouvelles exhalaisons émises par les occupants.
- On a bien essayé en divers endroits de remédier à
- Bouche faute Gaz légers
- Bouche moyenne Approvisioi nemçntdàn supérieur M
- Diffusion de les locaux
- à travers l'habitation
- n lourds
- Fig. 4. — L’aération horizontale différentielle par le sxjsléme breveté Knapen dans une habitation. •
- cette carence des fenêtres, beaucoup plus faites pour éclairer que pour aérer, en utilisant des ventilateurs ; mais cette pratique a été reconnue dangereuse.
- Les Docteurs Sartory et Filassier, qui s’en sont préoccupés, ont communiqué en 1909 à la Société de Biologie de Paris, les résultats des essais qu’ils avaient faits à ce sujet, dans des lieux de réunion : de leurs constatations, il résulte que kt"marche des ventilateurs, — les appareils tournant avec ou sans communication avec l’air libre, — multiplie d’une façon intense la densité microbienne dans le local.
- Il y avait donc dans l’art des constructeurs une lacune à combler, sur ce point particulier, pour leur permettre de réaliser une aération courante, à la fois simple, économique et automatique, réunissant les conditions exigées.
- L’aération naturelle différentielle Knapen leur en a apporté le moyen par un procédé maintenant couramment utilisé.
- AÉRATION NATURELLE KNAPEN
- Principe et moteur du système. — Il a pour principe essentiel de mettre l’atmosphère des locaux en relation ininterrompue avec l’air extérieur et de provoquer
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- entre ces deux milieux des échanges continuels, proportionnés aux besoins de chaque moment.
- A un niveau donné, mais sxzr des faces d’expositions contraires d’un bâtiment, les couches atmosphériques ne sont pas à la même température, et par conséquent n’accusent pas la même densité.
- Le procédé Knapen trouve précisément la force permanente qui entretient son action, dans les différences résultant de ce fait entre les pressions exercées, respectivement sur chacun des murs d’orientations opposées, par les nappes d’air qui les baignent.
- Les écarts de pression que présente l’atmosphère des locaux avec celle de l’extérieur ajoutent encore au déséquilibre des couches d’air en présence.
- Il suffit donc de mettre celles-ci rationnellement, et aux endroits judicieux, en communication entre elles, pour qu’un mouvement s’établisse occasionnant la sortie de l’air usé et son remplacement par une même quantité d’air neuf.
- Ajoutons que les variations de température, la production de vapeur d’eau et celle du gaz carbonique, résultant de l’habitation elle-même, intensifient encore les déplacements à tous les niveaux et dans la masse de l’atmosphère locale.
- Plus l’occupation sera nombreuse et plus ces facteurs seront accrus, par conséquent plus actifs seront aussi les échanges.
- Enfin, le système utilisé déplaçant, comme nous l’allons voir, les fluides horizontalement, une force minime est suffisante pour assurer son fonctionnement, dont la continuité est ainsi garantie.
- Détails de Vinstallation. — Dans les locaux, chauffés ou non, et sauf dans des conditions exceptionnelles de repos, les diverses couches d’air qui y séjournent ne se stabilisent évidemment pas.
- Mais on peut considérer néanmoins que vers le plafond se trouvent les gaz légers, en particulier la vapeur d’eau provenant de la respiration ou d’autres sources d’évaporation.
- Au sol, au contraire, se rencontrent les gaz lourds, parmi lesquels le gaz carbonique, qui, exhalé de nos poumons à la température du corps, s’élève à un certain niveau, mais ne tarde pas, en se refroidissant, à regagner par son poids la zone du plancher.
- L’aération Knapen tient compte de ces observations en évacuant les gaz usés des parties hautes et basses, tandis qu’elle pourvoit, par ailleurs, à leur ramplacement par de l’air neuf, approvisionné légèrement au-dessous de la hauteur de la respiration humaine.
- La fig. 4 donne une idée de l’installation dans un cas simple : on remarquera que des communications établies dans les cloisons de distribution intérieure permettent au mouvement de l’air de se faire librement à travers le bâtiment.
- b D’autre part, dans le but d’éviter la stagnation de l’atmosphère dans les angles des locaux, on dispose précisément en ces endroits, près du plafond et du plancher, les ouvertures dans les façades et les cloisons intérieures.
- Outre ces dispositions rationnelles, répondant par la
- situation des appareils auxconditions mêmes du problème d’aération, d’autres agencements particuliers sont encore adoptés.
- Les conduits, aménagés à diverses hauteurs dans les parois opposées des pièces traitées, sont aussi de sections différentes, proportionnelles, d’ailleurs, à la densité des couches d’air à leurs niveaux respectifs. Cette mesure, en apportant l’harmonie nécessaire aux échanges gazeux, lesquels sont ainsi équilibrés en poids comme en volume, évite la formation de courants gênants, qui pourraient résulter au contraire de moyens violents et sans rapport avec les caractéristiques propres des fluides à déplacer.
- Notons encore que les conduits extérieurs ont une pente telle que le plan médian horizontal les divise en deux parties de sections droites triangulaires exactement semblables et opposées par le sommet : de cette façon, au moindre écart entre la tension de l’air intérieur du local et la pression exercée par l’atmosphère extérieure sur ses parois, l’équilibre sera rompu entre ces deux volumes rigoureusement égaux.
- Ceci explique pourquoi, avec une semblable disposition, des échanges s’établissent déjà entre l’intérieur et l’extérieur de la construction, alors même qu’on ne constate qu’un demi-degré de différence entre les températures de ces deux milieux.
- Enfin la paroi inférieure du conduit ainsi établi constitue un plan incliné qui amortit la vitesse d’arrivée de l’air et s’oppose à la pénétration des eaux pluviales si le vent vient à les chasser sur l’orifice des bouches.
- Un autre résultat des dispositions précédentes est que les échanges se font par tous les appareils, de telle façon qu’à une sortie d’air usé correspond simultanément une rentrée d’air neuf qui le remplace.
- Les expériences faites par des docteurs dans les écoles, contradictoirement dans les classes non aérées et d’autres pourvues d’une installation Knapen, ont montré que ce procédé, après seulement une heure et demie de classe, faisait tomber de plus de cinquante pour cent la teneur de l’atmosphère locale en gaz carbonique et le nombre de germes microbiens.
- D’autre part, en hiver, les essais réalisés dans les mêmes conditions permettent de constater qu’il n’y a pas de différences sensibles aux relevés thermométriques : les renouvellements d’air obtenus sont donc conformes aux proportions réglementaires dont il a été tenu compte pour les calculs du chauffage.
- Que ce soit donc pour prévenir l’humidité ou remédier à ses méfaits, aussi bien que pour munir les constructions d’une aération efficace, l’homme de Part dispose désormais de méthodes simples et faciles à appliquer.
- Leur mise en œuvre est une garantie certaine de propreté et de conservation des matériaux, un appoint indispensable également à la bonne santé des occupants.
- A notre époque qui voit fournir tant d’efforts pour l’amélioration de l’hygiène en général, il est agréable de constater que les conditions primordiales réglant celle de l’habitation peuvent être maintenant aisément satisfaites. M. Morel.
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- CONFORT ET CONDITIONNEMENT D’AIR
- LA DÉFINITION DU CONFORT
- Qu’appelle-t-on « le confort » ? Dans quelles conditions atmosphériques l’homme se sent-il le mieux à l’aise, et fournit-il le meilleur de ses moyens ?
- Ces questions préoccupent depuis longtemps déjà certains spécialistes du bâtiment, et leur succès a notablement contribué au développement du confort et de l’hygiène.
- Le principal facteur déterminant le confort est la nature du milieu ambiant dans lequel l’homme vit, travaille ou se repose. Cette qualité de l’atmosphère ambiante dépend toutefois de plusieurs paramètres indépendants : suivant que l’air est chaud ou froid, humide ou sec, au repos ou en mouvement, les réactions physiologiques de l’organisme sont différemment affectées. et l’on se sent plus ou moins bien.
- Or la nature n’a pas doté l’atmosphère de qualités constantes et correspondant à la sensation de confort maximum. Il fait froid en hiver, chaud en été, il fait sec dans, le désert, humide au bord de la mer. Il a donc a été naturel que l’homme, qui vit à la ville 80 pour 100 de son existence dans des habitations fermées, ait cherché à s’y créer une atmosphère artificielle corrigeant les imperfections de l’atmosphère naturelle.
- Pour combattre le froid, il a inventé le chauffage; contre la chaleur, il a imaginé la ventilation.
- La lutte contre les rigueurs atmosphériques a cependant été conduite le plus souvent empiriquement dans l’ignorance où l’on est longtemps resté des conditions physiologiques du confort.
- L’étude approfondie de ces conditions a conduit à séparer en 5 facteurs nettement distincts les éléments intervenant dans le confort :
- la température de l’air ;
- la vitesse de l’air ;
- l’humidité de l’air ;
- la pureté de l’air en éléments microbiens ou nocifs ;
- les proportions d’oxygène et d’acide carbonique. Les Américains, qui possèdent à un degré élevé le souci du confort, ont procédé à des expériences importantes pour déterminer l’influence relative de ces différents facteurs, c’est-à-dire pour expliciter la fonction « confort » des cinq variables indépendantes qui la définissent scientifiquement.
- Dans une chambre d’expériences, ils ont fait séjourner successivement 100 personnes d’âge et de condition différents ; en faisant varier chaque fois la température,
- la vitesse et l’humidité de l’air, ils ont noté les combinaisons procurant à leurs « cobayes » la sensation de confort maximum.
- De cette série d’expériences, on a déduit le « graphique des conditions de confort maximum », duquel il ressort qu’en moyenne l’homme se sent le mieux à une température de 16°, à une vitesse d’air de 25 cm/ sec maximum, et dans une atmosphère contenant de 45 à 60 pour 100 de l’humidité de saturation.
- L’intérêt de l’humidification de l’air est donc capital, et cela à plusieurs points de vue. Il faut en effet, d’une part, une température de 18° à 19° en atmosphère sèche, pour que l’on se sente à l’aise: l’humidification a donc pour premier effet de réduire l’intensité du chauffage, donc la consommation de combustible ; l’économie en résultant peut être de l’ordre de 15 pour 100 dans nos régions.
- Au point de vue physiologique, d’autre part, l’air sec dessèche les muqueuses et diminue le pouvoir filtrant des cavités nasales.
- Il résulte de là que le chauffage central par radiateurs, tel qu’il s’est généralisé depuis une trentaine d’années, ne répond pas exactement aux exigences du confort.
- Son principe même, d’échauffement par convection, a pour effet de dessécher l’air ainsi qu’une véritable étuve. Outre qu’il n’assure pas le renouvellement de l’air indispensable à une teneur convenable en oxygène et acide carbonique, et à l’évacuation des substances toxiques résultant du processus respiratoire, le radiateur
- Bouches d'air purv
- Loca I à ventiler
- Bouches d’aspiration d’air vicié
- Faisceau chauffant
- Laveur
- Séparateur
- Chaudière
- Evacuation
- des
- poussières
- Bac de décantation
- Pompe de circulation d'eau
- Moteur électrique
- Fig. 1. •— Schéma d’installation de conditionnement d’air.
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- dessèche l’épiderme et les muqueuses nasales, favorisant de la sorte la propagation des affections pulmonaires et microbiennes.
- Les objets inanimés même souffrent de la sécheresse de l’air et l’on peut voir les meubles en bois craquer, les boiseries d’appartement se disloquer, les enduits de plafond se fendiller, les peintures s’écailler.
- LE CONDITIONNEMENT DE L’AIR
- Le système de chauffage et de ventilation simultanés qui réalise les conditions optima de température, vitesse et humidité de l’air, a été dénommé « conditionnement d’air ». C’est sans aucun doute le mode rationnel de traiter le problème ' et, par conséquent, un brillant avenir lui paraît réservé.
- Conditionner l’atmosphère des locaux, c’est créer un climat artificiel répondant aux cinq valeurs optima des facteurs du confort ; on dit également « climatiser » l’atmosphère, et l’on a pu voir récemment une grande salle de spectacle parisienne se dénommer « salle atmosphérique », expression générique mais impropre pour désigner le conditionnement.
- Ce système consiste essentiellement en une circulation de l’air en circuit fermé, circuit dans lequel l’air est à la fois chauffé, humidifié, filtré et lavé, renouvelé sans courants d’air.
- Sur le schéma ci-contre (fig. 1), on peut suivre le processus de principe de conditionnement :
- a) Un ventilateur aspire l’air vicié provenant des locaux desservis dans la proportion de 75 pour 100 et de l’air frais venant du dehors dans la proportion de 25 pour 100. Ce ventilateur refoule dans un appareil conditionneur.
- b) Ce conditionneur comprend en général : un filtre, un humidificateur à eau pulvérisée sous pression, un déflecteur arrêtant les gouttelettes vésiculaires entraînées, un serpentin de réchauffage alimenté par une chaudière à vapeur.
- En été ou dans les pays à climat chaud, ce serpentin de réchauffage est remplacé par un serpentin de réfrigération parcouru par une saumure.
- c) Des gaines de distribution d’air frais dans les locaux, et de retour d’air vicié à la chambre climatoriale, constituent le réseau de circulation.
- d) Des bouches ou orifices d’arrivée d’air frais sont placés aux points hauts des locaux, et des bouches de départ d’air vicié aux points bas.
- L’ensemble constitue un circuit fermé dans lequel l’air circule des locaux à climatiser vers le conditionneur, pour y être régénéré.
- Pour répondre aux desiderata de la technique moderne, une installation de conditionnement doit être réglable automatiquement. Il est évident que les caractéristiques du climat optimum varient suivant la condition et l’activité des personnes destinées à séjourner dans les locaux. L’installation, devant donc être prévue pour un « climat effectif » déterminé et fonction des conditions de vie des habitants, sera néanmoins réglable dans certaines limites autour de ce point moyen.
- La température sera réglée par thermostat d’appartement actionnant des vannes motorisées sur les collecteurs de vapeur.
- L’humidité relative de l’air conditionné pourra être réglée en « tout ou rien » par humidostat, arrêtant l’humidification à une teneur prédéterminée et réglable à volonté.
- Enfin on pourra agir à distance sur le débit du ventilateur, de façon à obtenir la vitesse d’air désirable.
- Ajoutons que pour la saison chaude, les systèmes de conditionnement sont en général complétés par des moyens de refroidissement de l’air, substitués automatiquement aux moyens de chauffage utilisés par temps froid.
- On voit que le conditionnement d’air revient à l’ancien chauffage à air chaud, qui avait été abandonné pour ses multiples inconvénients et son mauvais rendement. Il en est souvent ainsi dans bien des domaines scientifiques, des principes anciens réétudiés et perfectionnés reprenant le pas sur des pratiques plus récentes, reconnues défectueuses.
- En cette période difficile, ce système combiné de chauffage et ventilation, représentant sans aucun doute la perfection de son espèce, n’a pu encore se développer en France avec l’ampleur désirable, à cause de son prix d’installation élevé.
- Il est cependant des cas particuliers où il s’est avéré indispensable : sans parler des grandes salles de spectacle nouvelles, où le souci du confort des spectateurs a présidé aux directives de l’architecte, on a pu voir des musées et des propriétaires d’appartements installer le conditionnement, seul moyen de conserver intacts des mobiliers anciens précieux et des toiles de valeur. Il est certain que toutes les collections seront dans l’obligation d’y recourir, ainsi que, dans un ordre d’idées plus humanitaires, les hôpitaux et cliniques.
- De même les services importants des pays tropicaux : gouvernements, caisses, casernes, hôpitaux, finiront par se loger dans des bâtiments aménagés pour que la vie et l’actixité y soient possibles en toutes saisons et à toutes heures du jour.
- Il est curieux de constater que la climatisation qui existe en France depuis longtemps déjà, — un grand hôpital parisien possède un service installé en climat artificiel depuis une dizaine d’années (x) — nous est revenue perfectionnée d’Amérique et d’Allemagne.
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- Le bâtiment français a cependant à sa disposition d’excellents spécialistes en cette matière, dont les travaux en tout point remarquables prouvent les qualités d’imagination, d’audace et la valeur scientifique de leurs ingénieurs. Souhaitons qu’on puisse bientôt faire appel à leur compétence pour que nos habitations soient dans un perpétuel printemps.
- Charles Weinstein.
- 1. A. Troller. — La salle d’hôpital modèle. La Naiure, n° 2762, 1“ juin 1927.
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- = PRINCIPES PHYSIQUES DU CHAUFFAGE
- La chaleur est l’une des formes de l’énergie que la nature met à notre disposition.
- Comme toute autre forme d’énergie utilisable : gravité, élasticité, cinétique, électricité, la chaleur se caractérise par un facteur d’intensité et un facteur d’extensité.
- Le facteur d’intensité, non mesurable, mais seulement repérable sur une échelle conventionnelle, est la température.
- Au point de vue énergétique, l’intérêt d’une quantité de chaleur est fonction du travail qu’on peut en retirer par transformation ; le facteur d’extensité de la chaleur se représente donc en divisant la variation d’énergie calorifique à température constante, c’est-à-dire la quantité de chaleur mise en jeu par la mesure de cette température : ce quotient est dénommé entropie.
- Le facteur d’extensité de l’énergie calorifique est donc une variation d'entropie.
- En matière de chauffage, ce qui nous intéresse n’est pas la transformation de la chaleur, mais sa transmission. Or la transmission même est d’autant plus complète que la différence entre les températures extrêmes du cycle calorifique est plus forte.
- Les problèmes de transmission imposent donc aussi la considération de la valeur du facteur d’intensité, c’est-à-dire de la température ; il ressortira en effet, de l’étude des divers modes de transmission , l’importance fondamentale de ce facteur.
- Avant d’envisager comment se transmet la chaleur, il est logique d’examiner la manière de la produire.
- La nature nous fournit la chaleur sous forme latente contenue dans des substances carbonées appelées combustibles.
- La transformation de cette chaleur latente en chaleur sensible directement utilisable constitue le phénomène de la combustion.
- La combustion est une combinaison chimique entre le carbone des combustibles naturels et l’oxygène de l’air, ou comburant. Cette réaction chimique, fortement exothermique, transforme le carbone en gaz carbonique en dégageant une quantité de chaleur variable avec la teneur du combustible en carbone.
- La combustion est complète lorsque tout le carbone du combustible est transformé en gaz carbonique.
- Le pouvoir calorifique d’un combustible est le nombre de calories dégagées par la combustion complète d’un kg de combustible. Ainsi le pouvoir calorifique de l’anthracite est de 8 000 calories-kg, celui du mazout gasoil de 10800 calories-kg.
- Un kg de combustible exige une quantité d’air bien déterminée pour sa combustion totale : cette quantité d’air théorique s’appelle le pouvoir comburivore du combustible. En pratique, il est impossible d’obtenir la combustion parfaite avec le volume d’air théoriquement suffisant : il faut toujours un excès d’air, d’une valeur optima de 20 à 30 pour 100 en volume. Ainsi, un kg d’anthracite absorbera pratiquement 22 m5 d’air, un kg de mazout environ le même volume.
- Dans la pratique, pour transformer la chaleur latente
- des combustibles en chaleur sensible utilisable, on se sert de chaudières.
- Nous entendons en toute généralité par chaudière tout appareil capable de brûler un combustible, en lui empruntant le maximum de la quantité de chaleur libérée, pour la transmettre au fluide destiné à distribuer cette chaleur aux points d’utilisation.
- Une chaudière n’est donc autre chose qu’un transformateur d’énergie calorifique ; toute transformation d’énergie ne pouvant s’accomplir sans pertes dues à des efdets parasites, toute chaudière sera caractérisée par son rendement.
- Une chaudière est en principe constituée d’un foyer dans lequel s’opère la combustion. Dans le foyer, l’air nécessaire est admis, soit par tirage naturel, soit par tirage forcé mécanique. Le foyer est en effet relié à un conduit vertical ou cheminée, servant à l’évacuation des gaz brûlés. Le tirage est le phénomène d’écoulement du fluide gazeux résultant de la combustion, sous 1 effet de la dépression créée au pied de la cheminée par la différence des températures des gaz à la sortie du foyer et au sommet de la cheminée.
- La chaleur ainsi produite à la chaudière, doit être véhiculée aux divers points d’utilisation. Il est donc nécessaire de recourir à un fluide capable d’absorber la chaleur dégagée par la combustion, pour la restituer rationnellement après transport. Les fluides normalement utilisés dans le chauffage sont : l’air, 1 eau ou la vapeur.
- Une installation de chauffage comprend donc en principe une chaudière servant à chauffer le fluide de circulation, des corps de chauffe ou échangeurs placés dans les locaux à chauffer et un système de tuyauteries reliant les corps de chauffe à la chaudière. Le fluide circule en circuit fermé, en cédant à son passage dans les corps de chauffe le maximum des calories qu’il contient.
- Les problèmes du chauffage consistent en somme à établir et à maintenir dans les locaux certaines températures. Pour maintenir la température d’un local par un chauffage continu, il suffit d’y apporter régulièrement les calories destinées à compenser les pertes ou déperditions de chaleur qui se produisent par les murs, cloisons et parois, et par la ventilation des pièces.
- Cet apport de calories est précisément réalisé par la transmission de la chaleur du fluide circulant dans les corps de chauffe, à l’atmosphère des locaux.
- Etudions sommairement les divers modes de transmission de la chaleur.
- De manière générale, lorsque deux corps à des températures différentes sont placés en contact ou dans le voisinage l’un de l’autre, il se produit entre eux un échange de chaleur tendant à établir l’équilibre calorifique, c’est-à-dire l’égalité des températures.
- La chaleur se transmet de quatre manières différentes : par conductibilité, mélange, convection et rayonnement.
- CONDUCTIBILITÉ
- Certains corps (les métaux en particulier) sont bons
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- conducteurs de la chaleur, c’est-à-dire que la chaleur se transmet rapidement de proche en proche dans leur masse. Lë manche d’une casserole en aluminium cuisant au feu devient très vite brûlant par conductibilité dans la masse du métal. Si ce manche est isolé du corps de la casserole par une rondelle en caoutchouc, la chaleur ne pouvant plus se transmettre, il reste froid, ou ne fait que tiédir par rayonnement.
- Newton a admis que la con-Fig. 1. — Répartition des ductibilité a pour origine un températures par conductibi- rayonnement de molécule à hlé dans un mur homogène. molécule dans la masse du T — ax + . corps conducteur. 11 a énoncé
- sous forme de loi qu’une molécule d’un corps rayonne vers les molécules moins chaudes immédiatement voisines, une quantité de chaleur qui dépend de la distance, s’annule rapidement quand celle-ci croît, et est proportionnelle à leur différence de température.
- Examinons le cas d’un mur d’épaisseur e, séparant deux enceintes à des températures fixes T et t.
- On considère établi ce qu’on appelle le régime permanent, c’est-à-dire le moment où la chaleur absorbée par l’une des faces est transmise intégralement et dans le même temps à l’autre. A l’intérieur du mur, chaleur se transmet par conductibilité seule, et Fourier aTÜémontré qu’en régime permanent la distribution des températures à l’intérieur du mur est linéaire ; en d’autres termes, la température T d’une section longitudinale du mur, et d’abscisse x, est proportionnelle à x (fxg. 1).
- En régime variable, où T et t varient, ce phénomène se complique du fait de l’inertie calorifique du matériau, et de la variation du coefficient de conductibilité.
- On peut formuler la quantité de chaleur M qui passe d’une face à l’autre du mur, par la relation très simple :
- T — t
- M-SC ---------- Z
- e
- M est donc proportionnelle à la surface du mur S, à la différence des températures T et t, et au temps Z, et inversement proportionnelle à l’épaisseur du mur e ; en outre, M est proportionnelle au coefficient de conductibilité C, qui dépend de la nature du matériau et caractérise sa perméabilité calorifique. Indiquons quelques valeurs du coefficient C, en calories transmises par mètre carré de divers matériaux de construction, par heure, à travers une épaisseur de 1 mètre et pour une chute de température de 1° C d’une face à l’autre :
- Béton de mâchefer............... 0,25
- Brique ordinaire................ 0,69
- Ciment armé..................... 0,51
- Pierre meulière................. 0,42
- Liège aggloméré................. 0,069 (isolant)
- Amiante.......................... 0,079 —
- Ivieselguhr (farine fossile).... 0,081 —
- Il est utile de noter que le coefficient de conductibilité varie légèrement avec la température ; par exemple l’aggloméré de kieselguhr a un coefficient de conductibilité de 0,078 à 100« et de 0,092 à 200°.
- MÉLANGE
- La chaleur se transmet par mélange entre deux fluides, par exemple lorsqu’on verse de l’eau chaude dans un certain volume d’eau froide pour obtenir une eau à une température voulue.
- Dans ce cas, il y a un changement dans la position relative des molécules. En principe la quantité de chaleur cédée par le fluide chaud est égale à la quantité de chaleur absorbée par le fluide froid.
- La température finale du mélange est facile à calculer à partir des poids, des températures et des chaleurs spécifiques des deux fluides avant le mélange.
- Rappelons que la chaleur spécifique d’un corps est la quantité de chaleur, en calories, nécessaire pour élever de 1° C la température d’un kg de ce corps.
- Ainsi la chaleur spécifique de la brique varie, suivant sa qualité, de 0,189 à 0,241 ; celle du coke est 0,2009 : celle du verre 0,177 ; celle de l’air atmosphérique à la pression normale, 0,237.
- CONVECTION
- Ce mode de transmission est généralement spécifique du passage de la chaleur d’un corps solide à un autre à l’état fluide à température plus basse, dans lequel le solide est plongé ; ou encore d’un fluide à température élevée à un corps solide moins chaud placé dans ce fluide. Tel est le cas d’un radiateur situé dans un local, ou d’un serpentin de vapeur dans un liquide.
- On peut expliquer de façon simple la notion de convection : lorsqu’on chauffe la portion inférieure d’une masse fluide, liquide ou gazeuse, cette portion se dilate, donc son volume augmente ; comme son poids ne varie pas, sa densité diminue. Devenue plus légère que les portions voisines, le volume chaud s’élève vers les couches supérieures, en même temps que les couches froides, plus denses, s’écoulent vers le bas. Il résulte de ces variations des courants appelés courants de convection.
- Les liquides et les gaz, mauvais conducteurs de la chaleur, s’échauffent surtout par convection : c’est pour cette raison que, dans les locaux, il faut placer les corps de chauffe près des couches inférieures.
- RAYONNEME NT OU RADIATION
- De même nature que le rayonnement de la lumière, le rayonnement calorifique est soumis aux mêmes lois. On admet l’hypothèse de l’émission de Newton : les corps chauds émettent des rayons calorifiques qui transmettent la chaleur à distance.
- La quantité de chaleur rayonnée par un corps est d’autant plus grande que sa température est plus élevée. Plus précisément, la loi de Stefan spécifie que le rayonnement est proportionnel à la quatrième puissance
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- de la température du corps rayonnant. Si, par exemple, la température double, la chaleur émise par rayonnement est multipliée par 16.
- A température égale, les corps dont la surface est polie, brillante ou claire, rayonnent beaucoup moins que les corps mats ou sombres. C’est pourquoi dans la pratique des installateurs il faut éviter de peindre les radiateurs avec des bronzes métalliques ; on n’emploiera de préférence que des teintes mates et sombres. Pour des raisons d’esthétique, on ne peut en général peindre les radiateurs en noir rugueux, mais on s’en rapproche chaque fois qu’il est possible de le faire. La même considération conduit l’homme à s’habiller de blanc en été et dans les pays chauds, parce que les corps qui rayonnent mal absorbent mal la chaleur : le pouvoir rayonnant, en effet, est égal au pouvoir absorbant.
- Deux surfaces élémentaires ds et ds' à des températures T et T'rayonnent l’une vers l’autre une quantité de chaleur qui dépend, entre autres, de leurs coefficients de rayonnement r et r' par rapport à celui r0 du « corps noir » pris comme comparaison.
- Péclet a établi un tableau des valeurs du coefficient de radiation de différents corps ; voici quelques ordres de grandeur :
- Argent poli..................... 0,13
- Tôle polie...................... 0,45
- Tôle ordinaire.................. 2,77
- Noir de fumée................... 4,01
- Eau............................. 5,31
- Dans la pratique du chauffage, il est rare de n’avoir à considérer que le rayonnement seul. En effet, un corps qui rayonne et qui est placé dans l’air ou dans l’eau, y provoque des courants de convection qui finissent par réchauffer toute la masse d’air ou d’eau.
- C’est d’ailleurs le principe du chauffage par corps de chauffe. Le rayonnement et la convection sont presque toujours simultanés, et de nombreux travaux sur cette question ont déterminé dans le coefficient de transmission général K d’une masse chauffante, la part de chacun des deux modes ; les savants Dulong et Petit, Ser, Péclet, ont donné pour la valeur de K :
- K = mr -f- nf
- les produits mr et nf représentant respectivement les parts du rayonnement et de la convection.
- Dans les problèmes qui se posent aux installateurs de chauffage du bâtiment, entre à la base le phénomène d’échange de chaleur entre l’atmosphère d’un local chauffé et l’atmosphère extérieure froide, à travers les murs et cloisons. Nous avons déjà examiné cet échange en considérant la conductibilité seule du mur ; mais la convection et le rayonnement jouent également leur rôle dans le coefficient de déperdition des parois. On obtient la quantité de chaleur qui s’échappe par heure à travers une paroi, en multipliant son coefficient de déperdition par la surface en mètres carrés et par la différence des températures des deux atmosphères séparées par cette paroi.
- Le coefficient de déperdition doit tenir compte, non
- seulement de l’épaisseur du mur et de la nature du matériau, mais aussi de la vitesse de l’air de chaque côté, des sens de circulation respectifs, ou de la vitesse du vent si le mur est en façade (Péclet). Désignons par Q la quantité de chaleur transmise par heure, par mètre carré de surface d’enceinte d’un local, la différence de température de l’air intérieur et de l’air extérieur étant de 1° C (c’est le coefficient de transmission proprement dit).
- Pour un mur extérieur en briques de 0 m 12 d’épaisseur : Q = 2,4 ; pour le même mur, mais intérieur, Q — 2,2. Si le mur en briques avait 0 m 64 d’épaisseur, on aurait :
- Q = 0,9 pour mur extérieur.
- Q = 0,8 pour mur intérieur.
- Un mur en briques a un coefficient de transmission bien inférieur aux précédents, si on ménage dans son épaisseur une couche ou matelas d’air, jouant un rôle d’isolant : c’est le principe du mur isotherme récemment réalisé, qui a la propriété remarquable de se défendre contre le froid et la chaleur. La théorie du « mur isotherme » très complexe, a été depuis peu élaborée par M. Lefèvre, et cette théorie démontre qu’un mur isotherme d’épaisseur inférieure à l’épaisseur courante des murs, a des qualités d’isolation thermique supérieures à celles des murs très épais en pierre de taille tels qu’on en rencontre dans les très vieilles constructions. Ce mur a de plus la qualité de s’échauffer très peu par conductibilité, et sous certaines conditions de vitesse du matelas d’air, constitue un véritable écran thermique. On aperçoit le considérable intérêt de cette invention pour les pays à climats extrêmes, aussi bien dans les régions arctiques que tropicales.
- Citons encore quelques valeurs usuelles du coefficient pour une porte en chêne de 0 m 04 d’épaisseur :
- Q — 2,2 que la porte soit intérieure ou extérieure. Si l’épaisseur n’était que 0 m 02 :
- Q = 2,8 pour porte intérieure.
- Q = 3 pour porte extérieure.
- Pour une fenêtre simple à un vitrage de dimensions courantes, ou une grande fenêtre à vitre forte : Q — 5. Au contraire, les fenêtres à double vitrage donnent :
- Q = 2,2.
- Il résulte de cet aperçu de quelques valeurs du coefficient de transmission, combien l’architecte doit soigneusement sélectionner ses matériaux et veiller sur l’aménagement des baies, sous peine d’augmenter inutilement la puissance du chauffage, donc la consommation annuelle de combustible.
- L’architecte doit prêter la même attention au choix du système de chauffage à adopter, car malgré les principes communs, les modes de réalisation et
- Fig. 2. — Rayonnement mutuel entre deux surfaces élémentaires ds et ds'.
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- Ventilateur
- Chambre du séchoir
- Chambre de chaleur
- Fig. 3.
- Schéma d'un séchoir à air chaud.
- d’installation sont très variables, suivant le fluide adopté et la disposition plus ou moins judicieuse des corps de chauffe.
- ÉCHANGEURS
- Dans tout chauffage à eau chaude ou à vapeur, le fluide chauffant est véhiculé dans des tuyauteries en fer noir ou galvanisé, ou en acier.
- Les corps de chauffe eux-mêmes étant construits le plus souvent dans les mêmes métaux, il est intéressant de passer en revue le principe de ces échangeurs, en indiquant quelques ordres de grandeur des coefficients de transmission.
- La comparaison de deux corps de chauffe doit toujours être faite d’après les valeurs relatives de leur coefficient de transmission.
- Le coefficient de transmission d’un radiateur dépend de la nature et de l’épaisseur du métal, de la forme, de la disposition, de l’écartement et du nombre des éléments.
- Pour les tuyaux à ailettes, il dépend du diamètre du corps, de celui des ailettes, de leur écartement, de la disposition respective des éléments d’une même batterie.
- La vitesse de l’air au contact du corps de chauffe joue également un rôle important, sucette vitesse n’est pas due aux courants de convection.
- Un radiateur à eau chaude dissipe en moyenne 500 calories-heure par mètre carré, et un radiateur à vapeur
- 750.
- Les tuyaux à ailettes à eau chaude dissipent 300-500 calories-heure et les tuyaux à ailettes à vapeur 500-700 environ.
- Un tuyau en fer, qualité chauffage, de diamètre 26-34 est capable de condenser par heure et par mètre carré, environ 2,02 kg de vapeur à 100°, soit 1 086 calories. De même, Ser a établi que pour une température extérieure de 15°, l’eau chaude à 60° permet de dissiper par mètre carré de surface de chauffe et par heure, environ 420 calories pour un coefficient de transmission de 9,5.
- En résumé, les corps de chauffe dissipent la chaleur surtout par les courants de convection qu’ils provoquent, et rayonnent assez peu. Il est donc logique de les disposer dans les parties inférieures des locaux à chauffer, et sur-
- tout à proximité des haies, par lesquelles l’air froid du dehors s’infiltre dans les locaux.
- De cette façon les courants froids d’infiltration sont immédiatement attirés sur les corps de chauffe et transformés en courants chauds formant écran de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur. On a l’habitude de loger les radiateurs dans les allèges des fenêtres, chaque fois que cette pratique est possible et compatible avec les exigences de l’esthétique.
- Dans les installations de chauffage industriel, on procède habituellement par groupes échangeurs aérothermes par pulsion d’air. La portée des courants chauds est ainsi augmentée proportionnellement au volume des locaux à chauffer.
- Un groupe aérotherme se compose en général d’une batterie de chauffe à eau chaude ou à vapeur constituée d’un tuyau à ailettes, et d’un ventilateur (fig. 3). Si les plafonds de l’usine sont vitrés ou en sheeds, il y a exceptionnellement avantage à placer les groupes chauffants ou les tuyaux à ailettes sous ce plafond* lesquels formeront de la sorte un véritable plafond de chaleur.
- L’emplacement judicieux des corps de chauffe est un facteur trop souvent négligé, duquel dépendent souvent la qualité de rendement de toute une installation.
- Les groupes aérothermes que nous venons de mentionner constituent les éléments de hase des problèmes industriels du séchage. L’air chaud destiné à passer sur les corps à dessécher, est chauffé soit par aérothermes à eau chaude ou vapeur, soit directement par aérocalorifères, 'échangeurs où l’air à chauffer emprunte sa chaleur en passant sur des faisceaux, parcourus par' les fumées provenant directement du foyer, avant leur échappement à la cheminée.
- Pour terminer, remarquons que les méthodes de chauffage par corps de chauffe, telles qu’elles se sont généralisées dans tous les domaines domestiques et industriels, procèdent surtout par convection, et sont calculées pour donner une température déterminée au volume du local.
- La convection est donc essentiellement un chauffage « volumétrique » pour ainsi dire. Il est par suite irrationnel car ce n’est pas un volume qu’il s’agit en général de chauffer, mais le corps humain.
- En particulier pour les cubes importants tels que : nefs d’églises, théâtres, etc., peu importe que la voûte soit froide, pourvu qu’il fasse chaud à hauteur d’homme. Aussi les chauffages qui procèdent par radiation, tels que l’eau chaude sous pression, paraissent plus rationnels et, tout compte fait, moins onéreux.
- La convection est donc loin de constituer une méthode idéale de chauffage, et les nouvelles applications de l’air conditionné en font une démonstration éclatante.
- En somme, après avoir erré pendant bien des années à la recherche du véhicule idéal de la chaleur, on revient à la vieille méthode de l’air chaud, adaptée aux exigences du confort et de l’hygiène modernes.
- Charles Weinstein.
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- LES CONDUITS DE FUMÉE
- S’il n’est, selon le proverbe, pas de fumée sans feu, il n’est guère non plus de feu sans fumée.
- La question des conduits de fumée est une des plus importantes et des plus difficiles de tout le problème du chauffage domestique. Non seulement les foyers qui existent dans chaque maison polluent l’atmosphère urbaine, mais encore ils obligent à construire le long des murs ou dans leur épaisseur des conduits destinés au tirage, montant jusqu’au-dessus du toit où ils s’ouvrent par des cheminées.
- Ces conduits s’encrassent de suie formée par la condensation des produits distillés par le foyer agglomérant les poussières entraînées par le tirage. 11 faut donc les ramoner périodiquement pour éviter les dangers d’incendie (feu de cheminée). Ils subissent aussi des variations répétées de température et par suite de dilatation. S’ils se fissurent, ils laissent échapper dans les chambres . voisines les produits de la combustion. Quand le tirage est vif, la combustion est complète, les gaz brûlés ne renferment que de l’acide carbonique, mais la température des conduits s’élève fort; quand le tirage est lent, la combustion est souvent incomplète, il se forme de l’oxyde de carbone, et les gaz stagnants dans les conduits traversent les fissures et se répandent au voisinage. Bien des anémies, des maux de tête, des malaises persistants n’ont pas d’autre cause.
- Les maisons d’autrefois, avec leurs murs très épais, leurs cheminées très vastes, ne connaissaient pas ces problèmes. Les maisons modernes, beaucoup plus grandes et plus hautes, aux murs minces, aux multiples pièces de
- petites dimensions, le posent d’une manière aiguë. Lue cascade d’ordonnances de police, d’arrêtés préfectoraux, de lois et de règlements se sont appliqués à prescrire les règles de construction ; aucun n’a définitivement tranché la question qui est toujours sans solution satisfaisante.
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- En 1926, sur l’initiative de la Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie, ciments et béton armé de Paris, une commission d’étude des conduits de fumée fut constituée à l’Office national des Recherches et des Inventions, à Bellevue.
- Les premières études portèrent sur une série de dix cheminées, construites avec les matériaux usuels et les résultats en furent connus jsute à temps pour être communiqués au 1er Congrès international de la Maçonnerie qui s’ouvrait en mai 1928, à Paris.
- Il serait trop long d’énumérer ici ce que furent ces résultats. L’essentiel à retenir, c’est qu’ils furent négatifs, c’est-à-dire qu’ils démontrèrent que des fissurations commençaient à se produire dès le tirage libre sous un feu un peu poussé et qu’elles s’accentuaient bien nettement au tirage forcé (tablier baissé).
- La conclusion en fut que toute cheminée est dangereuse parce qu’elle émet au tirage ralenti de 1 oxyde de carbone qui peut se communiquer au local par les fissurations. Au tirage libre il ne se produit plus d’oxyde de carbone, mais de l’acide carbonique qui, tout en étant
- Fig. 1. — Essais de conduits de fumée, à l'Office national des Recherches et Inventions, avec des cheminées au bois.
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- = 14 .........:............................=
- moins dangereux, peut vicier l’atmosphère, soit par refoulement, soit, de toute autre manière.
- En 193 )-1932, eut lieu une 2e série d’essais portant sur 11 conduits construits avec des matériaux améliorés ou nouveaux.
- Les divers communiqués faits par la Commission (x) appelèrent tous l’attention des constructeurs sur le même point faible, la jonction des éléments, ce qui montrait qu’un côté délicat de la question restait à résoudre quoique certains matériaux améliorés eussent donné satisfaction.
- Le dernier communiqué (décembre 1932) indique des matériaux qui paraissent susceptibles d’être retenus,
- ils doivent donc avoir les mêmes qualités et assurer une cohésion, une adhérence telles qu’il n’y ait aucune discontinuité. C’est en quelque sorte un ciment invariant qu’il s’agit de trouver et de résistance au moins égale à celle des tuyaux qu’il assemble.
- Il y a aussi la question de durée. La résistance à des attaques chimiques faibles mais prolongées pendant toute la durée du bâtiment, celle de la résistance aux attaques du temps, de plusieurs incendies, de plusieurs centaines de ramonages, voire de trépidations nombreuses semblent aussi mériter de retenir l’attention.
- Il semble en tout cas que tout le temps qu’on n’aura pas trouvé le ciment invariant (1), la seule solution
- Fig. 2. — Essais avec des poêles à feu lent.
- mais la Commission n’a pas encore conclu définitivement et de nouvelles expériences sont encore en cours.
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- Spécialiste de la brique armée, figurant au rang des chercheurs qui ont suivi la question depuis 1926, j’ai tiré de ces expériences les réflexions suivantes :
- Les résultats obtenus sont appréciables parce qu’ils démontrent, ou plutôt, confirment qu’on peut diminuer l’épaisseur des conduits de fumée à condition d’en améliorer les taux de résistance à la compression comme à la tension. Cela revient à dire que les taux d’élasticité de la matière enveloppante doivent être assez élevés pour annihiler les efforts de dilatation (ou de contraction).
- Mais les joints font partie de la matière enveloppante :
- 1. On trouve ceux-ci dans les nos 202, 204, 208, 219 de Recherches et Inventions et, ceux de la lr<l série, dans l’ouvrage « La brique armée homogène », par le Commandant Atthenont. Ch. Béranger, édit., Paris.
- possible sera celle qui consistera à supprimer le joint par le moyen d’un revêtement continu, armé ou non, capable de faire face aux efforts latents inhérents à chaque matière.
- Ce dispositif en fera hausser le prix, naturellement, mais il ne paraît pas y avoir d’autre manière de sortir du dilemme (2).
- On serait tenté de penser que l’enduit continu pourrait s’arrêter à 2 ou 3 mètres de hauteur au-dessus du foyer, c’est-à-dire dans la partie la plus surchauffée, mais il est à craindre que dans un feu de cheminée, ou sous des tirages forcés, le haut subisse des dégâts suffisants pour que le même danger y subsiste. Le plus sage est donc d’enduire ou d’envelopper les tuyaux de cheminée jusqu’au toit.
- Commandant Atti-ienont.
- 1. Invariant non seulement « pendant » mais « après » la cristallisation.
- 2. Si ce n’est toutefois par la double enveloppe.
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- LE CHAUFFAGE PAR PIÈCES ISOLÉES
- CHEMINÉES ET POÊLES
- Lorsque l’homme eut découvert le feu, il l’employa évidemment à se préserver des atteintes du froid et alluma d’abord du bois en plein air, créant ainsi le premier foyer qui s’est perpétué jusqu’à nos jours sous la forme du brasero, le charbon ayant remplacé le bois. ~
- Il chercha ensuite à transporter ce foyer dans sa caverne ou sa hutte, la fumée étant plus au moins bien évacuée par la porte ou par une ouverture supérieure.
- Ce mode de chauffage primitif est le chauffage direct qui est encore utilisé avec le moyen perfectionné de la cheminée.
- On vit d’abord des cheminées très larges dont le manteau pouvait abriter une famille entière. Puis ses cheminées se sont de plus en plus rétrécies, et la cheminée actuelle est devenue un moyen de chauffage tout à fait insuffisant, la majeure partie de la chaleur produite étant emportée dans le tuyau de fumée.
- Pour parer à l’insuffisance de ce procédé, on a cherché à mettre dans la pièce elle-même le foyer de chaleur et c’est ainsi qu’est née l’idée des poêles dont il existe de très nombreuses variétés. Mais un poêle ne peut chauffer qu’un volume assez restreint et par suite ne peut être employé, en général, qu’au chauffage d’une seule pièce.
- Cependant on a reconnu depuis longtemps l’intérêt qu’il peut y avoir à chauffer tout un appartement et même tout un immeuble au moyen de la chaleur fournie par une source extérieure.
- Le premier procédé a consisté à déverser de l’air chaud dans les pièces à chauffer : c’est le chauffage central à air chaud ou chauffage par calorifère. Ce procédé présentant de nombreux inconvénients a été peu à peu délaissé, du moins sous sa forme primitive, et remplacé par le chauffage par la vapeur ou par l’eau chaude circulant dans des radiateurs placés dans les locaux à chauffer : c’est le chauffage central par la vapeur, qui permet dé chauffer des immeubles, et des groupes d’immeubles, ou le chauffage central à eau chaude qui convient particulièrement au chauffage par appartement.
- Un autre système de chauffage central, appelé chauffage par panneaux, déjà développé en Angleterre, commence à se répandre en France et paraît donner d’excellents résultats. Dans ce procédé les panneaux chauffants sont encastrés dans les parois et il n’y a aucun organe de chauffage apparent (1). Nous allons étudier successivement ces divers modes de chauffage
- 1. Il convient de rappeler que les Romains employaient un système de chauffage dérivant de la même idée. Les gaz chauds s’échappant d’un loyer placé sous le bâtiment à chauffer, circulaient entre les doubles parois des murs avant de se déverser dans l’atmosphère. Les parois internes des murs rayonnaient ainsi de la chaleur vers l’intérieur des pièces à chauffer.
- Dans l’épaisseur des murs on trouvait également des conduits de ventilation permettant de renouveler l’air facilement. Aussi le professeur Petenkoffer, célèbre hygiéniste, a-t-il écrit que le système de chauffage des Romains « permettait de respirer un air frais entre des murs chauds ».
- Fig. 1. — Cheminée Foridet.
- qui peuvent se diviser en deux grandes classes, suivant l’emplacement de la source de chaleur ;
- a) Source de chaleur placée dans l’enceinte à chauffer (cheminées, poêles).
- b) Source de chaleur placée hors de l’enceinte à chauffer la chaleur étant transportée par un fluide en mouvement (calorifère à air chaud, chauffage central à vapeur et à eau chaude).
- Fig. 2. — Poêle cloche.
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- Fig. 3. — Poêle à double enveloppe.
- LES CHEMINÉES
- En raison de son faible rendement calorifique , le chauffage par cheminée n’est plus guère employé, mais il peut être utilisé comme procédé de secours.
- Le mauvais rendement des cheminées est dû aux causes suivantes :
- 1° La chaleur rayonnante est seule utilisée et les gaz de la combustion emportent plus de 85 pour 100 de la chaleur dégagée par le combustible.
- 2° Le tirage provoque un afflux considérable d’air qui arrive froid de l’extérieur.
- On a cherché à augmenter le rayonnement en inclinant vers la pièce à chauffer la plaque du cœur qui sert de fond à la cheminée ou en avançant le foyer vers l’intérieur de la pièce au moyen de coquilles de diverses formes, ou encore en restreignant l’orifice de départ des gaz chauds afin que l’air évacué soit seulement celui qui a réellement traversé le combustible.
- Une amélioration plus rationnelle consiste à atténuer chacun des inconvénients signalés :
- 1° En utilisant la chaleur des gaz de la combustion à échauffer par contact un coffrage disposé dans la cheminée et parcouru intérieurement par l’air à déverser dans l’appartement.
- 2° En prenant cet air non pas dans la pièce à chauffer, ce qui ne diminue pas l’afflux d’air froid par les interstices des portes et fenêtres, mais directement à l’extérieur au moyen de prises qui l’amènent par une canalisation spéciale dans le coffrage d’où, après s’être réchauffé, il se répand dans la pièce, grâce à des bouches de chaleur convenablement disposées.
- Comme exemple d’une telle amélioration on peut citer l’appareil Fondet représenté par la figure 1. Il
- comprend deux tubes horizontaux a et b reliés par plusieurs rangées de prismes creux inclinés vers l’avant du foyer. L’air arrivant sous l’âtre passe dans les tubes et les prismes dont la surface extérieure est léchée par les gaz de la combustion. Cet air se réchauffe donc en traversant l’appareil et il se déverse ensuite dans la pièce par des bouches de chaleur ménagées dans les jambages.
- Cet appareil augmente sensiblement le rendement de la cheminée, mais il convient surtout pour le chauffage au bois, les coups de feu d’un foyer à la houille risquant de détériorer les tubes. Comme autre appareil du même genre on peut citer la cheminée Joly.
- LES POÊLES
- Les poêles sont des foyers fermés en métal ou en terre réfractaire. Il en existe de très nombreuses variétés : poêles à simple enveloppe, poêles à double enveloppe, poêles à feu continu, etc.
- Poêles à simple enveloppe :
- Poêles en fonte. — Le type le plus simple, mais qui n’est plus guère utilisé, est le poêle cloche ou poêle lyonnais représenté par la figure 2. Il comprend deux cloches en fonte réunies par leurs bases, entre lesquelles est disposée une grille, la cloche supérieure portant le tuyau et la cloche inférieure formant cendrier.
- Il procure un chauffage presque instantané, mais la fonte rougit rapidement et peut être traversée par l’oxyde de carbone provenant de la combustion du charbon. Il se refroidit très vite quand le feu diminue d’intensité.
- Fig. 4. — Poêle « Sougland » à double enveloppe.
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- On peut perfectionner les poêles à simple enveloppe, en les munissant d’un foyer indépendant de l’enveloppe, de manière que le feu ne soit pas en contact avec celle-ci, ou en employant des enveloppes à nervures saillantes qui transmettent plus rapidement la chaleur, ou enfin en garnissant l’intérieur de l’enveloppe d’un revêtement en terre réfractaire.
- Poêles en terre réfractaire. — Ces poêles sont constitués par une enveloppe en briques réfractaires revêtue de faïence décorative. Ils sont assez longs à s’échauffer, mais conservent bien la chaleur et donnent un chauffage doux et régulier. Dans les pays froids, on leur donne de grandes dimensions ; à l’intérieur, des cloisonnements nombreux retiennent longtemps la fumée au contact des parois de manière qu’elle leur cède la majeure partie de sa chaleur.
- Poêles à double enveloppe. — Les poêles à simple enveloppe ont en général un rendement assez médiocre car les gaz de la combustion s’échappent à une température assez élevée.
- On obtient de meilleurs résultats en enveloppant le foyer d’une chemise en tôle, en fonte ou en faïence avec des grillages à la partie inférieure et sur le dessus.
- Fig. 6. — Poêle Godin.
- Fumée
- Etuve
- < j Fumée
- Ventouse
- Fig. 5. — Poêle de salle à manger.
- Grâce à la présence de l’enveloppe extérieure, le rayonnement est moins intense. Il se produit entre les deux enveloppes des courants d’air ascendants : l’air admis par le bas s’échauffe et se déverse dans la pièce par les grilles supérieures (fig. 3 et 4). On augmente ainsi très sensiblement le rendement qui peut atteindre 50 à 60 pour 100. Des surfaces auxiliaires léchées par les gaz de la combustion peuvent être dissimulées sous l’enveloppe extérieure de manière à refroidir le plus possible ces gaz avant leur sortie de l’appareil ; c’est le cas, par exemple, des poêles en faïence, dits poêles de salle à manger (fig. 5), dans lesquels les chicanes, disposées sur le passage des gaz de la combustion, constituent en outre des étuves utilisées pour le chauffage des plats et des assiettes.
- Poêles à feu continu. — Les appareils que nous venons de décrire nécessitent des chargements fréquents; à chacun de ces chargements la température s’abaisse; ensuite, si l’on met assez de combustible, le chauffage devient intense quand tout le combustible est en ignition.
- Les poêles à feu continu ont pour but d’espacer les chargements et de réaliser une combustion lente et régulière.
- Les poêles à feu continu sont de deux types : les poêles à grand foyer et les poêles à magasin indépendant.
- Dans les premiers la réserve de combustible est traversée par les gaz chauds et l’acide carbonique, qui se produit dans le foyer, est transformé en oxyde de carbone au
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- Fig. 7. — Poêle Phénix.
- contact du charbon incandescent. Ils nécessitent donc une cheminée ayant un excellent tirage.
- A ce type se rattachent les poêles Godin (lîg. 6), Dinz, Deville, etc.
- Dans les seconds, le magasin de combustible alimente automatiquement le foyer et n’est pas traversé par les gaz, de sorte que la production d’oxyde de carbone est peii à redouter. Mais ces poêles sont moins écono-
- Fig. 8. — Poêle Pied-Selle.
- miques que les premiers, car les gaz de la combustion n’ont qu’un faible parcours à effectuer et arrivent encore très chauds dans le tuyau de fumée. D’autre part, le charbon contenu dans le magasin peut distiller au voisinage du foyer et les gaz provenant de la distillation s’accumulent à la partie supérieure du magasin et provoquent parfois de petites explosions quand on ouvre la porte de chargement. A ce type appartiennent le poêle Gavé, le poêle Choubersky, le poêle Phénix (fig. 7), le poêle Pied-Selle (flg. 8), la Salamandre.
- La plupart de ces appareils sont à feu visible. Kn particulier, dans le Phare, la paroi entourant le foyer est formée de deux étages superposés de fenêtres garnies de feuilles de mica, de sorte que le feu est visible tout autour de l’appareil. Ce poêle convient particulièrement au chauffage de grands volumes : pavillons, vestibules, salles d’attente, salles d’école, etc.
- Les poêles à feu continu présentent des avantages qui justifient leur grand succès. Mais ils ont également des inconvénients qui se ramènent à trois principaux :
- 1° Gaspillage de chaleur.
- 2° Nécessité d’utiliser des combustibles de choix et par suite d’un prix élevé.
- IP Production assez importante d’oxyde de carbone.
- Le défaut commun à tous les foyers, y compris les poêles à feu continu, est de ne jamais réaliser une combustion complète. Quelle que soit la quantité d’air admise à la grille, elle est insuffisante pour oxyder complètement les gaz et matières volatiles qui s’échappent dans l’atmosphère en emportant 40 à 50 pour 100 des calories produites par la combustion. Il se produit en même temps un encrassement des grilles et un dégagement de fumée nuisibles au bon fonctionnement des appareils.
- Pour remédier à ces inconvénients on utilise des combustibles extra, coûtant très cher. Ces combustibles soigneusement calibrés sont obtenus par concassage du charbon brut ; le concassage produit des déchets qui pourraient être livrés à bon marché par les mines, mais qui, jusqu’à ces dernières années, constituaient plutôt un poids mort, car les poêles à feu continu ne pouvaient les brûler. Mais depuis quelques années certains perfectionnements apportés aux appareils de chauffage permettent l’utilisation de ces combustibles à bon marché. Nous allons décrire deux poêles permettant ce te utilisation : le poêle Ciney et le poêle Toufflin.
- Poêle Ciney. — Cet appareil construit par les forges de Ciney est muni d’un dispositif qui ramène constamment l’oxyde de carbone et les hydrocarbures au contact du combustible en ignition à l’arrière de la grille où ils se réchauffent et s’enflamment. Un clapet automatique commandé par le tirage de la cheminée introduit l’air strictement nécessaire pour assurer la combustion complète (fig. 9).
- A la partie inférieure se trouve le foyer, compris entre deux grilles placées l’une vers l’avant, l’autre vers l’arrière de l’appareil. Deux prises d’air correspondant à ces deux grilles permettent une grande arrivée d’air et une combustion rationnelle. Le foyer est alimenté
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- Air chaud
- Cheminée
- Ailettes
- de
- radiateur
- Manchon
- chauffant
- Air froid
- t_ Chambre ^ee d’inflammation —
- Prise dain ^^
- Clapet auto ’matique de ventilation
- Charbon en attente
- Zone de distillation
- _Zâne de. combustion
- 1 -Pise d'air
- Air chaud réparti également dans le local
- Réservoir
- combustible
- Grille \ a vpnt
- Ecran
- Tenons
- Grille a prier ?
- Coffre i 'e rècupt ) ai ion
- Cendrier
- Air froid aspiré au sol
- Fig. 10. — Poêle Toufflin.
- Fig. 9. — Poêle Ciney.
- par un magasin au-dessus duquel est disposé un clapet de ventilation automatique par lequel est aspiré l’air vicié de la pièce. Cet air traverse la chambre d’inflammation située à la partie supérieure du foyer, à l’origine du tuyau d’aspiration des fumées ; il y brûle l’oxyde de carbone dégagé dans le foyer et qui est également aspiré vers la chambre d’inflammation. Les gaz qui peuvent se dégager à travers le magasin sont également entraînés vers la chambre d’inflammation en même temps que l’air introduit par le clapet de ventilation. Tous les gaz combustibles sont ainsi entièrement brûlés.
- Des ailettes de radiation situées sur les faces de l'appareil diffusent la chaleur produite et augmentent le rendement calorifique de 35 pour 100.
- Enfin, une série de tubes verticaux, placés sur le passage de la flamme vers la cheminée, sont traversés par l’air froid qui s’y réchauffe, s’échappe ensuite par le haut de l’appareil et se répand dans la pièce. Ce poêle a un très bon rendement et permet de réaliser une double économie, sur la quantité et sur le prix du combustible.
- Poêle Toufflin. — Cet appareil représenté en coupe par la figure 10 brûle le combustible en une
- couche mince (10 cm environ) retenue entre deux grilles. L’air arrive toujours en excès sur la grille avant, traverse la couche de combustible qu’elle oxyde et, sans passer à travers la colonne de combustible du réservoir, s’échappe dans un coffre de récupération. Le combustible employé est le grain d’anthracite (10, 15 à 25 mm) ; la combustion se fait sans dégagement d’oxyde de carbone, on obtient
- Fig. 11. — Poêle à bois.
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- = 20 —.................—...... 111 ...............=
- du gaz carbonique qu’on peut laisser échapper sans inconvénient.
- D’autre part, l’abaissement de la température des gaz de la combustion est obtenu en faisant passer ces gaz dans un coffre de récupération de chaleur aux parois duquel ils cèdent une bonne partie de leurs calories. Ce refroidissement des gaz est encore accru par la présence d’un écran à faible distance des parois du coffre ; entre le coffre et l’écran s’établit une circulation d’air (jui refroidit encore plus énergiquement les parois du coffre et. par suite, les gaz qu’il contient.
- Cette circulation d’air présente en outre l’avantage d’assurer par brassage une excellente distribution de la chaleur, même dans une grande pièce. Le poêle étant à tirage réduit, les gaz s’échappent dans la cheminée à une température de 100° à 120°. D’après des essais effectués au Conservatoire des Arts et Métiers cet appareil a un rendement thermique de 77,2 pour 100.
- Poêles à bois. —. Les poêles que nous venons de décrire fonctionnent au charbon. Cependant un certain
- nombre d’entre eux pourraient aussi brûler du bois. Mais quand on veut utiliser ce combustible il est préférable de se servir de poêles construits pour le brûler dans les meilleures conditions.
- Parmi ceux-ci on peut citer le poêle Mirus qui est très répandu et dont le succès a suscité de nombreuses imitations qui n’en diffèrent que par des détails de construction.
- Les poêles de ce genre comprennent une caisse rectangulaire en tôle à double paroi supportée par quatre pieds. Le côté formant façade est en fonte et porte de petites plaques de mica permettant de voir le feu. La sole est constituée par des briques réfractaires. Les bûches de bois s’appuient par une extrémité sur un chenet mobile. La porte est placée à l’une des extrémités de la caisse et munie d’un petit registre ou d’une valve permettant de régler l’allure du feu. L’enveloppe extérieure comporte souvent une décoration en carreaux céramiques ou en fonte émaillée (fxg. 11).
- H. Fougkret.
- CHAUFFAGE CENTRAL
- I. - CHAUFFAGE A AIR CHAUD
- Dans ce système de chauffage, de l’air pur pris à l’extérieur est réchauffé au contact de surfaces chauffantes et conduit au moyen de gaines dans les différents locaux à chauffer.
- Une installation de chauffage à air chaud comprend :
- 1° Les prises d’air.
- 2° Le calorifère comportant :
- a) Le foyer ;
- b) Les surfaces chauffantes;
- c) La chambre de chaleur;
- d) L’enveloppe de maçonnerie.
- 3° Les conduites d’air chaud.
- 4° Les bouches de chaleur.
- Nous allons étudier rapidement ces divers éléments :
- Prises d’air. — Les prises d’air doivent être raccordées à l’extérieur, dans un endroit où l’air est pur, sans poussière ni mauvaise odeur. On peut les disposer, suivant les cas, horizontalement ou verticalement dans le parement d’un mur. Il est bon de les munir d’un filtre constitué par un morceau d’étoffe à mailles assez lâches.
- On leur donne habituellement une section de 2 à 3 dm2 par 100 mr> d’air à débiter par heure.
- Calorifère. — Il comprend le foyer où se fait la combustion et les surfaces de chauffe où circulent les gaz de la combustion qui transmettent leur chaleur à travers les parois métalliques à l’air froid admis par le bas.
- Les types de foyers sont très nombreux. A titre
- d’exemple, nous décrivons sommairement le foyer Michel Perret et le foyer Gurney.
- Foyer Michel Perret. — Ce foyer comprend une chambre réfractaire de forme cubique à l’intérieur de laquelle se trouvent disposées, avec un écartement soigneusement calculé, trois ou quatre rangées de dalles réfractaires desservies par des portes placées à l’avant de l’appareil (fig. 1).
- Les dalles des étages supérieurs sont percées d’ouvertures en quinconces, disposées de manière à permettre au combustible de descendre presque naturellement d’un étage sur l’étage inférieur et de s’y placer en talus d’éboulement affectant la forme de cônes.
- Le foyer est construit dans une enveloppe métallique étanche servant à la fois de surface de chauffe et d’armature.
- L’air froid est admis à la partie inférieure, passe entre la surface de chauffe et l’enveloppe en maçonnerie et s’accumule dans la chambre de chaleur située au-dessus du foyer. De cette chambre de chaleur partent les conduites d’air chaud.
- Foyer Gurney. — Il comporte une chaudière verticale en fonte munie de nervures verticales. L’air arrive à la partie inférieure du calorifère et s’élève entre la chaudière et l’enveloppe en maçonnerie, les nervures de la chaudière servant de surface de chauffe. L’air chaud s’accumule à la partie supérieure de l’enveloppe en maçonnerie. De la chambre de chaleur ainsi constituée, partent les conduites d’air chaud (fig. 2).
- Le corps de la chaudière repose dans un bassin d’eau, qui par une évaporation lente et rationnelle donne à l’air chaud un degré hygrométrique convenable.
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- Conduites d’air chaud. — Les conduites d’air chaud partent de la chambre de chaleur, généralement de la partie supérieure immédiatement au-dessous du plafond. En principe, chaque local est desservi par un tuyau spécial, mais on accole autant que possible les tuyaux pour éviter les déperditions de chaleur.
- Les conduites sont en tôle galvanisée entourée d’un isolant en plâtre ou en poterie.
- On donne généralement à la section des conduites 2 à 3 dm2 par 100 m' d’air transportés par heure.
- Chaque conduite doit être munie d’un registre de tirage pour uniformiser la distribution de chaleur.
- Bouches de chaleur. — Les bouches de chaleur sont placées soit horizontalement au niveau du plancher (bouches de parquet), soit verticalement (bouches de plinthe), ces dernières sont préférables. Le types sont très nombreux (bouches à créneaux, à persiennes, à coulisse, à tourniquet, etc.).
- La section des bouches doit être suffisante pour que la vitesse de sortie de l’air ne dépasse pas 50 cm/sec. Cette section varie; suivant la position occupée par le dispositif qui caractérise le type de la bouche.
- Inconvénients et avantages du chauffage a air chaud.
- — L’air sortant des bouches de chaleur est généralement très chaud et trop sec. 11 peut être vicié si les surfaces de chauffe ne sont pas parfaitement étanches.
- Les parquets voisins des bouches, constamment desséchés, peuvent arriver à s’enflammer.
- La portée de ce système de chauffage est faible en raison de la faible capacité calorifique de l’air. A côté de ces inconvénients sérieux, le chauffage à air chaud présente cependant l’avantage d’assurer une ventilation énergique des locaux. D’autre part, les bouches de chaleur ne sont pas encombrantes et sont faciles à dissimuler.
- Pour éviter la viciation de l’air, on peut utiliser le chauffage par batterie dans lequel l’air se réchauffe au contact de radiateurs à eau chaude ou à vapeur. Mais cet intermédiaire diminue le rendement, sans augmenter la portée du chauffage. Aussi le chauffage
- à air chaud est-il presque complètement abandonné aujourd’hui pour les locaux d’habitation.
- Il est surtout employé pour les ateliers, les grands halls, etc. Mais il doit subir quelques transformations qui en augmentent la portée.
- Pour obtenir ce résultat plusieurs solutions ont été adoptées, nous allons exposer les principales :
- Fig. 2. — Foyer Gurney.
- Fig. 1. — Foyer Michel Perret.
- A. Chauffage par pulsion d’air chaud. — Le
- principe de ce système de chauffage est le suivant : un ventilateur aspire l’air froid à l’extérieur ou à l’intérieur et le refoule sur une surface chauffante qui peut être un calorifère analogue aux précédents ou un système de serpentins dans lequel circule de la vapeui ou de l’eau chaude.
- A titre d’exemple nous décrivons le groupe aéro-calorigène de la Société La Chaleur (*) (fig. 3). Il se compose essentiellement d’un coffre en tôle sur lequel est fixé un ventilateur hélicoïde directement accouplé à un moteur électrique. Ce ventilateur aspire l’air dans le local à chauffer et refoule cet air dans le coffre sur une surface de chauffe placée verticalement et constituée par des faisceaux tubulaires en cuivre à ailettes en tôle. Dans ce faisceau tubulaire circule de la vapeur à basse ou à moyenne pression. L’air échauffé au contact de la surface de chauffe sort par trois bouches placées sur la face inférieure de l’appareil. Cet air est soufflé dans trois directions différentes à une vitesse qui varie de 10 à 15 m par seconde et suivant une inclinaison variable avec la position donnée aux volets.
- L’appareil peut se placer à une hauteur de 3 m 50 à 5 m. Il permet de brasser l’air depuis le sol jusqu’à sa hauteur sans qu’il en résulte de gêne pour les occupants. D’autre part, l’air soufflé à 70° environ se mélange rapidement avec l’air ambiant et sa vitesse, ainsi que sa température, diminuent rapidement quand on s’éloigne du point d’émission. La différence entre les tempéra-
- 1. Société « La Chaleur », 141 bis, rue de Vanves, Paris.
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- = 22 '............................ =-=
- tures obtenues en haut et en bas d’un atelier ne dépasse pas 2°.
- Le ventilateur peut débiter 3600 m3 à l’heure. L’air est aspiré à une température de 12° à 18° et dégagé à une température de 65° à 75°. La puissance absorbée est d’environ 1 ch 35.
- A basse pression l’appareil dégage 39000 calories à l’heure ; à moyenne pression (3 à 5 kg), il dégage 50000 calories.
- Le rayon d’action de l’appareil est d’environ 20 m. Les appareils employés au chauffage d’un atelier se fixent sur des consoles en fer qui peuvent être scellées dans les murs ou boulonnées sur des poteaux en bois, en métal ou en ciment armé.
- Décrivons également l’échangeur de température
- Fig. 3. — Groupe aéro-calorigène (Sté la Chaleur).
- S H (1). Autour de la turbine d’un ventilateur centrifuge à enveloppe de tôle sont disposés concentriquement des tuyaux à ailettes dans lesquels on fait circuler un fluide chaud. L’air aspiré par le ventilateur est pulsé à travers les ailettes, s’échauffe à leur contact et est ensuite distribué au moyen de tuyauteries convenablement disposées.
- L’échangeur assure une ventilation régulière avec de l’air constamment renouvelé ; il réalise donc ainsi le chauffage et la ventilation. L’air peut être envoyé dans les locaux complètement dépoussiéré et purifié en passant par des filtres spéciaux. Comme il y a pulsion mécanique, on peut créer dans les locaux une légère surpression évitant toute entrée d’air froid ou pollué par les fissures des portes ou des fenêtres.
- 1. Forges et Ateliers de Commentry-Oissel, 16 bis, rue de l’Abbé-de-l’Epée, Paris.
- Cet appareil a été employé pour réaliser le chauffage des vastes ateliers modernes de la Compagnie des chemins de fer de Paris-Orléans à Vitry-sur-Seine (188 000 m3).
- L’ensemble de cette installation comporte le chauffage de deux groupes d’ateliers. Une chaufferie unique comprenant deux chaudières multitubulaires produit la vapeur à 8 kg. Cette vapeur détendue à 3 ou 5 kg suivant la température extérieure est distribuée par une tuyauterie principale logée dans une longue galerie souterraine qui réunit les bâtiments à chauffer. De cette galerie partent des branchements munis de robinets et la vapeur est répartie aux appareils de chauffage constitués, d’une part, par 21 échangeurs de température soufflant directement l’air chaud dans les grands halls, d’autre part, pour certains ateliers, par des radiateurs en tubes lisses munis de grillage de protection. Il n’y a aucune gaine de distribution d’air chaud dans les locaux où courent le long des murs de simples tuyauteries de diamètre très réduit. L’air chaud est soufflé directement par les échangeurs de température, munis de diffuseurs (fig. 4). Les échangeurs sont placés sur des consoles à une hauteur de 3 m 50 ; les diffuseurs sont circulaires ou demi-circulaires selon que les consoles sont fixées à des poteaux ou aux murs. Les appareils sont éloignés de 20 à 30 m les uns des autres.
- Il existe dans le commerce de nombreux autres dispositifs de chauffage par pulsion d’air chaud. Citons encore les calorigans « Saga » (1), dont la figure 5 représente un modèle, et les groupes aérothermes « Aéric » ("), centrifuges ou hélicoïdes suivant la nature du ventilateur. La figure 6 représente un groupe aérotherme centrifuge.
- B. Chauffage par l’air sous pression. — Le chauffage des locaux est obtenu par l’introduction dans ceux-ci d’un certain volume d’air chaud qui assure en même temps la ventilation permanente des bâtiments.
- L’air est prélevé à l’intérieur ou à l’extérieur des locaux par un ventilateur centrifuge ; il est envoyé sous pression à l’intérieur des éléments qui constituent la surface de chauffe du générateur Aérocalor (fig. 7). A la sortie du générateur, l’air circule dans une tuyauterie en acier soudée à l’autogène qui le conduit aux locaux à chauffer où il est réparti par des appareils orientables. Cette diffusion se fait sans gêne pour les occupants grâce à la multiplication des points d’émission et à leur disposition judicieuse.
- Etant donné d’une part la température élevée d’utilisation de l’air, d’autre part la façon dont il est distribué, un volume relativement restreint suffit pour satisfaire aux besoins du chauffage. La circulation de l’air jusqu’à une distance de près de 200 m de la chaufferie se fait sans grande consommation d’énergie ; un seul moteur de puissance relativement peu élevée suffit aux besoins de force motrice du système.
- Dès que le foyer est allumé, l’air est distribué chaud à l’ensemble de l’installation, il suffit d’allumer 30 à
- 1. Société anonyme Grouvelie et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert, Paris.
- 2. Aéric, anciens établissements Vivien, 3, rue Martinval, Levallois-Perret.
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- 40 minutes avant l’occupation des locaux. 11 est possible de mettre le chauffage en route pendant une ou deux heures seulement ; le temps de fonctionnement du foyer sera sensiblement égal au temps d’utilisation.
- L’air de ventilation ne pénètre pas dans les locaux par les ouvertures ou les interstices des parois, mais est distribué rationnellement, sans gêne pour les occupants, après avoir contribué à l’abaissement maximum de la température des fumées, grâce à la faible température à laquelle il est introduit dans le corps de chauffe. Le rendement est de l’ordre de 85 pour 100.
- Quelles que soient la nature, la grandeur et la disposition des locaux à chauffer, l’installation ne comporte qu’une seule tuyauterie en tôle d’acier soudée à l’autogène (Tig. 8 et 9).
- Ce système de chauffage permet d’envoyer les calories aux endroits utiles et seulement à ceux-là lorsque les volumes considérés sont trop importants pour permettre de chauffer l’ensemble. D’ailleurs, les distributeurs sont orientables et se prêtent facilement aux modifications éventuelles apportées dans les emplacements des machines ou dans l’affectation des locaux.
- II. - CHAUFFAGE A VAPEUR
- Une installation de chauffage par la vapeur comprend :
- 1° Un générateur de vapeur.
- 2° Une canalisation de petit diamètre qui amène la vapeur aux surfaces chauffantes où elle se condense en cédant sa chaleur.
- 3° Une canalisation de retour pour l’eau condensée.
- 4° Des surfaces chauffantes.
- 5° Des organes de réglage et des organes de sécurité.
- Les installations de chauffage par la vapeur se différencient d’après la valeur de la pression :
- chauffage à haute pression......... 5 à 12 kg
- — à moyenne — ........ 1 à 2
- à basse — ....... 0kg 05 à 0kfi 3
- Les installations à basse pression sont les plus répandues ; dans ces installations l’eau condensée est ramenée au générateur par gravité.
- La vapeur se prête bien au chauffage intermittent. En cas d’interruption du chauffage, l’eau condensée revient à la chaudière, les radiateurs et canalisations restant vides, d’où une sécurité très appréciable dans les locaux qui cessent d’être surveillés pendant les interruptions du chauffage.
- On peut admettre que pour des distances inférieures à 500 m, une pression de 200 gr est suffisante, une pression de 150 gr suffît jusqu’à 300 m et une pression de 50 à 200 gr jusqu’à 200 m. La pression courante est d’environ 100 gr.
- La haute pression n’est utilisée que pour transporter la vapeur à grande distance.
- Quand il y a nécessité de produire la vapeur à haute pression, on ramène cette vapeur à basse pression au moyen de détendeurs avant son entrée dans les bâtiments à chauffer.
- Dans toutes les parties d’une installation à basse pression : radiateurs, tuyaux, etc., la vapeur est à la pression atmosphérique. Ce n’est que dans les chaudières que
- Fig. 4. — Échangeur muni d'un diffuseur circulaire.
- la pression est un peu plus forte sans toutefois atteindre 1/3 d’hectopièze (340 gr. par cm2), ce qui assujettirait l’installation aux formalités administratives prévues dans le décret du 5 avril 1926, sur les appareils à vapeur. Généralement, la pression effective dans la chaudière
- Fig. 5. — Calorigan “ Saga'.
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- = 24 ..: ....==..........— : =
- ne dépasse pas 200 gr par cm*, c’est-à-dire 2 m d’eau. En plaçant la chaudière de manière que l’eau y soit à au moins 2 m au-dessous du radiateur le plus bas, l’eau revient automatiquement à la chaudière sans le secours d’une pompe.
- Le chargement des chaudières se fait automatiquement au moyen de bennes de chargement contenant le combustible nécessaire pour 12 heures. Un régulateur automatique utilise la pression de la vapeur pour augmenter ou diminuer l’ouverture de la vanne d’introduction de l’air dans le foyer.
- Pour que la pression ne dépasse pas une limite déterminée, la chaudière est munie d’un organe de sûreté (vase d’expansion ou tube de sûreté).
- Chaudières. — Les chaudières se font en tôle d’acier ou en fonte. Les chaudières en fonte sont formées d’éléments de petites dimensions qui se juxtaposent à volonté
- Fig. 6. — Groupe aérotherme centrifuge « Aeric ».
- et peuvent se monter dans tous les locaux, quelle que soit l’exiguïté des portes. Elles sont donc faciles à monter, les éléments sont faciles à remplacer et elles sont moins chères que les chaudières en tôle et résistent mieux à la rouille.
- Par contre, celles-ci sont moins sensibles aux coups de feu, elles sont peu fragiles et se réparent facilement.
- Comme exemple de chaudière en fonte, citons la chaudière à sections type « Niplos » représentée par la figure 10 et construite par la Société Sulzer.
- Comme exemple de chaudière en tôle nous décrivons ci-dessous la chaudière Grouvelle et Arquembourg. Elle comprend un cylindre vertical à la partie inférieure duquel est le foyer. Au-dessus de celui-ci se trouve une plaque tubulaire portant en son centre un tube de grand diamètre servant de magasin de combustible et autour duquel sont disposés les tubes de fumée (fig. 11).
- En marche normale, les portes du foyer sont fermées et l’air arrive dans le cendrier par une tubulure munie d’une soupape-régulateur automatique commandée par un manomètre à mercure.
- Accessoires de chaudières. — Ces accessoires com-
- prennent un manomètre, un niveau d’eau, des organes de sécurité et des organes de régulation.
- Les organes de sécurité ont pour but d’empêcher la pression d’atteindre une valeur dangereuse.
- Dans la chaudière représentée par la ligure 11, l’organe de sécurité est un tube P appelé tube de sûreté qui débouche à sa partie inférieure à quelques centimètres au-dessous du niveau normal de l’eau dans la chaudière et est ouvert en haut dans l’atmosphère.
- Quand la pression s’élève, l’eau monte dans le tube P. Pour une certaine valeur de la pression l’orifice inférieur du tube est démasqué, et la vapeur s’échappe.
- Remarquons le tube horizontal branché sur le tube P. Quand l’eau dans P atteint le niveau de S l’eau se déverse dans un petit seau qui ferme le registre du tuyau de fumée et supprime ainsi le tirage.
- L’organe de sécurité peut être complété par un vase d’expansion, réservoir placé au-dessus de la chaudière à une hauteur 11 correspondant à la pression qui ne doit pas être dépassée. 11 reçoit les eaux de condensation des radiateurs et est ouvert dans l’atmosphère. 11 communique avec la chaudière par un tuyau qui ramène l’eau de condensation au bas de la chaudière et par un autre tuyau qui débouche un peu au-dessous du niveau normal de l’eau dans la chaudière et joue le même rôle que le tube de sûreté décrit ci-dessus.
- Les organes de régulation agissent sur l’allure de la combustion en faisant varier la quantité d’air admise sous la grille ou en actionnant le registre du tuyau de fumée ou encore en employant simultanément les deux procédés. Il existe de nombreux types de régulateurs : régulateurs à membrane, régulateurs à eau, régu-lateürs à mercure.
- A titre d’exemple, décrivons le régulateur de la chaudière représentée par la ligure 11. C’est un régulateur à mercure comprenant deux vases communiquant par un tube en U et contenant du mercure. Le vase de gauche est fermé et communique avec la chaudière. Dans le vase de droite, ouvert dans l’atmosphère, se trouve un flotteur qui agit par l’intermédiaire d’un levier et d’une tige sur la soupape d’entrée d’air A. Ce régulateur est très sensible mais il n’agit pas sur le registre du tuyau de fumée. Celui-ci peut être actionné comme il a été dit plus haut dans la description du tube de sûreté.
- Canalisations. — Les canalisations sont généralement en fer, soudé par recouvrement et non par rapprochement. Les assemblages se font par manchons, coudes, tés, pièces de raccords diverses avec filetage conique.
- Pour les grands alignements droits il est nécessaire de prévoir des dispositifs permettant la dilatation (boucles d’expansion en forme de S ou de cor de chasse).
- Les canalisations sont supportées par des colliers à scellements qui les maintiennent à une certaine distance des parois. Les tuyaux nus laissent perdre une grande quantité de calories, d’où la nécessité de les calorifuger là où la transmission de chaleur n’est pas utile. Il existe de nombreux calorifuges : liège en coquilles ou en bourrelets, amiante, kieselguhr, etc.
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- D’après Rietehel et Brabbée l’efficacité des calorifuges est donnée par le tableau ci-après, l’efficacité est évaluée en centièmes de la quantité de chaleur rayonnée par le tube nu.
- Efficacité des calorifug es :JL 100
- Nature du revêtement de la chaleur rayonnée par es tubes nus.
- Valeurs de p pour différentes
- épaisseurs d u calorifuge.
- — - 15 mm 20 mm 25 mm 30 mm
- Kicselguhr et enduit de dextrine. Kicselguhr avec poudre de liège 53 G1 G 7 72
- et enduit de dextrine. . . . Plaques de kieselguhr formant 70 74 7G 79
- gouttières. Plaques de liège formant goût- 6G 70 73 75
- tières 5 G 65 71 76
- Bourre de soie 75 78 80 81
- Feutre 81 84 86 87
- Fig. 7. — Batterie de générateurs Aérocalor pour chauffage par air sous pression.
- diamètres des tuyaux à ailettes avec le nombre de calories transmises.
- Le diamètre des canalisations dépend du volant de vapeur à transporter jusqu’aux surfaces chauffantes, de la longueur de transport, de la différence de pression entre la chaudière et les surfaces chauffantes, des condensations à prévoir le long de la canalisation, des entraînements d’eau de la chaudière. D’après M. Barbet, ingénieur-conseil de la Direction des Beaux-Arts, les diamètres indiqués au tableau ci-après conviennent pour le transport de 10 000 calories.
- Distance de transport. Sections des canalisations pour une pression effective à la chaudière (en hauteur d’eau) de :
- 0 m 50 1 m 1 m 50
- 10 m 733 mm3 510 mm2 455 mm*
- 20 767 535 473
- 30 820 580 500
- 40 900 642 530
- 50 980 695 570
- 60 1074 758 624
- 75 1262 890 735
- Diamètre intérieur Diamètre des ailettes Nombre d’ailettes par mètre Surface des tuyaux Calories par mètre et par heure
- 70 mm 0 0 0 ms 283 280
- 70 100 34 1, 215 600
- 70 175 37 1, 605 800
- 70 175 46 1, 925 1000
- 70 190 42 2, 125 1100
- 100 0 0 0, 377 350
- 100 210 42 2, 335 1150
- Dans les maisons d’habitation et dans les édifices publics, on emploie des radiateurs en fonte construits par séries et que l’on trouve facilement dans le commerce. Ces radiateurs se montent par sections, réunies de manière
- Fig. 8. — Schéma d'une inslallalion de chauffage par l’air sous pression (système Aérocalor).
- 1. Chaudière à air sous pression. 2. Groupe motoventilateur. 3. Tuyauterie de refoulement de l’air froid. 4. Tuyauterie de distribution de l’air chaud. 5. Appareils distributeurs. 6. Carneau de fumée. 7. Aspiration d’air extérieur. 8. Aspiration d’air intérieur.
- Surfaces chauffantes. — Elles sont généralement constituées par des radiateurs en fonte composés d’éléments creux assemblés en nombre plus ou moins grand suivant la surface chauffante à obtenir. On utilise également des tubes à ailettes dissimulés sous des plinthes ajourées, des serpentins logés dans les jambages des cheminées, etc.
- Le tableau suivant indique, d’après M. Barbet, les
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- lernent la moitié du volume de la pièce majoré en cas de nombreuse assistance).
- La perte de chaleur par heure à travers les parois est exprimée en calories par la somme des produits K X E X S relatifs aux murs, planchers, plafonds, fenêtres.
- S = surface en mètres carrés ;
- E = écart de température entre l’intérieur et l’extérieur ;
- K = coefïicient. variant suivant la nature et l’épaisseur des matériaux.
- Valeurs de K pour la maçonnerie ordinaire (voir le tableau ci-dessous J :
- Le nombre de calories enlevées par le renouvellement de l’air est proportionnel à E, au volume d’air introduit, à la chaleur spécifique de l’air (0,307 par mètre cube). Si V est le volume d’air introduit par heure, le nombre de calories enlevées par heure par la ventilation est exprimé parle nombre V X K x 0 307. Il convient de majorer ce nombre de 5 à 40 pour 100 pour tenir compte de
- à avoir la surface chauffante nécessaire. Quand les éléments sont montés, la surface chauffante présente deux canalisations : une extrémité de la canalisation supérieure reçoit le tuyau d’arrivée de la vapeur, une extrémité de la canalisation inférieure est reliée au tuyau de retour d’eau. Une surface ainsi constituée peut fournir 800 calories par heure et par mètre carré si elle est remplie de vapeur à 100°.
- Chaque radiateur est muni d’un robinet à volant pour régler l’arrivée de la vapeur (fig. 12).
- Puissance de Vinstallation. — La puissance à donner à l’installation résulte des pertes de chaleur par les parois et du renouvellement de l’air (habituel-
- Fig. 10. —• Chaudière en fonte à sections (type Niplos-Sulzer).
- a) Introduction de combustible, b) Porte du loyer et du cendrier, c) Porte de ramonage, d) Régulateur de tirage, e) Grille à circulation d’eau. fl /2 /5 Carneaux, g) Sortie de fumée, h) Enveloppe isolante, i) Tuyau collecteur, k) Colonne montante.
- Épaisseurs. 0mll 0m15 0m20 o i s CO 1 o ! 0m40 0m50 0mG0 0m75
- Mur extérieur . 2,7 2,42 2,21 1,8 1,5 1,12 0,98 0,79
- Mur intérieur . 2,3 1,9 1,65 1,32 1,16 0,92 0,84 0,72
- Valeurs de K pour diverses parois :
- Liège de 0 m 25. . . 0,88 Toit d’ardoises . . . . 2,00
- Vitrage simple. . . . 5,00 Toit de tuiles . . . . . 1,25
- Vitrage double . . . 3,50 Toit de zinc. . . . . . 3,00
- Porte . . 2,50 Terrasse en ciment . . 1,60
- Plafond . . 1,00 Tuiles sur voliges . . . 2,00
- Plancher. . . . . . 0,50 Plafond sous zinc . . . 1,50
- Toit de tôle. . . . . 7,00
- la perte de chai canalisations. eur due à la condensation dans les
- La surface de chauffe de la chaudière est calculée
- pour la production de 800 calories par mètre carré et par heure. La surface de grille correspond à la combustion de 30 à 35 kg de houille par mètre carré et par heure.
- III. .- CHAUFFAGE A EAU CHAUDE
- Dans ce système, l’air des pièces est chauffé par contact avec des tuyaux métalliques remplis d’eau'chaude. L’installation comprend essentiellement :
- 1° Une chaudière placée au point le plus bas.
- 2° Un circuit de tuyaux partant de la partie supérieure de la chaudière et venant se refermer à la partie inférieure de celle-ci.
- 3° Des surfaces chauffantes par l’intermédiaire desquelles
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- s’opère la transmission de la chaleur de l’eau à l’air.
- 4° Un vase d’expansion ouvert ou fermé placé à la partie supérieure du circuit.
- Quand le vase d’expansion est ouvert, la température de l’eau dans le vase et à l’origine de la conduite descendante ne peut dépasser 100°; on a alors le chauffage à eau chaude à basse pression ou à grand volume, c’est le seul employé maintenant (1).
- Chauffage à eau chaude à basse pression ou par thermosiphon. —- L’eau chauffée dans la chaudière devenant moins dense s’élève dans le tuyau A et est remplacée par de l’eau froide venant de B ; une circulation s’établit ainsi dans le circuit par suite de la différence de charge entre les deux colonnes A et B et la vitesse de circulation est d’autant plus grande que la différence des densités est plus grande (fig. 13).
- Chaudières. — Les chaudières sont du même type que celles du chauffage à vapeur à basse pression. On emploie surtout les chaudières en fonte à sections, telles
- Fig. 12. — Robinet de réglage.
- que les chaudières Chappée, les chaudières Idéal de la Compagnie générale des radiateurs (fig. 14 et 15).
- Les accessoires de chaudières ne sont pas les mêmes que pour les chaudières à vapeur à basse pression.
- Le manomètre est remplacé par un thermomètre. Certaines installations comportent un manomètre, mais celui-ci constitue plutôt un indicateur de niveau transmettant à la chaudière l’indication de la hauteur de l’eau dans le vase d’expansion. 11 n’y a pas besoin d’organe de sécurité, car le vase d’expansion en tient lieu.
- La chaudière est munie d’un régulateur automatique réglant l’allure du foyer en agissant sur l’admission d’air sous la grille et sur le registre de tirage de la cheminée.
- Canalisations. — Dans le schéma de la figure 14
- 1. Si le vase d’expansion est fermé, la pression peut y dépasser notablement la pression atmosphérique et il peut en résulter des accidents.
- 27
- Fig. 11. — Chaudière en tôle Grouuelle et Arquembourg.
- il n’existe qu’un seul tuyau. Pour alimenter les surfaces chauffantes, généralement constituées par des radiateurs il est préférable d’employer deux tuyaux.
- Les canalisations doivent être disposées de telle sorte qu’au moment du remplissage, l’air qui se trouve dans les tuyaux et dans les radiateurs puisse être évacué par le vase d’expansion, ou par un évent, ou encore
- Fig. 13. — Schéma d’un chauffage central à eau chaude.
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- Fig. 14. — Chaudière Idéal « EF~I Fig. 15. — La même chaudière,
- avec portes ouvertes. vue ouverte.
- par un purgeur à main, de manière qu’il ne puisse se former de poches d’air.
- Les conduites doivent donc présenter une légère pente.
- Surfaces chauffantes. — On emploie des radiateurs analogues à ceux que nous avons déjà décrits, ou plus souvent maintenant des radiateurs tubulaires de lignes plus élégantes et plus esthétiques : radiateurs Chappée, radiateurs Idéal Classic (fig. 16). Ces radiateurs sont
- Fig. 16. — Radiateurs tubulaires pour chauffage central (modèle Idéal Classic).
- plus résistants et ont un meilleur rendement que les radiateurs de forme ancienne. Us s’emploient d’ailleurs également pour le chauffage à vapeur.
- Vase d’expansion. — Cet organe a pour but de servir d’organe de sécurité et de permettre la dilatation de l’eau.
- On annexe souvent au vase d’expansion un petit bac à niveau constant qui empêche l’eau du vase de descendre au-dessous d’un niveau fixé.
- Il est nécessaire en effet qu’il y ait toujours une certaine épaisseur d’eau recouvrant le débouché de la colonne montante de manière que la circulation ne soit pas interrompue.
- Avantages et inconvénients du chauffage à eau chaude. — Ce chauffage est doux et régulier ; on peut le régler facilement en augmentant plus ou moins la température de l’eau dans la chaudière, possibilité qui n’existe pour ainsi dire pas avec le chauffage à vapeur.
- Il en résulte, qu’au point de vue de la consommation de combustible, il est plus économique que le chauffage à vapeur. Mais il présente quelques inconvénients :
- a) La vitesse de l’eau dans les canalisations est faible et la mise en route est assez lente.
- b) Les tuyaux et les radiateurs sont plus volumineux que dans le chauffage à vapeur et par suite le coût de l’installation est plus élevé.
- c) Si l’on ferme un radiateur pour interrompre le chauffage d’une pièce, l’eau qu’il contient continue à émettre des calories en pure perte jusqu’à ce qu’elle ait pris la température de la pièce.
- d) Sa portée est assez faible (environ 80 in).
- e) Il comporte des risques de gelée si les radiateurs remplis d’eau et les robinets fermés viennent à être exposés au froid.
- Le chauffage à eau chaude convient surtout dans les régions où la température se maintient régulièrement basse pendant tout l’hiver et où le chauffage doit être ininterrompu.
- Pour les petites et moyennes installations, il existe des systèmes qui échappent aux deux premières critiques signalées ci-dessus. Ils ne contiennent qu’une petite quantité d’eau permettant de réduire leurs dimensions et en même temps d’accélérer la mise en route. Parmi ces systèmes, on peut citer le chauffage central Chappée et le chauffage « Idéal Classic » (x). Nous allons décrire sommairement cepdernier.
- Chaudière « Idéal Classic ». — Comme les radiateurs
- 1. Chauffage central Chappée : Société générale de fonderie, 6, rue Cambacérès, Paris.
- Chauffage « Idéal Classic », CIe nationale des radiateurs, 149, boulevard Haussmann.
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- « Idéal Classic » déjà décrits. Cette chaudière est établie sur le principe de la subdivision de la surface de chauffe en petits tubes.
- Elle comporte quatre panneaux tubulaires verticaux assemblés de manière à former une caisse à sections rectangulaires (fig. 17). Ces panneaux sont réunis dans le bas par un collecteur formant fond de cendrier et dans le haut par un collecteur formant dôme. Les six côtés de la chaudière sont remplis d’eau et par suite le foyer est entouré d’eau.
- Le volume d’eau contenu dans les panneaux tubulaires est très faible, ce qui donne à la chaudière une grande souplesse de fonctionnement et provoque une circulation rapide de l’eau dans l’installation.
- Le magasin de combustible situé au-dessus du foyer est assez vaste pour assurer sans rechargement une marche continue à allure normale d’environ 8 à 10 heures avec le coke, 10 à 12 heures avec l’anthracite.
- Les flammes et les gaz chauds s’élèvent sur les côtés de la chaudière et contournent une plaque de retour de flamme. Ils lèchent ainsi toute la surface de chauffe et transmettent à l’eau la plus grande partie de leurs calories avant de s’échapper par la cheminée.
- On régie le foyer en agissant séparément ou simultanément sur la porte d’entrée d’air, manœuvrée à la main ou au moyen d’un régulateur automatique, et sur le registre du tuyau de fumée manœuvré par un simple bouton.
- Cette chaudière est suffisamment décorative pour être placée dans une pièce habitée, de plain-pied avec avec les radiateurs qu’elle alimente.
- Si elle est placée dans un sous-sol il y a intérêt à la revêtir d’une jaquette calorifugé. Suivant sa taille cette chaudière peut assurer le chauffage de 3 à 15 pièces de grandeur moyenne. Elle réalise donc parfaitement le chauffage par appartement.
- Les combustibles qui conviennent le mieux à son fonctionnement sont l’anthracite, la houille anthraciteuse et le coke. On peut aussi utiliser le bois en munissant la chaudière d’une grille spéciale et en chargeant plus fréquemment qu’avec le charbon.
- Chauffage central par fourneau de cuisine.
- — Le chauffage par appartement peut encore être réalisé en utilisant un simple fourneau de cuisine comme chaudière (appartements de 2 à 7 pièces).
- Ce fourneau sert à la fois pour la cuisine, pour le chauffage et pour la production de l’eau chaude nécessaire à tous les besoins domestiques.
- A titre d’exemple, nous décrivons ci-dessous le fourneau « Idéal-Gulina » représenté par la figure 18.
- Le foyer de ce fourneau est constitué par une chaudière « Idéal Classic » en fonte de même modèle que celle que nous venons de décrire ; le fourneau lui-même comporte tous les or-
- Fig. 17. •— Vue intérieure d’une chaudière « Idéal Classic » à surface de chauffe en petils lubes.
- ganes nécessaires à la préparation de mets variés. Le fourneau « ldéal-Culina » est muni d’une grille
- Fig. 18. — Fourneau de cuisine servant au chauffage central d'appartcmenl (modèle de la Cle nationale des Radiateurs''.
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- Fig. 19. — Brûleurs Autoenlor.
- A. Trémie. — B. Vis sans fin. — G. Carter de la vis sans fin. — D, Cuve foyer. — E. moteur électrique. G. Ventilateur. — H. Tuyauterie d’insufflation d’air. — I. Chambre de soufflage.
- mobile qui peut être, même en pleine marche, montée ou descendue de manière à faire varier la capacité du foyer et la surface de chauffe de la chaudière, suivant les besoins du chauffage ou de la cuisine. Quand la grille est complètement descendue, la capacité du foyer est suffisante pour assurer une marche continue du chauffage pendant 10 à 12 heures.
- La manœuvre d’une simple manette placée près de la buse de fumée, et laissant libre la plaque de dessus permet de changer le service du fourneau et d’obtenir à volonté
- la cuisine seule ;
- le chauffage seul avec ou sans service d’eau chaude ; les deux services simultanément.
- Les meilleurs combustibles à employer sont :
- pour le chauffage, de l’anthracite ou de la houille anthraciteuse ;
- pour la cuisine, ajouter, si un feu vif est nécessaire, du charbon flambant dont les longues flammes chauffent rapidement la plaque de dessus.
- Pour obtenir un bon rendement, il convient d’utiliser un charbon 33/40 bien calibré.
- AMÉLIORATION DU RENDEMENT DES FOYERS BRÛLEURS AUTOMATIQUES A CHARBON
- Les combustibles les plus employés pour le chauffage central sont l’anthracite et le coke.
- Ils présentent l’inconvénient, surtout le premier, d’être assez coûteux. Pour les installations importantes, ils nécessitent des chargements fréquents et par suite
- Fig. "20. — Chaudière munie d'un brûleur Aulocalnr.
- Fig. 21. — Brûleur le « Volcan IF ».
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- une main-d’œuvre assez dispendieuse. D’autre part, leur combustion sur une grille ordinaire est défectueuse. En effet, au moment du chargement, on met sur du combustible en ignition du charbon froid. Celui-ci s’échauffe, les matières volatiles distillent et sortent en partie de la chaudière sans avoir été brûlées, une grande quantité de calories s’échappent ainsi dans la cheminée.
- Ensuite la masse totale du charbon entre en ignition ; à mesure que la combustion s’effectue, la grille s’encombre de cendres, irrégulièrement réparties. 11 en résulte que l’air nécessaire à la combustion traverse irrégulièrement la masse de combustible et que la combustion se fait mal. Il est possible de remédier à ces inconvénients et par suite d’obtenir une combustion rationnelle et régulière au moyen des brûleurs automatiques que nous allons décrire. De plus, ces appareils permettent l’emploi de combustibles moins ccûteux que l’anthracite.
- Brûleurs Autocalor (x). — Cet appareil comprend : une cuve-foyer L) comportant à la partie supérieure des tuyères de soufflage d’air J et, latéralement, des plaques K destinées à recueillir les cendres et mâchefers,
- 1. Société « l’Autocalor «, 48, rue La Boétie, Paris.
- LE CHAUFFAGE
- Dans les installations de chauffage central par radiateurs, la chaleur de ceux-ci se transmet à l’air des pièces par convection. L’air chauffé au contact des radiateurs s’élève, tandis qu’il est remplacé par de l’air plus froid provenant de la partie inférieure des pièces. L’air est ainsi constamment en mouvement et répartit la chaleur dans toutes les parties des pièces.
- Dans le chauffage par panneaux, système nouveau, introduit depuis peu, la chaleur de ceux-ci se propage surtout par rayonnement ; la convection n’intervient que pour une très faible part.
- Un point remarquable est que la surface chauffante n’est portée qu’à une température relativement faible au moyen d’une circulation d’eau chaude. Cette température ne dépasse pas en moyenne 48°. Le dispositif employé est le suivant :
- Un serpentin en tubes d’acier sans soudure (fig. 1), ayant un nombre de spires variant suivant la puissance calorifique nécessaire et dans lequel circule l’eau chaude, est enrobé ou coulé dans une composition en matière spéciale ou béton. Ce panneau émetteur de rayons doux et chauds est disposé suivant la destination ou la forme de la pièce à chauffer, soit dans le plafond, soit dans le sol, soit même verticalement dans les murs intérieurs ou extérieurs.
- Il occupe ainsi une fraction déterminée de ces parois fixée par les calculs.
- Ce panneau est revêtu d’un enduit d’épaisseur normale, de composition tout à fait spéciale, ayant l’appa-
- une vis sans fin B placée dans un carter tubulaire horizontal C reliant la cuve-foyer à une trémie A dans laquelle est emmagasiné le charbon (fig. 19), un moteur électrique E qui entraîne la vis sans fin, un ventilateur G commandé par le moteur et fournissant l’air nécessaire à la combustion par le tuyau H et la chambre de soufflage I ; un appareillage de contrôle et de sécurité qui commande automatiquement la mise en marche et l’arrêt de l’appareil.
- Le combustible amené par la vis dans le fond de la cuve-foyer s’élève peu à peu dans celle-ci et ne brûle qu’à la partie supérieure, au niveau des tuyères de soufflage d’air. Les matières volatiles sont complètement brûlées, les cendres et mâchefers sont évacués latéralement sur les plaques en fonte K.
- La main-d’œuvre est pratiquement insignifiante puisqu’il suffit de remplir la trémie et d’évacuer les cendres à intervalles éloignés. La figure 20 représente un autocalor adapté à une chaudière de chauffage central.
- Brûleur le « Volcan IF» f1). — Cet appareil est construit d’après les mêmes principes que le précédent. La figure 21 le représente adapté à une chaudière de chauffage central. Henri Fougeret.
- 1. Société anonyme Grouvelle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert. Paris.
- PAR PANNEAUX
- Fig. 1. — Panneau chauffant constitué par un serpentin noyé dans le sol, le plafond ou le mur.
- (Diamètre du serpentin : 27 mm extérieur et 20 mm intérieur pour les gros tubes — 21 mm extérieur et 15 mm intérieur pour les petits tubes. Les longueurs des éléments sont de 2 m 75, 2 m 50, 1 m 80 ou 1 m 301.
- rence du plâtre et dont les éléments constitutifs ont fait l’objet de longues et patientes recherches. C’est ce panneau horizontal ou vertical qui émet des rayons de chaleur.
- Chaque panneau est indépendant des autres et se règle comme un radiateur au moyen d’un robinet placé dans une niche à hauteur de la plinthe et à la portée de la main.
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- Fig. 2. — Installation de panneaux rayonnants dans une salle d’opéralions.
- L’air de la pièce est pratiquement perméable aux rayons émis par les panneaux, sans être chauffé par ces rayons.
- Mais les occupants, les parois, le parquet, les meubles vont absorber une partie de la chaleur de ces rayous et en diffuser une autre partie.
- Les occupants d’une pièce chauffée par panneaux reçoivent donc directement les rayons émis par la surface chauffante, et une partie de la chaleur diffusée par les murs, plafonds, meubles. Les radiations calorifiques émises sont absorbées ou réfléchies dans un rapport
- variable par les parois placées en regard. Ces parois en rayonnant les unes sur les autres prennent une température d’équilibre qui dépend de celle du panneau émetteur, de l’incidence des rayons reçus, des coefficients d’absorption et d’émission des différentes surfaces : couleur, matité, etc., des pertes vers l’extérieur, de la température extérieure, etc.
- L’air d’une pièce chauffée par panneaux est toujours plus froid que les murs et les plafonds qui le chauffent au lieu d’être chauffés par lui. Il est donc en moyenne moins chaud que dans le chauffage ordinaire.
- Mais l’air n’étant plus le véhicule de la chaleur, la température est sensiblement la même à la partie haute et à la partie basse d’une même pièce; d’autre part, il est possible d’assurer une bonne ventilation sans perdre une notable quantité de chaleur.
- Les rayons calorifiques obscurs ne traversant pas les vitrages et étant réfléchis par eux, les occupants placés près d’une fenêtre n’ont pas l’impression de froid qu’ils éprouvent dans une salle chauffée par un autre système.
- En résumé, les occupants d’une pièce chauffée par panneaux, recevant des rayons de chaleur an lieu d’être plongés dans de l’air chaud, éprouvent une sensation analogue à celle que donne un soleil doux dans un air frais. L’impression de confort et de bien-être est obtenue pour une température inférieure à celle qui est nécessaire dans le cas du chauffage par radiateurs. Par exemple, dans une pièce chauffée normalement par radiateurs,la température sera de 17° à 1 m 50 du sol, de 21° au voisinage du plafond. La moyenne est de 19°. Dans la même pièce chauffée par panneaux la température nécessaire pour obtenir le même confort serait de 14°,2, soit une diminution de 25.2 pour 100.
- Comme la température de l’eau dans les serpentins ne dépasse pas 48°, celle de l’eau dans la chaudière est au maximum de 55°, elle est donc très inférieure à celle de l’eau dans la chaudière d’un chauffage à eau chaude ordinaire et il doit en résulter une économie appréciable de combustible.
- En fait, cette économie a été évaluée à environ 25 pour 100 sur des installations réalisées en Angleterre où ce système de chauffage, expérimenté dès 1910, a pris un grand développement depuis cinq ou six ans.
- En France le chauffage par panneaux a été appliqué à partir de 1929 par la Maison Emile Nessi et Fils et Bigeault (1). La première installation réalisée est celle de l’immeuble des parfums Bourjois, avenue Marceau, à Paris. Citons également les immeubles de la Société immobilière de l’Air liquide, 75, quai d’Orsay, de la Société Escaut et Meuse, 5, rue Montcha-nin, à Paris, etc.
- Fig. 3. — La salle d’opération après achèvement des travaux.
- 1. 11, rue Viète, Paris.
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- Les figures 2 et 3 représentent une salle d’opérations dans un hôpital, au cours de l’installation de panneaux rayonnants et la même salle une fois les travaux achevés.
- Les frais d’installation de ce système de chauffage
- ...........................—....... — 33 =====
- sont en général un peu plus élevés que ceux du chauffage à eau chaude, mais, par contre, ainsi que nous venons de le voir, il permet de réaliser une économie importante de combustible.
- Henri Fougerf.t.
- LE CHAUFFAGE AU GAZ
- . Injecteun.
- Fig. 1. — Coupe du radiateur à gaz de la Société du Gaz de Paris.
- A. Brûleurs. — B. Injecteurs. -ü' C. Disques de réglage d’air. — D. Bougies réfractaires. — E. Ecran réfractaire. — F. Tubes métalliques. — G. Chicane. — H. Buse d’évacuation.
- — Trajet des gaz brûlés.--------------Arrivée du gaz.----------------Trajet de l’air chaud.
- Le besoin de confort, qui grandit chaque jour, oblige désormais l’architecte et l’entrepreneur à rompre avec la routine et à étudier des conceptions modernes pour le chauffage des locaux d’habitation.
- La vie fiévreuse des grandes villes ne laisse plus à la maîtresse de maison ou à son personnel domestique le temps dont on disposait jadis pour les manutentions de combustible et les soins ménagers ; il faut donc, par tous les moyens possibles, réduire ceux-ci au minimum et faciliter la tâche du personnel qui y est préposé.
- Si l’on passe en revue les combustibles utilisables pour le chauffage des locaux habités, il apparaît tout d’abord que les combustibles solides ne remplissent plus le rôle qui leur est demandé. Par contre, si l’on examine de près les possibilités du gaz en matière de chauffage domestique, on constate qu’il permet de résoudre avantageusement le problème.
- 11 existe encore, à Paris notamment, de nombreux immeubles et non des moindres dans lesquels il n’y a pas de chauffage central par la cave ; dans d’autres, les pièces de réception seules sont chauffées plus ou moins par un système à eau chaude, à vapeur ou à air chaud, à l’exclusion des autres pièces de l’appartement.
- Comment remédier à cette situation souvent intenable pour l’habitant ? Le chauffage au gaz donne la solution très pratique de ce problème, car on peut maintenant le considérer comme bien au point.
- Qu’il s’agisse de foyers à gaz pour le chauffage divisé ou de chaudières du type chauffage central, il existe un choix d’appareils estampillés par l’Association technique du Gaz qui, installés suivant les règles de l’art, ne donnent ni odeur, ni buées et répondent parfaitement à toutes les conditions assurant l’hygiène et le confort des habitations modernes.
- Les appareils de chauffage au gaz peuvent se classer en deux catégories distinctes :
- 1° Les foyers à gaz pour le chauffage individuel des différentes pièces d’un local.
- 2° Les chaudières ou les appareils à foyer central qui envoient dans les différentes pièces à chauffer le fluide chauffant : l’eau, la vapeur ou l’air.
- 1° FOYERS A GAZ
- Ce sont les radiateurs que l’on place devant les cheminées. Il existe parmi ces appareils un modèle dit
- Fig. 2. — Vue du radiateur S. G. P. pour cheminée d’appartement.
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- son rendement est élevé (75 à 80 pour 100 quel que soit son régime de marche).
- 2° Suppression des approvisionnements et des manutentions de combustibles, ainsi que des fumées et des poussières ; ce dernier point présente un intérêt considérable dans les grandes villes, notamment à Paris où la suppression des fumées est devemie obligatoire.
- 3° Grande souplesse de fonctionnement permettant de faire varier la température du fluide chauffant par simple manœuvre des robinets d’admission du gaz aux brûleurs.
- La chaudière à gaz se prête, en outre, à une application fort intéressante des procédés de régulation automatique, en partant non pas de la température du fluide chauffant à la sortie de la chaudière, mais de la température même des locaux occupés.
- Des thermostats d’appartement placés judicieusement dans des pièces témoins maintiennent automatiquement la température désirée par les occupants ; si celle-ci tend à s’élever, la chaudière s’éteint ; elle se rallume ensuite si la température descend au-dessous du degré fixé.
- On supprime ainsi tout gaspillage de gaz par surchauffe des locaux et la dépense de combustible est
- Fig. 4. — Chaudière à gaz de 22 000 calories, alimentant 11 radiateurs et un ballon d’eau chaude de 50 litres avec régulation automatique pour le chauffage d’un petit hôtel particulier.
- Fig. 3. — Chaudière à gaz de 20 000 calories pour chauffage central d’un grand appartement.
- à récupération, réunissant les deux modes de chauffage par rayonnement et par convection ; le rayonnement est obtenu au moyen de 10 bougies en terre réfractaire portées à l’incandescence par une rampe à gaz à deux allumages ; la convection est réalisée par un faisceau tubulaire, dit de récupération, placé derrière l’appareil, avec circulation d’air à l’intérieur de tubes chauffés par les gaz brûlés avant leur échappement dans la cheminée.
- Le débit de l’appareil est de 600 1 environ de gaz à l’heure. Son rendement est très élevé et atteint près de 80 pour 100, dont 35 pour 100 sous forme de chaleur rayonnée par les bougies.
- Son fonctionnement est parfaitement hygiénique, car placé devant une bonne cheminée, il contribue énergiquement à l’aération de la pièce.
- 2° APPAREILS DE CHAUFFAGE CENTRAL
- De même qu’il y a des chaudières construites pour brûler de l’anthracite ou du coke, il existe des chaudières étudiées spécialement pour brûler du gaz ; ces chaudières sont de toutes puissances, depuis 5000 calories jusqu’à 100 000 calories et au-dessus.
- La chaudière à gaz procure les avantages suivants :
- 1° Allumage instantané avec mise en régime rapide, car le foyer donne sa pleine puissance aussitôt allumé ;
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- exactement proportionnée aux besoins des occupants. A cet avantage économique très appréciable, s’ajoute celui de procurer à l’usager une sensation continue de confort grâce à un chauffage très régulier.
- L’installation avec régulation automatique peut en outre être munie d’une horloge qui assure l’allumage et l’extinction de la chaudière à des heures fixées d’avance sur un cadran. Pour le chauffage des bureaux, par exemple, occupés d’une façon intermittente, la mise en route du chauffage et son arrêt se font auto-
- Fig. 5. — Chaudière à gaz de 48 000 calories, à régulation automatique commandant respectivement les circuits de chauffage des lor et 2e étages d’un immeuble à usage de bureaux.
- ......-..... .............. 35 r^rr:
- matiquement sans l’intervention du personnel chargé de la surveillance de la chaudière.
- Applications. — Elles sont multiples et variées, mais c’est surtout pour le chauffage intermittent que les avantages énumérés plus haut acquièrent toute leur valeur. C’est ainsi que le gaz s’est développé pour le chauffage des bureaux, boutiques, magasins, salles de réunions ainsi que dans les appartements occupés bourgeoisement, quand il s’agit d’immeubles non chauffés par des chaudières en cave ; il donne dans ce cas à chaque locataire toute facilité de se chauffer en toute saison suivant ses besoins.
- Les quelques exemples qui illustrent cet exposé montrent suffisamment l’intérêt que présente la question.
- Nous ajouterons, pour terminer, que les compagnies gazières consentent quelquefois des tarifs réduits pour les applications de ce genre ; à Paris notamment, une réduction de 25 pour 100 est accordée aux consommateurs qui utilisent des chaudières à gaz pour le chauffage central.
- Fig. 6. — Chauffage au gaz d’une école de filles; assuré par 2 chaudières de 120 000 calories pour les locaux scolaires et 1 chaudière de 27 500 calories pour l’appariement de la directrice.
- LE CHAUFFAGE CENTRAL
- PAR LES HUILES LOURDES
- Les progrès considérables des moteurs à combustion interne ont conduit à l’amélioration des procédés de distillation et de cracking des huiles brutes de pétrole avec, pour corollaire, l’apparition d’une gamme considérable de produits bien définis allant de l’essence la plus légère aux produits les plus lourds, tel l’asphalte.
- La nécessité de produire des quantités croissantes
- de produits légers a eu pour conséquence l’augmentation correspondante des produits lourds, appelés gas oil et fuel oil, pour lesquels il fallait dès lors trouver de nouveaux débouchés. De cette circonstance est né, en partie, l’emploi des huiles lourdes pour le chauffage central domestique.
- Les juel oil ou mazouts étaient employés depuis long-
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- Vanne dair
- d'injectioi
- Pompe
- d'alimentation
- Fig. 1. — Exemple de brûleur à pulvérisation : Le brûleur Oil-O-Matic.
- La pompe d’alimentation envoie l’huile au filtre et avec système de pulvérisation. Celui-ci comprend une pompe volumétrique à piston plongeur, débitant un volume d’huile constant, puis une pompe d’atomisation à palettes où l’huile s’émulsionne avec une certaine proportion d’air. Le mélange est alors dirigé dans la tuyère à la sortie de laquelle il se mélange avec l’air de combustion soufflé par le ventilateur et s’enflamme sous l’action d’un arc électrique. Pompes et ventilateur sont mus par un moteur électrique.
- Un thermostat arrête le brûleur quand la température voulue est atteinte dans l’appartement.
- temps dans certains pays pour le chauffage industriel, en raison de leur bas prix, de la facilité de leur emploi
- Fig. 2. — Le brûleur automatique Oléocalor.
- Il comporte un moteur électrique, un ventilateur d’air de combustion, une pompe à huile, une valve de réglage de pression d’huile, une valve de sécurité, un dispositif atomiseur recevant à travers un filtre l’huile venue de la pompe, un dispositif d’allumage par arc électrique.
- et de la souplesse de chauffe qu’ils permettent. Il semblait donc logique d’utiliser ces combustibles pour le chauffage central, en remplacement du charbon.
- On pouvait attendre de l’utilisation des combustibles lourds hydro-carburés :
- 1° La facilité de la manutention et du stockage, en raison de leur état liquide et de leur pouvoir calorifique élevé compris entre 10 200 et 10 800 calories.
- 2° La possibilité d’extinction et d’allumage instantané avec ou sans variation du débit, donc grande souplesse de chauffe permettant de tenir compte des variations de la température extérieure.
- 3° La suppression de tous imbrûlés et de la manutention désagréable des cendres et mâchefers qui accompagne inévitablement toute chauffe au charbon.
- Il n’était malheureusement pas possible d’utiliser telle quelle l’expérience acquise pour les brûleurs industriels.
- Les procédés les plus courants consistant à pulvériser l’huile brute portée à une assez forte température, soit sous pression élevée, soit au moyen d’air comprimé ou de vapeur vive, il en résulte une flamme longue et bruyante inapplicable aux foyers réduits qui nous intéressent.
- De plus, les chaudières domestiques actuelles ont des puissances s’échelonnant d’environ 20 000 à 500 000 calories. Elles exigent donc des débits d’huile très réduits, de 2 à 50 kg par heure qui n’ont rien de comparable aux consommations des brûleurs industriels.
- Si on ajoute à ces considérations le fait qu’il ne peut être question de surveiller constamment Tunique chaudière d’un immeuble normal, l’on comprend qu’il a fallu créer une technique nouvelle pour ce genre de chauffage.
- DU CHOIX DU COMBUSTIBLE
- Il faut, en premier lieu, préciser la nature des combustibles actuellement utilisables pour le chauffage central.
- La distillation directe fractionnée des pétroles bruts donne, en général, dans Tordre croissant de densité et de viscosité : l’essence, le lampant (ou pétrole), le gas oil et le fuel oil, ce dernier produit étant généralement le résidu de la distillation.
- On ne peut envisager pour le chauffage domestique l’emploi des produits légers, ils sont trop coûteux et trop dangereux, en raison de leur inflammabilité.
- Suivant la nature du brut traité et le processus de la distillation, les deux derniers produits, qui seuls nous intéressent, ont des caractéristiques physiques et chimiques essentiellement variables. Mais, alors que les caractéristiques physiques du gas oil qui constitue un distillât seront, en pratique, à prendre seules en considération, il y aura lieu de ne pas négliger les caractéristiques chimiques du fuel oil, qui représentant le résidu de la distillation, contient la plus grande partie des impuretés qui existent dans l’huile brute distillée.
- Par un mélange intime en proportion convenable du gas oil et du fuel oil résiduel, on obtient des produits intermédiaires dont les plus connus sont le diesel oil et le fuel oil léger.
- On se trouve donc en présence de quatre types prin-
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- cipaux de combustibles, dont les caractéristiques approximatives sont résumées dans le tableau ci-dessous et dont les trois premiers types sont actuellement utilisés pour le chauffage domestique.
- Fuel oil
- Gas oil Diesel oil léger Fuel oil
- Densité Inflammabilité 0.87 0.895 0.92 0.94
- Luchaire. . . . Viscosité Engler 96° C 98° C 102° C 106° C
- à 20° C . . . . Pouvoir calorifi- 1,6 2,5 6-8 50
- que supérieur. Point de congéla- 10 500 10 600 10 500 10 360
- tion —18°C ! O O -—14° C —10° C
- L’inflammabilité caractérise le moment où le combustible commence à émettre des vapeurs qui détonent en présence d’air et d’une flamme. L’inflammation du liquide, ou son inflammation spontanée, ne peuvent se produire qu’à des températures beaucoup plus élevées. Il ne faut donc attacher à l’inflammabilité qu’une importance toute relative et surtout ne pas en déduire une notion de danger comme on a tendance à le faire trop souvent.
- Le choix du combustible dépendra pratiquement des circonstances économiques et des facilités d’approvisionnement, mais il faudra surtout examiner avec soin les possibilités du brûleur adopté et ne l’alimenter qu’avec le combustible pour lequel il a été conçu. Ce dernier point est d’une importance primordiale et nous ne pouvons mieux l’illustrer qu’en indiquant que la plupart des brûleurs étrangers sont établis pour brûler un produit spécial dit « fuel oil M 3 » dont les caractéristiques, en dépit de son nom, sont très voisines de celles indiquées au tableau ci-dessus pour le gas oil.
- En dehors de la question prix de revient, il semble qu’il sera indiqué de brûler de préférence les deux combustibles les plus légers.
- Ils possèdent un pouvoir calorifique élevé, ils brûlent toujours sans réchauffage préalable, ils ne contiennent pratiquement pas d’impuretés chimiques ou autres susceptibles de corroder ou de colmater les différentes parties des appareils, ils s’allument facilement.
- Mais, avec le développement de la vente des moteurs Diesel ou semi-Diesel, et en envisageant les nouvelles taxes prévues sur le gas oil, il est à présumer que le prix de celui-ci se rapprochera du prix de l’essence et l’on devra s’orienter à l’avenir vers les combustibles les plus lourds.
- DES BRÛLEURS
- Les brûleurs, quelle que soit leur conception, ont pour but de diviser le combustible
- Fi,,, a. — Un fdlre à huile neltoijable en marche. Le filtre Auloklean Slé S. C. A. M.)
- en particules suffisamment ténues pour qu’elles brûlent facilement et complètement en présence d’air sous faible pression.
- Fig. 4. — Chaudières à huile lourde de la Slé Chaleur et Froid.
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- Fig. 5.
- Installation de chauffage à l’huile lourde. Chaudières et brûleurs C. A. T.
- La flamme obtenue doit être molle afin de se localiser et de s’épanouir dans le foyer, dans lequel la combustion doit être complète.
- Il faut pouvoir faire varier le régime de chauffe, c’est-à-dire introduire un plus ou moins grand nombre de calories dans la chaudière, suivant la température désirée, donc d’après le nombre de calories dissipées dans les locaux chauffés.
- On peut obtenir ce résultat en réglant le débit d’huile en fonction de la température, mais il ne faut pas oublier que l’on opère sur des quantités extrêmement faibles et que le réglage sera, de ce fait, très délicat.
- De plus, toute variation du débit doit être théoriquement accompagnée d’une modification simultanée du débit et de la pression d’air, donc de la vitesse de rotation du ventilateur d’aération.
- Ce sont là des problèmes techniques suffisamment ardus pour què ce genre de brûleurs ne se soit pas beaucoup développé malgré des réalisations très séduisantes.
- L’emploi des appareils dits « tout ou rien » semble, au contraire, se généraliser en raison de leur simplicité.
- Ils règlent, en effet, la marche du circuit de chauffage d’après deux limites de température réglables : s’arrêtant dès que la limite supérieure est atteinte, se remettant en route automatiquement pour la limite inférieure.
- Le réglage étant généralement fait d’après la température de sortie d’eau, ou la pression de vapeur de la chaudière, et l’intervalle entre les températures ou pressions de mise en route et d’arrêt pouvant être choisi très rapproché, on obtiendra une température pratiquement constante dans les locaux en raison de la capacité calorifique importante du circuit de chauffage.
- Ce genre de brûleurs, ayant ainsi un débit d’huile et une admission d’air constante tant en volume qu’en pression, peut être réalisé économiquement en donnant
- toutes garanties quant) à la régularité de leur fonctionnement.
- En dehors de ces remarques, on peut, d’après leur principe de vaporisation, distinguer trois types principaux de brûleurs :
- 1° Brûleurs à coupelle;
- 2° Brûleurs à atomisation;
- 3° Brûleurs à pulvérisation.
- Les brûleurs du premier type comportent, comme l’indique leur nom, une coupelle placée dans un plan horizontal au voisinage de la sole du foyer, et sur laquelle le combustible tombe goutte à goutte. La coupelle étant portée à forte température, il y a vaporisation rapide du produit à brûler.
- Ce système ne permet pas d’arrêt prolongé, en raison du refroidissement qui pourrait troubler la combustion pendant le rallumage.
- On a donc créé des appareils dans lesquels la coupelle est animée d’un mouvement rapide de rotation autour d’un axe vertical. Le combustible finement divisé sous l’action de la force centrifuge est ramené dans l’axe par l’air de combustion, que l’on souffle de bas en haut, en lui donnant un mouvement hélicoïde en sens inverse de la rotation de la coupelle.
- Ces brûleurs semblent plus particulièrement indiqués pour des foyers carrés ou disposés en hauteur, la flamme s’étalant également dans tous les sens dans le plan horizontal.
- Les brûleurs à atomisation ont pour principe la réalisation, au moyen d’une pompe spéciale, d’une émulsion d’air dans le combustible qui se trouve ainsi finement divisé.
- Le mélange dit « atomisé » est injecté avec un mouvement tourbillonnaire sous une faible pression, de l’ordre de 200 à 400 gr, jusque dans le foyer où la combustion se produit en présence d’air secondaire fourni à la pression convenable au moyen d’un ventilateur.
- L’emploi de faibles pressions, tant pour l’air que pour le combustible, assure une combustion silencieuse. Le débit, étant considérablement accru en volume par l’atomisation, permet l’emploi d’orifices de pulvérisation largement dimensionnés, donc peu susceptibles de bouchages.
- Les brûleurs à pulvérisation, de beaucoup les plus nombreux, utilisent une pompe volumétrique pour refouler le combustible, à une pression pouvant atteindre 20 kg, jusqu’à un pulvérisateur par détente placé à l’entrée de la chaudière.
- Pour ce dernier organe, l’orifice de pulvérisation comporte un distributeur spiralé ou hélicoïde destiné à donner au combustible un mouvement rapide de rotation, évitant ainsi une projection violente jusque dans le fond du foyer et créant une flamme molle et gonflée.
- Comme les précédents, ces brûleurs sont munis d’un ventilateur destiné à fournir l’air de combustion à une pression pouvant atteindre 20 mm d’eau.
- Quoique la pulvérisation mécanique soit bruyante
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- de par sa conception, la plupart de ces brûleurs ont un fonctionnement des plus silencieux en raison de leur parfaite mise au point.
- Les brûleurs des trois types que nous venons de décrire comportent, généralement, un moteur à vitesse constante branché sur le secteur et dont la puissance excède rarement 1/2 ch.
- Ce moteur sert à l’entraînement du ventilateur et de la ou des pompes nécessaires à la manipulation et à la mise en pression du combustible.
- L’allumage au démarrage est obtenu en faisant jaillir entre deux électrodes placées au voisinage du pulvérisateur une étincelle produite au moyen de courant haute tension pris aux bornes d’un transformateur statique.
- Les appareils destinés à brûler du fuel oil léger sont, en général, munis d’un système de réchauffage électrique ou autre, amenant le combustible au degré de fluidité et à la température désirables pour faciliter sa parfaite pulvérisation et sa combustion complète.
- Il est recommandé de ne pas réchauffer le combustible à une température dépassant son inflammabilité Luchaire diminuée de 10°, afin de se ménager un très large coefficient de sécurité en cas de fuites.
- Les organes de filtration doivent être bien étudiés, le combustible lourd étant particulièrement chargé en impuretés. — L’emploi de filtres nettoyables en marche tend à se généraliser pour ces appareils, en raison de la facilité de leur entretien et de ce qu’ils permettent de réduire la perte de charge de la cartouche filtrante au minimum par un simple mouvement de rotation.
- La description des particularités de chaque marque de brûleur sortirait du cadre de cet article et nous nous excusons de ne pouvoir nous étendre sur les multiples et remarquables réalisations des divers constructeurs.
- DE L’APPAREILLAGE
- Les brûleurs, quelle que soit leur conception technique, exigent d’être complétés par un ensemble d’appareils de contrôle qui assurent leur automaticité partielle ou totale en mettant en jeu de nombreux coefficients de sécurité.
- Il nous a semblé utile, pour faciliter la compréhension de ce chapitre, de scinder l’appareillage en deux classes que nous avons arbitrairement dénommées :
- 1° Appareils de réglage;
- 2° Appareils de sécurité.
- Les premiers comprennent : les thermostats, les aquastats, les pressostats ou manostats.
- Les seconds : les pyrostats et les protectostats, les sécurités de niveau d’eau.
- Les thermostats, placés dans une partie du local à chauffer, permettent d’y maintenir une température comprise entre deux limites variables en provoquant quand c’est nécessaire l’arrêt ou la mise en route du brûleur. Ils sont réglables pour une certaine échelle de température, ce qui permet, en particulier, de réduire fortement la chauffe pendant la nuit. Les installations les plus perfectionnées comportent une horloge-réveil qui,
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- à heures fixes, déclenchera l’arrêt ou la mise en route du brûleur ou une modification de température.
- Ils présentent l’inconvénient, de subordonner le chauffage de l’ensemble des locaux à la température d’une seule pièce, donc de diminuer très souvent la flexibilité de l’ensemble de l’installation.
- Les aquastats, réservés au chauffage par l’eau chaude, jouent un rôle analogue, mais en réglant d’après la température de l’eau à la sortie même de la chaudière. L’intervalle de coupure de ces appareils étant de l’ordre de 5 à 10° C, on obtient une température pratiquement constante aux radiateurs en raison de la capacité calorifique du circuit.
- Les pressostats ou manostats jouent, pour les chaudières à vapeur, le même rôle que les aquastats pour les chaudières à eau chaude. Leur sensibilité est très variable suivant l’appareil employé qui ne doit être choisi qu’après un examen particulier du problème à résoudre.
- Nous devons signaler que les aquastats ou pressostats sont toujours susceptibles de fonctionner en duo-contrôle avec un thermostat.
- On peut donc allier les avantages du contrôle sur le fluide chauffant au changement automatique des températures, ce qui est très intéressant pour les pavillons particuliers.
- Les pyrostats et les protectostats sont des appareils de sécurité placés sur la chaudière elle-même et qui fonctionnent sous l’action directe de la température dans le foyer.
- Ils sont conçus de manière à éviter qu’après un démarrage, le brûleur continue d’injecter du combustible, dans le cas où la flamme s’éteindrait.
- Ils empêchent le nouveau départ du brûleur, après
- Fig. 6. —• Brûleur Sauvageot.
- Type progressif fonctionnant à l’air comprimé basse pression.
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- un arrêt, pendant l’intervalle de temps nécessaire pour que le gaz carburant non brûlé soit évacué par le tirage naturel de la cheminée. Les sécurités de niveau d’eau empêchent, dans les chaudières à vapeur, le fonctionnement du brûleur lorsque le niveau de l’eau est trop bas.
- Tous les appareils que nous venons sommairement de décrire n’agissent, en général, sur le fonctionnement du brûleur, que par l’intermédiaire de boîtes relais réalisant les opérations nécessaires à la mise en route ou à l’arrêt d’un organe déterminé.
- Par exemple, l’ensemble des appareils de réglage étant à la position de départ, un brûleur automatique exige simultanément le démarrage du moteur et le déclenchement de l’étincelle d’allumage. Ceci se fait par l’intermédiaire d’un circuit électrique auxiliaire de la boîte-relais, qui sera shunté dans un intervalle de temps de l’ordre de 45 à 60" par un appareil de sécurité agissant sous l’action de la température du foyer. Le courant produisant l’étincelle sera coupé au même moment.
- Dans le cas où le circuit auxiliaire n’est pas court-circuité, une résistance thermique, qu’il comporte, coupe le circuit et en empêche le rétablissement sans l’intervention manuelle de l’utilisateur.
- Ce dernier organe, appelé «sécurité», indique la correction du fonctionnement des appareils de contrôle. Certains fabricants ont concentré en un seul instrument placé directement sur la chaudière l’appareil de sécurité et la boîte-relais.
- Cette combinaison qui simplifie l’installation présente l’inconvénient de placer les appareils électriques dans une zone particulièrement chaude, et susceptible de les détériorer.
- DE L’INSTALLATION
- En dehors de la valeur technique du brûleur choisi un des éléments de réussite les plus importants et souvent des plus négligés est l’installation.
- Les circulaires ministérielles prescrivent que l’aspiration dans les réservoirs de stockage principaux doit se faire par la partie supérieure, ce qui interdit la mise en charge directe des brûleurs. Seul, un réservoir journalier de 500 1 peut être employé dans ce but, ce qui revient à dire qu’il faudra soit aspirer directement le combustible au réservoir principal par le moyen de la pompe du brûleur, soit au moyen d’un groupe auxiliaire remplir aussi souvent que nécessaire le réservoir journalier. Ce dernier procédé peut, d’ailleurs, être rendu facilement automatique.
- Il devient dès lors essentiel d’étudier avec soin l’implantation du réservoir principal pour qu’il ne soit pas soumis à des températures trop basses.
- Pour les appareils automatiques,, une augmentation de la viscosité au delà de 20° Engler est nuisible à l’aspiration. Un groupe pompe auxiliaire peut assurer le pompage jusqu’aux environs de 80° Engler et on devra l’employer avec ou sans réservoir journalier, chaque fois que le réservoir principal devra être installé
- dans un endroit soumis à des températures peu élevées.
- Vers 0°, il sera même nécessaire de prévoir avant pompage un défigeage préalable du combustible stocké.
- Les canalisations entre réservoir et brôleurs devront être largement dimensionnées, aussi courtes que possible et disposées de manière à ne pas présenter de poches d’air. On profitera du point le plus haut pour établir une ventilation.
- Il faudra vérifier avec soin au démarrage que toute la capacité est entièrement remplie ‘ d’huile et qu’il n’existe pas d’entrées d’air sur le circuit, ce qui provoquerait l’apparition de bruits désagréables et nuirait fortement au fonctionnement des appareils.
- L’intérieur des chaudières devra être briqueté avec soin.
- La plupart d’entre elles ayant été à l’origine conçues ou installées pour la chauffe au charbon, il sera nécessaire d’étudier leur modification pour l’emploi des huiles lourdes en maintenant la chambre de combustion au \olume maximum possible.
- Il faut répartir également le flux gazeux en tous points pour obtenir les meilleurs effets de convection, soustraire les éléments à l’action directe de la flamme tout en maintenant au maximum l’effet de la radiation ; donc briquetage léger occultant le moins possible la surface de chauffe tout en la protégeant et chicanages différents pour chaque type de chaudière.
- Dans cette voie, l’emploi d’appareillages imbriqués sur les flancs de la chaudière. permettra souvent une amélioration nette du rendement.
- Les constructeurs de chaudières peuvent fournir sur demande des façades spéciales dites « façades mazout », qui facilitent la mise en place du brûleur et favorisent la combustion.
- De tout ce qui précède, nous pouvons déduire que le chauffage aux huiles lourdes nous apporte :
- — Une souplesse de chauffe remarquable permettant de suivre exactement les variations de la température extérieure.
- — Par l’automaticité, la suppression presque complète de la main-d’œuvre, tout le travail se réduisant à une simple surveillance.
- — La possibilité de la mise en route ou de la suppression du chauffage, d’une manière pratiquement instantanée.
- •—• La propreté du stockage et celle des chaufferies, par l’absence des cendres et mâchefers.
- — La réduction importante de la surface occupée par les chaufferies.
- — La suppression des imbrûlés et des fumées qui réduisent le rendement de la chaudière.
- — L’impossibilité de distraire une partie du combustible pour d’autres usages.
- Comme tous les procédés relativement nouveaux, le chauffage aux huiles lourdes a ses détracteurs. Nous tenons à attirer l’attention sur le danger qu’il pourrait y avoir à en juger trop sommairement en se basant sur des expériences malheureuses.
- La plupart des ennuis constatés sont souvent mis au compte du brûleur automatique par une regrettable
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- confusion entre l'effet et la cause. La déficience de l’installation totale doit être examinée sans parti pris et l’on vérifie très souvent que l’établissement défectueux des canalisations, l’absence de tirage à la base de la cheminée, l’insullisance de capacité de la chaudière pour la surface chauffée, sont la cause des ennuis constatés.
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- Ne peut-on d’ailleurs admettre que les brûleurs à huile lourde ne sont pas sans présenter quelques avantages ni sans avoir fait leurs preuves, les Etats-Unis seuls ayant actuellement plus de 700 000 de ces appareils en service.
- J. Refoubelet.
- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE PAR ACCUMULATION
- Le chauffage électrique présente de nombreux avantages : fonctionnement automatique et absence de main-d’œuvre, suppression des fumées, suppression de tout stock de combustible, souplesse de marche des installations qui fournissent de la chaleur dès qu’elles sont mises en service, réglage rigoureux suivant la température extérieure, multiples formes du chauffage permettant son adaptation à chaque cas particulier.
- Malgré ces avantages, le chauffage électrique n’avait pu jusqu’à présent prendre un grand développement, en raison du prix élevé du courant électrique.
- Cependant, depuis quelques années, les compagnies distributrices d’électricité ont pu mettre en vigueur des tarifs très différents suivant les heures d’utilisation du courant et fournir, à certaines heures, du courant à prix réduit.
- La courbe de charge des usines productrices d’électricité peut, en effet, se diviser en trois parties principales :
- 1° Une partie où la charge est très faible et correspond aux heures dites de nuit.
- 2° Une partie où la charge devient beaucoup plus importante, partie dite de jour, qui s’étend généralement de 7 h à 15 ou 16 h.
- 3° Enfin une partie, dite de pointe, où l’on atteint le maximum de charge et qui dure de 2 à 3 h.
- Les heures comprises entre 11 h 30 et 13 h 30 sont souvent comptées comme heures de nuit.
- Les deux disques de la figure 1 donnent la répartition
- horaire fixée par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (C. P. D. E.) pour les trois tarifs correspondant à ces trois divisions de la courbe de charge.
- La figure 2 indique les valeurs de ces trois tarifs. L’utilisation du courant de nuit a donné naissance à une technique nouvelle qui réalise dans les locaux un chauffage continu de
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- S Tarif W'L
- Fig. 1. — Les trois tarifs du courant électrique. Leur répartition horaire.
- 24 heures, alimenté en courant électrique pendant les heures de nuit : c’est l’accumulation centrale (1).
- ACCUMULATION CENTRALE
- L’accumulation de la chaleur peut se faire dans l’eau dans la vapeur ou dans une matière solide. Dans tous ces procédés, on utilise uniquement le courant de nuit. Dans l’accumulation à eau chaude, les corps de chauffe placés dans les locaux à chauffer sont des radiateurs à eau chaude ordinaires où la circulation est accélérée par une pompe.
- L’accumulateur rempli d’eau est chauffé pendant la nuit par des résistances ou par l’intermédiaire d’une
- 1. Rappelons brièvement les différents systèmes de chauffage électrique qui ont été et sont encore utilisés dans certains cas.
- 1° Chauffage direct. Ce mode de chauffage utilise le courant au moment du besoin, il consomme donc aussi bien du courant de jour et même de pointe que du courant de nuit. C’est un chauffage de luxe ou d’appoint (radiateur parabolique, radiateur à chaleur obscure).
- 2° Chauffage par accumulation partielle. Les appareils utilisés comportent un élément chauffant et une matière accumulante qui permet de continuer le chauffage quelques heures après l’interruption du courant et d’accumuler pendant les dernières heures de la nuit de la chaleur fournie par le courant de nuit. Ces appareils sont évidemment plus avantageux que les précédents, mais ils consomment encore du courant de jour d’un prix relativement élevé.
- 3° Accumulation sèche individuelle. — Ce mode de chauffage n’utilise que le courant de nuit. Il a été étudié dans La Nature (voir n° 2794 du 1er octobre 1928).
- Fig. 2. — Le prix du courant électrique suivant les trois tarifs.
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- Fig. 3. — Installation du chauffage électrique à accumulation d'eau chaude réalisée dans un immeuble de Boulogne-sur-Seine.
- A droite : l’accumulateur : cylindre calorilugé où l’eau chaude est emmagasinée sous pression. — Au centre : le tableau des appareils enregistreurs. — A gauche : la pompe de circulation (Cle parisienne de Distribution de Chaleur).
- chaudière à électrodes. Il alimente les radiateurs comme le ferait une chaudière de chauffage central. Ces radiateurs peuvent même être alimentés soit par l'accumulateur, soit par une chaudière de chauffage central branchée sur le même circuit, soit par les deux en même temps.
- Dans les locaux chauffés, l’installation se présente sous le même aspect qu’un chauffage central à eau chaude ordinaire, mais elle est plus avantageuse dans son exploitation qui est plus simple, plus précise et plus économique.
- Dans l’accumulation centrale à vapeur, on utilise également des radiateurs, mais ceux-ci sont alimentés en vapeur au lieu d’être alimentés en eau.
- On peut encore utiliser l’accumulation sèche dans laquelle un poêle rigoureusement isolé envoie de l’air
- Fig. 4. —- L’installation de chauffage électrique à accumulation d’eau de Boulogne-sur-Seine.
- Dispositif de réglage de la température d’eau d’alimentation (Cle parisienne de Distribution de Chaleur).
- chaud dans des conduits analogues à ceux des anciens calorifères à air chaud. Mais on a soin de « climatiser » l’air chaud destiné aux locaux. On utilise à cet effet des thermomètres, des hygrostats, des filtres à huile et des humidificateurs. En été la même installation peut servir à envoyer dans les locaux de l’air rafraîchi.
- L’accumulation centrale à vapeur, eau chaude ou air chaud, est actuellement le seul mode de chauffage électrique qui permette pratiquement d’employer uniquement du courant de nuit, c’est-à-dire le courant le moins cher et de l’employer sans gaspillage grâce à l’absence pratique de pertes dans les accumulateurs. C’est donc actuellement le mode de chauffage qui conduit aux dépenses d’exploitation les plus faibles.
- Mais donnant un chauffage précis, souple et économique, il doit employer un matériel adéquat qui entraîne des frais de construction assez élevés. Toutefois, le surcroît de dépenses se justifie par les avantages et les économies de l’exploitation.
- Exemple. — Installation de chauffage électrique d’un immeuble d’appartements à Boulogne-sur-Seine.
- La chaleur est produite et accumulée en cave dans un réservoir d’eau chaude au moyen de résistances électriques. Elle est utilisée pour réchauffer l’eau de circulation envoyée dans les radiateurs.
- L’eau chaude est portée à la température de 120° correspondant à la pression d’une colonne d’eau de 30 m, hauteur comprise entre l’accumulateur et le vase d’expansion ouvert à l’air libre.
- L’eau ne circule pas à 120° dans les radiateurs. On prélève seulement dans l’accumulateur les quantités d’eau nécessaires pour réchauffer l’eau de retour à la température fixée pour la circulation ; le mélange se fait dans les proportions convenables au moyen d’un appareil automatique. La circulation de l’eau est assurée par une pompe. L’installation n’utilise que du courant de nuit de 21 h à 7 h. Les radiateurs ont une surface suffisante pour que l’eau de circulation à 70° permette d’obtenir 18° dans les appartements par une température extérieure de — 5°. On dispose ainsi d’une marge de 120 —-70 — 50° par les plus grands froids.
- Les caractéristiques de l’installation calculées sur ces bases et pour une déperdition horaire maximum de 90 000 calories sont les suivantes :
- Puissance électrique 255 kw.
- Volume d’accumulation 23 m3.
- L’accumulateur a été soigneusement calorifugé et le chauffage réglé au moyen de dispositifs automatiques, de sorte qu’il n’y a aucun gaspillage de calories et que le rendement de la chaufferie approche ainsi de 100 pour 100.
- La chaufferie comprend un tableau électrique, l’accumu-
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- lateur d’eau chaude et un poste de départ pour l’alimentation des radiateurs (fig. 3j.
- L’accumulateur est un réservoir cylindrique vertical d’une contenance de 23 m3 rempli d’eau et calorifugé au moyen d’une couche de plâtre, une couche de liège de 10 cm, des briques à couvre-joints et un revêtement de toile sur le tout (fig. 4).
- L’équipement électrique de l’accumulateur consiste en trois blocs de résistances de 85 kw chacun constitués par des éléments chauffants, type Sauter, chaque bloc formé de 24 résistances en nickel-chrome enroulées séparément sur des cylindres de terre réfractaire.
- Le courant utilisé est du triphasé à 190 v entre phases, provenant d’un transformateur placé en cave et directement alimenté en courant de 10 000 volts. La mise sous tension des éléments chauffants à 21 h comme l’interruption du courant le matin à 7 h s’opèrent automatiquement au moyen de trois conjoncteurs-disjoncteurs commandés par une horloge.
- L’interruption de courant se fait automatiquement par des thermostats quand la température de l’eau atteint le maximum prévu ; un thermostat est intercalé dans le circuit de commande de chaque disjoncteur. Les prélèvements d’eau dans l’accumulateur sont opérés dans les proportions voulues au moyen d’un mélangeur automatique. Ce mélangeur comporte un triple thermostat. A l’origine, on réglait l’index à la main une fois par jour d’après une table de correspondance avec la température extérieure. C’était la seule opération à faire à la main. Ultérieurement, on a rendu ce réglage automatique en le commandant au moyen d’un thermomètre à résistance métallique placé à l’extérieur du bâtiment. Ce sont donc, en définitive, les variations de la température extérieure qui corrigent à chaque instant le réglage du mélangeur. Quand l’index est réglé, les thermostats règlent l’admission de l’eau dans le mélangeur par commande de trois valves magnétiques à soupapes. Ces soupapes se ferment dès que l’eau de mélange atteint la température fixée par l’index, et se rouvrent quand la température de l’eau baisse (fig. 5). La distribution générale est assurée par deux colonnes montantes sur lesquelles sont branchées les distributions d’appartements. L’eau de retour est collectée dans les mêmes conditions.
- Les distributions d’appartements sont du type horizontal avec une seule entrée et une seule sortie par appartement.
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- Sur chaque radiateur est disposé un by-pass pour assurer la constance du débit, ce qui facilite le décompte éventuel des calories par appartement.
- Le décompte des calories est effectué pour l’immeuble entier au moyen de compteurs électriques mesurant la consommation de kw-h. D’autre part, on expérimente des compteurs de calories d’appartement. Il suffit qu’ils mesurent la température de l’eau à l’entrée et à la sortie de l’appartement, la constance du débit étant réalisée par by-pass.
- L’installation fonctionne depuis le début de l’hiver
- Fig. 5. — L’installation de chauffage électrique à accumulation d’eau de Boulogne-sur-Seine.
- Les éléments chauffants au bas de la cuve d’accumulation (Cle parisienne de Distribution de Chaleur).
- de 1931 ; elle a pu faire face sans effort à des températures extérieures de — 8°. D’après les enregistrements des compteurs, son rendement est voisin de 98 pour 100.
- Henri Fougeret.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COMMENT NETTOYER RAPIDEMENT LES TABLEAUX PEINTS A L 'HUILE
- Pour nettoyer les tableaux, il suffit le plus souvent de les laver à l’eau pure au moyen d’une éponge fine, mais si le vernis est cause de l’obscurcissement, il faut enlever celui-ci en frottant doucement la surface avec un tampon de coton hydrophile imbibé d’un mélange à parties égales d’essence de térébenthine et d’huile d’aspic.
- Un peu d’expérience est nécessaire pour mener à bien ce travail,
- c’est pourquoi nous conseillons d’opérer au début sur un objet de faible valeur.
- Dans certains cas un mélange de une partie d’essence de térébenthine et deux parties d’alcool à 95° réussit également bien.
- P. S. — Le nettoyage des cadres dorés s’effectue en enlevant d’abord soigneusement la poussière logée dans les anfractuosités avec un pinceau sec, puis en passant légèrement une éponge douce imbibée d’alcool ou d’essence de térébenthine; laisser ensuite sécher sans essuyer.
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- LIVRES NOUVEAUX
- The hydraulic Ram, by Morrough p. O’Brien and J. E. Gosline, 1 brochure, 62 pages, 32 fig. University of California Press. Berkely, California (États-Unis), 1933.
- Le bélier hydraulique est une remarquable machine élévatoire, inventée par Montgolfier à la fin du xviii0 siècle et qui a encore de nombreuses applications aujourd’hui. On trouve cependant bien peu d’études sur cet appareil. Comme travail français, on ne peut citer qu’un chapitre de l’excellent ouvrage de Bergeron (1928) sur les machines hydrauliques. Les deux auteurs américains donnent ici une théorie complète de l’appareil, reposant sur la théorie des coups de bélier, et étudient en détail les périodes d’accélération et de retardation du fluide. Us comparent ensuite les résultats de la théorie avec les observations faites par eux sur un bélier expérimental et aboutissent à des formules qui concordent à 10 pour 100 près avec les phénomènes réels.
- Méthodes générâtes pour le calcul des courants sinusoïdaux, par A. Blondel, 1 vol., 450 pages, 100 flg. J. B. Baillière et fils, 1933. Prix : 125 francs.
- M. Blondel appartient à cette phalange de savants et d’ingénieurs qui, aux approches de l’an 1900, entreprirent de tirer au clair, à l’aide de l’analyse théorique et de l’expérimentation, les phénomènes alors mystérieux du courant alternatif et poussèrent à un haut degré de perfection la technique de ce domaine particulier de l’électricité. L’œuvre personnelle de M. Blondel a rendu son nom illustre à l’étranger aussi bien sinon davantage qu’en France. Aussi un nouvel ouvrage de ce savant est-il un événement. Le présent volume peut servir d’introduction à l’étude détaillée des appareils à courants alternatifs et des transmissions d’énergie; l’auteur tout d’abord y compare les diverses méthodes de calculs utilisées en électrotechnique : méthodes algébriques par résolution des équations différentielles, méthodes géométriques, graphiques, ou nomographiques; méthodes vectorielles en notations réelles ou imaginaires, enfin la méthode de séparation des puissances. Puis il montre comment par ces diverses méthodes et notamment par les topogrammes on peut représenter les régimes et les caractéristiques d’un appareil donné. Un chapitre fort important est consacré à l’étude détaillée de quelques circuits électriques-types, étude à laquelle peuvent se ramener les problèmes si importants au point de vue pratique des transports de force, des transformateurs et des moteurs électriques. Après une étude rapide des courants polyphasés et d’intéressantes considérations sur la détermination du point neutre d’une distribution, l’auteur expose les méthodes de calcul des inductances et des capacités des lignes aériennes et souterraines, puis le calcul des phénomènes de propagation permanents dans les lignes, calcul où il fait intervenir les fonctions hyperboliques vectorielles; il montre que celles-ci peuvent avoir des applications intéressantes et utiles dans d’autres domaines, par exemple pour l’étude de l’aimantation des tôles ou des courants de Foucault dans les conducteurs de machines électriques. L’ouvrage se termine par un exposé de la théorie des ensembles symétriques appliqué au calcul des systèmes polyphasés déséquilibrés.
- Ce livre, où l’auteur, en maints chapitres, a fait œuvre personnelle et originale, constitue par sa lucidité le guide désormais indispensable à quiconque veut, aborder l’étude de l’électrotechnique. Sa lecture exige des connaissances mathématiques suffisantes ; pour qui les possède, l’ouvrage apparaîtra d’une remarquable clarté.
- Traité de chimie minérale, publie sous la direction de P. Pascal. Paul Baud, secrétaire général. Tome IX. Etain, plomb thallium, manganèse, rhénium, fer, 1 vol., 932 pages, 167 flg. Masson et Cie. Paris, 1933. Prix: 170 francs.
- Ce volume est le huitième actuellement publié sur les 12 volumes que doit comprendre le grand Traité. Au fur et à mesure que cette grande publication approche de son achèvement, on se rend de mieux en mieux compte de l’immense effort de documentation disciplinée qu’elle représente. Les méthodes d’exposition des sujets, de classement des questions, imposées par les directeurs de cette encyclopédie ont été scrupuleusement respectées par tous les collaborateurs; elles rendent aisée et fructueuse la consultation de l’ouvrage et lui assurent le maximum d’utilité pour les savants et les étudiants à qui il est destiné. Dans ce neuvième volume, M. Bruillet consacre 120 pages à l’étain et ses dérivés; on remarquera l’étude des acides stanniques, chlorostanniques et celle des propriétés chimiques du métal à l’état d’ion. M. Colani résume en 200 pages nos connaissances actuelles sur le plomb et ses composés. M. C. Duval traite du thallium; M. Geloso a rédigé l’important chapitre du manganèse. M. Pascal consacre une belle monographie au rhénium, métal découvert depuis peu. Le fer est l’objet de deux remarquables chapitres; l’un est dû à M. Chaudron qui traite des propriétés physiques et chimiques du métal pur, de ses combinaisons avec l’hydrogène et l’oxygène, et qui résume l’état actuel des problèmes si discutés de la corrosion et de la dissolution des gaz; l’autre dû à M. C. Duval traite des sels et complexes du fer.
- Les appareils de mélanqe dans l’industrie chimique, par R. Pailly, 1 vol., 121 pages, 117 flg., J. B. Baillière et fils, Paris, 1933. Prix: 18 fr.
- Les opérations de mélange sont d'un emploi très général en industrie chimique. Elles s’exécutent à l’aide d’appareils très variés dont M. Pailly donne ici une description aussi claire que méthodique. Il examine d’abord comment on effectue le dosage en proportion convenable des éléments du mélange et dans ce but passe en revue les jauges et pesons pour solides ou liquides, les jauges pour gaz, les distributeurs continus de liquides et de solides. Il passe ensuite à l’étude des dispositifs employés pour réaliser les mélanges et il examine successivement les systèmes pour le mélange des gaz avec les solides, pour le mélange des gaz avec les liquides : pulvérisateurs, atomiseurs, saturateurs, colonnes de condensation; pour le mélange des liquides entre eux ou avec des solides, émulseurs, agitateurs, batteuses, malaxeurs, pétrisseurs, broyeurs, et enfin pour le mélange des solides entre eux.
- The meaning of animal coleu r and adornment,
- par le major R. W. G. Hingston, 1 vol. in-8, 411 p., 40 fig. Edward Arnold and Co, London, 1933. Prix : cartonné toile, 18 sh.
- L’auteur a beaucoup voyagé, il a vu nombre d’animaux, les uns se dissimulant, les autres au contraire particulièrement visibles quand ils étaient menacés, ou effrayés, ou furieux. Il a noté ces observations, les a étendues, généralisées, des insectes à l’homme et finalement il les systématise en une théorie sur la signification des couleurs et des ornements. Il y voit un conflit, une opposition ou un compromis entre deux attitudes, deux émotions, deux réactions au milieu extérieur : la crainte, l’attaque, la colère, et le silence, la dissimulation, le secret. 11 explique ainsi les changements de l’âge, les couleurs brillantes des mâles, les chants, les mues, les ergots, les cornes qu’on considère comme des caractères sexuels secondaires des mâles, et môme les variations géographiques. De cette ingénieuse construction il va jusqu’à faire une loi biologique fondamentale...
- Les poissons et le monde vivant des eaux, par le
- Dr Louis Roule. Tome VI. Le littoral et la haute mer, 1 vol. in-8. 324 p., 50 fig., 16 pl.en couleurs. Delagrave, Paris, 1933. Prix :
- Poursuivant son œuvre considérable de présentation littéraire, vivante, populaire, du monde des eaux, le professeur du Muséum vient de publier 1 e 6» volume consacré aux poissons marins. Après une promenade dans ses collections, une visite à un aquarium, des impressions de scaphandre et une esquisse de topographie sous-marine, il conduit le lecteur d’abord près de la côte, puis en haute mer. Il brosse le tableau des fonds et les anime de !eur faune. On voit ainsi défiler, avec leurs caractéristiques, les poissons de rivage, de golfes, d’étangs, d’herbiers, de coraux de roche, de fond, puis les poissons argentés, bleus, rouges, en descendant au large de la surface vers les profondeurs. Une dernière partie groupe des études diverses : requins et raies, oiseaux de mer, colosses aquatiques, représentants d’ancêtres, et le livre se termine par un dialogue de la vague et du vent. Comme on le voit, c’est un mode de présentation de la science qui s’applique à être séduisant, attirant pour le profane. De nombreux dessins, de riches planches en couleurs rehaussent la présentation.
- La lutte contre les fumées, poussières et gaz toxiques, par René Humery. 1 vol. in-8, 351 p., 200 fig. Dunod, Paris, 1933.
- Une loi récente, après tant d’autres mesures administratives, a proscrit de nouveau les fumées dans les villes. Mais une loi ne suffit pas, à en juger par le passé; il faut aussi la connaissance technique des causes, des effets, des remèdes. C’est à quoi s’applique cet ouvrage Il rappelle d’abord les notions très simples sur les combustibles, la combustion, la fumivorité, puis il analyse les gaz brûlés, les poussières èt les fumées. Il montre leurs dommages : un mauvais tirage donne de la fumée, mais aussi de l’oxyde de carbone, cause majeure d’insalubrité, et encore perd une part de la puissance calorifique du combustible. Il indique les appareils de mesure et de contrôle qui servent à en juger nettement. Puis il indique qu’il est des sources de chaleur sans fumée, le gaz, le coke, le mazout, les charbons maigres, l’électricité. Il passe alors à la pratique plus complexe, décrit les types de foyers îumivores et les appareils de contrôle nécessaires, les procédés de dépoussiérage, d’enlèvement et d’utilisation des suies et poussières et termine, après avoir signalé la nocivité des constituants des fumées, une revue de la législation qui débute par une enquête de 1510 pour aboutir à la récente loi Morizet et à un programme d’action fort sage pour l’avenir qui sera ce qu’on saura le faire. Ce livre y aidera.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — Cuisinière mixte « Alterna » pouvant fonctionner à volonté au gaz butane ou au charbon, au coke ou au bois.
- CHAUFFAGE
- Cuisinières et réchauds au gaz butane.
- Nous ne reviendrons pas sur la question du gaz butane en général; elle a fait, ici même dans le n° 2902 du 1er avril 1933, l’objet d’une étude très complète de M. R. Villers. On doit en retenir que le gaz butane, comprimé en bouteilles, offre des avantages comparables à ceux du gaz de ville pour tous les endroits qui ne disposent pas d’une distribution de gaz. Dans les petites localités rurales, dans les maisons de campagne et les châteaux, le gaz butane résout d’une façon élégante le problème de la cuisson au gaz. 11 évite les pénibles
- sujétions de l’allumage des feux 2iour la préparation des repas, terreur de toutes les maîtresses de maison en villégiature.
- L’intérêt théorique du gaz butane, se comprend aisément; il est facile de chiffrer la dépense que comporte son emploi; l’article préci t é donne à cet égard tous détails utiles. Encore f a u t - i 1, pour se décider à recourir à ce combustible nouveau, aujourd’hui large-
- Fig. 3. — Réchaud-four Superfurnus 721 au gaz butane.
- ment distribué dans presque toute la France, être certain qu’il existe des appareils adaptés à son emploi.
- Les constructeurs d’appareils de chauffage se sont préoccupés de la question dès l’apparition du gaz butane et un grand nombre d’entre eux ont adapté leurs modèles courants de réchauds et cuisinières à la combustion du butane. Il existe donc aujourd’hui toute une gamme d’appareils parfaitement au point.
- Nous pouvons citer dans cet ordre d’idées les modèles présentés par la maison Arthur Martin, constructeur ardennais bien connu.
- Voici, tout d’abord, une cuisinière (fig. 1) qui peut être à volonté chauffée au gaz butane, ou bien au charbon, au coke ou au bois. On est certain, avec elle, de ne pas connaître la panne de combustible. L’hiver, alors qu’il faut un chauffage continu, on l'alimentera au charbon ou au bois. En été, quand s’impose le chauffage intermittent à allumage instantané, on aura recours au gaz butane.
- La figure 2 représente une cuisinière mixte pouvant fonctionner à volonté au gaz butane ou à l’électricité. La partie supérieure comporte 3 brûleurs au gaz butane et permet toutes les cuissons à feu vif. La partie électrique comprend un vaste four soigneusement calorifugé, entièrement émaillé à l’intérieur et dont les glissières porte-plats ainsi que les corps de chauffe sont démontables à la main, sans outil. Le four est muni d’une porte équilibrée à fermeture étanche et automatique. Il est pourvu d’un corps de chauffe rayonnant, à la voûte, pour les grillades et d’un corps de chauffe obscur à la partie inférieure, permettant grâce aux trois allures du commutateur de conduire parfaitement la cuisson des gros rôtis comme celle des pâtisseries délicates.
- Voici, pour fonc-t i o n n e r au gaz butane seul, un modèle de réchaud-four (fig. 3) le super - f u r n u s 7 21 Buta, avec 2 brûleurs, une grillade
- Fig. 2. — Cuisinière mixte au gaz butane ou à l’électricité.
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- à plaquettes inclinées et un vaste four étanche. Signalons encore, parmi un grand nombre d’autres modèles, le Spidex 580, Buta (ûg. 4), à 3 brûleurs, à dessus basculant indépendant des brûleurs, et dont le four a été spécialement étudié en vue d’un haut rendement, assuré par son étanchéité parfaite et la circulation judicieuse des gaz chaud#.
- Nous arrêtons là cette énumération, nous bornant à signaler qu’il existe de nombreux autres modèles dont la gamme répond à tous les cas qui peuvent se présenter dans la pratique, depuis le modeste réchaud usuel jusqu’à la cuisinière la plus luxueuse. Signalons toutefois qu’il existe aussi, pour le chauffage des locaux, des radiateurs au gaz butane de divers modèles : radiateurs tubulaires, ou radiateurs à bûches incandescentes, à un ou plusieurs feux.
- Constructeurs : Fonderies Arthur Martin à Revin (Ardennes).
- Le Simplex, générateur de gaz d'essence
- Les pouvoirs publics ont compris depuis longtemps l’importance économique de l’électrification des campagnes. Les communes ont, de leur côté, multiplié leurs efforts pour amener l’eau sous pression aux domiciles de leurs habitants. Par contre, la diffusion du gaz est beaucoup plus lente, particulièrement dans les régions où les habitations sont dispersées et où les frais d’établissement des canalisations grèveraient trop lourdement le budget de la commune. Il y a là un inconvénient regrettable dont soulîrent de nombreux propriétaires ruraux.
- Voici, pour combler cette lacune, uningénieux générateur de gaz d’essence qui parait appelé à rendre de très grands services.
- Il est d’une simplicité extrême. Entièrement automatique, il permet d’obtenir un gaz présentant Fig. 5. Le « Simplex ». de nombreux avantages
- sur le gaz de ville, à un prix de revient sensiblement moindre.
- Avant d’entrer dans le détail des perfectionnements de ce gazogène, il est bon d’en rappeler sommairement le principe : cet appareil a pour but de rendre l’air atmosphérique combustible en y incorporant une petite quantité de gaz d’essence. Ce mélange s’effectue dans une proportion de 75 parties d’air et de 25 parties d’essence. Ainsi, sans aller plus loin, on se rend compte que, l’air ne coûtant rien, il ne peut résulter de ce mélange qu’un produit excessivement bon marché : le prix du mètre cube du gaz ainsi composé ressort aux environs de 0 fr i5.
- L’air est aspiré par un petit ventilateur centrifuge, mû électriquement. Cet air se iend dans un carburateur alimenté d’essence par un réservoir de 10 litres et par l’intermédiaire d’un niveau constant. Le gaz produit passe ensuite dans une cloche régulatrice, laquelle le refoule dans la canalisation. En ré-
- sumé, le générateur ne comporte que 5 organes principaux : un petit ventilateur centrifuge; un carburateur à barbotage surmonté d’un robinet de sortie de gaz; un niveau constant du modèle employé couramment en automobile ; un réservoir d’essence disposé en légère surélévation, d’une contenance de 15 litres, avec indicateur de niveau à cadran permettant la lecture directe en litres de l’essence contenue; une cloche régulatrice assurant la fabrication du gaz quand cela est nécessaire, en agissant sur un interrupteur à mercure.
- Cette simplicité justifie le nom « Le Simplex » que lui a attribué son constructeur.
- Le fonctionnement est le suivant : le ventilateur envoie l’air sous une pression déterminée, dans un distributeur à barbotage qui se trouve logé dans le carburateur.
- Ce carburateur est alimenté d’essence par un réservoir en surélévation, mais un niveau constant maintient constamment l’essence à un niveau déterminé dans le carburateur.
- L’air du ventilateur entraîne naturellement une proportion de vapeurs d’essence et par ce fait se trouve carburé. Cet air carburé est du gaz possédant les mêmes propi'iétés que le gaz des villes en ce qui concerne l’allumage instantané, et le réglage facile des appareils d’utilisation.
- Toujours poussé par la pression donnée par le ventilateur, cet air carburé continue sa course pour se rendre dans la cloche mobile et la fera par conséquent remonter. Arrivée en haut de sa course, la cloche agit sur un interrupteur à mercure et coupe le courant. Le ventilateur s'arrête et la fabrication du gaz cesse.
- Le passage de l’air à travers le carburateur a naturellement fait baisser légèrement le niveau d’essence et automatiquement une proportion d’essence équivalente à celle évaporée est fournie par le réservoir, en passant par le niveau constant, lequel opère ce remplacement goutte à goutte, au fur et à mesure de l’évaporation.
- La cloche étant remplie de gaz, l’appareil est automatiquement à l’arrêt. Si l’on ouvre un robinet le gaz est. pris sur la cloche qui descend lentement. Arrivée à un certain point, elle agit en sens contraire sur le rupteur à mercure en rétablissant le contact. Le ventilateur se met en marche, recharge la cloche, et le cycle se répète.
- Le temps de fonctionnement du ventilateur est très court, la montée de la cloche s’effectuant en 30 secondes.
- Par contre, la descente est assez lente puisque pour maintenir 3 litres d’eau en ébullition, la cloche pourra assurer la fourniture du gaz pendant une heure.
- Ceci fait ressortir que la consommation électrique est des plus faibles, soit environ 15 watts par 24 heures.
- Cette particularité permet facilement l’alimentation du moteur par accus de 12 volts, solution très pratique sur les secteurs où se font sentir de nombreuses interruptions de courant. L’accumulateur est maintenu en charge sur le secteur et alimente «en tampon» le moteur 12 v du générateur. Il peut donc survenir une panne durant plusieurs jours — ce qui ne se produit jamais— et les accus assurent le fonctionnement du gazogène. Le gaz produit peut alors sévir à alimenter des beés d’éclairage de secours.
- Pour terminer, il y a lieu de remarguer, ed outre, que la fabrication du gaz combustible se fait à la température ambiante, ce qui écarte les risques d’inflammation spontanée et d’incendie. De plus, n’étant par sa nature même, ni un gaz toxique pour l’organisme, ni un explosif, il ne prête en aucune façon aux critiques justifiées faites au gaz de houille. Les compagnies d’assurances ne demandent d’ailleurs aucune surprime à leurs assurés qui emploient le gaz d’air carburé.
- Construcleur : Etablissements Brégeaut, 55, rue Turbigo, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du prétendu oppidum (n° du 1« juin 1933).
- M. Pierre Lallemant, d’Autun, nous écrit :
- « Les plateaux calcaires de la Côte d’Or et leurs versants pierreux présentent en bien des points, dans l’Auxois en particulier, des réseaux de « murées » parsemés d’abris auxquels peut s’appliquer quant à leur disposition, leur origine, leur destination et les raisons de leur abandon plus ou moins complet, presque mot pour mot, tout ce que M. P.-F-Fournier nous dit des « ruines » découvertes sur les Côtes de Clermont. Là aussi, il s’agit de constructions grossières en pierres sèches recueillies sur place : un calcaire bajocien qui se divise en dalles minces ou « laves » et qui se prête bien à la confection des toitures. Il serait facile aux archéologues d’occasion de situer sur les longs promontoires bordés de roches abruptes que présente le plateau bajocien profondément découpé l’emplacement de plusieurs de ces oppida, dans une région où il en existe au moins un authentique — celui d’Alésia — et qui,
- en dehors de l’Auvergne, n’esfccertainement pas la seule où ils pourraient se donner la joie de « découvertes » analogues ».
- A propos de Paix sur la terre (n° du 1” juin 1933.)
- M. le Directeur de l’Ecole régionale d’agriculture et d’horticulture d’Antibes nous écrit :
- « J’ai lu avec intérêt la note parue dans La Nature du 1er juin « Paix sur la Terre, qui relate la petite bataille entre deux insectes, probablement deux hyménoptères, du groupe des Apides (genre Eumenes) qui construisent précisément ces charmants petits nids en terre où la mère a enfermé des chenilles diverses sur lesquelles elle a pondu son œuf.
- Il aurait été intéressant de savoir s’il ne s’agit pas de deux mâles, car la bataille s’expliquerait sans peine par l’amour... et ce ne serait plus le simple goût du meurtre, que l’on doit très rarement rencontrer chez les insectes. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Montage d’un haut-parleur.
- D'après les indications que vous donnez dans votre lettre, vous avez monté un haut-parleur à diffuseur conique et à moteur électromagnétique dans une ébénisterie. Nous pensons, bien entendu, que la paroi arrière de cette ébénisterie est ajourée, car, dans le cas contraire, il se produirait des résonances fort nuisibles et les sons risqueraient d’avoir une tonalité générale grave fort peu agréable, à laquelle on donne généralement avec raison le nom de « son de tonneau », parce que les sons semblent alors sortir du fond d’un tonneau.
- Ainsi que nous l’avons indiqué, soit dans la Boîte aux lettres, soit dans nos chroniques de Radiophonie pratique, un écran acoustique a pour but de permettre la reproduction des notes graves et intenses, même lorsqu’on utilise un diffuseur conique à bords libres relativement de petit diamètre. Par contre, si l’on emploie un haut-parleur à diffuseur de grand diamètre à bords fixes, l’adoption d’un écran acoustique n’est nullement nécessaire.
- Vous avez omis de nous indiquer exactement le genre de haut-parleur que vous employez, ainsi que les dimensions du diffuseur conique et de l’ébénisterie qui le contient. Si le diffuseur est de petit diamètre, et l’ébénisterie également de dimensions réduites, vous obtiendrez sans doute de meilleurs résultats en extrayant le haut-parleur de son ébénisterie, et en le plaçant sur un écran acoustique portant un évidement du diamètre de la base du diffuseur. En ajourant les parois de la boîte en ébénisterie, vous pourriez, d’ailleurs, vous contenter de prolonger, en quelque sorte, la paroi antérieure de la boîte par l’écran acoustique, de manière à augmenter sa surface. Cet écran acoustique doit avoir une épaisseur suffisante pour ne pas entrer en vibrations lorsque le haut-parleur est en fonctionnement.
- Réponse à M. Seignole, à Brive (Corrèze).
- Qu’est-ce que le vert de vessie.
- Le vert de vessie est un extrait végétal que l’on prépare au moyen des baies du Nerprun purgatif (Rhamnus caiharticus) qui porte également les noms vulgaires de Broc-épine et de Noir-prun.
- Le degré de maturité des baies présente une grande imoortance, car trop vertes, elles ne fournissent qu’une couleur jaune et trop mûres, elles donnent du rouge.
- L’extraction de la matière colorante se fait par épuisements répétés à l’eau chaude et pressurage du marc ; les liquides réunis sont concentrés au bain-marie pour éviter toute altération, en agitant constamment, puis additionnés de 5 à 6 pour 100 en poids de sulfate double d’alumine et de potasse (alun de potasse).
- Après clarification et décantage, on termine l’évaporation toujours au bain-marie jusqu’au moment où une goutte du liquide déposée sur une assiette se solidifie par le refroidissement.
- L’extrait chaud et fluide est alors introduit dans des vessies de porc que l’on suspend dans un lieu sec où le séchage se termine.
- Le vert de vessie est une couleur vert feuille d’un effet très agréable ce qui le fait employer surtout pour l’aquarelle ou l’enluminure; malheureusement cette couleur est très fugace et peu résistante à la lumière, c’est pourquoi son emploi tend à disparaître.
- Au point de vue chimique, la matière colorante est constituée par la rhamnine étudiée d’abord par Fleury, puis par Lefort qui a montré qu’elle dérivait par transformation isomérique d’une autre substance qu’il a nommée rhamnégine.
- A côté de la rhamnine se trouve le principe amer cnscailisable, la cathartine, auquel le nerprun, considéré cette fois au point de vue médical, doit ses propriétés purgatives et légèrement vomitives, qui le font employer surtout dans l’art vétérinaire pour le traitement des chiens.
- La graine d’Avignon qui est également un Nerprun (Rhamnus infeclorius) servait autrefois à la teinture des tissus ainsi que la graine de Perse (Rh. amygdalinus), les couleurs dites d’aniline, les ont complètement remplacées.
- Réponse à M. Arango,'; à Boya (Colombie).
- De tout un peu.
- M. Camfolq à Paris. — La meilleure colle, que vous puissiez employer pour obtenir une adhérence parfaite sur le verre est le silicate de potasse que l’on trouve couramment dans le commerce sous forme de sirop, colle qui a l’avantage de rester transparente.
- Dans le cas qui vous occupe, celui d’une réparation de vitrage, vous pourrez appliquer sur les fêlures soit une bande de verre, coupée au diamant à démensions convenables, soit tout simplement *des bandes de cellophane, en ayant soin de recouvrir également celles-ci, après la pose, d’une couche de silicate de potasse.
- Bien entendu la réparation doit se faire par temps se cde façon que la pluie n’amène pas immédiatement un délayage, mais une fois le silicate bien séché, il peut ensuite recevoir les affusions d’eau sans inconvénient la silice libérée par carbonatation à l’air étant tout à fait insoluble.
- M. Rolland, à Amiens. — Comme suite à la liste d’adresses que nous avons données dans le n° 2897, page 95, il vient de nous être fourni comme renseignement très sûr que l’on trouve du héphyr en pleine activité chez Guibret, herboriste, 230, boulevard Voltaire à Paris, 11e.
- LaPharmacie Canonne,88, boulevard Sébastopol, 3°, livre également des graines de képhyr, mais séchées, il convient alors pourles remettre en action fermentative, de les faire revenir pendant une huitaine de jours dans une macération de figues en plaçant ce levain dans un lieu chaud.
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- M. L. Regray, au Havre. — Il y a eu effectivement échoppement d’un 'chiffre, dans la donnée de la formule de colle pour porcelaine parue dans le n° du Ier mars 1929; pour la compléter il faut lire : 1 pour 100 d’ammoniaque.
- Collège Franco-Mexicain, à Monterrey. — Nous avons répondu à vçtre question dans le n° 2895, page 574 du 15 décembre 1932; veuillez bien vous y reporter.
- MM. Servier, à Orléans. — La composition de cette spécialité étrangère nous est inconnue, le mieux serait que vous en fassiez faire l’analyse par un laboratoire.
- G. d’O. — L’odeur nauséabonde que dégagent vos résidus de laiterie est due à la fermentation putride des matières azotées, en l’espèce la caséine et l’albumine du lait. Celles-ci contenant du soufre> ce dernier est libéré à l’état d’hydrogène sulfuré que perçoit, malheureusement, votre odorat.
- Le seul remède à apporter à cet état de choses est de faire absorber tous les résidus par un mélange de tourbe, terre et craie de manière à former un compost, que l’on doit fréquemment recouper à la bêche pour l’aérer et favoriser la nitrification; si l’opération est bien faite et la masse perméable, il ne doit pas se dégager d’odeur.
- Quant aux parties déclives du terrain où les eaux d’écoulement seraient restées stagnantes, elles devront être asséchées et saupoudrées de sulfate de fer pulvérisé (vitriol vert).
- M. le Dr Lehmans, au Havre. — A notre avis, la cire à cacheter les bouteilles doit convenir pour l’application que vous avez prévue en opérant de la manière suivante :
- 1° Faire fondre la cire, de la couleur choisie, à feu doux en évitant l’inflammation, dans une casserole de fer, puis la couler dans le cadre, sous une épaisseur convenable pour y loger les objets qui doivent être encastrés.
- 2° Chauffer progressivement les fonds de bouteilles dans un bain de sable, puis les saisissant avec des pinces, les placer sur la cire dans laquelle ils s’enfonceront par leur poids et légère pression.
- 3° Après refroidissement complet, nettoyer la surface du verre avec un tampon imbibé d’alcool à brûler.
- N. B. — Si vous désirez que le panneau ainsi réalisé reste transparent dans la partie verrée, il faudrait opérer d’une façon inverse, c’est-à-dire disposer d’abord les fonds de bouteille dans le cadre sur un treillis en fils de fer, mettre le tout dans un four de cuisinière pour faire atteindre une température supérieure à celle de la fusion de la cire, puis couler dans les intervalles ladite cire préalablement fondue comme il est indiqué ci-dessus.
- N. B. — Vous pourrez donner à la cire toute la souplesse nécessaire, en y ajoutant un peu de suif; quelques essais préalables vous fixeront rapidement sur les proportions à observer.
- Bien entendu, un fond mobile métallique froid sera donné au cadre, au moment de la coulée, pour empêcher la cire de traverser pendant le temps qu’elle sera liquide.
- M. Gros, à Marigny (Jura). — La colle suivante vous donnera très probablement satisfaction pour fixer solidement la nacre à l'étain
- sur vos poissons artificiels.
- Prendre :
- Gutta-percha.......................... 10 grammes
- Gilsonite............................. 10 —
- Essence d’eucalyptus.................. 20 —
- Benzine...............................120 —
- Mettre en flacon bien bouché et laisser digérer un temps suffisant en agitant fréquemment pour que la masse devienne homogène.
- Avoir soin de n’appliquer que sur des pièces bien sèches, condition essentielle, serrer fortement et ne mettre en service qu’au bout de quelques jours, lorsque les solvants auront complètement disparu.
- N. B. — La gilsonite est un asphalte naturel actuellement d’un emploi courant dans la fabrication des vernis.
- M. Bizouard, à Villeurbanne. — 1° Vous pourrez teindre facilement vos jetons en os, par immersion dans un bain bouillant d’une couleur diamine de la teinte qui vous conviendra, la condition capitale étant que les jetons aient été préalablement dégraissés dans une solution également bouillante de carbonate de soude (cristaux des ménagères) à 5 pour 100 environ, puis bien rincés.
- Vous vous procurerez sans difficulté ce genre de matières colorantes en achetant les sachets tout préparés que l’on trouve chez les marchands de couleurs pour la reteinture des étoffes, par exemple sous le vocable de « Kabylines ».
- 2° Les produits vendus sous le nom de « cire norvégienne » dont
- on frotte les skis pour les empêcher d’adliérer à la neige, sont constitués par de la paraffine additionnée d’un peu de vaseline, la proportion de celle-ci, environ 5 pour 100, varie quelque peu suivant les fabricants. Quelques essais vous permettront d’obtenir la consistance du type que vous avez en main.
- M. Qauchet, à Paris. — 1° Le produit employé par les ébénistes sous le nom de popote pour nettoyer les meubles se compose de :
- Essence de térébenthine............. 150 grammes
- Huile de lin......................... 75 —
- Alcool dénaturé..................... 750 —
- Acide sulfurique..................... 25 —
- 2° Pour brillanter vos meubles, il vous suffira d’employer une encaustique à l’essence du type que nous avons indiqué dans notre n° 2774, page 528.
- M. Le Dr Cotsaftis, à Montpellier. — Nous n’avons pas eu l’occasion d’avoir en main la spécialité dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous donner une appréciation sur sa composition.
- E. B., à Neuilly-sur-Seine. — Les cacaos solubilisés sont des cacaos ayant été traités par des substances alcalines : carbonate de potasse, phosphate de potasse, voire même l’ammoniaque, de façon que par saponification des matières grasses, le cacao soit facilement mouillé par l’eau, en même temps les matières abuminoïdes primitivement insolubles se transforment en peptonates et albuminates alcalins solubles.
- On considère que cette addition ne peut avoir d’influence fâcheuse sur la santé, si la proportion de potasse anhydre calculée en K20, trouvée à l’analyse, ne dépasse pas 3 pour 100 avec une tolérance de 0,30 pour 100 (décision du Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine.)
- Collège Jeanne-d’Arc, à Istambul. — Les capsules pour bouteilles, que vous nous avez soumises, sont constituées simplement par de la gélatine formolée, chargée assez fortement par un pigment minéral; vous obtiendrez un article analogue en faisant gonfler dans l’eau froide de la colle d’os de première qualité, pendant douze heures environ jusqu’à saturation complète.
- Après avoir enlevé l’eau en excès, la gélatine est liquéfiée au bain-marie, puis additionnée de pigment dont la proportion sera réglée par intensité de la coloration à obtenir, puis la gélatine encore chaude est coulée sur une plaque en fer-blanc ou un marbre légèrement graissé de façon à obtenir des feuilles de l’épaisseur voulue.
- Après refroidissement, les feuilles sont mises pendant quelques heures dans une solution aqueuse froide, à 5 pour 100, environ de formol commercial, ce qui rend la gélatine insoluble.
- Pour l’emploi, il suffit de tremper la feuille découpée à la grandeur voulue dans de l’eau tiède, la gélatine reprend sa souplesse, sans se dissoudre, on l’applique alors sur le bouchon, on ficelle, coupe l’excédent au moyen de ciseaux et laisse refroidir, le capsulage parfait est ainsi réalisé.
- N. B. — Comme pigment, vous pourrez employer toutes les couleurs minérales du commerce, ce qui donne en même temps de l’opacité à la capsule (jaune de Naples, jaune minéral, jaune de chrome, ocre jaune, jaune de cadmium, bleu de Prusse, cendres bleues, bleu d’outremer, vermillon, minium, rouge d’Angleterre, ocre rouge, brun de manganèse, brun van Dyck, terre de Verone, vert de Cassel, vert Guignet, violet minéral, violet de mars). Pour les noirs, employer le noir de fumée, le noir d’ivoire.
- Les couleurs d’aniline donneraient, par contre, des capsules transparentes.
- E. P. E., à Evreux. — 1° Pour refaire l’ourlet du vêlement caoutchouté que vous voulez raccourcir, il vous suffira, après avoir coupé, en ménageant en plus la largeur de cet ourlet, de rabattre l’étoffe après l’avoir enduite de la dissolution courante de caoutchouc dans la benzine qui sert aux réparations de pneumatiques en observant les mêmes précautions, c’est-à-dire en attendant que par évaporation partielle du solvant, le caoutchouc devienne visqueux et collant.
- Juste au moment de rabattre, passer au moyen d’un petit pinceau et rapidement une dissolution composée de :
- Sulfure de carbone................100 grammes
- Chlorure de soufre................ 5 —
- qui est destinée à vulcaniser le caoutchouc.
- Appuyer enfin fortement, mettre sous presse si possible, laisser bien sécher avant de mettre en service.
- 2° Nous avons publié dans le n° 2871, page 574, un article très complet sur le képhyr, veuillez bien vous y reporter.
- Le Gérant : G. Masson.
- 421t. — lmp. Lahure, q, rue de Fleurus, Paris. — : 7-1933.
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- LA NATURE
- N* 2909. — 15 Juillet 1933. ^ Prix du Numéro: 4 frau
- Paraît le inet le i5 de chaque piois. pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Ci|i, Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T^. C. Seine : iS.2^4) Tèi. Danton 56.11,
- PRIX DE L’ABONNEIVIENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n**), 90 Ir. ; — 6 mois (12 nos), 45 fr.
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- Tarif pour l’étranger : Tarif n° -i
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pars ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala. Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Libéria, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C‘, sur une banque de LJaris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l "' de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
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- Fig. 6. — Squelettes et cercueil du cimetière chrétien.
- bution de l’eau était assurée par des puits, dont on a mis à jour de nombreux exemplaires.
- Il existe, à Haithabu, un cimetière étendu, comportant nombre de sépultures à cercueils (fig. 6), datant évidemment d’une époque déjà chrétienne. L’anthropologie y trouvera un jour l’occasiond’étudier les squelettes d’une capitale de Vikings.
- M. Sclrvvantes et ses collaborateurs ont été bien surpris de découvrir tout récemment un champ de sépultures d’un tout autre genre : il s’agit de tombeaux aux parois de bois, servant chacun pour une ou deux sépultures et comportant des cadeaux très nombreux, souvent d’un certain faste et d’un caractère nettement païen. Ils remontent aux ixe et vme siècles ; des monnaies de l’époque de Charlemagne permettent de les dater.
- Plus précieux encore, pour l’histoire de Haithabu
- Fig. 10. — Boucle en bronze trouvée dans une tombe de femme.
- Fig. 7. — Pierre runique de Sigtrygg.
- que les rapports des chroniqueurs, sont quatre pierres runiques, dont deux, à en croire leur inscription, ont été posées « par Astrid, fille d’Odinkar, à la mémoire du roi Sigtrygg, qui fut son fils et celui de Knuba » (fig, 7). Or, les documents historiques apprennent que l’un des deux fils d’Olav, prince suédois, qui, vers la fin du ixe siècle, assujettit l’empire danois, avait précisément nom Knuba et que son fils Sigtrygg fut chassé par un membre de la maison royale danoise.
- Bien que la domination suédoise sur Haithabu prît fin avec Sigtrygg, les Danois ne jouirent pas longtemps de la possession incontestée de la grande ville commerçante.
- Il y eut. en effet, vers la fin du xe siècle, dans cette
- Fig. 11. — Glaives découverts dans un tombeau.
- région des luttes acharnées entre Saxons, Wendes* Danois et Suédois ; cette sombre époque emprunte quelque lumière aux deux autres pierres runiques de Haithabu, parlant d’un roi Svend, probablement Svend Barbe-Fourchue, dernier roi Viking danois qui, en
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- Fig. 3. — Tranchée ouverte pour pratiquer des fouilles méthodiques dans le rempart.
- de glaise. Le foyer se trouvait, dans la plupart des maisons, dans le coin, quelquefois au centre.
- , Les maisons mises à découvert ne sont qu’exception-nellement isolées, — le plus souvent, disposées par groupes de trois ou quatre. Après l’incendie d’une maison, on avait coutume de la reconstruire au même endroit, souvent sans modification sensible de l’orientation des fondations ; de là, les 'grandes difficultés qu’on éprouve à dater exactement certaines trouvailles : céramiques, produits métallurgiques, etc.
- A côté des poteries typiquement vikings, on trouve à Haithabu des produits correspondant parfaitement à la céramique nationale des colonies slaves, avec leurs formes caractéristiques et leurs ornements ondulés et autres. Les poteries importées de Franconie se distinguent nettement des unes et des autres, par leur coloration, leurs formes et le traitement bien plus soigneux de l’argile. Certains vases d’un travail très artistique ont l’air d’être venus de Rhénanie (fig. 5), grandes amphores à reliefs peut-être remplies de vin du Rhin. Parmi les produits de la céramique locale, mentionnons
- Fig. 5. — Débris de vases peints, d’origine rhénane, trouvés à Haithabu.
- surtout les grands anneaux perforés^ employés soit pour enfoncer les filets, soit pour alourdir les chaînes d’ancre. Les coupes très nombreuses en lardite semblent indiquer des relations de commerce très étroites avec la Suède et la Norvège. Les traces d’une industrie très développée de l’os se trouvent dispersées à travers le terrain tout entier ; elles comportent, entre autres, des peignes et des patins d’une grande beauté.
- Les creusets très nombreux prouvent la grande prospérité dont jouissait la métallurgie ; à côté d’eux, on a trouvé des fragments de moules pour les beaux travaux en fonte décorative de l’époque des Vikings. L’une des plus grandes entreprises fut la découverte d’un four à
- Fig. 4. — Un champ de fouilles, montrant les restes d’habitations.
- verre, avec de nombreuses scories vitreuses et des matières à refondre. L’existence d’un art décoratif si développé prouve à l’évidence que Haithabu était une grande ville florissante, aux relations commerciales fort étendues. Comme s’il en fallait une autre démonstration, nous avons le port de Haithabu, protégé par des travaux fort soignés contre l’assaut des vagues.
- Lors des fouilles récentes, on s’est surtout attaché à étudier les solutions techniques que certains problèmes affectant toute agglomération importante ont trouvées à Haithabu.
- On a, par exemple, découvert des fosses profondes ayant servi à la canalisation de la ville ; la distri-
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- N° 2909
- LA NATURE
- 15 Juillet 1933.
- UNE CAPITALE DE VIKINGS EN SLESWIG
- LES NOUVELLES FOUILLES DE HAITHABU
- Un peu au sud de la ville actuelle de Sleswig, existait autrefois une vieille cité de Vikings : Haithabu, la « ville des landes », métropole suédoise qu’on a, non sans raison, appelée « une Corinthe et un Gibraltar du Nord ». Située à l’entre-croisement des routes de commerce liant l’Europe septentrionale à l’Ouest, c’était la plus importante des colonies suédoises ; celle où la Scandinavie entra en contact avec l’Occident.
- Son emplacement est précisé par le témoignage concordant des vieux chroniqueurs qui, jusqu’au xvie siècle, emploient indifféremment les deux noms de Sleswig et de Hedeby, forme danoise plus récente du mot Hai-thabu, et qui citent ce dernier comme dénomination usuelle locale. S’agit-il de deux cités successives, dont la postérieure aurait pris le nom de la plus ancienne, ou d’une même ville au nom double ?
- Le directeur du Musée d’antiquités nationales à Kif^^jLfcjmmfesseur G. Schwantes, qui conduit les fouilles de, UÏïm*, ne croit admissible que cette dernière /ihypothèse^^Vcôté de bien d’autres arguments, il cite, f; f~pour sa théorie, ce passage du chroniqueur
- ffsapg'liè^saxonSsihelward : « La vieille Anglie, située entre Saxon&jfew'les Jutes, a une capitale, nommée Slecwic, golfe du Schlei » en langue saxonne, mais queTêsuTanois dénomment Haithabu. Il est vrai que cette ville au nom double, se déplaça un peu vers le Nord, au xie siècle, après la destruction de l’ancien établissement,.
- Les fouilles de Haithabu évoquent, en termes éloquents, une époque mouvementée de combats entre Suédois et Danois, de sièges et de destructions toujours renouvelées. Un rempart demi-circulaire aboutit à ses deux extrémités au bord de la mer ; long de 1330 m, il isole une plage d’environ 600 m (fig. 1). Voilà des chiffres imposants et qui font comprendre qu’il s’agit bien
- Fig. 2. — Etal actuel du rempart, avec la tranchée donnant passage au ruisseau.
- Fig. 1. — L’enceinte d’Haithabu. Vue d'ensemble prise d’un avion.
- d’une véritable métropole de ces temps reculés. Ce rempart, parfaitement conservé dans presque toute sa longueur et qui, par endroits, s’élève à 8 m, voire 12 m de hauteur, témoigne de l’importance de l’ancienne ville. Entrant à travers une tranchée dans la partie occidentale du rempart (fig. 2), un ruisseau parcourt la vieille cité en direction Ouest-Est ; son eau, à l’entrée, est clarifiée par un filtre en pierres. De même que la plupart des remparts préhistoriques ou de date très ancienne, celui de Haithabu est, sans doute, la ruine de structures en bois, remplies de terre. Un autre rempart — également imposant — relie l’hémicycle à la ligne principale du Dannewerlc « Fort Danois ». L’un et l’autre, à en croire la tradition, seraient l’œuvre d’un souverain danois, le roi Harald Dent-Bleue, dominant la ville du dehors ; or, les récentes fouilles ont fait voir qu’il s’agit plutôt de constructions successives datant d’époques différentes et que les habitants de Haithabu ont eux-mêmes érigées pour leur défense. 11 en est de même de certains autres remparts qui, semble-t-il, servaient, en cas de guerre, d’abris à la population tout entière, adultes, enfants, bétail, etc.
- La trouvaille la plus intéressante, lors des récentes fouilles, fut un ensemble de maisons aux contours bien définis, reposant sur des poutres horizontales enfouies dans le sol. Dans bien des cas, on a pu mettre en évidence, aux angles et le long des murs latéraux, des piliers de bois ; les murs consistent en un treillis de bois recouvert
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- 994, revenant (Tune incursion en Angleterre, reconquit son pays natal, y compris Haithabu.
- Comment, à l’époque des Vikings, une ville commerçante de l’importance universelle de Haithabu a-t-elle pu éclore à l’endroit où une simple ville provinciale existe maintenant ?
- Rappelons-nous que les événements politiques, la conquête, par exemple, du bassin méditerranéen par les Arabes, obligèrent vers cette époque le commerce mondial à se frayer des routes nouvelles. Ce qui est incontestable, c’est qu’une route commerciale reliait alors le Nord, avec la Russie, Byzance et l’Orient arabe, d’une part et les centres de trafic de l’empire franc et de l’Angleterre d’autre part. Tout le commerce venant de l’Orient, par la Russie, celui-là aussi qui descendait de Suède et de Norvège, poursuivait alors la route
- vers l’Ouest, en passant, non pas autour du Skager Rak, mais par le golfe du Schlei, le Treene etl’Eider. Sur le petit parcours continental qu’il s’agissait de traverser, on érigeait alors le I)anne\verk, rempart d’une importance et d’une conception grandioses, comparable au Limes romano-germanique et qui — à l’égal de ce dernier — a peut-être servi moins à la défense militaire qu’à la surveillance des transports et du commerce. Haithabu, situé à l’entre-coisement des routes, dut, par conséquent, atteindre une prospérité particulière.
- Haithabu et Dannerwerk, monuments les plus grandioses du Nord tout entier, appartiennent à une époque insuffisamment connue, dernière phase du paganisme germanique, pour l’investigation de laquelle ils recèlent une abondance inépuisable de documents encore peu exploités. Dr Alfred Gradenwiti.
- LE NOMBRE D’OCTANE ET LES CARBURANTS
- ANTI-DÉTONANTS
- Le succès des expositions automobiles est le meilleur témoignage du grand intérêt manifesté par le public en matière de construction automobile. C’est pourquoi il est maintenant devenu un lieu commun de dire que les moteurs actuels tournent plus vite que ceux d’il y a 10 ans et que leur taux de compression est plus élevé ; ce qui se résume en disant qu’ils sont plus poussés.
- Le public sait également qu’à côté de l’essence tou-
- Fig. 1. — Le Knockmeter de l’Ethylgazoline Corporation (mesure du nombre d’octane).
- 1. Moteur électrique d’entraînement. 2. Moteur d’essai. 2 bis. Réglage de l’avance à l’allumage du moteur d’essai. 3. Chemise thermostat pour rendre constante la température du liquide de refroidissement. 4. Broche sauteuse. 5. Réglage de l’admission. 6. Carburateur à hauteur variable. 7. Réservoir d’alimentation. 8. Tableau.
- risme on vend les carburants destinés aux moteurs poussés qui auraient un rendement défectueux avec l’essence ordinaire. Mais, par contre, il y a de nombreux conducteurs qui pensent que l’achat de super-carburants doit obligatoirement avoir un effet favorable sur la marche du moteur quel que soit son taux de compression. Les moteurs, comprimés ont besoin de carburants spéciaux, c’est indiscutable, mais l’essence de tourisme suffit à beaucoup de voitures.
- Le but de cet article est d’indiquer comment on peut déterminer si un carburant convient à un moteur donné, et ce qui a été fait pour obtenir des carburants adaptés aux différents moteurs que l’on fabrique actuellement.
- Parlons d’abord rapidement du carburant avant la guerre et jusqu’en 1922.
- Avant la guerre, les moteurs étant peu comprimés, il n’était pas question de cognement.
- Les carburateurs étaient moins perfectionnés, ce qui rendait les démarrages plus difficiles ; aussi l’essence devait être riche en portions légères pour faciliter le départ, c’est ce qui explique la grande importance qu’on accordait à la densité du carburant.
- Pendant toute cette période, l’essence était obtenue par distillation du pétrole brut et était liv rée à la consommation après raffinage. Ce produit assurait une marche satisfaisante du moteur, et on avait peu de raisons de s’inquiéter beaucoup de ce qui se passait pendant la combustion du carburant dans le moteur.
- Cendant la guerre, il fallut subvenir d’abord aux besoins de l’aviation qui consommait de l’essence légère. On fut obligé d’augmenter la densité de l’essence tourisme.
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- Avec ce carburant moins volatil, certains moteurs cognaient facilement. (Rappelons que le phénomène de choc est provoqué par une combustion trop rapide dans le cylindre. La combustion n’est pas seulement la réaction : carbure + oxygène = x C O* -f- y IRO, c’est une série de réactions intermédiaires peu connues. Il y a, entre autre, formation de peroxydes peu stables, dont la décomposition brutale produit le phénomène de choc. L’effort moteur, au lieu d’être progressif pendant le temps moteur, devient brutal. La transmission du choc provoque une fatigue anormale du moteur, dont le rendement est abaissé, puisqu’une partie de l’énergie développée est absorbée par les chocs.)
- On se mit alors à chercher les causes du cognement des moteurs.
- Le phénomène de choc n’a pas été expliqué du premier coup et on rendit d’abord le moteur responsable du cognement. On chercha l’élimination de ce trouble en modifiant le moteur, en le décalaminant, en changeant l’avance à l’allumage, sans s’inquiéter de la nature du carburant dont l’origine n’avait pas changé. L’essence venait toujours de la distillation du pétrole brut, et si l’essence de cracking commençait à se développer, elle n’avait pas encore une bonne réputation et elle ne pouvait prétendre à concurrencer l’essence de première distillation bien raffinée.
- Après 1922, la nature du. carburant est prise en considération, le cognement prend de plus en plus d’importance et devient à l’ordre du jour.
- Ricardomontre le parti qu’on peut tirer d’une construction rationnelle du moteur. La General Motor, suivant une autre voie, indique que le plomb tétraéthyle diminue la tendance à cogner. Puis Midgley, Royd, Dumanois, Berl étudient le phénomène de choc au point de vue mécanique et physico-chimique. La complexité des réactions qui interviennent pendant la combustion est mise en évidence, la nature chimique des constituants de l’essence prend une grande importance par la constatation que certains carbures ont plus tendance que d’autres à détoner dans le moteur.
- D’un côté, les constructeurs ont mis à profit ces études pour combattre le cognement. Ils modifièrent la culasse, diminuèrent l’alésage, et augmentèrent la vitesse de rotation ; de l’autre côté, les raffineries, de qui dépend le carburant, ne restèrent pas non plus inactives et cherchèrent à obtenir des carburants peu détonants, appropriés aux moteurs.
- OBTENTION DE CARBURANTS PEU DÉTONANTS
- Ce problème peut être divisé en deux parties :
- 1° Trouver une méthode permettant la détermination de la valeur du carburant vis-à-vis du cognement ou de son « pouvoir anti-détonant ».
- 2° Obtenir des carburants ayant un bon pouvoir anti-détonànt.
- Détermination du pouvoir anti=détonant. __________
- Nombre d'octane. — Le pouvoir anti-détonant d’un carburant se définit au moyen d’une échelle arbitraire. Le chiffre trouvé est nommé nombre d’octane.
- 70 volts
- Broche
- sauteuse
- Résistance de chauffage
- Thermocouple
- Membrane
- Millivoltmètne
- Fig. 2. — Schéma du knochmeter.
- Le lecteur se demandera peut-être pourquoi cette dénomination bizarre de nombre d’octane. Voici l’explication.
- Les études nombreuses, faites sur ce sujet, ont montré qu’il n’était pas possible de déterminer aisément, par l’analyse chimique, la constitution des nombreuses espèces entrant dans la composition de l’essence ; qu’il n’était pas possible non plus, d’avoir une relation simple entre la constitution chimique d’un carburant et son pouvoir anti-détonant.
- Les méthodes physico-chimiques n’ont pas donné, jusqu’à jDrésent, de résultats satisfaisants sur ce point. Il est encore impossible d’avoir une idée du pouvoir anti-détonant par une détermination physico-chimique simple.
- Restait la méthode employée actuellement, qui est une méthode de comparaison. On compare, dans un moteur spécialement étudié pour ces mesures, le carburant inconnu avec un mélange dont le pouvoir anti-détonant est connu. Ce mélange est à base d’octane ; de là vient que le pouvoir anti-détonant se mesure par un nombre d’octane.
- Après les études effectuées par le « Cooperative Fuel Researchs Steering Committee », par la « General Motor », par des représentants du « Bureau of Standards » aux Etat-Unis, par l’Institution of Petroleum Techno-logists du côté anglais, un effort d’unification a été réalisé pour déterminer les conditions opératoires.
- Le carburant-étalon doit être un mélange, afin de pouvoir faire varier son pouvoir anti-détonant et l’amener à être égal à celui du carburant étudié.
- Le mélange qui a été choisi est composé d’iso-octane (2-2-4 triméthvlpentane) et d’heptane normal.
- Le pourcentage d’iso-octane entrant dans le mélange pour obtenir le même pouvoir anti-détonant que le carburant étudié, définit le pouvoir anti-détonant : c’est le nombre d’octane.
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- 5 10 15 20 25 Alcool % en volume
- 1 Essence+10 °/o Benzol
- 2 +5%
- 3 Essence
- 5 10 15 20 25 30 35 40 Alcool °/o en volume
- 1 Essence aviation + Alcool
- 2 id id + Benzol
- Fig. 3. — Nombre d'octane de divers mélanges. (D’après Dumanois, Revue pétrolifère, 1931.)
- Il résulte de cette définition que le nombre d’octane ne peut dépasser le chiffre 100.
- Dire qu’une essence a un nombre d’octane de 02, signifie qu’un mélange d’iso-octane et d’heptane comprenant 62 pour 100 d’iso-octane a le même pouvoir anti-détonant, dans un moteur d’essai donné, que le carburant étudié.
- Une échelle de mesures doit être facile à reproduire et les indices doivent varier suivant les tendances à la détonation. L’échelle d’octane répond à ces conditions.
- Voici comment on détermine le nombre d’octane.
- La détermination du nombre d’octane consiste, dans un même moteur d’essai, à trouver des conditions de détonation du carburant dont on cherche le pouvoir anti-détonant, puis sans changer ces conditions, à produire la même détonation avec un carburant pris dans l’échelle-étalon.
- L’appareil servant à cette détermination, dont nous donnons la photographie, est un moteur à compression variable. La variation de compression est obtenue par étranglement de l’admission, le moteur étant lui-même entraîné par un moteur électrique qui lui donne une compression mécanique fixe et assez élevée.
- (11 existe d’autres types de moteurs de ce genre où la compression variable est réalisée différemment, au moyen d’un tampon mobile dans le moteur Ricardo, ou au moyen d’un tampon mobile dans une partie de la culasse dans le moteur Armstrong-Withworth.)
- La puissance de la détonation est enregistrée par le dispositif suivant : une broche repose sur une membrane métallique fixée dans la paroi de la culasse du moteur. La détonation fait vibrer cette membrane. En régime normal, cette membrane ne transmet pas d’impulsion à la broche : en régime détonant, l’aiguille reçoit des impulsions verticales, saute et ferme un circuit électrique à chaque ressaut. Le circuit électrique comprend une résistance chauffant un thermo-couple, dont la température dépend de l’intensité des vibrations de la membrane.
- Autrement dit, on mesure une intensité vibratoire par la température d’un thermo-couple. La mesure se fait comme suit :
- Le moteur est entraîné par le moteur électrique jusqu’à ce qu’il ait atteint sa température de régime; pour être dans les conditions normales de l’essai, on cherche l’admission qui donne une détonation suffisante, ce qui se voit parla position de l’aiguille du millvolt-mètre branchée sur le thermo-couple.
- Après avoir réalisé cette condition, l’opérateur cherche un carburant étalonné qui, dans les mêmes conditions opératoires, donnera la même intensité de détonation. On opère par approximations successives.
- Le carburant-étalon, le mélange iso-octane et heptane, étant coûteux, on constitue des carburants-types d’un prix de revient moins élevé, qui ont été comparés au mélange heptane-iso-octane et sont des étalons secondaires.
- Nous donnons ci-dessous quelques chiffres pour matérialiser cette notion un peu abstraite :
- Composition.
- Origine du carburant. Carbures Carbures Carbures Carbures Nom-
- non aroma- nap h té- alipha- bre
- saturés tiques. niques. tiques. d’octane
- — — — — — —
- Perse, Ie dist.. . 0,2 12 20 67,7 61
- Roumanie d° . 0,2 9,3 32,5 58 67
- Amérique N® 1 3,5 6 36 54 67
- « N° 2 2,5 10,5 27 60 71
- » N° 3 . 9,5 6,5 28 55 71
- Californie, 1° dist. Vénéz.- Cracking 1 9 37 53,9 69
- en phase vapeur Vénéz. Cracking. Mid. Continent -1® distillation. Mid. Continent Cracking. Pennsylvanie Cracking 17 25 26 32 90 73 45 55 55
- Pouvoir anti-détonant d’un mélange essence-benzène
- (Oil and Gas Journal, 5 mars 1931^.
- Nombre d’octane.
- % de benzène 0 % 10 % O'' O fri 30 % 40 % 50
- Essence 1 . . . 50 55 60,5 66,5 73 81
- Essence 2 . . . 67,5 71,5 76 80,5 85,5 92
- 17 pour 100 d’alcool fait passer le nombre d’octane d’une essence avion de 64,5 à 80.
- 21,5 pour 100 d’alcool fait passer le nombre d’octane d’une essence avion, de 59 à 80.
- Les super-carburants vendus dans le commerce ont un nombre d’octane de 75 à 77.
- L’essence tourisme vendue aux pompes a un nombre d’octane de 60 à 65.
- On vend un mélange pour avion ayant un nombre d’octane de 70.
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- LA CONSTITUTION DES CARBURANTS ET LA DÉTONATION
- Comme nous l’avons déjà dit, il n’y a pas de relation simple entre le pouvoir anti-détonant d’un carburant et sa composition chimique. L’examen du tableau ci-dessus permet cependant de se rendre compte que les carburants ayant des nombres d’octane élevé contiennent relativement peu de carbures aliphatiques ou carbures saturés non cycliques.
- On peut qualitativement classer les familles de carbures suivant leur pouvoir de détonation.
- Par ordre de pouvoir décroissant : viennent d’abord les carbures aliphatiques, puis les carbures naphté-.niques, les carbures éthyléniques et les carbures aromatiques.
- Les essences de cracking en phase vapeur sont riches en carbures aromatiques, ce qui explique leur nombre d’octane élevé.
- Les essences de première distillation ont, par contre, un nombre d’octane qui est souvent faible. Dans le tableau ci-dessus, nous voyons une essence ayant un nombre d’octane de 45. Cette essence est un mauvais carburant qui fera cogner les moteurs des voitures d’automobiles. L’essence tourisme alimentant la majorité des voitures actuelles leur assure une marche satisfaisante avec un nombre d’octane compris entre 60 et 65. Si le taux de compression du moteur augmente, il faudra un carburant ayant un nombre d’octane de 70 à 75.
- L’automobiliste doit connaître le carburant qui convient le mieux à son véhicule et le raflîneur doit livrer des carburants de nombre d’octane déterminé.
- Le tableau ci-dessus indique que le nombre d’octane des essences de première distillation est variable et peut être en dessous du chiffre nécessaire à un produit commercial. Il faut donc que le raffineur trouve le moyen d’augmenter le nombre d’octane de certaines essences.
- La raffinerie ne dispose de la composition du pétrole brut qu’en variant la qualité de ses approvisionnements, c’est une solution limitée. D’autres moyens sont employés, nous allons les exposer.
- COMMENT AUGMENTER LE NOMBRE D’OCTANE
- Les moyens pour y parvenir sont les suivants :
- 1° Mélange de l’essence de première distillation avec de la gasoline naturelle.
- 2° Mélange de l’essence de première distillation avec de l’essence de cracking.
- 3° Craquage partiel d’essence de première distillation.
- 4° Adjonction de composés anti-détonants.
- 5° Adjonction de benzol ou d’alcool.
- La gazoline naturelle. — Les gaz qui s’échappent des forages contiennent une quantité importante d’essence légère que l’on récupère en faisant passer les gaz soit sur du charbon actif, soit dans un appareil d’absorption, soit par liquéfaction dans une batterie de compresseurs. C’est cette essence que l’on appelle gazoline naturelle. La densité est d’environ 0,660, la distillation se termine à 130-140°. Certaines gazolines ont un excellent pouvoir anti-détonant, allant jusqu’à un nombre d’octane de
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- 75 et plus. Ceci s’explique par l’absence de carbures aliphatiques à poids moléculaire élevé. Le mélange d’essence de première distillation et de gazoline permet d’améliorer le nombre d’octane et d’en augmenter la volatilité.
- L’essence de cracking. — Le nombre d’octane de l’essence de cracking est en général nettement supérieur à celui de l’essence de première distillation. Le mélange d’essence de cracking et d’essence de première distillation est le moyen le plus employé pour augmenter le nombre d’octane.
- Nous avons dit, au début de cet article, qu’en 1920-1922, l’essence de cracking n’avait pas une très bonne réputation ; mais un revirement complet s’est produit et l’importance prise par l’essence de cracking est devenue telle que nous nous étendrons un peu sur ce point.
- La mauvaise réputation de l’essence de cracking venait des difficultés d’emploi qui se sont manifestées au début, elles provenaient d’un raffinage parfois défectueux, ce qui provoquait des troubles dans le fonctionnement du moteur. On sait bien raffiner maintenant l’essence de cracking.
- Le cracking s’effectue par la démolition des molécules lourdes du gasoil ou du fuel. La rupture des molécules se produit avec formation de coke et de gaz non condensables contenant de l’hydrogène, avec formation de carbures non saturés ou de carbures cycliques (aromatiques) correspondant en partie à la perte d’hydrogène, ces molécules étant moins hydrogénées que celles des carbures aliphatiques à chaîne droite. Ce sont ces carbures qui donnent à l’essence de cracking un nombre d’octane élevé.
- Les carbures non saturés peuvent être à une ou à plusieurs doubles liaisons. Les carbures à plusieurs doubles liaisons sont doués d’une stabilité relative ; sous l’action
- Fig. 4. — La production de l’essence de cracking aux Etats-Unis.
- Fhoduction totale . Millions de barils
- 1919 _
- 1920 _!
- 10 15 20 25 30 35 40 « 50 55 60
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- d’agents divers (oxygène, lumière, etc.) des réactions complexes se produisent, donnant lieu à des condensations, des polymérisations, avec formation de composés insolubles dans l’essence qui constituent les « gommes ». Ces gommes peuvent occasionner des troubles dans la marche du moteur (gicleur bouché, gommage des soupapes) si elles ne sont pas éliminées par un raffinage approprié.
- Le nombie d’octane de l’essence est variable ; il ne peut être lixé à l’avance ; il dépend de la nature de la matière première et du procédé de cracking employé.
- La nécessité d’augmenter le nombre d’octane de l’essence de première distillation eut pour conséquence un développement considérable du cracking.
- En 1918, l’essence produite (essence de première distillation et essence de cracking) était de 26 pour 100 par rapport à l’huile brute (Etats-Unis).
- En 1922, ce chiffre passe à..................29 %
- En 1926 — — .................. 38 %
- En 1930 — -- .................. 43 %
- En 1932, il dépasse..........................44 %
- La composition de l’huile brute n’a pas sensiblement varié. Cette augmentation du rendement en essence provient du développement rapide du cracking pendant ces dernières années. Ainsi, la production d’essence de cracking qui était de 187 000 barils par jour en 1925, est actuellement de 425 000 barils par jour. Et encore, cette quantité est-elle insuffisante pour satisfaire à la demande des clients. Les rafïineurs américains engagés dans la « course au nombre d’octane » ithe race for octane) ont voté, malgré la crise, des crédits importants pour l’extension du cracking. Actuellement l’huile brute traitée est en diminution ; autrement dit, la production de l’essence de première distillation diminue tandis que celle de l’essence de cracking augmente continuellement.
- Pour être vendable, il faut que le raffinage stabilise l’essence de cracking tout en conservant le plus possible son nombre d’octane.
- 11 est nécessaire d’éliminer les composés à plusieurs doubles liaisons sans détruire les carbures à simple double liaison qui sont suffisamment stables et qui sont anti-détonants. C’est une des difficultés du raffinage de l’essence de cracking. Il est difficile de trouver des réactifs ménageant les monooléfines et détruisant les polyoléfines.
- On opère souvent de la manière suivante .
- Après un traitement à l’acide sulfurique de concentration déterminée, on distille l’essence. Les produits lourds restent dans les queues. Le distillât est incolore. Après traitement au plombite de soude pour éliminer le soufre et lavage à l’eau, l’essence obtenue est stable et l’essai des gommes ou gumming test est satisfaisant.
- Nous avons parlé, incidemment, de couleur. Signalons, en passant, que l’importance accordée à ce facteur ne se justifie pas. Il n’v a pas de relation entre la couleur d’une essence et son fonctionnement dans le moteur.
- Il en est de même pour la densité. La densité de l’essence de cracking est en général plus élevée que celle
- de l’essence de première distillation, parce qu’elle est moins hydrogénée et parce qu’elle contient plus de carbures cycliques.
- Actuellement, la densité de l’essence tourisme ne doit pas dépasser une valeur-limite. 11 ne faut pas croire que, au delà de cette limite, l’essence soit mauvaise. On peut très facilement obtenir une essence de tourisme ayant une densité supérieure à la valeur limite et ayant un nombre d’octane excellent. Cette question est d’ailleurs à l’étude, et la densité limite sera probablement changée. Nous avons ouvert cette parenthèse pour indiquer que juger une essence d’après sa densité, sans s’inquiéter de son nombre d’octane, conduit à une appréciation erronée.
- Cracking hydrogénant. — Lorsque le cracking se fait en présence d’hydrogène et d’un catalyseur, les molécules nouvellement consituées sont aptes, dès leur formation, à fixer de l’hydrogène et l’essence obtenue doit être plus stable, tout en ayant un nombre d’octane élevé.
- Il existe à l’heure actuelle, aux Etats-Unis, deux unités d’hydrogénation à Baywai (Standard Oil of New Jersey) et deux unités à Bâton Rouge (Standard Oil of Louisiana).
- Nous n’avons pas de renseignements précis à ce sujet, mais l’intérêt de ce procédé est indéniable puisqu’il s’est constitué, aux Etats-Unis, une Hydro-Patents Company qui contrôle tous les brevets d’hydrogénation et que quinze des plus grosses compagnies de raffinage qui représentent 90 pour 100 de la capacité totale des crackings en activité aux Etats-Unis, ont des intérêts dans l’Hydro-Patents Cy. C’est un procédé d’avenir dont le développement est à prévoir.
- Craquage partiel de l’essence de première dis= tillation. — En faisant passer de l’essence de première distillation à travers un faisceau tubulaire, dans des conditions de pression et de température déterminées, il y a craquage partiel et amélioration du nombre d’octane.
- En pratique, cette opération se fait dans des unités combinées de cracking. On ne construit pas spécialement un appareil pour l’essence de première distillation. L’huile à craquer (pétrole, gasoil) est scindée en deux parties. La partie légère est mélangée à l’essence de première distillation et passe dans un faisceau de craquage, tandis que la portion lourde est craquée dans un second faisceau. On opère de cette façon pour avoir des conditions de craquage bien adaptées à la nature des produits traités (la température de craquage du gasoil est inférieure à celle de la fraction légère).
- A la sortie des faisceaux, les deux fractions sont réunies et l’essence qui distille est un mélange composé de l’essence craquée et de l’essence venant du craquage des produits lourds.
- Adjonction de composés antidétonants. — Le
- plus connu de tous est le plomb tétraéthyle Pb (C2 H5)4. Son usage est courant en Amérique et il suffit d’une faible quantité de ce corps pour améliorer le nombre d’octane. La décomposition du plomb tétraéthyle dans le moteur s’effectue avec dégagement d’oxyde de carbone. Le plomb tétraéthyle est lui-même toxique et son maniement est délicat.
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- Son emploi pour améliorer le nombre d’octane de l’essence n’étant pas admis en France, nous nous bornerons à indiquer qu’il trouve une application dans l’établissement d’échelles-étalons secondaires pour la détermination du nombre d’octane.
- Le benzol et l’alcool. — Le benzol raffiné est un excellent carburant puisqu’il est constitué uniquement de carbures aromatiques légers. Nous avons montré, au début de cet article, les améliorations du pouvoir anti-détonant que l’on pouvait escompter par l’adjonction de benzol à l’essence. Mais il ne faut pas oublier que la production française de benzol, 70 000 t environ, représente 5 pour 100 de la consommation d’essence. Ne fondons pas de trop grands espoirs sur le benzol. Il trouve actuellement un emploi justifié dans la préparation des carburants pour moteurs d’avions.
- L’alcool, carburant indétonant, est utilisé pour faire le carburant poids lourd. L’alcool ne peut être mélangé en toute proportion avec l’essence. Il faut que le carburant obtenu soit homogène, que sa densité ne soit pas trop éloignée de celle de l’essence. Le carburant poids lourd que l’on vend actuellement contient 25 pour 100 d’alcool et a un excellent pouvoir anti-détonant. La production d’alcool en France ne doit pas dépasser 200 000 t.
- Ajoutons que la question de l’alcool est inséparable de contingences économiques et politiques dans lesquelles nous ne voulons pas entrer, mais qui ne sont pas faites pour simplifier son emploi.
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- La notion de pouvoir anti-détonant est devenue un élément de qualification essentiel d’un carburant, et ce mode de qualification par un essai dans un motîur se généralise. C’est ainsi que le même problème s’est posé pour les moteurs Diesel. Il ne peut plus être question de nombre d’octane, mais on procède actuellement en Amérique, à la mise au point d’une méthode permettant d’évaluer la qualité d’un gasoil dans un moteur. Le lecteur se rendra compte que c’est là une évolution considérable.
- Les ralfineurs sont ainsi à même de marcher de pair avec les constructeurs de moteurs.
- Les problèmes des carburants (essais de laboratoire, essais sur moteurs, fabrication) sont étudiés complètement dans les nouvelles raffineries françaises (1). Leur équipement moderne leur permet, par la combinaison des divers moyens que nous avons énumérés, de produire toute une gamme de carburants particulièrement adaptés aux besoins actuels de chaque catégorie de moteurs : essence aviation et carburant 70 pour moteurs d’avions, essence tourisme, super-carburants pour les automobiles, essence poids lourd pour les camions, gasoils pour les moteurs Diesel dont l’emploi se généralise (camions, péniches,' bateaux, moteurs fixes).
- Nous terminerons sur cette constatation réconfortante pour les consommateurs de carburants qui peuvent envisager l’avenir avec confiance.
- R. Deullin,
- I. Voir La Nature 15 juin 1932. Le raffinage du pétrole.
- PARIS VA
- u
- POSSÉDER UN HOPITAL GRATTE-CIEL ”
- LE “ NOUVEAU-BEAUJON ”
- line « expérience » médicale et technique du plus haut intérêt va se trouver réalisée prochainement dans la banlieue de Paris avec l’achèvement du gigantesque hôpital de Nouveau-B eau] on (fig. 1).
- Construit selon des principes encore inédits en France, à.’équipement vertical, ce nouvel hôpital diffère profondément, par sa silhouette générale aussi bien que par son organisation intérieure, de ces bâtiments peu élevés, largement étendus en surface, que nous avions l’habitude de considérer comme la formule rêvée, aussi bien pour les établissements hospitaliers que pour les maisons de repos. Ainsi se trouve rompue brutalement une longue évolution qui, des hauts étages de Lariboisière, nous avait amenés aux pavillons presque détachés de la Nouvelle Pitié et aux pavillons-chalets disséminés au milieu des jardins dont Boucicaut offre un parfait modèle.
- « Hôpital gratte-ciel », a-t-on dit, et, de fait, avec ses treize étages et ses 55 m au point le plus élevé, le Nouveau-Beaujon a nécessité pour sa construction une autorisation spéciale de la Préfecture de la Seine.
- Mais c’est surtout par la remarquable organisation de ses services intérieurs que le nouvel établissement s’apparentera aux colossaux buildings d’outre-Atlantique, par ses innombrables ascenseurs et ascenseurs-express, ses monte-charge automatiques, ses distributions d’air comprimé, de vide et de courant électrique sous ses formes les plus variées, ses « descentes » à gravité pour les linges, les déchets, les pansements, ses postes de « climatisation », ses cuisines où tous les appareils seront électriques, sa laverie automatique de vaisselle, sa fabrique de glace et sa propre « centrale » électrique à moteurs Diesel, toujours prête à fonctionner en cas de panne du réseau et à assurer la vie de cet immense organisme autonome !
- Cette formule de construction en hauteur, avec le formidable équipement mécanique et (Cectrique qu’elle nécessite, est-elle satisfaisante pour un hôpital ? Telle était assurément l’opinion bien ancrée des auteurs du projet, car des neuf hectares de terrain, achetés avant-guerre, dont disposait l’Assistance publique, deux seu-
- * «
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- lement seront utilisés pour les bâtiments : ce n’est donc pas la place qui a manqué.
- Nous verrons du reste, que certains avantages médicaux et surtout des avantages d’exploitation considérables résulteront de la disposition verticale des services dans le nouveau « gratte-ciel ».
- L’ÉVOLUTION DE L’ARCHITECTURE DES HÔPITAUX
- La première qualité d’un hôpital est d’être sain : c’est là une vérité élémentaire, bien que trop souvent méconnue. L’implantation et l’orientation des bâtiments doivent donc être conçues pour utiliser au maximum l’influence salubre de l’air et de la lumière en même temps qu’il est indispensable de séparer les services de
- chirurgie de ceux de médecine et d’isoler radicalement les contagieux.
- De tels principes n’étaient pas inconnus de l’antiquité ; en ce qui concerne la technique des bâtiments, on sait quelle importance Vitruve attachait aux expositions des façades, à la qualité de l’air et des eaux dans le site choisi et à la parfaite appropriation de chaque pièce à son usage.
- Le moyen âge, au point de vue hospitalier, ne nous a guère laissé que des spécimens d’archéologie ; les principes les plus élémentaires de l’hygiène semblent y avoir été couramment méconnus. C’est ainsi qu’on plaçait jusqu’à six malades dans le même lit, les contagieux avec les non contagieux et les blessés, pêle-mêle, les uns à la tête, les autres au pied ! L’hospice se présentait alors comme une institution intermédiaire entre un hôpital prôprement dit et une prison ; les « mauvais garsons » que l’on y enfermait sans jugement avaient peu de chances, bien souvent, d’en repasser, sur leurs pieds, les portes. De là, sans doute, cette horreur de
- l’hôpital que l’on trouve encore à notre époque dans le peuple et qui commence à peine à céder depuis quelques années devant la propagande des infirmières visiteuses et les bienfaits évidents des dispensaires.
- Lin premier et très bel exemple d’établissement moderne est l’Hôpital Saint-Louis, qui existe encore à Paris et qui a été bâti en 1610. Les bâtiments sont minces et allongés, éclairés sur leurs deux façades et reliés par des passages couverts ; de grands espaces les entourent, avec des jardins et des pavillons isolés pour les contagieux et pour les dépendances. Les conditions de salubrité sont donc excellentes : les conditions d’exploitation le sont moins, à cause des distances considérables à parcourir pour les manutentions, les aliments et pour le transport des malades eux-mêmes.
- La Convention, qui toucha, d’une main parfois rude, à tout ce qui concerne la vie moderne, s’occupa de créer une organisation rationnelle des hôpitaux. On possède, dans les procès-verbaux de cette Assemblée, une importante communication de Tenon, qui n’a rien perdu de son actualité.
- Dans le courant du xixe siècle, un grand nombre d’hôpitaux furent construits, répondant à des formules fort différentes. Pour nous limiter à Paris, nous trouvons tout d’abord, des bâtiments à étages tels que Lariboisière, bâti en 1854, ou VHôtel-Dieu actuel, terminé en 1877 (lig. 2). La forme découpée des bâtiments en « dents de peigne », est destinée à donner aux salles de l’air et de la lumière ; mais c’est là plutôt une velléité qu’une solution véritable, car l’élévation des ailes sucessives ainsi que leur peu d’écartement relatif et leur orientation Est-Ouest ne sont pas très favorables à une insolation intense.
- Par contre, les proportions relativement ramassées de la construction, où les distances, horizontales et verticales, restent également modérées, sont de nature à faciliter l’exploitation. Cette première formule se présente ainsi comme un compromis.
- La Nouvelle-Pitié, si on la compare aux hôpitaux anciens, fait figure de sanatorium (fig. 3). Ici, les dents du peigne sont écartées, reliées seulement par un mince corps de bâtiment utilisé pour la circulation. Certaines ailes présentent une disposition remarquable de construction en retrait à la partie supérieure ; on arrive ainsi, pour des salles de chirurgie entièrement vitrées, à posséder un éclairage de côté et par le plafond (fig. 4).
- La Pitié et la Salpêtrière présentent quelques difficultés d’exploitation du fait des longues distances à parcourir. Pour le transport des aliments, en particulier, on est obligé d’employer des tracteurs à accumulateurs ou des camionnettes transportant des marmites norvégiennes !
- Ce sont là des complications gênantes et une grande perte de temps. Le même inconvénient se trouve du reste multiplié dans les hôpitaux chartreuses qui furent en faveur
- Fig. 1. — Vue d’ensemble des onze étages de terrasses « solaria » de l’hôpital de « Nouveau-Beaujon » (maquette Perfecta, phot. Draeger).
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- Fig. 2. — Photographie aérienne de Vile de la Cité montrant Vimplantation « en dents de peigne » des bâtiments de VHôtel-Dieu.'
- (Compagnie aérienne française.)
- voici quelques années et qui comportent uniquement des rez-de-chaussées sans étage.
- Dans les établissements composés de « chalets » complètement séparés, comme Boucicaut (fig. 6 et 7), ces questions d’exploitation deviennent plus ardues encore ; on est conduit à effectuer les transports par des chariots sur pneumatiques et à y affecter un personnel important Quand le mauvais temps s’en mêle, le transport des malades et des opérés devient pratiquement impossible.
- De plus, et c’est là un inconvénient commun à toutes les formules de grande extension horizontale, l’immobilisation de capital représenté par le terrain finit par devenir considérable. Il ne faut pas oublier, en effet, qu’un hôpital doit être central et que, par suite, il occupe généralement un emplacement où le prix du mètre carré est fort élevé. Un exemple typique est celui de Beaujon actuel (üg. 8), rue du Fau-bourg-Saint-Honoré, dont les terrains ont pris une telle valeur qu’on estime pouvoir couvrir, par leur vente, une grande partie des frais de construction de Nouveau-Beau]on, à Clichy !
- Ainsi, par le jeu des circonstances économiques aussi bien que des difficultés d’organisation matérielle, d’économat, les grands hôpitaux étalés au milieu des jardins sont fatale-
- ment condamnés dans nos cités actuelles ; on ne peut que le constater à regret. 11 a donc fallu en revenir à des formules plus ou moins avouées de construction en demi-hauteur qui nous ont donné, par exemple, Blchat et Broussais. Toutefois, dans ces derniers venus de la science hospitalière, la hauteur n’avait pas été traitée
- Fig. 3. — Nouvelle Pitié : Pavillon de médecine.
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- et utilisée comme un élément nouveau, l’élément vertical, permettant les plus heureuses réalisations.
- VOICI LES AVANTAGES DE L’HOPITAL GRATTE-CIEL
- C’est dans une voie bien différente que se sont engagés les architectes qui ont dressé la maquette hardie de Nouveau-Beaujon. A vrai dire, cette voie n’est pas complètement inexplorée ; il existe aux Etats-Unis, en service ou en construction, des hôpitaux du type gratte-ciel, notamment le vaste Médical Center de New-York, dont l’aspect général, avec son bâtiment principal de 15 étages, s’apparente à celui de Nouveau-Beaujon.
- Toutefois, les conditions sont assez différentes, à
- Clichy et à New-York, et ceci à tous les points de vue. Le sous-sol marneux et sablonneux de la région parisienne présente moins de résistance, pour les fondations que celui de Manhattan où l’on atteint, facilement la roche primitive ; dans la construction, les divers prix de revient, le coût de l’énergie électrique pour les ascenseurs et pour les servitudes risquaient de grever lourdement le budget de l’entreprise française.
- Les buts poursuivis n’étaient du reste pas entièrement comparables : en Amérique, l’hôpital est partiellement une maison de repos pour hôtes payants ; l’hôpital français, au contraire, est avant tout un dispensaire réservé aux soins gratuits ou à peu près gratuits. Nouveau-Beaujon se présentait ainsi un peu comme une aventure grandiose, tout en comportant, comme nous allons le voir, de grandes chances de succès.
- Commençons par le plus éclatant avantage de Y hôpital vertical qui est la facilité, l’économie et l’extrême rapidité des transports. Si paradoxale qu’une telle affirmation paraisse, les déplacements verticaux sont aujourd’hui plus faciles à obtenir ,grâce aux progrès de l’électromécanique, que les parcours horizontaux, qui nécessitent des chariots et des tracteurs; suspendu à son câble, dans un puits autonome, le monte-charge rapide ne nécessite aucune surveillance et fonctionne, grâce à des enclan-chements spéciaux, avec une sécurité parfaite, une régularité, une absence de secousses absolument irréalisables en parcours horizontal.
- On estime qu’à Nouveau-Beaujon, 15 secondes seront suffisantes pour expédier des plats depuis les cuisines, situées au sous-sol, jusqu’à l’étage le plus élevé, le onzième, réservé aux tuberculeux. Très intéressante pour les aliments, qui n’ont plus besoin d’être accompagnés de réchauds, cette rapidité devient un avantage primordial lorsqu’il s’agit d’envoyer des médicaments ou des instruments indispensables.
- Un avantage important des transports verticaux, au point de vue financier, c’est qu’ils occupent une faible superficie de terrain, autrement dit,l’encombrement est faible du fait que les voies qu’ils empruntent sont perpendiculaires à la direction ordinaire des déplacements d’objets et de personnes, qui est l’horizontale: 1 à 2 m2 50 suffisent pour un monte-charge léger et 8 m2 environ pour un appareil plus important.
- Toutefois, cet avantage ne s’étend pas dans la même mesure aux ascenseurs, qui, très réduits dans un établissement peu élevé, prennent une importance énorme, avec leurs innombrables cabines omnibus et express dans une construction verticale. On sait d’ailleurs que cet encombrement des ascenseurs constitue actuellement le principal obstacle à l’élévation indéfinie des gratte-ciel américains ; il arrive,
- Fig. 5. — Une allée de l’hôpital Cochin.
- Cette partie de l’hôpital se compose de pavillons bas disposés en jardins.
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- Fig. 6. — Boucicaul : allée centrale.
- Cet hôpital présente un exemple fort rare d’hôpital-chalets, les bâtiments étant tous des rez-de-chaussée isolés dans des jardins. Très salubre, cette disposition donne lieu à des difficultés d’exploitation.
- dans les buildings dépassant 200 m, que la moitié de la superficie des étages inférieurs soit occupés par les puits des ascenseurs, ce qui constitue un « coefficient d’utilisation » dérisoire !
- A Nouveau-Beaujon, les ascenseurs seront logés dans une tour spéciale (fig. 9b
- En ce qui concerne les descentes, par contre, la disposition verticale ne présente, dans un hôpital, que des avantages. Les linges à nettoyer peuvent être précipités par des conduits spéciaux ou « tobogans » qui les amènent directement dans des cuves de désinfection situées au sous-sol ; les pansements usagés sont de même envoyés aux poubelles d’incinération.
- Détail pittoresque, les tuyaux de descente des W.-C. doivent présenter des relais coupant la chute en plusieurs étapes, afin d’éviter la rupture des conduites !
- Ces relais, nous les retrouvons, dans le sens de l’ascension, pour le pompage des eaux distribuées dans tous les étages . Les usines élévatoires urbaines sont en effet loin de pouvoir fournir les 5,5 atmosphères de pression indispensables pour alimenter un treizième étage.
- Ici, nous abordons le chapitre des inconvénients de l’hôpital en hauteur, dont le principal est un développement considérable de la machinerie pour les ascenseurs, les monte-charge et les pompes. De plus, une centrale de secours très importante doit être prévue (lig. 9), car une absence brusque de courant dans un établissement comme Nouveau-Beaujon, équivaudrait à une attaque de paralysie générale !
- Pour être capable de démarrer instantanément, cette centrale autonome devra être équipée avec des moteurs Diesel. Il existe du reste, aujourd’hui des stations de secours possédant le démarrage automatique en cas de panne du secteur ; leur fonctionnement est tellement parfait, que les lampes n’ont pas le temps de s'éteindre au moment du changement d’alimentation; quant aux moteurs électriques qui peuvent exister dans l’installation, ils restent en marche et, s’il s’agit de moteurs synchrones,
- « ne perdent pas la phase » ! C’est là, une grande sécurité, qui étend, dans une certaine mesure, aux installations à courant alternatif, les avantages de la batterie d’accumulateurs « tampon » employée avec le courant continu.
- Installée en souterrain avec des « silencieux » pour ses échappements, cette centrale ne constituera aucune gêne pour les malades par ses bruits, ni par ses vibrations. En ce même point seront installées, les machines frigorifiques, les pompes à air comprimé et à vide, les chaudières produisant la vapeur sous pression pour les étuves ainsi que les chambres d’humidification et les appareils de ventilation pour la fabrication d’une atmosphère « climatisée ». Ainsi sera créée en souterrain toute une usine indépendante, possédant ses approvisionnements et ses ateliers d’entretien mécanique. (fig. 9, à gauche).
- UNE VÉRITABLE CITÉ HOSPITALIÈRE
- La maquette de l’hôpital de Nouveau-Beaujon que nous reproduisons figure 9, n’est pas constituée par un bâtiment unique, mais annonce une véritable ville en miniature, disposition qui favorise la séparation absolue des différents services.
- Tout à l’avant se trouvent des pavillons cliniques destinés aux consultations ; les consultants n’auront de la sorte plus besoin de pénétrer dans les bâtiments d’hospitalisation où ils pourraient se trouver exposés à des contagions. Dans ces dispensaires se trouveront des services de radioscopie, de pansements, de traitements par piqûres et de traitements électriques.
- On aperçoit au second plan un bâtiment très allongé et ne comportant qu’un seul étage ; ce sont les laboratoires de l’hôpital, qui seront équipés de la façon la plus moderne. La disposition des accès centraux, visibles
- Fig. 7. — Boucicaul : salle des malades dans l’un des pavillons chalets. L’aération et l’insolation sont excellentes.
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- Fig. 8. — Cour d’honneur du vieil hôpital Beaujon.
- On comparera cette façade noble et décorative, mais qui conviendrait également • à n’importe quel bâtiment public, avec les lignes hardies du Nouveau-Beaujon (fïg. 1, 9 et 10) où tout est prévu au mieux de la technique hospitalière la plus
- moderne.
- également dans la coupe ,(lig. il) est assez curieuse. Elle comprend une première « boucle d’accès », avec rampe d’entrée et rampe de sortie, permettant aux voitures de débarquer leurs passagers à l’abri devant la porte du hall du rez-de-chaussée. Un second plan incliné conduit les visiteurs au sous-sol, au pied de la « tour des ascenseurs ».
- Cette tour constitue l’axe médian du bâtiment prin-
- cipal de treize ;étages dont voici la disposition intérieure (fig. 11) ; au sous-sol formant rez-de-chaussée bas, cuisines et garages ; dans le rez-de-chaussée haut, services et salles de vénérologie et d’accouchement ; au premier, salles d’accouchement; aux 2e, 3e et 4e étages, salles de chirurgie ; au 5e étage, salles de médecine et agités : aux 6e, Ve, 8e, salles de médecine avec, au 8e une crèche ; au 9e, chirurgie spéciale ; au 10e, tuberculeux hommes et au 11e, tuberculeux femmes. Les deux derniers étages, qui n’existent que dans la tour, seront réservés aux vases d’expansion du chauffage central ainsi qu’à la machinerie des ascenseurs.
- Dans sa silhouette générale (iig. 9 et 10). ce bâtiment principal de N ouveau-Beaujon rappelle les « dents de peigne » de Y Hôtel-Dieu et de la Nouvelle-Pitié mais avec une ampleur gigantesque et une orientation rationnelle, face au Sud. Très ouvertes, ces dents permettront un accès facile de la lumière du soleil aux fenêtres en retrait ; quant aux salles de malades, logées dans les «dents», elles bénéficieront d’une insolation ininterrompue et seront terminées, au midi, par de vastes balcons dont chacun formera un véritable solarium pour des traitements héliothérapiques (lig. 1 et. 10).
- Chaque salle comportera quatorze lits, le nombre total des lits s’élevant à mille.
- Sur la façade nord se trouveront uniquement les services.
- En se reportant à la ligure 9, on remarquera aux deux extrémités est et ouest du bâtiment principal, deux constructions moins élevées, mesurant seulement, cinq
- Fig. 9. — Maquette générale de l'hôpital de « Nouveau-Beaujon » dont les travaux s’achèvent actuellement.
- Le vaste ensemble du nouvel hôpital se présente comme une véritable ville hospitalière. Devant le bâtiment principal, haut de onze étages, lui-même dominé par la « tour des ascenseurs » haute de 13 étages, on aperçoit les bâtiments allongés des laboratoires, puis les six pavillons séparés des consultations. Au centre, les rampes d’accès pour automobiles. Les deux ailes de cinq étages qui flanquent le bâtiment principal sont réservés aux services des deux chirurgies septique et aseptique. A gauche, donc à l’est, les pavillons des machines et la
- cheminée de la centrale. (Maquette Perfecta, photo Draeger.)
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- Fig. 10. — Maquette de « Nouveau-Beaujon » vue à vol d'oiseau du côté sud.
- Les « dents de peigne » du bâtiment contiennent les salles communes de 14 lits, les chambres des isolés se trouvant sur la façade en retrait.
- Fig. 11. — Coupe du bâtiment principal par l'axe de la tour des ascenseurs. (Document Illustration.)
- Machinerie des ascenseurs
- Réservoirs, vases d'expansion de~~ chauffage
- Galeries
- Solaris
- liihercul*
- femmes
- immes
- Solaria
- [ 'Médecine
- les Cultes
- terne
- les laboratoires
- Galerie
- médecint
- Consultations
- Entrée
- Yenereoloi
-
- Galerie technique
- 'Descente'a couverh
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- Fig. 12. — Bâtiment principal construit sur palplanches : état des travaux en mai 1933. (Photo S. A. C. I.)
- étages ; ce sont les pavillons réservés aux deux sortes de chirurgie : septique et aseptique. Ici, encore se révèle ce désir de séparer radicalement les services infectieux et non infectieux dont la promiscuité peut être si dangereuse.
- UN SANATORIUM D’ALTITUDE... A 40 MÈTRES!
- On trahirait sans aucun doute la pensée des dirigeants de l’Assistance publique en leur prêtant l’intention de réaliser avec Nouveau-Beaujon un sanatorium ! L’emplacement même du nouvel hôpital, en pleine agglomération ouvrière, suffirait à démentir un tel projet.
- Il n’en est pas moins vrai que, par l’altitude inusitée de ses étages supérieurs, réservés, remarquons-le, aux tuberculeux, ainsi que par ce souci constant d’hélio-
- thérapie que nous avons signalé, cet établissement constituera quelque chose de très différent d’un simple hôpital urbain. Il y aura là, si l’on veut, un « poste d’aiguillage », destiné à diriger les malades sur tel ou tel sanatorium du midi ou de montagne, au mieux de son état particulier; mais aussi un poste d’attente, où l’on étudiera le comportement de chaque sujet dans des conditions de clarté, de repos et aussi d’atmosphère extrêmement particulières.
- Etages d’altitude, avons-nous dit, et, en effet, des études répétées parmi lesquelles il faut citer celles, classiques, du Dr Hénocque, ont prouvé que la constitutiondel’atmos-phère urbaine est fort améliorée à une certaine distance du sol. A la Tour Eiffel, par exemple, on trouve une augmentation très nette de la teneur en ozone, une diminution de la proportion d’oxyde de carbone qui, malgré sa densité égale à celle de l’air, se rencontre surtout au niveau du sol, une diminution des poussières et un abaissement prodigieux du nombre des bactéries par mètre cube. Ainsi se trouve réalisée une ambiance toute particulière que le D1’ Hénocque avait appelée le «climat de la Tour Eiffel » et auquel il proposait de recourir pour de brèves cures.
- Ce « climat » salutaire des hauts monu-ments est dû essentiellement à l’isolement du sol, non à l’altitude proprement dite qui est insignifiante. Fait digne de remarque, il est meilleur pour la région parisienne à une hauteur un peu inférieure à celle de la Tour Eiffel, dont la tête plonge dans le fameux « écran » de suies et de fumées qui flotte presque en permanence à 250 m au-dessus de la capitale ; très visible pour un observateur placé sur les collines qui environnent Paris : Meudon, Bellevue, le Mont-Valérien ; cet écran, qui arrête les rayons ultra-violets, constitue, di-sons-le en passant, une des grandes causes d’insalubrité de la région parisienne.
- Fig. 13. — Rideaux de palplanches pour les fondations du bâtiment principal. Le détail de ces palplanches obliques est indiqué fig. 14. (Photo S.A.C.I.)
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- On peut donc affirmer avec quelque vraisemblance qu’aux 10e et 11e étages de Nouveau-Beaujon, les malades atteints de tuberculose bénéficieront d’un « climat » autrement sain et vivifiant que celui où ils vivaient d’ordinaire. Soustraits à la « vase atmosphérique » qui stagne au niveau du sol, respirant un air particulièrement riche en ozone du fait que les vents dominants, de l’ouest et du nord-ouest arrivent directement à Clichv après avoir passé sur des forêts, les malades se présenteront à l’observation des médecins dans des conditions particulièrement favorables ; nombreux, sans doute, seront ceux qui, après quelques journées de séjour dans les salles supérieures et sur les lumineux « solaria » de Nouveau-Beaujon, marqueront un progrès sensible vers la guérison !
- UNE FONDATION NOUVELLE POUR LES GRATTE-CIEL :
- LES PIEUX FOURCHUS
- La construction du bâtiment principal n’a pas donné lieu aux difficultés techniques que l’on pouvait craindre, grâce au procédé fort ingénieux de fondation sur pieux fourchus qui a permis d’asseoir l’énorme masse sur le sol demi-meuble avec une grande stabilité (fig. 13).
- Notre figure 14 montre comment sont exécutés ces « pieux fourchus » ; deux lignes continues de palplanches en ciment armé et à ferraillage droit présentant une nervure médiane, sont enfoncées obliquement à 10 pour 100 de la verticale. Cette opération s’effectue facilement à l’aide d’un mouton incliné. Réunies dans le haut par un puissant ferraillage enrobé dans une poutre en béton, ces deux lignes de palplanches présentent une énorme résistance à l’enfoncement vertical du fait de leur arc-boutement mutuel. Les piliers de fondation viennent prendre appui sur les poutres ainsi constituées qui jouent le rôle de murs de fondation extrêmement robustes.
- L’ensemble résiste comme une surface pleine ou radier, et l’on estime que ce type de fondations serait suffisamment parfait pour supporter des bâtiments très lourds sur le sable ou sur des terres très argileuses. Il semble tout au moins prouvé actuellement que des gratte-ciel pourraient être construits, techniquement parlant, en tous les points de la région parisienne, sans aucune considération de la nature du sous-sol. Nous n’irons pas jusqu’à le souhaiter.
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- La grande ossature (fig. 12) ainsi que les planchers de Nouveau-Beau/'on ont été construits selon des procédés modernes et rapides, sur lesquels nous ne pouvons nous étendre ici. Signalons simplement l’utilisation des vibrations pneumatiques pour faciliter la pénétration du béton entre les armatures et donner de la cohésion au « matériau » composite ainsi constitué.
- Cette méthode permet d’utiliser des ferraillages extrêmement serrés et procure une homogénéité remarquable. Elle exige néanmoins une certaine attention
- Pilier
- de fondation
- i Poutre horizon tl* avec
- ferraillage
- j __\ V\ , Palplanches
- — \ VA. t nr+11 ri ooe
- Coupe
- dune palplanche
- Fig. 14. — Palplanches obliques pour les fondations du bâtiment principal.
- Grâce à leur inclinaison à 10° de la verticale, ces lignes de palplanches en ciment armé, réunies à la partie supérieure par une poutre fortement ferraillée, résistent, en terrain meuble, à des charges considérables.
- dans son application, car une vibration trop prolongée se traduirait par un classement des matériaux par ordre de densité, la résistance de l’ensemble se trouvant alors très diminuée. Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’École Polytechnique
- POUR LA SUPPRESSION DU ROULIS
- DES NAVIRES
- On sait que, de plusieurs côtés, des recherches se poursuivent ayant pour but la diminution ou même la suppression de ce mouvement de roulis des navires, si redouté des passagers, si fatigant pour les coques des bateaux, soumis par lui à des efforts continus qui abrègent notablement leur existence.
- Si désirable pour les bâtiments de commerce, et principalement les paquebots, la suppression du roulis entraînerait pour les navires de guerre d’énormes avantages dans l’emploi de l’artillerie.
- Pour tous, le roulis est une cause de perte sensible de vitesse, parce que la forme de la carène immergée varie
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- Fig. 1. — Schéma d’installation d'un gyroscope stabilisateur à bord d’un navire, a, rotor principal; b, bâti du rotor principal; c, palier; d, bâti; e, moteur électrique à courant alternatif; /, coussinet du volant stabilisateur; g, roue dentée; h, pignon; i, moteur de précession; l, frein électro-magnétique; m, gyroscope pilote; n, convertisseur de courant.
- à chaque instant quand le navire roule et que du fait de la dissymétrie des lignes d’eaux, la résistance offerte à la marche est presque toujours supérieure à celle que le constructeur a pu prévoir. On estime que cette perte de vitesse peut être évaluée à 15 pour 100.
- Les principaux remèdes auxquels on a pensé pour amoindrir, sinon supprimer ce déchet, ont été d’abord les quilles antiroulis, placées longitudinalement sur la carène, parallèlement à la quille principale. Elles ont apporté à la situation une amélioration sensible, mais jugée insuffisante.
- On a ensuite cherché à utiliser des poids compensateurs se déplaçant d’un bord à l’autre du navire. Ces poids ont été des masses d’eau passant automatiquement d’un compartiment à un autre symétrique dans le sens transversal (système Frahm) ou une masse pesante qu’un engin mécanique fait mouvoir d’un bord à l’autre,
- à chaque oscillation du bâtiment. Là encore, les résultats n’ont pas été complètement satisfaisants. La raison en est que l’effet compensateur ne se produit que lorsque le mouvement de roulis est commencé alors qu’il devrait, pour être vraiment efficace, le devancer.
- Dans un article très documenté de la Revue maritime (numéro de novembre 1931), M. de Rysky décrit les appareils basés sur l’emploi du gyroscope que l’ingénieur américain Sperry réalisa pratiquement sur les données théoriques formulées par Schlick, et qui paraissent résoudre le problème de l’antiroulis, de manière très satisfaisante, sinon absolument complète.
- La théorie de l’appareil Sperry a déjà été exposée dans La Nature (n° 2514, 10 juin 1922) et nous n’y reviendrons pas.
- Nous voulons seulement rappeler que le « mouvement de précession du gyroscope est, dans l’appareil Sperry, « commandé automatiquement par un petit gyroscope « de contrôle, ou gyroscope pilote, dont on pourrait « comparer les fonctions à celles d’un balancier très « sensible au mouvement de roulis du navire.
- « Dès que la poussée de la houle tend à faire pencher « le navire, le gyroscope-pilote, alerte, ferme un des « deux contacts électriques commandant le moteur de « précession et met celui-ci en mouvement dans un sens « ou dans l’autre, selon le côté sur lequel penche le « navire. On provoque ainsi dans le gyroscope principal, « le mouvement de précession d’où naît le couple de « réaction, et l’action stabilisatrice a lieu dès que le « navire commence à s’incliner lorsque la vitesse angu-« laire du roulis est encore très faible (*) ».
- On aurait pu craindre qu’une réaction, annihilant ainsi les efforts considérables engendrés par le roulis, provoquât une fatigue importante de la membrure du navire. Mais il a été reconnu que cette crainte n’était pas fondée et qu’en fait, les efforts supportés par la coque d’un navire muni d’un stabilisateur sont sensiblement moins importants que ceux auxquels est soumise, par le fait du roulis lui-même, une coque non stabilisée.
- On trouve cinq organes principaux dans le stabilisateur Sperry. Ce sont : 1° le gyroscope pilote; 2° le gyroscope principal; 3° le moteur de précession; 4° le transformateur de courant ; 5° le frein électro-magnétique.
- Voici la description que M. de Rysky donne de ces différents organes.
- Le gyroscope-pilote tourne autour d’un axe horizontal qui lui est propre. Cet axe est placé dans le plan transversal du navire. Son axe de précession est vertical; il est entraîné à grande vitesse par un petit moteur électrique placé sur l’arbre du volant. Étant donné le volume du rotor et sa forte vitesse angulaire, le 1. Revue maritime, n° de novembre 1931.
- Fig. 2. — Le gyroscope Sperry monté à bord du Conte di Savoïa. (Ph. communiquée par la Revue maritime.)
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- gyro entre en fonction et ferme le contact du moteur de précession dès que le navire commence à s’incliner.
- Le gyroscope principal est constitué par un volant dont l’arbre porte le rotor d’un moteur à courant alternatif qui lui donne son mouvement de rotation. L’arbre du volant repose par ses deux extrémités sur deux forts coussinets reliés à l’enveloppe qui renferme le rotor.
- Le mouvement de précession est transmis au rotor par le moteur spécial au moyen d’une roue dentée solidaire de l’enveloppe.
- D’autre part, deux grands paliers, soutenus par de forts bâtis, transmettent à la coque les couples redresseurs engendrés par le gyroscope.
- Les effets d’inertie qui se produisent au moment de l’inversion du mouvement d’inclinaison du navire sont neutralisés par un frein électro-magnétique monté sur une des extrémités de l’axe du moteur de précession.
- Jusqu’ici le stabilisateur Sperry fonctionne à bord de
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- Le Japon a placé un Sperry sur son porte-avions Hosho, de 12 000 tonnes, et un autre navire du même genre, mais plus grand, en sera également muni.
- Le grand transatlantique italien de 45 000 tonnes, Conte di Savoia, du Lloyd Sabaudo, actuellement en construction, sera muni d’un stabilisateur gyroscopique Sperry.
- Dans un compartiment spécialement aménagé, seront montés trois appareils complets, identiques, pesant chacun 156 tonnes (en tout 468 t, soit 1 pour 100 seulement du déplacement total du navire).
- Les trois rotors pèseront 100 tonnes chacun, leur diamètre sera de 4 m et leur vitesse de rotation de 910 t/mn.
- Les trois appareils engendreront un couple stabilisateur de 2000 tonneaux-mètres, estimé suffisant pour que l’angle de roulis maximum, ne dépasse pas 3° de chaque bord.
- Fig. 3. — Embarquement du gyroscope à bord de la coque du Conte di Savoia, en construction.
- (Cette figure montre les proportions de l’appareil par rapport au navire.) (Phot. communiquée par la Revue maritime.
- 35 petits navires de commerce, principalement réservés aux voyages de tourisme.
- La marine militaire italienne a, la première, utilisé ce système avec des résultats très intéressants, sur le torpilleur Guglielmo Pepe. Des stabilisateurs sont prévus pour les explorateurs de la classe Navigatori et les croiseurs type Condottieri.
- On comprend l’intérêt que suscite une pareille expérience, entreprise sur un bâtiment de l’importance du Conte di Savoia. Si elle réussit, elle assurera à la Compagnie qui a eu l’audace de s’y lancer une avance considérable sur ses rivales du monde entier.
- C4 Sauvaire-Jourdan.
- L’ÉNERGIE HYDROELECTRIQUE DU MASSIF CENTRAL
- Le Président de la République a inauguré le 12 juin dernier, les installations hydroélectriques de la 'bruyère. Cet ensemble remarquable, dont la puissance totale atteint 372 000 ch, a déjà été décrit en détail dans nos colonnes, par M. Gueydon de Dives (15 avril 1932).
- Nous nous bornerons ici à en rappeler les grandes lignes, et à en montrer par des photographies l’aspect actuel.
- L’aménagement de la Truyère comporte la mise en valeur de deux chutes sur cette rivière : la chute de Sarrans, à l’amont, créée par un barrage de plus de 1100 m à
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- l’entrce des gorges de la Truyère, et utilisée dans une usine de 180 000 ch au pied du barrage, et la chute
- de Brommat, à l’aval ; l’eau, puisée dans le réservoir de la Cadène au pied de l’usine de Sarrans, est amenée en tunnel à une conduite forcée verticale qui alimente les turbines de l’usine souterraine de Brommat (234000 ch). Le barrage de Sarrans crée une réserve de 300 millions de m3 et couvre 1000 hectares.
- Le barrage de la Cadène crée une réserve de 600 000 m3 ; il est destiné surtout à emmagasiner l’excédent du débit hydraulique fourni par l’usine de Sarrans aux heures de pointe et que l’usine de Brommat ne pourrait absorber.
- Une retenue supplémentaire, d’une capacité de 200 000 m3 sur la Bromure, petit affluent de la rive droite de la Truyère, complète à cet égard le réservoir de la Cadène.
- L’énergie électrique est fournie, dans l’usine de Sarrans, par 4 groupes turboalternateurs comportant chacun une turbine Francis à axe vertical et un alternateur à 15 000 v tournant à 214 tours par minute.
- Le courant à 15 000 v et à la fréquence 50 est élevé à 220 000 v dans un poste de transformation situé entre l’usine et le barrage, et équipé avec 4 transformateurs de 40000 kv-A, plus un en réserve. Le courant à 220 000 v est ensuite acheminé vers le poste de départ à haute tension de Ilueyres.
- A l’usine de Brommat. on trouve 6 groupes turboalternateurs de 32 500 kv-A chacun à 500 tours par minute, avec turbines Francis à axe vertical. Le courant est produit par les alternateurs à la tension de 15 000 v, et à la fréquence 50. Il est conduit sous cette tension au poste de transformation du Brézou, construit sur un escarpement de la rive de la Truyère, un peu en aval de la sortie de l’usine souterraine. Cet établissement comporte 8 transformateurs de 32 500 kv-A chacun ; 6 transformateurs
- 15 000/220 000 v dont 1 en réserve ; 1 transformateur 15 000/150 000 v et 1 transformateur 15 000/150 000-220 000 v en réserve.
- Le poste de départ est situé à 2 km 3 de là, près du village de Rueyres. En raison de la configuration du terrain, il eût été trop onéreux de l’édiûer au Brézou.
- Le poste de Rueyres occupe un vaste terrain de 300 X 80 m ; il reçoit le courant haute tension de Sarrans et de Brommat, et il le répartit entre les réseaux de deux sociétés de distribution : la Société pour le transport de l’énergie électrique du Massif Central qui distribue le courant à 220 000 v vers Maréges, Eguzon et Paris ; la Société du transport d'énergie du Centre qui distribue le courant à 220 000 v vers Monistrol d’Allier, Saint-Etienne et Lyon et à 150 000 v vers Clermont-Ferrand.
- 11 existe actuellement un départ sur Eguzon
- Fig. 2. — Le barrage de Sarrans vu de l’aval, le 13 juin 1933.
- Il mesure 220 m de long à la crête, 105 m de haut, 76 m d’épaisseur à la base. (Ph. Roi.)
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- Fig. 3. — Le barrage de Sarrans vu de l’amont. (Ph. Roi.)
- i PARIS /CHEVILLY
- Ligne S20.000volts Usines électriques en exploitation
- 0 10 20 30 40 50 Km
- Orléans
- CHAI NGV
- Vierzon
- Châleauroux
- EGUZON
- Mont/uçon
- Guéret
- Clermont-
- Ferrand
- ROCHE là LE PEYROUXj
- MARÈGE&
- COI WD RE
- °-)ê
- ÎUEYRES
- LAVAL DE CERE
- Aurillac
- ♦^SARRANS
- BROMMAT
- Fig. 4. — La ligne à 220 000 volts qui transporte jusqu’à Paris l’énergie hgdraulique du Massif Central.
- et Paris, un départ vers Saint-Etienne et un départ vers Clermont-Ferrand. Ultérieurement un deuxième départ vers Paris sera installé.
- Les usines de la Truyère constituent donc, en partie, un des éléments de la grande ligne à 220 000 v qui dès aujourd’hui fait affluer vers Paris l’énergie hydraulique du Massif Central. Cette artère de distribution entre Rueyres et le poste d’arrivée de Chevilly près de Paris se déploie sur une longueur de 510 km.
- Sur son parcours, elle est connectée à d’autres usines et réseaux dont elle peut recevoir, ou à qui elle peut distribuer de l’énergie.
- A Marèges, confluent l’énergie de l’usine de Coindre sur la Rhue (28 500 1cv-a installés, puissance moyenne 11 500 kw), celle de Roche-le-Peyroux sur la Diège (36000 kv-Ainstallés), puissance moyenne8500 kw-A ; celles de Lamalivie et de Laval-de-Cère, toutes deux sur la Cère, représentant une puissance moyenne totale de 27 500 kw. En outre, d’ici 2 ans environ s’achèvera à Marèges, également sur la Dordogne, une grande usine de 150000 kv-A installés et de 37 000 kw de puissance moyenne. A Eguzon, liaison avec l’usine mise en service sur la Creuse en 1926 (60 000 kv-A installés, 12 500 kw de puissance moyenne).
- En outre, parallèlement à la ligne à 220000 v entre Eguzon et Chevilly, courent deux lignes à 90000 v destinées principalement à l’alimentation des lignes électrifiées du Chemin de fer d’Orléans.
- Fig. 5. — L’entrée de l’usine du Brézou. (Ph. Roi.)
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- Fig. 6. — Le poste de transformation du Brêzou, au voisinage de l’usine génératrice souterraine de Brommat. (Ph. Roi).
- Fig. 7. — Les transformateurs extérieurs de l’Usine de Brommat.
- (Ph. Roi.)
- Des postes de sectionnement et d’interconnexion entre ]a ligne à 220000 v et le réseau à 90 000 v existent à Marèges, Eguzon et Chaingy près d’Orléans. Des moteurs synchrones régulateurs de tension et compensateurs de phase sont installés à Eguzon, Chaingy, et au poste d’arrivée de Chevilly.
- En ce point, le courant à 220 000 voua 90 000 v arrivant du Massif Central est abaissé à 60000 v et dirigé sur le poste de Villejuif de l’Union Electricité, d’où il est réparti dans les réseaux de la région parisienne, concurremment avec le courant fourni par les centrales à vapeur de Saint-Ouen, Issy-les Moulineaux, Gennevil-liers, Vitry, Saint-Denis et Ivry.
- L’artère à 220 000 v et son appareillage sont prévus pour l’amenée à Paris d’une puissance minima de 100 000 kw.
- Les rivières du Massif Central ont, en raison de pluies, un débit très élevé en hiver, mais très faible en été; l’interconnexion qui vient d’être réalisée entre Paris et le Massif Central est particulièrement heureuse : Paris, en hiver, est capable d’absorber les excédents d’énergie hydraulique disponibles ; en été, au contraire, ses puissantes usines thermiques viendront au secours des usines hydrauliques pour fournir le supplément de courant nécessaire à la traction sur le réseau ferré de Paris-Orléans ; elles se trouvent ainsi assurées d’une marche à régime à peu près constant tout le long de
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- l’année, condition très favorable à leur exploitation économique.
- Ces grandes interconnexions électriques, si discutées lorsqu’elles furent proposées voici une dizaine d’années, apparaissent aujourd’hui avec leur véritable et bienfaisant caractère ; elles sont un puissant facteur d’équilibre économique du pays.
- Rappelons qu’il existait déjà en France, avant l’achèvement de l’équipement du Massif Central, une vaste région électrifiée, avec interconnexion des centrales et artères de distribution à haute tension, c’est la région du Midi, où tous les producteurs d’électricité sont groupés en un organisme connu par ses initiales U. P. P. O. : la mise en marche des machines dans les centrales, la répartition de l’énergie entre les différentes lignes du réseau est réglée, suivant les besoins, à chaque
- instant par une seule personne, le dispatcher, véritable chef d’orchestre. Ici encore, le chemin de fer électrique est associé aux autres industries de la région, à la fois comme producteur et comme consommateur de courant.
- Les artères principales du réseau électrique du Midi sont à 150 000 v et leur longueur dépasse 800 km. 11 est bon de noter que le réseau électrique du Midi alimenté par les usines des Pyrénées et celui du Massif Central seront également interconnectés. Entre les Pyrénées et le Massif Central, et les principaux centres industriels de la France depuis Paris jusqu’au Midi : Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Lyon, Bordeaux, s’établiront ainsi d’harmonieux échanges d’énergie, auxquels s’associeront sous peu la région du Jura, puis celle des Alpes quand sera réalisé l’équipement du Rhône.
- A. T.
- LE GRAND PRIX DE L’AUTOMOBILE-CLUB 1933
- L’IMPORTANTE ÉPREUVE A-T-ELLE ENTRAÎNÉ LA PARTICIPATION DE VOITURES NOUVELLES?
- La question étant ainsi directement posée, nous répondrons par l’affirmative. Deux voitures se distinguaient, en effet, par leurs caractéristiques et particularités mécaniques, du lot des véhicules er, compétition. Nous avons nommé la Maserati monoplace de Zehender
- et la Bugatti spéciale de Czaïkowski. Déplorons le regrettable forfait, survenu en dernière heure, de l’équipe officielle Bugatti, dont les trois voitures absolument «neuves » doivent nous fournir, à leur première sortie au grand jour, l’occasion d’une étude des plus intéressantes
- Fig. 1. — France-Italie: deux bolides magnifiquement racés (on reconnaît à gauche la Bugatti).
- Sur la Maserati, à droite delà figure, le dispositif de refroidissement des freins est aisément visible. (Ph. Malorey-Nunès.)
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- Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut, ici, ouvrir une parenthèse : le sympathique constructeur transalpin Maserati, grand spécialiste de la voiture « compétition », peut se vanter d’avoir remporté un succès unique au Grand-Prix 1933. Son conducteur Campari, pilote de la « grande classe automobile », nous a fait vivre des heures émouvantes. Il nous a réservé sur la ün de l’épreuve l’une des plus grandes surprises de notre longue carrière de courses, en bouleversant littéralement tous les pronostics. Le sort fut, il est vrai, pour une part dans cette victoire, notre brillant compatriote Etancelin ayant été victime « au poteau » d’une malchance inouïe. Quoi qu’il en soit, cela n’enlève rien au mérite de Campari qui fit une performance exempte de tout incident et nous montra, de belle manière, comment une mécanique irréprochable au service d’un grand « volant » peut tenir pendant 500 km sans une défaillance ; une telle victoire convenait à un tel champion... mais là n’est pas la question... laissons à d’autres le point de vue sportif et présentons, maintenant, sous un pavillon de « grande vedette », grâce à la victoire de son aînée, la Maserati monoplace.
- A tout seigneur, tout honneur... La Maserati, monoplace, très remarquable voiture de fabrication entièrement italienne, a été construite, au début de cette année 1933, par la même usine qui réalisa la voiture victorieuse. En voici les caractéristiques : le moteur est un huit cylindres en ligne, à compresseur, les soupapes sont à culbuteurs commandés par deux arbres à cames.
- Sa cylindrée est de 2 1, 900 pour une puissance effective cle 205 ch, l’allumage se fait par magnéto unique et l’alimentation par un seul carburateur ; le poids, à vide, du véhicule est de 740 kg ; un dispositif original a été conçu et réalisé en vue d’un refroidissement efficace des freins : chaque tambour A V et A R comporte à sa
- partie avant une fenêtre grillagée disposée verticalement sur les deux tiers de son diamètre ; l’air est, ainsi, automatiquement aspiré sur la route et canalisé à l’intérieur des tambours; plus la voiture avance rapidement, plus le refroidissement est grand ; un orifice d’échappement assure, du côté opposé, la sortie de l’air échauffé; cette ingénieuse idée méritait de retenir l’attention. La Maserati 2 1, 900 est une voiture ultra-rapide, capable d’une vitesse maximum de 260 km-heure ; elle a participé au Grand-Prix de Monaco et, en mai dernier, au Circuit de Tripoli; malheureusement, à de tels engins, il faut des terrains appropriés et le Circuit routier de Montlhéry n’était pas le cadre le plus favorable à son rendement optimum. Le jeune et sympathique Zehender, son propriétaire et conducteur, fit une course régulière jusqu’à mi-épreuve, tournant à 120 de moyenne sans pouvoir, à aucun moment, pousser à fond ; la plus grande vitesse, en ligne droite, ne dépassa pas 225 km-heure, le gros écueil provenant, principalement, de la suspension qui était trop souple pour un circuit aussi dur et rendait, de ce fait, la tenue de route défectueuse ; néanmoins Zehender aurait dû terminer assez près des « leaders », si un support gauche arrière d’amortisseurs ne s’était brisé net ; la Maserati monoplace fut mise hors course au 20e tour, par suite de cet incident ridicule. Ajoutons que cette voiture a été spécialement conçue pour servir de véhicule expérimental et qu’elle constitue véritablement un laboratoire sur route.
- Une nouvelle parenthèse... afin d’adresser nos plus vifs remerciements à l’ingénieur Maserati et à son excellente équipe ; leur accueil fut infiniment cordial, en un moment où nous aurions désiré pouvoir les laisser tout à leur « fête ». Avec une rare obligeance, quelques instants après la victoire, constructeur, collaborateurs et conducteurs voulurent bien se prêter à notre interview, et répondre à toutes nos questions.
- Ils nous permirent, ainsi, l’élaboration correcte de notre étude; qu’ils reçoivent le témoignage de notre sympathie.
- Ouvrons, maintenant, le capot de la Bugatti spéciale, type 54, du comte de Czaïkowski et attardons-nous un moment devant sa mécanique de haute lignée... Le moteur, qui porte dans ses grands traits, le caractère bien personnel des créations du technicien d’élite qu’est Ettore Bugatti a une cylindrée de 41, 900 et sa puissance effective dépasse 275 ch; ce moteur, qui comporte un compresseur toujours en prise commandé directement par lui, se rapproche assez sensiblement du modèle établi par l’ingénieur de Molsheim pour les 24 heures du Mans de 1931 ; c’est un monobloc de 8 cylindres en ligne de 86 X 107 mm (course et alésage), le vilebrequin est à 9 paliers, il est supporté par le bloc-cylindre, deux arbres à cames en tête actionnent les deux soupapes de chaque cylindre, l’allumage s’effectue par batterie, bobine et distributeur ; l’alimentation par deux carburateurs; c’est, en somme, un dérivé du
- Fig. 2. —- Le moteur 2 1, 900 de la Maserati de Zehender.
- On remarque la magnéto unique : carburateur et compresseur se trouvent du côté opposé. Ph. Malorey-Nunès.)
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- type 50 T. Quant au châssis, il possède des analogies avec celui vendu à la clientèle sous la dénomination : « grand-sport, série, à moteur 2 1, 300 » ; le poids total du véhicule est de 960 kg; la Bugatti de Czaïkowski, magnifique réalisation, constitue essentiellement, un « racer » de grande performance, sa vitesse maximum horaire est de l’ordre de 270 km ; à Montlhéry, un tel engin ne pouvait, évidemment, donner toutes ses possibilités; le profil particulièrement dur, avec ses lignes droites relativement courtes, ses « S » et ses virages à angle droit, n’était, en aucune façon, favorable à une voiture lourde aussi « vite » ; à aucun moment, elle ne pouvait atteindre son «plafond» et devait toujours rester nettement en dessous de ses moyens. Néanmoins, son conducteur nous a déclaré avoir réalisé 245 km à l’heure dans la ligne droite faisant suite à la piste de vitesse ; sans nul doute, il eût fait une course remarquable; malheureusement, au cours de son 11e tour, Czaïkowski fut contraint d’abandonner tout espoir, par suite de la rupture d’un roulement à billes de sa boîte de vitesses.
- Cette machine,vraiment formidable, nous a, d’ailleurs, montré ce dont elle était capable sur le circuit allemand de l’Avus où elle enleva, de haute lutte, le record mondial de l’heure à plus de 222 km-heure «de moyenne»...; nous aimerions la revoir sur une piste-type, comme celle de Monza, par exemple, où elle serait à même de démontrer intégralement ses qualités véritablement « hors concours ».
- Les documents photographiques, pris par nous, pour
- Le moteur Bugatti type 54 (4 1, 900) qui équipe le «racer» de Czaïkowski aux lignes remarquables de netteté.
- Au premier plan le compresseur. (Ph. Malorey-Nunès.
- illustrer ces notes, font bien ressortir la « classe » des deux véhicules et de leurs organes moteurs, tout en montrant les deux écoles, nettement différentes de construction et d’étude de lignes.
- Nous avons tenu à établir un parallèle entre ces deux productions très voisines l’une de l’autre par leurs possibilités et très éloignées de toutes les autres par leurs caractéristiques et solutions mécaniques.
- J. A. Nunès.
- Fig. 3.
- LES EMPLOIS ET LES DIVERSES QUALITÉS
- DU TALC
- Le talc, la serpentine et la stéatite sont des variétés de silicates de magnésie très voisines comme composition, mais différant complètement par leurs propriétés physiques et leurs applications. Le talc a pour formule (3 MgO, 4 SiO2, H20), la serpentine (3 MgO, 2 SiO2, 2 H20), la stéatite a une formule voisine du talc.
- Le talc est appelé souvent « craie de Briançon », car c’est dans cette région que, jadis on a extrait les talcs les plus beaux. Actuellement, l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Espagne, l’Italie, le Canada, la Mandchourie, sont les principaux producteurs de talc. Le talc italien est de beaucoup le plus estimé, avec raison, pour sa douceur, sa finesse, son velouté. Viennent ensuite les talcs français et canadiens. D’ailleurs, ainsi que nous le dirons plus loin, l’industrie recherche pour certaines applications des talcs de première qualité, alors que pour d’autres, elle se contente de talcs de deuxième, voire même de troisième qualité. Pour bien se rendre compte de la vraie valeur industrielle des talcs, nous recommandons de les mouiller légèrement sur une feuille de papier bien blanc. Les talcs gris, qui représentent la qualité
- inférieure deviendront presque bleu sale. Les très blancs changeront à peine. Les qualités intermédiaires grisailleront plus ou moins. Les serpentines mélangées de matières tal-queuses bruniront presque.
- Ces colorations ne sont pas forcément fonction du fer contenu dans le produit, et l’analyse chimique ne suffirait pas à orienter un bureau d’achats.
- Dans l’industrie caoutchoutière, on se sert du talc pour la fabrication des tuyaux bon marché, non comme charge, mais dans le but suivant.
- Les tuyaux de belle qualité sont faits par recouvrement sur un tube d’acier et collés sur la génératrice du cylindre de fer, en se servant de ciseaux pour effectuer la soudure autogène (caoutchouc contre caoutchouc). On passe ensuite une molette sur la suture, et on porte ces tubes d’acier dans de longs autoclaves horizontaux pour la vulcanisation. On conçoit, que cette fabrication soit très coûteuse. Pour les tuyaux de qualité ordinaire, de diamètre faible, on procède par boudinage. La masse du mélange de caoutchouc est passée à la boudineusé, ou machine à forcer, machine à pousser,
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- machine dans laquelle un œil, de forme déterminée, laisse passer telle forme de tuyau que l’on désire.
- A la sortie de la boudineuse, le tuyau formé est reçu sur un plateau de bois de forme circulaire, et enroulé en spirale. Ces plateaux sont portés dans un autoclave vertical et un certain nombre de ces plateaux sont convenablement placés les uns au-dessus des autres. Les tuyaux sont presque immergés dans du talc qui a pour but de maintenir la masse, tant qu’elle n’est pas encore à l’état de vulcanisation parfaite, c’est-à-dire semi-dure. Sinon, il y aurait collage et affaissement prématuré.
- L’expérience de plusieurs décades a prouvé que le talc était la poudre la meilleure et la moins chère à cet effet. On a bien essayé la craie commune, le gypse, etc., mais le résultat est moins bon. Point n’est besoin, pour ce travail, de talcs de première qualité; les talcs serpentines sont bien suffisants; ils se régénèrent par dessiccation dans l’atelier même. Si nous avons un peu insisté sur ce point, c’est que nous croyons que peu de lecteurs de ce journal, ont eu l’occasion de pénétrer dans une usine de caoutchouc. Ces établissements, si intéressants pourtant, tiennent généralement leurs portes hermétiquement closes aux visiteurs.
- Un autre cas, où l’on emploie des talcs de dernière qualité, est celui de la fabrication de l’amiante en feuilles ou en cartons, et celui de la fabrication de certaines plaques feutrées pour les toitures. On l’emploie aussi dans les industries de la corderie et fabrication des ficelles.
- Dans l’industrie des textiles de basse qualité, on emploie aussi du talc; mais là, il doit être exempt, autant que possible, de fer, même à l’état de traces.
- L’industrie du caoutchouc souple emploie pour l’incorporer à ses mélanges de caoutchouc, un peu de talc, mais ce n’est pas une charge bien désirable.
- Le talc étant totalement insoluble dans l’eau et dans les huiles, il peut être employé dans certaines peintures préparées, bien que son opacité soit des plus faibles; par suite, son pouvoir couvrant très faible ne permet que de l’employer en faibles proportions dans un mélange. Néanmoins, si on broie un vernis avec du talc, on arrive à des enduits mats, quand ils sont appliqués sur du verre, donnant quelque chose de semblable à du verre dépoli, mais le verre dépoli est sensible aux taches d’huile, tandis que le verre enduit ne l’est pas. Si l’on ajoute à une telle mixture du silicate de soude, on obtient un dépolissage des plus durables. (Ce renseignement provient de R. O. Rasser, dans Kuntstoffe, n° 1, de janvier 1927, traduit par Freylender dans la Revue des Produits chimiques.)
- Dans la peinture sur verre, sur porcelaine, on fait des mixtures de silicate de soude et de talc également, pour les couleurs rouge et jaune tendre. Il en est de même dans la petite industrie des couleurs dites des crayons de pastel. On l’utilise encore pour la confection de diverses pâtes de porcelaines tendres et d’émaux assez fusibles.
- Une des principales applications du talc dans l’industrie des couleurs, est la préparation des laques de couleurs d’aniline. Chacun sait que les couleurs sont fixées sur un support, tantôt de sulfate de baryte, tantôt de sulfate de chaux hydraté (gypse), parfois de talcs. A égalité de teneur en une même matière colorante, les laques talquées auront un pouvoir d’utilisation moindre; autrement dit, il en faudra parfois le double, parfois le triple, que d’une laque barytée. Mais cela n’aura pas d’importance dans certains cas, où l’on ne recherche qu’une faible coloration et le bon marché. C’est le cas par exemple, des papiers peints à très bon marché.
- Nous avons décrit, dans le Bâtiment, du 8 mars 1931, la fabrication de masses plastiques, à base de silicate de magnésie préparées par voie chimique et ensuite additionnées de talc, puis homogénéisées, pressées et cuites légèrement.
- Dans la fabrication des têtes de poupées, on emploie aussi des masses gélatino-talquées. (Citons entre autres la « Pria-lithe », 1’ « Isolantite », les produits « Maja », de Strasbourg, et « Elve », de Paris, pour ne citer que ceux parvenus à notre connaissance.)
- On précipite, par exemple, du sulfate de magnésie par du silicate de soude, en quantité théorique. On lave à fond le précipité obtenu jusqu’à absence de sulfate alcalin. On filtre alors, on sèche et on ajoute à la masse séchée du talc en poudre impalpable.
- Cette masse homogène et presque sèche se moule sous de moyennes pressions, puis on la sèche lentement à l’air; on la cuit avec de grandes précautions. On a ainsi des objets dont l’isolement électrique rappelle celui de la porcelaine, mais nécessitant bien moins de cuisson.
- Ces objets sont relativement bon marché. Par ce procédé on fabrique surtout de petites pièces d’isolement électrique, moulées avec un moule « série » et démoulées mécaniquement.
- C’est ainsi que les coupe-circuits de petites dimensions, les interrupteurs, les prises de courant, sont faits en stéatite dite « artificielle ».
- On a aussi confectionné en pâtes à base de talc des objets moulés, dans des moules rappelant ceux des plâtriers, c’est-à-dire en pâtes gélatinées, glycérinées ou non. On a mélangé parfois la poudre de talc avec de la poudre d’albâtre ou des déchets de gypse saccharoïde provenant du taillage au tour et à la gouge des objets plus coûteux en albâtre massif, tels que plafonniers, pendules, et tous objets artistiques en albâtre massif, très cher.
- Citons encore quelques autres applications du talc, et non des moindres.
- Ses qualités extra-blanches le font employer en parfumerie, dans les poudres de riz, poudres dentifrices et pâtes analogues, produits dits de « beauté », si employés aujourd’hui.
- Sous le nom déjà cité de craie de Briançon, une certaine serpentine sert aux tailleurs à tracer sur le drap les bâtissages de leur ouvrage, à pincer lors de l’essayage. La trace fournie est assez tenace, et permet pendant le travail de l’ouvrier, de ne pas perdre le trait.
- Dans certaines pâtes à polir pour matières plastiques naturelles ou artificielles, on incorpore à du talc, soit de la suintine de mouton, soit du suif.
- Pour le polissage final des objets vernis et surtout des objets tels que le carton dit « papier mâché », on fait fondre une cire, ou la suintine, avec du talc, on en enduit la brosse fine du touret, on passe successivement au touret suivant, plus propre, et ainsi de suite à divers tourets de plus en plus propres, pour terminer au chamois parfaitement propre, en présentant la pièce de telle façon que les raies du touret précédent soient adoucies ou presque annihilées par le passage au touret suivant.
- C’est d’ailleurs ainsi, que, d’une manière générale, on procède pour le polissage final d’une foule d’objets.
- Les pommades pharmaceutiques, les fards (*), les cosmétiques, les encaustiques blancs et pâtes à chaussures blanches, sans parler des graisses pour moyeux, emploient aussi parfois des talcs.
- Ainsi qu’on le voit, les usages du talc sont multiples, et nous ne sommes pas certain de n’en avoir pas laisser échapper quelques-uns dans cette notice succincte.
- Albert Hutin.
- 1. Quoique pour les fards et rouges divers on emploie de plus en plus les stéarates de zinc, de magnésium, d’aluminium, etc., dont le volume considérable pour un poids donné, et le toucher savonneux bien plus grand que celui de toute autre matière, séduisent de plus en plus les parfumeurs.
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- = LES TROIS “ PILIERS TECHNIQUES ” = DE L’HORLOGERIE FRANÇAISE
- L’ÉCOLE NATIONALE PROFESSIONNELLE L’INSTITUT DE CHRONOMÉTRIE ET L’OBSERVATOIRE
- DE BESANÇON
- Encerclée dans une bouche du Doubs, Besançon se prolonge vers l’ouest, par les faubourgs d’Arènes et de Battant, vers le nord par ceux des Chaprais et de la Mouillère. Mais étouffant dans sa ceinture de remparts que le maréchal de Vauban avait si magistralement tracée, l’antique cité gallo-romaine éprouve le besoin de s’agrandir. Hélas, le dérasement de certains
- de la vigueur et une certaine adresse, plus que d’une préparation professionnelle méthodique. Cependant ces simples manoeuvres doivent être encadrés par des ouvriers qualifiés, des spécialistes connaissant toutes les parties théoriques et pratiques de leur métier. Si les machines façonnent toutes les pièces d’un « oignon » bon marché et si un simple assemblage suffit à assurer
- Fig. 1.
- Bâtiments de la nouvelle Ecole nationale professionnelle de Besancon, qui abritent l'Ecole nationale d'Horlogerie et l'Institut de Chronométrie.
- de ses bastions, actuellement en cours d’exécution, enlèvera beaucoup de son pittoresque cachet à la patrie de Victor Hugo. Comme les coquettes d’âge mûr, les villes perdent souvent leur originalité en cherchant à se rajeunir ! Toutefois, les Vandales de l’urbanisme moderne, pour se faire pardonner leurs accès de rage destructive, construisent parfois sur les nouveaux emplacements qu’ils libèrent, des monuments d’une incontestable utilité. Témoin, la nouvelle Ecole nationale professionnelle qui, dressant depuis peu sa masse imposante sur les glacis des Arènes, forme avec Y Institut de chronométrie et VObservatoire de Besançon, la véritable ossature de l’horlogerie française.
- Sans doute, dans les colossales usines où se fabriquent aujourd’hui, en série les montres de pacotille, une partie du personnel joue un rôle presque automatique exigeant
- cahin-caha la marche de ces rouages assez grossièrement façonnés, le cerveau et les doigts agiles d’un mécanicien émérite resteront toujours les indispensables auxiliaires de l’impeccable fabrication d’un chronomètre susceptible d’indiquer l’heure exacte. Aussi voilà plus d’un demi-siècle, les horlogers bisontins sentirent la nécessité de créer auprès de leurs entreprises, sérieusement concurrencées par les fabriques suisses, un foyer d’enseignement professionnel. Malgré l’indifférence du gouvernement impérial, la municipalité de Besançon fonda donc en 1862, sur leurs instances et avec leur concours, une Ecole municipale d'horlogerie primitivement installée dans les bâtiments du « Grenier d’abondance ». Cette vieille construction bicentenaire et qui, du reste, ne manque pas d’allure, abrita jusqu’à une époque toute récente, les jeunes Français désireux de s’initier à l’art difficile
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- des Lepâute et des Breguet ! Mais ces locaux, mal éclairés par des fenêtres très espacées dans des murs de 1 m d’épaisseur, répondaient mal à leur destination ; ils ne convenaient guère à des «confrères de la loupe à l’œil», les travaux d’horlogerie s’éxécutant souvent au microscope !
- En outre, les salles finissaient par devenir trop exiguës, les effectifs ayant passé de 60 élèves en 1912 à 180 vers 1929, car à la section horlogère étaient venues s’ajouter les branches voisines de la mécanique de précision et de la bijouterie.
- Noblesse oblige. Besançon, métropole de l’horlogerie française, se devait de construire un édifice scolaire mieux approprié aux besoins de sa principale industrie. Telle est la genèse de son Ecole nationale professionnelle, aux destinées de laquelle préside actuellement un homme de haute valeur, M. Trincano. D’autre part, M. Labbé, directeur général de l’enseignement technique chargea feu Paul Guadet, architecte en chef du Gouvernement, d’établir les plans de l’édifice projeté, plans que M. Herriot, alors ministre de l’Instruction publique, approuva par décret du 1er août 1928. Les chantiers s’organisèrent rapidement, si bien que les élèves purent occuper, dès la rentrée d’octobre 1932, les nouveaux bâtiments que le Président de la République a solennellement inaugurés le 2 juillet 1933.
- Cet établissement, qui occupe une superficie de 15 400 m2, a coûté près de 24 millions, y compris l’installation, l’outillage et l’internat. On comptait y recevoir 375 élèves horlogers et mécaniciens dont 230 internes, soit le double environ de l’effectif de l’ancienne école. Cependant, par suite des modifications apportées à leur destination primitive, ces locaux donnent asile à une population scolaire de près de 600 jeunes gens dont 200 internes. M. de Monzie, ministre de l’Education nationale, décida, en effet, de réunir alternativement dans les salles de cours et les ateliers de l’Ecole nationale d’horlogerie les élèves de l’Ecole pratique de commerce et d’industrie ainsi que ceux de l’Ecole primaire supérieure de Besançon. Indépendamment de l’économie ainsi réalisée, ce groupement professionnel offre plusieurs avantages. Les apprentis horlogers bénéficient des cours commerciaux et réciproquement les mécaniciens de l’Ecole pratique trouvent des ateliers parfaitement organisés pour faire leur apprentissage tandis que la proximité de l’Ecole primaire facilite l’orientation professionnelle et le recrutement de sujets aptes à exercer ces métiers délicats. D’ailleurs, le développement de ce groupe d’éducation professionnelle se trouve assuré, car dans le prolongement de l’édifice actuel, la place réservée pour la construction d’une autre aile aussi importante et un terrain de 5000 m2 permettront d’installer un plus vaste internat en cas de besoin.
- Pour l’instant, les nouveaux bâtiments du glacis des Arènes abritent encore Y Institut de chronométrie et de mécanique horlogère dépendant de la Faculté des Sciences de l’Université de Besançon, ayant pour objet la formation d’ingénieurs mécaniciens-horlogers. De sorte qu’admis avec le simple certificat d’études à la section préparatoire de l’Ecole primaire supérieure, un artisan peut, sur
- place et grâce à l’Ecole nationale d’horlogerie, acquérir des connaissances suffisantes pour devenir étudiant universitaire afin d’obtenir finalement le diplôme d’ingénieur d’Etat. Jusqu’ici, on ne rencontre guère, en France tout au moins, de rapprochement plus intime entre les divers genres d’enseignement. '
- L’ÉCOLE NATIONALE D’HORLOGERIE
- La nouvelle Ecole nationale d’horlogerie bisontine, la seule dont nous allons nous occuper maintenant, forme deux catégories d’élèves : les techniciens et les praticiens. Les candidats mécaniciens-horlogers sont admis dans la première section avec le baccalauréat, le brevet élémentaire ou à la suite d’un examen général de niveau moyen ; ils font 4 années d’études dont deux ans et demi de mécanique proprement dite, un an d’horlogerie, six mois de mécanique horlogère et de manipulations électriques. Leur programme hebdomadaire comporte 30 heures de travaux dans des ateliers parfaitement agencés (maniement des outils, manœuvres de machines diverses, etc.) et 18 heures de cours théoriques (mathématiques générales, physique, dessin industriel, etc.). Finalement, leur instruction technique se termine par l’exécution d’un « chef-d’œuvre » qui leur vaut le diplôme de technicien délivré par l’Etat sur le vu des notes données par leurs professeurs. Ce titre est très apprécié actuellement dans les industries de précision.
- Des jeunes gens qui visent seulement au diplôme de praticien, on n’exige que le certificat d’études primaires, mais ils font d’abord une ou deux années préparatoires avant leur admission définitive à l’Ecole professsionnelle où ils passent 3 ans comme horlogers, mécaniciens de précision ou bijoutiers. Ils ont par semaine, 36 heures d’atelier, 12 heures de cours théoriques ou de dessin et s’ils obtiennent une moyenne satifaisante à leurs examens de sortie, l’Etat leur octroie le brevet de praticien.
- Mais peut-on se demander : les industries françaises intéressées, qui manquent de commandes à l’heure actuelle, ont-elles besoin de tant de spécialistes ? Les statistiques répondent à la question d’une façon affirmative.
- Raisonnons, en effet, les chiffres du dernier recensement. D’après ces documents officiels. 39 600 personnes se trouvaient alors occupées dans la fabrication, le commerce et les réparations d’horlogerie. Or, dans une note récente et inédite, M. Trincano estime « qu’en raison du progrès du machinisme et de la crise actuelle » il n’y a plus guère maintenant que 10000 horlogers complets (ouvriers et réparateurs professionnels qualifiés). En comptant 10 pour 100 d’apprentis, pourcentage admis dans les contrats collectifs, un millier de jeunes gens reçoivent une instruction horlogère, laquelle nécessite de 3 à 4 ans. Il faudrait donc former 250 à 300 horlogers par an et les quatre écoles spéciales (Besançon, Cluses, Paris et Lyon) n’en fournissent pas plus d’une centaine chaque année. En outre, les 150 à 200 apprentis, qui sortent annuellement des ateliers d’horlogerie main-
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- tiennent à grand’peine les effectifs normaux de ces établissements et ne leur fournissent qu’un personnel de médiocre valeur technique. Aujourd’hui, en effet, l’industrie horlogère ne se borne plus comme jadis à la fabrication des appareils horaires mus par un poids ou un ressort, son champs d’action s’est considérablement étendu avec les pendules électriques, les chronomètres pourvus du bulletin d’observatoire, les montre-bijoux, les nombreux instruments compteurs ou enregistreurs dont la réalisation et la mise au point nécessitent une habileté
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- Même son de cloche dans la mécanique : on manque d’outilleurs de faiseurs d’étampes, de décolleteurs, de fraiseurs, de rectilieurs expérimentés. Parmi les 300 000 chômeurs français, la main-d’œuvre qualifiée fait défaut et nous importons 500 millions de machines-outils ou d’appareils de précision. En conséquence, les 30 à 40 mécaniciens qui vont sortir, chaque année, de l’Ecole nationale professionnelle de Besançon trouveront facilement à s’occuper dans l’une ou l’autre de nos usines.
- Ecole nationale d'Horlogerie de Besançon. Fig. 2 (en haut à gauche). — Atelier de mécanique (lro année).
- Fig. 3 (à droite). — Atelier de mécanique (2e année). Fig. 4 (en bas, à gauche). — Atelier de mécanique de précision.
- Fig. 5 (à droite). — Un des quatre ateliers d’horlogerie.
- manuelle et des connaissances scientifiques de plus en plus élevées. On ne saurait donc reprocher à l’administration d’avoir vu trop grand puisqu’un tiers seulement des jeunes horlogers français reçoivent la formation professionnelle complète réclamée par les organisations syndicales. Cette question de recrùtement passionne d’ailleurs les intéressés. Aussi à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle Ecole de Besançon s’est tenu dans cette ville du 1er au 4 juillet un Congrès national de l’horlogerie dans lequel industriels, commerçants, et artisans ont surtout étudié ensemble les conditions de formation professionnelle dans les établissements techniques et dans les ateliers.
- L’INSTITUT DE CHRONOMÉTRIE ET DE MÉCANIQUE HORLOGÈRE
- Quant aux ingénieurs apprentis-directeurs, ils recevront à VInstitut de chronométrie et de mécanique horlogère, qui se trouve encore installée dans le nouvel édifice, une haute formation technique. Cet organisme dirigé par M. Haag, professeur à la Faculté des Sciences de Besançon et correspondant de l’Institut de France, reçoit des candidats répartis en deux sections (théorie et application). Dans la section de théorie qui comporte 2 années d’études peuvent s’inscrire, après concours, les titulaires d’un diplôme de technicien délivré par
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- les Ecoles nationales d’horlogerie et de mécanique de précision. Dans la section d’application, directement et sans concours, on admet les titulaires d’un diplôme d’ingénieur délivré par les grandes écoles (Polytechnique, Centrale, Arts et Métiers, Navale, Génie maritime, Instituts électrotechniques des Facultés, etc.) et les licenciés ès sciences (certificat de mathématiques générales, de chronométrie, de physique industrielle ou de mécanique physique, de physique générale ou de mécanique rationnelle). En outre, le Conseil d’administration de l’Institut peut autoriser à se présenter à un concours d’entrée les candidats qu’il en juge dignes ainsi que les étrangers, suivant leurs titres et les places disponibles.
- Le programme des cours, d’un niveau assez élevé, embrasse non seulement l’algèbre, la mécanique rationnelle, mais la chronométrie générale, des notions d’astronomie, de physique, de chimie, d’électricité industrielle, de métallographie. Dans ses parties théoriques et expérimentales, cet enseignement se donne à la Faculté des Sciences tandis que les professeurs de l’Ecole nationale d’horlogerie initient les candidats de l’Institut bisontin à la technique et à la pratique de leur art. Ceux-ci complètent leur instruction professionnelle par des stages, soit dans les usines de la région, soit à l’Observatoire que nous allons visiter. Enfin, l’examen de sortie, qui confère le diplôme d'ingénieur ès-arts horlogers, comprend des épreuves écrites, orales, des manipulations, essais et travaux pratiques de haute précision.
- L’OBSERVATOIRE DE BESANÇON
- De son côté, Y Observatoire de Besançon que M. René Baillaud dirige avec un zèle et une compétence appréciés, contribue également aux progrès de l’horlogerie française, en étroite liaison avec l’Ecole professionnelle et l’Institut de chronométrie. S’il ne forme ni habiles artisans, ni ingénieurs hors pair, son outillage permet d’y étudier,
- Fig. 6. — Ecole nationale d’Horlogerie de Besançon. Atelier de bijouterie.
- sous tous leurs aspects, les ardus problèmes que soulève la mesure du temps: mais surtout les industriels viennent y chercher aide, directives et encouragements.
- Dans ces calmes pavillons de l’astronomie et de la précision, distants de 4 km environ de la ville et construits à 315 m d’altitude sur un petit mamelon verdoyant d’où l’on découvre un panorama superbe, un personnel d’élite accomplit des taches très diverses au moyen d’instruments astronomiques ou scientifiques remarquables (lunette méridienne pourvue de tous les perfectionnements, équatoriaux coudé et photographique, pendule de gravité Idolweck-Lejay, étuves à températures constantes pour les essais de chronomètres, appareils frigorifiques et tables vibrantes pour les épreuves des montres d’aviation, etc..). M. Baillaud y a également fait installer une pendule Leroy à pression constante, dans un souterrain profond de 8 m afin de réaliser naturellement une enceinte dont la température se maintient à peu près constante d’un bout de l’année à l’autre. Cette véritable merveille de mécanique enregistre constamment le temps au centième de seconde près. On la compare tous les jours aux pendules de l’Observatoire de Paris au moyen des signaux horaires radiodiffusés par la Tour Eiffel et elle synchronise un chronographe imprimant de Gautier sur lequel s’enregistrent les signaux horaires et les tops donnés par toutes les horloges, les montres et chronomètres de l’Observatoire bisontin qui se trouvent ainsi rapportés chaque jour à l’étalon de temps. Une jeune fille de service peut, de la sorte, comparer très facilement les chronomètres en observation. Elle presse sur un contact électrique au moment où l’aiguille trotteuse indique des secondes bien déterminées sur le cadran et enregistre, sur le chronomètre situé à l’étage supérieur du bâtiment, l’heure vraie à cet instant.
- D’autre part, afin d’encourager les firmes horlogères à produire de belles pièces, l’Observatoire organise des concours dont M. Baillaud a dû faire modifier les règlements pour mieux les adapter aux circonstances actuelles. Cette année, la coupe chronométrique sera décernée au meilleur chronomètre déposé et satisfaisant à certaines conditions exceptionnelles. Depuis 1932, on a créé aussi un concours moins sévère entre montres plates, de petits calibres, maintenant si en vogue et comme il a donné d’excellents résultats, l’horlogerie bisontine a offert à M. le Président Lebrun, lors de sa visite à Besançon, un chronomètre plat arrivé en tête de la nouvelle épreuve. Quant au concours entre chrono-graphes récemment institué par l’Automobile Club de France, il sera attribué, pour la première fois en 1933.
- Comme modifications à la délivrance des bulletins de marche aux chronomètres déposés dans ce but à l’Observatoire et ayant subi victorieusement les épreuves habituelles qu’on leur impose, notons que l’établissement bisontin donnera maintenant des « diplômes » correspondant aux pendules et pendulettes électriques soumises par les maisons françaises d’horlogerie.
- Quant aux montres, non plus de haute précision, mais simplement « de qualité », elles peuvent passer par le service du poinçon qui a pour objet de donner au public la garantie d’une facture parfaite et un réglage très
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- suffisant pour les usages courants. Un professeur de l’Ecole d’horlogerie contrôle les mouvements qu’il poinçonne, s’il y a lieu, et l’Observatoire délivre, après examen, le certificat de réglage. En l’espèce, le poinçonnage rendra de précieux services, car le travail artisanal tendant à disparaître de plus en plus, il importe de vérifier le fini et la précision des pièces d’horlogerie fabriquées pour la plupart en série et mécaniquement.
- Enfin, depuis peu, l’Observatoire de Besançon, ayant été chargé par le ministère de l’air, d’examiner les montres d'aviation, procède à ces essais d’une façon régulière et nouvelle. Les montres destinées aux pilotes civils et militaires doivent effectivement remplir un certain nombre de qualités essentielles. Il leur faut, en particulier, pouvoir supporter impunément des températures extrêmes, être insensibles au champ magnétique produit par le moteur de l’avion, résister aux vibrations continues de la planche de bord et aux chocs violents au moment de l’atterrissage. Elles doivent posséder une étanchéité parfaite et conserver, malgré les mauvais traitements qu’elles subissent souvent, une marche sinon comparable à celle d’un chronomètre de précision, satisfaisante tout au moins. Enfin, il importe que, leur cadran, peint au sulfure de zinc ou autres substances phosphorescentes, brille suffisamment durant l’obscurité.
- Au point de vue thermique, ces montres subissent à l’Observatoire de Besançon, des épreuves à — 20° et à -f- 40°. En vérité, le thermomètre, aux très hautes altitudes atteintes par des avions, descend sensiblement au-dessous de — 20°. Mais les huiles de graissage employées en horlogerie ne permettent pas un bon réglage à des températures plus basses. On utilise pour ces essais un grand appareil frigorifique Sulzer dans lequel du gaz ammoniac se détend dans un bain de pétrole, puis une étuve réglée à -f- 40° et une autre à -f- 15°, disposées côte à côte dans une salle. Cette dernière étuve correspond à la température dite normale, dans laquelle se font les essais de marche et de position. On abandonne les montres pendant 24 h à — 20°, durant 24 h à 0°, pendant 24 h à -f 15° et pendant 24 h à -f 40°. Chaque jour, on les compare à la pendule de l’Observatoire, ce qui permet de déduire leur état et leur marche diurne. L’ensemble de ces 4 jours d’épreuves fournit la variation de marche qui correspond à une différence de température de 1° ; ce nombre ne doit pas dépasser une seconde entre — 20° et -f 0° et 0 s. 5 entre 0° et + 40°. Pour étudier comment se comportent les montres d’aviation dans un champ magnétique, on les pose sur sur des tiroirs horizontaux, à l’intérieur d’un solénoïde parcouru par un courant continu que fournit une batterie d’accumulateurs. La marche diurne de la montre, soumise au champ, est comparée à sa marche en dehors du champ et la différence de deux ne doit pas dépasser une quantité déterminée d’avance.
- Pour observer l’effet des trépidations, on met les montres d’aviation durant 3 jours consécutifs sur des tables vibrantes auxquelles on imprime des chocs de 0 mm 1 d’amplitude à 2500 périodes. Ces épreuves correspondent aux vibrations permanentes de la planche de bord. On place quotidiennement aussi les montres
- Fig. 1. — La luneiie méridienne de l’Observaloire chronométrique de Besançon, à l’aide de laquelle on détermine l’heure exacte avec précision.
- pendant 15 secondes sur une seconde table vibrante dont l’amplitude est de 0 cm 01 et la fréquence de 700 par minute. Ces chocs dépassent en violence ceux qu’elles auront à subir lors des atterrissages.
- En outre, comme les montres d’aviation doivent pouvoir résister sur la planche de bord à toutes les intempéries des saisons, il faut qu’elles soient parfaitement étanches. On fait donc passer chaque montre sous une douche violente pendant 15 minutes. L’appareil employé pour cet essai se trouve disposé à côté des étuves et on n’a qu’à ouvrir le robinet de la canalisation pour déclencher la « pluie » artificielle. Un professeur de l’Ecole d’horlogerie vérifie ensuite qu’aucune parcelle d’eau ne s’est introduite à travers le boîtier.
- Pour constater la bonne qualité des peintures lumineuses des cadrans, on laisse les montres pendant 8 jours dans l’obscurité. Puis, l’observateur se place lui-même dans le noir durant 20 minutes ; après quoi, la luminosité des chiffres doit être suffisante pour lui permettre de les lire à 1 m de distance, si, bien entendu, il possède une vue normale.
- Enfin, quoique les montres d’aviation ne soient pas des chronomètres de précision, il faut néanmoins qu’elles mesurent et conservent le temps d’une manière assez exacte. On contrôle donc soigneusement la construction de leurs mouvements, on observe leur marche, dans les
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- conditions normales de température, dans les deux positions verticales et horizontales ainsi que pour une même position pendant plusieurs jours consécutifs et les écarts de marche ne doivent pas dépasser les limites convenues. En outre, on a adjoint aux montres d’aviation un dispositif de sécurité, qui empêche l’aviateur ganté et agissant par suite brutalement, de casser son « chrono »
- les questions relatives à la mesure du temps.
- Ainsi son directeur actuel, M. riaag, a étudié, en particu. lier, indépendamment de ses autres recherches mathématiques, la théorie du spiral et ses applications horlogères, la suspension élastique des pendules et la théorie de la synchronisation tandis que sous son active impulsion, le corps des régleurs, reconstitué et rajeuni, s’apprête à soutenir
- Fig. 8 (en haut). — Comparaison des chronomètres à VObservatoire de Besançon.
- Dans le fond et à droite, la machine frigorifique amenant à — 20° la température des étuves. Fig. 9 (à gauche). — Service d’essai des montres d’aviation.
- A gauche et au milieu : étuves; à droite, dispositif pour les épreuves d’étanchéité.
- Fig. 10. — Machine frigorifique utilisée pour les épreuves des montres d'aviation.
- en le remontant, car le bouton continue à tourner sans rien commander.
- dignement la renommée de
- CONCLUSION
- En résumé, ces trois << piliers techniques » soutiennent solidement et scientifiquement, chacun dans sa sphère en s’aidant et se complétant, toute l’horlogerie française comme nous le notions déjà au début de notre article.
- . A la base, l’Ecole professionnelle forme des ouvriers habiles et des contremaîtres instruits.
- De l’Institut de chronométrie, sortent des ingénieurs émérites tandis que ses maîtres, dignes continuateurs des Phillips, des Moulin et des Andrade abordent
- Fig. 11.
- Observatoire de Besançon. Tables vibrantes pour les essais des montres d’aviation.
- Ces essais se poursuivent pendant 3 jours consécutifs sur des tables vibrantes auxquelles on imprime des secousses de 0 mm 1 d’amplitude, à la fréquence de 2500 par seconde.
- la chronométrie française.
- Quant à l’Observatoire de Besançon, animateur de cette organisation technique, tout en s’attachant à lire l’heure dans le ciel, il apporte un puissant soutien aux firmes bisontines.
- Il encourage les fabricants d’horlogerie à faire toujours mieux, disposant pour cela de ses concours, propres à entretenir une émulation constante entre les producteurs.
- Grâce à ses bulletins chronométriques, à ses certificats de marche, il donne aux pièces qu’on lui soumet la garantie morale de son contrôle et de ses poinçons.
- Jacques Boyer.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- LA CONSTRUCTION DES NEUF POLYÈDRES RÉGULIERS
- (Suite l)
- Pour présenter plus clairement la construction de Vicosaèdre de 7e espèce, les différents rapports des arêtes ont été omis volontairement dans notre dernière récréation.
- Or un grand nombre de lecteurs se sont intéressés à ces constructions de polyèdres et parmi eux plusieurs ont été arrêtés par ce manque de données indispensables.
- Pour leur permettre d’achever eux-mêmes leur collection, la construction de l’icosaèdre régulier de 7e espèce sera donnée entièrement ici.
- ICOSAÈDRE DE 7° ESPÈCE
- Ce solide présente 20 faces qui sont des triangles équilatéraux, 12 sommets et 30 arêtes.
- On parvient à le construire en le considérant comme formé d’un dodécaèdre et de 12 ensembles de pyramides supportés par les 12 faces du noyau.
- Chaque ensemble comprend une pyramide pentagonale servant de support, par ses 5 faces latérales, à 5 pyramides triangulaires appropriées.
- Pyramide pentagonale. — La base de cette pyramide centrale s’obtient en joignant par des droites les milieux des côtés successifs d’une des faces du noyau. Il en résulte un pentagone régulier convexe inscrit dans cette face et sur lequel doit être appliquée la base égale de la pyramide centrale.
- Si l’on désigne par c le côté du dodécaèdre, b celui de la base de la pyramide pentagonale, on trouve pour la valeur du rapport :
- b _ y/5 + 1
- Sur la figure 1 qui représente une face du solide avec les principales intersections, ce côté b est donné par la droite DE; AE est l’arête latérale a de la même pyramide. On a :
- , a _ v/lO c 2~
- + V/2.
- Pyramides triangulaires. — Pour en construire une, il suffit de connaître maintenant le côté AJ commun aux 2 faces égales à AJE, puis l’angle JAE. On trouve par le calcul :
- AJ
- DE
- = y/5 + 1
- et angle JAE = 22°16'.
- Dièdres. — Il ne reste plus, pour terminer le solide, qu’à compléter les milieux des 30 arêtes par 30 dièdres ajustés d’une manière convenable.
- Sur la figure 1, JK est la longueur du dièdre dont les 2 faces sont égales à JKL; on a :
- JIC = 2 DE et angle JKL = angle KJL = 37° 45' 40”.
- Pour mettre le dièdre en place et lui donner sa valeur (42°), il suffira de laisser adhérer à chacun des 4 côtés, tels que JL, un triangle égal à EJM dont le côté JM a même valeur.
- Ces 4 petits triangles ^serviront à coller le dièdre : en les poussant à fond, ils viendront occuper les emplacements
- Fig. 1. — Plan d’une face avec les intersections utilisées.
- identiques à EJM et le dièdre prendra de lui-même sa valeur exacte. Léon David.
- Erratum. — Dans le dernier article, page 420, première colonne, ligne 2, au lieu de ainsi, lire aussi.
- 1. Voir La Nature du 1er mai 1933.
- == LA VIE GASTRONOMIQUE =
- DANS UN CHÂTEAU FÉODAL AU XIVe SIÈCLE
- Jean II, comte de Boulogne et d’Auvergne (1340-1394), a été surnommé le « mauvais ménagier » par ses contemporains, parce qu’il avait gaspillé en noces et en prodigalités la plus grande partie de ses biens qui étaient considérables. « Il était simple et légier, dit un chroniqueur, et ne tenait pas compte de ses besoingues, nonchalent et de petit gouvernement, facile à séduire et à décevoir... ses amis donnés à dissolution, le mirent à mener une vie dissolue, tant de bouche que de femmes, que de folles dépenses. » Le document curieux (’) qu’on va lire est un extrait du « Livre de comptes et despenses » de son intendant Michel Moissent. Il nous fait connaître ;
- 1. Extrait du Trésor des Chartes de Dulaure (manuscrit).
- 1° Ce que coûtait au xiv° siècle une chasse à courre;
- 2° L’appétit formidable des chasseurs;
- 3° Les menus copieux, mais peu variés des repas;
- 4° L’énorme consommation d’épices.
- 5° Enfin le prix des denrées alimentaires à cette époque.
- *
- * *
- « Cy est la despense de mon très redouté seigneur monseigneur le comte de Boulongne et d’Auvergne, tenant sondit ostel en son chastel de Mercurol, ce commençant le mercredi pénultième d’octobre 1387.
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- == ; %2^===; ' zzz:—
- « Je, Michel Moissent, clerc, ay faict la despense en la manière suivante, tant en grains qu’en autres choses.
- « Mercredi XXX octobre 1387, vint à souper à Mercurol nostre redouté seigneur et ses gens ; avec lui en sa compaignie estoient le sire de la Roche, etc., etc., estrangers et survenans et lurent tout le jour 58 personnes et 48 chevaux :
- « Pain dé froment délivré par Guillaume Moneis boulanger de l’ostel, qui doit randre pour un sextier de froment 220 miches dont il a été délivré 200 miches et 25 miches de mesclaigne (') pour manobres (ouvriers et domestiques).
- « Cuisine : bœuf de provision, trois grosses pièces, un mouton, six poules, sel, espices, mostarde, chandoille de cire, tourches.
- « Et ce jour l’on a thué six anniales (agneaux femelles) qui furent mises au sel et qu’en furent faites 26 pièces.
- « Avesne pour chevaulx; pour chaque cheval 3 mesures, dont les 72 font le sextier ; 2 sextiers, 1 carton, 3 mesures.
- « Jeudi suivant darren (dernier) jour dudit mois d’octobre, furent à mercurol une partie des gens et chevaulx, les aultres étant allés à Riom devers Mgr de Berry et furent à Mercurol 20 personnes tout le jour : 92 miches de froment, dont 6 pour les trancheurs; pain de mesclaigne, 64 miches pour les chiens de chasse de monseigneur; vin de provision : 2 sextiers, 4 quartes. Cuisine : bœuf une pièce, mouton, 4 pièces, 2 poules; 2 deniers; 6 fromages, 6 sols; une coupe (10 litres) de pois : 6 deniers.
- « Le IX novembre, Mgr le comte et Mgr le comte d’Estampes et leurs gens vinrent à Mercurol avec le sénéchal d’Auvergne et plusieurs aultres chevaliers et escuyers et y vinrent au dîner et y eut pour ce jour 104 personnes et 84 chevaulx.
- « Pain froment 350 miches, dont 30 pour trancheurs et allans de Mgr. Vin de provision : 12 sextiers, 2 quartes; 8 anguilles : 45 sols; aultres poissons 4 sols, 2 deniers; 12 fromages, 10 sols; certaine quantité d’œufs achetés à Vie (-), 11 sols; oignons,
- 1. Mesclaigne : Mélange de farine de blé et de seigle.
- 2. Vic-le-Comte (P.-de-D.), chef-lieu de la Comté d’Auvergne.
- 12 deniers; mostarde 3 sols 9 den. ; sel, éspices, oille (huile), vinaigre, vertin, tourches de provision. Pour 72 chevaulx : 3 sextiers avesne ; plus 4 coches achetées à Bjllom : 6 sols 4 den.; 6 perdrix, 8 sols; un quart lard salé, 8 sols; une main de papier à escrire 2 sols, 6 den. ; un quarteron che vermeilhe pour sceller, 18 deniers; persil, 4 den.; une paire de souliers pour Guilhonet du commandement de Mgr : 3 sols.
- « Au boucher de Mercurol pour faire chandoilles de suif, pour une journée 15 deniers.
- « Le 25 novembre dinent à Mercurol 114 personnes, 58 chevaulx, 6 ânes. Il a fallu 450 miches dont 24 pour les allans de Mgr. Un saumon acheté à Billom, 6 sols, 10 den. — Vin, 8 sextiers ; plusieurs cents d’œufs : 32 sols ; 12 fromages, 14 sols ; 50 harans, 10 sols; 100 poires d’angoisse 2 sols; 4 livres de poivre et de gingembre à 5 sols la livre : 20 sols; 4 onces de safran à 5 sols : 20 sols; une livre de grains de paradis (?) 21 sols; une livre de sucre achetée à Vie, d’Etienne Boladër 8 sols 6 deniers; 14 livres de cire pour faire tourches et chandoilles, à 2 Sols- : 28 sols douze livres d’oille (huile) à 7 sols : 84 sols; une anniale, 60 sols; deux petits pourcs, 45 sols 6 den. un sac de charbon pour la cuisine, 12 deniers; pour l’achat de ce papier (feuilles de compte) 14 sols. »
- Il va sans dire que les nombreuses pièces de gibier abattues en cours de chasse ne figurent pas dans la longue note de dépenses laissée par l’intendant du comte Jean II, le « mauvais ménagiez1'». Elles n’en figuraient pas moins sur la table de l’immense salle à manger du château de Mercurol (1).
- J. Chataing.
- 2. C’est à Mercurol que se trouvait le dépôt d’archives des comtes d’Auvergne.Elles furent transportées à Paris sous le règne de Louis XII. Elles se trouvent aujourd’hui aux Archives nationales : c’est là qu’a été découvert par Dulaure le curieux document qu’on vient de lire.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- MAI 1933, A PARIS
- Mois plutôt chaud, très pluvieux, à peu près normal quant à la pression et à l’insolation, et brumeux.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la pression barométrique ramenée au niveau de la mer, 761 mm 6, est légèrement déficitaire (— 0 mm 26).
- La température moyenne, 14°,2, dépasse la normale de 0°,7. Le minimum absolu, 5°,0 le 15, est l’un des plus élevés que l’on ait eu en mai depuis 60 ans ; il est supérieur de 3°,0 au minimum absolu moyen; le maximum absolu, 26°,7, a été enregistré deux jours de suite, le 22 et le 23 et il est inférieur de 1°,3 au maximum absolu moyen.
- Dans la région parisienne, d’après les observations recueillies et centralisées au Service météorologique de la Ville de Paris, l’on eut comme extrêmes absolus de température, dans le mois : 2°,5 à Vaucluse et 31°,1 à Saint-Ouen, et il a gelé blanc sur divers points, le 1er et le 15.
- Le total mensuel de pluie recueillie au Parc Saint-Maur est exceptionnel. Depuis 1874, il n’a été dépassé qu’une fois, en mai 1931 (156 mm 5). Il se monte à 103 mm 2 et atteint presque le double de la normale (rapport à la normale 1,95). Parmi les 16 jours de pluie (au lieu de 13, nombre moyen), celui du 27 a fourni, à lui seul, 30 mm. 2.
- A l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale d’eau tombée, 90 mm 3, qui n’a été dépassée que trois fois depuis
- 1872, est supérieure de 80 pour 100 à la moyenne des 50 années (1873-1922). La durée totale de chute, 36 h, est inférieure de 6 pour 100 à la moyenne des 25 années (1898-1922). Hauteur maxima en 24 h : pour Paris, 23 mm 6 à Montsouris, du 27 au 28, pour les environs, 36 mm 9 à Ville-Evrard à la même date.
- lie tonnerre s’est fait entendre 11 jours dans la région, mais seuls les orages de la nuit du 2 au 3, du 6, du 7 et du 29 ont eu quelque importance. Il a grêlé par places à sept dates différentes.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques 254 h 25 m de soleil, durée supérieure de 20 pour 100 à la moyenne de 40 ans. Il n’y a eu qu’un jour sans soleil.
- Du sommet de la Tour Saint-Jacques, la visibilité, à 9 h du matin, a été 14 jours seulement supérieure à 6000 m et 2 jours inférieure à 1500 m, aussi ce mois se classe-t-il parmi les plus mauvais mois de mai, eu égard à la transparence de l’air au-dessus de Paris.
- Ijes vents d’entre nord et est, qui prédominent habituellement en mai, ont été relativement rares.
- A l’Observatoire du Parc St-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 72,5 pour 100 et celle de la nébulosité de 60 pour 100; on y a constaté : 6 jours d’orage, un jour d’éclairs seuls, 22 jours de brume, 21 jours de rosée.
- Em. Roger.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AOUT 1933 (’)
- Le 21 août, éclipse annulaire de Soleil, et il s’en faudra de bien peu qu’ici même, en France, nous puissions voir la fin du phénomène au lever du Soleil. Peut-être même, par temps idéal, des régions nord et est de la France, pourrait-on voir tout juste, au lever du Soleil, un petit segment de la Lune projetée sur l’astre du jour ?
- Cette éclipse sera visible de l’Europe orientale, de la plus grande partie de l’Asie, des îles de la Malaisie et de l’Australie.
- La ligne centrale commencera au nord de l’Egypte, traversera l’Arabie, l’Inde, le Siam, la Malaisie et se terminera en un point de la côte nord-est de l’Australie.
- La plus grande durée de la phase annulaire sera de 2m 18° et la grandeur maxima de l’éclipse de 0,990, le diamètre du Soleil valant 1,000.
- I. Soleil. — En août, le Soleil descend fortement sur notre horizon, au moment de sa plus grande hauteur, à midi, puisque sa déclinaison, de +18° 5' le 1er août, ne sera plus que de + 8° 43’ le 31. La durée du jour suit une marche correspondante et tombera de 15“ 5m le 1er à 13“ 30“ le 31.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges parfaitement réglées quand le Soleil est au milieu de sa course diurne, c’est le moment du passage du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage. Dates. Heure du passage
- Août 1er 11“ 56 “ 50s Août 17 11“ 54“ 398
- — 3 11 56 42 — 19 11 54 13
- — 5 11 56 31 — 21 11 53 45
- — 7 11 56 18 — 23 11 53 16
- — 9 11 56 3 . — 25 11 52 44
- — 11 11 55 45 — 27 11 52 U
- — 13 11 55 25 — 29 11 51 36
- — 15 11 55 4 — 31 11 50 59
- Observations physiques. — On trouvera, au n° 2904, l’exposé d’un moyen simple pour reconnaître la présence des taches solaires à l’aide d’une simple jumelle, fixée sur un support stable.
- Nous continuerons à recommander l’observation quotidienne du Soleil, chaque fois que le temps le permet, bien entendu, ceci dans le but de déceler tout phénomène solaire de soudaine apparition. Si même, on le peut, observer à diverses reprises au cours de la journée.
- Voici la suite des Éphemérides pour l’orientation des dessins et des photographies du Soleil :
- Dates. 0“ (T. U.) P B„ L0
- — — — —
- Août 4 + 11°, 90 + 6°,03 111», 95
- — 9 + 13,80 + 6,34 50,84
- — 12 + 14,89 H- 6,51 11,18
- — 14 + 15,59 + 6,62 344,74
- — 19 + 17,28 + 6,84 278,65
- — 24 + 18,84 + 7,02 212,58
- — 29 + 20,27 + 7,15 146,52
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodia-
- 1. Toutes les heures figurant dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0 à 24h, à partir de 0“ (minuit),. Pendant la période d’adoption de l'heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- cale, en août, est très difficilement observable le matin. On pourra essayer de la rechercher vers la fin du mois, époque pendant laquelle la Lune ne gênera pas son observation.
- La lueur anti-solaire est encore très basse sur l’horizon, en France, et il est à peu près inutile de la rechercher ce mois-ci.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’août, se produiront comme il suit :
- P. L. le 5, à 1911 32m N. L, le 21, à 5" 48“
- D. Q. le 13, à 3h 49“ P. Q. le 28, à 10“ 13“
- Age de la Lune, le 1er août, à 0“ (T. U.) = 9J,3; le 22 août, à 0“ = 0J,8. Si l’on veut l’âge de la Lune, à 0“, pour un autre jour du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 22. Et pour une heure différente de 0“ ajouter, en outre, 0),0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 2 août, à 12“ = — 28° 3'; le 16 août, à3»= + 28° 5'; le 29 août, à 21“ —• 28° 5’.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 août, à 17“. Parallaxe = 60' 28’'. Distance = 362 650 km. Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 15 août, à 15“. Parallaxe = 54'10". Distance = 404 820 km. Périgée de la Lune, le 31 août, à 6“. Parallaxe — 59' 38". Distance = 367 716 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 11 août, occultation de 20 Ii1 Bélier (6m,4). Émersion à 22^ 24“.
- -Le 12, occultation de e Bélier (4m,6). Émersion à 22“ 43“.
- L'Annuaire astronomique Flammarion fait remarquer que l’étoile s Bélier est double, et que ses deux composantes, qui sont respectivement des magnitudes 6,2 et 5,6 sont écartées de 1",4 et peuvent être vues avec un bon objectif de 0“,095. La Lune sera tout près du dernier quartier et seule l’émersion de l’étoile sera bien observable sur le limbe sud-sud-ouest, non éclairé. L’immersion pourra être toutefois recherchée sur le limbe brillant est-sud-est, environ 40 minutes avant l’émersion. Mais alors la Lune, qui se lèvera le 12 août à 21“ 31m, sera bien basse sur l’horizon et les images seront sans doute défectueuses.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lime du 5 août. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Date. Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Août 5 3“ 18“ 0,84 15“ 45“ 0,90
- — 6 4 9 0,94 16 32 0,98
- — 7 4 54 1,00 17 15 1,01
- — 8 5 35 1,00 17 55 0,98
- — 9 6 14 0,96 18 32 0,92
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci .
- III. Planètes. — Le Tableau suivant, qui est dressé à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1933, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’août.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du Solèil le
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- ASTRE Dates : Août Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (’). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 4* 29m 11* 56“ 31“ 19* 23“ 9» 0“ 4- 17“ 2' 31'35",4 Cancer
- Soleil . . .] 15 4 43 11 55 4 19 7 9 38 + 14 7 31 38 ,4 Cancer »
- 25 4 59 11 52 44 18 48 10 15 + 10 50 3142 ,2 Lion )
- 1 5 3 59 11 14 18 29 8 18 + 15 14 10,4 K Cancer 1 Le matin,
- Mercure . . 15 3 12 10 40 18 8 8 22 + 17 39 8,0 G Cancer plus grande élongation
- 25 3 29 10 52 18 15 9 11 + 16 59 6,2 Cancer le 18.
- 5 7 3 13 47 20 32 10 49 + 9 5 11,8 53 Lion
- Vénus . . . 15 7 31 13 52 20 13 11 33 -f 4 8 12,2 P Vierge , Un peu visible le soir.
- 25 7 58 13 56 19 54 12 17 — 1 0 12,8 Vierge
- 5 10 27 15 58 21 30 13 1 — 6 41 5,6 a. Vierge ^
- Mars. . . . 15 10 22 15 42 21 2 13 24 — 9 8 5,4 a Vierge Le soir,
- 25 10 18 15 26 20 35 13 48 — 11 33 5,2 Vierge dès l’arrivée de la nuit.
- Jupiter. . . 15 7 42 13 59 20 16 11 42 + 3 11 29,4 T Lion Devient inobservable.
- Saturne . . 15 18 39 23 15 3 51 21 0 — 18 1 16,8 6 Capricorne Toute la nuit.
- Uranus. . . 15 21 12 4 1 10 49 1 42 + 9 59 3,6 54 Bélier Seconde partie de la nuit.
- Neptune . . 15 6 18 13 1 19 45 10 45 + 8 53 2,4 37 Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- 18 août, à 2», à la distance de 18° 36' à l’ouest. Il brillera donc comme étoile du matin.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure, en août :
- Dates. Partie du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- — — — —
- Août 4 0,04 10”,6 + 2,4
- — 9 0,13 9,5 + 1,6
- — 14 0,27 8,3 + 0,8
- — 19 0,46 7,2 0,0
- — 24 0,66 6,3 — 0,6
- — 29 0,83 5,6 — 1,1
- Vénus devient un peu mieux visible le soir, dans le crépuscule-Sa plus grande élongation du Soleil aura lieu en novembre prochain.
- Voici, comme pour Mercure, un tableau donnant la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Dates. Partie du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- __ — — —
- Août 4 0,88 11",7 — 3,3
- — 9 0,87 11,9 — 3,4
- — 14 0,85 12,1 — 3,4
- — 19 0,84 12,4 — 3,4
- — 24 0,83 12,7 -3,4
- — 29 0,82 13,0 — 3,4
- Les observations de Vénus, comme celles de Mercure, doivent être faites de préférence en plein jour.
- L’illumination atmosphérique terrestre diminue évidemment les contrastes, mais les images sont souvent meilleures que la nuit, les deux planètes étant alors au voisinage de l’horizon, et leurs images fort agitées.
- Mars est encore un peu visible le soir, dès l’arrivée de la
- nuit, en de très mauvaises conditions d’observation. Son diamètre est réduit, par la distance, à un peu plus de 5”. Il est pratiquement inobservable.
- Petites planètes. — Voici la suite des éphémérides des petites planètes Pallas (2) et Eunomia (15) complétées par celles de la petite planète Amphitrite (29).
- Dates. Pallas (2). Eunomia (15). Amphitrite (29).
- — , — —
- Août AR D AR D AR D
- 4 21“46m,4 +11°55' 21*14“,7 —8° 2' » »
- 12 21 40,5 + 10 53 21 6,6 —7 52 » »
- 20 21 34,4 + 9 37 20 58,6 —7 49 23*22“,1 —7“10'
- 28 21 28,4 + 8 10 20 51,3 —7 47 23 15,7 —7 33
- Voici, d’autre part, pour ces trois petites planètes, la date de l’opposition et la magnitude stellaire au moment de
- l’opposition :
- Date Magnitude
- Petite planète. de l’opposition. à l’opposition.
- Pallas (2) 16 août 9,0
- Eunomia (15) 8 -— 8,0
- Amphitrite (29) 8 septembre 8,9
- Une bonne lunette de 0m,081 ou mieux de O111,108 est nécessaire pour rechercher et observer ces petits astres.
- Jupiter se couche de plus en plus tôt et devient ainsi à peu près inobservable.
- On pourra essayer encore de voir quelques-uns des phénomènes que produisent les satellites dans leur révolution autour de la planète.
- En voici la liste pour le mois d’août.
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates : Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates : Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 20h0m 1 Im. 10 20" 0“ 1 O. c.
- 3 19 45 II O. c. 11 19 30 I E. f.
- 3 20 18 1 O. f.
- Saturne est visible toute la nuit, son opposition avec le Soleil se produisant le 5 août, à 23\ Une petite lunette munie d’un objectif de 0m,04 permet de deviner l’anneau. C’est dire qu’avec des objectifs plus importants, l’anneau devient de mieux en mieux visible et une lunette de O1",108 fera voir la division de Cassini et l’anneau transparent.
- Voici les éléments de l’anneau de Saturne à la date du 14 août :
- Grand axe extérieur..................... 42”,16
- Petit axe extérieur.....................+ 12”,32
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan
- de l’anneau . . . ...................+ 17°,00
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau.............................-j- 16°,57
- Élongations de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne :
- Date. Élongation. Heure.
- Août 3 Orientale 10\5
- — 11 Occidentale 15,5
- — 19 Orientale 8,0
- — 27 Occidentale 13,1
- Titan est de magnitude 8,5 et peut être vu avec un bon objectif de 0m,05 de diamètre.
- Uranus se lève de plus en plus tôt et sera bientôt en opposition avec le Soleil. Nous avons donné le mois dernier (n° 2906, p. 516), la petite carte de son mouvement sur le ciel pendant l’année 1933. Au début du mois, la planète se déplacera très peu. En effet, Uranus sera stationnaire le 2 août, à 16h.
- Neptune est invisible, il va se trouver en conjonction avec le Soleil le 2 du mois prochain.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 19°, Vénus en conjonction avec Neptune, à 0° 38' N.
- Le 5, à 20°, Saturne — la Lune, à 0° 30' N.
- Le 7, à 22", Vénus — y Lion (41 “,8),
- à 0° 1' S.
- Le 11, à 12h, Uranus — la Lune, à 5° 34' S.
- Le 17, à llu, Vénus — Jupiter, à 0° 6' S.
- Le 18, à 6°, Vénus -— P Vierge, à 0» 20' N.
- Le 19, à 14h, Mercure — la Lune, à 2° 31' S.
- Le 22, à 5h, Neptune — la Lune, à 2“ 3' N.
- Le 23, à 14h, Jupiter — la Lune, à 4» 2' N.
- Le 24, à 2h, Vénus — la Lune, à 4° 14' N.
- Le 26, à lh, Mars — la Lune, à 4° 35' N.
- Étoile Polaire; temps sidéral. — On trouvera ci-après l’indi-
- cation de quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien
- de Paris : Heure Temps sidéral
- Dates. Passage. (T. U.). à 0».
- Août 9 Supérieur 4° 20m 44’ 21“ 8m 9S
- — 19 — 3 41 36 21 47 34
- — 29 — 3 2 27 22 27 0
- Étoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile variable
- Algol (P Persée), visibles à l’œil nu : le 6 août, à 3° 33m; le 9, à O 22“; le 11, à 21h 10m; le 29, à 2“ 2m; le 31, à 22“ 50m.
- Minima d’éclat de p Lyre : le 6,4 août et le 19,3 août (1 dixième de jour équivalant à 2°,4, le 6,4 août correspond au 6 août à 9°,6, soit 9h 36m environ).
- Étoiles filantes. — Le mois d’août est caractérisé par le grand essaim des Perséides, qui est actif pendant les 2/3 du mois, c’est-à-dire jusqu’au 21 août. Le maximum du nombre des météores se produit les 9, 10 et 11 août, le radiant étant alors voisin de tj Persée. Ce radiant se déplace peu à peu et à la fin de la chute, vers le 21, il se trouve dans la Girafe. Les Perséides donnent des météores rapides à traînées jaunâtres.
- Voici quelques radiants actifs en août :
- Ascension
- Époques. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Août 1er au 4 o 1 c'-1 + 36° [3 Triangle
- — 7 au 11 295 + 54 y Cygne
- — 7 au 12 292 -f 70 o Dragon
- — 8 au 9 5 + 55 a Cassiopée
- — 9 au 11 44 -f 56 Persée
- — 9 au 14 9 — 19 [i Baleine
- — 12 et 13 345 + 56 3084 Bradley
- — 12 au 16 61 -f* 48 [X Persée
- — 20 et 25 6 + 11 y Pégase
- — 21 et 23 291 -f 60 o Dragon
- — 23 au 31 282 + 41 et Lyre
- — 25 au 30 237 + 65° 7j Dragon
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le
- 1er août à 22° 30m, ou le 15 août,, à 21» 30ra, est le suivant :
- Au zénith : presque exactement, l’étoile o du Cygne. Autour du zénith : le Cygne ; la Lyre ; la tête du Dragon.
- Au Nord: La Petite Ourse; le Cocher.
- Au Nord-Est : Persée; Cassiopée.
- A VEst : Andromède; Pégase; le Bélier.
- Au Sud: Le Sagittaire; le Capricorne; l’Aigle.
- Au Sud-Ouest : le Scorpion.
- A l’Ouest: Ophiuchus; le Serpent; Hercule; le Bouvier; la Balance.
- Au Nord-Ouest : La Grande Ourse; le Dragon; la Chevelure de Bérénice.
- Par les nuits bien pures et sans clair de Lune, une bonne jumelle très lumineuse dirigée vers la Voie lactée, dans les régions de l’Aigle, de l’Écu de Sobieslci et du Sagittaire, révélera un formidable fourmillement de Soleils. Quel spectacle! et combien, à côté, paraissent infimes et ridicules nos dissentiments, nos luttes et la plupart de nos actes. Déjà, à la distance de Jupiter, nous n’existerions plus pour des yeux humains !
- Em. Touchet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La science, ses progrès, ses applications, en 2 volumes illustrés publiés sous la direction de MM. G. Urbain et Marcel Boll, avec la collaboration de nombreux savants, professeurs et ingénieurs. Larousse, éditeur, Paris. Publié par fascicules au prix de 4 fr. 75. Prix de la souscription à l’ouvrage complet : en séries de 10 fascicules ou 2 volumes brochés livrables à l’achèvement de chacun d’eux : au comptant 205 francs ; en 2 volumes reliés livrables à l’achèvement de chacun d’eux : au comptant 295 francs.
- Nous signalons, à ses débuts, l’apparition de cet ouvrage dont la publication s’achèvera vers mai 1934. Le programme en est magnifique : montrer au. lecteur comment s’est constitué à travers les siècles l’édifice scientifique, établir le bilan des connaissances actuellement acquises, en présenter les applications pratiques, donner un aperçu des problèmes de demain, et cela en un langage accessible à tous, mais en gardant une haute tenue scientifique.
- La haute autorité de M. Georges Urbain, chimiste illustre, le talent de vulgarisation de M. Marcel Boll, les deux directeurs de cette œuvre de grande envergure, sont les sûrs garants de sa parfaite exécution et de son succès. Nous avons sous les yeux les 10 premiers fascicules : M. A. Reymond de Lausanne y.étudie la science de l’antiquité; M.Lam-bert, de l’Observatoire de Paris, fait l’histoire des mathématiques du moyen âge à la fin du xvm® siècle, M. Volkringer celle de la Physique dans la même période. Toutes ces pages sont d’une lecture aussi attachante que substantielle ; une abondante et admirable illustration complète et éclaire le texte : schémas et figures démonstratives remarquablement étudiées, portraits, reproductions de tableaux et de gravures d’une haute valeur documentaire et souvent d’un grand mérite artistique.
- Physique moléculaire et énergie, par Victor Henri.
- 1 vol., 436 p., Hermann et Cie, Paris, 1933. Prix: 110 francs.
- Dans le livre, l’auteur rassemble les faits essentiels relatifs à nos connaissances actuelles sur la structure de la matière. Il examine d’abord la lutte que se livrent, au cours de l’histoire de la physique et de la chimie, les notions de continu et de discontinu, lutte qui aboutit à la conception des atomes et des molécules, à leur numération et à la détermination de leur grandeur. Il analyse la notion d’élément chimique, telle qu’elle apparaissait aux chimistes de jadis ; il montre comment elle a évolué à la lumière des découvertes de la radioactivité et des isotopes ; il fait voir dans le spectre de rayons X et la loi de Moseley la propriété fondamentale commune à tous les éléments chimiques. Après avoir rappelé en cinq clairs chapitres les connaissances actuelles sur la classification périodique des éléments, la radioactivité, les isotopes, les désintégrations artificielles, les propriétés spatiales des éléments, il résume la théorie cinétique des gaz, puis expose la théorie de l’atome de Bohr. — L’ouvrage représente un intéressant et clair travail de synthèse, d’une lecture agréable et qui a en outre le mérite de rassembler d’une façon commode une foule de résultats numériques utiles extraits des travaux originaux.
- Annales de l'Institut de physique du Globe de l’Université de Paris et du Bureau central du magnétisme terrestre, publiées par les soins de Ch. Mau-rain. Tome XI, 1 vol. illustré, 180 pages. Les Presses Universitaires de France, Paris, 1933.
- Ce volume contient le relevé des observations magnétiques des observatoires du Val-Joyeux et de Nantes en 1931, des observations du champ électrique du Val-Joyeux en 1931, des observations séismo-ogiques, actinométriques et météorotogiques du Parc Saint-Maur en 1931, des observations magnétiques de M. Chevrier en Syrie, un tableau de la déclinaison en Indochine. Signalons, en outre, les études sur la conductibilité électrique de l’atmosphère, sur les noyaux de condensation atmosphériques et sur la radiation globale, faites par MM. Mau-rain et Devaux au cours d’un voyage au Groenland. Dans le même volume on trouvera un mémoire de Mme O. Thellier sur les propriétés magnétiques des roches sédimentaires du bassin parisien, ainsi qu’un mémoire important de M. Jean Jung sur la géologie profonde de la France d’après le nouveau réseau magnétique et les mesures de la pesanteur.
- Combustion et détonation des substances explosives, par Marcel Patry. 1 vol., 182 pages, 86 fig. Hermann et Cie, Paris, 1933. Prix : 45 francs.
- L’auteur expose ici les résultats des recherches qu’il a entreprises au laboratoire pour étudier la déflagration et la détonation des explosifs solides ; ces recherches ont porté surtout sur les explosifs d’amorçage et en particulier sur le fulminate de mercure ; l’auteur examine d’abord es effets de la température : température d’explosion, retard d’explosion; il étudie également pour différents explosifs d’amorçage les caractères de la décomposition sous l’action de la chaleur et du choc. Ses investigations portent ensuite sur la formation de Tonde explosive, étudiée à l’aide de la méthode chronophotographique Mallard-Le Chatelier.
- M. Patry décrit également un procédé optique permettant d’enregistrer non seulement les phénomènes lumineux provoqués par la détonation des explosifs, mais encore les phénomènes non lumineux : ondes de choc et projections solides et il indique les intéressants résultats donnés par cette méthode qui a permis d’étudier, dans diverses conditions la propagation des gaz lumineux et celle del 'onde de choc. Il termine par l’étude du problème de la transmission de la détonation à travers l’air et à travers le bois. Ce travail apporte une intéressante contribution expérimentale à la mécanique des explosifs solides.
- Traité de chimie organique, par M. A. E. Tchitchiba-bine. 2 vol. illustrés. Tome I, 564 pages. Prix : 120 francs. Tome II, 460 pages. Prix : 100 francs. Hermann et Cie. Paris, 1933.
- L’auteur, ancien professeur à l’Université de Moscou, présente ici une édition française d’un ouvrage didactique qui a obtenu un vif succès en U. R. S. S. Elle nous paraît apte à rendre de grands services aux étudiants ainsi qu’à toute personne désireuse d’acquérir une idée d’ensemble précise sur l’état actuel de la chimie organique. Elle possède en effet, les qualités de clarté et de méthode qui sont l’apanage des grands professeurs ; en outre les différents chapitres tiennent généralement compte des travaux les plus récents et des théories les plus modernes. Après une introduction consacrée à l’exposé des doctrines fondamentales de la chimie organique, l’ouvrage commence par l’étude des hydrocarbures saturés de la série grasse et de leurs dérivés : halogénures, alcools saturés, éthers, oxydes, aldéhydes, cétones, composés nitrés, amines, acides gras et leurs dérivés, nitrites et isonitrites, dérivés sulfurés, composés organométalliques. L’auteur indique pour chaque famille les méthodes de préparation générales ; il résume les propriétés chimiques et physiques des divers corps étudiés; il donne un aperçu de la théorie des complexes de Werner. Il étudie ensuite dans le même esprit les hydrocarbures non saturés de la famille grasse et leurs dérivés ; chemin faisant, il examine un certain nombre de questions générales de haut intérêt : rapport entre la constitution et les propriétés physiques, méthode rœntgenoscopique en chimie organique, détermination des dimensions et forme de la molécule par la méthode des pellicules superficielles.
- Le second volume est consacré aux composés isocycliques, à la série aromatique, aux composés hétérocycliques et se termine par un chapitre sur les alcaloïdes.
- La structure de la cellulose dans ses rapports avec la constitution des sucres, par G. Champetier.
- 1 broch. in-8, 28 pages, 3 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie. Paris, 1933. Prix : 8 francs.
- Les travaux de ces dernières années ont amené un nouveau bouleversement de la conception des sucres. Le glucose est devenu un corps cyclique en C5 ; la cellulose est un édifice de longues chaînes de noyaux de glucose. Et ces composés qui semblaient parmi les moins complexes de la chimie organique font douter de nos connaissances, en ces matières quand on considère comme on les avait mal imaginés.
- Lesjsciences géologiques et la notion d’état colloïdal, par Pierre Urbain. 1 vol. in-8, 60 pages, 8 pi. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris 1933.Prix: 18 francs.
- Longtemps la géologie et la minéralogie furent seulement descriptives. Mais la physico-chimie est venue y ajouter des. commencements d’explications. L’argile, la silice, les oxydes de fer sont colloïdaux, ils évoluent dans des eaux naturelles : douces, minérales ou marines,, dont la composition et le pH influent sur les floculations. Si bien qu’on entrevoit une nouvelle géologie expérimentale, explicative, dont M. Urbain marque les débuts et les promesses.
- Principles of fruit préservation, par T. N. Morris. 1 vol. in-8, 239 p. 36 fig. Monographs on applied Chemistry,Chapman and Hall. London, 1933. Prix : relié toile, 15 sh.
- La chimie physique et biologique transforme peu à peu toutes les industries. Justement, cette collection de monographies de chimie appliquée met au point très heureusement les récentes acquisitions dans cette voie. L’Université de Cambridge et le Département des recherches scientifiques et industrielles d’Angleterre poursuivent des études sur la préparation et la conservation des divers aliments.Voici le bilan de leurs connaissances sur les fruits, leur séchage, leur mise en conserve, les confitures. Le problème est dominé par deux questions: la composition des fruits, notamment leur acidité et leur richesse en composés pectiques en sucre, leur réaction avec l’étain des boîtes de conserves. La stérilisation, la contamination par les microorgar nismes, la déshydratation, la préservation des vitamines sont d’autres sujets que ne peut méconnaître une industrie alimentaire. On trouvera tous les documents récents, groupés, coordonnés, dans cet excellent livre qui servira de guide aux conserveurs et aux confituriers.
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- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- LE POSOMÈTRE LUZY
- Avec les objectifs à grande ouverture et les obturateurs rapides aujourd’hui à la mode, on peut, tout en se canton-
- Fig. 1. — Le posomètre Luzy.
- liant dans les vitesses considérées comme instantanées, faire varier dans la proportion d’au moins 1 à 500 l’éclairement de la surface sensible; on comprend l’importance des erreurs que l’on peut commettre en manœuvrant à l’aveuglette l’index de l’iris et la bague des vitesses. Il convient donc, avant d’opérer, de déterminer le temps de pose.
- Celui-ci varie en fonction de l’éclairage du sujet, de la sensibilité de l’émulsion et du diaphragme utilisé ; un instrument tenant compte de ces éléments est donc parfaitement apte à renseigner l’opérateur : cette condition est remplie par le posomètre du professeur Luzy.
- Ce petit instrument (fîg. 1) a l’aspect d’un tube dont l’une des extrémités, pourvue d’une bonnette à œillère, joue le rôle d’oculaire. Il est muni extérieurement d’un curseur sur lequel sont gravées les sensibilités exprimées en degrés Scheiner et en degrés Ilurter et Driffield, et les ouvertures d’objectifs représentées par les dénominateurs des fractions au moyen desquelles on les exprime en fonction de la distance focale. Nous croyons devoir appeler l’attention sur le fait que les degrés sensitométriques très élevés attribués à certaines émulsions sont « publicitaires » et ne correspondent nullement à la réalité. Mieux vaut, dans le doute, se référer aux indications lentes, rapides, eoctra-rapides, ultra-rapides, moins précises en apparence, mais certainement plus véridiques.
- A côté du curseur, qui joue dans le sens longitudinal, se trouve une fenêtre garnie de celluloïd transparent à travers laquelle on voit une échelle tracée sur un tube intérieur et graduée en temps. Le tube intérieur porte, côte à côte, quinze échelles analogues, les temps indiqués sur une même horizontale doublant d’une échelle à celle qui la suit immédiatement; il suffit d’agir sur une molette pour faire défiler ces échelles devant la fenêtre.
- L’organe de mesure est constitué par un groupe de disques bleus transparents, qui ont chacun un secteur ajouré et sont empilés de façon à présenter 15 secteurs d’environ 25 grades sur lesquels on a respectivement 1, 2, 3... 14, 15 feuilles super-
- posées; chacun de ces secteurs correspond à l’une des quinze échelles. L’ensemble est fixé dans le tube intérieur et tourne avec lui lorsqu’on agit sur la molette : on peut ainsi amener successivement les quinze secteurs devant une fenêtre d’examen. L’opacité d’une feuille étant égale à l’unité, celle de deux feuilles sera égale à 2, celle de trois feuilles à 4; celle de quatre feuilles à 8, celle de quinze feuilles à 16384 : on peut donc, par ce simple dispositif, mesurer toutes les luminosités que l’on rencontre dans la pratique.
- Il est entendu que l’on prend, comme point de lecture, celui qui correspond à la disparition des détails de l’objet à photographier; ce point est facile à déterminer dès que l’on prend la précaution de laisser, au préalable, l’œil se reposer en lumière atténuée.
- Ce que nous venons de dire du posomètre Luzy nous dispense de pai'ler longuement du mode d’emploi; tous nos lecteurs ont certainement compris que, le curseur étant disposé comme il se doit, eu égard à la sensibilité de l’émulsion utilisée, il suffit de viser l’objet à photographier, d’éteindre les détails en tournant la bague moletée et de lire le temps de pose en regard du numéro de diaphragme choisi.
- Il est difficile de concevoir un posemètre d’emploi plus facile. Ajoutons que ce petit instrument, qui est de fabri-cation française, est le moins cher des posemètres de précision.
- LA BASCULE NOXA
- Il n’est pas toujours possible, lorsque l’on photographie, de maintenir dans un plan horizontal l’axe optique de l’appareil. Certaines chambres sont aménagées de telle façon que l’on parvient, même dans ce cas, à obtenir une bonne perspective, la surface sensible pouvant, grâce à une bascule, être ramenée dans un plan vertical; mais les appareils de ce genre ne se trouvent plus guère entre les mains des amateurs. La bascule, si elle peut, tout au moins dans une certaine mesure, rétablir la perspective lors de la prise de vue, est également capable de la restituer lors du tirage des images positives
- Fig. 2. — Bascule Noxa.
- dès l’instant que celui-ci est fait par projection, comme c’est le cas en agrandissement.
- On pratique depuis longtemps de telles restitutions de perspective, mais jusque maintenant ce procédé n’a guère
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- Fig. 3. — A gauche : vue non redressée (le haut de la tour est trop large). A droite : vue corrigée par la bascule Noxa.
- été mis en œuvre que dans le cas de travaux très spéciaux, tels que ceux pratiqués en photogrammétrie. A juste raison Noxa a pensé qu’il pourrait, sous une forme simplifiée, être mis à la portée de l’amateur.
- La bascule Noxa, qui est destinée à être utilisée sur la table d’un agrandisseur vertical, se compose d’un plateau rectangulaire (fîg. 2) reposant, par l’intermédiaire d’une rotule, sur un socle de fonte. Le plateau peut, par simple pression de la main, être incliné dans un sens quelconque. Le serrage de la rotule est assuré par quatre ressorts que l’on peut comprimer plus ou moins en agissant sur des écrous; en outre, le plateau porte, à chaque coin, une tige coulissante qu’une vis permet de bloquer. On conçoit qu’il soit facile, dans ces conditions, d’amener le plateau à l’inclinaison voulue et de l’y maintenir.
- La bascule Noxa permet de redresser les vues qui, par suite d’une inclinaison de l’appareil, montrent des monuments penchés par rapport au plan de l’image (fig. 3), d’atténuer la divergence des lignes ou de l’augmenter. Elle se prête aussi à la déformation volontaire d’images correctes et à l’obtention d’effets plus ou moins étranges.
- Lorsque l’on opère avec la bascule fortement inclinée, il y a lieu de choisir un diaphragme aussi petit que possible, afin de travailler avec une profondeur de champ suffisante pour conserver la netteté de l’original sur toute l’étendue de l’image projetée.
- La bascule Noxa s’impose à l’attention de tout amateur qui désire être à même de tirer de son agrandisseur toutes les satisfactions qu’il peut lui procurer.
- sont très en faveur auprès des cinéastes, ce qui s’explique par le fait que l’opérateur, pratiquement obligé de suivre l’objet dans le viseur, ne peut ici surveiller l’objectif. Aujourd’hui le barillet antérieur de l’objectif présente une avancée tout juste suffisante pour permettre d’y adapter éventuellement un bouchon en gainerie ou un porte-filtre. On sait que toutes les émulsions, qu’elles soient orthochromatiques ou même panchromatiques, présentent un excès considérable de sensibilité aux radiations bleues et violettes et qu’il est presque toujours possible d’obtenir une traduction des couleurs bien plus correcte en interposant un filtre coloré — improprement dénommé écran dans la plupart des publications — qui élimine une partie plus ou moins grande du bleu et du violet. Ces filtres se placent habituellement sur les objectifs au moyen de montures qui, elles non plus, ne comportent pas le moindre parasoleil.
- Faute de parasoleil, l’amateur photographe est contraint, lorsqu’il opère à contre-jour ou même avec un éclairage latéral, c’est-à-dire dans les conditions les plus favorables à l’obtention de beaux clichés, de veiller à ce que les rayons émanant directement du soleil n’atteignent jamais la lentille ou le filtre et doit, le cas échéant, recourir à divers artifices, placer par exemple la main au-dessus de l’objectif. Ce n’est là qu’un pis-aller dont l’efficacité est aléatoire et qui, lorsque l’on opère à la main, est parfois impraticable.
- Etant donné, d’une part, qu’il ne saurait être question de revenir au parasoleil fixe, d’autre part que l’emploi d’un filtre coloré est très souvent de nature à procurer des résultats bien supérieurs, la maison Pearl a été amenée à concevoir le parasoleil amovible, disposé pour recevoir un filtre coloré, celui-ci étant bien entendu placé aussi près que possible de la lentille de façon à ne recevoir que les rayons concourant à la formation de l’image.
- Ce parasoleil (fig. 4), qui est construit par Derogy, l’opticien bien connu, comporte deux parties : une bague pourvue d’une pince à ressorts permettant de la fixer sur l’objectif, et le parasoleil proprement dit; le filtre coloré peut être inséré entre ces deux pièces, qui se vissent l’une sur l’autre.
- Ce parasoleil est livré en écrin, accompagné de quatre filtres colorés dont l’intensité est graduée de façon à procurer, dans tous les cas, une traduction des couleurs aussi parfaite que possible.
- Ces filtres, qui sont établis en verre coloré dans la masse, sont travaillés optiquement et la planéité et le parallélisme de leurs faces sont si bien assurés que l’on peut les utiliser sur les appareils de très petit format, lesquels, comme chacun sait, ne tolèrent pas la médiocrité.
- Le parasoleil à filtre Derogy s’impose à l’attention de tous les bons amateurs.
- Fig. 4. — Parasoleil porte-filtre
- André Eourgain.
- Derogy.
- LE PARASOLEIL PORTE-FILTRE PEARL
- En principe, l’objectif ne devrait laisser pénétrer dans la chambre noire que les rayons concourant à la formation de l’image. Autrefois il en était réellement ainsi, grâce à la présence, en avant du barillet antérieur, d’un parasoleil constitué par un tube cylindrique dont le diamètre et la longueur étaient calculés pour intercepter les rayons inutiles. Ajourd’hui les objectifs à parasoleil ont à peu près disparu des appareils d’amateur : cet organe était un obstacle à la réalisation de chambres pliantes extra-plates ; par contre, ils
- Adresses
- RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS I
- Posomètre Luzy : Gravillon, 10, rue Saint-Sébastien, Paris.
- Bascule Noxa : Noxa, 65, avenue Joffre, la Garenne-Cû lombes.
- Parasoleil Derogy : Pearl, 5, rue Bréa, Paris.
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- LES GISEMENTS DE RADIUM DU CANADA
- On a découvert au Canada en 1930 des gisements de minerais radioactifs qui paraissent d’une grande richesse.
- L’exploitation en est déjà commencée, malgré des difficultés extraordinaires. Les gisements sont situés, en effet, au voisinage immédiat du cercle polaire, sur la rive Est du grand Lac de l’Ours, dans une région déserte et inhospitalière, glacée pendant la majeure partie de l’année, marécageuse en été. L’hiver y dure de fin septembre au 15 juin; le thermomètre oscille aux environs de — 48° pour descendre parfois jusqu’à — 00°. Le terminus de chemin de fer Je plus proche est à 1520 km à Waterways, sur un embranchement du Cana-dian Pacific Railway. Les quelques blancs qui se rendent dans ces parages sont surtout des trappeurs utilisant comme moyens de locomotion le canot en écorce de bouleau et le traîneau à chiens. Depuis la découverte d’importants gisements miniers, des prospecteurs, des ingénieurs, des ouvriers y séjournent pendant les quelques semaines d’été, et utilisent exclusivement l’avion à l’aller et au retour. Le voyage dure 12 h depuis Edmonton.
- C’est dans cette contrée analogue aux Toundras de Sibérie que M. Gilbert La Binne, prospecteur à la recherche de gisements d’argent, découvrit en 1930 des minerais de pechblende; d’après le Département des mines du Canada, la teneur en serait de 110 à 130 milligrammes de radium à la tonne, et il ne faudrait qu’une dizaine de tonnes de ce minerai pour obtenir 1 gr de radium, alors que avec le minerai du Katanga, le plus riche que l’on connût jusqu’alors, il faudrait 40 t. A côté de la pechblende, on trouve de l’argent en blocs ou en fils d’une grande pureté, du bismuth, du cobalt et du nickel.
- Le gisement reconnu contiendrait 12 000 t de pechblende d’exploitation aisée.
- L’extraction du minerai a commencé en 1930 et s’est continuée en s’intensifiant dans les étés 1931 et 1932. Le minerai est transporté par avion à Edmonton et de là, par voie ferrée, à l’usine créée pour la fabrication du radium à Port Hope, près de Toronto.
- La découverte du radium canadien a été saluée avec enthousiasme par la presse canadienne et aussi par celle des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont joui pendant quelques années du monopole du radium; ils en ont été dépossédés parle Congo belge qui jouit jusque maintenant d’un monopole de fait, impatiemment supporté par les Etats-Unis. Bien que le prix du gramme de radium ait baissé de 120 000 dollars, prix pratiqué autrefois par les producteurs américains, à 60 000 dollars environ, prix actuel du radium belge, on trouve fréquemment dans la presse, même scientifique, des Etats-Unis de virulentes accusations contre l’usage inhumain que la Belgique ferait de son monopole.
- Celui-ci est-il réellement menacé par la concurrence canadienne qui vient de s’amorcer? Cette question est examinée par un savant belge, M. Norbert Lande, dans une intéressante étude publiée par le Bulletin de la Société royale de Géographie d'Anvers. M. Lande y étudie et y compare les conditions d’exploitation respective des gisements du Katanga et du Canada; il fait ressortir les facilités de transport dont les premiers jouissent ou jouiront à bref délai avec le développement des voies de communication en cours 'd’aménagement dans l’Afrique Equatoriale, tandis que les difficultés pour le minerai Canadien sont énormes. Le transport par avion, à lui seul, revient de 11 à 12 000 fr par tonne, prix auquel il faut ajouter celui du transport à l’usine, sur 3460 km, entre Edmonton et Port Hope. Le prix de transport d’une tonne de minerai entre les carrières du Katanga et l’usine belge d’Oolen près d’Anvers n’est que de 3388 fr, droits de sortie compris.
- M. Lande en conclut que le prix du radium canadien ne pourra être abaissé au point de faire une concurrence ruineuse au radium du Katanga, et d’arracher à celui-ci la maîtrise du marché mondial.
- On ne peut, en tout cas, que se réjouir de voir augmenter les ressources du monde en ce précieux métal dont l’humanité attend notamment la guérison du terrible cancer.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR RÉPARER RAPIDEMENT UN ACCROC
- Tout le monde connaît le principe du stoppage classique qui consiste à réparer un accroc par une reprise minutieuse, qui est en réalité un retissage au moyen de fils empruntés à l’étoffe même du vêtement dans une partie dissimulée : ceinture ou ourlets rabattus, mais cette opération, qui nécessite une certaine pratique, ne peut le plus souvent être bien exécutée que par les spécialistes. Voici comment on peut obtenir un résultat identique avec un peu d’habileté, si on veut prendre soin de se faire la main par quelques essais préalables, sur un morcean d'étoffe sacrifié.
- Placer sur une planche à repasser le lainage qui a subi l’accroc, l'envers en dessus.
- Bien raccorder les fils arrachés, humidifier toute la déchirure avec une ou deux gouttes d’eau, prises au bout du doigt et taper légèrement avec le poing, sans brusquer, sur l’ensemble de façon que tous les fils reprennent leur position première.
- Laisser bien sécher, condition essentielle.
- Découper dans une feuille de gutta-percha mince un petit rectangle ayant tout autour un centimètre dé plus que la déchirure et recouvrir d’un rectangle à peine plus grand pris dans un lainage léger ou à défaut de coton croisé.
- Placer sur le tout un papier double ou triple et appuyer un fer à repasser modérément chaud pour amener la fusion de la gutta, soit 130° C environ.
- Pour terminer, faufiler la bordure du petit lainage avec un fil fin passant dans l’épaisseur du tissu à réparer; le résultat sera une invisibilité parfaite de l’accident et une solidité aussi grande que si l’on avait procédé à une reprise.
- On peut se procurer de la gutta en feuilles minces dans les maisons suivantes : Jonnet, cité Saint-Martin, 4, faubourg Saint-Martin. Société La Gutta-percha, 3, chemin latéral à Alfortville. Jacqueau-Berjon-neau, 77, rue Saint-Charles, 15e. Société S. I. C. A.M., 139, faubourg Saint-Denis et généralement dans tous les dépôts d’articles manufacturés en caoutchouc.
- VERNIS A L’EAU
- La gomme laque possède la propriété de se dissoudre facilement dans une solution chaude de borax, ce qui permet de préparer un excel-
- lent vernis en prenant :
- Gomme laque en écailles ....... 120 grammes
- Borax pulvérisé.............................. 40 —
- Eau ordinaire............................. 1000 cm3
- On porte à l’ébullition que l’on maintient jusqu’à dissolution complète de la gomme laque, on laisse reposer et décante le liquide clair que l’on met en bouteille.
- Cette solution constitue un vernis très résistant donnant aux objets qu’il recouvre un bel aspect en même temps qu’il les protège de l’humidité et par suite de l’oxydation, s’il s’agit de métaux.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE Vhydrogénation industrielle du pétrole
- Dans le Génie Civil, M. Grebel étudie les procédés d’hydrogénation du pétrole nés de la collaboration entre la grande société pétrolière américaine : Standard Oil C° et la puissante société chimique allemande : I. G. Farbeindustrie. Ces procédés ont pour origine les recherches effectuées en Allemagne pour retirer de la houille, par hydrogénation, des hydracarbures liquides. La fabrication artificielle du pétrole à partir de la houille n’offi’e pas actuellement d’intérêt économique en raison des bas prix du pétrole naturel. Mais il n’en est pas de même de l’application de l’hydrogénation aux pétroles eux-mêmes ou à certaines fractions des produits de leur distillation. Ce traitement permet, en effet, de réaliser une sorte d’ennoblissement grâce auquel des résidus de peu de valeur sont transformés en produits de prix, tandis que les huiles ou essences peuvent fournir par hydrogénation des combustibles remarquables par leurs qualités antidétonantes.
- Le procédé d’hydrogénation Standard I. G. a été mis au point dans une usine semi-industrielle édifiée à Bâton-Rouge en Louisiane. Les résultats ont été assez satisfaisants pour qu’une première usine importante ait été construite à Bay-way (New-Jersey) ; puis une seconde usine, de grande capacité également, a été mise en service au milieu de l’année 1931 à Bâton-Rouge et elle fonctionne depuis lors sans interruption. Elle traite quotidiennement de 15 000 à 30 000 1 de matières premières.
- Les produits traités sont de diverses natures :
- Des distillats employés jusque-là comme lubrifiants de qualité inférieure donnent par hydrogénation des huiles lubrifiantes de première qualité.
- Des gas oil paraffiniques ou aromatiques, pauvres à la fois en soufre et en gommes, sont transformés en essences fortement indétonantes, sans production de coke ou de goudron.
- Des huiles à brûler ou gas oil légers de qualité inférieure sont transformés en kérosènes incolores, de densité élevée, pauvres en soufre, avec des caractéristiques de combustion supérieures.
- Des huiles brutes asphaltiques, lourdes, riches en soufre et des résidus de raffinage sont transformés en essence et distillats, pauvres en soufre, exempts d’asphalte, sans formation de coke.
- L’hydrogénation permet encore de désulfurer et stabiliser des naphtes à forte teneur en soufre et donnant facilement des goudrons.
- Actuellement, en raison des conditions économiques'^ e l’industrie pétrolière, l’hydrogénation paraît surtout employée pour améliorer les produits lubrifiants, pour produire une essence d’aviation de sûreté, à point d’inflammation élevé, très antidétonante et pour fabriquer du « solvent naphta » à pouvoir dissolvant élevé, équivalent au toluène et au xylène, et utilisé dans l’industrie des vernis et des laques.
- Voici les grandes lignes du procédé.
- L’hydrogène est produit par l’action de la vapeur d’eau sur le gaz naturel ou sur le gaz de cracking en présence de catalyseurs appropriés. Mélangé aux produits à traiter il est envoyé sous forte pression dans des chambres de réaction contenant une masse catalytique, après avoir traversé un échangeur de chaleur et un four tubulaire.
- Suivant la nature des matières traitées et la qualité des produits à obtenir, on règle l’hydrogénation en faisant varier la température, la pression et le débit. Le soufre de la matière première est éliminé sous forme d’hydrogène sulfuré qui est
- entraîné par les gaz et l’hydrogène en excès. On le sépare après refroidissement du condensât hydrogéné. Après lavage l’hydrogène en excès est réintroduit dans le cycle. II ne se forme pas de coke et la masse catalytique n’est pas empoisonnée par le soufre.
- A Bâton-Rouge, l’hydrogène est produit à partir de gaz naturel, c’est-à-dire de méthane. On le chauffe à 870°, à la pression atmosphérique, en présence de vapeur d’eau, dans des tubes garnis d’un catalyseur. Il se forme de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone.
- On introduit une nouvelle quantité de vapeur et en faisant passer sur un second catalyseur à 455°, l’eau est décomposée par l’oxyde de carbone en donnant de l’acide carbonique et de l’hydrogène.
- Le gaz ainsi obtenu contient 78 pour 100 d’hydrogène et 20 pour 100 d’acide carbonique. Refroidi et séché, il est ensuite comprimé à 17,5 kg par cm2 par des compresseurs à plusieurs étages; il barbote sous cette pression dans une colonne à plateaux alimentée en triéthanolamine. Ce liquide absorbe l’acide carbonique. II est lui-même ensuite régénéré par la vapeur d’eau et après refroidissement rentre dans le circuit de la colonne d’absorption.
- Le produit final est un gaz à 97 pour 100 d’hydrogène. Il est ensuite comprimé à 211 kg/cm2 et mélangé aux produits à traiter, préalablement portés à la pression voulue pour la réaction au moyen de pompes à vapeur dont la vapeur d’échappement est utilisée pour la production de l’hydrogène.
- Le mélange auquel on ajoute les gaz rentrant dans le circuit est chauffé dans des échangeurs tubulaires par les produits hydrogénés chauds sortant des chambres de réaction. Un petit appoint de chaleur est fourni par un serpentin dans lequel le mélange est porté à 371-454° avant d’entrer dans les chambres de réaction.
- Celles-ci sont des cylindres de 12 m 20 de haut et 0 m 90 de diamètre, garnis intérieurement d’un alliage inattaquable à hautes températures et pression, et renfermant un catalyseur résistant au soufre. L’hydrogénation dégageant de la chaleur, les produits y sont portés à une température' de 399° à 538° et même davantage.
- MARINE
- Un cuirassé à propulsion Diesel électrique.
- C’est la Finlande qui a expérimenté cette innovation; le cuirassé Wdinamôinen, mis en service l’an dernier, est le premier navire de guerre qui soit mû par moteurs électriques alimentés par des génératrices commandées à l’aide de moteurs Diesel. Ces moteurs Diesel sont des moteurs à quatre temps, à grande vitesse de rotation, suralimentés sous pression par des turbo-ventilateurs suivant le système de l’ingénieur suisse Buchi.
- Dans ce dispositif, le turbo-ventilateur est mû par une turbine alimentée par les gaz d’échappement du moteur.
- Les avantages de la propulsion électrique à bord des navires sont aujourd’hui bien connus : le principal est de rendre l’arbre porte-hélices indépendant des moteurs; la chose présente un intérêt tout particulier pour les navires de guerre; l’utilisation de leur encombrement interne, rendue plus indépendante de la machinerie, peut mieux se plier aux exigences militaires.
- Aux essais, le cuirassé finnois s’est révélé très souple et très manœuvrable, en même temps que très robuste.
- Un deuxième navire identique, 1 ’llmarinen, va entrer incessamment en service.
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- BOTANIQUE
- Enracinement des jeunes arbres tropicaux.
- Sous le climat des Indes Néerlandaises où les périodes pluvieuses et les périodes sèches alternent, les plantes s’assurent déjà un approvisionnement d’eau par des racines profondes verticales, peu nombreuses. Elles se nourrissent ensuite suivant la saison par des racines latérales plus ou moins abondantes.
- L’agronome Coster a expérimenté à Java sur des plants d’arbres âgés de six mois. Il a relevé la disposition des racines dans le sol et n’a pu observer de système radiculaire oblique. Toutes les plantes examinées ont une ou deux racines verticales et des racines horizontales assez nombreuses.
- Sur une centaine d’espèces envisagées, la plupart appartiennent à la famille des légumineuses, aux genres Abbizzia, Acacia, Cassia, Crotülaria, Tephrosia.
- Pour chacune des espèces, on a pesé la partie aérienne et les racines. Ces dernières sont moins lourdes, mais aussi moins aqueuses; aussi représentent-elles souvent plus de la moitié du poids sec. On peut donc dire que le jeune arbre commence à croître vers le bas et ceci est encore plus vrai dans les régions désertiques.
- A l’âge de six mois, la racine verticale atteint en général
- Fig. 1. — Acacia villosa âgé de 6 mois avec ses racines axiales et latérales très développées.
- 2 ou 3 m de longueur à Java. Les racines latérales ne s’éloignent du pied que de 0 m 50 à lm50, mais elles forment une longueur totale quintuple de la racine principale.
- Certaines espèces comme les pins, les Casuarina, les Swie-tenia, n’ont à 6 mois aucune racine latérale atteignant 1 m.
- Avec l’âge et la concurrence vitale, la structure radiculaire et les rapports du poids de la partie aérienne au poids des racines se modifient.
- Dans les sables, nous avons aussi observé en France’ que les vieux pins maritimes se nourrissent par d’assez nombreuses racines latérales, mais gardent un pivot en forme de carotte.
- Pierre Larue.
- SPORTS
- Jeux du printemps des petits Canadiens=Français.
- Au printemps, les chauds rayons du soleil qui plongent dans la glace et désagrègent les patinoires et les glissoires, communiquent à la neige une plasticité qu’on ne lui connaissait pas pendant les jours froids de l’hiver. Les énormes amas de neige que l’on a refoulée en bordure des patinoires, après chaque tempête, constituent des matériaux de choix pour la construction. Un groupe de petits Canadiens-Français de Laprairie (près Montréal) ont eu l’idée de faire entrer dans leurs jeux le souvenir du 19e centenaire de la mort du Christ. Ils ont élevé un monument de neige couronné d’une croix,
- Fig. 1. — Le monument de neige élevé par les jeunes Canadiens de Laprairie en commémoration du 19e centenaire de la mort du Christ.
- et sur le haut duquel se détachent en lettres de charbon les dates 33-1933. Il est intéressant de signaler les dimensions de cet édifice : côté de la base :7 m; hauteur totale : 11 m; volume de la neige : 180 m5; poids approximatif : 95 t.
- D’autres aiment le hasard des combats; la guerre devient leur jeu favori. Ils construisent des fortifications de neige auxquelles le froid des nuits donne la solidité de la glace. Les abords sont défendus par des bastions entourés de fossés, protégés par des tours crénelées où, en temps de guerre, seront postés les meilleurs tireurs.
- Après une déclaration de guerre en bonne et due forme, les belligérants se rencontrent dans la plaine qui sépare les fortifications adverses. Une armée vient-elle à fléchir, elle se précipite vers ses ouvrages de défense et s’y retranche solidement. Si l’ennemi ose la poursuivre, il est accueilli par une grêle de balles... de neige qui l’oblige souvent à battre en retraite. Poursuivi à son tour, il court s’enfermer dans sa forteresse et l’assaillant devient l’assiégé. L’enjeu de la bataille est le plus souvent un drapeau qu’il faut protéger ou qu’il faut reprendre.
- Les photographies ci-jointes montrent un armistice pour réparer les brèches et confectionner des munitions.
- Fr. Irénée-Marie.
- Fig. 2. — Fortifications de neige.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Le bateau pliant Barbier, montage et démontage instantanés.
- SPORTS
- Un bateau pliant à montage et démontage instantanés.
- Le canotage est un des sports les plus sains et les plus agréables; il serait beaucoup plus largement pratiqué s’il n’exigeait un matériel assez lourd et peu transportable.
- Le bateau pliant Barbier échappe à ces objections. Comme le montrent nos figures, il a la forme d’un prisme dont la base serait un losange. Les parois latérales, en forme de losanges, sont souples; le fond et le pont sont en bois. Replié, il est extrêmement peu encombrant, il se porte aisément sous le bras; déplié, c’est une embarcation solide et d’une parfaite stabilité sur l’eau; elle peut même aller en mer et tient bien à la houle, étant pontée. On peut d’ailleurs ajouter un tablier pour protéger entièrement l’ouverture. Le canoteur s’assoit sur le pont ou s’allonge à l’intérieur.
- La stabilité est telle qu’un nageur peut très facilement remonter seul dans son canot.
- Une embarcation monoplan pèse de 7 à 9 kg et peut porter en moyenne 100 kg; une embarcation biplace pèse de 12 à 15 kg. et peut porter en moyenne 200 kg.
- L’encombrement est très réduit : 25 bateaux repliés ne font qu’un tas de 1 m d’épaisseur.
- Le bateau est construit par Barbier (Inventions), 4, rue Lafayette, à Grenoble. En vente dans les grands magasins.
- Le Vélo=Vélocar.
- La bicyclette a atteint un degré de perfection difficile à dépasser; il y a cependant encore des chercheurs qui s’attaquent au problème de tirer le meilleur parti de la petite machine si pratique.
- La bicyclette actuelle présente encore, en effet, quelques inconvénients, elle manque un peu de confort, et elle - ne permet pas normalement à un bicycliste ordinaire d’atteindre de grandes vitesses sans fatigue.
- Un constructeur a imaginé une combinaison qui donne au cycliste Je confort et qui lui permet d’obtenir plus de vitesse.
- Au lieu de grimper sur une selle étroite et haute, le cycliste s’assied confortablement sur le siège rembourré de sa machine, comme on s’assied sur une chaise. Au lieu de se courber en
- avant, en se creusant la poitrine, il s’appuie, au contraire, au dossier de sa machine, comme dans un fauteuil. Il n’a plus besoin de tirer sur son guidon pour pousser les pédales. Ces dernières étant placées vers l’avant, le pédalage bénéficie de l’idéal point d’appui que représente le dossier.
- Le Vélo-Vélocar, avec son dossier-fauteuil, constitue un vélo confortable; ce confort permet une augmentation importante du rayon d’action de la machine, et une augmentation de sa vitesse; un cycliste en vélo ordinaire a beaucoup de peine à suivre un vélo-vélocar.
- Le constructeur de cette machine ingénieuse a conçu trois sortes de modèles : tourisme, course et piste.
- Certains prétendent que la supériorité de cette machine sur les vélos ordinaires, au point de vue vitesse, provient du point d’appui (dossier) offert au cycliste qui lui permet un effort plus grand sur les pédales. D’autres estiment que le maître-couple formé par le vélo-vélocar et son pilote se trouve amélioré grâce à la disposition de ce dernier et rendu plus aérodynamique.
- Les caractéristiques du vélo-vélocar sont les suivantes :
- Il a un siège capitonné, 2 vitesses toujours en prise, ou 4 avec chaîne flottante.
- Il est agencé avec un frein à tambour à l’avant et à l’arrière.
- Il possède un agencement électrique, avec phare, pile électrique et feu rouge à l’arrière.
- Le relais et le pédalier sont à roulements annulaires (type automobile).
- Le vélo-vélocar est, en un mot, une combinaison très ingénieuse et nouvelle de la bicyclette qui permet au cycliste d’aller plus vite, tout en étant installé d’une façon confortable qui évite la fatigue et donne un excellent rendement aérodynamique.
- Constructeur : Mochet, 68, rue Roque-de-FilJol, Puteaux.
- Fig. 5. — Le Vélo-Vélocar.
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- ÉLECTRICITÉ
- Nouveaux systèmes de télérupteurs simplifiés, manuels ou automatiques et leurs applications.
- Dans des applications domestiques ou même industrielles, on a très souvent besoin d’utiliser un système de télérupteur à va-et-vient, permettant de fermer un circuit par simple pression sur un bouton, et de l’ouvrir également par une deuxième pression sur le même bouton.
- C’est ainsi qu’on peut allumer une lampe d’un couloir à l’entrée et l’éteindre à la sortie, allumer un système d’éclairage à une porte et l’éteindre à une autre, éclairer une salle de bains à basse tension — ce qui assure toute sécurité — mettre en route un ventilateur, un appareil domestique quelconque, un poste de T. S. F., un phonographe électrique à distance. On peut également allumer ou éteindre par contact de porte un passage, mettre en route un moteur ou l’arrêter à distance, éclairer un escalier au rez-de-chaussée, éteindre l’appareil d’éclairage à un étage, et inversement.
- Il y a sans doute des systèmes d’interrupteurs combinés permettant d’obtenir ces résultats la plupart du temps, mais ils nécessitent l’adoption de circuits d’alimentation parfois assez compliqués, et ils ne livrent pas passage avec une complète sécurité à des courants de forte intensité.
- L’interrupteur à mercure donne une bonne solution du problème parce qu’il offre justement cette sécurité. Le modèle simplifié et fort intéressant indiqué sur la figure 6 est d’un fonctionnement absolument régulier.
- On utilise dans ce système le poids et l’inertie du mercure pour stabiliser un interrupteur à mercure dans deux positions extrêmes, l’une coi'respondant à la fermeture du circuit, l’autre à l’ouverture. Sur la figure, on voit ainsi l’appareil dans la position de départ.
- En pressant sur le bouton de l’interrupteur, le courant traverse le bobinage de l’électro-aimant A. L’armature B est attirée
- Fig. 7. — Interrupteur thermique, type « T. T. H. *
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- Fig. 6. — Interrupteur va-et-vient modèle « T. U. V. »
- et rectifiée dans une position intermédiaire, ce qui provoque la projection de l’interrupteur à mercure D vers la droite, sous l’action du levier C, et le courant d’utilisation est alors coupé.
- Dès qu’on cesse d’appuyer sur le bouton, le noyau qui est entraîné par le poids du mercure de l’interrupteur vient se placer tout en haut de la bobine, alors qu’il était resté au milieu du champ tant que l’enroulement était parcouru par le courant. Une nouvelle pression sur l’interrupteur attire alors l’armature vers le bas, ce qui ramène l’interrupteur dans la position de départ, et ainsi de suite.
- Un autre système d’interrupteur, également très utilisé à l’heure actuelle, est l’interrupteur thermique automatique ouvrant et fermant alternativement un circuit pendant des durées constantes et réglables, généralement de l’ordre de quelques secondes. Ces opérations sont obtenues automatiquement par l’intermédiaire d’une pièce métallique qui se dilate tant que le courant passe, et revient à sa position initiale lorsque le courant ne passe plus.
- Un modèle très simple de ce genre de télérupteur thermique est indiqué sur la figure 7. Un faisceau de bilames en forme d’arc de cercle est chauffé à une température peu élevée à l’aide d’un fil résistant parcouru par le courant; son extrémité inférieure est fixe, alors que son extrémité supérieure est reliée à l’aide d’une chaînette à un interrrupteur à mercure.
- Un tel système peut d’abord servir comme relais différé. Dans ce cas, on relie simplement le circuit de commande aux bornes du circuit de chauffage, et le circuit d’utilisation aux bornes de l’interrupteur à mercure.
- Le système peut également servir en clignoteur. Dans ce cas, le circuit d’utilisation est monté en série avec le circuit de chauffage. La durée d’extinction est de 2 à 6 secondes, et la durée d’allumage également de 2 à 6 secondes.
- Les applications d’un tel système sont très nombreuses à l’heure actuelle. Il peut être utilisé pour le fonctionnement d’enseignes lumineuses et de jeux de lumières intermittents, la mise en marche différée ou retardée au départ ou en fin de travail, etc., etc.
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- HYGIÈNE
- Le filtre d’évier Mallié.
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- Fig. 1. — Le filtre d'évier Mallié, démonté.
- On peut également noter qu’un tel système peut être adopté pour remplir les fonctions de régulateur automatique de température dans une enceinte gazeuse chauffée électriquement.
- Le système est alors monté en clignoteur dans l’enceinte chauffée, et l’interrupteur commande le chauffage de la résistance.
- Lorsque le gaz de l’enceinte est à la température ambiante, le système clignote à sa cadence normale, soit 3 à 4 secondes d’allumage et 3 à 4 secondes d’extinction.
- Dès que la température de l’enceinte s’élève, le faisceau bilames subit une déformation permanente et la cadence du clignotement change : la durée d’allumage diminue et la durée d’extinction augmente. La résistance chauffe ainsi moins longtemps, et moins fréquemment, et on obtient donc un moyen pour stabiliser le réglage de la température à une température choisie d’avance. Le réglage est obtenu facilement en modifiant la longueur de la chaînette réunissant le faisceau bilames à l’interrupteur à mercure.
- Dans certains pays, en Belgique surtout, on utilise un système de chauffage de serre à l’aide d’un thermosiphon alimenté par une chaudière au charbon munie d’un aspirateur électrique de fumée augmentant à volonté le tirage. Le système de régulateur décrit permet d’obtenir avec ce procédé, un réglage de la température de la serre à 2 ou 3 degrés près.
- L’interrupteur à mercure commande alors la mise en marche du moteur de l’aspirateur. Lorsque la température est basse, les démarrages du moteur sont fréquents, et la température s’élève. Peu à peu les démarrages sont moins rapprochés, l’activité du foyer se ralentit et la température de la serre se stabilise au degré choisi.
- On voit ainsi que le système se prête à des applications vraiment multiples.
- Constructeur : Société de recherches et de perfectionnements industriels, 87, avenue du Président-Wilson, Puteaux (Seine),
- Les filtres pasteurisateurs Mallié sont connus depuis longtemps, et ils ont fait leurs preuves d’efficacité. Rappelons qu’ils comportent une bougie filtrante en porcelaine d’amiante, imputrescible, inattaquable par les agents corrosifs, impénétrable aux germes dangereux. Sur ce principe ont été établis, depuis l’origine de l’appareil, toute une série de modèles variés se prêtant aux diverses exigences de l’emploi pratique.
- Nous croyons intéressant de signaler le filtre d’évier se plaçant immédiatement sur le robinet, et d’un débit suffisant pour qu’on puisse puiser l’eau directement sans recourir à un réservoir intermédiaire dans lequel l’eau se réchauffe et risque de se contaminer. Il faut, bien entendu, que la pression de l’eau dans la canalisation de la ville soit suffisante.
- Ce résultat a été obtenu en donnant à la bougie une forme spéciale qui augmente énormément la surface filtrante, sous un encombrement réduit. On peut à volonté faire passer l’eau à travers le filtre ou la puiser non filtrée, grâce à un jeu de robinets convenablement disposé.
- Le robinet A donne l’eau normale de la ville; le robinet B fait passer cette eau dans le filtre d’où elle sort, purifiée, en C.
- Le nettoyage du filtre est fort simple; comme on le voit sur la figure, il suffit d’enlever la cloche D, après avoir dévissé l’écrou E qui la maintient sur son socle. La bougie apparaît alors fixée à l’appareil. Sans rien démonter, on la nettoie, avec une brosse ne servant qu’à cela. Comme l’eau à filtrer est admise entre la cloche et la bougie et pénètre dans celle-ci de l’extérieur vers l’intérieur, les souillures se déposent sur la face externe de la bougie, manifestement très accessible.
- De temps à autre, mais à intervalles assez longs, il convient de restériliser la bougie; l’opération peut se faire également, sans démonter la bougie; comme précédemment on enlève la cloche D, et à l’aide d’un compte-gouttes on introduit de l’eau de Javel (la valeur d’une cuiller [à café) dans des trous percés dans la rondelle G. L’eau de Javel se mélangeant à l’eau à filtrer stérilisera la bougie en la traversant. On laissera ensuite couler l’eau 5 minutes pour éliminer toute trace d’eau de Javel.
- Constructeur : Méran frères, à ’Isle-Adam (Seine-et-Oise).
- OBJETS UTILES Nouvelle plume réservoir
- Il y a le bon vieux porte-plume et l’encrier sur la table. Il y a le stylographe qu’on met dans sa poche et qui permet d’écrire partout. Le porte-plume est toujours prêt à servir, mais il faut constamment répéter le geste de tremper la plume dans l’encrier. Le stylographe a sa réserve d’encre, mais petite, et il faut périodiquement le recharger. Alors... supposons qu’on mette au porte-plume une plume de stylo, à réservoir et voilà, pour la table de travail, une grande commodité. L’encrier est plein d’encre, réserve presque inépuisable ; on y trempe la plume réservoir et aussitôt on peut écrire, longtemps, sans s’arrêter. La nouvelle plume s’appelle « 270 » parce qu’elle permet d’écrire au moins 270 mots sans reprendre d’encre. La figure 1 montre la forme de son réservoir.
- Elle est inoxydable, puisque dorée, elle se fait avec Fig. 1. — La plume-réservoir « 270 ». des becs de 6 grosseurs différentes, pour tenir compte des habitudes de chacun.
- Société Frazar, 33, rue de Miromesnil, Paris et tous les papetiers.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Questions.
- Un de nos lecteurs nous pose la question suivante :
- 1° Comment explique-t-on que la chair des poissons de mer n’est pas salée ?
- 2° Comment le sel est-il éliminé par le poisson ?
- Nous serons heureux de recevoir des réponses précises à ces deux qu estions.
- Amélioration d’un poste à changement de fréquence.
- Le poste superhétérodyne secteur que vous utilisez comportant une bigrille changeuse de fréquence, une moyenne fréquence, une détectrice, une trigrille de puissance et une valve est, en principe, un montage sélectif, mais il ne peut pourtant posséder des qualités de sélection encore plus accentuées des appareils les plus récents comportant, en outre, une lampe amplificatrice haute fréquence à résonance précédant le changement de fréquence, et un dispositif présélecteur passe-bande.
- Il est donc normal que ce dispositif n’ait pas donné des résultats parfaits en employant comme antenne de fortune un fil du secteur. 11 est également normal qu’avec une antenne extérieure de 18 m de long vos réceptions puissent être troublées par des signaux perturbateurs provenant de postes émetteurs locaux.
- Nous ne savons pas si l’appareil que vous nous indiquez a été acheté dans le commerce, ou construit par vos soins. Vous ne nous avez pas donné non plus de détails sur le système d’accord que vous utilisez.
- Nous ne pensons pas, en tout cas, qu’il soit intéressant pour vous de modifier complètement l’appareil en lui ajoutant une lampe amplificatrice haute fréquence à résonance, en avant de la lampe bigrille radiomodulatrice. Si vous vouliez améliorer la sélection, tout en conservant une antenne comme collecteur d’ondes, nous vous conseillerions plutôt de diminuer la longueur de votre antenne et d’utiliser un dispositif d’accord présélecteur à deux circuits accordés reliés par une capacité fixe. Il serait encore préférable, sans doute, de ne pas employer une antenne comme collecteur d’ondes, et de supprimer également la prise de terre. Vous les remplaceriez par un cadre bien établi, et de dimensions relativement réduites.
- Sans doute, depuis quelque temps, et pour des raisons pratiques, bien plus que techniques, et qui ont été indiquées, d’ailleurs, dans la revue, on n’emploie plus guère de cadre comme collecteur d’ondes. Le système conserve pourtant toujours ses avantages, surtout lorsqu’il peut être adapté à un appareil à changement de fréquence du genre de celui que vous utilisez. En tout cas, la construction d'un cadre est extrêmement facile et n’offre aucune difficulté technique. Vous pouvez trouver des détails de construction à ce sujet, ainsi que sur la réalisation d’un système d’accord à circuits-filtres dans le tome II de l’ouvrage Les récepteurs modernes de T. S. F. (E. Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris). Réponse à M. Travers, à Brest.
- Construction d’un système antiparasites.
- Une grande partie des courants parasites haute fréquence troublant la réception dans un poste-secteur sont, en effet, transmis à l’appareil, comme vous nous l’indiquez, par les fils du réseau de distribution. Il est donc fort intéressant, en principe, de brancher dans les câbles d’alimentation un dispositif laissant passage au courant continu ou alternatif d’alimentation, mais arrêtant ces courants haute fréquence perturbateurs. Le transformateur spécial d’alimentation indiqué dans un article de La Nature permet, en théorie, d’obtenir de bons résultats à cet égard. Malheureusement, sa construction est fort délicate, aussi ne vous conseillons-nous pas de l’entreprendre.
- Il existe des systèmes anti-parasites composés de bobinages d’arrêt haute fréquence et de condensateurs de fuite, destinés à s’opposer au passage des oscillations parasites. Ces dispositifs permettent souvent d’obtenir des améliorations satisfaisantes. Etant donnée la complexité du problème de l’élimination des parasites, il ne faut pas espérer constater des résultats parfaits.
- Nous pouvons vous signaler à cet égard le bloc socle anti-parasites pour poste-secteur des établissements Radio-amateurs, 46, rue St-André-des-Arts à Paris. Vous pouvez également trouver sur ce sujet des indications assez détaillées dans la revue La T. S. F. pour tous (E. Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Réponse à M. Jauraud, à Ste-Foy-la-Grande (Gironde).
- Dispositif d’enregistrement individuel.
- Nous avons signalé dans des chroniques récentes de phonographie de La Nature les progrès des appareils d’enregistrement individuels sur disques de phonographes. Lorsqu’on utilise un système graveur électromécanique assez perfectionné, on adopte désormais, non plus des disques en aluminium, mais des disques en composition à base de gélatine, ou plutôt à âme en carton ou en métal recouverte d’une couche cellulosique. La gravure des sillons est effectuée au moyen d’une aiguille-burin en acier ou d’un diamant, et la reproduction également à l’aide d’une aiguille en acier spéciale.
- Avec ces nouveaux disques, le bruit de fond est notablement atténué, et l’enregistrement devient d’une qualité musicale bien meilleure. Sans doute celle-ci ne dépend-elle pas uniquement du graveur électromécanique adopté, ni même du type de disque choisi. Il faut encore employer un amplificateur à fréquence musicale bien établi, et surtout un ou plusieurs microphones de bonne qualité.
- Malgré toutes ces précautions, la qualité d’un tel enregistrement au point de vue artistique n’est pas encore égale à celle d’un enregistrement de disque professionnel; cela se comprend aisément non seulement parce que les machines d’enregistrement d’amateur ne peuvent être aussi perfectionnées, mais encore parce que le principe même de l’enregistrement individuel rend encore bien plus grandes les difficultés électro-acoustiques ordinaires de l’enregistrement des sons musicaux.
- Néanmoins, on peut dès à présent réaliser des disques présentant au point de vue musical un intérêt intrinsèque certain et nous avons, nous -même, entrepris des essais probants sur cette question, et entendu des démonstrations convaincantes.
- Vous pouvez vous adresser pour vous procurer des graveurs électromécaniques pour enregistrements individuels ainsi que des disques, microphones et amplificateurs, aux fabricants suivants :
- Etablissements Max Braun, rue de Tlemcen, 31, Paris.
- Etablissements S. E. S., 9, rue de Ponthieu, Paris.
- 2° Le problème de l’enregistrement musical que vous vous proposez est particulièrement délicat, parce qu’il s’agit non pas seulement d’enregistrer un solo d’instrument, mais les sons de plusieurs instruments formant un petit orchestre. Il s’agit donc de disposer suivant des règles rationnelles les instruments de musique devant le microphone dans une salle présentant des qualités acoustiques suffisantes.
- Vous pourrez trouver des renseignements complémentaires sur la question de l’enregistrement individuel des disques dans la revue Machines parlantes et radio, 15, rue de Madrid, Paris, et dans la revue La Technique cinématographique, 78, avenue des Champs-Elysées, Paris. Réponse à M. Maury, à Lorient (Morbihan).
- De tout un peu.
- M. Rebière, à Arcachon. — 1° Le liquide qui a été répandu sur votre géographie est un vernis au celluloïd, vous pourrez facilement remédier à ce fâcheux accident en laissant macérer le livre pendant au moins vingt-quatre heures dans l’alcool à brûler du commerce.
- Placer par exemple l’ouvrage, feuillets entr’ouverts par quelques feuilles de papier buvard, dans une cuvette photographique suffisamment grande et recouvrir complètement d’alcool à brûler, mettre sur la cuvette une plaque de verre et agiter de temps à autre.
- Finalement décanter l’alcool chargé de celluloïd, répéter au besoin l’opération jusqu’à ce que le liquide soit incolore, égoutter le livre et le laisser sécher à l’air.
- N. B. — Nous recommandons spécialement l’immersion totale et prolongée, car un essai de traitement local ne donnerait que des résultats imparfaits.
- 2° Vous trouverez des machines à fabriquer des clous pour ferrer les chevaux à la Maison Bardet, 145, avenue du Général Michel-Bizot, Paris (12e).
- IVI. Berthe, à Paris. — Vous obtiendrez facilement du formol à l'étal gazeux, en chauffant doucement dans un petit ballon de verre du trioxyméthylène ou formol polymérisé (CH2O)3 et en faisant barboter le gaz qui se dégage dans votre mélange alcool-essence de géranium.
- Le rendement étant de poids pour poids, vous pourrez de suite apprécier la quantité deLformol gazeux qui sera ainsi libéré.
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- Le trioxymëthylène est une poudre blanche que l’on trouve couramment comme produit chimique ou pharmaceutique; il porte aussi les noms de Triformol et Paral’orme.
- M. Wagner, à Souk-Ahras. — 1° L’appareil désigné sous le nom de « Seltzogène Dr Fèvre » est fabriqué par la Maison Vve Thessier, 64-66, boulevard de Ménilmontant à Paris.
- 2° Les marbres blancs s’entretiennent simplement au moyen d’un brossage à l’eau savonneuse additionnée de 5 pour 100 environ de carbonate de soude (cristaux du commerce) et d’un peu d’eau de Javel. Après séchage parlait, encaustiquer avec une encaustique à la cire blanche (voir n° 2897, p. 95).
- 3° La décoloration de votre table teintée en vieux noyer est due à l’acidité de l’eau de seltz, vous pourrez sans difficulté faire disparaître ces taches en les passant au brou de noix que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs.
- A défaut, vous pourrez préparer le brou de noix en prenant :
- Verre de Cassel............................. 50 grammes
- Carbonate de potasse........................ 50 —
- Eau ordinaire............................. 1000 —
- Faire bouillir un quart d’heure en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore, laisser reposer et passer au travers d’un linge fin pour séparer les matières insolubles.
- M. Fréjacque, à Dijon. —La crème placée entre les plaques des gaufrettes dont vous parlez est simplement du « glucose massé » parfumé à la vanille ou tout autre parfum choisi.
- M. Chabot, à Paris. — Le recouvrement des résistances chauffantes destiné à les protéger de l’oxydation se réalise habituellement au moyen d’une pâte obtenue en délayant du kaolin dans le silicate de soude du commerce à 36°B.
- N. B. —• Avoir soin de laisser sécher complètement avant de faire passer le courant, si on veut éviter les décollements.
- M. Morise, à Sainte-Aulaye (Dordogne). — La formule donnée dans les recettes de la maison pour faire acquérir aux statuettes de plâtre l’aspect de l’ivoire comporte l’emploi de cire blanche dissoute dans l’alcool, En opérant ainsi la cire ne peut rester en surface puisqu’elle est en solution, aussi croyons-nous que vous avez dû vouloir couler de la cire fondue, ce qui expliquerait votre insuccès.
- En tout cas, vous pourrez dans le même but employer une solution d’acide stéarique (vieux bouts de bougies) également dissous dans l’alcool fort à 90° (alcool à brûler) et pour avoir une imbibition parfaite, le mieux serait de plonger entièrement l’objet dans le liquide un temps suffisant pour qu’il ne se dégage plus de bulles d’air.
- Laisser ensuite égoutter, au-dessus du récipient pour recueillir l’excès de liquide, faire sécher à l’air et quand l’alcool sera complètement évaporé, polir à la flanelle de laine bien propre.
- N. B. — Quelques essais avec des solutions plus ou moins concentrées, vous fixeront sur la quantité d’acide stéarique à faire dissoudre, suivant la porosité du plâtre, lequel doit être absolument sec au moment de l’immersion.
- M. André Blanc, à Saint-Etîenne.— Les objets en galalilhe étant à base de caséine, c’est une colle de même nature qui doit être employée pour lès recoller.
- La formule suivante peut servir de type à une préparation de ce
- genre :
- Chaux éteinte tamisée...................................30 grammes
- Carbonate de soude cristallisé pulvérisé ...... 20 —
- Caséine en poudre......................................50 —
- Délayer au moment dsJ’emploi dans un peu d’eau tiède pour obtenir la consistance voulue.
- M. Le Dr IVlax Sainmont, à Saint-Gobain.— 1° Nous avons donné dans le n° 2895, page 574 réponse à M. Alphandery à Montfort, et toutes indications sur la composition du produit employé pour déboucher les tuyaux de lavabos engorgés, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Le Cor est une excroissance épidermique avec un prolongement central s’enfonçant plus ou moins dans le derme où il vient toucher les terminaisons nerveuses qui s’y épanouissent.
- La peau recouvrant le pied étant en réalité un cuir, bien que non tanné, il est évident qu’elle participe des mêmes propriétés hygrométriques que le cuir de nos chaussures, ses modifications d’état se traduisent par les mêmes effets, perceptibles aux changements de temps soit qu’il y ait compression par rétraction de l’enveloppe, soit qu’il y ait amollissement de l’épiderme qui laisse alors le cor; masse sclérosée, agir plus profondément sur lesdites terminaisons sous une contention extérieure.
- M. Thiron, à Nice.— 1° Les produits anti-buées que l’on trouve dans le commerce sont le plus souvent constitués d’une façon très simple par le savon transparent que l’on vend couramment sous le nom de savon à la glycérine.
- 2° Vous pourrez vous procurer le matériel et les accessoires nécessaires pour la reliure d'amateur dans les maisons suivantes : Meredieu à Angoulême, Charente. Manufacture d’Armes et Cycles, 42, rue du Louvre. Paris.
- 3° Les lampes dont vous parlez ne peuvent être fabriquées que par un spécialiste.
- M. Bultot, à Ormaing (Nord).— 1° Le pulvérisateur Vaast se trouve 22, rue de l’Odéon.
- 2° Le nombre et la durée des pulvérisations avec production d’iode à l’état naissant dépend naturellement de la gravité de l’affection à soigner, en tout cas le traitement est inoffensif, il peut donc être essayé sans crainte.
- Mlle Horiot, à Luxeuil (Haute-Saône). — Pour enlever le vert de gris, le mieux est d’employer la préparation dont nous avons donné la formule dans le n° 2893, page 478.
- M. Fauvel, à Vire.— 1° Le caoutchouc se colle parfaitement sur le bois en se servant de la « dissolution » courante (caoutchouc dissous dans la benzine), que l’on trouve chez tous les marchands de cycles, en opérant de la même façon que s’il s’agissait d’une pièce sur pneu.
- 2° Après collage, vous découperez avec facilité la partie débordante de la feuille de caoutchouc, en ayant soin de mouiller le couteau bien affilé.
- M. Desbrière, à Paris. — 1° Le pétrole solidifié utilisé pendant la guerre s’obtenait, paraît-il, de la manière suivante :
- Commencer par préparer un oléate d’alumine en précipitant une solution de savon noir par une autre solution de sulfate d’alumine.
- Recueillir le précipité sur un filtre, le laver à fond, puis le sécher complètement, ce qui donne une poudre blanche ressemblant à du talc.
- Incorporer ensuite à douce température de 10 à 30 pour 100 de pétrole pour réaliser une masse solide de consistance analogue à celle de la vaseline et mettre en boîtes pouvant fermer hermétiquement, pour éviter une évaporation ultérieure.
- 2° L'alcool solidifié s’obtient encore plus simplement, en mélangeant à chaud (35 à 40° C), chauffage au bain-marie, pour éviter l’in-
- flammation :
- Alcool à 90-95»..................... 800 gr
- Savon de Marseille..................100 —
- La solidification de la masse se produit par refroidissement.
- M. Friedmann, à Paris. — Pour remettre en'bon étal votre rasoir, à la condition qu’il ne soit pas ébréché, ce qui demanderait l’intervention de la meule, il vous suffira très probablement de ie passer à la pierre à l’huile, qui n’est autre chose qu’un fragment de pierre lithographique légèrement huilée, en y passant le rasoir à plat et appuyant la lame avec le doigt pendant qu’on lui donne un mouvement circulaire; on opère ainsi pour les deux faces, jusqu’à ce que l’on juge que le fil est assez développé.
- Il ne reste plus qu’à donner le fini au moyen du cuir classique dont l’un des côtés est enduit de pâte à rasoir de bonne qualité, l’autre que l’on emploie en dernier étant légèrement graissé au sun, juste pour lui assurer de la souplesse.
- Remarque importante. — Effectuer les passages en nombre pair, de manière que le morfil ne reste pas d’un seul côté de la lame, ce qui l’empêcherait de couper.
- G. K..., à Paris. •— Pour empêcher la chute des aiguilles des branches de conifères, il faut d’abord en effectuer la récolte avant maturité complète, époque très variable suivant les espèces, la saison et l’exposition des arbres.
- Après les avoir laissés se ressuyer à l’air sec, de façon qu’il n’y ait pas d’eau superficielle, les tremper dans une solution de :
- Gomme laque en écailles............... 10 gr
- Alcool à brûler...................... . 120 cm8
- Laisser égoutter verticalement de façon que les gouttelettes de liquide se rassemblent à l’insertion des ramifications et non à leur pointe.
- La mixture suivante peut également être employée, bien qu’un
- peu plus coûteuse :
- Acétone . . ................... 100 cm8
- Acétate d’amyle. . . .............. 200 —
- Celluloïd transparent.............. 10 gr
- Le Gérant : G. Masson.
- 4234. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.
- 15-7-1933.
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- N° 2910
- LA NATURE
- J" Août 1933.
- LA FAUNE ET LA FLOR
- DE LA CATHÉDRALE D’AMIENS
- Le xme siècle fut le siècle des encyclopédies. A aucune époque, on ne publia autant de Sommes, de Miroirs, d’images du monde. Saint Thomas d’Aquin coordonne alors toute la doctrine chrétienne. Jacques de Vora-gine réunit en un corps les plus célèbres d’entre les Légendes des Saints. Guillaume Durand résume tous les liturgistes antérieurs. Vincent de Beauvais embrasse la science
- de ces Miroirs, celui de la Nature, et nous essaierons de le déchiffrer dans la cathédrale d’Amiens (x).
- Le Miroir de la Nature, conçu par Vincent de Beauvais, avec une majestueuse simplicité n’est que le commentaire des 7 journées de la Création; n’est-il pas sculpté dans nos cathédrales, où nous trouvons si largement représenté le monde des animaux et 11 suffit de lever les yeux
- Fig. 1 à 3. -— Au milieu, le lion et le dragon au pied du Christ;
- à gauche, le basilic; à droite, l’aspic.
- selle. Le monde chrétien prend pleine conscience de son génie.
- Or, pendant que les docteurs construisaient la cathédrale intellectuelle qui devait abriter toute la chrétienté, s’élevaient nos cathérales de pierre,. images visibles de l’autre. Elles furent à leur manière des Sommes, des Images et des Miroirs du monde. Elles furent l’expression la plus parfaite qu’il y eût jamais des idées d’une époque.
- Si Saint-Thomas a été le cerveau le plus puissant du moyen âge, Vincent de Beauvais en fut certainement le plus vaste. Il a porté en lui toute là science de son temps. Travailleur infatigable, il passa sa vie à lire ou à faire des extraits. Saint Louis lui avait ouvert sa belle bibliothèque où se trouvaient à peu près tous les livres qu’on pouvait se procurer au xme siècle. On l’appelait : librorum helluo, le mangeur de livres (-1).
- C’est probablement vers le commencement du xme siècle que Vincent de Beauvais fit paraître ce grand miroir, le « Spéculum majus » qui sembla à ses contemporains le suprême effort de la science humaine. Encore aujourd’hui, il est difficile de ne pas admirer une oeuvre aussi colossale. Elle se divise en 4 parties : Miroir de la nature, Miroir de la science, Miroir de la morale, Miroir de l’histoire. Nous ne nous occuperons que du premier pour voir la vigne courir tout autour de la cathédrale
- 1. Cf. Émile Male, L'Art religieux au XIIIe siècle.
- d’Amiens; le rosier sauvage s’accroche aux archivoltes, les oiseaux chantent sur les branches de chêne, les lapins, les poules se jouent aux bandeaux des portails; des monstres, attachés par leurs ailes de pierre, aboient dans les hauteurs. Les cathédrales ne sont que vie et mouvement, et suivant une heureuse expression, l’Église fut, pour les sculpteurs du moyen âge, l’Arche qui accueille toute créature. Même les œuvres de Dieu ne suffisent pas à nos artistes : ils inventent tout un monde d’êtres terribles. Que signifient tant de plantes, d’animaux, de monstres ? Sont-ils seulement l’œuvre du caprice, ou bien ont-ils un sens ? Nous enseignent-ils quelque vérité mystérieuse ?
- LA FAUNE
- Les œuvres d’art où il est permis d’assigner aux animaux un sens mystique, sont peu nombreuses, mais elles sont de telle nature qu’en les rapprochant des textes on arrive à des conclusions très sûres.
- Là où le symbolisme éclate absolument et indubitablement, c’est au portail du Beau Dieu d’Amiens.
- L’admirable Christ qui s’élève au trumeau de ce portail foule aux pieds le lion et le dragon (fig. 1).
- 1. Les gravures qui accompagnent cet article sont dues au talent d’archéologue et de photographe de M. Regnaut, gardien de la Cathédrale d’Amiens.
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- Fig. 4 à 6. — Médaillons du portail.
- A gauche, le hérisson. Au milieu, les bêtes de Ninive. A droite, le chameau,
- signe de la douceur.
- Le premier de ees animaux ne nous arrêtera pas longtemps, c’est le lion au naturel; il est accroupi et le Sauveur lui pose le pied droit sur la tête; le second est du genre des reptiles et se rapporte bien aux descriptions que donnent du dragon les anciens naturalistes, et les auteurs du moyen âge, en particulier Albert le Grand : tête aplatie, gueule largement fendue, deux ailes et deux pattes, et surtout une longue queue dans laquelle réside la force de ce dangereux serpent.
- La réunion de ces deux animaux suggère immédiatement l’idée que le sculpteur a voulu appliquer le texte du psaume 90 : Conculcabis leonem et draconam. « Vous foulerez aux pieds le lion et le dragon ».
- Un peu plus bas et sur les côtés, se trouvent deux animaux singuliers, qui ont exercé la sagacité des archéologues, peu au courant de l’histoire naturelle du moyen âge. Celui de droite ressemble à un chien par la tête et à un serpent par la queue. Son attitude étonne autant que sa forme. On remarque qu’il appuie l’oreille droite contre le sol, et qu’il entre adroitement le bout effilé de sa queue dans l’oreille gauche (fig. 3).
- L’autre, du côté opposé, simule assez bien un coq fièrement campé, mais son corps est garni d’écailles et non de plumes, et sa queue pareille à celle d’une vipère, rend difficile toute identification (fig. 2).
- M. Gilbert, dans sa description de la cathédrale, se tire d’embarras en déclarant que ces animaux sont des êtres purement chimériques. M. Rivoire y prétend reconnaître un chien et un coq, emblème de la fidélité et de
- Fig. 7. —• Le chameau d'Eliézer.
- la vigilance. D’autres encore, hantés par les mythes solaires, y retrouvent d’un côté, le coq, symbole d’Hésus. et de Mythra, ou du solstice d’été, et de l’autre le capricorne uni au chien céleste, symbole du solstice d’hiver. L’explication définitive a été trouvée par les chanoines Jourdain et Duval, grâce à leur connaissance de l’Écriture Sainte et de la zoologie médiévale. Ils avaient remarqué que le texte prophétique par lequel on explique la présence du lion et du dragon sous les pieds du Sauveur, n’est que la deuxième partie du verset 13e du ps. 90 : « Vous marcherez sur l’aspic et le basilic, vous foulerez aux pieds le lion et le dragon. » Le lion et le dragon étant facilement reconnus, il y avait lieu de chercher si les deux autres animaux n’étaient pas l’aspic et le basilic. Or, voici ce que rapporte S. Bernard : « Pour ne pas entendre la voix de l’enchanteur, l’aspic tient une oreille aussi fortement appliquée qu’il peut sur le sol, tandis qu’il bouche l’autre oreille en y insérant sa queue ». Jamais sculpture n’a pu être expliquée par un texte plus clair. S. Bernard et les autres interprètes sont littéralement traduits par le ciseau.
- Quant au basilic, il est plus étrange encore. Hugues de Saint-Victor et Vincent de Beauvais racontent que cet animal, nommé basilic ou roi des serpents, à cause de la petite crête ou couronne qu’il porte sur la tête, ne se traîne cependant pas comme les serpents, qu’il vole et ressemble au coq dont il tire d’ailleurs son origine, car ajoutent-ils, le coq, parvenu à la décrépitude, pond un œuf, et de cet œuf sort un animal qui a une queue de vipère et le reste du corps comme un coq.
- Le piédestal de cette statue est carré et sur les deux autres faces se trouvent des vases de fleurs : du côté nord un lys, du côté sud un rosier. Et le monolithe, dit Ruskin, est un des plus nobles morceaux de sculpture du monde entier.
- Au-dessous de ce piédestal en vient un autre moins important, portant en façade un magnifique cep de vigne, aux rameaux vigoureusement tordus, qui complète le symbolisme floral du tout. 11 réalise, associé au lys et à la rose, la triple parole du Christ : « Je suis la rose de Saron et le lys de la Vallée. Je ne suis la vigne véritable. »
- Remarquons en passant que le lis dont il est parlé dans l’Évangile n’est pas le lis blanc de nos jardins, qui ne croît pas en Palestine, mais une sorte d’anémone, aux fleurs en clochette, dont la sculpture de notre cathédrale donne bien l’idée.
- A part le lion, les animaux dont nous venons de parler sont des animaux imaginaires, représentations symboliques d’idées étranges du moyen âge. Dans les médaillons du portail, nous pourrons voir d’autres petits animaux, réels ceux-là, servant d’illustration à quelque scène de l’ancien ou du nouveau Testament. Voyez par exemple ce médaillon où se trouve un petit monument gothique. Un oiseau est perché sur le linteau et un hérisson entre par la porte ouverte. On pense à quelque fable d’Esope et non au terrible passage de Sophonie
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- Fig. 8 et 9. — A gauche, le corbeau el le renard. A droite, le loup et la cigogne.
- que l’artiste a eu la prétention de rendre... «L’Eternel étendra la main, il fera de Ninive une solitude aride, des animaux de toute espèce, le pélican et le hérisson habiteront parmi les chapiteaux de ses colonnes... (fig. 4).
- Voici maintenant les bêtes dans Ninive; sept animaux : singe, renards, chats, dragon, errant à travers les murs d’une ville ou d’une vaste maison (fig. 5).
- Plus loin nous trouvons Daniel dans la fosse aux lions. Daniel caresse le dos d’un jeune lion, un autre passe nonchalamment la tête sous son bras; au fond de la caverne on en aperçoit un troisième qui ronge un os.
- Ces petites images sont gracieuses, mais elles n’ont rien retenu de la grandeur des scènes qu’elles prétendaient traduire.
- Dans les médaillons du grand portail sont figurés les vertus et les vices. C’est l’occasion pour nos sculpteurs de nous montrer le léopard symbolisant le courage ; le bœuf, la patience; et l’agneau, la douceur. Pour figurer la lâcheté, nous trouvons cette petite scène : un chevalier pris de panique jette son épée et s’enfuit poursuivi par un lièvre, tandis qu’un oiseau chante sur un arbre. Nous retrouvons la même scène à Reims et à Chartres.
- Ce doit être la traduction de quelque fabliau satirique.
- Le chameau représente ici l’obéissance. « Le chameau qui se fait volontairement humble et petit, disent gracieusement MM. Jourdain et Duval, nous semble bien figurer cette vertu. »
- Mais voici Ruskin qui s’étonne au contraire qu’on ait choisi cet animal, « actuellement, dit-il, la plus
- désobéissante de toutes les bêtes qui peuvent servir l’homme, celle qui a le plus mauvais caractère, pour tant passant sa vie dans le service le plus pénible. Je ne sais comment il a été compris des sculpteurs du Nord, ajoute-t-il, ils l’ont pris comme type du porteur de fardeau qui n’a ni joie, ni sympathie comme le cheval, ni pouvoir de témoigner sa colère comme le bœuf. Sa morsure est assez mauvaise, mais probablement peu connue à Amiens, même des croisés qui ne voulaient monter que leur cheval ou rien. » Il est permis de penser
- Fig. 10 à 12. — Médaillons des mois au portail de Saint-Firmin.
- De gauche à droite. — Les poissons : février. Le taureau : avril. Le lion : juillet.
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- = 100 = ==
- que les sculpteurs amiénois avaient peu vu de chameaux. Aux stalles du chœur, nous retrouvons ceux d’Eliézer (fig. 7) : ils ont un aspect héraldique qui contraste avec la façon naturelle, pleine de vérité dont sont traités les ânes etles chevaux figurant au sacrifice d’Abraham et au triomphe de Joseph.
- Nous n’entreprendrons pas d’expliquer ici comment et à quelle époque les apologues venus d’Orient et de Grèce pénétrèrent dans la poésie du Moyen âge. Nous constaterons seulement que vers le commencement du xue siècle, on trouve sur les édifices religieux et civils des représentations sculptées de quelques apologues attribués à Bidpay et à Esope, et qui, dès cette époque, étaient fort populaires en France. Témoin ces deux demi-médaillons. Nous reconnaissons dans l’un : la fable du Coq et du Renard, dans l’autre : celle du Loup et de la Cigogne (fig. 8 et 9). Nos sculpteurs avaient-ils
- Fig. 13. — Cheval sur le sommet d’un pinacle.
- lu Esope et Phèdre ? je ne sais, mais ils ont minutieusement traduit le texte du fabuliste : Gulaeque credens colli longitudmem, periculosam jecit medicinam lupo ».
- Tous ces animaux ont été regardés d’un œil attentif, surpris dans leur attitude et leur geste familiers. On reconnaît en nos vieux maîtres des observateurs pleins de finesse et de bonhomie, proches parents des trouvères qui dessinèrent d’un trait si juste la silhouette du Renard et d’Yseng'rin. Ce sont des animaliers à la manière de La Fontaine.
- Les signes du Zodiaque au portail de Saint-Firmin nous offrent peut-être les plus parfaites des représentations d’animaux que nous admirons à la façade de notre cathédrale. Voici décembre avec le Capricorne, sorte de monstre à la queue effilée. Au-dessus de la charmante scène de février, nous trouvons la Carpe et le Brochet son compère, très facilement reconnaissables à leur aspect caractéristique (fig. 10); plus loin le Bélier de Mars, très soigné mais un peu lourd.
- Avril est représenté par un personnage donnant à manger à son Faucon; au-dessus le Taureau broute un magnifique feuillage de chêne (fig. 11).
- Juin fauchant : la projection donne les fleurettes charmantes sculptées à travers l’herbe; le Crabe, Cancer, étonnant de vérité, exécuté peut-être d’après nature.
- Juillet, la moisson. Le lion, souriant, dit Ruskin, complète la démonstration que toutes les saisons et tous les signes sont regardés comme une égale et providentielle bénédiction (fig. 12).
- Octobre foulant les vendanges. Le Scorpion, figure traditionnelle avec une queue fourchue, mais sans aiguillon.
- Ne quittons pas le portail sans signaler aux curieux l’énorme escargot qui termine un gable à la tour Sud, avec toute l’ingéniosité de l’art dit nouveau. 11 est facile de le distinguer du parvis.
- Au portail de la Vierge dorée, un oiseau et un lapin jouent familièrement dans un bandeau aux souples enlacements.
- Un support des anges du même portail nous offre un très joli et très curieux groupe. C’est un mendiant à la barbe inculte vêtu de haillons, chargé d’un sac d’où sort un enfant coiffé d’un bonnet pointu et mangeant une pomme. Avec son bâton, il agace un ours.
- Il reste à rendre compte des êtres innommés qui se sont abattus sur les contreforts, sur le haut des tours, sur les façades, comme des colonies d’oiseaux chimériques.
- Que nous veulent ces gargouilles au long cou qui hurlent dans les hauteurs ? Si elles n’étaient retenues par leurs ailes de pierre, elles s’élanceraient, prendraient leur vol, et feraient sur le ciel une effrayante silhouette. Aucun temps, aucune race ne connurent jamais plus terribles larves, elles participent à la fois du loup, de la chenille et de la chauve-souris. Elles ont une sorte de vraisemblance qui les rend encore plus redoutables. On croirait voir des monstres encore inharmoniques de l’art tertiaire.
- Moins connues que celles de Paris, les gargouilles d’Amiens ne sont pas sans intérêt, et s’il est difficile d’assigner un nom et une origine à la plupart de ces monstres chimériques; on reconnaît facilement parmi eux un cheval (fig. 13), des chiens, un aigle au naturel, d’un modelé superbe, un lion au masque puissant. Sur certains pinacles sont fièrement assis des chevaux, des bœufs et des cerfs avec leur ramure.
- Les artistes, très surveillés quand ils devaient exprimer la pensée religieuse de leur temps, furent laissés libres d’orner la cathédrale à leur guise d’animaux bizarres et d’innocentes fleurs. Livrés à eux-mêmes, ils s’embarrassaient peu de symboles; ils redevenaient peuple et regardaient le monde avec des yeux émerveillés d’enfants. Leur tendre et naïf amour de la nature leur inspirait un art charmant.
- LA FLORE
- Les artistes anonymes du xme siècle veulent rompre avec les traditions; ils ne regardent plus les vieux chapiteaux, imitation de l’antiquité classique ; ils vont aux premiers jours du printemps dans les forêts où d’humbles
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- plantes commencent à percer la terre. La fougère, enroulée sur elle-même comme un puissant ressort, est encore couverte d’une bourre cotonneuse, mais l’arum va s’épanouir et les anémones des bois tapissent les taillis de leurs blanches étoiles. Ils cueillent les bourgeons et les feuilles qui vont s’ouvrir; ils admirent l’art merveilleux avec lequel ces organes sont rangés; ils sentent la puissance et la force de ces jeunes plantes, elles leur semblent pleines de grandeur par l’énergie contenue qu’elles expriment, et vraiment monumentales. Du bourgeon, ils feront le lleuron qui termine un pinacle, de la pousse qui sort de terre, ils orneront leurs chapiteaux.
- Nos grands sculpteurs ne méprisèrent rien. Au fond de leur art, comme au fond de tout art vrai, on trouve la sympathie, l’amour. Ils pensèrent que les plantes des prés et des bois de la Champagne, de l’Ile de France ou de la Picardie avaient assez de noblesse pour orner la maison de Dieu.
- Viollet-le-Due, dans un bel article sur la Flore, a remarqué le premier que l’art gothique à son aurore imite de préférence les bourgeons et les feuilles enveloppées du printemps. Au xme siècle, les bourgeons éclatent et les feuilles apparaissent. Pendant le xive siècle ce sont des branches entières, des tiges de rosiers, des jets de vigne qui courent autour des portails... De sorte, dit M. Mâle, que la flore de pierre du moyen âge semble soumise aux lois mêmes de la nature. I.es cathédrales ont leur printemps, leur été et quand apparaît le triste et décharné chardon du xve siècle, leur automne. »
- Pendant ces trois siècles, il n’est guère possible de surprendre d’intention symbolique, les plantes sont choisies pour leur seule beauté. Nos artistes ne copient pas servilement les formes végétales qui les ont frappés ; les feuilles sont simplifiées mais non déformées, leur structure intime et l’allure générale sont respectées. Il est facile d’en reconnaître un grand nombre, mais il ne faudrait pas oublier cependant que nos sculpteurs ne sont pas des botanistes. Ils ne travaillent pas à l’illustration d’un dictionnaire d’histoire naturelle. En cherchant à rendre la physionomie des végétaux, ils ne se piquent pas d’une exactitude absolue, ne se faisant pas faute d'emprunter un bouton à telle plante, une feuille à celle-ci, une tige à celle-là ; mais ce qu’ils observent avec une exactitude scrupuleuse c’est le modelé des feuilles, la courbure et la diminution des tiges, leurs contours et leurs attaches. Ils créent ainsi une flore qui leur appartient, qu’ils proportionnent aux dispositions monumentales, à l’échelle de l’architecture, flore qui toute monumentale qu’elle soit, conserve un caractère de vraisemblance pleine d’énergie et de vie. Sous leur main sévère et ardente, la pierre s’anime, on voit saillir en cent façons la fantaisie de l’ouvrier disciplinée par le génie de l’artiste. Ce n’est pas en vain qu’au moyen âge le sculpteur est appelé le maître des pierres vives : Magisler de vivis lapidibus. Interprétées et non déformées, ces plantes ont pu être étudiées par des érudits à la fois archéologues et botanistes. A leur suite, nous allons les rechercher dans la cathédrale d’Amiens.
- Eliminons tout d’abord les ornements qui pour être cependant empruntés au règne végétal, représentent des
- Fig. 14 et 15. — Deux clés de voûte avec quintefeuille et lierre.
- feuillages de fantaisie inconnus des botanistes. Cette sculpture décorative est surtout répandue dans les parties hautes; elle s’accommode mieux au style général de l’édifice, à ses lignes sobres et sévères, à ses dimensions gigantesques. Elle se compose en général de feuillages fort simples, découpés de quelques larges lobes arrondis ou tout au moins obtus, se présentant en masses vigoureuses, bien tranchées et facilement reconnaissables de loin. Un des plus beaux exemples de ce genre de décoration est celui qui nous est offert par les rinceaux de feuillages qui forment la rosace du tympan entre la porte du Sauveur et celle de Saint-Firmin. Quelle vigueur, quel puissant modelé dans les enlacements de végétaux qui forment cette rosace !
- Maintenant, examinons la guirlande qui court le long de l’archivolte; ici la plante est traitée d’une façon beaucoup plus fouillée, plus délicate, c’est la plante presque au naturel; on n’éprouve aucune difficulté à reconnaître la fleur et le feuillage de l’églantier. Cette guirlande qui sertit les trois portails constitue une ornementation vraiment admirable; peut être a-t-elle aussi sa signification symbolique ? Nos artistes chrétiens ont tenu à faire figurer la rose sur une basilique élevée à la gloire
- Fig. 16 et 17. — Deux chapiteaux avec trèfle et plantain.
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- de la mère de Dieu, celle que les Écritures ont appelée la Rose mystique.
- Il ne faut pas passer sous silence un motif de décoration, sorte de guillochis sans lin, d’un très faible relief, formé d’un quadrillage posé tantôt en carré, tantôt en losange et dans lequel est inscrite une fleur formée de 4 lobes. C’est comme une tapisserie tendue sur les parties basses qui ne comportent pas de sujets décoratifs, et que la fécondité du ciseau de nos vieux maîtres n’a pas laissée nue.
- Est-ce aussi à cause du symbolisme que la vigne paraît être la plante préférée des sculpteurs ? Le vin venant de la vigne n’est-il pas la matière du sacrifice de la messe? A ce titre, il est facile de comprendre la place que tient la vigne dans les préoccupations des artistes du moyen âge. Cependant nous ne rencontrons jamais le blé, autre matière sacramentelle qui fait l’objet de tant de respect et de soins chez les moines chargés de préparer les hosties pour le Saint-Sacrifice. Mais l’épi de blé est peu décoratif et, par contre, la feuille de vigne est très ornementale. Quel plus bel exemple en pouvons-nous trouver que dans cette superbe frise qui court, tout autour de la cathédrale, à la base du triforium ? Les pampres qui la composent sont vigoureusement traités, les ceps puissamment tordus. Cette frise s’arrête au chœur, de construction un peu plus récente, les pampres sont remplacés par des feuilles entablées qui n’ont guère autant d’ampleur. Le cep de vigne au naturel, sculpté dans le trèfle au-dessus du tombeau de Gérard de Conchy, est d’un fort bon style.
- La feuille d’arum est la plus ancienne de celles qui se sont accrochées aux chapiteaux de nos cathédrales.
- L’arum est une plante des plus modestes qui montre dans les bois humides, au début du printemps, ses feuilles en fer de lance tachetées de noir. Plus tard, du milieu de la fleur s’élève un cornet enveloppant une sorte de cierge. Pour quelques auteurs la feuille d’arum a eu, au xme siècle, une prépondérance à cause de quelques réminiscences et superstitions païennes qui faisaient de l’arum le symbole de la puissance génératrice. L’arum est d’ailleurs peu commun à la cathédrale; on peut le voir cependant à un petit chapiteau intérieur de l’entrée près du portail de la Vierge dorée. Plus commun est le
- Fig. 18 à 20. — Chapiteaux avec renoncules, chêne et arum.
- plantain, humble végétal de nos cours et de nos jardins. D’un dessin très ferme, d’une forte charpente aux nervures bien accusées, il entre fréquemment dans la décoration des chapiteaux du xme siècle. Il est terminé souvent par ce crochet qui joue un si grand rôle dans l’ornementation gothique; crochet qui se diversifie suivant la nature des végétaux, qui abrite quelquefois des graines ou des bouquets de feuilles épanouies. Au plantain s’associe parfois le nénuphar, large feuille ronde sans nervures bien apparentes, et qui est usitée surtout au xne siècle.
- Le trèfle, avec ses trois folioles si régulières qu'on les croirait tracées au compas, et qui s’appellent les trilobés, s’inscrivant sous les arcades ogivales, devait tenter le ciseau de nos tailleurs de pierres. Le trèfle est assez commun, de même que l’anémone hépatique, petite plante printanière dont la feuille rappelle celle du lierre. La chélidoine ou grande éclaire, au port plein de majesté, d’un modelé si doux, d’une grâce parfaite est associée à d’autres plantes qui lui ressemblent beaucoup : la renoncule et l’ancolie.
- L’ornementation des chapiteaux du triforium du chœur mérite d’être examinée attentivement. C’est certainement la plus avancée de toutes les parties de la cathédrale terminée en 1269, et dans laquelle se reconnaissent les tendances qui se manifesteront quelques années plus tard. Elle est empruntée à la frondaison la plus délicate, la plus découpée, la plus chiffonnée, la plus profondément refouillée et que l’on peut presque toujours nommer : lierre, aubépine, ancolie, persil, figuier, trèfle, érable, groseillier, vigne, houblon, chardon, et cela tout en laissant à la corbeille la pureté du galbe et ses lignes principales.
- Au xive siècle, l’architecture gothique se modifie, l’ornementation varie également; on abandonne l’interprétation des végétaux pour l’imitation exacte de la nature. A la cathédrale d’Amiens on suit très facilement cette transformation.
- Des conceptions magistrales du xme siècle, que nous avons signalées, on passe aux chapiteaux fouillés, ciselés avec un art, une délicatesse qu’on ne peut se lasser d’admirer. Les feuilles aux lignes sobres, calmes, largement interprétées, ont fait place aux feuilles plus découpées, imitées avec un soin minutieux. Les artistes de la première période avaient une préférence marquée pour les petites plantes, dans lesquelles ils avaient reconnu une puissance relativement supérieure à celle des grands végétaux. Les sculpteurs du xive siècle aimèrent ces grands végétaux et en sculptèrent le feuillage tel que la nature le donne. Le chêne, peu commun au xme siècle, se reproduit souvent au xive ainsi que l’érable.
- Avec le xve siècle, la décadence commence; les feuilles aux lobes arrondis disparaissent, c’est le règne de la feuille ondulée, découpée ou pointue. Apparaissent alors : le houblon, la chicorée, le chardon, le chou frisé, dans les crochets des gables. C’est à la clôture du chœur et dans les stalles que s’épanouit cette flore tourmentée. La vigne n’a pas été abandonnée, mais les feuilles en sont déchiquetées, plus allongées, plus pointues qu’aux siècles précédents. La gorge qui sert de base à chacune
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- des niches des clôtures du transept est ornée de pampres dont on peut comparer la facture avec celle de la frise ornementale de la nef; des oiseaux jouent dans ces feuillages et becquètent les fruits, que lèchent les escargots.
- Dans les stalles, d’incomparables motifs d’ornementation végétale ont été répandus à profusion par nos habiles huchiers.
- La plante y est traitée au naturel avec une délicatesse, un fouillé invraisemblables, une variété infinie. La végétation n’est pas ornemanisée comme dans d’autres parties où se sent l’influence de la Renaissance.
- On reconnaît facilement le laiteron, le passiflore, la vigne, le lis, le chou frisé, le houblon, le lierre, l’aubépine, le chêne, le figuier, etc.
- Les fleurs sont très rares dans l’ornementation murale. A part l’églantier du portail, on n’en voit guère s’épanouir que sous les tailloirs des chapiteaux. Plus brillantes mais plus délicates que les feuilles, elles sont difficilement interprétées en pierre.
- Et pourtant certaines de leurs parties ont fourni des motifs de fleurons, et en effet, les pistils des fleurs donnent souvent un ornement régulier très propre à terminer un sommet. Voyant que ces pistils sont habituellement accompagnés d’une collerette et de divers appendices, nos artistes saisissent le caractère puissant, vivace de ces formes végétales et en composent ces fleurons de couronnement se détachant sur le ciel, et dont le galbe, le modelé et l’allure donnent à un monument un aspect attrayant et pittoresque. Au xive siècle, les fleurons se garnissent de plusieurs rangs de crochets, et beaucoup sont sculptés avec une verve et un entrain surprenants.
- La variété de ces fleurons, comme celle des chapiteaux, est infinie. Les artistes du moyen âge ont. reproduit des
- Fig. 21 à 23. — Chapiteaux avec chélidoine, anémone hépatique et nénuphar.
- milliers de fois les mêmes feuillages sans jamais se répéter. Mais pour faire une feuille de vigne, d’érable ou de chélidoine, ils n’allaient pas copier la sculpture de leur voisin, et même ne recommençaient pas servilement le même motif tout le long d’une guirlande : ils s’inspiraient de la nature et c’est pour cela que leurs feuilles sculptées dans la pierre sont aussi variées que celles qui poussent dans les bois.
- Telle fut l’œuvre ornementale des sculpteurs picards du xme siècle, œuvre colossale qui, malgré les coups du temps, nous reste avec son merveilleux et harmonieux ensemble. Dans sa forte unité, on rencontre une variété qui tient du prodige, une fécondité qui vraisemblablement ne se retrouvera plus. Saluons en terminant ces vieux maîtres inconnus, artistes pleins de foi et d’humilité, qui ont accompli l’œuvre la plus puissante qu’ait jamais enfantée la foi chrétienne servie par le génie national.
- Virgile Brandicourt, Ancien président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- UNE NOUVELLE LAMPE ELECTRIQUE A HAUT RENDEMENT
- LA LAMPE A VAPEUR DE SODIUM
- Avec le développement de l’éclairage électrique, le besoin a pris naissance, chez tous les hommes civilisés, d’éclairements de plus en plus élevés, aussi bien pour travailler que pour circuler ou pour vivre au foyer domestique.
- Ces éclairements croissants entraînent naturellement une consommation d’énergie électrique plus grande et par conséquent aussi des dépenses d’argent plus élevées. Aussi, s’est-on préoccupé de créer des sources lumineuses à haut rendement, c’est-à-dire donnant par unité de puissance électrique consommée (watt) un plus grand nombre d’unités de flux lumineux (*) (lumens) (l’efficacité lumineuse d’une source s’exprime en lumens par watt).
- 1. Lumen. — L’unité de flux est la quantité de lumière émisé dans l’unité d’angle solide par une source ponctuelle de 1 bougie, qui rayonne également dans toutes les directions. Une source de 1 bougie donne au total un flux de 4 tc ou 12,566 lumens.
- L’ÉCLAIRAGE A INCANDESCENCE
- Depuis les temps les plus reculés, l’homme a utilisé pour s’éclairer l’incandescence des corps solides. Dans la lampe à huile comme dans le bec de gaz, la lumière est émise par de petites particules de charbon portées à l’incandescence par la chaleur de la combustion. Dans les lampes à incandescence, elle est produite par un filament, autrefois de charbon, aujourd’hui de tungstène porté à très haute température par le passage du courant électrique.
- Or, il semble que l’on ait à peu près épuisé dans cette voie les possibilités qu’offrait la nature.
- La quantité d’énergie rayonnée par chaque centimètre carré de la surface d’un corps solide incandescent croît très rapidement avec sa température, à peu près proportionnellement à la quatrième puissance de sa tempéra-
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- Région du
- spectre visible ~X„)-380
- J 20
- 800 1000
- Longueurs d'onde
- Fig. 1. — Répartition de l'énergie dans le spectre du corps noir à diverses températures.
- a) à 2000° absolus; b) à 3000° absolus.
- ture absolue. Le rayonnement est d’ailleurs continu, c’est-à-dire que si on étale son spectre, toutes les longueurs d’onde s’y trouvent représentées, mais la quantité d’énergie émise n’est pas la même pour toutes ces longueurs d’onde : elle passe par un maximum pour une certaine longueur d’onde, comme on peut le voir sur les courbes de la figure 1. Lorsqu’on élève la température du corps incandescent, non seulement l’énergie émise croît pour chaque longueur d’onde de son spectre, mais le maximum se déplace vers les longueurs d’ondes courtes, se rapprochant de la région du spectre visible qui est limitée par les longueurs d’onde 400 et 750 mp.; il y a donc deux raisons pour que le rendement lumineux de la source croisse. (Sur la fig. 1 la courbe (a) correspond à la température absolue de 2000° K, la courbe (b) à 3000° K.)
- Dans le cas du corps noir (x) l’elficacité lumineuse passe
- 1. Corps noir. — Un corps est dit complètement noir s’il absorbe tout rayonnement qui tombe sur lui. On peut le réaliser approxima-
- Fig. 2. — Courbe de visibilité relative.
- Violet
- Jaune
- Longueur d'onde
- par un maximum égal à 84 lumens par watt aux environs de 6000° K. Toutefois si ce rayonnement était privé de la portion sans influence sur l’œil (ultra-violet et surtout infra-rouge), limité par conséquent entre 400 et 750 mu, son efficacité lumineuse atteindrait 210 lumens par watt, c’est là le maximum réalisable pour de la lumière blanche. Les corps incandescents que nous utilisons, le tungstène par exemple, ont une loi de rayonnement assez voisine de celle du corps noir pour que les conclusions établies pour celui-ci puissent leur être appliquées.
- C’est pour les raisons qui viennent d’être données que l’on a choisi pour la fabrication des filaments de lampe à incandescence le métal ayant le point de fusion le plus élevé; le tungstène fond à 3655° K et on le fait travailler dans les lampes à incandescence à des températures comprises entre 2700 et 3000° K.
- Dans ces conditions, on obtient un rendement qui dépend un peu de la grosseur du filament et par conséquent de la puissance de la lampe et de la tension du secteur pour laquelle elle est construite, et qui est de l’ordre de grandeur suivant pour les lampes à atmosphère gazeuse :
- Température
- Puissance de la lampe Lumens par watt du filament
- 50 watts 10 2685° K.
- 100 » 12,9 2760.
- 200 » 15,2 2840
- 500 » 18,1 2930
- 2000 » 21,2 3020
- Les rendements obtenus sont fort éloignés de la limite théorique indiquée plus haut; mais, d’autre part, la température du filament est aussi assez éloignée de la température de fusion; il semble donc qu’il y aurait intérêt à augmenter la température de fonctionnement pour augmenter en même temps l’efficacité lumineuse. Malheureusement, on est arrêté dans cette voie par un autre phénomène, l’évaporation du métal qui d’une part noircit l’ampoule en diminuant sa transparence et d’autre part amincit le filament jusqu’à la rupture. On réduit cette évaporation en introduisant dans les ampoules une atmosphère de gaz inerte, azote ou argon. Néanmoins, qui dit lampe de très haut rendement dit lampe de courte durée. Des considérations commerciales permettent de faire le compromis le plus convenable entre la grande efficacité et la longue durée et les lampes sont actuellement établies pour avoir une vie utile de mille heures. Comme on le voit, on ne peut compter dans cette voie que sur des progrès peu importants, des essais tentés avec certains carbures plus réfractaires que le tungstène n’ayant pas donné jusqu’ici de résultats satisfaisants.
- LES TUBES LUMINESCENTS
- Une autre voie s’ouvre heureusement aux chercheurs, celle des tubes luminescents, dans lesquels la lumière
- tivement en recouvrant une surface d’un pigment noir mat (noir de fumée). On le réalise théoriquement d’une manière parfaite en prenant une enceinte fermée, à température uniforme, percée d’une très petite ouverture.
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- est provoquée par le passage de la décharge électrique dans un gaz raréfié ; les tubes à néon ou au mercure utilisés déjà depuis de longues années par la publicité lumineuse en sont un exemple connu de tout le monde.
- L’œil n’est pas également sensible à toutes les couleurs; la courbe (fig. 2) qui représente la variation de cette sensibilité, en fonction de la longueur d’onde, présente un maximum pour X = 555 situé dans le vert jaune. S’il existait un corps qui n’émette que des radiations de longueur d’onde 555 mp, cette émission se ferait avec un rendement de 621 lumens par watt.
- Les gaz luminescents ont à la fois l’avantage et l’inconvénient de donner un spectre discontinu, l’énergie est seulement émise suivant quelques longueurs d’onde qui constituent les raies du gaz. L’inconvénient est qu’ils donnent une lumière colorée qui dénature la couleur des objets qui sont exposés. Dans le cas bien connu du mercure dont le spectre est privé de rayons rouges (voir sur la figure 3a la répartition des principales raies du mercure dans l’échelle des longueurs d’onde) les objets rouges paraissent noirs; les blancs, verts; les jaunes, verts et bleus brillent d’un vif éclat; le visage humain en particulier prend un aspect cadavérique et cette lumière ne peut être utilisée dans l’éclairage domestique.
- L’avantage est que l’énergie émise étant inégalement répartie entre les différentes raies, certaines étant plus brillantes que les autres, il est possible, en utilisant des gaz ou des vapeurs dont les raies les plus brillantes se trouvent dans la région du spectre visible, de se rapprocher du maximum de rendement (621 lumens par watt). On peut également en modifiant les circonstances de l’excitation électrique, variation de la densité de courant, régime d’arc ou régime de luminescence, ou en modifiant la pression du milieu excité, modifier également dans une certaine mesure la couleur de l’émission lumineuse, on sait par exemple que la lumière des arcs à mercure à haute pression est beaucoup plus blanche que celle de l’arc à mercure à basse pression.
- LA LAMPE A VAPEUR DE SODfUM
- La vapeur de sodium offre à ce point de vue les plus belles espérances. Son spectre visible comprend une double raie jaune, la raie D du spectre solaire, extrêmement brillante (voir fig. 3 c) de longueur d’onde X = 589 ma; pour cette longueur d’onde le coefficient de visibilité est encore 78 pour 100 du maximum (voir fig. 1). Le spectre visible » du sodium comprend encore quelques autres raies, mais la quantité de lumière qui leur correspond est seulement 1 pour 100 de celle de la raie D. On peut se rendre compte de la couleur produite en jetant une pincée de sel marin dans la flamme d’une lampe à alcool ou d’un bec Bunsen. Cette lumière beaucoup plus monochromatique que celle du néon ou du mercure est livide, supprime toute perception des couleurs et ne saurait être utilisée dans l’éclairage domestique et difficilement dans l’éclairage industriel. Mais cet inconvénient n’est pas à beaucoup près aussi sérieux pour l’éclairage des routes où la perception des obstacles, la nuit, se fait par contraste, généralement objet clair sur fond sombre et quelquefois l’inverse.
- Il II 1 1 II 3a Mercure Il II 11 III 1
- Il II II III 1 3b Néon 1
- Violet a . Il 1 1 3c Sodium 555 Bleu Vert i Jaune orangé J. A 1 A Rout/e
- j V v
- L00 500 600 Longueurs d'onde mp 70t>
- Fig. 3. — Répartition dans le spectre visible des principales raies du mercure, du néon et du sodium.
- On sait tout l’intérêt qu’il y aurait à disposer d’une source lumineuse à haut rendement permettant l’éclairage des routes très fréquentées par les automobiles et supprimant les difficultés de circulation que le code de la route n’a fait qu’atténuer.
- Cependant le problème de la lampe à vapeur de sodium est des plus difficiles, 'fout d’abord, le sodium à la tem-
- Fig. 4. — Pelile lampe au sodium.
- A gauche: pour courant continu; A droite: pour courant alternatif.
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- Fig. 5. — Schéma de la lampe au sodium A courant alternati/.
- pérature ordinaire est solide et sa tension de vapeur est très basse, ce qui complique l’allumage; d’autre part, la vapeur de sodium à haute température attaque la plupart des verres connus, et il a fallu, pour réaliser ces lampes,mettre au point un verre spécial.
- M. Pirani, savant allemand attaché au laboratoire de la Cie Osram, a résolu ces difficultés ; il a d’abord réalisé des lampes pour usages spectroscopiques que nous décri-
- Fig. 6.— Lampe à courant continu de 100 w.
- rons, puis la Société Philips a construit une lampe destinée à l’éclairage des routes pour courant continu dont quelques échantillons ont été installés sur des tronçons de route limités entre Nimègue et Maestrich en Hollande, à Zurich, à Croydon (près de Londres), à Oslo; très prochainement, une installation sera réalisée près de Paris, probablement sur la route de Paris à Versailles. Enfin, des modèles destinés aux secteurs à courant alternatif, 110 à 220 v. sont actuellement à l’étude pour des puissances de 100 et de 200 watts.
- Toutes ces lampes comprennent une ampoule en verre dans laquelle on introduit, après y avoir fait le vide, une atmosphère d’argon pur sous une pression d’environ 3 mm de hauteur de mercure et du so-
- dium métallique. Lorsque la lampe est froide, la tension de vapeur du sodium est trop faible pour que la décharge électrique puisse passer d’une électrode à l’autre et la présence d’une atmosphère raréfiée de gaz rare est nécessaire. La lampe de spectroscopie pour courant alternatif du professeurPirani est représentée sur la fig. 4 à droite, et schématiquement sur la fig. 5.
- A l’intérieur d’un premier tube A, se trouvent deux électrodes incandescentes C, l’ensemble est entouré d’une enveloppe fermée en verre B, l’espace entre A et B a été vidé de manière à diminuer le refroidissement du tube intérieur et à le maintenir à la température de 300° nécessaire pour obtenir la tension de vapeur de sodium convenable. L’ensemble est monté sur un culot de lampe de T. S. F. normal à quatre broches. Pour l’allumage, on ferme l’interrupteur S( ; au bout d’une vingtaine de secondes, les deux électrodes C, constituées par un bâtonnet formé d’un mélange de poudre de tungstène et d’oxydes alcalins terreux agglomérés, sont portées à l’incandescence par une hélice de tungstène. A ce moment on peut ouvrir S,, rompant le court-circuit entre les électrodes, toute la tension est établie entre celles-ci et une décharge s’amorce dans le gaz rare, le choc des ions positifs sur les deux électrodes suffit ensuite à les maintenir à l’incandescence. La lampe s’échauffe et quand la tension de vapeur est suffisante, à cause de sa faible tension d’ionisation, c’est elle qui transporte le courant et qui s’illumine, le spectre du gaz rare disparaît, mais comme l’a montré M. Pirani, il continue à jouer un rôle utile en augmentant le rendement lumineux.
- La lampe à courant continu (fig. 4, à gauche) est analogue à la lampe à courant alternatif sauf que seule la cathode peut être portée à l’incandescence alors que l’anode est une petite sphère de tungstène. Le passage du courant tendant à transporterie sodium de l’anode vers la cathode, on enveloppe, comme on le voit sur la figure, la partie de la lampe située au voisinage de la cathode d’un revêtement d’amiante qui crée une différence de température s’opposant au phénomène précédent.
- Sur 220 volts la lampe peut s’allumer directement sans que l’on ait à fermer l’interrupteur Ss, presque toujours la décharge en effluve amorcée tout d’abord se transforme en arc; mais si l’effluve subsiste, le filament est rapidement détruit par bombardement, aussi est-il préférable de procéder pour l’allumage à la fermeture de S,.
- Si la lampe est mise sur le réseau, sans résistance en série, ou si sa polarité est inversée, elle est rapidement détruite. Dans le cas du courant alternatif, on peut remplacer la résistance par une bobine de self-inductance. Le courant qui traverse la lampe est de 1,3 amp. en courant continu et de 1,5 amp en courant alternatif, la différence de tension entre électrodes de 20 v dans l’un et l’autre cas.
- Les lampes d’éclairage réalisées par Philips pour les réseaux à courant continu reposent sur le même principe que les précédentes; elles comprennent (fig. 6) une anode K incandescente, qui peut être chauffée par l’intermédiaire d’un petit transformateur T branché directement sur le réseau alternatif et deux anodes At et A2 en parallèle.
- Les lampes sont montées en série et alimentées en
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- courant redressé obtenu à partir du réseau alternatif. Dans le cas de mise hors service d’une lampe, on lui substitue une résistance, celle-ci est mise en circuit par un condensateur dont les électrodes sont court-circuitées par perçage du diélectrique au moment de l’arrêt de la lampe.
- Les dimensions de l’ampoule sont 12 X 6 cm, elle est remplie de néon. La puissance de la lampe est d’environ 100 watts, la tension entre électrodes est de 12 v et l’intensité de 5 amp., le flux lumineux total de 6000
- . —: = 107 =
- lumens, l’ellicacité lumineuse de 60 lumens par watt; l’intensité dans le plan perpendiculaire à l’axe est de 600 bougies et la brillance de 7 bougies par cm2. On a obtenu dans les diverses installations au-dessous des lampes de 5 à 10 lux, des éclairements qui permettent de séparer à 500 m de distance les jambages d’une lettre E de 40 X 40 cm en noir sur blanc (épaisseur des jambages 8 cm) et aux automobiles de circuler phares éteints.
- Maurice Leblanc..
- ---— APRES LA COUPE DEUTSCH ..........
- LES ENSEIGNEMENTS DE LA GRANDE ÉPREUVE OUVRENT DES HORIZONS NOUVEAUX A L’AVIATION
- DE MOYENNE PUISSANCE
- La Coupe Deutsch qui a été courue le mois dernier à Etampes a été fertile en enseignements.
- Nous rappellerons ici brièvement quelle était la raison d’être de son règlement : tirer sur 2000 km le maximum de vitesse d’un avion dont le moteur n’aurait pas une cylindrée supérieure à 8 litres.
- C’est là un excellent programme. Il a permis d’innover, car conçu dans un esprit très large, il laissait une grande liberté aux constructeurs. Sans vouloir médire du Service technique de l’Aéronautique qui fait bien ce qu’il peut (et sa tâche n’est pas toujours facile), il faut bien reconnaître que ses règles très strictes rendent les initiatives de nos avionneurs parfois difficiles : le règlement de la Coupe Deutsch libérait ces derniers des limites habituelles, le résultat ne s’est pas fait attendre, on a atteint les sommets.
- En effet, Potez, Renault et Farman ont tiré de leurs moteurs (tous inférieurs à 8 1 de cylindrée) des puissances de 270 ch (Potez), 170 ch (Renault), 400 ch (Farman).
- Les cellules affinées ont permis les vitesses suivantes : Potez (356 à l’heure en pointe, 322 de moyenne), Caudron (333 en pointe, 317 de moyenne), Farman (330 en pointe, 300 de moyenne). Et je dois ajouter que Farman qui dut abandonner par suite d’un ennui mécanique n’a jamais donné l’impression que son pilote Salel ait demandé le maximum à sa machine. Les « pointes » sont considérées ici non pas comme elles doivent l’être habituellement, mais bien prolongées pendant 100 km, soit un tour de circuit de la Coupe Deutsch, ce qui donne une signification singulière à leur valeur.
- Dans l’état actuel de la science, on ne pouvait pas demander mieux des moteurs. La Coupe Deutsch pour des avions moyens a donné les limites de 1933 en ouvrant toutes grandes les portes de l’avenir pour 1934. Elle a rempli son but.
- Que dire maintenant des cellules ? Elles étaient toutes monoplanes. Elles portaient toutes de grandes charges au mètre carré : plus de 100 kg. Petites, ramassées, trapues, elles ressemblaient plutôt à des nageoires qu’à des ailes, elles ne permettaient que des décollages fort longs, dangereux, et des atterrissages dont les vitesses variaient de 180 à 200 à l’heure. Mais une fois en l’air elles permettaient de grandes vitesses aidées en cela par l’ensemble qu’elles sustentaient et qui était traité
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- Fig. 2. — Le Farman-Renault d’Arnoux qui à l'entraînement réalisa des vitesses impressionnantes. (Ph. Saladin.)
- selon les principes les plus purs de l’aérodynamique : c’est ainsi que les capotages des moteurs et les fuselages étaient tous de lignes admirables et que les constructeurs avaient spécialement travaillé la question des trains d’atterrissage.
- Potez avait un train ordinaire relevable en vol : les roues venaient se coller dans l’épaisseur des ailes en plein vol et y disparaissaient.
- Cette particularité permettait à l’avion de gagner tout près de 40 km.
- Farman avait imaginé un « monoroue » dont la roue unique était «avalée «par le fuselage en plein vol ; Caudron, lui, n’avait pas de train escamotable, mais son train était fuselé de telle sorte qu’il présentait la résistance minima possible à l’avancement, malgré son handicap de train fixe.
- Les consommations d’essence des moteurs ont été extraordinairement réduites pour les vitesses atteintes : c’est ainsi, par exemple, que Détré, vainqueur sur son Potez-Potez, n’atteginit pas 15 litres aux 100 1cm, et que. Delmotte, second sur son Caudron - Renault, n’atteignit pas 19 litres pour la même distance.
- Ce sont là des consommations nettement inférieures à celles d’une automobile de luxe ; sans vouloir ici citer de marques (pour ne faire de peine à personne), nous pouvons tout au moins ajouter que nous avous eu entre les mains des voitures de moyenne puissance et de grande marque dont la consommation aux 100 1cm dépassait de loin celle des moteurs de la Coupe Deutsch.
- La Coupe Deutsch 1933 a permis de réaliser un ensemble moteur-cellule supérieur, d’où pourront être tirés, d’une part, des avions de chasse remarquables et, de l’autre, des avions de tourisme rapides ; la mise en pratique des avions dérivés des machines de compétition avec les transformations inévitables pour la série jmise à la portée des pilotes moyens
- n’est, plus maintenant qu’une question de mois.
- Car il faut bien ouvrir ici une parenthèse : les bolides de la Coupe Deutsch étaient tous très délicats à piloter (comme tous les avions de course fins et très chargés au mètre). Ils ne pouvaient être confiés à n’importe qui.
- Seuls des pilotes de grande classe pouvaient en tirer le maximum; Détré, le vainqueur, Delmotte, Salel, Arnoux, Lemoine firent tous preuve soit à l’entraînement, soit en course, des plus belles qualités, selon la marge que leur laissa le destin sur la route aérienne de la victoire.
- Et j’en arrive maintenant au seul concurrent étranger de la Coupe, l’Anglais Comper dont nous n’avons pas encore parlé.
- Il termina le parcours à plus de 228 à l’heure avec un moteur de 135 ch seulement et sur un avion strictement de série.
- La démonstration ne fut pas inutile : elle prouva les qualités de la cellule et du moteur, elle démontra les belles qualités du pilote. L’Anglais joua la régularité, il attendait la défaillance de ses adversaires pour terminer seul, confiant dans la robustesse de son moteur et pensant que les efforts demandés aux moteurs concurrents ne leur permettraient pas de terminer les 2000 km. Il perdit, mais il le fit avec beaucoup de cran, terminant dans une véritable tornade, seul, sans public, alors que ses vainqueurs depuis longtemps étaient au repos.
- La préparation de la Coupe Deutsch avait coûté cher :
- Ludovic Arrachart s’était tué, Vernhol avait détruit son avion et s’était blessé, Yallot avait sérieusement endommagé sa machine. Dans la Coupe elle-même nous ne vîmes qu’un accident, celui d’Arnoux, sans aucune gravité du reste; mise en pylône au départ par suite de l’affaissement du système porteur du monoroue, d’où élimination du concurrent avant d’avoir pris son vol.
- Après la guerre, lorsqu’on dépassa pour la première fois le 300 km à l’heure (Sadi Lecointe, 20 octobre 1920),
- Fig. 3. -— Voici le bolide de Raymond Delmotte (construit par Caudron), amené
- sur la ligne de départ.
- Remarquer les faibles dimensions des ailes et le profilage aérodynamique de l’ensemble. (Ph. Saladin.)
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- Fig. 4. — L’avion anglais Camper-Swifi.
- Cet avion de série, aux lignes très pures, vola à 228 km-h de moyenne avec un moteur
- de 135 ch seulement.
- trois fois et demie inférieure, fl résulte de eette constata-
- on employait pour les moteurs des bolides aériens des cylindrées de l’ordre de 25 litres, donnant des puissances de 500 ch environ.
- En 1933, on obtient 322 à l’heure, avec seulement 8 litres de cylindrée et une puissance de 270 ch.
- Et encore convient-il d’ajouter que le 322 à l’heure a été soutenu pendant 2000 1cm alors que le premier 300 à l’heure ne le fut que sur les quelques kilomètres d’une base de vitesse.
- La Coupe Deutsch concrétise donc et illustre les progrès de la vitesse de 1920 à 1933.
- Grâce à elle, nous savons maintenant que les prochains avions de tourisme auront une vitesse moyenne élevée, car des avions de course naîtront des machines à pilotage normal et à grands écarts de vitesse.
- Grâce à la Coupe Deutsch, il n’est pas impossible de prévoir une nouvelle aviation de chasse économique et à grand rendement issue des recherches entraînées par la Coupe.
- Dans le problème pur de la vitesse — pour ses applications pratiques s’entend — je vois un grand intérêt à constater qu’en 1933 on a volé plus vite qu’en 1920, avec une cylindrée
- Fig. 5. — Un ancêtre.
- On vit à Etampes un Farman 1912, appartenant à Gaubcrt. La comparaison de sa construction avec celle des avions modernes permet de juger des progrès réalisés.
- tion que nous allons vers l’aviation économique à haut rendement.
- Cela est plus gros de conséquences vers un avenir immédiat que l’amélioration du record du monde de vitesse, toutes catégories, qui, s’il était bien de 300 à l’heure avec 350 ch en 1920, est passé cette année à près de 700 à l’heure... mais avec un monstre de 2000 ch.
- Le gain réalisé dans la Coupe Deutsch est beaucoup plus intéressant ; à lui seul, il révèle la valeur de son règlement et le poids dont il pèsera dans les progrès de demain.
- Rien ne doit être négligé pour assurer l’avenir de l’aviation. Voilà pourquoi le règlement de la Coupe 1933 devra être marqué d’une pierre blanche dans les annales de l’air.
- Les recherches de vitesse pure, indispensables, doivent dans la pratique être épaulées par l’obtention nécessaire du plus grand écart de vitesse.
- C’est alors que doivent intervenir les ailerons de courbure et les becs de sécurité employés avec succès en Angleterre et en Allemagne.
- On se demande pourquoi en France on n’a pas appliqué plus souvent ces deux systèmes de sustentation supplémentaire dont nous connaissons cependant fort bien les avantages.
- Et ces avantages seront d’autant plus marquants qu’ils seront appliqués sur les avions les plus vites. Les Américains l’ont si bien compris du reste qu’ils les emploient sur leurs avions de ligne à grandes vitesses : 300 à l’heure. La logique veut que nous les voyions d’ici peu appliqués en France.
- Raymond Saladin.
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- L’INDUSTRIE DES SCHISTES HYDROCARBURÉS
- EN FRANCHE-COMTÉ
- On englobe dans la dénomination générale de schistes bitumineux toute une catégorie de roches à structure plus ou moins feuilletée, dont la couleur varie du brun au noir, et qui, soumis à l’action de la chaleur, donnent naissance à un mélange complexe de produits combustibles à la fois gazeux et liquides.
- Les schistes se rencontrent dans des terrains d’âges très différents, particulièrement dans le permien, l’infra-lias, le toarcien et le kimineridgien. Ils forment sur le sol français des assises considérables, et certains gisements ont été ou sont encore l’objet d’une exploitation industrielle; les bassins de l’Autunois, du Var et de l’Aumance rentrent dans cette catégorie.
- LES SCHISTES DE FRANCHE-COMTÉ
- Les schistes de Franche-Comté sont situés dans le lias supérieur, à la base des marnes de l’étage toarcien. Ils
- La Mechére
- jCHATHNOi:
- ïCnèveney
- COLOMBOTTj
- Fig. 1. — La concession de schistes bitumineux de Creveney-Saulx.
- sont contemporains des schistes du Wurtemberg et du Banat. On les désigne souvent par le nom de schistes à Possidonomyes, du nom d’un mollusque, Possidonomya Bronni, qui s’y rencontre très fréquemment. Ils sont caractérisés par une forte teneur en calcaire, qui peut aller jusqu’à 50 pour 100 du poids total.
- On connaît depuis fort longtemps des affleurements considérables de ces schistes, qui s’étendent en bancs compacts de 20 à 30 m d’épaisseur, et quelques-uns 'd’entre eux ont même été l’objet d’exploitations rudimentaires, soit comme houille maigre (schistes de Morre, aux environs de Besançon), soit, beaucoup plus tard, pour la fabrication, par distillation, d’huiles combustibles, utilisées pour l’éclairage, avant l’introduction des pétroles russes et américains.
- Cette industrie a été créée à la suite des travaux du chimiste Laurent, en 1830, qui montra la possibilité d’obtenir, par distillation une huile combustible, étymologiquement huile de pierre ; elle a existé en particulier
- dans la vallée de la Loue, entre Lods et Mouthier.
- La concurrence étrangère n’est pas la seule cause pour laquelle l’industrie des schistes a périclité. Ce serait une erreur de croire qu’il suffit de chauffer le schiste pour en extraire du pétrole. Quand on calcine le schiste, on constate une perte de poids (15 à 25 pour 100) et un dégagement de produits combustibles souvent difficiles à condenser, mais on s’aperçoit vite que la quantité d’huile obtenue varie avec la façon dont le chauffage a été conduit.
- En d’autres termes, le pétrole obtenu paraît être le résultat d’une véritable réaction de pyrogénation, et non d’une simple distillation; dès lors il devient évident que les rendements sont fonction de la pyrogénation elle-même.
- En 1920, lorsque nous avons entrepris l’étude méthodique des gisements de la chaîne du Jura, aucun travail chimique sérieux n’avait été fait sur la question, et nous devions commencer par mettre sur pied une méthode de laboratoire permettant de faire l’analyse rationnelle des échantillons examinés.
- Dans les années qui suivirent, M. le professeur Fournier, de la Faculté des Sciences de Besançon, et ses élèves, apportèrent d’importantes contributions à l’étude géologique des gisements. C’est seulement en 1928, après plusieurs années d’efforts soutenus, que devaient commencer les premières recherches industrielles; elles ont abouti, grâce à l’énergie tenace d’un industriel luxovien, M. Petit, à la fondation de la Société des Schistes et Pétroles de Franche-Comté, dont les usines sont à Creveney-Saulx, à 12 km à l’est de Vesoul.
- Le gisement mis en exploitation n’est pas le plus riche de tous, mais c’est incontestablement le mieux placé; il est traversé par la voie ferrée Paris-Belfort. Nous ne pouvons mieux le caractériser qu’erf reprenant les termes d’un rapport que nous adressions le 2 mai 1928 à la nouvelle société en formation.
- « Le gîte s’étend depuis Colombier jusqu’à Velleminfroy en passant par la gare de Creveney-Saulx et le village de Creveney.
- La superficie visible est d’au moins 500 hectares; mais il est probable que des sondages de quelques mètres permettront de déterminer une surface beaucoup plus considérable.
- L’ensemble de la couche schisteuse est à peu près horizontale, avec un léger plongement vers le sud. D’après les affleurements et la profondeur des puits, qui, dans cette région, permettent d’arriver aux nappes d’eau utilisables, on peut conclure que l’épaisseur n’est pas inférieure à 10 m, probablement de 15 m en moyenne.
- L’analyse, ou plus exactement la moyenne d’une dizaine d’analyses, que nous avons faites sur divers échantillons pris dans le gisement, au maximum à 30 cm de la surface, a donné les résultats ci-contre
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- Fig. 2. — Un sondage de recherches en 1929 près de la gare de Creveney-Saulx.
- Gaz carbonique
- Chaux.........
- Silice........
- Fer et alumine
- Magnésie . . .
- Carbone fixe. .
- Soufre ....
- Huile + gaz • •
- Ce qui correspond à un rendement d’environ 65 litres d’huile brute par tonne de schistes traitée.
- En admettant que l’épaisseur soit de 10 m, le volume exploitable serait d’environ 50000000 de m8 et comme le rendement de 65 litres à la tonne correspond au moins à 100 litres au mètre cube, c’est donc un minimum de 50 millions d’hectolitres d’huile brute que peut donner ledit gisement.
- Cette quantité peut vraisemblablement être doublée pour diverses raisons :
- 1° Le volume exploitable est certainement très supérieur au nombre donné ci-dessus;
- 2° La teneur de 65 litres à la tonne correspond à des échantillons de surface, toujours moins riches que ceux provenant d’une plus grande profondeur.
- Voilà ce qui était prévu avant qu’on n’ait fait des sondages. Actuellement, la concession porte sur 1760 hectares, et divers sondages effectués en des points très éloignés les uns des autres ont tous indiqué une épaisseur moyenne de 30 m, sans intercalation de couche stérile.
- Il résulte de cette disposition exceptionnelle que l’exploitation peut se faire en carrière, à ciel ouvert, d’où un prix de revient très faible à l’extraction. Ce prix est voisin de 5 francs par tonne de schiste, bien que la plasticité de la roche oblige à doubler les charges d’explosifs nécessaires pour la désagréger. On a d’autre part la quasi-certitude de ne pas être gêné par les eaux souterraines, circonstance d’une importance primordiale. Fig. 3.
- aussi vite que possible de la région chaude où ils ont pris naissance.
- Un barbotage dans une huile lourde, ou mieux encore un refroidissement à — 70° dans un mélange de neige carbonique et d’acétone, arrête tous les produits légers entraînés par les gaz.
- En tenant compte des rendements indiqués plus haut, on voit que chaque four peut donner environ 270 litres d’huile par heure, soit approximativement 5000 litres d’huile par jour, desquels on retire un minimum de 2000 1 d’essence. Dans les cornues type Pumpherston, on épuise à peine 5 tonnes de schistes par jour !
- Avec les anciennes installations, et pour peu que le schiste soit assez profond, une industrie de ce genre
- - Les schistes bitumineux de Creveney, recouverts d’une faible épaisseur de. terre stérile, sont exploités en carrière par gradins successifs.
- LA DISTILLATION DES SCHISTES
- Le schiste, après concassage en morceaux de grosseur convenable, est amené automatiquement aux fours à distiller. Ce sont de grands tubes d’acier, d’environ 1 m de diamètre et de 12 m de long, tournant autour d’un axe légèrement incliné sur l’horizontale. Ils sont étudiés de façon à traiter quatre tonnes de schistes à l’heure. Ils sont une transposition dans le domaine industriel de notre méthode d’analyse créée au laboratoire, et qui comporte, dans ses grandes lignes, les opérations suivantes :
- Élimination du calcaire à froid, en traitant le schiste pulvérisé par l’acide chlorhydrique à 50 pour 100. Le résidu de cette opération, soigneusement séché, est chauffé à 450° à l’abri de l’air. Pour obtenir le rendement maximum, il faut que le chauffage soit rapide, et que les hydrocarbures formés soient éliminés
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- Fig. 4. — Vue générale des usines de traitement des schistes à Creveney, en 1932.
- A gauche : les concasseurs. Au centre : le bâtiment des fours. A droite : la centrale électrique.
- rapporte peu, quand elle n’est pas déficitaire, et il serait vain de mettre en train une exploitation quand la teneur en huile extractible n’atteint pas au moins 10 pour 100.
- Grâce aux nouveaux fours, cette limite se trouve abaissée à 5 pour 100 environ, et la mise en valeur de beaucoup de gisements, considérés jusqu’à ce jour comme sans importance, devient possible et rémunératrice.
- Par voie de conséquence, on peut envisager sans être taxé d’utopiste, la production d’une quantité considérable
- de carburant à partir des richesses du sol de la métropole et des colonies.
- L’huile brute obtenue est colorée en brun noir, d’odeur caractéristique. Par distillation, elle peut être fractionnée de la façon suivante :
- De 70° à 150°............... 8,8 % environ.
- De 150° à 210°...........28,9% —
- De 210° à 225°................17,5% —
- De 225° à 275o...........23,3 % —
- Au point de vue de sa constitution, l’huile de schistes diffère sensiblement des pétroles naturels par la présence de quantités notables de carbures non saturés.
- A certains égards il en est résulté une légère complication pour l’épuration chimique et le raffinage des produits obtenus.
- L’usine de Creveney fabrique actuellement une essence très stable, qui a été baptisée du nom de « Natioline ».
- La présence de carbures non saturés lui communique de précieuses qualités antidétonantes qui la font particulièrement rechercher.
- La «Natioline» donne avec l’alcool dénaturé des mélanges en toutes proportions, permettant ainsi de réaliser un véritable carburant national stable jusqu’à la température de — 21°.
- La « Natioline » et ses mélanges avec l’alcool ont été expérimentés officiellement, et, au cours d’essais contrôlés, effectués sur voitures Renault, type liaison de l’armée, et sur voiture Citroën C. 6 F, les résultats obtenus ont été remarquables. A titre d’exemple, la distance parcourue sur route avec une Citroën C 6 F et 5 litres de
- Fig. 5. — Un four à distiller.
- Cette photographie représente le premier four mis au point et qui a servi aux essais. Il est actuellement remplacé par une batterie de 4 fours perfectionnés.
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- « Natioline » a été de 39 km, au lieu de 34 km avec l’essence ordinaire.
- A côté de l’essence qui constitue évidemment un dérivé intéressant, on peut extraire de l’huile de schiste des composés aussi nombreux que variés, l’entrant plus spécialement dans la catégorie des produits chimiques. Cette industrie n’est encore qu’à ses débuts, comme celle des
- dérivés de la houille il y a cinquante ans, et il serait prématuré d’en définir l’importance. Nous pouvons cependant dire que l’on ne peut manquer d’aboutir à des réalisations remarquables dans ce domaine encore peu connu, et ce ne sera pas le moindre intérêt de cette nouvelle industrie des schistes qui semble destinée à un brillant avenir. J. Barlot.
- LE SOMMEIL
- La question du sommeil appartient à ces problèmes qui dépassent largement les cadres d’une seule science; le biologiste et le médecin s’y intéressent autant que le psychologue ou simplement l’homme curieux des phénomènes qui l’entourent et dont il subit l’emprise. Le sommeil appartient à cette catégorie de phénomènes dont la banalité apparente cache une foule de problèmes dont nous commençons à peine à entrevoir la solution. Bien que les théories concernant le sommeil remontent aux origines même de la curiosité humaine, l’étude scientifique n’en a été entreprise que dans la deuxième moitié du siècle dernier. Les premières recherches semblent avoir suivi une piste qui s’est montrée ultérieurement fausse : on attribua un rôle dominant à des phénomènes qui sont considérés aujourd’hui, non pas comme la cause du sommeil, mais comme la conséquence de celui-ci.
- Les recherches dont on peut actuellement tenir compte et dont les résultats permettront peut-être d’édifier les grandes lignes d’une synthèse du problème du sommeil, ont été presque toutes effectuées pendant ces derniers vingt ans. On tiendra compte avant tout dans ce bref résumé des travaux de Legendre et Piéron, d’Economo, de Lhermitte, de Marinesco, de Demole, etc.
- Qu’est=ce que le sommeil? Avant d’étudier le mécanisme du sommeil, il faut tout d’abord se mettre d’accord sur ce qu’il convient d’entendre par ce terme. Il nous faudra définir le sommeil de sorte qu’il n’y ait pas de possibilité de le confondre avec les nombreux états analogues que nous montrent la physiologie et surtout la pathologie.
- « Etat périodiquement nécessaire et caractérisé par la suppression des rapports sensitivo-moteurs complexes unissant Vêtre à son milieu ». Telle est la définition de Piéron dont je développerai chaque terme.
- Un des caractères les plus importants du sommeil est, en effet, sa périodicité. Chez la plupart des animaux, l’alternance de la veille et du sommeil a emprunté un rythme cosmique : le cycle nycthéméral, dicté sans doute par les conditions extérieures. Mais ce cycle peut subir de larges variations selon le climat et selon le mode d’activité de l’animal. Chez l’homme, on constate soùvent l’inversion complète du cycle qui est supportée sans aucun préjudice pour la santé. Il importe d’insister sur le fait que le sommeil est un phénomène pratiquement quotidien et on ne connaît guère d’exemple d’un rythme comprenant plusieurs jours.
- Le sommeil est un état nécessaire, indispensable à la vie et dont la privation prolongée entraîne inévitablement la mort. On verra plus loin les expériences de Legendre et Piéron sur l’insomnie expérimentale du chien et l’on connaît le supplice chinois qui consiste à empêcher le victime de dormir. Dans ces conditions, le supplicié passe par des phases de souffrance violente, de délire avec hallucinations, puis tombe dans le coma et meurt au bout de 15 à 20 jours.
- Le terme décisif de la définition du sommeil est la suppression des rapports sensitivo-moteurs avec le monde extérieur. Au premier abord, ce caractère lui paraît commun avec certains autres états que j’envisagerai plus loin et ce n’est qu’une analyse approfondie qui montre les particularités des rapports de l’individu endormi avec le monde extérieur. A l’état de veille, les rapports avec le milieu consistent essentiellement en afflux de sensations auxquelles l’individu réagit par des actes adaptés. C’est l’adaptation aux diverses conditions qui caractérise l’activité nerveuse et psychique de l’homme normal et éveillé et c’est précisément cette adaptation qui manque pendant le sommeil. Cependant la sensibilité n’est pas complètement abolie, elle n’est que plus ou moins diminuée selon la profondeur du sommeil. Il en est de même de la motricité, puisque le dormeur peut parfois effectuer des mouvements élémentaires. On ne peut même pas dire que la vie psychique soit suspendue pendant le sommeil, l’existence des rêves en démontre nettement la persistance. C’est la disjonction, la dissociation de toutes ces fonctions : sensibilité, motricité et activité psychique qui rompt les relations avec le milieu, qui abolit « l’intérêt pour le monde extérieur » pendant le sommeil.
- Il faut encore insister sur deux autres caractères du sommeil normal : son installation progressive et sa réversibilité. On ne tombe pas dans le sommeil brusquement, comme dans une narcose : le sommeil physiologique est précédé d’une phase à'endormissement dont l’importance est considérable.
- La réversibilité sur laquelle a insisté von Economo est également très importante au point de vue du mécanisme du sommeil puisqu’elle s’oppose formellement à toute explication par un état d’intoxication.
- Le sommeil ainsi compris doit être nettement distingué d’un certain nombre d’états voisins qui semblent réaliser toute une gamme de processus, tous caractérisés par un ralentissement de la vie. Certains n’ont été rapprochés
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- du sommeil que par une sorte d’abus des images, comme l’involution périodique de certaines plantes, pendant la nuit ou au contraire pendant la journée. On ne peut parler de sommeil dans le monde végétal ni même dans les classes inférieures du règne animal. Nous ne savons à peu près rien du sommeil chez les Invertébrés, quoiqu’il existe vraisemblablement chez les plus évolués parmi eux, les Insectes. D’une façon générale, on ne peut parler de sommeil qu’à partir d’un certain développement du système nerveux. Le sommeil semble exister chez tous les Vertébrés, quoique les observations manquent encore pour un grand nombre d’entre eux, comme pour certains Poissons. Il est certainement constant chez tous les Mammifères.
- L’analogie du sommeil, tel que je viens de le définir, est très grande avec l’hivernage de certains animaux. L’hivernage, malgré qu’il ait été déterminé primitivement par les conditions extérieures, se transmet actuellement d’une façon héréditaire et se produit même en captivité, alors que les conditions extérieures sont maintenues constantes. Des faits se rapprochant étonnamment de l’hivernage ont été constatés chez certains peuples : Esquimaux, Russes, quelques tribus australiennes et africaines, etc. Il s'agit là de phénomènes tout à fait volontaires. Lorsque le chef de la tribu ou du village prévoit une insuffisance de la nourriture, tout le peuple s’enferme dans les habitations et s’endort pour plusieurs mois. On se réveille juste pour les besoins indispensables et l’on se rendort. On arrive ainsi à réduire la nutrition à son minimum et réaliser, presque à la lettre, le proverbe « qui dort dîne ».
- Le sommeil physiologique se distingue nettement de tous les états de perte de conscience pathologique ou artificielle, comme les comas et les narcoses toxiques ou anesthésiques. Il n’en est pas de même de la narcolepsie, état pathologique actuellement bien connu, qui présente tous les caractères du sommeil normal, sauf sa périodicité. Son étude a beaucoup servi pour éclaircir certains points du mécanisme du sommeil physiologique.
- En dehors des faits dominants que nous venons de voir, le sommeil s’accompagne d’un certain nombre de manifestations accessoires que l’on désigne communément sous le nom de concomitants physiologiques. Ils portent sur un grand nombre de processus de la vie végétative : ralentissement du cœur et de la respiration, diminution de la sécrétion urinaire et, au contraire, souvent augmentation de la transpiration. La température du corps s’abaisse toujours pendant le sommeil, accompagnée d’une baisse des échanges. La lutte de l’organisme contre les variations thermiques est moins efficace; chacun sait avec quelle facilité le corps se refroidit pendant le sommeil.
- Certains concomitants portent également sur des organes de la vie de relation. Il est intéressant d’étudier à ce point de vue les muscles squelettiques : leur tonicité est d’une façon générale diminuée, ce qui correspond à la détente agréable qui caractérise le début du sommeil. Il y a cependant des groupes musculaires qui font exception ; la fermeture des paupières, de même que l’attitude caractéristique de l’œil, révulsé en haut et en dehors est
- un processus actif correspondant à l’hypertonie de certains groupes musculaires. La conservation de la tonicité de certains muscles est encore plus apparente chez les animaux qui dorment debout comme le cheval ou même suspendus par la queue à la manière de certains singes.
- Je n’insiste pas beaucoup sur ces concomitants, car leur importance est minime au point de vue de l’explication du sommeil. Pendant longtemps, on a considéré certains d’entre eux comme des causes du sommeil (réplétion sanguine du cerveau, ralentissement de la ventilation, etc.), il semble bien en réalité qu’ils n’en sont que les conséquences ou tout au plus les adjuvants.
- Mécanisme du sommeil. — Il est encore impossible actuellement de formuler une explication générale du sommeil; nous ne possédons que des faits épars, qu’on ne peut relier entre eux que par des liens hypothétiques. J’étudierai donc d’abord les points bien acquis : altérations humorales chimiques en rapport avec le cycle sommeil-veille et appareil nerveux régulateur du sommeil.
- Bien avant l’étude scientifique du sommeil, diverses hypothèses ont été émises pour l’explication de ce phénomène, nous ne ferons que les mentionner rapidement. On a cru trouver la cause du sommeil dans l’anémie ou au contraire la congestion du cerveau, dans la diminution de la ventilation (théorie de l’autonarcose carbonique de R. Dubois), déshydratation de la substance cérébrale, interruption de l’influx nerveux (théorie de l’amœboïsme des neurones de M. Duval), etc. Le premier aspect des explications humorales était une théorie toxique du sommeil. Dès 1886, Bouchard avait trouvé que la toxicité des urines sécrétées pendant la veille et pendant le sommeil était différente : les urines du sommeil sont convulsi-vantes, celles de la veille sont narcotiques. Les travaux de Legendre et Piéron ont donné une démonstration à la conception toxique en transmettant le besoin de sommeil par injection des humeurs d’un animal insomnique à un animal normal.
- Ces auteurs ont montré également que l’insomnie prolongée déterminait des lésions de certaines zones de l’écorce cérébrale, lésions réversibles, disparaissant par le sommeil.
- Ces expériences paraissent donner raison à la conception toxique, mais il semble aujourd’hui que, tout en reconnaissant leur exactitude, on peut interpréter leurs résultats d’une façon différente. Il est en effet difficile de parler d’intoxication lorsqu’on envisage un processus aussi normal que le sommeil. Il ne s’agit pas là seulement d’une question de mots, mais il importe de distinguer le besoin de sommeil survenant après une veille anormalement prolongée et celui qui survient normalement au bout d’environ 18 heures d’activité éveillée. Les animaux ayant veillé plusieurs jours peuvent en effet avoir été intoxiqués, alors que l’animal normal s’endort pour prévenir cette intoxication. Telle est tout au moins la théorie de Claparède qui fait du sommeil un instinct. Cette conception, quelque peu finaliste et assez peu biologique, semble rallier actuellement le suffrage d’un grand nombre d’auteurs.
- En faisant du sommeil un instinct et, d’une façon générale, une fonction active, on ne doit pas exclure la
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- possibilité d’un mécanisme humoral. 11 y a lieu de retenir surtout deux ordres de faits : les modifications du rapport du calcium et du potassium pendant le sommeil et le rôle possible du brome. On a constaté que le calcium diminue dans le sang pendant le sommeil. Les expériences très précises de Demole semblent prouver que cette diminution est due à ce que le calcium se fixe sur certains centres nerveux et c’est précisément cette fixation du calcium qui détermine le sommeil. L’injection de calcium dans certaines régions de l’encéphale détermine le sommeil cliez l’animal, alors que celle du potassium provoque le réveil.
- La possibilité d’une intervention du brome a été entrevue beaucoup plus récemment. On a trouvé que, pendant le sommeil, les centres nerveux de la base du cerveau s’enrichissent en brome d’une façon considérable ; le bulbe présente régulièrement un accroissement de 30 à 50 pour 100 (Zonclek). L’origine du corps bromé qui se trouve en quantité relativement grande dans l’encéphale semble être une glande à sécrétion interne appendue à la base du cerveau, l’hypophyse.
- Depuis longtemps on suppose que ces glandes, en particulier l’hypophyse et la thyroïde, jouent un rôle dans le sommeil. Le principe actif thyroïdien détermine l’insomnie, mais c’est le seul fait qui permette de penser à une intervention de cette glande.
- Quant à l’hypophyse, si elle agit sur la fonction hyp-nique, c’est vraisemblablement par l’intermédiaire des centres nerveux qui l’entourent et auxquels elle communique quelques-unes des substances qu’elle élabore.
- La nature même du sommeil indique formellement qu’il s agit d’un phénomène qui se déroule à l’intérieur du système nerveux. Il est logique de supposer qu’il existe un appareil nerveux qui préside à la régulation de cette fonction. La confrontation de certains cas de sommeil pathologique avec la vérification des lésions qui les ont déterminés a permis dès 1890 à Mauthner, à von Eco-nomo, puis à Lhermitte et Tournay d’affirmer l’existence à la base du cerveau de centres nerveux dont les lésions déterminent des troubles du sommeil. Plus récemment, l’expérimentation a permis la vérification des faits démon-Irés par la méthode anatomo-clinique. J’ai déjà cité les expériences de Demole. Celles, plus récentes, de Hess montrent que l’excitation électrique seule de certains centres délimités détermine le sommeil. La localisation de ces centres n’est pas encore, à vrai dire, complètement élucidée, mais les différences sont minimes, selon les divers auteurs. Il s’agit toujours du diencéphale : plancher du ventricule moyen ou de F extrémité antérieure de l’aqueduc de Sylvius. D’autres, il est vrai, suppo-
- ... = 115 =
- sent un rôle exclusif des couches optiques (fig. 1).
- Peu nous importe ici la localisation précise, l’essentiel est l’existence à peu près certaine d’un appareil nerveux régulateur du sommeil. Cet appareil, de par sa localisation et à cause de certaines particularités relevées dans la physiologie des sujets endormis, a été rangé dans le système nerveux de la vie végétative. Celui-ci se trouve actuellement divisé en deux systèmes antagonistes : l’orthosympathique et le parasympathique. On a supposé que le sommeil était dû à une prédominance du parasympathique sur le système antagoniste. Malheureusement, nos connaissances concernant le sympathique ne sont pas encore assez sûres pour pouvoir les appliquer au mécanisme du sommeil.
- Nature intime du processus déterminant le som= meîl. — Nous ne connaissons aujourd’hui que fort imparfaitement le mécanisme du sommeil. Pouvons-nous formuler des hypothèses concernant sa nature ? Il semble bien qu’il n’y a qu’une hypothèse qui soit soutenable :
- celle d’une inhibition.
- Qu’est-ce que l’inhibition ? Lorsqu’on excite un nerf ou un centre nerveux, on est accoutumé de voir apparaître un effet positif de cette excitation : contraction musculaire, sécrétion glandulaire, etc. Par contre, lorsqu’une excitation, au lieu de provoquer une réponse positive en faisant naître un acte, détermine la suppression d’un phénomène déjà existant, on parle d’inhibition. Brown-Séquard fut le premier à supposer l’inhibition à la base du sommeil. Il pensa qu’une excitation née à un point quelconque du système nerveux, pouvait inhiber le fonctionnement d’une grande partie de celui-ci, déterminant le sommeil.
- Plus récemment, Pavlow a développé cette hypothèse en montrant que chez le chien un afflux important d’excitations pouvait déterminer le sommeil en inhibant une grande partie de l’écorce cérébrale.
- On se représente actuellement le système nerveux comme un « système de commande par relais » (L. La-picque).
- A un moment donné, chaque élément de ce système, chaque neurone, peut être caractérisé par une constante d’excitabilité. Or un influx nerveux, né à un point quelconque du système, ne peut se propager que par des neurones ayant une constante d’excitabilité (chronaxie) rapprochée. Chez un individu normal, éveillé, il y a un accord tel entre l’excitabilité des divers éléments du système nerveux qu’il peut en résulter une activité coordonnée : une excitation venant de l’extérieur ou.jlu psychisme aboutit à l’exécution d’actes parfaitement adaptés.
- Commissure
- antérieure
- \
- Thalamus
- I ,3=Ventricule
- NerC
- optique
- Chiasma
- optique
- Hypophy,
- Aqueduc de iSylvius
- Infundibulum
- --Corps
- mamillaire
- Fig. 1. — La région du 3e ventricule cérébral, centre du sommeil, d’après Demole.
- (Traité de Physiologie, t. IX, Massori et Cie, éditeurs.1
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- = 116 :..........................:........ .........:..... =
- Nous avons vu que l’état de sommeil se caractérise par une sorte de disjonction de la sensibilité, de la motricité et de la vie psychique. Cette disjonction paraît être due à une modification des diverses excitabilités, de telle sorte que l’influx nerveux ne peut plus se propager normalement. En effet, la constante d’excitabilité d’un même neurone, loin d’être identique à elle-même à chaque instant, varie et semble dépendre de l’état des autres neurones. La diminution ou l’augmentation d’excitabilité d’un centre peut modifier celle des autres dans n’importe quel sens.
- Supposons maintenant que sous l’influence d’un
- excitant quelconque, mécanique, électrique (expression de Hess), chimique (Ca, Br, etc.), on modifie l’excitabilité-d’un centre, cette modification pourra diminuer l’excitabilité d’un grand nombre d’autres éléments nerveux aboutissant à leur inhibition et déterminera le sommeil.
- Voici la façon encore très hypothétique dont on peut envisager actuellement la nature et le mécanisme du sommeil. On voit combien le problème est complexe et comme sa solution suppose celle, préalable, d’un grand nombre d’autres questions de la physiologie générale du système nerveux.
- Georges Ungar.
- LE HAUT-PARLEUR A RESONNATEURS
- ET SES APPLICATIONS
- LES MODÈLES ACTUELS DE HAUT-PARLEURS ÉLECTRIQUES
- Nous avons eu l’occasion de décrire ici à plusieurs reprises et, en particulier, dans le numéro spécial de septembre 1931, les haut-parleurs électriques.
- Tout haut-parleur comporte un système moteur, transformant les oscillations électriques en oscillations mécaniques d’un organe vibrant, et cet organe vibrant transmet son mouvement à une pièce d’un dispositif acoustique, qui est le diffuseur de sons. Ce diffuseur, pavillon acoustique conique ou plutôt à forme exponentielle, et surtout cône vibrant à bords fixes ou à bords libres, provoque la formation d’ondes sonores dans la masse d’air environnante. Ces ondes sonores reproduisent les sons musicaux primitifs qui sont venus frapper la plaque du microphone dans le studio d’enregistrement, ou l’auditorium d’émission radiophonique.
- En principe, un haut-parleur parfait doit pouvoir reproduire toutes les notes musicales, sur toute la gamme
- ^ Ecran acoustique
- Onde de dilatation
- Anneau
- souple
- Onde de compression
- Diffuseur
- conique
- Bobine
- mobile
- Fig. 1. — Fonctionnement du haut-parleur électrodynamique ordinaire.
- des fréquences qu’on a normalement à considérer, c’est-à-dire de 100 périodes-seconde environ à 500 périodes-seconde au minimum, et avec une intensité proportionnelle à l’énergie reçue. Son rendement acoustique, en quelque sorte, doit donc être uniforme, quelle que soit la fréquence considérée.
- Un défaut d’uniformité est dû à une résonance mécanique ou acoustique du système reproducteur. On le décèle en traçant la courbe de réponse de l’appareil, obtenue en faisant agir sur le haut-parleur des oscillations de différentes fréquences. La forme rectiligne est, en principe, la forme idéale de cette courbe de réponse, et, ainsi, on voit que dans le haut-parleur idéal, suivant le principe admis jusqu’à présent, on s’efforce toujours de diminuer le plus possible les résonances mécaniques ou acoustiques du système.
- LE HAUT-PARLEUR ÉLECTRO-DYNAMIQUE ACTUEL
- La forme de haut-parleur la plus employée aujourd’hui est l’électro-dynamique ; le système moteur y est constitué par une bobine en fil de cuivre isolée très légère, parcourue par les courants modifiés provenant d’un amplificateur, et maintenue dans le champ d’un électroaimant puissant.
- Les alternances du courant téléphonique sont traduites par le mouvement de va-et-vient de la bobine, et ceux-ci sont transmis à un système diffuseur de sons qui est constitué, le plus souvent, par un diffuseur conique à bords libres auquel la bobine est directement fixée.
- Mais, pour permettre la reproduction des notes graves le système doit être encastré dans un écran acoustique, ou baffle, qui sépare la face antérieure de la face postérieure (fig. 1). Ainsi l’onde de compression produite par la face concave ne peut être annulée par l’onde de dilatation produite par la face convexe, même lorsque les mouvements du diffuseur sont lents, et de grande amplitude, c’est-à-dire pour la reproduction des notes musicales graves et intenses. Pour pouvoir reproduire des
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- notes très graves, il faut cependant que les dimensions de l’écran soient suffisantes.
- En pratique, un diffuseur à bords libres ne se comporte pas comme un piston indéformable, et nous avons eu l’occasion de montrer dans nos chroniques de radiophonie qu’il était nécessaire de choisir avec le plus grand soin son poids et sa fréquence de vibrations propre, en déterminant son épaisseur avec précision et, naturellement plus grande vers le sommet que vers la base, puisque le système est « attaqué » par le sommet. De plus, on ne peut, avec un diffuseur de très petit diamètre, obtenir une excellente reproduction des notes graves, de même qu’avec un diffuseur à très grand diamètre, on ne peut reproduire les notes très aiguës. C’est pourquoi on a songé, toutes les fois qu’il était nécessaire d’obtenir une audition d’excellente qualité par exemple, dans les équipements de cinématographie sonore, ou même dans les radio-récepteurs de grand prix, à associer plusieurs haut-parleurs électro-dynamiques ayant des diffuseurs de diamètres différents.
- L’écran acoustique, s’il a de grands avantages, présente aussi l’inconvénient d’empêcher l’utilisation de Fonde sonore produite en arrière de l’écran, d’où quelquefois une perte d’énergie inutile. Quand il s’agit de musique d’orchestre, l’effet sonore obtenu est, d’autre part, assez désagréable, parce que trop directionnel.
- En fait, on peut s’apercevoir que la plupart des modèles ordinaires du commerce permettent une reproduction convenable des sons dans les fréquences graves, avec même quelquefois sur cette gamme quelques pointes de résonance exagérées, mais ils ne rendent guère possible la reproduction des sons d’une fréquence supérieure à 4000 ou 4500 périodes-seconde.
- Il est vrai que cette qualité de reproduction intégrale des harmoniques supérieurs, qui pourtant permettent de rendre exactement les timbres musicaux, n’est malheureusement pas à considérer très souvent. Les oscillations électriques à fréquence muscicale qui sont transmises à l’amplificateur par le détecteur d’un radio-récepteur, par un système reproducteur électro-mécanique ou photoélectrique, ne reproduisent jamais intégralement la modulation correspondante des ondes sonores directes qui sont venues frapper la plaque du microphone. Cette différence est due aux défauts des systèmes d’enregistrement, ou à ceux des dispositifs de réception ou de traduction de l’enregistrement.
- Devant l’impossibilité de les faire disparaître complètement, malgré les progrès déjà réalisés, on a songé à constituer des ensembles reproducteurs, et spécialement des ensembles amplificateurs haut-parleurs déterminant des déformations en quelque sorte compensatrices des déformations initiales infligées aux oscillations électriques musicales.
- Si l’on veut reproduire un enregistrement comportant des notes graves trop peu accentuées, on s’efforcera donc de déterminer à la reproduction une amplification relativement plus accentuée des notes graves.
- Nous avons eu l’occasion d’indiquer dans des chroniques de phonographie récentes que dans cette particularité résidait un des avantages essentiels de l’emploi
- Rèsonnateur.
- Chambre super r'.e.
- Chambre inféré Ht parleur êtectrodynam iq ue
- Fig. 2. — Coupe schématique du haut-parleur à résonnateurs.
- des phonographes électriques. Seul le phonographe électrique permet d’obtenir des corrections de tonalité pour des enregistrements effectués, et par là de remédier, en partie, aux défauts des disques.
- On peut, d’ailleurs, adopter des systèmes correcteurs de tonalité réglés d’une manière fixe pour compenser des défauts électro-acoustiques connus à l’avance: on peut aussi employer des systèmes à commande variable qui restent sous le contrôle de l’auditeur. Ce dernier peut ainsi obtenir à volonté, suivant la nature du radio-concert ou de la reproduction phonographique, une audition de tonalité générale plus grave ou plus aiguë. Des systèmes réglables de variation de tonalité sont montés, comme on le sait, sur la plupart des radio-récepteurs actuels.
- LES RÉSONNATEURS ET LEUR EMPLOI DANS LA TECHNIQUE DES HAUT-PARLEURS
- La correction de la tonalité dans les radio-récepteurs et, en général, dans tous les systèmes amplificateurs à fréquence musicale, est réalisée au moyen de montages purement électriques. Il peut venir à l’idée de réaliser cette correction de la tonalité, non plus par des moyens électriques, mais par des dispositifs mécaniques, et pure-ni3nt acoustiques, en employant ce qu’on appelle des résonnateurs.
- Un rèsonnateur, en acoustique, est un corps qui peut l'endre certains sons propres, et qu’on excite en produisant l’un d’eux près de lui. Le corps se met alors à vibrer à l’unisson en renforçant le son excitateur.
- Si l’on approche d’un piano un diapason en action, on constate que l’instrument de musique résonne en reproduisant et prolongeant la note produite, même lorsque le diapason ne vibre plus.
- Le plus simple des résonnateurs est constitué par une masse d’air contenue dans une cavité. On connaît l’expé"
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- rience classique réalisée en approchant un diapason en vibration près de l’ouverture d’une longue éprouvette à pied contenant un liquide. En versant de l’eau ou du mercure dans l’éprouvette, de façon à raccourcir la colonne d’air, il arrive un moment où celle-ci vibre à son tour, et renforce vigoureusement le son émis par le diapason. Si l’on diminue encore la hauteur de la colonne, le système redevient sourd, et, d’ailleurs, il peut renforcer d’autres notes musicales, qui sont les harmoniques impairs du son initial.
- On pourrait répéter une expérience analogue, en utilisant comme résonnateur une cavité ouverte aux deux bouts, et formée par deux larges tubes qui coulissent l’un dans l’autre. On obtiendrait le renforcement de la suite complète des harmoniques du son fondamental.
- L’INTÉRÊT DES RÉSONNATEURS POUR LA REPRODUCTION DES SONS
- Lorsqu’on analyse avec soin les sons produits par la plupart des systèmes électro-acoustiques actuels, on peut constater que les sons musicaux de fréquence élevée sont mal reproduits. Ces fréquences élevées correspondent souvent aux harmoniques supérieurs des instruments de musique, dont le timbre est ainsi altéré. Il peut se produire, de plus, des exagérations de l’intensité pour certaines fréquences privilégiées, bien déterminées suivant le type de l’installation.
- En principe, l’emploi des résonnateurs peut permettre de remédier assez facilement aux défauts de la reproduction électro-acoustique. Si l’on analyse, en effet, les
- Fig. 3. — Trois modèles de haut-parleurs à résonnateurs (Type Daltona).
- De gauche à droite : grand modèle à tubes métalliques; modèle moyen à tubes en bois; modèle réduit à tubes en bois.
- C’est, d’ailleurs, en appliquant ces principes qu’ont été établis les tubes des instruments de musique à vent, tels que le cornet à piston, le saxophone, le trombone, le clairon, la flûte, le cor de chasse, l’orgue, etc.
- Remarquons qu’un tuyau très étroit entre en résonance uniquement pour les harmoniques du son excitateur, tandis que la résonance d’un tuyau de large diamètre correspond uniquement au son fondamental excitateur. Les tuyaux d’orgue renforcent uniquement le son fondamental.
- Le timbre du son excitateur est, d’ailleurs, modifié par le système résonnateur, et cette modification dépend de la forme de la cavité du tube, de la rigidité de ses parois, de leur polissage interne, du rapport entre le diamètre et la longueur des tuyaux.
- sons reproduits par un haut-parleur de type courant, mais permettant de reproduire convenablement les notes graves, on peut constater que le son fondamental prédomine, mais que les harmoniques supérieurs sont mal reproduits. Il manque plus ou moins complètement deux ou trois harmoniques qui sont essentiels pour donner au timbre de l’instrument ses caractéristiques déterminées.
- Ce renforcement peut être obtenu, en théorie, à l’aide de résonnateurs constitués par des tuyaux métalliques cylindriques, et dont les notes fondamentales correspondent aux notes fondamentales de l’instrument de musique.
- Le diamètre des tuyaux cylindriques employés, ainsi que la matière dont ils sont formés, doivent être choisis avec le plus grand soin, à égalité de longueur.
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- Ampli 1 type musique
- Ca b ine
- Bobine
- Cellule
- Ampli 2
- Inverseur de cabine
- Volume contrôle
- Rjpitre de salle du chef dorchestre d'écran
- Résonnât! parole
- y, groupe
- Rêsonnateur musique ie-r
- Fig. 4. — Installation de cinématographe sonore avec haut-parleurs à résonnateurs.
- Avec un tuyau de grand diamètre, seul le renforcement du son fondamental est très marqué.
- Un rêsonnateur de diamètre un peu plus petit produit un renforcement très net des harmoniques sans déformation. Avec un troisième rêsonnateur de diamètre plus petit, on constaterait une déformation du timbre de l’instrument consistant dans une prédominance très nette des harmoniques supérieui’s.
- Les résonnateurs en bois et surtout en carton favorisent moins les harmoniques que le rêsonnateur en zinc. Certains instruments tels que le piano et le violon sont ainsi mieux reproduits avec un rêsonnateur en bois, tandis que les sons produits par les cuivres sont mieux rendus avec des résonnateurs métalliques.
- LE HAUT-PARLEUR A RÉSONNATEURS
- L’idée qui consiste à associer à un système haut-parleur des résonnateurs pour atténuer les défauts de la reproduction ou de la transmission peut paraître très simple. En réalité, les difficultés à surmonter pour établir un dispositif de ce genre sont très considérables et il a fallu de longues études à un ingénieur français, M. Édouard d’Alton, pour réaliser un ensemble d’appareils de ce genre, dont la mise au point se poursuit d’ailleurs, encore actuellement.
- Un tel système se compose donc d’un haut-parleur, qui peut être un électro-dynamique ordinaire à bobine mobile et membrane conique, combiné avec un ensemble de tubes cylindriques résonnateurs, dont les dimensions précises de chacun d’eux correspondent à une note de la gamme chromatique instrumentale (fig. 2 et 3).
- Le haut-parleur est fixé horizontalement sur un sommier séparant les deux faces de la membrane. La partie antérieure concave du diffuseur transmet des ondes sonores dans une chambre acoustique sur laquelle est lixée une série de tubes ouverts aux deux bouts, et correspondant aux notes allant du médium à l’aigu. La partie postérieure convexe du cône travaille dans une chambre acoustique sur laquelle est fixée une autre série de tubes correspondant aux notes allant du médium au grave.
- Les tubes des deux chambres sont parallèles et verticaux; la position de chaque tube par rapport à la membrane est calculée de façon qu’elle corresponde à la position optima d’excitation; les tubes de fréquences musicales voisines sont placés aux extrémités symétriques.
- Il n’y a pas ainsi de perte d’énergie sonore, et il ne peut y avoir d’interférence entre les deux sources sonores par suite de la longueur des tubes résonnateurs.
- On peut d’ailleurs faire varier le couplage acoustique entre la chambre supérieure et la chambre inférieure, et les deux séries de résonnateurs qui s’y greffent. Il suffit de déplacer une paroi mobile qui constitue le fond de la chambre inférieure et le plafond de la .chambre supérieure.
- Cette opération permet de faire varier les effets suivant la nature de l’audition. Les fréquences élevées et la clarté de la parole augmentent avec une petite
- capacité. L’orchestration est plus ample avec des capacités plus grandes.
- Le haut-parleur travaille ainsi en vase clos, et sa membrane fonctionne toujours à la façon d’un piston. Les tubes résonnateurs utilisés couvrent toutes les notes depuis le do/0 du 16 pieds (32 périodes-seconde) jusqu’au la/6 du quart de pied (3344 périodes-seconde) soit la gamme complète du piano.
- LES RÉSULTATS OBTENUS ET LES APPLICATIONS DU SYSTÈME
- Le haut-parleur à résonnateurs peut fonctionner en principe avec tout système radio-électrique à amplification musicale, mais les résultats les meilleurs sont évidemment obtenus lorsqu’on dispose d’une puissance
- Fig. 5. — Orgues à grande puissance avec haut-parleurs à résonnateurs.
- A et B, potentiomètres de réglage du volume du son, indépendants sur chaque expression. C, et D, dispositifs d’expression acoustique sur ressorts permettant d’aller, dans les deux sens, au delà de l’ouverture et de la fermeture des expressions agissant sur les potentiomètres.
- Rêsonnateur accordé 4 octaves aigiies
- Tiges pilotes de
- commandes
- .Chicanes d’admission d’air | .....
- Volume
- contrôle
- général
- Caisson
- étanche
- Txpressi i
- Clavier
- SoufjJetC
- réservoir
- régulatr
- Pédales-d'express
- ylRésonnat accordé 7octaves-basses-médium
- Ventilâtf
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- = 120 .................—................-: ............=
- modulée assez considérable, supérieure à 4 ou 5 watts, par exemple. D’ailleurs pour obtenir une reproduction parfaite des notes graves, il faut que les tuyaux aient une certaine hauteur. Le grand modèle de ces appareils a ainsi une hauteur de 190 cm et une largeur de 140 cm ; un modèle moyen a une hauteur de 160 cm et une largeur de 80 cm, enfin, un petit modèle, une largeur de 60 cm et une hauteur de 100 cm (fig. 4).
- Le système peut déjà être intéressant pour être adapté à un radio-récepteur ou à un phonographe d’amateur assez puissant, mais les résultats sont particulièrement satisfaisants dans les salles de spectacles, les salles de concerts, les dancings, les cafés, etc...
- Pour le cinématographe sonore, l’appareil peut également se prêter à des applications originales. Il est bon, d’ailleurs, dans ce cas, de séparer, à la sortie du traducteur phonique de l’appareil de reproduction sonore, le courant modulé en deux parties : l’une transmise au résonnateur dit de paroles, et l’autre au résonnateur dit de musique. Les deux systèmes sont ainsi indépendants l’un de l’autre, et l’opérateur, tel un chef d’orchestre, peut déterminer à volonté ou le renforcement ou l'affaiblissement de la parole ou de la musique (fig. 4).
- C’est sans doute cependant pour la retransmission au moyen d’un excellent microphone des sons d’un piano ou d’un harmonium que l’on a pu avec ce système obtenir au point de vue musical les résultats les plus originaux.
- On construit à l’heure actuelle des harmoniums de grand concert, comportant dix à vingt jeux, et dont les qualités de timbre se rapprochent des qualités de timbre de l’orgue, mais cet instrument manque d’ampleur. L’emploi d’un haut-parleur à résonnateurs permet de transformer le timbre de l’harmonium en timbre d’orgue de haute qualité.
- On voit ainsi sur la figure 5 une vue schématique d’un orgue de grande dimension pour église comportant comme émetteur initial un harmonium de qualité à 24 jeux, deux claviei’s et un pédalier. L’émission est retransmise au moyen de microphones et d’amplificateurs à une batterie de haut-parleurs excitant une série de tuyaux résonnateurs, dont les dimensions vont du 16 pieds à 32 périodes au 1/4 de pied à 3344 périodes.
- Un tel instrument a une qualité acoustique et une puissance analogues à celles d’un très grand orgue, dont il présente l’aspect extérieur avec double claviers, pédalier, commande des jeux, pédale d’expression, etc... Il comporte cependant pour l’exécutant une plus grande variation d’amplitudes que l’orgue ordinaire.
- Suivant les mêmes principes, des retransmissions de piano très convaincantes ont pu être exécutées. L’ensemble d’un piano, d’un système microphonique amplificateur, et d’un haut-parleur à résonnateurs constitue ainsi une sorte de super-piano, aux sonorités riches en harmoniques, possédant la faculté d’émettre rapidement des notes d’intensité variable du pianissimo au forte. Enfin, la retransmission d’orchestre par un dispositif analogue constitue une application heureuse du procédé, et, dans les salles de concerts dont l’acoustique laisse à désirer, les sons émis par les orchestres ou les artistes peuvent être amplifiés dans les meilleures conditions. On peut même retransmettre dans d’autres salles les sons produits dans une salle déterminée.
- Ainsi le haut-parleur à résonnateurs qui est, d’ailleurs, encore dans une période de mise au point et d’essais peut être pourtant considéré, dès à présent, comme un nouveau dispositif électro-acoustique, dont les applications originales paraissent de nature à améliorer encore les résultats obtenus avec des ensembles de musique mécanique. P. IIémardinquer.
- NOUVELLE SALLE DES MAMMIFÈRES DE FRANCE AU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
- Dans la galerie de zoologie du Muséum National d’Histoire naturelle, une salle vient d’être aménagée et ouverte au public ; elle est consacrée à la présentation des Mammifères sauvages de France.
- Cette salle est située au rez-de-cha\issée, à gauche (en entrant), et à peu de distance de la porte principale de la Galerie de Zoologie.
- „ Six vitrines suffisent à contenir les exemplaires des genres de tous les Mammifères sauvages de France. Chaque genre est représenté par le type principal et parfois par le type de plusieurs espèces. De plus, des sujets albinos et des jeunes viennent compléter la présentation.
- Au milieu de la salle, sont exposés : d’une part, les Carnivores; d’autre part, les Ongulés. A droite, lès Rongeurs; à gauche, les Insectivores, les; Chiroptères! et les petits Carnivores. Enfin, au fond de la salle, sont les Pinnipèdes et les Cétacés.
- Si le visiteur commence par examiner la vitrine de droite, il voit que celle-ci est divisée en trois sections. La première contient les animaux appartenant à l’ordre des Insectivores, — (les plus primitifs des Mammifères), — représentés par les familles des Erinacéidés : Hérissons ; des Talpidés : Taupes et Desmans ; et des Soricidés : Musaraignes carrelet, pygmée et alpine, Grossope, Croci-dure rousse...
- La seconde section est occupée par les Carnivores Mustélidés, du genre Mustela • Hermine, Belette, Putois, Vison ; et du genre Martes : Martes et Fouines. A pôté, en bas de la première travée, se trouve le genre Viverra de nos Viverridés, qui ne comprend qu’une espèce : la Genette. espèce représentée par plusieurs individus.
- Dans la troisième section de la vitrine est présenté l’ordre des Chiroptères. Voici la famille des Rhino-lophidés : Grand Fer à Cheval, Petit Fer à Cheval et Euryale. Puis, la famille des Vespertilionidés : d’abord
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- les Vespertilions : Le V. échancré, le V. de Beehstein, le Murin, qui est la plus grande de nos Chauves-souris, le Y. de Daubenton, le V. de Natterer, le V. à moustaches. L’Oreillard représente le genre Plecotus et la Barbastelle, le genre Synoius. Enlin, les Vespériens : Séro-tine, Noctule, Pipistrelle, les plus rapides, les plus intrépides aussi, de nos Chiroptères.
- Je n’ai pas vu le Vespérien maure, ni le Minioptère du Sud-Est, ni le Nyetinome, le seul Molossidé d’Europe, et d’ailleurs très rare. —
- Mais les genres principaux sont représentés, et cela est suffisant pour que soit atteint. 1e but visé par les organisateurs de cette intéressante présentation.
- Dans la vitrine centrale des Carnivores, nous voyons des Mustélidés qui n’ont pu trouver place dans la vitrine latérale : le Blaireau et la Loutre. Plusieurs Chats sauvages représentant les Félidés ; mais le Lynx, au reste presque disparu, ne ligure pas auprès d’eux. Les Canidés : Loup et Bénard, sont dominés par la masse imposante de l’Ours.
- La vitrine voisine contient des animaux plus paisibles : Bovidés : Mouflon de Corse, Bouquetin, Chamois et Isard ; Cervidés : Cerf et Chevreuil ; le Daim ne figure pas, puisqu’il a été introduit en France et n’appartient pas à notre faune originaire.
- Le Sanglier, type de la famille des Suidés, est placé dans la même vitrine que les Ruminants.
- Toute la vitrine latérale de droite est occupée par les Bongeurs. En haut, les Sciuridés. D’abord, le genre Sciurus, dont l’unique espèce, l’Ecureuil, est représentée par de nombreux individus au pelage diversement nuancé. Ensuite, le genre Arctomys : la Marmotte. Après quoi viennent les Castoridés : le Castor, espèce qui fut assez
- Fig. 2.
- VUrine des Périssodachjles de Fronce Suidés; Ruminants Bovidés Cervidés.
- Fig. 1. — Vitrine des Carnivores de France : Ursidés, Canidés, Félidés, Mustélidés.
- abondante autrefois sur nos rivières et dont les derniers survivants se sont réfugiés en Carmargue.
- La famille des Muscardinidés comprend : le Loir, le Muscardm et le Lérot. Celle des Muridés comprend : le Rat noir, le Rat d’Alexandrie et le Rat Surmulot, puis la Souris, le Rat des moissons au nid aérien et minuscule, le Mulot et le Hamster. Le genre Arvicola, constitué par les Campagnols, est exposé en quatre groupes : le Campagnol agreste et le Campagnol des neiges, le Campagnol souterrain, le Campagnol amphibie et le Campagnol terrestre, le Campagnol roussâtre.
- Les Léporidés sont figurés par le Lapin dont les variations de pelage sont signalées par plusieurs sujets, et par deux espèces de Lièvre : le Lièvre ordinaire et le Lièvre changeant, des hautes montagnes.
- Au fond de la salle, l’ordre des Cétacés de nos côtes est représenté par deux Delphi-nidés : le Dauphin et le Marsouin.
- Plus loin, viennent trois genres de Pinnipèdes carnivores : le Phoque du Groenland, le Veau marin et le Phoque marbré.
- Notre brève énumération donne une idée d’ensemble de la nouvelle présentation dont vient de s’enrichir la Galerie de Zoologie du Muséum. La salle des Mammifères de France mérite d’attirer l’attention de tous les amis de l’histoire naturelle. Elle a été organisée par M. le professeur Bourdelle, directeur du Laboratoire de Mammalogiedu Muséum, et par M. Rode, assistant.
- La plupart des sujets exposés proviennent de la collection Siépi, et des collections Rollinat
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- Fig. 3. — La Geneite (Viverra genetta L.), seul représentant de la famille des Viverridês en France.
- Espèce unique et très rare. Quelques individus vivent encore dans
- le Sud-Ouest.
- et Mottaz, nouvellement acquises par le Muséum. Ce n’est pas sans une certaine émotion que j’ai vu, en ces vitrines, les pièces de la collection R. Rollinat que j’avais admirées à Argenton-sur-Creuse, peu de temps avant la mort de notre regretté collègue..., en particulier les Chauves-Souris, si bien préparées, et ce grand Loup dont le zoologiste était si fier!
- Quelques sujets sont extraits des collections Anfrie, d’Aremberg, de Dampierre, Delobet, Passy. ...
- Cette présentation, réalisée avec une sobriété et un bon goût tout modernes, constitue une leçon de choses très claire et très démonstrative dont l’utilité et l’agrément seront appréciés par le grand public et surtout
- par les éducateurs : professeurs et instituteurs, qui trouveront en cette salle le complément nécessaire de leur enseignement et dont ils pourront faire bénélicier
- leurs élèves.
- Tous les sujets présentés sont parfaitement accessibles et bien en vue. Les étiquettes portent les noms en français et en latin ; ce sont les noms les plus récemment adoptés. Les enfants et les personnes non familiarisées avec les termes scientiliques ne seront pas rebutés par des inscriptions formulées seulement en latin ; mais, au contraire, la présentation est comprise de telle sorte qu’elle intéressera tout le monde : mammalogistes, étudiants ou simples
- curieux.
- La salle des Mammifères sauvages de France fait, en quelque sorte, le pendant à la salle des Oiseaux de France, à cette salie Marmottan du premier étage de la même Galerie, qui renferme une admirable et très complète collection de nos Oiseaux.
- Tout auprès de la salle des Mammifères de France, M. Roule a fait placer la collection des Batraciens et des Reptiles de R. Rollinat.
- Ainsi, le Muséum National d’Histoire naturelle offre au public des présentations de haute valeur dont l’intérêt ne peut échapper aux visiteurs, que nous souhaitons de plus en plus nombreux et avertis des richesses qui s’ajoutent au charme de notre vieux Jardin des Plantes.
- A,. F E UIL L É E -B IX, T. O T.
- LES AVIONS AMPHIBIES
- Fig. 1. — L’amphibie Schreck F. B. A. à moteur Lorraine 300 ch.
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- Fig. 2. — La coque de l’amphibie Schreck F. B. A. en cours de construction.
- L’avion amphibie, par les services qu’il peut rendre, devrait être appelé à un très grand développement. Dans la plupart des pays, dans tous même, pourrait-on dire,
- Fig. 3. — Le Schreck F. B. A. à moteur Lorraine 120 ch.
- sation pratique de la navigation aérienne. Par ordre d’importance, il semble que l’utilisation de l’amphibie devrait être la règle pour l’appareil de tourisme et être une solution normale dans nombre de cas pour les lignes ou pour certains trajets aériens. Les besoins de l’armée exigent des appareils très spécialisés, réalisant pour des conditions données, les performances maximum, ce qui limite l’emploi de l’amphibie à des cas très particuliers.
- Or malgré ses avantages incontestables, on est obligé de constater que l’utilisation de l’amphibie est encore peu développée. Nous nous proposons d’examiner quels sont les types d’appareils amphibies existant dans le monde, quelles sont les difficultés principales que l’on rencontre pour les réaliser, et les améliorations ou changements qu’il faudrait apporter aux appareils existants pour les rendre susceptibles d’un emploi plus généralisé.
- Alors que les types d’avions terrestres existants sont extrêmement nombreux, même en faisant abstraction des appareils militaires, et en se limitant aux avions commerciaux ou privés, on constate que les types d’amphibies réalisés par les constructeurs mondiaux se limitent à une quinzaine, une vingtaine tout au plus.
- Fig. 4. — Le Blériot 290.
- étant donné l’état actuel de la navigation aérienne, les terrains d’atterrissage sont relativement rares. Les plans d’eaux utilisables par les hydravions, en nombre variable suivant les régions, constituent de toute façon un appoint très considérable, susceptible de faciliter l'emarquable-ment, avec un appareil amphibie, les possibilités d’utili-
- Schéma du « Loire 50 ».
- Fig. 5.
- LES AMPHIBIES FRANÇAIS
- En France, cinq ou six maisons ont produit des appareils amphibies. Parmi ceux-ci seuls les Schreck F. B. A. et le Blériot 290 sont susceptibles d’être dès maintenant vendus au public.
- Le Schreck 310 est le plus petit amphibie français existant. Cet appareil muni d’un moteur Lorraine de 120 ch est un monoplan à aile haute, à coque centrale
- Fig. 6. — L’amphibie Romano R-15.
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- Fig. 7. 1— L’amphibie Savoïa-Marchetti S-5G.
- et ballonnets. Il est entièrement en bois; la photographie (fig. 2) représentant la queue d’un appareil en cours de construction montre clairement, de quelle façon sont agencés les couples et les lisses sur lesquels viendra se fixer le contreplaqué qui permettra à l'ensemble de constituer une coque étanche. Cet appareil qui peut être utilisé comme hydravion pur, est, en amphibie, muni d’un train d’atterrissage relevable. Les deux roues sont fixées de chaque côté de la coque par l’intermédiaire de montants triangulaires.
- Un tube télescopique, actionné à l’air comprimé,
- Fig. 9. — Le Heinkel.
- permet d’effectuer les manœuvres de relevage et de descente du train.
- Le Schreck a F. B. A. » type 17, qui en hydravion est l’appareil école utilisé par la Marine, est muni d’un moteur Hispano 180 ch. Biplan, ses principes de construction sont sensiblement les mêmes que ceux de l’appareil précédent. Cependant la manœuvre du train d’atterrissage s’effectue mécaniquement, par l’intermédiaire d’écrou et vis sans fin.
- Les autres appareils existant sont munis de moteurs sensiblement plus puissants, ce qui en rend l’achat, et l’utilisation onéreux, et en permet très difficilement la diffusion parmi la clientèle privée.
- Le Blériot 290, qui a fait son apparition lors du dernier salon de l’aéronautique, est un ses-quiplan, également à coque, et pour lequel le bois est encore le matériau utilisé. Muni d’un moteur Salmson de 230 clp cet appareil réalise de très belles
- TT"'".
- Le Saro-Cloud.
- performances puisqu’il peut atteindre la vitesse de 180 km-heure.
- Signalons également le Schreck 290, appareil à 4 places et à moteur Lorraine de 300 ch, le Loire 50 qui a surtout
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- été conçu pour servir d’avion militaire, le Cams 37, appareil déjà ancien et qui en hydravion de surveillance a donné lieu à des très importantes commandes de série pour le compte de la marine française.
- Entre tous ces appareils on constate une assez grande analogie : construction en bois (sauf pour la Loire), ce qui s’explique par la difli-eulté qu’il y a à protéger les métaux légers contre la corrosion due à l’eau de mer et se justifie par le faible poids total de ees appareils; ce n’est guère, en effet, qu’à partir de 1,5 à 2 tonnes que l'utilisation du métal permet d'obtenir des gains de poids importants. L’hélice est propulsive, car il faut; en effet percher assez haut le moteur pour préserver l’hélice des atteintes de l’eau, et seule une hélice placée à l’arrière permet d’effectuer de façon commode les manœuvres à l’eau. Enfin les appareils comportent une coque, de préférence aux flotteurs, ce qui leur donne
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- Fig. 11.
- Le Dornier.
- de meilleures qualités marines et rend plus facile l’utilisation d’un train d’atterrissage relevable.
- Les appareils Romano et Viscaya, encore en cours de construction ou d’essais, s’écartent, par contre, sensiblement des formules précédentes.
- Le Romano R. 15, dont le prototype a été commandé par le ministère de l’Air, lors du concours des amphibies de tourisme, est encore en cours de construction. Ce monoplan canti-lever est muni de 3 moteurs Salmson de 60 ch chacun, ce qui n’est peut-être pas sans présenter quelques inconvénients pour un petit appareil de tourisme. En dessous de chaque flotteur, dans l’axe, se trouve une roue qui pour l’am-merissage peut s’éclipser dans le flotteur grâce à un mécanisme très ingénieux. Pour la construction de cet appareil, il est fait un large appel à l’emploi'du métal sous forme de tubes soùdés.
- Fig. 10. — Le Heinkel en vol.
- Le Viscaya 200 construit par la maison Caudron est également un monoplan cantilever à flotteurs. Le train d’atterrissage peut rentrer dans les flotteurs, selon un système analogue à celui du Romano.
- L’appareil est de construction entièrement métallique, y compris le revêtement de l’aile, des empennages et des gouvernes. Le matériau est le duralumin, les ferrures principales étant en acier inoxydable à haute teneur en chrome. Ceci donne à la construction une surabondance de liaisons réduisant au minimum les déformations et assurant à l’ensemble une sécurité très grande contre les ruptures accidentelles. De plus, le planeur est indéréglable, plus rigide que celui des appareils en bois et résiste mieux aux intempéries. Il convient également de signaler l’emploi généralisé des profilés ouverts tels que cornières, omégas, facilitant le rivetage. Chacune des deux roues du train est indépendante et montée sur une fourche articulée avec une cloison du flotteur. Cette fourche sort avec l’obturateur de fond lorsque la roue est remontée. L’obturateur est manœuvré par la 1 ourclie et ramené automatiquement à l’intérieur en position d’atterrissage. Il est encore impossible, à l’heure
- Fig. 12. •— Schéma du Sikorski.
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- i i CARACTÉRISTIQUES PERFORMANCES
- TYPE MOTEUR Nombre de plaees Envergure en mètres. Surface ponant* en m2. Poids total en kgs- Poids par w. Poids par m2. Vitesse maxim. en km/h Plafond. Rayon d’action en km. MODE DE CONSTRUCTION
- France.
- Schreclc 310 . . Lorraine 120 ch 2 12 21 1000 6,65 47,5 140 3400 300 Monoplan à aile haute, conduite intérieure, hélice propulsive, construction bois.
- Schreck 17. . . Hispano 180 ch 2 12,87 36,50 1425 7,9 39 155 3500 350 Biplan bois, torpédo, hélice propulsive.
- Loire 50 . ... Salmson 230 ch 2 ou 3 16 38 1800 7,3 45 155 3600 500 Monoplan à coque centrale, hélice propulsive, construction métallique.
- Blériot 290. . . Salmson 230 ch 3 14,60 32 1698 7,3 53 180 4000 550 Sesquiplan à coque, conduite intérieure, hélice propulsive construction bois.
- Schreck 290 . . Loi'raine 300 ch 4 13,10 40,15 2100 5,4 49,5 175 4000 550 Biplan bois, conduite intérieure, hélice propulsive.
- De Yiscaya 200 (Caudron, constructeur) Renault 100/115 ch 2 13 18 930 9,3 51,6 172 5000 450 Appareil en cours d’essai Monoplan cantilever à ailes repliables. Conduite intérieure, construction métallique et revêtement travaillant. Flotteurs, train rentrant dans les flotteurs.
- Roraano R. 15 . Italie. Savoïa Marchetti 3 Salmson 60 ch 3 14,40 26,3 1275 7 49 166 4500 )) Appareil en cours de construction. Monoplan cantilever à aile haute. Appareil à flotteurs avec train d’atterrissage rentrant dans les flotteurs. Un moteur dans l’axe, deux moteurs accrochés à l’aile. Construction métal en tubes soudés.
- S. 56 ... • Fiat 115 ch 2 10,40 )) » )) )) » » » Biplan constr. bois, torpédo.
- Amérique.
- Amphibie Budd 200 ch 4 10,70 27 1270 4,84 47 200 7300 pilote seul I) Biplan, torpédo, construit en acier inoxydable, selon le procédé Budd.
- Privateer II . . Warner 110 ch 2 11,58 19 950 8,61 51 150 » 450 Monoplan torpédo, coque bois.
- Keystone « Com-
- muter »... Wright 300 ch 4 12,19 41 1882 6 46,3 180 3650 600 Biplan conduite intérieure.
- Sikorski S. 39. . Pratt et Whitney « Wasp Junior » 300 ch 4 15,84 32,51 1815 6,1 55 190 5300 560 Monoplan à coque et ballonnets, construction métal, hélice tractive, forme caractéristique des Sikorski.
- Sikorski S. 40. . 4 moteurs Pratt et Witney donnant 2300 ch au total. 40 pas. 34,7 173 15420 6,3 88 210 )) 800 Sesquiplan à 4 moteurs en ligne. Construction caractéristique des Sikorski. Le plus grand amphibie du monde.
- Privateer III. . Angleterre. Saro « Cutty Continental 215 ch 12,80 27,86 1451 6,7 52 185 )> 650 Monoplan à hélice propulsive, conduite intérieure, construction en acier inoxydable soudé.
- Sark ». . . . 'Saro « Cloud » . 2 Armstrong Siddeley « Genet Major » 2 X 150 ch 4 13,7 29,8 1815 6,4 61 )) )) 4 h. Monoplan cantilever; coque et ballonnets. 2 moteurs en ligne, hélices tractives placées au-dessus des ailes. Cabine fermée, coque métalliq.
- Allemagne. 2 Hargoose de 340 ch chacun 9 19,50 72 4310 6,3 59 190 3820 600 Monoplan à coque. 2 moteurs en ligne, tractif au-dessus des ailes. Constr. métallique, amphibie commercial.
- Heinkel HE 15 . 1 Gnome et Rhône de 450 ch 2 » 44 2350 5,3 53,5 172 )) )) Biplan catapulte.
- Dornier «Libelle » Argus As 220 ch 8 cylindres à air 2 ou 3 13 25 1200 5,5 48 )) )) )> Monoplan cantilever à coque et ballonnets, hélice propulsive.
- U. R. S. S.
- S. II. 2 .... M.11 100 ch 3 13 24,7 940 9,4 37,6 136,5 3350 )) Sesquiplan à coque et hélice tractive. Construction bois.
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- actuelle, de formuler un jugement, sur ces appareils qui n’ont pas encore subi l’épreuve de la pratique. Leur formule est ingénieuse ; l’avenir nous dira si elle tient ses promesses.
- LES AVIONS AMPHIBIES ÉTRANGERS
- En Europe, les appareils amphibies sont véritablement peu nombreux. Signalons l’appareil italien Savoïa Marchetti S. 56, biplan, biplace, muni d’un moteur Fiat de 115 ch. Cet appareil, dont l’utilisation première est celle d’hydravion-école, peut également servir d’amphibie de tourisme et de transport économique. Il est entièrement construit en bois. C’est de cet appareil qu’est dérivé l’amphibie Budd à moteur 200 ch et entièrement construit en acier inoxydable soudé. Nous en avons donné une description détaillée dans un précédent numéro de La Nature.
- En Angleterre, la maison Saunders-Roe a créé deux appareils amphibies. Le Cutty Sack, monoplan cantilever à coque et ballonnets, est équipé de deux moteurs Armstron g-Siddeley de 150 ch chacun. C’tst un quadriplace de tourisme à coque métallique. Le Saro Cloud est de dimensions beaucoup plus importantes. Muni de deux moteurs de 340 ch chacun, il a un poids total de 4300 kg et peut transporter, en plus du pilote, 7 à 8 passagers. Sa vitesse maximum approche de 190 km/heure. Enfin en amphibie il peut emporter 500 kg d’essence, ce qui lui permet d’effectuer sans arrêt plus de 3 h. 1/2 de vol.
- Le Heinkel, monoplan, muni d’un moteur Pratt et Whitney de 400 ch, le Donner «Libelle » monoplan à coque à moteur de 220 ch, constituent les deux amphibies allemands de tourisme les plus intéressants.
- Enfin, signalons encore pour l’Europe, l’amphibie de tourisme 100 ch, construit par l’U. R. S. S.
- En Amérique, la question semble avoir été poussée plus à lond. Les Sikorski ont une ligne très caractéristique et la formule en est très bonne. La voilure sesquiplane, ou monoplane, selon les types d’appareils, se compose d’un plan supérieur auquel sont reliés les empennages par deux poutres rigides. Les empennages sont formés d’un gouvernail de profondeur placé dans le prolongement des poutres et soit de deux gouvernails de direction également dans le prolongement des poutres, soit d’une seule dérive équidistante de celles-ci. Sous l’aile sont fixés le ou les fuseaux moteurs, l’hélice étant tractive.
- Enfin à cet ensemble vient se fixer, par des mâts rigides,
- Fig. 13. — Le Privaieer.
- la coque qui affecte la forme d’un véritable bateau.
- Ainsi conçu, l’ensemble comportedeuxpartiesdistinctes, la partie avion et la partie bateau, chacune d’elles pouvant être réalisée indépendammen t de l’autre et sans compromis.
- Dans cette formule, signalons le S. 38, appareil commercial muni de deux moteurs de 420 ch chacun et pouvant emmener 10 passagers. Citons également le S 39 quadriplace de tourisme à moteur Pratt et Withney l 300 ch et enfin le S 40, de 15 tonnes, sans doute le plus grand amphibie « in the world ».
- Avec les Sikorski, rivalisent les Privateerde la « Amphi bious C°». Ce sont des monoplans à coque à hélice propulsive, le bâti moteur étant perché au-dessus de l’aile. La queue vient prendre naissance sur la partie arrière de la coque et donne à l’ensemble un profil assez séduisant.
- En examinant le tableau ci-contre, donnant les caractéristiques et performances des principaux amphibies du monde entier, on constate qu’à puissance et conditions égales les performances obtenues sontnettement inférieures à celles d’un avion terrestre. Vitesse maximum faible, se tenant pour la plupart des appareils autour de 150 à 160 km/heure, largement suffisante pour le tourisme ; mais rayon d’action nettement insuffisant. Pour les appareils français nous trouvons 300, ou 400 km sans vent. C’est que l’hydravion avec sa coque est déjà plus lourd qu’un appareil terrestre équivalent; quand on lui ajoute un train d’atterrissage, on réduit considérablement le poids disponible, la résistance aérodynamique supplémentaire due au train venant encore freiner la vitesse de l’appareil.
- Mais la difficulté capitale entravant le développement de l’amphibie de tourisme réside dans son prix élevé qu’expliquent son moteur plus puissant, sa coque délicate, son train d’atterrissage et son système de relevage souvent assez compliqué. Le prix normal d’un amphibie est au moins de 120 000 fr.
- Étant donné l’intérêt du problème, cette situation doit et peut être améliorée par un effort combiné des constructeurs et de l’Etat, donneur de primes. Il doit être possible aujourd’hui de construire un amphibie atteignant 170 à 180 km/heure, ayant en triplace 600 km de rayon d’action ; le prix de vente n’en devrait pas excéder 80000 francs et devrait être réduit à 40 000 par la prime d’État.
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- Cet appareil pourrait avoir un gros succès auprès du public.
- Encore faudrait-il qu’il trouvât toute facilité légale pour se poser sur les plans d’eaux si nombreux en France.
- Et dans ces conditions l’aviation privée française pourrait, à nouveau, faire un grand pas en avant.
- Jacques Desgranges,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- MASSACRES DE PLATANES
- D’après Mathieu (*) le Platane venu d’Orient (2) est un arbre magnifique qui, naturalisé en France, y atteint
- ment répandue ; on l’a largement utilisée au long des boulevards urbains et aussi sur les bas côtés des routes. A la ma-
- Fig. 1. — Bel exemple de marcotte, dans le parc de Clausonne, aux environs de Nîmes. Fig. 2 ef 3. — Sur la route nationale 106 entre Nîmes et Alès : avant et après! Fig. 4. — Somptuosité : l’avenue du château de Lamanou (Bouches-du-Fthône). Fig. 5 et 6. — Deux manières de
- massacrer les platanes d’un boulevard.
- de fort belles dimensions. Cette essence est d’une longévité remarquable, d’une croissanceparfois extrêmementrapide.
- La tige superbe, droite, cylindrique et nue jusqu’à TO et 20 m de hauteur, se ramifie en une vaste et puissante cime composée de grosses et longues branches qui procurent, avec leur large et abondant feuillage (jamais attaqué par les insectes) une ombre épaisse égale à celle du hêtre. Au bord des eaux il fait merveille et peut se régénérer sans nos climats à la faveur d’heureux concours de circonstances.
- Dans le midi de la France cette essence est particulière-
- 1. Flore forestière (Berger-Levrault). Plalanus orienlalis, p. 374.
- 2. Introduit dès 1642 à Fontainebleau.
- nière des Ficus des tropiques il peut se marcotter (fig. 1).
- Certaines de ces plantations vieilles de près de trois quarts de siècle forment de véritables voûtes de cathédrales.
- Malheureusement dans ce même midi, certaines municipalités et certains services publics, voiries départementales et même Ponts et Chaussées, soumettent ces dômes de verdure à des mutilations n’ayant aucun rapport avec la technique de la taille raisonnée des arbres. C’est que le mètre cube de bois de Platane vaut jusqu’à 120 francs et plus selon dimensions.
- Nous n'en voulons pour preuve que les photographies ci-jointes. R. D.
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- LE BICENTENAIRE DE PRIESTLEY
- Avec juste raison, la Société chimique de France, dans une séance solennelle tenue récemment à l’Institut Pasteur de Paris, a voulu s’associer à l’Angleterre pour commémorer le bi-centenaire de Joseph Priestley. Quelle sympathique et curieuse figure, en efîet, que cet encyclopédiste du xviixc siècle ! Il fut à la fois un philosophe distingué, un théologien subtil, un remarquable polyglotte lisant, à livre ouvert, l’hébreu, le syriaque, le grec et le latin, parlant, outre sa langue maternelle, le français, l’italien et le hollandais; il se révéla encore historien avisé, mais ce fut surtout un chimiste aux idées originales, passionné pour l’analyse, la critique des faits, l’observation et l’expérience.
- Il naquit le 13 mars 1733 à Fieldliead près de Leeds (York-shire) et son père, qui était fabricant de drap, mourut jeune le laissant dans le dénuement. Une tante riche et pieuse se chargea heureusement de son éducation. Montrant une prédilection marquée pour les sciences théologiques, lë jeune Priestley, à sa sortie du séminaire, devint d’abord pasteur de quelques petjtes communes, donnant avec succès des prédications à Needham-Market dans le Sufïolk (1755) puis à Nant-witch où il enseigna la physique et la chimie dans une école presbytérienne, tout en se livrant à ses premières recherches.
- Il professa ensuite les langues à Warington et peu à peu sa réputation grandit dans les milieux scientifiques. Sur les conseils de Franklin, il publia une Histoire de l’électricité (1767) qui lui ouvrit les portes de la Société Royale de Londres.
- Peu après, le marquis de Landsdown se l’attacha comme bibliothécaire et le prit pour compagnon de voyage sur le continent. Mais au bout de quelques années, il quitta la maison de ce seigneur et s’établit à Birmingham, car tout en poursuivant ses travaux chimiques, il ne perd pas de vue la théologie. D’abord calviniste, il embrasse la doctrine d’Arminius, puis son esprit changeant le porte vers l’arianisme et finalement il adopte le socinianisme.
- Son esprit, d’ailleurs, demeure sans cesse en ébullition et combat pour ce qu’il croit être la justice. Ainsi il défend les catholiques opprimés, accueille avec enthousiasme les principes de la Révolution française, mais au cours d’une émeute on brûla sa maison et il dut s’expatrier en Amérique en 1794. Là, il finit par trouver le repos dans sa petite ferme d’Hack-ney près de Northumberland (Pennsylvanie) où il s’éteignit le 6 février 1804.
- Telle fut la vie mouvementée de ce grand homme, que ses expériences et observations sur différentes espèces d’air (1772-1790) rqjigent parmi les créateurs de la chimie moderne. Dans ces volumes, qui forment son principal titre de gloire, Priestley
- étudia d’abord l’air fixe (acide carbonique), le voisinage d’une brasserie lui ayant permis de remarquer que la pression atmosphérique favorise la dissolution du gaz qui se dégage pendant la fermentation et qu’au moyen d’une machine à condenser on peut préparer une boisson ayant les propriétés de l’eau naturelle de Seltz ou de Pyrmont. Le sagace clergyman anglais est donc le véritable inventeur des eaux gazeuses artificielles. Parmi les autres « airs » qu’il découvrit ou dont il étudia les réactions, notons l’air inflammable (hydrogène), l’air nitreux (bioxyde d’azote) qu’il obtint dans son laboratoire, le 4 juin 1772, en traitant le cuivre par l’eau-forte puis en recueillant le gaz qui se dégage; l’air déphlogistiqué (oxygène) qu’il sut extraire du « précipité rouge » de mercure attaqué par l’acide nitrique mais dont il était réservé à Lavoisier de préciser les
- conditions de formation; l'air alcalin (ammoniac) préparé en chauffant une partie de sel ammoniac avec trois parties de chaux et l’air acide vitrio-lique (gaz sulfureux).
- Il découvrit égaleront l’oxyde de carbone et le phénomène de la respiration des végétaux.
- Ces travaux suffisent à lui mériter l’estime de la postérité et légitimement les louanges qu’on lui décerne encore à l’heure actuelle.
- On peut cependant regretter, comme l’écrit Iiœfer dans son Histoire de la chimie, que toutes ces précieuses découvertes aient été exposées sans ordre, puis reprises pour être corrigées ou perfectionnées. On perd ainsi souvent le fil conducteur au milieu d’un labyrinthe de détails, d’autant plus qu’aucune théorie ne présidait à ces recherches... Cependant ces défauts ne diminuent en rien la valeur de cet homme de génie. Comme tant d’autres, Priestley subissait le joug d’une fausse doctrine.
- En lui laissant même l’honneur qu’il semble d’ailleurs revendiquer lui-même de la découverte de l’oxygène, on n’ôtera par là rien au mérite de Lavoisier, d’avoir reconstruit tout l’édifice de la science avec des matériaux qui en
- d’autres mains seraient peut-être restés complètement
- stériles.
- La théorie du phlogistique, depuis longtemps dépouillée de son prestige, perdit en Priestley son dernier défenseur... Pour renverser l’empire d’un système, il suffit d’un esprit révolutionnaire; mais pour élever sur des ruines un édifice nouveau, il faut un génie créateur : Lavoisier eut l’un et l’autre. Toutefois le prestigieux « phlogisticien » dont on vient de célébrer la mémoire fit accomplir à la chimie de singuliers progrès grâce à ses dons d’expérimentateur hors ligne et, sur les champs qu’il défricha, ses successeurs ont déjà recueilli d’importantes moissons.
- Jacques Boyer.
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- PRESTIDIGITATION
- LE CYLINDRAGE MAGIQUE
- Fig. 1. — Exécution du cylindrage magique.
- Au lever du rideau, on aperçoit sur la scène deux énormes cylindres superposés comme ceux d’un laminoir. Ils sont en métal brillant, légèrement quadrillé, au moyen de rayures circulaires et longitudinales. Grâce à une manivelle tournée par deux hommes, les cylindres sont mis en mouvement. On voit la machine non de face, mais en bout. De chaque côté il y a une table à la hauteur de l’intervalle qui existe entre les deux cylindres et une planche peut glisser d’une table à l’autre en passant entre les cylindres éloignés l’un de l’autre de 0 m 30.
- Des spectateurs de bonne volonté sont demandés pour venir examiner l’appareil avec toute la minutie désirable; ils sont même invités à faire manœuvrer la manivelle et tourner les cylindres.
- Le prestidigitateur introduit alors un homme de corpulence moyenne, vêtu d’un costume moyenâgeux quelconque. L’homme se couche sur la planche à droite de l’appareil, les pieds près des rouleaux. On apporte un léger écran figuré en
- /V'b w* 'eJU
- pointillé sur la figure schématique. L’appareil est mis en mouvement : le prestidigitateur pousse la planche avec l’homme qui derrière l’écran passent entre les cylindres et sortent de l’autre côté, mais un changement s’est opéré : sur la planche ce n’est plus un homme qui est couché, c’est une jeune femme fort élégamment vêtue d’un costume genre acrobatique, maillot complet, caleçon pailleté, etc. L’écran est enlevé, l’appareil continue à tourner, rien n’est changé et des spectateurs peuvent revenir pour visiter à nouveau l’appareil.
- Le truc est assez simple; il exige surtout beaucoup de souplesse de la part des deux personnages. Les deux cylindres portent chacun une trappe absolument invisible, même de très près, grâce au quadrillage du métal. Ils tournent en sens inverse et à chaque rotation les deux trappes se retrouvent en face l’une de l’autre à une légère distance calculée. Le prestidigitateur pousse la planche avec l’homme. Celui-ci couché sur la planche côté du public, appuie ses jambes sur une trappe à ressort qui correspond avec celle du cylindre inférieur s’ouvrant également à ressort et se laisse glisser pendant que les trappes se referment.
- De son côté la femme a profité d’une trappe semblable pratiquée dans le cylindre supérieur et s’est laissée glisser sur la planche du côté opposé au public à côté de l’espace que l’homme occupe encore partiellement.
- Cette expérience dépend autant de l’acrobatie que de la prestidigitation. C’est ce qui arrive très souvent dans les présentations nouvelles.
- Le prestidigitateur,
- Alber. Fig. 2.— Mécanisme de l’opération.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PROTECTION DES STOCKS DE GRAINS CONTRE LES INSECTES ET LES RONGEURS
- M. Yayssière, directeur adjoint de la station centrale d’entomologie, vient de présenter à la Ligue nationale de lutte contre les ennemis des cultures une communication d’un grand intérêt économique sur les moyens de détruire les rongeurs et les ' insectes qui détruisent les Réserves de grains.
- Contre les rongeurs (rats, souris, mulots), il préconise, en plus des pièges, le moyen suivant : pendant 2 jours de suite, on fait des boulettes de farine de blé et d’eau qu’on dispose dans les greniers et magasins, en ayant soin de ne laisser aucune autre nourriture à la disposition des prédateurs. Le 38 jour, on place aux mêmes endroits des boulettes de même grosseur, formées de :
- Scille en poudre.......................................... 5 gr.
- Sucre en poudre......................................... 15 gr.
- Farine..................................................150 gr.
- Eau : quantité suffisante pour faire une pâte consistante. Contre les insectes, outre la chloropicrine et l’acide cyanhydrique, tous deux très toxiques, la chaleur coûteuse à produire et difficile à appliquer correctement, on peut choisir un des liquides suivants :
- Bromure de méthyle : liquide très volatil à la température ordinaire
- dont les vapeurs, plus lourdes que l’air, sont très efficaces contre les insectes des grains. Il suffit de verser le liquide sur les grains à traiter à raison de 60 gr par mètre cube d’espace.
- Peu toxique pour l’homme si ce n’est à doses massives. Incombustible et aucune action nuisible sur les grains.
- Oxyde d’éthylène : liquide très volatil à la température ordinaire, dont les vapeurs, plus lourdes que l’air, sont également très efficaces contre les insectes des grains. Comme pour le précédent, verser le liquide sur les grains à traiter à raison de 60 gr par mètre cube d’espace.
- Peu toxique pour l’homme, mais les vapeurs, qui n’ont aucune action nocive sur les grains, sont inflammables quoique moins dangereuses que celles du sulfure de carbone.
- Des recherches sont en cours pour fournir très prochainement aux agriculteurs un mélange insecticide ininflammable d’oxyde d’éthylène et de bromure de méthyle. Enfin, il y a lieu de signaler qu’on trouve dans le commerce des produits insecticides qui sont constitués par un mélange d’oxyde d’éthylène et de gaz carbonique et qui ont été préparés en vue du traitement des grains.
- Quand on opère dans des greniers, il est utile de recouvrir soigneusement les tas de grains avec des bâches à texture serrée, pour empêcher la fuite des vapeurs.
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- = BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1933 (‘)
- On trouvera ci-après la description des phénomènes célestes que l’on pourra observer pendant le mois de septembre. Ils sont nombreux et intéressants. Entre autres nous signalons l’observation du croissant lunaire dans la matinée du 18 septembre (voir plus loin).
- I. Soleil. — Le Soleil traversera l’équateur céleste le 23 septembre, à 12“. Ce sera le commencement de l’automne astronomique. La déclinaison du Soleil, de + 8° 21' le 1er septembre, à 12“, passe par 0° 0' le 23 et ne sera plus que de — 2° 44' le 30.
- La durée du jour diminue très vite ce mois-ci, surtout le soir. Elle sera de 13“ 27m le 1er et de 11“ 45m le 30. A la fin de septembre, il l'ait jour vers 5“ du matin et nuit vers 6“ du soir.
- Voici le tableau du Temps moyen à midi vrai, ou l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Date. Heure du passage. Date. Heur e du passage
- Septembre 1 01 11“ 50“ 418 Septembre 17 11“ 45“ 13“
- — 3 11 50 2 — 19 11 44 31
- .— 5 11 49 23 — 21 11 43 49
- — 7 11 48 43 — 23 11 43 .7
- — 9 11 48 2 — 25 11 42 26
- — 11 11 47 20 — 27 11 41 45
- — 13 11 46 38 — 29 11 41 4
- — 15 11 45 58
- Observations physiques. — Voir ce que nous avons dit concernant l’observation quotidienne et fréquente du Soleil dans les « Bulletins astronomiques » pour juin et juillet 1933 (n“ 2904 et 2906).
- Voici maintenant les Ephémérides permettant l’orientation des dessins et des photographies du Soleil (pour la détermination des surfaces tachées, consulter Y Annuaire astronomique Flammarion).
- Dates.
- (0“, T. U.) P B„ L„
- Septembre 3 + 21“ 57 + 7“ 22 80°,48
- — 8 + 22°,73 + 7°,25 14°,44
- — 9 + 22°,94 + 7°,25 1°,24
- — 13 + 23°,74 + 7°,22 308“,42
- — 18 + 24°,60 + 7°,14 242“,41
- — 23 + 25°,30 + 7°,01 176“,42
- — 28 + 25°,83 + 6°,83 110“,43
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient bien visible le matin, bien avant l’arrivée de l’aurore. On la trouvera, inclinée sur l’horizon, suivant les constellations zodiacales. Dans les matinées pures et sans clair de Lune, à la campagne, elle attire immédiatement l’attention par son éclat supérieur à celui de la Voie lactée. On notera son éclat et sa forme, repérée à l’aide des étoiles visibles.
- La période la plus favorable pour cette observation sera
- 1. Nous rappelons ici que toutes les heures figurant dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit). L'heure d'été étant encore en service ce mois-ci, ajouter lh à toutes" les heures mentionnées dans ce Bulletin.
- celle du 17 au 28 septembre, pendant laquelle la Lune ne gênera pas.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée, vers minuit, du 20 au 28 septembre, dans la région située au-dessous des étoiles C et o> des Poissons, et en l’absence de toute lumière artificielle, par conséquent loin des villes éclairées.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en septembre, seront les suivantes :
- P. L. le 4, à 5“ 4m N. L. le 19, à 18“ 21“
- D. Q. le 11, à 21“ 30“ P. Q. le 26, à 15“ 36“
- Age de la Lune, le 1er septembre, à 0“ (T. U.) = ÎO1^: le 20 septembre, à 0“ = 0‘,2. Pour toute autre date du mois à 0“, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 20. Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 12, à 9“ = + 28“ 3'; le 26, à 3“ = —- 27“ 56'.
- On remarquera la faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon le 26 septembre, vers 18“, moment du passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 12 septembre, à 9“. Parallaxe = 54T5". Distance = 404200 1cm.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 25 septembre, à 11“. Parallaxe = 59'20''. Distance = 369 570 1cm.
- Occultations d’Eloiles par la Lune. — Le 3 septembre, occultations de l’étoile p. Capricorne (5“,2). Immersion à 2“ 0“,5.
- Le 15, occultation de 9 Cancer (6“,2). Emersion à 3“ 44“,5.
- Le 28, occultation de 36 B. Capricorne (6“,2). Immersion à 18“58“,5.
- Croissant lunaire; lumière cendrée de la Lune. — L’Annuaire astronomique Flammarion recommande d’obsei'ver le fin croissant lunaire dans l’aube du 18 septembre. Ce jour-là, à Paris, l’aube commencera à 3“ 45“. La Lune se lèvera à 3“ 52“ et le Soleil à 5“ 31“. La nouvelle Lune ayant lieu le lendemain 19, à 18“21“, on voit donc qu’au moment du lever de la Lune, il s’écoulera encore 38 heures et demie jusqu’à la néoménie. Cette observation est difficile et Y Annuaire la signale comme remarquable. Elle peut être faite avec une simple jumelle. En outre, elle peut présenter un intérêt scientifique : si l’on est favorisé par les circonstances, nous entendons par là un ciel très pur et des images peu agitées à l’horizon, il conviendra de mesurer l’angle au centre des cornes du croissant, c’est-à-dire l’angle formé en joignant les deux pointes du croissant au centre de la Lune. Théoriquement, si la Lune était une sphère parfaitement lisse, le croissant aurait toujours 180°. Pratiquement, il en est loin d’être ainsi et les irrégularités de la surface lunaire réduisent considérablement l’ouverture de cet angle. Les lecteurs de La Nature qui auront la chance de faire cette observation et de mesurer l’angle des cornes du croissant sont priés d’en informer M. le Directeur de l’Observatoire de Strasbourg. Noter toutes les circonstances de l’observation, l’heure et si possible, faire plusieurs mesures. Prendre, si l’on peut, des photographies.
- La lumière cendrée de la Lune sera remarquable dans les matinées du 15 au 17 septembre. L’observer chaque matin, ce sera une bonne préparation à l’observation du 18.
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- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 3 au 8 septembre, à l’époque de la pleine Lune (coefficient maximum 103 centièmes le 5 septembre), et à l’époque de la Nouvelle Lune, du 18 au 23 septembre (coefficient maximum 102 centièmes, le 21).
- Le mascaret, en raison de ces fortes marées, se produira fréquemment ce mois-ci, comme le montre le tableau suivant :
- Date Coefficient de la marée Heure de l’arrivée du Mascaret à Quillebeuf Villequier Caudebec
- Septemb: re 4 101 19“ 47“ 20“ 24“ 20“ 33”
- — 5 103 8 5 8 42 8 51
- •— 5 103 20 22 20 59 21 8
- — 6 102 8 40 9 17 9 26“
- — 6 100 20 57 21 34 21 43
- •— 20 100 19 58 20 35 20 44
- — 21 102 8 14 8 51 9 0
- —. 21 102 20 32 21 9 21 18
- — 22 101 8 47 9 24 9 33
- Ces heures sont approximatives, comme le fait remarquer l’Annuaire du Bureau des Longitudes, la quantité d’eau douce débitée par la Seine, la direction et la force du vent, la pression barométrique et l’état très variable de la barre et des bancs dans l’estuaire du fleuve ayant une grande influence sur la formation du mascaret.
- III. Planètes. — Le Tableau suivant, qui est dressé à l’aide des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion, donne les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de septembre 1933.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 12 septembre, à 12“. Il sera donc inobservable ce mois-ci.
- Etant situé, pour nous, au delà du Soleil, il se trouve éclairé presque de face et la portion illuminée du disque sera de 0,94 le 3 septembre; 0,99 du 8 au 18; 0,97 le 23 et 0,94 le 28. Elle atteindrait 1,00 si Mercure, pour nous, passait juste derrière le centre du Soleil. Ces chiffres n’ont, d’ailleurs, qu’un intérêt théorique, puisque la planète est alors invisible.
- Vénus devient un peu mieux visible dans le crépuscule, mais elle est très basse sur l’horizon, se couchant le IG septembre 1“ 10® après le Soleil. Voici la phase de Vénus en septembre.
- Date. Disque illuminé Diamètre Magnitude
- — — — —
- Septembre 3 0,80 13",3 — 3,4
- —• 8 0,79 13",6 — 3,4
- — 13 0,77 14",0 — 3,5
- — 18 0,76 14", 4 — 3,5
- — 23 0,74 14",9 — 3,5
- —- 28 0,73 15",3 — 3,6
- Mars est un peu mieux visible que Vénus, se couchant
- environ 20 minutes plus tard. Il est très bas sur l’horizon et comme son diamètre est très réduit par suite de son éloignement (environ 5") il ne faut guère espérer voir des détails sur son disque, d’autant plus que la qualité des images laissera presque toujours à désirer. Les observations, pour cette apparition de Mars, sont terminées.
- Petites Planètes. — Cérès, la première des petites planètes dans l’ordre des découvertes, sera en opposition le 14 octobre prochain et atteindra la magnitude 7,7.
- Voici quelques positions où l’on pourra la rechercher en septembre.
- ASTRE Dates : Sept1,re Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris ('). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- ' / 6 ' 5“ 14“ 11“ 49” 38 18“ 23“ 10“ 59“ + 6» 31' 31' 47"8 Lion |
- Soleil. . .| 16 5 28 11 45 35 18 2 10 35 + 2° 43 31 52,6 Lion \ »
- 26 5 42 11 42 5 17 41 12 11 — 1 10 31 58,0 Vierge
- 1 6 4 41 11 32 18 24 10 39 + 10 30 5,0 53 Lion
- Mercure . . 16 5 47 12 2 18 17 11 48 + 2 46 4,8 B Vierge i Inobservable, en conjonc-
- 26 6 44 12 24 18 4 12 50 — 4 58 4,8 Vierge tion avec le Soleil le 12.
- 6 8 32 14 1 19 31 13 9 — 7 10 13,6 Vierge
- Vénus . . . | 16 9 0 14 6 19 12 13 53 — 12 3 14,2 a Vierge fUnpeuvisibleaucrépuscule.
- 26 9 28 14 12 18 55 14 38 — 16 31 15,2 a Balance J
- 6 10 14 15 9 20 4 14 18 — 14 22 5,2 X Vierge
- Mars. . . . 16 10 13 14 56 19 40 14 44 — 16 34 5,0 a Balance Un peu visible après le
- \ 26 10 12 14 44 19 17 15 12 — 18 37 4,8 Ç Balance crépuscule.
- Jupiter. . . 16 6 13 12 17 18 22 12 6 + 0 31 28,6 7] Vierge Inobservable.
- Saturne . . 16 16 29 21 1 1 34 20 52 — 18 35 16,4 0 Capricorne Première partie de la nuit.
- Uranus. . . 16 19 4 1 52 8 40 1 40 + 9 43 3,6 o Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune . . 16 . 4 18 11 0 17 41 10 49 + 8 26 2,4 53-56 Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- Dates. Ascension droite. Déclinaison. lors d’un jour quelconque et pour un lieu déterminé situé
- — — — hors du méridien de Paris.
- Septembre 21 1» 31m,4 — 6“ 16' Heure Temps
- — 29 1 25 6 — 6 56. du passage. sidéral.
- Dates. Passage. (T. U.) à 0» (4)
- Arnphitrite, la petite planète n° 29 arrivera en opposition — — — —
- avec le Soleil le 8 septembre, et atteindra la magnitude 8,9. Septembre 8 Supérieur 2» 23“ 17s 23» 6“ 25s
- Voici quelques- unes de ses positions — 18 — 1 44 5 23 45 51
- — 28 — 1 4 53 0 25 16
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- — — — Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu,
- Septembre 5 23» 8m,4 — 7° 57' de l’étoile variable Algol (13 Persée) : le 3 septembre, à 19» 39m;
- — 13 23 0 ,8 — 8 21 le 18, à 3» 42“ ; le 21, à 0» 31“ ; le 23, à 21» 19 m
- — 21 22 53 ,5 8 42 Maximum d’éclat de R Bouvier (var. de 5: “, 9 à 12“,8 en
- 29 22 47 ,1 — 8 56 225 jours) le 3 septembre.
- Jupiter est inobservable. Il se trouvera en conjonction avec le Soleil le 27 septembre, à 6h.
- Saturne est visible une bonne partie de la nuit, et dès la fin du crépuscule.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 15 septembre :
- Grand axe extérieur............... 41",14
- Petit axe extérieur...................+ 12",57
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau.....................+ 17°,81
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau...................-f- 16°,21
- Maximum d’éclat de T Baleine (var. de 5m, 2 à 6“,0 en 156 jours), le 10 septembre.
- M’inima d’éclat de [3 Lyre (var. de 3m,4 à 4m,3 en 12,91 jours) les 1,3; 14,2 et 27,1 septembre.
- Étoiles filantes. — Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, la liste des essaims actifs en septembre. Ce tableau a été dressé par le regretté W.-F. Denning, il y a déjà quelques années.
- Il serait bien important de Je compléter et de le remettre à jour. C’est là un travail à la portée de tout amateur sérieux et consciencieux. C’est aussi un travail de longue haleine, fort intéressant à entreprendre.
- Voici ce cableau.
- Élongations de Titan, le plus lumineux des satellites de
- Saturne :
- Date. Élongation Heure
- Septembre 4 Orientale 5»,7
- — 12 Occidentale 10,8
- — 20 Orientale 3,6
- — 28 Occidentale 8,9
- Uranus va se trouver en opposition avec le Soleil le 19 octobre prochain. Il est ainsi visible presque toute la nuit. Pour chercher Uranus sur le ciel, on s’aidera de la petite carte que nous avons donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2906, du lor juin 1933 (page 516).
- Une simple jumelle suffit pour voir Uranus.
- Neptune est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil le 2 septembre, à 21».
- Epoque. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Sept. 1er 282° + 41° a Lyre
- — 3 354 + 38 14 Andromède
- — 3 au 14 346 + 3 [3-y Poissons
- — 6 au 8 62 + 37 s Persée
- — 8 au 10 78 + 23° £ Taureau
- — 13 68 + 5 P. IV. 236.
- — 15 au 20 10 + 35 P Andromède
- — 15 et 22 6 + 11 v Pégase
- — 20 et 21 103 + 68 42 Girafe
- — 21 et 22 74 + 44 a Cocher
- — 21 et 25 30 + 36 (i Triangle
- — 21 31 + 18 a Bélier
- — 29 et 30 24 + 17 y Bélier
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte étoilée, le 1er septembre, à 21», ou le 15 septembre à 20h, est le suivant :
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Au Zénith : les étoiles a et 6 du Cygne.
- Le 2, à lh, Saturne en conjonction avec la Lune, à 0°39 N.
- Le 7, à 6», Mercure Le 7, à 20h, Uranus Le 11, à 12», Mercure Le 19, à 7h, Mercure Le 20, à 8h, Jupiter Le 20, à llh, Mercure Le 22, à 22», Vénus Le 23, à 15», Mars Le 28, à 21», Jupiter Le 29, à 6», Saturne
- Neptune, à 1° 2' N. la Lune, à 5° 33' S. cr Lion (4m2), à 0° 3' N. Jupiter, à 0° 3' S. la Lune, à 4° 30' N. la Lune, à 4° 29' N. la Lune, à 4° 18' N. la Lune, à 4° 36' N. 7] Vierge (3m9) à 0° 18' S. la Lune, à 0° 41' N.
- Étoile polaire-, Temps sidéral. — On trouvera ci-dessous quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris. La connaissance de ces passages suffit pour calculer le passage
- Au Nord: Le Cocher (Capella à l’horizon); la Petite Ourse; la Grande Ourse; Céphée.
- A VEst : Andromède; Pégase; le Bélier.
- Au Sud-Est : Le Verseau.
- Au Sud : Le Dauphin; la Flèche; l’Aigle; le Capricorne; le Sagittaire.
- A l’Ouest : La Lyre; Hercule; Ophiuchus; le Bouvier; la Couronne boréale ; le Serpent.
- Les étoiles p de la Balance et (3 du Scorpion vont disparaître à l’horizon occidental.
- Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- 134 = LES PROGRÈS DE LA PHOTOGRAPHIE
- LES TENDANCES GÉNÉRALES
- 'L'Exposition de la photographie et du cinématographe, organisée au Parc des Expositions, a permis de se rendre compte d’une manière plus nette, des progrès de la photographie et du cinématographe d’amateurs, ainsi que des tendances générales de la construction des appareils correspondants; c’est pourquoi il est intéressant de revenir sur certaines caractéristiques particulières du matériel exposé.
- Il était naturel, sans doute, que la crise économique amenât en quelque sorte, une « démocratisation » de la photographie. Sous l’effet de la nécessité commerciale, les constructeurs ont dû s’efforcer de présenter des appareils, non seulement de prix d’achat moins élevé, mais encore permettant d’effectuer à moins de frais des épreuves directes ou agrandies. Il est remarquable qu’ils aient réussi bien souvent à obtenir ce
- Fig. 1. — Le Minifex Tirantg à films de 16 mm, à peine plus gros qu’une boîte d’allumettes.
- résultat sans diminütion de la qualité des systèmes de prise de vues, et même à réaliser de nouveaux dispositifs assez originaux.
- Devant l’intérêt de plus en plus grand manifesté par les amateurs photographes avertis, et même par le grand public, pour la cinématographie d’amateurs, les constructeurs se sont d’autre part, ingéniés de la même manière à réaliser des caméras de prises de vue et des projecteurs d’enregistrement, de prix de plus en plus accessibles à la grande masse des amateurs moyens. Pour la même raison, l’emploi du film de format très réduit tend de plus en plus à s’imposer, et même les anciens partisans étrangers du film de 16 mm ont senti la nécessité d’établir des bandes de format encore plus réduit afin de diminuer les prix de revient des enregistreurs et des projecteurs, et surtout le prix des bandes de films et de leur traitement.
- Cette nécessité a sans doute donné naissance au nouveau film américain de 8 mm.
- Les perfectionnements de la construction des caméras de prise de vues et des appareils de projection, l’amélioration des émulsions permettent désormais d’obtenir avec des films réduits de 16 mm par exemple, ou même de 9,5 mm, des
- œuvres cinématographiques qui ne sont pas dénuées d’intérêt même au point de vue semi-professionnel. Il commence donc à se former toute une catégorie d’amateurs éclairés, qui adoptent des caméras de format réduit pour tourner des bandes artistiques, des films d’enseignement ou d’actualité.
- A leur intention, les constructeurs ont étudié de nouvelles caméras, possédant une grande partie des perfectionnements apportés aux appareils professionnels.
- Il est même possible d’obtenir avec des films de format réduit des effets qu’on ne peut réaliser avec le film standard de 35 mm, puisque désormais l’amateur a à sa disposition des bandes de film pour la cinématographie en couleurs des 16 mm, établis suivant le principe Kellei'-Dorian, par les maisons Kodak et Agfa par exemple, alors que la cinématographie en couleurs professionnelle n’est pas encore entrée dans une phase d’application pratique.
- Les amateurs de photographie proprement dite s’intéressent de plus en plus aux appareils de format très réduit. Ces derniers sont maintenant établis sous une forme de plus en plus pratique et perfectionnée, malgré leur faible encombrement, et le prix des épreuves négatives de très faible format ainsi réalisées est peu élevé.
- Sans doute les clichés négatifs ne peuvent-ils généralement servir à établir directement des épreuves positives, en raison de leurs petites dimensions, mais les agrandissements sont désormais rendus plus faciles par la création de dispositifs très simplifiés à fonctionnement presque automatique. De cette manière, on peut sans grands frais effectuer un très grand nombre de clichés négatifs, et choisir tout à loisir ceux qui méritent d’être agrandis.
- Enfin, de nombreux accessoires ingénieux sont présentés aux amateurs photographes ou cinéastes, et accroissent la facilité ou le plaisir de l’enregistrement ou de la projection.
- LES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES « MINIATURES »
- De plus en plus petit, telle semble être la devise de nombreux fabricants. Nous avons eu l’occasion de décrire dans des chroniques précédentes les appareils photographiques de précision, malgré leur faible encombrement, tels que le Leica de Leitz, vendu par la maison Tiranty, ou le Contax de la maison Zeiss-Ikon. Ces appareils fonctionnent avec des bandes de films « standard », assurant l’obtention de clichés de 24 X 36 mm; le film est du format normal de 35 mm. On sait que l’image cinématographique ordinaire est de 18 X 24 mm; avec ces appareils, on obtient des négatifs deux fois plus grands, soit 24 mm X 36 mm, et grâce à la qxialité des objectifs et à la précision du montage, ce format est suffisant pour obtenir des images très agrandies.
- On a réussi maintenant à établir des appareils encore beaucoup plus petits. Ce ne sont plus des appareils de poche, mais même des « appareils de gousset », à peine plus grands qu’une boîte d’allumettes ! De même que les appareils précédents utilisaient le film standard de 35 mm, ces nouveaux appareils emploient le film de format réduit de 16 mm non perforé, ce qui permet d’obtenir des clichés négatifs de 13 sur 18 mm (%• !)•
- L’appareil Minifex Tiranty ne pèse ainsi que 185 gr : les bobines de film cinématographique de 16 mm non perforé sont préparées pour 36 vues; les négatifs sont facilement agrandis en 6 X 9 ou en 13 X 18; la mise au point se fait
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- par une monture hélicoïdale, et, grâce au court foyer des objectifs employés (25 mm), la profondeur de champ est considérable.
- Un agrandisseur spécialement conçu pour cet appareil donne la possibilité d’agrandir les vues jusqu’à 18 X 21 cm, et un grand nombre d’accessoires sont étudiés pour rendre l’emploi de l’appareil encore plus agréable.
- Notons, d’ailleurs, à ce propos, que les constructeurs des appareils pour films de format standard et, en particulier, Leica et Contax continuent à étudier des accessoires de plus en plus perfectionnés pour la prise de vues, la projection et le traitement des films de ces appareils. Il existe même des dispositifs permettant la stéréoscopie avec deux vues 18 X 24.
- D’ailleurs, ces appareils de petit format, mais de grande précision, sont employés désormais pour des usages professionnels, non seulement pour le reportage, mais pour la reproduction des documents, la microphotographie, la photographie chirurgicale, la reproduction des radiographies, etc.
- L’APPAREIL PHOTOGRAPHIQUE POPULAIRE
- Les appareils automatiques du genre Brownie, bien connu, ont permis la diffusion de la photographie dans la grande masse du public. Ces appareils, simples, bon marché, sans mise au point, permettent, en effet, d’assurer Je succès de la formule bien connue : « Pour faire de bonnes photographies, pressez le bouton, le photographe professionnel se charge du reste » (c’est-à-dire du développement des négatifs et du tirage des positifs).
- Sans doute ces appareils simplifiés sont munis simplement, la plupart du temps, d’objectifs achromatiques à ouverture relativement grande, mais, comme ils ne sont destinés qu’à servir dans de bonnes conditions d’éclairage, les qualités de ces objectifs sont tout à fait suffisantes. Bien plus, les appareils de ce genre, très simples, permettent souvent aux amateurs non exercés d’obtenir de bien meilleurs, ou tout au moins d’aussi bons résultats, que s’ils adoptaient des systèmes perfectionnés et coûteux, mais d’une manœuvre plus délicate.
- Nous avons pu examiner cette année un assez grand nombre de nouveaux appareils de ce genre, présentant des particularités de construction intéressantes et établis à des prix de plus en plus avantageux. C’est ainsi que le Méril-Box présente sous une forme très heureuse, dans un boîtier incassable en bakélite, muni d’un objectif d’ouverture F/11 avec trois diaphragmes, d’un obturateur pose et instantané, de deux pas de vis pour pied, et d’un pas de vis pour propulseur à distance peut être considéré, grâce à son faible prix de vente, comme un modèle populaire par excellence. Il est d’ailleurs établi soit pour pellicules de 4 X 6 1/2, soit pour pellicules de 6 X 9 (fig. 2).
- Nous avons déjà eu l’occasion d’indiquer l’appareil Box Tengar, Zeiss Ikon, de forme très réduite, qui permet d’obtenir seize vues 3x4 sur une bobine de pellicule 41/2 X 6, type Vest Pocket.
- L’appareil Lumière Lumi-Box, 6 X 9, en boîte entièrement métallique, est également fort bien présenté.
- D’un prix très modique, il est muni de deux viseurs, de deux écrous au pas du Congrès et d’un déclencheur, son obturateur permet de faire la pose et l’instantané.
- Ces appareils simplifiés et de prix assez modiques ne sont plus nécessairement des appareils rudimentaires, démunis des perfectionnements les plus modernes. Les appareils que nous venons d’indiquer sont déjà des modèles vraiment perfectionnés, qui permettent d’obtenir de bons résultats avec le minimum de difficulté.
- Les constructeurs ont réussi même, bien souvent, à établir des modèles populaires possédant des caractéristiques autrefois réservées à des appareils de grand prix. C’est ainsi qu’un appareil Voigtlânder à pellicules 6x9, permettant d’effectuer douze poses de format 6 X 6 a exactement la même forme que les appareils reflex des professionnels, et des reporters, et qui permettent de faire une exacte mise au point du sujet avant la prise de vue (fi 3).
- A la vérité, pourtant, on ne peut pas dire que cet appareil soit un véritable réflex, parce qu’il permet bien d’apercevoir l’image droite et exacte de la photographie à prendre, mais non pas d’effectuer directement la mise au point. Il comporte simplement en réalité un . viseur de grandes dimensions avec un capuchon métallique pliant de protection et objectif de visée extra-lumineux qui donne une grande clarté. La mise au point s’effectue très facilement à l’aide de trois repères : « paysage », « groupe », « portrait », la monture de l’objectif anastigmat étant hélicoïdale.
- L’appareil est entièrement métallique et, grâce à sa courroie, permet la prise de vues avec les deux mains libres, sans l’usage d’un pied.
- Le système de chargement est très pratique et, grâce à un compteur actionné par le film lui-même, on ne peut faire aucune erreur ni superposition.
- LES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES PERFECTIONNÉS
- Pour les amateurs passionnés et avertis, qui désirent avoir à leur disposition des appareils de grande précision, munis
- Fig. 3. — L’appareil « Brillant "-Voigllander, genre Réflex.
- Fig. 2. — Le Merii-Box-Maduba, appareil populaire.
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- d’un très grand nombre de perfectionnements, les constructeurs ont également établi des modèles originaux et munis de détails de construction tout à fait nouveaux. C’est ainsi qu’un modèle Voigtlander représenté sur la figure 4 présente la particularité de permettre d’obtenir deux formats : 6 X 9 ou 4,3 X 5,5 par simple application d’un cache à même la pellicule.
- Cet appareil est muni, pour la mise au point, d’un télémètre qui permet une opération rapide et parfaite. Comme dans tous les appareils de ce genre, la molette de mise au point permet de juxtaposer parfaitement les deux tronçons de l’image vus dans la lunette. Le télémètre est accouplé avec l’objectif, ce qui permet d’assurer une mise au point automatique.
- Cet appareil est également muni, ce qui fait son originalité, d’un posemètre placé latéralement. En connaissant simplement le degré de rapidité des films employés, et en visant à travers un écran le sujet à photographier, il suffit de tourner un disque ajouré jusqu’au moment où l’on voit disparaître des traits repères pour déterminer le temps de pose convenable en fonction du diaphragme que l’on désire employer.
- L’appareil est entièrement métallique, il est muni d’un objectif à grande ouverture monté sur un obturateur de précision permettant l’instantané jusqu’à 1/250. L’ouverture et la fermeture sont automatiques et la mise en place du film est très simple.
- Il existe également des appareils plus simplifiés qui permettent désormais d’utiliser à volonté deux formats, soit 6X9, et 4,3 X 5,5, soit 6,5 X 11 et 5,3 X 6,5. Cette faculté de modification des formats est fort intéressante, car on peut ainsi, soit exécuter des clichés destinés à l’agrandissement, soit des clichés qui serviront pour impressionner directement des positifs.
- Fig. 4. — Le « Voigtlander > Inos II, à deux formais, muni d'un télémètre et d’un posomèlre.
- LA STÉRÉOSCOPIE
- Les appareils stéréoscopiques classiques à magasin à plaques gardent encore des partisans. La plaque 6 X 13 ou même 4,5 X 10,7 peut d’ailleurs être remplacée par des films rigides qui se montent également dans les châssis spéciaux d’un magasin; celui-ci,par là même,devient beaucoup plus léger et plus maniable.
- Les principaux constructeurs d’appareils stéréoscopiques s’efforcent, sans diminution de la qualité, d’établir des appareils perfectionnés à des prix accessibles à l’amateur moyen. Nous pouvons signaler, par exemple, le nouveau modèle Summum, 6 X 13, entièrement métallique, dont le poids n’est que de 800 gr. Ce modèle est muni d’un système de décen-trement en hauteur de 15 mm et vers le bas de 5 mm. L’obturateur stéréoscopique permet les instantanés jusqu’à 1/250 de seconde. La mise au point jusqu’à 2 m s’effectue par avancement d’une lentille frontale.
- Cet appareil simplifié, muni d’objectifs de F/4,5, d’un magasin à douze plaques, de châssis nickel ou encore d’un magasin à films-packs est un modèle simplifié sans doute, mais qui permet cependant d’effectuer les travaux les plus sérieux.
- Un autre modèle un peu plus coûteux, du même genre, établi par le même fabricant et comportant un boîtier métallique gainé est d’un poids encore plus réduit : il ne pèse en effet que 690 gr. Ses dimensions arrière sont de 15 sur 7 1/2 et ses dimensions avant sont de 13 X 6 cm.
- La mise au point s’effectue par monture hélicoïdale et un grand viseur clair d’un type spécial permet la visée à hauteur de l’œil. Une table de profondeur de champ, fixée sur le boîtier indique, d’autre part, les limites de mise au point pour les différents diaphragmes.
- La maison Richard, bien connue de tous les amateurs de stéréoscopie, continue à présenter cette année son modèle 6 X 13 métallique simplifié, le Sléréa, appareil robuste et indéformable, d’une manœuvre simple, sans mise au point. C’est un appareil précieux pour les débutants et qui permet même aux amateurs avertis d’obtenir d’excellents diapo-sitifs d’un format normal.
- Il faut bien avouer cependant que beaucoup d’amateurs, même de stéréoscopie, préféreraient utiliser des bandes de film au lieu de plaques, de même que la plupart des amateurs de photographie emploient désormais des bandes sensibles. Le problème n’est pas le même pourtant pour la photographie stéréoscopique que pour la photographie monoculaire, parce que la surface sensible est plus grande, et qu’il est absolument indispensable d’obtenir une mise au point tout à fait régulière, fonction, évidemment, de la planéité de la surface.
- Il est donc indispensable, si l’on veut effectuer avec succès de la stéréoscopie sur pellicule, de n’utiliser que des appareils construits avec le plus grand soin, et dans lesquels la pellicule est guidée sur toute sa surface, de manière à conserver une planéité rigoureuse.
- Le nouvel appareil Lumière Slêrêlux 6 X 13 a déjà été décrit dans une chronique précédente.
- L’appareil stéréoscopique Kern, des Etablissements Tiranty est également très curieux. Il utilise, en effet, le film cinématographique standard perforé de 35 mm. Le format de chaque vue est de 2 X 2 cm, et la distance entre les deux centres d’objectifs est de 64 mm. L’espace intermédiaire est rempli par deux autres images stéréoscopiques, de sorte que toute la bande de film, à l’exception d’une image au début et d’une autre à la fin, est complètement utilisée (fig. 5).
- Les bandes employées ont une longueur maxima de 2 m 40, ce qui permet d’obtenir 50 images. L’entraînement du film et l’armement sont effectués à l’aide d’un seul bouton, ce qui
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- évite de prendre plusieurs vues sur la même surface. La mise au point est fixe, mais cela n’offre pas d’inconvénient, grâce au très court foyer de l’objectif. L’obturateur à guillotine permet d’obtenir des instantanés jusqu’à 1 /300 de seconde.
- Les vues positives sont tirées sur un film également perforé et elles sont examinées à l’aide d’un sLéréoscope spécial, d’emploi facile, et qui permet d’obtenir des vues dont l’aspect est comparable à celui des vues 6 X 13.
- Notons enfin les modèles de stéréoscope auto-classseur magnétique Planox, du type universel, qui présentent l’avan-iage de permettre l’examen des positifs 45 X 107, G X 13 ou 7 X 13, à volonté et aussi de posséder un foyer court, moyen ou long obtenu par l’emploi d’oculaires interchangeables.
- LES ACCESSOIRES
- De nombreux accessoires ingénieux sont présentés aux amateurs pour rendre plus aisés la prise de vue, le développement et le tirage, pour augmenter les facteurs de succès des photographies, pour l’agrandissement, etc.
- Le posomètre Luzy a déjà été indiqué précédemment. Pour se servir du système, il suffit de regarder par l’oculaire l’objet que l’on veut, photographier, et de tourner une molette jusqu'à ce que l’objet, devienne confus. A ce moment, on lit immédiatement les temps de pose apparus dans un guichet d’après les constantes précédentes.
- Le déclencheur automatique Ferdax permet à l’opérateur de se photographier lui-même ; deux modèles différents peuvent être adaptés à n’importe quel appareil. Le premier est destiné aux obturateurs faisant l’instantané et les poses courtes. Un disque rouge indique le moment exact où se produit le déclenchement.
- Un deuxième modèle est adaptable aux obturateurs ne donnant que trois vitesses et les poses en un ou deux temps. 11 possède un disque à secondes réglable à volonté et permet l’instantané et la pose de 0,5 à 10 secondes, avec une précision absolue. Il est d’ailleurs également muni d’un disque rouge, comme le précédent.
- Les pieds supports sont évidemment peu employés par les amateurs photographes d’aujourd’hui qui s’intéressent surtout à la photographie instantanée. Il est pourtant nombre d’opérateurs qui utilisent également des pieds-support pour la photographie panoramique et des modèles perfectionnés sont indispensables pour l’opérateur cinéaste qui veut exécuter
- Fig. 5. — L’appareil stéréoscopique Tiraniy-Kern.
- des prises de vue vraiment intéressantes. C’est pourquoi les constructeurs ont étudié des pieds supports spécialement destinés à cet usage.
- Le modèle Ciné-Union, par exemple, entièrement métallique, a des pieds à extrémités réversibles, un côté se terminant par une pointe et l’autre par une boule de caoutchouc, afin de permettre l’utilisation sur un terrain quelconque, sur un parquet, une mosaïque ou un carrelage. La tête du pied possède un mouvement panoramique pouvant être déterminé à volonté. L’inclinaison verticale est commandée par une tige avec poignée permettant une manœuvre facile en suivant le sujet à l’aide du viseur. En tournant la tige, on bloque instantanément le mouvement d’inclinaison.
- En ce qui concerne la photographie de format réduit ou moyen, la photographie sur films perforés ou non, la stéréosco-pie et les accessoires, on voit donc que les nouveautés sont nombreuses, malgré les perfectionnements déjà apportés les années précédentes. Les innovations sont non moins importantes en ce qui concernera photographie en couleurs et surtout le cinématographe d’amateurs. Nous les indiquerons dans une prochaine chronique. L. Picard.
- LES FOUILLES D’HERCULANUM
- Les Informations mensuelles de l’Office international des Musées donnent les renseignements qui suivent sur l’état actuel de ces fouilles.
- « Les résultats des fouilles exécutées à Herculanum par l’Intendance générale des antiquités depuis 1927 sont pour la première fois accessibles au public, et dès maintenant il apparaît que les restes d’Herculanum seront encore bien plus riches en enseignements sur la vie antique que ceux de Pompéi. Les maisons mises à jour sont pour ainsi dire intactes, à l’exception de détériorations aux toitures occasionnées par les fouilles antérieures. Quatre blocs de maisons ont été dégagés, en plus de quelques maisons isolées qui montrent l’évolution du style des maisons de campagne au début de l’ère chrétienne, le péristyle ouvert faisant place à un portique qui ombrage les fenêtres donnant sur le jardin. Quoique carbonisées, les
- parties en bois subsistent également. Le nombre des chambres augmente, la décoration devient plus abondante. Le sol est pavé de marbres égyptiens, syriens, grecs et arabes.
- Les décorations plastiques sont de style hellénistique; des maisons locatives, construites d’une façon économique, que l’on peut comparer à la technique actuelle du béton, sont très intéressantes. Tout a été conservé, depuis les cloisons de bois jusqu’aux lits et tables. Les Thermes ont été dégagés et constituent un des rares exemples où au lieu d’être péniblement reconstituées, les installations romaines de bains subsistent pour ainsi dire en leur état primitif. Les peintures murales sont encore fraîches sous leur couverture de stuc. D’autres travaux de dégagement ont été entrepris et il est probable qu’ils apporteront encore bien des révélations intéressantes. »
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE DES SCIENCES
- Le centenaire de la mort de Niepce inventeur de la photographie.
- Niepce, qui mourut voilà cent ans, aborda le premier, sous son véritable jour, le difficile problème de la photographie que Daguerre, devenu ultérieurement son associé, résolut par des moyens plus pratiques.
- Comme aux environs de 1813, la lithographie, récemment inventée par le munichois Senefelder, commençait à se vulgariser en France. Joseph-Nicéphore Niepce, officier démissionnaire, en s’attachant à en perfectionner la technique, devait enfin trouver le chemin de la gloire. Aidé de son fils Isidore, il copiait alors des gravures mais la partie chimique l’intéressant plus que le côté artistique, il chercha des vernis protecteurs susceptibles de servir de réserve contre l’acide. Afin de s’épargner le soin de dessiner, il essaya de découvrir le mode d’action de la lumière sur ces vernis pour pouvoir copier automatiquement les estampes. Il se servit pour cela de la chambre obscure connue depuis le xme siècle et comme au début du xixe siècle, les opticiens fabriquaient des lentilles non achromatisées, il imagina de diaphragmer l’ouverture afin d’avoir des épreuves directes plus nettes soit sur papier, soit gravées sur pierre ou sur métal dans la chambre obscure même, au moyen de substances colorées ou décomposées par la lumière.
- Au cours de ses essais, il vit qu’une couche mince de bitume de Judée exposée à l’air blanchit un peu et, chose plus remarquable, se dissout difficilement.
- Une fois ce point acquis, il étendit un peu de cette substance sur une surface d’étain puis après avoir laissé sécher, il posa dessus une gravure rendue translucide au moyen du pétrole et qui servait de cliché. Après deux ou trois heures d’exposition à la lumière du jour, la gravure apparaissait sur le bitume en une vague image blanchâtre. Puis èn plongeant la plaque dans du pétrole les parties impressionnées ne se dissolvaient pas tandis que le vernis placé sous les noirs de la gravure restait dans le dissolvant. Finalement en tirant une épreuve sur cette planche héliographique, il obtint une copie par transparence comme celle figurant dans les galeries du Conservatoire des Arts et Métiers et datant de 1824. Un peu avant, du reste, Niepce perfectionnant sa méthode était parvenu à réaliser une véritable photographie. Il recueillait dans la chambre noire un « point de vue » sur une surface d’étain sensibilisée et parvenait à la rendre permanente par des réactions chimiques.
- Vers la même époque, un jeune peintre, décorateur de talent,
- Louis Jacques Mandé Daguerre, poursuivait, de son côté, l’étude du sujet. Il venait d’installerà Paris un original diorama sorte de panorama perfectionné dans lequel un éclairage variable ajoutait la mobilité des effets à la sensation de perspective aérienne (1822). Peu après, l’ingénieur-opticien Chevalier le mit en relation avec Niepce et le 14 décembre 1829, les deux chercheurs s’associèrent pour mettre leurs efforts en commun. Bientôt les tentatives heureuses des savants s’aiguillèrent dans la voie de la réussite. Niepce eut beau succomber à une attaque d’apoplexie le 5 juillet 1833, deux ans plus tard la daguerréotypie était trouvée. Cette découverte suscita un vif enthousiasme dans le monde entier et à l’instigation d’Arago,
- la France acheta à Daguerre et à Niepcè fils leur procédé « servant à fixer les images de la chambre obscure » afin d’en faire profiter le « monde savant et artiste » (1839). Voici comment Daguerre procédait. Il étendait une mince couche d’iode sur une plaque métallique argentée qu’iJ plaçait dans la chambre noire (existant encore au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris) et d’où il la retirait, après une pose suffisante pour la soumettre aux vapeurs de mercure. Sous l’action de cet agent chimique, l’image latente invisible jusque-là apparaissait peu à peu. Bayard, dès la fin de 1839, appliqua la méthode de Daguerre mais en substituant le papier aux planches métalliques. Toutefois les résultats pratiques qu’il obtint se montrèrent inférieurs à la daguerréotypie. Quant à l’anglais Talbot de 1839 à 1841, il réalisa de différentes manières ses dessins photographiques sur papier, traduisant d’abord par du noir les lumières de l’objet copié mais pour voir l’image positive il recopiait à nouveau son dessin négatif sur un deuxième papier sensibilisé à l’iodure d’argent. Malheureusement ses photographies manquaient de finesse et s’évanouissaient à la longue. Aussi la daguerréotypie perfectionnée par Fizeau (qui, en mars 1840, accrut la solidité de l’image aumoyen du virage à l’or) jouit pendant une dizaine d’années de la faveur publique d’autant plus que divers constructeurs avaient entre temps amélioré les objectifs et simplifié le matériel.
- Cependant, après avoir atteint son apog'ée vers 1845, la daguerréotypie ne tarda pas à être détrônée par la photographie sur verre, découverte en 1846, par Niepce de Saint-Victor. Ce sagace inventeur né à Saint-Cyr, près de Châlon-sur Saône, était cousin de Nicéphore Niepce. Lieutenant de cavalerie, il tenait garnison à Paris quand il imagina son procédé mis au point de 1847 à 1850. Au début, il employa d’abord l’amidon et l’iodure, puis la gélatine qu’il abandonna finalement pour l’albumine. Il étendait sur la plaque de verre une couche mince de blanc d’œuf additionnée de quelques gouttes
- Fig. 1. — Joseph-Nicéphore Niepce (1765-1833).
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- d’iodure de potassium et sensibilisée dans un bain de nitrate d’argent. Comme ces photocopies en noir et blanc tirées sur papier l’emportaient sur les plaques métalliques argentées tant sous le rapport du prix que de l’esthétique, la daguerréo-typie était déjà reléguée au second plan par les professionnels et les amateurs quand son inventeur mourut à Bry-sur-Marne le 10 juillet 1851, laissant sa veuve dans une situation voisine de la misère.
- Plus près de nous, à la suite des recherches de Poitevin, de Gaudin, de Stas et de Chardon, les frères Lumière, en approvisionnant les ateliers de plaques rapides au gélatino-bromure d’argent, devaient affranchir les professionnels des fastidieuses opérations du procédé au collodion. Cependant on ne saurait oublier maintenant les ouvriers de la première heure et en particulier Niepce, le génial initiateur dont les travaux rendirent possibles les merveilleuses applications photographiques d’aujourd’hui ! Jacques Boyer.
- ÉLECTRICITÉ
- Les nouvelles installations électriques à 3 millions de volts du laboratoire Ampère.
- Comme nos lecteurs le savent, la France est maintenant sillonnée de grandes artères de distribution électrique à 150 000 et 220 000 volts. La sécurité de ces réseaux exige que tous leurs organes, notamment les isolateurs, soient soumis en cours d’études et avant la mise en service à de sévères épreuves; il faut, en particulier, qu’ils se montrent capables de résister aux plus fortes et aux plus brusques surtensions qui peuvent survenir en service.
- C’est ce qu’a compris la Cie générale d’électrocéramique qui vient de transformer son laboratoire Ampère, où des 1923 elle réalisait, la première en Europe, un dispositif d’essai sous 1 million de volts.
- Le 21 juin dernier, dans ce même laboratoire, M. d’Arsonval présentait une installation sous 3 millions de volts, véritable créatrice de foudre artificielle.
- Ce n’est pas pour la vaine satisfaction de battre un record que cette installation a été entreprise. La tension d’essais de
- 1 million de volts est, en 1933 comme en 1923, largement suffisante pour l’étude des isolements même sous 220 000 volts; mais les phénomènes dus aux orages et à la foudre sont susceptibles de provoquer sur les réseaux des incidents gênants ou graves; ces phénomènes ont pu, en ces dernières années, faire l’objet d’investigations approfondies et systématiques, grâce à la création et au perfectionnement d’appareils comme l’oscillographe cathodique de Dufour, le klydonographe, etc. Les observations ont montré que la foudre tombant sur une ligne y détermine des surtensions qui peuvent dépasser
- 2 millions de volts. Ces surtensions, il est vrai, sont de durée très courte; il arrive qu’elles surviennent en moins de 1 millionième de seconde et qu’elles soient effacées après 10 millionièmes de seconde. Elles n’en ont pas moins une très grande importance, parce qu’elles peuvent déterminer sur les lignes des court-circuits qui les mettent hors service et faire subir aux isolateurs des contraintes anormales. On s’explique ainsi l’utilité d’étudier les isolateurs sous des tensions de même ordre que celles que la foudre peut leur infliger.
- Au Laboratoire Ampère, la Cie générale d’électrocéramique a donc adjoint à son ancienne installation sous 1 million de volts, perfectionnée sur des points de détail, mais toujours en service, une installation à 3 millions de volts permettant de réaliser dans une enceinte fermée et obscure de véritables coups de foudre ! Les surtensions y sont produites à des vitesses réglables à volonté; toute surtension observée dans la réalité
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- peut être reproduite identique au laboratoire et une fois reproduite, être enregistrée grâce à ce merveilleux appareil qu’est l’oscillographe cathodique Dufour.
- La nature produit la foudre en chargeant électriquement des nuages, l’éclair jaillit lorsque la différence de potentiel, entre des nuages ou entre un nuage et le sol, a atteint une valeur suffisante.
- Au laboratoire Ampère ce sont des condensateurs empilés sur un grand échafaudage qui jouent le rôle de nuages. On les charge électriquement au moyen d’un générateur de courant continu à haute tension; ce temps de charge dure plusieurs secondes; brusquement un arc jaillit, assourdissant comme un coup de canon; c’est un tronçon d’éclair, il en a les mêmes caractéristiques et les mêmes effets. Pour mesurer le potentiel de ces arcs, on se sert de deux énormes boules de deux mètres de diamètre, entre lesquelles on fait jaillir l’étincelle à mesurer et on enregistre l’oscillation produite au moyen d’un oscillographe à rayons cathodiques.
- Devant les invités, le jour de l’inauguration, diverses expériences ont été faites : chute de la foudre sur un tronc d’arbre qu’elle a déchiqueté, passage de l’éclair dans un récipient d’eau, passage de l’éclair le long d’une chaîne d’isolateurs, éclaii entre pointes écartées de plus de 4 mètres; les invités étaient rassemblés sur une longue plate-forme complètement grillagée et protégée, située à mi-hauteur dans le laboratoire. Toutes lumières éteintes, ils se trouvaient dans une énorme chambre noire; après de longues secondes d’attente, employées à charger les condensateurs, un déchirement de l’air se produit, à la fois aveuglant et étourdissant, puis immédiatement à nouveau, l’obscurité.
- Les étincelles représentaient la décharge en quelques millionièmes de seconde, d’une puissance de l’ordre de 10 millions de chevaux, soit plus de deux fois la puissance totale des usines génératrices françaises.
- Dans une communication à l’Académie des Sciences, à ce sujet, M. d’Arsonval a rappelé, avec raison, que la puissante étincelle de choc du laboratoire Ampère n’est point une nouveauté pour la France. Elle y a été produite, et sur une plus grande échelle, il y a plus de 2 siècles. En mai 1753, Jacques de Romas, à Nérac, en lançant son cerf-volant vers les nuées orageuses, obtint des étincelles de 6 m de long et de la grosseur du bras, qui éclataient avec un bruit formidable, faisant sauter les vitres du voisinage. En les dirigeant avec son « excitateur » sur le point qu’il voulait frapper, de Romas put disloquer des blocs de bois et de maçonnerie, foudroyer de gros animaux, mais par contre protéger efficacement des pigeons enfermés dans une cage métallique reliée à la terre. De Romas a précédé indiscutablement Franklin et Faraday.
- La destruction des charançons par les effluves électriques.
- Le charançon est un parasite du blé contre lequel on ne connaît pas beaucoup d’armes efficaces et pratiques. Il pullule avec une rapidité extraordinaire et dévore rapidement les provisions de grains dans lesquelles il a trouvé abri.
- L’Electrical World signale un procédé nouveau employé par la Miller Cereal Mills à Omaha (Etats-Unis). Il consiste à soumettre les céréales en balles à l’effluve électrique, sous haute tension, dans une machine appropriée. Les balles s’y déplacent dans une zone soumise à une décharge par effluve à haute fréquence : la tension est appliquée entre deux électrodes rotatives et un appareil qui concentre l’effluve sous le convoyeur des balles de céréales.
- La puissance électrique mise en jeu varie avec la nature des matières traitées, elle est comprise entre 4 et 7 kilowatts.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Pierre Termier, par André George, 1vol. 290 pages. E. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 12 francs.
- La noble existence de Pierre Fermier, ce grand géologue qui fut aussi un des grands écrivains de notre temps, a inspiré à soir biographe un livre magnifique, émouvant et réconfortant; il y fait revivre un homme qui fut grand non seulement par le génie scientifique, mais autant, sinon davantage, par l’élévation du caractère, la générosité du cœur, l’ardeur de la foi religieuse. La vie de Termier est un bel exemple d’entière soumission, sans défaillances, aux plus hauts devoirs librement acceptés.
- L’auteur prend Termier dès l’enfance : issu d’une famille modeste où se mêlent de petits bourgeois lyonnais et des paysans jurassiens, instruit chez les Maristes de Saint-Chamond, puis à l’Ecole de la rue des Postes, où il révèle des dons littéraires et mathématiques de premier ordre, il entre aisément à l’Ecole polytechnique et, en sort premier dans le corps des Mines. A l’Ecole des Mines, la géologie et la minéralogie le captivent; il se voue à la science; et sa carrière se déroule; elle n’est marquée que par des succès et des triomphes. Elève de Suess et de Marcel Bertrand, il pénètre quelques-uns des mystères de l’histoire de la Terre et il construit une œuvre magnifique à l’édification de laquelle M. George nous fait assister pas à pas. La célébrité et la gloire sont venues; mais l’homme est resté simple, désintéressé, professeur consciencieux, père de famille modèle, chrétien charitable et accueillant. Et voici que les plus cruelles épreuves s’abattent sur lui sans relâche : une longue maladie de sa femme, un fils enlevé dans un accident, puis la guerre qui frappe les siens sans répit ! 11 les supporte avec une admirable grandeur d’âme, s’élevant au-dessus de la douleur pour continuer sa tâche de science et de charité, et incapable même aux plus cruelles heures de la guerre, de s’abaisser jusqu’à la haine de l’ennemi.
- Microénergétique, par P. Bricout. Tome I. Introduction.
- 1 vol., 304 p., 34 fig. Tome IL Les théories et les faits. 1 vol., 428 p.,
- 88 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1933. Chaque volume : 100 fr.
- L’ouvrage de M. Bricout est un traité synthétique de la physique atomique moderne : on y trouve tout d’abord l’exposé rassemble de toutes les connaissances mathématiques indispensables pour suivre les travaux théoriques modernes sur ce sujet : calcul matriciel, tenseurs et vecteurs, séries de fonctions, calcul des variations, équations canoniques, équations différentielles du deuxième ordre; méthodes des statistiques quantiques. Cette introduction mathématique sera vraiment précieuse pour tous ceux qui désirent s’initier aux théories modernes, leur accès était jusqu’ici rendu fort difficile, précisément par l’appareil mathématique nécessaire, et dont l’exposé ne se trouve pas dans les ouvrages classiques. Dans la seconde partie du premier volume, l’auteur décrit les expériences et les méthodes physiques qui ont conduit aux conceptions récentes de la structure de la matière et du rayonnement. La microénergétique est la mécanique de l’atome et de ses constituants. Dans le second volume, M. Bricout expose les théories récentes construites pour expliquer et coordonner les phénomènes observés : c’est tout d’abord la mécanique atomique classique, celle qui part d’un modèle atomique obéissant aux lois classiques de la mécanique et de l’électromagnétisme, combinées avec des conditions quantiques imposées aux configurations (atome de Bohr); il montre les difficultés auxquelles se heurte cette conception. L’auteur passe ensuite à la mécanique ondulatoire, création de de Broglie et Schrodinger, puis aux mécaniques quantiques. Il montre comment l’étude de la diffraction des électrons a fourni une vérification expérimentale de la théorie de de Broglie. Il expose ensuite la théorie de l’électron tournant d’Uhlenbeck et Goudsmith; il montre à titre d’exemple, comment ces diverses théories s’appliquent à l’étude de l’atome le plus simple, celui d’hydrogène, étude qui permet de confronter avec l’expérience, les conclusions des théories. L’étude des phénomènes de Zeemann et de Stark offre un autre moyen de confrontation, à l’avantage de la mécanique ondulatoire. L’ouvrage se termine en montrant les applications de la mécanique ondulatoire à l’étude des phénomènes moléculaires et radioactifs. Dans tout cet exposé, l’auteur ne se contente pas de montrer la fécondité et les succès des théories modernes, ou d’en dégager les traits essentiels; il en montre aussi les insuffisances et les difficultés ; et par là il ouvre la voie à de nouveaux progrès.
- La recherche scientifique, par Jean Perrin. 1 broch.,
- 24 p, Hermann et Cie, Paris, 1933.
- On trouvera ici la reproduction d’éloquents plaidoyers prononcés par l’auteur, en diverses occasions, en faveur de l’organisation de la recherche scientifique. M. Perrin montre comment est apparu, dans l’histoire de l’humanité, le sens de la recherche scientifique; comment il s’est développé; il montre aussi que les progrès de l’emprise humaine sur la nature se traduisent par un accroissement de richesses à répartir
- entre les humains, et il fait justice de la thèse absurde qui voit dans le progrès des inventions la cause des catastrophes économiques auxquelles nous assistons. Selon M. Perrin, la recherche scientifique, précipitant ses découvertes, doit créer pour l’homme, sur terre, un nouvel Eden, et ce doit être là, pour les hommes de notre temps, qui préparent ce merveilleux avenir, mais ne le verront pas, lu « Nouvelle Espérance » en laquelle ils trouveront apaisement et consolation.
- Electricité générale (tome 111 du Traité de Physique générale et expérimentale, d’après le cours du Conservatoire des Arts et Métiers), par J. Lemoine et A. Blanc. 1 vol., 799 p., 591 fig. Eyrolles, éditeur, Paris, 1933. Prix: 100 fr.
- Voici un excellent cours élémentaire, bien conçu pour faire rapidement comprendre les lois fondamentales de l’électricité, ainsi que leurs applications essentielles.
- Les auteurs ont suivi d’assez près, et il faut les en féliciter, dans leur exposé, l’ordre autrefois classique qui consistait à partir de l’électricité statique, et qui est indiscutablement celui qui convient le mieux à un cours d’électricité moderne, en raison du rôle essentiel que joue aujourd’hui la notion de charge électrique dans les conceptions de l’électricité et de la matière, ainsi que dans les applications. C’est aussi le moyen d'introduire d’une façon à la fois claire et logique, la notion si importante de potentiel qui fait généralement le désespoir des débutants dans les méthodes imposées par le programme actuel du baccalauréat.
- L’ouvrage débute par un exposé général où l’on résume immédiatement les conceptions corpusculaires modernes sur la structure de l’électricité et de la matière, et où l’on formule ensuite les lois fondamentales du courant électrique, telles que les révèle l’expérience. Puis un chapitre entier est consacré au champ électrique, c’est-à-dire à l’électricité statique; le chapitre suivant est consacré au champ magnétique et à l’électromagnétisme ; il est suivi de l’étude des phénomènes d’induction et des machines dynamoélectriques à courant continu et alternatif. La fin de l’ouvrage traite de la question si intéressante de la décharge électrique dans les gaz raréfiés : rayons cathodiques, rayons positifs, rayons X, lampes thermioniques, des oscillations à haute fréquence, de la T. S. F., des cellules photoélectriques et leurs applications, de la radioactivité et des désintégrations artificielles de la matière; il y a été tenu compte des travaux les plus récents sur ces questions à l’ordre du jour. En résumé, ouvrage pédagogique d’une lecture facile, instructive et dans l’ensemble captivante.
- Huitième congrès international de photographie scientifique et appliquée. Dresde, 1931. Comptes rendus des séances et mémoires présentés. Documents recueillis par
- L. -P. Clerc. 1 vol. illustré, 194 p. Revue d’Optique, Paris, 1933. Prix : broché, 24 fr.
- Les Congrès techniques, si nombreux à notre époque, sont en général l’occasion de mises au point utiles et de communications dont l’ensemble révèle l’orientation des recherches en cours dans de vastes domaines. Le Congrès de photographie de Dresde de 1931, a été, à cet égard, d’une grande importance et le compte rendu qu’en présente ici M. Clerc permettra au lecteur français de bénéficier de la riche documentation réunie à cette occasion par l’auteur. Après un compte rendu des séances et la reproduction des résolutions votées au congrès, on trouvera tout d’abord la publication intégrale des mémoires présentés par les auteurs français.
- M. Abribat : nouveau microdensimètre enregistreur sans fente; M. Calzauara : électrométrie des cyanines ; influence de différents corps sulfurés sur la précipitation d’un mélange d’iodure et de bromure d’argent; M. Cordonnier : sensitométrie et classification des émulsions.
- On trouvera ensuite un substantiel résumé des autres communications, respectivement classées sous les rubriques : image latente, sensitométrie, l’émulsion sensible et son développement, cinématographie, applications scientifiques et techniques de la photographie, colorants utilisés en photographie, radiographie, histoire.
- Equipement électrique des voitures automobiles,
- par P. Prévost. Tome II, Allumage. 1 vol., 119 pages, 50 fig. Dunod, Paris, 1933.0 Prix broché : 15 francs.
- Cet ouvrage très documenté est d’une lecture facile et sa compréhension ne demande que la connaissance de notions élémentaires d’électricité et de mécanique. Il étudie l’allumage électrique et tous les accessoires constituant l’équipement électrique de l’automobile. Pour chaque appareil, l’auteur indique les divers systèmes utilisés couramment, les principes de leur fonctionnement et les détails de leur construction; enfin il signale les causes de panne possibles et les moyens d’y remédier. Il n’est pas de chauffeur amateur ou professionnel qui ne soit assuré d’y trouver tous les renseignements, tous les conseils dont il aura besoin.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OPTIQUE
- Le verre « à sens unique » : transparent d'un côté, opaque du côté opposé.
- Le nouveau verre qu’un inventeur anglais vient de présenter au public ne donne passage à la lumière que dans un sens
- Fig. 1. — Une vitre en verre à sens unique.
- Les curieux qui essayent de regarder au travers n’aperçoivent que leur propre image.
- donné; dans le sens opposé, il est absolument opaque. C’est pourquoi on l’appelle « verre à sens unique », — en anglais, dans l’orthographe fantaisiste des réclames, « Wunway Glass ».
- L’inventeur de ce verre magique, M. Sherard Cowper-Coles, est universellement connu par son procédé de « sherar-dization », grâce auquel on munit le fer et l’acier d’un revêtement électro-positif et, par conséquent, résistant à la rouille. Dans le verre à sens unique, on trouve également un revêtement métallique, mais extrêmement mince.
- L’idéal d’une maison en verre d’où on pourrait librement embrasser du regard les alentours, mais à l’intérieur de laquelle personne ne pourrait regarder, se trouve réalisé par ce verre magique . Partout où des fenêtres ont été munies de ce matériau nouveau, on a pu se convaincre qu’on pouvait à travers elles regarder parfaitement de tous côtés, Ia_lumière entrant du dehors sans la moindre entrave, tandis qu(Tlës“Tïïn^Aü^~-'* désifïïux de voïf~cë qui se passait à l’intérieur, ne voyaient, comme dans un miroir parfait, que leur image réfléchie ou celle des objets environnants.
- On fabrique aussi une variété de ce verre, se brisant sans éclats; sous cette forme, il s’emploie, avec grand avantage,
- dans la construction des autos. D’autre part, il s’emploie, dans un but de réclame, pour la réalisation de dispositifs alternativement transparents et réflecteurs.
- Le verre à sens unique est bon marché; il garde indéfiniment ses qualités de transparence unilatérale. Il peut se fabriquer en toutes sortes de couleurs, vert clair, pourpre, etc.; partout où il s’emploie comme verre à vitres, il remplace les rideaux, les stores, les toiles métalliques. Il donne lieu à une absorption de lumière minime et qui n’est qu’une petite fraction de celle que déterminent les dispositifs jusqu’ici employés pour masquer l’intérieur des maisons.
- Fabricants : Wunway Glass Syndicate, Ltd, 11, Thames Street, Sunbury-on-Thames, Angleterre.
- ECONOMIE MÉNAGÈRE
- Pour faire ses conserves soi=même.
- Boîtes, bocaux et terrines de la Ménagère Simplex.
- Voici le moment le plus favorable pour les conserves, légumes, fruits, pâtés, etc. Les ménagères avisées tiennent à faire elles-mêmes ces préparations culinaires; outre l’économie qu’elles réalisent, elles ont ainsi des produits en général de première qualité. Avec un peu d’habitude, la plupart d’entre elles deviennent fort habiles à ce genre de travaux et, leurs chefs-d’œuvre font, dans les repas d’hiver, la joie de la famille et des invités.
- Avec le choix des produits, le point le plus délicat, pour l’exécution de ces conserves ménagères, est la stérilisation aussi parfaite que possible, et la fermeture hermétique des récipients. C’est dans les défauts de stérilisation et d’étanchéité que réside la cause des accidents désagréables qui se révèlent parfois au moment de la mise en consommation : moisissures, avaries rendant inutilisables des produits dont la confection a demandé beaucoup de soins et de dépense.
- Une maîtresse de maison qui a éprouvé de tels échecs renonce, le plus souvent, à tenter à nouveau l’expérience.
- Cependant, ces déboires peuvent être évités à coup sûr, si l’on emploie des récipients appropriés. Le problème a été parfaitement résolu par la Ménagère Simplex quia créé précisément en vue de la confection des conserves ménagères, des boîtes métalliques fort bien comprises, et grâce auxquelles la conservation des produits
- est parfaitement assurée.
- Ces boîtes sont en tôle très soigneusement étamée à l’intérieur ; à la partie supérieure la tôle est x-epliée en collerette à gorge profonde qui servira à donner prise aux agrafes de fixation du couvercle. Le couvercle en tôle étamée porte des cannelures destinées à lui donner une certaine plasticité. Il s’emboîte juste dans l’ouverture de la boîte. En outre il est muni d’un anneau de caoutchouc qui prendra appui extérieurement sur le rebord de l’ouverture de la boîte, et qui, ainsi, tout en complétant l’étanchéité, ne sera jamais en contact avec les aliments.
- Voici comment on se sert de cette boîte. On y place les
- Fig. 2 — Boîte à conserves « Simplex ».
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- légumes, les fruits, les viandes à conserver; puis on place Je couvercle, et on pose les agrafes. Rien de plus simple que ces opérations qui n’exigent aucun outil. La boîte fermée, on procédera à la stérilisation; pour cela il suffit de la placer dans l’eau bouillante, et de l’y maintenir un temps variable suivant les aliments, temps qui, au surplus, est indiqué dans les notices que le constructeur joint à ses boîtes. Aucune précaution spéciale n’est nécessaire pour procéder à cette stérilisation : celle-ci s’effectue à l’intérieur de la boîte, à l’abri de l’air et sous pression. Le couvercle se bombe légèrement sous l’action de la pression, mais la fermeture reste rigoureusement hermétique. La boîte métallique ne craint pas les variations brusques de température; elle permet d’opérer rapidement, condition éminemment favorable, et cela sans aucun risque de rupture.
- Il est à noter que certains microbes ne sont pas détruits par la stérilisation; ils se développent rapidement aux environs de 40°. Il faut donc, pour empêcher leur développement, éviter le stationnement autour de cette température et pour cela refroidir rapidement. Rien de plus simple avec les boîtes métalliques : la cuisson terminée, on les refroidira à l’eau courante.
- En dehors de la sécurité assurée par le principe même de la boîte métallique, la fermeture hermétique jouant pendant la stérilisation empêche toute déperdition de saveur et de parfum. Les boîtes en métal conviennent à tous les produits sans exception : fruits, viandes, légumes, pâtes, poissons, plats préparés, etc. Elles ont en outre l’avantage de protéger le contenu contre l’action décolorante de la lumière.
- Notons enfin que l’ouverture des boîtes est très simple, les agrafes se dégageant très aisément. Les boîtes et leurs couvercles peuvent reservir indéfiniment. Il suffit de changer chaque fois la rondelle de caoutchouc.
- Pour toutes ces raisons, elles sont bien préférables aux bocaux en verre, choisis parfois à cause de leur élégante présentation, mais avec lesquels les opérations de stérilisation sont toujours délicates et exposées à bien des échecs.
- Constructeur : La Ménagère Simplex, 35, avenue de la Porte de la Chapelle, Paris (18e).
- JOUETS
- Brouette à sable pour enfants.
- Jouer avec le sable est un besoin instinctif pour les enfants. Mais les parents hésitent souvent, et avec raison, à laisser
- Fig. 3. — Brouette à sable pour enfants.
- leur progéniture s’amuser avec le sable ou la terre des rues ou des jardins, exposés à toutes les souillures et contaminations.
- Voici un petit meuble en bois, fort bien conçu, qui permet de laisser l’enfant se livrer, en tout lieu et sans danger, à son passe-temps favori.
- C’est un coffret à sable que l’on garnit d’un sable propre; il est monté sur quatre pieds, dont deux sont munis de
- Fig. 4.
- — La brosse à vêtement « Mum ».
- roulettes ; une poignée permet de le rouler comme une brouette ; il est fermé par un couvercle qui se rabat, formant table, sur laquelle l’enfant peut travailler son sable, confectionner des pâtés ou toute autre construction.
- Le coffret est muni d’un crible et garni des jouets usuels pour le sable : seau, pelle, râteau, moules.
- Constructeurs : Le Jouet Moderne, 29 bis, rue Carnot, Suresnes.
- OBJETS UTILES Une brosse qui attire la poussière
- La brosse à vêtement Mum est un article réellement curieux et original, son aspect est tout différent de celui de la brosse classique; le principe même est également tout différent. Avec la brosse usuelle, les poils arrachent la poussière au tissu que l’on veut nettoyer, ils la mettent en suspension dans l’air, et simplement déplacée, elle va se déposer sur d’autres objets.
- La brosse Mum n’a pas de poils : elle se compose d’un corps ondulé fait d’une substance spéciale à base d’ébonite et fixée sur une monture en bois. Le frottement de la brosse sur l’étoffe brossée suffit, par un phénomène bien connu, à électriser le corps en ébonite et à lui conférer la propriété d’attirer les corps légers qui viennent se fixer sur lui. La brosse Mum attire et fixe électriquement la poussière qui vient s’accumuler dang les rainures du corps électrisé. C’est donc un véritable aspirateur, mais sans aucun organe mécanique ou électrique.
- Quand le brossage est terminé, il faut bien entendu nettoyer la brosse. Cette opération s’effectue à l’aide d’une petite brosse de crin, du type usuel, celle-ci détache les poussières, et permet de les rejeter soit au dehors de la pièce, soit dans n’importe quel récipient clos.
- Cette petite brosse est plate et, au repos, se fixe dans une entaille de la monture de la brosse principale, les crins dépassant légèrement le corps en ébonite. Dans cette position, elle peut servir à désagréger les taches boueuses au cours de l’opération même du brossage, et elle permet au corps électrisalile d’exercer sa fonction sur les poussières ainsi libérées.
- La brosse Mum a l’avantage de ne provoquer aucune usure du tissu brossé, en outre elle est, elle-même, pratiquement inusable.
- En vente à la Société Imporex, 18, rue Mogador, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Les architectes de Beaujon, Hôpital vertical.
- (Voir n° du 15 Juillet 1933).
- Par une regrettable omission dont nous nous excusons, les noms des distingués architectes à qui est dû le Nouveau Beaujon n’ont pas été indiqués. Ce sont MM. Jean Walter, Plousey et Cassan.
- De tout un peu.
- F. B..., à Tg. — 1° Nous ne vous conseillons pas d’utiliser un fût ayant contenu du rhum pour la fabrication du vinaigre, les propriétés antiseptiques du rhum empêcheraient le développement normal du inycoderma aceti et, d’autre part, le bouquet résiduel pourrait donner lieu à un goût tout du moins étrange du produit résultant.
- 2° Le vin blanc peut, comme le vin rouge, être employé pour la préparation du vinaigre.
- Librairie Gibert, à Paris. — 1° Vous pouvez prendre comme type de préparation d’une colle à la dexlrine, la formule suivante :
- Dextrine blanche.........................30 gr
- Glycérine — 20 —
- Eau ordinaire...........................50 —
- 2° Les gommes à effacer sont constituées par des mélanges de caoutchouc gomme naturelle et de caoutchouc factice, huiles végétales oxydées ou sulfurées, additionnés d’une charge minérale, laquelle est complétée dans le cas des gommes à encre par du verre pilé ou de la pierre ponce fine.
- A titre d’indication voici deux formules de ce genre :
- Gomme à crayon. Gomme à encre.
- Gomme crêpe . . . . 30,0 Gomme crêpe 11,5
- Factice blanc 17,5 Factice blanc 25,0
- Soufre 2,0 Lithopone 25,0
- Lithopone . 30,0 Verre pilé 8,0
- Terre d’infusoires. . . 20,0 Terre d’infusoires. . . 25,0
- f.haux 0,5 Soufre 4,0
- Magnésie ... 1,5
- 100,0 100,0
- Vulcaniser ensuite pendant une heure environ, sous une pression de 3 kg.
- 3° L’application d’un goudron émulsionné sur la terre battue dans une cave ne peut donner qu’un résultat décevant; le mieux est de faire effectuer un bitumage sérieux comme celui des trottoirs, sur forme en mâchefer, recouvert d’une légère couche de sable.
- M. Hervochon, à Nantes. — A notre avis, vous réussirez difficilement à enlever l’odeur et le goût de pétrole à votre alcool souillé par inadvertance, la seule orientation que nous puissions vous donner est d’essayer des charbons actifs préparés par les principales firmes suivantes: Acti-carbone, 50 bis, rue de Lisbonne (8e); Cie française des Produits organo-chimiques, 28, place Saint-Georges; Charbons actifs Urbain, 26, avenue de Messine (8 e); Etablissements Lambiotte, 20, rue Dumont-d’Urville; Société S. F. D. A. C. A., 13, rue Ballu.
- M. Plassard, à Paris. — La couche blanche et dure que l’on trouve sur les statuettes ou les cadres dorés en contact direct avec le bois est simplement une mixture composée de blanc d’Espagne délayé dans de la colle de peau chaude un peu épaisse.
- On donne généralement deux ou trois couches successives, pour atteindre l’épaisseur voulue, l’enduit possède ainsi plus de solidité et d’élasticité que s’il était déposé en une seule fois.
- Après séchage complet, on ponce au papier de verre fin, pour égaliser, puis on applique « l’assiette », composition destinée à « asseoir » la feuille d’or; cette assiette se compose de bol d’Arménie additionné d’un peu de sanguine, une trace de plombagine et quelques gouttes d’huile d’olive.
- Pour dorer, on détrempe légèrement l’assiette avec un pinceau imbibé de colle de peau peu chargée et on dépose la feuille d’or transportée avec un autre pinceau sec, mais un peu gras, ce que les doreurs professionnels réalisent en se mettant une goutte d’huile sur la joue et en y frottant le pinceau de temps à autre.
- Quand l’application est bien sèche, on rend brillantes, au brunissoir
- d’agate, les parties qui doivent être rehaussées en laissant telles quelles celles qui doivent être mates.
- N. B. — Le Bol d'Arménie n’est autre chose qu’une argile ocreuse colorée en rouge vif par de l’oxyde de fer.
- Lorsqu’il est réduit en poudre, il porte spécialement le nom de Bol d’Arménie préparé et est fréquemment employé dans les arts comme produit de polissage, en dehors de l’utilisation mentionnée ci-dessus.
- M. de Guerny, à Clermont-Ferrand. — Voici, d’après Cerbe-laud, une excellente formule pour préparer une eau de Cologne extrafine :
- Eau distillée simple . ...............100 cm3
- — de roses........................ 50 —
- Alcoolat de mélisse composé, du Codex. . 50 —
- Alcool pur à 90°......................... 800 —
- Ether œnanthique.......................1/10 de goutte
- Essence de bergamote................... 10 gr.
- — de citrons..................... 12,5 —
- — de cédrat...................... 5 -—
- de lavande..................... 2,5 —
- Teinture de benjoin au 1/5°............ 20 —
- — de musc au 1/100°.............. 5 —
- 1° Mélanger les eaux distillées, l’alcoolat de mélisse et l’alcool.
- 2° Ajouter les essences et les teintures, laisser quelques jours en contact et filtrer.
- N. B. — L’alcoolat de mélisse doit être d’excellente qualité et ne pas donner d’odeur herbacée après évaporation sur une feuille de papier.
- P.-S. — Les cirages auxquels vous faites allusion, sont généralement du type encaustiques, additionnés de gomme-laque.
- MIV1. Hervieux frères, à Remalard. —: Le blanchiment du coton ne présente aucune difficulté en suivant le procédé classique qui consiste à lui faire subir les traitements suivants :
- 1° Dégraissage par passage en bain de carbonate de soude à 3 pour 100, suivi d’un rinçage.
- 2° Chlorage en bain tiède de chlorure de chaux, à un demi-degré Baumé, suivi d’un nouveau rinçage.
- 3° Passage en bain acidulé par l’acide chlorhydrique à 1/2 degré Baumé et lavage à fond pour enlever toute trace d’acide, suivi pour plus de sécurité d’une immersion en eau légèrement ammoniacale et d’un rinçage final.
- S’il s’agit d’une application industrielle, nous pensons que vous auriez intérêt à vous procurer l’ouvrage de Lederlin, Le blanchiment, édité par la Librairie Baillière, 19, rue Hautefeuille, lequel, malgré son prix un peu élevé, vous rendra de grands services par sa documentation très complète sur la question.
- M. B. Guilpin, à Blois.— 1° Les formules que nous donnons sont uniquement des formules de base destinées à aider les chercheurs, mais bien entendu chacun doit les ajuster pour les adapter aux conditions spéciales de réalisation qu’il a en vue.
- Pour le cas qui vous occupe de figurines hygrométriques, si vous désirez un enduit dur et épais, il vous suffira d’augmenter la proportion de gélatine et en même temps de supprimer la glycérine.
- Quant à la quantité de sel de cobalt, elle peut être également accrue à volonté jusqu’à obtention de l’intensité désirée comme coloration.
- 2° Les données suivantes vous serviront de type pour préparer une mixture à capsuler les bouteilles :
- Nitrocellulose............................... 50 grammes
- Alcool à 95°................................. 250 grammes
- Ether sulfurique............................... 250 —
- Huile de ricin.................................. 10 —
- Glycérine....................................... 20 —
- Poudre d’aluminium.............................. 30 —
- A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre de mettre au point des préparations commerciables.
- M. Bachellier, à Amiens.— Vous trouverez à la maison Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé à Montreuil-sous-Bois (Seine), des préparations toutes prêtes pour teinter les bois de meubles en chêne clair, chêne fumé, etc., d'une façon très solide.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1.
- Le professeur d'Arsonval, membre de l’Institut, dont on a récemment fêté le ubilé
- (ph. Roi.).
- Fig. 2.
- Louis de Broglie, le jeuneel illustre physicien,
- récemment élu membre de l'Académie des Sciences.
- Fig. 3. — M. Jean Piccard dans la nacelle du ballon américain qui tentera sous peu une ascension slralosphérique.
- (Ph. Keystone).
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- Fig. 5.
- % ~ " - Z-> 4 M
- Une manœuvre du porte-avions britannique Courageous. (Ph. Keystone.)
- Fig. 4.— Une installation pour l’étude des « neutrons » à l’Institut de Technologie de Californie.
- Fig. 6.— Une nouvelle machine agricole à ramasser les pommes à cidre el les pommes de terre, inventée par M. H. Lemare, de Rennes. (Ph. New-York Times.)
- Fig. 7. — Le physicien américain Bridgman, le grand’Jspécialisle des très hautes pressions dans son laboratoire de T Université Harvard.
- (Ph. New-York Times.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 4280. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1 -8-19^3.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 papes par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* C. Seine ; i5.2^4) Tel. Danton 56,11.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 nM), 90 fr. ; — 6 mois (12 n*‘), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spéoial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n**), 105 fr. ; — 6 mois (12 n") 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* 1
- Tarif extérieur n° 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Iledjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l*r de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain. Paris- VI*.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C1”, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vl*
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l'obligation de l’indication d'origine.
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- N° 2911
- LA NATURE
- 15 Août 1933.
- MICRO-MÉTÉOROLOGIE & MICRO-CLIMATOLOGIE
- LA MÉTÉOROLOGIE CHERCHE UNE ORIENTATION NOUVELLE
- Le but essentiel de la météorologie a pu, jusqu’ici, se résumer de la façon suivante : étudier l’allure et la tendance des phénomènes atmosphériques sur de vastes territoires et, sur les résultats ainsi obtenus, établir des pronostics du temps, à courte ou à longue échéance.
- Une nouvelle orientation semble se dessiner aujourd’hui dans certains observatoires, notamment en Autriche. Les méthodes restent essentiellement les mêmes, mais on se pose de nouveaux problèmes, en premier lieu l’étude des variations que les conditions atmosphériques peuvent subir sur un espace étroit, autrement dit on se propose d’analyser la structure intime, pour ainsi dire, des phénomènes météorologiques.
- Le professeur W. Schmidt, directeur de l’Institut central autrichien de météorologie et de géo-dynamique, à Vienne, avait, d’abord, en vue surtout les besoins de l’aviation qui, dans le vol plané, a, ces temps derniers, su emprunter de l’énergie de propulsion aux courants d’air ascendants et descendants. Il ne tarda pas à noter l’extrême variabilité de l’intensité des coups de vent, sur des distances souvent minimes, variabilité qui, à 4 m de distance, par exemple, peut atteindre le rapport de 1 à 20. Il va sans dire que les avions avec ou sans moteur, ainsi que les dirigeables, doivent s’adapter à ces variations locales, comme aussi aux variations souvent rapides dans le temps. Il faut, du reste, tenir compte de ces phénomènes dans bien d’autres domaines, la construction, par exemple, des ponts, des tours en treillis, des moulins à vent, etc.
- Ces observations engagèrent M. Schmidt à entreprendre des recherches approfondies sur la structure interne des
- courants d’air. Presque dans tous les problèmes de météorologie, partout où des mouvements d’air sont en jeu, mélangeant, compensant ou refroidissant les couches atmosphériques, il put faire des observations analogues.
- Ces courants, sur un espace réduit, sont, par exemple, un facteur décisif pour la formation de matières organiques aux 'dépens de l’anhydride carbonique de l’air, condition fondamentale de toute végétation et c’est d’eux que dépend le succès d’expériences faites, avec apport artificiel d’anhydride, non seulement dans les serres, mais même en plein air.
- Le climat d’un endroit donné dépend de l’intensité de ces courants atmosphériques. En situation abritée, là où les courants sont très faibles, on constate, en effet, des températures extrêmement basses ou extrêmement élevées, tandis que, dans les endroits exposés, il se produit une compensation plus ou moins complète.
- M. Schmidt trouva une collaboration des plus précieuses dans la Station biologique du lac de Lunz (Basse-Autriche), et dans son directeur, le professeur Rutt-ner, aidé du personnel sous ses ordres. Une commission comportant météorologues, botanistes, zoologistes, chimistes agricoles, micro-biologistes, sylviculteurs, aborda le problème simultanément à plusieurs points de vue.
- On installa, dans les environs de l’Institut de Lunz, douze postes d’observation, qu’on a voulu faire transportables, car ce n’est qu’en les déplaçant qu’on pouvait trouver le moyen d’embrasser, petit à petit, dans un certain intervalle de temps, les conditions climatériques de la région tout entière. Chaque station possédait : un thermo-hydrographe, un thermomètre
- Fig. I. — Thermomètre à distance, enregistreur et indicateur.
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- Fig. 2. — Le laboratoire automobile de météorologie.
- (L’enregistreur de température est fixé, par un ressort, en avant du radiateur.)
- de poste, trois thermomètres enregistrant, à différentes hauteurs au-dessus du sol, les maxima et minima de température, trois thermomètres analogues, inscrivant les températures du sol, et un pluviomètre. D’autre part, on a disposé, en plusieurs endroits, dans des troncs d’arbres abattus ou en place, des thermomètres mesurant les températures des arbres. Une fois par semaine, on a photographié, en regard d’une échelle, à chaque poste d’observation, certaines plantes caractéristiques, afin de pouvoir suivre ainsi leur croissance et leur évolution. On a réuni des collections d’animaux, observé l’allure des maladies des plantes, étudié les
- insectes nuisibles, mesuré la croissance des troncs et examiné les variations de la micro-flore du sol, ainsi que l’intensité du métabolisme dû à sa présence.
- Dès à présent, bien que l’abondance des documents n’en ait pas encore permis le dépouillement complet, on a noté des résultats surprenants. C’est ainsi qu’à l’Alpe de Gstetten, cavité sans issue du plateau calcaire, à 1270 m d’altitude, des températures extrêmement basses se manifestent en hiver, en raison des accumulations d’air refroidi, températures pouvant tomber jusqu’à 51° C au-dessous de zéro; ce sont les températures de beaucoup les plus basses qu’on ait jamais constatées en Europe, à l’exception peut-être de la région limitrophe de l’Asie, dans l’extrême Nord-Est.
- Le géographe botaniste a pu étudier, sur les lieux, l’action de ces températures anormalement basses sur la végétation, caractérisée par le même développement insuffisant et la même pauvreté en espèces que, par exemple, en Sibérie et dans la Laponie septentrionale, le plus souvent sous la forme des herbes caractéristiques 4 de ces pays.
- Les constatations faites, à la station de « Nos », à 1 km à peine de distance, dans une vallée escarpée, à libre circulation d’air, forment un contraste frappant avec les précédentes. On y observe, en effet, des températures remarquablement uniformes, à peu près invariables d’un jour à l’autre; d’accord avec cette constance thermique, on y trouve des arbres feuillus appartenant à des espèces qui, même dans la plaine, ne croissent que bien plus à l’ouest, puis le houx toujours vert et des moisissures ne se rencontrant autrement que dans les régions chaudes du Japon et dans les États méridionaux de l’Union de l’Amérique du Nord.
- L’existence de variations brusques du climat, en un espace restreint, joue un rôle important dans le développement des insectes nuisibles. C’est ainsi que, pour certain coléoptère perce-écorce qui a déjà dévasté des forêts étendues, on constate invariablement sur tous les troncs infestés par cet insecte que d’un côté du tronc un fort accroissement de température empêche les œufs de se développer, tandis que, du côté opposé, les larves écloses souffrent d’une humidité excessive.
- Ces recherches ont trouvé un complément des plus heureux dans les données fournies par un laboratoire ambulant grâce auquel on peut, en un temps très court, enregistrer les plus forts contrastes climatériques, en 'disposant, par exemple, devant le radiateur, un thermomètre électrique très sensible fonctionnant à distance, et, à l’intérieur de la voiture, un enregistreur relié à l’arbre de l’indicateur de vitesse et qui, sur une bande de pellicule, inscrit les températures rencontrées en route.
- Les recherches destinées à établir l’influence de blocs de maisons sont également fort suggestives. On a, en effet, constaté que, dans les ruelles étroites, la température, à l’époque des grandes chaleurs, reste inférieure à celle
- Fig. 3. — Le Gslelteralp, cavité circulaire à 1270 m. d’altitude où les températures les plus basses de l’Europe ont été constatées (jusqu’à — 51°).
- La végétation y est nettement arctique.
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- des larges avenues du voisinage immédiat; la différence peut aller jusqu’à 6 degrés. C’est une éclatante justification de la préférence du Midi pour les rues étroites et les longues façades fermées qui ont trouvé un renouveau de vogue dans l’architecture contemporaine.
- D’autre part, on a étudié, avec le laboratoire ambulant,
- l’influence des fumées et des émanations urbaines sur le rayonnement solaire et l’on a constaté que, pendant les journées belles et claires d’été, les quartiers centraux d’une grande ville comme Vienne, présentent une intensité de rayonnement bien plus faible que la périphérie. La différence peut aller jusqu’à 20 pour 100.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Et..... RECHERCHE DU PETROLE ........—..
- PAR L’APPLICATION DE LA MÉTHODE DE LA CARTE
- DE RÉSISTIVITÉ DU SOL
- I. EXPOSÉ
- Au cours de ces dernières années, la production pétrolière de la Roumanie a crû d’une façon vraiment remarquable. Égale à 3 245 000 tonnes en 1926, elle s’est élevée progressivement jusqu’à 7 540 000 tonnes en 1932. Ces progrès dignes d’attention résultent en particulier de l’application des procédés géophysiques, spécialement de la méthode de la carte de résistivité du sous-sol et du carottage électrique, à la recherche du pétrole dans un terrain qui, par sa nature géologique, offre des présomptions favorables à l’emmagasinement du pétrole. Nous allons consacrer cette étude à l’examen de cette technique somme toute récente et aux résultats qu’elle a permis d’obtenir.
- Observons, d’ores et déjà, que les procédés géophysiques ne permettent pas de voir directement les gisements de pétrole, mais ils servent à déterminer en profondeur la structure et la forme des terrains, c’est ce que l’on appelle leur tectonique, de les suivre jusqu’au point favorable à une accumulation de pétrole : anticlinaux, failles, etc. Il devient ainsi possible de rechercher le gisement là où il peut exister et d’implanter rationnellement les sondages.
- Tout ceci se conçoit aisément, car en raison de leur mobilité, le pétrole et les gaz tendent à s’accumuler dans les parties hautes de la roche-magasin, ou, autrement dit, dans les anticlinaux.
- On recherche le pétrole suivant les procédés géophy-sique.s, en recourant soit à la méthode gravimétrique dont l’instrument de mesure est la balance de torsion imaginée par Eotvos, soit à la méthode dite de résistivité électrique. Les investigations qu’elles permettent peuvent être poussées jusqu’à plusieurs milliers de mètres pour la première, et jusqu’à 1000-1500 m pour la seconde qui offre l’avantage d’une précision plus grande. Comme on l’applique le plus souvent en Roumanie, nous l’étudierons ici spécialement.
- II. DÉFINITION, ÉTABLISSEMENT ET INTERPRÉTATION DE LA CARTE DE RÉSISTIVITÉ DU SOL
- Cette méthode est due à deux ingénieurs français
- MM. Schlumberger (i). On l’applique, aujourd’hui, dans le monde entier. Elle consiste à mesurer la résistivité du
- Courbe d'équirésistivité et valeur de la résistivité en ohms m : m2 . Les hachures sont d'autant plus serrées que la résistivité est plus faible .
- Echelle
- Fig. 1. — Carie des résistivités sur l’anticlinal d’Aricesti (Roumanie).
- Profondeur d’investigation 100 m. — Étude faite par MM. Schlumberger en 1923.
- sol en différents points et à déduire des résistivités trouvées la constitution géologique du sous-sol.
- En d’autres termes, la carte de résistivité du sol donne en chaque point de mesure la valeur de la résistivité électrique spécifique de la roche sous-jacente. Elle constitue un document analogue à une carte géologique habituelle. Sauf qu’au caractère lithologique ou paléontolo-gique servant normalement à définir les terrains se trouve substituée la valeur d’un paramètre physique.
- 1. Voir La Nature, n° 2443, 29 janvier 1921.
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- Treuil
- Molette
- Cables 2 et3
- Fbtentiomètre
- Fig. 2. — Schéma du dispositif de carottage électrique. 1-2-3, Câbles isolés. A-M-N, Électrodes. E, Source d’électricité.
- roches compactes ou argileuses dont toutes les parties renferment la même proportion d’eau, tandis que celle-ci, maintenue fixement en, place, conserve partout à peu près la même composition chimique. Par contre, s’il s’agit d’une roche très poreuse, comme l’est un sable par exemple, sa résistivité dépendra de la proportion et de la nature du liquide qui l’imbihe (eau pure, eau salée, pétrole, etc.). Il s’ensuit que la résistivité cesse de représenter un paramètre fidèle d’une roche de cette nature. Par ailleurs, les roches sédimentaires sont meilleures conductrices parallèlement à leurs strates que perpendiculairement à celles-ci. Néanmoins, comme nous le 'veiTons, MM. Schlumberger ont réussi à utiliser ces anomalies pour déterminer la nature des liquides imbibants et l’importance des pen-dages.
- Pour appliquer cette méthode, on établit un. courant, électrique entre deux points pris à la surface du sol et on étudie le champ électrique qui en résulte dans un certain rayon.
- On répète cette opération un certain nombre de fois entre des points différents mais équivalents. Par cette exploration électrique horizontale, on connaît la « résistivité apparente » du sol dans la zone envisagée, ce qui corres’pond à une moyenne des résistivités des diverses roches intéressées par cette mesure. Si ensuite on augmente la distance entre les points de mesure, on parvient à mesurer la résistivité se rapportant à des tranches de plus en plus épaisses du sol. C’est ce que l’on appelle « un sondage électrique vertical ».
- Ce paramètre est encore d’un emploi peu familier en géologie, mais ce qu’il a d’incertain est contre-balancé par son immense avantage d’être mesurable jusqu’à une certaine profondeur et sous des recouvrements assez épais.
- MM. Schlumberger expriment la résistivité des roches en ohms-mètre carré. Les chiffres pratiques mesurés s’étagent entre une et quelques milliers d’unités. Par exemple :
- Ohms.
- Sables marnes imbibés d’eau
- salée.................... 0,5 à 10
- Argiles non salées. .... 10 à 30
- Marnes .... 20 à 100
- Calcaires .... 60 à 200
- Schistes .... 70 à 300
- Grès .... 100 à 1000
- Roches éruptives . 100 à 2000
- La résistivité ne représente pas pour une
- roche donnée un paramètre invariablement fidèle. Il n’en est vraiment ainsi que pour les
- Fig. 3. — Équipe de carottage électrique au travail. Enregistrement des diagrammes (Californie 1933).
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- Pour établir une « carte de résistivité » d’une région, on mesure entre des points équidistants, et par con-séquent à une profondeur d’investigation constante, la résistivité du sol sous-jacent. On reporte les mesures sur une carte topographique et on trouve, par interpolation les courbes d’équirésistivité.
- A titre d’exemple, la figure 1 montre d’après MM. Schlumberger la carte de résistivité, établie en 1923, sur le dôme d’Aricesti (district de Prahova) en Roumanie, que l’on exploite pour du gaz naturel et qui, d’après les derniers sondages, semble susceptible de fournir du pétrole. Ce dôme est formé de marnes tertiaires conductrices, recouvertes par une terrasse quaternaire très plate constituée par des sables et cailloutis plus ou moins argileux. Au point de vue électrique, les marnes assez riches en chlorure de sodium sont environ cinq fois plus conductrices que la terrasse de recouvrement.
- Le sommet du dôme se traduit par une tache conductrice dont la résistivité est inférieure à 30. Sur les flancs du dôme, la résistivité augmente pour atteindre la valeur
- Fig. 5. — Détermination d’une venue d’eau par mesures des résistivités de la boue (bura ocnites-sonde 3 Roumanie 1932).
- Résistivités de la boue en ohms m2/m
- 0 I 2 3 4 5 6
- 0 12 3 4 5 6
- Eau salée de la venue laissée dans le trou
- Eau salée de ta venue laissée dans le trou
- 1000.
- pouces
- 1100.
- Eau douce
- la vage
- Eau douce
- lavage
- (ce lavage ne fui effectif que jusqua 1170 m.)
- Eau salée débitée par ta venue d'eau < hauteur débitée 115m.)
- 1300.
- t, 1300.
- c'
- 1364.
- ____t Diffusion d'eau 136^
- salée dans l'eau douce de lavage (maximum de concentration
- Rat hole
- en eau salée dans le fond)
- Résistivités en ohms mz: m
- 5 10
- 1Z00--
- WV«>OWV vvaa»v)i>.«w—
- Fig. 4. — Estimation de la valeur des couches pétrolifères du sondage Uniera 52. Tintea (Roumanie) 1931 au moyen du carottage électrique.
- de 180 ohms. Les courbes d’équirésistivité correspondent à des points d’égale épaisseur de la'terrasse affleurante. Or, comme celle-ci est érodée suivant une surface sensiblement horizontale, on peut dire que l’on a ainsi les courbes de niveau du toit du tertiaire.
- De ces travaux MM. Schlumberger ont conclu que le dôme ayant continué à monter pendant l’époque quaternaire, alors que l’érosion maintenait la surface du sol, la structure profonde se reflète dans la variation d’épaisseur de la terrasse, variation qui se voit avec une grande netteté sur la carte de résistivité.
- Ce bel exemple a été choisi parmi un ensemble de travaux intéressant une surface de 984 km2 battue par la prospection électrique.
- L’une des plus heureuses extensions de la prospection électrique est représentée par le carottage électrique, suivant le procédé Schlumberger également. Il a pour objet l’identification géologique des terrains, par la mesure de leur résistivité prise à l’intérieur d’un sondage dans sa partie non tubée.
- III. LE CAROTTAGE ÉLECTRIQUE : DÉFINITION ET APPLICATION
- En complément de la définition que nous venons d’en donner, on peut dire que le carottage électrique constitue un succédané du carottage mécanique. Beaucoup moins coûteux que ce dernier, il paraît appelé à le remplacer le plus souvent.
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- Afin de rendre tangible toute l’importance de cette technique, mentionnons qu’en Roumanie, MM. Schlum-berger ont procédé entre le 1er novembre 1931 et le 1er novembre 1932, à 110 carottages sur 11 000 m de sondages.
- Examinons maintenant le mode d’exécu-tion du carottage électrique.
- La figure 2 indique le schéma du dispositif employé. Trois câbles isolés, 1, 2, 3, suspendus dans le trou et se terminant vers le bas par trois électrodes A, M et N, baignent dans l’eau du sondage. L’électrode A sert à l’envoi du courant dans le sol. Ce courant provient d’une source d’électricité E, placée au jour dont l’autre pôle est relié à une prise de terre quelconque B, sise près du sondage. Entre les électrodes M et N on mesure, au moyen d’un potentiomètre, la différence de potentiel produite par effet chimique, lors du passage du courant dans le sol. De ces mesures on déduit la résistivité qui est enregistrée automatiquement sous forme de diagramme (diagramme-résistivité).
- La figure 3 représente la disposition de l’ensemble des appareils. Les treuils montés sur le camion automobile, sont de trois dimensions différentes, selon la profondeur à laquelle doivent descendre les électrodes. Quant aux trois conducteurs ils sont tournés entre eux sous la forme d’un câble unique que leste une masse de plomb.
- Un service de très grand prix que rend le carottage électrique réside en ce qu’il indique si la couche pétrolifère a bien été effectivement atteinte et convenablement perforée par le sondage. On se base pour cela sur cette observation, mentionnée déjà dans cette étude, que la résistivité d’une roche dépend de la nature du liquide qui l’imbibe. La présence d’huile dans
- un sable va provoquer une augmentation de la résistivité.
- Par exemple, la figure 4 représente le carottage électrique d’une sonde qui a d’abord exploité les sables compris entre 1340 et 1350 m, réputés riches dans cette région. La production totale n’a été que de 90 wagons. La sonde a ensuite exploité les sables compris entre 1220 et 1300 m signalés par le carottage électrique comme prometteurs et qui étaient antérieurement considérés comme inexploitables. La production des 25 premiers jours a été de 200 wagons. Elle s’est maintenue ensuite à 6 wagons par jour avec forte pression.
- Dans le même ordre d’idées, un appareil appelé « résis-tivimètre » dont le principe est le même que l’appareil utilisé pour le carottage, permet de mesurer la résistivité des boues d’un sondage. On l’utilise pour déterminer l’emplacement des venues d’eau qui peuvent apparaître au cours du forage ou de l’exploitation. Après avoir rempli le sondage d’eau douce (dans le cas d’une venue d’eau salée) on effectue les mesures avec le résistivimètre, puis on met le sondage en dépression, ce qui provoque le débit de la venue d’eau et on effectue une deuxième série de mesures au résistivimètre. La comparaison des deux diagrammes obtenus permet de localiser la source; sur la figure 5, le diagramme de droite montre l’envahissement du sondage par l’eau salée venant du fond.
- Ce raccourci nous permet de juger des services considérables que le carottage électrique a déjà rendus malgré sa grande jeunesse.
- Dans un article ultérieur, nous indiquerons les services rendus par la prospection électrique quand on l’applique à l’étude des projets de tunnels et de barrages.
- Ch. Berthelot.
- = LES SERPENTS VENIMEUX =
- ET LE TRAITEMENT DE LEURS MORSURES
- De grands explorateurs et des chasseurs sérieux admettent, non sans raison, que dans les pays chauds les moustiques et les serpents sont plus redoutables pour l’homme que tous les fauves et les pachydermes. En France où les fauves dangereux n’existent plus et où les moustiques ne portent pas de germes de la fièvre jaune, les serpents constituent pourtant un danger, notamment pour les travailleurs agricoles et leurs animaux domestiques, ainsi que pour les chasseurs et leurs chiens. A l’époque où nous vivons, une morsure de reptile peut aussi bien entraîner la mort que n’avoir aucune suite : le tout dépend de savoir la soigner et de la promptitude de ces soins.
- GÉNÉRALITÉS
- Un grand nombre d’animaux possèdent des organes glandulaires particuliers capables de sécréter des substances toxiques, appelées venins. Tantôt ces substances
- sont simplement déversées dans le milieu extérieur et servent à éloigner les ennemis (crapaud, salamandre) ; tantôt elles se mêlent auxjhumeurs et aux sucs digestifs pour faciliter la digestion (serpents); mais souvent elles peuvent être inoculées au moyen d’aiguillons ou de dents particulièrement disposées à cet effet, et elles servent alors à la fois de moyen d’attaque ou de défense et de ferment digestif (serpents, araignées, scorpions). Les serpents sont les mieux doués à cet égard. C’est parmi eux que l’on trouve les espèces les plus dangereuses pour l’homme et pour les mammifères en général.
- Les serpents venimeux sont surtout répandus dans la zone tropicale de l’Ancien et du Nouveau Monde. Les espèces que l’on trouve en Europe sont de petite taille et peu redoutables. Dans les pays chauds, au contraire, ils atteignent de grandes dimensions, leur venin est beaucoup plus actif et, bien qu’ils n’attaquent presque jamais l’homme et le fuient le plus souvent, ils occa-
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- sionnent un nombre considérable d’accidents mortels. Dans la seule péninsule hindoustanique, le Naja ou Cobra capel, le Bungare et quelques autres espèces de serpents très venimeux font, chaque année, une moyenne de vingt-cinq mille victimes. Le nombre de celles-ci est également considérable en Birmanie, en Indo-Chine, aux Indes Néerlandaises, en Australie, en Afrique, aux Antilles et dans toute l’Amérique équatoriale. Les régions tempérées du globe sont moins éprouvées; mais, dans l’Amérique du Nord, le Crotale ou serpent à sonnette (fig. 1) et le Mocassin sont particulièrement meurtriers.
- De tout l’Ancien monde, c’est l’Europe qui est la plus pauvre en reptiles venimeux. On n’y trouve qu’un Cælopestis et cinq Vipéridés dont les dimensions en longueur dépassent rarement 75 centimètres.
- Tous les serpents venimeux sont carnassiers. Ils se nourrissent de petits mammifères (rats, souris), d’oiseaux, de batraciens, d’autres reptiles ou de poissons, qu’ils tuent, en les empoisonnant à l’aide de leurs dents venimeuses. Quelques-uns d’entre eux sont très friands d’œufs, qu’ils savent fort bien découvrir dans les nids d’oiseaux et qu’ils avalent tout entiers.
- Lorsqu’il veut saisir une proie ou frapper un ennemi, le reptile s’élance brusquement et frappe sa victime. La blessure faite, il se retire en arrière, replie la tête et reste prêt à frapper de nouveau. L’animal mordu tombe presque immédiatement sur le sol, tant est rapide l’action du venin; il est bientôt frappé de paralysie et meurt au bout de quelques instants. Le serpent attend presque toujours que sa proie soit morte avant de l’ingérer. Le plus souvent il la garde dans sa gueule jusqu’à ce qu’elle ait expiré et il se met ensuite en devoir de l’engloutir. L’extensibilité énorme de la bouche et de l’œsophage permet ainsi aux serpents d’engloutir des animaux dont la grosseur dépasse plusieurs fois leur propre diamètre.
- La “déglutition est lente et pénible. Mais l’action des sucs gastriques intestinaux est tellement active que la digestion des substances les plus résistantes s’effectue assez rapidement. Les os eux-mêmes se solubilisent, et les excréments, rendus au bout de quelques jours, ne ren-
- Fig. 2. — Phoorsa ou Echis Carinalus.
- Fig. 1. — Le crotale ou serpent à sonnette. (Ph. Phisalix.)
- ferment plus que quelques débris osseux et un feutrage composé de poils ou de plumes.
- En général, quand un serpent venimeux se croit menacé, il s’enroule en spirale, la tête étant placée dans l’intérieur du disque ainsi formé. Aussitôt il relève la tête, parfois à quelques dizaines de centimètres (selon sa taille) au-dessus du sol, son cou courbé en forme de S. Plusieurs espèces de Viperidæ font entendre un sifflement, parfois très fort (Daboia ou Vipera russelii), tandis que le serpent à sonnette (Crolalus) produit un bruit crépitant, causé par les écailles de sa queue, qu’il agite avec une telle vitesse qu’on a peine à en distinguer les mouvements. Certaines espèces de Viperidæ, spécialement le Phoorsa ou Echis carinatus, serpent très venimeux, s’enroule en courbant son corps deux fois en forme de croissant et, dans le milieu de ce croissant, apparaît la tête, prête à mordre (fig. 2). Il bondit alors avec*une grande agilité et à une assez grande distance sur sa proie. Une Vipère d’Afrique, Bitis arietans, lorsqu’elle est irritée, se gonfle de telle sorte que son corps double de volume. Quand elle mord, elle frappe d’abord comme un coup de bélier avec sa tête, c’est pourquoi on l’a surnommée Vipère heurtante.
- CLASSIFICATION DES SERPENTS VENIMEUX
- On a réparti les serpents venimeux, comprenant plus de 250 espèces, en deux grandes familles : les Colubridês et les Vipéridés, différenciées entre elles par certains caractères anatomiques et notamment par la dentition et la forme de la tête.
- Les Colubridês sont divisés en deux groupes : les Opisthoglyphes et les Protéroglyplies.
- Les Opisthoglyphes comprennent trois sous-familles : les Homalopsinæ, les Dipsadomorphinæ, et les Elachisto-dontinæ. Tous les serpents classés dans ces trois sous-familles sont venimeux, mais à un degré variable. Ils ne sont pas généralement dangereux pour l’homme. Leur venin ne fait que paralyser leurs proies avant la déglutition et il ne constitue pas pour eux un moyen efficace de défense.
- Les Protéroglyphes sont armés de crochets vigoureux, situés en avant des maxillaires supérieurs. Ces crochets présentent en avant une rainure profonde et communiquent à leur base avec le canal excréteur de glandes à venin souvent énormes.
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- Fig. 3. — Cobra Capel ou Naja tripudians irrité. — Remarquer son cou dilaté. (Ph. Phisalix.;
- Ils appartiennent à deux sous-familles. Les Hydro-phyinse (serpents marins) sont pourvus d’une queue aplatie en forme de rame. Tous les reptiles de cette sous-famille, à l’exception de Distira que l’on rencontre dans les eaux douces d’un lac de l’île de Luçon (Philippines), ont leur habitat normal dans la mer, au voisinage des côtes. Les Elapinæ, serpents terrestres, ont une queue cylindrique, sont couverts d’écailles lisses ou carénées et souvent ornés de couleurs éclatantes. Quelques-uns d’entre eux (Naja) ont la faculté d’élargir leur cou en forme de parachute, en écartant leurs premières paires de côtes, lorsqu’ils sont effrayés ou excités (fig. 3). La largeur du cou dépasse alors de beaucoup celle de la tête et du corps. Ils sont répandus dans toute l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Australie. Grâce à leur tête ovale et relativement petite, les Colubridés venimeux ressemblent aux inoffensives couleuvres aglyphes. Cette ressemblance provoque souvent des accidents fâcheux parmi
- Fig 4. — Couleuvre de Montpellier ou Caelopeslis monspessulana.
- les personnes imprudentes qui essayent d’attraper ces reptiles, en les prenant pour des couleuvres.
- La seule espèce française de Colubridés venimeux est le Cælopestis monspessulana ou la couleuvre de Montpellier. Sa couleur, brun olivâtre, ou rouge foncé sur le dos, est d’un jaune pâle sur le ventre avec des raies brunes, et 5 à 7 séries longitudinales de taches petites, noirâtres, bordées de jaune sur les côtés. La longueur totale est de 1 m 80. On la rencontre en France aux environs de Montpellier, de Nice et dans la Camargue.
- La famille des Viperidês est caractérisée par une tête .triangulaire, élargie à sa partie postérieure. Cette tête, parfois ressemblant à une pointe de flèche, dépasse en arrière la largeur du cou. Le corps de ces serpents est généralement trapu et terminé par une queue courte; les dents venimeuses ne sont pas simplement sillonnées comme chez les Colubridés protêroglyplies, elles sont percées d’un canal complet dont l’extrémité supérieure s’abouche au canal excréteur de la glande à venin correspondante, et dont l’extrémité inférieure s’ouvre en biseau, un peu au-dessous de la pointe. Celle-ci est toujours très acérée.
- La plupart des Vipéridés sont terrestres, quelques-uns ont une existence semi-aquatique, d’autres sont arboricoles. Ils sont disséminés en Europe, en Asie, en Afrique (sauf à Madagascar) et dans les deux Amériques. Il n’en existe pas en Australie. On les divise en deux sous-familles: les Vipérinés et les Crotalinés.
- En France des Vipéridés sont représentés par trois espèces : Vipera ursinii. Vipera berus et Vipera aspis.
- Vipera ursinii (fig. 5) est de couleur jaunâtre ou brun pâle en dessus, gris ou brun foncé sur les côtes, quelquefois brun uniforme, menton et gorge jaunâtres, ventre noir avec séries transversales de points blancs ou gris. Sa longueur atteint 50 cm. On la rencontre dans le sud-est de la France (Basses-Alpes).
- Vipera berus ou Pêliade est de couleur très variable : grise, jaunâtre, olive, brune ou rougeâtre en dessus; le plus souvent avec une bande sombre en zigzag le long de la colonne vertébrale et une série de taches latérales. Elle a une tache noire en Y ou en X, sur la tête. Quelques spécimens sont entièrement noirs. La longueur atteint 70 cm.
- L’habitat de cette vipère, très commune dans la partie nord de la France, s’étend jusque dans la péninsule Scandinave vers le 65° de latitude et jusqu’à la limite de la végétation arborescente en Russie et en Sibérie. En France on la rencontre en particulier sur les Plateaux du Jura, en Auvergne, en Bretagne, en Normandie et dans la forêt de Fontainebleau. Elle vit dans les landes, les prairies, les vignobles, les forêts, mais on la rencontre parfois à 2000 m d’altitude dans les montagnes.
- Vipera aspis (Aspic) (fig. 7 et 8) est de coloration très variable : grise, jaunâtre, brune ou rouge en dessus, avec bande médiane dorsale en zigzag. Ordinairement marque noire en V sur la partie postérieure de la tête avec une raie noire longitudinale en arrière des yeux s’étendant sur le cou. Ventre gris-rose ou noir, tacheté de blanc, avec des espaces plus ou moins clairs. Museau légèrement retroussé et tronqué. Longueur totale 75 cm environ.
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- Habitat en, France un peu partout : le Jura, le Dauphiné, les Alpes, l’Auvergne, la Vendée, la forêt de Fontainebleau et dans le Midi. Cette vipère vit surtout sur les coteaux secs, rocailleux et arides, exposés au soleil.
- Pendant l’hiver les serpents se réfugient dans les crevasses des rochers ou dans les vieux troncs d’arbres et s’entassent en pelotons formés parfois d’un grand nombre d’indivdus. Les viperaux sont prêts à mordre dès leur naissance et à chasser pour leur propre compte; il en est de même pour ceux qui sortent de l’œuf (Colu-bridés).
- Toutes les vipères de France sont très dangereuses, non seulement pour les vaches, les moutons et les chiens, mais aussi pour les hommes : chaque année elles causent la mort de plusieurs dizaines de personnes.
- APPAREIL VENIMEUX
- Dents. — Les serpents non venimeux ont deux rangées concentriques de dents sur la mâchoire supérieure, l’une extérieure, maxillaire, composée d’un nombre variable de petits crochets dont la pointe est recourbée en arrière ; l’autre intérieure, palatine, formée d’un nombre un peu moindre de semblables crochets (fig. 9).
- Chez les serpents venimeux, les os maxillaires sont raccourcis et ils ne portent plus que les crochets venimeux (vipères), suivis chez quelques Cobras d’autres dents plus petites. Le maxillaire peut de plus basculer autour de son articulation, ce qui a pour effet de porter en avant le crochet venimeux qui est soudé sur son bord inférieur (Vipères). La mandibule porte des dents non sillonnées dont la pointe est également dirigée en arrière (fig. 10 et 11).
- Les dents venimeuses sont en partie recouvertes par une membrane ou capsule muqueuse, qui les engaîne et ne laisse dépasser que leur pointe. Ce repli cache toute une série de dents de remplacement à des degrés de développement différents, et qui viennent successivement se souder au bord inférieur du maxillaire, lorsque la dent en exercice tombe après un certain temps d’usage (fig. 12).
- Les dimensions des dents chez les serpents venimeux diffèrent selon le groupe auquel ils appartiennent. Chez les Vipéridés, elles sont très longues, très effilées et capables ainsi de porter le venin profondément dans les tissus mordus. Un canal complètement fermé les parcourt depuis la base, qui communique avec le canal excréteur du venin, jusqu’au voisinage de la pointe, où il s’ouvre en biseau sur son bord convexe (fig. 13). Chez les Colu-bridés, elles sont beaucoup plus courtes et simplement sillonnées, c’est-à-dire que le canal est incomplètement fermé sur toute son étendue, communiquant avec l’extérieur par une rainure étroite qu’on aperçoit sur le bord convexe de la dent (fig. 14). Il n’en résulte pas cependant que les morsures de ces reptiles soient moins dangereuses, car leur venin est plus toxique que celui des Vipéridés.
- Glandes à venin. — La glande à venin occupe de chaque côté la région temporale entre l’œil et la commissure des lèvres. Le canal excréteur allongé sous la lèvre supérieure atteint en avant la gaine du crochet et s’y ouvre par un orifice (fig. 15). Les glandes sont formées
- Fig. 5. — Vipera ursinii. Ph. Phisalix.)
- de lobes accolés, dans lesquels le venin s’accumule, et sort de là, au moment de la morsure, par le canal excréteur. Elles peuvent acquérir, chez les grosses espèces, le Naja tripudians par exemple, la dimension d’une grosse amande. Chaque glande est entourée d’une membrane fibreuse sur laquelle s’étale un faisceau du muscle temporal antérieur. La contraction de ce muscle pendant la morsure en exprime le venin, qui pénètre ainsi sous pression dans les tissus mordus, en passant par le canal du crochet.
- Exceptionnellement, chez certaines espèces, le venin peut être projeté librement à distance : le Sepedon hæmachates ou Serpent cracheur, qu’on rencontre dans toute l’Afrique, .sauf le Nord, peut ainsi lancer son venin à plus d’un mètre. Toutefois son venin projeté ne provoque d’accident que s’il tombe sur l’œil. Dans ce cas, l’inflammation qui en résulte amène souvent la perte de la vue. Toutefois un simple traitement à l’eau boriquée et quelques cautérisations au sulfate de cuivre permettent d’éviter toutes complications fâcheuses.
- Les glandes sécrètent des quantités très variables de venin, suivant l’état de jeûne plus ou moins long qu’a subi le reptile et suivant une foule d’autres conditions difficiles à déterminer. Les Vipères de France fournissent à peine 15 milligrammes de venin (pesé sec), alors qu’un Naja tripudians de l’Inde (Cobra capel) adulte peut en excréter plus de 300 milligrammes.
- Fig. 6. — Vipera berus ou Péliadc. (Ph. Phisalix.
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- LE VENIN ET SES EFFETS
- Le venin fraîchement recueilli est un liquide de consistance gommeuse, jaune plus ou moins foncé, ou chez quelques rares espèces d’un blanc légèrement opalescent; il n’a qu’une saveur peu marquée. Lorsqu’on le dessèche rapidement dans le vide, il se concrète en lamelles craquelées, translucides et il prend ainsi un aspect cristalloïde. En cet état on peut le conserver indéfiniment, si on le tient à l’abri de la lumière, de l’air et de l’humidité. Il se redissout facilement dans l’eau. La proportion de résidu sec oscille entre 20 à 38 pour 100. Elle est d’autant plus forte que le serpent n’a pas mordu ou qu’il a jeûné depuis plus longtemps.
- Jusqu’ici la constitution exacte des substances protéiniques auxquelles le venin doit ses - propriétés physiologiques n’a pu être définitivement déterminée. C. J. Martin a réussi à séparer du venin de Pseudechis porphyriacus d’Australie deux substances : une albuminoïde et une albumose. La première produit des hémorragies ; la seconde attaque la cellule nerveuse des centres respiratoires. Toutefois il est établi actuellement que les venins de serpents, quelle que soit leur origine, renferment plusieurs substances actives : neurotoxines, qui exercent leur action sur les éléments du système nerveux, hémorragines, diastases hémolysines, cytolysines; les effets de ces dernières restent exclusivement locaux, lorsque le venin est introduit dans le tissu cellulaire sous-cutané.
- Le venin des Colubridés en général est caractérisé parla prédominance des neurotoxines. C’est à celles-ci qu’il doit sa toxicité extrême. Il contient peu d’hémorragine et de substances à action locale ; c’est pourquoi les symptômes locaux de l’envenimation par ce venin sont peu marqués.
- Le venin des Vipéridés, tel que celui des Vipères de France, au contraire renferme, outre une quantité moindre de neurotoxine, une proportion assez grande dhêmorra-gine et à'hémolysine.
- Lies morsures de serpents venimeux produisent des effets très différents, suivant l’espèce de serpent mordeur,
- celle de l’espèce
- Fig. 8. — Tête de Vipera aspis ou Aspic. mordue et le siège
- de la morsure.
- Lorsque la quantité de venin introduite dans les tissus par le reptile est suffisante
- pour produire des accidents mortels — ce qui n’est heureusement pas toujours le cas — ce venin manifeste son action toxique par deux ordres de phénomènes : les uns, locaux, qui affectent seulement le siège et les alentours de la morsure; les autres, généraux, qui intéressent la circulation et le système nerveux.
- Il est remarquable de constater combien l’importance des désordres locaux est grande lorsque le reptile venimeux appartient au groupe des Vipéridés, tandis qu’ils sont presque nuis avec les Colubridés. Par contre, les effets d’intoxication générale sont beaucoup plus intenses et plus rapides avec le venin des Colubridés.
- La morsure d’un Cobra, même de grande taille, n’est pas très douloureuse : elle est surtout caractérisée par l’engourdissement qui survient dans la partie mordue, se propage rapidement dans tout le corps et produit des syncopes, des défaillances. Bientôt le blessé éprouve une sorte de lassitude et de sommeil invincible ; ses jambes le portent à peine ; il respire difficilement et sa respiration prend le type diaphragmatique. L’assoupissement et l’anxiété respiratoires augmentent peu à peu, le pouls, d’abord plus rapide, se ralentit et s’affaiblit graduellement; la bouche ne peut plus se fermer, laisse écouler la salive ; les paupières restent tombantes et, après quelques hoquets qu’accompagnent souvent des vomissements alimentaires et des émissions involontaires d’urine ou de matières fécales, la malheureuse victime tombe dans le coma le plus profond et meurt. Les pupilles réagissent aux impressions lumineuses jusqu’au dernier moment et le cœur continue à battre quelquefois 2 heures après que la respiration a cessé. Toute la scène se déroule en quelques heures, de deux à six ou sept le plus souvent, rarement davantage.
- Lorsque le reptile mordeur est un Vipèridè, le siège de la morsure devient en moins d’une heure rouge, puis violacé. Des taches hémorragiques se produisent en divers points du corps et dans les viscères. Des douleurs, accompagnées de crampes, s’irradient vers la racine du membre. Le blessé accuse une soif ardente, une extrême sécheresse de la bouche et de la gorge; son corps se refroidit progressivement. Les phénomènes d’envenimation durent parfois plus de 24 heures. Si la quantité de venin absorbée est suffisante pour provoquer la mort, on observe alors une stupeur et une insensibilité croissantes, puis de la somnolence, avec une respiration de plus en plus gênée, qui finit par s’arrêter. La perte de connaissance semble complète bien avant que le coma apparaisse. L’asphyxie achève son œuvre et le cœur continue à battre pendant près d’un quart d’heure après que les mouvements respiratoires ont complètement cessé.
- Dans certains cas, lorsque le venin est très coagulant (Vipéridés), la mort est rapide:elle peut survenir brusquement en quelques minutes, c’est lorsque le venin a pénétré directement dans une veine ; il se produit alors une coagulation presque immédiate de la masse sanguine, entrai- ' nant une embolie généralisée. Le venin des Colubridés empêche au contraire la coagulation du sang, mais déjà au bout de quelques minutes, l’asphyxie respiratoire apparaît et l’agonie est très courte.
- Il est très difficile de préciser, même avec une large
- Fig. 7. — Vipera aspis ou Aspic. (Ph. Phisaüw
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- approximation, la dose de venin nécessaire pour tuer l’homme. La quantité de poison introduite dans une morsure venimeuse dépend, nous l’avons dit, d’une foule de facteurs et, fort heureusement, cette quantité n’est pas toujours sulïisante pour entraîner la mort. Mais dans l’Inde, c’est-à-dire dans la région du globe où les reptiles sont les plus nombreux et les plus dangereux, la mortalité atteint au moins 35 à 40 pour 100 des cas non traités, autant qu’on en puisse juger d’après les statistiques officielles. On peut dire cependant, d’après les expériences de laboratoire, qu’un gramme de venin sec de Cobra serait suffisant pour donner la mort à 165 personnes du poids moyen de 60 kilogrammes. La Vipère péliade et l’aspic adultes renferment environ 10 à 15 milligrammes de venin (pesé sec) dans leur deux glandes. Cette petite quantité est toutefois suffisante pour donner la mort dans 14 pour 100 des cas non traités. Sur 610 personnes mordues, Rollinger a relevé 59 morts; dans les seuls départements de la Vendée et de la Loire-Inférieure, Viaud-Grand-Marais a compté, pendant une période de six années, 321 cas de morsures, dont 62 ont été suivies de mort; en Auvergne, le Dr Fredet a relaté 14 observations qui ont amené 6 morts.
- Il est établi que suivant la durée des périodes de jeûne subies par les serpents et suivant la saison qui fait varier la composition du venin, celui-ci est plus ou moins actif.
- Après une morsure non mortelle de Cobra ou de lHungare, par exemple, la convalescence s’effectue en général très rapidement et, à part l’œdème local du tissu sous-cutané autour de la plaie (et souvent la formation d’un abcès suppurant) on n’observe aucun trouble persistant de la santé.
- S’il s’agit d’une morsure de Vipéridé, la lésion locale favorise l’infection et peut aboutir à la gangrène. Des hémorragies des muqueuses, des séreuses telles que la plèvre ou le péricarde, peuvent survenir plus ou moins tardivement. Il se produit parfois des infarctus pulmonaires, des desquamations et des hémorragies rénales, etc. Ces troubles, plus ou moins intenses, persistent plusieurs jours puis disparaissent lentement après une véritable convalescence. Ils laissent assez souvent des traces durables pendant des mois et même des années, et ils affectent alors plus ou moins la santé des sujets, suivant les organes qui ont été le plus gravement atteints.
- Chez les animaux domestiques tels que les chiens, et plus rarement chez l’homme, on observe dans certains cas, après une morsure de Vipère guérie, la perte totale ou partielle de la vue, de l’odorat ou de l’audition. Mais ces accidents sont heureusement exceptionnels.
- Les serpents venimeux supportent des doses énormes de leur propre venin. Mais ils peuvent aussi y succomber, si ce venin est porté sur les tissus les plus sensibles, comme les centres nerveux. Leur résistance est moins marqué vis-à-vis des autres venins.
- Certains animaux à sang chaud, la Mangouste, le Hérisson, le Porc et certains échassiers présentent une immunité naturelle à l’égard des morsures de serpents.
- Le porc dévore très volontiers les vipères
- et on le dresse même, dans la région de l’Amérique du Nord, qui avoisine leMississipi et ses affluents, à détruire les jeunes Crotales et les autres serpents venimeux dont les vallées de ces cours d’eau sont infestées. Dans certaines régions de l’Inde, les indigènes élèvent une sorte de porc sauvage que dans les régions infestées par les serpents ils poussent devant eux. Courant et flairant la terre de son groin, cet éclaireur redresse tout à coup la tête, comme un signal, lorsqu’il est mordu. L’indigène prend alors le serpent, qui a vidé ses crochets, et il le jette au loin. Ces porcs sont en partie immunisés contre le poison. Mordus, ils perdent l’appétit pendant quelques jours et restent couchés dans une profonde apathie. On a pourtant constaté qu’il leur arrivait de mourir avec tous les symptômes de l’envenimation.
- TRAITEMENT DES MORSURES VENIMEUSES
- Ln dehors même du sérum antivenimeux, tous les remèdes préconisés dans les pharmacopées sont utiles, non point comme antidotes physiologiques des venins mais comme agents de modification ou de destruction de ces venins dans les plaies venimeuses, lorsqu’ils n’ont pas encore été absorbés.
- Les substances éprouvées par l’expérimentation et la pratique sont : le permanganate de potasse, Y acide chro-mique, le chlorure d’or et particulièrement Yhypochlorite de chaux.
- En injectant rapidement après la morsure, dans son trajet même et autour, quelques centimètres cubes d’une solution à 1 pour 100 d’une des trois premières substances citées, on peut détruire le venin non encore absorbé. Mais ces substances ne détruisent le venin que par contact direct. Si le venin est inoculé dans une veine, ce traitement sera insuffisant. Il n’existe pas non plus de remèdes sûrs pour l’usage interne.
- Sérothérapie antivenimeuse. — La seule médication vraiment spécifique est la sérothérapie antivenimeuse.
- Déjà en 1887, Sewall en Amérique avait montré qu’on peut rendre les pigeons graduellement plus résistants à l’action du venin des serpents, en leur injectant des doses
- Fig. 10 (à gauche). — Squelette du crâne d'un Colubridé venimeux (Cobra Capel). Fig. 11 (à droite). — Squelette du crâne d’un Vipéridé.
- Fig. 9. — Squelette du crâne d’un Colubridé non venimeux.
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- d’abord très petites, sûrement incapables de provoquer des accidents graves, puis des doses de plus en plus fortes. Il était ainsi parvenu à faire supporter à ces petits animaux, pourtant très sensibles, des doses dix fois supérieures à la dose minima mortelle. C’était une vaccination par accoutumance.
- Les expériences sur les cobayes et les lapins faites ensuite simultanément par Phisalix et Bertrand, avec le venin de vipère, par Calmette avec le venin de Cobra ont montré que le sérum des animaux ainsi traités ne tarde pas à montrer des propriétés antitoxiques in vitro. Ces expériences forment la base scientifique de la sérothérapie antivenimeuse.
- Envisageant aussitôt la possibilité d’obtenir des sérums très antitoxiques contre le venin des serpents et utilisables pratiquement dans la thérapeutique des morsures de reptiles venimeux, Calmette entreprit de vacciner un certain nombre de grands animaux, chevaux et ânes, avec du venin de cobra, atténué par l’hypochlo-rite de chaux, pour se procurer de grandes quantités de sérum actif. En augmentant progressivement la dose du venin dans les mélanges venin-hypochlorite, il a réussi à faire supporter aux animaux en une seule injection, 2 grammes de venin de Cobra, dose environ ‘80 fois mortelle, car il suffit de 0 gr 025 milligrammes environ de venin de Cobra pour tuer un cheval en 12 à 24 heures. L’immunisation des chevaux jusqu’à ce degré très élevé de tolérance pour le venin ne s’obtient pas sans difficulté. On peut compter qu’en moyenne un délai de seize mois est nécessaire pour obtenir un sérum suffisamment anti-toxique.
- Lorsqu’un cheval ainsi vacciné supporte sans réaction 2 grammes de venin de Cobra injectés en une seule fois, on le saigne à trois reprises consécutives en dix jours pour lui soustraire 20 litres de sang. Ce sang, après avoir subi certain traitement, donne le sérum antivenimeux. Le sérum anticobra est le premier qui ait passé, vers 1896, dans la pratique courante.
- Fig. 12. — Os maxillaire et crochets d'un Vipéridé.
- Fig. 13. — Coupe transversale d’un crochet de Vipéridé. (D’après Phisalix.)
- Fig. 14. — Coupe transversale d’un crochet de Colubridé. (D’après Phisalix.)
- Le sérum préparé garde intacte sa valeur antitoxique pendant quatre ans environ, sous tous les climats. Le sérum antivenimeux peut être conservé presque indéfiniment, à l’état sec(fig. 16), dans des tubes de verre scellés à la lampe. En cet état, on le fractionne ordinairement par doses de 1 gramme et, lorsqu’on veut s’en servir, il suffit de dissoudre une dose dans 10 cm3 d’eau bouillie et refroidie, ce qui demande quelques minutes. On injecte ensuite cette solution sous la peau.
- Le traitement rationnel d’une morsure venimeuse doit être effectué de la façon suivante :
- 1° Empêcher l’absorption du venin d’abord;
- 2° Neutraliser par l’injection d’une quantité suffisante de sérum antitoxique les effets du venin déjà absorbé, ensuite.
- Pour empêcher l’absorption du venin introduit dans la plaie, la première précaution à prendre est de serrer le membre mordu à l’aide d’un lien quelconque, mouchoir ou autre, le plus près possible de la morsure, entre celle-ci et la racine du membre. On serrera le lien fortement et, en comprimant les tissus autour de la morsure, on s’efforcera d’expulser au dehors tout le venin qui a pu y être introduit. On en hâtera l’expulsion, en pratiquant une incision de deux ou trois centimètres de longueur et d’un centimètre de profondeur dans le trajet suivi par les crochets du reptile et parallèlement à l’axe du membre mordu. Il est très utile d’appliquer ensuite une ventouse sur la blessure ainsi ouverte afin d’aspirer le venin inoculé.
- La ligature du membre ne doit pas être maintenue plus d’une demi-heure; si on la prolongeait davantage, elle entraînerait des troubles circulatoires dangereux et compromettrait définitivement la vitalité des tissus. Ce délai est d’ailleurs le plus souvent suffisant pour conduire le blessé à un poste de secours et pour préparer tout ce qui est nécessaire à son traitement ultérieur.
- On devra laver ensuite abondamment la plaie avec une solution récente d’hypochlorite de chaux à 2 pour 100. A défaut, on pourra employer soit de Veau de Javel à 1 pour 10 dans l’eau tiède, soit une solution de permanganate de potasse à 1 pour 100. On fera pénétrer ces réactifs le plus profondément possible dans les tissus et on en injectera même quelques centimètres cubes avec une seringue de Pravaz dans le trajet de la morsure et tout autour de celle-ci.
- La plaie étant ensuite recouverte d’un pansement humide avec des compresses imbibées d'hypochlorite de chaux ou, tout au moins, à’alcool pur, on s’occupera d’instituer le traitement sérothérapique pour arrêter l’intoxication générale, si elle a déjà commencé à se produire, ou pour l’empêcher de se manifester.
- L’emploi du sérum exige que l’on dispose d’une seringue stérilisable de 10 cm*. On injectera tout le contenu d’un flacon de sérum (10 cm3 de sérum liquide ou 1 gr de sérum sec dissous dans 10 cm3 d’eau bouillie) dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’abdomen, au niveau du flanc.
- Si l’intervention n’a pu avoir lieu que plusieurs heures après la morsure et si celle-ci est produite par un serpent venimeux de grande taille ou d’espèce très dangereuse, tel que Naja ou le Bungarus de l’Inde, il est préférable
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- d’injecter immédiatement au blessé trois doses entières de sérum.
- Dans les cas où les phénomènes d’intoxication grave se sont déjà manifestés et lorsque l’asphyxie devient menaçante, on ne doit pas hésiter à injecter 10 ou même 20 cm3 de sérum directement dans une veine.
- Le plus ordinairement, quelques minutes après la première injection, la douleur locale, l’excitation, les crampes et les nausées ne tardent pas à se dissiper. L’amélioration progresse très vite et, le lendemain, tout rentre dans l’ordre.
- L’administration d’alcool lors du traitement par le sérum antivenimeux est non seulement inutile, mais elle peut être nuisible et gêner les effets du sérum. On donnera au blessé des boissons chaudes, du thé ou du café et on le couvrira chaudement pour provoquer une abondante sudation. Toutes les cautérisations, si recommandées jadis, de la blessure, soit au fer rouge, soit avec des substances caustiques doivent être évitées, car elles retardent la guérison normale.
- TRAITEMENT DES MORSURES VENIMEUSES CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES
- Il arrive souvent que des chiens, des chevaux ou des bœufs soient mordus et succombent en quelques heures ou en deux ou trois jours à l’envenimation. Ces accidents sont surtout fréquents chez les chiens de chasse dans les régions où il existe des Vipères.
- Le plus souvent, les animaux sont mordus au museau ou aux membres, et ces morsures sont immédiatement suivies d’un gonflement très douloureux.
- Il faut alors, aussitôt que possible, injecter sous la peau du flanc ou derrière l’encolure, une ou deux doses de sérum antivenimeux, suivant la gravité des accidents observés.
- L’injection du sérum et le pansement de la plaie doivent
- être faits comme dans le cas de morsures venimeuses chez l’homme.
- On peut dire sans exagération q u’a c t u e 11 e ment grâce au sérum antivenimeux, i 1 est plus rapide de se débarrasser des
- suites d’une mor- ...
- lug. 15. — Appareil venimeux.
- sure d un serpent
- • A)Glandesàvenin; B)canal excréteur de venin;
- venimeux que . , ,
- n c) crochet.
- d’un rhume de cerveau.
- La sérothérapie antivenimeuse, née en France des travaux de MM. Phisalix et Bertrand pour le venin de Vipère, de ceux du professeur A. Calmette pour le venin de Cobra, est maintenant entrée dans la pratique médicale courante. Dans tous les pays où les morsures venimeuses représentent une importante cause de mortalité : France, Afrique, Indes anglaises et françaises, Australie, Japon, Amérique du Nord, Brésil, etc., des laboratoires spéciaux ont été institués pour la préparation des sérums antivenimeux.
- Une particularité de ces sérums est qu’ils ont une action spécifique : le sérum anticobra guérit surtout la morsure du cobra, et moins les autres ; le sérum antivipère guérit surtout la morsure de la vipère, et moins les autres. Préparés par l’inoculation d’un seul venin, les sérums sont dits monovalents. Mais pour prévoir le cas assez fréquent où on ignore l’espèce de serpent mordeur, on prépare des sérums au moyen de l’inoculation du mélange des venins de toutes espèces venimeuses d’un pays déterminé; les sérums ainsi obtenus sont dits polyvalents; leur action est évidemment moins adaptée à chaque cas
- Fig. 16 (à gauche). — Sérum antiueninreux desséché. Fig. 17 (à droite). — Sérum anlivenimeux et aulo-injedeur.
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- particulier, mais ils rendent encore des services appréciables.
- L’Institut Pasteur prépare quatre sérums antivenimeux différents dont le sérum E. R., spécifique vis-à-vis des venins de Vipères. Tous ces sérums sont délivrés soit en ampoules de 10 cm3, soit en auto-injecteur avec aiguille stérile, tout prêt à faire l’injection et contenant 10 cm'1 de sérum (fig. 17). Le prix de l’auto-injecteur est de 20 francs et on peut se le procurer chez la plupart des pharmaciens.
- Je ne veux pas terminer cet article sans donner un bon conseil aux fanfarons, aux insouciants et aux curieux : ne jamais essayer d’attraper vivant un serpent venimeux. Cette expérience pourrait finir très mal, car 9 fois sur 10 l’imprudent sera mordu par le reptile. Il est trop modeste de dire qu’un serpent est très agile dans ses mouvements : il est foudroyant.
- Un jour à la campagne, j’arrivai chez un ami, mon voisin. Il me fit voir une petite vipère d’une trentaine de centimètres, qu’il avait attrapée et gardée dans une bouteille vide et bouchée depuis deux jours. Selon lui, cette vipère venait de mourir depuis 24 heures environ. Il déboucha la bouteille, fit tomber la vipère sur une table
- et avec un porte-plume la tourna et retourna. Le reptile ne donnait aucun signe de vie. 11 me parut pourtant apercevoir une mauvaise lueur dans ses yeux et je dis à mon ami : « Méfiez-vous, il me semble que votre vipère a des yeux bizarres. — Mais non, elle est morte. Vous allez voir » me répondit-il. 11 alluma une bougie et, tenant le porte-plume par son extrémité, chauffa la plume au rouge. Ensuite il dirigea la plume rougie près du museau de la vipère. Aussitôt, plus prompt qu’un élastique tendu et lâché, un trait noir passa le long du porte-plume. Mon ami lâcha le porte-plume, en ôtant brusquement sa main, mais il était déjà trop tard : la vipère l’avait mordu à l’index. Comme à cette époque le sérum antivenimeux était encore peu connu, je lui fis plusieurs piqûres de permanganate de potasse et il s’en tira à bon compte, mais pendant de longues années, aux changements de temps, il eut à souffrir du bras mordu.
- En terminant ces lignes je m’empresse d’exprimer ma plus profonde reconnaissance à M. le professeur A. Calmette et à Mme la doctoresse M. Phisalix qui ont bien voulu, par leur grande expérience, m’accorder leur pi'écieux concours pour la rédaction de cet article. W. N. Kazeeff.
- LES MECANISMES AUTOMATIQUES
- Que nousle voulions ou non, nous vivons actuellement et de plus en plus sous le signe de l’automatisme mécanique. Nombre de fonctions autrefois « manuelles », comme l’interconnexion des lignes téléphoniques dans les centraux, la commande des machines-outils et des ponts roulants, la mise en marche et l’arrêt des sous-stations électriques, la manœuvre des ascenseurs, sont aujourd’hui confiées à des mécanismes ingénieux et précis, très supérieurs, dans leur domaine limité, à l’intervention humaine la plus nuancée et la plus rapide.
- Le caractère le plus apparent de tels mécanismes est que le « processus » plus ou moins complexe des opérations prévues par le constructeur se déroule spontanément dès l’instant que le déclenchement initial a été produit par un opérateur.
- On peut atteindre, du reste, un degré supérieur, avec ces mécanismes automatiques en les complétant par des organes récepteurs tels que des instruments de mesure : manomètres, flotteurs, ampèremètres, wattmètres ; on obtient ainsi des systèmes mécaniques ou électromécaniques rigoureusement indépendants, fonctionnant comme de véritables intelligences artificielles et capables de 'poursuivre un but déterminé au milieu des circonstances les plus variables. De très curieuses réalisations ont pu être ainsi obtenues récemment par l’emploi des cellules photo-électriques, des relais temporisés et des dispositifs spéciaux de calcul mécanique.
- Qu’il y ait de l’excès dans cette « mécanisation » grandissante du monde moderne, nous n’y contredirons point. M. Georges Duhamel a pris éloquemment position contre l’envahissement de notre existence la plus privée par des machines qui nous apportent parfois plus de soucis que de libérations véritables; ses lecteurs
- se souviennent certainement des obscurs démêlés de l’un des héros de M. Duhamel avec une pompe électrique domestique à flotteur, ce qui constitue bien, en effet, le type du dispositif automatique !
- Une autre attitude, plus féconde pour l’esprit, reste cependant possible en face de ce phénomène si curieux et si général : elle consiste à l’étudier d’un point de vue scientifique et technique dans ses manifestations particulièrement intéressantes afin d’en rechercher les caractères d’ensemble et de pouvoir répoïidre à cette question bien simple mais singulièrement ardue :
- — « Qu’est-ce que l’automatisme ? »
- PREMIERS CARACTÈRES DE L’AUTOMATISME
- Voici tout d’abord un premier trait qui paraît incontestable : dans tout mécanisme automatique, il existe quelque chose qui « marche tout seul ». L’étymologie indique du reste cette prérogative fondamentale qui fait de ces mécanismes des « robots » (« robot », en russe, signifie travailleur), émules des êtres vivants. Le terme à'automate s’applique du reste à tout mécanisme automatique en dehors d’une figuration humaine (fig. 1).
- Toutefois, ce caractère est loin d’être «exhaustif», autrement dit, il n’exprime pas toutes les propriétés de l’automatisme et ne peut,-par suite, constituer une définition. Dirons-nous qu’une horloge est automatique ? Non, mais nous le dirons d’une machine à composer linotype qui classe d’elle-même les matrices et les remet dans leurs casiers.
- Serrons d’un peu plus près le problème; une horloge à sonnerie simple ne nous paraît pas digne d’être appelée automatique parce que ce genre d’appareil nous est extrêmement familier. Mais voici les sonneries compo-
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- sées, les horloges quatre-quarts, la montre de grande sonnerie, le carillon Westminster, chefs-d’œuvre de complexité et de logique : n’arrivons-nous pas, par degrés, à des mécanismes purement automatiques ? Et si nous leur refusons ce nom, de quel droit le donnerons-nous aux pianos à bande perforée et aux orgues de Barbarie ?
- Nous voyons apparaître ici un deuxième caractère assez grossier et, comme tel, familier aux profanes : pour le grand public, un mécanisme automatique est un mécanisme compliqué; une certaine culture est déjà nécessaire pour comprendre qu’un appareil réduit à trois ou quatre pièces mobiles, comme le régulateur à boules de Watt constitue un dispositif automatique.
- Il y a d’ailleurs du vrai dans cette vue simpliste:
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- supposons que, dans un modèle moins perfectionné la présence d’un ouvrier soit indispensable pour acheminer et présenter cette chaîne : le métier serait-il encore automatique ? A peine. On s’empresserait de créer pour lui le terme de métier semi-automatique. Par contre, imaginons une machine à coudre de type ordinaire que l’on aurait réussi à doter d’un système mécanique de fourniture de l’étofïe; l’ingénieux constructeur hésiterait-il à la qualifier de « machine à coudre automatique » ?
- Nous apercevons ici un troisième caractère des machines automatiques qui est, non pas tant de fonctionner en l’absence de tout être humain, que de faire mécaniquement ce que Von est habitué à faire de façon manuelle.
- Quelques exemples préciseront cette manière de voir.
- Fig. 1. — Joueuse de tympanon de Roentgen et Künzing. (Conservatoire des Arts et Métiers, photo Giraudon.)
- si l’on peut, à la rigueur, parler d’automatisme à propos d’une machine à coudre, on préférera néanmoins réserver cette expression pour une machine à broder, à surjeter, à faire les jours, dont le mécanisme paraît plus complexe parce que moins habituel. Nous disons, avec raison, qu’un ascenseur électrique est automatique, mais cela ne nous viendrait pas à l’idée pour un ancien type d’ascenseur hydraulique commandé par une corde, parce que nous voyons l’accrochage du nœud de la corde, par la cabine, qui provoque l’arrêt. Complication et mystère ont leur part dans la notion inconsciente que nous nous formons de l’automatisme.
- Revenons à nos exemples de machines textiles et de machines à travailler les étoffes. Voici un métier à tisser, machine automatique au premier chef, où la chaîne se déroule d’elle-même pour venir recevoir la trame;
- UN EXEMPLE D’AUTOMATISME DANS LES MACHINES A CALCULER
- Occupons-nous tout d’abord des machines à calculer. Voici les petits additionneurs de poche, dans lesquels une manœuvre spéciale, exécutée à l’aide d’une pointe, est indispensable pour produire le report des retenues et qui, incontestablement, n’ont rien d’automatique. A un échelon supérieur, nous trouvons les machines à calculer proprement dites, où le report se produit de lui-même, mais où la rotation de la manivelle et les mouvements du chariot doivent être obtenus à la main (voir La Nature, ;n° 2906) : l’usage ne s’est pas établi de donner à ces machines le nom d’automatiques, pas plus, du reste, qu’aux machines à entraînement électrique par touches multiplicateur qui représentent cependant un échelon
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- Fig. 2. — Tableau de commande semi-aulomalique pour des auxiliaires de laminoirs.
- La manœuvre s’effectue au moyen des manipulateurs à levier, visibles au premier plan, qui' commandent électriquement les çonlacleurs disposés sur le panneau. On remarquera les barres d’enclenchement accouplant certains de ces contacteurs pour éviter les fausses manœuvres.
- plus élevé que les précédents. Par contre, ce terme est aujourd’hui appliqué, d’un consentement général, aux machines à diviser dans lesquelles les mouvements du chariot et les rotations du moteur se produisent d’eux-mêmes, l’opérateur se bornant à poser les facteurs et à presser un bouton pour mettre en marche.
- On dira peut-être, d’après cet exemple, que l’automatisme consiste précisément dans la propriété que pos-
- Fig. 3. — Distribution par doubles fourreaux concentriques d’un moteur Voisin sans soupapes de 28 ch.
- sède le mécanisme envisagé de fonctionner seul, en l’absence de l’opérateur, ce dernier ayant donné des « ordres» réduits au strict minimum : pose des deux facteurs, démarrage. Très satisfaisante au point de vue de la logique pure, cette définition se révèle cependant insuffisante, comme va le montrer un nouvel exemple, tiré de la distribution dans les machines motrices.
- HUMPHRY POTTER OU LE PARESSEUX DE GÉNIE !
- On raconte qu’il y avait au xvme siècle, en Angleterre, un jeune garçon, nommé llumphry Potter, qui avait été chargé de manœuvrer les robinets de distribution d’une puissante machine de Newcomen, utilisée pour l’exhaus-tion des eaux dans une mine de houille.
- La « machine atmosphérique » de Newcomen, d’un système fort primitif, était basée sur la condensation de la vapeur d’eau introduite dans un cylindre; la traction produite par le piston était transmise par une chaîne à un énorme balancier en bois, et de là, à la tige des pompes.
- Par bonheur, le jeune Potter était d’un naturel paresseux et, le désir de la liberté le poussant, il eut l’idée, que n’avait eue personne avant lui, de faire commander le mouvement des robinets par celui du balancier lui-même; quatre ficelles vinrent s’attacher au robinet de vapeur et au robinet d’eau, et, au bout de quelques tâtonnements, le génial paresseux put aller jouer avec ses camarades, laissant fonctionner derrière lui la première machine à vapeur automatique !
- Tel fut du moins le nom qui vint très certainement aux lèvres des ingénieurs anglais, lorsqu’ils se trouvèrent en face de la prodigieuse réalisation du jeune Potter; mais l’expression disparut, à la longue, du catalogue des constructeurs quand il fut bien évident que toutes les machines produisaient leur distribution elles-mêmes. James Watt, qui devait transformer si profondément la vieille machine de Newcomen, n’a jamais revendiqué pour sa commande à excentrique le terme d’automatique.
- Plus près de nous, la distribution si ingénieuse et si souple d’une locomotive à vapeur ou celle d’un moteur à explosions (fig. 3) ne nous paraissent nullement automatiques ; elles le sont cependant, mais il manque l’idée qu’elles remplacent, visiblement, l’action d’un être humain, car il est aujourd’hui totalement inconcevable qfie dans de telles machines la distribution puisse être effectuée à la main !
- L’AUTOMATISME « CYCLIQUE » DANS LES MITRAILLEUSES
- Un caractère « parasite » de l’automatisme se révèle dans les exemples précédents et il importe de le noter au passage parce qu’il est très intéressant sans être général; il s’agit du caractère cyclique, autrement dit du recommencement perpétuel de certains mouvements, du fait qu’à la fin de leur évolution ou cycle, tous les organes mécaniques se retrouvent dans leur position initiale.
- Une certaine confusion règne ici dans le vocabulaire
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- technique; on dit qu’un browning à éjection et à alimentation mécaniques est un « pistolet automatique », mais on désigne d’autre part sous le nom d’armes automatiques les fusils mitrailleurs et les mitrailleuses dans lesquels la répétition se produit mécaniquement sans qu’il soit besoin de déterminer chaque coup par un mouvement du doigt. La mitrailleuse est incontestablement plus automatique que le browning en ce sens qu’elle possède la propriété cyclique.
- Remarquons du reste une autre anomalie de langage; c’est que la mitrailleuse, qui n’est autre chose qu’un moteur à poudre, est déclarée automatique alors qu’un moteur à explosif gazeux ne l’est pas ! C’est que, dans le cas de la mitrailleuse, l’idée qu’on pourrait commander le tir avec le doigt est encore présente; ce mode de tir existe effectivement sur la plupart des modèles et se nomme le tir « coup par coup ».
- LES CURIOSITÉS DE « L’ASSERVISSEMENT MÉCANIQUE »
- Avant d’aller plus loin, il convient de signaler une classe très importante de mécanismes à automatisme réduit : ce sont les mécanismes asservis dont l’âme est le servo-moteur.
- Le principe général de Y asservissement mécanique consiste à obliger un mobile à suivre fidèlement les mouvements d’un autre mobile. Ainsi le cadran récepteur d’un télégraphe Bréguet à aiguille est asservi au cadran transmetteur; un cas analogue se présente avec la distribution électrique de l’heure.
- La correspondance des deux mouvements est naturellement conventionnelle et non pas géométrique; on trouve, par exemple; à bord des navires, des transmetteurs d'ordres où un faible déplacement du levier sur la dunette se traduit par une rotation concordante, mais beaucoup plus ample, de l’aiguille indicatrice dans la chambre des machines ; des correspondances plus complexes encore se rencontrent dans les barres ou machines à gouverner, pour la navigation, ainsi que dans la commande à distance des projecteurs et des appareils de tir pour le combat à la mer. Certaines opérations effectuées par les standards téléphoniques automatiques (réception des numéros) relèvent également de la technique des mouvements asservis (fig. 4).
- Il n’est pas indispensable, pour qu’il y ait asservissement, que le mouvement asservi mette en jeu des puissances et des efforts considérables, c’est cependant le cas le plus fréquent au point de vue industriel, par exemple dans la commande des gouvernails ou de certains engins de levage.
- Par contre, la notion d’asservissement, dans son sens le plus strict, suppose une liaison artificiellement établie, ou, pour être tout à fait précis, elle suppose que l’énergie du mouvement conduit est fournie par une source différente de la commande elle-même : ainsi on dira difficilement que des moteurs synchrones sont asservis, leur liaison ne constituant rien de plus qu’un « engrenage électrique »; au contraire, la barre des navires ou le mécanisme à'horlogerie monumentale représenté figure 7 sont des types représentatif de mouvements asservis.
- Fig. 4. — Vue d’un bureau parisien de téléphone automatique, système « Roiary ».
- Fig. 5. — Machine à calculer électrique effectuant la multiplication et la division automatiques (Mercédès).
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- Fig. 6. — Machine à écrire additionneuse et machine à calculer automatique
- (Mercédès).
- De curieuses combinaisons ont pu être obtenues avec certaines machines à calculer électriques asservies par un câble électrique à une machine à écrire de
- type spécial.
- L’asservissement mécanique peut se définir de la façon suivante : une liaison différentielle permettant également à la commande d’agir sur l’organe de régulation (robinet de vapeur, rhéostat) du servo-moteur et au mobile asservi de venir remettre au zéro cet organe de régulation quand la coïncidence des mouvements a été obtenue.
- La vis, le différentiel circulaire, le palonnier, les cylindres à plusieurs lumières (fig. 10), en un mot, tous les mécanismes différentiels se prêtent à la création d’un asservissement. Notre figure 7 représente une liaison avec différentiel à engrenages ; nous donnons figure 9 un exemple peu connu d’asservissement par régulation différentielle
- Fig. 7. — Asservissement des aiguilles d’un cadran monumental à une « horloge pilote » au moyen d’un différentiel agissant? sur la régulation du moteur.
- Quand l’horloge pilote avance seule, elle entraîne la couronne du différentiel, dont le doigt vient agir sur les contacts pour lancer le moteur. L’aiguille avance alors et remet le contact à zéro.
- à vis utilisé dans Y anémomètre à distance système Richard.
- L’étude des mouvements asservis met en évidence un aspect assez curieux de l’automatisme ou plutôt du « sentiment » que nous avons de l’automatisme qui est la notion de temps. Nous reconnaissons la qualité d’automatique au télégraphe à cadran, qui ne peut cependant suivre que cran par cran le mouvement du transmetteur; mais nous sommes tentés de l’attribuer avec un degré plus éminent à la barre de navigation, où l’on peut tourner à fond d’un seul coup la roue directrice tandis que le gouvernail pivote lentement et majestueusement pour venir occuper la position indiquée!
- L’action différentielle se présente ainsi en définitive comme un élément non indispensable mais important de l’automatisme; elle permet aux mécanismes d’effectuer de véritables comparaisons de grandeurs, ce qui constitue l’une des opérations fondamentales du jugement.
- La mécanique n’a pas du reste le monopole des actions différentielles; nous donnons, figure 10, un exemple de dispositifs basés sur l’écoulement des fluides (principe du « cylindre à plusieurs lumières »). L’électricité pure permet aussi des actions de ce type ; citons seulement le pont de Wheatstone utilisé pour la manoeuvre à distance de certains projecteurs.
- LA PARTIE DES HUIT REINES
- Nous pouvons nous faire maintenant une idée d’ensemble de cet « automatisme simple » que nous avons guyiggigé jusqu’ici; a leur propriété fondamentale de fonctionner spontanément, ou plus exactement avec les apparences de la spontanéité, les mécanismes automatiques joignent, à un degre plus ou moins pousse, d autres caractères (complexité, possibilité de se substituer à l’action manuelle, obéissance « intelligente # a des ordres sommaires) qui; sans etre strictement indispensables, contribuent néanmoins à déterminer la « physionomie » du fonctionnement automatique. La propriété cyclique et les actions différentielles ne se présentent, par contre, que comme des fonctions exceptionnelles, bien que fort intéressantes, de l’automatisme.
- Un caractère général se dégage de ces propriétés si diverses : c’est la mécanisation aveugle, brutale, de l’opération automatique, telle, du moins qne nous l’avons examinée jusqu’ici. Dès l’instant qu une machine à calculer est lancée, on peut prévoir toutes les phases de son fonctionnement dans les moindres détails; un tour automatique (fig. il)? un monte-charge, un chemin de fer souterrain automatique, comme il en existe un à Londres pour le transport des dépêches, évoquent l’idée d’une marche rigoureusement déterminée aboutissant, en cas d’imprévu, à des catastrophes.
- D’admirables résultats ont pu être obtenus dans cette voie; nous citerons seulement les innombrables machines-outils automatiques, tours à revolvers, tours à décolleter à cames (fig. Il), emboutisseuses à plusieurs poinçons (fig. 16), machines de cartoucherie, puis toutes les ma-
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- chines de calcul mécanique (fig. 5 et 6) et de statistique, les métiers genre Jacquard et, couronnant le tout, l'automate joueur d'échecs du célèbre inventeur espagnol Torres y Quevedo, qui joue la « partie des huit reines » et la gagne à chaque coup ! Toutefois, une telle partie d’échecs n’est possible que parce que mécaniquement elle est entièrement déterminée à l’avance par la position initiale des huit pièces.
- MAIS VOICI DES ACTIONS PLUS NUANCÉES
- C’est bien au caractère de fatalité mécanique que songe tout d’abord le profane dès qu’il est question d’automatisme. Lorsque les économistes prétendent que l'ouvrier des usines « taylorisées » est un automate, croyez bien qu’ils n’entendent pas lui décerner un éloge ! Ils veulent précisément signifier que l’homme se déprécie gravement en s’abaissant au niveau d’un mécanisme sans facultés d’appréciations, sans souplesse, c’est-à-dire —- pesons bien le mot — sans initiative.
- Or, précisément, cette initiative, l’automatisme est capable de la fournir.
- Considérons un groupe électrogène formé d’un moteur Diesel à grande vitesse et d’une dynamo compound, utilisé pour un service très dur de fête foraine. Le groupe tourne rapidement et sans bruit, l’aiguille du voltmètre oscillant autour de 120. Brusquement, on ferme l’interrupteur de mise en marche ; l’aiguille de l’ampèremètre quitte le zéro, s’élève rapidement, témoignant d’un grandissant appel de puissance ; cependant la vitesse ne change pas. Seuls, les bras du régulateur s’abaissent, puis se relèvent par saccades, provoquant l’accroissement graduel de l’injection du combustible, la lumière reste fixe et, grâce à un second automatisme, électrique, celui-là, qui est le compoundage de la dynamo, l’aiguille du voltmètre reste collée au 120. Qu’un fusible saute, nul emballement n’est à craindre ; le régulateur ramène l’injection au minimum, la surexcitation de la dynamo cesse d’elle-même et le groupe continue sa marche paisible. Voilà un exemple d’un automatisme supérieur, capable par des manœuvres rationnelles de faire face à des circonstances inopinées.
- Voici maintenant un des plus beaux spectacles de la mécanique automatique ; dans une usine hydroélectrique automatique de montagne, un disjoncteur vient de sauter : court-circuit en ligne, avarie aux transformateurs, coup de foudre, la cause du déclenchement est inconnue et du reste personne n’est là pour prendre une décision, dans cette usine cadenassée où les machines tournent en dehors de toute présence humaine. Le disjoncteur reste abaissé cinquante secondes puis se relève ; au moment où les barres viennent au contact, le déclenchement se produit à nouveau, preuve que l’avarie dure encore. Trois fois, de la sorte, le merveilleux automate tente de rétablir le courant puis, renonçant définitivement comme le ferait un être animé, ferme un contact auxiliaire qui met en marche les sirènes d’alarme à l’usine principale.
- Ainsi Y initiative n’est pas refusée aux mécanismes automatiques ; elle est nécessairement limitée, mais, en revanche, plus sûre et souvent plus rapide que l’ini-
- Fig. S. — « Tireuse » automatique pour films sonores.
- A) film positif vierge ; B) film négatif imagés; ces deux films viennent passer en superposition derrière la fenêtre C, éclairée par la lampe D grâce à un prisme à réflexion. Le film négatif va ensuite s’emmagasiner dans le carter E tandis que le film positif passe dans l’appareil F où il reçoit le tirage du film-sons provenant du carter G, et va s’enrouler en H. En P se trouve le régulateur automatique de lumière, commandé par une bande spéciale perforée à l’avance et qui règle l’intensité lumineuse suivant l’opacité du film négatif (Debrie).
- Fig. 9. — Indicateur à distance de la vitesse du vent, système Richard. Le moulinet, mis en rotation par le vent, produit des émissions de courant périodiques qui font avancer une roue à cliquet ; une roue tangente, montée sur le même arbre, fait coulisser une tige filetée qui porte à son extrémité une roulette serrée entre deux plateaux (un seul a été représenté sur la figure) entraînés en sens inverse par un mouvement d’horlogerie. Un équilibre différentiel s’établit ainsi, la rotation transmise à la tige produisant un effet de rappel. Les déplacements longitudinaux de la tige sont transmis à l’aiguille par une liaison élastique amortie. (Note : le sens de rotation de la roue a été inversé sur la figure.)
- Entraînement
- Plateau tournant
- i cliquet
- Roulette
- coulissant
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- Ouverture
- vers J a vanne vapeur
- Fermeture
- Ressort
- Pompe aspirante entraînée parta machine
- Orifœe
- calibré
- Fig. 10. — Cylindre à deux lumières utilisé comme régulateur de vitesse pour une machine à vapeur.
- tiative humaine. Un automatisme plus parfait que celui que nous avons examiné jusqu’ici peut donc être réalisé ; on pourrait l’appeler automatisme à décisions variables ou plus brièvement automatisme sélecteur.
- UN DÉMARREUR ÉLECTROLYTIQUE DIFFÉRENTIEL
- Un exemple emprunté à la commande électromécanique des moteurs asynchrones précisera les limites du nouveau domaine qui nous reste à étudier.
- On sait que le démarrage des moteurs asynchrones à induit bobiné exige que l’on insère dans les circuits rotoriques des résistances qui sont ensuite retirées progressivement au fur et à mesure de la mise en vitesse : des bagues sont, prévues à cet effet sur le rotor, les balais correspondants se trouvant reliés à un rhéostat en étoile manœuvré à la main.
- Une première solution se présente pour supprimer cette manœuvre fastidieuse du rhéostat ; elle consiste à faire retirer les résistances par le jeu d’un mécanisme temporisé qui sera, par exemple, un moulinet, mais qui peut être aussi bien un disque freiné par courants de Foucault ou un échappement à fléau oscillant, analogue au foliot des horloges du moyen âge.
- Le panneau de commande automatique se présente alors de la façon suivante (fig. 12). Le courant de commande (provenant ici d’un manomètre à contacts placé dans un carter supérieur) provoque l’enclenchement de l’interrupteur statorique (au centre) qui établit le courant principal ; la barre qui sert d’axe à ce con-tacteur porte un doigt, visible à droite, qui vient écraser un ressort à boudin, lequel repousse alors une crémaillère engrenant, par un train d’engrenages, avec le dispositif modérateur. Au cours d’un laps de temps déterminé,
- qui ne dépasse pas, en général, quelques dizaines de secondes mais qui pourrait atteindre une demi-heure avec un modérateur à foliot, la crémaillère vient provoquer l’envoi du courant de commande successivement dans plusieurs contacteurs rotoriques (en haut) qui retirent progressivement les résistances jusqu’au court-circuit complet.
- Un tel ensemble représente un cas d'automatisme simple, le fonctionnement des contacteurs rotoriques étant fonction du temps, non de l’intensité du courant effectif. Cette observation théorique ne constitue du reste pas une critique, les circuits se trouvant protégés dans ce système par des disjoncteurs spéciaux ou «relais magné-tothermiques » (fig. 13).
- D’autres solutions restent toutefois possibles, basées notamment sur la décroissance du courant rotorique ; c’est ce qui peut être réalisé sur le panneau ci-dessus, en utilisant comme modérateur un disque à courants de Foucault freiné par un élebtro-aimant alimenté précisément par le courant rotorique. Le démarrage peut alors être assuré correctement sous les charges les plus diverses. Parmi les systèmes basés sur l’accroissement de la vitesse du rotor, citons seulement les coupleurs intérieurs à force centrifuge (Legendre) et le démarreur électrolytique Planche, qui mérite une mention spéciale.
- Ce démarreur, qui convient particulièrement aux moteurs d’une certaine puissance, se compose d’une cuve contenant une solution conductrice dans laquelle plongent des électrodes à profil triangulaire. L’électrolyte s’écoule par un orifice calibré dans un récipient extérieur, en sorte que la cuve ne tarderait pas à se vider si l’électrolyte n’était renvoyé à la cuve par une petite pompe entraînée par le moteur lui-même. Un état
- Fig. 11. — Tour automatique à décolleter à grande vitesse Index.
- Ce tour à grande production se trouve réglé par des cames que l’on établit à l’aide d’un appareil spécial en vue de chaque travail déterminé (Glaenzer et Perraud).
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- à'équilibre différentiel s’établit de la sorte, le niveau et par suite la résistance rotorique devenant fonction de la vitesse.
- Le principe de ce démarreur est entièrement comparable à celui du cylindre à deux lumières ou régulaetur à fuite d'air utilisé pour certaines machines à vapeur (fig.10). Il est capable d’agir, en cas de surcharge inopinée ou de calage du moteur, pour accroître les résistances rotoriques, exactement comme le ferait un régulateur à vapeur ; c’est le type de Vappréciateur automatique.
- Observons, ce qui est assez curieux, que pour que nous reconnaissions un véritable automatisme dans un mécanisme à décisions variables, il faut que cette appréciation soit basée sur une grandeur différente de la grandeur sur laquelle on veut agir ; nous ne disons pas que le modérateur à ailettes ou le moulinet de Renard sont automatiques, car ils s’opposent directement aux emballements, mais nous le disons du régulateur à boules, qui s’appuie
- Fig. 13. — Détail d'un coffret à conlacleurs avec relais de protection magnéto-thermiques.
- A gauche, la '.bobine parcourue par le courant de commande, avec son armature mobile fixée à la barre carrée pivotante qui porte les lames de contact alimentées par des tresses plates en cuivre. L’extrémité supérieure du noyau de la bobine porte une bague en aluminium ou en cuivre destinée à rendre cette bobine silencieuse par création d’un courant décalé. En bas, deux relais de protection magnéto-thermiques avec leur plaque horizontale pleine qui fait partie du circuit magnétique et la mince lame en deux métaux ou bilame, qui provoque le déclenchement par élévation de température.
- sur la subtile « force centrifuge » ; dans le domaine électrique, le fusible nous apparaît comme une simple localisation de la « susceptibilité thermique » des circuits, le disjoncteur, basé sur les lois électromagnétiques, se présentant par contre comme un automate.
- En somme, c’est cette coïncidence qui nous frappe et à juste titre : car une telle coïncidence est précisément la trace de l’intelligence créatrice, ostensiblement manifestée à chaque fonctionnement des appareils.
- QU’EST-CE QUE L’ « INOPINÉ » EN MÉCANIQUE
- C’est par les diverses sortes de circonstances inopinées auxquelles ils peuvent avoir à faire face, que se différencient les automates sélecteurs.
- Le mécanisme d’ « homme mort », système Bianchi, qui vient d’être essayé par les Chemins de fer du Midi pour l’arrêt des trains électriques en cas de défaillance du conducteur, constitue un automate « surveillant » des circonstances bien définies mais accidentelles. Il est formé d’une plate-forme oscillante sur laquelle est monté le conducteur et qui agit par un électro-aimant pour embrayer un poids fileté sur une tige verticale mise en rotation par le mouvement d’horlogerie du tachy-mètre, Tant que la plate-forme oscille, le poids ne s’élève que pour retomber aussitôt ; par contre, si la plate-forme
- manomètre à contacts
- résistances de déuinmvje
- eontadenrs „ rotoriques
- minuterie
- ronfmlmn
- ddoripm
- magnéto thermique
- Fig. 12. — Manomètre à contacts et panneau de contrôle entièrement automatique pour la commande d'un compresseur électrique à moteur asynchrone.
- Le manomètre à contacts, logé dans le carter supérieur, envoie le courant de commande dans la bobine de Vinterrupteur statorique, reconnaissable à ses boîtiers blancs ; la barre pivotante de cet interrupteur porte un doigt, visible à droite, qui vient mettre en marche une minuterie. Celle-ci agit sur deux contacts, dont on aperçoit les lamelles verticales réglables, pour envoyer le courant de commande dans les interrupteurs rotoriques visibles à la partie supérieure; tout en haut, les résistances. Dans le bas, les relais de protection magnéto-thermiques et les connexions (Télémécanique).
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- Fig. 14. — Schéma du « régulateur » Area.
- Get appareil constitue un relais hydraulique très sensible permettant d’obtenir une variation de pression de l’ordre de 300 gr par cm2 pour un déplacement d’un centième de mm du crochet S. L’eau, admise sous pression par un oriûce étroit O dans la cavité C, s’échappe par l’orifice A qui se trouve presque entièrement obturé par le levier L poussé par un ressort. Le crochet S est commandé par un appareil de mesure (manomètre, thermomètre, appareil électrique) et les variations de pression produites dans la cavité C sont transmises par le tube F à l’organe à actionner.
- reste inoccupé plus de 18 secondes, ce poids vient actionner un signal d’alarme, puis le courant est coupé dans les moteurs et les freins sont serrés.
- Fig. 15. — Poste automatique de régulation de pression de vapeur commandé par régulateur Area.
- Les régulateurs de vitesse, de température, de pression (fig. 15), les compresseurs commandés par un manomètre à contacts (fig. 12), les disjoncteurs, les stabilisateurs d’avions à gyroscopes, appartiennent à cette catégorie, ainsi que les correcteurs d’erreurs de taille dans certaines machines-outils ; il existe, dans une usine du Bourget, une machine à tailler les engrenages hélicoïdaux pour croiseurs, pourvue d’un dispositif automatique qui corrige la marche de la machine dès que l’erreur de taille atteint un centième de millimètre.
- Plusieurs grandeurs variables peuvent être appréciées simultanément par un appareil automatique ; nous avons nommé plus haut les disjoncteurs perfectionnés ou relais magnétothermiques de la Société « Télémécanique ». Ces relais (fig 13) sont disposés de façon à se déclencher aussi bien pour une intensité exagérée du courant que pour une élévation de température anormale du relais lui-même, grâce à une bilame à dilatation différentielle ; toute 1’ « astuce » du système consiste précisément dans la contruction de ce relais qui a été pourvu d’enroulements spéciaux et d’un circuit magnétique non feuilleté capables de s’échauffer exactement suivant la même loi que le rotor sous l’influence des courants (à intensité et fréquence variables) envoyés par celui-ci. Le relais « se décide » ainsi d’après une « image thermique » de l’état du moteur .
- L’éclairement, et même l’éclairement par certaines radiations invisibles, peut désormais figurer parmi les grandeurs influençant un mécanisme automatique, grâce à l’introduction des cellules photo-électriques. On connaît l’application qui a été faite de semblables dispositifs pour le réglage des lampes du souterrain de la porte Dauphine à Paris.
- A côté de ces conditions accidentelles, on peut imaginer des conditions normales, mais variables qui se trouveraient posées, pour le fonctionnement de l’automate, d’après les positions occupées par les organes de la machine à diriger. Tel est le cas d’un ascenseur qui doit partir vers le bas ou vers le haut, quand on presse sur le bouton du 1er étage selon qu’il se trouve à ce moment au 2e étage ou au rez-de-chaussée.
- Un cas très spécial est fourni dans le calcul mécanique par les machines à division automatique (fig. 5). Ces machines fonctionnent en soustrayant le diviseur un nombre convenable de fois du dividende, puis en avançant leur chariot pour passer au rang décimal ..suivant. Il serait donc logique de pourvoir ces machines de mécanismes capables de comparer le diviseur avec le reste, afin de provoquer le chariotage quand ce reste est devenu plus petit que le diviseur ; cette solution a été utilisée par Torrès dans son calculateur électrique (qu’il ne faut pas confondre avec sa célèbre machine à résoudre les équations) ; mais il est plus simple et plus économique de construire des machines qui font systématiquement l’erreur de retrancher le diviseur une fois de trop, quitte à la corriger ensuite. La retenue, qui passe alors de tambour en tambour jusqu’à l’extrême gauche, est utilisée pour déclencher automatiquement la correction et le chariotage.
- Le couplage automatique des commutatrices présente
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- des difficultés analogues, résolues également par tâtonnements ; la machine se trouve préalablement lancée à la vitesse précise du synchronisme par une batterie d’accumulateurs, puis un contacteur tente de la coupler avec le réseau ; si la polarité est convenable, le couplage se produit. Sinon un changement d’excitation est provoqué automatiquement, ce qui fait glisser la commutatrice d’un pas polaire. Le couplage peut alors être obtenu sans danger.
- Une installation de ce type a été faite récemment à la sous-station du Petit Parisien.
- Citons également les mécanismes d’approvisionnement
- automates et que l’on pourrait appeler la réaction de l'effet sur la cause.
- Cette réaction existe toujours dans les mécanismes automatiques, puisque leur essence même est de poursuivre un but déterminé ; mais il arrive que les « exigences » de l’automate changent légèrement au cours du fonctionnement, en sorte que le résultat obtenu est imparfait.
- Tel est le cas du régulateur à boules ordinaire, qui modère les écarts de vitesse de la machine mais ne peut les annuler entièrement.
- Le régulateur parabolique, au contraire, ou le régulateur à branches croisées, dans lequel les boules s’écartent
- Fig. 16. — Presse à découper et emboutir à outils multiples Weingarlen.
- Les tôles sont saisies latéralement par des pinces et présentées sous le premier poinçon ; la pièce ainsi ébauchée passe de poinçon en poinçon
- et sort terminée à l’autre extrémité de la machine.
- automatique pour machines de visserie et de cartoucherie ; les pièces sont puisées en vrac et, seule, la loi des grands nombres permet qu’un nombre suffisant de pièces se présente correctement devant l’ouverture des glissières. C’est une application mécanique du calcul des probabilités !
- POURRA-T-ON AUGMENTER INDÉFINIMENT LA « SENSIBILITÉ » DES AUTOMATES?
- Nous voudrions, en terminant, signaler un phénomène particulier qui influe gravement sur la sensibilité des
- peu d’une parabole, jouit de la propriété d’être en. équilibre dans toutes ses positions, mais cela pour une seule vitesse. Cette vitesse sera donc rigoureusement imposée à la machine, la position seule des boules’difïérant suivant la charge. Un résultat analogue peut du reste être obtenu avec un régulateur ordinaire agissant sur la vanne de vapeur par l’intermédiaire de petits embrayages prenant leur mouvement sur l’arbre principal.
- Le problème inverse se pose dans les compresseurs électriques, où la commande est obtenue sur deux bases distinctes : mise en marche quand la pression tombe à 5 kg, par exemple, puis arrêt seulement quand cette
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- pression est venue à 6 kg. Les compresseurs à vapeur, par contre, fonctionnent constamment dans une marge très étroite, 2 kg 90 à 3 kg 10 par exemple, étant commandés par un automate à décision unique. De là les coups de pistons lents et espacés des locomotives à l’arrêt dans les gares.
- Tels sont, dans leur ensemble, les quelques aperçus sans prétentions que nous désirions présenter sur les « automates » modernes, descendants lointains et bien évolués des poupées animées de Vaucanson, de Jacquet-Droz et de Rœntgen.
- Pierre Devaux.
- LA LUTTE CONTRE L’INCENDIE
- EN FORÊT DE FONTAINEBLEAU
- A cette époque de l’année, il ne se passe guère de semaine sans que les journaux annoncent brièvement que le feu a fait de nouveaux ravages dans la forêt de Fontainebleau. Seuls les incendies de quelque importance ont ainsi l’honneur de l’actualité; mais, hélas ! de très nombreux incendies sont inconnus du public, d’une trop faible étendue (quelques ares ou hectares détruits) pour
- frapper l’imagination, et trop fréquents pour mériter une mention dans les quotidiens avides de nouveautés.
- Plusieurs centaines d’incendies éclatent dans les périodes chaudes ou sèches de l’année, entre février et novembre, anéantissant progressivement le plus beau massif forestier des environs de Paris. Des foyers apparaissent certains jours en dix endroits différents.
- La forêt de Fontainebleau présente ce caractère particulier que le feu, en supprimant les arbres, en transformant le paysage, lui donne quelquefois un aspect tragique, grandiose, dont la beauté attire peut-être plus encore les touristes que les vertes frondaisons qui couvraient le sol : les rochers de quartzite qui brillent au soleil, la fougère et les genêts qüi remplacent lés arbres s’opposent à la forêt demeurée intacte et ont en certains points un charme sauvage auquel nul n’est insensible. C’est la « beauté du diable », d’ailleurs tèmpôràire, qu’exalte lé cadre magnifique de la forêt environnante. Citons par exemple les
- chaos d’Apremont, de Franchard, du Cuvier Chatillon du Long Rocher. Parfois l’incendie laisse subsister quelques arbres et nous permet d’admirer une oasis africaine, le célèbre « désert d’Apremont », constitué par des pins isolés (rappelant de loin les palmiers) se détachant sur une herbe roussie à la fin de la belle saison et qui a la teinte des sables sahariens.
- Mais trop souvent le feu ne laisse derrière lui qu’une lande plantée de débris calcinés sans agrément aucun, là où s’élevaient auparavant des chênes, des hêtres ou des pins dans le splendide désordre de la nature.
- LES CAUSES D’INCENDIE
- Quelle est l’origine de ces incendies ? Il faut incriminer le chemin de fer, qui longe la forêt entre Melun et Fontainebleau. Les exercices d’artillerie auxquels on procède dans un champ de tir étrangement placé au milieu de la forêt, entre Fontainebleau et Franchard, sont responsables de bien des feux. Mais on doit surtout accuser l’imprudent qui allume un réchaud à alcool ou à essence, néglige d’éteindre un tison enflammé ou même une cigarette (et à ce propos il convient de se méfier particulièrement des cigarettes anglaises qui se consument toutes seules). Il y a, dans le voisinage de la fougère ou de la bruyère sèche, des feuilles et du bois mort, quinedemandent qu’à s’enflammer. Redoutant les conséquences de son acte, le touriste ne songe qu’à se sauver, et en quelques minutes l’incendie couvre des mètres ou des centaines de mètres.
- Les incendies peuvent évoluer de deux façons différentes, qui d’ailleurs coïncident souvent. Au printemps et en automne, c’est surtout le sous-bois qui brûle, parfois avec une grande rapidité quand le vent souffle, mais sans attaquer au début les arbres. Si le feu ne dure pas, il y a des chances que les dégâts ne soient que superficiels; s’il së prolonge au contraire, les troncs, puis les branches, risquent d’être entièrement carbonisés.
- L’incendie d’été est en général un incendie de cime et est particulièrement à craindre s’il s’agit de conifères. Les pins, résineux, sont très combustibles et les pommes de pins, projetées au loin, propagent le sinistre qui se répand à la vitesse d’un cheval au galop. C’est un incendie de sommet, la cime étant la première atteinte et le feu
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- Fig. 2. — Le chaos d’Apremont après l'incendie.
- descendant peu à peu vers le tronc. Les pertes subies sont donc très importantes.
- LA SURVEILLANCE DE LA FORÊT L’ARRIVÉE DES SECOURS
- Quelle que soit la cause initiale de l’incendie, et quel que soit le type d’incendie auquel on a affaire, plus tôt il est signalé, et plus les chances sont grandes d’en venir à bout rapidement et sans trop de peine. Cinq postes d’observation ont été établis dans la forêt : à Fran-chard, à la Croix-d’Augas, à la Table du Roi, au Long Rocher et au Rocher Brûlé. Ce sont des pylônes en acier, reliés entre eux et à Fontainebleau par le téléphone et placés de telle sorte que tout point de la forêt est visible à la fois par les observateurs de deux pylônes au moins. Dès que l’un d’eux aperçoit quelque part de la fumée ou des flammes, il téléphone au service forestier de Fontainebleau la direction précise dans laquelle se trouve le foyer.
- Cette direction est marquée sur une carte de la forêt ainsi que celle que va fournir peu après l’observateur d’un autre pylône. L’intersection de ces deux lignes situera avec une approximation suffisante l’emplacement du feu.
- Le service forestier de Fontainebleau envoie immédiatement à l’endroit présumé, grâce à six side-cars et à deux motocyclettes dont il dispose soit à Fontainebleau, soit au pied des pylônes, soit dans les maisons forestières, les quinze ou dix-huit gardes forestiers que l’on peut immédiatement alerter. Ceux-ci se rendent sur le lieu du sinistre, téléphonent à Fontainebleau l’importance et l’emplacement exact du foyer, et, si la chose est possible, c’est-à-dire si le feu n’avance pas vite, engagent la lutte.
- Les gardes se munissent de branchages et en frappent les flammes qu’ils étouffent. S’il n’y a pas de vent, bruyères, fougères, herbes, ronces et arbrisseaux seront brûlés; mais les arbres proprement dits ne subiront que des dommages insignifiants.
- Le personnel forestier ne comprend au total que trente à trente-cinq personnes pour surveiller 25 000 hectares, dont 16 855 appartiennent à l’État. Comme il faut toujours laisser du monde en observation dans les pylônes et à Fontainebleau, comme il y a un service de jour et un autre de nuit, on voit qu’il est difficile d’amener sur place plus de vingt-cinq personnes. Dès que l’étendue du sinistre est trop grande, on fait appel à la troupe casernée à Fontainebleau. Cette troupe coopère avec bonne volonté à la lutte; mais elle est lente, incompétente et, au début, coordonne mal ses efforts avec ceux des spécialistes.
- Supposons donc que tous ces premiers
- travaux soient inutiles, par suite du vent, de la grande surface en combustion, ou de la nature même de l’incendie (incendie de sommet). Le feu se propage à une vitesse telle que la lutte directe est provisoirement impossible. On va organiser la lutte en arrière, à un endroit où on espère arrêter le sinistre : route assez large pour
- Fig. 3. •— Un incendie de printemps récent dans la forêt de Sénarl. (Photo prise en avion.)
- (Ph. Keystone.)
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- Fig. 4. — Un pylône d'observation à Franchard dans la forêt de Fontainebleau.
- servir de barrière, zone sans végétation. On ne peut songer à éteindre ce qui brûle; on sacrifie une vaste étendue pour protéger le reste.
- LA LUTTE CONTRE LE FEU
- L’un des procédés le plus anciennement employé, dans toutes les forêts d’ailleurs, c’est le contre-feu : on s’appuie à la zone d’arrêt dont nous avons parlé plus haut et, entre cette zone et la région en flammes, on allume un foyer. Ce nouveau feu, attiré par l’appel d’air
- provoqué par l’immense surface en ignition, se précipite sur elle; quand les deux incendies se sont rencontrés, la première phase de l’incendie cesse, le feu n’ayant plus d’aliment pour progresser.
- La technique du contre-feu est très délicate, car une erreur, un changement de direction du vent risquent d’étendre l’incendie au lieu de l’éteindre.
- A défaut de contre-feu, on procède à des coupes préventives, on ouvre des tranchées dans la forêt. Bien entendu sur les côtés, là où la progression est plus lente, on s’efforce de contenir l’embrasement, et, peu à peu, les flammes tombent.
- Le feu est en apparence éteint; mais il ne l’est pas réellement : les racines et l’humus du sol continuent, souvent pendant des semaines, à se consumer. Que le vent reprenne et que la surveillance se relâche, et l’incendie assoupi peut se réveiller et gagner des régions que l’on croyait sauvées.
- D’où l’intérêt d’éteindre complètement et sans délai le feu. Et pour cela il n’y a guère qu’un procédé : arroser avec de l’eau, comme pour un incendie de maison.
- L’Administration des Eaux et Forêts dispose à Fontainebleau d’une grosse moto-pompe de 10 ch, débitant 60 m3 à l’heure, d’une petite moto-pompe de 1 ch 3/4 couplée à une cuve de 800 1, d’une cuve de 2300 1, d’une autre de 1500 1, le tout transporté par camion ou par auto-chenille.
- Pompes et cuves remplies d’eau sont amenées à pied d’œuvre, et nos forestiers, transformés en pompiers, mettent bout à bout jusqu’à cinq cents mètres de tuyaux, et inondent successivement tous les points voulus qui pourront ensuite être laissés sans surveillance.
- Bien plus, si l’eau est en quantité suffisante, on arrose préventivement, et même curativement, les branches des arbres : on retarde ainsi la marche de l’incendie quand on ne l’arrête pas net,
- LE PROBLÈME DE L’EAU
- Mais comment se procurer l’eau ? C’est le problème essentiel de la lutte contre le feu dans une forêt aussi sèche que la forêt de Fontainebleau. Nous avons vu que, avec toutes les cuves actuellement existantes, on n’obtient en tout que 4600 litres, ce qui est bien peu. En fait, on ne peut compter que sur la moitié au plus, car on remplit certaines cuves pendant qu’on utilise les autres. Si on admet que la grosse moto-pompe fonctionne à plein régime, on n’aura qu’entre deux et cinq minutes d’arrosage ininterrompu. Et que de temps perdu avec les manipulations des tuyaux, les transports d’eau, les déplacements des cuves !
- Les points d’eau sont rares et lointains souvent.
- Ce sont la Seine ou le Loing, les mares de la forêt (Mare aux Fées, Mare à Piat, Mare aux Biches, Mare aux Evées, etc.), les réservoirs des communes placées en bordure de la forêt (Fontainebleau, Barbizon, Marlotte, Ar-bonne, etc.). C’est enfin un puits qu’on a creusé
- Fig. 5. — Un point d’eàu dans la forêt de Fontainebleau : La Mare aux Fées depuis son curage tout récent.
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- à 25 m de profondeur au carrefour de Marlotte. Postes d’eau insuffisamment nombreux, cuves trop petites (on désirerait des citernes de 6000 1 traînées par de forts tracteurs), pertes de temps au remplissage, personnel trop peu important, manque surtout de crédits, voilà les principaux facteurs qui font obstacle à l’organisation rationnelle de la lutte contre le feu.
- Si la situation budgétaire de l’Administration des Forêts permettait en effet d’effectuer les travaux auxquels on songe, il est certain que l’ère des grands incendies serait révolue. Il faudrait pouvoir disposer de postes d’eau en tout point de la forêt. On a songé à multiplier les puits; mais la nature du sous-sol rend la chose terriblement onéreuse; un seul puits coûte plus de 50 000 fr tout en étant fort laid, et il est impossible d’en creuser le nombre voulu.
- On a songé aussi à utiliser l’aqueduc de la Vanne qui alimente Paris et traverse la forêt de part en part. En faisant des prises en divers points, on disposerait en pleine forêt de postes d’eau d’un débit très important, toujours en charge, permettant de remplir rapidement les citernes mobiles, ou faciles à brancher sur les motopompes ; malheureusement le Service d’hygiène s’y oppose, redoutant la pollution d’une eau, contrôlée en amont, et destinée à désaltérer les Parisiens.
- Il semble que l’on s’achemine vers le procédé suivant qui serait la solution complète d’un problème bien délicat. On songe à créer dans la forêt toute une série de canalisations souterraines en communication avec les réservoirs des communes dont il a été question plus haut et les mares de la forêt. Des bouches d’incendie, tous les deux ou trois kilomètres, permettraient de puiser l’eau là où ce serait nécessaire, tout comme on fait dans les villes. Cela exigerait de gros travaux et des frais considérables; mais, complété par quelques moto-pompes, on disposerait là d’un système parfaitement souple, autorisant des arrosages très étendus et prolongés, et susceptible d’être mis instantanément en action.
- COMMENT PRÉVENIR LES INCENDIES
- Arrêter un incendie est bien; le prévenir est encore mieux. De nombreux forestiers réclament pour Fontainebleau un régime spécial. Ce n’est plus une vraie forêt, déclarent-ils, c’est un parc qui attire des visiteurs nombreux... et dangereux. On ne peut l’exploiter comme une forêt; qu’on le protège comme un jardin public.
- Un parc est soumis à des règlements sévères, et toute infraction est punie. Il ne peut être question de mettre un tourniquet devant les chemins de Fontainebleau, d’imposer des péages et d’interdire les promenades en dehors des sentiers; mais il est trois mesures qui, si on veillait à leur application, supprimeraient la majeure partie des incendies : l’interdiction de fumer (cela paraît difficile à réaliser), d’allumer des feux, de camper. Onrne se rend pas assez compte'clu danger que présente la mode du camping; les lampes à alcool ou à essence qu’on est obligé d’utiliser, les bougies, les feux qu’une jeunesse turbulente et joyeuse allume pour se chauffer, s’éclairer, chasser les insectes ou simplement s’amuser causent chaque année des pertes incalculables à la forêt.
- Fig. 6. — Un puits dans la forêt de Fontainebleau. Le puits du carrefour de Marlotte.
- Et puis, les touristes devraient s’habituer à ne pas considérer un feu de forêt comme un spectacle qu’ils contemplent en curieux, les bras croisés. Il n’y a rien de décourageant pour un personnel qui exécute un travail épuisant et dangereux comme de voir des étrangers se distraire de leurs efforts. La présence de ces curieux exerce une action inhibitrice sur les hommes, et malheureusement pas sur le feu. Sans compter que ces curieux troublent le service d’ordre, entravent la circulation, risquent d’être eux-mêmes victimes du feu.
- La suppression du champ de tir, qu’on placerait en un lieu plus adéquat, serait aisée si on avait affaire à une
- Fig. 7. — L'aqueduc de la Vanne dans la forêt de Fontainebleau.
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- administration moins exclusive que celle de la Guerre. Quant aux escarbilles de charbon enflammé que les locomotives du P.-L.-M. distribuent avec une générosité excessive, elles disparaîtront le jour où on utilisera l’électricité ou le mazout, car il ne faut pas trop compter sur une déviation de la ligne actuelle.
- Quand tout cela sera réalisé, les incendies cesseront-ils
- complètement ? Sûrement pas, car on doit craindre les accidents, la foudre, la malveillance et les feux spontanés; mais grâce aux moyens de lutte dont on disposera alors, la conservation de la forêt pourra être considérée comme assurée. Il n’est pas certain qu’elle le soit actuellement.
- Pierre Wogue.
- RECREATIONS ASTRONOMIQUES
- Un de nos abonnés, M. A. Marmion, nous communique la note suivante :
- « Voici une petite observation astronomique qui pourra amuser les grandes personnes et instruire les enfants par l’occasion qu’elle fournira de leur parler un peu de ces choses intéressantes : par une belle nuit étoilée on se place
- Fig. 1. — Photographie de traînées d'étoiles donnant l’illusion de passer devant des fils électriques.
- sous des fils électriques aériens assez fins (fils de 1 à 2 mm) et en fermant un œil on cherche à placer ce fil entre soi et l’étoile visée. Cela constitue un exercice qui n’est pas toujours facile d’abord. Ceci fait, l’étoile est occultée malgré le faible diamètre apparent du fil; mais si nous faisons la même expérience avec une planète on peut voir cette dernière coupée en deux par le fil. Fait qui. met en évidence la différence de diamètre apparent des astres et qui entraîne à faire des réflexions intéressantes; car un observateur méthodique et minutieux ne s’arrêtera pas là. On peut ensuite tenter quelques mesures qui prendront de la valeur par le soin que l’on y aura apporté. L’esprit d’invention de l’expérimentateur doit être fertile et s’adapter à toutes les circonstances. Un assez bon résultat est donné par le fil de descente d’une antenne, qui en obliquant donne des diamètres angulaires variant avec son éloignement. »
- De telles observations, en soi très simples, constituent
- en effet d’excellentes leçons de choses; elles développent également les facultés d’observation et sont ainsi intéressantes à recommander. Nous y ajouterons quelques remarques ou indications complémentaires.
- Rappelons tout d’abord que les étoiles, soleils perdus à d’incommensurables distances dans l’espace, n’ont
- Fig. 2. — Traînée d’étoile brillante (Sirius) coupant presque complètement des branches.
- Cette photographie permet aussi d’apprécier la différence de largeur de l’image photographique des étoiles en raison de leurséclats respectifs.
- aucun diamètre apparent sensible. Elles attirent différemment nos regards en raison de la vivacité de leurs éclats respectifs. Quelles qu’elles soient, les plus puissants instruments télescopiques ne peuvent en donner une image amplifiée. Si, vue dans ces conditions, une étoile se montre cependant comme un petit disque, c’est par étalement de la source lumineuse qui est environnée alors d’une auréole formée d’anneaux concentriques et dus à la diffraction.
- Sur les clichés photographiques l’image des étoiles s’enregistre sous l’aspect de petites taches plus ou moins larges en diamètre suivant leur éclat, l’ouverture de l’objectif utilisé et la durée de la pose qui les agrandit par diffusion lumineuse dans la couche sensible.
- Cette particularité de l’image instrumentale est rendue
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- Fig. 3. — Explication schématique de l’image photographique étalée E' d’une étoile E, empiétant de part et d’autre sur celle d’un objet opaque. L’étoile, malgré son occultation réelle au passage derrière cet objet, semble ainsi le couper par suite des impressions lumineuses qui se rejoignent sur le cliché.
- très évidente en répétant l’observation proposée plus haut, mais alors par le moyen de la photographie, et l’on peut obtenir ainsi le curieux résultat d’un effet absolument inverse !
- Pour cela, laissons un appareil ouvert, immobile devant le ciel barré de fils électriques. La mise au point étant faite sur le ciel, ces fds seront un peu moins nets que les étoiles. Entraînées par le mouvement diurne, les étoiles fournissent des images qui se traduisent par des trajectoires lumineuses plus ou moins intenses et larges suivant leur éclat. Ces traînées croisent les fils, mais au lieu d’être interrompues par ceux-ci, elles les coupent, au contraire, procurant ainsi l’illusion de passer devant (fig. 1). Les astres très brillants peuvent même oblitérer ainsi de minces branches d’arbres (fig. 2). Ce qui montre bien les phénomènes de diffraction faisant déborder l’image stellaire étalée sur celle de l’objet opaque avant et après l’instant de l’occultation du point lumineux réel (fig. 3).
- Avec certaines planètes comme Vénus ou Jupiter, beaucoup plus intenses d’éclat total que les étoiles, ces phénomènes s’exagèrent encore; en outre les diamètres apparents entrent en jeu. Et, à propos de leur non-occultation visuelle par des fils, il est intéressant de préciser de telles dimensions. Pour les trois principales planètes que nous voyons avec un relativement grand diamètre apparent: Vénus, Jupiter et Mars, ces diamètres respectifs s’expriment au maximum par des angles de 57, 43 et 25 secondes d’arc. Or une seconde d’arc, c’est l’angle sous tendu par un objët de 1 millimètre de largeur, Joigne de 206 m. D’après cela, on reconnaît que les
- Fig. 4. — Lorsque le disque du soleil {ou celui de la lune) se projette derrière un fin repère, on peut apprécier le mouvement apparent du ciel.
- Fig. 5. — Installation d’une petite lunette et d’un écran sur lequel on projette l’image amplifiée du soleil, que l’on voit ainsi se déplacer
- avec rapidité.
- Le carton adapté à la lunette a pour objet de protéger l’écran contre l’illumination solaire directe et de montrer l’image projetée avec
- plus d’éclat.
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- Fig. 6. — A l'époque des équinoxes, le déplacement du soleil en déclinaison est tel que d'un soir à l’autre on le voit se coucher derrière des points très différents de l’horizon.
- planètes ne sont encore pour nos yeux que de petits disques presque imperceptibles ; et c’est pour cela que leur aspect simplement visuel ne se différencie pas de celui des étoiles proprement dites. Seul l’artifice d’un objet occultant permet donc de les différencier et c’est l’intérêt de l’expérience signalée au début.
- Ne quittons pas le domaine de ces élémentaires et récréatives observations sans en recommander quelques autres relatives cette fois aux mouvements de la Terre.
- On constate quotidiennement la rotation de notre globe par le lever et le coucher des astres. Mais ce mouvement est assez lent pour qu’il soit difficile, au premier abord, d’en suivre vraiment la marche. A cet effet le disque solaire, surgissant de l’horizon ou disparaissant derrière ce repère, est une sorte d’aiguille que nous pouvons consulter; celui de la Lune joue également le même rôle lorsqu’il n’est pas trop voilé par des brumes. Avec l’un ou l’autre cependant, ce déplacement est peut-être plus appréciable en les observant alors que, par chance, un fin repère tel qu’un clocher lointain, par exemple, se profile devant leurs disques au voisinage de l’un des bords (fig. 4). Naturellement, pour la bonne réussite de l’expérience il est indispensable de rester soi-même parfaitement immobile ; ce à quoi on arrive en se calant bien la tête et commodément surtout !
- Mais les conditions d’une telle observation ne sont pas toujours aisément réalisables, et il faut la retenir principalement en raison de son extrême simplicité.
- A sa suite, il est intéressant de chercher à mettre le fait plus en évidence, c’est-à-dire de façon tellement apparente qu’il frappe le regard le moins attentif. A ce résultat on parvient au mieux à l’aide de la plus modeste longue-vue ou lunette astronomique, pourvu qu’elle soit disposée sur pied quelconque permettant de la maintenir braquée et bien immobile dans telle direction où l’on vient la placer. Avec cet instrument, donc, on visera le Soleil dont l’image sera projetée sur un écran de carton blanc placé à quelque distance de l’oculaire (fig. 5). Le déplacement du Soleil consécutif au mouvement diurne se traduira alors par le déplacement de son image sur l’écran. D’autre part, plus on éloigne cet écran, plus on agrandit l’image solaire, ce qui rendra son déplacement de plus en plus sensible puisqu’elle parcourra toujours, en un même temps, un chemin linéairement de plus en plus grand. Ainsi est mise en évidence de façon frappante la rotation terrestre. Ajoutons que le dispositif de l’expérience permet à plusieurs personnes à la fois de bénéficier de cette suggestive et facile démonstration.
- Dans une certaine mesure nous pouvons également apprécier les conséquences du mouvement de la Terre sur son orbite. Autrement dit, il est intéressant de s’appliquer à reconnaître avec quelle rapidité le Soleil semble se déplacer en position sur la sphère céleste au cours des saisons, par suite de l’inclinaison de l’axe de rotation qui conserve une direction fixe dans l’espace pendant que la Terre tourne autour du Soleil. Ce qui entraîne que nous voyons ce dernier très élevé au-dessus de l’horizon en été et très bas en hiver, et que consécutivement la longueur des jours et des nuits croît et décroît alternativement.
- Rapj>elons-nous bien ce mécanisme des saisons, et nous nous souviendrons que c’est aux équinoxes que la position du Soleil, alors situé dans le plan de l’équateur terrestre, change le plus rapidement par rapport à ce plan. A l’équinoxe de printemps, le Soleil quitte l’hémisphère austral pour monter dans l’hémisphère; à l’équinoxe d’automne c’est l’inverse qui se produit.
- A l’une ou l’autre de ces deux époques une simple observation répétée deux jours de suite permet d’apprécier la rapidité de cette variation. En effet si l’on examine le disque solaire à son coucher on constatera que sa disparition s’effectue chaque soir derrière des points bien différents de l’horizon par suite de son changement de position en latitude céleste (fig. 6).
- Ainsi et à peu de frais nous pouvons encore nous rendre compte d’une façon frappante, des conséquences de l’un des principaux mouvements de notre monde. De telles observations sont plus instructives encore lorsqu’on les effectue comme complément de connaissances acquises ou d’explications cosmographiques préalables, grâce à l’usage de sphères célestes.
- Il nous a paru intéressant de mentionner ces diverses expériences à cette époque des vacances, où, plus volontiers qu’à toute autre, nous sommes invités à jouir des spectacles du ciel. Lucien Rudaux.
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- LA MALADIE DES ORMES
- Le dépérissement rapide des ormes adultes qui fait perdre chaque année tant d’argent à la sylviculture, a amené un grand nombre de botanistes à tenter d’élucider ce délicat problème. Après de nombreuses discussions, on a admis que la principale des maladies de l’orme est due à un champignon dont la vie, encore mal connue, doit être liée à celle des scolytes qui creusent de nombreuses galeries sous l’écorce, favorisant ainsi l’envahissement par le mycélium d’un champignon qu’il faudrait, paraît-il, ranger dans le genre Graphium.
- E. de Wildeman, l’éminent directeur du jardin botanique de l’Etat, à Bruxelles, fait justement remarquer, à ce propos, dans une courte note parue dans le Bulletin de la Société royale belge de botanique, que le champignon parasite de l’orme ressemble étrangement à un stade hypomycète qu’il
- a eu jadis l’occasion d’observer lors d’un séjour qu’il fît à Nancy, et considéré comme un genre nouveau sous le nom de Lemonniera.
- Ce champignon ainsi étudié avait été recueilli dans les eaux croupissantes des fossés durant l’hiver.
- Très prudent, M. de Wildeman déclare que la dispersion de la maladie pourrait donc avoir une autre cause que la profusion des scolytes.
- Il engage vivement les botanistes à rechercher dans les étangs le champignon qu’il a étudié jadis très sommairement en France, à en reprendre l’étude biologique et peut-être parviendra-t-on ainsi à connaître le principal ennemi d’un des plus heaux arbres des plantations d’alignement.
- G. Remaeie.
- LE NOUGAT DE
- Sucrerie exquise qui soutient dans le monde entier le renom de la grande confiserie française, le nougat, longtemps consommé seulement en Provence et en Orient, est aujourd’hui fort connu à Paris où l’on apprécie surtout le nougat de Montélimar.
- C’est, nous apprend « Le Progrès de Montélimar », au commencement de la deuxième année du xvme siècle que le nougat apparaît, pour la première fois, dans les anciens documents.
- Lors du passage à Montélimar, en avril 1701, des ducs de Bordeaux et de Berry, la ville leur offrit deux quintaux de confiture et « un quintal de nougat blanc ».
- Quelques années plus tard, lors de son passage, en 1714, la ville offrit à l’ambassadeur du roi de Perse vingt livres de nougat, qui coûta douze sols la livre.
- En 1744, elle fît semblable cadeau à l’infant ^
- Philippe d’Espagne, gendre du roi de France, qui séjourna dans la ville.
- Le nougat blanc — il y a aussi le nougat rouge de Tunisie et le nougat noir d’Aix — est composé d’une pâte de miel, de sucre cuit et de blancs d’œufs à laquelle on incorpore des amandes et parfois des avelines ou des pistaches.
- LA FABRICATION
- Il n’existe aucune règle précise pour la fabrication de la pâte qui est faite selon des principes très différents suivant les usines.
- D’une manière générale, on fait bouillir dans un poêlon, sur un feu doux, 1 kg de miel de première qualité en le remuant constamment avec une spatule en bois ou en cuivre, pour éviter qu’il ne se colore. Au bout d’une heure, le miel est assez cuit, on le retire alors du feu et on le bat à froid.
- Pendant ce temps, une autre personne bat** six blancs d’œufs en neige et les mélange intimement au miel. On ajoute de la fleur
- MONTELIMAR
- d’oranger, puis on remet le poêlon sur le feu et on recommence à cuire. Peu à peu, ce mélange deviendra cassant, lorsqu’on en jettera quelques parties dans l’eau froide.
- On retire du feu, on ajoute 750 gr de sucre cuit, en ayant soin de remuer jusqu’à ce que l’appareil ait perdu sa plus grande chaleur ; on ajoute enfin 3 kg d’amandes séchées au four et très chaudes. Cette opération doit se faire peu à peu et en remuant énergiquement pour bien mélanger.
- Dans les grandes fabriques, comme, par exemple, celle de la maison « Chabert et Guillot », à :qui nous devons, du reste, notre documentation photographique, on utilise des appareils particuliers chauffés à la vapeur et qui procurent une trituration active,
- Fig. 1. — .Atelier de fabrication.
- La pâte de miel, le sucre cuit, les blancs d’œufs et les amandes sont intimement mélangés dansdes appareils assurantunetrituration active. (Fh. Chabert et Guillot.
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- Fig. 2. — Le sciage mécanique.
- Le nougat, coulé dans des moules en bois et encore chaud, est découpé à la scie mécanique. (Ph. Chabert et Guillot.)
- point capital de la fabrication du nougat. Un appareil de ce genre se compose d’une espèce de cuve en fonte avec rebord d’assemblage et séparation, qui partage la cavité de la cuve en deux parties.
- Dans la partie supérieure se place une bassine en cuivre rouge.
- La cuve en fonte porte des oreilles avec des empattements sur lesquels vient s’ajuster un arceau qui reçoit les diverses pièces servant à mettre le mélangeur en mouvement. Ce mélangeur comprend un arbre en fer, portant une pièce horizontale à trois branches, à laquelle sont ajustées des palettes en bois, reliées à des fourches métalliques, se rattachant aux branches.
- La partie supérieure de l’arbre porte une roue d’angle avec laquelle vient engrener une seconde roue d’angle montée sur un arbre horizontal. Le mouvement est communiqué aux roues d’angle et par suite à l’arbre mélangeur, au moyen de poulies fixes de différents diamètres, soumises elles-mêmes à l’action d’un moteur quelconque.
- La bassine est chauffée par un courant de vapeur qui lui arrive par le tuyau d’un générateur. L’appareil ainsi agencé peut donner au mélangeur un mouvement plus ou moins accéléré (ce mouvement fournit une moyenne de 120/130 tours à la minute) ou retardé, suivant le plus ou moins de cuite des matières.
- On peut introduire les amandes telles quelles dans le nougat, après les avoir dépoussiérées, mais, pour les qualités de choix, on pratique l’émondage — suppression de la petite peau qui enveloppe l’amande — des triages successifs, suivis d’un grillage soigneusement surveillé.
- Par cette dernière opération, le fruit acquiert un arôme fin et délicat qui donne au nougat un goût incomparable.
- On coule le nougat dans des moules en bois dont la hauteur varie selon le format des morceaux que l’on veut obtenir. Ces moules sont tapissés intérieurement, de pain azyme.
- On découpe le produit alors qu’il a encore un certain degré de chaleur, en dominos et barres que l’on empaquette dans du papier paraffiné pour éviter toute adhérence fâcheuse et dans une feuille métallique (aluminium ou étain).
- Le nougat est également vendu dans des boîtes d’un goût artistique charmant et dans des coffrets magnifiques. Les papiers et les tissus de luxe, la soie, les rubans, les cuirs ouvrés, les laques précieuses ravissent le regard avant que le palais soit flatté par les délicieuses sucreries qu’ils recouvrent.
- Après avoir été l’objet de perfectionnements successifs qui ont acquis au nougat une célébrité mondiale, la fabrication s’en est intensifiée.
- 11 y a un demi-siècle, les fabricants de Montélimar n’étaient guère que cinq ou six et leur production atteignait 100 000 kg environ par an.
- Aujourd’hui, leur nombre dépasse la douzaine et le chiffre annuel des kg fabriqués oscille entre 1 200 000 et 1 400 000.
- Grandement tributaire de l’étranger, pour les œufs chinois, les pistaches siciliennes, surtout les amandes qui proviennent en grande partie d’Espagne et d’Italie, mais utilisant le miel, le sucre, la main-d’œuvre du pays, l’industrie du nougat fait rentrer en France une quantité importante de devises étrangères par une large exportation dans le monde entier.
- L. Kuentz.
- Fig. 3. — La salle de pliage.
- Le nougat découpé est enveloppé dans du papier paraffiné et du papier d’aluminium. (Ph. Chabert et Guillot.)
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES
- XIV. - LE GOUT DE LA RENOMMÉE
- Les savants, êtres essentiellement désintéressés quant à la richesse, ne cherchent, généralement, dans les études scientifiques, qu’à satisfaire leur goût pour la science et ce n’est, parfois, que malgré eux qu’ils sont parvenus à de hautes situations et, comme on le dit, quelquefois — ce qui fait sourire — ont été « comblés d’honneurs ». Quelques-uns, cependant, semblent s’être engagés dans la carrière scientifique parce que leurs études, par ailleurs, paraissaient devoir leur procurer une certaine renommée. Ce petit travers — l’homme n’est pas parfait — s’est manifesté surtout autrefois, — aujourd’hui on est plus sceptique sur la valeur de cette soi-disant « gloire » — et, sans y attacher une grande importance et vouloir, le moins du monde, diminuer leur mérite, va nous amener à parler de la jeunesse de Lalande, Thénard, Arago et Flourens.
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- Lalande (1732-1807) est souvent cité, dans les articles de journaux ou de revues, comme un exemple d’un homme qui ne répugnait pas à ... manger des araignées, fait dont je n’ai pu contrôler l’exactitude et qui n’est peut-être qu’une légende, après tout non déshonorante — tous les goûts sont dans la nature (2) —. Quoi qu’il en soit de ses fantaisies gastronomiques, il méritait de passer à la postérité par les progrès qu’il fit faire à l’astronomie. Delambre, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, a, dans un des Éloges qu’il prononça en 1808, consacré à sa jeunesse des pages dont nous allons citer des fragments (3) :
- « Joseph Jérôme Le Français de Lalande était né à Bourg (Ain) de Pierre Le Français et de Marie Monchinet (4), qui, jouissant d’une fortune honnête et n’ayant que ce fils, l’élevèrent avec trop d’indulgence : ils ne réprimèrent pas autant qu’ils auraient pu un caractère vif et impatient que, malgré tous ses efforts, il ne parvint jamais à maîtriser comme il l’aurait voulu. On fait remonter aux jours de son enfance ce goût pour l’astronomie qui en tout temps a fait un des traits distinctifs de son caractère et le moyen principal qu’il employait à satisfaire un ardent désir de renommée qui était aussi l’une de ses premières passions. Dès l’âge de six ans il était curieux de connaître la cause qui tient les étoiles à la voûte du ciel. Ce trait d’un esprit réfléchi n’était encore qu’un indice équivoque de ses dispositions futures et nous lisons dans ses Mémoires que dans ce temps même il annonçait plutôt un goût assez vif pour les récits romanesques, qu’il composait avec le peu de matériaux que sa jeune imagination avait pu rassembler. Nourri par des parents pieux, et principalement par sa mère; dans les pratiques les plus minutieuses de la dévotion, ne voyant guère que des Jésuites qui ne l'entretenaient que de choses saintes, son activité l’entraînait, à l’âge de dix ans, à travailler sur le fond; et il composait des sermons qu’il débitait en chaire, en habit de Jésuite, devant une société choisie qui sollicitait comme une faveur le plaisir d’entendre un orateur si précoce.
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. J’ai, pour ma part, connu un naturaliste qui ne pouvait, lorsqu’il se promenait à la campagne, se dispenser de manger... de petites limaces qu’il déclarait excellentes ; il essaya de me convertir à cette joie gastronomique, mais, malgré que j’eusse été heureux de lui faire plaisir, je ne pus m’y décider.
- 3. Mémoires de la classe des sc. math, et phys. de l’Institut nal. de France.
- 4. Son père était entreposeur des tabacs et sa mère receveuse des postes.
- Mais quoique déjà avide de louanges, à mesure que ses idées se mûrissaient, il se détachait de cette occupation et des applaudissements qu’elle lui attirait. »
- Envoyé à Lyon, il se prit d’un goût fort vif pour la poésie et l’éloquence et parut alors vouloir se destiner à la littérature et au barreau, mais le cours de philosophie l’en refroidit.
- « Une éclipse de soleil (*) observée pendant son séjour au collège de Lyon fit triompher les mathématiques et, pour se livrer avec moins de distraction à cette nouvelle étude, il voulut prendre l’habit de Jésuite, mais ses parents, qui, d’après les dispositions de leur fils, avaient conçu, malgré leur dévotion, des espérances plus ambitieuses et plus mondaines, s’opposèrent à cette fantaisie et lui parlèrent d’une charge de magistrature. II parut céder à leur vœu et, sous ce prétexte, il obtint de venir à Paris. »
- A Paris, tout en faisant son droit, il travailla chez un procureur et plaida même une cause que, d’ailleurs, il perdit.
- Une visite inopinée à l’Observatoire décida de sa vocation, Il décida de suivre le cours d’astronomie du Collège de France, où le professeur Delisle, n’avait guère que ce seul auditeur et, s’attachant à lui, lui donna des leçons particulières. De Lalande suivit aussi le cours de physique mathématique de Lemonier, qui était aussi un astronome et qui l’en instruisit le mieux qu’il put. Cela n’empêcha pas de Lalande de continuer ses études de droit et, à 18 ans, il reçut le titre d’avocat. Ses parents le rappelaient avec insistance et l’astronomie l’aurait perdu infailliblement si une circonstance particulière ne se fût offerte à propos et que Lemonnier saisit avec empressement.
- « Lacaille venait de partir pour le Cap de Bonne-Espérance. Le principal objet de son voyage était de déterminer la parallaxe de la Lune et sa distance à la Terre. En partant, il avait distribué un avis aux astronomes et les invitait à faire des observations correspondantes à celles qui le conduisaient au Cap. Berlin, qui est à peu près sous le même méridien, à la distance de près de 85°, fournissant une des plus belles bases qu’on pût trouver sur la Terre pour mesurer un grand triangle dont le sommet était au centre de la Lune. Lemonnier insista donc sur la nécessité d’envoyer un asti’onome à Berlin; il offrait de prêter un quart de cercle et parvint à faire partir de Lalande. Frédéric ne put s’empêcher de témoigner quelque surprise au jeune astronome que Maupertuis lui présentait, mais, corrigeant ce premier mouvement par des expressions flatteuses, il donna ses ordres pour que les observations pussent avoir un plein succès. »
- C’est là que, reçu à la Cour, il fit la connaissance des « beaux esprits» qui la fréquentaient: Voltaire, Maupertuis, d’Argens, La Métrie, qui s’intéressaient surtout à la philosophie — discipline qui l’effaroucha quelque peu, — et Euler, qui lui enseigna le calcul intégral.
- « A son retour à Bourg, il plaida quelques causes pour complaire à son père; et, par déférence pour sa mère, il était son compagnon fidèle dans tous les actes de dévotion qui ne pouvaient plus avoir pour lui d’autres valeurs que l'occasion sans cesse renaissante de prouver son dévouement sans borne à une mère tendre, à laquelle il sacrifiait tout sans hésiter jusqu’au plaisir de se montrer dans les sociétés avec tous les avantages qu’il avait recueillis de son expédition. La manière dont il avait rempli sa mission astronomique lui ouvrit bientôt les portes de l’Académie des sciences. Son travail sur la parallaxe le liait avec Lacaille et, quoique formé successi-
- 1. Il avait été aussi très frappé, alors qu’il avait l’âge de 12 ans par la comète de 1744, que, toutes les nuits, il ne se lassait pas d’admirer et qui lui parut extraordinaire. Cette comète était rouge, avec plusieurs rayons.
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- vement par deux maîtres habiles, il sentit facilement tout ce qu’il pouvait gagner encore dans les entretiens du troisième. Lemonnier, à qui il avait de si gx-andes obligations, se croyant négligé, devint plus froid et plus sévère. Lalande, en exposant ses méthodes pour tenir compte de l’aplatissement de la Terre dans le calcul des parallaxes, donnait une règle qui se trouvait en contradiction avec une formule d’Euler. Lemonnier en fit la remarque hautement, croyant bien, sur la foi d’Euler, que le jeune astronome n’avait pas assez mûrement examiné le problème. Lalande se défendit avec vivacité. La dispute s’échauffant, l’Académie nomma des commissaires; Làcaille •était du nombre et, dans son rapport, ne ménagea peut-être pas assez l’auteur de l’objection : il en résulta plus que du refroidissement entre le maître et l’élève, qui fit en vain toutes les soumissions propres à le remettre en grâce. Il est vrai que, malgré tout son respect et son attachement filial pour le maître à qui il devait tout, il n’en était pas plus disposé à souscrire complaisamment à toutes ses idées. »
- Il se consacra, dès lors, à l’astronomie bien que, de temps à autre, il fît quelques incursions dans l’éloquence, sans négliger de soigner sa renommée. Très sensible aux louanges, il eut de nombreuses querelles scientifiques, en particulier avec Cassini, de Thury et Bernardin de Saint-Pierre ('*).
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- Louis=Jacques Thénard (1777-1857), le savant chimiste, était né à Louptière, en Champagne. Si l’on ne connaît rien de ce qu’il fit durant l’époque où il vécut dans sa famille, par contre on sait qu’il la quitta assez jeune — vers 17 ans — pour aller, avec deux de ses camarades, à Paris, dans Je but, sans doute, de s’y instruire et, si possible, d’y trouver la gloire. Flourens (2) nous a conté agréablement ce voyage et, comme on disait, autrefois, dans les romans « ce qu’il s’ensuivit » :
- « Un petit pâtre disait un jour, nous raconte-t-on : « Si j’étais empereur, je garderais mes vaches à cheval. — Pour moi, lui répondit son camarade, si je le deviens, trois fois la semaine, je mangerai de la soupe au lard. — Supposé que cela soit, reprit le plus jeune, je me ferai payer mes journées à trente sols pour en donner vingt à ma mère. » Mus par quelques-unes de ces primitives et meilleures inspirations dont l’écho affaibli s’éteint dans nos grandes cités, par une splendide matinée de printemps, cheminaient, sur une des grandes routes, belles et calmes, qui sillonnent nos riches campagnes, trois vigoureux enfants de la Champagne : Je cœur gros, la bourse légère, ils quittaient Je toit paternel et s’éloignaient du petit village de la Louptière, près Nogent-sur-Seine. Us se dirigeaient vers Paris, non qu’ils voulussent y chercher fortune ; mais, au contingent scientifique qu’ils avaient recueilli de M. le Curé et, plus tard, du savant père Bardin, oracle de ces contrées, ils sentaient le besoin d’ajouter, car ils étaient ambitieux. L’un d’eux visait à être le médecin du canton, et, se partageant le pays, les deux autres voulaient y être apothicaires; le plus téméraire allait même jusqu’à rêver d’associer à' son laboratoire un petit commerce d’épicerie. Ce qui pouvait expliquer de si grands projets, c’est que la tempête révolutionnaire contraignait les parents de celui-ci, honnêtes et vigilants laboureurs, à renoncer à une exploitation qui, longtemps, leur avait été confiée, que, retirés sous leur toit
- 1. Pour plus de détails, voir E. Doublet, Le bicentenaire de Jérôme de Lalande, dans la Rev. scientifique du 13 août 1932, article qui renferme, outre un portrait de Lalande — qui était très laid — un portrait de Mme Lepaute — qui était fort jolie — sa collaboratrice pour de nombreux calculs, ce qui la faisait appeler la « savante calculatrice » par Clairault.
- 2. Mémoires de l'Ac. des sc. de l’Institut impérial des sciences, XXXII. Paris, 1864.
- patrimonial, ils auraient encore cinq enfants à élever, et qu’en fin celui qui s’éloignait avait toujours été l’espoir ambitieux de la mère : aussi était-ce bien près d’elle qu’il viendrait exercer. Tout en devisant sur de si douces espérances, nos voyageurs s’avançaient vers le but : comme ils étaient près de l’atteindi'e, le plus clairvoyant fit sentir la nécessité d’analyser les ressources de leur budget. Les calculs auxquels il se livra, bien qu’il se montrât déjà habile à ne laisser échapper aucune fraction, ne purent jamais atteindre au delà d’un total de seize sols pour chacun d’eux. Cette conviction acquise, nos jouvenceaux se dirigèrent vers les hauteurs du pays latin; ce n’était pas assez : là, ils gravirent au plus haut étage d’une maison et furent heureux d’y trouver une chambre où ils purent se nicher en commun. Restait à pourvoir à la plus impérieuse des nécessités. L’homme pratique qui avait analysé le budget explora le voisinage. Sous ce toit hospitalier, habitait un ménage de ces braves Auvergnats qui, pour posséder un jour un champ et aller mourir dans leurs montagnes, nous distribuent, pendant trente ans, de l’eau et du charbon. Notre parlementaire ouvre des négociations; il explique à la mère Bateau, avec la candeur de ses dix-sept ans, la position et les ressources. La bonhomie qui dès lors se peignait sur sa figure, la franchise avec laquelle il laissait voir son désir de succès, touchèrent cette brave femme; et bien qu’elle fût convaincue que l’engagement de fournir aux besoins de trois jeunes estomacs avec de si minces ressources fût téméraire, surtout à cette époque de 94, à cause de cette époque même, à cause surtout de sa qualité de mère, elle les agréa comme pensionnaires. Us avaient donc
- « Le vivre et Je couvert : que faut-il davantage ? »
- Thénard sortait ainsi triomphant de la mission diplomatique la plus difficile qu’il eût jamais entreprise et s’installait à Paris. Lors du début, j] lui arriva une fois ou deux de n’être pas exact au rendez-vous de la mère Bateau. La rude abstinence qui en résulta « me fit contracter, disait-il, plus tard, une habitude de ponctualité dont je ne me suis pas départi et qui a ajouté à ma reconnaissance pour cette excellente femme. »
- Les débuts à Paris, on le comprend, furent, dans ces conditions, plutôt pénibles.
- « Deux hommes de mérite enseignaient alors la chimie. Fourcroy, par la lucidité de son esprit, par son exposition facile et savante, obtenait les succès qui lui valurent une réputation universelle. Vauquelin, moins brillant, mais plus expérimentateur, amassait, par un labeur incessant, les matériaux dont il a enrichi la science. Notre jeune Champenois, tout yeux et toutes oreilles, ne manquait aucune de leurs leçons; il écoutait, il écoutait toujours : après un examen consciencieux, il se convainquit... qu’il ne comprenait rien. A cette triste découverte, que les gens incapables ne font jamais, scrutant quel pouvait être l’obstacle, il comprit que, dans une science qui n’est point spéculative, il faut commencer par en apprendre le métier. » >
- Vauquelin, pauvre à cette époque, admettait bien dans son laboratoire ceux de ses élèves qui pouvaient lui payer une rétribution mensuelle de vingt francs, mais il était impossible à Thénard de prendre un pareil engagement. Voyant là, cependant, sa seule ressource, il prit son courage à deux mains, se présenta à Vauquelin, lui dit la vérité, sa pénurie, son amour du travail, et le supplia de l’agréer, ne fût-ce que comme garçon de laboratoire : les services qu’il pourrait rendre l’acquitteraient de sa cotisation. Vauquelin avait déjà écarté de pareilles offres et avec d’autant plus de regrets que lui-même, dans sa jeunesse, avait « passé par là »; il se vit donc contraint d’opposer un refus à la demande de Thénard.
- Cependant, son chagrin, son air intelligent, ses formes
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- campagnardes surtout, avaient intéressé les sœurs de Vau-quelin qui, pendant l’entretien, s’étaient furtivement introduites dans la pièce. « Mais il est gentil ce petit, dit l’une d’elles à son frère; tu devrais le garder; il aiderait dans le laboratoire et surveillerait le pot-au-feu que tous tes muscadins laissent trop bouillir. » C’est ainsi que, grâce à cette leçon pratique, Thénard fut introduit dans le cénacle. « Je n’ai jamais été assez ingrat, disait-il plus tard, pour oublier qu’un pot-au-feu qui bout ne fait que de la mauvaise soupe. » Son caractère facile, la sagacité de son esprit, le firent aimer de tous les jeunes gens qui fréquentaient Je laboratoire; par eux il élargit le cercle de ses connaissances et ses remarquables moyens trouvèrent ainsi l’occasion de se développer.
- Il n’alla pas très vite à sortir de ses fonctions un peu terre à terre... et pot-au-feu. Après trois ans de cette existence Vauquelin, cependant, réussit à faire admettre Thénard, comme professeur dans une institution. Le jeune chimiste
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- se rendit bientôt compte qu’il avait un aspect un peu « emprunté » et un désolant accent champenois; il tâcha d’y remédier en fréquentant les théâtres classiques... quand il pouvait économiser trente sols en faisant des économies sur ses repas ou, comme on dit aujourd’hui « en se mettant la ceinture ». Appelé à remplacer Vauquelin pour quelques leçons, iJ ne put se mettre à la hauteur de la situation qu’à la cinquième leçon, mais, apercevant Vauquelin et Fourcroy qui, dans un coin de la salle, souriaient de ses efforts, il pâlit, et... se sauva comme s’il eût eu le diable à ses trousses, sans doute au grand ahurissement de ses auditeurs. Vauquelin et Fourcroy, cependant, ne se moquèrent pas de lui et, tout au contraire, unirent leurs efforts pour le faire admettre comme répétiteur à l’Ecole Polytechnique. Dès qu’il eut un peu plus d’aisance, il entrej>rit des travaux originaux et les poursuivit, avec assiduité, pendant un demi-siècle pour le plus grand bénéfice de la Chimie.
- (A suivre.) Henri Coupin.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- JUIN 1933, A PARIS
- Dans son ensemble, le mois de juin 1933 a été normal au point de vue de la température et de l’insolation, malgré sa pression barométrique exceptionnellement basse et sa forte pluviosité.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 758 mm 9, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, est inférieure de 3 mm 7 à la normale et est la plus basse observée en juin depuis 60 ans.
- La température moyenne, 16°,4 est sensiblement égale à la moyenne des 60années 1874-1933 (écart de—0°,05 seulement). La moyenne des minima, 11°,5, est supérieure de 0°,3 à la normale; celle des maxima, 21°,6, inférieure de 0°,7. Le début du mois a été très chaud; jusqu’au 9, les moyennes journalières ont été toutes supérieures à leurs normales respectives avec des écarts atteignant fréquemment 5° et 6°. Le maximum absolu, 28°,3,le 7, appartient à cette période, il est inférieur de l°,5,au maximum absolu moyen. A partir du 10 la température s’est fortement refraîchie et s’est maintenue presque constamment inférieure à la normale; le minimum absolu, 8°,4 relevé le 12 est plutôt élevé : il surpasse de 2°,4 le minimum absolu moyen. Les extrêmes absolus de la température ont été à l’Observatoire de Montsouris, de 8°,9 le 21, et de 29°,0 le 6 et en banlieue, de 5°,0 à Ville-Evrard et à Vaucluse et de 34°,0 à Ivry.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, aucune pluie ne s’est produite pendant la lre décade, mais du 11 au 30, on a noté 15 jours de pluie appréciable, dont 11 consécutifs (du 16 au 26). Ces pluies ont été fréquemment accompagnées d’orages et le 20 on a noté une importante chute de grêle. Aucune précipitation n’a présenté de caractère excessif; le total journalier
- le plus élevé n’a atteint que 20 mm 1, le 24. Au total, on a relevé au pluviomètre 81 mm 5 d’eau, soit 47 pour 100 de plus que la normale. A Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie n’a été seulement que de 47 mm 9 en déficit de 13 pour 100 à la moyenne des 50 années (1873-1922). La durée totale de chute, 26 heures, est inférieure de 14 pour 100 à la moyenne des 25 années (1898-1922).La hauteur maxima en 24 heures a été pour Paris, 20 mm 9 à Passy et, pour les environs, 25 mm 1 à Sevran.
- Les 14, 16, 18, 23 et 25 on a signalé des orages généralement locaux et de faible importance. Le 20, un orage a affecté la moitié est de Paris; le 21, un autre s’est étendu sur la banlieue sud et ouest et sur la ville à partir de 15 h 30; le 24, orage en banlieue est et nord. Il a grêlé par places à sept dates différentes.
- On a enregistré à l’Observatoire de la tour Saint-Jacques 268 h 5 m de soleil, durée supérieure de 23 pour 100 à la moyenne de 40 ans. Il n’y a eu qu’un jour sans soleil. Du sommet de la tour Saint-Jacques, la visibilité à 9 h a été 26 jours supérieure à 6000 m. Depuis 1913, l’atmosphère n’avait jamais été aussi souvent claire en juin.
- Très nombreux brouillards matinaux, tous faibles à l’exception de celui du 16 qui était épais par places (visibilité : 50 m à Marly-Deux-Portes, vers 6 h 30).
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 70,6 pour 100 et celle de la nébulosité de 57 pour 100. On y a constaté : 1 jour de grêle, 7 jours d’orage, 1 jour de brouillard, 17 jours de brume, 19 jours de rosée. Les vents ont été très dominants de nord à nord-est.
- Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA PAILLE ARMÉE DANS LA CONSTRUCTION
- La paille qui était un des plus anciens matériaux de construction va-t-elle connaître une nouvelle ère de faveur ? A vrai dire elle n’avait jamais été complètement abandonnée puisque dans certaines régions elle est encore couramment utilisée. Ainsi en Allemagne par exemple on construit d’excellentes cabanes pour le logement des porcs, uniquement en paille, avec des murs de paille de 50 centimètres d’épaisseur.
- Dans ces cabanes, soit dit en passant, les animaux se portent à merveille alors qu’ils sont beaucoup moins bien dans les constructions
- en ciment. Aujourd’hui l’industrie utilise la paille comprimée à 7 kg pour en faire des panneaux rigides qui sont incombustibles à tel point, dit le Moniteur des professions rurales, que le jet de flamme d’une lampe à souder réussit seulement au bout d’un temps très long à y percer un trou sans y mettre le feu. Les panneaux sont armés dans leur masse par un grillage. On les fabrique de 2 m 80 ou 3 m sur 1 m 50, en 5 centimètres d’épaisseur pesant 16 kg au mètre carré. Très commode pour faire des cloisons et des plafonds, la paille armée protège contre la chaleur ou le froid. Enfin ces panneaux qui ont une bonne résistance au choc et à la pression adhèrent très bien aux revêtements de plâtre et de ciment qu’on leur applique. L. R.
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- ^ L’AUTOMOBILE PRATIQUE =
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES ET PRATIQUES CONSEILS PRATIQUES
- L’ESSENCE ACTUELLE POUR LES VOITURES DE TOURISME
- En vue de soutenir le marché de l’alcool et la viticulture française, l’État s’est engagé à acheter aux producteurs le surplus de leur production d’alcool. Cet alcool est, d’ailleurs, acheté à très haut prix et revendu à moins de la moitié de son prix d’achat. Ce sont, bien entendu, les contribuables qui, finalement, soldent la perte considérable produite chaque année par cette opération désastreuse !
- Même à prix très réduit, il ne se présente pas d’acheteur pour les 1 500 000 hectolitres ainsi disponibles annuellement, et, devant cette carence, il a fallu, non plus proposer la vente de l’alcool, mais l’imposer. On a trouvé comme solution de mélanger en petite proportion, et d’une manière obligatoire, l’alcool à l’essence vendue pour les automobiles. Comme les automobilistes se défiaient, peut-être avec raison, de ce mélange, on l’a désormais imposé exclusivement, et, qu’ils le veuillent ou non, ils sont désormais obligés d’adopter ce nouveau carburant.
- La proportion d’alcool imposé varie de 10 à 20 pour 100 et, en théorie, cette addition ne devrait pas présenter d’inconvénient, mais au contraire des avantages; le mélange aurait, en effet, des propriétés anti-détonantes et anti-calaminantes. On a même fait remarquer que, dans certains pays, les automobilistes qui ont un libre choix achètent de préférence un mélange additionné d’alcool.
- Pourtant, certains usagers se plaignent, depuis l’introduction du nouveau carburant, de constater des irrégularités de fonctionnement de leur moteur. Ces irrégularités ne peuvent provenir probablement que de la façon défectueuse dont le mélange est composé.
- L’alcool pourrait dissoudre, en outre, des joints et des pièces détachées de petite surface, en matière isolante, qui se trouvent dans le réservoir ou la tuyauterie, ce qui déterminerait des pannes d’alimentation de carburant plus ou moins graves.
- Il ne semble pas que l’adoption du mélange alcool essence doive présenter pour l’usager des inconvénients graves en ce qui concerne le fonctionnement du moteur, et surtout son usure, par contre, il ne paraît pas non plus présenter beaucoup d’avantages. Nous n’avons pas à choisir, nous subissons, là comme ailleurs, les effets de la politique économique, souvent peu logique, de nos parlementaires.
- LA PRATIQUE DU GRAISSAGE
- Les opérations de graissage dans les voitures modernes sont devenues de plus en plus aisées. Elles se réduisent désormais au maintien du niveau d’huile au-dessus d’une valeur minima, et à une vidange périodique.
- Les progrès de la fabrication des huiles de graissage ont non seulement permis d’améliorer leur pouvoir lubrifiant, mais encore leur durée de service, sans augmentation du prix de vente. Il en résulte que la périodicité nécessaire des vidanges a quelque peu diminué pour le plus grand plaisir de l’usager, surtout en ces temps de crise.
- La périodicité de la vidange ne dépend pas seulement du type du moteur et de la qualité de l’huile employée, elle dépend
- aussi, évidemment, du service que l’on demande à la voiture. Pour le service de ville, le moteur ne chauffe guère, et les vidanges sont moins fréquentes. Au contraire, sur route, la périodicité des vidanges doit augmenter.
- Quoi qu’il en soit, on citait, auparavant, les chiffres de 1500 à 2000 km comme distance normale pouvant être parcourue sans nouvelle vidange. Il semble bien qu’au minimum, cette distance puisse être désormais portée à 2000 ou 2500 km. Pour le service de ville, et lorsqu’on emploie une huile d’excellente qualité, on peut même la porter à 3000 km.
- Rappelons, d’ailleurs, les dispositifs de filtrage destinés à éliminer autant que possible les impuretés présentes dans l’huile de graissage, et qui empêcheraient son utilisation, même avant que le pouvoir lubrifiant soit devenu insuffisant.
- L’amélioration de l’outillage spécial pour le graissage employé la plupart du temps dans les garages permet d’effectuer cette opération avec le maximum d’efficacité et de rapidité.
- Enfin, les automobilistes ont désormais pris l’excellente habitude d’utiliser un système additionnel de graissage de la partie supérieure des cylindres, par mélange d’une huile spéciale à l’essence, surtout au moment du rodage.
- Ce mélange doit être fait d’une façon complète, afin de ne pas risquer de provoquer des encrassements de bougies. Le lubrifiant additionnel augmente l’étanchéité des pistons et des soupapes, une fois le moteur rodé, et c’est pourquoi beaucoup d’usagers l’utilisent même sur des voitures qui ont déjà des durées de service assez longues.
- L’emploi d’un mélange additionnel lubrifiant est encore recommandable pendant la saison froide. Au départ, en effet, dans ce cas, l’huile du carter n’a pas une fluidité suffisante, les parois des cylindres et des pistons sont très mal lubrifiées; au contraire, avec un graissage additionnel, cette lubrification se produit dès le départ du moteur.
- Ainsi, le graissage additionnel, bien que facultatif, est presque toujours recommandable; La proportion du mélange varie suivant l’usage qu’on veut en faire. Pour une voiture à roder, la proportion de l’huile spéciale est plus grande que pour une voiture usagée.
- Dans des chroniques récentes d’automobile pratique, nous avons, d’ailleurs, indiqué comment il fallait envisager cette question, et les proportions d’huile nécessaires.
- LA RÉPARTITION DES AUTOMOB ILES EN FRANCE
- On a souvent indiqué que le nombre des automobiles, dans une région, était un signe de l’activité économique et de la richesse de cette région. Il est bien évident que ce nombre est également fonction de la densité de la population, des conditions géographiques, etc...
- A ce propos, nous croyons intéressant de reproduire une carte dressée par un rédacteur du Bulletin Officiel de la Chambre Syndicale des Constructeurs d’automobiles, et qui indique le nombre de véhicules automobiles comptés dans chaque département français par superficie de 10 km 2 pour l’année fiscale 1931-1932 (fig. 1).
- On se rend compte, sur cette carte, qu’il n’y a que deux départements, la Seine et le Nord, où le nombre de véhicules
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- Ml plus de 100automobiles par 10Km2
- XZZL1 moins de 100 et plus de 30 automobiles par* W Km 2
- Fig. 1.— Répartition des automobiles en France dans chaque département, en 1931-1932, en fonction de la superficie du département.
- est supérieur à 100. Il y a, au contraire, 40 départements encore où ce chiffre est égal ou inférieur à 20.
- Parmi ces départements, il s’en trouve quelques-uns de relativement peu peuplés, et où l’industrie est peu développée. Malgré tout, on peut en déduire, fort heureusement, qu’on ne peut encore parler en France de saturation automobile, malgré l’augmentation déjà considérable de la circulation.
- LA LUBRIFICATION PAR LE GRAPHITE COLLOÏDAL
- Le graphite colloïdal, employé comme lubrifiant dans l’industrie, et même depuis longtemps dans les articulations d’automobile pourra peut-être être utilisé maintenant aussi pour améliorer le graissage des automobiles.
- En 1905, l’ingénieur américain Acheson remarqua que la plupart des matières à base de carbone soumises à la température du four électrique étaient transformées en graphite de très grande pureté. Les températures extrêmement élevées obtenues volatilisent totalement les substances étrangères, en laissant un produit tendre et homogène, presque complètement composé de carbone à l’état de graphite. Le produit obtenu, particulièrement onctueux, peut servir aux besoins de la lubrification.
- Acheson réussit en 1906 à obtenir des suspensions colloïdales de graphite dans l’huile, et ces suspensions constituent des lubrifiants très efficaces.
- Une teneur en graphite de 0,1 pour 100 à 0,3 pour 100 suffit à rendre les huiles convenables aux cas les plus généraux du graissage. Le graphite à l’état colloïdal forme alors autour des surfaces en contact une sorte de film onctueux possédant un coefficient de frottement très faible, et qu’on appelle « une surface graphoïde ».
- Le graphite colloïdal améliore ainsi les surfaces métalliques
- des paliers, plutôt qu’en réalité la valeur lubrifiante de l’huile, de sorte qu’il offre à l’huile une meilleure surface sur laquelle elle peut jouer son rôle.
- Ces surfaces graphoïdes se forment plus ou moins rapidement autour des pièces en mouvement, suivant la proportion de graphite qui se trouve dans l’huile et on fait varier cette proportion suivant l’usage qu’on veut faire de l’huile graphitée.
- L’emploi de l’huile graphitée aurait de nombreux avantages, d’après ses fabricants. Elle permettrait tout d’abord d’éviter tout risque de grippage se produisant par suite d’un manque d’huile. Même si l’alimentation en huile est, en effet, interrompue pendant un certain temps, la surface de graphite formée autour du métal permet d’éviter en partie le danger d’une lubrification insuffisante. L’emploi du graphite permettrait d’autre part, de réduire la consommation d’huile pour un même travail. Enfin, les huiles véhiculant du graphite colloïdal auraient une température critique de 10° à 20° plus élevée que les huiles ordinaires.
- Pour le graissage des moteurs d’automobiles, l’huile graphitée serait spécialement intéressante pour le rodage. L’usage d’un tel composé diminuerait les risques de contact métal contre métal dans la première période de ce rodage. Les surfaces graphitées qui se forment au fur et à mesure que le rodage se poursuit tendent à s’opposer à l’usure des cylindres, des segments et des paliers. L’onctuosité du graphite concourt ainsi, en quelque sorte, à adoucir la brutalité du rodage d’un moteur.
- En période normale, l’emploi d’un mélange graphité permettrait tout spécialement la lubrification de la partie haute des cylindres. La température de la partie supérieure d’un cylindre est plus élevée que celle des autres parties. Ce fait est dû à ce que la combustion se produit dans un espace confiné au moment où le piston est au sommet de sa course. Pendant le temps moteur, lors de la descente du piston, la flamme d’explosion tend à brûler l’huile adhérente aux parois des cylindres, de sorte que pendant les autres temps, le piston et les segments fonctionnent sur des surfaces plus ou moins sèches (fig. 2).
- Nous avons rappelé, d’autre part, précédemment, combien la lubrification du haut des cylindres était difficile lorsque le moteur était froid et plus spécialement l’hiver.
- C’est pour remédier à ces différents inconvénients qu’on mélange des huiles lubrifiantes spéciales au carburant.
- Le même résultat pourrait être obtenu en employant l’huile graphitée qui forme bientôt une surface lubrifiante à l’extrémité supérieure des cylindres. Cet enduit s’oppose à l’usure, et augmente ainsi la durée de service des pistons et des cylindres eux-mêmes. Il tend à s’opposer à la formation de dépôts de carbone sur le piston et les fonds de cylindres, il lubrifie les tiges de soupapes d’admission et d’échappement, etc...
- Lorsqu’il y a, d’autre part, excès d’essence, les vapeurs d’essence non brûlées peuvent se condenser sur les parois des cylindres et les laver, de sorte que l’huile de graissage est diluée, et que la lubrification se fait mal. C’est ce qui arrive,par exemple, lorsqu’on réduit l’arrivée d’air, par temps froid.
- Au contraire, la surface graphitée ne peut être diluée par l'essence.
- Fig. 2. — L’emploi du graphite colloïdal pour le graissage des hauts de cylindres.
- La couche de graphite se colle au métal, comble les cavités de sa surface et fait disparaître les aspérités.
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- L’addition d’une quantité assez faible, de l’ordre de 1 à 2 pour 100, d’huile graphitée aux huiles légères généralement employées pour la lubrification de la partie haute des cylindres permettrait, d’ailleurs, également d’augmenter leur valeur. Longtemps après que l’huile support a été complètement détruite par les températures élevées engendrées par la combustion, le film de graphite demeure inerte, et se comporte comme une surface antifriction.
- L’huile graphitée peut également être employée avec succès pour la lubrification des engrenages, et présente spécialement l’avantage de réduire beaucoup les bruits, aussi bien lorsque les boîtes de vitesses et les ponts arrière sont neufs, que lorsqu’ils sont usés. Le film de graphite protecteur qui se forme sur les surfaces frottantes peut, d’ailleurs, être produit en employant une très faible proportion de graphite colloïdal.
- LA VENTILATION DES CARROSSERIES AUTOMOBILES
- Le confort des passagers dans les anciennes torpédos était très réduit. Couverts de poussière, et soumis, surtout à l’arrière, à un violent courant d’air, les voyageurs devaient avoir un esprit très sportif pour supporter vaillamment une longue randonnée. L’emploi des carrosseries « conduite intérieure » modernes, même sur les voitures de série, fait souyent, désormais, de la voiture un véritable petit salon roulant.
- Malheureusement, si le confort, l’absence de trépidation rendent les voyages agréables, il y a encore trop souvent une question technique mal étudiée dans nos carrosseries, c’est la ventilation.
- Lorsqu’il fait froid, et que toutes les glaces sont complètement fermées, le problème ne se pose pas, mais dès que la température plus clémente permet de soulever le pare-brise ou d’ouvrir une glace de portière, les difficultés commencent. Tout d’abord, la plupart des carrosseries sont au moins à 4 places, et les deux voyageurs qui sont assis sur la banquette avant de la voiture n’ont pas forcément les mêmes goûts que ceux qui sont assis sur la banquette arrière. Les premiers sont plus ou moins frileux, craignent plus ou moins les courants d’air, ou inversement. Comment, dans ces conditions, les satisfaire tous, si l’ouverture d’une glace suffit à provo-
- Fig. 3. — Représentation schématique des courants d’air dans une carrosserie conduite intérieure ordinaire.
- (La glace de la portière avant gauche est baissée.)
- Fig. 5. _ Schéma de la circulation de l’air, avec le système de glaces en deux parties.
- On évite les remous à l’arrière (A); on peut obtenir une ventilation réglable et séparée des places avant et arrière (B).
- quer un courant d’air dans toute la carrosserie ? De plus, l’air qui pénètre ainsi dans la carrosserie soit par l’avant, soit par les côtés, vient s’engouffrer à l’arrière du véhicule, en formant des remous, comme le montre la figure 3 et ne s’échappe que très difficilement. Les odeurs désagréables telles que celle du carburant, de l’huile du moteur, ou de la fumée du tabac des cigarettes des voyageurs restent donc plus ou moins concentrées dans l’intérieur de la carrosserie; l’air chaud produit par le passage du courant d’air sur le moteur se concentre également dans la carrosserie, ce qui est fort désagréable.
- Sur certaines carrosseries américaines on a, depuis quelque temps, mis à l’essai un système de ventilation, d’ailleurs, extrêmement simple, présentant des avantages remarquables. Dans ce système, la glace "ne s’abaisse pas dans la portière comme dans les modèles ordinaires, elle comporte deux parties, dont l’une mobile autour d’un axe vertical, et c’est par l’orientation de cette glace mobile qu’on obtient un système d’aération rationnel (fig. 6). Le courant d’air pénétrant par les glaces avant convenablement orientées, est, en effet, aspiré par les glaces arrière, ce qui évite les remous (fig. 5). De plus, on pourrait également obtenir une ventilation réglable et séparée des places avant et des places arrière comme le montre la figure 5-B.
- LES PAVÉS EN CAOUTCHOUC
- On a proposé des matières très diverses pour constituer les pavages.
- Après la pierre, on emploie désormais du bois, du béton, de l’asphalte, pour constituer le revêtement de nos routes et des voies urbaines. On a même proposé du métal.
- L’idée consistant à utiliser le caoutchouc n’est pas nouvelle. La surproduction du caoutchouc, et la diminution de la consommation ayant amené une baisse énorme des cours de la matière, le pavage en caoutchouc cesse d’être une utopie.
- La Société Dunlop a créé récemment un modèle de pavé en ciment recouvert de caoutchouc. La face supérieure porte extérieurement de larges stries pour le roulement et, intérieurement, des cannelures fines, destinées à assurer l’adhérence avec le ciment.
- La pose se fait comme celle des pavés en bois. La surface caoutchoutée est suffisamment résistante à l’usure sans être trop élastique. Des essais pratiques de ce système de pavage auraient eu lieu en Angleterre avec un plein succès.
- UN DISTRIBUTEUR AUTOMATIQUE DE CIGARETTES
- Beaucoup d’automobilistes, grands fumeurs, ont adapté sur leurs voitures, non seulement des cendriers, mais des allumeurs électriques de cigarettes ou de cigares, comportant simplement une résistance chauffée par le passage du courant électrique provenant de la batterie d’accumulateurs,
- Lorsqu’on veut, avec ce système, allumer une cigarette, et la porter à la bouche, il est cependant difficile d’effectuer
- Fig. 4. — Système de glaces en deux parties, produisant d'une part une aspiration de l’air extérieur, d’autre part une succion de l’air contenu dans la carrosserie.
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- les différentes opérations avec une seule main. L’automobiliste est donc souvent obligé de ralentir ou d’arrêter sa voiture, s’il est prudent, et ne veut pas lâcher son volant.
- Un petit appareil automatique dont la pose est très simple sur n’importe quelle voiture permet de remédier à cet inconvénient, puisqu’il est rempli de cigarettes au choix du fumeur et qu’il offre à l’automobiliste d’une manière automatique une cigarette tout allumée.
- L’appareil comporte un chargeur pouvant contenir de 15 à 20 cigarettes. Lorsqu’on tire sur un bouton, une cigarette tombe du chargeur dans un allumeur placé horizontalement. En poussant et en maintenant un levier, on détermine réchauffement de la résistance de l’allumeur, et la cigarette est allumée. Il ne reste plus qu’à la prendre pour la mettre en bouche. Un éteignoir, disposé à gauche, permet de l’éteindre lorsqu’on l’a fumée presque jusqu’au bout (flg. 6).
- UNE AMPOULE PRATIQUE POUR L’ÉCLAIRAGE DES PHARES
- Le problème de l’éclairage des automobiles est essentiel pour la sécurité de la route, et il intéresse autant l’automobiliste que le piéton. Le phénomène de l’éblouissement est, en effet, dangereux pour tous les usagers de la route.
- C’est pour éviter autant que possible cet inconvénient qu’on a inséré dans le Code de la Route des dispositions imposant l’emploi d’un système d’éclairage « code » ne produisant pas d’éblouissement.
- Une des solutions les plus simples consiste à employer un projecteur parabolique, muni d’une lampe à deux lilaments incandescents, et à écran métallique intérieur. Le premier de ces filaments placé au foyer de la parabole produit un faisceau de rayons parallèles à longue portée. Le second, placé en avant du premier, et sur l’axe du réflecteur, produit un faisceau assez divergent. Un écran métallique disposé à l’intérieur de l’ampoule supprime la moitié supérieure des rayons qui viendraient éblouir le sujet placé devant le véhicule.
- Cependant, cette solution qui paraît très simple, en principe, est assez difficile à appliquer d’une manière très satisfaisante avec une ampoule ordinaire. En effet, les filaments ne peuvent être considérés comme des points lumineux, de sorte que les rayons émis par le projecteur ne sont pas parallèles, en réalité. Il en résulte que le faisceau lumineux, pour l’éclairage «route» n’est pas complètement homogène; des parties brillantes alternent avec des parties sombres.
- Le faisceau rabattu pour l’éclairage code est encore plus difficile à obtenir d’une manière parfaite. Le réflecteur n’est pas un paraboloïde absolu, de sorte que le foyer ne peut être considéré comme un point, mais comme un petit cylindre.
- Il se produit donc des rayons parasites dont le nombre est augmenté par les réflexions des parties métalliques du phare.
- Il était donc nécessaire de rendre les faisceaux route et surtout le faisceau code plus uniformes. D’après les expériences effectuées, ce résultat pourrait être obtenu en employant une ampoule portant sur sa surface un grand nombre de petites lentilles capables de disperser les rayons lumineux (fig. 7).
- Un modèle d’ampoule perfectionnée établie sur ce principe paraît particulièrement satisfaisant. L’ampoule de cette lampe comporte un grand nombre de protubérances, et si l’on examine l’une d’elles en coupe, on constate qu’elle est assimilable à une lentille. Les rayons émis par le filament subissent ainsi, en traversant le verre, une déviation produite par la lentille correspondante. Les contours du filament sont ainsi remplacés par une surface diffuse sur les bords et aux dimensions plus grandes (fig. 7 B).
- Il faut cependant que le faisceau code soit limité au-dessous
- Fig. 6. — Distributeur de cigarettes et allumeur automatique Dieham.
- A. remplissage du magasin; B, la cigarette tombe dans l’allumeur;
- C, elle est allumée et prête à être fumée; D, on l’éteint.
- d’une certaine hauteur; on doit éviter d’étaler vers le foyer du récepteur les images du filament produites par chacun des éléments de l’ampoule.
- On a donc pratiqué des stries dans un autre modèle d’ampoule suivant le plan méridien. On obtient, de cette manière, une augmentation de la largeur virtuelle du filament, tout en conservant sa longueur.
- L’ampoule nouvelle comporte à la partie inférieure une zone granitée; cette zone n’est pas éclairée par le filament code, et sert à l’étalement du faisceau-route. La partie hémisphérique supérieure est, au contraire, striée, de manière à obtenir une dispersion convenable. Enfin, suivant le grand cercle horizontal, deux bandes claires évitent l’ébloirissement dans la région médiane du projecteur, c’est-à-dire vers les bas côtés de la route (fig. 7 C).
- Cette ampoule à incandescence comporte, en outre, des filaments et une coupelle de forme particulière. Le filament destiné à l’éclairage-route est transversal, de manière à obtenir un éclairage suffisamment puissant sur les bas côtés de la route, sans éclairer les abords immédiats de la voiture.
- Le filament-code est situé dans une coupelle métallique qui intercepte le flux émis vers la moitié intérieure du réflecteur parabolique. Cette coupelle métallique se présente sous la forme d’un berceau, dans lequel l’arrondi a été remplacé par un
- Fig. 7. •— Ampoules à deux filaments pour phares-code.
- A, modèle ordinaire à ampoule claire; B, modèle Granita Yvel à ampoule recouverte de protubérances formant lentilles; C, ampoule Granilux : l’hémisphère inférieur est granulé, l’hémisphère supérieur est strié.
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- angle d’une ouverture d’environ 105°. L’absorption de chaleur est ainsi réduite au minimum, et les rayons réfléchis par les surfaces inclinées sont dispersés.
- Enfin, l’ampoule supprime les images éblouissantes produites par les glaces lisses du projecteur, et même avec de mauvais projecteurs, il ne se produit plus de taches brillantes et éblouissantes.
- UN DISPOSITIF SIMPLE DE SÉCURITÉ
- Vous avez une voiture rapide, et vous craignez sur les
- routes encombrées de vous laisser tenter par le démon de la vitesse. Ou bien, vous êtes obligé de confier votre voiture aux mains d’un conducteur plus ou moins prudent. Pour éviter les excès de vitesse, toujours dangereux, et auxquels sont dus la plupart des accidents, vous pouvez cependant utiliser un moyen bien simple et peu coûteux.
- Il consiste simplement à limiter la course de la pédale d’accélérateur.
- Cette dernière se compose d’une tige portant à son extrémité un plateau sur lequel on appuie, et mérite ainsi son surnom vulgaire de « champignon », ou bien elle a la forme d’une pédale ordinaire.
- Si l’accélérateur est de la première catégorie, il suffit de placer autour de la tige, entre la planche du parclose et le plateau supérieur de commande un petit tube métallique et quelques rondelles épaisses en cuir, en métal, ou même en bois qui se montent et s’enlèvent facilement. On trouvera très vite, et par expérience, l’épaisseur nécessaire pour limiter la course de la pédale. Si l’accélérateur est de la deuxième forme, on place en dessous de son extrémité, et sur le par-close, une petite cale en bois vissée, de l’épaisseur voulue, et qui remplira le même office (fig. 8).
- L. Picard.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Graphite colloïdal : Établissements Paul Maury, 7, rue de Normandie, Asnières (Seine).
- Distributeur et allumeur de cigarettes : « Cie A. Lite » Dreham, 202, boulevard Péreire, Paris (17e).
- Ampoule à incandescence pour phare-code, type Granilux : Établissements Yvel, 12, rue Toricelli, Paris (17e).
- Fig. 8. — Dispositif simple permettant de limiter la course d’une pédale d’accélérateur.
- = LE RECORD DU FROID =
- LA COURSE VERS LE ZÉRO ABSOLU
- La plus basse température obtenue jusqu’ici était celle de 0°71 absolu, atteinte par M. Keesom au Laboratoire cryogénique de Leyde, en réduisant la pression de saturation de l’hélium liquide.
- Cette limite vient d’être abaissée, dans des proportions considérables, par trois savants de ce même laboratoire : MM. de Haas, Viersma et Kramers.
- Le 26 juin dernier, ils annonçaient à l’Académie des Sciences, l’obtention de températures inférieures à 0,18° absolu. Le 14 juillet dernier, le correspondant du Times à Rotterdam télégraphiait à son journal que ces mêmes savants avaient réussi à atteindre la température extraordinairement basse de 0,085° absolu.
- Comment ces températures ont-elles pu être atteintes et mesurées ?
- Des considérations théoriques, dont l’origine remonte aux travaux classiques de M. P. Langevin, en 1905, sur le paramagnétisme, et qui ont été développées surtout par MM. Debye en 1926 et Giauque en 1927, ont conduit à penser que certains cristaux paramagnétiques, soumis préalablement à une forte aimantation, devaient en se désaimantant donner naissance à un fort abaissement de température. Sans entrer dans le détail de ces théories qui mettent en jeu les modernes mécaniques quantiques, on peut se représenter le phénomène par une image : le champ magnétique crée un certain ordre parmi les constituants des molécules, ions et électrons; si l’action du champ magnétique diminue d’intensité, à cet ordre succède un désordre relatif, provoquant des mouvements qui absorbent de l’énergie. Si la démagnétisation est réalisée adiaba-tiquement, cette énergie est prélevée sur le corps lui-même qui doit se refroidir. Ce refroidissement se met en évidence expérimentalement par une variation de la susceptibilité magnétique
- du cristal étudié. Debye avait signalé les sels de gadolinium comme devant se prêter à la mise en évidence de ce phénomène.
- Les savants hollandais, notamment M. Kramers, ont montré que le cérium donnerait des résultats plus nets encore et ils ont opéré sur le fluorure de cérium (Ce F3).
- Ils ont d’abord étudié le phénomène et constaté sa réalité dans les zones de température où celle-ci peut être mesurée par les moyens classiques. La loi étant ainsi établie dans ce domaine, ils l’ont extrapolée dans le domaine des très basses températures, inférieures au point de solidification de l’hélium et c’est ainsi que, par des mesures de susceptibilité magnétique, ils ont pu estimer les températures atteintes.
- Voici, au surplus, un extrait de la communication par laquelle, le 26 juin dernier, ils annonçaient à l’Académie des Sciences l’obtention de la température de 0,18° absolu. « Nous avons suspendu d’un côté d’une balance disposée pour la mesure de la susceptibilité magnétique un petit tube entouré lui-même d’une enveloppe où l’on a fait le vide, le tout plongé dans de l’hélium liquide à une température de 1,26° K. Le tube intérieur contenait du Ce F3 et était placé dans un champ magnétique de 30 kilogauss.
- Le refroidissement de la substance jusqu’à 1,26° K a demandé environ 4 heures.
- « Nous avons alors réduit brusquement l’intensité du champ jusqu’à 2,5 kilogauss et nous avons ensuite mesuré le moment magnétique en fonction du temps. En extrapolant les valeurs de la susceptibilité mesurées dans la région normale de l’hélium liquide (4° à 1,3° K) nous avons calculé que la température était, lors de la première mesure, au-dessous de 0,27° K. De nouvelles mesures donnent comme estimation une valeur inférieure à 0,18° K, »
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- LIVRES NOUVEAUX
- Au-dessus des nuages, par Auguste Piccard, 1 vol., 272 p., 32 figures. Bernard Grasset. Editeur, Paris, 1933. Prix : 15 fr. Le professeur Piccard fait ici le récit de ses deux belles et audacieuses ascensions dans la stratosphère. Le compte rendu, d’une émouvante simplicité, accompagné d’explications techniques et scientifiques d’une éclatante clarté. L’auteur explique d’abord ce qu’est la stratosphère, les raisons qui l’ont poussé à y porter pendant quelques heures un laboratoire équipé pour l’étude de l’électricité atmosphérique et surtout pour la mesure du rayonnement cosmique. Aéronaute accompli, il décrit le ballon, la cabine et les instruments qu’il a connus pour réaliser son programme, en expliquant le rôle de chacun des organes et en montrant comment ils se sont comportés à chaque ascension : documentation précieuse pour les futures explorations de Ja stratosphère qui ne vont pas manquer de se multiplier. Puis voici les ascensions; le professeur Piccard en conte les péripéties avec une touchante modestie qui fait mieux apprécier encore l’exploit accompli. La lecture du journal de bord est à cet égard particulièrement impressionnante. Ce beau livre se termine par des aperçus du plus haut intérêt sur les altitudes accessibles à l’homme et sur l’avenir de l’aviation stratosphérique. La stratosphère offre à la navigation aérienne les routes idéales; les explorations de Piccard, les enseignements que l’illustre savant à su en tirer en faciliteront puissamment la conquête.
- Lehrbuch der Astronomie, von Dr Elis Strômgren und Dr Bengt Strômgren. 1 vol., 556 p., 188 fig. Julius Springer. Berlin, 1933. Prix : broché, 30 R. M.
- Ce livre, dû à deux professeurs de l’Université de Copenhague, offre un intéressant exemple d’un ouvrage didactique, de degré moyen, embrassant l’ensemble de l’astronomie, c’est-à-dire non seulement l’astronomie classique qui étudie la position et le mouvement des astres ainsi que les lois de la mécanique céleste, mais encore l’astronomie dite physique, création moderne née de l’analyse spectrale, qui nous a révélé quelques-uns des mystères des mondes stellaires. Le présent traité, très clairement écrit et logiquement composé, présente avec une élégante sobriété les connaissances essentielles qu’il est indispensable de posséder pour avoir une idée précise des méthodes astronomiques et des résultats actuellement acquis grâce à elles, et aussi pour approfondir ultérieurement tel ou tel chapitre de cette science. Aussi bien qu’au-x étudiants, il s’adresse donc aux amateurs en quête d’une documentation sûre et solide.
- Les récepteurs radiophoniques modernes à la portée de tous, par Franck Duroquier, 1 vol. 191 pages, 138 figures. Masson et Cie, Paris, 1933. Prix : 24 francs.
- M. Franck Duroquier, dès les débuts de la radiodiffusion, a vulgarisé parmi les amateurs les moyens de construire soi-même un poste bien compris. Depuis la publication de ses premiers livres qui connurent un succès mérité, la technique des postes récepteurs s’est complètement transformée. Le présent ouvrage, conçu dans le même esprit que les précédents, tient compte de cette évolution Il fournit au lecteur les données et les moyens nécessaires pour construire différents modèles de récepteurs radiophoniques, choisis parmi les types récents.
- M. Duroquier, à la fois dans un but de simplification et pour des raisons personnelles indiquées dans sa préface, ne décrit ici que des appareils alimentés par batteries ou par courant redressé. Il laisse volontairement de côté les postes-secteur à lampes à chauffage indirect ainsi que les appareils à monoréglage.
- Les trois premiers chapitres de l’ouvrage sont consacrés aux problèmes du choix d’un poste, et donnent des conseils généraux pour la réalisation de postes d’amateurs, ainsi que des moyens pratiques pour établir un collecteur d’ondes : antennes et prise de terre, ou cadre.
- Puis, l’auteur donne toutes indications pour la construction des postes suivants : récepteur à cristal, poste à une lampe ou à deux lampes, modèles divers de postes à trois lampes, trois modèles de postes à 4 lampes fonctionnant sur antenne ou sur cadre, et, enfin un poste superhétérodyne et même un récepteur universel à combinaisons.
- Les derniers chapitres sont consacrés au problème de l’alimentation par accumulateurs ou par courant redressé, à l’installation et au réglage des récepteurs, à la localisation et à la suppression des pannes.
- Ce livre simple, mais complet, destiné aux amateurs-constructeurs, et même aux électriciens, pourra, comme l’indique l’auteur, servir aux professeurs et aux instituteurs qui y trouveront des exemples de réalisation de travaux manuels pouvant être exécutés par leurs élèves, et appliqués à la réalisation d’appareils récepteurs de radiophonie.
- Les récepteurs sensibles, par P. Hémardinquer. 1 brooh., 60 p., 50 fig. Chiron, éditeur, Paris. Prix : 5 fr.
- Cette brochure constitue le 5e fascicule de l’ouvrage que notre collaborateur consacre aux récepteurs modernes de T. S. F. L’auteur y décrit diverses façons de réaliser, en bénéficiant des perfectionne-
- ments les plus récents, des montages variés dérivant du montage classique à résonance à quatre lampes connu sous le nom de C. 119. Les renseignements circonstanciés qu’il fournit permettront à l’amateur d’apprécier en connaissance de cause les avantages propres à chacun des montages décrits, et de construire lui-même les appareils.
- Cours de T. S. F. Éléments de radioélectricité,
- par Michel Adam, 1 vol:, 320 p., 280 fig. Edit. : Ane. Et. Aug. Puvrez, Paris, 81, avenue Niel (Bruxelles, 59, avenue Fonsny). Prix: 15 francs.
- Ce cours initie les profanes, théoriquement et pratiquement, aux choses de la T. S. F. sans leur imposer aucune aridité technique, aucune expression mathématique. Langage élégant, comparaisons simples, imagées, tangibles, explications claires tombant sous le sens, figures nombreuses qui, pour la plupart, sont des images concrètes plutôt que des schémas abstraits, caractérisent cet ouvrage. Signalons notamment les explications concernant les nouvelles lampes (à grille-écran, de puissance, trigrilles et penthodes, à chauffage indirect, à pente variable), le pick-up, la sélectivité, les filtres de bande, les montages antifading, les postes-secteur, la superinductance, les nouveaux types de haut-parleurs, l’étalonnage et l’identification avec la manière de dresser soi-même les graphiques d’étalonnage, l’alimentation des récepteurs en courant continu et alternatif, la transmission des images et la radiovision.
- Les explosifs,par w. Main. 1 vol., 200 p., [53 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1933. Prix : 25 francs.
- Cet ouvrage forme un résumé commode indiquant la composition, les propriétés, le mode de fabrication et les usages des principaux explosifs actuellement employés : explosifs pyroxylés, nitroglycérine, dynamite, mélinite, nitrotoluène et nitronaphtaline, poudre noire et autres explosifs nitratés, explosifs chloratés, panclastites et fulminates. Signalons en outre un bref, mais intéressant historique.
- Solvants, par Thos H. Durbans. Traduit de la 2e édition anglaise, revisée par J. Bibard, 1 vol. in-8, 207 p., 4 fig., Béranger, Paris, 1933. Prix : toile, 50 francs.
- Les solvants organiques ont trouvé en ces dernières années de multiples applications dans l’industrie; leur nombre augmente rapidement. Les vernis cellulosiques sont devenus d’emploi courant et ont même amené à modifier les formes d’objets courants comme les automobiles. Leur chimie et leur technique sont complexes et ont donné lieu à une multitude de publications. Voici, clarifié par un expert, ce qu’il est nécessaire d’en savoir. La première partie, scientifique, expose leurs propriétés : action dissolvante, pouvoir solvant, plastifiants, mélanges et leur équilibrage, viscosité, tension de vapeur, inflammabilité, toxicité. La seconde partie, plus utilitaire, passe en revue les divers solvants et indique leurs caractéristiques. Comme toutes les bonnes monographies^ celle-ci guidera les utilisateurs vers des solutions justes des problèmes qu’ils connaissent incomplètement à cause de leur complexité et de la rapidité de leurs transformations.
- Traité d’algologie, par Pierre Dangeard, 1 vol. in-8, 441 p., 380 fig., Encyclopédie biologique, Lechevalier, Paris, 1933. Prix : 175 francs.
- L’observation des algues est fort intéressante, leur récolte et leur collection aisées; elles ont toujours séduit nombre d’amateurs et l’on dispose de plusieurs ouvrages pour leur détermination. Mais la structure et surtout la composition chimique, la reproduction des algues sont moins bien connues et elles ont donné lieu en ces derniers temps à de multiples travaux de spécialistes. L’auteur, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, s’y consacre depuis longtemps; il a pu ainsi écrire un exposé très complet et en divers points original. Il rappelle les notions générales sur les principaux types, la reproduction, le cycle de développement, l’écologie, la distribution géographique, le parasitisme et la symbiose, la culture. Puis il passe en revue les principaux groupes et, chemin faisant, expose nombre de données récentes sur l’alternance des générations chez les Chloraphycées, le cycle des Phéo-, phycées et des Floridées, la présence de l’iode ou du brome chez certaines espèces, les diastases, les pigments, la perméabilité, l’irritabilité, la cytologie, la sexualité. Un dernier chapitre donne un aperçu des algues fossiles. Un index des questions traitées et des espèces citées aurait facilité la consultation du livre. Il n’en reste pas moins un précieux moyen d’étude, d’une présentation claire et méthodique, et donnant des références bibliographiques étendues.
- Sur la théoriedu rayonnement d'après C.-G. Darwin, par E. Neculcea. 1 broch., 24 p. Hermann et Cie, Paris, 1933. Prix : 6 fr.
- L’auteur résume ici un travail théorique original, dans lequel le professëur Darwin, d’Edimbourg, applique les méthodes de la mécanique quantique à un photon unique, en s’inspirant de la méthode qui a été employée avec succès pour l’étude de l’électron.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE DES SCIENCES Le bicentenaire du chevalier Borda.
- La ville de Dax vient de célébrer le bicentenaire d’un de ses plus glorieux enfants, le chevalier Jean-Charles de Borda, qui y naquit le 4 mai 1733 et qui s’illustra à la fois comme marin, artilleur, constructeur de navires, astronome, physicien et géodésien. Après avoir terminé ses études au collège des Jésuites de La Flèche, il entra dans le génie militaire, puis passa aux chevau-légers. Occupant ses moments de loisirs aux spéculations scientifiques, il publia, à peine âgé de 18 ans, un premier essai de géométrie qui fit dire à d’Alembert : «Ce jeune homme ira certainement très loin ! » Dès 1756, en effet, il lut devant l’Académie des Sciences de Paris un travail Sur le mouvement des projectiles qui lui valut le titre de membre associé. L’année suivante, il assista à la bataille d’Hastembeck comme aide de camp du maréchal de Maille-bois, puis entre temps il revint aux mathématiques, publiant plusieurs mémoires sur le calcul des variations récemment découvert par Lagrange, sur la résistance de l’air et des fluides, sur les roues hydrauliques et sur diverses questions à’architecture navale. Ces dernières recherches très remarquées des techniciens le firent attacher à la marine en 1767 et comprendre dans les vingt membres de l’Académie de Marine, lors de sa création (1769).
- Mais l’activité de Borda fut prodigieuse et la détermination des longitudes le passionna à son tour. Ce problème dépend de la mise en commun des moyens astronomiques et horlogers secondés par les constructeurs d’instruments de précision. En 1771, il embarqua donc sur la frégate Flore en qualité de commissaire de l’Académie des Sciences avec Pingré et Verdun de la Crenne afin de procéder à des essais en mer des montres de Berthoud destinées à conserver à bord l’heure du premier méridien. En 1774-75 il reprit la mer, visita les Açores, les îles du Cap Vert et la côte occidentale d’Afrique. Promu lieutenant de vaisseau l’année suivante, on le nomma au commandement de la Boussole avec mission d’aller déterminer la longitude des Canaries. Au cours de cette croisière, il rencontra Cook qui accomplissait son troisième voyage et il introduisit en hydrographie l’usage des relèvements astronomiques pour remplacer les relèvements magnétiques. A son retour, il put, grâce aux documents recueillis, faire dresser d’excellentes cartes des Canaries et des côtes africaines. Puis, en 1771, il construisit son célèbre cercle à
- réflexion permettant la répétition des angles et réalisant un progrès considérable sur celui que Tobie Meyer avait précédemment inventé.
- Mais Borda ne fut pas seulement un navigateur astronome, il prit part à la guerre d’Amérique, servit sous d’Estaing en qualité de major général de l’armée, commanda le Guerrier puis le Solitaire avec lequel il escorta un convoi de troupes pour la Martinique. Une fois sa mission accomplie, il fut attaqué et contraint de se rendre, après une courageuse résistance. Les Anglais, d’ailleurs, rendant hommage à la chevaleresque conduite et à la notoriété scientifique de leur prisonnier, le mirent en liberté sur parole.
- Rentré en France, le bouillant capitaine devint inspecteur des constructions navales (1784), puis lors de l’établissement du nouveau système des poids et mesures il fut chargé avec Delambre et Mé-chain de déterminer l’arc de méridien compris entre Dunkerque et Barcelone. On sait toute l’importance des opérations géodésiques qu’il fallut accomplir pour mener à bien cette difficile entreprise, les problèmes à résoudre pour établir les étalons de longueur et de poids, les règles en platine, les thermomètres métalliques, et autres délicats instruments que durent imaginer les savants qui s’attelèrent à cette tâche. Or Borda fut toujours le plus actif des commissaires et des rédacteurs des divers rapports relatifs à la création du système métrique. Mais sa santé altérée par ses anciens voyages ne tarda pas à décliner peu à peu. Nommé en dernier lieu chef de division au Ministère de la Marine, le chevalier de Borda mourut à Paris le 20 février 1799 au moment où à côté des grands généraux de l’époque napoléonienne allaient s’illustrer aussi par leurs immortelles découvertes les La-place, les Coulomb, les Monge, les Lagrange et tant d’autres de ses collègues de l’Institut au début du xixe siècle.
- La carrière du marin dacquois que nous n’avons pu qu’esquisser fut donc aussi variée que féconde. Son influence s’exerça très heureusement sur l’art nautique, car à dater de ses observations la marine française, s’arrachant des vieilles ornières de la routine, progressa grâce à l’aide des sciences exactes.
- Il rénova, en outre, les méthodes de tir, il modifia rationnellement les procédés de constructions navales et dans tous ses travaux de physique il sut allier d’une façon originale et précise le calcul à l’expérience.
- Fig. 1. — Statue du chevalier de Borda f!733-17997 à Dax.
- Jacques Boyer.
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- PRÉHISTOIRE Croix préhistorique
- Le Musée de Croix-de-Vie du Docteur Marcel Baudouin possède depuis 1930 le moulage d’un rocher de Roc-Priol près Quiberon (Morbihan) présentant des sculptures d’un grand intérêt.
- Au milieu d’un amas de 28 cupules, une croix très nette se trouve gravée, croix à branches égales d’environ 0 m 16, présentant une certaine analogie avec les svastikas, gravés sur d’autres rochers.
- C’est M. Georges Aubouin de Rouillac (Charente), membre de la Société archéologique de la Charente, qui a signalé cette croix au Docteur Baudouin et qui en a fait faire le moulage par M. Berteaud, de Quiberon.
- Le Docteur Baudouin a fait de l’ensemble une étude approfondie, d’où il résulterait que la croix est une croix d’orientation et que la gravure remonte à 6000 ans avant Jésus-Christ.
- Ces sculptures portent dans le pays le nom de « Pieds du Diable » et, sur un autre rocher tout proche se trouvent sculptés des pieds humains, dits « Pieds de la Vierge » (').
- Les rochers de Roc-Priol sont, par ailleux-s, de très curieux
- C’est ainsi que l’on vit le gouvernement anglais préconiser la culture de la betterave à sucre à partir de 1920, et lui accorder des subsides. Avant cette date, ce genre de culture avait été complètement négligé, les colonies en relations étroites avec la métropole fournissant en abondance du sucre de canne brut et raffiné.
- Aussi les surfaces cultivées en betteraves sucrières passèrent de 22 000 acres à bien près de 400 000 en 1931. La récolte atteint 15 tonnes à l’acre et la teneur en sucre, au dire des expei'ts, serait satisfaisante. De plus, le cultivateur anglais a reconnu la valeur alimentaire de la betterave sucrière pour son cheptel.
- Le nombre de sucreries, qui n’était que de trois eu 1920, est passé à vingt environ, portant la production, en cinq ans, de 47 910 tonnes à plus de 180 000.
- Malheureusement, ce résultat, à première vue très encourageant, n’a été obtenu que par de lourds sacrifices financiers.
- Le British Sugar Act de 1925 a créé un subside qui doit être maintenu pendant dix ans; il fut fixé à 19/6 par dwt pour quatre ans, puis à 13/- pour trois ans et enfin à 6/6 pour le reste de la période décennale d’essais. De plus un tarif préférentiel d’accise pour les sucres impériaux atteint actuellement 5/10.
- Fig. 2. — A droite, le rocher des « Pieds de la Vierge » ; à gauche, sur le petit rocher, les « Pieds du Diable ». Fig. 3. — Cupules et croix sur le rocher des i Pieds du Diable ».
- aspect. Ils présentent tous de fortes excavations attribuées à des phénomènes de l’époque glaciaire. Sur la côte toute proche, une de ces excavations porte le nom de «Siège de la Vierge».
- La légende est curieuse :
- La Vierge Marie passa la nuit sur le rocher où ses pieds sont restés gravés. Tout près et à droite, sur un rocher, retiré sous le grand abri que l’on voit sur la photo, le « Diable » lui lançait des pierres. Au lever du jour, le Diable s’est enfui, et, la Vierge blessée, perdant son sang, est allée s’asseoir sur le bord de la mer, sur un rocher, au pied duquel son sang coule encore. Au pied du « Siège de la Vierge » coule, en effet, un petit filet d’eau colorée d’algues rouges.
- AGRICULTURE
- U industrie britannique du sucre de betterave.
- L’Angleterre, qui depuis l’armistice se débat contre l’extension du chômage, a essayé de différentes solutions et notamment de soutenir son agriculture nationale sérieusement menacée par la concurrence étrangère.
- 1. Voir : Corpus des signes gravés des monuments mégalithiques, Marthe et St-Just-Péquart et L. Le Rouzic, in-8°, Paris, 1927.
- Ainsi, pour créer une industrie nationale, en somme assez secondaire, le gouvernement anglais a dépensé bien près de 40 millions de livres. La protection accordée aux planteurs indigènes dépasse le double de ce qui a été fait sur le continent. Et cependant, la production n’assure que le cinquième de la consommation nationale.
- Pour fixer les idées, disons que la récolte de 1931 valait 918 millions de francs et que l’Etat lui consacra 933 millions de subsides.
- Au reste, les rapports officiels disent très bien qu’il faudrait, pour assurer la vitalité de cette nouvelle branche de l’industrie agricole anglaise, que le prix du sucre se maintienne autour de 12/- par dwt. Or, nous sommes loin de compte comme l’on sait, et nous ne voyons pas comment l’agriculture anglaise pourra résoudre ce douloureux problème. G. Remaele.
- TRAVAUX PUBLICS Un élévateur gigantesque pour bateaux
- Cet élévateur, qui est sur le point d’être achevé, est situé à Niederfinow, près d’Eberswalde, au nord de Berlin. Il servira à assurer le trafic au point de jonction du canal Hohen-
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- Fig. 4. — L’élévateur géant. (Ph. New York Times.)
- zollern et de l’Oder, voie navigable reliant Berlin à Stettin, sur la Baltique.
- Il remplacera des écluses dont le mauvais fonctionne-
- Fig. 5. — L’élévateur et le canal. (Ph. New York Times.)
- ment bloquait fréquemment cette importante voie fluviale.
- Il mesure 60 m de hauteur; il est construit en acier et béton.
- Les chalands sont amenés dans la cage de l’élévateur qui mesure 80 m de long sur 12 m de large et 4 m de profondeur. Cette cage peut contenir 2600 tonnes d’eau et peut « passer » un bateau du même poids.
- Le temps nécessaire pour le passage d’un bateau est de 20 minutes seulement.
- Deux hommes suffisent à la manœuvre.
- Le prix de cct engin et des travaux d’aménagement se monte à 28 millions de marks.
- ZOOLOGIE
- La mort du cerf Ostert
- Un cerf poursuivi, en 1924, par l’équipage des Staghounds Tenteaden, dans le comté de Kent, se jeta à la mer, et, laissant cavaliers et chiens ahuris sur la plage, nagea résolument vers le large.
- Il fut recueilli, en pleine Manche, par un chalutier français de Dunkerque et amené à Dunkerque.
- Mais après avoir échappé aux veneurs, aux chiens et aux vagues, ce brave animal se trouva en présence d’ennemis beaucoup plus redoutables.
- En effet la municipalité, prévenue, avertit le capitaine qu’il serait condamné à une forte amende s’il débarquait le cerf, pour avoir transporté une cargaison sans licence.
- Il n’y avait qu’une solution : déposer une pétition au Ministère de l’Agriculture, ce qui fut fait. Mais l’Administration répondit que le cerf capturé hors de France n’était pas recensé et, de ce fait, n’existait pas légalement.
- Il ne restait plus qu’à abattre la bête. Mais la police avertie fit alors savoir que si le cerf était abattu, le patron du chalutier serait poursuivi pour avoir tué du gibier après la fermeture de la chasse.
- Enfin le propriétaire d’un restaurant du Touquet acheta ce cerf devenu célèbre tant par ses propres exploits, que par ceux des Administrations. Il paya les amendes et installa l’animal dans son parc, oùl Ostert vécut heureux et bien nourri jusqu’à ces jours dernierk,- avant de mourir de vieillesse.
- Le Prince de Galles, lors de ses séjours au Touquet, honorait Ostert de son amitié, c’est pourquoi le propriétaire du restaurant a décidé de lui offrir la tête empaillée du brave Ostert.
- W. K.
- Statistique des cigognes en Alsace
- La cigogne et son nid font partie du décor de l’Alsace. Il n’est donc pas étonnant que la Société industrielle de Mulhouse se préoccupe de temps à autre de recenser cet oiseau. Son comité d’histoire naturelle l’avait fait en 1927; il l’a recommencé en 1932. Une enquête auprès des 946 maires des communes d’Alsace a donné les résultats suivants :
- 1927 1932
- Nombre de nids :
- Haut-Rhin .... 26 32
- Bas-Rhin .... 123 123
- Nombre de jeunes : Haut-Rhin .... 62 86
- Bas-Rhin .... 324 313
- La cigogne est donc fidèle à ses amis d’Alsace.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE Le pied de poche « Vitmi ».
- Le pied photographique est un accessoire indispensable : liés fréquentes en effet sont les circonstances où il importe ;(e fixer l’appareil sur un support parfaitement stable.
- En dépit des facilités d’opération procurées à l’amateur ,1e photographie par l’emploi des objectifs à grande ouverture i t des émulsions ultra-rapides, il est toujours des cas où le icmps de pose atteint une valeur telle que l’on ne peut guère travailler avec succès en tenant l’appareil à la main. Pratiquement, on peut admettre que l’emploi d’un support s’impose toutes les fois que la durée de l’exposition est supérieure à 1/25 de seconde et, lorsque l’on fait de petits clichés dont les épreuves seront examinées au stéréoscope ou tirées à l’agrandisseur il est prudent de considérer le 1/50 comme une limite. Un support s’impose toutes les fois que l’on travaille sous bois ou dans un intérieur, ou même en plein air par temps sombre.
- Par ailleurs, beaucoup d’appareils sont aujourd’hui pourvus d’un obturateur à retardement permettant à l’opérateur de venir se placer dans le champ de l’objectif après avoir provoqué le déclenchement : dans ce cas encore un support s’impose.
- Le pied à trois branches ou tripode est évidemment le support le mieux approprié; malheureusement il a le grand fort d’être relativement lourd et encombrant.
- Afin de satisfaire aux desiderata des amateurs qui, tout en voulant réduire au minimum le poids transporté tiennent à être en mesure d’opérer en toutes circonstances, même lorsque l’éclairement du sujet exige un instantané lent, sinon une pose, la maison « Photochimie », de Genève, a créé un pied de poche, le Vitmi (fig. 1) dont le poids n’est guère que de 75 gr.
- Le Vitmi présente, par rapport à ses devanciers, des avantages d’un réel intérêt. Il comporte une rotule qui se visse sur l’appareil et à laquelle sont attenantes deux mâchoires reliées par une vis de serrage. Grâce à la forme semi-circulaire des mâchoires, le pied Vitmi peut se fixer sur les supports les plus divers : on peut le placer indifféremment sur le dos d’une chaise ou sur le goulot d’une bouteille (fig. 2) pour opérer au cours d’un banquet par exemple. On peut aussi le fixer sur un barreau de grille, sur le guidon d’une bicyclette, sur un ski.... Grâce à la rotule il est toujours possible d’orienter convenablement l’appareil. Enfin, nous signalerons que les mâchoires du pied Vitmi sont pourvues d’une nervure qui les rend pratiquement indéformables et permet de les serrer sur l’anneau (l’un piton à vis : on peut ainsi fixer l’appareil à un arbre ou à un poteau en bois.
- Le pied Vitmi est, semble-t-il, le seul qui réunisse de tels avantages.
- La nouvelle cuve Summum pour films en bobines.
- La plupart des amateurs ont pris l’habitude de faire développer leurs clichés, soit parce qu’ils jugent fastidieuse cette opération, soit parce qu’ils ne disposent pas d’un laboratoire. Si dans les grandes villes on trouve aisément des maisons spécialisées capables de faire ce travail dans de bonnes conditions, il n’en est pas partout de même et parfois on risque, en agissant ainsi, d’éprouver des mécomptes.
- Rien pourtant n’est plus facile que de procéder soi-même aux opérations de développement et de fixage; il n’est pour cela nul besoin de cabinet noir ni de matériel encombrant : il suffit d’une cuve hermétique en métal inoxydable pour pouvoir traiter en plein jour les plaques et les films.
- Fig. 1 (à droite). — Pied de poche Vitmi.
- Fig. 2 (à gauche). — Appareil fixé sur une bouteille au moyen du pied Vitmi.
- La cuve Summum (fig. 3), qui est la plus parfaite du genre est maintenant disposée pour recevoir les films 6 X 9 ou 6 1/2 X 11 et de formats inférieurs. Cette cuve est munie d’un couvercle que deux écrous permettent d’appliquer fortement contre l’ouverture; grâce à un joint de caoutchouc, la fermeture est hermétique. Le couvercle comporte deux tubulures, l’une de gros diamètre, l’autre étroite, respectivement fermées par des bouchons à vis. La cuve est pourvue, vers le bas, d’un orifice de vidange, également fermé par un bouchon à vis. Ces trois ouvertures, qui permettent de faire circuler des liquides dans la cuve, comportent des dispositifs à chicanes prévenant toute entrée de lumière.
- Dans la nouvelle cuve Summum, le panier à 6 rainures destiné à recevoir les plaques est remplacé par un châssis à cadres articulés sur lequel on peut enrouler en spirale la bande pelliculaire. La cuve Summum et ses accessoires sont en nickel pur, le seul métal qui offre toutes les garanties désirables au double point de vue de l’inoxydabilité et de la solidité.
- Cette cuve met véritablement le développement à la portée de tout le monde. On peut, au besoin, la charger plusieurs jours avant le traitement; cette opération préliminaire, la seule qui exige l’obscurité, se fait aisément la nuit, volets clos, sous une couverture ou sous un vêtement de tissu sombre et serré; il n’est d’ailleurs pas utile d’y voir, le toucher suffit.
- Lorsque l’on est disposé à développer, on prépare une solution révélatrice convenablement diluée, on débouche les deux tubulures du couvercle et on verse le liquide par l’ouverture la plus large jusqu’à ce que la cuve soit entièrement remplie; gi'âce à la petite ouverture, l’air s’échappe facilement pendant
- Fig. 3. — Cuve Summum accompagnée d’un châssis à film et d’un panier à plaques.
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- Fig. 4. — Compteur téléphonique.
- le remplissage. Le développement à la cuve Summum n’exige aucune surveillance; sa durée varie en fonction de la nature du révélateur, de sa dilution et de la température.
- Le révélateur qui convient le mieux au développement automatique à la cuve est la métoquinone, que l’on trouve dans le commerce en solution concentrée à diluer dans 25 volumes d’eau. A la température de 16 à 18°, l’opération est menée à bien en 1 heure; il faut écourter de 3 minutes par degré en sus de 18 et veiller à ce que le bain ne soit pas à plus de 25°. Il est bon pour assurer la régularité de l’action du révélateur, de retourner la cuve tous les quarts d’heure.
- Lorsque le temps prévu pour le développement est écoulé, on vide la cuve en dévissant les trois bouchons, puis on y fait circuler de l’eau pendant 5 à 10 minutes, après quoi on peut remettre le bouchon inférieur et introduire le bain fixateur. Un quart d’heure plus tard on peut ouvrir la cuve : les clichés sont développés, amenés au contraste voulu et fixés, il suffit de les abandonner à l’eau courante durant 1 heure, puis de laisser sécher. Il importe de ne pas ranger la cuve avant d’en avoir fait soigneusement sécher les éléments.
- La cuve Summum, grâce à laquelle chacun peut aisément développer sans laboratoire les films et les plaques et obtenir les meilleurs résultats possibles eu égard aux conditions d’impression, est un accessoire qui s’impose à tout amateur digne de ce nom : celui qui aime vraiment la photographie ne doit pas laisser à d’autres le soin de développer ses clichés.
- André Bourgain.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Pied Vitmi : Établissements Richard, 25, rue Mélingue, à Paris.
- Cuve Summum : Leullier, quai d’Austerlitz, à Paris.
- HORLOGERIE Compteur téléphonique.
- Les conversations téléphoniques interurbaines coûtent cher aujourd’hui, surtout lorsque les deux interlocuteurs
- se trouvent dans des départements quelque peu éloignés l’un de l’autre. La durée des conversations est limitée à 3 minutes; chaque période de 3 minutes supplémentaire, ou chaque fraction de période est comptée pour une communication supplémentaire. Une communication entre Paris et Marseille par exemple coûte 17 francs. On conçoit qu'à ce pxix il y ait le plus grand intérêt à ne pas dépasser la durée réglementaire. De ce besoin sont nés les compteurs téléphoniques, petits appareils d’horlogerie qui rendent visible l’écoulement des minutes fatidiques.
- En voici un de présentation fort élégante : il comporte un cadran divisé en 6 minutes, et une aiguille mue par le mouvement d’horlogerie. On le met en marche au début de la conversation : il suffit pour cela d’appuyer à fond sur le bouton rond de gauche, ce qui ramène l’aiguille à zéro et met le mouvement en marche. On peut arrêter à un moment quelconque en appuyant sur le petit levier à droite de l’appareil. Après 2 minutes et demie un petit signal discret avertit que le moment final est proche. Si l’on prolonge la conversation, un second avertissement se produit à 5 minutes et demie.
- En vente chez Kirby, Beard et Cle, 5, rue Auber, Paris.
- SPORTS
- Presse-raquette
- Un système très ingénieux de presse-raquette a été imaginé par M. Pérot. Non seulement il presse la raquette et la maintient plane, mais il la protège également contre les chocs et toutes les déformations.
- Le système est constitué par deux mâchoires qui forment un encadrement métallique léger, et qui emboîtent entièrement la partie ovale ou ronde du cadre de la raquette à protéger.
- Ces mâchoires qui oscillent l’une sur l’autre vers le cœur de la raquette, à la naissance des épaules, à l’aide d’une agrafe à genouillère démontable, sont jonctionnées rapidement par un linguet oscillant sur l’une d’elles du côté opposé à l’axe d’oscillation des mâchoires et dont une extrémité, en forme de couteau, vient mordre dans l’une des dents d’une crémaillère ménagée à la périphérie de l’autre mâchoire où il est bloqué par une agrafe en fil d’acier dont la position est réglable
- Fig. 5. — Raquette montée avec le presse-raquette.
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- Fig. 6. — Mise en place du presse-raquette.
- A gauche, a première branche est mise en place. Au centre, on maintient la première branche et on agrafe la seconde. A droite, on rabat le linguet pour verrouiller le presse-raquette.
- suivant les dimensions des cadres des raquettes; on assure ainsi aisément et rapidement la fixation de l’ensemble des pièces constituant le presse-raquette.
- Une légère traction sur la queue du linguet, servant au blocage du dispositif, suffit à libérer ce linguet d’accouplement des mâchoires et à séparer celles-ci par le jeu simultané de l’agrafe à genouillère; la raquette est alors prête pour le jeu.
- La mise en place ou le démontage sont extrêmement rapides.
- Si l’on désire placer le presse-raquette, on présente, en les emboîtant l’une sur l’autre, à la hauteur du cadre de la raquette, les deux mâchoires, on les rabat sur le cadre, puis soulevant le linguet, on engage son couteau dans une dent de la mâchoire. On baisse ensuite le linguet, qui dans ce mouvement exerce par l’intermédiaire de l’agrafe en fil d’acier prenant point d’appui sur le bossage, une pression sur les deux mâchoires qui emprisonnent ainsi étroitement, en le pressant légèrement, le cadre de la raquette, empêchant toute déformation de ce cadre sous l’influence des causes extérieures.
- Le presse-raquette étant en place sur le cadre, lorsqu’on désire se servir de l’ustensile, il suffit de soulever le linguet, ce linguet cesse alors d’exercer sa pression sur les mâchoires qui peuvent s’ouvrir et se séparer aisément, grâce au jeu de l’agrafe à genouillère. Le joueur est ainsi prêt à se servir de sa raquette.
- Ce presse-raquette a l’avantage de pouvoir se glisser très aisément, monté sur une raquette, dans un cercle imperméable, et d’être transporté dans un bagage avec le minimum d’encombrement.
- U n’y a aucune saillie qui puisse accrocher un vêtement, lorsqu’on transporte l’ensemble à la main, il est d’ailleurs léger, peu encombrant. Le presse-raquette presse bien tout le
- cadre et l’embrasse entièrement, ce qui n’a pu être réalisé jusqu’à présent par les moyens généralement employés.
- Enfin l’appareil ne demande aucun effort pour sa mise en place ou son enlèvement, et peut être utilisé, même par les joueurs les plus jeunes.
- Pérot, rue de l’Hôtel-des-Postes, 29 .Nice.
- OBJETS UTILES Mines carrées pour porte=mine.
- Il n’est pas de petit détail quand il s’agit d’augmenter la commodité d’emploi des objets usuels. Le porte-mine en est un qui a remplacé le crayon, comme le stylo le porte-plume.
- On le fait généralement à mine ronde calibrée qui entre à frottement doux dans le tube porte-mine. L’adhérence est due au frottement, mais le graphite est un excellent lubrifiant, si bien que la mine peut tourner en diminuant légèrement de calibre jusqu’au jour où elle sort toute seule. « Eversharp » a eu l’idée de faire des mines carrées à angles à peine arrondis; la mine appuie sur le tube par ses angles seuls ; elle tient mieux et donne une pointe plus fine pour l’écriture et le dessin, et il en a profité pour calibrer très exactement ces minuscules bâtons qu’il a fortement chargés en graphite pour que les traits soient bien noirs.
- En vente chez « Eversharp » rue de Miromesnil, 33, Paris et chez tous les libraires.
- Fig. 7. — La nouvelle mine carrée pour porte-mine.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Réseaux quadrillés. Effets de la lumière solaire.
- M. le Lieutenant-Colonel Lobligeois nous écrit à ce sujet :
- « J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de M. le Professeur Bordier paru dans La Nature du 15 février 1933 intitulé : « Propriétés des réseaux quadrillés; leur emploi pour éviter les effets solaires ».
- L’idée d’interposer un réseau entre le soleil et les gens faisant de l’héliothérapie pour atténuer, quand il y a lieu, le rayonnement solaire sans lui faire perdre ses propriétés essentielles, me paraît excellente.
- Mais permettez-moi de vous signaler que cette façon de procéder est appliquée par tous ceux des « Naturistes » qui restent plus ou moins nus (parfois complètement), dans un bois à feuillage léger et qui u prennent du mouvement; dans ce mouvement, en effet, toutes les parties du corps passent alternativement (et en très peu de temps) dans les taches d’ombre et de soleil que donne la ramure, et on obtient le résultat cherché.
- Je parle de « mouvement », et j’insiste sur ce point car je suis stupéfait, en lisant de très nombreux articles sur la bonne influence de l’air, delà lumière et du soleil sur le’corps (nudisme), de voir qu’on ne parle presque jamais de ce mouvement, et plus stupéfait encore de constater qu’un « solarium » est toujours un endroit où l’on étend les patients immobiles au soleil!
- J’estime cela absurde : le nudisme, avec ou sans soleil, doit se pratiquer en mouvement. Si le soleil est faible ou nul, cela évite le refroidissement, et on peut alors le pratiquer plus ou moins par tous les temps : rappelez-vous les écoles d’Hébert, et en particulier le collège d’athlètes de Reims avant la guerre; personnellement, j’ai vu souvent les canotiers de la société nautique de Toul faire de l’aviron en novembre sans soleil, en caleçon de bain.
- Et si le soleil est fort, le mouvement est aussi nécessaire pour deux raisons :
- La première est que, grâce à lui, les différentes parties du corps sont exposées successivement aux rayons, ce qui augmente l'efficacité totale (puisque tout le corps participe à la cure), et diminue les chances de coup de soleil, aucune région ne s’échauffant exagérément par suite d’une exposition prolongée.
- La deuxième raison est que ce mouvement provoque à la fois la transpiration (due à l’effort physique) et l’évaporation (courant d’air), d’où une seconde cause de diminution de la température locale de la peau.
- En résumé, l’insolation immobile ne devrait être pratiquée que quand il est impossible de faire autrement : malades auxquels le mouvement est nuisible, manque d’espace, convenances (ou plus exactement conventions) vestimentaires, etc. »
- QUESTIONS ET REPONSES
- Les vides élevés.
- Vous pourriez, croyons-nous, vous procurer les huiles à base de phtalate pour pompes de diffusion, en vous adressant à la société Pathé-Kodak, 17, rue François-Ier, Paris, qui possède les brevets et par suite, le monopole de ce genre de pompes.
- Réponse à M. Matis, à Madrid.
- Choix d'un poste=secteur.
- Le système de poste le plus sélectif est, sans contredit, l’appareil superhétérodyne.
- C’est, en même temps, un dispositif particulièrement sensible, mais sa sensibilité et aussi la puissance sonore dê l’audition qu’il permet d’obtenir varie suivant les modèles, et suivant le nombre de lampes qu’il comporte. Il y a donc des postes-secteur superhétérodynes plus ou moins simplifiés, plus ou moins sensibles, et plus ou moins puissants. Cependant, presque tous sont présentés sous la forme midget, c’est-à-dire dans une ébénisterie renfermant tous les organes de montage et de réglage, ainsi que le haut-parleur électrodynamique, et ils sont aussi presque toujours à réglage unique. Un seul bouton de commande essentiel permet donc de recevoir l’émission désirée, en se guidant d’après les indications d’une aiguille de repère qui se déplace devant un cadran ou un tambour éclairé gradué en longueurs d’onde, ou sur lequel sont inscrits les noms des postes-émetteurs eux-mêmes.
- Parmi les constructeurs de postes, de prix relativement réduits, de caractéristiques correspondantes, nous pouvons vous indiquer, par exemple, les fabricants suivants :
- Établissements Hewittic, rue du Pont, à Suresnes (Seine).
- Établissements Ariane, 119, rue de Montreuil, Paris.
- Établissements Sonora, 5, rue de la Mairie, à Puteaux (Seine).
- Établissements Lemouzy, 121, bd St-Michel, Paris.
- Réponse à M. Bernheim, à Bordeaux (Gironde).
- Réception d’émissions téléphotographiques. .
- Le papier enroulé sur le cylindre des appareils de réception d’images téléphotographiques est imbibé d’une solution de ferrocyanure ou d’iodure de potassium. Le papier au ferrocyanure est imbibé au moment de l’utilisation, et il est simplement essoré avant sa pose sur le cylindre entre deux feuilles de papier buvard. Voici, d’ailleurs, une formule
- qu’on peut utiliser :
- Eau..........................................100 gr.
- Nitrate d’ammonium ..........................125 gr.
- Ferrocyanure de potassium..................... 5 gr.
- Glycérine................................... 30 gr.
- On obtient des images bleues, comme avec le papier photographique au prussiate. On peut ajouter un peu d’acide pyrogallique.
- De cette manière, une fixation immédiate dans l’eau courante donne une image très bleue; après une heure, le ton devient très vert, et de 8 à 10 heures après, très noir ou sépia.
- On peut également employer une solution à l’iodure de potassium qui a l’avantage de permettre d’obtenir de belles teintes marron avec des courants relativement réduits de l’ordre de 2 milliampères environ.
- On achète des cristaux d’iodure de potassium solides et incolores, et on les dissout dans l’eau dans la proportion de 5 gr d’iodure pour 50 cm3 d’eau pure.
- La solution est préparée dans une cuvette photographique placée près de l’appareil récepteur Un peu avant la réception, on trempe la feuille de papier destinée à l’enregistrement dans la solution comme un papier photographique que l’on veut développer.
- La feuille est retirée quand elle est régulièrement imbibée, et on la place alors entre deux buvards bien propres pour l’essorer. On la fixe sur le cylindre quand elle est encore légèrement humide.
- On pourrait également utiliser de l’empois d’amidon mélangé à 5 pour 100 d’iodure de potassium, ce qui donne une image très bleue; une solution alcoolique de pliénolphtaléine donne une image très rouge, une solution d’azotate de manganèse produit une image très noire, de même que l’acide gallique.
- Quelle que soit la solution adoptée, l’inconvénient demeure le même. On ne peut préparer à l’avance les papiers sensibles nécessaires. Les établissements Belin ont toujours donné la préférence à la première solution au ferrocyanure, et il ne semble pas qu’il y ait grand avantage à la remplacer par une autre.
- Réponse à M. Marmion, à Veneux-les-Sablons (S.-et-M.).
- De tout un peu.
- Cercle philotechnique de Lorient. — Le meilleur garnissage que vous puissiez faire pour assurer l'étanchéité de vos tuyaux de grès, sans avoir à craindre une attaque par le liquide circulant, est la tresse d’amiante graissée, que vous bourrerez, dans l’intervalle libre du joint, avec une baguette de bois. Vous pourrez ensuite cimenter par-dessus, le ciment ne pourra plus alors être désagrégé.
- M. Fournier, à Paris. — Pour préparer une cire liquide à appliquer sur les parquets par pulvérisations, il vous suffira de délayer une encaustique à l’essence du type indiqué au n° 2897, page 95, au moyen d’une quantité suffisante d’essence minérale de façon à lui donner la fluidité nécessaire au passage facile par l’orifice du pulvérisateur.
- Le Gérant : G. Masson.
- q3rô. — lmp. Laiiure, q, rue de Fleurus, Paris. — 15-8-1933.
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- Lf- mj .ut
- LA NATURE
- N’ 2912. — ! Septembre 1933,
- Punît le i* et le i5 de chaque mois.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
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- Tarif extérieur n* 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques ; Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie {U.R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
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- N” 2912
- LA NATURE
- J*' Septembre 1933.
- NOTRE ENQUÊTE .....=
- •'^•WlNFLUENCE DE LA RADIODIFFUSION CE QU ELLE EST. CE QU ELLE SERA
- La radiodiffusion a tendu sur le monde un réseau aux mailles serrées dont des millions d'auditeurs constituent les cellules réceptrices. Pour eux Vécoute quotidienne est devenue un besoin, aussi impérieux que celui de la lecture du journal. Par cette voie s’exerce sur les esprits une influence chaque jour croissante dont il serait puéril de nier Vefficacité, et qui devient un facteur social digne de considération.
- Il nous a paru utile, au moment où le Salon annuel de la T. S. F. met en évidence la vigueur de l'industrie radioélectrique, fille de la Radiodiffusion, de chercher à préciser
- le rôle actuel de celle-ci et celui qu'on peut lui assigner dans l'avenir.
- Dans ce but, nous avons interrogé un certain nombre de personnalités appartenant soit aux milieux officiels ou techniques de la radiodiffusion, soit au monde de la musique, des lettres, des sciences ou des arts. Abus les remercions ici d'avoir bien voulu nous faire connaître leurs opinions dont nous commençons la publication dans le présent numéro.
- LA RADIODIFFUSION A LA CHAMBRE
- ET AU SÉNAT
- RÉPONSE DE M. LÉON BARÉTY
- M. Léon Baréty, Député des Alpes-Maritimes, ancien ministre, est Président du Groupe de la Radiodiffusion à la Chambre. C'est à ce titre qu'il a étudié spécialement toutes les questions concernant les aspects divers du problème de la radiodiffusion, et son opinion est particulièrement autorisée.
- «] Ce sera sans nul doute l’un des phénomènes les plus extraordinaires de notre siècle que de contempler, lorsque le recul nécessaire du temps le permettra, la rapidité du développement de la radiodiffusion.
- Inconnue jusqu’au lendemain de la guerre, elle est devenue si commune à notre esprit, elle est entrée si intimement dans nos mœurs, qu’il nous est déjà difficile de nous reporter au temps, si proche cependant, où elle n’existait pas.
- C’est pourquoi tout essai qui tendrait à montrer avec précision l’influence que la radiodiffusion exerce sur le public serait voué à peu d’exactitude, car la cause dont on veut étudier les effets est trop récente, sa croissance est par trop rapide pour ne pas masquer en partie ses
- conséquences profondes dans tous les domaines de l’activité humaine.
- Pour ma part, je vois volontiers dans la radiodiffusion l’un des instruments les plus parfaits pour rapprocher les peuples en facilitant leurs connaissances réciproques, en leur permettant de se mieux comprendre, partant de se mieux aimer. yTDans l’appareil de T. S. F. qui meuble tant de foyers à l’heure actuelle, c’est la « voix du monde » qui se fait entendre.
- L’onde ne connaît pas de frontières. Et, par un harmonieux effet du progrès, la radiodiffusion en faisant rayonner la pensée universelle est venue s’unir au développement des relations internationales, des transports des choses, des migrations .touristiques, si caractéristiques au début de notre xxe siècle.
- A la circulation internationale accrue des marchandises, aux voyages fréquents, rapides, lointains des touristes et hommes d’affaires, la radiodiffusion est venue ajouter la transmission quasi instantanée de la pensée, rendant ainsi le monde plus petit, et par conséquent plus cohérent.
- Par l’onde sonore, ce n’est pas seulement la langue du
- Fig. 1. — M. Léon Baréty. (Ph. Henri Manuel.)
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- pays éloigné qui nous parvient, c’est aussi son sentiment que la musique nous apporte. Et, vivant à une époque où s’accuse profondément l’antinomie déjà notée par Bastiat, de moyens de transports accélérés et intensifiés qui se heurtent à des frontières hérissées chaque jour davantage de droits de douanes prohibitifs, il est curieux de constater que ce paradoxe se renforce au spectacle de ces économies nationales fermées au-dessus desquelles plane avec une intensité vertigineuse la pensée internationale diffusée.
- Si, maintenant, quittant le large cadre international, nous envisageons l’influence de la radiodiffusion à l’intérieur de nos frontières, nous constatons que tous les domaines de l’activité se trouvent touchés, influencés par elle.
- Au point de vue politique, par exemple, il est certain que par la radiodiffusion il est permis à chacun, aussi loin soit-il, d’assister aux grandes manifestations de la vie politique. Il y a là un moyen puissant qu’il faut développer pour redonner au Français le goût de la chose publique qu’il est enclin à certaines époques à perdre quelque peu.
- S’intéressant davantage aux grands problèmes politiques qui se doublent d’aspects économiques et sociaux, l’habitant de nos campagnes, aussi bien que celui de. nos villes, sera ainsi plus à même de donner son juste sens, sa juste mesure, au suffrage universel, dont dépend la bonne orientation de la Nation.
- Dans le domaine politique, le champ d’influence de la radio est immense et encore peu exploré; le Président Roosevelt en parlant chaque quinzaine au peuple américain par l’intermédiaire du micro, en lui confiant directement ainsi ses espoirs, en lui exposant ses projets, a montré tout dernièrement quel rôle dans la vie publique la radiodiffusion pourrait être appelée à jouer.
- Pour la réalisation d’un problème d’ordre social qui m’est personnellement très cher, je vois dans la radiodiffusion un aide puissant et efficace.
- Je vise la question si grave du retour à la terre.
- Et je pense que, pour garder les agriculteurs à leurs champs, pour y rappeler ceux qui les ont prématurément désertés, la T. S. F. peut agir fort opportunément.
- Son action peut être à beaucoup de points de vue aussi forte en ce domaine que celle qu’a eue la vulgarisation de la bicyclette à la fin du xixe siècle. Le moindre hameau pourvu de l’appareil récepteur doit se trouver transformé. La gaieté des soirées longues doit être ainsi assurée; toutes les nouvelles du monde entier, les informations techniques intéressant l’agriculture, la météorologie, les causeries instructives et amusantes, les œuvres célèbres qui émerveillent et qui charment, la musique qui plaît et qui émeut : toutes ces manifestations si diverses de la radiodiffusion doivent conserver et redonner la vie aux villages les plus isolés, aux fermes les plus lointaines. J’ai pu déjà dans bien des coins de France me rendre personnellement compte de l’influence heureuse créée par la radiodiffusion : ce champ d’activité lui reste largement ouvert, et tous ceux qui ont charge de la diriger ne devront jamais perdre de vue ce but précieux entre tous.
- Dans le domaine littéraire et artistique, ,1a radio peut élever et affiner la masse. Elle permet de donner à tous des interprétations de choix qui, il y a quelques années encore, restaient l’apanage de ceux qui pouvaient se rendre aux spectacles des grandes villes. En permettant ainsi une décentralisation, l’aide sonore deviendra un instrument essentiellement démocratique.
- Au point de vue didactique, enfin, l’influence de la radio déjà très sensible doit se manifester avec profondeur.
- Les émissions de cours de langues étrangères, de cours d’agriculture, la diffusion de conférences et de leçons de nos grands maîtres du Collège de France, sont autant de manifestations d’une activité qui intéresse le public, et qui chaque jour touche de nouveaux auditeurs et fait de nouveaux adeptes.
- Sans entrer plus avant dans les détails de l’influence acquise d’ores et déjà par la radiodiffusion dans tous les domaines, voyons maintenant comment cette influence peut être encore augmentée, et dans quel sens doivent se diriger les efforts de ceux qui organisent les radio-programmes.
- La vulgarisation même de la T. S. F., les progrès chaque jour enregistrés dans la construction des postes émetteurs et surtout des appareils récepteurs; la baisse de prix résultant de ces progrès et qui rend la possession d’un poste de radio plus facile, permettront aux foyers les plus modestes de posséder l’appareil instructif, charmeur qui devient l’indispensable compagnon.
- Les progrès de l’industrie de la T. S. F. forment donc le facteur le plus certain du développement de l’influence de la radio.
- L’État doit favoriser de tout son pouvoir semblable progrès, et en matière fiscale, en particulier, il doit se montrer suffisamment sobre pour ne pas créer le découragement là où il doit créer l’émulation.
- L’intérêt des programmes radiodiffusés est et restera le facteur essentiel de l’influence croissante des ondes sonores.
- Cette organisation des programmes devient un art véritable nécessitant de la part de leurs auteurs de grandes connaissances doublées de qualités de tact et de goût.
- Lacordaire n’a-t-il pas écrit que « la France a été douée d’un goût exquis que les moindres dissonances blessent vivement ? » Des programmes composés sans finesse étaient donc, sans aucun doute, au rebours du but visé.
- En dehors de ces qualités que l’on retrouve fort heureusement déjà dans un grand nombre de nos émissions l’avenir devra tendre à assurer davantage une cohésion effective entre les grandes stations émettrices d’un pays, afin de donner chaque jour des programmes éclectiques, harmonieux dans leur composition, répondant aux goûts et aux besoins les plus divers et faisant une part égale aux sciences, aux arts, à l’économique et à la politique.
- La Radiodiffusion est un instrument remarquable de progrès : semblable en cela aux inventions les plus fameuses, elle est aussi une arme à double tranchant, suivant Vemploi dont il en sera fait.
- Cet emploi est entre les mains de chaque organisateur
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- des émissions : les grandes lignes d'ensemble, les idées générales, Vharmonie du tout, ce doit être à VEtat de les conseiller, et d'en surveiller Vexécution.
- Après un prestigieux début, la radiodiffusion a montré quel instrument remarquable elle était pour éduquer, pour former, orienter, affiner la pensée. En un mot, elle s’est affirmée comme un facteur moderne de tout premier ordre pour rendre plus solidaires encore tous les habitants d’un même pays en leur donnant cette même nourriture spirituelle, artistique, littéraire, scientilique, dont la synthèse est l’expression de la notion si complexe de la « patrie ».
- Tous ceux qui, à quelque titre que ce soit, sont intéressés aux progrès de la Radio ne doivent jamais perdre
- de vue l’infinie variété de l’influence supérieure qu’elle doit avoir.
- Pour ma part, je puis affirmer que le groupe parlementaire de la Radio-Diffusion à la Chambre des Députés est, dans l’avi nir comme dans le passé, tout dévoué à une cause dont il connaît l’importance nationale, et dont il sait les perspectives grandioses. »
- Dans nos prochains numéros, nous publierons les réponses du Dv Lissar, de MM. P. Brenot, Clément Vautel, Paul Reboux, Marcel Prévost, Tristan Bernard, André Ceuroy, Landormy, D. Sordet, Dr Foveau de Courmelles, Hippeau, Dehorter, etc.
- LES PREMIERES ETAPES = DE LA RADIOTÉLÉGRAPHIE ET DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Les lecteurs vont trouver dans ce numéro de La Nature une série d’exposés fort intéressants, écrits par des spécialistes très compétents sur l’état actuel de la radiophonie. On a bien voulu me laisser croire qu’il serait utile de rappeler auparavant les principales étapes de l'évolution de la T. S. F. et que, étant un des derniers représentants de ceux qui ont participé (au moins pour une faible part) à ces premiers développements, je pourrais peut-être faire connaître quelques souvenirs personnels et aider ainsi les lecteurs contemporains à se faire une idée du très grand chemin parcouru, dont ils ne voient guère que le point d’arrivée, ou plutôt d’étape actuel.
- Puisque c’est un privilège de l’âge que de raconter les souvenirs de jeunesse, j’espère qu’on voudra bien m’excuser de profiter ici de l’invitation qui m’a été faite.
- Bien qu’elle n’ait pas trente ans d’âge, la radiotélégraphie a subi le sort commun des sciences physiques depuis un demi-siècle; elle a évolué avec une rapidité déconcertante; les solutions qui paraissaient définitives, il y a trente ans, sont aujourd’hui complètement abandonnées, et entrent dans le domaine de la préhistoire.
- A ses débuts, elle a connu des précurseurs plus ou moins lointains, des créateurs d’une première technique qui
- fut celle des étincelles, tandis que l’évolution moderne est fondée entièrement sur les lampes à plusieurs électrodes et les phénomènes électroniques.
- LES PRÉCURSEURS
- En ce qui concerne les précurseurs, contrairement à ce qui s’est passé pour les autres grandes inventions, ils n’avaient pas pensé à la T. S. F., ni même prévu qu’elle pourrait être un jour réalisée par d’autres.
- Hertz, à qui l’on doit en 1888 la réalisation des ondes électro-magnétiques prévues théoriquement par Maxwell, produisait les décharges d’un éclateur dans un circuit excitateur comprenant deux tiges horizontales ; il étudiait les courants oscillants induits dans un cadre muni simplement d’une coupure de très faible largeur réglable (micromètre) dans laquelle on observait des étincelles.
- Ce mode de détection des ondes était d’ailleurs connu déjà, car de nombreux observateurs avaient observé des étincelles dans les circuits coupés placés à plusieurs mètres d’une bobine d’induction, mais sans
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- penser à la propagation d’ondes électromagnétiques.
- Un fait historique bien curieux, découvert par M. Guin-chant, c’est que le célèbre physicien Biot, dès 1816, avait observé des courants induits par les étincelles d’une machine électrostatique dans une antenne mise à la terre à son extrémité, en intercalant un muscle de grenouille, procédé qui fut employé plus tard par un médecin de Nantes, le Dr Lefeuvre, pour détecter les signaux de la Tour Eiffel. Biot est ainsi le plus ancien précurseur qu’on puisse citer de la T. S. F. ; mais à lui, comme à tous ses premiers successeurs, il manqua l’idée de créer une antenne d’émission assez puissante et accordée avec l’antenne de réception. C’est ce que recherchait quelques années plus tard Popoflf, qui ayant réalisé une antenne réceptrice pour l’observation des orages par le tube de Branly, disait en 1895: k Si l’on pouvait avoir un émetteur de vibrations électriques assez puissant, on pourrait par ce procédé réaliser la transmission de signaux »; mais il avouait ne pas savoir comment le réaliser.
- Un précurseur plus scientifique fut Tesla, dont on vient de célébrer le 75e anniversaire, génial inventeur du système des moteurs à champ tournant et des oscillations de haute fréquence, mais on connaît trop peu ses recherches sur la télégraphie sans fil parce que, trahi par une brutale maladie, il disparut du monde des recherches à partir de 1908.
- Dès 1895, sans connaître le cohéreur, il avait entrevu la possibilité d’une transmission par ondes de haute fréquence entre deux antennes, toutes deux mises par le pied à la terre et reliées à une grande plaque formant capacité; il réglait les deux antennes en résonance l’une avec l’autre. Mais il n’avait pas su détecter le courant de l’antenne réceptrice; ses recherches exposées dans des brevets étaient restées ignorées des physiciens.
- C’est dans un tout autre ordre d’idées que le Docteur Branly en 1890, reprenant sans le connaître le tube à limaille de Calzelcchi-Onesti (1884) avait constaté qu’un tel tube, placé à l’extrémité inférieure d’un fd suspendu par une attache isolante, devenait conducteur quand jaillissait à quelque distance l’étincelle d’une bouteille
- Fig. 2. — Le D1 Branly el son détecteur. (Ph. Branger.)
- de Leyde, mais comme il l’a dit lui-même plus tard, il n’avait songé qu’à en déduire une théorie de la conductibilité des nerfs.
- Cette expérience, vulgarisée par Lodge qui remplaça dans les expériences de Hertz le micromètre par le tube à limaille, fut la semence qui germa entre les mains de ses successeurs et provoqua finalement l’invention de la télégraphie sans fil. En réalité ce « cohéreur » n’était qu’un détecteur à contact imparfait non redressant, et très inférieur par conséquent à la galène; cette dernière, si l’on y eût pensé plus tôt, eût donné tout de suite un excellent récepteur.
- Une conférence de Lodge qui eut beaucoup de publicité éveilla l’imagination fertile de Marconi, alors étudiant dans le laboratoire du professeur Righi. Ce dernier produisait des ondes ultra-courtes, en faisant jaillir des étincelles entre deux grosses boules, et étudiait la propagation des ondes à l’aide du micromètre à étincelles de Hertz, relié par deux fds à deux plaques de capacité.
- Marconi eut l’idée de remplacer le micromètre par un tube détecteur à limaille de nickel entre électrodes d’argent infiniment plus sensible que le tube de Branly; et en dérivation il intercala un relais inscripteur Morse, tout en ajoutant un électro-aimant à marteau pour décohérer le tube automatiquement. Ce premier dispositif, breveté par lui le 9 juin 1896, n’était qu’une expérience de physique permettant d’obtenir des transmissions radiotélégraphiques, jusqu’à 100 ou 200 m. Mais en quelques mois, il devait aboutir à l’invention de la T. S. F. fondée sur une association de deux antennes. Tout d’abord Marconi eut l’idée originale (et non expliquée par lui) de relier les boules de l’excitateur de Righi à la terre et à une grande plaque verticale un peu au-dessus du sol; il supposait que la plaque rayonnait des ondes, reçues à distance, par l’autre plaque semblable reliée au circuit détecteur. Puis le hasard aida : en remontant progressivement les plaques, il s’aperçut que la transmission devenait meilleure et que l’on pouvait supprimer les plaques en faisant des antennes plus élevées. Le capitaine (plus tard amiral) Jackson, suspendit même les antennes à des ballons. Marconi crée ensuite le montage récepteur à transformateur accordé.
- Avec ce matériel d’antennes, grâce à la sensibilité de son cohéreur, Marconi obtint des portées de 2500 m à Boulogne et de 16 km à la Spezzia, en 1897 : il avait ainsi créé la télégraphie sans fil, sans avoir été guidé par une déduction logique. La marche rationnelle eût été de chercher d’abord un détecteur redressant les ondes, de le relier à un téléphone, comme on l’a fait plus tard, et de mettre à la terre un des fils de l’oscillateur de Hertz pour faire osciller l’autre fil en quart d’onde.
- Dès la publication de Marconi, une foule de chercheurs répétèrent ses expériences, en tous pays. En France, Ducretet utilisait à cet effet un matériel déjà créé pour les traitements radio-thérapeutiques du Docteur d’Arson-val (auto-transformateur alimenté par une bobine de Ruhmkorfî). Des études furent aussitôt poursuivies par le capitaine (depuis lors général) Ferrié, déjà télégraphiste expérimenté, pour la Télégraphie militaire, par le capitaine Tissot pour la Marine, l’ingénieur Voisenat
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- pour les Postes et Télégraphes et par moi pour le service des phares dont je faisais partie (1899-1927) et qui malheureusement ne m’a jamais accordé que des moyens presque nuis pour les recherches. Le directeur Bourdelles, homme de grande valeur, qui a réalisé de notables progrès dans les appareils optiques, mais qui n’était pas électricien, frappé des premières publications de Marconi, m’avait chargé de voir ce que l’on pourrait en tirer pour la signalisation maritime : j’avais fait suspendre une antenne émettrice à l’une des tours du Palais du Trocadéro, en dehors, et une antenne réceptrice à une « sapine » ou tour en bois, au parc de Meudon (où l’on ne pouvait laisser aucun objet sans qu’il fût volé la nuit par les rôdeurs). Les dispositifs employés étaient sensiblement les mêmes que ceux de Marconi, mais la transmission était assez médiocre, et je m’aperçus plus tard que cela provenait de l’existence, dans les tours du Trocadéro, de fortes charpentes en fer (supportant les pierres), dans lesquelles des courants induits se développaient, annulant l’effet de l’antenne qui était trop voisine. Ces essais me permirent de perfectionner les cohéreurs et de proposer une théorie des antennes mises à la terre. On verra plus loin à quels résultats pratiques elles aboutirent.
- A partir de 1898, et pendant plusieurs années, nous prîmes l’habitude, Ferrié et moi, de nous réunir chaque dimanche pendant quelques heures, pour comparer nos résultats et discuter les méthodes et les progrès de la T. S. F. Nous présentâmes en collaboration le rapport sur la télégraphie sans fil au congrès international des Électriciens de 1900.
- Une de nos grosses préoccupations était de trouver un détecteur plus régulier et de meilleur rendement que le cohéreur, simple indicateur de surtension (d’ailleurs trop élevée), exigeant des dispositifs mécaniques. Ferrié reconnut que le contact rectificateur entre un fil de platine et la surface d’une masse d’eau acidulée contenue dans un verre était rectifiant. Ce dispositif signalé par Ferrié au Congrès de 1900 et perfectionné ensuite par Schlœ-milch(') devint le détecteur électrolytique; ce détecteur assez sensible et régulier rendit pendant longtemps des services très intéressants. Le détecteur à cristal fut découvert et perfectionné en 1907 par Braun, Gallet et Picard en 1909.
- LA RADIOTÉLÉGRAPHIE PAR ÉTINCELLES
- La T. S. F. à ses débuts était encore handicapée par la faible puissance des générateurs d’oscillations par étincelles, bien que Lodge d’abord et Marconi ensuite eussent amélioré la transmission par la syntonisation entre antennes (invention déjà faite bien auparavant par Tesla, comme on l’a dit plus haut). Marconi réalisa la réception par petit transformateur accordé.
- Slaby, en Allemagne, montra enfin tardivement que les antennes mises à la terre vibrent en quart d’onde ou en un nombre impair de quarts d’onde et Braun eut l’idée de diminuer l’amortissement de l’antenne d’émission en l’excitant par induction. Ce dispositif avait été déjà imaginé pour les essais de laboratoire par Blondlot
- 1. Cî. Maurice Leblanc. Rapport sur les Appareils redresseurs. Congr. Int. des Électr., 1932.
- haute fréquence par Tesla en 1891.
- C’est d’ailleurs le nom de Tesla qui fut donné au transformateur de haute fréquence, tandis qu’on eût dû lui donner plutôt celui de Blondlot. Le matériel de haute fréquence créé par d’Arsonval pour l’électricité médicale et employé pour la construction de T. S. F. par Ducretet et Popoff, comportait plutôt un auto-transformateur ou même une simple bobine d’induction propre, à laquelle on donna le nom de Oudin qui l’avait imaginée pour l’émission d’effluves en électro-thérapie.
- Ce montage syntonisé était devenu classique et pouvait assurer, grâce à un couplage lâche, une certaine sélectivité (plutôt faible). Les recherches de Tissot qui lui permirent de déterminer le champ d’une antenne d’émission à grande distance et d’en mesurer l’amortissement donnèrent une base plus solide aux recherches sur la propagation des ondes d’émission.
- Vers la même époque (1902) j’ai pu donner la première explication du rôle efficace de la terre en montrant qu’elle sert de support pour la propagation d’ondes sphériques qui se détachent de l’antenne et non pas de demi-ondes comme le croyaient d’autres auteurs.
- Cette explication fut complétée par Kennelly qui montra que les ondes sphériques devaient, en s’agrandissant se transformer en ondes cylindriques dont les lignes de force électrique s’appuyaient à leur partie supérieure sur la couche atmosphérique ionisée conductrice imaginée par Heaviside.
- Cette couche de Kennelly et Heaviside joue un grand rôle aujourd’hui dans nos idées sur la propagation des ondes, car on admet de plus qu’elle sert de miroir réflecteur pour renvoyer les ondes courtes émises vers le ciel.
- A ce moment de puissantes Sociétés de T. S. F. s’étaient déjà fondées telles que la Société Marconi en Angleterre qui construisit en 1901 une puissante station électrique à Poldhu avec antennes en pyramide renversée, puis les
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- deux sociétés allemandes utilisant les procédés de Braun et de Slaby, qui fusionnèrent sous le nom de Société Telefunken ; en Amérique la Société Fessenden, en France, la Compagnie générale de Radiotélégraphie construisirent des stations analogues.
- Pour augmenter la puissance d’émission, j’avais préconisé dès 1901 l’emploi, avec des condensateurs, d’alternateurs à fréquences élevées (par exemple alternateur à fer tournant Ewing) donnant des étincelles dites musicales; et ce procédé fut appliqué bientôt aux Etats-Unis; en France M. Béthenod, en 1910, a réalisé pour le même objet d’autres alternateurs construits par la Société alsacienne. L’émission par étincelles musicales devint le procédé unique employé par la Société Française radiotélégraphique et la Compagnie générale de Télégraphie Sans Fil fondée en 1910.
- Les émissions par étincelles provoquent des oscillations rapidement amorties. Pour obtenir des émissions plus continues, on avait essayé d’alimenter l’éclateur par courant continu fractionné. (Elihu Thomson 1892), en soufflant l’étincelle par électro-aimant, et par jet d’air (Bouthillon 1906) ou en plongeant l’éclateur dans le pétrole (Blondel 1907), Ferrié, Marconi avaient imaginé d’autres dispositifs de soufflage par jet d’air ou par inter-rupteurrotatif. Marconi et Max Wien avaient montré F augmentation très grande d’efficacité de portée que l’on peut obtenir en soufflant l’étincelle d’un éclateur de façon à couper le circuit primaire des transformateurs de haute
- Fig. 4. —- Le général Ferrié. (Ph. Roi.)
- fréquence de Braun après que l’énergie de ce primaire est transférée au circuit secondaire (antenne) ; ce fut le chant du cygne du système à étincelles.
- N’ayant pas ici la possibilité d’exposer en détail les résultats de mes efforts personnels, je dirai seulement que la mission à moi confiée me conduisit à imaginer et breveter, mais alors trop tôt, les radiophares automatiques, la radiogoniométrie à cadre (tandis que la Cie Marconi n’envisageait encore que les antennes coudées), la double syntonisation qui permet de distinguer deux postes émetteurs par le son de leurs étincelles, et aujourd’hui par leur fréquence de modulation. Je montrais dès lors que cette double syntonisation permettait d’actionner une série de relais sélectifs; c’est le principe de la télémécanique. Toutes ces méthodes ont reçu depuis lors de grands perfectionnements qui nous détourneraient du sujet principal de cet article (1).
- LES GRANDES ONDES ENTRETENUES
- Poulsen en 1902 obtint de meilleurs résultats en entretenant les oscillations dans le circuit par un arc de haute fréquence du type que j’ai appelé arc chantant de 2e espèce jaillissant entre des charbons placés dans une atmosphère réductrice d’hydrogène de gaz d’éclairage. Cet arc a été utilisé jusqu’à 100 kw dans de puissantes stations, notamment à la Tour Eiffel, Lyon, Bordeaux, etc., grâce à la faible tension nécessaire et au faible prix de l’établissement du matériel, qui était simplement formé de machines génératrices à courant continu et de bobines.
- Mais les circuits d’antenne émettaient des harmoniques trop prononcées qui encombraient l’éther; il fallait épurer les ondes par un circuit oscillant formé d’une self et d’un condensateur. Mais quand on s’y décida, il était trop tard ; déjà la technique avait évolué dans une direction différente, celle des ondes entretenues par alternateurs, sans étincelles ni arcs disruptifs (2).
- S’inspirant des premiers alternateurs de haute fréquence 1000 pér./sec. de Tesla (1891), qui ne songeait pas encore à des oscillations continues, après des essais de Fessenden, c’est Alexanderson (1918) qui réalisa le premier alternateur de T. S. F. industriel produisant des
- 1. M. Hémardinquer a consacré, dans cette revue, en 1926, un article aux radiophares établis sur mes plans, en 1912 et 1923, avec commande automatique par horloge et moteur. Les lecteurs que le sujet intéresserait trouveront de nombreux détails dans ma monographie : « Les Radiophares)», publiée par les Annales des Ponts et Chaussées, en 1931 (Dumas, édit.).
- La radiogoniométrie a été perfectionnée successivement par la Télégraphie militaire, sur les ordres du général Ferrié, conservé par MM. Mesny, Bellini, Beverage, Adcok, Busignies (radioboussoles), Hardy (radiogoniomètre stroboscopique).
- 2. Il est intéressant de remarquer qu’en Allemagne, on considérait la radiotélégraphie comme tellement identifiée avec le système à étincelles qu’on créa pour la définir le mot Funktelegraphie (Funk : étincelle). L’amour-propre n’a pas permis, paraît-il, de modifier le vocable quand les étincelles ont été abandonnées. La radiodiffusion est appelée parle motRund-Funk-Verbreitung, ce qu’on pourrait traduire par diffusion par étincelles rondes (ou plutôt diffusion circulaire par étincelles, ce qui est moins absurde mais pas plus exact), tout cela pour ne pas employer comme tout le monde, le préfixe international : radio. C’est cependant un préfixe aryen ! C’est ainsi que le nationalisme linguistique sombre dans le ridicule.
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- ondes continues à la fréquence 23 000. Goldschmitt essaya une autre voie en suivant le principe de la multiplication cinétique des fréquences de Boucherot, il réalisa des installations allant jusqu’à 50 kwa. Mais cette technique compliquée et coûteuse fut vite abandonnée en faveur des multiplicateurs statiques de fréquence dont le principe dû à Epstein fut perfectionné en France par Maurice Joly (1911).
- C’est ainsi que la grande station allemande de Nauen (1912) fut construite avec des transformateurs tripleurs statiques de fréquence.
- Pendant ce temps en France M. Bethenod, chercheur ingénieux en bien des domaines, créait des alternateurs de haute fréquence directe, seul en 1909 puis en collaboration avec Marius Latour en 1916. Dans l’alternateur de Bethenod-Latour, à fer tournant, la fréquence fondamentale des oscillations est triplée par suppression de deux sur trois des encoches ouvertes, sans qu’il soit besoin d’un tripleur statique. Pendant la guerre, des alternateurs de ce modèle remarquable furent construits par la Société alsacienne jusqu’à des puissances de 250 à 500 kwa, avec des fréquences de 15 à 20 000. Des stations de ce genre furent installées à Lyon-La Doua, à Bordeaux, à Sainte-Assise, etc. et elles assurent encore un excellent service. M. Latour perfectionna d’autre part les changeurs de fréquence statiques. La multiplication statique des fréquences fut poussée plus loin par Doring.
- La réception des ondes entretenues se faisait par des procédés de modulation fondés soit sur l’emploi d’un interrupteur vibrant (Tesla 1901), soit par interférence avec une source indépendante, suivant la méthode dite hétérodyne (Fessenden 1902). Cette dernière méthode a reçu depuis lors de très grands développements sous des formes d’ailleurs très différentes.
- Les grandes ondes paraissaient vers 1908-1918 consti-tuer le moyen idéal pour l’obtention de grandes portées parce qu’elles réduisent beaucoup les pertes subies par des ondes glissant au contact de la surface terrestre (1). Mais après 1918, on a reconnu la supériorité de portée et de rendement des ondes courtes (c’est-à-dire de 10 à 50 m de longueur d’onde), se propageant librement à travers l’espace, et se réfléchissant sur la couche de Ken-nelly Heaviside. On est ainsi peu à peu revenu, en matière de propagation, aux idées primitives de Hertz.
- PÉRIODE ÉLECTRONIQUE
- Une révolution plus grande encore (1912) s’est produite dans la technique de la T. S. F. (qui devait aboutir à la radiotéléphonie) à partir du jour où Lee de Forest (en qui il faut saluer le créateur du principe sur lequel repose toute la radiotélégraphie et la radiotéléphonie modernes) a réalisé aux États-Unis le premier amplificateur à lampes (1908).
- L’ « audion » comme il l’appelait, était l’aboutissement d’un procédé de détection dû à l’Anglais Fleming (1904) qui avait eu l’ingénieuse idée d’utiliser comme procédé
- 1. La supériorité des ondes très longues avait été mise en évidence lors de l’établissement des transmissions radiotélégraphiques au Congo Belge. Toutes permettaient de franchir la forêt équatoriale.
- Fig. 5. — Lee de Foresl, inventeur de la lampe à trois électrodes. (Pli. New York Times.)
- de redressement l’effet Edison, c’est-à-dire l’émission d’électrons négatifs par un filament incandescent dans une ampoule vidée. Cet inventeur utilisait comme cathode un court filament de charbon porté à l’incandescence et comme anode une plaque. C’était la première forme de la « diode » redresseuse. Malheureusement on ne connaissait pas encore la cathode en tungstène qui a fait de ce détecteur le type normal aujourd’hui. Et on dut lui préférer temporairement des redresseurs plus sensibles tels que l’électrolytique, puis les détecteurs à cristaux (surtout à galène).
- Lee de Forest réalisa l’amplificateur à lampe en intercalant, entre un filament incandescent de tungstène et la plaque, dans une ampoule remplie d’un gaz inerte sous faible pression, une grille soumise à la force électromotrice d’un circuit oscillant, mis en résonance avec l’onde incidente par une capacité convenable. On a transformé cet amplificateur en un détecteur en ajoutant dans le circuit de la grille une résistance de fuite shuntant le condensateur, procédé dû à Langmuir.
- Langmuir (1910) améliora aussi beaucoup les résultats en inventant des procédés nouveaux permettant de réaliser un vide parfait. Il a ainsi bien modifié les propriétés des lampes à trois électrodes et de toutes celles qu’on emploie aujourd’hui pour tous usages.
- Les lampes triodes ne furent pas connues en Europe avant les travaux de von Lieben (1911) qui perfectionna le type à vide imparfait et l’appliqua comme relais télégraphique. Dès lors les inventions pour l’application de ces triodes se multiplièrent : particulièrement Meisner, eml913, indiqua des montages d’utilisation très intéressants et rendit la triode auto-oscillatrice en couplant le
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- circuit d’excitation de grille avee le circuit de la pla,que (1).
- Dès le début de la guerre, le service de la radiotélégraphie militaire, sous la direction active et éclairée du général Ferrié, sut appeler autour de lui une élite (MM. Gutton, Abraham, Armagnat, Bloch", Bethenod, Brillouin*- Jouaust, etc.) : les inventions dans le domaine de la réception se multiplièrent.
- Les amplificateurs de plusieurs étages furent construits par Brillouin et Beauvais (étages à résistance), par M. Latour (étages à transformateurs ; de haute et basse fréquence alimentés par une même source); puis apparaissent les méthodes de changeurs de fréquence : Lahutte, Lucien Lévy (1917), Armstrong (1918). Dès 1914 Round avait réalisé des montages réflexes permettant d’utiliser une même lampe pour la haute et la basse fréquence.
- De là découlent les radio-modulateurs, ou postes changeurs de fréquence, ou superhétérodynes modernes dans lesquels l’onde de haute fréquence est soumise à l’action d’une oscillation de fréquence voisine, qui, par battements, la transforme en une onde de moyenne fréquence inaudible; l’on amplifie cette dernière et on la détecte ensuite.
- Tous les amateurs savent que la radio-modulation peut être produite par une lampe hétérodyne séparée ou par la lampe amplificatrice elle-même, qu’elle soit à une grille (montage tropadyne 1923) ou munie de plusieurs grilles.
- Toute une floraison s’est faite dans les inventions relatives au superhétérodyne, suivant les variations de la mode : pendant longtemps aux États-Unis on a professé comme un dogme qu’il valait mieux n’attribuer à chaque lampe qu’une seule fonction et par conséquent n’employer que des triodes. On repoussait alors les lampes bigrilles très employées en France depuis les recherches de Scott Taggart (1919) complétées par de Mare (1924) ; puis, la mode ayant changé, l’Amérique nous envoie maintenant des lampes pentagrilles (à 5 grilles) remplissant deux (ou même trois) fonctions : amplification et modulation, détection, amplification et compensation du fading, etc.
- On doit mentionner aussi comme importants perfectionnements l’addition de grilles de protections imaginées d’abord par Schottky (1916) et Hull (1920) pour réduire la capacité entre la grille et la plaque et pour augmenter le facteur d’amplification; d’autres grilles écrans sont employées aussi dans les amplificateurs de basse fréquence pour combattre l’émission secondaire de la plaque (2).
- D’autres méthodes ont été réalisées pour la réception des ondes courtes par réaction (Bourne, Schnell, Mesny) et superréaction ( Armstrong ) procédé actuellement abandonné parce que trop délicat, bien que Mesny et
- 1. Je surprendrai sans doute bien des lecteurs en leur apprenant qu’en 1914, la Compagnie Marconi avait mis sur le marché un appareil portatif de radiotéléphonie et m’avait envoyé un prospectus imprimé donnant la photographie de l’instrument, le prix de 2500 fr, et indiquant une portée de 7 milles environ. Mais je n’ai pas essayé l’appareil et n’en ai plus entendu parler.
- 2. Hull a imaginé aussi le dynatron, le kénotron redresseur, etc. Mais c’est à Meikle qu’on doit l’invention du redresseur Tungar à arc, tout différent du kénotron. Aujourd’hui on réalise des redresseurs à cathode beaucoup moins chaude mais recouverte d’oxydes suivant le principe de Nernst convenablement perfectionné.
- Dufour en eussent fait une étude expérimentale et approfondie.
- Parallèlement aux progrès de la réception apparaissent depuis 1920 les progrès très rapides de l’émission par les lampes triodes dans la voie indiquée par Meissner, dont les brevets furent réquisitionnés en 1914.
- Au point de vue théorique, les conditions d’auto-amorçage furent étudiées par Bethenod (1916), et par l’auteur du présent article; le rendement fut amélioré par Morcroft et Blanchard (1921); l’auteur a montré (1923) que le fonctionnement optimum des triodes s’obtient dans les mêmes conditions que l’entretien optimum du pendule suivant la théorie de Lippmann, et que pour obtenir le meilleur rendement la triode doit jouer le rôle d’un clapet qui s’ouvre pendant un court instant, pendant le moment où s’annule le courant oscillant; la tension aux bornes de ce circuit est alors maxima.
- En utilisant ce principe M. Chireix est arrivé à obtenir des postes de rendement exceptionnel et de très bonne modulation en remplaçant la modulation en amplitude de la triode génératrice par des variations de phase entre deux triodes accouplées fonctionnant toutes deux à leur rendement optimum. D’autre part, de grands progrès ont été réalisés progressivement dans la construction des lampes d’émission à filament de tungstène pur ou thorié dont on a pu assurer le refroidissement par ventilation ou circulation d’eau; l’anode a pu être soudée directement au tube de verre ou même servir d’enveloppe extérieure métallique remplaçant le verre. On arrive aujourd’hui à réaliser des triodes émettrices de plus de 100 lcwa. L’addition de sel de baryum qui améliore considérablement les lampes réceptrices n’a pu encore être réalisée pour les lampes d’émission, bien qu’on construise déjà des lampes à filament à oxyde jusqu’à la puissance de quelques kilowatts.
- RADIOTÉLÉPHONIE
- L’idée d’utiliser la T. S. F. pour la téléphonie s’imposa dès qu’on sut réaliser des décharges ininterrompues, soit par l’arc de Poulsen (qui d’après les recherches que j’ai publiées sur l’Arc électrique chantant, en 1907, a un caractère franchement disruptif, et non pas un caractère sinusoïdal comme on pouvait le croire). MM. Colin et Jance réussirent à moduler cet arc par un microphone. J’avais étudié de mon côté à la même époque un procédé de modulation par manomètre à flammes d’un arc disruptif continu dans le pétrole, et le général Ferrié en fit faire l’essai avec succès pour une transmission téléphonique entre la Tour Eiffel et Verdun (1908). Mais dans les deux cas on se heurtait à la difficulté résultant de la friture qui accompagnait la réception au téléphone.
- Aussi restait-on assez sceptique à cette époque sur l’avenir de la radiophonie, en dépit d’une prédiction un peu apocalyptique qu’avait faite Tesla, vers 1902, peu avant que ses brillantes facultés imaginatives eussent hélas sombré ' dans un désastre analogue à celui qui a frappé si prématurément notre grand musicien Duparc. A ce moment Tesla, qui avait réalisé le plus puissant poste émetteur qu’on pût alors rêver, disait avec une faculté prophétique étonnante : « Le jour n’est pas éloigné où la radiotéléphonie permettra les communications
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- directes entre deux hommes éloignés l’un de l’autre à des distances considérables; si \j’ai un ami aux Antipodes, je pourrai l’appeler par la radiotéléphonie, et engager une conversation avec lui ». Ce qui nous paraissait alors une imagination folle est un miracle aujourd’hui réalisé grâce à la lampe thermionique.
- Grâce aux immenses possibilités des récepteurs à lampes, on a pu obtenir la radiotéléphonie en modulant simplement Fonde porteuse produite par les lampes autodynes et convenablement régularisée puis amplifiée. Cette modulation porte généralement sur les premiers étages d’une série d’amplification successive. On fit agir anciennement un simple microphone téléphonique, puis un microphone électrostatique sur une ou plusieurs lampes amplificatrices qui font ensuite varier le potentiel de grille ou le courant de plaque d’une ou plusieurs lampes oscillatrices. Le procédé le plus employé, dit par absorption, est un procédé à courant total constant de Shaig (1915); l’on arrive à obtenir des modulations près de 100 pour 100 sans distorsion de Fonde porteuse.
- L’onde porteuse modulée de fréquence F se transforme en une superposition équivalente des trois ondes; Fonde porteuse réduite en amplitude et deux autres de fréquence F + / et F — / respectivement, dites ondes latérales; / étant la fréquence de la modulation téléphonique, variable ainsi que l’amplitude de la modulation. Carson a imaginé, pour économiser la puissance, de supprimer, par filtrage, Fonde porteuse et même une des ondes latérales et de les rétablir à la réception par une oscillation locale produite par une lampe hétérodyne. Ce procédé ingénieux a reçu d’importantes applications et on a pu l’étendre récemment à des transmissions par ondes de fréquence très élevée et rendre automatique le réglage de la lampe hétérodyne de réception (transmission Paris-Madrid réalisée par les Laboratoires Standard, 1932). Ces questions d’ondes porteuses sont fort complexes et rendent nécessaires des limitations de la modulation pour ne pas gêner la réception des ondes de fréquences voisines.
- Cette difficulté se fait particulièrement sentir pour la transmission des ondes de télévision, qui donne lieu à des ondes latérales très considérables, et cela force par conséquent à réserver à la télévision des ondes très courtes qui en limitent beaucoup la portée.
- Depuis la guerre l’attention s’est portée, grâce surtout aux amateurs qu’on autorisait à utiliser des ondes courtes pour leurs émissions personnelles, sur les propriétés de ces ondes, assez peu employées jusqu’alors (bien que les Radiophares français installés en 1912 eussent pour longueur d’onde 120 m, fait peu connu).
- On remarqua alors que les ondes de 10 à 100 m peuvent être projetées au-dessus du sol par des antennes oscillant en harmonique impair et qu’elles vont se réfléchir ou s’incurver par un effet de mirage sur la couche ionisée et par suite conductrice de la stratosphère, dite couche de Heaviside (x). Ce phénomène leur permet de revenir vers le sol à une certaine distance variable suivant les heures du jour. Elles peuvent d’ailleurs subir plusieurs réflexions
- 1. Aujourd’hui on décompose cette couche en trois autres.
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- successives, et donner lieu à des zones de réception et des zones de silence. En tout cas elles évitent l’absorption par les obstacles constitués par les irrégularités du sol et surtout par les forêts (dont les arbres jouent le rôle d’antennes absorbantes). Toute une série d’études ont été faites sur ces phénomènes de réflexion et sur la zone de silence. On s’est trouvé ainsi ramené, après un long circuit, à l’époque Hertzienne, celle de la propagation d’ondes libres, et non pas d’ondes seulement glissantes sur la surface du sol comme les ondes longues.
- Déjà Tietz avait montré que l’on pouvait faire à faible distance de la télégraphie sans fil par ondes libres comme celles de Hertz, mais la production des ondes courtes entretenues par des lampes a élargi considérablement le champ possible des ondes courtes. Les ondes courtes entretenue sont, d’autre part, valorisé un important principe dû à Fauteur du présent article : celui des réseaux d’antennes.
- C’est en 1902 que j’ai exposé pour la première fois la possibilité de concentrer et de diriger les ondes électriques à l’aide de groupements d’antennes verticales parallèles formant un rideau et présentant entre elles un certain espacement régulier, fonction de la longueur d’onde, et j’ai signalé que ce dispositif permettrait de réaliser dans l’émission des ondes hertziennes les mêmes propriétés que donnent en optique les réseaux de diffraction pour la propagation et la concentration des faisceaux lumineux. On peut, en réglant convenablement les phases de ces antennes par l’intercalation de boucles ou spirales dans les fonctions horizontales, modifier les phases (x) et par suite faire varier l’angle sous lequel se ferait la propagation concentrée ; mais il y a une notable différence entre un réseau d’optique et un réseau d’antennes : dans le premier les distances entre les lignes du réseau sont très grandes par rapport à la longueur d’onde des rayons lumineux, dans le second les distances sont du même ordre et même plus petites que les longueurs d’ondes.
- En 1902 on ne disposait pas de procédé permettant l’entretien facile des réseaux à plus de deux antennes. Après 1919 les ondes entretenues de 1000 à 2000 m pour les grandes distances me restaient défavorables à la construction d’un réseau; au contraire les ondes courtes permettant de rapprocher beaucoup les antennes d’un réseau, ont remis à l’ordre du jour les réseaux d’antennes (2).
- Plusieurs systèmes ont alors été proposés : suivant une première idée ingénieuse de Franklin (1925) la Sté Marconi produit dans une même antenne plusieurs concamérations dont une des moitiés de chacune est localisée dans une
- 1. Le réglage de la phase par retard de propagation des ondes est une application des expériences de Blondlot et Dufour. Mais ces derniers et leurs successeurs ne songeaient qu’à modifier le champ électrique entre les deux fils parallèles de Hertz et non pas les champs extérieurs à grande distance qui interviennent en T. S. F.
- 2. J’avais bien pensé entre temps à exciter un réseau d’antennes très espacées, en excitant chacune à sa base (reliée à la terre) par un circuit local alimenté par une lampe; les grilles des lampes étant excitées par une onde de propagation (non réfléchie au bout), envoyée sur un fil pilote comportant des inductances réparties pour régler les retards de phase. Mais l’entrée en ligne des ondes très courtes a rendu sans objet une telle méthode.
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- boucle horizontale ou une spirale de faible hauteur absorbant la demi-longueur d’onde, de manière que tous les éléments rayonnants sont parcourus par des courants de même phase, c’est ce qu’on appelle le «Beam System». Différentes variantes ont été ensuite proposées par d’autres auteurs; dans toutes les éléments sont excités en dérivation.
- Un autre procédé dû à M. Mesny consiste à exciter en série les différents éléments du réseau, en construisant ce qu’il a appelé une antenne en forme de grecque où tous les éléments appartiennent à des demi-longueurs d’onde de même phase et que les demi-longueurs d’onde opposées se produisent dans les parties horizontales. Un dispositif équivalent a été réalisé par M. Chireix en forme de double zigzag, grecque à éléments obliques ; deux bandes horizontales de ce type sont placées l’une au-dessus de l’autre et complétées par deux autres zigzags isolés, formant bandes de garde; l’ensemble constitue l’antenne projecteur Chireix-Mesny utilisée sur une grande échelle par la Société française radioélectrique qui a pu ainsi établir des communications à grandes distances à travers l’Océan. Cette antenne projecteur est d’ailleurs complétée par une antenne miroir semblable; isolée et placée à un quart de longueur d’onde en arrière de la première et interchangeable avec elle elle permettant d’inverser les directions d’émission. L’angle d’émission du rayonnement des antennes est très réduit si le réseau comprend nombre suffisant d’éléments et ne dépasse pas 25° à faible distance. Le centre de chaque zigzag est relié par un feeder non résonnant au poste générateur. Les ondes stationnaires du feeder sont évitées
- par un transformateur d’adaptation aux bornes d’entrée.
- Ces dispositifs de projection constituent un développement logique des recherches de Hertz et du principe des réseaux dififractants.
- D’autres applications des antennes multiples ont été faites récemmeni pour la réduction du fading en certains postes de radiodiffusion allemands où déjà des antennes simples vibrant en demi-onde ont donné un résultat très appréciable. Un procédé plus efficace réalisé récemment par les Ateliers Carpentier, repose sur la production et la réception d’ondes entretenues très courtes, polarisées circulairement (proposées en 1902 par Artom prématurément) : les antennes d’émission et de réception, formées de cadres multiples donnent des résultats très satisfaisants.
- Je dois arrêter ici ce rappel déjà trop long de mes souvenirs des débuts et des révolutions principales de la Radiotechnique, qui, je le crains, auront paru fastidieux aux lecteurs ; qu’ils m’en excusent en raison de l’admirable complexité de cette science et de l’enthousiasme qu’elle entretient chez ses fervents admirateurs.
- L’exposé des progrès considérables qui ont été réalisés dans ces dernières années par la technique des ondes courtes et ultra-courtes, des lampes d’émission et de réception, de la radiodiffusion et des radiocommunications est donné dans les pages suivantes par une élite de spécialistes sous une forme certainement plus attrayante que les rappels d’un passé aujourd’hui désuet aux yeux de ceux qui ne l’ont pas vécu.
- André Blondel,
- membre de l’Institut.
- APPLICATIONS SCIENTIFIQUES DE LA T. S. F.
- Lorsque le.développement d’une branche de la physique donne lieu à des applications nouvelles, il est bien rare qu’en retour, ces applications ne profitent pas à quelques recherches de science pure dans d’autres domaines. Ainsi, les progrès de l’optique et de la photographie sont utiles à l’astronomie ; ceux de l’électricité industrielle ont permis de réaliser des sources d’énergie, des appareils de mesure, nécessaires à une foule d’autres études; et, de même, la T. S. F. née des théories de Maxwell, des expériences de Hertz pour vérifier ces théories, des travaux de Branly sur les limailles conductrices, etc., la T. S. F., du jour où elle est sortie du laboratoire pour devenir une technique industrielle, a suscité tant de recherches, provoqué tant de découvertes et permis tant de résultats nouveaux, que les applications scientifiques en sont excessivement nombreuses. On en trouve, en fait, un peu partout.
- Pour passer en revue au moins les principales, nous voudrions les grouper en deux catégories :
- 1° Les unes résultent de l’existence même des radiocommunications, de ce moyen facile pour échanger des signaux, quasi-instantanément, d’un point à l’autre du globe;
- 2° D’autres résultent d’une utilisation différente de
- certains dispositifs ou organes, qui ont été, en fait, établis ou perfectionnés principalement en vue de la T. S. F. : tubes amplificateurs, quartz, appareils électro-acoustiques, etc.
- Nous examinerons d’abord les services rendus par les radio-communications, à .l’astronomie, à la géographie, à la physique du globe.
- LA T. S. F. ET LA DÉTERMINATION DE L’HEURE LES SIGNAUX HORAIRES
- Une des tâches essentielles de l’astronomie, c’est la détermination précise de l’heure. Jusqu’à présent en effet, la seule unité de temps qui ait été à la disposition de l’humanité, c’est le mouvement apparent des astres. L’homme des cavernes utilisait déjà, sans doute, les physiciens de l’antiquité utilisaient en tous cas certainement cette unité du jour solaire qui est, encore aujourd’hui, le phénomène essentiel. Nous lui avons donné un peu plus de rigueur en spécifiant la valeur du jour solaire moyen par rapport au jour sidéral; mais c’est, en dernière analyse, toujours la rotation de la terre qui est le chronomètre de l’humanité.
- Nos modernes astronomes déterminent le temps en
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- observant les passages d’une même étoile au méridien. C’est tout. On connaît ainsi le commencement et la fin du jour sidéral. Mais on ne peut le fractionner. Notre unité de temps, ressemble, comme l’a fait observer Jouaust, à un mètre dont les deux bouts seuls seraient accessibles, sans aucune graduation intermédiaire.
- Il a donc fallu chercher autre chose pour fractionner le temps. Ce quelque chose, c’est le battement d’un pendule, enregistré par une horloge. Les horloges « mères » des observatoires, les « garde-temps », sont construites avec un soin particulier, enfermées dans des cav es, à température et pression constantes, loin de toute vibration. Elles conservent l’heure à 1/2 ou 1 seconde près par jour, et c’est cette petite différence, cette « marche », que l’on étudie en la comparant au passage des étoiles.
- Nous verrons plus loin comment la T. S. F. a permis d’améliorer la marche même des pendules; mais nous pouvons déjà maintenant comprendre l’intérêt des signaux horaires, échangés d’un observatoire l’autre : ils permettent de comparer plusieurs fois par jour les pendules de l’un à celles de l’autre, et même les observations d’étoiles en des lieux dont l’heure locale diffère sensiblement. Les erreurs accidentelles, les variations de marche peuvent donc être décelées; on obtient un excellent contrôle : comprenant l’intérêt de cette opération, dès avant la guerre, le commandant — depuis général — Ferrié faisait transmettre les premiers signaux horaires par le poste de la Tour Eiffel.
- Avec MM. Claude et Driencourt, il imaginait pour ces signaux la forme des « battements scientifiques », battements verniers, pour appliquer la méthode des coïncidences et rendre directement comparable à l’oreille, au centième de seconde près, la marche de la pendule du poste émetteur avec celle du poste récepteur.
- Cet exemple fut suivi par bien d’autres postes, et l’on compte actuellement dans le monde une cinquantaine de stations transmettant des signaux horaires. Leur travail est coordonné par le « Bureau International de l’Heure », dont le siège a été choisi à Paris, en témoignage de l’avance prise par la France sur ces questions.
- Chaque jour, par ses soins, dix émissions de signaux horaires par neuf observatoires différents, sont comparées, et l’heure moyenne « définitive » en est déduite; les horloges du monde entier concourent donc à
- former un « garde-temps » idéal, moyenne de tous.
- Les corrections actuelles sont de l’ordre du centième de seconde; on espère obtenir mieux, en étudiant notamment les retards possibles dans la transmission, la propagation et la réception des signaux.
- LA T. S. F. ET LE PROBLÈME DES LONGITUDES LES DÉFORMATIONS DE LA SURFACE TERRESTRE
- C’est d’une manière tout arbitraire que nous avons considéré d’abord la détermination de l’heure, pour
- parler maintenant de celle des longitudes. En réalité, les deux problèmes n’en font qu’un; la différence de longitude entre deux points n’est pas autre chose que la différence de leurs heures locales.
- La détermination de sa longitude est fondamentale pour le navigateur (1) ; et pour les stations fixes, elle présente encore un grand intérêt. C’est la base même de la géographie et de la physique du globe. Jusqu’à quel point peut-on dire qu’il y a des stations fixes à la surface du globe ? La Terre n’est pas un bloc indéformable; il est hors de doute que ses pôles se déplacent lentement ; il est possible que les continents flottent à la surface des mers et que leur distance varie. Nous décélérons ces mouvements d’autant mieux et d’autant plus vite que nos mesures de longitude seront plus précises.
- A ce point de vue, la méthode qui consiste à emporter avec soi un chronomètre, marquant l’heure du méridien origine — cette méthode est évidemment barbare. Le temps ne se laisse pas mettre « en conserve ». Les meilleurs chronomètres varient. Aucun progrès de l’horlogerie ne permettait d’espérer une précision de l’ordre du centième de seconde; il a fallu pour cela la transmission instantanée des signaux horaires, que peuvent recevoir non seulement les grands observatoires, mais aussi les missions de géographes ou d’explorateurs dans les contrées les plus reculées. La différence de longitude peut être déterminée très simplement à quelques dizaines de mètres près. En groupant des
- 1. Pour déterminer sa longitude, le commandant d’un navire observe le passage du soleil à son méridien, c’est-à-dire l’heure de midi locale; il compare cette heure à celle du méridien origine, conservée par ses chronomètres; la différence de temps lui donne sa longitude.
- On conçoit tout l’intérêt de l’opération pour un navire à proximité des côtes : une erreur sur le temps, c’est une erreur sur sa position, donc une menace d’écliouement.
- Fig. 1. — Ballon-sonde. Radio-Eleclrique, lype du Cl Bureau. Enfermé dans un capot protecteur, cet ensemble est accroché au ballon-sonde. On voit en S la self de l’émetteur, entourant la lampe; l’émission est modulée par une étoile tournante E; elle est manipulée par le manipulateur M que commandent la coquille barométrique B et le thermomètre bimétallique T.
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- observations plus précises, la précision du mètre n’est pas chimérique.
- Dès 1910, cette application était également à l’étude en France, et lés longitudes de Brest, Bizerte, Alger... ainsi mesurées. Plus tard, celle de Washington. En 1922, Je général Ferrié traçait le programme d’établissement d’un nouveau « canevas des positions géographiques des points principaux de la surface de la Terre »; ce canevas comprenait un triangle « fondamental » — Alger, Chang-Haï, San-Francisco, aux sommets duquel on aurait rattaché progressivement tous les autres points. La première opération eut lieu en 1929 et va être reprise.
- D’ores et déjà, les mesures rassemblées par Stoyko sur les Observatoires d’Europe et d’Amérique montrent une déformation appréciable — et fait très suggestif, périodique — de la Terre. De 1920 à 1925, les deux continents se sont éloignés d’une quinzaine de mètres; de 1925 à 1930, ils se sont rapprochés d’autant. Des déplacements analogues semblent affecter le Japon par rapport à l’Europe.
- Ce n’est là que le commencement d’une étude qui peut nous amener à des observations tout à fait nouvelles.
- LA T. S. F. ET LA MÉTÉOROLOGIE PRÉVISION DU TEMPS
- Voici encore une autre branche dont les radiocommunications ont changé le caractère : la météorologie.
- Autrefois, en effet, les observations et prévisions du temps étaient toutes locales : thermomètre, baromètre, aspect des nuages... Il n’était pas possible de faire plus.
- L’apparition d’un important réseau radio (principalement destiné, dans son principe, à la sécurité de la navigation aérienne) a permis d’échanger très rapidement les « communiqués météorologiques » à travers tout un pays
- Fig. 2. — Oscillogrammes d’échos obtenus sur la couche ionisée de la haute atmosphère. (Émetteur à Paris, récepteur à Meudon.)
- En bas, courant du secteur servant à graduer l'échelle des temps. Au-dessus, série de tops très brefs espacés de 1/50 de seconde; chacun est doublé d’un écho presque aussi fort, avec un retard de 1/500 de seconde environ; la vitesse de propagation étant de 300 000 km par seconde, le parcours total est donc de 600 km, c’est-à-dire que la hauteur de la couche est de 300 km.
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- et même tout un continent. Les dépressions, les anticyclones, les orages... sont suivis pendant plusieurs jours d’une extrémité à l’autre de l’Europe; les offices ou centres nationaux qui en dressent les cartes successives sont alors infiniment mieux placés pour comprendre ce qui se passe dans l’atmosphère, et prévoir, vingt-quatre heures à l’avance, la marche des phénomènes.
- On sait que le succès des grands raids transatlantiques, ou même de tout voyage aérien de quelque durée, dépend en grande partie de l’exactitude des prévisions météorologiques communiquées au départ et pendant le cours du trajet.
- Ce n’est d’ailleurs pas seulement par la diffusion rapide des renseignements, que la T. S. F. peut être utile; on l’a employée pour la recherche même des données indispensables, avec les « ballons-sondes » équipés spécialement : on lâche dans l’atmosphère des ballons (lig. 1) emportant un thermomètre, un baromètre, et un petit émetteur minuscule qui transmet automatiquement à une cadence régulière, les indications de ces deux instruments. Au fur et à mesure que le ballon s’élève à une vitesse connue, on a donc, en recevant ces « messages », des renseignements sur les couches d’air traversées.
- On peut faire plus : tant que le ballon est visible, on le suit avec des instruments d’optique, pour déterminer sa vitesse et par suite celle du vent. S’il vient à être masqué par des nuages, les lunettes sont inutilisables; mais à ce moment on pourra encore recevoir les émissions sur des radiogoniomètres et continuer à suivre son déplacement.
- Enfin, certains phénomènes radio-électriques ne sont pas sans rapport direct avec les phénomènes météorologiques. La relation entre les orages et les parasites s’est manifestée dès les débuts de la T. S. F. ; il existe sans doute aussi un lien entre la variation d’intensité des signaux et les modifications du temps.
- Il faut ajouter que les ondes radio-électriques, et particulièrement les ondes courtes, se propageant dans les couches ionisées de la haute atmosphère, vers 200 km de hauteur, nous fournissent par là même une sorte de « sondage » sur ces couches élevées, inaccessibles naturellement, même au Pr Piccard. Plusieurs méthodes permettent déjà de mesurer avec précision la hauteur de cette couche ; en particulier celle des « échos brefs » est employée dans plusieurs pays et en France. Elle consiste à envoyer, par un émetteur quelconque, des « tops » excessivement brefs — un millième ou un dix-millième de seconde — et à les recevoir dans un récepteur spécialement étudié pour les enregistrer sans aucune « constante de temps ». On observe alors que chaque « top » est reçu plusieurs fois ; en plus du signal « direct », venu au ras du sol, il y a des « échos » successifs, provenant de la réflexion du signal sur les hautes couches atmosphériques. Le retard de ces échos donne la longueur du trajet, c’est-à-dire le double de la hauteur de la couche (fig. 2).
- En faisant cet enregistrement d’une manière continue pendant des heures et plusieurs jours de suite, on est arrivé déjà à suivre les déplacements de la couche ionisée, dont la hauteur varie systématiquement : elle s’élève la
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- nuit et s’abaisse le jour; il peut, d’ailleurs, se former plusieurs couches à différentes hauteurs.
- Pour l’instant nous n’avons pas encore trouvé de relation directe entre ces variations et les phénomènes météorologiques de la basse atmosphère; mais on peut espérer que des observations suivies, avec ce procédé d’investigation nouveau, nous mettront un jour sur la piste de quelque loi nouvelle intéressant la physique du globe.
- LES APPLICATIONS SCIENTIFIQUES DE LA LAMPE AMPLIFICATRICE
- Nous avons fait observer, en débutant, que les applications scientifiques de la T. S. F. ne découlaient pas seulement des nouveaux moyens de communication rapide qu’elle met à noti'e disposition. Un grand nombre d’autres résultent du fait que des appareils, étudiés ou perfectionnés spécialement en vue de la T. S. F., se sont montrés très utiles pour d’autres emplois.
- C’est ce que nous allons maintenant examiner.
- Parmi ces appareils, d’intérêt général, se trouve évidemment en première place, et même tout à fait « hors concours », cet instrument d’une souplesse merveilleuse : la lampe amplificatrice.
- Faire circuler, dans une ampoule vidée, un courant d’électrons; intercaler sur son passage une électrode de commande, qui, sans dépense appréciable d'énergie, règle instantanément la valeur de ce courant : idées bien simples, de réalisation relativement facile, et qui aboutissent à ce résultat formidable : les phénomènes électriques les plus faibles et les plus rapides peuvent être amplifiés dans des proportions énormes — pratiquement, on pourrait presque dire : illimitées.
- Dès lors, un appareil de mesure du modèle le plus courant et le plus rustique, un banal milliampèremètre, dès lors qu’il se trouve associé à un amplificateur comportant assez d’étages, se trouve battre sans effort les records de sensibilité des instruments de laboratoire les plus délicats, les plus perfectionnés.
- Par exemple, les galvanomètres à miroir établis par les constructeurs spécialistes permettent de lire, par le déplacement d’un spot lumineux, des tensions continues de l’ordre du microvolt, des courants continus de l’ordre du dixième ou de quelques centièmes de microampère; ils permettent de déceler le passage de charges électriques légèrement inférieures au microcoulomb.
- Comparons maintenant avec les chiffres suivants : on a pu obtenir, avec les amplificateurs, la lecture de courants de l’ordre de 10~17 ampères : soit du cent-millième de millionième de microampère; des courants de 10~u amp., soit du centième de millionième de microampère, sont mesurables avec les lampes électromètres courantes au catalogue de certains constructeurs. — MM. de Broglie et Leprince-Ringuet ont construit, pour l’étude de la physique nucléaire (constitution de l’atome), un amplificateur qui décèle une charge de 10~16 coulomb pendant 1/100 de seconde : tout un ordre nouveau de phénomènes devient accessible, la sensibilité se trouve multipliée par plus d’un million.
- Si maintenant, aulieude courants continus, nous parlons de courants alternatifs, et surtout de fréquences assez
- Fig. 3. — Diapason entretenu électriquement (fréquence 1024 p/s.bÿS-'TT
- Les branches du diapason apparaissent à peine entre les bobinykÿpijpx servent à l’entretien. SI1** '$?'-
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- élevées, l’avantage des amplificateurs est encore^ grand. Car pour mesurer de faibles grandeurs alternative^''^f il fallait s’adresser aux phénomènes thermiques, et l’on avait grand’peine à mesurer quelques microampères.
- Au contraire, les amplificateurs sont plus faciles à construire pour les courants alternatifs et des amplifications de l’ordre du million sont réalisées couramment dans les appareils industriels. Si l’on ne va pas beaucoup plus loin, c’est généralement que la stabilité des phénomènes à étudier, et la présence de variations parasites, rendraient inutile cette augmentation.
- On peut donc dire que maintenant, les phénomènes électriques les plus faibles, tant qu’ils ne sont pas masqués par d’autres, sont susceptibles d’être amplifiés, mesurés, enregistrés, analysés de toutes les manières.
- La question de « niveau absolu » ne se pose pratiquement plus.
- Le témoignage le plus net est évidemment la réception radio-électrique elle-même, puisque des f. e. m. inférieures au microvolt, agissant dans une antenne, finissent par actionner : haut-parleurs, relais, appareils télégraphiques ou de transmission des images, etc. Elles peuvent eu outre, être quantitativement dosées, dans des « mesures de champ » qui permettent l’étude de la propagation des ondes, de leur affaiblissement'progressif en fonction de la nature du sol, de la distance, des obstacles, de la , saison et de l’heure, etc. Il y a là toute une branche d’études, fondamentale pour la radiotechnique elle-même, et peut-être susceptible d’autres applications.
- Mais cette amplification peut se faire à partir de toutes sortes d’autres courants. En particulier, dans toutes les méthodes de mesures électriques, et par exemple les « ponts », la variation de la quantité en étude se traduit par l’apparition ou la variation d’un courant faible : l’adjonction d’un amplificateur permettra donc d’augmenter la sensibilité tout en opérant avec des énergies très faibles : on augmente ainsi à la fois la précision et le domaine d’application de la méthode. La lampe montée
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- en « voltmètre amplificateur » permet aussi de mesurer la tension aux bornes d’un circuit sans y ajouter aucun amortissement, donc aucun facteur de perturbation. Ainsi toutes les mesures courantes, de tensions, d’intensité, de capacité, de résistance, de puissance ou de phase peuvent en bénéficier et d’autres plus spéciales, comme celle du gradient atmosphérique ou du « pli » (concentration en ions hydrogène) des solutions.
- APPLICATIONS AUX PHÉNOMÈNES NON ÉLECTRIQUES
- Ce domaine est encore excessivement restreint par rapport à tout ce que la lampe amplificatrice peut faire. Car un très grand nombre de phénomènes mécaniques peuvent être transformés en des phénomènes électriques; et dès lors, les bienfaits de l’amplification leur sont applicables, étendant ainsi beaucoup le domaine des recherches possibles.
- Soit par exemple à mesurer un très faible déplacement, une très petite vibration (les déplacements spontanés du sol, la flexion d’une pièce de construction...). On peut relier la pièce à un microphone, ou à l’une des armatures d’un condensateur; les petits mouvements se traduiront alors par des variations de résistance ou de capacité ; et les amplificateurs électriques permettront de les mesurer, voire de les enregistrer commodément.
- Autre exemple : nous avons parlé plus haut des horloges astronomiques et du soin apporté à leur construction. Mais l’horlogerie s’était toujours heurtée à cette difficulté de principe : le balancier de l’horloge doit être entretenu dans son mouvement; il faut donc lui donner des impulsions périodiques, et il doit les déclencher lui-même; or, en dépit de toutes les précautions, les irrégularités
- dans le mécanisme rendent les impulsions différentes, et le mouvement du balancier entretenu est toujours bien moins régulier que celui du pendule libre.
- Cette difficulté est tournée par l’emploi des amplificateurs. En effet, on peut obtenir que le balancier, en passant à sa position d’équilibre, modifie légèrement les constantes d’un circuit : par exemple l’accord, ou l’équilibre d’un système magnétique.... L’énergie nécessaire, soustraite au balancier, étant d’ailleurs excessivement faible. Mais cette variation, si petite qu’on le veut, étant amplifiée convenablement, finira par déclencher une impulsion suffisante, que l’on pourra appliquer au balancier sans contact (par un électro-aimant, comme une pendule électrique). On entretiendra ainsi le balancier sans lui avoir appliqué aucun frottement, demandé aucun travail mécanique; il aura donc besoin de moins d’énergie, et celle-ci sera plus constante : la régularité sera améliorée. Certains signaux horaires français sont envoyés avec un pendule de ce type.
- La même méthode d’entretien est applicable à deux types de « résonnateurs mécaniques » particulièrement intéressants : le diapason et le quartz. Le diapason, étant magnétique, s’entretient en induisant dans une bobine des tensions qui sont amplifiées, puis deviennent à une autre bobine motrice avec la phase voulue (fig. 3). Le quartz présente la propriété essentielle d’être piézoélectrique : il s’entretient donc par la simple application de tensions sur ses faces. On connaît les schémas qui permettent de l’associer à la lampe amplificatrice.
- Il se trouve que ces deux types de résonnateurs, l’un aux fréquences de l’ordre de 1000, l’autre de 100 000 ou 1 000 000, présentent des stabilités très remarquables, de sorte qu’ils peuvent utilement compléter les horloges
- Fig. 4. — Installation pour l’entretien électrique d'un pendule.
- En haut, à gauche, pendulette électrique ordinaire (avec son cadran); à sa droite, pendule libre entretenu électriquement; il porte un petit miroir qui renvoie l’image d’une lampe (à droite) sur une cellule photo-électrique (au-dessous de la lampe). Sur la table, amplificateur et enregistreur.
- dans l’entreprise qui consiste à subdiviser le temps. On part du jour solaire moyen; on le fractionne avec des horloges qui donnent les heures et les minutes; par l’enregistrement de leur marche et de celle d’un diapason, on détermine la période de celui-ci, c’est-à-dire le millième de seconde; enfin, en ajustant les harmoniques de cette fréquence, c’est-à-dire les fractions de cet intervalle, comparativement à la période des quartz, on arrive à mesurer avec la précision d’un millionième toutes les périodes des ondes utilisées en T. S. F. Cette « chaîne » est la base actuelle de la mesure des fréquences, donc des longueurs d’onde.
- Le plus remarquable est ceci : les diapasons et les quartz, mis au point depuis quelques années seulement, ont déjà acquis la même précision dans la mesure du temps, que toutes les méthodes astronomiques. On ne connaît pas, actuellement, la durée du jour solaire moyen, avec une précision supérieure à celle obtenue dans la comparaison des diapasons et des quartz. Ceux-ci, considérés d’abord comme étalons secondaires de temps, sont donc de même valeur que l’étalon principal absolu.
- Encore un petit effort, et leur précision devenant manifestement supérieure, nous devrons
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- changer l’échelle de nos valeurs et reprendre le fractionnement du temps en sens inverse : l’étalon absolu sera la période d’un certain diapason conservé au Bureau des Poids et Mesures, et c’est par rapport à lui qu’on mesurera la durée de rotation de la Terre. L’humanité aura changé un étalon de temps aussi vieux qu’elle; et peut-être alors trouverons-nous, dans le mouvement de la terre, des irrégularités qui nous mettront sur le chemin de nouvelles découvertes.
- APPLICATION DE LA LAMPE AMPLIFICATRICE A L’ACOUSTIQUE
- La transformation des petits déplacements en variations électriques intéresse au plus haut degré une certaine branche de la physique : l’acoustique.
- En effet, le son est une variation de pression périodique ou complexe, toujours très petite : dyne par centimètre carré. Sa mesure, son analyse, malgré de très ingénieux dispositifs, ont donc été longtemps presque paralysées par l’impossibilité d’utiliser de si faibles énergies.
- Les mesures d’intensité absolue des sons, se faisaient, par exemple, avec le « disque de Rayleigh », qui exigeait un régime stationnaire durant une ou plusieurs secondes : tous les phénomènes transitoires lui échappaient.
- Transformer les « sons » en vibrations électriques, on y avait bien songé, et cela était possible depuis l’invention du microphone; mais les microphones simples sont relativement peu sensibles et surtout très peu fidèles : la forme du courant obtenu ne rappelle que d’assez loin celle de la vibration sonore; on n’en pouvait donc déduire grand’chose.
- Le problème ne s’est trouvé résolu que par l’adjonction au microphone, d’un amplificateur. Non seulement on a obtenu autant de courant qu’il en fallait pour toutes les analyses, mais encore on a pu sacrifier le rendement du microphone à sa fidélité : en amortissant les membranes, en utilisant des microphones condensateurs ou électromagnétiques, on a enfin obtenu une reproduction électrique correcte du son, dans de grands intervalles de puissance et de fréquence. Dès lors, avec les oscillographes, les filtres, et tout l’arsenal des mesures électriques, on a pu dépouiller et analyser les sons les plus brefs, les plus faibles et les plus complexes. On connaît maintenant toutes les composantes de la voix, de chaque voyelle et de chaque consonne; celles des instruments de musique dans leurs différents registres, celles des orchestres et des chœurs; on a étudié le pouvoir absorbant des matériaux, l’acoustique des salles, la sensibilité de l’oreille avec une précision et une rapidité toutes nouvelles.
- Les appareils destinés à la reproduction des sons se sont trouvés bénéficier, eux aussi, de ces possibilités; rechercher systématiquement leurs défauts, et les corriger un à un, c’était la méthode la plus efficace pour les améliorer; et sans atteindre encore à toute la perfection souhaitable, nos écouteurs téléphoniques, nos haut-parleurs, ont fait de considérables progrès. Associés aux oscillateurs à lampes, ils fournissent des « étalons de sons » utilisables à leur tour pour d’autres mesures acoustiques.
- Fig. 5. — Lunette astronomique équipée d'un oculaire à cellule photo-électrique (Observatoire de Paris).
- ET BIEN D’AUTRES APPLICATIONS...
- Observons encore que si les cellules photo-électriques sont utilisables malgré leur faible débit, c’est uniquement par leur combinaison avec les amplificateurs à lampes. Or, la cellule photo-électrique, c’est un instrumentprécieux en optique pour la photométrie, et dans bien d’autres branches; par exemple on l’a employée pour l’entretien des pendules, suivant un procédé analogue à celui décrit plus haut (fig. 4); en la plaçant derrière , une lunette astronomique, on lui a fait remplacer l’œil de l’astronome, et enregistrer le passage des étoiles en éliminant 1’ « équation personnelle » de l’opérateur humain (fig. 5).
- Citons encore pêle-mêle, l’application de la lampe ou des relais de T. S. F. au réglage de courants ou de tensions, au déclenchement de commandes, au relevé de formes de courbes (intensités, champ magnétique, hystérésis...); au sondage électrique du sol et du sous-sol; enfin, le champ à haute fréquence des émetteurs semble produire des effets très curieux sur le traitement thermique des métaux, et sur la physiologie des êtres vivants : on a déjà -réalisé quelques applications médicales des ondes courtes et ultra-courtes.
- En somme, il serait infiniment plus bref d’énumérer les branches de la science, où la lampe amplificatrice n’a
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- pas été utilisée, plutôt que toutes celles qui s’en servent. C’est un instrument d’usage quasiment universel. Si l’on veut bien se souvenir que les communications, même sur fil, ont vu leur portée très augmentée par la lampe — et que les communications rapides sont un trait essentiel du monde actuel; si l’on veut ajouter que l’enregistrement et la reproduction des sons, le cinéma parlant, ne sont pratiquement réalisables que par la lampe amplificatrice,
- on reconnaîtra que cette lampe fut probablement la plus grande invention contemporaine, et qu’elle marquera sans doute le xxe siècle d’une empreinte aussi profonde que le xixe avait été marqué par l’invention de la machine à vapeur.
- Pierre David,
- Dr ès sciences, Ingénieur en chef au Laboratoire National de Radioélectricité.
- LES APPLICATIONS MILITAIRES DES RADIO-COMMUNICATIONS
- Onne peut nier que le déve loppement de la technique des radiocommunications, tant dans ses vues théoriques que dans ses applications pratiques, ait eu, en France, son berceau dans le service des transmissions militaires. La pléiade de savants, dont le général Ferrié avait su, par sa haute autorité scientifique, coordonner les travaux, a, au cours de la guerre, fixé les bases de la radio-technique moderne, partageant la foi de l’officier qui, dix ans plus tôt, avait établi une première liaison radio-télégraphique de secours entre la Martinique et la Guadeloupe, et par le poste militaire du Champ de Mars, relié Paris aux places fortes de l’Est et au Corps d’occupation du Maroc.
- Il serait d’ailleurs intéressant de montrer que les principes mêmes, si largement développés de nos jours, dans les schémas de construction des postes radioélectriques ont, pour le plus grand nombre, été appliqués ou pressentis dans les Laboratoires de la Radiotélégraphie militaire, pendant la guerre. Tel n’est pas l’objet de cet article : il importait néanmoins de rendre cet hommage à ceux qui ont travaillé alors, de l’étendre à ceux qui ont travaillé depuis, pour le seul intérêt du pays.
- Il n’est pas de progrès, d’évolution dans la technique des radiocommunications qui n’intéresse les transmissions militaires, mais liées à des sujétions d’emploi
- particulières, les réalisations doivent se plier à des exigences formelles.
- 1. - LE ROLE DÉVOLU A LA T. S. F.
- AUX ARMÉES
- La radiotélégraphie et la radiotéléphonie n’apparaissent, tout d’abord, que comme des moyens de remplacement, destinés à suppléer les communications par fil, lorsque celles-ci sont défaillantes.
- Mais la diversité et la complexité des situations possibles dans une guerre moderne, le pilonnage intense, auquel l’artillerie soumet le terrain de la bataille, limitent les cas où il est possible de développer et de maintenir en bon état les lignes téléphoniques, rendant précaire la sécurité de ce moyen de transmission.
- Si bien que les moyens radioélectriques doivent toujours et complètement doubler, pour s’y substituer sans retard, les moyens par fil, et que l’accroissement du type et du nombre des postes radioélectriques militaires a marché toujours de pair avec les exigences toujours accrues que les possibilités sans cesse développées de la guerre moderne imposent au Commandement.
- Il n’est pas de petite unité qui n’ait ou n’ambitionne un matériel de transmission sans fil organique et ce sont les sujétions que font naître la multiplication des postes et leur adaptation aux qualités des usagers, qui créent le caractère particulier de la technique des réalisations radioélectriques militaires.
- De Carrière à l’avant, à tous les échelons, de l’Armée au Bataillon, du Commandement de l’Artillerie à l’observatoire, on trouve des émetteurs et des récepteurs radioélectriques : un seul ensemble lorsqu’il s’agit de relier un organisme de commandement ou d’exécution à une autorité définie, plusieurs postes lorsque cet organisme doit avoir des liaisons distinctes et simultanées avec l’arrière et avec l’avant. Ce principe _ s’étend aux formations mobiles, généralement motorisées, et si l’on ajoute que la liaison des troupes au sol avec l’avion de renseignement ou de réglage est une nécessité absolue, on a conscience du développement extrême des moyens radioélectriques, qui servent une armée moderne. Et encore, ne par-
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- Fig. 2. — Une voilure blindée de T. S. F. avec son mât anlenne en position de route.
- lons-nous pas d’autres applications delà T. S. F. qui exigent l’emploi unique de ce procédé de transmission : telles la liaison des avions avec leurs basés, la diffusion des renseignements météorologiques, des données balistiques pour les tirs d’artillerie, de l’heure, des communiqués, la radiogoniométrie pour rechercher les emplacements des postes ennemis, l’écoute pour surprendre les communications ennemies, les transmissions de télémécanique, etc...
- 2. — L’EXPLOITATION DES MOYENS RADIOÉLECTRIQUES
- En période de crise, c’est-à-dire lorsque la défaillance des moyens de transmission par fil est à peu près totale, il importe d’orchestrer l’exploitation des moyens radioélectriques dans le sens d’une discipline qui permette l’acheminement certain et rapide des ordres et des renseignements. Les liaisons sont organisées en réseaux, comprenant des postes (de 3 à 5 au maximum), de mêmes caractéristiques techniques, et travaillant avec la même longueur d’onde : en principe, dans chaque réseau, un poste directeur est affecté à l’échelon arrière et des postes secondaires desservent les échelons subordonnés. Le rendement d’un réseau est d’ailleurs d’autant plus grand qu’est plus réduit le nombre des postes secondaires.
- Les matériels sont différents, suivant les réseaux. Plus on s’approche de l’avant et moins il devient possible de transporter le matériel au combat autrement qu’à la main : de l’arrière à la ligne de combat, on évolue vers des matériels de plus en plus légers, de moins en moins encombrants, vers des matériels portatifs de caractéristiques différentes de celles du matériel porté, généralement, sur voitures automobiles.
- Les radiocommunications militaires utilisent toutes les longueurs d’onde, comprises entre quelques mètres et 4.000 mètres : il ne saurait être question de limiter les bandes de fréquences disponibles pour les matériels militaires, par suite du nombre et de la diversité des liaisons à réaliser, par suite aussi de la nécessité de pouvoir changer d’onde pour « fuir » les brouillages.
- Les ondes longues et moyennes, de 800 m à 4000 m* sont réservées aux liaisons de commandement arrière (Armée, Corps d’armée, Division) ; ^encombrement des émetteurs, qui varie, en quelque sorte, en raison directe de la longueur de l’onde utilisée (dimensionnement des circuits et développement du système rayonnant) limite l’emploi des postes à ondes longues aux échelons arrière.
- Les ondes moyennes, de 200 m à 900 m, sont utilisées, en séries d’ondes fixes par les émetteurs d’avion, en gamme continue par les postes destinés aux Commandements d’artillerie et aux liaisons des troupes en montagne.
- Les ondes intermédiaires (50 à 200 m) sont d’un emploi généralisé pour les postes de l’avant au-dessous de l’échelon Division : postes à faible puissance et à antenne unifilaire courte.
- Les ondes courtes, qui seraient d’une exploitation trop délicate pour le fantassin au combat, sont celles des postes mobiles sur voitures automobiles. L’aérien rayonnant, de faibles dimensions, est fixé à demeure sur le véhicule et l’exploitation reste possible en marche avec des émetteurs d’une puissance de quelques centaines de watts. L’emploi de ces ondes s’est également généralisé sur les théâtres extérieurs d’opérations, parce que, seules, elles permettent, avec un matériel transportable sur bât (à dos de mulet ou de chameau), des portées pouvant atteindre quelques centaines de kilomètres, nécessaires à la jonction avec leur base de détachements isolés.
- L’emploi des ondes ultra-courtes, encore timide, paraît devoir apporter, dans l’avenir, d’intéressantes solutions à quelques problèmes particuliers de liaisons (liaisons jusqu’alors réalisées par optique, etc...).
- On objecte, couramment, à la généralisation des liaisons sans fil, l’éventualité des brouillages, brouillages de par la multiplication même des moyens radioélectriques sur le champ de bataille, brouillages du fait de l’ennemi. Des règles impérieuses d’utilisation tactique et technique, une puissance des émetteurs limitée aux portées réellement utiles, permettent d’espérer que les brouillages du premier ordre ne seront qu’accidentels. Quant au brouillage ennemi, il ne saurait échapper qu’il est une arme à double tranchant et qu’il correspondrait à l’impossibilité d’utilisation par les deux partis d’une même bande d’ondes : sa pratique reste hypothétique
- 3. — LES POSTES PORTATIFS
- Ces postes et leurs accessoires (alimentation, rechanges), qui doivent être portés à bras dans toutes les circonstances du combat, sont fractionnés en charges élémentaires, n’excédant pas 12 kg. Ils nécessitent, pour leur trans-
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- port dans les petites unités d’infanterie ou d’artillerie, deux ou trois hommes.
- La puissance, appliquée à l’émission, n’excède pas quelques watts : elle est fournie, soit par des piles, soit par une dynamo à main, à l’exclusion d’accumulateurs dont l’encombrement, le poids, la sujétion de charge, sont incompatibles avec le service des postes de l’avant.
- Les piles, d’un modèle qui permet, sous un faible volume, une tension relativement grande (jusqu’à 150 volts) et un débit assez élevé (jusqu’à 30 m A) ont une durée de quelques dizaines d’heures, en régime de décharge continue, et posent un problème de ravitaillement, d’ailleurs général dans bien d’autres domaines, sur le champ de bataille.
- La machine à main à une manivelle — dynamo à deux collecteurs — a été particulièrement soignée dans sa réalisation mécanique et son rendement électrique dépasse 50 pour 100. Son seul inconvénient est d’exiger, pour sa manœuvre, un exploitant supplémentaire. Mais, parce qu’elle fournit une énergie supérieure à celle que permettent les piles, son emploi accroît, toutes choses égales, la portée des postes ou l’intensité de réception par les correspondants. L’emploi de machines à main plus puissantes (machines à deux manivelles) est généralisé pour l’alimentation des postes radiotélégraphiques des théâtres extérieurs d’opérations : on évite ainsi le transport et le ravitaillement de groupes thermiques, dont on conçoit aisément la difficulté en région désertique.
- Certaines armées étrangères ont préféré le cadre à l’antenne, comme système rayonnant pour les postes de campagne : on évite ainsi, par les propriétés directrices du cadre, les troubles réciproques de plusieurs postes travaillant à proximité; la stabilité des ondes se trouve
- Fig. 3. — Une camionnette de T. S. F. avec son mât antenne dressé pour le travail à l’arrêt.
- accrue, parce que le cadre, toujours identique à lui-même modifie peu les constantes des circuits d’émission et de réception, sa mise en place est rapide et il est peu vulnérable. Sans vouloir discuter les mérites respectifs des deux procédés, nous dirons que les transmissions militaires françaises s’en sont tenues à l’antenne, précisément parce que les propriétés directrices des cadres sont peu compatibles avec le travail en réseau, parce qu’aussi le faible dimensionnement des antennes employées, fil unique d’une dizaine de mètres de long, porté par des supports de hauteur variable entre 0 m 50 et 3 m., suivant les portées à réaliser, les rend peu vulnérables et n’accroît pas sensiblement la durée de mise en station du poste, parce qu’enfin un choix judicieux du couplage d’antenne, atténue la réaction de l’aérien sur les constantes des circuits émetteurs ou récepteurs. Il faut d’ailleurs ajouter, qu’en un même P. C. les postes travailleront généralement sur des ondes suffisamment distantes, pour ne pas craindre des brouillages locaux.
- Le fonctionnement régulier d’un réseau exige que tous les postes du réseau emploient la même onde de travail, c’est-à-dire que, pratiquement, les ondes des émetteurs diffèrent assez peu entre elles pour qu’un récepteur quelconque du réseau perçoive les appels de tous ses correspondants. Cela entraîne, s’il s’agit d’une réception radiotélégraphiqued’ondes entretenues, que les fréquences des émetteurs ne diffèrent pas entre elles de plus de 2000 périodes, donc, par exemple, que, pour une onde de 160 m, la précision réciproque des réglages des émetteurs d’un même réseau soit de 1/1000. Il y aurait là de quoi effarer les exploitants les plus éprouvés, si l’expérience n’avait pas montré qu’un réglage aussi minutieux était possible par des procédés relativement simples. La solution d’un tel problème, sans doute, aurait pu être recherchée dans l’emploi, à l’émission, de stabilisateurs piézoélectriques et il n’apparaît pas comme une impossibilité majeure de trouver, pour des ondes de longueur supérieure à 100 m, des lots de quartz identiques, pour équiper les émetteurs d’un même réseau. Mais la conception d’un grand nombre de réseaux à l’avant, et celle du camouflage de ces réseaux par de fréquents changements d’onde, imposent une souplesse que peut seulement permettre un poste à gamme d’ondes, la multiplication des quartz se traduisant, d’ailleurs aussi, par un accroissement exagéré du prix de revient des postes. Dans ces conditions, seule une certitude dans la précision de la mesure de l’onde doit permettre l’ajustage des réseaux sur une onde commune : la précision de construction et d’étalonnage des ondemètres et un soin particulier apporté à l’instruction des exploitants, dans l’application d’une méthode de mesure simple, permettent d’atteindre ce résultat.
- Le secret des communications radiotélégraphiques ne peut être assuré, à l’avant, que par le chiffrement simple ou complexe des télégrammes. Les matériels d’émissions dirigées ne sont pas encore, de par la nature des ondes, qui permettent aisément de telles émissions, des matériels simples, et le secret des transmissions de l’arrière vers l’avant n’est d’ailleurs pas assuré par des transmissions en faisceaux. Les machines à chiffrer n’ont encore ni
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- la rusticité, ni le volume réduit, que nécessiterait leur emploi dans les petites unités.
- L’obligation absolue de chiffrer est une cause de retards importants et de rendement souvent médiocre dans les transmissions radiotélégraphiques. On doit penser et espérer qu’une discipline très stricte dans l’emploi de signaux conventionnels et de phrases condensées, comme une judicieuse appréciation du renseignement qui mérite le chiffrement et de celui qui ne mérite que la condensation, permettront de ne pas étouffer dans des sujétions d’emploi, à la vérité peu encourageantes, les grandes possibilités qu’offrent les liaisons radioélectriques.
- La radiotéléphonie a, sans nul doute, auprès des usagers, une faveur plus grande que la radiotélégraphie. Elle permet une diffusion rapide de renseignements détaillés et facilite l’échange des idées. Mais le secret de telles communications ne paraît pas encore aisément réalisable, à l’échelle des postes de l’avant, par les procédés normaux de suppression de l’onde porteuse, de suppression d’une bande latérale, de suppression ou de décalage de fréquences. Si bien que son emploi est resté limité à des transmissions de renseignements dont l’ennemi ne pourrait envisager l’exploitation. La faible puissance des émetteurs portatifs exige une modulation de qualité, profonde, et un niveau de réception qui assure une intelligibilité parfaite au milieu des bruits du combat. Parmi les questions que soulève l’emploi des postes radiotéléphoniques, nous en citerons une particulière, qui intéresse directement les caractéristiques techniques des postes : y a-t-il un intérêt essentiel à ce qu’un appareil de téléphonie sans fil soit, en même temps, en état d’émettre et de recevoir (système duplex) ou suffit-il qu’on puisse passer successivement, par une commutation mécanique, d’émission sur réception (alternat) ?
- Il est certain que la pratique des conversations téléphoniques courantes par fil fait préférer le premier procédé; il a, en outre, l’avantage de renseigner, à chaque instant, sur le fonctionnement du poste correspondant, puisqu’on reste sans arrêt en contact avec lui et il permet un échange plus rapide des conversations, en évitant les appels répétés : mais il reste évident que la possibilité qu’ont les deux correspondants de parler en même temps est toute de principe, si chacun désire comprendre ce que dit l’autre. Techniquement et pour les postes de faible puissance, à gamme d’ondes, dont il est seulement question ici, le duplex se traduit par l’emploi de deux ondes pour chaque liaison et de deux antennes, si on ne veut pas être étourdi par sa propre conversation : c’est là un inconvénient essentiel, puisqu’il diminue au moins de moitié le nombre des communications radiotéléphoniques possibles dans une bande de fréquences donnée et puisqu’il accroît l’encombrement du matériel. La question est aussi âprement controversée dans les Armées étrangères que dans l’Armée française et, partout, on a étudié des matériels permettant tantôt le duplex, tantôt l’alternat ou même assurant automatiquement, par l’utilisation de la parole même, les commutations nécessaires pour passer alternativement d’émission sur réception.
- Fig. 4.— Un poste émetteur radioiélégraphique en caisses de bât pour théâtres extérieurs d'opérations.
- A droite, on aperçoit la machine à main à deux manivelles qui fournit l’alimentation de l’émetteur.
- 4. — LES POSTES SUR VOITURES
- L’aménagement de tous les postes sur voitures leur permet une autonomie de fonctionnement presque absolue, en limitant le ravitaillement au seul carburant.
- Certains, qui utilisent des ondes longues, avec des antennes relativement hautes et encombrantes, ne peuvent fonctionner qu’à l’arrêt; leur puissance d’émission, qui ne dépasse pas 50 watts, étend leur portée utile à 100 1cm.
- D’autres, qui fonctionnent en ondes courtes, peuvent indifféremment travailler en marche et à l’arrêt, c’est le cas général pour les postes équipant des voitures blindées, les automitrailleuses et les chars de combat. La réception en marche est facilitée par l’emploi d’ondes modulées. Les antennes, de dimensions réduites, sont fixées à demeure sur les véhicules; elles comportent généralement deux positions : une position de marche (antenne basse) correspondant à des portées réduites (30 à 40 km pour une puissance d’émission de 250 watts) et une position d’arrêt (antenne levée) destinée aux grandes portées.
- L’emploi d’ondes très courtes (de 3 à 10 m) permet, dans quelques cas, d’assurer des liaisons à faible distance entre les éléments automobiles d’un même groupement.
- 5. — LES RADIOCOMMUNICATIONS ENTRE TERRE ET AVION
- Récemment encore, les liaisons entre l’avion et le sol étaient assurées par des postes émetteurs à ondes amorties, permettant douze longueurs d’onde — entre 210 m et 500 m reçus au sol par des récepteurs à galène. De tels postes, d’une séduisante rusticité, ne pouvaient subsister, parce que d’une part leur étincelle musicale était une cause de brouillage intense des récepteurs plus sensibles, dont sont maintenant dotées les troupes de campagne, parce qu’aussi le développement des possibilités de l’aviation a exigé que soient disponibles, pour ses émetteurs, un plus grand nombre d’ondes : les
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- avions sont actuellement équipés avec des postes à ondes entretenues modulées, dont l’alimentation est fournie par une génératrice, entraînée, lorsque l’avion est en vol, par un moulinet à vitesse constante.
- La liaison radioélectrique avion-terre reste pour l’instant, et pour les avions du champ de bataille, unilatérale. Le sol répond à l’avion par des panneaux de formes diverses, qui, par eux-mêmes ou par la superposition de quadrillages noir et blanc, permettent la composition de phrases convenues simples.
- La technique des transmissions avion-terre, et des transmissions strictement radioaériennes est en état de développement continu et on peut espérer que, dans un avenir prochain, il sera possible d’établir, par la seule voie hertzienne, un contact plus intime entre sol et avions, et entre avions, quel que soit le rôle dévolu à ces derniers.
- 6. - LA RADIOGONIOMÉTRIE
- On conçoit, d’après ce qui vient d’être dit, que la connaissance de l’ossature des réseaux radios, renseigne, d’une façon précise, sur l’organisation du commandement. D’où la nécessité de camoufler le fonctionnement des postes par une stricte limitation des transmissions aux liaisons indispensables, et de brouiller, par des changements fréquents d’indicatifs et de longueurs d’onde, les premiers résultats des recherches adverses.
- D’où, en contre-partie, l’intérêt primordial qu’il y a à faire écouter par des postes spécialisés les émetteurs ennemis et à en situer la position par des relèvements goniométriques, à partir d’une base d’au moins trois postes.
- La goniométrie des ondes longues, moyennes et intermédiaires, par cadre mobile est d’une pratique courante : il est prévu soit des installations confortables de dispositifs goniométriques sur remorques, soit de petits goniomètres portatifs permettant de repérer, éventuelle-
- ment, les postes à faible puissance de la ligne de combat.
- La goniométrie des ondes courtes, d’une utilité d’autant plus grande que se développe et se développera l’emploi de ces ondes pour les transmissions militaires, se heurte à de grosses difficultés, si on veut se limiter à l’emploi d’un cadre simple, lorsqu’on opère à une distance de l’émetteur telle, qu’intervient l’onde rayon-née dans l’espace et ramenée au sol, après une ou plusieurs réflexions sur la couche conductrice de la haute atmosphère : l’emploi de dispositifs supprimant l’effet de la composante horizontale du champ, sur le goniomètre, ne paraît encore réservé qu’à des installations fixes de l’arrière. Par contre, la goniométrie à faible distance des ondes courtes est réalisée par des récepteurs à cadre, simples et portatifs.
- 7. — CONCLUSION
- Nous n’avons pu donner dans cet article, déjà très long, qu’une vue d’ensemble sur les réalisations, nées des problèmes essentiels posés par les radiocommunications militaires; nous n’avons pas abordé les solutions d’avenir, pour un grand nombre d’applications autres que celles découlant de la transmission simple de télégrammes en signaux Morse ou téléphonés (notamment dans l’ordre de la télémécanique). Nous avons voulu seulement montrer la part essentielle que la science radioélectrique a prise dans l’équipement technique d’une armée moderne, et attirer l’attention sur les sujétions particulières qui régissent l’étude des matériels militaires.
- Ne nous permettra-t-on pas enfin, de remarquer — et ce sera notre conclusion — que, parce qu’elle se doit de suivre l’évolution de la technique radioélectrique, d’en développer les conceptions dans une voie qui lui est propre, la Radiotélégraphie militaire sert à la fois la Science et la Défense Nationale ?
- Labat.
- LES LAMPES DE T. S. F.
- Les progrès de la T. S. F., en ces dernières années, ont été intimement liés à ceux des lampes, et ceux-ci ont été extraordinaires; un peu trop rapides, même, au gré de certains, car chaque année voit éclore une floraison de lampes nouvelles, dotées de propriétés plus remarquables encore que celles qui les ont précédées et ces nouvelles venues ne manquent pas de bouleverser la construction; parfois même, la technique des postes qui les utilisent.
- La première lampe à 3 électrodes, celle qu’imagina Lee de Forest en 1908, était extrêmement simple et se prêtait à tous usages : détection, redressement, amplification, création d’oscillations. En se perfectionnant, la lampe s’est compliquée et spécialisée. La connaissance plus approfondie que nous avons acquise des phénomènes internes dans la lampe thermionique et du rôle respectif de ses organes a permis d’établir, a priori, des modèles
- à caractéristiques prédéterminées pour chaque emploi; ce qui explique la prodigieuse variété de lampes mises sur le marché. En même temps une orientation en quelque sorte inverse nous ramène, par la multiplication des organes internes, aux lampes à usages multiples. Les progrès réalisés dans la technique du vide (les lampes réceptrices actuelles ont un vide 100 fois plus élevé que celui des lampes d’éclairage à vide) et dans la construction ont permis, d’autre part, d’accroître la robustesse des lampes, d’en prolonger la vie, d’en faciliter l’alimentation par les courants des secteurs.
- M. André Blondel, dans l’article qui précède, a mis en évidence, dans leurs grandes lignes, les progrès accomplis.
- La cathode de la première lampe T. M., vers 1917, était un filament de tungstène étiré, chauffé au voisinage de 2500°, par un courant de 0,7 ampère sous 4 v. Les
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- puissances obtenues étaient très faibles, de l’ordre de quelques dixièmes de watts.
- En 1923, apparaissent les lampes « micro » à filament de tungstène thorié, dans lesquelles l’intensité du courant de chauffage est réduite à 0,06 ampère et la température ne dépasse pas 2000°. Elles font disparaître rapidement les lampes à cathode en tungstène pur, au moins pour la réception, mais bientôt cèdent la place à leur tour aux cathodes recouvertes d’oxydes alcalino-terreux, oxyde de baryum en général, chauffées entre 800 et 1000 degrés seulement. Celles-ci donnent une émission électronique régulière, leur vie dépasse 1000 heures pour les modèles courants, et va jusqu’à 20 000 heures pour certains modèles spéciaux.
- Les cathodes thoriées subsistent dans les amplificatrices et oseillatrices d’émission de moyenne puissance; le filament en tungstène pur, de gros diamètre, a été conservé dans les lampes d’émission à forte puissance; leur durée de service atteint 5000 à 6000 heures.
- Pour augmenter la surface d’émission et aussi pour tendre avec assez de force le filament, afin d’éviter les vibrations donnant naissance aux bruits microphoniques, pour résister aux attractions électrostatiques, on donne aux cathodes des formes variées : rubans en nickel recouverts d’oxyde, filaments en V, en Z, en W, ou en zigzags (fig.. 2), tendus en face d’électrodes planes (fig. 3).
- Un autre progrès important a été le chauffage indirect des cathodes; le courant de chauffage traverse un corps chauffant qui, par rayonnement et conduction, élève la température de la cathode recouverte d’oxydes. Celle-ci est séparée du corps de chauffe par un isolant électrique (fig. 4). La cathode émettrice d’électrons est ainsi rigoureusement équipotentielle, ce qui assure une émission électronique uniforme en tous ses points. Le chauffage peut être assuré par un courant quelconque alternatif ou continu; ce qui a permis la construction des postes récepteurs tous courants, alimentables par courant alternatif du secteur, ou par courant continu de batteries.
- La fabrication des cathodes à oxydes, chauffées indirectement, a rapidement atteint un haut degré de perfection. Les irrégularités d’émission, rencontrées au début et dues à l’insuffisante homogénéité du revêtement d’oxydes, ont disparu. On observait, naguère encore, de petits crépitements très gênants dus à un contact insuffisant, en certains points, entre le filament chauffant et le cylindre isolant qui l’entoure. On y a remédié en
- Fig. 2.
- Disposition du filament dans une lampe moderne.
- Fig. l. — Disposition simple des électrodes dans les premières triodes
- T. M.
- employant un filament spiralé analogue à celui des lampes d’éclairage demi-watt et dont la surface de contact est beaucoup plus grande. Ce sont les cathodes anti-crêpitantes (fig. 5).
- La constuction des anodes a moins varié que celle des cathodes : cependant, les anodes devant, surtout dans les lampes de puissance, dissiper des énergies de plus en plus considérables, on les constitue, dans certains cas, avec un treillis métallique qui favorise le refroidissement (fig. 6).
- Les électrodes de contrôle se sont multipliées; nous en verrons plus loin la raison et l’intérêt.
- Les lampes modernes deviennent donc des parfois assez compliqués dont la constructio beaucoup d’études et de précision dans l’e Après cet examen général, nous allons passer jer les plus importantes nouveautés de ces dernièreskhnnées.
- LA LAMPE MÉTALLIQUE CATKIN
- Le verre a été longtemps la seule matière employée pour les ampoules de T. S. F. Au point de vue mécanique il offre de graves défauts. Certaines lampes d’émission, aujourd’hui, sont de véritables machines électriques où sont mises en jeu des puissances électriques considérables, et des efforts mécaniques élevés. On comprend qu’on ait cherché pour leur construction une autre matière que le verre. Les lampes d’émission à grande puissance sont depuis plusieurs années construites dans une enveloppe en cuivre formant anode extérieure ; celle-ci est refroidie par une circulation d’eau. Les Anglais leur donnent le nom de CAT (cooled anode transmitters, émettrices à anode redroidie). Le verre n’y est employé que pour isoler les entrées des conducteurs. La difficulté est de relier d’une manière étanche l’anode métallique à la base en verre; on y parvient à l’aide d’un joint fait d’un alliage de fer-nickel, de même coefficient de dilatation que le verre. Un anneau de cet alliage est brasé à l’extrémité du tube de cuivre et une lame très mince de cuivre est appliquée entre le verre et le métal pour réaliser un joint étanche (fig. 8).
- C’était une idée toute naturelle que d’appliquer aux lampes de ré-
- Fig. 3. — La nécessité d’augmenter le pouvoir amplificateur conduit à rapprocher la grille et le filament.
- (Lampe D-424,-Philips.)
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- -filament
- Oxydes
- , Tube isolant
- ception un mode de construction analogue.
- Elle vient de donner naissance, en Angleterre, aux lampes baptisées du nom de Catkin, ce qui veut dire petit CAT ou par jeu de mots, petit chat (fi g. 9 et 10).
- Leur anode forme l’enceinte dans laquelle le vide est maintenu, et les autres électrodes sont fixées par des entretoises robustes et de précision en mica. La cathode et la grille sont assemblées d’une manière très simplifiée, grâce à leur support qui ne comporte aucun coude et un nombre réduit de soudures; d’où une grande rigidité et l’uniformité plus rigoureuse des caractéristiques.
- Le verre ne figure que dans le culot qui scelle la base de la lampe, et assure le passage des fils d’arrivée du courant sur sa périphérie, à une grande distance les uns des autres, en évitant ainsi des effets de capacité et les pertes en haute fréquence.
- Fig. 6. — Dans les lampes puissantes, la plaque est faite d’un treillis métallique et peut être munie d’ailettes.
- Aspect d’ensemble et coupe partielle d’une trigrille Philips. Chauffage indirect.
- Fig. 4. — Disposition schématique de la cathode dans une lampe d chauffage indirect.
- Fig. 5. — Cathodes à chauffage indirect (Philips).
- A gauche filament de chauffage spiral; au centre tube cathodique; à droite, cathode.
- Le queusot de verre auquel les électrodes sont fixées dans les lampes ordinaires est remplacé par une bride serrée constituée par des séparateurs de mica et une plaquette d’acier.
- La lampe est montée dans un culot métallique dont elle est isolée par une ceinture antimicrophonique en caoutchouc, et elle peut être présentée sous deux formes. La première est la forme nue ordinaire dans laquelle on aperçoit l’anode métallique extérieure recouverte d’un vernis isolant (fig. 10); dans la deuxième forme, d’ailleurs obligatoire avec les modèles à écran, la lampe est entourée d’un tube métallique percé de trous en losange, et son aspect rappelle alors quelque peu celui d’un condensateur électrolytique. Ce blindage ne joue pas seulement un rôle protecteur au point de vue électrique et mécanique, il permet une active circulation d’air autour de l’anode et assure ainsi son refroidissement efficace.
- Quels sont les avantages de cette nouvelle lampe ?
- Un premier avantage évident, c’est qu’elle est de dimensions réduites; sa hauteur est, en effet, en général d’une dizaine de centimètres et son diamètre de 3 à 4 centimètres.
- De plus la suppression du queusot de verre et la protection assurée par la plaque la rendent beaucoup moins fragile qu’un modèle ordinaire. On jDeut l’envoyer par la poste, sans emballage, et on peut même la faire tomber d’une hauteur de 2 m sur un sol en ciment, sans qu’elle se brise, ni se détériore.
- La fixation rigide des électrodes évite les vibrations, et permet d’équiper des récepteurs réduits sans crainte d’effets Larsen microphoniques. Enfin, la charge électrique acquise par le verre et à laquelle on remédie par la
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- métallisation, n’est plus à craindre ici; l’écran électrostatique est particulièrement efficace.
- LA LAMPE A ÉCRAN ET SES AVANTAGES
- La triode usuelle présente des capacités internes, notamment la capacité grille-plaque, fort élevées en raison de la proximité de ces deux organes, qui gênent pour l’amplification haute fréquence et rendent difficiles les couplages de plusieurs lampes.
- La lampe à écran est née du désir d’éviter ces inconvénients.
- On y utilise une électrode auxiliaire, ou écran, placée entre la grille et la plaque, et connectée à un point à potentiel positif fixe, moins élevé que celui de la plaque. On obtient ainsi une véritable séparation électrique entre la grille et la plaque, et on diminue*la capacité interne dans des proportions très considérables. La capacité interne d’une lampe à écran moderne est désormais de l’ordre du millième de micro-microfarad !
- Il y a encore un défaut de la triode sur lequel on
- Cathode
- Anode
- métallique
- Liaison du métal au verre
- Fig. 8. — Disposition schématique d’une lampe d’émission à anode refroidie (C. A. T.)
- n’insiste souvent pas assez, c’est la faiblesse relative de sa résistance interne. Beaucoup de lampes universelles employées il y a encore quelque temps n’avaient qu’une résistance interne de l’ordre d’une dizaine de mille ohms; ce qui empêchait une sélectivité très poussée. En effet, la résistance interne de la lampe shunte en réalité le circuit placé dans son circuit de plaque; si la résistance est faible, le circuit est amorti, et la résonance peu aiguë.
- L’emploi d’un écran entre la grille et la plaque permet d’augmenter l’attraction sur le flux électronique, et d’éloigner la plaque, ce qui rend possible la construction et l’emploi de lampes à très grand coefficient d’amplification, et d’une résistance interne extrêmement élevée.
- On peut, d’ailleurs, dans une certaine mesure, faire varier ces caractéristiques en agissant sur la tension de l’écran. Une faible tension d’écran correspond à une grande résistance intérieure, et à un grand coefficient d’amplification; on diminue la valeur de ces caractéristiques en augmentant cette tension jusqu’à ce qu’elle devienne voisine de celle de la plaque.
- Les modèles les plus récents de lampes à écrans peuvent présenter ainsi un coefficient
- d’amplification supérieur à 1000, et la pente de leur courbe caractéristique, qui mesure le pouvoir amplificateur de la lampe, a une valeur de l’ordre de 2 à 3 millampères par volt.
- Ces données n’ont de valeur qu’en employant la lampe dans des conditions convenables, non seulement en ce qui concerne la tension à appliquer sur l’écran, mais encore les circuits de liaison et les bobinages qui les composent. On peut ainsi obtenir une résistance interne de l’ordre de 500 000 ohms et, grâce à cette augmentation énorme, on peut accroître la sélection, tout en diminuant le nombre des étages d’amplification ; d’ailleurs, grâce à l’augmentation du pouvoir amplificateur, il devient possible de coupler plus lâchement les circuits de liaison.
- La lampe à écran est employée aujourd’hui, non seulement pour l’amplification haute fréquence, et moyenne fréquence dans les superhétérodynes, mais encore pour la détection de puissance, et même pour le changement de fréquence; elle joue alors généralement le rôle de modulatrice dans les montages de changement de fréquence à deux lampes qui ont remplacé bien souvent le montage radio-modulateur à une lampe bi-grille utilisé dans les appareils superhétérodynes à batteries.
- LA LAMPE A ÉCRAN A PENTE VARIABLE
- L’emploi des lampes à écran à forte pente a fait appa-
- Fig. 9. — Coupe partielle de la lampe métallique Catkin-Gécovalve.
- Borne de connexion plaque
- Isolant entre ! 'anode et I écran
- Pièces en mica Grille écran
- Anode refroidie par l'air
- Pièce de maintien en mica
- Anneau en caoutchouc antimicrophonique
- I \Support d'électrodes en mica serti dans une bague d'acier
- Disque de passage des fils de connexion
- Ecran extérieur métallique
- r. Plaquette isolante fixant * Va lampe dans le blindage
- Entretoise rigide en mica \ fixan t les positions des autres électrodes par rapport à la plaque.
- Cathode de haut rendem t
- Plaque refroidie par circulation d'air
- Construction linéaire sans coudes ni soudures
- '''Joint,étanche à l'air, entre Je verre de la base et Je cuivre de la plaque.
- -Monture caoutchouc antimicrophonique , pas de fixation par ciment au culot.
- \
- Culot métallique
- Fig. 7. — Lampe à 2 groupes d'électrodes.
- (Valve biplaque Philips.)
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- Fig. 10. — La lampe-Catkin
- A, comment l'anode métallique est reliée à la base en verre; B, aspect d’une triode sans écran; C, aspect d’une lampe avec son écran.
- raître, surtout pour la réception d’émissions puissantes profondément modulées, des phénomènes particulièrement gênants.
- . C’est tout d’abord la surmodulation qui se traduit par une augmentation de la profondeur apparente de modulation de l’émission radiophonique. Il se produit alors des oscillations parasites de fréquence musicale harmonique amenant une distorsion gênante, d’autant plus marquée que l’émission radiophonique est plus profondément modulée.
- La modulation croisée ou transmodulation, d’autre part, est un phénomène de brouillage, soit par des signaux parasites à haute fréquence, soit par des courants à fréquence musicale, mais il n’est pas dû au manque de sélection du récepteur. Il est provoqué uniquement par les caractéristiques des lampes employées.
- Fig' 12. — Caractéristiques d'une lampe à écran à pente variable (Gecovalve).
- Tension
- eécran
- Esg 4Ô--
- 40 -30 *20 -10
- Tension grille
- Le signal brouilleur gêne l’audition de l’émission cherchée, mais il n’est entendu qu’en même temps que cette audition; il est en quelque sorte incorporé à l’audition utile. Ce phénomène semble, d’ailleurs, naître uniquement dans la première lampe amplificatrice. Pour en éviter l’apparition, on utilise des dispositifs d’accord spéciaux, dits présélecteurs, désormais bien connus.
- Mais le remède le plus efficace serait de faire varier le pouvoir amplificateur de la lampe, suivant l’intensité même des signaux à recevoir. En polarisant les grilles des lampes d’une façon convenable, on peut bien faire varier la position du point de fonctionnement sur la courbe caractéristique, et, par là même, faire varier la pente de la courbe au point considéré, mais il faut que la . région ainsi déterminée de la caractéristique puisse
- Fig. 11. — Détails de construction d’une lampe à écran et radiographie d'une lampe de ce type (Philips).
- convenir à l’amplification sans distorsion des tensions appliquées sur la grille.
- Pour obtenir ce résultat, on a construit un type de lampe à écran particulier, dit lampe à pente variable, d’ailleurs assez improprement, car, en réalité, toutes les lampes sont à pente variable.
- La caractéristique de cette lampe a une forme permettant des variations de pente très progressives (fig. 12) et ainsi, en faisant varier la polarisation appliquée à la grille on peut faire varier très progressivement son pouvoir amplificateur.
- LES PENTODES HAUTE FRÉQUENCE
- Lorsqu’on examine la caractéristique courant anodique
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- — tension plaque d’une lampe écran, pour une tension-grille et une tension écran déterminées, on constate qu’elle présente une forme irrégulière, et différente de la caractéristique d’une triode (fig. 14 A).
- Pour une tension plaque relativement faible, on constate d’abord une diminution du courant anodique, lorsque la tension plaque augmente (résistance négative), dans cette zone, le fonctionnement de la lampe est irrégulier et il peut se produire des oscillations parasites dans le circuit de plaque sans couplage avec le circuit de grille. Pour que ce phénomène ne se produise pas, il est indispensable que la tension écran soit très différente de la tension de plaque.
- L’irrégularité est due à des émissions électroniques secondaires de l’écran ou de la plaque, des électrons sont arrachés, en quelque sorte, au métal par le flux électronique normal. Si la tension de l’écran est assez grande par rapport à la tension plaque, le flux irrégulier électronique pourra être attiré par l’écran.
- Pour faire cesser cette irrégularité, on peut disposer un deuxième écran relié à la cathode, entre la grille
- écran et la plaque, et on obtient ainsi une lampe à cinq électrodes ou pen-todes (fig. 15).
- La pentode était, d’ailleurs, employée depuis longtemps déjà en basse fréquence, parce que cet inconvénient d’émission secondaire était encore plus sensible pour l’amplification de puissance, mais il y a peu de temps on a réussi à établir des lampes pentodes également pour l’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence.
- La lampe pentode présente donc une caractéristique tension-plaque courant-plaque plus régulière, et elle possède ainsi, semble-t-il, les avantages plus accentués de la lampe* à écran sans en présenter les quelques inconvénients.
- Il n’est plus nécessaire alors de réduire les tensions de la grille-écran à une valeur limite relativement faible, et ces tensions ne doivent être réglées que par les dissipations anodiques respectives de ces électrodes; cette caractéristique est surtout intéressante pour les appareils destinés à fonctionner sur le secteur continu 110 volts, et on peut employer, dans ce cas, des tensions-plaque et grilles-écran à peu près égales.
- La résistance interne très élevée, de l’ordre de 1 à 2 mégohms, correspondant à un coefficient d’amplification théoriquement extrêmement élevé, la pente très forte au point de fonctionnement permettant une amplification et une sélectivité bien plus grandes, à condition bien entendu d’utiliser des systèmes de liaison convenables.
- La pentode haute fréquence peut être à forte pente ou à pente variable, comme une lampe à écran ordinaire (fig. 16).
- La pentode haute fréquence peut servir aussi comme détectrice par utilisation de la courbure de la caractéris-
- Fig. 14. — Aspecltdes courbes caractéristiques :
- A, d'une lampe à écran; B, d’une pentode haute fréquence.
- Fig. 13. —- La lampe à pente variable.
- On distingue à droite la grille hélice à pas variable (E-445. Philips).
- tique de plaque, et surtout comme oscillatrice-modula-trice pour le changement de fréquence dans les postes superhétérodyne. Son montage est, d’ailleurs, analogue à celui d’une lampe à écran, compte tenu de sa résistance interne encore plus élevée.
- L’HEXODE OU HEXAODE
- Le développement des superhetérodynes attire l’attention sur le changement de fréquence simple ou double dans les récepteurs radiophoniques.
- L’adoption des postes-secteur a amené l’abandon presque complet de la lampe bigrille radio-modulatrice, par suite de la faiblesse relative de sa résistance interne, qui diminue la sélection. Les montages à deux lampes, l’une oscillatrice et l’autre modulatrice, sont généralement employés, avec d’excellents résultats. Ils offrent seulement l’inconvénient d’être plus complexes.
- L’idéal serait une lampe à multiples électrodes, à forte résistance interne, et à fort pouvoir amplificateur qui permît une séparation parfaite des circuits d’htérodyne et de modulation.
- Certains techniciens ont pensé la trouver dans une lampe à chauffage indirect à 4 grilles et une plaque, dénommée pour cette raison hexode (fig. 17).
- Les deux premières grilles et la
- Fig. 15. —- Disposition schématique de la irigrille haute fréquence.
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- Fig. 16. — Le Montage des électrodes d’une pentode haute fréquence (type £.-446. Philips).
- cathode sont montées comme la grille et la plaque d’une triode ordinaire oscillatrice, la seconde grille est portée à une tension positive élevée et elle attire les électrons émis par la cathode. Mais, par le fait que cette seconde grille n’est pas une plaque de la forme ordinaire, un certain nombre d’électrons la traversent, bien qu’ils ne soient pas attirés par la troisième grille portée à un potentiel négatif.
- Il se forme, en quelque sorte, autour de la deuxième grille, un nuage d'électrons, et si, tout à coup, le potentiel de la troisième grille devient légèrement plus positif, ces électrons pourront s’échapper vers la plaque.
- On peut considérer, en théorie, que la lampe forme deux ensembles distincts : un premier constitué par le système oscillateur, et un deuxième par le système
- modulateur; la cathode de ce système modulateur étant, en quelque sorte, virtuelle, et modulée continuellement par les oscillations du premier système.
- Comme on le voit, la lampe h ex ode forme un ensemble assez complexe, et seuls l’expérience et l’usage nous renseigneront sur son efficacité.
- Fig. 17. — L’hexode.
- Son montage en changeur de fréquence.
- LA DIODE-TÉTRAODE OU BINODE
- Depuis qu’on utilise sur les postes récepteurs des étages d’amplification haute fréquence à pouvoir amplificateur de plus en plus élevé, et par conséquent qu’on applique sur la grille de la lampe détectrice des variations de tension de plus en plus importantes, le problème de la détec-tioif s’est compliqué.
- La détection usuelle par la courbure de la caractéristique de grille, c’est-à-dire par condensateur shunté, ne permet d’obtenir de bons résultats que si la tension haute fréquence ne dépasse pas une certaine valeur. Elle peut amener, d’autre part, des déformations, d’autant plus gênantes que la modulation est plus profonde. L’utilisation des systèmes de détection de puissance donne des résultats meilleurs, mais présente des difficultés pratiques.
- Sans exagérer outre mesure, d’ailleurs, les difficultés de la détection qui ne sont, en réalité, vraiment importantes que si l’on veut obtenir des intensités d’audition très considérables, on peut indiquer que la lampe détectrice joue à la fois le rôle de redresseuse et d’amplificatrice; on obtiendrait un résultat meilleur, quelle que soit la tension des oscillations haute fréquence appliquées en séparant nettement les rôles amplificateur et redresseur de la lampe.
- Ce résultat a été obtenu depuis bien longtemps déjà, en employant la lampe à deux électrodes ou diode, composée d’un filament et d’une plaque, mais la diode présente l’inconvénient de diminuer la sensibilité de l’appareil puisqu’il n’y a pas amplification et seulement détection.
- La diode-tétraode, appelée aussi assez improprement, binode, est une lampe multiple composée, en réalité, d’une diode et d’une lampe à écran de grille (fig. 18). La disposition des électrodes est identique à celle des lampes à écran, mais une petite anode supplémentaire, de forme annulaire, entoure la cathode à son extrémité inférieure et constitue la plaque de l’élément diode; elle est reliée à une bande latérale du culot ou à une broche supplémentaire.
- La tension haute fréquence à l’entrée de la binode peut atteindre quelques dizaines de volts sans crainte de saturation, et on peut constituer avec l’élément tétraode un étage amplification basse fréquence à résistance qui attaque l’étage final de sortie; par contre, il faut que les étages moyenne fréquence ou haute fréquence fournissent une tension suffisante à l’entrée de la détectrice.
- LA DOUBLE DIODE-TRIODE ET LA DOUBLE DIODE-PENTODE
- Dans les postes les plus récents, on s’est attaché, non seulement à obtenir une audition de qualité musicale satisfaisante, mais encore une audition d’intensité moyenne aussi constante que possible; cette intensité dépend évidemment de l’énergie des signaux recueillis par le collecteur d’ondes, et, si l’on veut qu’elle demeure fixée au degré choisi par l’auditeur, il est essentiel d’utiliser les systèmes de réglage d’intensité sonore que les
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- Américains appellent A. Y. C. (automatic volume control).
- Non seulement on fait, ainsi, varier la sensibilité de l’appareil suivant l’intensité des signaux reçus, mais encore on évite la saturation des étages basse fréquence, qui pourrait amener des distorsions insupportables.
- Ces dispositifs sont donc anti-fading. Ils permettent également de maintenir l’intensité de l’audition à une même valeur moyenne, qu’il s’agisse de recevoir des signaux faibles ou des signaux intenses provenant de stations puissantes ou rapprochées.
- En principe, on utilise, pour la commande des dispositifs de contrôle automatique, les variations de courant de plaque de la lampe détectrice, suivant les tensions appliquées sur sa grille. Nous avons vu précédemment qu’on pouvait faire varier le pouvoir amplificateur des lampes à pente variable en modifiant la polarisation de leurs grilles; nous utiliserons donc les variations du courant de plaque recueilli pour faire varier cette polarisation.
- Cependant, ce dispositif rend nécessaire l’utilisation, sur la grille de la détectrice, de signaux assez intenses pour
- Prise de grille Grille
- v de l'élément X / triode
- Plaque de la triode
- Plaque de l’élément triode .
- Grille de
- -.Entretoises
- Plaques delà double diode
- Plaque de diode'
- commande
- ' Section du bljn-dage relié à la cathode
- Xathode
- Cathode
- Filament
- chauffant
- Fig. 19. — La double diode-triode (M. II. D. 4-Gécovalve .
- obtenir la tension de polarisation élevée exigée par le fonctionnement du système, et on ne peut donc l’appliquer qu’aux appareils sensibles comportant plusieurs étages] d’amplification à lampe à écran ou à pentode. On a présenté récemment un dispositif ayant pour but d’atténuer cet inconvénient, c’est le contrôle auto* matique amplifié, sur lequel, d’ailleurs, nous ne pouvons nous étendre ici.
- D’autre part, les dispositifs ordinaires de contrôle automatique peuvent produire une certaine atténuation des signaux d’intensité moyenne, les montages de contrôle automatique différé évitent cet inconvénient en assurant la mise en jeu du système seulement à partir d’une intensité déterminée, lorsque la détectrice est menacée d’une surcharge.
- Enfin, lorsqu’on règle un poste récepteur, muni d’un système anti-fading, au moment où l’appareil est accordé sur une zone où il n’y a pas d’émission, sa sensibilité est portée au maximum, d’après le principe même du système; les bruits parasites sont alors fortement amplifiés. Pour éviter cet inconvénient gênant, il a fallu avoir recours à des dispositifs dits de réglage silencieux,
- Vers lampe 9
- Ecran
- (Tension positive faible)
- Grille de
- Anode 'de la
- Anode de
- Cathode
- Cathode
- Filament de chauffage
- Fig. 18. — Disposition symbolique et constitution schématique d'une binode (E.-444-Phüips).
- qui bloquent, en quelque sorte, l’appareil lorsqu’il n’est pas accordé sur une émission.
- Le système idéal de contrôle automatique de l’intensité sonore doit éviter d’amplifier les signaux n’ayant pas une valeur minima déterminée; il doit normalement amplifier les signaux d’intensité moyenne, et amplifier moins les signaux de grande intensité. Le système idéal est donc un contrôle automatique différé, à réglage silencieux, et amplifié, s’il y a lieu.
- On a reconnu que la détection par diode était celle qui convenait le mieux pour la commande du système, et, pour l’établir sous la forme la plus pratique, on a réalisé des lampes multiples qui sont les doubles diodes-triodes, ou les doubles diodes-pentodes.
- La double diode-triode comporte une cathode à chauffage indirect, et deux petites anodes constituées par des bagues métalliques de quelques millimètres de haut, forment les anodes de la double diode (fig. 19).
- L’élément double diode est enfermé dans un blindage métallique, constitué par une coupelle cylindrique reliée à la cathode.
- Autour des deux tiers supérieurs de la cathode sont disposées, d’autre part, une grille et une plaque qui forment l’élément triode de la lampe.
- La double diode-pentode, ou heptode (fig. 20), comporte, de même, un élément double diode, combiné avec un élément pentode basse fréquence, et ce système permet de réaliser des montages à contrôle automatique de volumes complets, différés, et amplifiés, si on le désire; pour le réglage silencieux, il est nécessaire, d’ailleurs, d’employer deux lampes du même type.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 20. — Représentation symbolique de la double diode pentode ou heptode Cossor.
- Plaque de la S pentode
- Grille
- auxiliaire
- Grille de
- ,Plaques de ' la double j diode
- Cathode
- Filament
- chauffant
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- LES PROGRÈS TECHNIQUES DE LA RADIODIFFUSION
- LES ANTENNES ANTI-FADING -- DEUX STATIONS RÉCENTES
- Les progrès techniques des postes émetteurs se traduisent par l’accroissement de la zone dans laquelle les émissions sont perçues d’une manière régulière, et aussi par l’amélioration de la qualité musicale des réceptions. Ils ont donc une influence essentielle sur le développement de la radio-diffusion.
- Deux catégories de facteurs doivent être pris en considération pour établir une station de radiodiffusion moderne.
- Il faut, d’abord, que l’emplacement, la puissance du système émetteur, les longueurs d’onde adoptées, la
- disposition des antennes, soient choisis avec soin, suivant l’étendue et la disposition géographique de la zone à couvrir, suivant aussi l’emplacement et les caractéristiques des postes émetteurs voisins.
- Quelles que soient, d’autre part, les caractéristiques de l’émetteur, il faut que les ondes produites soient stables et exemptes d'harmoniques, qu’elles soient modulées par la parole et la musique aussi parfaitement que possible, afin que la qualité musicale des réceptions soit très satisfaisante.
- LES PROGRÈS DE LA MODULATION
- Les ondes émises doivent avoir une longueur stable et parfaitement déterminée.
- Les ondes stables épargnent aux auditeurs l’obligation de modifier constamment les réglages des récepteurs, pendant l’écoute, ce qui est fort désagréable. Mais une raison plus importante fait de cette stabilité et de cette constance une obligation impérieuse.
- Le nombre des postes émetteurs et leur puissance
- augmentent constamment en Europe. Pour éviter les interférences gênantes qui finiraient par brouiller toutes les réceptions, en dépit de la sélectivité des récepteurs, il est indispensable de cantonner rigoureusement chaque émetteur à l’intérieur d’une bande de fréquences assez étroite, de l’ordre de 9 kilocycles. Dans les conférences internationales, dont la plus récente est celle de Lucerne en 1933, les longueurs d’onde à affecter à chaque station ont été soigneusement étudiées; souhaitons dans l’intérêt commun que les décisions prises soient rigoureusement respectées.
- Le Comité de la Conférence de La Haye de 1929 a fixé à 300 cycles l’écart maximum de fréquence admissible par rapport à la fréquence normale, et a émis le vœu que cet écart soit abaissé à 50 cycles dans un délai très court. La conférence de Lucerne a confirmé cette dernière valeur, et on peut espérer la réduire encore dans certains cas.
- Comment obtient-on la stabilité nécessaire de la longueur d’onde ? On utilise ce qu’on appelle des « maîtres oscillateurs » ou oscillateurs pilotes. Ce sont des dispositifs générateurs d’oscillations à fréquence élevée et rigoureusement constante, qui sont ensuite amplifiées, et qui contrôlent les oscillations à grande puissance du poste émetteur. On peut employer des dispositifs de ce genre à lampes, compensés ou non, alimentés par des sources très stables; on préfère les maîtres oscillateurs à cristaux de quartz dont on connaît les remarquables propriétés et qui, pour des caractéristiques données, ne peuvent rigoureusement vibrer que sur une certaine fréquence.
- Chaque station est désormais contrôlée en permanence au moyen d’un ondemètre de grande précision, et l’Union Internationale de Radio-Diffusion effectue à son Laboratoire de Bruxelles des mesures permanentes sur les fréquences des différents émetteurs européens. On peut ainsi vérifier constamment la stabilité des diverses stations d’émission (fig. I).
- La précision des dispositifs employés est telle qu’on peut désormais faire fonctionner une station, ou même un ensemble de stations, avec une précision de l’ordre du cycle. On peut ainsi très facilement faire relayer un même programme simultanément par plusieurs stations, ou faire fonctionner d’une manière indépendante plusieurs postes émetteurs assez éloignés les uns des autres.
- Les ondes émises par les postes émetteurs doivent être non seulement stables, mais pures, c’est-à-dire dépourvues d'harmoniques. Il y a peu de temps encore, les auditeurs français et surtout les auditeurs parisiens,
- Octobre 1927 Février 1930 )
- tyon la Doua
- Lyon la Doua 630.
- Langenberg 64Ü
- Londres 630.
- Londres 63Q
- FV-ague 660-
- LillePïT 1040
- Fig. 1. — La stabilité des ondes émises par certains postes émetteurs.
- La comparaison de ces graphiques établis respectivement en octobre 1927, février 1930 par-le Centre International de Bruxelles, permet de mesurer le progrès accompli
- entre ces deux dates.
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- à l’écoute sur deux de nos stations françaises, que nous ne nommerons pas, étaient fort étonnés d’en entendre les radio-concerts pour plusieurs réglages différents du cadran de repère. Le fait était dû aux harmoniques, assez intenses, de l’onde utile fondamentale. L’émetteur pouvait ainsi transmettre à la fois sur sa longueur d’onde normale, et sur plusieurs harmoniques; il occupait donc plusieurs bandes de fréquence, et gênait la réception de nombreuses émissions voisines.
- Grâce aux progrès de la construction, à l’emploi de filtres résonnants d’antenne par exemple, on a pu faire disparaître complètement ce défaut. Ainsi que le note le Colonel Brenot, dans sa remarquable étude sur Les tendances actuelles de VIndustrie Radio-Électrique, on admet actuellement que l’intensité du champ produite par l’harmonique le plus important ne doit pas dépasser cinq dix-millièmes de l’intensité du champ de l’onde fondamentale ; pour les stations de la bande 1050-1875 m, l’intensité de l’harmonique le plus important ne doit pas atteindre un millième du champ de l’onde fondamentale.
- Du système de modulation employé enfin, dépend essentiellement la qualité musicale des réceptions.
- La modulation, tout d’abord, doit laisser absolument constante la fréquence d’émission. Les variations très rapides de fréquence qui peuvent naître sous l’effet de la modulation, et auxquelles on a donné le nom de scintillation sont désormais évitées, à condition qu’on ne dépasse pas un taux de modulation convenablement choisi.
- Malgré tout, on réussit aujourd’hui à obtenir des profondeurs de modulation de plus en plus grandes, et comme conséquence, à accroître constamment les portées utiles en dépensant le minimum de puissance.
- La fidélité électro-acoustique de l’émission dépend des microphones et des amplificateurs utilisés au studio, de la ligne reliant le studio aux postes émetteurs, du poste émetteur proprement dit, et même quelquefois des antennes d’émission.
- Grâce, en particulier aux systèmes de modulation par déphasage qui ont déjà été décrits dans la Revue et que nous rappellerons plus loin, il est désormais possible d’étendre la bande de fréquences des sons musicaux transmis en radiophonie jusque vers 10 000 périodes-seconde. Bien souvent cependant, on est obligé de limiter volontairement les sons aigus extrêmes de cette bande, afin de maintenir l’émission dans la bande qui lui a
- Couche d'Heovisidg
- Fig. 3 (en haut). — Propagation des ondes autour d’un poste émetteur.
- Fig. 4 (en bas).
- Formation des zones de silence.
- été affectée par la réglementation internationale.
- Si l’on considère les différentes parties du poste émetteur : studio d’émission, ligne et é-metteur proprement dit, il serait désirable que la courbe de réponse amplitude-fréquence de ces divers ensembles fût une droite. Il n’en est jamais ainsi; aussi utilise-t-on des dispositifs compensateurs pour renforcer les notes musicales affaiblies, ou inversement. On obtient ainsi une courbe caractéristique de l’ensemble présentant une partie rectiligne pour toutes les fréquences musicales moyennes, et seulement un peu imparfaite aux extrémités.
- Il est assez curieux de remarquer que pour certaines longueurs d’onde moyennes de 1000 à 1800 m, la disposition de l’antenne a une influence certaine sur la qualité musicale des émissions. Si l’antenne est mal étudiée, la résonance avec le circuit oscillant d’émission est très aiguë, et les notes musicales moyennes sont seules transmises. Pour étendre la gamme émise, il faut employer des antennes aussi hautes et aussi étendues que possible. Ainsi, la station de Radio-Paris a une grande antenne en nappe portée par trois pylônes de 210 m de hauteur, distants entre eux de 320 m.
- LE FADING, SES EFFETS ET SES CAUSES
- Le fading, ou évanouissement, est un phénomène bien connu désormais ; il affecte surtout les émissions sur ondes courtes. Au cours d’une audition, peu à peu l’intensité sonore semble diminuer, pour quelquefois arriver à s’évanouir presque complètement ; puis, au bout d’un temps plus ou moins long, elle croît de nouveau lentement, pour atteindre un maximum, et ainsi de suite. Ce phénomène gênant est essentiellement irrégulier.
- La longueur d’onde de l’émission, et l’éloignement du poste émetteur ont une influence essentielle sur l’apparition et la forme du fading. L’heure, la saison, les caractéristiques de l’antenne émettrice, et les conditions atmosphériques jouent également un rôle plus complexe, mais, en général, moins essentiel.
- A faible distance autour d’un émetteur sur ondes courtes, le fading n’est pas sensible ; dans une certaine zone intermédiaire, les variations de l’intensité d’audition sont, au contraire, fréquentes, et très marquées ; puis, à grande distance,
- Fig. 5.
- Variation de la zone de réception directe suivant l’inclinaison des rayons d’espace.
- Poste t émetteur'
- fbste
- émetteur
- Fig. 2. — Réflexion el réfraction des rayons hertziens sur la couche ionisée d’Heauiside.
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-
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- = 222 r----------............... -................ =
- elles semblent, à nouveau diminuer, tout au moins en rapidité.
- Plus la longueur d’onde du poste est grande, plus la largeur de la zone sans fading est étendue; c’est ce qui explique qu’à une distance souvent assez grande, de l’ordre de plusieurs centaines de kilomètres d’un poste émetteur sur ondes longues de la gamme de 1000 à 2000 m, on ne constate pas de fading, alors que ce dernier est bien perceptible à une distance de 200 km, ou même de 100 km, par exemple, d’un poste à ondes courtes.
- D’autre part, il semble que la fréquence des variations
- augmente.en même temps que la longueur d’onde diminue, mais souvent la netteté du phénomène est masquée par des facteurs secondaires, tels que l’influence de la saison et de l’heure de la journée ; c’est ainsi que le fading est beaucoup moins accentué dans la matinée, en général, qu’au coucher du soleil.
- Le fading est dû non pas à un défaut du système émetteur, ou de l’appareil récepteur, mais bien aux conditions de propagation des ondes hertziennes.
- Les savants admettent aujourd’hui la présence dans la haute atmosphère d’une couche de gaz ionisés, dite couche d’Heaviside, entourant la terre à une distance de
- l’ordre d’une centaine de km au minimum, et qui agirait comme une sorte de miroir. Les rayons hertziens atteignant cette couche seraient rabattus vers la terre, et les ondes voyageraient dans une sorte de tunnel formé par la surface de la terre et cette couche réfléchissante. C’est grâce à cette couche qu’on pourrait recevoir à très grande distance des émissions sur ondes courtes (fig. 2).
- L’antenne émettrice d’une station de radio-diffusion transmet deux sortes de rayonnements : tout d’abord des rayons superficiels, qui se propagent le long du sol autour de l’émetteur et constituent ce qu’on appelle des ondes de surface; ces ondes se propagent à la surface de la terre où elles sont peu à peu arrêtées par les obstacles, et d’autant plus rapidement que la puissance du poste émetteur est moins grande (fig. 3).
- Le poste émet aussi, avec des inclinaisons plus ou moins grandes, des ondes dites d’espace, qui se propagent vers les couches élevées de l’atmosphère et se réfléchissent plus ou moins complètement, ou même se réfractent sur la couche d’Heaviside, suivant l’angle d’incidence.
- Suivant la longueur d’onde des émissions et la disposition de l’antenne, l’angle d’incidence des rayons d’espace sur la couche varie, et les rayons réfléchis viendront toucher la surface de la terre à des distances variables du poste émetteur.
- Si la longueur d’onde est assez grande, cette distance sera également assez grande, et, dans un très grand rayon autour de l’émetteur, on ne pourra recevoir que l’onde de surface. Au contraire, si la longueur d’onde est réduite, les rayons réfléchis viendront toucher la terre à une distance relativement faible, la zone de réception directe sera peu étendue, et, à une faible distance du poste émetteur, on pourra recevoir à la fois les rayons directs et les rayons réfléchis.
- Nous voyons ainsi que dans une certaine zone autour de l’émetteur, variable suivant les caractéristiques de ce dernier, nous recevrons uniquement des ondes de surface. Leur intensité ne varie généralement que sous l’action des obstacles interposés, et dépend assez peu des conditions atmosphériques. Il n’y a pas de fading.
- Au contraire, dans une zone plus lointaine, on reçoit à la fois l’onde de surface et l’onde d’espace, mais les rayons directs et les rayons réfléchis n’ont pas parcouru le même chemin pour parvenir au récepteur, et les oscillations peuvent être en phase ou en opposition de phase. De ce décalage, il résulte une addition ou une soustraction des amplitudes, et, par conséquent, une augmentation ou une diminution de l’intensité de réception.
- Cette modification d’intensité serait constante pour un poste récepteur déterminé si la couche d’Heaviside se comportait comme un miroir stable et indéformable, mais il n’en est rien. Sa distance au sol varie suivant les
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- heures de la journée et les saisons, des facteurs assez mystérieux, comme l’activité solaire, la modifient. Toutes ces variations ont un effet plus ou moins marqué sur la réflexion des ondes.
- Avec des postes émetteurs de faible puissance, on peut observer, d’autre part, des zones de silence; ce sont, semble-t-il, des régions dans lesquelles Fonde de surface est absorbée par les obstacles, et dans lesquelles les rayons réfléchis ne parviennent pas encore ; à plus grande distance on reçoit uniquement les rayons réfléchis, et l’audition réapparaît (fig. 4).
- Les phénomènes sont, en réalité, beaucoup plus complexes encore; en un môme point de réception à grande distance on peut recevoir plusieurs rayons réfléchis par la couche ionisée et qui interfèrent entre eux, même sans intervention de Fonde de surface.
- Retenons seulement qu’en ce qui concerne la radiodiffusion les formes les plus gênantes du fading sont celles qui sont produites à distance moyenne par Vinterférence entre le rayonnement direct et le rayonnement réfléchi.
- LES ANTENNES ANTI-FADING
- Pour combattre les effets du fading, on a, tout d’abord, songé à munir les postes récepteurs de dispositifs de régulation, dits anti-fading, ayant pour but de maintenir l’intensité d’audition à une valeur moyenne convenable, quelles que soient les variations d’intensité des ondes reçues.
- Aux États-Unis, et, en France, des techniciens ingénieux, M. Lucien Chrétien, par exemple, ont étudié des dispositifs de ce genre qui semblent donner de fort bons résultats, mais leur emploi exige évidemment l’adoption de postes récepteurs sensibles. On peut penser qu’il serait encore plus efficace, et plus agréable pour les auditeurs, de supprimer la cause même du fading, au lieu de tenter seulement d’en atténuer les effets.
- Nous avons indiqué que dans la zone où l’on ne peut recevoir que les rayons hertziens directs, le phénomène du fading ne se produit pas. Il fallait donc tenter d’augmenter cette zone de rayonnement direct unique, et supprimer autant que possible les rayons d’espace, ou tout au moins essayer de reculer le plus possible la zone dans laquelle les rayons indirects sont réfléchis pour la première fois vers le sol.
- Pour cela, il faut augmenter l’efficacité du rayonnement direct et incliner autant que possible vers l’horizontale le rayonnement indirect (fig. 5). On peut obtenir ces résultats en augmentant la puissance de l’émetteur, et en choisissant une forme convenable pour l’antenne.
- On obtient une amélioration considérable en substituant dans les antennes, à la vibration usuellement adoptée en quart d'onde, la vibration en demi-onde.
- On a constaté que le rayonnement horizontal est ainsi augmenté d’environ 30 pour 100, et cette augmentation du rayonnement utile correspond à une diminution de Fonde d’es-
- Fig. 7. — L’antenne-mât de la station de Nahsville, forme la plus récente de V « aérien » pour station à ondes courtes.
- pace. Une antenne demi-onde produira donc beaucoup moins de fading qu’une antenne quart d’onde.
- Des essais très concluants à ce propos ont été effectués en Allemagne. Avec le même poste émetteur, on a alimenté d’abord une antenne vibrant en quart d’onde; le
- Fig. 8. — Vue d’ensemble de l’émetteur de Toulouse-Saint-Aignan.
- Au fond on aperçoit le transformateur d’alimentation, le régulateur d’induction, le transformateur dodécaphasé pour le redresseur. La salle d’émission mesure 31 mx 13 m X 7 m.
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- fading apparaissait à partir d’une distance de 75 km. En remplaçant l’antenne en quart d’onde par une antenne vibrant en demi-onde, une zone d’audition d’intensité constante s’étendait jusque vers 150 km.
- L’antenne du poste d’émission radiophonique récent de Toulouse-St-Agnan, qui vient d’entrer en fonctionnement, et sur lequel nous donnerons un peu plus loin quelques indications, a été établie suivant ces principes, non seulement pour éviter les effets de fadmg, mais encore pour obtenir une radiation d’intensité plus constante dans toutes les directions, ce qui est évidemment l’idéal pour une station de radiodiffusion européenne.
- L’antenne de Radio-Toulouse est supportée par deux pylônes haubanés de 120 m de hauteur, espacés de 210 m; elle est constituée par un prisme vertical
- En Allemagne, au lieu d’utiliser des antennes demi-onde, on a établi des dispositifs complexes d’antennes verticales ayant environ la hauteur du quart d’onde. L’avantage n’est pas spécialement d’ordre technique mais consiste surtout dans une diminution du prix de revient, parce que les pylônes de grande hauteur sont d’un prix très élevé.
- Les supports métalliques des antennes créent, nous l’ayons vu, des perturbations redoutables.
- On peut supprimer radicalement cette difficulté, et, en même temps, augmenter encore la proportion du système rayonnant vertical, en employant comme antenne un pylône métallique lui-même de grande hauteur. C’est là Y antenne-mât ou le pylône rayonnant qui a été essayé récemment aux États-Unis et qui va l’être en Europe.
- Fig. 9. — Vue générale de la station de Radio-Luxembourg à Junglinsler.
- de 102 m de hauteur, prolongé de part et d’autre de la partie verticale par deux prismes horizontaux de 18 m de longueur chacun (fig. 6). On voit que l’antenne est presque réduite à un prisme vertical, et qu’elle vibre au voisinage de la demi-onde, puisque la longueur d’émission du poste est de 385 m.
- Les pylônes sont assez éloignés de l’antenne pour éviter tout effet d’induction et d’écran, et c’est pour la même raison que, dans certaines stations récentes étrangères, on a adopté des pylônes en bois.
- Le système de prise de terre est d’abord composé d’une bande de cuivre reliant les deux pylônes, et d’un réseau de fils de cuivre disposés perpendiculairement au plan de l’antenne; les fds et la bande sont soudés à leur point de rencontre. Le bâtiment d’émission est entouré d’une bande de cuivre qui est soudée aux fils du réseau de terre, à leur point de rencontre.
- L’antenne est alors constituée par un seul pylône vertical isolé du sol, et maintenu dans sa position par un ensemble de haubans comportant des isolateurs intercalés (fig. 7).
- Il faut, d’ailleurs, que cette antenne vibre en demi-longueur d’onde, et il existe donc une relation précise entre sa hauteur et la longueur d’onde de l’émetteur. On emploie à cet effet un mât coulissant ou un mât télescopique placé au sommet et dit mât d’accord. Ce mât permet de déterminer exactement la hauteur du pylône suivant la longueur d’onde de l’émetteur. On songe à établir pour la station de Budapest une antenne de ce type de 322 m de haut.
- Quels seront les types d’antennes employés dans les nouvelles stations de radio-diffusion françaises qui vont être peu à peu mises en service ? M. Tronchon, a donné à ce sujet des indications intéressantes dans Y Annuaire de
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- Fig. 10. — La Salle d’émission de Radio-Luxembourg. (L’émetteur et son pupitre.
- la Radiodiffusion nationale de 1933. Pour les stations de courtes longueurs d’onde, entre 232 et 350 m, une antenne demi-onde serait adoptée, et l’effet des supports serait éliminé, soit en employant des pylônes en bois, soit en utilisant un pylône unique rayonnant.
- Pour les ondes comprises entre 350 m et 550 m, on serait obligé d’adopter des supports métalliques ordinaires, mais, sans doute, en construisant des antennes complexes, suivant les principes que nous venons d’indiquer.
- Mais, dira-t-on, ces systèmes d’antennes perfectionnés ont pour but de réduire au minimum la propagation des rayons d’espace se propageant par réflexion à très grande distance. La portée du poste est diminuée. N’a-t-on pas sacrifié un précieux avantage ?
- Il faut avant tout considérer le but à atteindre. Une station nationale de radiodiffusion à ondes courtes doit assurer une audition régulière et de bonne qualité musicale aux sans-filistes du pays, et dans une zone d’étendue normale. Les réceptions à très grande distance n’ont, le plus souvent, malgré leur intérêt de curiosité, qu’une importance relativement secondaire, et peuvent même être nuisibles parce qu’elles gênent, comme nous l’avons montré, les transmissions locales sur longueurs d’onde voisines.
- Il y a, au contraire, des stations d’émission radiophoniques qui sont destinées à envoyer des radio-concerts à très grande distance, surtout aux colonies, ou des émissions de propagande. Il n’est nullement question, bien entendu, d’équiper ces stations avec des antennes anti-fading qui réduisent les ondes d’espace. On emploie le plus souvent des systèmes émetteurs directionnels.
- UNE STATION MODERNE SUR ONDES COURTES RADIO-TOULOUSE
- Le 5 avril 1933, l’ancien poste de Radio-Toulouse était détruit par un incendie. Après de nombreux pourparlers avec l’administration des P. T. T. le nouveau poste de Radio-Toulouse, installé au château de St-Agnan, vient seulement depuis quelques semaines, de recevoir l’autorisation d’entrer en fonctionnement. C’est donc la plus récente des stations françaises et, à ce titre, il nous paraît intéressant d’en donner une description sommaire.
- La puissance de la station de Radio-Toulouse est de 50 kw-antenne. L’émetteur comporte un « maître oscillateur » stabilisé par un cristal de quartz enfermé dans un thermostat qui maintient la température constante à un dixième de degré, et un étage séparateur.
- Un premier étage d’amplification débite sur deux circuits couplés; il est modulé par une lampe alimentée sous 2000 volts.
- Un amplificateur intermédiaire comporte deux lampes à circulation d’eau montées en symétrique dont les grilles sont excitées par le premier étage d’amplification, et, enfin, l’amplificateur final est équipé avec deux lampes à circulation d’eau montées également en symétrique.
- Le circuit oscillant du dernier étage est couplé par tesla à un circuit intermédiaire, qui est lui-même couplé à l’antenne par capacité pour éliminer les harmoniques.
- Les lampes qui équipent les étages d’amplification et de sortie sont à anode refroidie par une circulation assurée à l’aide de pompes centrifuges.
- Le meuble émetteur, le tableau de commande des groupes d’alimentation et de réfrigération et ces appareils eux-mêmes, les organes d’alimentation enfin, sont placés
- Fig. 11. — Les lampes de 100 kw du dernier étage de puissance de Radio-Luxembourg.
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- dans une vaste salle de plus de 30 m de long (fig. 8).
- LA STATION DE RADIO-LUXEMBOURG
- Les progrès des postes émetteurs à ondes courtes ne doivent pas faire négliger ceux des postes sur ondes moyennes, qui ont la qualité précieuse de présenter une différence beaucoup moins marquée entre les réceptions de jour et les réceptions de nuit.
- Nous terminerons donc cet article par quelques détails sur la station de Radio-Luxembourg, le poste de radiodiffusion le plus puissant de l’Europe occidentale, et le plus récent qui ait été établi par l’industrie française.
- Il est établi sur un plateau bien dégagé à proximité immédiate du village de Junglinster, et à 17 km de Luxembourg, où sont installés les auditoria.
- L’antenne est constituée par une nappe triangulaire de 140 m de côté à descente centrale, supportée par trois pylônes haubanés de 180 m de hauteur, placés au sommet d’un triangle équilatéral de 290 m de côté.
- La terre est constituée par un réseau de fils de cuivre enterrés, et par des bandes de cuivre servant de collecteur.
- L’émetteur est un appareil à maître oscillateur stabilisé par quartz piézoélectrique, et à modulation par déphasage.
- Il est prévu pour donner à l’antenne une puissance de 150 kw sur l’onde porteuse; la profondeur de modu-
- lation sans distorsion pourrait atteindre 80 pour 100 de cette puissance.
- Suivant le rythme de la parole ou de la musique, la modulation par déphasage permet de faire varier le courant dans l’antenne de zéro à une valeur maximum, c’est-à-dire de moduler complètement l’émission, tout en conservant pour chaque groupe de triodes un courant d’excitation élevé et, par suite, un fonctionnement au voisinage du rendement maximum.
- L’émetteur comprend deux ensembles d’organes, les étages à faible puissance et de modulation, les étages d’amplification à grande puissance du courant à haute fréquence. L’émetteur et les dispositifs de commande sont, d’ailleurs, placés dans une salle séparée (fig. 10).
- Les étages d’amplification à grande puissance sont particulièrement remarquables. L’avant-deimier étage comporte 6 triodes du type 25 kw, dont 4 seulement sont normalement en service, les 2 autres restant en réserve. Le dernier étage comporte 10 triodes du type 100 kw dont 8 seulement sont normalement en service, les 2 autres restant en réserve (fig. 11).
- Les lampes de ces deux derniers étages sont refroidies par une circulation d’eau très complète.
- D’après les comptes rendus d’un très grand nombre d’auditeurs lointains, les réceptions, à des distances allant jusqu’à 1500 et 1700 km, auraient été extrêmement régulières. P. IIémardinquer.
- LES RADIODIFFUSIONS THÉÂTRALES
- LA RADIOTECHNIQUE ET LE THÉÂTRE
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- Fig. 1. — Disposition schématique d’une installation de radiodiffusion théâtrale.
- THÉÂTRE RADIOPHONIQUE ET RETRANSMISSIONS
- Les véritables émissions de théâtre radiophonique sont des pièces de théâtre composées spécialement. Le spectateur dans un théâtre ordinaire jouit, en effet, du spectacle à la fois par la vue et par l’ouïe; l’auditeur de T. S. F., en attendant la mise en pratique régulière des émissions de radiovision, n’aperçoit ni acteurs ni décors.
- Dans le théâtre radiophonique, à la fois pour augmenter le plaisir de l’audition, et pour rendre l’action compréhen-
- sible, on supplée à la vision absente par une sorte de décor sonore qui permet quelquefois d’obtenir des effets de perspective sonore et de naturel, tout à fait remarquables. Les essais de théâtre radiophonique ont été jusqu’ici plus nombreux, et plus complets à l’étranger qu’en France.
- Malgré tout l’intérêt qu’elles présentent, les diffusions de véritable théâtre radiophonique restent rares; la plupart des pièces radiodiffusées sont des pièces de théâtre ordinaires plus ou moins modifiées afin de permettre leur transmission dans un temps assez réduit, et interprétées au studio.
- A ces radiodiffusions courantes, les auditeurs de T. S. F. préfèrent généralement les retransmissions des représentations réelles, faites de la salle même du spectacle, garnie de ses spectateurs. C’est qu’ils ont alors, quand la transmission est bonne, la sensation de se trouver dans «l’atmosphère » de la salle. Il s’y joint le plaisir d’entendre, en pleine action, des artistes en vedette.
- Ces auditions, très goûtées du public, exigent une exécution acoustiquement aussi parfaite que possible. Il faut, dans la comédie ou le drame, que les acteurs soient entendus distinctement, avec toutes les nuances de leur intonation et pour l’opéra, l’opéra-comique ou l’opérette, il faut que la reproduction du chant soit nette et musicale,
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- que celle de la musique soit fidèle et que les proportions entre la musique et le chant soient respectées.
- La technique des transmissions théâtrales est donc extrêmement délicate, et c’est seulement depuis peu que les résultats sont réellement satisfaisants. Il nous a donc paru intéressant d’exposer comment on a résolu le problème.
- Nous avons demandé aux ingénieurs les plus qualifiés et, en particulier, à M. Pierre Godfrin, ingénieur au service de la Radiodiffusion, et à M. Brunschwig, du poste « Radio-Paris », quelques détails qu’ils ont bien voulu très aimablement nous indiquer.
- LA. TECHNIQUE DES RETRANSMISSIONS ET DES LIAISONS TÉLÉPHONIQUES
- Les sons à radiodiffuser sont toujours recueillis par des microphones, disposés sur la scène ou dans la salle, Ces microphones, pourvus ou non d’un système de pré-amplification, sont connectés à un dispositif de réglage dit mélangeur ; et le courant microphonique initial très réduit, qui n’a généralement qu’une puissance de l’ordre du 1/10 de watt, est amplifié; sa puissance est portée à plusieurs dizaines de watts.
- Le courant amplifié est dirigé dans un câble téléphonique relié directement, ou plutôt par l’intermédiaire d’un bureau central téléphonique, au poste émetteur. A l’arrivée les courants téléphoniques y sont reçus dans un amplificateur basse fréquence, suivi d’un amplificateur de modulation, puis vont agir, enfin, sur le poste émetteur à haute fréquence, dont la fréquence porteuse est maintenue constante par un « maître oscillateur », très souvent du type piézoélectrique.
- Le courant microphonique amplifié au départ doit être transmis fidèlement au poste émetteur, et Ton doit bien étudier dans ce but la liaison téléphonique utilisée.
- Les lignes employées doivent, en principe, infliger le moins de déformations possibles aux courants qu’elles véhiculent, courants de fréquence comprise entre 30 et 5000 périodes-seconde au minimum; d’autre part, les circuits utilisés doivent être à l’abri des perturbations extérieures provoquées par les circuits télégraphiques voisins, et des inductions dues aux lignes à haute tension ou aux tramways.
- Il existe, pour relier au poste émetteur les studios des stations de radiodiffusion, des câbles spéciaux répondant à toutes les exigences et capables de transmettre des courants musicaux d’une fréquence maxima supérieure à 10 000 périodes-seconde.
- Mais, pour les retransmissions théâtrales, il faut généralement se contenter des câbles téléphoniques du réseau national ou international. Ils ne sont pas toujours parfaits, mais on cherche à les améliorer.
- Le Comité Consultatif International des communications Télégraphiques a recommandé, pour les câbles téléphoniques internationaux à installer dans l’avenir, des dispositions de nature à permettre leur emploi pour les retransmissions.
- Dans les câbles des réseaux futurs, on doit réserver au centre quatre fils spécialement protégés par un écran. Dès maintenant, les circuits reliant Londres, Bruxelles,
- vers Belgique
- Hollande
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- Nancy vfMerrr ; Co/mat\^ TcHécSi
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- -Bordeaux
- Tarbes
- Narbonne
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- vers Madrid
- vers Barcelone
- Fig. 2. — Les liaisons téléphoniques utilisées spécialement pour la radiodiffusion.
- (D’après l’Annuaire de la Radiodiffusion Théâtrale).
- Cologne, Amsterdam et Lille sont convenablement établis pour la radiodiffusion.
- D’autre part, l’Administration des P. T. T., pour son réseau radiophonique, a étudié un réseau téléphonique répondant aux exigences de la retransmission. Il est destiné non seulement aux retransmissions locales, mais encore aux liaisons entre les divers postes émetteurs, et même entre les postes émetteurs français et les postes étrangers. On voit, sur la carte de la figure 2, le schéma général des liaisons les plus importantes existant déjà ou en cours d’établissement en France.
- Fig. 3. — Disposition schématique de l'installation microphonique amplificatrice au théâtre de l'Opéra.
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- Fig. 4. — Détails de l'installation de l’Opéra montrant l’adoption en double de tous les organes pour éviter toute interruption.
- Les câbles souterrains actuels sont munis d’appareils amplificateurs qui rendent possible la transmission de courants de fréquence de 6000 à 8000 périodes par seconde ; cette limite sera portée à 10 000 périodes par seconde pour les installations prochaines.
- Tous les câbles aboutissent à Paris au central téléphonique interurbain des Archives, pourvu d’une installation spéciale, le centre de distribution de courant modulateur. Toutes les stations régionales pourront ainsi être modulées par les courants microphoniques provenant de la capitale, et, inversement, chacune des stations du réseau de province pourra transmettre le courant microphonique au centre modulateur, et, par son intermédiaire, à toutes les autres stations.
- LE CHOIX ET L’EMPLACEMENT DES MICROPHONES
- Il faut d’abord choisir convenablement les microphones, puis les disposer dans la salle avec le plus grand soin.
- Fig. 5. — Les appareils de contrôle et d’amplification installés à l'Opéra dans une loge d'avant-scène équipée spécialement.
- Dans un studio, la disposition des acteurs, des musiciens et même des « bruiteurs », c’est-à-dire des opérateurs chargés d’exécuter les décors sonores, est déterminée uniquement par des raisons électro-acoustiques et non, évidemment, par des raisons d’esthétique ou de tradition musicale. Il n’en est plus de même pour une retransmission théâtrale. Les artistes et l’orchestre dans leur jeu n’ont à se préoccuper que des spectateurs qu’ils ont devant eux et des règles classiques du théâtre. Ils n’ont pas à se soucier des auditeurs invisibles de la T. S. F.
- Au surplus, pour la retransmission, chaque salle, et même chaque scène, chaque sujet pose un cas d’espèce. Aussi, avant d’effectuer une première radiodiffusion dans une salle de théâtre, est-il indispensable de procéder à un certain nombre de répétitions pour choisir le dispositif le plus favorable. De même, un spectacle nouveau dans une salle connue exige bien souvent une nouvelle étude préalable.
- L’installateur d’un dispositif de retransmission a le choix entre plusieurs types de microphones. Tout d’abord le microphone à grenaille de charbon, sensible, et qui a un effet directif moyen. Ensuite les microphones électrostatiques peu sensibles, et dénués complètement d’effet directif. Enfin, les microphones électro-dynamiques sensibles, et ayant un effet directif assez marqué.
- Dans le cas du microphone électrostatique, par suite de sa faible sensibilité, il est indispensable d’employer un premier amplificateur situé à quelques centimètres de la capsule, dans le boîtier même de l’appareil.
- Le courant modulé issu de cet amplificateur est transmis à Y amplificateur de ligne, disposé dans un coin du théâtre et connecté à la ligne de transmission. Les microphones électro-dynamiques ou à grenaille de charbon, plus sensibles, peuvent être branchés directement sur l’amplificateur de ligne.
- Le choix des microphones dépend du genre de retransmission et de l’acoustique de la salle. Suivant qu’on veut obtenir un effet directif plus ou moins accentué, on emploiera, par exemple, soit un microphone électrostatique, soit un microphone électro-dynamique; le plus souvent, on utilise simultanément plusieurs microphones de types différents.
- Dans une salle amortie, avec une scène assez réduite, et lorsqu’il s’agit seulement d’une pièce de théâtre parlée, sans accompagnement d’orchestre, un microphone sensible, directif, placé dans la salle, donne en général satisfaction. On utilise dans ce cas un microphone électrodynamique. Au contraire, si la salle est peu amortie, un microphone électro-statique, placé sur le plateau même, peut donner des résultats plus satisfaisants.
- Dans le cas des opéras-comiques ou des opérettes, lorsque la compréhension de la pièce joue un rôle primordial, il y a intérêt à placer le microphone le plus près possible des acteurs; on suspend alors un microphone électro-dynamique au-dessus du plateau, le microphone électro-statique doit alors être souvent abandonné, d’une part parce qu’il est trop volumineux et peu esthétique; d’autre part, parce que sa capsule est soumise aux réflexions sonores qui se produisent dans les décors et dans les cintres. Il peut en résulter des notes aiguës,
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- des sifflements au moment des « forte » d’orchestre.
- L’emplacement des microphones exige, en général, une étude complète de l’acoustique delà salle. Toutes les fois qu’il s’agit de transmettre de la musique, le microphone doit être placé sullisamment près des musiciens pour n’être influencé que par les ondes «sonores directes et non par les ondes réfléchies; sinon on percevrait un écho fort désagréable; pour la même raison le microphone doit être écarté des parois de la salle.
- Enfin le microphone ne doit pas être placé près du public ; les bruits de toutes sortes provenant des spectateurs, et qui paraissent souvent insignifiants dans la salle même, peuvent être très gênants pour les auditeurs de T. S. F.
- Remarquons qu’il est assez difficile de procéder aux essais de retransmission lorsque la salle est vide; la présence des spectateurs détermine, en effet, un amortissement acoustique considérable qui modifie complètement les résultats.
- Les microphones sont reliés, comme nous l’avons indiqué, à l’amplificateur de ligne par un câble de liaison, et il est indispensable que ce câble soit soustrait complètement aux perturbations électriques de toutes sortes. On s’efforce donc de réduire au minimum la longueur de ce câble, d’utiliser du fil sous plomb, ou même de monter le tout à l’intérieur d’un blindage complet. Une mise à la terre n’est pas toujours indiquée, car elle peut amener au contraire des inductions gênantes.
- Enfin, pour les opéras ou les opéras-comiques, dans lesquels la gamme à transmettre est très variable et étendue, il ne faut pas songer à conserver intégralement les rapports entre les intensités sonores; au moment des « forlissimi » ; on arriverait à saturer les amplificateurs et les câbles, aussi est-on obligé d’effectuer, en quelque sorte, des « compressions sonores », et, dans ce but, d’utiliser des amplificateurs réglés spécialement.
- LES RETRANSMISSIONS DE L’OPÉRA
- Parmi les retransmissions théâtrales et musicales les plus remarquables, on peut citer celles de l’Opéra de Paris ; l’installation qui a été établie dans ce théâtre par le Service de la Radiodiffusion est particulièrement intéressante.
- La détermination du nombre et de l’emplacement des microphones était plus particulièrement délicate en raison des vastes dimensions de la salle et de la scène, et de la nécessité de rendre l’appareillage peu apparent.
- Bonne transmission des chants et des paroles, bonne transmission de l’orchestre; équilibre sonore convenable entre l’intensité du chant et celle de l’ensemble de la musique ainsi qu’entre les diverses masses orchestrales; telles étaient les conditions du problème.
- Suivant le principe classique, on employa des microphones de scène placés au voisinage de la rampe et des microphones d’orchestre placés à l’intérieur de la fosse d’orchestre.
- Les microphones d’orchestre furent avancés vers le fond de la scène, afin de rétablir l’équilibre sonore entre l’intensité du chant, et celle de l’ensemble de la musique.
- Après bien des recherches, on en arriva à adopter
- -Haut -parleurss.
- Scènel.
- Orchestre.
- Signaux lumineux A H* parleur témoin
- Auditorium
- Microphone
- Choristes
- Artiste
- soliste
- Appareils d amplification et decontrôle
- Fig. 6. — Installation de radioiechnique théâtrale permettant l’accompagnement des acteurs par des choristes et des solistes placés dans des auditoriums spéciaux (D’après ihe Wireless World).
- deux microphones d’orchestre, l’un placé dans la fosse même, près des premiers violons, et l’autre, suspendu au-dessus de l’orchestre, dans l’axe de la salle, à la hauteur du deuxième balcon, et assez près du rideau, de manière à éviter tout écho nuisible dû à la différence de trajet des sons captés à la fois par ce microphone suspendu et par le microphone de scène.
- Les deux microphones de scène et le microphone de la fosse d’orchestre sont du type à charbon perfectionné, tandis que le microphone suspendu est un appareil électro-statique, choisi en raison de l’absence de ses effets directifs.
- Fig. 7. — Installation radioteehnique de concert établie par a Cie Western Electric sur les indications du DT Stokowski.
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- Une cabine de contrôle est installée dans une avant-scène de deuxième loge. On y trouve le « mélangeur », auquel aboutissent les câbles des microphones. Cet appareil permet de régler à chaque instant de manière indépendante la puissance de la modulation provenant de chacun des quatre microphones (fig. 3 et 4).
- L’opérateur chargé de la manœuvre de cet appareil est à la fois un technicien averti et un musicien émérite, connaissant parfaitement l’orchestration de l’œuvre à diffuser; c’est à lui, en effet, qu’incombe la tâche de maintenir à chaque instant l’équilibre nécessaire entre le chant et la musique, et de comprimer les volumes sonores, en réduisant les différentes intensités relatives entre les « piano » et les « forlissimi » (fig. 5).
- La loge dans laquelle sont installés les appareils de contrôle et d’amplification est séparée de la salle par une cloison insonore, de manière qu’on puisse contrôler la modulation, soit à la sortie de l’amplificateur microphonique, soit sur l’émission radiophonique elle-même, sans être gêné par l’audition directe; mais, une fenêtre pratiquée dans les parois, avec glace coulissante, permet d’écouter directement les bruits de la salle, si on le désire.
- A la sortie du mélangeur, les courants microphoniques sont envoyés à l’amplificateur microphonique, et, de là, par ligne téléphonique au centre téléphonique de distribution de la modulation.
- Comme le montre la figure 4, les appareils de contrôle et d’amplification sont disposés en double; chaque jeu est alimenté par une batterie indépendante; un jeu de clés permet de passer instantanément, en cas de dérangement, d’une batterie à l’autre, ce qui élimine les risques de panne.
- Signalons, enfin, les études délicates menées à bonne fin pour éviter les phénomènes de ronflement dus aux effets d’induction des installations électriques.
- L’emploi de conducteurs sous écran n’a pas été suffisant; il a fallu également éliminer l’action directe sur les amplificateurs. Ces derniers sont montés sur une suspension à la cardan, qui permet de les orienter dans le plan vertical, et dans le plan horizontal; leur position doit, d’ailleurs, souvent être modifiée au cours d’une même transmission.
- CURIOSITÉS RADIOTECHNIQUES AU THEATRE
- La radiotechnique permet aussi d’obtenir dans les salles de théâtre des effets électro-acoustiques curieux et
- originaux, souvent intéressants au point de vue artistique.
- Nous noterons, par exemple, les essais réalisés il y a peu de temps en Allemagne, à l’Opéra de Charlottenbourg. Les choristes sont placés non pas sur la scène, mais dans un auditorium séparé, muni bien entendu des haut-parleurs permettant d’entendre l’oi’chestre, et les acteurs sur la scène.
- Les choristes ainsi isolés chantent devant des microphones, dont le courant, amplifié à l’aide d’un amplificateur réglable de 100 watts, est dirigé ensuite sur plusieurs haut-parleurs disposés dans le haut et derrière la scène (fig. 6).
- Par ce moyen, les choristes sont placés dans les meilleures conditions de confort, et aussi dans les meilleures conditions acoustiques, parce qu’on peut étudier de façon particulière la disposition de l’auditorium. On peut également faire varier à volonté le volume sonore des chœurs, et obtenir des effets musicaux intéressants.
- Aux États-Unis, il y a peu de temps, le Dr Stokowski, chef d’orchestre de l’orchestre symphonique de Philadelphie, a pu exécuter à Washington une expérience très curieuse dans une salle de concert remplie d’un public élégant.
- Dans la salle de l’Académie de musique de Philadelphie, jouaient les cent musiciens de l’Orchestre Symphonique ; la salle était vide, mais trois microphones étaient disposés dans cette salle, et réunis par des lignes téléphoniques séparées, avec amplification convenable, à trois haut-parleurs disposés derrière le rideau de la salle de Washington.
- Le Dr Stokowski lui-même pouvait agir sur un appareil de contrôle permettant de modifier l’intensité et la tonalité des courants reçus.
- Les deux haut-parleurs de côté utilisés étaient d’un type à pavillon exponentiel à cellules comportant en réalité 16 éléments séparés, et le haut-parleur central était muni d’un seul pavillon exponentiel à type particulier à réflexion (fig. 7).
- Grâce à l’emploi d’amplificateurs et de lignes spécialement étudiés par les laboratoires téléphoniques Bell, la démonstration fut, paraît-il, absolument concluante, et permit de se rendre compte qu’il était possible de transmettre à grande distance les sons des orchestres dans une grande salle de spectacle, en leur conservant leurs qualités musicales primitives.
- P. Hémardinquer.
- UN RADIO-LABORATOIRE AERIEN
- LE “ GÉNÉRAL-FERRIÉ ”, FA. T. S. F.
- Au premier plan des événements scientifiques de l’année, il faut citer la réalisation remarquable constituée par l’équipement radio-électrique de l’avion Génêral-Ferrié, réalisation grosse de conséquences et dont l’entier mérite revient à un éminent spécialiste : l’ingénieur Minguet.
- Après avoir longtemps travaillé la délicate question du matériel radio de bord, s’y être, uniquement, attaché, Minguet parvint à mettre au point un appareillage inédit. De minutieux essais en laboratoire fixe, de nombreuses liaisons, à terre, effectuées depuis sa station expérimentale (poste émetteur-récepteur à ondes
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- courtes F8. KG) sur. de grandes distances montrèrent les possibilités du matériel réalisé. Ces expériences pouvaient être considérées comme largement suffisantes; néanmoins, elles ne semblèrent pas assez probantes au jeune savant. Celui-ci se souvint, alors qu’il était aviateur... et dès ce moment sa ligne de conduite fut tracée...
- Soutenu par de puissants moyens techniques et financiers, Minguet allait acquérir un avion — et par là, même, doter notre pays du premier radio-laboratoire volant. — Il pourrait, désormais, continuer pratiquement son expérimentation, effectuer ses essais à pied d’œuvre et contrôler, ainsi, directement, l’efficacité des résultats déjà obtenus. Pour répondre pleinement au but poursuivi, l’avion serait un appareil de tourisme, dont la cabine serait aménagée pour permettre toutes les expériences désirables.
- Ainsi, vint au monde au début de l’année 1933, le très remarquable appareil, un Caudron-Phalène spécial, qui, sous un indicatif particulièrement « adéquat » : FA. TSF, allait faire rayonner très loin son patronyme : le nom respecté du grand savant disparu, le Général Ferrié.
- FA. TSF, muni d’un moteur Salmson de 135 ch pouvait réaliser une vitesse horaire de 180 km; son rayon d’action ayant été considérablement augmenté par l’adjonction d’un réservoir supplémentaire, il devenait, sans perdre ses caractéristiques d’appareil de tourisme, un avion de grand raid. Nous allons bientôt comprendre les raisons de cette transformation....
- L’équipement radio électrique fut alors installé. Il comprenait : deux émetteurs groupés possédant chacun une longueur d’onde propre (onde de 27 m adoptée pour le trafic, onde de 10 m réservée plus particulièrement à l’expérimentation) ; un simple inverseur permettant à l’opérateur de passer, immédiatement, d’un émetteur à l’autre et de changer, ainsi, instantanément de longueur d’onde de travail; chaque émetteur avait une puissance utile de 220 watts-alimentation. En vol, l’énergie était fournie par une génératrice à trois collecteurs, entraînée par moulinet. Afin de permettre l’envoi de messages, l’avion « atterri », l’alimentation se faisait, alors, par un groupe électrogène spécial, fixé dans la carlingue. Les émetteurs comportaient, chacun, deux tubes « Métal » du type E. 60, montés en
- Fig. 2. — L'avion « Général-Ferrié ».
- Fig 1. — L’équipage du « Général- Ferrié »
- A. gauche Emont; à droite Minguet.
- parallèle, les filaments étant chauffés à 5,5 volts avec une tension d’anode de 1500 volts, l’intensité normale dissipée dans l’antenne atteignait 4,5 ampères. Le changement de source d’énergie était rapidement effectué par le déplacement de deux écrous à oreilles. Un « super-hétérodyne » assurait la réception — sans trou — de toutes les ondes comprises entre 12 et 2000 m, un convertisseur et une batterie SLEM 24 volts lui fournissaient son alimentation. Deux antennes fixées au-dessus delà carlingue et sur toute sa longueur, attaquées par les émetteurs, servaient, aussi, de collecteur d’ondes pour la réception ; du type « dipôle » ces antennes évitaient l’établissement de toute terre ou contrepoids. De plus, une boîte de contrôle spéciale permettait la recherche instantanée de toutes les mesures électriques nécessaires. Tous ces appareils avaient été établis par la Société Anonyme des Industries Radioélectriques (S. A. D. I. R.) selon des données bien particulières. L’installation était complétée par un cadre radiogoniométrique expérimental dans le but de fournir au pilote la possibilité de situer, lui-même, sa position en vol comme au sol, procédé diamétralement opposé à celui généralement usité. D’autre part, l’appareil était muni de nombreux instruments de bord pour la navigation au long cours : contrôleur de vol, dérivomètres, compas de grand raid, chronomètres de haute précision, appareils de mesure divers et multiples....
- Minguet, faisant appel à l’excellent opérateur-radio de la Marine, Emont, décida d’entreprendre un voyage de grande envergure sous le contrôle direct du Service des Recherches de l’Aéronautique. Son but, purement expérimental, était de juger, directement des possibilités d’une liaison sur ondes courtes et très courtes à des
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- Fig. 3. — L'équipemenl radioélectrique du « Général-Ferrié ». Le poste émetteur. (Ph. André.)
- distances énormes et sous des latitudes différentes, en vol comme au sol.
- Cette randonnée scientifique du « premier radio-laboratoire aérien » fut accomplie par l’équipage Minguet-Emont, à bord du Général-Ferrié, pendant tout le mois d’avril dernier. 14 000 km sur l’itinéraire Paris-
- Niamey-Paris furent, ainsi parcourus. Durant ce périple, FA.TSF put se maintenir en liaison «constante» avec notre propre station (F8.TS-Neuilly-sur-Seine) et ses messages, émis en vol ou du sol furent reçus par nous avec une intensité jamais inférieure à une écoute confortable au casque (r. 3/4), souvent égale à une réception en puissant haut-parleur (r. 8/9) ; en outre le cadre radiogoniométrique, cité plus haut, fut expérimenté avec plein succès par l’équipage.
- Jamais encore, la preuve formelle n’avait pu être établie, de manière aussi définitive, des possibilités d’un trafic « régulier » (liaison bilatérale) entre des points éloignés de 6 à 7000 kilomètres les uns des autres. Tant en ce qui concerne l’aéronautique que les stations fixes, le caractère pratique d’une telle démonstration apparaît dans toute son ampleur !
- Elle ouvre un champ immense d’adaptations à l’utilisation des ondes très courtes.
- Il est utile d’insister sur la faible puissance, l’encombrement extrêmement réduit, le poids négligeable et la simplicité du matériel employé qui est le premier du genre à avoir fait ses preuves, sans défaillance, dans des conditions de travail aussi pénibles.
- Devant de tels résultats, une conclusion s’impose : tout appareil aérien, qu’il soit destiné au tourisme, au transport ou aux raids doit, désormais, être muni d’un équipement « émetteur-récepteur » sur ondes-courtes. Le temps est passé où semblable installation était encore l’exception..., il faut que demain elle soit de règle générale à bord de tout aéronef, au même titre que le matériel indispensable usuel : «Badin, altimètre, compas, etc.» Il est, maintenant, inadmissible qu’un avion puisse se trouver isolé, sans espoir de secours !
- A l’heure où nous écrivons ces lignes, de nouveaux essais sont en cours de préparation. Ces essais d’un caractère « inédit » seront tentés avec un matériel radio différent qui vient d’être monté dans la cabine du Général Ferrié. Durant la période de première mise au point l’ingénieur Minguet a bien voulu nous prendre à son bord, afin de nous permettre le début de l’étude que nous serons heureux de publier prochainement. Il nous a été, ainsi, donné d’apprécier, en plus des qualités techniques que nous lui connaissons, la très grande classe de ce « fin pilote ».
- J. A. Nunes — EF.8TS — (membre du Réseau des Emetteurs Français et R. Saladin.
- LA LUTTE CONTRE LES PERTURBATIONS
- RADIO-ÉLECTRIQUES
- NOUVEAUX PROGRÈS DANS L’ORDRE TECHNIQUE, JURIDIQUE ET ADMINISTRATIF
- L’étude que nous présentons ici est en quelque sorte la suite logique et le complément de celle publiée dans le numéro de La Nature de septembre 1932. Depuis cette date, la questions de l’élimination des perturbations radioélectriques n’a cessé de progresser et nous tenons à mettre nos lecteurs au courant de ces perfectionnements. Nous analyserons donc
- les améliorations techniques réalisées dans les filtres, dispositifs et blindages antiperturbateurs, tant à la réception qu’à l’émission des perturbations, puis les nouveaux jugements et arrêts qui s’ajoutent à la jurisprudence; enfin les arrêtés municipaux ainsi que l’évolution du point de vue administratif et du point de vue législatif.
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- PERFECTIONNEMENTS TECHNIQUES DES FILTRES, MONTAGES ET BLINDAGES ANTIPERTURBATEURS
- Il importe d’abord, pour savoir exactement de quoi il s’agit, de rappeler la définition donnée par M. J. le Duc en 1929-1930 dans son rapport au Syndicat professionnel des Industries radioélectriques :
- Il y a perturbation proprement dite lorsque le champ électromagnétique produit par le brouillage au voisinage du récepteur atteint 1/6 m V : m. Dans ces conditions, on estime qu’au voisinage du récepteur, les stations régionales devraient produire un champ minimum de 2 m V : m et les stations nationales un champ minimum de 1 m V : m.
- À la suite des recherches faites par le Laboratoire central d’Electricité, les mesures suivantes ont été préconisées pour l’élimination ou la réduction des brouillages :
- 1. Tubes à luminescence gazeuse (à néon ou autre) : un grillage métallique formant écran et mis à la terre en trois points au moins au moyen de conducteurs courts ayant une section minimum de 3 mm2.
- 2. Sonneries particulières : aux bornes de la coupure, des condensateurs de 4 microfarads. Blindage des conducteurs qui seront placés sous une gaine métallique mise à la terre.
- 3. Interrupteurs à lames vibrantes : aux bornes de la coupure, des condensateurs de 0,5 à 3 microfarads.
- 4. Collecteurs de machines et contacts tournants : filtres comportant deux condensateurs de 2 à 4 microfarads en série, avec mise à la terre de l’armature commune et des blindages. Placer un filtre sur le circuit principal et un autre sur chacun des circuits d’excitation des inducteurs.
- 5. Appareils d’électrothérapie et à haute fréquence : filtres à condensateurs aux bornes du primaire du transformateur d’alimentation.
- 6. Tramways et électrobus : dispositions prévues pour les moteurs. En plus archet spécial de prise de courant, dispositifs de blocage et de mise à la terre de la haute fréquence sur les lignes.
- 7. Moteurs à explosion : bobine de choc de 4 ou 5 spires et résistance de 100 000 ohms environ en série entre la bougie et le conducteur d’alimentation, pour étouffer les ondes amorties de 7 à 8 m de longueur d’onde, gênantes dans un rayon de 400 à 500 m.
- A ces moyens, désormais classiques, des perfectionnements ont été récemment apportés et nous allons les passer rapidement en revue.
- a) Tubes luminescents. — Le siège de la perturbation est d’ordinaire l’enroulement secondaire du transformateur à haute tension qui alimente le tube. Elle est produite par des ondes amorties de 20 à 2000 m de longueur d’onde environ. M. Doljansky a récemment imaginé d’éliminer ces brouillages en accordant le circuit sur une fréquence inférieure à celle de ces ondes. Il emploie des « bouchons » comportant une bobine et un condensateur plongés dans un bain d’huile pour éviter la détérioration qui se produirait rapidement en raison des tensions élevées. Pour la même raison, on ne pourrait utiliser un condensateur réglable. L’accord est obtenu au moyen de condensateurs interchangeables, à capacité fixe, ainsi que par des prises multiples pratiquées sur la bobine (%• !)• _
- On sait l’importance qu’il y a à arrêter dès leur production les ondes parasites engendrées par les tubes luminescents. Dans le cas contraire, elles se propagent facilement par rayonnement direct ou indirect, en utilisant les conducteurs métalliques,[^,en particulier les lignes d’alimentation, le réseau
- d’éclairage, etc... Il est donc nécessaire de prendre toutes les précautions d’usage (blindages, écrans, blocages, mises à la terre, etc...) au moment même de l’installation pour éviter d’avoir à la refaire par la suite, si la loi ou un jugement vous y oblige. Les parties extérieures sont les plus accessibles, mais aussi celles qui se détériorent le plus rapidement sous l’action des intempéries. Une installation d’enseigne lumineuse et l’installation antiperturbatrice annexe exigent donc un entretien b) Transmissions à
- Fig. 1. — Montage anliperlurbaleur de M. Doljansky pour tubes à luminescence.
- Tr, transformateur d’alimentation du tube; L, tube au néon; B, circuit bouchon formé d’un condensateur et d’une bobine; C, cuve contenant un bain d’huile.
- et une révision périodiques. haute tension. — En principe, il résulte des travaux du Laboratoire central d’Electricité qu’une ligne à haute tension ne devrait pas normalement produire de perturbations pour une tension inférieure à 70 000 volts environ, tension à partir de laquelle l’effluvation peut se produire. Pratiquement, l’effet de couronne peut apparaître à une tension inférieure, si le diamètre des conducteurs est trop faible. D’autre part, des oscillations perturbatrices prennent naissance à chaque étincelle traduisant un défaut d’isolement de la ligne, d’un transformateur, d’un coupe-circuit, etc... Les compagnies de distribution d’électricité possèdent généralement de petits postes récepteurs à cadre qui leur permettent de déceler rapidement au son un défaut d’isolement. L’avantage de l’auditeur se trouve d’ailleurs coïncider avec celui de l’exploitant, qui a le plus grand intérêt à maintenir son réseau en bon ordre de marche.
- Les brouillages directs produits par des étincelles ne sont pas les seuls imputables aux lignes à haute tension. Certains prennent naissance par induction des réseaux à haute tension sur les lignes à basse tension.
- L’administration des Postes et Télégraphes propose de munir les lignes à haute tension, qui engendrent des brouillages par induction, de filtres comportant un condensateur de 0,2 microfarad avec une forte résistance en dérivation, par exemple une lampe à incandescence à filament métallique permettant la décharge. De tels filtres, installés de distance en distance sur les réseaux à haute tension, faciliteraient l’écoulement à la terre des oscillations, les amortiraient et éviteraient les phénomènes de résonance.
- De même le blocage des lignes peut être obtenu par des bobines de choc de quelques milli-henrys, offrant une faible résistance électrique en basse fréquence et constituées par quelques spires enroulées, autant que possible, sur un noyau magnétique.
- La fig. 2 représente les filtres préconisés par l’Association électrotechnique italienne.
- c) Utilisation des blindages par Tauditeur. — Dans le cas particulier des réseaux à haute tension et des tramways, l’auditeur , est généralement désarmé, car il ne peut
- Fig. 2. — Filtres préconisés par l’Association éledrotech-nique italienne sur les lignes de transmission d’électricité.
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- rien directement sur la cause de ses brouillages, sinon de les signaler à l’autorité compétente.
- Il ne lui reste donc qu’à appliquer les méthodes générales, grâce auxquelles il peut, dans une certaine mesure, se protéger contre l’induction.
- Comme les réseaux à haute tension et les lignes de tramways agissent d’ordinaire par induction sur les lignes à basse tension, l’auditeur a tout intérêt à interdire à ces parasites indirects l’entrée de son appartement ou de sa maison en plaçant un filtre à condensateurs aux bornes de son compteur, par exemple au départ des fusibles, puisque c’est la partie la plus en aval de la ligne qui lui est accessible. Il peut ainsi éviter certains effets d’induction sur le cadre ou l’antenne.
- On obtient de meilleurs résultats, lorsque la chose est possible, en plaçant l’antenne hors de la portée du champ perturbateur et en employant une descente d’antenne constituée par un conducteur blindé.
- En ville, on a pu observer que le champ perturbateur
- décroissait assez régulièrement depuis le sol jusqu’aux étages supérieurs des immeubles. On estime qu’à 5 ou 6 m au-dessus du toit, on atteint pratiquement la plus faible valeur des brouillages ou, tout au moins, le meilleur rapport entre l’intensité du signal et celle du brouillage. Car les immeubles et les canalisations qui les traversent constituent non seulement une source de parasites, mais encore un écran pour ]a propagation des émissions.
- Les conditions optima sont donc réalisées lorsqu’on peut tendre une antenne au-dessus de la région perturbée et amener les courants de haute fréquence au poste récepteur au moyen d’une descente protégée. De nombreux essais ont été faits dans ce sens et pendant longtemps ils n’ont donné aucun résultat, parce que la descente d’antenne possédait une trop grande capacité linéaire par rapport au sol.
- La première idée qui vient à l’esprit consiste à utiliser à cette fin un câble bien isolé, tel qu’un conducteur de magnéto, qui serait en outre recouvert d’une chemise de plomb qu’on met
- à la terre. Ce blindage est efficace, mais la capacité de ce conducteur est si forte que le courant de haute fréquence est totalement dérivé au sol avant d’atteindre le récepteur.
- On a proposé d’employer le procédé classique pour la transmission d’énergie à haute fréquence, qui consiste à utiliser une double ligne (fig. 3). L’antenne en forme de dipôle est couplée en son milieu à cette double ligne, au moyen d’un transformateur Tesla; un second transformateur couple la descente d’antenne au récepteur ; à l’autre extrémité de la ligne le blindage consiste en un tube de cuivre de 35 mm de diamètre, relié à la terre. Ce système est très efficace,mais a l’inconvénient d’être fort coûteux.
- La question a été remise à l’étude il y a quelques mois et elle a abouti à la fabrication de câbles blindés, spéciaux pour descente d’antenne, ayant une capacité linéique réduite de 0,1 à 0,015 millième de microfarad par mètre environ. Ainsi la capacité totale d’une descente d’antenne de 25 m, ce qui est un maximum pour une antenne d’amateur, passe de 2,5 à 0,375 millième de microfarad. Or les récepteurs modernes s’accommodent généralement d’une antenne ayant même 0,5 millième de microfarad.
- Dans l’un des types de câbles (Philips), le conducteur est entouré de plusieurs couches de papier sec, puis d’une enveloppe de plomb, d’une gaine d’isolant et d’un treillis métallique, mis à la terre comme la chemise de plomb. La difficulté consiste à empêcher l’humidité de pénétrer dans le câble et d’imprégner le papier. A cet effet, il convient d’en paraffiner les sections dès qu’onles pratique.
- Un autre type de câble (Féria) utilise tout simplement l’air, supposé sec, comme isolant. A cette fin, le conducteur central est recouvert d’une mince couche de. caoutchouc qui se prolonge en trois cloisons radiales à 120° l’une de l’autre, centrant une légère gaîne de caoutchouc de 14 mm de diamètre environ. Ainsi le diélectrique est réduit au minimum et l’isolement assuré presque entièrement par l’air. La gaîne dé caoutchouc extérieure est recouverte par une bande d’aluminium, enroulée en hélice et qui forme blindage. Enfin, une tresse isolante peinte recouvre ce câble qui, malgré son blindage, reste très léger. On estime la capacité de la descente d’antenne ainsi constituée à 0,025 millième de microfarad par mètre.
- Un troisième type de câble analogue (Siemens) est représenté par la figure 4.
- (A suivre.) Michel Adam.
- Fig. 3.
- Blindage de la descente d'antenne. D, antenne dipôle; C, couplages électromagnétiques; B, tube métallique; A, descente d’antenne constituée par deux conducteurs isolés; O, ondes perturbatrices, P., poste récepteur; T, terre.
- Fig. 4. — Conducteur blindé pour descente d’antenne antiperturbairice.
- B, blindage en étain; F, fils supportant le blindage; C, conducteur central; S, suspension du conducteur par une torsade en caoutchouc; T, tresse de protection extérieure.
- = LES ASPECTS DES RADIO-RÉCEPTEURS =
- L’évolution des postes récepteurs en ces dernières années a été commandée en grande partie par les progrès des émissions et par ceux des lampes. Cependant, les auditeurs souvent profanes en matière électrique perçoivent d’abord les changements de présentation. Nous allons examiner rapidement à cet égard les postes nouveaux.
- DE L’AMPLIFICATEUR AU POSTE BLOC MIDGET
- En 1923 le poste récepteur proprement dit avait l’apparence d’une boîte parallélépipédique sur le dessus de laquelle étaient disposées les multiples lampes avec de très nombreux cadrans,
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- plots, manettes et boutons de commande nécessaires pour les connexions d’alimentation'et de réglage de l’appareil (fig. 1).
- Cette boîte ne constituait pas tout le poste ; elle se complétait par un cadre de réception séparé ou même par un système d’accord, par des batteries d’alimentation avec leur dispositif de recharge, et, enfin, un haut-parleur souvent encombrant; parfois même, pour obtenir une intensité d’audition plus grande, un amplificateur basse fréquence séparé.
- L’ensemble était encombrant, et assez peu pratique; mais offrait l’avantage de mettre tous les organes du poste à portée de la main du sans-filiste, qui pouvait les modifier et les transformer à sa guise; c’était « l’âge d’or du bricoleur ».
- Depuis l’avènement du poste-secteur surtout, on assiste à une transformation en sens inverse.
- Dans les modernes postes bloc Midget, les bornes ont disparu de l’ébénisterie, à l’intérieur de laquelle se dissimulent tous les organes, y compris le haut-parleur. A l’extérieur, on n’aperçoit plus que deux ou trois boutons de réglage d’accord de l’intensité et de la tonalité d’audition; les dispositifs de réglage unique sont seuls en faveur (fig. 2).
- La simplicité de ces postes n’est qu’extérieure, le montage au contraire est devenu plus complexe.
- Cette construction sous la forme bloc n’a-t-elle que des
- Fig. 2. — Le poste Midget actuel.
- Superhétérodyne à 7 lampes, vu par l’avant et par l’arrière (Marconiphone-Gramophone).
- Fig. 1. — Un poste récepteur très perfectionné de 1923.
- ébénisteries ne permettent pas une audition intense de bonne qualité musicale et des fabricants recommandent de nouveau, dans ce cas, l’emploi d’un haut-parleur séparé. Nombre de constructeurs américains ont également étudié de fort originales boîtes de contrôle à distance permettant à l’auditeur sans-filiste de régler son appareil sans même quitter son bureau, son fauteuil, ou son lit. Ces dispositifs sont également séparés du récepteur. C’est là un commencement de réaction contre le poste bloc.
- La plupart des récepteurs Midget actuels sont, en attendant, réalisés, quel que soit leur montage, sous une forme à peu près identique; le haut-parleur est encastré dans le haut de la partie frontale; en dessous sont placés le cadran de réglage et les boutons de réglage d’accord de la tonalité et de l’intensité. Quelques constructeurs ont présenté des modèles originaux : le haut-parleur est placé horizontalement dans la partie supérieure de l’appareil, et les ondes sonores sont projetées verticalement, après réflexion ou non. On obtiendrait ainsi des effets de stéréophonie intéressants. Les différences les plus marquées résident surtout dans le dispositif adopté pour le système de repère, les uns emploient des cadrans lumineux, les autres des tambours gradués soit en longueurs d’onde, soit portant le nom des postes eux-mêmes et une
- avantages ? Au point de vue pratique, rien n’est plus simple qu’un Midget-, son installation est immédiate et il suffit en agissant sur un bouton de réglage, de placer une aiguille de repère en face du nom du poste ou de sa longueur d’onde indiquée sur un cadran lumineux.
- Mais l’étude et la construction du poste sont devenus délicats; l’ébénisterie a un rôle acoustique à remplir, puisqu’elle joue le rôle d’écran acoustique pour le haut-parleur, et sa forme doit être choisie pour éviter Je « son de tonneau » si caractéristique et si désagréable pour une oreille sensi ble.
- Rappelons à ce propos qu’on ne doit pas demander d’intensité sonore très grande à un appareil monté dans une ébé-nisterie de dimensions réduites. D’ailleurs, la plupart des postes Midget sont munis d’une prise supplémentaire permettant l’adaptation d’un haut-parleur séparé; on peut souvent améliorer beaucoup la qualité musicale de l’audition en employant ce système.
- Les Américains ont étudié, durant ces derniers mois, des appareils de plus en plus réduits, auxquels ils ont donné le nom de postes miniatures. Les faibles dimensions de leurs
- Fig. 3. — Partie supérieure d'un meuble combiné réunissant radio-phonographe et poste superhéterodyne (Marconiphone-Gramophone).
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- Fig. 4.
- Radiophonographe récent de dimensions réduites {Integra).
- portion plus ou moins grande de ces tambours est visible à travers une fenêtre pratiquée dans le panneau antérieur.
- Certains constructeurs emploient même un dispositif de loupe fixe monté sur l’aiguille de repère, afin de permettre un réglage plus précis (type Mende).
- La plupart de ces systèmes de réglage sont du type dit à manœuvre essentielle, unique, mais certains constructeurs ont préféré conserver un système à deux cadrans du type
- Fig. 5.
- Adaptateur phonograhique à tiroir au-dessous d’un poste Midget (modèle Suga).
- micrométrique, peut-être un peu plus complexe, qui permet d’obtenir des repères encore plus .précis.
- LES POSTES MEUBLES
- Le poste bloc Midget est, à l’heure actuelle, la forme type de l’appareil récepteur du «français moyen»;
- En Amérique, malgré la crise économique, le poste meuble paraît rester en honneur, il est vrai que les appareils de ce genre y sont offerts à des prix très modiques.
- Au point de vue acoustique, la forme meuble offre des avantages. L’ébénisterie massive et de grande surface forme, en effet, un écran acoustique idéal. D’ailleurs, on a souvent reconnu les difficultés qui se présentent lorsqu’on veut reproduire toute la gamme des sons musicaux avec un seul haut-parleur électro-dynamique. Si Je diamètre du diffuseur est trop petit, seules les notes aiguës sont reproduites; s’il est trop grand, les sons aigus sont, au contraire, désavantagés. Bien souvent les appareils puissants et de grand prix sont désormais munis de deux haut-parleurs, ce qui permet, en outre, de compenser les résonances irrégulières des appareils. L’emploi de deux haut-parleurs exige une ébénisterie de plus grande surface, d'où l’avantage du poste meuble.
- L’amateur français moyen ne semble éprouver aucun attrait pour le poste meuble, et c’est plutôt sous la forme de radio-phonographe, c’est-à-dire de poste récepteur combiné avec un phonographe électrique utilisant les étages d’amplification basse fréquence de l’appareil, que le poste meuble semble trouver grâce auprès des auditeurs français. L’apparition de récepteurs pratiques de radiovision augmentera sans doute l’attrait du poste meuble, car on peut déjà réaliser des appareils radiotechniques extrêmement complets avec récepteur radiophonique, phonographe électrique mû par moteur tourne-disque et pick-up, et même quelquefois dispositif d’enregistrement, et enfin récepteur de radiovision sonorisé ou non.
- Au point de vue esthétique, Je poste meuble a longtemps cherché sa voie, souvent en empruntant leurs formes à d’autres meubles sans rapport avec lui : coffrets, horloges, etc.
- Le radiophonographe a désormais trouvé l’élégance dans la simplicité des lignes alliée à une présentation commode des organes à manœuvrer (fig. 3).
- Il existe également des radio-phonographes de petites dimensions réduits, guère plus encombrants que des postes Midget ordinaires, et l’audition fournie, surtout phonographique, est alors naturellement d’une intensité un peu moins grande (fig. 4).
- Tout auditeur de T. S. F. peut facilement, adapter à son poste secteur un ensemble phonographique composé d’un moteur tourne-disques, généralement à induction, et d’un pick-up électro-magnétique avec son potentiomètre de réglage. On forme ainsi un ensemble radiophonographique très réduit et pratique utilisant, pour l’amplification des courants phonographiques, les étages basse fréquence du poste, et le haut-parleur électro-dynamique de l’appareil. Les adapteurs phonographiques les plus récents de ce genre sont placés dans un coffret-socle de forme tiroir, qu’on peut disposer immédiatement sous un récepteur Midget, de façon à obtenir un ensemble radiophonographique simple, de manœuvre facile et de bon rendement (fig. 5).
- LES POSTES « MINIATURE » UNIVERSELS
- La grande nouveauté de la saison nous est venue d’Amérique. C’est le poste miniature dit « universel », c’est-à-dire pouvant être alimenté à volonté par Je courant d’un secteur
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- continu ou alternatif, ou même par des batteries d’accumulateurs. Les appareils de ce genre sont presque des appareils de poche; ils n’ont guère plus de 20 cm de long, 12 à 15 cem de haut, et 8 à 10 cm de profondeur; leur poids ne dépasse pas 2 à 3. kg (fig. 6).
- Ils sont en même temps sensibles et sélectifs. Ils fonctionnent sans l’aide d’une antenne ordinaire, ou même d’une prise de terre, et peuvent recevoir la plupart des grandes émissions européennes, en déroulant simplement à terre un fil isolé de quelques mètres de long, normalement contenu dans leur boîtier.
- Ces petits appareils comportent un ou deux étages d’amplification haute fréquence, munis des nouvelles lampes américaines généralement trigrilles, une détectrice et un étage de puissance qui peuvent être également du type à changement de fréquence. C’est ainsi que le modèle Sonorette comporte une oscillatrice modulatrice pentode, une moyenne lréquence, une détectrice, une basse fréquence pentode et une valve de redressement à vapeur de mercure, qui peut permettre le doublage de la tension, afin d’augmenter la tension appliquée sur la lampe de puissance, même dans le cas d’alimentation par le courant du secteur continu 110 v (fig. 7).
- Les lampes sont montées généralement en série dans le cas d’alimentation par le continu ou par le courant alternatif d’un secteur ou en parallèle dans le cas d’alimentation par batteries.
- Certains constructeurs français ont doté ce genre de postes de multiples perfectionnements sans augmenter beaucoup leurs dimensions. L’appareil « Autoset » Sinclair, par exemple, est un superhétérodyne à 6 lampes muni d’un dispositif anti-fading et d’une lampe régulatrice de tension qui évite les surtensions des cathodes; son encombrement n’est que de 29x16x19 cm et son poids de 2 kg 900.
- Ces petits postes miniatures sont munis d’un haut-parleur électro-dynamique en général, avec diffuseur et haut-parleur de petit diamètre; leurréglage estaussi simple que celui d’un poste ordinaire. Il ne comporte, en effet, qu’un bouton de commande du condensateur d’accord et de résonance ou du condensateur d’accord et de changement de fréquence, suivant que le montage est à amplification directe ou à changement de fréquence. Un bouton de réglage de l’intensité sonore forme en même temps interrupteur de mise en marche, et c’est tout, si l’on excepte le commutateur petites ondes-grandes ondes, indispensable en Europe.
- Ces appareils miniature, si pratiques et d’un prix de vente relativement réduit, sont-ils destinés à remplacer les postes Midget normaux ?
- Les organes de montage très tassés les uns contre les autres, sont évidemment soumis à des élévations de température assez importantes, d’où il peut résulter à la longue quelque inconvénient malgré les précautions prises.
- La sélection ne peut être aussi poussée que sur un appareil normal. Il serait, d’ailleurs, difficile d’obtenir un réglage très précis avec leurs cadrans extrêmement réduits. Ceux-ci sont, d’ailleurs, gradués arbitrairement, et non en longueur d’onde ou en noms des stations comme les cadrans des postes Midget.
- Le diamètre du haut-parleur et la surface du boîtier sont extrêmement réduits; la reproduction des notes graves est, par cela même, beaucoup plus difficile, il faut donc se contenter en général d’une intensité d’audition plus modeste.
- Ces nouveaux postes-miniature sont, cependant, des appareils bon marché, et néanmoins sensibles et sélectifs ; ils peuvent satisfaire toute une nouvelle catégorie d’auditeurs. D’autre part, ils sont très portatifs, d’une installation idéale-
- Fig. 6. — Un poste miniature {type M. S. V).
- ment simple et d’une alimentation omnibus; ils peuvent être toujours placés à portée de la main et être mis immédiatement en fonctionnement. Ce sont des récepteurs de chevet ou de bureau parfaits, ce sont également des récepteurs d’appoint convenant aux sans-filistes fortunés possédant déjà un appareil complexe et sensible, mais lourd et de grandes dimensions.
- L’apparition de ces appareils miniature au cours de l’année 1933, a constitué cependant dans tous les cas un fait important, qui pourra déterminer pendant longtemps des recherches de nos constructeurs par leur amélioration et leurs modifications éventuelles suivant les progrès de la radiotechnique.
- P. IIémardinquer.
- Fig. 7. — La Sonorette (Etablissements Sonora).
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- LES MONTAGES RÉCEPTEURS RADIOPHONIQUES
- Les montages radiorécepteurs ont varié en ces dernières années, en raison , surtout, des progrès apportés aux lampes.
- On peut noter l’emploi généralisé de la pentode pour l’amplification en haute fréquence et, en moyenne fréquence, ainsi que pour le changement de fréquence dans certains modèles de superhétérodynes. On adopte, de plus en plus, la lampe binode ou diode-tétraode comme détectrice, et l’utilisation de cette lampe ou encore de la double-diode permet d’établir des systèmes anti-fading plus ou moins complexes, généralement adoptés sur les appareils sensibles, et d’un prix assez élevé.
- Les constructeurs étudient avec de plus en plus d’attention la réalisation des postes tous courants et des appareils toutes ondes destinés à la réception des émissions sur toute la gamme de 15 à 2000 m, de même que celle des adaptateurs pour la réception des ondes courtes avec un poste quelconque.
- Quelques fabricants songent déjà à établir des châssis récepteurs assurant dans les meilleures conditions la réception des émissions de radiovision.
- Enfin, ont été maintenus tous les dispositifs antérieurs dont la pratique a montré les avantages : réglage unique par bouton de commande, avec large cadran ou tambour éclairé, pré-sélecteurs assurant la sélection et la musicalité, utilisation de lampes pentodes à grande puissance, parfois mise en parallèle de plusieurs haut-parleurs.
- LES POSTES SIMPLES
- U faut laisser la place qu’ils méritent aux appareils de réception simples, sans étage d’amplification haute fréquence avant la lampe détectrice, ou munis d’un seul étage d’amplification. Ces appareils d’entretien facile, de prix généralement assez réduit permettent, lorsqu’ils sont bien étudiés, d’obtenir une audition d’excellente qualité musicale, et même de bonnes reproductions phonographiques à l’aide d’un adaptateur à pick-up.
- Sans doute sont-ils destinés plutôt à la réception des émis-
- sions locales, et, lorsqu’il s’agit de recevoir des émissions étrangères, est-il nécessaire d’utiliser alors une antenne de caractéristiques suffisantes. Mais, dans la masse des usagers, nombreux sont ceux qui se contentent d’entendre dans de bonnes conditions, un petit nombre d’émissions intéressantes et rapprochées.
- Parmi les appareils récents de cette catégorie, citons le poste M. S. V. 3 (fig. 1), dont les étages d’amplification basse fréquence sont particulièrement étudiés. La lampe de sortie est une pentode de puissance 47 américaine, fonctionnant avec une tension' plaque de 250 volts, et actionnant un haut-parleur électro-dynamique à la fois sensible et puissant.
- Le système d’accord est simple; c’est une combinaison du montage «en direct» pour les réceptions de puissance, et du montage en Bourne lorsqu’on veut obtenir une sélectivité plus grande.
- L’appareil ne permet pas, sans doute, d’éliminer dans .les grandes villes les émissions locales pour recevoir les émissions étrangères, mais il rend possible dans les meilleures conditions l’audition de ces émissions locales et, en province ou à la campagne, avec une antenne de 10 à 15 m bien dirigée, on peut recevoir la plupart des grandes émissions européennes.
- En raison même de la qualité de ses étages d’amplification basse fréquence, il se prête admirablement à la phonographie électrique; muni d’un système phonographique «à tiroir» il forme un ensemble radio-phonographique de qualité, malgré sa simplicité.
- Citons encore le Elso-III Secteur, d’encombrement très réduit, puisque son châssis ne mesure que 230 X 230 X 270 mm. U comporte une lampe à écran à forte pente détectrice, une pentode et une valve de type américain; il peut également être combiné avec un système phonographique dans une ébénisterie Midget.
- L’appareil Elso-IV Secteur est un peu plus complexe et comporte une haute fréquence à pente variable précédant la détectrice, ce qui augmente la sensibilité. La détection par courbure de la caractéristique de plaque est encore réalisée à l’aide d’une lampe à écran, le cadran est étalonné directement en longueurs d’onde et porte les noms des stations.
- Le modèle populaire Mende type 148 est également un poste secteur à 2 lampes plus une valve, équipé avec les lampes les plus modernes; soit une lampe détectrice à pente variable et une lampe tri-grille de puissance. Il fonctionne sur courant alternatif 110 à 240 volts, ou sur continu 110 à 240 volts également.
- Il est muni d’un diffuseur électro-dynamique, et son cadran lumineux porte les noms des principales stations. Un inverseur à trois positions commande l’allumage, la mise en circuit des bobinages pour petites ondes et grandes ondes, tandis qu’un système de filtre sert à éliminer, en partie, les émissions locales. L’appareil présenté dans un boîtier Midget en bakélite, muni d’une prise pour pick-up, ainsi que d’une prise pour un deuxième diffuseur électro-magnétique, constitue un modèle simple bien adapté à son usage.
- Souhaitons que les constructeurs étudient et développent cette catégorie de postes qui répond à un besoin de la clientèle moyenne.
- Fig. !.— Le poste-secteur à 3 lampes M. S. F 3 placé sur son adaptateur phonographiaue.
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- LES APPAREILS A AMPLIFICATION HAUTE FRÉQUENCE
- Les nouveaux montages à haute fréquence se caractérisent, nous l’avons dit, par J'emploi des pentodes haute fréquence, la détection par diode, et l’utilisation de dispositifs anti-fading dans les appareils sensibles et perfectionnés. Il semble, d’ailleurs, qu’en France ces postes soient moins en faveur sans doute en raison des avantages des postes superhétérodynes; en ce qui concerne la sensibilité, la sélectivité. La réalisation d’un poste à amplification haute fréquence de qualité correspondante, soulève beaucoup de difficultés.
- La Société Philips continue toujours la fabrication de ses excellents appareils à Super~Induclan.ce, tout en améliorant les montages primitifs, de sorte que leurs qualités ne sont pas inférieures à celles des postes à changement de fréquence.
- L’appareil G30 à grande sélection, à deux étages d’amplification haute fréquence, est devenu le 630 N, par remplacement de la détectrice triode par une détectrice triode de puissance, par utilisation de la courbure de la caractéristique grille, lampe d’un nouveau modèle à grande pente, et à grand coefficient d’amplification.
- Le poste simple 830 devenu le 830 A. S. a été notablement perfectionné en ce qui concerne les qualités de sélection, par l’emploi d’un système de filtre analogue au Philector en série dans l’antenne, fonctionnant comme présélecteur, et destiné, d’ailleurs, uniquement à être employé lors de la réception sur ondes courtes.
- D’autre part, deux modèles nouveaux ont apparu : le 834 remplaçant l’ancien 830, comporte une lampe à pente \ ariable, une lampe à écran à forte pente, une détectrice de puissance par utilisation de la caractéristique de grille, une trigrille de grande puissance, et un haut-parleur électrodynamique. Le 634 remplace l’ancien 630, et comporte un filtre présélecteur complet d’entrée, une détectrice binode antifading et toujours un accord précis par cadran micrométrique. Fmfin le 938 est un poste simple, toutes ondes, destiné à recevoir les émissions de 15. à 2000 m de longueur d’onde avec filtre présélecteur. Il comporte seulement trois lampes, et fonctionne sur secteur alternatif.
- A cette catégorie d’appareils, il faut rattacher le C 4, Union-Radio à lampes américaines, comportant une lampe à écran à pente variable, une lampe à écran détectrice de puissance, et une pentode de sortie. La liaison entre l’étage amplificateur et l’étage détecteur est obtenue par filtre de bande, tandis que la liaison entre l’étage détecteur et l’étage de sortie est réalisée par résistance.
- LES POSTES SUPERHÉTÉRODTNES
- Les postes superhétérodynes sont en majorité, et l’emploi des trigrilles en moyenne fréquence et même en haute fréquence, ou également pour le changement de fréquence, l’utilisation des binodes ou des lampes multiples pour la détection linéaire et la réalisation de systèmes anti-fading, ont augmenté encore leurs qualités.
- Le poste S A 6 Hewittic, de constructi on très récente, est établi suivant ces principes, et équipé avec des lampes américaines. U comporte une trigrille oscillatrice modula-trice, deux lampes trigrilles moyenne fréquence, une lampe détectrice anti-fading, une pentode basse fréquence et une valve.
- Les lampes oscillatrice modulatrice et détectrice antifading sont montées suivant des schémas nouveaux sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir; les nouveaux bobinages moyenne
- Fig. 2. — Le châssis S. A. 6. Hewillic.
- fréquence sont accordés sur la fréquence élevée de 385 kilo-cycles, et établis en fils de Litz. Ils permettent une excellente sélectivité, tout en reportant Je deuxième battement d’hétérodyne dans des zones où les sifflements d’interférence ne peuvent être audibles.
- Le circuit d’antenne est couplé à un premier circuit accordé et les bobinages sont également établis en fils de Litz; le montage d’antenne apériodique n’exige aucun réglage suivant la longueur de l’antenne. La recherche des stations est ainsi obtenue par un seul bouton, rigoureusement unique, sans aucun rattrapage (fig. 2).
- Nous noterons également dans la même catégorie, l’appareil Integra à une lampe trigrille changeuse de fréquence, une lampe trigrille moyenne fréquence avec réalisation de la détection linéaire et du système anti-fading à l’aide d’une binode (fig. 3).
- Le poste Sinclair-Titan est également à 6 lampes superhétérodyne muni de lampes américaines dont 2 nouvelles trigrilles 58 et une 57 et une pentode basse fréquence 47.
- Le dispositif anti-fading utilisé est à réglage silencieux dont nous avons expliqué les avantages dans notre article consacré aux lampes; nous reviendrons ultérieurement sur cet appareil intéressant, ainsi que sur le modèle Sonora à 10 lampes.
- Le nouveau modèle super-résonance Lemouzy appartient également à cette catégorie, ainsi que le Mende ullra-anti-fading, poste à 7 lampes à double cadran lumineux, à lecture directe des stations, muni du dispositif d’amplification optique spécial aux appareils Mende. L’index de réglage porte à chaque extrémité une loupe permettant de repérer avec précision les émissions sur grandes ondes sur un cadran de gauche, et les émissions sur petites ondes sur un cadran de droite. Le nom de la station désirée est aperçu au travers d’une lentille grossissante, et, en regard, on trouve sa longueur d’onde correspondante.
- LES POSTES TOUTES ONDES ET LES POSTES TOUS COURANTS
- Nous avons déjà noté l’apparition d’un certain nombre de modèles de postes toutes ondes permettant la réception des émissions de 15 à 2000 m de longueur d’onde environ. La construction de ces appareils, est évidemment délicate, en raison même de la grande étendue des longueurs d’onde à considérer, mais leur intérêt commence à être connu par les auditeurs, d’autant plus que leur prix n’est généralement
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- L’EMPLOI DU CADRE
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- Fig. 3. — Deux châssis type Integra.
- guère plus élevé que celui des appareils ordinaires. On peut trouver dans cette catégorie des appareils simples ou des appareils sensibles.
- Le poste Técalémit Atlantis est muni d’une lampe haute fréquence à écran, d’une détectrice également à écran, et d’une lampe trigrille basse fréquence de puissance. Au moyen d’un seul bouton, on peut faire fonctionner l’appareil sur trois séries d’ondes : courtes de 19 à 55 m., moyennes de 200 à 600 m, longues de 600 à 2000 m. Un grand cadran à double tambour porte le nom des stations d’une façon très visible; des voyants lumineux de couleurs différentes signalent la série d’ondes choisie et un dispositif spécial illumine le nom de la station repérée (fig. 4).
- Un bouton de réglage séparé permet d’obtenir 4 tonalités différentes, de manière à adapter au mieux la tonalité à la réception où à la nature du radio-concert.
- Le poste superhétérodyne toutes ondes Loewe appartient à la deuxième catégorie; c’est, en effet, un appareil superhétérodyne à 6 lampes comportant une haute fréquence à écran à pente variable, une radio-modulatrice, une moyenne fréquence également à pente variable et une pentode de puissance avec dispositif anti-fading. C’est un appareil très sélectif à présélecteur à 6 circuits accordés. L’utilisation d’un cadran lumineux à triple échelle, de très grandes dimensions, ainsi que le montre la figure 5, rend la manoeuvre extrêmement simple: ce cadran est d’ailleurs, gradué en longueurs d’onde et comporte de plus l’inscription des noms des principales stations émettrices sur les différentes gammes de 19 à 51 m, de 200 à 600 m et de 800 à 2000 m.
- Fig. 5. — Le superhélérodyne toutes ondes Lœwe.
- Tous les postes-secteur actuels fonctionnent en utilisant une antenne extérieure ou même intérieure. Avec les postes sensibles superhétérodynes, une simple prise de terre suffit généralement pour recevoir la plupart des grandes émissions, et c’est seulement dans le cas où l’on veut entendre des émissions sur ondes courtes sur la gamme de 19 à 100 m, qu’il est indispensable d’adopter une antenne extérieure ou, à la rigueur, intérieure.
- On peut donc dire que le cadre n’est plus utilisé sur les appareils industriels, mais cela ne signifie nullement que son emploi doive être complètement abandonné par les amateurs sansfilistes possédant déjà un récepteur plus ou moins ancien, et qui veulent améliorer les résultats obtenus. Ce collecteur d’ondes présente, en effet, toujours ses avantages : sélection accentuée grâce à son pouvoir directionnel et l’accord aigu qu’il permet d’obtenir, indépendance du récepteur par suite de l’abandon général de la prise de terre, etc...
- Ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de le noter, ces avantages sont seulement diminués par les caractéristiques
- Fig. 4. — Le châssis du poste Atlantis-Técalemit à 8 lampes pour réception des ondes de 19 à 2000 m.
- des postes-secteur qui comportent toujours plus ou moins directement, une liaison avec le secteur, même au point de vue haute fréquence. Le cadre est donc toujours à recommander au point de vue technique avec les postes à batteries ou à courant redressé; il peut encore servir avec des postes-secteur , à condition de prendre les précautions nécessaires pour séparer autant que possible l’appareil du secteur au point de vue haute fréquence. .
- Le cadre s’adapte fort bien à n’importe quel modèle de poste simple, à une lampe détectrice suivie d’étage basse fréquence, et permet, dans ce cas, d’augmenter la ^élection, sinon la sélectivité.
- Par contre, il est difficile d’adapter un cadre à un poste secteur récent à réglage unique. Ce réglage unique suppose, en effet, que les bobinages d’accord ont été disposés spécialement pour permettre simultanément l’accord des circuits d’antenne et de résonance ou de changement de fréquence; il faudrait donc que l’enroulement du cadre ait exactement la même impédance que ceux du circuit d’antenne.
- L’adaptation du cadre à un poste quelconque est donc, la plupart du temps, un cas d’espèce.
- P. Hémardinqtjer.
- Le Gérant : G. Masson.
- U58.
- lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.
- 1-9-1933.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain. Paris-VI*.
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- N° 2913
- 15 Septembre 1933.
- LA NATURE
- ^ NOTEE ENQUETE r.—j =
- L'INFLUENCE DE LA RADIODIFFUSION LA RADIODIFFUSION A LA CHAMBRE
- RÉPONSE DU DOCTEUR LISSAR
- M. le DT Lissar, député des Basses-Pyrénées, et membre du Groupe de la Radiodiffusion, s'est occupé personnellement des questions concernant la radiophonie, tant au point de vue pratique que technique, car c'est, notons-le, lui-même un auditeur sans- filiste averti et habile. Son opinion est donc, non seulement celle d'un homme politique, mais encore d'un auditeur averti.
- A l’heure actuelle, la radiodiffusion, française est loin d’avoir sa parfaite organisation. C’est une fée adolescente, sans cesse entravée dans son développement, dans son libre essor, qui n’a pas encore pu donner toute sa mesure. "
- La radiodiffusion doit être pour les auditeurs un passe-temps agréable, comme le cinéma. Elle ne peut atteindre ce but en se mettant plus ou moins au service de la politique. Qu’on évite surtout de rendre encore plus complexe son rôle qui l’est déjà bien assez, et qu’on ne confonde pas radiodiffusion avec radioconfusion.
- La radiodiffusion doit jouer un rôle éducatif populaire. C’est dire qu’elle doit être comprise de tous quand elle leur parle art, science, littérature, hygiène, tourisme, informations, etc., etc... Elle doit le faire sous la forme la plus condensée, et en traitant chaque sujet dans le temps le plus bref ; car le radiophile se fatigue des conférences et des discours démesurés.
- La radiodiffusion ne doit toucher en aucun cas à la liberté politique, de pensée ou de conscience, pas plus qu’aux questions régionalistes, sinon pour vérifier le sentiment du régionalisme dans le cadre de la Nation.
- Elle doit porter la voix réconfortante de la mère patrie jusqu’à ceux de ses fils qui, isolés sur les mers, dans le
- désert, dans la brousse, dans les colonies, connaissent la tristesse ou la mélancolie de l’éloignement.
- Elle doit jouer pour l’ouïe le rôle que le journal joue pour les yeux.
- 11 faut donc que les programmes des radiodiffusions soient composés avec un soin extrême par des spécialistes qui ont à remplir une tâche infiniment délicate.
- Quant aux techniciens, chargés d’assurer le fonctionnement des émetteurs, à cela doit se borner leur rôle. Ils n’ont pas à connaître de la matière à diffuser pas plus que l’électricien de l’usine de distribution ne se préoccupe de l’usage qui sera fait de son courant.
- La radiodiffusion est appelée à voir sa puissance d’extension et de pénétration s’accroître dans des proportions prodigieuses grâce aux travaux opiniâtres des savants sur les ondes ultra-courtes qui permettront peut-être de placer dix mille émetteurs européens sur une même bande de radiodiffusion, où à l’heure actuelle, il n’y a place que pour 500 postes.
- La radiodiffusion française doit être sous le contrôle de l’Etat, mais ne pas être le monopole de l’Etat. Elle doit comprendre à la fois des postes d’Etat et des postes privés.
- La radiodiffusion d’Etat doit assurer la formation, l’entraînement et l’emploi des fonctionnaires techniciens. La radiodiffusion privée aura notamment pour mission de servir d’éclaireur à la radio d’État, en effectuant des recherches de laboratoire, en révélant, en mettant au point les dernières découvertes.
- Emissions des postes d’Etat, émissions des postes privés doivent s’associer dans une amicale émulation pour le plus grand profit des auditeurs de France, des Colonies et de l’étranger.
- LES TECHNICIENS
- RÉPONSE DE M. LE COLONEL BRENOT
- M. le Colonel P. Brenot, Président du Syndicat Professionnel des Industries Radio-électriques, est bien connu de tous les sans-fïlistes non seulement par ses beaux travaux techniques entrepris depuis déjà longtemps, car il a été un bon collaborateur du regretté Général Ferrie, mais encore par ses ouvrages techniques et par de grandes vul-
- garisations d'une clarté remarquable. Il a bien voulu également nous donner son avis autorisé sur les questions que nous lui posions.
- « Oui, je crois que la radiodiffusion a une influence profonde sur le public.
- Cette influence est surtout indirecte : je veux dire que ce n’est pas une influence d’idées ; car, en ce domaine, la radiodiffusion me paraît sans action appréciable,
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- aussi bien que le théâtre, reflet et non guide des mœurs.
- Mais, en apportant aux esprits en repos, c’est-à-dire en état de réceptivité particulière, musique, poésie, pensée, etc..., la radiodiffusion élève peu à peu le niveau général, développe la sensibilité.
- En admettant que dans leur ensemble les programmes soient bien compris, deux écueils sont à éviter :
- En T. S. F. tout ce qui est excessif reçoit une amplification relative plus grande. L’auditeur, en tête à tête avec son haut-parleur, dans un cadre intime, est sans indulgence. Aucun décor, aucun mouvement ne soutiennent ou ne tempèrent les effets vocaux.
- Le genre pompeux est toujours ridicule.
- L’acteur qui joue « simple » s’impose en T. S. F. plus qu’ailleurs. Sa rareté est, hélas, extrême. Qui n’a remarqué ainsi combien certaines scènes parlées d’opérettes,interprétées pourtant par des artistes passables, sont insup-
- Fig. l.
- M. Paul Brenot (Pli. P. A.pers.
- portables devant le haut-parleur, alors qu’elles sont applaudies au théâtre ?
- Conférenciers, artistes, speakers doivent rester naturels. Sans quoi des milliers de commutateurs les séparent instantanément de l’auditoire.
- Dans Ce domaine, la musique est très avantagée, et c’est une des raisons qui la font instinctivement rechercher des auditeurs. Entièrement artificielle, hors de la vie normale, elle supporte mieux l’artifice supplémentaire de l’audition par haut-parleur.
- Après cette observation sur le mqde de présentation de la matière radiodiffusée, il faut attirer l’attention sur la nécessité de ne pas laisser tomber la radiodiffusion dans l’excès où tendent à la jeter ceux qui veulent en faire une éducatrice « à action directe ».
- Les cours, les conférences de quelque longueur ne portent pas.
- Les auditeurs ne restent assidus que quelques minutes devant le hautqaarleur, et ne se prêtent guère aux rendez-vous à heure fixe.
- On ne peut, dans ces conditions, traiter utilement des sujets étendus.
- Il faudrait les résumer de telle manière qu’ils deviendraient d’informes ébauches.
- Et puis, la vie actuelle tend à rendre l’homme superficiel En prenant l’habitude de toucher à tout toujours très vite, il perd celle de penser.
- Le retour à une simplicité soi-disant antique, préconisé trop souvent — et traduit en maisons cubiques, en tableaux sommaires, en musique nègre, en danse rythmique — n’est qu’une excuse pour la paresse et le moindre effort.
- En voulant trop embrasser, la radiodiffusion peut exagérer cette néfaste tendance.
- Si par contre les sujets sont bien choisis, placés dans un cadre restreint, la radiodiffusion en permet l’examen approfondi d’une manière charmante, et qui porte.
- Le « Printemps », chanté par Gounod, et non pas l’œuvre entier de ce grand musicien; Molière... et les médecins, etc...
- Dans beaucoup de programmes, on sent, d’ailleurs, ces justes préoccupations.
- En somme, c’est par études de détail, brèves mais approfondies, présentées simplement, au cours de programmes attrayants, de préférence musicaux, que la radiodiffusion obtiendra à mon avis le meilleur rendement éducatif.
- Reste la grande question des programmes que j’ai supposée résolue.
- Elle se pose dans toute son ampleur au moment où les réseaux français vont disposer des importantes ressources apportées par les taxes nouvelles.
- Un grand poste de radiodiffusion, c’est à la fois un théâtre, un concert, un grand journal, une agence... et je ne vois pas plus son exploitation effectuée par des fonctionnaires de l’Etat, si dévoués soient-ils, que par des groupements d’hommes de bonne volonté, élus comme on l’a suggéré, par des associations d’auditeurs.
- Le suffrage des auditeurs, ce sera demain le suffrage universel... une caricature de suffrage universel, avouons-le, car l’organisation en sera moins bonne, les candidatures moins disputées, les bases des votes plus incertaines : curieuse méthode pour organiser et contrôler la gestion d’un des organismes les plus complexes qui soient, d’un des modes de l’expression de l’art et de la pensée les plus délicats !
- Les résultats parfois excellents obtenus dans une période transitoire, avec de petits moyens, ont égaré bien des jugements.
- Que l’État demande l’avis des auditeurs, des principaux Groupements intéressés; mais qu’il prenne ensuite entièrement ses responsabilités, et confie la gestion des postes d’État à des Conseils très peu nombreux, constitués d’hommes compétents, en leur laissant l’initiative nécessaire et le temps d’organiser et de travailler.
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- LES MUSICIENS
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- RÉPONSE DE M. ANDRÉ CŒUROY
- M. André Cœuroy, homme de lettres, musicographe, et critique musical dont les chroniques radiophoniques et phonographiques sont suivies par un nombreux public, n est pas très optimiste, et déplore la médiocrité des programmes actuels.
- 1° La radiodiffusion, sous sa forme actuelle, exerce une influence profonde sur le public. Cette influence est déplorable. Elle fausse complètement la perspective des valeurs : dans la salade des programmes, les auditeurs ingénus et confiants mettent sur le même pied Bach et Franz Lehar, Mozart et Puccini. Ils s’imaginent que la virtuosité sentimentale atteint son apogée avec Mlle Lucienne Radisse et M. Léon Raiter.
- 2°'La radiodiffusion a besoin de programmes intelligents, d’artistes intelligents, de directeurs intelligents. Elle a besoin d’argent, elle a besoin de dévouement. Tout cela, elle peut l’avoir, mais elle ne l’aura que le jour où, au lieu de s’abaisser au médiocre, elle tirera les programmes hors de leur médiocrité ».
- RÉPONSE DE M. DOMINIQUE SORDET
- M. Dominique Sordet est un musicographe bien connu, et un critique musical qui fait autorité, dont les chroniques régulières sont suivies notamment dans Candide et dans Radio-Magazine, il s’intéresse à toutes les formes de musique mécanique, et, grâce à ses avis, en particulier des perfectionnements remarquables ont pu être apportés à des modèles français de phonographes électriques.
- M. Sordet n’est, d’ailleurs, pas optimiste non plus comme sa réponse l’indique, mais son avis autorisé n’en est que plus intéressant, et attire Vattention sur la faveur qui devrait être réservée en France aux œuvres musicales de qualité.
- « Le raisonnement et l’expérience sont d’accord pour démontrer que l’influence de la radio sur le goût artistique et musical du public ne peut être que mauvaise. Pour qu’il en soit autrement, il faudrait des changements si profonds et si nombreux qu’on ose à peine les imaginer.
- Le raisonnement ? L’inondation musicale à laquelle le public est soumis est déjà, en soi, indépendamment de la qualité de ce qu’on lui fait entendre, une chose déplorable. Le robinet qu’il suffit d’ouvrir, la musique gratuite et continue, quel moyen plus sûr de dégoûter les gens de la musique, et même de la bonne musique ?
- La proportion de cette bonne musique dans les programmes est d’ailleurs restreinte. Certes, sur quinze ou vingt mille heures de concert déversées annuellement par la seule radio française, la part est faite aux œuvres de qualité. Il n’est reste pas moins que les trois quarts des programmes sont occupés par des banalités et des niaiseries. Comment la sensibilité et l’intelligence publi-
- Fig. 2. — M. André Cœuroy (Ph. Manuel frères).
- ques pourraient-elles résister à l’influence de l’atmosphère empoisonnée dans laquelle on les plonge?
- Voilà les conclusions où conduit le raisonnement. Elles sont confirmées par l’expérience. Quelles sont les pièces de théâtre qui tiennent l’affiche? Les films qui font recette? Les disques qui se vendent? Les journaux qui battent les records des gros tirages ? Dans la vaste conspiration que la civilisation moderne ourdit contre l’esprit humain en répandant industriellement l’opium
- Fig. 3. — M. D. Sordet.
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- de la pensée toute faite, et de la pensée, bien entendu, la plus médiocre, la radio n’a peut-être pas joué un rôle pire que la presse. Mais elle a joué un rôle du même ordre. Elle empêche l’auditeur de réfléchir en lui donnant l’illusion qu’il réfléchit. Elle l’étourdit, le fatigue et le gave. Nous assistons à une régression si évidente, si universelle de l’intelligence et du goût qu’il est à tout le moins bien difficile de croire encore au perfectionnement de l’humanité jiar le haut-parleur.
- Vous demandez, d’autre part, à vos lecteurs dans quel sens il conviendrait d’orienter les efforts de ceux qui composent les programmes?
- « Ceux qui composent les programmes » ne sont peut-être pas ceux qui seraient désignés pour les composer,
- et au surplus ils ne sont pas libres. La radio privée a été prisonnière jusqu’ici des nécessités commerciales et publicitaires. La radio d’Etat sera paralysée par des servitudes d’un autre genre, politiques et corporatives, plus tyranniques encore. 11 est tout à fait chimérique de croire à un relèvement artistique de la radio, et c’est, à mon avis, perdre son temps que de chercher à en préciser les conditions.
- 11 reste à déplorer que l’humanité ait fait un si détestable emploi de cette invention qui est sans doute la plus importante de toutes celles qui pouvaient enrichir, élargir et embellir notre existence sentimentale ».
- (A suivre.)
- LES LIAISONS RADIOTÉLÉPHONIQUES
- SUR ONDES COURTES ET TRÈS COURTES
- Bien souvent, la radiotélégraphie n’est que l’auxiliaire ou la rivale de la télégraphie par câbles.
- Il n’en est plus de même pour les communications téléphoniques à grande distance. Malgré les progrès
- Réflecteur
- Antenne
- Fig. 1. — L’effet des antennes à ondes dirigées A. à l’émission; B. à la réception.
- déjà réalisés, les transmissions téléphoniques deviennent, en effet, impossibles lorsqu’il faut emprunter des câbles sous-marins de grandes longueurs.
- Les ondes hertziennes, au contraire, assurent aujourd’hui les principales liaisons téléphoniques intercontinentales. Citons, par exemple, les liaisons entre l’Angleterre et l’Amérique du Nord, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Amérique du Sud, et enfin entre la France et l’Indochine, le Maroc et l’Algérie.
- La téléphonie sans fil transocéanique paraît devoir être pour longtemps un domaine réservé aux ondes hertziennes.
- Depuis l’ouverture de la première ligne de téléphonie transatlantique sur ondes longues, de nombreux progrès sont survenus; les résultats sont maintenant plus sûrs et plus réguliers, et le prix de revient beaucoup moins élevé. On le doit aux ondes courtes et ultra-courtes dirigées.
- LES ONDES COURTES DIRIGÉES EN TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Avec les ondes longues du début, il fallait mettre en jeu une puissance considérable pour être sûr d’obtenir
- une audition toujours distincte, malgré les parasites; le prix de revient de l’installation, les dépenses d’entretien étaient considérables.
- D’ailleurs, l’augmentation du nombre des réseaux de téléphonie sans fil eût imposé, à défaut d’autres raisons, l’abandon des grandes longueurs d’onde. L’étroitesse de la bande des fréquences dont on disposait alors, n’eût pas permis la création de nombreuses lignes, sans risques d’interférences.
- Les ondes courtes et ultra-courtes s’imposent donc ici, comme elles s’imposent pour la radiodiffusion à mesure qu’augmente le nombre des postes émetteurs, mais il faut bien remarquer que les conditions d’exploitation des postes de radiotéléphonie commerciale sont beaucoup plus strictes encore que celles des postes de radiodiffusion.
- Le service doit, en effet, être indépendant des conditions atmosphériques; aucun arrêt d’exploitation n’est admissible, la conversation doit demeurer toujours compréhensible et d’intensité sonore constante.
- Il faut donc un poste émetteur à fréquence extrême-*-ment stable, à taux de modulation élevé, de manière à disposer à la réception d’une réserve d’énergie suffisante pour lutter contre les effets possibles des irrégularités de propagation. Quant au matériel de réception, il doit être sensible, à grande amplificàtion, et être muni d’un système auto-régulateur, qui maintiendra l’audition à l’intensité sonore moyenne convenable, avant de la transmettre à une ligne téléphonique.
- Un artifice intéressant consiste à déformer les signaux au départ, et à les reconstituer automatiquement à l’arrivée sous leur forme initiale, de manière à assurer le secret des communications.
- Tous ces problèmes peuvent être désormais résolus grâce aux ondes courtes dirigées. Il ne s’agit pas, en effet,} d’envoyer des ondes dans toutes les directions, mais d’assurer des communications entre deux postes fixes. On concentre donc l’énergie en un faisceau plus ou moins large, tant à l’émission qu’à la réception, et au moyen d’un poste émetteur de puissance moindre, on peut, en
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- tout cas, obtenir des résultats beaucoup plus réguliers
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- 11 est désormais établi qu’on peut réaliser des communications vraiment commerciales avec des ondes de 10 à 50 mètres de longueur. On a reconnu rapidement que la gamme de 10 à 25 mètres favorise la propagation pendant la journée, tandis que les communications nocturnes sont plus satisfaisantes en adoptant des longueurs d’onde de 30 à 50 mètres.
- On a pu obtenir des portées très considérables, avec des postes d’amateurs d’une puissance infime, mais il ne faudrait pas croire que ces résultats puissent être réguliers; il y a toujours intérêt, dans les communications commerciales, à mettre en. jeu des puissances de l’ordre d’une dizaine de kilowatts environ au minimum. On est avec ce chiffre encore bien loin des puissances autrefois indispensables avec les ondes longues.
- La stabilité de la fréquence est assurée par un « maître oscillateur » à quartz ou à régulateur à lampes.
- Le type d’antenne utilisé a, enfin, une influence très grande sur la qualité des résultats. Nous avons indiqué les principes de ces antennes, dans une suite d’articles parus ici en 1927, et nous avons décrit les rideaux d’antennes verticales employés dans le Beam-System Marconi ainsi que le dispositif Chireix-Mesny adopté par la Société Française Radio-Electrique.
- C’est en 1923 que commencèrent en France les essais de radio-communications commerciales par ondes courtes dirigées à grande distance, et c’est en 1921 que Franklin, collaborateur de Marconi, utilisa le premier émetteur d’ondes dirigées suivant le principe du Beam-System.
- Depuis ce moment, de notables perfectionnements ont été apportés ; nous tenons à remercier ici le colonel Paul Brenot, président du Syndicat professionnel des Industries électriques et M. Bouvier, directeur des Travaux extérieurs de la Compagnie générale de Télégraphie sans fil, qui ont bien voulu nous fournir à ce sujet toutes les indications utiles.
- Il n’est plus possible, semble-t-il, de nier l’efficacité des rideaux d’antennes multiples à effet directif quand ils sont établis avec soin.
- Le rapport utile entre l’énergie reçue et l’énergie des parasites est augmenté à égalité de puissance de l’émetteur; le système permet également de réduire les effets de fading, et d’augmenter le nombre d’heures de la journée pendant lesquelles on peut utiliser avec succès une longueur d’onde déterminée.
- On a objecté qu’un système d’antennes à ondes dirigées ne permettait les communications que dans une seule direction, mais rien n’empêche de faire fonctionner également le poste émetteur sur une antenne ordinaire, si l’on désire correspondre dans d’autres directions.
- Sans doute peut-on obtenir les mêmes effets avec une antenne ordinaire, en augmentant la puissance mise en jeu, mais ce gaspillage d’énergie augmente inutilement les frais d’exploitation.
- On a reproché, enfin, au système à antennes directionnelles de ne pas se prêter à un changement rapide de la longueur d’onde adoptée. Mais, d’après les résultats les plus récents et les mieux établis, il paraît certain qu’en
- utilisant au maximum deux longueurs d’onde, on peut assurer un trafic régulier.
- Rien n’empêcherait, d’ailleurs, de faire fonctionner l’émetteur sur une antenne normale pendant la modification possible du projecteur.
- LES SYSTÈMES D’ANTENNES DIRECTIONNELLES
- Les antennes adoptées dans les stations françaises de téléphonie sans fil à ondes courtes dirigées sont du type en dents de scie bien connu de Chireix et Mesny. Ce sont des systèmes doubles qui comportent deux ensembles de rideaux, réglés chacun sur une longueur d’onde, afin de permettre un trafic permanent au moyen de deux longueurs d’onde (fig. 2 et 3).
- L’ensemble de l’aérien est supporté par trois pylônes métalliques auxquels sont fixés les câbles portant les rideaux de fils. Chacun des ensembles projecteurs comporte deux rideaux de fils identiques contenus dans des plans verticaux parallèles. L’un de ces rideaux forme l’antenne, et l’autre, placé derrière, le réflecteur : ils sont distants exactement d’un quart de longueur d’onde.
- L’antenne proprement dite comporte quatre systèmes d’éléments en «dents de scie» superposés, composés chacun de parties rectilignes perpendiculaires deux à deux, et d’une longueur d’environ une demi-longueur d’onde. Le rideau est complété par deux autres « dents de scie » identiques représentées en bas et en haut. Seules les dents de scie du centre sont alimentées par le poste émetteur, les dents extérieures servent seulement à réduire les pertes d’énergie.
- Chacun des systèmes d’antennes et de réflecteurs est alimenté, en son centre, à l’aide d’une ligne bifilaire non rayonnante aboutissant à un élément de réglage placé au pied de l’aérien.
- Bien entendu, un seul des rideaux est alimenté par le poste émetteur et l’autre sert de réflecteur; mais, comme les connexions peuvent être inversées, chaque rideau
- Fig. 3. — Système complet de projecteur à ondes courtes dirigées pour deux longueurs d’onde, type S. F. R., C. M.
- P, poteau en bois supportant la ligne d’alimentation de chaque baie; C, boîte de couplage du feeder à l’antenne; B, base des pylônes;
- R, blocs d’ancrage des traversées.
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- Antenne ou
- Antenne ou réflecteur
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- Fig. 2. — Principe de l’antenne en dents de scie Chireix-Mesny.
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- joue à volonté le rôle d’antenne ou de réflecteur, et l’énergie est projetée dans un sens ou dans un autre. Cette propriété est importante, car elle permet de remédier à la gêne apportée par Y écho radio-électrique, brouillage qui rend les signaux indistincts ; en changeant le sens du trajet, on remédie à cet inconvénient.
- L’eflet directif obtenu est très marqué; le graphique de la figure 4 montre la concentration de l’énergie obtenue avec un système de petites dimensions de ce type. A puissance constante, le gain obtenu en adoptant un système projecteur de ce genre au lieu d’une antenne ordinaire ne serait pas inférieur à 100; à la réception, l’avantage est moins considérable, mais il n’est pas moins net, et l’intensité des signaux serait multipliée par 5 ou 6. L’emploi combiné de ces systèmes à l’émission et à la réception assure donc le maximum de sécurité.
- Les projecteurs anglais du Beam-System Marconi ont été également perfectionnés, mais sont plus complexes que les dispositifs français. Dans les compagnies américaines et allemandes, on a adopté des associations d’éléments rectilignes symétriquement disposés autour d’un feeder central vertical ou horizontal; le réglage en est assez délicat.
- LES POSTES ÉMETTEURS ET RÉCEPTEURS
- Les réseaux radiotéléphoniques transcontinentaux comportent respectivement au départ et à l’arrivée un centre radiotéléphonique connecté par fils aux bureaux centraux téléphoniques des réseaux terrestres.
- Chacun de ces centres comprend une station d’émission, une station de réception, un poste de liaison téléphonique et, bien entendu, un ensemble de lignes téléphoniques.
- Le poste émetteur est établi avec une antenne projecteur permettant d’émettre le plus souvent sur deux longueurs d’ondes différentes, l’une de jour et l’autre de nuit, mais qui peuvent même être utilisées simultanément lorsque les conditions atmosphériques le permettent pendant une partie de la journée. On peut ainsi effectuer sur chaque longueur d’onde, des émissions simultanées distinctes à demi-puissance.
- La modulation du poste émetteur est assurée par un
- Fig. 4. — Diagramme de l'énergie rayonnée par un projecteur type S. F. R. C. M. Longueur d’onde 15 m. 45.
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- ensemble d’amplificateurs qui sont reliés au réseau téléphonique terrestre.
- La station de réception comprend également un système d’antennes dirigées. Le poste récepteur est un système à changeur de fréquence très sensible, muni d’un régulateur de puissance anti-fading bien étudié, de manière à maintenir un niveau sonore constant à l’entrée de la ligne téléphonique à desservir.
- L’ensemble émetteur est donc modulé par le courant téléphonique normal provenant du poste de liaison téléphonique et, d’autre part, on obtient au poste de réception également une réception téléphonique normale.
- Cependant, les courants téléphoniques destinés à moduler le poste émetteur doivent être évidemment sans action sur le récepteur, de même que les courants téléphoniques provenant du récepteur doivent être sans action sur l’émetteur.
- On doit, en outre, pouvoir régler et vérifier avant leur transmission au poste émetteur, les courants téléphoniques provenant du réseau, de même qu’on doit pouvoir vérifier, avant son envoi à l’abonné, le courant téléphonique provenant du récepteur. S’il peut se produire en elfet des variations dans le courant téléphonique de l’abonné, il peut également s’en produire encore plus facilement dans la réception de téléphonie sans fil.
- Il faut craindre, lorsque le système est connecté à un, réseau étendu, le phénomène bien connu de Vécho téléphonique, qui consiste dans la retransmission par l’émetteur des courants reçus par le récepteur; ainsi, dans une liaison de téléphonie sans fil à 10 000 kilomètres, l’abonné s’entend parler avec un retard de l/10e de seconde.
- On a donc adopté un suppresseur ddécho qui ouvre ou ferme les circuits d’émission et de réception suivant les besoins.
- En l’absence de tout courant, les circuits sont ouverts; sous l’action des courants provenant du poste récepteur la ligne du récepteur sera fermée, et permettra la liaison avec l’abonné en circuit et écoutant; la ligne allant au poste émetteur, au contraire, reste ouverte. Enfin, sous l’action des courants provenant du microphone, la ligne de modulation de l’émetteur est fermée, la ligne provenant de l’émetteur est ouverte. Ces opérations se produisent dans un laps de temps inférieur au 4/100e de seconde et ne provoquent donc aucune gêne.
- LES PROGRÈS RÉCENTS
- Un point essentiel en téléphonie sans fil commerciale est le secret des communications.
- Pour l’obtenir, on peut transformer la modulation normale de l’onde de support en modifiant l’ordre normal des fréquences de la voix au moyen de filtres ; on rend ainsi la parole incompréhensible. A la réception, on utilise un appareillage qui rétablit la parole normale. On peut, de plus, faire varier la fréquence de l’onde de support suivant une loi déterminée, au lieu de la laisser constante.
- La combinaison de ces systèmes combinés permet, sur une même onde porteuse, d’effectuer plusieurs communications simultanées, téléphoniques ou télégraphiques.
- Dans les compagnies françaises, on emploie aujourd’hui un matériel multiplex qui assure simultanément
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- deux communications téléphoniques et une communication télégraphique.
- A l’émission, on inverse la bande de fréquence d’une des conversations ; on transpose la bande de fréquence de l’autre conversation dans une gamme séparée et assez élevée pour rendre la parole incompréhensible. On intercale entre les deux bandes téléphoniques une communication télégraphique modulée, et on module une même onde porteuse par superposition des trois bandes ainsi obtenues.
- A la réception, on sépare les trois bandes de fréquence, et on reconstitue, sous leur forme normale, les communications téléphoniques.
- L’emploi de ces systèmes rend évidemment encore plus nécessaire l’adoption de dispositifs amplificateurs spécialement étudiés, tant à l’émission qu’à la réception, ainsi que l’emploi de dispositifs anti-fading encore plus efficaces.
- On a souvent proposé, en outre, de supprimer ou d’atténuer l’onde porteuse radiophonique, et de supprimer une des bandes latérales de modulation.
- On réduit de moitié la bande de fréquence normale par ce moyen, et on diminue les brouillages, ou bien l’on peut transmettre deux communications à la fois. On peut, en outre, mieux utiliser l’énergie disponible à la sortie de l’émetteur dans cette seule bande latérale transmise.
- Dans ce but, on filtre les courants obtenus à la sortie des étages de faible puissance de l’émetteur, de façon à ne rayonner qu’une très faible partie de Fonde porteuse, et une seule des bandes latérales. Au poste récepteur on peut reconstituer l’onde porteuse à l’aide d’une hétérodyne locale.
- C’est de cette manière que fonctionne le réseau téléphonique transatlantique Angleterre-Amérique sur ondes longues, en service depuis quelques années ; mais l’application de ce principe aux ondes courtes paraît plus difficile, et il est encore à l’étude actuellement.
- LA LIAISON FRANCE-ALGÉRIE
- Parmi les réseaux.transcontinentaux radiotéléphoniques la ligne France-Algérie est une des plus modernes. Elle est desservie en France par une station d’émission installée à Pontoise, et le centre.de réception de Noiseau. Lebureau central de répartition est situé à Paris, rue des Archives (fig. 5 et 6).
- En Algérie, la station d’émission est aux Eucalyptus, à 15 kilomètres d’Alger, et le centre de réception est à Boufarik, à 35 kilomètres d’Alger. Le bureau central téléphonique est à Alger (fig. 7).
- Les stations d’émission et de réception sont reliées aux bureaux centraux par des câbles téléphoniques spéciaux et elles sont reliées, d’autre part, au réseau téléphonique général.
- Pour les transmissions France-Algérie, on utilise Fonde de 24 m 56 ou de 23 m 19 et pour les transmissions Algérie-France Fonde de 24 m 75 ou de 33 m 48.
- Les stations d’émission et de réception sont identiques deux à deux.
- Chaque station d’émission comporte deux postes émetteurs identiques de 10 kilowatts antenne, pouvant
- Fig. 5. — L’antenne directive du poste émetteur de Pontoise.
- travailler à volonté sur ondes courtes ou sur ondes longues (fig. 8).
- Les deux émetteurs peuvent fonctionner simultanément, et assurer ainsi deux liaisons radioélectriques indépendantes. De plus, chaque émission peut être modulée à la fois par deux communications téléphoniques et par une manipulation télégraphique. On a ainsi la faculté d’assurer au total, pendant les heures favorables, quatre Communications téléphoniques et deux communications télégraphiques.
- Les deux antennes d’émission sont constituées chacune par un projecteur du type S. F. R. — C. M. ; l’un de ces projecteurs est établi pour Fonde courte (24 m 56 à Pontoise, 24 m 75 aux Eucalyptus) ; l’autre est établi pour Fonde longue (33 m 19 à Pontoise, 33 m 48 aux Eucalyptus). L’ensemble des deux antennes est soutenu par trois pylônes d’un type spécial dit à haubanage réduit, ayant une hauteur de 75 m (fig. 5). Ces pylônes disposés dans un même plan perpendiculaire à la direction du correspondant sont distants de 150 m l’un de l’autre; l’encombrement total de chaque ensemble d’aériens est de 480 m.
- Lés antennes sont reliées aux émetteurs par des feeders tubulaires en cuivre rouge de 100 mm de diamètre, courant sur le sol à une hauteur moyenne de 40 à 50 cm. Ces feeders sont dimensionnés et accordés de façon à réduire au maximum toutes pertes d’énergie haute fréquence.
- Chaque antenne et son feeder constituent un ensemble
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- utilisé pour le rayonnement de l’énergie de l’émetteur réglé sur la longueur d’onde correspondante.
- Chaque station de réception (Noiseau et Boufarik) comprend essentiellement :
- 1° Deux antennes de réception identiques à celles des stations d’émission; l’une est réglée pour l’onde courte (24 m 75 à Noiseau, 24 m 56 à Boufarik); l’autre est réglée pour Fonde longue (33 m 48 à Noiseau, 33 m 19 à Boufarik). Ces antennes sont reliées aux récepteurs par des feeders tubulaires analogues aux précédents mais n’ayant que 80 mm de diamètre extérieur.
- 2° Deux récepteurs identiques, comprenant plusieurs étages d’amplification haute fréquence, un changement de fréquence, un dispositif anti-fading et des circuits de détection et d’amplification basse fréquence. Ces récepteurs sont complétés par des appareils spéciaux permettant de séparer entre elles les diverses communications
- Les photographies que nous publions ci-contre, et qui nous ont été aimablement communiquées par M. Picault, ingénieur en chef du Service de la Télégraphie sans fil, permettent de se rendre compte que ces installations sont aussi remarquables que les organisations analogues étrangères les plus perfectionnées.
- LES LIAISONS RADIOTÉLÉPHONIQUES SUR ONDES ULTRA-COURTES
- Les ondes ultra-courtes sur la gamme de 1 à 1.0 m, et, à plus forte raison, celles de la gamme de quelques centimètres à un mètre, permettent de concentrer davantage encore le faisceau des ondes, et d’obtenir des ellets directifs, en quelque sorte, optiques.
- En principe, on peut ainsi augmenter considérablement la densité des radio-communications, puisque les différents faisceaux d’angles réduits ne se gênent pas les
- Fig. 6. — Vue générale du centre récepteur de Noiseau.
- A droite, bâtiment des récepteurs; au centre, bâtiment du centre decontrôle des longueurs d’onde;
- à gauche, atelier et usine électrique.
- téléphoniques et télégraphiques qui avaient modulé la même longueur d’onde et de leur rendre leur individualité propre.
- Enfin, chaque bureau central radiotéléphonique (rue des Archives, à Paris; place Belcour à Alger), comprend quatre meubles de liaison au réseau téléphonique urbain. Chacun de ces meubles est utilisé par une des communications radiotéléphoniques et sert à relier d’une part les deux circuits deux fils aboutissant à l’émetteur et parvenant du récepteur au circuit à deux fils qui, d’autre part relie le meuble de liaison au réseau, au central téléphonique ordinaire et qui de là peut être prolongé jusqu’à un poste d’abonné quelconque.
- On a ainsi pu mettre en communication des postes de toutes les villes de France et même de l’etranger avec des postes d’Algérie, de Tunisie et même du Maroc. Depuis le 6 juin 1933, le service public est ouvert et fonctionne à l’entière satisfaction des usagers.
- uns les autres, mais, de plus, on peut obtenir des communications régulières avec une puissance extrêmement faible.
- Ainsi, l’angle du faisceau de projection peut être réduit à 2 ou 3°, et, avec une puissance de quelques watts, des portées de 50 à 100 km sont facilement obtenues. Etant donné la propagation rectiligne de ces ondes, aucun obstacle important ne doit, en théorie, s’interposer entre les postes émetteur et récepteur, ce qui impose aux stations des conditions d’emplacement géographique assez étroites.
- Les grandes portées paraissent interdites aux ondes très courtes, mais en raison de la faible puissance nécessaire pour les émetteurs, rien n’empêche de relayer les transmissions par une chaîne de stations rapprochées, qui par un curieux retour, nous ramèneraient à l’ancien télégraphe optique de Chappe.
- Par contre les ondes ultra-courtes permettent de créer.
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- sans crainte de brouillages, un nombre considérable de communications dans une zone de faible surface. C’est ainsi que sur la gamme de 70 à 120 centimètres, on pourrait établir 4000 communications télégraphiques et 2000 communications téléphoniques distinctes.
- Parmi les progrès des postes à ondes très courtes, signalons l’emploi des lampes dites magnétrons, comportant deux électrodes, dans un champ magnétique. Grâce à elles, on a réalisé des postes émetteurs particulièrement simples, rayonnant des puissances de 6 à 8 watts sur des longueurs d’onde de l’ordre de 70 à 120 cm.
- Dès à présent, des liaisons commerciales à ondes très courtes sont en fonctionnement régulier en Europe. La liaison Italie-Sardaigne entre Fiumicino, près de Rome, et Terra Nova en Sardaigne, fonctionne sur ondes de 9,77 m et 10,06 m.
- La liaison France-Corse, établie par l’administration des P. T. T., fonctionne entre la Turbie, à une altitude de 530 m, près de Monaco, et Callenzana, à une altitude de 300 m près de Calvi.
- Les longueurs d’onde employées sont de 7,10 m et 7,60 m.
- Les stations correspondantes ont été placées sur des points élevés, de façon que la ligne droite les réunissant soit sensiblement tangente à la surface de la mer.
- Les premiers essais effectués sur cette gamme d’ondes avaient semblé montrer la nécessité, pour obtenir de bonnes liaisons, de conserver une visibilité directe entre les correspondants.
- D’après les derniers résultats obtenus, cette condition ne serait pas aussi stricte qu’on avait pu le croire et les rayons hertziens correspondants suivraient également dans une certaine mesure la courbure de la terre.
- Les essais effectués sur une longueur d’onde de 0,18 m avec une puissance de 0,5 w entre Douvres et le cap Gris-Nez, le 31 mars 1931, ont déjà été décrits dans La Nature. Les ondes étaient projetées et captées au moyen de réflecteurs en forme de miroirs paraboliques ayant un diamètre de 3 m.
- A la suite de ces essais, les ministères de l’Air français et britannique ont décidé d’établir une liaison de ce type, entre les aérodromes de Lyinpne en Angleterre et de Saint-Inglevert en France; les installations sont actuellement en cours d’exécution.
- Le sénateur Marconi a fait en Italie, et spécialement au Vatican, de fort intéressants essais de transmission sur ondes ultra-courtes.
- Citons enfin le poste allemand de Berlin sur ondes courtes, doiyt la construction a été indiquée dans notre numéro spécial de septembre 1932.
- Dès à présent, il paraît certain que les ondes courtes de la gamme de 20 à 50 m se prêtent aux liaisons radiophoniques à grande distance, avec une sécurité de plus en plus complète.
- Les ondes ultra-courtes de longueur inférieure à 10 m, et même à 1 m, permettront peut-être de réduire encpre dans de très
- ; Fig. 7. — La station d'émission algérienne des Eucalgptus.
- grandes proportions les frais d’entretien des installations, et, par conséquent, le coût des communications. Tous les espoirs sont permis, mais il est encore trop tôt pour se prononcer sur ce dernier point.^
- P. Hémardinquer.
- Fig. 8. — Un poste émetteur à maître oscillateur au quartz à la station de Pontoise.
- Le poste est à gauche; devant lui, son pupitre de commande; à droite le redresseur à diodes (haute tension continue 10 000 volts).
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- LA DÉCOUVERTE D’UN NOUVEAU CONSTITUANT DE LA MATIÈRE
- L’ÉLECTRON POSITIF
- Dans ces deux dernières années, les découvertes relatives à la constitution^ des noyaux atomiques se sont succédé à une cadence singulièrement rapide, bien faite pour susciter l’étonnement et l’admiration, si l’on songe à l’extrême difficulté que présente l’étude des noyaux atomiques, si extraordinairement petits, si jalousement défendus par des forces intra-nucléaires relativement énormes.
- Les plus importantes de ces découvertes sont celle du neutron par les époux Joliot-Curie et celle toute
- récente de l’électron positif par Anderson. Ces faits nouveaux sont appelés à entraîner la révision de toutes nos conceptions sur la constitution intime de la matière; ils obligeront, dans les théories, à des remaniements profonds, à peine amorcés à l’heure actuelle.
- Suivant la théorie généralement admise jusqu’à ce dernier temps, la matière se ramène à deux constituants essentiels ayant chacun une charge électrique et une masse caractéristiques : Y électron ou particule élémentaire d’électricité négative et le proton ou particule élémentaire d’électricité positive; du plus simple au plus complexe des atomes, la matière ne serait qu’assemblage d’électrons et de protons.
- De plus la théorie représente chaque atome, quelle que soit l’espèce chimique à laquelle il appartient, comme formé d’un noyau central, dont la structure varie d’un élément chimique à un autre, chargé positivement, autour duquel gravitent des électrons sur des orbites bien déterminées. Le noyau lui-même est de
- constitution fort complexe; il renferme dans son sein des électrons et des protons qu’il garde jalousement. Il se montre très réfractaire à toute tentative de dislocation et c’est pour cette raison d’ailleurs qu’on a pu le comparer à une véritable citadelle établie au centre même de l’atome.
- Ces citadelles nucléaires sont défendues par des barrières des forces électrostatiques extrêmement puissantes, qui empêchent la sortie, des constituants nucléaires de même que l’entrée des projectiles étrangers lancés contre le noyau. Mais les phénomènes radioactifs nous mettent en présence de certains noyaux fragiles, d’où les particules arrivent à s’échapper à la suite de cataclysmes intra-nucléaires, dont le mécanisme du reste, nous échappe encore entièrement. Il en résulte une véritable transmutation du noyau radioactif, qui donne naissance à un autre noyau, correspondant à un corps simple totalement différent du corps radioactif primitif. D’autre part, les physiciens ont réussi à provoquer la transmutation de certains éléments en les soumettant à un bombardement très intense à l’aide des corpuscules appropriés, suffisamment puissants pour franchir les barrières de potentiel du noyau et provoquer ainsi la dislocation de cet édifice. Ces transmutations sont généralement accompagnées de l’émission de particules animées de grandes vitesses et qui ont fourni des renseignements intéressants sur le contenu des noyaux atomiques.
- Les transmutations radioactives et les transmutations artificielles ont montré l’existence de trois sortes de particules d’origine nucléaire : les électrons (rayons bêta), les protons et les particules alpha. Jusqu’aux découvertes récentes du neutron et du positron, les physiciens n’avaient aperçu que ces trois particules fondamentales; et parmi elles, seuls les électrons et les protons étaient regardés comme des corpuscules élémentaires et irréductibles, comme les seuls constituants possibles des noyaux atomiques.
- La découverte du neutron par les époüx Joliot-Curie a battu en brèche Ces conceptions classiques et a ouvert des horizons nouveaux sur le monde intra-nücléàirë. Le neutron constitue un type nouveau de corpuscule matériel dépourvu de toute charge électrique et dont la masse est sensiblement égale à celle de l’atome d’hydrogène. Jusqu’à la découverte de l’électron positif, là majorité des physiciens considérait le neutron comme une. sorte d’atome d’hydrogène extrêmement condensé, formé par l’association très intime d’un proton avec un électron. .
- La découverte des' époux Joliot-Curie constitue Une
- Fig. 1. — M. et Mme Joliot-Curie.
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- véritable étape dans l’évolution de la physique nucléaire. Elle a soulevé un très grand nombre de problèmes théoriques et expérimentaux et a donné ainsi une vigoureuse impulsion aux recherches sur la structure intime de la matière. Mais à peine les physiciens ont-ils eu le temps de se familiariser avec la conception du neutron et d’établir un lien solide entre cette découverte et les connaissances déjà acquises dans le domaine de la physique nucléaire, à peine les théoriciens se sont-ils attaqués à ce problème pour ébaucher une théorie satisfaisante des nouveaux phénomènes observés, que la découverte toute récente de Y électron positif provoque un nouveau et profond bouleversement des idées et des théories.
- U électron positif, que l’on appelle également positron, a été découvert au cours d’investigations sur les rayons cosmiques. On sait que les rayons cosmiques, ces messagers mystérieux venus de l’espace intersidéral, passionnent depuis plusieurs années les physiciens du monde entier; leur étude, on s’en souvient, était le but des extraordinaires ascensions du professeur Piccard dans la stratosphère.
- Nos connaissances sur les rayons cosmiques comportent encore de très grandes lacunes. On ignore même leur nature : sont-ils de nature ondulatoire — des radiations électromagnétiques de très grande fréquence — ou, au contraire, des corpuscules animés de vitesses formidables, — électrons, protons ou autres corpuscules de type inconnu, — chassés de l’intérieur des corps célestes, lors de cataclysmes extrêmement violents, faisant intervenir des énergies considérables ? Ce sont là des questions auxquelles la science n’a pu encore donner de réponse. Le globe terrestre, avec son enveloppe gazeuse, reçoit dans sa course à travers l’espace une véritable pluie de ces projectiles, extrêmement pénétrants. Chaque rayon cosmique, pris individuellement, possède encore lorsqu’il arrive à la surface de la terre, après avoir parcouru toute l’épaisseur de l’atmosphère, une énergie extrêmement élevée et il désintègre avec violence les atomes qu’il rencontre sur son chemin.
- C’est au cours de recherches sur les transmutations produites par les rayons cosmiques, qu’Anderson, au mois de septembre 1932, a découvert un corpuscule élémentaire, inconnu jusqu’alors, ayant la masse d’un électron négatif, mais chargé positivement. Ces résultats ont été confirmés d’une manière éclatante, par le physicien anglais Blackett, du « Cavendish Laboratory » de Cambridge.
- La méthode d’investigation utilisée par Anderson et Blackett, au cours de leurs recherches sur les rayons cosmiques, repose sur l’emploi d’un appareil extrêmement ingénieux, auquel la physique est redevable d’un grand nombre de découvertes, « la chambre de Wilson », d’une application courante dans les recherches de physique atomique, où il s’agit d’étudier les particularités que présentent les mouvements des corpuscules élémentaires. Cette méthode fait nécessairement appel aux phénomènes secondaires qui se manifestent au passage des corpuscules élémentaires, car il est évidemment impossible d’observer directement des corpuscules :
- protons, électrons, particules alpha, etc.
- — dont la petitesse extrême défie notre imagination.
- On sait que les uns et les autres possèdent la propriété d’ioniser les atomes qu’ils rencontrent sur leur passage, c’est-à-dire de leur arracher un ou plusieurs électrons extérieurs; les Fig. 2.— L’apparilion de l’électron positif-atomes ainsi mutilés Schéma exécuté d’après la photographie ob-dpvipnrtpnt dos irm<j tenue par Anderson à la chambre de Wilson.
- aeviennent aes ions Un électron positif de 63 millions de volts
- Charges positive- traversant une plaque de plomb de 6 mm ment. Les ions sont d’épaisseur et émergeant avec une énergie des germes de con- de 23 millions de volts,
- densation de la vapeur d’eau. Si l’on refroidit la vapeur d’eau contenue dans une enceinte fermée, une partie de celle-ci doit se condenser. Mais en réalité, cette condensation ne peut se produire que s’il existe, à l’intérieur de l’enceinte, des poussières ou des centres électrisés (ions), servant de supports matériels autour • desquels s’a-
- Fig. 3. — Gerbe de particules chassées des noyaux par les rayons cosmiques (').
- On remarque sur la figure deux électrons négatifs et deux électrons
- positifs déviés en sens contraire par un champ magnétique.
- (P.M. S. Blackett et G.P.S Occhialini.;
- 1. Nous remercions la « Royal Society » de Londres de nous avoir autorisés à reproduire cette photographie publiée dans les « Proceedings » de ladite Société.
- Plaque de plomb
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- morce la formation des gouttelettes liquides. L’appareil à brouillard de Wilson utilise cette propriété. On y produit une détente brusque qui provoque le refroidissement de la vapeur d’eau; celle-ci est alors sursaturée. Si à ce moment précis, une particule ionisante traverse la chambre, elle forme une traînée d’ions sur son parcours ; ces ions servent de germes aux gouttelettes liquides et une fine ligne de brouillard matérialise la trajectoire de la particule ionisante, trajectoire que l’on peut de la sorte facilement observer et même photographier. L’épaisseur et la longueur de ces lignes de brouillard varient avec la nature et la vitesse des particules ionisantes. Le passage d’un électron s’inscrit sous la forme d’une ligne très fine, tandis que les particules alpha ou les noyaux atomiques donnent un trait beaucoup plus épais et en général rectiligne. L’analyse des particules ionisantes est complétée par l’application d’un champ magnétique, qui a pour effet d’incurver les trajectoires des particules chargées électriquement. Les photographies des trajectoires ainsi obtenues permettent de déterminer avec précision la nature et l’énergie des différents corpuscules ionisants, qui ont pénétré dans la chambre, ou qui ont été produits à l’intérieur de celle-ci.
- Anderson et après lui Blackett ont observé sur certaines photographies, d’ailleurs très rares, correspondant au passage des rayons cosmiques à travers la chambre de Wilson, l’existence de trajectoires de
- Fig. 4. — Deux électrons de signes contraires créés par l’annihilation d'un proion gamma.
- Le trait large représente un proton projeté par un neutron.
- (F. Joliot et J. Curie).
- corpuscules expulsés des noyaux atomiques par les rayons cosmiques, corpuscules dont la masse est sensiblement égale à celle d’un électron négatif, mais dont la charge est par contre positive.
- La figure 2 reproduit schématiquement la photographie obtenue par Anderson, du passage d’un électron positif à travers une plaque de plomb introduite dans la chambre de Wilson. L’appareil a été placé dans un champ magnétique et la trajectoire du corpuscule ionisant est incurvée, ce qui montre bien que celui-ci transporte une charge électrique. D’autre part, comme le champ magnétique incurve les trajectoires des corpuscules chargés d’autant plus facilement que leur vitesse est plus faible, la vitesse de notre corpuscule en haut de la figure, où la trajectoire est plus incurvée, est plus faible qu’en bas. Il en résulte que le corpuscule s’est déplacé de bas en haut en perdant de l’énergie par suite de son passage à travers la plaque de plomb.
- Connaissant ainsi la courbure de la trajectoire, de sens du déplacement du corpuscule le long de celle-ci, connaissant également la valeur et la direction du champ magnétique appliqué, on en déduit immédiatement que la charge électrique transportée par le corpuscule est positive.
- D’autre part, il est impossible d’attribuer cette trajectoire au passage d’un proton, également chargé positivement, car dans ce cas la trajectoire aurait été dix fois plus courte. L’expérience montre ainsi d’une manière indubitable qu’il faut nécessairement admettre l’hypothèse de l’existence des électrons positifs.
- Les recherches poursuivies, dans un domaine différent, à « l’Institut du Radium de Paris », par Mme Irène Joliot-Curie et son mari, M. Frédéric Joliot, ont confirmé cette conclusion d’une manière éclatante. On sait que ces savants, en soumettant des atomes légers, tels le glucinium, le lithium et l’aluminium, à un bombardement de particules alpha, ont mis en évidence l’existence d’un nouveau rayonnement, formé de neutrons, et qui possède la propriété remarquable d’expulser les protons des substances hydrogénées (papier, paraffine, etc.). Ce rayonnement est accompagné, comme l’ont déjà montré Bothe et Becker en 1930, d’un rayonnement gamma, extrêmement pénétrant. Les époux Joliot-Curie, en étudiant, à l’aide d’un champ magnétique les rayons du glucinium bombardé par les rayons alpha, ont obtenu des photographies, où l’on remarquait souvent des trajectoires courbées par le champ magnétique dans un sens inverse de celui qui correspond à un électron négatif. Les époux Joliot-Curie ont interprété ces trajectoires en supposant « que l’électron a été émis dans une région éloignée delà source et se dirige vers elle » (1). Mais à la lumière de la découverte d’Anderson, il apparaît aujourd’hui que l’on doit attribuer ces trajectoires courbées en sens inverse, aux électrons positifs, émis au voisinage immédiat de la source. Et, en effet, les expériences les plus récentes poursuivies par les époux Curie-Joliot montrent que le rayonnement très pénétrant, issu du glucinium bombardé par les particules alpha, provoque l’émission d’électrons positifs, lorsqu’il frappe un écran de plomb.
- 1. Cf. F. Joliot. et J. Curie L’existence du Neutron. Paris 1932, p. 12.
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- Les époux Joliot-Curie ont montré que cette émission d’électrons positifs n’est pas imputable aux neutrons émis par le glucinium, puisque l’interposition d’un écran de plomb sur le trajet du rayonnement émis par le glucinium — écran qui arrête presque totalement les rayons gamma du glucinium mais se laisse 2^ar contre facilement traverser par les neutrons — a pour effet de diminuer considérablement l’émission d’électrons positifs. C’est donc bien aux rayons gamma du glucinium que l’on doit attribuer l’émission d’électrons positifs.
- D’autre part, ces physiciens ont observé, sur plusieurs clichés, l’existence d’un phénomène très curieux : deux électrons, l’un positif et l’autre négatif, dont les trajectoires sont généralement symétriques, jaillissent d’un même point. Ce résultat important a conduit les époux Joliot-Curie a admettre — en parfait accord d’ailleurs avec les spéculations théoriques de Dirac — que probablement un quantum du rayonnement gamma incident (un photon gamma) de grande énergie se transforme, lorsqu’il heurte un noyau lourd, en deux électrons de signes opposés, entre lesquels son énergie se partage en général d’une manière égale. Toutefois signalons que les époux Joliot-Curie ont observé tout récemment, dans des expériences dont les résultats n’ont pas encore été publiés, l’existence des trajectoires dissymétriques issues d’un même point, où l’énergie du photon gamma, incident n’est plus partagée d’une manière égale entre les deux électrons de signes contraires, auxquels il a donné naissance. Ils expliquent ce phénomène en admettant que dans certains cas le photon gamma incident ne disparaît pas complètement lors de la formation des deux électrons, mais qu’il reste après la transformation partielle du photon incident, un photon résiduel de fréquence beaucoup plus faible (analogie avec l’effet Compton).
- Ces transformations des rayons gamma, de nature ondulatoire, en électrons, corpuscules matériels chargés, sont parfaitement en accord avec la théorie de la Relativité et avec la mécanique ondulatoire, d’après lesquelles l’énergie et la masse peuvent se transformer l’une en l’autre, les ondes et les corpuscules n’étant que deux aspects d’une même réalité.
- Dans une autre série de recherches, les époux Joliot-Curie ont montré que la transmutation des atomes légers par les rayons alpha donne également naissance à l’émission d’électrons positifs, émission qui est d’ailleurs accompagnée de neutrons. Or, en général ces transmutations s’accompagnent de l’émission de protons; ils faut donc admettre que parfois, à la place d’un proton, il y a émission simultanée d’un électron positif et d’un neutron.
- Ce second mode de production des électrons positifs, mode totalement différent du premier (transformation d’un photon gamma en deux électrons, de signes opposés), nous met ainsi en présence d’une véritable désintégration du proton. Le proton apparaît ainsi non plus comme un corpuscule élémentaire et irréductible, mais comme étant de nature complexe et probablement formé d’un neutron et d’un électron positif, associés d’une
- Fig. 5. — Electron positif dû à la désintégration d’un proton.
- Le trait large représente un proton de transmutation. Le trait fin correspond à un électron potitif.
- (F. Joliot et J. Curie).
- manière très intime. Le neutron, par contre, doit être considéré aujourd’hui comme un corpuscule élémentaire et non pas comme une particule composée d’un proton et d’un électron négatif, comme on l’admettait jusqu’à ces derniers temps.
- La découverte de l’électron positif s’avère déjà comme une des plus belles découvertes que l’on ait enregistrées jusqu’à ce jour, dans le domaine de la physique nucléaire.
- Jusqu’à ces derniers temps, on admettait que l’atome de l’électricité positive était le proton, c’est-à-dire le noyau de l’hydrogène, dont la masse est 1840 fois celle de l’électron, atome d’électricité négative. Cette dissymétrie profonde qui se trouvait ainsi à la base même de la structure intime de la matière et de l’électricité, hantait et offusquait depuis longtemps les théoriciens (Dirac, Proca).
- L’impossibilité d’expliquer cette dissymétrie, ainsi que certaines spéculations théoriques fort audacieuses, ont amené le célèbre savant anglais Dirac a formuler, déjà en 1931, l’hypothèse de l’existence d’un corpuscule élémentaire, ayant la masse de l’électron négatif, mais transportant une charge positive. Ce corpuscule, qui correspond à d’électron positif, a reçu de Dirac le nom d,anti-électron. Mais comme on n’avait jamais observé l’existence d’un tel corpuscule, la théorie de Dirac appa-
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- raissait comme une simple curiosité spéculative. La découverte sensationnelle d’Anderson apporte aujourd’hui une brillante confirmation expérimentale des vues hardies de Dirac et l’on se demande ce qu’il faut le plus admirer de l’habileté exti'aordinaire des expérimentateurs ou du bonheur des intuitions théoriques.
- La découverte de l’électron positif nous révèle ainsi une symétrie profonde entre les deux constituants ultimes de l’électricité et de la matière. On ne sait pas encore sous quelle forme l’électron positif entre dans la constitution des noyaux atomiques. Les recherches qui se poursuivent en ce moment dans les laboratoires du monde entier permettront peut-être d’élucider bientôt ce point capital.
- Quoi qu’il en soit la découverte de l’électron positif suivant celle du neutron soulève le voile du mystère qui nous cachait l’architecture du noyau et nous oblige à modifier radicalement nos conceptions sur la constitution de la matière et de l’électricité (1).
- Marc Lesage et Bernard Kwal.
- 1. Nous tenons à exprimer ici nos vifs remerciements à Mme Irène Curie-Joliot et à M. Frédéric Joliot, de 1’ « Institut du Radium de Paris », à M. Cari D. Anderson, du « California Institute of Technology », ainsi qu’à M. P. M. S. Blackett, du « Cavendish Laboratory » de Cambridge, qui ont bien voulu mettre à notre disposition la documentation et les photographies relatives à la découverte de l’électron positif.
- = LES ANIMAUX QUE L’HOMME UTILISE =
- POUR LA CHASSE
- Dès la plus lointaine antiquité, l’homme a tiré capturer à son profit le gibier qu’ils poursuivaient, parti de l’instinct des animaux chasseurs pour Le Chien. — Il n’est pas impossible même qu’avant
- de songer à domestiquer les moins farouches d’entre eux, tels que le Chien, il ne se soit contenté de recueillir les proies qu’ils abandonnaient, à la manière des Chacals qui suivent de loin le Lion pour se partager les restes de son repas. On peut imaginer aussi qu’il a d’abord « aidé » le Loup dans ses prises, en imitant ses méthodes de chasse, c’est-à-dire en s’embusquant sur le passage du gibier puis en rejetant celui-ci vers la meute par une brusque attaque et en venant enfin disputer sa part aux vainqueurs. Le caractère relativement peu féroce du petit Loup de l’Inde, du Canis pallipes, aurait pu permettre cette tactique et expliquerait alors comment cette espèce est devenue la souche du Chien domestique, selon l’opinion des auteurs (notamment Trouessart).
- Quoi qu’il en soit, quand la race du Chien est fixée, on retrouve partout cet animal en compagnie de l’homme qui a dû l’employer à cet usage avant d’en faire le gardien de son foyer ou de ses troupeaux, puisqu il a été chasseur avant d’être pasteur. Par la suite, des croisements avec le Loup commun ont augmenté la force et la taille de notre auxiliaire et ont été l’origine des dogues, des chiens de sanglier, etc., dont on constate l’existence à partir de l’époque du bronze et qui, dès' le début du Moyen Age, constituaient le principal élément des meutes de nos pays.
- Il n’y a pas à insister sur le rôle actuel du. Chien comme compagnon de chasse, d’autres animaux moins universellement répandus devant plutôt retenir ici notre attention.
- Le Furet. — Dans notre civilisation occidentale, l’un des rares quadrupèdes encore utilisés
- Fig. 1. — Tapisserie de Boussac, du xve siecle, conservée au Musée de Cluny. La dame, entre le lion et la licorne, est dans un bois où l’on remarque des singes, un guépard, un chien et une genette.
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- à cet effet est le Furet, Putorius furo, qui semble bien n’être qu’un Putois, plus ou moins modifié par l’acclimatation.
- Les différences, peu sensibles, portent sur la taille, légèrement réduite chez le Furet qui, en outre, présente un autre signe de dégénérescence due à la captivité : l’albinisme. Cette sorte d’affaiblissement le rend plus doux, plus facilement apprivoisable, mais aussi plus délicat, en particulier contre le froid qu’il supporte très mal. On le rend plus résistant et plus ardent en le croisant avec son congénère qui lui restitue son pelage foncé, sa vivacité et ses sauvages instincts.
- C’est en effet, comme la plupart des Mustélidés dont il fait partie, un animal très sanguinaire malgré sa petite taille et qui n’hésite pas à s’attaquer avec fureur, même quand il est repu, à des proies beaucoup plus grosses que lui. Ce caractère peut accidentellement le rendre dangereux, puisqu’on a cité le cas d’enfants assaillis et saignés dans leur berceau par des Furets laissés en liberté dans l’appartement. Il faut d’ailleurs se tenir en garde contre leurs morsures lorsqu’on les prend et ils ne s’apprivoisent jamais complètement, comme peuvent le faire le Chien ou le Chat.
- Aussi, l’emploi que nous faisons de leurs facultés n’est pas à proprement parler le résultat d’un dressage. Nous profitons de leur instinct à s’introduire dans le terrier des Lapins, pour capturer ou tuer ceux-ci quand ils s’échappent. Mais il faut parfois reprendre à son tour le Furet qui aurait tendance à s’endormir auprès de sa victime, lorsqu’il réussit à l’égorger au fond de son gîte. Et le petit carnassier retourne vite à l’état sauvage si on lui laisse sa liberté.
- Le Chat. — Nous venons de parler du Chat. Il faut compter aussi celui-ci au nombre de nos auxiliaires chasseurs, puisque nous l’employons surtout à détruire les hôtes indésirables de nos demeures, que nous pourrions moins facilement atteindre sans lui.
- Sa domestication est beaucoup plus récente que celle du Chien. On sait qu’il n’est pas le descendant de notre chat sauvage qui, au début du Moyen Age, ne figurait guère chez nous que comme gibier. Il était cependant connu de l’antiquité grecque et romaine, mais, tandis que le Furet semble avoir été introduit par les Arabes, notre Chat, fils du Félis ocreata qui vit encore à l’état sauvage en Sardaigne et qui existait en Europe occidentale pendant le quaternaire, paraît provenir de la variété égyptienne qu’on retrouve en momies dans les hypogées, et avoir pénétré dans nos contrées surtout à l’époque des Croisades, en même temps que le Rat noir.
- Ce rongeur a envahi la France après avoir accompli la traversée à bord des nefs des chevaliers chrétiens. Le remède a donc suivi le mal, car il fallait, contre ce redoutable parasite, un auxiliaire assez puissant pour le tenir en respect. Avant lui, la Souris n’était guère que le seul hôte incommode de nos maisons. Et contre celle-ci, ce n’est pas le Chat que nous utilisions.
- La Genette. — C’était surtout un très élégant petit carnivore, la Genette, qui représente le groupe des Civettes dans notre pays, où elle est aujourd’hui assez rare, sauf dans l’Ouest. Ses formes gracieuses, sa jolie
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- Fig. 2. — Guépard utilisé pour la chasse en Perse, d’après un vase arabe.
- fourrure, lui valurent une grande vogue au Moyen Age et l’ordre de la Genette, institué après la bataille de Poitiers par Charles Martel, pour seize seulement de ses plus valeureux compagnons, est un témoignage de l’estime où on la tenait alors.
- Les documents iconographiques de cette période nous la montrent comme faisant, incontestablement partie des animaux familiers. Elle figure entre autres dans la célèbre tapisserie de la Dame à la Licorne, au musée de Cluny, ouvrage où le Chat n’est pas représenté. On peut s’étonner que celui-ci l’ait supplantée, car elle l’égale ou le dépasse par sa grâce, son enjouement, l’attachement qu’elle montre à son maître. Elle chasse la vermine avec beaucoup plus d’ardeur que lui et ne torture pas, comme lui ses victimes. Peut-être est-ce l’odeur assez forte que répandent surtout les mâles de l’espèce qui l’a fait écarter ou, peut-être, son peu de zèle à apprendre à distinguer, d’après nos règlements de police intérieure, les pillards de la maison d’avec les hôtes de la basse-cour.
- La Loutre. — Ne quittons pas les carnassiers domestiqués ou domesticables de notre pays sans avoir mentionné celui qui, si la loi le permettait, nous procurerait sans doute les joies sportives les plus vives : nous voulons dire la Loutre.
- Celle-ci aussi a toutes les qualités du chat, propreté, gaieté, familiarité caressante, et également quelques-unes de celles du chien, y compris la plus inaltérable fidélité, lorsqu’on a su mériter sa sympathie.
- Son apprivoisement n’est pas rare à l’étranger, où on la dresse pour la pêche (Hindous, Chinois, Indiens d’Amérique, etc.). En Europe, autrefois, une foule de témoignages nous confirment qu’on l’employait aussi à cet usage et presque toujours avec succès. La seule précaution exigée était de capturer l’animal assez jeune pour avoir le temps de parfaire son éducation et lui apprendre à rapporter ses prises, sans prendre le loisir d’y prélever d’abord sa légitime part.
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- D’après le naturaliste J. Lotz, ce dressage, fait au moment voulu, était assez aisé. Il consiste, au principal, à déshabituer la loutre à se nourrir de poisson, en l’accoutumant à des pâtées de lait, de pain et de légumes. Puis on lui apprend à rapporter, comme un chien, des poissons morts. Ensuite on lui fait prendre ceux-ci dans l’eau, jusqu’à ce qu’enfin elle capture et ramène intacts sur la rive les poissons vivants. « Un paysan de Scanie, dit l’auteur cité, se procurait chaque jour par ce moyen le repas de sa famille ».
- Il est regrettable que la faune de nos rivières ne soit pas assez riche pour nous permettre d’utiliser sans dommage les services de cette habile associée, qui réjouirait en même temps nos yeux par ses mouvements si gracieux et si vifs.
- Hâtons-nous maintenant de citer les quelques mam-
- Fig. 3. — Un fauconnier moderne.
- mifères exotiques employés pour la chasse, et dont le plus représentatif est le Guépard.
- Le Guépard. — On connaît ce carnassier, intermédiaire aux Chiens et aux Chats, qui ressemble un peu à un Léopard trop haut sur jambes et à museau camus. Une sorte de crinière orne son cou, ses pupilles sont rondes et ses ongles non, ou à peine, rétractiles. Plusieurs espèces, très voisines, habitent l’Afrique et l’Asie. - Le Guépard a été dressé pour la chasse dès l’antiquité, aussi bien par les anciens Egyptiens que par les anciens Hindous ou les Perses. Sous le nom de Liépctrd, nous le voyons jouer son rôle en France à côté des meutes royales, notamment à la cour de Louis XI, François Ier, etc., qui en ont emprunté l’usage à l’Orient par l’intermédiaire de l’Italie. Et on l’utilise encore en maints endroits de nos jours.
- Ce ne sont pas, comme on pourrait le croire, des jeunes que l’on exerce, mais des adultes, capturés sauvages.
- Ils s’apprivoisent vite, si on confie leur éducation aux femmes, dont l’incessant bavardage (ce sont, bien entendu, les Hindous qui disent cela) les habitue rapidement à la parole humaine. Quand ils sont familiarisés, ce qui ne demande que quelques mois, on les conduit, chaperonnés, à proximité d’un troupeau d’antilopes et on leur rend la liberté. Grâce à l’extrême rapidité de leur course, ils ont bientôt rejoint leur proie et le èhasseur n’a plus qu’à intervenir pour ramasser la victime égorgée et reprendre le Guépard.^;;
- ^ Quelques autres mammifères chasseurs. — Jusqu’à présent, nous avons vu l’homme s’allier à des carnassiers chasseurs. C’est encore à des carnassiers qu’il confie çà et là la tâche que nous attribuons à nos Chats, de détruire les animaux nuisibles. On sait la chasse acharnée que fait aux Rats et aux Serpents la Mangouste. Chez les Indiens de l’Amérique du Sud, celle-ci est remplacée par les Tairas, les Grisons, etc., qui sont voisins des Martres et grands destructeurs de Rats, mais aussi grands amateurs de volaille, ce qui réduit un peu leurs vertus.
- Pour terminer cette liste de Mammifères, nous n’aurons plus à citer que ceux qui aident à la capture de leur propre espèce. Il suffit de nommer à ce propos l’Éléphant, dont tout le monde sait le rôle actif, aux Indes, dans la prise de ses frères sauvages. Moins connu est l’usage fait, dans le même pays, de l’Antilope Cervicapre, ou de Pallas, qu’on utilise également contre ceux de sa race. A cet effet, on attache aux cornes d’un mâle apprivoisé plusieurs cordes munies de nœuds coulants. L’animal s’approche ainsi d’un troupeau sauvage et les autres mâles engagent aussitôt avec lui le combat. Les cornes se heurtent, s’entre-croisent, et s’engagent bientôt dans les liens. Les combattants s’immobilisent ainsi mutuellement et on peut les prendre avec facilité.
- Faut-il citer l’inoffensif Cochon d’Inde parmi nos complices en carnage ? On l’emploie pourtant à la manière du Furet, pour déloger les Lapins de leurs trous. Mais ce n’est là, semble-t-il, qu’un rôle accidentel.
- Il nous reste à parler maintenant des animaux autres que les quadrupèdes, que nous utilisons aux mêmes fins.
- ♦ *
- Les Faucons. — Si le vrai chasseur recherche avant tout, dans son sport favori, les satisfactions esthétiques, c’ést alors aux Oiseaux de proie dressés à cet usage qu’il doit donner la première place, parmi tous les animaux dont il se sert pour la capture du gibier
- Aussi la fauconnerie était-elle considérée jadis comme le plus noble des modes de chasse et, de nos jours encore, en plusieurs pays d’Orient, elle est restée plaisir princier. Il faut ajouter qu’elle nécessite, pour s’exercer, de vastes espaces, et aussi tout un train d’équipages qui ne sont pas à la portée du premier venu.
- Le Faucon, qui a donné son nom à cet art très ancien, n’est pas le seul Rapace qu’on y emploie et ne comporte pas, d’ailleurs, qu’une seule espèce. En outre, il y a quelque confusion dans la nomenclature des vieux
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- auteurs sur ce sujet. Ils distinguent huit sortes de Faucons, dont les uns appartiennent à d’autres familles, tandis que les autres ne désignent qu’un seul et même oiseau, sous des noms différents. Enfin la concordance avec notre classification actuelle n’est pas absolue. On appelait faucon pèlerin un oiseau à son premier pennage, mais pris loin du nid, ce qui le distinguait du faucon niais, tandis que le terme s’applique aujourd’hui à une espèce bien déterminée et la plus représentative du type, dans nos pays.
- C’est le modèle idéal de l’oiseau chasseur avec son corps trapu, son bec fortement crochu, ses serres puissantes, ses longues ailes en faucille qui lui ont valu son nom. Comme chez beaucoup de Rapaces, le mâle est ici plus petit que la femelle et d’un plumage assez différent. Dans sa coloration la plus parfaite, chez l’adulte, il se teinte de roux presque rose sur la poitrine, finement vergetée de noir. Le dos est d’un joli bleu cendré traversé de teintes plus sombres. Les joues, noires, prolongent une moustache vers le cou, le bec est bleu noir, les pieds jaunes ainsi que la cire qui entoure l’œil, à l’iris brun.
- Il faut rapprocher de ces Faucons, les Gerfauts, qui étaient considérés comme les plus nobles représentants de la famille et atteignaient les plus hauts prix car, habitant les contrées septentrionales, il était assez difficile de se les procurer. On raconte qu’après la bataille de Nicopolis, en 1396, le sultan Bajazet refusait toute rançon ,quelle qu’elle fût, des chevaliers chrétiens qu’il tenait prisonniers, lorsque le duc de Bourgogne eut l’idée de lui proposer douze Gerfauts d’Islande... Il libéra aussitôt ses captifs !
- Ces Gerfauts étaient aussi très estimés parce qu’ils se dressent plus facilement que les autres espèces. Enfin leur grande taille, leur ardeur combative, l’impétuosité de leur vol, les rendaient précieux pour la chasse du gros gibier, et notamment pour voler le Héron, dont la poursuite donnait lieu aux plus émouvantes péripéties.
- Ce nom de Gerfaut (Hierofalco : faucon sacré), était plus particulièrement appliqué au Gerfaut de Norvège, d’un gris bleu foncé. On appelait plus volontiers « Faucon blanc » le Gerfaut blanc que l’on trouve en Islande, dans l’Amérique boréale et au Groenland.
- Qu’était-ce au juste que le Sacre, que l’on employait à voler les oiseaux de proie « ignobles » tels que la Buse et le Milan ? Certains auteurs ne le reconnaissent pas comme une espèce particulière. D’autres appliquent ce nom à un Faucon asiatique avec lequel on chasse, en Chine, le Lièvre et le Faisan. Il semble que les anciens traités désignaient ainsi la femelle du Faucon lanier, originaire de la Grèce et dont le mâle ou tiercelet aurait été alors l’Alfanet. Cet oiseau se distingue du Faucon pèlerin par sa queue plus longue, ses moustaches plus étroites et l’absence de bandes transversales sur le ventre. On ne le trouve pas en France à l’état de liberté. Mais ce qui augmente la confusion est que le Lanier actuel ne serait pas le même que l’ancien, ce dernier étant la femelle du Laneret, importé de Dalmatie. On volait avec le Lanier le Lièvre et la Perdrix.
- U Autour. — Parmi les Rapaces autres que les Fau-
- Fig. 4. — Pêche au cormoran, d’après un dessin chinois.
- cons on employait également l’Autour, en usage encore dans l’Inde actuelle. C’était un oiseau de « bas vol », à l’aide duquel on cherchait plutôt le profit de la chasse ; car il permettait de nombreuses prises et deux Autours suffisaient pour survoler une plaine, aux extrémités de laquelle on plaçait chacun d’eüx. C’est un grand Rapace,
- Fig. 5. — Un rémora, observé vivant dans un bac au laboratoire maritime de Concarneau.
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- de 1 m 20 d’envergure, hardi et puissant, au vol rapide, apprécié pour suivre dans leurs évolutions et leurs crochets les animaux coureurs, Lièvres ou bien Outardes, dont il finit toujours par s’emparer.
- L’Épervier. — L’Épervier est au contraire de petite taille, mais c’est un des chasseurs les mieux doués, avec ses formes minces, son bec très crochu, ses serres aiguës. On volait avec luile Faisan, la Perdrix et la Caille. Son audace est si grande qu’on l’a vu poursuivre sa proie jusque dans les habitations. Il est commun dans nos contrées où on le voit quelquefois aux prises avec les Hirondelles, qui s’assemblent en troupes pour le harceler.
- Le Hobereau et l’Émerillon. — Les Hobereaux sont plus petits encore. Ils se rapprochent des Faucons, dont ils ont les formes. Ce sont des oiseaux migrateurs qui apparaissent au printemps par couples dans nos forêts. On les apprivoise facilement.
- Enfin, près d’eux, il faut citer encore l’Emerillon, le plus petit des oiseaux de chasse, mais non le moins audacieux et qu’on réservait au vol du petit gibier.
- L’Aigle. — Pour compléter cette liste, on ne doit pas oublier l’Aigle, dont on s’est peu servi [en France, mais qui est encore en grande faveur dans divers pays, notamment chez les Kirghizes, qui l’emploient contre les grands animaux, Gazelles, Renards et même Loups.
- Malgré leur force et leur férocité naturelle, ces superbes oiseaux s’apprivoisent facilement, quand ils sont pris jeunes et on a tout le temps de parfaire leur éducation, car ils atteignent, même en captivité, un âge avancé. Brehm cite, d’après Fitzinger, un aigle doré qui vécut au château impérial de Vienne de 1615 à 1719.
- Quelques autres espèces ont été utilisées pour la chasse, mais d’une façon plus ou moins accidentelle, sur laquelle il n’y a pas lieu d’insister.
- Nous devons passer maintenant à un autre groupe d’auxiliaires ailés, celui des Cormorans.
- Les Cormorans. — Ceux-ci ont de tout temps été dressés pour la pêche par les Chinois, qui ont fait de ces palmipèdes de véritables volailles domestiques, car ils se reproduisent et éclosent en captivité.
- Pour la capture du poisson on n’a eu qu’à profiter de leurs instincts qui les poussent à pêcher et à plonger avec une ardeur jamais lasse. Leur gosier, très dilatable, leur permet d’engloutir un assez grand nombre de proies qui y restent engagées sans être avalées, grâce à un anneau dont le cou de l’oiseau a été muni. Quand celui-ci ne peut plus en absorber, il revient à terre ou à bord de la barque de son maître et dégorge ses victimes. Lorsque la récolte paraît suffisante, on lui retire son collier et on lui abandonne sa part du festin.
- ♦ ¥
- Nous ne comprendrons pas, au nombre des Oiseaux de chasse, tous ceux qu’on utilise pour attirer le gibier sans qu’ils jouent aucun rôle actif dans sa capture. C’est, par exemple, le cas des Hiboux Grands Ducs, qu’on place sur un piquet pour faire accourir de toutes parts les Corbeaux ou les Pies. Il en est de même des Geais,
- dont les cris font se rassembler les petits oiseaux, etc. On peut classer dans la même catégorie les Corneilles qu’on attache sur le dos à une planche et qui, bien qu’elles retiennent de leurs pattes leurs semblables qui viennent les assaillir dans cette position, ne peuvent être considérées que comme des « appelants », au même titre que les Canards, Chevaliers et autres oiseaux de marais, disséminés sur les étangs ou les lagunes pour rassurer par leur présence, — même s’ils sont en bois peint, — le gibier d’eau.
- Mais, en dehors des vertébrés supérieurs, l’homme a été chercher encore des acolytes jusque chez les Reptiles et les Poissons !
- L’un de ces derniers a été jadis le héros des plus extraordinaires légendes. Ne l’accusait-on pas de retenir les vaisseaux et de les immobiliser, même dans les plus violentes tempêtes ? En fait, comme dans toutes les légendes, il y avait un vague fond de vérité dans celle-ci.
- Le Rémora. — Le poisson dont il est question est YEcheneis Rémora caractérisé par une très curieuse différenciation de sa première nageoire dorsale, modifiée en un disque ovale placé au-dessus de la tête et composé de lamelles transversales mobiles qui permettent à l’animal de se fixer fortement aux objets en flottaison.
- L’adhérence est si forte qu’il faut les plus grands efforts pour détacher le poisson de son support, si on le tire en arrière. On le libère au contraire en le poussant en avant et en rabattant ainsi les lamelles.
- Bien entendu le Rémora, qui n’a guère qu’une quarantaine de centimètres, ne peut arrêter aucune embarcation. Mais les indigènes de divers pays l’emploient d’une façon originale. Ils lui fixent à la queue un anneau, muni d’une longue ficelle, puis le jettent à l’eau, au voisinage d’une tortue, sous laquelle il va aussitôt se fixer. Il n’y a plus alors qu’à haler sur la ficelle, pour ramener le butin.
- Et, pour terminer, citons maintenant deux « Serpents de chasse ».
- Serpents de chasse. — Le premier n’est autre que le Boa, la Giboia des Indiens du Brésil qui, lorsqu’elle n’est pas de proportions trop inquiétantes, tolèrent sa présence dans les habitations où elle fait la nuit une chasse très active aux Chauves-Souris et aux Rats.
- L’autre est la terrible Vipère Céraste que, dit-on, les nègres de la forêt du Congo emploieraient ainsi : ils attachent le reptile, de façon qu’il ne puisse s’écarter, sur les pistes suivies par les grands Herbivores. Quand l’un de ceux-ci approche, il foule aux pieds le serpent, mais, en même temps, ne peut guère éviter sa morsure, presque toujours mortelle. Les chasseurs n’ont plus alors qu’à prendre la trace du mammifère et réussissent la plupart du temps à le rejoindre, agonisant. Comme le venin n’agit que sur le système nerveux, la chair reste parfaitement comestible...
- Et, de toutes les méthodes que nous avons décrites, celle-ci est sans conteste celle qui demande au chasseur le moins de soins et de persévérance pour obtenir le parfait « dressage » de son allié.
- F. Husson.
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- UN CURIEUX DOMAINE DE LA MÉCANIQUE
- LES SÉLECTEURS OSCILLANTS 1
- Nous voudrions attirer aujourd’hui l’attention de nos lecteurs sur un domaine assez peu connu de la télémécanique où se rencontrent les dispositifs les plus singuliers. Il s’agit de certains types de « sélecteurs » vibrants ou oscillants qui permettent à des mécanismes commandés à distance de reconnaître et d’exécuter des ordres reçus sous forme d’impulsions électriques, musicales ou rythmées, arrivant soit par fil, soit par T. S. F.
- Rythme et note musicale étant précisément les éléments de la musique, on peut dire que ces appareils obéissent à une mélodie bien déterminée envoyée sous forme électrique et, en fait, ils peuvent reconnaître des morceaux de concerts et même des phrases parlées.
- S’il s’agit d’envoyer des commandes par les câbles déjà existants d’un réseau lumière, par exemple, les transmissions oscillantes présentent le plus haut intérêt parce qu’elles permettent la suppression de tout « fil pilote », la commande circulant dans les câbles ordinaires sous forme de courants à fréquence musicale superposée au courant principal. On peut, de la sorte, commander à distance des compteurs change-tarifs, des sous-stations automatiques ou encore l’allumage et l’extinction des candélabres.
- Si l’on suppose, au contraire, que les signaux arrivent par T. S. F., la double sélectivité électrique et mécanique, des appareils permet de reconnaître entre tous le signal caractéristique, par exemple celui de l’heure s’il s’agit de la remise à Vheure automatique des horloges par T. S. F.
- C’est ce dernier problème, l’un des plus intéressants de la mécanique, que nous examinerons tout d’abord. Nous y joindrons, par la force des choses, le problème de la synchronisation qui constitue une véritable sélection continue en sorte que toutes les solutions envisagées
- 1. La remise à l’heure automatique des pendules par émission radioélectrique : par Marius Lavet. (Tiré à part Revue Générale d’Électricité et 25 février 1928, t. XXIH, p. 353 à 366). Étude présentant de très nombreuses références de bibliographie et de brevets et à laquelle nous avons emprunté un certain nombre de dessins.
- — La synchronisation et la remise à l’heure des pendules destinées aux usages courants par Marius Lavet (Revue Scientifique et la France horlogère, 1932) à laquelle nous empruntons également des croquis.
- — Système d’action à distance, pour la commande sans fil pilote sur les réseaux de distribution d’énergie électrique, des appareils de tarification et d’utilisation — par M. Chirol. (Revue Générale d’Électricité, 14 novembre 1931, t. XXX, p. 795).
- — Voir aussi J. Béthenod, dans la Revue Générale d’Électricité. 25 juin 1932, t. XXXI, p. 877.
- Fig. 2. — Différents types de récepteurs polarisés pour la transmission discontinue.
- Fig. 1. — Compteur « change-tarifs » réglé à distance par courants oscillants (Cie des Compteurs).
- pour l’une conviennent à l’autre presque sans modifications.
- SYNCHRONISATION ET HORLOGERIE
- La synchronisation est un point très important en horlogerie, puisqu’il s’agit, en somme, de maintenir en concordance toutes les horloges dont on dispose, ce qui est bien le moindre devoir d’un horloger! Mais la question peut se présenter de deux manières.
- Ou bien les horloges distributrices seront conduites directement par l’horloge centrale, ou « horloge mère », grâce à des impulsions électriques se succédant périodiquement, soit à de grands intervalles (30 secondes), soit à chaque battement de balancier. On aura alors affaire à un réseau de distribution de l’heure.
- Ou bien encore, l’installation se composera d’horloges distributrices complètement indépendantes, de qualité moyenne, mais remises à Vheure à de grands intervalles (toutes les 24 heures, par exemple) par une impulsion électrique spéciale provenant de l’horloge mère, d’un poste de T. S. F... ou d’un interrupteur manœuvré à la main !
- Examinons rapidement ces différents systèmes.
- LE MÉCANISME DÉLICAT DE « L’EFFET SYNCHRONISANT »
- Dans la distribution discontinue de l’heure par impulsions de trente secondes en trente secondes, ou de minute en minute, on ne peut dire qu’il y ait une sélection véritable, l’action motrice très énergique se trouvant imposée à toutes les horloges distributrices, contraintes d’avancer d’un cran. La figure 2 représente un certain nombre de récepteurs polarisés, très supérieurs aux récepteurs à électro-aimants, utilisés dans ce système. La remise à
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- Fig. 3. Synchronisation oscillatoire dans la distribution continue de l'heure* (Ato).
- Fig. 4.
- - Horloge distributrice à entretien électrique local (Ato).
- l’heure éventuelle se fait par des émissions de courant effectuées à la main.
- Les choses sont toutes différentes dans le cas d’une distribution de l’heure par synchronisation des balanciers (fîg. 3); ici l’on utilise des impulsions électriques faibles, dont l’efficacité est due uniquement à ce que la condition de résonance se trouve remplie. Une propriété sélective apparaît ainsi, les balanciers conduits restant rebelles, malgré leur légèreté, à toute impulsion étrangère.
- Ce problème des balanciers synchronisés, si simple d’aspect est un des plus difficiles de la mécanique; il a exercé, successivement la sagacité des plus grands savants, parmi lesquels Foucault et Cornu (1). L’effet de l’impulsion électro-magnétique est double; tout d’abord, elle fournit du travail moteur qui compense les pertes (fonction d’entretien) et en second lieu elle corrige les petites différences entre la période propre du balancier et la période imposée (fonction synchronisante). Voici la
- théorie élémentaire de cette dernière action.
- Lorsque le balancier tend à prendre de l’avance, par exemple, il reçoit l’impulsion après le point mort, ce qui a pour effet d’allonger la durée d’oscillation ; l’effet inverse se produit si le balancier a tendance au retard.
- Mais les choses se compliquent ' si le balancier entraîné possède une certaine «indépendance de caractère », autrement dit s’il est très lourd, isochrone et peu amorti; dans
- 1. Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, avril 1894, tome XI, n° 107.
- ce cas, la durée des oscillations est pratiquement cons-
- tante et égale à
- à * Vé
- , les petites impulsions motrices
- ayant pour unique effet d’augmenter l’amplitude au delà de toutes limites sans exercer de synchronisation.
- On est donc conduit à cette condition paradoxale que les balanciers doivent être légers, amortis au besoin, et défectueux au point de vue de Y isochronisme ! Nous verrons plus loin (fig. 14) un dispositif de sélecteur à pendule lourd qui permet de préciser ce qu’il faut entendre par un tel isochronisme imparfait.
- En pratique il faut obtenir :
- a) une marche synchrone à amplitude modérée,
- b) une amplitude à peu près constante malgré les variations de la valeur des impulsions motrices et des résistances passives.
- c) des déphasages très faibles entre le balancier conducteur et le balancier conduit, en vue de la transmission de l’heure à une faible fraction de seconde près (1/100 de s.).
- d) une bonne stabilité de marche malgré les perturbations accidentelles telles que les vibrations ou la dilatation de la tige du balancier.
- Ces conditions ont été heureusement réalisées dans le système de distribution de l’heure représenté par la fig. 3 (Ato) (i).
- On remarquera que les balanciers conduits battent deux fois plus vite que le balancier de l’horloge mère.
- Le système de la synchronisation continue par l’intermédiaire du balancier a l’avantage d’une concordance parfaite et d’une consommation de courant extrêmement réduite; il présente par contre cet inconvénient que les horloges distributrices ne peuvent être remises à l’heure à distance et doivent être relancées à la main après un arrêt. Pour ces raisons, on l’emploie surtout pour des pendules d’intérieur.
- PEUT-ON 'SYNCHRONISER LES HORLOGES MÉCANIQUES?
- Il est d’ailleurs possible, bien que le cas soit assez rare, de synchroniser des horloges à poids ou à ressort (ou des horloges électriques à entretien indépendant) en agissant de la même façon sur le balancier. Dans ce cas, les impulsions deviennent uniquement synchronisantes. On remarquera qu’il n’est pas nécessaire, si la qualité de la pendule à corriger est très bonne, que ces impulsions soient répétées à chaque oscillation; il suffit qu’elles se produisent à. intervalles plus ou moins grands, pourvu que le balancier conduit n’ait pas le temps de se déphaser de plus d’un quart de période.
- A ce système il faut rattacher celui qui consiste à faire agir les impulsions sur un mécanisme « Avance-Retard » de réglage du pendule, à peu près comme on le ferait à la main. Ces deux derniers systèmes mettent bien en évidence ce caractère de la synchronisation d’être une remise à Vheure continue.
- UN EXEMPLE HISTORIQUE DE « SYNCHRONISATION POLYPHASÉE »
- Plusieurs impulsions sinusoïdales déphasées, s’exer-
- 1. Brevets français 583.331 de 1923 et 643 873 de 1927.
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- çant sur un mobile unique peuvent fournir une véritable synchronisation rotative. Tel est le principe de la distribution de l’heure, système Thury, présenté à l’Exposition de 1900. L’horloge mère était une commu-tatrice dont le mouvement était régularisé par un pendule conique.
- Une semblable distribution peut être réalisée avec une source à courant continu et un distributeur tournant (fig. 6). La rotation des moteurs récepteurs peut alors être très lente (x).
- PRINCIPE DES HORLOGES-SECTEUR
- Dans cette voie on peut se proposer d’obtenir la synchronisation des horloges réceptrices avec le secteur, c’est-à-dire en définitive avec les alternateurs de la centrale génératrice et cela sans aucun organe à mouvement alternatif, à l’aide de moteurs synchrones.
- Pour que l’heure ainsi obtenue soit correcte, il est indispensable que la fréquence du réseau soit régularisée de telle façon que les variations inévitables de vitesse des alternateurs se compensent et que le nombre de « kilocycles » par jour soit constant. Cette condition se trouve réalisée sur des réseaux étendus en Amérique, en Allemagne et dans une partie de la région parisienne.
- Si les horloges réceptrices sont munies de véritables
- Fig. 6. — Récepteurs à moteurs rotatifs synchrones (Système Thury, Lavet, Favre-Bulle).
- moteurs synchrones à aimant ou d’un moteur à roue phonique (fig. 7), il est nécessaire de les relancer après un arrêt. La fig. 8 représente un type intermédiaire à moteur asynchrone synchronisé qui démarre comme les horloges Thury pour s’ « accrocher » ensuite au synchronisme.
- Nous verrons plus loin (page 264, colonne 1), qu’il existe d’autres systèmes bien différents empruntant le réseau lumière pour la synchronisation par des courants spéciaux superposés au courant principal.
- L’inconvénient des horloges-secteur est que, même si elles repartent spontanément après un arrêt, elles n’en ont pas moins perdu Vheure. Les horloges à barillet remonté électriquement ont précisément été créées pour y remédier; elles comportent (2) un disque moteur, sur lequel agit un inducteur analogue à celui de la fig. 8, et qui est calé sur l’axe du barillet à la place du carré de clef. Le reste de l’horloge est constitué comme un mouvement mécanique ordinaire.
- Quand on met le courant, le disque commence par
- 1. Brevets 516 987 et 515 854, Lavet et Favre-Bulle.
- 2. Lepaute.
- Fig. 5. — Autre disposition du balancier pour l’entretien électrique
- (Brimé).
- tourner assez vite pendant 3 heures en montant le ressort du barillet, puis il prend son régime lent; le barillet contient alors une « réserve de marche » de plus de 40 heures, suffisante, par exemple, pour durer du samedi au lundi. Ces appareils donnent de bons résultats si l’échappement est bon; ils ne dépendent plus des variations ni des interruptions de l’énergie électrique.
- Ouvrons ici une parenthèse pour remarquer que cette indépendance de deux mouvements rotatifs liés, qui suppose essentiellement un second degré de liberté, est caractéristique des mécanismes contenant un différentiel. Ici, l’action différentielle provient du glissement du moteur asynchrone formé par le disque; par contre le différentiel existe matériellement dans les remontoirs d'égalité ainsi que dans le dispositif de synchronisation des grandes horloges monumentales avec servo-moteur.
- Dans ces dernières le premier « mobile » du différentiel est relié à un moteur électrique (ou mécanique) actionnant directement les aiguilles ; le deuxième est relié à une petite horloge réceptrice très soignée, synchronisée directement par l’horloge mère, et le troisième ma-
- Fig. 7. — Moteur à « roue phonique » pour horloge-secteur.
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- nœuvre le contacteur de commande du moteur électrique (ou le déclenchement du moteur mécanique).
- Ces horloges ne perdent pas V heure, en cas de panne momentanée du moteur principal : au retour de l’action motrice elles « rattrapent » rapidement leur horloge directrice, selon le principe général des servo-mécanismes et sans aucune intervention humaine.
- PINCES ET CAMES POUR LA REMISE A L’HEURE DISCONTINUE
- Yenons-en maintenant au problème de la remise à l’heure discontinue et voyons d’abord par quels organes mécaniques on agit sur l’horloge.
- Comme il faut obtenir une remise à l’heure instantanée, on n’agit pas sur le mécanisme mais sur l’aiguille des minutes, dont l’axe, dans toutes les horloges, est monté à frottement dans la roue qui fait un tour en 12 heures. La petite aiguille est alors entraînée par l’engrenage de minuterie.
- La solution vraiment « horlogère » consiste à munir l’axe de la grande aiguille d’une came sur laquelle vient appuyer un doigt (fig. 9); c’est la solution utilisée pour la remise à zéro dans les chronomètres et dans certaines machines à calculer (Payen). Le pas de spirale de la came doit être suffisant pour que la poussée du doigt la fasse tourner malgré le frottement; ce doigt est mû par un électro-aimant.
- On fait des cames « en cœur » pour la remise à l’heure ronde (fig. 13) où à plusieurs lobes, par exemple à 4 lobes pour la remise à l’heure tous les quarts d’heure (fig. 9). La fig. 10 montre une solution singulière qui a l’avantage d’être applicable, par l’extérieur, à une horloge déjà existante, c’est la « pince de scorpion », créée par Lund en 1881 et qui vient pousser l’aiguille dans la position correcte. Dans d’autres systèmes, on donne à l’horloge une petite avance systématique : l’électro-aimant a alors pour fonction de bloquer un moment l’aiguille pour la libérer à l’heure exacte.
- LES
- DEUX GRANDES DIVISIONS DE LA TÉLÉMÉCANIQUE
- Au point où nous sommes arrivés, le problème de la remise à l’heure se trouve ramené à une simple émission de courant.
- Nous entrons donc dans le domaine de
- Fig. 10. — Pince de scorpion pour la remise à Vheure (Barrau et Lund).
- Fig. 8. — Moteur asynchrone
- synchronisé pour horloges-secteur.
- Les pièces polaires portent des enroulements en court-circuit qui provoquent la formation d’un champ tournant; le rotor se met alors en marche, puis sa traverse diamétrale, en aciertrempé, s’aimante et « s’accroche » au synchronisme.
- la télémécanique générale ou action mécanique à distance.
- De plus, si nous supposons que nous possédons un fil pour relier l’horloge contrôlée à l’horloge mère, le problème est résolu, terminé. Autrement dit la question de la remise à l’heure automatique ne présente d’intérêt théorique que si l’on ne dispose, pour cette liaison, que d’un réseau parcouru par des courants étrangers (lumière, téléphone) ou de la voie radioélectrique. En un mot nous entrons dans le domaine très précis de la télémécanique sans fil pilote, qui constitue l’un des chapitres les plus passionnants de la mécanique.
- Or, avec ou sans fil pilote, la télémécanique peut être partagée en deux grandes divisions selon les sélecteurs utilisés à l’arrivée pour « reconnaître » les ordres.
- D’une part, on peut avoir des sélecteurs d’ordres, analogues aux sélecteurs dappel employés dans certains réseaux de dispatching pour actionner une sonnerie sous l’influence d’un « indicatif » déterminé.
- Ces appareils consistent essentiellement en répétiteurs, contenant, réalisée sous une forme matérielle (roue à encoches, etc.), la figuration de l’émission à reconnaître en sorte que le déclenchement ne se produit que si le rythme de l’émission coïncide bien avec le rythme type (*).
- Un cas particulier consiste dans l’utilisation d’un signal très long qui déclenche un mécanisme à retardement. Cette solution proposée par Ferrié convient 'aux remises à l’heure internationales par voie de télégraphie sans fil (fig. 12). Brillié a construit un remarquable dispositif à retardement constitué par un embrayage monté sur l’axe de l’horloge qui fait un tour par minute. Il est également possible d’obtenir des effets différés, sans faire intervenir aucun retard d’origine mécanique, à l’aide de relais électriques possédant une constante de temps élevée (*).
- Fig. 9. — Horloge à entretien électrique local munie d'une came et d’un poussoir à électro-aimant pour la remise à l'heure de quart d'heure en quart d’heure (Ato).
- 1. Voir en particulier Chauveau : R. G. E., 31 décembre 192>1, t. X, p. 953 et 10 décembre 1927, t. XXII, p. 970.
- 2. Pour tout ce qui concerne la remise à l’heure par des procédés autres que la sélection oscillatoire et pour la bibliographie correspondante, voir R. G. E.,25 février 1928, t. XXIII, p. 353. L’ensemble des systèmes de remise à l’heure électrique peut se résumer dans le tableau suivant (Lavet) :
- — Signal isolé.
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- D’autre part on peut utiliser comme sélecteurs des éléments oscillants : balanciers, cadres galvanomé-triques, lames vibrantes. C’est le sujet qui nous occupe aujourd’hui. Moins générale dans son principe théorique que le système précédent, puisqu’elle exige des signaux rythmés, elle procure une extrême sensibilité (environ 1 milliwatt contre 1/2 w pour les systèmes à électroaimants). De plus, le récepteur oscillant « tolère » une émission défectueuse où manqueraient un ou deux signaux, au lieu que la moindre irrégularité fait « rater » un répétiteur.
- SÉLECTEURS OSCILLANTS
- La sélection oscillatoire s’apparente étroitement à la synchronisation oscillatoire en sorte que nous allons retrouver ici la plupart des solutions déjà étudiées.
- Voici, fig. 13, le schéma du système Brillié (1922) basé sur l’emploi d’un voltmètre oscillant dont la période est de 1 seconde; ce voltmètre entrait en résonnance et venait produire le contact K de remise à l’heure pour 3 traits d’une seconde espacés d’une seconde et faisant
- Réxptem
- Fig. 12. — Remise à l’heure par signal long grâce à un relais différé à dash-pot (Brillié).
- partie des signaux de la Conférence internationale de l’heure de 1913. En remplaçant le relais par un « monotéléphone » qui ne vibre que pour une certaine fréquence musicale, on peut obtenir un nouvel étage de sélection mécanique.
- Le dispositif représenté par la fig. 14 est extrêmement intéressant. Il comporte un pendule lourd non isochrone, par suite de la présence du petit ressort r , qui prend appui sur une came spéciale fixe C. Pour une certaine amplitude a, la période est égale à la période du signal horaire de l’Observatoire (60/61 de seconde); elle est plus brève pour une amplitude supérieure et plus longue pour les petites oscillations.
- A chaque « top » de l’Observatoire, le relais R envoie un courant dans la bobine B, mais la disposition des
- — Signal formé de traits et de points (cf ci-dessus système Chauveau).
- — Signal long avec récepteur à effet retardé (ci-dessus).
- — Résonance avec des signaux horaires internationaux (signaux télégraphiques).
- — Résonance avec un signal spécial de radiophonie (cf. fig. 15).
- i .»
- Fig. 11.— Conlacteur automatique pour l’émission de signaux horaires radiotélégraphiques (Lepaute).
- contacts, r( et r2 est telle (r4 suit le pendule vers la droite, mais r2 bouge très peu) que le pendule ne reçoit d’impulsion motrice que s’il passe par la verticale un peu après chaque « top ».
- Dans ces conditions, le pendule se met à osciller avec sa fréquence propre (voir ci-dessus page 260, colonne 1 l’observation sur l’entretien des pendules lourds), mais avec une amplitude croissante; cet accroissement de l’amplitude se traduit, d’après la construction de l’appareil, par une diminution de la période propre en sorte qu’un moment arrive où le pendule tend à se déphaser en avant et cesse, par suite, de recevoir des impulsions, par l’effet de l’interrupteur rg. Lorsque l’amplitude, après la fin du signal rythmé, devient plus petite qu’une certaine valeur a! (plus petite que a), l’électro-aimant Eg cesse d’agir sur le poussoir et l’horloge repart. Il suffit donc de déterminer par tâtonnements le temps exact que met le pendule pour revenir à l’amplitude a! et d’effectuer le calage de la came en conséquence (i).
- 1. On trouvera dans R G E du 28 février 1928, t. XXIII, p. 361, la description, la critique et la bibliographie d’un brevet de la Junghaus Gesellschaft utilisant un balancier circulaire.
- Fig. 13. — Remise à l’heure au moyen d’un voltmètre entrant en résonance avec le signal rythmé de l’heure.
- A la résonance, l’aiguille K du voltmètre J vient toucher le contact 1, provoquant la remise à l’heure. L’appareil est mis en circuit seulement au voisinage de l’heure par le passage de l’aiguille sur le secteur A.
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- Récepteur \
- Fig. 14. — Pendule sélecteur non isochrone.
- (Pour le fonctionnement voir le texte page 263). (Ato).
- UN SÉLECTEUR QUI “ RECONNAIT ”
- LES PHRASES PARLÉES !
- En ce qui concerne la remise à l’heure au cours des émissions radiophoniques, on a préconisé l’utilisation d’un signal rythmé formé de « traits » musicaux qui pourraient être émis sans inconvénient au cours d’un concert (traits de 1/4 de seconde espacés de 1/4 de seconde). La réception peut alors être effectuée avec l’appareil extrêmement simple représenté fîg. 15, qui permet la remise à l’heure tout les quarts d’heure. Le dispositif à crochet assure un contact franc suivi de l’arrêt du pendule.
- Le relais peut être à lampe ou formé d’un contact microphonique (fig. 16); le récepteur de T. S. F. peut alors être de qualité très ordinaire.
- Fig. 16. — Bêlais microphonique pour l’appareil de la fig. 15.
- Ce système pourrait être étendu sans difficultés à la remise à l’heure généralisée par des courants de fréquence musicale « injectés » dans les réseaux lumière ou téléphone. Une telle organisation serait économique, du fait que le poste central est constitué par une simple horloge à contacts et un vibrateur; on pourrait donc l’adopter dans des villes peu importantes.
- En ce qui concerne la remise à l’heure par voie radioélectrique, la sensibilité a pu être poussée à ce point que l’appareil reconnaît la phrase de l’annoncier; « A notre chronomètre X... il est exactement... » Toutefois des déclenchements intempestifs peuvent être produits par certains pas redoublés ou marches militaires; on cite un sélecteur du type fig. 15, qui ne pouvait rester en place à l’émission de la Marseillaise !
- La science la plus austère a parfois de ces sourires.
- COMMANDE A DISTANCE DES CANDÉLABRES ET DES COMPTEURS CHANGE-TARIFS
- -V
- r
- La commande à distance avec sélection oscillatoire, mais cette fois par fil, a été appliquée récemment aux
- Récepteur
- Fig. 15. — Remise à l’heure au moyen d’un pendule oscillant sous l’effet d’émissions radiophoniques (Ato-Radiola)
- R. relais, B, bobine fixe agissant sur l’aimant A du pendule; ce dernier porte un crochet C qui, à la résonnance, vient accrocher le ressort R,, provoquant un contact franc et l’arrêt presque immédiat du pendule.
- problèmes suivants : — mise en service.des transformateurs aux sous-stations automatiques; — manœuvre des interrupteurs des appareils de chauffage à accumulation; — contrôle des enseignes lumineuses et autres circuits privés; — allumage, mise en veilleuse, extinction des candélabres ; — manœuvre des compteurs change-tarifs.
- Deux solutions différentes peuvent être envisagées selon qu’on s’adresse à des équipages mobiles à mouvements lents, comme ceux que nous venons de passer en revue ou à des lames vibrantes.
- Voici le principe de la commande des candélabres par relai voltmétrique oscillant.
- Au poste central du quartier (sous-station) se trouve un émetteur à lampe permettant d’obtenir deux fréquences de courant (fig. 18). Ce courant parvient par les câbles d’éclairage au poste récepteur (fig. 19) logé dans le pied du candélabre, traverse un circuit d’accord puis un contact rectifiant à oxyde de cuivre et vient mettre
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- Relais téléphonique
- Sélecteur oscillant~
- Porte a ouvrir
- ionnerie électr.
- Fig. 17. — Voici une application amusante du sélecteur oscillant: ouverture d’une porte de garage sous l’influence des signaux rythmés émis par un klaxon (prière de lire; serrure électrique).
- en mouvement un voltmètre à aimant ou « oscillateur ». A la résonance, cet oscillateur ferme le contact de mise en marche du moteur qui effectue la manœuvre et qui, de plus, change l’accord du circuit local (dispositif non représenté sur la figure) en sorte qu’une émission de fréquence différente sera, maintenant, nécessaire pour agir sur l’appareil.
- Nous ne pouvons entrer dans de longs développements sur ce système qui est actuellement en cours d’expérimentation.
- ET VOICI LES SYSTÈMES A LAMES VIBRANTES
- Une lame vibrante, logée à l’intérieur d’une bobine, constitue un sélecteur extrêmement simple pour les'
- Fig. 18. — Emetteur de courant à fréquences musicales pour la com-jj mande à distance des coniacleurs de candélabres. (Brillié).
- Barres du réseau n
- Condensateur de couplage
- Condensateur
- Secondaire
- lampe
- d'émission
- Self du circuit oscillant
- Transformat.rde chauffage
- TransformatT de tension plaque
- Balancier
- rythmant (J)
- Secteur alternatif
- lampe ( éclairage norma,
- j Lampe 'éclairage réduit
- Contact de maintien
- Extinction
- Contacteur
- tournant
- IVallumage
- Moteur du contacteur
- Oscillateur a très basse fré-quence
- Contact de l'oscillateur
- ÏRedresseur a oxyde de cuivre
- Condensateur
- Self
- Circuit
- oscillant
- Secteur
- Fig. 19. — Poste récepteur logé dans le pied du candélabre.
- (Schéma simplifié). Ai la résonnance, le voltmètre.à aimant oscillant ou «oscillateur» fermé le contact du moteur; la manoeuvre commencée se poursuit; par l’effet du « contact de maintien ».
- j
- courants de fréquence musicale; la seule différence théorique avec les appareils précédents sera qu’il ne peut y avoir ici accumulation d’énergie, en sorte qu’il faudra utiliser l’çnergie de la lame, pour la commande, pendant toute la [durée de sa vibration; on y parvient en la faisant agir par un petit cliquet sur une roue à rochet.
- La figure 20 représente un récepteur à deux manœuvres (allumage et extinction, par exemple) de la Compagnie des Compteurs. Deux lames vibrantes,
- l
- F ig. 20. — Relais à deux manœuvres mû par deux lames vibrantes.
- Les lames Fl et F2 attaquent par leurs cliquets I, et Iâ, les roues à rochet Q1 et Q2 solidaires respectivement des planétaires d’un différentiel dont Y est un des satellites. Les enroulements sont shuntés par un condensateur accordé sur une fréquence intermédiaire entre les fréquences propres des deux lames. Cette disposition permet la marche avant et arrière.
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- = 266 ............................:...........'.—
- accordées pour les fréquences /, et /2 agissent sur les deux roues planétaires d’un petit différentiel, provoquant ainsi la rotation de l’arbre de commande qui porte les satellites, en avant ou en arrière. Nous retrouvons ici (cf page 261, colonne 2) le principe général du différentiel qui permet de provoquer une rotation de course résuite au moyen d’un organe dont la course peut être, en cas de signal prolongé, beaucoup plus longue. Ces sélecteurs à lames vibrantes sont robustes et ont donné de bons résultats, notamment dans les compteurs change-tarifs où ils permettent de supprimer l’horloge locale. L’émission de courant à fréquence musicale est produite
- par un alternateur spécial assez puissant, contrôlé par un régulateur de fréquence.
- Tels sont les aspects variés et parfois singuliers de ce vaste domaine de la sélection oscillatoire que nous n’avons fait que parcourir aujourd’hui. Nous nous sommes placé à un point de vue de culture générale; les spécialistes trouveront dans les études que nous indiquons les références bibliographiques qui leur permettront de pousser la question à fond.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- L’INDUSTRIE DES PARFUMS A GRASSE =
- « Grasse est la ville des jardins et des fontaines. Les jasmins, les tubéreuses, les jacinthes, les roses s’épanouis-
- sent à ses pieds, lorsque la neige couvre encore les Alpes voisines. Ce n’est point uniquement par amour des beautés de la nature que ses habitants entretiennent autour de ses murs cette ceinture odorante : indépendamment des couleurs dont elle émaillé la campagne, elle a le mérite d’alimenter un commerce de parfumerie très considérable ; les fabriques du quartier Saint-Martin et des boulevards de Paris sont presque toutes à Grasse.
- Ce que J.-J. Baude écrivait dans la Revue des Deux Mondes en 1847, reste vrai aujourd’hui.
- L’arrondissement de Grasse est le centre par excellence de la culture des plantes et des fleurs destinées à la parfumerie. De nos jours, quelle que soit la route que l’on prenne, de Nice ou de Cannes, toujours le regard se porte sur les plantations de roses ou de jasmins.
- LES CULTURES FLORALES A GRASSE
- La guerre a eu une influence considérable sur ces cultures. Elle les a accrues. Les ventes de parfums se sont multipliées pendant cette période. Il s’est produit ainsi
- un déficit qu’il a fallu combler à tout prix, si l’on voulait satisfaire à toutes les demandes. Les parfumeurs se sont faits horticulteurs. Les plus grands établissements possèdent, à l’heure actuelle, de vastes domaines, où la fleur est cultivée pour la parfumerie : plantation industrielle de lavande, de tubéreuse, de basilic (fig. 1), d’iris. La magnifique revue, les Parfums de France, que dirige M. Élie Maunier, conseiller du Commerce Extérieur, fournit à ce sujet une documentation illustrée hors de pair.
- La tâche du parfumeur devenu horticulteur était lourde : le terrain ne se prêtait pas toujours à la culture du jasmin, dont la fleur était particulièrement recherchée. Mais les prix montaient. Ils passaient de 3 fr à 37 fr le kilo dé" fleurs de jasmin. Devant de tels résultats, le paysan se mit, lui aussi, à épierrer son champ et à le couvrir de plants fructueux Actuellement le pays environnant Grasse possède 500 ha plantés en jasmin. L’hectare renferme 10 000 plants. Mais le kilo de fleurs de jasmin est tombé à 5 fr 50.
- Il y a d’autres plantes à parfum. Autour de Grasse, de Cannes, de Pégomas, sur les coteaux de Saint-Jean-net, de la Colle, de Saint-Paul, on trouve la rose, la fleur d’oranger, la violette, la cassie, la jonquille, le mimosa, le réséda, l’œillet. En 1929, les plantations de tubéreuses étaient abandonnées depuis quelque temps. Les prix étaient insuffisants pour rémunérer une culture
- iicate, qui exige de grosses avances. Le bulbe jeune, en effet, ne commence à donner des fleurs qu’après avoir été mis en terre deux ou trois saisons. En 1930, il y eut une reprise: le kilo rendu à l’usine était passé de 12-13 fr à 20 fr; il est retombé à 12 fr en 1931.
- Les floraisons sur les terrasses se succèdent de façon ininterrompue : de décembre à avril, la violette, le narcisse, la jonquille, le mimosa; en mai, la rose et l’oranger; en juin, le réséda, l’œillet et le genêt; en juillet-août-septembre, le jasmin, la tubéreuse, la lavande, la menthe; en octobre, la cassie.
- Dans la région de Grasse, les fleurs récoltées pour la
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- Fig. 2. —- Une grande usine de parfums à Grasse : les Etablissements Eoure-Bertrand fils et Duponl.
- parfumerie atteignaient, en poids, année courante, le chiffre respectable de sept millions de kilos. Il est tombé à six millions, en 1932 et se décompose ainsi : 1 600 000 kg de fleurs d’oranger; 800 000 kg de rose; 800 000 kg de jasmin;
- 40 000 kgd’œillet ; 12 000kgde jonquille ; 90 000kg de mimosa; 145 000 kg de feuilles d’oranger;
- 20 000 kg d’estragon ; 85 000 kg de sauge sclarée;
- 50 000 kg de verveine, etc. De telles quantités sont la preuve d’une activité qui résiste victorieusement aux assauts de la crise.
- L’INDUSTRIE DES PARFUMS A GRASSE
- Grasse est une station climatique. L’hiver la voit envahir par une élégante clientèle cosmopolite. Même en été, l’étranger aime s’y reposer. Le site est charmant; le ciel merveilleusement bleu. Du haut des terrasses, le panorama est incomparable sur les ondulations légères de la plaine, et, plus loin, vers le golfe de la Napoule. Mais un élément de ce paysage, humain par excellence, ce sont les usines qui piquent, de leurs teintes grises, ocres ou blanches, le maquis provençal (fig. 2).
- Grasse possède plus de trente-deux usines de parfums. Cette industrie remonte au xvie siècle; elle s’établit en France à la suite de Catherine de Médicis. Tandis que la tannerie et l’huilerie, jadis florissantes, disparaissent, elle a suivi une marche ascendante. Quelques établissements sont fort anciens : Chiris date de 1768; Fra-gonard de 1782; la fabrique de matières premières pour la parfumerie Branscourt, de 1812. En outre, l’arrondissement de Grasse possède des coopératives de transformation de fleurs en matières premières pour la parfumerie, qui sont surtout destinées à l’exportation. Plus de quatre mille propriétaires y sont intéressés. Elles sont outillées pour la distillation à la vapeur et aux hydrocarbures. A Grasse même, on peut citer Cooparfums et l’Union Florale.
- La main-d’œuvre occupée pendant l’été est évaluée à trois mille personnes. Pour être plus précis, nous dirons que la maison Chiris, par exemple, en emploie quatre cents environ. Main-d’œuvre française et italienne : les Piémontais, sobres et laborieux, viennent, nombreux, à Grasse. Très assimilables, ils s’installent définitivement dans le pays et ne tardent pas à demander leur naturalisation. Le métier est bon, car, en temps normal, les usines travaillent toute l’année.
- L’EXTRACTION DES PARFUMS
- Une fois la fleur reçue (%. 3) et triée (fig. 4), plusieurs traitements peuvent être suivis. Un procédé très ancien est celui de la macération dans des corps gras, huile d’olive ou graisse, qui sont des dissolvants (fig. 5). On fait fondre au bain-marie la graisse parfaitement purifiée, à une température de 60°, on y incorpore des fleurs jusqu’à saturation de la matière grasse. La macération dure un quart d’heure; puis les fleurs sont brassées sur de grandes passoires et épuisées sous des presses hydrauliques. La pommade parfumée ainsi
- obtenue est traitée par l’alcool de betterave à 95°, qui s’empare du parfum; après glaçage et filtrage, on obtient l’extrait de fleurs d’oranger ou de rose.
- On pratique aussi la distillation (fig. 6). Les fleurs sont placées dans une chaudière, et doivent baigner complètement dans l’eau. Les premiers appareils étaient chauffés à feu nu, ce qui donnait lieu à la formation de produits pyrogénés. Les alambics de nos jours utilisent pour la distillation le chauffage à la vapeur d’eau, par ébullition ou vapeur sèche, de conduite plus régulière et plus rapide, on obtient ainsi l’essence de Neroli bigarade et l’eau de fleurs d’oranger; ou l’essence de rose et l’eau de rose. Quelques chiffres préciseront les quantités de fleurs nécessaires : un kilo d’essence de Neroli, qui est la base de toutes les eaux de Cologne, exige mille kilos de fleurs d’oranger; un litre d’eau de fleurs d’oranger, un kilo de fleurs. Pour un kilo d’essence de rose, il faut cinq mille kilos de fleurs ; pour un kilo d’eau de mse, un kilo de fleurs.
- Ces deux systèmes sont traditionnels pour la fleur
- Fig. 3. — Un arrivage de roses à l’usine.
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- Fig. 4. — Le triage des roses.
- d’oranger et la rose. Ils ne valent rien pour le traitement de fleurs délicates comme le jasmin et la tubéreuse; elles renferment une trop faible quantité d’essence pour être traitées par la distillation; la macération à chaud dans les corps gras étoufferait la fleur. Aussi utilise-t-on le procédé de l’enfleurage à froid (fig. 7). Les fleurs fraîches sont placées sur des châssis dont le fond de verre est recouvert de graisse, sur ses deux faces. On les change tous les deux jours. L’opération dure trois mois. Pendant ce temps, la fleur vit, l’absorption de son parfum se fait lentement; elle arrive à donner tout l’arome qu’elle possède, suivant l’ordre de volatilité de ses nombreux constituants : acétate de benzyle, acétate de linalyle, alcool benzylique, linalol, anthrany-late de méthyle, indol, etc. Lorsque, avant d’expirer, la fleur donne des signes de fermentation, alors tout doucement, la fleur de jasmin exhale son parfum frais jusqu’à épuisement; la graisse l’absorbe et le conserve. Le procédé a des inconvénients : la fabrication est forcément limitée par les exigences d’une main-d’œuvre
- Fig. 5. — L'extraction des parfums :
- Salle des bains-marie, fabrication des pommades à chaud (Etablissements Roure-Bertrand).
- assez considérable et d’un matériel encombrant et coûteux. Mais en utilisant la survie de la fleur, l’enfleurage à froid « donne une note plus vraie du parfum ». La pommade obtenue est ensuite traitée à l’alcool à 95°. Un kilo de pommade qui a reçu deux kilos et demi de fleurs donne environ sept grammes d’essence.
- De nos jours, l’industrie de la parfumerie se rallie de plus en plus à un système plus rapide : la fleur est traitée par des dissolvants volatils ou hydrocarbures : éther de pétrole rectifié ou benzine rectifiée (fig. 8). Il fut imaginé, il y a près d’un siècle, par Robiquet. Massignon le rendit industriel. Il fallut encore longtemps avant qu’il fût mis en pratique. Il est entré vraiment dans le domaine de la réalisation, au début de ce siècle. Il n’a pas peu contribué à donner une impulsion nouvelle à l’industrie des parfums. Après avoir été broyée, la fleur est mise en présence de l’éther de pétrole, pendant une dizaine d’heures. Lorsque l’éther est saturé, il est distillé dans le vide. « Repris par l’alcool, débarrassé des cires inodores, le parfum pur constitue sous le nom de parfum sans cire ou absolu le dernier perfectionnement ». Mais le procédé a son défaut, comme l’écrit M. E. Maunier, il « asphyxie brutalement la délicate fleur de jasmin qui garde de ce fait, sans le céder, une partie de son parfum avec elle ».
- L’INDUSTRIE DES PARFUMS A GRASSE DEVANT LA CRISE ÉCONOMIQUE
- Les chiffres montrent, mieux que tous les développements, l’importance des affaires traitées par les parfumeurs de Grasse : 180 millions de francs, dont 115 pour l’exportation. Le monde entier, en effet, est le client des fabriques grassoises. Depuis 1914, la consommation s’est accrue dans de notables proportions. Anciennement industrie de luxe, la parfumerie s’est démocratisée. Ce qui ne veut pas dire que n’importe quelle essence rare soit à la portée du premier venu. Ce serait oublier les prix de revient considérables atteints par les essences. Le kg d’essence de jasmin a coûté jusqu’à 30-35 000 fr; de rose, 8000 fr; de violette de Parme, 80 000 fr. Il n’empêche que la parfumerie a pénétré des couches sociales jusqu’à nos jours réfractaires. Car il ne s’agit pas seulement de parfums, mais de savons, de poudres, de dentifrices, de fards.
- C’est ainsi que, à Grasse, le parfumeur s’est fait parfois détaillant. Il a ouvert de magnifiques salons de vente, où parfums et fards sont offerts au visiteur dans un cadre séduisant. Hiver comme été, Américaines, Anglaises, Françaises aussi, accourent, de Nice ou de Cannes, pour visiter les fabriques de parfums. Sur la route qui grimpe en lacets, des panneaux géants allèchent les moins décidées. Comment résister aux charmes conjugués des flacons de cristal et des essences subtiles présentés dans le décor moderne de la parfumerie Fragonard ou le salon provençal de Molinard jeune?
- Une telle situation n’a pas peu contribué au développement d’une industrie dont les produits font prime sur le marché mondial. Mais elle lui a suscité des concurrents dangereux. Lorsque les prix de fleurs, telles que le jasmin, sont passés de 3 à 37 fr, au lendemain de la guerre,
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- Fig. 6. — Le distilloir où l’on distille la fleur d’oranger (Etablissements Roure-Bertrand)
- le paysan grassois n’a pas été seul à se sentir attiré par une pareille aubaine. Un même désir a animé les pays voisins. Des plantations considérables ont été créées sur tout le pourtour du bassin méditerranéen. L’Italie a donné le branle. Ainsi est née une concurrence que rendaient plus rude les régimes douaniers existants.
- Les producteurs se sont alarmés, sans perdre leur sang-froid. Toutes les difficultés qu’ils rencontraient n’étaient qu’un stimulant de plus au perfectionnement d’une technique, naturellement à l’affût du mieux. Il n’est pas un instant de leur activité, où industriels et chimistes ne se] posent le problème de nouvelles améliorations. Les recherches ont porté sur la possibilité de nouveaux procédés, le traitement de nouvelles plantes. La détermination de nouveaux constituants, l’étude de nouvelles essences ont été abordées.
- On est allé plus loin : on s’est attaqué à la
- nées à accroître le rendement des plantes à parfums.
- Ainsi, une ère nouvelle semble s’ouvrir pour l’industrie grassoise de la parfumerie. Sûrs de leur technique, confiants dans la valeur de leurs produits, les fabricants à leur tour prennent l’offensive. Il va de la vitalité de leurs établissements que les menaces étrangères soient neutralisées. Sans doute l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Espagne, l’Italie, l’Égypte, la Syrie, cultivent aujourd’hui les plantes à parfums. Mais « la réunion des facteurs susceptibles de modifier les fonctions physiologiques des végétaux et d’avoir une bonne influence sur la finesse du parfum (climat, altitude, nature du sol),
- Fig. 8. — Salle d’extraction par les dissolvants volatils.
- (Etablissements Roure-Bertrand).
- Fig. 7. -— Traitement du jasmin :
- Fabrication de la pommade d’enfleurage à froid (Etablissements Roure-Bertrand).
- question des cultures florales. Le problème était double : obtenir plus de rendement en quantité et en qualité; maintenir les prix au taux le plus normal. Ainsi s’est créée l’association du Jardin d’essai des plantes à parfums de l’arrondissement de Grasse. Le jardin devait comprendre des champs d’expériences, des pépinières, un laboratoire, afin « de réunir une documentation scientifique, technique et économique, aussi complète que possible, concernant la production, l’industrie et le commerce des plantes aromatiques et de toutes autres déjà cultivées ouj^susceptibles d’être cultivées avec profit dans la région »; d’en constituer une collection, d’en préciser les aptitudes et les défauts, suivant le milieu cultural; d’organiser des recherches par la sélection ou le greffage desti-
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- confère à une essence de la région de Grasse une incontestable supériorité ». Il y a plus : ce n’est pas en vain qu’une industrie devient plusieurs fois séculaire; une tradition ne se fonde pas en quelques années; elle repose sur le travail constant et toujours progressif des générations successives.
- Pourtant la crise a sensiblement atteint la parfumerie. Le relevé des exportations effectuées, en commerce spécial, de 1927 à 1931, le prouve. Nous ne prendrons que quelques exemples significatifs. De 1928 à 1931 l’essence de rose est passée de 1618 kg à 1449; l’essence de géranium rosat de 24 674 kg à 16 759; celle d’Ylang-Ylang, de 13 058 kg à 4469. De 1927 à 1931, les eaux distillées alcooliques sont tombées de 1737 hl à 618.
- Le nombre des colis postaux contenant des articles de parfumerie a fortement diminué : 1927, 153 424; 1931, 113 956. Leur valeur marchande est passée de 63 566 000 fr à 50 366 000 fr. Pour les colis d’essences végétales, la valeur est tombée de 26 417 000 fr à 18 326 000 fr.
- Ces troubles de la production et de la consommation, pour être subis sans trop de dommage, exigent toute la prudence de l’industriel et du producteur floral. Certaines maisons, pour obvier à l’inconvénient des barrières douanières, sont allées s’établir à l’étranger. Mais ces marques françaises, tout en utilisant des procédés français, emploient pour tous les détails de la présentation, flaconnage, bouchons, empaquetages, des produits étrangers, et privent ainsi notre main-d’œuvre nationale de bien des emplois. Ne vit-on pas, sous la Monarchie de Juillet, certains fabricants de sucre alsaciens ouvrir
- des usines en pays de Bade pour échapper aux contraintes douanières ?
- C’est dans la collaboration des producteurs et des fabricants que réside sans doute la solution du problème. Apporter plus de méthode aux. cultures florales, obtenir de meilleurs rendements tout en évitant la surproduction, parvenir à un allégement des charges, qui pèsent sur le commerce de la parfumerie, telles sont les conditions qui doivent assurer la suprématie à l’industrie française de la parfumerie. C’est dans ce sens que M. Louis Dreyfus, député des Alpes-Maritimes, a pu déposer sur le bureau de la Chambre, en juin 1931, une proposition de résolution en faveur de la déclaration obligatoire des récoltes de plantes à parfums : « Ce système de la déclaration, y pouvait-on lire, serait avantageux non seulement pour les producteurs de plantes, mais aussi pour les industriels dont les dosages harmonieux ont su donner au parfum français la première place sur le marché mondial, place qu’il pourrait perdre, devant les abus déloyaux de la concurrence étrangère et dont la déclaration de récolte servira à écarter les consommateurs »... Ainsi, poursuivant la politique commerciale à larges vues qui a fait sa fortune, il appartient à l’industrie des parfums, dont Grasse est le plus beau fleuron, de se garder de droite et de gauche, pour conserver-, étayée par des pouvoirs publics vigilants, le rang éminent qu’elle tient dans le monde.
- Félix Ponteil.
- Agrégé de l’Université, Docteur ès lettres et en droit.
- LA LUTTE CONTRE LES PERTURBATIONS
- RADIO-ÉLECTRIQUES
- NOUVEAUX PROGRÈS DANS L’ORDRE TECHNIQUE, JURIDIQUE ET ADMINISTRATIF
- (Suite. V. n° 2912J
- d) Tramways et électrobus. — Nous ne sachons pas qu’en France la question ait été remise à l’étude depuis les essais faits en 1928 par le Laboratoire central d’Electricité. A l’étranger, au contraire, les recherches ont été poursuivies et de nombreuses réalisations exécutées. Depuis les applications sur les tramways de Budapest, Birmingham, Blackpool, Halle, Leipzig, Vienne, de nouvelles installations ont été faites en Grande-Gretagne, en Suisse, en Allemagne, en Italie.
- Depuis la fin de l’année 1931, les tramways de Glasgow sont munis d’un système antiperturbateur, utilisant un archet spécial et des filtres sur les moteurs.
- La question a été analysée en détail par la commission technique de la Société romande de radiodiffusion, qui a montré que les bruits de crachement caractéristiques des perturbations sont dus au roulis et au tangage des voitures. Il s’ensuit un mauvais contact de l’archet sur la ligne et des connexions des remorques, en particulier pour l’éclairage des voitures et la signalisation. La commission préconise la substitution d’archets à frotteurs de zinc et charbon aux archets
- à frotteurs d’aluminium. Il serait également préférable d’augmenter la tension du ressort de l’archet.
- Pour les funiculaires, tels que celui d’Ecluse à Plan de Neuf-châtel, le mauvais contact provient du balancement exagéré des voitures, en raison de l’élévation excessive du centre de gravité, et du graissage. Les brouillages peuvent être éliminés au moyen de deux bobines de choc de 500 microhenrys, en fil de 16 mm2 de section et de quatre condensateurs de 4 microfarads isolés pour 3000 v (5 fois la tension du réseau). Ce filtre est coûteux et encombrant,puisque à elles seules, les bobines de choc mesuraient 60 cm de hauteur et 12 cm de diamètre.
- Il est également indispensable de shunter les sonneries et systèmes de signalisation par des condensateurs de 1 microfarad environ.
- En Suisse également, la Commission fédérale compétente a chargé le Dr Gerber d’entreprendre des essais méthodiques au moyen d’un camion muni d’un radiogoniomètre, d’un récepteur, d’un oscillographe, d’un système d’enregistre-
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- ment sur disque. Le camion est placé le long d’un tronçon de ligne de tramway, dans un endroit écarté, à l’abri des autres perturbations. On tend parallèlement au fil du trolley et à la même hauteur que ce fil, à la distance de 7 m, une antenne reliée au récepteur du camion. On ramène la valeur moyenne du champ des essais à 1 m V : m modulé à 30 pour 100, au lieu de la réception.
- On dit qu’une émission parlée ayant cette intensité de champ n’est pas perturbée, lorsqu’on parvient à la comprendre en dépit des perturbations. En général, le champ de comparaison n’est effectivement que de quelques dixièmes de mil-livolt par mètre : près de Genève, à 18 h., on note 6 m V : m pour la station de Sottens, mais 0,3 m V : m seulement pour celle de Beromunster. Pour les essais le long des lignes de tramways, on règle téléphoniquement le champ de la station de Sottens à 1 m V : m avec une modulation de 30 pour 100 sur la fréquence de 1000 per : sec. correspondant à celle de la parole. Puis on enregistre sur film la réception et ses perturbations. On fait alors circuler sur la voie, les tramways, à vitesse constante, en faisant varier les conditions techniques : prise de courant vieille ou neuve, avec ou sans courant moteur, avec ou sans lumière, etc... C’est avec l’archet en charbon que les parasites sont le moins gênants.
- En Allemagne, les tramways de Neuss ont été pourvus d’un archet spécial antiperturbateur qui améliore à la fois la réception radioélectrique et l’état des lignes aériennes, dont les conducteurs s’usent plus régulièrement.
- En Italie, le problème a été traité à fond par les ingénieurs de l’Ente Italiana Andizioni Radiofoniche (E. I. A. R.) qui, en exécution du décret de juin 1928 sur les parasites, ont muni les tramways de Côme, Omegua, Padoue, Tarente, Trieste, Turin et Varèse de dispositifs antiperturbateurs. Selon les expérimentateurs, le rayonnement dû à la ligne aérienne elle-même est assez réduit.
- Le maximum de brouillages apparaît lorsqu’une voiture est en vue sur la ligne. Ils sont dus, non pas précisément au courant de traction, mais aux étincelles résultant des mauvais contacts dans les circuits des courants accessoires, tels que ceux pour l’éclairage des voitures, les moteurs des compresseurs d’air, les sonneries et services de signalisation. Un récepteur de T. S. F. normal peut déceler dans un rayon de 1 km le brouillage produit par la sonnerie d’arrêt du tramway. Mais à cette distance, le trouble qui résulte de l’arc établissant le retour du courant entre la roue et le rail est à peine perceptible.
- Les procédés d’élimination employés sont de deux sortes : filtres et blindages sur les voitures, systèmes de dérivation et de blocage sur les lignes aériennes et connexes. En outre
- Fig. 6. — Système de blocage utilisé par les tramways italiens de
- Côme.
- Voiture en marche avèc ligne bloquée
- des dispositifs accessoires peuvent être adoptés pour réduire la production des parasites.
- Sur les voitures, on place, entre l’arrivée au controller et la base de l’archet, une bobine de choc de 200 micro -henrys, susceptible de supporter le courant total.
- L’ensemble du combina-teur et des moteurs est shunté par un condensateur de filtration mis à la terre, ou plus exactement relié au châssis.
- La qualité des blindages n’est pas sans influence sur l’efficacité des mesures de protection. C’est ainsi qu’on a remarqué que ces mesures étaient bien plus efficaces sur les tramways de Turin, dont la carrosserie est entièrement métallique. Un appareil récepteur placé à 4,50 m de la voie ne peut déceler le passage d’une voiture. Ce sont là des conditions exceptionnellement favorables pour l’audition radiophonique.
- Pour éliminer les perturbations produites par les installations de signalisation électrique, on a remplacé les lampes à filament par des lampes au néon à luminescence sur les tramways de Varèse. A Padoue, on utilise des lampes au néon donnant un éclairage vert.
- En ce qui concerne les lignes, d’intéressantes mesures ont été prises sur les tramways de Varèse. De loin en loin, tous les 500 m environ, des filtres à condensateurs mis à la terre sont disposés entre la ligne et le conducteur de signalisation, qui court parallèlement (fig. 5). Nous reproduisons en outre le schéma du système de blocage employé par l’E. I. A. R. sur les tramways de Côme, système qui a donné d’excellents résultats (fig. 6). .
- D’autre part, la compagnie des tramways de Trieste s’est livrée à des essais très concluants sur un trajet accidenté le long duquel ont été mises en marche deux voitures. La première comportait l’archet normal en aluminium, la connexion en usagé pour l’éclairage de la remorque et une sonnerie avec filtre éliminateur. La seconde était munie de l’archet Fischer, d’une connexion spéciale à contact amélioré pour la remorque, enfin d’une sonnerie ordinaire à trembleur sans système de protection. Les essais faits vers 22 h. 30 ont montré l’excellente réception obtenue grâce au changement de l’archet et à la nouvelle connexion, dont les ressorts maintiennent le contact constant et évitent la production d’étincelles, malgré les chocs des voitures. La sonnerie protégée améliorait aussi l’audition, qui restait impossible avec la sonnerie du type normal non protégé.
- De ces essais nombreux et consciencieux, on peut conclure que l’élimination des brouillages produits par les tramways et électrobus est parfaitement possible, mais qu’elle entraîne évidemment des frais notables pour la transformation des voitures et des lignes. En particulier, le fait que le trolley à roulette doit être prohibé, oblige à refaire l’installation des lignes aériennes. On comprend qu’en France tout au moins la plupart des compagnies de tramways urbaines soient peu désireuses d’assumer ces frais au moment précis où l’utilisation des tramways est elle-même condamnée pour des raisons de circulation. C’est ainsi que la question ne saurai* se poser pour Paris, où un certain nombre de lignes de tramways ont déjà été remplacées par des lignes d’autobus et
- Fig. 5. — Filtres utilisés par les tramways italiens de Varèse sur leurs lignes de signalisation.
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- où cette substitution se poursuit selon un programme méthodique. Par contre, il y aurait certainement lieu de l’envisager pour les lignes de tramways de banlieue ou de province qui ne sont pas encore condamnées. A fortiori conviendrait-il de l’étudier tout spécialement lors de l’établissement de nouvelles lignes de tramways ou d’électrobus.
- e) Installations d'électrothérapie. — Les appareils d’électrothérapie sont généralement à haute fréquence et, ce qui aggrave leur cas, produisent des ondes amorties qu’on entend sur tous les réglages. Le nombre de ces appareils est considérable et leur nature très variée. Parmi les plus nocifs, il convient de signaler les petits appareils de thérapeutique domestique dits « à rayons violets », par ce que leur fonctionnement se traduit par l’illumination d’une ampoule qui prend cette couleur.
- En France, la vente des appareils domestiques et ménagers non protégés est encore libre, du moins à notre connaissance. Certains constructeurs se font un point d’honneur de ne mettre sur le marché que des appareils à haute fréquence protégés. Malheureusement, il est fort probable qu’ils resteront une minorité tant que la loi de protection contre les parasites n’aura pas été votée.
- Il existe fort heureusement des procédés simples permettant de protéger les appareils qui ne le sont pas. La fîg. 7 montre comment on installe un tel dispositif (Siemens). Un tube métallique glissé sur la poignée porte-électrode est relié par un cordon au filtre antiperturbateur, qui est intercalé entre le réseau et l’appareil à haute fréquence. Si l’appareil est manœuvré par une autre personne que par le patient, cette personne tient le tube métallique qui alors n’est pas glissé sur le porte-électrode. Ces types de filtres sont ordinairement pourvus de fusibles qui évitent les conséquences de toutes fausses manœuvres.
- En Suisse, l’administration des Postes et Télégraphes a entrepris une propagande de grande envergure pour montrer les méfaits des appareils à haute fréquence, non munis de filtres; elle s’efforce de faire l’éducation du public et des constructeurs en montrant qu’il est facile d’assurer cette protection et qu’il est du devoir de chacun de ne pas troubler les réceptions du voisin. Dans divers autres pays, la vente et l’importation d’appareils perturbateurs, non munis de filtres, est prohibée.
- La question est différente pour les installations d’électrothérapie et de radiologie utilisées par le corps médical. D’ailleurs ces installations sont en nombre relativement restreint.
- Pour l’élimination des brouillages des appareils d’électrothérapie, M. Doljansky a également proposé d’appliquer la méthode du circuit-bouchon accordé, déjà préconisée pour les tubes au néon. Le grand nombre des types d’appareils existants ne permet d’ailleurs pas l’application d’un filtre universel. Il faut tenir compte d’abord du réglage de l’éclateur, en particulier pour la diathermie. Si l’on doit faire varier la
- fréquence du courant produit, on doit corrélativement modifier le réglage du filtre, ce qu’on peut obtenir automatiquement au-moyen d’un circuit compensateur.
- La suppression des brouillages produits par les lampes de quartz à rayons ultra-violets et les tubes à néon de faibles dimensions uti-
- lisés par les médecins est obtenue en plaçant une résistance importante dans le circuit d’alimentation à haute tension.
- Les installations de radiologie ont, au contraire, une radiation beaucoup plus forte et ces moyens restent en général inefficaces, de même que les blindages. Une cage de Faraday constituée par des tôles de 1 mm d’épaisseur serait insuffisante et d’ailleurs fort coûteuse. D’après M. Doljansky, l’élimination peut être obtenue en plaçant des résistances en dérivation sur les condensateurs à haute tension du redresseur et en accordant les circuits comme précédemment. A noter que les brouillages essentiels proviennent des étincelles de grande longueur (0,1 à 0,15 m) qui éclatent pendant le fonctionnement des commutateurs tournants. La meilleure solution consiste à abandonner pour ces commutateurs l’usage des couronnes et frotteurs en métal et à les remplacer par des organes correspondants en charbon. Rappelons à ce propos que le problème de la commutation dans les machines électriques tournantes n’a été pratiquement résolu que le jour où les frotteurs au carbone ont remplacé les balais en cuivre.
- f) Télégraphe multiplex et téléphone automatique. —
- En mars 1931, une circulaire du ministre des P. T. T. prescrivait l’étude et l’application de dispositifs propres à éliminer les brouillages produits par les appareils de télégraphie multiplex (baudots, hugues, etc...)
- On sait en effet que ces appareils produisent, par induction sur les lignes téléphoniques, des perturbations fort gênantes qui affectent soit directement le récepteur, soit indirectement l’émission lors des retransmissions utilisant les lignes du réseau.
- Depuis deux ans, nombre d’installations de protection ont été faites dans les centraux télégraphiques et sur les lignes. Alors qu’avant 1931, il n’existait que 164 installations anti-perturbatrices sur appareils multiplex faites par les soins du service de la radiodiffusion, en 1931 et 1932, ce même service en a fait faire 144 nouvelles. Enfin 90 installations ont été faites spontanément par les services intéressés eux-mêmes, ce qui porte le total à 398 installations antiperturbatrices. Dans ce nombre ne sont pas comptées près de 100 autres installations dues aux services locaux.
- Sur les appareils, on utilise des résistances et des condensateurs shuntant les couronnes de transmission. Des bobines de choc arrêtent la propagation sur les fils du réseau. La protection est ainsi assurée dans un périmètre de quelques dizaines de mètres du transmetteur et des lignes aériennes. Rappelons que si une antenne subit les brouillages d’une ligne aérienne voisine, il est préférable de les éliminer en adoptant un montage anti-inducteur.
- L’administration des Postes et Télégraphes prend d’ailleurs spontanément les mesures qui s’imposent pour les installations nouvelles. En ce qui concerne les anciennes, les modifications sont poursuivies régulièrement à mesure que les brouillages sont signalés aux bureaux centraux.
- Des mesures analogues sont prises pour les installations de téléphonie automatique, pour lesquelles la question des perturbations est de première importance. L’administration postale du Reich fait également placer des filtres antiperturbateurs sur les postes de ses réseaux de téléphonie automatique.
- g) Les ascenseurs électriques. — On peut dire que depuis un peu plus d’un an, de nombreuses installations de filtres antiperturbateurs sur ascenseurs ont été faites à la satisfaction des usagers. Malheureusement, le problème reste peu susceptible de solutions générales, surtout en ce qui concerne les installations anciennes, en raison de la grande diversité des facteurs essentiels : nature du courant (continu, alternatif, mono ou polyphasé), fréquence, tension, type
- Fig. 7. — Installation d’un filtre anti-perturbateur sur un appareil électro-médical à haute fréquence.
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- des moteurs. Une bonne installation peut réduire les brouillages dans la proportion de 70 à 80 pour 100, et même parfois mieux.
- D’une manière générale, la protection est plus facile avec les moteurs sans collecteurs qu’avec les moteurs à collecteur, cet organe étant, en raison de la commutation, le siège d’étincelles permanentes, plus ou moins fortes.
- En général, il convient de ne pas exagérer la capacité des condensateurs de filtration, pour éviter réchauffement, la perforation et la consommation de courant à vide. Des condensateurs de lpF au maximum conviennent d’ordinaire.
- Les surtensions éventuelles sur les filtres sont évitées au moyen d’une résistance de décharge de 100 000 ohms environ.
- Des recherches systématiques ont été faites récemment à ce sujet par le British Post Office. Les brouillages les plus intenses sont produits par les moteurs monophasés à répulsion, qui possèdent un collecteur et dont les balais, mis en court-circuit, sont reliés à la terre. Pour éliminer les étincelles, les ingénieurs anglais proposent d’utiliser deux condensateurs de 4 microfarads avec armature commune à la terre, du côté des bobines le plus rapproché du contacteur. L’alimentation du moteur est protégée par deux bobines de choc de 150 m H.
- Lorsque les porte-balais sont mobiles en marche, la commutation est généralement améliorée, mais les meilleurs résultats ne sont obtenus qu’avec une excellente prise de terre.
- Des perturbations gênantes proviennent des contacteurs, surtout si l’ascenseur possède un contrôleur de niveau qui corrige des dénivellations de 2 cm, car ces interrupteurs fonctionnent 3 fois à chaque arrêt de la cabine.
- Pour éviter l’effet d’antenne des circuits de verrouillage des portes, on intercale une bobine de choc sur chacun des conducteurs de sortie du contacteur. Des résultats irréguliers sont obtenus par l’emploi d’un condensateur de 1 p.F en série avec une résistance aux bornes de la coupure.
- Les moteurs qui donnent le meilleur résultat sont incontestablement les moteurs à courant triphasé qui, n’ayant pas de collecteur, ne produisent pas de parasites, qu’ils soient à cage d’écureuil, induit bobiné ou pôle changeant. Mais il est rare qu’on soit amené à installer un ascenseur sur réseau triphasé. On tourne la difficulté en alimentant le moteur triphasé en courant monophasé au moyen d’un transformateur
- Fig. 8. — Système de protection installé sur un brûleur à mazout.
- Tr, transformateur d’alimentation;
- E, écran; R, circuit résonnant; K, circuit compensateur; H, bain d’huile;
- B, brûleur à mazout; M, prise de masse.
- de phase, dans lequel des condensateurs appropriés pr oduisent le déphasage. Un autre avantage ressort des facilités d’entretien du moteur triphasé, ainsi que de l’amélioration du facteur de puissance du réseau. On a pu évacuer que le rayonnement d’une installation avec moteur à cage d’écureuil non protégé ne dépassait pas une dizaine de mètres. Un condensateur de 4 aF
- entre phases et terre suffît à arrêter la radiation éventuelle par les circuits d’éclairage.
- Enfin, sur courant continu, on remarque que les moteurs compound produisent de violents brouillages. Mais le filtre classique à condensateurs de 2 microfarads entre balais et terre suffit en général à les éliminer. Au besoin on le complète par des bobines de choc.
- h) Brûleurs électriques. — Les chaudières à mazout, dont l’usage se répand de plus en plus, utilisent des brûleurs actionnés électriquement pour l’allumage du jet de liquide. Ces brûleurs, disposés par batteries de huit, dix ou douze, occasionnent par leurs arcs électriques la production de perturbations intenses perceptibles dans un rayon de 250 m environ. La bougie d’allumage, constituée par deux électrodes en tungstène, écartées de 5 à 8 mm, est alimentée sous 15 000 v par un courant de 100 mA.
- Pour l’élimination de ces brouillages, M. Doljansky a proposé de placer en série avec les conducteurs d’allumage des circuits résonnants et compensateurs enfermés dans un bain d’huile (fig. 8).
- (A suivre.) Michel Adam.
- LA POPULATION DE LA RUSSIE
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie des chiffres intéressants sur la population de la Russie.
- La population totale en 1931 est évaluée à 162,1 millions d’habitants, dont 33,6 millions pour la population urbaine et 128,5 millions pour la population rurale.
- Dans ce total la Russie proprement dite compte en Europe 86 millions d’habitants et en Asie 26 millions, tandis que l’Ukraine compte 31,6 millions, d’habitants, la Belorussie ou Russie blanche 5,3 millions, la Transcaucasie, 6,5 millions, le Turkménistan, 1,2 millions, l’Usbekistan, 4,8 millions et le Tadjkistan, 1,2 millions.
- Dans les limites actuelles, la population totale était de 147 millions en 1927, 137,4 millions en 1924, 132,1 millions en 1920, 138,2 millions en 1914 et 106,3 millions en 1897.
- De 1897 à 1931, la population s’est donc accrue de 50 pour 100 malgré une régression sensible entre 1914 et 1920. Son accroissement annuel moyen est, pour 1000 habitants, de 15,7 entre les années 1897 et 1914; on note une diminution de 6,8 pour 1000 habitants entre 1914 et 1920, puis de 1920 à 1927, un accroissement annuel moyen de 17 pour 1000,
- qui passe à 22 pour 1000 de 1927 à 1931. Les augmentations les plus rapides ont été constatées en Transcaucasie et surtout en en Asie Centrale.
- La proportion de la population urbaine s’est élevée de 15 à 16 pour 100 en 1920 à 18 pour 100 en 1927 et 21 pour 100 en 1931. La population est composée surtout d’enfants et d’adultes jeunes; la proportion des vieillards n’atteint pas la moitié de la proportion correspondante en France.
- On constate en ces dernières années une diminution simultanée de la natalité et de la mortalité. La mortalité au cours de la première année d’âge oscille depuis 1924 au-dessous du chiffre de 1911-1913.
- A cet égard la Belorussie et l’Ukraine paraissent en avance sur les territoires situés plus à l’Est.
- Un fait remarquable est la croissance accélérée des grandes villes : il y avait 14 villes de plus de 100000 habitants en 1897, 21 en 1929, 31 en 1926, 44 en 1931. En 1932, il existe 5 villes de plus de 500 000 habitants : Moscou (3 063 000), Leningrad (2733000), Kiev (539500), Bakou (575 200) et Kharkov (521 500).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1933 (*>
- A signaler, ce mois-ci, l’opposition d’Uranus le 19, la visibilité excellente de la lumière zodiacale le matin, notamment du 16 au 25, un certain nombre d’occultations d’étoiles par la Lune et plusieurs essaims d’étoiles filantes. Puis la série habituellé, et toujours diversifiée, des conjonctions de planètes. Enfin la position favorable de la lueur anti-solaire.
- Nous recevrons avec intérêt les observations que l’on pourra en faire. Pour notre part, malgré des conditions atmosphériques extrêmement favorables, sous le ciel si pur des Pyrénées, nous n’avons jamais réussi à l’entrevoir.
- I. Soleil. — En octobre, le Soleil descend rapidement dans l’hémisphère austral, sa déclinaison passant de — 3° 7' le 1er à — 14° 4' le 31. La durée du jour, du fait de cette diminution de la déclinaison, décroît et passe de llh 41m le 1er à 9“ 56m le 31. La diminution de la durée du jour est surtout-sensible le soir. En effet, le 1er, le Soleil se lève à 5“ 50m, soit 6“ 10m avant midi (T. U.) et il se couche à 17“ 311,1, soit 5“ 31m après midi. Pendant les premiers jours du mois l’heure d’été étant encore appliquée, cette différence est inversée et le Soleil se lève 5“ 10m avant midi (heure d’été) et se couche 6“ 31“ après midi.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, ou l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris.
- Dates. Heure du passage.
- Se placer loin des lieux éclairés. La.-meilleure période pour les observations sera celle de la nouvelle Lune, du 17 au 27 octobre. La lueur anti-solaire pourra être recherchée loin des lumières d’une grande ville du 15 au 24 octobre : le 15, autour de l’étoile o Poissons, ensuite au Sud du Bélier.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’octobre, seront les suivantes :
- P. L. le 3, à 17“ 8“ D. Q. le 11, à 16“ 46“
- N. L. le 19, à 5“ 45“ P. Q. le 25, à 22“ 21“
- Oct. 1er 11“ 40“ 258
- — 3 11 39 48
- — 5 11 39 10
- — 7 11 38 35
- — 9 11 38 1
- — 11 11 37 29
- — 13 11 37 0
- — 15 11 36 32
- — 17 11 36 6
- — 19 11 35 43
- — 21 11 35 23
- — 23 11 35 5
- — 25 11 34 50
- — 27 11 34 37
- — 29 11 34 27
- — 31 11 34 21
- Observations physiques.
- Fig. 1. — Marche apparente de la constellation de la Baleine,
- Voir aux « Bulletins astronomiques » des numéros 2904 et 2906.
- Age de la Lune, le 1er octobre, à 0“ (T. IJ.) '= 11>,2; le 20 octobre == 0J,8. Pour avoir l’âge à une autre date du mois ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 20.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 9, à 18“ = + 27°54'; le 23, à 6“ = — 27»48'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 10 octobre, à 5“. Parallaxe = 54' 13". Distance = 404 450 km. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 22 octobre, à 0“. Parallaxe = 60'4". Distance = 365 065 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 octobre, occultation de 26 Belier (6m,2). Émersion à 4“ 9“, 5.
- Le 10, occultation de 415 B. Taureau (6m,l). Émersion à 3“ 3“.— Le 13, occultation de •q Cancer (5m,5). Émersion à 0“58“,5. — Le 26, occultation de 114 B. Capricorne (6m,l). Immersionà21“ 53“,5.—Le 27, occultation de e Verseau (5"‘,4). Immersion à 23“ 37“,5.—Le 30, occultation de 21 Poissons (ô'Lô). Immersion à 1“28“,0. Occultation de 51 Poissons (5“,6). Immersion à 23“ 26“,0.
- Marées, mascaret.— Les plus grandes marées du mois se produiront du 1er au 8 octobre, à l’époque de la pleine Lune (coefficient maximum 98 centièmes) et surtout du 17, époque de la nouvelle Lune, où leur coefficient atteindra 104 centièmes. Voici, pour Brest, quelques-unes de ces plus grandes marées :
- la petite planète Cérès à travers pendant le mois d'octobre 1933.
- Voici la suite des épliémérides pour l’orientation des
- dessins et des photographies du Soleil. Maree du matin Maree du soir
- • Dates Heure Coefficient Heure Coefficient
- Dates. .. —
- * (0“, T. U. P L0 Oct. 18 3“ 1“ 90 15“ 18“ 95
- — — — — — 19 3 36 99 15 54 102
- Oct. 3 + 26°, 19 + 6»,60 44»,45 — 20 4 12 104 16 31 103
- - 6 + 26°,33 + 6»,43 4»,87 — 21 4 49 102 17 10 100
- — 8 + 26°,38 + 6»,31 338»,48 — 22 5 30 96 17 51 90
- — 13 + 26», 38 + 5»,98 272»,52 — 23 6 14 83 18 37 76
- — 18 + 26»,20 + 5»,60 206»,57
- — 23 + 25»,83 + 5,18 140»,63 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astrono-
- — 28 + 25»,26 + 4»,72 74»,69 mique » sont basées sur le temps universel (T. U.), compté de 0“ à
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient bien visible le matin, au Sud-Est, avant l’aube.
- 24“, à partir de 0“ (minuit). L'heure d’été étant encore appliquée pendant les premiers jours du mois, ajouter pendant cette période 1“ à toutes les heures mentionnées ici.
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- Lé Mascaret se produira plusieurs fois en octobre. Voici l’heure probable de son arrivée dans les lieux ci-après (voir la remarque figurant à ce sujet au précédent Bulletin, n° 2910).
- Heure de l’arrivée du Mascaret à :
- Dates Coefficient de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Oct. 19 102 19“ 30” 20“ 7m 20“ 16m
- — 20 104 7 46 8 23 8 32
- — 20 103 20 4 20 41 20 50
- — 21 102 8 21 8 58 9 7
- — 21 100 20 42 21 19 21 28
- III. Planètes. — Le : tableau ci- -après, qui a été dressé
- l’aide des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1933, donne les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’octobre 1933.
- ..-..—...................... —. 275 =
- Vénus est toujours visible le soir, dans le crépuscule; en raison de sa forte déclinaison australe, elle restera très basse sur l’horizon. Elle atteindra le 25 du mois prochain sa :plus
- grande élongation du Soleil.
- Fraction du
- Dates disque illuminée Diamètre Magnitude stellaire
- Octobre 3 0,71 15",8 — 3,6
- — 8 0,70 16,4 — 3,7
- — 13 . 0,68 17,0 — 3,7
- — 18 0,66 17,6 — 3,7
- — 23 0,64 18,3 — 3,7.
- — 28 0,62 19,2 — 3,8
- Les observations telescopiques de Vénus doivent, de préférence, être faites en plein jour. Le soir, le voisinage de l’horizon rend les images très défectueuses.
- ASTRE Dates : Octobre Lever à Paris. Passage au méridien de Paris (’). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ.
- , 6 5‘ 57m 11“ 38” 52s 17“ 20m 12“ 47” — 5” 3’ 32' 3",6 Vierge •
- Soleil. . . . 16 6 12 11 36 19 17 0 13 24 — 8 49 32 9,0 Vierge »
- ( 26 6 28 11 34 43 16 41 14 2 — 12 23 32 14,4 Vierge
- Mercure . . i 6 ( 16 8 8 35 19 13 12 42 56 17 17 48 34 13 14 47 41 — 11 — 17 56 43 5,0 5,4 Vierge a Balance 5 Le soir, à la fin du mois. PI. gr. élongation le 28.
- J 26 8 52 13 6 17 20 15 31 — 21 54 6,2 Balance
- Vénus . . . i 6 j 16 [ 26 9 10 10 56 23 46 14 14 14 19 28 38 18 18 18 42 33 30 15 16 17 25 13 2 — 20 — 23 — 25 22 24 28. 16,2 17,4 18,8 Balance o Scorpion 0 Scorpion Dans le crépuscule, très basse sur l’horizon.
- i 6 10 11 14 33 18 56 15 40 — 20 26 4,8 o Scorpion ,
- Mars.... 16 10 10 14 24 18 37 16 10 — 21 58 4,6 a Scorpion Idem.
- 26 10 9 14’ 16 18 22 16 41 — 23 12 4,6 Scorpion
- Jupiter. . . 16 4 50 10 43 16 36 12 30 — 2 2 28,6 y Vierge Inobservable.
- Saturne . . 16 14 29 19 1 23 33 20 50 — 18 46 15,6 0 Capricorne Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus . . 16 17 0 23 46 6 32 1 36 — 9 19 3,6 o Poissons Toute la nuit.
- Neptune.. . 16 2 26 9 6 15 45 10 53 — 8 4 2,4 X Lion Avant l’aurore.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du soir, le 28 octobre à 23° 47' à l’Est du Soleil. Les conditions de visibilité seront toutefois, assez défectueuses, Mercure se couchant environ 40 minutes après le Soleil.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure en octobre :
- Dates Fraction du disque illuminée Diamètre Magnitude stellaire
- Octobre 3 0,91 5",0 — 0,3
- — 8 0,88 5,1 — 0,2
- — 13 0,84 5,3 - 0,1
- — 18 0,79 5,6 0,0
- — 23 0,72 6,0 0,0
- — 28 0,64 6,5 + 0,1
- Mars devient de plus en plus difficilement visible, son diamètre est bien réduit par l’éloignement. On pourra encore essayer de voir cette planète dans le Ciel du soir, mais il sera inutile de tenter les observations utiles des détails de sa surface.
- Cérès, la petite planète n° 1, va se trouver en opposition avec le Soleil le 14 octobre, et elle atteindra la magnitude 7,7, ce qui rend son observation facile avec les petits instruments. Voici quelques positions où l’on pourra rechercher Cérès :
- Dates Ascension droite Déclinaison
- Octobre 7 1“ 19’
- — 15 1 12
- — 23 1 5
- — 31 0 59
- ‘,1 ' — 7° 32'
- ,2 — 8 1
- ,4 —8 20
- ,3 —8 27
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- Le 7 octobre, Cérès sera à environ 1°10' au Nord de l’étoile 0 Baleine. Les 23 et 24 octobre, elle sera à environ 2°20 au Nord de l’étoile yj Baleine. La petite carte de la figure 1 montre bien d’ailleurs, la position de cette planète dans son déplacement parmi les étoiles de la constellation de la Baleine.
- Nausikaa, la petite planète n° 192, découverte par Palisa en 1879, arrivera en opposition avec le Soleil le 3 novembre. Elle atteindra la magnitude 7,8.
- On pourra la trouver, dans la constellation du Bélier, au moyen des positions suivantes :
- Dates
- Octobre 7
- — 15
- — 23
- — 32
- Ascension droite
- 2“ 55m,8 2 51 ,2 2 44 ,4 2 36 ,3
- Déclinaison
- + 27° 2' + 27 42 + 28 5
- + 28 10
- Du 23 au 27 octobre, la petite planète Nausikaa se déplacera dans le triangle formé par les étoiles 41, 39 et 35 du Bélier.
- Jupiter est inobservable, s’étant trouvé en conjonction avec le Soleil le 27 septembre.
- Saturne est encore bien visible, se couchant un peu avant minuit. Pendant tout ce mois d’octobre, il se déplacera très peu dans la constellation du Capricorne. Il sera stationnaire le 14 octobre, à 16“.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 13 octobre :
- Grand axe extérieur.............................. 39",50
- Petit axe extérieur.............................. +12 ,26
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau . ................................... + 18°,08
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’an-
- Uranus est observable toute la nuit, se trouvant en opposition le 19 octobre, à 6“. On le recherchera à l’aide d’une jumelle et de la petite carte de son mouvement sur le ciel que nous avons donnée au n° 2906 du 1er juin 1933, page 516.
- Neptune, qui s’est trouvé en conjonction avec le Soleil au début du mois dernier, commence à se dégager des rayons solaires. On pourra le rechercher, avant l’aurore, aux positions ci-après :
- Dates
- Octobre 6 — 16 — 26
- Ascension
- droite.
- 10“52“ 10 53 10 54
- Déclinaison . Diamètre.
- + 8°11' + 84 + 7 58
- 2",4 2,4 2,4
- Une petite lunette est nécessaire pour rechercher Neptune.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5, à 2\ Uranus en conjonction avec la Lune ,à 5° 26' 5.
- 5, à
- Le 12, à 15“, Vénus Le 14, à 12“, Vénus
- Le 16, à 2“, Neptune en conjonction avec la Lune, à 2° 21'N. Le 18, à 4“, Jupiter — la Lune, à 4°59'N.
- Le 20, à 23“, Mercure — la Lune, à 2° 43'N.
- Le 22, à 7“, Mars — la Lune, à 4° 1' N.
- Le 22, à 13“, Vénus — la Lune, à 2° 21'N.
- Le 26, à 12“, Saturne — la Lune, à0®30' N.
- Étoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris.
- Dates.
- Octobre 8
- — 14
- — 14
- — 18 — 28
- Passage.
- Supérieur
- Heure du passage. (T. U.)
- 0“ 25m 38s 0 2 5
- 23 58 9
- 23 42 26
- 23 3 8
- Temps sidéral à 0“ (*)
- 1“ 4m 42e
- 1 44 8
- 2 23 33
- Étoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 11 octobre, à 2“ 11“ ; le 13, à 23“ 0“; le 16, à 19“ 49“; le 31, à 3“ 53“.
- Minima d’éclat de [3 Lyre : octobre 10,0; 23,0.
- Étoiles filantes. — L’essaim le mieux caractérisé de ce mois-ci est celui des Orionides, qui donne, du 16 au 22, des météores rapides, avec traînées.
- Le radiant est voisin de v Orion.
- Voici les autres essaims actifs en octobre, d’après W.-F. Denning: :
- neau + 15», 89 .
- Voici les dates des élongations de Titan, le plus lumineux
- des satellites de Saturne : —
- Dates Élongation Heure —
- Octobre 6 Orientale 1“,8 —
- — 14 Occidentale 7 ,4
- — 22 Orientale 0 ,5
- — 30 Occidentale 6 ,3
- Époque.
- Oct. ltr au 9
- 7
- 8
- 15 et 29
- 16 au 22 18 au 27
- 20 au 27
- 21 au 25
- 30
- 31
- Ascension.
- droite.
- 24»
- 31
- 43
- 108
- 90
- 108
- 328
- 112
- 29
- 43
- Déclinaison.
- + 17»
- + 18 + 56 + 23 + 15 + 12 + 62 + 30 + 8 + 22
- Étoile
- voisine.
- y Bélier a Bélier 7] Persée l Gémeaux v Orion P Petit Chien a Céphée P Gémeaux Ej Baleine s Bélier
- o Scorpion (2m4), à 0°2'N Mars, à 2° 21' N.
- V. Constellations. — La Voûte étoilée, le 1er octobre, à 21“, ou le 15 octobre, à 20“, est parée des constellations ci-après :
- Au Zénith : Le Cygne (p, o, p., 61e), Céphée (o, p, x, Q ; Cassiopée (tj, i).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, tt) ; le Dragon (v, <J/, o, p.), la Grande Ourse (E).
- Au Nord-Est ; le Cocher.
- A l’Est : Le Bélier (y, 30, X, 14, s); le Taureau (Pléiades, a, 6, x, cr, X); Andromède (y, 7:, M- 31); Persée (Algol, e, Y]).
- Au Sud : Pégase (s, tt, 1, 3); le Verseau (;, 83 h, r, i]/1); le Capricorne (7., p, p, o) ; le Poisson Austral (Fomalhaut).
- A l’Ouest : La Lyre (a, e, 0, E, yj); Hercule (a, x, p, 95, g M. 13); la Couronne (E, c) ; Ophiuchus; l’Aigle (y, 15 h).
- Les lettres et nombres entre parenthèses indiquent les curiosités principales de chaque constellation (étoiles doubles, étoiles colorées, étoiles variables, amas, nébuleuses, etc.), visibles à l’aide de petits instruments.
- Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUILLET 1933, A PARIS
- Juillet 1933 peut être classé parmi les mois de juillet les plus chauds, il a été très ensoleillé, et, au point de vue de la pluie, il fut normal.
- La pression barométrique moyenne du mois, 764 mm 6, au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, surpasse de 2 mm 0 la moyenne des 60 années 1874-1933.
- La moyenne annuelle de la température, 20°,4 en fait un mois de juillet très chaud; elle présente un excédent de 2°,13 sur la normale. On n’a noté que six journées dont la température moyenne est restée au-dessous de la normale correspondante, les trois jours suivant le 14 et les trois derniers du mois. Le minimum absolu, 10°,4 a été noté le 1er et est l’un des plus élevés enregistrés en juillet depuis 1874 (en 1901 on avait eu 11°,1). Le maximum absolu, 36°,2 a été observé le 29; ce maximum n’est cependant pas exceptionnel : il a été dépassé 8 fois en juillet depuis 1874 et il reste de 2°,2 au-dessous du maximum absolu de la série d’observations du Parc-Saint-Maur (38°,4, 19 juillet 1881 et 28 juillet 1921).
- A Paris, le maximum le plus élevé (le 27) a été compris entre 37°,6 (Jardin des Plantes) et 35°,6 (Champ-de-Mars), et, en banlieue, entre 39°,8 (Vaucluse) et 35°,3 (Verrières). En 1904, le 17 juillet, l’on avait eu 39°,9 à Fontenay-aux-Roses.
- Bien que le nombre de jours de pluie appréciable (11 au lieu de 13) soit en déficit de 2 unités, le total pluviométrique du mois, au Parc Saint-Maur, 59 mm 4, dépasse la normale de
- 0 mm 5 seulement. A Montsouris, la hauteur totale recueillie n’est que de 36 mm 4, inférieure de 33 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922 et la durée totale de chute, 12 h 5 m, diffère de 58 pour 100 en moins de la moyenne de 25 années (1898-1922). 1
- On a noté 6 journées orageuses (orages sans grande importance) les 8, 10, 14, 15, 16 et 20. Il est tombé de la grêle le 15, le 16, assez abondamment au Parc Saint-Maur, et le 20, au Bourget. Un coup de foudre a été signalé le 20 à Sevran.
- La journée du 29, la plus pluvieuse au Parc Saint-Maur a fourni a elle seule 17 mm 9, soit presque le tiers du total mensuel, et n’a donné lieu à aucune manifestation orageuse.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour St-Jacques 320 h 10 m de soleil, durée supérieure de 41 pour 100 à la normale. Depuis quarante ans, trois mois de juillet seulement ont été plus ensoleillés. Il n’y a eu aucun jour sans soleil.
- La transparence de l’air à Paris a été bonne, car du sommet de la Tour Saint-Jacques, la visibilité, à 9 h., a été 23 jours supérieure à 6000 m, et jamais inférieure à 1500 m.
- Le maximum absolu de la pression barométrique observé le 4, à Montsouris (767 mm 6 à 77 m d’altitude), est exceptionnellement élevé pour juillet. '
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air au Parc Saint-Maur a été de 68,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 46 pour 100. Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- UN FARD A RETARDEMENT POUR LE VISAGE
- Habituellement les fards appliqués sur le visage font intervenir directement une matière colorante minérale, organique ou artificielle mélangée à une poudre inerte pour en amener la dilution; ces temps derniers, on a vu apparaître sur le marché des * produits de beauté », une composition assez originale sous forme de crème, laquelle appliquée sur la peau, ne donne d’abord aucune coloration, mais après quelques onctions, on voit bientôt se développer une teinte rosée, veloutée qui, au dire de l’inventeur, est due à une revivification des tissus, leur redonnant une nouvelle jeunesse.
- En réalité, il s’agit ici de l’utilisation d’une propriété de 1 ’alloxane C4H2Az204,H20 qui sous l’action des sécrétions de la peau, se colore assez rapidement en rouge par formation de murexide C8H8Az606.
- On peut facilement réaliser une préparation de ce genre en prenant:
- Alloxane.......................... 0 gr. 20.
- Cold cream........................100 gr.
- Au point de vue chimique, les réactions suivantes se produisent :
- L’alloxane par l’effet réducteur de la sueur se transforme en Allo-xantine C8H4 Az407,3H20, laquelle se combine à l’ammoniaque en formant la murexide citée plus haut.
- 2 (C4 H2 Az2 O4) + H2 = C8 H4 Az407 + H20 alloxane alloxantine
- C8H4 Az407 + 2{AzH3) = C8HsAz606 + H20. alloxantine murexide
- La Murexide est soluble dans l’eau en rouge pourpre, on la considère comme étant le sel ammoniacal de l’acide purpurique, c’est-à-dire comme étant le purpurate d’ammoniaque.
- La préparation de l’alloxane est relativement aisée puisqu’il suffit d’oxyder par l’acide azotique, l'acide urique, produit courant :
- C6 H4 Az4 O3 + O + H2 O = C4H2Az204 + CH4Az2 acide urique alloxane urée
- L’acide urique se retire généralement des excréments de serpents qui en contiennent de grandes quantités. Bien que d’origine vulgaire, les élégantes n’hésitent pas à avoir recours à lui, car « la Chimie purifie tout ».
- Le seul inconvénient de cette préparation cosmétique est de présenter une odeur peu agréable, c’est pourquoi il est nécessaire de la masquer par un parfum approprié.
- POUR ENLEVER L’ODEUR DE MOISI
- Un de nos lecteurs, M. Dapsence, préconise, pour enlever l’odeur de moisi, le recours à la farine de moutarde.
- Un bouchon sentant fortement le moisi perd totalement cette odeur si on le fait bouillir quelques minutes dans de l’eau où on a jeté un peu de farine de moutarde.
- De même, un tonneau où l’on jette de l’eau bouillante, avec un peu de farine de moutarde perd en quelques minutes l’odeur de moisi et de putréfaction. « Cependant, ajoute M. Dapsence, la présence de moutarde ne m’a pas paru empêcher le développement des moissis-sures ni des bactéries. »
- ÉCLAIRCIES DE SOUS-BOIS
- L’enlèvement des arbrisseaux et des essences indésirables dans les bois de rapport est généralement coûteux.
- MM. Mac Kinney et Korstian ont comparé en Virginie trois procédés: l’abatage, le sevrage, l’empoisonnement des troncs allant jusqu’à 15 cm de diamètre mais ayant généralement 6 cm.
- Le sevrage consiste à arrêter le mouvement de la sève par une incision annulaire attaquant le liber, tandis que l’incision pratiquée en arboriculture fruitière n’enlève que l’écorce et respecte le liber. En outre elle n’est pratiquée que sur les petites branches. Ici on incise le tronc le plus près possible du sol pour éviter les rejets.
- L’empoisonnement consiste à introduire, avec une burette, dans une entaille une solution arsenicale. Celle-ci est obtenue en dissolvant dans 7 litres d’eau chaude 450 gr d’arséniate de zinc et 100 gr de soude. Cet empoisonnement fut plus radical que l’incision annulaire, laquelle laisse vivre un condamné sur dix et provoque une pullulation des rejets de pied.
- Après décès, les arbres coupés rejettent dans la proportion de 68 pour 100; les arbres incisés dans la proportion de 58 pour 100; les arbres empoisonnés dans la proportion de 36 pour 100.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. 1. — A gauche, Rossi; à droite, Codos.
- EXPLOITS AÉRIENS
- Le voyage intercontinental de l’escadre d’hydravions italiens. De New=York en Syrie sans escale par Çodos
- et Rossi.
- La belle saison de 1933 a été l’occasion d’un déploiement exceptionnel d’efforts aériens. D’admirables résultats ont mis en évidence les progrès des appareils et des méthodes de navigation, ainsi que le mérite des pilotes.
- Parmi les exploits accomplis, deux grands faits resteront marqués dans l’histoire de l’aviation : le premier est la traversée de l’Atlantique Nord aller et retour par une escadre d’hydravions italiens commandée par le général Italo Balbo : 25 hydravions avaient quitté Orbetello le 1er juillet; après escales à Amsterdam, Londonderry en Irlande, Reykiawik en Islande, 24 d’entre eux amerrissaient le 13 juillet au Labrador pour gagner ensuite Montréal, puis Chicago et New-York. L’escadre rassemblée à Terre-Neuve reprenait son voile 8 août vers l’Europe par la route des Açores; le 9 août, elle était à Lisbonne, ayant malheureusement perdu un appareil et un pilote au départ des Açores; le 12 août, elle regagnait Ostie, avec 23 appareils et 111 hommes. C’est un fait à enregistrer que ce premier vol d’une forte escadre aérienne reliant l’ancien et le nouveau continent.
- Un autre exploit non moins remarquable ni moins important est l’admirable vol accompli par Codos et Rossi, les 5, 6 et 7 août dernier sur le Joseph-Le-Brix, monoplan construit par Blériot.
- Ces deux pilotes ont conquis le record de distance en reliant d’un seul coup d’aile New-York à Rayak, champ d’aviation voisin de Damas en Syrie. L’itinéraire suivi a été : New-York, Halifax, Cherbourg, Paris, Strasbourg, Munich,
- Vienne, Budapest, Rhodes, Alep. La traversée de l’Atlantique a été très dure en raison du mauvais temps quia sévi entre Halifax et les côtes de Bretagne.
- La distance parcourue est évaluée à 9000 km et est en réalité sensiblement supérieure à ce chiffre.
- Elle a été couverte en 55 heures. Elle assure à Codos et Rossi la possession du record mondial de la distance en avion, qui depuis le 8 février dernier était la propriété des deux aviateurs anglais Gayford et Nicholetts ; ceux-ci avaient couvert 8544 km d’un seul vol en essayant de réaliser la jonction Angleterre-Cap de Bonne-Espérance. Le précédent record était celui des Américains Boardman-Polando :
- 8065 km, entre New-York et Stamboul du 28 juin au 3 juillet 1931.
- La belle performance de Codos et Rossi constitue une éclatante démonstration des possibilités de l’avion moderne en ce qui concerne le rayon d’action et la charge transportée, et de l’efficacité des méthodes de navigation actuelles.
- Le Joseph-Le-Brix a réussi à décoller de l’Aéroport de Floyd Bennet Field avec un poids total de 9 tonnes, et une charge de 7000 litres d’essence et 250 kg d’huile. Ces chiffres disent, du reste, éloquemment le mérite du pilote qui a pu réussir ce difficile et dangereux décollage.
- Au passage au Bourget, après la traversée de l’Océan, l’avion avait encore 2800 litres d’essence.
- Le Joseph-Le-Brix n’est pas un appareil nouveau. Construit en 1930, chez Blériot, sur les plans de l’ingénieur Zapata, il compte à ce jour plus de 700 heures de vol et en circuit fermé il a conquis en 1930, le record du monde.
- C’est un grand monoplan entièrement en bois, de 26 m 5 d’envergure, 14 m de longueur, 81m2 de surface portante, 2700 kg de poids à vide. L’appareil d’une très grande finesse est mû par un moteur Ilispano-Suiza de 500 hp et 12 m3à réducteur.
- Notons que les 12 réservoirs d’essence d’une capacité totale de 8000 litres sont répartis à raison de 4 dans le fuselage et 8 dans la voilure. Les réservoirs d’une contenance de 300 litres occupent le bord d’attaque des ailes.
- Notons également que l’avion était muni de postes émetteurs et récepteurs de T. S. F. Les hardis navigateurs ont pu, sur la plus grande partie du parcours, rester ainsi en communication avec la terre, signaler leur position, recevoir les renseignements météorologiques, etc.
- MÉCANIQUE
- Le banc d’essais des locomotives à Vitry=sur=Seine.
- En automobilisme, il est d’usage de caractériser un moteur par sa puissance, généralement évaluée en chevaux-vapeur. Il en est de même pour les machines motrices des usines, les machines électriques. Par contre, quand il s’agit d’une locomotive, on n’entend jamais un spécialiste la qualifier par sa puissance. C’est que l’évaluation de la puissance d’une locomotive n’est pas, actuellement, comme pour les moteurs que nous venons d’énumérer, le résultat d’une mesure directe effectuée dans des conditions bien précisées; on la déduit d’une façon assez complexe et délicate de la mesure d’un grand nombre d’éléments fournis par des essais sur la voie elle-même.
- La mesure directe de la puissance des locomotives rendrait, manifestement, de grands services aux constructeurs et aux exploitants, comparables à ceux que rend à l’industrie automobile la mesure précise de la puissance de ses moteurs.
- Mais on comprend très bien que les difficultés qui se pré-
- Fig. 2. — L'avion Joseph-Le-Brix.
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- sentent pour ce genre de moteur un peu spécial, dont la puissance est de l’ordre de 1000 à 2000 chevaux. L’essai, pour être simple, rapide, d’interprétation facile, ne peut se faire qu’au point fixe. Il faut donc concevoir un système récepteur, capable d’absorber facilement et de mesurer la puissance développée par la machine maintenue immobile. C’est un problème assez malaisé à résoudre.
- Aussi les bancs d’essais pour mesurer la puissance des locomotives sont-ils assez rares. Il en existe un, très important, aux Etats-Unis à Altoona, créé en 1904 par le Pennsylvania Rail-way C°; en Angleterre, le Great Western Railway en a équipé un à Swindon en 1905; enfin en 1930, les chemins de fer de l’Etat allemand en ont mis un autre en service à Grünewald.
- La France désormais possède également son banc d’essais pour locomotives; celui-ci est un organe commun à nos différents réseaux.Etudié depuis 1929 par l’Office Central d’Etudes de Matériel de Chemins de fer, il vient d’être édifié à Vitry-sur-Seine sur un terrain appartenant aux Chemins de fer d’Orléans.
- Installé dans un très clair bâtiment, il comporte une sorte de plateforme longue de 24 m sur laquelle on amène la locomotive ; des organes de manœuvre électriques permettent de soulever et d’abaisser celles-ci pour amener ses roues en contact avec des rouleaux, dont les essieux sont couplés avec des freins hydrauliques Heenan et Froude, capables chacun d’absorber une puissance de 1200 C.V.
- La locomotive, mise en marche, fait tourner les rouleaux, qui peuvent supporter une vitesse périphérique allant jusqu’à 160 km à l’heure; les freins absorbent et mesurent la puissance communiquée aux rouleaux.
- Les espacements des essieux des rouleaux sont réglables, de façon qu’on puisse rendre leurs entraxes identiques à ceux des essieux de la locomotive.
- Le banc d’essais comporte actuellement 6 paires de rouleaux, munis chacun d’un frein; il peut donc recevoir des locomotives ayant jusqu’à 6 paires de roues motrices; c’est un chiffre qui n’est pas actuellement dépassé en France; mais s’il venait à l’être, il a été prévu, sur le banc, deux autres paires de rouleaux qui pourraient à leur tour être équipés avec des freins. Enfin, la plateforme elle-même pourra dans l’avenir être allongée de 8 m.
- Outre les appareils de mesures normalement employés dans les mesures de puissance au frein, le nouveau laboratoire possède une table dynamométrique perfectionnée qui
- Fig. 4. — Vue de la partie inférieure du banc d’essais (Ph. Roi.).
- Fig. 3. — Une locomotive sur le banc d’essais. (Ph. Roi.)
- permet d’enregistrer de façon continue l’effort de traction, la puissance développée, le travail effectué. D’autre part des dispositifs enregistreurs fournissent les pressions de la vapeur dans la chaudière, à l’admission et à l’échappement, les températures de la vapeur, des gaz d’échappement, de l'eau d’alimentation, les dépressions dans le foyer, la boîte à fumées, la cheminée, et, enfin la composition des gaz de la combustion. Un petit laboratoire chimique annexé est outillé pour l’analyse du charbon, des cendres et des gaz d’échappement.
- On recueille ainsi toutes les données nécessaires pour établir le bilan thermique et le rendement de la machine.
- MÉTÉOROLOGIE Insectes et pluie.
- Les météorologistes ont quelque peine à débrouiller les « on-dit », les « proverbes » concernant leur science.
- Quelques enquêtes locales, très restreintes, ont été faites. Les conclusions qu’on en a tirées sont vagues, peu sûres.
- A notre connaissance, les statistiques mêmes n’ont pas été publiées. Un vaste travail, organisé scientifiquement s’imposerait : son utilité serait très grande, s’il était conduit avec impartialité.
- Il est incontestable, dans un ordre d’idées analogue, que les insectes prévoient la pluie.: ils volent bas quand la pluie est proche, et les prédateurs, comme les hirondelles, les cherchent alors dans les régions basses de l’atmosphère, ,
- Les insectes sentent-ils la diminution de la pression atmosphérique, l’humidité plus ou moins grande
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- Fig. 5. — Vue du môle d’escale du Verdon. (Ph. Roi.)
- de l’atmosphère, les phénomènes électriques qui s’y passent, d’autres phénomènes qui nous sont inconnus ?
- Nous l’ignorons et peut-être nous l’ignorerons toujours.
- Il n’y a aucun point commun entre les insectes et l’homme ni au point de vue physique, ni au point de vue psychique. Ce fait a été résumé élégamment en quelques mots : Vinsecte ignore l’homme, tandis que tous les vertébrés apprennent, à leurs dépens, à connaître l’homme.
- Les observations météorologiques, et autres, où les insectes interviennent sont d’un haut intérêt, si elles sont faites avec soin, et avec une impartialité absolue.
- Il nous a été donné de faire l’observation suivante, que nous allons rapporter avec une exactitude scrupuleuse.
- Cholet est un hameau de la commune et du canton de Sàint-Vaury (Creuse) ; il comprend une importante maison de maîtres, moderne, et de nombreux bâtiments d’exploitation; la maison de maîtres est exposée au midi, à flanc de coteau; altitude 500 mètres.
- Le 13 août 1933 y fut la journée la plus chaude observée depuis 25 ans, c’est-à-dire depuis l’installation d’un thermomètre sur la façade nord; thermomètre à l’air libre, dont l’installation se rapproche beaucoup des règles admises en météorologie. On avait constaté quelquefois, dans les 25 dernières années, 32° à ce thermomètre. Cette température avait été atteinte deux fois depuis le 1er août dernier. Le 13 août, à 15 heures, il marquait 33°8. Dans la maison, dont les murs ont 0 m. 80 d’épaisseur, on relevait 27° dans la pièce la plus fraîche, et 38° dans les chambres mansardées du grenier, lequel est aéré.
- Le baromètre se maintenait à une hauteur invariable depuis plusieurs jours et devait s’y maintenir jusqu’à 22 h. les neuf personnes présentes à la maison le consultaient frénétiquement, dans l’espoir d’un orage ou d’une pluie venant rafraîchir l’atmosphère. Elles remarquèrent qu’à 19 h les mouches (vulgaires) envahissaient la maison, ce qui n’avait aucunement eu lieu les jours précédents. La question se posa vaguement d’un changement de temps possible, mais que rien ne faisait prévoir.
- Or, à 21 h 30, on apercevait quelques éclairs dans le lointain (la vue porte à 30 km) ; à 22 h, le baromètre commençait à baisser; à 23 h 30 on entendait quelques roulements de tonnerre; le 14 août, à 0 h, légère pluie; à 0 h 30 faible orage, forte pluie; l’orage, peu violent, la pluie, parfois violente, continuaient pendant toute la nuit et la matinée suivante.
- Les mouches, assez nombreuses du fait de la présence de
- chevaux, bovins, ovins dans le hameau, avaient donc senti l’approche de la pluie. Comment ?
- R. de Montessus de Baleoue.
- Docteur ès Sciences.
- TRAVAUX PUBLICS Le môle d’escale du Verdon.
- Dans notre n° 2874, du 1er février 1932, M. Arnoux a décrit les travaux alors en cours pour la construction de l’avant-port du Verdon, travaux remarquables par la nouveauté et la hardiesse des méthodes mises en œuvre. Ils sont aujourd’hui achevés et l’ouvrage est entré en service. Les deux photographies ci-contre montrent son aspect actuel.
- Rappelons que l’ouvrage du Verdon constitue un avant-port de Bordeaux; son môle s’avançant en pleine mer permet l’abordage des grands paquebots; c’est une escale qui évite à ceux-ci de remonter la Gironde jusqu’à Bordeaux. Le môle comporte une gare pour voyageurs et marchandises ; les paquebots y embarquent et y débarquent passagers, bagages et marchandises.
- Fig. 6. — La gare maritime à l’exlrêmité du môle et les quais de débarquement. (Ph. Roi.)
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- VOYAGE AUX ATTRACTIONS DU 10e SALON
- DE LA T. S. F.
- Notre annuel Salon de la T. S. F. est une manifestation dont l’éloge n’est plus à faire. D’année en année toujours plus important, cet événement est désormais consacré à l’instar de ses brillants aînés : Salons de l’Automobile, Salons de l’Aéronautique. Toutefois jamais exposition de T. S. F. n’aura eu un caractère aussi complet et aussi étincelant que celle de 1933. Brillant, non seulement par le nombre et la qualité de ses participants (près de 200 exposants, représentant 3000 m*), mais encore et particulièrement grâce à un programme unique d’attractions le Salon de 1933 marque une date.
- Une sélection remarquable d’attractions est en elïet l’apanage du Salon de 1933 et constitue une louable initiative d’éducation collective aussi agréable qu’instructive; nous ne saurions trop féliciter ici la Société pour la Dilfusion des Sciences et des Arts, filiale du Syndicat Professionnel des Industries Radioélectriques, qui organise chaque année le Salon Français de la T. S. F. avec un soin et une ordonnance incontestables et qui a fort bien compris l’intérêt de vulgarisation offert par une démonstration pratique et vivante de grande envergure.
- Avant d’aborder le vif de la question, nous nous faisons un devoir de citer ceux qui furent les pionniers de cette belle organisation; ajoutons, d’ailleurs, qu’ils trouveront leur juste récompense dans la satisfaction d’une tâche parfaitement accomplie. Sur ce point, il n’est pas un visiteur du 10e Salon dont l’appréciation puisse différer de la nôtre; qu’il nous soit permis de nommer ici : MM. Girardeau, Brenot, Tabouis, Le Las, Serf, organisateurs des [Salons de la T. S. F., Escande, commissaire général, de Heredia, ingénieur chargé des attractions du 10e Salon, grand responsable de l’œuvre accomplie. Dcla-touche, architecte qui a puissamment collaboré au magnifique effort, enfin tous ceux qui ont apporté leur excellente contribution pour rendre plus brillant que tous les précédents notre Salon de 1933 : Laboratoire général d’Electricité, Ministères de la Guerre, de la Marine, des P. T. T., des Travaux Publics, de l’Intérieur et de l’Air, MM. Chiappe, préfet de police, Citroën, Minguet, pilote et propriétaire de l’avion laboratoire « Général Ferrié », la Société Française Radioélectrique. Le Poste Parisien, les Etablissements Saunier-Duval, et toutes les firmes qui ont bien voulu s’associer pour faire de ce 10e Salon une apothéose de l’Industrie Française Radio-Electrique et que nous nous excusons de ne pouvoir, faute de place, mentionner toutes. Remercions aussi MM. Albert Le Gros, secrétaire général de la Presse Radiophonique, Lucien Serre, président de l’Union de l’Affiche Française, Charles Maillard, président de la Chambre Syndicale de la Publicité, Fabien Sollar, président de la Fédération Française des Artistes, René Vincent, président de l’Union des Artistes Dessinateurs, les maîtres dessinateurs Capiello, Carlu, Colin, Roubille...
- ... Et, maintenant, jetons un coup d’œil d’ensemble sur ce programme réellement fastueux. Dans leur ordre respectif se présentent les attractions suivantes. Démonstration anti-para-sites; technique de la fabrication (T. S. F et machines parlantes); Applications de la Radioélectricité; La Radiodiffusion; Concours d’Afîiches; enfin les Attractions musicales.
- Démonstration antiparasites. — Dans la Salle D du rez-de-chaussée se trouvent groupés et exposés « en fonctionnement », tous les instruments créateurs de parasites. Voici les appareils électro-ménagers et électro-domestiques : aspirateurs, cireus,es, ventilateurs, frigidaires, lave-vaisselle, lave-linge, séçhoirs à cheveux, machines à coudre électriques, etc.
- Puis ce sont les appareils électro-médicaux : producteurs de courant à haute fréquence, de rayons ultra-violets ou infrarouges, dispositifs de traitement par diathermie. Voici également les enseignes lumineuses : tubes au néon, enseignes intermittentes, à contacteurs tournants, les moteurs industriels de toutes puissances et pour toutes utilisations. Ouvrons ici une parenthèse pour signaler que la S. D. S. A. a pris, avant tout, le soin de procéder d’une façon intégrale à l’anti-parasitage de la Centrale génératrice du Grand Palais avec le concours des Établissements Saunier-Duval, qui exploitent ladite centrale.
- Passons aux tramways : le problème de présentation étant fort complexe et devant l’importance capitale de cette source de parasites, nuisible entre toutes à la pureté des autitions radiophoniques, les organisateurs ont dû se borner à présenter une perche munie d’un dispositif ayant fait ses preuves dans différentes villes. Enfin, l’ascenseur, son moteur et ses contacts, sources de troubles importants dans les réceptions, retienne le regard du visiteur dès le seuil franchi. Sa cabine, en un va-et-vient incessant, parcourt la hauteur d’un étage; réalisation fort ingénieuse qui fait honneur à celui qui l’a imaginée.
- On nous présente ensuite les appareils propres à l’élimination de toutes ces perturbations à leur naissance ; parallèlement à ces dispositifs, on peut voir tous les moyens dont la technique actuelle dispose pour atténuer au maximum directement sur l’appareil récepteur l’influence des parasites : deux postes sont présentés en fonctionnement, l’un est équipé avec une descente d’antenne normale et capte ainsi tous les troubles produits par les appareils créateurs de parasites en action, le collecteur d’ondes du second récepteur est constitué par une antenne spéciale anti-parasites et l’on peut juger de l’efficacité de ce dispositif.
- Une maquette d’immeuble moderne muni d’une antenne collective distribuant la radiophonie dans chaque appartement au moyen de descentes anti-parasites est exposée dans cette section ; on peut y voir également des appareils dits : « para-secteur » qui permettent dans une certaine mesure et dans des conditions déterminées, d’éliminer (parfois de façon quasi totale) les parasites transmis au poste récepteur par les circuits du courant d’alimentation. Le Laboratoire National de Radioélectricité a apporté un précieux concours en présentant dans cette même section des appareils de mesure pour évaluer les champs perturbateurs. En outre, il a donné, au cours du Salon, une série de conférences au cours desquelles ont été effectuées des démonstrations de mesure et de repérage des parasites.
- Enfin les Services Techniques des P. T. T. montrent au visiteur l’outillage dont ils disposent pour la « chasse aux parasites » instituée par l’article 114 de la loi du 31 mai 1933.
- Cette belle démonstration pratique donne au public le moyen de s’initier parfaitement au problème, si grave, des parasites, et lui fait connaître, en même temps, les « armes de combat » mises à sa disposition grâce au travail incessant de nos laboratoires. En admettant que ce public ne professe pour la T. S. F. même que peu de tendresse, il n’est pas un « homme de cœur » qui, ayant inconsciemment troublé jusqu’ici l’usager, ne se fasse un devoir d’utiliser ces dispositifs de protection, ni bien coûteux, ni bien compliqués à installer. Les parasites industi'iels constituent, vétirablement, une « cause scandaleuse », fort heureusement la lutte est maintenant nettement engagée et puisque les pouvoirs publics ont
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- bien voulu en comprendre la nécessité, s’associant, enfin, au mouvement entrepris, on peut espérer que c’en sera bientôt fait de troubles qui n’ont que trop duré. Il appartenait au Syndicat Professionnel des Industries Radioélectriques, groupement représentatif des intérêts de la radiophonie française d’être le premier organisme à présenter une semblable démonstration.
- La fabrication des lampes et des disques. — ... Mais reprenons notre instructive visite... et passons dans la galerie C où nous allons assister aux différents stades de la fabrication des lampes, tant réceptrices qu’émettrices ; nous y assistons également au processus de fabrication d’un disque phonographique. En outre les appareils utilisés pour le contrôle des récepteurs nous sont présentés.
- Rétrospective et ondes ultra=courtes. — Nous trouvons aussi dans cette galerie diverses attractions : tout d’abord, une rétrospective très complète de la machine parlante, du tout premier plionograpne au plus moderne de nos «pick-up». Toujours dans cette même galerie le Labora toire National de Radioélectricité procède à des démonstrations de téléphonie par ondes ultra-courtes.
- Ensuivant, nous pénétrons dans la salle B, réservée à l’Administration des P. T. T. (Services de la Radiodiffusion) qui, fait à signaler, collabore pour la première fois avec le Salon de la T. S. F.
- Deux maquettes extrêmement réussies sont exposées. Elles représentent d’une part : les dispositions générales du nouveau poste de Villejust (Paris-P. T. T.).
- D’autre part, une vue intérieure du poste émetteur avec ses lampes « en action » et une démonstration de la circulation d’eau nécessaire à leur réfrigération.
- De plus, une grande carte murale de France montre au public un plan définitif du réseau National de Radiodiffusion.
- Des dispositifs lumineux (représentant le réseau de câbles) permettent de comprendre la façon dont on peut à volonté opérer les différentes retransmissions (Opéra, réseau fédéral, retransmissions des concerts de Vichy, etc.).
- En face, un diorama lumineux indique comment sont effectuées les retransmissions de l’Opéra.
- Enfin une série de dessins d’architecture fait ressortir l’aspect des nouveaux postes prévus dans le plan National de Radiodiffusion.
- Les applications de la Radioélectricité. — Gagnons là galerie A où sont groupées toutes les applications de la radioélectricité, exposition très importante qui montre les utilisations de la radio dans toutes les branches de l’activité humaine. Tous les ministères s’intéressant à la T. S. F. à un titre quelconque ont bien voulu prêter leurs concours en vue du succès de cette présentation : la Guerre, la Marine, les P. T. T., les Travaux Publics (département des phares et balises), l’Intérieur (Police), l’Air; les principales Sociétés de construction ont, également, apporté leur collaboration et ont ainsi, permis de présenter :
- Un poste radiotéléphonique pour chalutier, un goniomètre; un dispositif auto-alarme; un émetteur (ondes courtes) à magnétron-, un fréquencemètre pour ondes ultra-courtes; un planisphère montrant la réalisation des liaisons radio-téléphoniques transatlantiques (Paris-Buenos-Ayres) ; une maquette de la fameuse antenne Chireix-Mesny servant à établir ces communications; un dispositif utilisant les rayons X pour l’expertise des perles et des diamants; une carlingue d’avion Farman munie d’un matériel radio de bord de la Société Française Radio-Electrique; enfin, dans cette même galerie A, se trouvent réunis : une voiture radio de la Police Municipale de Paris, une voiture radio du raid Citroën Centre Asie, l’avion « Général-Ferrié », véritable radio-laboratoire volant (Voir N° du 1er septembre 1933) avec son équipe-
- ment complet du raid Paris-Niamey-Paris. Cet appareil a été généreusement mis à la disposition des organisateurs — sur notre initiative, — par son pilote et propriétaire l’ingénieur Minguet, réalisateur de l’appareillage radio.
- Ajoutons que l’avion « Général Ferrié » vole chaque jour au Bourget, son port d’attache, où il sert de laboratoire expérimental.
- Près de l’avion figure le buste du général Ferrié, par Sicard, ainsi que les plans du monument qui lui sera prochainement élevé. La souscription ouverte, à cet effet, se poursuivra durant le Salon, celui-ci devant en marquer la clôture.
- L organisation de la Radiodiffusion. ... Dans la salle I, nous y trouvons une carte d’Europe où figurent les principaux postes émetteurs représentés par une lampe et surmontée d’une horloge monumentale qui indique les stations « en travail » à l’heure correspondant à chaque mouvement de ses aiguilles. Cet ensemble est entouré de 24 panneaux lumineux dont l’éclairage est commandé par le mouvement de l’horloge, il montre de façon à la fois humoristique et artistique la nature des émissions aux diverses heures de la journée : journal parlé, reportage, bourse, informations, conférences, heure enfantine, retransmissions, musique symphonique, jazz, etc., etc.
- D’autres cartes indiquent d’une part, sous forme de silhouettes humoristiques se détachant sur fond lumineux, le nombre des postes existant dans les différents pays d’Europe, d’autre part, la densité relative des auditeurs par rapport à la population de chaque pays; enfin, une présentation originale des statistiques permet au public de se rendre compte qu’en Europe seulement il naît un nouvel adepte de la T. S. F. toutes les 7 secondes.
- En somme, cette dernière section peut être comparée aux expositions si vivantes établies pour le Salon de l’Aéronaurique par les services techniques du Ministère de l’Air.
- Au centre de cette salle I, un stand intersyndical de la Presse Radiophonique réunit les groupements suivants : Syndicat de la Presse Radiophonique Française, Association syndicale profesionnelle des journalistes de la Radio, Amicale des spécialistes de la Publicité Radioélectrique.
- Le Concours d’affiches. •— Nous n’en avons pas encore fini avec notre visite à cette véritable « cité d’attractions ». Il y a aussi le Concours d’Affiches élaboré par le Comité d’organisation avec le concours de l’Union de l’Affiche Française, initiative des plus heureuses qui va permettre de créer un trait d’union entre les Artistes afficheurs et les industriels producteurs de matériel radio-électrique.
- Un jury composé des plus éminentes personnalités du monde de la radio et des arts : MM. Brenot, Le Las, Le Gros, Serre, René Vincent, Carlu, Paul Colin, Maillard, Capiello, Roubille, Sollar, jugera les envois. Les maquettes, toutes de même dimension, sont réparties à l’intérieur du Salon, dans tous les emplacements disponibles. Il n’est pas douteux qu’un tel concours apporte une émulation désirable et ne provoque l’éclosion d’œuvres à la fois artistiques et ^publicitaires. La T. S. F. n’a guère été prodigue de productions notables dans ce domaine. Pourquoi, direz-vous avec nous ? manque d’inspiration, sans doute... et pourtant quel terrain fertile ! ! !
- D’excellents haut-parleurs judicieusement installés dans les diverses enceintes de l’Exposition créent l’atmosphère musicale indispensable à cette instructive visite en reproduisant des concerts variés et excellents.
- J. A. Nunès F8-TS,
- Membre du Réseau des Emetteurs-Français.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Dix ans sous terre. — Campagnes d'un explorateur solitaire, par Norbert Casteret, 1 vol. 316 pages, plusieurs planches hors texte. Librairie Académique Perrin. Paris 1933. Prix : 15 fr.
- Parmi les jeunes explorateurs qui, après la guerre, ont repris le flambeau de la spéléologie.aux mains des maîtres frappés par l’âge, Norbert Casteret fut dès 1923 l’un des mieux préparés, physiquement et scientifiquement. Dès l’enfance, les mystères du sous-sol et ceux de la préhistoire le captivaient; il sut se donner lui-même l’instruction et l’entraînement nécessaires à l’explorateur souterrain. Il créa même une méthode d'exploration toute personnelle et d’une audace inouïe, celle qui consiste à plonger dans les siphons des rivières souterraines jusqu’ici infranchissables, pour émerger dans des cavités inconnues. Ses courageux exploits et son extraordinaire persévérance ont été récompensés par des découvertes sensationnelles : la caverne de Mon-tcspan avec ses dessins et statues préhistoriques; la glacière souterraine du M'arboré connue sous le nom de grotte Casteret, la solution de l’énigme des sources de la Garonne ont rendu son nom célèbre. Dans le présent livre, l’auteur nous fait participer à quelques-unes de ses passionnantes et parfois téméraires explorations, il fait mieux encore, il nous fait comprendre l’intérêt scientifique de premier ordre qui s’attache à ces explorations : problèmes de géologie, de géographie souterraine, d’hygiène des eaux, de préhistoire se posent à chaque pas, et la plus grande satisfaction du chercheur est de contribuer à les élucider. Certains chapitres du livre de M. Casteret sont de véritables leçons de claire et haute vulgarisation; en particulier ceux qui traitent de la magie préhistorique, et de la faune disparue. De ce livre, dont toutes les pages sont passionnantes, émane une impression d’intelligence et d’énergie qui donne un véritable réconfort.
- La diffraction de la lumière par les ultra-sons,
- par L. Brillouin. 1 brocli., 32 p., 5 lig. Hermann et Cie, Paris, 1933. Prix : 10 fr.
- L’auteur soumet au calcul le problème de la propagation des ondes électromagnétiques ou lumineuses dans un milieu ébranlé par des vibrations mécaniques rapides; la théorie montre que dans certaines conditions il se produit une diffusion de la lumière donnant naissance à des franges. C’est ce que des expériences récentes ont mis en évidence confirmant les théories formulées par l’auteur dès 1921.
- Influence des facteurs électriques sur la végétation, par Néda Marinesco. 1 broch. in-8, 28 p., 6 fig., 3 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1932. Prix : 7 fr.
- Prenant un araucaria, un géranium ou un fuchsia, lui plantant dans la tige deux électrodes reliées à un potentiomètre, l’auteur voit apparaître une différence de potentiel quand la plante est mise dans un champ électrique. Les facteurs électriques extérieurs peuvent donc agir sur les végétaux et notamment régler la montée de la sève considérée comme un phénomène électro-osmotique. '
- La soudobrasure oxyacétglénique des métaux et alliages. 1 vol., 126 p., 117 fig. Publication de l’Office Central de* l’Acétylène et de la Soudure autogène, 32, boulevard de la Chapelle, Paris.
- La soudobrasure est le procédé d’assemblage qui consiste à réunir les pièces, préparées comme pour la soudure autogène, à l’aide d’un métal ou d’un alliage plus fusible, mais résistant qui s’accroche énergiquement aux bords à réunir, sans toutefois que ceux-ci soient portés à la fusion. Cette méthode, récemment introduite en France, se prête à un grand nombre d’applications. On trouvera ici exposée avec tous les détails nécessaires, la technique de ce genre de travail, dans tous les cas où son emploi est recommandable. Cet exposé, d’une parfaite clarté, constitue un guide excellent.
- L'Aérolevure moderne, par c. Van Damme, i vol. in-8, 161. p. Dunod, Paris, 1932. Prix : 30 francs.
- L’auteur étudie un procédé de fabrication de la levure pressée à base de mélasse dont l’application lui a donné de bons résultats, du point de vue tant de la conservation de la levure que de ses qualités de fermentation. Les rôles de l’acide phosphorique, de l’azote, des acidités en cuve et de la température sont traités en détail ainsi que les particularités mécaniques relatives aux abrications. Une bibliographie permet de se reporter aux articles parus dans les revues françaises ou étrangères.
- Faune de France. 26. Copépodes pélagiques,
- par M. Rose. 1 vol. in-8, 374 p., 456 fig., 19 pl. Lechevalier, Paris, 1933. Prix : 140 fr.
- Voici le 26 e volume de l’inventaire collectif de la faune de France, entrepris par l’Office central de faunistique. L’auteur, professeur à la Faculté des Sciences d’Alger, étudie depuis longtemps les Copépodes marins qu’il classe et décrit ici. Ce sont de petits crustacés inférieurs, d’espèces très nombreuses, qu’on rencontre parfois en bancs immenses où viennent s’alimenter nombre de poissons et de
- gros cétacés. Leur récolte est aisée, leur conservation facile; leur détermination exacte l’est moins. Cet ouvrage ne traite que des espèces flottantes, à l’exclusion de celles du fond et des parasites qui feront l’objet d’un autre livre. Il donne pour chacune tous les renseignements anatomiques nécessaires à sa reconnaissance et, de ce fait, facilite beaucoup les observations précises. Selon le plan général de la Faune de France, la partie systématique est précédée d’un chapitre de notions générales qui font apparaître combien la biologie générale de ces êtres a été jusqu’ici peu étudiée.
- La grande relève des hommes par la machine,
- par Jacques Duboin. 1 vol. in-16, 343 p., Les Editions nouvelles, Paris 1933. Prix : 12 francs.
- Un médecin philosophe et solitaire, un industriel du nord, un négociant parisien, un propriétaire terrien, un pharmacien désabusé, un jeune ingénieur, un architecte militant causent de la crise et du désordre actuels. Peu à peu ils en dégagent la cause: l’augmentation de la production par le machinisme, la diminution de la consommation par le chômage. Us considèrent cette difficulté comme permanente, croissante, et non comme un malaise temporaire. Chacun cherche un remède selon ses goûts : économie dirigée, étatisme, communisme, puis le docteur propose une solution d’avenir...
- Um des Reichs Zukunft, von Walter Gerhart. l vol., 211 pages. Herder et C°, Freiburg im Breisgau, 1932. Prix : 4,30 marks.
- Nous n’avons pas l’habitude de rendre compte ici des ouvrages traitant de politique. Celui-ci que nous avons reçu, voici plusieurs mois, bien avant la révolution nationale-socialiste allemande, présente toutefois une importance qui justifie une exception à cette règle. C’est en effet une véritable et complète explication de la politique intérieure allemande depuis la fin de la guerre. Le sujet est traité d’une façon objective, quoique avec une sympathie évidente pour le mouvement national-socialiste. L’auteur s’attache à analyser les différents facteurs psychologiques, sociaux et matériels qui ont réagi sur la politique allemande, en ces dernières années; il fait l’historique des divers partis, en remontant à leur origine même. La partie la plus intéressante de l’ouvrage est celle où l’auteur s’efforce de préciser et de dégager le contenu de la doctrine nationale-socialiste après avoir montré les raisons psychologiques qui lui ont conquis les foules allemandes. On trouvera là des pages véritablement révélatrices ; l’auteur a disséqué le mécanisme de la conquête de l’opinion publique, puis du pouvoir par le parti nazi; il montre qu’il s’agit là d’une révolution profonde et puissante par laquelle la figure et les assises de l’Etat allemand sont complètement transformées. Au moment où il a paru, l’ouvrage était prophétique et laissait prévoir les événements qui se sont succédé depuis lors; il aidera sans doute à comprendre de même ceux qui vont se dérouler désormais. Aussi peut-on recommander sa lecture et son étude à tous les Français, anxieux de l’avenir et soucieux d’une documentation sûre et solide sur la nouvelle Allemagne.
- Voyage de La Pérouse autour du monde, 17S5-1788, préfaces et notes de P. Deslandres, 298 p., 8 pl. hors texte. Éditions Pierre Roger, Paris, 1933.
- Les pages que M. Deslandres a extraites des relations de l’illustre navigateur seront lues avec le plus vif intérêt; elles nous font connaître les principales étapes du gigantesque voyage organisé par le gouvernement royal, à la veille de la Révolution, dans le seul intérêt de la science et de l’humanité. Elles nous révèlent les mœurs de populations e strêmement variées ; elles mettent en évidence les difficultés de la navigation à cette époque et le grand talent de nos marins. A chaque page éclate l’admirable caractère du chef de l’expédition : bon, juste et généreux, minutieusement attentif au bien-être et à la santé de son équipage, dépourvu de toute morgue dans ses rapports avec ses subalternes même les plus humbles, d’une humanité poussée jusqu’au scrupule dans ses rapports avec l’indigène, et qui même coûtera la vie à son second M. de Làngle et à 11 hommes massacrés à l’île Maouna, le 11 décembre 1787.
- Les récits de La Pérouse nous révèlent encore la mentalité de la noblesse cultivée à la fin du règne de Louis XVI ; l’auteur est entièrement acquis aux vues des philosophes et des économistes libéraux de l’époque; il réprouve les tyrannies politiques et les fanatismes religieux.
- Le folklore du Dauphiné (Isère), par A. Van Gennep, t. 1, in-8, 311 p., avec huit cartes folkloriques et linguistiques. Maisonneuve, Paris, 1933. Prix : 75 francs; édition de luxe : 200 francs. Ce volume est le résultat d’une enquête menée dans deux cents communes de l’Isère, et utilise en outre de nombreux ouvrages minutieusement dépouillés. Les coutumes sont classées par types et accompagnées d’un commentaire critique : celles qui sont relatives aux grands faits de la vie et les cérémonies périodiques, jusqu’au cycle de mai. Le tome II, qui est sous presse, terminera l’étude des rites saisonniers et contiendra un recueil de littérature populaire. Les cartes seront particulièrement utiles.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1.
- Construction d’un dispositif de repérage pour caries géographiques.
- CONSTRUCTION D’AMATEURS
- Pour trouver de suite les emplacements cherchés sur une carte.
- On voit dans certaines communes françaises des cartes munies d’un dispositif mécanique permettant de trouver presque instantanément les noms et emplacements d’une rue, d’un boulevard... Il est tout à fait possible d’obtenir pour l’usage personnel une installation de ce genre, et de la construire soi-même, mais un peu différente.
- Pour une raison scientifique, industrielle ou commerciale, il peut être, en effet, nécessaire de retrouver exactement sur une carte des noms de localités, des emplacements géographiques, dont on a d’ailleurs la liste.
- Voici donc une carte A fixée au mur. Trois pièces de bois doivent être, au-dessus et devant elles, installées au mur- La pièce C fixée au mur et la pièce B glissant sur C horizontalement. Sur la pièce B glisse verticalement une troisième pièce G.
- Les pièces de bois plat de C et de 15 sont marquées de divisions chiffrées (voyez D qui est un agrandissement de B).
- Il est évident qu’en faisant glisser B sur C et G sur B, le point d’encoignure de G et de B (que nous avons marqué d’une croix) pourra se placer sur un endroit quelconque de cette carte.
- II faut avoir, par ordre alphabétique, une liste des endroits géographiques que l’on désire à l’occasion retrouver. Chaque endroit doit, à côté de son nom, être muni de deux chiffres que marquent les glissières lorsque G s’arrête sur lui.
- Il suffit donc, pour trouver l’endroit cherché, de placer les glissières aux chiffres marqués sur la liste à côté du nom de l’endroit.
- Les figures D, E, II, donnent les détails (E et II en coupe), des pièces C et B. Il montre les bois plats de G. Ces bois sont vissés les uns sur les autres. 1 représente un des tampons de bois qui, à chaque extrémité, sont logés dans le mur. Dans ces tampons sont enfoncées les vis fixant C au mur .E représente D en coupe (bois également vissés). La partie haute est un peu adoucie aux contours; c’est elle que l’on pousse du doigt.
- F représente la coupe de la glissière G. Bois vissés également. On voit sur la coupe F qu’un boulon serre à volonté les deux lames de bois glissantes, et que ces dernières sont un peu moins épaisses à l’endroit glissant. De plus, l’endroit plus épais du bois sert de guide.
- Les dimensions des bois sont à la volonté du constructeur amateur et à la demande de sa carte.
- Monnier.
- INSTRUMENTS DE PHYSIQUE
- Nouveau dispositif de suspension magnétique pour appareils de mesures électriques
- Lorsque les galvanomètres à aiguille du modèle ordinaire à double pivot sont exposés à subir des chocs accidentels ou sont soumis à des trépidations, les pivots s’émoussent rapidement et il en résulte des accrochages, fausses indications, etc...
- Pour obvier à cet inconvénient la Société Cambridge a étudié et mis au point le nouveau dispositif représenté sur la figure 2. Les crapaudines sont; fixées aux deux extrémités d’une petite tige cylindrique passant dans un trou pratiqué dans le noyau fixe. Cette tige, qui est libre de se déplacer verticalement, porte également, près de chaque extrémité, un disque de fer doux et par effets d’induction composés le support ainsi constitué «flotte» dans le champ magnétique en parfait état d’équilibre.
- Ce dispositif est particulièrement efficace pour protéger l’équipage mobile contre les effets des chocs, vibrations, etc., il s’emploie indifféremment, soit dans les appareils indicateurs à lecture directe, soit dans les appareils enregistreurs à inscrip-
- Fig. 2. — Schéma du nouveau dispositif de suspension magnétique.
- Bobine mobile
- Disque dt fer doux
- Polaire
- Ressort de Crapaudine contrôle
- Aiguille,
- Pivot
- Aimant
- Crapaudine Ressort de' contrôle
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- lions graphiques. Dans ees derniers appareils l’enregistrement se fait généralement par « pointés », l’aiguille, s’abaissant à intervalles réguliers contre un fil imprégné d’encre, imprime sur le papier diagramme une série de points formant une ligne pratiquement continue. On conçoit facilement le grand intérêt que présente ce nouveau dispositif dans ce cas particulier, l’action du mécanisme de « pointage », forcément plus ou moins brutale, étant très susceptible d’endommager les pivots.
- En vente aux Établissements F.-G. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- MACHINES-OUTILS
- Scies à bois à volants munis de pneumatiques.
- La crise économique, qui provoque tant de plaintes et fait tant de victimes, a cependant comme toutes celles qui l’ont précédée, une contrepartie heureuse. Obligeant toutes les industries à reviser sévèrement leur prix de revient, elle suscite des recherches utiles, d'où naissent de nouveaux progrès.
- Dans cet ordre d’idées, nous signalerons l’innovation remarquable apportée par un constructeur dans la conception des scies à rubans. On sait comment sont constituées ces machines : un ruban sans fin en acier souple, dentelé, s’enroule sur deux volants métalliques, placés de part et d’autre de la table sur laquelle est placé l’objet à scier : l’un des volants est fou; l’autre est entraîné par le mécanisme moteur.
- L’idée nouvelle consiste à munir ces volants de pneumatiques, tout comme l’on fait sur les roues d’automobiles.
- L’ancien mode de construction des volants présente, en effet, de nombreux défauts; la vitesse du sciage des machines qui en sont munies est très limitée ; en raison du frottement élevé du métal contre métal, en raison surtout de l’adhérence imparfaite du ruban contre la jante du volant, et des chocs qui en résultent, la scie roule péniblement sur les volants; pour éviter la rudesse de ce contact, on était d’ailleurs obligé de coller sur les jantes des bandes de liège qui s’usaient et devaient être remplacées souvent. Les lames de scies, soumises à un -dur contact, devaient être épaisses et se rompaient souvent. Les rubans devaient tenir en équilibre sur les volants, et des dispositifs compliqués, permettant l’inclinaison du volant supérieur, étaient destinés à assurer la tenue de la lame.
- Les volants en fonte toujours employés ne pouvaient pas dépasser certaines vitesses sans que les risques de rupture
- Fig. 4. —• Un banc de sciage, avec scie à volant pneumatique.
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- Fig. 3. — Une scie à rubans à volants garnis de pneumatiques.
- deviennent trop grands. Les lames étaient tendues (par un dispositif faisant monter le volant supérieur) d’une façon très empirique sans tenir compte de la tension nécessaire pour scier droit, et sans tenir compte de la résistance des lames à la traction. D’ailleurs il n’existait aucun moyen de contrôle ou de mesure de cette tension.
- Dans la nouvelle scie, au contraire, les pneumatiques dont sont munis les volants assurent à la lame un contact très doux et une adhérence considérable. La douceur de ce contact, l’absence de choc permettent, d’ailleurs, d’employer des lames plus minces, et de réduire ainsi l’épaisseur des traits de scie.
- On sait que l’économie de bois obtenue par la minceur des traits de sciestpeut être considérable. Pour une machine travaillant dans du bois bon marché (pins, sapins, peupliers) à raison de 8 heures par jour, l’économie de bois annuelle atteint 3000 fr.
- Mais le principal avantage du nouveau dispositif est le suivant :
- Les volants, en tôle emboutie, ne craignent pas l’éclatement, et les scies tournent à des vitesses supérieures à 1000 tours (les scies d’ancienne fabrication tournaient à 500 tours environ). Cette grande vitesse de rotation permet de scier beaucoup plus rapidement, et les vitesses obtenues dans des grumes sont d’environ 25 à 30 m à la minute, alors qu’elles étaient de 10 à 12 m seulement.
- En ce qui concerne la tension des lames, le constructeur a imaginé un appareil très simple qui permet de la lire avec précision sur un cadran de manomètre.
- Notons aussi que, pour permettre de tirer le meilleur parti des avantages inhérents à la nouvelle machine, le constructeur fournit des tableaux très simples sur lesquels les usagers pourront noter la tension qu’il convient de donner aux lames de scies pour obtenir un sciage parfait et une usure minime des lames.
- Chacun sait qu’il est nécessaire de donner aux dents de scies une inclinaison de droite et de gauche (l’avoyage). Cet avoyagè si précieux était rapidement perdu dans les scies d’ancienne construction, puisque les dents inclinées sur la
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- Fig. 5. — A gauche : Les 2 parties du siège: le disque nervuré avec sa douille, le pied tubulaire. Au centre : Le siège démonté accroché par derrière à la ceinture ne gêne pas le chasseur. A droite : Le siège monté permet à l’excursionniste
- de se reposer.
- lame étaient rapidement redressées par le contact de la dent avec le volant. Les scieurs devaient donc, }oour éviter cet inconvénient, mettre constamment les dentures de la lame à l’extérieur du volant. Ce souci, joint aux difficultés d’équilibrage, était la cause d’une perte de temps considérable dans le réglage de la scie. Avec les nouvelles scies à volants pneumatiques cet inconvénient disparaît, car la dent est en contact souple avec le caoutchouc.
- Ajoutons que l’usure des pneumatiques est pratiquement nulle.
- Constructeur : William Gillet, 144, Cours du Médoc, Bordeaux.
- OBJETS UTILES Petit siège portatif démontable.
- Il existe déjà de nombreux modèles de sièges repliables, qui peuvent se transporter sous un faible encombrement et qui, une fois dépliés, constituent un siège pratique; mais la plupart d’entre eux sont lourds, ou bien présentent des articulations qui ne résistent pas à l’usage et à la fatigue, de sorte que ces appareils sont rapidement hors de service.
- Il est cependant intéressant pour les excursionnistes, pour les pêcheurs et plus encore peut-être pour les chasseurs, d’avoir à leur disposition un siège léger, facilement transportable, qui soit en même temps très robuste.
- Le siège qui vient d’être imaginé par M. Basset répond à toutes ces conditions.
- Il est constitué uniquement de deux parties; le siège proprement dit en forme de disque nervuré en alliage léger, malgré tout rigide grâce aux nervures, qui porte en son centre une douille permettant l’assemblage, avec le disque, d’un pied qui se place perpendiculairement au disque, en son centre.
- Ce pied bute naturellement contre la douille, de sorte que l’on a ainsi un siège immédiatement établi, l’extrémité du pied étant terminée en pointe et s’enfonçant dans le sol. Une rondelle, près de la pointe, d’un diamètre assez grand, évite au pied de s’enfoncer dans le sol au delà d’une certaine limite.
- Voilà donc le siège à la disposition du chasseur. Lorsque ce dernier désire continuer la chasse et suivre quelque compagnie que son chien vient de faire lever, il démonte instantanément le pied du siège et le passe dans une sorte d’anneau-bride, solidaire de la douille, de sorte que le pied se met en place sous le disque et contre lui. La rondelle d’arrêt du bas du pied est pliée en un endroit pour permettre de pla-
- cer le pied à plat contre le disque et éviter un bruit de ferraille pendant la marche (fig. 5).
- Le disque-siège porte, en eifet, au bord, un mousqueton, de façon qu’on puisse l’accrocher à un anneau de ceinture, par derrière, sans que l’appareil ainsi suspendu gêne la marche.
- On voit donc combien ce petit siège portatif est pratique. Etabli en alliage léger, le pied étant en outre tubulaire, renforcé aux places voulues, il s’ensuit que le poids de l’ensemble est extrêmement réduit, Les facilités de transport, de montage et de démontage, ne peuvent pas être plus grandes.
- C’est là un .petit appareil qui sera certainement beaucoup apprécié des excursionnistes, des pêcheurs et notamment les chasseurs.
- J. Basset, 5, square Charles-Dickens, Paris.
- T. S. F.
- Cadre toutes ondes.
- Les récepteurs radiophoniques, modernes, tels que les présentent les constructeurs, n’utilisent plus le cadre que très rarement.
- Ce collecteur d’ondes, comme l’indiquait M. llemardinquer dans l’article sur les montages récepteurs, publié dans notre N° du 1er septembre, garde de précieux avantages de sélection, de pouvoir directionnel, et d’accord aigu.
- U reste particulièrement recommandable pour les postes à batterie ou à courant redressé; et pour les postes-secteurs, il pèut améliorer la réception à condition de bien le soustraire aux courants haute fréquence véhiculés par le secteur.
- Nous croyons utile de signaler à cet égard le cadre perfectionné dit « toutes ondes » créé par M. Thuillier. 11 comporte six circuits bobinés sur des plans séparés; par des combinaisons convenables des connexions de ces circuits entre eux, le cadre peut s’adapter à 5 gammes de longueurs
- d’onde; 100 à 300 m; 140 à Fig. 6. — Cadre toutes ondes. 470 m; 300 à 1000 m, 600 à 1850 m; 700 à 2200 m.
- De simples poussoirs permettent de passer d’une combinaison à l’autre.
- Le cadre peut être utilisé seul; il peut aussi être employé en combinaison avec une antenne; il comporte à cet effet un bobinage supplémentaire monté en Tesla sur les circuits du cadre, relié à l’antenne et à la terre, et qui renforce par induction la réception normale du cadre.
- Ce système de cadre, non seulement accroît la sélectivité du poste, mais encore permet de renforcer considérablement l’audition^ et joue à cet égard le rôle d’un dispositif atténuateur du fading.
- Constructeur :
- A. Thuillier, 17, rue de Moulins, Tourcoing.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Massacres de platanes (V. n» 2910, p. 128 .
- M. le Lt-Colonel d’artillerie, E. Devels, nous écrit à ce sujet :
- « Certaines municipalités du Midi, certains services publics sont injustement accusés par l’article paru dans La Nature du 1er août 1933, n° 2910, p. 128, sous le titre « Massacres de platanes ».
- Si les dits services voulaient faire un commerce intéressant avec les bois, ils commenceraient par exploiter les fûts ou troncs dont la vente est seule rémunératrice.
- La raison des mutilations en question est tout autre et tend simplement à la conservation des arbres. Depuis quelques années, le platane est ravagé par un cryptogame : l’antrachnose du platane qui s’attaque aux jeunes pousses et dont les spores germent sur les gros bourgeons velus de ces végétaux. Ouand la température, l’humidité
- et les conditions générales sont favorables au développement du champignon, les platanes deviennent de véritables squelettes, les feuilles se sèchent à peine formées et au bout de trois ou quatre années de ce régime épuisant, les plus beaux arbres dépérissent et meurent. Pour sauver nos belles plantations, nos techniciens ont eu l’idée de supprimer les bourgeons normaux en émondant systématiquement les arbres et en ne laissant subsister que les branches maîtresses ou même simplement le fût. Les bourgeons latents dont la formation est favorisée par cette opération radicale, inesthétique, j’en conviens, mais indispensable, ne sont pas attaqués par le champignon. Au cours de la première année de traitement, les branches sont couronnées par de vigoureuses frondaisons et dès la deuxième, les arbres de plein vent ont été transformés en arbres en boule. Us ont changé de port, mais ont ôté sauvés. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Dépannage d’un récepteur radiophonique.
- Les notions de dépannage nécessaires pour l’entretien et la réparation des récepteurs radiophoniques ont dû nécessairement être modifiées en môme temps que se transformait la construction des récepteurs radiophoniques. Il y a donc, à l’heure actuelle, relativement peu d’ouvrages complets sur le dépannage, et il ne faut en tenir rigueur, ni aux auteurs, ni aux éditeurs. Vous pouvez cependant consulter l’ouvrage de M. Teyssier (E. Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) et celui de M. Lanoy, 53, rue de Monceau, Paris.
- Vous pouvez également consulter nos chroniques de Radiophonie pratique, dans lesquelles nous indiquons les cas particuliers de défauts et de réparation des appareils, ainsi que l’ouvrage plus général (La Pratique radio-électrique), par P. Hemardinquer, Masson, éditeur.
- Réponse à M. Aubert, à Lyon (Rhône).
- Enregistrement phonographique sur un ruban.
- Le système d’enregistrement et de reproduction des sons sur ruban « sonore » type Nublat a été décrit dans la Revue. Dans ce système, l’enregistrement des sons est effectué par un procédé électro-mécanique, au moyen d’un dispositif d’outil électro-mécanique actionné par des courants microphoniques ou radiophoniques amplifiés. Cet outil porte un burin qui vibre sous l’action des courants transmis à l’appareil et découpe dans une bande en matière plastique très mince, qui se déplace à vitesse constante, des découpures phonographiques analogues, en quelque sorte, aux dents de scie de la piste sonore d’un film à enregistrement à opacité constante, mais de hauteur beaucoup moindre.
- Pour la reproduction, on fait passer cette bande ainsi découpée à une vitesse constante rigoureusement égale devant un faisceau lumineux très lin, qu va frapper ensuite une cellule photo-électrique. Le faisceau lumineux est modulé par les différences de hauteur de la bande, et la cellule photo-électrique produit un courant à fréquence musicale qui restitue assez fidèlement le courant microphonique primitif. La cellule est connectée à un amplificateur à lampes, à vide relié à un haut-parleur.
- Comme vous nous l’indiquez, ce système peut permettre d’obtenir des auditions phonographiques de très longue durée; une bobine de 30 cm de diamètre donne, en effet, une durée d’audition de 45 minutes avec un seul enregistrement, et, en principe, il est possible d’utiliser plusieurs enregistrements accolés sur une même bande.
- Le système permet à un amateur ou à un technicien d’enregistrer soi-même des réceptions radiophoniques, ou des paroles, du chant ou de la musique, à l’aide d’un microphone, et d’obtenir une bande enregistrée pouvant permettre une reproduction immédiate.
- On peut également, en principe, utiliser un appareil uniquement reproducteur, constituant simplement un phonographe électrique à longue durée, et dans lequel le disque est simplement remplacé par un ruban sonore enregistré, qui peut être joué par un lecteur de sons photoélectrique connecté à un amplificateur, avec haut-parleur correspondant. Nous ne croyons pas pourtant qu’il existe déjà dans le commerce
- des rubans de ce genre édités commercialement, comme il existe des disques.
- Voici, d’autre part, l’adresse des Etablissements Nublat que vous demandez :
- « Le Ruban Sonore », 11, rue de Musset, Paris (16e).
- Réponse à M. J.-B., à Bordeaux.
- Construction d’un récepteur radiophonique.
- Le poste à trois lampes que vous voulez monter, comportant une lampe détcctrice à réaction, et deux étages basse fréquence à transformateurs, est certainement un appareil simple qui peut donner de très bons résultats, surtout à la campagne où il n’est pas nécessaire d’éliminer les émissions provenant des postes locaux.
- Cet appareil est extrêmement simple, mais lorsqu’on utilise une antenne assez longue, comme vous voulez le faire, il est utile de monter en série, dans le circuit d’antenne, un petit condensateur fixe ou variable de quelques dix-millièmes de microfarad de capacité, et ce condensateur est encore plus recommandable pour la réception des émissions sur ondes courtes.
- Vous pouvez employer un système de réaction à couplage par induction, en adoptant une bobine de réaction placée dans le circuit de plaque de la détcctrice, et qui est couplée avec la bobine primaire ou secondaire d’accord. On rend le système de réaction plus souple, dans ce cas,' en adoptant un potentiomètre pour l’entrée- des courants incidents sur la grille de la détectrice. Mais nous pensons qu’il est préférable encore d’utiliser un système de réaction mixte, à la fois capacitaire, et par induction. Dans ce cas, on utilise un petit condensateur variable de quelques dix-millièmes de microfarad, dont l’armature mobile est reliée à la plaque de la détectrice, et l’armature fixe à une extrémité de la bobine de réaction.
- Lorsqu’on utilise deux étages de transformateurs, on peut adopter un deuxième transformateur à rapport assez faible, afin d’augmenter la qualité de la réception musicale, nais, bien entendu, il n’y a pas là de nécessité, et l’expérience peut décider de l’emploi possible d’un autre transformateur.
- Nous ne croyons pas qu’il soit intéressant d’augmenter beaucoup la complication du système d’accord d’un appareil de ce genre, dans le but d’obtenir une sélection plus accentuée. On pourrait bien sans doute adopter un circuit fixe en série dans l’antenne, mais on augmenterait aussi également la complexité du réglage; aussi, si l’on veut établir un appareil plus sélectif nous croyons qu’il est encore préférable de transformer complètement le récepteur, d’employer un étage d’amplification haute fréquence à résonance avant la lampe détec-* trice,ou même un appareil superhétérodyne à changement de fréquence.
- Réponse à M. H., à Dinan (Côtes-du-Nord).
- De tout un peu.
- M. Cousin, à Nîmes. — Nous avons publié en 1919 dans le n° 2384 du 6 décembre, page 366, un article très complet sur la fabrication des
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- marbres artificiels, dans lequel vous trouverez des renseignements utiles sur leur préparation.
- D’autre part nous pouvons citer comme ouvrage traitant de ces questions celui de Fritsch sur les pierres artificielles, édité par la Librairie Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Stocker, à Genève. — N’ayant pas encore eu en mains', e produit dont vous parlez, nous ne pouvons à notre grand regret vous renseigner sur sa composition et apprécier son efficacité.
- M. Sauri, à Barcelone. — Les tissus légers à mailles obturées, teints en rose ou vert, que l’on utilise pour protéger les objets de la souillure des mouches, sont fabriqués très simplement en trempant de la tarlatane dans une solution tiède de gélatine blanche, cette opération se fait mécaniquement après avoir tendu l’étoffe sur un cadre portant des picots; quant à la teinte elle est donnée sans difficulté par addition au liquide d’une couleur dite d’aniline que l’on trouve couramment dans le commerce, fuchsine, vert malachite, etc.
- M. Widmann, à Versailles. — Si votre carrelage donne une effervescence avec l’acide chlorhydrique c’est évidemment qu’il est de mauvaise qualité; pour lui donner un peu plus de solidité nous vous conseillons de passer à sa surface deux ou trois couches successives d’une solution commerciale de silicate de soude à 36’ B en attendant que chaque couche soit bien sèche avant de passer la suivante.
- Cela fait, le mieux sera, pensons-nous, pour brillanter, de donner une ou deux couches d’un vernis cellulosique aujourd’hui de vente courante, type Valentine ou Duco, qui formera en même temps un enduit protecteur non altérable à l’eau qui forcément se répand toujours en plus ou moins grande quantité dans une salle de bain.
- M. Chabrière, à Egletons. — 1° Ce n’est qu’en voyant les pièces détachées d’occasion que vous pourrez, vous rendre compte de leur utilisation possible, d’autre part les disponibilités sont très variables suivant les moments; c’est pourquoi nous vous conseillons de profiter d’un voyage à Paris pour faire un tour rue de Lappe, proche la Bastille (11e), où se trouvent rassemblés les ferrailleurs et où vous aurez le plus grand choix des pièces mécaniques les plus variées.
- 2° Il est préférable que vous vous serviez tout de suite de la gélatine blanche du commerce connue sous les noms de grenetine ou de blanc-manger, le blanchiment d’une colle forte brune de déchet serait plus coûteux pour vous que la majoration de prix résultant de la différence de qualité.
- M. Ac., à Toulouse.'— La formule suivante de pâte à modeler vous donnera très probablement satisfaction.
- Poix de. Bourgogne............................. 35 grammes
- Térébenthine de Venise......................... 50 —
- Cire d’abeilles...... . . .................. 270 —
- Beurre de cuisine.............................. 65 —
- Huile de table.............................. 25 —
- Amener doucement à fusion, rendre homogène puis incorporer :
- Fécule de pommes de terre................... 540 grammes
- Rouge d’Angleterre. . ..................... 15 -—
- Malaxer jusqu’à refroidissement.
- Ml. Wang, à Lyon.— Vous ne nous dites pas quelle quantité d’eau vous avez fait intervenir pour préparer votre mixture fixaiive des cheveux, vous en avez très probablement mis trop ou pas assez, ce qui explique votre insuccès. Voici les données qui peuvent vous servir
- de point de départ :
- Gomme adragantepulvérisée................ 50 grammes
- Borate de soude............................... 5
- Eau de roses.............................. 1000 •—
- Laisser macérer la gomme et le borate de soude dans l’eau de roses pendant douze heures, liquéfier ensuite au bain-marie, passer à la mousseline pour séparer les impuretés, finalement incorporer le parfum en broyant au mortier pour obtenir un produit bien homogène, translucide et de bonne présentation.
- N. B. Suivant la consistance désirée on peut augmenter ou diminuer la quantité d’eau de roses d’après le résultat obtenu de façon à se rapprocher du produit commercial auquel on est habitué.
- M. Duperrier, à Saïnt-Germaîn-en-Laye. — Nous pensons que vous obtiendrez le résultat attendu en appliquant largement et de manière à déborder la tache de bistre, un vernis cellulosique blanc du commerce type Valentine ou Duco; après séchage parfait vous pourrez encoller le plafond sans inconvénient.
- Bien entendu, un examen minutieux, préalable,'devra permettre de déceler tous les points où le bistre commence à apparaître, si on ne veut qu’ultérieurement d’autres taches deviennent visibles.
- M. Gourdon, à Billy (Suisse).— Les souillures de votre baignoire ne sont pas dues à des matières grasses, mais à des savons de chaux; pour les enlever, il vous suffira de passer d’abord aux endroits à nettoyer un tampon imbibé d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique à 5 pour 100 environ pour décomposer les savons, puis de rincer soigneusement à l’eau pure ailn d’éliminer la chaux qui est ainsi solubilisée à l’état de chlorure de calcium.
- Cela fait, un simple passage à l’eau alcalinisée par un peu de carbonate de soude (cristaux du commerce) fera disparaître les acides gras libérés des savons.
- M. Costèrisant, à Clermont-Ferrand. — Le moyen le plus pratique de décalcariser les eaux est d’employer les produits désignés sous les noms de permutite, zôolithe, etc., qui sont constitués par un alu-mino-silicate alcalin obtenu en fondant à 1400° dans un four à réverbère un mélange d’argile, de silice et de carbonates de soude et de potasse dans les proportions voisines des suivantes :
- Carbonate de soude..............................56 %
- Carbonate de potasse............................ 5 %
- Quartz...........................................26 %
- Kaolin...........................................13 %
- Les bases qu’il renferme à côté de l’alumine sont facilement rempla-çables par une autre base de sorte que la permutite fixe la chaux et la magnésie de l’eau que l’on met à son contact, l’eau se trouve ainsi épurée avec facilité.
- Si ensuite on traite la permutite calco-magnésienne par une solution de chlorure de sodium on régénère la permutite sodique qui peut servir à une nouvelle épuration, après que l’on a enlevé les chlorures de calcium et magnésium par lavage.
- Vous trouverez la permutite ainsi que les appareils mis au point pour son emploi chez Phillips et Pain, 1, rue Taitbout, et la zéolitlie chez Egrot, 23, rue Matins, à Paris (19e) qui fournit également le matériel spécial.
- M. Capdeville, à Quinsac. — 1° Voici une excellente formule de crème dentifrice qui a été mise au point par le célèbre professeur
- Unna :
- Carbonate de chaux précipité............. 25 grammes
- Chlorate de potasse pulvérisé.............. 35 —
- Glycérine.................................. 10 —
- Eau........................................ 30 —
- Menthol, quantité suffisante pour parfumer.
- 2° Vous donnerez facilement. du brillant à vos coloquintes en les trempant dans le collodion riciné des pharmaciens, étendu d’un mélange à parties égales d’alcool et d’étlier en quantité suffisante pour le rendre très fluide de telle façon qu’après évaporation du solvant il ne reste sur les fruits qu’une pellicule extrêmement mince.
- 3° Les petites réparations des objets en bakélite se font avec facilité en chauffant préalablement les parties à joindre, puis en les enduisant de cire à cacheter de bonne qualité. Opérer rapidement sans laisser la cire redevenir solide, serrer fortement jusqu’à refroidissement complet.
- 4° Votre insuccès dans la pose du papier peint est dû à ce que vous avez laissé la colle passer du côté du papier où se trouvent les dessins et que ceux-ci ont été délayés. Vous éviterez cet inconvénient en vous servant d’un pinceau plus large et en mettant le papier sur une planche de dimensions convenables analogue à celle dont se servent les peintres.
- Malheureusement, il ne faut pas songer à faire disparaître les taches déjà produites, car vous enlèveriez en même temps les motifs colorés qui ne sont fixés sur le papier que par de la colle de peau et de l’empois d’amidon.
- M. Desdemaines, à Périgueux. — Le procédé du Dr Jacquemet vous donnera très probablement satisfaction pour réimperméabiliser la toile de votre tente, il consiste à faire préalablement la dissolution
- suivante :
- Vaseline blonde............................ 10 grammes
- Lanoline anhydre.............................100 —
- Tétrachlorure de carbone................... 500 cm'!
- Essence pour autos.......................... 500 •—
- Cette dissolution s’obtient facilement à froid par une digestion de quelques heures, en agitant de temps à autre, mais il est essentiel que la lanoline soit parfaitement sèche.
- On badigeonne alors la toile au moyen d’un pinceau large avec la mixture et on expose au soleil.
- Seconde observation : pour bonne réussite, au moment de l’application la toile doit être exempte de toute humidité.
- Le Gérant : G. Masson.
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- Tarif extérieur n° 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), Saji Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N° 2914
- LA NATURE
- J" Octobre J933.
- = NOTRE ENQUÊTE =
- L’INFLUENCE DE LA RADIODIFFUSION LES MUSICIENS
- RÉPONSE DE M. PAUL LANDORMY
- M. Paul Landormy, Professeur d'Histoire de la Musique estimé, musicographe connu, Président du Comité pour le développement de la musique, nous envoie son avis sous une forme beaucoup plus satisfaite et d'allure infiniment plus optimiste que MM. Cœuroy et D. Sordet.
- « Je crois que la T. S. F. répand considérablement le goût de la musique, de la mauvaise comme de la bonne, mais enfin de la bonne aussi. Ce que je constate, c’est que maintenant, grâce à la Radiophonie, mon plombier suit tous les Dimanches les Concerts Lamoureux, c’est qu’un gardien de phare retraité qui habite le fond de la Bretagne ne manque pas d’écouter mes causeries d’histoire de la musique, émaillées d’exemples musicaux,
- parfois sévères, c’est que... mais je pourrais vous citer mille exemples du même genre, pris sur le vif.
- La T. S. F. fait pénétrer la musique partout, dans les villages les plus reculés, dans les milieux les moins cultivés. Il s’agirait de donner comme aliment à toutes ces curiosités passionnées, moins de stupides chansonnettes, et un peu plus de Wagner, de Franck, de Debussy, etc...
- Je crois que nous sommes sur la voie d’une réforme à cet égard, et j’ai toute confiance dans le goût, dans la sagacité, dans le zèle éclairé d’hommes éminents comme notre Directeur général des Beaux-Arts M. Bollaërt, si finement musicien, et comme M. Pellenc, Directeur de la Radiophonie d’Etat, si habilement réalisateur, pour faire donner à ce puissant moyen d’action son plein rendement artistique et éducatif ».
- LES ECRIVAINS
- RÉPONSE DE M. MARCEL PRÉVOST
- L'auteur des « Lettres à Françoise » nous adresse son opinion sous une forme brève, et trop modeste, mais confiante dans l'avenir de la radiophonie.
- « VrajjüôttLie me sens trop incompétent pour répondre quqj^^Æ.Tt^s^it de valable. La radiophonie actuelle-nuR^dsfon eff#t\t d’une utilité considérables est, j’en sil/scsûrj^sappel(® ji. un avenir prodigieux. Elle sera un jœWja cc^urrjMœ directe du théâtre et même du livre. Q^<^’ai-j^^^atnps de développer l’idée que je me fais I|èftjfuêtes futures! »
- RÉPONSE DE M. CLÉMENT VAUTEL
- Le chroniqueur du Journal et de Radio-Magazine, d'ailleurs, a répondu à notre enquête, sous une forme spirituelle et détaillée :
- « Recevant le roi Louis-Philippe à l’entrée du village, le maire lui dit :
- « — Que votre Majesté nous excuse de ne pas avoir tiré le canon pour la saluer selon l’usage. Mais nous avons pour cela trois raisons : le première, c’est que nous n’avons pas de canon... »
- — Celle-là, suffit, interrompit le roi, inutile de m’exposer les autres.
- Vous allez me demander quel rapport il peut bien
- y avoir entre cette vieille anecdote, et l’enquête de « La Nature ».
- Eh bien ! voici : la réponse que je ferai à la première des quatre questions posées devrait me dispenser de répondre à celles que la suivent.
- La radiodiffusion n’exerce, à mon avis, et ne peut exercer aucune espèce d’influence sur le public au point de vue littéraire. Car la littérature débitée au micro, n’est jamais qu’un écho très faible de la littérature livresque ou théâtrale, et j’ajoute que par le fait même qu’elle est parlée, cette littérature-là devient fatalement didactique et borne son ambition à distraire les chers auditeurs. Quelle influence littéraire peuvent avoir sur le public des pièces de théâtre choisies dans le répertoire le plus connu, des critiques improvisées par des monologuistes à la voix radiogénique, des récitations de poésie qui sont presque toujours « La Fiancée du Timbalier », « la Grève des Forgerons » ou des rimeries probablement inédites que déclament devant le micro leurs auteurs, et dont le souvenir est effacé par la première ritournelle ?
- Une influence littéraire sur le public, et surtout sur le grand public, mais cela ne se fabrique pas ainsi au moyen de petites causeries et de petites récitations en ordre dispersé, au hasard des programmes élaborés avec le souci d’intéresser ou d’amuser le plus grand
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- nombre d’auditeurs possible. Une influence littéraire ne peut être que le résultat d’une tactique et même d’une stratégie : encore faut-il que des idées, des principes, lui fournissent un cadre, un personnel et un but. C’est toute une affaire de former, de diriger, le goût des masses ; je me demande même si la chose est possible, et surtout à notre époque ondoyante et diverse où la littérature n’a plus que des prophètes sans crédit, et des animateurs sans prestige et sans autorité.
- Il ne peut y avoir d’influence littéraire à la radio pour cette bonne raison que le journal, le livre, le théâtre, et l’Académie Française elle-même n’influencent en rien un public de plus en plus rebelle, capricieux, et ce qui est plus grave, indifférent.
- Observez que la radio est, avant tout, musicale et qu’elle n’exerce non plus aucune influence dans le domaine d’Euterpe, à plus forte raison dans l’ordre intellectuel et littéraire.
- Quant à l’avenir, je ne sais, et personne ne sait ce qu’il sera. Je doute cependant que la radio ait un grand avenir littéraire. Elle instruira, elle informera, elle charmera, elle parlera, mais c’est du livre ou du papier imprimé que continueront à jaillir les idées directrices, à naître les influences intellectuelles et morales !
- Ne confondons pas le fluide électrique avec le fluide de l’art et de. a pensée, le mode d’expression avec l’œuvre elle-même, autour avec alentour, et méfions-nous des influences, même littéraires, qui seraient aux ordres d’organisations officielles, voire non officielles.
- De ces influences toujours un peu suspectes, nous en subissons déjà bien assez comme ça ».
- REPONSE DE M. PAUL REBOUX
- à considérations filandreuses et à dissertations grisâtres.
- Je crois que la T. S. F. fera de la bonne besogne littéraire quand elle aura adopté sa forme à ce nouveau moyen de transmission de la pensée, c’est-à-dire quand elle se sera appliquée à être brève, colorée, anecdotique, documentée et vivante.
- « Je voyais l’autre jour dans un verger un brave homme qui s’occupait de ses arbres fruitiers, tandis que près de lui, dans l’herbe, une valise contenant un poste de réception émettait, très purement d’ailleurs, des sons musicaux.
- Mon paysan n’était pas un vieillard, il devait avoir atteint la quarantaine, pas plus. En le voyant accomplir un travail agricole, tout en écoutant un air de jazz, j’ai eu l’impression que peut-être la fameuse question de la main-d’œuvre aux champs était beaucoup plus qu’i|;
- y a dix ans, sur le point d’être résolue.
- Les campagnes déplaisent aux êtres modernes; ce qui attire tant de gens vers les villes, c’est le cinéma et la musique.
- Or, aujourd’hui déjà, la radiophonie permet d’envoyer dans la « cambrouse » la plus « cambrousarde » les nouvelles les plus récentes, en même temps que les auditions les plus variées. Ainsi les enfants s’éduquent, les grandes personnes se récréent, et les vieux retrouvent les airs de leur jeunesse.
- Quand la télévision apportera le cinéma à domicile, il n’y aura vraiment plus d’excuses pour les déserteurs de la terre, il en résultera un dégorgement des villes, la détente de la crise du loyer, la vie à bon marché.
- Mais ne nous hâtons pas de prédire une vie si belle, l’expérience enseigne M. Paul Reboux qu’il ne faut Pas trop espérer ».
- M. Paul Reboux est un écrivain d’une activité prodigieuse, qui trouve cependant les loisirs nécessaires pour prononcer devant le microphone des postes d’émission des chroniques suivies et organiser des radioreportages très vivants.
- « Je suis persuadé que la T. S. F. contribue à procurer des lecteurs aux ouvrages littéraires goûtés du public, c’est-à-dire aux ouvrages littéraires qui servent à quelque chose, et qui enseignent quelque chose.
- , Les œuvres de pure imagination, le public s’en est maintenant à peu près complètement détaché. Le temps où nous vivons est trop difficile pour que nous puissions nous intéresser à des fariboles.
- En signalant les œuvres documentaires, en les analysant, en en détachant les éléments les plus caractéristiques, un critique littéraire de T. S. F. ferait de l’excellente besogne.
- Sa tâche serait évidemment moins efficace s’il se bornait à exprimer longuement son opinion personnelle et à trouver dans la publication d’un ouvrage un prétexte
- RÉPONSE
- DE M. GABRIEL TIMMORY
- M. Galriel Timmory est en même temps quun homme de lettres connu, un conférencier estimé. Président de la Société des auteurs et conférenciers, il prononce d’ailleurs devant le micro des chroniques régulières, particulièrement au poste colonial et connaît donc spécialement le problème de la radiodiffusion.
- La radiodiffusion est encore trop jeune pour que l’on puisse déterminer, d’une manière définitive, l’influence quelle a dû exercer; les anticipations trop précises sur son rôle futur risqueraient d’être souvent téméraires.
- Chaque fois qu’est apparue une invention nouvelle, on a commis de lourdes erreurs, soit en mésestimant sa valeur, soit en exagérant son rôle.
- Pour ne pas augmenter le sottisier, déjà trop volumineux, de la T. S. F., je ne répondrai à l’enquête de La Nature que par quelques timides observations.
- 1° En même temps qu’un rapide moyen d’information la T. 'S. F. est une puissante « machine à vulgariser ».
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- Elle donne instantanément aux manifestations artistiques et littéraires la plus large diffusion. Grâce à elle, le contact est désormais établi entre les différents points du globe. Voilà, indubitablement la grande nouveauté de la T. S. F. C’est pourquoi on a appréhendé son essor, comme jadis celui du livre et de la presse. Crainte excessive, comme fut excessive celle qu’inspirèrent le livre et la presse : pas plus qu’il n’a suffi d’un article ou d’un volume pour déchaîner la révolution, il ne suffit point d’une onde pour bouleverser l’univers. D’ailleurs, en raison même de son large rayonnement, la propagande par T. S. F. est, en général discrète et nous ne pouvons guère encore mesurer l’influence de la radiodiffusion dans les divers départements de l’activité intellectuelle : il est cependant probable qu’elle a dû stimuler cette activité et y faire participer des esprits qui auparavant en étaient écartés.
- 2° Pour atteindre le plus grand nombre d’auditeurs possible, la T. S. F. s’est efforcée de donner à ses programmes de la variété : un même auditeur ne saurait cependant être également intéressé par toutes les parties
- LES AUTEURS
- OPINION DE M. TRISTAN BERNARD
- U auteur de « Triplepatte » avait répondu, en quelque sorte, par avance à notre enquête dans un article très intéressant paru dans l’Annuaire de la Radiodiffusion Nationale de 1933, et nous croyons utile de citer quelques-uns des passages les plus caractéristiques de cet article.
- « Les moyens d’expression ont beau être différents, l’âme du public ne change pas, qu’il s’appelle spectateur ou qu’il s’appelle auditeur; les facultés d’attention sont modifiées, et c’est ce dont il faut tenir compte, mais mais cela c’est l’affaire des auteurs et non des ingénieurs, « à chacun ses oignons ».
- Dressons d’abord un petit tableau : trois arts jumeaux et différents :
- Le cinéma muet qui ne s’adresse qu’aux yeux,
- La radiophonie qui ne fait appel qu’à des écouteurs, entre les deux un art qui se fait à la fois voir et entendre, le théâtre ou si vous voulez le film parlant, ce qui est du théâtre imprimé fixé sur la pellicule.
- Puisque en écrivant pour la radiophonie, on doit se dire que l’on s’adresse à l’imagination des auditeurs, et
- d’un programme; or, ce qui n’amuse ni n’instruit rebute : n’arrivera-t-il pas que cet auditeur, pour se soustraire à une écoute jugée par lui fastidieuse, en laisse passer une dont il aurait tiré profit ou plaisir ? Il y a donc lieu de se demander si, pour augmenter son influence, la T. S. F. ne devra pas substituer à des programmes composites qui, parce qu’ils veulent apporter à tout le monde une satisfaction n’en donnent une entière à personne, des programmes spécialisés, qui satisferont complètement une catégorie d’auditeurs; de plus, certains programmes devront être répétés; on n’aura de théâtre radiophonique que lorsque les pièces pourront être exécutées plusieurs fois. Bref, si la T. S. F. veut augmenter son influence artistique, il faut qu’elle donne non plus des morceaux choisis, mais des œuvres.
- Je ne crois pas qu’il y ait lieu d’attribuer aux journalistes de la radio un rôle spécial : remarquons du moins qu’ils n’ont pas seulement à rédiger, mais à mettre un texte en valeur, quand ils en ont un; car ils doivent savoir improviser. En un mot, ils sont surtout des conférenciers. »
- DRAMATIQUES
- ne point oublier qu’il ne voit point les personnages, c’est à l’auteur de réaliser un dialogue suffisamment évocateur pour pouvoir se passer de décor rcel...
- Nous avons actuellement une belle pléiade d’auteurs dramatiques, chaque fois que je rencontre un de ces écrivains, je l’engage avec ardeur à travailler pour la radio, je suis sûr qu’il y trouvera l’occasion d’un entraînement excellent, car il s’habituera à donner à ses mots le maximum de sens évocateur, et ceci ne lui sera pas inutile, même quand il n’écrira pas pour la T. S. F. Il se fera peu à peuchez le public une éducation del’oreille, il faut qu’il apprenne à entendre, puis à écouter.
- Cette espèce de groupement, de rassemblement du public, ne peut se faire à la T. S. F. où le contact n’existe qu’entre les auditeurs installés dans une même chambre, et encore là ne se produit-il pas d’une façon si puissante et aussi entraînante que dans une salle nombreuse.
- L’auteur comique doit tenir compte de cela. Il faut donc avoir recours à une autre sorte de comique, et peut-être cette contrainte, cette recherche, comme beaucoup de contraintes, de recherches, seront-elles fécondes en bons résultats ». (A suivre.)
- = L’OPPIDUM DE CLERMONT-FERRAND =
- ET LES RÉVÉLATIONS DE LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE
- Lorsque en février dernier, M. Pierre de Nolhac eut fait connaître au grand public, par ses articles de VIllustration et du Figaro, l’énigmatique découverte des ruines du plateau des Côtes près de Clermont-Ferrand, le monde savant accueillit avec intérêt les conclusions de l’éminent académicien. La majorité des archéologues jugea qu’il
- y avait là un sujet d’études nouvelles, et qu’il fallait laisser au temps, et au travail des prospecteurs, le soin de compléter les premières indications, qui avaient surtout pour but de prendre date.
- M. Audollent, devant ses confrères de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, avait déclaré avec pru-
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- dence, qu’il était impossible d’assigner une époque précise à ces ruines, mais que, de toute évidence elles constituaient un ensemble de constructions antiques. Au
- des tuiles à rebords, des fragments de « doliums » et des poteries gallo-romaines.
- M. Camille Julian interviewé par le Malin déclarait (1).
- Fig. 1 (en haut). •— L’oppidum du plateau des Côtes.
- Vue d’ensemble des ruines prise en avion à 200 m d’altitude. (Ph. Aéro-Club d’Auvergne.)
- Fig. 2 (au-dessous). — Relevé au trait de la photographie aérienne ci-dessus.
- 1, partie cultivée; 2, ville ou Urbs; 3. Cité gallo-romaine; 4, remparts; 5, falaises; 6, ruisseau et étang; 7, terrasses;
- 8, voie pavée; 9, fossés; 10, falaises.
- centre du plateau des Côtes, pourtant, des vestiges net- <.< La découverte de M. Maurice Busset est importante,
- tement gallo-romains étaient discernables ; on pouvait il s’agit probablement des restes d’une grande ville gau-recueillir sous les pierres éboulées, et en grande quantité, i. Le Malin, 15 février 1933.
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- loise, dont la fondation peut remonter jusque vers l’an 550 avant notre ère; nous nous trouvons vraisemblablement en présence d’une ville qui fut abandonnée bien avant la conquête romaine. »
- La question, on le voit, était de nature à intéresser les chercheurs; mais un petit groupe de lettrés habitant Clermont-Ferrand ne fut point de cet avis. Ainsi qu’il arrive très souvent en province, des questions de personnalités primèrent l’intérêt scientifique; et, sans égard pour la haute notoriété des auteurs de la divulgation de cette découverte, des attaques violentes et discourtoises furent dirigées contre l’existence même de ces ruines.
- « Il n’y a rien au plateau des Côtes si ce n’est quelques tas de cailloux provenant de l’épierrage des champs et répartis au hasard », écrivit-on (T).
- Il eût été bien facile de répondre à ces attaques dénuées de toute hase scientifique, mais nous avons préféré travailler et accumuler des preuves, nous réservant de publier à notre heure une réponse globale, qui, négligeant les personnalités, ne tiendrait compte que des faits et des résultats acquis.
- LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE
- Il existe un procédé moderne d’investigation qui, employé depuis quelques années, surtout en Orient, dans les recherches des cités mortes, devait nous permettre de contrôler nos découvertes. Ce procédé est la photographie aérienne. M. Sardier, Président de l’Aéro-Club d’Auvergne voulut bien mettre un de ses avions au service de la science, et fit prendre une série de clichés du plateau des Côtes et de ses abords.
- Ces clichés sont explicites ; il est maintenant impossible dernier l’existence d’un ensemble coordonné et préconçu, réparti sur toute la surface basaltique de la montagne. Il ne s’agit plus là de murettes clôturant les champs; vu de 200 m de hauteur, ce chaos de pierre s’ordonne et se complète, les fragments épars se raccordent, le plan initial se dessine avec un luxe de détails insoupçonnés.
- Devant des documents d’une telle précision, il ne saurait être question de travaux agricoles, ou de constructions faites par des bergers. Il y a là un ensemble parfaitement adapté à la défense du plateau : les points non protégés par les falaises à pic sont défendus par des fossés et des remparts avec chemin de ronde (fig. 2); des ouvrages avancés précèdent [les entrées : des édifices rectangulaires sont discernables sous la lande;les portes, sous les broussailles qui les couvrent, sont encore parfaitement visibles ; les voies dallées s’enchevêtrent ; des barrages retenant le trop-plein des trois ruisselets qui serpentent au sommet s’ébauchent sous le couvert des ronces, délimitant des dépressions qui furent autrefois des étangs, maintenant à sec. Afin de rendre plus visibles, dans une reproduction typographique, les détails de ces clichés, nous nous sommes servis d’un procédé scienti-
- 1. Voir le n° 2906 de La Nature, 1er juin 1933.
- Fig. 3. — Les ruines du plateau des Côtes.
- Photographie aérienne de la cité gallo-romaine dont les vestiges couvrent une superficie de 16 hectares. (Photo Aéro-Club d’Auvergne.)
- fique de redressement et de mise au trait qui permet de rétablir la topographie exacte du paysage photographique. Ce procédé qui fut couramment employé pendant la guerre pour l’exécution des plans directeurs, permet de n’omettre aucun détail, et de lire facilement une épreuve (fig. 2 et 4).
- Ces photographies aériennes facilitèrent grandement ma tâche de prospection du plateau, et me permirent de ne rien négliger de ce vaste espace qui mesure environ 7 km de pourtour.
- 11 est impossible d’admettre que ces alignements cohérents de murs qui se complètent soient le fait du hasard. De toute évidence, il y eut là, à une époque encore indéterminée, un oppidum dont la superficie égale presque en ampleur celle delà ville de Clermont-Ferrand qui s’étale dans la plaine au pied de ce plateau des Côtes, qui en forme en quelque sorte l’Acropole.
- Qu’il existe également sur ce vaste territoire, des constructions paysannes cela ne fait aucun doute; nous avons élé le premier à signaler la persistance en Auvergne
- Fig. 4. — Plan des ruines gallo-romaines de la figure 3.
- On aperçoit nettement les édifices carrés ensevelis à demi sous les décombres.
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- de certaines traditions architecturales anciennes [Le Vieux Pays d'Auvergne, p. 25). La voûte en plein cintre des barons ou vacheries de la montagne, ainsi que la voûte à coupole des tonnes circulaires construites par les vignerons de la plaine de Limagne, nous ramènent aux prémices de l’architecture; mais ces constructions modernes sont facilement reconnaissables, en ce sens qu’elles sont moins soignées, qu’elles ne renferment point sous leurs voûtes de vestiges antiques et qu’elles ne se relient pas à un ensemble architectural comparable à celui que nous révèle la photographie aérienne, et qui ne peut en aucune façon s’expliquer par la culture et l’épierrage.
- Nous voyons en effet sur la • photographie (fig. 1) et sur son relevé au trait que la masse des constructions n’est point répartie sur toute la surface de la montagne; elle occupe surtout une arête rocheuse, dirigée de l’ouest à l’est, qui s’épanouit au centre du plateau, détachant vers le nord deux caps arrondis ; entre ces caps, se creuse une dépression qui fut jadis un étang formé par le captage d’un ruis.selet. La grande arête basaltique mesure environ deux kilomètres de longueur, et une largeur moyenne de deux cents à trois cents mètres; elle ne fut jamais cultivée, car le roc est là complètement au ras du sol. La partie nord, légèrement en contre-bas,est revêtue d’une mince couche de terre végétale ; elle fut cultivée autrefois : des champs de seigle ou d’avoine, des pâturages occupèrent jadis cette zone plus fertile. Ces cultures furent abandonnées à une époque indéterminée, mais assez lointaine. Je connais le plateau des Côtes depuis
- Fig. 5. — Fouilles du plateau des Côles.
- Poterie gallo-romaine à reliefs dite de « Lezoux » trouvée dans les ruines.
- 35 ans et je n’y ai jamais vu que de maigres jachères, et quelques taillis de chênes.
- Or, cette zone cultivée devrait être précisément celle sur laquelle Vépierrage aurait dû s'exercer, c est à cet endroit que devraient apparaître les murettes constituées par le défrichement du sol. L’examen des clichés aériens montre qu’il n’en est rien, bien au contraire, les murailles sont centralisées sur le roc et il ny en a point ou très peu sur les surfaces cultivées.
- Comment expliquer ces particularités ? bien simplement : il n’y eut point «d’épierrage» sur le plateau; la nappe basaltique est là, partout consistante, formant une véritable dalle de 10 à 20 m d’épaisseur qui recouvre la colline calcaire, constituant la masse du plateau. La terre végétale, peu à peu, s’est déposée dans les parties basses de cette dalle;il n’y eut point érosion sur cette surface plane, donc point de blocs épars, nécessitant leur déplacement lors de la mise en culture, aussi est-il impossible de découvrir dans ces parties cultivées les murailles d’épierrage que l’on rencontre fréquemment, en Auvergne dans les « cheyres » ou coulées de lave, et sur les pentes éboulées de certaines vallées fertiles.
- L’arête rocheuse où se concentre l’ensemble de la ville morte étant impropre à la culture, il ne peut être question de travaux agricoles dans cette zone; l’irrégularité des murailles et leur disposition qui apparaît clairement sur la fig. 3 et sur le plan fig. 4 ne présente aucun rapport avec des clôtures de parcelles, et évoque au contraire complètement l’aspect de ruelles et d’édifices enchevêtrés, parfois même superposés par plusieurs civilisations successives.
- D’où proviennent les pierres qui composent ces murs ? Quelques-unes ont dû directement être détachées du sous-sol partout affleurant en cet endroit, mais les blocs, en majorité, proviennent de vastes carrières très nettement visibles à l’ouest, à l’est et au nord du plateau. Des pierres mesurant souvent 1 m 50 de longueur et pesant plusieurs tonnes ont été extraites des falaises, et transportées souvent à 2 km de là pour constituer les assises de base des abris et des murs. Si l’on envisage l’importance des travaux effectués, et le cube des matériaux mis en œuvre, il est complètement impossible d’attribuer ces contructions à des agriculteurs modernes, cela est tout à fait en dehors de leurs moyens : des centaines d’hommes ont dû être utilisés pour transporter ces rocs et les superposer.
- Pourquoi ces murailles sont-elles encore visibles et ne sont-elles point enterrées ainsi que cela a lieu pour certaines constructions antiques ? la réponse est facile : Il n’y a point, aux Côtes de Clermont, de terre végétale en abondance, ni de sable susceptible de les enfouir; le roc partout à nu a empêché, en partie, leur enlisement.
- Ce fait est fréquent en Bretagne, où, sur le sous-sol granitique, les dolmens et les menhirs plusieurs fois millénaires s’érigent encore dans toute leur ampleur. Nous avons également en Auvergne les dolmens de Saint-Nectaire, de Saint-Amant-Roche-Savine, et les menhirs de Crouël et d’Aubière qui n’ont point été enlisés par le temps. Les enceintes néolithiques observées d’autre part dans le sud
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- de la France sont également visibles, et s’élèvent encore de 1 m à 5 m au-dessus du sol.
- Comment se fait-il que l’on n’ait point découvert plus tôt cet oppidum, placé aussi près de Clermont-Ferrand ? La réponse là aussi est bien simple : ces ruines depuis longtemps déjà signalées fragmentairement, dès 1840, par Bouillet et Mathieu, valent surtout parleur ensemble. De longs mois d’étude m’ont été nécessaires pour en réaliser l’importance. Les visiteurs mal informés ou non guidés, ne peuvent guère en démêler le sens à première vue. Seuls, les procédés modernes d’investigation, mis à ma disposition par la photographie aérienne, m’ont permis d’acquérir une certitude, que vint ensuite confirmer la découverte de vestiges antiques, notamment gallo-romains, sous les voûtes éboulées.
- LA VILLE GALLO-ROMAINE
- Ne pouvant nier l’existence de ruines gallo-romaines, d’ailleurs reconnues officiellement par deux experts envoyés par la direction des Beaux-Arts, on a écrit que ces ruines étaient peu de chose, et ne comprenaient guère qu’un « pan de mur » (J). La photographie aérienne est encore venue à notre secours. Le pan de mur, en réalité, s’étend sur une superficie de 16 hectares environ. Sur toute cette surface, on trouve en plus ou moins grande quantité des tuiles à rebord et des poteries gallo-romaines ; plusieurs milliers de fragments ont été recueillis depuis l’annonce de la découverte; il n’est pas un visiteur des ruines qui ne rapporte quelques débris de « doliums » ou de tuiles romaines.
- Placée à l’extrémité est du plateau (fig. 2, n° 3) la ville gallo-romaine est très nettement circonscrite par d’épaisses murailles qui ne peuvent être que des remparts. Ces murailles bien conservées, surtout à l’ouest de la cité, mesurent encore de 1 m 50 à 2 m de hauteur, et de 2 à 3 m de largeur; elles comportent dans leur masse des abris à coupole, assez bien conservés, et d’autres ruinés et effondrés; des fouilles effectuées sous les voûtes nous ont livré des fragments de poterie rouge à relief, dites de « Lezoux » (fig. 5) et des fragments d’objets en fer, des perles en céramique et en verre bleu et violet.
- L’examen de là photographie aérienne, à l’aide d’une forte loupe, nous a montré qu’il existait au sein de ces amas de pierrailles plusieurs constructions carrées. Nous avons fouillé deux de ces constructions, très nettement construites à l’aide de pierres de petit appareil, cimentées entre elles ; une pièce carrée mesurant 4 m de côté environ a été dégagée jusqu’au sol; les parois étaient revêtues d’un enduit peint à fresques, en tons unis, ocre rouge et vert olive; deux lampes romaines, brisées, en terre rouge, ainsi qu’une petite coupe bien conservée ont été recueillies dans cette fouille, mêlées à d’innombrables débris de doliums en terre rouge.
- Cette cité gallo-romaine devait être fort primitive, car nous n’avons rencontré là aucun fragment de pierre taillée si ce n’est un morceau de chêneau très fruste, à peine dégrossi au ciseau.
- Deux pointes de flèches en fer ont été recueillies en
- 1. La Nature, n° 2906.
- Fig. 6. — Huttes rondes en pierres sèches du plateau des Côtes. Ces constructions plus ou moins ruinées sont au nombre de plusieurs centaines. Des vestiges gallo-romains ont été recueillis à l’intérieur. Des huttes celtiques semblables existent en Irlande.
- avant des murs de la face sud, ainsi qu’une lame de couteau ou de poignard mesurant 0,20 cm de longueur environ, des débris de fer oxydé informes : boucles, clous plaques, ainsi que deux pièces de bronze de la province romaine (colonie nîmoise), ont été également trouvés dans cette partie du plateau.
- Les objets recueillis au cours des recherches ont été déposés au Musée de Clermont-Ferrand ; ils y occupent une vitrine, il est facile de les examiner, et des attestations des témoins des trouvailles ont été établies.
- L’existence de ces constructions était connue depuis fort longtemps, et l’argument des négateurs, qui affirment que notre imagination « romantique » créa ces ruines de toutes pièces, tombe de lui-même devant l’unanimité des savants qui reconnurent l’intérêt présenté par les vestiges antiques que l’on rencontre au plateau des Côtes.
- Le professeur Mathieu dans son Auvergne anté-his-torique, publiée en 1873, écrivait page 67 :
- « Il existe sur nos plateaux des traces d’antiques constructions... Les ruines les plus anciennes seraient au plateau des Côtes... on remarque la place où sont encore les gros matériaux... »
- Legrand d’Aussy, dans un volume paru en 1795 (x), l’abbé Delarbre dans ses Notices sur F Auvergne, Ambroise Tardieu, etc. se sont intéressés aux murailles du plateau des Côtes de Clermont, dont ils ont affirmé l’existence et la haute antiquité.
- L’archéologue Bouillet dont la Statistique monumentale publiée en 1840 fait autorité, note (page 101), « qu’un manuscrit de la bibliothèque des Carmes Réformés parle d’un temple de Mars qui aurait existé sur la montagne des Côtes. La jeunesse en âge de porter les armes allait s’y exercer et s’instruire pour les manœuvres de guerre ».
- Bien loin d’être le seul à avoir signalé ces ruines, je n’ai donc fait que compléter, grâce aux procédés modernes d’investigations, les études de mes devanciers et des
- 1. Legrand d’Aussy. Voyage dans la ci-devant Haute et Basse Auvergne (1795).
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- savants de la valeur de MM. Audollent, membre de l’Institut, de Nolhac, de l’Académie Française, Desdevises du Dézert, doyen de la Faculté de Clermont-Ferrand qui, m’ayant assisté dans mes recherches, en ont confirmé l’intérêt.
- Il faudrait donc admettre, pour complaire à quelques personnes, que tous les savants qui étudièrent l’énigme des Côtes se sont trompés, et cela depuis 1795! On avouera que le problème présenté de la sorte par les adversaires de l’existence de l’oppidum, frise l’absurde, car leur argumentation, qui néglige toute la bibliographie antérieure du sujet, est paradoxale et ne peut soutenir Vanalyse.
- LA QUESTIO N DE GERGOVIA
- Ces ruines peuvent-elles être celles de Gergovia ? Nous sortons là de l’étude purement archéologique pour aborder l’histoire (x). Des érudits de la valeur de MM. Pierre de Nolhac et Desdevises du Dézert, se prononcent nettement en faveur du nouvel emplacement ; voici quelques-uns de leurs arguments :
- 1° La tradition populaire, jusqu’au xvie siècle, a toujours confondu Clermont-Ferrand et Gergovia, qui, suivant les écrivains anciens, constituaient la même ville la « Civitas Arvernorum » ou « Cité des Arvernes », or le plateau des Côtes est V Acropole même de Clermont-Ferrand.
- 2° La montagne baptisée arbitrairement « Gergovia » depuis 1865, par ordre de Napoléon III, a conservé jusqu’à nos jours son nom gaulois et ce nom n’est point Gergovia. Le plateau et le village voisins, dans tous les
- 1. Maurice Busset. Gergovia Capitale des Gaules et l’Oppidum du plateau des Côtes. Delagrave, Paris.
- actes anciens, se nomment très explicitement puy de Merdogne et « village de Merdogne ».
- 3° Aucune ruine n’est visible à Merdogne ; des photographies aériennes en ont été prises par l’Aéro-Club d’Auvergne ; elles ne peuvent soutenir la comparaison avec celles du plateau des Côtes de Clermont qui révèlent nettement l’existence d’une ville morte, ensevelie sous les ronces.
- 4° Le texte des « Commentaires » est en parfaite conformité avec le site des Côtes de Clermont, il ne s’applique que très difficilement au site de Merdogne.
- 5° Un texte grec de Polyen complètement inapplicable au plateau de Merdogne, vient préciser la direction de l’attaque; ce texte est en parfaite conformité avec le site des Côtes : attaque par la gauche, feinte par la droite.
- 6° Enfin un grand lac, le lac de Sarlièves, qui fut artificiellement désséché au xvne siècle, s’étendait au pied du plateau de Merdogne, et eût coupé la ligne de retraite de César; or César, dans sa description de la bataille, ne parle pas de ce lac ni des marais existant dans cette région basse où l’on a voulu placer son camp. La question de Gergovia doit donc être reprise sur de nouvelles bases. La découverte de l’oppidum des Côtes vient de créer un fait nouveau, il semble maintenant plus logique de situer la « Gergovia des Arvernes » sur l’Acropole clermontoise du plateau des Côtes, site évocateur, haut lieu habité depuis des millénaires, plutôt que sur le marécageux et vide « puy de Merdogne » où rien n’évoque le souvenir de l’épopée nationale par laquelle débuta « l’histoire de France ».
- Maurice Busset.
- Conservateur du Musée de Clermont-Ferrand, Professeur au Lycée Henri-IV à Paris.
- L’ENERGIE THERMIQUE DES MERS
- M. G. Claude oient d’annoncer à l’Académie des Sciences qu’il reprend ses travaux sur l’utilisation de l’énergie thermique des mers. Le procédé Claude-Boucherot consiste on le sait, à utiliser la différence de température entre les couches superficielles et profondes des Océans, en ramenant à la surface, par un tube vertical, les eaux froides des profondeurs.
- Nous reproduisons ci-dessous la communication faite à ce sujet le 4 septembre dernier par M. G. Claude à l’Académie.
- « Depuis que mes essais de Cuba ont montré la possibilité théorique et pratique du procédé Claude-Boucherot, les circonstances exceptionnelles qui pèsent sur le monde ont empêché la réalisation industrielle que je souhaite.
- J’ai été conduit récemment à envisager un mode de réalisation très différent de ceux que j’avais considérés jusqu’ici, et grâce auquel devient réalisable et exploitable à moindres frais une station de quelques milliers de kilowatts convenable pour une première application pratique.
- J’avais jusqu’à ce jour écarté la solution des stations ou îles flottantes établies spécialement, qui est celle de l’avenir : ces stations, en effet, ne posséderaient la stabilité impeccable et quasi perpétuelle nécessaire à l’alimentation d’un réseau de distribution d’énergie, qu’à la condition d’être d’un très gros tonnage, donc très puissantes; leur coût serait élevé, inadmissible pour une première installation. C f.-'s.V:
- J’avais donc dû m’en tenir à la conception des stations à terre, établies sur les points, assez rares, où les grands fonds avoisinent la côte, avec la condition, autrement restrictive encore, que des effondrements ou brèches de la falaise sous-marine très raide qui limite fréquemment le plateau continental aient modifié localement le profil du fond, le rendant propre à un établissement pratique de la conduite d’eau froide.
- De là l’obligation de s’établir sur une côte généralement déserte, inhospitalière, éloignée des grands centres de consommation de l’énergie; d’y installer, dans des conditions d’aménagement et de ravitaillement précaires, une usine qui ne pourrait en général placer l’énergie produite qu’au loin et à grands frais : toutes choses faciles dans l’avenir avec une technique bien assise et pour des installations puissantes, impossibles ou presque à faire admettre aux capitaux susceptibles de s’engager dans une première application, forcément modeste.
- En fait, dans les circonstances présentes, je n’ai pu faire accepter un tel programme aux amis français et étrangers qui m’avaient soutenu jusque-là — auxquels je reste profondément reconnaissant.
- Une idée fort simple a changé tout cela.
- Par une autre conséquence de la crise mondiale, les bateaux désarmés ne coûtent presque rien.
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- Or, un gros cargo, de 10 000 tonnes par exemple, peut présenter une grande stabilité, sauf par gros temps, surtout à l’arrêt et maintenu debout aux lames. On pourra donc installer à son bord une usine Claude-Bouclxerot, même de petite puissance, capable d’un fonctionnement régulier, gros temps excepté. Sans doute cette stabilité ne serait pas telle qu’elle permette par exemple d’alimenter un réseau électrique : elle pourra être amplement suffisante si l’on trouve un moyen convenable, pouvant s’accommoder en particulier d’arrêts occasionnels, d’utiliser à bord même du bateau l’énergie produite. On verra tout à l’heure que j’ai pensé à une application de cette sorte et particulièrement intéressante.
- Du coup, toutes sortes d’avantages évidents apparaissent.
- 1° Possibilité de s'installer en des points infiniment plus nombreux des côtes tropicales, puisqu’il devient facile de s’installer à 20 km et plus, même en pleine mer si l’éloignement des grands fonds le rend nécessaire.
- 2° Possibilité résultante de s’établir à proximité de grands centres de consommation des produits fabriqués.
- 3° Conduite sous-marine très améliorée dans sa construction, dans sa pose et dans son efficacité, puisqu’elle sera verticale, de longueur et de poids minimum, de pertes de charge et de pertes de froid très réduites.
- 4° Conditions d’établissement de l’usine elle-même infiniment meilleures que sur une côte sauvage, puisqu’elle sera construite dans un chantier naval, sur le bateau lui-même, ainsi que la conduite sous-marine, laquelle n’aura plus qu’à être immergée sur place, dans des conditions telles que le bateau puisse s’en séparer à volonté en cas de très gros temps.
- Etc., etc.
- Reste à utiliser sur le bateau l’énergie produite.
- Or il est une utilisation qui, excellemment appropriée aux conditions locales, permettra de demander à la mer génératrice de cette énergie d’en augmenter elle-même dans une mesure énorme l’effet utile. C’est la fabrication de la glace.
- Le fait, en effet, de disposer à bord du bateau de l’eau froide
- ="...............297 =
- du fond entraîne des conditions d’ordre thermodynamique incomparablement meilleures que celles réalisées dans les usines à glace de la côte. On sait en effet que l’efficacité frigorifique de l’énergie dépensée dépend, grosso modo, de l’écart de températures à réaliser : or celui-ci n’est pas moindre de 35 à 40° dans les usines à glace de ces régions, tandis qu’il sera à bord de 10 à 12°, du fait de l’eau froide à + 5° et de la basse température moindre, suffisante pour la glace non alimentaire désirée. De là des rendements de l’ordre du triple des rendements actuels.
- Dans ces conditions, auxquelles devront se superposer une grande simplicité de fabrication et un système de distribution de la glace à terre absolument rationnel, on pourra faire tomber le prix de la glace non alimentaire chez le consommateur au-dessous du cinquième de son prix actuel; c’est la possibilité d’applications toutes nouvelles; c’est, en particulier, la possibilité de lutter contre la chaleur et de transformer ainsi les conditions d’existence des villes côtières de ces régions.
- Je sais toutes les objections qu’on ne manquera pas de faire à cette conception d’usine d’énergie, ainsi qu’à l’utilisation que j’ai en vue. Je crois savoir aussi les réponses qu’on y peut faire. Toutefois, je ne puis naturellement prévoir l’accueil qui sera fait à cette application de la glace ni l’importance que pourra prendre ce débouché. Je n’ai donc pu fournir la preuve que ce projet tiendrait financièrement.
- Estimant cependant capitale cette réalisation qui, pour des buts autrement importants dans l’avenir, montrera le caractère pratique du procédé Claude-Boucherot, et n’ayant pu obtenir les concours nécessaires, j’ai décidé de la réaliser moi-même.
- Un cargo de 10 000 tonnes, le Tunisie, sera affecté à cette réalisation. Il est dès à présent aux Chantiers de France à Dunkerque pour la réalisation, sur mes plans et ceux de mon collaborateur Congy, d’une station dont la puissance a été limitée volontairement à 1800 kilowatts utiles, sur lesquels plus de 1200 kilowatts pourront être employés à la fabrication de la glace. »
- ---— LES RAIES SPECTRALES _
- ET LEURS APPLICATIONS ASTRONOMIQUES
- I. — LA CONSTITUTION DES ATOMES ET LES RAIES SPECTRALES
- L’astronomie nous renseigne sur des astres fabuleusement éloignés de nous. Les télescopes modernes permettent d’observer des corps célestes dont la lumière met — à l’allure de 300.000 km par seconde — plusieurs millions d’années à nous parvenir. L’astronomie ne se borne pas à étudier la position des astres; elle détermine leurs compositions chimiques, leurs températures, leurs dimensions, leurs poids, etc. Elle, fait même des hypothèses plausibles sur leur câge et sur le temps qu’il leur reste à vivre. Or, le seul message que nous recevons d’un astre est le rayon lumineux que condensent nos télescopes. Ce sont les résultats remarquables de la physique moderne qui ont permis aux astronomes de trouver dans ce rayon tant de renseignements sur l’étoile dont il est issu.
- Nous nous proposons dans cet article de résumer un des chapitres de la physique qui a été le plus utile aux astronomes : celui des raies spectrales.
- LE MODE D’ÉMISSION DES RAIES SPECTRALES
- Dans un article précédent (1) nous avons dit que tout atome est composé d’un centre positif autour duquel gravitent des électrons négatifs. On sait, d’autre part, que tout corps qui n’est pas au zéro absolu émet des radiations. Les corps peuvent donc absorber de l’énergie — provenant d’une source de chaleur par exemple — et. la restituer en émettant des radiations. Lorsqu’un corps est à une température relativement basse (infé-tieure à 450° C.), les radiations qu’i1 émet ne sont pas visibles : on les nomme radiations calorifiques. Lorsque la température est suffisamment élevée, elles deviennent visibles. Leur couleur dépend de la température à laquelle est chauffé le corps.
- Le mécanisme de l’absorption et de l’émission de
- . 1. La Constitution des atomes et les densités stellaires. (La Nature, 15 septembre 1932.)
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- l’énergie par les corps matériels est le suivant : l’énergie est émise et absorbée par des résonateurs. Ce sont des particules en mouvement. Lorsque le corps matériel absorbe de l’énergie, leur mouvement s’accélère (leur énergie cinétique augmente), et, lorsqu’il en cède, leur mouvement ralentit.
- L’étude de la structure intime des corps matériels révèle diverses particules en mouvement et, par conséquent, capables d’absorber et de céder de l’énergie. Il y a tout d’abord les molécules qui sont en état de perpétuelle agitation; ce sont elles qui fonctionnent comme résonnateurs dans le cas des vibrations calorifiques. 11 y a également les électrons de la périphérie des atomes qui sont en mouvement autour du centre positif; ils fonctionnent aussi comme résonnateurs fournissant des radiations visibles.
- La lumière émise par un corps incandescent n’est généralement pas homogène : elle est constituée par la superposition de lumières de diverses couleurs (c’est-à-
- Fig. 1. •—- Schéma d’un speclroscope.
- A. Collimateur : a, lumière à étudier; b, fente; c, lentille fournissant un faisceau parallèle; d, prisme. •—• B. Lunette : e, lentille; /, loupe. — C. Micromètre : g, source de lumière; h, échelle projetée sur le prisme et réfléchie dans la lunette.
- dire de vibrations de diverses longueurs d’onde). On le constate en dirigeant un faisceau de la lumière à étudier sur un prisme qui en sépare les constituants. L’appareil utilisé pour cela s’appelle speclroscope (fig. 1). Nous n’insistons pas sur son principe et sur son fonctionnement qui sont décrits dans tous les traités élémentaires de physique. Rappelons seulement que le spectroscope décompose la lumière qu’il reçoit en ses constituants, produisant ainsi un spectre qui les contient tous disposés les uns à côté des autres et non plus superposés.
- L’étude spectroscopique des rayons émis par les corps incandescents permet tout d’abord de distinguer deux grandes catégories de spectres :
- 1. Ceux fournis par les solides et les liquides incandescents, qui sont continus (fig. 2).
- 2. Ceux fournis par les gaz incandescents, qui sont discontinus (spectres de raies), (fig. 3.)
- Lorsque l’on chauffe progressivement un corps, il devient lumineux vers 450°. A ce moment, le spectroscope montre que la lumière qu’il émet contient presque uniquement des radiations rouges. Lorsque l’on élève la température le spectre se complète peu à peu. Apparaissent successivement les radiations jaunes, vertes, bleues et violettes. Si le corps étudié est gazeux, on obtient un spectre discontinu formé d’un certain nombre de raies brillantes espacées sur un fond noir (spectre de raies). Si l’on fait traverser par un faisceau lumineux provenant d’un solide ou d’un liquide incandescent (fournissant un spectre continu) un corps transparent (solution, gaz), les raies caractéristiques de ce dernier apparaissent en noir sur le spectre continu. De tels spectres sont dits spectres d'absorption (fig. 4).
- INTRODUCTION DE LA THÉORIE DES QUANTA
- Pour montrer les relations qui existent entre la constitution d’un atome et les longueurs d’onde des raies spectrales qu’il émet, nous devons faire appel à une théorie de l’énergie émise par Planck au début de ce siècle : la théorie des quanta. Cette théorie, imaginée pour expliquer la répartition de l’énergie entre les diverses longueurs d’onde dans les radiations calorifiques, a trouvé de nombreuses applications dans d’autres domaines de la physique. Plankc admet que l’énergie n’est pas divisible à l’infini; elle est émise et absorbée par petits paquets. Ceux-ci sont égaux ou multiples de la quantité : s — ho
- où o — fréquence de la vibration,
- h = constante universelle (constante de Planck). Cette quantité est insécable; c’est la plus petite quantité d’énergie capable d’exister sous forme de vibration de fréquence o. On la nomme quantum. La quantité élémentaire d’énergie est donc variable suivant la fréquence, mais lui est liée par une constante universelle h.
- Une source lumineuse envoie dans l’espace, de façon discontinue, de petits paquets d’énergie qui s’y propagent avec la vitesse de la lumière. On compare avec justesse l’émission de la lumière au tir d’une mitrailleuse. L’absorption se fait par un processus symétrique; elle est, elle aussi, discontinue.
- APPLICATION DE IA THÉORIE DES QUANTA A L’ÉTUDE DE LA CONSTITUTION DES ATOMES
- Considérons maintenant le résonnateur constitué par un électron tournant autour du noyau positif suivant la trajectoire fermée K (fig. 5). L’électron est soumis à deux forces ; la force F(, qui tend à le précipiter sur le centre positif, et la force F2 qui tend à l’en éloigner. La première de ces forces est une force d’attraction électrique se manifestant, conformément à la loi de Coulomb, entre deux charges de signes contraires. Elle est proportionnelle à ces charges et inversement proportionnelle au carré de leurs distances.
- E e
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-
- La force Fa est une force centrifuge qui tend à éloigner l’électron du centre. Elle est proportionnelle à la masse de l’électron m, au rayon de sa trajectoire (distance du centre) r et au carré de sa vitesse angulaire oj :
- F2 = m r ta2
- Ces deux forces, qui sont de signes contraires, doivent être égales en valeur absolue :
- F, = F,, d’où E e
- — = (1)
- D’après cette première équation, toutes les orbites sont possibles puisque l’on peut toujours admettre une vitesse angulaire u> de l’électron, telle que la force centrifuge F, qui en résulte compense exactement la force d’attraction électrique.
- L’énergie WA. de l’électron décrivant la trajectoire K
- E c
- est égale à la somme de son énergie potentielle-------------
- et de son énergie cinétique — v2 (v = vitesse périphé-
- rique).
- W, =
- E e m
- T -1-2 v!
- (2)
- Supposons maintenant que l’énergie de l’électron
- Fig. 3. — Spectre de raies {gaz).
- diminue par suite de l’émission d’une radiation. Il changera de trajectoire et passera sur une nouvelle orbite plus éloignée du centre. En combinant les expressions (1) et (2) on remarque en effet que W diminue lorsque r augmente.
- Mais la théorie des quanta nous apprend que l’atome ne peut pas émettre n’importe quelle quantité d’énergie. Son énergie ne peut varier que conformément aux conditions de discontinuité imposées par cette théorie. On peut comparer un atome qui émet de l’énergie à un vase plein d’eau qui déborde. Par suite de la tension superficielle l’eau ne peut s’en échapper par n’importe quelle quantité, mais seulement par gouttes complètes. L’atome, lui, ne peut émettre son énergie que par quanta complets. L’électron ne s’éloigne donc pas du centre en suivant une trajectoire en spirale, mais il saute brusquement d’une orbite à une autre de rayon plus grand. Pendant ce saut, l’atome émet un quantum d’énergie sous forme d’une onde monochromatique de fréquence bien définie. L’électron ne peut donc pas se trouver sur une orbite quelconque, ainsi que le ferait prévoir la formule (1). A celle-ci, la théorie des quanta ajoute deux autres conditions.
- La première postule que l’énergie de l’atome ne peut varier que discontinûment, et la seconde que l’énergie émise doit l’être par quanta complets de vibration
- • 299
- Fig. 2. — Spectre continu (solides et liquides).
- monochromatique. Ceci revient à choisir parmi l’infinité d’orbites de la formule (1) un nombre discret d’orbites quantiquement possibles, séparées les unes des autres par des distances bien définies. Lorsque l’atome émet de l’énergie, l’électron s’éloigne du centre en sautant de l’une à l’autre; à chaque saut il émet un quantum de lumière de fréquence bien définie. Inversement, lorsque l’atome absorbe de l’énergie, l’électron se rapproche du centre par bonds successifs.
- L’ATOME D’HYDROGÈNE. - LA THÉORIE DE BOHR
- Considérons l’atome le plus simple : celui d’hydrogène. Il est constitué par un proton autour duquel gravite un électron. La théorie permet d’assigner à celui-ci un nombre discret d’orbites quantiquement possibles K, L, M, N... (fig. 6). L’électron est astreint à se trouver constamment sur l’une quelconque de ces orbites. Il ne peut jamais rester entre deux d’entre elles. Tant qu’il reste sur la même orbite, l’atome n’émet ni n’absorbe d’énergie. Mais à chaque passage de l’électron d’une orbite à une autre correspond l’émission d’un quantum d’énergie sous forme de vibration monochromatique dont la fréquence est caractéristique de chaque saut: possible. Bohr a ainsi pu déterminer, en se basant sur les hypothèses ci-dessus, la formule qui permet de calculer les fréquences des raies spectrales de l’hydrogène. Voici cette formule :
- 1 1
- n2 k2
- (3)
- v est la fréquence de la raie spectrale provenant du passage de l’électron de l’orbite d’ordre n à l’orbite d’ordre k.
- Cette formule avait été découverte expérimentalement par Rydbcrg avant l’apparition de la théorie des quanta et son application par Bohr à l’étude de l’atome d’hydrogène. C’est pourquoi on appelle R la constante de Rydbcrg. Dans la théorie de Bohr, on trouve cette constante égale à
- R
- 2 il2 m e ‘
- h3
- (4)
- m = masse de l’électron, e — sa charge, h — constante
- Fig. 4. — Spectre d'absorption.
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-
- 300
- Fig. 5. — Équilibre d’un électron.
- de Planck. En remplaçant dans (4) m, e et h par leurs valeurs, on trouve R= 1,09x105 cm-1 tandis que la détermination expérimentale fournit :
- R = 1,09678 X 105 cm-1 la concordance est donc remarquable.
- Si dans la formule (3) on rem-
- place ri et k par tous les arrangements possibles des nombres entiers de 1 à 8, pris deux par deux, on obtient les fréquences de toutes les lignes spectrales de
- l’hydrogène.
- LES RAIES SPECTRALES DES ATOMES AUTRES QUE L’HYDROGÈNE
- Les autres atomes sont beaucoup plus compliqués que celui d’hydrogène. Ils contiennent un nombre d’électrons périphériques d’autant plus élevé que leur nombre atomique est plus grand. Ainsi, l’hélium en contient 2, le fer 26, l’argent 47, etc... L’uranium qui en contient le plus en a 92. Ces électrons sont répartis en couches successives. L’étude mathématique de ces atomes est, de ce fait, infiniment plus compliquée que celle de l’atome d’hydrogène. Elle n’a pu être faite que pour un nombre restreint d’entre eux. Nous nous bornerons à en indiquer les grands principes.
- L’électron de l’atome d’hydrogène est caractérisé par un seul nombre quantique. Il suffit pour spécifier son état énergétique de dire sur laquelle des orbites quanti» quement possibles K, L, M, N..., etc. il se trouve. Il n’eu est plus de même lorsque l’on passe aux autres éléments. Pour caractériser un de leurs électrons, il faut faire appel à quatre nombres quantiques : le nombre quantique principal, le nombre quantique secondaire, le nombre quantique magnétique, le spin. Chaque électron d’un atome se trouve dans un certain état énergétique, deux états différant l’un de l’autre par l’un au moins de
- leurs quatre nombres quantiques.
- Fig. 6.—- Orbites quantiquemenl possibles. Qn n’a donné jusqu’à présent, aucune signification physique vraiment certaine de ces quatre nombres quantiques, et il nous paraît peu probable qu’ on arrive j amais à leur en donner une. Notre représentation subjective et notre langage ne sont pas adaptés à l’étude
- KLM
- de la structure fine de la matière. Pour le moment tout au moins nous devons nous borner à considérer les quatre nombres quantiques comme les variables d’une fonction mathématique, sans chercher à les faire entrer dans un schéma mécanique de l’atome. Pour le but que nous poursuivons actuellement, il nous suffit de dire que l’atome émet un quantum de lumière lorsque l’un de ses électrons passe d’un état énergétique à un autre état énergétique, restant bien entendu que chacun de ces états est caractérisé par quatre conditions qui sont toutes quatre soumises à la discontinuité de la théorie des quanta.
- C’est dans cet ordre d’idées que se poursuivent, depuis que Bohr en a ouvert la voie, les recherches mathématiques sur l’atome. Elles sont encore loin de permettre la prévision des raies spectrales de tous les atomes, mais nous ne doutons pas qu’elles n’y arrivent un jour et puissent donner, pour tous les atomes, une théorie aussi parfaite que celle que nous avons déjà pour l’atome d’hydrogène.
- RÉSUMÉ DE LA THÉORIE DES RAIES SPECTRALES
- Lorsqu’un corps gazeux est porté à une température suffisamment élevée pour que les électrons de sa périphérie fonctionnent comme résonnateurs, l’énergie qu’il émet est répartie entre un nombre bien déterminé de longueurs d’ondes, toutes les autres régions du spectre restant obscures ; à chaque ensemble de raies correspond un élément. La théorie de Bohr, qui est une appli* cation de la théorie des quanta au modèle atomique de Rutherford, montre qu’il faut chercher la cause profonde de ce phénomène dans la discontinuité de l’énergie. Celle-ci ne peut, en effet, être émise ou absorbée par la matière que par quanta complets. Le'quantum, ou quantité élémentaire de l’énergie, n’est pas une constante; il est variable avec la fréquence de la radiation considérée, à laquelle il est lié par une constante universelle h : la constante de Planck. De cette discontinuité de l’énergie découle le fait suivant : les électrons de la périphérie de l’atome ne peuvent se trouver en l’un quelconque de l’infinité d’états énergétiques, infiniment voisins, que permettrait de prévoir une théorie continue de l’énergie. La théorie des quanta conduit à choisir dans cette infinité un nombre discret d’états quantiquement possibles. L’atome émet ou absorbe de l’énergie lorsque l’un de ses électrons passe d’un de ces états à un autre. A chacun de ces passages est liée une fréquence bien déterminée qui est telle que la quantité d’énergie émise soit de un quantum. Lorsqu’un grand nombre d’atomes émet en même temps de l’énergie, celle-ci fournira donc un spectre de raies ayant autant de raies qu’il existe de passages possibles d’un électron d’un état quantiquement possible à un autre état quantiquement possible.
- L’analyse spectrale rend en astronomie des services énormes. Elle nous enseigne en effet la signification des messages qui nous viennent des astres.
- Nous examinerons dans un prochain article ses principales applications dans ce domaine.
- (A suivre.) Y. Mayor.
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- LES BASSINS D’ACCUMULATION ET LES STATIONS DE POMPAGE
- Les avantages de l’énergie électrique, connus aujourd’hui de tous, l’abaissement continuel de son prix ont provoqué une augmentation caractéristique de la consommation.
- L’abaissement du prix de revient, dû à la production en grand et aux progrès techniques ne peut pas cependant être poursuivi sans limite par suite de certaines difficultés : la plus grande est l’irrégularité de la demande.
- La figure 1 montre l’allure générale des courbes de l’énergie fournie par une centrale pendant une journée, une semaine, une année; le problème est encore compliqué du fait que ces courbes ne conservent pas leur allure quand on passe d’une région à une autre comme, par exemple, d’une contrée industrielle à une contrée agricole.
- Cette irrégularité se traduit pratiquement par une installation construite pour faire face à la demande d’énergie maximum, tout en ne la fournissant qu’à de rares intervalles. Il en résulte une augmentation du capital de premier établissement et, par suite, du prix de revient.
- Ce défaut est surtout grave dans le cas des centrales hydroélectriques. D’une part, les dépenses de premier établissement y sont beaucoup plus élevées que dans le cas des centrales thermiques et l’amortissement se fait souvent sentir pendant toute la durée de la concession. D’autre part, le problème se complique de l’irrégularité du débit des cours d’eau dont on capte l’énergie; celui-ci, en effet, subit des variations saisonnières qui ne sont pas synchrones de celles de la consommation d’énergie. Il importe donc de réaliser une régulation pour obtenir, dans toutes les circonstances, la quantité d’énergie demandée;
- Une première solution consiste à conjuguer soit des bassins aquifères ayant des régimes complémentaires (fig. 2), ce qui est facile en France, en installant des centrales sur chaque rivière, soit des réseaux ayant des demandes complémentaires, ce qui est plus rare. C’est ainsi qu’en France l’interconnection des centrales des Alpes, ayant leur plein d’eau au printemps et de celles des Cévennes qui ont leur maximum en automne et en hiver amène d’heureux résultats; de même, le Tarn et l’Ariège réalisent une intéressante combinaison.
- Mais cette méthode n’est pas applicable en tout temps et en tous lieux. Une autre solution consiste dans l’accumulation.
- Autrefois, au temps où on employait exclusivement le courant électrique continu, par suite de la petite puissance des installations et de leur proximité des lieux de consommation on plaçait une batterie d’accumulateurs électriques « en tampon » sur la distribution, Elle emmagasinait de l’énergie aux heures creuses et la restituait aux pointes. Actuellement, l’emploi du courant alternatif, tant pour le transport que pour la consommation, rend ce procédé inapplicable. De plus, les
- puissances installées sont telles que le prix d’établissement d’une batterie Serait prohibitif.
- Aussi, au lieu d’accumuler l’énergie électrique produite, a-t-on cherché à réaliser un emmagasinage potentiel en quelque sorte en s’assurant toujours la disposition de l’agent destiné à mettre en mouvement les turbines. C’est cette solution que nous allons examiner de plus près dans le cas de l’eau, en particulier dans une de ses formes de réalisation : les stations de pompage.
- On peut songer, tout d’abord, à accumuler l’eau au moment des crues de manière à s’assurer un débit constant et le moyen de parer aux pointes par la mise en service de nouvelles unités : on a alors recours aux bassins de régulation. Ce sont des réservoirs situés en amont de l’usine et ayant des dimensions telles que la puissance désirée puisse être obtenue grâce à la retenue d’une quantité d’eau donnée à une certaine hauteur.
- •1
- 1 2 i i -- - 4 6 i - CO - O " III' 1? 14 16 18 ! 1- i 20 22 2k t . jours , i
- Dim. i Lundi i Mardi Mercredi deudi 1 ' 1!1 — Vendredi Sam j i i
- clanv Fév. Mars A vr. Mai Juin Juii Août Sept. Oct. Nov. Déc.
- Mois
- Fig. 1. — Variations de la demande d’énergie électrique, observées dans une centrale.
- Mais l’établissement de ces réservoirs de retenue n’est pas partout possible. On s’attaque à une vallée; on la submerge; encore faut-il qu’on n’englobe pas des agglomérations humaines! La création de ce lac va influer sur le cours de la rivière en amont et en aval souvent d’une manière bien difficile à prévoir au moment du projet.
- Ces objections ne sont pas les seules ; avant tout se pose la question du prix de revient qui ne doit pas grever l’installation de charges inadmissibles. Que demande-t-on au réservoir ? De retenir assez d’eau pendant la période des hautes eaux pour que, le moment de la sécheresse venu, on puisse maintenir une puissance produite suffisante.
- Or, celle-ci dépend de deux facteurs : hauteur de chute et débit de l’eau. 11 faut, de plus tenir compte de la relation liant les deux périodes annuelles : plus la période sèche sera longue, plus la quantité d’eau emmagasinée lors des pluies devra être importante. De ces trois élé-
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- =rr= 302 : ..
- ments on peut déduire quelques données sur le prix de revient du barrage.
- Pour les deux premiers, le tableau ci-dessous donne quelques précisions, d’après M. Ornig.
- Hauteur de chute : 1000 m. 500 m. 100 m 25 m 2 m. Volume d’eau pour
- 1 kw en m3 0,45 0,9 4,5 18 225
- Prix d’établissement
- par kw en francs. 1,50 3 5 20 150
- Il est essentiel de retenir de ceci que les hautes chutes sont infiniment plus économiques, du moins du point de vue du barrage, que les usines installées en rivière et dites « au fil de l’eau ». Il faut encore trouver une situation géographique adéquate : le transport de l’électricité à longue distance permet alors de se placer dans des conditions de production intéressantes.
- Le troisième point constitue la grosse difficulté, il
- dépend du débit du cours d’eau et du régime pluvieux. En tous cas, il faut emmagasiner un volume d’eau
- Janv. Fèv. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
- Fig. 2. — Variations du débit annuel d’un certain nombre de cours d’eau.
- d’autant plus important que la puissance installée est plus grande : et il se peut que ceci conduise à des bassins de dimensions irréalisables par suite de la topographie.
- Le défaut capital des barrages de retenue réside donc dans la nécessité d’emmagasiner, au moment des hautes eaux, tout le liquide nécessaire au fonctionnement de l’usine durant le reste de l’année.
- Les stations de pompage offrent au problème de l’accumulation une solution différente et exempte des inconvénients qui viennent d’être exposés.
- LES STATIONS DE POMPAGES
- Le principe de l’accumulation par pompage est le suivant : on utilise l’énergie disponible pendant les heures creuses de la journée, pour refouler l’eau au moyen de pompes dans un réservoir situé à une certaine hauteur.
- La chute de cette eau est utilisée aux heures de forte charge pour actionner des turbines qui restituent une partie de l’énergie utilisée pour le pompage.
- Pour une installation importante équipée avec de grosses unités, on admet que le rendement global des
- installations de pompage peut atteindre 65 %; autrement dit, si on a dépensé 1 lcw-h pour élever une certaine quantité d'eau dans le bassin d’accumulation, la chute de cette même quantité sur les turbines restitue 0,65 kw-h.
- On conçoit que lorsqu’on dispose d’énergie résiduelle à bas prix pour actionner les pompes, l’opération puisse être intéressante. On peut la rapprocher de l’accumulation de vapeur dans les centrales thermiques; ces deux procédés ont le même caractère essentiel : celui de permettre de faire face à des pointes en réalisant l’accumulation de l’agent qui, fourni d’une manière continue, est utilisé au mieux des besoins. Pourtant le pompage permet de faire face à des pointes longues et espacées, qui est impossible avec l’accumulation de vapeur; de plus, le rendement du pompage est très supérieur.
- Dans une centrale hydroélectrique sans moyens d’accumulation, il faut, aux heures creuses, arrêter un certain nombre de turbines et une partie de l’énergie disponible dans la chute reste inutilisée.
- Avec le pompage, la centrale marche toujours à plein débit. Le courant disponible est utilisé pour mettre en mouvement des pompes; celles-ci remontent l’eau qui devient disponible, comme appoint, au moment où le débit de l’alimentation aurait tendance à diminuer.
- Pour apprécier l’intérêt éventuel d’une telle opération, il suffit de se souvenir des tarifs très bas que toutes les compagnies concessionnaires accordent aux usagers qui emploient le courant aux heures creuses, la nuit ou à midi, pour trouver le placement de l’énergie produite en excès à ces moments. Si la situation topographique s’y prête, l’exploitant aura intérêt pour maintenir son prix de vente à installer une station de pompage.
- L’accumulation par pompage est, du reste, une solution qui peut s’appliquer non seulement aux usines hydrauliques, mais encore aux centrales thermiques, quand celles-ci peuvent trouver dans leur voisinage un emplacement convenable pour le bassin d’accumulation.
- EXEMPLES DE BASSINS DE RETENUE ET DE STATIONS DE POMPAGE
- On me permettra, afin d’illustrer ces considérations, de donner quelques exemples.
- Tout d’abord, l’utilité des bassins de régulation est surabondamment fournie par le fait suivant : M. H. De-mierre cite, dans une intéressante étude sur cette question, le cas des usines suisses. Sur la base de l’année 1928, 44 usines de la Suisse n’auraient pu disposer, aux heures des plus basses eaux de l’hiver (saison des neiges et des glaces) que de 17 pour 100 à peu près de leur puissance maxima atteinte en été lors de la fonte des glaciers. Pendant cet hiver exceptionnellement sec la puissance disponible n’est jamais tombée au-dessous de 61 pour 100 de la puissance installée; d’où un gain de 44 pour 100. On ne peut nier l’intérêt d’une telle constance de la production quand on songe que c’est là la première qualité de la fourniture : on trouve beaucoup plus aisément preneur pour une quantité à peu près constante que lorsqu’il s’agit de placer des paquets intermittents.
- M. J. Onnig a cité des cas où la plus-value réalisée sur le prix du kw atteignait 0 fr 60 si l’accumulation corres-
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- = 303
- Fig. 3. — Bassin de retenue : à gauche, le barrage de la Spiiallarn, à droite, le barrage
- de Seenferegg.
- pondait à une semaine de travail et 1 fr 50 si on arrivait à emmagasiner toutes les eaux en excédent pendant l’été. Ceci se rapporte au gain net; il faut encore tenir compte de l’amortissement des installations et alors les chiffres ci-dessus correspondent à un cas très nettement favorable. J’ai montré qu’il n’en était pas toujours ainsi.
- Pour donner une idée concrète des prix des bassins de retenue, je prendrai l’exemple des barrages de Grimsel et de Gelmer en Suisse, le second jouant le rôle de régulateur.
- Cet ensemble est situé dans les Alpes Bernoises à une altitude de 2176 m; il est alimenté par le bassin supérieur de l’Aar, au voisinage du col de la Furlca qui forme la séparation entre les bassins du Rhône et du Rhin.
- Les eaux du lac de Grimsel, de cent millions de mètres cubes de capacité, sont retenues par deux barrages : celui de Spi-tallam, haut de 114 m, long de 250 m, épais de 64 m à la base, a un volume de retenue de 340 000 m'\ 11 travaille comme voûte par suite de son cintrage et par gravité par suite de son poids. Le second, celui de Seenferegg, a 42 m de haut; long de 352 m, son volume atteint 70 000 m ’.
- Le lac de Gelmer, de 13 millions de m5, a vu son plan d’eau relevé de 30 m, par un barrage haut de 35 m.
- Les eaux du premier sont conduites au second par une conduite forcée de cinq km de long et 2,60 m de diamètre.
- On se rend compte par cet exemple des travaux énormes que peut exiger l’aménagement d’un bassin de retenue : il a fallu 2000 ouvriers, des tonnes de matériel ? Pour vaincre les difficultés d’un transport à une altitude de 2000 m, on a installé un téléférique de 18 km de long. Et tout cela a coûté 400 millions. 11 faut donc que la constance de la fourniture procure une plus-value importante pour qu’un tel capital soit amorti raisonnablement; il est vrai qu’il faut comprendre dans le chiffre ci-dessus le prix de l’installation électrique.
- Les stations de pompage ont donné lieu à des installations intéressantes.
- C’est ainsi qu’en Suisse, aux environs du Waggital, fonctionne un tel dispositif : quatre moto-pompes de 5000 ch chacune élèvent, annuelle-
- V
- ment, 40 millions de mètres cubes à 250 m de haut. La dépense d’énergie occasionnée par cette opération est évaluée à 5 centimes le kw-h. On saisit l’économie de cette remontée.
- En France aussi, la méthode a reçu des applications. Dans les Hautes-Pyrénées, l’installation de pompage du lac d’Artouste récupère environ 13 millions de kw-h,moyennant une dépense
- d’énergie tout à fait négligeable ; celle-ci a lieu, en effet, à l’époque où les eaux sont surabondantes et où la demande est très réduite. Le prix de revient ressort aussi à environ 5 centimes le kw-h.
- Dans les Vosges, la Société Hydroélectrique des Vosges, en vue de valoriser les résidus d’énergie de l’Usine hydroélectrique de Kembs, a récemment aménagé en bassins d’accumulation, le lac Blanc et le lac Noir, deux lacs superposés, situés au sommet de la vallée d’Orbey. Une usine hydroélectrique est construite sur le lac Noir; elle possède 4 groupes formés chacun d’une pompe, d’une turbine, d’un alternateur, pouvant jouer aussi le rôle de moteur. Aux heures d’accurmilation, les machines électriques de la station alimentées par le courant venu de Kembs mettent les pompes en mouvement et remontent l’eau du lac Noir à 148 m plus haut dans le lac Blanc; aux heures de pointe, l’eau du lac Blanc retombe sur les turbines de l’usine et s’échappe dans le lac Noir. P. J.
- Fig. 4. — Profil de U installation d’accumulation du lac Blanc et du lac Noir
- dans les Vosges.
- (D’après le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.)
- Puits des \
- vannes ^Galerie d'accès Lac Blanc
- _________11-.iNiveau déau max.IQ6O.004
- / Cheminée d'équilibre
- L V
- -FHse d'eau
- Galerie.sous pression
- Usine
- Profil en long de J'Installation
- 'horizontale
- Galerie,/
- 952,00 ♦ Niveau d'eau m[r
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-
-
- LES AVIONS SANS AILES
- LES ROUES SUSTENTATRICES
- L’Aviation a 30 ans à peine et certains la croient déjà stabilisée dans sa forme actuelle. Des esprits plus hardis la jugent encore dans l’enfance. Nous commençons à savoir remorquer en l’air des ailes fixes, mais au prix d’une grande dépense d’énergie, par contre, nous ignorons encore l’art de gouverner les tourbillons, d’utiliser au mieux l’interaction de plusieurs surfaces voisines; nous ne possédons pas d’appareils à décollage et atterrissage rigoureusement vertical.
- Pour échapper à certains défauts inhérents à l’aile fixe il faut que nos ailes s’animent, et fort heureusement pour le progrès, de persévérants chercheurs s’appliquent à des
- Fig. 1. — Maquette de la roue Sirandgren.
- La maquette est montée sur le chariot aérodynamique de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr.
- solutions nettement distinctes de l’avion classique. Aux appareils à voilures tournantes utilisant des éléments d’ailes en rotation autour d’un axe sensiblement perpendiculaire au sol comme les autogyres et les hélicoptères (x) il faut ajouter maintenant les Roues sustentatrices qui possèdent leur axe de rotation parallèle ou presque parallèle au sol.
- Dans cet ordre d’idées sont apparues, au cours de ces dernières années, la roue Strandgren et la roue Moineau en France, la voilure tournante Platt, baptisée 1. Voir La Nature du 1er janvier 1932, n° 2872.
- cyclogyre aux Etats-Unis. Tout récemment, enfin, le Dr Rohrbach en Allemagne a annoncé la mise en chantier d’yn appareil à roues sustentatrices et propulsives.
- LA ROUE STRANDGREN
- Son inventeur, l’ingénieur Suédois M. Strandgren, réside en France depuis une dizaine d’années. L’étude préliminaire de la roue remonte à 1924; après construction d’un petit modèle de dimensions jugées insuffisantes, l’inventeur put établir grâce au concours de l’Office National des Recherches et Inventions de Bellevue et de la Société d’Expansion Franco-Scandinave une maquette de 2 m de diamètre comprenant 5 ailes de 1,5 m X 0, 25 m.
- Celle-ci a subi tout un cycle d’essais satisfaisants contrôlés par M. Toussaint à l’Institut Aérotechnique de St-Cyr, et devant l’intérêt du système, les Établissements d’Aviation Lioré et Olivier n’ont pas hésité à entreprendre la construction d’un appareil d’étude actuellement presque terminé.
- Etant donné le souci bien légitime de l’inventeur d’attendre les essais en aérodrome avant de décrire en détail sa nouvelle machine, nous parlerons surtout de la maquette de 2 m de diamètre essayée à l’Institut Aéro-technique de St-Cyr.
- Description. — La roue se compose d’une série d’ailes disposées suivant les sommets d’un polygone régulier. La maquette de 2 m possède 5 ailes de 1 m 50 d’envergure et de 25 cm de corde supportées par des haubans rigides et formant un polygone étoilé laissant chaque aile libre d’osciller autour d’un axe situé au 1/4 de la corde.
- Si l’on considère les différents mouvements que peut prendre, par rapport à la roue le bord d’attaque d’un des profils on voit qu’il est soumis à deux mouvements : un mouvement d’entraînement qui est une rotation autour de l’axe de la roue, un mouvement relatif qui est une variation d’incidence par rapport à l’axe d’articulation de l’aide sur les supports.
- Lorsque l’appareil se déplace en translation par rapport à l’air, la composition de la trajectoire de rotation (cercle) de l’axe d’une aile et de la trajectoire de translation générale de l’appareil (droite) donne par rapport à un point fixe une trajectoire résultante qui est une cycloïde raccourcie.
- Dans tous les déplacements que peut prendre la roue : translation, montée, inclinée, sustentation verticale, vol plané, les axes d’articulation des différentes ailes décriront des cycfoïdes raccourcies décalées les unes par rapport aux autres et un point quelconque de chaque aile, le bord d’attaque par exemple, soumis à un changement d’incidence décrira encore une autre courbe résultante analogue à une cycloïde raccourcie déformée.
- Au point de vue cinématique on sait que le mouvement engendrant une cycloïde raccourcie ]3eut être représenté par le roulement sans glissement d’une circonférence
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- Roulante
- Tangente
- Normale
- 'Directrice
- Position à
- / Position a l/5ede tour.
- Position
- initiale
- Normale
- Fig. 2. •— L’aile Sirandgren.
- Positions successives d’un élément d’aile au cours d’un déplacement horizontal.
- appelée roulante sur une droite fixe parallèle à la direction du déplacement appelée directrice. Son dessin diffère de la cycloïde ordinaire par la présence de boucles aux points bas, mais comme dans toutes les trajectoires de courbes roulantes, la normale en chaque point de la trajectoire jouit de la propriété de passer par le point de contact (I) de la position correspondante de la roulante avec la directrice.
- Ce point remarquable I est d’ailleurs confondu avec le centre instantané de rotation du système à l’instant considéré et la relation Va — co X IA nous permet de connaître à chaque instant la vitesse Va d’un élément d’aile de la roue sur sa trajectoire; co étant la vitesse angulaire de la roue — IA la distance du centre instantané de rotation au point considéré — ou encore la longueur de la normale.
- Comme la longueur de cette normale varie de (R -j- v) à (R — v) l’aile aura donc une vitesse variable par rapport à l’air fixe et, remarque intéressante, son maximum aura lieu pour la partie haute de la trajectoire, son minimum pour la partie basse, ce qui est une excellente condition de fonctionnement.
- De plus l’examen de la trajectoire pendant un tour montre que le temps pendant lequel le profil porte normalement en donnant une poussée vers le haut est beaucoup plus grand que celui où le profil, en basculant autour de la boucle de la cycloïde, prend une suite de positions qui contribuent mal à la translation et à la sustentation de l’appareil; ce dernier laps de temps est faible vis-à-vis d’une période complète.
- Pour obtenir l’allure de la trajectoire dans le cas d’une montée verticale il suffit de faire tourner les axes dés figures de 90°, la directrice est alors verticale et l’axe des boucles de la cycloïde raccourcie est horizontale -— remarquons de plus que le centre instantané de rotation se déplace sur une verticale confondue avec la directrice.
- Enfin entre ces deux positions il existe une infinité de trajectoires à directrices inclinées correspondant au cas de la montée inclinée, de la descente planée (soit en marche avant ou en marche arrière puisqu’un tel système à roues est susceptible de se mouvoir dans toutes les directions).
- Au point de vue de la position des ailes les unes par
- rapport aux autres, pour que leurs effets s’ajoutent, pour la bonne marche de l’appareil, il faut : — que leurs oscillations soient périodiques et de même période qu’une révolution de l’arbre central, — qu’à un instant donné toutes les normales aux différentes trajectoires décalées décrites par les éléments se coupent en un même point, -— qu’il soit possible de faire varier l’incidence des ailes et l’orientation de la plus grande incidence (Cz max.)
- On conçoit que la première condition résulte de la nécessité de reproduire les mêmes phénomènes dans des intervalles de temps égaux pour assurer la permanence du système.
- La seconde découle des constructions graphiques et est illustrée par la figure 5 montrant comment se présentent les arcs de trajectoires décrits par les ailes dans un intervalle de temps donné et la position des normales à ces trajectoires.
- Enfin la troisième dépend de l’obligation de gouverner la résultante aérodynamique en grandeur et direction pour faire obéir l’appareil aux differentes sollicitations commandées par le pilote.
- En pratique les mécanismes qui permettent d’obtenir le déplacement du point de concours des normales, la variation de l’amplitude des oscillations des ailes, et l’orientation de l’aile ayant la plus forte portance (Cz max) sont assez compliqués.
- Fig. 3. •— L’aile Sirandgren.
- La trajectoire pour un tour complet est une cycloïde « raccourcie » présentant des boucles fermées.
- Rotation
- Roulante
- Directrice
- Translation
- kirk
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- / jour complet
- Fig. 4. — Diagramme des variations de vitesse d'un élément d’aile.
- Sans entrer dans le détail, l’examen des photographies jointes nous permet de nous rendre compte du montage des différentes articulations. La figure 6 indique clairement comment on peut faire varier l’incidence d’une aile par rapport à la partie tournante grâce au bouton fixé au gousset pentagonal se déplaçant dans la glissière reliée au parallélogramme de commande. L’ensemble de la figure 7 montre que l’excentrique fixé sur l’arbre central permet d’obtenir le déplacement des boutons fixés sur le pentagone et par là même le décalage d’incidence relative entre les différentes ailes tandis que la vue des glissières commandant elles-mêmes l’excentrique est donnée figure 8.
- Enfin les vues 9 et 10 sont relatives l’une au fonctionnement au point fixe sans déplacement, l’àxe du pentagone étant confondu avec celui de l’arbre central toutes les ailes étant calées à la même incidence — et l’autre au fonctionnement en sustentation verticale, l’axe du pentagone étant à sa position basse sensiblement la plus éloignée de l’arbre central; les ailes sont décalées successivement, celle qui a la plus grande incidence
- Fig. 6 (à gauche). — L’aile Strandgren : La commande de variation d’incidence d’une aile.
- Le déplacement du bouton dans la glissière engendre une rotation du secteur triangulaire, qui est transmis à l’aile par les haubans
- fuselés.
- Fig. 7 (à droite).— L’excentrique commandant le gousset pentagonal.
- Il est muni de boutons qui, s’engageant dans les glissières, produisent les variations périodiques d’incidence.
- étant presque située sur la verticale passant par le centre de rotation.
- Caractéristiques aérodynamiques de ia roue Strandgren. — Après avoir considéré le fonctionnement de cette roue au point de vue cinématique et mécanique, examinons ses caractéristiques aérodynamiques déduites des essais en soufflerie.
- Trois cas peuvent être envisagés dans la rotation de cette machine aérienne :
- 1° Marche au point fixe. — Ce cas se présente lorsque la roue tourne au sol sans que son axe se déplace et peut être rapproché du fonctionnement de l’hélice d’un avion avant que l’appareil ne prenne son envol. Par analogie avec les hélices on peut exprimer la puissance nécessaire et la sustentation par les coefficients sans dimensions :
- et
- 3o
- Cz
- W o
- P/2 SV,.3 P
- facteur de puissance coefficient de poussée.
- P/2 SV,2
- W o étant la puissance nécessaire, P la portance, S la surface totale des ailes et Vr leur vitesse tangentielle.
- Fig. 5. •—- Cette figure montre à un instant donné :
- Les positions des ailes sur les arcs des trajectoires de soutien, le centre instantané de rotation I point de convergence des normales aux trajectoires aux points 1, 2, 3, 4.
- Pour juger de la valeur de ce système sustentateur on peut comparer les coefficients obtenus à ceux des hélices sustentatrices. Après une transformation de calcul on s’aperçoit que la roue est supérieure aux meilleures hélices connues employées pour des hélicoptères.
- De plus il apparaît que la puissance absorbée pour entretenir les variations d’incidence des pales est faible vis-à-vis de la puissance totale (5 pour 100 environ), ce rapport diminuant d’ailleurs pour une roue de grand diamètre dont les dimensions permettront de rechercher plus de précision dans les articulations.
- 2° Marche en autorotation. — Une qualité des plus intéressantes de cette machine est de pouvoir fonctionner en autorotation pour ramener l’équipage au sol avec une faible vitesse de descente en cas de panne de moteur.
- En effet pour une certaine zone de réglage de l’incidence des pales sous l’action du vent relatif créé par la descente la roue fonctionne comme une véritable turbine éolienne
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- Fig. 8. — L’aile Slrandgren. — A gauche : Commande de l’incidence.
- Détail des glissières intérieures permettant de faire varier le calage de l’excentrique par rapport à l’axe de rotation.
- Fig. 9. — Au centre Cas de rotation au point fixe.
- L’axe de l’excentrique est confondu avec l’axe de rotation. Toutes les ailes ont la même incidence.
- Fig. 10. — A droite : Cas d’une sustentation verticale : Dispositif d’oscillation de la roue avec excentrement vertical de l’axe du pentagone.
- tournant à vide — c’est-à-dire n’absorbant aucun couple résistant, aux frottements près sur l’arbre de la roue.
- La rotation des ailes, variable avec le réglage et la vitesse, produit une résultante aérodynamique qui peut se décomposer, suivant la verticale, en une poussée s’opposant à la composante du poids qui freine la descente de l’appareil, et suivant l’horizontale, en une traînée qui ralentit sa vitesse sur la trajectoire.
- L’essai de la roue de 2 mètres de diamètre conduit dans l’extrémité du diffuseur du tunnel de l’Institut de St-Cyr a donné les polaires jointes, chaque polaire correspondant à un réglage déterminé de l’incidence des ailes (fîg. 11).
- Il est curieux de noter que le régime d’autorotation s’accommode de toutes les trajectoires comprises entre 40° avec l’horizontale marche avant et 45° marche arrière, en passant naturellement par la descente verticale la roue tournant toujours dans le même sens.
- Suivant la charge au m2 on peut estimer que le minimum de vitesse de chute vei’ticale sera de 6 à 7 m-sec. pour une trajectoire oblique d’environ 40°. On peut encore diminuer cette vitesse au moment de l’atterrissage en profitant de la force vive des roues pour cabrer l’appareil contre le vent et faire... un atterrissage presque sur place comme le réalise l’autogyre à l’heure actuelle.
- 3° Marche avec moteur. — Pour connaître les caractéristiques d’une roue entraînée par un moteur, des essais ont été faits sur la roue de 2 mètres placée en bout du tunnel, en la reliant à un petit moteur de motocyclette développant 4 CV à 1800 t.min.
- Les différents coefficients unitaires relatifs à la poussée, la traînée, la puissance, la traction peuvent être rapportés
- à la variation d’incidence des ailes et au rapport — (V étant la vitesse du vent et Vr la vitesse périphérique).
- Ce rapport — est un facteur analogue au —— des hélices Vr ' nu
- dénommé « argument de similitude » qui sert de commune
- mesure entre les différents coefficients de traction et de
- puissance, etc... (1).
- Ses valeurs portées en abscisse en fonction de celles des autres coefficients caractéristiques permettent d’obtenir une représentation graphique semblable à celle en usage pour l’étude des hélices.
- Dans les essais avec moteur deux cas sont à considérer:
- Fig. If. — Polaires d’une roue Slrandgren en auloroiation.
- Chaque courbe 1, 2, 3...,se rapporte à un réglage de l’incidence des ailes. La courbe fermée O est l’enveloppe des premières et correspond aux réglages successifs donnant les plus fortes portances.
- Axe des résistances
- ç/z S V
- î. Voir La Nature, n° 2897 du 15 janvier 1933.
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- Fig. 12. — Montage d'une maquette d’appareil d 2 roues Strandgren, pour les essais de stabilité.
- Fig. 13.— Premiers essais au point fixe de l'appareil Strandgren à roues de 6 m de diamètre, construit par les Établissements Lioré et Olivier.
- — l’un correspondant au vol normal pour lequel on demande à la roue d’assurer la sustentation et la propulsion ; — l’autre relatif au vol sans propulsion, la rotation de la roue servant uniquement à la sustenter.
- Sans entreprendre une étude aérodynamique complète, notons que ces expériences ont permis de mesurer : — la variation du coefficient de traînée Ca’ et celle du coefficient de poussée Cz en fonction du réglage des ailes et du rapport V/Vr; — du coefficient de puissance sustentatrice j3s dans les mêmes conditions ;
- V
- — du coefficient de puissance tractice [Ü£ = Cx X — •
- En reportant toutes ces courbes sur le même graphique on peut en déduire les caractéristiques de fonctionnement du système et prévoir comme pour un avion les performances probables, plafond, vitesse ascensionnelle,, etc...
- Nanti de ces résultats, l’inventeur put envisager l’application de ses principes ; plusieurs conceptions se trouvaient en présence : soit réaliser un appareil mixte à ailes et roues, un appareil à hélice et roues, ou un appareil uniquement à roues ; comme les deux premières idées conduisaient à des appareils ayant une grande résistance, donc peu rapides, rappelant les projets d’avions à rotors, M. Strandgren se décida pour un appareil à deux roues.
- Étude de la stabilité. — Avant de passer à la construction il fallut s’assurer que les roues n’engendraient pas de couples instables nuisibles à la conduite de la machine, comme cela s’est présenté si souvent pour les hélicoptères. Une petite maquette commandée par un moteur électrique fut essayée dans le courant d’air de la soufflerie Lelarge (fig. 12) ; l’étude de sa stabilité longitudinale et de sa stabilité de route ne révéla aucune singularité. Il faut noter en effet que la masse du fuselage et de la charge utile suspendue à l’axe de la roue créent un couple stabilisateur particulièrement efficace.
- Le fuselage possède des empennages semblables à ceux des avions normaux, mais en principe la montée ou la descente seront commandées par le réglage de l’incidence des pales ; l’inclinaison latérale en virage le sera par la différence du nombre de tours entre les deux roues créant un moment de roulis très facile à gouverner.
- Caractéristiques de l’appareil vraie grandeur. — La roue Strandgren en cours d’achèvement aux Établissements Lioré et Olivier est à deux voilures entre lesquelles vient s’accrocher le fuselage — chacune d’elles mesure 6 m de diamètre et comporte 10 ailes.— Le poids à vide sera de 450 kg et la charge utile d’environ 200 kg.
- Le moteur qui doit l’équiper est un 130 ch Clerget susceptible de donner une vitesse moyenne de rotation de 120 tours-minute. La première réalisation qui est, il faut bien le souligner, uniquement un appareil d’étude, doit atteindre une vitesse maxima de 120 km-h et une vitesse économique de 100 km-h.
- Les premiers essais au point fixe (fig. 13) ont été couronnés de succès puisque à 120 tours-mi-
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- nute, soit 38 m-sec. de vitesse périphérique, la sustentation s’est révélée de l’ordre de 800 kg.
- Étant donné l’état d’avancement des travaux, les premiers essais sur aérodrome se feront vraisemblable-, ment à la fin de l’année ; nous les attendons avec confiance, car cette machine longuement et minutieusement étudiée doit retrouver sur le terrain les résultats très encourageants obtenus au laboratoire. La figure 14 donne une idée de l’appareil tel qu’il se présentera lorsqu’il sera complètement terminé.
- LA ROUE MOINEAU
- Étudiée en 1926 cette roue relève d’une conception très originale; air lieu de se déplacer comme la roue Strandgren perpendiculairement à son axe en vol normal,
- Fig. 15. — La roue Moineau.
- Maquette essayée au tunnel Lelarge. On remarquera que le vent est dirigé parallèlement à l’envergure des ailes.
- son mouvement de translation est dirigé suivant son axe ou fait un petit angle avec lui. La seule maquette qui ait été essayée se composait de trois ailes susceptibles de changer d’incidence au cours d’une révolution autour du centre, la plus grande incidence se présentant suivant la verticale pour donner une poussée vers le haut, les ailes s’effaçant progressivement dans les autres positions pour diminuer la résistance. La commande de l’incidence était réalisée à l’aide d’un excentrique et de boutons de manivelles.
- Le projet initial prévoyait l’adjonction d’une hélice tractive destinée à assurer la translation, la roue ayant surtout un rôle sustentateur; dans ce cas la composition du vecteur vitesse de translation Vo et de celui de la
- Fig. 14. —- L’appareil Slrandgren tel qu’il se présentera pour effectuer ses premiers vols.
- vitesse de rotation Vr donne un vecteur résultant V qui forme un angle a avec la direction de l’envergure de
- Fig. 16. •—• Maquelle de la roue Moineau vue de face. Fig. 17. — Maquette de la roue Moineau vue en plan.
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-
- 310
- Vue en plan de l'aile
- lOO Cz a
- 100 Cx a
- Cz/C k
- 20 100
- Fig. 18. — Caractéristiques d’une aile Moineau attaquée obliquement, en fonction de l’angle de dérive a.
- Le maximum de finesse passe de 13,6 à 16,4 pour une dérive de 520.
- Fig. 19.
- L'appareil Rahn construit aux États-Unis et sa maquette.
- (Ph. i New-York Times ».)
- Cette machine munie d’un moteur de 240 ch pourrait atteindre 215 km à l’heure.
- l’aile. L’aile est ainsi attaquée obliquement par le vent relatif: il en est souvent ainsi dans le vol des oiseaux ou des insectes. Dans ces conditions, l’essai d’une aile à une incidence d’utilisation pratique en fonction de l’angle de dérive a, nous montre que la finesse CzjCx est plus grande quand a = 55° que lorsque le vent se présente comme à l’habitude perpendiculairement à l’aile.
- Ce phénomène également étudié par M. Budig mériterait de plus amples investigations, puisque le vol animal nous en offre de nombreuses applications.
- Les essais complets de la roue Moineau montrèrent que cette machine avait des, qualités analogues à celles des hélices sustentatrices et il faut regretter que l’étude n’en ait pas été poursuivie.
- Au point de vue sécurité il faut noter que la roue se met en autorotation autour de son axe dans des conditions
- Fig. 20. — Le projet d'avion Rohrbach à roue sustentalrice.
- analogues à celles de la roue Strandgren permettant d’espérer des atterrissages à très faible vitesse.
- LE CYCLOGYRE PLATT
- Cet appareil dont la maquette a été expérimentée au tunnel de l’Université de New-York paraît complètement terminé, mais nous n’avons jusqu’ici aucun renseignement sur ses performances.
- Différent de la roue Strandgren, il a un diamètre de roue plus petit et des ailes plus profondes que celle-ci.
- LE PROJET ROHRBACH
- Le docteur Rohrbach, dont les idées originales en hydraviation ont eu un certain retentissement il y a quelques années, s’est attelé aussi au problème de la roue susten-tatrice. Il utiliserait vraisemblablement les brevets Voith-Schneider relatifs aux roues à. aubes destinées à se déplacer dans l’eau et déjà appliquées sur les bateaux. Des croquis parus dans la presse montrent que celle-ci aurait un plus faible diamètre et plus d’allongement que la roue Strandgren.
- CONCLUSION
- Cette rapide étude montre que la question des roues sustentatrices commence à susciter un certain intérêt dans le monde aéronautique. Suivons son développement avec attention et souhaitons que dans notre pays, M. Strandgren et les différents organismes qui lui ont prêté leur concours voient prochainement dans la réussite des premiers vols une juste consécration de leurs persévérants efforts.
- Jean'; [Lacaine.
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- LE MELEZE DANS LES VALLEES ALPINES
- Le mélèze est un arbre de l’ordre des Cornières, de la famille des Pinaeés, de la tribu des Abiétés et du genre Larix.
- Nous étudierons seulement la variété Larix europea en France (fig. 1). La caractéristique primordiale de cet arbre est d’être une essence montagnarde, qui dans sa station naturelle supporte parfaitement ies gelées hivernales, et accepte le printemps très court caractéristique des hautes' altitudes. On ne le trouve en France à l’état spontané que dans les Alpes de Provence, du Dauphiné et de Savoie.
- Ses racines obliques le fixent solidement, si bien que l’arbre est rarement « chablis » dans son âge moyen ; particularité intéressante pour une essence de montagne. La neige peut le briser mais c’est là un accident d’ordre mécanique.
- Les feuilles sont caduques, groupées en petits bouquets sur des rameaux courts, ces petits faisceaux contiennent de 15 à 20 feuilles.
- Le mélèze fructifie jeune en donnant une prodigieuse quantité de semences vaines. La fructification de reproduction n’a lieu que vers l’âge de 80 ans. Les années de semence reviennent sensiblement à une périodicité de 5 ans. C’est une essence hivernale, la maturation des cônes a lieu en hiver, généralement en janvier. Les graines se disséminent en mars,
- et celles qui tombent sur la neige fructifient mieux que celles qui tombent sur le sol, ce qui fait de cette essence, la colonisatrice des grandes altitudes.
- De vieux mélèzes atteignent 600 ans, iis ont alors une hauteur de 35 mètres. Mais c’est une exception; l’âge d’exploitabilité normale varie de 180 à 250 ans et correspond à des troncs de 55 cm de diamètre.
- L’aire du Larix europea affecte la forme d’une ellipse très allongée, dont le grand axe serait S.W.-N.E.et qui engloberait le domaine géographique s’étendant des Alpes Maritimes aux Karpathes, par le Nord de la Moravie et la Haute-Silésie.
- C’est une espèce à aire relativement peu étendue, atteignant environ 10° en latitude et 20° en longitude ; de plus, il semble que ce soit une aire disjointe.
- Au point de vue phytogéographique, le Larix europea occupe la partie supérieure de la zone tempérée froide ou picetum de Mayr, et son tétraterine, supérieur à celui de l’ipéeéa, est de 14.
- ÉCOLOGIE
- Le mélèze réclame, pour s’installer, la réalisation de certains optima :
- à) il lui faut une grande humidité du sol;
- b) il réclame une exposition très ensoleillée;
- c) il craint un état hygrométrique élevé, et sa limite inférieure marque la limite supérieure des brouillards,
- A côté de ces exigences il faut remarquer ses solides qualités :
- Nant deSÎCIaude
- Bourg SffMâur/câ iF
- \ / Etroit de \ Siex N.
- Moutiers
- PELVOUX t
- Embrun
- Oimette'
- Fig. 2. — Vallées des Alpes où le mélèze fut étudié.
- Fig. 1.— Deux beaux mélèzes, au Nant de Saint-Claude, en aval de Bourg-Sainl-Maurice. (Ph. G. Barat.)
- Fig. 3 et 4. — L’Étroit de Siex.
- En amont à gauche, en aval à droite. On voit nettement le changement de végétation sur un même versant (photos G. Barat).
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- a) il est indifférent à la composition chimique du sol : on l’observe sur differents terrains, quelle que soit leur nature géologique ;
- b) il est indifférent aux vents;
- c) il s’élève jusqu’à la limite de la végétation forestière et occupe ainsi la partie supérieure de la zone tempérée froide du picetum de Mayr.
- Ces conditions délimitent ses stations alpines. On le trouve en effet dans toutes les vallées, mais seulement aux expositions ensoleillées et de sol frais ; il disparaît sitôt que l’ensoleillement diminue ou que la teneur en eau du sol se réduit. L’optimum de ces conditions est réalisé dans la haute vallée de la Durance ainsi que dans celle du Verdon; à mesure que l’on remonte dans les Alpes vertes, on s’éloigne de cet optimum et finalement dans la vallée de Chamonix on trouve bien encore des mélèzes, mais souffrant du chancre, auquel ils sont très sujets.
- J’ai étudié spécialement la répartition du mélèze dans trois grandes vallées des Alpes (fig. 2).
- Echelle
- Vers la vallée de l'Arc
- Internet
- Lautaret^^Çà^e \ SDîardohnet
- Chambon
- Nevache N
- Col de l'Echauda
- Genèvre
- Briançon
- --------C! aérien
- ———>••'Lignes des crêtes tertiaires X Emplacemî des mélèzes spontanés
- Fig. 5.
- — La vallée de la Romanche.
- Tarentaise : Vallée de VIsère — C’est une longue vallée coudée en trois points : Bourg-Saint-Maurice, Moutiers, Albertville.
- De Bourg-Saint-Maurice à Moutiers, la vallée est N.-E.-S.-W. Avant d’arriver à Moutiers en venant d’Albertville le mélèze est absolument absent. Nous sommes là dans une région cristalline entièrement agricole, où le châtaignier et la vigne dénotent une population pastorale abondante; il faut aller jusqu’à l’Étroit de Siex, pour rencontrer un mélèze.
- A l’Étroit de Siex (fig. 3 et 4) on entre dans le trias, le hêtre disparaît complètement, alors qu’il se trouvait en abondance en amont de Moutiers, par contre le mélèze couvre les versants de haut en bas. Il faut d’ailleurs distinguer topographiquement les deux versants : endroit et envers. Sur l’endroit apparaît le chêne pubes-cent, avec toutes les plantes réactives de son association. Les conditions d’exposition et de sol créent là un ensemble absolument provençal, le taillis de hêtre et les pins sylvestres existent dans des proportions fixées par l’exploitation humaine; c’est un exemple de l’action biotique sur une région.
- L’envers, rocheux et humide, a une flore toute différente.
- Sur les rochers, où le mélèze échoue par absence de terrain frais, s’installent les Pins sylvestres, mais lorsque le rocher s’enfonce sous un peu de terre végétale, et au-dessus de la limite altitudinale des brouillards, qui forme une ligne de démarcation très nette, apparaît le mélèze, qui est vraiment là dans sa station.
- Vallée de la Romanche. — La Romanche qui prend sa source dans les terrains cristallins du Pelvoux, draine un lit E.-W. jusqu’à l’embouchure du Yénéon, affluent de gauche, en amont de Bourg-d’Oisans, qui chasse la Romanche perpendiculairement à sa direction primitive.
- Presque tout le lit est à la limite du lias et du trias. On peut caractériser la vallée du Yénéon par l’absence rigoureuse de mélèzes, et on doit remarquer l’apparition franche de celui-ci au Verrou de Chambon (fig. 5), dont on peut dire qu’il est l’étroit de Siex de la Romanche.
- De même que dans la Tarentaise, le chêne s’arrête, bientôt le hêtre rétrograde, et le mélèze apparaît brutalement, remplaçant des épicéas du Yénéon.
- Il semble qu’il vient par le Lautaret des mélézins spontanés briançonnais, du Mont-Genèvre, et l’on est soutenu dans cette hypothèse, en remarquant que le prunier de Briançon se trouve également là.
- En descendant du Lautaret sur Briançon, c’est-à-dire en suivant la limite entre le massif cristallin du Pelvoux et les crêtes tertiaires, on remarque que les envers sont boisés de mélèzes, alors que les endroits ont été déboisés en pins à crochet et en mélèzes.
- Vallée de l’Ubaye. -— On passe de la vallée de la Durance dans celle de l’Ubaye par le col de Yars et l’on arrive dans un lit de rivière orienté d’une manière sensiblement parallèle au premier, c’est-à-dire S.-N. jusqu’à Barcelonnette. Ce sont des terres noires, schistes effrités du callovien et de l’oxfordien, dans les Alpes sèches.
- La vallée de la Gimette, affluent de gauche, présente une gorge orientée N.-S., taillée dans des schistes à Ilelminthoïdes, et dans des calcaires compacts. La flore y est toute spéciale ; on y trouve sapins, épicéas mélèzes, dans les proportions suivantes : épicéas 4/10, mélèzes 3/10, sapins 2/10, pins sylvestres 1/10. L’explication de cette flore découle de l’étude de la topographie locale. La gorge étant rigoureusement orientée S.-N., la face sud bien dégagée, est particulièrement bien insolée, aussi y rencontre-t-on des cytises et des amélanchiers ; plantes provençales; plus haut se trouve le mélèze (fig. 6). A un coude, C. D.,,- où la rive gauche est ombragée par la rive droite, les plantes méridionales disparaissent et il n’y a plus que sapins et épicéas vers le bas, mélèzes vers le haut, lorsque l’insolation devient suffisante.
- La rive droite est un ubac parfait; le soleil y est presque toujours absent, c’est le type classique de la sapinière.
- Vers le haut, à mesure que l’insolation augmente, le mélèze apparaît après les épicéas, ce qui semble bien vérifier les données de Mayr relatives au tétra-terme.
- La Forêt (Mélézin). — Le mélézin présente un aspect caractéristique : un feutrage serré couvre le sol; le
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- sous-bois est absent ; les clairières forment une pelouse abondante.
- Le feutrage qui couvre le sol est gênant, l’herbe formant la pelouse empêche la décomposition des feuilles, si bien que l’humus est fort peu abondant, d’autre part la radicule de la graine germant n’atteint pas le sol, et la plantule dépérit sans avoir pris racine. C’est là le gros écueil de la reproduction naturelle du mélèze, car celle-ci existe. 11 suffit de regarder un couloir d’avalanches; là où la couverture est déblayée et la rocaille mise à nu, pour y voir des quantités de jeunes plants de mélèzes.
- Le sous-bois est très rare, principalement aux grandes altitudes, où l’on ne trouve guère que des alisiers nains. En descendant apparaissent des genévriers disséininés.
- La pelouse de mélézin, très, dense, renferme : Festuca alpina, Caltha palustris ; sur le bord des ruisseaux, Linaria alpina; dans les éboulis, Primula viscosa, Ranun-culus montanus, Plantago, Polygala vulgaris, etc. M. le Conservateur Mathey {Revue des Eaux et Forêts, 1908) admet la composition suivante du tapis herbacé : 6/10 de graminés, 3/10 de plantes diverses, 1/10 de légumineuses. Malgré renvahissement des flouves et des fétu-ques alpines, on trouve constamment Y Ilélianthème commun et Antennaria dioïca. Cette pelouse constitue une savoureuse nourriture pour des ruminants.
- M. Mathey pense qu’un hectare de pelouse alpine suffit pour l’estivage d’une petite vache; il serait sans doute préférable d’adopter 1,3 ou 1,5 pour plus de sécurité.
- RÉGÉNÉRATION
- Du fait que le mélèze se reproduit aisément dans les couloirs d’avalanches, on a tiré la conclusion que pour faciliter la reproduction de l’espèce il fallait dénuder le sol et l’ameublir par des crochetages. Une expéricence a été entreprise au Mont-Genèvre, dans la vallée de la Durancette (haute vallée de la Durance), mais la place choisie est défavorable : au lieu d’être dans le sens de la ligne de plus grande pente, elle devrait être sur une courbe de niveau, de manière que les jeunes plants soient plus largement baignés de soleil et ne s’abritent pas l’un l’autre.
- La régénération est possible, mais elle réclame : un sol meuble et une durée très longue,, atteignant 20 ans. L’idéal serait la coupe à blanc étoc, n’était la question des réserves. La coupe rase par trouées tue les semis, et il semble bien que l’on devrait utiliser la coupe rase par bandes horizontales, en commençant par le haut puisque les vieux mélèzes sont insensibles aux blessures, en raison de l’épaisseur de leur écorce (15 cm).
- Terminons par quelques mots d’histoire. Le mélèze semble être connu depuis peu au point de vue cultural.
- Le premier aménagement dans la forêt de Puy-Saint-Pierre, est dû à Broillard, professeur à l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts: il date de 1856; l’auteur admettait le principe du réensemencement naturel et éclaircies. En 1887, la méthode avait évolué et on traitait le mélèze en futaie. A l’heure actuelle, la méthode la plus répandue est celle du jardinage par bouquets d’arbres.
- ÉCONOMIE
- La forêt de montagne est fâcheusement soumise aux dégradations de l’homme. Les paysans qui veulent entourer un enclos ne se font pas faute de couper de jeunes plants, de même qu’ils utilisent volontiers de jeunes tiges pour faire la litière de leurs animaux. Les incendies que la légende et l’histoire rapportent et que les habitants allumaient en vue de détruire les repaires des brigands n’ont pas été non plus favorables à l’extension de la forêt. Enfin l’hostilité du montagnard qui agrandit ses herbages, aux dépens de la forêt sans réfléchir aux conséquences de ses actes, sont autant de facteurs qui ont agi lamentablement sur le mélèzin comme sur la sapinière.
- La forêt de montagne est surtout utilisée pour le chauffage et la construction. Comme le mélèze souffre en peuplement serré, il faut faire des éclaircies dans les premières années; ce sont des travaux onéreux mais indispensables à la bonne conduite du peuplement, et qui fournissent d’ailleurs du bois de chauffage.
- Le bois de cœur est excellent et on l’appelle souvent «chêne de la montagne»; sa belle coloration fauve, le
- Fig. 7. •— Le bassin de réception du Bioux Bourdon, affluent de droite de l’Ubage.
- Les mélèzes forment une couronne entre 2600 et 2900 mètres.
- Ri ou Bourdoux
- Coupes dans la vallée de Giraette
- , Mélèzes.
- Mélèzes
- Mélèzes Entrait
- IMélèzes
- Fig. 6.— La vallée de l’Ubage, en aval de Barcelonnette.
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- poli qu’il peut acquérir, l’ont fait servir autrefois à la fabrication des meubles rustiques.
- De nombreux vaisseliers et bahuts de la région de Briançon sont en mélèze. Cette industrie rustique périclite et on cherche plutôt maintenant un débouché pour les poutres et les chevrons. Le bois de mélèze étant imputrescible, on en fait aussi des poteaux pour soutai-
- nements en terrain marécageux. En ébénisterie d’art le mélèze concurrence aisément le pitchpin.
- Ainsi le mélèze apparaît comme une essence particu lièrement adaptée aux Alpes, intéressante à développer dans les couloirs d’avalanches et dans les terrains ins tables mais bien exposés. Gaston Barat.
- Ingénieur des Eaux et Forêts
- UN COMBUSTIBLE ARTIFICIEL
- L’ANTHRACINE
- La France exportatrice de charbon ! Cette affirmation, thracite anglais de première qualité, remax*quable par
- formulée à Marseille, passerait pour une galéjade. Et sa dureté qui lui assure une excellente tenue au feu.
- Fig. 1. — Vue générale des installations des fours des mines de Nœux. Au centre l’usine d’anthracine avec sa cheminée.
- cependant, rien n’est plus exact : la France vend du charbon à l’étranger.
- Et ceci, étant donnée l’insuffisance de nos gisements houillers, demande une explication.
- Il semble inutile de rappeler ici tous les moyens employés pour lutter contre le froid. Le chauffage au bois, malgré son charme dans l’intimité du foyer, est pratiquement périmé, en raison de son peu d’efficacité et de son prix de revient, qui en font un chauffage de luxe en dehors des régions forestières peu peuplées. Les chauffages au gaz, à l’électricité, ne sont pas moins onéreux. Le chauffage au mazout n’est pas encore entré dans nos moeurs.
- Il reste le charbon, et, notamment, pour le chauffage central, le plus répandu, l’anthracite, dont il existe une infinité de variétés et d’appellations, suivant les origines et... les fournisseurs, et en tête desquelles se place l’an-
- CE QU’EST L’ANTHRACINE
- Or, si les variétés d’anthracite que nous produisons, ainsi que nos charbons anthraciteux, ne peuvent malheureusement rivaliser avec le véritable anthracite anglais, du moins possédons-nous, depuis quelques années, un anthracite artificiel, un anthracite synthétique fabriqué en France, avec du charbon français, de la main-d’œuvre française, dans des usines françaises, et qui, de plus en plus, concurrence les charbons étrangers et fait même, dès maintenant, l’objet d’exportations assez importantes.
- Qu’est donc cet anthracite artificiel ? Oh ! sa composition est bien simple, et tient en deux mots : Fines de charbons anthraciteux agglomérée avec liant approprié.
- Bien que le principe de sa fabrication soit non moins simple, sa mise au point définitive a cependant demandé
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- des années d’études, et nombre de sociétés minières se sont attaquées à ce problème.
- L’une d’entre elles, la Compagnie des Mines de Vi-coigne, Nœux et Drocourt, la première, a réalisé dans le Pas-de-Calais à Nœux-les-Mines, une installation suffisamment importante pour produire, annuellement, 200 000 tonnes de ce charbon, auquel elle a donné le nom d’Anthracine, sa production s’accroissant d’année en année.
- MODE DE FABRICATION
- L’Anthracine, nous l’avons vu, est obtenue à partir de menus ou fines maigres ou anthraciteuses. Ces fines, d’un diamètre maximum de 10 mm, sont lavées dans les rhéolaveurs des grands lavoirs de la Compagnie des Mines de Nœux, et, alors que le charbon brut est extrait à 23 pour 100 de cendres, elles sont ainsi ramenées à 6 pour 100 seulement de cendres.
- Elles passent alors dans des broyeurs à boulets où elles sont finement broyées, puis sont agglomérées avec 9 pour 100 de brai. C’est ensuite que leur est donnée leur forme ovoïde, — semblable à celle des boulets ordinaires, dont
- Fig. 2. — Une presse à boulets.
- En bas et à gauche, on distingue le flot des agglomérés non encore cuits qui sortent sans interruption de la presse à rouleaux.
- ils se distinguent cependant par une double raie en creux, — dans des presses à boulets spécialement réglées
- Fig. 3. — Le quai d’extinction.
- Sortant au rouge vif de la batterie de fours dont on voit les fumées à gauche, les agglomérés d’anthracine tombent dans un wagon plein d’eau,
- puis sur le quai où on achève de les refroidir à la lance.
- , L’ouvrier les fait ensuite tomber sur un tapis roulant pour les envoyer au chargement.
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- pour obtenir des agglomérés susceptibles de résister à la distillation, et où le mélange de fines broyées et de brai est transporté par une vis sans fin.
- Si le choix des charbons de base demanda de multiples essais, le réglage des presses à boulets constitua, pour cette fabrication, une première et sérieuse difficulté. Il faut, en effet, que l’aggloméré soit assez solide pour résister aux nombreuses manipulations qu’il doit subir avant sa cuisson, et il est indispensable que le produit final soit très contracté, très concentré, si l’on peut dire, et très dense, pour que sa tenue au feu soit parfaite.
- Ce résultat obtenu, non sans peine, grâce à plusieurs presses de 10 tonnes-heure, et à deux fortes presses de 30 tonnes-heure, aujourd’hui parfaitement réglées et mises au point, il fallait procéder à la cuisson de ces agglomérés.
- Il est indispensable, en effet, d’éliminer par cette cuisson les suies et fumées, ainsi que la majeure partie des matières volatiles.
- C’est alors surtout qu’on dut procéder à de nombreux essais. Il est en effet, dans ce cas spécial, à peu près impossible d’extrapoler. Pas plus qu’on ne pouvait construire des fours d’essai industriels d’après des fours de laboratoire, il n’était possible de construire, d’après ces fours d’essai, des fours de grande dimension pour uùe production plus importante. La chaleur, en effet, se propage avec une extrême lenteur dans la masse de charbon, et le temps de cuisson, suivant les dimensions plus ou moins grandes du four, augmente ou diminue dans des proportions nullement correspondantes, et qui défient tout calcul. Axissi, ce n’est qu’à la suite de multiples essais que la Compagnie des Mines de Nœux détermina les conditions d’établissements des 110 fours, construits en briques réfractaires, et chauffés au gaz, dans lesquels sont cuits, en un temps et à une température qui varient suivant la nature des charbons employés, les boulets bruts qui deviendront de l’Anthracine.
- C’est au cours de cette cuisson que sont extraits les suies et les goudrons, ceux-ci recueillis par 'condensation, à l’aide d’un extracteur, sur des condensateurs à plateaux du système Abder-IIalden.
- La cuisson terminée, il ne reste plus, comme pour le coke, qu’à procéder à l’extinction des boulets, Pour cela, ils sont, tout d’abord, précipités dans un wagon rempli d’eau, puis, de là, déversés sur un quai incliné où un ouvrier achève de les refroidir à la lance.
- On; les fait ensuite tomber sur un tapis roulant qui les conduit au chargement, où sont remplis de boulets d’Anthracine les cinquante wagons que livrent chaque jour les Mines de Nœux.
- CARACTÉRISTIQUES
- Le produit ainsi obtenu, parfaitement calibré, d’une très grande dureté, ne se désagrège pas. y
- Il peut être stocké à l’air libre, et les manutentions les plus brutales n’occasionnent qu’un déchet inférieur à 1 pour 100. v
- D’une densité de 1,2, il possède les caractéristiques suivantes : ~ -
- 7900 calories; 5 à 6 pour 100 de matières volatiles; 6 à 7 pour 100 de cendres.
- C’est ce qu’a confirmé Y Office Central de Chauffe Rationnelle, à la suite d’essais de boulets d’Anthracine dans une chaudière pour chauffage central, essais d’une durée de 6 jours, pour une température extérieure moyenne de — 4°, et température de l’eau, à la sortie de la chaudière, de 70°, dans le rapport suivant :
- Analyse immédiate du combustible « Anthracine » :
- Humidité................................. 2, 97
- Cendres...................................6, 10
- Matières volatiles........................5, 00
- Carbone fixe..............................85, 93
- Pertes par imbrûlés solides : Elles sont inférieures à 2 pour 100.
- Dans ses conclusions, ce rapport indique qu’avec un allumage facile, une tenue au feu très bonne, maintenant parfaitement la température pendant la nuit, l’Anthracine est caractérisée par une absence complète de morceaux de schistes et de mâchefers, une faible production de cendres, —- éliminées par simple agitation de la grille, — et, pour une même allure de chauffage, par un tirage inférieur à celui qui est nécessaire avec l’Anthracite.
- Il convient d’ajouter que sa combustion se produit sans aucune fumée, et qu’elle laisse ainsi, rêve des hygiénistes, toute sa pureté à l’atmosphère.
- CONCLUSIONS
- S’il paraît impossible de jamais remplacer par l’Anthracine, la totalité des anthracites étrangers importés, d’un poids total de 2 500 000 tonnes, et d’une valeur aux ports d’importation, d’environ 500 millions de francs, il n’en est pas moins vrai que la production totale d’Anthracine, qui n’était, que de 10 000 tonnes en 1926, atteint, dès maintenant, 200 000 tonnes annuellement, et va s’accroissant chaque année, Son prix plus avantageux, ses pertes milles en pierres, déchets et poussières en font un produit plus économique que les Anthracites. Son emploi conserve à la France productrice l’or qu’aurait nécessité le paiement d’anthracites étrangers, il donne du travail aux ouvriers qui le fabriquent, réduit le chômage, et, par suite, les allocations payées aux chômeurs et permet à la France jusqu’ici uniquement importatrice, quelques exportations de charbon, non négligeables vers la Suisse, et un petit échantillonnage à destination de divers autres pays.
- Et c’est autant de gagné pour notre balance commerciale malheureusement déficitaire.
- Ajoutons, enfin, que la fabrication de ces succédanés de l’anthracite offre pour nos mines un autre intérêt : elle leur permet de transformer en un produit de valeur des déchets jusqu’ici sans grand emploi, qui grevaient de lourdes charges leur prix de revient général.
- Georges Lanorville.
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- LA NOIX DE KOLA
- La noix de Kola (Slerculia acuminata) est la graine d’un arbre de la famille des Sterculiacées, originaire de l’Afrique Occidentale. Il atteint de 10 à 20 m de hauteur, et il a le port et l’aspect de notre châtaignier d’Europe, dont il dépasse de beaucoup la taille. Son tronc est cylindrique, droit, à écorce épaisse, grisâtre, son bois est léger, blanchâtre et poreux, il imite à s’y méprendre celui du Peuplier, mais il est plus solide et son grain est plus fin.
- Il a des rameaux serrés, pendant au point de toucher la terre. Les Heurs, très nombreuses, à calice jaune verdâtre, ou blanc marqué de pourpre, ayant une légère odeur de vanille, donnent naissance à une sorte de noix, assez grosse, à laquelle on donne le nom de Kola et ses différentes variétés existent à l’état spontané ou cultivé, sur toute la côte occidentale d’Afrique, comprise entre le 10e de latitude Nord et le 5e de latitude Sud, autrement dit sur toute la côte comprise entre le Rio Nunez et le Congo. Dans l’intérieur des terres, à partir de cette côte, le Kola s’avance dans l’hémisphère Nord, jusqu’à 700 ou 800 1cm du littoral où il paraît avoir les mêmes limites que le palmier à huile. Sur la côte orientale d’Afrique, ce végétal semble inconnu dans les régions où il n’a pas été introduit par les Anglais, qui eurent tôt fait d’en apprécier la valeur. L’introduction de cet arbre en Amérique date vraisemblablement du début du xixe siècle; il y a été largement propagé depuis, et il faut croire que les Noirs d’Afrique, dans leurs migrations volontaires ou forcées vers l’Amérique, ont apporté avec eux cette graine précieuse.
- Le Sterculia acuminata, par les soins d’Iieckel, a été répandu aux Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique), à Cayenne, en Cochinchine, à la Réunion et à Madagascar, partout enfin où le climat ressemblait à celui de l’Afrique Occidentale et permettait sa culture.
- En Nouvelle-Guinée, les Allemands et les Hollandais dans leur colonie de Java, se sont aussi occupés de répandre cet arbre précieux.
- Dans toutes les stations naturelles des pays que je viens d’énumérer, le kola recherche les sols humides, situés à l’altitude du niveau de la mer ou à peu près; en dehors de ces milieux il ne réussit pas.
- Bien avant les botanistes Jes pharmacologues, nombre d’explorateurs : René Caillé, Sçl\\yeinfurtli, Griffon du Bellay, avaient signalé, avec force détjjyJ^, les vertus que les naturels du Sénégal ou du centre de l’^j^gue attribuaient à la noix de kola. Ce n’est que vers 1883 que la haute valeur du kola fut connue du monde savant, grâce à MM. Heclcel et Schlagden-haùffen. En 1893, Heckel écrivit une monographie très complète sur les kolas africains.
- L’arbre, issu d’une graine, produit, sur la côte d’Afrique, au bout de 4 à 5 ans; s’il provient d’une bouture ou d’une marcotte, la récolte se fait à 2 ou 3 ans. Néanmoins, il faut environ dix ans pour que le Kolatier soit en plein rapport; alors un seul pied donne pu peut donner, en année moyenne, 44, kg de graines. Il y a deux récoltes et la floraison est à peu près continuelle à l’âge adulte (10 ans), si bien que ce grand arbre donne fleurs et fruits en même temps. Ces fruits sont jaunes et brunâtres; dès qu’ils commencent à s’ouvrir, ils montrent leurs graines rouges ou blanches dans la même coque, sans qu’on puisse les considérer comme étant mûres ou non.
- L’analyse a démontré que le kola blanc est un peu plus riche en kolaïne ou en caféine libre que le rouge.
- Les fruits du Sterculia acuminata contiennent de cinq à quinze graines; il ai'rive souvent qu’on n’y trouve qu’une seule semence. Leur poids varie cependant : 20 gr semblent
- être la moyenne pour chaque graine, mais on en a vu atteindre 40 gr.
- On prend de grandes précautions lors de la récolte des kolas, qui est faite par des femmes. A l’état frais, l’unique procédé de conservation consiste à faire un assortiment soigneux des graines, en rejetant toutes celles qui sont piquées ou abîmées par les vers; on les range dans de grands paniers, spéciaux au pays — faits avec des écorces d’arbres et tapissés intérieurement avec des feuilles de Bal (Sterculia cordifolia), qui sont très larges. Quand le panier est bien rempli, on forme avec les kolas un ados, et on recouvre le tout avec les mêmes feuilles de Bal, qui, par leur épaisseur et leurs dimensions, contribuent à cette conservation en préservant les précieuses noix du contact de l’air sec. Elles supportent ainsi sans moisir des voyages d’environ un mois, sans qu’elles aient à subir une nouvelle manipulation; on entretient simplement les feuilles à l’état humide.
- Si on prévoit d’avoir à les conserver plus d’un mois, une nouvelle manipulation est indispensable : dans ce cas, on lave les graines dans l’eau fraîche et on remplace les premières feuilles. Ainsi emballés, les kolas sont dirigés sur la Gambie et sur Corée, où le commerce de ces graines est centralisé.
- Dès leur arrivée sur ces marchés, ces graines augmentent de près de 50 pour 100. Au Sénégal, il s’en fait un trafic important et ces graines se vendent de 0 fr 50 à 2 ou 3 fr pièce selon leur grosseur.
- Dès que les kolas ainsi vendus commencent à se dessécher, les marchands achèvent leur dessiccation au soleil et les réduisent en une poudre fine par la mouture et c’est dans cet état que le kola parvient au cœur de l’Afrique.
- Au bord du Niger, les tribus paient jusqu’à 10 fr une graine. Il n’est pas rare, plus loin, vers le désert, que des marchands mahométans échangent le kola sec contre l’équivalent en poudre d’or.
- Le kola joue un rôle dans les usages de beaucoup de régions africaines. Pour parfaire une alliance les chefs échangent souvent des kolas blancs; si, au contraire, il faut déclarer la guerre, on envoie à l’ennemi des kolas rouges. Il en est de même pour les demandes en mariage : elles sont toujours accompagnées d’un kola blanc, offert par le prétendant à la mère de la jeune fille; en cas de refus, c’est le kola rouge qui donne la réponse. En cas de mariage, une abondante provision de kola est de rigueur, sous peine de rupture.
- De toute manière et quel que soit le symbole qu’il représente, il est employé à titre d’excitant, qu’il soit sec ou frais. A l’état sec, il est utilisé comme aliment; à l’état frais comme masticatoire; dans ce dernier cas, il est d’abord sucré, puis devient astringent et amer; sec, sa saveur est douce. Mâché, le kola frais contribue à raffermir les gencives et à tonifier le tube intestinal. Les noirs se servent, paraît-il, du kola sous forme de poudre, pour rendre claires les eaux troubles, et agréables, celles qui sont saumâtres, et aussi comme condiment. On sait que la noix de kola est à la fois nutritive et excitante; les indigènes en consomment au cours des portages et des travaux pénibles chaque fois qu’on leur demande un effort.
- D’après les nombreuses analyses faites par MM. Heckel et Schlagdenhauffen, la moyenne de la composition de la noix de kola est la suivante :
- Caféine . . . Théobromine Tanin. . . . Corps gras. .
- 2,346 \ 0,023 ( 0,027 ( 0,585 )
- Matières solubles dans le chloroforme.
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- Tanin..........................1,591 j
- Rouge de kola................. 1,290 (
- Glucose....................... 2,875 l
- Sels.......................... 0,070 '
- Amidon............
- Gomme.............
- Matières colorantes. Matières protéiques.
- Cendres...........
- Eau...............
- Cellulose.........
- Matières solubles dans l’alcool.
- . . 33,754
- . . 3,040
- . . 2,561
- . . 6,761
- . . 3,325
- . . 11,919
- . 29,831
- Comme on le voit, la noix de kola contient une forte proportion de caféine, laquelle serait même plus élevée d’après MM. Monavon et Perroud. En comparant cette teneur en caféine avec celle des meilleurs cafés, c’est la noix de kola qui en contient le plus; il est donc tout naturel que certains médecins soutiennent que le kola n’agit que par la caféine qu’il contient.
- Heckel assure « que le produit appelé rouge de kola qui subsiste dans la graine, après épuisement par le chloroforme, est le principal agent de Vexcitabilité surnutritive musculaire, bien que la caféine soit par elle-même un excitant neuro-musculaire indiscutable ».
- Il est indéniable que la poudre de kola supprime ou atténue la sensation de fatigue musculaire, à des doses très faibles. La graine fraîche est plus active que la graine séchée et que la poudre.
- Comme la poudre, le rouge de kola, même à doses minimes, augmente d’une notable façon l’intensité et la durée des contractions musculaires. Ces deux substances présentent de nombreuses analogies.
- Le rouge de kola, soluble dans l’alcool, serait un glucoside que le Dr allemand Knebel appelle Kolanine, qui produirait sous l’action de la salive de la caféine, de la théobrornine, du tanin et du glucose.
- La noix de kola a été employée avec succès contre la diarrhée atonique de Cochinchine-, dans les affections cardiaques-, dans la neurasthénie-, le diabète et contre les syncopes. Pendant les grandes manœuvres l’action de la précieuse graine a été étudiée et constatée chez des soldats.
- La pharmacie a adopté la noix de kola comme stimulant cardiaque, respiratoire et nerveux. Elle en fait des cachets, des teintures, des vins et l’on trouve aussi maintenant en France des noix de kola fraîches pour ceux qui veulent un excitant tonique, comparable au café et même plus puissant.
- R. de Noter.
- LA LUTTE CONTRE LES PERTURBATIONS
- RADIO-ÉLECTRIQUES
- NOUVEAUX PROGRÈS DANS L’ORDRE TECHNIQUE, JURIDIQUE ET ADMINISTRATIF
- (Suite et fin. V. n° 2912 et 2913J
- i) Réseau d’électricité et poste=secteur. — On sait que, surtout depuis l’ère du « poste-secteur », le réseau d’électricité peut être considéré, lui aussi, comme un système perturbateur. M. Hémardinquer a longuement développé cette question ici même l’an dernier dans une remarquable étude à laquelle nous prions nos lecteurs de se reporter ('). Nous nous contenterons donc de signaler les réalisations les plus nouvelles dans ce domaine.
- La manière dont un même poste récepteur est affecté par les parasites en général, et ceux du secteur en particulier, est d’autant plus variable que la sensibilité de ce poste peut varier de 1 mV : m à 1 uV : m lorsqu’on manœuvre le bouton de réaction. La solution du problème de l’élimination réside donc dans l’emploi de filtres disposés sur le secteur avant l’alimentation du poste et dans l’antenne aussi parfois.
- Une réalisation heureuse est due à M. P. Hémardinquer qui a rassemblé dans un coffret blindé qu’on peut placer sous le poste tout le dispositif antiparasite, comprenant d’une part un circuit de blocage avec bobines de choc, condensateurs de fuite, condensateur de résonance, d’autre part un groupe de capacités, bobinages et résistances variables destinés à réduire l’influence des parasites captés par l’antenne et la prise de terre (fîg. 9).
- Parmi les moyens les plus, efficaces d’éviter l’action des parasites du secteur sur le circuit d’alimentation du poste, rappelons celui signalé il y a quelques années par M. Rarthé-îemy et qui consiste à utiliser pour l’alimentation un transformateur sans capacité, autrement dit dont la capacité entre
- P. Hémardinquer. Les blocs antiparasites et leur emploi. La Nature, 1er septembre 1932, n° 2888, p. 219-225.
- primaire et secondaire soit trop faible pour transmettre les perturbations.
- Au dernier Congrès d’action contre les perturbations industrielles (Paris, novembre 1932), M. Pierre Toulon a indiqué deux procédés des plus intéressants.
- L’un consiste à utiliser de préférence le cadre comme collecteur d’ondes, mais à condition de le monter symétriquement,, car dans les montages ordinaires non symétriques, l’effet d’antenne rétablit l’influence des perturbations. Au lieu d’utiliser un cadre dont les extréïnités sont reliées respectivement à la grille et au filament de la lampe d’attaque, on se sert d’un cadre équilibré à trois prises qui réduit les parasites dans la proportion de 25 décibels (fig. 10).
- L’autre procédé a pour but de placer sur tous les interrupteurs, commutateurs et autres coupures de courant des filtres mis sous cage de Faraday reliée au sol et comportant des bobines de choc et des condensateurs (fig. 11). Les parasites produits par la rupture de courants de 50 A peuvent être arrêtés ainsi à 2 m de la coupure. D’après ce principe, des interrupteurs antiparasites munis de bobines de 40 spires et de condensateurs de 0,1 p.F ont déjà été réalisés et permettent de réduire les perturbations de 90 pour 100.
- j) Application des filtres aux appareils ménagers. — Nous n’avons pas la prétention de développer ce paragraphe qui pourrait faire l’objet d’une longue étude, mais seulement d’indiquer comment l’on a pu concevoir pratiquement quelques réalisations.
- Il y a en général deux conceptions. La première, dite commerciale, selon laquelle le filtre est simplement adapté à l’appareil, extérieurement et sur le cordon d’alimentation.
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- La seconde, dite industrielle, suivant laquelle le filtre est intégré à l’appareil, c’est-à-dire disposé à l’intérieur.
- La première solution est évidemment provisoire. Elle ne durera que jusqu’au moment où tous les constructeurs auront compris la nécessité d’adopter la seconde, qui sera définitive.
- A titre d’exemple, nous montrons comment on peut disposer le filtrage dans le socle d’un ventilateur (fig. 11), sur un moteur universel (fig. 12) et sur une machine à coudre (fig. 13) (Siemens).
- LES SERVIES ANTIPERT JRBA.TEUR3
- Dans un certain nombre de pays étrangers fonctionnent des organismes antiperturbateurs qui ont déjà rendu de grands services.
- En Allemagne, c’est l’organisation des « Funkhilfe » rattachée aux services officiels. Pendant les 7 premiers mois de 1932, cet organisme a dénombré et examiné 77 000 cas de perturbations et identifié 73 000 sources de brouillages. Les tramways y interviennent pour 6 pour 100 des cas; les appareils à réaction viennent avec 8 pour 100; les usines électriques, 5 pour 100, les dérèglements du récepteur 13 pour 100, les appareils médicaux 26 pour 100 (dont 23 pour 100 pour les particuliers); les appareils ménagers, 35 pour 100.
- Si l’on fait la moyenne des 6000 cas où l’on a estimé les frais des filtres antiparasites, on trouve 45 à 60 fr pour les petits moteurs et appareils ménagers; 75 fr environ pour les appareils thérapeutiques; 250 à 280 fr pour les installations médicales ou des cliniques, 50 fr pour les fraiseuses et appareils d’odontologie.
- Pour les deux tiers des cas, les perturbations ont été éliminées sur les appareils perturbateurs eux-mêmes, et pour un quart au moyen de filtres placés sur les récepteurs. Il n’a pas toujours suffi de placer des filtres, il a parfois fallu transformer les installations électriques.
- En Angleterre, la proportion est un peu moindre. Pourtant, dans le premier semestre de 1932, le Post Office a examiné 53 000 réclamations, dont 49 000 dues'à des parasites électriques. La répartition diffère sensiblement de celle de l’Allemagne : usines électriques, 8 pour 100; réaction des voisins, 15 pour 100; appareils médicaux, 37 pour 100; cas divers non résolus, 10 pour 100.
- En France, aucune organisation antiperturbatrice officielle n’existe encore, mais il est vraisemblable qu’elle verra le jour après le vote de la loi contre les parasites, loi promise pour la fin de l’année 1933.
- Nous devons signaler toutefois le service antiparasite
- organisé par le Comité d’action contre les perturbations en 1933, ainsi que le premier musée antiparasite, installé cité Paradis, à Paris et comprenant toutes les installations nécessaires pour donner la démonstration des filtres antiperturbateurs sur toutes sortes d’appareils.
- NOUVELLE JURISPRUDENCE
- Nous avions, l’an dernier, donné un aperçu général de la jurisprudence existant én matière de perturbations radioélectriques. Nous nous
- contenterons donc dans le présent article d’indiquer les nouveaux textes qui complètent cette jurisprudence :
- 1° Jugement du 29 juillet 1932 du juge de paix d’Auxerre (canton ouest). —
- Le propriétaire d’une lessiveuse électrique est condamné à 200 fr de dommages-intérêts envers l’auditeur plaignant, avec 25 fr de supplément par jour de retard, outre les dépens et frais d’expertise;
- 2° Arrêt du 22 novembre 1932 de la Cour d'appel d’Amiens. — Les perturbateurs qui avaient fait fonctionner une bobine de Ruhmkorff pour troubler les réceptions d’un commerçant de Beauvais, sont condamnés chacun à 2000 fr de dommages-intérêts et aux dépens;
- 3° Arrêt du 21 décembre 1932 de la Cour d’Appel d’Amiens. — Confirmation du jugement du 30 juillet 1931 du Tribunal civil d’Amiens. Le perturbateur est condamné à 5000 fr de dommages-intérêts et aux dépens;
- 4° Jugement du 13 février 1933 du Tribunal civil de Versailles. — Le propriétaire d’une moto-pompe électrique est condamné à prendre dans le mois, sous astreinte de 50 fr par jour de retard, toute disposition pour éliminer les brouillages produits par le moteur.
- 5° Jugement du 17 mars 1933 du Tribunal de simple police de Dreux. Le demandeur se plaint qu’un voisin utilise un redresseur de courant rotatif qui trouble ses réceptions.. Depuis l’expertise ordonnée par Je tribunal, les troubles ont cessé, le défendeur ayant substitué à son redresseur un chargeur à oxyde de cuivre. Cependant le tribunal le condamne à 100 fr de dommages-intérêts, aux frais d’expertise et aux dépens.
- 6° Jugement du 26 juin 1933 du juge de paix de Dieppe. — Le ministère public intente une action contre le directeur d’un cinéma dont les projecteurs électriques troublent les auditions des voisins, étant donné qu’il se trouve en contravention avec l’arrêté municipal du 19 mai 1933. A remarquer que l’installation était munie de filtres antiperturbateurs, malheureusement inefficaces. Le tribunal juge que les moteurs utilisés devaient être remplacés par des moteurs synchrones. Il condamne le perturbateur à 1 fr de dommages-intérêts et aux dépens.
- A l’heure actuelle, la jurisprudence se compose donc à notre connaissance de 21 textes (') qui tous condamnent le perturbateur, à l’exception du jugement du tribunal et de l’arrêt de la cour de Lyon.
- RÉGLEMENTATION ET LÉGISLATION
- Parallèlement à la jurisprudence se multiplient les arrêtés municipaux contre les perturbations. On en compte à l’heure actuelle plus de 170 (s).
- 1. Voir le détail de ces textes dans VAlmanach de Radio-Magazine, 1933.
- 2. Nous ne pouvons ici en donner la liste qui a été publiée dans l’Almanach de Radio-Magazine, 1933.
- Fig. 10.
- Montages de cadres récepteurs.
- I. Montage usuel, non équilibré;
- II. Montage’Asymétrique équilibré.
- Fig. 9. — Ensemble du coffret-socle antiperturbateur pour poste-secteur, de M. Hémardinquer.
- B, bouchon de prise de courant du secteur; C, câble blindé; S, socle sur lequel repose le poste-secteur ; P, prise de courant pour l’alimentation du poste; D, prise de terre antiparasite séparée; a, t, bornes à relier aux bornes antenne et terre du poste; E,, E2, étoulïeurs de parasites réglables; A, T, bornes à relier à la prise de terre et à l’antenne.
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- Fig. 11. — Montage d’un filtre anliperturbateur sur un ventilateur Au-dessous, le schéma de montage.
- Le ministre des travaux publics et le préfet de la Seine ont récemment adressé aux maires des circulaires les priant de surseoir à la signature d’arrêtés qui, en l’état actuel de la technique et de la législation, resteraient d’une application difficile. Us mettaient d’ailleurs en doute la légalité de ces arrêtés, dont quelques-uns sont poursuivis en cassation. A la suite de cette circulaire, un certain nombre de préfets
- Fig. 13. — Montage d’un filtre anliperturbateur sur une machine à coudre à moteur.
- Au-dessous, le schéma de montage.
- ont refusé d’approuver les arrêtés municipaux contre les perturbations. Vers cette date, M. Mellet, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, président du Comité d’action contre les parasites, a donné aux intéressés une importante consultation, d’où il résulte que la circulaire en question est simplement consultative, que les maires sont fondés à prendre de tels arrêtés, qui, de l’avis de Me Mellet, sont légaux et d’ailleurs non soumis à l’approbation.
- Le droit des auditeurs n’est donc reconnu en fait que par la jurisprudence et par les arrêtés des maires.
- Il semble juste que les auditeux*s reçoivent, en contre-partie du paiement des taxes radiophoniques, la garantie officielle du droit d’écoute. La loi de iinances du 31 mai 1933, qui institue la taxe contient en effet la promesse qu’une loi de protection contre les perturbations industrielles sera présentée au Parlement dans le délai de six mois. Rappelons que divers
- Fig. 12. — Montage d'un filtre anliperturbateur sur un moteur
- universel.
- Au-dessous, le schéma de montage.
- projets de loi contre les parasites ont déjà été déposés sur le bureau de la Chambre, notamment celui de MM. Aubaud et Schmidt, en février 1931 ; celui de M. Salengro, le 22 novembre 1932 et celui de la Commission des P. T. T., le 6 décembre 1932.
- Ce dernier projet prévoit lui-même que, dans un autre délai de 6 mois, un décret d’administration publique réglementera l’élimination des perturbations.
- On peut donc espérer maintenant que, dans un délai raisonnable, les parasites seront officiellement reconnus et condamnés. Cette perspective ne doit pas faire oublier les efforts constants faits tant par le Syndicat professionnel des industries radioélectriques que par le Comité d’action et par la presse radiotechnique pour aboutir à ce résultat.
- Michel Adam.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES
- XIV. — LE GOUT DE LA RENOMMÉE (Suite)
- François Arago (1786-1853), célèbre par l’étendue de ses connaissances et par ses découvertes en physique, notamment en optique et en électricité, a eu l’excelleiite idée d’écrire, lui-même, une histoire de sa jeunesse, qui a paru, comme œuvre posthume, dans ses Oeuvres complètes, lesquelles ont été publiées, d’après l’ordre de l’Académie des Sciences, sous la direction de J.-A. Barrai (2). Cette autobiographie, assez exceptionnelle — malheureusement — dans les écrits des savants, avait, à son idée, pour but de rectifier des détails complètement inexacts donnés par des biographes d’occasion et qui, en particulier, jetaient un jour fâcheux sur la soi-disant négligence de ses parents. La jeunesse du grand et fougueux Arago est ainsi bien connue. Je lui cède la plume :
- « Je naquis, écrit-il, le 26 février 1786, dans la commune d’Estagel, ancienne province du Roussillon (département des Pyrénées-Orientales). Mon père, licencié en droit, avait de petites propriétés en terres arables, en vignes et en champ d’oliviers, dont Je revenu faisait vivre sa nombreuses famille... Mes parents m’envoyèrent à l’école primaire d’Estagel, où j’appris de bonne heure à lire et à écrire. Je recevais, en outre, dans la maison paternelle, des leçons particulières de musique vocale. Je n’étais, du reste, ni plus, ni moins avancé que les autres enfants de mon âge. Je n’entre dans ces détails que pour montrer à quel point se sont trompés ceux qui ont imprimé que, à l’âge de 14 à 15 ans, je n’a\ais pas encore appris à lire. Estagel était une étape pour une portion de troupes qui, venant de l’intérieur, allaient à Perpignan où se rendaient directement à l’armée des Pyrénées. La maison de mes parents se trouvait donc presque constamment remplie d’officiers et de soldats. Cela, joint à la vive irritation qu’avait fait naître l’invasion espagnole, m’avait inspiré des goûts militaires si décidés que ma famille était obligée de me faire surveiller de près pour empêcher que je ne me mêlasse furtivement aux soldats qui partaient d’Estagel. Il arriva souvent qu’on m’atteignit à une lieue du village, faisant déjà route avec les troupes. Une fois, ces goûts guerroyants faillirent me coûter cher. C’était la nuit de la bataille de Peires-Tortes. Les troupes espagnoles, en déroute, se trompèrent en partie de chemin. J’étais sur la place du village, avant que le jour se levât; je vis arriver un brigadier et cinq cavaliers qui, à la vue de l’arbre de la liberté, s’écrièrent : Somos perdidos ! Je courus aussitôt à la maison m’armer d’une lance qu’y avait laissée un soldat de la levée en masse, et, m’embusquant au coin d’une rue, je frappai d’un coup de cette arme le brigadier placé en tête du peloton. La blessure n’était pas dangereuse; un coup de sabre allait cependant punir ma hardiesse, lorsque des paysans, venus à mon aide et armés de fourches, renversèrent les cinq cavaliers de leurs montures et les firent prisonniers. J’avais alors sept ans.
- « Mon père étant allé résider à Perpignan, comme trésorier de la monnaie, toute la famille quitta Estagel pour l’y suivre. Je fus alors placé, comme externe, au collège communal de la ville, où je m’occupai presque exclusivement d’études littéraires. Nos auteurs classiques étaient devenus l’objet de mes études de prédilection. Mais la direction de mes idées changea tout à coup, par une circonstance singulière que je vais rapporter. En me promenant un jour sur le rempart de la ville, je vis un officier du génie qui y faisait exécuter des réparations. Cet officier, M. Cessac, était très jeune; j’eus la hardiesse de m’en approcher et de lui demander comment il
- 1. Voir La Nature, depuis le n° 2808.
- 2. Gida et J. Baudy, édit., Paris, 1854.
- était arrivé si promptement à porter l’épaulette. «Je sors de l’École polytechnique, répondit-il •— Qu’est-ce que cette école-là ? — C’est une école où l’on entre par examen — Exige-t-on beaucoup des candidats ? — Vous Je verrez dans le programme que le Gouvernement envoie tous les ans à l’administration départementale; vous le trouverez, d’ailleurs, dans les numéros du journal de l’École, qui existe à la bibliothèque de l’École centrale. » Je courus sur-le-champ à cette bibliothèque; et c’est là que, pour la première fois, je lus Je programme des connaissances exigées des candidats.
- « A partir de ce moment, j’abandonnai les classes de l’école centrale, où l’on m’enseignait à admirer Corneille, Racine, La Fontaine, Molière pour ne plus fréquenter que le cours de mathématiques. Ce cours était confié à un ancien ecclésiastique, l’abbé Verdier, homme fort respectable, mais dont les connaissances n’allaient pas au delà du cours élémentaire de La Caille. Je vis d’un coup d’œil que les leçons de M. Verdier ne suffiraient pas pour assurer mon admission à l’École polytechnique; je me décidai alors à étudier moi-même les ouvi'ages les plus nouveaux, que je fis venir de Paris. C’étaient ceux de Legendre, de Lacroix et de Garnier. En parcourant ces ouvrages, je rencontrai souvent des difficultés qui épuisaient mes forces. Heureusement, chose étrange et, peut-être, sans exemple dans tout le reste de la France, il y avait, à Etagel, un propriétaire, M. Raynal, qui faisait ses délassements de l’étude des mathématiques transcendantes. C’était dans sa cuisine, en donnant les ordres à de nombreux domestiques pour les travaux du lendemain, que M. Raynal lisait avec fruit VArchitecture hydraulique de Prony, la Mécanique analytique et la Mécanique céleste. Cet excellent homme me donna souvent des conseils utiles, mais, je dois le dire, mon véritable maître, je le trouvai dans une couverture qui me fit naître l’envie de connaître ce que cachait ce papier bleu. J’enlevai ce papier avec soin, après l’avoir humecté, et je pus lire dessous ce conseil donné par d’Alembert, à un jeune homme qui lui faisait part des difficultés qu’il rencontrait dans ses études : « Allez, Monsieur, allez et la foi vous viendra. » Ce fut, pour moi, un trait de lumière : au lieu de m’obstiner à comprendre du premier coup les propositions qui se présentaient à moi, j’admettais provisoirement leur vérité, je passais outre, et j’étais tout surpris, le lendemain, de comprendre, parfaitement, ce qui, la veille, me paraissait entouré d’épais nuages.
- « Je m’étais ainsi rendu maître, en un an et demi, de toutes les matières contenues dans le programme d’admission, et j’allai à Montpellier pour subir l’examen. J’avais alors 16 ans. M. Monge, le jeune, examinateur, fut retenu à Toulouse par une indisposition, et écrivit aux candidats réunis à Montpellier qu’il les examinerait à Paris. J’étais moi-même trop indisposé pour entreprendre ce long voyage et je rentrai à Perpignan. Là, je prêtai l’oreille, un moment, aux sollicitations de ma famille, qui tenait à me faire renoncer aux carrières que l’École polytechnique alimentait. Mais, bientôt, mon goût pour les études mathématiques l’emporta; j’augmentai ma bibliothèque de Y Introduction à l’analyse infinitésimale d’Euler, de la Résolution des équations numériques, de la Théorie des fonctions analytiques et de la Mécanique céleste de Laplace. Je me livrai à l’étude de ces ouvrages avec une grande ardeur. Le journal de l’École renfermant des travaux tels que le Mémoire de M. Poisson sur l’élimination, je me figurais que tous les élèves étaient de la même force que ce géomètre, et qu’il fallait s’élever jusqu’à sa hauteur pour réussir. A partir de ce moment, je me préparai à la carrière d’artilleur, point de mire de mon ambition; et
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- pomme j’avais entendu dire qu’un officier devait savoir la musique, faire des armes et danser, je consacrai les premières heures de chaque jour à ces trois arts d’agrément. Le reste du temps, on me voyait me promenant dans les fossés de la citadelle de Perpignan, et cherchant, par des transitions plus ou moins forcées, à passer d’une question à l’autre, de manière à être assuré de pouvoir montrer à l’examinateur jusqu’où mes études étaient étendues. »
- Ici se place une « pique » peu banale avec un examinateur, attrapade qui, de nos jours, je crois bien, n’aurait pas d’autre succès que de faire « sortir » le candidat trop irascible.
- «Le moment de l’examen arriva enfin, et je me rendis à Toulouse, en compagnie d’un candidat qui avait étudié au collège communal. C’était la première fois que des élèves venant de Perpignan se présentaient au concours. Mon camarade, intimidé, échoua complètement. Lorsque, après lui, je me rendis au tableau, il s’établit entre M. Monge — l’examinateur —- et moi la conversation la plus étrange : « Si vous devez répondre comme votre camarade, il est inutile que je vous interroge. -— Monsieur, mon camarade en sait beaucoup plus qu’il ne l’a montré; j’espère être plus heureux que lui; mais ce que vous venez de me dire pourrait m’intimider et me priver de tous mes moyens. — La timidité est toujours l’excuse des ignorants; c’est pour vous éviter la honte d’un échec que je vous fais la proposition de ne pas vous examiner. — Je ne connais pas de honte plus grande que celle que vous m’infligez en ce moment. Veuillez m’interroger; c’est votre devoir. — Vous le prenez de bien haut, Monsieur ! Nous allons voir tout à l’heure si cette fierté est légitime. —- Allez, Monsieur, je vous attends ! » M. Monge m’adressa alors une question de géométrie à laquelle je répondis de manière à affaiblir ses préventions. De là, il passa à une question d’algèbre, à la résolution d’une équation numérique. Je savais l’ouvrage de M. Lagrange sur le bout du doigt; j’analysai toutes les méthodes connues en en développant les avantages et les défauts : méthode de Newton, méthode des fractions continues, méthode des séries récurrentes, méthode des cascades, tout fut passé en revue; la réponse avait duré une heure entière. Monge, revenu alors à des sentiments d’une grande bienveillance, me dit : « Je pourrais dès ce moment, considérer l’examen comme terminé : je veux, cependant, pour mon plaisir, vous adresser encore deux questions : « Quelles sont les relations d’une ligne courbe et delà ligne droite qui lui est tangente ? » Je regardai la question comme un cas particulier de la théorie des osculations que j’avais étudiée dans le Traité des fonctions analytiques de Lagi'ange. « Enfin, me dit l’examinateur, comment cléterminez-vous les tensions des divers cordons dont se compose une machine funiculaire ? » Je traitai le problème suivant la méthode exposée dans la Mécanique analytique. On voit que Lagrange avait fait tous les frais de mon examen. J’étais depuis deux heures et quart au tableau. M. Monge, passant d’un extrême à l’autre, se leva, vint m’embrasser, et déclara solennellement que j’occuperais le premier rang sur sa liste. Le dirai-je ? Pendant l’examen de mon camarade, j’avais entendu les candidats toulousains débiter des sarcasmes très peu aimables pour les élèves de Perpignan : c’est surtout à titre de réparation pour ma ville natale que la démarche de M. Monge et sa déclaration me transportèrent de joie. » Arago entra à l’École polytechnique, — prélude de gloire pour lui —, à la fin de 1803. Une année et demie après, il remplit à l’Observatoire la place de secrétaire devenue vacante. Un peu plus tard, il fut envoyé, avec M. Biot, en Espagne, faire des travaux de triangulation. Arago a rapporté, sur toutes ces périodes de sa vie, de très amusantes anecdotes, mais elles sont trop copieuses pour être reproduites ici. A vingt-
- trois ans, il fut reçu à l’Académie des Sciences, dont il devait devenir le Secrétaire perpétuel.
- *
- ¥ ¥
- Marie=Jean=Pierre Flourens (1794-1867), bien connu pour ses recherches sur la physiologie du système nerveux, était né à Maureilhan, petit bourg de l’arrondissement de Béziers, dans le château de la Trésorière. Les quelques renseignements que l’on possède sur sa jeunesse sont dus à Vul-pian, qui, en 1886, prononça son Eloge (*) dans la séance publique de l’Académie des Sciences Résumons-les.
- Lorsque Flourens eut atteint l’âge de neuf ans, ses parents se trouvèrent bien embarrassés pour lui faire commencer ses études. A cette époque, les établissements d’enseignement secondaire n’avaient pas encore été réorganisés partout et l’on hésitait à l’envoyer dans un collège éloigné. Pendant qu’on formait chaque jour de nouveaux projets, abandonnés le lendemain, le château de la Trésorière reçut la visite d’un ancien oratorien qui avait émigré et qui, rentré en France, avait accepté un poste de desservant dans un hameau de l’arrondissement de Lodève, dans le département de l’Hérault. Cet oratoxien avait été professeur de rhétorique avant la disparition de son ordi'c. 11 vit le jeune Floui’ens, le fit parler et fut séduit par la vivacité de son intelligence. Mis au courant des préoccupations de la famille, il proposa d’emmener l’enfant avec lui. Il se chai-geait de l’instruire et assurait qu’il en ferait un bon rhétoricien. Les parents comprirent qu’il fallait se résigner à cette séparation et acceptèrent la proposition. Dès le lendemain, au point du jour, l’oratorien quittait la Trésorière, sur sa mule, emmenant en croupe le jeune Flourens, et le conduisit ainsi à Peyquerolles, où il allait exercer les fonctions de curé. C’est dans ce village que Flourens fit toutes ses études.
- Loi'squ’il eut atteint l’âge de 16 ans, Flourens fut ramené à Maureilhaii. Sa famille hésitait, pour lui, entre l’état militaire et la carrière d’ambassadeur. Quant à lui-même, ne doutant de rien, il déclara nettement qu’il voulait être... académicien, en pensant surtout à l’Académie française, car, à ce moment, les lettres semblaient le séduire plus particulièrement. Oix conduisit le jeune homme à Montpellier et on le fit inscrire à la célèbre Faculté de médecine de cette ville. De Candolle était au nombre des professeurs de cette Faculté. Flourens suivait assidûment les démonstrations de cet illustre botaniste au Jardin des Plantes. De Candolle le remarqua, le fit admettre au nombre des membres de la Société d’Histoire naturelle de Montpellier, et lui fit confier, malgré son jeune âge, les fonctions de secrétaire de cette Société. Flourens continuait, d’ailleui’s régulièrement, ses études de médecine qu’il termina en soutenant une thèse sur un sujet purement médical. Il avait alors 19aixs. Ses entretiens avec de Candolle lui avaient révélé sa véritable vocation. Il ne songeait plus qu’aux sciences naturelles; il brûlait du désir de se rendre à Paris pour suivre les leçons des naturalistes célèbres dont il avait lu et admiré les écrits. De Candolle ne chercha pas à le retenir; il approuva son dessein et lui remit des letti’es pour Cuvier, de Lamarclc, Portai, Étienne, Geoffroy Saint-Hilaii’e. Ariivé à Paris, Flourens abandonna définitivement toute idée de carrière médicale. Très bien accueilli des savants auxquels de Candolle l’avait recommandé, il se livra avec ardeur à l’étude des sciences naturelles.
- Il travailla alors avec assiduité à l’étude de la zoologie et de l’anatomie comparée, à la fois parce que ces questions l’intéressaient et dans le désir de s’y faire un nom. « Lorsque, a-t-il raconté, plus tard, à ses fils, pendant une nuit passée
- 1. Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 44.
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- au travail, dans ma chambre d’étudiant, j’essayais de rafraîchir ma tête fatiguée en m’approchant de la fenêtre, je voyais toutes les lumières éteintes, je me disais : « ils dorment tous et je veille; mais ils mourront ignorés et je deviendrai célèbre'.' » En 1819, il fut chargé, dans une llevue de l’analyse des publi- ' cations nouvelles, besogne un peu fastidieuse, mais très salutaire pour être au courant de la science et augmenter l’étendue de ses connaissances. Dès les premiers articles, il se fît remarquer par la pénétration de ses vues, l’équité de ses jugements et la netteté de son style. Les maîtres qui le connaissaient déjà applaudirent au succès de leur protégé et il se trouva bientôt admis auprès d’autres savants illustres, tels que Laplace, Biot, Ampère, Poinsot, Gay-Lussac, Poisson, Arago, Dulong. Il y avait alors à Paris une sorte de cercle scientifique dans lequel il faisait des cours. C’était VAthénée royal de Paris,
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- fondé, en 1781, par Pilâtre du Rozier, sous le nom de Musée, organisé sur de nouvelles bases sous le nom de Lycée, aprè la mort de ce célèbre et malheureux aéronaute. Cet établissement avait pris le nom d'Athénée en 1803. Flourens qui y fit un cours en 1821, avait choisi pour sujet : La théorie physiologique des sensations. C’est évidemment ce cours qui conduisit Flourens à entreprendre des recherches expérimentales sur le système nerveux.
- Plus tard, vers 1830, il fut nommé professeur au Muséum. Depuis 1828, il était membre de l’Académie des Sciences. En 1840, il fut nommé membre de l’Académie française, réalisant ainsi •— par une voie détournée — son rêve de jeunesse, ce qui montre que, lorsque l’on a « le cœur bien accroché», il ne faut jamais désespérer.
- Hekiïi Coupin.
- NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES
- Nous avons vu la naissance des marionnettes. Il s'agit maintenant de les faire vivre. Pour cela, il leur faut un théâtre spécial. Les opérateurs ou plutôt les animateurs dominent le théâtre. Ils sont placés sur une sorte
- , . „ de balcon qui
- Fia. 1. •— Schéma du ihealre de marionnettes avec , , . 1
- , , , , , longe la scene, au
- suppression du cote gauche de la façade, pour mon- ° ’
- irer l’intérieur. fond> au-dessus
- des décors; ils s’ajipuient sur ce
- balcon et promènent les marionnettes sur le plateau en faisant agir les fils. Certains opérateurs tenaient entre les dents le fil de suspension de la marionnette, ce qui leur donnait la liberté de leurs mains pour le tirage des fils : mais la situation était fatigante et maintenant on emploie presque exclusivement le casque muni d’une tige terminée par un crochet : les mains sont également libres, et la fatigue est moindre.
- On comprend que, quel que soit le moyen de suspension employé, la poupée ne peut guère se mouvoir en avant; aussi la scène est-elle peu profonde; elle ne comporte guère que deux plans et encore le premier est-il peu employé. Je m’en
- suis servi surtout pour amener en scène les marionnettes de figuration qui n’ont aucun mouvement à faire ou qui font toutes le même au moyen d’un tirage unique, par exemple les groupes de diables dans la « Grande tentation de saint Antoine », la vieille pièce classique, ou les danseuses, dans un ballet moderne.
- Si l’on joue une pièce, il faut du décor; pour éviter autant que possible que les fils soient aperçus par les spectateurs, les toiles de fond sont exécutées dans des teintes assez sombres et les éclairages
- sont calculés pour ne donner aucune ombre portée
- Pour la présentation des marionnettes isolées et à complications, telles que la Mère Gigogne qui se change en ballon, les différents jongleurs, le squelette qui s’éparpille et se raccommode, etc., on supprime le décor et l’on emploie comme toile de fond, un tissu foncé dont le grain forme des rayures verticales, du reps par exemple; sur ce fond spécial, les fils sont presque invisibles à une petite distance.
- L’opérateur,sur son balcon, est assez occupé par la manœuvre de ses personnages, aussi des aides sont chargés de lui passer ou de lui reprendre les marionnettes au fur et à mesure des besoins. Aussitôt qu’une marionnette a terminé son rôle, il faut la prendre le long du mur par son crochet, afin que les fils ne s’embrouillent pas.
- Dans les petites installations c’est le ou les opérateurs qui parlent pour la marionnette et c’est un grand avantage pour l’illusion : les mouvements s’accordent avec les paroles très exactement. On a cru mieux faire dans les théâtres plus importants d’adjoindre des récitants ou des chanteurs, car les
- bons manœuvriers ne sont
- . i j. Fig. 3. — Manœuvre d'une marionnette
- pas touiours bons diseurs. - , , , , ,
- r , , , tenue a la bouche.
- Cela demande un travail
- minutieux de répétitions
- pour avoir concordance exacte entre le texte et les gestes.
- Dans le théâtre des marionnettes de Salzbourg, les récitants étaient placés sous la scène et par une fente située tout le long de la rampe, ils suivaient, au moyen d’une glace, les petits acteurs. Le plus souvent, les récitants sont simplement placés sur les côtés de la scène.
- Fig. 2. — Marionnette tenue au casque.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 15 JUIN 1933 (N° 2907)
- Reprenons les problèmes proposés :
- Problème A. — Combien faut-il écrire de chiffres pour écrire les 1000 premiers nombres ?
- Problème B. — Quels sont les plus grands nombres qu’on peut obtenir en employant : 1° trois fois le nombre 3; 2° trois fois le nombre 10.
- Problème C. — Trouver un nombre qui soit égal à la somme des chiffres de son cube.
- Problème D. — Amuserolle. Prouver que le ménage concierge de l’Obélisque de Louqsor a eu un fils dont l’existence est indiscutable :
- Solutions. — Problème A :
- Pour écrire le nombre de 1 à 9 il faut 9 chiffres
- » » 10 à 99 il faut 90x2= 180 »
- » » 100 à 999 il faut 900 X 3 = 2700
- et pour écrire 1000 il faut 4 chiffres
- En tout : 2 893 chiffres
- Et enfin, Vamuserolle. Le seul lecteur qui ait envoyé une solution pour ce problème, Jean Gauchet, écrit aimablement à ce sujet :
- Le concierge, homme de l’Obélisque, est un être imaginaire. Sa femme est également une imaginaire. Ces imaginaires sont conjugués : par suite, leur produit, leur fils dans l’espèce, est réel. C. Q. F. D.
- Suivant Rabelais, le rire « étant le propre de l’homme », il est bon de se récréer quelquefois.
- Ont résolu les 3 problèmes :
- MM. Doutreleau, avocat à Arles-sur-Rhône; Barnier Marcel, à Chauriat-de-Lafarge.
- Le problème A. M. Arnaud, à Marseille
- Les problèmes A et C : M. Dufîililhot, pharmacien, à Toulouse; M. Port, ingénieur mécanicien à Brest; Bouleau Jacques, élève de 2e division à l’Ecole nationale des Arts et Métiers de Chalons; M. Guet à Viroflay (S.-et-O.).
- Les problèmes A et B : M. Jean Palacio, à Barcelone.
- Problèmes proposés.
- Problème B. — Le plus grand nombre obtenu en employant
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- 3 fois le nombre 3 est celui que donne la formul® 3 un nombre de 16 chiffres : 5.559.060.566.619.523.
- Mais celui obtenu en employant 3 fois le nombre 10, disposé 10 . 10.000.000.000
- ainsi 10 10 ’ c’est-à-dire, 10 = nombre formé de
- l’unité suivie de 10 milliards de zéros. Supposons, dit M. Doutreleau, avocat à Arles-sur-Rhône, qu’un lecteur veuille écrire ce nombre. A raison de 75 chiffres par minute, cadence admise pour écrire à peu près lisiblement, il lui faudrait travailleur sans relâche, fêtes et dimanches, pendant plus de 250 ans. Selon la remarque de M. Ch. Guillaume, il lui faudrait une bande de papier capable de faire le tour de la terre !
- Problème C. — Nous empruntons la démonstration à M. Laisant, lui-même.
- Le nombre et son cube divisés par 9 doivent donner le même reste, un cube étant nécessairement de la forme 9 m 9 m + 1,9m — 1.
- Il en est de même des nombres satisfaisant à la condition imposée.
- Le cube d’un nombre de 3 chiffres ayant au plus 9 chiffres, la somme des chiffres de son cube est inférieure à 9x9 ou 81<100.
- Donc les nombres demandés ne peuvent se trouver que dans les nombres d’un ou 2 chiffres.
- Le cube d’un nombre de 2 chiffres ayant au plus 6 chiffres, la somme des chiffres de son cube est inférieure à 6x9 = 54.
- Le nombre 53 dont le cube est terminé par un 7 étant à exclure, la somme ne peut excéder 52 : de même, les nombres 44, 45, 46, dont les cubes composés de 5 chiffres, et terminés respectivement par 4, 5 et 6 sont à exclure : la somme des chiffres ne peut excéder 42.
- En formant les cubes de la forme 9 m—1, 9 m 9 m+1 on trouve les solutions suivantes :
- Nombres : 1 8 17 18 26 27
- 1 512 4193 5 832 1 7576 1 9683
- Il n’y a pas d’autre solution.
- Remarque. — Il y a lieu de remarquer que la somme des 6 nombres qui précèdent, augmentée de l’exposant 3, est égale à 100 carré de 10.
- Problème A. — Une personne avait fait une multiplica-
- \ 8 / 2 *** ^on et Preuve par 9 sur une feuille de
- ^ ++ ** papier. Avant séchage de l’encre, la partie
- /\ ——droite frottée par la main est devenue
- / a \ g0 illisible : on ne distingue plus que la place
- _ll_____ des chiffres, comme l’indique la figure ci-
- 87 . 11 contre. Peut-on reconstituer l’opération?
- (M. L. Port, ingénieur-mécanicien à Brest.)
- Problème B. — Une auto faisant 72 km à l’heure et un cycliste faisant 4 mètres par seconde se rencontrent. 15 secondes après la rencontre, le cycliste entend l’éclatement d’un pneu de l’auto. A quelle distance de l’auto se trouve alors le cycliste le son parcourant 340 m à la seconde ce jour-là ? On supposera que l’auto s’arrête aussitôt le pneu éclaté.
- Problème C. — Un professeur de mathématiques fait remarquer à ses élèves la propriété très curieuse de la série formée par les 8 premiers nombres entiers :
- 12345678
- Si, leur dit-il, vous supprimez le nombre 6 de la série, la somme des nombres qui le précèdent est égale à la somme des nombres qui le suivent. En effet, on a :
- 1+2 + 3 + 4 + 5 = 7 + 8 = 15.
- Cette propriété des séries de nombres entiers commençant par l’unité est très rare, ajoute-t-il.
- Deux de ses élèves en voyage, l’un sur la route de Paris à Amiens (131 km), l’autre sur la route de Paris à Granville (325 km) en trouvent chacun une série jouissant de la même propriété. On demande quelles sont ces deux séries, c’est-à-dire, les termes où chacune d’elles s’arrête et le terme qui a été supprimé dans chacune d’elles.
- (Les problèmes B et C sont dus à M. l’abbé Iiouelle, aumônier du lycée d’Amiens.)
- En donnant la solution d’un problème précédent — celui relatif aux 0,05 placés à intérêts composés depuis l’ère chrétienne.— M. Alliaume, un de nos lecteurs, demandait quelles devaient être les dimensions de la cave susceptible de renfermer le trésor fabuleux produit par ce petit sou.
- M. Port, ingénieur à Brest, répond que ce trésor serait
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- représenté par ün cube d’or massif de 23 880 000 km de côté ou une sphère de 29 500 000 km de diamètre c’est-à-dire environ le volume de 10 000 soleils.
- La cave cubique renfermant l’or massif aurait donc un côté égal à 62 fois la distance de la terre à la lune.
- Nombres premiers. — La Revue Sphinx, éditée à Bruxelles sous la direction du célèbre arithméticien qu’est M. lvrait-chik, a donné, dans son n° de Juillet, un intéressant article: Les grands nombres premiers. Nous en extrayons les lignes suivantes :
- L’article débute par l’amusante épigraphe :
- « Collectionner les nombres premiers, c’est aussi amusant que de recueillir les champignons et les papillons ». (Decerf, Sphinx 1932.)
- On sait que la suite des nombaes premiers est illimitée : il ne peut donc âtre question du plus grand nombre premier. Mais étant donné le peu de renseignements que l’on possède sur les gronds nombres, on peut envisager le plus grand nombre premier connu,
- IL Euler osa le premier s’attaquer à un nombre qui pour l’époque dépassait de loin ceux qu’on envisageait couramment. Il établit la primalité de 251—1 (nombre de 10 chiffres) et détint le record du plus grand nombre premier connu pendant environ un siècle. Ce n’est que dans la 2e moitié du xixe siècle que Lucas (un Àmiénois) et d’autres lui ont enlevé son record.
- III. On sait qu’on possède une liste complète de tous les nombres premiers inférieurs à 10 millions : au delà de cette limite on ne connaît que des nombres premiers isolés.
- Au cours de ses travaux sur la théorie des nombres, M. Krait-chik a rencontré un grand nombre de nombres premiers et en publie une liste de 161. Nous n’imposerons pas cette nomenclature à nos lecteurs, contentons-nous de remarquer dans cette liste des nombre comme ceux qui sont uniquement composés de 19 et 26 chiffres 1.
- Le dernier des chiffres de la liste est égal à 2127-*-- 1 et comprend 38 chiffres. Et l’esprit recule épouvanté en songeant api'indéfiniment on peut trouver d’autres nombres plus grands encore. Virgile Brandicourt.
- = LES PEROXYDES ALCALINS =
- GÉNÉRATEURS D'OXYGÈNE POUR LES APPAREILS
- RESPIRATOIRES
- Lorsqu’on fait traverser l’air vicié par la respiration, tel qu’il sort des poumons, c’est-à-dire chaud et saturé de vapeur d’eau, au travers d’une couche de certains peroxydes alcalins granulés, cet air vicié est complètement régénéré à sec et cela par une seule opération qui élimine l’acide carbonique, met en liberté la quantité correspondante d’oxygène et détruit complètement les toxines par oxydation. Cet air peut continuer alors à entretenir la respiration; c’est le principe sur lequel reposent les appareils respiratoires à peroxydes alcalins, que M. Jaubert a créés en France voici plus de 30 ans; en même temps qu’il donnait aux peroxydes préparés à cet effet le nom d’oxylithe, universellement connu aujourd’hui.
- Dans une note toute récente à l’Académie des Sciences, M. Jaubert résume l’état actuel de nos connaissances sur les peroxydes alcalins qui peuvent être utilisés dans ce but.
- Le tableau ci-après résume les caractéristiques principales des produits étudiés par M. Jaubert et dont plusieurs sont fabriqués en grand par l’industrie française
- Dégagement d’oxygène :
- Poids
- For- molé- en en en
- Nom du produit. mule culaire poids % volume
- Peroxyde de sodium acti- 8 \ )
- vé (Oxylitlie S). . . . Trioxyde de potassium et Na2 O2 78 16 20,5 143,4
- de sodium (Oxylitlie PS) KNaO2 110 32 29,1 203
- Pentoxyde de potassium
- et de sodium (Oxylithe PPS) KaNa02 181 56 31,0 216
- Tétroxyde de potassium. K204 . 142 48 33, 8 236
- Peroxyde de lithium. . . Li202 46 16 34,7 242
- 1. Gaz mesuré sec, à o° C., et 760 mm de mercure, et pour 1 kg de
- chacun des produits.
- « Si j’ai fait figurer dans ce tableau, dit M. Jaubert, les caractéristiques concernant le peroxyde de lithium, c’cst simplement pour montrer que, même si ce produit était fabriqué par l’industrie (et il en est de même pour le tétroxyde de potassium), il ne présenterait pas un avantage très marqué sur les produits dont on dispose déjà avec les Oxylithes.
- A ce propos, il est utile de relever une erreur que commettent presque tous les manuels d’enseignement, c’est de confondre dans une même et unique substance oxylitlie et peroxyde de sodium.
- Pour que le peroxyde de sodium réagisse et devienne de l’oxylithe S, il faut lui mélanger intimement un catalyseur (qui est en général un sel de cuivre, de nickel, de manganèse, etc.), puis le mouler ensuite à très haute pression, en forme de pains. Alors seulement il dégage de l’oxygène en présence d’eau froide, autrement il s’y dissout, simplement, en donnant une solution de l’hydrate Na202+8 H20, dont j’ai eu l’honneur d’entretenir antérieurement l’Académie.
- C’est l’Oxylithe PPS, produit qui répond sensiblement à la formule d’un pentoxyde de potassium et de sodium : K2Na05, qui est le seul employé pour les appareils respiratoires, non seulement du fait de sa haute teneur en oxygène libérable, mais également à cause de sa contexture physique qui permet au courant d’air vicié à régénérer, de le traverser facilement, même en couche épaisse.
- Les appareils respiratoires à peroxydes ont, sur les appareils employant l’oxygène comprimé en bouteille et une cartouche de soude ou potasse caustique granulées, l’avantage de la légèreté et celui de la conservation indéfinie des cartouches de peroxydes anhydres. »
- A titre de comparaison, il est intéressant de noter que les petites bouteilles extra-légères utilisées dans les appareils respiratoires ne donnent que 50 1 d’oxygène par kilogramme de bouteille, poids auquel il faut encore ajouter celui de la cartouche de soude ou de potasse caustiques granulées.
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- 6 „ LES adaptateurs -
- POUR LA RÉCEPTION DES ONDES COURTES
- ET LEURS TRANSFORMATIONS
- Chaque année voit s’augmenter le nombre des postes émetteurs radiophoniques sur ondes courtes de 15 à 80 m de longueur d’onde en service dans le monde. Ces émissions se propagent à grande distance et les amateurs d’Europe entendent assez facilement les postes d’outre-Atlantique, voire d’outre-Paciiique. Sur ces petites longueurs d’onde, les réceptions sont beaucoup moins sensibles aux parasites atmosphériques, ce qui explique la faveur des ondes courtes pour les radiodiffusions destinées aux pays tropicaux.
- Dès à présent, il n’est presque pas d’heure, où l’on ne puisse recevoir, soit sur la gamme de 15 à 30 m, particulièrement dans la journée, soit sur la gamme de 25 à 70 m plus particulièrement la nuit, une émission européenne ou africaine; la réception des émissions radiophoniques américaines, même assez tôt dans la soirée, à partir de 23 heures ou de 23 h. 30 a cessé d’être un exploit.
- LES ADAPTATEURS POUR ONDES TRÈS COURTES ET LEUR EMPLOI
- Il existe aujourd’hui de nombreux et excellents modèles
- 0,2/1000
- 13 *40 a 80 v
- cxüobine de choc -Of fixe
- ol ou variable
- J_ 80 v.
- I Accord ! 0,25/1000
- A
- /H
- Contrepoids ou
- Testa de gj liaison oi
- moy. fréquence
- Fig. 1. — L’adaptateur ondes courtes à lampe bi-gritle.
- A. Montage radiomodulateur ordinaire. B. Montage en Hartley.
- de postes-secteur toutes ondes qui permettent la réception des émissions de toutes longueurs d’onde, depuis 15 m environ jusqu’à 2000 m, il existe aussi des appareils spéciaux pour la réception exclusive des ondes courtes.
- On peut, enfin, sur les récepteurs normaux, fonctionnant sur la gamme de 200 à 2000 m de longueur d’onde, installer un système additionnel spécial, simple et de réglage facile, d’un montage immédiat; cette classe d’appareils a reçu le nom d’adaptateurs. Les adaptateurs, au début de leur emploi ont donné quelques déboires. Mais aujourd’hui leur technique s’est perfectionnée et assouplie; elle a réussi à s’adapter aux progrès réalisés dans la construction des postes.
- Rappelons, tout d’abord, que sur un poste récepteur quelconque, comportant presque toujours des étages d’amplification haute fréquence directe, ou du type à changement de fréquence, on peut, en principe, faire jouer à l’adaptateur deux x’ôles différents.
- Il peut, d’abord, constituer en réalité une lampe détectrice à réaction d’un modèle spécial pour la réception des ondes courtes, remplaçant la lampe détectrice ordinaire du poste; il peut constituer aussi un dispositif changeur de fréquence pour ondes très courtes. Les étages moyenne fréquence du poste restent alors en service, s’il s’agit d’un récepteur
- superhétérodyne, et l’appareil remplace seulement le changeur de fréquence ordinaire du récepteur.
- S’il s’agit, de même, d’un récepteur ordinaire à amplification haute fréquence directe, il est également possible de faire fonctionner les étages d’amplification haute fréquence comme des étages moyenne fréquence, pour la réception des émissions sur ondes courtes.
- Bien souvent, malgré les difficultés du procédé, on adopte le système du double changement de fréquence-, il consiste à transformer une première fois les ondes courtes en ondes de longueur moyenne, généralement de l’ordre de 350 m au moyen de l’adaptateur. Puis on transmet ces ondes ainsi transformées au poste à changement de fréquence ordinaire au moyen d’un tesla de liaison accordé sur cette longueur d’onde moyenne, et simplement formé généralement par le système d’accord de l’appareil; dans cë cas, il est alors souvent nécessaire d’employer des sources d’alimentation séparées pour l’adaptateur et pour le poste.
- L’emploi de ce système d’adaptateur à changement de fréquence permet, bien souvent, d’obtenir des ensembles récepteurs extrêmement sensibles, mais l’emploi d’une antenne, même de faible longueur, ou, à la rigueur, intérieure, devient alors indispensable. On ne peut recevoir les émissions sur ondes courtes dans de bonnes conditions en employant simplement un fil de secteur comme antenne de fortune, et encore moins à l’aide d’une simple prise de terre.
- LES ADAPTATEURS POUR POSTES A BATTERIES OU A COURANT REDRESSÉ
- La construction d’un adaptateur pour poste à batteries est particulièrement simple; nous en avons déjà indiqué les caractéristiques dans des numéros précédents, et on trouve depuis longtemps dans le commerce des modèles de ce genre qui donnent toute satisfaction dans des conditions régulières, surtout lorsqu’on les relie à un poste superhétérodyne à plusieurs étages à moyenne fréquence, dont les transformateurs sont accordés sur une longueur d’onde assez élevée, de l’ordre de 4000 à 5000 m.
- La plupart de ces postes superhétérodynes à batteries comportent une lampe bi-grille radio-modulatrice, et il suffit de mettre cette lampe hors circuit, et de la remplacer par un système changeur de fréquence spécial pour ondes courtes, alimenté par les mêmes batteries, et constitué par l’adaptateur.
- Le pi’emier montage qui peut être employé dans ce cas est ainsi le dispositif radio-modulateur classique à lampe bi-grille (fig. 1 A).
- Il fonctionne assez bien pour la réception des émissions sur ondes courtes jusque vers une longueur d’onde d’une quinzaine de mètres, à condition d’adopter des condensateurs variables à faibles pertes, à capacité de l’ordre de 0,25/1000 de microfarad, et des bobinages d’un type ondes courtes bien connu. On applique sur la plaque de la lampe bi-grille une tension souvent un peu supérieure à la tension ordinaire adoptée pour la réception des o.ndes moyennes, et on choisit une lampe bi-grille très sélectionnée, à capacités internes aussi faibles que possible.
- On pourra disposer sur le châssis de l’adaptateur un tesla de liaison accordé sur la longueur d’onde des étages moyenne
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- fréquence du poste ordinaire, et, dans ce cas, il suffira de relier l’appareil, comme le montre le schéma, à la grille de la première lampe moyenne fréquence. On peut aussi utiliser le tesla du poste ordinaire lui-même et les éléments de l’adaptateur seront alors réunis aux douilles correspondantes destinées à la lampe l)i-grille du poste, qu’on enlèvera auparavant.
- Le premier système est peut-être le meilleur, parce qu’il permet de régler le couplage entre les bobinages du tesla de liaison, et même les capacités en shunt, au mieux des résultats a obtenir.
- Les soins apportés au montage ont une influence essentielle sur la qualité des résultats obtenus. Eviter, autant que possible, les capacités inutiles; écarter les. divers organes de l’appareil, et réduire au minimum le nombre et la longueur des connexions. La qualité des isolants et des différents organes de montage, tels que supports de lampes, bobinages, condensateurs variables, même fixes, doit être particulièrement étudiée.
- Dans le dispositif en Hartley, le couplage grille plaque de la radio-modulatrice s’effectue par capacité (fig. 1 B). On emploie une seule bobine oscillatrice à prise médiane comportant seulement quelques spires.
- Les montages de ce type fonctionnent régulièrement; ils nécessitent seulement le choix attentif de la lampe bi-grille, et ils comportent deux réglages, celui d’accord et celui d’hétérodyne, bien que ce dernier seul soit très critique.
- La plupart du temps, les adaptateurs à lampe bi-grille radio-modulatrice ont été remplacés par des systèmes à lampe triode auto-liétérodyne, qui réalisent très simplement le changement de fréquence, en produisant l’onde moyenne intermédiaire par interférence entre l’onde incidente et l’onde locale engendrée par la lampe autodyne elle-même. L’inconvénient de ce système, qui serait très grand pour la réception des émissions sur ondes moyennes, est très réduit dans le cas des ondes courtes, parce que le désaccord entre la longueur d’onde de l’émission à recevoir et la longueur d’onde des oscillations locales nécessaire reste très faible, par suite des très grandes fréquences considérées sur cette gamme.
- Les montages des adaptateurs à triode autodyne substitués à la lampe radio-modulatrice d’un poste superhétérodyne ordinaire dérivent très simplement des montages de lampes détectrices un peu spéciaux, du type Reinartz ou du type Schnell (fig 2). Rappelons que ces deux montages diffèrent simplement par la disposition du condensateur et de la bobine de réaction, comme on le voit sur la figure.
- Les systèmes adaptateurs de l’un ou l’autre type, qui semblent, d’ailleurs, donner des résultats à peu près équivalents, comportent simplement dans leur circuit de plaque une bobine de choc haute fréquence. La lampe est chauffée par la même source que le poste ordinaire, grâce à deux broches que l’on enfonce dans les douilles correspondantes de la lampe radio-modulatrice du poste ordinaire qui a été enlevée, et une autre connexion à broche relie simplement le circuit de plaque de l’adaptateur à la douille de plaque de la lampe modulatrice dans les mêmes conditions. On emploie généralement d’ailleurs, un bouchon adaptateur qui permet d’effectuer immédiatement ces trois connexions, et la broche-grille demeure inutilisée (fig. 3).
- Si le poste est à amplification haute fréquence directe à un ou deux étages, ou si c’est un appareil à lampe détectrice à réaction, suivie d’étages basse fréquence, on peut utiliser exactement le même montage, mais relié au poste de manière différente. La lampe de l’adaptateur prend, en quelque sorte, la place de la lampe détectrice du poste, et on relie les trois connexions de l’adaptateur, après avoir enlevé la lampe
- Accord
- Fig. 2. — Adaptateur à triode autodyne. A. Type Schnell. B. Type Reinartz.
- détectrice, à ses deux douilles de chauffage, et à sa douille de plaque.
- 11 existe un dispositif permettant d’employer toutes les lampes du poste ordinaire, et même d’utiliser le système d’accord normal de l’appareil. Il est plus complexe et d’un fonctionnement quelquefois moins régulier; il ne comporte encore qu’une lampe triode, mais la plaque de cette lampe n’est pas reliée directement à la douille-plaque de la bi-grille du poste, ou de la détectrice. Les oscillations moyenne fréquence sont transmises par l’intermédiaire d’une capacité de quelques 10 millièmes de microfarads au circuit d’accord du poste qui joue le rôle de tesla moyenne fréquence. Dans ce cas, si le poste est du type superhétérodyne, on obtient un double changement de fréquence; si l’appareil est à haute fréquence directe, les étages haute fréquence se comportent comme des étages d’amplification moyenne fréquence.
- Le choix de la longueur d’onde moyenne fréquence sur laquelle doit être réglé le circuit d’accord du poste ordinaire jouant le rôle de tesla de liaison est assez délicat; il doit être fait de façon à éviter la réception directe des émissions sur ondes moyennes voisines, et à obtenir le meilleur rendement de l’appareil. Sur des postes d’anciens modèles à haute fréquence, on peut parfois choisir une longueur d’onde moyenne de mille mètres, ou même de 2000 mètres; sur des postes à changement de fréquence, on emploiera souvent une longueur d’onde de l’ordre de 300 nr
- Un de nos abonnés,
- M. Michel, de Versailles,
- nous a communiqué, le Fig. 3. — Les modèles les plus simples schéma d’un appai’eil d’adaptateurs à ondes courtes pour lampes de ce genre, qu’il a réa- triodes.
- Iisé lui-même, et qui lui Montage genre Schnell. B. Montage a donné toute satisfac- genre Reinartz.
- tion. Les caractéristiques en sont indiquées sur la figure 4.
- Avec deux bobines d’accord et de réaction uniques SI et S2, en choisissant préalable -ment les prises variables, on peut couvrir la gamme de 10 à 80 mètres environ. Il y a intérêt à conti’ôler l’accrochage par un milli— ampèremètre inséré dans le circuit de plaque avant le condensateur de 1 microfarad, et on sait que cet accrochage se manifeste par une diminution du cou-
- Bobine choc
- Accord
- Filament +
- Filament -
- Bobine choc -TcftW]
- Filament +
- Réaction
- Filament
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-
-
-
- Antenne
- 328
- Ch, C2
- "WHI—^ Borne-
- = Cv2 gCh*
- IZOv.
- c~>:
- C> '
- î ^ v. i Borne terre >
- £•
- « LO
- o ao CD
- >fe£
- ils
- ca uq
- Fig. 4. — L’adaptateur ondes courtes « Universel » de M. Michel.
- S, self cylindrique en fil nu de 20 spires, prises variables par pinces crocodiles. S.2) self analogue mais de 10 spires. Cv,, condensateur
- 0, 25 , 0,25
- démultiplié, bon isolement. Cvâ, condensateur Jqqq du type réaction. C,, condensateur fixe H, résistance de 0,5 à 3 Q, Câ, Con-
- , ^ 0,10 à 0,30
- densateur ajustable, de préférence —Jqqô-------Ch,, bobine de clioc
- ondes courtes 52 spires réparties comme suit : 2-4-8-12-12-8-4-2. Cli2, bobine de chocs, 2400 à 3000 tours sans fer.
- rant de plaque. Même placé devant un poste à 3 lampes, à un seul étage haute fréquence, l’appareil donne de bons résultats, et permettrait d’entendre dans la journée les émissions américaines.
- La plupart des appareils du commerce sont montés avec des bobines interchangeables comportant sur une même carcasse les bobinages d’accord et de réaction; nous en avons déjà décrit des modèles tels que les types Gody, Dyna, Lénier,etc. Le choix de la lampe autodyne est moins critique que celui de la lanqje bi-grille; lés lampes récentes à forte pente conviennent fort bien, on peut ainsi adopter, par exemple, une B 424 Philips, A 411 Valvo, R 0 4224 Visseaux, etc...
- LES ADAPTATEURS POUR POSTES-SECTEUR
- Il faut ici tenir compte de la technique spéciale de fabrication de ces appareils, et tout spécialement des caractéristiques des lampes à chauffage indirect.
- On n’emploie pas pour le moment d’adaptateur à changement de fréquence comportant une lampe bi-grille; sans doute, n’est-il pas impossible, en choisissant la lampe, de réaliser des systèmes de cé genre; on pourrait même remplacer la lampe bi-grille par une lampe pentode du type le plus moderne. On préfère cependant soit utiliser très simplement une triode auto-hétérodyne, soit employer deux lampes pour le changement de fréquence, de manière à obtenir un fonctionnement absolument régulier.
- On trouve donc, d’une part des
- Fig. 5. — Adaptateur pour poste-secteur. Montage genre Schnell.
- appareils extrêmement simples à une seule lampe triode, alimentée par les mêmes sources de courant que le poste ordinaire, ou comportant à la rigueur un transformateur de chauffage séparé.
- On trouve également des appareils plus complexes à deux lampes s’adaptant à n’importe quel poste et comportant soit un transformateur de chauffage
- Fig. 6. — Adaptateur pour poste-secteur établi suivant le schéma de la figure 5 (modèle Dyna).
- Au centre : condensateur d’accord. A gauche : résistance de tension plaque. A droite condensateur de réaction.
- séparé, soit même une alimentation complètement autonome.
- LES ADAPTATEURS SIMPLES POUR POSTES-SECTEUR
- Les dispositifs les plus simples comportent uniquement une lampe triode anto-hétérodyne du genre Schnell ou Rei-nartz, montée comme les appareils pour postes à lampes ordinaires et à batteries.
- Ils peuvent être adaptés à un poste superhétérodyne, et permettent alors d’obtenir la réception par changement de fréquence ; on peut les relier aussi à un poste quelconque à amplification haute fréquence ou non, et ils se montent simplement à la place de la lampe détectrice du poste ordinaire qui a été enlevée, les étages amplification haute fréquence n’étant plus en circuit.
- Dans le premier cas, au moyen d’un bouchon adaptateur, l’élément chauffant de la lampe autodyne est relié aux deux douilles correspondantes de la lampe bi-grille ou de la lampe modulatrice séparée du poste-secteur superhétérodyne, et la plaque est reliée à la douille de plaque de cette même lampe, préalablement enlevée (fig. 5).
- Dans le deuxième cas, l’élément chauffant est connecté aux douilles correspondantes de la lampe détectrice et la plaque à la douille plaque de cette même lampe.
- On voit, sur la figure 6, la photographie d’un ensemble adaptateur de ce genre; on remarquera la disposition du bobinage triple, primaire, secondaire d’accord et de réaction, monté sur une carcasse amovible à broche.
- Ce système très simple donne des résultats sûrs, et son réglage se réduit à la manœuvre du condensateur central, qui peut même être gradué en longueurs d’onde, et à celle du condensateur de réaction; ce réglage est aussi facile que celui d’une lampe détectrice à réaction, et le système est, par excellence, celui qui convient à la construction d’amateur, en raison de sa simplicité.
- On peut le modifier d’une façon analogue à celle qui a été indiquée pour les systèmes à batteries, pour en faire un adaptateur universel se montant devant n’importe quel poste à changement de fré-
- Fig. 7. — Adaptateur secteur universel à lampe triode avec alimentation de chauffage séparée.
- Prises d'antenne
- Choc |
- g HF
- Résistance variable-
- Tension
- plaque
- Vers borne terre
- du poste ordin
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- quence ou à amplification haute fré -quence directe et permettant, dans le premier cas, le fonctionnement en double changement de fréquence, dans le deuxième en simple changement de fréquence (fig. 7).
- Il suffit de remplacer la lampe ordinaire du montage précédent par une lampe à chauffage indirect, mais ainsi o n emploie une lampe supplémentaire, dont le chauffage devrait être assuré par le transformateur commun de l’appareil. Il y a donc intérêt à adopter un transformateur séparé assurant uniquement le chauffage de l’adaptateur, et monté sur son châssis.
- La construction exige encore plus de soins que dans le cas du poste à batteries; on utilise généralement un châssis blindé, on écarte suffisamment les organes du montage, et on réduit, au contraire, au minimum, la longueur des connexions. Il est essentiel de choisir avec soin la lampe employée; nous pouvons indiquer par exemple la E 424 Philips, la T 425 Fotos, et la R S 4324 métallisée Visseaux.
- L’ADAPTATEUR A DEUX LAMPES UNIVERSEL POUR POSTE-SECTEUR
- L’appareil universel à ondes courtes, qui donne actuellement les meilleurs résultats, est un adaptateur comportant deux lampes pour réaliser le changement de fréquence; une oscillatrice et une modulatrice. Généralement à réglage unique, il est relié directement au système d’accord du poste ordinaire, et on obtient comme précédemment, soit le double changement de fréquence avec un poste à changement de fréquence, soit le simple changement de fréquence et utilisation des étages haute fréquence comme moyenne fréquence avec un appareil à amplification haute fréquence directe...
- On peut distinguer deux catégories de ces adaptateurs : les premiers comportent un système d’alimentation séparé en courant de chauffage, et sont alimentés en courant plaque
- par la même source que le poste ordinaire; les autres sont complètement autonomes.
- La plupart des appareils actuels sont montés avec des lampes américaines, ou, du moins, de types américains. On pourrait évidemment employer des lampes françaises avec des résultats aussi bons; si on ne l’a pas fait, c’est sans doute que les premiers schémas étu-
- .0005 MF
- Vers la borne antenne du poste ordinaire
- Détect.
- MF. !
- Choc H.F. 65 M.H.
- Prise du châssis
- Vers ia^ borne terre du poste ordinaire
- H.F. g
- 30.000
- *27 Redresseur
- .00035 -MF
- Ose ilI. '27
- L 1< eBT.
- £? Secteur
- Fig. 10. — Adaptateur secteur universel à alimentation chauffage séparé (lampes américaines).
- diés étaient américains, et que les lampes employées sont peu coûteuses, et donnent de bons résultats.
- Quoi qu’il en soit, le modèle plus simple d’adaptateur ou, comme on dit quelquefois de convertisseur ondes courtes de ce genre, peut être établi comme le montre la figure 8, avec deux lampes, l’une détectrice et l’autre oscillatrice. Pour simplifier, on ne prévoit pas d’accord d’antenne, et on dispose dans le circuit antenne terre une résistance de 20.000 ohms. Les bobinages de plaque et de grille de l’hétérodyne, et le bobinage de couplage à la lampe détectrice peuvent être montés sur un mandrin unique, qui peut être interchangeable, ou bien on se contente de mettre en court-circuit une partie des bobinages. On prévoit un transformateur de chauffage séparé, et l’adaptateur est relié, d’une part à la borne antenne et à la borne terre du poste ordinaire, d’autre part, à une prise de tension plaque déterminée aisément, par exemple sur la bobine d’excitation du haut parleur électro-dynamique.
- Bien entendu pour augmenter encore la sélection,on pourrait utiliser un circuit d’accord ordinaire réglé par un condensateur variable, mais en accouplant le condensateur d’accord et le condensateur d’hétérodyne, de manière à obtenir un réglage simplifié par un bouton unique.
- L’appareil industriel indiqué sur la figure 9 est établi suivant ces indications; il permet la réception des émissions de 18 à 60 m de longueur d’onde; l’accord et le réglage d’hétérodyne sont réalisés par un groupe de deux condensateurs variables à commande unique, ayant respectivement 0,25/1.000 de microfarad pour l’accord et 0,35/1000 pour l’hétérodyne ; un bouton situé sur la gauche de l’appareil commande un commutateur de bobinage.
- Un disque de cuivre mobile au centre de la bobine d’accord, dont la position est commandée par un bouton situé sur la droite de l’appareil, permet de dimin u e r 1 ’ i m p é -dance dé l’enroulement pour rectifier l’accord, ce qui
- ûétéctrice
- Vers
- borne antenne *- du poste
- Vers
- borne terre du poste
- Prise
- de tension plaque
- Oscillatrice
- 'Bobine de couplage
- Fig. 8. — Montage simple d’adaptateur secteur universel à 2 lampes.
- Le transformateur séparé de chauffage n’est pas représenté.
- Fig. 9. — Le convertisseur ondes courtes Técalemit.
- Fig. 11.-— Le convertisseur ondes courtes « Monopole ».
- Autonome, à 2 lampes, cadran éclairé, gradué directement en longueurs d’onde et portant les noms des stations.
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- ===== 330 ......................=
- donne dans certains cas un renforcement très net de l’audition.
- Pour l’accord sur la gamme la plus élevée, une capacité fixe de 0,55/1000 est placée en série dans l’enroulement grille de l’oscillateur. On obtient finalement deux gammes 18/36 et 36/60 m, et la longueur d’onde moyenne adoptée de préférence est de l’ordre de 250 m; c’est également sur cette longueur d’onde que doit donc être accordé le poste ordinaire qui fait suite.
- Un convertisseur ondes courtes autonome peut être établi exactement suivant les mêmes principes, avec simplement une
- valve de redressement supplémentaire d’alimentation. Le schéma diffère évidemment suivant le dispositif adopté pour le changement de fréquence ; nous indiquons seulement sur la figure 10 un schéma analogue, en quelque sorte, au dispositif précédent. Il n’y a également à considérer que le réglage de l’oscilla-trice, et une bobine de choc est placée dans le circuit antenne-terre, de manière à obtenir un accord semi-apério-
- dique; bien entendu on pourrait, comme précédemment, avoir un circuit d’antenne accordé par un condensateur variable accouplé avec le condensateur d’hétérodyne. L’appareil français indiqué sur la figure 11 est établi suivant ce principe; comme il est entièrement autonome le récepteur auquel il est adapté peut être indifféremment un poste-secteur ou un poste à accumulateur. Il est à commande unique et sans aucune correction; le cadran est étalonné directement en longueurs d’onde, et porte les noms des stations les plus puissantes. Un dispositif automatique illumine la bande du cadran correspondant à la gamme utilisée, soit 15/30 m 28/60 m, et 50/100 m. Le commutateur est à quatre positions, la quatrième met le convertisseur hors circuit, et rend ainsi possible l’emploi du poste ordinaire sans rien modifier.
- La fréquence de sortie est d’environ 158 lcilocycles, soit 1900 m, et ainsi le poste récepteur doit être accordé sur cette longueur d’onde.
- Dans l’appareil Lenier, d’un principe analogue, la liaison du convertisseur au poste ordinaire s’effectue par bobine de choc capacité, ce qui permet de choisir au mieux la longueur d’onde moyenne à employer, suivant les caractéristiques du récepteur (fig. 12).
- On peut ainsi, avec des postes à amplification haute fréquence directe, genre super-inductance, adopter une longueur d’onde moyenne de l’ordre de 1900 m, alors qu’avec des superhétérodynes sensibles, on aura plutôt intérêt à adopter une longueur d’onde de l’ordre de 225 à 250, de 350, ou même de 550 m suivant les cas.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 12. -— Convertisseur Lénicr à longueur d'onde moyenne variable el grand cadran de repère gradué en longueur d’ondes.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- UTILISATION DES PROPRIÉTÉS DÉSINFECTANTES DE LA TOURBE
- La tourbe jouit de propriétés absorbantes et désinfectantes qui peuvent rendre les plus signalés services dans les agglomérations rurales. On peut l’employer avec succès pour désinfecter les fosses d’aisance non pourvues de canalisation.
- Dans ce but, on prépare autant de fois 50 kg de tourbe qu’il y a de personnes, il s’agit bien entendu d’une tourbe préalablement desséchée et convenablement fragmentée et on en jette les deux tiers au fond de la fosse, réservant le tiers restant pour y être introduit de temps à autre par fractions, tous les mois par exemple, et ceci afin de mieux isoler les différentes couches de matières.
- Non seulement l’odeur disparaît, l’ammoniaque étant fixé par la tourbe, mais en fin d’année on retire une masse terreuse constituant un engrais de tout premier choix.
- On peut pour augmenter encore le pouvoir absorbant ajouter à la tourbe un dixième de son poids de sulfate de fer.
- En raison de ce pouvoir fixateur la tourbe peut encore purifier les eaux ménagères ou polluées pour diverses raisons. Comme pour l’opération précédente, il faut faire choix d’une tourbe mousseuse et non d’une tourbe noire, qu’on réduit en particules assez petites. On y ajoute du carbonate de chaux, en l’espèce de la craie pulvérisée dans la proportion de 25 kg par mètre cube; cette craie a pour but de neutraliser l’acidité; puis si possible on ajoute un peu de terreau 2 à 3 kc par m3) pour augmenter l’action des organismes nitrifi-cateurs. Ônforme ensuite un lit d’épandage sur lequel on fera arrive les eaux malsaines à épurer.
- Des essais effectués avec un tel mélange ont été concluants. On avait entassé la tourbe en une couche de 1 m 50 d’épaisseur et pendant les huit premiers jours on ne l’arrosa que faiblement, mais au bout de la semaine, les ferments étant en pleine activité, on porta le débit à 3 m3 d’eau polluée par m2. A la base on recueillait une eau tout à fait limpide, inodore et imputrescible.
- Des analyses montraient que les micro-organismes avaient diminué dans la proportion de 1 à 10 000.
- On reconnut qu’un lit de gravier de 5 à 10 cm à la base de la tourbe servant ainsi de drainage, favorisait l’opération.
- On peut évaluer à 3 m3 environ par 1000 1 journaliers d’eaux à épurer la quantité de tourbe nécessaire annuellement.
- Cette propriété absorbante des gaz azotés que possède la tourbe tend même à s’employer industriellement. Une tourbière de La Verpil-lière, dans l’Isère, traite des vidanges provenant de la région lyonnaise et en retire des engrais organiques hautement appréciés.
- COMMENT ATTÉNUER L’ODEUR DU PÉTROLE
- L'odeur désagréable du pétrole étant due à des composés sulfurés, on peut dans une certaine mesure l’atténuer considérablement en ajoutant à 5 litres du pétrole 100 gr de chlorure de chaux (poudre de chlore du commerce) puis, après agitation pour mettre en suspension, environ 50 cm"’ d’acide chlorhydrique (acide muriatique).
- Il se dégage dans la masse du chlore à l’état naissant qui oxyde le soufre, on transvase dans un autre récipient contenant de la chaux vive, pour saturer l’excès d’acide, laisse reposer jusqu’à clarification puis décante le pétrole surnageant.
- N. B. — Nous rappelons que l'essence de lavande commune ou huile d’aspic (Lavandula spica) masque fort bien l’odeur du pétrole. On pourra donc parfaire l’opération, en ajoutant quelques gouttesde cette essence au pétrole traité comme il est dit précédemment.
- COLLAGE DES LAMES DE VERRE ENTRE ELLES
- Le collage des lames de verre entre elles se réalise très simplement en se servant de la solution de silicate de potasse du commerce à 36°Baumé.
- Le seul petit tour de main à acquérir est de ne pas emprisonner de bulles d’air, il faut donc mettre un excès de silicate sur la première lame et laisser doucement descendre la seconde de façon que l’air ait le temps de s’échapper au fur et à mesure de cette descente.
- Si l’on a’bien opéré, les lames étant parfaitement propres (nettoyage préalable au blanc d’Espagne) l’ensemble restera transparent et le collage sera invisible.
- N. B. Serrer énergiquement les lames pour expulser l’excédent de silicate et les maintenir ainsi pendant le séchage.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité de chimie générale, publié sous la direction de P. Pascal. (Secrétaire général : P. Baud). (Tome X. — Nickel-Cobalt-Chrome. Etude générale des complexes). 1 vol. 1120 pages. 185 figures. Masson et Cie. Paris 1933. Prix : broché 200 fr.
- Ce volume est le 8» paru sur les 12 qui formeront le traité complet MM. Lombard et Eichner y consacrent deux importants chapitres au nickel, sa métallurgie, ses propriétés et ses composés; au cobalt et à ses composés; à cette occasion, ils passent en revue les diverses théories proposées pour expliquer la coloration des composés du cobalt. Mlle S. Veil, dans le môme esprit, donne du chrome et de ses composés une étude très complète. Quel que soit l’intérêt de ces trois chapitres, la partie dominante de ce volume est la magistrale étude que M. P. Job consacre aux complexes minéraux : c’est le travail le plus complet et le plus clair publié jusqu’ici en France sur cette importante question; qui, grâce à la systématique de Werner, a pris en ces dernières années un grand développement; la chimie minérale a trouvé dans cette systématique l’équivalent des nomenclatures auxquelles la chimie organique a dû son prodigieux essor. A cet exposé général font suite des études très détaillées sur les complexes du nickel et ceux du chrome par Mlle B. Duval, sur les complexes du cobalt tri-valent par P. Job.
- The expanding Universe, by sir ArthurEddington, 1 vol., 128 pages, 2pl. hors texte. Cambridge University Press. London 1933. Prix : 3 sli 6 d.
- Nos lecteurs connaissent la théorie de l’Univers en expansion, due à l’abbé Lemaître et que confirment les observations de Slipher, Hubble et Humason révélant les vitesses extraordinaires avec lesquelles s’enfuient les nébuleuses spirales. C’est cette théorie qu’expose ici le grand astronome anglais Eddington, dans un petit livre qui est un nouveau chef-d’œuvre de vulgarisation, ajouté à ceux que nous devons déjà à ce savant illustre. La vitesse d’éloignement des nébuleuses spirales, croissante avec la distance, se trouve pour ainsi dire prévue par l’équation de la gravitation d’Einstein, du fait qu’elle contient le terme appelé « constante cosmique », et qu’il en résulte l’existence d’une force répulsive, proportionnelle à la distance de l’objet à l’observateur. Mais il faut faire comprendre au lecteur, ce qu’est l’espace sphérique, courbe et borné, introduit par la théorie de la relativité, et les raisons physiques qui justifient cette conception hardie : le chapitre consacré à ces explications est une merveille de dialectique lucide relevée d’une pointe d’humour; l’auteur y montre comment après la conception de l’univers de Sitter et d’Einstein, est née la théorie de l’univers en expansion, due à Lemaître, celle qui actuellement s’accorde le mieux avec les faits observés.
- L’auteur précise ensuite les caractéristiques physiques de cet univers. Il émet des vues aussi curieuses qu’originales sur la nature des rayons cosmiques, qui seraient des vestiges, des témoins d’une époque très reculée, celle où a commencé à se déclencher l’expansion de l’univers. Il montre aussi que l’expansion de l’univers équivaut en définitive au raccourcissement du temps et à la contraction continuelle des objets matériels.
- Enfin, dans un dernier chapitre, intitulé l’univers et l’atome, il esquisse une théorie personnelle, qui, s’appuyant sur la mécanique ondulatoire et les phénomènes intraatomiques, relie le microcosme des physiciens à l’univers des astronomes, et permet de déduire, d’expériences de laboratoire, une valeur de la vitesse de récession des nébuleuses qui s’accorde avec celle que donne l’observation astronomique. Ajoutons que ce brillant exposé, dépourvu de tout appareil mathématique, est parsemé de réflexions spirituelles et profondes, de la plus haute valeur philosophique, sur le caractère et la valeur de la science.
- Télévision et transmission des images, par René Mesny. 1 vol. 216 p. 97 fig. Armand Colin. Paris 1933. Prix broché : 10 fr. 50.
- La télévision suscite partout des recherches enthousiastes, et des publications nombreuses. Cependant nous ne possédions jusqu’ici en France aucun ouvrage examinant l’ensemble des problèmes qui se posent à ce sujet. L’excellent résunié de M. Mesny comble cette lacune. L’auteur, lui-même brillant technicien, présente ici avec une remarquable clarté toutes les notions essentielles pour comprendre les solutions actuellement données ou proposées aux problèmes de transmission d’images. Il explique avec précision, et chiffres à l’appui, les différents systèmes existant aujourd’hui. Il montre que si la transmission des images est arrivée à un haut degré de perfection, il n’en est pas encore de même, tant s’en faut, pour la télévision ; il donne les raisons qui expliquent cette infériorité; il met en pleine lumière les difficultés qu’il reste à vaincre ainsi que les conditions très dures que les réalisations doivent obligatoirement respecter, si l’on veut aboutir à des résultats pratiques et commercialement intéressants. En éclairant ainsi la route ardue qui s’ouvre devant les inventeurs, M. Mesny rend à ceux-ci le plus signalé service. Son livre intéressera, du reste très vivement tous ceux qui aiment à se tenir au courant des progrès scientifiques.
- La dérive des continents et les mouvements intratelluriques, par Pierre Dive.-I vol. 62 pages, 7 fig. Dunod, éditeur. Paris 1933.
- Le professeur à l’Université de Clermont expose ici les raisons qui militent en faveur de la célèbre'théorie de Wegener sur la dérive des continents. Il démontre tout d’abord, en s’appuyant sur les données accumulées sous le nom de théorie de l’isostasie, qu% les continent flottent sur un magma visqueux, qu’ils sont libres de toûte liajson solide entre eux et avec le geoïde terrestre, qu’ils peuvent s’éloigner, se rapprocher, se heurter les uns les autres. 11, rappelle’ ensuite les arguments géologiques, paléontologiques et paléoclimatiques sur lesquels Wegener a fondé son hypothèse. Reste à trouver ou à entrevoir l’origine des forces qui provoquent cette dérive des continents : rappelant les conclusions d’une étude mathématique personnelle sur les courants susceptibles de se manifester dans le magma fluide, M. Dive montre que c’est une sphère d’un liquide mille fois moins visqueux que l’eau qui donnerait, à notre échelle, une véritable image de la terre, et que par suite aucune objection tirée de la viscosité de ce magma ne peut être opposée aux idées de Wegener. C’est dans les conditions mécaniques de la rotation de la Terre considérée comme fluide que M. Dive trouve l’origine de ces courants expliquant l’attraction des socles continentaux vers l’Equateur et leur dérive vers l’Ouest.
- Le vol au pointfîxe, par A. Magnan et A. Sainte-Lague 1 brochure, 32 pages, 5 fig. Hermann et Cie, Paris 1933. Prix : 10 fr.
- Par des battements d’ailes rapides, les insectes sont capables de se soutenir dans l’atmosphère et d’y rester apparemment au point fixe. Les auteurs esquissent ici l’analyse mécanique de ce mode de sustentation, encore plein de mystères. Us évaluent, par le calcul, à l’aide de certaines hypothèses, le travail mis en jeu et ils confrontent les résultats ainsi obtenus avec les données expérimentales par eux recueillies sur les insectes.
- Premiers essais de cinématographie ultra-rapide, par A. Magnan, 1 brochure, 26 pages, 32 fig. Prix : 15 fr.
- Cinématographie jusqu'à 12 000 vues par seconde (avecapplication à l'étude du voi des insectes), par A. Magnan, 1 brochure, 19 p., 20 fig. Prix : 15 fr. Hermann et Cie, Paris 1932.
- L étude du vol des oiseaux et de celui des insectes par la cinématographe exige une très grande rapidité de prises de vues; on connaît déjà des dispositifs photographiques permettant d’effectuer des photographies successives en des temps extrêmement courts; mais on n’avait pas encore jusqu’ici la possibilité d’obtenir un véritable film, enregistrant toutes les phases d’un phénomène, à une cadence supérieure à 250 vues par seconde.
- M. Magnan montre ici les étapes sucessives par lesquelles il a réussi, en collaboration avec M. Huguenard, à atteindre le but qu’il se proposait, à savoir enregistrer un film à la cadence de 12 000 vues par seconde; sa méthode consiste à séparer le film normal en un certain nombre de bandes impressionnées chacune par un objectif spécial, les divers objectifs travaillant à tour de rôle à intervalles de temps égaux. Il a d’abord réalisé un appareil à 3000 vues par seconde, puis par perfectionnements successifs, il est passé à 5000 vues, enfin à 12 000 vues par seconde. L’admirable instrument d’investigation ainsi constitué a déjà permis l’étude d’un certain nombre de mouvements d’ailes chez les insectes ; M. Magnan donne quelques détails à cet égard, et sa deuxième brochure contient de belles reproductions de fragments des films ainsi obtenus.
- Histoire de la biologie végétale en France, par
- Raoul Combes. 1 vol. in-16, 172 p., Félix Alcan, Paris, 1933. Prix: 15 frs.
- Rien n’est instructif comme de suivre le cours des idées qui ont guidé le développement des sciences. Le professeur de la Sorbonne vient de faire cet inventaire en ce qui concerne les plantes et il a groupé les résultats de sa recension dans 3 parties : la vie végétale, les formes, la répartition dans l’espace et dans le temps. On y voit comme l’école française a été active au xixe siècle et quelle place elle a tenu dans l’évolution des idées. Successivement, il étudie les grandes fonctions : absorption, circulation, transpiration, assimilation, respiration, fragmentation, fécondation, puis les questions morphologiques : organes, embryologie, structure de la cellule, différenciation cellulaire, formes, génétique, actions du milieu. Enfin, il passe en revue les aires de distribution géographique et nos connaissances des plantes fossiles. On a ainsi un tableau complet de nos connaissances actuelles, complété par une histoire des conceptions et des acquisitions successives pour chaque grand problème.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE DES SCIENCES Le centenaire de Gaston Planté.
- Sous les auspices de la Société Française des Électriciens, un Comité international est en voie de constitution dans le but de commémorer en 1934 le centenaire de la naissance du grand savant français Gaston Planté.
- C’est en effet le 22 avril 1834 qu’est né l’inventeur de l’accumulateur électrique. Cette importante invention a tout d’abord permis à son auteur d’entreprendre des expériences du plus haut intérêt scientifique sur les effets des courants relativement forts et à haute tension à une époque où l’on ne connaissait encore comme générateurs d’énergie électrique que les machines électrostatiques et les piles. Les premières donnaient bien des tensions élevées, mais des intensités de courant trop faibles tandis que, si les secondes étaient capables de fournir des courants assez élevés, en revanche, elles ne pouvaient pas pratiquement permettre de hautes tensions.
- Gaston Planté réalisa des batteries d’accumulateurs qu’il chargeait en quantité à l’aide de piles et qu’il groupait en série pour la décharge. Il obtint ainsi des batteries donnant jusqu’à 1G00 v et susceptibles de débiter de grandes intensités de courant.
- En imaginant ensuite sa machine rhéostatique constituée à l’aide de condensateurs que l’on chargeait en parallèle au moyen d’une batterie d’accumulateurs et que l’on déchargeait en série, ces opérations se succédant très rapidement. Gaston Planté obtint même un générateur à plus de 100 000 v,
- Dans une trentaine de communications à l’Académie des Sciences et dans deux remarquables ouvrages : « Recherches sur l’électricité » et « Phénomènes électriques de l’atmosphère », Gaston Planté a résumé ses travaux ainsi que les nombreuses expériences qu’il exécuta grâce à ses batteries d’accumulateurs et il a donné une explication à de nombreux phénomènes électriques naturels.
- Mais l’invention de Gaston Planté n’a pas tardé à sortir du domaine du laboratoire, et elle a, comme on le sait, donné naissance à une des branches les plus importantes de l’industrie électrique dont elle a grandement favorisé le développement.
- Le Comité international qui comportera les plus hautes autorités du monde scientifique et industriel doit élaborer un programme de cérémonies commémoratives, dignes de ce grand savant.
- TRAVAUX PUBLICS
- Un nouvel emploi de froid artificiel. — La réfrigération du béton.
- Pour l’exécution du barrage Hoover, sur le Colorado, énorme monolithe de 2 500 000 m-’ actuellement en cours de construction, on a prévu le recours à la réfrigération artificielle des bétons en cours de prises, en vue d’éviter les fissures de construction.
- Nous empruntons les détails qui suivent à une étude de M. Bernardy dans la Revue générale du Froid.
- Pour donner aux grandes masses de béton la possibilité de modérer leur échauffement, il était de règle jusqu’ici de les édifier en fractions indépendantes et en quinconces permettant leur rayonnement à l’air le plus longtemps possible. Mais c’est là un dispositif compliqué et qui a, en outre, l’inconvénient d’entraîner pour l’ouvrage des délais d’exécution qui seraient inadmissibles pour un travail comme celui du barrage Hoover.
- C’est ainsi que s’est imposé le froid artificiel. Le refroidissement du béton est obtenu par une circulation de saumure
- légère constamment refroidie et qui ramène la masse à la température de prise la plus favorable.
- L’opération rappelle d’assez près celle de la congélation d’un terrain pour fonçage de puits.
- Au barrage Hoover un réseau de 240 km de tubes de 5 cm de diamètre, formant des boucles, sera noyé et abandonné dans la masse de l’ouvrage, la longueur maxima d’une boucle étant fixée à 480 m.
- Le béton coulé à des températures variant entre + 5° et -f-38° doit être, après six jours de prise, ramené à + 22°. L’élévation de la température moyenne due à la prise est évaluée à 22° environ au-dessus de la température de coulage. En outre, la température extérieure peut, suivant la saison, varier de — 4° à + 52°; la chaleur à extraire du béton est donc très variable et l’installation de froid doit être très souple.
- Elle est prévue pour fournir environ 10 millions de frigories-heures. Des dispositions sont prises pour la renforcer à la saison chaude par des moyens de fortune qui consistent à transformer les compresseurs d’air du chantier en compresseurs à ammoniac, ce qui n’exige que le remplacement des cylindres.
- TRAVAUX PUBLICS Un gigantesque coup de mines.
- C’est celui qui fut exécuté au mois de septembre 1932, au chantier du barrage du Sautet, dans l’Isère, au cours des travaux du barrage-réservoir destiné à régulariser les débits du Drac et à améliorer les conditions de fonctionnement des
- 11 usines existantes ou à créer sur la rivière.
- La construction du barrage principal, haut de 126 m., exigeait la dérivation totale du Drac par une galerie pouvant débiter jusqu’à 600 m3/seconde; cette galerie débouche au-dessous du niveau de la rivière. Elle avait été creusée en partant de l’amont; mais il restait à détruire un bouchon rocheux de forme circulaire immergé sur sa face extérieure de 8 m de diamètre sur 3 à 4 m d’épaisseur, soit un volume de 200 m3. C’est cette opération qui fut exécutée à l’aide des explosifs.
- Voici à ce sujet quelques détails extraits d’une récente conférence de M. Mallet à la Société des Ingénieurs Civils.
- La pression de l’eau à la hauteur du radier, sur le bouchon à supprimer, était de 15 m au moment de l’opération.
- La destruction du bouchon devait naturellement être exécutée en une seule fois, puisque la galerie devait être immédiatement envahie par les eaux. Le travail confié à l’entreprise X. Dalberto de Grenoble fut dirigé par M. Mallet.
- On fora 125 trous de mines parallèles, à l’axe de la galerie et poussés aussi près que possible du parement extérieur. Des venues d’eau importantes créèrent de sérieuses difficultés.
- Les trous reçurent, en tout, 425 kg. de dynamite-gomme. Dans chaque trou avait été placé, au préalable, un cordeau détonant fermé à une extrémité et coiffé à l’autre par un raccord spécial. Ces raccords étaient réunis en faisceaux de
- 12 à 15. Le cordeau principal formait une boucle complète partant du point d’amorçage et passant au contact de chaque faisceau. Par mesure de sécurité, deux cordeaux principaux avaient été posés. Les extrémités de deux boucles raccordées à un même cordeau étaient amorcées au moyen de deux amorces électriques tirées du dehors.
- L’explosion eut lieu le 16 septembre 1932 avec un succès omplet. La destruction de la masse rocheuse donna libre passage à l’eau dans la galerie et mit à sec le lit de la rivière. Les travaux du barrage purent être entrepris sans délai. Ils auraient été retardés pendant de longs mois si l’opération avait échoué.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- TOILETTE
- L'ondulation indéfrisable par le procédé thermique.
- Les dames connaissent toutes aujourd’hui les avantages de l’ondulation dite «indéfrisable»; grâce à elle, la coiffure quotidienne s’exécute rapidement et d’une façon toujours élégante. Mais ce résultat, si agréable au point de vue esthétique, est acquis au prix d’une véritable petite opération, longue, pénible pour la patiente et qui n’est pas toujours sans danger. Quand on pénètre dans l’officine d’un coiffeur pour dames, on ne peut se défendre d’une certaine appréhension devant l’appareillage impressionnant que l'artiste capillaire va mettre en oeuvre sur la chevelure de sa cliente ; c’est une forêt de tubes, en l’espèce de véritables petits fours électriques dans lesquels les cheveux à onduler s’enroulent par mèches et vont être soumis à un chauffage prolongé. En vérité nos compagnes méritent quelque admiration pour la patience et la bonne grâce avec laquelle elles acceptent cette épreuve.
- Aussi accueilleront-elles avec plaisir le nouveau procédé «Thermique» que nous allons décrire; celui-ci simplifie en effet et rend moins pénible l’opération de l’ondulation, tout en donnant un résultat aussi parfait que les anciens systèmes.
- II sera également le bienvenu pour les coiffeurs, parce qu’il comporte un appareillage moins lourd, des manipulations plus simples et plus sûres, parce qu’il consomme moins de courant et qu’il évite tout contact avec des conducteurs à tension élevée. Par-dessus tout, il évite radicalement tout danger de brûlure.
- Avant d’aborder la description de ce procédé, il nous paraît nécessaire de dire rapidement en quoi consiste l’ondulation indéfrisable, et d’indiquer brièvement le principe des divers systèmes mis en œuvre pour la réaliser.
- La chevelure est tout d’abord lavée, puis rincée et séchée; elle est ensuite séparée en mèches, dont chacune est légèrement humectée, puis enroulée sur un bigoudi; l’enroulement s’effectue soit par la pointe, soit par la racine, le bigoudi est différent, suivant que l’on emploie l’un ou l’autre de ces systèmes d’enroulements. Mais, dans tous les cas, la mèche est enveloppée d’une compresse humide, et c’est cet ensemble, bigoudi-mèche-sachet, qui va être soumis à un chauffage calculé en vue de dégager au contact des cheveux la vapeur chaude qui créera l’ondulation.
- Le bigoudi est monté sur un support isolant en feutre et caoutchouc destiné à éviter au cuir chevelu tout contact avec des pièces à température élevée.
- Les différentes méthodes se distinguent par la façon dont est réalisé le chauffage.
- Nous ne citerons que pour mémoire le chauffage chimique; ce procédé consiste à appliquer sur chaque mèche un sachet rempli d’une substance, chaux vive par exemple, qui au contact de l’humidité formera une combinaison dégageant de la chaleur. Ce procédé, simple en apparence et qui évite le recours à l’électricité, a un inconvénient capital; il est impossible de régler la température et l’opération s’effectue au petit bonheur ! les sachets s’éventent plus ou moins par absorp-
- : / s* Bonne
- Résistance Feuille d’amiante
- Fig. 1. — L’élément chauffant « lThermique ».
- tion de l’humidité atmosphérique, le chauffage peut en conséquence être exagéré, ou insuffisant; l’artiste capillaire dans aucun cas ne peut intervenir, et cependant aucune chevelure n’est identique à une autre et chacune exige un réglage différent. Le chauffage chimique, essayé à diverses reprises, a toujours été abandonné rapidement.
- Nous laisserons de côté aussi le chauffage par la vapeur, qui n’est plus que rarement employé.
- L’immense majorité des appareils aujourd’hui utilisés est à chauffage électrique. Il est pratiqué sous deux formes différentes : le chauffage direct, et le chauffage indirect. Dans l’un et l’autre système le bigoudi, monté sur son support isolant, garni de sa mèche de cheveux et de son sachet humidifiant, est entouré par une sorte de four électrique : cylindre métallique dans les parois duquel sont disposées des résistances électriques parcourues par le courant emprunté au secteur; dans le cas du chauffage direct, le courant est appliqué alors que les cylindres chauffants sont disposés sur la tête de la cliente. Dans le chauffage indirect les cylindres sont calori-
- Compresse
- Elément
- chauffant/
- Mèche
- de
- cheveux
- Bigoudi
- Prises de courant
- Fig. 2. — Schéma montrant comment se place l’élément « Thermique ».
- Cas de l’enroulement des cheyeux par la racine.
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- Fig. 4.— Un sachet « Thermique » muni d’une flanelle absorbante servant de compresse.
- fugés, avec une substance emmagasinant de la chaleur; on les porte avant l’opération à la température voulue ; ils abandonnent ensuite au bigoudi la chaleur qu’ils ont ainsi préalablement emmagasinée.
- Les appareils à chauffage direct paraissent être les plus répandus. Ils sont souvent complétés par des interrupteurs automatiques qui arrêtent d’eux-mêmes le courant de chauffage au bout, d’un laps de temps calculé suivant la nature de la chevelure à traiter.
- Les appareils à chauffage direct ou indirect, quand ils sont bien construits, offrent en général toute sécurité et permettent à l’artiste d’opérer suivant toutes les règles de l’art. Ils présentent néanmoins des inconvénients assez sérieux : tout d’abord la lourdeur de l’appareillage qu’il faut maintenir au-dessus de la tête de la patiente ; la manœuvre en est, on le comprend, assez délicate ; elle exige des opérateurs expérimentés et habiles.
- Il faut noter aussi que les cylindres chauffants ont un rendement thermique assez faible : la mèche à traiter n’y est jamais, en effet, en contact intime avec l’élément chauffant; il faut échauffer inutilement une certaine masse d’air qui s’échappe en partie vers l’extérieur; cette perte de calories se traduit par une dépense considérable de courant électrique consommé en pure perte, mais, ce qui est plus grave, l’air ainsi chauffé s’écoule sur la tête de la patiente, provoquant une sensation de chaleur toujours désagréable, parfois pénible. Si l’opération est mal réglée ou conduite par un opérateur mal-
- Fig. 6. — Le « Thermique » portatif.
- habile, ou encore si le sujet a une sensibilité particulière, il peut arriver que cet échauffement provoque des lourdeurs de tête, malaises peu dangereux le plus souvent, mais qu’il serait évidemment préférable d’éviter. On a même constaté un cas d’accident mortel par méningite, survenu sur une fillette délicate. Ce malheur ne semble pas avoir effrayé les millions de dames qui continuent à se soumettre périodiquement à l’ondulation indéfrisable.
- Le système « Thermique ». — Ces généralités exposées, voici en quoi consiste le nouveau procédé. C’est également un système à chauffage électrique direct, mais il se distingue de ses prédécesseurs par l’organe chauffant.
- Ce n’est plus un four : c’est un organe souple, placé au contact immédiat de la compresse et à l’intérieur duquel est logée une résistance suffisamment flexible pour permettre l’enroulement total ou partiel du dispositif de chauffage autour de la mèche traitée.
- Sur la figure 1, on voit comment est constitué l’élément chauffant : entre deux couches d’amiante est placée la bande flexible de métal découpé formant la résistance ; celle-ci se termine par deux lames métalliques formant prise de courant. L’ensemble est enveloppé dans une feuille de papier métallique mince destinée à assurer une bonne et uniforme répartition de la chaleur tout le long de la compresse.
- La mèche étant enroulée sur le bigoudi approprié , puis revêtue de sa compresse humide, il suffit d’appliquer sur elle l’élément chauffant souple, de façon à lui en faire épouser la forme; on le maintient au contact par une pince; il ne reste plus qu’à réunir chacune des deux bornes à son fil d’amenée de courant, terminé par une douille permettant d’exécuter instantanément cette connexion; l’ensemble est prêt à recevoir le courant de chauffage (fîg. 2). La résistivité relativement faible de l’élément chauffant permet de le faire parcourir par du courant à très basse tension; le courant de chauffage est à 3 volts seulement : on le produit en abaissant la tension du courant de secteur alternatif, avec un transformateur. Les avantages du courant à basse tension sont manifestes : le chauffage est tout aussi efficace, puisqu’il ne dépend, comme on le sait, que de l’intensité du courant et non de sa tension. Par contre, on évite tous les désagréments inhérents aux courants haute
- Fig. 5. — Le « Thermique » en fonctionnement.
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- tension, contacts désagréables, secousses électriques, etc., et les accidents plus graves qui peuvent parfois en résulter.
- L’avantage essentiel du dispositif réside dans le fait que le chauffage porte directement sur la compresse, au lieu de se faire comme dans les chauffeurs usuels, par l’intermédiaire de parois métalliques et d’une couche d’air. On réalise ainsi de sérieuses économies de courant par rapport aux appareils usuels : 50 pour 100 environ. Aussi l’appareil Thermique peut-il sans inconvénient se brancher sur un compteur ordinaire. L’élément chauffant est en outre d’une extrême légèreté, de sorte que la cliente n’a plus à supporter un édifice compliqué et lourd, qui exige son immobilité presque absolue. Notre figure 3 permet de se rendre compte du mérite du nouveau système à cet égard.
- Pour en terminer avec les éléments chauffants, notons, qu’ils peuvent servir plusieurs fois; signalons aussi une intéressante variante qui simplifie encore les manœuvres : à l’élément chauffant on peut adjoindre un morceau de flanelle, de buvard ou autre matière absorbante séparée de la masse chauffante par une enveloppe de papier parcheminé et fixée sur celui-ci par une couture, par exemple ; cette bande absorbante remplacera la compresse habituelle; on la plongera dans
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- la solution habituelle pour l’humidifier, et on enroulera le tout sur la mèche; compresse et élément chauffant forment ainsi un tout qui s’applique sur la mèche par une seule manœuvre et qui reste utilisable, pour une opération ultérieure.
- Il ne nous reste plus que quelques mots à dire sur l’appareil complet : il en existe deux modèles, l’un à 14 mèches, l’autre à 30 mèches. Il est constitué par un pied métallique portant une boîte qui renferme le transformateur et d’où partent les fils souples d’amenée du courant. Elle contient également un Thermindex qui donne la durée exacte de chauffage et permet de régler celle-ci très simplement, un interrupteur automatique commandé par mouvement d’horlogerie interrompant le courant quand le laps de temps fixé est écoulé.
- L’ensemble du dispositif est si léger qu’on a pu réaliser un élégant appareil portatif, sous forme d’une petite mallette peu encombrante, renfermant tous les organes qui viennent d’être décrits, ainsi que des tiroirs pour loger tous les acces-soirs. Le coiffeur peut ainsi se rendre à domicile avec tout son matériel, il n’aura qu’à y brancher l’appareil surune prise de courant ordinaire.
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- = BOITE AUX LETTRES E
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Enregistrement phonographique individuel.
- L’enregistrement phonographique individuel sur disques, au moyen d’un pick-up électro-magnétique spécial connecté à un récepteur radiophonique ou un amplificateur microphonique, peut être réalisé, le plus facilement, à l’heure actuelle, au moyen de disques à composition à base de gélatine, homogènes ou âme en carton, ou bien de disques en carton ou en métal recouverts d’une couche cellulosique. La gravure des sillons s’effectue à l’aide d’un burin en acier ou en diamant, et la reproduction au moyen d’aiguilles en acier spéciales.
- Nous avons donné, d’ailleurs, à ce sujet, de multiples indications dans les chroniques de La Nature, et vous pouvez également consulter les articles parus dans la revue La T. S. F. pour Tous (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) ou la revue Machines parlantes et Radio (15, rue de Madrid à Paris).
- Réponse à M. Dangreau, à Bruxelles (Belgique).
- Construction d’un poste=récepteur à lampe bi=grille.
- On n’emploie plus guère en France de lampes bi-grilles à l’heure actuelle. L’adoption des lampes bi-grilles comme détectrices et comme amplificatrices haute fréquence dans les appareils alimentés par batteries n’est plus guère en faveur, ces lampes augmentent la sensibilité par rapport à l’emploi des triodes, mais elles ont été généralement remplacées par des lampes à écran. D’ailleurs, on n’emploie guère non plus de lampes bi-grilles en basse fréquence, parce qu’elles ne permettraient pas d’obtenir une intensité d’audition considérable en haut-parleur.
- L’adoption de la lampe bi-grille comme changeuse de fréquence, qui a été presque exclusive durant plusieurs années, est à l’heure actuelle très critiquée. Ainsi l’utilisation de la lampe bi-grille est de moins en moins en faveur pour le moment, ce qui ne signifie pas, d’ailleurs, que son abandon soit définitif, car en radio-technique, bien souvent, les idées anciennes sont reprises au bout d’un certain temps, sous une forme plus ou moins modifiée.
- Le grand avantage de la lampe bi-grille, employée comme détectrice, et, même, à la rigueur, comme amplificatrice haute fréquence, consiste à pouvoir fonctionner avec des tensions de plaques extrêmement faibles de l’ordre de 20 v, et même moins. On peut établir ainsi de petits postes récepteurs vraiment portatifs avec des batteries de tension plaque très réduites. Ces postes à une ou deux lampes sont déjà
- assez sensibles pour permettre la réception des émissions lointaines au casque, évidemment, et on peut même établir des montages plus compliqués du type « réflexe », ou même à super-réaction.
- Nous comprenons fort bien l’intérêt qu’il peut y avoir pour vous, dans un pays où les pièces et les lampes de T. S. F. sont coûteux, à utiliser un petit poste sensible, simple, et de frais d’entretien réduits. Nous vous indiquerons donc des schémas de quelques appareils réduits, dans lesquels on peut utiliser des lampes bi-grilles, dans une prochaine chronique radiophonique de La Nature.
- Réponse à M. Alexandre Onroul, à Sofia (Bulgarie).
- De tout un peu.
- M. Serru, à Maisons-Laffitte. — Nous pensons que la formule suivante vous donnera satisfaction pour réparer la fêlure du bac de votre accumulateur :
- Faire fondre doucement 100 gr de colophane, puis y ajouter peu à peu en remuant constamment 50 gr de gutta coupée en petits morceaux.
- Bien mélanger, puis couler sur une surface froide de façon à obtenir des plaquettes.
- Pour l’emploi, faire fondre à nouveau et couier le liquide chaud dans les fissures grattées et parfaitement sèches. Lisser avec la lame d’un couteau chauffée: enlever les bavures et laisser refroidir.
- N. B. La siccité parfaite est une condition essentielle de réussite, chauffer également légèrement, toutes fois que cela sera possible, l’endroit du bac, qui doit recevoir la mixture d’apport devant réaliser la soudure.
- M. Kolarovitch, à Casablanca. — En passant à l’état de sels, le fer perd le plus souvent les propriétés magnétiques qu’il possédait sous forme de métal libre, il en est de même du nickel; toutefois certaines combinaisons du fer sont également magnétiques d’après Greiss, toutes les combinaisons du fer naturelles ou artificielles agissent sur un système astatique, l’oxyde de fer Fe^O7 (oxyde des battitures), le fer oligiste, le fer titané et quelques autres dévient même l’aiguille aimantée ordinaire et sont susceptibles de polarité. Cailletet au contraire a observé que le fer, en s’alliant ou se combinant à un autre corps simple, perd toutes ses propriétés magnétiques ou seulement une partie; dans ce dernier cas, la combinaison possède encore une force coercitive plus ou moins prononcée.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. — L'École Nationale d'horlogerie à Besançon. fPh. Roi':.
- l'ig. 3. — Le planeur Avia. qui a été remorqué par avion de Chartres au Bourget où il a atterri. (Pli. Roi.).
- Fig.
- Une partie de VExposition de Chicago vue d’avion. (Pli. Keystone).
- Fig. 4. — Un record de la soudure électrique.
- La construction par soudure de la vanne d’admission d’une grande turbine hydraulique. La pièce pèse 100 t et mesure 10 m de diamètre.
- (Ph. Keystone).
- Fig. 5.'— Un gigantesque hydravion de bombardement anglais. Le R. A. F. 6 moteurs. (Ph. Roi.) fï
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- Fig. 0. — Expériences ae vetemerus igm/ayc* par les pompiers de Paris. (Ph. Roi.)
- Fig. 7 et S. —• Le curieux pavillon Suisse à la Cité Universitaire de Paris. (Ph. Roi.).
- Le Gérant : G. Masson.
- 4434. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1-10-19.33.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (jft pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C‘®, Editeurs, îao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (J{. C. Seine : 1S.234) Tét. Danton 56.N,
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- N° 2915
- LA NATURE
- 15 Octobre 1933.
- ^ NOTRE ENQUÊTE (*•*., =
- L’INFLUENCE DE LA RADIODIFFUSION LES JOURNALISTES DE LA RADIO
- RÉPONSE A M. EDMOND DEHORTER
- M. Edmond Dehorter est le fameux « Parleur inconnu » si connu, d’ailleurs de tous les sans-filistes. Il est sans doute le plus ancien radio-reporter français, et son avis a donc une particulière importance.
- « A votre première question sur l’influence de la radiodiffusion sous sa forme actuelle au point de vue littéraire, intellectuel et artistique, je vais me permettre de vous dire que j’ai l’impression que cette influence commence seulement à porter ses fruits et ce, parce qu’on n’a pas suffisamment recherché dans l’établissement des programmes, l’éducation proprement dite de la foule.
- Il fallait un prograj*»»^jarfaitemen t étudié, adopté aprè^nûVéhf^^exioiis — un programme Mefi?" hqihogeh^^et malheureusement ce i; ^ogrâ|flme n’îà jamais été établi. ^ 1
- La radio est. à \àroii . le meilleur
- moyen pour éduquerHa^/rmne. J’en vois la preuve dans la façon dont les auditeurs suivent les radiodiffusions sportives, et les innombrables lettres que je reçois me permettent de conclure que, sous ce rapport, l’éducation de la masse a fait un bond de géant. Etant donné le rôle que j’ai tenu dans ces radiodiffusions, il m’est -difficile d’insister davantage.
- En ce qui concerne l’avenir, mon Dieu, dans ce qui précède, je vous indique ce qu’il aurait fallu faire et par conséquent, ce qu’il faudrait faire parce que rien n’a été fait, ou tout au moins, si peu...
- La foule, la grande, celle des millions d’auditeurs ne demande qu’à accueillir les bonnes paroles qui, à domicile, viendront la trouver.
- On peut tout faire avec la radiophonie. On peut changer complètement la mentalité d’un peuple, on peut l’éduquer, on peut le diriger, on peut l’éclairer ».
- RÉPONSE DE M- LOUIS HIPPEAU
- M. Louis Hippeau, Directeur du Micro, est un journaliste de la radio très connu, membre influent de l’Association des Auditeurs de T. S. F. Il est donc au courant tout spécialement des défauts actuels des programmes et des désirs de l’auditeur.
- M. Louis Hippeuu.
- « La radiophonie exerce bien une influence sur la vie sociale, littéraire, etc... et le mécanisme de cette influence est facile à comprendre. La radio apporte tous les jours par les voies les plus directes, toute une documentation, toute une information que, bien souvent, on n’aurait pas sans elle. Il est manifeste qu’en province, les concerts symphoniques sont rares et, de ce fait, les connaissances musicales risquent d’être limitées. Sous l’ancien régime (c’est-à-dire avant l’avènement de la radio) la plupart des amateurs de musique, dans les petites villes de province, ne connaissaient la plupart des auteurs que par le piano. Il était à peu près impossible à ceux qui n’étaient pas pianistes d’avoir une connaissance étendue de la littérature musicale. Encore cette connaissance n’était-elle pas très précise, puisque la réduction au piano d’une symphonie ne remplacera jamais l’exécution d’une symphonie par l’orchestre.
- Ce que fait la radio pour la musique, elle le fait aussi pour la littérature. Lecture de pages littéraires, récitations de poètes, représentations radiophoniques de pièces de théâtre peuvent devenir non seulement des distractions, mais aussi une école de formation du goût.
- Au point de vue intellectuel, social et politique, la radio agit moins, et même je la crois moins efficace que le livre, la revue, le journal, que tout ce qui est écrit, qui reste et qu’on peut relire. Sans doute, les livres, revues et journaux, si l’on veut se tenir au courant, exigeront certaines dépenses que la radio peut épargner. Mais, sur ce terrain, la radio a moins d’influence que l’écrit.
- Comment pourrait-on renforcer cette influence de la radio ? En continuant et en évitant, comme on paraît bien l’avoir fait jusqu’à présent, un très grave défaut qui serait de donner à la radio une allure didactique dont l’auditeur s’effraierait. La radio exerce une grande influence sans qu’il y paraisse. S’il y paraissait, si elle annonçait ses émissions comme éducatives, si elle leur donnait une présentation qui en ferait des émissions d’enseignement, elle serait beaucoup moins suivie et son influence serait moins grande.
- Bien entendu, il faut excepter de ce que nous dison
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- les émissions scolaires, du reste rares en France, et qui ont évidemment un caractère pédagogique marqué. Mais c’est là un chapitre spécial de la radiophonie.
- Enfin, notre enquêteur nous demande ce qu’il faudrait faire pour que les journalistes de la radio puissent encore mieux remplir leurs devoirs à l’égard de leur public. Il faudrait mieux utiliser le son que ne le font ordi-
- nairement les « journaux parlés », produire des documents sonores enregistrés, comme le journal écrit donne des extraits et des citations; faire entendre la voix des vedettes de l’actualité comme le journal parlé publie leurs photographies, au lieu des simples chroniques qui font aujourd’hui encore du journal parlé un journal écrit lu au micro, et non pas vraiment un journal sonore. »
- LES AUDITEURS DE T. S. F.
- Si les techniciens, les musiciens, les écrivains, les auteurs dramatiques et les journalistes de la radio sont qualifiés pour donner leur opinion sur Vinfluence actuelle de la radiodiffusion et ses défauts, cest pourtant sans doute surtout les représentants des auditeurs qui ont le droit de faire entendre les desiderata de la grande masse des sans-filistes qui
- écoutent, et, désormais, d'ailleurs, qui payent...
- RÉPONSE DE M. LE DOCTEUR FO VEAU DE COURMELLES
- Le Docteur Foveau de Courmelles, technicien radiologue connu, vulgarisateur scientifique de talent, est Président de la Confédération nationale des Radio-Clubs. Il était donc tout à fait qualifié pour nous adresser son avis détaillé sur la question.
- « En mai 1925, sur l’initiative de notre confrère C. M. Savarit, fut fondée la Confédération nationale des Radio-Clubs.
- Il y eut le soir une grande manifestation diffusée. Dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence du grand et regretté physicien, Daniel Berthelot, membre de l’Institut, fut instauré le nouveau groupement. Le savant nous montra l’utilité de la télégraphie sans fds et nous en vanta l’importance, la comparant à l’invention de l’imprimerie quelques siècles auparavant, et tout ce qu’il en était découlé de bien, de progrès, de mieux être pour l’humanité (je ne serai pas irrespectueux en songeant à la langue d’Esope)-.
- Quoi qu’il en soit, il paraît presque certain que la T. S. F. pourrait presque remplacer les caractères d’imprimerie par les ondes propagées à distance et pouvant diffuser toutes les connaissances et arts humains (je dis « arts », car la télévision pratique est proche).
- Il y a plus, la vue fait pénétrer en nous le monde extérieur et ce qui nous y rattache si étroitement. Mais l’audition n’apparaît-elle pas comme supérieure par le charme de la voix, sa persuasion et par suite sa pénétration (quand la vue s’y joindra, ce sera mieux encore).
- Le son, à en juger par la différence des caractères des sourds et des aveugles, apparaît supérieur à la vision, et l’influence des orateurs sur les foules n’est pas faite pour démentir cette constatation à la portée de tous.
- Ces considérations philosophiques, journalières, nous permettent facilement de déduire l’importance de la propagation des ondes hertziennes, du radio-conducteur de Branly depuis si modifié et étendu, leur influence sur la vie intellectuelle et matérielle de tous.
- Je ne parlerai pas des sauvetages par T. S. F., des appels de police, tout cela est banal, ni des parasites la menaçant, et maintenant si faciles à éviter.
- Tout cela est cependant à connaître pour pouvoir étendre le pouvoir, l’influence, la portée de la T. S. F., de la radiodiffusion, en train de modifier la vie sociale, artistique, intellectuelle et politique, non seulement de la nation, mais encore des nations, de notre univers enfin.
- La pénétration par l’oreille de toutes notions est supérieure à ce qui entre dans notre intelligence par la vue, encore que Descartes ait proclamé que tous nos sens, et nos sens seuls, y collaborent. Il y a dans l’audition par T. S. F. avec un bon « speaker », avec l’auteur lui-rnême du texte, un accent de conviction qui pénètre, s’insinue en nos cellules cérébrales, et y introduit les idées politiques, littéraires, artistiques, didactiques qui sont émises, qui peuvent être soulignées par le ton, l’intonation...
- La politique l’utilise. On connaît les discours de M. Tardieu, avant les élections de 1932, le discours de M. Her-riot à Gramat (Lot) y prêchant la paix universelle, et tant d’autres manifestations oratoires diffusées et ayant porté sur les masses, les esprits, dépassant, oh combien ! nos frontières, donc, réagissant in the world. Certes, tous les peuples ne parlent pas la même langue, mais le français est encore très apprécié, et puis, il y a l’Espéranto que les sans-filistes ont déjà pas mal utilisé.
- Quant aux idées littéraires et artistiques, les ondes les peuvent transmettre, je dirai même, imposer, par la répétition. Certes, je sais bien qu’on peut s’y soustraire, fermer « le robinet d’écoute ». Pour éviter cela et réussir, il faut donc s’efforcer d’être intéressant, de mêler l’anecdote, et cela est difficile, car nos postes d’émission où j’ai souvent parlé, limitent singulièrement les orateurs, les censurent, les empêchent en général de parler des gens vivants, sous prétexte de réclame, de publicité, choses qui se doivent payer et dont on abuse parfois...
- A force d’entendre dire que le livre de X est beau et bon, on le lira, et ses idées bonnes ou mauvaises chan-
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- geront les mentalités; de même, pour des tableaux, sculptures, gravures, pièces de théâtre. Le bon sans-filiste écoute tout, il « en veut pour son argent » (ne va-t-il pas payer la taxe, taxe qui comme tous les impôts, grandira (sans être espagnole !).
- Quant à l’enseignement, que de révélations permet la T. S. F. qui fera tout connaître en les cités bruyantes, comme au fin fond des campagnes silencieuses, en l’intérieur des fermes les plus isolées, y apportant l’air de la ville, de la ville-lumière, moins ses fumées, ses taudis, sans leur soustraire les rayons ultra-violets trop souvent disparus. Que d’intelligences s’éveilleront sous ses sonorités et ses lumières.
- Comme pour le livre, le journal, pour rappeler Daniel Berthelot et ses vues prophétiques, nous voyons évoluer les esprits, grandir les cerveaux se remplissant de plus de connaissances utiles ou agréables. La musique qui domine et est amusement, distraction plus qu’enseigne-ment, fait aussi vibrer, émouvoir, éveille des sensations et des idées, transformant les individus.
- Le choix des programmes, est aussi important que peut l’être le choix des lectures — que de livres ont déterminé des vocations, révélé des carrières, créé des grands hommes et des savants —; que d’auditions sans-filistes pourront faire, et plus encore, révéler à eux-mêmes des êtres qui s’ignoraient, ne s’étaient pas pénétrés en leur tréfond et ignoraient ce dont ils étaient capables. Ceci se passe, se peut passer loin de tous, donc, sans que l’amour-propre souvent empêcheur d’apprendre, sans que la timidité, jouent. On est à l’aise avec soi-même. Entendant la T. S. F., constatant qu’elle est d’accord avec son moi intime, qu’on le trouve bon et semblable à ce que l’on entend (ce qu’on verra bientôt) on développera ce que l’on ignorait posséder. « Se connaître soi-même », but des philosophes grecs, deviendra bientôt une réalité.
- Les programmes, journaux parlés, cours conférences, devront être appropriés, variés, s’adaptant tantôt « au Français moyen », tantôt à l’élite — l’auditeur choisira.
- Cela ne veut nullement dire que l’enseignement oral sera remplacé par la T. S. F., mais comme il pourra être ainsi complété, étendu, prolongé, encore faut-il l’approprier. Rien ne me paraît plus difficile que de faire de bons, programmes, car « plaire à tout le monde et à son père », depuis La Fontaine (et même avant) est bien difficile. J’ai interrogé souvent, par la presse radiophonique, les auditeurs, les « usagers » de la T. S. F. : beaucoup sont indifférents; d’autres se disent «non fixés» ou «contradictoires ». La musique a les préférences : bien choisir les morceaux. Les postes d’émissions doivent être mieux renseignés, et ne sont-ils pas les maîtres ! ! Cependant, ils ne paraissent, je crois, aimer que peu la conférence scientifique, la lutte si utile contre les fléaux sociaux... étant donné le peu de temps attribué aux conférenciers, et souvent le peu de cas fait de ceux-ci dont on déplace parfois à la dernière minute ou à peu près l’heure de parole. Et ceci, je l’ai dit souvent à l’Union des grandes associations qui leur fournit tant d’éléments précieux. Mais sans doute les postes ont-ils raison et recoivent-ils directement les desiderata des « usagers »?...
- La T. S. F. peut devenir le journal parlé, analogue au
- journal actuel si complet, si renseigné, si vivant, mais ce journal aura l’inconvénient de ne pouvoir être lu qu’à des heures déterminées, — tout le monde n’est pas libre à la même heure — mais on s’arrangera, ce sont de nouvelles habitudes à prendre, et la complexe vie actuelle nous rend, sinon moins nerveux, du moins plus souples, plus malléables !
- RÉPONSE DE M. SAVARIT
- Directeur de T. S. F. Revue, Secrétaire de la Confédération générale des Radio-Clubs.
- M. Savarit est un journaliste scientifique connu, et s’est consacré depuis déjà de longues années au développement des groupements radiophoniques, il a bien voulu 7ious adresser les quelques lignes ci-dessous :
- « 1° Je ne crois pas à une influence très profonde de la radio en politique. Elle ne peut guère avoir qu’une influence momentanée, moins entraînante, d’ailleurs, qu’un discours de réunion publique. Le « fluide » y manque.
- Encore moins à l’influence littéraire ou artistique, que le journal lui-même n’a pas. Mais elle peut donner la curiosité des choses littéraires et artistiques.
- La parole vole. Elle ne peut donner que la curiosité des choses qu’elle effleure : informations, renseignements, enseignement.
- Sa plus grande force, c’est de porter les mêmes informations ou enseignements ou arts à un grand nombre de personnes d’un même pays, voire de plusieurs nations, sauf les langues, et de former ainsi, au moins en surface, une sorte de conscience collective.
- Son autre grande force — et je ne sais pas si ce ne serait pas la principale, — c’est d’être un divertissement.
- 2° Ces quelques points nous montrent dans quel sens il faut diriger les efforts : qu’elle soit un divertissement propre n’allant pas jusqu’à la bêtise, bien qu’elle soit appelée à divertir tout le monde. Mais même dans les choses populaires, même au café-concert, elle doit savoir choisir. Il ne faut pas qu’elle parvienne à dégoûter les gens de goût.
- Elle doit éveiller la curiosité de l’information et de toutes les choses de l’esprit. Il faut donc que tout ce qui est présenté par elle soit digne d’attirer la curiosité. Elle réclame donc un double choix, assez difficile, des sujets et de leur présentation.
- Quant au radio-journaliste, le mieux qu’il puisse faire, c’est de décrire de visu. C’est le propre du radio-reportage. S’il peut y ajouter un « commencement » reliant l’actualité au reportage qu’il va faire, et une « fin » reliant son reportage à la vie générale, ce sera encore mieux. Mais c’est plus difficile.
- La radio est merveilleuse dans sa technique; mais ce n’est pas un nouveau moyen d’expression de la pensée, c’est un moyen de transmission des sons. Il n’en faut pas attendre trop de miracles ».
- RÉPONSE D’UN AUDITEUR COMPÉTENT
- Nous avons enfin reçu d’un de nos correspondants, industriel et technicien connu qui tient cependant à garder l’anonymat, une réponse fort intéressante, bien que concise,
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- et concernant Vinstruction par radiophonie. Nous tenons à la publier en raison des précisions qu elle offre.
- « Grâce à la radiodiffusion, on aura chaque jour aux heures de classes, dans la plus petite bourgade de la province, de la montagne, là où le peu d’élèves ne permet pas la rétribution due à un véritable professeur, des leçons régulières sur la langue française rédigées au concours et énoncées par des maîtres ayant une voix claire et agréable.
- Bien entendu des longueurs d’onde différentes por-
- teront aux mêmes heures, s’il le faut, les cours pour des classes différentes. Même méthode pour les colonies qui ne sont pas à peu près sous le même méridien.
- (Voilà l’École unique chère à M. Herriot !)
- On trouvera toujours des personnes de bonne volonté, voire des pères et mères de familles pour faciliter la mise en pratique d’une telle instruction. Pour le journal parlé, le Gouvernement, puisque c’est lui seul qui va émettre, saura choisir deux fois par jour les meilleurs moments pour le résumé succinct des grandes actualités à lire en détail le lendemain dans les journaux ».
- LA RADIO-TECHNIQUE = AU SERVICE DE LA NAVIGATION
- C’est dans la marine que la T. S. F. a reçu ses premières applications pratiques ; elle y a rendu de signalés services ; on ne compte plus désormais le nombre des navires, et
- surtout des passagers, sauvés grâce aux ondes hertziennes, qui font accourir les sauveteurs autour du bâtiment en péril.
- Les ondes électriques ne permettent pas seulement à l’opérateur de lancer dans les airs, au moment du danger, son tragique S. O. S. « Save our soûls » (sauvez nos âmes) ; les radiotélégrammes rendent possibles les communications constantes entre navires et avec la terre.
- La T. S. F. a fait cesser l’isolement du navire en mer; grâce à elle les marins peuvent être renseignés sur
- leurs positions, sur les prévisions météorologiques relatives aux régions qu’ils vont traverser et, éventuellement sur les difficultés particulières de navigation qui pourraient survenir.
- Les passagers sont tenus au courant des nouvelles de tous les pays du monde, et la radiophonie leur apporte de salutaires distractions. Les capitaines des navires marchands, et spécialement des chalutiers, restent en communication constante avec leurs armateurs qui peuvent leur donner les instructions nécessaires, suivant les variations des cours des marchandises transportées, et, particulièrement, du poisson.
- Des services de renseignements ont même été organisés pour guider, les chalutiers à la recherche des bancs de poissons, de morues et de sardines.
- La T. S. F. peut parfois suppléer le médecin absent; des services médicaux de consultations par T. S. F. ont été en effet, organisés dans certains pays, à l’intention des navires sur lesquels un médecin n’est pas embarqué.
- La radiotechnique, d’autre part, contribue puissamment à la sécurité de la navigation. Les phares hertziens sont les auxiliaires des phares ordinaires, et facilitent l’entrée des ports, en cas de brume. Le sondage par ultrasons, qui est aussi, en réalité, une application de la radio-technique, permet d’éviter les écueils et les épaves, sans compter les dangereux icebergs.
- Enfin les radio-goniomètres permettent le repérage de la position d’un navire ou de navires voisins.
- LES DERNIERS PROGRÈS DE LA RADIO-TECHNIQUE MARITIME
- La construction des appareils d’émission et de réception employés sur les navires, et spécialement, sur les paquebots a suivi, naturellement, les progrès généraux de la radio-technique. Les perfectionnements les plus marqués
- Fig. 1. — La cabine de T. S. F. de VIle-de-France.
- Au premier plan : la table de manipulation; en arrière : le meuble contenant l’ensemble des appareils d’émission.
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- sont dus, comme pour les communications terrestres, à l’emploi de la gamme des ondes courtes de 15 à 60 m de longueur environ.
- Grâce à elles, on a pu réaliser des communications radiotélégraphiques à grande distance avec des puissances très réduites, et, surtout, ce qui paraît peut-être encore plus remarquable à la masse du public, on a pu obtenir des transmissions bi-latérales en téléphonie sans fil.
- Les perfectionaements de la radio-technique ont également permis de idéaliser de nouveaux dispositifs de sécurité automatique et de satisfaire à certains besoins spéciaux de la navigation.
- LES APPAREILS RÉGLEMENTAIRES DE T. S. F.
- A BORD DES PAQUEBOTS
- Les règlements de la navigation imposent aux paquebots un poste radio-télégraphique émetteur à lampes pouvant transmettre sur des longueurs d’ondes assez élevées, et aussi un appareil d’ancien modèle, à ondes amorties, émettant sur des longueurs d’ondes déterminées par les règlements, de 500 à 900 m.
- Les appareils à ondes courtes, qui permettent les communications téléphoniques et les réceptions de presse, sont donc, jusqu’à présent, des appareils en quelque sorte, auxiliaires, qui n’en ont pas moins un intérêt très grand.
- Considérons, par exemple, l’installation radio-électrique du paquebot « Ile-de-France » mise en service en 1927, mais récemment modernisée.
- Elle comporte, tout d’abord, un poste radio-télégraphique à lampes, pouvant émettre en ondes entretenues et en ondes entretenues modulées sur les quatre longueurs d’onde de 1800, 2000, 2100, 2400 m.
- Le passage de l’une à l’autre de ces ondes réglé une fois pour toutes, est instantané, et il est réalisé au moyen d’un commutateur spécial. La portée moyenne en trafic, est d’environ 2000 milles (3700 kilomètres) et la puissance mise en jeu de 1500 watts-antenne.
- L’alimentation de ce poste est assurée par deux groupes convertisseurs fonctionnant sur le courant continu du bord à 220 volts.
- Les organes d’émission proprement dits sont disposés dans trois meubles; le premier contient les valves diodes de redressement avec les transformateurs d’alimentation, les systèmes de filtrage ; le deuxième renferme les lampes oscillatrices, avec la batterie de condensateurs du circuit d’entretien, les commandes et organes de réglage.
- Le troisième, enfin, renferme les bobinages d’entretien d’oscillations avec un commutateur spécial, pour le choix rapide d’une des quatre longueurs d’onde réglées à l’avance.
- A ce poste correspond une antenne principale, constituée par un seul câble en bronze toroné de 140 m de long, tendu horizontalement entre les deux mâts du paquebot, à 30 m de la passerelle haute.
- La descente d’antenne est formée par un deuxième câble issu du milieu du précédent, et aboutissant à l’entrée du poste situé sur le toit de la cabine du poste de T. S. F.
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- Ecoc teurs
- Fig. 2. — Le récepteur pour trafic normal employé à bord de /’lle-de-France (poste S. F. R.)
- Le deuxième poste réglementaire du paquebot est un appareil radiotélégraphique à ondes amorties d’une puissance de 2,5 kilowatts. La simple manœuvre d’un volant permet d’émettre sur les quatre longueurs d’onde de 500, 600, 800 et 900 m. Les portées diurnes sont de l’ordre de 500 milles (925 km). Les organes d’émission forment un ensemble placé dans un châssis métallique
- (fig- !)
- L’alimentation est assurée par un groupe convertisseur fonctionnant sur le courant continu 220 volts du bord. La manipulation s’effectue sur le circuit primaire d’un transformateur ; les ondes sont engendrées par la décharge d’un condensateur à travers un éclateur à étincelles fractionnées. L’émission se fait par excitation indirecte de l’antenne, la même que celle de l’appareil précédent.
- Cette alimentation est doublée, par mesure de sécurité, par une alimentation de secours à puissance réduite assurée par un groupe convertisseur fonctionnant sur
- Fig. 3. — Plan de la cabine de T. S. F. de Z’Ile-de-France,
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- une batterie d’accumulateurs. La portée diurne est alors de l’ordre de 370 km seulement.
- A ces deux émetteurs réglementaires, qui assurent le service normal de bord, correspond un appareil permettant la réception, à l’aide de l’antenne principale, des ondes amorties et des ondes entretenues d’une longueur comprise entre 400 et 8000 mètres.
- Ce récepteur comporte un système résonnant à deux circuits d’accord et un amplificateur à trois lampes, un étage d’amplification à haute fréquence à résonnance, un étage détecteur et une lampe amplificatrice à basse fréquence d’un modèle, d’ailleurs, très simple (fig. 2). S’il est besoin, le système d’accord peut être utilisé
- comme appareil de secours avec détecteur à galène, ce qui permet la réception des émissions sur ondes amorties.
- Les manœuvres des postes d’émission sont effectuées automatiquement à l’aide de contacteurs contrôlés, soit par des boutons, soit par des clefs, assemblées à portée de la main de l’opérateur sur un meuble de manipulation (fig. 1).
- Sur un grand paquebot moderne, le poste de T. S. F. occupe donc une surface assez grande. On trouve sur l’Ile-de-France 4 pièces réservées à l’installation des différents groupes émetteurs et récepteurs. La cabine de T. S. F. proprement dite renferme les appareils émetteurs et récepteurs; elle est accolée à un salon d’attente et à une
- salle de réception de presse, une salle des machines est placée immédiatement au-dessous de cette cabine (fig. 3).
- En dehors des postes principaux du bord, il faut également faire mention des installations de secours émet-trices et réceptrices, dont sont munis les canots automobiles de sauvetage. Les émetteurs à ondes amorties,transmettent sur une longueur d’onde de 600 m et ont des portées de 100 milles (185 km).
- LA TÉLÉPHONIE SANS FIL A BORD DES PAQUEBOTS
- Les communications maritimes se font toujours par radiotélégraphie et non en radiotéléphonie; la téléphonie sans fil, en effet, n’a aucun intérêt pour la plupart des radiocommunications commerciales ou utilitaires, par suite de sa portée relativement faible, des difficultés de la compréhension exacte des messages et de la lenteur des transmissions. Comme on l’a fait remarquer bien souvent, si la radiophonie avait été inventée avant la radiotélégraphie, on aurait vu en celle-ci un progrès admirable !
- La téléphonie sans fil offre cependant pour les passagers des paquebots et même pour le personnel navigant, des avantages pratiques et psychologiques certains. Grâce à elle, on peut non seulement réaliser des communications avec les autres navires et avec les postes côtiers, mais encore établir des conversations régulières entre un passager et un abonné du réseau téléphonique de n’importe quel pays; inversement un abonné d’un réseau quelconque pourrait communiquer avec n’importe quelle cabine d’un paquebot.
- Des essais fort intéressants de téléphonie sans fil maritime ont été effectués en France en 1931, entre un poste émetteur et récepteur installé à Trappes, et un poste émetteur récepteur placé sur le paquebot Berengaria.
- On employait des ondes courtes dirigées : les longueurs d’ondes utilisées étaient de 19 m le jour et 8 m la nuit, et la puissance moyenne antenne du poste. terrestre à régulateur au quartz d’environ 1 lcw.
- L’antenne émettrice, d’ühe 1/2 longueur • d’onde, c’est-à-dire de 9 m 50 pour 19 m était alimentée par le milieu, et l’on changeait la direction du faisceau de l’antenne suivant la direction«i#ü transatlantique au cours de la traversée. La réception à la station terrestre était assurée par .un récepteur super-hétérodyne, et il en était de même, sur le navire, mais là l’antenne réceptrice était verticale, et de modèle simple, tandis que l’antenne terrestre était disposée en grecque et dirigée.
- Le poste émetteur du navire, d’une puissance de 300 w était muni d’une antenne horizontale suspendue entre les cheminées et les longueurs d’onde adoptées étaient de 17 m pour le jour, 36 m pour là nuit.
- Les longueurs d’onde employées pour la transmission entre la terre et le navire, et entre le navire et la terre
- Fig. 4. — Le poste émetteur de téléphonie sans fil sur ondes courtes fonctionnant à bord de Z’Ile-de-France (poste S. F. R.)
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- ne doivent évidemment pas être les mêmes; grâce à l’extrême sélectivité des récepteurs employés, il est possible d’éviter tout brouillage entre les deux bandes de fréquences.
- A la station réceptrice terrestre, il est indispensable d’employer, outre le poste radiophonique ordinaire, un dispositif permettant d’établir une liaison bilatérale entre les appareils radio-électriques et le réseau téléphonique normal. Un. opérateur suit la conversation et règle à chaque instant les amplificateurs; d’autre part, des dispositifs additionnels suppriment les chocs et sifflements qui pourraient se produire ; ce sont simplement les courants vocaux engendrés par la conversation, qui, au moyen d’un système de relais, ouvrent la voie utile et ferment l’autre; on ne peut donc être gêné à l’écoute par l’écho de sa propre voix.
- Aujourd’hui un grand nombre de paquebots sont munis de dispositifs de téléphonie sans fil sur ondes courtes très perfectionnés ; à l’étranger nous indiquerons, par exemple, les paquebots Olympic, Majestic et Homeric, dont les installations datent de 1930. En 1931, les paquebots Empress of Britain et Monarch of Bermuda ont été également équipés, puis le Deutschland, le Bremen, Y Europa, Y Albert Ballin, le Hambourg, le New-York, le Bex et le grand paquebot italien Conte di
- Fig. 5. — Le poste récepteur à changement de fréquence, pour la téléphonie sans fil sur ondes courtes, à bord de /’Ile-de-France (poste S. F. R.)
- Fig. 6. — Une des installations radioélectriques maritimes les plus récentes.
- L’équipement qui avait été installé à bord de VAtlantique. Les dimensions de la salle, l’importance des différents appareils font plutôt penser à la « centrale » d’un poste émetteur de grande puissance qu’à la cabine de T. S. F. d’un paquebot!
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- Fig. 7. — Le sélecteur auto-alarme Chauveau S. F. R.
- A gauche, le coffret fermé; à droite le coffret ouvert; on voit en bas le récepteur de T. S. F. avec à gauche le système d’accord; au-dessus le châssis des relais; en haut et en avant le
- thermostat.
- Savoia; un centre radiotéléphonique spécial a, d’ailleurs, été établi aux Etats-Unis, à Ocean-Gate (New-Jersey), pour la réception des émissions transatlantiques.
- Les sans-filistes français ont pu se rendre compte d’une manière saisissante de l’intérêt et des progrès de la téléphonie sans fil maritime lorsque le 19 avril dernier, ils entendirent dans la soirée l’allocution prononcée par M. Édouard Herriot. Ce dernier, envoyé en mission aux États-Unis, se trouvait alors sur Y Ile-de-France à une distance de plus de 1300 milles des côtes françaises, et sa voix transmise sur ondes courtes, puis retransmise par le poste Radio-Paris, fut fort bien comprise.
- Comment est installé le poste de Y Ile-de-France, qui a permis ce résultat vraiment remarquable ?...
- Le poste émetteur a une puissance de 500 w environ, et il comporte un système « maître oscillateur » stabilisé par quartz pouvant assurer quatre longueurs d’onde dans la gamme de 16 à 75 m. Il est pourvu d’un étage oscillateur, de deux étages doubleurs de fréquence, de deux étages d’amplification, d’un étage de modulation et d’un étage de sous-contrôle, avec un tableau général de commande et de contrôle de toutes les manœuvres (fig. 4).
- Le système récepteur n’est pas moins intéressant; il est, en effet, du type à changement de fréquence précédé d’un système à amplification directe.
- Il comporte ainsi un étage d’entrée à lampe à écran, 4 étages à lampes neutrodynées, un étage à changeur de fréquence à lampe bigrille.
- L’amplificateur de moyenne fréquence comprend un étage à résistance relié au circuit filtre, un étage à filtre passe-bande, un étage à résistance, un étage de détection linéaire, un système compensateur anti-fading. L’amplification basse fréquence est assurée par un étage basse fréquence à transformateur et un étage de sortie push-pulî; une hétérodyne séparée permet la réception des émissions sur ondes entretenues (fig. 5).
- Ce système récepteur permet de couvrir la gamme de 17 à 75 m, et grâce à une liaison avec le standard téléphonique du bord, il permet d’obtenir les résultats suivants :
- 1° Mise en liaison de la cabine téléphonique de l’abonné avec le système récepteur-émetteur.
- 2° Liaison téléphonique autonome entre le standard qui donne la communication à l’abonné et l’opérateur de
- T. S. F.
- 3° Contrôle d’une conversation bilatérale, soit à partir de la salle d’exploitation, soit à partir du standard.
- Malgré les progrès des installations, malgré les facilités merveilleuses de propagation des ondes courtes, il ne faut pas croire que les transmissions soient toujours possibles; les perturbations atmosphériques et les saisons ont une influence souvent pernicieuse; néanmoins la moyenne des communications actuellement possibles jusqu’à une distance de l’ordre de 1500 milles environ est fort encourageante, et le temps n’est sans doute pas éloigné où les passagers pourront, en tout temps, communiquer aisément avec n’importe quel abonné de France, d’Europe ou des États-Unis.
- LES APPAREILS D’ALARME AUTOMATIQUES
- La conférence internationale de T. S. F. de Washington adécidé que le signal réglementaire de détresse SOS serait complété par un signal supplémentaire, dit signal d'alarme employé uniquement pour annoncer la transmission prochaine du signal de détresse.
- L’emploi de ce signal d’alarme rend possible l’utilisation d’appareils avertisseurs, simples, automatiques à bord de navires où la veille n’est pas obligatoire.
- Le signal d’alarme est d’une durée de 1 minute, il est formé de 12 traits de 4 secondes séparés par des intervalles d’une seconde; l’expérience a montré, d’ailleurs, qu’un sélecteur automatique, destiné à enregistrer ces traits de 4 secondes, peut être considéré comme satisfaisant s’il est capable de saisir 3 traits consécutifs de 4 secondes parmi la série des 12 traits du signal d’alarme.
- La très grande majorité des navires en mer ont à bord un seul opérateur de T. S. F. qui ne peut pas écouter en permanence; seuls les grands paquebots embarquent un personnel suffisant pour assurer un service continu. Il arrive ainsi que les appels de détresse sont manqués parles bateaux qui se trouvent à proximité du lieu d’un naufrage, et sont seulement captés par des navires plus éloignés qui doivent se détourner de leur route pour arriver parfois trop tard.
- On ne peut pourtant pas son,ger à imposer à tous les navires l’obligation d’une veille continue, beaucoup trop onéreuse. M, Chauveau, ingénieur à la Société française radioélectrique avait déjà, en 1927, inventé un système avertisseur automatique du signal de détresse réglemen-
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- taire SOS. Les appareils ainsi établis étaient très ingénieux et donnaient de bons résultats, mais ils étaient un peu complexes, en raison de la nécessité de fonctionner uniquement sous l’action d’un signal complexe. Grâce à l’application du nouveau signal supplémentaire d’alarme, il a été possible de les simplifier beaucoup; sous cette forme nouvelle, ils sont désormais adoptés sur de nombreux bâtiments français et étrangers.
- L’appareil récepteur Auto-Alarme comporte un récepteur spécial de T. S. F., un sélecteur et un dispositif intermédiaire, réunis dans une seule boîte métallique.
- La veille peut être assurée sur une plage de longueurs d’onde étendue suivant les besoins, et un système récepteur à trois lampes, alimenté par batteries est connecté à un relais Baudot utilisé pour commander le sélecteur.
- Sans nous étendre sur le fonctionnement du système, indiquons que durant le temps d’une réception quelconque, le bras du relais Baudot vibre constamment contre son contact de travail, et commande le sélecteur.
- =J=-.......1..1.1. .:...".. — 345 ==
- Ce dernier est destiné à déclencher une sonnerie, quand 3 traits consécutifs de 4 secondes espacés par des intervalles d’une seconde sont enregistrés ; en pratique, comme le signal d’alarme peut être manipulé à la main, il est nécessaire que l’appareil permette une certaine tolérance sur la régularité des signaux.
- Le système permet de mesurer la durée des traits, de contrôler le nombre des traits, et de mesurer les intervalles pour chacun des traits.
- La première opération est effectuée au moyen d’un pendule réglé pour battre à la seconde, et dont les battements sont contrôlés par différents relais de commande.
- Le nombre des traits reçus est établi au moyen de relais enregistreurs, et, enfin, la mesure des intervalles qui sépare chacun des traits est obtenue au moyen d’un système à thermostat.
- Le fonctionnement de l’appareil est absolument automatique, et son entretien peut être assuré par des opérateurs non spécialisés. P. Hémardinquer.
- === LES RAIES SPECTRALES =
- ET LEURS APPLICATIONS ASTRONOMIQUES
- II. - LES APPLICATIONS ASTRONOMIQUES DE L’ANALYSE SPECTRALE
- LA COMPOSITION CHIMIQUE DU SOLEIL
- Dès la découverte de l’analyse spectrale, on a songé à l’appliquer à la détermination de la composition chimique des étoiles.
- Par suite de la haute température des astres, leurs constituants doivent être entièrement à l’état gazeux. Mais le champ de gravitation d’une étoile est extrêmement intense, ce qui fait qu’à son centre, ce gaz est comprimé à une pression énorme, infiniment plus grande que celles que nous pouvons réaliser en laboratoire. Plus on s’éloigne du centre, plus la pression diminue, ainsi que cela se produit pour l’atmosphère terrestre, et les dernières couches de l’étoile (chromosphère) sont constituées par un gaz très dilué.
- Nous connaissons mal les propriétés que présente la matière à haute température et haute pression, mais on peut déduire par extrapolation qu’elles doivent
- — au point de vue spectroscopique tout au moins — se rapprocher de celles d’un liquide plutôt que de celles d’un gaz. On constate en effet, en laboratoire, que le spectre d’un gaz est formé de lignes d’autant plus floues qu’il est plus comprimé. Or la lumière des étoiles fournit un spectre de bande. Mais la couche extérieure de gaz dilué joue le rôle de couche renversante; ce spectre porte donc les raies d’absorption caractéristiques des éléments se trouvant dans la chromosphère.
- ^'L’étude spectrale du Soleil a montré que sa périphérie contient les mêmes éléments que la Terre. Ceci n’a rien d’étonnant puisque celle-ci —ainsi que les autres planètes
- — est un fragment détaché de la périphérie du Soleil.
- Les planètes n’ont pas de lumière propre; elles ne font que réfléchir celle du Soleil. Elles doivent donc fournir le même spectre que lui. Toutefois, les gaz qui les entou-
- Fig. 1. — Les spectres types de la classification de Harvard College.
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- rent ajoutent à ce spectre de nouvelles raies d’absorption. Ceci a permis d’étudier l’atmosphère des différentes planètes. On a ainsi mis en évidence que la Lune n’a pas d’atmosphère, que celles de Saturne et de Jupiter contiennent beaucoup de vapeur d’eau, etc.
- LA COMPOSITION DES ÉTOILES AUTRES QUE LE SOLEIL. — CLASSIFICATION.
- L’étude spectroscopique des étoiles a montré que leurs chromosphères sont composées d’éléments qui tous se retrouvent sur terre; mais la composition des différentes étoiles est très variable. Les bleues fournissent uniquement les raies de l’hélium, les blanches celles de l’hydrogène, les jaunes — tel le Soleil — contiennent des métaux et les rouges sont les seules à contenir des combinaisons chimiques. C’est sur ces faits qu’est basée la classification des étoiles. Cette classification a pour les astronomes une importance énorme, elle sert de fondement aux théories de l’évolution stellaire.
- Tous les astronomes utilisent actuellement la classification de Miss Cannon de l’observatoire de Harvard College. Elle répartit les étoiles en 11 classes dont 5 contiennent des étoiles très peu nombreuses. Les 6 classes principales sont désignées par les lettres B. A. F. G. K. M. Nous donnons ci-dessous une représentation des spectres types de chacune de ces classes (fig. 1). Le tableau ci-dessous résume leurs principales caractéristiques.
- Propriétés des 6 principales classes d'étoiles.
- Classe. Couleur. Tempéra- ture environ. Proportion environ. Principaux constituants.
- B Bleues 18.000° 12% Hélium
- A Blanches 12.000° 22% Hydrogène
- F » 9.000° 20% Hydrogène/Cal- cium
- G Jaunes 7.000° 16% Calcium/Fer/Titane et autres métaux
- IC Jaune foncé 5.000° 27% Métaux
- M Rouges 4.000° 3% Combinaisons chimiques (principalement oxyde de titane).
- ÉVALUATION DE LA TEMPÉRATURE . DES ÉTOILES. — DEGRÉ D’IONISATION DE LEURS ATOMES
- Ainsi que nous l’avons exposé dans un article précédent (x), lorsque la température d’un corps dépasse une certaine limite, une partie de ses atomes sont ionisés, c’est-à-dire ont perdu un électron. Les raies spectrales fournies par up atome’ionisé sont différentes de celles qu’il fournit à l’état neutre. En élevant encore plus la température, on peut obtenir des atomes deux fois ionisés qui se distinguent spectroscopiquement des
- 1. La Nature, 1932, p. 208.
- précédents. Le spectre d’un élément varie donc avec la température. On peut produire en laboratoire des températures allant jusqu’à 5000° et les mesurer au moyen de pyromètres. Ceci permet de déterminer les spectres des éléments à diverses températures. On utilise pour ce faire les sources de chaleur suivantes :
- Flamme (bec de Bunsen)
- Flamme (chalumeau oxhydrique)
- Arc électrique Étincelle électrique.
- Ceci permet de faire varier la température entre 2000° et 5000° absolus. En comparant les spectres ainsi obtenus avec ceux des étoiles, on peut estimer les températures de celles-ci. Malheureusement, cette méthode ne s’applique qu’aux étoiles rouges dont la température est de l’ordre de 3000° à 4000° absolus. Toutes les autres étoiles se trouvent à des températures plus élevées que celles que nous pouvons produire en laboratoire.
- Plusieurs méthodes de détermination des températures stellaires qui ne sont pas basées sur la spectroscopie ont été proposées; elles ne rentrent pas dans le cadre de cet article.
- Mais une méthode spectroscopique d’une application beaucoup plus générale que celle que nous avons exposée ci-dessus a été mise au point par M. Meg Nad Saha. Ce savant remarque que le degré d’ionisation d’un corps dépend de deux facteurs : sa température et sa pression, une élévation de température augmentant l’ionisation et une élévation de pression la diminuant. M. Saha a établi — en admettant que l’ionisation suivait les mêmes lois que la dissociation — une formule qui permet de prévoir le degré d’ionisation en fonction de la température et delà pression. En faisant une hypothèse sur la pression de la couche renversante des étoiles, il a pu déterminer leur température d’après leur spectre sans faire intervenir une comparaison avec des spectres obtenus en laboratoire. Les températures indiquées dans le tableau ci-dessus ont été déterminées par cette méthode. Ces températures concernent, bien entendu, la chromosphère de l’étoile. Dans le centre de celle-ci elles sont infiniment plus élevées : Eddington estime qu’elles sont de plusieurs dizaines de millions de degrés.
- ÉLÉVATION DE LA DISTANCE DES ÉTOILES
- M. Walter S. Adams a basé sur la théorie de Saha une méthode d’évaluation de la distance des étoiles.
- La sensation lumineuse que procure à notre œil une étoile dépend de deux facteurs : son éclat réel et la distance à laquelle elle se trouve. Les astronomes nomment grandeur apparente d’une étoile la mesure de cette sensation suivant une échelle conventionnelle. La grandeur apparente d’une étoile est donc d’autant plus forte qu’elle a plus d’éclat, et d’autant plus faible qu’elle est plus éloignée. On définit la grandeur absolue d’une étoile comme étant la grandeur apparente qu’elle aurait si elle se trouvait distante de nous de 32 années-lumière.
- Il existe donc une relation entre ces trois caractéristiques d’une étoile : grandeur apparente, grandeur absolue et distance. Lorsque deux d’entre elles sont connues on peut calculer la troisième. La grandeur apparente
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- peut toujours être déterminée puisqu’elle est une mesure de la quantité de lumière visible que nous envoie l’étoile. La distance peut être déterminée trigonométriquement pour les étoiles les plus rapprochées de nous; on peut alors calculer leurs grandeurs absolues. Mais la méthode trigonométrique n’est applicable qu’à une faible proportion des étoiles connues : celles qui sont le plus rapprochées du système solaire. La méthode de Walter S. Adams permet de déterminer spectroscopiquement la grandeur absolue d’une étoile; on peut alors en calculer la distance en fonction des grandeurs apparentes et absolues. Cette méthode a sur la méthode trigonométrique l’immense avantage de pouvoir s’appliquer à toutes les étoiles dont on peut photographier le spectre.
- Elle est basée sur le fait d’observation que les spectres des différentes étoiles présentent des paires de raies dont les intensités ont un rapport proportionnel à la grandeur absolue de l’étoile. Ce fait s’explique de la manière suivante : ainsi que nous le disions plus haut, un élément fournit des spectres différents suivant qu’il est neutre, ionisé une fois ou deux fois, etc. Le spectre d’une étoile présente généralement les raies de l’atome neutre et celles des atomes ionisés. L’intensité de ces raies est naturellement proportionnelle au degré d’ionisation. Or nous avons vu que celui-ci dépend de deux facteurs : la température et la pression. D’un autre côté, on démontre en astronomie que les poids des étoiles varient entre des limites assez rapprochées. Leurs dimensions dépendent
- donc de la pression des gaz qui les constituent. Il en résulte qu’une étoile très grande sera formée de matière très diluée (1), ses atomes seront donc ionisés en forte proportion, et son spectre, comparé à celui d’une étoile plus petite de même classe, présentera des raies d’étincelles relativement intenses et des raies d’arc relativement faibles.
- Cette méthode permet de déterminer les distances avec une précision que les astronomes évaluent à 20 pour 100.
- Les étoiles les plus rapprochées de nous sont encore si lointaines que dans le plus puissant des télescopes, elles ne nous apparaissent que comme un point lumineux. Dans aucun cas, l’observation directe ne nous renseigne sur les dimensions des étoiles. Ce rayon lumineux condensé par le télescope est le seul message qu’elles nous envoient, la seule base expérimentale des études astronomiques. L’étude approfondie de ce rayon lumineux par les méthodes de la physique moderne, la connaissance de la constitution intime des atomes et de ses relations avec les émissions et absorptions d’énergie qu’ils sont capables de réaliser, ont permis de tirer des conclusions remarquables sur ces astres si lointains. La spectro-scopie joue — ainsi que nous espérons l’avoir montré — un rôle prépondérant dans ces études.
- Y. Mayor.
- 1. Betelgeuse a une densité d’environ * - d’atmosphère.
- I«uUU.UUv
- : APPLICATION DES METHODES E DE PROSPECTION ÉLECTRIQUE
- A L’ÉTUDE DES PROJETS DE TRAVAUX PUBLICS
- I. — EXPOSÉ
- Dans son numéro 2911 du 15 Août 1933, La Nature a défini et indiqué le mode d’application des méthodes de prospection électrique du sol. Elle a montré également les services considérables que ces procédés ont rendus, notamment pour localiser les richesses pétrolifères. Ils doivent surtout leur intérêt à ce qu’ils permettent de déterminer en profondeur, la structure et la forme du terrain que l’on prospecte. C’est ce qu’on appelle sa tectonique.
- On conçoit, dès lors, qu’il était attrayant de chercher à appliquer ces mêmes méthodes à l’étude de la décomposition des roches et de leur perméabilité, pour savoir si elles se prêtent à l’établissement de grands travaux publics : barrages, tunnels, etc...
- Au cours de ces dernières années, on a vérifié l’exactitude de cette conception. Celle-ci a déjà rendu des services considérables pour déterminer la position la plus favorable de barrages, eu égard à la nature du sous-sol sur lequel ces grands ouvrages d’art étaient destinés à prendre appui. C’est le cas, en particulier, du barrage de Littleton (New Hampshire) sur la rivière Connec-
- ticut et celui de Sarrans, dit généralement de la Truyère, dans le département de l’Aveyron.
- MM. Schlumberger ont montré, en effet, qu’il s’établit le plus souvent un parallélisme entre, d’une part la résistance mécanique d’une roche et, d’autre part sa résistivité électrique. Ceci se conçoit fort bien. Les roches ne conduisent le courant électrique que par l’eau d’imbibition qu’elles contiennent. Si elles étaient parfaitement sèches, elles seraient strictement isolantes. Une roche est d’autant plus conductrice qu’elle contient plus d’eau et que cette eau, elle-même, est plus riche en sels dissous.
- Si une roche est très compacte, la quantité d’humidité qu’elle contient est excessivement petite et par suite sa résistance spécifique est considérablerCeci est vrai pour des roches comme le granit, le gneiss, le marbre et, en général, toutes les roches métamorphiques compactes, dans lesquelles les vides ou pores ne constituent qu’une très minime fraction du volume total. Au contraire, les roches qui contiennent une quantité appréciable d’eau, comme les argiles, les marnes, les calcaires tendres, ainsi que les zones brouillées et les failles humides, présentent
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- une faible résistivité. Ces différences sont précisées par les quelques chiffres suivants.
- Les argiles et les formations argileuses non consolidées donnent en général des résistivités qui ne dépassent pas 10 à 30 ohms. Les terrains argilo-calcaires sont caractérisés par des chiffres compris entre 20 et 400 ohms. Les masses éruptives ou métamorphiques peuvent avoir des résistivités allant de 200 à 2000 ohms et même plus, suivant leur plus ou moins grande compacité. Pour ce qui est des sables, leur résistivité varie grandement en fonction de leur sécheresse et des impuretés qu’ils contiennent.
- Le cas des sables siliceux, qui sont électriquement très résistants et mécaniquement sans aucune solidité, fait naturellement exception. Toutefois, même dans ce cas, une étude électrique est loin d’être sans intérêt; elle permet de différencier les matériaux imperméables comme les argiles, des matériaux perméables comme les sables et les graviers.
- II. —EXEMPLE D’APPLICATION
- L’exemple qui nous intéresse le plus est évidemment celui qui se rapporte au barrage en cours de construction sur la Truyère, affluent du Lot.
- Cet ouvrage, actuellement en construction, est du type barrage-poids et aura environ 105 m de hauteur. Le mur aura un volume de 450 000 m3, avec fruit amont de 0,03 et fruit aval de 0,77. On a admis une sous-pression de 0,75 pour une densité moyenne de béton de 2,325. L’axe du barrage est légèrement incurvé, avec un rayon de 475 mètres. Tout l’ouvrage reposera sur un granité à mica noir àvec gros cristaux de feldspath, type fréquent dans le Massif Central.
- L’emplacement du barrage avait été étudié avec grand soin pendant six mois par des sondages rotatifs, qui avaient révélé des zones décomposées, mais locales.
- Les mesures de prospection électrique, suivant la méthode Schlumberger, auxquelles on a procédé en près de 500 points, ont permis de dessiner une carte (fig. 1) avec courbes d’équirésistivité du sol. Celle-ci est un peu l’équivalent d’une carte géologique, en ce sens que les différentes roches, au lieu d’être notées sous leurs noms génériques (et dans le cas particulier sous leur état de fraîcheur) y sont simplement caractérisées par un paramètre électrique.
- Cette carte se lit'aisément lorsque l’on se reporte à la valeur de la résistivité des roches que nous avons mentionnée à la fin du chapitre précédent. On en déduit ainsi que la roche Perdrière, dont la résistivité varie entre 5000 ohms-mètres et 20 000 ohms-mètres est constituée
- par un granité sain dans sa plus grande partie. Toutefois, le versant droit se montre très inférieur au versant gauche, en ce qui concerne l’imperméabilité de la masse rocheuse. Pour atteindre la roche saine, les forages ont dû parfois descendre jusqu’au delà de 50 m à partir du fond du parafouille.
- Ainsi, dans l’ensemble, en comparant les deux versants, la valeur des résistivités varie parallèlement à l’imperméabilité moyenne de la roche.
- III. - INTÉRÊT DE LA PROSPECTION ÉLECTRIQUE POUR LES PROJETS DE TRAVAUX PUBLICS
- La méthode électrique ne supprime pas l’exploration par forages; elle permet simplement de bien l’orienter et d’en déduire l’importance. Quelques forages de contrôle sont toujours nécessaires, ne serait-ce que pour donner une idée de la précision du diagnostic électrique et pour éliminer toute erreur systématique.
- Les exemples que voici, empruntés à M. Schlumberger, montreront, par ailleurs, la vitesse et l’économie de cette méthode d’investigation de la nature des terrains.
- A Morrisburg (Ontario) pour l’étude d’une position de barrage sur le Saint-Laurent, et à Masson (près de Québec) pour un projet de tunnel dans la vallée de Lièvre-River, les travaux furent effectués chacun en 30 jours de travail. Au cours de ces deux explorations, on procéda à 170 déterminations de profondeur pour un prix total de 250 000 francs. Ces chiffres montrent qu’en moyenne 2,8 déterminations de profondeur furent réalisées par jour de travail, et ceci, bien que l’une de ces études ait eu lieu au cours de la mauvaise saison canadienne, dans des conditions météorologiques fort désavantageuses. Le prix de revient d’une détermination de profondeur ressort à un peu plus de 1400 fr, ce qui est un chiffre modique, compte tenu des salaires élevés payés au Canada et du prix des forages mécaniques, en particulier dans les argiles glaciaires contenant de gros blocs sur lesquels glisse le trépan. A titre d’exemple, dans une étude effectuée aux environs de Littleton (New Hampshire U. S. A.) un seul sondage, tombé sur des gros blocs roulés, ne put atteindre le bed-rock et coûta uhk total de 200 000 fr, soit sensiblement la somme payée par la même compagnie pour la prospection électrique complète de deux emplacements de barrage.
- La prospection électrique paraît appelée à devenir un auxiliaire indispensable pour l’étüde du sous-sol. L’empirisme rudimentaire du sourcier est devenu une science. Ch. Berthelot.
- Echelle
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- Courbe d'egui resisti vite en ohms-metre Courbe de niveau à la surface du sol
- Fig. 1. — Carte des résistivités du sol à l'emplacement du barrage de Sarrans.
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- LE RAVITAILLEMENT DE PARIS =
- Le ravitaillement de Paris en nourriture est un des problèmes les plus intéressants à étudier à de multiples points de vue.
- Comme l’agglomération parisienne est un énorme centre urbain n’ayant aucune production agricole, uniquement consommateur, dont la population groupée atteint le nombre de 8 à 10 millions de personnes, soit près du quart de la population totale de la France, les recensements qu’on y peut établir ont une valeur, une précision qu’on ne peut trouver dans les statistiques générales du pays.
- Tandis que les données de consommation globale ne permettent pas de séparer la part qui est strictement affectée aux hommes de celle, constamment variable, attribuée au bétail, notamment en ce qui concerne les grains, le lait, les statistiques recueillies par la Préfecture de la Seine, les contrôles de l’octroi de Paris, les surveillances établies aux Halles centrales par la Préfecture de Police, les relevés de transport des réseaux de chemins de fer fournissent, tout au moins pour certaines denrées, des masses de documents dont le dépouillement et les recoupements offrent une vue plus précise des problèmes d’alimentation et de ravitaillement.
- Les physiologistes s’en sont servis à plusieurs reprises, tant pour connaître la consommation journalière d’un habitant de Paris que pour conseiller les services chargés de prévoir des approvisionnements. C’est ainsi qu’Armand Gautier (x), puis Charles Richet, puis René Legendre (2) ont longuement examiné ces bilans.
- Du point de vue économique, le mouvement d’affaires créé par les besoins d’une agglomération telle que Paris ne présente pas moins d’intérêt. En fixant à 8 francs environ la dépense journalière actuelle de nourriture de chaque individu, on aboutit à un chiffre d’achats de l’ordre de 70 millions par jour, ou de 25 milliards par an pour toute l’agglomération parisienne.
- Enfin, du point de vue social, il n’est pas indifférent
- 1. A. Gautier. L’alimentalion et les régimes, 3° édition. Masson, Paris, 1908.
- . 2. R. Legendre. Alimentation et ravitaillement. Masson. Paris, 1920.
- Fig. 2. — Répartition des dépôts de pasteurisation de lait ravitaillant la région parisienne. Nombre de dépôts par département.
- Juillet
- Fig. i. — L’expérience de M. Alquier sur les variations de consommation du pain selon la qualité des farines.
- de noter les changements d’alimentation que révèlent les statistiques, ni de prévoir les moyens d’assurer un ravitaillement abondant et régulier, quelles que soient les circonstances qui puissent se présenter.
- Certes, les données ainsi recueillies présentent encore une part d’aléa difficile à préciser. Tous les transports ne se font pas par chemins de fer; tous les échanges n’ont pas lieu à l’intérieur des barrières de l’octroi de Paris; tous les apports ne sont pas consommés dans la région parisienne, une part est redistribuée dans tout le pays, une autre transformée en nouveaux produits. Quoi qu’il en soit, le « ventre de Paris » mérite qu’on le regarde attentivement. C’est ce que vient de faire la Société des Agriculteurs de France qui a consacré à cette étude sa session générale de 1933.
- Œuvre utile, parce que des chiffres valent mieux que des impressions, des sentiments, des théories pour juger de tous les problèmes économiques : vie chère, rôle des intermédiaires, choix d’une économie « dirigée » ou « fermée », orientation des productions, problèmes de transports, etc. Œuvre remarquable, puisque le rapporteur général fut M. Ambroise Rendu (*).
- Celui-ci groupa tous les renseignements possibles sur le ravitaillement en pain, en vin, en sucre, en lait, en beurre et fromages, en viandes, œufs, volailles, gibiers et poissons. Nous n’aurons qu’à suivre pas à pas son exposé.
- BLÉ, FARINE, PAIN
- Legendre, examinant les statistiques de la France depuis 1832, avait déjà signalé la diminution lente et continue de la consommation du blé tandis que celle de viande et de vin augmente. Le phénomène est encore plus marqué à Paris où M. A. Rendu ne relève qu’une
- 1. Ambroise Rendu. •— Le ravitaillement de Paris. Revue des Agriculteurs de France, avril 1933.
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- Fig. 3. — Origine des beurres français expédiés aux Halles de Paris en 1931. Expéditions annuelles en tonnes.
- consommation annuelle de 130 kg de pain par habitant, au lieu de 190 pour toute la France. Le département de la Seine a besoin cependant de 1 350 000 kg de farine par jour, qui est transformée en pain et livrée au public par 3680 boulangers.
- Les blés dont on fait cette farine viennent d’un peu
- Fig. 4. — Provenance des fromages arrivés aux Halles de Paris en 1931. Expéditions annuelles en tonnes.
- partout, selon les récoltes, les saisons, les mesures administratives. Après une forte récolte comme celle de l’an dernier, ils sont uniquement du pays; après une récolte déficitaire, les blés indigènes sont mélangés d’un certain pourcentage de blés d’importation.
- La mouture se fait peu aux lieux de production, mais surtout dans quelques puissantes minoteries installées à Paris même et dans sa banlieue immédiate.
- L’administration de l’Assistance publique, qui a son moulin et sa boulangerie et qui nourrit à elle seule 45 000 personnes chaque jour,permet de juger de la consommation décroissante de pain. En 1913, elle devait distribuer 435 gr par tête et par jour; en 1929, elle n’avait plus à fournir que 287 gr, en 1931, 266, soit une réduction de 38 pour 100.
- On a beaucoup discuté des causes de cette réduction qu’on observe partout et depuis longtemps; est-ce un signe de mieux-être, d’alimentation plus variée, ou une preuve de la baisse de qualité du blé, de la farine ou du pain ? Dans une année excédentaire comme celle-ci, on voudrait augmenter, activer la consommation pour éviter les stocks, les difficultés de conservation, les aléas des reports. La Nature a déjà longuement examiné ce problème (*) et M. Rendu y revient en se servant des expériences récentes d’Alquier (*).
- Le directeur de l’Institut national agronomique a observé pendant 2 mois 156 personnes dont 104 enfants ignorant tout de la question du pain ; 80 appartenaient à des familles nombreuses parisiennes de petits bourgeois, fonctionnaires, ouvriers; il les a ravitaillés en pain préparé avec des farines connues. La consommation a présenté les variations que représente la fig. 1. selon la qualité des farines. Rien qu’un nettoyage avant mouture suffit à faire passer la moyenne journalière par personne de 380 gr à 415; l’addition de 20 pour 100 de blé riche en gluten l’amène à 417 gr. M. Alquier tire de son expérience la conclusion qu’il faut revenir à un régime de liberté de prix, de mouture et de panification. On ne peut que l’approuver et ajouter que l’État y trouverait une économie budgétaire avoisinant le milliard, et qu’il se libérerait, de beaucoup de risques et de soucis.
- LE VIN
- Chaque habitant de la région parisienne boit environ 200 litres de vin par an.
- Les statistiques indiquent pour la consommation totale :
- 1913.........................
- 1926 ...................... 10 418 154
- 1931-32
- 875 606 h§(||q|itres
- Seine............
- région parisienne
- 9 575 343 1 896 243
- C’est donc aujourd’hui plus de 10 millions ^hectolitres de vin qui affluent vers Paris, soit près du quart de la consommation totale du pays. En comptant ce vin à
- 1. R. Villers. — Le problème du bon pain. La Nature, n° 2894, 1er décembre 1932.
- 2. J. Alquier. — Variations comparées de la valeur boulangère des farines et de la consommation du pain. Bull. Société d'Hygiène alimentaire, XX, 1932.
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- 160 francs l’hectolitre, on obtient un chiffre d’affaires de 1 milliard 835 millions; en y ajoutant les vins fins, on dépasse 2 milliards.
- La consommation varie peu selon les saisons; elle est beaucoup plus sensible aux variations des prix.
- LE SUCRE
- La consommation du sucre est en progression constante. Dans la région parisienne, elle atteint 20 kg par personne et par an. Rien que pour le département de la Seine, cela fait 100 000 tonnes par an.
- LE LAIT
- La production nationale de lait a une valeur approximative de 14 milliards. Lin tiers va à l’élevage des veaux, un tiers est transformé en beurre et fromages, le reste est consommé en nature.
- 80 000 cultivateurs fournissent ie lait à la région parisienne; celui-ci est rassemblé dans 350 dépôts, répartis dans 35 départements, qui expédient environ 1,2 million de litres par jour. Ces dépôts s’étendent du Pas-de-Calais à la Vienne et de la Manche à la Meurthe-et-Moselle comme le montre la fig. 2.
- Dans le département de la Seine, le nombre des vaches laitières est insignifiant : on en comptait en 1931, 189 à Paris même et 4389 dans tout le département.
- La richesse en beurre du lait est passée, de 30 à 32 grammes par litre en 1910, à 38-39 grammes en 1931. De vastes organisations de ramassage, de nettoyage des récipients, de filtration et de pasteurisation du liquide, de réfrigération, permettent le transport à longues distances qui se fait de plus en plus en. wagons-citernes.
- La consommation du lait est en progression constante. Elle était de 358 millions de litres en 1926, de 365 en 1927, de 378 en 1928, de 391 en 1929, de 398 en 1930; elle a atteint 415 millions en 1931. L’organisation du ramassage s’est encore plus développée puisqu’elle est passée de 553 millions de litres en 1926 à 809 millions en 1931. Cela a conduit à des fabrications de plus en plus importantes de beurre et de fromages.
- Actuellement, la région parisienne est largement approvisionnée et les sautes considérables de vente, provoquées par les déplacements dominicaux ou de vacances d’une partie de la population sont amorties par les industries de transformation.
- Ces sautes sont considérables puisque la consommation d’août n’atteint pas 27 millions de litres, tandis que celle de mars, époque du carême, dépasse 38 millions.
- L’extension croissante du bassin laitier ravitaillant Paris a réduit fortement la culture du blé et les assolements qui sont progressivement remplacés par des prairies artificielles ou permanentes. En outre, le ramassage industriel du lait a supprimé en beaucoup de points l’élevage; les veaux y sont abattus tout jeunes, si bien que les régions herbagères d’engraissement doivent chercher leurs élèves dans des départements plus éloignés où l’élevage se développe. La concentration de population à Paris et aux environs conduit ainsi à un actif commerce intérieur et à une transformation des cultures.
- Fig. 5. — Les principales régions d’herbages.
- BEURRE ET FROMAGES
- En 1931, il est entré à Paris 44 millions de kg de beurre dont 10 millions seulement ont été vendus par les mandataires aux Halles. 17 millions ont été réexpédiés hors de la capitale. La consommation de Paris
- Fig. 6. — Origine des bovins arrivés au marché de la Villette en 1931. Nombre de bêles expédiées par département.
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- Fig. 7. — Régions d’approvisionnement du marché de la Villetle en veaux en 1931.
- dépasse 27 millions de kg qui sont fournis par les grandes laiteries, les beurreries de Normandie, les arrivages directs des fermes, les importations d’Argentine, de Danemark, de Lettonie, de Hollande. La fi g. 3 montre la concentration des lieux de production, surtout dans l’ouest de la France, à la limite de la zone d’expédition du lait en nature.
- Fig. 8. — Provenance des moutons arrivés au marché de la Villetie en 1931.
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- Les fromages représentent un tonnage encore plus important : 51 millions de kg sont entrés à Paris en 1931, dont 23 millions de pâtes sèches et 27 millions de pâtes molles. 27 millions ont été réexpédiés; 26 ont été consommés dans la capitale. Le camembert représentait 8 687 000 kg, le brie 6 410 000, le coulommiers 1 888 000 ; leurs provenances comme leurs qualités sont très diverses ; par contre, le roquefort, mieux défendu par les producteurs, est beaucoup plus constant comme qualité et comme prix. Les arrivages de l’étranger, principalement de Hollande et d’Italie, sont assez faibles : 73 460 kg, surtout, si on les compare aux importations du pays tout entier : 37 562 400 kg. La fig. 4 montre les principales régions qui ravitaillent Paris en fromages ; elles sont plus étendues que les régions beurrières.
- VIANDES
- Si la consommation de lait, de beurre et de fromages va en augmentant, celle de viande diminue peu à peu. Paris consommait en 1911, 201 737 tonnes; en 1921, 193 730; en 1931, 169 596. La consommation par habitant, voisine de 70 kg en 1911, n’était plus que de 66 kg en 1921; elle tombait à 60 en 1931 et même à 58,6 en 1932. Faut-il attribuer cette baisse à l’excessive élévation des prix ? Quoi qu’il en soit, elle mérite qu’on s’y arrête puisque la surface du sol national occupée en prés et herbages a augmenté depuis la guerre de 850 962 ha, tandis que les terres labourées diminuaient de 1 482 872 ha.
- La fig. 5 représente, d’après M. Ambroise Rendu, la répartition des principaux herbages.
- Les fig. 6 et 7 montrent les principales régions où se ravitaille la capitale en bœufs et en veaux.
- L’origine des moutons et des porcs arrivant au marché aux bestiaux de la Villette est représentée dans les cartes 8 et 9.
- ŒUFS, VOLAILLES ET GIBIER
- Comme la viande, les œufs ont moins la faveur du public qu’autrefois : en 1912, Paris en consommait 39 265 451 kg; en 1926, on n’en comptait plus que 28 948 228 kg et en 1929, 26 804 777. Cela fait, par an, 100 œufs environ par habitant. Ces œufs proviennent pour une petite part d’établissements spécialisés qui livrent au jour le jour leur production et pour une très grande du ramassage dans les campagnes et des apports aux marchés locaux, sans parler des importations du Maroc, de Syrie, de Belgique, de Pologne, de Turquie, de Bulgarie, d’Argentine et des œufs liquides congelés venant de Chine, destinés à la pâtisserie et aux pâtes alimentaires.
- La fig. 10 montre les régions d’expédition.
- Le commerce des volailles et du gibier est plus régulier, puisqu’il est arrivé à Paris, 33 millions de kg en 1912 et 34 millions en 1931. 22 millions ont été vendus aux Halles en 1912, 25 millions en 1931; le reste est réexpédié.
- La fig. il fait voir les régions de provenance des volailles et la fig. 12 celles du gibier.
- Les variations de consommation des volailles sont
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- considérables selon les saisons : le maximum des arrivages dépasse 2800 t en décembre et tombe à 1600 environ d’avril à août. Les importations sont faibles : 600 t de Belgique, 244 de Pologne, 205 de Hollande.
- Les poulets forment le gros de la volaille, mais les lapins et les pigeons ne sont pas négligeables. Voici le détail des arrivages aux Halles, compris par pièces dans chaque catégorie :
- 192 156 agneaux.
- 612 825 canards.
- 159 474 chevreaux.
- 130 798 dindes.
- 4 391 984 lapins.
- 380 682 oies.
- 1 299 367 pigeons morts.
- 19 629 pigeons vivants.
- 82 746 pintades.
- 10 373 032 poulets morts.
- 868 079 poulets vivants.
- Le gibier est représenté par :
- 316 973 alouettes.
- 23 055 bécasses et bécassines.
- 26 088 cailles.
- 62 692 canards sauvages, sarcelles.
- 3 295 cerfs, chevreuils.
- 861 coqs de bruyère.
- 126 372 faisans.
- 1 716 galinottes.
- 113 925 grives et merles.
- 378 236 lapins de garenne.
- 68 936 lièvres français.
- 14 719 lièvres étrangers.
- 241 048 perdreaux français.
- 40 521 perdreaux étrangers, rennes.
- 1 034 sangliers, marcassins.
- 21 157 gibiers d’eau.
- Les importations de l’étranger sont faibles; seules, la Belgique et la Hollande comptent un peu.
- ♦ +
- Il resterait bien d’autres denrées à examiner : les pommes de terre, les légumes, les fruits, les poissons, mais la concentration de ces produits est peut-être moins grande et le rapport de M. Rendu n’en parle pas.
- Ce qui vient d’être recensé suffit à donner une idée de l’importance des Halles de Paris. En 1931, on y a vendu 96 000 t de viande, 1300 000 t de fruits et légumes, 44000 de beurre, 26000 de fromages, 67 000 de poisson.
- Les avantages de cet énorme rassemblement de victuailles sont multiples : la spéculation et l’accaparement deviennent impossibles ou tout au moins difficiles quand les produits affluent de partout; les expéditeurs sont certains de vendre et les consommateurs de trouver tous les produits qu’ils désirent; l’ampleur des marchés diminue les oscillations des cours; des industries annexes
- Fig. 9. — Provenance des porcs.
- se sont créées pour absorber les excédents : usines de conserves, confitureries, etc., les tarifs de transport sont plus faibles par suite des groupements en wagons complets effectués à la production; enfin, la surveillance sanitaire est facile et efficace.
- Par contre, la situation centrale des Halles et leur aménagement actuel sont causes de multiples difficultés :
- Fig. 10. — Régions d’expédition des œufs aux Halles de Paris en 1931. Nombre d’œufs en milliers.
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- la circulation est interrompue ou fortement gênée dans les artères du centre de la ville pendant chaque matinée ; les transbordements aux gares augmentent les frais de transport, brisent parfois les emballages et nuisent à la présentation des produits; certains jours, l’affluence des denrées est telle qu’elle dépasse les besoins, amenant une chute des cours; enfin, beaucoup de produits sont réexpédiés vers les villes moyennes d’alentour, empruntant parfois le même réseau de chemin de fer qui les a amenés.
- Seuls peuvent vendre aux Halles les mandataires, les producteurs, les approvisionneurs, les détaillants. Les mandataires ne font pas d’affaires personnelles; ils sont des courtiers, agréés par la Préfecture, qui servent d’inter-
- Fig. 11. — Les expéditions de volailles aux Halles de Paris, en 1931, en tonnes.
- médiaires officiels et dont les opérations fixent les cours; les commissionnaires, au nombre de 300 à 400, sont libres, ils opèrent dans des magasins et des bureaux voisins des Halles; les approvisionneurs sont autorisés à vendre sur le carreau forain ; ils font le commerce de demi-gros; les réexpéditeurs sont spécialisés dans le ravitaillement des autres centres urbains au marché
- des Halles. Enfin, les Halles fournissent, par l’intermédiaire des demi-grossistes une masse de commerçants de détail : 5000 épiciers, 2300 bouchers, 1700 charcutiers ayant boutiques dans tous les quartiers de la ville. Rien que le carreau reçoit par an 1 300 000 tonnes de marchandises !
- Bien entendu, un marché d’une telle ampleur pose de multiples problèmes. On discute toujours de savoir s’il faut agrandir les Halles ou les déplacer, mais l’opinion est unanime pour demander un raccordement direct aux lignes de chemins de fer.
- Le problème des intermédiaires n’est nulle part aussi aigu parce qu’il n’est jamais aussi visible qu’en matière de ravitaillement ; faut-il essayer de simplifier les rouages
- 800 Ï1900
- Fig. 12. — Les expéditions de gibier en kilogs.
- des échanges par l’organisation de coopératives de producteurs et de consommateurs ? peut-être oui et peut-être non.
- Et pour les producteurs partisans de l’économie fermée, pour les adeptes de l’économie dirigée, que de sujets de méditations dans cet amoncellement de statistiques. Nous laisserons à nos lecteurs le soin de s’y livrer.
- André Bercy.
- L’ÉVOLUTION DE LA DENTITION
- DES MAMMIFÈRES
- Les Mammifères ont, en principe, une dentition hétérodonte, c’est-à-dire constituée d’éléments dentaires de formes variées. L’origine de cette hétérodontie et de la très grande complexité que, chez certaines formes, quelques-unes de leurs dents peuvent arriver à présenter, constitue certainement l’une des questions les plus
- intéressantes et aussi les plus importantes de l’anatomie comparée. C’est peut-être aussi l’une de celles qui ont fait le plus écrire.
- Il n’y a pas lieu d’insister sur le grand intérêt de cette question. Quant à son importance, elle provient surtout du fait que les dents, constituées de tissus très résis-
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- Fig. 1. — Schéma destiné à expliquer la formation, l’accroissement ei la réunion des cuspides.
- 1. Une cuspide en voie d’accroissement (en perspective); les flèches indiquent les directions suivant lesquelles elle s’accroît. — II. Face triturante d’une molaire dont les cuspides se calcifient du centre à la périphérie. — III. Coupe longitudinale d’une série de cuspides en voie d’accroissement et de réunion. En même temps qu’elles s’accroissent du centre à la périphérie, les cuspides augmentent d’épaisseur dans leur
- région apicale.
- tants, les plus durs du corps, sont souvent les seuls vestiges des formes disparues; c’est dire le grand rôle que la connaissance des dents joue en paléontologie,
- Fig. 3. — Homme. Maxillaire inférieur.
- D’avant en arrière, pour chaque hémimaxillaire : incisive centrale, incisive latérale, canine, première prémolaire, deuxième prémolaire, première molaire, deuxième molaire, troisième molaire (dent de sagesse).
- Fig. 2. — Priodonles giganleus L. {Tatou géant : édenté.)
- Partie antérieure du crâne montrant la dentition amenée par régression au type haplodonte.
- et en particulier au point de vue de l’établissement des rapports phylogéniques des groupes.
- La dent se forme, comme l’on sait, à l’intérieur d’un follicule d’origine épithéliale, et le mode de calcification progressive de ses tissus dont l’étude a été trop négligée jusqu’ici, est susceptible, ainsi que je me suis efforcé de l’établir par des recherches récentes (1), de donner des renseignements capitaux sur la parenté idéale qu’on peut établir entre les diverses formes dentaires.
- Il existe de bonne heure au niveau des organes den-
- 1. M. Friant. — Contribution à l’étude de la différenciation des dents jugales chez les Mammifères. Essai d’une théorie de la dentition. Paris, Masson, 1933.
- Fig. 4. — Mouton domestique. Nouveau-né.
- Mâchoire supérieure avec sa dentition jugale temporaire calcifiée mais non abrasée, pour montrer les deux rangées longitudinales de cuspides constituant chacune des molaires.
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- Fig. 5. — Éléphant d’Afrique (Loxodonta africana Blum).
- 3 e molaire inférieure, en évolution, vue par la face triturante, pour montrer les réunions transversales qui se produisent de très bonne
- heure.
- taires, de même qu’au niveau des os de membrane en formation (les os pariétaux du crâne, par exemple), des centres de calcification. Ces points de départ marquent toujours la place du sommet des futurs tubercules. C’est seulement, je crois, en observant l’ordre suivant lequel les tubercules commencent à se calcifier, puis l’ordre de réunion des divers centres, qu’on peut parvenir à expliquer les dents mammaliennes les plus compliquées, c’est-à-dire les molaires (fig. 1).
- Tous les Mammifères adultes, excepté ceux dont la dentition est manifestement régressée comme les Cétacés
- Fig. 7 (à gauche). — Multiiuberculés de l'époque secondaire.
- A gauche : Cimolomgs gracilis Marsh, du Crétacé supérieur, du Wioming; Molaire supérieure (d’après Marsh). Bélodontie peu accentuée avec 3 rangées de tubercules.
- A droite : Cimolomgs nitidus Marsh du Crétacé supérieur du Wioming; avant-dernière molaire inférieure (d’après Marsh). Bélodontie peu accentuée avec deux rangées de tubercules.
- Fig. 8 (à droite). — I. Phenacodus primœvus Cope. Wasatch, Wioming), lro molaire définitive supérieure (d’après Cope).
- II. Arctocyon Gervaisi Lemoine. Éocène inférieur de Cernay,
- 2e molaire définitive supérieure (d’après Lemoine).
- Fig. 6. — Molaires de Cœlogenys (Paca), de Castor et de Dasyprocta
- (Agouti). Face triturante avant l’abrasion. De gauche à droite : Cœlogenys paca L. Molaire temporaire supérieure droite cuspidée. Castor fiber L. lre Molaire inférieure gauche cuspidée (les cuspides peu accentuées se réunissent en crêtes).
- Dasyprocta aguti L. Molaires temporaires inférieures droites, la première cuspidée, la seconde légèrement abrasée.
- et de nombreux Édentés (fig. 2), présentent plusieurs sortes de dents :
- 1° Des dents courtes et aplaties dans le sens antéropostérieur, à bord libre tranchant, disposition évidemment en rapport avec la préhension et la rétention de la nourriture : nous les appellerons les dents préhensiles;
- 2° une dent généralement plus volumineuse que les précédentes, conique, longue et pointue, indiquant par sa forme une fonction de lacération : dent lacêratrice ;
- 3° des dents grosses, courtes et larges de couronne (au moins dans tous les cas où elles n’ont pas subi de modification secondaire) et dont les fonctions sont masticatrices.
- Chez l’Homme, par exemple, cette différenciation, bien qu’atténuée, est encore suffisamment nette.
- D’avant en arrière, on observe, pour chaque hémimâchoire (fig. 3) :
- deux dents préhensives (les incisives) ;
- une dent lacêratrice (la canine), qui, chez l’Homme, est en régression, mais qui est beaucoup plus forte et plus longue chez les Singes anthropoïdes (Orang, Gorille...), par exemple;
- cinq dents masticatrices (2 prémolaires et 3 molaires).
- Mes recherches d’embryologie dentaire ont porté seulement sur les dents masticatrices (molaires et prémolaires) les plus compliquées, les plus difficiles par conséquent à expliquer et à comprendre et que j’ai appelées « dents'jugales » en raison de leur position sur les arcades dentaires.
- Je vais examiner, icipla manière dont se réunissent
- Fig. 9. —Ursus sp. (Ours de Colombie).
- Série des dents jugales supérieures gauches pour montrer le type bélodonte à deux rangées de tubercules encore existant chez les Carnassiers ; la rangée interne est réduite à un seul tubercule dans la dernière prémolaire.
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- Fig. 10. — Chien domestique.
- Série des dents jugales supérieures montrant la disparition presque complète de la rangée linguale de tubercules au niveau de P‘ (Carnassière) où seul subsiste un tubercule antéro-interne très petit. Les molaires 1 et 2 présentent 3 rangées de tubercules, mais la rangée la plus interne est formée d’éléments accessoires, de développement secondaire.
- les tubercules des molaires qui sont, en principe, des dents plurituberculées.
- Chez l’Homme, les tubercules se réunissent à un même moment de l’évolution ou à peu près, de sorte qu’ils sont séparés les uns des autres par des vallées sensiblement d’égale profondeur : ces molaires sont d’un type que l’on peut nommer bunodonte (fig. 3).
- Chez le Bœuf, le Mouton et tous les Ruminants, les tubercules se réunissent d’abord dans le sens longitudinal (antéro-postérieur) et il se constitue, par suite, des crêtes cuspidiennes longitudinales : il s’agit du type de molaires que j’ai appelé bélodonte (de [SsXoç, flèche, trait) (fig. 4).
- Chez l’Eléphant (fig. 5) et beaucoup de Rongeurs (fig. 6), les réunions de tubercules se font tout d’abord dans le sens transversal (labio-lingual), et ces molaires à crêtes transversales sont dites tœchodontes (de toc/oç, muraille).
- Ces divers types de molaires sont sous l’étroite dépendance des mouvements qu’accomplit la mâchoire inférieure dans le plan horizontal. Le type bunodonte (Homme) semble correspondre à des mouvements de la mandibule également développés dans tous les sens du plan horizontal. Lorsque les mouvements de la mâchoire inférieure prédominent dans le sens latéral (Mouton), le type bélodonte se constitue. Si, au contraire, ce sont les mouvements dans le sens antéro-postérieur qui subsistent seuls (dans le plan horizontal) comme chez les Rongeurs, on est en présence du type tœchodonte.
- D’après les documents paléontologiques, le type primitif des molaires mammaliennes semble avoir été buno-
- Fig. 12. — Otaria jubata Forster (Otarie) Face interne du maxillaire supérieur. La disparition de la rangée linguale de tubercules est complète.
- Fig. 11. — Maxillaire inférieur droit de deux Pinnipèdes.
- En haut : Phoque de Weddel [Leplonychoies Weddeli Lesson). (Deuxième expédition antarctique française 1924).
- En bas : Phoque de Ross (Qiqjnÿophoca Rossi Gray). (Deuxième expédition £Éàtaqn{ii(]*e française).
- Fig. 13. — Molaires supérieures droites de trois Hippopotames de tailles décroissantes.
- De haut en bas : Hippopotame vulgaire (Hippopolamus amphibius L).
- Hippopotame pleistocène de Madagascar (Hippopolamus Lemerlei
- Grandid.).
- Hippopotame de Libéria (Hippopolamus liberiensis Mortou).
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- Fig. 14. — Série des dents jugales (prémolaires et molaires) du maxillaire inférieur droit (face externe) d’un Félin de grande taille (Lion) et d’un Félin de petite taille (Chat).
- En haut : Lion (Felis leo L.). En bas : Chat (Felis domestica Briss.), agrandi à la taille du Lion pour montrer la simplification des dents jugales quand on passe d’un grand animal à un autre de même forme, mais de taille inférieure. En ce qui concerne les Carnassiers et les Félins en particulier, cette simplification se poursuit dans un sens déterminé : la cuspide principale de chacune des dents devient plus élevée et plus étroite, les cuspides accessoires, antérieure et postérieure, s’effacent, la dent tout entière du petit Félin (chat) tendant à réaliser le type triconodonte ou tricuspide.
- bélodonte, constitué de trois rangées de tubercules au niveau du maxillaire supérieur et de deux rangées seulement au niveau du maxillaire inférieur. Nous trouvons ce type, non seulement chez les Multituberculés du Secondaire (fig. 7) que de récentes découvertes présentent comme étant les plus anciens de tous les Mammifères actuellement connus, mais aussi chez toutes les formes qui commencent les divers groupes à l’époque tertiaire (Condylarthres et Créodontes, pour ne citer que les plus importants).
- Lorsque les mouvements du maxillaire inférieur dans le plan horizontal tendent à diminuer puis à disparaître, on voit d’abord la rangée cuspidienne médiane s’effacer (par exemple Phenacodus et Arctocyon) (fig. 8), puis la rangée interne aux deux mâchoires disparaître peu à peu. Cette évolution se suit très exactement chez les Carnassiers dont les mouvements du maxillaire inférieur tendent à ne plus se produire que de haut en bas (fig. 9) ; il existe encore des traces de la rangée cuspidienne interne chez les Carnassiers fissipèdes (fig. 10); puis les traces elles-mêmes disparaissent complètement chez
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- les Pinnipèdes dont le type dentaire arrive ainsi à être sensiblement celui des Triconodontes du Trias (fig. 11).
- Enfin, chez quelques Pinnipèdes, les Cétacés et divers Édentés du groupe des Tatous où la denture n’est plus que préhensive, les dents se réduisent à un cône unique et simple (fig. 2 et 12).
- La conception morphologique dentaire que je viens d’essayer d’esquisser très brièvement s’oppose à la théorie dite de la trituberculie qui, exposée pour la première fois par Cope en 1874, puis développée par Osborn, avait acquis les suffrages à peu près unanimes des paléontologistes.
- On sait que, d’après cette théorie, la molaire mamma-lienne primitive aurait été constituée de trois tubercules disposés en triangle, ce type provenant lui-même d’un type plus simple à trois tubercules situés sur une même ligne droite antéro-postérieure, ce dernier type provenant lui-même d’une dent plus simple encore et constituée d’un seul tubercule (dent haplodonte). Les diverses dents mammaliennes se seraient constituées par complication progressive.
- Or, il est manifeste que la théorie trituberculaire voit les choses à rebours, qu’elle prend comme types primitifs des formes régressées en rapport avec des conditions physiologiques simplifiées. S’il en est ainsi, c’est que la théorie trituberculaire a négligé le point de vue explicatif, qu’elle ne tient aucun compte ni de la physiologie ni de l’embryologie, se fondant seulement sur la comparaison des formes adultes actuelles et fossiles. Et elle ne tient pas compte, non plus, de ce fait très important que lorsqu’on passe d’un grand animal à un autre de même forme mais de taille très inférieure, les molaires se simplifient (fig. 13) et, dans le cas des Mammifères à dents sécantes, les Carnassiers, par exemple, la simplification se poursuit dans un sens déterminé, tendant à réaliser le type tricuspide qui existe chez des Mammifères très anciens (surtout Triconodontidés de l’époque secondaire) et semble tenir bien plutôt à la petite taille de ces animaux qu’à leur ancienneté.
- Quant à la théorie que je propose et qui est basée sur des recherches embryologiques poursuivies surtout chez les Ongulés et les Rongeurs qui avaient, jusqu’ici, été considérés comme les plus difficiles à comprendre et qu’on n’avait pu ramener à aucun autre type plus général, on remarquera qu’elle est basée à la fois sur les données de l’embryologie et de la physiologie tout en tenant le plus grand compte des faits paléontologiques, et qu’elle ne laisse aucun type de denture inexpliqué. M. Friant.
- LE SONDAGE ACOUSTIQUE
- ET LE BALISAGE DES AÉROPORTS
- Il est inutile d’insister sur les dangers que présente la brume pour l’aviateur, alors qu’il est dans l’ignorance totale du profil du terrain qu’il survole. Longtemps, il n’a disposé que de l’altimètre, pour avoir une indication sur la hauteur à laquelle il se trouve; mais l’altimètre
- n’indique que la hauteur au-dessus du nive&u de la mer et ne donne pour l’atterrissage qu’u# renseignement de peu de valeur. Aussi la nécessité é’impose-t-elle de créer des méthodes de sondage analogues à celles que le marin pratique en mer.
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- On a envisagé plusieurs méthodes pour le sondage aérien.
- Rappelons pour mémoire seulement le procédé consistant à mesurer la variation de la capacité électrostatique de l’avion par rapport au sol, procédé pratiquement inapplicable. Jusqu’ici, la seule méthode à retenir est celle dans laquelle des signaux émis de l’avion se réfléchissent sur le sol et reviennent à l’appareil où ils sont perçus par des organes récepteurs, seul procédé utilisable. Mais comment l’appliquer ? On pourrait penser aux ondes électromagnétiques et produire des interférences entre l’onde émise et l’onde réfléchie. Il se présente alors une difficulté en raison de la formation de nœuds d’interférences qui, pour une longueur d’onde de 20 mètres, se produisent tous les 10 mètres et qui sont très difficiles à différencier les uns des autres.
- Si l’on emploie des ondes courtes, spécialement des ondes dirigées, il est nécessaire alors d’avoir une liaison mécanique entre le miroir projecteur et le miroir récepteur, ce qui présente des difficultés d’exécution.
- De plus, la précision diminue rapidement avec l’altitude.
- Le même écueil se présente avec les rayons lumineux infra-rouges avec, en plus, l’inconvénient que ces rayons ne sont pas réfléchis par le sol, mais diffusés et le récepteur ne reçoit qu’une quantité très minime d’énergie.
- Les ondes lumineuses ou électro-magnétiques rejetées, il ne reste à notre disposition que les ondes acoustiques. Le problème du sondage revient à déterminer l’intervalle de temps qui s’écoule entre une émission et la réception de l’écho : soit l’intervalle de temps entre le début de ces phénomènes, soit entre la fin, par des méthodes directes ou indirectes. On a donc la durée de parcours du son, et sa vitesse de propagation étant de 340 mètres à 15°, on peut en déduire l’altitude, avec une exactitude plus que suffisante.
- L’application pratique de ce procédé demande certaines précautions et la production des ondes au départ doit se faire dans des conditions bien déterminées. C’est ainsi qu’on a reconnu l’intérêt de rendre très bref le signal d’émission et de choisir pour le récepteur une constante de temps inférieure à la durée de cette émission qui sera, par exemple, de 1/100 de seconde : on arrive alors à avoir une erreur absolue sur l’altitude qui, aux petites distances, n’est que de 10 centimètres environ. Vers 200 mètres, elle est de 1 m. 70, ce qui représente un peu moins de 1 pour 100.
- Parmi les solutions qui ont été adoptées en pratique, nos lecteurs connaissent celle de M. Florisson quia déjà été décrite dans La Nature (n° 2898).
- Les procédés de sondage acoustiques sont pratiqués depuis longtemps à bord des navires où ils donnent d’excellents résultats. Mais les exigences de légèreté et de rapidité qu’impose l’avion ne permettent pas le luxe d’appareillage auquel on a recours à bord des navires.
- La mesure du temps peut se faire par divers moyens : le plus simple est la réception à l’oreille, l’observateur déclenchant un signal à un moment précis, notant l’arrivée de l’écho et le temps écoulé entre ces deux moments ;
- comme la durée de l’écho est de 1/30 de seconde, il faut un opérateur habile et entraîné.
- La mesure du temps peut se faire automatiquement à l’aide de récepteurs actionnant un dispositif appelé chronographe. Il existe, dans cet ordre d’idées, d’assez nombreux systèmes, qui fonctionnent fort bien sur les navires.
- Les premiers appareils dus à Rohm comportent un déclenchement d’un mouvement de rotation uniforme au départ du coup et son arrêt à l’arrivée de l’écho.
- Dans le sondage par ultra-sons, système Langevin-Florisson, on emploie un oscillographe donnant une déviation au départ du signal et une autre à l’arrivée de l’écho.
- D’autres systèmes, au contraire, font apparaître ou disparaître une lueur de lampe au néon en un point d’une échelle graduée en mètres.
- Ces deux dernières méthodes en particulier sont précises ; elles sont commodes sur les navires ; avec des échelles de grandes dimensions, on mesure le temps écoulé entre le départ du signal et la perception de l’écho avec la précision de 1/1000 de seconde. Mais elles ne se prêtent pas au sondage à bord des avions.
- Voici enfin une autre méthode de mesure du temps : on mesure la quantité d’électricité transportée par un courant électrique entre l’émission du son et la réception de l’écho. A cet effet, on fera, par exemple, charger par ce courant un condensateur; la tension aux bornes, de
- Fig. 1. — Schéma de principe du sondeur Laboureur-Dubois.
- Batterie
- Indicateurs
- d'altitude
- Contact
- ém — Condensateur chronagraphique
- Résistance
- Résistance
- —AM/WWV-
- Relais au néon
- Air
- comprimé
- Transformateur
- Soupape
- Redresseur
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- celui-ci indiquera la charge électrique accumulée et par suite le temps écoulé. C’est ce procédé qui est utilisé dans le sondeur Laboureur-Dubois.
- L’APPAREIL DE SONDAGE AÉRIEN LABOUREUR-DUBOIS
- Cet appareil, sous un format réduit, permet de faire des mesures exactes à 1/200 près. Entre 3 m et 20 m, à 50 centimètres près, on peut lire l’altitude. Au delà de 150 m, l’altitude est donnée à 10 m près, ce qui est largement suffisant pour le pilotage.
- La hauteur la plus courte que l’on puisse contrôler est 1 m 50 sous les appareils. En pratique, lés essais ont permis de constater qu’avec un sondeur sur un appareil en voi, on peut lire une altitude de 3 m sous les roues. Il faut reconnaître que c’est là un résultat très intéressant et qui est plus que suffisant pour le pilotage d’un avion.
- L’installation de ce nouveau système de sondage
- Aimants
- Fig. 2. — Coupe du microphone.
- comporte un émetteur de signaux sonores, un récepteur, un chronographe et des indicateurs d’altitudes.
- L’émetteur. — L’émetteur utilise l’air comprimé fourni par un compresseur, mais peut tout aussi bien fonctionner avec du gaz provenant d’une bouteille sous pression. L’air comprimé actionne une sirène électrique à faible débit et à forte pression. Une valve équilibrée réalise la pleine ouverture pendant 1/100 de seconde. Un pavillon dirige vers le sol l’émission sonore. Les essais ont montré que la perte d’énergie acoustique due à un vent relatif pouvant atteindre 150 km à l’heure est négligeable, aussi bien à l’émission qu’à la réception.
- La valve d’émission du signal commande en même temps des contacts qui déterminent l’origine du temps pour le chronographe et désensibilisent provisoirement l’appareil de réception.
- Le récepteur. — L’appareil de réception est constitué par un microphone électromagnétique légèrement désaccordé, c’est à-dire avec une lampe de résonance qui contient la fréquence du signal. Mais celle-ci ne coïncide pas avec la fréquence propre du microphone. Ceci est important, du fait que les propulseurs, par les
- perturbations de pression, excitent continuellement le microphone et lui font engendrer un son d’amplitude irrégulière, constitué par une succession de régimes transitoires, dont la fréquence est celle du microphone lui-même. Il faut donc que cette fréquence soit différente de celle du signal pour permettre un filtrage électrique éliminant la fréquence parasite.
- Le microphone comporte un pavillon orienté vers le sol et l’ensemble du récepteur est placé à l’arrière du fuselage ou dans les ailes si l’on ne peut faire autrement. Le pavillon peut déboucher à l’air libre ou en retrait. Il-peut même être fermé par un grillage métallique ou la toile de l’avion, si l’enduit n’est pas trop épais. L’amplification ultérieure compense en effet l’absorption du son qui peut se produire dans ce dernier cas.
- L’amplificateur qui est monté à la suite du microphone assure une sélection et ne laisse passer qu’une bande de fréquences correspondant aux écarts accidentels dus à l’effet Doppler-Fizeau. Il faut tenir compte, en effet, des changements d’altitude qui altèrent la fréquence, mais non la vitesse du son.
- La mesure faite est relative à l’altitude moyenne pendant l’intervalle de temps qui s’écoule entre l’émission et la réception. Le signal, amplifié et filtré, est redressé et il provoque l’extinction d’une lampe au néon qui forme relais et qui fait partie du chronographe.
- Le condensateur chronographe. — On a déjà dit que la valve d’émission de la sirène ferme un circuit. Ce circuit comporte un transformateur dont la surtension amorce la décharge d’un tube relais au néon. Cette décharge commence donc exactement en même temps que l’émission. Il passe dans ce relais un courant bien défini et d’intensité invariable.
- Ce courant traverse une résistance; il engendre par conséquent une tension définie d’une manière précise qui charge un condensateur chronographique à travers une autre résistance, servant à définir la vitesse de charge de ce condensateur; ce circuit de charge est fermé à travers l’espace filament-grille d’une lampe triode.
- Dans cette lampe, si elle est bien vidée, il n’y a pas ionisation, le filament seul émet des électrons et la conductibilité du filament à la grille est rigoureusement dans un seul sens, si la grille est positive par rapport à l’extrémité négative du filament; un courant traverse la lampe vers le filament; une résistance très faible de 30 000 ohms s’oppose à son passage. Dans le sens contraire, la résistance est infinie.
- La tension dont on a parlé plus haut rend la grille positive tant que se charge le condensateur qui, auparavant, était mis en court-circuit par un contact qu’ouvre la soupape d’émission à l’instant même de l’émission. Tant que le courant passe dans la résistance branchée sur le relais au néon, la charge du condensateur s’accroît, mais la tension limite est celle dont on a parlé plus haut.
- La réception de l’écho parle microphone, suivi de son amplificateur sélectif, provoque, après redressement dans un redresseur approprié, une tension négative qui suffit pour éteindre le relais au néon. Il en résulte la disparition instantanée de la tension que ce relais a déterminée au moment de sa mise en service.
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- La grille delà lampe, par rapport à l’extrémité négative du filament, est alors portée à une tension qui est exactement celle qu’a acquise le condensateur, car du filament à la grille, il n’y a que deux chemins possibles.
- L’un est à l’intérieur de la lampe, qui offre une résistance infinie, puisque la grille est négative, ce qui empêche que le condensateur puisse se décharger.
- L’autre chemin, au contraire, suit le condensateur et les deux résistances, lesquelles ne produisent aucune chute ohmique, car elles ne sont pas traversées à ce moment par le courant.
- Cette tension acquise par le condensateur est donc une grandeur mesurable. Or, elle varie selon une loi bien déterminée, en fonction du temps pendant lequel la charge se produit. C’est également le temps que le son a mis pour aller frapper le sol et revenir au microphone.
- Ainsi, la lampe a deux fonctions distinctes : d’abord celle bien connue d’un conducteur unilatéral, puis celle qui consiste à utiliser la tension de charge du condensateur. Cette tension subsiste jusqu’à la mesure suivante; elle est appliquée sur la grille, elle engendre la diminution permanente du courant anodique de la lampe. Cette diminution peut se mesurer par un milliampèremètre et l’ensemble est parfaitement réalisable sur un avion.
- Ce fonctionnement est analogue à celui d’un électro-mètre très sensible, très robuste, parfaitement isolé qui serait branché aux bornes du condensateur. La résistance du milliampèremètre, qui est très faible par rapport à celle de la lampe, fait qu’on peut brancher un nombre quelconque de ces appareils en série et répéter ainsi les mesures d’altitude en plusieurs points de l’avion.
- La précision de cette mesure n’est limitée que par celle du milliampèremètre et, par conséquent, par le diamètre de son cadran.
- Le milliampèremètre indique le temps du parcours du son et maintient cette indication jusqu’à la mesure suivante, sans qu’aucune erreur soit introduite par les vibrations, les accélérations, l’inertie de l’aiguille.
- Un perfectionnement très important a été introduit en effet pour supprimer l’effacement de la lecture pendant le parcours de l’émission suivante. L’aiguille reste sur l’indication donnée jusqu’à l’obtention du résultat suivant qui s’affiche aussitôt. Par suite, l’aiguille ne revient pas au zéro et l’on n’a pas besoin d’attendre sa position d’équilibre.
- On n’a pas non plus l’inconvénient du lancer de l’aiguille. Elle ne se déplace plus que dans les variations d’altitude entre deux mesures. Elle oscille donc très peu et le pilote peut d’un coup d’œil savoir à tout instant quelle est la valeur de la dernière mesure effectuée. Si le pilote suit l’aiguille, il voit celle-ci obéir aux appareils sans aucun retard. L’indicateur d’altitude par cette méthode se présente alors comme un simple cadran d’altimètre.
- La mise en marche est commandée par un bouton à trois positions : le premier correspond au sondage au maximum de portée, le deuxième est l’échelle des grandes sondes et le troisième est celle des petites sondes de 3 à 90 mètres. L’effacement d’une indication se fait donc à l’émission suivante, lorsque le condensateur sera mis en
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- Fig. 3. — L’ensemble des organes du sondeur acoustique Laboureur Dubois.
- court-circuit. Mais, avec le fonctionnement continu, l’aiguille ne revient pas au zéro, ce qui supprime tout temps mort.
- Les résultats. — Voici quelques résultets obtenus au cours d’essais effectués l’année dernière :
- Sur mer (pouvoir réflecteur très élevé), le sondage est possible au moins jusqu’à 300 m et pratiquement continu jusqu’à 250 m, sur avion ou hydravion bimoteur (980 C. V.) à échappement libre et à vitesse normale avec charge normale.
- En dirigeable, la portée est beaucoup plus grande, sa limite supérieure n’a pu être déterminée; elle est probablement de l’ordre de 500 m (parce que les moteurs sont beaucoup moins bruyants).
- Sur terre, la portée dépend beaucoup de la nature du terrain. Sur les champs labourés ou cultivés, sur les prés, les moissons et les terrains d’atterrissage, la portée est du même ordre que sur mer. On peut atteindre 250 m. lorsque la surface est horizontale et l’avion en palier.
- . Fig. 4. — Avion Lalécoère muni d’un sondeur acoustique dont les pavillons sont placés à l'intérieur et à l’extrémité du fuselage.
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- Lorsque l’avion est en virage très incliné (plus de 40°) ou que le sol a une pente de plus de 40°, ce qui revient au même, la réception n’est possible qu’à faible altitude (50 m environ). Pour les inclinaisons inférieures à 20°, la perte de portée est très faible parce que l’ouverture du faisceau sonore émis est de cet ordre de grandeur, ainsi que l’ouverture utile du récepteur.
- Sur les bois, les taillis, les blocs de rochers irréguliers, la portée décroît, mais pratiquement ne tombe jamais au-dessous de 50 m pour laquelle les plus mauvaises conditions donnent encore un écho suffisant. Au cours des vols d’essais sur terrains variés, il a été reconnu que la portée pour laquelle il ne manque jamais plus d’un écho sur deux est de l’ordre de 100 m pour des terrains accidentés ou boisés et de 150 m sur des régions de plaine.
- Pour les altitudes supérieures à 100 m, la disparition de quelques échos par suite de l’irrégularité du terrain n’a pas beaucoup d’inconvénients, car la sécurité n’exige pas une lecture continue, il suflit d’avoir l’indication de l’altitude chaque fois que le sol présente une partie horizontale sous l’appareil.
- BALISAGE ACOUSTIQUE DES AÉROPORTS
- Il est naturel de songer à utiliser le sondeur acoustique, avec son récepteur automatique, qui élimine le brouillage dû aux propulseurs pour signaler au pilote son passage au-dessus de signaux acoustiques émis à terre et
- caractérisés par la même fréquence que celle du son émis par le sondeur en fonctionnement normal.
- Il suffit d’avoir sur l’appareil un relais que déclanche le courant amplifié et qui fournit au pilote un avertissement optique de son passage au-dessus des signaux envoyés du sol. Il est évident qu’on peut grouper ces signaux au sol de toute façon appropriés pour assurer un balisage.
- Par exemple, on définira une limite du terrain d’atterrissage ; on organisera un alignement de navigation suivant un axe de la zone d’atterrissage. Les alignements pourront présenter un évasement formant entrée pour faciliter le repérage. On agencera aussi une rangée de sirènes formant couloir et on particularisera les signaux droite et gauche, pour que le pilote puisse les identifier.
- La réception de tels signaux est possible jusqu’à 1000 m d’altitude et la zone utile de réception a une largeur de 300 m par sirène.
- Si l’on veut équiper normalement un terrain d’atterrissage, on constituera par exemple une branche d’environ 2 km de longueur et une troisième branche perpendiculaire au milieu de la première, de 1km de longueur également pour former un T. Chaque bras demandera seulement 3 sirènes espacées de 300 m entre elles.
- Il est évident que ce genre d’installation n’entraîne pas à de grandes dépenses; c’est un heureux complément des appareils de sondage que nous avons décrits, ceux-ci pouvant se loger aisément à bord de tous les appareils de navigation aérienne actuels. E. Weiss.
- = LE PLUS GRAND PONT DU MONDE =
- UN PONT DE 3600 METRES DE LONG SUR LE ZAMBÈZE
- Sur la pente inégale qui dévalle vers le fleuve, une amorce de viaduc, des piles de pont et des structures métalliques profilent la géométrie dure de leurs contours; des baraquements, des maisons de tôle, des chantiers, parsèment le sol bosselé. Devant nous, le Zambèze s’étend à perte de vue, nappe d’eau à peine frémissante, roseaux, bancs de sable blond découverts par la saison sèche. Un ingénieur anglais montre, sur la rive opposée, d’autres constructions, si lointaines qu’on les distingue à peine de la masse de brousse où elles se perdent :
- « Ce sera le plus grand pont du monde, dit-il. Il aura 12 060 pieds, plus de 3600 m de longueur, entièrement au-dessus des eaux pendant la crue. Commencés sur les deux rives à la fois, les travaux de construction doivent être achevés en quatre ans et l’on estime que la dépense totale, en comprenant la déviation de la voie ferrée par rapport à son tracé actuel, atteindra trois millions de livres... »
- Nous étions arrivés ici — à Mutarara, sur la rive gauche du Zambèze, à une centaine de kilomètres de
- Fig. 1. — L’aspect qu’aura le pont du Zambèze terminé. (Au moment de l’étiage du fleuve).
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- son embouchure — par le chemin de fer qui vient du Nyassaland britannique; là-bas, à deux cents kilomètres vers le Nord, c’est la région du thé; plus loin encore, au delà de Blantyre, la capitale, la voie ferrée est poussée vers le lac Nyassa. Lorsqu’elle l’atteindra, d’immenses régions avoisinant la longue nappe d’eau, se trouveront reliées à la côte.
- Sur la rive droite du Zambèze, en face de nous, s’élève le vieux poste portugais de Sena, l’un des plus anciens du Mozambique, fier encore de sa porte fortifiée et armoriée, dernier vestige d’une forteresse élevée pour se défendre contre les incursions du Monomotapa. De Sena, la voie ferrée descendra sur Beira, le port lusitanien qui constitue le débouché naturel de ces régions. Dès maintenant, pourvu de quais et de tout l’outillage désirable, Beira drainera ainsi les produits de la Rhodésie du Sud, par le chemin de fer qui va à Buluwayo, et de la Rhodésie du Nord-Est.
- Tous ces éléments étant réunis devant et derrière nous, je repense au paragraphe du premier rapport relatif à la construction du pont sur le Zambèze :
- « Selon notre sentiment, la construction du pont du « Zambèze n’est pas un projet qui doive être considéré « en soi seulement, mais bien comme une partie d un « plan d’ensemble qui permettra de développer comme « il convient le Nyassaland, en comprenant l’exten-« sion de son chemin de fer intérieur et la simplification « de tout son système de communications avec la mer... »
- Dès 1912, un accord avait été passé entre le Portugal et le Royaume-Uni pour régler les modalités d’établissement; la concession prévoit le retour du pont au gouvernement portugais, à l’expiration d’un délai de 99 ans : ce qui peut sembler une garantie morale plutôt que pratique.
- La Guerre interrompit le progrès de l’affaire, qui ne fut reprise qu’en 1926; un rapport précis et favorable, basé sur une étude concrète, aboutit en 1929 au vote d’un crédit de trois millions de livres, pris sur un emprunt de dix millions de livres contracté par les possessions britanniques d’Afrique orientale. Les travaux sont au point que nous avons dit : les viaducs d’accès et quelques arches, plus quelques piles, construits sur chaque rive.
- Commencée en 1931, la construction doit être achevée en 1935, malgré les difficultés créées par le climat torride et fiévreux, et par la violence toute puissante des crues.
- A notre passage, on pouvait encore s’aventurer sur les bancs de sable. De là, on prenait une mesure plus juste de l’immensité du fleuve, comme de la grandeur de l’œuvre qui doit lier un jour ses bords.
- Ne suffit-il pas d’ailleurs de rappeler qu’il n’y a qu’un seul pont construit sur le Zambèze, à des milliers de kilomètres de celui-ci, et encore, en travers de la gorge étroite où le fleuve se précipite en torrent juste én aval des Victoria Falls ?
- __ Ch. de fer en exploitation
- ----- « construction
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- Fig. 2. — Carte montrant l'emplacement du pont du Zambèze, ainsi que les chemins de fer existants ou en construction.
- Depuis les terres que l’étiage découvre, les piles et les viaducs ne semblent déjà plus que des traits noirs sur les rives. Hors des chantiers, les collines qïti bordent le Zambèze ne sont que brousse — cette brousse où les
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- Fig. 4. — Le seul pont actuellement existant sur le Zambèze : le pont de Victoria Faits construit par The Cleveland Bridge and Engineering sous la direction d’un ingénieur français, M. G. C. Imbault,
- ingénieurs des travaux abattent des lions et des grands buffles. Les bancs de sable eux-mêmes présentent dé vastes esplanades dénudées, que bordent des roseaux; une voie Decauville sillonne ces espaces nus; un pont flottant joint les deux bancs, et le courant du fleuve glisse alangui au ras des planches; mais quand viendra la formidable crue annuelle, tout sera submergé, balayé.
- Debout sur le sable, on a peine à imaginer qu’il sera recouvert de six mètres d’eau s’écoulant en un flot ravageur^ L’esprit peine à rejoindre la grandeur des phénomènes africains : mais quand il a admis leur puissance, il voit mieux quelle prudence et quelle sciencè les constructeurs doivent apporter dans la réalisation de leur œuvre.
- LE PONT SUR LE ZAMBÈZE
- Le pont se compose de trente-trois travées métalliques supportées par des piles de béton armé; ceci,
- Fig. 5. — Le pont de Sena : la première des 33 travées est mise en place au-dessus du fleuve.
- (Ph. The Cleveland Bridge and Engineering).
- sans^compter ;les viaducs d’accès. La configura tioa; du'terrain, l’absence de grands fonds,. en particulier la présence des bancs de sable qui facilitent le travail 'durant la décrue, permettent d’utiliser des points d’appui relativement rapprochés et ^ toutes les travées, sensiblement égales, ont une portée voisine de quatre-vingts mètres. Leur nombre fait l’importance exceptionnelle de ce pont qui dépasse en longueur tous ceux construits jusqu’à ce jour.
- Le pont de la Tay, en Écosse, n’a que 3150 m; deux ponts, aux Indes, mesurent respectivement 3000 et 2700 m. Et le fameux pont du Forth atteint à peine 2500 m. Les États-Unis ont aussi nombre de grands ponts, dont le plus long — Ilell’s Gâte Bridge — mesure un peu plus de 4000 m ; mais il est en partie au-dessus de la terre ferme. Le record reste donc au pont du Zambèze.
- L’établissement des piles en est une des caractéristiques notables.
- Pour leurs fondations, les excavations sont faites à sec, au moyen d’un coffrage enfoncé progressivement et formant cheminée. Quand la profondeur et par conséquent la pression d’eau y obligent, on achève le travail en fermant le coffrage à sa partie supérieure pour le transformer en caisson à air comprimé. Pour les piles voisines des rives, les fondations sont engagées à trois mètres de profondeur en plein roc. Pour les autres, on descend jusqu’à 33 m de profondeur au-dessous du niveau des basses eaux, si l’on ne rencontre pas la roche; si on la trouve, on se contente d’appuyer la fondation sur le roc convenablement aplani, ou au plus, de creuser à quelques pieds dans la couche dure, si la profondeur de la fondation n’est pas encore suffisante.
- Chaque fondation est établie, avons-nous dit, à l’intérieur d’un caisson métallique en forme de cylindre aplati, la plus grande dimension se trouvant naturellement dans le sens du courant, pour résister à son én,oi?^e poussée. •
- Le caisson affecte à sa base la forme d’une trousse coupante et on l’enfçnce progressivement en affouillant à l’intérieur avec une benne preneuse, et en construisant sur lui.
- Les chantiers du Zambèze offrent en ce moment, surtout sur la rive droite, le spectacle des diverses phases du travail; depuis la construction de la base du caisson, à pied d’œuvre, jusqu’à la fin de l’achèvement d’une fondation de pile.
- La pile elle-même est aussi en béton armé, coulé sur place, avec les classiques armatures dans le sens vertical et le sens horizontal; un empierrement protégera la base des piles contre les affouillements du fleuve durant la crue. .
- Le pont présentant une certaine pente, le niveau supérieur des piles varie de 3 m à près
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- de 10 m au-dessus du niveau des plus hautes eaux; la dénivellation du fleuve, entre les basses eaux et la crue maxima, est de l’ordre de 25 pieds,^pu 7 m 50. Le pont h’est donc remarquable ni par sa hauteur au-dessus de l’eau, ni par la dimension de chaque travée, mais bien par la puissance prodigieuse du fleuve qu’il doit franchir.
- C’est ainsi, pour terminer par ce chiffre qui a son éloquence, que la seule structure métallique du pont va demander 15 000 t d’acier profilé, quinze millions de kilogrammes de poutrelles, d’entretoises, de rivets...
- Aucune compagnie de chemin de fer privée n’aùràit voulu engager la dépense, certaine que, pendant de longues années au moins, les revenus ne couvriraient pas la dixième partie des intérêts du capital immobilisé. Mais le Gouvernement britannique poursuit d’un effort constant le développement de ses possessions de l’Est Africain. Il espère construire ainsi un vaste bloc de possessions liées par des intérêts communs. Il est patent que l’Union Sud-Africaine constitue un pôle d’attraction pour la Rhodésie du Sud. D’attraction, et de crainte, car nul en Rhodésie ne se dissimule le danger qu’il y aurait à se laisser absorber par l’Union. Le réseau de voies ferrées des Rhodésies, de l’Uganda, du Tanganyika, du Nyassaland, vont, en se complétant et se rejoignant peu à peu, opérer un resserrement entre ces possessions et le Mozanbique Portugais. Dans son état actuel, le chemin de fer vers Beira assure mal le débouché des denrées produites au voisinage du lac Nyassa; des communications toujours difficiles, souventinter-rompues — et ce pour plusieurs mois chaque année — paralysent l’activité des planteurs et des prospecteurs. Que l’on admette la fin de la crise mondiale, et la grande entreprise ,^u pont de Sena à Mutarara trouvera peu peu sa justification économique et politique. Christian de Caters.
- Fig. 8.
- Fig. 7. — Un caisson de fondation en montage.
- La fondation d'un puits de fondation.
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- = LA MISSION DAKAR-DJIBOUTI =
- AU MUSÉE D’ETHNOGRAPHIE DU TROCADÉRO
- La mission Dakar-Djibouti, instituée par une loi du 31 mars 1931 et patronnée par vingt-trois établissements officiels, a, de juin 1931 à novembre 1932, sous la direction de son chef Marcel Griaule, traversé l’Afrique dans sa plus grande largeur, visitant successivement l’Afrique occidentale française, la Nigéria anglaise, le Cameroun, l’Afrique équatoriale française, le Congo belge, le Soudan anglo-égyptien, l’Abyssinie.
- Ses résultats ont largement atteint ce qu’on en atten-
- Fig. 1. — Porte de grenier Dogon ornée de figurines des deux sexes.
- Sanga (Cercle de Bandiagara, Soudan français).
- La serrure, ornée au milieu d’une cigogne, est surmontée de deux figurines (Ph. Minotaure.)
- dait. Indépendamment d’observations et de documents ethnographiques et linguistiques qui fourniront la matière de nombreux volumes et dans lesquels sont notés une trentaine de langues ou dialectes pour la plupart inconnus jusqu’alors, de collections botaniques et zoologiques destinées au Muséum et comprenant des animaux vivants, de manuscrits abyssins qui enrichiront le fonds de la Bibliôthèque nationale, elle a rapporté environ 3500 objets ethnographiques de toute sorte pour le Musée du Trocadéro, où une sélection en est actuellement exposée.
- Dans l’impossibilité de tout citer, nous nous bornerons
- aux séries les plus typiques, présentant à un degré particulier un caractère artistique, et provenant de deux régions, le Soudan français et l’Abyssinie.
- SOUDAN FRANÇAIS
- Pour la première, ce sont d’abord des serrures en bois sculpté, auxquelles semble avoir été attribuée primitivement une efficacité au moins autant magique que
- Fig. 2. — Faîte de case (Kabyo. Cercle de Mopti, Soudan français.)
- (Ph. Mission Dakar-Djibouti.)
- technique. De formes très variées, elles représentent entre autres des personnages, des animaux, la lune ou le soleil, parfois une figure de serrure au centre de la serrure véritable (fig. 1).
- Du cercle de Mopti proviennent des- faîtes de cases des pêcheurs du bord du Bani, de forme rappelant un peu ceux de Nouvelle Calédonie et comme eux souvent dérivés de représentations humaines. Mais au lieu d’être en bois sculpté, ils sont ordinairement composés de torsades de paille disposées le long d’une tige de bambou plantée dans le toit (fig. 2).
- D’autres objets ont plus directement une signification rituelle et se rattachent aux cérémonies religieuses
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- et à l’initiation. Ce sont en premier lieu des masques et coiffures de danse, en bois polychromé, employés surtout dans les manifestations publiques des confréries dites, assez improprement, sociétés secrètes. Us sont de formes variées, à sujets principalement anthropomorphes ou zoomorphes dont ils portent les noms : chasseur, jeune fille, statue, antilope, singe blanc, lièvre, coq, maison à étages. Chez les Bambara, la tête de l’antilope, assez naturaliste, prolonge un corps curieusement stylisé.
- Ces masques sont souvent décorés d’ornements en matériaux divers, notamment en cauris et en verroterie de traite.
- Beaucoup plus sacrés que les masques sont chez les
- Fig. 4. — Tête de « mère des masques » trouvée dans la caverne de Gogoli à Sanga. Ph. Mission Dakar-Djibouti.
- Dogon les « mères des masques », objets en bois atteignant jusqu’à dix mètres de long, en forme générale de masque « maison à étages » terminé en tête de serpent à gueule ouverte. Les indigènes en cachaient soigneusement à la mission l’existence et, quand elle les eut découverts, la signification. En temps ordinaire, ils sont déposés dans des cavernes d’où on ne les sort que dans des circonstances exceptionnelles, soit pour les cérémonies du sigui, qui n’ont lieu que tous les soixante ans et se transmettent d’un groupe de village à un autre, approximativement d’Est en Ouest, en commençant par le village de Yougo, soit pour les funérailles d’un homme ayant fait le sigui ou d’un grand initié. On peut encore
- Fig. 3. — Masque Dogon en forme d’iguane (Sanga). Représenterait un génie féminin. (Ph. Minotaure.)
- citer les dégué (statues), figurines anthropomorphes représentant sans doute des êtres surnaturels, qui se
- Fig. 5. — Manches de « Wasamba » bozo (Kabyo). Figurations anthropomorphes. (Ph. Minotaure.)
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- Fig. 6. —• Danse du masque « maison à étages » à Sanga. Cliché Minotaure.
- voient dans la plupart des sanctuaires dogon, et les bazou, représentations schématiques d’animaux, correspondant aux tabous contre les voleurs dans les champs ou les vergers.
- A l’initiation accompagnée de circoncision se rattachent des instruments portant des noms variés selon les populations et que les Bambara appellent wasamba
- (fig- p)-
- Utilisés par les circoncis avant et après l’opération, notamment pour signaler leur présence aux femmes et
- Fig. 8. — Eglise Antonios à Gondar (Ethiopie septentrionale.)
- Peinture murale (deux Prêtres du ciel)
- (Ph. Mission Dakar-Djibouti.)
- aux enfants, dont l’approche leur porterait malheur, ils se composent d’un bois à deux branches inégales formant angle aigu, dont la plus courte sert de manche, tandis que dans l’autre sont enfilés des calebasses entières ou des morceaux de calebasses taillés que l’on heurte de façons diverses pour faire du bruit. Les wasamba fabriqués pour les pêcheurs bozo par des forgerons bambara sont soigneusement sculptés; leur tête supporte une tête anthropomorphe du même type que les masques.
- Aux rites religieux et initiatiques sont également associées des peintures rupestres exécutées soit sur les parois de cavernes utilisées comme santuaires ou lieux de retraites pour les circoncis, soit sur des pierres qui leur ont servi de sièges, par les vieillards qui leur en expliquent le sens. Elles représentent des masques ou des porteurs de masques et peut-être aussi des animaux totémiques.
- ÉTHIOPIE
- Les pièces les plus remarquables d’Ethiopie sont d’abord des amulettes, petits rouleaux de parchemin
- Fig. 7. — Pierre peinte dogon pignari.
- Figuration de biche Songo, cercle de Bandiagara). (Ph. Minotaure.)
- sur lesquels sont inscrites des formules magiques et que tous les Abyssins des deux sexes portent enfermés dans des étuis de cuir travaillé ou d’argent ciselé. Elles sont ornées de figures représentant des yeux prophylactiques, des motifs décoratifs, des soleils, des croix, des carrés magiques, et surtout des anges gardiens ou des saints. Plus importantes encore sont les peintures, notamment celles de l’église d’Antonios près de Gondar (fig. 8), datant du début du xvme siècle et dont l’ensemble couvre 60 m\ Exécutées sur toile collée sur les murs de l’église, elles étaient déjà fort endommagées et vouées à une destruction certaine par suite du délabrement de l’édifice quand la mission Griaule les a recueillies. Elles constituent des documents de premier ordre pour l’histoire de l’art en Abyssinie et de l’art chrétien en général.
- G.-H. Luquet.
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- NAISSANCE ET VIE
- Les personnages du théâtre Guignol dilïèrent complètement des marionnettes, car ils ne possèdent aucun fil, aucun corps et n’ont pas de jambes; ils se composent essentiellement d’une tête et d’un tube d’étoffe figurant le corps costumé. Sur ce tube sont fixés les deux bras, qui comme le corps lui-même sont vides. Pour donner de la vie à cette sorte de sac, le guigno-liste introduit son bras dans le sac; son index dans le cou de la
- tête où se trouve une ouverture de la grandeur voulue, son pouce dans un bras et le doigt du milieu dans l’autre bras et c’est tout.
- Tout en étant un peu simpliste le procédé a du bon et un bon guignoliste sait donner de l’entrain aux personnages. George Sand disait : « Mon buratlino souple obéissant à tous les mouvements de mes doigts va, vient, salue, tourne la tête, croise les bras, les élève au ciel, les agite en tous sens, salue, soufflette, frappe la muraille avec joie ou avec désespoir. Et vous croyez voir toutes les émotions se peindre sur son visage. Ce prodige vient de ce que le buratlino n’est pas automate, de ce qu’il obéit à mon caprice, à mon inspiration, à mon entrain, de ce que ses mouvements sont la conséquence des idées qui me viennent et des paroles que je lui prête, de ce qu’il est moi enfin, c’est-à-dire un être et non pas un fantoche. »
- Ce théâtre guignol est très facile à établir et c’est cette simplicité qui tente les amateurs. Les décors sont simples, et peuvent être remplacés par les rideaux si fort à la mode en ce moment. Les costumes sont à la portée de tout le monde et
- DES MARIONNETTES
- habiller une poupée ne présente pas de difficulté. La tête seule peut embarrasser. Comme le guignol enfantin se termine toujours par des coups de bâton, il faut employer les têtes de bois que l’on trouve dans le commerce, en types à peu près immuables, mais pour un guignol destiné à jouer des pièces plus sérieuses, on peut employer des têtes de carton, modelées et moulées comme j’ai indiqué pour les marionnettes, mais il faut bourrer l’intérieur de cou en ne laissant au centre qu’une ouverture pour enfoncer le doigt.
- L’opérateur ou les opérateurs se tiennent debout ou assis dans le théâtre de façon que leur tête affleure la rampe, sans la dépasser. Chacun d’eux donne la vie à deux burattini. Comme il faut pouvoir changer souvent de personnage, il est nécessaire d’opérer rapidement. Pour cela le bas du sac qui forme le personnage est muni d’une grosse agrafe et au bas de la scène est placée soit une tige de fer, soit une ficelle tendue; les burattini sont pendus à cette tige la tête en bas, au moyen de l’agrafe. L’opérateur n’a qu’à fourrer la main dans le personnage comme dans un sac, pour l’avoir à sa disposition.
- Comme pour les marionnettes à fil, il faut de l’habitude et la passion de bien faire. Animer le personnage, lui donner la voix nécessaire, changer de voix à chaque réplique lorsqu’on manœuvre un burattino de chaque main, faire les bruits de coulisse souvent avec le pied, tout cela pour être bien fait doit être étudié. Le prestidigitateur Albf.r.
- Fig. 2. — Les mains.
- Fig. 3. — Les personnages.
- RECREATIONS MATHEMATIQUES
- LE POINT DEVINÉ
- Il s’agit ici du point en matière de jeu de cartes, c’est-à-dire de la somme des points que représentent un certain nombre de cartes tenues en main.
- Dans un jeu de 32 cartes, priez une personne d’en choisir plusieurs qui seront gardées en main et par leur total formeront le point à trouver, les as étant comptés pour 11 points, les figures pour 10 et les autres cartes pour leur valeur.
- Après le choix de chaque carte, la personne formera devant elle un paquet comprenant autant de cartes qu’il en faut, chacune comptant pour une unité, pour faire le total 15 avec les points qu’indique la carte choisie. Si, par exemple, elle a en main un sept, elle met 8 cartes dans le paquet; si elle a un as, elle en mettra 4, etc. Elle peut ainsi choisir autant de cartes et former autant de paquets que le jeu le lui permettra. Les cartes non utilisées formeront le talon qui sera mis de côté et pourra même ne pas exister.
- Bien entendu vous ne suivez pas les manipulations et,, tournant le dos, vous vous astreignez à ne rien regarder.
- Pour trouver maintenant le point que la personne a en main, il vous suffira de déplacer 2 paquets du côté du talon en le^ comptant pour zéro, de compter 16 pour chaque paquet restant et d’ajouter, s’il y a lieu, le nombre des cartes du talon.
- Supposons que la personne ait choisi un as, un roi, un valet, un dix et un neuf. Elle aura devant elle 5 paquets respectivement de 4, 5, 5, 5 et 6 cartes et il restera 2 cartes au talon. Déplaçante paquets qui ne comptent pas, il en restera 3 valant chacun 16 points, plus les 2 cartes du talon, ce qui fait 16x 3 -f- 2, soit 50 points : c’est bien le point formé par les cartes choisies.
- Explication. — Voici maintenant la curieuse explication de cette manière de procéder.
- Désignons par p le point formé par les cartes tenues en main;.
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- 370 ......................=" ~..—=
- appelons n le nombre total des cartes contenues dans les paquets; soit enfin t le nombre de ces petits tas qui est lemême que celui des cartes en main.
- Comme Y ensemble d’une carte choisie et du tas correspondant vaut 15, les t ensembles valent 15 t, ce qui peut s’écrire :
- n + p = 15 t. (1)
- D’un autre côté le jeu se compose de 32 cartes, sur lesquelles il y en a t de choisies; il en reste 32 — t, qui comprennent d’abord les cartes des paquets n, ensuite celles restant au talon r, soit :
- n + r = 3 2 t. ' J
- Mais si l’on ajoute 16 t — 32 à ce total 32 — t, on obtient évidemment 15 t, ce qui revient à dire que :
- n + r + 16 t — 32 = 15 t. (2)
- En comparant les équations (1) et (2) on en déduit :
- p = r + 16 1 — 32 p=:r + 16(f —2)
- Ainsi pour trouver le point p, il faut supprimer 2 tas t, compter les autres pour 16 et ajouter les cartes du talon r.
- On peut du reste varier cette récréation en prenant un jeu de 52 cartes et adoptant un chiffre autre que 15 pour la valeur de chaque ensemble : les formules obtenues seront analogues à la précédente, bien qu’un peu moins simples cependant.
- Une condition, qui rend ce tour de cartes tout à fait élémentaire, consiste à ne choisir que trois cartes dans un jeu de piquet : dans ce cas la personne ne fera qu’un seul paquet des cartes supplémentaires placées devant elle. En adoptant toujours le chiffre 15 pour la valeur de chaque ensemble, il suffit d'ajouter 16 au nombre des cartes restant au talon pour trouver de suite le point.
- La formule devient dans ce cas particulier :
- p = r + 16 (3 — 2) = r + 16.
- Remarque générale. — Pour ne pas attirer l’attention sur la façon de deviner le point, il importe de ne pas compter ostensiblement le nombre des cartes du talon, mais de paraître seulement en examiner rapidement le dos en les faisant passer d’une main dans l’autre.
- Léon David.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- AOÛT 1933, A PARIS
- Août 1933 se classe au quatrième rang parmi les mois d’août les plus chauds observés à Saint-Maur, il a été très ensoleillé et exceptionnellement sec.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 763 mm 8 ramenée au niveau de la mer, au Parc St-Maur, est supérieure du 1 mm 4 à la normale.
- Celle de la température, 20°, présente un excédent de 2°,6 sur la normale. Les journées les plus chaudes ont été celles du 6 et du 7 avec des écarts respectifs de 7°,4 et 7°,6 par rapport à la normale. Le maximum absolu, 33°,5, constaté le 6, quoi qu’il soit supérieur de 2°,2 au maximum absolu moyen, n’a rien d’exceptionnel et a été dépassé maintes fois en août depuis le début des observations. Le minimum absolu, 10°,5, qui s’est produit le 25, est fort élevé (depuis 1873, seul celui de 1932, 11°,0, lui a été supérieur).
- Les extrêmes absolus de la température, pour la région parisienne, ont été de 7°,2 le 29 à Vaucluse et de 37°,4 le 6 à Saint-Ouen.
- La hauteur d’eau mensuelle recueillie au Parc Saint-Maur, 13 mm 4 seulement, n’atteint pas tout à fait le quart de la normale (rapport 0,24) et août 1933 vient ainsi au quatrième rang également parmi les plus secs des 60 dernières années. Le nombre de jours de pluie appréciable, 6, est égal aux plus faibles notés en août depuis 1874; il n’est que la moitié du nombre moyen (12) ; du l’este, les pluies ont été à la fois rares et peu abondantes.
- La journée la plus pluvieuse, celle du 21, n’a fourni qu’un total de 4 mm 5 d’eau. A Montsouris la hauteur totale de pluie recueillie a été de 15 mm 0, et elle est inférieure de 70 pour 100/à la moyenne des 50 années 1873-1922. La durée totale de chute, 10 h 35 m, diffère de 61 pour 100 en moins de la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en vingt-quatre heures : pour Paris, 36 mm 0 à Passy et 56 mm 3 au Mont-Valérien, à la date du 14 (orage).
- Le 11, on a signalé un faible orage en banlieue S. O.; le
- 14, trois orages successifs, le premier, très violent avec coups à éclat et chutes de foudre, affectant la ville et la proche banlieue O. et N.-O., entre 16 h. 25 et 17 h., accompagné de grêle sur quelques points; le 18, petit orage au lointain N. de Ville-Evrard, vers 18 h.
- Au Parc St-Maur, la durée d’insolation, 265 h. 1 a été atteinte ou dépassée 9 fois, depuis 1881; elle est inférieure de 53 heures à la plus élevée (318 h en août 1898).
- Du sommet de la Tour Saint-Jacques, la visibilité à 9 h. a été 21 jours supérieure à 6000 m, ce qui est relativement rare en ce mois. La moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air au Parc Saint-Maur a été de 67,6 pour 100 et celle de la nébulosité de 46 pour 100. On y a noté : 2 jours d’orage, 1 jour de brouillard, 24 jours de brume lointaine et 24 jours de rosée.
- Moyennes de l’été 1933, d’après les observations faites au baromètre, au niveau de la mer : Parc Saint-Maur : 762 mm 43, inférieur de 0 mm 12; juin a eu une pression moyenne très basse et juillet et août en ont .présenté une très élevée. Thermomètre : 19°1, supérieur de 1°7 (été très chaud; lui ont été supérieurs, depuis 1806, ceux suivants : 1807, 19°2; 1826 et 1842, 19°5; 1846, 19°4; 1859,19°7; 1899, 19°4; 1900, 19°3; 1911, 19°7; 1921, 19°2) juin a été normal comme température moyenne, mais juillet et août ont été chauds, surpassant la normale, de 2°1 et de 2°6.
- Hauteur totale de pluie recueillie : 154 mm 3, inférieure de 15 mm 6; juin a été très pluvieux, juillet normalement pluvieux et août fort sec.
- Jours de pluie appréciable : 32, inférieurs de 4,6.
- 16 jours d’orage.
- Moyenne de l’humidité relative : 68,8 pour 100, plus faible de 4,8.
- Moyenne de la nébulosité : 49,6 pour 100, moindre de 4, 4.
- Em. Roger.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1933 (*)
- Le phénomène céleste le plus important de ce mois-ci est, certainement, l’occultation des Pléiades par la Lune le 3 novembre. Il peut être suivi par tout le monde, à condition d’avoir soit des jumelles, soit, mieux, une petite lunette (voir plus loin).
- A signaler aussi le chapitre des Etoiles variables, il y a là quelques observations utiles à faire.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil devient fortement australe en novembre, puisqu’elle passe de — 14°23' le 1er à— 21°38'le 30. La durée du jour subit aussi en ce mois, une diminution très importante : de 9h53mle 1er, elle tombe à 8h34m le 30. Cette diminution du jour est surtout sensible le soir.
- En effet, le 1er novembre le Soleil se lève à 6“38m, et se couche à 16“31œ. Ainsi la matinée dure 5“22m et la soirée 4“31m seulement. (Cette inégalité des deux parties de la journée provient de ce que le Soleil passe au méridien à ll“34m, soit 26 minutes avant midi légal).
- Voici le tableau du temps moyen à midi vrai, ou heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage. Dates. Heure du passage
- Novembre 1er llh 34m 19» Novembre 17 11“ 35“ 38»
- — 3 11 34 17 •— 19 11 36 4
- —- 5 11 34 18 — 21 11 36 32
- — 7 11 34 23 — 23 11 37 4
- — 9 11 34 31 — 25 11 37 39
- — 11 11 34 43 — 27 11 38 16
- — 13 11 34 58 — 29 11 38 57
- — 15 11 35 16
- Observations physiques. — L’observation quotidienne et fréquente de la surface solaire est recommandée (voir notamment les « Bulletins astronomiques » des nOB 2904 et 1906).
- Voici la suite des Ephémérides du Soleil, permettant l’orientation des dessins et des photographies de cet astre.
- Dates.
- 0“ (T. U.) P B0 L0
- Novembre 2 + 24o,50 + 4°,22 8°,76
- — ' 7 -f 23°,54 + 3°,70 3020,83
- — 12 + 22°,38 + 3o,13 236o,91
- — 17 + 210,03 + 2o,55 171°,00
- — 22 + 19o,49 + 1°,94 1050,09
- — 27 + 17°,78 + 1°,32 39o,19
- — 29 + 17°,05 + 1°,07 12°,83
- 1. Toutes les heures figurant dans ce « Bulletin astronomique» sont exprimées en Temps universel (T. U.), ou temps légal en France, compté de 0b à 24“, à partir de minuit.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible, le matin. La meilleure période pour l’observer sera celle de la nouvelle Lune, du 15 au 22 novembre.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire pendant la même période, juste à l’opposé du Soleil, dans la constellation du Taureau. Pour trouver la position du centre de la lueur antisolaire, il suffit de retrancher 12“ à l’ascension droite du Soleil et de changer le signe de sa déclinaison. Ainsi, le 15 novembre, la position du soleil (voir ci-dessous le grand Tableau) sera de :
- Ascension droite = 15“ 21m; Déclinaison = — 18°27' et la position du centre de la lueur anti-solaire :
- Ascension droite = 3“21m ; Déclinaison = + 18°27'.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de novembre, se produiront comme suit :
- P. L. le 2, à 7“ 50 m D. Q. le 10, à 12“ 18 “ P. Q. le 24, à 7“ 38m
- Age de la Lune, le 1er novembre, à 0“ (T. U.) = 12>,8; le 18 novembre = 0>,3. Pour avoir l’âge de la Lune, à 0“, à une autre date du mois, ajouter 1 jour jmr jour écoulé depuis le 1er ou le 18.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 6 novembre, à 0“ = + 27°42'; le 19 novembre, à 15“ = — 27°38'.
- Apogée de la Lune, le 7 novembre, à ü“; parallaxe = 54'5"; distance = 405 445 km.
- Périgée de la Lune, le 19 novembre, à 1“; parallaxe = 60'56" distance = 359 865 km.
- Occultation d’étoiles par la Lune. — Le 3 novembre, occultation des Pléiades. Très beau et très curieux phénomène céleste à observer, même avec une petite lunette. Noter avec précision les heures de contact du bord lunaire avec les étoiles occultées, et toutes les particularités que l’on pourrait constater au moment de la disparition ou de la réapparition de ces étoiles.
- Nous avons donné au « Bulletin astronomique » pour le mois d’août 1932 (n° 2884, du 1er juillet 1932) une bonne carte du groupe des Pléiades. Les observateurs sont priés de rechercher ce n° de La Nature afin d’avoir cette carte devant eux pendant l’occultation. Celle-ci se produira donc le 3 novembre, notre satellite étant au lendemain de la Pleine Lune. L’éclat de la Lune gênera quelque peu les observations. On pourra observer l’occultation de sept étoiles brillantes, et beaucoup d’autres d’étoiles plus faibles.
- Fig. 1.
- Radiant des Léonides.
- Fig. 2.
- Radiant des Andromédides.
- Le radiant est indiqué par un petit cercle blanc muni de trois flèches.
- N. L. le 17, à 16“ 24
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- Voici la liste des occultations principales :
- Magni- Phéno-
- Etoile. tude. mène. Heure. Remarques.
- 17 Taureau 3* Imm.
- 9 Taureau 4“ >,3 Imm.
- 20 Taureau 4" >,1 Imm.
- 17 Taureau 3“ ‘,8 Em.
- 16 Taureau 5“ ',4 Em.
- 9 Taureau ‘,3 Em.
- 20 Taureau 4m ,1 Em.
- 19“48“,5 au bord lumineux E.S.E. 20“ 8m,5 au bord N. E.
- 20u16m,5 au bord E.N.E.
- 20“34“,0 au bord obscur S.S.O.
- 20“50m,0 au bord O.S.O.
- 2811 6m,5 au bord O.
- 21 24m,0 au bord O.S.O.
- On voit donc, en se reportant à la petite carte dont nous avons parlé ci-dessus, que les étoiles Cclæno (16), Electre(17), Taygête (19 q) et Maïa (20) seront occultées le 3 novembre prochain.
- Une périodicité fort curieuse, mais assez compliquée, régit les occultations des Pléiades par la Lune. Mon collègue, M. G. Blum, secrétaire-adjoint de la Société astronomique de France, a effectué une importante recherche sur la loi qui régit ces phénomènes célestes, et son étude est actuellement en cours de publication dans L’Astronomie (n° d’août 1933 et suivants) (*).
- Voici les autres occultations du mois :
- Le 21, occultation de 308 B. Sagittaire (6m,3). Immersion à 17h34m.
- Le 24, occultation de 67 Verseau (6m,4). Immersion à 21h23m.
- Le 25, occultation de 13 Poissons (6“,4). Immersion à 21“43“,0
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au début (du 1er au 4), à l’époque de la pleine Lune, puis du 16 au 21, moment de la nouvelle Lune. Elles seront assez faibles, leur coefficient atteignant au maximum 99 centièmes.
- Auss le phénomène du Mascaret n’est-il pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau suivant, qui a été dressé à
- 1. S’adresser à M. C. Boulet, 7, rue Suger, Paris.
- l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de novembre 1933.
- Mercure sera visible pendant quelques jours, comme étoile du soir, au début du mois, sa plus grande élongation s’étant produite le mois dernier, le 28. Toutefois, son observation sera très difficile en nos régions, en raison de sa forte déclinaison australe. On pourra toutefois essayer de le voir du 1er au 6, si le temps est bien pur au coucher du Soleil.
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil, le 19 novembre, à 0“.
- Vénus arrivera à sa plus grande élongation du soir le 25 novembre, à 19“, à 47°12' à l’Est du Soleil. Sa déclinaison australe sera fort élevée (supérieure à —- 26°) aussi sera-t-elle bien basse sur l’horizon et son observation bien difficile.
- Mars pourra encore être reconnu, par très beau temps, à l’horizon sud-ouest, mais on peut maintenant considérer sa période de visibilité comme terminée.
- La petite Planète Nausikaa (n° 192) va se trouver en opposition le 3 novembre, et atteindra la magnitude 7,8. Voilà la suite des éphémérides commencées le mois dernier. En novembre, la planète Nausikaa se déplacera au-dessous des étoiles 10, 12 et 13 du Bélier.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison
- Novembre 8 2h 27m 9 + 27°57'
- — 16 2“ 20m,3 + 27°31'
- — 24 2“ 14m, 2 + 26°56'
- Jupiter devient bien visible avant l’aurore, se levant maintenant près de trois heures et demie avant le Soleil.
- Une petite lunette suffit pour reconnaître les bandes nuageuses qui traversent son disque, pour apprécier son aplatissement, et pour suivre les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Voici la liste des phénomènes que l’on pourra observer en novembre :
- ASTRE Dates : Novembre Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ.
- \ 5 6* 44“ 11“34“ 18s 16“ 24“ 14“ 41“ __ 15038' 32'19"4 Balance
- Soleil . . . 15 7 0 11 35 16 16 10 15 21 — 18 27 32 24 ,0 Balance ))
- 25 7 15 11 37 39 16 0 16 3 — 20 44 32 28 ,0 Scorpion
- 5 8 57 13 0 17 33 16 6 — 23 40 7,8 o Scorpion Dès J'arrivée de la
- Mercure . . 15 7 50 12 8 16 25 15 56 — 21 15 9,6 o Scorpion > nuit, au début
- 25 5 57 10 45 15 33 15 11 - 15 37 9,0 y Balance du mois.
- 5 10 56 14 48 18 40 17 52 26 26 20,4 Scorpion
- Vénus . . . 15 11 10 14 47 18 43 18 40 — 26 17 22,4 cd Sagittaire Le soir, à l’horizon sud-
- 25 11 9 15 3 18 58 19 26 - 25 4 25,0 Sagittaire ouest.
- 5 10 8 14 8 18 9 17 13 — 24 3 4,4 6 Sçorpion A peine visible au
- Mars. . . . 15 10 3 14 1 18 0 17 46 — 24 30 4,4 Sagittaire crépuscule.
- 25 9 57 13 55 17 53 18 19 - 24 30 4,4 À Sagittaire
- Jupiter.. . . 15 3 25 9 8 14 50 12 53 — 4 24 29,6 y-9 Vierge Avant l’aurore.
- Saturne . . 15 12 33 17 6 21 39 20 53 — 18 32 14,8 6 Capricorne Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 15 ' 15 0 21 44 4 27 1 31 + 8 54 3,6 o Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune . . 15 0 32 7 10 13 49 10 55 + 7 48 2,4 •f Lion Seconde partie de la nuit
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 5*58” 1 Em. 20 4*53“ 11 E. c.
- 4 5 36 II O. c. 21 5 46 III E. c.
- 8 5 4 I E. c. 22 4 14 II P. f.
- 9 4 25 1 O. f. 23 5 59 1 O. c.
- 9 5 5 I P. f. 23 6 51 I P. c.
- 13 6 19 H Em. 24 3 19 I E. c.
- 14 4 27 III E. f. 24 6 25 I Em.
- 14 4 52 111 Im. 25 3 33 I P. f.
- 16 4 6 I O. c. 29 4 30 II P. c.
- 16 4 52 I P. c. 29 5 6 II O. f.
- 16 6 18 I O. f. 29 6 58 II E. f.
- 17 4 26 1 Em.
- Au moment où s’ouvre une nouvelle période d’observations de la planète Jupiter, nous rappellerons ici les divers phénomènes que présentent les satellites :
- lm. ; Em. = Disparition ou réapparition d’un satellite derrière le globe de Jupiter.
- E. c. ; E. f. = Commencement ou fin d’une éclipse d’un satellite dans le cône d’ombre que Jupiter projette derrière lui par rapport au Soleil.
- P. c. ; P. f. = Commencement ou fin du passage d’un satellite devant le disque de la planète.
- O. c.; O. f. = Commencement ou fin du passage de l’ombre d’un satellite sur la surface de Jupiter.
- Saturne est visible dès l’arrivée de la nuit. .
- 11 sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 2 novembre, à 22*.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 14 novembre : Grand axe extérieur 37”,44
- Petit axe extérieur -|- 11”,43
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau -f- 17°,77 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau + 15°,52
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, qu’une petite lunette de 0m,05 d’objectif permet de voir, est surtout visible lors de ses plus grandes élongations. En voici la liste pour novembre :
- Dates. Elongation. Heure.
- Novembre 6 Orientale 23*,7
- — 15 Occidentale 5 ,7
- — 22 Orientale 23 ,3
- Uranus, près de l’opposition, est encore visible pendant la
- nuit presque entière. Pour le trouver, la petite carte publiée au « Bulletin astronomique » du n° 2906 et une simple jumelle seront suffisants.
- Neptune se lève à présent peu après minuit. Il se déplace, en novembre, à 1° 1/2 environ à l’ouest de l’étoile y du Lion. Voici quelques positions où l’on pourra rechercher Neptune :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent .
- Novembre 5 10* 55” + 7053' 2”,4
- — 15 10 55 + 7°48' 2 ,4
- — 25 10 56 + 7°46' 2 ,4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 8h, Uranus en conjonction avec la Lune, à 5°22' S. Le 12, à 13h, Neptune — à 2°40' N.
- Le 15, à O11, Jupiter — à 5°31' N.
- Le 17, à 7\ Vénus — a Sagittaire (2m4) à 0°18' N
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- Le 17, Le 20, Le 21, Le 22, Le 26, Le 28,
- à 23", Mercure en conjonction avec la Lune, à 5°15' N.
- à 1*, Mars — à 2°54' N.
- à 1*, Vénus — à 0°2' S.
- à 20\ Saturne — à 0°7' N.
- à 11“, Vénus — h Sagittaire (4“,5), à 0°14' N.
- à 12“, Uranus — la Lune, à 5°27 S.
- Etoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris :
- Heure
- du passage. Temps sidéral
- Dates. Passage. (T. U.) à 0* (J).
- Novembre 7 Supérieur 22“23m28s 3* 2m598
- — 17 —- 21 44 26 3 42 24
- — 27 — 21 5 2 4 21 50
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu,
- de l’étoile variable Algol ([1 Persée) : le 3, à 0*42”; le 5, à 21“30m; le 8, à 18*19”; le 20, à 5“35“; le 23, à 2*24“,• le 25, à 23*13“; le 28, à 20*2”.
- Le 2 novembre, maximum d’éclat de R Serpent, variable de 5m,6 à 13m,8 en 353 jours.
- Le 14 novembre, maximum d’éclat de RR Sagittaire, variable de 5m,8 à 13”,3, en 331 jours.
- Le 20 novembre, maximum d’éclat de R Lion, variable de 5”,0 à 10”,5 en 315 jours.
- Le 30 novembre, maximum d’éclat de T Grande Ourse, variable de 5”,5 à 13”,5 en 255 jours.
- Minima d’éclat de (3 Lyre, variable de 3”,4 à 4”, 3 en 121,91 : novembre 4,9; 17,8; 30,7.
- Etoiles filantes. — Deux essaims sont particulièrement actifs en novembre, celui des Léonides et celui des Andro-médides.
- Les Léonides (radiant X. Lion) donnent du 13 au 18 des météores rapides, avec traînées. Nombre horaire moyen de météores par nuit sans Lune : 19.
- Les Andromédides (radiant y Andromède) donnent du 17 au 23 des météores lents, avec traînées. Nombre horaire moyen : 15.
- Les petites cartes des figures 1 et 2 montrent l’emplacement de ces radiants sur le ciel.
- Voici d’ailleurs la liste, d’après W.-F. Denning, de tous les principaux radiants actifs en novembre.
- Ascension
- Epoque. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Novembre 1er au 4
- — 1 au 8
- — 13 et 14
- — 13 au 18
- — 13 et 14
- —- 16 au 28
- — 17 au 23
- — 20 et 27
- — 28
- 43° + 22o
- 58° + 20°
- 53° + 32°
- 151° + 23°
- 279° + 56°
- 154o + 40o
- 25° + 43°
- 62» + 22o
- 328° + 62°
- e Bélier A Taureau o Persée X Lion
- 2348 Bradley jx Grande Ourse y Andromède oj2 Taureau a Céphée.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er novembre, à 21*, ou le 15 novembre, à 20*, est le suivant :
- Au Zénith : Cassiopée; Andromède; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux; le Cocher; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine; le Poisson Austral (Fomalhaut).
- A l’Ouest: Le Cygne; l’Aigle; la Lyre; le Capricorne (au Sud-Ouest).
- Fomalhaut est l’étoile de première grandeur la plus australe, visible à Paris. Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- QUELQUES NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- DU SALON DE 1933
- Fig. 1. — Le Super 7 lampes Suga (ph. Roi).
- Nous avons déjà indiqué dans les numéros du 1er et du 15 septembre les caractères généraux des nouveautés radiophoniques présentées au Salon de la T.S.F., mais il nous semble utile de revenir encore aujourd’hui sur quelques points particuliers.
- LES NOUVELLES PRÉSENTATIONS DES RÉCEPTEURS
- La présentation générale extérieure des appai’eils n’a pas été modifiée d’une manière très sensible, comme nous l’avons déjà noté, La forme midget est toujours presque exclusivement en faveur; on peut pourtant noter une légère modification assez souvent adoptée désormais.
- Dans la forme classique du midget, le récepteur proprement dit est placé dans la partie inférieure de l’ébénisterie, et le haut-parleur électrodynamique est disposé au-dessus, soit encastré dans la face antérieure, soit placé horizontalement, assez rarement, d’ailleurs, sur la partie horizontale supérieure de l’appareil.
- Dans la forme nouvelle légèrement modifiée dont on a pu
- examiner au Salon
- „ T , , „.D d’assez nombreux
- Fig. 2. — Le superheterodyne FAR-F.10. ... . .
- modèles, le haut-
- parleur est disposé dans l’ébénisterie au même niveau que le récepteur, soit à droite, soit à gauche, et cette ébénisterie a ainsi une forme assez allongée et de dimensions plus réduites. Cette modification est peut-être due à l’apparition des postes « miniature » que nous avons déjà signalés, et qui comportent un haut-parleur disposé au milieu du boîtier.
- Cette modification ne présente évidemment aucun avantage technique particulier. Il s’agit simplement d’un détail de caractère pratique et esthétique. Parmi les postes montés de cette manière, nous signalerons, par exemple, les appareils Suga (fig. 1).
- Au point de vue de la présentation, on peut noter également une modification de détail du système de réglage. Les dispositifs de réglage unique sont de plus en plus en faveur, mais les tambours et les cadrans de repère sont bien souvent remplacés désormais par des échelles rectilignes horizontales ou verticales devant lesquelles se déplace un index, dont la course est commandée par le bouton de réglage agissant sur le bloc des condensateurs.
- Ces échelles de repère sont assez rarement graduées en longueurs d’onde. Elles comportent simplement, en général, des graduations arbitraires et les indications même des différents noms des postes. Ainsi, pour entendre une émission provenant d’un poste déterminé, il suffit de placer l’index de réglage en face du nom de ce poste inscrit sur l’échelle. Il faut prévoir évidemment les modifications toujours possibles de longueurs d’onde et c’est pourquoi la plupart de ces échelles de repère sont amovibles, et pourraient être remplacées facilement par d’autres.
- Lorsque les noms des postes sont placés les uns axi-dessus des autres, c’est-à-dire lorsque l’échelle est verticale, le réglage est assez précis en plaçant simplement l’index sur l’inscription correspondante .Lorsque l’échelle est horizontale, il est plus difficile, pratiquement, de disposer les inscriptions. Si on les place verticalement, la lecture est difficile; si on les place horizontalement, la position de l’index de réglage est assez mal déterminée. Les constructeurs ont imaginé différents systèmes ingénieux, tels que l’emploi d’un rectangle ou d’un disque de réglage à côté de chaque nom de poste.
- On peut également noter une augmentation du nombre des combinés radio-phonographiques et nous avons déjà indiqué les raisons de ce phénomène. Nous citerons, par exemple, les ensembles Sonora, très bien présentés.
- Ces deux appareils combinés et comportant des postes superhétérodynes à 7 lampes ou à 10 lampes munis des nouvelles lampes américaines, sont renfermés dans la même ébénisterie qu’un système de reproduction phonographique électrique muni d’un pick-up électro-magnétique. Le prix de l’ensemble ne dépasse guère celui d’un très bon appareil récepteur, et l’attrait, pour l’auditeur, est certainement plus complet (fig. 5).
- Ces appareils peuvent d’ailleurs être munis d’un système changeur de disques automatique, de fonctionnement simple, malgré sa complexité mécanique. Un tel changeur de disques assure l’audition successive et presque sans interruption de dix disques de 25 ou de 30 cm de diamètre.
- LA FORME MODERNE DES SUPERHÉTÉRODYNES
- La construction des superhétérodynes a été fortement influencée par l’apparition des nouveaux types de lampes.
- Le récepteur Suga VII constitue une forme très nette du poste superhétérodyne récent. C’est un appareil à sept lampes, du type changeur de fréquence par deux lampes, à oscillateur séparé. La première lampe est une pentode haute fréquence à pente variable, précédée par un dispositif présélecteur. La modulatrice est une pentode à grande pente, l’oscillatrice est une triode, et la moyenne fréquence une pentode haute fréquence à pente variable. La détection est assurée par une
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- binode qui constitue, en même temps, la première lampe d’amplification basse fréquence attaquant une pentode de sortie dissipant 2 watts 5, agissant elle-même sur un haut-parleur électrodynamique (fig. 1).
- L emploi de la binode permet de réaliser un dispositif anti-fading très simple et efficace, et l’appareil est présenté soit sous la forme midget classique, soit sous la forme réduite que nous avons indiquée plus haut. Le réglage s’effectue à l’aide d’une échelle de repère verticale portant directement les noms des stations. A gauche de l’échelle sont indiquées les stations sur ondes courtes émettant sur des longueurs d’onde de 200 à 500 m; à droite, les stations sur ondes moyennes de 1000 à 2000 m, et enfin, au centre, les longueurs d’onde très courtes.
- Le superhétérodyne Pathé et qui peut être, d’ailleurs, établi sous la forme midget ou sous la forme combinée radiophono-graphique est également très caractéristique de la construction actuelle. C’est un appareil à 6 lampes, dont une valve. Le premier étage d'amplification haute fréquence est muni d’une lampe à écran à pente variable, dont la polarisation de grille
- Fig. 4. •— Le superhexode Mildé-Radio.
- est contrôlée automatiquement. Le changement de fréquence est effectué à l’aide d’une seule lampe auto-oscillatrice; la troisième lampe est une amplificatrice moyenne fréquence à écran, à pente variable, dont la polarisation est contrôlée automatiquement comme pour le premier étage, ce qui assure l’établissement d’un dispositif anti-fading efficace.
- La détection est réalisée d’une manière très originale, à l’aide d’un élément détecteur à contact imparfait à oxyde de cuivre, dit Westector, qui assure la détection sans distorsion. Enfin, on utilise deux lampes pour la basse fréquence et pour la régulation anti-fading. La lampe de sortie est une pentode de puissance couplée par transformateur.
- La sélectivité assurée est au moins de l’ordre de 9 kilocyeles. Le contrôle automatique du volume de son est du type différé, qui permet de régler l’intensité dés rée, et, d’ailleurs, le volume contrôle est obtenu par un potentiomètre de courbe étudiée pour obtenir une bonne progression. Le dispositif de réglage de la tonalité est également très bien étudié. Le haut-parleur, enfin, est du type électrodynamique à membrane moulée.
- Les appareils FAR F 46 et F 10 sont également équipés avec les nouvelles pentodes haute fréquence à grande pente
- Fig. 3. — Le superhétérodyne Sonora à• 10 lampes.
- et des diodes-pentodes à caractéristiques américaines. La détection linéaire par binode avec amplification basse fréquence à résistance assure la qualité musicale de l’audition. Le deuxième appareil comporte, d’ailleurs, un étage de sortie constitué à l’aide de deux trigrilles de puissance en push-pull, ce qui assure un volume de son considérable. Cet appareil perfectionné comporte un dispositif anti-fading, un filtre de tonalité, et il permet la réception de toutes longueurs d’onde de 20 à 2000 m, (fig. 2).
- Les superhétérodynes Sonora, 7 lampes et 10 lampes, sont également intéressants. Le premier est une modification du modèle populaire déjà bien connu et qui, malgré son prix modique, présentait un ensemble de perfectionnements remarquables. Il est muni maintenant des nouveaux types de lampes américaines.
- Le deuxième modèle à 10 lampes, un peu plus complexe, mais aussi encore plus perfectionné, possède des avantages nouveaux. Il est muni en particulier d’un système de régulation anti-fading différé à réglage silencieux constituant, comme nous l’avons montré, le dispositif le plus perfectionné à l’heure actuelle, Il possède, d’autre part, un cadran de réglage d’un aspect tout à fait particulier. Le centre contient le cadran de
- Fig. 5. — Le poste Bahy-Jeannin.
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- repère avec voyant lumineux, et sur les côtés des index indiquant notamment la variation de la tonalité (fig. 3).
- Le superh exode Mildé-Radio est un appareil à changement de fréquence d’une conception et d’une présentation originales. C’est un poste « toutes ondes », dont l’échelle de repère horizontale très complète, éclairée directement, est placée dans la partie inférieure. Devant cette échelle triple, se déplace horizontalement une longue aiguille de repère solidaire du bouton de commande (fig. 4).
- Le poste comprend cinq lampes et six circuits accordés. Le changement de fréquence est assuré par une liexode oscilla-trice modulatrice, l’amplification moyenne fréquence par une pentode haute fréquence, la détection et la régulation anti-fading par une biuode et, enfin, l’amplification basse fréquence par une trigrille de puissance.
- Cet appareil est muni de quelques détails pratiques bien étudiés. Ainsi, le haut-parleur électrodynamique a une grande membrane de plus de 20 cm de diamètre et une deuxième prise pour haut-parleur souvent fort utile. Une clef spéciale rend le poste inutilisable en l’absence de l’opérateur, et le démontage du couvercle coupe automatiquement l’arrivée du courant.
- Au point de vue acoustique, l’emploi d’une ébénisterie de grande surface est toujours à recommander, car ses parois formant écran acoustique permettent une reproduction satisfaisante des notes musicales graves. Pour améliorer la qualité d’audition, certains constructeurs ont même utilisé, non plus un seul haut-parleur électrodynamique, mais un ensemble de deux haut-parleurs, dont les défauts se compensent, en quelque sorte, et qui permettent d’étendre d’une manière très large la gamme des fréquences acoustiques reproduites.
- C’est ainsi que les établissements Jupiter-Radio ont réalisé un poste superhétérodyne à 12 lampes « toutes ondes » muni de deux haut-parleurs électrodynamiques, l’un destiné spécialement à la reproduction des notes aiguës, l’autre à la reproduction des notes graves. De plus, ces deux haut-parleurs sont
- orientables tous les deux, et on peut ainsi réaliser des effets acoustiques fort intéressants en déterminant l’orientation convenable par rapport aux parois, meubles et tentures de la pièce où a lieu l’audition.
- L’oreille de l’auditeur peut ressentir de cette manière une véritable impression de relief musical. L’extension de la gamme musicale et la reproduction bien
- plus satisfaisante des harmoniques élevés donnent plus de naturel à la réception de la musique, et même de la parole.
- Cet appareil à 12 lampes est muni, d’ailleurs, d’un cadran lumineux de réglage à trois zones distinctes éclairées, sur lesquelles on distingue très nettement les gammes de longueurs d’onde explorées. Un commutateur à quatre positions et à 2 paires de paillettes à grains d’argent, constitue l’organe de commutation unique des nombreux circuits à commuter.
- Ce constructeur a établi, d’autre part, un poste superhétérodyne à huit lampes à réglage unique, à cadran gradué en noms des stations et un appareil « tous courants » à sept lampes, de remarquable sensibilité.
- LES POSTES TOUS COURANTS ET LEURS TRANSFORMATIONS
- On a pu voir, au Salon, beaucoup d’appareils « tous courants » miniatures. Nous avons signalé déjà quelques appareils de ce type. Signalons encore le petit poste Univers-Baby Jeannin et le F-5 R Far. Cet appareil est un poste superhétérodyne 5 lampes comportant une oscillatrice modulatrice pentagrille et des pentodes haute fréquence à grande pente. 11 est muni d’une valve régulatrice protégeant les lampes contre les surtensions de réseaux irréguliers et d’un petit haut-parleur électrodynamique, de 165mm de diamètre (fig. 6).
- On peut fort bien réaliser des postes « tous courants », c’est-à-dire fonctionnant à volonté à l’aide d’un secteur continu ou alternatif, sous une forme midget classique, présentant tous les avantages des postes ordinaires, tout en ayant la particularité d’une alimentation omnibus. Sans doute, la tension plaque appliquée dans ces appareils dans le cas d’utilisation du courant alternatif, ne peut-elle être aussi élevée que pour des appareils à transformateur ordinaire, mais cet inconvénient est très atténué, grâce à l’emploi des nouveaux types de lampes basse fréquence, fonctionnant normalement avec une tension plaque réduite.
- Dans cette catégorie de postes entièrement nouvelle, nous signalerons tout particulièrement les appareils Ariane,
- Un premier superhétérodyne à cinq lampes dit AC 5 est un poste de modèle réduit, mais non miniature, muni d’un présélecteur, avec détection par diode, système anti-fading, étalonnage en longueurs d’onde et numéros de repère. Au contraire des postes miniatures ordinaires, ce petit poste populaire comporte un large cadran lumineux permettant une lecture facile (fig. 7).
- L’appareil A Cl est un superhétérodyne à sept lampes, également tous courants, avec détection par diode, contrôle silencieux automatique très perfectionné, étalonnage en noms de stations, longueurs d’onde et numéros de repère. L’échelle de repère est horizontale et très longue, avec aiguille à translation horizontale.
- La maison Jeannin a également réalisé des postes de ce genre auxquels on peut même relier un adaptateur destiné à la réception des ondes très courtes.
- LES PIÈCES DÉTACHÉES, LES ACCESSOIRES
- Parmi les pièces de montage les plus intéressantes destinées aux amateurs qui montent eux-mêmes leurs postes, il faut citer les nouveaux bobinages et transformateurs destinés aux montages des lampes de nouveaux types : pentodes, hexo-des, etc... Notons ainsi les transformateurs moyenne fréquence et les blocs oscillateurs modulateurs Gamma et Integra. A signaler particulièrement chez Gamma les nouveaux blocs oscillateurs renfermant en même temps des bobinages de présélection.
- Fig. 7. — Le superhélérodyne Ariane 5 lampes,
- fonctionnant sur courant alternatif ou continu.
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- Les établissements ACRM ont établi une série de bobinages destinés au montage des nouvelles lampes américaines et européennes pour l’établissement de tous les montages à changement de fréquence ou à amplification directe. Cette série comporte dix organes, s’appliquant à une fonction déterminée, tous monoréglables, et du type standard, pour condensateurs variables normaux, et sans correction sur toute la gamme normale de radio-diffusion; une autre série est destinée à la construction des superhétérodynes miniatures. Cette même maison a établi à l’intention des spécialistes deux châssis montés complètement ou non : un poste superhétérodyne à 4 lampes plus une valve, et un appareil à amplification haute fréquence directe.
- Parmi les accessoires divers, nous avons enfin remarqué la nouvelle commutatrice des établissements Ragonot. Malgré l’apparition des postes tous courants, il est des cas où l’emploi d’une tension plaque élevée, grâce à des transformateurs appropriés, est encore désirable. Dans ce cas, le courant alternatif nécessaire peut être obtenu au moyen d’une commutatrice. Il est indispensable d’avoir recours à une machine d’excellente construction et pourvue d’un dispositif filtrant bien étudié afin d’éliminer toute cause de parasites.
- La commutatrice compoundée exige un courant aussi faible que possible. Le courant alternatif produit est amené à la tension normale au moyen d’un transformateur à deux éléments distincts pourvu d’un écran électrostatique relié à la masse. Afin d’éviter la transmission des parasites qui pourraient se produire vers le secteur, un jeu de bobinages et de capacités est placé à l’entrée, et l’ensemble du dispositif de filtrage est logé dans un coffret qui constitue le socle de la commutatrice. Dans les modèles puissants, un conjoncteur-
- disjoncteur ne relie le transformateur à la commutatrice que lorsque le démarrage est effectué. Les petits modèles de ces appareils sont d’ailleurs, dès maintenant, d’un prix relativement modique et peuvent rendre les plus grands services (fig. 8).
- Signalons, pour terminer, l’apparition de systèmes antiparasites bien étudiés, pouvant être appliqués à peu de frais sur les systèmes perturbateurs industriels. Nous indiquerons, ainsi, les systèmes Pival. Bien -que l’emploi des appareils à effet indirect soit beaucoup moins reccmmandable, il est des cas où il faut se contenter d’atténuer la propagation des parasites vers le poste récepteur lui-même, sans pouvoir s’attaquer à la cause productrice. Nous signalerons à ce propos une boîte antiparasite enfermée dans un coffret, et qui se place en dessous du poste récepteur lui-même avec des connexions immédiates et sans modification du montage intérieur (type Radio-A moteurs).
- P. HÉMARDrNQUER.
- VARIATION DU CLIMAT DE PARIS
- M. E. Renou fit voir naguère, en 1889 et en 1892, par des communications qu’il adressa à l’Académie des Sciences, que la température moyenne de l’air à Paris variait pendant un certain nombre d’années tantôt en moins et tantôt en plus autour d’une température de 10° regardée comme normale depuis un grand nombre d’années.
- En mai 15^2, il faisait voir que la température moyenne des 13 années 1879-1891, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, était de 9°,7, en déficit de 0°,3 et que cette intempérie n’était en réalité que la compensation d’une anomalie en sens contraire qui s’était manifestée pendant 17 ans de 1862 à 1878. En décembre 1889, il avait déjà attiré l’attention sur ce que les 10 années froides de 1879 à 1888 présentaient dans leur température moyenne exactement le même déficit (-— 0°,3) que le groupe d’années 1838-1847, qui les avait précédées de 41 ans.
- En 1925, à la suite d’un tableau que j’ai fait paraître dans cette revue (1) et traitant du même sujet, je faisais remarquer qu’il semblait que depuis 1892 cette moyenne de température ne variait plus autant que précédemment et qu’elle se maintenait, en de faibles oscillations, presque constamment au-dessus de 10°, température normale.
- En effet, de 1892 à 1930, soit pendant les trente-neuf dernières années, la moyenne annuelle atteint 10°,4 au Parc Saint-Maur; il n’y a eu que trois années seulement qui ont donné une moyenne notablement inférieure à 10° : 1895, 9°,7, 1909, 9°,3, 1917, 9°,6; par contre, sept ont présenté une moyenne de 11° et au-dessus : 1899, 11°,2, 1911, 11°,2; 1913,
- 1. N° 2678 du 1er août 1925.
- 11°,0; 1921, 11°,4; 1926, 11°, 1; 1928, 11°,2; 1930, 11°,4. La température moyenne de la région se maintient donc relativement élevée depuis bientôt quarante ans et il est curieux, de constater en même temps qu’il en est de même pour la pluie, car depuis 1908, soit un peu plus de vingt ans, la hauteur moyenne annuelle des précipitations est devenue très élevée, 641 mm 4, au Parc Saint-Maur, contre 572 mm 2 normale des 120 années (1806-1925).
- A part les quatre années 1911, 1918, 1921 et 1929 qui ont été sèches et qui ont présenté un total annuel inférieur à la normale, 572 mm 2, surtout celle de 1921 qui ne donna que 277 mm d’eau seulement, toutes les autres ont offert des totaux supérieurs, notamment celles de 1910, 1916, 1926 et 1930, cette dernière ayant donné jusqu’à 884 mm 3 d’eau. Aussi, pendant ce laps de temps, avons-nous eu plusieurs fortes crues de la Seine : en 1910, 8 m 50, en 1919 : 5 m 95, en 1924 : 7 m. 18 en 1926 : 5 m 88, en 1930 : 5 m 99 (au Pont de la Tournelle), et deux seuls hivers rigoureux, 1916-17 et 1928-29, hivers tardifs comme le fut aussi celui de 1894-95. A l’opposé de ceux-ci, les précédents hivers rigoureux de 1870-71, 1879-80 et 1890-91, avaient été plutôt précoces.
- Le retour périodique des hivers rigoureux, comme des étés chauds, tous les 41 ans, d’après M. Renou, ne s’est pas confirmé pour ces derniers hivers. Faut-il envisager pour l’an prochain un bel et chaud été en 1934 qui se représenterait ainsi 41 ans. après celui de 1893 qui fut si beau et surtout si sec.
- Em. Roger.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les fondements de la. théorie de la relativité générale. Théorie unitaire de la gravitation et de l’électricité. — Sur la structure cosmologique de l’espace, par Albert Einstein, traduit de l’allemand par M. Solovine. 1 vol. 110 pages, Heimann et Cie. Paris 1933. Prix : 35 fr.
- Ce volume nous donne la traduction de trois mémoires importants d’Einstein qui jusqu’ici n’étaient accessibles aux lecteurs français que dans le texte original allemand ou dans des commentaires et vulgarisations plus ou moins fidèles. Le premier de ces mémoires date de 1916; c’est là qu’est exposée la théorie désormais célèbre de la relativité généralisée. Le second mémoire est beaucoup plus récent; il date de 1931 ; alors que la théorie précédente n’est qu’une théorie rationnelle de la gravitation et des propriétés métriques de l’espace, mais laisse en dehors d’elle les phénomènes électromagnétiques, dans ce deuxième mémoire Einstein esquisse une théorie qui englobe les deux classes de phénomènes, sans recourir toutefois comme le fit Kapitza, à un espace à 5 dimensions. Le 3° mémoire contient des considérations sur la structure de l’espace, déduites de la théorie de la relativité généralisée. La traduction de M. Solovine rendra un signalé service aux lecteurs désireux d’étudier, sur les textes originaux, les théories célèbres d’Einstein. Ajoutons que cette lecture ne peut être abordée qu’après une solide préparation mathématique.
- Magnetismus (Leipziger-Vortrage 1933), herausgegeben von P. Debye. 1 vol., 110 pages, 47 fig. S. Hirzel, éditeur, Leipzig, 1933. Prix cartonné : 6 R. M.
- Chaque année le Dr Debye réunit à Leipzig un certain nombre de savants qualifiés pour y examiner en commun les divers aspects d’une même question. La réunion de 1933 était consacrée au magnétisme et le présent volume contient les communications des savants qui y ont assisté; nombre d’entre elles sont neuves et apportent une importante contribution à l’étude du mécanisme intime du magnétisme, encore si mystérieux. P. Kapitza de Cambridge étudie les variations de la/résistance des métaux dans les champs magnétiques; W. Ger-lach de Münich, les rapports entre le magnétisme et la résistance électrique des corps ferromagnétiques ; H. Sack de Leipzig examine comment le champ magnétique influence le frottement interne de la molécule paramagnétique d’oxygène; Frisch et Stern de Hambourg rendent compte de leurs expériences pour la mesure du moment magnétique du proton; Ii. A. Kramers d’Utrecht étudie, d’une façon extrêmement intéressante, la théorie des propriétés paramagnétiques des cristaux de sels de terres rares, propriétés qui ont permis récemment d’atteindre les plus basses températures connues; J. de Haas de Leyde fait connaître les curieuses propriétés des supraconducteurs placés dans un champ magnétique. Signalons enfin les contributions de Bethe, de Becker et de Gans à la théorie du ferromagnétisme.
- Cours de géologie appliquée, professé à l’École des Mines par L. de Launay. Notes prises et rédigées par H. Vincienne
- I vol. 400 p., 200 fig. Ch. Béranger. Paris, 1933. Prix relié : 90 fr.
- II s’agit ici d’un cours de géologie appliquée uniquement à la recherche des matières minérales utiles, à l’exception des combustibles minéraux solides. Parmi les innombrables applications de la géologie, l’auteur a donc limité étroitement son sujet, suivant les exigences du programme de l’École où ce cours est professé. Il étudie d’abord sommairement les gisements minéraux en général et les circonstances de leur formation. Cette étude est suivie d’une étude particulière de chaque substance minérale; poiir chaque élément il recherche dans quelles conditions il se présente sur le globe, quelles en sont les combinaisons utiles, et pour chacune de celle-ci, il donne un aperçu économique sur la production et la consommation. L’ensemble forme un tableau fort instructif de l’industrie minérale dans le monde.
- L’inflammation et la combustion explosive en milieux gazeux (hydrogène et oxyde de carbone), par M.Prettre, 1 brochure, 62 pages. Hermann et Cie,Paris 1933. Prix:
- ' 15 fr.
- Après avoir résumé brièvement les méthodes par lesquelles on peut déterminer aujourd’hui les constantes de la combustion explosive des mélanges gazeux, à savoir : température d’inflammation, limites d’inflammabilité, vitesses de propagation de la flamme, pressions d’explosion, etc,, l’auteur fait un exposé rapide des résultats actuellement acquis pour l’hydrogène et l’oxyde de carbone.
- Le mystère et le paradoxe du vol animal, par
- le Dr E. Batault. 1 vol. vi-236 pages, 19 fig. et 1 planche hors texte. Gauthier-Villars, Paris, 1933. Prix : 50 fr.
- L’auteur passe en revue les théories émises, surtout depuis Marey, pour expliquer le vol des oiseaux : il montre qu’elles aboutissent toutes à attribuer au vol une dépense d’énergie incompatible avec l’anatomie
- et la physiologie de l’animal ; à ces théories il en oppose une autre qui lui est personnelle et qu’il expose brièvement : estimant que le muscle ne doit travailler que dans les conditions optima de son activité physiologique, c’est-à-dire par impulsions très brèves, il pense que sustentation et propulsion sont dues à un effort saccadé à fréquence élevée, et cela pour tous les modes de vol en vitesse : vol ramé, vol à voile, vol plané. A l’appui de la théorie mécanique ainsi développée, vient la remarque que les muscles des oiseaux présentent une vitesse de contraction très supérieure à celle des muscles des animaux qui ne volent pas. La théorie elle-même se résume comme suit : le volateur est une sorte de mortier, lançant des masses d’air par le jeu brusque des ailes dont le dessous est constamment et automatiquement réapprovisionné du fait de la réorganisation constante de l’air ambiant sous l’action de la pesanteur, la sustentation et la propulsion de l’animal sont produites par la réaction du projectile.
- La théorie aboutit à des chiffres raisonnables pour l’énergie dépensée.
- Le sens de la direction et l’orientation lointaine, chez /’homme, par Pierre Jaccard. 1 vol. in-8, 354 p. Bibliothèque scientifique. Payot, Paris, 1932. Prix : 32 fr.
- L’orientation à distance a d’abord été étudiée chez les animaux. L’auteur rappelle les observations, les explications, les controverses si nombreuses, notamment sur les fourmis, les pigeons voyageurs, etc., et conclut que la question est partout la même et la même que chez l’homme. Chez celui-ci, on a maintes fois vanté l’instinct d’orientation des sauvages, mais en réalité, ils n’ont aucun sens spécial et utilisent seulement, comme nous, leurs facultés d’observation, d’intelligence et de mémoire; c’est uniquement au développement de ces facultés qu’il faut attribuer les exploits de guides ou de chasseurs. En fait, l’orien-ltation est basée sur le repérage externe et la reconnaissance des lieux mes yeux bandés ou dans le brouillard, l’homme, sauvage ou civilisé dévie systématiquement de sa route; la plupart vont à gauche, d’autres à droite, et presque toujours de la même façon. Riche de faits bien observés et d’abondantes citations, ce livre, donne une large vue d’ensemble de l’intéressant problème et lui fournit une solution.
- Conférences pratique d'anatomie végétale, par
- Henri Coupin. Fascicule 1. 1 broch. dactylographiée, 39 p. Les cours des Facultés, 5, place de la Sorbonne, Paris.
- Les travaux pratiques constituent, de nos jours, une partie importante de la préparation des divers certificats de la licence ès sciences et sont particulièrement prisés des candidats.
- Pour ceux qui ne peuvent les suivre et doivent préparer seuls leurs examens, c’est une difficulté très grande.
- Pour leur venir en aide dans la mesure du possible, notre collaborateur, chef des travaux de botanique à la Sorbonne, a résumé les conférences qu’il donne dans cet établissement à l’occasion de chaque manipulation; elles sont un guide précieux pour la préparation du certificat d’études supérieures de botanique.
- Scenes de la vie animale, par Léon Binet, L*vol. in-16, 157 p. Éditions de la Nouvelle Revue Française. Paris, 1933. Prix : 12 fr.
- Titulaire de la chaire de physiologie de la Faculté de médecine de Paris, l’auteur a réuni une série de faits, agréablement contés, capables d’intéresser tous les curieux des choses de la nature.
- C’est la valse de l’abeille ou le menuet d’accordailles des chevaux-marins; ailleurs c’est une mouche qui pratique l’offrande nuptiale et apporte à l’aimée une proie ou une fleur; plus loin l’auteur souligne beauté de cette parure que revêtent spontanément certains êtres au moment des noces; l’étude des animaux lumineux est singulièrement poussée. La fourmi, assistante sociale, vient s’opposer à l’insecte-assas-sin qu’est la mante-religieuse. La visite d’un pigeonnier, la contemplation d’un aquarium d’appartement permettent de pénétrer quelques secrets de la nature. Des questions de biologie — les plus captivantes et les plus modernes — sont agréablement exposées : la transformation du sexe, le problème de la longévité, la question de la réanimation font l’objet de récits aussi précis que charmants.
- Les chasses de la bécasse, par J.-M. Guerrier. Frontispice, bandeaux et couverture en deux tons de L. de Lajarrige. Librairie Cynégétique. Emile Nourry, 62, rue des Ecoles, Paris (Ve).
- I vol. in-12 carré. Prix : 20 fr.
- Ce livre, conçu tout entier en vue de la chasse, répond aux questions suivantes : où, quand, comment doit-on chasser la bécasse?
- II est divisé en trois parties dont la première est consacrée à l’oiseau et à ses migrations, la seconde, à ses diverses chasses, et la troisième, aux préparations culinaires de ce succulent gibier.
- Impossible de trouver ailleurs un maître aussi clair et aussi complet que M. Guerrier.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- GEOLOGIE
- Le mica en France.
- Depuis quelques années le mica a pris rang de roche industrielle; il le doit au développement constant de l’industre électrique qui l’emploie comme isolant et participe pour les neuf dixièmes, dans la consommation mondiale. Celle-ci est de l’ordre de 10 000 tonnes par an (*).
- Les anciens usages pour la vitrerie spéciale : poêles, fourneaux, casques d’incendie, lampes, écrans de laboratoire, etc., existent toujours, mais sont battus en brèche par de nombreux « ersatz », tandis qu’en électricité, le mica reste jusqu’à ce jour l’isolant idéal. Plus que tous les produits naturels et artificiels qu’on lui a opposés, il joint aux propriétés d’isolation et d’infu-
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- Fig. 1. — Gisement de mica du Pra (Alpes-Maritimes).
- sibilité, celles d’être inattaquable aux gaz et aux acides et celle d’être insensible aux variations usuelles de température. Le mica est en outre, très flexible, tout en restant imperméable à l’humidité.
- On sait que minéralogiquement le mica est un silicate double d’alumine et d’un protoxyde qui peut être celui de potassium, de sodium ou de magnésium, accompagné presque constamment de lithine et de fluor; et, si la composition chimique de ce minéral varie dans d’énormes proportions, ce sont des analogies physiques qui ont motivé ce groupement. En particulier, les clivages y sont toujours si nets et si parfaits, que la simple interposition de l’ongle donne des feuilles minces ou des paillettes, d’un brillant caractéristique et d’une élasticité peu commune dans les minéraux.
- Le mica est extrêmement répandu dans l’écorce terrestre puisqu’il est partie constituante de toutes les formations anciennes : granités, gneiss, micaschistes, etc. ; mais, dans ces roches, il n’apparaît qu’en cristaux de très petites dimensions, parfois microscopiques, en tout cas, nullement utili-
- 1. La production moyenne du mica s’est répartie comme suit, pour ces dernières années: États-Unis, 40 pour 100; Indes, 20 pour 100; Canada, 20 pour 100; Madagascar, 10 pour 100; autres pays, 10 pour 100.
- sables. Ce n’est qu’exceptionnellement et uniquement dans des venues éruptives de granulites ou de pegmatites, que les cristaux arrivent à prendre une certaine ampleur.
- La pegmatite, par essence même, est un granité à gros éléments, où quartz et feldspath cristallisent l’un dans l’autre, et où le mica n’est plus que partie accessoire; mais, quand ce dernier existe, il forme de véritables amas. On a cherché vainement à établir des règles pour ces sortes de concentrations; tout ce qu’on sait, c’est que la pegmatite constitue les gîtes où l’on devra rechercher les micas et les feldspaths industriellement exploitables.
- Or, comme aujourd’hui les applications n’exigent plus pour la plupart les grandes dimensions de plaques que demandait la vitrerie, il y a peut-être intérêt à se préoccuper de gisements reconnus autrefois sans valeur. On arrive même à tirer partie de tous les déchets de triage, de classement résultant des ateliers de préparation du mica, et ceci en les agglomérant avec un liant vitreux fusible dont on se débarrasse par l’action de la chaleur, après avoir soumis le tout à une forte pression. C’est la micanite du commerce, qui, naturellement, est fonction comme qualité de celle des morceaux employés. Cette pratique prouve néanmoins que la grandeur des feuilles naturelles de mica n’est plus seule en jeu pour la valeur d’utilisation.
- En France, le mica n’a jamais été exploité, mais, en divers endroits, on connaît des pegmatites où les cristaux s’élargissent. Le fait a été constaté dans les filons exploités à Saint-Yrieix pour kaolin et feldspath à porcelaine. Un autre point mérite une attention toute particulière : Le Pra, dans les Alpes-Maritimes.
- __ Le Pra est un hameau, sur la Tinée, en amont de Saint-Etienne-de-Tinée, et dont l’altitude est de 1600 m. Dans cette zone frontière, les terrains anciens forment une sorte d’îlot (fig. 1) entouré aussi bien du côté français que du côté italien, par toute la série des terrains sédimentaires.
- Le massif ancien est constitué par des alternances de gneiss et de micaschistes, d’orientation générale nord-ouest-sud-est, fréquemment percées d’éruptions de pegmatite. Ces dernières n’ont jamais beaucoup d’ampleur, mais elles renferment toujours des micas complètement cristallisés; on les a quelque peu fouillés au-dessus du Pra, sur la rive gauche de la Tinée et des plaques de plusieurs décimètres de côté en sont sorties.
- La variété est la muscovite, mica blanc alumino-potassique qui augmente encore l’attrait de prospections méthodiques de ces zones alpestres jusqu’à présent bien méconnues.
- V. Charrin.
- ACCOUSTIQUE
- La sensibilité des doigts aux vibrations sonores
- On peut, au toucher, percevoir certaines vibrations sonores. On sait que les sourds utilisent parfois cette sensibilité spéciale pour reconnaître et distinguer les sons. M. Gault aux États-Unis, a fondé sur ce moyen à l’usage des sourds un procédé nouveau pour l’écoute par le toucher, procédé que nous avons déjà eu l’occasion de signaler dans ces colonnes.
- Pour le mettre au point, il a entrepris dans son laboratoire de la Northwestern University une série d’investigations scientifiques du plus vif intérêt. Son assistant, L. O. Good-fellow, a déterminé la sensibilité des doigts aux vibrations sonores; voici le résultat de ses expériences d’après le compte rendu publié par le Journal oj the Franklin Institute.
- Les vibrations étudiées étaient produites à l’aide du télé-tacteur du Dr Gault, cet appareil n’est autre chose qu’un
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- vibrateur piézoélectrique, en cristal de sel de la Rochelle, mis en vibration mécanique au moyen de courants électriques de fréquence correspondante. Vingt personnes dont deux sourds servaient de sujets d’expérience et d’observation. L’appareil était placé dans une boîte étanche au son, dans laquelle l’observateur passe simplement son bras. Dans ces conditions aucun son ne peut être perçu par l’oreille.
- On a constaté que tous ces observateurs percevaient par le bout des doigts les sons entre 64 et 1024 périodes par seconde; aux fréquences plus élevées certains observateurs ne perçoivent plus les vibrations ; mais celles-ci restent perceptibles à la majorité des sujets jusqu’à 4096 périodes et au delà. Enfin 7 obsèrvateurs perçoivent encore les sons de 8192 périodes par seconde.
- Bien entendu, pour arriver à ce résultat, il faut augmenter l’énergie mise en jeu dans la vibration au fur et à mesure que la fréquence augmente. C’est ce que le télétacteur permet de faire aisément. En même temps il offre le moyen d’évaluer pour chaque fréquence le seuil de sensibilité du toucher, c’est-à-dire l’énergie minima à mettre en jeu pour qu’une sensation soit perceptible par le bout des doigts.
- On constate ainsi que la sensibilité du toucher est, on pouvait s’y attendre, beaucoup plus faible que celle de l’oreille. A la fréquence 64, elle est 112 fois plus petite; le toucher ne perçoit que des sons de 41 décibels, plus intenses que ceux que distingue l’oreille; au fur et à mesure que la fréquence augmente, la supériorité de l’oreille s’accentue à 128 périodes par seconde, elle est de 448, à 256 de 3870, à 512 de 28700 et passe par un maximum de 560 000 à 2048 périodes. Il faut à ce moment, pour les rendre sensibles aux doigts, donner aux sons une intensité de 115 décibels supérieure à celle qui suffit pour l’oreille.
- Puis aux fréquences plus élevées, la sensibilité relative du toucher augmente : à 4096 périodes par seconde la supériorité de l’oreille n’est plus que de 178 000 et à 8192 périodes par seconde, elle tombe à 35 000.
- Ces constations n’ont pas qu’un intérêt physiologique. Elles doivent fournir une base pour régler l’amplificateur du télétacteur Gault de façon à renforcer l’énergie mise en jeu dans les vibrations pour lesquelles le toucher est le moins sensible. On pourra ainsi renforcer l’efficacité de cet utile appareil.
- MÉCANIQUE
- Les bicyclettes en duralumin.
- Les métaux légers et leurs alliages sont de plus en plus employés dans toutes les branches de la construction mécanique. Us peuvent presque toujours être substitués au cuivre et à ses alliages; souvent même ils peuvent remplacer avantageusement l’acier et procurer, à égalité de résistance, une économie de poids.
- La bicyclette, engin de locomotion pour lequel la légèreté est une qualité primordiale, commence à bénéficier de l’emploi des métaux légers. Le Salon de 1932 a été marqué par l’apparition de bicyclettes à cadres en duralumin.
- Pourquoi la bicyclette n’a-t-elle eu que si tardivement recours aux métaux légers dont l’emploi paraissait, pour elle, plus indiqué encore que pour tout autre véhicule ? C’est que la construction du cadre se heurtait à de grandes difficultés. Celles-ci sont maintenant surmontées. M. G. Py, dans la Revue de l’Aluminium, explique comment on y est parvenu.
- Les tubes en duralumin ont été préalablement soumis aux traitements thermiques consacrés par l’expérience. Pour n’en pas détruire l’effet, on devra éviter, pendant l’assemblage, tout échaufîement du duralumin au-dessus de 150° à 180°.
- Pour la confection des assemblages, on utilise des raccords manchons à plusieurs directions en tube d’acier sans soudure,
- et non en tôle pliée et soudée, de façon à résister aux efforts d’emmanchement et de frettage. Ces raccords sont percés en face des branches pour permettre l’introduction d’un mandrin; le trou est ensuite fermé par une pastille soudée à l’autogène.
- Les tubes en duralumin sont emmanchés à la presse dans leur raccord; on réalise ainsi un véritable frettage. A l’aide du mandrin, l’extrémité des tubes de duralumin est évasée et sertie de façon à s’opposer à tout effort d’arrachement. Une douille intérieure en duralumin partiellement fendue, elle-même conifiée, vient renforcer l’assemblage qui est en outre goupillé par surcroît de sécurité. L’usine des raccords et des tubes exige une grande prévision, de l’ordre du 1/100 de millimètre.
- Outre le cadre, pièce maîtresse de la machine, on fabrique depuis longtemps en duralumin forgé des guidons, des écrous-papillons pour blocage des roues, des poignées de frein, des pignons et manivelles, des moyeux. Les jantes peuvent se faire en duralumin ou en alliage de magnésium.
- Une bicyclette entièrement équipée en duralumin arrive à peser 5 à 7 kg de moins qu’une bicyclette ordinaire du même type; on construit ainsi des bicyclettes de piste pesant 6,9 kg, des bicyclettes de course pesant 7,9 kg; des bicyclettes de route pesant 8,850 kg et des bicyclettes cyclotouristes pesant 1,4 kg. Leur résistance est supérieure à celle des bicyclettes en acier.
- ZOOLOGIE
- Un œuf de poule phénomène.
- Un de nos lecteurs, M. Jouet, à Saint-Servan-sur-mer, nous communique la photographie ci-contre représentant un œuf de poule de dimensions anormales : cet œuf a été pondu le 25 juillet 1933 par un sujet de la race Rhode Island. Il est
- Fig. 1. — Un œuf phénomène. (Ph. L.-H. Jouet.)
- long de 81 mm et pesait 88 grammes. Notre photographie le montre à côté d’un œuf témoin normal.
- La poule a continué sa ponte et a donné un œuf normal le surlendemain.
- Au dire de la personne qui a consommé l’œuf, celui-ci aurait contenu deux jaunes distincts.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Appareil mesureur de la teneur en humidité du gaz d’éclairage.
- Les corrosions des conduites de distribution de gaz d’éclairage sont dues en grande partie à des condensations d’eau; pour les éviter, il faut donc sécher le gaz et surveiller sa teneur en humidité de manière que son point de rosée reste constamment inférieur à la température la plus basse des canalisations souterraines.
- L’appareil Cambridge dont le principe est exposé sommairement ci-après permet de lire directement la valeur du point de rosée; cet appareil peut être simplement indicateur ou enregistreur. L’élément mesureur comprend essentiellement une masse métallique dans laquelle sont ménagées quatre cavités renfermant chacune une résistance en platine. Ces quatre résistances constituent les bras d’un pont de Wheats-tone; lorsqu’elles sont exactement à la même température, le pont est équilibré et il ne passe aucun courant dans le galvanomètre branché aux sommets opposés des deux circuits. Si l’un des deux groupes de résistances constituant un circuit se trouve à une température différente de l’autre, sa résistance électrique étant de ce fait modifiée, le galvanomètre indique le passage d’un courant, la déviation de l’aiguille étant d’autant plus grande que la différence de température est plus élevée.
- L’appareil fonctionne de la manière suivante : dans deux des cavités contenantes résistances d’un même circuit du pont de Wheaststone circule le gaz à essayer; celui-ci passe ensuite dans un réservoir renfermant du chlorure de calcium qui absorbe l’eau qu’il contient, puis est ramené dans les deux autres cavités où sont montées les résistances du deuxième circuit. Les deux groupes de résistances se trouvant alors dans des milieux ayant des coefficients de conduction différents sont portés à des températures différentes, puisque l’un des groupes est baigné par du gaz humide et l’autre par du gaz sec, d’où, pour la raison indiquée plus haut, déviation de l’aiguille du galvanomètre fonction de l’écart de température et par •conséquent de la teneur du gaz en humidité.
- Pour régler le rézo de l’appareil, on fait circuler le gaz autour des quatre résistances sans le faire passer dans la chambre de séchage.
- Le galvanomètre, indicateur ou enregistreur, est gradué en
- pourcentages de vapeur d’eau ou indique directement en degrés le point de rosée.
- En vente aux Établissements F. C. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- PHOTOGRAPHIE Cuve à développer les films.
- Un inventeur connu pour son flotteur de sauvetage et de sport, M. Chalbet, vient d’imaginer une cuve à développement automatique des pellicules photographiques et des bandes de fdms.
- Ce développement exige des manipulations et du temps, ainsi qu’une grande habitude, si l’on n’a pas d’appareils spéciaux. Parmi tous les appareils qu’on a imaginés jusqu’à présent, certains sont compliqués, et aucun ne permet de développer plus d’une bande de pellicules à la fois. Ils exigent de plus les manipulations en chambre noire, à la lumière inactinique.
- La cuve de M. Chalbet est particulièrement simple : elle permet de préparer le bain révélateur où l’on immerge des montures portant les pellicules ou films à développer.
- Le développement se fait automatiquement sans qu’on soit obligé de s’en occuper.
- La cuve est de forme prismatique à base rectangulaire, ayant une longueur correspondant à celle des montures.
- La monture est constituée par deux barrettes comportant des enti-etoises : celle du haut déborde légèrement de manière à reposer sur le bord de la cuve et à maintenir la monture lorsqu’elle est garnie de pellicules ou de films. Les montants dépassent légèrement à la partie inférieure et forment pieds.
- Les entretoises sont prévues à des emplacements tels que les pellicules puissent être enroulées, l’émulsion en dehors, sur l’une ou l’autre de ces entretoises, suivant leur format.
- On peut ainsi enrouler des pellicules de huit poses 4,5x6, une pellicule de six poses 6 X 9 ou huit poses 6X9.
- Pour cet enroulement, on maintient avec le doigt l’extrémité de la pellicule repliée, puis la pellicule passe sur l’entretoise correspondante et revient au départ où l’ensemble est maintenu par une pince à dessin.
- Une sorte d’étrier ou d’échelon est prévu dans une position
- Mesureur
- différentiel
- Chlorure de calcium
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- intermédiaire, de manière à permette d’utiliser la monture pour une pellicule huit poses 6,5x11. Pour ce format, l’extrémité de la pellicule tourne autour d’une entretoise, revient à celle de départ qu’elle contourne, pour se terminer sur l’étrier supplémentaire qui la maintient plus ou moins flottante, sans qu’elle touche la partie déjà enroulée.
- Le fonctionnement est très simple :
- On remplit la cuve avec le révélateur choisi, qui sera du révélateur au diamidophénol, avantageux et simple à préparer.
- Dans une chambre noire, sans éclairage, on peut enrouler la pellicule autour de la monture, puis, une fois la pince mise en place, on introduit la monture dans la cuve posée verticalement. On peut naturellement disposer dans la cuve plusieurs montures à la fois, chacune comportant des pellicules de formats différents au besoin.
- Ensuite, on remet le couvercle, et l’on revient dans vingt à vingt-cinq minutes, le développement sera terminé. On peut alors vider la cuve, rincer les épreuves développées dans la cuve elle-même, et introduire le bain d’hyposulfite. Pour cette seconde opération, il serait intéressant d’avoir une deuxième cuve spécialement destinée au fixage.
- Les épreuves une fois développées et fixées sont soumises au lavage, et elles peuvent rester sur leur monture. De même pour le séchage, elles peuvent également rester fixées sur ces dites montures.
- Cette cuve particulièrement simple comme utilisation permet, sans matériel coûteux, sans agencement spécial, même à un profane, le développement des pellicules sans cause d’insuccès possible.
- Consortium d’inventions modernes, 14, rue Chalgrin, Paris.
- PHONOGRAPHE
- Les disques de phonographe souples et l’enregistrement, phonographique individuel.
- Parmi les progrès du phonographe, il faut citer, au point de vue technique, les perfectionnements de la fabrication des disques et l’établissement de systèmes d’enregistrement individuel pratiques et simplifiés, d’un usage peut-être encore relativement restreint, mais d’un intérêt déjà très réel.
- Certes, la plupart des disques du commerce sont établis suivant le procédé ordinaire en composition à base de gomme-laque, et en matière homogène ou non; sous ce rapport, les progrès de la fabriçation technique des disques ont été tels qu’il ne semble pas qu’on puisse encore obtenir de grandes améliorations sans modifier complètement leur composition.
- Il ne paraît donc pas à l’heure actuelle que la fabrication du disque cellulosique doive se généraliser d’une manière absolue. Remarquons, d’ailleurs, à ce propos qu’on a donné fort improprement à des disques le nom de disques souples-, s’ils sont établis, en effet, dans une matière qui paraît moins dure que la gomme-laque, mais qui ne peut se rayer comme elle, s’ils sont généralement très légers et incassables, il ne faudrait pas croire qu’on puisse les plier sans inconvénients, même lorsqu’ils sont minces.
- Bien au contraire, les fabricants s’efforcent désormais d’établir des modèles dont la planéïté demeure aussi parfaite que possible. A ce point de vue, il semble que l’on ne fabrique plus beaucoup de disques minces en matière homogène dont la planéité laissait justement assez à désirer. Les disques actuels sont généralement à âme en carton, et sont recouverts d’un enduit d’acétate de 'cellulose qui reçoit l’empreinte musicale au voisinage de 100 degrés; parmi ce genre de disques édités commercialement à l’heure actuelle, nous citerons, par exemple, les disques Vltraphone.
- Il est essentiel cependant qu’aucun défaut de planéité ne
- puisse apparatre à l’usage. Si le carton et l’acétate de cellulose peuvent absorber l’humidité de l’air, et se dilater d’une façon différente, le disque se gondole. Pour éviter cet inconvénient, dans le disque Equator, par exemple, le carton est entièrement noyé dans l’acétate de cellulose.
- Le bruit de fond est moins sensible généralement que dans les disques en gomme-laque, et ces modèles sont ininflammables; ils peuvent supporter plusieurs auditions successives avec la même aiguille; d’ailleurs, ils sont joués sans précautions spéciales, au contraire des premiers disques souples, minces.
- Ces disques semi-rigides peuvent être présentés comme des disques ordinaires noirs en gomme-laque, mais, grâce à la transparence de l’acétate de cellulose, on peut établir une âme en carton portant un dessin, une photographie, un texte quelconque; d’où de grandes possibilités pour le disque artistique, le disque publicitaire, le disque d’enseignement, etc.
- Nous avons noté, d’autre part, l’intérêt de l’enregistrement individuel des disques, et décrit différents systèmes pouvant généralement être adaptés sur une machine parlante quelconque pour l’enregistrement électrique ou acoustique.
- Nous rappellerons, par exemple, l’excellent système Home-Record, Max Braun, comportant un pick-up enregistreur et repro. ducteur, une vis sans fin d’entraînement, et pouvant être adaptée sur tout système tourne-disque, à condition d’employer un moteur électrique suffi-sammant puissant, généralement du type à induction.
- Nous avons également noté dans nos chroniques de phonographie la disposition très simple de l’appareil Egovox qui se place directement sur n’importe quel phonographe, même mécanique, et permet d’utiliser pour l’enregistrement le diaphragme de l’appareil lui-même, en adaptant sur le mandrin de ce diaphragme un burin en saphir spécial, qui sert en même temps à l’enregistrement et à l’entraînement.
- Ce système permet également l’enregistrement électrique, soit des communications radiophoniques, soit des auditions microphoniques; il suffit, comme le montre la figure 3, d’adapter le burin en saphir au chariot d’entraînement du. pick-up.
- Cet appareil fonctionne, d’ailleurs, avec des disques vierges, en métal, recouverts d’une couche de paraffine permettant un enregistrement immédiat, et qui sont joués à l’aide d’aiguilles en corne.
- Egovox, 1, rue Lincoln, Paris 8e.
- MECANIQUE
- Le « Cric Furet Qergovia »
- La création des pneus « Superconfort » adaptés sur roues, de petit diamètre, est évidemment un progrès dont bénéfi-
- B BOBINE MOB UC
- f\ PRISE ADDITIONNELLE HAUT PARLEUR
- Fig. 3. — Enregistrement des réceptions radiophoniques, avec un appareil Egovox (On connecte le pick-up enregistreur à la prise de sortie du haut-parleur additionnel.)
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- cient aujourd’hui la plupart des touristes; mais leur emploi, en cas de crevaison ou d’éclatement, et en raison du faible diamètre des roues, et, par suite, du peu de distance entre les essieux et le sol, rend difficile la manœuvre du cric, surtout avec les carrosseries actuelles, très débordantes, et grâce auxquelles il est difficile d’accéder à l’essieu arrière.
- Le « Cric Furet Gergovia » a été créé pour résoudre cette difficulté.
- Il est construit en acier mangano-siliceux à haute résistance, avec écrou de vis en bronze. Sa hauteur, de 110 mm seulement lorsqu’il est replié, peut atteindre 385 mm à son plus grand développement, soit 3 fois et demie sa plus faible hauteur. Bien que sa manœuvre soit fort douce, sa force, très grande, atteint 1200 kg.
- C’est, de plus, un cric guidé, ou, plutôt, « guidable », à volonté. S’il est préférable, en effet, de l’employer seul pour les
- Fig. 5. — Comment on engage le cric sous la voilure.
- roues avant, à l’essieu facilement accessible, et où toute installation supplémentaire peut devenir un danger; si l’on peut, également, l’employer seul pour les roues arrière, lorsque la voiture, par exemple, a pris une mauvaise position par suite de dérapage ou d’accident, ou lorsque le sol est très mauvais, il peut, pour ces mêmes roues arrière, où il est toujours plus difficile de disposer un cric, être guidé sans difficulté, sans manœuvre pénible, sans tâtonnement, sans risque de le mal placer, très exactement à la place la plus convenable, c’est-à-dire à l’aplomb de l’essieu.
- Il suffit, pour cela, de monter à demeure, de part et d’autre de cet essieu arrière, uniquement par serrage et en un quart
- Fig. 4. — Le cric Furet Gergovia.
- d’heure, sans rien démonter ni percer aucun trou, un rail ou ferrure en T qui sert à guider le « Cric Furet ».
- Ce « Furet » étant engagé à l’extrémité libre du rail, c’est-à-dire à l’arrière de la voiture, il ne reste plus qu’à le pousser à fond. Comme le furet, il court, il court... et, automatiquement, prend la bonne position.
- On n’a plus ensuite qu’à tourner la clé, à double manivelle — ce qu’une femme même peut faire aisément, — et la voiture, largement soulevée, dégage à fond la roue et en rend le démontage et le remontage des plus faciles.
- Les croquis et dessins ci-joints feront comprendre, sans qu’il soit besoin d’insister, le mécanisme de ce cric.
- Il est en vente aux établissements H. Pingeot, rue de Châteaudun, à Clermont-Ferrand, et31, rue Brunei, à Paris, 17e.
- Fig. 6. — La voiture soulevée.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Leroyer.à Ranche (Sarthe). — Les vernis pour instruments de physique sont habituellement constitués sur les bases suivantes :
- Sandaraque...............................140 grammes
- Sang dragon................................. 15 —
- Curcuma...................................... 3 —
- Gomme-gutte.................................. 2 —
- Essence de térébenthine.................... 420 —
- Essence de lavande......................... 420 —
- La fabrication des vernis étant toujours assez délicate et demandant la connaissance de quelques tours de main, nous croyons qu’il sera plus pratique pour vous et aussi, plus économique, d’acheter le vernis tout préparé, dans une maison sérieuse, par exemple Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- M. Van Cutsem, à Soignies (Belgique). — 1° L’expérience dont on vous a parlé, dans laquelle une lame de couteau est rendue plus ou moins réfractaire à l’oxydation, est très probablement une application du phénomène chimique désigné sous le nom de fer rendu passif.
- Si on plonge une lame de fer dans l’acide azotique normal concentré NO:*H même très coloré, il ne se produit aucune attaque et si après l’y avoir laissé séjourner quelques instants, on met la plaque dans de l’acide étendu de densité 1,42, on voit que le fer conserve son inaltérabilité, alors que sans traitement préalable à l’acide fumant, il se dissoudrait avec facilité.
- On a expliqué ce phénomène en admettant que, dans l’acide normal, le fer se recouvre d’une couche d’oxyde qui le préserve d’une attaque dans un acide plus faible.
- La passivité du fer disparaît instantanément si, étant dans l’acide dilué, on vient à le toucher avec un métal plus électro-négatif, cuivre, argent, platine, ce qui est dû à la formation d’un couple électrolytique.
- 2° Vous enlèverez facilement les taches d’encre anciennes sur le bois, en les touchant avec une solution d’eau de Javel à 20 pour 100 environ, acidulée par de l’acide chlorhydrique et rinçant ensuite soigneusement à l’eau claire pour éliminer les sels de fer qui ont ainsi été solubilisés.
- M. Le Dr Voulgre, à Bayonne. — 1° Les peintures ignifuges sont généralement constituées par un vernis composé de linoléate de plomb sec dissous dans l’essence de térébenthine ou la benzine, auquel on incorpore comme matière épaississante un mélange d’amiante en poudre, de phosphate ammoniaco-magnésien et de céruse également pulvérisés.
- On ajoute ensuite un pigment qui est le plus souvent le noir de fumée.
- Les proportions suivantes peuvent servir de type pour la prépara-
- tion d’une peinture de ce genre.
- Amiante en poudre.........................150 grammes
- Céruse en poudre......................... 200 —
- Phosphate ammoniaco-magnésien............ 150 —
- 2° La maison de quincaillerie à l’Eperon d’Or, située rue de Rivoli, à l’intersection de la rue Bouchet et de la rue des Bourdonnais, vend toute préparée une composition stable pour recouvrir les tuyaux de poêles, qui, pensons-nous, pourrait vous donner satisfaction, pour l’application que vous avez en vue. Nous vous signalons également Le Fumistol des établissements Berger-Grillon, 23, rue Claudion, Paris (10e).
- Bibliothèque de Châtillon-sur-Seine. — 1° Ainsi que nous l’avons signalé à la fin de l’article du 13-2-26, page 55, le passage à l’étuve du papier rendu transparent par mixture à la gomme-laque peut être remplacé par l’emploi d’un fer à repasser à même température, avec interposition d’un papier buvard.
- 2° N’ayant pas encore eu en main le correcteur pour encre de Chine, dont vous parlez, nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner sur sa composition.
- M. Pers, à Grenoble. — Les encres employées pour garnir les plumes d’appareils enregistreurs sont des solutions aqueuses de matières colorantes dérivées de la houille (fuchsine, violet de Paris, etc.), addi-
- tionnées de glycérine pour en éviter la dessiccation; on peut prendre par exemple :
- Colorant...................................5 à 10 grammes
- Alcool à 90°..................................20 cm5.
- Alun pulvérisé................................ 2 grammes
- Glycérine.....................................20 —
- Eau distillée.............................. 500 cm3.
- Faire d’abord dissoudre l’alun dans l’eau distillée tiède, ajouter l’alcool et la glycérine, puis le colorant, laisser reposer et décanter pour séparer les impuretés, conserver en flacons.
- N. B. Si on jugeait l’encre trop fluide, il suffirait d’augmenter la quantité de glycérine, dont la proportion peut être portée à 100 grammes, soit à 20 pour 100 environ du volume total.
- M. Queneau, à Paris.— 1° Les ciments employés pour les résistances chauffantes sont du même type que les ciments ordinaires silice-alumine, mais la chaux est remplacée par de la magnésie.
- On obtient ce ciment en chauffant jusqu’à commencement de vitrification un mélange d’argile et de carbonate de magnésie, au lieu d’argile et carbonate de chaux.
- Dans le cas qui vous intéresse, vous pourriez peut-être plus simplement vous servir d’une pâte préparée en délayant de l’amiante en poudre avec une quantité suffisante de la solution commerciale de silicate de soude à 36°B.
- N. B. Avoir soin de laisser sécher à fond avant de mettre en service, faute de quoi il y aurait des contractions intempestives.
- 2° L’avantage que vous signalez du réglage à 8/10 de millimètre dans les bougies d’allumage, provient de ce qu’il y a une rupture plus franche de l’arc.
- F. V. D., à Buenos-Aires. — Le bakelisage comporte deux opérations successives qui sont l’application de la bakélite à l’état intermédiaire et puis sa transformation en bakélite B sous sa forme définitive par chauffage à 180° en autoclave, il va de soi qu’un traitement de ce genre ne peut être effectué sur place pour protéger vos tables de laboratoire.
- Le plus simple serait de les recouvrir de feuilles de bois bakelisé que l’on trouve aujourd’hui d’une façon courante dans le commerce, par exemple chez « Le Bois bakelisé » 1, rue Mondétour, à Paris.
- M. IVIourey, à Lille. — Le fer étant inattaqué par la potasse caustique, vous pouvez très simplement fabriquer votre réservoir avec de la tôle de fer rivée.
- Nous vous signalons seulement de prévoir une fermeture la plus parfaite possible de votre bac, afin d’éviter la carbonisation de la solution par l’acide carbonique de l’air, comme cela aurait lieu inévitablement si le liquide restait à l’air libre.
- M. Kerminy, à Rosporden. — A notre avis, le procédé le plus efficace pour déferrer votre eau, serait de l’additionner d’une dizaine de grammes de phosphate trisodique (phosphate de soude ordinaire) par m5 qui précipiterait le fer à l’état de phosphate de fer insoluble.
- Cette addition pourrait se faire directement dans le réservoir supérieur de votre installation de chauffage, avec la seule modification de faire la prise de départ d’eau à quelques centimètres du fond, pour ne pas entraîner le dépôt dans la circulation.
- Prévoir en outre un robinet de purge, celui-ci partant du fond, pour évacuer extérieurement de temps à autre les boues qui se seront accumulées.
- M. le Dr Vidal, à Pau. — Les fentes ou fissures de votre terrasse peuvent être obturées très aisément par le Mastiror ou, sans laisser de traces, par le Mastiblan des Etablissements Saphic, 19, rue Saint-Roch à Paris.
- Sur simple demande, tous renseignements vous seront fournis à ce sujet, la maison se chargeant elle-même de l’exécution des travaux avec garantie.
- M. Martinet, à Haïphong. — Comme carrelages présentant une grande résistance à l’imprégnation des huiles, carrelages de salles à machines par exemple, nous pouvons vous indiquer après expérience personnelle les grès cérames de la Société des Produits céramiques de Maubeuge à Douzies, Maubeuge (Nord).
- Le représentant de cette maisou à Paris est M. Dionis du Séjour, 91 rue de Prony (17e).
- Le Gérant : G. Masson.
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- lmp. Lahure. 9, rue de Fleurus, Paris — i5-io-i933.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n**), 105 fr. ; — S mois (12 n") 53 fr.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain. Paris VI*.
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- N° 2916
- LA NATURE
- J" Novembre 1933.
- ......—= LES PARACELS : =
- INFINIMENT PETITS DE NOTRE DOMAINE COLONIAL
- Le Journal officiel a. publié, le 19 juillet 1933, un avis relatif à l’occupation, par des unités navales françaises, de certaines îles et îlots situés dans la mer de Chine, entre les îles Philippines, Bornéo et l’Indochine.
- Il ne s’agit en aucune façon, ici, d’une extension sensible de notre domaine colonial. Aucune de nos nouvelles possessions n’a d’importance sérieuse.
- L’initiative du gouvernement a été provoquée seulement par la nécessité de procéder à des opérations d’hydrographie et de balisage de .nature à faciliter la navigation dans des parages dangereux, et qui répondent ainsi à des préoccupations d’intérêt général.
- A cette occasion, il peut être utile de rappeler qu’il existe, à quelque 250 milles dans l’Est de Tourane (Côte est d’Annam), un archipel, dénommé Para-cels, qui comprend environ 130 îlots répartis en 2 groupes principaux, dits de Y Amphitrite et du Croissant.
- Les îles les plus importantes sont dénommées : Boisée, Rocheuse, Roberts. Les dimensions de la plus grande, l’île Boisée, ne dépassent pas 4 km de longueur sur 2 ou 3 de largeur. Toutes sont basses, quelques-unes couvertes d’arbres trapus, aux formes tourmentées par les rafales des typhons.
- Ces petites forêts, très denses n’ont pu se former que par l’apport de graines flottées venues de terres lointaines.
- D’innombrables oiseaux de mer cherchent abri pour la nuit dans les îles et, malgré leurs pattes palmées, se perchent et nichent dans leurs arbres. Leurs déjections apportent au sol l’azjte et l’acide phosphorique de leur alimentation, uniquement composée de poissons ou d’animaux marins.
- Les navires qui se rendent de Saïgon à Hong-Kong, ou bien encore ceux qui, partant des côtes du Tonkin se dirigent vers Manille, aux Philippines, passent en vue des Paracels.
- Ces îles, ainsi placées sur des routes maritimes très parcourues où la brume est fréquente, sont assez difficilement visibles, en raison de leur faible élévation, et constituent un réel danger pour la navigation, car aucun phare ne les éclaire. Les marins appelés à circuler dans
- ces parages demandent depuis longtemps qu’il soit porté remède à une lacune aussi fâcheuse.
- C’est à la France, indiscutablement, ou mieux à notre colonie d’Indochine que revient l’exécution de cette mesure. Les épaves des nombreux navires qui se sont perdus sur ces écueils forment, par leurs carcasses, leurs chaudières, à demi-enfouies dans le sable, les seuls amers qui permettent de reconnaître l’approche des dangers.
- Cet unique balisage est, on en conviendra, nettement insuffisant.
- La France, en établissant son protectorat sur l’Annam dont ces îles dépendaient, a acquis le droit et le devoir de veiller sur cette possession nouvelle. Il faut reconnaître qu’elle l’a complètement négligée jusqu’ici. Le peu d’intérêt qu’elle offre ne justifie pas complètement cette abstention.
- Il faut dire cependant qu’en 1899, M. Doumer, alors gouverneur général de l’Indochine, avait ordonné l’établissement d’un phare sur les Paracels. Une étude complète fut faite (x). Elle dort d’un paisible sommeil dans les services du Gouvernement.
- C’est en 1816 que l’empereur d’Annam prit possession de l’archipel, baptisé Hoang-Sa.
- Les annales annamites, publiées sous le règne de l’empereur Tu-Duc, en parlent comme il suit :
- 1. Nous sommes redevable pour les renseignements donnés dans cet article et les documents divers qui l’illustrent, à la brochure de M. Lapicque, capitaine au long cours : A propos des îles Paracels, et à un article de la Revue maritime, n° de novembre 1931, du capitaine de corvette Herboult à qui vont nos remerciements.
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- Fig. 1. — Carte d’ensemble situant les îles Paracels.
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- = 386
- « Les îles de Hoang-Sa sont à l’Est de l’Ile de Ly. Du port de Sa-Cau, par vent favorable, on peut y arriver en trois ou quatre jours de navigation. Les îles comprennent plus de 130 rochers, distants les uns des autres d’une journée à quelques heures. Au centre des îles, il y a un banc de sable jaune, d’une étendue d’on ne sait combien de milliers de ly, et qu’on a coutume d’appeler le van-ly-truong-sa-chau, « le banc de sable long de 10 000 ly (1). Sur le banc est un puits avec une source d’eau douce. Les oiseaux marins s’assemblent dans ces lieux en quantité innombrable. Nombreux sont les produits : hai-sâm, dôi-môi, coquillage à nacre, grosses tortues, etc. Les épaves des naufragés s’accumulent là. Au début du règne des Nguyen fut créée la compagnie de Hoang-Sa, formée par soixante-dix hommes du village de Vinh-An. Chaque année, au 3e mois, cette compagnie s’embarquait pour aller y recueillir les produits marins qu’elle rapportait, le 8e mois, par le port de Tu-Hien. Au début de Minh-Mang, on envoyait ordinairement des bateaux de l’Etat jusqu’à ces lieux explorer les routes marines. Il y a un amoncellement de sable blanc d’un pourtour de 1070 truong, où les arbres sont très denses. Au centre est un puits. A l’Ouest est un vieux temple, dont on ignore l’époque de fondation. Sa stèle porte gravés ces quatre caractères : « De dix mille lieux, les flots s’apaisent ». L’ancien nom (de ce lieu) était : Mont de la Pagode bouddhique. Ses deux rives ont des coraux. Au Nord-Ouest est une élévation égale en hauteur à l’amoncellement de sable. Le nom (de cette élévation) est : Rocher de Ban-Na. La 16e année de Minh-Mang,
- 1. Le ly ou li = 526 mètres.
- le roi envoyq, par les bateaux de l’Etat, des briques et des pierres pour construire (là) une pagode, à gauche (de laquelle) on dressa une stèle de pierre en commémoration. »
- En 1909 deux petites canonnières chinoises, venant de Canton, et ayant, comme par hasard, à bord deux Allemands, se livrèrent à une exploration des îles qui n’excéda pas 24 heures, mais qui prit, dans un article d’un grand journal de Canton du 20 juin, une importance comique :
- «Le Teo-tai-Li, y est-il dit, a fait exécuter une carte générale des îles qui ont été explorées, et 15 cartes spéciales des mêmes îles (en quelques heures !), On a pour le moment l’intention de créer deux ports dans deux îles de l’Est.
- « Dans la mer, les coraux et les pierres découpées sont en abondance. Les huîtres renferment des perles; toutefois, celles qui ont été capturées n en renferment pas ! »
- Cette expédition n’eut aucune suite.
- Depuis cette époque jusqu’en 1920, les Paracels tombèrent dans l’oubli. Cependant les navires de la douane indo-chinoise visitèrent de temps à autre les différentes îles de l’Archipel, soit pour intervenir entre pêcheurs chinois et annamites qui y pratiquent leur industrie, les premiers ayant pris l’habitrude d’enlever, pour les vendre avec les autres produits de leurs pêches, les femmes et les enfants des seconds, soit encore pour empêcher que s’y produise la contrebande des armes ou de l’opium.
- Les pêcheurs chinois qui viennent avec leurs jonques aux Paracels y récoltent des trépangs et autres productions marines des récifs, très recherchés par les gourmets de l’Extrême-Orient, et aussi les tortues de mer assez nombreuses qui en fréquentent les plages.
- Comme il était d’usage pour les antiques vaisseaux, auxquels elle se rattache si évidemment, la jonque est tirée sur le sable.La. pêche se fait au moyen de sampans d’où les pêcheurs tendent, aux abords extérieurs des récifs, de grands filets verticaux dans lesquels se prennent les tortues venant à terre pour y déposer leurs œufs.
- La campagne de pêche dure à peu près 40 j ours pendant lesquels on capture de 125 à 150 tortues.
- Celles-ci sont parquées dans des enceintes en pierres qui retiennent l’eau de la marée. Le jour du départ, les tortues sont embarquées dans la jonque transformée en vivier. Rendues à Haïnan, d’où viennent en général les pêcheurs, elles sont vendues à raison de 15 à 25 piastres.
- Les officiers du croiseur allemand Freya dressèrent en 1881-83 une bonne carte de l’archipel. Puis une étude scientifique approfondie en a été faite, en 1926, par le navire du service océanographique et des pêches de l’Indochine, le'De Lanessan sous la direction du DrA.
- Fig. 2. •— Les Paracels, d'après une carte du service hydrographique de la Marine.
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- Kempf, directeur du service océanographique. La mission a constaté la formation uniquement corallienne des îles et îlots, dont la surface est uniformément recouverte de coraux vivants, de sable et de graviers coralliens.
- Il a été reconnu que l’épaisseur de la couche de phosphate de chaux dépasse un mètre, avec une teneur en acide phosphorique de 23 à 25 pour 100 dans la couche superficielle, de 42 pour 100 dans la couche profonde (1). L’exploitation de ces dépôts, intéressants comme on le voit, n’a été jusqu’ici tentée que par une société japonaise, laquelle en 1920, avait, avec l’autorisation du commandant de la marine de Saigon, extrait des gisements des îles Boisée et Roberts un certain tonnage de phosphates qu’une petite voie ferrée amenait à un appontement de 300 m .où ils étaient embarqués.
- Il ne semble pas que les résultats de cette exploitation aient été rémunérateurs, car les travaux ont été depuis longtemps abandonnés avec le matériel : appontement, wagonnets, chalands cimentés, appareil distillatoire, etc.
- Il n’est pas vraisemblable qu’ils puissent être repris utilement : les frais seraient considérables, les ravitaillements coûteux et la sécurité des cargos de chargement très aléatoire.
- Il ne semble pas non plus qu’il soit possible de pratiquer la pêche sous forme industrielle sur les coraux des Paracels.
- Le rapport de la mission du De Lanessan dit, en effet, que si les poissons s’y trouvent en abondance, la formation des fonds rend impossible l’usage des filets, lesquels « ne résistent pas à quelques minutes de traînage dans le chaos de ces fonds où les coraux sont en pleine activité de croissance ».
- L’exploration de ces fonds a été pratiquée par la mission en employant des procédés d’éclairage qui lui ont permis de se rendre compte de leur nature tourmentée, aussi bien que si les membres de la mission s’étaient transportés eux-mêmes au milieu des énormes masses coralliennes et des profondes dépressions qui les séparent.
- 1. Analyses du directeur du Laboratoire de chimie de Saigon, M. Michel.
- Fig. 3. — Dans une île des Paracels (Ile Boisée). Carapaces de tortues de mer.-—Aspect de la l'orêt au bord delà mer.
- Mais le spectacle devait être impressionnant de ces masses d’eau de 20 m, transparentes comme le cristal, où se jouaient les poissons aux couleurs éclatantes à travers la luxuriante végétation des coraux.
- De tout ce qui vient d’être dit, il ressort nettement que les Paracels ne constituent pas précisément un joyau du domaine colonial de la France, et qu’il est difficile de dire quel parti il est ou il sera possible d’en tirer. Cependant l’avenir peut, à ce sujet, ouvrir des voies actuellement imprévisibles. Nous ne pouvons donc laisser prescrire nos droits à la possession de ces îles.
- Ces droits ne seront que mieux établis lorsque nous aurons placé sur cet amas d’écueils un bon phare qui permettra aux navires de s’en approcher sans danger. Il sera excellent d’y adjoindre un centre d’informations météorologiques lequel, placé en ces parages que visitent la grande majorité des typhons de la mer de Chine, donnera sur leur formation et leur marche des avertissements dont on ne saurait exagérer l’importance.
- C‘ Sauvaire-Jourdan.
- LA RÉSISTANCE AÉRODYNAMIQUE DES VÉHICULES
- Au fur et à mesure de l’accroissement de leur vitesse, la forme extérieure des véhicules, au point de vue de la résistance à l’avancement, prend une importance de plus en plus marquée.
- Pour obtenir la vitesse, le constructeur moderne a deux moyens : soit augmenter la puissance motrice, solution coûteuse et lourde, soit diminuer les résistances aérodynamiques, solution économique et élégante.
- Nous allons examiner quelques recherches relatives à l’amélioration de la forme des véhicules, en montrant que les problèmes qui se posent sont moins simples qu’on
- pourrait le penser et que cette technique d’essais à peine exploitée exige beaucoup de précautions.
- IMPORTANCE DE LA RÉSISTANCE DE L’AIR
- On sait que la puissance fournie par le moteur d’un véhicule, d’une automobile par exemple, sert à vaincre deux sortes de résistances passives : les résistances mécaniques des différents organës de la voiture et la résistance de l’air.
- Les premières comprenant le roulement des pneumatiques sur le sol et des frottements divers : transmissions,,
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- ===== 388
- 200 Vkm-h
- Fig. 1. — Résistance à l’avancement pour une voilure de tourisme
- moderne.
- Résistance de la carrosserie R, = • CæSV2
- 16
- {Cx = 0,4. S = 2.5 m*).
- 1
- Résistance des accessoires r» = -r- R,.
- “ ü
- Résistance au roulement r3 = S. P (P = 2 tonnes).
- engrenages, peuvent être considérées comme proportionnelles au poids du véhicule et à la nature des éléments du roulement. On peut admettre en première approximation que ces résistances varient peu avec la vitesse.
- Fig. 3. — Élude d’une maquette d'autorail en soufflerie par la méthode
- du plancher.
- Maquette dessinée par M. Metral, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, et étudiée à la soufflerie Lelarge de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr). La maquette est suspendue par des fils d’acier reliés à la balance de traînée. Un plancher en bois reposant sur une tôle de duralumin figure les rails et le ballast.
- Quant à la résistance de l’air, elle est exprimée par la formule générale bien connue :
- R = 4 Cx SV*
- A
- au poids spécifiqv
- pression de 760 mm.) ;
- au coefficient de résistance ou coefficient de traînée Ca; déterminé le plus souvent par un essai de maquette ;
- à la surface S prise égale à celle du maître-couple pour les corps profilés ne donnant pas de sustentation;
- enfin au carré de la vitesse de translation du véhicule. Nous voyons que la résistance à l’avancement suit donc une loi parabolique, ce qui explique l’importance
- Fig. 2. — Comparaison des puissances nécessaires au déplacement d’une voiture de tourisme et d’une voiture de course en fonction de la
- vitesse.
- (Voiture de tourisme : Cx = 0,4 S = 2,5 m2),
- P = 21. r2 = i/3 R,.
- Voiture de course : Cx = 0,3. S = 1,5 m2.
- P = 1 t. r2 = V3 Ri-
- considérable qu’elle prend aux grandes valeurs de la vitesse V.
- Afin que nos lecteurs s’en fassent une idée plus exacte, nous avons calculé les résistances à vaincre et les puissances nécessaires au déplacement de deux voitures automobiles en fonction de la vitesse de ces véhicules. Ce calcul purement démonstratif a été fait en tenant compte des hypothèses générales suivantes :
- Nous admettons que la résistance totale R qui représente la force assurant le déplacement du véhicule à une certaine vitesse V est la somme de trois résistances particulières (fig. 1) :
- la résistance R( destinée à vaincre la résistance à l’avancement de la carrosserie, fonction du carré de la vitesse ;
- la résistance r, comprenant la résistance à l’avancement des accessoires et les interactions diverses entre
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- les différents éléments de la voiture, évaluée approxi-, R1
- mativement a —5—;
- O
- la résistance r3, résistance de roulement des pneumatiques sur le sol, prise égale à 8 kg par tonne et par
- La seconde est utilisée actuellement aux Etats-Unis par l’Université de Michigan qui a construit un véhicule dont la caisse est reliée au châssis par l’intermédiaire de dynamomètres qui permettent de mesurer les efforts.
- ESSAIS EN SOUFFLERIE
- Le montage des maquettes de véhicules dans un tunnel
- Distance
- Déplacement véhicule
- Plancher véhicule
- Max 20 Vm.sec
- Déplacement courantdair
- Plancher maquette
- Vm.sec
- Plancher figurant lej soi dans la soufflerie
- Déplacement courant d'air
- Plancher maquette
- Sol fictif
- Max Vm.sec
- Plancher maquette image
- Déplacement d'air
- Plancher maquette
- phnche\Derforé / Aspinti™
- Fig. 4. — Diagrammes du gradient de vitesse entre le sol et le plancher de la maquette pour différentes méthodes d’essais.
- 1. Cas du véhicule se déplaçant sur un sol réel; 2. méthode du plancher; 3. méthode de l’image; 4. séparation de la couche limite au voisinage du plancher.
- essieu.
- Comme le montrent les tableaux et les courbes jointes, pour une voiture de tourisme moderne ayant un coefficient Ca; de 0,4, un maître-couple de 2,5 m2 et un poids de 2 tonnes, on trouve qu’il faut dépenser une puissance d’une trentaine de chevaux pour assurer son déplacement à 100 km à l’heure et environ 270 ch pour la propulser à 200 km à l’heure.
- Pour une voiture de course d’un Cx de 0,3, d’un maître-couple de 1,5 m2 et pesant une tonne, il suffirait de 13 ch à 100 km-h, 88 ch à 200, 300 ch à 300 et 700 ch à 400 km-h (fig. 2).
- Il va sans dire que ces chiffres sont tout à fait approximatifs, car aux grandes vitesses, d’autres facteurs entrent en jeu; on peut noter par exemple qu’il est très difficile sinon impossible de faire tenir un moteur de 700 ch avec tous ses accessoires dans une carrosserie ne dépassant pas un maître-couple de 1,5 m2, et qu’on ignore presque complètement l’influence de l’interaction du sol et de la rotation des roues à de telles allures.
- LES MESURES EXPÉRIMENTALES
- Dans toute étude de forme aérodynamique nouvelle, il est du plus haut intérêt de pouvoir comparer les différentes solutions qui se présentent et de prédéterminer les performances probables des véhicules. Les laboratoires ont à leur disposition plusieurs méthodes qui peuvent utilement renseigner le constructeur; les principales sont les suivantes :
- — essais en vraie grandeur ou à grande échelle sur le chariot aérodynamique;
- — essais sur voiture laboratoire également en vraie grandeur;
- — essais en soufflerie avec différents modes opératoires;
- — essais à la cuve à eau ou à la soufflerie à fumée permettant de rendre visibles des lignes de courant contournant les obstacles.
- La première méthode n’est pas employée jusqu’ici; mais comme on utilise couramment les chariots pour des essais d’appareils d’aviation, rien ne serait plus facile que d’équiper un de ces engins pour l’essai régulier des carrosseries.
- aérodynamique est assez différent de celui des maquettes d’avions. En effet, les avions sont destinés à se déplacer (sauf à l’atterrissage) dans un espace pratiquement illimité, aussi, place-t-on leur maquette au centre de la soufflerie, en affectant les résultats d’une correction pour tenir compte de la limitation de la veine par les parois du tunnel.
- Dans le cas des véhicules, la proximité du sol produit
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- Fig. 5. — La cuve à eau Tousaint-Carafoli pour l’élude des lignes de courant.
- (Remarquer à la partie supérieure le réservoir de liquide coloré, et le tuyau d’évacuation. A gauche sur la table : modèles à expérimenter.)
- une influence sur la résistance des corps en mouvement. Lorsqu’on essaie une maquette de ce genre dans un tunnel aérodynamique, on s’efforce autant que possible de reproduire cette interaction.
- La méthode du plancher, la méthode de l’image, celle du tapis roulant et celle du plancher perforé peuvent être utilisées dans ce but.
- Méthode du plancher. — Elle consiste à placer sous la maquette, à quelque distance des jantes des roues, un plancher de faible épaisseur, constitué en général par une tôle de duralumin.
- On s’assure que ce plancher est bien horizontal et qu’il apporte peu de perturbation dans la vitesse du courant d’air de la soufflerie; comme la maquette est suspendue par des fils et reliée à une balance de mesure,
- Fig. 6. — Essais à la cuve à eau.
- Détail du canal d’essai constitué par les deux glaces entre lesquelles s’écoulent les filets colorés (noter : en amont le distributeur de liquide coloré; dans la partie médiane le modèle; en aval : le collecteur d’évacuation).
- il est facile de faire varier sa distance par rapport au plancher. L’essai d’une même maquette à différentes distances du plancher se traduit par une variation de résistance. On peut donc penser, que si ces résultats sont transposables à la vraie grandeur, il existe une distance optima réalisant un compromis avec les exigences de construction pour laquelle la traînée est la plus faible. Cependant cette méthode n’est pas exempte de critiques ; en effet, dans la réalité, le dessous du véhicule se déplace par rapport au sol fixe, et si l’on fait une exploration au tube de Pitot, on voit que la vitesse croît constamment à mesure qu’on s’éloigne du dessous du mobile. Dans l’essai avec plancher au contraire, la vitesse croît d’abord, passe par un maximum, puis décroît jusqu’à s’annuler au voisinage du plancher comme le montrent les schémas ci-joints (fîg. 4); pour pallier à cet inconvénient et dans l’espoir d’obtenir des résultats plus exacts d’autres méthodes ont été proposées.
- Méthode de Vimage. — Guidée par des considérations théoriques en usage en mécanique des fluides, cette méthode consiste à placer au-dessous de la maquette à expérimenter, symétriquement par rapport au plan horizontal du plancher fictif, une autre maquette rigoureusement semblable à la première.
- Dans ce cas, l’exploration de vitesse sous le véhicule tend à se conformer à la réalité, la résistance mesurée serait probablement exacte si l’écoulement du fluide sous le plancher du véhicule se faisait d’une façon parfaite : mais les essieux, les boggies qui se trouvent sous la carrosserie amorcent des tourbillons et l’on peut douter que leur régime de formation soit le même dans le cas de la maquette-image que dans celui du sol réel.
- Méthode du tapis roulant. — Pour se rapprocher des conditions normales d’utilisation, une troisième méthode, dite du tapis roulant, a été proposée.
- On sait que dans la pratique, s’il n’y a pas de vent, l’air et le sol sont à l’état de repos l’un par rapport à l’autre et que le véhicule se déplace par rapport à ces deux éléments.
- Dans la soufflerie, l’air est en mouvement et le véhicule au repos; pour que la condition de relativité entre l’air et le sol soit respectée, il faudrait que ce dernier se meuve dans le même sens et à la même vitesse que le courant d’air, de façon que la vitesse relative entre l’air et le sol soit nulle. Mais il est difficile de déplacer à 40 m. sec dans une soufflerie un tapis d’au moins 1 mètre de large, aussi, jusqu’ici, cette méthode est-elle peu utilisée à notre connaissance. Cependant une étude d’ensemble permettant la comparaison des différents procédés mériterait que l’on fasse les frais d’un tel dispositif expérimental qui servirait aussi à l’étude de l’atterrissage des avions et à des essais sur le frottement.
- Méthode du plancher perforé. — Une autre méthode d’essai proposée pâr le professeur Stalker consiste à placer la maquette sur un plancher formant capacité et relié à un aspirateur chargé d’entretenir une certaine succion. La partie en regard du dessous de la maquette est percée d’une multitude de trous de façon à aspirer la couche d’air qui se trouve normalement ralentie par le frottement au voisinage du plancher. Ce procédé,
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- Fig. 7. — Les lignes de courant derrière une voilure de tourisme.
- On voit les sillages causés par les roues avant et les forts remous qui prennent naissance en arrière du véhicule.
- exact en théorie, demande quelques tâtonnements pour arriver au bon réglage de l’aspiration et à la bonne disposition des trous. Cependant, d’après des résultats américains, il semble que l’application de cette idée ait donné une approximation satisfaisante.
- Fig. 9 (en haut à gauche). — Lignes de courant révélées à la cuve à eau. Conduite intérieure de tourisme moderne.
- A l’avant : tourbillons causés par le contournement trop brusque du capot; à l’arrière : forte zone tourbillonnaire.
- Fig. 10 (en haut à droite). — Cabriolet. (Mêmes remarques, sauf que le tourbillon avant est diminué par l’inclinaison du radiateur
- Fig. 11 (en bas à gauche). — Forme de carrosserie améliorée à l’avant.
- Fig. 12 (en bas à droite). — Voiture genre Claveau.
- Aucun tourbillon à l’avant et bonne inflexion à l’arrière garantissant une résistance à l’avancement réduite.
- Fig. 8. •— Les lignes de courant derrière un cycle-car.
- (Elles se referment mieux à l’arrière que dans le cas précédent et a zone de décollement des filets est beaucoup plus réduite).
- ESSAIS A LA CUVE A EAU
- A côté des essais en soufflerie qui nécessitent la construction de maquettes assez coûteuses et des dépenses de fonctionnement plutôt élevées, il existe des procédés
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- Fig. 13 (à gauche). — Lignes de courant d’une voiture de course. (Bon écoulement à l’avant; quelques remous à l’arrière.)
- Fig. 14 (à droite). — La voiture de Campbell, détentrice du record du monde de vitesse.
- Un examen attentif montre que les zones grises de l’arrière ne proviennent pas de tourbillons, mais d'inégalités de certains filets colorés,
- mal formés).
- rendant visibles les lignes de courant. Ils sont relativement simples et permettent de se rendre compte si telle ou telle forme est bien ou mal carénée. Pour les mettre en œuvre, on peut utiliser un courant d’air chargé de fumées ou des filets d’eau préalablement colorés. Le premier procédé est très délicat à employer pour des vitesses supérieures à quelques mètres-secondes, aussi utilise-t-on plus fréquemment les filets d’eau colorés qui permettent d’obtenir de belles images assez faciles à photographier.
- M. Toussaint, en collaboration avec M. Carafoli, généralisant la méthode bien connue d’Osborne-Reynolds, a réalisé à l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr une cuve à eau d’un emploi très commode (fig. 5). Elle se compose d’un réservoir d’environ quatre cents litres dont la partie inférieure est munie d’une glace transparente, au-dessus de cette glace vient se placer un canal constitué par deux lames de verre distantes de 1 cm disposées horizontalement et raccordées d’une part à l’avant à un collecteur galbé et à l’arrière à une vanne d’évacua-
- Fig. 15. — Silhouette d’un autorail.
- Les filets suivent bien le toit du véhicule. Quelques remous à la partie
- inférieure.
- tion à grand débit, munie d’un robinet à ouverture rapide. Un peu en avant du collecteur et en son milieu, on dispose un distributeur de liquide coloré caréné, percé de petits trous équidistants et relié à un réservoir en charge par des canalisations munies de robinets de réglage (fig. 6). Enfin, sous la cuve, une série de lampes à forte intensité permet d’éclairer vivement et de photographier par transparence les phénomènes observés. Pour rendre visible l’allure des lignes de courant autour d’un obstacle, on place celui-ci dans le canal, on remplit le réservoir d’eau et lorsque celle-ci est bien au repos, on ouvre la vanne d’évacuation et l’admission des filets colorés; on décèle alors nettement les parties mal carénées qui donnent naissance à des tourbillons importants.
- Appliquant cette méthode à l’étude des formes de véhicules, nous avons essayé une série de modèles directement inspirés de carrosseries existantes. Comme l’écoulement dans le canal est plan parallèle, on ne peut essayer que des sections ou profds de véhicules et non des maquettes, qui seraient d’ailleurs beaucoup trop petites pour en fixer tous les détails. La vitesse du courant d’eau peut atteindre 1 m sec, ce qui correspond à 10 mètres-seconde dans l’air puisque le rapport des coefficients de viscosité cinématique est de 10 à 1 environ.
- La première image (fig. 7) montre une coupe par un plan horizontal d’une voiture de tourisme de contour assez plaisant que l’on pourrait croire bien carénée. La dissociation des lignes de courant (parties noires) montre qu’il n’en est rien et que tout l’arrière du corps est plongé dans une forte zone tourbillonnaire.
- La seconde vue (fig. 8) s’appliquant à la section transversale d’un cyclecar à 3 roues montre que les filets suivent bien mieux la carrosserie et ont tendance à se refermer vers l’arrière. On note également que les roues avant créent un sillage néfaste, on pourrait le réduire en les enfermant dans des carters analogues à ceux employés en aviation.
- Passons maintenant à des coupes verticales de voitures; le sol est représenté par une barrette horizontale et l’image des roues est figurée par des petits disques
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- de clinquant de 2/10e de mm d’épaisseur ne formant pas obstacle aux filets colorés et servant simplement à rendre les photographies plus compréhensibles.
- Les vues 9 et 10 relatives à des carrosseries classiques conduite intérieure et cabriolet, montrent d’une façon très nette les tourbillons produits à l’avant par le contournement trop brutal des lignes du capot. Cette image concorde bien d’ailleurs avec l’expérience que peut faire tout automobiliste en plaçant un fil court et léger à la base de son pare-brise, il verra par les mouvements désordonnés du fil que l’écoulement est tout à fait irrégulier et quelquefois même dirigé en sens contraire du sens de marche. Tout ceci prouve que les lignes ne sont pas assez fuyantes, que les angles sont trop vifs et qu’il ne faut pas songer rattraper cette cause d’accroissement de résistance uniquement par l’inclinaison du pare-brise mais par une modification complète des lignes du capot.
- Les figures suivantes 11 et 12 montrent qu’en donnant une certaine pente à l’avant de la voiture on arrive à supprimer complètement les tourbillons dans cette partie.
- La section représentée (fig. 11) s’accorde tout à fait bien avec la disposition usuelle du moteur à l’avant et ne présente aucune difficulté constructive; la section (fig. 12) dérivant des formes dessinées par M. Claveau est plus révolutionnaire puisqu’elle se conçoit avec moteur à l’arrière; de plus, si on examine l’écoulement à l’arrière de ce véhicule, on voit que les lignes de courant s’écartent beaucoup moins et l’on peut en déduire une diminution très appréciable de la résistance à l’avancement.
- Dans les courses pour la conquête des records, l’aérodynamique joue un rôle primordial; aussi est-il rassurant de voir (fig. 13 et 14) que des profils de voitures victorieuses subissent avec succès l’épreuve de la cuve à eau.
- Il faut remarquer, en effet, que les traces grises qui se trouvent au-dessus des sillages ne sont pas des tourbillons, mais des zones de « flou » causées par la dilution de filets mal remplis dans le sein du courant général.
- Nous complétons ces vues par deux silhouettes, celle d’un autorail et celle d’une carène de dirigeable (fig. 15 et 16)) pour montrer que jusqu’à une certaine limite, plus l’allongement des corps — c’est-à-dire le rapport de leur longueur à leur hauteur — est grand, moins il se forme de perturbations. En d’autres termes, il est plus facile, à notre avis, de caréner un autorail ou un camion de transport rapide avec sa remorque qu’une voiture de tourisme, car pour tendre vers la perfection, il faudrait que cette dernière catégorie possédât des
- Fig. 16. — Carène de dirigeable.
- Écoulement parlait sur plus des 4/5 de contour. Le frottement seul amène quelques perturbations dans les lignes de courant à la pointe
- arrière.
- carrosseries très basses, très étroites et désespérément longues, ce qui ne serait vraiment pas pratique.
- Nous allons d’ailleurs le confirmer par les chiffres en examinant quelques résultats d’essais de maquettes au tunnel.
- Fig. 17. — Essais de maquettes d’automobiles, (d’après M. Lay; S. A. E. journal).
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- Fig. 18. — Comparaison des différentes méthodes d'essai et influence des arrondis pour la maquette ci-dessus.
- QUELQUES RÉSULTATS D’ESSAIS
- Essais sur automobiles. — Si l’on en croit une étude fort intéressante faite aux Etats-Unis par M. W.E. Lay, professeur à l’Université de Michigan (1), en améliorant une carrosserie classique du type 1930, on peut réduire sa résistance de moitié sans avoir recours à des solutions par trop, originales. Le tableau ci-joint (fig. 17) extrait de cette étude permet de chiffrer l’importance des modifications que l’on peut apporter à l’avant ou à l’arrière des véhicules. On remarque, comme il fallait s’y attendre, que l’arrière a plus d’importance relative que l’avant, et, comme nous le disions plus haut, que pour tendre vers la résistance minima, il faut des carrosseries très allongées.
- M. Lay a également comparé les différentes méthodes expérimentales appliquées à un même modèle. En partant de celle qui donne la plus petite résistance, le classement s’établit comme suit :
- 1. Méthode du plancher; 2. Essais de succion au plancher perforé ; 3. Modèle libre dans la soufflerie ; 4. Méthode de l’image — la résistance donnée par (1) étant 74 pour 100 de celle donnée par (4). Enfin, des essais en vraie grandeur sur voiture-laboratoire munie d’une carosse-rie rendue mobile par rapport au châssis pour mesurer la résistance, ont donné des résultats en bon accord avec les expériences en soufflerie.
- 1. Voir S, A. E. journal, avril et mai 1933.
- Essais sur autorails. — La question des autorails ou automotrices est très à l’ordre du jour dans notre pays; parallèlement à ces essais effectués par la compagnie du Midi à la soufflerie elliptique d’Issy-les Mouli-neaux (1), la maison Michelin a essayé depuis 1931 une quinzaine de maquettes dans les souffleries de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr.
- Ces maquettes en bois avaient environ 1 m 50 de long, 0 m 275 de haut et 0 m 250 de large, un plancher figurant le ballast et les rails d’une voie ferrée avait été également fourni.
- L’influence des différents facteurs qui interviennent dans ces expériences : éloignement du ballast, vitesse d’essai, vitesse moyenne autour du modèle, turbulence de la soufflerie, fut déterminée.
- La comparaison de la méthode du plancher, de la maquette libre et de la méthode de l’image, n’évolue pas dans le même sens que les résultats américains; pour une même maquette d’autorail, par ordre de résistances croissantes, on trouve comme l’indique la fig. 18 : maquette libre, maquette avec son image (ces deux quantités peu différentes) et maquette avec plancher, la plus petite résistance est les 82/100e de la plus grande.
- Ces petites divergences montrent qu’il faut prendre beaucoup de précautions dans ces essais, mais si on ne peut affirmer la valeur absolue des résultats à quelques pour cent près, la valeur comparative des essais n’en est nullement altérée.
- Les modèles présentés peuvent se diviser en deux catégories : autorails utilitaires, autorails de vitesse. Les premiers, afin de transporter le plus grand nombre possible de voyageurs, ont une caisse de forme classique ; les seconds ont une carosserie plus ou moins dérivée d’un profil d’aile d’avion ou d’une carène de dirigeable, cette différence de forme accuse une variation du coefficient de résistance du simple au double entre la meilleure et la plus mauvaise.
- Dans l’impossibilité de nous étendre sur le détail des essais, nous ferons seulement ressortir les points suivants :
- 1. Amélioration très nette obtenue en arrondissant les raccordements des faces latérales de la caisse avec le toit et le plancher.
- 2. Grande influence de la pointe arrière, surtout avec les véhicules prévus avec un moteur d’avion où la protubérance formée à l’arrière est très importante.
- 3. Pour les véhicules à vigie du type ancien, grande importance relative de la cabine et des radiateurs qui comptent pour 16 pour 100 de la résistance totale.
- Lorsque la vigie est à l’avant, l’automotrice résiste plus que lorsque la marche du véhicule se fait en sens contraire, vigie à barrière.
- 4. Le fait de masquer tout ce qui garnit le dessous du châssis du véhicule (boggies essieux, ressorts), etc., diminue la résistance d’environ 10 pour 100 dans le cas de l’essai avec plancher.
- 5. Il résulte de ces essais que les meilleures maquettes d’autorails avec leurs roues et leurs principaux accessoires accusent un coefficient de résistance unitaire Cx
- 1. Voir la Revue générale des chemins de fer, juillet 1932.
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- légèrement supérieur à 0,2, soit tout à fait approximativement égal au double de la traînée d’une carène de dirigeable avec ses empennages et sa cabine et à la moitié de la résistance d’une automobile de tourisme non profilée.
- Ces résultats sont très encourageants et militent en faveur du rendement économique de l’autorail.
- CONCLUSIONS
- En résumé, la première partie de cet exposé montre que la détermination exacte de la résistance d’une maquette d’un corps profilé au voisinage du sol est assez délicate, la seconde indique les gains très importants que l’on peut obtenir en étudiant rationnellement la
- forme d’un véhicule. Il faut espérer que les constructeurs n’hésiteront pas à avoir recours aux laboratoires aérodynamiques lors de l’étude d’une forme nouvelle, les frais d’essais et de construction pouvant être remboursés au centuple par l’économie de puissance dépensée.
- S’il est certain que d’autres questions mécaniques et d’aménagement du ressort de l’ingénieur d’automobile viennent se greffer sur le problème de la résistance, il faut insister pour que le public fasse bon accueil aux carrosseries vraiment aérodynamiques, il ne pourra en tirer que des avantages : accroissement de yitesse, économie, élégance de lignes qui contribueront à développer encore la popularité de l’automobile.
- Jean Lacaine.
- DÉPARAFFINAGE DES HUILES MINÉRALES
- PAR AUTORÉFRIGÉRATION
- Le raffinage du pétrole brut est aujourd’hui une grande industrie française. A la faveur d’un régime douanier protecteur, de très importantes raffineries se sont montées dans notre pays; grâce à elles, la France va être en mesure de produire sur son territoire l’essence nécessaire à ses véhicules automobiles et à ses avions, ainsi que les huiles de graissage et autres sous-produits pétroliers. La naissance ou plutôt la renaissance de cette industrie pose à nos techniciens une foule de problèmes nouveaux auxquels ils apporteront sans nul doute des solutions originales.
- C’est à ce titre que nous voudrions signaler ici un perfectionnement fort intéressant apporté récemment à un point particulier du processus de raffinage, à savoir le déparaffinage de la fraction distillée d’où l’on retire les huiles de graissage. Ce progrès qui nous vient en apparence des États-Unis est en réalité l’application d’une méthode de cristallisation très générale, imaginée, il y a quelques années, par un ingénieur français, M. Albert Delas, bien connu comme technicien de la condensation. Cette méthode du reste, peut trouver des applications, non seulement dans l’industrie du pétrole, mais dans bien d’autres industries chimiques.
- PROCÉDÉ DE CRISTALLISATION PAR AUTORÉFRIGÉRATION
- Pour séparer de son solvant un corps qui y est dissous, on dispose de procédés assez divers : l’un des plus employés est celui qui consiste à concentrer la solution, c’est-à-dire à évaporer le solvant jusqu’au point de saturation à partir duquel le corps dissous se cristallise et se précipite. Ce procédé dans lequel on recourt soit à la chaleur, soit au vide, suppose que le solvant est volatil.
- Quand le corps dissous est moins soluble à froid qu’à chaud, on peut recourir au refroidissement pour amener la solution à son point de saturation. C’est précisément ainsi que l’on opère pour séparer la paraffine des
- huiles non volatiles dans lesquelles elle est dissoute.
- Le procédé classique pour obtenir ce refroidissement consiste à mettre le produit à traiter au contact des parois refroidies d’un échangeur desservi par une machine frigorifique.
- La transmission de la chaleur se fait donc à travers une paroi métallique, sur laquelle, du côté de l’huile à traiter, les cristaux de paraffine ont constamment tendance à se déposer, soit seuls, soit en y formant une sorte de gel avec le solvant.
- On y remédie en adoptant, suivant le cas, soit des dispositifs avec râcleurs mécaniques, soit une méthode de réfrigération plus ou moins délicate à réaliser.
- De toutes façons cette réfrigération s’effectue avec un écart de température entre le fluide producteur de froid et le çorps à refroidir, d’autant plus grand que le système utilisé comporte plus d’intermédiaires, ou saumures froides, pour véhiculer les calories; or la production du froid est d’autant plus onéreuse que la température est plus basse, et l’application de la méthode exige alors des machines puissantes et coûteuses, ainsi que des échan-
- Fig. 1. — Schéma de principe du sgstème Delas pour réaliser la cristallisation par autoréfrigération.
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- geurs encombrants et non moins coûteux. De plus, il faut un temps considérable pour amener la substance à la température convenable, exigence qui se traduit par une immobilisation de matériel et de produits.
- La méthode de M. A. Delas (brevet français 584 340 du 6 août 1924) évite d’une façon fort élégante tous ces inconvénients. En voici le principe : à la masse des corps, solvant et dissous dont on veut obtenir la séparation, on incorpore intimement une substance, miscible ou non à la solution, mais volatile et dont l’évaporation, génératrice de froid, permet d’abaisser la température du mélange au point voulu pour obtenir la précipitation du corps dissous.
- La figure 1, extraite du brevet Delas, montre d’une façon schématique, comment s’applique cette méthode.
- Le mélange intime de la solution avec la substance volatile auxiliaire étant effectué en A, une pompe le refoule dans le récipient B qui communique à sa partie supérieure avec un compresseur quelconque : celui-ci crée un vide dans le récipient B, aspire les vapeurs de la substance volatile et les comprime dans un condenseur à surface D refroidi par un agent quelconque; là elles se condensent et le liquide récupéré peut servir à une opération ultérieure.
- Le corps volatil s’évapore en B, en empruntant sa chaleur de vaporisation au mélange lui-même; celui-ci se trouve ainsi refroidi directement dans toute sa masse, par voie interne; le froid n’a plus à traverser ni paroi d’échanges, ni épaisseurs de cristaux mauvais conducteurs.
- Le refroidissement du mélange peut être extrêmement rapide. Le corps dissous cristallisé et les cristaux sont
- ensuite séparés du mélange par un procédé d’extraction quelconque.
- Cette méthode très simple et très féconde, née en France, ne paraît pas y avoir été jusqu’ici appréciée à son juste mérite. Nul n’est prophète en son pays. Mais nous allons voir qu’elle a reçu outre-Atlantique une application fort importante. La Standard Oil C°, en effet, vient de monter sur ce principe, dans sa raffinerie d’Indiana, une puissante installation de déparaffinage dans laquelle cette opération est effectuée beaucoup plus rapidement et à un bien moindre prix que par le passé. L’étude de cette installation qui comporte de nombreux détails ingénieux, est due à M. Atwell, ingénieur de la Standard Oil. Nous extrayons de la revue américaine The Refîner les renseignements donnés plus loin à ce sujet.
- LE DÉPARAFFINAGE DES HUILES MINÉRALES
- Du pétrole brut on extrait, comme on le sait, toute une gamme de produits variés, au moyen de la distillation fractionnée.
- En général, dans un premier jeu d’appareils distillateurs, on extrait ainsi les essences, le pétrole, les produits légers et le gaz oil, et il reste comme résidu un liquide épais, le « fuel ». C’est de celui-ci qu’on extrait les huiles de graissage.
- A cet effet, on soumet le « fuel » à une nouvelle distillation à trois fractionnements qui donnent du gaz oil, de l’huile paraffineuse dite n° 1 et de l’huile paraffineuse dite n° 2 distillant à température plus élevée que la première et laissant un résidu solide, le brai; les deux derniers distillats constituent la matière première des huiles de graissage.
- Fig. 2. — Schéma simplifié expliquant le fonctionnement du déparaffinage par autoréfrigération au moyen du propane, réalisé dans la raffinerie de la Standard Oil, à Indiana.
- Propane liquide (Température]
- Condenseur
- Vapeurs^de propane
- Compresseur
- Propane liquide chaud
- Echangeur
- Distillation du filtrat
- Huile
- brute
- Propane
- Evaporation
- Evacuation de la paraffine
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- Elles contiennent toutes deux de la paraffine en suspension et en solution. Il faut les en débarrasser parce que cette paraffine augmente d’une façon excessive la viscosité des huiles, et surtout parce que, moins soluble à froid qu’à chaud, elle en élève le point de figeage et réduit l’intervalle de températures entre lesquelles les huiles seraient pratiquement utilisables. Au surplus la paraffine extraite a une valeur marchande appréciable.
- Jusqu’ici le déparaffinage s’effectuait de la façon suivante :
- Dans l’huile paraffineuse n° 1, la paraffine est déjà partiellement cristallisée en cristaux assez gros pour être retenus parles toiles des filtres-presses. Pour compléter la précipitation, on refroidit l’huile brute à —10° environ à l’aide d’une saumure froide circulant dans les échangeurs; on la passe ensuite au ffltre-presse.
- L’huile paraffineuse n° 2 contient également des cristaux de paraffine, mais la cristallisation est moins prononcée que dans l’huile n° 1 et les cristaux sont beaucoup plus petits. La filtration est impossible. Pour déparaffiner, on refroidit la masse comme précédemment, mais à—30° et on sépare la paraffine par essorage dans des supercentrifugeuses, tournant à 15 000 tours par minute.
- A ces procédés, on reproche tout d’abord d’exiger un double appareillage fort coûteux et encombrant. En outre, la température atteinte n’est pas assez basse pour assurer un déparaffinage très poussé et les huiles obtenues ont encore un point de figeage trop élevé.
- LE DÉPARAFFINAGE PAR AUTORÉFRIGÉRATION
- Dans la nouvelle installation l’Indiana, qui traite par jour près de 200 000 litres d’huiles, l’application de la méthode générale indiquée dans le brevet Delas permet de traiter dans le même appareillage tous les distillats paraffineux et l’on obtient des huiles à point de figeage très bas.
- Le corps volatil auxiliaire employé est un gaz liquéfié, le propane, qui est lui-même un sous-produit de la distillation du pétrole brut. Le propane bout soiis la pression atmosphérique à — 40°; on le maintient aisément liquide à la température ordinaire sous des pressions de 7 à 8 kg par cm2.
- Voici maintenant les grandes lignes de l’opération :
- (fig- 2).
- On dissout dans du propane liquide les huiles pa-raffineuses ; on obtient ainsi un mélange fluide, circulant aisément dans les canalisations et qui se prêtera bien à la filtration ultérieure. On le réchauffe à 55° et on le dirige dans des récipients où il est soumis à une évaporation partielle; le refroidissement qui en résulte est très rapide, de l’ordre de 2° par minute alors que dans les refroidissements par saumure et échangeurs, les vitesses de refroidissement sont de l’ordre de 1° par
- Aspect de Vinstallation de déparaffinage de la raffinerie d’Indiana.
- heure. En moins d’une heure on atteint la température de —40°. Les vapeurs de propane aspirées par le compresseur sont condensées sous pression et le liquide renvoyé au réservoir général de propane. Le mélange refroidi qui reste dans les évaporateurs est fait de paraffine cristallisée en suspension, d’huiles et de propane.
- Des pompes le font passer à cette même température et sous pression de 7 kg 5 dans un filtre presse qui retient la paraffine, tandis que le filtrat est dirigé vers des appareils destinés à séparer le propane et l’huile.
- Quand la quantité voulue a été filtrée, on renvoie l’excès de liquide dans des bacs accumulateurs où il sera repris pour une opération suivante; cette opération s’effectue à l’aide de vapeur de propane à faible pression (0 k 75) introduite à la partie supérieure du filtre.
- Le gâteau de paraffine est lavé par un courant de propane froid à — 40° que, bien entendu, l’on récupère ensuite. Puis la paraffine est expulsée du filtre, également par une poussée de vapeur de propane. Le propane froid qui sert à cette opération de lavage provient du réservoir où l’on a recueilli le propane reliquéfié; il a été refroidi par échange de chaleur avec la solution froide qui vient des filtres-presses.
- Pour utiliser au mieux tout le froid ainsi récupérable, on refroidit par ce même moyen une certaine quantité de propane que l’on renvoie directement dans les évaporateurs.
- La séparation du propane retenu dans le filtrat s’effectue par distillation sous pression de 15 kg dans une colonne chauffée par de la vapeur d’eau; le propane se dégage en vapeurs; celles-ci sont reprises par le compresseur qui les reliquéfie en même temps que celles aspirées par les évaporateurs.
- Le gâteau de paraffine est distillé de même pour en extraire le propane qu’il retient encore. Dans toutes ces opérations, le propane liquide ou gazeux circule en circuit continu et entièrement clos.
- Les opérations étant discontinues, on a installé, bien
- 8 Réservoirs verticaux (Réservoirs à propane etàfïïtratj
- Batiment des filtres
- Fig. 3.
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- 398
- entendu, une batterie d’évaporateurs et de filtres entrant en jeu à tour de rôle.
- Notons que le cycle complet des opérations dans chaque évaporateur : remplissage et évaporation, ne dure que 90 minutes.
- Les huiles obtenues ont des points de figeage entre — 16° et — 20°.
- Le prix d’installation et les frais d’exploitation seraient beaucoup moins élevés que ceux des systèmes jusqu’ici en usage. A. Troller.
- NOUVELLE HYBRIDATION D’ANTILOPES
- Fig. 1. •— Grand coudou cl femelle hybride par Élan mâle et femelle. Coudou, née le 22 mai 1932.
- (Remarquer que ce produit femelle a des cornes). Reproduction obtenue par Don Francisco da Camara, gouverneur du Mozambique, à Inhambane.
- Une suite assez inattendue à l’expérience de croisement qui a été relatée ici (n° du 15 décembre 1932) vient d’être signalée très récemment en Afrique Sud-Orientale. Il s’agit encore d’un produit d’Antilope Bosélaphe (Oreas Canna ou tauro-tragus) et cette fois, non plus avec une vache domestique, ce qui pouvait sembler quelque peu extraordinaire, mais
- Fig. 2. •— Mâle hybride d’un an par Elan mâle et femelle Coudou.
- avec une autre antilope africaine, une femelle de Grand Coudou (Strepsiceros capensis).
- Cette reproduction a été obtenue, à deux reprises déjà, dans le pai'c du gouverneur de la colonie portugaise du Mozambique, dom Francisco da Camara, à Inhambane, en mai 1931 et mai 1932, donnant un mâle et une femelle dont les photographies ci-contre montrent l’aspect.
- Cet aspect est franchement celui de la mère coudou, la plus belle antilope après le canna. Il n’en diffère pour le produit femelle que par la présence de cornes alors que les femelles coudous pures en sont dépourvues et ces cornes sont, comme chez le mâle, semblables dans leur implantation, leur développement ett leurs larges spires à trois tours, à celles des coudous eux-mêmes.
- Quelle peut être la conséquence de cet heureux essai, en admettant qu’il soit suivi d’autres naissances, ce qui, jusqu’à présent ne semble pas avoir été le cas de l’hybridation canna X vache, encore borné à notre connaissance, à un seul couple.
- Les deux facteurs Canna et Coudou sont les types les plus remarquables et probablement les plus anciens de la série des Cavicornes considérés en Afrique comme grand gibier de première qualité.
- Le condou est un peu moins haut que le canna, 1 m 60 environ au lieu de 1 m 75. Et, alors que le canna a, comme nous l’avons observé, par sa masse et son poids supérieurs, une apparence tout à fait bovine (et l’expérience a démontré que cela ne se bornait pas à la seule morphologie) le Coudou se rapproche plutôt des Cervidés par son port, sa sveltesse gracieuse et certains de ses caractères secondaires.
- Ses comportements sont également analogues, quant à sa préférence d’habitat dans les contrées forestières et rupestres, sa formation en hardes, son mode de nourriture par les feuilles et bourgeons, au besoin le pâturage des prairies. Il se tient d’ailleurs volontiers dans les couverts, couvre beaucoup de terrain dans ses parcours .et a besoin du voisinage de l’eau. Son train est assez lent et son humeur assez placide, sauf entre mâles. Il supporte bien la captivité, s’y montre assez doux et s’y reproduit facilement. Les durées de gestation et d’allaitement sont, comme la saveur de sa viande, analogues à celles des cerfs. On ne saurait voir dans cette hybridation un « crochet » du pseudo-bovidé au pseudo-cervidé.
- Il paraît même probable que le coudou soit comme le canna, capable de s’allier lui aussi, tout au moins exceptionnellement au bétail domestique.
- La tentative doit en être faite. Elle en vaut la peine, ne serait-ce qu’au seul point de vue scientifique et comme corollaire de démonstration.
- La formule canna X vache -— canna X coudou, sans avoir aucune rigueur absolue dans ses termes, semble laisser une possibilité de solution commune = coudou X vache qui reste à vérifier. Ceci ne fait que davantage regretter que nous n’ayons pas en France ou dans nos colonies, un établissement de biologie expérimentale spécialement organisé pour des recherches de cet ordre. Souhaitons qu’il soit bientôt créé, comme annexe ou dépendance du Muséum.
- P. Boulineau.
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- = LES CARBURANTS A BASE D’ALCOOL 399
- LEURS POSSIBILITÉS D’AVENIR
- L’accroissement énorme de la consommation d’essence de pétrole, conséquence du développement des moteurs à explosion, a amené de nombreux techniciens à chercher soit des carburants de remplacement, soit des moteurs capables d’utiliser des carburants spéciaux. Ainsi sont nés notamment les gazogènes à charbon de bois et les moteurs Diesel qui sont aujourd’hui couramment employés sur les camions automobiles. Mais, pour l’exigeante voiture de tourisme, il était difficile de supprimer ou même de réduire la consommation d’essence sans restreindre du même coup les commodités d’emploi de ce précieux combustible.
- Cependant, de nombreuses recherches ont été orientées dans ce sens et, finalement, on a montré que l’addition d’alcool éthylique à l’essence permet de mieux utiliser celle-ci, tout en améliorant les conditions de travail du moteur. L’intérêt de ces recherches est particulièrement aigu dans les pays tels que le nôtre où les possibilités de fabrication de l’alcool permettent d’obtenir ce combustible en grande quantité.
- NOUS UTILISONS MAL L’ESSENCE PARCE QU’ELLE DÉTONE TROP FACILEMENT
- Afin d’augmenter le rendement des moteurs, c’est-à-dire afin d’obtenir plus de travail d’un même volume de carburant, les constructeurs sont conduits peu à peu depuis quelques années à augmenter le taux de compression de leurs nouveaux modèles. Cette façon d’agir se justifie, puisque le calcul démontre et que la pratique vérifie (fig. 1) qu’un moteur fournit plus de puissance à partir d’une même quantité de carburant, à mesure que l’on augmente son taux de compression. Cependant, l’on ne peut élever indéfiniment le taux de compression des moteurs sans craindre de voir apparaître, au delà d’une certaine limite, qui dépend de la nature du carburant utilisé, le phénomène de la « détonation ».
- Ce phénomène est caractérisé par le fait que la combustion du mélange explosif, formé par les vapeurs de carburant et l’air, au lieu de se propager avec une vitesse relativement faible (quelques mètres à la seconde) devient extrêmement rapide (la vitesse de l’onde de combustion atteint alors plusieurs kilomètres par seconde). Les gaz de combustion produits instantanément agissent avec une grande violence sur le piston, et les calories brusquement dégagées par l’explosion n’ont plus le temps de se dissiper dans l’air ou le métal environnant.
- Il s’ensuit que le moteur, au lieu de fonctionner avec une souplesse comparable à celle de la machine à vapeur, devient rétif et bruyant ; on dit qu’il « cliquette » ou « cogne », particulièrement en côte.
- Il est à peine besoin de dire tout d’abord que les organes du moteur soumis à de telles secousses s’usent exagérément.
- Mais il arrive souvent que le phénomène insuffisamment accentué n’est pas perceptible à l’oreille. Toutefois, si on ne l’entend pas, cette « prédétonation ».
- se manifeste encore par des effets thermiques désastreux; le métal en contact avec les flammes prend un aspect particulier dénommé couramment « métal brûlé ». Il perd beaucoup de sa résistance. Enfin, les parties atteintes par l’onde, telles que parois de la chambre d’explosion, fonds de piston, soupapes, sièges de soupapes, etc... se détériorent très rapidement.
- Ce défaut est d’autant plus grave que l’on ne s’en aperçoit qu’au moment où le moteur donne des signes de défaillance et que le dommage est pour ainsi dire consommé.
- Or, la plupart des moteurs actuels ont un taux de compression égal ou supérieur à 5, et comme ils sont généralement alimentés avec de l’essence tourisme ordinaire, ils subissent parfois les effets de la détonation et
- Taux de compression
- Fig. 1. — Courbe donnant la puissance d’un moteur en fonction du taux de compression pour une même vitesse de rotation.
- presque toujours ceux de la «prédétonation». Aussi déplore-t-on souvent leur usure trop rapide.
- Comment chiffrer la tendance plus ou moins grande d’un carburant à donner naissance à ce phénomène ?
- On utilise à cet effet un moteur spécial à compression variable permettant de comparer deux combustibles donnés : par exemple, un carburant à examiner à un autre pris comme carburant type.
- Or, parmi les hydrocarbures obtenus assez facilement à l’état pur, on. a remarqué que l’heptane détone avec une extrême facilité, tandis qu’au contraire l’iso-octane résiste très bien à la détonation. On a été conduit ainsi à choisir ces deux carbures comme points extrêmes d’une échelle et à donner la valeur 0 à l’heptane et la valeur 100 à l’iso-octane. Toutes les valeurs intermédiaires comprises entre 0 et 100 sont obtenues aisément
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- iation
- ss. d'aviation
- 5 10 15 20 25 30 35 40
- Pourcentages d alcool ou de benzol dans le carburé
- Fig. 2. — Valeurs antidêtorxantes de différents mélanges.
- par mélange de diverses proportions de ces deux produits.
- Si le combustible examiné fournit les mêmes résultats que le mélange contenant par exemple 70 pour 100 d’iso-octane et 30 pour 100 d’heptane, on dit que le « nombre d’octane » de combustible est de 70. Plus le nombre d’octane est élevé, mieux se comporte le carburant étudié au point de vue de la détonation.
- Le tableau suivant donne le « nombre d’octane » de
- diverses essences.
- Essence poids lourd...........................45
- Essence automobile ordinaire..................50 à 55
- Essence aviation médiocre.....................60 à 68
- Bonne essence d’aviation......................68 à 75
- Essence mélangée à des antidétonants. . . . 75 à 90
- L’échelle de valeur antidétonante suivante est généralement adoptée aux Etats-Unis pour éviter la détonation dans les moteurs d’avions. Elle donne le nombre d’octane minimum en fonction du taux de compression du moteur.
- Fig. 3. — Essais comparatifs de consommation.
- ce 65
- Ethanol 15 Benzol 2,0
- Kilomètres -heure
- Taux de compression
- Nombre d’octane
- 5 65
- 5 à 5,5 73
- 5,5 à 6 80
- 6 à 7 87
- Ainsi, il s’avère indispensable d’employer des carburants non détonants ou à « nombre d’octane » élevé. On a essayé, à cet effet, d’améliorer les qualités de l’essence par l’adjonction de produits appelés «antidétonants».
- LES ANTIDÉTONANTS USUELS AMELIORENT LES QUALITÉS DE L’ESSENCE. MAIS ILS PROVOQUENT L’ACCROISSEMENT DU DÉPÔT DE CALAMINE
- Parmi les milliers de composés étudiés, le plomb tétraéthyle présente une grande efficacité, même employé à faible dose. Mais la toxicité de ce produit rend dangereuse l’essence-éthyle, à la fois pour l’automobiliste et pour le citadin. Aussi est-elle interdite dans de nombreux pays.
- D’autre part, elle dépose plus de calamine que l’es sence ordinaire, si bien que l’on déplace le mal sans le supprimer : en effet, les particules charbonneuses très dures, provoquent d’abord l’usure des pièces en mouvement par véritable rodage à la manière de l’émeri, ou, coinçant les segments dans leurs gorges, suppriment le joint souple entre les pistons et les parois des cylindres. En outre, une couche épaisse de calamine finit par constituer un véritable isolant thermique, évite le refroidissement de certaines parties du moteur et peut même provoquer l’auto-allumage par points chauds, phénomène dont les effets sont aussi désastreux que ceux causés par la détonation.
- On a pensé également soit à additionner l’essence de benzol, soit à utiliser des essences de pétrole, telles que les essences de Bornéo ou de Roumanie naturellement riches en carbures benzéniques. Ainsi ont pris naissance les supercarburants connus actuellement sur le marché. Mais la combustion des carbures benzéniques comporte malheureusement un très important dépôt de carbone.
- La solution était donc incomplète puisque tous ces « supercarburants » n’évitaient pas la calamine qui, elle aussi, peut provoquer le cognage. C’est alors que l’on a songé à l’alcool éthylique qui, essayé depuis longtemps déjà comme carburant, devait apporter à l’essence les qualités qui lui manquent.
- L’ALCOOL COMMUNIQUE A L’ESSENCE DES PROPRIÉTÉS A LA FOIS ANTIDÉTONANTES ET ANTICALAMINANTES
- L’idée d’employer l’alcool comme carburant remonte à une trentaine d’années, mais les débuts ont été malheureux, car on en connaissait mal les qualités. Il a fallu les difficultés économiques de l’après-guerre pour que des savants comme M. D. Berthelot, M. Dumanois (inspecteur général de l’Aéronautique, directeur des services techniques de l’Office national des Combustibles liquides), le professeur Hubendick en Suède, le professeur Warzi-
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- niock en Pologne, le Dr Dietrich de Berlin, etc..., arrivent à mettre en lumière les avantages de l’essence alcoolisée.
- Parmi ces avantages, les propriétés antidétonantes et anticalaminantes de Valcool le placent en tête de tous les carburants connus actuellement. Pratiquement, on ne peut arriver à faire détoner l’alcool et, s’il était consommé seul dans un moteur dont le taux de compression atteindrait 13, il donnerait des résultats surprenants, malgré son faible pouvoir calorifique. Comme on ne peut songer à employer des moteurs spéciaux pour utiliser l’alcool, on a envisagé l’emploi de mélanges d’alcool et d’essence. La courbe de la figure 2 indique le nombre d’octane de ces mélanges en fonction de leur concentration en alcool.
- Elle montre que les mélanges contenant seulement 20 pour 100 d’alcool, dont le nombre d’octane dépasse 80, conviendraient parfaitement aux moteurs à taux de compression supérieur à 6, qui deviennent de plus en plus nombreux. Mais l’expérience montre aussi que les moteurs de série, au taux de compression voisin de 5 fonctionnent bien mieux avec l'essence alcoolisée qu'avec l'essence pure. Leur consommation diminue et leur puissance augmente comme le montre le tableau suivant, résumé d’essais effectués par le professeur Warziniock à l’aide d’un moteur au taux de compression de 4,9
- Carburant (composition volumétrique) Moyenne de la puissance fournie entre 1300 et 1700 tours-minute Moyenne de la consommation en g-ch-h entre 1300 et 1700 tours-minute
- Essence pure 29,95 298,6
- 95 % essence ( 5 % alcool 1 | 30,1 274,7
- 85 % essence , 15 % alcool 1 l 30,41 282,4
- 75 % essence ( 25 % alcool | 30,65 237,2
- 65 % essence ( 35 % alcool i > 30,49 285,5
- Les garagistes connaissent bien les propriétés de l’alcool comme décalaminant, car ils ont maintes fois l’occasion de l’utiliser pour le nettoyage des moteurs encrassés. Grâce à cette activité de l’alcool, due sans doute à l’oxygène qu’il possède dans sa molécule, les carburants qui en contiennent une proportion suffisante ne déposent pas de calamine dans les moteurs. Pour mettre en lumière cet avantage, le Monopole de l’alcool en Pologne a fait effectuer l’essai suivant : une voiture Chrysler de série a parcouru, sans arrêt du moteur, 20044 km avec 3656 litres de carburant contenant 70 pour 100 d’essence et 30 pour 100 d’alcool. A la fin du parcours on n'a remarqué sur les pistons et soupapes qu’un très faible dépôt de carbone, qui ne présentait, en aucune façon, la dureté de la calamine déposée habituellement.
- QUELQUES AUTRES AVANTAGES DE L’ALCOOL
- Nous ne pouvons passer sous silence quelques autres qualités qui, sans avoir l’intérêt de celles qui viennent d’être exposées, contribuent néanmoins à faire de l’alcool un adjuvant indispensable de l’essence utilisée à l’alimentation des moteurs.
- L’alcool évite le givrage intérieur, cette formation de glace due à la condensation de l’humidité atmosphérique sur les parois intérieures de la tuyauterie d’aspira
- Fig. 4. — Rez-de-chaussée d'un appareil à alcool absolu produisant 35 000 l. par jour.
- tion et qui peut provoquer l’arrêt du moteur, faute d’alimentation.
- Augmentant le rendement de transformation des calories de l’essence en travail, il diminue le dégagement de chaleur : le moteur chauffe moins, se trouve mieux lubrifié et s’use moins rapidement.
- L’alcool, parfaitement miscible à l’eau, permet à l’essence alcoolisée de dissoudre les gouttes d’eau qui peuvent tomber accidentellement dans les réservoirs des voitures. Le moteur ne cessera pas de tourner, tandis qu’il s’arrêtera net s’il est alimenté avec de l’essence pure lorsque cette eau non miscible à l’essence parviendra au carburateur.
- Enfin, l’alcool rend l’essence conductrice de l’élec-
- * * *
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- = 402 .......:............................
- tricité, ce qui améliore la sécurité des entrepôts d’essence où des décharges d’électricité statique ont souvent provoqué des incendies.
- UNE FORMULE RÉCENTE : LE MÉLANGE TERNAIRE ESSENCE-BENZOL-ALCOOL
- Le benzol, sous-produit de la distillation de la houille est, comme l’alcool, un produit national. Etant donné qu’il possède un nombre d’octane très supérieur à l’essence et un fort pouvoir calorifique, il constitue un excellent carburant utilisé depuis longtemps pour donner à l’essence des qualités antidétonantes.
- M. l’Inspecteur général Dumanois a montré, à la récente Exposition internationale de l’Aéronautique, les qualités que possèdent les carburants ternaires à base d’essence, d’alcool et de benzol comme carburants d’aviation.
- Tout en faisant ressortir leur valeur antidétonante et anti-calaminante « qui peut prolonger cinq fois la vie d’un moteur », il a montré leur tolérance vis-à-vis de l’humidité et les avantages qu’ils présentent au point de vue de la suppression des gommes, et surtout du givrage dont les conséquences sont terribles pour l’avion.
- Ces mélanges ternaires peuvent être utilisés avec succès par l’automobile et les courbes (fig. 3), dues à M. Dumanois, montrent la différence de consommation d’un même moteur quand il passe de l’essence pure au mélange : essence 65 vol., éthanol (alcool éthylique) 15 vol., benzol 20 vol.
- Il est juste de dire que cette diminution de la consommation ne peut être observée qu’avec des moteurs à taux de compression supérieur à 5. Dans les moteurs à faible taux de compression, en effet, la dépense de ce carburant est comparable à celle de l’essence. Ainsi le tableau suivant résume quelques essais effectués sur un moteur Bauche de 12 ch au taux de compression de 4,5 en utilisant le « Serco » comme carburant ternaire à base d’alcool. •
- CONSOMMATION PAR CHEVAL-HEURE
- Nombre de tours 11.400 | 1.300 | 1.200 | 1.100 | 1.000 | 900
- Essence | 01.39 gicleur 75 ) 01.40 01.40 01.45 01.48 01.50
- S?r.c° „ 101.38 gicleur /5 ) 01.40 01.43 01.45 01.48 01.49
- X » î«- eu VF O O VF O 01.46 01.50 01.49
- Par contre, les moteurs de fabrication récente, dont le taux de compression dépasse 5, peuvent fournir à consommation égale des kilométrages supérieurs à ceux obtenus avec l’essence quand ils utilisent ces carburants ternaires."
- Le XIIIe concours du bidon de cinq litres, disputé à la Ferté-Bernard (Sarthe) fin septembre de l’an dernier, a donné à ce point de vue des résultats significatifs.
- Chaque concurrent a parcouru d’abord le plus grand
- nombre possible de km avec un bidon de cinq litres d’essence. Puis, il a recommencé l’épreuve, sans rien changer à la voiture, en utilisant cette fois le carburant ternaire composé de 15 pour 100 d’alcool, 15 pour 100 de benzol et 70 pour 100 d’essence.
- Nous indiquons ci-après les km parcourus par le premier de chaque catégorie.
- Catégories Noms Km parcourus avec l’essence Km parcourus avec le carburant ternaire
- Voiture de tourisme jusqu’à 5 ch. Quéru(Rosen- gart) 104.085 106,039
- 6 à 7 ch. Buisard (Fiat) 86.136 90,606
- 11 à 15 ch. Callerot (Hot-chkiss) 36.963 44.561
- V oitures utilitaires charge utile 200 Bachelier (Rosengart) 113.446 120.616
- » 400 Dordoigne (Rosengart) 94.574 95.738
- » 1.400 Vaudolon (Citroën) 33.636 33.880
- Classement général Au plus grand nombre de km voyageurs Kempf (Mathis) 66.182 74.386
- Au plus grand nombre de tonnes kilométriqus Emry (Peugeot) 58.670 63.536
- Ces résultats se passent de commentaire.
- En définitive, les carburants à base d’alcool, soit binaires, soit surtout ternaires, sont techniquement supérieurs à l’essence tourisme. Ils permettent notamment, de prolonger la vie du moteur en diminuant la dépense kilométrique de carburant.
- LE RÉGIME ACTUEL DE L’ALCOOL EN FRANCE
- La plus grande partie de l’alcool destiné à la carburation est obtenue, en France, par fermentation des jus sucrés extraits de la betterave, soit directement, soit par l’intermédiaire des mélasses.
- La technique de la fermentation, permettant d’obtenir des « vins » en solutions alcooliques diluées, a bien subi quelques perfectionnements depuis les découvertes de Pasteur, mais ce sont surtout les procédés de distillation employés à l’« épuisement » des « vins » et à la purification de l’alcool qui se sont améliorés sensiblement au cours de ces dernières années. On ne pouvait obtenir autrefois, après plusieurs opérations successives, nécessi-
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- tant chacune une forte dépense de combustible, qu’un produit contenant 96 pour 100 d’alcool et 4 pour 100 d’eau. Maintenant, un seul appareil à distiller est capable d’extraire directement, à l’état pur et anhydre, l’alcool contenu dans les vins les plus dilués.
- On peut dire que, sans être fabricant, l’Etat a le monopole de l’alcool absolu et, d’une façon plus générale, de l’alcool dit « industriel » (1). 11 achète en effet cet alcool aux distillateurs et le revend aux usagers à des prix variables selon l’emploi auquel il est destiné. L’alcool absolu destiné à la carburation est devenu le plus important des débouchés de l’alcool industriel, mais l’Etat, pour accroître ce débouché parallèlement au développement de la fabrication de l’alcool industriel, s’est trouvé dans
- Fig. 5.— Un dépôt de carburant Serco.
- tuellement pour l’alcool destiné à l’alimentation des moteurs.
- Or, nous avons montré que loin d’être un carburant de rebut, l’alcool est un excellent carburant qui est introduit aujourd’hui, légalement, en proportion de 11 à 20 pour 100 dans les essences de tourisme et qui surtout, est susceptible d’entrer dans la composition de supercarburants.
- Lorsque l’alcool sera enfin apprécié à sa réelle valeur, il semble que l’Etat pourra relever progressivement le prix de vente de l’alcool destiné à la carburation. Il n’en résultera pour l’usager qu’une augmentation insignifiante du prix du bidon de carburant, augmentation largement compensée par des avantages de toute nature. Mais, par contre, le Service des Alcools, Fig. 6. — Synthèse de l'alcool éthyiiçue à la Cie des mines de Bé’hune. se trouvant devant une situation finan-
- Vue d’appareils servant à préparer l’acide sulfovinique par réaction de l’acide sulfurique
- sur l’éthylène.
- l’obligation de réduire sensiblement le prix de l’alcool destiné à la carburation. Ainsi s’est posée la question de l’équilibre financier du Service des Alcools. Cet équilibre est assuré d’une part, grâce au prix de vente élevé de l’alcool destiné à certains usages (vinage et mutage des vins, fabrication des vinaigres, parfumerie, produits chimiques, etc.), d’autre part, moyennant une taxe sur les essences de pétrole.
- En vue même d’assurer définitivement cet équilibre sur des bases précises, le Parlement vient de voter une loi qui contingente la production de l’alcool de betteraves. Mais cette mesure ne s’est révélée indispensable avec une telle acuité qu’en raison du bas prix fixé ac-
- 1. Cette expression s’oppose à celle de l’alcool dit « naturel » ayant pour origine la distillation des vins, cidres, marcs, etc. Le commerce de cet alcool « naturel » est libre.
- Fig. 7. — Synthèse de l’alcool éthylique à la Compagnie des mines de Béthune. Une salle de compresseurs.
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- ===== 404 . .......... .= = ..'= = .= ..==
- cière assouplie, pourra largement développer ses achats d’alcool absolu pour le plus grand bien de tous : consommateurs, distillateurs, agriculteurs.
- Le problème a d’ailleurs été résolu dans ce sens dans différents pays étrangers, en Allemagne, en Suède, en Italie, où les supercarburants sont tous à base d’alcool.
- LES DIVERSES SOURCES PERMETTANT D’OBTENIR L’ALCOOL A BAS PRIX
- Il est possible, enfin, d’envisager dans l’avenir la production de l’alcool plus économiquement qu’à partir de la betterave. Dans le domaine des procédés de fermentation, on sait que de nombreuses plantes de nos colonies peuvent subir la fermentation alcoolique. Citons, notamment, l’agave sisal, l’asphodèle, le palmier dattier, végétaux extrêmement vivaces qui ne demandent aucun soin cultural.
- D’un autre côté, la saccharification du bois arrive enfin au stade industriel et des usines se montent actuellement en Europe centrale pour fabriquer l’alcool de cellulose.
- N’oublions pas, enfin, l’alcool de synthèse, qui a fait son apparition il y a quelques années. Il s’obtient par traitement spécial de l’éthylène dégagé des fours pendant la distillation de la houille (fig. 6 et 7). Son prix de revient n’atteint pas celui du benzol.
- CONCLUSIONS
- L’alcool convient donc parfaitement comme adjuvant de l’essence. Il permet de tirer un meilleur profit
- de celle-ci tout en évitant l’usure du moteur parce qu’il supprime la détonation et le calaminage. Son usage permet également de diminuer les importations d’essence d’une quantité légèrement supérieure au volume d’alcool consommé, puisqu’à égalité de travail on dépense moins d’essence alcoolisée que d’essence pure.
- Dans l’avenir, en augmentant à la fois le taux de compression des moteurs et la proportion d’alcool dans le carburant, on aura le moyen de diminuer davantage encore la consommation d’essence étrangère.
- Les découvertes et les perfectionnements apportés dans le domaine de l’industrie de l’alcool, et surtout le nombre et la diversité des matières premières utilisables à sa fabrication entraîneront peu à peu l’abaissement du prix de revient de l’alcool.
- Enfin, sans envisager qu’il puisse remplacer intégralement les produits du sous-sol, ne peut-on pas affirmer que l’alcool, qui représente de l’énergie solaire sans cesse captée par les plantes, est mieux que l’essence, un carburant d’avenir, les réserves naturelles de pétrole, sans doute très grandes étant nécessairement limitées.
- Quoi qu’il en soit, dans l’état actuel de la question, le mélange alcool-essence s’impose de plus en plus, et c’est pourquoi l’usage de l’alcool tiré des produits de notre sol, qui permettra de résoudre le problème des carburants d’une façon quasi inespérée, se développe rapidement en France et dans tous les pays du monde, malgré toutes les résistances qui lui ont été opposées.
- Armand Courtier.
- LE CHEMIN DE FER CONGO-OCÉAN
- Peu de voies ferrées ont soulevé autant de passions, suscité autant de polémiques que celle qu’on construit de Brazzaville à Pointe-Noire et dont l’achèvement n’est plus qu’une question de mois. Aujourd’hui que les discussions se sont apaisées, il est possible de donner une idée d’ensemble de l’œuvre entreprise, des difficultés rencontrées et de l’avenir qui s’offre à ce nouvel organe de trafic.
- LE PROJET
- L’Afrique équatoriale française, où nous sommes installés depuis 1882, était jusqu’à présent la seule de nos grandes colonies qui ne possédait pas de chemin de fer. Alors qu’en Indo-Chine, en Afrique du Nord et même en A. O. F. tout un réseau a été créé assez vite, l’unique ligne entreprise au Congo alimente à elle seule un volumineux chapitre de notre histoire coloniale.
- Très tôt, on comprit la nécessité du rail pour évacuer les produits de l’immense bassin congolais verrouillé par les chutes du cours inférieur et, à son retour en Angleterre, Stanley n’hésitait pas à affirmer que sans chemin de fer tout le pays ne valait pas deux shillings. Limitée à la rive droite du fleuve par les arrangements de la Conférence de Berlin en 1885, privée de l’estuaire, notre
- possession était condamnée à respirer en vase clos, à l’exception du Gabon qui s’ouvre sur l’Atlantique.
- De Brazza eut le premier l’idée d’une liaison directe entre la rive droite du Stanley-Pool et la mer à travers le territoire qu’il venait d’explorer pour la France. Un projet établi par l’ingénieur Jacob en 1887 réunissait le Congo à Loango, vieux comptoir portugais du xvie siècle, au nord de Pointe-Noire. Un autre suivit, qui utilisait le fleuve Kouilou, puis, par voie ferrée, gagnait Brazzaville. Lui aussi resta lettre morte. Pendant ce temps, l’Etat indépendant du Congo, organisé par le roi Léopold, faisait construire par une société belge un chemin de fer à voie de 0 m. 765, long de 398 km. Il unissait Kinshassa à Matadi en contournant les chutes et aboutissait à 148 km de l’embouchure. Entrepris en 1891, le travail fut terminé en 1898 et les stocks accumulés sur les bords du Stanley-Pool purent atteindre l’Europe. Lorsque de Brazza fut remplacé par de Lamothe comme Commissaire général, celui-ci gagna Brazzaville en empruntant la nouvelle ligne belge et dès lors, tout le trafic de l’A. E. F. utilisa cet itinéraire.
- La découverte des gisements miniers du Niari par le géologue Bel en 1907 réveilla l’attention assoupie. En 1909, les Chambres autorisèrent les travaux d’études
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- MOYEN CONG-O
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- CONGO
- Echelle
- Fig. 1. — Tracé du Congo-Océan.]
- puis la construction du Congo-Océan. Un emprunt avait été voté en 1914, à la veille de la guerre, mais pendant quatre ans, tout effort fut suspendu. Lorsqu’on voulut entreprendre le travail, une difficulté nouvelle appar.ut. Le projet, à la suite du rapport de la mission hydrographique Audoin, indiquait comme terminus la rade de Pointe-Noire; mais pour éviter de traverser le massif montagneux du Mayumbé, certains proposaient d’allonger l’itinéraire et d’aboutir plus au nord. C’est ainsi qu’une nouvelle mission hydrographique envoyée par le Ministère en 1920 proposa Banda-Pointe, comme débouché maritime de la voie ferrée. Mais entre temps, le tracé aboutissant à Pointe-Noire par le Mayumbé l’emporta, grâce au Gouverneur général de l’époque. Celui-ci donna le premier coup de pioche le 6 février 1921 et obtint au mois de mai l’assentiment de Paris.
- L’attaque allait être menée par les deux bouts à la fois. A la Société des Batignolles fut confié le soin de construire le tronçon Ouest, c’est-à-dire 172 km à partir de Pointe-Noire. L’administration de l’A. E.. F. se chargea du tronçon Est, plus facile : 344 km en partant de Brazzaville. Au total, 516 km de voie à 1 m 065 d’écartement et prévue pour un gros débit (600 000 t. à l’exportation.
- LES DIFFICULTÉS
- Le tracé court à travers la région équatoriale dont le climat est chaud, humide, malsain, même pour l’indigène, surtout dans la zone marécageuse de la Loémé. A Pointe-Noire, la température oscille de 33° en avril à 15° en juillet. L’état hygrométrique dépasse constamment 60 et il tombe annuellement de 1 m 20 à 1 m 40 de pluie, les précipitations étant particulièrement abondantes de janvier à mai. Le profil accidenté de la voie a d’autre part demandé de très nombreux travaux d’art. Le principal obstacle, c’est le célèbre Mayumbé, auquel s’était heurté Brazza en 1879 lorsqu’il voulut remonter l’Ogooué qui a sa source dans cette région sauvage. Relief chaotique, haut de 700 m, formé de roches parfois très dures, scié par des torrents abondants, il s’allonge du Nord-Ouest au Sud-Est, cou'^t d’un somptueux manteau forestier, car
- à la faveur de l’altitude, la sylve équatoriale pousse là une avancée jusqu’à la rive nord du Bas Congo. Les vents, arrêtés par l’écran montagneux, sont rares à l’intérieur du massif. Le matin, des vapeurs tièdes montent des gorges profondes, comme dans certaines vallées du Haut Tonlcin. La nuit, on voit la danse des mouches à feu, dont les tramées lumineuses rayent l’obscurité. Dans la partie orientale du tracé, c’est au contraire la brousse, tantôt une savane ondulée aux hautes herbes, tantôt des ravins courts, aux pentes brusques, couverts de broussailles au flanc desquels la route allonge son ruban fauve.
- L’hostilité du milieu naturel aurait été plus facilement vaincue si le milieu humain avait offert plus de ressources. Or la main-d’œuvre manque. La densité moyenne de la population dans l’A. E. F. n’est que de 1 habitant au km2 et dans la zone du Mayumbé elle est particulièrement faible. Pour recruter les 8000 travailleurs nécessaires à la construction du tronçon Ouest, l’administration de la colonie eut recours à la main-d’œuvre indigène des régions plus peuplées del’Oubangui-Chariet du Tchad, mais l’acheminement des noirs vers les chantiers à travers un pays immense et qui manque cruellement de voies de communication fut très difficile. Les premiers résultats furent décevants, la mortalité sévère : elle atteignit, de 1921 à 1929, 12 pour 100 de l’effectif total, d’après les rapports officiels. Pour renforcer l’effectif, on fit appel à 800 travailleurs chinois recrutés un peu hâtivement à Kouang-Tchéou-Wan et à Hong-Kong, tentative vaine d’ailleurs, car ce contingent jaune ne s’est pas acclimaté et il a fallu le rapatrier. Main-d’œuvre rare, main-d’œuvre fragile, et aussi main-d’œuvre difficile
- Fig. 2. — Profil en long du Congo-Océan.
- Col de la Missalo
- Tunnfel
- Bassin
- de Barnba
- Nia ri
- -tti Bassin
- de la Loémé
- Distances en kilomètres
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- Fig. S. — Pointe-Noire.
- Tôte de ligne du Congo-Océan (ph. Agence économique de l’A. E. F.)
- à utiliser lorsqu’il s’agit de travaux délicats : c’est ainsi que pour le percement du grand tunnel du Mont Bamba on a dû faire venir d’Europe des équipes d’ouvriers spécialisés dans le boisage des mines.
- La difficulté du ravitaillement en vivres et en matériel a rendu le travail plus pénible encore. Aucune voie fluviale, pas de routes, une simple piste, le sentier des caravanes, celui des traitants portugais d’autrefois et celui qu’emprunta Marchand lors de son expédition vers le Nil, telle était la situation au début de l’entreprise. Le tronçon ouest disposait de la rade de Pointe-Noire, où la barre gênait le déchargement du matériel venu d’Europe; on construisit un wharf à double voie ferrée qui entra en service en 1928. A l’autre bout du Congo-
- Océan l’administration coloniale chargée du tronçon est faisait venir ce qui lui était nécessaire par la ligne de Matadi à Ivinshassa, mais dès 1923, l’essor du Congo belge, se traduisant par un brusque accroissement du trafic, embouteillait ce petit chemin de fer à voie étroite. En attendant l’élargissement de la voie, les Belges limitèrent le trafic, par l’octroi de licences qui étaient accordées dans les limites où le rail pouvait assurer le transport sollicité. On se rendit alors compte, en France, de la situation paradoxale d’une colonie française dont les échanges avec l’extérieur étaient réglés par une puissance étrangère et ce fut une raison de plus pour terminer rapidement le chemin de fer de l’A. E. F.
- LA CONSTRUCTION DE LA VOIE FERRÉE
- On peut distinguer trois étapes dans la construction du Congo-Océan.
- De 1921 à 1925 environ, on travaille en plaine et à proximité des bases de ravitaillement. Le Mayumbé n’est encore qu’une crête bleutée à l’horizon. La construction avance lentement mais sans trop de difficultés, surtout dans le secteur de Brazzaville où une centaine de kilomètres sont aménagés.
- Les difficultés surgissent lorsqu’on aborde des régions plus accidentées, nécessitant des travaux de remblaiement considérables. La main-d’œuvre s’essouffle, la mortalité s’élève. A la dysenterie s’ajoutent la maladie du sommeil et ces asthénies étranges qui accablent certains camps, au point que des nègres se laissent mourir de faim plutôt que de préparer leurs repas. A travers le Mayumbé sinistre, on crée —au prix de quelles peines, — une « route » et une voie étroite « le sentier de fer » afin de diminuer le portage et d’utiliser au maximum les
- Fig. 4. — Le wharf de Pointe-Noire et ses 10 grues.
- A gauche, l’extrémité de la Pointe-Noire. Entre les deux, l’emplacement du port de batelage. (Ph. Agence économique de l’A. E. F.)
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- Fig. 5. — A l'assaut du Mayumbé.
- Une tranchée au km 104,686. (ph. Agence économique de VA. E. F.)
- engins mécaniques. Les travailleurs, recrutés dans le nord de FA. E. F., s’adaptent mal à la vie des chantiers. Un certain nombre sont inutilisables, d’autres désertent. Pendant l’année 1928, une vive effervescence se manifeste parmi les indigènes de la Haute-Sangha, dans les circonscriptions de Bombio et de Dougou.
- On est en pleine crise, les enquêtes se multiplient. Un moment, on put se demander si la construction n’allait pas être interrompue, sinon abandonnée. Il n’en fut rien. La situation s’améliora progressivement.
- Depuis 1930, les travaux avancèrent plus vite. La région la plus difficile était franchie.
- En 1929, le tronçon de Pointe-Noire atteignait le kilomètre 90 et en septembre 1932 la plateforme était poussée jusqu’au kilomètre 131. Au 1er janvier 1933 on comptait 361 km ouverts à l’exploitation. Entre temps, un gros effort fut fait pour donner à la main-d’œuvre de meilleures conditions de vie. On créa des camps de travailleurs, sinon confortables, du moins hygiéniques, comme ceux de M’Vouti et de Brazzaville. On organisa un sérieux contrôle sanitaire.
- De 1924 à 1929, le nombre des médecins tripla, celui des dispensaires passa de 10 à 23. Le rendement des travailleurs s’améliora et en 1929 on dépassa pour la première fois le total de 80 000 journées mensuelles de travail nécessaire à l’exécution normale des travaux du Mayumbé.
- Si la cadence actuelle se maintient, on espère que le chemin de fer pourra être terminé à la fin de 1933, ou au début de l’année prochaine. On aurait mis dans ce cas 13 ans pour construire les 516 km du Congo-Océan, soit une moyenne de 40 km par an. Vitesse faible, si on la compare à celle qu’ont réalisée les Belges sur la ligne de Port-Francqui au Katanga, longue de 1100 km et faite en 5 années, à la cadence de 22,5 km par an. Mais les conditions d’établissement n’étaient pas les mêmes.
- La liaison entre Brazzaville et Pointe-Noire est assurée depuis le mois de mars 1932. Deux fois par semaine un service régulier permet d’aller de la capitale de l’A. E. F. à l’Océan en 2 jours, le trajet de Madingou à M’Vouti se faisant en car et le reste en chemin de fer.
- L’ITINÉRAIRE
- Brazzaville, comme beaucoup de;- ses sœurs coloniales, est une ville double. Dans la plaine, le long du Congo, le quartier commerçant avec ses débarcadères et ses hangars en bordure des quais maçonnés. A deux kilomètres environ, au delà d’un marécage asséché, sur le plateau, la ville officielle avec les bureaux et les résidences des fonctionnaires. A mi-chemin, la gare de Brazzaville, située à 300 m d’altitude environ et d’où le Congo-Océan s’élève par une pente assez fortè pour gagner la val-
- lée de la Madzia-Djoue. Le pays se creuse bientôt de ravins profonds et c’est par une montée presque ininterrompue que le rail atteint le col de la Missalo, à près de 500 m, puis on descend dans le bassin du Niari. Mindouli est le centre minier du Moyen-Congo où l’on extrait en année normale 1000 tonnes de chalcosine donnant 60 pour 100 de cuivre. La Compagnie minière du Congo exploite le gisement et dès 1911 avait relié Mindouli au Congo par un petit chemin de fer.
- De nombreux travaux d’art ont été nécessaires dans la vallée du Niari : on en compte 11 pour une section de 35 km.
- A partir de Loudima, on s’élève vers le Mayumbé. A la brousse succède une forêt dense. Entre Monzi et
- - Construction d’un viaduc au km. 101, 963 dans le Mayumbé (1930).
- Fig. 6.
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- des roches très résistantes, en particulier des quartzites. L’attaque a été menée des deux côtés par des équipes allant l’une vers l’autre, Leur rencontre a eu lieu il y a quelques semaines. Le tunnel est donc virtuellement terminé et avec son achèvement c’est la dernière difficulté importante qui disparaît. De M’Vouti à M’Bou-lou, la voie descend rapidement en franchissant à maintes reprises un affluent de la Lou-koula, la Loukounéné aux eaux claires, qui descend vers l’Atlantique par des gorges sauvages.
- Entre les kilomètres 128 et 102 on ne compte pas moins de 22 viaducs et de 6 tunnels. Puis la forêt fait place à des boquetaux, et par une plaine herbeuse, on arrive à Pointe-Noire, « cité naissante dans les sables ».
- LE DÉBOUCHÉ MARITIME
- Fig. 7. — Dans le Mayumbé. Le camp des travailleurs de M'Vouli (1929).
- M’Vouti se dresse le Mont Bamba que la voie ferrée traversera par un tunnel hélicoïdal long de 1640 m ayant une largeur et une hauteur de 5 m. Au lieu des schistes tendres qu’on trouve dans les environs, on rencontre ici
- La côte de l’A. E. F. s’étire, presque rectiligne, sur 700 km, de l’embouchure du Congo à celle de l’Ogooué, Les abris sont rares. La rade foraine de Pointe-Noire avait l’avantage d’offrir des fonds réguliers et surtout d’être protégée contre les vents dominants de S. W. par une pointe rocheuse longue de 2 km 5, et formée de grès basiques fortement
- Fig. 8. — Viaduc de Boua-Boua au km 161.
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- Fig. 9. — Viaduc de 77 m. 50 à Loulombo, km 165,275. (pli. Agence économique de l’A. E. F.)
- imprégnés de bitumes noirâtres qui ont fait donner son nom au petit cap. Cette digue naturelle se prolonge par un éperon sous-marin faiblement immergé sur lequel il sera facile d’établir une digue solide.
- La barre, ce fléau du littoral de l’Afrique équatoriale, ne produit ici généralement qu’un seul rouleau. Le wharf qui fonctionne depuis 1928, a près de 300 m de long. Construit en béton de ciment fondu, il possède deux voies ferrées, doublées de deux voies de garage. Sur la plate-forme élargie qui le termine, huit grues constituent son outillage.
- Ce n’est là qu’une solution provisoire.
- L’accostage du wharf est très difficile par gros temps et l’important matériel flottant qu’exige l’achèvement du chemin de fer n’est pas en sécurité les jours de tempête. Le plan d’extension prévoit en premier lieu un port de batelage qui comprendra un môle de 450 m de long, avec quai vertical où pourront accoster les embarcations calant 3 m 50 ou 4 m. Une jetée de 350 m orientée W. E. protégera la rade et le warf. La construction de ce port de batelage a été décidée en 1931 et les premiers travaux sont commencés.
- Pour répondre à un éventuel accroissement du trafic, le projet de l’ingénieur Blosset prévoit en outre un port en eau profonde pour gros navires et qui coûterait 300 millions de francs. Une digue, longue de 1800 m, serait enracinée sur la pointe rocheuse et se recourberait vers le N. E. Sur elle s’appuieraient deux môles, avec quais spécialisés, établis sur des fonds allant de 7 m 50 à 12 m.
- La ville a été tracée en bordure du port, dans les sables semés de marigots qu’on a comblés. Ce qui n’était encore en 1925 qu’un village de baraquements a aujourd’hui sa poste, son église, son palais de justice, sa gare reliée au wharf et une canalisation d’eau potable qui permet, par l’intermédiaire de bateaux-citernes, de ravitailler les navires mouillés en rade.
- Tel est l’organe commercial que l’on est en train de créer au terminus du Congo-Océan. Déjà, depuis quelques mois, des paquebots français débarquent à Pointe-Noire les voyageurs et les marchandises à destination de Brazzaville et le jeune port va devenir la tête de ligne de navigation vers la France, rôle tenu jusqu’ici par le port fluvial belge de Matadi.
- LES ÉLÉMENTS DE TRAFIC
- Quel sera le trafic d’une voie ferrée dont la construction a été si pénible [et dont le prix de revient sera supérieur à un milliard de francs ?
- Les régions traversées fourniront quelques ressources à la descente : minerais de cuivre du Niari, produits agricoles tels que l’huile de palme, le café, le manioc échapperont à la voie belge de Matadi-Kinshassa. On pourra évacuer également les produits forestiers du Mayumbé, jusqu’ici inutilisés. Des gisements de graphite
- ont été reconnus à proximité du chemin de fer. Quant aux importations, elles fourniront, à côté des produits alimentaires d’Europe et des objets manufacturés, le charbon et l’essence nécessaires à l’industrie et aux transports.
- L’aire de drainage du Congo-Océan s’étendra aussi par l’intermédiaire du Congo navigable et de l’Oubangui, à la partie nord de l’A. E. F., plus peuplée, sillonnée de routes, à moins qu’un jour le rail qui unit Douala à Yaoundé soit prolongé hors du Cameroun en direction de Bangui, donnant à ces territoires un accès beaucoup plus proche sur la mer. Pour l’instant, on conçoit tout l’intérêt de la route qui va relier Brazzaville à Bangui par le plateau de Batéké-Ouesso, et du port fluvial en
- Fig. 10. — Plan du port de Poinle-Noire et du projet d’extension.
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- ~Môle de
- OINTE -NOIRE
- Légende
- Ouvrages réalisés.
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- PLAN 0ETAILLE DU WARF EN SERVICE
- "Port de batelage'.
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- “Réservoir d'eau potable
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- \ POINTE NOIRE
- & KGare du Congo-Océan
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- cours d’aménagement à Brazzaville, afin d’assurer des relations plus faciles avec l’Oubangui-Chari et le Tchad. Quant au Gabon qui, par sa configuration, tourne complètement le dos au reste de l’A. E. F., son trafic continuera à cheminer vers les débouchés naturels que constituent Libreville et surtout Port-Gentil. Tout au plus, peut-on espérer que les produits forestiers qui sont la principale richesse du Gabon, seront amenés par caboteurs jusqu’au port mieux équipé de Pointe-Noire, d’où ils gagneraient l’Europe. De même, le territoire belge situé au nord du Bas Congo, de Banane à Brazzaville, et qui pourrait donner un certain élément de trafic, est déjà desservi en partie par la courte voie ferrée qui partant de Borna se dirige vers le Nord.
- Reste le bassin congolais en amont des chutes et du
- Stanley-Pool. La ligne belge Kinshassa-Matadi a un débit insuffisant et aboutit à un port fluvial d’accès difficile. Il est possible qu’une partie des expéditions du Haut-Congo où les richesses abondent (1) emprunte le Congo-Océan, ligne à gros débit et débouchant sur la
- 1. Voir « La mise en valeur du Congo belge », Nature du 1er avril 1931.
- mer. Il faudrait pour cela une liaison facile entre la rive belge et la rive française du Congo. Les études faites envisagent la construction d’un pont à 3 travées, long de 500 m environ.
- On a parlé aussi d’un ferry-boat qui serait plus facile à établir et moins onéreux. Notons toutefois que le Katanga dispose déjà pour ses matières pondéreuses, de deux débouchés portugais, l’un sur l’Atlantique à Lobito-Bay, par la ligne portugaise de l’Angola, l’autre à Beïra sur l’Océan Indien, par la Rhodésie et le Mozambique.
- A supposer qu’une partie importante du trafic congolais soit acheminée jusqu’à Léopoldville, surtout lorsque la jvoie ferrée de Port-Francqui au Congo sera terminée, elle n’empruntera pas forcément le Congo-Océan.
- Les Belges sont en train de remplacer la voie étroite du Kinshassa-Matadi par une voie plus large et au port de Matadi de grands travaux sont en cours, afin de moderniser l’outillage et d’augmenter la longueur des quais pour les marchandises. Il est vrai que l’accès du port demeurera malaisé : la passe de Fetish Rock par exemple, sur le Congo, gêne la navigation.
- On l’a compris à Bruxelles et dès 1929 on a envisagé la création d’un port maritime à Banane qui, jusqu’ici, n’était qu’une escale secondaire sur l’estuaire du fleuve.
- La zone d’attraction possible du Congo-Océan est donc considérable, mais sa zone d’attraction certaine est avant tout constituée par la majeure partie de l’A. E. F. Si les éléments de trafic paraissent assez minces à l’heure actuelle, il ne faut pas oublier que le chemin de fer a été construit avant tout pour débloquer nos possessions, leur donner une voie d’accès française, et hâter leur mise en valeur.
- Le Congo-Océan ne saurait être considéré seulement comme un organe d’évacuation.
- Il doit être aussi et surtout un créateur des richesses.
- Maurice Debesse.
- Fig. 11. — Le Congo-Océan dans l’ensemble des communications de l'Afrique Centrale.
- LA GRANDE PLUIE MÉTÉORIQUE
- DU 9 OCTOBRE 1933
- Les grandes pluies d’étoiles filantes sont rares et l’on cite comme remarquables celles du 12 au 13 novembre 1833, celle de 1866 et celles des 27 novembre des années 1872 et 1885.
- L’espacement de ces dates montre qu’elles ne sont pas fréquentes, quoiqu’il s’en soit produit d’autres, de moindre importance, dans les intervalles.
- Aussi faut-il attacher un grand intérêt à la chute qui vient de se produire, le 9 octobre dernier, et qui fut
- extrêmement remarquable par l’abondance des météores.
- Après une période d’orages ayant duré plusieurs jours, le ciel, le soir du lundi 9 octobre, était découvert et d’une limpidité parfaite dans cette région, sise entre Pau et la chaîne des Pyrénées, où l’atmosphère est si souvent d’une transparence merveilleuse.
- Prévenu très opportunément vers 20 heures par des voisins atterrés (ils croyaient assister à la fin du monde !) je vis le spectacle le plus magnifique qu’il m’a été donné
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- de contempler au cours de mes observations, — fort nombreuses cependant — d’étoiles filantes. L’impression première était que toutes les étoiles du ciel se détachaient à la fois pour tomber sur terre. Mais l’aspect immuable des constellations, visibles au milieu de cette pluie de météores, rassurait immédiatement l’observateur.
- Il est difficile de donner une idée de ce phénomène, qui dépasse toute description : de tous côtés, à la fois, apparaissaient des météores; pendant que l’œil en suivait quelques-uns, d’autres, par dizaines surgissaient avec des éclats différents, leur arrivée se faisant souvent par groupes ou par « pulsations » si l’on peut dire.
- Ce phénomène des étoiles filantes qui se présentent par groupes est bien connu des observateurs : on voit en effet, dans les nuits ordinaires, deux ou trois météores suivre à peu près la même trajectoire, soit simultanément, soit plutôt à quelques instants d’intervalle. Mais cette fois il s’agissait de l’arrivée, par groupes, de nombreuses étoiles filantes, le ciel en était parcouru de quelque côté que se portât le regard.
- Tous ces météores provenaient de la tête du Dragon, d’une région du ciel voisine des étoiles £ et v (fig. 1) (1). Le radiant, qui est le point du ciel d’où ils semblent surgir, était plutôt voisin de cette dernière étoile.
- A un certain moment, il n’y avait aucune difficulté à situer ce radiant, il était bien déterminé par la quantité de trajectoires simultanément visibles, et qui se coupaient dans cette région du ciel.
- J’ai, d’autre part, observé la même région avec une forte jumelle et j’ai pu ainsi voir un certain nombre de météores surgissant sur place, sans déplacement apparent. Ils offraient l’aspect d’une étoile qui s’allume, et s’éteint au bout d’un instant.
- C’est dans la région représentée en hachures dans la ligure 1 que les météores apparaissaient ainsi. Son centre se trouve approximativement à la position suivante :
- Ascension droite = 17h32m =263°; Déclinaison=~j-54°
- En réalité le radiant occupe toujours une certaine étendue et n’est jamais un point, les particules météo-ritiques n’étant pas toutes parfaitement régulières et les courants atmosphériques supérieurs déplaçant un peu les trajectoires. Ainsi un radiant est constitué par une aire d’une certaine étendue (généralement 1° à 2° de diamètre) (!).
- L’évaluation du nombre des météores est une donnée intéressante pour la connaissance de la densité d’un essaim. J’ai tenté de l’entreprendre, mais j’ai dû y renoncer, car c’était là un travail impossible à faire seul, en considération du nombre élevé des étoiles filantes. Un tel travail, pour être fait avec quelque soin, exige des observateurs exercés, se partageant la voûte céleste en régions bien déterminées et s’étant mis d’accord à l’avance sur un plan de travail. Or j’étais entouré de personnes inexpérimentées, et, au surplus, au comble de l’émotion. Tout ce que je puis dire, c’est que les météores apparurent par milliers.
- 1. Au cours de deux heures d’observation, une seule étoile filante, sur des milliers aperçues, provenait d’un autre radiant. Elle était indépendante de l’essaim du Dragon.
- 2. J. Bosler. Cours d'Astronomie, t. III : Astrophysique, p. 451.
- ... .............= = 411 =
- Le ciel entier était parcouru par ceux-ci, mais leur répartition était inégale. Ainsi, on en voyait beaucoup plus dans la partie située entre le radiant et les régions Nord, Nord-Est, Est et Sud-Est de l’horizon, qu’à l’Ouest ou au Sud-Ouest; les météores étaient, en fait, plus abondants dans la partie orientale du ciel. Nous verrons plus loin pourquoi.
- Les trajectoires étaient d’autant plus longues qu’elles apparaissaient plus loin du radiant, ce qui est normal puisque, près du radiant, nous les observons « par le bout », alors que loin de celui-ci, nous les voyons presque perpendiculairement.
- La plupart des étoiles filantes étaient de faible éclat (3e à 5e magnitude), et nu début des observations il y en avait un très grand nombre de très faibles (6e magnitude). Quelques météores plus brillants, en assez petit nombre d’ailleurs, ont atteint la magnitude 1,0 et plus. Tous les météores brillants étaient bleuâtres et laissaient
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- Fig 1. — La tête du Dragon.
- La zone en hachures représente la région d’où surgissaient les météores. Dans cette région, ils apparaissaient comme des points lumineux, leurs trajectoires étant alors vues « par le bout ».
- une traînée jaune d’or qui persistait quelques secondes.
- Il m’est impossible de dire à quel moment a commencé cette chute météorique, ni à quelle heure s’est produit le maximum. A 201‘, en tous cas, le phénomène était grandiose. Vers 21h, le nombre des météores avait nettement décru. Il faut toutefois tenir compte ici du fait qu’à ce moment la Lune, à son 20e jour, venait de se lever et commençait à illuminer le ciel; les météores faibles n’étaient ainsi plus visibles.
- Après 21u, le nombre des étoiles filantes est allé en diminuant, et à 22 ‘, on n’en voyait pour ainsi dire plus.
- La vitesse des météores était lente et beaucoup de trajectoires étaient parcourues en une demi-seconde ou plus, Tous donnaient l’impression de durer un certain temps, ce qui contrastait avec certaines étoiles filantes visibles à d’autres époques de l’année, et qui traversent instantanément le ciel.
- Cet essaim des Draconides (Q est-il connu ?
- Pour le savoir, j’ai recherché dans le «Catalogue général des points radiants » de W. F. Denning (2) s’il existe,
- 1. C’est un usage, en astronomie, de donner aux étoiles filantes le nom latin de la constellation suivi de la terminaison ide. Exemples : Perséides, Lyrides, Gêminides, etc.
- 2. General Catalogue of the Radiant Points of Meteorie Showers, etc. par W. F. Denning. Mémoires de la Société Royale astronomique, vol. III, p. 203 à 292.
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- == 412 — .. 111 -..........=— =—1 =" =
- parmi tous les radiants connus, un point correspondant à la position observée, c’est-à-dire : Ascension droite 263°, Déclinaison = -f- 54°, ce que l’on écrit plus simplement : 263°+54°.
- Ge catalogue général contient la liste de 278 radiants principaux groupant un total de 4408 radiants résultant d’observations d’un nombre très considérable de météores.
- « Il va sans dire, fait remarquer M. Radau (1) que ces « 4000 ou 5000 radiants ne sont pas tous distincts, le « plus grand nombre de ces positions sont des détermina-« tions multiples des mêmes radiants par des observa-« teurs différents. » Mais, fait encore remarquer M. Radau, l’auteur W.-F. Denning n’a pas jugé utile de les fondre en moyennes, qui auraient masqué le travail de chaque observateur, il les a réunis par groupes, désignés par le nom de l’étoile la plus voisine, de sorte que l’on trouve très rapidement si un radiant observé a déjà été reconnu antérieurement. En ce qui concerne celui des Draconides du 9 octobre, j’extrais dans le groupe numéroté CXCIX comprenant les météores provenant de la région de [3 Dragon, les valeurs suivantes :
- N° Point radiant Epoque de la chute. Observateurs.
- 7 260° + 54° 15 au 27 juillet Heis
- 10 265° -f- 54° 25 juillet au 6 août LIeis
- 12 264° + 53° 7 août 1859 Niessl
- 14 26lo -f 52° Août 1892 Corder
- Ce sont ici les seules valeurs qui se rapprochent le plus du radiant des Draconides du 9 octobre : 263° -f- 54°.
- L’approximation pour la position serait acceptable et permettrait de penser à une identité, mais l’époque de la chute ne s’accorde aucunement avec les chutes précédentes. On doit conclure que la pluie d’étoiles du 9 octobre provient probablement d’un courant de météores non encore observé.
- R est possible toutefois que la position 263° -f- 54° soit un peu modifiée par les observations qui ont été faites sur une grande partie du globe, surtout si des observateurs ont pu photographier des météores, ce qui est probable et fournira une position très exacte du radiant.
- 1. « Étoiles filantes et Comètes », par R. Radau. Annuaire du Bureau des Longitudes, 1903, Notice A.
- Fig. 2. — Direction de l’Apex de la Terre.
- T, Terre; S, direction du Soleil; A, direction de l’Apex. TA est tangente à l’orbite terrestre et sa direction change constamment. Les longitudes se comptant dans le sens des flèches, on voit que la longitude de l’Apex est toujours inférieure de 90° à la longitude du Soleil.
- Quoi qu’il en soit, le radiant que l’on trouvera différera peu du groupe des météores de (3 Dragon, n° CXCIX de Denning; notons cependant que ce groupe ne comprend aucune observation postérieure au 14 septembre.
- On sait que les étoiles filantes sont produites par des matières cosmiques, de petits fragments solides de très faibles dimensions, circulant autour du Soleil dans des trajectoires parallèles. La Terre les traverse, a-t-on fait remarquer, un peu à la manière d’un boulet rencontrant un essaim de moucherons.
- Le nombre des météores que la Terre a ainsi rencontrés le 9 octobre a dû être formidable. On peut essayer de s’en faire une idée. Supposons un instant que la fréquence des météores ait été, le 9 octobre, seulement de 1 par seconde. Cela représente, pour l’hémisphère céleste visible, 3600 étoiles filantes par heure et pour les deux heures de la chute 7200. Si l’on adopte, avec H.-A. Newton, 125 km pour le rayon de la région du globe que l’on peut contrôler d’une station déterminée (*) il faut multiplier ce nombre par environ 10 000 (2 3 *) pour l’étendre à la Terre entière.
- Mais nous ne prendrons que la moitié de ce chiffre, soit 5000, la Terre ne recevant les météores que sur un hémisphère à la fois. Ainsi déjà, à raison de 1 météore par seconde, cela ferait 7200 X 5000, soit 36 millions de météores. Mais, au plus fort de la chute, les étoiles filantes apparaissaient partout à la fois. Admettons, ce qui est bien au-dessous de la réalité, qu’on en voyait 20 simultanément, on peut estimer leur durée à une demi-seconde, cela fait donc 40 météores par seconde. Divisons ce chiffre par 2 pour tenir compte du ralentissement de la chute entre 21“ et 22“. C’est donc 720 millions de météores, au minimum, que la T erre a pu rencontrer le soir du 9 octobre. On peut affirmer que le milliard a été dépassé.
- Nous avons vu que la vitesse apparente des météores n’était pas très grande. Cela tient à la direction d’arrivée des projectiles, qui frappaient la Terre obliquement, en arrière de son mouvement.
- Notre planète se déplace autour du Soleil avec une vitesse d’environ 30 km par seconde. Le point du ciel vers lequel la Terre se dirige a reçu le nom d'Apex. La direction de ce point change constamment puisque notre globe décrit une orbite sensiblement circulaire. La direction de l’Apex est située à angle droit de la direction du Soleil, dans le plan de l’écliptique. La figure 2 montre d’ailleurs comment les choses se passent. Ainsi la longitude de l’Apex diffère toujours de 90° de celle du Soleil. Ce point particulier suit le Soleil avec un écart de 90°. Il a reçu de Schiaparelli le nom de Soleil météorique', il est en retard de 3 mois sur le Soleil vrai (5). Il ne nous intéressera ici, pour le moment, qu’en ce qui concerne la direction de l’Apex de la Terre.
- Le 9 octobre, la longitude du Soleil était de 196°, celle
- 1. Voir J.Bosler. Cours d’Astronomie,''t. III : Astrophysique, p.444.
- 2. Exactement, le rayon de la Terre étant pris pour 6400 km,rpar 4 tc 64002
- tc 1252 '
- 3. Voir pour plus de détails : « Étoiles filantes et Comètes j»,”"de
- R. Radau. Annuaire du Bureau des Longitudes, 1903. Notice A,
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- de l’Apex, donc, de 106°, ce qui correspond, sur le ciel, à peu près à 7ll15m d’ascension droite et + 23° de déclinaison, non loin de l’étoile o des Gémeaux. Les météores provenaient du Dragon, d’une direction apparente formant un angle de 100° avec celle de l’Apex.
- Il nous faut maintenant dire un mot de la vitesse des étoiles filantes au moment de leur rencontre, ceci pour nous permettre de déterminer la direction réelle de l’essaim dans l’espace. La direction apparente des trajectoires diffère parfois considérablement de leur direction réelle, car elle résulte de la combinaison du mouvement des corpuscules avec le mouvement de la Terre. Ces deux vitesses sont du même ordre de grandeur, et la déviation apparente peut devenir très sensible. La déviation, comme on le voit sur la figure 3 (angle MO R), a pour effet de rapprocher les radiants de l’Apex. En adoptant, pour la vitesse des météores la vitesse parabolique, soit 42 km par seconde, la vitesse de la Terre étant de 30 km., H. Radau a donné (*) quelques exemples de déviations que voici :
- Angle formé par la Angle formé par la direction de l’Apex direction de l’Apex avec celle du Radiant avec l’axe de l’essaim ou élongation ou élongation vraie apparente Déviation.
- 45o 26°,6 18°,4
- 90° 54o,7 35°,3
- 135o 90°,0 45o,0
- Dans le cas de la chute du 9 octobre, la combinaison du mouvement de la Terre avec la direction apparente du radiant du Dragon donne la direction OM de l’essaim, en admettant 42 km pour vitesse des météores. Cette direction OM fait avec celle de l’Apex un angle de 145° et la déviation est ainsi de 45° environ (le calcul donne 44°42/).
- La vitesse apparente OR des météores était de 24 km, 6 par seconde, ce qui explique leur lenteur relative. Dans certaines chutes, lorsque les météores viennent juste de l’Apex, c’est-à-dire à notre rencontre, leur vitesse s’ajoute à celle de la Terre, et elle peut atteindre 42—(-30=72 km par seconde. Dans ce cas, ils se déplacent très rapidement sur la sphère céleste.
- Connaissant la déviation de l’essaim, dû à notre déplacement, on peut se demander quelle est la direction effectivement suivie par les corpuscules, ou, si l’on veut, la position du « radiant absolu ». Par là, nous entendons la position du radiant si la Terre était immobile. Un calcul facile montre que ce radiant théorique a pour coordonnées 191' 50m -f- 11012'. Il se trouve voisin de la petite étoile cp : de la constellation de l’Aigle, non loin de la brillante étoile Altaïr.
- La figure 3 permet encore d’expliquer la visibilité d’un plus grand nombre de météores au Nord, à l’Est et au Sud-Est, c’est-à-dire approximativement dans la direction de l’Apex. La Terre, comme le montre le dessin, marchait à l’encontre de toutes les trajectoires, figurées par des flèches : c’est là un phénomène analogue à celui que subit un promeneur qui avance contre le vent par forte pluie !
- 1. Même Notice, A, p. 14.
- Fig. 3. —Déierminalion de la direction vraie de l’essaim des Draconides.
- 0,K observateur; A, direction de l’Apex de la Terre; OR, direction du radiant du Dragon; OM, direction des météores dans l’espace. L’effet du déplacement de 30 km par seconde de l’Observateur O est de faire voir les météores (qui tous suivent la direction des flèches, telles que MO), dans le sens RO. L’angle MOR est la déviation résultant de la combinaison des vitesses.
- Pouvait-on prévoir cette chute météorique du 9 octobre ?
- Ceci nous amène à dire un mot, très rapide, de la nature des essaims d’étoiles filantes.
- G.-V. Schiaparelli, le premier, a montré qu’il existe une identité parfaite entre les orbites suivies par les météores autour du Soleil et celles de certaines comètes (1).
- Après lui, Le Verrier, E. Weiss, W.-F. Denning, C.-P. Olivier, C. Hoffmeister ont identifié les orbites des météores des principaux essaims avec celles de comètes connues.
- Les comètes vieillissent, elles se désagrègent, si l’on peut dire, leurs débris s’essaiment le long de l’orbite. Lorsque, un beau jour, la Terre vient à traverser leur trajectoire parsemée de minuscules fragments, c’est le feu d’artifice céleste !
- En 1933, on attendait notamment le retour de trois comètes, celles de Finlay (1886 VII), celle de Pons-Winnecke (1819 III) et celle de Giacobini Il-Zinner (1900 III). Ces comètes devaient passer au périhélie respectivement en juin pour les deux premières, en juillet pour la dernière.
- Or, la pluie météorique s’est produite 3 à 4 mois après le passage au périhélie.
- D’autre part, seule la comète Giacobini II-Zinner, à son périhélie, s’approche du Soleil à une distance un peu plus faible (0,9937) que celle de la Terre. Elle a une très forte inclinaison.
- Enfin, il n’a pas été signalé, croyons-nous, un rapprochement de cette dernière comète avec la Terre.
- Ainsi, en attendant les travaux des observatoires, qui ne tarderont pas à paraître, nous dirons que le 9 octobre la Terre a traversé l’orbite d’une vieille comète probablement inconnue. Et c’est fort heureux, car les humains ont été gratifiés d’un spectacle rare et magnifique qui, pour beaucoup, a été doublé d’une forte émotion. N’est-ce pas là, après tout, une façon de comprendre la grandeur de la Nature ? Em. Touchet.
- Ancien vice-président de la Société astronomique de France.
- 1. 'Voir notamment, pour tout ce qui concerne l’origine des Étoiles filantes : J. Bosler, Cours d’Astronomie, t. III : Astrophysique, p.453 et suivantes.
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- LA FAUNE DE L’ÉTAT DE NEW-YORK
- AU MUSÉE DES SCIENCES DE BUFFALO
- On sait la sollicitude des Américains, pour l’instruction des masses, aux Etats-Unis, et l’effort fait depuis des années à coups de millions de dollars, pour répandre des notions scientifiques par des méthodes éducatives simples, presque enfantines. Un musée américain est conçu, toutes proportions gardées, à la manière des vitrines de grands magasins au moment de Noël. On cherche à y constituer des tableaux qui font retenir un certain nombre de connaissances simples. Le musée n’est pas fait pour des savants, pour des gardiens et des conservateurs : il est fait pour la foule. On agira sur elle, pense-t-on outre-Atlantique, comme on agit sur les enfants, en frappant directement l’imagination.
- Les photographies que nous donnons ici et qui ont été prises au Musée des Sciences de Buffalo, illustrent ce principe. Plutôt que des alignements d’animaux naturalisés, plus ou moins poussiéreux, et dont le nombre crée la confusion, on a installé des ensembles d’une vérité saisissante, qui restituent aux habitants des forêts ou des eaux l’atmosphère de leur habitat. Ils semblent y vivre; on s’étonne de ne pas les voir s’enfuir soudain d’un coup d’aile, ou d’une ondulation de nageoire, tant l’art du taxidermiste a su saisir et fixer les attitudes de la vie.
- Le musée est un organisme agissant, un centre de propagation de notions utiles : peut-être l’Américain a-t-il senti enfin le péril de son machinisme et la nécessité de reprendre contact avec la nature; ce foyer de sciences naturelles marque,si l’on veut, une réaction analogue à celle
- Fig. 1. —• Une martre zibeline, un renard gris, un renard rouge et
- une hermine.
- du camping. Aussi bien les deux actions se combinent-elles souvent : le Musée organise toute une série de cours-conférences et d’associations qui vont depuis l’« heure des enfants » jusqu’aux clubs d’ornithologistes, en passant par les travaux des boy-scouts et girl -scouts. *
- Le Musée comporte de nombreuses sections : physique, chimie, astronomie, géologie, biologie, zoologie, anthropologie, etc. Les documents que nous donnons sont surtout relatifs à la vie animale dans l’Etat de New-York. Parmi les mammifères on rencontre quatre carnassiers figurés ici dans un décor d’hiver saisissant de vérité, et qui d’ailleurs évoque singulièrement une peinture japonaise (fig. 1). Le renard gris et le renard rouge sont familiers à tous. Là-bas comme en Europe, le renard rouge est connu pour son astuce; le renard gris, qui vit plus vers le Sud, est plus petit, en général; il ne loge pas en terrier mais dans les cavités des troncs vifs ou abattus; c’est un excellent grimpeur qui sait aller guetter ses proies au haut des branches.
- En compagnie de ces deux seigneurs, voici la sanguinaire hermine dans sa robe d’hiver, immaculée, qui lui permet de se confondre avec la neige; si en été elle revêt un pelage brun, elle devient une reine de blancheur à la mauvaise saison, ne gardant qu’un pinceau de poils noirs à l’extrémité de la queue, par un singulier caprice de la nature. On sait que le nom d’hermine vient de ce que vers le Moyen Age l’Arménie en était le principal fournisseur : on écrivit armine, puis ermine, pour désigner
- Fig. 2. — Autour-chouette des neiges et faucon-chouette, qui vivent habituellement au Canada mais descendent quelquefois aux États-Unis.
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- la martre blanche d’Arménie, que les Latins appelaient Mus ponticus ou rat du Pont. L’hermine figurée ici est la Putoria ermina.
- Tous ces Mustélidés suceurs de sang sont de grands destructeurs de gibier; mais ils offrent l’avantage d’une fourrure extrêmement fine et recherchée. C’est la famille de la zibeline, du pékan, du vison, et du skunks; bref, de toutes les « bêtes puantes » dont l’odeur est crainte, et la fourrure appréciée.
- Dans l’arbre, au-dessus du groupe, on voit la martre zibeline, ou martre des pins, qui appartient à la même famille de carnassiers hardis, sanguinaires et habiles à éviter les pièges.
- La faune de ces régions américaines est également riche en carnassiers de l’air, si l’on peut ainsi nommer les rapaces. Ceux dont nous donnons l’image (fig. 2) appartiennent d’ailleurs plutôt au grand Nord et ne viennent qu’occasionnellement au Sud de l’Ontario. Il arrive qu’en certains hivers ils se montrent relativement nombreux; puis, durant des années, on n’en observera presque plus, tous étant restés dans leurs territoires de chasse du Canada. Ces trois oiseaux sont le Goshawk ou Autour; la Snowy Owl ou chouette des Neiges et le Ilawk Owl, ou Faucon-chouette. La magnifique chouette des neiges apparaît en grand nombre dans les années où des épidémies, ou d’autres raisons ont décimé les lièvres des neiges. On a pu établir une relation analogue entre les migrations des autours et la rareté des coqs de bruyère septentrionaux.
- Enfin, les mœurs des faucons-chouettes sont moins bien connues : mais cet animal est curieux en ce qu’il marque une sorte de transition entre les deux rapaces dont il porte le nom.
- D’autres grandes vitrines groupent diverses espèces d’hôtes des airs et des bois, et l’une en particulier met sous les yeux des visiteurs l’éblouissante variété de petits oiseaux migrateurs et chanteurs, les warblers de toute espèce et de tout plumage pour lesquels les Américains nourrissent la tendresse que l’on sait. Mais les pseudoaquariums sont des réalisations plus étonnantes encore, en ce sens qu’ils donnent l’illusion, par d’habiles jeux de lumière, de présenter des poissons vivants évoluant dans leur habitat naturel.
- Les naturalistes n’ont pas compté moins de 154 espèces de poissons dans la région des Grands Lacs et de leurs tributaires; un grand nombre de ces espèces ont particulièrement intéressé le Musée de Buffalo, parce qu’on les rencontre au voisinage du Niagara. Tels les poissons alimentaires, et les game fishes, selon la typique dénomination américaine : des poissons-gibier, c’est-à-dire ceux que l’on chasse plutôt qu’on ne les pêche, par exemple les i salmonidés. Un ensemble (fig. 4) réunit ainsi la truite de ruisseau (Salvelinus fontinalis), la truite arc-en-ciel (Salmo irideus Shasta), la truite « tête d’acier» (Salmo irideus) et enfin la truite brune (Salmo fario).
- Dans ces groupes, on n’a pas naturalisé des poissons; l’opération est très difficile, et il est pour ainsi dire impossible de garder les couleurs naturelles. Avec un art qui tient du prodige, on a donc modelé des poissons et des
- Fig. 3. — De nombreux petits oiseaux migrateurs et chanteurs hantent les bois de l’Étal de New-York.
- feuillages sous-marins en cire, d’une perfection telle que l’on croit voir les algues onduler au gré des courants (fig. 5) Une cuve est assez saisissante, qui représente les habitants des eaux souterraines (fig. 6) .Vivant dans l’obscurité éternelle, certaines espèces sont privées complètement de la vision, et sont dépourvues de couleurs, comme si la nature avait voulu éviter toute fatigue, en supprimant les organes inutiles, et les tonalités qui ne pouvaient être vues.
- On sait qu’il existe, à Paris même, dans les eaux souterraines, de nombreuses espèces identifiées; aux Etats-Unis, on a trouvé de petits poissons et des écrevisses qui vraisemblablement cherchent leur nourriture grâce à un sens tactile développé hors de normal, pour compenser leur cécité.
- Enfin, comme le Musée n’est pas, à beaucoup près, limité aux régions avoisinantes, on y peut admirer une reproduction de la vie dans la Mer des Sargasses (fig. 7); cet ensemble est installé dans le Hall de l’Evolution et tend à montrer de multiples exemples de mimétisme. Dans une seule vitrine, on a réuni des moulages en cire de 64 espèces que l’on a adroitement disposées parmi les fausses algues, où elles sont presque invisibles au premier abord; ce n’est qu’au prix d’une longue attention que l’on parvient à en discerner quelques-unes. Mais cette installation représente un travail d’une patience infinie et c’est par centaines que l’on compte les plantes, les tiges, les feuilles de ces extraordinaires végétations marines des Sargasses, végétations nées sur les côtes des Indes Occidentales et indéfiniment amenées en une même zone par le Gulf Stream.
- Ces quelques exemples choisis entre tant d’autres, et dans une seule spécialité du Musée de Buffalo, montrent quel effort y est fait pour mettre la science à la portée
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- du public, sous sa forme la plus pratique, et aussi la plus attrayante.
- Il y a là un effort qui mérite d’être cité et d’être
- Le célèbre musée des sciences naturelles de Chicago n’est pas sans analogie avec celui de Buffalo : il marque une même compréhension intelligente de la vulgarisation
- Fig. 4. — Quatre espèces de salmonidés qui habitent les rivières de la région des Grands Lacs : truite de ruisseau, truite arc-en-ciel, truite « tête d’acier » et truite brune.
- Fig. 5. — Ce merveilleux groupe de poissons a été modelé en cire leinlée, ainsi que la végétation.
- Fig. 6. — Poissons et petites écrevisses de couleur blanche, et aveugles, vivant dans les eaux souterraines.
- Fig. 7.— La vie dans la mer des Sargasses : celte seule vitrine comporte 64 espèces animales, qui par mimétisme se confondent avec la végétation.
- loué. Trop longtemps la science, toutes les sciences se sont présentées au profane avec un visage rébarbatif : un Musée bien fait doit être une invitation au voyage dans le pays de la connaissance.
- scientifique. Et l’on pourrait multiplier les exemples semblables à celui que nous venons de donner.
- Christian de Caters.
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- .RECORDS D’ALTITUDE -................ 41
- L’ASCENSION STRATOSPHÉRIQUE DU BALLON U. R. S. S.
- Le 30 septembre dernier, le ballon russe U. Ji. S. S. monté par le pilote Prokofief, les ingénieurs Birnbaum et Godounolï a atteint l’altitude de 18 898 m., battant de près de 2000 m le record établi en août 1932 par le professeur Piccard.
- Les deux remarquables ascensions du professeur Piccard en 1931 et 1932 ont montré qu’il était possible d’explorer, avec le ballon sphérique, des régions de la stratosphère inviolées jusqu’ici. Le professeur Piccard en a rapporté non seulement des données précieuses sur les rayons cosmiques, dont l’étude constituait le but spécial de ses recherches, mais encore des enseignements de haute valeur sur les conditions de la navigation dans ces hautes régions où les tourbillons atmosphériques sont inconnus, où les vents sont réguliers, où il ne se forme aucun nuage et qui sont le domaine du beau temps éternel. La stratosphère est, pour la navigation aérienne, la route de l’avenir.
- Les ascensions en ballon permettront de résoudre un premier problème préliminaire d’une importance capitale : assurer l’existence des pilotes et passagers pendant leur séjour dans des régions où la pression atmosphérique est inférieure
- Fig. 2. — Le ballon U. R. S. S. 18 secondes avant son départ. (Ph. Union Photo.
- Fig. 1. — Le ballon stratosphérique U. R. S. S.: avant le départ. On effectue la pesée du ballon. (Ph. Union Photo.)
- à 1/10 d’atmosphère et où la température est de — 55°C.
- Les judicieuses et savantes dispositions de M. A. Piccard, si lucidement exposées dans son beau livre : Au-dessus des nuages (*), la lumineuse critique qu’il en fa itlui-même dans cet ouvrage ont fait faire d’énormes progrès vers la solution du problème.
- Mettant à profit les leçons de l’illustre professeur de Bruxelles plusieurs aéronautes devaient tenter à nouveau cette année de gagner et séjourner dans la stratosphère.
- Deux de ces expériences ont malheureusement échoué : celle du lieutenant Settle aux Etats-Unis, interrompue presque au départ par suite du mauvais fonctionnement de la soupape, et celle du Dr Cosyns, élève de Piccard, en Belgique, la nacelle métallique de son ballon ayant fait explosion au cours d’un essai préliminaire qui coûta la vie à un ouvrier.
- L’expérience russe, par contre, a parfaitement réussi. Les Soviets ont construit pour l’exploration stratosphérique deux grands ballons de 25 000 m3 qui, gonflés à plein, ont un diamètre de 35 m environ. Leur nacelle sphérique a 2 m 40 de
- 1. Au-dessus des nuages, par A. Piccard. 1 vol. illustré, Grasset, éditeur, Paris.
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- diamètre. Ils ont été baptisés Ossoaviachim et U. R. S. S.. Le premier a été construit à Léningrad, le second à Moscou. C’est ce dernier qui a fait la belle ascension du 30 septembre.
- Parti à 8 h. 40, il s’élevait rapidement et en 45 minutes atteignait l’altitude de 17 200 m. Sa descente commençait à 12 h. 50. A 17 h il atterrissait à 110 km de Moscou, son point de départ. L’ascension a donc duré 8 h 20 pendant lesquelles le ballon resta constamment en communication avec le sol par T. S. F. La température minima rencontrée à l’extérieur du ballon a été de —67°C. La température maxima de la cabine est montée à +30°.
- A titre de comparaison, rappelons que le ballon de A. Pic-card, le F. N. R. S. avait un volume de 14 000 m3, un diamètre maximum de 30 m, une nacelle sphérique en métal léger de 3 m 10 de diamètre. Lors de la première ascension, la nacelle était peinte moitié en blanc réfléchissant la lumière, moitié en noir absorbant. Un dispositif de rotation avait été prévu pour permettre de présenter au soleil à volonté la face réfléchissante ou la face absorbante et régler ainsi la température intérieure. Ce dispositif ne fonctionna pas et le hasard voulut que la face noircie restât exposée au soleil pendant la plus grande partie de la journée. Aussi les passagers subirent-ils, de 9 h à 12 h des températures tropicales qui montèrent jusqu’à 39°. Pour la seconde ascension, la cabine fut peinte tout entière en couleur blanche brillante; cette fois le résultat dépassa le but et les aéronautes souffrirent du froid : températures de + 1° à — 10°.
- L’année 1934 verra sans aucun doute de nouvelles ascensions stratosphériques; l’amour-propre national s’en mêlant, la conquête du record d’altitude, préoccupation entièrement étrangère au Professeur Piccard, va sans doute provoquer une sorte de sport nouveau, aussi intéressant et passionnant du l'este que la conquête d’une coupe Davis ou d’un record de course à pied.
- LIMITE DE L’ALTITUDE ACCESSIBLE AUX BALLONS MONTÉS
- Ici une question se pose. Quelle est la limite d’altitude que l’homme peut prétendre atteindre par le moyen du ballon libre?
- La réponse nous est fournie par A. Piccard lui-même dans un chapitre de Au-dessus des nuages.
- Le savant montre tout d’abord que son F. N. R. S., lors de la mémorable ascension du 18 août 1932, a atteint son point culminant avec une charge de près de 200 kg d’eau condensée sur l’enVeloppe dans les basses couches de l’atmosphère; en outre, quelques milliers de m3 d’air s’étaient mélangés partiellement à l’hydrogène du ballon et en avaient réduit la force ascensionnelle. Des précautions contre la rosée et contre la rentrée d’air eussent permis d’économiser 200 kg de poids. D’autre part, pour un record, inutile de s’embarrasser de l’équipement scientifique qui jusqu’ici a toujours accompagné toute ascension stratosphérique. Le F. N. R. S. aurait pu, par ces divers moyens, économiser 800 kg de charge. Chargé à 1200 kg au lieu de 2000, il eût pu atteindre 19 000 m.
- Mais on peut aller beaucoup plus haut : car rien n’empêche de concevoir des ballons construits à l’aide d’étoffes plus légères, ou des ballons de plus grande capacité. La véritable limite d’altitude est celle pour laquelle l’étoffe n’est plus capable de résister à la tension exercée par le gaz intérieur qui en se dilatant tend à se mettre en équilibre de pression avec le milieu externe raréfié.
- M. Piccard donne, ainsi, l’exemple d’un ballon de 14 000 m3 comme le F. N. R. S., mais en étoffe plus légère, avec moitié moins de cordages, et monté par un seul pilote : 340 kg pour le ballon, 260 kg pour la cabine et le pilote : cet aérostat pourrait atteindre 24 000 m d’altitude, sans contraintes dangereuses pour l’enveloppe.
- Sur les mêmes données, M. Piccard calcule un ballon de 113 000 m3, 60 m de diamètre. Il pourrait atteindre l’altitude de 31 200 m (pression de 7 mm de mercure). L’étoffe serait assez résistante pour la tension qu’elle aurait à subir à cette altitude; par contre elle serait bien légère pour supporter les efforts des manœuvres au départ, et celui-ci ne pourrait réussir que par un temps exceptionnellement calme.
- On peut, en imagination tout au moins, concevoir des ballons beaucoup plus grands, voire gigantesques. Mais chaque fois qu’on double de diamètre, le poids du matériel devient quadruple, et le volume du ballon 8 fois plus grand. La charge spécifique tombe de moitié et la hauteur atteinte augmente de 5000 m environ. Par contre, la tension sur l’enveloppe est deux fois plus grande. Avec un diamètre de 240 m on monterait à 43 km avec une tension de l’enveloppe de 48 kg par mètre.
- La limite théorique, celle assignée par la solidité flu tissu à la déchirure qui est de l’ordre de 400 à 500 kg par centimètre, serait atteinte avec un hallon de 1920 m de diamètre, parvenant à l’altitude de 58 km!
- Il est bien évident que de tels monstres ne seront jamais construits. Mais on voit que l’on peut fort bien, en y mettant le prix, établir des aérostats capables d’entreprendre des ascensions de 30 km, et d’atteindre les altitudes qui n’ont jusqu’ici été explorées que par les ballons-sonde, et encore fort rarement.
- LE RECORD D’ALTITUDE EN AVION
- Les ascensions stratosphériques en ballon libre, ont, parmi leurs objectifs, l’ambition de préparer la voie aux avions. Mais ceux-ci ne sont pas encore prêts à prendre possession des hautes régions de l’atmosphère. Le pilote Lemoine, le 28 septembre dernier, a conquis le record d’altitude en atteignant, avec son Potez de 700 ch, la hauteur de 13 662 m; le précédent record appartenait depuis le 16 septembre 1932 à l’anglais Unwin avec 13 404 m. En 1920, le record était déjà de 10 093 m. On voit que dans ce domaine les pi'ogrès sont en somme fort lents. C’est que l’avion ne possède pas encore les engins nécessaires à un envol rapide vers les hautes altitudes : moteur développant la même puissance qu’au sol, hélice à pas variable, cabine habitable pour diminuer l’effort du pilote.
- DESTRUCTION DES MOUSTIQUES EN HIVER
- Dans nos régions, certains moustiques, les femelles Surtout, peuvent passer l’hiver dans des endroits chauds et humides tels que les sous-sols et les caves. Certaines années, ils s’y rassemblent en nombre et deviennent gênants. On peut s’en débarrasser au moyen d’insecticides : pyréthrines en pulvérisation, vaporisation de crésol à raison de 5 gr par mètre
- cube, sulfuration par combustion du soufre en fleur dans des vases en grès ou en terre à raison de 65 à 70 gr de soufre par mètre cube. Ces deux derniers procédés nécessitent une préparation du local, dont tous les orifices doivent être hermétiquement fermés et son abandon pendant au moins 10 ou 12 heures, suivi d’une large ventilation.
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- CURIOSITÉS MATHÉMATIQUES
- LA NUMÉRATION SEXAGÉSIMALE
- Le gouvernement des Républiques soviétistes étudie en ce moment l’adoption par la Russie de la numération sexagésimale au lieu et place de l’actuelle numération décimale. Le premier qffet de cette étude a été l’adoption de la semaine de six jours.
- Parmi les réformes que les gouvernements autoritaires de l’Europe ont réalisées depuis quelques années, il en est certainement de moins rationnelles. La numération sexagésimale présente en effet des avantages certains sur le mode de numération dont nous avons l’habitude.
- On peut même dire que rien ne plaide pour la numération décimale si ce n’est une longue tradition. Elle a été choisie par nos lointains ancêtres uniquement parce qu’ils ne savaient compter que sur leurs doigts.
- Il fallut attendre, semble-t-il, jusqu’à l’époque de la civilisation assyrienne pour que l’homme s’avisât qu’il est possible de compter les nombres autrement que dix par dix.
- C’est à cette époque que la circonférence de cercle fut divisée pour la première fois en un nombre de parties multiple de six.
- Notre moyen âge connut par les arabes cette façon de compter et l’appliqua assez largement à ses poids et mesures. La Renaissance marqua un retour vers le système décimal, seul employé par l’antiquité romaine; mais le système sexagésimal conserva longtemps encore des partisans et était encore d’un usage assez répandu au moment de la Révolution française.
- La Convention, en créant le « système métrique », adopta le système décimal et l’imposa du même coup au monde entier.
- Il est un point pourtant sur lequel l’autorité de la Convention ne put obtenir gain de cause : ce fut la division de la circonférence en 400 grades. Ce mode de notation implique en effet un nombre incommensurable pour l’angle de 30°, ce qui est intolérable en géométrie. La division de l’année en semaines de dix jours et en mois de cent jours ne fut pas possible non plus et de même les heures du jour restèrent au nombre de deux fois douze (système duo-sexagésimal). Le but visé qui était l’unification complète des poids et mesures fut donc manqué de beaucoup, simplement parce que le système choisi n’était pas le meilleur.
- J’ignore comment va se concrétiser la réforme russe; mais il m’a paru amusant de donner un échantillon de ce qu’elle pourrait être.
- Voici comment j’imagine la suite des nombres.
- Numération sexagésimale : 0 1 2 3 4 5 10 11 12 13 14 15... Numération décimale : 012345 6 7 8 9 10 11...
- 20 21 22 23 24 25 30 31 32 33 34 35 40 41 42 43 44
- 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28
- 45 50 51 52 53 54 55 100...etc.
- 29 30 31 32 33 34 35 36... etc.
- J’ai barré les zéros dans les signes sexagésimaux leur donnant ainsi l’apparence du 0 grec, quand ils sont précédés d’autres chiffres. Cette disposition aurait l’avantage de bien définir qu’il ne s’agit pas de la numération décimale et de plus supprimerait l’erreur de logique que nous faisons en employant le même signe pour indiquer le zéro quand il figure « le néant » et quand il indique simplement un changement de dizaine.
- On remarque que dans la numération proposée 10 est divisible par 2 et par 3 et que 100 est divisible à la fois par tous les nombres simples de sa numération (seul 5 ne donne pas un nombre entier au quotient). Il est divisible aussi notamment par 1,5 — 2,5 — et 4,5.
- Voici quelle serait la nouvelle table de multiplication dont j’ai groupé les nombres sous la forme d’une table de Pythagore.
- 1 2 3 4 5 16
- 2 4 16 12 14 26
- 3 16 13 26 23 36
- 4 12 26 24 32 46
- 5 14 23 32 41 56
- 16 26 O CO 46 50 166
- Elle ne comporte que 16 produits à apprendre (encore y compte-t-on ceux de la table de 3 dont il est si facile de se souvenir). Quel soulagement pour les écoliers ! L’enseignement de l’arithmétique serait de beaucoup simplifié, d’autant plus que les calculs d’heures et de degrés ainsi que les calculs de jours et de semaines (avec la semaine de six jours) seraient aussi faciles que les calculs sur les unités de longueur.
- Une seule ombre au tableau : il faudrait plus de chiffres que par le passé pour figurer les nombres. Si cet inconvénient semble d’importance, il faut alors choisir le système duo-sexagésimal qui va de 12 en 12 au lieu d’aller de 6 en 6 et qui présente les mêmes avantages, bien que la table de multiplication y soit un peu plus compliquée.
- Le système sexagésimal présente bien d’autres bizarreries qui ne peuvent trouver leur place dans cette courte note. Je compte sur les mathématiciens lecteurs de La Nature pour nous signaler les plus amusantes. L. Dodin.
- LE FREINAGE DES AUTOMOBILES
- Les accidents quotidiens de la circulation sont nombreux et, sâuf de rares exceptions, le conducteur a toujours freiné son véhicule, mais l’accident s’était produit.
- A la suite d’expériences récemment effectuées, l’Automobile Club d’Algérie publie les constatations suivantes :
- Lorsque l’on roule en auto à 30 km à l’heure, il faut 5 m 50 pour s’arrêter, et à 50 à l’heure il faut 15 m 10. A la vitesse de 100 à l’heure on ne s’arrête qu’en 60 m, et à 120 à l’heure on a besoin de 87 m.
- De plus, selon les mêmes expériences, entre le moment où l’on perçoit l’obstacle et l’instant où le frein agit efficacement, il s’écoule environ 1 seconde 1/10.
- Or, en 1 seconde 1/10, une auto à la vitesse de 30 km à l’heure fait 9 m et par suite 15 m à la vitesse de 50 km à l’heure. 30 m à la vitesse de 100 km et 36 m à la vitesse de 120 à l’heure.
- En ajoutant ces nombres à ceux déjà énoncés, nous obtenons des distances minima pour les voitures d’un poids moyen, avec desTreins bien réglés et sur une bonne route. *
- Constatons que ces chiffres donnent de véritables conseils de prudence à tous ceux qui tiennent un volant et leur rappellent que le frein, en réalité, n’est qu’un secours pour l’automobiliste, mais on ne devrait jamais conduire en ne comptant que sur lui.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1933 (*)
- Parmi les curiosités célestes qui retiendront plus particulièrement l’attention, il y a lieu de signaler, ce mois-ci, l’intéressante occultation des Pléiades par la Lune, le 1er décembre, le retour de la planète Jupiter avec son cortège de satellites, l’activité de l’essaim des Géminides, et les maxima d’éclat d’un certain nombre d’étoiles variables, remarquables, notamment S Hercule et y Cygne.
- I. Soleil. — Le Soleil, en décembre, va atteindre sa plus faible hauteur à midi, le 22, jour du solstice d’hiver. Ce jour-là à 7», ce sera le commencement de l’hiver astronomique. Ce début de l’hiver astronomique n’a absolument aucun rapport avec la situation météorologique, il s’agit là d’une situation géométrique du Soleil.
- La déclinaison du Soleil sera de —21°47' le 1er décembre, elle atteindra — 23°27' du 21 au 23, pour remonter à — 23°7' le 31. La durée du jour variera de 8» 32“ le 1er. à 8» 11“ (durée minimum) du 20 au 24, pour remonter à 8» 15m le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage.
- Dates. Heure du passage.
- Décembre 1er
- — 3
- — 5
- — 7
- — 9
- — 11
- — 13
- — 15
- 11" 39m 408 11 40 26 11 41 14 11 42 5
- 11 42 57 11 43 52 11 44 48 11 45 45
- Décembre 17
- — 19
- — 21
- — 23
- — 25
- — 27
- — 29
- — 31
- 11» 46m 44s 11 47 43 11 48 43 11 49 43 11 50 43 11 51 42 11 52 41 11 53 39
- Observations physiques. — Nous conseillons l’observation très fréquente du Soleil, si possible à diverses reprises au cours de la journée. Le maximum d’activité solaire s’est produit en 1928 et il y a encore de belles taches.
- Voici la suite des éphémérides pour l’orientation des dessins et des photographies (voir les n°“ 2904 et 2906).
- Dates P B0 Lo
- (à 0» (T. U.) — — —
- Décembre 2 + 15° 91 + 0° 69 333°,30
- — 7 + 13,89 + 0, 05 267, 40
- — 12 + 11,74 — 0, 59 201, 52
- — 17 , + 9,48 — 1, 23 135, 65
- — 22 + 7,14 — 1, 86 69, 78
- — 27 + 4,74. — 2,47 3, 92
- Janvier l*r + 2,31 — 3, 06 298, 07
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Dans nos régions, la lumière zodiacale est peu visible en décembre, en raison de sa forte inclinaison sry l’horizon.
- Par contre, au moment du solstice d’hiver, la lueur antisolaire atteint sa hauteur maximum dans le ciel. On pourra la rechercher du 15 au 22 décembre, vers minuit, un peu au-dessus des étoiles T|, \ et p, des Gémeaux.
- IL Lunç. — Les phases de la Lune, en décembre, se produiront aux datés et heures ci-après :
- 1. Il est rappelé que toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U), qui est le temps légal en France, compté de 0» à 24», à partir de 0» (minuit).
- P. L. le 2, à 1» 31m D. Q. le 10, à 6» 24“ N. L. le 17, à 2» 53“
- P. Q. le 23, à 20» 9“ P. L. le 31, à 20» 54“
- Age de la Lune le 1« décembre, à 0" = 13J,3; le 18, à 0» = 0i,9.
- Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, à 0», ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 18.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 3, à 6» = + 27» 33'; le 1-7, à 0» = 27» 34'.
- Remarquer la très forte hauteur de la Lune dans le ciel le 7 décembre, vers minuit.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 4 décembre à 13». Parallaxe = 53'58". Distance = 406 322 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 décembre, à 12». Parallaxe = 61'26''. Distance = 356 940 km.
- Apogée de la Lune, le 31 décembre, à 15». Parallaxe = 53'57”. Distance = 406 450 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le lar décembre nouvelle occultation des Pléiades. Toutefois, les conditions d’observation seront moins favorables que lors de l’occultation du 3 novembre dernier. Le phénomène se produira vers la fin de la nuit, la Lune étant à la veille d’être pleine. On pourra observer l’occultation des étoiles 19 q et 20 Taureau :
- 19 q Taureau, de magnitude 4“3, disparaîtra à 5» 1“,0 au bord sombre Est-Nord-Est de la Lune. On pourra essayer de voir l’émersion, à 5» 56“ au bord Ouest-Nord-Ouest.
- 20 Taureau, de magnitude 4“,1, disparaîtra à 5»17“,0 derrière le bord Est. Elle réapparaîtra à 6» 13“ au bord Ouest. La Lune sera assez basse sur l’horizon, se couchant à 7» 6“.
- Voici les autres occultations du mois :
- Le 5, occultation de 52 Gémeaux (6“,1). Emersion à 4» 22“,5.
- Le 6, occultation de p. Cancer (5”,5). Emersion à 6» 2“,5.
- Le 25, occultation de 101 Poissons (6m,2). Immersion à 19» 10“,5.
- Le 26, occultation de 26 Bélier (6“,2). Immersion à 23» 18“,0.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 2 et surtout de la nouvelle Lune du 17. Elles ne seront pas très importantes, leur coefficient maximum atteignant seulement 96 centièmes.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer à Brest) :
- Dates. Marée du matin Marée du soir.
- Heure Coefficient Heure Coefficient
- Décembre 16 2» 41“ 83 15» 7“ 87
- — 17 3 32 91 15 58 94
- 18 4 23 95 16 49 96
- — 19 5 15 95 17 41 94
- — 20 6 5 91 18 30 88
- 21 6 55 84 19 22 80
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, qui a été dressé à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion, contient tous les renseignements utiles pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de décembre.
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- ASTRE Dates : Décembre Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (4) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- [ 5 7* 29m 11“ 41“ 14» 15“ 54“ 16“ 46“ 22° 21' 32'31",2 Ophiuchus
- Soleil. . . J 15 7 39 11 45 45 15 53 17 30 _ 23 16 32 33,4 Ophiuchus , »
- ( 25 7 45 11 50 43 15 57 18 14 — 23 27 32'34"8 Sagittaire
- f 5 5 30 10 18 15 5 15 21 — 15 54 6,8 v Balance
- Mercure . . < 15 6 0 10 27 14 54 16 8 — 19 34 5,6 p Scorpion Le matin au début
- ; 25 6 40 10 48 14 58 17 9 — 22 49 5,0 0 Scorpion du mois.
- L 5 10 58 15 5 19 13 20 8 —- 22 56 28,2 Capricorne
- Vénus . . . 15 10 38 15 2 19 26 20 45 — 20 7 32,0 Capricorne Bien visible le soir.
- ( 25 10 10 14 51 19 33 21 13 — 16 55 37,2 Capricorne
- 5 9 49 13 50 17 50 18 53 — 24 3 4,4 a Sagittaire
- Mars. . . . 15 9 37 13 44 17 50 19 26 — 23 9 4,4 Sagittaire Inobservable.
- 25 9 23 13 37 17 52 19 59 — 21 48 4,2 Capricorne
- Jupiter. . . 15 1 55 7 29 13 2 13 12 — 6 17 31,6 6 Vierge Seconde partie de la nuit
- Saturne . . 15 10 41 15 17 19 54 21 2 — 17 55 14,2 ô Capricorne Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 15 13 0 19 43 2 25 1 28 + 8 37 3,6 7c-o Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . 15 22 35 5 13 11 51 10 56 ”f“ 7 44 2,4 y Lion Seconde partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Nous n’y mentionnons pas la planète Pluton, l’observation de celle-ci étant réservée aux plus puissants télescopes (au-dessus de 0m, 50 de diamètre).
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du Soleil, le 6 décembre, à 13“, à 20°33' à l’Ouest. Il brillera comme étoile du matin, mais dans de mauvaises conditions d’observation, en raison de sa déclinaison australe.
- Vénus est bien visible le soir, se couchant plus de trois heures après le Soleil. Son croissant devient plus étroit en même temps qu’il augmente de diamètre, il est visible maintenant dans les plus petits instruments et même avec une forte jumelle.
- Voici la phase (fraction illuminée du disque) et la magnitude stellaire de Vénus en décembre :
- Fraction du
- Dates. disque illuminée. Diamètre. Magnitude.
- Décembre 2 0,47 27", 1 — 4,2
- — 7 0,44 28,8 — 4,2
- — 12 0,41 30,8 — 4,2
- — 17 0,37 33,0 — 4,3
- — 22 0,34 35,5 — 4,3
- — 27 0,30 38,3 -4,4
- Janvier 1er 0,26 41,4 — 4,4
- Mars, encore visible le soir, à l’extrême horizon sud-ouest, est pratiquement inobservable.
- Jupiter devient maintenant bien visible à la fin de la nuit. Une petite lunette suffit pour voir les bandes nuageuses qui traversent son disque. Une bonne jumelle montre bien les quatre principaux satellites. Ceux-ci, dans leur révolution autour de Jupiter, donnent lieu à de curieux phénomènes dont on peut voir ci-contre la liste pour décembre.
- Saturne est encore visible, mais il faut se hâter de l’observer dès l’arrivée de la nuit. Il brille dans la constellation du Capricorne.
- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter.
- Date. Déc. Heure Satel- lite. Phéno- mène. Date. Déc. Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 5“12“ I E. c. 18 3“55“ I P. f.
- 2 3 19 I P. c. 20 2 21 III Im.
- 2 3 44 III P. c. 20 4 42 III Em.
- 2 4 34 I O. f. 22 4 30 II E. c.
- 2 5 31 I P. f. 24 1 54 II P. c.
- 2 6 12 III P. f. 24 2 3 II O. f.
- 3 2 52 I Em. 24 4 18 II P. f.
- 6 5 11 II O. c. 24 5 20 I E. c.
- 6 7 13 II P. c. 25 2 30 I O. c.
- 8 3 56 II Em. 25 3 40 I P. c.
- 8 7 6 I E. c. 25 4 42 I O. f.
- 9 3 43 III O. c. 25 5 51 I P. f.
- 9 4 15 I O. c. 26 3 10 I Em.
- 9 5 17 I P. c. 27 1 35 III E. c.
- 9 6 17 III O. f. 27 4 8 III E. f.
- 9 6 27 I O. f. 27 6 31 III Im.
- 10 4 49 I Em. 29 7 5 II E. c.
- 15 6 39 II Em. 31 2 8 II O. c.
- 16 6 8 I O. c. 31 4 31 II P. c.
- 16 7 15 I P. c. 31 4 36 II O. f.
- 17 3 27 I E. c. 31 6 55 II P. f.
- 17 6 46 I Em. 31 7 13 I E. c.
- 18 2 48 I O. f.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 16 décembre :
- Grand axe extérieur.............................. 35",75
- Petit axe extérieur..............................+ . 10",37
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau + 16°, 85 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . + 15°, 14
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- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations :
- Dates. Elongation Heure.
- Décembre 1er Occidentale 5h 5
- — 8 Orientale 23, 2
- Saturne va bientôt disparaître dans le rayonnement solaire et sera inobservable.
- Uranus est encore visible une bonne partie de la nuit et on pourra le rechercher, même avec une petite jumelle, dès la tombée de la nuit, en s’aidant de la petite carte de son déplacement sur le ciel que nous avons donnée au n° 2906, du 1er juin 1933, page 516.
- Neptune va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil le 4 décembre, à 23h. Il est bien visible pendant toute la seconde partie de la nuit.
- On pourra le rechercher au moyen d’une petite lunette, d’une bonne carte céleste et de ses positions, dont voici quelques valeurs :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Décembre 5 10“56m + 7° 44' 2", 4
- — 15 10 56 + 7 44' 2, 4
- — 25 10 56 + 7 45 2, 4
- — 31 10 56 + 7 46 2, 4
- Heure Temps sidéral
- Dates. Passage. du passage à 0“.
- (T. U.) (T. U.) H
- Décembre 7 Supérieur 20“ 25“ 36» 5“ lm 15»
- — 17 — 19 46 9 5 40 41
- — 27 —- 19 6 40 6 20 7
- — 31 — 18 50 53 6 35 53
- Étoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile Algol (p Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2‘ 20“ 48m (visibles à l’œil nu) : le 13 décembre, à 4“ 7m; le 16, à 0“ 56m; le 18, à 21“46m; le 21, à 18“ 35m.
- Le 13 décembre, maximum d’éclat de S Hercule, variable de 5m,9 à 13m,l, en 313 jours.
- Le 28 décembre, maximum d’éclat de y Cygne, variable de 4m,2, à 13m,4, en 413 jours.
- Minima d’éclat de (3 Lyre, variable de 3m,4 à 4m,3, en 121 21h 50m : les 13,7 et 26,6 décembre.
- Étoiles filantes. — La grande pluie météorique du 9 octobre a donné un regain d’actualité à l’observation des étoiles fdantes.
- L’essaim le plus important du mois de décembre est celui des Géminides, actif du 8 au 14 et qui donne des météores rapides, à trajectoires courtes. Le radiant est voisin de a Gémeaux.
- Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, la liste
- des radiants actifs en décembre :
- Ascension Étoile
- Epoque droite. Déclinaison voisine.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 9, à 22“, Neptune en conjonction avec la Lune, Le 12, à 19“, Jupiter —
- Le 15, à 0“, Mercure v Scorpion (4m2),
- Le 15, à 22“, Mercure en conjonction avec la Lune, Le 18, à 23“, Mars —
- Le 20, à 7“, Vénus Le 20, à 8“, Saturne
- Le 21, à 10“, Vénus — Saturne,
- Le 25, à 17“, Uranus — la Lune,
- à 3° 16' N. à 6° 3' N. à 0° 16' S. à 6° 16' N. à 1® 16'N. à 0° 44' S. à 0° 19' S. à 0<>20' S. à 5» 38' S.
- Observer, dans la soirée du 20 décembre, le curieux rapprochement des planètes Vénus et Saturne, dès le coucher du Soleil.
- Étoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Décembre 1er 43° + 56° Persée
- —- 1er au 10 117 + 32 o.-p Gémeaux
- — 6 80 + 23 X Taureau
- — 6 au 13 149 + 41 P IX. 254
- — 8 au 14 107 + 33 a Gémeaux
- — 10 au 12 130 + 46 t Grande Ourse
- V. Constellations. — La voûte céleste présente l’aspect ci-après, le 1er décembre, à 21“ ; ou le 15 décembre, à 20“.
- Au 7.énith : Persée; y Andromède; Cassiopée.
- Au Nord: La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Le Cocher; le Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Petit Chien; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Le Bélier; les Poissons; la Baleine; l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase; le Cygne; la Lyre est au Nord-Ouest, avec Véga bien près de l’horizon.
- Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- UTILISATION
- DES PROPRIÉTÉS DÉSINFECTANTES DE LA TOURBE
- A propos de la note sur ce sujet, parue dans le n° 2914, M. J. Demo-lon-Bussonnet, de Genève, nous signale une utilisation de la tourbe, assez répandue en Allemagne et en Suisse allemande, dans les pQupon-nières et chez les particuliers.
- Une couche de tourbe, recouverte d’un tissu de coton très mince sert de matelas au bébé. Grâce au pouvoir absorbant et désodorisant de la tourbe et à sa mauvaise conductibilité calorifique, le lit du bébé reste toujours sec, sans odeur et très chaud. Comme il faut interposer
- le moins de choses possible entre l’enfant et la tourbe, le caoutchouc, le drap de dessous, les couches de molleton, les pointes en tissu absorbant, les langes sont supprimés.
- Une seule couche est nécessaire autour de la partie inférieure du corps de l’enfant.
- L’utilisation de la tourbe dans les lits de bébés offre des avantages précieux : lit toujours sec et chaud, donc meilleure hygiène de la peau et suppression d’une cause fréquente de cris: liberté des jambes de l’enfant, qui peut gigoter tout à son aise; enfin économie considérable de lavage, chaque jour.
- L’agencement d’un berceau, lit ou voiture de bébé pour permettre l’utilisation de la tourbe fait l’objet d’un brevet en Allemagne et en Suisse.
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- LES PROGRÈS DE LA RADIOVISION D AMATEUR
- Malgré les sceptiques qui lui dénient tout intérêt pratique et tout avenir, la télévision continue à passionner nombre de techniciens, d’inventeurs et d’amateurs. Si aucune invention sensationnelle n’est à signaler dans ce domaine, il faut constater que les efforts accumulés des uns et des autres ont abouti, par une série de perfectionnements de détail, à des progrès sérieux.
- Dès à présent, on peut voir directement dans un système optique, ou même sur un écran, et d’une manière suffisamment nette et détaillée, le buste de deux personnages; on peut même apercevoir des personnages « en pied » et en discerner les mouvements.. C’est un résultat important. La radiovision, c’est-à-dire la radio-diffusion des images animées accompagnées par une transmission radiophonique correspondante, peut déjà devenir attrayante pour une masse d’amateurs sans-filistes.
- Il y aurait, d’après des estimations peut-être un peu optimistes, 10 à 15 000 récepteurs de radiovision en fonctionnement en Angleterre, et ce nombre augmenterait chaque jour. Que des émissions régulières de radiovision, même sous une forme restreinte, aient lieu en France (ce projet doit être réalisé prochainement), un noyau d’amateurs de radiovision d’importance au moins égale se formera certainement aussi chez nous.
- Dans notre pays, les travaux d’amateurs didactiques ou récréatifs, le « bricolage » ingénieux sont particulièrement en honneur. En dehors des attraits scientifiques et même artistiques qu’elle peut déjà présenter, la radiovision est tout spécialement passionnante pour cette catégorie d’amateurs, parce que les questions à considérer sont extrêmement diverses et offrent des voies nouvelles à explorer. La construction des récepteurs actuels est extrêmement simple et peut être entreprise à peu de frais. C’est grâce à la collaboration des amateurs, il convient de le rappeler encore une fois, qu’ont été découvertes les merveilleuses propriétés des émissions sur ondes courtes, dont certains théoriciens niaient la valeur; soyons persuadés aussi que la collaboration de cette masse de chercheurs habiles, patients, et désintéressés, fera faire à la radiovision d’utiles progrès.
- Laissant de côté les principes généraux, et l’étude des procédés industriels (*), nous indiquons ici les perfectionnements très récents des appareils de radiovision d’amateurs, et nous donnerons des indications sommaires sur la manière dont on peut, à l’heure actuelle, recevoir les images animées et parlantes au moyen des ondes hertziennes.
- LES ÉMISSIONS ACTUELLES DE RADIOVISION
- Il ne peut y avoir de réception sans émission. Voici les émissions qui existent actuellement en France ou peuvent y être reçues ;
- La Société Baird-Pathé-Natan, dont le studio d’émission se trouve à Paris rue du Faubourg-Saint-Honoré, et dont les émissions ont lieu jusqu’à présent par l’intermédiaire du poste de l’Ecole supérieure des P. T. T. organise régulièrement tous les jours de la semaine une transmission d’environ une demi-heure. Les lundi, mardi et vendredi, cette émission a lieu en principe de 15 h à 15 h 1/2, jusque vers 16 heures; les autres jours, elle a lieu le matin vers 9 heures. La longueur d’onde utilisée est la même que celle employée en radiophonie par le poste de l’Ecole supérieure des P. T. T., c’est-à-dire 447 m. La plupart de ces émissions sont muettes; pourtant l’après-
- 1. La Télévision et ses progrès, par P. Hémardinquer (Dunod, éditeur).
- midi elles sont souvent accompagnées d’émissions sonores, transmises par le poste de Radio-Vitus, sur une longueur d’onde de 308 m.
- L’image transmise est explorée de droite à gauche, et de bas en haut, elle est en hauteur et rectangulaire, le rapport des dimensions est de 3 à 7 (figure IA). L’exploration s’effectue sur 30 lignes seulement, et à la cadence de 12 images 1/2 par seconde.
- D’autre part, les émissions anglaises Baird, effectuées par la British Broadcasting Corporation, sont facilement reçues en France; elles présentent les mêmes caractéristiques techniques; elles ont lieu les lundi, mardi, mercredi et vendredi à 23 heures, et durent une demi-heure. Les images sont transmises par le poste de Londres National sur une longueur d’onde de 261 m et les sons correspondants par le poste de Midland régional sur une longueur d’onde de 399 m.
- Un studio d’émission complet vient d’être installé par M. Barthélemy au poste de l’Ecole Supérieure des P. T. T. Des émissions régulières ont lieu les mardi et vendredi à partir de 16 heures, également sur la longueur d’onde ordinaire de l’émission des P. T. T. Elles ont un accompagnement sonore transmis en radiophonie par le poste émetteur de Montrouge, sur une longueur d’onde de 200 m. Il est aussi question d’utiliser le poste de la Tour Eiffel.
- L’image est de format rectangulaire du type Standard, explorée de haut en bas et de gauche à droite (fig. 1 B) ; le rapport des dimensions est de 3 à 4 environ.
- L’analyse se fait normalement par 30 lignes mais des essais de télécinéma à 60 lignes ont déjà également lieu, et à la cadence de 16 images 2/3 par seconde.
- Des émissions de radiovision Standard de ce genre sont également transmises par la station allemande de Kœnigswusterhausen, mais elles sont assez difficilement reçues en France, de même que les essais italiens ou russes.
- La station du Petit Parisien est déjà équipée pour pouvoir transmettre régulièrement des émissions de radiovision. Si le service d’Etat de la Radiodiffusion soutient les efforts entrepris, des émissions régulières plus nombreuses, et ayant surtout lieu le soir, c’est-à-dire à un moment où la réception est plus facile pour un grand nombre d’amateurs, peuvent commencer dans un avenir rapproché.
- Un jeune ingénieur français, M. Henri Defrance, a installé il y a quelques mois, à Saint-Cloud, un laboratoire de télévision dans lequel il poursuit de fort intéressantes expériences; il y a établi un poste émetteur complet qui permet des émissions régulières sur une longueur d’onde de l’ordre de 150 à 200 m (fig. 2 et 3).
- M. Henri Defrance étudie surtout, dès à présent, la transmission d’images détaillées, de surface suffisante, avec un nombre de lignes de l’ordre de 60, 90, ou même 120. Nous avons pu nous rendre compte dans son laboratoire des résultats obtenus en télécinématographie avec cette finesse d'exploration; ils sont déjà tout à fait remarquables. Ce technicien s’efforce surtout de réaliser un dispositif d’émission qui permette d’employer cette finesse d’exploration, sans pour cela gêner la réception des émissions de longueurs d’onde
- Sens de l'analyse
- Sens de
- l’analyse
- Fig. 1. — Caractéristiques d’images de télévision.
- A) Baird. B) Barthélemy.
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- Fig. 2. — M. H. Defrance et son récepteur de radiovision à 90 ou 120 lignes.
- voisines. Là est le problème général; car, on le sait, la difficulté essentielle en télévision provient de la nécessité de transmettre et d’amplifier les oscillations à fréquences élevées, bien supérieures à celles qu’on considérait jusque-là en radiophonie.
- M. Henri Defrance paraît avoir obtenu sous ce rapport des résultats déjà très sérieux, et, s’il peut obtenir également l’autorisation du Service de la Radiodiffusion, les amateurs de radiovision suivront ses émissions avec le plus grand intérêt.
- LES APPAREILS ACTUELS DE RADIOVISION EN FRANCE
- Les émissions régulières entreprises jusqu’à maintenant sont ainsi effectuées sur trente lignes, ou 60 lignes au maximum; ce fait rend difficile l’augmentation de la surface ou des détails
- de l’image, mais, par contre, il rend plus aisée la réception avec des appareils assez simples, tant en ce qui concerne le récepteur de T. S. F. proprement dit, que le radioviseur qui doit lui être adapté.
- On peut classer, rappelons-le, les récepteurs de radiovision d’aujourd’hui en deux catégories générales. D’un côté, les appareils à intégrateur statique, c’est-à-dire à oscillographe cathodique de Braun sont des appareils fort intéressants; ils constitueront peut-être le type de radioviseur de l’avenir, mais ils sont encore relativement complexes et coûteux. Des résultats vraiment remarquables ont été cependant obtenus récemment grâce à eux, aux Etats-Unis et en Allemagne. Nous les décrirons prochainement, mais jusqu’à présent, ces récepteurs n’ont pas encore fait leur apparition pratique en France.
- Les seuls dispositifs employés sont les appareils à intégrateur électro-mécanique rotatif. Les uns sont à vision directe de l’image à travers un dispositif optique, les autres permettent la projection sur un écran, il est vrai de surface encore assez réduite.
- LES PROGRÈS DES APPAREILS D’AMATEURS A VISION DIRECTE
- Les appareils d’amateurs àvision directe comportent encore un simple disque’de Nipkow entraîné par un moteur électrique. A travers les ouvertures du disque, on aperçoit simplement la plaque luminescente de la lampe au néon reliée au récepteur de T. S. F., et dont la lueur est modulée par la lampe.
- Pour recevoir à volonté les émissions du type Baird ou de type Standard, à 30 lignes tout au moins, on doit employer deux spirales différentes, puisque le mode d’exploration varie; en principe,le sens de rotation du disque doit changer, puisque pour la réception Baird la rotation se fait dans le sens inverse de celui des aiguilles d’une montre, et dans l’autre sens pour la réception Standard. La plupart du temps, la lampe à luminescence doit être placée verticalement suivant le diamètre du disque pour la réception des émissions Standard, et latéralement ou verticalement, suivant la forme de sa plaque, pour la réception des émissions Baird (fig. 4).
- Dans tous les cas il est donc utile d’adopter un matériel facilement interchangeable, d’autant plus que les émissions sur 60 lignes commencent déjà en France, comme nous l’avons indiqué plus haut.
- Pour rendre encore plus facile l’usage du matériel, les constructeurs français présentent des disques à deux séries de perforations, l’une intérieure à l’autre; la série extérieure sert par exemple pour la réception des émissions Baird et la série intérieure pour la réception des émissions Standard. Pour simplifier, il n’est même plus besoin de changer le sens de rotation du disque, lorsqu’on passe d’une réception à l’autre. On peut adopter le sens de rotation des aiguilles d’une montre et lorsqu’on veut recevoir les émissions Baird, placer sim-' plement la lampe à luminescence à gauche du disque. Sans doute, on aperçoit ainsi l’image, comme si on la voyait symétriquement dans un miroir, et l’on ne pourrait lire par exemple des messages écrits ou imprimés, mais ce défaut n’offre pas, la plupart du temps, une grande importance.
- Enfin, l’image doit être cadrée facilement dans un sens et dans l’autre. Le cadrage en hauteur pour les émissions Baird, ou en largeur pour les émissions Standard, s’obtient en agissant sur le système de synchronisme, alors que le cadrage
- Fig. 3. — Le poste émetteur de M. H. Defrance a Saint-Cloud.
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- dans l’autre sens ne peut être obtenu que par une mise en phase relativement assez délicate. C’est pour cette raison qu’un constructeur français a adopté des spirales doubles permettant, par un déplacement de la lampe à luminescence elle-même, un cadrage assez précis.
- Les dispositifs de synchronisation ont été notablement simplifiés par l’emploi de plus en plus général des procédés de régulation par le courant du secteur. Bien entendu, ce procédé ne peut s’appliquer qu’au cas où le récepteur est alimenté par un courant alternatif produit par une centrale de distribution interconnectée avec la centrale qui alimente le poste émetteur. On ne peut donc ainsi recevoir que des émissions locales ou, en tout cas, nationales.
- Il est pourtant déjà fort intéressant, en utilisant simplement une roue phonique à 8 dents ou à 6 dents, suivant qu’on veut recevoir les émissions du type Baird ou du type Barthélémy, de réaliser ainsi un système de synchronisation automatique régularisant exactement la vitesse de rotation du disque à 750 ou à 1000 tours par minute. Le courant alternatif du secteur à 50 périodes traverse simplement les bobinages de l’électro-aimant, dont les pièces polaires agissent sur les dents de la roue phonique, et ce dispositif n’exige donc aucun montage d’amplification particulier.
- C’est seulement dans le cas où l’on veut recevoir des émissions anglaises qu’il est nécessaire d’adopter également un système de synchronisation à roue phonique par les « courants d’images » transmis par le poste émetteur. Dans ce cas, ces courants sont recueillis par le poste récepteur de T. S. F., et, de préférence, amplifiés par un étage séparé avec liaison par transformateur accordé (sur la fréquence 375 par exemple pour les émissions Baird) avant d’être transmis à l’électro-aimant de synchronisme, dont les pièces polaires agissent sur une roue phonique à 30 dents.
- Les disques de Nipkow actuels sont d’un diamètre plus faible que dans les appareils primitifs, 30 à 40 cm, en général; leur synchronisation est donc en même temps plus facile, et on peut adopter pour leur entraînement un petit moteur à induction asynchrone-synchronisé, de faible puissance, de l’ordre de 10 à 40 watts seulement.
- Les lampes à luminescence à cathode plate ont été perfectionnées, comme nous avons eu l’occasion de l’indiquer dans un article récent, mais on emploie toujours comme gaz à faible pression du néon mélangé plus ou moins à de l’hélium. On ne semble pas encore avoir essayé en France les lampes à vapeur de sodium placées dans un champ haute fréquence, dont nous avons indiqué les particularités.
- Au moyen de dispositifs optiques très simples, il est enfin possible d’augmenter non pas le détail de l’image, mais ses dimensions virtuelles, et de rendre sa vision plus agréable. Nous en indiquerons plus loin quelques-uns.
- Les appareils à vision directe, à intégrateur électro-mécanique, demeurent ainsi les récepteurs les plus simples, et ceux qui conviennent essentiellement aux amateurs constructeurs. Leur inconvénient réside cependant dans la difficulté de faire apercevoir l’image par plusieurs spectateurs à la fois, et aussi dans la nécessité de se placer suivant l’axe optique du dispositif de visée pour apercevoir l’image sans déformation.
- QUELQUES DISPOSITIFS D’APPAREILS A VISION DIRECTE
- Pour constituer un récepteur d’amateur à vision directe, suffit, en principe, d’employer des pièces de montage peu nombreuses et peu coûteuses : un disque de Nipkow généralement à double spirale, avec un support servant à maintenir son arbre d’entraînement et sa poulie généralement double,
- et un autre support sur lequel on peut placer la lampe à luminescence à plaque, soit verticalement, soit horizontalement; sur l’axe ou sur le côté du disque, un petit moteur d’entraînement à induction avec son rhéostat de réglage relié par courroie de caoutchouc à la poulie du disque.
- On fixe le tout sur un socle en bois, comme le montre la figure 5, et le dispositif est prêt à être relié à un récepteur de T. S. F.
- Le meilleur système de synchronisation, comme nous l’avons dit, est le procédé à régulation par le secteur, mais il exige l’adoption d’une roue phonique et d’un électro-aimant relativement coûteux. Pour les premiers essais, on peut donc se contenter d’une synchronisation semi-automatique obtenue très simplement d’après les indications d’un stroboscope, et en appuyant, par exemple, plus ou moins le doigt sur la poulie d’entraînement du moteur.
- Une petite ampoule témoin au néon est reliée au secteur alternatif, et elle éclaire un disque stroboscopique portant des secteurs noirs sur fond blanc ou des points blancs peints sur le disque lui-même.
- Selon que ces secteurs, ou ces points, semblent avancer ou reculer dans le sens de rotation du disque, on en déduit, suivant le principe bien connu de la stroboscopie, que la rotation est trop rapide ou trop lente, et on agit en conséquence pour corriger la vitesse.
- Ce dispositif permet tout au moins d’aborder le problème de la réception des images en télévision.
- (A suivre.) P. Hémardinquer.
- Réception Barthélémy
- Ecran-----! y
- Réception /
- Baird " /•[_________i_
- symétrique
- Réception
- Baird
- Moteur
- Fig. 4. — Différents emplois du disque de Nipkow à 2 spirales.
- Fig. 5. — Dispositif simplifié de radiovision d’amateur (type Integra Chauvierre).
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- LIVRES NOUVEAUX
- Wege zur physikalischen Erkenntnîs fReden und Vortrage), von Dr Max Planck. 1 vol. 280 pages. S. Hirzel, Leipzig. 1933. Prix, broché : 6 R.-M.
- Ce volume contient un certain nombre de discours et conférences de l’illustre créateur de la théorie des quanta. On peut y suivre les étapes de sa pensée devant la révolution physique qu’il a, plus que tout autre, contribué à déclencher, voici plus d’un quart de siècle. Rien de plus intéressant que son attitude en face des problèmes scientifiques et philosophiques qu’ont posés successivement les extraordinaires floraisons des théories physiques modernes. On trouvera dans ces pages de sagaces et profondes réflexions sur les caractères de la recherche physique, sur la valeur et le sens des constructions synthétiques et théoriques des physiciens, en même temps que des exposés d’ensemble admirablement clairs, consacrés à un certain nombre de questions importantes. Citons par exemple la conférence sur la théorie des quanta faite à Stockholm en 1920 à l’occasion de la remise du prix Nobel. Mais la plupart de ces allocutions sont consacrées à la philosophie des sciences et aux problèmes métaphysiques fondamentaux qu’a posés de tout temps la recherche scientifique. Un de ceux qui préoccupent le plus le physicien berlinois est la contradiction apparente entre la loi de causalité physique et le libre arbitre. A des dates différentes, il y revient à plusieurs reprises; avec des arguments différents il s’affirme chaque fois un ardent partisan du libre arbitre humain, et il trouve, dans la science elle-même des raisons pour séparer le domaine de la loi morale et de la religion du domaine de la nécessité physique.
- La télévision et ses progrès, par P. Hémardinquer,
- I vol. xii-244 pages, 150 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1933. Prix : broché : 29 fr.
- II appartenait à notre collaborateur d’écrire le premier ouvrage développé et de caractère pratique publié en France sur la télévision. Après un historique aussi intéressant que documenté, et le rappel des principes généraux sur lesquels repose la télévision, l’auteur montre les difficultés de tous genres auxquelles se heurte la réalisation et pose ainsi d’une façon très claire les différents problèmes à résoudre. Il étudie ensuite les organes qui permettent d’effectuer les diverses opérations que comportent une transmission et une réception de télévision, étude très complète et qui tient compte des progrès les plus récents. Un chapitre spécial est consacré à la radiovision d’amateur, un autre à la télévision cathodique. L’ouvrage se termine par l’exposé des opinions d’un certain nombre de techniciens sur l’avenir de la télévision, opinions bien connues de nos lecteurs puisqu’elles ont été publiées ici même en 1932 en réponse à l’enquête organisée par l’auteur.
- Le livre forme un ensemble de lectures attrayantes et faciles, fort bien documenté et qui rendra service à tous ceux qui s’intéressent à la télévision.
- La fabrication pratique du papier, par G. et
- R.-H. Clapperton. Traduit d’après la 3 e édition anglaise par G. Daday. 1 vol. vni-182 pages, 16x25, 25 planches. Dunod, éditeur, Paris 1933. Prix : 35 fr.
- En un langage simple et accessible à tous, ce livre décrit les différentes phases de la fabrication du papier depuis le triage des matières premières jusqu’à l’apprêt et au façonnage du papier. L’auteur s’étend particulièrement sur les imperfections de fonctionnement des machines, mais il insiste surtout sur les remèdes — consacrés par une longue expérience — aux réactions de la matière que l’état actuel de nos connaissances ne permet pas de prévoir ni de corriger scientifiquement. Ainsi, son livre n’est pas seulement une monographie, mais un véritable guide de fabrication.
- Le traducteur est, depuis longtemps, directeur aux usines Navarre et sa compétence lui a permis tout en respectant le texte original, de l’adapter aux besoins du lecteur français; c’est ainsi que pour les illustrations il a substitué aux machines anglaises le matériel utilisé en France et a donné en complément un grand nombre de microphotographies du plus haut intérêt.
- Fleuves et rivières, par Maurice Pardé. 1 vol., 224 p. avec 18 graphiques et cartes. Collection Armand Colin, Paris, 1933. Prix, broché : 10 fr. 50.
- »
- Quelle est l’abondance des cours d’eau ? Comment leur débit varie-t-il d’un pays à un autre et d’une saison à une autre ? Comment se produisent les grandes inondations dont nous apprenons parfois les méfaits désastreux ? Quelles quantités de boues et de graviers les rivières arrachent-elles à leur bassin et charrient-elles vers l’aval? A quels facteurs morphologiques, géologiques et climatologiques obéissent ces éléments du régime des eaux courantes ?
- On trouvera la réponse à ces questions dans l’ouvrage de M. Pardé,
- qui sous une forme condensée constitue un véritable manuel d’hydrologie.
- Greenland. The advances of a Decade (1921-1931), par W.-H. Hobbs, 1 brochure 46 p„ 28 cartes et schémas. Reprinted from « Papers of the MichiganAcademy of Sciences, Arts et Letters) 1932.
- Le Groenland, terre longtemps presque inconnue, a bénéficié dans la dernière décade des travaux des autorités danoises, et de ceux de nombreux explorateurs : Lauge Koch, Wegener, J. Scott, Mehren et Roggard, Rumill et Hampden, Stephenson, etc. ; il a été survolé par plusieurs expéditions aériennes. Byrd, liassel, Cramer, Von Gronau. M. Hobbs, dans une substantielle brochure, résume les résultats cartographiques, géologiques, physiographiques et météorologiques de toutes ces explorations. C’est une utile vue d’ensemble sur nos connaissances actuelles relatives à la grande île septentrionale.
- L’agriculture dans l’évolution de la crise mondiale. Conférences à l'institut national agronomique, 1 vol. in-8, 235 p. Alcan, Paris. 1933.
- L’Institut national agronomique et l’Association de ses anciens élèves organisent chaque année une série de conférences sur un sujet d’actualité. Il n’en est pas de plus grand ni de plus brûlant que le rôle de l’agriculture dans le développement de la crise mondiale et l’on ne pouvait réunir une pléidade de conférenciers plus brillants, plus compétents.
- Après que M. Queuille, ministre de l’Agriculture eût souligné l’importance du problème et M. de Felcourt exposé sa position dans les conférences internationales actuelles, M. Lucien Romier exposa lumineusement la crise vue aux États-Unis, M. Serruys l’agriculture allemande dans la politique économique et financière du Reich, M. de Nicolay la crise en Europe centrale vue sous l’angle agricole! M. Ricard la situation agricole en Amérique du Sud, M. Pierre Lyautey les dettes agraires au Japon, en Chine et aux Indes et leurs effets sur les crises politiques et économiques. Enfin, M. Oualid dégagea les grandes leçons de la crise en ce qui concerne l’agriculture française.
- Handbuch der Seefîscherei Nordeuropas, par
- H. Lubbert et E. Ehrenbaum Bd I, H. 6. Der Stoffhaushalt im Meere, par K. Brandt et J. Reibisch. 1 fasc. in-8, 37 p., 20 fig. Schweizerbart’sche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1933 Prix • 8 M.
- Voici un nouvel ouvrage d’ensemble sur les pêches du nord de l’Europe qui fera dix volumes. Au prix marqué sur le présent fascicule, l’ensemble dépassera de beaucoup 2000 fr ! C’est là un prix excessif qui gênera certainement la diffusion d’un ouvrage dont le plan tracé est vaste et fort complet, puisqu’on y trouve non seulement les données techniques et économiques des multiples pêches dans les divers pays, mais aussi leurs bases océanographiques et biologiques. Par exemple, le présent fascicule, écrit par deux savants compétents, est consacré aux réserves de nourriture des mers : bactéries, plantes' animaux, à leurs conditions de production : lumière, azote, phosphore, etc., à leurs modes de nutrition; phagocytose, symbiose, etc., et à leurs formations de silice, chitine, cellulose, etc. Les documents disponibles, encore rares, sont méthodiquement présentés.
- Le métabolisme de l’azote, par É. F. Terroine. 1 vol. in-8 562 p. Collection « les Problèmes biologiques » ; Presses universitaires de France, Paris, 1933. Prix : cartonné toile, 125 fr.
- Les « problèmes biologiques » avaient débuté par un ouvrage du même auteur sur la métabolisme de base qui fut rapidement épuisé. Celui-ci n’aura pas un moindre succès. On peut imaginer le labeur du professeur de l’université de Strasbourg pour aboutir à cette monumentale monographie, synthèse de nos connaissances actuelles, qui se termine par une doctrine nouvelle, fruit de l’ensemble de ses recherches personnelles. L’azote est le propre de la matière vivante; l’organisme en perd incessamment parles divers émonctoires; il lui en faut trouver le remplacement. De là de multiples besoins : pour l’entretien, la croissance, la reproduction, la lactation, la ponte, etc., besoins quantitatifs et aussi qualitatifs puisque les diverses matières azotées ne sont pas également efficaces pour satisfaire toutes les modalités physiologiques. Cela conduit à étudier séparément le rôle des divers acides aminés, des protéines. Et cela pose de multiples problèmes encore irrésolus, notamment en ce qui concerne les fonctions spécifiques de chaque corps, les besoins spéciaux de l’entretien de l’adulte et de la croissance du jeune. L’ouvrage, très didactique, serre tous les problèmes de près et montre bien toutes les difficultés et les complexités des problèmes vitaux.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- L'électrification des chemins de fer
- La Revue « Les Chemins de fer et les Tramways » donne d’intéressants renseignements sur l’électrification des chemins de fer dans le monde. Nous extrayons, pour les principaux pays, les longueurs de lignes électrifiées et les plaçons en regard des longueurs totales de voies ferrées de ces mêmes pays.
- Nombre total de kilomètres de ligne Longueur de lignes électrifiées ou en cours d’électri- fication % de la longueur électrifiée relativement à celle totale
- Suisse 3000 1675 56 0/ /O
- Suède 6500 908 14 ))
- Autriche 5350 726 13,5 »
- Italie 17 000 1550 9,1 ))
- Norvège 2 650 194 7,3 »
- France 41 000 1600 3,8 »
- Hollande 3650 134 3,7 ))
- Espagne 10 850 368 3,4 ))
- Allemagne .... 53 000 1535 2,9 ))
- Grande Bretagne . 31 000 770 2,5 »
- Hongrie 7300 66 0,9 »
- Etats-Unis .... 500 000 3200 0,8 »
- Tchécoslovaquie . . 13 000 75 0,6 ))
- Russie 76 000 50 0,6 »
- PHYSIQUE DU GLOBE Un tremblement de terre à Paris.
- Les tremblements de terre sont rares dans la région parisienne. Il vient de s’en produire un, le 3 octobre dernier; sans doute fort peu de personnes s’en sont aperçu, mais il n’a pas échappé aux savants. Nous croyons intéressant de reproduire la communication faite à ce sujet à l’Académie des Sciences,le 9 octobre dernier, par MM. Ch. Maurain et C. E. Brazier, de l’Institut de Physique du globe :
- Le 3 octobre vers 7 h. 55 (T. M. G.) s’est produit un tremblement de terre qui a été sensible à Paris. L’un de nous a ressenti, dans son laboratoire, à Paris, au quatrième étage de l’immeuble, plusieurs oscillations. M. Molliard, membre de l’Académie, a ressenti un mouvement avec accélération verticale. Diverses autres constatations personnelles ont été recueillies. D’après les indications données par les journaux, le mouvement a eu sa plus grande amplitude dans le Loiret, au voisinage de la Loire.
- Les mouvements ont été enregistrés de manière très accentuée aux séismographes du Parc Saint-Maur; les premières ondes paraissent marquées à 7 h. 54 m. 33 s., les secondes ondes à 7 h. 54 m. 46 s. les ondes longues à 7 h. 55 m. 6 s. L’amplitude des mouvements horizontaux a été, pour les ondes longues, 27 microns dans la direction N-S et 17 microns dans la direction E-W (séismographe Wiechert). Les périodes de ces ondes étaient petites, comme cela est habituel lorsque l’origine du séisme est peu éloignée de la station; la période des*ondes longues était environ 0,7 seconde. Quand l’origine
- _du séisme est éloignée, les ondes qui en proviennent ont des périodes beaucoup plus grandes et les accélérations sont plus faibles à amplitude égale; c’est ce qui explique que des mouvements d’amplitude beaucoup plus grande que ceux du présent séisme, mais provenant de séismes éloignés (mouvements qui sont fréquents) ne sont pas ressentis.
- D’après les intervalles de temps séparant les arrivées des diverses sortes d’ondes, la distance de l’origine du séisme à Paris (Parc Saint-Maurj est environ 120 km.
- Le barographe à poids du Parc Saint-Maur a marqué le mouvement par un petit crochet, ainsi que les barographes de l’Office national météorologique à Paris et au Mont Valérien.
- Les tremblements de terre sensibles à Paris sont rares; depuis 1920, deux seulement avaient été signalés : l’un du 30 juillet 1926, dont l’origine était en mer entre Jersey et le Cotentin, l’autre du 7 juin 1931, dont l’origine était dans la mer du Nord, et qui fut particulièrement sensible en Angleterre. Ce nombre est très petit par rapport au nombre total des tremblements de terre, d’origine plus ou moins lointaine, enregistrés à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, nombre qui a été en moyenne de 354 par an pendant les années 1929-1930-1931, soit à peu près un par jour. »
- MINES
- Le plus ancien charbonnage d’Europe.
- Bien que la question des premières exploitations houillères d’Europe soit encore fort controversée, nous pensons que c’est dans le Limbourg hollandais, à Kerkrade, que se trouve la plus ancienne mine du continent. Selon des documents authentiques, l’exploitation y aurait débuté il y a plus de huit siècles en 1113. Primitivement, l’exploitation était des plus sommaires, elle se faisait à ciel ouvert aux endroits où les veines de houille venaient affleurer. Ce n’est guère qu’au xxve siècle que le travail se fit en profondeur, à l’aide de petits puits avec des voies d’écoulement pour les eaux. Tout le travail se faisait à la main à l’aide de pics et de pelles et aucun explosif n’était employé. Cependant les mineurs, gens habiles, surent construire des puits et des galeries qui sont pour l’époque des prodiges de technique, dont certains spé-cimeris, défiant les siècles, soixt arrivés jusqu’à îxous. Les paniers de charbon étaieixt hissés jusqu’au niveau du sol à l’aide de cabestans, puis vinrent les moulins à chevaux et les treuils. L’épuisement de l’eau, des plus pénibles, se fit pendant longtemps à l’aide de pompes à main. Cette mine était la propriété des moines de l’Abbaye de Rolduc qui jusqu’au milieu du xviii* siècle affermèrent leur concession à des particuliers ou à des sociétés. Comme les déboires avec les concessionnaires étaient fréquents, les moines décidèrent en 1742 de reprendre l’exploitation pour leur compte. En même temps, ils donnèrent une grande extension à leur entreprise, l’extraction se fit à 300 m de profondeur avec un personnel de plus de 800 ouvriers. Vint la Révolution française; le couvent fut fermé en 1795, le domaine confisqué et la mine cessa son exploitation. En 1797, l’Etat français vendit une partie de la concession, conservant l’autre. Il fut en outre procédé à un regroupement des champs miniers, fox'mant la concession actuelle de la « mine domaniale ». En 1815, la « Mine » devint la propriété de l’Etat hollandais qui fit construire en 1828, le siège d’extraction encore utilisé aujourd’hui. Dès 1848, le gouvernement concéda l’exploitation des « Mines domaniales » à la Compagnie des chemins de fer d’Aix-la-Chapelle à Maestricht.
- Une nouvelle transformation sociale se produisit en 1925
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- par l’abandon, par le chemin de fer à la « Domaniale Mijn Maatschapjiy » de l’exploitation houillère.
- Cette nouvelle société donna une grande extension à l’extraction de la houille en creusant un nouveau puits principal double, profond de 500 m avec triage, concassage, fabrique d’agglomérés, etc...
- La Mine domaniale a encore aujourd’hui une concession de 640 ha dont 170 en territoire allemand. L’extraction se fait par cinq puits occupant plus de 3000 ouvriers et livrant à la consommation plus d’un million de tonnes de houille par an.
- Notons que la houille fournie par ce vieux charbonnage est de toute première qualité, comportant surtout des anthracites et des charbons maigres ne dépassant pas 11 pour 100 de matières volatiles. G. Remaele.
- CHIMIE
- Le tétrachlorure de carbone extincteur d'incendies.
- Le tétrachlorure de carbone est un des moyens les plus efficaces dont on dispose pour éteindre les incendies à leur début, surtout quand on ne peut se servir d’eau, soit qu’elle manque, soit qu’on veuille éviter les dégâts qu’elle cause, soit encore qu’on redoute sa conductibilité électrique. D’innombrables extincteurs ont été créés et utilisés qui lancent sur le foyer un jet de tétrachlorure de carbone liquide.
- Si le tétrachlorure lui-même (CCI4) est considéré comme inoffensif, des craintes se sont fait jour sur la toxicité des produits de sa décomposition au contact des flammes et notamment sur le gaz phosgène (oxychlorure de carbone, COC12) qu’il produirait. On sait que ce gaz est en effet un irritant très violent des voies respiratoires et qu’il fut largement utilisé dans la guerre chimique.
- Ces craintes furent si souvent exprimées que des expériences furent décidées en différents pays : en Allemagne, au Che-mische Technische Reichanstalt, en Angleterre au Laboratoire national de physique, en France à l’Office national des Recherches et Inventions.
- La Revue internationale du feu vient de publier une longue étude de M. R. A. Denne qui rassemble et résume tous les résultats obtenus.
- Le tétrachlorure de carbone, au contact d’un foyer en igni-tion, ne donne naissance, même dans les conditions les plus défavorables, qu’à des quantités infimes d’oxychlorure de carbone; ce corps est immédiatement et complètement décomposé au contact de la vapeur d’eau en acide chlorhydrique et en gaz carbonique, si bien qu’il n’existe jamais à des concentrations suffisantes pour être instantanément ou rapidement toxique.
- La lourde fumée noire qui se dégage dans un feu pendant l’extinction au moyen de tétrachlorure n’est formée ni de vapeurs de tétrachlorure, de chlore ou d’acide chlorhydrique, ni de phosgène, mais simplement de carbone finement divisé. L’extinction complète est, bien entendu, précédée d’une période de combustion incomplète et les circonstances journalières sont fréquentes du dégagement de carbone libre (fumée noire) provenant d’une telle combustion.
- La vapeur blanche qui se dégage est formée partie de vapeur d’eau (vapeur d’eau en condensation), partie d’acide chlorhydrique, ce dernier constituant un noyau de condensation pour la vapeur d’eau. Si l’on enlève le bouchon d’une bouteille d’acide chlorhydrique, on observe un dégagement de fumée blanche, mais il est faux de dire que cette fumée est de l’acide chlorhydrique; caria concentration d’acide dans la fumée est très faible, en comparaison de la quantité d’eau condensée.
- Le chlore est un gaz vert jaunâtre, mais dans aucune des expériences faites on ne l’a vu se dégager en quantité suffisante pour colorer les fumées. Toute coloration jaunâtre des fumées qui a pu être observée est due à d’autres substances dont la distillation sèche a été provoquée par le feu.
- En général, la concentration d’oxyde de carbone produite au cours de l’extinction, due à la période de combustion incomplète précédant l’extinction totale, est importante et souvent dangereuse.
- Les feux d’appareils électriques peuvent produire, et produisent souvent, des quantités considérables de gaz toxiques dus à la décomposition de la matière isolante.
- Comme conclusion, on peut affirmer que les extincteurs à tétrachlorure de carbone peuvent être employés, comme par le passé, sans dangers spéciaux.
- BOTANIQUE Longévité des graines.
- Pendant combien de temps les graines peuvent-elles germer après leur récolte ? Les croyances populaires et les récits des journaux sont bien loin d’être vérifiés par les observations précises des botanistes.
- Périodiquement, on retrouve dans des tombes ou des cachettes des grains datant de plusieurs siècles et on signale avec admiration qu’ils ont germé, continuant ainsi une culture du temps de Louis XIV, si ce n’est du moyen âge ou même du temps des Romains.
- En Egypte, il n’est guère de guides qui ne découvrent devant chaque voyageur quelques grains de blé ou d’orge oubliés au fond des tombes qu’ils visitent et ne proposent ensuite d’acheter ces « grains de momies ». Certains vont plus loin encore; ils trouvent dans les monuments égyptiens des grains de maïs, plante américaine d’origine ! Bien entendu, il s’agit de grains apportés à l’intention du touriste crédule.
- D’autres fois, on a signalé des grains vivants provenant de nécropoles égyptiennes et envoyés en Europe, mais il s’agissait, comme Sir Wallis Budge l’a montré, de grains tout récents, soit que des indigènes aient utilisé des monuments anciens comme greniers pour leurs récoltes, soit que des momies aient été expédiées dans des cales où se trouvaient des céréales.
- En réalité, aucune graminée n’a de grains conservant très longtemps leur vitalité. Becquerel, examinant les collections du Muséum national, exactement datées, a vu le pouvoir germinatif disparaître généralement au bout de 16 ans. Sifton a trouvé 18 ans pour la conservation en vie de blés canadiens et un peu plus pour l’avoine. Percival a obtenu pour le blé, comme extrême limite, 25 ans. White a vu les grains australiens de blé mourir après 11 à 16 ans et ceux d’orge après 8 à 10.
- Cette durée est très variable selon les plantes et J. H. Turner vient de rassembler nombre de données à ce sujet dans le Kew Bulletin (n° 6, 1933).
- Certaines graines ne restent vivantes que quelques jours au plus; c’est le cas du saule et du peuplier. Par contre, celles du lotus sacré de l’Inde, Nelumbo, conservent leur pouvoir germinatif au moins 150 ans et peut-être même 400.
- Brassica, Œnothera, Polygonum, Rumex, Verbascum ont des graines qui, séchées au feu, durent au moins 50 ans. Ewart a réussi à faire germer des graines de Goodia latifolia datant de 105 ans, Becquerel des graines de Cassia bicapsularis vieilles de 87 ans, Turner des graines d’Anthyllis vulneraria et Trifolium striatum, de 90 ans.
- A condition que les observations soient sûres et non critiquables, des données de ce genre seraient utiles à rassembler, de façon à en chercher une explication générale.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉCANIQUE Le vèloculteur
- On connaît les difficultés que rencontrent les petits exploitants pour utiliser les appareils de motoculture, alors que la surface des terrains à travailler ne justifie pas l’achat d’un appareil trop dispendieux.
- Il existe de petits appareils de motoculture actionnés par moteur qui sont intéressants et dont le prix d’achat n’est pas prohibitif. Toutefois, pour une culture très modeste, le propriétaire d’un terrain de petites dimensions hésite devant cette dépense, et s’il veut travailler par les moyens primitifs, il ne peut, sans grande fatigue, arriver à mettre en valeur le terrain dont il dispose. C’est pourquoi, les petits exploitants désirent depuis longtemps un appareil simple et solide qui permette d’effectuer très rapidement et sans fatigue les labours, les binages et les buttages.
- Un constructeur a pensé que l’on pouvait utiliser le travail que l’homme fournit avec ses jambes; il a considéré par exemple que, avec moins de fatigue, le cycliste va cinq fois plus vite que le piéton. Pourquoi un appareil de culture, actionné comme un tricycle n’irait-il pas cinq fois plus vite que la bêche.
- L’appareil ainsi conçu est constitué par un tambour de treuil que l’on actionne par un pédalier avec une démultiplication convenable; le même pédalier entraîne en même temps un volant suffisamment lourd qui tournant rapidement, régularise l’effort et permet le passage des points morts, sans que le mouvement ralentisse. Sur le tambour s’enroule un câble très résistant auquel est fixé l’appareil de culture. On peut doubler au besoin la traction en utilisant une poulie moufle dans le cas de très forts labours, la poulie moufle étant fixée [à l’avant de la charrue et le câble revenant au vèloculteur.
- Le labour s’effectue ainsi sans aide, car la charrue suit toute seule le sillon et la vitesse d’avancement est d’environ 800 mètres à l’heure. On exerce en pédalant un effort puissant et continu sur le câble et la traction de 120 à 150 kg ne cause aucune fatigue au travailleur.
- En comparant ce résultat avec l’effort normal d’un cheval, on voit, que, grâce à cette machine, un homme seul développe une force supérieure avec une vitesse de travail appréciable. Cela est dû évidemment aux combinaisons mécaniques de l’appareil, notamment à la démultiplication, au mouvement de rotation sans à-coups et, enfin, à une bonne réalisation mécanique.
- L’appareil comporte un cadre rigide, une selle réglable, un pédalier à 2 trains de pignons et 2 chaînes avec tension réglable. Le cadre est fixé sur un essieu monté sur deux roues et sur cet essieu tourne le volant lourd à grande vitesse et le tambour de treuil démultiplié; 50 mètres de câble d’acier à haute résitance permettent de répondre à toutes les conditions du travail. Un levier permet d’embrayer et de débrayer le tambour. Un autre levier régularise l’enroulement du câble à l’arrière du cadran sur deux griffes qui coulissent sur la barre d’ancrage qui, elle-même, est fixée au sol par trois fiches spéciales. On ne déplace les fiches que tous les 10 sillons et une barre de manœuvre permet de déplacer facilement l’appareil.
- Naturellement, on peut adapter à ce treuil, divers outils de travail : le porte-outils à 2 roues avec des dispositifs de réglage en tous sens et même, en inclinaison, peut recevoir la charrue avec coutre et crocs fouilleurs démontables ou bien
- Fig. 1. — Le vèloculteur au travail.
- un socle butteur à ailes mobiles, des dents de houes diverses un paroir à allée.
- C’est donc un appareil extrêmement ingénieux et si l’on veut un dispositif plus puissant, il existe des modèles analogues mais sur lesquels le constructeur a installé un moteur.
- Constructeur : Tracteur Pégase, 16. rue du Mail, Rouen.
- AUTOMOBILISME
- Gonfleur amovible et Gonfleur fixe « Gergovia ».
- I. Gonfleur amovible. — S’il est fort désagréable, au cours d’une promenade, de constater soudain que l’un des pneus de la voiture est à plat, cela constitue un gros ennui lorsque l’on va, dans cette voiture, à un rendez-vous d’affaires.
- Et si, par malheur, le pneu de rechange, gonflé souvent depuis fort longtemps, est lui-même à peu près dégonflé, cela devient presque un désastre.
- Et aussi une fort ennuyeuse corvée, car il va falloir pomper !
- « Gergovia », fort heureusement, a paré le coup avec son gonfleur amovible (fig. 2-a), en tout semblable, comme forme et dimensions, à une bougie ordinaire. Il suffit de dévisser
- Fig. 2. — Gonfleur amovible Gergovia.
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- celle du premier ou du dernier cylindre, de la laisser sur la masse, — ceci pour soulager la magnéto, — et de la remplacer par le gonfleur pour transformer le cylindre sur lequel il est vissé en une excellente pompe à air susceptible de gonfler très rapidement, à basse pression, un pneumatique de forte section.
- L’explication en est fort simple.
- Par de grandes ouvertures AA (fig. 2-6) le piston, en descendant, aspire l’air du dehors qui vient remplir le cylindre. Lorsque ce piston remonte et comprime l’air contenu dans le cylindre, cet air soulève la plaquette B (fig. 2-6) perforée en son milieu, mais dont le pourtour vient obstruer les orifices A. Il soulève ensuite la bille C, et s’échappe par le tuyau D.
- Un tuyau souple de 4 mètres terminé à chaque extrémité par un raccord rapide, permet de diriger cet air comprimé vers le pneu à gonfler. Il suffit, pour cela, de recoiffer l’extrémité D du gonfleur, — qu’on a dû séparer de ce raccord pour pouvoir le visser à la place de la bougie, — avec l’extrémité du raccord protégée à cet endroit par un petit ressort spirale, puis de coiffer la valve à l’aide du raccord rapide placé à l’autre extrémité du tuyau de 4 mètres.
- Ce raccord possède une tige centrale qui maintient soulevé l’obus de la valve. Le dévissage du couvercle (fig. -2c) permet de trouver à l’intérieur une autre tige qui peut être mise à la place de la première. La plus petite de ces deux tiges convient aux valves Michelin ancien modèle, la plus grosse aux valves Schrader ou Michelin dernier modèle.
- On pourrait craindre, cependant, que ce mode de gonflage aspire de l’essence ou fasse remonter de l’huile. Il n’en est rien, car, grâce à la grandeur des orifices AA, le cylindre se remplit facilement de l’air du dehors sans qu’il se produise intérieurement aucune dépression. Il ne reste donc plus qu’à faire tourner le moteur au plus grand ralenti possible pour rendre toute sa vigueur au pneu défaillant, et on s’assurera facilement, après gonflage, que le gonfleur amovible est absolument sec, et ne sent aucunement l’essence. Une analyse officielle de l’air pompé par ce gonfleur, effectuée au Conservatoire des Arts et Métiers a d’ailleurs prouvé sa pureté absolue.
- II. Gonfleur fixe. — Mais « Gergovia » ne s’en est pas tenu là.
- Il faut encore, avec son gonfleur amovible, dévisser une des bougies et la remplacer par ledit gonfleur, puis dévisser ce
- gonfleur pour remettre la bougie en place. Pourquoi, s’est dit « Gergovia », ne pas assurer allumage et gonflage avec le même appareil. Et il a créé le gonfleur-fixe comprenant la bougie gonfleuse et son adaptateur.
- La bougie-gonfleuse, construite avec l’excellent isolant qu’est la stéatite, se visse à demeure sur le moteur aux lieu et place d’une bougie ordinaire, et, aussi bien que celle-ci, assure l’allumage de façon irréprochable (fig. 3-a).
- Qu’un pneu vienne à flancher, et, instantanément, elle peut être transformée en bougie-gonfleuse. Il suffit, pour cela, d’y fixer l’adaptateur. Celui-ci comprend, en premier lieu, un chapeau qui coiffe la bougie, se fixe solidement, par ses encoches, sur les tétons de cette bougie, et porte le tuyau de gonflage, et, en second lieu, une clé de manœuvre qui tourne à l’intérieur du chapeau et s’emboîte sur un écrou placé à la partie supérieure de la bougie (fig. 3-6).
- Quelques tours de clé permettent de dévisser l’écrou A. Tout le corps central de la bougie remonte alors et vient se bloquer en C (fig. 3-c), contre la clé.
- Il est facile maintenant, avec le moteur au ralenti, de regonfler le pneu qui a rendu l’âme.
- L’air du dehors, en effet, par suite de l’aspiration, repousse une très fine lame de ressort R, en acier, qui obture les trous D, (fig. 3-a et c), pénètre par ces trous, et, suivant la direction des flèches, vient remplir le cylindre.
- Lorsque le piston remonte, l’air comprimé appliquant les lames de ressort sur les trous D et les obstruant lui-même de ce fait, est obligé de suivre le parcours indiqué par la flèche (fig. 3-d) puis soulève la bille E (fig. 3), qui s’oppose au retour d’air, et, par un tuyau semblable à celui du gonfleur-amovible, va redonner la vie au pneu.
- Ce gonflage terminé, la clé tournée dans l’autre sens ramène le corps B en place, la bougie retrouve son étanchéité, les pointes leur écartement, et cette bougie assure à nouveau l’allumage.
- Le prix de cette bougie-gonfleuse étant comparable à celui d’une bougie ordinaire, un automobiliste avisé peut équiper son moteur uniquement avec ces bougies, l’adaptateur étant le même pour toutes, et utiliser ainsi, pour le gonflage, le cylindre le plus facilement accessible.
- Le gonfleur-fixe « Gergovia », livré en boîte métallique, comprend : une bougie-gonfleuse avec attache-fil instantané, (de vente courante, d’ailleurs, dans tous les garages), un adaptateur, un tuyau de 4 mètres à raccords rapides, une clé à tube pour visser à demeure la bougie sur le moteur.
- Gonfleur-amovible « Gergovia »,et Gonfleur-fixe « Gergovia », sont en vente aux Etablissements Pingeot, rue de Château-dun, à Clermont-Ferrand, et 31, rue Brunei, à Paris.
- G. L.
- Pour permettre aux conducteurs de poids lourds d’entendre les avertissements des usagers de la route qui veulent les doubler.
- Dans le but de satisfaire aux prescriptions du Code de la Route (art. 22, § 6), le Service technique de la Préfecture de Police a étudié, pour l’équipement du matériel automobile de cette Administration, un dispositif répondant aux obligations nouvelles imposées aux poids lourds.
- Clé de manœuvre
- Fig. 3. — a) Bougie gonfleuse en fonctionnement normal d’allumage, b) la bougie, l'adaptateur et la clé de manœuvre, c) bougie fonctionnant en gonfleur : aspiration, d) bougie fonctionnant
- en gonfleur : refoulement.
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- Sonnerie
- Batterie
- Interrupt)
- Triade ( JZZ
- Bêlais':
- Cellule
- Résistance
- Fig. 4. — Schéma du système avertisseur de la Préfecture de Police.
- Ce dispositif utilise les propriétés de la cellule au sélénium.
- Le conducteur de la voiture qui veut doubler un véhicule poids lourd donne « un coup de phare ». Aussitôt le dispositif met en action soit un signal sonore, soit un signal lumineux placé près du conducteur du poids lourd. Celui-ci est ainsi avisé qu’une voiture demande le passage.
- Le dispositif se compose de trois éléments :
- Le détecteur des appels lumineux,
- L’amplificateur,
- Le signal sonore ou lumineux.
- 1° Détecteur lumineux. — Celui-ci comporte principalement une cellule au sélénium Rio entièrement métallique et par conséquent très robuste. Cette cellule, particulièrement sensible, est montée à l’intérieur d’un boîtier étanche destiné à être placé à l’arrière du poids lourd sur son côté gauche et à la hauteur moyenne de la position des phares. Ce boîtier ainsi placé regarde vers l’arrière.
- Un système optique est monté à l’avant de la cellule, dans le capot étanche, pour permettre à celle-ci d’être impressionnée par les rayons émis par les deux phares du véhicule tout en restant insensible aux variations de lumière dues aux passages sur les routes ombragées ou ensoleillées.
- Fig. 5. — Le dispositif placé à l'arrière d’un camion (pli. Roi).
- 2° Amplificateur. — Celui-ci est très simple et ne comporte qu’une lampe triode dont le chauffage est assuré directement par le courant de la batterie du poids lourd. La grille de cette triode reçoit les variations de courant provenant de la cellule au sélénium, influencée par la lumière des phares. Le courant amplifié par cette triode, agit sur un relai très robuste et non sensible aux trépidations : c’est ce relai qui actionne l’avertisseur sonore ou lumineux placé près du conducteur.
- 3° Signal sonore ou lumineux. — Ce signal peut être différent suivant l’ampleur que l’on voudra donner pour attirer l’attention du conducteur. Il peut être un clakson, une simple sonnerie ou une lampe rouge.
- Un interrupteur branché sur le circuit de la batterie permet, si on le désire, de mettre l’appareil hors service; la nuit par-exemple, la clarté des phares des voitures cherchant à doubler est suffisante pour avertir le conducteur du poids lourd.
- La cellule au sélénium permet de séparer celle-ci de l’amplificateur qui peut être placé dans un endroit convenablement protégé de la carrosserie. Deux conducteurs à gaine caoutchouc suffisent pour relier la cellule à l’amplificateur.
- Fig. 6. — Le dégeleur d’aiguilles.
- Cette propriété permet de placer la cellule à l’arrière d’une remorque en laissant l’amplificateur à bord du tracteur.
- TRAVAUX PUBLICS Un dégeleur d’aiguilles.
- Parmi les intéressantes nouveautés exposées à la récente Foire de Leipzig, signalons un dispositif mis au point par la maison Siemens-Schuclcert et qui sert à dégeler les aiguilles de chemins de fer et de tramways.
- Ce dispositif est basé sur l’emploi d’un courant d’air chauffé produit par une soufflerie. L’électricité nécessaire à actionner cette dernière et à chauffer le flux d’air est empruntée à la boîte de contact de la lanterne d’aiguille la plus proche ou au fil à trolley du tramway.
- Essayé par la Société allemande des Chemins de fer d’Etat, ce dispositif a donné d’excellents résultats dans la pratique courante.
- Coustructeurs : Siemens Schuckert Werke, à Berlin-Siemensstadt.
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- BOITE AUX LETTRES E
- COMMUNICATIONS
- Prévision du temps (n° du 15 septembre 1933).
- M. F. Verdier nous écrit à ce sujet la lettre qui suit :
- L’article de M. de Montessus de Ballore, dans le numéro sur la prévision du temps par l’observation des mouches est à ajouter à celles, bien connues des paysans :
- Il fera BEAU MAUVAIS
- Hirondelles..........Volent haut. Rasent le sol.
- Abeilles.............Vont loin des ruches. Restent près du rucher.
- porc................. Grogne et s’agite.
- Poules...............Se couchent tôt. Se roulent dans la
- poussière.
- Grenouilles..........Chantent le soir. Se taisent.
- Bœuf. Cheval. . . . Reniflent l’air.
- Tourterelles.........Roucoulent le soir.
- Pies.................Jacassent le matin.
- Fumées. .............S’élèvent et se dis- Descendent lourde-
- sipent. ment.
- Etoiles..............Dans ciel pur. Brouillard vaporeux.
- Ciel matin...........Brumeux. Trop limpide.
- Pierres..............Très sèches. Deviennent humides.
- Gouttes d’eau le matin Se dissipent. Restent aux branches
- après la pluie.
- Massacres de platanes (nos 2910 et 2913).
- M. G. Trainar, de Nice, nous écrit :
- « Au sujet des massacres des platanes, la communication de M. le lieut.-colonel E. Devels lue dans le n» 2913 du 15 septembre dernier est fort intéressante : ainsi expliquées, les mesures draconiennes, prises à l’égard des platanes de certaines régions (entre autres la ville même de Vichy), sous forme d’un ébranchage total sont parfaitement justifiées.
- Mais que dire des demi-massacres de ces arbres pratiqués sous la forme suivante : les branches extérieures sont respectées alors que toutes celles, « sans exception », surplombant la route sont sacrifiées ?
- La route nationale n° 7 en offre un exemple typique entre Bompas et Orgon; le contraste est d’autant plus frappant qu’au delà de cette dernière localité, en direction d’Aix, les arbres, remarquablement taillés, constituent une magnifique voûte de feuillage.
- Peut-être certaines branches basses eussent-elles gêné le passage des volumineux camions qui sillonnent cette route jour et nuit; mais il eût été facile d’en couper quelques-unes sans toutes les sacrifier.
- Il est fort douteux que l’anthracnose du platane soit efficacement combattu par cette demi-mesure; il serait, en effet, inexplicable que
- ce cryptogame s’en prenne uniquement aux branches surplombant la route. »
- A propos de la cola (n® 2914).
- MM. J. Gillet et P. Crété, pharmaciens, internes des hôpitaux de Paris, nous envoient les renseignements complémentaires suivants :
- « La chimie de cette drogue ne se trouve que fort incomplètement traitée : c’est celle que l'on admettait en 189S, œuvre de savants étrangers, très intéressante, du reste, mais que des travaux ultérieurs effectués en France ont totalement modifiée. Nous voulons parler, surtout, de ceux de M. le professeur Goris, de la Faculté de Pharmacie de Paris. Ils ont montré l’existence de la caféine sous forme de complexes solubles existant dans la cola fraîche (colatine-caféine, cola-téine-caféine) dont la solubilité et l’action diffèrent de celles de la caféine libérée ultérieurement.
- Comme les propriétés de l’alcaloïde combiné se montrent supérieures, très nettement, à celles du même principe, libre et insoluble, il serait préférable d’utiliser la drogue fraîche, ce qui est impossible.
- Ceci explique l'intérêt de la stabilisation des « noix » de cola qui permet, par une destruction rapide, dans certaines conditions, des ferments hydrolysants, de conserver pratiquement la composition chimique de la drogue fraîche et, par suite, ses propriétés physiologiques. Cette méthode que nous pensons être étudiée, à l’heure actuelle, pour être appliquée largement dans nos colonies, est encore d’origine toute française. Ici, c’est le nom de M. le professeur Perrot, de la même faculté, que nous devons surtout citer, associé à celui de M. Goris.
- En outre, M. le professeur Perrot a essayé, sur cette importante production de nos colonies, d’attirer l’attention du public, lors de diverses expositions internationales. Il a, sans aucun doute, contribué à la vulgarisation de cette drogue que la France a tout intérêt à voir de mieux en mieux connue.
- Ci-joint une bibliographie, très incomplète, d’ailleurs, delà question.
- 1) Sur un nouveau principe cristallisé de la cola fraîche. C. R. Ac. Sc., CXLIV, 1162, 1906; Bull. Sc. pharmacol., XIV, 646, 1907.
- Conservation et stérilisation de la noix de cola fraîche. Bull. Sc. pharmacol., XIV, 159, 1907.
- Sur la composition chimique des noix de cola. Paris, 1908; Revue de Madagascar, X, 49, 1908.
- Les colatiers et la noix de cola, fascicme 6 des Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française, 1911.
- Résumé de la question dans :
- Grands produits végétaux des colonies françaises. Etat actuel. Avenir, par le professeur Perrot, commissaire des Colonies à l’Exposition internationale de Londres (1915).
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Modification d'un récepteur de T. S. F. peu sélectif.
- Nous ne pouvons vous conseiller d’essayer de transformer vous-même un poste simple comportant une amplificatrice haute fréquence, une détectrice, et une lampe basse fréquence, avec accord « en direct ». ou en bourne, pour essayer d’augmenter simplement la sélection.
- Votre poste peut donner encore des résultats suffisants au point de vue de la sensibilité, en employant, comme vous le faites, une antenne bien disposée, combinée avec une bonne prise de terre.
- Pour améliorer la sélection, le seul moyen consisterait à adopter un système d’accord d’antenne à présélecteur à double circuit accordé, d’un modèle que nous avons déjà signalé dans nos chroniques. Pour établir un de ces appareils, vous pouvez consulter « Les récepteurs modernes de T.S.F. ». Tome II (Chiron, éditeur). Nous devons vous avertir pourtant que les résultats ne peuvent jamais être vraiment aussi satisfaisants qu’en employant un récepteur monté avec un bloc présélecteur, spécialement établi dans ce but.
- Pour augmenter la sélection, lors de la réception des émissions sur ondes courtes surtout, il vous serait possible, d’autre part, d’utiliser simplement en série dans l’antenne un circuit-filtre formé d’un bobi-
- nage et d’une capacité et accordé sur la longueur d’onde de l’émission à éliminer.
- Ce sont là des dispositifs de fortune qui peuvent seulement atténuer les inconvénients du système primitif, sans offrir des avantages équivalents à ceux d’un appareil de modèle récent. Il serait donc de beaucoup préférable que vous vous décidiez à vendre votre appareil actuel,et à le remplacer par un poste plus récent offrant des qualités de sélection plus accentuées. Réponse à M. A. T... à Dijon (Côte-d’Or).
- De tout un peu.
- M. R. F. Paris. — Il existe de nombreux cours de chants et d’interprétation musicale. Dans le cas particulier que vous indiquez, nous vous signalons celui de Mme Calo-Séailles, 54, rue Bonaparte, Paris.
- M. Pivot, à Bône. — Ne connaissant pas la composition du Mammut Ventur, il ne nous est pas possible à notre grand regret de savoir par quoi il pourrait être remplacé, à tout hasard nous émettons l’idée d’huile de vaseline.
- H. M., à Nîmes. — Nous ne possédons pas actuellement de données assez précises sur la spécialité en question pour pouvoir vous renseigner sur les produits qui entrent dans sa préparation.
- Le Gérant : G. Masson.
- 4569. — lmp. Lahure, g, rue de Fleuras, Paris - i-n-iqLL
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- LA NATURE
- N-2917 — 15 Novembre 1933.
- Parait le i* et le 15 de chaque mois
- Prix du Numéro : 4 franci
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (46 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON, et Cle, Editeurs,. 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VT(7^.,C. Seine : t5.234) Tel. Danton 56-tt.
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- N° 2917
- LA NATURE
- 15 Novembre 1933.
- LA 8e CONFÉRENCE GÉNÉRALE DES POIDS ET MESURES
- Du 3 au 10 octobre s’est tenue au Bureau international des Poids et Mesures, la huitième conférence générale de cet institut. La précédente s’était réunie en 1927. Sur les 32 pays ayant adhéré à la Convention du Mètre, signée en 1875, 29 avaient envoyé des représentants dont les travaux ont été inaugurés le 3 octobre, au Ministère des Affaires étrangères, par le ministre du Commerce français, M. Serre (1).
- Au cours de ces six dernières années, le rayon du Bureau international s’est sensiblement allongé.
- Les mesures électriques et optiques ont agrandi son domaine.
- Ce domaine était, dans le principe, restreint aux unités géométriques, de poids et de température.
- On peut prévoir le moment où, le terme anachronique de poids étant définitivement banni, le Bureau sera devenu l’Institut international des Mesures, de toutes les mesures tout simplement. Comme le faisait remarquer un article publié par La Nature en 1931, la première mesure dont l’étude et la conservation s'imposent aujourd’hui au Bureau de Sèvres est celle du temps qui joue un rôle capital dans la définition des unités électriques. Dans le domaine astronomique, il y a déjà belle lurette que le temps marche bras dessus, bras dessous avec la longueur, dans ce qu’on appelle l’année lumière et le parsec, par exemple.
- 1. Les États représentés à la Conférence ont été l’Allemagne, l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Canada, le Chili, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, le Siam, la Suède, la Suisse, la Tchécoslovaquie, la Turquie, l’U. R. S. S., l’Uruguay et la Yougoslavie. La Conférence a été présidée par M. Émile Borel, vice-président de l’Académie des Sciences qui, obligé de s’éloigner de Paris après la première séance, a laissé sa place à son confrère de l’Institut, M. Cotton.
- En attendant que dame Logique ait imposé ses principes dans le monde des unités de mesure, constatons que le Bureau international a commencé à s’agrandir matériellement. La figure 1 nous montre son ancien Observatoire flanqué d’une annexe importante dans la direction de Saint-Cloud. C’est dans cette annexe, qu’on
- voit au fond à gauche, que sont installés les services électriques et photométriques.
- Dans l’ancien bâtiment que l’on aperçoit à gauche en avant, sont cantonnés les services des unités de longueur, de poids et de thermométrie.
- A droite de la gravure, se dresse l’ancien Pavillon de Bre-teuil, construit dans la seconde moitié du xvii® siècle pour le duc d’Orléans, en annexe de son palais de Saint-Cloud, disparu depuis la guerre de 1870.
- Les figures suivantes présentent quelques-unes des installations scientifiques de l’Observatoire. Voici d’abord (fig. 2) une vue de la grande galerie souterraine dans laquelle on étudie les fils géodésiques en invar, dont l’usage a révolutionné la topographie de précision. Ces fils, qui ont généralement 24 m de longueur, sont suspendus à droite, complètement développés et dans la situation qu’ils occuperont normalement sur le terrain de manœuvre des géomètres. Leur vérification s’effectue à gauche où l’on aperçoit l’extrémité, en forme de H de la règle de contrôle de 4 m.
- La figure 3 donne l’aspect général du comparateur à dilatation qui permet de déterminer le coefficient d’allongement des mètres de haute précision sous l’influence des changements de température. En 4 on voit un des microscopes de ce comparateur, protégé contre l’ambiance atmosphérique par un manteau de caoutchouc mousse. Ce comparateur remplace depuis quelques
- \Fig. 1. — Le Bureau international des poids et mesures.
- A droite : logements et bureaux.
- A gauche : l’Observatoire ancien, en avant: les nouveaux bâtiments, en arrière.
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- Fig. 2. — La galerie des fils géodésiques.
- années celui de type analogue qui a été utilisé au Bureau pendant trente ans et a permis à M. Guillaume de poursuivre ses études sur les aciers au nickel, aujourd’hui classiques.
- Voici (figure 5) un autre appareil qui porte le nom de comparateur universel et sert à la détermination d’étalons de longueur de toutes dimensions. Un de ses microscopes, photographié en 6, a l’air impressionnant d’un canon à longue portée !
- Dans le domaine des poids, la figure 7 représente un coin de la salle des balances, dont un type est représenté sous son aspect de complexité presque effrayante dans la figure 8. Les dispositifs de cet instrument n’ont d’ailleurs d’autre but que de préserver les pièces à peser de tout contact avec la main et la respiration de l’opérateur, et de leur conserver une indiscutable virginité dont leur équation sera la preuve officielle!
- Jetons un coup d’œil sur le mystérieux domaine des ondes et interférences lumineuses. Ici nous sommes, on peut le dire, dans l’ultraprécision.
- Et le petit micron nous apparaît comme un monsieur de forte taille ! Voici (fig. 9) un interféromètre industriel, établi sur les indications de M. Pé-rard, par la maison Jobin et Yvon et deux prismes utilisés dans ce service.
- Ces prismes originaux sont constitués par du cinnamate d’éthyle enfermé dans des boîtes de crown (fig. 10).
- Les mesures électriques comportent un pont double de Thomson, destiné
- à la comparaison des ohms étalons (fig. 11); ce pont de 4 bobines de 1000 ohms est au premier plan à droite ; il est flanqué de deux boîtes de résistance à fiches qui servent de shunts; on voit au milieu de la cuve d’huile de paraffine pure un ohm étalon en place pour la mesure; à sa gauche, un autre attend son tour. Un potentiomètre, destiné aux comparaisons des étalons de force électromotrice (fig. 12), comporte, au premier plan les étalons immergés dans l’huile de paraffine, au second le potentiomètre à 10 décades et contre le mur un galvanomètre isolé.
- On sait que le mètre, unité fondamentale du système décimal — aujourd’hui obligatoire chez tous les pays civilisés, à l’exception de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis —, n’est plus « la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre », mais simplement la longueur de l’étalon déposé dans les profondeurs du sous-sol du Pavillon de Breteuil. Il est en platine iridié à 10 pour 100. Depuis quelques années, on propose de le remplacer par un étalon vraiment naturel. D’aucuns pensent avoir trouvé la définition de cet étalon dans la longueur d’une onde lumineuse parfaitement déterminée. Ce* serait simple et séduisant. Il y a toutefois de sérieuses et réelles difficultés mises en lumière par M. Pérard, dans la Création du Bureau international, ouvrage publié en 1927 chez Gauthier-Villars, à l’occasion du cinquantenaire de l’Institution.
- En attendant que ces difficultés soient vaincues, et que la loi naturelle de « l’éternel devenir » trouve ici une application, nous pouvons toujours nous rappeler que, au moment où l’on vota le système métrique actuel, le pendule avait, comme moyen de contrôle naturel, d’éminents défenseurs. D’ailleurs, en 1673, la vingt-cinquième proposition de la 4e partie de YIlorologium oscillatorium de Huyghens suggérait déjà l’emploi, comme unité fondamentale de longueur, du pied horaire. Dans cette partie de son travail, l’éminent Hollandais rappelle que l’abbé Mouton, de Lyon, avait, trois ans plus tôt, proposé comme base unitaire de son Système décimal, la longueur d’un pendule simple faisant par exemple 1252 oscillations en une demi-heure.
- Fig. 3. Fig. 4. — Un des microscopes
- Le comparateur à dilatation. du comparateur.
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- Fig. 5 (à gauche). •— Le comparateur universel. Vue intérieure.
- Fig. 6 (à droite). — Un des microscopes du comparateur universel.
- Fig. 7 (au milieu à gauche). — La salle des balances.
- Fig. 8 (à droite). — Une balance Rueprecht et son équipement.
- Fig. 9 au-dessous, à gauche). •— Inlerféromèire Pérard. Fig. 10 (au Centre). — Prismes liquides au cinnamate d’élhgle. Fig. 11 (en bas, à gauche). •— Pont de Thomson pour la comparaison des ohms étalons.
- Fig. 12 (à droite). — Potentiomètre pour la comparaison des étalons de force éleciromotrice.
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- Fig. 13. — Les membres de la huitième Conférence internationale des poids et mesures devant la grande salle des séances.
- Finissons notre petite incursion dans le domaine du Bureau international des Poids et Mesures en rappelant qu’il est aujourd’hui dans sa cinquante-huitième année.
- Il a, en effet, été créé et mis au monde par la Conférence diplomatique du Mètre qui, dans sa séance du 12 avril 1875, adopta la Convention du Mètre, que signèrent, le 20 mai suivant, les vingt Etats ayant participé aux discussions.
- Le Gouvernement français offrit au nouvel organisme la jouissance complète du Pavillon dit de Breteuil, de ses dépendances et d’un terrain de 25153 m. Ce pavillon avait été fort détérioré par les obus du Mont-Valérien, en 1870.
- Le Bureau international eut comme premier directeur Govi (1875-1877), auquel succéda Broch décédé en 1889.
- De 1889 à 1915 la fonction fut remplie par Benoit.
- Elle l’est depuis cette date par M. Ch.-Ed. Guillaume, dont toute la carrière scientifique s’est écoulée dans cet Institut où il entra, il y a exactement cinquante ans.
- Le Bureau continua de se développer et il n’y a pas de raison pour qu’il n’en soit pas de même dans l’avenir. Tout, dans l’univers, n’est-il pas sujet à mesure ?
- Comme l’a dit Galilée, le savant doit mesurer tout ce qui est mesurable, et rendre mesurable ce qui ne l’est pas encore !
- L. Deplasne.
- LES PARTICULES MAGNÉTIQUES
- RECUEILLIES APRÈS LA PLUIE MÉTÉORIQUE
- DU 9 OCTOBRE
- La pluie d’étoiles filantes du 9 octobre dernier n’a pas été seulement un spectacle magnifique à contempler (x). Elle a procuré l’occasion de faire des constatations d’un grand intérêt, relatives aux résidus laissés par les météores après leur rencontre avec la Terre. C’est là une question que j’avais déjà eu l’occasion d’exposer ici (n° du 15 nov. 1930) à propos de recherches personnelles sur ce sujet.
- Jusqu’à présent, il semblait bien que l’on pouvait considérer comme des résidus de météores, après leur combustion dans l’atmosphère, certaines parcelles ferrugineuses ou nickellifères (c’est-à-dire magnétiques) que l’on rencontre partout mélangées aux poussières de l’air. L’article précité exposait les méthodes utilisées pour -isoler ces particules des sédiments laissées par les eaux pluviales, la neige, ou les dépôts éoliens. Mais comme d’autre part, des résidus industriels, d’ailleurs tout semblables, ne peuvent manquer d’exister, charriés par les vents, les déterminations restaient toujours un peu incertaines, dans l’impossibilité de faire la discrimination. Cependant la plus grande fréquence de particules magnétiques après les époques où les étoiles filantes se montrent plus nombreuses plaidait en faveur de l’origine cosmique de la majorité de ces débris magnétiques.
- 1. E. Touchet. — La grande pluie météorique du 9 octobre 1933. La Nature, n° 2916, 1er novembre 1933.
- La copieuse averse météorique du 9 octobre vint donc amener un précieux élément de contrôle, et les résultats que nous avons pu obtenir à l’Observatoire de Donville paraissent définitivement trancher la question. En effet la pluie d’étoiles filantes fut presque immédiatement — le surlendemain — suivie d’une chute de poussières ou particules magnétiques, en tous points analogues à celles antérieurement observées, et dont l’abondance ne peut laisser place à aucun doute quant à la provenance. Tout concorde pour affirmer davantage la réalité du fait. Dès le premier jour où ces résidus se sont déposés, ils furent, en même temps que les plus nombreux, les plus gros aussi : certains d’entre eux atteignaient presque un demi-millimètre de diamètre; les jours suivants, le dépôt s’est ralenti progressivement, composé de particules de plus en plus ténues, autrement dit ayant pu flotter plus longtemps dans l’atmosphère.
- Les conditions de dépôt de ces éléments sont également en faveur de leur origine : à cette époque soufflait un fort vent d’ouest, c’est-à-dire qu’à Donville, venant de l’océan, il n’apportait pratiquement aucun débris de provenance continentale.
- L’évaluation de la quantité semble non moins probante. Pendant les périodes habituelles d’observation, les plus riches récoltes, dans les circonstances les plus favorables, n’ont jamais fourni qu’une quarantaine de parti-
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- cules seulement en 10 jours. Notons à ce sujet que la surface réceptrice de l’appareil utilisé a 30 cm de diamètre.
- Après la pluie météorique récente, c’est à une cinquantaine que s’est élevé, dès le premier jour, le nombre des déliris recueillis; le lendemain on en comptait à nouveau une vingtaine; encore ces chiffres se rapportent-ils aux plus volumineux, car une multitude d’autres, infinitésimaux se reconnaissaient aussi au microscope, mais sans pouvoir être identifiés sûrement, parmi les poussières quelconques se déposant pendant la manipulation.
- Quant au volume total de la masse de ces matériaux minuscules tombés sur le sol terrestre, l’appréciation en est plus délicate. D’après leurs dimensions, leurs formes et leur nombre, on peut estimer cependant à près d’un demi-millimètre cube ce qui s’est déposé sur l’appareil enregistreur. Un tel volume paraîtra évidemment bien minime. Mais il faut penser aussi que l’étendue réceptrice est de peu d’importance.
- Si donc nous considérons les millions de kilomètres carrés de la surface du globe, nous pouvons estimer — en admettant que les conditions de chute aient été partout les mêmes — qu’elle a été finalement saupoudrée d’une quantité très notable de matériaux extra-terrestres.
- Ainsi à l’égard de ces derniers, le bel événement du 9 octobre paraît très digne d’intérêt, à tous points de vue.
- Lucien Rudaux.
- Observatoire de Donville.
- = L’ÉLAN ASTRONOMIQUE, TOTÉMIQUE
- ET FOLKLORIQUE
- Les deux très remarquables études de M. JeanMauclère (x) et de M. W. Kazeeff (1 2 3), parues récemment dans La Nature, n’ont pas épuisé le sujet traité, c’est-à-dire la biologie de ce superbe animal, qu’on appelle l’Elan.
- Ces auteurs ont sans doute volontairement laissé de côté tout ce qui se rapporte à la Préhistoire (’), au Totémisme et au Folklore de ce Cervidé, questions en rapport avec le culte du temps du paganisme, de cet animal et par suite avec l’astronomie (constellation de ce nom) et la thérapeutique par l’Elan (4).
- 1. 15 mai 1932.
- 2. 15 mai 1933.
- 3. Cf. Marcel Baudouin. — Le symbolisme de l’Elan et l’origine de ses vertus thérapeutiques.
- Concours Médical, 1925, 15 février, p. 370-72.
- 4. Cf. Marcel Baudouin. —• Pourquoi la maladie d’Hercule put être guérie par le pied d’Élan. —
- Concours Médical, 1925, 7 juin 1925, p. 1408-1414.
- Fig. 1. — Particules magnétiques recueillies à l'Observatoire de Donville après la pluie d’étoiles fHautes du 9 octobre.
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- Nous voudrions résumer ici très rapidement, à l’usage de lecteurs de La Nature, ces différents chapitres, sans oublier le côté linguistique, qui n’a pas encore été traité dans ces colonnes.
- *
- * *
- M. Kazeeff a écrit : « Tout permet de croire que l’Elan existait avant le premier homme. .
- C’est possible et c’est très probable en effet. Mais cette proposition n’exprime pas une vérité évidente pour ceux qui croient que l’Etre humain est au moins Miocène ! 11 faudrait donc prouver que l’Élan existait à l’Eocène : ce qui, croyons-nous, ne doit pas être au-dessus des forces de la Paléontologie actuelle...
- *
- * *
- L’Elan est le Cervus Alces de Linné ou YAlces macldis d’Orbigny.
- Il faut bien savoir que c’est une espèce circumboréale, à l’époque actuelle, comme le Renne. Mais, avec les glaciations, paléolithiques et néolithiques, il est descendu jusqu’au 50e degré de latitude Nord, et même sans doute jusqu’au 44'% c’est-à-dire jusque dans le Berry en France...
- Fait très curieux, il n’en existe qu’une seule espèce, commune aussi bien à l’Amérique qu’à l’Europe boréales. Ce qui prouve qu’il est bien circumpolaire et nordique...
- Il a donc pris naissance dans un continent hyperboréen et a descendu ensuite vers le Sud, le long des divers méridiens, quand le froid a été trop vif dans cette contrée : cela aussi bien aux États-Lhns qu’en France. D’ailleurs, le sol agit peu sur l’Elan, puisqu’il n a pas été capable de modifier l’espèce d’origine, même en Amérique, où les glaciations ont fait descendre cet animal bien plus au sud qu’en Europe.
- Srùrenient en Asie, l’Élan a atteint le 45°. On le retrouve en Amérique, au 44e degré. Il a existé en Mongolie à cette latitude. Par suite, c’est à tort que Desmaret a écrit que l’Elan n’a jamais paru en France. Buffon jadis avait vu juste, en affirmant qu’autrefois cet animal vivait dans les forêts de la Gaule. Nous en avons une preuve indiscutable, fournie par le Folklore du Pédelan, au Berry (Thérapeutique).
- J’ai admis assez vite la domestication et Yélevage de l’Elan; mais j’ai cherché longtemps, même après avoir découvert Y Elan Totem, avant de trouver des preuves de son symbolisme en ethnographie et de la nature de ce symbole, et surtout de l’Élan en préhistoire. Aujourd’hui c’est chose faite ! Cependant, il y a déjà plusieurs années cpie, par suite de divers rapprochements et recoupements, j’avais été amené, théoriquement, mais sans preuves formelles, à supposer que l’Élan avait dû succéder au Cerf et au Renne, comme animal représentant la constellation de la Grande Ourse, zoomorphisée, au moins dans le nord de l’ancien continent et aux Etats-Unis, aux périodes préhistoriques.
- Or, récemment, j’ai découvert des faits, qui me semblent à la vérité très démonstratifs et même tout à fait probants.
- I. — Preuves astronomiques.
- 1° D’après P. Stoïan (1), encore à l’heure présente, dans certaines parties de la Russie, l’Elan est l’animal employé pour figurer dans le ciel la Grande Ourse.
- On appelle de ce nom, et non pas YOurse, quoique l’Ourse soit aussi une espèce septentrionale, cette fameuse constellation. C’est là un fait d’observation pure et de folklore, indiscutable désormais.
- 2° De plus, chez les Samoièdes, tribu de l’extrême nord russe, on dit : « Avec le lever de l’Elan, la nuit commence ».
- Or qui dit « Lever », dit « Lever d’un astre ! » Par suite l’Elan ne peut être qu’une constellation, ou, à la rigueur, une Etoile spéciale.
- 11 fut donc là autrefois un animal céleste ou mythique, et pas seulement un être réel et terrestre.
- De plus, quand la nuit commence, c’est alors que les Étoiles se montrent et que la Grande Ourse, qui d’ailleurs ne se couche jamais dans le Nord(2), apparaît dans le ciel.
- Cette donnée, qui élimine toutes les constellations zodiacales, lesquelles se couchent, est très probante, au moins pour les initiés, et confirme l’affirmation de P. Stoian.
- D’ailleurs, je sais aujourd’hui que tous les animaux qui ont représenté la Grande Ourse (en dehors de YOurse) ont été des Herbivores-, et c’est bien le cas de l’Elan.
- De plus, il s’agit toujours d’un spécimen, du sexe féminin, parce que cette idée est totémique et que les totem animaux, toujours mères dedans et de Tribus, ne peuvent être que des femelles (").
- II. — Preuves de Folklore.
- Chez une peuplade de l’Amérique du Nord, les Yakoutes, la Grande Ourse s’appelle Arangas Soulous. Elle a donné lieu à une légende où intervient l’Elan. La voici.
- « Trois frères, grands chasseurs, en suivant un Élan, arrivèrent au ciel j »
- Cela prouve que l’Élan poursuivi sur la terre n’était qu’un être mythique descendu du Ciel sur notre sol pour paître, c’est-à-dire qu’une Constellation zoomorphisée.
- Les 3 frères étaient les 3 dernières étoiles de la queue de l’animal Grande Ourse, parce que l’Élan n’a pas une queue très longue, comme la vache ou la jument. Et cet animal ne correspondait dès lors qu’au corps à 4 étoiles de la constellation, sa queue à la seule étoile Elioth.
- « En effet, continue ladite légende, cet Elan terrestre fut alors changé en étoiles, c’est-à-dire en constellation ! »
- De plus, on raconte que le « chien des trois chasseurs fut aussi changé en étoile ! » — Cette étoile, dès lors, ne peut être qu’ Alcor, qui, en Grèce, a été d’ailleurs un Renard (4) (.Alopex), qui accompagnait le chasseur correspondant à l’étoile Mizar.
- 1. Pierre Stoian. — Bull. Soc. aslr. de France, Par., nov. 1909. — Nature, 1909, 25 novembre, n° 1905.
- 2. Constatation très importante. Au contraire, dans la région africaine, elle se couche.
- 3. Preuve : Le nom même de Grande Ourse et non Grand-Ours!
- 4. Le chien, comme le renard, est un carnivore. Cela fait déjà songer à la Petite Ourse, qui a été toujours un carnivore.
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- « L’un des trois chasseurs mourut (*). Mais les deux autres furent aussi changés en étoiles. Ce sont Mizar et Alkaïd, Elioth ou Epsilon étant sans doute alors rattachée au corps de l’Élan, et en constituant la petite queue, laquelle est très courte, comme on sait !
- III. — Preuves historiques.
- 1° On possède au moins une preuve préhistorique que l’Élan a été la Grande Ourse en Mongolie !
- Cette preuve est constituée par un dessin montrant la poursuite rituelle, classique, de cette constellation (Élan) par un carnassier, un Lynx ailé, qui est ici sûrement un animal céleste et cultuel, puisqu’il n’existe pas avec des ailes dans la Nature. En effet le Lynx n’a, bien entendu, pas d'ailes (2) sur le sol d'Asie.
- De plus, on trouve l’Élan en Mongolie comme Totem et comme Grande Ourse, attaqué par le Lynx mythique, sur la gravure trouvée dans un kourgap des Monts Noïn-Oula, S. W. de la Mongolie (Mission Kozlov) (’’).
- Au demeurant cet élan a, sur son flanc gauche, car il est sinistropoi'e (-üopeio, marcher), un décor spécial qui montre qu’il ne s’agit aussi que d’un animal mythique !
- I. Allusion à un fait qu’au Néolithique la queue de la Grande Ourse comprenait toujours 4 étoiles, et non trois, c’est-à-dire l’une des Etoiles du Bouvier (), ou 0). A une époque plus récente X ou 0 sont mortes pour la Grande Ourse, puisqu’elles ont été incorporées au Bouvier.
- '2. Le Lynx a été sûrement l’un des symboles de la Pelile Ourse, comme la Chatte l’a été en Égypte. Il a été aussi |un Totem féminin. Ce lynx ailé paraît en effet, être une femelle, et non un mâle.
- 3. La Nature, 20 lévrier 1926, p. 58.
- .............:........ :............ = 439 =
- D’ailleurs, il n’a que trois pattes, comme toute Grande Ourse qui se respecte : fait capital ! La patte qui manque est précisément le membre postérieur droit, qu’on retrouve sur la terre dans des légendes célèbres.
- Qui plus est, le membre antérieur gauche est replié comme sur la vache couchée (Grande Ourse) des cartes d’Aluette (Enseignes espagnoles).
- Au contraire le Lynx ailé (mythique) a quatre pattes, parce qu’il représente la Petite Ourse, attaquant la Grande (mythe universel).
- 2° Chez les Finnois, il y a un Cheval, qui s’appelle l’Élan bleu.
- Et c’est un cheval « volant dans les airs et sur les mers ! »
- Un tel animal ne peut être que céleste. C’est l’ancienne Jument du Pôle, la Grande Ourse jàréhistorique, transformée en Élan.
- Ce fait montre que le mythe finnois est venu du Sud, du pays des steppes à chevaux, c’est-à-dire de Russie.
- L’Elan bleu de Waissamomen n’est donc pas autre chose qu’une variété de Cheval mallet, du cheval de la chasse Gallery des légendes françaises, de la jument blanche, monture de nos anciens rois...
- Le bleu est la couleur du ciel. Cet Élan ne peut donc être que céleste. Au demeurant l’un des chevaux mythiques de l’Apocalypse était de couleur bleue !
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- Tout se tient en Préhistoire, en folklore, en totémisme.
- Dr Marcel Baudouin.
- LE BETON SEC, LIQUIDIFIE
- ET SES APPLICATIONS
- Le béton de ciment portland artificiel avec ou sans armatures d’acier, est la maçonnerie du siècle. On en fait des routes et des ouvrages d’art, des bâtis de machines, des tuyaux et même des cylindres de presses hydrauliques de plusieurs milliers de tonnes, des péniches et des cargos maritimes; il entre dans les revêtements et les hangars des ports aériens, en attendant de constituer des avions.
- Cette dernière proposition n’a rien de paradoxal : on peut, en effet, préparer des bétons assez légers qui frettés d’aciers à haute résistance, et parfaitement serrés pour présenter la compacité maximum, sont à résis-lance égale, plus légers que l'acier.
- L’aile épaisse d’un hydravion est une sorte de voûte fermée, dont l’intérieur peut servir de logement ou de cheminement : une construction en pierre ponce armée peut être plus rigide sous un plus faible poids qu’une aile mixte, acier et alliage léger.
- Ces dernières constructions ne souffrent pas la
- 1. Il faut un nouveau mot pour désigner l’état de liquidité dans lequel se trouve un instant le béton en question.
- médiocrité. Il est toujours avantageux, d’ailleurs — tant que le prix de revient reste modéré — de mettre en œuvre le béton le plus compact et le plus serré possible; car les vides formant des canalicules, sont des chemins ouverts à l’humidité et aux décompositions. La compa cité est aussi une garantie de résistance aux actions mécaniques, compressions, flexions et vibrations.
- LA COMPOSITION DU CIMENT
- Le premier soin à prendre est de choisir un bon ciment et de se procurer le sable etle gravier qui pourront donner le meilleur squelette pierreux au béton. On y peut faire entrer des pierres ou des matériaux artificiels pourvu que ceux-ci soient résistants, inertes et... de composition granulométrique telle que les plus petits grains remplissent complètement les interstices que laissent entre eux les plus gros éléments et ainsi de de suite.
- Certaines formules, telles que celle de Bolomey :
- P=12+88\/2
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- permettent de satisfaire mathématiquement cette loi.
- On comprend d’ailleurs que ce problème granulo-métrique peut avoir plusieurs solutions.
- Sans entrer dans le détail des théories, nous constaterons simplement que : si l’on prend pour abscisses, les logarithmes de l’ouverture des mailles des tamis et pour ordonnées, le pourcentage du refus total sur chacun des tamis, on obtient un diagramme qui délimite une aire, laquelle est une caractéristique de la composition granulométrique des matériaux qu’il s’agit d’agréger les uns aux autres.
- Si l’on prend des tamis dont la maille croît en progression géométrique (série Renard), la somme des refus sur chacun des tamis est une autre caractéristique équivalente de la granulométrie des éléments. On prend généralement le centième de la somme des pourcentages des refus partiels cumulés de tous les tamis Tyler.
- La caractéristique de granulométrie est alors dite, module de finesse.
- On obtient des granulométries équivalentes en faisant varier les proportions de telle sorte que le module de finesse soit invariable. Cela permet la correction des mélanges tout-venant.
- Le développement de ces notions fort utiles aux constructeurs nous entraînerait un peu loin. On peut d’ailleurs consulter sur cette question notre ouvrage : « Les
- Fig. 2. •— Pervibrateur à main.
- Matériaux des constructions civiles et des travaux publics » (x) ou même notre petit livre « Béton armé » (2).
- Une remarque très simple va nous permettre de simplifier les raisonnements, en faisant appel au bon sens.
- Le liant hydraulique, le ciment, exige, pour être mis en pâte susceptible de durcir, une certaine masse d’eau. Cette masse comprend l’eau qui entrera dans les réactions d’hydratation et un excès susceptible de parer aux pertes par évaporation, etc.
- A cette proportion d’eau indispensable, on doit ajouter un certain pourcentage, susceptible d’assurer la plasticité suffisante, de manière que la pâte de ciment vienne enrober — la plus mince pellicule est la meilleure — complètement tout grain ou élément pierreux. Encore faut-il que ces grains soient saturés d’humidité, sinon une partie de l’eau va entrer dans les pores des pierres au détriment de la pâte.
- Finalement, la quantité de ciment rapportée à l’eau totale introduite, soit dans le ciment, soit dans le sable et les pierres, est dite cernent ratio.
- Ce rapport : ciment, eau conditionne la résistance future du béton. On conçoit que, dès l’instant que le pourcentage en eau est suffisant pour les réactions chimiques de prise et de durcissement, tout excès d’eau ne peut qu’affaiblir la pâte ; l’eau en excès, finalement évaporée, laisse un vide.
- On a une appréciation plus exacte du rapport : ciment, eau, si l’on n’y compte que la quantité d’eau de gâchage autre que celle qui peut être absorbée par les matériaux secs, c’est-à-dire l’eau de gâchage de matériaux déjà humidifiés.
- Une bonne composition granulométrique permet d’obtenir, en une minute, à la bétonnière de 760 litres, un béton parfaitement plastique pour le coulage, avec le minimum d’eau de gâchage. Toutes choses égales d’ailleurs, un bon module de finesse va permettre une haute compacité avec peu de ciment et par conséquent peu d’eau.
- Le module de finesse optimum procure donc une économie de béton sans abaisser la résistance, pourvu qu’on emploie aussi le cernent ratio optimum.
- La considération toute théorique du module de finesse permet de déterminer du premier coup une gâchée d’essai satisfaisante. La forme et la nature des éléments rocheux du béton, dont les formules granulométriques ne tiennent pas compte, conduisent souvent à des corrections pratiques, il suffit d’ajouter ou de retirer un peu de sable et de gravier, jusqu’au moment où les proportions de ciment et d’eau restant les mêmes, on obtient le mélange le plus facile à gâcher.
- BÉTON COULÉ
- Lorsque le béton doit être coulé, une certaine fluidité est indispensable. On est donc conduit à l’emploi d’une
- 1. Les Matériaux, par Ed.-M. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris.
- 2. Garnier frères. Paris.
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- proportion relativement forte d’eau de gâchage (et par conséquent de ciment, si l’on ne veut pas diminuer la résistance).
- Des instruments, dits plasticimètres, permettent la mesure de la fluidité. Le cône d’Abrams, la flow-table, etc., ne donnent d’utiles renseignements, que si l’on se conforme rigoureusement aux standards de leur emploi. Nous ne pouvons insister sur ce point, et devons renvoyer les intéressés au premier des ouvrages indiqués ci-dessus.
- BÉTON DAMÉ, BÉTON PIQUÉ
- En gâchant les matériaux dans une auge, au-dessus de laquelle se déplace une lourde meule, on augmente sensiblement (de 50 pour 100 environ) la résistance du béton. D’autres procédés de serrage du béton pendant la préparation sont également efficaces. Mais c’est surtout à la mise en place que les soins particuliers ont le plus d’effet.
- On sait, depuis longtemps, que le béton damé ou pilonné à refus, en couches minces, offre des résistances assez remarquables, grâce, en partie, aux qualités des ciments portlands artificiels modernes.
- Nous avons obtenu des résultats sensiblement équivalents avec des bétons moins secs piqués à l’aide d’un outil terminé par une assez large lame pointue à l’extrémité, comme un fer de lance.
- Dans les deux cas, pour le même dosage en ciment, on a des compacités et des résistances à la compression du même ordre. Pourtant, le béton sec pilonné a un cernent ratio plus favorable, semble-t-il.
- Cela prouve : d’abord, que le cernent ratio n’est valable que pour la comparaison de bétons de même nature, préparés et mis en place suivant le même procédé; ensuite, que le pilonnage n’est pas sans reproche.
- Le pilonnage, sans doute, fait bien refluer l’eau à la surface, provoque le dégagement des bulles d’air incluses; des coups répétés assez rapidement fluidifient la masse et favorisent le serrage des éléments. Mais les pierres ont tendance à s’orienter dans le sens des couches successivement pilonnées, de sorte que les pressions qui s’exercent dans ce sens tendent à écarter les éléments pierreux qui agissent l’un contre l’autre à la manière de coins.
- En outre, le pilonnage ne peut rétablir en tout point, la bonne composition granulométrique moyenne du mélange.
- Au contraire, le piquage énergique et rapide tend à placer les pierres et les grains de sorte que les intervalles entre les gros éléments soient comblés par les particules moins grosses; les vides entre celles-ci, par des grains plus fins et ainsi de suite. Le piquage facilite, mieux que le pilonnage, le dégagement des bulles d’air.
- En résumé, le piquage serre moins que le pilonnage, mais arrange mieux les éléments du béton, provoque, semble-t-il, une meilleure désaération.
- VIBRATION
- J*Le piquage à cadence rapide est une mise en vibration du béton. La fréquence de la vibration et sa durée ont
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- Fig. 3. — Caisse vibrante pour la fabrication des murs.
- une grande influence sur la compacité et les qualités de la maçonnerie.
- Un des premiers procédés de vibration a été de frapper sur les coffrages. Au lieu du marteau à main, on n’a pas tardé à employer des vibrateurs, petits pistons à air comprimé ou petites tiges terminées par un marteau et mues par un moteur électrique. Lorsque ces appareils frappent un moule métallique avec une fréquence élevée, le résultat est meilleur que s’ils faisaient vibrer, à cadence plus lente, un coffrage de bois.
- On s’est aperçu que pour vibrer des pièces en béton de faible capacité, il valait mieux placer le moule sur une table vibrante. Lors du remplissage du moule avec le béton, on peut introduire des armatures métalliques. Les pièces moulées et vibrées de cette manière peuvent, même, moyennant certaines précautions, être démoulées instantanément. Ce procédé, dû à MM. Freyssinet et Séailles, est celui qui va le plus loin dans l’économie des moules et coffrages, puisqu’il permet de fabriquer avec un seul moule, un nombre considérable de poutres, de poteaux, etc.
- LA VIBRATION DANS LA MASSE
- Lorsqu’il s’agit non plus de pièces minces, mais de véritables massifs: dalles épaisses, piédroits, etc., la mise en vibration des coffrages ne suffît plus. La vibra-
- Fig. 4. — Coffre vibrant pour la fabrication des murs.
- x n
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- Fig. 5. —• Fabrication cl'un mur à l'aide de pervibraleurs.
- On voit ces appareils employés au serrage du béton de piédroits d’une galerie téléphonique à Paris. (Le béton vient d’être approvisionné dans le coffrage).
- tion, intense contre les parois vibrantes, s’amortit rapidement en profondeur.
- L’efficacité d’une plaque vibrante posée sur le béton s’arrête à une dizaine de centimètres de son niveau. Ce procédé a pu, cependant, être appliqué aux dalles routières parce que la couche supérieure en contact avec
- Fig. 6. —• Galerie téléphonique à Paris.
- Les piédroits ont été pervibrés. Ils sont bruts de décoffrage sans enduit.
- le roulage, peut être plus dure que le reste. Il est même indispensable qu’elle le soit, si la compacité du reste de la dalle laisse à désirer.
- Exception faite du cas où une couche superficielle doit résister particulièrement à l’usure, il est bon de s’arranger pour qu’une maçonnerie de béton ait la même compacité en tous points.
- D’où l’idée de placer le corps vibrant dans la masse. M. Deniau, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, a donné à ce procédé le nom de pervibration.
- La figure 1 représente des pervibrateurs de ce genre; leurs parois métalliques plongeant dans le béton sont mises en vibration par des vibrateurs intérieurs. Des appareils plus minces (fig. 2) peuvent s’introduire dans les parties plus étroites des ouvrages.
- Pour la fabrication des dalles épaisses, on emploie des caisses vibrantes plus étalées (fig. 3) que les coffres (fig. 4) avec lesquels on élève les murs en béton.
- Nous voyons (fig. 5) deux de ces coffres posés sur le béton, qui vient d’être introduit à la partie supérieure d’un coffrage des piédroits d’une galerie souterraine.
- Le béton relativement sec est visible au-dessous des coffres.
- Met-on ceux-ci en vibration, le béton sec devient presque tout de suite comme un liquide sur lequel flottent les coques vibrantes. Cette liquidité va permettre l’arrangement optimum des éléments à agréger.
- Cette liquidité remarquable, vu la haute valeur du cernent ratio, est l’avantage fondamental de cette mise en vibration.
- La figure 6 permet de se rendre compte de la bonne présentation des maçonneries exécutées; le résultat le plus intéressant étant d’ailleurs leur compacité, leur solidité et leur imperméabilité.
- On voit (fig. 7) combien il est facile d’utiliser l’appareil à dalles, puisque dès qu’il est passé, le béton est assez solide pour ne pas s’enfoncer sous les pas de l’ouvrier.
- Enfin, nous pouvons avoir (fig. 8), une idée de la simplicité d’emploi d’un pervibrateur à main pour le serrage du béton d’une poutre armée.
- ONDULATIONS ET DÉSAÉRATION
- La vibration, comme tous les phénomènes vibratoires ou ondulatoires, obéit à certaines lois; notamment la longueur d’onde, qui sépare deux nœuds ou deux ventres semblables successifs des ondes stationnaires produites dans la masse pourvue d’une certaine liquidité, cette longueur de crête en crête des ondulations est une fonction inverse de la fréquence.
- Les ventres sont les points où l’amplitude du mouvement de vibration des particules est le plus élevée; entre deux ventres, cette amplitude décroît et va jusqu’à l’annulation.
- Il convient donc, pour que la masse soit aussi homogène que possible, de réduire la longueur d’onde et par conséquent, d'augmenter la fréquence : autant qu’on le peut, semble-t-il.
- Cependant, à puissance égale, l’énergie mise en jeu dans une onde est comme l’inverse de la fréquence. Il faut donc choisir avec soin la longueur d’onde dans le
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- but d’avoir le maximum d’efficacité. C’est ici qu’il convient de considérer l’amortissement, dégradation de tout phénomène ondulatoire où des résistances passives : frottements, viscosité, viennent freiner les impulsions communiquées aux particules.
- Ici, les frottements relativement importants sont augmentés, d’une manière très sensible, par la viscosité des bulles d’air attachées aux éléments. Ces bulles d’air, en effet, sont le siège de pressions et de dépressions qui absorbent inutilement l’énergie.
- Conclusion : il convient, au début tout au moins, de mettre assez d’énergie dans une onde et par conséquent d’user d’une fréquence assez basse : 30 à 50 périodes par seconde.
- Mais la vibration chasse bientôt les plus grosses bulles, si bien que, sans craindre l’amortissement excessif, on peut arriver à des fréquences d’ordre musical susceptibles d’assurer l’homogénéisation satisfaisante du béton.
- L’air continue à se dégager, mais le mouvement tend à s’arrêter; et l’on aurait beau faire, la vibration prolongée serait impuissante à désaérer complètement le béton, dont la compacité laisse ainsi à désirer.
- Et c’est pourquoi on imagina d’autres procédés de désaération des bétons.
- Si ces procédés ne se sont pas développés, cela tient au prix de revient élevé des bétonnières de désaération et à leur faible rendement. Il serait beaucoup plus avantageux de désaérer d’abord par vibration, et de parachever à l’aide d’une pompe à vide. L’opération se ferait dans une sorte de bétonnière reliée à une capacité vibrante, le béton serait conduit automatiquement de l’une à l’autre. Une fois désaéré, le béton ne prend plus d’air, on peut facilement le mettre dans des moules ou coffrages, grâce aune vibration ultime à haute fréquence, qui n’aurait à s’exercer que quelques secondes; on réaliserait un béton parfait, qu’on pourrait encore serrer davantage sous l’influence d’une pression, en profitant de l’état de liquidité que lui confère momentanément la vibration.
- Un tel béton convenablement fretté rivaliserait avec l’acier pour sa haute résistance à égalité de poids.
- Cela n’est pas un paradoxe. Des expériences et des essais en prouvent la possibilité. D’autre part, le prix de revient des soins spéciaux et des opérations successives indispensables au succès n’aurait rien de prohibitif. On peut l’espérer, car la division du travail en plusieurs phases, assez courtes, bien réglées mécaniquement, dans des machines et appareils ad hoc n’entraîne pas généralement de frais plus élevés que le travail d’une machine unique : il suffit de s’arrêter dans cette subdivision, au point où l’introduction de nouvelles phases n’apporterait plus qu’une complication sans contre-partie utile.
- Nous ne donnerons qu’un exemple emprunté précisément à la fabrication du béton.
- Les dalles routières, aux Etats-Unis, sont fabriquées in situ. Une bétonnière de 766 litres prépare un bon béton en 60 secondes et le répand sur la route.
- Quand on voulait accélérer le travail, on employait deux bétonnières travaillant en parallèle. Or, il a été
- Fig. 7. — Un peruibraieur à dalles en fonctionnement.
- reconnu : qu’en faisant le travail en série, une bétonnière achevant le malaxage commencé par l’autre, ces deux opérations, auxquelles il faut ajouter le transvasement du béton d’une machine à l’autre, permettaient de porter à 850 litres en 50 secondes seulement le rendement d’une bétonnière. Grâce à U division des opérations en 3 phases (et probablement au nouvel arrangement des éléments pendant le transvasement) on a pu diminuer d’un sixième la durée de la préparation tout en augmentant d’un neuvième la capacité des bétonnières et en améliorant la qualité du béton.
- Cette division du travail, très simple, est donc avantageuse. Nous pensons que la vibration et la désaération pourraient utilement se faire en plusieurs phases. D’ores et déjà
- les nouveauxpro- Fig. 8. —Emploi des pervibrateurs à main
- cédés de vibra- pour le serra9e d’une poutre année dans la
- .. . construction d’un immeuble.
- tion permettent une perfection remarquable, qui s’impose, de plus en plus, dans l’exécution des grands travaux et même des ouvrages plus modestes où l’on a besoin d’une haute résistance et d’une étanchéité parfaite.
- Edmond Marcotte,
- Chef de la Section des essais physiques des Ponts et Chaussées.
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- RECHERCHES ACTINOMETRIQUES RECENTES
- EN U. R. S. S.
- L’actinométrie est la branche de la météorologie relative à l’étude de l’intensité du rayonnement solaire que reçoit le sol. Les données ainsi accumulées sont du plus grand intérêt, non seulement pour la climatologie et l’agriculture, mais aussi pour l’urbanisme, grâce aux renseignements qu’on en peut tirer concernant l’emplacement et l’orientation des agglomérations ouvrières.
- En U. R. S. S., les recherches relatives à l’actinométrie et à l’optique atmosphérique ont été coordonnées et développées sous la direction d’un très éminent spécialiste, M. Kalitine, en vue surtout d’obtenir des résultats pratiques. Il existe trente stations où ces mesures sont effectuées, la direction se trouvant à l’Institut d’acti-nométrie et d’optique atmosphérique de Sloutzk (Pav-
- lovsk), situé à 30 km de Leningrad et à 50 m au-dessus du niveau de la mer (fxg. 1).
- LA RADIATION SOLAIRE
- Les premières déterminations qui s’imposent dans un Institut actinométrique doivent porter sur l’intensité de la radiation solaire. A cet effet, l’un des appareils les -plus commodes est l’actinomètre à compensation électrique de Knut Angstrüm constitué par deux petites lames métalliques noircies. L’une des lames est exposée par sa face antérieure à l’action du rayonnement solaire la frappant normalement et l’on envoie dans l’autre un courant électrique d’intensité suffisante pour que sa température soit égale à celle de la lame exposée au rayonnement solaire. On constate l’égalité de température des lames par un couple thermoélectrique dont l’une des soudures appuie sur la face postérieure de la lame exposée au rayonnement solaire et l’autre sur la face postérieure de la lame chauffée par le courant
- électrique. Lorsque l’équilibre de température est réalisé, ce que l’on constate au moyen d’un galvanomètre disposé dans le circuit du couple thermo- électrique, on peut admettre que l’énergie apportée par le courant, électrique, facile à calculer par application de la loi de Joule, est égale à celle que reçoit la lame exposée au rayonnement solaire.
- On enregistre commodément les variations de l’intensité du rayonnement solaire au cours d’une journée au moyen de l’actinographe enregistreur, imaginé par le physicien français Crova, qui fut pendant près de cinquante ans professeur à l’Université de Montpellier, à la fin du xixe siècle. Ce dispositif comprend une pile thermoélectrique sensible dont un groupe de soudures est exposé directement au rayonnement solaire, l’autre groupe étant abrité. La pile est en relation avec un galvanomètre enregistreur dont l’aiguille marque un point toutes les deux minutes sur une feuille enroulée autour d’un cylindre enregistreur. On obtient ainsi une courbe dont les ordonnées sont proportionnelles aux intensités que prend à chaque instant le rayonnement solaire et dont l’aire exprime la quantité totale de chaleur reçue dans la journée. La pile thermoélectrique est montée sur un héliostat de manière à suivre le déplacement du soleil sur la voûte céleste, les rayons solaires tombant toujours normalement sur les soudures de la pile thermoélectrique (fig. 2); le galvanomètre, servant à Sloutzk pour l’enregistrement a une sensibilité de l’ordre du dix-millionième d’ampère; la pile thermoélectrique diffère de celle utilisée primitivement par Crova en ce que les thermo-éléments sont disposés symétriquement en forme d’étoile. Un actino-graphe de ce type a fonctionné sans arrêt depuis l’année 1912. Pendant tout ce temps, l’héliostat est demeuré installé sur la terrasse de l’Institut sans être aucunement protégé contre les intempéries et il a fonctionné d’une manière satisfaisante, ce qui constitue la meilleure recommandation en faveur de l’instrument.
- Depuis 1927, on enregistre non seulement l’intensité totale des rayons solaires, mais encore l’intensité des radiations à ondes longues et celle des radiations à ondes courtes. On utilise pour cela un actinographe identique à celui qui sert à l’enregistrement du rayonnement solaire total, mais, dans l’héliostat destiné à l’inscription de l’intensité des radiations de grande longueur d’onde; on interpose devant la pile un écran de verre Schott Rg2 qui arrête les radiations visibles et ultraviolettes. Comme il est difficile de constituer un filtre laissant passer uniquement les radiations ultra-violettes, on n’enregistre pas directement l’intensité de celles-ci, mais en interposant un écran coloré de Schott Og1 qui arrête totalement les radiations ultra-violettes, on enregistre le rayonnement solaire privé de ces radia-
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- lions et, en comparant la courbe obtenue avec celle relative au rayonnement solaire intégral, on peut connaître la variation d’intensité des radiations ultra-violettes.
- Les couples thermo-électriques portés par les divers héliostats sont reliés à des galvanomètres au moyen de conducteurs protégés par un excellent revêtement isolant de caoutchouc entouré de plomb ; tous ces galvanomètres sont installés dans le sous-sol de l’Institut (ûg. 3).
- Quatre mesures effectuées chaque jour avec le pyrhé-liomètre à compensation électrique d’Angstr; m permettent d’étalonner en valeur absolue les courbes enregistrées.
- LE RAYONNEMENT DE L’ATMOSPHÈRE
- Il est intéressant de connaître non seulement l’intensité des rayons solaires directs, mais encore celle du rayonnement que diffuse l’ensemble de l’atmosphère en dehors du soleil. C’est ce qu’on réalise à Sloutzk, au moyen d’un pyranomètre combiné par Kalitine (fig. 4). Le récepteur, disposé dans le vide, est installé sur la ter-
- Fig. 3. — Installation galvanomélrique aménagée dans le sous-sol de l'Institut actinomélrique de Sloutzk.
- rasse de l’Institut et un petit écran qu’entraîne un mécanisme d’horlogerie le protège contre l’action des rayons solaires directs; il est relié à un galvanomètre enregistreur disposé dans le sous-sol de l’Institut.
- Au moyen d’écrans appropriés, on peut limiter les régions du ciel dont le rayonnement tombe sur le récepteur actinométrique à une couronne plus ou moins large autour du soleil. Pour une largeur de 6° autour du soleil la valeur du rayonnement diffusé par un ciel sans nuages peut atteindre jusqu’à trois pour 100 de la radiation solaire, lorsque la transparence de l’atmosphère est relativement faible. Même avec un ciel sans nuage, l’intensité du rayonnement diffusé peut être notable et elle éprouve parfois des variations pulsatoires, ce qui montre que des mesures continues de l’éclat du ciel autour du soleil présentent un grand intérêt pour l’étude des changements de la transparence de l’atmosphère.
- Depuis 1929, on enregistre directement à Sloutzk le rayonnement à ondes courtes diffusé par l’atmosphère
- Fig. 2. — I-Iéliostat de Vaclinographe solaire, type Crova, utilisé à Sloutzk.
- au moyen d’une cellule photoélectrique au potassium. Les radiations provenant de l’atmosphère sont tamisées par un filtre coloré (filtre mat de Schott UG,) qui arrête
- Fig. 4. •— Pyranomètre de M. Kalitine pour l’enregistrement du rayonnement provenant de la voûte céleste.
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- Fig. 5.-—Dispositif combiné par M. Kuliline pour Vélude de Valbedo.
- les radiations de grande longueur d’onde, et la pile est protégée contre les rayons directs du soleil au moyen d’un écran entraîné par un mécanisme d’horlogerie de manière à suivre le mouvement de l’astre.
- On enregistre également à Sloutzk l’éclairement lumineux provenant de la radiation diffusée par l’atmosphère et l’éclairement total produit à la fois par le ciel et par le soleil au moyen d’un photomètre photoélectrique mis au point par M. Kalitine et comportant essentiellement une cellule photoélectrique au potassium devant laquelle sont disposés un filtre jaune et un verre blanc adouci. Pour l’enregistrement de la radiation diffusée, la cellule est protégée contre les rayons directs du soleil au moyen d’un petit écran qui suit les mouvements de l’astre, cet écran étant supprimé dans l’appareil qui sert à l’enregistrement du rayonnement global.
- QUELQUES RÉSULTATS
- Dans un travail récent, M. Kalitine a dépouillé vingt années d’enregistrement continu de la radiation solaire à Sloutzk. Sans entrer dans le détail des données numériques rassemblées par l’auteur et des moyennes men-
- Fig. 6. — Installation de l’albedomètre de M. Kalitine en cours de mesures.
- suelles, il peut être intéressant de signaler quelques résultats très généraux. Le maximum de l’énergie reçue se produit au mois de juillet, il atteint 14 860 calories par centimètre carré pour un élément de surface disposé normalement aux rayons solaires et 8280 calories par centimètre carré pour un élément de surface disposé horizontalement. Le minimum a lieu en décembre; il est de 780 calories par centimètre carré pour un élément de surface normal aux rayons solaires et de 80 calories seulement par centimètre carré, pour un élément de surface horizontale.
- Chaque centimètre carré d’une surface disposée normalement aux rayons solaires reçoit en moyenne, pendant l’année, 84 420 calories et chaque centimètre carré d’une surface horizontale, 40 170 calories. Au mois de juin, la chaleur reçue par une surface horizontale est 55 pour 100 de ce que reçoit une surface normale aux rayons solaires; au mois de décembre, ce pourcentage tombe à 10 pour 100. A titre de comparaison, indiquons que la quantité totale de chaleur qu’il serait possible d’obtenir si la voûte céleste était constamment sans nuages serait de 260 560 calories par centimètre carré pour une surface normale aux rayons solaires et de 108 730 calories par centimètre carré pour une surface horizontale; les quantités de chaleur reçues atteignent seulement les 32 et 38 pour 100 des valeurs précédentes.
- L’ALBEDO DE LA SURFACE TERRESTRE
- Sous le nom d’albedo, on désigne le rapport entre le rayonnement diffusé par une surface et le rayonnement incident. Il y a un grand intérêt à mesurer l’albedo de la surface terrestre non seulement pour l’ensemble des radiations, mais pour diverses régions spectrales.
- L’albedo, relatif à l’ensemble des radiations, peut être facilement mesuré au moyen du pyranomètre. Pour évaluer l’albedo relatif aux ondes courtes, on utilise à Sloutzk, une cellule photoélectrique (fig. 5, 6, 7 et 8).
- Le tableau suivant donne les valeurs de l’albedo obtenues par M. Kalitine pour diverses surfaces diffusantes.
- Albedo de la surface du sol Pour l’ensemble pour les ondes
- Nature du terrain des radiations courtes
- Neige nouvellement tom-
- bée 85 89 .
- Chaux éteinte 43,4 28,9
- Sable jaune de quartz 34,6 8,4
- Humus 33,9 15
- Sable de rivière 29,2 8,2
- Herbe verte 25,7 2,2
- Herbe desséchée 18,8 4,1
- Argile bleue (sèche) 23,3 12,2
- Argile bleue (humide). 16 6,8
- Pour mesurer l’albedo relatif à une radiation quelconque à laquelle la plaque photographique est sensible, on utilise un spectrographe à quartz dont la fente est recouverte d’une plaque de quartz fumé, installé de manière que cette plaque posée horizontalement soit d’abord dirigée vers le haut, ce qui permet d’enregis-
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- Fig. 7. — Mesure de Valbedo d’une couche de neige.
- trer le spectre du rayonnement incident; l’appareil étant ensuite disposé de manière que la plaque soit tournée vers le bas, on photographie le spectre de la radiation diffusée par la surface observée. Les deux spectres étant enregistrés sur la même plaque, la comparaison des noircissements relatifs à diverses radiations spectrales permet d’obtenir les valeurs de l’albedo pour ces diverses régions.
- LA TRANSPARENCE DE LA GLACE
- M. Kalitine a également étudié la transparence de la glace par rapport au rayonnement direct du Soleil, au rayonnement diffusé par l’atmosphère et au rayonnement terrestre. Ces mesures ont été faites au moyen d’un pyra-nomètre de grande sensibilité combiné spécialement à cet effet (fig. 9).
- Sans entrer dans le détail des résultats obtenus, signalons qu’un bloc de glace de 35 cm d’épaisseur contenant des bulles d’air, a laissé passer 50 pour 100 du rayonnement solaire
- Fig. 8. — Installation pour mesures de l’albedo d’une couche de neige au moyen d'une méthode photoélectrique.
- total et 59 pour 100 des radiations diffusées par l’atmosphère. Ainsi lorsque la glace n’est pas homogène au point de vue optique, sa transparence pour le rayonnement diffusé par l’atmosphère est plus grande que pour le rayonnement direct. En ce qui concerne la radiation terrestre, tout entière dans le domaine infrarouge, une lame de glace de 2 mm d’épaisseur est complètement opaque. Ainsi les propriétés de la glace, en ce qui concerne la transparence vis-à-vis des radiations, sont analogues à celles du verre.
- Des recherches systématiques sont actuellement poursuivies sur des glaces d’origines différentes : glace des mers, des lacs, des rivières, des glaciers. Ces recherches peuvent être extrêmement intéressantes, non seulement pour préciser les conditions du dégel de la glace, mais aussi pour comprendre un certain nombre de processus d’ordre biologique, relatifs aux organismes du monde végétal et animal vivant sous la glace.
- LA TRANSPARENCE DE L’ATMOSPHÈRE
- En ce qui concerne la transparence même de l’atmosphère, les mesures continues du rayonnement solaire faites à Sloutzk depuis plus de vingt ans, ont permis, par application de la loi classique de Lambert-Bouguer, de calculer le coefficient de transparence de l’atmosphère et d’en suivre les variations. La transparence de l’atmosphère apparaît ainsi comme étroitement liée à l’humidité absolue au voisinage du sol; elle a été fortement perturbée entre 1912 et 1914 par l’éruption du Katmai. Certaines anomalies semblent être d’origine cosmique. Pour les reconnaître, des observations simultanées en divers points du globe seraient très utiles. Des essais ont été déjà tentés dans ce sens par M. Kalitine au cours d’observations actinométriques effectuées simultanément en des stations très éloignées, l’une à Pavlovsk et l’autre à Nijni Oltchedaeff à une distance de 1300 km. Les valeurs de Ja constante solaire déduites d’observations faites le même jour en ces deux stations varient d’une manière parallèle. Certaines de ces variations, atteignant jusqu’à 0,54 calorie par centimètre carré et par minute, ne sauraient être attribuées à des variations du rayonnement solaire lui-même. Il semble plus vraisemblable de les rattacher à des changements survenus dans la transparence des couches les plus élevées de l’atmosphère ou à des causes cosmiques. Dans ce domaine, de nouvelles recherches présenteront un grand intérêt scientifique.
- A. Boutaric.
- Fig. 9. — Pyranomèlre de M. Kalitine pour étudier l’absorption de la radiation à travers la glace et la neige.
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- = LONDRES ^
- VILLE TENTACULAIRE
- On entend souvent déplorer la surpopulation de la région parisienne; Paris est accusé d’attirer dans les misères et perditions de la vie urbaine une trop forte proportion des habitants de la campagne ou des petites cités de France.
- La région parisienne avec ses quelque 5 millions d’habitants n’est, cependant, qu’une modeste agglomération à côté de celle dont Londres est le centre. Ce qu’on appelle le grand Londres compte aujourd’hui 8 250 000 habitants et n’englobe même pas toutes les localités qui sont devenues, en fait, des banlieues de la capitale; en réalité, toute la région située dans un rayon de 40 km autour de Charing-Cross, point central de Londres, peut être considérée aujourd’hui comme partie intégrante de l’agglomération londonienne, du fait que la majeure partie des habitants ont leur travail, leurs
- bel exemple de ville « tentaculaire » qui soit au monde.
- En 1845, Londres compte près de 3 millions d’habitants ; la majeure partie de la superficie bâtie est enclose dans un cercle de 3 milles (5 km environ), autour de Charing-Cross ; quelques minces tentacules se dessinent vers l’ouest, le nord-ouest et le sud-ouest.
- En 1900, Londres compte près de 7 millions d’habitants; le cercle de 4 milles autour de Charing Cross est intégralement occupé par des surfaces bâties; de puissants tentacules se dessinent de tous côtés; on voit ce qu’ils sont devenus en 1930.
- Dans une grande cité en expansion, tout comme dans l’Univers en expansion de l’abbé Lemaître, deux catégories de forces se juxtaposent et se combattent : les forces d’attraction et les forces de répulsion. Les premières sont celles qui poussent les hommes à s’amasser sur une
- Fig. 1. — Les extensions progressives de Londres.
- occupations dans la capitale. La région londonienne comprend ainsi plus de 9 millions d’habitants. C’est le groupe urbain le plus gigantesque du monde; il faut noter qu’il absorbe le cinquième environ de la population totale de l’Angleterre.
- Le développement de Londres, continu depuis le début du xixe siècle, s’accuse surtout à partir de 1871, moment où le taux d’accroissement de la population londonienne commence à dépasser celui du reste du pays; le mouvement s’accentue et devient de plus en plus rapide au xxe siècle ; la guerre amène un léger mouvement de recul ; mais aussitôt la paix rétablie, la progression recommence au même taux au moins qu’avant guerre; la crise économique de 1930 l’a ralentie sans l’enrayer.
- Rien de plus éloquent, à cet égard, que les 3 schémas ci-dessus, présentés par Lord Ashfield dans une conférence récente sur les transports en commun à Londres, faite devant la Royal Institution of Great Rritain
- Ce sont des cartes représentant les surfaces bâties de Londres en 1845, 1900 et 1930. Elles illustrent le plus
- superficie réduite mais organisée : ils y trouvent des relations faciles, nombreuses, rapides, d’immenses ressources de tous genres, de vastes marchés pour le travail comme pour les marchandises; la proximité des acheteurs et des vendeurs multiplie et accélère les échanges au profit de tous; les organisations collectives, créées pour la masse des habitants, et financées par elle, assurent à chacun des conditions d’existence plus économiques.
- Mais le centre de ces cités, où convergent travail, marchandises, échanges, devient inhabitable. Le prix élevé des terrains, le bruit, le manque d’air respirable tout concourt à rejeter les maisons d’habitation vers la périphérie, où l’on trouve encore de l’air et de l’espace. Et ainsi, les grandes villes tendent à se disperser sur des surfaces de plus en plus étendues, limitées seulement par la rapidité et le débit des moyens de communication permettant aux habitants de se rendre à leur travail.
- On estime à une demi-heure environ, le temps qu’un voyageur moyen peut s’accorder pour un voyage aller ou retour entre son domicile et le lieu de son travail.
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- Pour Londres, suivant lord Ashfield, ce délai représente par autobus ou tramway une distance de 8 à 9 km, par chemin de fer souterrain une vingtaine de km, et par chemin de fer suburbain, 25 km ou davantage.
- Les transports en commun sont donc l’agent essentiel par lequel s’exercent les forces répulsives qui tendent à accroître la superficie des grandes villes. A Londres tout comme à Paris, dès qu’une localité excentrique vient à être desservie par un moyen de communication rapide et à grand rendement, on observe une augmentation rapide de la population. Lord Ashfield cite à cet égard des chiffres frappants : la petite localité de Edgware à 17,6 km de Charing Cross comptait en 1924, une population de 4500 habitants; à ce moment, elle a été desservie par le chemin de fer souterrain (analogue de notre Métro); en 1931, sa population atteint 12 272 habitants (augmentation de 173 pour 100).
- Pour la même raison, Merton et Morden à 14,5 km de Charing Cross passent entre 1926 et 1931 de 20 000 habitants à plus de 41 000.
- Les déplacements quotidiens de la fourmilière humaine qui gravite autour du centre londonien atteignent des chiffres prodigieux. Si on mesure l’agitation d’une ville
- par l’activité de ses transports en commun, Londres apparaît comme la ville la plus agitée du monde : en 1932, le nombre de passagers, pour tous les modes de transports en commun, à l’intérieur de la périphérie du grand Londres, s’élève à 4 milliards, soit 11 millions par jour, ce qui représente par an 482 voyages pour chaque habitant (contre 283 en 1912).
- A New-York, on ne compte que 466 voyages annuels par habitant, à Paris 371, à Berlin 289.
- Une caractéristique des transports londoniens est l’importance des omnibus; ceux-ci assurent la moitié du trafic, les chemins de fer suburbains et le chemin de fer souterrain un quart environ, le dernier quart revient aux tramways, trolleybus, etc.
- C’est dire que les rues de Londres, plus encore peut-être que celles de Paris, ont à faire face à un trafic automobile extraordinairement intense, les nombreux autobus venant s’ajouter aux automobiles privées, aux voitures de place, aux camions. A Londres comme à Paris, la circulation doit s’accommoder d’un système de rues fort ancien, adapté tant bien que mal aux besoins modernes; il en résulte d’épineux problèmes dont on aperçoit la solution logique dans d’immenses remaniements de la ville.
- LE REDRESSEUR ELECTRIQUE A JET ONDULE
- Pour un certain nombre d’applications, et en particulier pour l’exploitation des réseaux de tramways, l’énergie électrique doit être utilisée sous forme de courant continu et cependant, sauf à de très rares exceptions près, les réseaux de distribution d’énergie électrique ne délivrent que du courant alternatif. Cela tient à ce que nous ne savons pas produire le courant continu aux tensions très élevées qui sont nécessaires pour le transport à grande distance et que nous ne savons pas non plus élever, ni abaisser la tension du courant continu d’une manière simple et économique, comme on le fait aisément avec le courant alternatif par l’emploi des transformateurs statiques.
- L’abonné à un réseau de courant alternatif qui a besoin de courant continu doit par suite convertir le courant alternatif en courant continu. S’il s’agissait de puissances tant soit peu importantes, l’utilisateur ne disposait jusqu’ici que de deux moyens, le convertisseur rotatif connu depuis longtemps et parvenu à un très grand degré de perfection, et le redresseur à vapeur de mercure très employé depuis 15 oxi 20 ans, en raison de son fonctionnement très économique.
- Le redresseur à jet ondulé du professeur Hartmann de Copenhague s’annonce maintenant comme un concurrent de ces deux appareils.
- Principe du commutateur à jet ondulé. — Supposons qu’un jet dç merure J (fig. 1) sorte avec une vitesse constante v. d’une tubulure N et traverse un champ magnétique constant F, dont les lignes de force sont normales au plan de la figure. Le jet est en contact permanent avec une électrode E' dite électrode direc-
- trice. Par cette électrode et par la tubulure N, on fait passer un courant alternatif fourni par l’enroulement V* d’un transformateur auxiliaire. Il est facile de voir que dans ces conditions, le jet est soumis à une force située dans le plan de la figure et dirigée perpendicur lairement au jet primitif. Cette force agit à chaque instant sur la particule de mercure qui traverse le champ. Elle fait dévier la trajectoire de cette particule de sa direction primitive ab, sans modifier v. Une fois sortie du champ et par suite soustraite à l’action de la force, la particule suit une ligne droite, par exemple açj, faisant un certain angle 8 avec ab. Cet angle 8 dépend seulement de l’intensité de la force, c’est-à-dire de l’intensité du courant, puisqu’il y a proportionnalité entre celle-ci et la force. Comme le courant varie périodiquement, on voit que les différentes particules de mercure qui se succèdent dans le champ sont projetées dans une direction qui oscille périodiquement. On obtient up jet en forme de courbe onduleuse, dit jet ondulé. Le jet se déplace en entier avec la vitesse v en formant constamment de nouvelles boucles dont chacune augmente progressivement de hauteur au fur et à mesure qu’elïe s’éloigne du champ. La figure 2 représente la photographie d’un jet ondulé, prise au moyen d’une étincelle électrique extrêmement br^ve. La fréquence du courant alternatif était de 50 'et la vitesse du jet environ 350 cm par seconde. Lai longueur d’onde devait, par suite, être de 7 cm. C’est bien ce que montre l’échelle photographiée en même temps. L’extensibilité d’un jet de mercure est remarquable, puisqu’à la cinquième boucle, le jet est toujours continu.
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- Comment un tel jet peut-il être utilisé pour la commutation d’un courant alternatif ?
- Supposons (fïg. 3) que le jet reste en contact permanent avec une autre électrode E et avec les deux parties E, et E, de ce que l’on appelle
- Y électrode principale. E et E1( sont séparées l’une de l’autre par un couteau W ; elles sont de plus reliées à un transformateur V
- V alimenté par le même courant alternatif. On voit que le jet ondulé relie alternativement E avec Et et E2. Comme le mouvement du jet est rigoureusement synchrone avec la tension alternative, on peut avec des réglages convenables des positions des électrodes, obtenir entre St et S2 du courant redressé ayant la forme représentée au bas de la figure 3.
- Remarquons en passant deux propriétés importantes du redresseur à jet ondulé. C’est d’abord la très grande stabilité mécanique (car il y a couplage rigoureux entre le mouvement et la tension). Ensuite, le jet peut supporter d’énormes intensités de courant. Cela tient à ce que la chaleur développée est immédiatement évacuée par le mercure qui s’écoule. A titre d’indication, on peut mentionner qu’il faudrait presque 50 kw pour échauffer un jet de 4 mm de diamètre et de 600 cm/sec. de vitesse et l’amener au point d’ébullition du mercure.
- L’étincelle de commutation. — Au moment de la coupure du jet par le couteau W (fig. 3), il y a formation
- d’une importante étincelle, dite étincelle de commutation. Son effet est loin d’être négligeable.
- L’énergie convertie en chaleur dans les étincelles de commutation formées pendant une seconde peut très bien atteindre 1 à 2 kw dans un commutateur de modèle courant pour 50 périodes. Pour absorber très rapidement la chaleur produite, le professeur Hartmann utilise une propriété très curieuse de l’hydrogène. Ce gaz absorbe environ dix fois plus vite que
- Fig. 2. —- Photographie instantanée d’un jet ondulé.
- tout autre gaz dont il pourrait être question, la chaleur libérée par l’étincelle. Par exemple, dans un commutateur de 50 kw, l’étincelle dure à peu près dix à quinze pour 100 d’une demi-période d’un courant alternatif à 50 périodes. Si l’on faisait la commutation dans de l’azote au lieu d’hydrogène, l’étincelle durerait plus que la demi-période. Autrement dit, le transformateur serait constamment court-circuité par l’étincelle de commutation. Le fonctionnement serait impossible.
- Quelle est l’explication de cette propriété de l’hydrogène ? Il est probable que la molécule d’hydrogène se dissocie dans l’étincelle (qui n’est autre chose qu’un arc momentané), et, comme l’énergie de dissociation est grande, on comprend que la chaleur de l’étincelle soit rapidement dispersée. De plus, les atomes dissociés d’hydrogène se réunissent en rencontrant une paroi froide et en libérant une quanljté de chaleur correspondant à l’énergie de dissociation. C’est donc par les atomes libres d’hydrogène, beaucoup plus que par simple convection, que la chaleur est évacuée.
- Construction pratique du commutateur. — Le principal problème dans le développement du commutateur à jet ondulé a été la production d’un dispositif de commutation pouvant résister à l’effet d’érosion de l’étincelle.
- Fig. 1. — Production d'un jet ondulé.
- Fig. 3* — Commutateur à jet ondulé.
- Fig. 4. — Commutation sans usure.
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- Longtemps, on a considéré comme pratiquement impossible de construire un tel dispositif, et pour cette raison, le projet de construire un commutateur de grande puissance basé sur le principe du jet ondulé était considéré par les milieux compétents comme voué à un échec.
- Cependant, avec le temps, le problème de la commutation a trouvé sa solution, et une solution presque complète, indiquée par la fig. 4. Elle consiste simplement en un couteau de tungstène, disposé entre les deux côtés E( E4 de l’électrode principale. Immédiatement après la coupure du jet par le couteau, il se forme deux étincelles entre les bords inférieurs a et b du couteau, et les deux bords opposés de la coupure du jet. Ces deux étincelles, cependant, s’unissent presque instantanément en une seule étincelle à travers la coupure. Aussi le mercure est-il seul attaqué par l’étincelle, ce qui ne fait aucun mal. Le couteau lui-même est laissé intact et durera aussi longtemps que l’on veut, quelle que soit l’énergie emmagasinée dans les étincelles.
- La commutation est très bonne avec le dispositif à couteau de tungstène. On l’améliore encore en coupant simultanément le jet avec plusieurs couteaux. Sur la figure 5, on voit la reproduction d’une électrode d’un modèle courant à cinq couteaux de tungstène.
- Un autre problème qui a nécessité de nombreuses recherches est celui de la construction de l’électrode directrice et de l’électrode de sortie. La dernière principalement doit permettre d’amener des courants très intenses dans le jet ondulé, sans déformer celui-ci d’une manière sensible. Ce n’est qu’après de très longues études expérimentales qu’un type entièrement satisfaisant d’électrode a été trouvé. On la désigne sous le nom d'électrode-étrille. La figure 6 montre schématiquement une électrode-étrille directrice E' et une électrode-étrille de sortie E. Pour constituer une étrille, on découpe
- au tour dans la surface d’un barreau cylindrique d’acier un filetage à bords acérés. On recourbe ensuite le barreau en arc de cercle ayant son centre au milieu du champ magnétique. Chaque électrode comprend deux étrilles placées côte à côte à une petite distance. Le jet ondulé passe dans cet intervalle (fig. 7). Le filet de chaque étrille pénètre de quelques dixièmes de millimètre dans le jet ondulé; mais
- Fig. 7. — Reproduction au tiers de sa grandeur d’une électrode-étrille.
- Fig. 6. — Electrode-étrille.
- comme le mouvement des particules de mercure en chaque point est très sensiblement dans la direction de l’élément du filet de la vis que les particules en question
- Fig. 8. — Un redresseur à jet ondulé de mercure dans une sous-station.
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- viennent toucher, il n’y a que très peu de déformation du jet.
- L’électrode représentée figure 7 approximativement au tiers de sa grandeur a été construite pour 200 ampères avec un jet de 4 mm de diamètre. On voit sur la figure 2 le profil de l’électrode-étrille directrice et l’on remarquera combien peu elle déforme le jet ondulé.
- Résultats pratiques. — Les redresseurs pour courants industriels atteignent couramment des rendements de l’ordre de 92 à 95 pour 100. La fig. 8 montre un redresseur de 200 kw 550 volts hexaphasé d’une sous-station à Bradford (Angleterre). Les redresseurs sont des appareils simples et robustes qui, pour la puissance mise en jeu, ne prennent que peu de place. Avec trois commutateurs utilisant chacun un jet de 4 millimètres de diamètre (le poids de la partie utile du jet n’étant que d’environ 25 gr) on réalise un redresseur pouvant fournir un courant continu d’environ 1800 volts sous une puissance de 200 à 300 kw.
- Le nouveau dispositif représente la première réalisation d’un nouveau principe général de commutation, le principe de la commutation à étincelles tolérées. Dans
- les collecteurs à lames de cuivre, on cherchait le plus possible à éviter les étincelles, et pour avoir un fonctionnement stable, on ne pouvait guère tolérer plus de 30 volts comme différence de potentiel entre deux lames consécutives. Avec le commutateur à jet ondulé, fonctionnant dans l’hydrogène et muni du dispositif de coupure représenté figure 4, l’expérience montre qu’on peut tolérer des tensions d’au moins 1800 volts. Quant aux étincelles, on ne s’en préoccupe pas, car, comme il a été expliqué plus haut, elles ne font aucun mal, contrairement à ce qui se passe dans le collecteur à lames de cuivre.
- Le nouveau principe de commutation qui vient d’être exposé semble avoir pour l’avenir des conséquences importantes. Il faut noter à ce sujet qu’on peut construire sur ce principe, non seulement des redresseurs, mais toutes sortes de convertisseurs. Ein raison des voltages très élevés qui peuvent être mis en jeu, le principe semblerait convenir en particulier pour l’établissement des divers appareils qui seront nécessaires dans un système futur de transmission de courant continu à haute tension. EL Tscuerning.
- L’YLANG-YLANG =
- PARFUM SUBTIL ET PÉNÉTRANT
- Originaire des îles de la Malaisie, Yylang-ylang (Ca-nanga odorata Hooker et Thompson) est un arbre au port gracieux susceptible d’atteindre une hauteur de 20 m. Ses feuilles légères, ses rameaux étagés et retombants le firent d’abord introduire comme plante
- d’agrément aux Philippines, au Japon, en Indochine, à la Martinique, à la Réunion et à Madagascar. Durant longtemps, dans ces diverses régions, les indigènes et les colons européens se contentèrent d’orner leurs jardins ou les alentours de leurs habitations avec quelques pieds de ces sveltes Anonacées, sans songer à utiliser leurs fleurs abondantes dont les créoles toutefois aimaient à respirer les effluves parfumées.
- LA CULTURE DE L’YLANG-YLANG
- Mais aujourd’hui T ylang-ylang se cultive sur une assez vaste échelle à Java, à Manille, au Tonkin, dans nos colonies de la Réunion, de Madagascar, de Nossi-Bé, de Mayotte et des Comores, car la parfumerie recherche l’huile essentielle qu’on en retire. Ces plantations s’établissent d’ordinaire par semis et comme les graines conservent leur pouvoir germinatif pendant peu de temps, il faut les employer aussitôt après leur récolte, qui se fait à la Réunion, vers les mois d’août et de septembre. D’après un spécialiste autorisé, René Bénard, la meilleure méthode à employer pour cette multiplication est la suivante. On trace sur le terrain des carrés de semis, on remue convenablement le sol auquel on incorpore du fumier complètement décomposé ou mieux de la terre de bruyère passée au tamis. On foule légèrement les planches ainsi préparées, puis à une
- Fig. 1. — Ecimage des Ylang-Ylang dans une plantation de Madagascar.
- Cette délicate opération consiste à tailler le bourgeon terminal de façon à provoquer le développement des branches latérales.
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- distance de 4 à 5 cm, à l’aide d’un plantoir, on dépose au fond de rigoles, distantes de 20 cm les unes des autres, les semences débarrassées de toutes les traces de pulpe qui les environnent en les enfouissant à 2 ou 3 cm de profondeur.
- Au bout de 25 à 30 jours, pendant lesquels on maintient la fraîcheur du terrain par de fréquents arrosages, les jeunes plantules apparaissent et quand elles ont 3 ou 4 feuilles, on attaque à la bêche les mottes qui renferment plusieurs pieds. On isole alors chaque sujet avec un peu de terre environnante et on le place dans une « tente », sorte de gobelet constitué par des feuilles de Pandanus et contenant du terreau. On met ensuite le tout sous un ombrage léger soigneusement arrosé jusqu’au moment de la mise en place définitive. Parfois, on remplace la « tente » par un nœud de Bambou. De toutes façons, au bout de quelques mois, les plantules atteignent une hauteur de 25 à 30 cm et on les repique définitivement.
- D’après les notes qu’a bien voulu nous communiquer M. Charles Lastelle, de Nossi-Bé, à Madagascar comme à La Réunion, la mise en place définitive s’effectue généralement en quinconce sur des lignes distantes de 6 m. Pendant les deux premières années, on doit opérer des binages successifs de façon à empêcher la prolifîcation des plantes grimpantes autour des jeunes ylangs et, quand ceux-ci atteignent 2 m à 2 m 50, on procède à Vécimage, qui doit s’effectuer avec grand soin. Cette opération consiste à tailler le bourgeon terminal quand il est bien formé. Les petites branches latérales se développent alors au fur et à mesure et remplacent le bout de la tige mère, qui finit par se dessécher.
- Au bout de la troisième année, chaque arbre, écimé plusieurs fois, donne 200 à 500 gr de fleurs. L’année suivante, la production est généralement triplée et au bout de la cinquième année on peut compter sur une moyenne de 6 à 7 kg. A Madagascar, la floraison a lieu de mars à juillet et de la mi-septembre à fin décembre. A la Réunion, l’Ylangpeut donner des fleurs toute l’année, mais en réalité, il existe deux périodes successives où la production offre une intensité bien marquée. La première va du mois de septembre au mois de janvier et la seconde, de beaucoup la plus importante, s’étend du mois de février au mois de juin. De même, à Manille ces arbres fleurissent presque toute l’année, mais surtout de mars à mai et de juillet à octobre. Les pluies et les typhons influencent, d’ailleurs, beaucoup les époques de maturité et c’est plutôt pendant l’hivernage que les fleurs d’Ylang-Ylang abondent, c’est-à-dire de novembre à mars dans les régions tropicales de l’hémisphère sud.
- LA RÉCOLTE
- Comme l’état des fleurs joue un rôle capital dans le rendement à la distillation et dans la qualité de l’huile essentielle obtenue, on s’attache à les sélectionner sur l’arbre même, car elles ne grandissent pas toutes ensemble. Les fleurs trop jeunes donnent, en effet, peu de rendement et une essence pauvre en éthers. De leur côté, les fleurs trop avancées fournissent une très faible quantité de parfum. Quand le bouton floral s’ouvre, ses pétales sont verts, presque inodores et couverts d’une multitude de
- Fig. 2. — Batterie d'alambics pour la distillation de V Ylang-Ylang dans une exploitation de Vile de Nossi-Bé.
- poils blanchâtres, puis ils grandissent en prenant une teinte glauque et leurs poils deviennent de moins en moins visibles à l’œil nu. Dans leurs cellules, les gouttelettes d’huile essentielle grossissent et leur nombre augmente. Au bout de 15 à 20 jours, la fleur, après avoir passé par la couleur jaune pâle, se colore franchement en jaune vif; c’est le moment le plus propice si l’on veut avoir une huile essentielle très fine et il faut cueillir les fleurs dans les premières heures du jour. Les parfums paraissent effectivement des produits d’éthérification. Or, pendant la nuit, les hydrates de carbone, renfermés dans les divers organes végétaux prennent une forme soluble susceptible de subir l’influence des cellules vivantes agissant à la manière des ferments et de se transformer en alcools, molécules moins denses. Dans l’obscurité également s’élaborent les acides qui réagiront sur cet alcool intracellulaire pour donner naissance aux éthers. Tandis que si on procède à des récoltes plus tardives dans la journée, le rendement et la qualité de l’huile essentielle s’en ressentent. Sous l’influence des radiations solaires calorifiques, la respiration des fleurs se trouve activée et les éthers, se dégageant des cellules où ils se trouvaient en réserve, sont emportés par le vent.
- Au cours de leurs récoltes matinales, les femmes ou les enfants auxquels on confie ces délicats travaux se servent de leurs ongles ou d’une paire de petits ciseaux et placent les fleurs dans des paniers bas ou dans des toiles en prenant bien soin de ne pas les froisser, (meilleurs et cueilleuses évitent aussi de trop remuer les branches pour ne pas abîmer les grappes florales restant sur l’arbre. Pour les transports plus lointains par camions automobiles ou chemins de fer, on utilise des caisses en bois ajourées portant des cloisons parallèles en toile métallique distantes de 10 à 15 cm et fermées par un couvercle. D’autre part, on s’efforce de livrer ces fleurs à l’alambic le plus tôt possible après leur récolte; en outre, elles ne doivent être ni froissées, ni fanées, ni noircies si on ne veut pas obtenir finalement une essence de qualité inférieure.
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- L’EXTRACTION DU PARFUM
- A La Réunion, l’extraction de l’huile essentielle d’Ylang-Ylang se fait par distillation à l’eau ou la vapeur. Dans le premier procédé, les fleurs baignent dans l’eau et dans le second, elles subissent l’action de la vapeur d’eau qui, provenant de la cucurbite passe ensuite sur les fleurs placées au-dessus. Cette disposition constitue la distillation à colonne. Parfois aussi la vapeur arrive d’un générateur isolé et la distillation s’opère à la vapeur sous pression réduite. D’après les renseignements fournis par M. Charles de Lastelle, de Nossi-Bé, certains industriels des colonies françaises, après avoir adopté la distillation à la vapeur, revinrent à la distillation à l’eau, les uns affirmant que l’emploi de la vapeur donne des essences moins riches, les autres que les produits obtenus sont moins fins et de densités plus faibles.
- Les distillateurs de Manille comme ceux de Java emploient encore bien souvent des alambics assez primitifs. D’ordinaire l’appareil, qui reçoit les fleurs préalablement broyées, se compose d’une chaudière en cuivre munie d’un tube pour l’adduction d’eau pendant la distillation et reliée au réfrigérant par un chapiteau en cuivre. Au lieu de serpentin, on se sert d’une bouteille à vin dont le fond se trouve percé d’une petite ouverture et qu’on immerge dans un bassin de cuivre rempli d’eau de façon qu’une partie de la bouteille dépasse le bord du récipient, mis lui-même dans une terrine servant de trop-plein. On distille chaque charge de fleurs pendant deux jours. Mais C. von Rechenberg a montré toutes les défectuosités de ce mode irrationnel de réfrigération qui donne des produits de second ordre. Quel que soit
- d’ailleurs le mode opératoire de distillation des fleurs d’Ylang-Ylang, il passe d’abord des traces de terpènes et des principes oxygénés riches en éthers; ceux-ci forment les éléments odorants de l’essence tandis que les portions suivantes renferment surtout des sesquiter-pènes peu estimés. Aussi en parfumerie la valeur d’une essence d’Ylang-Ylang dépend de sa richesse en éthers, caractérisée par les constantes physiques qui en découlent (haute densité, grande solubilité, faible pouvoir rotatoire, etc.). Toutefois dans le commerce on vend, sous ce nom, des produits d’odeurs et de qualités diverses. Un chimiste américain, Raymond F. Bacon, a même réussi, le premier, à fabriquer une essence synthétique dont l’odeur ressemble à celle de l’huile naturelle tirée de l’Ylang-Ylang mais au parfum moins persistant et à la composition très différente, le géraniol et le linalol y faisant défaut. Par contre, la maison Schimmel et Cie prépare également un Ylang-Ylang synthétique dans lequel se trouvent à peu près les mêmes constituants que dans l’essence naturelle. Enfin, on falsifie parfois ce parfum en y ajoutant de l’huile de coco, de l’alcool, du pétrole et surtout de l’essence de térébenthine. Pour effectuer cette dernière falsification, on asperge les fleurs avec l’adultérant et on distille le tout.
- Si on n’a pas ajouté beaucoup d’essence de térébenthine, la sophistications est difficile à déceler, car le pinène entre en minime proportion dans le pur Ylang-Ylang, mais si l’addition a été trop notable, le mélange exhale une odeur âcre, tandis que sa densité et son indice de réfraction se trouvent diminués.
- Jacques Boyer.
- LES PORTS DE BRUGES ET DE ZEEBRUGGE
- BRUGES
- La côte belge s’étend aujourd’hui uniforme, bordée de son bourrelet de dunes qui ne dépasse jamais quelques kilomètres, se réduisant parfois à une mince guirlande. Elle fut, jadis, agitée par des cataclysmes nombreux. C’est ainsi qu’au xe siècle et même au xie siècle, la mer engloutit une île qui se trouvait devant la localité actuelle de l’Ecluse ainsi que toute la presqu’île devant Bruges. Il se forma un assez large bras de mer, le Zwin, qui pénétra à l’intérieur des terres dans la direction de Bruges.
- Cette ruine d’une partie de la région fut pour Bruges le point de départ d’une ère de prospérité. Pendant plusieurs siècles, la « Venise du Nord », ainsi surnommée à cause des nombreux canaux qui sillonnaient la ville, fut une des plus riches cités du Monde. Aux xiv8 et xve siècles, elle passait pour la métropole commerciale du nord de l’Europe. De vastes bassins offraient aux navires de grandes facilités pour décharger les produits exotiques et embarquer les produits multiples et abondants des riches plaines des Pays-Bas.
- Chiffre inouï pour l’époque, a ville comptait plus de
- 75 000 habitants. Les voiliers lourds des quatre parties du monde étaient reçus par les délégués des marchands de Brême, Hambourg, Lubeck, Venise, Gênes, Sienne, Pise, Cremone et Asti qui avaient leurs maisons et leurs vastes entrepôts sur place.
- Une chronique locale datée de 1456 signale l’entrée au port de plus de 150 navires en une seule journée. Malheureusement, la mer capricieuse qui avait créé un jour de tempête le golfe du « Zwin » se retira peu à peu. Déjà, à la fin du xv° siècle, la navigation maritime ne pouvait plus dépasser Damme qui était devenu le véritable port de Bruges (fig. 1). L’envasement continuant, Damme lui-même perdit sa splendeur au profit de l’Ecluse. Ce fut la mort lente du commerce brugeois; la ville fut insensiblement désertée par les grands brasseurs d’affaires et les herbes folles poussèrent entre les pavés, là où naguère sonnaient les lourds tombereaux traînés par des chevaux aux croupes puissantes. La « Venise du Nord » devint « Bruges la Morte », la ville paisible des béguinages et des couvents chantée par le poète Rodenbach.
- Le « Zwin », témoin de la splendeur des Flandres, est aujourd’hui quasi disparu. Il n’est plus représenté
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- la côte que par une petite plage triangulaire de sable fin enserrée entre deux dunes dont l’une, en flèche, barre de plus en plus le passage aux flots. Derrière la partie submergée par le flot, il reste un pré-salé de quelques dizaines d’hectares, inondé seulement aux fortes marées d’équinoxe. En août s’y étale entre les fossés, à la boue craquelée par la sécheresse, un abondant tapis mauve de Statice limosum que des enfants viennent cueillir pour les vendre sous le nom d’héliotrope sur les plages de Blankenberghe et d’Osten deaux touristes d’un jour, avides de souvenirs du littoral.
- Il est même question, aujourd’hui, pour hâter l’œuvre de la mer, de construire une digue reliant la dune hollandaise à la flèche dunaire belge. On pourrait ainsi livrer à la culture les quelques hectares, restes du Zwin, qui sont actuellement improductifs.
- ÆwW PAYS-BAS
- Canal
- irujes
- Zwin
- F R A N CE
- *Knocke
- Fig. 1. — La côle belge. En carton, le golfe du Zwin.
- Fig. 2. — Le môle el le porl de Zeebrugge.
- La résurrection de Bruges. — Au siècle dernier, Bruges, toujours somnolente, était un petit port intérieur de batelage relié à la mer par un canal allant déboucher à Ostende. Cette longue voie de 22 km ne permettait l’accès de la ville qu’à des bateaux de faible tonnage. Il existait bien un autre canal (fig. 1), reliant Bruges à l’Ecluse (Hollande), mais ici des difficultés douanières surgissaient à tout moment. D’autre part, les Hollandais, maîtres de l’embouchure de l’Escaut, pourraient quand ils le voudraient, porter un coup mortel à Anvers par des tarifs de passage prohibitifs. Devant cette situation précaire, Léopold II, qui a toujours vu grand, et dont les idées audacieuses ont étonné bien des Belges, imagina et fit adopter par le Parlement l’idée de la création d’un port au littoral devant Bruges et la construction d’un canal reliant la mer à la ville. La loi décrétant la mise en œuvre des travaux maritimes de Bruges fut votée, après une assez vive opposition des adversaires du gouvernement, le 11 septembre 1895; il y était décrété
- 1° La création d’un port à la côte à Zeebrugge, à quelques kilomètres de Blankenberghe;
- 2° La création d’un nouveau port à Bruges, l’ancien étant jugé tout à fait insuffisant;
- 3° Le creusement d’un canal maritime reliant les deux ports.
- Le premier coup de pioche fut donné peu de temps
- après la promulgation de la loi. La dépense de cette entreprise s’éleva à 44 millions de francs-or. On se heurta à des difficultés techniques non prévues, et les travaux importants, activement poussés cependant, ne furent inaugurés qu’en 1907, c’est-à-dire 12 ans après le vote du Parlement.
- LES INSTALLATIONS DE LA COTE
- Elles comprennent à Zeebrugge :
- 1° Une rade du port extérieur d’escale;
- 2° Un chenal et une écluse mettant la rade en communication avec le port intérieur et le canal de Bruges; 3° Un port intérieur 4° Un bassin d’échouage pour chaloupes de pêche.
- Le port extérieur. — Le port d’escale est formé
- Fig. 3. — Les côtes du môle.
- rDârse projetée.
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- Fig. 4. -— Un transatlantique accosté au môle.
- d’une jetée, ou môle s’avançant en pleine mer à 1 km environ de la côte en ligne droite et développant sa courbe en demi-fer à cheval sur une longueur de 2487 m (fig. 2). La jetée, construite en béton, est formée de trois parties : la première, sur l’estran, est massive et atteint un développement de 432 m; la deuxième, primitivement, était à claire-voie et mesurait 300 m. Cette claire-voie, dans l’esprit des constructeurs, devait permettre aux courants marins de nettoyer l’intérieur du port, le débarrassant du sable que le flot y dépose constamment. Malheureusement, les espoirs que l’on fondait sur cette « chasse » par les eaux ne se réalisèrent pas; le port, malgré un dragage sévère, s’ensablait. C’est alors que l’on décida, il y a quelques années, de fermer cette claire-voie jugée inutile sinon nuisible.
- Aujourd’hui, le travail est terminé et la montée du sable n’est nullement arrêtée. Ce problème de l’ensablement, que ne combat que très imparfaitement le dragage, est des plus angoissants pour l’avenir du port extérieur. Enfin, la troisième partie également pleine, a un développement de 1755 m et porte à son extrémité un phare destiné à éclairer l’entrée du port,
- C’est contre cette troisième partie de la jetée que l’on a aménagé un terre-plein de 74 m de largeur, ayant du côté de la rade un mur de quai permettant l’accostage sur une longueur de 1271 m. Au pied de ce mur doivent régner des profondeurs d’eau de 8 m à marée basse, sur une largeur de 300 m. Aujourd’hui, ces dimensions théoriques sont un peu réduites du fait des dépôts marins que l’on n’arrive pas à enlever avec assez de célérité. On admet que la superficie de la rade serait de 150 hectares (fig. 3). Ajoutons que les frais de dragage se sont élevés, en 1929-30, à plus de 8 millions.
- Les quais du môle sont pourvus d’un outillage perfec-
- tionné. Ils sont d’abord desservis par plusieurs voies ferrées reliées au réseau des chemins de fer belges. Trois hangars avec grues sont répartis le long du môle; ils mesurent respectivement 150 X 15 m, 120 X 15 m et 150 X 15 m. Un de ces hangars a été aménagé tout spécialement pour le trafic des voyageurs; ils y trouvent en débarquant les trains à destination de Bruxelles, de la France, de l’Allemagne, de la Suisse, etc. Cette gare a été conçue pour offrir le maximum de confort aux voyageurs : buffet, bureau de télégraphe, de téléphone, visite sur place de la douane, etc. Notons que les grands navires peuvent accoster avec facilité, ce que prouve notre photographie (fig. 4).
- Immédiatement à la côte, les voyageurs, fatigués par une traversée longue et pénible, trouveront un grand hôtel de 150 chambres pouvant par ses installations modernes satisfaire les plus difficiles.
- Ajoutons qu’une voie carrossable permet de circuler sur le terre-plein du môle en auto, évitant ainsi un par-
- Fig. 5. — I.e chenal d’accès de /’avant-port à l’écluse.
- cours parfois pénible à ceux qui veulent gagner rapidement les navires accostés.
- Le long du môle est aménagé un promenoir qui, par beau temps, alors que la mer est étale, scintillante de petites vagues qui se poursuivent, ou par mer houleuse quand des paquets d’embruns fouettent le béton, constitue une des promenades les plus impressionnantes qu’il se puisse réaliser loin de la côte.
- Tout à l’extrémité du môle se dresse le phare tout blanc, du haut duquel on jouit d’un spectacle inoubliable, surtout au soleil couchant quand la mer ressemble à un bain de métal en fusion. Signalons également que la rade, bien abritée des vents du large, a déjà rendu, par gros temps, des services inappréciables aux navires qui s’y sont réfugiés, ne pouvant en ce moment pénétrer dans l’estuaire de l’Escaut, distant à peine de quelques kilomètres. Pendant une forte tempête on y a vu, bien à l’abri, plus de 22 navires de haute mer.
- Le chenal d’accès (fig. 5). — Le chenal d’accès à l’écluse maritime a une longueur de 750 m, une largeur norrnale de 50 m au plafond, de 116 m à la flottaison et de 126 m entre les crêtes.
- Il offre un mouillage de 6 m à marée «basse et au moins de 9 m à marée haute.
- Fig. 6. •— Les bassins de Zeebrugge.
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- Les rives s’évasent à travers l’estran, offrant une entrée de plus de 200 m de largeur. Les talus du chenal sont inclinés à 3/1, à partir du plafond, jusqu’à zéro, niveau auquel est ménagée une banquette d’un mètre de largeur; au-dessus de cette banquette les talus sont inclinés à 2/1.
- Les talus sont protégés en contre haut du zéro par un perré maçonné, prenant appui contre une charpente de soutènement, et, en contre-bas, par des plates-formes en fascinages lestées de moellons. Dans l’étendue de l’estran, les rives du chenal sont protégées par des jetées basses en maçonnerie surmontées de passerelles d’accès aux musoirs qui terminent les jetées. De part et d’autre, aux musoirs, existent des feux de ports : celui de droite vert, et celui de gauche rouge, facilitant ainsi l’entrée du chenal la nuit. Les musoirs ont 9 m de largeur sur 12 m de longueur.
- L’écluse maritime. — Située en amont du chenal, cette écluse donne accès au canal maritime et aux bassins du port. Elle a 228 m de longueur totale et
- Fig. 8. — La flotte de pêche à Zeebrugge.
- 256 m de longueur utile entre les faces intérieures des portes roulantes, mues à l’électricité. La largeur de l’écluse est de 20 m. Elle a un mouillage de 5 m 5 à marée basse et de plus de 9 m à marée haute, per-tonnage.
- mettant ainsi l’entrée et la sortie des navires de fort
- L’arrière-port (fig. 6). -— Le port intérieur de Zeebrugge est formé par un élargissement du canal maritime, d’une largeur de 50 m au plafond et de 126 m au plan d’eau. A l’est de l’arrière-port se trouve un bassin dit d’« évolution » qui offre deux accostages de 25 m destinés aux opérations commerciales. Puis vient, en face, une des trois darses prévues pour Zeebrugge, les deux autres n’étant pas encore construites.
- Cette darse offre un plan d’eau de 500 m de longueur sur 130 m de largeur. La profondeur d’eau est partout de 8 m.
- Le canal maritime. — Un imposant canal maritime relie l’arrière-port de Zeebrugge aux bassins de Bruges.
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- Fig. 7. — Le canal de Zeebrugge à Bruges. On voit l'écluse au fond.
- Long de 10 km, en ligne droite, il a 22 m de largeur au plafond, 70 m de largeur à la flottaison et est profond de 8 m (fig. 7).
- Le port de pêche. — Avant d’aborder l’examen du port de Bruges, disons un mot du port de pêche de Zeebrugge.
- Les installations, modestes au début, qui demandent aujourd’hui à être agrandies, se trouvent sur la rive est du chenal d’accès à l’écluse 'maritime (fig. 8). Elle comprend actuellement un bassin d’échouage d’une largeur de 80 m et d’une longueur de 150 m avec entrée de 40 m de largeur, limitée par des estacades.
- Le produit de la vente du poisson, en 1930, s’est élevé à plus de 10 millions de francs belges. Les bateaux à moteurs tendent de plus en plus à remplacer les modestes petits chalutiers de jadis. On fonde de larges espoirs sur l’extension des pêcheries de Zeebrugge.
- Les installations maritimes de Bruges (fig. 9, 10 et 11). — Ces vastes installations sont destinées à rendre de grands services au commerce local et régional ; le transit des marchandises pondéreuses vers l’intérieur du pays est très aisé, en raison des installations complètement modernisées du port, dont nous causerons plus loin.
- Il existe à l’heure actuelle trois grands bassins et deux darses :
- a) Le bassin Ouest a 550 m de longueur sur une largeur de 90 m à la flottaison. Sa profondeur est de 8 m partout, sauf vers l’extrémité sud où il n’y a plus que 6 m 5. Les quais y ont un développement de 600 m;
- b) Le bassin Est mesure 370 m de longueur et 90 m de largeur. Il y a également ici 8 m de profondeur avec
- Fig. 9. — Le port de Bruges.
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- Fig. 10. — Voiliers nitratiers dans le port.
- des quais qui atteignent un développement de 650 m;
- c) Le bassin Nord est plus petit, il n’a guère que 300 m de longueur, mais sa largeur est beaucoup plus grande, 200 m, pour permettre l’évolution des navires. Il relie les deux autres bassins et n’a que 120 m de quai
- d) Les deux darses se trouvent sur la rive ouest du canal maritime; la darse sud mesure 350 X 120 m; la darse nord 500 X 110 m. Un appontement de 200 m de longueur est établi sur la rive sud de cette darse. La profondeur utile est de 7 m et leur équipement n’est pas encore complètement terminé.
- Projets d’agrandissements. — Pour l’arrière-port de Zeebrugge, un vaste projet d’agrandissement est prévu. C’est ainsi que l’on se propose de creuser deux nouvelles darses de même importance que celles qui existent déjà. Quant au port de Bruges même, on se propose de prolonger les deux darses existantes de façon à quasi doubler leur capacité (fig. 11).
- L’outillage actuel des quais de Bruges (fig. 9). —
- Des grues puissantes, au nombre de 30, équipent déjà les quais. Parmi celles-ci, on compte 17 grues de 2 tonnes et demie ; 4 grues de 2 tonnes servant à la manutention des bois de mines; les autres grues, appartenant à des entreprises privées, ont des puissances de 7 1/2 tonnes (6), 10 tonnes (2),
- 15 tonnes (1).
- Il existe, en outre, deux autres grues sur truck de 2 1/2 tonnes. Une énorme grue flottante de 55 tonnes complète cet imposant outillage.
- Les quais sont largement pourvus de lignes de chemin de fer pour l’écoulement rapide des marchandises.
- A portée des grues, on a installé 4 grands hangars : (le premier de 150 X 15 m; le second à étage de 130 X 15 m; le troisième de 50 X 30 m; le 4e de 60 X 30 m. Les deux derniers hangars servent à l’entreposage du nitrate dont il se fait ici un important trafic.
- Les terrains sur lesquels on a installé le port étant très vastes, il sera dans l’avenir possible de donner au port la plus large extension que les nécessités commerciales pourront lui imposer.
- Les communications. — Le port est admirablement situé pour les communications avec l’intérieur du pays et les nations voisines. Des canaux, qu’il sera toujours possible d’approfondir et d’élargir le cas échéant, sans nécessiter des dépenses exagérées vu la facilité d’extraction des terres, mettent Bruges en communication avec Gand, les régions industrielles de la Flandre, de Tournai et de Lille, sans compter tout le Hainaut avec sa puissante industrie houillère et sidérurgique plus près de Bruges que d’Anvers. Trois lignes de navigation partent de Zeebrugge, l’une pour Hull, les deux autres vers Hawick (service des ferry-boats).
- L’Industrie s’y développe. — Il y a 25 ans, le long du canal, on ne découvrait que la plaine maritime du Polder où paissaient les lourdes vaches flamandes. Aujourd’hui, bien que le paysage agreste n’ait pas complètement disparu, de puissantes usines, aux cheminées vomissant des torrents de fumées, rompent la monotonie du paysage. Une très importante cokerie, avec ses installations modernes, fonctionne depuis plusieurs années. Pour les facilités que leur offrait l’exportation par Zeebrugge, des industriels du pays de Charleroi ont installé une puissante usine de fabrication mécanique du verre dont les produits à peine fabriqués partent pour les régions lointaines de l’Amérique et de l’Extrême-Orient. A côté de cela, signalons qu’une raffinerie d’huile, une scierie de bois du Nord et des abattoirs travaillent activement pour l’exportation et l’importation.
- VALEUR MILITAIRE DE ZEEBRUGGE
- Le port de Zeebrugge, comme toute œuvre audacieuse, a rencontré une très forte opposition en Belgique.
- Il fallut les événements de 1914 ppur montrer combien précaire au point de vue de la défense du territoire était la base navale d’Anvers, immédiatement bloquée par l’étranger. Zeebrugge étant un port national, put, dans ces circonstances tragiques, rendre de précieux services. C’est ainsi qu’en septembre 1914, la malheureuse 4e division belge, battue à Namur, après avoir battu en retraite par le sud de la France, fut embarquée dans les ports français et put rejoindre par Zeebrugge l’armée belge qui reculait vers Anvers et Gand. En octobre, la VII0 armée britannique y débarqua ses 23 000 hommes avec canons, munitions, chevaux, etc., pour voler au secours d’Anvers. Il fallut à peine trois jours (6, 7 et 8 octobre 1914) pour effectuer cet important transbordement de troupes. Les officiers de la marine anglaise furent réellement émerveillés des facilités qu’offrait le môle pour ce genre d’opération. Il faut dire que' la
- Fig. 11. —• Le port de Bruges.
- Ostende
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- presse, tant en Belgique qu’à l’étranger, avait dénigré systématiquement cette belle œuvre de Léopold II, au point qu’on la considérait de nulle valeur, sinon une véritable folie!
- Chose singulière, les Allemands, grâce à leur service d’espionnage, connaissaient toutes les possibilités de Zeebrugge au point de vue militaire. Aussi, à leur arrivée au littoral, le 15 octobre 1914, les armées du kaiser s’occupèrent-elles d’équiper militairement Zeebrugge. On peut voir trois de leurs énormes pièces marines qui ornent encore, souvenirs de temps révolus, l’extrémité du môle. Ils firent de Zeebrugge une base formidable pour leurs sous-marins qui de là s’élançaient en pirates sur les navires alliés, leur faisant, comme on sait, subir des pertes formidables. Ils avaient aménagé, pour mettre leurs sous-marins à l’abri, dans l’arrière-port de Zeebrugge, un tunnel qui est resté fameux. Dans ce repaire, 9 sous-marins pouvaient tenir à l’aise, bien à l’abri des explorations et des bombardements par avion.
- On connaît suffisamment, pensons-nous, l’expédition de l’amiral Keyes, du 23 avril 1918, qui avait pour but de réduire à l’inaction la base des sous-marins allemands. Malgré la défense héroïque des Allemands, deux navires chargés de ciment furent coulés à l’entrée du chenal, bloquant pour toujours les sous-marins dans leur repaire.
- Un des sous-marins de l’amiral, le C-3, vint donner contre le môle, y fit explosion, le détruisant sur une longueur de 66 m, livrant ainsi la rade à la fureur des flots.
- Notre photographie 12 montre la portion détruite du môle, réparée sommairement par un pont en bois monté sur pilotis. Aujourd’hui cette brèche est complètement fermée.
- Aussi, le gouvernement belge, après la guerre, se préoccupa-t-il d’organiser le mieux possible une aussi précieuse base navale. En inaugurant, le 5 juillet 1921, la commission chargée d’étudier les meilleurs moyens de tirer parti des ports de Bruges et de Zeebrugge, M. le Ministre des travaux publics Anseele disait, en rappelant les faits de guerre « qu’il était de toute nécessité d’équiper militairement un port qui, du jour au lendemain, pendant la guerre 1914-18, s’était révélé un centre d’action de premier ordre ». Ajoutons, à regret, que jusqu’à ce jour, rien ou presque rien n’a encore été réalisé.
- L’ACTIVITÉ DE ZEEBRUGGE
- L’année 1904 est la première en date où l’on ait tenu des statistiques. On constate que, pendant cette première année d’exploitation régulière, 44 navires jaugeant 72 995 tonnes entrèrent au port; à cela il faut joindre 182 bateaux d’intérieur avec 81 897 tonnes. Comme l’on voit, les débuts furent très modestes.
- Jusqu’en 1914, l’année la plus prospère fut 1911, avec 1048 navires jaugeant 801 743 tonnes et 971 bateaux d’intérieurs apportant seulement 40 000 tonnes de marchandises.
- L’après-guerre fut le signal du commencement de l’ère de prospérité. Le trafic passa de 14 navires de haute mer (12 000 tonnes) et pas un bateau intérieur en 1919,
- Fig. 12. — Brèche de 66 m de long causée par l'explosion du sous-marin C3.
- à 1415 navires en 1930 (1 301 249 tonnes) et 703 bateaux intérieurs avec 252 418 tonnes.
- Le port d’escale vit passer plus de 45 000 passagers, venant des différentes parties du monde (fig. 13).
- Les produits à l’entrée sont les suivants : charbons industriels pour les usines situées à front du canal, charbons industriels et domestiques pour Bruges, le bois de mine, le ferro-manganèse, la cyanamide et le nitrate, sans compter les mélasses, les pavés, les huiles et le kaolin.
- L’exportation comporte surtout du macadam, du laiton, à destination de l’Angleterre, ainsi que des aciers à demi ouvrés. Le service de ferry-boats transporte, grâce à sa rapidité, une grande quantité de marchandises périssables (œufs, beurre, primeurs, etc.) venant des centres de production belges, Malines et Bruxelles, à destination des marchés anglais.
- CONCLUSION
- Arrivé en ce point de notre exposé, il est juste que nous nous demandions quel rôle Zeebrugge espère remplir dans l’avenir. En dehors des services militaires, que cette importante base navale est appelée à rendre, chose signalée plus haut, nous empruntons à M. Schramme, président de la Compagnie des installations maritimes
- Fig. 13. •—• Les principales àommunicalions de Zeebrugge.
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- de Bruges pendant plus de dix ans, les justes réflexions qui suivent : « En voyant prospérer son jeune port d’escale, la Belgique ne verrait qu’étendre son trafic, sans rien détourner de la clientèle déjà acquise par ses anciens ports. Bien au contraire, pour peu qu’on suive le développement du trafic maritime international, il est impossible de ne pas observer combien les grandes métropoles maritimes, pour ne citer que Hambourg, Brême et Rotterdam, ont considéré l’établissement d’avant-ports comme un complément rendu indispensable pour les transformations de la navigation moderne : Cuxhaven situé à 99 km en avant de Hambourg, Noder-liam et Bremerhaven situés à 61 et 69 km respectivement en avant de Brême, Hoek van Holland, situé à 35 km de Rotterdam, sont les adjuvants, les satellites des ports situés à l’intérieur ; Zeebrugge, à 98 km d’Anvers et à 65 km de Gand, n’a d’autre ambition que de jouer le même rôle.
- Les maisons de commerce anversoises et gantoises ne sont ni moins bien outillées ni moins entreprenantes que celles de Rotterdam, de Brême et de Hambourg, qui installent dans les avant-ports de Hoek van Holland, de Bremerhaven et de Cuxhaven, des agences et des succursales amenant à la maison-mère le supplément de trafic procuré par le port d’escale. Zeebrugge est et
- doit être le complément d’Anvers et de Gand (1). Et il le doit être d’autant plus qu’Anvers et Gand sont commandés par l’embouchure de l’Escaut; la précarité de cette voie d’accès nous a été révélée par la guerre. Il n’est pas un Belge qui ne souhaite ardemment que la pleine liberté en tous temps de la navigation sur l’Escaut ne soit reconnue. Mais, dans l’état actuel des choses, ce serait folie et impéritie de ne pas prévoir qu’un conflit international, même si notre pays n’y était pas directement impliqué, peut ramener sur l’Escaut le régime auquel il a été soumis de 1914 à 1918. Et dans ce cas, pour Anvers et pour Gand, comme pour tout le pays, Zeebrugge serait la porte d’accès sur la mer, l’organe vital pour notre vie économique, autant que, en temps de guerre, il serait l’organe vital pour notre défense nationale. »
- On ne peut mieux dire. Nous souscrivons entièrement à ces belles paroles de l’homme qui connaît si bien Zeebrugge et ses possibilités.
- Puisse la nation ne pas oublier les enseignements du passé et songer à l’avenir ! G. Remaele.
- 1. Signalons à ce sujet que Zeebrugge n’est qu’à 5 heures de Paris, 15 heures de Berlin, 22 heures de Vienne et 10 heures de Bâle.
- En débarquant à Zeebrugge, au lieu de gagner Anvers, le voyageur d’outre-Atlantique gagne facilement une petite journée.
- L’ÉCLAIRAGE DES SALLES DE PROJECTION
- LA NOUVELLE SALLE DE L’ÉCOLE DU LOUVRE
- La projection lumineuse en salle éclairée a été de tous temps, l’objet de préoccupations constantes, notamment pour l’enseignement.
- 11 est incontestable que le fait de plonger un auditoire dans l’obscurité complète, présente de nombreux inconvénients, parmi lesquels se place en première ligne, l’impossibilité pour les auditeurs de prendre des notes
- Fig. 1. — Écran à cellules pour projection en salle éclairée.
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- au cours des démonstrations; c’est donc avec juste raison qu’on s’est ingénié à résoudre le problème.
- De nombreuses solutions ont été proposées, qui visaient toutes jusqu’ici, à réaliser un écran suffisamment abrité de l’éclairage ambiant de la salle, pour que la vigueur des images lumineuses se trouve atténuée le moins possible.
- Dans les théâtres ou dans les salles de cinéma, où l’on utilise l’écran pendant l’entr’acte pour passer de la publicité, on atténue l’éclairage de la salle pour qu’il y ait prédominance d’éclairement sur l’écran. On diminue
- Fig. 2. — Une autre solution : écran horizontal et glace.
- Glace
- Image viri u elle de! écran
- Spectateur
- Ecran
- Lanterne
- Glace
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- Fig. 3. —j_a nouvelle salle de conférences de l'école du Louvre (M. Monnier-Ferran, architecte) . L'appareil de projection esl visible au milieu.
- Les pupitres sont éclairés par de petits projecteurs fixés au plafond.
- également les dimensions des projections, pour qu’elles soient aussi lumineuses que possible, et on utilise la puissance maxima. Mais ces dispositions ne conviennent que s’il s’agit de projection de diapositives ou de films cinématographiques, dans des établissements copieusement alimentés de courant électrique, ce qui est rarement le cas dans les salles de classe ou de cours.
- On a préconisé aussi l’emploi d’écrans constitués d’une multitude de petites cellules, dont le fond formerait autant d’éléments d’écran (fig. 1). Des essais sur une faible surface, 1 mètre carré environ, donnent bien quelques résultats, mais pour les dimensions d’écrans que réclame une salle de plus de 50 auditeurs, les dilïicultés de fabrication de tels écrans deviennent presque insurmontables.
- D’autres auteurs proposèrent des dispositifs plus simples ; l’un d’eux mérite une mention particulière par son caractère d’originalité (fig. 2). L’écran, au lieu de se trouver dans un plan vertical, est placé horizontalement, il recueille la projection envoyée par la lanterne, soit directement si la hauteur du sol ou du plafond à l’écran laisse une distance suffisante pour que le faisceau puisse être dirigé verticalement, soit par l’intermédiaire d’une glace si la lanterne doit envoyer son faisceau horizontalement.
- L’image recueillie sur l’écran presque complètement soustrait à l’action de la lumière ambiante, est rendue visible aux spectateurs par l’interposition d’une glace à 45° sur le plan de l’écran, ce qui produit l’impression assez curieuse d’une image aérienne.
- Malheureusement, cette disposition nécessite
- l’emploi d’un écran transparent, aménagé dans un local attenant à la salle de conférences, ce qui n’est pas toujours possible en raison de la disposition même des lieux. On se heurte également à des difficultés résultant des dimensions des glaces et de l’écran. Une disposition plus simple consiste à établir une sorte d’auvent autour de l’écran, pour empêcher la lumière ambiante de l’atteindre trop intensément, mais cette sorte de dais en étoffe inévitablement noire, qui ne remplit d’ailleurs qu’impar-faitement le but proposé, donne des allures quelque peu
- Fig. 4. — L'épisçope el le pragmatoscope de l'école du Louvre.
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- funèbres aux salles de conférences, que les architectes, avec juste raison, s’efforcent de rendre aussi attrayantes que possible.
- En résumé, aucune des propositions jusqu’ici basées sur une disposition particulière de l’écran ne semble avoir permis d’atteindre le but cherché. Encore ne s’était-on attaqué au problème que pour la projection des diapositives ou du cinéma dont les documents transparents permettent d’obtenir des images brillantes sans grande déperdition de lumière; mais lorsqu’il s’agit de projections épiscopiques, maintenant d’un usage très répandu, leur rendement lumineux déplorable fait que le moindre filet de lumière dans la salle suffit à éteindre presque complètement la projection sur l’écran.
- 11 a donc fallu s’orienter vers des procédés, complètement différents et c’est à l’éclairage même de la salle qu’il a fallu s’attaquer. Cette question vient d’être très heureusement résolue par M. Massiot, le spécialiste bien connu de la projection lumineuse, dans la nouvelle salle de cours de l’Ecole du Louvre et d’après les conseils de son éminent architecte Monnier-Ferran.
- Pendant les projections, seuls les pupitres des auditeurs sont éclairés par de petits projecteurs dissimulés dans le plafond. Chaque projecteur dirige verticalement un faisceau lumineux dont la surface est rigoureusement délimitée; de cette façon tout le reste de la salle se trouve dans l’obscurité et en particulier l’écran.
- Avec une telle disposition, on pratique aisément la projection épiscopique. Pour la diascopie, l’appareil est à axe vertical, avec une glace à inclinaison variable, ce qui permet de diriger l’image aisément vers l’écran (iig. 3).
- Pour l’épiscopie, l’appareil choisi est un « pragmato-scope Massiot » à quatre faisceaux convergents refroidis par aspiration, au moyen d’une canalisation commune à celle de l’aération forcée de la salle. Les deux appareils sont placés côte à côte sur une table assez basse pour permettre à l’opérateur de classer et de passer commodément les documents, et la disposition des glaces de réflexion permet de ne faire émerger que les cônes de projection (fig. 4), ce qui ne gêne pas la vue pour les spectateurs placés derrière, qui, dans les dispositions obdinaires, sont très fréquemment gênés, sinon par l’appareil même qui leur bouche la vue, du moins par la lumière Vive qui s’échappe des lanternes souvent incomplètement ét&ttches.
- La disposition et le choix judicieux de l’appareillage de projection, joints à l’étude de cet éclairage particulier des pupitres, semblent avoir résolu complètement la question. L’école du Louvre est une remarquable réussite et sa nouvelle salle de conférences, peut, à juste titre, passer pour un modèle d’organisation, dont nombre d’établissements ne manqueront pas de s’inspirer.
- André Bercy.
- UN CRABE PORTEUR DES INSIGNES
- SOVIÉTIQUES
- Les fermiers marquent au fer rouge les cornes de leurs bœufs, la croupe de leurs chevaux, la toison ou la face de leurs moutons afin d’identifier ces animaux domestiques. De leur côté, les éleveurs de volailles baguent leurs coqs ou leurs poules pour les reconnaître dans leurs parcs et les procédés d’identification de la gent aquatique ressemblent beaucoup aux méthodes précédentes. Ainsi pour étudier les migrations des anguilles, des truites ou des harengs, les laboratoires aquipoles
- tatouent la peau de ces poissons vers la queue, passent des anneaux dans leurs museaux ou rivent des boutons dans leurs nageoires. Puis rejetant dans l’élément liquide, les sujets distingués de la sorte, ils prient les marins qui les repêcheront ultérieurement d’indiquer à la station qui poursuit ces expériences, le lieu et la date de la reprise desdits exemplaires.
- Le crabe tourteau (Cancer Pagurus) figuré ici n’a sans doute pas été marqué en vue d’observations scientifiques ou de constatations utiles. Mais il n’en offre pas moins une curieuse particularité, puisqu’il porte tatoué sur son dos les insignes soviétiques : la faucille et le marteau, entourés par le numéro d’une barque.
- Probablement un pêcheur grava, pour se distraire, ces ornements au couteau sur la carapace molle du crustacé, qu’il avait pris lors de la mue précédente de l’animal. Puis il rejeta son prisonnier à la mer. Hélas ! la livrée révolutionnaire ne porta pas bonheur au pauvre Tourteau, puisqu’au lieu de finir tranquillement ses jours dans quelque antre neptunien, il fut repris par un autre bateau de pêche dans la baie de Concarneau (Finistère) et apporté au port... pour nous permettre de le photographier et de lui consacrer cette courte nécrologie !
- Jacques Boyer.
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- = LA PLUS GRANDE HORLOGE :=^
- ET LE PLUS GRAND THERMOMÈTRE DU MONDE
- Les Américains se vantaient, au temps de la prospérité, de posséder les plus grandes merveilles « in the world », et les Allemands avaient le goût du « kolossal » ; l’adversité n’a pas enlevé à ces deux peuples le goût des choses extraordinaires, mais elle leur a, momentanément, supprimé les moyens de les réaliser, et la France, toujours modeste, peut s’enorgueillir, à juste titre, de posséder à l’heure actuelle, des réalisations industrielles vraiment uniques.
- C’est donc elle, aujourd’hui, qui possède la plus grande horloge du monde, placée sur la Tour Eiffel, et visible de fort loin, du Rond-Point de la Défense comme du Sacré-Cœur de Montmartre. Elle peut ainsi indiquer l’heure à quelque quatre cent mille Parisiens des fenêtres même de leur appartement.
- Cette horloge électrique et lumineuse est installée à 200 m du sol, et elle comporte deux cadrans, l’un situé face nord-est; et l’autre face nord-ouest (fig. 1).
- Chacun de ces cadrans a un diamètre de 20 m et il est constitué par un grand cercle lumineux, comportant des éclairages vert et rouge. Les aiguilles des minutes sont figurées par soixante rayons, de 9 m 25 de diamètre, partant du cercle central. Ce dernier ainsi que les aiguilles sont figurés en rouge (fig. 2).
- Les positions des heures sont indiquées par 2 aiguilles
- Fig. 2. — Détail d’un cadran de l'horloge.
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la tour Eiffel illuminée avec l'horloge en fonctionnement.
- d’un éclairage blanc bleuté, de sorte que l’aiguille des heures semble se déplacer de demi-heure en demi-heure. Enfin, une dernière, blanche trotteuse, indique les secondes.
- Chacun des cadrans couvrirait la façade d’un immeuble de six étages, ce qui indique assez bien leurs dimensions inusitées, ainsi que les difficultés d’installation, à 200 m du sol, qui a exigé plus de six semaines de travail pour les ouvriers spécialisés des établissements Jacopozzi (fig. 3).
- L’installation de l’horloge qui ne comporte ainsi, malgré les apparences, aucune partie mobile en réalité, a exigé l’emploi de près de 6000 ampoules. Les aiguilles des minutes sont équipées avec des lampes de 40 watts, celles des heures avec des lampes de 60 watts. Enfin, les quarts d’heure et les heures sont marqués par des éclats de deux secondes de lampes de 200 watts et de
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- Fig. 3. —- Montage du cadran.
- 1000 watts avec projecteurs. La puissance totale absorbée est de 66 kw avec éclats du quart d’heure.
- Grâce à ce dispositif très ingénieux d’ampoules à incandescence fixes, mises successivement en circuit à l’aide de relais, il a été possible d’actionner tout ce système gigantesque à l’aide d’une commande électrique, détei-minée par un moteur synchrone d’une puissance de 2 watts tournant à 200 tours-minute, et qui n’exige pas, pour son alimentation, une puissance plus élevée qu’une lampe veilleuse d’automobile.
- A l’heure actuelle, les usines productrices de distribution d’énergie de la région parisienne fournissent du courant alternatif à 50 périodes d’une régularité absolue, obtenu à l’aide d’un système de régulation absolument précis. Un moteur synchrone alimenté par ce courant aura une vitesse constante, qui permet de commander un système de mesure du temps.
- Le dispositif utilisé à la Tour Eiffel contrôle au moyen d’un système de démultiplication la commande des ampoules des minutes. Un autre système de démultiplication met en action les ampoules des quarts d’heure, un troisième celles des demi-heures et un quatrième celles des heures.
- Le moteur de 2 watts commande des contacts qui ne coupent que le courant d’excitation de' relais électriques déterminant de très grosses intensités de rupture. Ces relais commandent directement la coupure de l’éclairage des quarts d’heure, des demi-heures et des heures.
- Cette remarquable installation a un but utilitaire certain, et même une portée esthétique, tout autant qu’un intérêt de curiosité et de publicité. Au contraire, les quelques réalisations originales et gigantesques établies, évidemment pour une durée limitée, par les Américains, à l’Exposition de Chicago, ne présentaient qu’un intérêt démonstratif. Quelques-unes d’entre elles méritent cepen-
- dant d’être notées, et parmi les plus curieuses, il faut mentionner un thermomètre de 60 m de haut qui peut, sans contredit, être considéré comme le plus haut du monde.
- Il est bien évident qu’on n’avait pas utilisé pour constituer ce gigantesque appareil de mesure un tube thermométrique de cette hauteur, et le dispositif employé rappelle, en quelque sorte, celui qui est utilisé pour constituer l’horloge de la Tour Eiffel.
- Une sorte de servo-moteur est formé par un thermomètre ordinaire à mercure. La colonne de mercure monte ou descend suivant la température dans un tube en hélice, et connexte à une source de courant électrique convenable les différentes sections de tubes luminescents au néon formant la colonne figurée du thermomètre géant (fig. 4).
- Ainsi, comme seule la partie lumineuse des tubes est visible, le spectateur a l’illusion, en regardant l’ensemble, de voir le niveau du thermomètre s’élever ou descendre suivant les variations de température.
- ; P. Iïémardinquer.
- Fig. 4. — Aspect général du thermomètre géant de Chicago.
- Chaque section du tube luminescent au néon comporte trois branches correspondant aux trois laces de la tour.
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- = LE R. P. MERSENNE =
- CORRESPONDANT DE DESCARTES
- M. Maurice d’Ocagne de l’Académie des Sciences, dont les ouvrages « Hommes et choses de science » fourmillent de renseignements intéressants et pittoresques, écrit quelque part dans la 2e série : « Dans le courant du xviie siècle, une société privée de savants parisiens s’était formée qui se réunissait chez le R. P. Mersenne, puis chez le maître des requêtes Montmort... Parmi ces savants il faut compter : de Roberval, Descartes, Blondel, Gassendi, Biaise Pascal et son père Etienne Pascal. — Tel a été l’embryon de l’Académie des Sciences à qui, vers 1666, Colbert conféra une existence officielle en la logeant, avec l’approbation de Louis XIV, dans la Bibliothèque du Roi.
- C’est cet extraordinaire père Mersenne, religieux minime, dont il est question dans la fameuse lettre que Pascal adressa à son beau-frère Périer à propos de la mémorable expérience de Clermont-Ferrand ; l’intelligence constamment en éveil, il ne négligeait aucune découverte; il s’était fait le truchement diligent entre les savants ses contemporains, et par son intermédiaire cherchait à les grouper.
- Il avait beaucoup voyagé en France, en Hollande et en Italie.
- Il était devenu de ce fait, au dire de Fontenelle, «l’ami des habiles gens de l’Europe ». Il correspondait très fréquemment avec Descartes, avec Fermât, ce magistrat, un des premiers arithméticiens de tous les temps.
- « Sans le R. P. Mersenne, dit encore M. d’Ocagne, la plupart des belles découvertes de Fermât seraient restées lettre morte, non seulement pour ses contemporains, mais encore pour la postérité. »
- C’est que Fermât, grand ami de Pascal, d’une très grande humilité, qui se montra dans la science des nombres, en géométrie et en algèbre, un si grand précurseur, ne livra, lui vivant, aucun de ses ouvrages au public (*).
- Ses fameux théorèmes sur les nombres premiers, Fermât les écrivait sur les marges d’un livre, un Diophante par exemple, qu’on a retrouvé après sa mort.
- Il a émis des théorèmes dont on a reconnu l’exactitude, mais dont on n’a pas encore trouvé la démonstration.
- Le R. P. Mersenne et lui, Fermât, avaient une méthode rapide pour reconnaître si des nombres étaient premiers, méthode qui n’a pas été retrouvée.
- On lit dans une lettre au P. Mersenne : « Vous me demandez si le nombre 100 895 598 169 est premier ou non, et une méthode pour découvrir dans l’espace d’un jour s’il est premier ou composé. A cette question je réponds que ce nombre
- 1. Edmond Pilon : « Une grande amitié : Pascal et Fermât ». Revue bleue, 19 novembre 1932.
- est composé et se fait du produit de ces deux : 898 423 et 112 303, qui sont premiers. Je suis toujours, mon Révérend Père, votre très humble et bien affectionné serviteur.
- - Fermât. »
- La question aurait embarrassé fort nos contemporains, y compris Edouard Lucas, et on ignore encore la méthode suivie par Fermât (*). A
- On avait cru même, à une époque, que tous les manuscrits de Fermât avaient disparu : mais Sainte-Beuve dans un de ses premiers Lundis écrivait : « Les manuscrits de Fermât, qu’on a dits brûlés par son fils après sa mort, ne l’ont pas été. »
- Ils avaient attiré l’attention d’Euler et d’Alembert et ont
- trouvé leur éditeur définitif dans MM. Tannery et Charles Henry, en 5 vol.
- C’est ce même M. Tannery, grand philosophe scientifique, humaniste distingué, poète à ses heures (2), qui a compris l’importance de la correspondance énorme et si variée du R. P. Mersenne, et qui a eu l’idée de faire éditer cette correspondance chez MM. Beauchesne et fils, éditeurs des Archives de philosophie.
- L’apparition de cet ouvrage est un événement scientifique et littéraire. Nul savant ou érudit ne pourra s’occuper désormais d’histoire des sciences sans y puiser, étant donné l’intérêt fondamental de cette correspondance pour l’histoire du mouvement intellectuel du xvne siècle en général, ainsi que pour nombre d’autres questions qui se rattachent à cette époque, langue, moeurs, etc... et qui s’y trouvent élucidées... Mersenne fut le véritable initiateur et, pendant un quart de siècle, le propagateur des études scientifiques en France et dans toute l’Europe. Il n’est pas un savant, dans la période comprise entre 1625 et 1648, qui n’ait eu recours à ses lumières, à ses encouragements et à ses conseils. Son nom se rencontre presque à chaque page des lettres de Descartes, dont il se fit l’auxiliaire. On peut même ajouter qu’il fut le serviteur dévoué de la pensée cartésienne.
- La publication de la correspondance de Mersenne fut un des plus chers projets de Paul Tannery. Mme Vve Tannery en poursuit la réalisation avec une patiente obstination inspirée par le culte profond qu’elle garde à la mémoire de son mari : elle est secondée dans cette tâche par l’admirable dévouement scientifique du professeur Cornélis de Waard avec la collaboration de René Pintard.
- 1. Rebière. Mathématiques et mathématiciens. Pensées et curiosités, Paris, 1889.
- 2. Dans son ouvrage intitulé : Mes Neuvaines, on trouve une pièce de vers intitulée : Les Systèmes S et S, dénomination employée pour désigner les géométries euclidienne et non euclidienne.
- Fig. 1. — Le R. P. Marin Mersenne.
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- Fig. 2. — Le couvent des Minimes, à Nevers.
- L’édition de la correspondance de Mersenne réunira une douzaine de volumes comportant, en plus des trois énormes in-folio du Département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale, tout ce qu’il a été possible de retrouver par ailleurs, les recherches s’étendant particulièrement en Angleterre et en Italie. Chose curieuse, une grosse partie de la correspondance de Descartes et du P. Mersenne avait été volée par le fameux Libri, le mathématicien-cambrioleur, et rachetée par la Bibliothèque Nationale en 1888.
- Pour terminer, quelques détails biographiques sur l’humble minime. Marin Mersenne naquit en 1588, à Oysé, petit village du Maine, de parents de condition très modeste. Il fit preuve, dès son jeune âge, d’une grande mémoire et d’une étonnante facilité d’assimilation. Il commençases études au Mans, les con-
- tinua à La Flèche dans le célèbre collège des Jésuites que venait de fonder Henri IV, et les termina en Sorbonne.
- Très pieux, d’une grande humilité qui s’alliait à un esprit élevé, il fit profession dans l’ordre des Minimes, devint à 30 ans supérieur du couvent de Nevers et revint ensuite au couvent de Paris, où il mourut le 1er septembre 1648, à l’âge de 60 ans.
- Nous avons dit quelle extraordinaire correspondance le P. Mersenne avait entretenue avec les savants d’Europe. Le P. Hilarion de Coste, qui fut élève de Mersenne, a consacré à son maître vénéré, un an après sa mort, une biographie de plus de 100 pages (Paris, 1649).
- Pour faire ressortir le rôle éminent de Mersenne, le P. de Coste donne une liste de ses correspondants, liste qui ne compte pas moins de 70 pages. Les noms se suivent, sans alinéa, au cours de ces 70 pages; on y rencontre, confondus avec quantité de noms inconnus, énoncés avec la banalité d’un annuaire, ceux de « Paschal père et fils, le père qui a été cy-devant président de la Cour des Aides d’Auvergne, et René des Cartes gentilhomme français (*) ».
- Notre héros ne s’est pas contenté de faire connaître les travaux de son époque, il a traité quantité de sujets dont la nomenclature occupe 6 colonnes dans le catalogue de la Bibliothèque Nationale : sujets qui vont de la théologie à la philosophie, à l’harmonie musicale, à l’arithmétique, l’hydraulique. Il s’occupa du mouvement des projectiles, créa le terme de balistique, et se préoccupa le premier de l’effet produit sur un projectile par la rotation de la terre.
- M. de la Roncière a signalé, dans son Histoire de la marine française, la description d’un navire sous-marin imaginé -— sur le papier — par le R. P. Mersenne en 1634. « Pourvu de
- 1. Il est aussi question, dans cette curieuse biographie, d’un certain Bouchard, parisien, qui a l'ait à Rome le 21 décembre 1637, dans l’Académie des Humoristes (sic) l’éloge funèbre de Peiresc, qui lut surnommé le « Pic de la Mirandole français ».
- Fig. 3. — Une lettre du Père Mersenne.
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- tarières pour percer les navires ennemis (c’est la torpille en embryon), il pourra au moyen de moufles relever les objets tombés au fond de l’eau. Il fait connaître (lettre à Hevelius (‘), 14 mars 1648), une sorte de machine volante avec des ailes de 32 pieds de long : l’inventeur devait faire le voyage de Paris à Constantinople. Le P. Mersenne se montre assez sceptique sur ce hardi projet et sur sa conception un peu simpliste.
- 1 Nom latinisé de Hovelke, astronome allemand de Dantzig (1611-1687).
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- En terminant, faisons remarquer que notre savant conversait avec toute l’Europe, en latin, langue universelle scientifique. Quelle simplification! Nos savants géomètres, physiciens et chimistes modernes, s’ils veulent se tenir au courant de leurs sciences respectives, doivent s’astreindre à apprendre 3 ou 4 langues étrangères ! Temps dérobé — sans grand profit — à leurs études scientifiques. Y. Brandicourt.
- N. B. — Les figures qui illustrent cet article sont extraites de l’ouvrage : La Correspondance du P. Mersenne, avec la gracieuse autorisation des éditeurs : G. Beauchesne et ses fils.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- SEPTEMBRE 1933, A PARIS
- Mois très chaud pour la saison, pluvieux dans son ensemble, avec pression déficitaire et insolation légèrement supérieure à la normale.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 762mm4 ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, est inférieure de 1 mm 0 à la moyenne normale des 60 années 1874-1933.
- Celle de la température, 16°,7, présente un excès de 1°,9 et classe septembre 1933 au septième rang parmi les plus chauds observés depuis 60 ans. Les températures journalières sont restées presque constamment supérieures à leurs normales respectives. Le maximum absolu, 28°,5, le 11, ne dépasse que de 0°,8 le maximum absolu moyen. Le minimum absolu, 7°,8 qui correspond à la date du 16 est plus remarquable : c’est le minimum absolu le moins bas observé en septembre depuis 1874, il est supérieur de 3°,8 au minimum absolu moyen.
- Les pluies, rares et peu importantes pendant la lre décade, sont devenues fréquentes et parfois abondantes à partir du 18. Sur les 15 jours pluvieux qui ont été observés (au lieu de 12, nombre moyen), 10 se sont produits dans les 13 derniers jours. Le total pluviométrique mensuel, 60 mm 3, surpasse la normale de 26 pour 100. Les trois journées du 19 (10 mm 1), du 24 (21 mm 4) et du 29 ( 9 mm 4), en ont fourni à elles seules
- plus des deux tiers. A Montsouris, la hauteur totale de pluie, 48 mm 0, est sensiblement normale, mais les journées du 23 au 25, en ont fourni les deux tiers et presque toutes les autres chutes ont été très faibles. La durée totale de chute, 21 h 50 m, est inférieure de 27 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 26 mm 4 au square des Innocents, du 24 au 25; pour les environs, 28 mm 2 à Vaucluse à la même date.
- Les 8, 11 et 12, petits orages locaux; le 29, un orage d’intensité moyenne a affecté la région presque tout entière. On a observé un peu de grêle sur quelques points le 21.
- Tous les brouillards observés ont été matinaux, sauf deux qui ont reparu le soir sur certains points.
- Des obscurcissements se sont produits à Paris le 8 et le 29.
- On a enregistré à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques 190 h 20 m d’insolation, durée supérieure de 6 pour 100 à la moyenne de quarante ans. Il y a eu deux jours sans soleil.
- Le vent a soufflé plus souvent que d’ordinaire de la moitié est de l’horizon.
- La moyenne mensuelle de l’humidité de l’air, au Parc Saint-Maur, a été de 75,6 pour 100 et celle de la nébulosité du ciel, de 56 pour 100. On y a noté : 3 jours d’orage, 3 jours de brouillard, 18 jours de brume, 19 jours de rosée, 3 jours d’éclairs seuls. Em. Roger.
- LA FOUDRE ET LE PARATONNERRE
- UN MOT D’HISTOIRE
- La lecture des Anciens est toujours profitable. Elle nous convie parfois à beaucoup de modestie. Un vieil adage latin nous apprend : Multa renascentur quae jam cecidere, c’est-à-dire que de nombreuses choses qui ont disparu renaîtront un jour. Les livres qui traitaient de science pure sont rares. Pline l’Ancien a laissé sur son époque l’encyclopédie la plus considérable en ajoutant tout ce qu’il connaissait par la tradition. En ce qui concerne la foudre, il nous apprend que bien avant son temps on connaissait le moyen de soutirer la foudre aux nuées du ciel. Dans le Tome I, livre 2, chapitre IY et paragraphe 19, il écrit que Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome, dont on place le règne environ sept siècles avant notre ère, initié aux mystères de la teri'ible Déesse par la nymphe prophétique Egérie, dans le bois d’Aricie, pouvait par certains rites ou forces obtenir la descente de la
- foudre. Mais, en imitant son prédécesseur d’une manière peu conforme aux rites, Tullus Iiostilius en fut frappé à mort: (iquod scilicet fulminis evocationem imitatum parum rite, Tullum Hostilium ictum fulmine.) Mais, il y a mieux. Dans la Pharsale, lib I, vers 606, page 65, Lucain dit :
- ... Arruns disperses fulminis ignés
- Colligit et terra maestro cum murmure condit.
- Cet Arruns était un savant Etrurien instruit dans les mouvements du tonnerre, qui était donc capable de rassembler les feux dispersés de la foudre et de les cacher avec un fracas épouvantable au sein de la terre. Cette description est trop exacte pour ne pas désigner le paratonnerre.
- Dr Pasteur.
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- DISPARITION DE LA VARIOLE
- Il y a trente ans qu’un décret définit le rôle de l’Académie de Médecine dans la lutte contre la variole et créa auprès de cette Académie l’Institut supérieur de vaccine chargé de faire appliquer la loi sur la vaccination obligatoire.
- Le directeur actuel de cct Institut, le Dr L. Camus, vient de choisir cette date pour présenter à ses confrères de l’Académie le bilan des résultats obtenus.
- Avant la loi de 1902 sur l’hygiène publique, la variole était endémique en France. On la combattait déjà par la vaccination, mais comme on ne vaccinait jamais qu’une partie de la population, avec des produits non contrôlés et parfois inactifs, on ne réussissait jamais à éteindre l’infection. Quand la variole abandonnait une région gravement éprouvée, elle s’installait dans une autre jusque-là indemne ou protégée depuis un certain temps. Chaque année, on comptait de 1500 à 3000 décès, correspondant à 10 000 ou 15 000 malades dont un bon nombre restaient aveugles ou défigurés, sans parler des années d’épidémies plus meurtrières.
- La loi de 1902, charte de la santé publique, fut complétée par un décret du 27 juillet 1903 qui chargea l’Institut supérieur de vaccine établi à l’Académie de Médecine de l’entretien des meilleures semences vaccinales, du perfectionnement de la production du vaccin et de la vaccination, des épreuves scientifiques que comporte le contrôle des établissements qui préparent ou distribuent le vaccin. Chaque année, l’Académie de Médecine doit adresser au Ministre de l’Intérieur un rapport exposant le fonctionnement et les résultats, notamment le nombre des vaccinations et revaccinations pratiquées dans chaque département et spécialement dans les villes.
- L’Académie n’y a jamais manqué.
- L’Institut supérieur de vaccine n’a cessé de sélectionner des semences pour préparer des vaccins actifs, constants, purs et propres. Il a constitué et entretient des stocks destinés à répondre à toutes les éventualités, et c’est ainsi qu’au moment de la dernière guerre il a pu fournir à l’Armée et à la population les quantités très accrues qu’on lui demandait brusquement. Tandis qu’en 1902 on ne savait conserver de vaccin actif plus de 30 jours, aujourd’hui, grâce aux techniques nouvelles imaginées par le Dr Camus, on dispose en perma-mence de réserves considérables de pulpe congelée à — 15°
- Fig. 2. — Comparaison des deux dernières guerres au point de vue de la variole.
- GUERRE 1870-1871 (Vaccination non obligatoire)
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- 12S.ooo Cas de Variole
- 23.740 morts
- GUERRE 1914-1916(Vaccination obligatoire)
- 12 Cas de Variole . 1 mort
- Fig. 1.
- Fig. 1. — Décroissance de la variole en France depuis 60 ans.
- dans les armoires frigorifiques installées dans les locaux de l’Académie de Médecine. En outre, on y prépare-du vaccin sec qui peut servir aux colonies, dans les régions tropicales, où les vaccins humides perdraient leur activité.
- En outre, l’Institut surveille et contrôle les centres vaccinogènes existant dans divers départements.
- Enfin, chaque année, une statistique est établie des vaccinations pratiquées dans tout le pays; elle assure l’application de la loi et permet au Ministre de rappeler aux préfets les négligences qui pourraient se révéler çà ou là.
- Les résultats obtenus montrent toute l’utilité de l’œuvre. Ils évoquent ceux que le professeur Vincent a obtenus pour la fièvre typhoïde et prouvent une fois de plus l’importance pour la santé publique d’une prévention fortement organisée. Qu’on en juge.
- De 1872 à 1902, dans les 30 années précédant le vote de la loi sur l’hygiène publique, on avait enregistré en France 53 500 morts par variole. De 1902 à 1909, période de mise en pratique de la loi, on vit la mortalité annuelle s’abaisser, avec quelques poussées épidémiques persistantes. De 1910 à maintenant, la variole a presque disparu, même pendant la guerre et ses exodes de population. Actuellement, le nombre des décès est infime (fig. 1), alors qu’on en compte encore 100 000 par an aux Indes et que l’Angleterre entretient toujours 331 hôpitaux et 7 142 lits pour soigner cette endémie. La France est donc parvenue à supprimer pratiquement la variole, à se défendre de toute menace, à maintenir cet heureux état malgré les contacts constants avec d’autres -pays contaminés.
- Si l’on veut juger de l’œuvre réalisée par l’Institut supérieur de vaccine, on peut encore mettre en parallèle les guerres de 1870 et de 1914. En 1870, sur 600 000 hommes mobilisés, on observa 125 000 cas de variole et 23 470 morts. De 1914 à 1918, sur 9 millions d’hommes mobilisés, on ne compta que 12 cas de variole et une seule mort.
- Cela suffit pour justifier la vaccination antivariolique obligatoire et aussi pour bénir l’Institut supérieurjie vaccine et son directeur, le Dr Lucien Camus.
- René Merle.
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- LES PROGRES DE LA RADIOVISION D AMATEUR
- QUELQUES DISPOSITIFS D’APPAREILS A VISION DIRECTE {Suüc)
- Parmi les disques servant, au montage d’appareils simples à vision directe, le modèle Intégra représenté sur la figure 1 a un diamètre de 280 mm, et comporte deux spirales d’analyse indépendantes à 30 trous chacune, l’une extérieure correspondant aux dimensions de l’image Baird, l’autre intérieure, correspondant approximativement au format cinéma standard Europe, et, en particulier, à celles des émissions Barthélemy. Deux séries de points blancs sont peintes sur le disque et permettent le réglage stroboscopique dont nous avons parlé. Un tel ensemble est de prix extrêmement réduit, bien inférieur par exemple à celui d’un bon système de reproduction phonographique électrique pouvant être adapté à un poste-secteur. On peut donc bien dire que la radiovision est désormais à la portée de tous.
- L’amateur qui veut avant tout un appareil d’étude à multiples usages, et modifiable avec l’évolution de la technique de la réception, doit cependant adopter de préférence un châssis du genre de celui de la figure 1 établi comme le précédent par M. Marc Chauvierre. Cet appareil comporte un bâti métallique sur lequel sont montés le moteur en asynchrone-synchronisé et l’arbre qui supporte le disque de Nipkow à double spirale avec ses poulies d’entraînement. Un support mobile dans les deux sens porte la lampe à luminescence, et, sur le socle, on peut disposer le rhéostat de réglage du moteur, la résistance de contrôle de la lampe au néon, le dispositif d’alimentation à valve bi-plaque de cette lampe, et même, s’il y a lieu, un étage supplémentaire d’amplification de modulation, et un étage d’amplification du courant de synchronisme. Le même châssis peut recevoir, comme nous l’indiquerons plus loin, un disque à lentilles avec un système optique à lampe cratère pour la projection sur écran.
- Il y a enfin des appareils qui peuvent être employés, non seulement par des amateurs, mais même par des usagers, parce qu’ils sont très simples, ne nécessitent guère de réglages, et sont disposés dans des blocs relativement réduits et d’emploi facile.
- Il en est ainsi de l’appareil Astra, établi par M. Dusailly. Cet appareil à vision directe comporte un disque de Nipkow actionné par un moteur asynchrone-synchronisé complètement blindé, et le disque présente la particularité de comporter des spirales d’analyse double. On peut ainsi obtenir facilement un cadrage exact de l’image dans les deux sens, sans aucune manœuvre complexe du dispositif de synchronisme. Sur le socle du radioviseur, se trouve, d’autre part, le système d’alimentation de la lampe à luminescence avec valve bi-plaque; c’est le meilleur mode d’alimentation, et on peut, de cette manière, régler au mieux l’éclairement moyen de l’image en assurant le contraste le plus favorable pour la vision.
- Le nouveau modèle Emyvisor, enfin, est monté sur un bâti métallique combiné de façon à permettre par un simple changement de position du « cache » spécial monté sur le disque d’analyse, aussi bien la réception des émissions à 30 lignes qu’à 60 lignes et à analyse horizontale qu’à analyse verticale (fig. 2).
- La partie tournante de l’appareil est constituée par un moteur permettant, par la simple manœuvre d’un commutateur, la synchronisation automatique à mille tours-minute pour la réception des émissions du système français, ou à 750 tours-minute pour celle des émissions Baird.
- La lampe à luminescence est montée en série dans le circuit plaque de l’étage final d’amplification; ce dernier avec
- son alimentation à 500 volts, est placé dans le socle du récepteur, il comporte une lampe amplificatrice et une valve de redressement. Avec un système optique à deux lentilles, l’image réelle de 24 sur 18 mm peut être amplifiée sous la forme d’une image virtuelle de 120 X 80 mm, et tout l’ensemble est simplement décalé de 90 degrés lorsqu’on veut passer d’une réception à l’autre. Le disque tourne toujours dans le même sens, et le seul inconvénient, nous l’avons indiqué précédemment, consiste dans le fait qu’on voit l’image Baird d’une façon symétrique, comme si on l’examinait dans un. miroir.
- LES PROGRÈS DE LA RÉCEPTION SUR ÉCRAN
- La réception sur écran demeure toujours, malgré les progrès réalisés, beaucoup plus délicate que la réception directe; il faut tout d’abord, en principe, lorsqu’on augmente les dimensions de l’image, augmenter en même temps ses détails, et ce résultat est impossible si l’on se contente de l’exploration à 30 lignes, ou même à. 60 lignes. II
- faut ensuite un Uig. 2.— Le nouveau radioviseur Emyvisor. éclairement suffisant, problème non moins ardu.
- Néanmoins, en se contentant de dimensions relativement réduites, de l’ordre de 20 à 40 cm sur 12 cm par exemple, on peut déjà obtenir des résultats assez satisfaisants dans une chambre non éclairée. Comme on s’éloigne suffisamment de l’écran, les défauts de détails ne sont pas trop gênants, et la possibilité, pour plusieurs spectateurs à
- Fig. 1.-— Châssis de radiovision « Universel » Integra Chauvierre avec un disque à 2 spirales pour vision directe.
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- la fois, d’examiner la même image sans fatigue, constitue un avantage remarquable. Le récepteur à projection sur écran constitue l’appareil de 1 ’ a v e n i r, mais, pour le moment, on doit tout d’abord conseiller aux amateurs qui veulent étudier les procédés de réception, de s’exercer à la réception directe avant d’établir des modèles beaucoup plus complexes à projection sur écran.
- La faible puissance lumineuse modulée dont nous disposons ne représente que 5 ou 6 watts, alors que la plus petite lampe à incandescence de projecteur cinématographique d’amateur dépense au moins 50 watts, la différence est grande, aussi, ne faut-il pas être trop ambitieux, du moins pour le moment.
- Nous ne disposons en France, comme source lumineuse modulée pratique, que des lampes à cratère ou des cellules de Kerr associées avec un dispositif optique convenable à niçois croisés. Nous avons déjà indiqué ici le principe des lampes cratère et leurs caractéristiques ; de nouveaux modèles à lumière cathodique et à lumière blanche ont été récemment étudiés en France, entre autres par M. Bernot, de La Télévision française.
- L’emploi de ces tubes est encore souvent assez délicat, et toujours beaucoup plus malaisé que celui des lampes à plaques. Leur modulation est, en effet, plus difficile et exige l’emploi d’un courant modulé plus intense, de l’ordre généralement de 2 watts au minimum. Il devient ainsi nécessaire d’employer un étage de modulation supplémentaire séparé.
- Il faut, de plus, éviter les effets de traînage qui sont produits par une sorte d’inertie de la lampe, et rendent impossible la traduction des détails de l’image. Il faut dope trouver un compromis entre l’intensité lumineuse, la sensibjlité de modulation de la lampe et sa fidélité; le problème est délicat.
- Avec une lampe cratère, on peut employer cpmme système d’analyse, soit un disque à lentilles, soit un taipbour de Weil-ler à miroirs.
- Le disque à lentilles est un dispositif relativement simple et robuste, qui se monte sur un châssis de radioviseur à peu près comme un disque de Nipkow ordinaire, à condition, bien entendu, d’employer un moteur d’enfraînement suffisant avec une roue phonique de synchronisation de dimensions convenables. Il est cependant indispensable que les lentilles soient choisies avec soin et fixées également avec précaution, de manière à éviter les déformations, surtout sur le bord des lignes de balayage.
- Il serait, d’ailleurs, difficile d’établir des disques à lentilles pour analyse de 60 lignes, et encore plus à 120 lignes, mais
- avec 30 lignes, le système reste pratique. 11 faut, en tout cas, remédier à deux sortes d’inconvénients, d’une part, la perte de lumière produite par le tube cratère, lueur déjà très réduite connue nous l’avons indiqué, et, d’autre part, les déformations sur le bord de l’image.
- M. Marc Cliauvierre a établi un châssis avec disque à lentilles et système optique pour lampe cratère fort intéressant (fig. 3).
- On obtiendrait le maximum de lumière avec une lentille à court foyer, et, au contrairet le minimum de déformation avec une lentille à long foyer. Les dimensions du cratère dans le tube devraient, d’autre part, être déterminées exactement et avoir une section de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre seulement.
- Pour concilier ces conditions en apparence incompatibles, M. Cliauvierre a étudié un système optique qui permet d’améliorer les résultats.
- Les lentilles des disques sont à long foyer, de manière à éviter la déformation sur les bords de l’image, et on dispose entre le disque et la source lumineuse une lentille divergente. On a ainsi une image virtuelle de la source lumineuse située entre la lentille divergente et la source lumineuse réelle; c’est cette image virtuelle qui, reprise par la lentille formant objectif, est projetée sur l’écran. Dans ces conditions, la source lumineuse peut être placée relativement près de la première lentille et la lumière émise par elle est utilisée dans de meilleures conditions (fig. 4).
- Avec un appareil relativement simple, on obtiént ainsi dans le format Baird une image suffisamment lumineuse de 21 cm sur 9 cm et, dans le format Standard, une image très lumineuse de 12 sur 16 cm.
- La construction d’un tambour à miroirs de Weiller est encore beaucoup plus délicate que celle d’un disque à lentilles, mais on trouve déjà dans le commerce des tambours en pièces détachées pouvant être utilisées par les amateurs. En principe, ce système est celui qui donnerait le meilleur rendement lumineux, mais il est plus complexe parce que le décalage de chaque miroir par rapport au précédent doit être réglé avec une très grande précision.
- L’entraînement et la synchronisation d’un tambour à miroir s’effectue assez facilement, lorsque ses dimensions sont assez réduites, comme c’est le cas général. M. René Hardy a établi ainsi un grand nombre de tambours à différents systèmes, roues taillées dans la masse, roues à miroirs réglables, ou roues à faces fraisées et miroirs rapportés.
- Le dernier modèle utilisé et servant à la réception des images Baird a un diamètre de 22 cm, chacun des miroirs a une longueur de 2 cm et une largeur de 6 cm.
- M. Hardy a pu de cette façon établir un ensemble récepteur permettant la réception d’une image de 40 cm de
- Fig. 4. — Système optique Chauvierre pour disque à lentilles.
- Lentille Lentille divergente Tube à
- Cratère
- cratère
- Ecran
- Tube optique
- Fig. 3. — Châssis avec disque à lentilles et système optique perfectionné pour lampe cratère [type Integra Chauvierre).
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- haut et 15 cm de large avec un balayage par un spot de 5 mm de côté.
- La lampe à cratère utilisée a une surface luminescente de 2 mm de diamètre; elle est alimentée avec une puissance modulée de 2 à 3 watts. Le faisceau lumineux est réfléchi par un miroir incliné, concentré par un objectif de 12 cm de diamètre, et renvoyé sur un deuxième miroir avant d’aller balayer la surface de l’écran translucide (fig. 5 et 6).
- Pour obtenir un entraînement régulier, et, en même temps, éviter les déformations du tambour, la liaison entre le moteur et la roue à miroirs doit être assurée avec soin au moyen d’un système élastique.
- La cellule de Kerr modifiée à faible tension auxiliaire, dont nous avons également déjà indiqué l’emploi, est utilisée enfin dans le nouveau système de réception Baird-Pathé-Natan. Cet ensemble renferme dans une même ébé-nisterie un récepteur spécial de T. S. F. avec amplification supplémentaire en basse fréquence; la lampe à incandescence de 100 watts, dont la lumière est modulée par les cellules, forme le faisceau lumineux réfléchi par les tambours de miroir et qui vient balayer l’écran qui se trouve devant l’appareil. Les dimensions de l’image sont de 28 cm sur 12 cm environ et on l’aperçoit en noir et blanc comme une projection cinématographique (fig. 7 et 8).
- Il s’agit là, sans doute, d’un ensemble complet et coûteux mais qui peut être considéré comme un véritable appareil d’usager; la manœuvre du récepteur spécial de T. S. F. est en effet extrêmement facile grâce au système de réglage unique, et la synchronisation est obtenue à volonté au moyen du courant du secteur, ou par les signaux « d’image », lorsque le secteur n’est pas interconnecté.
- LA RADIOVISION A L’ÉTRANGER
- Il semble qu’aux Etats-Unis la crise économique a quelque peu ralenti le développement de la télévision; on doit cependant noter les belles études de M. Zworykin au Labora-
- Fig. 6. — Le radioviseur Hardy vu de face el par derrière.
- 1. Source lumineuse ponctuelle modulée (cratère de 16 mm2). 2. Miroir réfléchissant le faisceau lumineux du cratère. 3. Roue à miroirs de 0 m 22 de diamètre avec miroirs de 6 x 2 cm. 4. Objectif de 12 cm de diamètre projetant l’image du cratère sur l’écran. 5. Miroir fixe à 45°. 6. Écran transparent dépoli. 7. Bloc d’alimentation pour l’amplificateur. 8. Amplificateur de modulation pour l’image et le synchronisme. 9. Emplacement du haut-parleur.
- Ecran
- -transparent
- Miroirs fixes,
- Source ' ^lumineuse modulée ponctuelle
- Objectif-
- Roue à miroirs
- Moteur
- asynchrone'
- synchronisé
- Fig. 5. — Coupe transversale de radioviseur à écran Hardy. (Les dispositifs amplificateurs ne sont pas représentés. L’écran a 0 m 42
- de haut).
- toire de la R. C. A. Corporation sur l’oscillographe cathodique.
- En Allemagne, également, les recherches des plus intéressantes semblent avoir porté sur l’oscillographe cathodique. Les appareils employés permettent d’obtenir une meilleure définition du « spot » de balayage de l’image, et un éclairement plus satisfaisant. En même temps, on a utilisé un système de synchronisation par le courant du secteur alternatif qui est peut-être plus complexe, mais a, du moins, l’avantage immense d’être de détermination facile, et parfaitement stable.
- En Angleterre, tout en étudiant les développements possibles de l’oscillographe cathodique, on a continué à perfectionner les appareils intégrateurs électro-mécaniques.
- Parmi les dispositifs récents,citons le nouveau récepteur Bair d-Télévisor à cellule de Kerr; ce récepteur est établi sous la forme d’un meuble d’apparence simple, comportant l’écran translucide dans sa partie supérieure. Il fonctionne comme l’appareil Baird-Pathé-Natan à l’aide d’un dispositif optique à cellule de Kerr, éclairé par une lampe à incandescence de 100 watts; dans le meuble se trouve également un récepteur de radiovision complet alimenté par le secteur, dont le dernier étage de puissance est relié à la cellule de Kerr et aux électroaimants de la roue phonique de synchronisation solidaire du tambour à miroirs, par l’intermédiaire d’un accouplement élastique.
- Dans le meuble et en dessous de l’écran, se trouve de même placé (fig. 9) un haut-parleur électro-dynamique dont le diffuseur est encastré dans le panneau avant. On obtient ainsi dans les meilleures conditions l’accompagnement sonore
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- Fig.. 7 et 8. — Le nouveau récepteur Baird-Pathê-Nathan à écran et cellule de Kerr, vu de face et par derrière.
- Sur la figure du haut : au centre, l’écran; à droite : le cadran de repère du récepteur de T. S. F., sur la figure du bas; à gauche : le bloc de réception et d’amplification; au centre : le tambour à miroirs avec
- son moteur.
- correspondant. La hauteur de ce meuble est d’environ 1 m 20 et les dimensions de l’écran sont de 23 cm sur 10 cm.
- Signalons enfin un dispositif original établi .par la maison Ferranti, et dû à M. Walton.
- On y reprend le système d’exploration bien connu par miroir oscillant. On sait qu’on peut obtenir l’intégration d’une image à analyse verticale à 30 lignes, par exemple, au moyen d’un miroir oscillant animé de mouvements de rapidités différentes et perpendiculaires l’un à l’autre. Si l’on veut recevoir des images du type Baird par exemple, le miroir doit être animé d’un mouvement vertical très rapide, d’une fréquence de 30 périodes par seconde et d’un mouvement horizontal plus lent d’une fréquence de 12 1/2 périodes par seconde; en raison de l’inertie du miroir il est surtout difficile d’obtenir un mouvement rapide parfaitement synchronisé.
- M. Walton, avant l’analyse de l’image à transmettre, transforme celle-ci par un dispositif optique formé d’une lentille sphérique, d’une lentille cylindrique, d’un condensateur et d’un dispositif à échelons. On découpe pour ainsi dire, l’image à transmettre en une série de bandes latérales décalées, et disposées sur une seule bande oblique. Cette bande oblique unique, maiâ assez longue, peut être explorée à l’aide du rayon lumineux réfléchi par un miroir animé d’un mouvement assez lent, et, à la réception, un miroir animé d’un mouvement synchrone renvoie le faisceau lumineux modulé sur
- un système optique inverse, qui restitue l’image sous sa forme normale.
- LES RÉCEPTEURS DE T. S. F. ET LA RADIOVISION
- Pour recevoir les émissions de radiovision avec accompagnement sonore, il faut évidemment deux récepteurs radiophoniques, l’un pour les images, l’autre pour les sons, chacun accordé sur la longueur d’onde correspondante. Les amateurs qui ne possèdent qu’un récepteur radiophonique peuvent employer celui-ci pour la réception des sons, et établir un récepteur séparé et spécial pour la radiovision.
- Dans les conditions actuelles, c’est-à-dire pour des images à 30 lignes et même à la rigueur à 60 lignes, il n’est nullement indispensable, en principe, de recourir à un système récepteur très particulier, il est seulement rigoureusement nécessaire d’utiliser un poste à amplification basse fréquence extrêmement bien étudié, et qui laisse passage aux fréquences aiguës. Il existe, sur la plupart des postes-secteur actuels des dispositifs de réglage et de tonalité qui permettent d’augmenter l’amplification des notes graves au détriment des notes aiguës; ils doivent être mis rigoureusement hors circuit pour la réception des émissions de radiovision, car ils détruiraient tous les détails de l’image. La réception des images de radiovision peut ainsi constituer, pour l’examen de la qualité musicale d’un récepteur de T. S. F., un critérium bien plus sûr que l’écoute radiophonique ordinaire, car l’oreille est trop souvent peu précise et trop complaisante.
- En principe, on recommande, pour la radiovision, un récepteur très peu sélectif, mais de qualité musicale et de fidélité très accentuées, ne mutilant en aucune façon la bande des fréquences radiophoniques; un récepteur de ce genre peut bien permettre la réception des émissions locales, mais, s’il s’agit de recevoir les émissions anglaises, il est indispensable de recourir à un poste à la fois sensible et sélectif, de manière à ne pas être gêné par les émissions de radiophonie des longueurs d’onde voisines; d’autant plus qu’il faut également dans ce cas recevoir les signaux d’images assurant le synchronisme. Pour cette réception à distance, l’utilisation d’un dispositif anti-fading est particulièrement précieuse, parce qu’elle évite des variations d’éclahement de l’image, et rend plus stable le fonctionnement du dispositif de synchronisation.
- Un bon modèle de récepteur spécial pour télévision peut être établi avec une lampe haute fréquence à écran, une lampe détectrice également à écran, une première lampe basse fréquence à résistance, et une lampe de puissance alimentée sous une tension de l’ordre de 250 volts.
- La plupart des bons superhétérodynes-secteur actuels conviennent parfaitement; il semble qu’il y ait intérêt à ce que leur longueur d’onde moyenne fréquence soit aussi courte que possible. Les anciens modèles de postes superhétérodynes comportaient des transformateurs accordés sur des fréquences de l’ordre de 60 kilocyclés, les plus récents sont accordés sur des fréquences plus élevées, de l’ordre de 135 ki-locycles. M. Barthélemy propose
- Fig. 9. — Le nouveau récepteur Baird à projection sur écran.
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- d’aller plus loin, et de les accorder sur 400 kilocycles.
- On pourrait donc constituer un récepteur de ce genre pour télévision par un système de changement de fréquence à une lampe ou à deux lampes, par une moyenne fréquence à écran à pente variable, une détectrice à écran ou binode, et une basse fréquence à résistance. Une lampe séparée sera utilisée pour la modulation, et s’il y a lieu également, une lampe séparée pour le synchronisme par les signaux d’images. Il faut rappeler à ce propos que si une lampe au néon à plaque peut être modulée avec une puissance de l’ordre d’un watt, il faut au moins 2 watts pour une lampe cratère.
- COMMENT AMÉLIORER LA VISION DIRECTE DES IMAGES
- Les systèmes de réception à vision directe sont les plus simples à construire et à utiliser, et si l’emploi des dispositifs optiques ne permet pas d’augmenter la qualité des images reçues, elle permet du moins d’augmenter leurs dimensions virtuelles, et de les rendre plus agréables à regarder.
- Le moyen le plus simple est d’employer une lentille biconvexe formant loupe, d’au moins une dizaine de centimètres de diamètre qui permet d’obtenir un grossissement de deux au minimum. En correspondance avec cette lentille, on peut employer un miroir concave, qui peut même réfléchir à la rigueur une image sur un miroir plan, de sorte que la vision est alors possible pour plusieurs spectateurs.
- Il y a intérêt à adopter un bloc optique formé par deux lentilles plan-convexes accolées et encore mieux par une lentille bi-convexe et une lentille plan-convexe. La lentille bi-convexe peut avoir une vingtaine de centimètres de diamètre, et le spectateur peut se placer à 1 m 50 du système environ; l’image paraît avoir une vingtaine de centimètres de haut et une dizaine de centimètres de large. Il semble que ce soit là le dispositif actuellement le plus perfectionné qu’on puisse utiliser, mais il subsiste l’inconvénient que l’angle du champ d’observation est assez réduit.
- LES DÉFAUTS DE L’IMAGE RADIOVISÉE ET SES REMÈDES
- Les défauts de l’image sont certainement encore bien plus sensibles que les défauts d’une réception radiophonique. Voici les cas qu’on l’encontre le plus souvent.
- Dans un appareil à disque de Nipkow, des lignes traversant le champ de vision et noires, ou au contraire brillantes, proviennent d’une mauvaise disposition des ouvertures; si celles-ci sont trop écartées des lignes noires se forment, si elles sont trop rapprochées des lignes brillantes se produisent, par suite du non-recouvrement ou du recouvrement défectueux des lignes de balayage. Des défauts analogues sont déterminés par le mauvais réglage des lentilles du disque ou des miroirs du tambour (fig. 10 A).
- Une image retournée est due d’autre part à un sens de rotation défectueux du disque ou du tambour, de même que les distorsions peuvent être causées par une disposition mal calculée des ouvertures ou un angle de réglage défectueux des miroirs (fig. 10 B et C).
- Le cadrage vertical et horizontal est déterminé* d’une part par la mise en phase du système de synchronisme, et par le décalage sur la spirale. On l’obtient en décalant les pièces polaires de la roue phonique, et en rattrapant la mise en phase, ou bien dans les systèmes à double spirale en déplaçant la lampe (fig. 10 D et E).
- Les images brouillées et grises sont dues à la puissance insuffisante des signaux ou à une lampe au néon trop faible,
- ® ® ©
- Fig. 10. — Quelques défauts d’images radiovisées.
- A. Traits noirs ou brillants. — B. image renversée. — C. déformation d’une ligne. — D. et E. cadrages défectueux. — F. image floue. — G. image inversée. — H. images fantômes. — I. image trop
- contrastée.
- sous-alimentée; on y remédie en augmentant si l’on peut la sensibilité du récepteur et en augmentant le contraste en réduisant la tension auxiliaire, de même qu’en augmentant l’obscurité dans la pièce s’il y a lieu (fig. 10 F).
- Une image négative correspondant à une photographie négative (c’est-à-dire avec les blancs à la place des noirs) est due à un décalage de 180 degrés dans la phase des signaux; le moyen le plus simple d’y remédier consiste à inverser les connexions du récepteur au système luminescent (fig. 10 G).
- Les images « fantômes » multiples proviennent d’effets de propagation des ondes courtes à grande distance, elles sont très curieuses au point de vue scientifique et nous aurons l’occasion de les noter dans un article séparé; de même, les variations d’intensité peuvent provenir d’un effet de fading\ le seul moyen à employer consiste à utiliser un système anti-fading (fig. 10 H).
- Des balancements périodiques de l’image dans un sens latéral ou dans un sens vertical suivant le système d’exploration proviennent d’un défaut de synchronisme; le remède consiste à utiliser un système mieux étudié.
- Des lignes irrégulières, des filets, des voiles à intervalles périodiques, des trames sont dus à des brouillages, des parasites atmosphériques ou industriels et les remèdes sont les mêmes que ceux qui sont employés dans le cas général de la radiophonie.
- Enfin, le manque de détails de l’image et les contrastes trop accentués peuvent être dus d’une part au défaut du système récepteur qui ne laisse pas passage aux fréquences élevées, à la puissance modulée trop grande correspondant avec une tension auxiliaire trop faible et quelquefois un système de réaction trop poussé (fig. 10 I).
- P. Hémabdinquer.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Painlevé — Calmette.
- En quelques jours, la science française vient de perdre trois de ses plus illustres représentants : Painlevé, Calmette, Roux.
- A l’Académie des Sciences, M. Émile Borel a fait de Paul Painlevé l’éloge funèbre que nous reproduisons ici en partie:
- « La nouvelle de la mort de Paul Painlevé a produit une émotion profonde non seulement dans la France entière, mais parmi toutes les nations civilisées. Il m’est cependant permis de dire qu’elle n’a été nulle part plus vivement ressentie qu’au sein de cette Compagnie à laquelle il appartenait depuis 33 ans et où il n’avait que des admirateurs et des amis. Tous, ici comme ailleurs, étaient séduits par le charme inexprimable qui émanait de sa personne, par l’ardeur communicative avec laquelle il se passionnait pour toutes les nobles causes et toutes les grandes idées. Lorsque le 10 décembre 1900, a peine âgé de 37 ans, il était élu Membre de l’Académie des Sciences, il y arrivait déjà précédé d’une renommée universelle. Ses travaux sur les équations différentielles à points critiques fixes avaient soulevé l’admiration de tous les mathématiciens. Pour la première fois depuis la découverte mémorable des fonctions elliptiques, un géomètre avait su créer des fonctions entièrement nouvelles définies par des équations
- M . PA U L P A I N LEVÉ
- différentielles très simples. Ces équations différentielles de Painlevé constituaient, depuis la fondation du calcul intégral, le premier exemple connu d’équations qui se trouvent intégrées à l’aide de la théorie des fonctions sans être réductibles à aucune combinaison d’équations linéaires ou de quadratures.
- « A côté de cette découverte d’un éclat exceptionnel qui était le couronnement de 15 ans de travaux sur les singularités des fonctions analytiques, d’autres recherches de Painlevé, qui auraient suffi à assurer la renommée de beaucoup d’autres, lassaient relativement inaperçues. Il faut néanmoins mentionner à part ses travaux sur le frottement, car ils marquent l’orientation de son esprit, d’abord consacré à des recherches purement abstraites, vers des problèmes concrets. Cette orientation s’accentua encore lorsqu’il fut chargé de l’enseignement de la Mécanique à l’Ecole Polytechnique et à la Faculté des Sciences de Paris. Il concevait la Mécanique comme une science véritablement universelle qui exige de ceux qui la cultivent à la fois la connaissance approfondie des méthodes les plus modernes de l’analyse et la science la plus avertie du monde physique.
- « Il se trouva ainsi mieux préparé que tout autre à devenir le grand théoricien de l’aviation. Dès les débuts du vol mécanique, il s’y intéressa passionnément d’une manière à la fois pratique et théorique. Il n’était pas de ces théoriciens auxquels on peut reprocher de méconnaître les réalités. Par son enseignement, par ses livres, par ses articles, par ses discours, par son action multiple et féconde, par sa foi en l’avenir de l’aviation, il apporta une contribution exceptionnelle à ses progrès et c’est à lui plus qu’à tout autre que la France doit la place qu’elle occupe en ce domaine parmi les autres nations.
- «Je n’ai pas à parler ici de l’activité politique de Paul Painlevé. C’est cependant un devoir de mentionner qu’il créa pendant la guerre, au ministère de l’Instruction publique, le service des Inventions intéressant la défense nationale auquel ont collaboré beaucoup de nos confrères et qui est devenu l’Office des inventions dirigé par notre confrère L.-L. Breton. C’est là un exemple frappant des services rendus par le souci constant de Painlevé de ne jamais séparer les théories des applications, mais de les vivifier les unes par les autres. Vous m’en voudriez également de ne pas mentionner la part qu’il prit à la préparation de la victoire comme Ministre de la Guerre et comme Président du Conseil, et les services qu’il a rendus plus tard à la Science et à la Patrie comme Ministre de la Guerre et comme Ministre de l’Air ».
- *
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- Une heure seulement après la mort de Painlevé, Albert Calmette disparaissait.
- M. Lacroix, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, a rappelé son œuvre en ces termes :
- « Albert Calmette est né à Nice, le 12 juillet 1863. Médecin de la Marine nationale, puis, à partir de 1890, du Corps de Santé des Colonies, il a atteint le grade de médecin-inspecteur, tout en professant à la Faculté de médecine de Lille, et ensuite à l’Institut Pasteur dont il était sous-directeur, nominalement depuis 1917, effectivement depuis 1919.
- « De 1883 à 1885, il a pris part à la campagne de Chine, sous les ordres de l’amiral Courbet. Sans négliger ses devoirs militaires, il fréquentait avec assiduité les hôpitaux chinois de Hong Kong; il eut la bonne fortune d’y rencontrer l’illustre médecin anglais, Sir Patrick Manson, qui l’initia à ses travaux sur la filariose. Ce furent là ses débuts dans la science.
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- « Il ût ensuite campagne au Gabon et au Congo (1886 à 1887) et s’intéressa alors à la maladie du sommeil, ainsi qu’à l’hémoglobinurie d’origine paludéenne.
- « De 1888 à 1890, il sera à Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon, où sa curiosité scientifique le pousse à rechercher la cause de la coloration rouge que prend parfois la morue salée. Il fait voir qu’elle est d’origine bactérienne et due à des organismes apportés par le sel de certaines provenances. Le désir d’étudier plus à fond cette maladie et d’en chercher la guérison le conduit à l’Institut Pasteur récemment créé. Le Maître et le Dr Roux accueillent avec empressement cette recrue de choix qui allait faire tant d’honneur à la maison.
- « En 1890, la variole et la rage sévissaient parmi les indigènes de l’Indochine, Pasteur désigna Calmette au Sous-Secrétaire d’Etat aux Colonies pour aller les combattre. Afin de parer à la perte d’activité du vaccin jennérien au cours de son transport en Extrême-Orient, le jeune médecin imagine de le produire sur place par inoculation à des bufflons; le succès obtenu est tel que Saïgon devient, et est resté, le centre de production de ce vaccin, comme aussi du vaccin antirabique, non seulement pour notre grande Colonie, mais aussi pour tout l’Extrême-Orient.
- « De cette époque datent encore les études de Calmette sur le venin de serpents, poursuivies ensuite en France. Elles l’ont conduit à la découverte de son sérum antivenimeux et à la rédaction d’un beau livre, bientôt devenu classique, dans lequel la question de la sérothérapie antivenimeuse est traitée à 1ous les points de vue, théoriques et pratiques. Depuis lors, des Instituts pour la production du sérum Calmette ont été créés un peu partout.
- « Pendant son séjour en Indochine, notre Confrère ne s’était pas contenté de démontrer par l’exemple quels services pouvait y rendre la microbiologie; il était parvenu à prouver à l’Administration coloniale que l’étude de cette science devait être faite avec continuité, sous une direction stable. On sait, en effet, que la plaie dont souffrent, et quelquefois meurent, les organismes scientifiques de nos colonies, quels qu’ils soient, est le changement périodique du personnel qui y travaille. C’est ainsi que Calmette fut conduit à fonder l’Institut Pasteur de Saïgon, première filiale de celui de Paris, prototype de ceux qui, depuis lors, ont été créés dans diverses parties de la France d’Outre-mer.
- « Le séjour de Calmette en Cochincliine eut un résultat aussi imprévu qu’important pour une de nos industries nationales. Annamites et Chinois sont très friands d’alcool de riz parfumé. Calmette constata que la levure employée pour sa fabrication était une moisissure du genre Mucor qui sécrète une dias-tase transformant l’amidon en sucre; plus tard, son mycélium se segmente en cellules arrondies qui se comportent comme une levure et changent le sucre en alcool.
- «A son retour en France, Calmette fit une étude approfondie de cette levure-moisissure et s’en servit pour révolutionner la fabrication de l’alcool de grain, si active dans le nord de la France.
- « Ses talents d’organisateuré taient alors employés à la création à Lille d’un Institut Pasteur, à la tête duquel il est resté pendant un quart de siècle et auquel il a donné un développement de plus en plus grand. Il y a rendu d’inestimables services à la santé publique, à l’agriculture, à l’industrie.
- « C’est là, en effet, qu’il a poursuivi et mené à bien ses recherches sur l’épuration des eaux résiduaires, perfectionnant des procédés en usage en Amérique et en Angleterre. Les travaux de Calmette et de ses collaborateurs sur la constitution et le fonctionnement des lits bactériens ne remplissent pas moins de neuf gros volumes.
- M . ALBERT CALMETTE
- Pendant cette même période de son activité, il a résolu le difficile problème du maintien de la virulence du vaccin jennérien, en le faisant passer de la génisse au lapin.
- Il faut encore noter les nombreuses missions dont il a été chargé et en particulier celle de Porto, lors de l’épidémie de peste bubonique de 1899; en collaboration avec le Dr T. Salembeni, il j^erfectionna le sérum antipesteux découvert par Yersin et sauva ainsi beaucoup de vies humaines. Il organise ensuite l’Institut Pasteur d’Alger, aujourd’hui brillamment dirigé par notre correspondant le Dr Edmond Sergent, puis, sur la demande du gouvernement hellène, il va en créer un autre, à Athènes.
- Si importants que soient les travaux qui viennent d’être brièvement rappelés, l’œuvre principale de Calmette n’est pas là. Elle réside dans ses recherches sur la tuberculose, poursuivies avec une inlassable persévérance pendant plus de vingt-cinq ans. Elles dérivent des découvertes de Pasteur et de ses élèves sur l’atténuation des virus et les vaccinations préventives. Innombrables avaient été les tentatives faites dans cette voie, depuis la découverte du bacille de la tuberculose par Robert Koch.
- Mettant à profit les enseignements résultant des insuccès de ses émules et aussi des siens, aidé par son fidèle collaborateur C. Guérin, Calmette s’est livré, tout d’abord, à l’étude de la marche de la maladie sur les petits animaux de laboratoire et sur les Bovidés. Ayant acquis la certitude que la pénétration des bacilles dans l’organisme se fait par le tube digestif, il s’est efforcé de trouver un bacille tuberculeux incapable de produire une tuberculose évolutive, ne faisant
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- courir aucun danger à l’animal qui le reçoit et à l’homme qui le manie et ayant cependant les propriétés antigènes qui assurent la prémunition. Calmette et Guérin l’ont trouvé en cultivant un bacille d’origine bovine dans un milieu alcalinisé pàr de la bile de bœuf glycérinée.
- « Des expériences répétées pendant de longues années ayant démontré l’innocuité de ce bacille pour tous les animaux domestiques, ce qui déjà était d’un grand intérêt pour la défense du cheptel bovin, Calmette l’a appliqué à l’homme. Il l’a fait ingérer (1921) dans du lait à des nouveau-nés. On sait que, dans les premiers jours de leur existence, ceux-ci sont particulièrement sensibles à la tuberculose et s’infectent en grand nombre.
- « Le succès de ce vaccin B. C. G. a conduit à l’appliquer déjà, dans les pays les plus divers, à plusieurs centaines de mille d’enfants. Des statistiques soigneusement contrôlées, et portant sur onze années, ont fourni des résultats impressionnants, en montrant son efficacité et son innocuité. Cette découverte, si pleine dé promesses pour l’avenir, est donc d’une importance capitale pour l’humanité. Calmette l’a défendue avec une indomptable énergie contre vents et tempêtes. Son dernier effort aura été de créer, à l’Institut Pasteur, un grand laboratoire équipé d’après les derniers enseignements de la science moderne et spécialement destiné à la préparation et à la diffusion de ce vaccin.
- « Notre Confrère ne s’est pas contenté de ces recherches de laboratoire. Pendant les années passées au milieu des populations industrielles du nord de la France, où la tuberculose fait de grands ravages, témoin de l’étendue des misères et des ruines qu’elle cause, il a mis toute son activité et tout son cœur à la combattre à l’aide de diverses œuvres sociales dont le principal organisme fut le préventorium, ayant pour but de dépister l’infection, dispensaire dont le type a été bientôt imité et reproduit dans un grand nombre de points du monde.
- « Par ailleurs, son dévouement et son besoin de prosélytisme pour toutes les causes qui lui étaient chères se sont manifestés par la plume et par la parole dans de nombreuses conférences faites souvent au delà de nos frontières. Il avait l’art de grouper autour de lui de fervents disciples qu’attirait le charme se dégageant de sa personne autant que sa science.
- « En terminant, je ne saurais oublier de rappeler le rôle bienfaisant que le Directeur de l’Institut Pasteur de Lille a rempli durant les quatre dures années de l’occupation de cette ville par les Allemands; dans ces circonstances tragiques il a prouvé que la modestie dans le caractère peut s’allier à la fermeté et au courage sans défaillances ».
- On trouvera dans le prochain numéro l’évocation de la vie du Dr Roux.
- TRANSPORTS
- Tombereaux équipés avec roues caoutchoutées.
- On sait que les roues cerclées de grand diamètre dont est muni un chariot ou un tombereau agricole sont conditionnées —• rayons de fort équarissage, gros moyeu, larges jantes — pour la diversité des terrains que ce véhicule doit parcourir : sol dur des routes, sol mou des chemins ruraux ou de service, enfin, terrain complètement meuble des champs cultivés, prairies plus ou moins humides et même terres labourées.
- Comme la roue ferrée offre l’inconvénient de dégrader les chemins et sentes qu’elle parcourt en y creusant parfois de profondes ornières, l’idée est venue de la remplacer par une roue munie d’un gros pneumatique.
- L’essai a tout d’abord montré que le pneu commence
- par s’écraser, c’est-à-dire par offrir à la surface porteuse du sol une surface de plus en plus grande, et que ce n’est que lorsque ce maximum de surface est atteint qu’il y a enfoncement dans le sol. Or la pression maximum qu’une roue munie d’un pneu gonflé d’air peut exercer sur le sol est précisément égale à la pression du gonflement du pneu; par conséquent, si on munit une roue d’un pneu assez gros pour qu’on puisse la gonfler très peu, à 1 kg par cm2 par exemple, on peut être certain que jamais cette roue n’exercera sur le sol une pression supérieure à 1 kg par cm2.
- Il résulte de cela que, même sur un sol meuble, une roue munie d’un gros pneu ne s’enfoncera que fort peu et que l’effort de traction supplémentaire occasionné par l’enfoncement sera presque insignifiant. D’où la possibilité de ne plus se cantonner dans les grands diamètres de roues et d’adopter des roues plus petites; celles-ci pourront — cela tombe sous le sens — être bien moins lourdes, à robustesse égale, que les grandes roues. L’expérience confirme d’ailleurs cette manière de voir, puisqu’une roue de tombereau pèse 300 kg environ (soit 600 kg pour la paire) alors que la roue avec pneu qui remplace cet équipement pèse au maximum 50 kg. quand il s’agit d’une transformation d’un tombereau existant, soit 100 kg pour les deux roues, et par suite un bénéfice de 500 kg sur les poids morts; autrement dit, pareilchan-gement de roues revient à augmenter la capacité de transport de 500 kg sans modifier le poids total.
- Voici quelques résultats d’expériences en ce qui concerne les efforts de traction avec l’un et l’autre système :
- Tombereau Tombereau
- avec roues cerclées avec roues
- de fer. caoutchoutées.
- Traction initiale pour faire
- mouvoir le véhicule (démar-
- rage) 190 kg 140 kg
- Traction continue pour maintenir le véhicule en mou-
- vement 145 kg 86 kg
- Soit, pour le second, un effort au démarrage inférieur de près
- de 24 pour 100 et un effort pour le mouvement inférieur de plus de 40 pour 100.
- A noter que les deux tombereaux pesaient le même poids total, mais tandis que le premier (roues ferrées) portait 1016 kg de charge utile, le second (pneus) en portait 1565 : la différence représentant, comme on le voit, le poids supplémentaire des roues. En tout, gain de transport de 44 pour 100.
- On pouvait craindre dans cette substitution la crevaison et l’usure. Comme un tombereau ne se déplace qu’à très faible vitesse, au pas en général et plus rarement au petit trot, la vitesse d’impact du pneu sur le sol se trouve donc très réduite et on sait qu’aux très faibles vitesses, il est difficile de percer un pneu, même en s’y efforçant. Quant à l’usure, la pratique et des expériences prouvent qu’elle croît à peu près avec le carré de la vitesse pour les roues d’une automobile; d’autre part, elle est en grande partie causée par les couples de démarrage ou de freinage pour les roues motrices, par la réaction latérale du sol pour les roues directrices. Or non seulement la vitesse d’un tombereau est faible, avons-nous dit, mais les roues sont simplement porteuses, c’est-à-dire ni motrices ni directrices; dans ces conditions, le pneu ne peut travailler qu’avec un coefficient de sécurité élevé et l’on peut admettre que sa vie sera d’au moins 4 ou 5 ans.
- L’agriculture peut donc tirer grand profit de cette substitution.
- M. Bousquet.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Commandé par moteur \ ^eggca^Jndêpendant
- MÉCANIQUE
- Le Volt=Outil et le Volt=Scie.
- Un constructeur français imaginait, il y a quelques années, une curieuse petite machine-outil, portant le nom de Volt-outil, se fixant en quelques secondes sur le bord d une table quelconque et se branchant sur une douille de lampe électrique ordinaire à 110 ou 220 volts. Nous l’avons décrite naguère dans La Nature.
- Malgré son faible encombrement, cet outillage permet d exécuter convenablement un grand nombre d’opérations artisanales : sciage, tournage, meulage, perçage, ponçage, etc...
- Cette idée de marier le courant domestique à 1 artisanat devait faire son chemin dans un pays où l’électricité est tant diffusée et, en fait, de nombreux professionnels, des labora-loires, des services de recherches et d’invention, et des légions d’amateurs ont doté leur outillage de cette machine-protée qui leur permet tant de travaux à bon compte (0 fr. 30 de
- Fig. 1. — Le « Volt-Oulil » à tête mobile el ses organes.
- courant par heure), sans leur immobiliser ni emplacement ni capital considérables.
- Parmi les perfectionnements apportés par l’inventeur à sa machine, iL convient de citer, pour ses heureuses applications, une « tête mobile » (fig. 1 ), montée sur de puissants roulements — butées à billes et dont l’axe est muni de poulies (A), (B), (C), (D), (E), de différents diamètres. Tout l’ensemble est articulé autour de l’arbre de guidage (F), ce qui forme tendeur de courroie, en même temps que l’équipage peut prendre toutes positions, notamment en ce qui concerne le mandrin (M) où se fait l’adaptation des différents outils.
- Le moteur de 1/3 ch, dont la carcasse est spéciale, est porté par un chevalet (G) articulé lui-même autour de l’arbre (F), et le nez de ce moteur reçoit (en H) ou bien une petite poulie (cas de la figure) ou bien une grande poulie, de telle sorte que 6 combinaisons de vitesses sont possibles sur l’arbre porte-mandrin (M) : 180, 240, 400, 700, 1350 et 1900 tours par minute.
- En d’autres termes : vitesse requise pour travail requis, sans compter d’autres avantages consistant dans la rapidité d’adaptation, la grande souplesse d’attaque par courroie sans fin, la protection qui en résulte pour le moteur et le fait de lui
- Fig. 2. — Le « Voll-Oulil » à lêle mobile el vitesses variables, commandé par moteur indépendant.
- laisser, adaptée en permanence, en bout d’arbre, une meule d’affûtage (N), en vertu de ce principe qu’il n’est de bon travail possible que si les outils sont fréquemment affûtés.
- Cet intéressant montage mettait le constructeur sur la voie d’une autre idée non moins intéressante et consistant à combiner sa machine de telle sorte qu’elle puisse être mue, à vitesses variables, au moyen d’un moteur indépendant fixé sur la table de travail, comme représenté fig. 2.
- Enfin, il s’est dit que ce moteur indépendant pourrait aussi avoir son utilité propre, être combiné lui-même en un bloc homogène réalisant la plus courante des opérations artisanales, celle dont on a besoin partout : le sciage. C’est ainsi qu’est né le « bloc électro-mécanique » représenté par la fig. 3 et qui porte le nom de Volt-Scie. Imaginez un moteur 1/2 ch marchant sur courant lumière, monté sur roulement à billes, doté de carters avant et arrière et d’un ventilateur de refroidissement et de dépoussiérage; moteur dont on a déporté l’axe à la partie supérieure de manière à tirer le maximum d’utilité du dépassement de la lame de scie au-dessus de la table de travail. Cette grande table métallique de 0 m 40 X 0 m 40 est à bords renforcés, et les 4 vis qui la fixent sur la carcasse du moteur permettent de l’en libérer instantanément. Le moteur prend alors l’aspect de la figure 2 pour toute commande indépendante, par courroie. La table reçoit facultativement un curieux guide de sciage composé d’éléments articulés avec biellettes et manneton permettant soit des sciages de largeur, soit des sciages d’inclinaison à tous les angles comme le représente le schéma de droite, pour l’angle de 60°.
- La table étant enlevée, le moteur reçoit encore des montages ingénieux pour permettre le meulage énergique de pièces et l’affûtage d’outils, pour le brossage rotatif et le polissage.
- Voilà un ensemble de mécanismes simples et bien précieux
- Fig. 3. —• Le « Volt-Scie ».
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- Fig. 4. — Le guide de sciage du « Volt-Scie ».
- pour l’artisan, pour le laboratoire, pour l’amateur, pour le rural et pour l’agriculteur qui sont parfois obligés de se libérer de professionnels dont les services sont si souvent difficiles à obtenir, à raison de leur éloignement.
- Ajoutons encore que la mobilité et la quasi-instantanéité de pose et de mise en marche de ces machines les rendent d’un emploi fort utile pour le menuisier, l’ébéniste, l’étalagiste, etc., que la nature même de leur profession contraint à se rendre fréquemment à domicile pour des travaux à exécuter sur place.
- Enfin, il y a aussi dans ces conceptions une notion de gradation dans les achats qui ne manque pas d’intérêt pour les budgets modestes : on pourra commencer par le bloc Volt-Scie et y ajouter successivement les adaptations de complément qui l’achemineront vers le Volt-Outil complet à puissance doublée et à vitesses multiples.
- Constructeur : S. G. A. P., ingénieurs-constructeurs, 44, rue du Louvre, Paris (1er).
- CHAUFFAGE
- Fers à repasser chauffés au gaz.
- L’appareillage comprend un réchaud chauffe-fer et deux fers. Le chauffage du fer est réalisé par la circulation de l’air chaud obtenu par l’intermédiaire d’une petite flamme de gaz; l’air chaud qui traverse le fer à repasser cède la chaleur à des tenons faisant corps avec la masse du fer et s’échappe par des orifices prévus sur les côtés du fer.
- Au moyen d’une glace placée sous le brûleur, on se rend compte de la perfection des flammes dont la température est très élevée. L’air chaud circulant dans un espace où ne peut pénétrer l’air extérieur, tout refroidissement est ainsi évité.
- Le fer, d’un poli nickel, forme une masse de fonte importante
- constituant un bon volant calorifique; la poignée, fixée sur une armature parfaitement isolée, est en bois dur et lisse. Placé sur le réchaud, le fer occupe une position verticale, disposition qui fait que la surface de travail du fer est toujours propre et la poignée jamais brûlante puisqu’elle est en dehors de la colonne ascendante d’air chaud.
- Les brûleurs du réchaud sont réglés en fonction du pouvoir calorifique et de la pression du gaz de telle sorte que chaque injecteur assure un débit de 100, 250 ou 350 litres-heure,
- débit nécessaire et suffisant pour porter en température un fer en quelques minutes.
- Comme on le voit, le fer à repasser se distingue des autres types, également ehaufi'és au gaz, en ce qu’il ne comporte pas de foyer demeurant allumé pendant le travail de repassage et qu’il n’est relié à aucune prise de gaz. Ce sont là deux gros avantages, attendu que n’étant pas dépendant de la prise de gaz, le fer à repasser peut être transporté à n’importe quel Fig. 6. — Sac à main à roulettes. endroit, après avoir été chaulîé, que toute perte de
- temps est évitée en utilisant alternativement les deux fers à repasser, l’un étant employé pendant que l’autre est chauffé.
- Fabricants : Les Fonderies franco-belges à Merville (Nord).
- OBJETS UTILES Sac à main à roulettes.
- Pour une ménagère qui revient du marché, le sac chargé de provisions est bien lourd à porter. Un inventeur a eu l’idée ingénieuse d’adjoindre au sac à provisions usuel des roulettes qui permettent de l’utiliser, si on le désire, comme un petit chariot. Ces quatre roulettes sont montées à la partie inférieure du sac. Celui-ci possède en outre des poignées de cuir réglables qui permettent de l’ajuster exactement à la taille de chacun. On peut ainsi transporter des charges beaucoup plus lourdes que lorsque les bras doivent supporter tout le poids du sac, ce qui permet de réduire le temps passé aux approvisionnements du ménage. Economie de fatigue et de temps, tel est le bénéfice appréciable qu’assure le nouveau sac.
- Vente en gros : Établissements R. Peintre, 21, rue de la Folie-Regnault, Paris (11e).
- L’Agrippe=vis.
- Pour visser ou dévisser une vis, on se heurte souvent à une difficulté, source de bien des pertes de temps; la vis que rien ne maintient au commencement du vissage ou à la fin du dévissage, s’échappe et tombe. Il faut la chercher, ou en prendre une nouvelle et recommencer l’opération.
- L’ « agrippe-vis » supprime ces ennuis. C’est, comme le montre notre figure, une agrafe en acier qui se monte sur la partie cylindrique du tourne-vis. Son extrémité libre forme ressort; elle est incurvée de façon à créer un logement dans lequel s’engage le ressort de la tête de vis. Celle-ci se trouve ainsi maintenue sur le tournevis.
- L’ « Agrippe-vis » tient de même les goupilles, les écrous, les clous, etc. Il se monte sur tous les tournevis.
- En vente chez tou? les quincaillers. Vente en gros : 17, rue Stendhal, Paris (20°). Prix : 1 fr 25.
- Fig. 7. — L’Agrippe-vis.
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- <WSLm- aiart )
- Fig. 5. — Fers a repasser chauffés au gaz.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de l’industrie des parfums à Grasse
- (n° 2913).
- La Société des établissements Roure-Bertrand fils et Justin Dupont, de Grasse, nous écrit :
- « Comme suite à l’article paru dans La Nature du 1.5 septembre, article qui a été illustré de nombreuses photographies représentant soit nos usines de Grasse, soit les plantations ilorales appartenant à
- notre société, nous souhaitons spécifier que nous laissons à M. Ponte toute la responsabilité de ses indications concernant les lois projetées sur la déclaration et le contrôle des récoltes.
- En effet, nous ne voulons pas que notre nom puisse figurer sans cette mise au point, car ni les fabricants d’huiles essentielles et de matières premières pour parfumerie ni leurs syndicats ne sont partisans de ces lois qui sont nuisibles tant à leurs intérêts personnels qu’à ceux des clients directs et aussi en fin de compte aux consommateurs. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Prospection géophysique.
- L’étude géophysique du sous-sol, détection de niasses métalliques ou d’autres substances, s’effectue aujourd’hui par un certain nombre de procédés assez différents les uns des autres :
- Étude des variations de l’intensité de la pesanteur;
- Étude des variations de la conductibilité du sol;
- Transmission des rayonnements électriques à travers le sol;
- Transmission d’ébranlements mécaniques à travers le sol.
- Vous trouverez l’exposé du principe de toutes ces méthodes dans un article publié dans La Nature, sous la signature de M. Vigneron (n° du 15 octobre 1931).
- La Société Askania, qui est une Société allemande, fabrique en en effet des appareils adaptés à ces différentes méthodes. Autres constructeurs : Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris, Société d’entreprises électrochimiques, 15, rue du Général-Foy, Paris; Dertling, à Londres.
- Vous trouverez également dans La Nature (n° du 29 janvier 1921), un article indiquant le principe de la méthode de prospection électrique de M. Schlumberger, et, sur ce même sujet — les applications récentes de cette méthode — vous trouverez un article de M. Ber-thelot : « Recherches du pétrole par les méthodes géophysiques », dans notre numéro du 15 août 1933.
- Comme ouvrages publiés sur ces questions, nous pouvons vous signaler l’ouvrage de M. Alexanian, publié chez Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris, — l’ouvrage, plus ancien, de M. Schlumberger sur la prospection électrique du sol, publié chez Gauthier Vil-lars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris — enfin, un ouvrage allemand, de Ambronn, intitulé « Angewandte Geophysik. » (Editeur Steinkopf, Leipzig.) Réponse à M. R. Avignon.
- Défauts d’un poste superhétérodyne.
- Nous vous avons déjà répondu directement au sujet de votre poste. Cet appareil comporte, d’après le schéma que vous nous avez envoyé, une lampe haute fréquence à écran, une première détectrice également à écran, une oscillatrice, triode, une seule moyenne fréquence à écran, une détectrice également à écran, et une pentode de puissance.
- Les lampes adoptées sont des lampes américaines de modèles relativement ancien à l’heure actuelle, c’est dire que leur pouvoir amplificateur est relativement peu poussé, et, en tous cas, beaucoup moins que celui des lampes françaises de catégorie correspondante. La sélection devrait pourtant être suffisante, étant donné que vous disposez d’un étage d’amplification haute fréquence à lampe à pente variable et bien que vous n’ayez pas un dispositif de présélection à deux circuits.
- L’amplification moyenne fréquence n’est cependant pas très accentuée, puisqu’elle est effectuée seulement à l’aide d’une lampe haute fréquence à écran à pente variable. La détection, d’autre part, est réalisée au moyen d’une lampe détectrice de puissance à écran, par utilisation de la courbure de la caractéristique de plaque. Le système permet d’obtenir une bonne qualité musicale pour la réception des signaux puissants, mais il n’est pas extrêmement sensible.
- Il est évident qu’on ne peut guère augmenter la sensibilité de l’appareil sans modifier le montage intérieur. Vous pouvez sans doute avant tout, vérifier si toutes les lampes actuelles sont en bon état, mais on ne peut les remplacer par des lampes de caractéristiques plus poussées
- d’une manière vraiment rationnelle, sans modifier en même temps les résistances de polarisation, d’où des modifications du montage intérieur assez délicates pour un amateur non technicien.
- L’augmentation de sélection ne pourrait être obtenue qu’en employant un dispositif présélecteur modifiant ou remplaçant le système actuel, mais cela compliquerait un peu le réglage. Vous pouvez consulter à ce sujet, par exemple le tome II des « Récepteurs modernes de T.S.F. », Chiron, éditeur).
- Le moyen le plus simple, et nous l’avons déjà indiqué dans une réponse précédente, consisterait à réduire la longueur de l’antenne utilisée. Avec un poste superhétérodyne de ce genre, une antenne très courte, et même intérieure, suffit la plupart du temps, et beaucoup d’auditeurs utilisent même une prise de terre comme antenne de fortune :
- Etant donné la sensibilité relativement grande du poste, on entend la plupart du temps un bruit de fond pour la réception sur grandes ondes provenant de l'amplification des oscillations parasites de toutes sortes. Si ces parasites sont transmis essentiellement par les lignes du réseau d’alimentation, vous pourriez essayer d’adopter un système d'arrêt intercalé sur le câbie de liaison, et comportant une ou deux bobines de choc haute fréquence, et deux condensateurs avec prise médiane reliés à une terre séparée. Nous avons déjà donné des indications à ce sujet dans la revue, et nous y reviendrons dans une prochaine chronique.
- Réponse à M. A. P., à Saint-Jean de Maurienne (Savoie;.
- Établissement d’un poste tous courants.
- Nous avons donné quelques indications dans le numéro spécial de T. S. F. du 15 septembre 1933 sur les postes « tous courants », c’est-à-dire fonctionnant à volonté à l’aide du courant alternatif ou continu d’un secteur. Ces appareils sont munis à l’heure actuelle de lampes, américaines le plus souvent, dont les filaments sont alimentés avec un courant d’une tension de 6,3 v. Ces lampes à chauffage indirect ont des éléments chauffants montés en série, afin de diminuer la perte de courant dans la résistance qui abaisse la tension à la valeur convenable.
- La tension appliquée sur les lampes est obtenue au moyen d’une valve de redressement pour le courant alternatif. Cette valve laisse simplement passage au courant dans le cas du secteur continu. On peut adopter un montage en doubleuse de tension, mais, en tous cas, cette tension ne dépasse jamais quelque 200 v, sauf avec du courant 220 v alternatif. Il a donc fallu établir des lampes, et spécialement des lampes de sortie, assurant une puissance plus grande à égalité de tension. On ne peut pourtant compter obtenir avec ces postes une intensité d’audition comparable à celle des appareils ordinaires alimentés par courant alternatif, et avec lesquels on peut appliquer sur la lampe de sortie des tensions de 300 à 400 v.
- Avec ces appareils puissants, la puissance modulée peut atteindre facilement 1,5 à 2 watts, ce qui assure l’alimentation d’un grand haut-parleur électrodynamique ou même d’une combinaison de deux liaut-parleurs sur des modèles récents.
- Malgré tout, avec ces petits postes « tous courants », et même avec les appareils miniature si réduits, l’audition est souvent très satisfaisante, surtout si l’on prend la précaution d’adopter une prise de haut-parleur séparé permettant l’emploi d’un électro-dynamique séparé avec écran acoustique de surface suffisante.
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- Avec ces petits apparei’s, on peut évidemment adopter les montages les plus récents, et on peut ainsi réaliser un poste sensible comportant une lampe changeuse de fréquence pentagrille, une moyenne fréquence pentode, une double diode en détection, une trigrille en basse fréquence, et une valve doubleuse de tension.
- Nous indiquerons, dans nos chroniques, la disposition schématique d’un appareil de ce genre, et vous pouvez trouver des détails à ce sujet dans le tome VI des « Récepteurs modernes de T.S.F. » (Chiron, édit.)-
- Il y a, dès à présent, des constructeurs de pièces détachées qui établissent les châssis et bobinages nécessaires au montage d’appareils de ce genre. Vous pouvez vous adresser par exemple aux établissements Gamma, 21, rue Dautancourt, à Paris. Réponse à M. D... à Paris.
- Construction d’un transformateur d’alimentation.
- Pour construire un transformateur abaisseur de tension, tel que celui que vous voulez réaliser, il ne suffit pas, évidemment, de connaître les tensions des différents courants qu’on veut obtenir au secondaire, il faut encore déterminer les différentes intensités de ces courants. Vous ne nous indiquez pas cette constante dans votre lettre.
- S’il se produit un court-circuit dans le secondaire, vous déterminez par là même une augmentation de l’intensité du courant dans le primaire, qui peut amener un échauffement et la détérioration de l’enroulement. Il faut donc, si vous craignez un tel accident, prévoir l’introduction d’un fusible dans le primaire, et même, autant que possible, dans le secondaire.
- Nous pensons que vous voulez redresser du courant alternatif d’une tension inférieure à 50 volts avec une valve thermionique. Les valves électroniques sont construites pour redresser des courants de plus forte tension, et, d’ailleurs, vous ne nous indiquez pas non plus l’intensité des courants redressés.
- Il existe des valves de redressement à cathode incandescente et à vapeur de mercure ou à atmosphère d’argon qui vous permettront sans doute fort bien d’obtenir le résultat que vous désirez. Vous pourriez également utiliser des redresseurs à oxyde de cuivre type Westinghouse qu’on doit trouver certainement au Mexique.
- Pour que nous puissions vous donner des conseils plus précis, il faudrait, pour cette question également, que vous nous indiquiez plus exactement le but que vous vous proposez.
- Réponse à M. Castellanos, à Mexico.
- Utilisation des matériaux insonores.
- Nous avons donné quelques notions dans La Nature sur l’acoustique des salles, mais des articles consacrés plus spécialement à l’emploi des cloisons insonores dans la construction n’ont pas encore paru.
- Vous pouvez trouver quelques détails à ce sujet dans l’ouvrage L'Acoustique architecturale de M. Gustave Lion (édition Film et Technique, 17, rue des Acacias, Paris), ou dans un ouvrage édité par la Librairie de l’Enseignement technique, 3 rue Thénard à Paris.
- Nous vous signalons également que vous pouvez demander des notices descriptives à ce sujet aux fabricants de matériaux insonores, et, en particulier, aux établissements Célotex, 172, boulevard Berthier, à Paris (17 e). Réponse à M. Orième, à Paris.
- Construction d’un système redresseur de courant.
- Les progrès obtenus dans la construction des éléments de redressement à oxyde de cuivre permettent désormais d’établir des redresseurs absolument industriels et robustes assurant un fonctionnement régulier, sans surveillance. Le courant que vous voulez obtenir, est, d’ailleurs, d’une faible tension et d’une intensité peu élevée.
- Vous pouvez consulter au sujet des caractéristiques et de l’emploi des systèmes de redressement, le petit ouvrage intitulé Les Redresseurs de Courant (E. Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris). En ce qui concerne spécialement les caractéristiques, des éléments de redressement à oxyde, vous pouvez vous adresser à la Compagnie générale de signalisation Westinghouse, 23, rue d’Athènes, Paris.
- Nous vous signalons également les éléments de redressement au sélénium Tékadé, 10, rue Pergolèse, à Paris.
- Réponse à M. Vereier, à Feurs (Loire).
- Installation d’un amplificateur microphonique.
- Une installation d’amplification microphonique pour publicité montée sur une automobile comporte simplement un microphone à grenaille, un amplificateur de puissance et un haut-parleur électrodynamique, le plus souvent à pavillon, et disposé sur le toit de la voiture.
- Etant donné que vous voulez employer des batteries d’accumulateurs pour l’alimentation, il y a sans doute intérêt à utiliser un étage de sortie de puissance de la « classe B », c’est-à-dire disposé en montage push-pull un peu particulier, qui permet d’utiliser au mieux la puissance modulée possible en diminuant dans d’assez grandes limites la tension des plaques, et surtout l’intensité du courant-plaque.
- En principe, le montage d’un amplificateur de ce type est très facile, et l’installation en est aisée. En pratique, il y a quelques difficultés. Elles proviennent d’une part de la disposition de l’amplificateur et des batteries dans une automobile, et des chocs qui résultent du transport. Il faut prendre des dispositions spéciales pour éviter des détériorations mécaniques ou électriques.
- D'autre part, si le microphone est disposé à l’intérieur de la voiture, il est assez rapproché de l’amplificateur et du haut-parleur. Il peut se produire ainsi des bruits microphoniques provenant d’effets de réaction basse fréquence, qui troublent l’audition. On est obligé, dans ce cas, d’étudier soigneusement le blindage des câbles de liaison, et même quelquefois de blinder complètement l’amplificateur.
- Pour une installation microphonique complète de ce type, ou des pièces détachées, vous pouvez vous adresser aux établissements S.E.S. 9, rue de Pontliieu, à Paris, aux établissements Mélodium, 296, rue Lecourbe, ou aux établissements Sidley, 86, rue de Grenelle, à Paris.
- Vous pouvez, d’autre part, trouver des schémas d’amplificateurs de puissance de ce genre dans la revue La Technique cinématographique ou dans le petit ouvrage de M. P. Graugnard Les Propos de la Cabine (Film et Technique, éditeur, 17, rue des Acacias, Paris).
- Réponse à M. Lefebvre, à Douai (Nord).
- De tout un peu.
- M. Dupont-Beaulieu, à Buenos-Aires. — 1° La formule du chatterton que nous avons donnée dans le n° 2893 du 15 novembre 1932 est bien celle qui correspond à la préparation des rubans enduits du commerce.
- Si nous avons conseillé de les chauffer légèrement, c’est pour en faciliter l’adhérence, mais cela n’est pas indispensable.
- 2° Les termes que nous avons employés sont courants et seront compris de tous les commerçants.
- M. Bonnard, à Bourges.— 1° Pour donner aux moulages en plâtre l’aspect de la pierre, il vous suffira d’ajouter au plâtre, en mélange intime, avant de le gâcher, une trace de matière colorante minérale, ocre jaune ou rouge ainsi qu’une pointe de noir de charbon.
- 2° Le durcissement des moulages s’obtient en les trempant, après durcissement et séchage complet, dans un bain chaud de colle de Flandre très claire et passée à la mousseline.
- 3° Ces questions, qui font encore l’objet d’études industrielles, n’ont pas à notre connaissance été mises à la portée de l’amateur; vous pourrez vous tenir au courant des progrès réalisés par le journal Le Cinéma d’amateur, directeur : Paul Philippart, 47, rue de la Victoire (9°).
- 4® A moins que vous ne disposiez déjà du système optique, le mieux est de faire l’acquisition de la lanterne de projection neuve ou d’occasion, prête à l’emploi; vous éviterez ainsi les tâtonnements par lesquels a passé le constructeur.
- Bibliothèque d’Epinal. —- Les couleurs à employer avec l'aéro-graphe et pouvant supporter le lavage sont à base de nitrocellulose, vous les trouverez prêtes pour l’emploi dans les maisons suivantes : Compagnie de l’Aérographe, 18, rue Réaumur; Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs; Etablissements Jacquelin, Passage de la Main-d’Or, 58, rue de Charonne; Lefranc et Cie, 18, rue de Valois; Levasseur et Cie, 22, rue des Filles-du-Calvaire; Quérolle, 39, rue de Charonne; Routtand, 133, rue Jean-Jaurès à Aubervilliers (Seine); Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, Paris, Montreuil (Seine).
- Ces maisons vous fourniront également les appareils nécessaires pour l’application, ainsi que toutes instructions utiles.
- A. D. R., à Paris. — Le moyen le plus pratique pour attirer et détruire les moustiques est de placer dans la pièce une lanterne avec veilleuse, dont les vitres seront enduites de glu sucrée, sur laquelle les insectes viennent se coller et mourir.
- Cette glu peut se préparer en faisant bouillir 100 gr d’huile de lin jusqu’à consistance sirupeuse, ajoutant ensuite 120 gr de résine en poudre, puis 40 gr de miel et 10 grammes de glycérine.
- Bien mélanger et appliquer en couches minces sur les vitres-pièges.
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- N° 2918
- LA NATURE
- 1" Décembre 1933.
- = LE PORT AUTONOME DU HAVRE =
- SON DÉVELOPPEMENT - LES TRAVAUX D’EXTENSION
- DÉVELOPPEMENT DU PORT DEPUIS SA FONDATION JUSQU’A LA GUERRE
- Fondé en 1517 par François Ier, le port du Havre ne comprenait encore, à l’époque de la Révolution, que ce qui constitue actuellement la partie nord-est
- Une ordonnance du 27 mars 1828 et une loi du 28 juin 1829 décident la construction du bassin Vauban, achevé partie en 1841 et partie en 1843. La loi du 5 août 1844 ordonne la création du bassin de l’Eure et du bassin Dock, terminés, le premier en 1855, le second en 1859. Les bassins de la Citadelle et Bellot
- aux Vo>
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- PORT DU HAVRE
- iooo mètres-
- Fig. 1. — Plan du port du Havre.
- de l’arrière-port, l’anse Notre-Dame et le bassin du Roi.
- En 1787, l’ingénieur Lamandé présentait le premier projet d’agrandissement, qui comportait la construction, au Nord, d’un bassin à flot — aujourd’hui bassin du Commerce — et, au Sud, d’un bassin de chasses — le bassin de la Barre actuel—. Le premier fut livré à l’exploitation, partiellement, en 1792, et tous deux furent achevés en 1820.
- Ce projet fut le point de départ du développement du port que l’on voit, à partir de ce moment, prendre une extension régulière et rapide.
- sont livrés à l’exploitation, respectivement en 1867 et 1887, le bassin aux pétroles en 1895.
- Des décrets en date des 16 novembre 1893, 20 août 1895 et 27 avril 1908 décident, d’une part, la construction des quais du canal de Tancarville qui, creusé en exécution d’une loi de 1880, est mis en service en 1887, et, d’autre part, des quais de la Garonne et de la Gironde, qui ont formé le bassin Vétillart, achevé seulement en 1915.
- Entre temps, les lois du 19 mars 1895 et du 20 décembre 1900 avaient prescrit la construction des digues Nord et Sud, qui forment l’entrée du port, du quai
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- Fig. 2. — Photographie d’une maquette en relief du port du Havre, montrant les projets d’extension.
- (Ph. Port autonome du Havre.)
- d’escale de l’ancien avant-port, et du sas Quinette de Rochemont, qui donne accès, de l’avant-port, dans le bassin de l’Eure.
- La communication entre la darse Est du bassin Bellot et le bassin Vétillart, constituée par un sas de 187 m de longueur, a été établie en exécution de la loi du 2 août 1904.
- Ainsi se trouvait constitué un port, vaste certes, mais dont les bassins, s’ajoutant les uns aux autres suivant les nécessités du trafic maritime, ne permettaient que d’y faire face, sans toutefois les dépasser.
- Ce n’est qu’à une époque récente, et peu antérieure à la guerre, que sont entrées en vigueur des méthodes nouvelles, rompant de façon délibérée avec les errements
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- du passé. On commence alors, en effet, à voir plus grand et plus loin que les besoins du moment. Au lieu de se borner à faire face au trafic à mesure qu’il se développe, on estime qu’il est nécessaire de le devancer. De là des travaux de grande envergure, dont les uns sont en cours d’exécution ou achevés, les autres encore en projet, mais dont l’ensemble constituera en quelque sorte un nouveau port à côté de l’ancien.
- LE PROGRAMME DES TRAVAUX D’EXTENSION
- Le programme à réaliser a pour but l’amélioration des accès du port pour faciliter l’entrée à tout état de la marée des grands paquebots de l’avenir, la construction de nouveaux et vastes bassins puissamment outillés pour accélérer les opérations de manutention, l’augmentation des facilités d’évacuation du port.
- Dès le 11 février 1909, une loi avait ordonné la construction d’un vaste bassin de marée, limité au Nord par 1000 m de quais d’un seul tenant, à l’Est et au Sud par une digue, et comportant un môle central et une grande forme de radoub susceptible de recevoir des navires de 300 m de longueur. (La longueur réelle de cette forme est 313 m.)
- Une nouvelle loi, en date du 23 avril 1919, décidait* l’approfondissement à la cote (— 10 m 00) du bassin de marée et de ses accès la construction de deux nouveaux bassins à flot, dits bassins Nord et Sud, et celle de cinq nouvelles formes de radoub dans ce dernier.
- Enfin, le 24 mars 1928, la loi sur l’utilisation des prestations en nature prescrivait l’élargissement de l’entrée du port par déplacement de la digue Sud, et l’endiguement partiel de la rade, tandis qu’un décret en date du 19 juillet 1922 avait accordé à une société privée, la Compagnie industrielle maritime, la concession, dans le nouvel avant-port, d’une partie du territoire du port, en vue de la construction, d’une part, de quais à grande profondeur et d’une gare maritime, et, d’autre part, d’un bassin et de réservoirs pour la réception des hydrocarbures.
- Parallèlement à ces travaux, la passe extérieure d’accès au port dont la profondeur avait été fixée successivement aux cotes (—4 m 50),
- (— 6 m), (— 7 m 50) et (— 8 m 50) par les lois et décrets des 19 mars 1895, 8 janvier 1908, 18 mai 1912 et 24 avril 1926 est actuellement en cours d’approfondissement à la cote (—10 m 80) en exécution du décret du 17 avril 1928.
- g AMÉLIORATION DES ACCÈS
- La passe extérieure d’aceès au port, qui sur ses 4 km de longueur, présente une largeur de
- Fig. 4. — Caisson musoir de la nouvelle digue Sud, achevé.
- Il a été construit dans la grande forme de radoub. (Ph. Port autonome du Havre.)
- 200 m et une profondeur de 8 m 50 au-dessous des plus basses mers, est en cours d’élargissement à 300 m et d’approfondissement à la cote f—10 m 80).
- En même temps se poursuivent les travaux de démolition de la digue Sud, déjà reconstruite en partie 200 m plus au Sud, Le passage libre entre les musoirs des deux digues extérieures, ainsi porté dans une première étape à 250 m, le sera ultérieurement à 300 m: il en
- Fig. 5. — Construction du quai de 175 m au nord du Bassin de marée.
- Mise en place d’un caisson. (Ph. Port autonome du Havre.)
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- Fig. G. — Le pont 7. Un des 5 ponts basculants de 35 m de portée construits sur le canal de Tancarville, (Ph. Port autonome du Havre.)
- résultera des facilités d’évolution exceptionnelles pour les grands paquebots.
- Ces travaux d’élargissement de l’entrée du port seront complétés par ceux d’endiguement partiel de la rade au moyen d’une digue courbe dont les assises reposeront sur les hauts-fonds du banc de l’Éclat. On constituera de cette façon un vaste plan d’eau calme qui permettra le mouillage des navires à l’abri de la mer et l’ammérissage des grands hydravions transatlantiques.
- 1 Quant à l’accès de l’hinterland immédiat du port, il
- Fig. 7. — Mode de construction du ponll sur le canal de Tancarville. (Ph. Port autonome du Havre.)
- est constitué par le canal de Tancarville, qui, utilisé actuellement par la batellerie seule, sera élargi, approfondi et transformé en canal maritime et industriel. Il sera alors accessible aux navires de mer qui apporteront les matières premières et le combustible aux usines diverses déjà installées sur ses rives (Breguet, Raffinerie d’hydrocarbures de la Cie française de Raffinage), et utilisé à plein rendement par ce nouveau trafic.
- Aussi lui sera-t-il substitué, à l’usage exclusif de la batellerie, un nouveau canal dont le projet a été pris en considération en 1931. Large de 20 m au plafond, il aura son origine dans le futur bassin Sud, et, longeant la rive nord de la Seine à une distance de 450 m, se raccordera au précédent, dans un vaste bassin de garage, à Tancarville, où sera construite une grande écluse de 300 m de longueur et de 30 m de largeur.
- CRÉATION DE NOUVEAUX BASSINS
- La longueur des quais du port est actuellement de 25 km et la superficie des terre-pleins dépasse 120 ha. Cependant l’augmentation du trafic, d’une part, celle, d’autre part, des dimensions des navires, ont fait naître la nécessité de construire des bassins nouveaux bordés de quais à grande profondeur, puissamment outillés, et disposant de terre-pleins et de hangars de grande surface.
- Sur le canal de Tancarville, entre les ponts 6 et 7, on achève le creusement d’un bassin dont les quais, sur 2400 m de développement, bordant des darses profondes, pourront recevoir les navires de mer. 650 m de quais y sont déjà achevés.
- Lorsque ces travaux seront terminés, ce bassin Nord communiquera par un sas à large section avec le bassin Sud dont la construction sera réalisée par emprise totale sur l’estuaire.
- Ce dernier bassin comportera également des darsps %b.prdéesIdeÆqixais à grande profondeurfet d’une longueur
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- totale de 3600 m ; cinq nouvelles formes de radoub y seront construites dont une de 400 m et sa communication avec le bassin de marée actuel s’effectuera par plusieurs écluses dont la principale sera formée d’un sas de 400 m de longueur sur 50 m de largeur.
- Les quais de ces deux immenses bassins supporteront un outillage moderne important, des voies ferrées nombreuses, reliées directement à celles de la gare de triage de Soquence toute proche, et des hangars entourés de vastes terre-pleins.
- Pendant que se réalisent ces travaux, la Cie industrielle maritime vient de terminer, dans le nouvel avant-port, la construction d’un môle oblique bordé de 2 quais de 300 m, offrant une profondeur d’eau de 14 m au-dessous du zéro ; et en bordure de la digue Sud, à côté de ses installations déjà existantes, un nouveau bassin pour les tanksteamers et des réservoirs pour l’emmagasinage des hydrocarbures.
- CONSTRUCTIONS NOUVELLES
- Le port du Havre dispose pour la réception des passagers, de quatre gares maritimes : dans le bassin de l’Eure, sur [les quais d’Escale et Joannès Couvert, et enfin sur le quai de la Floride (C. I. M.).
- Une nouvelle gare, dont la première pierre a été posée en 1931, est en achèvement sur le terre-plein Est du quai Joannès-Couvert, à proximité de celle qui y existe déjà. ~
- Ce vaste bâtiment mesurant 500 m sur 40 m, entièrement en béton armé, comprendra un rez-de-chaussée et deux étages accessibles intérieurement par des escaliers, les uns fixes, les autres mobiles, des ascenseurs et des monte-charges.
- Extérieurement, les voitures pourront accéder aux étages par des rampes à faible pente.
- Les passagers seront reçus au premier étage où se trouveront réunis, dans de vastes salles et des salons, tous les services et toutes les commodités nécessaires.
- Des passerelles couvertes, mobiles, serviront à l’embarquement et au débarquement. Le deuxième étage, réservé aux bagages et aux automobiles, sera desservi par un outillage spécial constitué par des « colis volants ».
- Quant aux marchandises, auxquelles sera affecté
- Fig. 9. — Les voies ferrées transatlantiques dans la traversée du port.
- Les trois grues de la grande forme, la grue flottante de 200 tonnes en cale sèche, le terre-plein où est en construction la nouvelle gare maritime.
- (Pli. Port autonome du Havre.)
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- le rez-de-chaussée, elles seront manutentionnées par des grues de quai électriques de 5 à 10 t.
- En son milieu la gare supportera une haute tour carrée de 80 m portant, à sa partie supérieure, une horloge à quatre cadrans, lumineux la nuit, ainsi qu’un indicateur de hauteurs d’eau.
- Des voies de quai recevront les wagons de marchandises tandis que les passagers trouveront les trains transatlantiques sur 7 voies courant le long de la façade Nord, bordées de quais couverts et accessibles par des escaliers, des ascenseurs et des monte-charges.
- D’autre part, autour de la grande forme de radoub de 312 m, ont été construits d’immenses bâtiments à usage de bureaux, magasins et ateliers destinés à la Cie Générale Transatlantique.
- LES SERVICES AÉRIENS
- Le complément normal, actuellement, d’un grand port transatlantique est l’aérodrome.
- Le Havre en possède déjà un, dans sa banlieue immédiate à Bléville, où sont reçus et d’où partent des avions assurant des services réguliers entre le port et la Suisse via Paris. Ainsi les passagers et la poste peuvent, en moins
- de quatre heures, franchir la distance qui sépare le Havre de Bâle, et, en moins dé deux, atteindre Paris.
- Toutefois, le terrain actuel ne suffît plus aux besoins. Un nouveau terrain d’aviation plus vaste est en cours d’aménagement, à côté même de celui qui existe ; il sera doté d’une gare spacieuse et de pistes d’envol, et sa liaison avec le port sera extrêmement facile et rapide, grâce aux nombreuses voies de communication existantes.
- * *
- Tel qu’il est actuellement le port du Havre, grâce à la longueur de ses quais, dont près de 3 km en eau profonde, grâce à ses nombreux bassins, peut recevoir à tout instant les navires de tout tonnage, quel qu’en soit le tirant d’eau ; son outillage moderne et de puissances très variées leur permet par des manutentions rapides de réduire au minimum leur stationnement.
- Les immenses travaux entrepris pour l’agrandir et le perfectionner lui permettront de faire face au trafic futur, et de maintenir la place qu’il s’est faite depuis longtemps parmi les premiers ports du monde.
- Georges Gallois.
- CIVILISATIONS AGONISANTES DU TCHAD
- LES MOUSGOU
- Fig. 1. — Femme de Mousgoun, sur le Logone.
- La très remarquable architecture des cases du Logone septentrional témoigne de l’intéressant degré de civilisation qu’ont atteint certaines populations du centre africain. Au sud du lac Tchad notamment, sur le Logone et dans le Maïo-Kebbi, les Kotoko, Mousgou, Moundang, Foulbé et Borroro, accusent des caractères ethnologiques profondément affirmés et très nettement personnels à chacun d’eux. Ils nous apparaissent comme les descendants de très anciennes civilisations qui, dégéné-rescentes, sont actuellement parvenues à un stade d’évolution voisin du coma.
- Les Moundang peuplent, avec les Lakka, le Maïo-Kebbi, pays de marais et de pâturages occupant sur la carte d’Afrique l’espace compris entre le dessous du bec et la gorge du « canard camerounien »; les nomades Borroro y séjournent d’une manière à peu près constante, notamment à Léré, et les Foulbé y ont leur capitale, Bin-déré-Foulbé. Sur les rives du Logone, au sud de Fort-Lamy on trouve, fixés à Birni et Gana, les Kotoko, puis, plus en amont, les Mousgou.
- Les deux principales agglomérations de race Mousgou sont Mala et Mousgoun. Leurs cases bâties en forme de pointes d’obus, sont groupées sur la rive droite du fleuve, autour de trois ou quatre splendides ficus.
- Ces arbres gigantesques semblent avoir déterminé dans cette région, où l’ombre est rare, l’emplacement des villages au charme desquels ils contribuent d’ailleurs puissamment.
- Lorsqu’on descend ou remonte le Logone, leurs énormes
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- boules de feuillage sombre, accrochées aux berges escarpées, annoncent de très loin Mala et Mousgoun, alors que les « obus » perdus dans l’immensité du paysage semblent n’être encore qu’une pincée de brillantes paillettes dissé-
- .............-.. —-......= 487 =
- saison sèche (1) demeure presque continuellement bas et gris, Logone étale à fleur de sable ses eaux d’un vert jaunâtre. Sur les bancs, des familles entières de caïmans dorment la gueule ouverte, tandis qu’au-dessus
- Fig. 2 à 7. — 2. Village mousgou de Mala. 3. Case de Mala fraîchement r 5. Intérieur d’un « obus » Mousgou à Mala. 6. Jeune indigène Mousgoi
- (Photos Geo
- minées sur la rive. En fait, dans ce pays qui n’est qu’im-mensité écrasante, rien ne paraît susceptible de donner une idée de la grandeur des choses.
- Sous un soleil implacable et un ciel qui, durant la
- estaurée. b. Homme et femme de Mala réparant la porte de leur « obus ». i préparant le poisson. 7. Séchage du poisson au soleil à Mousgoun.
- Fourrier)
- d’eux croisent, par bandes de plusieurs centaines,
- 1. Il n’y a pas en A. E. F. de saisons correspondant, à proprement parler, aux nôtres; l’année y est divisée généralement en deux grandes périodes : la saison sèche et la saison des pluies, dont les époques et durée varient suivant la latitude.
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- des petits pélicans gris et des gros pélicans^ blancs.
- Parfois, le fleuve se divise en plusieurs bras, resserrés entre de petites falaises sablonneuses, de deux à trois mètres de hauteur, surmontées de graminées et du haut desquelles veillent, immobiles, les aigles-pêcheurs. Alentour le pays est si uniformément plat que la baleinière (*) semble avancer entre deux longs rubans de sables et d’herbes errants dans un inconnu embrasé de lumière.
- Au-dessus de la rive surgissent, de temps à autre, un baobab fantastique, les « obus » mystérieux d’une ferme Mousgou ou, se balançant haut dans l’espace les frémissantes cocardes de palmes d’un bouquet de rôniers.
- Dans les passages plus encaissés, les hommes abandonnent le long « tombo »(1 2 3) pour la pagaie, et chantent à tue-tête. Les couples d’hippopotames, qui trouvent dans les eaux plus profondes un abri pour leurs masses monstrueuses, jouent au scaphandre et émergent toutes les quatre secondes avec la régularité d’un pendule.
- Du haut de la berge, le regard embrasse une plaine qui s’étend jusqu’à l’infini; de loin en loin, un arbre solitaire, où nichent des nuées de tout petits moineaux; à l’horizon les silhouettes de quelques palmiers se juxtaposent et tendent le ciel d’une arachnéenne dentelle grise.
- C’est là, la savane où se plaît à déambuler le rhinocéros, que hantent d’innombrables antilopes de toutes espèces, royaume du lion dont les rugissements brisent le lourd silence nocturne, terre de chaleur insupportable et de lumière intense, étendue incendiée que les mirages transforment en Brière miroitante et que balaient, affolées, de leur tournoiement hallucinant, les hautes, minces et rousses colonnes des trombes d’air.
- Lorsque vient la saison des pluies, les tornades bouleversent l’atmosphère, des torrents d’eau se déversent sur le pays entier; le fleuve s’enfle, sort de son lit et inonde la plaine. Soudainement le mirage d’hier devient réalité : le sol calciné et éclaté est fertilisé; la savane, dévastée par le feu du ciel et les incendies qu’allument (J) les hommes, reverdit.
- Tel est succinctement le pays où vivent les gens de race Mousgou. Leur origine reste pour nous assez mystérieuse, ainsi que celle d’ailleurs de presque toutes les races qui, — sédentaires ou nomades, — peuplent actuellement le Tchad. L’étude de l’architecture et du décor de fleurs cases, si étrangement belles et originales, augmente notre incertitude à ce sujet; encore que certains détails d’aménagement de celles-ci fassent penser aux cases des Foulbé du Maïo-Kebbi et de la région de Bongor
- 1. Terme improprement consacré dans nos colonies africaines pour désigner une sorte de grand canot en tôle, mesurant 8 à 12 m de long et 1 m 50 environ de large, qui est le moyen de transport intermédiaire entre le vapeur et la pirogue.
- 2. Longue perche dont se servent les indigènes pour propulser pirogues et baleinières.
- 3. Pour rabattre les animaux et les faire sortir de la brousse, les indigènes incendient volontairement celle-ci à l’époque de la chasse, généralement vers la fin de la saison sèche.
- auxquels nous croyons pouvoir attribuer une origine iranienne.
- Cependant, la tradition orale indigène, présentant les uns et les autres comme étant des envahisseurs, permet du moins d’affirmer qu’ils ne sont pas des autochtones.
- Le Logone, outre qu’il est le grand fécondateur du pays, regorge de poissons dont certains, énormes, atteignent la taille d’un homme. De ce fait, les Mousgou, — bien que cultivant le mil, le coton, le tabac, et élevant des vaches et des cabris, — s’adonnèrent tout particulièrement à l’industrie de la pêche et furent naturellement amenés à tirer profit de la préparation et de l’exportation du poisson dont ils approvisionnent toute la région. Grands pêcheurs et, partant, grands ichtyophages, ils s’alimentent non seulement de la chair du poisson, mais de ses viscères et aussi de mollusques fluviatiles, toutes choses dont ils absorbent des quantités incroyables. Admirablement proportionnés et musclés, hommes et femmes atteignent fréquemment une taille dépassant 1 m 80. Physiquement ce sont de remarquables échantillons humains; les conditions mêmes de leur existence contribuent à en entretenir la race étonnamment belle et saine.
- Les pluies qui désagrègent rapidement le « banco » des cases obligent leurs habitants à travailler presque continuellement à leur réfection. De cette habitude quasi journalière de grimper à l’extérieur des «obus», et de s’y maintenir en équilibre, la femme Mousgou conserve dans son allure comme une sorte de léger déhanchement, un tantinet clownesque. Les reflets étincelants des petits plateaux d’argent (x) qu’elle enchâsse dans ses lèvres percées et les lobules de ses oreilles ; la manière comique dont elle pose sur le coin de l’œil un bourrelet de paille qui, retenu par une cordelette passant sous la nuque, lui sert à porter ses « burma » (2) sur sa tête; ceci et cela achèvent de lui donner l’air inattendu d’une girl de music-hall, dont elle a l’esthétique, y compris les jambes qui sont splendides, mais non les seins, car sa poitrine, comme celle de toute femme noire, est généralement de bonne heure tombante...
- Elle porte tissés autour des poignets et chevilles, auxquels ils s’ajustent parfaitement, de hauts bracelets perlés dont les motifs sont loin d’être sans originalité; parfois, elle se drape dans un long pagne indigo, mais, le plus souvent, c’est nue, un simple rang de perles bleues lui ceignant les reins, qu’elle vaque à ses occupations familiales et s’affaire à la préparation du poisson que pêchent les hommes.
- Dans toutes les cours, sur tous les « obus », à l’intérieur de toutes les cases de Mala et Mousgoun, ce n’est qu’en-tassement de nasses, de claies et goulets en roseaux; étalages et guirlandes de poissons entr’ouverts qui sont mis à sécher au soleil, à fumer au-dessus des foyers ou préparés pour la saumure.
- 1. Chez les Mousgou, le plateau de la lèvre supérieure est ovale et placé verticalement, celui de la lèvre inférieure est circulaire; l’un et l’autre sont en bois léger et recouverts d’une feuille d’argent qui provient de monnaies européennes, martelées.
- 2. Récipients en poterie, de forme sphérique, communs à toute l’Afrique noire.
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- Une odeur de rogne presque insoutenable émane des villages entiers. Sur les placettes. les hommes, en « boubou » bleus, accroupis à l’ombre des ficus et des palmiers, confectionnent ou réparent les éléments de leurs ingénieuses pêcheries.
- En amont de Mala et non loin de Mirebeddine, — autre village Mousgou, mais de moindre importance, — ils établissent en travers du fleuve un immense barrage de claies, entre lesquelles s’ouvrent d’étroites et très longues nasses. D’autres claies, placées horizontalement au-dessus et en arrière du barrage, constituent une passerelle sur laquelle les pêcheurs peuvent circuler aisément, presque au ras de l’eau, pour surveiller leurs nasses; le poisson peut être ainsi facilement capturé dès qu’il a pénétré dans l’une de ces dernières.
- Fréquemment, le village entier va au fleuve; les indigènes traquant tantôt le poisson à l’aide d’une longue senne, tantôt avec des nasses à main, ou encore le pourchassant avec des sortes de cônes largement ouverts, en treillis de roseau, dont ils le coiffent habilement.
- De grandes pirogues de pêche, que les voyageurs européens ont appelées les « libellules du Logone », se déplacent aussi sur le fleuve. Elles portent à leur avant deux fines antennes, — de douze à quinze mètres de portée, — qui soutiennent une grande poche en filet, le « zémi », qu’un contrepoids permet d’immerger ou émerger rapidement. Une petite pirogue montée par deux hommes leur sert de rabatteur : après s’être éloignée
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- d’une vingtaine de mètres, elle revient en fonçant droit sur le filet immergé, tandis que l’un de ses occupants tapote vivement avec une baguette sur son bordage; les poissons effrayés se précipitent dans la poche qui est relevée brusquement au moment même où la pirogue va s’y engager.
- Ce serait à ce bruit très particulier, analogue à celui d’une crécelle : Ko-to-ko... Ko-to-ko... que les populations riveraines de la région du Logone située entre le pays Mousgou et Fort-Lamy doivent leur nom.
- Ces ingénieuses pirogues de pêche sont-elles d’origine Mousgou, Kotoko, ou étrangère ? Il serait imprudent d’émettre à leur sujet une opinion quelconque. Sans doute voyagent-elles sur tout le Logone, car nous en avons rencontré plusieurs entre Ham et Kim, chez les Massa, au sud de Bongor.
- Il reste néanmoins que les Mousgou, — par l’art remarquable avec lequel ils construisent, la perfection de leurs méthodes de pêche, leur goût de l’ordre aussi, de la chose nette et bien appropriée à sa fonction, qui contrastent avec les habitations quelconques des Kotoko, la sordidité de leurs villages et de leurs personnes, — sont un des exemples les plus attachants de ces populations centre-africaines, voisines du lac Tchad, qui nous offrent, étrangement localisés, les vestiges de leurs civilisations passées et l’énigme de leur origine mystérieuse.
- G. Geo-Fourrier.
- LES RECENTS PROGRES _ =
- DES MÉTHODES PLUVIOMÉTRIQUES
- L’INSUFFISANCE. DES MÉTHODES PLUVIOMÉTRIQUES ORDINAIRES
- La pluviométrie constitue une branche importante de la météorologie et les résultats qu’elle fournit sont du plus grand intérêt pour fixer le climat d’une région et les possibilités qu’elle présente du point de vue agricole. Les pluviomètres habituellement utilisés sont d’un type très simple. Ils consistent en un large entonnoir dont l’ouverture est maintenue horizontale, qui dirige la neige ou la pluie dans une éprouvette, le volume recueilli au cours d’une chute de pluie ou de neige permettant d’évaluer l’épaisseur d’eau reçue par une surface horizontale.
- Des mesures pluviométriques ainsi effectuées, on peut déduire la quantité d’eau qui sera recueillie annuellement en moyenne par un bassin horizontal. Mais ces mesures deviennent insuffisantes lorsqu’on désire évaluer l’eau captée par un bassin très incliné du genre de ceux qui sont souvent établis en haute montagne, ce qui présente un grand intérêt lorsqu’on veut estimer les réserves disponibles pour l’industrie hydro-électrique et prévoir les débits des cours d’eau. C’est ce qu’a
- montré récemment M. R. Pers, professeur agrégé au lycée de Grenoble, secrétaire de l’active Commission météorologique de l’Isère, au cours d’une très intéressante série de recherches qui ont déjà fait l’objet de nombreuses publications et d’une communication remarquée au Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences, tenu à Chambéry du 24 au 30 juillet dernier.
- COMPLICATION DUE A L’IN CLINAJSON DE LA PLUIE
- Si la pluie ou la neige tombaient toujours verticalement, les mesures pluviométriques, telles qu’on les réalise avec les pluviomètres habituels dont la surface de recueillement est horizontale, suffiraient à résoudre tous les problèmes qui peuvent intéresser le météorologiste aussi bien que l’agronome et l’hydraulicien.
- Pour calculer l’eau recueillie par un bassin incliné dont l’ouverture a une surface S, il suffirait de multiplier la projection Sz de cette surface 5 sur un plan horizontal par la valeur de la précipitation telle que la fournit le pluviomètre ordinaire. Malheureusement, à cause du vent, les précipitations ne s’effectuent que
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- VENT DE 10 mètres par seoonde
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- Fig. 1. — Inclinaison de la pluie ou de la neige.
- Ce graphique montre l’inclinaison sur la verticale, par un vent de 10 m par seconde, pour des gouttes de pluie de 1, 2, 3 mm de diamètre, et pour de la neige. On voit que, pour cette vitesse, très normale en haute montagne, la pluie et surtout la neige peuvent avoir une trajectoire presque horizontale (Dessin de M. Pers).
- très rarement suivant la verticale, surtout en montagne, ainsi que chacun a pu le constater et comme d’ailleurs
- M. Pers l’a établi au cours d’observations qu’il a faites à la Tour de l’Exposition de Grenoble. Les mesures exécutées lui ont montré que les précipitations se produisent suivant une direction qui, loin d’être verticale, se rapproche souvent de l’horizontale (lîg. 1). Dans ce cas, les mesures effectuées avec un pluviomètre ordinaire sont tout à fait insuffisantes pour calculer la quantité d’eau que recevrait un bassin incliné, et de plus, elles ne caractérisent que fort mal la précipitation enregistrée.
- Pour définir correctement une précipitation, il faudrait indiquer : 1° la direction suivant laquelle elle s’effectue; 2° l’épaisseur d’eau P que recevrait une cuve dont l’ouverture serait disposée normalement à cette direction. L’intensité de la précipitation apparaît ainsi comme une grandeur dirigée susceptible d’être représentée par un vecteur parallèle à la direction de la précipitation et de longueur égale à P. Une surface S, normale à la direction de la pluie, recevrait pendant la durée de la précipitation un volume d’eau égal à S,XP (fig. 2).
- Pour calculer la quantité d’eau reçue par un bassin dont l’ouverture est horizontale et a pour valeur Sr il suffira de multiplier la surface St par la composante V du vecteur P suivant la verticale (fig. 3). On obtiendrait la quantité d’eau reçue par un réservoir limité par une ouverture verticale d’aire »S2 en multipliant cette aire S4 par la composante H du vecteur P dirigé suivant une ligne horizontale perpendiculaire à l’ouverture du bassin (fig. 4).
- Si l’on considère maintenant une surface S d’orientation quelconque, dont la projection sur un plan horizontal a pour valeur St tandis que la projection sur le plan vertical perpendiculaire à celui contenant le vecteur P a pour valeur S , la quantité totale d’eau reçue par un bassin d’ouverture S aura pour valeur :
- Q = V St + H S2
- Fig. 2 (à gauche). — Vecteur pluie.
- Le vecteur pluie P correspond à une idée très familière : un parapluie "orienté dans la direction d’où vient la pluie recevrait une quantité
- d’eau égale à P x S, S étant la surface de base du parapluie. (Dessin de M. Pers.)
- Fig. 3 (au milieu). — Composante verticale.
- Un pluviomètre ordinaire à ouverture horizontale de surface St recevrait une quantité de pluie égale à V X Sj, V étant la composante verticale de la pluie. Un tel pluviomètre ne mesure donc pas le vecteur pluie, mais seulement sa composante verticale.
- Fig. 4 (à droite). — Composante horizontale.
- Une boîte aux lettres à ouverture verticale de surface S3 recevrait une quantité d’eau égale à H X S3, H étant la composante horizontale
- de la pluie, mesurée suivant la normale à l’ouverture.
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- La valeur de Q apparaît comme la somme de deux termes Q — 5, V et = S H. Les pluviomètres ordinaires qui font connaître seulement la composante V ne permettent de calculer que le terme Qs. La quantité totale recueillie par la surface S diffère donc de la valeur calculée d’après les données du pluviomètre, la différence entre la quantité d’eau réellement recueillie Q et celle qu’on pourrait calculer d’après le pluviomètre ordinaire est :
- Q, = Sv_ H
- On voit que ce terme Qi ne sera nul que dans deux cas : 1° si la composante H est nulle, c’est-à-dire si la pluie est verticale; 2° si la projection du bassin sur le plan vertical perpendiculaire à celui qui contient la direction de la pluie est nulle, ce qui arrivera notamment si la surface 5 est horizontale (1).
- Dans le cas plus général, l’erreur relative que l’on commettra en utilisant les seules indications d’un pluviomètre ordinaire sera :
- Q-Q,
- (A
- (A
- CA
- S H
- s; v
- s.
- tg a.
- a désignant l’inclinaison moyenne des précipitations par rapport à la verticale.
- M. Pers a appliqué cette formule dans le Massif de la Grande Chartreuse pour calculer l’eau reçue sur le versant du Grand Som qui domine le monastère. Pour ce S i
- versant, le quotient est de l’ordre de x si l’on admet que
- les précipitations s’effectuent suivant une direction faisant en moyenne un angle de 30° avec la verticale (tga = 0,58), on aura :
- 9-IZ-Çi = 1 x 0,58 = 0,29
- par suite Q = -j- Q, X 0,29 = 1,29 Qr Le pluviomètre
- installé sur le versant du Grand Som au Couvent de la Grande Chartreuse indique par an une précipitation d’environ 1900 mm. Pour calculer la quantité d’eau qui tombe sur le versant du Grand Som il faut multiplier la projection horizontale de ce versant non par 1900 mais par 1900 X 1,29 — 2450 mm. On voit que l’erreur est loin d’être négligeable.
- Dans des conditions analogues, M. Pers a calculé qu’un versant de l’Oisans exposé à l’Est, pour lequel le pluviomètre indique 900 mm, reçoit une quantité d’eau égale au produit de la projection horizontale de sa surface non par 900 mm, mais seulement par :
- 900 X 0,71 = 640 mm.
- Ainsi, si on voulait comparer les quantités d’eau recueillies par le versant du Grand Som et celui de l’Oisans, il faudrait multiplier le rapport de leur projection horizon-
- 1900
- taie non par le quotient -g = 2,1 mais par le quotient
- 1. Plus exactement on pourra avoir S2 = 0 dans deux cas indiqués par M. Pers : ou bien la projection du contour est une courbe en huit renversé, ce qui est possible, ou bien cette projection est une droite et la limite du bassin est entièrement à la même altitude.
- Fig. 5.
- S surface d’un versant, Sx, S y, Sz projections de cette surface sur trois plans perpendiculaires. Sz est donc la projection horizontale, telle qu’elle est représentée sur une carte. P vecteur pluie, dont les trois composantes suivant les axes rectangulaires Ox, Oy, Oz sont Hx, Hy, Hz. La pluie P peut être remplacée par trois pluies successives Hx, Hy, Hz, déversant sur S les quantités d’eau Ha; Sx, Hy Sy, Hz Sz. La quantité totale déversée par la pluie P est donc :
- Q = Hx Sx + Hy Sy + Hz Sz.
- Les anciennes méthodes de calcul sont inexactes car elles ne fournissent que Hz Sz. (Dessin de M. Pers.)
- Fig. 6. — Un uecto pluviomètre.
- Les cinq récipients qui le composent permettent de mesurer complètement la pluie, en grandeur et direction, et par suite de déterminer exactement la quantité d’eau reçue par une montagne.
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- La composante Hz étant seule fournie par un pluviomètre ordinaire, M. Pers a mis au point des pluviomètres spéciaux auxquels il a donné le nom de vecto-pluvio-mètres pour évaluer les composantes Hx et Hy. Ce sont des pluviomètres à ouvertures verticales rappelant assez une boîte aux lettres de forme prismatique; ils ont une section horizontale de 10 X 10 cm et une ouverture verticale également de 10 X 10 cm; la hauteur du récipient étant de 20 à 30 cm. La hauteur d’eau recueillie dans le récipient mesure donc directement la composante horizontale positive ayant le sens unique correspondant à l’exposition de l’ouverture. La composante négative, venant de sens opposé, serait enregistrée par un pluviomètre orienté en sens inverse; il est évident, en effet, qu’une pluie qui n’entre pas par l’ouverture, et ruisselle sur le toit du pluviomètre, ne peut produire aucun effet négatif sur la quantité d’eau emmagasinée.
- Deux orthopluviomètres à ouvertures orientées respectivement vers le nord et vers le sud donneront donc par différence la composante nord-sud Hx. De même deux orthopluviomètres orientés est et ouest donneront la composante est-ouest Hy. On conçoit que l’ensemble de ces quatre orthopluviomètres et d’un pluviomètre ordinaire ou plani-pluviomètre, faisant connaître les trois projections Hx, Hy et Hz d’une précipitation, permettent de définir sans ambiguïté en grandeur et direction le vecteur P qui représente une précipitation. M. Pers a proposé d’appeler vecto-pluviomètre l’ensemble de ces
- Fin. 7. — Vectopluviomèlre du lac Blanc.
- 2450
- T4CT ~ ^®cart entre ^es quantités d’eau recueillies
- par les deux versants serait donc beaucoup plus grand que ne l’indiqueraient les données pluviométriques ordinaires.
- Ces quelques exemples montrent de quel intérêt sont les considérations développées par M. Pers, non seulement pour les ingénieurs hydrauliciens, mais aussi pour les géographes. ,
- ORTHO- ET VECTO- PLUVIOMÈTRES
- D’une façon plus générale on peut décomposer le vecteur pluie P suivant trois axes de coordonnées rectangulaires Ox, Oy, Oz (fig. 5) dont le choix s’impose assez naturellement :
- Ox orienté suivant la direction nord-sud Oy — — est-ouest
- Oz » verticalement.
- Si on désigne par Hx, Hy, Hz les composantes de P suivant ces trois axes, par Sx, Sy, Sz, les projections d’une surface S suivant les plans YOZ, XOZ et XOY, perpendiculaires aux trois directions précédentes, la quantité d’eau recueillie par un bassin dont l’ouverture est limitée par le contour *S a pour valeur :
- Q — Sx Hx -f- Sy Iiy -)- Sz Hz alors que les seules indications du pluviomètre ordinaire conduiraient pour cette quantité d’eau à la valeur généralement erronée Hz Sz.
- Fig. 8. •— Principe du siéréopluuiomèlre.
- S est la surface d’un versant qui reçoit une pluie inclinée P et dont la projection sur un plan horizontal est Sz. Un récipient d’ouverture S de base Sz et limité par les génératrices Ao,B6, Ce, Dd, etc., exposé à la pluie P accumulerait sur le fond Sz une nappe d’eau de hauteur E et de volume E X Sz, En s on a figuré un récipient plus petit, homothétique du précédent; sous l’action de la môme pluieP.il recevrait une nappe d’eau proportionnelle à la précédente et de même hauteur E. Ce récipient s constitue un « stéréopluviomètre »; il permet sans difficulté de calculer la quantité E X Sz reçue par le versant.
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- Fig. 9. — Le versant ouest de l’Herpie.
- Ce versant, exposé aux vents pluvieux, domine le lac Blanc (altitude 2550 m). Son arête atteint 3330 m. (Pic du lac Blanc.) Des pluies inclinées, tombant suides pentes aussi accentuées, rendent nécessaire un procédé de mesure basé sur la géométrie dans l’espace.
- 5 pluviomètres capables de définir complètement le vecteur précipitation. (fig. 6).
- Étant donné un bassin ou le flanc d’une montagne, pour calculer à partir des indications Hx, Hy, Hz fournies par un vecto-plu-viomètre installé à proximité, la quantité d’eau Q reçue par le bassin, il suffira de connaître les projections Sx, Sy, Sz du bassin suivant les plans YOZ, XOZ et XOY que les données géodésiques relatives au bassin ou au flanc de la montagne permettent aisément de déterminer. On aura :
- Q = Hx Sx -f- Hy Sy -f- Hz Sz Le vecto-pluviomètre fournit donc d’une manière très simple le terme Q, tout en donnant des renseignements intéressants sur l’orientation et l’inclinaison des précipitations. Cette méthode est appliquée actuellement au lac Blanc des Grandes Rousses (2600 m) dans les Alpes du Dauphiné (fig. 7) et au Laboratoire de la Société hydrotechnique de France à Beauvert près de Grenoble.
- STÉRÉOPLUVIOMÈTRE Mais quand on veut connaître simplement la
- Fig. 10. — Un groupe de trois stéréopluviomètres placés au-dessus du lac Blanc, à 2600 m d'altitude. (Massif des Grandes Rousses.)
- quantité d’eau Q recueillie par un bassin, on peut utiliser une méthode encore plus simple et également proposée par M. Pers. Désignons toujours comme précédemment par S le contour du bassin à étudier. Considérons un contour s exactement semblable au contour S et disposé parallèlement à celui-ci, en sorte que les deux figures S et s soient ce qu’on appelle homothétiques. Désignons par S
- k le rapport — Si les deux contours sont exposés à la même
- s
- précipitation, ils recueilleront par leur ouverture des quantités d’eau Q et q proportionnelles entre elles et dans le même rapport k :
- Q — kq
- Si donc on expose un seau dont l’ouverture est limitée par le contour s à la même précipitation que le bassin, ce seau recevra une quantité d’eau q facilement mesurable et qui, multipliée par la constante k, fera connaître la quantité d’eau Q reçue par le bassin lui-même. Supposons ce seau cylindrique, ses parois latérales étant constituées par des génératrices verticales qui s’appuient sur le contour d’ouverture s, la base étant plane et horizontale. Si Sz désigne la projection du contour 5 du bassin sur un plan horizontal (fig. 8) et sz la surface de la base du seau, on a évidemment :
- Sz k sz
- Soit E la hauteur d’eau recueillie dans le seau, le volume d’eau q qu’il renferme est :
- q — E sz
- et le volume d’eau Q reçue par le bassin lui-même sera :
- Q -= kq — k E sz.
- Et en tenant compte de la relation Sz — k sz, on a : Q = E Sz.
- Cette expression montre qu’on peut obtenir très simplement la quantité d’eau recueillie par le bassin en multipliant la projection de ce bassin sur un plan horizon-
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- tal par la hauteur d’eau E lue directement sur l’appareil. M. Pers a donné à son nouveau type d’appareil le nom de stéréopluviomètre. Un stéréopluviomètre ne peut convenir que pour une pente (fig. 9) et un bassin donnés et à la condition qu’il soit installé de manière que son contour soit semblablement placé par rapport à celui de la pente ou du bassin. Théoriquement, la construction d’un stéréopluviomètre peut apparaître comme très difficile, mais dans la pratique, il suffit d’utiliser un seau ayant un contour simplifié, assez approché de la
- courbe géodésique représentant l’ouverture 5 du bassin, et l’on peut sans inconvénient remplacer une courbe assez complexe par un polygone beaucoup plus simple. De tels stéréopluviomètres ont été construits par M. Pers pour différents secteurs du bassin du lac Blanc dans les Alpes du Dauphiné et permettent de calculer chaque mois la quantité d’eau reçue par le lac (fig. 10).
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Membre du Comité météorologique international.
- LES DIAMANTS INDUSTRIELS
- La plus ancienne application du diamant, au point de vue industriel, date de l’époque où l’on découvrit la propriété que possède" ce corps7 le plus dur de tous,
- de se laisser tailler et polir a l’aide de sa propre poussière. Les Anciens, qui utilisaient déjà le diamant comme pierre de parure, il y a quatre mille ans, ne soupçonnaient toutefois pas que cette gemme fût susceptible d’être taillée. Ils l’employaient simplement à l’état brut et recherchaient surtout les diamants qui possédaient des faces cristallines naturelles.
- La taille du diamant semble avoir été connue dans les Indes dès le début du xve siècle. Ce fut le brugeois Louis de Berquem qui l’introduisit en Europe en 1476, où ses élèves la répandirent à Anvers, Amsterdam et Paris. _
- En dehors de l’industrie de la taille du diamant, qui n’a du reste pas tardé à prendre un développement considérable, l’emploi des diamants, pour d’autres applications industrielles, ne s’est vraiment développé qu’à partir de la fin du siècle dernier.
- Les diamants industriels, qui représentent environ la dixième partie de la totalité des diamants produits, se répartissent en trois catégories : les boarts (ou boorts), les ballas et les carbones. Ces variétés de diamant diffèrent entre elles par leur aspect et par leur structure.
- LES BOARTS
- Les minéralogistes réservent habituellement le nom de boart pour désigner un diamant d’apparence amorphe, de forme sphéroïdale, possédant une structure fibro-radiée et totalement dépourvu de clivage. En fait, cette définition se rap-porte à la variété de diamant que les industriels utilisent sous le nom de ballas, tandis que pour eux, au contraire, les boarts comprennent tous les diamants autres que les ballas et les carbones. D’une manière générale, on réserve cependant, dans l’industrie, le terme de « boarts » pour désigner des diamants cristallisés incolores ou teintés, offrant des défauts et des taches et ne pouvant, de ce fait, être utilisés en joaillerie. Parmi ces diamants défectueux, mais convenant parfaitement aux usages industriels, pourvu que leur structure soit homogène, entrent ceux que les lapidaires nomment cross grained stones et qu’ils rejettent car ils sont trop durs pour se prêter à la taille.
- On distingue les boarts du Brésil et les boarts du Cap. Les premiers, plus durs, généralement sans fissures, sont particulièrement appréciés dans l’industrie. Leur production est assez limitée et leur prix légèrement plus élevé que ceux du Cap. Il n’existe, en dehors de cela, aucune différence essentielle entre les boarts des deux gisements. Les boarts industriels ne proviennent du
- Fig. 1. •— Recherche du diamant à la bâtée au Brésil.
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- reste pas exclusivement de ces deux pays. Le boart, qui est considéré comme un diamant défectueux, inutilisable en joaillerie, se trouve en réalité dans tous les gisements diamantifères.
- A eux seuls, les gîtes diamantifères de l’Afrique australe produisent environ les neuf dixièmes des boarts industriels. Les mines principales sont les suivantes : l)e Beers, Kimberley, Wesselton, Bulfontein et Dutoit-span, toutes situées dans le Griqualand occidental, l’un des districts de la colonie du Cap; la mine Premier au Transvaal; les mines de Kofîyfontein, Roberts Victor et Jagersfôntein dans l’état libre d’Orange. La mine de Jagersfôntein fournit des boarts verts dont la dureté est particulièrement grande.
- 11 existe également quelques gisements en Rhodésie du Sud, notamment les dépôts alluvionnaires de Soma-bula et Ngamo.
- Les boarts d’alluvions (Rwer-boarts) recueillis le long des rivières de Vaal, Orange, Clip et Modder, sont con-
- Fig. 3. — Un fragment de carbone.
- sidérés comme étant un peu plus durs que les autres boarts d’Afrique du Sud.
- Les boarts provenant d’autres gîtes africains sont généralement vendus sous le nom assez vague de Congo. Il s’agit tout d’abord des diamants du Congo belge (district du Katanga) et de l’Angola. Ils possèdent une teinte parfois légèrement verdâtre et sont d’assez médiocre qualité. Ces boarts du Congo, moins durs que les autres, sont peu appréciés dans l’industrie.
- Parmi les gisements africains, de découverte relativement récente, figurent ceux de la Gold-Coast, de l’Ouban-gui-Chari (provenant des âlluvions de la région de Moukta) et du Tanganyika (champs diamantifères de Shinganga, exploités depuis quelques années seulement).
- Au Brésil, les terrains diamantifères sont situés dans la province de Minas Geraes (Diamantina) et aux environs de Bahia. Les boarts brésiliens sont les plus durs de tous ; malheureusement les pierres un peu volumineuses sont rares.
- La Guyane anglaise produit des diamants en quantités assez considérables. Ils proviennent de deux centres d’exploitation, le premier, compris entre les rivières Mazaruni et Puruni, le second au voisinage de la rivière Potaro.
- En Australie, le district d’Inoerell (Nouvelle-Galles
- Fig. 2. — Un diamant rond ou « ballas ».
- du Sud) fournit des diamants industriels particulièrement durs.
- Enfin, on exploite également des diamants dans la partie hollandaise de l’île de Bornéo (Landak, Marta-poera).
- On a remarqué, d’une manière générale, que les boarts gris, noirs et verdâtres, étaient plus durs que les bruns. Par contre, ces derniers passent pour être moins cassants. De toutes façons, les boarts sont les plus fragiles de tous les diamants industriels puisqu’ils sont susceptibles de se cliver. Il est très important, lorsqu’on choisit un boart, de faire attention à ce qu’il ne possède aucune fissure, car il risquerait de se briser facilement.
- LES BALLAS OU BOARTS RONDS
- Ce sont des diamants de forme sphérique possédant une structure cristalline fibro-radiée (Boarts des minéra-
- Fig. 4. •— Couronne en petits diamants pour outil de forage.
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- Fig. 5. — Un diamant de 25 carats, employé pour le dressage des meules.
- (Son support en acier a été coupé pour montrer le mode de fixation de la pierre dans un noyau de cuivre et de métal fusible.)
- logistes). Ils ont une dureté considérable et offrent sur le boart l’avantage de ne pas se cliver, d’où leur très grande résistance.
- Les véritables ballas viennent du Brésil et atteignent des prix très élevés, entre 700 et 1200 francs le carat. L’Afrique australe produit peu de ballas et ceux-ci sont d’une dureté inférieure aux ballas brésiliens.
- Il arrive que des commerçants peu scrupuleux vendent sous le nom de « ballas » des diamants ordinaires ayant une forme sphéroïdale qui est due à la courbure de leurs faces cristallines. En les examinant attentivement, on peut se rendre compte qu’ils ne possèdent pas une structure radiée; ils sont simplement parfois un peu plus noueux que les boarts habituels.
- LES CARBONES
- Les premiers carbones ont été découverts dans les dépôts diamantifères de la province de Bahia (Brésil) en 1842. Depuis lors, cette variété de diamant n’a encore été trouvée dans aucune autre région diamantifère et les gisements de la région de Bahia demeurent toujours
- Fig. 6. •— Dressage d’une meule émeri au diamant.
- les seuls à en produire. Les exploitations, situées à Cha-pada, Morro de Ghapeo, Lencoes et San Isabel, produisent environ 30 000 carats par an. Les carbones, de formes très irrégulières, sont extraits des alluvions à la bâtée. Leur grosseur est très variable ; on en trouve qui sont des fragments minuscules de 1/4 de carat et d’autres qui pèsent jusqu’à 500 carats. L’un des plus gros carbones rencontrés provenait de Lencoes et pesait 800 carats.
- Le carbone est du diamant amorphe, dépouvu de structure cristalline et offrant une surface rugueuse. Il est opaque et sa cassure rappelle celle du coke, d’où son nom (coke se dit en espagnol : carbonado).
- Les carbones sont les diamants les moins cassants. Leur couleur est généralement grise, mais on en trouve qui sont brun foncé ou verdâtre. Ces derniers paraissent devoir leur coloration particulière à des oxydes de fer et de cuivre.
- Les carbones des différents gisements brésiliens diffèrent les uns des autres. Ceux de Japada sont peu poreux et semblent finement cristallins. Ceux de Morro de Chapeo ont souvent un revêtement brillant légèrement plus dur que le reste de la pierre.
- Les spécialistes les plus expérimentés ont souvent du mal à discerner la qualité des carbones et à estimer leur prix, car ce sont des pierres d’apparence très trompeuse. Certains carbones sont en effet relativement tendres et donnent à l’usage de graves mécomptes. Leur densité fournit parfois une indication, mais le procédé n’est pas infaillible. En général, il est plus prudent de rejeter les carbones de faible densité, mais il peut cependant arriver que des pierres de densité normale n’aient pas la dureté voulue. Le meilleur procédé, pour reconnaître un bon carbone, est d’essayer sa dureté avec un ballas du Brésil (pierre aussi dure que le meilleur carbone). Comme la dureté est parfois plus grande à l’extérieur qu’à l’intérieur du carbone, il est préférable de n’acheter que des pierres brisées, dont on peut examiner les fragments. En général, les carbones peu poreux, et dont la cassure fraîche a l’apparence de l’acier, ont de grandes chances d’être résistants. La cassure grise du carbone, en s’oxydant, devient assez rapidement gris foncé ou1 noire.
- A défaut de carbones de toute première qualité, il est préférable d’employer de bons boarts.
- PRINCIPALES APPLICATIONS DES DIAMANTS INDUSTRIELS
- Jusque vers 1870, c’est-à-dire avant la découverte du sondage au diamant, le prix du carbone ne dépassait guère 1 franc le carat. On l’exportait alors en Europe où il était réduit en poudre et vendu aux lapidaires pour la taille et le polissage des pierres précieuses. Quelques années plus tard, le prix du carbone augmentait considérablement et atteignait 15 dollars le carat en 1888.
- Pour les sondages, on utilise des carbones ou fragments de carbone, habituellement au nombre de huit, pesant de 1/2 à 8 carats, généralement de 2 à 6 carats. A la suite des prix très élevés atteints par le carbone au cours de ces dernières années (le carat valait plus de 32 livres sterling en 1929), on a songé à munir les couronnes de sondage d’un grand nombre de petits boarts,
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- d’un prix très modique. Suivant le diamètre des couronnes, le nombre de ces boarts (Finehards et Diamond-hards) varie de 50 à 200.
- A côté du sondage au diamant, dont l’importance est considérable, puisqu’il permet d’obtenir des échantillons (carottes) des terrains traversés au cours des recherches d’eau, de pétrole, de houille, etc..., les applications industrielles du diamant sont multiples.
- Les diamants, malgré leur grande dureté, sont fragiles et demandent à être maniés avec beaucoup de soins. U faut avoir la précaution de les mouiller et même, dans certains cas, de les maintenir dans l’eau pendant le travail. Pour s’en servir, on les enchâsse à l’extrémité d’un manche en métal.
- Tout le monde connaît l’usage du diamant pour couper le verre. On s’en sert également pour écrire sur cette substance et la percer (percement des verres de lunettes). En lithographie, les diamants permettent d’écrire et de graver sur pierre. Enchâssés à la périphérie de disques métalliques, les diamants parviennent à scier les pierres les plus dures. Une de leurs principales applications est le dressage des meules d’émeri et de carborundum. On emploie généralement dans ce cas des boarts. Ils servent également à égaliser les rouleaux de granité, de porcelaine, les calandres à papiers.
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- On utilise en tréfilerie de petits diamants de 1/4 de carat à 1 carat pour faire des filières (filaments pour lampes à incandescence). Les diamants sont aussi employés pour préparer des forets, des alésoirs, des outils à fraiser, destinés à la fabrication en grande série des pièces en bakélite. On se sert également du diamant pour tourner des corps tels que le caoutchouc, î’ébonite, le celluloïd.
- Les outils au diamant sont couramment employés pour l’usinage des pièces de bronze et d’aluminium dont la cylindricité doit être parfaite (pistons, corps de pompe, tubes coulissants, etc...).
- Les diamants servent à préparer les abrasifs les plus durs que l’on connaisse. On choisit surtout pour cet usage les boarts défectueux et impropres à toute autre application industrielle (Boarts à piler). On les broie de manière à obtenir des éclats (splints) et de la poudre de diamant ou égrisée, utilisée dans la taille et le polissage des diamants de joaillerie et de certaines pierres artificielles particulièrement dures (rubis et saphir synthétiques) (x).
- E. Aubert de la Rue.
- 1. Les illustrations qui accompagnent cet article nous ont été aimablement communiquées par MM. J. K. Smit et Zonen, d’Amsterdam.
- = LA THERMODIFFUSION
- DAVS LES FEUILLES DE NELUMBIUM
- Je rappellerai tout d’abord en quoi consiste le phénomène de la thermodiffusion : « Quand un corps poreux ou pulvérulent humide, environné d’un gaz quelconque, est mis dans des conditions propres à déterminer la vaporisation de son eau d’imbibition (fig. 1), le mouvement de sortie de celle-ci à l’état de vapeur provoque en sens contraire un mouvement de rentrée du gaz ambiant, qui afflue par tous les pores superficiels et s’accumule à l’intérieur sous pression. L’échauffement, par cela même qu’il est le moyen de vaporisation le plus commode et le plus puissant, est aussi celui qui convient le mieux pour la production du phénomène de la thermodiffusion gazeuse. Ce phénomène diffère essentiellement des phénomènes d’échanges gazeux par diffusion simple entre des atmosphères de compositions différentes ('). »
- C’est sur les feuilles de Nelum-bium speciosum que Merget a découvert le phénomène qui porte son nom : il remarqua qu’une petite masse d’eau placée au centre
- 1. La Nature, 15 juin 1933, p. 534.
- Fig. 1. — Bloc poreux humide relié par son tube abducteur à un tube de verre débouchant dans une éprouvette, et chauffé par une chaufferette placée au-dessous.
- Eprouvette à gaz
- Raccord
- Braise de bois en ignition
- wfferette
- Fig. 2. — Une ouverture a été percée dans le pétiole, à 5 cm au-dessous de la surface de l’eau dans le bassin où pousse ZeNelumbium. Des bulles gazeuses se dégagent par l'orifice quand le soleil éclaire la feuille.
- de la concavité de cette feuille était traversée par des bulles gazeuses quand la feuille était exposée au soleil. Merget, ayant coupé le pétiole, eut l’idée d’en plonger l’extrémité dans une cuve à eau, pendant que la feuille recevait les rayons solaires; il vit alors qu’il se dégageait de nombreuses bulles de gaz par ce pétiole. Le gaz ainsi dégagé fut reconnu avoir la même composition que l’air atmosphérique.
- On peut mettre en évidence ce dégagement gazeux dû à la thermodifîu-sion sans couper le pétiole, sur la plante vivante.
- Pour cela, il suffit' de pratiquer une ouverture dans le pétiole, un peu au-dessous de la surface de l’eau où vit la plante : cette ouverture doit être faite perpendiculairement à l’axe du pétiole, à l’aide d’une petite mèche
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- coupante qu’on enfonce doucement en lui donnant un mouvement de rotation et qu’on fait pénétrer jusqu’aux trois quarts environ du diamètre du pétiole. On voit alors, lorsque les rayons du soleil tombent sur la feuille, se dégager une infinité de petites bulles gazeuses et cela tant que durent les rayons solaires (fig. 2).
- Merget reconnut que le phénomène de la thermodifîu-sion gazeuse dont la feuille de Nelumbium est le siège n’est pas dû à l’activité vitale de la plante, mais est une conséquence des conditions physiques de la structure du milieu, sous l’influence excitatrice de la chaleur solaire.
- Au point de vue physique, la feuille de Nelumbium, formée de tissu parenchymateux, se réduit à une sorte de diaphragme poreux et humide; et Merget prouva l’exactitude de cette conception en reproduisant ce même phénomène de la thermodiffusion avec des corps inertes, poreux, et humides.
- Merget a constaté que le dégagement gazeux produit* dans ces conditions provenait de l’entrée de l’air atmo-
- Fig. 3. — Feuille de Nelumbium exposée aux rayons injra-rouges, à 60 cm de la lampe de Gallois. Le pétiole est relié par un tube de caoutchouc à un manomètre à eau colorée. La dénivellation atteint 22 cm.
- sphérique sous l’influence des rayons calorifiques; cet air entre sous pression à travers les ouvertures microscopiques, les stomates du limbe. Merget mit, en effet, le pétiole sectionné en communication avec un manomètre à eau et il vit qu’en exposant le limbe à un rayonnement calorifique, le manomètre accusait une dénivellation variant entre 10 et 30 cm.
- Les sources de rayons calorifiques dont disposait Merget étaient soit le soleil, soit un feu clair de charbon, soit une tôle préalablement portée au rouge.
- J’ai repris ces expériences en me servant d’une source de rayons calorifiques qui n’existait pas à l’époque où Merget fit sa découverte en 1871 (*) ; je veux parler des lampes à rayons infra-rouges modernes. C’est le modèle construit par les établissements Gallois, de Lyon, qui m’a servi à produire le rayonnement calorifique destiné à échauffer le limbe du Nelumbium. L’avantage de cette lampe, c’est qu’on peut faire varier la quantité de rayons infra-rouges émis, ainsi que la distance de la source à la feuille. La lampe de Gallois est constituée par une résistance enrobée dans un bloc de quartz; cette résistance est traversée par un courant de 220 volts et la puissance de la lampe est de 1000 volts. Aucun écran n’est interposé entre la source et la surface à irradier (fig. 3).
- Pour connaître l’effet du rayonnement calorifique sur la feuille de Nelumbium, celle-ci était posée sur un anneau fixé à un support, le pétiole étant coupé à environ 30 cm. J’ai commencé par étudier le dégagement gazeux par le pétiole sectionné : disons que ce pétiole n’est pas plein, mais constitué par plusieurs canaux dans lesquels circule l’air qui a pénétré par thermodiffusion dans la feuille, quand elle est exposée à des rayons calorifiques. Un tube de caoutchouc dans lequel entrait le pétiole h frottement permettait de recueillir commodément les gaz. Dans une expérience, la lampe à rayons infra-rouges étant à 30 cm du limbe, on a recueilli 1000 cm' de gaz en 5 m 15 s. On voit ainsi avec quelle intensité se produit le phénomène de Merget en utilisant cette source puissante de rayons infra-rouges. De son côté, Merget avait constaté qu’en exposant la feuille de Nelumbium aux rayons solaires, par une journée chaude d’été, le dégagement gazeux pouvait aller jusqu’à 250 cm7’ dans le même temps.
- Le débit gazeux ainsi constaté exige qu’il y ait à chaque instant rentrée au niveau du limbe d’un volume d’air égal à celui qui sort par le pétiole. Il s’établit en somme un véritable courant gazeux des parties vertes qui respirent vers celles qui ne respirent pas, avec un double mouvement corrélatif d’aspiration par les premières et d’expiration par les secondes. Le pouvoir thermo-difîusif à travers la feuille de Nelumbium s’affaiblit progressivement à mesure que la feuille se dessèche.
- Après avoir étudié l’action d’un rayonnement calorifique sur l’importance du dégagement gazeux par le pétiole, j’ai cherché à mesurer la pression exercée par le gaz ayant thermodifîusé, lorsqu’on empêche ce gaz de se dégager. Poiir cela, le pétiole était relié par un tube de caoutchouc à la petite branche d’un manomètre à eau. J’ai constaté que dès que les rayons infra-rouges tombent sur la feuille, le manomètre accuse une dénivella-
- 1. C. R. Ac. Sc., p. 1356.
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- tion. Dans une première expérience, faite sur une feuille de Nelumbium mesurant 35 cm de diamètre, la dénivellation maxima a pu atteindre 54 cm après 50 secondes, la source de rayons étant à 30 cm du centre de la feuille.
- En faisant varier la distance de la source de rayons à la feuille, la pression de l’air, entré par thermodifîusion, transmise par l’intermédiaire du pétiole au manomètre, varie elle aussi; ainsi, en plaçant la lampe à 60 cm, la dénivellation maxima n’a plus été que de 22 cm.
- La pression de l’air qui entre par thermodifîusion et qui tend à se dégager par les canaux aérifôres du pétiole a une conséquence importante au point de vue botanique; elle ne paraît pas avoir été remarquée jusqu’à présent. Lorsqu’on introduit la main dans le bassin où poussent les Nelumbium, au fond du bassin, on trouve que le pétiole se prolonge par un « stolon » renflé dont les dimensions sont beaucoup plus grandes que celles du pétiole. L’étude de ce renflement faite au laboratoire du professeur Manceau a montré un épiderme légèrement cutinisé, limitant huit grandes lacunes périphériques et une petite lacune centrale; entre ces lacunes existe un parenchyme amylifère avec faisceaux libéro-ligneux différenciés (fig. 4).
- L’explication des énormes lacunes aérifères et du renflement de la partie voisine du rhizome se trouve dans l’action exercée par l’air entré sous pression et par thermodiffusion au niveau du limbe, sous l’influence des rayons calorifiques solaires, dont l’intensité est, comme on le sait, considérable dans les régions équatoriales. Cet air, ne pouvant s’échapper, exerce sa force expansive continue sur les parties inférieures du pétiole. Les canaux aérifères qui sont dans toute la hauteur du pétiole, et se prolongent dans les rhizomes, communiquent au pétiole les propriétés et les avantages physiques des tubes creux. Remarquons que la feuille de Nelumbium speciosum n’est pas aquatique comme celle des nénuphars ou de la Victoria Regia : cette feuille est, au contraire, portée par le pétiole et se trouve à environ 70 cm au-dessus de la surface de l’eau où croît la plante.
- -Pétiole
- GmnJe tu
- ' Rhizome
- Fig. 4. —• En haut, coupe du pétiole ; en bas, coupe du rhizome. Le rhizome est trois fois plus grand dans le sens vertical et quatre fois et demie dans le sens transversal.
- Or, ces feuilles, qui atteignent jusqu’à 50 cm de diamètre, sont lourdes. Elles ont donc besoin d’un support solide ne risquant pas de se briser; en outre, leur large surface et leur forme concave donnent facilement prise au vent. C’est pour cela que le pétiole présente une grande résistance à la flexion. Cette grande résistance s’explique, au point de vue physique, par la façon dont le pétiole est constitué. Il renferme en effet, comme on vient de le voir, 7 ou 8 tubes creux qui sont accolés les uns contre les autres. C’est ce qui communique au pétiole la propriété de ne pas fléchir sous le poids de la feuille et sous la poussée du vent.
- Chez les nénuphars, les nymphéas et d’autres plantes aquatiques dont les feuilles reposent directement sur l’eau, le pétiole ne comporte, au contraire, qu’un seul canal central par où circule l’air qui entre par thermodiffusion sous l’influence des rayons calorifiques solaires.
- H. Bordier.
- Correspondant national de l’Académie de Médecine.
- APPAREILS ELECTRO-ACOUSTIQUES CURIEUX
- HAUT-PARLEURS, MICROPHONES ET PICK-UP
- PIÉZOÉLECTRIQUES
- Les microphones transforment les vibrations sonores en oscillations électriques à fréquence musicale; de même, les pick-up traduisent les vibrations mécaniques en courants électriques de fréquence correspondante. Enfin, les haut-parleurs, inversement, traduisent en ondes sonores les oscillations électriques à fréquence musicale.
- En vertu de la loi d’égalité de l’action et de la réaction, il existe de grandes analogies de fonctionnement entre ces différents appareils électro-acoustiques. On sait, par exemple, qu’un haut-parleur de modèle quelconque, et surtout de type électro-magnétique, peut être utilisé
- comme microphone de fortune, ou, même après quelques transformations, comme pick-up.
- Dans un haut-parleur, comme dans un microphone ou un pick-up, en effet, il existe essentiellement un moteur qui traduit les oscillations électriques en vibrations mécaniques, ou, inversement, les vibrations mécaniques en oscillations électriques ; ce moteur est, le plus souvent, du type électro-magnétique, électro-statique ou électrodynamique. Il y a donc des haut-parleurs, des microphones et des pick-up électro-magnétiques, compie il y a des haut-parleurs, des microphones et des pick-up
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- électro-dynamiques. Il y a, de même, des haut-parleurs et des microphones électro-statiques, et l’on pourrait établir des pick-up électro-statiques. Il n’y a cependant pas d’analogie absolue pour tous les types de moteurs ou de transformateurs d’énergie électroacoustiques; notons ainsi le microphone à charbon qui n’est pas réversible. Cependant, si les types de moteurs électro-magnétiques, magnéto-dynamiques, électro-statiques, et électro-dynamiques, sont à peu près les seuls qui soient utilisés pratiquement à l’heure actuelle, ce ne sont pas évidemment les seuls connus. On a proposé un très grand nombre de systèmes de transformateurs d’énergie comme moteurs de haut-parleurs, et leur énumération serait longue. Parmi ces dispositifs moteurs, un des plus anciens et aussi des plus curieux paraît avoir reçu assez récemment des applications pratiques nouvelles tant pour la construction des haut-parleurs que pour celle des microphones, et même des pick-up; c’est à ce titre qu’il nous paraît intéressant de rappeler ses propriétés, basées sur les lois de la piézo-électricité.
- LA PIÉZO-ÉLECTRICITÉ ET SES APPLICATIONS
- La pyro-électricité, c’est-à-dire la propriété d’électrisation de certains cristaux sous l’influence de la chaleur, a été, semble-t-il, connue de toute antiquité.
- Cette électrisation de cristaux particuliers, tels que la tourmaline et le quartz, constitue un phénomène très différent de • celui qu’on constate normalement sous l’action du frottement. En effet, elle détermine sur le corps lui-même des charges positives et négatives, comme dans le cas d’une pile électrique ou plutôt thermoélectrique.
- A la fin du xixc siècle, on a pu reconnaître que les
- phénomènes de pyro-électricité sont, en réalité, reliés à des élongations ou à des contractions de cristaux et les frères Curie ont pu démontrer les propriétés piézoélectriques du quartz en 1880 ; en 1883, il vérifièrent, d’ailleurs, la réversibilité de ces phénomènes prévue théoriquement par Lipp-mann.
- La tension et la compression d’un cristal de quartz provoquent donc son électrisation, et une traction exercée dans une direction convenable a le même effet qu’un échaufîement, de même qu’une pression correspond à un refroidissement.
- Ainsi, un cristal de quartz, de tourmaline, ou d’un type analogue, peut produire, sous l’action de la pression, de curieux dégagements d’électricité, d’ailleurs extrêmement faibles.
- On explique ce phénomène en supposant que les dérangements moléculaires subis par les petits cristaux élémentaires sous l’action de la pression provoquent la mise en liberté d’électrons positifs et négatifs qui transportent leurs charges électriques aux deux extrémités du cristal, dans une direction normale à la pression. Les cristaux présentent des axes électriques déterminés, suivant lesquels doit s’exercer la pression pour donner le maximum d’effet, et qui sont différents de Y axe optique.
- Les quantités d’électricité obtenues sont proportionnelles à la surface, à la pression, et à un certain coefficient variable pour chaque cristal, et qu’on appelle la-constante piézo-électrique.
- Inversement, si l’on soumet des cristaux à une charge électrique, ceux-ci se déforment, ils se compriment suivant l’axe électrique, et se dilatent dans une direction perpendiculaire.
- Si l’on applique sur un cristal un courant alternatif à fréquence rapide, le cristal entre en vibrations, et ses vibrations varient en amplitude suivant les charges, et en fréquence suivant la fréquence du courant. C’est là le phénomène du cristal chantant bien connu, et qui est désormais utilisé couramment en T. S. F.
- Diffuseur
- '^-*-i/ens le circuit d excitation
- Fig. 1. — Principe d’un moteur piézo-électrique pour haut-parleur.
- Les deux lames de cristal utilisées ont une surface d’environ 16 cm2, une épaisseur de 6 mm. Elles sont disposées en opposition électrique de manière que leurs effets mécaniques s’ajoutent.
- Fig. 2. — Aspect d'un haut-parleur à cristal.
- (Modèle américain Brush.)
- Le diamètre du diffuseur est de 25 cm environ. Le rapport d’amplification du système mécanique à leviers est de 2,5.
- Fig. 3. — Liaison d’un haut-parleur piézo-électrique et d’un amplificateur.
- A, emploi d’un transformateur. >— B, emploi d’une bobine de choc. — C, liaison dans le cas d’un étage push-pull.
- Fig. 4. — Combinaison d’un haut-parleur électrodgnamique et d’un haut-parleur piézo-électrique. — Courbe de réponse obtenue avec cette
- combinaison.
- ^ \ Lampe I | de sortie
- I J
- Bobine de choc à prise médiane
- Lampe ,ide sortie
- Lampe de sortie
- Etage
- push-pull
- Bobine de choc
- Transformateur de liaison
- 500 700
- 5000 10000
- 800 1000 Périodes seconde
- électrique
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- t/ers
- l'amplificate
- -—Bloc des cristaux
- Uguilie reproductrice
- Fig. 5. — Principe du pick-up piézo-électrique.
- On sait, en effet, que pour stabiliser la fréquence des postes émetteurs de T. S. F. à l’heure actuelle, et spécialement des postes émetteurs à ondes courtes, on utilise aujourd’hui des stabilisateurs à cristal de quartz.
- Une lame de cristal de quartz mince peut vibrer suivant une fréquence bien déterminée, qui varie suivant son épaisseur et sa largeur. Si l’on applique à des condensateurs piézo-électriques formés par des lames de ce type un courant à haute fréquence, de fréquence égale à cette vibration propre, on peut obtenir un effet de stabilisation très efficace. Les stabilisateurs au quartz sont ainsi intercalés dans le circuit grille-plaque des émetteurs radio-électriques (-1).
- LES CRISTAUX CHANTANTS ET LE SEL DE LA ROCHELLE
- Pour établir des appareils électro-acoustiques à cristaux, on n’utilise pas évidemment le phénomène présenté par les cristaux piézo-électriques au voisinage de la fréquence de vibration propre des lames, et on s’efforce, au contraire, d’avoir des systèmes qui ne présentent pas une fréquence de résonance dans la gamme acoustique considérée. On applique sur ces cristaux, par un moyen plus ou moins complexe, un courant à fréquence musicale, et on utilise alors les vibrations mécaniques obtenues, comme s’il s’agissait d’un moteur de haut-parleur ordinaire. De même, on peut appliquer sur un cristal piézoélectrique des vibrations sonores ou des vibrations mécaniques recueillies par une plaque vibrante ou l’aiguille d’un phonographe, et établir ainsi un microphone
- 1. On démontre que la pastille de quartz peut alors être assimilée à un véritable circuit oscillant composé d’une forte inductance, d’une résistance et d’une capacité très faible en série.
- ou un pick-up, en amplifiant les courants à fréquence musicale recueillis en correspondance.
- Les cristaux qui ont permis jusqu’à présent d’obtenir les meilleurs résultats dans les expériences les plus récentes, sont les cristaux de sel de Seignette ou sel de La Rochelle. Ce composé bien connu est un tartrate double de potassium et de sodium contenant 4 molécules d’eau de cristallisation (C4 H4 0° NaK -f- 4H20). Il fut découvert en 1672 par Pierre Seignette, pharmacien à La Rochelle, d’où lui vient son nom.
- On l’obtient en partant du bi-tartrate de potassium ou crème de tartre, et on peut se le procurer facilement dans le commerce.
- Pour le préparer, on porte à l’ébullition 12 parties d’eau, auxquelles on ajoute peu à peu 4 parties de bi-tartrate de potassium, et 3 parties de carbonate de soude cristallisé. On fdtre le mélange, on évapore,. et, en laissant refroidir, on obtient de gros cristaux qu’on peut ensuite purifier.
- Ces cristaux sont hémiédriques ; ils polarisent la lumière; ils peuvent être obtenus aisément sous un volume important; il est facile d’obtenir des cristaux parfaits pesant plus de 100 gr; leurs propriétés pyro-électriques et piézo-électriques sont très marquées.
- Nous renvoyons, d’ailleurs, nos lecteurs pour plus de détails à l’article très documenté publié sur ce sujet, par le regretté M. Joseph Roussel dans le n° 2490 de La Nature, du 24 décembre 1921.
- Il y a déjà longtemps, semble-t-il, qu’on a étudié les propriétés électro-acoustiques de ces cristaux et, dès 1921, M. Nicolson, de la Western Electric, avait établi des appareils de ce genre fort curieux, réalisés au moyen de cristaux séchés dans l’alcool, puis au four, soumis à un vieillissement de quelque temps, et finalement montés entre deux plaques d’aluminium.
- Fig. 6. — Pastille d’un microphone piézo-éleclrique.
- Le diaphragme est un disque de 5 cm de diamètre et de 6/10 mm d’épaisseur totale : il comporte quatre éléments en série parallèle.
- Fig. 7. — Couplage d’un microphone piézo-électrique avec le préamplificateur.
- A. Montage à transformateur. — B. Montage à résistance.
- Microphone
- Qÿ Masse
- Lampe dentrée
- 5
- Mègohms
- 1 Masse
- Fig. 8. — Courbe caractéristique d’un microphone piézo-éleclrique.
- 0 DB=.006 Watt
- Fréquences en p./s
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-
-
- ===== 502 =- : =
- La sensibilité du système était déjà élevée, et on avait pu réaliser des haut-parleurs à grande puissance, capables de produire des sons audibles à plusieurs centaines de mètres.
- LES HAUT-PARLEURS A CRISTAUX
- Ces expériences sur les cristaux chantants ont été récemment reprises aux Etats-Unis. Elles ont amené la construction de haut-parleurs qui paraissent avoir donné quelques résultats intéressants, et, en tout cas, qui ont le mérite de l’originalité.
- Le moteur se compose de deux lames de cristal placées de part et d’autre d’une feuille d’étain sur lesquelles sont appliquées extérieurement deux autres feuilles d’étain. Trois des angles du système sont serrés dans des montures fixes tandis que le quatrième est relié par un système de leviers multiplicateurs à un cône diffuseur de sons, semblable à celui d’un haut-parleur ordinaire (fig. 1 et 2).
- On relie, d’une part, la feuille métallique médiane et, d’autre part, les deux feuilles extérieures, au circuit de sortie d’un amplificateur radiophonique ou phonographique; le système entre alors en vibration, et le coin libre transmet ces vibrations au diffuseur de sons. Grâce à ce système double à deux éléments, les résultats sont meilleurs qu’avec une seule lame de cristal placée entre deux feuilles d’étain, utilisée dans les modèles primitifs.
- Un tel système aurait une impédance de l’ordre de 25 000 ohms à la fréquence de 1000 périodes-seconde et une capacité de 0,03 microfarad. On peut le relier à la lampe de sortie par l’intermédiaire d’un transformateur ou d’une bobine de choc, comme le montre la figure 3. La courbe de réponse serait très bonne jusqu’au delà de 10 000 périodes-seconde; la simplicité d’emploi de l’instrument est, d’ailleurs, très grande, puisqu’il n’exige aucune source d’alimentation auxiliaire, et fonctionne comme un haut-parleur électro-magnétique.
- L’appareil, en outre, est extrêmement sensible, les courants les plus faibles permettraient de le mettre en action et l’on obtiendrait des auditions en haut-parleur moyen, même avec un poste à galène.
- On peut l’employer en combinaison avec un autre type de haut-parleur, par exemple, un haut-parleur électro-dynamique (fig. 4).
- Malgré ses avantages, et surtout sa sensibilité que l’on dit cinq fois plus grande que celle d’un haut-parleur électro-magnétique, nous n’avons pas vu encore en France de haut-parleur à cristal, et il semble bien que sa vogue ne soit pas très grande non plus en Amérique. Nous ne savons pas exactement à quoi est dû l’insuccès relatif de cet appareil jusqu’à présent, n’ayant pu en examiner de modèle en France. En tout cas les vibrations des cristaux sont de faible amplitude, et pour obtenir des oscillations du diffuseur à grande amplitude correspondant aux notes graves et intenses, il est nécessaire de recourir à des systèmes multiplicateurs à leviers d’assez grand rapport, de construction assez délicate, présentant une inertie propre de nature à provoquer des distorsions nuisibles, comme celles qu’on
- constate dans certains modèles de haut-parleurs électromagnétiques à grande puissance, et à armature « à course » relativement faible. L’avantage du haut-parleur électro-dynamique est, au contraire, de présenter une bobine vibrante, fixée directement au diffuseur de sons, et qui lui transmet ainsi des vibrations de grande amplitude.
- On peut penser également que malgré les précautions prises, et la fabrication spéciale de ces cristaux, leurs propriétés ne demeurent pas constantes pendant un temps suffisamment long.
- PICK-UP ET MICROPHONES A CRISTAUX
- Nous venons d’indiquer que le cristal chantant est réversible, c’est-à-dire que soumis à des vibrations mécaniques, il produit dans un circuit des tensions alternatives de fréquence correspondante. Un pick-up à cristal est donc établi exactement sur le même principe qu’un haut-parleur, avec deux lames de cristal et trois lames métalliques, une serrée entre les deux cristaux et les deux autres extérieures. Un des coins du système est libre, et il est relié à l’aiguille reproductrice, comme le montre la figure 5. Les tensions produites sont recueillies entre la lame métallique intérieure et les deux lames extérieures.
- L’avantage de ce système résiderait surtout dans sa sensibilité, et on obtiendrait facilement une tension de l’ordre de 5 volts; on pourrait ainsi diminuer le nombre des étages d’un amplificateur phonographique, et la liaison avec la lampe d’entrée pourrait être obtenue simplement par l’intermédiaire d’un transformateur.
- Enfin, on pourrait établir également sur le même principe des microphones à cristaux, possédant de grandes qualités de fidélité et de sensibilité, et dont l’emploi serait, d’ailleurs, analogue à celui des microphones électro-statiques. Les vibrations seraient transmises au système, soit directement, soit par l’intermédiaire de plaques vibrantes, et le dispositif serait couplé avec la première lampe du pré-amplificateur par l’intermédiaire d’un transformateur de liaison ou d’une résistance (fig. 6 et 7).
- Ainsi, grâce aux cristaux chantants, on peut établir toute une série d’appareils électro-acoustiques utilisables aussi bien en radiophonie qu’en phonographie et en cinématographie sonore. (On a même proposé des appareils d’enregistrement sonore à oscillographe à cristal).
- Bien souvent un principe déjà ancien ne reçoit une applcation pratique qu’après de longues années; il en a été ainsi pour le moteur électrodynamique adopté désormais sur la majorité des haut-parleurs, et même sur de nombreux microphones récents; il en sera peut-être de même pour le moteur piézo-électrique.
- La plupart de ces appareils et particulièrement les microphones sont très récents ; il ne faut donc ni en exagérer les qualités, ni les mépriser sans connaître le résultat d’expériences plus longues et plus approfondies.
- P. Hémardinquer.
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- LE CONDITIONNEMENT DES NOIX
- On sait la profusion de noyers qu’on rencontre dans le Dauphiné, le Périgord et le Quercy.
- Le noyer est un arbre précieux pour son bois, recherché par l’ébénisterie, et pour son fruit, qu’on consomme à l’état frais, à l’état sec, ou qu’on utilise en confiserie et en pâtisserie.
- Il donne encore de l’huile, et par conséquent des tourteaux, de la teinture, et même des liqueurs. Si la production annuelle de la noix de table, à elle seule, atteint une valeur d’au moins 150 millions de francs, cette valeur est plus que doublée quand on y ajoute celle du bois et des produits secondaires.
- Bien que la noix de France soit de première qualité, et que la noix Marbot, notamment, cultivée dans les départements de la Dordogne, du Lot, et de la Corrèze, où sa production annuelle varie entre 15 000 et 20 000 tonnes, soit universellement renommée, la vente de ce fruit, à l’étranger surtout, s’est considérablement ralentie depuis quelques années, et il ne semble pas que, seule, la crise mondiale soit la cause de cette mévente. Peut-être, se fiant un peu trop à la réputation ancienne de leurs fruits, certains producteurs de noix ont-ils négligé quelques soins indispensables.
- Quoi qu’il en soit, le fait est là, et il serait assez attristant si les possesseurs de noyeraies n’avaient vigoureusement réagi.
- En effet, plutôt que de se lamenter, et d’attendre, comme tant d’autres, — et inutilement, d’ailleurs, — que le Gouvernement leur ramène les clients infidèles, ils se sont groupés en « Coopérative fruitière du Bas-Limousin et du Haut-Quercy », dont le siège est à Bran-ceilles (Corrèze), et l’usine aux Quatre-Routes (Lot), et ils ont décidé de créer, de toutes pièces, une installation modèle, où les noix de choix de la région, noix Corne, et surtout noix Marbot, seraient traitées de telle façon et présentées si élégamment, qu’aucun produit, quel qu’il soit et d’où qu’il provienne, ne puisse les concurrencer.
- Construite à vingt km environ de Brive-la-Gaillarde, à moins d’un km de la station des Quatre-Routes, sur la ligne de Brive à Toulouse par Capdenac, à laquelle elle est reliée par un embranchement particulier, cette usine modèle, la seule de ce genre existant en France, et très probablement la seule en Europe, édifiée sur un plan en forme de rectangle régulier, mesure 50 m de long sur 20 m de large, avec une hauteur totale de 25 m, et comprend un rez-de-chaussée surmonté de 5 étages. On y prépare surtout les noix.
- Les 3 récoltes des noix. — Celles-ci peuvent être récoltées, et livrées au commerce, à trois époques. En juillet, ordinairement, on cueille à la main les fruits à demi
- mûrs, et dont l’amande n’est pas encore solidifiée, pour les livrer aux confiseurs et distillateurs.
- Vers la fin d’août, on récolte les noix à consommer fraîches, ou noix vertes. L’amande est solidifiée, mais le brou, ou enveloppe verte, adhère encore à la coquille. Ces noix vertes sont vendues en sacs de 1 hl, pesant en moyenne 50 kg, ou en sacs de 10 kg, et l’usine est pourvue d’un appareil spécial pour enlever le brou avant l’expédition.
- Mais ces noix vertes ne donnent pas lieu à un commerce bien important, et leur vente ne s’échelonne guère que sur une huitaine de jours.
- Il n’en est pas de même des noix à consommer sèches et à conserver. Pour celles-ci, on attend qu’elles tombent de l’arbre après maturité complète, ce qui se produit généralement de la fin de septembre à la fin d’octobre. Le brou, à demi détaché déjà de la coque ligneuse, s’en
- sépare habituellement au moment où les noix tombent sur le sol, et il ne reste plus qu’à les ramasser et à les ensacher pour les livrer à l’usine.
- Amenées, ,le plus souvent, par camions automobiles, elles sont reçues, à une extrémité du grand bâtiment, par des délégués chargés de cette réception et du classement des fruits présentés, suivant beauté et qualité, dans l’une des trois catégories admises par la Coopérative, après quoi la livraison est pesée, inscrite, et emmagasinée en attendant le traitement.
- Premier tri. — Tout d’abord, les sacs de noix livrés par les producteurs sont amenés, sur une brouette spéciale, à proximité d’un premier calibreur, et le contenu des sacs est versé dans une trémie d’où les noix passent sur un crible horizontal, ou, plutôt, légèrement incliné, et animé de deux mouvements. L’un, dans le plan de ce crible, a pour but de conduire les noix à son extrémité inférieure; l’autre, de bas en haut, les fait danser sur ce crible, percé de trous de 26 mm par où passent les noix d’un calibre inférieur, et qui tombent dans un sac. Ces noix, d’une valeur trop faible pour être vendues entières, sont montées au premier étage, cassées à la main par des femmes, les énoiseuses, nougalières, à l’aide d’un petit maillet, le « tricotte », et les cerneaux, lou nougal, extraits de la coquille avec la pointe d’un couteau, sont emmagasinés pour la vente à la confiserie.
- Les fruits plus gros, arrivés à l’extrémité du crible, tombent sur un tapis roulant de 17 m de longueur, qui les entraîne à une vitesse de 20 m à la minute. Au cours de ce trajet, ils passent sous les yeux de femmes postées de côté et d’autre du tapis, et munies chacune d’une corbeille légère, qui enlèvent au passage les noix
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- défectueuses : cassées, noirâtres, ouvertes, percées, etc. et les déposent dans cette corbeille qu’elles vident, lorsqu’elle est pleine, dans un sac placé à leurs pieds.
- Lavage. — Arrivées à l’extrémité du tapis roulant, les noix tombent sur un tamis secoueur, légèrement incliné lui aussi, qui les achemine lentement à sa partie inférieure. Cette marche est ralentie, encore, par un dispositif consistant en planchettes de bois, fixées obliquement et en chicane sur le tamis, ce qui oblige les fruits à des détours rendant le trajet plus long et retardant leur descente.
- Pendant tout leur passage sur ce tamis, les fruits sont arrosés, copieusement, à l’aide d’eau sous pression, distribuée en jets contrariés par 8 tubes métalliques placés horizontalement au-dessus du tamis et percés de trous à leur partie inférieure. Les noix secouées présentent peu à peu toutes leurs faces à ces puissants jets d’eau qui les débarrassent de la terre, du sable, et des souillures dues à un contact souvent prolongé avec le sol, généralement humide, en cette saison.
- A l’extrémité du laveur, et perpendiculairement à son axe, deux fers cornières légèrement surélevés au-dessus du sol forment une sorte de glissière de 0 m 65 de largeur. Dès le commencement du travail, une claie métallique de 1 m 20 X 0,65, à trous suffisamment petits pour qu’aucune noix ne passe, est disposée sur cette glissière au bas du laveur. Une autre, en attente, est préparée à la gauche d’un ouvrier qui fait face au laveur.
- Dès que la première claie est pleine de noix lavées, que cet ouvrier répartit à la main, au fur et à mesure de leur chute, sur toute l’étendue de cette claie, il la repousse vers la droite, toujours sur la glissière, attire à sa place la claie en attente à sa gauche, et remplace celle-ci par une claie vide, cependant que deux autres ouvriers, prenant par ses extrémités la claie pleine, qui contient environ 1/2 hl de noix, la portent à proximité des étuves, où ils entassent ces claies pleines les unes sur les autres. Calibrage, triage, lavage et mise en claies se font, à l’usine, à la cadence d’environ 100 hl à l’heure.
- Premier étuvage. —Les étuves, au nombre de 3 au rez-de-chaussée, ont une hauteur totale de 25 m. Elles comportent, chacune, 33 dispositifs, appelés suspensions, qui permettent de placer chacun 4 claies l’une au-dessus de l’autre, soit environ 2 hl par suspension, 66 pour les 33 suspensions de chaque étuve et au total, 200 hl environ pour les trois étuves.
- Ces suspensions, accrochées à chacune de leurs extrémités à une chaîne, montent au sommet de l’étuve, et en redescendent, pour un tour complet qu’elles effectuent en cinq heures. La température des étuves, pendant ce temps, est maintenue a environ 25°, 30° au maximum, une température plus élevée pouvant nuire aux noix. Un puissant ventilateur, débitant 60000 m3 d’air à l’heure, active le séchage des noix qui sont retirées des étuves dès que le tour complet est terminé.
- Séchage à Pair libre. — Mais ce séchage est encore insuffisant, et il'ne pourrait être continué sans inconvénient à l’étuve. Aussi le termine-t-on à l’air libre. Les noix sont déversées des claies dans des sacs qui sont élevés, à l’aide d’un monte-charge, jusqu’à l’un des quatre étages supérieurs de l’usine. Ces étages, qui
- servent de séchoirs, ont chacun une superficie de 1000 nr (50 m X 20 m), avec une hauteur uniforme de 2 m 50. Leur sol est constitué par des liteaux à section carrée de 3 cm X 3 cm, cloués sur bastings et espacés de 12 mm.
- Les parois extérieures de ces quatre séchoirs sont composées presque entièrement, sur leurs quatre faces, et dans toute la hauteur, de persiennes de fer à lames mobiles qui, très rapidement, peuvent être placées horizontalement, laissant l’air circuler largement dans le séchoir, ou rabattues les unes sur les autres de façon à le fermer.
- De jour, et lorsque le temps est sec et beau, toutes ces lames sont relevées. Elles sont, par contre, rabattues à la tombée de la nuit, ou lorsque le temps est humide. C’est dans ces séchoirs que le séchage se termine, suivant le temps, en 8 à 15 jours, pendant lesquels les noix sont remuées et déplacées à plusieurs reprises.
- L’épaisseur de la couche de noix pouvant être portée, au maximum et lorsqu’elles sont bien sèches, à 50 cm, chacun de ces séchoirs pourrait contenir 5000 hl de noix, soit 20 000 pour les quatre. On se contente, cette année, d’une couche de 30 à 40 cm. Cet amas de 3000 à 4000 hl de noix, dans un seul séchoir, n’en est pas moins impressionnant.
- Blanchiment. — Les noix ainsi traitées pourraient, d’ores et déjà, être livrées à la consommation. Cependant elles sont encore en vrac, c’est-à-dire de toutes grosseurs, et n’ont pas le bel aspect recherché par le consommateur.
- Pour terminer leur préparation, et lorsque le séchage à l’air libre, dans les séchoirs, est terminé, les noix sont mises en sacs, et ces sacs entassés à proximité d’une trappe qui, par des couloirs inclinés, fait communiquer chaque séchoir avec le premier étage où ont lieu le blanchiment, le séchage subséquent, le calibrage, et l’emballage des fruits.
- Ralenties dans leur descente par divers moyens actuellement à l’essai, les noix viennent tomber, au premier étage, sur un second tapis roulant, et passent, là encore, devant des femmes qui enlèvent celles qui ont pu être cassées au cours des précédentes opérations, ainsi que toutes les noix défectueuses qui ont échappé au précédent triage.
- Ce tapis roulant les amène à un premier tonneau métallique, ou cylindre horizontal ouvert à ses deux extrémités, tournant autour de son axe, à l’intérieur duquel elles sont blanchies.
- Elles passent sous de puissants jets d’eau, puis circulent à l’intérieur d’un second tonneau où elles sont traitées à nouveau, passage suivi d’un dernier lavage, après lequel, comme au rez-de-chaussée, les noix sont reçues dans des claies.
- Second étuvage. — A proximité des tonneaux, à ce premier étage, s’ouvrent 4 étuves qui ne mesurent plus, chacune, que 20 m de hautéur, avec, par étuve, 25 suspensions de quatre claies pouvant contenir 0,5 hl X 4 X 25 X 4 = 200 hl environ, comme pour les trois étuves du rez-de-chaussée.
- Les noix qu’il s’agit de sécher ici ne sont pas humides à fond comme celles qui ont été traitées au rez-de-chaussée, et qui avaient séjourné plus ou moins longtemps sur le sol. Elles n’ont été humidifiées que superficiellement au cours du blanchiment, si bien qu’un séjour de 4 heures
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- Fig. 2 à 9. — 2. Premier calibreur, éliminant les noix de moins de 26 mm. — 3. Au fond, à droite, premier calibrage, puis triage sur tapis roulant, lavage, et, au premier plan, enlèvement des noix lavées. — 4. Le laveur. — 5. Claies de noix disposées près des étuves où aura lieu le séchage. — 6. Un séchoir contenant de 3000 à 4000 hl de noix. — 7. Les noix venant des séchoirs sont triées sur tapis roulant avant le blanchiment. — 8. Les noix blanchies et lavées dans les deux tonneaux sont reçues dans des claies pour le dernier séchage à l’étuve. — 9. Le calibreur triant les noix en quatre catégories : moins de 28 mm; 28 à 30; 30 à 32; plus de 32 mm.
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- à l’étuve suffit pour assurer une parfaite siccité, sans nouveau séchage à l’air libre.
- Calibrage. -— Au sortir de ces étuves, les claies sont déversées dans un immense silo en planches dont le fond, judicieusement incliné, amène toutes les noix à l’ouverture d’une trappe par laquelle elles vont se rendre au calibreur, ou crible rotatif.
- Celui-ci est précédé d’un ventilateur analogue à un tarare, mais beaucoup plus puissant, devant lequel passent toutes les noix, et qui chasse celles qui sont creuses, et par conséquent plus légères. Les autres, les bonnes, continuent leur route et arrivent au calibreur.
- Long cylindre horizontal de 8 m de long sur 1,80 de diamètre, ce calibreur est composé de 14 cribles accolés. Les 4 premiers, percés de trous de 28 mm de diamètre, laissent passer toutes les noix de dimension inférieure. C’est la qualité : moins de 28. Les 5 suivants, à trous de 30 mm, permettent de séparer les noix de la qualité : 28 à 30. Les 5 derniers, à trous de 32, donnent passage aux noix de la qualité : 30 à 32. Ces différentes qualités viennent tomber séparément dans 3 trémies qui les déversent, encore une fois, sur des tapis roulants. Il en est de même pour les noix de la qualité supérieure : les plus de 32, qui, n’ayant pu passer dans aucun des trous, sont déversées sur ce tapis à l’extrémité du calibreur.
- Dans leur mouvement de rotation, ces 14 cribles viennent passer tout contre 14 rouleaux de bois de petit diamètre, un par crible, tournant, eux aussi, et qui repoussent à l’intérieur du calibreur les noix engagées dans un trou sans avoir pu y passer complètement.
- Bnsachage. — Les noix calibrées, entraînées par le tapis roulant, sont encore examinées au passage, et pour la troisième fois, par des ouvrières qui, toujours munies de leurs corbeilles, enlèvent toutes celles qui ont été détériorées au cours de ces derniers travaux. Elles arrivent, enfin, à une dernière trémie dont la partie inférieure, en forme de cylindre, est garnie d’un sac retenu par un collier de serrage.
- Un obturateur, placé à sa base, ferme la trémie, et permet d’interrompre à volonté l’écoulement des noix, suivant la contenance des sacs.
- L’expédition se fait dans ces sacs, neufs, de belle qualité, assurant une présentation irréprochable, et un poids de 25 et de 50 kg. Tous ces sacs portent la marque de la coopérative : un écureuil. (On sait qu’il est gourmand de noix), et la mention « Noix Marbot ».
- Il est d’ailleurs, pour certains clients, et pour la vente
- au détail sans manutention, livré d’autres sacs, d’un poids de 500 gr, en cellophane.
- Le nombre et l’importance des opérations effectuées dès l’arrivée des noix à l’usine jusqu’à leur départ, les soins qui y sont apportés, assurent à ces fruits une qualité vraiment exceptionnelle.
- Cette coopérative, d’ailleurs, ne se cantonne pas dans la préparation de la noix. La région environnante, si elle comprend d’imposantes noyeraies, est également productrice de fruits, — et notamment de prunes reine-Claude, — et de truffes. Prunes et truffes, traitées à l’usine à l’aide d’appareils spéciaux, avec le même soin que les noix, sont vendues fraîches et en conserves, et permettent une plus complète utilisation de cette installation, puisque les prunes se travaillent avant les noix, et les truffes après celles-ci.
- Organisation générale. — Il a fallu, évidemment, de gros capitaux pour édifier cette usine qui, pourvue d’un moteur Diesel de 100 ch, produit elle-même la force et la lumière dont elle a besoin. Une chaudière tubulaire fournit l’air chaud qui est amené aux étuves par des canalisations munies de manettes de réglage de la température et du débit. Un ventilateur,‘nous l’avons vu, assure l’air sous pression, et un monte-charge permet d’élever les fruits à l’un quelconque des cinq étages. Il a fallu, en outre, assurer également l’approvisionnement en eau, dont il est fait une grande consommation, ainsi que l’évacuation des eaux usées.
- On s’explique, dès lors, le coût élevé de cette usine, qui atteint plusieurs millions. Commencée en août 1932, époque où l’on forait les puits, elle était inaugurée le 15 août 1933, et, dès l’été de 1933, et avant même son inauguration, elle commençait à préparer les prunes.
- Pour sa première année, elle traite environ 30 000 hl de noix, ce qui est un beau début. Puis viendra la préparation des truffes, qui prolongera son activité.
- Le produit des ventes, après déduction des sommes nécessaires pour l’amortissement de l’installation et des appareils, pour la rémunération des capitaux, pour le paiement du personnel, ainsi que du charbon et de tous les produits indispensables, est réparti entre les sociétaires, au prorata du poids et de la qualité des fruits apportés.
- La qualité et la beauté des produits que livre à la consommation la Coopérative fruitière du Bas-Limousin et du Haut-Quercy lui promettent un bel avenir.
- Georges Lanorville.
- L’INSTITUT DE RECHERCHES MÉDICALES
- DE JOHANNESBURG
- La grande baie vitrée d’un laboratoire s’ouvre sur le panorama de Johannesburg : maisons basses, buildings de douze étages, des rues ordonnées dans le plan horizontal, des habitations désordonnées dans le sens vertical, enfin, tous les aspects que peut présenter une cité de
- centaines de milliers d’habitants, qui ne compte pas cinquante années d’existence. Au delà de la ville proprement dite, des maisons au toit rouge sont dispersées dans la campagne, et d’énormes dunes de sable gris jaunâtre bossellent le pays; elles proviennent du broyage des
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- quartz aurifères et rappellent à chaque instant que la fortune prodigieuse de Johannesburg vient uniquement de son sous-sol.
- Un camp de mineurs en 1890, une ville de chercheurs d’or en 1900, une métropole de spéculation, toujours; l’atmosphère semble peu propice aux recherches scientifiques dont, croit-on, industriels et boursiers se désintéressent également : et voici que le magnifique édifice de YInstitute of Medical Research dément l’allégation de matérialisme qui pèse sur une ville comme Johannesburg. Sur cette colline qui domine la cité, la longue façade blanche, de lignes sobres, surmontée d’une coupole, détache sa masse plaisante, d’un style inspiré de la Renaissance anglaise. Rien n’évoque l’austérité de l’étude scientifique; on y accède entre de grandes pelouses plantées d’arbres; les trois cours intérieures sont fleu-
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- vernement, et d’un certain nombre de philanthropes, aboutirent à la création de ce nouvel organisme, dont le double objectif était de rechercher les méthodes de prévention et de traitement des maladies humaines, et de poursuivre tous les travaux dits de routine, depuis les examens bactériologiques jusqu’aux préparations de sérums et vaccins.
- Plus d’un million de francs-or furent d’abord consacrés à l’Institut, et la somme dut plus tard être mieux que doublée. C’est ainsi que l’on aboutit au présent état de choses qui fait honneur au Transvaal.
- L’ORGANISATION DE L’INSTITUT
- L’Institut comporte — rapidement énumérés -— des laboratoires de bactériologie, de pathologie, d’hygiène industrielle, de parasitologie, de zoologie, de biochimie
- Fig. 1. — L'Instiiut de recherches médicales de Johannesburg.
- ries ou égayées de miroirs d’eau; et les laboratoires eux-mêmes, grâce au luxe de leurs installations, à la netteté et à la précision de l’aménagement, excluent toute idée d’ennui.
- Pour arriver à ce résultat, il a fallu dépenser sans compter, du moins lors du premier établissement. C’est en 1912 que l’on sentit, à Johannesburg, la situation difficile d’une ville neuve, où l’on avait amené, par dizaines de milliers, des ouvriers indigènes, et où les Européens eux-mêmes travaillaient dans un climat auquel ils n’étaient pas accoutumés, ou bien, au fond de mines dont l’atmosphère était viciée. Chez les Noirs, surtout ceux des régions les plus septentrionales, la mortalité élevée avait nécessité de fortes dépenses pour le logement, la nourriture, etc., sans résultat d’ailleurs. Les efforts simultanés du Bureau des Mines du Transvaal, du Gou-
- et d’entomologie, dans la division des Recherches; et un ensemble de laboratoires de pathologie dans la division de «routine». Cette seconde section n’est pas la moins intéressante pour le visiteur : l’outillage consacré à la préparation des sérums et de vaccins pourrait être envié par n’importe quel organisme de ce genre. Toutes les machines les plus perfectionnées, que ce soient des centrifugeuses, des autoclaves ou des glacières, ont été amenées d’Europe, et avec une impartialité assez rare, on a fait appel à tous les pays fournisseurs, en particulier à la France. Bien que surtout britannique et sud-africain, l’état-major de l’Institut, sous la direction de sir Spencer Lister comporte un certain nombre de praticiens étrangers.
- L’organisation matérielle de l’Institut est particulièrement intéressante. Si la richesse du pays et la géné-
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- Fig. 2. — Tétanos généralisé chez le Lézard Zonorus cataphractus (18°). Diverses attitudes de l’animal.
- rosité naturelle de ses grandes entreprises ont permis de fonder, l’organisme sur des bases très larges, il est devenu autonome et fonctionne comme un centre pour toute l’Union d’Afrique du Sud, pour les colonies britanniques et même portugaises, et pour l’Orient et l’Extrême-Orient. La section des Recherches a dépensé en 1931 plus de 56 000 livres sterling et n’en a reçu que 16 000 du Gouvernemept et de la Chambre des Mines : c’est donc plus de 40 000 livres qu’il a fallu trouver, ce qui a pu être fait grâce à la vente de vaccins, de sérums, de trousses contre les morsures de serpents, comme à l’exécution de travaux d’analyse ou d’examen pour des particuliers ou pour le Gouvernement.
- Fig. 3. — Tétanos descendant chez le Lézard Zonorus, par suite d’inoculation intracérébrale de toxine tétanique (18°).
- L’ÉTUDE DE LA SILICOSE
- L’une des études les plus poussées est celle de la silicose, cette terrible affection des mineurs, provoquée par l’absorption de particules de silice, provenant du quartz aurifère. Les minces aiguilles minérales vont se loger dans les poumons des ouvriers et amènent des lésions qui évoluent très vite vers la tuberculose et la phtisie si le malheureux a la moindre prédisposition fâcheuse. L’aménagement des mines, le travail en atmosphère humide, certains soins pris dans la ventilation des galeries, ont permis de réduire au minimum ces accidents ; ils sont encore trop nombreux, hélas. Beaucoup de mines ont ajouté à ces moyens mécaniques une thérapeutique préventive, sous la forme d’inoculations, avec des résultats très heureux et j’ai vu des graphiques saisissants relatifs à certaine mine où l’on avait adopté puis abandonné ce système.
- RECHERCHES SUR L’IMMUNITÉ CHEZ LES REPTILES
- Dans le domaine théorique, un savant suisse de formation française, le Dr E. Grasset, de Genève, a fait des recherches extrêmement curieuses sur l’immunologie chez les reptiles, considérée par rapport aux aspects de l’immunité chez les animaux supérieurs. Les conditions particulières à l’expérimentation en Afrique lui permettaient de pousser son investigation dans un champ peu fréquenté; les Européens ne peuvent espérer se
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- fournir d’animaux d’expérience aussi aisément que leurs collègues installés dans le Continent Noir, et c’est ce qui explique la pauvreté du registre expérimental sur les reptiles et les chéloniens. Or, les recherches sur les animaux dits à sang froid peuvent à la fois apporter d’utiles données sur la préparation des sérums, et fournir des éclaircissements sur les lois de l’évolution.
- Les principales études faites sur ce sujet remontent au temps de Metchnikoff (vers 1900) et de Cour-mont, Doyon et Paviot. Le premier avait déclaré que les reptiles sont les vertébrés qui présentent l’immunité naturelle la plus prononcée contre le tétanos; et il ajoutait qu’ils pouvaient résister indéfiniment à d’énormes doses de toxines tétaniques, aux basses, aux moyennes et aux hautes températures.
- Le Dr Grasset a particulièrement étudié les réactions de lézards, de tortues, d’ophidiens et de crocodiles auxquels a été injecté du virus tétanique ou diphtérique. Nous n’entrerons pas ici dans le détail des expériences; mais en résumant les résultats, on les voit en contradiction avec ceux de Metchnikoff et de ses successeurs. Voici une conclusion de l’expérimentateur : l’évolution de l’intoxication varie selon la dose; une petite dose administrée en injection intramusculaire ou sous-cutanée donne naissance à un tétanos local suivi peu à peu par un tétanos généralisé; dans le cas de fortes doses, le tétanos local est suivi presque immédiatement de tétanos généralisé, la mort venant beaucoup plus près des premiers symptômes ; l’issue fatale se trouve en général avancée d’une semaine.
- Sur certains sauriens, cependant, les toxines tétaniques restent pratiquement sans effet, et le Dr Grasset a pu administrer à un iguane de trois kilogrammes un demi-million de doses fatales pour un cobaye, sans produire de résultat. Mais c’est là une exception.
- D’une manière générale, les sauriens, tortues et ophidiens, et surtout les premiers, succombent au tétanos; un fait important est l’évolution accélérée du mal, dans le cas où l’on maintient plus haute la température ambiante du sujet. Au contraire, l’abaissement de cette température autour de 5° ou 6° prolonge considérable-
- Fig. 4. — Tétanos général chez un jeune Crocodile, par suite d’injection intramusculaire de toxine tétanique (22°).
- ment la résistance de la victime; ainsi, sur des tortues, la durée entre l’injection et l’issue fatale a varié de 18 heures à 41 jours selon que la température était de 37° ou de 6°. On sait du reste l’influence profonde de la température sur tous les phénomènes biologiques.
- Les saisissantes photographies que nous donnons montrent que la mort par le tétanos est accompagnée d’une effrayante contraction musculaire de tout le corps, beaucoup plus marquée que chez les vertébrés supérieurs.
- Parallèlement aux recherches sur les maladies, le Dr Grasset, qui est le sérologiste de l’Institut des Recherches de Johannesburg, a poursuivi des études sur la résistance des animaux à sang froid, aux venins de reptiles : il faut, à poids égal, une dose de quinze à trente fois plus forte pour tuer une tortue ou un saurien que celle qui tue un cobaye. Mais par contre, l’immunité acquise est beaucoup inférieure, et c’est là un point intéressant pour qui étudie le mécanisme des immunisations chez les différentes espèces.
- Ici non plus nous ne pouvons entrer dans le détail des expériences et des conclusions du Dr Grasset, dont nous citerons seulement l’intéressante remarque suivante :
- « Les reptiles, qui sont zoologiquement plus bas dans
- Fig. 5. — A gauche : spasme tétanique chez le « Puff-Adder » (vipéridé de l’Afrique du Sud). A droite : Tétanos généralisé chez le même animal
- à la suite d'injection intramusculaire de toxine tétanique. (Animal conservé à 37°.)
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- « l’échelle des êtres, et moins fonctionnellement orga-« nisés, montrent en général une plus haute tolérance à de « nombreuses intoxications bactériennes ; cette haute « résistance est accompagnée d’un minimum de réac-« tion d’immunité. »
- Ou voit l’importance des problèmes soulevés par les études du Dr Grasset. Nous les avons analysées sommairement ici en exemple de l’activité purement scientifique de l’Institut des recherches médicales de l’Union Sud-Africaine. Le côté théorique de la question ne marque d’ailleurs pas que les études faites à Johannesburg
- soient dans le domaine de l'abstrait. En même temps qu’il poursuivait ces recherches, le l)r Grasset a mis au point une méthode de préparation des sérums contre les morsures de reptiles, qui permet d’accélérer la production et d est arrivé à obtenir, sans danger pour les chevaux immunisés des sérums antivenimeux, antivipéridés, colubridés ou polyvalents, en 5 à 7 semaines au lieu de plusieurs mois. Si bien que l’Institut, par les progrès qu’il aura fait faire à la lutte contre les morsures de serpents, pourra un jour rivaliser avec le fameux Institut brésilien deButantan. Christian de Caters.
- UNE FORÊT DE L’ÉPOQUE CARBONIFÈRE
- AU MUSÉE FIELD D'HISTOIRE NATURELLE, A CHICAGO
- M. A. C. Noé, de V Université de Chicago, vient de réaliser, à la Foire mondiale de Chicago, une admirable reconstitution de la forêt carbonifère dont il a bien voulu nous adresser les photographies ci-jointes.
- Ce fut peut-être Le Voyage au Centre de la Terre, de Jules Verne, qui inspira les conservateurs du musée Field, quand ils décidèrent de reproduire à la Foire mondiale de Chicago une de ces forêts auxquelles est due l’existence de la houille. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’auteur de ces lignes découvrit sa vocation en lisant Le Voyage au Centre de la Terre, ce roman cher à la jeunesse.
- A contempler les vitrines du Graham Hall au musée
- Field, on peut imaginer le professeur Hardwigg descendant dans les entrailles de la terre par une des deux cheminées du volcan Snefîels en Islande et sortant par un volcan en activité dans l’île de Stromboli, en pleine Méditerranée. Pendant le voyage, l’aventureux professeur et ses deux compagnons rencontrent dans ces souterrains des animaux et des plantes ayant survécu à des périodes géologiques depuis longtemps passées.
- La salle Graham contient des reproductions plastiques et des peintures murales représentant la vie terrestre aux diverses périodes géologiques qui se sont succédé depuis l’époque précédant l’apparition des organismes jusqu’à l’époque quaternaire.
- Parmi tontes ces reproductions, celle de l’époque car-
- Fig. 1. — Partie de la forêt carbonifère avec des Fougères-à-graines, des troncs massifs de Lycopodes, des Cordaïlacées et un petit Amphibien
- au fond. (Il y a aussi quelques blattes sur les troncs des arbres.)
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- bonifère supérieure est la plus belle, la plus détaillée ainsi que la plus artistique et la plus correcte du point de vue de la science. Elle fut exécutée sous la direction du docteur Dahlgren, conservateur des plantes.
- Il existe dans l’Illinois de vastes houillères aux couches fossilifères très riches. L’une d’elles est située à vingt-cinq lieues au sud-est de Chicago près d’un ruisseau qui se nomme Mazon Creek.
- Depuis une centaine d’années, on trouve là des plantes fossiles. Il n’y a guère dans le monde de musée d’histoire naturelle qui ne contienne une petite collection de plantes fossiles de Mazon Creek.
- Chaque printemps, le ruisseau détache une certaine quantité de concrétions du sol argileux dans lequel elles sont ensevelies. Ces concrétions ont l’air de carreaux elliptiques. Si on les frappe avec un marteau, elles se scindent en deux parties, l’une portant l’empreinte d’une feuille ou d’une graine, et l’autre le cliché positif de cette empreinte.
- La flore fossile de Mazon Creek appartient au terrain carbonifère supérieur. L’époque à laquelle se formèrent les couches charbonneuses de l’Amérique septentrionale et de l’Europe occidentale porte le nom de Westphalien en Europe et de Pennsylvanien en Amérique. C’est l’âge des grands dépôts de houille de Valenciennes, de la Sarre, de la Westphalie et de la Pennsylvanie. Pendant des millions d’années régna un climat humide et chaud qui favorisa la plus grande accumulation de matière végétale de tous les temps.
- La couche fossilifère de Mazon Creek est située dans le périmètre du grand bassin houiller de l’Illinois. Il y avait là, au temps du Pennsylvanien, des lagunes formées par les dépressions d’un sol qui passait par des oscillations fréquentes. Tantôt il s’élevait au-dessus de la nappe d’eau, tantôt il s’affaissait au-dessous. Ces deux états se succédaient à d’assez longs intervalles. Le premier laissait le sol se couvrir de masses énormes de verdure. Le second les submergeait sous une masse d’eau qui apportait des limons produits par l’érosion des montagnes voisines. La matière végétale fut comprimée par les limons, qui devenaient des argiles, et par les sables, qui se transformaient en grès. Cette végétation comprimée, c’est le charbon, mais un grand nombre de feuilles et de graines furent entourées de sédiments et leurs empreintes dans l’argile, dans le grès, ou dans les concrétions nous renseignent admirablement sur la nature de la végétation qui prévalait en ces temps reculés.
- Ce sont principalement les plantes fossiles de Mazon Creek qui ont servi de modèles pour la reproduction du musée Field. Cette forêt artificielle présente à nos yeux un paysage qui peut avoir existé au bord d’une lagune à la place même où coule maintenant le Mazon Creek. On n’a, comme de juste, pas manqué de consulter la littérature paléophytologique sur la question, notamment les traités et études d’Adolphe Brongniart, de Zeiller, de Grand’Eury, de Renault, de Potonié, de Lesquereux, de Charles-Eugène, de Paul Bertrand, et de beaucoup d’autres savants.
- La reproduction mesure 8 m de large sur 4 1/2 de profondeur et 6 de hauteur. Les plantes sont reproduites
- Fig. 2. — Une libellule de grandes dimensions volant parmi les plantes. A droite on peut voir quelques prêles gigantesques.
- en grandeur naturelle. Le tout est protégé par une vitre énorme contre la poussière et la fumée de Chicago. Les plantes et animaux sont exécutés avec un soin et une perfection technique sans pareils. Les feuilles sont faites de celluloïd et les troncs d’une masse plastique très dure, renforcée par une armature de fer. Il a fallu le labeur de cinq ou six personnes pendant plusieurs années pour préparer ces milliers de feuilles dans quelques centaines de moules.
- On peut voir des reproductions de paysages géologiques dans les musées d’histoire naturelle d’Europe et d’Amérique. Mais nulle part elles n’ont sans doute été préparées avec un tel respect du détail scientifique que celles de Chicago. Les préparateurs ont étudié la forme de toutes les feuilles simples ou composées, de chaque graine, de chaque insecte ou quadrupède dont on jaouvait tirer parti dans les collections des universités, des musées et dans la littérature paléobotanique. Les détails, on les trouvait en assez grand nombre, mais les parties complètes d’arbres étaient rares, car on n’a presque jamais exhumé une plante entière. Il fallait donc recourir dans une certaine mesure à l’imagination, secondée par une comparaison des plantes fossiles avec leur descendance vivante.
- Pour reproduire les feuilles des arbres, on fabriqua une certaine quantité de moules en acier. Le celluloïd fut amolli dans l’eau chaude et comprimé dans les moules. Après avoir été découpées dans la forme convenable,
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- les feuilles furent attachées aux tiges, elles-mêmes faites de fils métalliques, de cire et de fibres. La peinture des feuilles en couleur verte fut exécutée selon un procédé spécial; quant aux tiges, elles furent peintes à la main. Pour faire l’écorce des arbres, on prit un morceau d’écorce fossile et on en fit un cliché. Celui-ci fut reproduit autant de fois qu’il fallait pour obtenir le nombre de pièces nécessaires à la construction d’un moule pour le tronc entier. De la sorte les troncs artificiels ne sont pas autre chose que les clichés de troncs naturels. Pour reproduire les quadrupèdes qui se voient dans le tableau, on s’est référé aux squelettes trouvés dans les rochers. Les insectes ont été moulés en celluloïd et en verre avec une telle exactitude qu’on croit avoir devant soi des organismes vivants.
- Quand on s’approche de cette reproduction, on se croirait en face d’un paysage tropical contemporain. Cependant cette forêt existait il y a quelques centaines
- Si dans cette « Forêt carbonifère » les types généraux des plantes ont pour l’amateur de botanique simplement l’apparence d’une foré ttropicale, ils sont autre chose pour le savant, qui constate l’absence des fleurs. En cet âge lointain, ce sont les cryptogames qui dominaient, si l’on fait abstraction d’un nombre limité de gymnospermes. Mais les fougères proprement dites, les fougères à graines, — maintenant éteintes, — les prêles ou queues de cheval, les lycopodes aux proportions énormes, fabuleuses, tels que l’imagination même d’un Jules Verne ne pouvait les concevoir, sont là, sous nos yeux. Parmi eux croissaient les cordaïtées, gymnospermes primitives, voisines des conifères. Elles portaient des feuilles groupées en bouquet à l’extrémité des rameaux. Simples, elles ressemblaient à des aiguilles gigantesques. Le taillis se composait de petites fougères, de lycopodes minces, et de sphénophyllées. Celles-ci forment un groupe, complètement disparu, de petites plantes
- De gauche à droite : Fig. 3. — Écorce d'un Lycopode du genre Sigillaria. Fig. 4.— Écorce d’un Lycopode du genre Lepidodendron. Fig. 5. —- Concrèlion de Mazon Creek avec la feuille d’une Fougère-à-graine Neuropteris.
- Fig. 6. — Quelques graines de fougère-à-graine trouvées dans le grès.
- de millions d’années. Les plantes de cette époque si éloignée vivaient comme celles de notre temps. Elles formaient des verdures, des forêts et des groupes herbacés. Elles possédaient probablement des feuilles vertes, des tiges brunes, des fruits jaunes, bleus ou rouges comme maintenant. L’évolution des plantes avait parcouru plus d’un milliard d’années avant l’époque carbonifère. Il s’est en effet écoulé un temps considérable entre les plantes unicellulaires par quoi le règne végétal commença et les forêts d’arbres gigantesques qui devinrent dépôts de houille.
- Pour exécuter cette reproduction en grandeur naturelle, on rencontra nombre de difficultés. On ne pouvait représenter que les parties inférieures des troncs, quelques branches d’arbre complètes sans compter les petites plantes et les herbes. Cela en raison des trois dimensions du tableau. Dans la peinture de l’arrière-plan on peut voir les grands arbres d’alors dans les proportions de la perspective. En réalité, ils atteignaient 30 ou 40 m.
- à tiges cannelées, portant des verticilles de feuilles rétrécies à la base, en forme de coin.
- C’était un paysage monotone à cause de l’absence de toute floraison. Nul chant d’oiseau, nul cri de mammifère petit ou grand. La vie animale terrestre était représentée par de petits amphibies que l’humidité de la terre rendait possibles. Dans l’air volaient des libellules gigantesques, et sur la terre déambulaient des blattes de 15 à 20 cm de longueur...
- La reproduction du musée Field est aussi exacte que la recherche scientifique l’a permis, mais il est à notre savoir des bornes que nulle recherche ne peut encore franchir. Le monde fossile nous dévoile la forme d’un organisme du passé, mais non pas sa couleur. Celle-ci a dû dépendre plus ou moins de notre fantaisie, qu’ont bridée les considérations scientifiques basées sur les analogies avec les plantes de notre temps.
- Adolphe-Charles Noé.
- Professeur à l’Université de Chicago
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- LE JOUEUR D’ÉCHECS
- On annonce que l’année prochaine, au mois de janvier, la ville de Presbourg va fêter le deuxième centenaire de la naissance de l’inventeur hongrois de Kempelen.
- Ses inventions sont peu connues et son fameux automate, le Joueur d’échecs, qui a été l’occasion de discussions et de polémiques, n’était pas un automate ainsi qu’on l’a longtemps cru. C’était une pièce d’illusion adroitement truquée et dont l’histoire est un véritable roman.
- et aussi de faire sortir de Russie le pauvre mutilé, en le dissimulant dans un simili-mécanisme. Le truc réussit parfaitement et de ville en ville, de Kempelen approchait de la frontière, lorsque la Grande Catherine, passionnée des échecs, fit parvenir l’ordre de lui amener le curieux automate. De Kempelen obéit et fut assez heureux pour écarter une proposition d’achat de l’extraordinaire automate, faite d’une façon assez impérative par la toute-puissante souveraine.
- s.
- Fig. 1. — Lfi joueur d’échecs, vu par derrière avant le jeu.
- Wolfgang, baron de Kempelen, né à Presbourg, en 1734, conseiller aulique a la Cour de Vienne, souvent adversaire de Marie-Thérèse aux échecs, avait eu l’idée de construire un automate, une machine capable de placer et déplacer les pièces, mais sans trop approfondir la question. En 1769, il eut l’occasion de se rendre en Russie chez un ami; là, il rencontra un officier polonais, nommé Woronsky, amputé des deux jambes à la suite d’une révolte contre les Russes et qui cherchait à gagner la frontière.
- Woronsky était de première force aux échecs et de Kempelen vit le moyen de donner la vie à la machine qu’il avait projetée,
- Le deux compères reprirent la route du départ et réussirent à quitter la Russie.
- On retrouve l’automate en 1784 à Paris, puis à Londres, présenté par un nommé Anthon à qui de Kempelen l’avait cédé. Sans doute que Woronsky, forcé de gagner sa vie, avait suivi l’appareil, car le succès continuait. Enfin un mécanicien nommé Maelzel (frère de l’inventeur du métronome) l’acheta et le présenta en Amérique, où il eut peu de succès : Woronsky était remplacé par un joueur beaucoup moins fort, nommé Mouret. L’automate revint à Paris où il fut examiné par Robert-Houdin en 1844. Il repartit en Amé-
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- rique et termina sa carrière à Philadelphie, où il fut brûlé dans un incendie le 5 juillet 1854.
- Voyons maintenant ce qu’était exactement ce prétendu automate :
- Les deux figures reproduites ci-contre le représentent très •exactement, car elles ont été dessinées par de Kempelen lui-même pour illustrer un volume descriptif aujourd’hui très rare, signé C. de Mechel, membre de l’Académie impériale et royale de Vienne, et paru en 1783.
- L’appareil consistait en un meuble de 1 m 20 de long,
- le meuble lui-même était divisé en deux parties inégales par une cloison; on ouvrait les deux portes et l’on voyait à la fois les deux parties intérieures du meuble : celle de gauche, la plus petite, était complètement remplie par un mécanisme compliqué de bielles de rouages, de cylindres, etc. ; le plus grand espace à droite était à peu près vide et ne contenait qu’un assemblage restreint de poids, tirages, contrepoids, etc.
- Le meuble tournait sur ses roulettes et les vêtements du Turc étaient relevés comme dans la première figure; de plus, on ouvrait des "portes montrant que le corps de
- l'J/de K/mpe/e//. de/.'
- C/ir. a.^fcc/up txccud •' JS^Oea,
- P.G.Pû
- Piat^^yc.
- Lwfpittrwrètw fPtr<}pMt><>rfîd\^^)uew'c>/2Aecf, telyu on /e montre cma.n//eyeecyjar?emnt :
- Fig. 2. — Le joueur d’échecs, vu par devant, avant le jeu.
- 0 m 70 de large, 0 m 85 de haut, monté sur roulettes et possédant, fixé à l’arrière, un siège supportant un mannequin habillé en turc.
- Ce mannequin tenait de la main gauche une longue pipe qui lui était retirée afin que la main pût prendre les pièces : l’automate était gaucher parce que Woronsky l’était.
- Le meuble était divisé en trois parties : en bas un tiroir qui renfermait l’échiquier, un coussin sur lequel s’appuyait le bras du Turc pendant la partie et différents petits accessoires mécaniques et autres, clé de remontage, tournevis, etc.; au-dessus
- l’automate était vide, sauf quelque mécanique indispensable.
- Pendant toute cette présentation Woronsky était caché, fort mal à son aise, moitié dans la partie gauche du meuble et moitié dans le corps même de l’automate; pour masquer le bruit qu’il pouvait faire en prenant une position plus commode, de Kempelen remontait la machine à l’inutile mouvement.
- Telle est l’histoire vraie et la description exacte du prétendu automate qui relève plutôt de la prestidigitation que de la mécanique.
- Le prestidigitateur Alber.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CELESTE EN JANVIER 1934 (‘)
- En janvier, le 30, il se produira une petite éclipse de Lune, visible à Paris. Elle sera peu importante et se présente en d’assez mauvaises conditions d’observation (voir plus loin).
- A signaler le plus grand éclat de Vénus, le 5 janvier, puis la série habituelle des conjonctions, occultations; la visibilité de la lumière zodiacale; de la lumière cendrée de la Lune; et les phénomènes, très nombreux, du système des satellites de Jupiter.
- 1. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en janvier, passe de 23°3' le !<* à — 17°30' le 31. De ce fait, la trajectoire apparente du Soleil sur le ciel augmente chaque jour et par suite la présence de l’astre du jour sur notre horizon va en augmentant. Le 1er janvier, en effet, la durée du jour sera de 8“16“. Elle atteindra 9“18m, le 31, soit une augmentation de plus de une heure.
- Les 14 et 15 janvier, le centre du Soleil passera au méridien presque à midi. Il y a coïncidence entre le temps vrai et le temps moyen.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire à l’heure exacte de passage du centre du Soleil au méridien de Paris.
- Date.
- Heure du passage.
- J anvier J er 11“ 54“ 7B
- — 3 11 55 3
- — 5 11 55 58
- — 7 11 56 51
- — 9 11 59 42
- —: 11 11 58 31
- — 13 11 59 18
- — 15 12 0 3
- — 17 12 0 44
- — 19 12 1 23
- — 21 12 1 59
- •— 23 12 2 32
- — 25 12 3 1
- — 27 12 3 27
- — 29 12 3 50
- — 31 12 5 10
- vation directe montre mieux les petits détails; l’observation par projection permet une mise en place facile des taches et des facules, il suffit de suivre sur l’écran les contours de l’image avec une pointe fine; par exemple un crayon.
- Lumière zodiacale-, lueur antisolaire. — La lumière zodiacale devient bien visible le soir, dès la disparition des dernières lueurs du jour et, naturellement, loin de toute lumière artificielle.
- On pourra la rechercher au Sud-Ouest, du 10 au 17 janvier, période pendant laquelle la Lune ne gênera pas.
- La lueur anhsolaire, opposée exactement au Soleil, s’élèvera à une bonne hauteur dans le ciel.
- On pourra la chercher vers minuit du 13 au 19 (période de
- nouvelle Lune), le 13, dans les Gémeaux; le 19, entre les Gémeaux et le Cancer.
- IL Lune. — Voici le tableau des phases de la Lune pendant le mois de janvier 1934.
- D. Q. le 8, à 21“ 36“ le 15, à 13“ 37“ le 22, à 11“ 50“. le 30, à 16“ 31œ.
- le
- N. L. P. Q. P. L.
- Fig. 1. — Aspect de la planète Vénus à l’époque de son plus grand éclat. {Image droite.) (Dessin de Al. Lucien Rudaux.)
- Observations physiques du Soleil. —L’observation du Soleil, avec des lunettes, même de faible puissance, est fort intéressante et elle peut être très utile : le Soleil étant parfois le siège de phénomènes de courte durée qu’il y a intérêt à observer et à photographier, on devra donc suivre le Soleil chaque jour où cela est possible, et, si on le peut, plusieurs fois par jour (voir les nos 2904 et 2906).
- Il y a deux manières d’observer le Soleil soit directement, l’œil à l’oculaire, muni, bien entendu, d’une bonnette à verre noir; ou bien par projection sur un écran que l’on oriente convenablement. (Voir à ce sujet le chapitre consacré au « Soleil » dans Y Annuaire astronomique Flammarion.) L’obser-
- 1. Toutes les heures figurant dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0 h à 24 h à partir deO h (minuit). Le temps universel est le temps légal en France, c’est aussi le temps de Greenwich.
- Age de la Lune, le 1er janvier, à 0“ (T. U.) = 14',9; le 16 janvier = 01,4. Ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 16 pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, à 0“.
- Plus grande déclinaison de la Lune en janvier le 13, à 12“ =— 27°37'; le 26, àl8“ = + 27°39'.
- On remarquera la grande hauteur de la Lune lors de son passage au méridien, de 21“ à 23“, les 26, 27 et 28 janvier. Cètte grande élévation de la Lune dans le ciel sera encore bien plus sensible dans le Midi de la France. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 15 janvier, à 1“. Parallaxe =Ç>1'23". Distance = 359 180 1cm.
- Apogée de la Lune ( plus grande distance à la Terre), le 17 janvier, à 19“. Parallaxe = 54 0'. Distance = 406 070 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3 janvier, occultation de o Cancer (4“,2) : Immersion à 6"31“,0; émersion à 6“44m,5.
- Intéressant phénomène à observer, dans la clarté naissante du jour. L’étoile disparaîtra très peu de temps à Paris (pendant environ 13 minutes). A Uccle-Bruxelles, l’occultation durera de 6“21m à 6“48, soit pendant 27 minutes. Il sera intéressant de déterminer par l’observation les lieux pour lesquels l’étoile frôlera le bord lunaire, vraisemblablement dans le Midi de la France.
- Le 3 janvier, occultation de 227 B. Cancer (6“,4) : Immersion à 6“31m,0; émersion à 6“44m,5.
- Le 5 janvier, occultation de A Lion (4m,6) ; Emersion à 0“29m.
- Le 22 janvier, occultation de 47 Bélier (6“,5) : Immersion à 17*56“,0.
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- Lumière cendrée de la Lune. — A observer du 17 au 20 janvier.
- Eclipse partielle de Lune. — Une petite éclipse partielle de Lune se produira le 30 janvier, ce sera la seule visible en France en 1934, sur les quatre éclipses (deux de Lune et deux de Soleil) de l’année.
- Le diamètre de la Lune étant pris pour unité, la grandeur de cette éclipse sera de 0,117, c’est dire que la Lune ne pénétrera par le cône d’ombre de la Terre que du huitième environ de son
- diamètre. Voici les diverses phases :
- Entrée de la Lune dans la pénombre . . 14h 8m
- Entrée dans l’ombre.......................16u 1“
- Lever de la Lune à Paris..................16» 37“
- Coucher du Soleil à Paris.................16» 42“
- Milieu de l’éclipse.......................16» 42“
- Sortie de l’ombre.........................17» 24“
- Sortie de la pénombre.....................19“ 16“
- Le crépuscule astronomique finissant, ce jour-là, à 18h 33“, on voit donc que toutes les phases se dérouleront dans le jour ou dans le crépuscule. En résumé curieux phénomène céleste, mais se présentant en de mauvaises conditions de visibilité.
- Marées. —- Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la nouvelle Lune du 15. Leur coefficient atteindra 102 centièmes aux deux marées du 17 janvier.
- Au moment de la pleine Lune du 30, l’amplitude des marées sera beaucoup plus faible et leur coefficient ne dépassera pas 85 centièmes.
- III. Planètes. —- Le tableau suivant, qui a été dressé à l’aide des renseignements contenus dans l’Annuaire astronomique Flammarion, renferme les données les plus importantes pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de janvier 1934.
- va atteindre son plus grand éclat le 5 janvier. Voici la phase et la magnitude de Vénus :
- Fraction
- illuminée
- Date. du disque. Diamètre. Magnitude
- Janvier lor 0,258 41 ”,40 — 4,4
- — 6 0,215 44 86 — 4,4
- — 11 0,169 48 58 — 4,3
- — 16 0,123 52 44 — 4,2
- — 21 0,079 56 20 — 4,0
- — 26 0,042 59 36 — 3,8
- — 31 0,017 61 46 — 3,4
- Mars, que l’on peut encore voir le soir, au crépuscule, est pratiquement inobservable.
- Jupiter va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil, le 13 janvier, à 2». Il est bien visible à présent dans la seconde partie de la nuit, se levant autour de minuit.
- Nous donnons à la page suivante la liste des phénomènes fort curieux auxquels donnent lieu les satellites dans leur révolution autour de Jupiter.
- Saturne va se trouver en conjonction avec le Soleil, le 8 février. Il est inobservable ce mois-ci. Voici toutefois les éléments de l’anneau, à la date du 13 janvier :
- Grand axe extérieur................ 34",85
- Petit axe extérieur................. -f- 9"42
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau................. -f- 15°,68
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan
- de l’anneau...................... -f- 14°,81
- Uranus est encore bien visible dans la constellation des Poissons. Il va se trouver en quadrature orientale avec le Soleil le 14 janvier, à 9».
- VISIBILITÉ
- ASTRE Dates : Janvier. Lever à Paris.
- 6 7“ 46“
- Soleil . . . 16 7 41
- ( 26 7 32
- 6 7 23
- Mercure . . 16 7 47
- 26 7 58
- 6 9 24
- Vénus . . . 16 8 34
- 26 7 35
- 6 9 3
- Mars. . . . 16 8 43
- 26 8 22
- Jupiter. . . 16 0 8
- Saturne . . 16 8 43
- Uranus. . . 16 10 54
- Neptune . . 16 20 28
- Passage au Méridien de Paris (‘) Coucher à Paris. Ascen- sion droite.
- llh 56“ 25* 16» 7“ 19» 7“
- 12 0 24 16 20 19 51
- 12 3 15 16 35 20 33
- 11 21 15 20 18 29
- 11 52 15 57 19 39
- 12 24 16 49 20 50
- 14 25 19 26 21 36
- 13 48 19 3 21 39
- 12 56 18 18 21 27
- 13 29 17 56 20 39
- 13 22 18 1 21 11
- 13 14 18 5 21 42
- 5 36 11 4 13 25
- 13 25 18 6 21 15
- 17 37 0 19 1 28
- 3 7 9 45 10 55
- Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- — 22°33' 3235",0 Sagittaire
- — 21 1 32 34 ,0 Sagittaire
- — 18 49 32 32 ,2 Capricorne
- — 24 29 4,8 A Sagittaire
- — 23 26 4,6 Sagittaire
- — 19 54 4,8 Capricorne
- — 13 4 44,8 Capricorne
- — 10 24 52,4 Verseau
- — 8 48 59,4 P Verseau
- — 19 39 4,2 Capricorne
- — 17 27 4,2 Capricorne
- — 14 57 4,0 o Capricorne
- — 7 29 34,6 a Vierge
- — 16 57 13,8 i Capricorne
- + 8 37 .3,4 Poissons
- + 7 51 2,4 y Lion
- ! Inobservable, en conjonction avec le soleil le 20
- )
- Le soir, plus grand éclat le 5
- A peine visible à l’arrivée de la nuit.
- Seconde partie de la nuit. Inobservable.
- Première partie de la nuit, Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera inobservable ce mois-ci; il se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil le 20 janvier à 3».
- Vénus, qui est visible le soir, après le coucher du Soleil,
- Pour voir Uranus, une jumelle suffit. Des observateurs doués d’une bonne vue ont même réussi à le suivre à l’œil nu. Mais il faut pour cela une vue exceptionnelle. Avec une bonne
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- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter.
- Date. Janv. Heure Satel- lite. Phéno- mène. Date. Janv. Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 4h23m I O. c. 16 5 27 I Ec.
- 1 5 35 1 P. c. 16 6h32m II Em.
- 1 6 35 I O. f. 17 2 38 I O. c.
- 2 1 20 II Em. 17 3 52 I P. c.
- 2 1 41 I E. c. 17 4 50 I O. f.
- 2 5 5 I Em. 17 6 3 I P. f.
- 3 2 15 I P. f. 18 1 18 II P. f.
- 3 5 32 III E. c. 18 3 19 I Em.
- 7 2 50 III P. f, 19 0 30 I P. f.
- 7 4 41 II O. c. 21 3 30 III O. c.
- 7 7 7 II P. c. 21 5 57 III O. f.
- 7 7 9 11 O. f. 23 4 10 II E. c.
- 8 6 17 I O. c. 23 6 40 II E. f.
- 8 7 30 I P. c. 23 6 42 II Im.
- 9 1 29 II E. f. 24 4 32 I O. c.
- 9 1 31 II Im. 24 5 44 I P. c.
- 9 3 34 I E. c. 24 6 44 I O. f.
- 9 3 57 II Em. 25 0 34 III Em.
- 9 5 58 I Em. 25 1 28 II P. c.
- 10 1 59 I P. .c. 25 1 30 II O. f.
- 10 2 57 I O. f. 25 1 48 I E. c.
- 10 4 9 I P. f. 25 3 48 II P. f.
- 11 1 27 1 Em. 25 5 11 I Em.
- 14 2 1 III O. f. 26 0 12 I P. c.
- 14 4 40 III P. c. 26 1 12 I O. f.
- 14 6 46 III P. f. 26 2 22 I P. f.
- 14 7 14 II O. c. 30 6 46 II E. c.
- 16 1 34 II E. c. 31 6 25 I O. c.
- 16 4 4 II E. f. 31 23 51 III E. f.
- 16 4 8 II Im.
- lunette, Uranus montre un petit disque, un peu aplati, bleuâtre, de 4" de diamètre.
- On pourra rechercher Uranus en janvier (en s’aidant de la
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions.
- 5h, Neptune en conjonction avec la Lune, à 3°15' N.
- à 6°30' N. à 0°37' N. à 0°49' S.
- Le 6, à Le 9, à 9\ Jupiter Le 15, à 8\ Mercure Le 16, à 23\ Mars Le 17, à 0h, Saturne Le 17, à 10\ Vénus Le 17, à 18\ Mars Le 22, à 0\ Uranus Le 23, à 0\ Vénus Le 28, à 21“, Vénus Le 30, à 2h, Mercure Le 30, à 15h, Mercure
- à 0°43' S. à 3°43' N. avec Saturne, à 0° 9' S. avec la Lune, à 5°48' S. avec Mars, à 6°36' N. avec Saturne, à 7°53' N. avec Vénus, à 9° 8' S. avec Saturne, à 0°58' S.
- Etoile Polaire; Teinps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris.
- [Heure Temps sidéral
- Dates. Passage. du passage (T. U.) à 0» (T. U.) (‘
- Janvier 6 Supérieur 18h 27m 128 6h 59m 328
- — 16 — 17 47 44 7 38 58
- — 26 — 17 8 16 3 18 23
- Étoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile Algol (fi Per-sée), variable, de 2m,2 à 3m,5 en 2h20“488;. ces minima sont visibles à l’œil nu, le 5 janvier, à 2h46m; le 7, à 23h35m; le 10, à 20“24m; le 28, à lh20“; le 30, à 22h9“.
- Minima d’éclat de [3 Lyre, variable de 3m,4 à 4“,3 en 12“21“506 les 8, 6 et 21, 5 janvier.
- Le 30 janvier, maximum d’éclat de o Baleine (Mira Ceti), variable de 2m,0 à 0m,6 en 329 jours.
- Le 14 janvier, maximum d’éclat de U Orion, variable de 5m,4, à 12m,2 en 383 jours.
- Le 19 janvier, maximum d’éclat de R Cygne, variable de 5°,6 à 14m,4 en 428 jours.
- On remarquera la très grande variation d’éclat de ces trois dernières étoiles du minimum au maximum.
- Étoiles filantes. — L’essaim de météores le plus important du mois de janvier est celui des Bootides, qui donne du 2 au 3 des étoiles fdantes rapides, à longues trajectoires. Le radiant est voisin de [3 Bouvier.
- Voici la liste des essaims donnant des météores en janvier :
- petite carte publiée au n° 2906), aux positions ci-après, dans le quadrilatère très allongé, formé par les étoiles o, n, Ç et 88 des Poissons :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Janvier 6 lh 28“ + 8°35' 3", 4
- — 16 1 28 + 8 37 3,4
- — 26 1 28 + 8 41 3,4
- Époque. Ascension à droite. Déclinaison Étoile voisine.
- Janvier 2 119° + 16° Ç Ecrevisse
- — 2 au 3 232° + 49° [3 Bouvier
- — 4 au 11 180° + 35° N Chevelure
- — 18 232° + 36° £ Couronne
- — 28 236° + 25° a Couronne
- — (mois ) 205° + 44° 63 Cocher
- Uranus sera stationnaire le 2 janvier à 1“.
- Neptune est maintenant visible presque toute la nuit. Il faut déjà une bonne petite lunette, pour l’observer, car il apparaît avec l’éclat d’une étoile de 8e à 9° magnitude. Cependant on serait parfois arrivé à le voir avec une simple jumelle. En tout cas nous ne conseillons pas de le rechercher avec un tel instrument. Voici quelques positions de Neptune en jan-
- vier : Diamètre
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. apparent.
- J anvier 6 10“ 56“ + 7°48' 2",4
- — 16 10 55 + 7 51 2,4
- — 26 10 55 + 7 56 2,4
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er janvier à 21h30m ou le 15 janvier à 20“ 30m est le suivant :
- Au Zénith : Persée (Algol); le Cocher; Andromède.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Dragon. A l’Est : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est : La Grande Ourse.
- Au Sud: Orion; le Taureau (les Pléiades); le Bélier.
- Au Sud-Est : Le Grand Chien (Sirius).
- A l’Ouest : Les Poissons ; Pégase ; la Baleine.
- Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- == L’AUTOMOBILE PRATIQUE ^
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES ET PRATIQUES CONSEILS PRATIQUES
- LES NOUVEAUTÉS TECHNIQUES DU XXVIIe SALON DE L’AUTOMOBILE
- Malgré la crise, l’industrie automobile demeure active en France. Les prix élevés de la main-d’œuvre, le poids des impôts n’empêchent pas nos constructeurs de réaliser des nouveaux modèles à des prix suffisamment attrayants pour tenter la clientèle étrangère, et l’exportation des automobiles demeure encore relativement favorisée par rapport à celle des autres produits de luxe nationaux.
- Ce résultat n’a pu être acquis qu’en diminuant au minimum les prix de revient, grâce à un outillage de plus en plus perfectionné, à une fabrication en série de plus en plus étudiée. Il est d’autant plus remarquable que la diminution du prix de vente a été accompagnée par une amélioration constante des châssis et de la carrosserie.
- Au point de vue technique, à part quelques rares exceptions,
- Fig. 1. — Une voiture 1934, à carrosserie aérodynamique, la berline 301 Peugeot.
- Les ailes avant descendent très bas, les ailes arrière sont fuyantes; l’avant et l’arrière de la caisse ont des lignes soigneusement profdées; la malle et les roues de secours sont contenus dans « l’œuf » arrière. Malgré les formes originales de la caisse, le confort des passagers demeure assuré, et un toit coulissant augmente les agréments de la carrosserie durant l’été.
- on a pu examiner au Salon de cette année, des nouveautés vraiment sensationnelles. Les améliorations techniques sont de plus en plus déterminées par les conditions générales d’utilisation et les goûts de la clientèle, tout autant que par des données théoriques.
- LES CARROSSERIES
- Les lignes des carrosseries ont été spécialement améliorées. Elles se sont modifiées, de même que celles du capot, de l’auvent de radiateur et des ailes. Nous voyons se préciser de plus en plus l’évolution remarquée déjà l’an dernier.
- Les lignes rigides, les angles droits, disparaissent pour laisser place à des surfaces obliques, à des lignes fuyantes, étudiées non seulement de manière à présenter un aspect aussi esthétique que possible, mais également à offrir une résistance très réduite à l’avancement dans l’air.
- Le salon de 1933 est ainsi lé Salon de la carrosserie aérodyna-
- mique. A vrai dire, tous les principes modernes de la technique aérodynamique, appliqués sur les avions et les dirigeables, ne peuvent être adoptés sur les automobiles, car il faut tenir compte des nécessités pratiques de la construction de la carrosserie. Les voyageurs doivent disposer d’un emplacement suffisant et d’une aération agréable; néanmoins, de grands progrès ont été certainement obtenus.
- Certains modèles aux ailes descendant très bas afin d’éviter les remous, au capot soigneusement profilé, à la caisse bien dessinée avec malle arrière enfermée complètement dans la partie postérieure, toit coulissant, etc..., forment des ensembles qui surprennent peut-être un peu l’automobiliste d’autrefois, mais très modernes, très élégants et permettant sans doute d’obtenir à la fois une économie appréciable et un gain de vitesse moyenne très net à égalité de puissance (fig. 1).
- Cependant, il ne faut rien exagérer. La carrosserie aérodynamique est à la mode et nos constructeurs ont su établir sur ce principe des modèles élégants et confortables. Mais au point de vue technique, une carrosserie de ce genre n’oll're des avantages réels que si elle a vraiment été dessinée suivant les véritables principes aérodynamiques. Il ne suffit pas que son pare-brise soit incliné et ses ailes un peu plus basses pour qu’elle mérite ce nom!
- D’autre part, l’avantage très net que peut offrir l’emploi d’une carrosserie aérodynamique ne se manifeste qu’aux grandes vitesses, au delà de 70 à 80 kilomètres à l’heure, par exemple. Il est donc assez inutile pratiquement, de placer une carrosserie aérodynamique sur une 5 ch de promenade, ou même sur une 8 ch familiale, de même qu’il est un peu ridicule d’utiliser une carrosserie aérodynamique, même montée sur une voiture de forte puissance, uniquement pour circuler dans une ville !
- En mettant à part quelques originalités discutables, les constructeurs d’automobiles de série, qui désormais la plupart du temps établissent eux-mêmes leurs carrosseries, ont su réaliser des modèles spacieux et confortables vraiment étudiés pour donner toute satisfaction aux usagers. Ils contiennent de nombreux détails pratiques et utiles, bien propres à tenter l’acheteur le plus difficile : sièges coulissants et bien suspendus, planche de bord élégante, à nouvelle disposition des cadrans à lecture facile, systèmes d’aération perfectionnés, dispositifs d’isolement thermique entre le moteur et la carrosserie, etc....
- Notons également la qualité et les progrès des accessoires livrés avec les voitures de série. Les essuie-glaces, avertisseurs, phares, lanternes, sont nettement améliorés, tant comme forme que comme disposition. La malle métallique devient de jdus en plus pratique, quand elle n’est pas complètement enfermée dans la carrosserie; la roue de secours est protégée par une gaine métallique d’un heureux aspect, les avertisseurs sont puissants et sûrs; les pare-chocs élégants et robustes, etc....
- Au point de vue technique, plus particulièrement, les améliorations reçues par le moteur et le châssis concernent spécialement la recherche de l’économie, du confort et de l’automatisme des commandes.
- LE MOTEUR
- Le moteur actuel de la majorité des châssis doit être simple, de prix de revient réduit, de puissance nominale faible, économique, et pourtant de très bon rendement.
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- C’est donc presque toujours un moteur à 4 cylindres, à soupapes de côté et à grande vitesse de rotation, à compression assez forte. Nous avions, il y a quelques années encore, des moteurs dont le régime moyen était environ de 2700 tours à la minute, et la compression de 4 kg 500. A l’heure actuelle, nous avons des moteurs dont la vitesse de régime n’est pas inférieure à 3500 tours et la compression à 5 kg 500. Ce sont donc des moteurs « poussés », mais leur course est généralement assez faible.
- Grâce aux progrès de la technique, la vitesse de rotation plus grande n’est pas accompagnée par une usure plus rapide, et seul l’avantage de l’augmentation de puissance entre en ligne de compte. D’ailleurs, ces moteurs à grande vitesse de régime sont mieux équilibrés, et les systèmes de suspension élastique permettent d’empêcher la propagation des vibrations à la carrosserie, et par là aux passagers.
- On a prétendu que ce retour vers les moteurs de petite cylindrée à grande vitesse de rotation était déterminé avant tout par le système d’impôts en vigueur en France. Nous savons, en effet, que l’impôt de circulation est calculé uniquement d’après la cylindrée, et non d’après la vitesse de régime. Il est question, de remplacer l’impôt de circulation actuel par un impôt de consommation. Ce changement sera-t-il de nature à ramener en faveur le moteur à forte cylindrée, à vitesse de régime réduite ? Cela n’est pas sûr. Un moteur de forte puissance et relativement lent consomme beaucoup d’essence, et il est malheureusement probable que le prix de l’essence sera encore augmenté, s’il faut faire état d’une taxe supplémentaire. D’ailleurs, ne voyons-nous pas, dès maintenant, sur les voitures de luxe de prix assez élevé, des moteurs à grande vitesse de régime ?
- LES ROUES INDÉPENDANTES
- L’adoption des systèmes à roues avant indépendantes, et même à quatre roues indépendantes, de même que l’adoption de la traction par roues avant, est de nature à augmenter à la fois le confort et la sécurité des passagers.
- L’emploi des roues avant indépendantes, déjà en application l’an dernier sur les voitures Peugeot, s’est généralisé dans d’assez grandes proportions au Salon de cette année. 11 est vrai que c’est une solution qui paraît présenter beaucoup d’avantages, et qui n’est pas très difficile à appliquer au point de vue mécanique. Elle rend la suspension plus agréable, augmente la précision de la direction, et par là même la sécurité.
- Un seul constructeur français, la maison Mathis, a exposé cette année, un châssis à quatre roues indépendantes. Le châssis dit « Quadruflex » sur lequel ce procédé est appliqué comporte, en outre, des caractéristiques mécaniques très originales et, en particulier, ne comporte pas de ressorts ordinaires à lames.
- La figure 2 montre comment le système d’essieu avant est réalisé.
- Les cahots de la route, en soulevant les roues, donnent aux leviers D et E des mouvements de bas en haut autour d’axes X et Y.
- Le levier inférieur D, qui tourne autour de l’axe Y, soumet à une torsion une barre M. C’est l’élasticité de cette barre qui permet de réaliser la suspension.
- Les mouvements de la roue sont amortis par un système hydraulique mis en action par l’intermédiaire du levier supérieur. E. Lorsque ce levier se déplace vers le haut, c’est-à-dire lorsque la roue monte, un piston F descend, et tend à comprimer l’huile qui se trouve dans la chambre inférieure d’un cylindre G.
- L’huile sous le piston passe à la chambre supérieure par des
- D E F G H I KL M
- Fig. 2. •— Disposition de l’essieu avant du châssis Quadruflex-Mathis.
- orifices ménagés dans le piston, et c’est la vitesse de passage de l’huile d’une chambre à l’autre, qui règle la valeur de l’amortissement. Les deux roues avant sont complètement indépendantes.
- A l’arrière, la suspension de l’essieu est également obtenue à l’aide de deux tiges cylindriques de torsion A en acier à ressorts (hg. 3). A l’avant, ces tiges sont immobilisées dans une traverse fixe B solidaire du châssis au moyen de cannelures C. A l’autre extrémité, chaque barre est emmanchée également au moyen de cannelures dans une fourche D d’une trompette solidaire d’une roue.
- Lorsque la roue passe sur un obstacle, elle se soulève et détermine une torsion sur une barre ressort A. Celle-ci, par son élasticité, ramène la roue dans sa position primitive, ce qui réalise la suspension. Grâce à un dispositif de réglage on peut faire varier la tension de la barre suivant le poids de la voiture.
- Ce système de suspension n’exige, en principe, aucun entretien, et supprime les jumelles de ressort, les boulons graisseurs, les axes, les brides de ressort, etc.... Il est donc extrêmement original, et un avenir prochain nous renseignera sur ses qualités pratiques.
- La voiture 10 ch super-traction Rosengart, comporte non seulement quatre roues indépendantes, mais encore des roues tractrices avant, et une carrosserie tout acier formant en même temps châssis-caisson surbaissé.
- Le schéma de la figure 4 indique comment sont disposés les différents organes dans ce modèle très original. Le moteur, la boîte de vitesses, à quatre vitesses dont trois silencieuses, et le bloc de traction avant forment un ensemble relativement réduit disposé à l’avant de la voiture, et suspendu élastique-ment. La direction est à double commande, le changement de vitesse est contrôlé par une manette placée sur le volant de direction.
- Grâce à l’emploi des quatre roues indépendantes, et du système de traction avant, une telle voiture présente des qualités
- Fig. 3. — Les roues arrière indépendantes du châssis Quadruflex-Malhis.
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- Fig. 4. —Disposition schématique de la voiture « Supertraction » Rosengart.
- 1, Châssis caisson surbaissé; 2, Traction avant; 3, Roues AV indépendantes; 4, Roues arrière indépendantes; 5, Direction à double commande; 6, Suspension élastique du bloc moteur; 7, Boîte de vitesses dont 3 silencieuses; 8, amortisseurs hydrauliques à double effet réglables; 9, Suspension des ressorts arrière du bloc caoutchouc;
- 10, Trains autoserreurs; 11, Carrosserie en acier.
- de sécurité tout à fait remarquables; en particulier, les dérapages deviennent presque impossibles.
- A côté de ces recherches techniques essentielles, il faut mentionner les perfectionnements moins importants qui ont pour but d’augmenter l’agrément et la facilité de conduite, quelquefois aussi la sécurité.
- Nous avons déjà noté, l’an dernier, les principes des systèmes de roue libre qui déterminent un débrayage automatique lorsque la vitesse d’entraînement du moteur est inférieure à la vitesse de la voiture à un moment donné. Le nombre des partisans de ce dispositif s’accroît constamment. Ses inconvénients sont, d’ailleurs, réduits, du fait que sa mise en action est toujours facultative. Les dispositifs de débrayage automatique proprement dits, plus complexes, sont également employés par quelques constructeurs sur des châssis plus spéciaux.
- FREINS ET BOITES DE VITESSES
- Les freins auto-serreurs, et même à réglage automatique, sont particulièrement précieux. Il est utile de pouvoir utiliser !a force vive même de la voiture pour déterminer le serrage des mâchoires ou des sabots de freins; il serait non moins désirable d’éviter le blocage des roues, quel que soit l’état de la chaussée, c’est-à-dire d’utiliser un dispositif compensateur faisant automatiquement varier le serrage du frein suivant l’adhérence des pneumatiques sur la chaussée. Ce résultat est obtenu dans des dispositifs récents auto-régulateurs.
- Le silence des boîtes de vitesses est désormais obtenu par l’emploi du procédé dit « Synchromesh », et qui consiste généralement à avoir des engrenages toujours en prise embrayés en quelque sorte au moment nécessaire. Quelques constructeurs vont maintenant plus loin, et ils voudraient réaliser des changements de vitesses automatiques; la manœuvre du change-
- Fig. 5. —• Coupe et aspect de Vavertisseur Cicca.
- ment de vitesse serait déterminée automatiquement simplement par la vitesse même de la voiture, sans intervention du conducteur. Ces dispositifs n’ont sans doute techniquement aucun intérêt, car un dispositif automatique, si perfectionné qu’il soit, a rarement la même sûreté et la même intelligence qu’un conducteur averti! Il faut pourtant bien avouer que l’automobiliste est de plus en plus un usager, dépourvu de toutes connaissances techniques, et que toute simplification de manœuvre est précieuse pour lui. Si de tels systèmes peuvent donc être établis sans augmenter beaucoup le prix de revient des voitures, leur faveur sera sans doute très grande. Quoi qu’il en soit, nous voyons déjà réalisés cette année des systèmes de « présélection », en quelque sorte semi-automatiques, et peut-être l’an prochain, verrons-nous vraiment le changement de vitesse automatique.
- Il y a quelques années, on songeait à supprimer complètement le changement de vitesse sous sa forme actuelle et à établir des systèmes de transmission à multiplication variable continue, soit purement mécaniques, soit hydrauliques, soit électriques, etc.... On semble s’être rendu compte désormais que le principe même du changement de vitesses à engrenages doit être maintenu, mais on atténue ses défauts en le rendant silencieux; on simplifie de plus en plus sa manœuvre, et on tend à la rendre automatique.
- UN SYSTÈME D’AVERTISSEUR SIMPLE ET PUISSANT
- Les avertisseurs électriques à plaque vibrante actionnés généralement par des moteurs, constituent les dispositifs les plus simples, toujours adoptés pour la circulation dans les villes, mais pour la circulation sur route, la vogue de l’avertisseur électrique est en décroissance.
- En effet, il est nécessaire, de plus en plus, d’utiliser sur route des systèmes sûrs, de bon fonctionnement, permettant d’obtenir un son qui ne soit pas trop désagréable et audible à grande distance. Ce résultat est obtenu à l’heure actuelle, avec des systèmes actionnés par la dépression du moteur. L’idée n’est pas nouvelle, et les vieux conducteurs se rappelleront sans doute les sifflets d’autrefois aux notes aiguës et désagréables, placés sur le tuyau d’échappement, mais la réalisation est tout à fait différente.
- Il y a déjà longtemps qu’on a eu l’idée d’utiliser la différence de pression qui existe entre la pression à l’intérieur de la tuyauterie d’admission du moteur, après le carburateur, et la pression atmosphérique extérieure, pour actionner différents accessoires. On se rappelle, d’ailleurs, que sur ce principe, on a réalisé des essuie-glaces, et même des servo-freins.
- Cette dépression varie cependant suivant la vitesse de rotation du moteur, et elle devient très faible lorsque le « papillon » d’admission du carburateur est complètement ouvert, ce qui assure une communication libre entre la tuyauterie d’admission et l’extérieur. C’est, d’ailleurs, pour cette raison qu’on a abandonné à peu près complètement à l’heure actuelle les essuie-glaces à dépression.
- Pour qu’un appareil avertisseur à dépression donne des résultats satisfaisants, il faut donc qu’il soit étudié spécialement, et muni d’un système compensateur à réservoir, séparé ou monté sur l’appareil lui-même.
- L’appareil très simple représenté sur la figure 5 comporte une chambre étanche, formée par une cloche formant réservoir de vide, et qui renferme la membrane vibrante. Une petite soupape poussée par un ressort très flexible repose sur la membrane. On peut faire varier la pression sur la rondelle et régler ainsi l’appareil.
- La rondelle vibrante est faite en tôle d’acier d’une épaisseur de l’ordre de l/10e de millimètre, et la soupape est elle-même
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- très légère; une dépression très faible suffit donc pour faire entrer l’appareil en fonctionnement. Le son obtenu, amplifié par un cornet de forme recourbée, est agréable et puissant.
- L’appareil est simplement relié au moteur par un tuyau de caoutchouc entoilé, sur le trajet duquel est disposée la pédale de commande qui agit sur une soupape, et le montage de tout le système est extrêmement rapide.
- LE MÉLANGE ESSENCE-ALCOOL ET LES SYSTÈMES DE DIFFUSION
- Nous avons déjà donné quelques indications sur les inconvénients possibles du carburant essence-alcool, et nous aurons l’occasion de revenir dans nos chroniques sur cette question importante. L’alcool est un dissolvant. Tous les joints et, en particulier, les joints de carburateur peuvent être détériorés.
- Il n’est pas inutile de rappeler que le carburant actuel peut contenir jusqu’à 20 pour 100 d’alcool industriel. Le mélange d’une quantité bien déterminée et convenablement dosée pourrait constituer des avantages qui ne sont pas niables. Le danger provient d’une séparation possible des deux produits, en deux couches nettement séparées, en haut l’essence, en bas l’alcool.
- Les inconvénients les plus graves sont à redouter en hiver et on peut craindre, en elïet, qu’en certains cas, l’alcool se rassemble au fond du réservoir, et remplisse presque seul le carburateur au moment de la mise en route. Il peut être intéressant, dans ces conditions, en attendant une modification possible du mélange officiel, d’augmenter le brassage des éléments du carburant à l’intérieur même du carburateur. Nous avons déjà décrit dans nos chroniques précédentes un système de diffuseur mécanique comportant deux petites hélices protégées tournant en sens inverse à grande vitesse, et qui se placent facilement à l’intérieur de la tubulure d’admission. Ce système dit turbo-difîuseur M.P.G., qui peut rendre de réels services dans le cas de l’essence pure, devient également utile dans le cas d’emploi forcé du mélange essence-alcool.
- UN SYSTÈME SIMPLE POUR AMÉLIORER LA SUSPENSION
- Le fonctionnement normal des ressorts de suspension ne peut être obtenu que lorsque les lames de ressort frottent les unes contre les autres, d’une manière régulière et sans être gênées, par exemple, par la rouille. On sait, d’ailleurs, combien le graissage des ressorts est une opération relativement délicate, si l’on n’effectue pas un démontage complet.
- Pourtant les frictions des lames de ressort les unes contre les autres au moment des cahots provoquent un retard dans l’absorption du choc qui est transmis, plus ou moins amorti, au châssis, à la carrosserie, et aux passagers. Plus il y a frotte-
- ment, plus les ressorts sont longs à agir et plus l’on est secoué.
- Un système qui paraît très simple, et qui permet d’améliorer le fonctionnement des ressorts, tout en supprimant les inconvénients de leur graissage, est constitué par des plaquettes métalliques, dans lesquelles sont serties un certain nombre de billes d’acier pouvant tourner librement dans leurs alvéoles.
- On insère ces plaquettes entre les lames des ressorts près de leur extrémité, et en nombre variable suivant le type de la voiture (fig. 6).
- On obtient ainsi, par un procédé exclusivement mécanique, l’équivalent de l’effet d’un graissage parfait des lames. On monte sur billes la partie des lames de ressort où le frottement est le plus intense, c’est-à-dire des extrémités.
- La suspension est ainsi plus élastique et plus souple. Les réactions sur la carrosserie et les organes du châssis sont très diminuées et la pose des plaquettes enduites préalablement de graisse consistante est très facile.
- UNE PRÉCAUTION UTILE DANS LES GARAGES
- Dans beaucoup de villas à la campagne ou même dans les villes, l’automobiliste possède désormais un garage destiné spécialement à sa voiture. La largeur de ces garages est généralement très réduite, de sorte qu’en ouvrant une porte pour sortir de la carrosserie, pour effectuer un travail quelconque, à l’intérieur, le bord de la porte risque de venir frapper le mur et de se détériorer.
- Pour éviter tout risque de ce genre, une précaution très simple consiste à fixer sur le mur à mi-hauteur de la porte, une bande de tissus épais, de feutre ou de caoutchouc, qui sert d’amortisseur (fig. 7). L. Picard.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Avertisseurs Cicca-Simplex, 26, Cité-Le-mière, Paris (19*).
- Turbo-diffuseur M. P. G., 13, rue d’Ar-menonville, à Neuilly-sur-Seine.
- Super-Suspension Margib, Sté des anciens établissements de la Mare, Gibert et Cie,
- 4 bis, rue Marius-Aufan, Paris (17°).
- Fig. 6. — P laquelle à billes pour ressorts à lames.
- Placement des plaquettes contre les lames du ressort.
- Fig. 7. — Une bonne précaution au garage.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- INSCRIPTIONS SUR VERRE D’UNE GRANDE SOLIDITÉ
- On utilise pour cela la formation de polysilicates, par combinaison des silicates alcalins du verre avec le silicate de plomb.
- La pratique du procédé est très simple puisqu’il suffit de malaxer du minium très fin (oxyde de plomb) avec la solution commerciale de silicate de soude du commerce de façon à obtenir une consistance convenable pour une application avec un pinceau fin.
- Les inscriptions peuvent durer des années et sont très tenaces; pour les enlever il faut gratter au couteau.
- Le silicate de soude seul, par ses affinités propres, peut faire adhérer au verre d’autres matières colorantes minérales telles que l’ocre, l’oxyde de manganèse, le sulfate de baryte ou son dérivé le lithopone, mais non le sulfate de chaux.
- Ces inscriptions ne résistent pas à l’eau bouillante.
- Il ne faut se servir que de minium vrai ou minium de plomb et non de minium factice comme il s’en trouve très souvent dans le commerce.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les gaz toxiques, par L. Dautrebande. 1 vol. in-8, 371 p., 125 fig. Masson et Cie, Paris, 1933. Prix : 60 fr.
- L’auteur, professeur à l’Université de Liège, étudie depuis nombre d’années, la question des gaz toxiques, qu’ils soient la rançon d’une industrie ou un moyen d’attaque guerrière. On lui doit nombre d’études sur leurs effets et sur les moyens de protection et de traitement qu’on peut leur opposer. Chargé par le service de mobilisation de la nation d’un cours aux futurs médecins belges, il a réuni dans ce volume les connaissances indispensables sur la question. La première partie rappelle les notions de physiologie nécessaires sur le besoin d’oxygène, la respiration, les troubles causés par l’irritation et la gêne respiratoire. La deuxième est consacrée à l’étude des divers gaz qu’il groupe en anoxémiants, anémiants et poisons tissulaires. La troisième décrit les moyens de détection, de protection et de traitement. Enfin, un appendice signale les séquelles des gaz de combat. C’est une étude remarquablement ordonnée et documentée d’un problème qui est un des soucis les plus angoissants de notre époque; elle intéressera donc tout le monde et servira utilement à guider aussi bien les mesures d’hygiène industrielle que l’organisation de la défense passive et de la protection des populations civiles en temps de guerre.
- Courbes relatives aux opérations du classement et du lavape des charbons, par O. Depuis et E. Evrard, 1 brochure, 44 p. avec fig. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1933.
- Les auteurs expliquent ce que sont les diverses courbes relatives aux opérations de classement et de lavage du charbon; ils en montrent l’intérêt pour la conduite rationnelle des lavoirs. Pour les déterminer expérimentalement, ils exposent une méthode nouvelle qu’ils estiment à l’abri des causes d’erreur qui affectent les méthodes usuelles
- Methods of collecting and preservinq Vertébrale A nimals, par R. M. Anderson. 1 vol. in-8, 141 p., 46 fig. Bulletin n° 69, National Muséum of Canada, Ottawa, 1932. Prix: 25 cents.
- L'auteur, chef de la division de biologie au Musée national du Canada, a écrit ce livre pour répondre aux demandes des naturalistes collecteurs et des amateurs qui veulent pouvoir rapporter de leurs voyages des animaux, leurs peaux, leurs squelettes pour les étudier ou en enrichir les musées. Tout s’y trouve, depuis les moyens de capture : chasse, pièges, poisons, jusqu’à la préparation sur le terrain et l’étiquetage. Un chapitre est consacré aux Mammifères, un autre aux Oiseaux, un autre aux Reptiles, Amphibiens et Poissons. De nombreuses figures aident aux explications qui sont toutes données fort clairement. On ne saurait trop recommander ce guide aux voyageurs curieux d’histoire naturelle.
- Faune de France.27. Tu n ici ers, per Hervé Harant et Paulette Verniêres. Fascicule 1 : Ascidies. 1 vol. in-8, 101 p., 94 fig. Lechevalier, Paris, 1933. Prix ; 35 fr.
- L’Office central de faunistique de la Fédération française des sociétés de sciences naturelles poursuit le vaste inventaire qu’il a entrepris des formes animales de notre pays. Voici le 27® volume consacré aux Ascidies solitaires et coloniales. On sait le rôle que ces animaux ont joué dans les théories de l’origine des Vertébrés, du fait de la corde dorsale qu’on observe chez les larves. Ce sont des animaux marins, souvent côtiers, dont beaucoup d’espèces s’observent sur le rivage. Leur biologie, assez mal connue, commence à intéresser les physiologistes par ses particularités : présence du vanadium, grande acidité de la tunique, etc. Selon le plan habituel de la Faune de France, on trouve ici tous les renseignements morphologiques, embryologiques, écologiques connus précédant les tableaux de détermination et la description détaillée, abondamment illustrée, des espèces.
- Embryologie et évolution, par C. R. de Beer, traduit par Jean Rostand, 1 vol. in-12, 150 p., 7 fig. Amédée Legrand, Paris, 1933. Prix : 15 fr.
- On répète couramment depuis Haeckel que les animaux supérieurs récapitulent, au long de leur développement embryonnaire, l’histoire de leur lignée : ainsi l’homme, avant de venir au jour, serait successivement ver, poisson, reptile, mammifère. Telle est la fameuse « preuve embryologique » de l’évolution, à propos de laquelle transformistes et antitransformistes ont discuté à l’envi. Le livre de l’éminent professeur oxfordien G. R. de Beer, vient mettre de l’ordre et de la clarté dans cette grave et délicate question en considérant les faits sous un jour nouveau qui distingue les temps d’apparition des variations, celles des stades jeunes comptant seules pour l’évolution. Il en résulte des points de vue fort intéressants de certains mécanismes, que M. Rostand a su mettre en valeur par une impeccable traduction.
- Méthodes physiques en biologie et en médecine,
- par P. Lecomte du Nouy. 1 vol. in-8, 194 p., 76 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Baillière et fils, Paris, 1933. Prix : 22 fr.
- Les méthodes biophysiques prennent chaque jour une plus grande place dans les laboratoires. Les manuels de techniques se multiplient aussi. Mais l’auteur qui a imaginé nombre d’appareils personnels a voulu donner aux travailleurs un petit nombre de moyens éprouvés par lui et les décrire minutieusement pour permettre le maximum de précision dans les mesures. C’est ainsi qu’après quelques chapitres sur les prises de densité, la cryoscopie, il étudie à fond les mesures de tension superficielle, de viscosité, de pH, de conductivité; cela est précédé d’une bonne étude sur le thermostat et suivi de quelques autres, plus succinctes, sur les méthodes optiques. L’ensemble forme un bon manuel que consulteront avec profit les travailleurs de laboratoire.
- L’homme des cités lacustres, par Georges Goury, 2 vol. in-8, 778 p., 319 fig., 40 pl. Augustin Picard, Paris 1932.
- M. Georges Goury décrit le Néolithique, dans son Précis d’Archéo-logie préhistorique, avec des développements plus étendus que ceux habituellement donnés à cette période lithique dans les ouvrages généraux traitant de cette science. L’auteur envisage tout d’abord le climat, la flore, la faune, l’habitat : les cités lacustres seules nous donnent une stratigraphie du Néolithique, d’où le titre de l’ouvrage et l’importance donnée au chapitre où sont étudiés ces villages.
- La classification des industries néolithiques (et particulièrement de la céramique) fait l’objet d’un examen approfondi de l’auteur, qui présente ce sujet très complexe, en utilisant beaucoup de termes que l’usage n’a pas encore consacrés. Le mésolithique sensu stricto comprendrait l’Azilien, le Sauveterrien (civilisations épipaléolithiques) et le Tardenoisien I, l’ensemble étant l’équivalent du Maglemosien. Le Néolithique proprement dit comporterait les Tardenoisiens II et III, synchroniques des étages Omalien, Vademontien et Dommar-tinien, plus le Géroltinien, toute cette série correspondant elle-même à l’Ertebolien et au Néolithique I de Montélius, entre lesquels s’intercalerait même encore, à titre de faciès latéraux, les Campigniens I, II, III, IV. Enfin les Chalcolithiques I, II, III, IV devraient être parallélisés avec les Néolithiques II, III, IV de Montélius. Ainsi, d’une part, des cultures à physionomie mésolithique prénéolithique (Tardenoisiens II, III) auraient persisté même pendant presque tout le Néolithique. D’autre part, les industries de facture néolithique ne seraient apparues, dans l’Europe septentrionale (Néolithique I de Montélius) que peu avant la fin du Néolithique de nos pays; elles auraient persisté (Néolithiques II, III, IV de Montélius) dans ces contrées nordiques pendant tout le Chalcolithique (appelé généralement Énéolithique).
- Toute une série de chapitres traitent ensuite de la vie sociale au Néolithique : culte des morts, religion, art, vêtement, parure, commerce. Enfin l’ouvrage se termine par des considérations d’anthropologie physique.
- Mœurs et coutumes des Mélanésiens, par B. Malinowski. Traduit de l’anglais par S. Jankélévitch 1 vol. in-8, 183 p. Payot. Paris, 1933. Prix : 20 fr.
- L’auteur, professeur à l’université de Londres, a passé quatre ans parmi les tribus mélanésiennes de Nouvelle-Guinée dont il avait appris les langues. Il a ainsi pu observer directement la vie de primitifs et analyser leur psychologie. Cela nous a déjà valu deux volumes qui ont fait grand bruit par leur nouveauté. Cette fois, il aborde le problème des forces qui assurent l’ordre, l’uniformité, la cohésion nécessaires à une tribu sauvage, en prenant pour exemple les trobrian-dais; il examine chez eux le crime et la coutume, le mythe, la chasse aux esprits. Au lieu de l’obéissance inerte, instinctive, magique à des coutumes, il découvre dans tous les actes de la vie sociale des règles, des obligations, auxquelles l’obéissance est assurée par égoïsme, vanité ou ambition. C’est un point de vue nouveau dans la conception des primitifs; il intéresse non seulement les spécialistes, mais aussi les coloniaux et les philosophes de tous ordres puisqu’il atteint aux fondements des sociétés.
- La conquête spirituelle du Mexique, par Robert Ricard, 1 vol. in-8, 404 p., 4 fig., 22 pl., 1 carte. Institut d’ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris, 1933. Prix : 100 fr.
- Étude sur l’apostolat et les méthodes missionnaires des Franciscains, des Dominicains et des Augustins en Nouvelle Espagne de 1523 à 1572, depuis le débarquement de Cortès jusqu’à l’arrivée des premiers Jésuites. Sur ce sujet encore peu connu, l’auteur a rassemblé, après divers voyages, toute la documentation disponible et montre les multiples problèmes posés par les premiers contacts avec les indigènes, la formation et la stabilisation de l’Église au Mexique.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Émile Roux.
- Après Painlevé, après Calmette, la science française vient de perdre encore une de ses grandes figures : Pierre-Paul-Emile Roux, directeur de l’Institut Pasteur.
- Né à Confolens en 1853, il fit ses études au lycée de Clermont où Duclaux qui professait le remarqua. C’est ainsi qu’étudiant en médecine il entra à l’Ecole Normale, dans le laboratoire de Pasteur. Le maître fit son disciple de ce jeune chercheur ardent, patient et laborieux et l’associa à ses découvertes. Bientôt Roux et Cliamberland furent mêlés aux études sur le charbon et à la fameuse expérience de vaccination des moutons qui eut lieu en Beauce, à Pouilly-le-Fort.
- M. Charles Richet, président de l’Académie des Sciences, vient de rappeler ses principaux titres de gloire.
- « L’expérience de Pouilly-le-Fort justement célèbre établit deux faits de souveraine importance qui dominent toute la bactériologie actuelle : c’est d’abord qu’on peut atténuer la bactéridie charbonneuse et ensuite que cette bactéridie charbonneuse atténuée confère l’immunité. Cette expérience décisive (31 mai-2 juin 1881) établit donc ce grand fait dominateur qu’un bacille très virulent peut s’atténuer, et alors, étant atténué, qu’il peut conférer l’immunité (immunité active).
- « Une autre expérience aussi importante est due à Roux et à Yersin. En 1883, des bactériologistes allemands Klebs et Lœf-fler avaient découvert le bacille de la diphtérie. Des lapins, des pigeons, des cobayes meurent quand on leur injecte ce bacille, fait qui est d’une portée immense. Or ce n’est pas le bacille qui produit la mort, mais les toxines qu’il sécrète. Voilà ce que Roux et Yersin ont démontré.
- Chez les lapins, les cobayes et les pigeons, l’injection du liquide où ont poussé les bacilles, privé de bacilles, mais riche en toxines, provoque exactement les mêmes symptômes mortels que lorsqu’on a injecté les bacilles eux-mêmes (immunisation passive). Ce sont les toxines des microbes et non les microbes qui font la maladie.
- « Un autre travail de Roux a donné à son nom une célébrité incomparable. Il s’agit de la sérothérapie antidiphtérique.
- « Behring et Kitasato, appliquant à la diphtérie un principe de physiologie pathologique que j’avais deux ans auparavant établi (sérothérapie d’immunisation), avaient montré qu’on peut guérir des cobayes injectés de diphtérie par des injections d’un sérum provenant d’animaux immunisés. Tout se passe comme si le sérum des animaux immunisés contenait une
- antitoxine qui neutralise la toxine diphtérique. Mais Roux a étendu énormément à la thérapeutique humaine ces données de la pathologie expérimentale. Il a pu, en effet, dans une communication retentissante faite à Budapest en septembre 1894, prouver : d’abord qu’on peut obtenir des quantités considérables de sérum immunisateur en immunisantdes chevaux contre la diphtérie; ensuite que l’injection de quelques centimètres cubes de ce sérum protecteur guérit la plupart des cas de diphtérie. La mortalité par la diphtérie était de 50 pour 100 et après les injections de sérum faites à temps, elle n’est plus que de 10 pour 100.
- « On s’imagine difficilement l’enthousiasme universel que
- provoqua la communication de Roux. On proposa alors dans les journaux, et notamment dans Figaro, une souscription publique pour eléver un édifice où serait préparé le sérum. On réunit rapidement des sommes importantes. Le service de sérothérapie de l’Institut Pasteur était fondé.
- « Est-il besoin de dire que ce qui avait été fait pour la diphtérie a été fait aussi par Roux et Vaillard pour le tétanos, et pour d’autres maladies encore?
- « De cette magnifique institution qu’est l’Institut Pasteur, après Duclaux, Roux fut le directeur, et en habile et zélé administrateur il lui donna tous ses soins. U présida à la fondation d’autres Instituts Pasteur en divers pays.
- « Il organisa merveilleusement la préparation des sérums, car la sérothérapie prenait chaque jour une extension déplus en plus grande. Il dirigea quantité de travaux mémorables entrepris par ses élèves, travaux qui, s’ils n’ont pas tous été signés par lui, ont été tous inspirés par lui, par son enseignement, par ses conseils ingénieux et judicieux.
- « Il a rendu autant de services à l’humanité qu’à la science. Toutes les mères dont les enfants ont été et seront sauvés de l’affreuse diphtérie conserveront le souvenir de cet homme généreux et pur. Il s’est oublié pour elles. »
- CHAUFFAGE
- Le chauffage par catalyse de Vessence de la mission française de Vannée polaire internationale
- Dans le numéro du 15 octobre 1932, nous signalions un mode de chauffage domestique relativement nouveau, le chauffage par catalyse de l’essence de pétrole au moyen des appareils « Therm’x », inventés par MM. Louis Lumière et Jean Herck.
- Ces appareils, tout d’abord employés surtout pour le réchauffage des moteurs d’automobiles et d’avions, et adoptés à ce
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- titre par la plupart des armées du monde, furent bientôt appliqués au chauffage des appartements en raison de leurs dimensions réduites, de leur poids minime, de leur mobilité et surtout de leur fonctionnement sans odeur ni gaz nocifs, sans poussière ni cendres, ainsi que de la sécurité qu’ils offrent contre les risques d’incendie. Leur très haut rendement ajoute à leurs commodités une réelle économie d’emploi; enfin le fonctionnement de ces appareils est entièrement automatique et n’exige aucune surveillance. La Mission française de l’Année Polaire internationale qui vient de passer un an au Scoresby Sund, sur la côte orientale du Groenland, s’était pourvue d’un certain nombre d’appareils « Therm’x », qu’elle destinait à certains usages auxiliaires, tels que le chauffage des postes d’observation isolés. Durant son hibernage, elle en a étendu l’emploi au chauffage des locaux habités par les membres de la mission, au fonctionnement, dans son laboratoire, d’un petit alambic destiné à fournir l’eau distillée nécessaire à diverses expériences et, enfin, au chauffage d’un observatoire de montagne où était installée une batterie d’accumulateurs assez importante dont les éléments neufs furent « traités à l’eau », ce qui faisait redouter à bon droit le gel de l’électrolyte au voisinage de 0° qvec le risque d’éclatement des bacs de verre. Cette opération fut pratiquée par une température de — 25° et se passa sans incident.
- Rappelons que le chauffage « Therm’x » avait déjà été utilisé par l’expédition Amundsen en 1925, pendant son séjour forcé de 3 semaines sur la banquise. Peu de systèmes de chauffage ont donc des références aussi célèbres et aussi polaires !
- ZOOLOGIE
- La protection du Héron garde-bœuf en Algérie.
- L’Institut Pasteur d’Algérie, en sa station expérimentale de Birtouta, procède à des essais de réacclimatement d’un
- très intéressant petit Echassier : le Héron garde-bœuf ou Ibis pique-bœuf (Bubulcus ibis) qui a disparu de la plaine de la Mitidja où il vivait communément autrefois.
- La presse algérienne a publié une note, émanant de l’Institut Pasteur, destinée à attirer l’attention du public sur les expériences de réacclimatement du Pique-bœuf, à prier les chasseurs de respecter cet Oiseau si utile à l’agriculture, et à obtenir que la présence de tout Pique-bœuf observée hors de la commune de Birtouta, soit signalée à l’Institut.
- La note en question est illustrée de la figure que nous reproduisons ci-dessus (fig. 1).
- Le Pique-bœuf est connu sous plusieurs noms : Garde-bœuf ibis, Héron garde-bœuf, Héron des bœufs... On l’appelle aussi Fausse aigrette.
- Il nous semble que le nom de Pique-bœuf s’applique plutôt au Buphage, Passereau de la famille des Sturnidés, dont on connaît deux espèces, le Pique-bœuf d’Afrique et le Pique-bœuf à bec rouge, tous deux, d’ailleurs, propres au continent africain. Le premier, au plumage brun roux, habite le sud; le second, un peu plus petit, gris brun, a le bec rouge clair
- les paupières et l’iris jaune d’or, habite l’Afrique centrale.
- Les Buphages suivent les troupeaux de Bœufs, les Chameaux, et aussi les grands Mammifères sauvages. Ces curieux Oiseaux se posent et grimpent sur les Mammifères, comme le font les Pics sur les arbres, pour extirper les larves cachées sous leur peau, pour se saisir des Mouches et de tous les Insectes qui les tourmentent. Il paraît que les grands animaux se laissent très volontiers débarrasser de leurs parasites et qu’ils se familiarisent avec les Oiseaux au rôle bienfaisant’: on a souvent besoin d’un plus petit que soi...
- Le nom de Pique-bœuf pourrait être réservé au Buphage. Tandis que celui de Garde-bœuf désignerait le petit Echassier dont nous avons à nous occuper.
- Bubulcus ibis mesure 40 cm de hauteur, environ et 52 cm de longueur. Le corps est ramassé, le cou relativement peu allongé, le bec court et fort, les tarses peu élevés. La femelle est de taille un peu plus petite.
- C’est un très gracieux Oiseau, joliment paré, au plumage d’un blanc pur, au bec orangé, aux tarses jaune roux, aux yeux dorés.
- A la saison des nids, le Garde-bœuf se pare de plumes rousses sur le haut de la tête, sur la poitrine et le dos. En automne, les belles aigrettes se réduisent et leur coloris pâlit.
- Le genre ne comprend qu’une seule espèce, divisée en deux races : celle d’Asie et celle d’Afrique, qui ne se distinguent l’une de l’autre que par la parure nuptiale. Chez Bubulcus coromandus, répandu des Indes aux Iles Moluques, les plumes d’ornement sont plus longues et plus colorées que chez Bubulcus ibis qui habite le Nord et l’Est de l’Afrique. Hors de la période des noces, les deux races sont exactement pareilles. Nous tenons ces précisions de M. J. Berlioz, sous-directeur du Laboratoire d’Ornithologie au Muséum national d’His-toire naturelle.
- Le Garde-bœuf ressemble à l’Ibis et il fut comme lui un objet de vénération, à cause de son utilité.
- Les Gardes-bœufs nichent sur les arbres, et en colonie; un arbre peut porter les nids de tous les Gardes-bœufs de la région Les œufs, de forme allongée, sont d’un bleu vert.
- Il n’est pas rare que le Héron garde-bœuf vienne dans le sud de l’Europe. On le voit quelquefois dans le sud de la France.
- A. Feuillée-Billot.
- STATISTIQUE
- Statistique mondiale des téléphones.
- Nature, de Londres, vient de résumer une étude parue dans la revue Electrical Communication de l’American Téléphoné and Telegraph Company sur la statistique comparée de l’emploi du téléphone dans le monde.
- La ville qui a le plus d’appareils en service est San Francisco avec 39 postes pour 100 habitants. Stockholm, Washington, Seattle et Denver viennent ensuite avec plus de 30; Paris en a 14,2, Berlin 11,6, Londres 8,7 seulement.
- Si l’on compare, non plus les villes, mais les états, on trouve que les Etats-Unis viennent en tête avec 15,8 appareils par 100 habitants. Au Canada, on en compte 13,1, au Danemark 10,1. La Suède en a 9,1, la Norvège 7, l’Allemagne 4,8, la Grande-Bretagne 4,8 et la France seulement 2,9.
- En 1931, on compta 250 appels par personne au Canada, 223 aux Etats-Unis, 200 en Nouvelle Zélande. L’Europe vient, très loin derrière, presque en queue de liste : on ne trouve que 36,9 appels en Allemagne, 35,4 en Grande-Bretagne et 20,9 en France.
- Il existe 12,5 millions d’appareils automatiques dans le monde, dont moitié aux Etats-Unis.
- Fig. 1. — Le Héron garde-boeuf.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CONSTRUCTIONS D’AMATEURS
- La position vraie de la Terre, pour chaque jour, pour chaque heure.
- Il s’agit d’un petit objet représentant la Terre, mais la Terre avec les feux du jour et les heures nocturnes. On peut, à volonté, placer la planète à l’emplacement qu’elle occupe un jour quelconque d’une quelconque saison.
- Pour savoir quelle est la position de la Terre un jour quelconque, il faut que 24 méridiens soient tracés, le méridien O passant sur la France. Il faut que soient indiqués sur le cercle de latitude passant aussi sur la France, perpendiculairement
- Sur la fig. A, l’inclinaison de la Terre indique une date d’été; la calotte polaire septentrionale se présente au Soleil.
- Pour connaître la position de la Terre à une heure donnée du jour, on tourne la sphère vers la gauche du méridien d’autant de divisions qu’il y a d’heures entre midi et l’heure envisagée s’il s’agit de la matinée. On agit au contraire sur la droite s’il s’agit de la soirée.
- Ce charmant petit objet, que l’on peut faire soi-même, sera tout à fait à sa place sur un bureau, sur une cheminée, dans une vitrine, où il attirera certainement les regards.
- Pour faire cet ensemble, il faut d’abord une boule, la Terre. Un petit ballon ferait très bien l’affaire. Peignez-le d’abord en
- Fig. 1. — Dispositif permettant de déterminer la position vraie de la Terre.
- au^méridien, les 24 heures du jour. Il faut aussi que les 24 divisions des heures soient divisées chacune en minutes. On n’en pourra pas mettre 60; en mettre le plus possible, un nombre pair.
- ^Choisissons le 1er janvier et consultons le calendrier: longueur du jour 8 h. 16. Inclinons la planète de façon telle qu’il y ait quatre divisions Virgule 8 de chaque côté du méridien mis à midi jusqu’aux bords de la demi-sphère métallique représentant la nuit.
- La position du méridien à midi est représentée par le pouble cercle métallique 3 (fig. 1, A et B).
- Le chiffre exact 8, en ce qui concerne les sous-divisions, n’est pas nécessaire. On met la chose à peu près : l’objet est un instrument fort amusant mais non absolument mathématique.""- ;• ‘ s ' " “ ' - "*
- blanc; puis, vous aidant d’une carte montrant les hémisphères nord et sud, tracez les principaux cercles de latitude en n’oubliant pas celui qui coupe la France.
- Le tracé des méridiens a été indiqué ci-dessus.
- Dessinez ensuite terres, océans, mers, et coloriez. L’entrecroisement des méridiens et des cercles vous servira beaucoup pour la copie des contours terrestres.
- Il est évident que le mieux serait de posséder une petite sphère terrestre.
- Et ceci nous amène à dire que nulle dimension n’est indiquée pour cette construction dont la vue générale est montrée sur la fig. A.
- On voit, sur cette fig. A, que la Terre n’est pas placée directement sur le pied 1, mais dans une demi-sphère métallique 2.
- Sous la demi-sphère 2, est soudé un cercle métallique 4,
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- fig. E, que l’on voit par la tranche sur la fig. A. Sous le cercle 4 est soudée encore une tige 5 qui peut s’enfoncer dans un trou du pied 1.
- L’ensemble 3, 4, 5 s’enfonce donc dans le pied 1.
- La sphère terrestre 6 est traversée par une tige de fer 7 qui va du pôle nord au pôle sud. Cette tige est fdetée à ses extrémités.
- Deux rondelles de serrage taraudées, 14, maintiennent la Terre dans le cercle 3.
- La sphère tourne autour de cette tige. Les deux extrémités de la tige glissent entre les plaques de la double couronne, et cela permet l’inclinaison de la Terre.
- Le pied 1 est mis sur une base de bois 8, et quatre petites équerres 9 fixent le pied à la base.
- La fig. C montre comment est préparée la demi-spliêre 2. La distance 10-11 égale la demi-circonférence de la sphère, ainsi d’ailleurs que la distance 12-13 en suivant la courbe. On fait de ce découpage C, qui peut être en fer-blanc, une demi-sphère parfaite.
- On termine par quelques points de soudure.
- La fig. E montre le cercle 4 fait de fer-blanc par exemple Il aura un diamètre égal au quart environ du diamètre de la Terre.
- Le pied est un simple cylindre de bois.
- La base est un cylindre de bois plat ayant comme diamètre les 2/3 environ de la Terre.
- Les fig. B et D montrent la double couronne 3. L’écartement des deux couronnes dépasse à peine le diamètre de la tige 7 montrée à la fig. F.
- Une rondelle taraudée, citée plus haut 14, tient la tige 7. La tige 7 est filetée à ses deux extrémités. Un côté est serré, de chaque côté, sur les pôles.
- Peindre le tout, sauf la sphère, à la couleur laquée. La demi-sphère, qui représente la nuit, doit être peinte en noir.
- M. Monnier.
- ÉLECTRICITÉ U Aérochargeur.
- L’ancien moulin à vent a vécu. Il est aujourd’hui une sorte d’objet de musée. Il nous rappelle cependant que l’atmosphère recèle une source inépuisable et gratuite d’énergie, le vent, que nos ancêtres, privés de la force motrice thermique, savaient parfaitement utiliser. Aux moulins à ailes qui subsistent encore en Hollande, se sont substituées les légères éoliennes très largement employées aujourd’hui pour les élévations d’eau. Depuis longtemps, les chercheurs s’ingénient à trouver une utilisation du vent plus souple et plus générale : ils se sont tournés vers l’électricité. Quoi de plus naturel, au premier abord, que de transformer l’énergie mécanique du vent en énergie électrique, se prêtant à toutes les transformations et à tous les usages ? Ce problème, cependant, malgré les efforts d’ingénieurs et savants comme La Cour, Constantin, Darriens, n’a pas encore trouvé de solution définitive. Il se heurte en effet à de graves difficultés : tout d’abord le caractère inconstant et capricieux du vent; puis le mariage difficile entre le moteur mécanique généralement lent mû par cet agent intermittent et le générateur électrique qui exige de grandes vitesses de rotation aussi régulières que possible.
- Le problème général du moulin à vent électrique n’a donc pas reçu encore de solution complète, au sens industriel du mot.
- Mais, si l’on 'borne ses ambitions aux puissances modestes, le moulin à vent électrique est dès maintenant susceptible de rendre dans les campagnes de grands services, pour l’éclairage notamment.
- C’est ce que démontre la création de l’appareil dénommé par son constructeur : Aérochargeur.
- Une hélice d’une forme spécialement étudiée est accouplée à une dynamo, construite suivant les mêmes principes que celles employées en automobile, et pratiquement indéréglable et inusable. L’hélice se met en mouvement sous l’action d’un vent même léger. L’ensemble est monté sur un léger- bâti en tube; il s’oriente au vent à l’aide d’un gouvernail de grande sensibilité. Par un vent de 2 à 3 m l’hélice commence à tourner; quand le vent atteint 5 à 6 m la dynamo débite 2 à 3 ampères; mais son débit est limité à 6 ampères, même par les vents les plus violents. Le courant produit charge une batterie d’accumulateurs.
- Un disjoncteur conjoncteur coupe ou établit automatiquement le courant de la boîte de connexion d’où descendent deux fils qu’il suffit de brancher aux bornes de la batterie. Un frein permet, en cas de besoin, d’immobiliser le moulin. L’ensemble pèse environ 15 kg et se monte instantanément au sommet de
- Fig. 2. — U Aérochargeur.
- n’importe quel bâtiment, ou encore sur une cheminée, un poteau, même dans un arbre. A défaut, un petit montage très économique, en tube avec trois tendeurs, permet de l’installer partout à 10 ou 12 m de hauteur.
- Il se fait plusieurs types de génératrices : le type 4/6 volts fonctionne par des vents à partir de 3 à 5 m et débite 7 à 9 ampères sous 8 à 10 m de vent. Le type 4/40 volts peut charger à partir d’un vent de 5 m trois ou quatre batteries de 40 volts en parallèle ; le type 12 volts débite 10 ampères par vent de 7 à 9 m et convient pour une installation d’éclairage de 12 à 13 lampes. Enfin le type 25 volts permet l’utilisation de l’énergie du vent à toutes les vitesses à partir de 2 m 5.0 par seconde.
- Le prix d’un aérochargeur à 25 volts, accessoires et accumu lateurs compris, est de l’ordre de 2500 francs. Il est donc inférieur à celui d’un groupe électrogène à moteur à explosion et il ne consomme pas de combustible.
- Constructeurs : établissements Lucien Brégeaut, 55, rue Turbigo, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la prévision du temps :
- M. Jacques Henri-Robert nous écrit :
- « Dans la Boîte aux lettres de La Nature, du 1« novembre, je relève les prévisions du temps par l’attitude des hirondelles. Comme tout le monde, j’ai appris autrefois que les hirondelles volaient bas en cas de mauvais temps, et haut dans le cas contraire.
- Or je crois intéressant de signaler qu’en Savoie notamment, où je passe mes vacances depuis dix ans, il se passe exactement le contraire : en cas de mauvais temps, les hirondelles se mettent à voler très haut et le soir, quand on les voit rasant le sol, on peut être assuré du beau temps pour la nuit et le lendemain.
- Que croire dans ces conditions ?
- La légende des hirondelles volant bas me paraît une des plus indéracinables qui soit : à mon humble avis elle se résume en une chasse d’insectes, ou en des jeux amoureux.
- Si nous restons dans le domaine des prévisions météorologiques, je vous signale l’observation suivante pour la prévision des orages ; par ciel très pur, de petits filaments verticaux isolés. J’insiste sur leur position verticale. C’est l’orage au plus tard dans les vingt-quatre heures. » tJ. Henri-Robert.
- A propos de la cola (n°8 2914 et 2916).
- M. G. Rodillon, président honoraire de l’Association des biologistes pharmaciens, nous écrit :
- «Mes confrères Gillet et Creté, auteurs de la note a propos de la Cola parue dans votre n° 2916, page 432, ont parfaitement raison de rendre aux admirables travaux du Professeur Perrot et de son collaborateur, le Professeur Goris, l’hommage qu’ils méritent et auquel je m’associe
- QUESTIONS
- Comment moderniser un poste superhétérodyne.
- Votre poste superhétérodyne comportant une lampe bigrille à changement de fréquence, trois lampes moyenne fréquence, une détectrice et deux étages basse fréquence constitue un appareil déjà ancien, mais possédant pourtant de grandes qualités, d’autant plus qu’il est à réglage unique.' Vous l’avez déjà modernisé très heureusement en lui adjoignant une boîte d’alimentation sur secteur à éléments cupoxyde.
- Il est évident, d’autre part, que l’augmentation du nombre des postes émetteurs, et surtout de la puissance des émissions, rendent plus nécessaire l’adoption d’un appareil très sélectif.
- Malgré l’emploi d’un cadre, dont les qualités de sélection sont bien connues, un appareil à changement de fréquence à lampes bigrilles sur laquelle agissent directement les ondes incidentes, et comportant des transformateurs moyenne fréquence accordés sur une longueur d’onde assez élevée, de l’ordre de 3000 à 4000 m, peut fournir encore des résultats satisfaisants, mais non plus comparables à ceux qu’on obtient avec un poste-secteur superhétérodyne de modèle très récent.
- Les défauts sont dus aux caractéristiques mêmes de la lampe bigrille, dont la résistance interne est assez faible, et qui ne permet pas de séparer complètement les circuits d’attaque, d’hétérodyne et de modulation. Ils proviennent également des brouillages déterminés par l’application directe des ondes incidentes sur la lampe modula-trice, sans emploi d’un présélecteur ou d’un étage haute fréquence; enfin, l’adoption d’une longueur d’onde moyenne élevée n’évite pas l’apparition du deuxième battement parasite.
- Vous pouvez, bien entendu, obtenir un résultat relativement plus satisfaisant, et, en tous cas, tirer le meilleur rendement de votre poste en adoptant des lampes de types aussi récents que possible à filaments à oxyde. Nous vous signalons, par exemple, la bigrille Visseaux R O 4141, et les lampes moyenne fréquence de la même marque R O 4125; la détectrice R O 4324 à forte pente. Vous trouveriez
- de tout cœur, mais ils ont à mon sens le tort d’attribuer uniquement à des savants étrangers les connaissances acquises jusqu’en 1898 sur cette intéressante drogue qu’est la Cola.
- Ils ne m’en voudront pas — j’en reste persuadé — de faire remarquer que c’est à mon maître, le regretté professeur Schlagdenhauffen — l’un des plus modestes savants que j’aie jamais connu — que sont dus les premiers travaux de réelle importance sur la Cola publiés en collaboration avec Heckel de Strasbourg et j’ajouterai même que c’est à ce premier savant qu’est due la découverte de la présence de la caféine dans la Cola.
- Leur travail initial a paru en 1883, c’est-à-dire 15 ans avant la date citée par Gillet et Creté, dans le Journal de Pharmacie et de Chimie sous le titre : Les Kolas africains aux points de vue botanique, chimique et thérapeutique, mémoire qui a été couronné du prix Bussy et du Prix Barbier de l’Académie des Sciences.
- D’autres travaux du professeur Schlagdenhauffen ont suivi dont je pourrais fournir la bibliographie, trop longue pour figurer ici, ou mieux que fournira mon ami Payel, docteur en pharmacie à Nancy, qui fut son préparateur et que je remercie de sa documentation.
- L’étude de la Cola n’est qu’un des nombreux travaux du professeur Schlagdenhauffen, alors directeur de l’Ecole Supérieure de pharmacie de Nancy <^ù il professait à la fois la toxicologie et la physique.
- Tout cela dit pour rendre à la mémoire du vieux professeur nan-céen l’hommage qui lui est bien dû et que vos lecteurs, mal informés auraient pu attribuer à d’autres.
- S’il est juste d’attribuer aux étrangers ce qui leur revient, il convient de ne pas pousser à l’extrême l’esprit de renoncement et de ne pas déposséder les nôtres de la reconnaissance que nous leur devons. »
- G. Rodillon.
- RÉPONSES
- d’ailleurs les modèles correspondants dans les séries d’autres marques.
- Nous ne voyons pas comment vous pourriez améliorer la sélectivité sans modifier complètement le montage intérieur de l’appareil. Il ne faut pas oublier que dans un appareil de ce genre à réglage unique les enroulements du cadre sont déterminés avec- soin, de manière à permettre un réglage simultané des circuits d’accord et d’hétérodyne. Si vous vouliez ainsi supprimer le cadre, et utiliser une antenne, il faudrait que le système d’accord comporte des bobinages présentant exactement le même coefficient de self-induction que les enroulements du cadre.
- Un système d’accord ordinaire en direct, ou même en Bo.urne ou en Oudin, ne vous permettrait certainement pas d’obtenir une meilleure sélection qu’avec le cadre, bien au contraire. Pour obtenir des résultats suffisants, il faudrait que vous employiez un dispositif présélecteur à deux circuits accordés, et à liaison par capacité ou par ductance-cap acité.
- Le premier circuit serait, d’ailleurs, accordé au moyen d’un condensateur supplémentaire séparé, et le deuxième par le condensateur normal du poste. Ce système un peu plus complexe pourrait vous donner de bons résultats, mais il serait absolument nécessaire, en tous cas, qu’il soit réalisé avec le plus grand soin.
- Vous pouvez, par exemple, trouver quelques renseignements à ce sujet dans le tome II des Récepteurs modernes de T. S. F. (E. Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Réponse à M. Hayem, à La Madeleine-lez-Lille (Nord).
- De tout un peu.
- M. Schodduyn, à Ambleteuse. — 1° En librairie le terme papier cloche désigne un format caractérisant les dimensions de la feuille, qui sont de 30 cm x 40 cm avec par conséquent une surface de 1200 cm2. — Autrefois, une cloche était le filigrane, marque de fabrique du papetier.
- 2° En ce qui concerne le papier servant au contrôle du lait, nous pen-
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- sons que vous voulez parler du papier à la phénolphtaléine, qui doit rester incolore si le lait est normal, une coloration violette indique l’addition frauduleuse d’une substance alcaline, par exemple bicarbonate de soude, destiné à masquer une acidification lactique.
- Ce papier se prépare en trempant des bandelettes de papier à filtrer dans une solution de 1 gramme de phénolphtaléine dans 100 cm'1 d’alcool pur, additionnée de quelques gouttes de lessive de soude caustique étendue, jusqu’à ce que la solution prenne une teinte rosée.
- M. Durier, à Versailles. — Le mastic dont vous parlez, employé pour boucher les fentes entre les lames de parquet est un mastic cellulosique à base de sciure de bois qui se prépare de la manière suivante : Prendre :
- Sciure de bois tamisée..................... 300 gr
- Au moment de l’emploi, délayer par quantité suffisante d’un liquide composé de :
- Celluloïd non chargé.......................150 gr
- Acétone. . ................................ 550 —
- Appliquer au couteau de vitrier dans les fentes bien débarrassées de toute poussière, lisser pour assurer l’adhérence et laisser bien sécher avant d’encaustiquer à nouveau.
- Si la masse durcissait pendant le garnissage des fentes, on la ramollirait facilement en y ajoutant un peu de la solution.
- 36e Régiment d’infanterie, à Belfort. — Les fixateurs pour cheveux, que l’on trouve dans le commerce, appartiennent à deux types distincts : les brillantines concrètes et les mucilages, vous pouvez prendre comme bases de préparation de chacun d’eux les formules suivantes:
- Brillantines concrètes
- Huile de vaseline.......................... 90 gr
- Paraffine ou cérésine...........*.......... 10 —
- Parfum au choix.
- Fixateurs au mucilage
- Pépins de coings........................... 40 gr
- Eau tiède. . .................. . . . . 200 —
- Faire bouillir quinze à vingt minutes en remplaçant l’eau qui s’évapore, laisser refroidir, ajouter quelques gouttes de formol commercial pour assurer la conservation, parfumer comme précédemment.
- IVI. Le Dr Gomès,à Paris. — A notre avis le décollage du papier peint, en lui conservant son intégrité, est pratiquement impossible, pour deux raisons : la première est que îe papier support est un papier de pâte de bois, surtout bois mécanique, peu résistant par lui-mênïë, la colle qu’il a reçue lui a fait contracter avec le mur une adhérence très grande que l’on ne peut détruire sans faire intervenir des agents énergiques; ensuite les matières colorantes qui forment les dessins et motifs sont généralement très fugaces, elles ne sont fixées sur le papier de tenture que par une légère couche de colle de peaux; en cherchant à décoller le papier, on délayerait en même temps les couleurs, c’est pourquoi au moment de la pose on ne met de colle qu’au dos du papier. V
- En résumé, toute tentative de décollage sera, Soyons-nous, vouée à un insuccès.
- M.. Vuilleumier, à Payerne (Suisse).— Le mastic habituellement employé pour fixer les lettres sur les glaces de devanture se prépare ainsi :
- Prendre :
- Vernis à l’huile de lin du commerce......... 270 gr
- Résine mastic............................... 90 —
- Après dissolution on ajoute :
- Litharge broyée à l’huile.................180 gr
- Céruse broyée à l’huile................... 90 —
- Si vous désirez conserver la transparence, vous pourrez plus simplement vous servir de la solution commerciale de silicate de potasse à 35° Baumé, mais il faudra, par un dispositif approprié, maintenir les lettres en place, jusqu’à durcissement complet de la liaison.
- Société Le Papier, à Genève. — Nous pensons que la meilleure utilisation que vous puissiez faire de vos vieux papiers est de confectionner du carton pierre, pouvant servir à faire toutes sortes d’objets moulés.
- Les données suivantes pourront vous guider dans cette fabrication : Prendre :
- Vieux papiers.................................100 gr
- Blanc d’Espagne.............................. 700 —
- Plâtre....................................... 200 —
- Colle forte................................... 10 —
- Couvrir la colle forte avec un peu d’eau froide, laisser gonfler pendant la nuit, liquéfier le lendemain au bain-marie.
- Faire tremper de même les vieux papiers dans une quantité d’eau suffisante pour imbibition complète, délayer pour obtenir une pâte homogène, chauffer celle-ci et y incorporer la colle chaude.
- Enfin, en dernier lieu, introduire le blanc d’Espagne et le plâtre, préalablement mélangés, opérer assez rapidement pour pouvoir couler la masse dans des moules graissés, avant que le plâtre ait fait prise.
- M. Plassard,à Paris. — Pour rendre de la souplesse à votre vieux cuir de Cordoue il faut enduire le côté chair de moellon de oorroyeur que vous vous procurerez assez facilement dans le voisinage de la Nièvre, en frottant énergiquement et laissant bien pénétrer.
- Le moellon provient des peaux chamoisées à l’huile de poisson que l’on débarrasse de leur excès d’huile par l’eau chaude et la pression. On commence celle-ci par torsion des peaux à l’aide de chevilles, puis on achève à la presse hydraulique.
- Le liquide qui s’échappe est une émulsion très chargée en huile qui contient en outre une quantité importante de matières organiques servant de véritable nourriture au cuir.
- M. Le Sech, à Montreuil-sous-Bois. — Les moyens suivants peuvent être employés pour blanchir le bois et faire disparaître es veines colorées :
- 1° Imprégner à fond le bois en le laissant macérer quelque temps
- dans une solution constituée par
- Bisulfite de soude du commerce............100 cm'1
- Eau ordinaire............................. 900 —
- Plonger ensuite le bois dans un mélange de :
- Acide muriatique..........................150 cm'*
- Eau ordinaire............................. 850 —
- Ce qui libère dans l’épaisseur du bois de l’acide sulfureux, lequel étant à l’état naissant agit avec une grande efficacité.
- La décoloration étant obtenue, rincer pour éliminer le chlorure de sodium et faire sécher sous presse pour éviter le gondolement.
- 2° Plonger d’abord le bois dans un bain de soude caustique à 5 pour 100, ce qui solubilise les matières colorantes, lesquelles ont une fonction acide, éliminer le « jus » coloré par immersion dans l’eau, courante si possible, puis terminer par un bain en eau de Javel à 2° ou 3® chlo-rométrique que l’on peut réaliser en étendant de l’extrait de Jave de dix fois son volume d’eau.
- Rincer, comme précédemment.
- P.-S Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter, ici, un sujet aussi étendu que celui des connaissances nautiques, qui nécessiterait, pour une bonne compréhension, l’intemention de nombreuses figures.
- IVI. lankowassoï, à Kowno. — La peinture des tableaux noirs d’enseignement s’effectue avec la préparation qui suit :
- Huile de lin................................. 200 gr
- Essence de térébenthine...................... 250 —
- Noir de fumée................................ 300 —
- Ardoise pulvérisée. ................,. . . 100 —-
- Emeri diamant en poudre....................... 30 —
- Vernis gras................................... 60 —
- Siccatif liquide. . ...................... . 30 —
- Broyer le noir, l’ardoise et l’emeri et couvrir d’un peu d’huile de in pour « infuser » jusqu’au lendemain.
- Ajouter ensuite le reste de l’huile de lin, l’essence et en dernier lieu le vernis gras et le siccatif.
- Etendre cette composition sur la planche avec un pinceau large dit queue-de-morue, laisser sécher au moins trois jours, puis donner une seconde couche dans un sens perpendiculaire.
- Eventuellement appliquer une troisième couche si on veut obtenir un enduit de plus grande épaisseur résistant à un usage plus prolongé.
- M. Chausson, à Paris. — Si les colorations vert pâle ou bistre que vous observez sur le cimentage de votre tennis sont dues à des mousses, il vous suffira pour les détruire de badigeonner la place qu’elles occupent avec une solution concentrée de sulfate de fer appelé couramment vitriol vert, on obtient la solution à saturation en prenant 400 gr de vitriol vert du commerce et 600 gr d’eau bouillante, faire cette opération dans un récipient en bois et non un vase métallique.
- N. B. Il est évident que le badigeonnage doit s’effectuer par temps sec, prolongé de façon que le sulfate en fer ne soit pas entraîné par les pluies.
- Le Gérant : G. Masson.
- 4753. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris
- 1-12-1933.
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- LA NATURE
- W29J9.-—.I5 Décembre 1933. Prix du Numéro : 4 francs
- Paraît le /er et le i5 de chaque mois pour la vente en France.
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- Paraît le l*r et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA! NATURE
- MASSON et Cu, Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (1{. C. Seine : 15.234) Tiî. Danton 56-n.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies . 12 mois (24 nM), 90 fr. ; — 6 mois (12 n"), 45 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n0*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n**) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger
- Tarif n° 1
- Un an. Six mois
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- Tarif n• 2
- Un an. Six mois
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- Tarif extérieur n° 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Bica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. 1 \TÎÎ- extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
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- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain. Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et G1*, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
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- N° 2919
- LA NATURE
- 15 Décembre 1933.
- LES MICROBES =......
- CONTRE LES INSECTES NUISIBLES
- EN AGRICULTURE
- Nous sommes loin du temps où Ch. Rilev, qui peut être, à juste titre, considéré comme l’un des plus grands entomologistes des Etats-Unis, présenta en 1897, avec chiffres à l’appui, un tableau saisissant des dégâts que peuvent occasionner les différents insectes nuisibles. Et pourtant, jusqu’à présent, le grand public ignore souvent quelles quantités énormes de produits agricoles sont détruites annuellement par ces ravageurs infatigables.
- Pour donner une idée approximative, disons seulement que rien qu’en France, les dégâts annuels dus aux insectes s’élèvent à la somme fantastique de 8 milliards de francs environ.
- Cette estimation peut paraître au premier abord exagérée, mais malheureus ment, il n’en est pas a si l’on ajoute aux pl brutes consécutives IR^la destruction d’une par récoltes (sur pied mjwnfr stock) la diminution notabKs‘~ de l’activité dans toutes les
- branches économiques liées directement ou indirectement à la production agricole : main-d’œuvre, transports, usinages, etc.
- Ainsi en Egypte, où nous avons eu l’occasion d’étudier de près un insecte redoutable, le ver rose (Galechia gossy-piela Saund), qui détruit à lui seul pour plus de 8 millions de livres égyptiennes (640 millions de francs) de coton annuellement, les pertes réelles supportées par l’État sont beaucoup plus considérables et, quoique difficiles à évaluer exactement, ne doivent pas être inférieures à 10 ou 12 millions de livres égyptiennes (près d’un milliard de francs au cours actuel).
- Cet exemple montre suffisamment l’importance et le rôle néfaste des insectes dans la vie économique d’un pays.
- Il est intéressant de noter, en passant, que la propagation de certains insectes, et non des moins dangereux,
- s’étend malgré les mesures défensives ou préventives et les lois nombreuses qui protègent les cultures.
- Une des causes de cette recrudescence est l’insuffisance et l’imperfection de nos moyens de défense.
- D’autre part, l’augmentation constante des échanges
- internationaux et la transplantation des produits d’origine dans les différents pays du globe a amené fatalement le déplacement des insectes nuisibles. Ces derniers trouvent parfois dans leurs nouveaux habitats des conditions d’existence plus favorables et en l’absence de parasites ou d’ennemis naturels, se développent avec une rapidité considé-i able.
- Il est très difficile d’arrêter totalement la propagation de ces ravageurs, d’autant plus qu’ils sont doués d’un pouvoir de reproduction parfois très grand.
- Mais l’expérience a montré qu’on peut arriver à des résultats tout à fait satisfaisants au point de vue pratique par différents moyens qui sont à notre portée.
- LES MOYENS DE LUTTE
- Avant de parler de la méthode bactériologique, objet de cette étude, nous dirons quelques mots des autres méthodes utilisées actuellement.
- On peut les classer en deux grands groupes.
- I. — Les méthodes culturales ou indirectes englobent tous les moyens naturels de lutte et permettent surtout de préserver les récoltes.
- Ce sont :
- 1° Les modifications des travaux agricoles telles que l’avancement des récoltes, les labours spéciaux, l’irrigation hivernale, l’essaimage des plantes, etc.
- 2° La recherche et la sélection des plantes' résistantes ou possédant une immunité naturelle.
- 3° La culture intercalaire de plantes répulsives ou de
- ! ombre de chenilles de la Pyrale du maïs, trouvées sur 5 plantes r une émulsion de Bacterium t.huringiensis, à gauche, cl non traitées à droite.
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- Fig. 2. — En haut, épis de maïs fournis par 15 plantes traitées par B. thuringiensis. En bas, épis de 15 autres plantes non traitées.
- plantes attractives pouvant être détruites avec les insectes, etc.
- Fig. 3. — A gauche, quantité de maïs récoltée sur 15 plantes traitées par 15. thuringiensis. A droite, grains fournis par 15 plantes non traitées.
- Les traitements culturaux sont des plus rationnels et donnent en cas de succès, les meilleurs résultats. Par contre, les recherches de sélection des espèces résistantes sont extrêmement longues et parfois décevantes.
- II. — Les méthodes directes ou artificielles peuvent être subdivisées en 4 branches : mécaniques, chimiques, biologiques et enfin microbiologiques.
- Les deux premières sont les plus employées et jouissent d’une faveur légitime, tant par la simplicité de leur application que paT leur efficacité.
- 1° Les moyens mécaniques, employés de tous temps, comportent le ramassage des insectes sur les plantes on leur capture au moyen de pièges, d’appâts de sources lumineuses, ainsi que leur destruction au moyen de lance-flammes. Ils ne donnent de résultats que dans un nombre de cas très restreint ^contre les sauterelles, les hannetons, Prodenia, Sesania, etc.).
- 2° Les moyens chimiques sont actuellement les plus étudiés, parce que commodes à appliquer et donnant des résultats faciles à constater et souvent immédiats.
- La fumigation est utilisée principalement pour la destruction des parasites par les gaz ou les émanations toxiques. On pratique aussi la pulvérisation de liquides nocifs sur les plantes attaquées. L’emploi des appâts empoisonnés ou la destruction des insectes à divers stades de leur développement est également utilisé notamment pour les moustiques dont les larves aquatiques sont détruites dans l’eau.
- Malheureusement, beaucoup d’insectes échappent à ces moyens de destruction, les uns de par leur mode de vie (c’est le cas du ver rose qui vit dans les capsules du cotonnier); d’autres, par l’impossibilité de leur appliquer des substances, toxiques également pour l’homme, tels les composés arsenicaux dans les cultures maraîchères, jardins fruitiers, vignobles, etc., ou encore à cause du coût trop élevé de certains produits chimiques.
- 3° La méthode biologique, très répandue aux États Unis, consiste à découvrir des parasites ou des ennemis des insectes ravageurs. On en fait alors un élevage en grand qu’on lâche ensuite dans les champs infestés. Certaines espèces intéressantes ont été parfois importées de très loin et acclimatées dans les régions d’utilisation. Cette technique, délicate et coûteuse, exige des cadres de spécialistes expérimentés, et son efficacité est souvent difficile à contrôler. Elle n’est possible que pour des gouvernements ou de grands groupements agricoles disposant de puissants moyens financiers, sinon elle est vouée à un échec certain.
- LA MÉTHODE MICROBIOLOGIQUE
- Cette méthode consiste à employer des micro-organismes pour infecter artificiellement les insectes nuisibles et leur transmettre des maladies épizootiques.
- Nous l’avons séparée de la méthode biologique avec laquelle elle a été confondue jusqu’à présent, car la technique de ces deux moyens de lutte, ainsi que leur mode d’utilisation, sont tout à fait différents.
- On y emploie soit des bactéries pathogènes pour les insectes (méthode bactériologique), soit des champignons entomophytes (méthode mycologique). Ce dernier groupe
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- de micro-organismes, voisin des bactéries, renferme quelques espèces, extrêmement virulentes pour les insectes genres Cordiceps, Aspergillus, Beauveria, etc.). Les épizooties spontanées dues aux champignons sont parfois très étendues et destructives et c’est ce qui a attiré l’at-tention sur leur utilisation possible contre les insectes nuisibles.
- Metchnikolï fut un des premiers, en 1878 à entreprendre des recherches de ce genre. Etudiant un coléoptère très nuisible, Anisoplia austriaca, qui faisait alors beaucoup de ravages dans les betteraves du sud de la Russie, il isola des insectes malades un champignon très virulent qu’il appela Entomophtora anisoplia. il réussit à cultiver ce champignon en grandes quantités sur des milieux nutritifs et à infecter artificiellement, les Anisoplia.
- Après Metchnikolï, de nombreux savants se sont occupés des champignons entomophytes et ont cherché des méthodes pratiques pour les utiliser : Le Moult et Giard en France, Cienkovsky et Krassilstchikoff en Russie. Taxter, Forwer et Snob en Amérique. Picard, dans son excellent exposé d’ensemble sur les champignons parasites des insectes et leur utilisation agricole, a donné une description complète de ces champignons et signalé les résultats déjà acquis.
- Toutes les expériences montrent que les champignons entomophytes sont des ennemis terribles pour les insectes; malheureusement, ils exigent pour leur développement des conditions très précises d’humidité, de température, etc. C’est la raison pour laquelle toutes les tentatives d’application en grand n’ont donné que des résultats inconstants.
- Il existe d’autres ennemis des insectes qu’on doit pouvoir utiliser ; les bactéries. On sait quels ravages produisent les microbes dans le monde des insectes utiles, chez les vei’S à soie et les abeilles, qui souffrent assez souvent d’épizooties microbiennes.
- Depuis longtemps on envisage l’emploi de la méthode bactériologique pour lutter contre les insectes nuisibles, mais le nombre des travaux entrepris est encore très restreint.
- Inès Bey a été l’un des premiers à réaliser en 1887 quelques expériences sur l’infection artificielle des chenilles du coton en Egypte. Les résultats qu’il obtint au laboratoire furent tous positifs, mais la seule expérience qu’il fit dans les champs ne donna pas de résultats, ayant été faite, de son propre aveu, dans de mauvaises conditions.
- Le travail le plus intéressant sur les bactéries est incontestablement celui de d’Hérelle, qui isola un microbe (Coccobacillus acridiorum) très virulent pour les sauterelles. Il put créer à maintes reprises de véritables épizooties artificielles chez ces acridiens, surtout lorsqu’il s’agissait d’espèces (Schislocerca) chez lesquelles l’acridiophagie est très développée et il obtint des résultats très encourageants.
- D’autres savants ont essayé, dans divers pays, d’utiliser pratiquement le microbe de d’Hérelle.
- T. [Sergent et ses collaborateurs ont fait des expériences en grand en Algérie. En pulvérisant les cultures microbiennes sur les gîtes noc-
- Fiy. 4.— Formation des spores dans une culture de Bacterium Galechiæ.
- N°» 1, 2, 3, 4, stades successifs. (Photo Reichert.)
- turnes des Stauronoles, ils ont pu provoquer de fortes épizooties après quelques jours d’incubation.
- Velu et Boin au Maroc, Béguet en Algérie ont obtenu soit par pulvérisation de bouillon, soit par contamination à l’aide de criquets malades, des épizooties très contagieuses et quelquefois très meurtrières, mais ils n’ont jamais réussi la destruction complète des groupes contaminés. Les résultats de Killop et Gough en Egypte, de Rantanelli en Italie et d’autres, furent encore moins favorables.
- Il faut dire tout de suite que les essais de d’Hérelle et ceux de la plupart des savants mentionnés plus haut ont été faits avec des bactéries ne formant pas de spores. Les microbes asporogènes sont en général très peu résistants et. cultivés sur des milieux artificiels, perdent très vite leur virulence, ce qui explique partiellement, sinoti totalement, les résultats négatifs enregistrés.
- D’autre part, certaines expériences ont été effectuées
- Fig. 5. — Champ de coton ayant servi aux essais de Gizeh, près du Caire. (Photo Ivofler.)
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- - Contrôle -
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- Fig. G.— Nombre des chenilles de Galechiæ et d’Earias trouvées dans 100 capsules vertes, à la fin d'août : 2, à gauche, sur les plantes traitées par B. Ephestiæ; 44, à droite, sur les témoins.
- par des personnes qui n’avaient pas de connaissances bactériologiques suffisantes ou n’étaient pas très au courant de la technique nécessaire pour la mise en pratique de la méthode bactériologique, comme ce fut le cas de lvillop et Gough.
- De plus, certaines recherches, commencées avec succès par des bactériologistes intéressés à la question du point de vue scientifique, n’ont pu être poursuivies utilement, soit par manque des connaissances pratiques nécessaires,
- Fig. 7.— Nombre, des chenilles de. Galechiæ trouvées sur 30 capsules vertes examinées en septembre. 48 à gauche (traité) et 124 à droite {témoin). (Photos du Ministère de l’Agriculture égyptien.)
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- Total - 48 Total - 124
- soit surtout par manque d’organisation cl; de concours financiers indispensables.
- Toutes ces raisons ont conduit beaucoup de spécialistes et surtout d’entomologistes, à conclure que le traitement bactériologique ne peut donner de résultats pratiques satisfaisants. C’est ainsi, par exemple, que nous lisons dans un organe officiel du Ministère de l’Agriculture d’Egypte, publié par une commission de savants, dont la bonne foi ne peut être mise en doute, que l’emploi des bactéries ayant été envisagé, on a constaté aux essais qu’elles étaient stérilisées par le soleil et par suite inutilisables. Cette opinion est aussi le résultat de notre ignorance du rôle des microorganismes dans le monde des insectes. Les connaissances étendues que nous possédons sur les agents des infections de l’homme et des animaux domestiques ne peuvent être généralisées à tout le règne animal, et dans tous les cas, nous ignorons presque totalement les causes qui modifient la marche des épidémies et des épizooties, en exaltent ou atténuent la virulence.
- Pour aborder ces questions d’un si grand intérêt pratique, le professeur S. Métalnikov a entrepris depuis 1927 une étude d’ensemble, avec l’aide de nombreux élèves parmi lesquels nous nous comptons, destinée à fournir une base scientifique pour la lutte contre les insectes nuisibles.
- LES RECHERCHES DE MÉTALNIKOV
- Nous nous arrêterons un instant sur les premières expériences du Pr Métalnikov, car, outre qu’elles ont démontré la possibilité d’infecter artificiellement des insectes nuisibles, elles ont facilité l’étude de leurs microbes pathogènes et ont permis de créer une technique spéciale pour produire en grandes quantités les bactéries indispensables à une application pratique.
- « Nous avons beaucoup étudié ces dernières années, écrit le Pr Métalnikov, les maladies des insectes et particulièrement celles de la Pyrale du maïs (Pyrausta nubilalis Hb.) et de Galleria mellonella L., la teigne de la cire. L’analyse microscopique du sang des chenilles mortes ou malades nous a toujours montré la présence d’un nombre considérable de bactéries, parfois en culture pure, parfois associées par deux ou trois espèces.
- « En ajoutant à la nourriture des chenilles une culture de microbes en bouillon, nous avons pu obtenir une grande mortalité des chenilles, atteignant parfois 100 pour 100 ».
- Chorine, Toumanofï et d’autres élèves du Pr Métal-nikov ont répété plusieurs centaines d’expériences sur les chenilles de Pyrausta nubilalis et sur d’autres insectes.
- Les résultats qu’ils ont obtenus sont présentés dans le tableau suivant :
- Microbes isolés
- (non dangereux pour l’homme).
- Mortalité des chenilles après ingestion.
- 1° Vibrion Léonardi (environs
- de Paris)...................
- 2° Bacterium canadensis (Canada) 3° Bacterium Pyrausta n° 1 (environs de Paris)...............
- 4° Bacterium Pyrausta n° 2 (environs de Paris)...............
- 5° Bacterium Cazaubon n° 1 (Pyrénées).....................
- moyenne (70 à 90 °/0). faible.
- forte (jusqu’à 100 °/0). forte.
- forte.
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- 6° Bacterium Cazaubon n° 2
- (Pyrénées)..................forte.
- 7° Bacterium Galleriæ (Paris). . forte.
- 8° Bacterium thuringiensis (Paris) forte.
- 9° Bacterium lymantriæ n° 1
- (Yougoslavie).................moyenne.
- 10° Bacterium lymantriæ n° 2
- (Yougoslavie).............faible.
- 11° Bacterium rubrum Ket (Yougoslavie) .....................moyenne.
- 12° Bacterium ephesliæ (Paris). . forte.
- 13° Bacterium russe ...... forte.
- Pour être sûr que les expériences de laboratoire avaient une valeur pratique, il fallait les répéter dans des conditions naturelles, c’est-à-dire dans les champs. Les premières expériences eurent lieu en 1929 au Jardin botanique de Zagreb, sur des chenilles de la Pyrale du maïs. On pulvérisait sur les plants de maïs une émulsion de
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- Mais la technique de préparation des émulsions était compliquée et la virulence des microbes s’affaiblissait progressivement, opposant un obstacle sérieux à la mise en pratique de la méthode bactériologique.
- On sait que certains bacilles ont la faculté de se transformer en germes très petits, revêtus d’une capsule résistante, que l’on appelle spore (fig. 4). Le professeur Metal-nikov eut l’idée d’utiliser ces spores à l’état sec, sous forme de poudre, à laquelle on ajouterait du talc ou de la fécule.
- Il put préparer rapidement des spores en énormes quantités, facilement maniables et très actives, puisque 1 cm' de poudre renferme plus d’un trillion de germes vivants. A l’encontre des bactéries, les spores sèches conservent leur virulence et leur vitalité intactes pendant de longues années, comme le prouvent de nombreuses expériences, notamment les derniers essais faits avec une poudre conservée au laboratoire plus de 4 ans.
- Les spores sont également très résistantes aux divers
- Fig. S. — A gauche, 3 plantes de cotonniers traités par les spores de B. ephestiae ; 4 capsules seulement sont attaquées.
- A droite, 3 plantes témoins, 18 capsules sont endommagées. (Photos prises le 4 octobre 1932 par le Ministère de l’Agriculture égyptien.)
- diverses bactéries. Trois à dix jours après, on pla<;a sur chaque plante 50 petites chenilles de Pyrausta Nub. Hb. Puis, deux mois après, le maïs fut récolté et on compta le nombre des chenilles trouvées sur les plantes. Les résultats furent très encourageants, comme le montrent le tableau suivant et les figures 1. 2, et 3, résumant les principales expériences.
- Nombre Nombre Nombre de chenilles
- de de
- MICROBES pieds pieds dépo- trou- pour
- traités. infectés sées. vées. 100.
- B. thuringiensis n° 2 . 15 11 750 21 2,8
- B. thuringiensis n° 2 . 15 11 750 20 2,6
- B. canadensis .... ! 15 15 750 99 13,2
- B. Ellingeri 15 15 750 163 21,8
- Mélange de Bactéries. . 15 14 750 64 8,5
- Total 75 66 3750 367 9,8
- Contrôle 15 15 750 257 33,4
- facteurs externes, tels que la lumière, l’humidité, la chaleur, etc.
- Les expériences effectuées en Egypte nous ont montré qu’elles peuvent subir une exposition au soleil allant jusqu’à 20 jours, sans éprouver une diminution notable de leurs propriétés pathogènes.
- De plus, ces spores peuvent être gardées à l’état sec, comme n’importe quel produit chimique, dans des flacons ordinaires et n’exigent pas de précautions spéciales pour leur conservation.
- La poudre de germes virulents peut être facilement appliquée par les appareils ordinaires de poudrage utilisés en agriculture. On peut également la délayer dans l’eau pour préparer une émulsion qu’on pulvérise sur les plantes attaquées.
- En 1930, le professeur Métalnikov a repris ses expériences sur les pyrales du maïs à Zagreb avec des spores et des bactéries, dans des conditions beaucoup plus difficiles, les orages et les pluies n’ayant pas cessé durant toute la période des essais.
- Les résultats ont cependant été très favorables, surtout avec les B. Cazaubon et les mélanges de différents microbes, comme le montre le tableau suivant :
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- Nombre Nombre Nombre de chenilles
- MICROBES de pieds traités. de pieds infectés dépo- sées. trou- vése. pour 100.
- B. Cazaubon 38 3 1140 14 1.2
- B. thuringiensis . . . 38 18 1140 31 3.2
- B. Pyrenei 58 19 1740 30 2.1
- Mélange des cultures . 59 10 1770 14 0.3
- Mélange des poudres . 65 18 1950 39 2.0
- Total 258 68 7740 128 1.7
- Contrôle 204 177 4560 686 15.0
- Nous avons étendu ces expériences en 1932, en Égypte, à des plantes attaquées naturellement, en opérant sur des cotonniers envahis par le ver rose (Galechia ou Pecti-naphora gossypiella Saund). qui apparaît au Caire vers le mois de juillet et se propage avec une telle rapidité qu’au début d’octobre, chaque capsule infestée renferme jusqu’à 7 chenilles. Nous avons appliqué le traitement bactériologique sur 10 parcelles de 22 m 25 chacune (environ 200 plantes) choisies dans un grand champ planté de cotonniers (fig. 5). On diluait de 2,5 à 10 gr de spores de différentes bactéries en poudre dans un litre d’eau ordinaire. Chaque parcelle recevait environ 5 litres d’émulsion, 2 à 4 pulvérisations étaient effectuées à intervalles réguliers, dès l’apparition des chenilles, au moyen d’un petit appareil à main. Les résultats ressortent des tableaux suivants et des figures 6 à 9. Ils sont d’autant plus significatifs que nous les avons obtenus simultanément, sur 2 ou 4 parcelles traitées situées au milieu d’un champ de 2 ha particulièrement infesté. Ils se classent bien au-dessus des traitements arsenicaux essayés comparativement.
- EXAMEN DES CAPSULES VERTES Nombre de chenilles par 100 capsules examinées (environ 4 plantes)
- Examen 1 Examen Examen Total des trois examens
- CAPSULES du 15 août du lcrsept. du 15 sept.
- des :
- Plantes nontraitées(moyenne) Plantes traitées par les B. 14 182 404 600
- ephestiæ (moyenne sur 4 champs traités) 2,8 67,5 254,5 354,8
- Plantes traitées par les B.
- Cazaubon (moyenne sur 2 champs) 3 113,5 275,5 391
- Plantes traitées par les B.
- gelechiæ n° 5 (moyenne sur 2 champs! 6,2 127,5 273,5 407,2
- Plantes traitées par une solu-
- tion de composés arseni-cauxfmoyenne sur4 champs) 9 147,5 350 506,5
- Comme dans les expériences au laboratoire, les spores du B. Gai. n° 5 (M se sont montrées moins virulentes pour les vers roses (4).
- Nombre de capsules endommagées et rendement de la récolte de coton.
- Nombre Rendement, Pour 100
- de de la des graines
- CAPSULES récolte attaquées
- attaquées du coton dans
- non sur
- ouvertes 50 plantes -—"
- sur 50 en 1« 2°
- plantes. grammes récolte. récolte
- Plantes non traitées
- (moyenne) 248,3 1524,4 5,2 13
- Plantes traitées par le B.
- ephestiæ (moyenne sur 4
- champs 55,5 1704,3 1,5 6,4
- Plantes traitées par >e B.
- Cazaubon ''moyenne sur
- 2 champs) 107,5 2043,9 2,4 6,8
- Plantes traitées par le B. !
- Galechiæ n° 5 (moyenne !
- sur 2 champs) ; 92,5 1854,7 2,4 8,7
- Pour terminer, nous devons encore mentionner les expériences de Chorine et Husz.
- Ce dernier, qui a opéré sur des champs de maïs infestés naturellement par les Pyrales, a obtenu des résultats très probants avec une émulsion de B. thuringiensis (plus de 50 0jo de diminution d’infection avec une seule pulvérisation). Chorine, de son côté, a fait sur le même insecte de nombreuses expériences d’infection artificielle en grand et a enregistré des résultats tout à fait remarquables (jusqu’à 92 °/0 de réduction d’infection).
- CONCLUSION
- Pour résumer, nous devons constater premièrement que les dégâts occasionnés par les insectes sont énormes et qu’il convient d’employer pour les combattre les mesures les plus énergiques. Deuxièmement, que malgré les méthodes variées utilisées contre les insectes nuisibles, beaucoup d’entre eux échappent à tout contrôle et se propagent continuellement; tel est le cas du Doryphora, qui devient inquiétant en France et dont l’Amérique souffre depuis de longues années, des divers Pyrales, du ver rose et de bien d’autres espèces.
- L’utilisation des spores des bactéries dans la lutte contre certains insectes destructeurs a déjà donné des résultats très encourageants. Elle répond à la plupart des conditions requises pour un emploi pratique efficace. Dès lors, pourquoi ne pas envisager l’emploi pratique des bactéries en agriculture, où sa place est tout indiquée ?
- 1. Isolé en 1932 des chenilles mortes de Galechia goss.
- 2. Effectivement, les chenilles infectées au laboratoire par les spores de B. Cazaubon ou B. ephestiæ mouraient au bout de 7 à 18 h., tandis qu’avec les spores de B. Gai. n° 5, elles mouraient dans un délai de 24 heures à 5 jours.
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- Nous savons qu’en général les pullulations d’insectes se terminent, non grâce à nos moyens de lutte, mais à la suite d’épizooties terribles, provoquées par les bactéries.
- « Puisque la nature elle-même nous donne un exemple aussi frappant de cette lutte contre les insectes nuisibles, pourquoi ne pourrions-nous pas suivre cet exemple et utiliser les mêmes méthodes ?
- « La seule réponse que nous puissions donner, » a écrit, maintes fois le professeur Métalnikov, « c’est notre ignorance ». '
- « Noussavons très peu de choses sur la vie des microbes
- ..;......-y :---------- == 535 =
- « pathogènes en dehors de l’organisme vivant. Nous cc savons encore moins sur les modes de contagion et sur « les causes qui font, par exemple, qu’un microbe très « peu virulent devient, par suite de certaines circonstances, « très pathogène, et produit des épidémies terribles.
- « Voilà pourquoi nous estimons qu’une étude complète « et approfondie des maladies des insectes, de leur viru-« lence et de leur stabilité vis-à-vis des agents externes « présente un intérêt capital au point de vue scientifique ( et pratique. »
- « S. S. Métalnikov fils.
- LE BARRAGE DU CHAMBON
- SUR LA ROMANCHE
- Depuis quelque temps, le développement industriel du Dauphiné est remarquable; malgré les nombreuses installations d’usines hydro-électriques qui ont été faites, on s’est aperçu que l’on pouvait encore trouver un surcroît d’énergie, moyennant quelques aménagements complémentaires. Les Alpes qui, en 1929, donnaient
- 4 milliards de kilowatts-heure sur 6 125 000 000 fournis par le total des chutes d’eaux françaises, verront encore monter leur belle moyenne, grâce aux nouveaux barrages que l’on est en train d’aménager sur leurs torrents.
- Le barrage du Chambon, tendu à travers le lit de la Romanche, est du nombre de ceux-ci. On procède à sa
- Fig. I. •— L'emplacement du barrage de Chambon.
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- construction dans la belle région de l’Oisans, à 62 km de Grenoble.
- Ce barrage est destiné non seulement à fournir de l’énergie mais encore à régulariser le débit de la Romanche qui varie de 1 m'1 à 50 m5 par seconde.
- Les inondations ont été trop nombreuses dans la plaine de Bourg-d’Oisans pour que le moyen de régulariser le débit de la capricieuse Romanche paraisse inutile.
- Le nouveau barrage devant retenir 55 millions de mètres cubes permettra une parfaite utilisation des chutes existantes, puisque le débit moyen passera de 1 rrC 900 à 5 m° 700 seulement.
- Tous les ascensionnistes qui ont escaladé les sommets de l’Oisans peuvent facilement imaginer le cadre grandiose dans lequel se construit le gigantesque barrage du Cbambon, en un endroit relativement resserré de la
- Fig. 3. — Tapis roulant pour le transport du béton.
- vallée de la Romanche, à hauteur du village du Chambon.
- Voilà déjà 15 ans que M. Frédet, constatant la présence d’un verrou naturel dans la vallée de la Romanche, conçut l’audacieux projet de tendre en cet endroit un barrage qui, outre le rôle de producteur d’énergie, assumerait celui de régulateur des crues de la Romanche.
- Avec un ingénieur hydraulicien, M. Frédet s’assura de la stabilité du terrain et de l’imperméabilité de la cuvette.
- Les industriels de la vallée de la Romanche et l’Etat lui-même furent intéressés à ce projet; une société se constitua (capital : 12 millions).
- Le Ministère de la Guerre donna une subvention de 20 millions, car il est probable que l’on pourra conserver des produits nitrés dans le futur lac qui s’allongera sur 7 km.
- Les travaux du barrage commencèrent en 1928.
- • La Romanche fut détournée de son cours habituel par un tunnel qui, dans l’avenir, servira à vidanger le lac.
- Un autre tunnel fut percé a fin que la circulation, si intense sur la route du Lautaret, se fît en dehors du chantier.
- Le travail des fouilles présentait de grandes difficultés que l’on mit plusieurs années à surmonter.
- Pour ancrer solidement le barrage, on décapa les berges et le fond de la Romanche; à leur achèvement, les fouilles faites jusqu’à 30 m de profondeur atteignaient 108 000 m\
- Le verrou du Chambon est constitué par des schistes cristallins qui montraient quelques fissures à la partie supérieure. Les infiltrations ont été combattues par du coulis de ciment injecté à des pressions variant de 40 kg à 100 kg parfois par centimètre carré; on s’assura de l’étanchéité du barrage en installant un système de drains. Pour la construction du barrage du Chambon, on a adopté le type barrage-poids ; les barrages de ce genre résistent à la poussée de l’eau qu’ils retiennent (55 millions pour le Chambon) grâce à leur masse.
- Le barrage mesure 65 m d’épaisseur à la base et 30 m au faîte, la hauteur atteindra 120 m au-dessus des fouilles et 90 m au-dessus du lit de la Romanche; sa longueur, mesurée à la crête, sera de 290 m.
- Ces imposantes dimensions font entrevoir l’importance de la construction du barrage et par conséquent les moyens dont doit disposer l’Entreprise Campenon-Bernard pour mener à bien de semblables travaux. Les matériaux nécessaires au barrage sont mélangés et transformés au Chambon ; certains sont même débités sur place.
- A proximité du Chambon on a ouvert une carrière de 300 m de long sur 30 m de haut.
- C’est là que l’on peut voir en action les pelles à vapeur qui épargnent une fatigante besogne aux ouvriers; elles chargent de blocs de pierre les wagonnets qui les transportent aux concasseurs.
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- Ceux-ci débitent — avec force bruit — 78 m' à l’heure; ils alimentent plusieurs silos dont la réserve totale représente 1500 m'\
- Le chantier possède aussi deux grosses bétonnières de 3000 litres chacune, qui produisent un béton dont on vérifie constamment des échantillons au laboratoire. Par des tapis roulants, le béton est transporté aux goulottes qui le répartissent sur le barrage. Le débit horaire assuré par les bétonnières est de 80 m\
- Pour apporter le ciment nécessaire à la construction du barrage (60 000 tonnes sont prévues) on a imaginé un transporteur monocâble.
- Partant de Bourg-d’Oisans à la cote 714 pour aboutir au Chambon à la cote 1250, ce téléférique de 193 bennes assure largement le débit horaire qui est de 15 tonnes. C’est dans la fameuse gorge du Châtelard que l’on rencontre la plus grande portée du téléférique : 878 m.
- -......... 1 ——-- t= 537 =
- Au point le plus haut du chantier on a installé 2 blondins dont l’attribution est de transporter les ouvriers en divers points et de répartir sur le barrage, les blocs de pierre nécessaires à sa construction.
- Les blondins ont 350 m de portée et peuvent répartir 6 mr' de blocs à l’heure.
- En ce moment, les travaux du Chambon se poursuivent avec activité, on a déjà bétonné plus de la moitié du barrage.
- Les ingénieurs pensent pouvoir mettre en service au début de 1935 cet ouvrage si digne d'intérêt.
- Sans doute regrettera-t-on le pittoresque Chambon (beau lac dans quelque temps) peuplé de souvenirs très chers et pays natal pour quelques-uns, en tous cas les dauphinois accueillent avec fierté ce nouveau fils de la science qui sera un aide précieux pour l’industrie de notre pays. Louis Dornon.
- : LA MER SAHARIENNE
- L'EXPÉRIENCE DU TURKESTAN
- Rentrant récemment de l’Union soviétique, je trouvais dans une revue française un article en faveur de la mer saharienne, mais ce que je savais du Turkestan russe ne me permettait pas de partager l’optimisme de l’auteur.
- L’opinion est répandue que, sous la domination romaine, la culture, aussi bien dans le sens de civilisation que d’agriculture, occupait les régions, désertiques aujourd’hui, du Sahara septentrional.
- L’antique golfe Triton aux rives couvertes de palmiers
- et d’oliviers ne serait autre que l’aride et vaste cuvette des chotts Melghir et El Djerid. Un exhaussement du seuil de Gabès aurait par la suite isolé ce bassin de la Méditerranée.
- Les ruines des cités romaines que l’occupation française a trouvées çà et là submergées dans les sables, la découverte dans les points les plus désolés du Sahara de pierres taillées, outils de races préhistoriques, témoignent des incessants progrès du désert.
- Fi y. 1. — Les progrès du désert. Oasis gagnée par les sables. (Tidikelt-Zaouïet el Maa.i
- irir
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- LE PROJET DE ROUDAIRE
- Lorsque, peu après la guerre franco-prussienne, le capitaine Roudaire fut chargé de dresser la carte et d’opérer le nivellement de la zone des chotts Melghir, il repéra des fonds de 30, 40, 50 m au-dessous du niveau de la mer.
- La mer s’étendait à 200 km de là et cette distance était occupée en majeure partie par le chott El Djerid
- alors en territoire étranger : la Tunisie.
- Roudaire conclut par analogie que l’El Djerid se trouvait également en contre-bas et proposa de percer l’étroit barrage naturel séparant la mer des chotts pour reconstituer le golfe d’autrefois.
- L’active évaporation de cette vaste nappe liquide rafraîchirait l’atmosphère; la saturation de l’air déterminerait des pluies fréquentes qui ranimeraient la fertilité dans toute la région.
- Des recherches ultérieures démontrèrent que la surface du chott El Djerid s’élevait de 20 m au-dessus du niveau de la Méditerranée. Il fallait donc creuser un canal de 180 m de longueur pour amener l’eau marine dans le bassin des chotts Melghir et Ghersa, ne submergeant ainsi qu’une superficie de 8000 kilomètres carrés.
- Un certain nombre de projets furent examinés. Vers 1882, c’est-à-dire après le traité du Bardo mettant la Tunisie sous le protectorat français ; on parlait d’établir un canal de 30 m de largeur sur 14 m de profondeur, débitant 700 mètres cubes à la seconde et déversant en dix années 220 milliards de mètres cubes. Le bassin cubait 170 milliards de m3, la différence 220 — 170 = 50 milliards de mètres cubes correspondait à l’évaporation du liquide pendant les 10 années du remplissage.
- La confiance de Roudaire et de Lesseps qu’il avait conquis à son idée restait si forte en dépit des critiques, qu’ils s’engageaient à créer cette mer sans réclamer à l’Etat d’autre avantage que la concession de la pêche, des salines et d’une bande de terrain autour de la zone inondée.
- Les adversaires du projet se dressèrent nombreux. Le golfe Triton des anciens se trouvait, paraît-il, au nord du golfe de Gabès et certains l’identifiaient avec le lac Kelbia.
- On affirma que la colonisation romaine ne s’était jamais exercée sur la région des chotts, où, en tous cas, ce peuple constructeur n’a laissé aucun vestige. Le canal devait s’enfoncer profondément dans l’El Djerid, il recouperait en certains points les nappes liquides qui donnent la vie aux magnifiques oasis de Tozeur et de Nephta, tandis que la mer intérieure elle-même submergerait un certain nombre d’oasis et de palmeraies.
- Enfin la possibilité même d’ouvrir un canal dans la boue de l’El Djerid apparaissait des plus douteuses.
- Bien plus, des personnes expérimentées tenaient pour plus dangereux que favorable le fait d’amener au sud de l’Algérie de telles masses d’eau salée.
- Elles affirmaient que, là où l’atmosphère est chargée d’effluves salines, au bord des mers par exemple, les palmiers ne viennent pas bien ene fournissent que des dattes sèches et fades,
- Fig. 3. — Oasis sud tunisien. (Ph. Perrin.)
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- tout juste bonnes pour l’alimentation du bétail.
- De gros investissements, un milliard de francs, c’est-à-dire 5 milliards de francs actuels, seraient exposés pour aboutir à des avantages bien problématiques; la destruction d’un million de pieds de palmiers serait le résultat le plus certain.
- La proposition de Roudaire opposa donc de chauds partisans à d’ardents adversaires. Un projet de cette envergure exige certainement une étude des plus sérieuses.
- L’EXEMPLE DU TURKESTAN
- Le Turkestan russe nous offre quelques éléments d’appréciation.
- La mer d’Aral se trouve au centre d’une région également désertique où se meuvent des dunes de sable qui rappellent les ergs sahariens.
- Après quelques mois d’hiver assez froids, le climat présente une bonne analogie avec celui du Sahara.
- La superficie de la mer d’Aral, 64 000 km2, représente huit fois celle de la mer saharienne rêvée.
- De plus, du château d’eau que constituent les vastes chaînas de montagnes de l’Afghanistan, deux larges fleuves, l’Amou Daria et le Syr Daria déversent dans l’Aral d’énormes masses d’eau. Et pourtant, autour de cette imposante nappe liquide, sur un rayon de plusieurs centaines de kilomètres carrés, il ne pleut pas.
- Entre les deux fleuves s’étend le Kisil Koum, « le sable rouge » désert aux dunes mouvantes; au sud, de l’autre côté de l’Amou Daria, s’allonge l’aridité du Karakoum : le sable noir.
- En été, lorsque la fonte des neiges, sur les monts, fait enfler les deux fleuves, les eaux déposent loin sur les rives leur limon fertilisateur et l’herbe alors pousse drue.
- Comme dans l’Afrique du Nord, les hommes, avec une pénible application, ont creusé çà et là de multiples réseaux de canaux. L’arrosage artificiel ou naturel, en 1913, desservait environ 3 millions d’hectares.
- Ces terrains désolés devenaient alors singulièrement fertiles. Sur les prés naturels qui se formaient, les troupeaux de moutons se multiplièrent. La culture du coton attira bien vite l’attention des pouvoirs publics. Les plantations entreprises en 1880 se développèrent si rapidement qu’elles englobaient 246 000 hectares en 1913 et 600 000 en 1916; elles fournissaient alors 300 000 tonnes de coton, permettant à la Russie d’éviter tout achat à l’étranger.
- H paraît intéressant d’insister sur ce point, car nous payons à l’étranger un tribut annuel de quelques milliards pour l’achat du coton desservant notre industrie. D’autre part, les touristes sont parfois surpris de trouver dans les oasis sahariennes des cotonniers fournissant un excellent produit tissé par les indigènes ; enfin le cotonnier, à l’inverse du palmier, est peu sensible à l’action du sel et pousse fort bien au voisinage de la mer.
- Aussi le gouvernement soviétique, après essais concluants, envisage l’utilisation des rives de l’Aral pour de nouvelles plantations de coton.
- En 1922, la surface des plantations était tombée au dixième, mais 3 années après, la production dépassait déjà celle de 1916; elle atteignait 72 000 tonnes en 1931 alors que la surface plantée formait un total de 1 772 000 hectares.
- L’extension de la culture n’est possible que grâce au développement du système d’irrigation. En 1931, la somme employée dans ces travaux atteignait 167 millions de roubles, soit 2 milliards de francs si l’on compte le rouble au taux fort de 13 fr 28.
- Revenant au fait essentiel, nous constatons que la mer d’Aral, malgré son étendue, ne constitue pas le centre d’une zone humide aux pluies fréquentes et naturellement fertile. Mais elle contribue sans aucun doute à faciliter l’irrigation. C’est un réservoir où les vents qui soufflent le plus souvent du Nord au Sud viennent puiser l’eau pour la transporter sur les hautes cimes voisines du Pamir, d’où
- Fig. 5. — Puits dans le désert non loin des chotls. Béni Isguen {Mzab).
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- Fig. 6. — Algérie : régime des pluies, les chotls.
- elles redescendent en torrents pour former finalement les deux fleuves, Nil jumelé de ces déserts.
- LE BILAN DE LA CREATION ÉVENTUELLE D’UNE MER INTÉRIEURE EN AFRIQUE DU NORD
- Il apparaît donc qu’il n’y a pas lieu de trop spéculer sur les pluies pour assurer la fertilisation automatique de la zone des chotts et la ceinture de la mer intérieure restera désertique si elle n’est pas arrosée artificiellement.
- En se basant sur des essais ainsi que sur des considérations théoriques, on escomptait pour la mer intérieure l’évaporation annuelle de 6 milliards de mètres cubes. Pour compenser l’évaporation, le fleuve à rebours, qui sortant de la Méditerranée, viendrait alimenter notre bassin, devrait donc fournir 200 m'1 par seconde : fleuve
- bien modeste puisque le Rhône débite en moyenne 2200 m3, la Garonne 700 m3.
- Une si faible quantité d’eau ne saurait saturer l’air très sec que les vents emportent alternativement aux divers points de l’espace.
- Lorsqu’ils souffleront du Nord, ils poursuivront une route inutile au-dessus des sables tripolitains. Lorsqu’ils tourneront vers le Sud les monts lointains du Hoggar n’arrêteront qu’une faible partie de l’air emporté, et les
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- Fig. 7. — Le Turkestan, régime des pluies.
- quelques gouttes d’eau condensée ne sauraient s’écouler loin dans le désert.
- Mais parfois la bourrasque vient du Sud-Ouest frapper les hauts massifs de l’Aurès où certainement s’opérera une condensation partielle. Les oueds qui descendent vers le sud alimenteront un peu plus abondamment la couche artésienne ; on peut même penser que, jaloux d’imiter les fleuves, quelques oueds rejoindraient péniblement la mer intérieure; mais comment de si minces filets d’eau pourraient-ils améliorer le régime des pluies ?
- Parmi les régions les plus arides du globe, on peut citer les rivages de la Mer Rouge, de la mer Caspienne, du golfe Persique et l’exemple du Turkestan montre qu’il ne faut compter que sur l’irrigation.
- Mais Roudaire et de Lesseps mettaient en avant d’autres avantages : la pêche et le sel devaient fournir à leur société de gros revenus.
- Il est certain qu’un filet tendu à travers le canal arrêterait tout le poisson.
- La cuvette des chotts pourrait aussi faire l’office d’un immense vivier.
- Mais sa valeur comme vivier décroîtrait progressivement à cause de l’élévation de la sali-
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- nité. Viendrait un temps où, comme dans la baie de Karabougaz qui se trouve encore au Turkestan, les poissons crèveraient dans ce bain trop salé.
- La récupération du sel peut être chiffrée en admettant le chiffre indiqué pour l’évaporation annuelle : 6 milliards de tonnes d’eau.
- La salinité de la mer aux Syrtes correspond à 38 kgs. de sel par tonne d’eau. Par conséquent on jetterait dans les chotts annuellement 228 millions de tonnes de sel brut.
- Ce serait évidemment une belle mine de matières premières et présentant cet avantage de se renouveler constamment, d’être inépuisable comme l’Océan lui-même.
- D’autre part, pour établir des marais salants, le Sahara présente assez de place et le soleil est assez ardent pour mener rondement l’évaporation.
- On pèsera mieux l’énormité de ces chiffres lorsque, se reportant aux statistiques, on constatera que le monde entier pour ses besoins industriels comme pour l’alimentation ne consomme annuellement qu’une vingtaine de millions de tonnes de sel et la France moins d’un million et demi. Il faut cependant remarquer qu’il s’agit là de sel pur, du chlorure de sodium, tandis que précédemment nous envisagions le produit brut.
- Le Turkestan nous offre un curieux exemple de la réalisation du rêve de Roudaire concernant le sel.
- Juste en face de Bakou, sur la rive opposée de la mer Caspienne, les eaux de la mer s’écoulent dans un canal naturel de quelques centaines de mètres de largeur.
- On appelait cela Karabougaz : la gueule noire; on disait que par là les eaux de la Caspienne allaient se perdre dans un gouffre sans fond.
- En 1836, des explorateurs se risquèrent prudemment sur ces bords désertiques; traversant une étroite bande de terre, ils se trouvèrent en face non pas d’un abîme mais d’un immense lac dont les eaux restaient calmes en dépit d’un vent appréciable.
- Plus tard on reconnut ces bords, on en dressa la carte, on sonda les fonds. C’était une immense cuvette présentant une superficie de 18000 km2 pour une profondeur moyenne de 10 m.
- Toutes ses rives sont désertiques; l’eau qui vient de la Caspienne subit une intense évaporation par l’action des vents secs, émanant d’arides steppes, et dans ce bassin les sels se concentrent, les moins solubles se déposent.
- Lorsqu’une forte tempête soulève cette eau lourde, les vagues après avoir déferlé sur le rivage n’y abandonnent pas des cailloux et des coquillages, mais des cristaux, qui sous Tardent soleil forment un tapis éblouissant.
- Le fond de la baie de Karabougaz contient des milliards de tonnes d’un dépôt constitué principalement par du sel de Glauber, le sel admirable de l’antiquité, le sulfate de soude.
- Dès la première année du plan quinquennal, en 1928, le gouvernement soviétique a constitué le trust « Karabougaz sulfate » chargé d’organiser l’extraction du sel et l’étude de son traitement industriel. Il s’agissait d’en retirer des
- Fig. 9. — Au Turkestan, l’irrigation d’un champ de colon. (Ph. Union Photo.)
- produits déficitaires en URSS comme la soude, le soufre, l’acide sulfurique.
- En 1931 l’extraction s’élevait à 250 000 tonnes de sel
- 10. — Le colon du Turkestan embarqué au port de Taschkent.
- (Ph. Union Photo.)
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- brut, en 1933 elle doit atteindre 3 millions de tonnes pour monter à 10 millions en 1936.
- On a décidé l’installation d’un groupe d’usines destinées à produire annuellement 200 000 tonnes de soude, 60 000 tonnes de soufre, 225 000 tonnes de silicate de soude, 160 000 tonnes d’acide sulfurique.
- Cela ne va pas tout seul; là où ne se trouvaient que des pierres une agglomération de 12 000 hommes est déjà rassemblée. Il faut de l’eau pour leurs besoins, il en faudra des quantités bien plus considérables pour l’usine.
- 11 y a des puits çà et là; sur leurs margelles faites de larges dalles, des signes mystérieux évoquent une langue, une population disparues. Les puits sont desséchés. On est forcé d’amener l’eau de Bakou en bateaux citernes.
- A 120 kilomètres de là, le mont Balchach pourra fournir l’eau nécessaire; en attendant, on effectue des sondages qui n’ont pas révélé de l’eau, mais du charbon peut-être aussi précieux. Ainsi donc, au Turkestan, on ne vise que l’extraction des sulfates, au moins tant que l’envol des années n’aura pas concentré la lessive saline jusqu’à la saturation des chlorures qui se déposeront alors à leur tour.
- Il serait tout indiqué au contraire de créer autour de la mer saharienne des marais salants permettant la séparation fractionnée des divers constituants du sel brut, conformément aux projets de Roudaire et de Lesseps.
- Mais que reste-t-il donc de ces projets nécessitant un débours de quelques milliards ?
- Le poisson et le sel ne peuvent constituer que des produits accessoires, car on peut les récupérer sans grands frais sur les bords de la Méditerranée.
- Quant à transformer en fraîches cultures des zones désertiques, rien n’est plus discutable.
- Certains ont crié : holà ! prétendant que la création
- d’une mer saharienne serait susceptible de modifier le climat européen. Hélas ! il n’est que trop certain que le climat du Sahara n’en serait même pas affecté. L’idée du commandant Roudaire mériterait cependant une étude nouvelle; il reste à tenir compte des fonds du Chott el Djerid et peut être se présentera-t-il une solution économique, d’une efficacité très relative d’ailleurs si elle est considérée isolément.
- Le problème de l’assèchement du désert doit être envisagé dans son ensemble. Autrefois une bonne partie du Niger venait s’y répandre; la zone d’épandage du Chari s’étendait à plusieurs centaines de kilomètres au nord du Tchad et les eaux de ce lac sont évacuées sous terre dans une région encore inconnue.
- C’est par le sud qu’il sera possible d’attaquer le Sahara et de rendre à ses châteaux d’eau : chaîne de l’Atlas, Iloggar, Tibesti, une activité plus utile. Ce résultat grandiose, mais lointain, ne saurait nous détourner de tâches plus immédiates : l’irrigation et l’utilisation des nappes souterraines.
- J’ai cité l’exemple de l’union soviétique parce que ses efforts me sont particulièrement connus; en développant son réseau d’arrosage, elle compte rendre à la culture de vastes espaces désertiques.
- Au Sahara le problème est plus difficile; la France a déjà fait beaucoup; des puits ont permis de fertiliser des terrains arides et l’irrigation par le Niger se trouve amorcée, mais presque tout reste à réaliser. Ce qu’il faudrait avant tout, c’est une étude complète de la question avec un plan bien coordonné de l’aménagement hydraulique du désert. Tout en se maintenant dans le domaine des possibilités, la France peut réaliser là de belles conquêtes pacifiques en luttant contre la nature seule. J. Cotte.
- = LES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS =
- DU TIRAGE DES PLANS
- NOUVELLE MACHINE A DÉVELOPPER AU GAZ AMMONIAC
- Si, dans la reproduction des photographies, on est toujours obligé de passer par l’intermédiaire d’une image négative, le tirage des dessins, des plans, des figures au trait qui ne présentent pas de demi-teintes et demandent moins de finesse peut se réaliser directement par contretype. Longtemps on se servit comme couche sensible d’un papier au ferro-prussiate : exposé dans un châssis, à la lumière, sous un dessin fait sur papier transparent ou translucide, ce papier grisait sauf aux points protégés par les noirs du dessin et, quand les traits devenaient nettement visibles, il ne restait plus qu’à laver à grande eau pour développer et fixer l’image qui apparaissait en blanc sur fond bleu. Tout le monde a vu des copies de plans d’architecte faits de cette façon.
- Au lieu de cette image négative, on réalisa ensuite des
- ferro-types positifs donnant les traits en bleu sur fond blanc (papier cyanofer) ou même en noir (papier au gallate), mais moyennant un développement spécial.
- En ces dernières années, ces procédés ont cédé le pas devant une nouvelle invention : les papiers ozalide. Ce sont des papiers sensibilisés par une couche de composés organiques du groupe des couleurs d’aniline ou azoïques; ces corps sont décomposés par la lumière, si bien qu’après tirage, ils disparaissent sauf là où la couleur a été préservée par les noirs du dessin superposé; on obtient donc une copie positive. Pour la fixer, plus n’est besoin de lavages prolongés; il suffit de vapeurs d’ammoniaque. En permettant, grâce à leur photosensibilité, des expositions très courtes, sous lumière artificielle intense ou même sous lampe à vapeur de mercure et un développement non moins
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- rapide par passage dans une chambre à gaz ammoniac, le procédé ozalid a singulièrement facilité le tirage des plans et dessins; il donne d’excellentes copies en brun foncé surfond faiblement teinté. La suppression des lavages a un double avantage ; elle libère des séchoirs encombrants et des longues attentes, les papiers sont livrables tout de suite; elle évite les déformations, le gondolement du papier, conséquence à peu près inéluctable de son mouillage et de son séchage.
- Récemment, ce nouveau procédé est devenu courant pour tirer les copies positives des dessins animés destinés aux projections cinématographiques.
- Un seul défaut gênait l’extension du procédé : la nécessité de la chambre à gaz ammoniac; qu’elle ne soit pas étanche et le local s’emplit de vapeurs irritantes, dangereuses pour les poumons; et même avec une chambre bien construite et en bon état, il faut bien l’ouvrir pour y introduire et en sortir les papiers impressionnés. Chaque fois, c’est un flot d’ammoniac qui pique les yeux et fait tousser.
- M. Jean Breton s’est inquiété de ce problème et il vient de lui trouver une heureuse solution : la chambre est maintenant pourvue d’une fermeture autoclave absolument étanche; après le développement dans un courant d’air saturé de gaz par barbotage dans une cuve de solution d’ammoniaque, ladite chambre est balayée par un courant d’air pur qui évacue au dehors les vapeurs ammoniacales avant qu’on ouvre l’appareil. De cette façon, tous les dangers du procédé, ettoutes les critiques des hygiénistes sont supprimés.
- Les réalisations diffèrent par le mode de production du
- Fig. 1. — L’appareil à développer au gaz ammoniac de Jean Breton.
- courant d’air effectuant successivement le développement, le balayage et la désodorisation. Dans les unes, ce courant d’air est produit par un ventilateur centrifuge, actionné par un moteur électrique rejetant à l’extérieur, au moyen d’une canalisation spéciale, l’air chargé des dernières traces d’ammoniaque; dans d’autres, une trompe à eau assure la circulation d’air, puis absorbe et dilue dans son eau d’alimentation, afin de permettre son évacuation à l’égout,
- Fig. 2 et 3. — Vue de face et de profil de l’appareil à deux cylindres fonctionnant au continu. Fig. 4. — Le chargement de l’appareil.
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- le gaz ammoniac restant dans l’appareil après développement.
- Voici, tout d’abord un appareil à un seul cylindre horizontal (fig. 1). La fermeture hermétique étant ouverte, on introduit le papier à développer, puis on referme par un simple serrage à vis.
- A l’autre bout du cylindre un petit ventilateur, actionné par un moteur électrique de 0,1 ch aspire l’air et le refoule au-dessous vers un robinet à voies multiples. Dans un premier temps, cet air vient barboter dans une solution d’ammoniaque, chauffée par une petite résistance et retourne, chargé de vapeur, dans le cylindre, au contact du papier.
- Dans un deuxième temps l’air aspiré ne passe plus dans la solution; il est évacué vers l'extérieur par une tuyauterie spéciale, tandis que l’air extérieur entre directement dans le cylindre. On peut alors ouvrir l’appareil, retirer le papier viré, en introduire un autre impressionné, sans percevoir même une odeur légère.
- Fig. 6. —• Plan d’une batterie circulaire de 5 appareils.
- Pour les grandes exploitations industrielles, ayant journellement de grandes surfaces de papier à développer, il est préférable d’utiliser la machine double à fonctionnement continu, représentée par les figures 2, 3 et 4. Pour restreindre l’encombrement de cette machine, les deux cylindres de développement sont disposés verticalement et reposent sur un socle. Ils portent, à la partie supérieure, une tablette qui supporte, elle-même, le réservoir à ammoniaque, le distributeur et le moteur commandant de chaque côté de son arbre un ventilateur centrifuge.
- Le robinet distributeur est constitué dans cet appareil par un couvercle circulaire à alvéoles tournant sous l’action d’une manette sur un disque présentant un certain nombre de lumières, de telle sorte que, dans l’une de ses positions, l’air aspiré à la partie supérieure dans le premier cylindre en développement vient barboter dans la cuve à ammoniaque pour retourner chargé de gaz dans la partie inférieure du même cylindre, tandis que l’autre ventilateur aspire, pour le rejeter à l’extérieur, l’air chargé d’ammoniaque contenu dans le deuxième cylindre, lequel est mis par son autre extrémité en communication avec l’air ambiant. De cette façon, lorsque le développement s’effectue dans le premier cylindre, le balayage et la désodorisation se produisent dans le deuxième cylindre, qui peut alors, sans risquer la moindre émanation d’ammoniaque, être ouvert pour en extraire le papier développé et y introduire une nouvelle quantité de papier à traiter.
- Ceci fait, une manœuvre de la manette suffît à inverser le fonctionnement de l’appareil pour désodoriser le papier du premier cylindre pendant que s’effectue le développement dans le deuxième; en poursuivant sans cesse le cycle de ces opérations, on assure un fonctionnement continu de cet appareil et une production intensive. C’est ainsi que l’on peut facilement effectuer le développement de 100 m2 de papier à l’heure.
- Toute fausse manœuvre est rendue impossible par un verrouillage automatique qui interdit l’ouverture d’un cylindre pendant que le gaz-ammoniac y passe et l’arrivée de gaz dans un cylindre ouvert.
- Quand on dispose d’eau sous pression, on peut remplacer le ventilateur électrique par une trompe à eau à deux étages fort ingénieuse (fig. 5).
- Dans cette trompe, l’eau arrivant par la tubulure supérieure entraîne par le premier ajutage l’air aspiré par la tubulure du haut et passe, avec cet air, dans le deuxième ajutage en provoquant l’entraînement d’une nouvelle quantité d’air aspiré par la tubulure du bas. Cette trompe réalise parfaitement les conditions de fonctionnement voulues pour le meilleur rendement des appareils à cylindres multiples : dans son premier étage elle provoque, par la tubulure supérieure reliée au cylindre dans lequel on doit faire le vide, une dépression importante, tandis que le second étage aspire, par la tubulure inférieure reliée au cylindre dans lequel doit se produire le balayage, une quantité d’air plus importante sous une moindre dépression.
- Grâce à cette trompe à deux étages on peut réaliser des appareils à cylindres multiples, dans lesquels la même quantité d’eau provoque simultanément, et très écono-
- Fig. 5. — Trompe à eau à deux étages de Jean Breton.
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- iniquement, le vide dans un des cylindres, le balayage et la désodorisation dans un autre.
- On arrive ainsi à des appareils à cinq cylindres, à très grand débit (fig. 6), d’un maniement très simple et très sûr, qui répondent aux besoins les plus considérables et peuvent être confiés à de simples manœuvres.
- Grâce à ces nouveaux appareils, le développement des
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- papiers photographiques au gaz ammoniac qui était jusqu’ici des plus désagréables, et même dangereux par suite des émanations inévitables, devient le système de développement non seulement le plus simple et le plus pratique, mais encore le plus commode et le plus agréable pour l’opérateur.
- André Bercy.
- LES PUITS SOUFFLANTS
- INTRODUCTION
- Chasseur, à mes heures de loisir, je me trouvais il y a deux ans chez des amis, non loin du bourg de Goderville rendu célèbre par Guy de Maupassant.
- Le temps était incertain et depuis la veille les indica-
- Fig. 1. — Entrée d’une marnière.
- tions du baromètre n’étaient nullement rassurantes, nous nous équipions en conséquence, quand l’un des porte-carniers nous dit : « Pouvez être tranquilles, va faire beau, not’marnière aspire, vot baromètre c’est un menteux ».
- Très surpris par cette affirmation, je demandais quelques explications sur le fait permettant d’affirmer d’une
- manière aussi catégorique quel allait être le temps et j’appris que sur le plateau de Caux, beaucoup de puits soufflaient ou aspiraient et qu’il était d’usage de dire : Puits soufflant — Pluie venant.
- Puits aspirant — sec arrivant.
- Tout d’abord, je dois l’avouer, je n’ajoutai pas foi à un
- Fig. 2. — Les appareils d'observation montés à l'intérieur d'une cabane.
- pareil moyen de prévoir le temps; mais à la réflexion, les prévisions du brave homme s’étant du reste révélées parfaitement exactes, j’ai communiqué à M. Idrac, physicien à l’Ecole polytechnique et collaborateur du Ministère de l’Air, l’existence de ce procédé d’observation si simple en usage sur le plateau de Caux, pressentant
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- ciennes marmeres
- Fig. 3. — L’anémomètre enregistreur.
- En haut, coupe longitudinale ; en bas à gauche : coupe transversale, montrant les spirales; en bas à droite: coupe transversale du moulinet.
- 1 moulinet. 2. multiplicateur. 3. spirale de vitesse; 4. volet indicateur de direction. 5. spirale de direction. 6. baromètre; 7. spirale du baromètre ; 8. lampe d’éclairage ; 9. appareil photographique; 10. récipient à chlorure de calcium; 11. planche de
- connexions électriques.
- qu’il y avait là un phénomène naturel intéressant à étudier.
- Ce furent alors quelques courses à travers le pays et la vérification que les puits soufflaient et aspiraient bien. De vieux fermiers nous ont appris que lorsqu’on couvrait les puits abandonnés à l’aide d’une voûte en maçon-
- Fig. 4. — Schéma montrant le principe du baromètre de précision.
- A droite le croquis indique comment sont enregistrés photographiquement les mouvements de l’aiguille.
- Condensateur
- collimateur
- ~) Montre
- Bouteille thermos 2.
- nerie, il était nécessaire de laisser un évent, si l’on ne voulait pas voir la voûte éclater par suite de la pression intérieure.
- De fait nous avons rencontré de ces an-recouvertes d’un petit dôme en maçonnerie percé d’un trou de la grosseur du poing; ces puits émettent un sifllement assez lugubre dès que le temps va vers la pluie, comme si la terre se plaignait et souffrait, origine probable de certaines légendes.
- Le débit des puits eux-mêmes est considérable et nullement en rapport avec le volume d’air qu’ils contiennent, un puits de quelques mètres cubes de capacité arrivant, ainsi que nous le verrons, à débiter dans certains cas plus de 1 000 m'1 à l’heure.
- On se figurera aisément que quelques braves paysans aient pu se montrer assez fermés lorsque nous les interrogions sur les puits que nous voulions étudier, je pense même qu’il en fut un qui nous soupçonna de rechercher une marnière discrète et abandonnée pour y faire disparaître un cadavre, car les anciens puits servent souvent à se débarrasser des animaux morts.
- Une marnière se compose d’un puits vertical circulaire de 1 m 20 de diamètre descendant à une trentaine de mètres de profondeur et constituant le chemin d’accès à la carrière souterraine proprement dite.
- Celle-ci s’étend par rayonnement autour du puits et forme des chambres cubiques de 2 m de côté environ, séparées par des piliers de même taille.
- L’extraction se fait à la pioche et les matériaux sont remontés au jour à l’aide d’une corbeille et d’un treuil à main, simple arbre horizontal en bois muni de deux manivelles, posé sur deux chevalets.
- La descente des ouvriers s’opère également à l’aide de cet ascenseur rudimentaire.
- Ces puits sont abrités par une petite butte en branchages recouverts de paille (photographie 1); chaque ferme possède sa marnière au milieu de l’un des champs car les fermiers sont tenus de marner les terres, trop argileuses à l’état naturel pour la culture, à des époques imposées par leurs baux.
- Au cours d’une descente que nous fîmes, à cheval sur le câble d’extraction, dans un puits en cours de creusement, nous avons pu constater qu’aussitôt la couche de terre meuble et d’argile traversée, des courants d’air sortant des fissures de la pierre suffisaient à éteindre la bougie dont nous étions munis, et chose curieuse aucune galerie n’était encore amorcée.
- Ayant constaté le phénomène, nous avons voulu l’étudier plus à fond, en trouver la cause et la relation avec les variations de pression atmosphérique puisque les dictons en indiquaient une.
- A. Caulle.
- Ingénieur au Port autonome du Havre.
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- RÉALISATION DES STATIONS D’OBSERVATION
- En vue de l’étude que nous envisagions, nous avons fait construire sur l’orifice des puits choisis (1) des cabanes en bois dont les parois étaient aménagées de manière à éliminer au mieux les effets de pression statique dus au vent.
- A l’intérieur de chacun de ces locaux (fig. 2), ainsi qu’au fond de la marnière ont été placés des baromètres, des thermomètres, des hygromètres enregistreurs devant nous donner la direction et la vitesse du courant d’air.
- De manière à augmenter la vitesse d’écoulement de l’air et obtenir des inscriptions plus nettes, nous avons réduit l’orifice des puits à un carré de 0 m 33 de côté correspondant du reste aux dimensions de notre anémomètre.
- Ces différents appareils dont la description est donnée ci-après ont dû être construits de toutes pièces de manière à répondre aux buts auxquels nous tendions, et en particulier à pouvoir fonctionner plusieurs jours de suite sans être visités.
- ANÉMOMÈTRE
- L’appareil enregistreur destiné à donner le sens du courant d’air et sa vitesse se compose de (fig. 3):
- 1° Un moulinet à axe horizontal mis en mouvement par le courant d’air se produisant à l’orifice du puits.
- Ce moulinet entraîne par l’intermédiaire d’un système démultiplicateur un disqiie sur lequel sont gravés deux cercles concentriques, réunis par une spirale. Ce disque fait un tour complet pour N tours du moulinet.
- 2° Un volet à axe horizontal sur lequel est clavelé un disque gravé portant en traits blancs sur fond noir un cercle ayant pour centre l’axe de rotation et une portion de spirale coupant le cercle précité.
- Le point de coupure, lorsque le volet est vertical, se trouve sur la verticale passant par l’axe de rotation.
- Ce volet sous l’effet du courant d’air s’incline dans un sens ou dans l’autre.
- 3° Un appareil photographique enregistreur à déroulement constant dont nous donnerons une description spéciale.
- 4° Des lampes électriques éclairant les disques à photographier.
- 1. Marnière de M. Forthomme à St-Nicolas-de-la-Taille (Seine-Inf.).
- b) Marnière de la ferme de M. Noël à Grainville-Ymauville (Seine-Inférieure).
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- Fig. 6. —• Principe des enregistrements de mouvements rotatifs à l’aide de la photographie d'une spirale.
- LE BAROMÈTRE DE PRÉCISION
- La comparaison des graphiques donnant les variations de direction du courant d’air à l’orifice de la marnière et les courbes de variation de pression atmosphérique nous a conduits à chercher un baromètre plus sensible que les appareils enregistreurs habituellement employés pour les observations météorologiques.
- Quelques difficultés se présentaient dans le cas particulier d’emploi que nous voulions en faire, car nous désirions :
- a) Une grande sensibilité obtenue par une méthode photographique, de manière à supprimer le frottement de la plume sur le papier.
- b) Une amplitude de déplacement de cette aiguille limitée à 60 mm de manière à rester dans le champ de l’appareil photographique enregistreur.
- Ces indications ont conduit à la réalisation d’un manomètre particulièrement sensible devant comparer la pression atmosphérique à la pression d’une masse d’air en vase clos à température constante, l’appareil se remettant automatiquement en équilibre dès que la course maxima de l’aiguille dans un sens ou dans l’autre était atteinte.
- Fig. 5. — Le baromètre de précision.
- Réalisation. — La réalisation de la température constante est indispensable car il est facile de démontrer qu’une variation de 1° sur une masse de gaz déterminée correspond à une modification de pression de 37 mm d’eau.
- Elle est facilement réalisable par l’emploi de la glace fondante entourant le récipient contenant de l’air, et un volant calorimétrique.
- Ce récipient est mis en communication avec une capsule déformable et il est facile de se rendre compte que le volume constitué par cet ensemble restant à la même pression, dès que la pression extérieure augmentera, elle tendra à écraser la capsule ou à la dilater si elle diminue.
- La capsule en se dilatant ou se comprimant fait tourner, par un jeu de leviers amplificateurs, une aiguille dont les mouvements pourront être observés et enregistrés photographiquement. Mais l’angle limité de l’aiguille est assez faible, car il faut utiliser la dimension des films enregistreurs, il faut donc ramener l’appareil au zéro quand la déviation de l’aiguille devient trop grande. Pour cela chaque fois que atteint cet
- Fig. 1. — Enregistrement obtenu quand le disque de la figure 3 tourne.
- l’aiguille
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- angle, soit par augmentation de la pression atmosphérique, soit par diminution, le récipient à air est Fig. 8. — Enregistrement obtenu quand le disque mis en commune ia figure 3 change de. sens de rotation. nication avec
- l’atmosphère :
- Si la pression intérieure est plus élevée l’air s’échappe.
- Si la pression extérieure est plus élevée l’air entre, et l’appareil étant remis en équilibre l’aiguille revient immédiatement à zéro.
- On peut objecter que les résultats sont faussés par l’introduction d’une quantité d’air à une température différente, l’objection est réelle, mais la quantité de calories ainsi intro duites est si faible que la correction à apporter serait insignifiante.
- La mise en communication du récipient avec l’atmosphère est obtenue à l’aide d’une soupape électro-dynamique, l’ensemble fonctionnant comme l’indique le croquis (fi g. 4).
- L’aiguille A venant en contact avec l’un des taquets B, ou Bs limitant la course, ferme un circuit électrique sur un relais retardé au décollage C.
- Ce relais dès qu’il est sous tension provoque la fermeture d’un circuit sur une bobine D actionnant une valve E mettant la bouteille d’air en communication avec l’atmosphère. Les pressions intérieures et extérieures s’équilibrent et l’aiguille revient dans la position moyenne : position d’équilibre.
- La soupape reste ouverte après que l’aiguille a cessé tout contact avec B.2 et B! grâce au retard au décollage de C. Ce temps est calculé de manière que l’équilibre de pression ait largement le temps de s’établir et que l’on ait la certitude que l’aiguille revient bien dans sa position moyenne. On arrive ainsi à enregistrer des variations de la pression atmosphérique de l’ordre du millième de millimètre de mercure.
- Fig. 9. — L'appareil photographique.
- APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES EMPLOYÉS
- Ces appareils photographiques enregistreurs sont d’un modèle assez récent, ils sont dus à l’un de nous et sont couramment employés du reste dans les divers appareils de mesures du même auteur, ils se composent de (fig. 2 et 9) :
- 1° Un boîtier métallique portant un objectif, simple lentille, en arrière de laquelle est placé un collimateur formé par une fente rectiligne très étroite percée dans une plaque de laiton.
- Le champ de l’appareil est donc limité à une droite.
- 2° A l’intérieur de la boîte, un mouvement d’horlogerie comportant un dispositif de mise en marche et d’arrêt. Ce mécanisme entraîne une pellicule cinématographique du commerce, à une vitesse constante. La durée de fonctionnement est variable suivant le type des appareils et peut aller de 24 heures à 7 jours.
- PRINCIPE DES ENREGISTREMENTS DE MOUVEMENTS ROTATIFS A L’AIDE DE LA PHOTOGRAPHIE D’UNE SPIRALE
- L’axe de la pièce dont nous voulons enregistrer les angles de rotation porte un disque fixé verticalement (fig. 5) ; sur ce disque sont tracés :
- Deux cercles ayant pour centre l’axe de l’arbre.
- Une spirale tracée entre les deux cercles ci-dessus et développant 360°.
- Cette spirale passe à des distances des deux cercles concentriques proportionnelles aux angles.
- Photographiée suivant le rayon OX à travers une fente formant collimateur les trois courbes se projettent sur la pellicule en trois points a, b, c (fig. 6).
- La position de a et c sur la pellicule ne dépend pas de l’angle de rotation du disque, seul b en dépend. La pellicule se déroulant, c et a traceront deux droites parallèles, c une courbe dont le rapport de distance aux deux parallèles déterminera l’angle de rotation du disque.
- Si le disque tourne d’une manière constante l’enregistrement se traduira par des hachures plus ou moins inclinées dans un sens ou dans l’autre suivant le sens de rotation, chaque hachure correspondant à n tours de moulinet. Si ce disque reste immobile l’inscription comprendra 3 droites (fig. 7).
- On peut donc par l’examen d’un semblable enregistrement déterminer les angles, le nombre de tours, les sens de rotation ainsi que les vitesses angulaires.
- Ce procédé imaginé par l’un de nous offre l’avantage inappréciable de supprimer les erreurs dues à l’inertie des plumes des enregistreurs directs sur papier.
- RÉSULTAT DES OBSERVATIONS
- Nous avons pu constater que la vitesse du courant d’air ascendant ou descendant a atteint à certains moments plus de 4 m à la seconde, ce qui correspondait à un débit de 1400 m'1 à l’heure.
- * Les mesures de débit d’air comparées aux variations de la pression montrent que tout se passe comme si le puits était en communication avec une cavité d’une capacité de 2 millions de mètres cubes environ.
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- Fig. 10. — Fragment d'une bande enregistrée par l’anémomètre. (En haut les traits régulièrement espacés marquent les heures: au milieu tours de l’anémomètre par le procédé décrit ; en bas inscription du volet.)
- Le puits ne communiquant qu’avec les chambres créées par l’extraction de la marne et présentant un total de quelques mètres cubes, le volume indiqué ne peut donc se trouver représenté que par des vides du terrain. Quels sont-ils, puisque la roche n’est guère fissurée ?
- Des expériences de laboratoire nous ont montré que la marne de cette région présente une grande porosité et que les vides capillaires qu’on y rencontre forment 32 pour 100 du volume total.
- Le phénomène peut donc s’expliquer de la façon suivante : le puits est en communication avec les canaux capillaires de la craie intéressant un volume de 6 millions de mètres cubes de terrain isolé de l’atmosphère par une couche d’argile imperméable (volume d’une sphère d’un peu plus de 100 m de rayon).
- Nous nous trouvons donc en présence d’une gigantesque bouteille thermos, analogue à celle que nous avons décrite et employée dans le baromètre de précision, la température à ces profondeurs étant presque rigoureusement constante, ainsi qu’il a été constaté par de nombreuses mesures, et l’air circulant dans les canaux capillaires prenant très rapidement la température du terrain.
- Dans ces conditions la pseudo-bouteille doit débiter de l’air par son orifice si la pression extérieure diminue, et en aspirer si elle augmente, et cela avec une intensité d’autant plus forte que la variation de pression est plus rapide.
- Une centaine d’enregistrements de sept jours chacun ont été faits, quelques-uns sont en partie reproduits dans cet article, ils permettent d’affirmer que : le débit de la mar-nière est, comme le prévoit la théorie, sensiblement proportionnel à la variation horaire de la pression, appelée tendance par les météorologistes, et, chose très curieuse, ses indications sont toujours en avance de 1 à 3 heures sur celles des meilleurs baromètres enregistreurs concurremment employés.
- Ce fait bizarre s’explique, non par une avance réelle de la marnière sur les variatiç»ns de la pression atmosphérique, mais bien par un léger retard du baromètre dû à l’inertie de l’appareil et au frottement de la plume sur le papier.
- D’ailleurs ce retard ne se constate plus quand on compare les indications de la marnière à celles du baromètre de haute précision.
- CONCLUSION
- Et maintenant quelles conclusions tirer de l’étude du phénomène des puits souffleurs ?
- Tout d’abord que la nature a mis à notre disposition un instrument d’une extrême sensibilité donnant immédiatement la tendance barométrique(1), qu’actuellement seuls des appareils enregistreurs compliqués du domaine du laboratoire peuvent nous donner d’une manière aussi précise.
- Nous ne prétendons pas que ce soit là un engin pratique et l’on se représente mal, à moins que la mode ne s’en mêle, un orifice de puits dans chaque appartement.
- Toutefois à la campagne, quand la nature du sol et du sous-sol se prête à ce phénomène, ceux qui désirent connaître les probabilités météorologiques peuvent se passer du communiqué quotidien de l’O. N. M., il leur suffit de sortir et d’écouter :
- « La vérité sort du puits. »
- Le phénomène que nous venons d’étudier montre les effets importants que les variations de la pression atmosphérique peuvent avoir dans les parties souterraines de l’enveloppe terrestre. La preuve en est dans l’éclatement des voûtes de couverture des marnières, non munies d’un
- 1. Nous rappelons que la tendance barométrique est la variation de hauteur du baromètre par heure. Elle dose en quelque sorte la vitesse avec laquelle le baromètre monte et descend.
- Fig. 11. — Fragment d’une bande enregistrée par le baromètre de précision.
- Cette bande représente les variations de la pression atmosphérique pendant le passage d’un petit grain; l’enregistrement correspond à une durée de 1 h. 15 environ (sur un baromètre enregistreur ordinaire, le phénomène serait représenté par un trait de 2 mm de large et 1/2 mm
- de haut à peine).
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- orifice, pour des différences de pression de quelques millimètres de mercure.
- Telle est sans doute la cause directe ou indirecte de la catastrophe de Fourvières, dont le souvenir est encore présent dans toutes les mémoires.
- Dans une note présentée à l’Académie de Lyon M. Limb, directeur de l’Observatoire de Fourvières, émettait l’hypothèse suivante au sujet des glissements catastrophiques de Fourvières du 13 novembre 1931.
- M. Limb nota qu’après de grandes et brusques variations du 2 au 7 novembre, la pression barométrique s’était élevée au maximum imposant de 752 mm 2 à Fourvières, et ce maximum coïncidait exactement avec la catastrophe de Saint-Jean dans la nuit du 13 novembre.
- Considérant que sous la couche de terre et de rocher de la colline était enfermée une masse d’eau accrue par de longs mois de pluie, il envisageait que sous l’action des brusques variations de pressions du 2 au 7 novembre, et enfin sous le maximum du 13, l’équilibre fût rompu.
- En effet : une longue période de hausse barométrique a permis à l’air contenu dans les poches souterraines de se mettre en équilibre avec l’extérieur; lors d’une baisse subite et importante; si l’air enfermé sous terre n’avait que des orifices insignifiants pour sortir, l’équilibre s’est trouvé rompu et la pression intérieure peut avoir suffi à provoquer un glissement qui s’est propagé par suite de l’état du sous-sol.
- Une cause analogue doit être cherchée dans l’explication des mauvaises odeurs qui s’échappent des éviers, fosses, etc.... au moment des changements de temps. Ceci se présente le plus souvent lorsqu’une couche imperméable superficielle recouvre une couche perméable. L’orifice créé par l’évier, ou les fissures de la fosse, permet à l’air inclus dans le terrain sous-jacent de s’échapper sous l’influence de la diminution de pression, entraînant avec lui les odeurs nauséabondes.
- Enfin, nous nous souvenons tous deux, que, dans notre jeunesse on nous montrait à la campagne, dans de vieilles demeures, des dalles qui, sèches habituellement, s’humidifiaient lorsque le temps allait tourner au laid, indépendamment de tout changement hygrométrique; c’étaient des dalles un peu plus poreuses que les autres qui, laissant échapper l’air humide du sous-sol se mouillaient par condensation.
- Un phénomène de ce genre encore plus accentué se produit dans la forêt de Fontainebleau, et nous a été signalé par les services des Ponts et Chaussées et des Eaux et Forêts. Au poste forestier du carrefour de la Table Ronde, un puisard rempli de graviers souffle lorsque le temps est à la pluie au point de rejeter l’eau qui se trouve à l’intérieur; c’est encore un effet du même phénomène.
- On peut également conclure que dans certaines galeries de mines, le grisou ou les gaz délétères peuvent se trouver en plus grande quantité par baisse que par hausse barométrique si les terrains présentent la même disposition que dans le pays de Caux, une couche perméable recouverte en surface d’une autre imperméable. L’observation de la tendance de la courbe pourrait conduire à un renforcement des consignes à certaines époques.
- N’y aurait-il pas également dans le phénomène des marnières une des causes de certaines affections rhumatismales et pulmonaires affectant les habitants de maisons construites près des falaises crayeuses, sujet intéressant à étudier pour un médecin ?
- Nous terminerons nos conclusions par la constatation que les dictons populaires ne doivent pas être rejetés de prime abord, car ils reposent souvent sur des observations millénaires dont le chercheur a toujours intérêt à vérifier l’exactitude et la cause.
- P. Idrac et A. Gaulle.
- THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE
- PAR LES LARVES
- C’est avec une surprise mêlée, au début, de quelque scepticisme, qu’a été accueillie, dans les milieux médicaux français, l’annonce des remarquables résultats obtenus aux États-Unis par l’emploi de larves de mouches pour le traitement de Y ostéomyélite et de certaines affections des tissus. Notre Revue a, du reste, été parmi les premières à signaler ces méthodes nouvelles, directement issues des recherches de feu W. G. Baer, professeur de clinique chirurgicale à la « Johns Hopkins Medical School » de Baltimore (voir La Nature, n° 2904, 1er mai 1933).
- Aujourd’hui, grâce aux travaux du professeur Brumpt et de ses collaborateurs, MM. Durousseau-Dugontier et Maurice, les résultats acquis par l’école américaine ont été pleinement confirmés; en même temps, des voies toutes nouvelles se trouvent ouvertes par la mise en évidence de diastases d’une activité extraordinaire,
- sécrétées par les larves de mouches et que l’on s’efforce aujourd’hui d’isoler.
- Une thérapeutique chirurgicale nouvelle s’est ainsi implantée dans notre pays; nous voudrions en examiner brièvement les possibilités, qui sont plus qu’encourageantes, et les méthodes, qui ne manquent pas de pittoresque !
- BEAUCOUP DE LARVES SONT DANGEREUSES
- Depuis la plus haute antiquité, les latoes de mouches ont été considérées comme extrêmement dangereuses pour les organismes vivants. La Bible rapporte la maladie de Job et la mort terrible d’Hérode, tous deux dévorés vivants par les larves de mouches.
- Plus près de nous, Cloquet, en 1827, observa un cas
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- effroyable chez un chiffonnier, âgé de 65 ans, qui avait passé 36 heures ivre-mort à côté d’une fosse où l’on jetait des cadavres d’animaux. Le malheureux avait été entièrement envahi, vivant, par les larves. Cruveilhier a laissé de ce malade une description des plus précises : cuir chevelu soulevé et perforé, périoste du crâne détaché de l’os, la chair corrompue en beaucoup d’endroits, les yeux détruits, l’intérieur du nez et des oreilles remplis de larves... Après une amélioration momentanée, la victime succomba.
- De son côté, le professeur Brumpt a observé, au début de sa carrière, des « délabrements » très considérables provoqués par les larves de certaines mouches chez les dromadaires, les mulets et les ânes de la mission du Bourg de Bozas, en Afrique équatoriale, puis sur un éléphant et sur des porcs. Des expériences méthodiques, exécutées à partir d’œufs ou de larves de Lucilia, Sarco-phaga et Calliphora, sur des rats et des pigeons, confirmèrent, vers 1910, que ces larves sont capables de dévorer les tissus vivants, et de provoquer de grands ravages.
- MAIS VOICI DES LARVES « NÉCROPHAGES »
- Il existe, fort heureusement, d’autres espèces de mouches, dont les larves, moins voraces, s’attaquent uniquement aux tissus morts, ramollis par la nécrose, à l’exclusion de tout tissu vivant, même le plus délicat.
- Ambroise Paré a signalé, dès 1579, un cas de plaie compliquée du crâne qui guérit malgré la présence de larves de mouches. Le blessé ayant eu une cicatrisation particulièrement rapide, une inflammation violente se manifesta ensuite sur tout le pariétal qu’il fallut enlever dans un état de corruption complète. Au contact de la dure-mère, ou méninge externe, on trouva « trois cavités à y mettre le pouce » d’où sortirent en abondance des larves grouillantes à tête noire ! Parlant de cette guérison prodigieuse, Ambroise Paré ne semble pas avoir aperçu le rôle utile qui aurait pu être rempli par les larves.
- Fig. 2. — Matériel pour l'élève aseptique des larves.
- De droite à gauche : tube d’éclosion garni de gélose, filtre métallique, creuset perforé, couvercle du creuset avec tamis couvert d’œufs, tubes de contrôle bactériologique pour ensemencements anaérobies et aérobies. En bas, larves (blanches) et pupes (brunes).
- Fig. 1. — Etuve à mouches chirurgicales.
- En haut, cage à mouches, au-dessous, boîte d’éclosion et d’élève des larves munie d’une manche permettant de passer le bras sans laisser d’ouverture libre. L’étuve est maintenue à 25° par des lampes électriques placées dans le compartiment inférieur et surmontées d’un bac à eau. Au premier plan, le Dr Maurice (Photos obligeamment communiquées par le Dr Langeron, chef du laboratoire de parasitologie de la Faculté de Médecine de Paris).
- Il en va tout autrement avec les rapports du célèbre baron Larrey, chirurgien en chef des armées du Consulat et de l’Empire, qui observa à plusieurs reprises la pullulation de larves de la « mouche bleue », dans les plaies des blessés, à l’armée de Syrie. Dans sa Clinique chirurgicale, publiée en 1829, il décrit ainsi l’activité bienfaisante des larves :
- « Ces insectes, formés en quelques heures, se développaient avec une telle rapidité, que, du jour au lendemain, ils étaient de la grosseur d’un petit tuyau de plume, ce qui effrayait beaucoup nos soldats malgré tout ce que nous pouvions faire pour les rassurer à cet égard : il n’y eut que l’expérience qui put les convaincre que, loin d’être préjudiciables à leurs plaies, ces insectes en accéléraient la cicatrisation, en abrégeant le travail de la nature, et en provoquant la chute des escarres celluleuses qu’ils dévoraient.
- Ces larves, en effet, ne sont avides que des matières putrescibles et épargnent constamment les parties pourvues de la vie : aussi n’avons-nous jamais vu, dans ces circonstances, survenir d’hémorragie, à quelque profon-
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- Fig. 3. --- Œufs de Lucilia déposés sur urt fragment d'organe.
- deur que se soient portés ces insectes, selon l’étendue de la plaie. »
- Durant la guerre de 1914, de nombreux médecins ont pu constater l’état favorable de certaines plaies envahies par les « asticots ». W. G. Baer eut ainsi l’occasion d’observer des blessés atteints de fractures multiples « avec de grandes pertes de substance », abandonnés pendant plusieurs jours sur le champ de bataille à l’action des larves de mouches et qui ne présentaient ni infection ni fièvre. Bien plus ! Ces plaies, après un nettoyage scrupuleux, montraient un tissu sain et rose, caractéristique d’une cicatrisation parfaite.
- A la suite de ces observations, Baer fut conduit à faire un certain nombre d’expériences sur des animaux et
- Fig. 4. — Matériel pour la stérilisation des œufs.
- Creuset perforé monté sur une tulipe en verre fermée à la base par une pince; à côté, même appareil enveloppé pour être mis à l’autoclave. Dans les flacons, eau à 10 pour 100 de formol et eau stérilisée à l’autoclave.
- finalement à essayer, en 1931, le traitement sur des plaies humaines.
- C’est ainsi que naquit la thérapeutique par les larves.
- SÉLECTION DES « MOUCHES DE CHIRURGIE »
- Pour obtenir des résultats réguliers et sans danger dans le traitement des plaies, il est indispensable de choisir avec grand soin l’espèce de mouche employée et d’éliminer toute larve d’espèce étrangère. Faute de mouches d un élevage pur, Buchmann et Blair, ayant employé, en 1932, des œufs éclos spontanément sur de la viande, constatèrent des dégâts rapides causés par la destruction des tissus sains.
- La « mouche de chirurgie » utilisée par Baer au début de ses essais de traitement, était la Lucilia sericata, mais il employait également la Lucilia cœsar et la Phormia regina. Livingstone et Prince ont employé la Calliphora erythrocephala. Wilson Doan et Miller ont utilisé la Phormia regina, ainsi que la Lucilia sericata, qui semble devoir s’imposer finalement dans tous les laboratoires.
- Tout récemment, cependant, Vara Lopez et Thorbeck, à Burgos, se sont servis de la Calliphora erythrocephala et Grantham, à Karthoum a obtenu des résultats satisfaisants avec la Wahlfartia nuba.
- La Lucilia sericata est une mouche cosmopolite, dont il est facile de se procurer des pontes; malheureusement, il s’en faut que toutes les variétés soient également anodines. En Angleterre, en Hollande, aux États-Unis, en Australie, des mouches de cette espèce provoquent chez les moutons des plaies très graves, généralement mortelles; en Chine, le professeur W. S. Patton a retiré de plaies humaines des larves de sericata qui attaquaient les tissus vivants.
- En l’état actuel de nos connaissances, le mieux est sans doute de s’en tenir aux espèces soigneusement triées et ayant fait leurs preuves. Les larves utilisées à Paris ont été données au professeur Brumpt par le Dr J. E. Blair, chef de laboratoire à 1’ « Hospital for joint diseases » de New-York. On peut acheter des larves « stériles » ou « surgical maggots » à New-York, aux « Lederle laboratories ».
- La sécurité, avec ces larves, est tellement parfaite, que M. Maurice nous a cité le cas d’une plaie perforante de la cuisse, où les larves ont pu être mises au contact du fourreau de l’artère fémorale, sans inconvénient !
- Cette précieuse innocuité semble du reste provenir moins des « préférences » des bestioles que de la faiblesse de leur appareil buccal.
- ORGANISATION D’UN CENTRE D’ÉLEVAGE
- Prenons maintenant les Lucilia à l’état de nymphes ou pupes et suivons-en le développement dans les cages spéciales du laboratoire, attiédies par des lampes électriques (fig. 1).
- Dès leur apparition, les jeunes mouches sont nourries avec de l’eau miellée, des sucs de viande, de rate ou de cerveau; vers le cinquième ou le sixième jour, elles commencent à s’accoupler sur les parties éclairées de la cage. Les femelles pondent deux jours plus tard; la
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- température doit être alors de 25° et le taux d’humidité de 40 à 60 pour 100 de la saturation. La fécondité d’une femelle dure 35 jours; elle peut pondre, durant ce laps de temps, environ un millier d’œufs.
- A 25°, les œufs éclosent en quelques heures; on peut, en cas de nécessité, retarder cette éclosion un jour ou deux, en les plaçant à 4° ou 6° dans une glacière. Les larves primaires, reçues sur de la viande, grossissent rapidement, puis muent pour donner une larve secondaire, puis une larve tertiaire et enfin une pupe. Cette évolution larvaire dure de cinq à sept jours, l’évolution de la pupe durant à peu près autant.
- Le cycle complet de l’animal pourrait ainsi se dérouler à l’allure maxima, en trois semaines; pratiquement, il faut compter sur six à huit semaines en captivité. A l’état naturel, le cycle est encore beaucoup plus long, car les froids viennent arrêter le développement des larves et les métamorphoses pendant plusieurs mois.
- Dans des cages suffisamment vastes, les Lucilia sericata adultes peuvent vivre six semaines (fig. 5).
- COMMENT ON OBTIENT DES LARVES STÉRILES
- Pour que les larves soient chirurgicalement utilisables, il est nécessaire qu’elles soient « stériles », c’est-à-dire rigoureusement aseptiques. Cette condition, assez paradoxale chez un être vivant, est cependant réalisable en partant d’œufs aseptisés extérieurement. U intérieur d’un œuf sain, dans toutes les espèces animales, est en effet, naturellement dépourvu de microbes, si bien que l’on a pu, par ce procédé, obtenir même des poussins complètement aseptiques !
- Voici comment a été organisé à cet effet, le centre d’élevage stérile de Paris.
- Récoltés le soir, les œufs sont mis à la glacière dans le but d’en durcir les coques et de les rendre moins fragiles, puis dissociés délicatement à l’aide d’un pinceau. On les lave ensuite dans un tube avec de l’eau additionnée de 10 pour 100 de formol, puis avec de l’eau stérile et on les place sur une toile en bronze très fin (n° 70), dans un creuset en porcelaine à fond perforé; toile et creuset doivent avoir été stérilisés à l’autoclave à 130° (fig. 4). Un second lavage à l’eau formolisée, puis à l’eau stérile, est alors effectué; les œufs sont ensuite portés dans le milieu d’éclosion (fig. 5).
- Ce milieu spécial est formé de gélose à 1,5 pour 100, rendue nutritive par des débris de foie cuit ou des poudres d’organes (bacto-liver). Dès les premières éclosions, des ensemencements sont faits à l’aide de larves en milieu aérobie et anaérobie pour vérifier que les larves obtenues sont bien stériles.
- Ces dernières sont alors prêtes à être utilisées immédiatement pour le traitement des plaies; on peut les garder en réserve dans une glacière à 5° ou 6° pendant quelques jours.
- Un certain nombre de larves doivent êtres conservées pour l’élevage; ces dernières sont placées sur des pièces de viande, de foie ou de rate (fig. 6), dans un petit cris-tallisoir recouvert d’une toile destinée à éviter les évasions ainsi que les contaminations étrangères. La transfor-
- mation en pupes s’effectue dans de la poudre de liège où les larves viennent se placer. Aucune précaution d’asepsie n’est requise pour ce stade de l’évolution, pas plus que pour les mouches à l’état adulte.
- TRAITEMENT DES PLAIES PAR LES LARVES
- C’est pour certaines fractures compliquées ainsi que poxir l’ostéomyélite chronique, que l’action des larves de Lucilia s’est révélée particulièrement efficace. La plaie doit être parfaitement nettoyée et débarrassée des débris osseux ou « séquestres », puis on y verse de 200 à 1000 larves stériles âgées de 48 heures. On recouvre ensuite le tout d’un tissu perméable à l’air, assez serré pour
- Fig. 6. •— Une belle ponte de Lucilia sur un fragment de rate découpée.
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- empêcher l’évasion des larves et maintenu par des bandes collantes.
- Au bout de quatre à cinq jours, on retire les larves et on lave la plaie qui doit reposer au moins 24 heures. Le nombre des applications peut s’élever à six ou sept, mais la guérison est presque certaine, même dans les cas d’ostéomyélite avancée; la plaie devient inodore, rose, finement granuleuse, tandis que les os, examinés aux rayons X, révèlent une recalcification régulière et rapide. Le traitement est peu douloureux, sauf de violentes démangeaisons; il est bien supporté par les enfants.
- POURRA-T-ON ISOLER LES « PRINCIPES ACTIFS »r
- Quel est le mode d’action exact des bienfaisantes larves de Lucilia ?
- Baer a admis qu’elles débarrassent les plaies des parties mortifiées tout en sécrétant des substances favorables à la cicatrisation, que Livingstone appelle principes actifs.
- Le célèbre entomologiste Fabre avait déjà démontré que les larves de Lucilia liquéfient leurs aliments avant de les avaler au moyen de « quelque subtile pepsine » déversée par la bouche. On peut séparer les « principes actifs » en écrasant les larves vivantes avec de la solution physiologique (eau salée à 9 pour mille) que l’on filtre ensuite sur des filtres Berkefeld. On obtient ainsi des substances non protéolytiques où dominent la gluco-
- samine, le tryptophane et la tyrosine; elles possèdent la propriété d’agglutiner et de détruire certaines bactéries mais leur résistance à la chaleur les différencie des bactériophages.
- Baer, Livingstone et Prince ont montré que les produits rejetés par les larves pouvaient rendre très alcalines les sécrétions primitivement acides des plaies et, par là, faire disparaître de nombreux microbes. Outre cette action certainement essentielle, Buchmann et Blair estiment du reste que, par les minuscules épines qui hérissent leurs anneaux, les larves provoquent une stimulation mécanique de nature à hâter la cicatrisation.
- Les recherches actuelles sont nettement orientées vers la préparation d'extraits de larves d’une application plus générale. Livingstone a utilisé avec un grand succès des extraits filtrés et stériles, aussi bien dans des cas d’ostéomyélite que de sinusites, de mastoïdites et d’infection de l’oreille moyenne.
- Ces extraits, grâce à leurs propriétés filtrantes, peuvent être employés en pansements extérieurs sur le rocher.
- Un très bel avenir est certainement réservé, à côté de la thérapeutique intégrale par les larves, à une thérapeutique non moins efficace mais plus maniable, utilisant les substances, encore mal déterminées, qui contribuent puissamment à l’action curative des larves.
- Pierre Devaux, Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- : LE FERRY-BOAT “ SCILLA "
- A PROPULSION DIESEL ÉLECTRIQUE
- Voilà plus d’un demi-siècle, les Etats-Unis imaginèrent les jerry-boats pour raccorder les points terminus de deux lignes de chemin de fer s’arrêtant sur les rives opposées d’un large fleuve, d’un bras de mer ou d’un lac quand la distance à franchir rend impraticable la construction d’un pont. Comme on le sait, ces bateaux sont spécialement aménagés pour transporter les wagons afin d’éviter le transbordement des voyageurs et des marchandises. Depuis lors, ce mode de transit se développa rapidement dans toutes les parties du monde. Rien qu’en Europe, de nombreux porte-trains sillonnent maintenant la Manche, la Baltique ou la Méditerranée soit pour assurer la liaison entre l’Angleterre et la France, soit pour effectuer la-traversée des passages danois du Grand-Belt, du Petit Belt et du Sund, soit pour relier l’Allemagne à la Suède ou l’Italie à la Sicile. Ainsi récemment on a mis en service, dans ces derniers parages, un ferry-boat d’un nouveau type, le « Scilla » qui, grâce à sa machinerie Diesel électrique franchit, en moins de 20 minutes, le détroit de Messine.
- Ce navire, construit par le « Cantiere federale de Pietra Ligure », sur les plans établis par l’administration des
- chemins de fer de l’État italien, a une longueur totale de 110 m 65, une largeur maximum de 17 m 20, un tirant d’eau en charge de 3 m 80 et jauge 2800 tonneaux. Il comporte un pont principal avec 3 voies, les deux latérales se raccordant à la centrale par des courbes de 150 m de rayon. Sur le pont-promenade qui surmonte le précédent, on voit plusieurs salons, locaux et aménagements confortables à l’usage des passagers tandis qu’au-dessus se trouvent disposés sur un autre pont léger, les postes et passerelles de commande de la navigation, la cabine de T. S. F. et les embarcations de sauvetage.
- Comme machines propulsives, on a adopté le système Diesel électrique qui s’imposait en l’occurrence, car des moteurs à combustion interne, se mettant en marche rapidement, sont particulièrement indiqués pour les traversées de courte durée; ils n’exigent pas, en effet, les pertes de temps et l’inutile consommation de charbon que réclame la mise sous pression d’une installation à vapeur. En outre, la transmission électrique entre les dynamos et les hélices permet la navigation à des allures variées, assure la rapidité et la souplesse des manœuvres d’accostage toujours délicates en l’espèce. Après études et essais,
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- techniques, la Société Ereole Marelli de Milan fut donc chargée d’installer dans les flancs du Scilla trois moteurs Diesel du type Fiat à 2. temps et à injection par air comprimé. Chacun de ceux-ci comprend 8 cylindres à simple effet, développe 2000 ch effectifs à la vitesse de 360 tours-minute et actionne un groupe de 2 dynamos accouplées. La puissance normale de chaque groupe électro-mécanique ainsi constitué atteint 1200 KW, à la tension de 355 volts, le moteur tournant à 360 tours-minute. Ces dynamos munies d’enroulements compensateurs, produisent soit le courant pour la propulsion, soit l’énergie nécessaire aux divers besoins du ferrv-boat. Les excitatrices de 120 KW chacune fonctionnent sous 220 volts et extérieurement à chacune d’elles se trouvent un interrupteur centrifuge et la pompe
- Fig. 1. — Le ferry-boat « Scilla » à machinerie Diesel électrique.
- <( désexcitateurs » automatiques de protection. Au-dessus, se voient les ampèremètres, voltmètres, wattmètres et autres appareils de contrôle de chaque machine. En outre, un commutateur rotatif et un télérupteur principal de propulsion capable de couper un courant de 3000 ampères sous une tension de 1000 volts, parent, le cas échéant, aux exigences de cette navigation spéciale. Quant aux 17 panneaux du tableau général de force et lumière, ils comprennent 3 sections d’importances diverses correspondant soit aux services d’éclairage et de force à bord, soit aux utilisations du courant hors du navire, soit aux groupes auxiliaires.
- Fig. 3. — Le pont principal du « Scilla ».
- Fig. 2. — Chambre des dynamos du « Scilla ».
- auxiliaire pour la circulation de l’huile.
- Les 3 moteurs Diesel principaux sont installés dans une chambre située en avant de celle des dynamos avec le groupe dynamo-compresseur dont la mise en marche s’effectue au moyen de l’air comprimé des mêmes bouteilles; cette pièce abrite également les 4 groupes d’électropompes de graissage des machines principales et les 4 groupes de circulation d’eau pour la réfrigération.
- Les tableaux de commande des deux lignes d’arbres occupent une passerelle surélevée de la chambre des dynamos où se trouve aussi le tableau général de force et lumière comportant 17 panneaux. Chaque tableau de la première catégorie porte, vers le bas de sa partie centrale, la commande des commutateurs principaux et les
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- En définitive, grâce à ses moteurs Fiat, ses dynamos Marelli et autres remarquables agencements électromécaniques, le ferry-boat Scilla franchit les 8 kilomètres séparant Villa San Giovanni de Messine en moins de 20 minutes. Ce puissant navire effectue à lui seul le transport des voyageurs et des marchandises à travers le détroit alternativement dans les deux sens, alors qu’autrefois il
- fallait deux bateaux d’un tonnage similaire, pour assurer le même service. Indépendamment des gens, des autos, des fruits et des primeurs, dont le trafic s’est beaucoup accru au cours des dernières années, le nouveau bâtiment transporte aussi parfois des wagons, voire des locomotives du continent aux différents ports de la Sardaigne.
- Jacques Boyer.
- = EFFONDREMENT DANS DES TERRAINS ALLUVIONNAIRES DU GARD
- En mai dernier la presse locale du Gard s’est émue à propos d’un phénomène, assez inattendu au demeurant, lequel s’est produit dans la plaine alluvionnaire du cours moyen du Gardon. Le sol de ce large fond de vallée d’origine lacustre est constitué de la « chaire des Monts ».
- Avant de rechercher une explication à l’effondrement dont il sera question il nous paraît utile de dire quelques mots sur la manière d’être des cours d’eau des basses Cévennes.
- Le Gardon — mieux vaudrait dire les Gardons — n’est qu’un torrent parfaitement caractérisé et cela résulte de causes à la fois géologiques, morphologiques, climatiques et humaines.
- Causes géologiques. -— Jusqu’à une ligne passant approximativement par la Grand’Combe et l’aval de St-Jean-du-Gard, le bassin appartient à une formation de roches imperméables : micachistes et schistes talqueux du cambrien et du précambrien. Par là s’intensifie le ruissellement dans tous les hauts bassins.
- Causes morphologiques. — Toutes les eaux cévenoles descendent de cette barrière montagneuse dressée au-dessus de la dépression rhodanienne, barrière qui va s’abaissant très rapidement vers la mer. Le caractère torrentiel est net, les pentes impressionnantes le qualifient : pour le Gardon d’Alès sur 30 km pente moyenne 4 m par km; pour la branche d’Audure sur 22 km, 8 m par 1000 m.
- En amont de St-Jean-du-Gard le Gardon reçoit sur sa droite des eaux abondantes. Les pentes sont ici encore plus fortes, des crêtes du Liron (1180 m) à l’agglomération
- de Thoiras (180 m) la pente est de 5 m par 100 m. Dans l’ensemble de la vallée de Lasalle, la déclivité est de l’ordre de 25 m par 1000 m.
- Tout tend ici à exagérer la soudaineté et la hauteur des crues. Les eaux se précipitent vers les bas avec de très grandes vitesses et ainsi s’explique la très rapide concentration des eaux dans les hauts et moyens bassins du Gardon.
- Causes climatologiques. — Le trait le plus remarquable de la climatologie cévenole est ce fait que les pluies qui s’y abattent sont diluviennes.
- La cause principale de ce phénomène, unique en France, est le choc des nuées contre le rebord montagneux des Cévennes. Telle de ces pluies dépasse en quelques heures la hauteur moyenne annuelle des hauteurs d’eau tombée dans la plus grande partie de la France.
- Tableau des pluies observées sur les Gardons (l).
- Crues. Moyenne des hauteurs de pluie recueillie. Jours étudiés.
- 1907 5 stations, crue à évolution lente 947, 139, 46, 35, 64 mm. 25 au 30 sept.
- 1899 10 stations,crue à évolution brusque 6 mm, 191 mm, 106 mm, 38 mm. 1er au 4 sept.
- En temps de crue le Gardon peut ainsi débiter des volumes considérables d’eau. En août 1834, il aurait roulé sous l’aqueduc romain du Pont-du-Gard 2500 m3 à la seconde pour une crue de 5 m 65. Le 17 octobre 1907 pour une crue de 7 m 50 le débit a dû voisiner 3500 m3.
- Des calculs d’ensemble ont permis de préciser que les débits maxima se propageaient sur le cours moyen à la vitesse de 10 à 12 km à l’heure.
- Il nous reste à faire mention de l’un des affluents du Gardon rive gauche. Ceux-ci sont à allure calme.
- L’Avesne coule de l’ouest à l’est pour ensuite se redresser vers le sud jusqu’à son confluent avec
- 1. Pardé. Revue de géographie alpine. Phénomènes torrentiels sur le rebord oriental du Massif Central.
- Fig. 1. — Effondrement dans la plaine alluvionnaire du Gardon moyen.
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- le Gardon. Seule la partie supérieure de son bassin de réception touche aux formations anciennes. Pour sa plus grande part il est assis sur l’oolithe inférieur relativement très perméable. Dans son cours inférieur l’Avesne traverse des sédiments d’époque récente et lacustre.
- Toutes les parties en coteaux sont, de manière générale, occupées par des bois de chênes verts en mauvais état appartenant à des particuliers. La longueur de cette petite rivière est de 20 km, à pente moyenne très faible. D’après les données pluviométriques relevées aux archives de la station météorologique du Gard, l’Avesne recevrait annuellement de 600 à 800 mm d’eau en 45 jours de pluie. On relève cependant pour l’équinoxe de printemps 130 mm en 6 jours et en septembre : 60 mm d’eau en 2 jours. De ceci il résulte que ce ruisseau n’a nullement le caractère t orrentiel.
- Causes humaines. — Sans doute, ici, comme ailleurs, à travers les âges, les vallées se sont-elles creusées bien avant une forte occupation des monts par l’homme.
- Il n’en est pas moins vrai que c’est, à la suite des
- grandes dévastations du manteau sylvestre et des arbres de toute sorte, auxquels la sylve des monts a été soumise, que sont nés les torrents tels qu on les rencontre encore de nos jours.
- Dans les'Céven-
- %
- nés plus que partout ailleurs, à la faveur du climat, le « parasitisme humain » a joué un rôle néfaste.
- C’est ainsi que jusqu’à nous les pentes dénudées approvisionnèrent les crues en gros matériaux aussi bien qu’en éléments fins. Des masses détritiques considérables vinrent ainsi combler les fonds lacustres tels ils existaient au nord de la barrière des garrigues nîmoises bien avant le creusement des canons du Gardon. Elles allèrent ensuite à la mer, non sans encombrer sur des largeurs démesurées les lits trop étendus des divers torrents méridionaux.
- Sur le Gardon, la large vallée prend ainsi, de nos jours, l’aspect d’une plaine parfois fertile; mais qui deman-
- En amont et contre bas ïe rJ
- Aubin collines de tarive gauche
- Rebord est de leffondrement
- Fig. 3. — Plan de l’effondrement.
- derait à être arrosée parce que très perméable. Celle-ci n’en est pas moins relativement fraîche du fait d’une nappe d’eau permanente généralement peu profonde.
- Cette nappe d’eau constitue durant la saison sèche comme un cours d’eau souterrain qui s’écoule au déversoir de l’entrée des gorges creusées dans la base calcaire des garrigues.
- Dans ces conditions il est probable que, sur le trajet axial de cette nappe d’eau souterraine en mouvement, il se soit produit par lavage (*) des poches creuses très instables. Ce serait ainsi que sur le territoire de la commune de Baucoiran et sur la rive gauche du Gardon se serait produit une excavation, sorte de nef régulière d’environ 18 000 m1’ (2). La voûte théorique de forme ogivale a fini par céder dès que les portées ont été trop grandes, soit de l’ordre de 25 à 30 m de diamètre pour une hauteur de creux au-dessus du terrain solide rocheux en place, évidemment plus bas.
- L’effondrement s’est produit d’un seul coup au centre, puis par tassement s’est largement évasé par des pentes de compensation. Ce vaste trou a cela de particulier qu’il est parfaitement régulier pour l’heure et d’un diamètre mesuré sur les lèvres de 42 m en moyenne.
- La profondeur d’eau est d’environ 9 m dans le centre et la hauteur de l’eau au-dessous du niveau de la plaine de 6 m. Il est à craindre que par la suite d’autres trous analogues se produisent si la cause du phénomène est celle envisagée. Il y a là des dangers pour l’avenir; mais l’entonnoir actuel, sorte de gouffre, deviendra à lui seul au moment des crues une menace pour la plaine si l’une d’elles l’atteint. Alors les eaux se précipiteront dans ce puits perdu et nul ne peut diagnostiquer, sinon en mal, ce qui en adviendra pour les terres voisines situées en aval. Roger Ducamp.
- Niveau m™ du sol
- W\WR Niveau mm i i 1 i i £&£»$&&&& ! 'xJ' j Excavation V par lavage M J des parties J fines Xwâ. i W$OOi 1
- Formation solide en place
- Y///X fhriie effondrée
- 3 Partie lavée
- Fig. 2. — Coupe schématique de l'effondrement.
- 1. Depuis que les eaux des Gardons charrient moins d aiiuvions-(eaux plus claires), les éléments lins ont été emportés par le cours d’eau souterrain (empacte) sans qu’il y ait eu apport nouveau de colmatage Ceci expliquerait pourquoi jusqu’ici rien de pareil n’était admis.
- 2.
- 4 7t R2 3X2
- = Surface de l’hémisphère.
- LES BATRACIENS, AUXILIAIRES DE L’ENTOMOLOGISTE
- L’idée est venue, depuis plusieurs années, à des entomologistes de divers pays, de rechercher des Insectes ou Arachnides dans un milieu assez inattendu, qui est l’estomac des Crapauds et autres Batraciens.
- Ces animaux, en effet, se nourrissent presque exclusivement d’insectes et d’Araignées, dont ils avalent des quantités considérables. Par ailleurs les Crapauds sont constamment en chasse : c’est leur unique occupation; et si leur vue est mauvaise, ils
- compensent ce désavantage par l’absence d’idées préconçues, si l’on peut dire, et engloutissent indistinctement tout ce qui passe vivant à leur portée, de sorte qu’on peut admettre, a priori, qu’ils ont plus d’occasions que les entomologistes de capturer des Insectes.
- Les résultats ont dépassé les espérances, et le hasard est vraiment un grand maître. En effet les naturalistes qui se sont adonnés à ces recherches n’ont pas été peu surpris de constater
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- que les Crapauds capturent des Arthropodes de très petite taille, et de trouver parmi ces proies des espèces qui avaient échappé à leurs investigations, c’est-à-dire qui étaient nouvelles pour la science.
- C’est ainsi que R. Y. Chamberlin, aux Etats-Unis, a pu décrire plusieurs espèces nouvelles de Pseudoscorpions trouvés de cette manière, et dans le même pays, Bishop et Crosby, plusieurs espèces de petites Araignées provenant de l’estomac de Crapauds.
- Tout récemment un zoologiste anglais a fait aux Canaries des recherches de ce genre dans l’estomac de la Reinette (Hyla arborea) ; le matériel ainsi recueilli a été confié à l’auteur
- de ces lignes, qui a pu dresser une liste intéressante d'Araignées bien caractéristiques de ces îles, et parmi elles une espèce inconnue jusqu’à présent.
- Il n’est pas douteux qu’on puisse obtenir des résultats semblables, notamment pour les Insectes.
- Les Batraciens avaient déjà rendu de grands services à la science, en se prêtant — bien involontairement d’ailleurs — à de nombreuses recherches de laboratoire. Voici qu’ils sont susceptibles d’en rendre d’un autre ordre. Mais il est regrettable de constater que cela ne peut être encore qu’à leur détriment, car des travaux de ce genre ne pourront se faire sans sacrifier de nombreux individus. L. Berland,
- NOUVEAU CARILLON ELECTRIQUE A BANDES PERFORÉES
- AU MONT SAINTE-ODILE
- L’électricité révolutionna, dans la construction des carillons, les plus anciennes méthodes, dont les quelques carillons mécaniques qui nous restent encore ne sont que l’évolution du système ancien à roues isolées et à chevilles employées autrefois, au xvm" siècle, dans les Flandres et les Pays-Bas (fig. 1).
- Cette musique rudimentaire à trois et à quatre cloches donna l’expression « trillonner » et « quadrillonner » qui laissa à l’art campanaire le terme de « carillonner ». L’électricité essaya d’abord de s’adapter aux anciens systèmes. Une maison de Munich installa en 1908, sur l’Hôtel de Ville de cette cité, un carillon de 43 cloches d’un poids total de 7000 kg, agrémenté de 32 automates en cuivre repoussé. Des chevilles fixées sur des rouleaux de bois enclenchent par des électro-aimants un dispositif appartenant à un ensemble de rouages, tournant en permanence à l’aide d’un moteur électrique. A l’Exposition internationale du Mans, en 1911, Amédée Bollée exposa un carillon de 36 cloches, qui était joué à la main au moyen d’un clavier électrique. En 1926, un carillon de 27 cloches fut installé sur l’Hôtel de Ville de Stuttgart. Un moteur électrique, mis automatiquement en marche par une horloge, actionne le mécanisme. Un tambour de 40 cm de long garni de chevilles que soulèvent des leviers à contact reproduit les mélodies. Ces leviers sont reliés à des électroaimants qui siègent à l’intérieur des cloches et leur lancent les battants.
- En 1929 on fit un autre essai, sur l’église Notre-Dame à Meissen (Saxe). Le carillon composé de 37 cloches en porcelaine fine provenant de la Manufacture d’Etat de Meissen donne un son très pur, nullement troublé par des harmoniques concomitantes, comme c’est souvent le cas pour les cloches de bronze; mais leurs sons n’ont qu’une faible portée. L’appareil émetteur est pourvu d’un clavier à main électrique et le jeu automatique est réalisé par un rouleau à chevilles, établissant des contacts avec les électro-aimants extérieurs qui actionnent des marteaux en bois garnis de caoutchouc.
- Le grand inconvénient de ces systèmes est l’encombrement des appareils et la lenteur des transmissions. L’idéal
- serait de posséder un enregistrement entièrement électrique, transmettant à 1/10° de seconde près le mouvement aux battants des cloches.
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- Ce tour de force vient d’être réalisé au Mont Sainte-Odile qui possède ainsi un des carillons les plus modernes d’Europe.
- Un essai avait d’abord échoué. En 1923, la tour supportant la statue de sainte Odile dominant la plaine d’Alsace était achevée, et en 1924 le clocher trapu était rehaussé, travaux préliminaires de toute une restauration qui, jusqu’à maintenant, devaient se poursuivre méthodiquement par tranches, sous la direction des Beaux-Arts et avec l’approbation de Mgr Ruch, évêque de Strasbourg qui en est l’instigateur.
- L’idée générale des travaux est de transformer le couvent, en le ramenant à son état ancien, de manière à dégager la physionomie du couvent des Prémontrés tout en l’équipant avec les derniers perfectionnements modernes.
- Un carillon électrique devait meubler le clocher. On songea à appliquer la méthode des bandes souples perforées mues électriquement et transmettant les mélodies par l’air raréfié.
- L’appareil émetteur, en forme de piano droit repro duisait les morceaux au moyen de bandes de papier perforées glissant sur un tube percé de 25 trous correspondant aux 25 cloches. Un moteur électrique raréfiait l’air du tube et des contacts actionnant des relais se fermaient quand les trous du papier correspondaient aux trous du rouleau. Les relais installés près des cloches, commandaient des soufflets à air raréfié reliés aux battants des cloches.
- Pour le jeu automatique, les moteurs de l’aspirateur et de la bande perforée étaient enclenchés à certaines heures, par une horloge à contacts, tandis que le jeu à la main pouvait être pratiqué sur le piano électro-pneumatique comme sur un piano ordinaire.
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- Le couvent du Mont Sainte-Odile, exposé aux vents des Vosges, et son clocher peu apte à neutraliser les sautes de température rendirent vite l’instrument inutilisable, devenu trop délicat par le nombre de soupapes, de valves, de soufflets et de tubulures et raccords en caoutchouc, qui doivent tous être parfaitement étanches.
- L’Angleterre avait bien construit, en 1929, une tour en mémoire de la Grande Guerre, « the Wellington-War-Memorial » dont le carillon était actionné par le même appareil électro-pneumatique, mais les soufflets furent remplacés par des pistons.
- En 1931, une maison parisienne, essayant de supprimer les inconvénients de l’air raréfié, mettait au point un carillon dont les mélodies sont reproduites au moyen de bandes de carton pliées et perforées, ressemblant à celles des métiers «à tisser Jacquard. Des leviers à entraînement dont les fonctions ressemblent à celles imaginées par Collin, vers 1880 pour le carillon de Saint-Germain-FAuxerrois à Paris (voir La Nature, 1898, p. 365) soulèvent les marteaux des cloches.
- Sur cette bande de carton perforé, glissent autant de tringles ou tiroirs qu’il y a de marteaux; dès qu’un de ces tiroirs pénètre dans un trou de la bande perforée, il met le levier correspondant en contact avec un cylindre cannelé; le mouvement de rotation continuel de ce cylindre entraîne les leviers en question et soulève ainsi les marteaux respectifs.
- Ce système, qui a été installé sur un couvent à Dublin (Irlande) ne peut donner satisfaction : d’abord les bandes perforées, en fournissant un travail mécanique assez considérable s’usent rapidement et les mélodies, jouées par des marteaux retombant de leur propre poids, manquent de précision pour la répétition quasi instantanée de la même note.
- Un sérieux progrès fut fait par la maison Ungerer, de Strasbourg, en 1932 qui, après 10 ans de recherches, vient de mettre au point un carillon entièrement électrique d’une simplicité et d’une précision étonnantes.
- Le couvent du Mont Sainte-Odile qui possède 25 cloches
- Fig, 2. — Le carillon de 25 cloches du Couvent du Mont Sainte-Odile.
- (On aperçoit les électro-aimants attirant les leviers solidaires des battants de chaque cloche).
- Fig. 1. — Ancien carillon mécanique à roues isolées el à chevilles. (Figure tirée de l’ouvrage de Rocca-Ang. Opéra Omnia. Rome, 1719).
- formant deux gammes chromatiques (fig. 2), dont le gros bourdon ne pèse pas moins, à lui seul, de 5000 kg, est équipé maintenant avec ce dernier modèle, qui a remplacé le système précédent électro-pneumatique. Voici le résumé succinct de la marche d’ensemble
- (fig- 3).
- Les huit mélodies religieuses sont enregistrées sur des bandes perforées de carton souple sur lesquelles chaque note est représentée par un trou quadrangulaire exécuté à l’aide d’une machine spéciale de l’invention de la maison. Quand la bande glissant sur un rouleau de cuivre servant de transmetteur de courant (A fig. 3) apporte sa perforation au contact B qui alors touche le rouleau métallique, le circuit se ferme en faveur du relais C, qui en fonctionnant, envoie un fort courant dans un électro-aimant situé à l’extérieur de chaque cloche ; celui-ci en attirant un levier solidaire du battant de cloche, fait résonner cette dernière. La précision est telle, qu’en une seconde, on peut obtenir, sur la même cloche 6 coups frappés très distinctement.
- L’appareil émetteur enfermé dans un meuble très petit, sorte d’harmonium, est pourvu d’un clavier qui permet de jouer, en plus, n’importe quel air, aussi facilement qu’un piano ordinaire (fig. 4).
- Ce nouveau système de carillon possède les avantages suivants :
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- Aimant
- Courant
- alternatif
- Relais
- Clavier
- Redresseur- —.
- Fig. 3. — Schéma d’ensemble du carillon électrique à bandes perforées système Ungerer.
- Il peut être déclenché aussi souvent qu’on le désire, à la main ou automatiquement, par une horloge à contacts.
- Sur une même bande perforée peuvent être reproduites jusqu’à dix mélodies, et l’échange d’une bande pour une autre se fait, sur le rouleau en moins d’une minute.
- A chaque déclenchement, l’appareil reproduit une autre mélodie; après le dernier morceau, la bande perforée revient automatiquement à sa position de départ, en se déroulant en sens inverse pour reprendre le premier air. Les airs à jouer peuvent comporter des accords, des arpèges, des roulades, et autres fioritures qui sont reproduites avec facilité.
- Le fonctionnement de l’appareil est indépendant des pannes d’électricité, vu qu’il est branché sur une batterie en charge constante sur le secteur. En effet, d’après le schéma précédent, on peut remarquer que le courant alternatif du réseau est transformé en courant continu par un redresseur, le courant continu chargeant en permanence la batterie d’accus.
- Le courant de cette dernière est destiné à exciter les électro-aimants des cloches. Mais comme il est trop puissant pour être manipulé par le clavier dont les contacts sont délicats, ou par l’appareil automatique dont la bande perforée brûlerait sous l’action des étincelles de rupture, un relais, excité par un courant de plus faible voltage réduit
- par des résistances, ferme ou ouvre le circuit actionnant les battants des cloches.
- Ce qui est très appréciable pour le clocher du Mont Sainte-Odile, c’est que cet appareil, nécessitant peu de place, peut être situé à une très grande distance des cloches et ne demande que très peu d’entretien. La consommation de courant est d’ailleurs très minime. Il est enfin de longue durée puisque, les fonctions essentielles étant purement électriques, les mécanismes n’ont pas d’usure appréciable.
- Ce carillon fut inauguré le 14 décembre prochain, jour de la fête de sainte Odile."'Il serait souhaitable que la Basilique de Montmartre, dont la plus grande tour attend aussi son carillon, fasse entendre bientôt des mélodies semblables à celles du carillon d’Alsace.
- Désormais les 250 000 visiteurs annuels du Mont entendront dans la vallée si vantée de Taine et de R. Bazin les mélodies harmonieuses des cloches qui, semblant descendre de la statue de grès rose de la Sainte, symboliseront les faveurs célestes répandues sur la plaine de l’Alsace française.
- André Glory,
- Professeur, collaborateur aux « Archives alsaciennes » du Musée de Strasbourg.
- Fig. 4,
- Meuble renfermant tout l’appareillage électrique du carillon.
- (On aperçoit les bandes perforées qui contiennent les mélodies.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
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- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DD 1" OCTOBRE 1933 (N» 291',)
- Reprenons l’exposé des problèmes proposés.
- Problème A : Une personne avait fait une multiplication et la preuve par 9 sur une feuille de papier. Avant séchage de l’encre, la partie droite frottée par la main est devenue illisible : on ne distingue plus que la place des chiffres, comme l’indique la figure ci-contre. Peut-on reconstituer l’opération ?
- 8/ 2.***
- f / 4 **
- A\ ----------
- 82 **
- g7 ***
- Problème B. — Une auto faisant 72 km à l’heure et un cycliste faisant 4 in par seconde se rencontrent; 15 secondes après la rencontre, le cycliste entend l’éclatement d’un pneu de l’auto. A quelle distance de l’auto se trouvealorsle cycliste, le son parcourant 340 m à la seconde ce jour-là ? On supposera que l’auto s’arrête aussitôt que le pneu éclate.
- Problème C. — Un professeur de mathématiques fait remarquer à ses élèves la propriété très curieuse de la série formée par les 8 premiers nombres entiers :
- 12345678
- Si, leur dit-il, vous supprimez le nombre 6 de la série, la somme des nombres qui le précèdent est égale à la somme des nombres qui le suivent. En effet, on a :
- 14-2 + 3 + 4 + 5 = 7 + 8 = 15
- Cette propriété des séries de nombres entiers commençant par l’unité est très rare, ajoute-t-il. Deux de ses élèves en voyage, l’un sur la route de Paris à Amiens (131 km.), l’autre sur la route de Paris à Granville (325 km.) en trouvent chacun une série jouissant de la même propriété. On demande quelles sont ces deux séries, c’est-à-dire, les termes où chacune d’elles s’arrête et le terme qui a été supprimé dans chacune d’elles.
- Solutions. — Problème A.
- 2 *** **
- 5 S}:**
- 82.**
- (32)
- Le chiffre subsistant dans le 1er produit partiel indique que le chiffre des unités du multiplicateur ne peut être que 2. Gomme la preuve donne 5 pour somme des chiffres du multiplicateur, celui-ci est 32. Ceci connu, le 2e produit partiel nous montre par la retenue reportée sur la dernière colonne à gauche qui est 2; [3 x2=6 + 2 = 8] que le chiffre des centaines du multiplicande est 7. La preuve donne pour somme des chiffres du multiplicande 8, or les chiffres connus 2 et 7 font 9, qui ne compte pas dans la preuve par 9, donc les 2 chiffres des unités et des dizaines additionnés doivent faire 8; combinaisons possibles :
- 4 et 4 3 et 5 ou 5 et 3 6 et 2 ou 2 et 6 1 et 7 ou 7 et 1
- mais le chiffre des dizaines doit être <^5, —- en effet on aurait
- 27 50 X 32 5 500 82 50
- d’où produit trop fort par le chiffre des mille, à cause des retenues au 3e rang des produits partiels. Si d’autre part on emploie un chiffre <+ 4 il n’y a pas de retenue reportée à cette place, le 2e produit partiel commence par 81 au lieu de 82 donnés dans le problème, sauf avec le chiffre 3, la retenue portée des unités sur les dizaines faisant 10 avec le produit3 X 3, d’où à nouveau report sur la colonne suivante, d’où 82 à gauche du 2e produit partiel. D’où les solutions suivantes :
- /
- 5 \
- 2744
- 32
- 5488
- 8232
- 87808
- 2735
- 32
- 5470
- 8205
- 87520
- Remarque. —- La condition, chiffre des dizaines du multiplicande <j 5, exclut la composition du multiplicande 2.789 ou 2798 qui sans cela eût été possible en donnant toujours 8 à la preuve par 9. (M. Girod à Dijon.)
- Problème B. — Au bout de 15 secondes le cycliste a parcouru :
- 15 X 4 = 60 m.
- Soit t, le temps écoulé entre la rencontre du cycliste et de l’auto et l’éclatement du pneu on a :
- 72.000 3.600 60
- /_j-----------1___ — 15 s.
- 340 t
- t +
- - 20
- 340 t X 20 340
- 340
- 60
- 34Ô
- 15 s.
- d’où
- et
- t + 60 = 15 X 340 = 5100.
- 360 t = 5040 t = 14 s.
- Après la rencontre, l’auto a donc parcouru 14 x 20 = 280 m.
- Et le cycliste se trouve donc à :
- 280 m + 60 = 340 m de l’auto.
- A. Kakra Djebourat (Maroc). Problème C. — Soit n le nombre des termes qui précèdent celui qu’on supprimera dans la liste.
- La somme de ces n premiers termes est :
- n (n + 1)
- Soit k le dernier nombre de la série qui commence au (n + 1) terme.
- Cette série comprend k — (n + 1) = k La somme de ses termes est :
- 'n + 2 + /U
- 1 termes.
- (k
- 1)
- On doit donc avoir l’équation
- n (n + 1) {k + n + 2) {k — n — 1)
- 2 2
- Tous calculs faits, on tombe sur l’équation du 2e degré. 2 n2 + 4 n — (k1 + k — 2) =0
- d’où l’on tire : n —
- — 2 dr v/2 k (k + 1)
- 88.000
- 2
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- Il faut donc que le nombre 2 k {k + 1) soit un carré.
- Le professeur avait raison. Cette coïncidence est rare. Entre Paris et Amiens (131 km) on ne trouve que k = 49 qui donne n — 34. Le nombre à supprimer est 35. On a bien
- (1 + 34
- ' 2
- 34 =
- 36 + 49
- 14 = 1190
- Entre Paris et Granville (325 km) on ne trouve que k = 288. En effet :
- 2 k [k + 1) =2 X 288 X 289 = 576 X 289 = 24* Xl72.
- On a alors
- n
- — 2 + 24 x 17
- 2
- 203.
- Le nombre à supprimer est 204.
- A + 203 . _ / 205 + 288
- On a bien I -------) 203 =(------------
- ) 84 = 41412.
- La somme des 203 premiers nombres entiers est égale à la somme des termes qui vont de 205 à 288 inclus.
- (Abbé E. Huelle.)
- M. Walter Kars et M. Rambal ont continué le problème et donné les nombres ci-après.
- Nombres à supprimer
- 1 35 49
- 1 1189 1681
- 1 40391 57 121
- 1 1 372 105 1 940 449
- 1 204 288
- 1 6930 9800
- 1 235416 332928
- Ont envoyé des solutions exactes :
- Problèmes ABC :
- MM. Capitaine Baud, Sarrebourg; Charles Daël à Gand (Belgique) ; F. Mercx, ingénieur, Way-le-Genappe (Belgique) ; M. Barnier-Chauriat, Puy-de-Dôme; Abbé Lapied, curé Magny-sur-Moselle ; Roger Fleurot, industriel au Val-d’Ajol (Vosges); Guichar, 3, rue des Jardins, Ivry (Seine); Guel, à Viroflay (Seine-et-Oise) ; Arnaud André, Marseille; E. Hibou, rue du Pont-de-Lodi, Paris; Rambal, Mulhouse (Alsace).
- Problèmes A et B :
- M. Paul Clamens, pharmacien, Monbahus (Lot-et-Garonne).
- M. Duret, Lyon. Etervenoi, Le Perreux (Seine) ; M. Hendriex à Louvain (Belgique). Fischer, à Aix-en-Provence; D. Kakra à Djebourat (Maroc). Capdevielle à Praz-Coutant (Savoie); Couez, Ingénieur à Mons.
- Problèmes A et C. — M. Bouvaist, professeur en chef d’hydrographie, Nantes.
- Problèmes B et C. — MM. Port, ingénieur à Brest; Walter Kars, chimiste à Paris; Ducoté, à Lyon.
- Problème A. — Mlle Anne-Marie St-Gal, étudiante en pharmacie, Nantes; Herald Raymond, Toulouse; Mlle Brifïaut, Nancy (M.-et-M.) ; M. Beaussier.
- Problèmes B. — M. Biguin, à Neufchâtel; M. Jean de Brou-chère à Gand (Belgique) ; Jourdan, château de Golat, par Bougé-Chambelud (Isère).
- Problème C. — L. Emir al Cor, ingénieur.
- Cette fois nous proposons les problèmes suivants :
- Pr. A. Un tapis a coûté 640 francs. Sa longueur est double de sa largeur. Le prix du mètre carré est un nombre entier de francs plus petit que le nombre de mètres carrés, et composé de deux chiffres. Quelles sont ces deux dimensions, sachant qu’elles sont entières? M. Arnaud, Marseille.
- Pr. B. Partage difficile
- Digne enfant de Bacchus, un paysan A ses neveux légua sa cave bien remplie.
- Des quarante-cinq tonneaux dont elle était garnie,
- Neuf étaient épuisés, neuf encor pleins au quart,
- Neuf l’étaient à moitié, aux trois quarts neuf encore.
- Les autres se trouvaient remplis complètement. •
- L’honnête tabellion se demandait comment Il allait répartir entre Jean, Théodore,
- Léon, Jacques, Roger, les fûts et le bon vin.
- Car chacun des neveux exige chaque sorte De liquide et de bois; nul d’entre eux ne supporte Qu’on transvase les fûts. Il faut être devin Pour contenter ainsi tout le monde et son père.
- Pour comble d’exigence, aucun cousin ne veut Un lot semblable au lot d’un autre des neveux !
- Lecteur, prends donc pitié de ce pauvre notaire.
- Pr. C. a b c d e et b a c e d sont des carrés, c + d et b -f- e sont des nombres premiers consécutifs.
- Trouver ces nombres. [Le Sphinx.)
- Virgile Brandicourt.
- LES PIGEONS ET LES MONUMENTS
- On sait combien les pigeons aiment à percher sur les statues et faire leur nid dans les encoignures des monuments publics. Cela inquiète depuis peu les conservateurs et les architectes. Le professeur Dagobert Frey, de Vienne, ayant ouvert une enquête à ce sujet auprès des services des beaux-arts des principales villes européennes, a reçu nombre de réponses sévères qui furent présentées à la conférence d’Athènes de l’Office international des musées et M. Anton Kraus revient à la charge dans die Denkmalpflige. Les pigeons constitueraient une plaie et un danger pour les monuments dans la plupart des villes. Outre qu’ils les salissent par leurs déjections, leurs nids bouchent souvent des tuyaux d’écoulement des eaux, provoquant des dégâts; de plus les réactions chimiques du guano causent des dommages importants au métal et à la pierre, qui craquent, lorsqu’il gèle à cause.de l’humidité entretenue par les pigeons.
- En ce qui concerne les moyens de défense, l’interdiction de les nourrir n’existe qu’à Dresde et partiellement à Prague.
- Ce n’est qu’à Dresde que les autorités procèdent, deux fois par an, à une capture des pigeons; l’emploi de filets métalliques et de pointes en métal empêchant les oiseaux de Se poser, préconisé parfois pour la protection des parties architecturales les plus délicates, semble peu efficace et nuit esthétiquement à l’architecture ainsi protégée; l’emploi d’un courant électrique à faible tension nécessite une installation coûteuse.
- La première tâche des administrations, conclut M. Kraus, serait de faire comprendre au public à quel point les pigeons sont nuisibles pour les monuments.
- Que vont dire les pigeons de Saint-Marc et ceux du Louvre de cet ostracisme ?
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- NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES 563
- En commençant ces articles, j’ai ' simplement signalé les marionnettes à pédales, elles valent la peine de nous arrêter
- un instant. Au lieu de recevoir le mouvement païen haut, au moyen de fils, elles sont actionnées invisiblement, sous la scène, par des tirages qui opèrent à l’intérieur du corps. Le plus remarquable emploi de ces marionnettes a été fait en 1888 au « Petit Théâtre ». Ce petit théâtre fut créé par Henri Signoret, Maurice Bouchor, Jean Richepin, Raoul Ponchon et bien d’autres que j’oublie. Les créateurs avaient réussi à produire des marionnettes véritablement artistiques. Le seul défaut était la lenteur des mouvements qui leur donnait un caractère hiératique et qui par suite limitait dans le choix des pièces.
- Ces marionnettes représentaient « Noël », Les Oiseaux d’Aristophane, La Tempête de Shakespeare, les Mystères d’Eleusis, la Légende de sainte Cécile.
- Chaque marionnette était tenue debout sur une caissette, au moyen d’une tige de fer. Une planchette centrale fixée à la tige supportait les bras, les jambes, la tête et à chacune de ces par-
- caissette de support. Les mouvements à obtenir sont des plus simples et ne présentent aucune grande complication. Par exemple pour faire lever le bras B (fig. 1) il suffit de soulever la pédale P plus ou moins vite. Le bras revient ensuite à sa place par son propre poids. Pour faire tourner la tête qui est montée sur une plaque tournante R, il suffit d’agir soit à droite, soit à gauche sur les pédales qui aboutissent par des poulies aux tiges T T'. Des arrêts A A limitent le mouvement (fig. 2).
- Pour faire marcher les personnages il suffit de pousser les caissettes qui sont munies de roulettes. Le plancher du théâtre est formé de planches espacées qui sont les différents plans de l’action. Les opérateurs sont placés au-dessous et c’est par les intervalles entre les plans généralement limités à deux qu’ils agissent sur les pédales. Dans des théâtres de ce genre que j’ai eu l’occasion de construire, j’ai supprimé les roulettes des caissettes, trop mobiles, à mon avis, me conten-
- Fig. 3. — Noël ou le Mystère de la Nativité représenté au « Petit Théâtre » en 1888.
- Fig. 2. — Mouvement de la tôle.
- tant de polir et de cirer les plans et le fond des caissettes.
- Inutile de dire que la hauteur de la rampe doit être calculée pour masquer les caissettes de support. La voix est donnée aux marionnettes, soit par les opérateurs eux-mêmes, ce qui est le meilleur moyen d’avoir concordance entre les paroles et les gestes, ou bien par des récitants ou des chanteurs. Dans ce cas l’opérateur doit connaître le texte par cœur.
- La fabrication des marionnettes à pédales, moulage, habillage, etc., est exactement la même que celle des marionnettes à fil.
- Dans bien des cas, l’emploi des personnages à pédales s’impose, par exemple dans des sujets religieux, où la vue des marionnettes à fil aurait quelque chose d’irrévérencieux. Ces dernières peuvent jouer la «Grande tentation de saint Antoine», mais la Passion représentée par elles serait impossible, alors qu’elle peut être acceptée avec les personnages à pédales.
- ties venaient aboutir les tirages qui les faisaient mouvoir. Ces tirages étaient actionnés par des pédales placées dans la
- Le prestidigitateur Alber.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1933, A PARIS
- Mois assez chaud dans son ensemble, ensoleillé et légèrement moins pluvieux que ne l’est en moyenne le mois d’octobre.
- A l’Observatoire du Parc St-Maur, la moyenne mensuelle de la pression barométrique, réduite au niveau de la mer, 760 mm 5, est inférieure de 1 mm 3, à la normale, et la moyenne de la température, 11° 7, dépasse de 1° 5 la moyenne des 60 dernières années. Le temps est demeuré généralement doux jusqu’au 25 sauf quelques refroidissements passagers mais peu intenses; il n’est devenu véritablement frais qu’à partir du 27. Le maximum absolu, 24°1, enregistré le 1er et le minimum absolu, 1° 7, noté le 29, sont tous deux en excédent de plus de 2° sur les extrêmes absolus moyens. Alors qu’on observe en moyenne en octobre 2 jours de gelée à glace et 5 jours de gelée blanche, cette année, le thermomètre sous abri n’est pas descendu une seule fois jusqu’à 0°, et on n’a remarqué que quatre jours de faible gelée blanche.
- Dans l’ensemble de la région parisienne, le minimum absolu le plus bas a été de — 1° 0 noté le 29 à Vaucluse; dans Paris, seulement de 2° 0, le même jour, au Champ de Mars, Mont-souris et Belleville; la première gelée blanche de la saison a été constatée le 5, en différentes stations de la banlieue Nord et Est. Le maximum le plus élevé, noté partout le 1er, a atteint 26° 5 dans Paris (Jardin des Plantes) et 28° 0 en banlieue (Ivry).
- Le total pluviométrique mensuel, au Parc St-Maur, 54 mm 7, ne dépasse pas les neuf dixièmes de la normale (60 mm 9) avec un nombre de jours de pluie appréciable, 15, exactement normal. Les pluies ont été surtout fréquentes et abondantes
- à partir du 21. Les 9 jours pluvieux qui se sont produits entre cette date et le 31 comprennent le maximum pluviométrique mensuel, 15 mm 5 le 25, et ont apporté à eux seuls 73 pour 100 de l’eau recueillie pendant tout le mois.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie pour le mois a été de 64 mm 3, et est supérieure de 14 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922. Les trois quarts environ ont été recueillis pendant la troisième décade. La durée totale de chute, 46 h 40 m, est sensiblement normale. A Villejuif, en 24 heures, du 23 au 24, on a recueilli 24 mm 6 d’eau.
- Le 29, à Sevran et à Brévannes, la pluie était accompagnée de flocons de neige.
- On a entendu quelques coups de tonnerre lointains à Ville-preux le 7 au matin. Le 8 et le 29, de petits orages locaux ont affecté quelques points de la banlieue Est.
- Les brouillards ont été quotidiens mais seulement matinaux, sauf trois qui se sont reformés dans la soirée sur quelques points. On a enregistré à l’Observatoire de la Tour St-Jacques 161 h d’insolation, durée supérieure de 30 pour 100 à la moyenne de 40 ans. Il y a eu 4 jours sans soleil — tous compris dans la dernière décade — au lieu de 5, nombre moyen.
- Le 11, le vent d’entre O. et S.-O. a été violent et a brisé des branches d’arbres en de nombreux points de la région.
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été de 81 pour 100 et celle de la nébulosité de 62 pour 100. On y a constaté : un jour d’orage, six jours de brouillard et vingt-deux jours de brume.
- Em. Roger.
- LE PLANCTON AÉRIEN
- On désigne sous le nom de plancton la multitude d’organismes, animaux ou végétaux, qui flottent au gré des courants dans la mer ou les eaux douces, soit en surface, soit à une certaine profondeur. Ces êtres ne sont pas, en général, doués de moyens de déplacement propres qui leur permettent de faire des migrations volontaires : un Poisson n’appartient pas au plancton, mais ses œufs flottants en font partie.
- Par similitude on a appliqué le nom de « plancton aérien » aux êtres qui flottent dans l’air, sans moyens de propulsion personnels.
- Il semble que la paternité du mot appartienne au botaniste Matrucbot qui, vers 1910, fit des recherches à divers étages de la Tour Eiffel, dans le but d’étudier les spores de végétaux inférieurs qui seraient entraînées de cette manière dans l’air. Trois cents mètres d’altitude, c’est bien peu, mais les moyens dont on disposait à l’époque ne permettaient pas mieux. Ce n’est que tout récemment que des recherches ont été faites dans le même sens aux Etats-Unis, cette fois avec les moyens modernes, c’est-à-dire à l’aide d’avions qui permettent d’atteindre de hautes altitudes.
- Des entomologistes américains, notamment M. Coad, ayant à leur disposition des aéroplanes servant aux travaux d’aviation entomologique, imaginèrent des appareils très ingénieux grâce auxquels ils purent faire la chasse aux insectes à des altitudes données, mais variables, allant de 500 à 5000 m.
- Les résultats ont été vraiment inattendus. Pour les résumer brièvement (') on peut dire qu’il existe, contrairement à ce
- 1. Un exposé plus complet, bien qu’encore préliminaire, de la question a été fait par l’auteur dans les C. R. de la Société de Biogéographie. n° 84, juin 1933.
- qu’on aurait pu prévoir, dans les diverses couches de l’atmosphère, une faune de petits animaux, principalement des Insectes, faune qui est d’une densité surprenante. Naturellement elle est de moins en moins abondante à mesure qu’on s’élève; mais à 5000 m elle n’est nullement négligeable. Ces animaux n’ont aucune capacité de vol (Pucerons, Acariens), ou n’en ont qu’une irès faible (Cicadelles, petits Papillons, petits Diptères ou Hyménoptères) ; ils constituent donc bien un véritable plancton.
- Leur présence à de hautes altitudes n’est explicable que de la manière suivante : emportés par des courants ascensionnels d’air chaud grâce à leur extrême légèreté qui les soustrait presque totalement à l’action de la pesanteur, ils atteignent une couche déterminée de l’atmosphère où ils peuvent flotter indéfiniment, emportés par les courants aériens.
- La question n’est qu’à ses débuts; mais on peut dès maintenant lui reconnaître une importance indéniable, tant en biogéographie qu’en entomologie appliquée. Si des êtres, petits Insectes, spores ou graines, peuvent flotter dans l’air, il n’est pas impossible qu’ils soient transportés à de très grandes distances, et même qu’ils traversent des océans. Le fait que des Pucerons ou des Cicadelles ont été trouvés à de hautes altitudes nous permet de penser que, dans certains cas, des Insectes, nuisibles ou non, auraient pu effectuer des migrations involontaires et seraient allés peupler des terres nouvelles. Il n’est pas déraisonnable d’admettre que nous pourrions recevoir de cette manière certains des ennemis de nos cultures.
- L. Beri.and.
- Sous-Directeur
- du Laboratoire d’Entomologie du Muséum..
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CONSERVATION DES TABLEAUX
- A la demande de nombreux collectionneurs et services des beaux-arts, l’Office international des musées vient de publier d’utiles observations pratiques sur les meilleures conditions de conservation des tableaux. Nous les résumons ici.
- En plus des altérations naturelles des matières qui entrent dans la constitution des peintures, celles-ci sont particulièrement sensibles aux variations de température et d’humidité qui provoquent des craquelures, des écaillures, des boursouflures et des décollements.
- Outre la protection assurée par un bon vernissage, on doit maintenir un chauffage et une aération tels que les variations du milieu soient aussi faibles que possible.
- En cas de chauffage par poêle, les tableaux ne seront jamais exposés à la réverbération directe du loyer. En cas de calorifères à air chaud, les bouches de chaleur seront munies de filtres pour retenir les poussières et les tableaux ne seront jamais accrochés au-dessus ou auprès des bouches où le courant d’air entraîne et colle les poussières en suspension. Dans le chauffage par radiateurs, on prendra les mêmes précautions. La température sera maintenue aussi égale que possible, jour et nuit.
- On surveillera particulièrement les variations d’humidité. La présence dans la salle de rideaux, de tentures, de meubles rembourrés peut constituer un utile volant hygrométrique.
- L’aération ne doit jamais être brutale et aucun courant d’air direct ne doit venir frapper les tableaux.
- Dans les salles où la circulation est intense, on préférera les tapis sans poussières, de caoutchouc par exemple, bien qu’ils ne contribuent pas à régler l’humidité comme les moquettes. Le nettoyage des salles se fera par aspirateurs ou au moyen de sciure de bois humide et on n’aérera qu’une fois le nettoyage terminé.
- Pour les peintures à l’huile et à la détrempe, qui peuvent être exposées dans des salles orientées au midi, on évitera toujours l’éclairage direct du soleil, qui ramollit la couche picturale et provoque un dessèchement dangereux du support. La lumière sera atténuée de préférence au moyen de stores dont l’épaisseur plus que la coloration réduit les dangers d’un éclairage trop intense. Les stores doivent être construits de telle sorte qu’ils ne risquent pas d’emmagasiner de la poussière.
- En été, il y aurait avantage à revêtir les verrières, à l’extérieur, d’un badigeon blanc, qui laisse passer une clarté moins éblouissante et contribue à diffuser la lumière.
- Pour cette catégorie de peintures, on évitera le plus possible l’obscurité qui entraîne au bout d’un certain temps un jaunissement des couleurs (agglutinant à l’huile).
- Il n’en est pas de même pour les aquarelles, gouaches et dessins qui devraient être placés à contre-jour, de préférence dans les salles orientées au nord, et jamais exposés en permanence.
- Bien entendu, toutes précautions seront prises contre les dangers d’incendie, notamment dans les canalisations électriques.
- L’époussetage des tableaux doit être considéré comme une opération exceptionnelle; elle se fera de toute façon au moyen d’un plumeau ou d’un pinceau très doux avec lequel on effleurera prudemment la surface des tableaux et le cadre, en évitant tout ébranlement ou choc.
- En aucun cas, il ne faut en frotter la surface.
- On aura soin de suspendre les tableaux légèrement inclinés en avant, pour réduire le dépôt des poussières.
- Les soins que l’on considère souvent comme inoffensifs tels que le lavage à l’eau et au savon doivent être rigoureusement proscrits; les effets nocifs de cette méthode ne se manifestent pas immédiatement de façon apparente; mais en fait, l’eau peut s’infiltrer par capillarité dans les moindres fissures et craquelures de la pellicule picturale et atteindre la préparation en provoquant tôt ou tard des décollements, des boursouflures, sans omettre les accidents provoqués sur le vernis.
- Les cadres doivent être surveillés régulièrement sous le rapport des parasites qui les attaquent souvent et dont la propagation met en danger les panneaux eux-mêmes.
- Dans l’encadrement des peintures, on évitera tout système nécessitant des coups (les clous, par exemple), ou pouvant occasionner un ébranlement quelconque du support. On utilisera, de préférence, des ressorts d’acier assujettis au moyen de vis. On laissera toujours un certain jeu dans la feuillure des cadres.
- Les tableaux ne seront jamais appliqués contre les murs; on ménagera toujours, par le moyen de tampons, un espace permettant à l’air de circuler librement au verso du support.
- Lorsqu’on se trouve aux abords d’une voie de grande circulation, on évitera que l’ébranlement des parois ne se communique aux tableaux, en adoptant un système d’accrochage souple avec tampons de caoutchouc, par exemple.
- Les verres protecteurs que peut nécessiter l’état de certaines peintures —> ou la proportion des matières nocives en suspension dans
- l’air — devront être disposés de manière à pouvoir s’enlever facilement, par devant, sans avoir à déplacer le tableau. Tout verre qui présente des risques de cristallisation ou se montre particulièrement propre à retenir l’humidité, cause de moisissures, doit être immédiatement enlevé et remplacé par un matériel neuf.
- Quelle que soit la nature de la détérioration pouvant nécessiter une intervention, il est recommandé de n’entreprendre aucune opération avant d’avoir pris l’avis d’un laboratoire rattaché â un grand musée. Si la restauration s’impose, on aura soin de prendre les enregistrements photographiques et radiographiques de l’état du tableau avant et après la restauration, d’établir le compte rendu exact et détaillé des travaux effectués, en mentionnant le nom du restaurateur (fiche de restauration).
- On ne consentira à l’opération du transfert de la peinture sur un nouveau support que si toute autre opération moins radicale s’avère insuffisante et si l’on a examiné et éliminé tous les facteurs extérieurs qui ont pu provoquer les détériorations. L’efficacité et la portée d’une restauration seraient bien souvent réduites si le tableau remis en état devait être à nouveau placé dans les mêmes conditions d’ambiance qui en ont provoqué la détérioration.
- En cas de retouches, jugées indispensables, sur la base d’avis autorisés, celles-ci doivent être reconnaissables à l’œil nu. En aucun cas et pour aucun motif, elles ne devront recouvrir une parcelle quelconque de la peinture originale.
- Les retouches doivent à tout moment pouvoir être enlevées facilement.
- DÉSINFECTONS FACILEMENT DES LIVRES
- La désinfection des livres qui ont été entre les mains de malades, a depuis longtemps préoccupé les hygiénistes, car ces livres peuvent être des agents de transmission redoutables ainsi que l’ont démontré expérimentalement Du Cazal et Catrin.
- De nombreux essais ont été effectués pour réaliser une stérilisation satisfaisante, en utilisant les antiseptiques les plus faciles à se procurer. Voici les conclusions auxquelles on est parvenu.
- L’exposition aux vapeurs d’acide phénique agissant à une température de 75° C, ainsi que l’a préconisé la Central Free Library de Sheffield, peut, en un quart d’heure, amener la destruction des germes, mais l’odeur persistante rend ultérieurement la manipulation des livres désagréable.
- Moins heureux a été le traitement par l’acide sulfureux; après de nombreuses expériences, le Dr Schwale, de Berlin, a observé que les résultats étaient à peu près nuis.
- Quant au formol, il s’est montré nettement supérieur, lorsqu’il est employé à une dose suffisante que l’on a reconnue être de 1 gr par 300 cm3 de l’espace où se trouvent les livres; l’effet est rapide puisqu’il suffit d’un séjour de quinze minutes pour obtenir le résultat cherché, sans qu’il y ait avantage à prolonger la durée de l’action, ainsi que l’a vérifié le Laboratoire d’Hygiène de l’Université de Pennsylvanie.
- Comme on le voit, nous disposons d’un moyen certain de détruire les germes pathogènes, puisqu’il suffit pour dégager le formol de chauffer doucement une dose calculée de trioxyméthylène, triformol ou paraforme, formol polymérisé [CH30]3, qui régénère poids pour poids les trois molécules d’aldéhyde formique qui le constituent.
- Pour que le traitement ait toute son efficacité, on commence par ouvrir les livres, on en maintient les feuillets séparés par quelques bandes de carton, ou des chevalets de papier, de façon que les vapeurs puissent pénétrer partout.
- Les livres ainsi préparés sont alors placés dans une boîte à fermetqre hermétique, de préférence métallique, au fond de laquelle, dans une coupelle, se trouve la dose prévue de trioxyméthylène d’après la capacité; cette coupelle elle-même est mise sur un petit réchaud électrique, de fabrication aujourd’hui courante, qui permet d’élever doucement la température qui n’a pas besoin d’être élevée puisque le trioxyméthylène commence à se vaporiser à 100° C.
- En opérant ainsi, l’opération se poursuit sans aucune difficulté; le temps de stérilisation écoulé une simple aération fait disparaître l’odeur du formol.
- Si on ne disposait pas du chauffage électrique qui doit être le procédé de choix, par sa commodité, on pourrait pratiquer sur le côté de la boîte une petite ouverture où on ferait passer un tube coudé fixé par un bouchon sur le col d’un ballon de laboratoire qui contiendrait le trioxyméthylène, la chaleur d’une lampe à alcool en veilleuse amènerait alors la dissociation de manière que les vapeurs de formol puissent se rendre dans la caisse et produire leur action.
- Constatons, en outre, que toutes les moisissures portées éventuellement par les livres sont également détruites; les travaux du Dr Pierre Sée ont en effet montré que, dans ce cas, le formol 'était le destructeur de choix des champignons papyricoles; on peut donc envisager sur les données précédentes très simples une petite installation qui assurerait la conservation des livres de nos bibliothèques en même temps que la santé des lecteurs.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Carte du superréseau électrique français, publiée par le Syndicat des Entrepreneurs de Réseaux et de Centrales électriques, avenue Marceau, 54, Paris (Tél. Élysées 08-68). Prix :
- 30 fr.
- Nous attirons l’attention de nos lecteurs sur la belle carte du Superréseau électrique Français qui vient d’être établie et publiée par le Syndicat des Entrepreneurs de Réseaux et de Centrales électriques.
- Une pareille carte est un document d’ordre national, car la prospérité des pays et des peuples est liée de plus en plus à la production et à la bonne répartitition de l’énergie électrique et il est capital, pour beaucoup de personnes, de sociétés ou de groupements d’avoir une carte donnant l’ensemble de ce magnifique superréseau français.
- La carte indique l’emplacement et la puissance de toutes les centrales interconnectées, le tracé schématique des lignes avec l’indication de la tension et, pour la première fois, la capacité de transport de chaque ligne en kv-A.
- Bien entendu, du fait qu’elle ne concerne que le superréseau, la carte contient uniquement les puissantes lignes à 100000, 150000 et 220000 volts qui, dès maintenant, transportent à des centaines de kilomètres l’énergie de nos massifs montagneux ou, dans de nombreux cas, unissent les centrales à charbon aux centrales hydrauliques poulie meilleur profit de l’économie nationale.
- Ajoutons que cette carte, tirée sur beau papier, est d’un format très commode : elle est contenue en effet dans un carré de 85 cm de côté.
- L’aventure aérienne (Paris-Sahara-Tombouctou ), par William Seabrook, traduit de l’anglais par Alice Turpin. 1 vol. 261 pages. Édition Bernard-Grasset, Paris, 1933. Prix : 15 fr.
- Le journaliste américain Seabrook entreprit naguère une traversée aérienne de l’Afrique du Nord et du Sahara, en compagnie d’une romancière américaine sur un avion piloté par le capitaine Wauthier.
- Ce voyage qui s’annonçait comme une partie de plaisir connut des péripéties dramatiques : tempête de sable à l’aller; au retour les deux hommes volent au secours de l’aviateur Reginensi et de ses camarades perdus dans le désert, laissant leur compagne regagner l’Algérie à travers le Sahara par autochenille; mais le conducteur s’égare, et c’est un autre drame qui fort heureusement se dénoue sans catastrophe.
- De ce voyage accidenté, l’auteur nous donne un récit vivant et attachant. Avec un remarquable talent, il sait, en quelques traits simples mais frappants, camper les personnages pittoresques rencontrés sur sa route, évoquer les paysages du désert et de la brousse, reconstituer l’atmosphère curieuse de la vie saharienne ou soudanaise. Et son livre joint ainsi, au charme du récit d’aventures, une valeur documentaire de premier ordre.
- Géographie générale des mers, par Camille Vallaux. 1 vol. in-8 796 p., 114 fig., 16 pl., 4 cartes hors texte. Félix Alcan, Paris, 1933. Prix: 150 fr.
- L’auteur, longtemps examinateur à l’École navale, vient d’écrire un traité qui manquait encore en France ; il l’a fait avec une conscience, un sens averti, une documentation s’étendant jusqu’aux derniers travaux océanographiques et il mérite les plus grands éloges. Certes, on pourrait bien désirer sur quelques points des précisions ou des compléments, notamment en ce qui concerne la physico-chimie de l’eau de mer, la faune marine, mais ce seraient là critiques insignifiantes d’une œuvre magistrale qui s’imposera désormais aux géographes, aux officiers de marine, aux navigateurs et à tous ceux qui veulent comprendre le monde physique qui nous entoure et dont la mer est la grande régulatrice.
- Après avoir rappelé la découverte progressive des océans, leurs explorations successives, puis les généralités sur le domaine des mers et les cycles des eaux, il aborde l’étude détaillée des océans en commençant par le plus ignoré, l’Océan austral, puis passant à l’Océan Pacifique et à l’Océan Indien pour terminer, par l’Atlantique, aujourd’hui exploré en tous sens et devenu la mer intérieure des peuples civilisés. Chaque océan est complété par les mers secondaires qui en dépendent; elles sont passées en revue dans le même ordre, depuis les mers arctiques et celles d’Extrême-Orient jusqu’à la Méditerranée et aux mers du nord-ouest de l’Europe où l’activité humaine a le plus d’emprise.
- Cette analyse terminée, l’auteur s’applique à une vue d’ensemble et étudie la mer en général, comme milieu cosmique, comme milieu physico-chimique, comme milieu vivant, comme milieu humain.
- Manuel de l'arbre, par Emile Cardot, 8e édition revue par Paul Mougin. 1 vol. in-4, 115 p., 32 dessins de Paul Baijdier, 8 pl. Touring Club de France, 65, avenue de la Grande Armée, Paris, 1933.
- Depuis plus de quarante ans, le Touring Club de France a mené une très vive campagne pour la défense de la forêt française. Il a organisé d’importants congrès forestiers nationaux et internationaux, et ses nombreuses interventions pour la protection ou l’exploitation rationnelle des forêts et pour la mise en valeur des terrains incultes sont bien connues de tous. Pour développer l’enseignement sylvo-pastoral dans les écoles, le Touring Club de France a publié en 1907 le Manuel de l’Arbre, dont le texte était écrit par Émile Cardot, Conservateur des Eaux et Forêts et qui fut Président du Comité forestier du Touring Club de France. Cet ouvrage, qui en est à sa huitième édition, a toujours eu un vif succès, non seulement dans les milieux scolaires auxquels il était principalement destiné, mais dans le public en général. Il est considéré comme le meilleur ouvrage de vulgarisation sur la forêt. Nous ne saurions trop chaleureusement le recommander à nos lecteurs qui ne le connaissent pas encore et même aux autres puisqu’il vient d’être soigneusement revu et enrichi d’admirables bois de Paul Baudier.
- Traité de ph ysiologie normale et pathologique
- publié sous la direction de G.-H. Roger et Léon Binet. Tome I. Physiologie générale, 1 vol. in-8, 1140 p., fig. Masson et Cie, Paris, 1933. Prix : relié, 165 fr.
- Le grand traité, œuvre collective des physiologistes français, approche de sa terminaison. Sur 11 volumes, 9 sont maintenant parus et certains même en sont à leur deuxième édition toute proche. C’est assez dire et le besoin qu’on avait d’une mise à jour des questions traitant de la vie de l’homme sain et malade, et le succès de la réalisation du programme des deux professeurs de physiologie de la Faculté de Médecine de Paris.
- Le tome I qui vient de sortir est tout entier consacré à la physiologie générale, alors que les diverses fonctions ont été traitées dans les tomes suivants. Il débute par une étude d’ensemble de M. Roger sur la vie et la matière vivante qui pose tous les grands problèmes et montre leur évolution : propriétés, morphologie, échanges, développement, reproduction, irritabilité, milieu, vieillesse et mort, pour finir par les éternelles discussions sur le vitalisme et le finalisme. Ensuite, M. Poli-card rassemble les données sur la physiologie cellulaire, M. Verne montre l’intérêt des cultures de tissus, MM. Cardot et Chevalliertraiteut de la physico-chimie de la cellule, Mlle Bachrach parle de l’hérédité et de la variation cellulaire. M. Blanchetière examine longuement les principes immédiats des êtres vivants dans une revue parfaitement à jour. M. Vlès fait de même pour l’action des agents physiques sur les organismes, tandis que M. Lacassagne se consacre spécialement aux rayons X et aux corps radioactifs. Les agents chimiques et les toxiques sont étudiés par M. Roger, les ferments par M. Ambard, les venins par M. Arthus.
- L’ensemble forme à la fois un traité de physiologie générale et une introduction aux volumes suivants.
- Revue de météorologie médicale. Publication trimestrielle, Gauthier-Villars, Paris, 1933. Abonnement : 40 fr par an.
- Nous venons de recevoir le premier numéro d’une nouvelle revue qui paraît sous l’égide de MM. Esclangon et Lesage et par les soins du Dr Dujarric de la Rivière. Elle se propose de grouper les travaux relatifs aux rapports entre la météorologie et l’astronomie d’une part, la médecine et la biologie de l’autre. Elle débute par une étude de M. Esclangon : l’influence des variations de l’activité scolaire sur les phénomènes terrestres, les climats et les phénomènes biologiques. M. Madsen montre ensuite les variations d’activité de l’organisme selon les saisons, M. Mouriquand l’action des changements climatiques sur les syndromes d’inassimilation, M. Moine les oscillations de la mortalité en liaison avec les changements atmosphériques. Une page d’Hippocrate rappelle l’ancienneté du souci de tous ces problèmes.
- Les étapes de la gravure sur bois. 1 vol. in-4, 150
- hors-texte et reproductions de vieilles images. Bulletin officiel des Maîtres imprimeurs de France, 7, rueSuger, Paris, 1934. Prix : 70 fr.
- Ce volume, continuant la magnifique série des numéros de Noël du Bulletin officiel des Maîtres imprimeurs, est comme d’habitude, d’une présentation luxueuse. Sa mise en pages et ses hors-texte suscitent l’admiration des professionnels. Publié en plusieurs couleurs et par tous les procédés graphiques, dans un but de propagande pour le beau livre français, il donne une idée complète de toutes les ressources actuelles de l’art du livre. Celui de cette année traite des étapes de la gravure sur bois et il intéressera vivement les bibliophiles, les libraires, les professionnels et les amateurs.
- Les théorèmes de conservation dans la théorie des chocs électroniques, par L. Goldstein, 1 brochure, 26 pages. Hermann et Cie. Paris, 1933. Prix : 9 fr.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Découverte d’une Comète.
- Une faible comète a été découverte par M. Whipple, à l’Observatoire de Harvard College, aux Etats-Unis, le 21 octobre dernier. Elle se trouvait alors, à 2b57m (Temps universel) à la position suivante :
- Ascension droite = 3l'23m 0“; Déclinaison =+9° 22'.
- Ce qui correspond à la région du ciel voisine de l’étoile \ du Taureau. L’éclat de cet astre est très faible, de 13 e magnitude, et son observation est réservée aux grands instruments.
- Cette nouvelle comète a un mouvement assez faible; ainsi, au moment de sa découverte, son ascension droite diminuait de 28 secondes par jour et sa déclinaison de 8".
- MM. Whipple et Cunningham d’une part, puis M. A.-C.-D. Crommelin, l’infatigable calculateur d’orbites cométaires, ont déterminé son orbite dans l’hypothèse où cette orbite est elliptique. Ils ont trouvé ainsi que la nouvelle comète est passée au périhélie, à son minimum de distance au Soleil, le 8 juillet dernier, à 2,41 unités astronomiques (Terre au Soleil = 1). Sa période de révolution autour du Soleil serait de 8,226 années (environ 8 ans et 3 mois). Enfin, la comète circulerait dans un plan incliné de 10° 4' sur l’écliptique et l’excentricité de son orbite serait de 0,4086. Tous ces cliilïres sont provisoires et seront rectifiés lorsque l’arc observé parcouru par la comète sera suffisamment étendu.
- Une éphéméride calculée sur les éléments elliptiques adoptés montre que la comète se déplace du Taureau vers la Baleine et se dirige sensiblement vers a de cette constellation. Elle s’est trouvée dans cette région vers le 2 décembre.
- L’éclat diminue lentement.
- La distance périhélie étant la même que celle de la comète Wolf 1924 IV (2,44213), on a pensé d’abord qu’il y avait identité entre ces deux astres, mais cette identité a été reconnue impossible.
- La Comète Whipple, inscrite sous la désignation provisoire 1933 /, est la sixième comète découverte en 1933.
- (Les renseignements ci-dessus sont extraits des circulaires 7 G et 8 G du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France, rédigées d’après les télégrammes du Bureau de l’Union astronomique internationale de Copenhague ou d’après les circulaires de la British Astronomical Association.
- Le « Service des Informations rapides » a pour objet de prévenir, dans le plus court délai possible, les observateurs de toutes les nouvelles découvertes pouvant les intéresser; c’est un service qui s’adresse surtout aux amateurs alors que les télégrammes du Bureau de Copenhague s’adressent, de préférence, aux observatoires. Les frais de ces télégrammes sont forcément élevés alors que l’abonnement au « Service des Informations rapides » est particulièrement minime).
- MÉCANIQUE
- Locomotive Diesel électrique du Réseau P.^L.-M. Algérien.
- La Compagnie P.-L.-M. essayait, voici quelques semaines, sur son réseau métropolitain, une locomotive Diesel électrique destinée à son réseau algérien, et à laquelle elle fit remorquer une voiture de lre et une voiture de 2e classe sur le parcours très long — 863 km — et très difficile, de Paris à Marseille.
- Le train, parti de Paris à 6 h. 20, passait à Dijon à 9 h. 31,
- à Lyon à 11 h. 28, et arrivait à Marseille à 15 h. 55, après un arrêt, à Valence, de 50 minutes pour le déjeuner, soit une durée réelle de marche de 8 h. 45 pour ces 863 km, et, par conséquent, une vitesse moyenne d’environ 100 km à l’heure.
- Un rapide effectuant ce même trajet change 3 à 4 fois de machine en cours de route. Il est ainsi obligé à 3 ou 4 arrêts de chacun 5 minutes en moyenne. On voit immédiatement combien cette nouvelle locomotive, qui pourrait faire tout le trajet sans aucun autre arrêt que ceux nécessités par des obligations de service, permet de gagner de temps.
- La rapidité et la régularité de marche de ce train ont montré tout l’intérêt que présente, sur le réseau P.-L.-M. Algérien, l’emploi d’une telle locomotive, et tous les services qu’elle peut y rendre.
- En ces régions souvent désertiques, les eaux d’alimentation, généralement de mauvaise qualité, causent fréquemment de graves avaries au matériel locomoteur à vapeur. La locomotive
- TJir Résistance dh Contacteur MW Enroulement V Inverseur
- Fig. 1. — Locomotive Diesel électrique de 920 ch.
- Schéma de principe : A, moteur Diesel. B, génératrice principale. C, excitatrice à 3 enroulements. D, génératrice auxiliaire. K, F, G, moteurs de traction.
- Diesel électrique, plus rapide, plus souple, permettra de réaliser à la fois des économies de combustible et d’entretien, ainsi que des économies dans le personnel de conduite. Elle a été destinée à remorquer des trains légers de voyageurs, à grande vitesse, sur la ligne d’Alger à Oran, et établie de façon que la consommation en eau soit nulle et que cette machine puisse réaliser sans arrêt des parcours d’environ 1000 km.
- Cette locomotive sort des Ateliers de Constructions électriques de France et comporte une cabine de conduite à chaque extrémité pour la circulation dans les deux sens. Elle a 3 essieux moteurs et 2 boggies porteurs. Les trois essieux moteurs sont entraînés individuellement par 3 moteurs à suspension par le nez au moyen de doubles trains d’engrenages élastiques.
- Elle mesure 15 m de long et peut remorquer une charge de 85 tonnes à la vitesse de 115 km à l’heure. En ordre de marche, son poids est de 100 tonnes. Son moteur Diesel à 4 temps, fonctionnant au gasoil, a une puissance de 920 ch
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- Fig. 2. — Locomotive Diesel électrique du Réseau algérien.
- (Ph. Rod. Rieder.)
- et possède trois régimes de vitesse : 700, 600, et 400 tours par minute. Il est à 8 cylindres de 300 mm d’alésage et 380 mm de course, et entraîne une génératrice principale qui fournit le courant avec 3 moteurs de traction. Des appareils divers : pompe à eau, pompe à huile, ventilateur, compresseur, sont alimentés par une génératrice auxiliaire. Elle peut passer en courbe minima de 120 m de rayon.
- Le freinage de la locomotive s’effectue sur tous les essieux moteurs et porteurs, et des freins à main sont en outre prévus pour agir sur les essieux moteurs.
- Des bacs à sable assurent le sablage des essieux moteurs dans les deux sens de marche de la locomotive.
- En raison de la température élevée des régions où circulera cette locomotive, les radiateurs sont disposés frontalement à l’avant et à l’arrière.
- Dans ces conditions, la vitesse de la locomotive agit par
- Fig. 3. — Courbe-effort vitesse de la locomotive Diesel électrique
- de 320 ch.
- Effort à ta jante en kg.
- plein champ
- surpression d’air sur les faces des radiateurs, et les moteurs qui entraînent les ventilateurs ont été pourvus d’un système qui diminue automatiquement leur vitesse au fur et à mesure que la vitesse de la locomotive augmente, le sens des ventilateurs étant inversé en même temps quç le sens de marche de la locomotive.
- L’énorme capacité de son réservoir de combustible, qui est de 2200 litres, lui permet d’effectuer, sans ravitaillement, des parcours de l’ordre de 1000 km.
- En résumé, vitesses supérieures avec dépenses moindres, telles sont les caractéristiques de la nouvelle locomotive du Réseau P.-L.-M. Georges Lanorvili.e.
- ÉLECTRICITÉ
- Une lampe à incandescence à trois intensités.
- Cette nouvelle lampe vient d’être créée aux Etats-Unis par la General Electric C°, à Nela Parle (Cleveland). Elle permet d’obtenir avec une seule ampoule trois intensités lumineuses différentes; elle apporte ainsi à l’éclairage électrique par incandescence une souplesse qu’il ne possédait pas encore. Cette lampe, à ampoule dépolie intérieurement, possède deux filaments qui peuvent être mis sous courant individuellement ou tous deux à la fois; elle se fait en deux modèles, l’un contenant des filaments de 150 et 200 watts, l’autre des filaments de 200 et 300 watts.
- Chacune de ces lampes est équipée avec une monture à vis, à la base de laquelle est disposé un contact supplémentaire permettant le contrôle séparé de chaque filament. Une douille spéciale est nécessaire pour la prise de courant.
- L’emploi de nouveau modèle de lampe est envisagé surtout pour l’éclairage des magasins. Aux heures de faible affluence, on pourra se contenter de mettre en service le filament à faible intensité; puis quand le besoin d’éclairage augmentera, on utilisera le filament de forte intensité; enfin aux heures de pointe, on donnera l’intensité lumineuse maxima en mettant en service les deux filaments.
- BOTANIQUE Arbres bizarres
- On peut voir à Pau, square du Palais de Justice, un tilleul âgé d’environ quatre-vingts ans dont le tronc est assez étrange. Sur une hauteur de 1 m environ à partir du sol, cet arbre conserve le même diamètre depuis environ quarante ans, puis subitement, il devient notablement plus gros pour atteindre sensiblement le même diamètre que les autres tilleuls de la promenade ses contemporains; toutefois il est un peu plus chétif que ses voisins. Dans les premiers temps de son existence, il n’a présenté aucune particularité, ainsi qu’en peuvent témoigner deux photographies que je possède, datant d’environ 1865. Toutefois ce tilleul dès sa plantation est moins bien venu que ses voisins. Comment végète la partie inférieure du tronc qui ne semble pas augmenter de volume depuis une quarantaine d’années ? Pourquoi végète-t-il normalement à partir de 1 m du sol seulement et comment la sève passe-t-elle au point où l’amplification commence ? Le bourrelet ainsi formé présente une écorce tourmentée. Mes faibles connaissances en sylviculture ne me permettent pas d’émettre une opinion. Quoi qu’il en soit je n’ai jamais vu d’arbre analogue ni entendu parler d’un tronc semblable (fi’g. 1).
- Moins extraordinaire est l’exemple de soudure des branches que l’on observe sur les platanes qui ombragent l’allée sud de l’esplanade du château. On y voit plusieurs soudures de branches qui après s’être écartées reviennent à nouveau se mettre en contact. Une soudure particulièrement étrange,
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- est celle qui s’est produite entre deux arbres différents (fig. 2 et 3). Le raccord est fait à ini-bois comme diraient les charpentiers.
- La transfusion des deux sèves serait intéressante à suivre.
- J. Maussieh-Dandeeot.
- L’émanation des pommes
- Le dernier rapport du Food Investigation Board, publié par le Département des recherches scientifiques et industrielles d’Angleterre, contient de curieuses observations relatives aux effets que produisent des pommes mûres sur d’autres végétaux entreposés au voisinage.
- Si l’on place des pommes mûres parmi des pommes de terre, on retarde la germination de celles-ci. Si l’on fait passer un courant d’air ayant traversé un tas de pommes sur des pois
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- ration des espèces cueillies vertes, au moyen du gaz d’éclairage ou de l’éthylène et mériterait d’attirer l’attention en vue d’une analyse précise riche de conséquences pratiques.
- ZOOLOGIE
- Une présentation, à Paris, d’oiseaux=mouches vivants.
- A la fin de novembre, une douzaine d’Oiseaux-mouches vivants ont été exposés, pendant quelques jours, à la vitrine d’un magasin de la rue Caumartin (Maison Duquesne).
- Ces ravissants petits oiseaux, originaires du Brésil, provenaient du domaine de Clères, où M. Jean Delacour se plaît à élever un admirable choix d’animaux de toutes espèces.
- C’est la première fois que l’on a pu voir à Paris des Oiseaux-Mouches vivants, exposés publiquement. A notre
- Fig. 1. — A gauche, en haut : Tilleul de la place du Palais de Justice,'à Pau. Onvoilen arrière-plan l’église Sainl-Jacques. Le tronc est sans écorce sur une hauteur d’un mètre environ. Fig. 2. — A gauche, en bas : Soudure entre deux platanes sur l’esplanade du château de Pau. Fig. 3. — Au centre : La même soudure vue de près. Au fond le château. Fig. 4. — A droite : Soudure de deux branches du même platane, sur
- l’esplanade du château de Pau.
- ou d’autres graines en germination, on arrête ou on trouble le développement de celles-ci.
- La substance active est encore mal connue; elle est certainement très efficace et agit encore à la dose du trente-millième; on peut envisager que c’est un gaz voisin de l’éthylène si ce n’est celui-ci.
- Les graines dont la germination est arrêtée continuent de respirer sans changement. L’émanation accroît la vitesse, d’oxydation des autres pommes. Elle se dégage surtout au moment oii les pommes respirent activement pendant qu’elles mûrissent et jaunissent. Elle agit également sur les tomates et les bananes vertes.
- De leur côté, les bananes présentent un phénomène du même ordre : elles dégagent aussi une émanation qui hâte la maturation des autres bananes, même quand on les garde en atmo-phère confinée à l’abri de l’oxygène.
- Tout cela est à rapprocher des moyens empiriques qu’emploient beaucoup d’importateurs de fruits pour régler la matu-
- connaissance, comme nous l’avons dit dans notre article paru dans le n° 2819 de La Nature, seul, le marquis de Ségur posséda des Colibris vivants qu’il alla chercher aux Antilles, en 1914, et dont plusieurs vécurent en captivité trois et quatre ans ; mais cette intéressante expérience resta privée.
- La présentation de la rue Caumartin est donc un véritable événement ornithologique. Nous avons remarqué combien les Oiseaux-Mouches sont familiers et pétillants de vie. Ils sont conservés, en très bon état, dans une volière relativement peu chauffée (20° à 25°), et nourris d’un mélange de sirop de mellin, de miel et de lait condensé, contenu dans de petits flacons à long goulot teinté de rouge, dans lequel les Oiseaux-Mouches plongent leur long bec courbé, tout en se maintenant en vol par le battement très rapide de leurs ailes diaprées.
- La collection des Trochilidés brésiliens a maintenant réintégré les serres tropicales de Clères, sans avoir souffert de son transport et de son séjour en plein Paris. ,
- A. Feuillée-Bii.lot.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — Projecteur pour films de S, 9,5 et IG mm. type Nizo.
- CINÉM ATO GRAPHIE
- Le Cinéma d'amateurs et la sonorisation des films de formats réduits.
- Grâce aux perfectionnements des films de formats réduits de 16 mm, de 17 mm 5, et même de 8 mm ou de 9 mm 5, on peut désormais obtenir, surtout avec les films de 16 mm et 17,5 mm des résultats convenant nettement aux usages semi-professionnels ou même professionnels. D’autre part, grâce à la réalisation de caméras de prises de vues, à la fois perfectionnées et simplifiées, de projecteurs pratiques à grand rendement, et aussi par suite de l'emploi généralisé des bandes de 9 mm 5 ou de 8 mm à émul-sion inversible, beaucoup moins coûteuses, le cinématographe d’amateur prend une diffusion de plus en plus grande.
- Beaucoup d’amateurs projectionnistes se con tentent, d’ailleurs, d’utiliser des bandes achetées ou louées dans le commerce et tirées généralement par réduction de film de format standard de 25 mm. Pour ces amateurs, les fabri-
- cants ont réalisé récemment des modèles de projecteurs très originaux, qui permettent, par un simple changement de mécanisme, d’utiliser soit les films de 9 mm 5 et de 16 mm, soit des bandes de 8 mm et même de 17 mm 5.
- Parmi les projecteurs de ce genre les plus complets, nous pouvons citer le modèle Nizo récent, équipé avec deux moteurs universels à vitesse réglable. L’un des moteurs entraîne le mécanisme de translation du film, l’autre actionne le ventilateur et assure le refroidissement du mécanisme de transport du film.
- La débit du ventilateur est réglable à volonté, ce qui assure un refroidissement continu de la lampe, même pendant l’arrêt du film sur une image, pouvant être obtenu à tout instant de la projection, sans crainte de la détérioration du film. Un dispositif permettant la projection en marche arrière et une prise de synchronisme viennent compléter la disposition mécanique du système (fig. 1).
- L’emploi d’une lampe de 250 à 400 waLls a permis de transformer tout le problème des projections avec films de 9 mm 5. Avec un objectif de 75 mm et une lampe de 400 watts, il est possible d’envisager l’utilisation de ce projecteur à une distance de 20 m de l’écran, grâce à l’emploi d’un obturateur à 2 pales. Un disque à trois ailettes interchangeable peut, d’ailleurs, être employé également pour éviter le scintillement pour les projections d’appartement, lorsque les distances d’écran ne dépassent pas 7 à 8 m.
- Si l’on considère les caméras de prises de vues, on peut remarquer que des progrès extrêmement intéressants ont été obtenus, aussi bien dans la réalisation des appareils de 16 mm que de 9 mm 5.
- En 9 mm 5 on trouve d’une part des caméras d’amateurs à débiteurs pourvus d’objectifs à grande luminosité jusqu’à F/1,4 à mise au point variable et interchangeables, ce qui permet d’utiliser sur tous les modèles des objectifs de grande longueur focale.
- Nous sommes loin alors des simples appareils à chargeurs à foyer fixe et à vitesse unique, qui n’étaient utilisables' que dans de bonnes conditions d’éclairage; les appareils actuels sont munis d’un régulateur de vitesse variable permettant de ralentir et d’accélérer le déroulement, et de dispositions d’objectif permettant de filmer par tous les temps, et même de réaliser les effets de fondu et les truquages jusqu’alors réservés aux amateurs de 16 mm et aux professionnels (fig. 2).
- Les appareils perfectionnés utilisant le film de 9 mm 5 en bobines de 15 et de 30 m se chargeant à la lumière du jour et munis d’une tourelle-revolver d’objectifs, pour 3 objectifs de diverses longueurs focales, et de luminosités diverses, permettent désormais, avec les nouvelles émulsions de films de 9 mm 5 de réaliser des résultats comparables, toutes proportions gardées, à ceux qui sont obtenus par les professionnels (fig. 3).
- Les modèles de 16 mm ont été également perfectionnés dans les mêmes conditions, et l’on trouve aussi des modèles avec objectif-revolver et observation directe du film, qui permettent de se plier à toutes les exigences des amateurs les plus difficiles. Ces appareils sont munis d’un régulateur de vitesse permetttant la prise de vues à 24 images, pour l’établissement des films sonores, et un dispositif d’entraînement, à manivelle permet même d’obtenir une vitesse d’une image par tour pour les travaux les plus divers.
- L’amateur cinéaste d’aujourd’hui a également quelquefois la prétention de réaliser des projections sonores, mais on peut diviser les différents cas qui se posent pour la sonorisation
- Fig. 2. — Caméra a ressort pour film de 16 mm à vitesse de déroulement variable pour bobine de 90 m à charger en pleine lumière (type Nizo).
- E E
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- des filins de format réduit, en deux catégories bien distinctes. Dans les premiers, on considère seulement la projection du film et les films de format réduit employés ne sont pas enregistrés directement. Les bandes éditées industriellement sont établies tant au point de vüe optique qu’acoustique, par la réduction de films standard de 35 mm.
- Dans une deuxième catégorie, concernant plus exclusivement aux amateurs habiles enregistrant eux-mêmes leurs films, les sons et les images doivent être enregistrés directement sur la bande de format réduit.
- On n’a pas réussi, jusqu’à présent, à obtenir un accompagnement sonore des films de 8 mm et de 9 mm 5 analogue à celui qui est adopté dans la cinématographie professionnelle pour le film standard et, dans ce cas, cet accompagnement sonore synchronisé doit encore être réalisé au moyen de disques phonographiques, procédé abandonné pour le film standard.
- On a réussi, au contraire, récemment à établir des films
- Fig. 3. — Caméra avec porte-objectif revolver pour film de 9,5 mm. (type Nizo.)
- sonores de 17 mm 5 et de 16 mm portant une piste sonore photo-électrique analogue à celle des films standard, et obtenue par réduction de ces films. Les difficultés à vaincre pour obtenir ce résultat étaient d’ailleurs délicates et complexes, et nous aurons l’occasion de les indiquer dans la revue.
- Les amateurs cinéastes ont donc aujourd’hui à leur disposition des appareils de projection et de prises de vues de plus en plus perfectionnés, et ils peuvent désormais organiser aussi d’une manière pratique et artistique des séances de cinématographie sonore, à domicile. P. Hémardinquer.
- OUTILLAGE
- Siphon automatique pour vider touries et citernes.
- Pour vider les touries, les citernes, et d’une manière générale les récipients pleins de liquide qu’on ne peut où veut basculer, il existe un moyen :1e siphon, connu de toute antiquité. Mais le siphon ne fonctionne qu’une fois amorcé. S’il est possible
- d’aspirer directement avec la bouche quand le liquide est de l’eau, s’il peut même être agréable d’aspirer une boisson ou une liqueur, encore faut-il que la position le permette.
- Et quand il s agit d’essence, de pétrole, ou pire encore d’acides, d’ammoniaque, de lessive de soude ou de potasse, d’eau de javel, non seulement on ne peut plus aspirer directement, mais il faut prendre des précautions spéciales pour éviter que le liquide
- désagréable, corrosif ou toxique ne vienne en contact avec la bouche ou la peau. De nombreux dispositifs ont été imaginés dans ce but. Aucun n’est plus simple ni plus sûr que le nouveau siphon « le Torrent » représenté dans la figure 4, en place dans une tourie. La figure 5 suffit pour faire comprendre son fonctionnement. Le cylindre étant remonté à bout de course,
- Fig. 5. — Coupe du piston d’amorçage.
- le piston en bas, on ouvre le robinet inférieur et on desserre le presse-étoupe au-dessus du cylindre. Le siphon est alors plongé dans la tourie. Pour l’amorcer, on ferme le robinet inférieur, on donne un coup de pompe, on resserre le presse-étoupe. La capacité du cylindre est telle que le vide qu’y crée le mouvement du piston appelle suffisamment de liquide dans la branche descendante. Il ne reste plus qu’à tourner le robinet inférieur pour que l’écoulement se produise. On l’arrête à volonté sans que le siphon se désamorce, en fermant le robinet.
- « Le Torrent » se fait en tube d’aluminium pour l’acide nitrique, en plomb durci pour l’acide sulfurique, en ébonite pour les acides chlorhydrique, acétique, l’aldéhyde formique, l’ammoniaque, les lessives, etc., en laiton pour les hydrocarbures et les solvants.
- Pour le vidage et les transvasements des citernes et wagons réservoirs, un autre modèle à grand débit a été réalisé.
- La branche montante est en ébonite et se termine au delà du coude par un ajutage sur lequel on fixe par un collier de serrage un tube souple de gros diamètre en caoutchouc pur. Ce tube
- Fig. 6. — Chariot d'amorçage du vide-citerne.
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- souple se termine vers le bas par un embout en ébonite et peut recevoir un pince-tube.
- L’amorçage est produit par un chariot ingénieux et deux manivelles (fig. 6).
- L’une serre le tube de caoutchouc, l’autre agit comme une crémaillère et déplace le chariot de haut en bas en maintenant le pincement.
- On imagine aisément le mode d’emploi : le siphon étant ouvert, le chariot remonté, on enfonce la petite branche du siphon dans le réservoir. Puis on serre la première manivelle obturatrice et on tourne la deuxième de déplacement.
- Quand le chariot est en bas de sa course, la branche descendante est pleine de liquide et il suffit de desserrer l’obturateur pour qu’un jet puissant s’écoule.
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- Fig. 7. — Un wagon-réservoir en décharge.
- Les deux appareils ont fait leurs preuves et rendront certainement service aux chimistes et aux industriels.
- Manufacture française de vides-touries automatiques, 73, rue Eugène-Martin, Fontenay-sous-Bois^ Seine).
- CHAUFFAGE
- Calorifère Azuré a 301
- Si les intérieurs modernes sont généralement bien équipés pour lutter contre le froid, on peut reprocher aux installations de chauffage central leur manque de souplesse, inhérent à leur puissance. Certaines pièces, où l’on ne séjourne que peu de temps et où il n’y a pas eu lieu de prévoir un radiateur, doivent ainsi être condamnées l’hiver.
- De même, aux approches de la mauvaise saison, on a tendance à reculer la date de l’allumage de la chaudière, alors qu’une flambée ferait plaisir.
- Cette lacune est heureusement comblée par le poêle à pétrole, présenté par la Société Azuréa de Feurs. Cet appareil, de lignes modernes, s’harmonisant dans n’importe quel décor, est capable de dégager immédiatement des calories à l’endroit où s’en fait sentir le besoin.
- D’un poids de 6 kg, on le transporte aisément, même en marche, d’une pièce à une autre. Ne brûlant que 200 gr de pétrole ' à l’heure, il permet néanmoins de maintenir à 20° une pièce de 50 m3, ce que réaliserait seulement un radiateur électrique très puissant, nécessitant une canalisation de fort ampérage.
- Ce poêle léger, d’une construction très simple et d’un fonctionnement sûr, réglable par un unique bouton, peut
- Fig. 8. — Calorifère Azuréa 301.
- rendre de grands services pour les chauffages intermittents.
- Constructeurs : Société Azuréa, 1, rue de Lyon, Feurs (Loire).
- OBJETS UTILES Panier à salade mécanique.
- Il fallait y penser ! De tous temps, après avoir lavé la salade, on l’a égouttée dans un panier ad hoc brandi à bout de bras. Excellent exercice physique, mais qui demande de la force, de l’espace et qui asperge copieusement le voisinage. Et cependant quand on n’a pas la force, quand la place manque comme dans beaucoup de cuisines modernes ? Alors, une solution s’impose, le « Yoyo » saladier. Le panier à salade est monté sur un axe; une corde s’enroule sur la poulie fixée à l’axe; une traction et le panier se met à tourner; la ficelle déroulée s’enroule en sens inverse; encore une traction, une autre; le panier tourne de plus en plus vite; la force centrifuge agit; les gouttes d’eau se rassemblent à la périphérie et s’échappent à travers le treillis dans une enceinte extérieure. Sans effort, sans arrosage intem-
- Fig. 10. — Le « Yoyo saladier »
- pestif, la salade est essorée et il ne reste qu’à sortir le panier et à verser son contenu dans le saladier.
- Fabricant : « Appareils modernes, 102, rue la Boétie, Paris 8S.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des prop riétés de la tourbe (n° 2916).
- Un abonné de La Nature, M. E. Campagne, 7, rue Bourgchanin, à Villeurbanne (Rhône), nous signale qu’il peut fournir par petites quantités la tourbe absorbante pour le couchage des bébés. 11 fait remarquer que la tourbe souillée par un long usage journalier (de
- nombreuses semaines), mélangée à 3 ou 4 fois son volume de bonne terre, constitue un excellent terreau pour la culture des fleurs en pots. En raison de sa spongiosité, ce terreau se conserve humide fort longtemps, ce qui permet d’espacer les arrosages. L’utilisation de la tourbe est ainsi complète.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Appareils anti=parasites pour poste-secteur.
- Nous avons indiqué, dans nos chroniques de Radiophonie pratique, que les courants haute fréquence perturbateurs troublant l’audition obtenue avec un poste-secteur se propageaient souvent le long des lignes d’alimentation. Pour essayer d'éviter cet inconvénient, on peut, tout d’abord., utiliser un bloc de deux condensateurs de forte capacité, dont les ai matures communes sont reliées à la terre, et dont les deux autres ai matures sont connectées aux câbles d’alimentation. On dérive ainsi à la terre une partie des courants „ perturbateurs, et il vaut mieux, bien entendu, utiliser une prise de terre séparée.
- Nous vous signalons ainsi le dispositif Parasecteur, de la Société Hewittic, 11, rue du Pont à Suresnes (Seine).
- Si ce dispositif n’est pas suffisant, on peut essayer d’augmenter son efficacité en intercalant en outre dans les câbles d’alimentation des bobinages de choc de très faible capacité répartie, qui s’opposent au passage des courants perturbateurs. Ces bobinages sont parcourus évidemment par le courant d’alimentation; il faut donc que le fil utilisé pour constituer l’enroulement présente une section suffisante pour ne. pas déterminer de chute de tension.
- Nous vous signalons ainsi le coffret-socle antiparasites R. A., des établissements Radio-Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- Ces systèmes de lutte indirecte contre les parasites peuvent parfois donner des résultats suffisants. On ne peut pourtant assurer leur efficacité absolue. Le moyen vraiment sûr d’éviter l’influence des parasites industriels consiste à empêcher leur naissance dans l’appareil même qui est susceptible de les produire, ou, tout au moins, d’empêcher leur propagation en dehors de cet appareil. Lorsque l’application de dispositifs antiparasites directs n’est .pas possible, il faut bien avoir recours aux systèmes indirects que nous vous ir Piquons, mais nous tenons encore une fois à vous faire remarqu- r que, même dans les cas favorables, le résultat obtenu ne peut être aussi bon-Réponse à M. Theulier, à Montbazon (I.-et-L.).
- Projecteurs bifilms.
- Nous ne connaissons pas d’appareil pouvant projeter à volonté les films de 9,5, mm 16 mm et 17,5 mm.
- Vous pouvez vous adresser à ce sujet aux établissements Samok Paillard, 6, rue Marc Séguin, à Paris, ou aux établissements Pathé-Rural, 91, avenue de la République, à Paris.
- En ce qui concerne l’appareil de projection Filo, du Colonel Couade, qui a été décrit dans La Nature, il est préférable que vous vous adressiez directement au constructeur, en lui indiquant exactement les conditions de la projection à distance que vous voulez effectuer. Vous pouvez écrire à l’adresse suivante :
- Établissement Filo, 19, rue Ybrez, Neuilly-sur-Seine, ou à La Technique cinématographique, 17, rue des Acacias, à Paris (xvne).
- Nous vous signalons, d’ailleurs, à propos des projecteurs de ce genre, qu’il existe désormais des films de 17,5 mm et même de 16 mm portant une piste sonore accolée à la bande des images, et qui permettent l’accompagnement sonore des projections cinématographiques à l’aide d’un projecteur spécial, de modèle relativement simple et de manœuvre aisée.
- Réponse à M. Ghesquigres, à Engi-iien (Belgique).
- Choix d’un poste ^récepteur.
- Le choix d’un poste-récepteur ne dépend pas seulement de facteurs techniques, il est déterminé aussi par les goûts personnels de l’auditeur,
- les conditions locales d’installation du poste et des considérations pécuniaires. Il est donc impossible de donner un conseil précis.
- lin tout cas, pour que nous puissions utilement vous guider, même d’une manière générale, il est indispensable que vous donniez des précisions qui ne sont pas indiquées dans votre lettre : nature du courant du secteur dont vous disposez : continu ou alternatif ? Désirez-vous recevoir simplement les radio-concerts sur la gamme normale de radiodiffusion de 200 à 2000 m de longueurs d’onde, ou bien entendre aussi les émissions sur ondes très courtes, sur la gamme de 15 à 80 m environ. Réponse à M. le Docteur P... à Vaucouleurs (Meuse).
- Installation d’un système d’enregistrement indivi= duel, à fonctionnement continu.
- L’utilisation des systèmes d’enregistrement phonographique individuel pour l’enregistrement des conférences et des discours, dans le but de remplacer la sténographie, peut être intéressante, comme vous l’indiquez, à condition, bien entendu, que leur fonctionnement soit absolument sûr. Ils doivent permettre la reproduction immédiate des sons aussi bien que leur conservation.
- Trois systèmes différents d’enregistrement sont possibles, en principe :
- a) Le procédé le plus simple et le moins coûteux consiste à effectuer l’enregistrement par un procédé électro-mécanique sur des disques en
- . composition à base de gélatine ou à âme métallique recouverte d’une couche cellulosique. C’est là un procédé utilisé pratiquement à l’heure actuelle pour le radio-reportage, et que nous avons décrit en détail; il est déjà adopté en Allemagne pour l’enregistrement des discours officiels.
- Le principal inconvénient du procédé réside dans le fait qu’il est difficile d’enregistrer sur une face du disque une communication d’une durée supérieure à une dizaine de minutes. Il faut donc prévoir un système d’enregistrement à deux plateaux, et un opérateur spécial pour la manœuvre de chaque enregistreur.
- b) Dans le deuxième procédé, on adopte le système d’enregistrement photoélectrique utilisé en cinématographie sonore. L’enregistrement s’effectue par exemple au moyen d’un oscillographe, sur un film sensible qui se déplace d’un mouvement continu, et la durée de l’enregistrement ne dépend que de la longueur du film.
- La qualité acoustique de l’enregistrement est excellente; le seul inconvénient réside dans le prix élevé du film, et dans le fait qu’il faut prévoir un certain laps de temps pour permettre des opérations photographiques de développement et de tirage avant la reproduction des sons enregistrés.
- c) Enfin, on peut employer des systèmes dans lesquels l’enregistrement s’effectue par un procédé électromécanique, sur un ruban très mince en matière plastique. La reproduction est effectuée à l’aide d’un procédé photoélectrique.
- Ce procédé se rapproche du dispositif précédent, mais il est beaucoup moins coûteux. Il n’est pas encore entré dans la pratique, mais on peut espérer qu’il sera prochainement au point.
- Réponse à M. Meyer, à Paris.
- Réception des émissions sur ondes très courtes.
- Nous ne comprenons pas très bien les renseignements que vous désirez au sujet de l’étalonnage d’un poste destiné à la réception des émissions sur ondes courtes.
- Il existe des horaires des émissions de radiodiffusion sur ondes courtes, indiquant les longueurs d’onde des émissions et les heures de ces émissions. Nous avons déjà publié plusieurs fois des horaires de ce
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- genre, soit dans nos chroniques de radiophonie pratique, soit dans nos « Nouvelles de T. S. F. ».
- Nous vous signalons, d’autre part, que des journaux spécialisés de T. S. F., comme l’Antenne, 53, rue Réaumur, à Paris, et Radio-Magazine 61, rue Beaubourg, à Paris, publient fréquemment des horaires de ce genre.
- Dans aucun de ces tableaux cependant vous ne trouverez les correspondances entre les longueurs d’onde exprimées en mètres et les graduations des cadrans de votre poste. Les repères marqués sur votre appareil sont, en effet, arbitraires, si le tableau de repère n’est pas gradué en longueurs d’onde.
- Connaissant les horaires des émissions et les longueurs d’onde de ces émissions, il vous sera, néanmoins, facile d’y remédier. Il vous suffira d’établir une courbe portant en abcisses les graduations obtenues pour chaque cadran et en ordonnées les longueurs d’onde correspondantes pour quelques émissions connues. On obtient ainsi un assez grand nombre de points caractéristiques qu’on relie ensuite par une courbe.
- Connaissant la longueur d’onde d’une émission cherchée, on trouve immédiatement la graduation du cadran, et, inversement, connaissant la graduation du cadran on peut déterminer la longueur d’onde d’une émission. Réponse à M. Méré, à Orléans (Loiret).
- Utilisation d'un survo!teur=dévoïteur automatique.
- Nous avons donné dans nos chroniques de Radiophonie pratique1 des indications détaillées sur les différents systèmes de survolteurs-dévolteurs. Il y a trois catégories de ces appareils : les dispositifs à commande manuelle, destinés aux secteurs, dans lesquels les variations constatées peuvent être importantes mais sont d’assez longue durée; les appareils semi-automatiques, le plus souvent à lampes à fer-hydrogène, permettant d’obtenir un réglage automatique à condition que les types de lampes soient spécialement choisis en fonction de l’intensité du courant nécessaire; enfin, les appareils magnétiques entièrement automatiques, dont le prix est assez élevé, mais dont les résultats sont, en général, très bons. Vous pouvez vous adresser aux établissements Hewittic, 11, rue du Pont, à Suresnes (Seine).
- Réponse à M. Pradel à Neuflize (Ardennes).
- Appareil èlectro=acoustique pour sourds=et=muets.
- Les appareils électro-acoustiques destinés à l’audition par conduction osseuse doivent être normalement employés par des personnes qui sont atteintes de surdité acquise, et dont les centres auditifs nerveux sont intacts. Le problème est plus difficile lorsqu’il s’agit de sourds-muets de naissance, chez lesquels les centres auditifs nerveux sont atteints et qui ne pourraient, d’autre part, connaître la signification des sons entendus.
- Des recherches intéressantes ont cependant été entreprises, et permettent d’espérer quelques résultats, même dans ce cas particulièrement défavorable. Les travaux du docteur Robert Gault, de Chicago, ont ainsi été décrits à plusieurs reprises dans La Nature. Ce praticien-spécialiste propose de ne plus essayer d’employer des appareils d’audition, mais de remplacer le sens de l’ouïe par le sens du toucher.
- Vous pourrez également trouver quelques renseignements à ce sujet dans l’ouvrage La surdité et l’acoustique moderne (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris (6°). Réponse à M. V... à Montauban.
- Construction d'un adaptateur pour ondes courtes.
- Dans notre article sur la construction des systèmes adaptateurs pour la réception des émissions sur ondes courtes, paru dans une chronique récente de Radiophonie pratique, nous avons donné des détails nombreux sur les caractéristiques de ces appareils fonctionnant, d’ailleurs, soit sur batteries ou courant redressé, soit à l’aide du courant d’un secteur alternatif.
- Pour la réception des émissions sur ondes courtes, sur la gamme de 15 à 80 m, avec un appareil de ce genre, il ne faut pas employer un cadre, mais une antenne de courte longueur. Une antenne unifi-laire ou bifilaire d’une quinzaine de mètres, par exemple, conjuguée avec une bonne prise de terre, ou même un contrepoids électrique suffit généralement.
- Un condensateur monté en série dans le circuit d’antenne n’est pas toujours utile; il ne doit être employé que si la longueur de l’antenne est assez grande; sa valeur est de l’ordre de 0,2/1000e de microfarad.
- Les bobines de primaire d’antenne, de secondaire et de réaction peuvent être formées par trois bobinages disposés sur un même man-
- drin. Ce mandrin peut être constitué simplement par un tube de carton bakelisé, et les bobinages sont formés de fil à deux couches de coton d’un diamètre de l’ordre de S/10e de mm.
- On peut également utiliser des bobines en spirale, en fil de cuivre nu.
- Comme spécialiste des bobines à ondes courtes, nous pouvons vous signaler par exemple, la maison Dyna, 43, rue Riclier, à Paris. 11 y a intérêt à ne pas trop rapprocher les bobinages de la lampe.
- Le condensateur sliunté de détection peut avoir la valeur habituelle de 0,15/1000® de microfarad, et sera sliunté par une résistance de l’ordre de 2 mégohms. Réponse à M. Meyer, à Bruxelles (Belgique).
- Construction d’un petit amplificateur micropho= nique.
- Votre petit dispositif microphonique comportant un microphone à grenaille de charbon avec transformateur de modulation, un amplificateur à deux lampes et liaison par transformateur, et un casque à deux écouteurs peut parfaitement vous donner de bons résultats en tant qu’appareil électro-acoustique contre la surdité.
- Nous avons, d’ailleurs, décrit dans La Nature, un système de ce genre. 11 est bon, pourtant, de prendre quelques précautions de montage.
- Tout d’abord, si le microphone est destiné à être maintenu dans le boîtier, il faut qu’il soit disposé sur un support parfaitement élastique, afin d’éviter les bruits de fond insupportables dus aux vibrations parasites. Ce microphone doit, d’autre part, autant que possible, être un peu séparé des lampes.
- On peut fort bien employer le métal pour la construction du boîtier, à condition, bien entendu, de prévoir des supports isolants convenables parce qu’ils sont nécessaires au point de vue électrique.
- Pour l’alimentation des lampes en courant de chauffage, et pour l’alimentation du microphone, on peut utiliser un petit accumulateur à liquide immobilisé. On pourrait également songer à employer une batterie de piles formée de plusieurs piles de lampes de poche réunies en parallèle. Le prix d’une telle batterie est cependant relativement élevé et il faut prendre grand soin de remplacer les éléments usés afin d’éviter les bruits parasites qui pourraient se produire si on continuait à les employer.
- Tout l’ensemble peut être contenu dans un coffret de 40 cm de long environ sur une trentaine de centimètres de large, et demeure aisément portatif. Le principal avantage du système, outre son prix de revient inférieur à celui d’un appareil électro-acoustique sensible du commerce, consiste dans sa grande sensibilité, qui augmente la profondeur de champ pour la personne sourde. Cette dernière peut entendre suffisamment, même si l’interlocuteur se trouve à plusieurs mètres du microphone. Réponse à M. G..., à Armentières (Nord).
- De tout un peu.
- M. Le Dr Froment, à Tripoli de Syrie. — Nous pensons que la peinture qui conviendrait le mieux pour l’intérieur de votre bac destiné à recevoir de l’eau d’alimentation serait une peinture cellulosique, genre Valentine ou Duco, avec la seule, mais essentielle précaution, de laisser évaporer complètement le solvant, acétone, butanol, acétate d’amyle, avant d’y introduire l’eau d’une façon définitive; en outre, quelques rinçages préalables à cette introduction seront également utiles.
- L. W., à Bruxelles.— L’application de la mixture au pijrèlhre que nous avons préconisée à plusieurs reprises, vous permettra très probablement de détruire les vrillettes qui se sont installées dans vos parquets; pour mémoire, nous rappelons qu’il vous suffira de faire macérer quelques jours 100 gr de fleurs de pyrèthre dans un litre de pétrole, puis de filtrer; par sa grande facilité de pénétration, e pétrole gagne en peu de temps le fond des galeries, ce que ne peuvent faire les solutions insecticides aqueuses.
- Bibliothèque d’études, à Paris.— Pour enlever de vieilles taches d’encre sur le marbre, le mieux est de les traiter par l’hydrosulfite de soude que Ton prépare avec facilité en immergeant quelques rognures de zinc dans la solution commerciale de bisulfite de soude; au bout d’un quart d’heure à vingt minutes, la transformation est opérée et la solution peut être employée.
- Rincer ensuite à l’eau claire, pour enlever les sels de fer solubilisés et répéter, s’il y a lieu, le traitement jusqu’à disparition complète des taches.
- M. Bonenfant, à La Motte. — M. Constantin, inspecteur géné-
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- ral des services administratifs du Ministère de l’Intérieur, a préconisé, pendant la guerre, le mélange suivant en vue de la confection des
- briquettes ou agglomérés de chauffage
- lirai de houille............................... 225 kg
- Terre glaise.......................... 100 —
- Sciure de bois ou tonnée........................ 450 —
- Poussier de houille ou de coke................. 225 —
- Le moulage peut s’effectuer avec une presse à main, quand il s’agit d’une utilisation directe à la maison, mais si un transport des briquettes devait être envisagé, il faudrait alors prévoir une installation industrielle.
- M. Hess, au Havre. — 1° Pour peindre vos radiateurs, étant donné qu’ils n’ont encore reçu aucun peinture à l’huile, commencer par appliquer sur le métal une première couche de silicate de soude à 22°B, couche de préparation.
- Laisser sécher, puis appliquer la peinture proprement dite com-
- posée de :
- Blanc de zinc en poudre...................... 300 gr
- Sulfate de baryte............................ 300 —
- Silicate de soude à 40°B..................... 200 —
- Eau ordinaire................................ 200 —
- Teinter, si on le désire, mais avec une couleur minérale, par exemple vert guignet, ocre, jaune ou rouge, etc., et pointe de noir de charbon.
- 2° Le liquide employé dans les extincteurs, pour feux de benzine, pétrole, etc., est généralement le tétrachlorure de carbone.
- G. V. Lithuanie. — Les proportions normales habituellement adoptées sont de sept sacs de ciment pour un m:J de sable, ce dernier étant, bien entendu, du sable non argileux.
- Pour peindre ensuite à l’huile, après séchage complet, passer à la surface une couche d’une dissolution de sulfate de zinc, dans son poids d’eau chaude; la chaux libre du ciment est ainsi fixée à l’état de sulfate de chaux n’ayant aucune action saponifiante sur l’huile; il y a en même temps libération d’oxyde de zinc qui a un effet avantageux comme siccatif.
- E. D. L. 162, Liège. — Peut-être votre insuccès provient-il de la façon imparfaite dont vous avez disposé les fils blancs sur vos plates-bandes, pour éloigner les pigeons.
- Il faut, en effet, que ces fils blancs enchevêtrés et reliés par des piquets ne touchent pas le sol, les vides ne doivent pas excéder deux mètres et il faut en outre entourer les bordures de quelques fils rasant le sol.
- Comme autres moyens, nous vous signalons la disposition sur le terrain à protéger de bouteilles rondes renversées (anciennes bouteilles clissées) dont le col est engagé dans un piquet de bois, bouteilles qui en réfléchissant les rayons solaires constituent des épouvantails.
- Dans le même ordre d’idées on peut se servir de petits miroirs mobiles suspendus à une ficelle.
- Enfin, comme dernière ressource, sacrifier l’un des volatiles et suspendre son cadavre, également par une ficelle au-dessus de la plate-bande; la vue de cette exécution réussira sans doute à inspirer une crainte salutaire à ses congénères, ainsi que cela a lieu pour les corbeaux.
- IVI. Gaucher, à Clichy. — Les colles employées pour fixer les bandages de caoutchouc dans la gorge métallique sont généralement des solutions de caoutchouc gomme laquées, du type suivant :
- Caoutchouc gomme Para.........................120 gr
- Gomme-laque en écailles.......................120 —
- Benzine lourde............................... 600 —
- Pour que la dissolution se fasse convenablement, on opère dans l’industrie, en vase clos, sous pression, ce qui n’est pas à la portée de l’amateur.
- A notre avis, il sera plus économique pour vous d’acheter la mixture toute prête pour l’emploi, par exemple la coile des établissements Bergougnan que vous trouverez chez tous les dépositaires d’articles pour cycles, ou à la Manufacture de Saint-Etienne, 42, rue du Louvre.
- M. Denaclara, à Perpignan. — Votre non réussite dans la destruction des fourmis par la liqueur de Fowler (arsénite de potasse) provient sans doute de ce que vous n’avez pas observé les conditions suivantes :
- 1° Le récipient contenant les morceaux de sucre arrosés de liqueur doivent être placés sur le trajet suivi par les bestioles dans l’obscurité; si le lieu n’est, pas naturellement obscur, recouvrir d’une assiette non jointive.
- 2° S’il reste encore des fourmis, c’est que la provision de sucre ainsi préparée était insuffisante et il n’y a qu’à recommencer.
- 3° La liqueur de Fowler étant aromatisée avec l’alcoolat d^ mélisse composé, il convient de se servir préférablement de cette préparation, dont l'odeur paraît constituer un appât tout particulier qui oriente les fourmis vers la nourriture qui leur sera funeste et la rend plus attrayante.
- M. IMaim Khalyl,à Beyrouth.— l°La pâte àcopier sans gélatine ou pierre humide, se prépare de la façon suivante. Prendre :
- Kaolin pulvérisé............................... 600 gr.
- Glycérine..................................... 250 —
- Sucre en poudre................................. 50 —
- Eau ordinaire...................................100 —
- Faire dissoudre le sucre dans l’eau, ajouter la glycérine et se servir de la solution pour délayer progressivement le kaolin, garnir enfin les cadres de la pâte obtenue, que l’on aura soin de recouvrir d’un linge humide dans les intervalles d’emploi.
- 2° Les jus de raisins frais gélifiés sont obtenus par concentration dans le vide des moûts à basse température, ce qui a pour but d’arrêter la fermentation, en élevant le taux de sucre, puis on gélifie par addition de pectose à chaud ou à froid; éventuellement on ajoute un peu de sucre.
- Les matières pccliques sont actuellement fabriquées industriellement par cuisson des marcs de pommes.
- 3° S’il s’agit de l’obtention de petites quantités, vous pourrez facilement préparer de l'acide carbonique par l’action de l’acide chlorhydrique sur la craie, le gaz pouvant être emmagasiné dans des vases en fer-blanc, si vous n’avez pas en vue sa compression.
- 4° Les maisons qui suivent vous fourniront des moules à chocolat, Letang fils, 108, rue Vieille-du-Temple, Paris (3e); Levy, 5, passage Saint-Ambroise; Bailly frères, 9, avenue Waldeck-Rousseau (17e).
- M. Seignole, à Brive. — Les serviettes employées pour nettoyer Vargenterie à sec se préparent très facilement en trempant un tissu de coton pelucheux dans une mixture composée de :
- Savon blanc.................................... 200 gr.
- Tripoli fin.................................... 200 —
- Eau ordinaire................................. 1000 ce.
- Faire dissoudre préalablement le savon réduit en minces copeaux dans l’eau chaude, puis ajouter le tripoli, bien mélanger, imprégner le tissu et laisser sécher à l’air libre sans tordre.
- M. Werquin, à Armentières. — La cellophane, constituée essentiellement par de la cellulose, se colle habituellement avec facilité, par enduisage direct avec la colle; cependant si vous éprouviez quelque difficulté, vous pourrez la surmonter en prenant la précaution de passer d’abord avec un pinceau de l’alcool concentré sur la partie qui doit être encollée, ainsi que sur la contrepartie avec laquelle doit se faire la jonction.
- M. Mosnier, à Riom. — La résine, sans autre qualificatif, est le produit résiduel de la distillation de la gemme ou exsudation du pin des Landes, lorsqu’on en a extrait l’essence de térébenthine.
- C’est une masse vitreuse, sèche, friable, fondant aux environs de 135° C, on peut donc très facilement la liquéfier par chauffage, pour y tremper les bûchettes de bois destinées à faire les allume-feu, aucune intervention de solvant n’est nécessaire pour cela, la seule précaution à prendre est d’éviter son inflammation par la flamme du foyer.
- Vous pourrez facilement vous procurer ce produit en indiquant l’usage auquel il est destiné, à la Société anonyme des résines de Règles, près Bordeaux (Gironde).
- IVI. Poux, à Montargis. — 1° L’utilisation des déchets de bois pour une fabrication d’alcool, n’est pas à la portée du particulier, car elle nécessite une transformation préalable en glucose, puis une fermentation toutes opérations qui ne peuvent se pratiquer qu’industriellement
- 2° La cellophane incolore se laisse très facilement traverser par les rayons ultra-vuilets.
- M. Bonenfant, à La Motte (Côtes-du-Nord). — Pour préparer une encaustique liquide à employer en pulvérisations, il vous suffira d’étendre une encaustique à l’essence du type que nous avons indiqué dans le n° 2897, page 95, avec une quantité suffisante d’essence minérale.
- N. B. — Avoir soin de passer le résultat du mélange au travers d’une mousseline, pour éviter l’obstruction possible du pointeau du pulvérisateur par les impuretés.
- M. Degals, à Puyôo (Basses-Pyrénées). — Nous ne connaissons pas la composition de cette spécialité et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1.
- Notre-Dame de Paris illuminée à l’occasion de l'anniversaire de Varmistice. (Roi.)
- Fig. 2.
- Le monument à la mémoire du général Ferrie le. 15 novembre. (Roi.)
- inauguré
- Fig. 3.
- T.e trimoteur « Emeraude » nui a réalisé le vol Paris-Marseille-Casablanca-Dakar en moins de 26 heures. (Roi.
- aiilillillS
- Fi,g. 4. — L’hôpital de New-York, le plus grand centre médical du monde.
- Un immense hôpital, véritable cité médicale, s’élève au centre du quartier de l’East-River, à New-York. C’est un des plus vieux hôpitaux des Etats-Unis, sa fondation datant de 1771. R abrite, à part denombreuses>cliniques, etc., la Faculté de Médecine de l’Université Cornell. (Keystone.)
- Fig. 5. — A l’occasion des fêtes devant, commémorer le 150 o anniversaire de la conquête de l’air, une exposition historique des montgolfières a été ouverte au musée Galliera.
- Une pendule inspirée par l’inven- ( tion des Montgolfior. (Roi.
- Fig. 6. — Untnouvel autogyre de 140 ch photographié en vol au cours des essais qui ont eu lieu en Angleterre (9 novembre.) (Roi.)
- Fig. 7. — L’exposition aéronautique du Musée Galliera. Une vitrine contenant quelques souvenirs des aéronautes Charles et Robert. (Roi.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 4703. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris - 15-12-1933.
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