La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L'ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA nature
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- SOIXANTE-DEUXIÈME ANNÉE 1934 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- SUPPLÉMENT AU N° 2943 (15 Décembre 1934).
- Le géran! : G. Masson. — Imprimerie L,auure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE ",wt
- LE PÉTROLE AU MAROC
- Le jaillissement (le gusher, diraient les Américains) qui s’est produit le 8 mars, au Djebel Tselfat, a eu le don d’attirer l’attention publique sur les possibilités pétrolières du Maroc, bien que la presse quotidienne ne se soit guère occupée de l’événement. Il méritait, cependant, un meilleur sort : n’était-ce pas la première fois que le pétrole jaillissait d’un territoire français ou d’un pays de protectorat après douze ou quinze années de laborieuses recherches, tant dans la France continentale et l’Afrique du Nord que dans diverses de nos colonies d’outremer ?
- Passons brièvement en revue les plus importantes de ces tentatives, en commençant par celles qui ont eu pour théâtre notre territoire métropolitain.
- Le gisement de Gabian (Hérault), connu des Gaulois par sa fontaine qui entraînait à la sur-face de faibles quantités d’huile dont on composait des remèdes contre les maladies de la peau, n’a pas répondu aux espoirs qu’il avait fait naître après la guerre.
- De 2875 tonnes de pétrole fournies en 1929, sa production a baissé rapidement; elle n’était plus que de
- 920 tonnes en 1931, et tout porte à croire que l’épuisement est en vue. Les nombreux forages exécutés dans
- les régions avoisinantes se sont avérés stériles, et les travaux de recherche paraissent avoir été définitivement abandonnés depuis trois ans.
- Le sondage de Mirabel (en Lima-gne), poussé jusqu’à 1300 m, a été remblayé. Une campagne de prospection géophysique, poursuivie pendant deux ans (1927 et 1928), a condamné irrémédiablement cette région.
- D’autres tentatives, entreprises en divers points des départements du Jura et de la Haute-Savoie, n’autorisent encore que de très vagues espoirs.
- La Martinique, où quelques indices pétroliers avaient motivé l’envoi d’une mission géologique, possède bien des dépôts d’asphalte sur plusieurs points de ses rivages ; mais ils proviennent vraisemblablement de suintements sous-marins, et l’on a renoncé à en poursuivre la prospection.
- En 1931 , une autre recherche méthodique s’est développée en Nouvelle-Caledonie; elle y a relevé, croyons-nous, des indications assez encourageantes qui motiveront probablement le forage de puits d’étude.
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- Fig. 1. — Chantier du Tselfat au Maroc.
- Le forage T. S. 17 voisin de celui qui a donné une éruption de pétrole.
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- GABON, CONGO, MADAGASCAR
- Les recherches entreprises dans nos possessions africaines par l’Office national des Combustibles liquides ont été moins décevantes puisqu’elles ont révélé, dans diverses régions, plus que des probabilités sur la présence de gisements pétrolifères.
- Sans entrer ici dans des détails qui allongeraient démesurément cet article, constatons que, tant au Gabon que dans le Moyen-Congo, les prospections en surface et les sondages d’étude, poursuivis durant ces quatre dernières années, ont décelé l’existence de strates pétrolifères qui nous donnent le droit d’espérer que notre Afrique équatoriale contribuera tôt ou tard, au ravitaillement de la France en huile minérale.
- Au Cameroun, dans la région de Bambou, on avait relevé, depuis longtemun ‘sd suintement d’une capacité
- de 10 à 12 litres par 24 heures, provenant vraisemblablement d’un anticlinal. Une prospection géophysique, exécutée en 1931, a confirmé cette hypothèse, mais sans donner des indications précises sur l’emplacement du gîte. De nouvelles recherches sont en cours d’exécution.
- Madagascar avait fait naître de très vifs espoirs, avec ses énormes bancs de grès bitumineux, présents sur divers points de l’île. Il a fallu renoncer à leur exploitation : la teneur en huile de la roche eSt trop faible et les difficultés de traitement seraient trop grandes pour assurer de bons résultats commerciaux. Mais on a des raisons d’espérer que ces bancs recouvrent d’importants gisements de pétrole.
- Une nouvelle campagne de prospection s’est amorcée dans deux régions de l’île; on a foré un premier puits en profondeur dans le voisinage d’Andrafravolo ; un second est en voie d’exécution. Souhaitons ardemment que les forages démontrent les possibilités pétrolières de
- la grande île; mais armons-nous de patience, car les travaux seront laborieux et longs, à moins que... Dans la « chasse à l’huile », on peut toujours escompter l’événement imprévu et heureux, comme celui qui vient de se produire au Maroc !
- EN AFRIQUE DU NORD
- D’une façon générale, on peut dire que les indices de pétrole abondent dans une grande partie de l’Afrique septentrionale, notamment en Tunisie, dans le département d’Oran et au Maroc, et qu’ils ont attiré l’attention des prospecteurs depuis le début de ce siècle. Nous passerons rapidement en revue les travaux qu’ils ont motivés.
- En Tunisie, on a pu situer, vaguement d’ailleurs, trois régions supposées pétrolifères : le Kef Bou Debbous, Sloughia et l’Aïn Rhélal. Plusieurs compagnies ou groupements y ont exécuté des sondages qui, sans exception, ont été infructueux. Des prospections géophysiques ont démontré, depuis lors, que l’emplacement des forages avait été mal choisi.
- Une entente est intervenue entre le Gouvernement Tunisien, l’Office national des Combustibles liquides et la Compagnie française des Pétroles qui, constitués en un syndicat d’études, ont foré deux sondages à Sloughia; un troisième est en cours.
- En Oranie, principalement dans la région de Mostaganem et de Relizane, la fréquence et l'importance des indices pétroliers avaient porté plusieurs compagnies étrangères à entreprendre des forages, dès la fin de la guerre. Des légendes locales sont déjà nées à leur sujet : on vous affirmera qu’Anglais et Américains, après avoir atteint le pétrole, rebouchèrent les puits et disparurent, réservant l’exploitation de leurs découvertes... pour des temps meilleurs^!
- En réalité, la plupart abandonnèrent les recherches après avoir foré des puits très coûteux (celui de l’Aïn Zeft était profond de 1200 à 1300 m), qui ne donnaient que des résultats médiocres, sinon nuis. Une seule de ces compagnies survécut : celle de Tliouanet, bientôt transformée en société française par l’apport de capitaux frais.
- Les quelque 90 puits forés sur la structure ont donné, pendant plusieurs années, des rendements rémunérateurs, la production totale s’étant longtemps maintenue à 400 tonnes par mois. Mais elle est tombée progressivement au-dessous de 80 tonnes, et l’exécution de nouveaux puits a été suspendue l’année dernière. Par manque de matériel plus puissant, les sondes n’avaient jamais dépassé une centaine de mètres de profondeur.
- PROSPECTIONS MAROCAINES
- Au Maroc, comme en Algérie, l’abondance des indices pétroliers attira l’attention des spécialistes étrangers dès le début de ce siècle. Les Français ne s’intéressaient
- Fig. 2. — Le camp du Tselfai et le forage T. S. 17.
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- Fig. 3. — Vue générale du Tselfat.
- pas encore à la question, et ce furent des groupes anglais, hollandais ou allemands qui ébauchèrent les premières campagnes de prospection : ils prirent pour objectifs le massif du Djebel Tselfat et le Gharb.
- Les travaux de recherches, bien que fournissant des indications encourageantes, ne furent pas conduits avec l’activité désirable; les plus puissantes des compagnies qui les avaient entrepris tournèrent leur activité vers d’autres « champs d’huile ». Tardivement, les Français entrèrent en scène par le rachat, en 1926, des droits appartenant aux groupes anglais et hollandais, et constituèrent la société d’études Recherches et Forages.
- Les prospections furent aussitôt reprises dans le Djebel Tselfat. Bientôt, à moins de 200 m, les puits atteignirent un étage d’huile légère, quoique de faible rendement. Mais les ingénieurs en charge ne surent pas lutter contre de massives irruptions d’eau qui noyèrent les sondes.
- Sur l’initiative de M. Erick Labonne, alors secrétaire général du Protectorat, le Bureau d’Etudes et Participations minières prenait naissance à la même époque. Dès sa fondation, il demandait le concours de l’Office national des Combustibles liquides que son directeur, M. Louis Pineau, s’empressait de lui accorder. L’œuvre de prospection reprenait, en 1929, avec une activité accrue, dans le Gharb et sur le Djebel Tselfat.
- Sous l’impulsion de M. Louis Pineau, un nouveau groupe se constituait, en avril 1929, sous le titre social de « Compagnie chérifienne des Pétroles ».
- Il comprenait, outre les deux organismes officiels que nous venons de nommer, la Compagnie française des Pétroles.
- Une compagnie privée (la Financière
- Franco-Belge ou Finança) s’incorporait à la nouvelle société.
- Un plan de recherches, élaboré sous la direction de M. Migaux, directeur technique de la société, entra bientôt en voie d’exécution : il comportait la prospection rationnelle d’une superficie de plus de 400 000 ha, y compris le plissement du Djebel Tselfat, dont la totalité appartenait désormais à la nouvelle compagnie. La perspective de voir tomber, en des mains étrangères, une partie de cette importante structure se trouvait ainsi écartée. ~~
- Grâce à la réception de puissantes foreuses, commandées en Amérique, on put entreprendre simultanément des forages profonds au Djebel Tselfat et au Gharb.
- Fig. 4. — Chantier du Tselfat.
- On extrait à l’air comprimé l’huile d’une sonde.
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- Disons tout de suite, en empruntant l’information à notre confrère, le Courrier des Pétroles, que cette seconde région s’est montrée décevante.
- « Les recherches effectuées au Gharb, dans les terrains tertiaires, n’ont pas, jusqu’à présent, donné de résultats. Il semble acquis que des concentrations importantes de pétrole ont peu de chance d’y être rencontrées... »
- LE GISEMENT DU DJEBEL TSELFAT
- Ce nom est celui d’un plissement dont il nous paraît utile de fixer la position géographique : il est situé près de Petitjean, localité comprise dans un triangle démarqué par Fez, Meknès et Port-Lyautey. C’est indiquer là que la distance à la mer n’est que de l’ordre de 100 km.
- De même que dans le Gharb, situé au N.-O. de ce massif, les sondages exécutés au Djebel Tselfat donnèrent des indices encourageants, dès le début des opérations, qui furent poursuivies avec plus d’activité à partir de la visite de M. Louis Pineau, en 1932. On rencontrait partout le pétrole, bien qu’en quantités de médiocre importance. Après quatre années d’études, les ingénieurs et géologues en charge aboutissaient à la conviction que ces dépôts étaient alimentés par une « roche-magasin », placée à une plus grande profondeur.
- Cette déduction allait être brillamment confirmée par la dramatique éruption que la presse a signalée. Le trépan avait atteint la profondeur de 380 m, dans l’un des nombreux puits forés sur la structure, le « T. S. 26 ». Les ingénieurs décidèrent de suspendre les travaux le 7 mars, pour procéder à la vidange de la boue de forage. Il était urgent de prendre des moyens de défense contre une imminente irruption d’eau, car une strate aquifère s’était déjà révélée dans un puits du voisinage, le « T. S.
- 17 », et à peu près à la profondeur que nous venons d’indiquer'.
- Les opérations de vidange se poursuivaient, quand, soudain, un peu avant minuit, le pétrole jaillit du trou de sonde. Malheureusement, la violence du jet arracha presque aussitôt les appareils d’éclairage électrique du derrick, et un court-circuit enflamma instantanément les gaz hydrocarburés qui s’échappaient avec l’huile. Parmi, des tourbillons de fumée noire, une gigantesque torche s’éleva, haute de 80 m, aux dires des témoins.
- On se rendit compte que les moyens généralement employés pour éteindre un puits de pétrole étaient inapplicables. Loin d’être continue, l’éruption se produisait à des intervalles irréguliers, de quatre à dix minutes, si bien que les sauveteurs auraient pu être arrosés, à l’impro-viste, par l’huile enflammée. La chaleur dégagée rendait inabordable le voisinage du puits ; les ouvriers indigènes qui s’en approchaient ne pouvaient le faire que sous les jets d’eau projetés sur eux par une pompe; autrement, leurs vêtements auraient pris feu. Ajoutons que des pluies diluviennes avaient transformé les pistes d’alentour en ornières, infranchissables sauf pour les cavaliers; les secours demandés à Rabat et à Casablanca ne purent atteindre les chantiers que deux semaines plus tard.
- Les ingénieurs s’appliquèrent à régulariser l’éruption. Profitant des moments d’accalmie, ils firent coiffer l’orifice du tube d’un entonnoir de tôle. Le trou de sonde se trouvant à flanc de coteau, il fut désormais facile d’installer un tuyau en plan incliné et de déverser des pierres et du gravier. Les éruptions perdirent de leur intensité, à mesure que l’on réduisait l’issue de l’huile, et le jaillissement devint continu. Mais, pour une cause aussi curieuse qu’imprévue, le feu renaissait sans cesse : la tour de sondage s’était effondrée, dès les premières heures, et les ferrailles, chauffées à blanc, enflammaient les nouvelles émissions de gaz. On se décida finalement à édifier une levée de terre qui recouvrirait peu à peu les fâcheux débris de charpentes métalliques. Entre temps, l’état des routes s’était amélioré; les pompes automobiles de Casablanca purent s’approcher du puits et en terminer avec la besogne d’extinction, le 23 mars.
- COMMENTAIRES ET RACONTARS
- En France, mais surtout au Maroc, l’imagination s’est donné libre jeu au sujet de cet événement. On a cité et imprimé des chiffres très exagérés sur le rendement du « T. S. 26 », et qu’il convient de corriger. Nous tenons de la source la plus autorisée que ce rendement, avant l’obstruction du puits, n’a pas dépassé 140 tonnes par 24 heures. Après l’extinction, c’est-à-dire alors qu’il était presque hermétiquement bouché, il livrait encore 70 tonnes par jour. Même au cours de la période d’incendie, on a pu récupérer une bonne quantité
- Fig. 5. — Chantier du Tselfat.
- Une sonde en production avec aéromoteur.
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- de pétrole, en profitant des accalmies.
- Assurément, ce chiffre de 140 tonnes apparaît bien médiocre, si nous le comparons à ces puits du gisement de Kirkouk, que nous avons décrits dans La Nature et qui ont un rendement individuel de 10000 tonnes par 24 heures en moyenne. Mais il ne faut pas oublier que c’est la première fois qu’un jaillissement de cette importance se produit dans l’Afrique du Nord. Il n’est donc pas exagéré de dire que les chercheurs de pétrole reçoivent là comme un commencement de récompense, bien accueilli, certes, après tant d’années de prospections et de travaux dont le coût peut être évalué à quelque 100 millions de francs. Au Maroc seul, les opérations entreprises depuis la fin de la guerre, tant par des compagnies privées que par des organismes officiels, ont entraîné une dépense totale de l’ordre de 60 millions. Pour employer ici une expression quelque peu triviale, on s’est beaucoup « excité », depuis l’éruption du 8 mars, en France comme au Maroc, « sur » les possibilités pétrolières du Protectorat. Les demandes de permis de recherches ont afflué à Rabat. Mais voici mieux : un ingénieur qui revient de cette ville m’affirme que, durant les deux semaines qui suivirent le jaillissement, le gouvernement chérifien reçut trente-cinq dépêches, demandant chacune une concession de terrain en vue d’y construire une raffinerie de pétrole! Et allez donc, après cela, reprocher aux Français de manquer d’esprit d’initiative !
- Un pareil établissement devrait pouvoir compter sur une production annuelle de 200 000 tonnes de « brut », au minimum, et l’on a vu que nous sommes loin de ce chiffre. Scientifiquement parlant, on ne possède encore aucune preuve qu’il soit jamais atteint. Hors du fait que nous savons, désormais, que le Maroc recèle de l’huile minérale en profondeur, tout ce que l’on pourrait dire, sur le sujet relèverait du domaine de l’hypothèse. La sonde a touché, au Djebel Tselfat, un rassemblement de pétrole relativement important; mais il faudra poursuivre recherches et travaux pendant longtemps et creuser bien des puits, avant de résoudre ce problème : n’a-t-on découvert là qu’une nappe isolée d’extension purement locale, ou, au contraire, fait-elle partie d’un horizon pétrolifère qui s’étendrait dans la région ?...
- LES BIENFAITS DE LA COOPÉRATION
- Nous ne ferions pas peuve de sagesse en allant plus loin, dans nos conclusions : ce jaillissement du Djebel Tselfat doit être considéré comme un espoir; et c’est déjà beaucoup, puisque, après tant d’années d’infructueuses prospections, on peut maintenant parler des « possibilités » pétrolières du Maroc, et non plus de « probabilités ».
- Ce résultat, où l’on peut voir comme un tournant dans l’histoire « pétrolière » de notre pays, nous le devons en majeure partie, ainsi que nous l’avons indiqué au cours de cette étude, à M. Louis Pineau et à l’organisme qu’il
- Fig. 6. — L’éruption de la sonde Erik Labonne le 8 mai 1934.
- dirige depuis sa fondation, en 1925. Nous sommes certain que nos lecteurs accueilleront avec intérêt quelques détails sur le fonctionnement de l’Office national des Combustibles liquides et sur les services qu’il a déjà rendus au pays.
- Nous lui devons notamment la création d’une flotte de navires-citernes qui totalise aujourd’hui 400 000 tonnes, alors qu’elle n’en comptait que 45 000 au lendemain de la guerre. Nous devons à notre « politique du pétrole », dont M. Louis Pineau fut le premier champion, de posséder désormais des raffineries (telle la Raffinerie de Normandie), que les Américains eux-mêmes peuvent considérer comme des modèles. C’est encore à cet Office que nous devons la création, à Strasbourg, de l’École nationale supérieure du Pétrole, qui produit enfin des ingénieurs spécialisés dans cette industrie. Nous manquions surtout de maîtres-sondeurs : avec le concours de la Société de Pechelbronn, en Alsace, l’Office a comblé cette lacune en organisant un enseignement technique sur le gisement de cette compagnie. Et nous avons montré plus haut de quelle activité il a fait preuve en cherchant des gisements dans plusieurs de nos colonies.
- N’ayons pas crainte de le répéter : c’est en obtenant une entente entre l’initiative privée et l’initiative officielle que le directeur de l’Office national des Combustibles liquides nous a enrichis de cet espoir, que je viens peut-être de formuler trop timidement.
- Il y a du pétrole au Maroc. Jusqu’à plus ample informé, contentons-nous de cette affirmation et des promesses qu’elle comporte. Victor Forbin.
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- LE RAYONNEMENT COSMIQUE
- (Suite et fin, voir nos 2929, 2930 et 2931)
- THÉORIE DE SIR JAMES JEANS
- Sir James Jeans, le célèbre savant anglais, explique la production des constituants les plus durs du rayonnement cosmique en admettant l’existence, dans certaines régions de l’espace, de 'processus d’annihilation partielle ou totale de la matière. Dans certaines conditions de pression et de température, la masse d’un atome se transformerait partiellement en rayonnement.. Certains atomes complexes se dégraderaient, pour ainsi dire, et .donneraient naissance à des atomes de structure plus simple. Le poids atomique d’un atome partiellement annihilé se trouve diminué et l’énergie équivalente à la perte de masse de l’atome se retrouve précisément dans la radiation émise par suite de l’annihilation.
- Des considérations théoriques sur le bilan énergétique de l’univers ont conduit les astrophysiciens à admettre l’existence des processus d’annihilation, ce qui est d’ailleurs compatible avec les conceptions modernes sur la matière et les radiations.
- Nous savons, en effet, que l’énergie rayonnée, sous les différentes formes où nous la rencontrons dans la nature, provient principalement de perturbations atomiques plus ou moins profondes.
- L’atome constitue, en dernière analyse, une sorte de réservoir d’énergie et de masse, masse et énergie formant deux aspects différents d’une même réalité, dont l’essence nous échappe.
- Un atome peut, dans certains cas, libérer une partie de son énergie interne, soit spontanément, comme dans le cas des désintégrations radioactives, soit à la suite d’une intervention puissante venant de l’extérieur [bombardement de l’atome à l’aide de particules corpusculaires ou ondulatoires de très grande énergie]. Selon Jeans, l’atome peut aussi, dans certains cas, libérer une partie de sa masse sous forme de radiations ondulatoires.
- On sait que les radiations ondulatoires possèdent une structure discontinue, granulaire, comme la matière et forment de véritables atomes de lumière, appelés photons.
- Le photon possède une masse, dont la valeur augmente proportionnellement à la fréquence de la radiation donnée.
- Dans le cas de l’annihilation partielle d’un atome, la masse du photon émis est égale à la masse perdue par l’atome décomposé. Nous sommes alors en présence d’une véritable fragmentation de l’atome qui se brise en deux parties : une partie de sa masse se retrouve dans celle du photon formé par l’annihilation et l’autre est celle de l’atome après la fragmentation.
- Or l’étude des courbes d’absorption du rayonnement cosmique dans la haute atmosphère a montré l’existence de bandes de très grande énergie. Si l’on admet la nature ondulatoire du rayonnement cosmique, on trouve par le calcul que les deux types de photons les plus massifs
- que l’on rencontre dans ces bandes de très grande énergie possèdent une masse relativement élevée. Jeans considère qu’il est impossible d’expliquer autrement l’origine de ces photons qu’en admettant une annihilation de la matière. Les autres transformations atomiques ne sont'1 pas capables d’engendrer des photons possédant un quantum si élevé.
- Cette annihilation pourrait par exemple avoir lieu dans des types d’atomes inconnus à la surface de la Terre, peut-être des atomes de poids atomique plus élevé que celui des atomes terrestres. Il est probable que les étoiles jeunes produisent leur rayonnement par annihilation de leur masse. En faveur de cette hypothèse audacieuse militerait le fait que les étoiles qui semblent les plus jeunes [telles les étoiles doubles] sont aussi généralement les plus massives. Au cours de leur vie, un grand nombre de leurs atomes subirait une annihilation accompagnée de radiations extrêmement pénétrantes.
- Jeans à également montré par le calcul que le choc d’un électron contre un proton avec destruction de matière pourrait donner lieu à une émission de photons extrêmement pénétrants [1,3 x 10 12 cm environ]. Ces photons seraient engendrés dans les nébuleuses spirales. Ces rayons ultra-gamma doivent alors être accompagnés d'électrons ultra-rapides et c’est cet ensemble qui formerait la radiation cosmique primaire.
- La radiation cosmique se composerait ainsi principalement de photons dont les masses seraient comparables à celles d’atomes complets [hydrogène et hélium]. L’annihilation qui donne naissance à ces photons est probablement indépendante de la température et de la pression, comme les phénomènes radioactifs observés sur la Terre.
- THÉORIE DE L’ABBÉ LEMAÎTRE
- Le célèbre astronome, l’abbé Lemaître, professeur à l’université de Louvain, a émis sur l’origine et la nature du rayonnement cosmique une théorie extrêmement audacieuse et qui concorde bien avec les vues de Sir James Jeans.
- On sait que l’on doit à l’abbé Lemaître une théorie remarquable sur l’expansion de l’Univers, théorie qui a eu un retentissement considérable et une influence profonde sur nos conceptions relatives à l’origine et à l’âge de l’univers.
- Les observations astronomiques récentes semblent indiquer que l’univers se dilate actuellement [les nébuleuses dont est rempli l’univers s’éloignent avec une vitesse assez grande]. L’univers, loin d’être stable, se gonflerait comme une bulle de savon géante, son rayon variant entre deux limites extrêmes [univers oscillant].
- Cette théorie est en accord avec la théorie de la relativité généralisée qui suggère la possibilité de la dilatation de l’univers.
- La structure actuelle du monde est donc purement éphémère et passagère et notre univers serait infini-
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- ment moins stable et surtout infiniment plus jeune que nous ne le soupçonnions jusqu’à présent.
- La vie totale de Tunivers ne serait que de quelques centaines de milliards d’années, chiffre qui est ridiculement petit à côté de ceux que les astronomes admettaient jusqu’à présent.
- Les rayons cosmiques seraient « les témoins attardés » de la naissance des étoiles et auraient pris naissance avant l’expansion actuelle.
- Les rayons cosmiques possèdent, en effet, une énergie à laquelle on peut seulement comparer l’énergie équivalente de la matière stellaire.
- Leur intensité est estimée à un dixième environ de l’énergie totale que la Terre reçoit des étoiles. S’ils sont d’origine cosmique, c’est-à-dire uniformément répartis dans l’espace, il faut leur assigner une énergie beaucoup plus grande encore. Leur énergie totale serait, comme le montre le calcul, du même ordre de grandeur que l’énergie globale de la matière.
- Cette énergie considérable a conduit l’abbé Lemaître à admettre que les rayons cosmiques ont dû naître des étoiles. Or, aujourd’hui, les étoiles sont entourées d’une atmosphère épaisse et absorbante qui empêcherait complètement l’évasion des rayons cosmiques hors de celles-ci. Il semble donc que les rayons cosmiques se soient échappé des étoiles lorsque celles-ci étaient encore dépourvues d’atmosphère; leur naissance remonterait donc à une dizaine de milliards d’années : les rayons cosmiques constitueraient des phénomènes secondaires de la formation d'une étoile. La cosmogonie serait, selon l’expression frappante de l’abbé Lemaître, une sorte de physique atomique à très grande échelle de temps et d’espace.
- La naissance d’une étoile proviendrait de la désintégration d’un super-atome d’un poids un peu supérieur au poids actuel de l’étoile. Cette transformation superradioactive serait accompagnée de l’émission d’un rayonnement complexe extrêmement dur, qui serait précisément le rayonnement cosmique.
- Le rayonnement cosmique serait, comme les rayons radioactifs connus sur la Terre, formé de photons, de particules alpha [noyaux d’hélium] et peut-être même de rayons inconnus de masse et de charge plus élevées.
- A l’origine, toute la masse de l’univers était concentrée dans un seul super-atome géant; le rayon de l’univers était alors très petit.
- L’univers actuel résulte de la désintégration de cet atome géant primitif; les rayons cosmiques engendrés au cours de ces désintégrations successives voyagent depuis la naissance des étoiles à travers l’univers qui se dilate et leur énergie diminue au fur et à mesure que le rayon de l’univers augmente.
- La théorie de l’abbé Lemaître montre éloquemment l’importance théorique du rayonnement cosmique, qui a déjà entraîné une révision complète des hypothèses cosmogoniques.
- Un progrès décisif dans cette voie aura certainement des répercussions profondes sur nos idées relatives à l’origine et à la destinée de l’mhvers.
- THÉORIE DE MILLIKAN
- Le grand spécialiste du rayonnement cosmique qu’est le physicien américain Millikan rattache la formation des rayons cosmiques à un processus de construction d'atomes.
- A l’opposé des théoriciens qui expliquent l’origine du rayonnement cosmique par la destruction partielle des atomes complexes, Millikan soutient avec énergie que les rayons cosmiques, ou tout au moins la plus grande partie de ce rayonnement, ne sauraient provenir, comme l’admettent Jeans et Lemaître, de l’annihilation de la matière, mais surtout d’une sorte d'intégration de la matière à partir d'éléments légers.
- Aucune autre transformation atomique n’est capable, selon Millikan, de fournir l’énergie .de la bande des rayons cosmiques qui transporte 90 pour 100 de l’énergie de ces rayons.
- Les rayons cosmiques sont, comme s’exprime Millikan, « les signaux qui nous avertissent, par sans fil, de la construction, dans l’espace intersidéral, des éléments les plus lourds à partir des plus légers ».
- L’étude de la co îrbe d’absorption du rayonnement cosmique dans la haute atmosphère conduit Millikan à admettre que c’est la construction d'hélium à partir d’hydrogène qui correspond à la formation de la composante de la radiation cosmique transportant la plus grande partie de l’énergie cosmique qui pénètre dans l’atmosphère terrestre. L’hydrogène qui entre dans la constitution des nébuleuses et des étoiles jeunes donnerait naissance aux rayons cosmiques lorsqu’il se condense pour former l’hélium.
- La condensation de plusieurs noyaux en un seul et, dans notre cas, la condensation des 4 noyaux d’hydrogène [protons] en un noyau d’hélium correspond, conformément à la théorie d’Einstein, à la disparition d’une partie de la masse des noyaux composants.
- L’énergie correspondant à la masse perdue lors de la condensation est très grande et se retrouve dans le quantum du photon [rayon cosmique] libéré lors de la formation du noyau d’hélium.
- Millikan et Cameron soutiennent, d’autre part, que l’étude de la courbe complète des rayons cosmiques suggère l’existence de trois autres bandes, qui correspondraient à trois autres groupes d’éléments abondants dans l’univers, le groupe de l’oxygène, le groupe du silicium et le groupe du fer. Ces trois bandes proviendraient de la construction de ces éléments à partir des noyaux d’hélium.
- L’hypothèse de la construction d’atomes dans l’espace interstellaire est suggérée par le fait que tous les atomes semblent être construits à partir de l’hydrogène.
- Il est donc naturel de supposer que ce processus de construction existe effectivement quelque part dans l’univers,
- Ces changements atomiques profonds, s’ils existent, doivent être plus faciles dans l’espace intersidéral que partout ailleurs, car la matière y est extrêmement raréfiée, ce v qui permet aux différents corpuscules de très grands parcours libres de tout choc.
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- Un groupe formé de quatre noyaux d’hydrogène très rapides posséderait dans ces conditions une certaine probabilité de les unir en franchissant les barrières de potentiel très élevées qui existent autour de chaque noyau et en défendent l’accès. Ces quatre noyaux d’hydrogène [protons] s’uniraient alors spontanément pour former un noyau d’hélium avec émission de la radiation principale du rayonnement cosmique.
- Millikan n’exclut pas complètement la possibilité du processus d’annihilation de la matière, tel que l’admet Jeans, mais il lui accorde un rôle secondaire dans la for mation du rayonnement cosmique. Ce processus ne correspondrait, selon Millikan, qu’à la production d’une très faible partie du rayonnement cosmique global et pourrait avoir lieu spontanément, ou bien être provoqué par l’incursion d’un électron très énergique dans le noyau. Ce processus d’annihilation donnerait naissance aux composantes les plus dures du rayonnement cosmique.
- THÉORIE DE DAUVILLIER
- La théorie originale de Dauvillier mérite d’être signalée. Elle diffère beaucoup des théories de Jeans, Lemaître et Millikan. Ce physicien admet, en effet, que le rayonnement cosmique est un phénomène secondaire auquel donnent naissance les électrons ultra-rapides, d’origine solaire, lorsqu’ils frappent les molécules d’azote, très rares, qui subsistent, selon Dauvillier, aux très hautes régions de l’atmosphère.
- Le Soleil, comme tous les corps incandescents, émet des électrons qui sont lancés dans toutes les directions par le champ électrique solaire extrêmement intense [correspondant à 10000000000 de volts!]. Ces électrons ultra-rapides traversent l’espace vide qui sépare la Terre du Soleil et conservent par conséquent toute leur vitesse initiale. Ces électrons, malgré leur vitesse énorme, subissent l’action puissante du champ magnétique de la Terre qui les enroule autour de ses lignes de forces. Les électrons sont ainsi « aspirés » vers les pôles magnétiques de la Terre.
- Dans les très hautes régions de l’atmosphère, les électrons solaires dont la vitesse diffère très peu de celle de la lumière [300 000 km moins 30 cm !] rencontrent les molécules gazeuses qui y sont disséminées.
- Lorsque le choc est central, « de plein fouet », les atomes ainsi frappés sont profondément excités et émettent un rayonnement X ultra-dur par un mécanisme semblable à la production des rayons X. Les rayons cosmiques ne seraient donc que des rayons X ultra-durs produits dans les très hautes régions de l’atmosphère.
- Les électrons solaires, qui frappent les atomes rencontrés avec moins d’efficacité, provoquent seulement une « ionisation », c’est-à-dire arrachent à ces atomes des électrons qui s’en vont animés de vitesses considérables, mais bien plus faibles que celles des électrons solaires. Ces électrons secondaires sont plus facilement incurvés par l’action du champ magnétique de la Terre et produisent, à une hauteur de 100 km environ du sol, les phénomènes divers de l’aurore boréale.
- La théorie de Dauvillier, qui reprend les hypothèses
- de Stoermer, a l’avantage d’expliquer à la fois l’origine des aurores boréales et du rayonnement cosmique. Elle concorde bien avec les récentes expériences effectuées par la mission polaire et avec les résultats des recherches de Clay, Compton, Leprince-Ringuet, P. Auger, etc. La variation sensible de l’intensité du rayonnement cosmique avec la latitude magnétique serait due à l’action du champ magnétique terrestre sur les électrons primaires, chassés par le Soleil.
- Mais par contre l’hypothèse de Dauvillier n’explique pas [si l’on admet que les électrons solaires sont seuls responsables de la formation de la radiation cosmique], l’existence de bandes bien délimitées dans le rayonnement cosmique. Si le rayonnement cosmique est formé uniquement des rayons ultra X engendrés par les électrons solaires, il doit comprendre une bande continue de fréquences, limitée du côté des courtes longueurs d’onde [la longueur d’onde la plus courte correspond aux électrons solaires les plus rapides].
- Or la bande du rayonnement cosmique semble, au contraire, posséder une structure discontinue.
- A la théorie de Dauvillier se rattachent les théories qui admettent l’existence de champs électriques cosmiques intenses, lesquelles accélèrent les particules chargées qui circulent dans les espaces interstellaires et les rendent capables d’engendrer les rayons cosmiques.
- autres théories
- D’autres, comme Heisenberg, assimilent les rayons cosmiques à des électrons très rapides.
- Eddington voit l’origine du rayonnement cosmique dans la poussière cosmique. Une partie du rayonnement cosmique pourrait, par exemple, être formée de radiations corpusculaires qui seraient des phénomènes secondaires du passage de la radiation primaire de nature ondula -toire, à travers la poussière cosmique.
- Les découvertes récentes du neutron et de l’électron positif et les modifications que ces découvertes ont apportées dans nos idées sur la constitution des noyaux atomiques, ont obligé les théoriciens à reviser leurs théories et à reprendre, sur ces nouvelles bases, les calculs sur les processus capables d’engendrer des radiations d’énergie semblables à celles des rayons cosmiques.
- Les recherches théoriques auxquelles les récentes découvertes astronomiques [expansion de l’univers] et les découvertes de nouveaux composants de la matière [neutrons, électrons positifs], ont donné une impulsion vigoureuse, sont loin d’avoir abouti à une explication satisfaisante du rayonnement cosmique.
- Les meilleurs expérimentateurs et les théoriciens du monde entier travaillent avec acharnement pour apporter un peu de lumière sur ce problème difficile et d’importance capitale, qui nous met en présence de la source d’énergie la plus puissante, peut-être, de l’univers.
- Marc Lesage.
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- : UNE MAIN DE FER ....
- LA PROTHÈSE MÉCANIQUE AU MOYEN AGE
- Les prothèses destinées à remplacer un membre absent ont, depuis la guerre, acquis une extension inconnue jusqu’alors. Mais ne croyons pas que ces mains et pieds articulés soient nés de notre cerveau moderne dont l’activité vise à remplacer l’homme par la machine. Les jambes et bras mécaniques ont pris naissance dans le besoin inné qu’a l’homme de se mouvoir, quand ses membres naturels lui font défaut. Et les accidents et amputations datent de tous les âges.
- L’histoire antique, grecque et romaine, ne nous a pas laissé dans ses archives souterraines le mécanisme savant d’un bras de fer de quelque légionnaire amputé; mais le moyen âge en revanche a eu ses jambes et ses bras de fer articulés qui ont fait l’admiration de tous les artisans et médecins des siècles postérieurs. C’est vers la fin du xve siècle que nous soupçonnons leur existence. En 1552 dans l’ouvrage intitulé « Manière de traicter les playes faictes tant par arcquebuses que par flèches », on voit une curieuse figure de jambe artificielle articulée qui a été exécutée sur les dessins d’Ambroise Paré (fig. 1).
- La jambe ayant été coupée au-dessus du genou, Ambroise Paré encastre le moignon dans un étui de même forme reposant sur un déclic articulé, qui libéré par une ficelle commandée par le sujet fait ployer la jambe de bois se terminant par un pied lui-même mécanique. Ce pied fléchi par le poids du corps projeté en avant revient à sa position première par .un fort ressort de rappel. Cette carcasse mécanique est alors cachée dans une jambe artificielle de forme normale, attachée au corps par trois fortes courroies. Elle ne diffère en
- Fig. 2. —- La main de fer de Balbronn lors de sa découverte.
- On remarque à gauche, le mécanisme des doigts, et à droite, la liaison de l’avant-bras et du coude.
- Cliché Forcer. Musée de Strasbourg.
- Fig. 1. —- Jambe mécanique artificielle du XVIe siècle.
- Le mécanisme exposé en détail à droite, dans la position droite et fléchie, est recouvert à gauche de la cuirasse de parade. (D’après Ambroise Paré.)
- rien extérieurement des jambes des cuirasses des chevaliers du Moyen Age.
- Mais dans les batailles des xve et xvie siècles la perte des membres supérieurs était plus fréquente; aussi les mains et bras de fer qui nous sont restés sont plus nombreux.
- En 1908, dans la partie nord-ouest des premiers contreforts des Vosges, aux environs de Molsheim, à Balbronn (Bas-Rhin) on découvrit dans le chœur de l’église de style gothique une main de fer au milieu d’ossements, (fig. 2). Sur la plaque funéraire on lisait cette inscription en allemand. « En Vannée 1563, le 30e jour du mois de juin, (ont été ensevelis) le défunt Junker Hans de Mitelhausen et sa femme Barbe H if 1er i ».
- Quel est ce noble alsacien ? Un écusson gravé sur la plaque et surmonté
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- d’un heaume qui porte pour cimier un buste de femme couronnée, fascé d’or et de sable est surmonté de trois petites collines. Or, en 1562 un Adam de Mitelhausen était bailli à Haguenau et le dernier rejeton de la famille s’éteignit en février 1634. Junker Hans appartenait à cette famille de seigneurs. On pense que ce fut
- Fig. 3. -— Reconstitution de la main de fer de Balbronn. ü) Vue de i'ace. Le pouce est étendu, l’index et le majeur recourbés.
- b) Vue du dedans. Tous les doigts sont étendus.
- c) Le coude est ployé et tous les doigts sont contractés.
- Cliché Forrer. Musée de Strasbourg.
- pendant la guerre des paysans (Bauernkrieg), en 1525 qu’il eut le bras gauche emporté par un boulet ou coupé par un coup de faux, lorsqu’il essayait de dominer ses sujets révoltés. Pour comprendre l’usage et le mécanismè de cette prothèse, il faut nous reporter à la main de fer de Goetz von Berlichingen si connue en Allemagne.
- LA MAIN DE FER DE GOETZ VON BERLICHINGEN
- Ce chevalier était né en 1481 à Jagsthausen, en Wurtemberg; alors qu’il bataillait près de Landshut en 1504, il eut la main droite arrachée par un boulet. Alité, il se souvint que dans sa jeunesse un certain Reuter Ilohenlohe s’était fait fabriquer une main artificielle qui lui permettait de tenir son épée pendant la bataille. Ce qui prouve que les prothèses de ce genre étaient connues dès le xve siècle. Goetz von Berlichingen combina alors lui-même les diverses pièces de sa main future et les ht exécuter par un armurier de Olnhausen, village voisin de Jagsthausen. Après la mort de ce courageux chevalier qui survint en 1562, la main de fer qui émerveillait les contemporains fut acquise par un collectionneur de curiosités, le duc de Iîornstein. Ce ne fut qu’en 1788 que la famille de ce dernier la rendit aux Berlichingen. C’est alors qu’un conseiller de la cour, Chr. von Mechel la dessina en grandeur naturelle ainsi que toutes les pièces, et en 1815 un livre la ht connaître au public. Notons enfin qu’elle fut exposée en 1906 au musée de l’Impératrice (Friedrichs-Haus) comme pièce médico-historique. Actuellement elle est au Musée de Berlin.
- D’abord pourvue d’un avant-bras en fer poli, sorte de tube plein qui s’ouvre en longueur sur le côlé par un couvercle en charnière, pour permettre l’introduction de l’avant-bras mutilé, serré alors par des lanières de cuir, la main proprement dite comporte les mouvements suivants : les quatre doigts principaux se meuvent avec toutes les phalanges, pha-langines et phalangettes, soit ensemble, soit séparément. Si la main gauche leur imprime une pression extérieure, ces doigts gardent leur courbure, jusqu’à ce qu’on appuie sur un gros bouton extérieur qui les remet dans leur première position étendue. Un autre bouton faisait de même fonctionner le pouce. Le poignet enhn allait d’avant en arrière et un troisième bouton le ramenait dans son premier état. Cette main mécanique de fer exécutait donc presque tous les mouvements de préhension nécessaires pour un guerrier dont la main droite doit manier le sabre, tenir les rênes du cheval, porter lé drapeau ou la lance.
- Avant que l’armurier dé Olnhausen fut parvenu à ce degré de précision, il en avait fabriqué une, moins artistique et plus simple, en 1505, et quand le chevalier alsacien von Mitelhausen lui en commanda une troisième
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- en 1526, il se trouva prêt à lui fournir un modèle perfectionné supérieur à celui de Goetz.
- LA MAIN DE FER DU CHEVALIER VON MITELHAUSEN
- Examinons cette main exposée au Musée gallo-romain de Strasbourg, exacte reconstitution de la pièce originale endommagée par la rouille, dont nous devons les clichés à son conservateur M. Forrer que nous remercions chaleureusement ici i1).
- Junker Ilans de Mitelhausen ayant perdu l’avant-bras, il fallut construire un avant-bras artificiel avec un coude articulé. Pour alléger la charge, on l’évida de manière à lui donner l’aspect de bandes métal liques. L’articulation du coude se fait par une roue dentelée de 4 cm de diamètre sur laquelle passe une petite barre de fer qui attire ou éloigne le bras.
- Quand la main droite ramène la main de fer à la poitrine, un ressort comprimé lui fait garder cette position; en appuyant sur un bouton le bras par son propre poids revient droit. Ceci manque à la prothèse de Goetz, qui avait conservé son coude naturel; en revanche le mécanisme des doigts lui est à peu près semblable (fig. 3).
- Par une impulsion plus ou moins forte, tous les doigts se contractent selon le principe des lames de couteau; en pressant sur le bouton dorsal qui commande les quatre doigts et en appuyant sur le bouton latéral du pouce, toutes les phalanges et articulations se détendent.
- Un tel travail de ferronnerie n’était pas à la portée des bourses communes. Aussi les nobles seuls pouvaient s’offrir le luxe d’une telle armure. Deux autres pièces du même genre existent dans les collections Zschille et Gimbel (2). Mais dans cette dernière le coude n’est pas articulé. Le greffier Paulus Jovius rapporte que le pirate turc Horuk, surnommé Barbarossa Ier, qui avait été appelé par le Dey d’Alger en 1510 pour repousser les Espagnols, perdit sa main droite au siège de Bugia et se fit fabriquer une main mécanique pour tenir son épée dans les combats.
- De même le duc Christian de Brunswig, le 18 août 1622, à la bataille de Fleury, vers la fin de la cinquième attaque reçut un coup d’épée à la main gauche. La gangrène s’y étant mise on lui coupa la main. C’est alors qu’un artisan hollandais lui fabriqua un bras de fer qui s’adaptait à son avant-bras droit par des lanières d’or. Il pouvait, dit la chronique, le faire mouvoir et toucher toutes sortes de choses. On alla même plus loin. En 1809, un ingénieur de la cour royale avait construit un meuble curieux pour Sa Majesté. C’était un secrétaire mystérieux qui recélait un coffret secret à chiffre. Si quelqu’un s’avisait de toucher ce meuble, il était brusquement saisi par deux mains de fer tandis que de l’intérieur une trompette appelait à l’aide.
- Notons enfin, qu’à Paris, le fils du fermier général de la Régnière, amputé double, se servait avec succès de
- 1. R. Forrer. Anzeiger für Elsassische Alterlumskunde, août 1918, p. 981.
- 2. Lepkeschen Versteigerungskatalog, n° III, tab. VII.
- Fig. 4. — Main de parade en fibre.
- Par un mouvement de l’épaule sur les courroies, tous les doigts se contractent pour la préhension. (Cliché Streisguth. Strasbourg.)
- deux mains artificielles exécutées en 1772, par le célèbre horloger suisse Henri Louis Jacquet-Droz.
- PROTHÈSES MODERNES
- La grande guerre remit la question des prothèses à l’ordre du jour. Le moyen âge avait inventé des bras de fer d’une lourdeur fatigante à cause de l’emploi de l’armure et de la cuirasse nécessaire dans les combats à blanche, mais notre vie moderne ne peut s’en
- arme
- Fig.
- Le mutilé avec l’habitude se donne Villusion de posséder une main naturelle.
- Il peut prendre tous les menus objets.
- Cliché Streisguth. Strasbourg.
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- Fig. 6. — Main de plombier.
- La fermeture s’obtient par vissage opéré par la main valide.
- accommoder. Qu’exigent les mutilés ? Une prothèse appropriée à chaque genre de mouvement et de métier. Il y aura la main de parade chargée de rendre, dans la vie quotidienne, les menus services, et de dissimuler au mieux l’infirmité devant la société. Il y aura ensuite la main-outil qui doit travailler utilement dans un métier déterminé.
- La main de parade peut être en bois ou en feutre. Cette dernière matière est aujourd’hui préférée à cause de son élasticité. Cette main devra permettre dans la position verticale la suspension des objets courants : le transport d’un paquet, d’un seau, d’une valise. Les doigts doivent alors être, disposés en crochet et le pouce bien opposé. Evidemment la main prothétique devrait rappeler la forme exacte de la main naturelle. Mais cela n’est pas possible. Elle peut avoir la même largeur, mais non la même forme. Dans l’aspect vertical, elle sera plus courte que l’autre main saine, et fléchie elle s’avancera moins. Ceci pour permettre une meilleure utilisation personnelle.
- L’index et le médius seront de même longueur; car si le médius dépassait, comme il est rigide, il repousserait l’objet que la tenaille pouce-index devrait saisir. A-t-on remarqué que notre main naturelle a des doigts de longueur très différente qui instinctivement se rangent à la même hauteur quand la main se referme ?
- Enfin les ongles devront être bien marqués pour mieux saisir les objets. C’est son second rôle de préhension.
- Il y a tant de menus objets qui passent dans la main durant une journée ! Un couteau, un crayon, une ciga-
- Fig. 7. — Pince Dezavis à mors larges.
- Se referme par excentrique manoeuvré au moyen d’un levier.
- rette, pne boîte d?allumettes,i, un; yerre, un livre, un carnet, un mouchoir... etc. Le mécanisme de préhension sera constitué par Tindex et le médius d’une part et le pouce d’autre pàrt spffjsamment recourbé pour tout saisir à la façon d’üiiè tenaille.
- Les doigts peuvent être articülés à l’aide de ressorts et le pouce monté sur charnière de manière qu’il puisse être déplacé sur le côté ou amené en avant selon le genre de travail que le mutilé demande momentanément ' à sa main.
- Nous donnons ici l’exemple d’une main de parade conçue par la maison Streisguth de Strasbourg, adoptée par le Ministère des Pensions et en usage dans beaucoup de centres d’appareillage, (fig. 4).
- L’armature de chaque doigt est formée par des leviers souples à la hauteur des articulations naturelles. Des ressorts à boudin imitant la forme naturelle des doigts recouvrent ces leviers et les font revenir automatiquement à leur position normale étendue. Un gant en une espèce de peau élastique et souple revêt le tout pour donner aux doigts une consistance naturelle. Leur rétraction s’obtient au moyen de tirants fixés à l’extrémité de chaque doigt, réunis en un seul à l’intérieur du poignet et commandés par un fil métallique qui va chercher sa fixation à l’avant-bras ou à l’épaule. Avec ce bras de 550 gr, tout mutilé peut accomplir les besognes journalières les plus usuelles comme celle de saisir un verre (fig. 5) ou prendre une bouteille.
- Les constructeurs modernes cherchent à éviter l’emploi des engrenages, pignons cliquets, poulies, tendeurs exigeant une surveillance d’entretien et de réglage fréquente et qui s’étaient multipliés à l’envi sitôt la fin de la guerre dans les centres de prothèses mondiaux. On voulait alors une main mécanique qui aurait assuré tous les mouvements de la main perdue.
- Le bras Carnes, d’origine américaine, qui a été très préconisé en Allemagne par des médecins amputés, est constitué par près de 150 pièces. Ceux-ci, adroits et particulièrement énergiques, l’utilisaient d’une manière remarquable. La main Vallée présentait, elle, un pouce articulé qui s’ouvrait et se refermait automatiquement sous l’impulsion de l’air chassé d’une petite vessie en caoutchouc placée sous l’aisselle et que l’articulation de l’épaule comprimait ou dilatait à volonté.
- La main Canet dont tous les doigts sont articulés semble vivre grâce à des tirages de câble dont les commandes agissent d’après les mouvements du thorax que nous pouvons gonfler à volonté. En soulevant la poitrine, la main s’ouvre, en bombant le dos, le coude se fléchit, etc...
- On pourrait encore citer beaucoup de ces ingénieuses productions. Mais l’expérience a montré depuis 15 ans que 50 à 60 pour 100 des pensionnés de guerre ont délaissé ces savants appareils articulés à l’extrême parce qu’ils ne leur donnaient aucune précision du toucher et beaucoup préfèrent alors, dans ce cas, utiliser simplement leur moignon. En effet que de révélations nous indique un simple toucher ! Le froid, le chaud, le dur, le mou, le rugueux, le moelleux, l’élastique sont autant de facteurs qu’une main artificielle ignore et qui en
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- Fig. 8 (à gauche). — L'opération musculaire d'un moignon.
- Les tendons sectionnés sont rattachés bout à bout par-dessus le canal d’ivoire.
- Fig. 9 (à droite). — L'action musculaire, s'exerçant dans le sens de la flèche produit l'ascension de la cheville d'ivoire (en pointillé), déterminant par traction sur le lien, un mouvement mécanique de la prothèse.
- quelques secondes nous permettent de juger la nature ou la fabrication d’un objet.
- Sans doute on trouvera toujours dans le nombre des mutilés, des acrobates qui, à force de volonté et d’adresse, vendront des lacets, rendront la monnaie, s’habilleront et se déshabilleront entièrement seuls avec un simple crochet.
- On trouvera même des esprits inventifs qui construiront eux-mêmes leur bras mécanique, nouveaux Goetz du xxe siècle, comme ce Canadien qui, il y a deux ans, avait confectionné avec des morceaux de pneus d’auto tout un bras articulé fort remarquable; mais la généralité des cas préfère un modèle analogue à la figure 3, propre à être utilisé pour tout et partout.
- Autre chose est la main-outil qui doit permettre au journalier de pratiquer son métier. Peu importe que dans ce cas la prothèse ait la forme esthétique de la main naturelle; elle doit être avant tout, robuste, simple et fixe. L’homme qui vit du travail de son bras doit posséder un appareil rationnel adapté à la spécialité de son métier qui exige certains gestes, certains réflexes, toujours les mêmes.
- La main sera dans ces cas un outil.
- Donnons un bref aperçu de quelques modèles. Le plombier sera pourvu d’une sorte de pince universelle formant deux tenailles superposées et dont le champ intérieur sera garni de dents de scie, pour saisir les tuyaux métalliques et pièces cylindriques. Sur le côté, une longue vis garnie d’un écrou et tournée par la main valide assure la fermeture hermétique et constante (fig. 6).
- Le cultivateur, l’artisan en chambre, aura une pince Dezavis à mors larges et concaves saisissant les objets à la manière d’une pince à sucre (fig. 7). La pince universelle Lumière est employée dans l’agriculture pour retourner la charrue, tenir la faux, manier la pelle ou la brouette...
- Enfin chaque profession aura à la place de la pince, son outil propre fixé au bout du bras de bois, de fer ou de fibre.
- Le Docteur Bourreau de Tours, propagandiste du bras de travail, a créé toute une série de mains de facteur, lamelles métalliques qui pincent les lettres, de vigneron qui coupent et arrachent les ceps et les feuilles de vigne, d’emballeur, d’horticulteur, de canneur de chaise, de soudeur... C’est un presse-papier pour le dessinateur, des griffes articulées pour le tourneur sur bois, des godets concaves et convexes qui s’emboîtent mutuellement pour le conducteur d’auto, d’avion, des pinces à brûler pour le peintre...
- Et ainsi chaque profession possède sa machine-outil propre.
- Enfin le dernier progrès réalisé par cette science est depuis la guerre, la plastique cinématique. Jusqu’ici on coupait le bras et un moignon seul subsistait. Les milieux
- chirurgicaux italiens et allemands ont préconisé des interventions chirurgicales qui modèlent les os et les chairs molles suivant une forme déterminée, pour que les muscles et les tendons sectionnés et séparés agissent directement et volontairement sur les leviers du membre artificiel.
- Un des procédés consiste à donner dans le moignon vif deux incisions transversales. La peau séparée est
- Fig. 10. — Opération de Krukenberg.
- Le radius et le cubitus séparés s’écartent volontairement et relèvent le fil de traction qui commande l’ouverture du pouce.
- D’après Villaret, Appareillage et rééducation fonctionnelle.
- main de bois
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- rapprochée sur un cylindre d’ivoire, A, perforé en son centre d’un canal. On recherche alors les tendons moteurs, B, on les sectionne et ramenés sur le canal, on en rattache les extrémités (fig. 8). Les bords extrêmes de la plaie retenus par les écarteurs G sont libérés et suturés. L’opération terminée et le tout cicatrisé présente l’aspect de la figure 9. Un lien traversant le canal d’ivoire et rattaché à un levier de la prothèse sera tiré dans le sens de la flèche par la contraction des muscles. Le mutilé commandera ainsi lui-même l’ouverture ou la fermeture de sa main mécanique (fig. 9).
- Une opération plus ingénieuse, mais plus délicate, inaugurée par Krukenberg, consiste à séparer le radius et le cubitus, os de l’avant-bras. Les deux os revêtus de téguments et de muscles s’écartent légèrement l’un de l’autre par un mouvement volontaire, ce qui a pour effet de remonter un levier qui commande l’ouverture du pouce (fig. 10). La fermeture est confiée à un ressort, de rappel. Mais ces opérations sont délicates et cette technique audacieuse n’en est qu’à ses débuts. Du reste, il faut ensuite entraîner les muscles vitalisés pour obtenir
- un rendement maximum et beaucoup de mutilés se sont lassés de cet entraînement qui exige un grand effort de volonté. Il serait trop long, et ce serait hors du sujet de décrire ici les centres de rééducation professionnelle. Mais quel travail philanthropique a été fourni depuis la guerre dans ces écoles ! Alors que les guerriers d’autrefois, contemporains du chevalier alsacien von Mitelhausen étaient devenus des rebuts de la société s’ils perdaient leurs membres, aujourd’hui on arrive à remettre le mutilé dans sa profession ou à lui enseigner un métier connexe.
- C’est le résultat de plusieurs siècles d’études et d’expériences. Inventée au xve siècle, la prothèse mécanique lourde, rigide, spécifiquement créée pour la guerre, s’est transformée à notre époque moderne en un instrument très souple qui fait oublier au mutilé son infirmité et ne l’amoindrit plus aux yeux de ses semblables..
- André Glory.
- Professeur,
- Sociétaire de la Conservation des Monuments historiques d’Alsace
- INFRA-ROUGE ET PHOTOGRAPHIE
- Généralités. — Tout le monde connaît la décomposition de la lumière soit par un prisme, soit par un réseau. On obtient dans l’ordre des longueurs d’onde croissantes les « couleurs » violette, bleue, verte, jaune, orangée, rouge. Mais dans cette suite de radiations simples, il n’y a pas continuité. Ces divisions se sont imposées par l’usage et pour des raisons de commodité. Les radiations colo rées constituent le spectre visible. Elles correspondent à des longueurs d’onde allant de 4100 à 6500 angstroms. La séparation des diverses couleurs est du reste assez confuse. Celle-ci est trouvée à peu près la même par des observateurs à vue normale entre le bleu et le Vert. Il n’en est pas de même entre le bleu et le violet, par exemple.
- Actuellement on admet comme séparation les nombres suivants :
- Entre le rouge et l’orangé : 6200 A0.
- Entre l’orangé et le jaune : 5950 A0.
- Entre le jaune et le vert : 5650 A0.
- Entre le vert et le bleu : 4900 A0.
- Entre le bleu et le violet : 4400 A0.
- Fi g. 1. — Le clavier des radiations.
- 1. radiations visibles ; 2. rayons ultra-violets; 3. rayons infra-rouges. 4. rayons X; 5. rayons y; 6. ondes électriques.
- ' , 3 «
- „ 5 4 , Z ~Lj ’
- <-“ " Le clavier” des radiations
- Echelle: 2mm représentent un-octave
- OI23 4-5
- Le spectre visible est bordé par d’autres radiations
- Celles de longueurs d’ondes inférieures à 4400 A0 sont appelées ultra-violettes.
- Celles de longueurs d’ondes supérieures à 7 600 A0 sont appelées infra-rouges.
- Après les ultra-violets on trouve les rayons X, puis les rayons gamma. Au delà des infra-rouges viennent les ondes électriques. Cette jonction entre les infra-rouges et les ondes électriques a été faite il y a onze ans, en 1923, à la suite des travaux de Nichols et Tear.
- Ce serait une erreur de croire que les radiations visibles constituent la partie la plus importante du rayonnement. 'Pour mieux s’en rendre compte, considérons chaque longueur d’onde comme étant une touche d’un clavier de piano. Avec ces notations nous arrivons au résultat suivant (fig. 1) :
- Le spectre visible occuperait une quinte.
- L’ultra-violet occuperait 5 octaves.
- L’infra-rouge occuperait 10 octaves.
- Infra-rouge et ultra-violet sont invisibles. Deux questions se posent : Comment les a-t-on décelés ? Quelle est leur utilité ? C’est à ces deux questions que nous allons essayer de répondre en nous bornant à l’étude de l’infrarouge.
- Auparavant nous croyons bon de rappeler quelques définitions.
- 1° Détermination d'une radiation simple. —- Il y a trois éléments dans la détermination d’un phénomène pério- . dique :
- 1° La fréquence ou son inverse, la période du phénomène;
- 2° La vitesse de propagation;
- 3° La longueur d’onde.
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- Si l’on se rappelle que la longueur d’onde est la distance à laquelle se propage le phénomène pendant une période, on trouve entre ces éléments la relation :
- v
- où
- A désigne la longueur d’onde.
- V la vitesse de propagation.
- T la période.
- v la fréquence.
- Chaque radiation peut donc être déterminée par sa fréquence ; mais pour des conditions de commodité on a convenu de déterminer chaque radiation par sa longueur d’onde (À).
- 2° Evaluation d'une longueur d'onde. —- Les fréquences étant très grandes, de l’ordre de 10H les distances parcourues en une période seront très courtes. On a donc créé un système de mesure à leur échelle. L’unité fondamentale est le micron (u.) ou millième de millimètre. On a été amené à utiliser des sous-multiples. Ce sont :
- le millimicron (mu).
- et l’angstrom (A°) qui est la dix-millième partie du micron. On a donc :
- lu. = 1000 mu = 10 000 A0.
- DÉTECTION DANS L’INFRA-ROUGE
- L’œil suffit pour détecter certaines radiations, celles qui, justement à cause de cette propriété, constituent le spectre visible. Mais toute radiation transporte dans l’espace une certaine quantité d’énergie. C’est là un phénomène bien connu. Tout le monde a, en effet, constaté une élévation de température de l’atmosphère lorsque le soleil brille. C’est précisément l’énergie que transporte un faisceau lumineux — et cela quelles qu’en soient les radiations composantes—qui détermine l’intensité du faisceau: Cette intensité due à l’énergie transportée par le faisceau lumineux dans l’unité de temps constitue le flux d’énergie, ou plus brièvement le (lux. On pourra donc l’exprimer par les mêmes unités que l’énergie produite par un travail mécanique, ou par un phénomène électrique : en ergs-seconde, en watts par exemple.
- Pour mesurer cefte énergie, on la recueille sur un corps qui la transforme en chaleur. Les corps utilisés sont des absorbants : une surfacq noire par exemple qui empêchera toute réllexion et toute réfraction du faisceau lumineux. Sans entrer dans les détails, car cela nous entraînerait trop loin, nous appellerons tout appareil thermométrique destiné à cette mesure un « récepteur thermique ».
- En 1800, Herschell étudiait avec un thermomètre très sensible le spectre solaire. Ses travaux le conduisirent à cette conclusion : l’énergie solaire n’est, pas entièrement dans le visible. Plus de la moitié se trouve dans l’« invisible ».
- Vers 1843 Draper, continuant les recherches dans « l’invisible », décèle dans la région du spectre se trouvant au delà du rouge trois larges bandes. Il appelle ces bandes a, jÜ, y. Draper utilisait pour ses expériences le daguerréotype et la phosphorescence. Il conclut, et on remarquera que c’est là une erreur fréquente dans l’histoire de
- Rayons T Rayons x
- Entre Ultra-violet< et Rayons x
- Ultra-violet
- Radiations visibles Infrarouge Ondes électriques
- 0,001 Au 0,05 Au
- 20 Au 100 Au
- 1200AU 1800AU 2900 A u 3500 A u
- Limite demploi de ta Fluorine Limite de transparence de Fair Limite du spectre solaire Limite d emploi du verre
- 4000 Au =0,4 p | 8000 Au =0,8 p. j 200 p. =0,2 mm
- | 400 p. =0,4 mm
- 30 kms
- Classification des radiations
- Fig. 2. — Classification des radiations.
- la science, qu’au delà des bandes a, jj,y, il n’y a plus de radiations.
- A la même époque, de nombreuses recherches ont lieu. On constate que certains corps tels que la fluorine, le soufre, le sel n’absorbent pas les « rayons obscurs ». Des appareils sont perfectionnés, d’autres sont créés. On cherche à obtenir une sensibilité de plus en plus grande. Après des polémiques serrées, on finit par admettre que « les rayons peu réfrangibles seront des rayons lumineux ». La course vers les grandes longueurs d’ondes continue. Langley détermine avec précision la dispersion du Oint jusqu’à 2,7 u. ; du sel gemme jusqu’à 5,3 u.. Paschen monte jusqu’à 9,3 p. en 1894. Rubens atteint 18 u. De 1910 datent les travaux de Rubens et Wood qui utilisaient des lentilles en quartz. Successivement on atteint 110 u, puis 313 p., puis 400 ul. Les recherches commencées vers 1880 continuent encore.
- On avait eu recours, au début des travaux sur l’infrarouge, aux propriétés calorifiques de ces radiations. De là à déduire que l’infra-rouge était un rayonnement calorifique il n’y avait qu’un pas. Encore maintenant on le considère comme étant formé de radiations calorifiques. Nous insistons sur ce point, car c’est là une grave erreur. A quel titre des radiations pourraient-elles être « de la chaleur » ? L’énergie mécanique n’est pas de la chaleur; on peut la transformer accessoirement en chaleur. De même un rayonnement peut, en étant absorbé, être transformé en chaleur, mais ce n’est pas de la chaleur. Toute radiation est calorifique, avons-nous dit, en ce sens que toute radiation peut être absorbée. Une radiation est déterminée par sa coideur quand elle est visible, par sa longueur d’onde dans le cas général. C’est là une qualité de la radiation. La chaleur produite est fonction de la quantité et non de la qualité. Peut-être faut-il tropver l’origine de l’expression que nous critiquons dans le iait que certaines sources lumineuses sont très riches en
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- infra-rouge (*), ce qui leur permet de transporter une grande quantité d’énergie.
- ENREGISTREMENT PHOTOGRAPHIQUE DANS L’INFRA-ROUGE
- Abandonnons maintenant les recherches dans l’infrarouge par la méthode des récepteurs thermiques et examinons la méthode photographique. Etymologiquement, la photographie est l’inscription de la lumière. Photographier l’invisible paraît être un paradoxe, mais nous allons voir comment naquit cette méthode et les perfectionnements qui permirent de l’étendre.
- Les plaques photographiques courantes ne sont pas sensibles même aux infra-rouges les plus proches du spectre visible. En 1843, II. Becquerel avait utilisé le daguerréotype en exposant préalablement les plaques. Abney prépare, la même année, des plaques spéciales, mais la technique en était tellement délicate qu’il fut impossible de les reproduire.
- On peut dire que les progrès dans la photographie des infra-rouges sont fonction de ceux des sensibilisateurs, mais il est bon d’observer que les sensibilisateurs chromatiques ne créent pas la sensibilité. Celle-ci existe déjà à l’état latent. Elle n’est que renforcée. Les sensibilisateurs sont des matières colorantes. On peut dire que toutes les matières colorantes ont été essayées. Mais bien peu ont donné des résultats. Presque tous les colorants qui ont donné des résultats satisfaisants appartiennent au groupe des cyanines ou aux dérivés de la fluorescéine. Signalons tout de suite que la concentration de ces colorants est extrêmement faible. Pour certains d’entre eux l’action sensibilisatrice est extraordinairement marquée pour une concentration de 1 millionième (1/1 000 000).
- La méthode photographique consiste donc à déceler l’énergie des radiations en utilisant leur action chimique. Lorsque nous voudrons photographier des spectres,
- 1. Bec Auer par exemple.
- Fig. 3. — Action des radiations infra-rouges sur la phosphorescence. En abscisses : longueur d’onde en microns ; en ordonnées : intervalle de temps nécessaire à la blende de Sidct pour passer d’un état initial à un état final déterminé exprimé en pour cent.
- comme le pouvoir séparateur d’un spectrographe dépend de la grosseur des grains de la plaque, nous devrons choisir des plaques dont l’émulsion sensible sera constituée par des grains aussi fins que possible. Nous nous heurtons alors à une autre difficulté : la sensibilité varie en fonction inverse de la finesse des grains dont se compose l’émulsion sensible.
- Nous sommes donc amenés à étudier la sensibilisation des plaques. C’est là un terrain très vaste et encore peu connu. Bien que des progrès soient réalisés chaque jour, on ignore encore tout ou presque du phénomène de sensibilisation. Les recherches nombreuses faites par Eder, Vogel et bien d’autres ont conduit à penser que le colorant utilisé n’a de propriétés sensibilisatrices que s’il peut s’unir au sel d’argent. On a alors un composé analogue aux laques. C’est ce composé qui agirait comme absorbant et non le colorant lui-même.
- Au lieu d’un seul colorant, on peut utiliser plusieurs colorants pourvu qu’ils aient tous des propriétés basiques.
- Les divers sensibilisateurs utilisés. — Tous les colorants employés ne conduisent pas au même résultat. Il n’est pas question de faire l’étude de tous les colorants utilisés. Nous ne considérerons que ceux donnant les meilleurs résultats.
- Citons parmi ceux-ci pour : la sensibilisation du rouge jusqu à 0 y,9 : la dicyanine, la cyanine, le bleu d’alizarine bisulfité.
- Les matières colorantes peuvent être introduites dans l’émulsion de la couche sensible avant l’étendage sur le support ou bien encore on peut imprégner une plaque, toute préparée, de la solution des colorants.
- En 1890 Abney avait préparé des plaques sensibles à l’infra-rouge sans avoir recours à aucun colorant. Il préparait une solution bleue — et non rouge comme dans le cas général — de bromure d’argent dans le collodion. Abney avait atteint 0,9867 et même 1,4 p..
- Ritz seul put reproduire des plaques aussi sensibles que celles de Abney et encore utilisait-il de la gélatine.
- Il procédait comme il suit.
- Il préparait une solution de gélatine à 10 pour 100. Il obtenait ensuite le précipité de bromure d’argent en pulvérisant une solution de nitrate d’argent, dans du bromure de zinc en solution. Suivent ensuite le lavage, le chauffage pendant un quart d’heure à 40 degrés et l’étendage. Les proportions utilisées étaient les suivantes :
- 14 gr de gélatine de Winterhur pour 140 gr d’eau.
- Bromure de zinc 1,90 gr.
- Eau 30 cm.
- Nitrate d’argent 3 gr.
- Eau 30 cm.
- Progrès récents. — Actuellement on obtient de bons résultats avec les plaques sensibilisées à la néocyanine (1). La sensibilité maxima se trouve vers 8300 A0. Leui sensibilité cependant s’étend beaucoup plus loin dans l’infra-rouge. On a pu, avec de telles plaques, photographier des objets dans l’obscurité complète avec 48 heures de pose. La source lumineuse était constituée par 3 radiateurs sous-voltés n’émettant aucune radiation
- 1. Mises au point dans les laboratoires Kodak.
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- rouge. (La température des filaments était de 350°). Mais la faible sensibilité de ces plaques dans cette région de l’infra-rouge demande l’absorption de toute radiation de longueur d’onde inférieure à 9000 A0. Nous ne saurions insister sur la question des filtres utilisés. Signalons seulement que dans les meilleures conditions (hypersensibilisation à l’ammoniaque avant le début de la pose) on a pu opérer avec une pose de 5 à 7 heures jusqu’à 11 000 A0. La sensibilisation à la néocyanine date de 1925. Elle est due à H. T. Clarke. Mais peut-être ne serait-il pas inutile, avant de parler des derniers progrès, de suivre rapidement l’évolution des sensibilisateurs. En 1906 la dicyanine est mise dans le commerce. En 1919 Adams et Haller lancent la cryptocyanine. Enfin en 1920 apparaît la néocyanine. Tous ces colorants ou composés de colorants sont caractérisés par la présence d’une bande d’absorption étroite. O. Bloch en 1932 fait remarquer que la sensibilisation chromatique par. les matières colorantes s’effectue au mieux dans des bains dont la concentration est d’autant plus faible que le sensibilisateur est plus actif dans l’infra-rouge.
- Nous avons parlé plus haut du bleu d’alizarine bisulfité. Il fut utilisé pour la première fois en 1891 par Niggs. Bien plus tard en 1920 Cupstaff et Bullock reconnurent que la sensibilisation était due au bisulfite et que la sensibilisation était par trop faible pour que le procédé fût industrialisé.
- Arrivons maintenant aux sensibilisateurs nouvellement employés : les tricarbocyanines. Ces corps ont été trouvés indépendamment par 3 groupes de chercheurs : Wahl; Hamer et Uford ; Jmp. Chemical Industries, en 1930. Etant donné l’emploi de plus en plus grand de ces sensibilisateurs nous croyons devoir insister un peu sur ce point.
- Les tricarbocyaniques sont formés par deux noyaux hétérocycliques réunis par une chaîne de 7 atomes de carbone. Les auteurs n’ont étudié qu’une classe des tricarbocyaniques pour laquelle ils proposent le nom de indotricarbocyanines et qu’ils formulent :
- — CMe2 Mefi
- • C : CH • CH : CH- CH : CH • CH : CH• C
- N Me NMel
- Par des modes opératoires nouveaux les auteurs ont obtenu des dibenzothiotricarbocyanines de formules :
- j—- S
- L J C: CH-GH.: CH-N Et
- S----
- Cil : CH • C
- V"\/
- NEtI
- et
- NEt
- S
- !C-
- : CH -
- ::h c
- IEf N
- 17
- Fig. 4. — Spectre dulSoleil d'après Lamanski.
- En abscisses ), : longueur d’onde; en ordonnées A : énergie reçue. Les lettres G F E D désignent certaines raie3 du spectre. La partie hachurée indique le commencement des radiations intfra-rouges.
- Ces deux corps ont été obtenus respectivement à partir de ;
- 1. Méthyl — a — naphtothiazole. et 2. méthyl — Jj — naphtothiazole.
- A partir des ;
- iodoéthylate de 2 — méthylthiazoline et iodoéthylate de 1 — méthylbenzocyanole
- on a préparé des iodures de :
- 3 — 3 — diéthylthiazolinotricarbocyanine et de : 2 — 2 diéthylselenotricarbocyanine.
- Ces colorants sont très instables. Ils se décomposent très facilement sous l’action de la chaleur, de la lumière. Les points de fusion des tricarbocyanines sont en moyenne de 60° inférieurs aux points de fusion des cyanines. Quand on passe de la carbocyanine à la tricarbocyanine le maximum d’absorption dans l’infra-rouge se déplace d’environ 2 000 A. Nous voudrions pouvoir insister davantage sur la plus grande sensibilisation, vers les grandes longueurs d’onde par l’allongement de la chaîne poly-méthylique mais cela seul mériterait une étude particulière.
- Il ne nous resterait donc plus qu’à parlei des inconvénients de la méthode et de ses applications, mais auparavant nous voudrions donner un aperçu d’une autre méthode qui n’est pas sans intérêt au point de vue recherches et qui se rattache aussi à la photographie : la méthode phosphorographique.
- LA. MÉTHODE PHOSPHOROGRAPHIQUE
- Bien que Ritter et Seebeck paraissent avoir été les premiers à signaler le rôle du rayonnement infra-rouge sur les corps phosphorescents, il semble bien que c’est à Becquerel en 1842 — qui n’avait pas eu connaissance des travaux des auteurs cités précédemment —que revient l’honneur d’avoir trouvé et mis au point la méthode.
- Cette méthode repose sur l’antagonisme entre le radiations ultra-violetteo et les radiations infra-rouges vis-à-vis des corps phosphorescents. Considérons un écran phosphorescent excité par des radiations de courtes
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- longueurs d’onde (ultra-violet). Projetons alors sur cet écran un spectre infra-rouge. On constate qu’au bout d’un certain temps la phosphorescence a disparu, mais auparavant la plaque phosphorescente devient de plus en plus lumineuse.
- Fig. 5. — En haut : Vue prise de la terrasse de Sainl-Cloud sur plaque infra-rouge Ilford.
- (Pose 6 secondes. F : 11). Cliché G. Jordi.
- En bas : Le même paysage que ci-dessus.
- Sur plaque Tempoo-Braun, pose 1/25. F : 4,5.
- Cliché G. Jordi, photos communiquées par MM. Wellington et Ward.
- Cet accroissement de l’intensité lumineuse a lieu pendant un temps variable.
- Au point de vue technique expérimental on peut dire ceci : en chaque point du spectre infra-rouge où l’intensité est minima l’écran restera phosphorescent. Inversement aux maxima d’intensité du spectre correspondront sur l’écran des régions à phosphorescence atténuée. Un
- grave inconvénient était la disparition de l’image. Draper y remédia en utilisant une méthode photographique. Il plaçait la plaque phosphorescente contre une plaque photographique ordinaire. Le rayonnement infra-rouge rendu visible par la phosphorescence donnait ainsi un négatif sur lequel les parties éteintes de l’écran — correspondant aux maxima du rayonnement — apparaissaient en clair tandis que les parties illuminées — correspondant aux minima du rayonnement — apparaissaient en noir plus ou moins sombre suivant l’intensité plus ou moins grande de l’infra-rouge.
- Une première technique consistait à exciter d’abord la phosphorescence de la plaque puis à projeter le spectre étudié. Mais le phénomène était trop peu stable.
- Une autre technique qui donne, avec une substance phosphorescente convenablement choisie, des phénomènes durables consiste à illuminer avec un rayonnement ultra-violet la plaque rendue phosphorescente par le spectre infra-rouge à étudier.
- Certaines substances conservent pendant plusieurs jours leur phosphorescence. Le rayonnement infra-rouge augmentant leur luminosité, il est très facile d’impressionner une plaque orthochromatique ordinaire. On conçoit immédiatement qu’il devient possible d’obtenir des positifs. Le corps le plus utilisé est le sulfate de zinc phosphorescent dit blende de Sidot. On obtient avec lui les résultats indiqués par la figure 3.
- LIMITES D’UTILISATION DE CES MÉTHODES.
- COMPARAISON
- Nous n’avons pas l’ambition d’avoir épuisé le sujet, mais nous nous sommes efforcé de montrer le chemin parcouru depuis 1880, et les progrès réalisés dans ce sens. Pour avoir de plus amples détails, nous ne saurions mieux faire que renvoyer le lecteur aux mémoires des différents chercheurs. Nous allons essayer de monti’er tout ce qui reste à faire dans l’étude de l’infra-rouge par les méthodes photographique et phosphorogra-phique.
- Nous avons vu au cours de cette étude que la progression dans l’infra-rouge était liée aux progrès faits dans la recherche des sensibilisateurs. Successivement on a atteint 1500, 9000, 10 000, 12 000 A0. Avec des plaques hypersensibilisées dans l’ammoniaque (de 1 à 2 minutes), puis rincées à l’alcool on a pu aller jusqu’à 12 200 A0 avec des poses allant jusqu’à 24 et même 48 heures. Ce n’est pas — tant s’en faut — la limite de l’infra-rouge. Mais on peut espérer aller plus loin en utilisant de nouveaux sensibilisateurs. Nous croyons bon de faire savoir que Czerny a fait remarquer que la progression serait toutefois limitée à 30 000 A0. Il se base sur ce fait qu’à la température ordinaire un tel rayonnement suffirait pour voiler rapidement les plaques sensibles utilisées. Mais rien ne nous empêche d’espérer en des techniques nouvelles qui nous ouvriront des horizons nouveaux en reculant la zone d’exploration.
- Le fait que, photographiquement, on ne peut pas pratiquement explorer le spectre infra-rouge au delà de 1 [A est le plus grave inconvénient de la méthode
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- Fig. 6. — Photographie des environs de Rouen. — En haut : Sur plaque sensible à l’infra-rouge Ilford (pose 1/25. F : 4,5, août 1933). (Cliché A. Volkart). — En bas : Sur plaque Ilford-Soft, graduation panchromatique, écran Bêta, pose 1/100 F : 4,5. (Cliché A. Volkart, photos communiquées par MM. Wellington et Ward).
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- = 20 .............................. .............. -
- photographique.' En utilisant la méthode phosphoro-graphique on est arrivé à atteindre facilement 1,6 jjl, soit donc 16 000 A0.
- Mais ces avantages sont compensés par d’autres inconvénients. Par la méthode photographique on obtient des spectres plus fins que par la méthode phospho-rographique. Cette seconde méthode présente sur la première l’avantage de nécessiter des temps de pose plus courts. Par contre, comme il faut tenir compte de la vitesse de disparition de la phosphorescence, la méthode phosphorographique ne permet pas de fixer les radiations très faibles, ce que “l’on peut faire photographiquement en augmentant le temps de pose.
- Actuellement, pour les recherches des radiations infrarouges de longueur d’onde supérieures à 1 p., 6, on utilise différents récepteurs thermiques. En parler nous entraînerait trop loin. Disons seulement que l’on obtient avec eux une précision moindre.
- LES APPLICATIONS DE LA PHOTOGRAPHIE DANS L’INFRA-ROUGE
- Nous ne saurions insister sur chacune des applications qui ont été faites. Nous ne pouvons que les passer en revue.
- Une des applications les plus importantes est celle qui a rapport à l’astrophysique. On a étudié la distribution de l’énergie à la surface du disque solaire, sa transmission à travers l’atmosphère et sa composition. Fowle, très ingénieusement, a mesuré l’absorption — au laboratoire — produite par une colonne d’air humide. Langley a déterminé la présence dans le spectre solaire de nombreuses raies (plus de 500) provenant de l’absorption du rayonnement solaire par l’atmosphère terrestre, raies qui ne doivent pas exister dans le spectre primitif.
- Au point de vue astronomique on sait combien est difficile la photographie du ciel nocturne, aux abords d une grande ville très éclairée. L’emploi de plaques sensibilisées pour l’infra-rouge permet cette étude ainsi que celle d’étoiles se profilant sur une nébuleuse. On pourra par la même méthode déterminer avec plus de précision l’index de couleur des étoiles; photographier par clair de lune, des étoiles, la planète Mars, etc.
- Passons à un autre ordre d’idées. Bien que la méthode ne soit pas encore au point, on envisage dans un avenir tout proche l’utilisation de la photographie dans l’infrarouge à l’étude des palimpsestes et des documents lavés.
- De nombreux corps microscopiques opaques n’avaient pu être étudiés micrographiquement, même éclairés avec des rayons ultra-violets. L’étude, grâce à la photographie dans l’infra-rouge, en est devenue possible. On a aussi étudié par exemple les organismes fossiles antésiluriens, la tête d’un coléoptère, etc.
- Ce sont là des exemples pris entre beaucoup d’autres dans le domaine purement scientifique. Mais il y a d’autres domaines d’exploitation de la méthode. Notons-en quelques-uns pour terminer. On sait que l’atmosphère est transparente pour les radiations infra-rouges. Cela
- permet de prendre des photographies à grande distance et par temps très brumeux.
- Précisons en disant que l’on a pu obtenir des photographies de paysage à plus de 400 km de distance. On voit tout de suite l’intérêt que peut présenter cette méthode pour la photographie aérienne. Les progrès en sont chaque jour plus grands et les applications plus nombreuses. La géologie, la cartographie, l’urbanisme utilisent la photographie aérienne avec plaques sensibilisées pour l’infrarouge. Remarquons qu’un paysage photographié, comme on l’a dit plus haut et par temps très pur, donne l’impression d’un paysage pris par clair de lune. Pour remédier à cette apparence on utilise en même temps que des plaques sensibilisées pour l’infra-rouge des écrans dits à infra-rouge qui absorbent toutes les radiations autres que celles de l’infra-rouge. 11 n’y a donc plus de lumière diffuse qui impressionne et voile la plaque et la « pénétration du voile atmosphérique » est beaucoup plus profonde.
- La photographie dans l’infra-rouge est aussi utilisée en botanique. Une plante photographiée dans ces conditions n’a pas l’apparence que l’on est habitué à lui voir. Son feuillage par exemple qui réfléchit les rayons infra-rouges sera noir sur le négatif, donc blanc sur le positif. Un nègre photographié dans les mêmes conditions apparaîtra sur le positif comme ayant une pigmentation gris très clair. C’est là une note gaie sur laquelle nous terminerons cette étude de la photographie dans l’infrarouge mais nous voudrions encore dire ceci. Cette photographie de nègre n’est pas une boutade. La méthode fut employée systématiquement pour étudier les races tant noire que jaune. Elle a conduit à de remarquables résultats au point de vue ethnologique.
- Nous nous excusons auprès du lecteur si notre exposé a parfois été trop didactique et nous le remercions de l’attention qu’il a bien voulu nous porter.
- René Motard.
- Bien que la rédaction de cet article soit récente, les recherches sur la photographie dans l’infra-rouge ont donné de nouveaux résultats. f
- Signalons brièvement qu’elle a été appliquée à la photographie d’un iris devenu opaque et plus récemment encore au contrôle de la navigation par temps de brume.
- Ces essais ont été faits sur le cuirassé Manhattan, commandant : A. B. Randall. Les clichés pris par temps de brume ont donné des résultats qui ont dépassé les espérances. Ils permettaient de reconnaître la route à 9 km en avant. A 7 km par brume intense, les détails étaient nettement perceptibles. ,
- A la fin du mois dernier on a appris que ce dispositif ayait été adopté par la United States Line sur tous ses paquebots. Ce dispositif est dû au capitaine F. M. Williams. Il est construit par la Fog Navigation Caméra C° de New-Jersey.
- On utilise du film sensibilisé qui passe immédiatement après la prise du cliché dans un compartiment-laboratoire, ce qui permet un développement en 30 secondes. Passant dans un autre compartiment, le film est «fixé en 30 nouvelles secondes. On se rend facilement compte de l’utilité que peut présenter un tel dispositif, principalement dans les parages voisins de Terre-Neuve, riches en icebergs.
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- LES NOUVELLES STATIONS FRANÇAISES DE “ DÉSINSECTISATION ” DES VÉGÉTAUX
- SOUS VIDE PARTIEL
- Si depuis la plus haute antiquité, l’homme dut défendre contre les insectes ses champs, ses arbres fruitiers, ses animaux domestiques et ses récoltes, les armes qu’il forgea demeurèrent longtemps peu efficaces contre la maudite engeance. A présent que l’on connaît les mœurs et les métamorphoses de ces minuscules ennemis, on les combat avec plus de succès. Bien que le nombre des produits insecticides utilisés aujourd’hui soit en somme assez restreint, leurs propriétés physiques, chimiques et physiologiques varient beaucoup, et leur emploi sous forme de fumigations ne va pas sans difficultés pratiques. Certaines de ces substances, peu volatiles, comme le paradichlorobenzène (chloryl) agissent lentement; d autres, au contraire, comme le sulfure de carbone, sont immédiatement efficaces, mais s’évaporent et disparaissent très rapidement. Plusieurs, très solubles dans 1 eau, l’acide cyanhydrique, par exemple, sont préférables pour traiter les denrées riches en graisses et peu hydratées, tandis que les produits solubles dans les graisses ont des indications- exactement opposées. L’oxyde d’éthylène ou la chloropicrine tuent à faible dose les œufs, les larves et les insectes adultes, alors qu’il faut employer de grandes concentrations de tétrachlorure de carbone pour obtenir des résultats comparables. Des traces d’oxyde d’éthylène ou de bromure d’éthyle, après avoir plongé les bestioles dans un état de narcose profonde, les font succomber en quelques heures. D’autres composés toxiques tels que le formiate d’éthyle ou le sulfure de carbone s’enflamment très facilement alors que le bromure d’éthyle est un anticomburant. En outre, comme beaucoup de produits peuvent être mélangés deux à deux ou même trois à trois, comme on peut faire varier la durée d’action, la température et la pression pendant les opérations, on juge de la diversité des applications actuelles.
- Fig. 2. — Sortie de cageots de pommes du grand autoclave du Havre.
- Fig. 1. — Les deux autoclaves de 73 et 29 m3 de la station de désinsectisation du Havre, vus du côté de l’entrée.
- L’une des méthodes les plus rationnelles de lutte contre les insectes s’attaquant aux végétaux est la désinsectisation sous vide partiel qui, essayée aux États-Unis peu de temps avant la guerre, pénétra en Europe en 1926-27. Vers cette époque, on monta aussi, en Orient, les premiers appareils de ce genre pour désinfecter les figues. Par la suite, la France et ses colonies entrèrent dans cette voie pour combattre divers parasites d’importation étrangère, entre autres le Doryphore. L’Angleterre interdit, en effet, l’importation des pommes de terre en provenance des régions contaminées. Des négociations en cours tentent de faire accepter par ce pays l’introduction des tubercules de toute provenance préalablement désinfectés. Ce mode de traitement insecticide s’applique également aux fruits frais et secs, aux arbres et aux arbustes expédiés pendant le repos de la végétation, aux denrées agricoles ou industrielles telles que les cotons, les farines, les pâtes alimentaires, les tabacs en feuilles, les cigares, les cigarettes, etc.
- Actuellement notre pays possède une avance marquée dans ce domaine, car indépendamment de la station centrale d’essais de Versailles, le Ministre de l’Agriculture a décidé de pourvoir les principaux ports français d’établissements analogues permettant le contrôle, à leur entrée sur le territoire national, des denrées agricoles suspectes. Trois puissantes stations de désinsectisation des végétaux sous vide partiel viennent d’être installées par les entreprises Mallet dans les ports métropolitains du Havre, de Bordeaux et de Marseille, six autres en Algérie, dont deux à Alger, une à Bougie, Philippeville, Biskra et Oran, une en Tunisie, trois au Maroc et une à la Martinique. Un certain nombre d’autres postes sont en cours d’installation en différents points de la France et de ses colonies. En Algérie, on emploie surtout ce système dé
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- Fig. 3. — La salle des machines de la station de désinsectisation du Havre. A gauche, les deux moto-pompes rotatives à vide; au fond, le réchauffeur à sulfure de carbone; à droite la pompe envoyant l’eau sous pression dans les joints des portes d’autoclaves.
- désinfection pour lutter contre les parasites des dattes et des figues, notamment contre les papillons du genre Ephestia. On l’a aussi utilisé avec succès contre le Lasio-
- Fig. 4. — La salle des générateurs de produits chimiques et des enregistreurs
- Sous la table, bacs à acide cyanhydrique; sur la table, réservoir à eau pour la préparation de la solution de cyanure et appareils doseurs; en arrière, les enregistreurs dans leurs boîtes.
- derma serricorne, ennemi du tabac très difficile à tuer, puisque la nicotine ne l’incommode pas comme beaucoup d’autres insectes.
- Nous insisterons surtout ici sur la station du Havre, où l’on a déjà traité avec succès par cette méthode des lots considérables de pommes d’importation américaine suspectes de renfermer des poux de San José (Aspidiotus perniciosus), cochenilles redoutables pour les arbres fruitiers.
- Après enquête approfondie sur les divers systèmes de désinfection végétale en usage, une Commission spéciale nommée par le Ministre de l’Agriculture a fixé son choix sur la méthode de fumigation aux gaz ou aux vapeurs toxiques avec emploi du vide partiel qui favorise la pénétration de l’insecticide jusqu’au cœur des marchandises les plus compactes. Ce procédé offre, en effet, le maximum d’efficacité et détermine le minimum d’altérations. En outre, une fois la désinsectisation opérée, on refait le vide, ce qui permet l’élimination à peu près complète des produits nocifs restés inclus dans les denrées.
- Voici la technique suivie actuellement dans les stations françaises de désinsectisation. On enferme les denrées à traiter dans une enceinte close où l’on fait, au moyen d’une pompe, un vide modéré. Puis on laisse pénétrer les vapeurs toxiques dans la chambre de traitement, ce qui entraîne une remontée de la pression proportionnelle au volume gazeux introduit. On rouvre ensuite le robinet à air, de manière à réduire la dépression à celle correspondant à la pression atmosphérique observée vers 1600 m d’altitude; on maintient marchandises et parasites au contact des vapeurs toxiques pendant une durée d’exposition, déterminée expérimentalement et variant, selon les denrées, de 1 heure à 1 h 3/4.
- Visitons maintenant la station du Havre, qui occupe une superficie d’un hectare environ sur le terrain du port autonome sis au quai Rochambeau. Le bâtiment, abritant le matériel de désinsectisation, comprend un vaste hall de 65 m de longueur sur 14 m de largeur, desservi de plain-pied soit par voie ferrée, soit par camionnage et dans lequel se trouvent installés deux autoclaves (système Mallet) l’un de 73 ms, l’autre de 29 m3 de capacité (fig. 1). Ces grandes chambres en tôle forment en quelque sorte des tunnels de 2 m 50 de diamètre munis intérieurement de rails sur lesquels peuvent circuler des wagonnets porteurs de cageots, de paniers ou de sacs renfermant les fleurs, fruits, légumes ou autres denrées agricoles à traiter (fig. 2). On introduit ces véhicules avec leur chargement par une des extrémités du tunnel et ils en ressortent, après traitement, par l’autre bout. Une cloison partage le hall en deux sections (entrée et sortie) complètement séparées. Ce dispositif a pour but d’empêcher la recontamination par contact des stocks désinsectisés avec ceux à traiter. Une installation similaire existe à Bordeaux, mais à Marseille, les autoclaves sont au nombre de trois ayant des capacités respectives de 10, 20 et 50 m5.
- Une porte en tôle emboutie, articulée autour d’une charnière horizontale à sa partie supérieure et munie d’un contrepoids d’équilibrage, ferme chacune des extrémités de ces étuves dont un boudin de caoutchouc
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- entoilé et gonflé au moyen d’eau sous pression, assure la parfaite étanchéité. Des tuyauteries permettent l’arrivée ainsi que le départ de l’air, des vapeurs et des gaz toxiques. Enfin un système de verrouillage empêche l’ouverture simultanée des portes d’entrée et de sortie de ces autoclaves et, par suite, le personnel ne peut les utiliser comme passages.
- Dans des salles voisines du même bâtiment se trouvent, à la station du Havre, les moteurs et les générateurs des produits insecticides. La machinerie se compose de deux pompes rotatives à vide sec d’une puissance unitaire de 17,5 ch environ. Actionnées chacune par un moteur électrique triphasé de 220 v 50 périodes avec démarreur centrifuge, elles marchent à volonté, jumelées ou séparées, aspirent 700 m3 de gaz à l’heure et produisent ainsi un vide de 635 mm dans le grand autoclave en 10 ou 15 minutes (fig. 3).
- Les générateurs comprennent divers appareils à effectuer le dosage, la vaporisation ou la production à l’aide de réactions chimiques des substances toxiques ainsi que le contrôle et l’enregistrement des conditions opératoires ; ils varient selon l’insecticide employé, comme nous allons l’indiquer plus loin. En outre, chaque autoclave est muni d’un ventilateur, d’une soupape, d’un manomètre à vide et d’un enregistreur spécial fournissant les diagrammes opératoires. Chacun de ceux-ci comporte trois courbes : une correspond aux variations de pression, la seconde aux variations de température au cours du traitement et la dernière indique les quantités d’insecticides ou de réactifs liquides utilisés.
- Pour opérer une désinsectisation, on introduit donc les marchandises dans l’autoclave, après quoi on fait le vide au moyen des deux puissantes pompes rotatives, puis, à la faveur du vide ainsi créé, on insuffle les vapeurs actives mélangées en proportion rigoureusement contrôlée avec un certain volume d’air. Ces insecticides diffèrent selon la nature des denrées traitées et la résistance du parasite à détruire. Nous allons examiner successivement chacun de ces produits en indiquant ses principales caractéristiques et l’appareillage que nécessite son emploi.
- Le sulfure de carbone est utilisé depuis longtemps pour tuer les bestioles qui infestent les grains de céréales, mais son inflammabilité extrême a jeté sur lui quelque défaveur. M. Vayssière cependant, a obtenu d’excellents résultats en traitant des œillets avec cet insecticide qui sans altérer les fleurs tue les chenilles (Tortrix pronubana) que certaines d’entre elles renferment parfois. Quand on opère avec le sulfure de carbone, entre l’autoclave et le fût ou la bonbonne contenant le liquide, il faut mettre des appareils capables de doser et de vaporiser convenablement l’insecticide. Ce dispositif permet de carburer, à un taux constant, l’air envoyé dans le tunnel quelle que soit la vitesse du courant gazeux. Un vaporisateur fournit les calories nécessaires à la volatilisation du sulfure de carbone, volatilisation qui, en raison de l’intensité de l’évaporation, provoquerait sans cela un abaissement intense de la température fort préjudiciable à l’efficacité du traitement.
- Avec Y acide cyanhydrique (fig. 4), indépendamment des réservoirs à acide sulfurique, à eau et à solution de
- Fig. 5. — Les cylindres métalliques el les gazomètres à oxyde d'éthylène et acide carbonique.
- cyanure de sodium, munis de leurs appareils doseurs, on doit ajouter un bac pour la réaction, un autre récipient pour la neutralisatioh des vapeurs et un troisième rempli de laine de verre afin d’arrêter les gouttelettes de liquide entraînées par le courant gazeux. L’acide cyanhydrique s’emploie couramment pour la désinsectisation des pommes, des oranges, des citrons, des raisins et des tomates. Pour certains fruits plus sensibles comme la poire et les bananes, on ne doit se servir de cet insecticide qu’à faibles doses, sinon ils noircissent rapidement. Les spécialistes même le déconseillent pour désinfecter les melons. Ajoutons cependant, qu’après quelques heures de ventilation, les denrées ainsi traitées peuvent être consommées sans inconvénients car elles ne retiennent que des traces infimes d’acide cyanhydrique.
- Depuis peu de temps, on se sert également, dans les stations françaises de désinsectisation, soit de bromure de méthyle, soit d’un mélange d'oxyde d'éthylène et de gaz carbonique. Les produits actifs sont reçus comprimés
- Fig. 6. — La station expérimentale de désinsectisation d’Alger, installée cette année.
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- dans des bouteilles métalliques. On les détend et les envoie dans un gazomètre; ils passent ensuite dans un mélangeur où ils se rencontrent en proportion déterminée avec l’air ou l’anhydride carbonique provenant d’un autre cylindre métallique et détendus à part dans un petit gazomètre spécial. Des diaphragmes permettent le dosage exact des différents mélanges.
- Entre autres avantages, l’oxyde d’éthylène se détruit spontanément au bout d’un certain temps pour se transformer en glycol, substance inoffensive dont l’ingestion ne présente aucun danger pour le consommateur. L’emploi de ce produit permettrait donc d’être moins exigeant pour l’élimination, après traitement, des traces du désinfectant retenues par les denrées végétales. Son application aux masses énormes de céréales emmagasinées en silos et que menacent les Charançons, serait avantageuse, malheureusement son prix actuel est beaucoup trop élevé. En outre, la désinsectisation éthvlénique n’est pas à recommander pour les légumes et les fruits frais, car si on n’accompagne pas l’oxyde d’éthylène d’un grand excès d’acide carbonique, ce traitement les déprécie tant sous le rapport de leur qualité que de leur présentation.
- Quant au Zyklon B, succédané d’acide cyanhydrique liquide imprégnant de la terre d’infusoire, stabilisé par une addition de chloroformiates ou de bromacétates de méthyle ou d’éthyle, il possède une action extrêmement nocive sur les tissus végétaux. Aussi on n’a essayé en France ce produit d’origine allemande que pour la désinfection des graines de semence et les résultats n’ont pas été très encourageants.
- Les nouvelles stations françaises de désinsectisation rendent donc d’incontestables services à nos producteurs agricoles, à nos importateurs et à nos exportateurs de
- produits végétaux, ainsi qu’aux consommateurs de légumes ou de fruits, car le domaine des procédés de fumigation sous vide partiel s’étend chaque jour. Cette méthode peut, en effet, s’appliquer à toutes les denrées végétales ou même animales, non stockées dans des récipients rigoureusement étanches comme des boîtes ou des fûts en fer-blanc soudé qu’on doit conserver pendant un certain temps entre leur production et leur consommation. Par de rigoureuses expériences, les techniciens ont, du reste, démontré que l’insecticide universel n’existe pas, qu’il faut éliminer le tétrachlorure de carbone, le bichlorure d’éthylène seul ou mélangé avec le tétrachlorure de carbone, l’acétate d’éthyle, les formiates d’éthyle ou de méthyle, ces composés toxiques étant d’une efficacité trop aléatoire. On doit délaisser également certaines autres substances comme la chloropicrine qui donnent aux marchandises traitées une odeur persistante ou un mauvais goût. Pratiquement on ne retient maintenant comme insecticides que le sulfure de carbone, l’acide cyanhydrique, l’oxyde d’éthylène, le bromure d’éthyle et leurs mélanges capables de détruire infailliblement les parasites sans altérer les produits sortant des autoclaves.
- Enfin les stations de désinsectisation sont appelées à défendre nos cultures contre les risques de contamination. On ne tardera sans doute pas à créer dans chacune d’elles des inspecteurs officiels chargés d’examiner les importations de végétaux, de délivrer des certificats phytosanitaires, d’ordonner, après visites, le refoulement hors du territoire, la destruction ou l’admission de denrées étrangères et de faciliter, grâce à d’authentiques visas, les exportations de nos meilleures productions agricoles ou maraîchères.
- Jacques Boyer.
- LES HORLOGES PARLANTES de L’OBSERVATOIRE
- Depuis le début de 1933, les habitants de Paris peuvent connaître immédiatement l’heure exacte de l’Observatoire, en appelant simplement à l’aide de leur appareil
- téléphonique, le numéro spécial Odéon 84-00. L’intérêt de ce système de distribution de l’heure par téléphone, constamment perfectionné, est très important au point de vue technique, et il est non moins appréciable au point de vue pratique.
- La détermination de l’heure est effectuée à l’Observatoire de Paris, par des méthodes astronomiques au centième de seconde près, et l’heure est conservée par un ensemble d’horloges placées dans les caves, et enfermées dans des cages de verre hermétiques, mais il faut ensuite diffuser dans le public les indications de ces horloges.
- Nous avons décrit dans un récent article de cette Revue les progrès et la simplification des horfoges électriques, mais, quels que soient les perfectionnements des montres et des horloges, il est toujours nécessaire, à un moment donné, de les remettre à l’heure exacte.
- Les annonces horaires émises par les postes
- Fig. 1. — Schéma du fonctionnement de l’horloge parlante Brillié.
- Horloge envoyant les tops
- Lampe des heures v-
- Transfo des heures
- Ruban
- Lampe
- Réseau
- tètèphon.
- vers la *-cellule des
- minutes
- -----------' '-O—4 .minutes
- vers la cellule des secondes( H.T.
- Jcansftfl
- secondes
- Ampli commun
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- de radiodiffusion et les signaux horaires internationaux de T. S. F. permettent sans doute, en principe, de régler exactement les montres et les horloges, mais les indications parlées sont, en réalité, assez peu précises ; les signaux spéciaux sont émis à des heures incommodes et peu fréquentes. Ils exigent la connaissance et l’interprétation d’un code de signaux d’ailleurs simple, mais ne peuvent, la plupart du temps, être reçus par les récepteurs actuels de radiodiffusion.
- Les signaux horaires de T. S. F. sont donc complétés d’une heureuse façon par un service public de diffusion de l’heure. Pour qu’il soit utile, un tel service doit, d’ailleurs, être permanent, et les indications horaires doivent être comprises partout. Il est donc indispensable d’arriver à une énonciation parlée de l’heure exacte.
- Le téléphone est un mode de liaison qui reste nuit et jour à la disposition du public; il doit permettre mieux que tout autre système d’information la diffusion immédiate de l’heure. Des systèmes de diffusion de ce genre sont, d’ailleurs, en service dans quelques villes d’Allemagne, et, à New-York, l’heure est annoncée par une téléphoniste, le « top » horaire étant donné par une horloge.
- Le système employé à l’Observatoire de Paris, sur l’initiative de son directeur M. Esclangon, est complètement automatique, et il comporte essentiellement une horloge parlante à fonctionnement continu.
- Pour quelques emplois du téléphone, on a été amené à utiliser des disques phonographiques, sur lesquels les paroles étaient enregistrées. On pourrait penser, en principe, qu’il suffirait de même d’utiliser une série du disques phonographiques tournant d’une manière continue, en synchronisme avec une horloge directrice. L’horloge parlante jouerait ainsi le rôle d’un téléphoniste donnant l’heure sans arrêt.
- On ne peut pourtant employer le disque dans ce cas, parce qu’il serait alors trop difficile d’obtenir un fonc-
- tionnement continu, et les disques s’usent trop vite.
- Le système de fil d’acier aimanté de Poulsen est séduisant au premier abord, mais les résultats qu’il permet d’obtenir ne paraissent pas suffisamment sûrs. On a donc eu recours au système d’enregistrement photographique des sons sur film, utilisé, on le sait, en cinématographie sonore.
- Pour éviter complètement l’usure possible du film enregistré, la bande sonore ne passe plus sur des glissières, comme dans l’appareil cinématographique, mais elle est placée sur un cylindre ou sur un disque tournant, et elle est balayée par le faisceau lumineux qui sert à la reproduction, sans aucun contact matériel pouvant amener une usure quelconque. Le procédé d’éclairage consiste simplement à projeter sur la piste sonore l’image du filament rectiligne d’une lampe à incandescence.
- Deux modèles d’horloges parlantes sont employés à l’Observatoire de Paris. La première a été réalisée par les Ateliers Brillié frères, la deuxième par les Établissements Belin.
- L’HORLOGE BRILLIÉ
- Dans le premier système, les paroles à reproduire sont enregistrées par le procédé à densité photographique constante sur des bandes de papier enroulées autour d’un cylindre en aluminium (fig. 2 et 3).
- Ce cylindre porte 90 gorges divisées en trois séries. Dans ces gorges, on a collé un tirage sur papier photographique de la piste sonore d’un film parlant réalisé au préalable. Le cylindre est entraîné à raison d’un tour en deux secondes par un moteur électrique alimenté par une batterie d’accumulateurs.
- Le moteur est synchronisé par un régulateur à entretien électrique muni de contacts fermés toutes les demi-secondes par le balancier d’une horloge régulatrice. La vitesse de rotation du cylindre est ainsi maintenue constante et l’horloge indique toujours la même heure que
- Fig. 2. — L'horloge parlante Brillié; vue d’ensemble.
- Fig. 3. — L’horloge parlante Brillié vue d’en haut, on voit nettement les chariots qui se déplacent latéralement pour « lire » la piste sonore. Fig. 4. — L’horloge parlante Brillié, vue arrière.
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- Fig. 5 et 6.— Vue d'ensemble el mécanisme de l’horloge parlante Belin à disques tournants sur lesquels sont inscrits des enregistrements photographiques à densité fixe.
- D„ Dt
- Fig. 7. — Disposition du mécanisme de l'horloge parlante Belin.
- D5, D4 disques explorateurs. C, cellule photoélectrique commune
- sur laquelle agissent les rayons réfléchis par des prismes et des miroirs
- le système de régulation synchronisant (fig. 1, 2, 3).
- La reproduction sonore est effectuée au moyen de trois systèmes reproducteurs qui comportent chacun une lampe à fdament rectiligne, un objectif, et une cellule photo-électrique recueillant l’image réfléchie par le film, puisqu’il s’agit ici d’une bande de papier opaque et non d’une bande transparente.
- Ces reproducteurs se déplacent parallèlement à l’axe du cylindre, et sont commandés par un jeu de cames et de leviers, de sorte que chacun d’eux se trouve à chaque instant placé en face de l’enregistrement à reproduire.
- Un distributeur tournant met en service chaque reproducteur, correspondant ainsi aux heures, minutes et secondes.
- L’horloge annonce de cette manière l’heure toutes les dix secondes; elle indique par exemple « Dix heures, vingt-six minutes, trente secondes » puis un top musical est émis à l’heure exacte par le régulateur de synchronisme. Chaque minute ronde est indiquée de la manière suivante : « Au troisième point, il sera exactement, dix heures vingt-sept minutes » et trois tops musicaux sont émis par le régulateur aux secondes 58, 59 et 60.
- L’HORLOGE BELIN
- Dans le deuxième système inventé par M. Belin, on a adopté des disques transparents impressionnés photographiquement comme des films. Ces disques pratiquement inusables tournent sans interruption et d’un mouvement uniforme (fig. 5 et 6).
- L’ensemble des textes est réparti sur quatre disques différents A , A„, A , A , et on a admis que l’on devait pouvoir répondre 4 fois par minute, soit toutes les 15 secondes, à une demande d’abonné.
- Les disques sont entraînés continuellement par un moteur synchrone M, ; ils tournent donc sans interruption, et d’un mouvement uniforme.
- Le premier disque porte sur une spire l’enregistrement de la phrase indiquant les heures et les minutes, mais sans les chiffres des heures et des minutes. Par exemple : « il est ... heures ... minutes, dix secondes, douze, treize, quatorze, quinze ».
- « Quand vous entendrez le troisième top, il sera ... heures ... minutes, trente secondes. »
- Le deuxième disque, ou disque des heures, porte sur 24 cercles concentriques l’enregistrement sonore de la numération 0 à 24.
- Le troisième dis.que, ainsi que le quatrième ou disque des minutes, porte l’un, la numération de 0 à 29, l’autre de 30 à 59, toujours suivant des cercles concentriques.
- Si la lumière traversait en même temps tous les disques, et venait frapper des cellules photoélectriques correspondantes, les quatre disques parleraient en même temps, et les cercles concentriques
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- des quatre disques donneraient des sons dans l’écouteur; le résultat obtenu serait inutilisable. Il faut donc prendre, dans chaque disque, la partie utile au moment où l'on écoute, et reproduire les sons enregistrés sur chaque disque suivant un ordre déterminé pour former une phrase complète.
- Ce résultat est obtenu au moyen de quatre disques de Nipkow, Dt, D,, D5, etD4, percés de fenêtres réparties en spirale; dans leur rotation ils viennent présenter successivement les fenêtres qui les ajourent devant le faisceau lumineux ayant traversé les plateaux de verre impressionnés photographiquement, et réfléchis au moyen de prismes (fig. 7).
- La seule partie du faisceau utile sélectionnée est rejetée vers l’axe du système optique, et projetée par l’intermédiaire de miroirs sur la cellule photoélectrique C, qui permet enfin d’obtenir l’audition désirée.
- Le calage des plateaux de verre et des disques de Nipkow. est tel que les impressions photographiques circulaires représentant le texte sur les plateaux apparais-
- sent sous les fenêtres des disques au moment voulu.
- La modulation du courant de la cellule est assurée dès la mise en circuit du système répétiteur. La pendule directrice est chargée de régulariser le système, et le système régulateur comprend un différentiel, un servomoteur, et la pendule directrice H. La machine ne peut se décaler par rapport à la pendule.
- Le courant est lancé dans la cellule automatiquement par la demande même de l’abonné, ou bien l’émission s’effectue à des moments déterminés à l’avance.
- Ce système de diffusion automatique de l’heure fonctionne dans des conditions de régularité absolues, et a rencontré le plus grand succès à Paris. Il semble qu’il puisse être étendu facilement aux villes de province* et, en tous cas, pourrait être utilisé pour le plus grand profit des auditeurs de T. S. F. pour l’indication exacte et automatique de renseignements horaires au cours des radio-concerts, à l’aide d’une simple liaison téléphonique avec le poste émetteur correspondant.
- P. H.
- I VÉRIFICATION OPTIQUE E D’UN TIR CONTRE AVIONS
- Fig. 1. — Renversement des images dans une lunette astronomique.
- La guerre a fait de l’aviation, dès sa naissance, une arme nouvelle, devenue rapidement redoutable et contre laquelle il fallut bien vite organiser une défense efficace.
- Ainsi naquirent l’aviation de chasse et l’artillerie contre avions.
- Mais un canon doit, pour être utile, être servi par un peloton de pièce instruit et entraîné; ces qualités ne s’acquièrent que par de nombreuses manœuvres et des tirs d’entraînement.
- Le tir de l’artillerie terrestre nécessite déjà une longue préparation. Avant de tirer un seul obus il faut avoir tenu compte non seulement de la distance et de l’altitude relative du but, mais encore de bien d’autres facteurs : vent, vivacité de la poudre, dispersion du tir. Disons quelques mots de ce dernier facteur.
- Même quand le tir d’une pièce est parfaitement réglé, tous les coups ne vont pas tomber au même point. Les obus arroseront une certaine surface assimilable à un rectangle et dit rectangle de dispersion. A l’intérieur même de ce rectangle les coups ne seront pas répartis uniformément.
- Leur répartition obéit aux lois du hasard. Le réglage d’un tir consiste en général à amener le centre du rectangle de dispersion sur l’objectif. Ceci est relativement aisé dans le cas d’un tir terrestre surtout si l’objectif est fixe. Le problème se complique déjà lorsque l’objectif se meut. (Exemple : tir sur un char de combat.) Dans le premier cas on peut dire — par analogie avec la géométrie
- — que l’on fait du tir à une dimension : la direction. Dans le second cas on fait du tir à deux dimensions : la direction initiale et le sens de déplacement.
- Considérons maintenant un tir contre avions. Le problème se complique encore. Les deux variables : direction et mouvement subsistent. Et cette fois le mouvement n’est plus uniforme ou sensiblement tel. L’avion peut être animé de mouvements absolument différents d’un moment à l’autre, tant au point de vue sens qu’au point de vue vitesse. Mais la plus grande difficulté provient d’une troisième et nouvelle variable : la hauteur, Et comme seul le tir fusant peut être effectif dans un tir
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- Fig. 2. — Système redresseur.
- aérien on voit tout de suite l’importance de ce facteur. 11 s’agit maintenant d’exécuter un tir à « trois dimensions ».
- On conçoit immédiatement la difficulté de la tâche de l’artillerie contre avions.
- Cette artillerie doit avant tout être bien entraînée. Mais cet entraînement facile pour l’artillerie terrestre, par suite de l’existence de buts à terre dans les camps, devient beaucoup plus difficile pour l’artillerie anti-aérienne. Il s’agit, en effet, de créer des buts fictifs ou réels qui possèdent la même mobilité qu’un avion.
- Cette nécessité était apparue depuis longtemps et plusieurs méthodes existaient. L’une d’elles consiste à tirer sur un avion en réglant la fusée sur un temps plus court que le temps réel. Mais on ne sait pas apprécier exactement le trajet qu’aurait suivi l’avion pendant la différence de temps séparant l’explosion dans le réglage court et l’explosion dans le réglage exact de la fusée.
- Une autre méthode consistait à faire traîner par un avion, au bout d’un long câble, une manche. La règle du jeu était d’abattre la manche. Afin que l’avion fût en sécurité on était conduit à donner au câble une grande longueur et à faire évoluer l’avion dans un plan perpendiculaire à la ligne de tir. C’est là, on le reconnaîtra, un cas bien particulier et assez peu fréquent en réalité. La longueur du câble, d’autre part, rendait certains déplacements impossibles.
- Chaque méthode avait son inconvénient, on en créa d’autres. Nous ne voulons pas nous attarder sur des considérations presque... historiques, et nous voudrions exposer dès maintenant une méthode optique adoptée il y a peu de temps en France.
- LA MÉTHODE OPTIQUE. SON PRINCIPE
- La méthode est excessivement simple. Si paradoxal que cela puisse paraître, elle consiste à faire décaler les
- Fig. 3. — a) Prisme triangulaire Fig. 4. — Aspect réel d’un prisme rectangle isocèle ou à 45°. b) Toit. en toit.
- appareils de pointage de 180°, c’est-à-dire à faire tirer les pièces d’artillerie dans la direction opposée au but. On vérifie le tir à l’aide d’un instrument d’optique tel qu’à un point de site donné et situé dans un plan vertical bien déterminé il corresponde, dans un plan vertical situé à 180° du précédent, un point ayant même site que le premier.
- L’appareil primitif, construit par la Société H. Kol-bei’g et Cie, à Varsovie, pour appliquer cette méthode, permet d’observer directement l’avion pris à partie et d’observer sur son image, évidemment animée des mêmes mouvements que l’objet, les résultats du tir. Cet appareil était formé de deux lunettes dont les axes optiques étaient perpendiculaires à un axe commun. L’une des lunettes visait constamment l’avion-cible, l’autre l’avion fictif. L’appareil fut simplifié.
- Puisqu’il s’agit de viser un avion, la lunette utilisée est évidemment du type astronomique. F.lle renverse les images (fig. 1). Ceci n’a certes aucun inconvénient dans l’observation astronomique. Dans le cas du tir qui nous occupe, il vaut mieux redresser les images, ce qui permettra de lire directement, dans le champ de l’appareil, les résultats de l’observation des coups et de transmettre directement les corrections à apporter au tir.
- Il faudra donc à la lunette astronomique ajouter un système redresseur. On a recours à un prisme du type Wollaston. C’est un prisme triangulaire isocèle (fig. 2). Le rayon incident IJ se réfracte suivant J K à l’intérieur du pi'isme, puis ressort symétriquement après que le rayon JK a subi une réflexion totale sur la face CD, Ce système, donnant d’un objet une image renversée, redressera donc l’image donnée par la lunette astronomique.
- Notre image est redressée mais nous ne visons avec cet appareil que dans une direction. Nous voulons viser dans deux directions situées à 180° l’une de l’autre. Pour cela on ajoute au système lunette-prisme de Wollaston un système formé de deux prismes :
- 1° Un prisme en toit spécial;
- 2° Un prisme droit.
- Cherchons l’action de chacun de ces prismes.
- D’une façon générale, un prisme en toit s’obtient par collage de deux prismes, le deuxième prisme étant collé par sa face hypoténuse (fig. 3). Un tel prisme fait tourner l’image de 180° et en outre évite une argenture sur la face du prisme primitif. Il est nécessaire que l’angle du toit soit bien de 90°, sinon on obtiendrait d’un point lumineux deux images. En pratique, un prisme en toit s’obtient non pas par collage mais par usinage direct (fig. 4). Dans l’appareil, objet du présent article, le prisme en toit a son axe incliné à 45°, sur l’axe de la lunette et à sa suite est collée une autre partie optique taillée de telle sorte que pour les rayons lumineux se propageant dans le sens de l’axe de la lunette le prisme en toit se comporte comme une lame à face parallèle.
- Quant au prisme droit la réflexion se produit sur la face hypoténuse. Son rôle est de donner avec le prisme de Wollaston une image qui se superpose avec celle donnée par le prisme en toit.
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- Fig. 5. — Montage optique de l’appareil de vérification de tirs contre avions : A. Lunette astronomique. B. Prisme en toit. C. Prisme de Wollaston.
- D. Prisme droit, a. Angle de site.
- DESCRIPTION DE L’APPAREIL.
- SES CARACTÉRISTIQUES
- Ce qui précède nous permet maintenant de comprendre le fonctionnement et le montage de l’appareil. Il ne nous reste plus qu’à préciser un point. Nous avons dit que l’on fait correspondre dans deux plans inclinés de 180° l’un sur l’autre deux points ayant même site. Le prisme en toit est mobile autour de l’axe de la lunette. Ceci permet de faire tourner l’axe de visée de l’avion, donc de viser l’avion quel que soit son site. Le prisme droit est lié mécaniquement au prisme en toit, de façon que les axes de visée : axe objet et axe image, fassent constamment le même angle avec le plan vertical passant par l’axe de la lunette.
- Le montage optique de l’appareil est donné par la figure 5. Nous n’insisterons pas davantage sur la marche des rayons lumineux pour passer directement au mode d’emploi de l’appareil.
- Considérons dans l’espace deux objets situés dans deux directions écartées de 180° et vus sous des sites égaux a. Soit — pour fixer les idées — l’avion pris comme premier objet et soit le nuage d’éclatement de l’obus, le second objet. D’après ce que nous avons vu précédemment, les deux images des deux objets se formeront dans le plan local de la lunette d’observation, autrement dit les deux images seront superposées exactement. Supposons maintenant que le tir ne soit pas rigoureusement réglé. Il peut y avoir deux erreurs : une en direction et l’autre en hauteur. On adjoindra alors à la lunette un micromètre divisé angulairement. La ligne horizontale du micromètre correspondra aux angles en direction. La ligne verticale sera relative aux sites.
- Amenons l’image de l’avion au centre du micromètre. L’image du nuage d’éclatement de l’obus se formera dans le champ du micromètre et ses coordonnées seront déterminées par rapport à celles de l’avion. L’abscisse de l’image indiquera de suite la correction à faire en direction. L’ordonnée indiquera la correction à faire subir aux sites.
- L’avion, nous l’avons constaté, se meut très rapidement. Le nuage d’éclatement peut être fugitif. Il importe, en outre, que les corrections à faire parviennent très rapidement au pointeur et au tireur de la pièce. C’est pour satisfaire à toutes ces conditions que l’appareil fut disposé de la façon suivante.
- L’appareil est, en réalité, formé de trois appareils semblables à celui que nous venons d’étudier. L’ensemble de ces trois appareils est fixé rigidement par une poutre métallique. Les appareils sont solidaires les uns des autres. Les axes des trois lunettes sont rigoureusement parallèles. Les résultats lus dans chacun des trois oculaires sont rigoureusement les mêmes. L’appareil central est réservé à l’observation de l’avion. Les «appareils latéraux sont destinés à l’observation du tir : l’un en direction, l’autre en hau-
- teur. L’observateur central amène donc constamment l’image de l’avion au centre du champ de sa lunette, donc des trois lunettes, tandis que les deux autres observateurs dès l’apparition du nuage de fumée lisent et annoncent les corrections à faire, en direction et en hauteur.
- Les données optiques de la lunette sont les suivantes :
- 1° Grossissement : 2,5; 2° champ pour l’image vue à travers le prisme en toit : 20°; 3° champ pour l’image vue à travers le prisme droit : 8°.
- Les caractéristiques d’utilisation de l’appareil sont les suivantes :
- Champ d’observation pour les azimuths : 360°;
- Champ d’observation des sites : 70° (de 10° à 80°).
- Une autre qualité requise pour tout pointage est la précision. Celle-ci ne saurait être mieux atteinte qu’avec un appareil optique. Dans le cas de l’appareil, objet de cet article, la précision en direction est telle que les erreurs sont toujours inférieures à 1 millième (x).
- Nous ne croyons pas devoir insister sur l’élégance de la méthode, qui permet d’entraîner un peloton de pièce dans des conditions presque identiques aux conditions normales d’un tir contre avions (2). René Motard.
- 1. Un millième est l’angle sous lequel est vu 1 m à 1 km.
- 2. Nous remercions la Revue d’Oplique qui nous a permis de reproduire les figures 5 et 6.
- Fig. 6. — Coupe de l’appareil de vérification de tir contre avions.
- T. Pignon actionnant la double roue dentée U. U. Double roue dentée. V.-W. Pièces tournant d’angles égaux, mais en sens inverse et portant les montures des pièces B et D de la ligure 5.
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- LE PARC ZOOLOGIQUE DU BOIS DE VINCENNES
- VIENT D’ÊTRE INAUGURÉ
- Fig. 1. — L’entrée du parc zoologique du bois de Vincennes. (Porte de Paris).
- Quand l’Exposition coloniale française de 1931 ferma ses portes, les derniers visiteurs ne quittèrent pas ses palais rutilants, ses magnifiques temples exotiques, ses curieuses huttes africaines ou asiatiques, ses esthétiques
- Fig. 2. — La « montagne » haute de 68 m, masquant deux grands réservoirs d'eau et contenant un ascenseur aboutissant à un belvédère.
- monuments hindous ou américains sans regretter la disparition de sa plus originale annexe, le petit « Zoo », qui avait connu un très légitime succès pendant plusieurs mois. Aussi dès cette époque, le Muséum national d’His-toire naturelle engagea-t-il des pourparlers avec la Ville de Paris en vue de construire un grand parc zoologique sur les terrains qu’une loi de 1860 lui avait réservés dans le Bois de Vincennes. Après de nombreuses tractations, dans le détail desquelles il serait oiseux d’entrer ici, ces négociations aboutirent heureusement. On adopta le plan de M. Letrosne, architecte en chef du gouvernement et grâce aux conseils techniques du professeur Bourdelle, joints à l’aide pécuniaire de l’artiste Lhoste (qui avant de mourir demanda à sa mère de léguer sa fortune pour créer une « fauverie »), on put organiser un parc zoologique « digne de la France et de la Capitale », selon les paroles justifiées de M. Paul Lemoine, directeur du Muséum et animateur du nouvel établissement.
- Le Parc zoologique du Bois de Vincennes, inauguré récemment par le Président de la République, occupe un triangle d’environ 14 ha de superficie, dont le plus grand côté borde le lac Daumesnil. Près d’une des portes principales, se dresse une montagne haute de 68 m. Un ascenseur intérieur et des escaliers extérieurs permettent d’accéder à la plate-forme, sise près du sommet de ces pittoresques rochers qui masquent ingénieusement deux grands réservoirs renfermant l’eau nécessaire à l’alimentation des bassins, disséminés de-ci, de-là.
- L’idée générale qui a présidé à l’organisation du parc est de présenter tous les animaux non dans des geôles comme jadis, mais en semi-liberté. Les enclos extérieurs où se trouvent les Éléphants d’Asie, les Lions, les Macaques, les Geladas et autres Singes, les Emeus et les Nandous blancs, les Lamas ou les Damalisques, par exemple, ne sont plus séparés du public par des grilles gênant le champ visuel. De simples fossés suffisent à isoler toutes les bêtes, groupées autant que possible par habitats géographiques et qui peuvent s’abriter dans des cavernes dissimulées à l’intérieur de rochers artistement dessinés.
- S’inspirant des idées émises et des expériences effectuées par Hagenbeck, à Hambourg, on a adopté, en effet, pour les fauves, le système suivant, appliqué du reste, auparavant dans les jardins zoologiques de Londres, de Munich, de Nuremberg, de Rome, de Budapest et de plusieurs grandes villes des États-Unis. Une nappe d’eau d’environ 1 m s’étale au fond de chaque fossé, large d’environ 7 m et profond de 4 m. Cette couche liquide a pour but d’amortir les chutes occasionnelles des pensionnaires batailleurs, qui tombent parfois de leur parc au cours de rixes avec leurs congénères. Sur les parois des fosses revêtues de ciment lisse, les griffes des Lions ou des Ours n’ont pas de prise. Pour les Éléphants, on s’est contenté de garnir la crête des murs d’enclos de pointes de fer, qui empêchent les placides Pachydermes, aux pieds sensibles, de les franchir.
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- Mais si tous les animaux ainsi présentés presque librement au public peuvent prendre leurs ébats, bondir ou jouer à leur aise dans d’assez vastes espaces à ciel ouvert, on a eu soin, comme nous le notions ci-dessus, de leur ménager, à l’intérieur des rochers, des tanières aérées et chauffées où ils pourront se réfugier la nuit, s’abriter en toute saison, se garantir contre les rigueurs du froid ou les trop fortes températures estivales.
- D’autre part, dans les bassins, creusés en bas des collines rocailleuses s’élevant en certains endroits du
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- entièrement privés de leur liberté et que les visiteurs aperçoivent derrière des grillages.
- Cette originale « cité des bêtes », aux destinées de laquelle préside le professeur Achille Urbain, comporte, en outre, des laboratoires, une infirmerie vétérinaire, des docks, des installations pour le chauffage central et l’éclairage, un réseau de canalisations et d’égouts. Grâce à son parfait outillage, à son esthétique aspect, à sa collection de plus de 1500 sujets venus des quatre coins du monde, le nouveau Parc zoologique de Vincennes peut
- Fig. 3 à 6. — Scènes aquatiques.
- En haut, à gauche, les ours blancs polaires; à droite, les otaries de Californie.
- En bas, à gauche, le lac des cygnes et des canards siffleurs; à droite, les flammants roses.
- parc, des Hippopotames ou des Rhinocéros prennent leurs bains, des Otaries de Californie plongent avec grâce tandis qu’au milieu d’un petit lac artificiel nagent des Canards siffleurs d’Amérique ou du Chili, des Sarcelles et des Poules d’eau. Là, se promènent également des bandes de Flammants roses, d’ibis, de Cigognes et de Marabouts. A côté de ces Échassiers ayant à leur disposition des îles rocailleuses et de minuscules plages leur rappelant plus ou moins leur pays natal, on a construit une immense volière englobant de beaux arbres. De nombreux oiseaux y volant de branche en branche, sont les seuls hôtes du nouveau parc de Vincennes, qui soient
- soutenir la comparaison avec les autres jardins zoologiques d’Europe. Ce n’est pas, d’ailleurs, sans peine que M. Urbain put organiser une telle ménagerie. Il lui a fallu effectuer de nombreux voyages au Havre ou à Bordeaux, à Marseille ou à Anvers, à Londres ou à Hambourg afin d’assister aux débarquements de convois d’animaux parmi lesquels il sut faire d’intelligentes sélections en dépit d’une âpre concurrence étrangère. M. Jean Delacour, associé du Muséum, aida également dans sa tâche cet actif zoologiste, en ramenant de l’Inde un lot de sujets rares, entre autres un jeune Rhinocéros unicorne. Les savants viendront donc poursuivre dans
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- Fig. 7 à 12. — Quelques habitants du Zoo.
- En haut, à gauche, les éléphants d’Asie, près du bord de leur enclos garni de pointes de fer; à droite, lamas et nandous blancs. Au milieu, à gauche, la singerie des Hamadryas d’Afrique ; à droite, le rhinocéros bicorne d’Afrique.
- En bas, à gauche, le coin des Antilopes, des Gazelles et des Oryx d’Afrique; à droite, les Girafes.
- le nouvel établissement des travaux qu’ils pouvaient difficilement entreprendre sur les animaux enfermés dans les prisons grillagées de notre vénérable Muséum; les artistes auront toutes facilités pour étudier les attitudes et les mouvements de ces êtres vivant presque sans
- contrainte, dans une ambiance quasi naturelle. Enfin le public ne se lassera sans doute pas de contempler, avec plaisir et profit, toutes ces espèces de Vertébrés évoluant dans un cadre vaste, rationnel, pittoresque et d’un goût bien français. Jean de la Cerisaie.
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- L’AGNEAU MYSTIQUE DE VAN EYCKE33
- A PROPOS DU VOL D'UN PANNEAU DE RETABLE
- La disparition constatée, le 11 avril, d’un des panneaux du retable dit de l’Agneau Mystique, conservé dans la cathédrale de Saint-Bavon, à Gand, outre l’émotion qu’elle a suscitée, a été l’occasion de soulever à nouveau des points d’histoire, d’attribution, de technique picturale, dès longtemps controversés et de retracer la vie mouvementée de ce vaste ensemble. Cette disparition de l’un de ses éléments a de plus posé un problème de muséographie de la plus haute importance.
- L’Office international des Musées vient de rappeler les données qu’on possède sur ces divers problèmes.
- On sait que la technique aussi bien que la valeur artistique des œuvres de van Eyck assignent à celles-ci une place toute particulière dans l’évolution de la peinture au début de la Renaissance. C’est, après le procédé à la détrempe, l’apparition de l’huile (déjà codifiée au xie siècle par le moine Théophile), qui donne des possibilités nouvelles à l’expression artistique, tributaire des moyens matériels mis à la disposition des artistes. Les panneaux de van Eyck ont attiré l’attention des techniciens en raison de la qualité des couleurs et surtout de leur état de conservation que des peintures à l’huile, bien postérieures, n’olîrent en aucune manière. On pourrait consulter, sur ce point précis de doctrine picturale, l’étude consacrée à la technique de van Eyck dans le volume 19 de Mouseion.
- L’histoire même du retable, qui selon les études récentes d’un spécialiste, M. Renders, de Bruges, doit être attribué au seul Jean van Eyck, est fort compliquée, car on ne dispose pas d’attestations précises quant à la vie de l’auteur. Toutefois, les historiens mêmes, qui admettent la collaboration d’un frère de Jean, ne manquent pas de relever les difficultés qu’on éprouve à découvrir, dans les textes, la confirmation certaine de l’existence de Hubert van Eyck. Ajoutons, en ce qui concerne plus spécialement le polyptyque de l’Agneau Mystique, que le professeur Friedlander, l’éminent historien de l’art flamand, estimait qu’il n’y avait là que l’œuvre d’un même artiste et d’une seule inspiration. Sans revenir sur la question des commanditaires présumés du retable, le fait certain est que l’ensemble fut acquis en 1432 par Jodocus Veydt, bourgmestre de Gand. En 1794, les panneaux centraux furent transportés à Paris pour revenir à Saint-Bavon en 1816. Six volets mobiles arrivèrent, à la suite de plusieurs ventes, au Musée de Berlin. En 1861, le Conseil de fabrique de l’église avait cédé au gouvernement belge les panneaux d’Adam et d’Eve. Sur les douze panneaux que comportait le tout, disposés sur deux rangées superposées, il ne restait donc à Gand, jusqu’après la guerre, que quatre panneaux authentiques, ceux du centre : l’Adoration, le Père Eternel, la Vierge et le Précurseur. La fabrique de la chapelle où se trouvait le retable possédait, en outre, deux copies anciennes des panneaux de Berlin, dues à Michel van Cocxie et deux copies modernes de Y Adam et de Y Eve (du Musée de Bruxelles), mais drapés. Le chef-d’œuvre avait subi, avant son morcellement, plusieurs restaurations : en 1550, en 1633 (à la suite de plusieurs déplacements et d’un incendie), en. 1822 (à la suite d’autres déplacements et d’un nouvel incendie). Les panneaux du Musée de Berlin avaient été parquetés.
- C’est en vertu de l’article 247 du Traité de Versailles que les six panneaux de Berlin furent remis à la Belgique. Cet article stipulait : l’Allemagne s’engage à remettre à la Belgique par l’intermédiaire de la Commission des Réparations, dans les six mois qui suivront la mise en vigueur du présent traité, et afin de lui permettre de reconstituer deux grandes œuvres d’art, les volets du triptyque de l’Agneau Mystique, peint par
- les frères van Eyck, autrefois dans l’église de Saint-Bavon, à Gand, et actuellement au Musée de Berlin.
- Le gouvernement belge décida de replacer l’œuvre là où son donateur avait voulu qu’elle fût et confia à la fabrique de la cathédrale les six panneaux restitués et les deux volets du musée de Bruxelles.
- Le polyptyque enfin reconstitué se composait de douze panneaux placés sur deux rangs superposés.
- Le verso des volets mobiles est traité en grisaille. L’argument de l’œuvre, qu’on a qualifiée « une illustration du poème de la Rédemption », est tiré de l’Apocalypse de saint Jean. Toutes les étapes de ce poème sont retracées sur les différents volets : la faute originelle, représentée par Adam et Eve (volets extrêmes de la rangée supérieure) ; l’Annonciation (verso d’un des volets de la même rangée) ; le Mystère de la Rédemption, représenté par le sacrifice de l’Agneau Mystique faisant jaillir par sa mort la fontaine d’eau vive et que les justes viennent adorer (panneau central de la rangée inférieure) ; au-dessus de ce grand panneau, le paradis où le Père Eternel (panneau central de la rangée supérieure) bénit les hommes rachetés; il a à ses côtés le Précurseur (à droite) et la Vierge (à gauche) ; de part et d’autre de ces deux volets sont représentés les Anges musiciens. Le grand panneau central, l’Adoration, offre la vue d’une vaste prairie émaillée de fleurs, encadrée de collines boisées où se profilent des clochers. Au centre, un autel rouge, drapé de blanc, porte l’agneau sauveur; des quatre points cardinaux, quatre groupes de fidèles s’avancent : au fond, à gauche, des évêques en chapes bleues, et, à droite, la procession des vierges martyres en robes blanches, tenant des palmes; au premier plan, deux autres cortèges se sont avancés jusqu’au bord de la fontaine mystique : à gauche, des prophètes, des docteurs de la loi, personnages largement drapés et portant les coiffures les plus diverses; à droite, des apôtres sont agenouillés, suivis de dignitaires de l’Eglise et de moines en surplis. Deux paires de panneaux étroits encadrent le panneau central; ils représentent, à gauche, les Juges intègres (volet extrême, qui a été dérobé) et les Soldats du Christ-, à droite, les saints ermites et les saints pèlerins.
- Le volet dérobé, qui se situe à l’extrémité gauche de la rangée inférieure, mesure 1 m 50 de haut et 0 m 60 de large. Il présente, au verso, un saint Jean-Baptiste, traité en grisaille, et au recto,neuf personnages à cheval — les Juges intègres -— se détachant sur un fond de rochers; à l’arrière-plan, se développe un paysage, dominé par la haute tour d’une église. Ce volet avait, pendant son séjour à Berlin, fait l’objet d’une restauration, après celles mentionnées plus haut, consistant en un parquetage destiné à éviter la déformation du panneau.
- La disparition du panneau des Juges intègres pose, une fois de plus, la très grave question de la sécurité des œuvres d’art conservées dans les lieux de culte public. Le souci de maintenir, dans le cadre auquel ils avaient été destinés, des chefs-d’œuvre de grande valeur, peut se heurter à certains inconvénients qui ont été fréquemment signalés. L’ambiance historique n’est pas toujours favorable à la saine conservation, l’éclairage n’est pas souvent propice, sans parler des méfaits produits par la fumée des cierges, problème sur lequel des recherches ont déjà été entreprises par l’Office international des Musées. Enfin, la surveillance ne s’exerce pas aussi aisément que dans les salles d’un musée. Mais, dans le cas du polyptyque de Gand, les raisons de l’emplacement choisi étaient péremptoires et tout indique que rien n’avait été négligé pour assurer une surveillance constante.
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- Divers systèmes ont été proposés, pour prévenir le vol des œuvres d’art : accrochage spécial des tableaux qui doit tenir compte de la nécessité d’un déplacement rapide en cas d’incendie; avertisseurs mus par contact ou par rayons invisibles. L’Office international des Musées a déjà entrepris à ce propos des études et des enquêtes dont rien n’a été révélé. En plus, il vient de faire approuver par la Société des Nations un
- projet de convention internationale par laquelle les Etats contractants s’engagent à se prêter leurs bons offices pour faire restituer ou rapatrier dans le plus bref délai les objets d’intérêt artistique, historique ou scientifique perdus, volés, ou ayant donné lieu à aliénation ou exportation illicites.
- Andhi; Bekcv.
- UN SYSTÈME DE SCULPTURE CINÉMATOGRAPHIQUE
- Plateau tournant à f tour en 4 secondes
- pondant la rotation du plateau et « l’exploration » du personnage par le faisceau lumineux. Elle permet d’obtenir sur un film sensible 454 images successives, qui reproduisent le contour du buste sous 454 angles différents.
- Ces photographies sont agrandies et permettent de découper des bandes métalliques, au nombre également de 454, dont chacune correspond à un profil (fig. 2).
- Ces bandes sont assemblées au moyen de tiges métalliques, et on coule de la paraffine dans les intervalles, de manière à obtenir une surface continue. L’ensemble est retouché par un praticien, et on obtient ainsi un « buste photographique », qui peut évidemment être reproduit par la suite en une matière quelconque.
- P. 11.
- Fig. 2. — Exéculion de buste au moyen des profils métalliques.
- Chaque plaque correspond à une des 454 photographies de profil.
- Fig. 1.— Prise des photographies nécessaires pour la « sculptographie ».
- L’idée d’employer la photographie pour faciliter la sculpture remonte aux origines mêmes de la photographie. Nous ne rappellerons pas ici les nombreux procédés proposés dans ce but. Signalons un nouveau procédé, appliqué pour la première fois au Japon, récemment introduit aux Etats-Unis et qui fait appel à la cinématographie. Il a reçu le nom de « sculpto-grapbie ».
- Le personnage dont on veut exécuter le buste est assis sur un fauteuil porté par un plateau tournant. Ce plateau est entraîné à l’aide d’un moteur électrique d’un mouvement absolument régulier, à raison d’un tour par quatre secondes (%• 1)-
- Le sujet et l’opérateur sont placés dans une chambre obscure, et un système optique pourvu d’une source lumineuse puissante projette sur le premier un faisceau lumineux rectiligne au moyen d’une fente mécanique.
- Ce faisceau lumineux détermine, en quelque sorte, la formation d’une ligne lumineuse brisée qui représente le profil du buste du personnage, sous un certain angle. Comme le sujet tourne d’une, manière régulière au fur et à mesure de la rotation, la ligne lumineuse se déplace et va tracer ainsi 1’ « enveloppe » du buste à obtenir.
- Une « caméra » cinématographique à grande vitesse, montée selon un angle de 30° avec le projecteur, est mise en action
- plaques profilées assemblées et séparées par des rondelles
- \ intervalles remplis
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOÛTE CÉLESTE EN AOUT 1934 (lNy
- Mois très chargé, astronomiquement parlant : occultation des Pléiades par la Lune, le 31 ; plus grande élongation de Mercure le 1er; opposition de Saturne, le 18; pluie des Per-séides, du 9 au 11 août; lumière cendrée de la Lune, du 5 au 8; éclipse annulaire de Soleil, le 10 (réservée à l’Afrique australe); nombreuses occultations d’étoiles par la Lune; enfin, touristiquement parlant cette fois, le coucher du Soleil sous l’Arc de Triomphe et la production du mascaret et de fortes marées.
- Est-ce bien là un mois de « vacances » ?
- I. Soleil. La déclinaison du Soleil, en août, décroît rapidement.
- De + 18° 8' le 1er, elle ne sera que de + 8° 48', le 31.
- La durée du jour diminue beaucoup en ce mois, elle sera de 15h6m le 1er août et de 13h31m le 31. Cette durée est celle do la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris : pratiquement, elle est plus longue, car il faut y ajouter les temps de lever et de coucher du demi-diamètre solaire et du crépuscule civil.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure exacte du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. P. B0 L„
- Août 1 + 10°, 61 + 5°,80 19°,08
- — 2 + 11°, 01 + 5»,87 5»,96
- -- 6 + 12°,57 + 6»,14 312»,96
- — 11 _i- i4o)44 + 6°,44 246»,85
- — 16 + 16°,20 + 6°,70 180»,76
- — 21 4- 17»,84 + 6°, 91 114»,68
- — 26 + 19.,36 + 7°,07 48»,61
- — 29 + 20°,20 + 7°,14 8»,97
- Date.
- Heure de passage.
- Août 1er 11“ 56“ 52
- — 3 11 56 44
- — 5 11 56 34
- — 7 11 56 21
- — 9 11 56 7
- — 11 11 55 49
- — 13 11 55 30
- — 15 11 55 8
- — 17 11 54 44
- — 19 11 54 18
- — 21 11 53 50
- — 23 11 53 21
- — 25 11 52 49
- — 27 11 52 15
- — 29 11 51 41
- -- 31 11 51 4
- Fig. 1. — Carte du groupe des Pléiades, dressée d’après un cliché pris par M. L. Rudaux, à l’Observatoire de Donville {Manche).
- Le groupe des Pléiades va être occulté par la Lune le 31 août 1934 (Voir ci-après). Observation importante à faire.
- Observations physiques. — M. H. Mémery, dans le Bulletin de l’Observatoire de Talence (n° du 15 mai 1934), dit que le minimum solaire actuel peut être fixé à 1933.
- Il importe donc de continuer l’observation régulière du Soleil, car il est vraisemblable que des taches vont maintenant apparaître plus nombreuses, à des latitudes élevées.
- Les éphémérides ci-après permettront d’orienter convenablement les dessins et les photographies du Soleil.
- 1. Toutes les heures indiquées ici sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0 h. à 24 h. à partir de 0 h. (minuit). Pendant la mise en service de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées dans ce « Bulletin astronomique ».
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. •— La lumière zodiacale peut être recherchée le matin, avant l’aurore, mais c est surtout dans les mois qui vont suivre qu’elle sera très intense.
- La lueur anti-solaire est encore fort basse sur l’horizon
- pour être recherchée.
- Coucher du Soleil sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile.— L'Annuaire astronomique Flammarion recommande l’observation, très curieuse, du coucher du Soleil entre les piliers de l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Cett observation est évidemment réservée à nos lecteurs de Paris et à ceux qui profiteraient des vacances pour visiter la capitale.
- Pour la réaliser, il convient de se placer au centre de la place de la Concorde, au pied de l’Obélisque. Mais à cette distance, le diamètre du Soleil déborde largement l’ouverture de l’Arc. Si l’on veut voir le disque solaire remplir complètement l’ouverture de l’Arc, il faut se placer plus près, à une distance de 1500 m. de la place de l’Etoile, à la hauteur de l’avenue Marigny.
- C’est le 9 août que l’on pourra faire cette curieuse observation, alors la déclinaison du Soleil sera d’un peu moins -j-16°. (On peut également la faire le 4 mai de chaque année.)
- Il y a là une occasion fort opportune pour les photographes. Utiliser des appareils à foyer aussi long que possible, pour avoir une image un peu grande du monument et du Soleil, et, naturellement, des plaques anti-halo. On se rappellera que l’image du Soleil est d’environ 1 mm de diamètre par 0 m 10 de distance focale, elle est donc fort petite. Si de très bonnes photographies nous parviennent, nous serons heureux de publier la meilleure ici-même.
- Eclipse annulaire de Soleil. — Le 10 août, belle éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris. Le commencement de l’éclipse générale aura lieu à 5“50m,8; le maximum de l’éclipse à 9“37m,2 et la fin de l’éclipse générale à 11“ 23m,6.
- Cette éclipse sera visible dans la partie orientale de l’Océan Atlantique, d’une très grande partie de l’Afrique, de l’île de
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- Madagascar et d’une partie de l’Océan Indien. La ligne de centralité traversera la pointe sud de l’Afrique et la phase annulaire atteindra une durée maxima de 6 minutes 34 secondes. La grandeur maxima de l’éclipse sera de 0,972, le diamètre du Soleil étant pris pour unité.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’août, seront les suivantes :
- D. Q. le 2, à 6" 27 » I P. L. le 24, à 19* 37“
- N. L. le 10, à 8* 46“ D. Q. le 31, à 19“ 40“
- P. Q. le 18, à 4“ 33“ |
- Age de la Lune : le 1er août, à 8“ (T. U.) = 201,3 ; le 11 août, même heure = 016.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en août: le 5, à 18“ = + 27°5'; le 20, à 6“ = — 27° 8'. On remarquera la faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, le 20 août, vers 20“, au moment de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 8 août, à 21“. Parallaxe = 53' 58". Distance = 406 322 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 août, à 20“. Parallaxe — 61'7". Distance =358 790 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 7 août, occultation de s Gémeaux (3m 2) ; émersion à 2“ 39“ 0.
- Le 21, occultation del/ Sagittaire (4“8) : immersion àl9“27“,5.
- Le 31, occultation des Pléiades : les étoiles 17 Taureau, q Taureau, 20 Taureau, 16 Taureau, 21 Taureau et 22 Taureau seront occultées. Voici les heures de ces phénomènes.
- Etoile Magnitude Immersion Emersion
- 17 Taureau 3“,8 0“ 59“,5 1“ 38“,5
- 9 — 4 3 1 13 ,0 2 18 ,0
- 20 — 4 1 1 24 ,0 2 34 ,0
- 16 — 5 4 — 1 59 ,5
- 21 — 5 8 — 2 42 ,0
- 22 — 6 5 — 2 47 ,0
- La Lune sera presque à son dernier quartier. Les étoiles disparaîtront donc au bord éclairé pour réapparaître au bord obscur. Toutefois ce bord sera visible, éclairé qu’il est par la Terre (lumière cendrée).
- Phénomène très important, à observer à l’aide d’une petite
- lunette. La carte (fig. 1) permettra de suivre facilement la marche de notre satellite devant le groupe des Pléiades. Celles-ci seront encore occultées deux fois cette année, le 24 octobre et le 21 novembre.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le matin, du 5 au 8 août.
- Marées; Mascaret. —- Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Pleine Lune du 24. Elles seront très importantes. Voici quelques-unes de ces grandes marées pour Brest et Le Havre :
- Marée du Matin. Marée du Soir.
- Dates A Brest. Au Havre Coefiïc. A Brest. Au Havre Coeffic.
- Août 24 3 t» y Ul 8“ 28“ 0,93 15“ 41“ 20 “ 4 9“ 1,00
- — 25 4 4 9 9 1,05 16 25 21 28 1,10
- — 26 4 47 9 49 1,12 17 7 22 9 1,13
- — 27 5 28 10 30 1,12 17 47 22 50 1,08
- — 28 6 7 11 12 1,03 18 25 23 32 0,97
- — 29 6 44 11 53 0,90 19 3 — 0,81
- En raison de la grande amplitude des marées, le Mascaret se produira fréquemment en août (beau phénomène naturel dont l’observation est particulièrement recommandée en cette période de vacances. Le maximum aura lieu le dimanche 26, ce qui pourra constituer un but d’excursion pour de nombreux automobilistes).
- Dates. Coefficient de la marée. Arrivée du Mascaret à :
- Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Août 24 1,00 19“ 19“ 19“ 56“ 20“ 5“
- — 25 1,05 7 39 8 16 8 25
- — 25 1,10 19 58 20 35 20 44
- — 26 1,12 8 19 8 56 9 5
- — 26 1,13 20 39 21 16 21 25
- — 27 1,12 9 0 9 37 9 46
- — 27 1,08 21 20 21 57 22 6
- — 28 1,03 9 42 10 19 10 28
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, que nous avons
- ASTRE Dates : Août. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- i 6 4“ 30“ 11“ 56“ 28' 19“ 22“ 9“ 3“ + 16° 50' 31'35",4 Cancer
- Soleil . . . j 16 4 44 11 54 57 19 5 9 41 i ~r 13 53 31 38 ,6 Lion > »
- ( 26 4 58 11 52 32 18 46 10 18 + 10 34 31 42 ,6 Lion
- 1 6 2 57 10 42 18 27 7 45 + 20 40 6,6 X Gémeaux Le matin, au début du
- Mercure . . 16 3 44 11 16 18 49 8 59 + 18 2£F 5,4 Cancer mois. Plus grande élonga-
- 26 4 56 11 56 18 57 10 18 + 12 29 5,0 a Lion tion le Ie' .
- 6 2 10 10 5 17 59 7 9 + 22 13 11,6 0 Gémeaux ,
- Vénus. . . 16 2 31 10 17 18 2 8 0 + 20 45 6,6 Gémeaux / Etoile du matin,
- 26 2 57 10 28 18 0 8 51 + 18 17 10,8 0 Cancer se lève, le 16, à 2“ 31“.
- 6 1 54 9 56 17 58 7 1 + 23 26 4,0 0 Gémeaux. ^
- Mars .... 16 1 48 9 45 17 42 7 30 + 22 41 4,0 X Gémeaux Le matin, dans l’aurore.
- i 26 1 42 9 33 17 24 7 57 + 21 40 4,0 Gémeaux ^
- Jupiter. . . 16 9 53 15 26 20 59 13 12 — 6 26 31,0 a Vierge Devient peu visible le soir.
- Saturne . . 16 19 13 0 7 5 1 21 51 — 14 34 1,7 Verseau Toute la nuit. Opp. le 18.
- Uranus . . 16 21 17 4 13 11 9 1 58 + 11 27 3,6 Bélier Se lève vers 9“ du soir.
- Neptune . . 16 6 26 13 6 19 46 10 53 + 8 7 2,4 Z. Lion Inobservable.
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- établi d’après les renseignements contenus dans VAnnuaire astronomique Flammarion, donne les indications nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’août 1934.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du matin le 1er août, à 19° 26' à l’ouest du Soleil. En raison de sa forte déclinaison boréale, cette élongation sera favorable pour observer Mercure. Voici le tableau de la phase de Mercure :
- Dates. Fraction du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- — — — —
- Août 4 0,500 7",0 0,0
- — 9 0,685 6 ,2 — 0,6
- — 14 0,847 5 ,6 — 1,1
- — 19 0,952 5 ,2 -1,4
- — 24 0,994 5 ,0 — 1,5
- — 29 0,994 4 ,9 — 1,3
- Mercure se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil le 26 août, à 7“.
- Vénus est encore bien visible le matin, mais elle se rapproche, peu à peu, de sa conjonction supérieure. Elle présente, au milieu du mois, une phase analogue au dessin n° 7 de la figure du « Bulletin astronomique » du n° 2928. Voici le tableau de la phase de Vénus :
- Dates. Élongation. Heure.
- Août 5 Orientale 17" 2
- — 13 Occidentale 22 1
- — 21 Orientale 14 7
- — 29 Occidentale 19 6
- Uranus sera bientôt en opposition avec le Soleil. On le trou-
- vera à l’aide d’une bonne jumelle et de la petite carte que
- nous avons donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2930.
- Neptune est inobservable. Il sera Soleil au début du mois prochain. en conjonction avec le
- IV. Phénomènes divers. •— Conjonctions :
- Le 1er, à 20», Uranus en conjonction avec la Lune, à 6° 12' S.
- Le 2, à 21h, Vénus — la Lune, à 1° 8' S.
- Le 7, à 10“, Vénus — o Gémeaux (3m2), à 0° 2' S.
- Le 7, à 16“, Mars — la Lune, à 1° 32' S.
- Le 7, à 21h, Vénus — à 2° 14' S.
- Le 8, à 19h, Mercure —- à 1° 2' S.
- Le 12, à 13h, Neptune — à 4° 2'N.
- Le 16, à 16h, Jupiter — à 6° 38'N.
- Le 24, à 1111, Saturne — à 3° l'S.
- Le 29, à 4“, Uranus — à 6° 9' S.
- Le 31, à 3h, Mercure — à 0° 44' N.
- Dates. Fraction du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- — — — —
- Août 4 0,881 11",6 — 2,3
- — 9 0,892 11 ,4 — 3,3
- — 14 0,902 11 ,2 — 3,3
- — 19 0,912 11 ,1 — 3,3
- — 24 0,922 11 ,0 — 3,3
- — 29 0,931 10 ,8 — 3,3
- Mars devient visible le matin, avant l’aurore, mais son diamètre de 4",0 ne permet aucune observation utile.
- Jupiter est encore un peu visible le soir, dès l’arrivée du crépuscule. On pourra encore observer quelques-uns des phénomènes du système des satellites. En voici la liste :
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Da’te : Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 4 20h38m II O. c. 7 20 17 I E. f.
- 4 20 45 II P. î. 15 19* 29 I O. f.
- 6 19 49 I P. c. 22 19 14 I O. c.
- Saturne se trouvera en opposition avec le Soleil le 18 août, à llh. Il est visible toute la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 13 août :
- Grand axe extérieur 42",55
- Petit axe extérieur + 8",89
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan
- de l’anneau. . . , + 12°,06
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan
- de l’anneau. . . + 12»,19
- Élongations de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne :
- Etoile Polaire; Temps sidéral. •— Voici quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéra
- Dates. Passage. Heure (T. U.). à 0h (T. U.) (l).
- Août 9 Supérieur 4* 22m 24 21“ 7- 12
- — 19 — 3 43 16 21 46 37
- -- 29 — 2 4 7 22 26 3
- Etoiles variables. — Minima de l'étoile Algol (|3 Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2‘ 20“ 48m : le 11 août, à 0h53m; le 13, à 21h 41™ ; le 31, à 2» 33m.
- Maximum d’éclat de T Grande Ourse, variable de 5m,5 à 13m, 5, en 225 jours : le 12 août.
- Maximum d’éclat de R Cassiopée, variable de 4m,8 à 13m, 6, en 426 jours : le 26 août.
- Etoiles filantes. •— Le mois d’août est caractérisé par une forte recrudescence du nombre des étoiles filantes. L’essaim le plus important est celui des Persèides. Il commence à devenir actif en juillet. Le maximum de la chute se produit du 9 au 11 août. Le radiant est alors voisin de l’étoile r, Persée; les météores sont rapides, avec traînées jaunâtres. La pluie cesse vers le 21, le radiant se trouvant alors dans la constellation de la Girafe.
- Pour les autres radiants actifs en août, consulter le tableau donné au numéro 2909, page 85.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte Céleste le l«r août, à 2111 ; ou le 15 août, à 20\ est le suivant :
- Au Zénith : le Dragon, la Lyre, Hercule.
- Au Nord : la Petite Ourse, Cassiopée, Andromède, le Cocher (à l’horizon).
- A l’Est : le Cygne, l’Aigle, le Dauphin, Pégase, le Verseau, les Poissons.
- Au Sud : le Sagittaire, le Scorpion, Ophiuchus.
- A l’Ouest : la Couronne boréale, le Bouvier, la Grande Ourse.
- Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D'APPAREILS SIMPLES
- UNE NOUVELLE FORME DE RÉSISTANCE
- Le nombre des résistances fixes et variables qui figurent dans les récepteurs de T. S. F. a beaucoup augmenté depuis l’apparition même des postes-secteur. Ces résistances sont constituées par des matières possédant une conductibilité spécifique assez faible, telles que le carbone, le graphite et les alliages nickel-chrome.
- Le carbone et ,1e graphite s’emploient généralement sous forme de poudre agglomérée par des matières liantes convenables; les alliages sont étirés sous forme de fil fin, enroulé en bobinages. On utilise donc aujourd’hui, soit des résistances fixes généralement au charbon, soit des résistances bobinées.
- La courbe d’une résistance variable en fonction de la longueur est généralement une ligne droite, mais on a quelquefois à utiliser des résistances à prises dont la conductibilité varie de point en point. La construction de ces résistances est plus délicate.
- Il est cependant essentiel que le curseur ne vienne pas frotter à la surface du film de graphite, ce qui ferait varier rapidement les caractéristiques de la résistance. Le dispositif le plus simple pour obtenir ce résultat consiste à sertir des œillets métalliques dans la bande de papier imprégné. Les œillets sont placés très près les uns des autres pour permettre le glissement continu du curseur (fig. 1 A.).
- Dans un autre modèle, la bande enduite de graphite peut reposer sur son arête au lieu d’être à plat. Un fil résistant est enroulé autour de la bande, et il est coupé suivant une ligne parallèle à l’arête comme le montre la figure 1 B.
- On a ainsi une combinaison des modèles à charbon et à bobine. Le graphite joue le rôle d’élément résistant au point de section du fil, et ce dernier établit le contact entre le curseur et l’élément résistant.
- Enfin, on pourrait songer à employer une sorte de disque mét allique intermédiaire servant à assurer le contact et flottant, en quelque sorte au-dessus de l’élément résistant (fig. 1 C).
- Fig. 1. — Résistances au graphite colloïdal.
- A. Résistance variable avec prises de courant à œillets; B. Résistance variable avec bobinage métallique intermédiaire; C. Résistance variable à disque intermédiaire; D. Préparation de la bande résistante au graphite.
- Pour constituer ces résistances, au lieu d’utiliser de la poudre de graphite ou de la poudre de carbone, on peut employer une matière moins connue jusqu’à présent et sous une autre forme, le graphite colloïdal dans l’eau connu sous le nom d’Aquadag. On connaît les propriétés des suspensions colloïdales qui se distinguent nettement des solutions ordinaires. Nos lecteurs ont, d’autre part, pu lire dans nos chroniques d’automobile pratique une étude sur les emplois du graphite colloïdal dans l’huile, adopté à l’heure actuelle, en particulier; pour le graissage des moteurs d’automobiles, parce qu’il forme un film de graphite adhérent au métal.
- Le graphite colloïdal dans l’eau forme de même des enduits solides de graphite, sur le papier, la fibre, le verre, etc... et la résistance des enduits ainsi formés dépend de la densité et de l’épaisseur de la pellicule.
- Il est possible, par ce procédé, d’établir des résistances pouvant servir en T. S. F. pour diverses applications, telles que réglage de la tonalité, la polarisation de grille, etc...
- On peut constituer de cette manière assez facilement une résistance à prises comme le montre la figure 1. Ces dispositifs comportent généralement une bande circulaire de papier épais et poreux imprégné ou recouvei*t de graphite colloïdal dans l’eau.
- La rotation du bras mobile exerce une pression sur le disque sans provoquer de mouvement de glissement et d’arrachement.
- La bande résistante, qui constitue la partie essentielle de ces dispositifs, peut être préparée très facilement, même par un amateur.
- En principe, on la plonge dans un bain d’eau à base d’Aquadag à une dilution convenable. Après séchage à température élevée, on l’expose à l’atmosphère libre, pour lui permettre de prendre son degré hygrométrique normal.
- On améliore l’adhérence du graphite en faisant passer la bande entre les rouleaux qui exercent une pression, mais cette opération augmente évidemment la conductibilité de la bande et il faut en tenir compte.
- Pour préparer une résistance à prises, on applique à la brosse une solution de graphite colloïdal de différentes concentrations de façon à obtenir la courbe de variation désirée.
- Par exemple, on immergera toute la bande A E dans une solution calculée pour donner la résistance la plus élevée que l’on désire dans chaque segment, tel que D E. Après séchage de la bande, on pourra peindre le segment C D avec une solution plus riche en graphite, et appliquer une nouvelle solution encore plus riche sur le segment B C, et sur le segment A B (fig. 1 D).
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- Les résistances variables de ce type peuvent être utilisées, en particulier, pour le réglage de la tonalité des haulrparleurs, ainsi que pour faire varier l’intensité sonore dans un récepteur radiophonique ou un phonographe électrique.
- On peut également constituer des résistances de grille de plusieurs mégohms en enduisant de graphite colloïdal une baguette de verre ou de porcelaine, en portant cette dernière à une température élevée, et, enfin, en vernissant ou en laquant l’élément, ou bien encore en le scellant dans un tube de verre.
- L’eau à base de graphite colloïdal que l’on peut désormais trouver dans le commerce, sous le nom d’Aquadag, peut être employée facilement, ce qui semble intéressant pour les professionnels aussi bien que pour les amateurs constructeurs.
- LES NOUVEAUX APPAREILS RADIOTECHNIQUES CONTRE LA SURDITÉ
- Un assez grand nombre, malheureusement, d’auditeurs de T. S. F. sont durs d’oreille ou ont des déficients de l’ouï ; dans
- Lampe amplificatrice ' tri grille 25 -4-3
- vers le récepteur au le vibrateur
- Microphone
- Condensateurs ë/ectro chimiques _de filtrage
- Fusibles
- nfl&tLGGr—
- ~~ Bobine de S filtrage
- Valve double ~~~ 25-1-5
- Résistance du cordon
- Fig. 3. •— Schéma de principe d’un amplificateur « tous secteurs » pour appareil contre la surdité.
- (En réalité le microphone est alimenté également par courant redressé
- et filtré.)
- leur entourage. Nous avons déjà eu l’occasion de noter à leur intent ion les dispositifs d’amplification à lampes à vide de T. S. F. que l’on peut employer comme systèmes de prothèse auditive.
- Un appareil de ce genre comporte simplement un microphone sensible, du type à charbon, et un amplificateur à fréquence musicale à une ou deux lampes avec ses organes d’alimentation.
- Le microphone est relié à la première lampe de l’amplificateur à l’aide d’un transformateur de rapport convenable, et la lampe de sortie est connectée à un écouteur ordinaire, mais de type réduit, ou à un vibrateur à transmission osseuse qui permet l’écoute par contact avec les os du crâne du sujet (fig. 2).
- Avec ce système, on peut obtenir une grande profondeur de champ, c’est-à-dire que la distance à laquelle la source sonore peut être éloignée du microphone devient considérable ; d’un autre côté, la tonalité naturelle générale de l’audition est conservée, et le timbre particulier des voix o\i des instruments de musique n’est pas altéré.
- La construction d’un appareil de ce genre peut paraître simple, puisque l’aïhplification à obtenir est peu considérable, mais en fait il faut que le microphone soit particulièrement
- ___ Poste de T.S.F ( vu par derrière )
- Sortie haut-parleur auxiliaire
- Prise de.
- pick -up
- . Transformateur de liaison micro-phonique
- Vibrateur à conduction osseuse ou écouteur téléphonique
- -Microphone
- Fig. 2. — Le plus simple des appareils de fortune à amplification radiolechnique contre la surdité.
- bien choisi et l’amplificateur de puissance étudié avec un grand soin. Il faut surtout craindre l’apparition d’un bruit de fond dû à un effet microphonique, déjà gênant pour un auditeur normal, et encore plus désagréable ou même dangereux pour un auditeur dont l’ouïe est déficiente.
- On peut, en principe, se contenter d’employer une seule lampe triode à chauffage direct alimentée par batteries, et sur laquelle agit le microphone par l’intermédiaire du transformateur de liaison à grand rapport. La batterie de chauffage peut être utilisée également pour l’alimentation du microphone.
- On peut également utiliser dans ce but le ou les étages d’amplification basse fréquence d’un récepteur radiophonique, mais, dans ce cas. évidemment, le système n’est plus portatif. Le microphone agit sur les étages basse fréquence à la place du pick-up électromagnétique servant pour la reproduction électrique des disques.
- 11 suffit d intercaler Fig. 4. — Appareil portatif à ampli fica-le transformateur de lion radiotechnique établi suivant le schéma liaison habituel qui de la figure 3 (type Sonotone).
- n’est pas indispensable dans le cas du pick-up (fig. 2).
- Si l’écouteur de sortie a une impédance suffisante, il peut être monté directement sur la dernière lampe, sinon il vaut mieux employer un transformateur de liaison, et, d’ailleurs, on peut le monter en parallèle sur le haut-parleur habituel.
- Il est certain que l’emploi de ces appareils à amplification radiotechnique est surtout intéressant dans un appartement, dans un laboratoire,
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- Fig. 5. — Appareil de bureau contre la surdité avec amplificateur « tous secteurs ».
- En avant du microphone double à gauche, on voit un vibrateur à conduction osseuse muni d’un manche.
- dans un bureau, ou pour un usage professionnel particulier. Un appareil de ce genre sera particulièrement précieux pour un médecin, un avocat, un architecte, etc., pour tous ceux qui, par leur profession, sont amenés à donner des consultations verbales.
- On peut donc, presque toujours, le relier à un réseau d’alimentation électrique continu ou alternatif et éviter l’emploi des piles et des batteries d’accumulateurs toujours assez onéreuses.
- On pourrait, tout d’abord, utiliser l’alimentation par courant redressé, à la fois en courant de chauffage et en courant de plaque, ce courant redressé servant également à l’alimentation du microphone; de cette manière, on a la certitude d’obtenir de bons résultats avec le minimum de ronflements ou de bruits parasites.
- On établit maintenant des postes de T. S. F. tous courants qui peuvent être à volonté alimentés par le courant d’un secteur continu ou alternatif d’une tension quelconque. La réalisation de ces postes a été rendue possible grâce à l’emploi de lampes à chauffage indirect fonctionnant souvent avec une tension de chauffage de l’ordre de 12 à 25 volts, avec éléments montés en série, et pouvant donner de bons résultats, même en basse fréquence, avec une tension plaque relativement réduite, de l’ordre d’une centaine de volts.
- Les plus récents appareils contre la surdité à amplification radiotechnique établis en Amérique sont réalisés suivant ce principe. Ils comportent un étage d’amplification à une lampe amplificatrice basse fréquence pentode à chauffage indirect. Le chauffage de la cathode de cette lampe s’effectue à l’aide du courant continu ou alternatif ramené simplement à la tension convenable au moyen d’une résistance de l’ordre de 200 ohms disposée tout le long du cordon d’alimentation (fig. 5).
- L’alimentation plaque de cette lampe est réalisée à l’aide d’une lampe redresseuse à chauffage indirect biplaque comme le montre le schéma de la figure 3. Les éléments chauffants de cette lampe, de même que l’élément de la lampe amplificatrice, sont alimentés sous une tension de 25 volts, et montés en série, de sorte que la perte de tension dans la résistance est réduite au minimum.
- Le courant de plaque est redressé par la valve dans le cas de l’alimentation par le courant alternatif, mais cette valve laisse passage au courant continu lorsque le système est alimenté par courant continu. Il ne résulte évidemment de ce changement aucune modification pour le chauffage des cathodes chauffées indirectement.
- Le microphone agit sur la lampe d’entrée par l’intermédiaire du transformateur habituel à grand rapport et il est alimenté par du courant redressé et filtré. La lampe de sortie actionne, d’ailleurs, directement un écouteur téléphonique ou un vibra-tcur à conduction osseuse d’impédance suffisante.
- Pour mettre en fonctionnement l’appareil, il suffit de le relier à une prise de courant quelconque, en respectant la polarité s’il s’agit de courant continu.
- Le microphone, généralement du type à double pastille, peut être placé dans un coffret contenant également l’amplificateur avec son système d’alimentation complètement blindé, et un dispositif de contrôle de l’intensité sonore intercalé sur le câble reliant le microphone à l’amplificateur.
- Le microphone de modèle ordinaire portatif peut d’ailleurs être remplacé par un modèle de bureau et on voit que ces appareils à amplification radiotechnique sont dès à présent d’un usage pratique et ne nécessitent aucun entretien. Leurs avantages acoustiques particuliers les feront donc apprécier sans doute par de très nombreux déficients de l’ouïe (fig. 4 et 5).
- / UN POSTE TOUS SECTEURS RÉDUIT ET SENSIBLE
- La construction des appareils tous secteurs utilisables à volonté sur le courant alternatif ou continu d’un secteur de distribution a fait depuis quelque temps de sérieux progrès. Tout d’abord, les modèles présentés sont de plus en plus sensibles et, le plus souvent, de type superhétérodyne. Ils possèdent souvent des perfectionnements comparables à ceux des postes sur alternatif : cadran de réglage lumineux, prise pick-up, prise pour haut-parleur séparé, dispositif anti-fading, etc...
- On peut répartir ces appareils en deux catégories plus ou moins tranchées. Tout d’abord les modèles très réduits pouvant être portés à la main sans inconvénient, munis d’un haut-parleur éleetrodynamique d’un diamètre qui n’excède pas une douzaine de centimètres, et qui demeurent, par excellence, des postes ultra-portatifs servant en particulier pour le voyage.
- D’un autre côté, on trouve des appareils encore réduits, mais de dimensions un peu plus grandes cependant et dont la forme générale se rapproche plus ou moins de celle des appareils midget.
- Grâce aux perfectionnements qui leur ont été apportés, les petits modèles actuels, essentiellement portatifs, possèdent déjà des qualités de sensibilité et de musicalité améliorées, malgré leurs très faibles dimensions.
- C’est ainsi que le modèle récent à 5 lampes représenté par la figure 6 n’a qu’une hauteur de 196 mm, une longueur de 300 mm et une profondeur de 180 mm, tout en étant équipé avec un châssis superhétérodyne muni des lampes américaines les plus récentes.
- Il comporte en effet une lampe 6 A 7, détectrice oscillatrice assurant le changement de fré-
- Fig. 6. — Châssis superhélérodgne de poste « tous secteurs » à 5 ou 6 lampes (type Commodore-Radio).
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- quence; une lampe 77 pentode haute fréquence en amplificatrice moyenne fréquence, une lampe détectrice 78, une pentode de sortie 43 pouvant assurer une énergie modulée de plus d’un watt sans distorsion, et enfin une valve double 25 Z 5.
- Un cordon résistant permet l’adaptation sur les secteurs de différentes tensions, et l’antenne est constituée simplement par un fil isolé de 6 m de long. Le haut-parleur est muni d’un bobinage séparé supplémentaire « anti-bruit ». c’est-à-dire destiné à éviter les ronflements.
- Comme on le voit sur la figure 6, le réglage se fait à l’aide d’un cadran lumineux à repère précis et la sélectivité est d’ailleurs assez accentuée. Il est présenté dans une ébénisterie de forme élégante.
- Un autre modèle analogue comporte de plus une lampe
- =" .......................:.---== 41 =
- détectrice 75 duo diode montée en anti-fading avec réglage silencieux; un filtre de bande à présélecteur permet en outre d’obtenir une sélectivité de l’ordre de 8 kilocycles, aussi accentuée qu’avec un appareil midget ordinaire.
- P. Hémahdinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Résistances au graphite colloïdal, Etablissements Paul Maury, 7, rue de Normandie, à Asnières (Seine).
- Appareils contre la surdité à amplification radiotechnique. Etablissements Meyrowitz, 18, bd Haussmann, Paris.
- Postes tous secteurs perfectionnés. Etablissements Radiofirm, 14, rue Drouot, Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LE CARBURE DE CALCIUM INSECTICIDE AGRICOLE
- Dans la lutte contre les insectes ennemis des cultures, un produit bien connu commence à recevoir de multiples applications à cause des résultats que son emploi a permis d’obtenir; ce produit est le carbure de calcium en morceaux, que l’on se procure partout sans la moindre difficulté puisqu’il est à la base de beaucoup d’activités industrielles dérivées de l’acétylène ou l’utilisant : soudure autogène, éclairage domestique ou par bouées et signaux lumineux, chauffage.
- Les premiers essais remontent à 1898, quand F. Vassilière, professeur départemental d’agriculture à Bordeaux, utilisa le carbure de calcium pour la destruction du phylloxéra; on estimait déjà annuellement, à près de 10 milliards de francs-or, les préjudices causés par les insectes aux agriculteurs, horticulteurs et viticulteurs.
- La question a été méthodiquement étudiée depuis et de nombreuses expériences ont été réalisées en des exploitations de tous genres, petites ou grandes, tant en France qu’à l’étranger; en Belgique, notamment, elles ont abouti à la conclusion suivante :
- L’emploi du carbure de calcium donne d’excellents résultats dans la lutte contre les larves d’insectes nuisibles séjournant dans le sol, parmi lesquelles les larves des hannetons et des taupins.
- Rappelons que le carbure de calcium inerte réagit vivement avec l’eau ouïes corps qui en contiennent en dégageant de l’acétylène (gaz) et se transformant en chaux; la réaction est lente lorsqu’elle est produite par l’humidité de l’air ou du sol; ainsi, lorsqu’un morceau de carbure est enfoui dans une terre humide, la libération du gaz est progressive et réchauffement dû à la réaction reste dans la masse. Puis les gaz formés, acétylène et succédanés, se répandent petit à petit dans le terrain et c’est à eux que l’on doit attribuer, semble-t-il, l’effet insecticide puissant provoqué par le carbure enterré, sans que, par ailleurs, les-dits gaz aient une action néfaste sur le développement des plantes.
- A la suite d’observations et d’expériences poursuivies en diverses propriétés ou domaines d’Algérie, par un syndicat agricole que guidait un professeur départemental du Gouvernement général, on a préconisé le mod-e d’emploi suivant : utiliser de préférence le oarbure dénommé dans le commerce concassé spécial 20/40, c’est-à-dire dont la grosseur des morceaux est approximativement comprise entre 20 et 40 millimètres; en Belgique cependant on a utilisé du 15/25, avec les mêmes résultats. Les carbures de la qualité « granulés » tels que le 4/7 par exemple, sont en trop petits fragments; leur rendement en gaz est inférieur et leur action affaiblie.
- Enfouir avec un plantoir ordinaire, à une profondeur de 20 à 25 cm, en lignes espacées de 0 m 50 environ; recouvrir immédiatement de terre le morceau placé au fond du trou, afin d’éviter son altération à l’air libre, ce qui rendrait évidemment le traitement sans effet.
- En général, il peut être utile d’irriguer, mais cette irrigation ne paraît pas toujours indispensable et il convient même de ne pas arroser trop abondamment ni trop fréquemment; il y a là une question de mesure à déterminer à l’usage : un arrosage excessif aurait pour résultat de hâter la réaction du carbure qui doit se décomposer lentement dans le sol.
- Dans les terrains particulièrement humides, en Belgique par exemple, où une décomposition rapide du carbure serait à craindre, on a obtenu de bons résultats en imbibant, au préalable, les morceaux avec de
- l’huile minérale provenant de la vidange de moteurs et dont le coût peut être pratiquement considéré comme négligeable.
- Lors des constatations expérimentales sur terrains meubles : prairies, pommes de terre, céréales, betteraves, cultures potagères, vignobles, etc., l’efficacité du carbure de calcium s’est maintenue, tout spécialement au voisinage des parties boisées, contre les vers blancs, les courtilières, les vers jaunes dits « fils de fer », les piérides du chou et les larves ou œufs de nombreuses variétés de papillons.
- Il est enfin utile d’attirer l’attention sur les bons offices de l’acétylène dégagé par le carbure, dans le but de se protéger contre les déprédations de rongeurs tels que rats, mulots ou campagnols; ces rongeurs peuvent être asphyxiés dans leurs galeries; il suffit, quand on découvre celles-ci, d’y glisser quelques fragments de carbure, d’y verser de l’eau et de boucher sans retard les orifices au moyen d’un tampon de terre glaise; d’autres usagers du procédé, sitôt déposé le carbure de calcium dans les trous habités, se contentent d’v appliquer un bon coup de talon vengeur : l’opération est dès lors simple et radicale, prétendent-ils. G. Franche.
- PRÉPARATION DU CRÉSYLOL SODIQUE
- Le crésylol officinal ou crésol est un mélange des trois crésylols isomères que l’on retire des goudrons de houille.
- C’est un liquide bouillant entre 185 et 200° C, il se dissout dans environ 50 parties d’eau froide et s’y mélange en toutes proportions lorsqu’elle est alcalinisée.
- On utilise cette propriété pour préparer le crésylol sodique beaucoup plus maniable que le crésylol pur. Il suffit pour l’obtenir de mélanger parties égales de crésylol de houille et de lessive de soude à 36° B.
- Comme la réaction dégage beaucoup de chaleur, il est prudent de plonger le récipient où se fait la réaction dans l’eau froide que l’on renouvelle quand elle s’est échauflée.
- Le crésylol sodique s’emploie habituellement en solution à 10 pour 100 comme désinfectant des locaux et des salles.
- PRÉPARATION D’EAU DE JAVEL
- On peut préparer une eau de Javel au titre courant de 2° chloro-
- métriques en prenant :
- Chlorure de chaux sec............... 100 grammes.
- Carbonate de soude cristallisé .... 200 —
- Eau commune......................... 4500 —
- Délayer le chlorure de chaux dans les deux tiers de l’eau et dissoudre le carbonate de soude dans le tiers restant.
- Mélanger les deux solutions, bien agiter, laisser se sédimenter le dépôt qui se forme, puis décanter le liquide clair.
- N. B.— Il s’agit bien entendu d’eau de Javel ordinaire et non d’extrait de Javel.
- POLISSAGE DU MARBRE
- Le polissage du marbre se pratique au moyen de la potée d’étain, puis on termine en frottant avec un tampon sur lequel on dépose de la raclure de plomb.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Récepteurs modernes de T. S. F., par P. hémar-dinquer, 1 vol. 384 p., 308 fîg. E. Chiron, Paris, 1934. Prix : 30 fr.
- Les premiers fascicules de cet important ouvrage constituant une véritable anthologie des radio-récepteurs ont déjà paru séparément. Il forme une étude très complète des meilleurs procédés de réception actuels, choisis avec soin dans chaque catégorie d’appareils types les plus récents, et de modèles classiques ou modifiés en correspondance avec les progrès continuels de la radiotechnique.
- Ce livre est destiné surtout aux amateurs-constructeurs qui montent eux-mêmes leurs récepteurs, mais sa lecture rendra aussi de grands services aux auditeurs de T. S. F. qui y apprendront à mieux connaître le fonctionnement de leurs récepteurs, à les mettre au point, à améliorer les résultats obtenus.
- L’auteur ne s’est pas contenté d’ailleurs d’indiquer les caractéristiques de chaque récepteur avec tous les schémas de principe, plans de connexion et dessins ou photographies nécessaires pour la réalisation sûre et rapide des modèles décrits; il a consacré plusieurs chapitres à l’exposé du problème du choix et de la construction des récepteurs ainsi qu’à l’étude des différents accessoires de l’installation en vue d’améliorer les résultats obtenus avec n’importe quel poste.
- Les propos de lu cabine, par G. Grognard (2® édition). 1 vol. 187 pages, 49 fîg. Édition Film et Technique, 17, rue des Acacias, Paris. Prix : 28 fr.
- C’est de la cabine de l’opérateur cinématographique qu’il s’agit ici. Avec l’avènement du cinéma sonore, la projection est devenue un art qui exige des spécialistes armésd’un sérieux bagage technique : l’opérateur doit pouvoir se reconnaître au milieu du matériel scientifique et délicat qu’il doit mettre en action : moteurs électriques, accumulateurs, cellules photoélectriques, amplificateurs, lecteurs de sons, etc. L’auteur, qui est à la fois un ingénieur et un praticien donne ici, dans un langage à la portée de tous, des explications, des conseils pratiques qui seront d’un grand secours pour les opérateurs et les directeurs de salle; ceux-ci y trouveront réponse à la plupart des questions qu’ils ont à se poser pour comprendre le fonctionnement et l’installation et en assurer le service d’une façon impeccable.
- Manuel de lithographie, par R. Chelet, 1 vol., 334 p. 94 fîg. J.-B. Baillière. Paris, 1933. Prix : 22 fr.
- Ce manuel expose avec précision toute la technique de la lithographie ou gravure sur pierre et de la métallographie, qui est la forme moderne de la lithographie, substituant le zinc à la pierre. L’auteur prend la pierre au sortir de la carrière et la fait suivre dans les différentes phases du travail lithographique; il procède de même pour la métallographie. Une partie du volume est réservée à l’étude de la lithographie artistique. L’ouvrage décrit chemin faisant les plus récents modèles de machines, notamment les machines Rotocalco et Offset. Il s’adresse, non seulement aux débutants, mais encore aux maîtres imprimeurs.
- La technique moderne et les grands travaux,
- par E. Marcotte. 1 vol. 215 p. F. Alcan, Paris. Prix : 15 fr.
- L’auteur expose ici l’aspect moderne d’un certain nombre de problèmes de travaux publics, et les solutions qui leur ont été apportées : routes, ports maritimes, signalisations lumineuses, progrès de la métallurgie des rails, application de la photoélasticimétrie à la détermination de la résistance des constructions, applications des colloïdes dans les travaux publics. Ce livre, d’une lecture aisée, met clairement en évidence le rôle chaque jour plus grand de la science pure dans cette branche de la technique.
- Institut géophysique et météorologique de LwOW. Vol. 6. Communications 67 à 79. 1^ vol. illustré 312 pages, Lwôw, 1933.
- Ce volume contient un certain nombre de communications sur des sujets variés dus à M. Arctowski et à ses collaborateurs Deisenberg, Gottlieb, Kochanski, Orkisz, Stenz, Tèsla, Wiersbicki et Wiszniewski : variation diurne de la pression et transport des masses atmosphériques en Europe, études sur les huiles minérales de Pologne, notes sur l’anneau péricyclonal des typhons, sur les courants ascendants du terrain de vol à voile de Bezmiechowo, etc.
- On the Phytoplankton of the south-west Atlantic and the Bellinghausen sea, 1929-31, par T. John Hart. Discovery Reports, vol. VIII. 1 vol. in-4, 268 p., 84 flg. Cambridge University Press, London, 1934. Prix : 37 sh. 6 d.
- Au cours des croisières de la Discovery dans l’Atlantique sud, une attention particulière fut portée au plancton végétal, tant à cause de son abondance et de son importance comme nourriture pour les baleines qu’en raison des essais d’explication développés en ces dernières
- années pour les eaux européennes, des causes et des rythmes de production. Après avoir rappelé les conditions hydrographiques, l’auteur trace un tableau d’ensemble des principaux types de phytoplancton vivant en surface, dans les eaux tropicales et subtropicales, subantarctiques et antarctiques. Puis il examine en détail les variations en Géorgie du sud où les observations furent les plus nombreuses et aussi dans d’autres eaux allant jusqu’à la mer de Weddell, le détroit de Bransfleld, la mer de Bellingshausen. Il aboutit ainsi à lîxer la distribution géographique d’espèces caractéristiques, des principales masses marines, à suivre les successions saisonnières des associations, à r' connaître l’inégale répartition de l’énorme quantité de plancton des mers du sud, qui semble se concentrer particulièrement dans les régions où les eaux de profondeur remontent en surface en troublant la stratification. L’étude des divers facteurs limitant la productivité de ces mers donne une importance capitale à la lumière, tandis que ceux chimiques invoqués pour la Manche et la Mer du Nord ne paraissent pas jouer un rôle si marqué.
- Le recueil des rapports de la Discovery, dont celui-ci commence le 8e volume, devient ainsi un élément fondamental de la connaissance des mers australes.
- Traité de 'zoologie, par Edmond Perrier. Index alphabétiques de l’ouvrage complet (10 fascicules), par Rémy Perrier.
- I vol. in-8, 163 p. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 40 fr.
- A la fin du siècle dernier, trois traités entreprirent de fixer l’état des sciences naturelles : la géologie de Lapparent, la botanique de van Tieghem, la zoologie de Perrier. Tous trois devinrent rapidement classiques et servirent à l’enseignement supérieur. En zoologie, aucun autre ouvrage aussi étendu n’a paru plus récemment en français. La mort d’Edmond Perrier interrompit la publication du traité de zoologie au moment où il venait d’aborder les poissons; en ces dernières années, son frère Remy Perrier, professeur à la Sorbonne, a terminé l’œuvre en traitant des autres vertébrés. L’ouvrage est aujourd’hui complet en dix fascicules et il contient une somme de faits et d’espèces qu’on ne saurait trouver ailleurs. Pour en rendre plus aisée la consultation, ce onzième fascicule lui adjoint deux tables alphabétiques, une des termes techniques, l’autre de tous les genres, tribus, familles, ordres, etc., énumérés, décrits, figurés dans le traité. Sa longueur suffît à montrer toute l’étendue du traité.
- Précis de microscopie, parM. Langeron. 5e édition entièrement refondue. 1 vol. 1205 p., 365 fig. Collection des précis médicaux. Masson et Cie, 1934. Prix : cartonné toile, 100 fr.
- II y a vingt ans, la collection des précis médicaux s’enrichissait d’un précis de microscopie si bien conçu qu’il ne tarda pas à devenir classique et qu’il étendit sa réputation bien au delà des facultés de médecine, dans tous les laboratoires et jusque chez les amateurs, 11 n’a fait que se compléter et se perfectionner depuis et on le trouve maintenant sur toutes les tables, il est aujoui’d’hui le guide parfait, indispensable, tant pour choisir son microscope et conduire ses obser vations de bactériologie, d’histologie, de botanique, de zoologie, que pour les préparer par des fixations, des coupes, des colorations appropriées et même les compléter par des microréactions physiologiques ou chimiques.
- La 5e édition vient de paraître. Elle débute par un bilan des acquisitions récentes et en tient compte dans le texte par de nombreux remaniements : microspectroscopes, micromanipulateurs, ultropaks, microphotographie en infra-rouge, pli et rH2 intracellulaire, micro-chimie, culture des amibes, examen des spirochètes, technique coprologique, etc., pour n’en citer que quelques-unes. Le précis du Dr Langeron reste ainsi le vade-mecum de tous les médecins et naturalistes.
- Les amines biologiques, par M. Guggenheim. Édition française, par A. Berthelot, A. Prévôt et G. Karl. I vol. in-S,731 p. Baillière et fils, Paris, 1934. Prix : 130 fr.
- Les amines sont des substances azotées, plus ou moins basiques, dérivant de l’ammoniac, par substitution aux atomes d’hydrogène de radicaux d’hydrocarbures. On imagine toute leur variété. On en trouve chez tous les êtres vivants et certaines ont pu être préparées à l’état pur ou même synthétiquement. Le professeur de Bâle leur a consacré d’importants travaux et elles commencent à être largement étudiées en France. Ce traité, mis à jour par les traducteurs, contribuera à attirer l’attention sur leur extrême diversité. Il donne pour chacune la constitution, les propriétés, les moyens de dosage et d’isolement. Une vaste bibliographie contient les références aux recherches originales. L’ouvrage étudie un grand nombre de corps, classés par groupes chimiques, dont certains sont les constituants mêmes du protoplasma, tels les acides aminés, dont d’autres sont des produits de déchet de l’organisme, parfois extrêmement toxiques, dont d’autres encore ont des actions physiologiques puissantes, telle l’adrénaline, et conduisent aux hormones et aux vitamines, i
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- NOTES ET INFORMATIONS
- BIOGRAPHIE
- Gaston Planté, génial inventeur de Vaccumulateur électrique.
- Dans notre pays de mandarinat, Gaston Planté, l’illustre électricien dont on vient de célébrer le centenaire, fut une remarquable exception. Durant sa vie entière, consacrée aux spéculations scientifiques, il ne sollicita aucune place officielle, il ne brigua aucun honneur. Né de parents fortunés à Orthez (Basses-Pyrénées), le 22 avril 1834, il se fixa à Paris vers la cinquantième année, rue de la Cerisaie dans le quartier de Ja Bastille; prit ses grades universitaires en mathématiques et en physique à la Sorbonne et attaché peu après au Conservatoire national des Arts et Métiers comme préparateur d’Edmond Becquerel, il commença ses premières recherches sur la polarisation voltaïque qui le conduisirent à sa géniale découverte de Y accumulateur électrique (1860).
- Dès 1842, le physicien anglais William Robert Grove avait constaté l’instabilité de la décomposition électrolytique de l’eau. L’oxygène et l’hydrogène, qüi se dégagent à chacun des deux pôles de l’appareil, se recombinent lentement, en effet, si on les abandonne en présence des électrodes de platine ayant servi à les 'obtenir. Or la recomposition de ces deux éléments gazeux s’opère en restituant aux dites électrodes du courant que celles-ci ont dépensé pour la produire. Gaston Planté reprit la question en substituant divers métaux au platine et en remplaçant l’eau par des solutions acides. Il observa alors qu’en employant des électrodes en plomb et de l’acide sulfurique très dilué, on obtenait un courant beaucoup plus intense que celui fourni par l’engin de Grove.
- Cette « pile secondaire », comme il la surnommait, était, en définitive, une machine réversible, qui se déchargeait en produisant du courant absorbé ultérieurement au cours de sa régénération. Durant la période de charge de cet « accumulateur » l’oxygène se fixait sur l’électrode positive sous forme d’oxydes, tandis que le plomb, dissous dans l’électrolyte, se déposait sur l’électrode négative qui prenait un aspect spongieux. Pendant la décharge, ce plomb pulvérulent retournait à la solution électrolytique avec une partie de l’oxygène de la plaque positive. Puis, continuant à étudier les phénomènes qui se produisaient dans ce précieux « réservoir » énergétique, le sagace inventeur vit qu’en augmentant l’épaisseur de la « couche active » des lames de plomb, on améliore la capacité électrique. La fabrication actuelle des accumulateurs s’inspire encore de cette constatation faite naguère par Planté. D’un côté, on prépare des pastilles d’oxyde de plomb, qu’on loge dans les alvéoles des plaques positives et qui 8e peroxyde à l’usage. D’autre part, on réalise des plaques négatives qu’on recouvre de plomb spongieux avant leur montage définitif.
- Ainsi, dès l’origine, l’illustre électricien avait su tirer de son invention le maximum d’efficacité. En vain, depuis trois quarts de siècle, ses successeurs ont cherché à perfectionner son œuvre. Edison lui-même n’y a guère réussi : son accumulateur a électrodes de fer et de nickel avec électrolyte alcalin n’est pas plus résistant que celui au plomb. Quant aux tentatives faites pour utiliser l’iode ou autres corps halogènes, elles n’ont eu que des éphémères succès. Si ces types d’accumulateurs allégés semblent très pratiques, les réactions chimiques qui s’y opèrent ultérieurement les déprécient assez vite et leur réversibilité s’avère bien inférieure à celle de l’accumulateur Planté.
- Du reste, le sagace chercheur ne se contentait pas d’avoir construit un engin presque imperfectible, il s’en servit pour faire de nouvelles conquêtes scientifiques. Dans son appartement de la rue de la Cerisaie transformé en laboratoire, il réalisa sa fameuse machine rhéostatique, association d’une
- batterie d’accumulateurs de 800 couples avec des condensateurs à lame de mica, lui permettant d’imposantes manifestations électriques (1877). Il put ainsi reproduire artificiellement divers phénomènes atmosphériques, entre autres les aurores boréales et la foudre en boule. « Je me rappelle, écrivait Gaston Tissandier, avoir souvent assisté jadis aux expériences grandioses de Gaston Planté; elles n’étaient pas sans péril, car les électrodes qu’il maniait eussent pu frapper de mort l'expérimentateur inhabile » avec ses 100 000 v de tension ! Ce dispositif, quelque peu modifié et considérablement amplifié sans doute, a permis d’obtenir récemment, dans des laboratoires français et américains, des étincelles de 3 millions de v. En réunissant par un fil les deux armatures de tels éclateurs, on arrive à produire des éclairs de 25 mètres de longueur, imitations réduites des décharges atmosphériques par temps d’orage.
- Quoi qu’il en soit, avec cette machine rhéostatique et ses diverses Recherches sur l’électricité (1879), Gaston Planté ouvrait de nouveaux horizons et la Société française des Electriciens se propose non sans raison, de rééditer ce livre, devenu aujourd’hui d’une extrême rareté. Aux découvertes des Volta, des Franklin, des Ampère et autres initiateurs, Planté avait su ajouter le fécond principe de la réversibilité des phénomènes électriques.
- A côté de cette géniale « trouvaille », et de ses utiles applications, les autres travaux que Planté entreprit au cours de sa trop courte carrière comptent peu. Retenons néanmoins la découverte qu’il fit dans le conglomérat du Bas-Meudon, d’un oiseau éocène auquel Constant Prévôt donna le nom de Gastornis. Ce gigantesque fossile, plus remarquable par sa stature que le célèbre oiseau trouvé par Cuvier dans les plâtrières de Montmartre, étonna beaucoup les paléontologues.
- Le savant électricien possédait, d’ailleurs, une vaste érudi-
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- tion. S’il « vécut modestement sur cette terre, s’il n’y fit pas de bruit... contrairement à ceux qui y passent avec fracas et ne laissent après eux rien de durable » selon les paroles d’un de ses biographes, il y sema « le germe d’une moisson féconde pour l’avenir ». Poursuivant son patient labeur jusqu’à sa mort, survenue le 21 mai 1889, dans sa maison de campagne de Bellevue, près de Paris, il passait ses journées, soit dans son cabinet de physique, soit dans sa bibliothèque, à lire non seulement les publications scientifiques, mais encore les oeuvres des philosophes et des grands littérateurs grecs, latins ou français, soit en compagnie de son frère le célèbre musicien Francis Planté, soit en compagnie de parents ou intimes triés sur le volet. Causeur aimable, gai et sprituel, il était également d’une bienveillance extrême, ne demandant jamais rien pour lui-même, mais toujours prêt à obliger un ami et à lutter contre les abus du favoritisme. De tels hommes méritent qu’on rappelle leur sympathique mémoire.
- MÉCANIQUE
- Une super ^centrifuge à I 200 000 tours par minute.
- A une récente exposition de New-York, la Société Sharples présentait une supercentrifugeuse qui sans aucun doute
- Üfl) Air sous-pression
- Fig. 1. — Coupe de la super-centrifuge.
- parmi toutes les machines rotatives existant dans le monde, détient le record de la vitesse angulaire.
- En effet, son rotor de 1 cm de diamètre maximum tourne à la vitesse de 20 000 tours par seconde, soit 1 200 000 tours à la minute; ce qui représente une vitesse linéaire périphérique de 2280 km, heure et une force centrifuge équivalant à 7 600 000 fois la pesanteur.
- Cette machine utilise, pour atteindre de pareilles vitesses, un dispositif dû à un savant inventeur français, M. Huguenard.
- On comprend qu’à de pareilles vitesses les systèmes ordinaires de liaison mécanique ne se prêtent plus aux transmissions de mouvement. Les problèmes de lubrification des surfaces métalliques en contact deviennent également insolubles. M. Huguenard avait ingénieusement supprimé toutes ces difficultés.
- Le rotor, une toupie de forme conique, est monté sur un support également conique, mais d’angle un peu différent, de façon qu’il ne puisse prendre contact avec son support que suivant sa section de plus grand diamètre. La toupie porte des rainures convenablement orientées, tandis que le support est percé d’orifices permettant l’arrivée d’un jet d’air ou de gaz sous pression. Sous l’action de ce jet, la toupie se met à tourner, tout en se soulevant légèrement; elle n’a plus alors aucun contact solide avec son support; elle tourne et flotte littéralement sur un palier d’air.
- La plus grande vitesse réalisée avec ce curieux outil l’a
- été en employant un jet d’hydrogène comme agent moteur. L’hydrogène a sur l’air l’avantage que pour une même chute de pression la vitesse du jet gazeux est plus grande; en outre, le coefficient de viscosité n’est que la moitié environ de celui de l’air, ce qui réduit le frottement. C’est avec l’hydrogène que l’on a réalisé la vitesse de 20 000 tours par seconde, tandis qu’avec l’air on n’a pu dépasser 12 000.
- PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE Les brevets d’invention en France en 1933.
- 11 a été délivré en France, dans le courant de l’année 1933, un total de 20 000 brevets d’invention et certificats d’addition. Ce nombre est en régression sensible sur celui de l’année 1932 qui s’élevait à 21 650, et marquait lui-même un recul notable par rapport aux années record 1929, 1930 et 1931 au cours de chacune desquelles il a été délivré 24 000 brevets ou certificats d’addition. La crise économique a donc un effet très net sur le nombre, sinon sur la qualité des inventions. Rappelons toutefois que l’année 1910, la plus féconde d’avant guerre, n’a vu délivrer que 16 064 brevets ou additions.
- L’électricité vient en tête parmi les domaines qui attirent les inventeurs; on .relève en 1933 à son actif 1868 brevets et 228 additions; viennent ensuite les arts chimiques avec 1466 brevets et 112 additions, les moteurs divers avec 952 brevets et 55 additions, les organes de machines avec 801 brevets et 63 additions. Sur les 20 000 brevets ou additions délivrés en 1933, on constate que 10 755 proviennent de France, les autres de l’étranger : l’Allemagne en a fourni 3497, les Etats-Unis 1237, la Grande-Bretagne 1153, la Suisse 997.
- En France le département le plus inventif est, bien entendu, la Seine avec 6393 brevets et additions; vient ensuite la Seine-et-Oise 399; puis le Rhône 365 ; le Nord 329 ; les Bouches-du-Rhône 209; la Loire 193; le Bas-Rhin 188; la Gironde 176; les Alpes-Maritimes 119; la Seine-Inférieure 110; l’Isère 105.
- Les départements les moins inventifs sont la Creuse : 1 brevet; Le Lot : 1, la Lozère : 1, les Basses-Alpes : 2, les Hautes-Alpes : 2, la Corse : 4, le Morbihan : 4.
- TRAVAUX PUBLICS [Le tunnel des Apennins.
- On vient d’inaugurer, en Italie, entre Florence et Bologne, une nouvelle voie ferrée qui raccourcit de plus de 33 km le trajet entre ces deux villes. Cette nouvelle ligne, longue de 98 km est remarquable par ses travaux d’art; elle comporte notamment plus de 37 km de tunnels. Le plus remarquable d’entre eux, le tunnel des Apennins, détient aujourd’hui le record du monde de longueur parmi les tunnels à double voie; il mesure 18 508 m de long. Il est un peu moins long que le Simplon; mais celui-ci, comme on le sait, est formé de deux galeries indépendantes à voie unique. La ligne est équipée électriquement en courant continu 3000 volts.
- BOTANIQUE
- Croissance des arbres et fructification.
- En Suisse, M. Naegeli a observé que l’accroissement des sapins et épicéas en hauteur est faible durant les années où ils fructifient, c’est-à-dire donnent des cônes.
- La même année, la longueur de la pousse des arbres les plus riches en cônes fut de moitié seulement de celle des arbres dépourvus de cônes et on a observé les cas intermédiaires. Par conséquent, si on observe sur un vieux sapin des entre-nœuds courts, on peut les attribuer soit au manque de pluie cette année-là (comme on le pensait auparavant), soit a la fructification. D’ailleurs, l’arbre fructifie de préférence quand il souffre un peu de la sécheresse.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ASTRONOMIE
- Une impressionnante reproduction du système planétaire.
- Nous avons pensé qu’il pouvait être intéressant d’établir un diminutif du système solaire, mais un diminutif proportionné.
- Et cela serait un ornement d’un genre tout particulier, sur une grande pelouse ou le long d’une allée droite un peu longue, par exemple.
- La chose serait également bien placée dans la cour d’un lycée, d’un collège ou d’une école sans qu’il soit nécessaire de disposer d’un vaste espace.
- On fera donc autant de légers supports en bois qu’il y a d’astres dans le système planétaire jusqu’à Neptune inclus, et en ne tenant nul compte des petites planètes situées entre Mars et Jupiter.
- Chaque support aura un astre à sa partie supérieure. On en voit sur nos dessins en A, B, C.
- On" met ces supports les uns à côté des autres en une ligne droite dans une cour, sur une pelouse ou le long d’une allée, endroits déjà désignés ci-dessus.
- Ils sont éloignés les uns des autres proportionnellement aux éloignements vrais des pla -nètes dans l’espace.
- La moitié du moyen diamètre du système solaire jusqu’à Neptune sera ainsi représenté, car on peut imaginer toutes les planètes vues du même côté du Soleil; mais si la cour, l’allée droite, la pelouse sont assez grandes, on pourra mettre le système double en longueur, avec un certain nombre de planètes à droite et le reste à gauche.
- Tout compte fait et en arrondissant sans se gêner les chiffres, et le support du Soleil étant mis au point de départ, le support de Mercure sera à 0 m 38 de celui du Soleil (de centre à centre), Vénus à 0 m 72 du Soleil, la Terre à 1 m, Mars à 1 m 52, Jupiter à 5 m 20. Saturne à 9 m 53, Uranus à 19 m 20, Neptune à 30 m.
- Pour les diamètres : Le Soleil aura 35 mm,
- Mercure 1/30 de mm,
- Vénus 1/10 de mm,
- La Terre 1/10 de mm,
- Mars 1/20 de mm,
- Jupiter 1 mm, 1,
- Saturne 2/3 de mm,
- Uranus 1/3 de mm,
- Neptune 1/3 de mm.
- Les figures A, B, C, D nous montrent : A, l’élévation d’un des piliers; B, le dessus d’un pilier en plan; C, le dessus d’un pilier vu en perspective; D, le plan du pied et la coupe de la colonne d’un des piliers, et montrant, comme A, les détails du montage en bois d’une des colonnes, à la base.
- Sur le dessus, la boîte carrée est couverte d’une plaque de verre, et les planètes sont dessinées à l’aide d’un point d’encre de Chine sur une pastille de bois (3) peinte en blanc. Le Soleil est une bille dorée collée.
- On dessine les points noirs infimes en s’aidant d’un double décimètre et d’une loupe.
- Remarquer que les supports ont quatre fers plats (2) vissés sur les pieds (fig. A, où ces fers plats sont amorcés seulement comme dessin, et fig. D, où ils sont vus par-dessus).
- Ces fers s’enfoncent en terre et maintiennent le support.
- Pour chaque astre, une boîte en bois (5) est placée sur la
- planche supérieure du support, tenue par quatre équerres (4) vissées.
- La pastille de bois (3) est dans cette boîte, collée au centre.
- La boîte est couverte d’une plaque de verre coupée aux angles et tenue par quatre vis dont la pression est amortie sur le bord du verre par quatre rondelles de drap.
- Inscrire le nom de l’astre sur chaque pied (fig. C).
- Cette reproduction de notre système plané -taire, incomplète cependant, donne une idée nette de l’immensité et du vide presque complet des cieux. Marius Monnif.r.
- PHOTOGRAPHIE
- Vobjectif le plus lumineux du monde.
- Les temps de pose, en photographie et en cinématographie, ont été réduits, ces temps derniers, en augmentant, d’une part, considérablement la sensibilité des plaques et des pellicules, en portant, d’autre part, la luminosité de^ objectifs à des limites naguère inaccessibles.
- Il n’y a pas encore bien longtemps qu’une ouverture relative de F : 6,3 était considérée comme fortement lumineuse. Or les appareils d’amateurs de constuction récente comportent, dans bien des cas, des objectifs de F : 4,5, voire F : 3,5, les appareils à petit format (24 X 36 mm ou 30 X 40 mm), même de F : 2,7. En cinématographie, on va encore bien plus loin, car non seulement les professionnels, mais encore les amateurs se servent parfois de systèmes optiques de F :
- Fig. 1. — Construction du système planétaire.
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- 1,8 et F : 1,4, qu’on regarde couramment comme le nec plus ultra de la construction optique.
- Une usine optique de Berlin vient de mettre au point un objectif de l’ouverture énorme de F : 0,95, luminosité vraiment merveilleuse.
- Pour se faire une idée de ce que veut dire F : 0,95, on n’a qu’à constater, par un simple calcul mental, que ceci correspond à une luminosité environ 22 fois supérieure à celle de F : 4,5, qui, pour les formats moyens, est déjà respectable, et 4 fois supérieure à la luminosité déjà exceptionnelle de F : 1,9, dont quelques cinéastes et photographes-publicistes se servent dans certains cas. En fait, la réalisation de l’ouverture F : 0,95 ouvre à la photographie de nouveaux domaines d’activité.
- Sans insister ici sur la grande importance de cette construction pour la cinématographie professionnelle, voyons un peu ce que le photographe et le cinéaste amateurs pourront faire avec le nouveau système optique. -Il permet les instantanés, et les prises de vues cinématographiques dans les salles éclairées par les lampes ordinaires, sans le secours des lampes de 500 w jusqu’ici indispensables ou, avec une lampe pareille la prise de vues de grands groupes et de scènes pour lesquelles
- Fig. 2. — L'objectif le plus lumineux du monde, monté dans un appareil à très-petit format (13 X 18 mm).
- il était jusqu’ici impossible d’emprunter aux secteurs domestiques, aux fusibles de 6 ampères, une intensité de courant suffisante. On peut ainsi, sans autres préparatifs, photographier et cinématographier au théâtre, au café-concert, dans les salles de réunion; on peut même, au café-concert, faire de la cinématographie à grande vitesse. Quant aux prises de vues domestiques (sur film « Kodak SS » ou « Afga-Novoplan »), l’objectif de F : 0,95, avec une pose de 1/30 seconde et une lampe ordinaire de 100 w (avec verre opale, sans réflecteur), ou une lampe de 60 w combinée à une de 40 w, à 1 m de distance, permettra d’obtenir un cliché parfaitement éclairé.
- Les nouveaux objectifs Astro, désignés sous le nom de « tachones », n’ont été jusqu’ici construits que pour les distances focales de 25, 35, 52 et 75 millimètres, convenant parfaitement aux films étroits et les deux derniers aux films de cinéma normaux. Ils peuvent aussi s’employer pour les appareils photographiques utilisant ces mêmes formats, par exemple, les formats de 13 X 18 mm, et les formats de 18 X 24 mm. La distance focale de 75, mieux encore celle de 100 mm, pour laquelle l’objectif devra également être construit, conviendront parfaitement au format « Leica » (24 X 36 mm). Dans tous ces cas, le champ de vision nette
- Fig. 3. — Cinq objectifs de 75 mm de distance focale et d’ouverture: 0,95, 1,5; 1,8; 2,3 et 2,7 et un objectif de 90 mm de distance focale
- et d'ouverture 4.
- est donc plus petit, relativement parlant, que pour d’autres objectifs, son diamètre n’est que la moitié environ de la distance focale. Comme on le voit facilement par l’ouverture relative, ces objectifs sont d’un diamètre et, par conséquent d’un poids, considérables, ce qui conjointement au prix de ces systèmes optiques, mettra des limites à la réalisation pratique des grandes distances focales. 11 va sans dire aussi que le travail avec ces objectifs nécessite des soins méticuleux dans la mise au point focale et une connaissance exacte de la netteté en profondeur.
- OBJETS UTILES Serre=jardinière « Prima=FIora ».
- La mode a toujours été aux cultures d’appartement car c’est une joie de pouvoir suivre jour par jour, à la ville, la croissance et la Iloraison de plantes qui évoquent la campagne et donnent l’illusion du jardin. Aux plantes en pots dont la floraison ne dure qu’un moment, s’ajoutent depuis quelques années les cactus aux formes géométriques.
- Pour ces derniers, voici des serres miniatures qui peuvent d’ailleurs servir aussi aux autres plantes. A un angle se trouve un puits qu’on emplit d’eau et qui humidifie par capillarité toute la jardinière.
- Contre le froid, un châssis vitré donnant l’aspect d’une petite maison; on y place les graines dans un lit de terreau et l’on assiste à leur éclosion.
- Autour, des terre-pleins remplis de terreau où l’on repique les jeunes plants. C’est, inspiré des jardins de table chinois ou japonais, un ensemble décoratif heureusement composé et qui assure aux petites plantes l’optimum d’humidité, d’aération et de chaleur.
- En vente chez G. Seigle, 9, rue de l’Hôtel-Colbert, Paris (V° .
- Fig. 4. — Serre-jardinière « Prima-Flora ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La mitrailleuse centrifuge.
- M. Pannetier nous écrit de Commentry :
- « J’ai lu avec intérêt dans le numéro du 15 mai l’arlicle deM. Bourgeois sur la mitrailleuse centrifuge japonaise. Comme le dit très bien l’auteur, l’idée de cette mitrailleuse n’est pas nouvelle. Sans parler du principe de la force centrifuge utilisée, depuis des siècles par la fronde, je me rappelle très bien qu’un de mes amis, M. Paul Fayol, ingénieur des Mines (frère de M. Henri Fayol, père du Fayolisme) avait imaginé un engin similaire pour lancer les grenades pendant la grande guerre. Cette machine ne fut pas acceptée par la Commission des Inventions de l’armée, probablement ù cause des difficultés de pourvoir extem-poranément à la force motrice sur le champ de bataille ».
- La consommation du poisson à la campagne.
- Nous recevons d’un lecteur de la Beauce la lettre suivante :
- « Je viens de lire un intéressant article de La Nature du 1er juin sur la conservation du poisson. J’y ai noté la phrase suivante :
- « Nos populations terriennes forment une masse assez rebelle à la consommation du poisson ». C’est exact, mais ce n’est pas une question de principe. Dans certaines fermes, on offre aux ouvriers qui le désirent un excellent repas de poisson le vendredi. Généralement les ouvriers sont heureux d'accepter ce repas qui les change de la nourriture habituelle. Si on mange si peu de poisson à la campagne dans nos régionsi
- c’est que son prix est trop élevé et en fait presque une denrée de luxe. Certains articles de journaux et revues vantent le bon marché du poisson et s’étonnent qu’on n’utilise pas davantage une nourriture si saine. Evidemment les auteurs ne sont pas allés sur place comparer le prix du poisson avec celui des autres denrées. On peut avoir une douzaine d’œufs en campagne pour 2 fr. 50 et pour le même prix on a à peine une assiette de poisson. Les légumes, les fruits et les produits du sol ne coûtent à peu près rien. La viande de porc chez nous et parfois aussi celle du mouton, animaux élevés dans le pays à peu de frais, sont très bon marché. Dans ces conditions le cultivateur, obligé d’équilibrer s >n budget et d’économiser pour ses vieux jours, hésitera à acheter du poisson.
- D’où vient cette cherté du poisson ? Sans doute de bien des causes : prix au port même, intermédiaires, transports, etc. Certains vendeurs des ports de mer nous offrent de nous envoyer régulièrement et directement des colis de poissons, en payant un abonnement. Ce système semble assez pratique; mais l’expérience montre qu’il se heurte encore à deux obstacles. D’abord les prix proposés sont encore bien élevés. Ensuite, l'expéditeur, pour telle ou telle raison, ne compose pas ses colis toujours de la même façon. Certains envois sont très acceptables, mais d’autres ne le sont guère comme qualité et quantité à consommer. Peut-être cependant que le mode de conservation décrit dans La Nature du 1er juin remédierait à ce dernier inconvénient en permettant de régulariser la nature des colis. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Disques employés pour Venregistrement d’amateur.
- On emploie pour l’enregistrement direct pour amateur ou même professionnel, des disques d’aluminium, en composition à bas 5 de gélatine ou bien à âme en carton ou en métal recouverte d’acétate ou do nitrate de cellulose.
- Vous pouvez vous adresser â ce sujet aux fabricants suivants :
- établissements Max Braun, 31, rue de Tlemcen, Paris.
- Établissements Marchât, 25, avenue Malakoff, Paris.
- établissements S. E. S., 9, rue de Ponthieu, Paris (8e).
- On peut, pour des essais, se contenter, par exemple, de pulvériser de la peinture cellulosique, genre Duco, d’une manière aussi homogène que possible sur un disque métallique, mais les résultats obtînus sont généralement assez peu satisfaisants. Il faut, en effet, que la matière présente juste l’épaisseur et la résistance convenables. IJ ne s'agit pas seulement d’obtenir des sillons tracés avec précision et comportant des ondulations très nettes, exécutées sous l’action de l’outil raboteur en acier ou en diamant, il faut encore que le bruit de fond au moment de la reproduction soit aussi atténué que possible. Celui-ci dépend essentiellement des sinuosités qui se trouvent au fond des sillons, et qui déterminent des vibrations parasites de l’aiguille reproductrice. Pour les atténuer, il faut que la matière dont est formée la surface du disque soit extrêmement homogène, et d’un grain très fin. La fabrication de ces disques est donc très difficile.
- Il existe maintenant des disques en composition relativement molle au moment de l’enregistrement et qui peuvent être durcis par la suite sous l’action de la chaleur lorsqu’on les place dans un four électrique spécial. Ces disques ont été présentés en Allemagne.
- Un ingénieur français a préconisé récemment une composition de résines synthétiques relativement molle au moment de l’enregistrement et qui se durcirait d’elle-même par la suite sous l’action de l’air.
- Vous pourriez obtenir des renseignements sur cette question, en vous adressant à la revue : Machines parlantes et Radio, 15, rue de Madrid, à Paris (8e).
- Réponse à M. Robert Dupont, à Villeurbanne (Rhône), et à M. L. T., Paris.
- Batterie de chauffage pour poste de T. S. F.
- Les batteries d’accumulateurs au plomb pour le chauffage des lampes de- poste de T. S. F. doivent être régulièrement rechargées, si l’on veut les maintenir en bon état pendant plusieurs années.
- Nous vous conseillons de ne plus employer de batteries ordinaires, si vous devez les abandonner pendant plusieurs mois sans entretien.
- Le moyen le plus sûr serait de supprimer complètement les batteries, et d’utiliser un chauffage à courant redressé et filtré, comportant un dispositif de redressement « Cuproxyde » et un circuit de filtrage avec bobine de choix et deux condensateurs électrochimiques de 2500 microfarads. Ce système n’est applicable évidemment que si vous avez le courant d’un secteur alternatif, ce qui nous semble probable, bien que vous ne nous l’indiquiez pas.
- Si vous voulez avoir des batteries pouvant être abandonnées plusieurs mois sans entretien, sans inconvénient, nous vous conseillons une batterie d’accumulateurs au plomb, d’un type spécial à plaques épaisses qui donne généralement de bons résultats.
- Vous pouvez vous adresser, par exemple, à ce sujet aux établissements Tudor, 16, rue de La Baume, Paris.
- Réponse à M. Robinet, à Cagnes-sur-Mer (A.-M.).
- De tout un peu.
- M. Van Geertruyden, à St-Gilles, Bruxelles. — Vous trouverez tous les renseignements demandés dans l’ouvrage Coloration des métaux, par Michel. Editeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, â Paris.
- Wl. L. Evin à Sêes, Orne. — 1° L'acide sulfurique à 28° Baume contient :
- Pour 100 parties en poids 32,2 % d’acide concentré à 66° B ou 48,1 % d’acide à 53° B.
- Par litre 0 k, 400 d’acide à 66° B ou 0 k, 597 d’acide à 53° B.
- 2° Vous trouverez tous renseignements sur le chromage électroly-iique dans l’article paru le 15 avril 1930, n° 2831, page 359.
- A. M. B., à Belfort. — Le sulfate de fer du commerce ou « vitriol vert » en poudre constitue un excellent désinfectant des fosses d’aisances, par sa propriété de fixer simultanément les produits sulfhydriques (formation de sulfure de fer) et les vapeurs ammoniacales, en donnant un sulfate double de fer et d’ammonium.
- Wl. Le Dr Roulland, à Béziers. — 1° La formule de la glu à appliquer sur le tronc des arbres fruitiers, pour empêcher la montée des insectes, a été donnée dans le n° 2874, page 143. Veuillez bien vous y reporter.
- 2° Vous obtiendrez de meilleurs résultats pour émulsionner vos
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- huiles usagées d'autos en vous servant de savon suivant la formule
- de Langlois :
- Prendre :
- Huile lourde...................................... 5000 grammes
- Savon noir (savon mou de potasse)................. 1000 —
- Eau ordinaire..................................... 94 litres.
- Dissoudre d’abord le savon noir dans 5 litres d’eau bouillante, puis ajouter peu à peu les 5 kg d’huile, conserver ainsi pour l’usage et n’étendre avec le r^e de l’eau, que sur le lieu du traitement.
- A. F., à Roman; La pâte des fromages de Hollande est généralement colorée en jaune orangé à l’aide du Raucou (Bixi orellana); quant à la croûte, elle doit sa teinte à une application de tournesol (Rocella tincloria) que l’acidité du fromage fait virer au rouge violacé.
- J. L., à Bruxelles. — Nous pensons que vous pourriez réaliser Vimperméabilisation du bois que vous avez en vue, par immersion de celui-ci pendant quelques hzwes dans une solution alcoolique de gomme laque, ou peut-être plus économiquement encore de résine courante (colophane) dans le même solvant ou dans la benzine.
- Quelques essais préalables avec des concentrations connues vous fixeront rapidement sur les proportions à adopter.
- Q. Q. D., à Burgos. —-A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre de mettre au point des spécialités commerciales; en ce qui concerne votre demande, veuillez vous inspirer des formules d’encaustiques à l’eau que nous avons publiées à plusieurs reprises, en particulier dans le n° 2892, page 431, qui pourraient être ajustées dans le sens qui vous intéresse.
- M. IVlajoli, à Ravennes. — La recharge des tampons et rubans de machines à écrire s 'effectue avec la mixture suivante :
- Fuchsine ou violet de Paris......................... 1 gramme
- Alcool à 95°........................................10 cent. cub.
- Glycérine à 30°.....................................19 »
- Faire dissoudre d’abord la matière colorante dans l’alcool, ajouter ensuite la glycérine et rendre homogène.
- Quand le tampon ou la bande ne cède plus de couleur, verser un peu de la solution sur une petite brosse, brosse à dents par exemple, puis l’étendre uniformément, sans exagération; attendre ensuite que l’imbibition soit complète avant de remettre en service, pour éviter les bavures à l’impression.
- M. Lanckmans, à Bruxelles. — Voici d’après Cerbelaud, comment on peut facilement préparer une embrocation pour sportifs :
- Prendre :
- Jaunes d’œufs.............. 10
- Blancs d’œufs.................. 10
- Vinaigre fort................. 400 cent, cubes
- Essence de térébenthine. . 1000 »
- Eau distillée.............. 3500 »
- Gomme adragante. . . . 100 grammes
- Battre d’abord les dix jaunes d’œufs avec l’essence de térébenthine.
- Ensuite battre également les dix blancs avec l’eau distillée.
- Mettre de côté un demi-litre de cette eau albumineuse et le mélanger avec le vinaigre.
- Ajouter peu à peu au mélange de jaunes d’œufs et d’essence de térébenthine les trois litres restants d’eau albumineuse, puis le mélange vinaigré en battant longuement après chaque addition.
- Enfin émulsionner avec la gomme adragante puis passer au travers d’une fine mousseline pour éliminer les grumeaux, mettre en flacons bien bouchés et conserver au frais jusqu’au moment de l’emploi.
- M. Labruyère, à Maçon. — Veuillez vous reporter, pour la préparation des savons liquides, aux formules que nous avons données dans le n° 2897, page 95.
- M. Port, à Brest. — Le sol sur lequel reposent les carreaux est salpêtré, très probablement parce que le sous-sol est imprégné de matières organiques, qui après transformation ammoniacale subissent une nitrification : ce sont ces sels qui par capillarité remontent constamment à la surface.
- A notre avis, le seul moyen d'entraver la nitrification serait de pratiquer des lavages fréquents à l’eau javélisée.
- Robinet, à Montigny-sur-Loing.— 1° Votre baromètre est gradué en pouces anglais, un pouce valant 25 mm 4, de sorte que les correspondances avec la graduation française sont les suivantes :
- 2S1’,, = 730 mm (tempête) —- 29I>,Q = 760 mm (variable)
- Sir,, = 790 mm (très sec).
- 2° Les cadrans de baromètres anéroïdes, protégés qu’ils sont par un verre, ne présentent généralement à leur surface que des grains de
- poussière, il suffit pour les nettoyer d’y passer doucement une peau de chamois; en tout cas nous ne vous conseillons pas d’essayer une réargenture, car la graduation pourrait avoir à en souffrir.
- 3° Nous ne pensons pas qu’il ait été publié d’ouvrages spéciaux sur la question.
- 4° La mixture suivante vous permettra de protéger utilement le fer forgé des attaques de l’air marin.
- Brai stéarique....................................... 100 grammes
- Bitume ordinaire....................................... 35 —
- Huile de lin cuite..................................... 65 —-
- White spirit...........................................100 —
- Pour obtenir le ton gris, ajouter une quantité suffisante de plombagine (mine de plomb) et pour le noir franc remplacer la plombagine par le noir de fumée.
- M. Saugeron, à Marseille. — L’ouvrage « Le Pétrole » de Riche et Halphen, éditeur Baillière, 19, rue Ilautefeuille, vous fournira la majeure partie des renseignements que vous désirez. Pour une documentation complète sur toutes les publications récentes, le mieux est de vous adresser à l’Association de Documentation, 82, rue Tait-bout dont les bureaux sont ouverts de 9 h. à midi et de 2 h. à 5 h.
- M. Morin, à Château-Qontier. — L’acide monoéthylorthophos-phorique appelé aussi acide phosphoêthylique ou phosphovinique PO4 H2 C3 H3, est un liquide ’ épais, incolore, inodore, rougissant fortement le tournesol, de saveur amère et aigrelette à l’ébullition, il commence à se décomposer en libérant de l’alcool, de l’oxyde d’éthyle, de l’éthylène, puis finalement laisse comme résidu de l’acide phos-phorique et du carbone .
- L’acide êthylphosphorique est miscible en toutes proportions à l’eau, à l’alcool et à l’éther, il est bibasique et donne des sels pour la plupart solubles à l’exception du sel de plomb.
- Pour préparer, on chauffe un mélange de 100 gr d’alcool à 95° et de 100 gr d’acide phosphorique vitreux de manière à produire un sirop épais qu’on laisse au repos pendant 24 heures; puis on étend de sept à huit fois son volume d’eau, on sature l’acidité par du carbonate de baryum et lait bouillir pour chasser l’excès d’alcool. On laisse la température descendre à 70°C et liltre. Le liquide en se refroidissant laisse déposer le sel barytique que l’on sépare et décompose par l’acide sulfurique après l’avoir redissous dans l’eau. Pour 100 parties de sel, il faut 25 parties d’acide A 66° B.
- On filtre à nouveau pour éliminer le sulfate de baryum et il ne reste qu’à concentrer le liquide d’abord au bain de sable, puis dans le vide.
- Nous n’avons pas connaissance d’une application thérapeutique courante du produit; pour vous le procurer, il faudra très probablement en faire une commande spéciale chez un marchand de produits chimiques, par exemple. Neveu, 20, rue Gay-Lussac.
- M. Eparvier, à St-Victor-sur-Loire.— La formule à laquelle vous faites allusion, pour V imprégnât ion des balais à franges, est la suivante:
- Huile de vaseline.................................150 cent, cubes
- Pétrole lampant................................... 850 —
- M. Sébastien, à Béziers. — 1° Les fissures qui se sont produites dans votre crépis sont dues au retrait, conséquence de l’évaporation d’un excès d’eau employée dans la confection du mortier ou le gâchage du plâtre.
- 2° L’ouvrage « Manipulations de physique élémentaire», édité par Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain, vous donnera très probablement satisfaction.
- Bibliothèque des Aciéries d’Unieux. — La composition que l’on applique sur les skis pour en favoriser le glissement est un mélange de paraffine et cire d’abeilles, qui a pour but d’empêcher le gonflement du bois par l’humidité de la neige, c’est pourquoi on doit l’appliquer sur le bois sec, en favorisant sa pénétration par passage d’un fer à repasser modérément chaud, pour amener à liquéfaction.
- Association post-scolaire, Grenoble. — Pratiquement, l’enlèvement total des caractères tracés aux encres grasses, n’est pas possible parce que le pigment est constitué par du carbone sous forme de noir de fumée qui est complètement inattaquable par tous les réactifs.
- La seule chose que l’on puisse faire est d’enlever le véhicule gras par la benzine ou le tétrachlorure de carbone, puis après séchage complet de gommer avec une gomme à crayon; mais le plus souvent, il restera encore dans les pores du papier, une quantité de carbone assez grande pour que les caractères restent légèrement visibles.
- M. Weydert, à Puteaux. — Nous ne connaissons pas la composition de cette spécialité et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- Le Gérant : G. Masson.
- 5oç8. — lmp. Lahure, g, rue de Fleurus, Paris. — i-p-nykp — Publishedin France.
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- N° 2933.
- LA NATURE
- 15 Juillet 1934.
- LE JARDIN D’ESSAI DE GUINÉE
- C’est à la fin du xix1' siècle que les indigènes de Guinée subirent l’influence française. Ce n’est que le 17 décembre 1891 qu’un décret réorganisa le statut de nos possessions du golfe de Guinée. Le territoire de la Guinée française comprit alors la région actuelle dénommée ainsi, plus les comptoirs de la Côte d’ivoire et du Dahomey. Bal-lay fut nommé gouverneur de la nouvelle colonie. Cet homme était vraiment un chef, un créateur, et ce serait justice qu’en enseignant l’histoire de la colonisation française on parlât de « Ballay, le père de la Guinée ». Gouverneur intelligent, comprenant très bien que l’omniscience est de moins en moins du domaine humain, il s’entoura de compétences remarquables pour fonder le Service des Travaux Publics, l’hôpital de Konakry, le chemin de fer Konakry-Kanlcan, et, en collaboration avec un agronome, Teissonnier, il créa le Jardin d’essai de Camayenne en 1897.
- Un Jardin d’essai est un organisme complexe comprenant un jardin botanique, une station expérimentale agricole, un centre de vulgarisation rurale, des pépinières destinées à fournir des variétés améliorées aux planteurs européens et aux indigènes.
- Un tel établissement joue non seulement un rôle scientifique incontestable, et devient le « Bagatelle » des Européens de la Colonie, mais a surtout pour but de transformer l’économie d’un pays grand comme la moitié de la France.
- L’organisation administrative fut l’œuvre propre de Ballay, alors que l’ingénieur Teissonnier fut chargé de sa création effective. Ce dernier, arrivé à la Colonie en avril 1897, choisit un sol relativement riche, à proximité du chef-lieu de la Colonie, dans la presqu’île du Kaloum,
- au village de Kama-Yen, que l’on a francisé en Camayenne. 11 est bon de noter l’étymologie du nom du village côtier : Kama, dérivé de Kana, signifiant « lieu d’abatage ou de destruction »; Yen veut dire « village »,
- comme « Ya ». L’origine de ce nom est due aux tornades orageuses s’abattant en ce lieu, les plus fortes de toute cette région. Notre prédécesseur, ignorant la linguistique locale, ainsi que les inconvénients de cette particularité climatologique, arrivé en avril, en saison sèche, se hâta de commencer les travaux de débrous-sement dans la seconde quinzaine de mai, afin d’avoir suffisamment de sol défriché aux premières pluies.
- Le terrain n’avait alors que 8 hectares. Aujourd’hui, le Jardin d’essai comprend 32 ha clos sur 165 ha en totalité.
- A la fondation, le Jardin avait un personnel suffisant : un directeur, un jardinier européen, un surveillant indigène et 20 manœuvres.
- En 1931, on estimait que le personnel européen réduit à une unité était largement suffisant pour diriger la totalité des cultures (essais et pépinières) et s’occuper des expériences. Nous avions tout de même obtenu une centaine d’hommes, y compris une trentaine de prisonniers.
- Dès les premiers travaux, Teissonnier s’attacha à la culture des caféiers et songeait à la combiner à celle des Landolphia florida dont il estimait l’avenir brillant. Depuis, les cours des caoutchoucs africains sont tombés à rien, et le caféier de Guinée n’a pas encore fourni ses preuves sur le marché. Pourtant on doit à Teissonnier de belles caféières de C. arabica, stenophylla, liberica, robusta, et d’intéressantes expériences culturales dont, naturellement, ont profité nos concurrents étrangers, nos compatriotes faisant fi par principe de la science fran-
- Fig. 1. — L’auteur dans une allée du Jardin d’essai de Camayenne.
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- çaise tant qu’elle n’est pas consacrée à l’extérieur (1).
- Le Professeur Max. Cornu, venu en mission botanique, laissa au Jardin quelques exemplaires d’espèces différentes, en particulier des Hevea brasiliensis, importés en Afrique pour la première fois et qui ont fait l’objet de recherches; seulement, l’Afrique ne semble pas être économiquement la terre des caoutchoucs, quoiqu’elle en produise spontanément plusieurs espèces.
- Mais ce qui est surtout intéressant à signaler dans les plantes importées par M. Cornu, c’est l’introduction de quelques souches de Musa sinensis (Bananier nain), vraisemblablement les premiers qui aient poussé sur le sol guinéen. Malgré l’absence de moyens de communication, Teissonnier ne désespérait pas de l’avenir économique de la Guinée et, malgré, les doutes de quelques autres, il entra résolument dans l’expérimentation de la « bananiculture ».
- Il créa une race nouvelle, dite de « Camayenne », qui
- constitue encore aujourd’hui la quasi-totalité des plantations actuelles, les bananiers se reproduisant par éclats de souche. Cette race améliorée, bien acclimatée au pays, fournit des fruits de première qualité, fort nourrissants, et d’un goût au moins égal aux bananes des Canaries (2).
- Après trois ans d’essais, Teissonnier conseillait résolument la culture du Bananier nain et celle de l’Ananas (Ana-nassa.sativa), (dont il créa la variété « Soussouée ») ; comme exploitations de colonisation, il fondait une bananeraie modèle de 2 ha au Jardin, ainsi qu’une pépinière de souches sélectionnées.
- Les événements lui ont donné raison. Aujourd’hui, la Guinée est surtout riche par ses bananes. Un coup d’œil
- 1. Voir à ce sujet nos articles sur « Le rôle des jardins d’essais coloniaux dans la pharmacologie française » dont le 1er, « Quinquinas » paru dans le n° du 6 septembre 1933 de La Presse Médicale, montre le rôle de la France dans cette culture d’intérêt international.
- 2. « La valeur hygiénique des fruits tropicaux » in C.I.B. de septembre 1933, 8, rue de Richelieu, Paris.
- jeté sur ce tableau montre les progrès réalisés dans cette exploitation dont l’avenir est encore plus magnifique qu’on ne peut se le figurer. Que de progrès depuis les 219 régimes exportés en 1902 !
- Année 1919 119 tonnes
- » 1925 1 395 »
- » 1926 2 320 »
- )) 1927 3 041 »
- )) 1928 , 3 995 »
- )) 1929 6 580 »
- » 1930 9133 »
- )) 1931 11 926 »
- )) 1932 17 508 ))
- )) 1933 25 000 » environ.
- En 1931, l’ensemble Guinée-Antilles produisait 17 437 t.
- en 1932. , on comptait 33 773 t. La France n’utilise
- dans l’ensemble de ses importations que 15,5 pour 100 de provenance coloniale. La Métropole augmente chaque année sa consommation de ce fruit recommandable à tous points de vue :
- Année 1921 .... 6 500 tonnes
- » 1922 .... 15 000 »
- » 1928 .... 88000 »
- » 1932 .... 227 767 »
- II y a encore un bel avenir pour les plantations déjà exploitées et en projet (x).
- La production bananière représente la quasitotalité de la valeur des produits agricoles de Guinée et englobe les 90 pour 100 des exportations de ce pays.
- Vous voyez déjà l’importance d’un Jardin d’essai pour l’économie d’un pays, non seulement dans la colonie, mais aussi dans la Métropole. Dans tous les pays chauds, les cultures prospères ont été créées par des stations expérimentales, et c’est là naturellement leur principal rôle.
- Teissonnier conseillait aussi la culture du Cannellier (Cinnamomum zeilanicum) qui n’a pas encore été entreprise par les colons, malgré la bonne acclimatation de cette espèce. Serons-nous plus heureux, ainsi que pour celle du Kola-tier (Sterculia kola)? Le fondateur signalait déjà l’importance vivrière de la riziculture.
- Les autres cultures alimentaires (2) attirèrent son attention. Certes, le Jardin d’essai de Camayenne n’a pas introduit toutes les espèces utiles en Guinée. C’est ainsi que le Manguier (Mangifora indica), arbre fruitier de la famille des Térébenthacées, originaire des Indes, fut importé depuis environ 350 ans par les Portugais au Rio-Pongo, sur une concession cédée par les Soussoués qui s’étaient établis dans le pays depuis peu. Les Portugais voulant garder pour eux la totalité des fruits avaient interdit aux indigènes d’emporter des mangues sous peine de mort. Un jour, un soussoué cacha un noyau dans
- 1. « État actuel des cultures fruitières coloniales. » (Rapport de la lre Conf. Int. du Fruit-Aliment.) Compte rendu publié par l'Office général des Fruits, 147, boulevard Saint-Germain, Paris.
- 2. Notre série de communications 1933-34, à la Société de Méd. et Hyg. trop., éditées par Vigot, 2<5, rue de l’École de Médecine, Paris.
- Fig. 2. — Le parc du Jardin d’essai de Camayenne.
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- sa sandale et le planta dans son village.
- Depuis, les Manguiers se sont répandus dans presque tous les villages guinéens.
- Le Jardin d’essai avait un rôle à remplir dans ce cas : l’amélioration du produit. C’est ainsi que furent créés des pépinières des meilleures variétés : Sabot, Cherry, Divine, etc...
- Les indigènes, reconnaissant la supériorité des mangues de la Station, la baptisèrent : Mangua-Ya, ce qui signifie « Village de la Bonne Mangue ».
- En 1910, Teissonnier préconisait la culture de Carica papaya (Papayer) (x) comme plante médicinale, hélas, sans être écouté. Notre campagne en faveur de cette production aura-t-elle plus de succès ? Espérons-le dans l’intérêt des planteurs et du pays, car il est inadmissible que nous achetions la totalité de produits indispensables à l’étranger alors que nos colonies peuvent fournir la métropole en quantités suffisantes (quinine, papaïne, bananes, etc...).
- Dès 1900, le Muséum d’Histoire naturelle avait envoyé des graines d’Hymenæ Courbaril.
- Dix ans après, 3 arbres fournirent 125 gr de gomme.
- Toujours sans être écouté, Teissonnier conseilla dès 1910 la culture du tabac, conseils que nous avons repris, mais il faudra sans doute que des planteurs étrangers commencent ces cultures pour que les colons français se décident à ne plus courir les risques de la monoculture. Le 8 juin 1911, des semis de tabac, variétés Cuba (acclimaté en Floride), Maryland, Tabacco Send, Sumatra (acclimaté en Floride), étaient faits à la suite d’envois de graines effectué par le Jardin colonial de Paris (1 2) et donnaient de bons résultats.
- La même année, Teissonnier montant en grade (il devint Inspecteur de l’Agriculture en Guinée), c’est son second, Portai, qui s’occupa seul des travaux du Jardin. Il créa une pépinière modèle de 36 planches de 2 m X 22 m 50. Portai suivait toujours les conseils de son chef. Il en résulta une continuité dans les essais qui augmenta la valeur technique et scientifique du Jardin de Camayenne et lui attira de nombreux visiteurs étrangers.
- Le nouveau directeur des travaux signala pour la première fois la maladie « du noircissement » du bananier. Si les colons avaient alors suivi son conseil de brûler toutes les souches atteintes, il est certain que cette affection serait rarissime aujourd’hui.
- Toujours en 1911, Portai fit des essais intéressants sur les variétés locales de maïs, comme plante fourragère et féculente.
- En 1912, le sous-inspecteur de l’Agriculture Nicolas prenait la direction des travaux, en remplacement de Portai qui changeait de poste. Nicolas se lit remarquer au début de
- 1. Carica papaya en Guinée. « Rôle des jardins d’essais
- coloniaux dans la pharmacologie française. » Presse médicale, 7 mars 1934. r
- 2. Une visite au Jardin colonial de Paris, Grand Magazine français, n° 2. >
- Fig. 3. — L’installation du potager expérimental au Jardin d’essai de Camayenne.
- son installation à Camayenne par des expériences sur le Palmier à huile (Elæïs guineensis)
- Teissonnier tenait à garder la haute direction du Jardin d’essai, sa création. En 1913, il put consacrer davantage de temps à sa station. Il créa les cultures d’eucalyptus, arbres poussant très bien en Guinée et qui devraient être plantés dans tous les lieux habités humides en raison de leurs propriétés d’assécher le terrain et d’éloigner les moustiques (‘).
- L’Institut colonial de Bordeaux ayant envoyé quatre exemplaires de Camphriers (Cinnamomum camphrum) en 1910, ils produisirent dès 1913. Teissonnier comptait sur l’avenir de cet essai, le premier de la côte occidentale d’Afrique avec celui du Jardin d’Aburi, en Gold Coast.
- 1. Le parasitisme en Guinée et son enrayement par l’agriculture. Communie, à la Société des Techniciens sanitaires, en 1931.
- Fig. 4. — Le labourage après débroussement au Jardin d’essai.
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- Le Jardin colonial de Paris envoya cette même année une collection d’Auranthiacées. Le Jardin de Camayenne produit encore de belles pépinières d’Orangers doux (Citrus auranthium), Bigaradiers (C. bigaradia), Pamplemoussiers (C. decumena), Mandariniers (C. deli-ciosa), Citronniers (C. limonum) qu’il est intéressant de suivre en raison de la grande valeur économique que doivent prendre ces cultures pour l’alimentation (,l) et la parfumerie (2).
- En 1914, l’Administration, toujours économe lorsqu’il s’agit d’établissements scientifiques, refusait à Teissonnier les crédits nécessaires aux achats d’engrais chimiques, non seulement pour ses expériences, mais pour l’entretien des cultures modèles et des pépinières. L’Administration méconnaissait donc le rôle important qu’avait déjà joué le Jardin depuis sa fondation.
- En janvier, des graines de Styrax bcnzoin (Benjoin) (2) originaires de Malaisie furent expédiées par le Jardin colonial de Paris. Aujourd’hui, les essais sont concluants.
- En juin, Teissonnier recevait de son confrère de Buitenzorg (Java) des graines de Sapotillier (Achras
- 1. Aliments sucrés. Communie, à la Société de Médecine et d’Ilygiène tropicales, décembre 1933.
- 2. La parfumerie en Guinée française. Revue C. A. M., juillet 1933.
- Fig. 5. — Arbre du voyageur. (Ravenala madagascariensis).
- sapota\ arbre aux fruits comestibles (sapotilles). Les semis eurent lieu dès la réception. Aujourd’hui, le Jardin d’essai a sa plantation modèle et des pépinières pour fournir tous les planteurs qui voudraient tirer un parti certain de cet arbre.
- En octobre 1914, le Jardin colonial de Paris envoya des graines de Camphriers. Ce second essai de cette essence prouva le bien-fondé du premier. Nous avons établi une pépinière de camphriers lorsque nous étions au Jardin, car cette espèce a un débouché national et la colonie devrait faire de la propagande dans ce sens auprès des planteurs.
- Toujours en octobre 1914, le Jardin de Buitenzorg (Java) faisait parvenir à Camayenne des graines sélectionnées de Caféiers (Coffea arabica).
- Puis la grande tourmente fit ressentir ses effets jusqu’en Afrique. Certains autres Etats doublaient les crédits de leurs Jardins d’essais afin d’expérimenter sur les végétaux alimentaires, combustibles, médicinaux, etc... L’Afrique Occidentale française ferma ses Jardins...
- Quelques années après la guerre, la maison d’habitation servit de résidence de passage à des agronomes de l’administration attendant la date de leur congé. L’absence de main-d’œuvre ne permettant aucun travail,
- Fig. G. — Cycas revolula.
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- Fig. 7 (en haut, à gauche). — Cime de Cijcas circinalis. Fig. 8 (à droite). — Cacaoijère expérimentale. Fig. 9 (eu bas, à gauche). — Labourage d'une cocoleraie expérimentale. Fig. 10 (à droite). —- Culture expérimentale de vétiver (Andropogon).
- les ingénieurs Brossât, Saunion, Scordel en furent réduits à voir la brousse empiéter sur les belles cultures d’autrefois.
- Enfin, notre tour arriva. En cinq mois nous avons pu remettre 45 ha en cultures expérimentales, reconstituer la collection botanique après avoir classé plus de 200 phanérogames utiles, spontanées ou introduites. Les crédits alloués ne permettant pas de grands frais de la part du gouvernement local, le budget passait en paiements de main-d’œuvre, en engrais; nous avions mis
- notre modeste matériel de laboratoire à la disposition du Jardin.
- Mais la crise budgétaire dont souffrent les Colonies plus que la Métropole (ne vient-on pas de réduire de 43 pour 100 le budget de l’Indochine) a fait arrêter les expériences et les essais du Jardin de Camayenne. Que deviendront les pépinières reconstituées ?
- Jean Schunck de Goldfiem, Ex-directeur du Jardin d’essai de Guinée, Professeur à l’École pratique dés Colonies.
- = QU’EST-CE QUE LE TEMPS? =
- LA POSITION MÉTAPHYSIQUE ET LA POSITION SCIENTIFIQUE DU PROBLÈME
- Le but de cet article est l’étude d’un problème de philosophie scientifique : Quelle est l’origine des concepts fondamentaux de la science ? Comment peut-on les définir ? Sont-ils figés, immuables, ou évoluent-ils en même temps que la connaissance scientifique du monde ?
- Lorsqu’on veut étudier un problème aussi vaste et aussi important, il est imprudent de se livrer à des géné-
- ralités; il est beaucoup plus sûr et plus instructif d’étudier à fond un exemple. Aussi avons-nous tenu à traiter cette question en développant l’exemple de la notion de temps.
- Nous allons chercher ce que c’est que le temps, comment il est défini.
- La position métaphysique. — Commençons par
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- exposer brièvement la solution dite métaphysique du problème.
- Pour le métaphysicien, pour Platon et pour les scolastiques par exemple, chaque concept, chaque chose et sa copie dans la pensée, a sa nature propre, rigide, c’est-à-dire fixée une fois pour toutes et indépendante de notre expérience. De plus les concepts sont isolés, c’est-à-dire à considérer les uns après les autres, indépendamment les uns des autres.
- L’Espace et le Temps, par exemple, sont des formes a priori, présentes dans la nature et dans notre esprit avant toute expérience et dans lesquelles viennent se placer tout ce que nous connaissons de sensible ; telle est la position de Kant pour qui un concept comme celui de temps est un cadre imposé à notre représentation de l’univers; l’expérience ne saurait remplacer ce cadre par un autre, puisque, pour le métaphysicien, le concept de temps se trouve préexistant à toute connaissance. Le temps est une « chose en soi » que nous ne saurions mieux atteindre qu’en l’admettant comme une base naturelle de l’explication du monde, et on se contente de
- constater que ce concept, présent dans notre esprit, n’est pas en désaccord avec ce que l’expérience nous apprend de la nature. Certains vont jusqu’à s’étonner de cet accord de la « chose en soi » avec l’esprit.
- Limitation corrélative de la science. —
- Lorsqu’on adopte la position métaphysique, on se trouve conduit tout naturellement à limiter le pouvoir de la science et à laisser deviner un domaine mystérieux où celle-ci ne peut aller; j’ajouterai même que le but secret de beaucoup de théories métaphysiques n’est autre que d’écarter les esprits des méthodes scientifiques: elles y parviennent parfois assez facilement, car, d’une part on a plus vite fait de juger la science insuffisante à expliquer l’univers que d’étudier les diverses sciences et de les comprendre, et, d’autre part, la position métaphysique est souvent nécessaire à la poursuite d’un but social.
- L’attitude métaphysique conduit même parfois jusqu’à une négation de la science et à ces affirmations : « La science ne nous permet pas de saisir la nature intime des choses, elle n’atteint pas leur essence, mais se limite à l’étude de l’aspect superficiel et des rapports mutuels des phénomènes. »
- Que de fois ai-je entendu dire : « Nous ne savons pas ce que c’est que l’espace, ni le temps, nous ne pouvons en connaître que les propriétés et non la nature intime »; ou d’autres fois : « Nous ne savons pas ce que c’est que l’infini, nous ne pouvons le comprendre, et pourtant il existe ! »
- En ce qui concerne la notion d’infini, j’ai exposé ici même en quoi cette notion était aussi simple et aussi peu mystérieuse que celle de nombre entier. Je vais tenter une étude analogue de la notion de temps.
- J’ajouterai que pour le métaphysicien, la mesure du temps est chose secondaire et ne peut nous renseigner sur son essence; c’est pour lui l’affaire du technicien et toutes les recherches scientifiques et toutes les mesures, aussi précises soient-elles, ne sauraient modifier l’idée du temps dans l’esprit de l’homme.
- Nous verrons que l’expérience a infirmé ce point de vue.
- Position scientifique. — Je ne saurais adopter la position métaphysique, car j’avoue ne pouvoir comprendre les mots « essence » et « nature intime ». Les mots que nous employons pour parler des choses ne peuvent avoir directement ou indirectement qu’un sens expérimental, et je ne vois pas quel sens de cette nature on peut donner à l’expression « la nature intime du temps ».
- Par habitude aussi, peut-être, j’adopterai dans cette étude la méthode scientifique appelée parfois méthode rationaliste. Ce mot me paraît impropre car rationalisme évoque invinciblement l’idée de raison, et pourrait faire croire que le rationalisme consiste à faire appel à la raison. Je pense au contraire que le rationalisme n’est autre que la tendance à appliquer en toutes circonstances la méthode scientifique, c’est-à-dire la méthode expérimentale.
- Qu’entendons-nous par « savoir ce que c’est que le temps » ? — J’ai dit tout à l’heure que les mots que l’on emploie doivent avoir un sens expérimental. Comme je me propose de tenter de répondre à cette question : Qu’est-ce que le temps ? je dois d’abord donner un sens à cette expression.
- Je dirai que nous savons ce que c’est que le temps si nous sommes capables de le mesurer expérimentalement. De cette définition résultent immédiatement quelques conséquences.
- Une notion scientifique n’est qu’approchée. —
- D’abord la connaissance d’un concept quelconque ne peut être qu’approchée puisque l’expérience elle-même n’est qu’approximative. On sait fort bien que nos mesures ne sont jamais parfaites, mais comportent des erreurs accidentelles dues à l’imperfection de nos instruments et par conséquent inévitables. Un intervalle de temps peut être mesuré seulement avec une certaine approximation dépendant de la qualité des instruments employés et de la précision des méthodes utilisées. Une notion scientifique n’est donc toujours qu’approchée.
- Une notion scientifique est en évolution cons= tante. — De ce qui précède, il découle immédiatement qu’une notion comme celle de temps est en évolution constante. Le matériel dont nous disposons pour mesurer, et par conséquent définir le temps se perfectionne constamment sous l’influence des besoins économiques croissants de l’homme, de sa soif de connaître toujours plus de choses, et de pénétrer de plus en plus la connaissance de l’univers; il en résulte donc à coup sûr que la précision de notre connaissance va varier en augmentant constamment.
- Fig. 1. — La première horloge mécanique : le sablier.
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- Nous verrons que, non seulement notre connaissance du temps s’est précisée, mais que la notion de temps elle-même s’est modifiée au cours des âges, car la précision croissante des procédés de mesure a permis de découvrir des lois nouvelles et de modifier la notion de temps à la lueur de ces lois nouvelles; ces modifications se font généralement brusquement.
- La position métaphysique conduit à proclamer périodiquement la faillite de la science; il arrive parfois, comme nous venons de le dire, que, par suite des progrès de la science, l’un de ses concepts se modifie en se perfectionnant; à ce moment le métaphysicien, qui considère ce concept comme inné dans l’esprit humain et fixé une fois pour toutes dans la nature et dans notre esprit, est obligé de conclure que la science s’était trompée puisqu’elle est obligée de modifier ses concepts. Ainsi la position métaphysique conduit à appeler faillite ce qui n’est qu’un progrès; ce n’est pas là un de ses moindres défauts.
- Les cinq stades de la notion de temps. — Ainsi nous allons étudier l’histoire de la notion de temps; dans cette histoire nous distinguerons cinq stades :
- Le temps biologique;
- Le temps des horloges ;
- Le temps sidéral;
- Le temps mécanique;
- Le temps électromagnétique.
- Cette classification est peut-être un peu trop schématique, de plus elle ne suit pas très exactement l’ordre historique et, en plaçant le temps des horloges avant le temps sidéral, nous cherchons surtout à simplifier les choses dans un but de clarté.
- TEMPS BIOLOGIQUE
- Sa définition. — L’homme a été obligé de très bonne heure de classer les phénomènes qui se déroulent devant lui au cours de son existence, c’était pour lui une nécessité matérielle qui est à l’origine de la première notion de temps. Les événements qui se déroulent devant un homme forment, à première vue, une suite à une dimension, c’est-à-dire dans laquelle un événement est fixé par un seul nombre.
- Le temps biologique est ce nombre, ou pour employer le terme mathématique, cette variable que l’homme adopte pour fixer la place d’un événement dans le cours de sa vie.
- Son caractère qualitatif. — Une telle notion de temps se prête mal, ou même ne se prête pas du tout à la mesure, plus exactement elle ne permet qu’une estimation. En effet, d’après la définition que nous donnons du temps biologique, cette variable n’est pas définie en grandeur. Notre définition nous permet de dire, par exemple, qu’un événement 2 s’est produit après un événement 1 et avant un événement 3, c’est-à-dire que les époques tt, tp et t3, de ces événements vérifient les inégalités :
- mais elle nous nous donne aucun moyen de comparer entre eux les intervalles f2 - t{, et tz - tt, de dire par exemple que l’un est plus , grand que l’autre.
- Possibilité de mesure.
- — Cependant une estimation des intervalles de temps biologique est possible.
- L’homme est, en effet, un être vivant et son corps même présente des phénomènes observables par l’homme d’une manière précise ou confuse et susceptibles d’être classés dans le temps : battements du cœur, cadence de la respiration, durée nécessaire à un effort musculaire, par-exemple au parcours d’un certain chemin, temps au bout duquel un même effort amène une fatigue, temps nécessaire à l’écoulement de certaines pensées...
- Si on admet que ces phénomènes biologiques se produisent dans des intervalles de temps à peu près égaux, lorsque les conditions ont peu changé, l’homme dispose d’un moyen de mesurer le temps qui n’est autre que son jîropre corps.
- Je sais que pour écrire une page je mets moins de temps que pour traverser Paris à pied, parce que le nombre des battements de mon cœur, le nombre de mes inspirations pulmonaires, le nombre des pensées qui
- Fig. 3. — Pnrlrnil de Galilée, par Sustermans [Galerie des Offices, Florence, Ilalie). (Ph. J. Boyer.)
- Fig. 2. — Principe de la clepsydre.
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- ont traversé mon esprit est inférieur pour le premier intervalle de temps.
- C’est pour cette raison que la première notion de temps est appelée biologique.
- Imprécision de cette mesure. — Il est superflu de faire ressortir combien la mesure de ce temps est imprécise et c’est pourquoi nous n’avons parlé que d’estimation. Un même intervalle de temps sera estimé avec des durées différentes par deux hommes suivant les circonstances de leur existence pendant cet intervalle.
- A cette raison d’imprécision due aux modifications de notre organisme provenant des causes extérieures
- Fig. 4. — I.c lampadaire dit de Galilée, dans la cathédrale de Pise. C’est sur ce lampaaaire que Galilée aurait observé l’isochronisme des petites oscillations du pendule. (Ph. J. Boyer.)
- s’ajoute ce fait qu’en réalité nous ne comptons jamais les battements de notre cœur, ni le nombre de nos inspirations, nous nous contentons de garder un souvenir plus ou moins vague des événements qui se sont produits et d’évaluer ainsi confusément l’ordre de grandeur des divers intervalles de temps. C’est pourquoi on pourrait appeler cette notion de temps : temps confus.
- Exempte de mesure de ce temps. — Dans la vie couranté nous mesurons tous le temps biologique, lorsque nous n’avons pas de montre ni d’horloge. Mais on a au moins un exemple de- mesure officielle de—eë temps :
- au moyen âge, dans les cloîtres, un moine, appelé pour cette raison significator horarurn, comptait les prières qu’il récitait et fixait ainsi d’une manière suffisamment précise l’heure des services.
- LE TEMPS DES HORLOGES
- Identité de durée des phénomènes identiques. —
- Armé de cette première notion de temps, le temps biologique, l’homme a étudié les phénomènes qui se déroulaient sous ses yeux; le premier pas à faire dans une telle étude consiste à isoler un phénomène de tous les autres : par exemple étudier la chute d’une pierre à l’abri du vent et en diminuant le plus possible la résistance de l’air, ou étudier les oscillations d’un pendule dont la suspension est fixe et présente le frottement minimum. Parmi les phénomènes qui se déroulaient sous nos yeux, c’est le mouvement des astres qui se trouvait être débarrassé au maximum des causes perturbatrices extérieures imprévisibles, et c’est l’une des raisons pour lesquelles l’astronomie a longtemps précédé la physique.
- L’homme s’est tout d’abord attaché aux phénomènes périodiques tels que les oscillations d’un pendule et les révolutions des astres. Pour simplifier, nous considérerons tout d’abord seulement un phénomène comme les oscillations d’un pendule, bien qu’historiquement l’homme ait d’abord fait appel au mouvement des astres pour mesurer le temps.
- Lorsqu’on observe les oscillations d’un pendule et qu’on évalue en temps biologique fa durée de chacune d’elles, on constate que cette durée est constante. D’une manière plus générale l’homme a constaté, en utilisant le temps biologique, que deux phénomènes produits par des corps identiques duraient le même temps.
- Une telle constatation ne peut être faite que d’une manière approchée, et souvent très grossière, étant donnée l’imprécision de la mesure du temps biologique; malgré cela l’homme a érigé en loi précise ce qu’il avait constaté d’une manière seulement approximative et a dit par exemple : les oscillations de même amplitude d’un même pendule durent le même temps.
- En fait, l’opération que nous signalons ici se fait encore de nos jours. Dans l’enseignement de la physique qui est donné dans les classes de nos lycées, on établit le principe d’inertie et les lois delà chute des corps au moyen de la machine d’Atwood et en utilisant le temps biologique. De plus une tradition veut que Galilée ait constaté l’identité de durée des oscillations d’un pendule en regardant se balancer un lampadaire dans la cathédrale de Pise et en comptant en même temps les battements de son pouls; la loi d’isochronisme des petites oscillations du pendule aurait donc bien été établie en utilisant le temps biologique.
- Il importe de noter que, lorsqu’on utilise le temps biologique de cette manière, on se place dans les conditions où sa mesure est la plus précise, par exemple en comptant delà 10, et en énonçant un nombre à intervalles réguliers.
- Contradictions. — Cependant on ne peut en rester là, car, une fois établie et admise la loi de l’identité de durée des oscillations d’un pendule, on se heurte à des contradictions. On constate en effet, souvent, que cette
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- loi n’est pas vérifiée. Par exemple, certaines journées nous paraissent se dérouler plus vite que d’autres en temps biologique, alors que, si on mesure leurs durées avec les oscillations d’un pendule ou la rotation des astres, on s’aperçoit qu’en vertu de la loi énoncée ces durées sont égales.
- Solution des contradictions. — On se trouve alors en présence de deux alternatives :
- Ou rejeter la loi énoncée;
- Ou rejeter la notion de temps biologique.
- Dans la réalité, l’homme a adopté la seconde solution. Il a rejeté la notion de temps biologique et conservé la loi de l’identité de durée des phénomènes matériellement identiques. Il y a à cette manière d’opérer une grosse difficulté apparente :
- La loi énoncée a été établie au moyen du temps biologique, or nous rejetons le temps biologique comme n’ayant pas de signification, il semble donc que la loi doive être rejetée aussi.
- On échappe à cette contradiction en conservant la loi et en donnant une nouvelle définition du temps basée sur la loi elle-même, et qui, par conséquent, sera en accord avec celle-ci.
- Définition du temps des horloges. — Le temps des horloges est une variable t, telle que, si on mesure les durées des diverses oscillations d’un pendule, ou d’une série de phénomènes quelconques se produisant dans des conditions matérielles identiques, toutes les durées obtenues sont égales.
- On voit qu’il a été possible de définir le temps des horloges parce qu’on avait trouvé auparavant une loi faisant intervenir le temps. Cette loi avait été établie d’une manière approchée avec le temps biologique, nous l’érigeons en loi absolue et elle nous permet de substituer au temps biologique un temps plus précis qui Je supplante : le temps des horloges.
- Nous retrouverons constamment ce processus d’évolution : le temps des horloges est issu du temps biologique et il a tué celui à qui il devait le jour.
- RÉALISATION DU TEMPS DES HORLOGES
- Les réalisations pratiques que l’on peut classer parmi celles qui donnent un temps répondant à la définition du temps des horloges sont très nombreuses.
- Rappelons d’abord les instruments mécaniques de mesure de ce temps, nous examinerons ensuite les moyens astronomiques de le déterminer.
- Sablier. — Le premier instrument mécanique de mesure du temps basé sur le fait qu’un système restant identique à lui-même met toujours le même temps à parcourir le même cycle est le sablier. Une masse de sable fin s’écoule lentement d’un récipient dans un autre par un orifice étroit; lorsque le premier récipient est vide, on renverse le rôle des deux récipients et l’opération recommence. On a une unité de temps en considérant la durée de vidage des récipients.
- Le sablier était connu des Grecs qui le tenaient sans doute des Chinois par l’intermédiaire des Égyptiens. Aujourd’hui encore cet instrument est utilisé, il donne la mesure d’un intervalle de temps unique, mais il a l’avantage de ne pas nécessiter de lecture,Ani d’effort
- de mémoire pour se rappeler l’heure du dé-hut de l’intervalle de temps à fixer.
- Clepsydre. — La clepsydre est basée sur le même principe que le sablier, mais cette fois c’est de l’eau qui s’écoule et non du sable; en repérant le niveau de l’eau dans le récipient d’arrivée, on peut même obtenir une mesure du temps. Les Grecs et les Romains utilisaient couramment la clepsydre pour les usages publics et en l’an — 100, l’une d’elles, placée près de l’Agora, donnait constamment l’heure aux Athéniens.
- D’après la tradition,
- Haroun-al-Rachid, calife abbasside, le héros de beaucoup de Contes des Mille et Une Nuits, envoya à Charlemagne une clepsydre perfectionnée qui comportait douze portes; toutes les heures, une de ces
- Fig. G. — Christian Hugghens (1629-1695). l'inventeur des pendules à échappement.
- Fig. 5. — Principe de l’échappement.
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- portes s’ouvrait et laissait tomber une bille sur un timbre : la clepsydre sonnait donc les heures.
- Horloges à poids. — L’horloge à poids date du moyen âge; la première fut construite au xe siècle par Gerbert; en principe, elle se composait d’un poids suspendu à une corde entourée autour d’une roue à axe horizontal, la chute du poids faisant tourner la roue; à celle-ci on fixait un index qui, en se déplaçant sur un cadran, donnait l’angle dont la roue avait tourné. Divers systèmes auxquels nous ne nous attarderons pas, avaient
- été imaginés pour rendre lente et uniforme la vitesse de chute du poids. De nombreuses horloges de ce type, comme celle du Palais de Justice de Paris, furent construites aux xme, xive et xve siècles.
- Horloges à échappement. — Les deux grands progrès dans la construction des horloges sont dus à Galilée (1649) et à Huyghens (1656).
- Le premier remarqua l’égalité de durée des oscillations d’un pendule, même lorsque son amplitude varie; le second imagina l’échappement qui permettait à la fois au pendule de ralentir et d’uniformiser la chute du poids
- moteur et au poids du moteur d’entretenir l’oscillation du pendule et de l’empêcher de s’amortir.
- L’horloge ainsi constituée comprend deux parties : le poids moteur et l’échappement.
- Le poids moteur tirant un câble enroulé sur un axe horizontal tend à faire tourner cet axe; par un système de roues dentées, on amplifie 10 000 fois par exemple, la rotation de cet axe; la dernière roue dentée, entraînée par le poids fera donc 10 000 tours quand le premier axe en fait un seul. L’échappement est une pièce qui oscille sous l’action d’un pendule; il comprend deux dents qui viennent se placer dans les creux de la dernière roue dentée, et ne lui permettent d’avancer que d’une dent à chaque oscillation du pendule lorsque celui-ci se trouve dans une certaine position. L’échappement oblige donc la dernière roue à avancer d’une dent par seconde par exemple, si le pendule bat la seconde, il rend ainsi uniformes les rotations de toutes les roues de l’horloge.
- L’échappement a un second rôle : le pendule s’amortirait assez vite par suite du frottement, mais les dents de l’échappement et celles de la dernière roue dentée sont taillées de telle manière qu’à chaque oscillation cette roue donne une légère impulsion à l’échappement et par conséquent au pendule qui se trouve relancé.
- Les horloges modernes sont basées sur ces principes, mais depuis le xvne siècle de très nombreux perfectionnements de détail ont été apportés.
- Les montres et chronomètres sont basés sur un principe analogue à celui des horloges : le phénomène périodique utilisé est la flexion d’un ressort spirale au lieu d’être l’oscillation d’un pendule, et le poids moteur est remplacé par le déroulement d’un ressort.
- On peut citer également d’autres procédés de mesure du temps basés sur cette loi que tout système qui reste identique à lui-même effectue le même cycle dans des temps égaux.
- Oscillations d’un système électrique. — Au lieu de compter les oscillations d’un système mécanique comme un pendule, on peut compter les oscillations d’un système électrique; si le système reste identique à lui-même au cours de l’opération, on considérera que ses oscillations ont même durée, le principe de la mesure du temps est donc toujours le même.
- La mesure du temps au moyen des oscillations d’un système électrique s’applique surtout aux intervalles de temps très courts. On sait en effet, réaliser des courants oscillants dont la période peut être inférieure à 1 millionième de seconde, on peut calculer cette période au moyen des éléments (résistances, selfs, capacités, caractéristiques des lampes...) du circuit, ou la déterminer par un procédé stroboscopique.
- Montrons une application toute récente de ce procédé de mesure du temps.
- Une des constantes les plus importantes de la physique
- FIGI.
- figiv:
- FIG. III.
- Fig. 7. — L’horloge à pendule inventée par Huyghens (figure extraite de son ouvrage I-Iorologium oseillatorium. Paris, 1673).
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- e '
- est le rapport — de la charge électrique a la masse pour
- les électrons. Un des moyens les plus simples de déterminer ce rapport consiste à lancer des électrons par une différence de potentiel Y et à mesurer leur vitesse v, on a alors, aux faibles vitesses tout au moins, la relation :
- V est connu, il suffit de mesurer la vitesse des électrons e
- pour déduire — de la formule précédente. Or les vitesses 1 m
- des électrons produits par décharge cathodique, effet photoélectrique, effet thermionique ou émission radioactive, varient de 10 000 à plus de 200 000 km à la seconde; si on veut évaluer e en mesurant le temps mis par un électron à parcourir une longueur de quelques mètres, on est amené à évaluer un temps qui peut être de l’ordre de quelques millionièmes de seconde. Voici comment Perry et Chaffee d’une part, et Kirchner d’autre part, ont résolu tout récemment ce problème (fig. 9).
- Un faisceau très mince d’électrons se propage suivant une droite x'x et traverse deux trous percés dans deux écrans Dt, et D2. Derrière Di5etD2, on place deux condensateurs C(, et C2, alimentés par le même circuit oscillant, de telle manière que le faisceau d’électrons passe entre les armatures. Un champ électrique alternatif se trouve ainsi créé entre les armatures de Cf et de C2 et les deux champs en C, et en C2 sont en phase. Soit P la période du circuit oscillant, considérons les électrons qui passent entre les armatures de Cp au moment où le champ est nul, ils continueront leur chemin en ligne droite puisqu’ils ne seront déviés par aucun champ électrique. Ils traverseront donc l’écran D2 et passeront entre les armatures du condensateur C2. Si le temps T mis par les électrons pour aller de Ct à C, est un nombre entier de demi-1
- périodes - P, le champ sera nul entre les armatures de A *
- C2 et les électrons continueront leur chemin en ligne droite suivant x'x.
- Au contraire, si le temps T est un nombre entier de
- demi-périodes P,
- augmenté
- d’une petite quantité, le
- champ électrique ne sera pas nul lorsque les électrons passeront entre les armatures de C2, et les électrons seront déviés alternativement par ce champ suivant les directions y et y'.
- Quant aux électrons qui passent entre les armatures du C,, au moment où le champ n’est pas nul, ils sont déviés par C4, frappent l’écran D2, en dehors de l’ouverture et ne peuvent traverser cet écran.
- En observant la trace laissée par les électrons sur un écran fluorescent E, on peut modifier la période P, ou la distance D2, ou la vitesse des électrons, de manière à n’observer qu’une trace sur l’écran E, on sait alors que le temps mis par les électrons pour aller de D4 à D2, est un nombre entier de deux périodes ; on en déduit f.
- Mesure du temps au moyen des phénomènes astronomiques. — Parmi les phénomènes périodiques
- Fig. 8. — Une des plus anciennes horloges à pendule : ' l’horloge du palais de Justice à Paris.
- qui se sont présentés aux hommes, les révolutions des corps célestes sont les premiers. D’abord on n’a pas à construire d’instruments pour les produire, et ces phénomènes sont purs, c’est-à-dire exempts de petites perturbations imprévisibles. C’est pourquoi l’homme fit appel tout naturellement aux astres lorsqu'il fut nécessaire de fixer le calendrier.
- J’ai dit au début de cet article que je ne suivais pas
- Fig. 9. — Mesure électrique de temps.
- oscillateur
- électrique
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- = 60
- l’ordre historique dans cette revue des moyens pratiques de détermination du temps des horloges; ceci me permet d’exposer comme dernier moyen de mesurer le temps des horloges l’observation des astres, alors qu’il fut le premier.
- L’homme observa, en effet, très vite que le Soleil, la Lune, les étoiles et les planètes qui semblent tourner autour de lui, mettent à effectuer ces révolutions des temps qui, exprimés au moyen du temps biologiques paraît être toujours le même. Aussi les hommes ont-ils, dès la plus haute antiquité, mesuré le temps au moyen des révolutions célestes.
- En fait la première division du temps a été le jour solaire, parce que la vie quotidienne de l’homme ramène les phénomènes biologiques chez lui : sommeil, nourriture... On n’imagine pas une humanité adoptant comme unité de temps 100 000 battements d’un pendule de 1 ni de longueur. Par contre, le lever du Soleil et son retour au méridien ramènent notre activité de telle sorte que nous sommes naturellement portés à prendre la durée de sa révolution comme unité de temps. Aussi le jour est-il une unité de temps universellement adoptée par l’homme.
- Cette unité peut être délinie comme l’intervalle de temps qui sépare deux levers de soleil successifs, ou deux passages du soleil au point le plus élevé de sa course diurne. A première vue cet intervalle de temps, mesuré en temps biologique, est constant, le mouvement apparent du soleil peut donc servir comme les oscillations d’un pendule pour mesurer le temps. Le jour présente en outre cet avantage sur les procédés de mesure du temps faisant appel à des phénomènes mécaniques produits sur la surface terrestre d’être à longue période et de pouvoir se dénombrer sans difficultés ni erreur possible.
- La révolution diurne du soleil était une unité commode pour mesurer les intervalles de temps de quelques jours; mais, pour mesurer des durées plus longues, il fallut faire appel à des rotations plus lentes comme la rotation de la Lune autour de la Terre, appelée lunaison, et 1 intervalle de temps qui sépare deux mêmes saisons, appelé année tropique ou année tout court.
- La combinaison de ces trois périodes (et aussi quelquefois de celle de Vénus), permet de construire tous les calendriers, mais l’étude des divers calendriers nous entraînerait trop loin.
- Rappelons seulement la définition précise de l’année tropique : C’est l’intervalle de temps qui sépare deux passages du Soleil au point r.
- Caractère empirique de ces mesures du temps.
- Nous avons classé ces procédés de mesure dans le temps des horloges, car lorsqu’on emploie pour mesurer le temps le jour solaire ou l’année tropique, on utilise simplement le fait que ces phénomènes sont périodiques sans essayer de les rattacher à une théorie générale comme la mécanique newtonienne, en d’autres termes on procède empiriquement comme lorsqu’on utilise les oscillations d’un pendule.
- Caractère séculaire du temps défiai par les phénomènes astronomiques. — Nous allons parler plus loin du jour sidéral qui, au contraire des précédents, est constant.
- Signalons auparavant un caractère des phénomènes astronomiques et des horloges concernant le problème de la mesure du temps.
- Les révolutions célestes, même celles qui ne sont pas tout à fait constantes, donnent une bonne mesure séculaire du temps; nous voulons dire par là que le jour solaire, par exemple, ne subit que des variations périodiques, mais que, d’une année sur l’autre, et même d’un siècle sur l’autre, sa valeur moyenne au cours de l’année paraît constante.
- Aussi les phénomènes astronomiques permettent-ils la mesure des très grands intervalles de temps.
- Poux mesurer un intervalle de plusieurs milliers d’années par exemple, le jour solaire convient très bien car on ne risque de commettre d’erreur qu’au début et à la fin de l’intervalle; on sait que, par suite de l’absence de perturbations imprévisibles dans le mouvement apparent du Soleil, les variations de durée du jour solaire sont périodiques, parfaitement régulières et ne se superposent pas au hasard les unes aux autres, elles n’entraînent donc pas d’erreurs s’accumulant avec le temps, mais simplement, comme nous l’avons dit, une petite erreur toujours du même ordre de grandeur au début et à la fin de l’intervalle mesuré; sur un très long irtervalle l’erreur relative se trouve très faible.
- Ce caractère des phénomènes astronomiques dans leur utilisation à la mesure du temps peut être qualifié de séculaire.
- Au contraire, les instruments terrestres comme les horloges donneront une bonne mesure des petits intervalles de temps, mais une très mauvaise mesùre des grands intervalles, car les perturbations qu’ils subissent étant souvent imprévisibles et irrégulières, les inégalités de leur mouvement s’ajouteront au hasard, et le décalage mutuel des horloges augmentera assez rapidement avec le temps.
- C’est pourquoi, de tous temps, les astres ont servi à fixer le calendrier et un point fixe dans le jour, et les horloges ont servi à diviser ce temps défini par les astres.
- Ainsi à Paris, jusqu’à il y a quelques centaines d’années, on appelait midi l’heure du passage du Soleil au méridien et on déterminait l’heure et la minute pendant la journée et la nuit, au moyen d’horloges qu’on mettait à l’heure tous les jours à midi sur le Soleil.
- La mise à l’heure tous les midis sur le Soleil assurait que l’heure ne contenait pas d’erreur séculaire, et l’emploi des horloges assurait une bonne division du jour.
- L’humanité s’est accommodée très longtemps de cet état de choses, car cette mesure du temps contentait ses besoins matériels.
- Ce n’est que peu à peu que l’on s’est aperçu de l’imprécision d’une définition du temps au moyen de phénomènes périodiques choisis au hasard.
- Ce n’est que peu à peu aussi que l’on a standardisé le temps en fixant le phénomène qui servait à le définir : le jour sidéral.
- (A suivre.) Henri Mineur,
- Astronome à l’Observatoire de Paris.
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- E HYDROGÉNATION CATALYTIQUE :
- SOUS PRESSION
- DES CHARBONS, DES GOUDRONS, DES HUILES
- Le progrès rapide de la motorisation des moyens de locomotion a imprimé à la consommation des combustibles liquides un accroissement bien plus rapide que celle du charbon. Les gisements naturels de pétrole se localisent dans des régions relativement peu nombreuses; bien des pays se trouvent donc être, sous ce rapport, presque dans l’entière dépendance de leurs fournisseurs étrangers. Aussi la production nationale de combustibles liquides est-elle devenue un problème d’une importance mondiale.
- Les travaux de Bergius ont prouvé qu’en principe, il est possible, sous une pression élevée, d’associer l’hydrogène au charbon. Les laboratoires de 1’/. G. Farben-Industrie A. G., à Ludwigshafen, dès 1924, se sont ingéniés à perfectionner les procédés d’hydrogénation. Bergius travaillait sans catalyseurs; il en résultait une vitesse insuffisante et peu réglable de la réaction. Dans les laboratoires de Ludwigshafen, au contraire, on s’est, dès le début, servi de catalyseurs; aussi y a-t-on réalisé, dans le domaine de l’hydrogénation sous pression, un progrès important, que les expériences faites, en 1927, dans la première installation d’essais à grande échelle, construite à Leuna, sont venues confirmer intégralement. Après avoir, à Leuna, hydrogéné le lignite, on y a, en 1929, abordé l’hydrogénation du goudron de lignite distillé, et en même temps, celle du pétrole allemand; enfin, en 1932, de nouveaux progrès dans Je domaine de l’hydrogénation directe du lignite ont donné lieu à une reprise de la liquéfaction du lignite, opération dont on est en train de multiplier le rendement actuel.
- C’est le choix et l’application des catalyseurs qui, lors du développement des différents procédés, ont présenté les plus grandes difficultés. La construction d’appareils
- Fig. 2. — Petite installation d’essais pour l’étude des catalyseurs et des matières premières.
- Réservoir
- \Matière initiale
- hydrogéné
- Regard
- Contact
- Chauffage^électrique
- des gaz
- Séparateui
- Essence
- Fig. 1. — Pétrole synthétique.
- Série de compartiments à haute pression aux usines Leuna.
- appropriés, l’apport et l’absorption de la chaleur constituaient également des problèmes assez compliqués. Il s’agissait, en premier lieu, d’imaginer de nouveaux catalyseurs sulfurés, doués d’une activité accrue; d’autre part, de subdiviser l’opération en deux phases : phase liquide et phase gazeuse et enfin, lors de la liquéfaction proprement dite du charbon, ou de l’hydrogénation des résidus de pétrole, d’employer des quantités de catalyseurs minimes.
- Dans la phase gazeuse, on fait passer la matière brute (huile moyenne, gaz oil), à l’état gazeux, mélangée à l’hydrogène sur un catalyseur solide, sous une pression de 200 à 250 atmosphères, et à la température de réaction. Même les huiles lourdes, bouillant au-dessus de 325° et qui, par conséquent, réagissent essentiellement dans la phase liquide, peuvent, grâce à l’emploi de catalyseurs solides, se convertir en huiles d’une haute valeur. La Standard Oil C° convertit, sur une grande échelle, les huiles de graissage inférieures en huiles supérieures. La
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- àchaud
- vers ta distillation
- Décharge des boues
- Produit
- frais
- gazeux
- Gaz-Frais
- Fig. 3. — Schéma de Vhydrogénation à haute pression.
- fabrication d’huile moyenne ou de « gaz oil », a lieu avec des catalyseurs finement subdivisés, en partant de matières à forte teneur asphaltique (résidus de pétrole, résidus de craquage, goudrons et charbons) (fig. 3).
- La réalisation technique de l'hydrogénation (fig. 4), s’effectue en subdivisant le produit en une fraction gazeuse et en faibles quantités de fractions liquides à point d’ébullition élevé, séparées, à leur tour, en huiles moyenne et lourde. L’huile lourde pourra être transformée en huile moyenne ; l’huile moyenne, grâce à une hydrogénation dans la phase gazeuse, en essence. A l’inverse du craquage, l’hydrogénation, dans ce cas, permet une réduction importante des quantités d’huile de chauffage; et ainsi les matières premières sont transformées avec un rendement maximum.
- L’hydrogénation sous jaression dans la phase liquide peut aussi s’appliquer au charbon (qu’il convient de considérer comme huile à molécule lourde) ; elle s’accompagne, dans ce cas, d’une décomposition d’environ 95 pour 100 de la substance. En hydrogénant le lignite, on obtient, à partir d’une tonne de substance carbonacée, environ 560 kg d’huile à gaz et d’essence, soit 600 kg d’essence dans la phase gazeuse. L’hydrogénation du lignite ne se limite pas à la production d’essence. On
- pig 4. —. Représentation schématique de l’hydrogénation du charbon.
- À Moulin à a charbon
- g Séparateur ^
- Pompe à huile
- bouillie-^v— Pompe de circu^ !at?desgaz
- Gaz frais
- des] gaz
- Traitent
- I Refroidisseur
- i Refroidisseur
- résidu
- I Séparateur
- jSéparateur
- Essence raffinée
- Distillation
- peut, en effet, modifier à volonté l’hydrogénation, en donnant naissance, par exemple, à des huiles à point d’ébullition élevé, qu’on convertit en huiles de graissage supérieures par une hydrogénation renouvelée; la liquéfaction du lignite donne ainsi le même rendement d’huile de graissage que le raffinage du pétrole.
- En dehors de l’hydrogénation du lignite, réalisée à Leuna, sur une grande échelle, on a perfectionné l’hydrogénation de la houille au point d’en permettre la réalisation technique.
- Incidemment, on a développé des procédés de production d’hydrogène, procédés basés sur la conversion du lignite et sur celle de gaz d’échappement de l’hydrogénation, ainsi que des gaz de fours à coke, etc. Cette réaction s’effectue dans de grands fours à haute pression, qui, à Leuna, ont 800 mm de diamètre, 18 m de longueur et 5 nC de volume libre; leur poids est d’environ 50 t. Pour les nouvelles installations, on se servira de fours encore plus grands : de 1,5 m de diamètre par exemple. La construction de ces fours n’a pas présenté de difficultés, car l’emploi d’isolants intérieurs, pratiqué lors de la synthèse de l’ammoniaque, a déjà permis de réduire suffisamment la température de la garniture du four pour en empêcher toute usure excessive.
- La principale difficulté qu’il a fallu vaincre était, d’une part, l’apport, d’autre part, l’absorption des quantités de chaleur mises en jeu à divers moments des réactions. Il a fallu chauffer avec beaucoup de précautions les matières premières soumises à l’hydrogénation, de façon à éviter toute surchauffe. A cet effet, on leur fait emprunter la chaleur nécessaire aux produits de réaction chauds, sortant du four, au moyen d’échangeurs thermiques et on les porte ainsi à une température voisine de celle de réaction. Ces échangeurs, soumis à une pression de 200-250 atmosphères, comportent, à Leuna, 100 m2 de surface d’échange; ils transmettent aux produits initiaux environ 80 pour 100 de la chaleur nécessaire pour mettre le four en marche. L’emploi de revêtements protecteurs, de préférence en alliage zinc-fer, préparés d’après un procédé particulier, a permis d’éviter la formation des croûtes de sulfure de fer, entravant de plus en plus, à mesure que le service se prolonge, le passage de la chaleur. Afin d’apporter aux matières le reste de chaleur (20 pour 100) requis pour atteindre la température de réaction, les matières, au sortir de l’échangeur, traversent un radiateur en tubes d’acier spécial, chauffés au gaz.
- *
- * *
- Pour produire un million de tonnes d’essence, par exemple, à partir de goudron de pétrole, il faut, y compris la production de l’hydrogène, environ 3,5 millions de tonnes de houille, soit 2,5 pour 100 seulement de la production de houille allemande tout entière. Pour produire l’essence à partir du lignite, il ne faudrait pas non plus une fraction considérable de la production totale de ce combustible.
- On voit que les pays déshérités au point de vue des combustibles liquides peuvent se créer des compensations à partir des combustibles minéraux.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- = MESURE ET ÉTUDE DES VARIATIONS 63 DE L’INDICE LUCIMÉTRIQUE
- PAR UN HÉLIO CHROMOMÈTRE
- Pour les expériences dont le détail va suivre, je me suis servi d’une méthode dont j’ai indiqué le principe au Congrès de la Lumière tenu à Copenhague (J) en août 1932, et qui est le suivant : on sait que l’iodoforme dissous dans un liquide approprié, tel que le chloroforme, s’altère à la lumière : de l’iode est mis en liberté qui colore le solvant en rose-violacé.
- Description de Vappareil de mesure. — Cette méthode (2) se met en pratique au moyen d’un appareil que j’ai appelé hélio-chromomètre, ou simplement héliomètre: il est construit par les établissements Gallois, de Lyon.
- Il se compose de douze tubes en verre scellés à la lampe et contenant des solutions titrées d’iode, depuis 1 cgr pour 100 de chloroforme jusqu’à 20 cgr pour 100. Sur chaque tube est gravé le poids d’iode dissous dans 100 cm-’ de chloroforme : par exemple, le tube qui porte le n° 5 contient 5 cgr d’iode pour 100.
- La solution-réactif d’iodoforme est au l/500e; à ce titre elle est incolore. Au moment d’une expérience, on verse un peu de cette solution dans le tube de quartz annexé à l’appareil et qui a le même diamètre intérieur que les tubes-étalons d’iode.
- Précautions à prendre. — Une précaution indispensable à prendre c’est de se placer, quand on verse la solution-réactif dans le tube de quartz, dans une pièce sombre à peine éclairée par une lampe rouge. Si cette opération était faite à la lumière, même peu intense, toute la solution titrée d’iodoforme rougirait par la suite, ainsi qu’on en verra plus loin l’explication. Pour conserver cette solution intacte et incolore, il faut recouvrir le flacon qui la contient avec du papier opaque, noir ou rouge, et collé; en outre, ce flacon doit être conservé dans un placard noir ou une boîte obscure.
- Une autre précaution doit être prise quand on prépare la solution d’iodoforme au l/500e : l’introduction de l’iodoforme dans le flacon contenant le chloroforme ne doit pas être faite en plein jour, mais dans Vobscurité ou dans une pièce éclairée par une lampe rouge. Pour diminuer autant que possible le risque d’altération, il est indiqué de ne préparer que 50 cm3 à la fois (0,10 cgr d’iodoforme).
- Technique héliométrique. — Le tube de quartz où l’on a versé de la solution d’iodoforme sur une hauteur de 3 ou 4 cm est alors exposé à la lumière dont on veut mesurer l’intensité pendant un temps relevé sur un chro-nographe ou sur une montre à trotteuse. Au bout d’un temps T on procède à la comparaison de la teinte prise par la liqueur-réactif avec celle des tubes-étalons d’iode : cette comparaison qui ne demande que quelques secondes est facilitée par l’intervalle qui sépare dans l’héliomètre les tubes gradués les uns des autres et dans lequel on
- 1. Comptes rendus du Congrès, p. 440.
- 2. C. R. de l’Acad, des Sciences, 1.198, p. 1810, séance du 14 mai 1934.
- présente verticalement le tube de quartz. L’évaluation colorimétrique doit se faire en cherchant d’abord celui des tubes d’iode qui a la teinte un peu moins foncée que celle du tube de quartz; autrement dit, la comparaison doit se faire en remontant les numéros des tubes et non en descendant.
- Unité héliométrique. — Les solutions titrées d’iode ayant été établies par la balance, on peut prendre pour unité héliométrique la quantité de lumière qui, agissant sur une solution chloroformique d’iodoforme à 1 pour 500, est capable de libérer un poids d’iode communiquant au chloroforme la même coloration que 1 cgr d’iode dissous
- Fig. 1. •— Iiélio-chromomètre de Bordier.
- On voit les 12 tubes des solutions titrées d’iode. — Le tube de quartz est couché en avant.
- dans 100 cm3 de chloroforme. Par conséquent, lorsque la solution d’iodoforme du tube de quartz a pris, sous l’influence de la lumière, la même teinte que celle du tube-étalon n° 1 de l’héliomètre, la quantité de lumière qui a produit ce résultat représente l’unité héliométrique que, pour abréger, j’appellerai Y unité hélio.
- Indice lucimétrique. — L’emploi de mon héliomètre m’a permis de déterminer quelle est l’influence de différents facteurs sur la quantité de lumière qui arrive en un point donné. Cette quantité est très variable. Pour cette étude, ainsi que pour celles qui vont suivre, j’ai trouvé commode d’utiliser un nouvel élément d’appréciation, c’est Yindice lucimétrique : cet indice est caractérisé par le poids d’iode libéré par l’action de la lumière au bout d’une minute. Il suffit pour le déterminer d’exposer le tube de quartz contenant la solution iodoformique pendant une minute et de chercher quel est le numéro du tube-étalon qui a la même coloration que celle du tube de quartz : si c’est, par exemple, le tube n° 6, l’indice lucimétrique est égal à 6 unités héliométriques ou unités hélio.
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- Mesure du poids d’iode libéré. — Une première question, qu’il m’a paru intéressant de résoudre, est celle de la variation des quantités d’iode libérées après des temps dexposition croissants : j’ai pu déterminer la loi de cette mise en liberté d’iode et cela à des époques différentes de l’année.
- Plusieurs expériences ont été faites soit en hiver, soit en été; soit à la lumière solaire directe, soit à la lumière diffuse (temps couvert). Dans toutes ces expériences la coloration de la solution d’iodoforme était comparée à celle des tubes-étalons de l’héliomètre après chaque minute : cette comparaison était facilitée en procédant comme il a été dit.
- Parmi les nombreuses expériences faites, je citerai les chiffres trouvés entre onze heures et midi, par une belle journée et un beau soleil.
- Durée de l’exposition. Coloration du tube de quartz.
- 1 minute
- 2 —
- 3 --
- 4
- 5 —
- 6 —
- 7 -
- 8 —
- 9 —
- 10 —
- Teinte 4
- — 6
- — entre 7 et 8
- — entre 8 et 9
- — 9
- — entre 9 et 10 — Id.
- 10
- — 10 — 10
- Ces nombres permettent de construire une courbe en portant les minutes en abscisses et les unités héliométriques en ordonnées. Cette courbe n° I tend à devenir tangente à la ligne correspondant à 10 unités héliométriques (fig. 1).
- Dans une expérience faite également par un jour ensoleillé, mais en hiver où l’intensité des rayons lumineux est bien moins grande j’ai obtenu les chiffres suivants :
- Durée de l’exposition. Coloration du tube de quartz.
- 1 minute
- 2 __
- 3 —
- 4 —
- 5 —
- 6 —
- 7 —
- 8 —
- 9 —
- 10 —
- Teinte 2
- — 3
- — 4
- — entre 4 et 5
- — entre 4 et 5
- — 5
- — 5
- — entre 5 et 6
- — Id.
- — Id.
- Fig. 2. — Poids d'iode libéré après des temps croissants.
- La courbe n° II construite avec ces nombres est, comme on le voit, bien en dessous de la précédente, mais la loi de la variation des quantités d’iode libérée par l’action de la lumière est la même, c’est-à-dire qu’a-
- près quatre à cinq minutes, la proportion d’iode libéré e va en s’affaiblissant peu à peu, quoique la solution d’iodoforme continue à être exposée à la lumière.
- Il résulte de ces constatations que le temps pendant lequel le tube de quartz est exposé à la lumière pour la mesure de l’indice lucimétrique ne doit pas dépasser 1 ou 2 minutes, quand ce sont les rayons solaires directs que reçoit le liquide-réactif. En effet, dans la région de la courbe correspondant aux deux premières minutes, la proportionnalité existe très sensiblement entre le poids d’iode libéré et le temps d’exposition.
- Par temps couvert, au contraire, où il faut faire agir la lumière diffuse pendant plusieurs minutes, quelquefois jusqu’à 20 minutes pour obtenir la teinte n° 1, la remarque précédente ne s’applique pas.
- La réaction une fois amorcée continue dans l’obscurité. — Pendant l’étude de mon héliomètre, j’avais remarqué que la solution d’iodoforme, ayant viré au rose après une première exposition à la lumière, prenait une coloration plus foncée dans les heures suivantes, quoique le tube de quartz soit conservé dans une obscurité complète.
- J’ai étudié systématiquement le phénomène en déterminant toutes les heures, après l’exposition à la lu i ière, la quantité d’iode libérée dans le tube de quartz placé dans l’obscurité. L’exposition à la lumière solaire, diffuse ou directe, a été arrêtée, dans une expérience, quand la solution d’iodoforme avait pris la teinte du tube n° 1 de l’héliomètre, correspondant à la libération de 1. egr pour 100 d’iode. Ce virage étant obtenu, je plaçais le tube de quartz dans une boîte bien fermée et où ne pénétrait aucun rayon lumineux. Dans ces conditions, voici les nombres trouvés :
- A onze heures, la solution d’iodoforme exposée à la lumière a pris la coloration de la teinte n° 1 après 2 minutes 30 secondes; l’indice lucimétrique est donc ici égal à 1
- — = 0,4 unités. Le tube de quartz est alors placé aussitôt 2,5
- à l’obscurité.
- Une heure après, le tube de quartz retiré de la boîte obscure, avait atteint une coloration voisine de celle du tube n° 2. Toutes les heures, cette comparaison colori-métrique étant faite, on a obtenu le tableau suivant :
- Après :
- 1 heure, coloration voisine du tube n° 2 (2 unités, faible),
- teinte 2 (2 unités hélio),
- entre 2 et 3 unités hélio (2,5),
- 3 (3 unités),
- entre 3 et 4 (3,5 unités),
- 4 (4 unités), entre 4 et 5 (4,5 unités)
- 9 — 10 — 20 —
- — 5 (5 unités),
- — 9 (9 unités).
- Toutes les expériences faites dans les mêmes conditions, c’est-à-dire après l’obtention de la teinte I, ont donné un résultat de même ordre.
- Comme on le voit, la proportion d’iode libérée va en
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- 65
- augmentant dans Vobscurité, puis elle tend à devenir constante après une vingtaine d’heures.
- Comment expliquer ce phénomène à allure un peu paradoxale ?
- Une première explication consisterait à attribuer la continuation de la mise en liberté d’iode de la solution d’iodoforme à l’emmagasinement de l’énergie lumineuse pendant l’exposition à la lumière; cette énergie continuerait son action, quoique la solution d’iodoforme soit soustraite aux rayons lumineux.
- Mais il nous paraît préférable d’invoquer ici une conséquence de la catalyse : les atomes d’iode mis en liberté par l’action de la lumière sur la solution iodoformique serviraient de catalyseur pour provoquer dans l’obscurité la décomposition de l’iodoforme et pour libérer de nouvelles quantités d’iode communiquant au liquide une teinte de plus en plus foncée. L’exposition préalable de la solution d’iodoforme à la lumière aurait pour premier effet de mettre en liberté le catalyseur iode dont l’action se continue ensuite même dans l’obscurité.
- Quoique l’on sache encore peu de chose sur le mécanisme des actions catalytiques, l’explication que nous venons d’esquisser nous paraît des plus vraisemblables.
- Variations de Vindice lucimétrique. — J’ai étudié les différentes influences qui font varier l’indice lucimétrique.
- 1° Influence de Vétat du ciel. — L’indice lucimétrique est, toutes choses égales d’ailleurs, plus petit quand le ciel est couvert que par un beau soleil. Dans des expériences faites dans le centre de Lyon, à la même heure, entre onze heures et midi, j’ai trouvé les nombres suivants :
- 6 janvier : ciel clair et soleil ... i unité liélio
- 18 — ciel couvert...........0,25 —
- 19 - temps pluvieux .... 0,05 — (l)
- Ces quelques nombres suffisent pour montrer combien est grande l’influence de l’état du ciel sur l’indice lucimétrique d’un lieu.
- 2° Influence de V époque de Vannée. — If influence du moment de l’année est très marquée sur la quantité de lumière qui nous arrive, comme nous l’ont prouvé les valeurs de l’indice lucimétrique trouvées à différentes saisons par temps clair et par temps couvert.
- 3° Influence de la position du soleil. — Des expériences déjà anciennes, faites avec du papier photographique au citrate, m’avaient prouvé que la quantité de lumière solaire qui est reçue en un lieu donné varie avec le moment de la journée.
- J’ai repris cette question en me servant de l’hélio-mètre et en déterminant l’indice lucimétrique à différentes heures du four. J’ai choisi pour cela des journées ensoleillées, car les variations héliométriques dépendent de la position du soleil dans le ciel.
- Il faut en outre remarquer que lorsque le soleil est bas, que ce soit le matin, à son lever, ou le soir, avant
- 1. La valeur de l’indice lucimétrique s’obtient, répétons-le, en déterminant le temps nécessaire pour que la solution-réactif du tube de quartz prenne la teinte 1. Si ce temps est de 20 minutes, l’indice a pour valeur 0,05.
- son coucher, les rayons solaires ont à traverser presque horizontalement une couche d’air contenant des éléments qui nuisent à la transparence de l’atmosphère: poussières, particules de charbon des fumées, vapeur d’eau, etc.
- J’ai trouvé, en effet, que le matin et le soir l’indice lucimétrique est bien plus faible, surtout le soir un peu avant le coucher du soleil. C’est ce que montre le tableau suivant provenant de mesures faites au centre de l’agglomération lyonnaise, par un beau soleil.
- Heures Indice lucimétrique.
- 7 0,5 (1 unité en 2 minutes)
- 8 0,5 —
- 8.30 1 unité hélio
- 9.30 .................2 —
- 10.30 3 fort
- 11 .................3,5 (entre 3 et 4)
- Midi .....................4 —
- 13 4 faible
- 14 .................3,5 (entre 3 et 4)
- 15 3 fort
- 16 2,5 (entre 2 et 3)
- 16.30 1,5 (entre 1 et 2)
- 17 0,5 (1 unité en 2 minutes)
- L’indice lucimétrique, comme on le voit, va en croissant à mesure que le soleil s’élève au-dessus de l’horizon, jusqu’à un maximum qui a lieu aux environs de midi, quand les rayons solaires tombent verticalement. À mesure que les rayons se rapprochent de l’incidence rasante, l’indice lucimétrique va en diminuant pour atteindre sa valeur minima au moment où le soleil va disparaître.
- Les nombres relevés permettent de construire la courbe des variations des quantités de lumière reçue aux différentes heures de fa journée. L’explication de la forte baisse de l’indice lucimétrique au moment où le soleil se rapproche de l’horizon, du côté de l’ouest, est facile à donner : le nombre de particules solides en suspension dans l’air va en augmentant à mesure qu’on approche du soir, surtout dans les grandes agglomérations; les poussières provenant de l’agitation des rues, les particules de charbon déversées par les fumées, aussi bien des maisons d’habitation que des usines, ne cessent d’augmenter depuis le matin, si bien qu’au moment où le soleil va disparaître, la couche formée par les impuretés de l’air atteint une épaisseur bien plus considérable que le matin. En outre, il y a lieu de remarquer que les rayons solaires ont à traverser une épaisseur de plus en plus grande de cette couche, plutôt translucide que transparente, à
- Minutes
- Fig. 3. — Variations de l’indice lucimé-irique avec le moment de la journée. Mesures faites au centre de Lyon et en Savoie.
- ** *
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- = 66 -..........................................:...."=
- mesure qu’ils ont une direction se rapprochant de l’horizontale.
- On se rend facilement compte de la grande absorption que subissent les rayons lumineux quand on observe le soleil d’un point situé au Levant d’une grande agglomération, comme Lyon, par exemple, de la «place d’Arsonval», située devant l’Hôpital de Grange-Blanche : à mesure que le soleil descend sur l’horizon, la coloration du disque solaire se modifie profondément; sa partie inférieure commence par apparaître rouge-orangé pendant que la partie supérieure est encore blanche, puis, un moment après, tout le disque solaire prend cette coloration rouge pour disparaître à la vue de l’observateur, quoique ce ne soit pas encore l’heure du coucher du soleil. Pour un point situé de l’autre côté de l’agglomération, vers le couchant, le soleil est encore visible au même moment, comme je l’ai constaté moi-même plusieurs fois.
- C’est pour cette raison que la comète de Halley de 1910 qui s’observait dans la région occidentale du ciel était complètement invisible d’un point situé à l’est de Lyon, alors qu’on la voyait très bien en se transportant du côté de Fourvières, c’est-à-dire à l’ouest.
- 4° Influence de la transparence de Vatmosphère. — Cette influence est d’une grande importance sur la valeur de l’indice lucimétrique, comme on le comprend aisément. J’ai pu la mettre en évidence dans plusieurs occasions : ainsi les variations de l’indice lucimétrique aux différentes heures de la journée sont loin d’être les mêmes en pleine campagne ou dans un pays de montagnes que celles qui se rapportent au centre d’une grande agglomération comme Lyon.
- Pendant les vacances de Pâques 1934, entre le 1er et le 5 avril, j’ai pu faire quelques mesures de l’indice lucimétrique en Savoie, par un ciel bleu et un beau soleil, loin de tout village et dans une région où la ligne du chemin de fer est électrifiée. Les nombres trouvés, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil, sont très différents de ceux relevés à Lyon deux jours avant. Ainsi, quand le soleil a commencé à poindre au-dessus de la montagne, à 7 heures, l’indice lucimétrique était de 3 unités hélio, alors qu’à Lyon à la même heure, il n’était que de 0,5 unités (1 unité en 2 minutes). Cet indice est allé en augmentant lentement pour devenir égal à un peu plus de 4 unités hélio à midi; il s’est maintenu ensuite sensiblement à cette valeur pendant 2 ou 3 heures. A 16 heures, l’indice lucimétrique était égal à 3,5 unités hélio, et quand le soleil a disparu derrière la montagne située à l’ouest du lieu d’observation, vers 5 heures, l’indice lucimétrique était de 2,5 unités, alors qu’à Lyon, à cette même heure, il était tombé à une demi-unité.
- La courbe construite avec les nombres relevés dans ces expériences (fig. 3) est très différente de celle obtenue avec les résultats de Lyon : elle règne constamment au-dessus de cette dernière et ne présente pas une grande variation entre les valeurs de l’indice de midi et celles du matin et du soir. Cependant, la courbe s’incline, même dans un pays où l’air est très pur et exempt de fumées, dans l’après-midi à mesure que le soleil se rapproche de l’horizon. Ce résultat tient évidemment à une diminution relative de la transparence de l’air par suite des poussières
- provenant des travaux des champs, de la circulation des véhicules sur les routes, de la vapeur d’eau atmosphérique, etc. (fig. 3).
- J’ai pu de même me rendre compte de l’influence de la transparence de l’air sur l’indice lucimétrique pendant un séjour au Cap d’Antibes, au mois de février dernier : des mesures y ont été faites par temps ensoleillé et par temps couvert; les mêmes déterminations ont été faites 4 jours après à Lyon dans les mêmes conditions.
- Voici quelques résultats trouvés à midi et en plein soleil.
- 23 février 1934 : Cap d’Antibes . . 4 unités hélio
- 27 — Lyon-Centre. . . 1,5 —
- Oxa voit combien la quantité de lumière reçue dans une grande agglomération comme Lyon est inférieure à celle qui éclaire les régions de la Côte d’Azur.
- Par temps couvert, j’ai fait des déterminations analogues et les chiffres trouvés sont également très convaincants :
- Indice lucimétrique.
- 20 février 1934 : Cap d’Antibes . . 1,5 unité hélio
- 28 — Lyoxx-C.entre. . . 0,25 (1 unité en
- 4 ininutes)
- La grande différence qui existe entre les indices luci-métriques mesurés au Cap d’Antibes et à Lyon, tient évidemment à la grande transparence de l’atmosphère dans la première station et à la mauvaise transparence dans la deuxième.
- J’ai fait enfin des mesures de l’indice lucimétrique en même temps, au centre de Lyon, par temps calme, et à côté de l’Hôpital de Grange-Blanche, à 6 km du centre. Les nombres trouvés sont très différents :
- Soleil. Temps nuageux.
- Grange-Blanche 2 unités. . 0,50 (1 unité en 2 min) Lyon........... 0,75 — . . 0,05 (1 unité en 20 min)
- Ces quelques chiffres montrent clairement que la quantité de lumière qui arrive au centre de Lyon par temps calme est bien moins grande qu’eix dehors de l’agglomération lyonnaise. Par un temps nuageux, la différence est encore bien plus marquée, c’est une quantité de lumière 10 fois moindre qui arrive au centi’e de la ville. Ce résultat, répétons-le, est dû à l’absorption de la lumière par les particules de charbon proveixant des fumées; cette absorption est d’autant plus marquée évidemment que l’énergie lumineuse incidente et ayant à traverser ce qu’on a appelé avec juste raison le « ciel de suie », est plus faible.
- On se rend facilement compte de l’importance qu’il y aurait au point de vue sanitaire pour les habitants des grandes agglomérations, surtout dans celles qui produisent beaucoup de fumées, comme c’est le cas de Lyon, de Paris, de Londres, etc., à ce que des mesures administratives réglementent la diminution des fumées de toutes sortes et de toutes origines.
- 5° Influence du vent. — Dans les grandes agglomérations, l’indice lucimétrique a une valeur variable, toutes choses égales d’ailleurs, suivant l’état cinétique de l’atmosphère : quand il règne un vent violent, qu’il soit
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- du nord ou du midi, l’indice lucimétrique est plus élevé que par temps calme. Voici quelques chiffres obtenus entre onze heures et midi, par un beau soleil :
- Temps calme. Avec vent.
- Janvier. . . 0,75 1,5
- Mars .... 2 3
- Avril. ... 2,5 3,5
- Cette influence du vent s’explique facilement : les poussières et particules de charbon provenant des fumées sont balayées par un grand vent si bien que l’atmosphère se trouve ainsi nettoyée. Quand le temps est calme, au contraire, ces particules solides restent en suspension dans l’air, dont la transparence se trouve ainsi très diminuée.
- La situation topographique de la ville de Lyon fait que ces inconvénients sont très atténués par les vents qui régnent souvent dans le couloir formé par le confluent de la Saône et du Rhône. Les déterminations que j’ai faites par un violent mistral en même temps au centre de la ville et en dehors de l’aggloméiation, à 6 km, montrent l’heureuse influence du vent sur la valeur de l’indice lucimétrique. Par exemple, le 4 mars par un fort vent du nord, j’ai trouvé, vers 2 heures de l’après-midi :
- Au centre de la ville..............1,5 unité hélio
- A 6 km du centre...................1,5 —
- Un autre jour, pendant un grand vent du midi, l’indice lucimétrique, dans les mêmes conditions, était de 2 unités hélio dans les deux stations.
- Ces jours-là, comme on le voit, la quantité de lumière était donc la même au centre de la ville et en dehors de l’agglomération : c’est là un résultat digne d’être noté.
- 11 est probable que dans les agglomérations qui n’ont pas la situation privilégiée de Lyon, l’indice lucimétrique est toujours moins élevé au centre qu’en dehors de la ville.
- 6° Absorption par la vapeur d'eau. — Il n’y a pas que les fumées et les poussières en suspension dans l’air qui interviennent pour diminuer la valeur de l’indice lucimétrique d’un lieu.
- Ltant au Cap d’Antibes, je me suis aperçu que l’indice lucimétrique n’était pas exactement le même, les mesures étant faites au même moment de la journée, au bord de la mer et en un point élevé, comme l’esplanade du phare de la Garoupe. Voici les nombres trouvés le 17 février 1934 :
- A midi, au bord de la mer, par un beau soleil, l’indice lucimétrique était de 3,5 unités hélio ; à midi 10, au pied du phare, cet indice était de 4 unités.
- Cette différence tient très probablement à l’absorption
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- des rayons lumineux par la vapeur d’eau s’élevant au-dessus de la Méditerranée.
- APPLICATIONS A LA MÉTÉOROLOGIE ET A LA CLIMATOLOGIE
- Les considérations techniques qui viennent d’être exposées nous amènent naturellement à envisager les applications pratiques qu’on peut faire avec l’hélio-cliromomètre. Rien n’est plus facile que de déterminer l’indice lucimétrique. d’un lieu à une heure donnée de la journée.
- L’Office national météorologique reçoit déjà des différentes stations météorologiques de France des renseignements qui sont publiés tous les jours : on connaît ainsi les indices barométrique, thermométrique, hygrométrique, pluviométrique, anémoscopique, etc. Il serait juste d’y ajouter Vindice lucimétrique, mesuré à une heure convenue d’avance et qui serait partout la même, par exemple, à midi.
- Cet indice lucimétrique est loin d’être le même dans toutes les régions, comme on l’a vu précédemment : il servirait à caractériser les différentes stations et renseignerait, par les mesures faites quotidiennement,sur les quantités de lumière qui arrivent à chacun de ces points.
- Ce n’est pas seulement dans les stations météorologiques qu’il serait utile de connaître la valeur de l’indice lucimétrique. Au point de vue climatologique, la connaissance de cet indice serait de grande importance pour caractériser les nombreuses stations climatiques, les sanatoria, les centres héliothérapiques, etc. Rien ne serait plus facile que d’habituer un employé, dans chaque station, à faire une mesure de l’indice lucimétrique une fois par jour au moment où le soleil passe au zénith,, c’est-à-dire à midi. Cette détermination ne demanderait pas un gros effort, puisqu’elle n’exige que quelques minutes; un très court apprentissage serait nécessaire pour obtenir de l’employé, spécialement chargé de cette mesure, la plus grande précision possible.
- De cette façon, les stations climatiques pourraient être classées suivant leur indice lucimétrique moyen pendant les différentes saisons, ce qui permettrait aux médecins d’envoyer leurs malades pour les cures héliothérapiques, dans telle ou telle station ou sanatorium, suivant les effets à obtenir par l’action des rayons solaires. A certains maiades seraient réservées les stations où l’indice lucimétrique est très élevé, à certains autres conviendraient, au contraire, les stations où l’indice est plus bas, etc.
- Prof. H. Bordier,
- Membre correspondant de l’Académie de Médecine.
- LES ULTRA-PRESSIONS : 28000 ATMOSPHÈRES
- L’augmentation des pressions utilisées dans l’industrie applications envisagées, en faveur de cet accroissement et au laboratoire, tout comme 1 augmentation des ten- des pressions.
- sions électriques, est un trait technique caractéristique Dans les moteurs thermiques, on recherche un accroisse-
- de notre époque. ment concomitant de la température qui se traduit par
- Deux avantages principaux militent, suivant les une amélioration du rendement en vertu du principe de
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- Fig. 1. — Vue du laboratoire A ultra-pressions, à Passy, montrant quatre presses à chambres verticales.
- A gauche, une presse à chambre horizontale; à droite au premier plan, un précompresseur à 1000 atm (Photos James Basset).
- Carnot. De là le succès des moteurs Diesel et des machines à vapeur à haute pression : chaudières du paquebot Normandie, 35 atmosphères, locomotives allemandes à chaudière monobloc, 150 atmosphères, nouvelle centrale de Berlin-Est 100 atmosphères.
- Dans les industries de synthèse, on fait appel à une propriété physico-chimique des hautes pressions qui est de favoriser et d’accélérer certaines réactions, selon les lois du déplacement de Véquilibre. Les exemples abondent. Rappelons seulement que dans l’industrie de la synthèse
- Fig. 2. —- Volumes comparés des cylindres nécessaires pour des compressions étagées.
- Les cinq cylindres de gauche permettent do comprimer jusqu’à 230 atm; le petit cylindre de droite suffit ensuite pour porter cette « haute pression », employée par I-Iaber, à l’« hyperpression » de 900 atm utilisée dans le procédé Georges Claude pour la synthèse de l’ammoniaque. Un cylindre minuscule suffirait ensuite pour passer d’un seul coup aux « ultra-pressions » de 28 000 atm (Document Georges Claude).
- de Vammoniaque par union directe de l’azote et de l’hydrogène, M. Georges Claude a pu transformer la technique des opérations en substituant des hy per pressions de 800 et 1000 atmosphères à la pression modeste de 200 atmosphères utilisée en Allemagne dans le procédé 11a ber.
- LES TRÈS HAUTES PRESSIONS SONT PEU COUTEUSES
- Ici, une remarque assez paradoxale s’impose. M. Georges Claude a fait observer que les très hautes pressions %e coûtent pas cher, ni par les dimensions des machines nécessaires, ni par l’énergie absorbée.
- Notre figure 2 montre la disproportion entre le groupe de quatre cylindres précompresseurs destinés à. porter un gaz parfait à 230 atmosphères et du minuscule cylindre hypercom-presseur qui permet de pousser cette pression jusqu’à 900 atmosphères.
- En ce qui concerne les quantités d’énergie à fournir pour les hypercompressions, voici quelques chiffres fournis par M. James Basset ; il s’agit de la compression de l’azote. Si l’on désigne par 1 l’énergie nécessaire pour comprimer à 20 atmosphères une certaine masse de gaz prise à 1 atmosphère (pression atmosphérique), il faudra 1,78 d’énergie pour comprimer cette même masse de 1 à 200 atmosphères, puis 2,19 de 1 à 1000 atmosphères et 2,72 de 1 à 5000 atmosphères.
- Ce sont là des chiffres remarquablement faibles et il n’est nullement exagéré de dire qu’au point de vue de l’énergie nécessaire, les hautes pressions ne coûtent pratiquement lien. Nous verrons que la construction des compresseurs pose au contraire des problèmes techniques assez ardus.
- L’ÉCHELLE DES PRESSIONS A CTUELLES
- Pour nous faire une idée des ultra-pressions, récemment réalisées, il est nécessaire de placer quelques jalons dans le domaine général des très hautes pressions.
- Dans les tubes en acier ou « bouteilles » contenant des gaz comprimés industriels, la pression de 250 atmosphères est couramment utilisée; c’est aussi la pression employée dans certaines usines à ammoniaque pour le procédé de IJaber. Les « crushers » ou tampons à écrasement, en cuivre, révèlent dans de modestes fusils de chasse des pressions de 400 à 450 atmosphères; en doublant ce chiffre nous arrivons aux hyperpressions de M. Georges Claude.
- Ici, les difficultés pratiques ne sont pas encore très grandes; la robinetterie, très ajustée, n’a donné lieu à aucune fuite; les joints des tiges de pistons ont été réalisés d’abord en cuir embouti, qui a la propriété de serrer d’autant plus que la pression est plus forte, puis à l’aide de garnitures métalliques spéciales de grande longueur agissant par perte de charge pour atténuer les fuites.
- Un bond considérable nous porte ensuite aux 2500 atmosphères des fusils de guerre, puis aux 4000 atmo-
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- sphères des pièces d’artillerie. Nous arrivons là à l’extrême limite de ce qui, naguère encore, était industriellement réalisable... et encore pendant des instants très courts, de l’ordre du centième de seconde : ce qui a permis de dire que la « vie » utile d’un canon qui avait tiré 400 coups était de 4 secondes! Cailletet, Andrews et surtout Amagat, avaient, il est vrai, réalisé des pressions durables et très élevées, atteignant 3000 atmosphères, mais dans des cavités extrêmement petites.
- On estimait, du reste, que 10 000 atmosphères, soit 100 kg par mm2, constituaient la limite des possibilités, car on avait observé à ces pressions, des cas où l’acier, même très dur, fluait peu à pern comme de la cire. Les progrès de la métallurgie ont conditionné ici de la façon la plus étroite l’augmentation des pressions obtenues et il existe actuellement dans les presses à « ultra-pressions » des organes qui résistent à des efforts unitaires de 400 kg par mm2.
- COMMENT NAQUIRENT LES ULTRA-PRESSIONS
- C’est, en 1925 que M. James Basset entreprit de construire un appareillage permettant d’atteindre des pressions incomparablement plus élevées et limitées uniquement par la résistance des métaux les plus modernes. La voie avait été inaugurée par Spring et Tammann ainsi que par Amagat, mais surtout par le grand physicien américain Bridgmann qui avait pu atteindre des pressions de plusieurs dizaines de milliers d’atmosphères... il est vrai en milieu liquide.
- L’adaptation de ces méthodes aux milieux liquides ou gazeux indifféremment, fut très délicate ; elle demanda deux ans. C’est en effet, en 1927, que fut faite par M.Basset, une première communication à l’Académie des Sciences (C. H., 1927, p. 344). L’année suivante, la Compagnie de Saint-Gobain accorda une importante subvention au laboratoire des ultra-pressions qui put ainsi se développer sur un plan industriel.
- L’équipement actuel (fîg. 1) permet d’expérimenter en milieu liquide jusqu’aux chiffres formidables de 25 000 et même éventuellement de 30 000 atmosphères ; pour l’expérimentation sur les gaz les appareils peuvent rester pendant 24 heures sous une pression de 15 000 atmosphères sans présenter de fuite et certains modèles ont été équipés pour des réactions en marche continue. Il s’agit donc là d’une réalisation qui dépasse le cadre du laboratoire et devient véritablement industrielle.
- PRINCIPES DES PRESSES A RELAIS HYDRAULIQUE
- Le principe des presses à ultra-pressions permet d'éviter la transmission des efforts par des liaisons mécaniques. Elles dérivent directement du multiplicateur de pression qui a été appliqué pour certains injecteurs graisseurs d’automobile.
- Une pompe à bras A (fig. 3 et 4) refoule un liquide quelconque, généralement de la glycérine, dans un réservoir auxiliaire B et de là dans un large cylindre ou pot de presse C. Le liquide soulève un piston G sur lequel vient s’appuyer un piston plongeur beaucoup plus mince J qui pénètre dans l’âme K du bloc de presse F. Cette
- Fig. 3. — Presse à ultra-pressions à chambre d’expériences verticale.
- Le fonctionnement de cette presse est décrit fig. 4. On distingue à droite la pompe à main avec une douille oblique destinée à recevoir un levier; les tuyauteries apportent le gaz précomprimé mécaniquement à 1000 atm. La chambre a été équipée avec le dispositif de visibilité intérieure (Voir fig. 8 et 9) et un appareil photographique.
- âme communique par un raccord O avec une chambre d’expériences L dont des parois sont extrêmement épaisses.
- Fig. 4. — Principe des presses à ultra-pressions.
- La pompe à main A refoule de la glycérine dans le réservoir intermédiaire ti (qui n’est du reste pas indispensable) et de là dans le « pot de presse » C. où elle soulève le large piston G. Ce dernier soulève à son tour le piston mince J qui pénètre dans l’âme il du corps de presse F et refoule le liquide à étudier, par le raccord O, dans la « chambre » d’expériences » L..
- Quand on a affaire à un gaz, celui-ci est fourni à 1000 atm par un précompresseur et le raccord O est remplacé par un robinet à trois voies (fig. 6 et 7), ce qui permet d’introduire en plusieurs fois de grandes masses de gaz.
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- Fig. 5. — Disposition d’un groupe double pour production continue de gaz à 5000 alm.
- R, précompresseur à 1000 atm; C, presses avec leurs pompes à main A et leur corps de compression F ; I', robinets de distribution ; L, chambre de réaction; M, pot d’échappement.
- Le piston J et le bloc F sont réalisés en acier spécial extra-dur et les deux blocs F et L sont construits suivant le principe de l’auto-frettage.
- On voit immédiatement que le rapport des pressions
- Fig. 6. •— Voici un nouveau type de presse avec chambre verticale séparée, alimentée par robinets.
- Au fond, deux « bouteilles » de gaz à 250 atm.
- sur les deux pistons G et J sera l’inverse des rapports des sections. Pratiquement, la pression de la glycérine est de l’ordre de 1000 atmosphères, celle du fluide étudié dans la chambre d’expérience, étant alors de 20000 atmosphères.
- Mesurer directement cette dernière pression n’est du reste pas facile, mais on y arrive indirectement en mesurant la pression de la glycérine et en multipliant par l’inverse du rapport des sections. Pour tenir compte des frottements, qui peuvent causer une erreur de 2 à 5 pour 100, on fait la moyenne des valeurs trouvées en période d’augmentation de pression (piston inférieur moteur) et de diminution de pression (piston inférieur résistant).
- Les pressions très élevées peuvent également être mesurées à l’aide de manomètres absolus, autrement dit au moyen d’un piston lesté par un contrepoids à levier, analogue à une classique soupape de sûreté. Pour éviter des frottements qui ôteraient toute précision aux mesures, on est conduit à faire pivoter le piston autour de son axe par un mouvement alternatif d’oscillation. C’est là une application de ce principe des mouvements louvoyants qui est susceptible de tant d’applications mécaniques curieuses.
- MATÉRIEL INDUSTRIEL
- Pour des applications industrielles ou semi-industrielles, exigeant un débit relativement considérable, l’installation comporte un précom.presseur à 1000 atmosphères qui fournit à lui seul, d’après les chiffres que nous avons cités plus haut, la quasi-totalité de l’énergie absorbée par la compression totale.
- 5 Le second stade de compression s’effectue à la presse à bras avec relais multiplicateur à glycérine; on utilise deux presses permettant un remplissage continu de la chambre à expériences, qui devient ici la chambre à réactions (fig. 5); la distribution s’opère au moyen de robinets spéciaux manœuvrés à la main (fig. 7). Un « pot de condensation », avec ou sans réfrigération, peut être prévu pour retirer les produits élaborés, par un système d’éclusages (fig. 5).
- Les aménagements intérieurs de la chambre de réactions varient d’après la nature des opérations envisagées. Un bouchon porte-électrode permet d’alimenter une spirale chauffante donnant une température de 1200°. Pour l’appréciation de cette température, le plus simple est de la déduire de la résistance électrique de la spirale que l’on obtient par lecture comparée du voltmètre et de l’ampèremètre. L’épaisseur de la paroi de la chambre est refroidie par circulation d’eau.
- L’âme des chambres à réactions actuellement réalisées mesure 40 mm de diamètre sur 200 mm de longueur, le diamètre extérieur étant de l’ordre de 20 cm (fig. 3 et 6). Le volume des gaz comprimés, en une seule charge à 5000 atmosphères, est de l’ordre de 150 à 200 litres; en marche continue, on peut débiter plus de 100 litres à l’heure.
- Le principe des joints est tenu secret; on sait qu’ils consistent en pièces métalliques multiples dont le prix est insignifiant et. qui assurent une étanchéité permanente avec l’hydrogène à 500 atmosphères.
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- LA CINÉMATOGRAPHIE A 28 000 ATMOSPHÈRES
- Une des plus curieuse^ réalisations du laboratoire des ultra-pressions a consisté à rendre visible l’intérieur des chambres à haute pression (lig. 3 et 8).
- Notre ligure 9 montre la disposition qui a permis d’obtenir ce résultat paradoxal. Un bloc en verre dur spécial, D, fixé à l’aide d’un serrage élastique et solidement l'retté, obture une petite fenêtre de quelques mm2, donnant dans la chambre d’expériences. Ce bloc de verre fait partie d’un véritable système microscopique comportant des lentilles échelonnées, un prisme à réflexion totale M et un oculaire ou un appareil photographique N. Grâce à cet artifice, on obtient en L, au centre de la chambre, un champ de l’ordre du centimètre carré, beaucoup plus étendu que la fenêtre. L’éclairement est fourni par un système analogue OP.
- A l’aide de ce dispositif, il est possible de photogra-
- Fig. S. — Chambre à ultra-pressions équipée avec un dispositif optique pour la visibilité intérieure.
- Voir la coupe de ce dispositif, flg. 9.
- phier et même de cinématographier, si on le désire, les substances soumises aux ultra-pressions. On peut également, ce qui est très intéressant, étudier leurs spectres, tout au moins le spectre d’absorption, qui n’exige aucune élévation de température; dans cette voie, on peut escompter d’intéressantes constatations concernant l’architecture des atomes.
- ACTIONS PHYSICO-CHIMIQUES DES ULTRA-PRESSIONS
- Dans le domaine de la physique pure les ultra-pressions permettent l’étude de certaines propriétés des corps : compressibilité, solubilité, résistivité, température d’ébullition et de congélation, caractéristiques mécaniques, bien en dehors des domaines permis à l’expérimentation habituelle. Dans certains cas, les courbes obtenues diffèrent sensiblement de celles que l’on croyait pouvoir tracer par extrapolation, ce qui implique une variation
- Fig. 7. — Robinet spécial à trois voies et à volant pour ultra-pressions.
- des constantes habituellement utilisées dans les formules.
- Indiquons notamment, qu’au point de vue purement mécanique, les surfaces des substances soumises aux utra-pressions acquièrent des propriétés permanentes remarquables, et que la courbe de compression de l’azote s’est révélée un peu différente de celle qu’Amagat avait établie jusqu’à 3000 atmosphères.
- Fig. 9. — Schéma d'une chambre d’expériences comportant un dispositif optique pour Vobservation oculaire de l’enceinte sous pression.
- La chambre A reçoit le fluide sous pression de la presse B; elle possède trois orilices C, D,E, qui peuvent être obturés soit par des bouchons porte-électrodes tels que E, soit par des blocs en verre dur tels que U, maintenus par un montage élastique tel que F et par des frettes. Un dispositif à lentilles échelonnées et à prisme M, réglable par crémaillère, permet d’obtenir la vision oculaire et l’enregistrement photographique ou cinématographique en N ; le grossissement varie de 2 à 12 et le champ en L a un diamètre d’environ 12 mm. L’éclairage est assuré par un dispositif à prisme O renvoyant par un canal P la lumière d’une source Q. Les frettes G,ll,.l, portent des canaux de refroidissement K.
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- Dans le domaine de la minéralogie, des possibilités nouvelles ont été apportées pour la synthèse artificielle des roches et l’obtention de formes cristallines par voie sèche ou humide.
- De nombreuses réactions chimiques, impossibles ou très difficiles à la pression ordinaire, s’effectuent plus ou moins rapidement sous l’influence des ultra-pressions; telles sont les réactions d’oxydation lente du carbone en présence de l’eau, l’hydrogénation directe du carbone et des composés organiques, diverses condensations et polymérisations, ainsi que l’oxydation de l’ammoniaque.
- L’étude des équilibres chimiques, en liaison avec celles des catalyseurs s’est révélée particulièrement féconde. On sait que pour réaliser industriellement la synthèse de l’ammoniaque par union directe de l’azote et de l’hydrogène, on est conduit à faire passer ces gaz sur une masse de fer pulvérulent qui joue un rôle de catalyse en s’échauffant fortement; malheureusement, ce fer divisé est extrêmement délicat et peut se trouver mis hors d’usage par des traces d’impuretés gazeuses, telles que de l’oxyde de carbone. Cette fragilité des catalyseurs se retrouve dans la plupart des industries de synthèse et oblige, pour la préparation des gaz, à des épurations coûteuses.
- Or, avec les gaz soumis aux ultra-pressions, il devient possible d’employer des catalyseurs de moindre surface et extrêmement rustiques, tels que des poignées de clous ou de riblons. Moins sensibles à l’empoisonnement, ces catalyseurs élémentaires procurent cependant une réaction rapide, permettant un débit important.
- Fig. 10. — Grande presse avec chambre de réactions horizontale.
- LES ULTRA-PRESSIONS ET LA VIE
- Des phénomènes très intéressants ont été mis en évidence par Mme Georgette Lévy et M. Machebœuf, qui ont étudié l’influence des ultra-pressions sur les phénomènes de la vie.
- La technique des expériences consiste à utiliser un récipient hermétique mais à parois malléables, capable de transmettre, sans se déchirer, la pression ambiante au liquide intérieur. On peut utiliser un tube en étain que l’on ferme en écrasant puis en soudant l’extrémité; mais il semble préférable d’utiliser un tube en caoutchouc translucide (feuille anglaise), qu’on ligature fortement à chaque extrémité après remplissage aseptique (fig. 11). La transparence de la gomme permet de vérifier qu’il ne reste aucune bulle d’air.
- Les tubes ainsi préparés sont placés dans la chambre à expériences de la presse et entourés de liquide, tandis que des tubes-témoins, identiques, sont conservés à la pression ordinaire, afin de fournir un élément de comparaison. La décompression est toujours assez rapide, effectuée en cinq minutes.
- DIASTASES ET TOXINES MICROBIENNES
- Les essais ont porté tout d’abord sur diverses diastases : saccharose, laccases, tryptase pancréatique.
- Les solutions conservent leur activité tant que la pression appliquée ne dépasse pas 6000 atmosphères; certaines « ases » sont détruites à 8000 atmosphères, d’autres résistent à 13 000, et d’autres ne sont que partiellement détruites à 15 000. Les vitesses de mise en pression et de décompression sont sans influence.
- En ce qui concerne la sucrase de levure de boulangerie, dont l’étude a été particulièrement poussée, on a trouvé que le temps jouait un rôle important : à 9000 atmosphères une solution a perdu 50 pour 100 de son activité en 30 minutes, et 66 pour 100 en 60 minutes. Le pH a une action difficile à mettre en évidence mais certaine, l’acidité favorisant la résistance de la diastase aux ultra-pressions.
- Des expériences répétées ont montré que l’influence destructive ne provenait en rien des parois des récipients.
- Les toxines microbiennes et les diastases se comportent d’une manière très comparable; les toxines résistent à des pressions de 6 à 8000 atmosphères puis s’atténuent et perdent toute activité pour des pressions supérieures à 12 000 atmosphères.
- La toxine tétanique perd 98,8 pour 100 de son activité à 13 500 atmosphères en 45 minutes ; la toxine diphtérique ne perd, dans les mêmes conditions que 80 pour 100 de son activité, mais elle est inactivée complètement à 17 500 atmosphères.
- La toxine tétanique, inactivée par ultra-pression, n’acquiert pas, comme on l’avait tout d’abord espéré, de pouvoir immunisant; il n’est donc pas possible, en l’état actuel des recherches, de préparer des « anatoxines » destinées à des vaccinations.
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- ACTION SUR LES MICRO ORGANISMES
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- Les bactéries non spoiulées ne résistent pas au delà de 5000 atmosphères. Par contre, les spores et en particulier le Bacülus subtilis, ont résisté aux pressions les plus élevées que l’on ait expérimentées, soit 17 500 atmosphères, pendant 45 minutes. On retrouve donc ici ce fâcheux moyen de protection que les bactéries savent opposer, parfois avec une extrême rapidité, aux procédés de stérilisation, notamment à l’ébullition.
- Les virus invisibles (x) se sont révélés très sensibles à l’action des ultra-pressions. Dès 1800 atmosphères, l’influence est sensible et à 4500 atmosphères, l’inactivation est complète, ce qui semble interdire tout rapprochement entre ces virus et les diastases.
- On peut ainsi prévoir un usage de la presse à ultra-pressions pour différencier, dans une solution biologique, ce qui est le fait des virus et ce qui provient des diastases.
- Les bactériophages sont totalement inactivés par une pression variant de 2000 à 7000 atmosphères. Certains protéides, tels que les globulines du sérum et du blanc d’œuf, sont coagulés par les ultra-pressions, mais le sérum-albumine ne l’est pas.
- Tels sont les premiers et remarquables résultats, fournis par l’application des ultra-pressions aux substances
- 1. Mme Vollmarm et M. Bar lad).
- Chambre d'expéri\
- Solution à étudier
- Sac en caoutchouc
- Liquide de. la presse '
- '-'"Arrivée du liquide
- Fig. 11. — Disposition adoptée pour étudier l'influence des ultra-pressions sur des solutions biologiques.
- constituant les êtres vivants. Toute une série de recherches du plus haut intérêt peut être désormais envisagée, au premier rang desquelles il faut placer l’étude de la coagulation des milieux colloïdaux dans les cellules cancéreuses. Nous indiquons cette voie aux'chercheurs.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- L’EPURATION DU CHARBON
- SA REMARQUABLE ÉVOLUTION
- I. — EXPOSÉ
- Signe caractéristique de la dureté des temps, le marché du charbon n’est plus basé sur le principe : « Take il or leave it », c’est-à-dire : « Prenez-le ou laissez-le ». Aujourd’hui, le consommateur impose ses exigences aux compagnies minières pour le charbon qu’il leur achète.
- Ce charbon doit posséder des caractéristiques définies de calibre, teneur en humidité et en cendres, pouvoir agglutinant, point de fusion des cendres.
- L’épuration du charbon correspond à une opération de concentration ou de triage destinée à débarrasser la houille de ses cendres et à le « conditionner » aux exigences de la clientèle, suivant les données générales que nous venons d’énumérer.
- En 1932, les compagnies minières du Pas-de-Calais ont dû, à cause des exigences de la clientèle, soumettre à l’épuration 50 pour 100 de leur extraction, laquelle s’est alors élevée à 21 millions de tonnes, contre 30 pour 100 seulement en 1913. Ce mouvement n’est point particulier à la France. La houillère britannique qui épurait seulement 505 millions de tonnes en 1927, soumet aujourd’hui à cette opération près de 72 millions de tonnes de
- charbon ou un peu plus du tiers de son extraction égale à 207 millions de tonnes en 1932.
- L’importance croissante dévolue à la technique de l’épuration du charbon tient aussi aux difficultés que rencontrent, depuis quelque temps, les compagnies minières pour écouler leur production de fines. Sous ce terme, on désigne toutes les particules de charbon ayant un calibre compris entre 0 et 15 mm, ou 0 et 20 mm, suivant les arrondissements minéralogiques.
- Cette situation incombe, pour une part, au développement des moyens mécaniques pour l’abatage du charbon. Néanmoins, la raison principale tient à la désaffection de la clientèle pour les charbons tout venants.
- En tout cas, cette opération est onéreuse pour les compagnies minières. En dehors des frais de traitement généralement évalués à 1 fr 50 environ par tonne de houille mise en œuvre, la perte pondérale, sous forme de déchets sans valeur, appelés schistes ou stériles, est élevée. Elle représente généralement 10 pour 100 en Angleterre et près de 20 pour 100 dans le Pas-de-Calais, du poids de charbon brut traité.
- Avant la guerre, la majeure partie des fines, c’est-à-dire les morceaux de charbon du calibre inférieur à 20 ou plutôt à 15 mm partaient sous la forme de trois qualités
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- Fig. 1. —• Schéma du fonctionnement de la table de nettoyage à sec, système Birlley (vue par-dessus).
- de tout-venant : le 50 pour 100, le 30-35 pour 100 et le 20-25 pour 100.
- Ces taux représentent la proportion de fragments du calibre supérieur à 50 mm contenue dans cette marchandise. Néanmoins, il restait encore à utiliser d’importants tonnages des fines. On les vendait sous la forme soit d’agglomérés : boulets ou briquettes, soit de coke métallurgique, suivant leur teneur en matières volatiles.
- La caractéristique de la situation actuelle consiste en ce que les demandes de tout-venant se restreignent de plus en plus.
- Il en résulte une situation tout à fait désavantageuse pour les compagnies minières qui se trouvent astreintes à chercher des débouchés nouveaux pour les fines du calibre 0-20.
- Quant aux grains et noisettes, catégories du calibre compris entre 20 et 50 mm, ils se placent aisément et à des prix avantageux pour les besoins domestiques ou industriels, d’après leur teneur en matières volatiles.
- Pour cette raison même, la technique de la semi-carbonisation qui permet de transformer les charbons fins et de nature bitumineuse en morceaux analogues, par leur calibre et leurs conditions d’utilisation, aux grains et aux noisettes est appelée à un large avenir, spéciale* ment en Angleterre. On estime couramment que la quantité de semi-coke produite passera, d’ici un petit nombre d’années, de 0,3, chiffre actuel, à 20 millions de tonnes en Grande-Bretagne et de 0,3, valeur présente, à
- Fig. 2. — Table Birlley.
- 3 millions de tonnes en France. Ce développement est subordonné cependant à la mise en œuvre de charbons très purs.
- Il faudra épurer les fines brutes, qui contiennent généralement 20 à 25 pour 100 de cendres en France et 12 pour 100 en Grande-Bretagne, jusqu’au taux de 4 à 5 pour 100 seulement, afin que le semi-coke contienne un maximum de 6 à 7 pour 100 de cendres.
- L’hydrogénation du charbon représente un autre exutoire pour les fines. Là aussi, il faudra mettre en œuvre un charbon très pur contenant au maximum de 3 à 4 pour 100 de cendres de manière qu’il ne subsiste qu’un minimum de résidus dans la bombe de réaction où la pulpe, c’est-à-dire le mélange de charbon, et d’huile servant d’agent de peptisation , qui rentre eu contact avec l’hydrogène sous pression.
- Au total, en raison des exigences de la clientèle et de la nécessité d’utiliser sous la forme de produits purs les disponibilités actuelles de fines, la technique du lavage du charbon est certainement appelée à un large développement. Les lavoirs figurent parmi les plus importantes annexes des compagnies minières.
- II. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES PROCÉDÉS D’ÉPURATION DU CHARBON
- Pour trier le charbon brut, afin d’en tirer les portions les plus riches en cendres, on met invariablement à profit la différence de densité qui s’établit entre les divers constituants de la houille.
- Par exemple, les portions les plus pures ayant une densité égale à 1,35 contiennent de 0,5 à 2,5 pour 100 de cendres. Les parties les plus cendreuses, qui s’immergent dans une solution de densité 1,8, renferment un minimum de 75 pour 100 de cendres.
- Aujourd’hui, pour concentrer la houille, on emploie concurremment deux classes d’appareils. La première englobe les bacs à piston et les rhéolaveurs, tous bien connus, dans lesquels l’eau intervient comme médium en tant qu’agent de séparation des divers constituants de la houille brute. La seconde comprend les appareils d’épuration pneumatique : Birtley, Raw, Peale-Davis, Mines de Bruay-Soulary, Bamag.
- Retenons une caractéristique tranchée de l’industrie houillère de notre temps : les procédés d’épuration du charbon par voie sèche, appelés aussi méthode pneumatique, se développent avec rapidité.
- Une concurrence redoutable est ainsi faite aux procédés d’épuration par courant d’eau : bacs à piston, rhéolaveurs, qui fonctionnent, comme on le sait, d’une manière vraiment satisfaisante. Leur part reste prépondérante, d’ailleurs.
- Le succès commercial des procédés d’épuration pneumatique du charbon tient, pour une bonne part, à l’idée heureuse qu’ont eue les constructeurs de ces appareils de présenter les fines, au public, sous un calibrage plus serré.
- Au lieu de 0-10 courant, on livre à la clientèle les catégories 3-6, 6-10, 10-15, par exemple. En outre, ce charbon purifié est pratiquement exempt d’humidité.
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- Fig. 3e/4. — Coupe longitudinale et plan schématique de l’épurateur Soulary. Mines de Bruay.
- III. - LES DIVERS TYPES D’APPAREILS D’ÉPURATION
- PNEUMATIQUE DES CHARBONS
- Les appareils d’épuration pneumatique du charbon se divisent en deux grandes classes.
- La première comprend les tables dites « à rilles » (fig. 1), comportant essentiellement une table à secousses, d’inclinaison longitudinale et transversale réglable, dont le fond est un tamis perméable à l’air. Sur sa face supérieure sont fixées des barrettes d’orientation variable, appelées « rifles ».
- Leur hauteur va en décroissant de gauche à droite. Les particules légères (charbon) surnagent le lit et franchissent les rifles sous l’influence de la pente transversale. Les schistes riches en cendres, plus lourds, restent en contact avec le tamis et progressent au contraire entre les « rifles ». Comme ceux-ci ont des hauteurs décroissantes vers la sortie, on conçoit que les grains chemi-nent d autant plus longtemps entre les « rifles » qu’ils sont plus lourds.
- En définitive, le long du bord inférieur de la table, il se déverse des produits dont la teneur en cendres va en croissant de gauche a droite. Des couteaux, de position réglable, prélèvent les différentes qualités de charboms aux endroits voulus.
- La seconde catégorie d’appareils correspond aux tables « sans rifles ». Le prototype, que représente la figure 3, comporte une table à secousses, à bords parallèles, à pente longitudinale réglable, dont le fond est un tamis de soufflage lisse sur lequel les constituants du charbon se déplacent parallèlement à l’axe du mouvement d’oscillation. A l’aval de la table, des couteaux pivotant autour d un axe horizontal, séparent les différentes couches stratifiées et les évacuent dans les goulottes.
- Généralement, ces tables comportent plusieurs compartiments fonctionnant en série. A l’aval de chacun d eux, on prélève les produits finis. Quant au solde, qui est insuffisamment stratifié, il progresse vers les compartiments suivants où s’achève son triage.
- Les appareils de la première classe, qui sont le plus souvent du modèle Birtley (fig. 1 et 2), ont reçu des applications nombreuses dans les mines anglaises des bassins du Durham et du York-shire. Les appareils de la seconde classe appliquent les brevets Mines de Bruay-Soularv (fig. 3 et 4).
- Les tables Birtley se différencient des tables Bruay-Soulary non seulement par la présence ou l’absence de « rifles » mais encore par le mode de distribution du vent.
- Sur la table Birtley, l’épaisseur de la couche de combustible en cours de traitement varie d’un point à un autre. Elle demeure uniforme par contre, sur la table Bruay.
- A cause de cette différence, pour assurer une
- répartition correcte du vent soufflé, la table Birtley doit être divisée en un nombre aussi grand que possible de surfaces unitaires.
- Par contre, comme les figurés 3 et 4 permettent de le comprendre, avec la table des Mines de Bruay, on se borne à régler le débit d’air sous chaque compartiment de manière qu’il possède la valeur la plus appropriée à un traitement efficace.
- Nous présentons, d’ailleurs, ces remarques sans avoir aucunement l’intention de faire ressortir la supériorité d’une méthode sur une autre. On ne sera fixé à ce sujet qu’à l’époque prochaine, où les deux lavoirs, d’une puissance unitaire de 170 tonnes de fines brutes par heure, en montage aux Mines de Courrières, auront été mis en service.
- L’un appliquera le procédé Birtley et l’autre le procédé Mines de Bruay.
- Fig. 5. — Table Birtley installée à Thorne ( Yorkshire).
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- IV. — CONDITIONS GÉNÉRALES D’ÉPURATION DU CHARBON PAR VOIE PNEUMATIQUE
- Pour qu’une installation d’épuration du charbon par voie pneumatique donne de bons résultats, on commence par classer le charbon mis en œuvre en différentes catégories se différenciant les unes des autres par le calibre de leurs constituants. Il faut obtenir, en effet, un milieu bien fluide, suffisamment sec et dense dans lequel la séparation des éléments de différentes densités puisse s’effectuer lentement et par ordre de densité (fig. 5).
- A Mariemont-Bascoup (Belgique), on traite, par exemple, des fines 0-8 que l’on dépoussière jusqu’à 0,5 mm et que l’on décompose en 0,5-2 eten2-8 (fig. 6). Les Mines
- Fig. 6. — Appareil Hummer pour procéder au classement du charbon avant lavage.
- de Bruay recommandent pour une épuration poussée une classification telle que la suivante : 0,5-3; 3-7; 7-15.
- A la lecture de ces données pratiques, on remarque que le charbon traité sur les tables ne comprend pas de particules du calibre inférieur à 0,5 mm que l’on dénomme poussier.
- Deux raisons majeures militent en faveur du dépoussiérage du charbon avant de le soumettre à une épuration pneumatique, à savoir :
- 1° Les particules pulvérulentes, maintenues entre elles par une force d’adhésion inversement proportion-
- nelle à leur grosseur, rendent le lit d’épuration trop compact et trop peu perméable à l’air;
- 2° Le charbon très pulvérulent ne peut s’épurer que par des procédés spéciaux. Par conséquent, il convient d’éliminer le plus complètement possible le pulvérulent,, en pratique le 0-0,5, afin que sa présence n’entraîne pas un accroissement de la teneur en cendres du charbon épuré s’écoulant de la table. Ultérieurement, on traitera à part ce charbon pulvérulent par flottage, comme nous le verrons au chapitre suivant.
- Il n’existe pas d’opinion tranchée sur l’appareil le mieux approprié au dépoussiérage du charbon. Néanmoins on admet que les tamis vibrants à grande vitesse et faible amplitude donnent les meilleurs résultats parce qu’ils assurent mieux la désagrégation de la masse de charbon. Ils permettent d’aboutir à des rendements de criblage supérieurs à 90 pour 100. On arrive à des résultats moins satisfaisants avec les dépoussiéreurs utilisant l’action du vent.
- Dans toutes les installations d’épuration du charbon par voie sèche, on doit prendre des précautions spéciales pour récolter les poussières qui se dégagent des tables d’épuration du charbon.
- Les meilleurs résultats ont été obtenus en se servant d’un turbo-capteur. Par ailleurs, comme des poussières risquent de se former en tous les points de son parcours, à cause de sa rencontre brusque avec l’atmosphère, il convient de prohiber la descente en chute libre. Le plus souvent, on utilise des transporteurs clos : vis sans fin ou chaîne traînante à faible vitesse.
- Il reste à se préoccuper de l’épuration des charbons pulvérulents qui ne sont pas susceptibles d’une épuration soignée par les moyens que nous venons de décrire.
- Dans l’état actuel de nos connaissances, seule la technique du flottage permet de tirer parti utilement de ces charbons pulvérulents dont les disponibilités prochaines, en France seulement, semblent devoir être de l’ordre de 4 millions de tonnes par an, après avoir satisfait aux besoins des chaufferies utilisant le charbon sous la forme pulvérisée. Sur notre territoire, celles-ci consomment approximativement 2 millions de tonnes de houille.
- V. - ÉPURATION DES CHARBONS FINS.
- LA TECHNIQUE DU FLOTTAGE
- Cette technique est en faveur croissante pour le traitement des minerais, en particulier ceux qui contiennent de l’or.
- En 1931, année de crise, elle a été appliquée aux États-Unis pour la concentration d’environ 36 millions de tonnes de minerais, spécialement de cuivre, de zinc et de plomb. On y recourt en Europe non seulement pour la concentration des minerais, mais aussi pour celle des charbons pulvérulents. Les principaux ateliers qui appliquent cette technique sont ceux des Mines fiscales de Hollande, des Mines de Courrières et des Mines d’Aniche. Il existe également d’importantes installations en Allemagne, en Angleterre, et en Silésie.
- Dans le flottage, on applique le principe suivant lequel une particule charbonneuse mise en pi'ésence de l’eau est
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- .-,Z
- Cellule
- d’aération
- y Zone depurification ' ' de lecume
- Zone
- d’aération
- Zone de séparation et de purification de l’écume
- Conduite d’air
- Fig. 7. — Appareil de la « Minerais Séparation « pour Vépuralion du charbon par flollage.
- soumise à deux actions antagonistes :
- 1° Son poids, proportionnel au cube de son diamètre, qui tend à l’immerger ;
- 2° La tension superficielle de l’eau se traduisant, pour les particules non mouillées, par une résistance à se laisser pénétrer, proportionnelle au carré du diamètre.
- En d’autres termes, eu égard à cette loi des cubes, au fur et à mesure que le diamètre d’une particule non mouillée décroît, l’effet dû à la pensanteur s’atténue beaucoup plus vite que celui résultant de la tension superficielle. H arrive donc un point où celle-ci devient prépondérante et empêche l’immersion.
- On applique ce principe pour séparer d’avec les gangues les particules de charbons. Dans ce but, on enrobe d’huile de goudron de bois ou de houille, les particules de houille. On les rend ainsi non mouillables par l’eau. Inversement, les parties cendreuses ne subissent pas cette action de l’huile. Elles restent donc mouillables par l’eau.
- En définitive, les particules de charbons enduites d’une pellicule d’huile, subissent seules l’effet de la tension superficielle. Elles flottent donc. Par contre, les gangues mouillées par l’eau échappent à cette influence et tombent au fond de l’appareil de traitement.
- A l’action de l’huile s’ajoute, d’autre part, celle de l’air injecté dans la masse en cours de traitement, qui est aspiré par le mouvement de rotation de l’organe de malaxage, comme le montre la figure 7.
- Au total, on obtient :
- A la surface du liquide, un ensemble de charbon purifié, d’eau, d’huile qui forme une mousse, grâce à la réunion d’un grand nombre de bulles d’air;
- Au fond de la masse liquide, des stériles ou déchets.
- A titre d’exemple, le schéma de la figure 8 montre la liaison entre un lavoir et un atelier de flottage.
- Toutes les eaux provenant du lavage des charbons de toutes catégories sont collectées dans des « spitzka-sten » munis de purges aboutissant à un puisard en charge sur une pompe qui les amène, par l’intermédiaire d’un cône, sur un tamis vibrant muni de toiles en bronze à mailles écartées de 1 mm.
- Après leur passage sur un tamis, dénommé « zimmer » qui sert à séparer les plus gros grains de charbon, les eaux, chargées de fines particules de houille, rentrent dans un cône
- de concentration puis dans la machine de flottage.
- Ce dernier appareil est constitué par des caisses placées en série. Le réactif du flottage est constitué par du crésol employé à raison de 0,6 kg par tonne de charbon brut (fig. 9 et 10).
- La mousse à base de charbon purifié et d’eau passe ensuite sur un filtre sécheur. Cet appareil rotatif comprend des cellules dont les compartiments sont soumis à l’action du vide produit par une pompe ; la périphérie est garnie d’une toile en bronze à mailles de 0,16 mm. Le filtrat est renvoyé, par l’intermédiaire d’un réservoir et d’une
- Fig. 8. •—• Schéma d’une, installation de flottage aux Mines de Beeringen (Belgique).
- 7^-Déca nteur genre Cuve Baum
- Fbrge unique
- yRinçage a l'eau claire 'ou à l’eau de circulation ^ Refus vers fines la imes
- % Zimmer
- Appareil réglant automatiquement la densité de ta pulpe
- / Machine de
- M ----------h. flottation
- Réservoir
- mélangeur
- Tours d egouttaqi des fines °ho
- Tours de chargetnent
- ’—Schlamms
- flottés
- Filtre
- Sch/amms // filtrés /
- de pesage
- vers les fines égouttées
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- Bref, le flottage fournit le moyen pratique et économique de transformer les bas produits du lavage de la houille, notamment le poussier ainsi que celle masse boueuse et cendreuse que l’on dénommeschlamms, en véritables charbons commerciaux.
- Sur la base de ces données, on s’explique pourquoi les compagnies minières suivent avec vigilance tout ce qui concerne l’épuration du charbon. La mise au point de la technique du flottage est un fait pratique de grande importance pour elles. Par contre, de la circonspection s’impose encore pour l’épuration de la houille au moyen d’appareils pneumatiques.
- Ch. Berthelot.
- Fig. 10. — Vue de l'installation des Mines fiscales de Hollande, au puils Mauritz.
- Fig. 9. — Installation de flottage des schlamms. Débit 36/40 par heure. (Charbonnage de Zollverein, Gelsenkirchen, Allemagne) .
- colonne barométrique qui lui fait suite, dans le puisard d’une pompe qui le relève dans les spitzkasten où il rentre dans la circulation générale.
- Enfin, les schlamms séchés sont envoyés dans une vis d’Archimède qui reçoit également les fines 0-10 relevées par la chaîne.
- La vis, mélangeant les deux produits, débite dans la chaîne à raclette à la partie supérieure des tours d’égouttage.
- Dès ce moment l’ensemble dn charbon épuré au moyen des appareils classiques d’une part, et des machines de flottage d’autre part, peut être utilisé dans les conditions habituelles et inhérentes aux fines lavées.
- LA SUPERIORITE DES PNEUMATIQUES
- SUR LES BANDAGES METALLIQUES
- POUR LES CHARIOTS AGRICOLES
- Le pneumatique n a jusqu’ici pénétré que timidement dans le domaine des véhicules agricoles. Il y pourrait rendre cependant de grands services.
- C’est ce qui résulte des essais comparatifs effectués par M. Bouckaert et C. Dricot, l’un professeur de Génie rural,
- l’autre assistant à la station de Génie rural de Gembloux (Belgique). Le Bulletin de l’Institut agronomique de Gembloux publie le compte rendu détaillé de ces essais. Ils ont consisté dans la mesure du coefficient de traction d’un chariot à 4 roues, sur des terrains divers, le chariot étant équipé suc-
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- cessivement avec des roues à bandage ferré et des roues à pneumatiques. On sait qu’on appelle coefficient de traction le rapport entre l’elïort de Lraction et la charge remorquée. On l’exprime en kg par tonne remorquée. Plus il est faible, plus le mode de traction est avantageux.
- Les conclusions sont les suivantes :
- Sur une route pavée en très bon état (pavés de petites dimensions sur fondation en ciment), les bandages ferrés apparaissant légèrement plus avantageux que les pneumatiques gonflés à faible pression (2,25 kg à l’avant et 2,5 kg à l’arrière). Par contre, dès que le pavage devient défectueux, les pneumatiques à faible pression améliorent le coefficient de traction, et cela d’autant plus que les aspérités du pavage s’accentuent.
- Sur une route paV’ée, le coefficient de traction de la roue à pneumatiques s’améliore assez sensiblement, toutes choses égales d’ailleurs, quand on augmente la pression de gonfle-
- : ..................- 79 =
- ment du pneumatique. Ces constatations n’ont, du reste, rien d’inattendu.
- C’est sur les chemins de terre ou dans les champs que la roue à pneumatiques révèle son éclatante supériorité, et celle-ci s’affirme surtout pour les pneumatiques peu gonflés (2,25 kg à l’avant et 2,5 kg àd’arrière). Sur un chemin de terre en bon état, l’amélioration du coefficient de traction a été de 35,31 pour 100, sur un chemin de terre en mauvais état de 53,61 pour 100.
- Dans les champs, les expérimentateurs de Gembloux ont constaté une amélioration de 37,60 pour 100 sur un chaume d’avoine, de 47,83 pour 100 sur une jeune luzernière, de 32 à 64 pour 100 en octobre et novembre sur une terre à betteraves plus ou moins arrosée par les pluies.
- On voit que le pneumatique peut assurer aux exploitants agricoles de très sérieuses économies.
- NOUVELLE RUCHE-TOURNIQUET VITRÉE
- POUR L’OBSERVATION DES ABEILLES
- Vers la fin du xviue siècle, le naturaliste hollandais Swammerdam, afin de mieux observer les Abeilles pendant leur travail, imagina de remplacer, par des carreaux de papier transparent, une des parois de la ruche dans laquelle il logeait ses essaims. Par la suite, divers apiculteurs, Maraldi, de Rezcns et Moufet entre autres, eurent l’idée d’enfermer les « Mouches à miel » dans de petites tours vitrées, de section rectangulaire et surmontées d’un couvercle plat.
- De son côté, Réaumur réalisa plusieurs types de ruches vitrées dont il donne la description dans le tome 5 de ses célèbres Mémoires pour VHistoire des Insectes (1740).
- Le modèle le plus simple, qui lui permit « de faire les observations les plus délicates », -— comme le savant entomologiste l’écrit dans ce dernier ouvrage, — ressemblait à une boîte à peu près carrée et plate, posée verticalement sur un de ses côtés.
- La grande face verticale de cette sorte de châssis formait une fenêtre à quatre grands carreaux de verre, encadrés par une menuiserie maintenue elle-même en place par des taquets chevillés. Vers le bas d’un des montants, tourné vers le midi, se trouvaient peicés plusieurs trous par où entraient et sortaient les industrieuses habitantes de la lilliputienne cité. Plus près de nous, divers spécialistes, entre autres Langstroth et Charles Dadant, apportèrent des perfectionnements de détails aux ruches d'observations, mais tous les modèles réalisés jusqu’ici se composaient d’un seul rayon, clos des deux côtés par une vitre.
- De la sorte, on voit bien les diligentes bestioles venir de la campagne toutes chargées de matériaux et de provisions ; on assiste, par exemple, à l’élevage des reines et on se rend compte de la façon dont les ouvrières construisent des cellules en appliquant une irréprochable technique.
- Cependant, un apiculteur très averti, M. Ileury, a
- voulu aller plus loin et sa récente invention facilitera la tâche de ses confrères. La ruche-tourniquet, qu’il vient
- Fig. 1.— Un apiculteur observant les abeilles dans la ruche-tourniquet Ileunj, installée dans un abri, après avoir enlevé deux des panneaux et un volet mobile pour voir les abeilles à travers la. vitre d'un cadre.
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- Fia. 2. — Les principaux organes de la ruche démontés. Les quaire traverses, le cercle métallique de roulement et les deux cadres en croix qui se trouvent posés sur un établi.
- d’installer dans sa propriété, se compose de quatre grands cadres vitrés, disposés en croix, et protégés de l’extérieur par des volets mobiles. En outre, une hausse d’hivernage et une hausse de rapport se trouvent placées sur le dessus de cette menuiserie dont tout l’ensemble peut tourner autour d’un axe central. Afin d’obtenir aisément ce mouvement de pivotage, des roulettes, encastrées au milieu de la face inférieure des croisillons de support des cadres, se déplacent sur un cercle métallique fixé sur les bras de deux traverses cruciales servant d’assises au système.
- Enfin M. Ideury abrite sa ruche-tourniquet dans une sorte de petite hutte en bois dent les panneaux s’enlèvent à volonté.
- L’intérêt de son originale installation réside dans le fait que, grâce aux hausses annexées, les abeilles engrangent sans peine leur nouriiture hivernale tandis que, dans les ruches d’études à un seul cadre, les sagaces Hyménoptères ne peuvent vivre durant les froids, faute de provisions accumulées pendant la belle saison. Aussi un observateur, confortablement assis près de cette minuscule « maisonnette » ingénieusement agencée, se documentera à son gré, sans difficultés, sur les faits et gestes qu’accomplit pendant toute Vannée, l’industrieuse population qui l’habite. L’apiculteur n’aura qu’à enlever
- les volets mobiles, au fur et à mesure qu’il tournera la ruche, pour découvrir successivement et de chaque côté des cadres, les abeilles employées à leurs diverses besognes.
- Si au printemps la Reine n’effectue pas sa ponte dans la partie vitrée, il lui faudra la chasser de la hausse d’hivernage par les procédés habituels et fermer derrière elle les clapets d’obturation. Quelques jours plus tard, il pourra suivre le travail de la ponte et du nourrisse-ment.
- Il lui sera même facile de photographier les bestioles affairées et à n’importe quel moment, en amenant en pleine lumière le coin de la « rue » qu’il voudra saisir dans son actif grouillement. Puis, à l’approche de l’hiver, il devra ouvrir de nouveau les clapets pour permettre à la « souveraine » de remonter dans la hausse où elle se reposera, pendant la saison hivernale, du fardeau de sa lourde charge.
- En résumé, la ruche-tourniquet Heury facilite les observations sans déranger les abeilles et sans risques de piqûres pour l’apiculteur; elle permet l’hivernage de la colonie et, grâce à ses deux hausses, elle peut servir aussi bien pour la production du miel que pour les études entomologiques.
- Jacques Boyer.
- Fig. 3. — Les abeilles à l’intérieur de la ruche. Au-dessus des cadres on voit les hausses d’hivernage et de rapport.
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- NAISSANCE CURIEUSE DE CERTAINES INDUSTRIES
- Que Limoges soit la ville de la porcelaine et Lyon celle de la soie, personne ne s’en étonne; que Marseille soit la ville du savon, l’explication est immédiate, le savon étant une combinaison de substance grasse ou oléagineuse et d’alcali (soude). Nulle place n’est mieux située que Marseille pour le produire à bon compte : elle est le premier marché de France pour les huiles, les graisses et les suifs; de plus les salines qui s’étendent à perte de vue dans les plaines du Bas Rhône permettent de fabriquer les sels de soude dans des conditions d’exceptionnel bon marché. D’ailleurs c’est l’olivier de Provence qui a créé le savon de Marseille.
- Mais pourquoi travaille-t-on l’ivoire à Dieppe, fabrique-t-on des boutons à Méru, du caoutchouc à Clermont-Ferrand et des matières plastiques à Oyonnax ? A priori aucune raison n’est apparente. Comment ont pris naissance certaines industries dans des villes où rien ne justifie leur présence ?
- Le plus souvent la création d’une industrie nouvelle dans une région est due à l’initiative individuelle.
- Un homme décide de fabriquer dans son pays un produit jadis d’importation. S’il réussit, immédiatement autour de lui viennent se grouper des imitateurs qui lui font concurrence.
- Laigle est la ville des aiguilles parce qu’un industriel fonda à Menorval, faubourg de Laigle, en 1765, une manufacture d’aiguilles en acier poli, sur le' modèle des fabriques anglaises. Encouragées par son exemple, d’autres industries s’établirent à Laigle, et bientôt cette petite ville industrieuse devint le centre d’une fabrication nouvelle à laquelle se joignirent plus tard celle des épingles, alênes, clous, etc.
- Clermont-Ferrand est devenue la ville du caoutchouc grâce d’une part aux frères Michelin, de l’autre à l’invention de la bicyclette.
- Les frères Michelin qui dirigeaient à Clermont une petite usine, eurent l’idée du pneu, d’où développement considérable d’abord de la bicyclette, ensuite de l’automobile, essor incroyable de l’industrie du caoutchouc.
- C’est encore à un industriel, Alphonse Dupont, qu’est due l’importance de la brosserie dans l’Oise.
- Dieppe est devenue la ville de l’ivoire parce qu’en 1364, les Dieppois équipèrent deux vaisseaux qui s’en allèrent à la côte d’Afrique, où il se chargèrent d’ivoire, et en ramenèrent tant qu’il prit l’idée aux Dieppois de le mettre en œuvre. L’ivoirerie de Dieppe fut très florissante jusqu’en 1694, époque où les Anglais bombardèrent cette ville. Ce n’est qu’à partir de 1816 qu’elle reprit un peu d’activité.
- L’industrie des plumes métalliques s’est implantée à Boulogne parce que toutes les livraisons faites en France de plumes fabriquées à Birmingham passaient par Boulogne.
- Des négociants pensèrent que la fabrication à Boulogne même donnerait de gros bénéfices. En 1846, Pierre Blanzy alla étudier à Birmingham le fonctionnement des fabriques anglaises et revint en créer une. dans cette ville. La fabrication des plumes a eu pour conséquence celle de la fabrication des porte-plume et des crayons.
- C’est parce que les paysannes du Pas-de-Calais filaient adroitement la quenouille que l’industrie du tulle et de la dentelle mécanique est florissante à Calais.
- C’est tout à fait par hasard que Morez est devenue la ville de l’horlogerie, de la lunetterie et de l’émaillerie.
- Vers l’an 1660, le gardien du couvent des capucins de Saint-Claude,étant à Morbier, demanda au curé si, parmi les ouvriers du pays, il n’en serait pas un capable de réparer l’horloge de son couvent qui était dérangée. Le curé le conduisit chez un forgeron, nommé Mayet, qui passait pour un ouvrier très
- habile. Celui-ci répondit qu’il fallait voir la pièce. Construite en bois, vieille et usée, elle ne pouvait plus se réparer. Mayet la copia parfaitement et en fît une semblable en fer qui réussit. Ce succès l’enhardit pour faire d’autres horloges sur ce modèle. Secondé par ses frères, il livra bientôt au public un grand nombre de pièces de sa fabrication et créa dans son pays l’industrie qui n’a cessé depuis de l’enrichir.
- De même, c’est un homme, Hyacinthe Cazeau qui établit au hameau des Rivières le premier atelier de lunetterie. D’autres ateliers ne tardèrent pas à s’établir aux Arcets et à Morez : la lunetterie morézienne était née.
- Une industrie a souvent pour conséquence la naissance d’une autre industrie avec laquelle elle a des points communs. C’est ainsi qu’est née en 1755 l’émaillerie morézienne parce que les négociants de Morez trouvaient trop chers les cadrans venus du Locle et de la Chaux-de-Fonds. Ils décidèrent un fabricant du Locle, David Henri Huguenin, à venir se fixer au milieu d’eux pour y faire des adeptes.
- Une autre conséquence de la fabrication de l’horlogerie, c’est l’implantation de l’industrie lapidaire à Saint-Claude.
- Les horlogers du Jura fabriquaient de minuscules pierres dures, percées d’un trou, comme contre-pivots. Vers 1735, Michaud, du hameau de Thoramy, eut l’idée de façonner ces pierres, au moyen d’un petit tour de son invention, puis il tailla des facettes sur des boules de verre. Les bijoutiers s’intéressèrent à ces pierres brillantes, et l’industrie de la lapidairerie se développa autour de Septmoncel, puis à Saint-Claude.
- Quelquefois la relation de cause à effet est plus compliquée à établir. Qui irait penser que c’est parce que les moines de l’abbaye de St-Claude tournaient des grains de chapelet en buis, que St-Claude a une manufacture de tabac et d’ébonite ? Et pourtant la chaîne est facile à établir. Autour de cette abbaye de nombreux artisans vinrent travailler le bois et fabriquer des robinets, des jeux de quilles, etc. Lorsque le tabac fit son apparition, tous ces tourneurs sur bois essayèrent de faire des foyers pour le tabac avec du bois de merisier, d’alisier, qui furent peu appréciés. En 1854, un négociant du Midi suggéra l’emploi de la bruyère. Exécuté dans les débuts sur le tour au marchepied et à la main, le travail devint bien vite mécanique grâce aux usines hydrauliques.
- En 1878 une maison anglaise utilisa l’ébonite : les Allemands s’emparèrent de cette idée. Saint-Claude devint tributaire de l’Allemagne pour l’ébonite jusqu’au jour où se créa dans cette ville une manufacture d’ébonite.
- Comment Oyonnax est-elle devenue la ville de la matière plastique? C’est parce qu’elle fabriquait le peigne. Le peu de fertilité du sol de la vallée incita de bonne heure le paysan de ce coin du Jura à tirer parti du bois de ses forêts. Comme à Saint-Claude, ilcréades scieries et s’orienta vers la boissellerie, la fabrication de la pipe, du robinet et de la cabine d’horloge, mais il eut l’idée d’ajouter à ces diverses fabrications celle du peigne. Dès le xiv® siècle, on vit apparaître le travail du peigne, en buis, puis en orme. Vers le xviii' siècle, on fabriqua le peigne en corne. En 1896, les frères Hiatt inventèrent le celluloïd. Oyonnax en fabriqua pour ses peignes et les ateliers se développèrent. Puis apparut la caséine formolée : galalithe, lactolithe etc... nouvel essor. La découverte de ces produits développa de nouvelles industries : barrettes, épingles, faux cols en celluloïd. Conséquence : on se mit à fabriquer du linge, des boutons, fermoirs de sac, poignées d’ombrelles, de parapluies, de cannes, des porte-plume à réservoir, etc...
- Entre les vallées de la Somme et de la Bresle est le centre métallurgique du Vimeu et' de sa serrurerie.
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- L’origine de cette industrie est dans une horlogerie, qui était jadis très florissante au delà de la Bresle, dans le gros bourg normand de Saint-Nicolas-d’Abermont. Ces horlogers du xvie siècle qui adjoignirent à leur fabrication celle des serrures venaient des Flandres, amenés par l’immigration espagnole.
- Dans la première moitié du xxxe siècle, il se créa dans le Vimeu de petites fabriques spécialisées dans les cylindres cannelés pour filatures.
- Cette industrie disparut vers 1860 et sa main-d’œuvre se répartit sur la serrurerie, dont l’évolution devint rapide vers la fin du siècle.
- A côté des usines de serrurerie, s’en créèrent d’autres qui avaient pour objet la construction des pièces accessoires dont elle avait besoin : fonderies de cuivre pour les pièces en laiton ou en bronze, telles que fouillots, canons et caches centrées entrant dans la composition des serrures; fonderies de fonte malléable pour la fabrication des clefs et pièces intérieures; usines de décolletage pour la fabrication des vis, filières et autres petites pièces. Avec le temps, de nouvelles usines de petite mécanique cessèrent d’être tributaires de la serrurerie et portèrent leur activité sur d’autres branches : cuivrerie de bâtiment, robinetterie d’eau et de gaz, fonte malléable, décolletage de précision pour toutes les industries, fabrication de cadenas, paumelles, cofl'res-forts et coffrets, moufles, sécateurs, petit outillage, telle est l’industrie si particulière de Vimeu.
- A quelque chose malheur est bon. Le phylloxéra est la cause indirecte de la création de l’industrie de la caséine dans les Charentes. A la suite de l’envahissement des vignes par le phylloxéra, les Charentes se consacrèrent à la beurrerie et à la fromagerie. Entre 1900 et 1905 la caséine du lait a pris grande importance industrielle par son emploi dans la fabrication de différentes matières plastiques nommées galalithes.
- C’est à la guerre de 1870 et au traité de Francfort que Metz doit son industrie des confitures. Un célèbre restaurateur
- messin, Moitier, digne émule de Vatel, vit avec désespoir qu’il allait être privé des conserves de légumes qu’il recevait régulièrement de France. Il décida de mettre en conserves les primeurs exquises de la banlieue messine; des primeurs il s’attaqua aux fruits des coteaux de Moselle, aux mirabelles dorées, aux quetsches savoureuses, puis ce fut le tour des viandes et du gibier : une importante industrie était créée.
- C’est une brouille entre un évêque et une corporation qui provoqua l’exode des couteliers de Langres à Nogent-en-Bassigny qui est, avec Thiers, la véritable ville de la coutellerie.
- Dès 1328, il y eut des couteliers à Langres. Au xve siècle 24 maîtres couteliers y étaient réunis en une corporation dont les statuts avaient été approuvés par Charles VIL A la suite d’un différend entre la corporation et l’évêque, les artisans vinrent s’établir à Nogent sous la tutelle du seigneur du pays. Au xvin8 siècle, àla suite d’un litige survenu entre les habitants de Langres et les couteliers restés à Langres, ceux-ci allèrent rejoindre les descendants de ceux qui avaient fait le premier exode. Il y a donc depuis le xvm8 siècle à Nogent-en-Bassigny une coutellerie qui est toute la coutellerie de la Haute-Marne. Seule, une vieille habitude fait croire que la coutellerie est à Langres. Il reste à Langres deux maisons qui ont leur centre d’achat à Nogent. C’est cette survivance qui est la cause de l’erreur.
- Nogent est spécialisé en article fini de demi-luxe; Thiers, dans l’article populaire : couteaux, instruments de chirurgie, outils de manucure, lames de rasoir.
- Il est certainement d’autres exemples curieux d’industries nées en des endroits particuliers : fabriques de chapelets à Saumur, de parchemin à Saint-Front, de cannes à Entre-deux-Guiers, de queues de billard à Hormes, de filières à Trévoux, travail de la corne à la Bastide d’Iiers. Quelle en est la cause? Mystère apparent, presque toujours éclairci par des raisons historiques. Jean Hesse.
- PRESTIDIGITATION
- LE KIOSQUE DU MYSTÈRE
- Voici un joli truc d’illusion bien présenté et qui repose sur une idée assez nouvelle. Au lever du rideau, on aperçoit sur la scène un très élégant kiosque peint et décoré de nuances légères. Ce kiosque est élevé de 1 m 50 au-dessus du sol au moyen d’une tige centrale.
- L’opérateur entre en scène et montrant le kiosque, il explique que ce petit monument très joli comme décoration est surtout curieux par le pouvoir créateur et annulateur qu’il possède. Avant de rendre ses spectateurs témoins de ce curieux phénomène, il désire prouver qu’il ne s’agit pas d’un truc de glace, de trappe quelconque et pour cela, il va don- Fig_ 2. _ Pian du kiosque ner toutes les garanties néces- toutes portes ouvertes.
- Fig. 1. — Plan du kiosque pivotant toutes portes fermées.
- saires. A cet effet, Fig.3. —Vued'ensemble, les douze portes ouvertes. poussant un ressort, il fait s’ouvrir les portes qui ferment le kiosque. Ce dernier étant à six pans, ce sont douze portes qui s’ouvrent entre les six colonnes légères marquant les six pans. De cette façon le kiosque est entièrement à jour isolé sur sa tige.
- Les portes sont refermées et l’opérateur, poussant légèrement l’appareil, lui fait faire plusieurs tours sur la tige centrale qui le supporte; au moyen d’un bâton, il soulève 1 ’un après l’autre les six pan-
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- neaux du toit qui sont très légers et indépendants les uns des autres.
- Toutes ces vérifications étant opérées, le présentateur fait encore tourner l’appareil, l’ouvre pour constater qu’il est vide, referme les portes et les rouvre aussitôt : on voit à l’intérieur une jolie danseuse. Un escalier élégant se déplie devant elle, ce qui lui permet de descendre à l’avant-scène et de faire un numéro de danse.
- Grâce à l’escalier qui se replie ensuite derrière elle, elle remonte dans le kiosque : les portes sont fermées puis ouvertes aussitôt : la danseuse a disparu. Nouvelle fermeture des portes; de nouveau un tour complet à l’appareil et la danseuse apparaît danslefonddelasalle derrière les spectateurs alors que les portes sont ouvertes de nouveau pour montrer le vide de l’appareil.
- ~.-..... 83 =
- Le truc est simple et s’explique par l’examen des figures 1 et 2. Sur les douze demi-portes qui ferment le kiosque; celle du fond à droite est un petit réduit qui tourne avec la colon-nette. Lorsque le kiosque pivote fermé, le petit réduit A est à l’intérieur du kiosque (fig. 1), lorsque ce dernier est ouvert (fig. 2) le petit réduit est à l’extérieur et il serait impossible de le prendre pour autre chose qu’une porte si on avait le temps d’examiner en détail. Les ouvertures, fermetures, rotations décrites ci-dessus empêchent toute réflexion suivie qui permettrait de deviner la vérité.
- Quant à la danseuse qui apparaît dans la salle après la disparition finale dans le kiosque qui paraît vide, c’est naturellement un « double ».
- Le prestidigitateur Alber.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MAI 1934, A PARIS
- Mois très chaud, très sec et très ensoleillé.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 764 mm 5, est supérieure de 2 mm 7 à la normale. La moyenne mensuelle de la température, 14°,7 est supérieure de 1°,2 à la normale. Ce mois se classe donc parmi les mois de mai franchement chauds. Dix journées seulement ont présenté des températures égales ou un peu inférieures à la normale. La seule période de refroidissement qui est à signaler est celle qui s’est produite entre le 14 et le 18 et qui a donné lieu au minimum absolu mensuel, 2°,6 le 18, supérieur de 0°,6 au minimum absolu moyen. Cette période de refroidissement a paru d’autant plus accentuée qu’elle a succédé à une période de trois journées très chaudes coïncidant exactement avec les Saints de Glace (11, 12 et 13 mai) pendant lesquelles s’est produit le maximum absolu mensuel, 29°,5 le 12, supérieur de 1°,5 au maximum absolu moyen de mai. On n’a remarqué aucune trace de gelée blanche au Parc St-Maur. Les chiffres extrêmes de la température, dans la région, ont été compris entre — 0°,4 à Vaucluse, le 18, et 34°,0 à lvry, le 12.
- Les 8, 15, 16, 18 et 19, on a noté un peu de gelée blanche sur divers points.
- La hauteur totale de pluie à Saint-Maur, 12 mm 8, en 8 jours de pluie appréciable au lieu de 13, nombre normal, classe mai 1934 au 3 rang parmi les plus secs observés depuis 61 ans. Le déficit pluviométrique atteint 76 pour 100. La journée la plus pluvieuse qui correspond à la date du 3 ne compte, dans le total, que pour 4 mm 9. Il n’y a pas eu une seule chute d’eau du 17 au 29. Celle du 30 n’a apporté qu’une quantité non mesurable et l’orage du 31, le seul du mois au lieu des 4 que l’on observe en moyenne, n’a donné en tout que 0 mm 8 d’eau.
- On a signalé dans la région, tous les jours, des brouillards, soit 31 jours au lieu de 14, nombre moyen. L’excès porte surtout sur les brouillards faibles, observés 24 jours au lieu de 10. Un obscurcissement s’est produit le 3 au Champ-de-Mars à partir de 8 h. 30.
- De faibles orages locaux ont été signalés les 1er, 3, 12, 23 et 31.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour St-Jacques, 285 h. d’insolation, durée supérieure de 34 pour 100 à la moyenne des 40 années 1894-1933. Il n’y a eu qu’un seul jour sans soleil, au lieu de 2, nombre moyen.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 65,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 50 pour 100. On y a constaté : 3 jours de brouil-
- lard, 21 jours de brume lointaine, 23 jours de rosée. Le vent y a été dominant de N.-N.-E.
- La végétation a conservé à la fin de mai la légère avance qu’elle avait prise dans les derniers jours d’avril.
- LA TEMPÉRATURE EN MAI depuis 1757 jusqu’à nos jours.
- MOIS FROIDS. Mois chauds.
- Moyennes Minima Moyennes Maxima
- mensuelles . absolus mensuelles absolus
- inférieures inférieurs supérieures supérieurs
- Années. à 1 L°5. à — 1»,0. Années. à 16°5. à 30°,0.
- 1782 10°,8 — 0o,5
- 86 0o,0 1758 18°,5
- 93 11°,2 62 17°,3 31o,2
- 1802 0o,3 66 16°,6
- 09 0°,5 71 17°,5
- 37 11°,0 80 30o,5
- 45 10°,6 81 17o,0 30o,5
- 51 llo,3 1806 17°, 1
- 74 11°, 3 — 1°,3 08 17°,5 310,7
- 76 11°,3 11 17o,l
- 77 110,0 — 0o,2 22 16°,7
- 79 10°,0 0o,2 33 17°,7
- 80 0o,5 41 16°,9 33°,3
- 83 0°,5 47 3lo,7
- 85 11°,2 — 0o,3 68 17°,9 3lo,7
- 87 11°,4 70 3lo,9
- 92 1°,3 74 31°,6
- 97 0o,0 80 32o,2
- 1902 10o,4 — lo,3 85 30°,4
- 06 0o,8 92 32o,0
- 09 —1°,4 1909 30o,2
- 10 0°,7 12 32o,5
- 12 0o,6 17 16°,5
- 22 — 0o,2 22 33o,4
- 26 0o,5
- Comme mois froids : en 55 ans, de 1782 à 1836, deux; en
- 51 ans, de 1837 à 1887, neuf, dont quatre en 6 ans de 1874
- à 1879; en 47 ans, de 1888 à 1934, un seul; comme mois chauds : en 24 ans, de 1758 à 1781, cinq, dont trois en lff ans, de 1762 à 1771; en 36 ans, de 1806 à 1841, six; en 26 ans, de 1842 à 1867, aucun; en 67 ans, de 1868 à 1834, deux seulement, mais un assez grand nombre dont la température dépassa 30°.
- Em. Roger.
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- CONSTRUCTION D’UN PLANEUR
- A LA PORTÉE DE TOUS
- Le vol sans moteur qui, à juste titre, prend de plus en plus d’extension, comporte deux grandes catégories : d’abord les glissades planées le long des pentes, puis le vol en altitude en utilisant les ascendances, soit nuageuses soit thermiques. Pour ce dernier genre de vol à voile, il est nécessaire de disposer d’un matériel perfectionné, coûteux et dont la construction ne peut être menée à bien que par des spécialistes expérimentés; ce n’est donc pas là le sujet du présent article.
- Bien au contraire, les descentes planées peuvent être effectuées avec des appareils de la plus grande simplicité dont l’exécution est à la portée de toute personne soigneuse. Nous allons donc essayer, dans cette courte étude, de donner les indications générales de la construction d’un planeur de ce type qui rentre dans la catégorie des biplans sans gouvernes, genre Chanute.
- Les caractéristiques d’un tel biplan que nous avons nous-même réalisé et fait voler sont les suivantes : Envergure 4 m 60; longueur 2 m 90; hauteur 1 m 20; profondeur de l’aile 0 m 95; surface 8 m210; poids 17 kg.
- Pour le construire nous nous sommes inspiré directement des plans contenus dans 1 q Manuel de construction des planeurs de l’ingénieur Sablier (d); mais nous avons fait subir à ces plans de profondes modifications, tant aux ailes qu’à l’empennage.
- CONSTRUCTION DE LA VOILURE
- Elle se compose de quatre ailes assemblées par des mâts, des croisillons et des ferrures, ainsi qu’on peut le voir sur la
- — Détails de l'aile.
- Fig. 1.
- figure 5. Chaque aile (fig. 1) est constituée de deux longerons en peuplier sec et de droit fil, maintenus rigides par trois barres de compression et deux croisillons. Les sept nervures sont de simples lattes courbées et clouées à pleine colle dans des encoches ménagées sur le longeron. Mais comme les nervures forment ressort, elles tendent à faire fléchir les longerons dans la partie centrale; c’est pourquoi il est indispensable de mettre, entre la troisième et la quatrième nervure, une corde à piano munie d’un tendeur. Ceci a le double avantage : d’abord d’éviter toute flexion du longeron et ensuite d’avoir la courbure variable au sol, ce qui permet de régler à volonté la portance de chaque aile en serrant ou desserrant plus ou moins le tendeur.
- L’entoilage se fera en toile de coton légère; le shirting est particulièrement recommandable.
- CONSTRUCTION DE L’EMPENNAGE
- L’empennage (fig. 2 et 3) est entièrement de notre conception. Il se compose d’un plan faisant avec l’horizontale un angle positif de 3°, et d’un plan de dérive. Tous ces plans sont fixes en vol et ne comportent aucune gouverne. Ils sont
- 1. Vivien, éditeur, 48, rue des Ecoles, Paris, Ve.
- reliés au fuselage par la poutre d’empennage. Cette dernière comprend trois longerons de peuplier : deux à la partie infé-
- Fig. 2. — Plan de l’empennage.
- rieure, qui sont de section circulaire et un à la partie supérieure qui, lui, est de section rectangulaire (fig. 4).
- Le système de croisillonnage confère la rigidité indispensable à cette faible ossature.
- De plus, les croisillons inférieurs permettent de modifier l’incidence médiane du plan horizontal, ce qui est très précieux pour la mise au point de l’appareil, lors des essais en vol.
- Tous les assemblages, sauf ceux des nervures, sont constitués par des équerres de contreplaqué d’okoumé d’une épaisseur de 3 milli 3. — Profil de l empennage.
- mètres, collées et
- clouées sur les deux faces des longerons et traverses.
- Fig. 4. — Sections des diverses parties.
- RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES
- La qualité des matériaux employés dans la construction a une grande importance : c’est ainsi qu’aucune pièce de bois ne devra avoir de nœuds, car il y a beaucoup de chances pour que cette partie faible se trouve juste en un endroit où l’effort est important.
- De plus, le bois devra être très sec pour éviter les déformations naturelles au séchage. La colle que l’on achète en poudre sous le nom de colle cerlus sera pré-
- Lonjj<
- A aile
- M AUpcsituf d'empannage
- »i inferieur dempennage Nervure
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- parée au fur et à mesure des besoins, et l’on ne devra pas utiliser une colle ayant plus de vingt-quatre heures de préparation.
- Durant toute la construction, il faudra porter la plus grande attention sur la question du poids. L’appareil que nous avons réalisé pesait 17 kilogrammes, mais il est certain que, sans nuire à la solidité, l’on peut aisément ramener ce poids à 15, voire 14 kg. Dans cet ordre de grandeur, la question du poids n’a pas grande inlluence sur les capacités de vol de la machine, mais elle agit considérablement sur la maniabilité au sol, tant au décollage qu’à l’atterrissage.
- Enfin nous recommandons tout particulièrement de soigner la question du centrage de l’appareil : il est indispensable que l’empennage soit de la plus grande légèreté; et, pour fixer les idées, il ne devra en aucun cas dépasser le poids de 4 kg. Les tendeurs seront placés vers l’avant, car il serait nuisible de multiplier leur poids par le bras de levier.
- Bien que ce genre de planeur n’ait pas de grandes capacités, pour ne pas employer le terme de performances, il faut lui reconnaître de sérieuses qualités : d’abord il est très solide, il est ensuite bon marché, et, surtout, ne nécessitant aucun
- Fig. 5. —• Le planeur vu de dessus.
- dispositif de lancement, il peut être utilisé par un amateur isolé. Jacques Face.
- LE CINÉMATOGRAPHE D AMATEUR
- Bien que de création relativement récente, le matériel cinémato graphique d’amateur n’évolue que lentement, et cela s’explique parfaitement si l’on considère que les appareils de prise de vues et de projection mettent en œuvre des principes mécaniques et optiques étudiés depuis longtemps déjà et fonctionnent d’une façon irréprochable. Les appareils de prise de vues peuvent être classés en deux catégories : ceux à chargeurs et ceux à bobines.
- Le chargeur consiste en une boîte plate en matière moulée (fig. 1) qui comporte deux alvéoles cylindriques disposés côte à côte et communiquant chacun avec l’extérieur par un couloir courbe capable de laisser passer la bande pelliculaire, mais non la lumière. Le rouleau de film est placé dans un premier alvéole, l’extrémité libre franchit le couloir, décrit une boucle extérieure, pénètre dans le second alvéole et est fixée par une bague-ressort sur un petit cylindre pouvant recevoir de l’extérieur un mouvement de rotation; c’est sur ce cylindre que le film vient s’enrouler au fur et à mesure qu’il est impressionné. Le chargeur est fermé par un couvercle métallique qui constitue l’une des faces latérales.
- La bobine est en métal et comporte de larges joues. Le film qu’elle contient est pourvu, à chacune de ses extrémités, d’une bande de papier noir de même largeur, qui est perforée de la même façon; lorsque le tout est enroulé sur une bobine, le film est parfaitement à l’abri de la lumière, ce qui permet de charger et de décharger en plein jour; par ailleurs, la bande de papier permet d’amorcer, c’est-à-dire d’attacher le film
- à la bobine réceptrice, sans aucune perte de surface sensible.
- Le chargeur a l’avantage de faciliter le chargement : avec lui, il suffit d’engager la boucle présentée antérieurement par le film entre la fenêtre d’impression et un presseur à ressort; on l’emploie dans la plupart des cinégraphes à film de 9,5 mm.
- La bobine complique légèrement le chargement : elle est néanmoins aujourd’hui très en faveur.
- Avec elle, il est possible de limiter à la section de film se trouvant dans le canal d’impression le mouvement saccadé communiqué par les griffes, la progression étant assurée, pour les autres parties, par un tambour débiteur qui agit à vitesse constante : il en résulte une plus grande fixité du film pendant la prise de vues et, par voie de conséquence, une meilleure qualité d’image. Par ailleurs, la bobine est moins encombrante que le chargeur et se prête mieux à l’emmagasinement de métrages relativement longs.
- LE MATÉRIEL POUR FILM DE 8 MILLIMÈTRES
- L’exposition de la Photographie et de la Cinématographie de 1934 a donné l’occasion de
- constater l’avance importante Fig. 2. —Ciné Kodak * Huit ». marquée par la bobine : uniquement employée, à l’origine, dans les appareils pour bandes de 16 mm, elle est maintenant utilisée dans certains modèles à film de 9,5 mm; c’est elle qui a permis à la Société Kodak d’établir un nouveau matériel, le Ciné-Kodak-Huit, qui utilise le film de 16 mm dans des conditions particulièrement économiques.
- Dans le Ciné Kodak-Huit (fig. 2), le film, enroulé sur la bobine supérieure ou débitrice, décrit une boucle à l’en-
- Fig. 1. — Chargeur pour cinéma d'amaleur.
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- trée et à la sortie de laquelle il est maintenu par des presseurs contre un tambour d’entraînement dont les dents engrènent la perforation. La partie médiane de la boucle passe dans un couloir où le film reçoit, de griffes latérales, un mouvement saccadé : 16 fois par seconde, la bande pelliculaire avance de la hauteur d’une image.
- Le Ciné-Kodak-Huit est pourvu d’un objectif anastigmat dont l’ouverture maximum atteint 1 : 3,5. La netteté, qui à toute ouverture s’étend de 1 m 80 à l’infini, commence à 1 m 05 à 1 : 8 et à 0 m 60 à 1 : 16. Bien entendu, l’opérateur, qui ne peut régler l’éclairement du film qu’en agissant sur le diaphragme doit, avant de manœuvrer celui-ci, consulter un tableau-guide qui lui indique si l’opération est compatible avec l’éclairage dont il peut disposer. Un compteur automatique indique à tout instant la quantité de film disponible.
- Le Ciné-Kodak-Huit est muni d’un viseur comportant une lentille carrée concave et un œilleton; pour mettre ce viseur en position de service, il suffit de relever la poignée de transport. L’appareil, très plat, est très maniable et très transportable; on le loge aisément dans une poche de pardessus.
- L’originalité du Ciné-Kodak-Huit consiste en ce que le
- Fig. 3. — Kodascope pour film de 8 mm.
- film, lorsqu’il passe pour la première fois de la bobine débitrice à la bobine réceptrice, n’est impressionné que sur la moitié de sa largeur. Lorsqu’il est entièrement enroulé, ainsi que le papier qui le prolonge, sur la bobine réceptrice, on permute les deux bobines et on travaille sur l’autre moitié de la largeur. Finalement, toute la partie utilisable du film est impressionnée, les images de chacune des deux séries se trouvant côte à côte et tête-bêche. Ce film, qui a une longueur de 7 m 50, est pourvu d’une perforation dont le pas est exactement la moitié de celui de la perforation adoptée pour le film ordinaire de 16 mm; de la sorte on peut, lors du traitement chimique et du séchage, le faire passer dans les machines spécialement créées pour développer et inverser le film de 16 mm.
- Après séchage, le film spécial de 16 mm est fendu en deux parties égales sur toute sa longueur et les deux fragments sont raccordés bout à bout, dans le sens convenable; finalement, on a donc un film de 8 mm de large et de 15 m de long, pourvu d’une perforation unilatérale, sur lequel sont enregistrées près de 4000 cinégraphies ayant 3,8 mm X 5. Grâce à une nouvelle émulsion panchromatique d’une finesse extrême, rendue anti-halo par application d’une couche
- manivelle
- Fig. 4. — Ciné Nizo 9 1/2 K.
- dorsale noire, les images sont à la fois claires et brillantes en même-temps que d’une netteté remarquable.
- La Société Kodak a créé, pour la projection de ce film, de nouveaux Kodascopes capables de recevoir des bobines de 60 m, correspondant à une durée de projection de l’ordre de 20 minutes. Dans ces projecteurs comme dans ceux pour film de 16 mm, le passage de la bande est assuré par deux tambours débiteurs qui lui impriment un mouvement continu, le déplacement par saccades de la section qui traverse le couloir de projection étant provoqué par des griffes ainsi qu’il est d’usage.
- Les Kodascopes pour film de 8 mm fonctionnent au moyen d’un moteur électrique et peuvent, par un réglage très simple, être adaptés à tout courant dont la tension est comprise entre 110 et 250 volts.
- Il existe deux Kodascopes pour film de 8 mm : l’un (fig. 3) est pourvu d’urxe lampe de 100 w alimentée sous 100 v; l’autre possède une lampe dont la consommation est la même, mais dont le filament, très court, chauffé sous 32 v, donne une lumière beaucoup plus vive, suffisante pour éclairer convenablement un écran de 1 m 50 de large.
- LE MATÉRIEL POUR FILM DE 9,5 MILLIMÈTRES
- Nizo présente un nouvel appareil de prise de vues, le 9 1/2 K (fig. 4) dans lequel l’entraînement est assuré par un mécanisme analogue à celui que l’on rencontre dans les ciné-graphes de 16 mm; ce système, basé sur l’emploi de bobines évite pratiquement tout risque de « bourrage » du film.
- Le 9 1/2 K utilise des bobines de 15 et de 30 m; le ressort moteur peut entraîner 7 m 50 de film lorsqu’il a été remonté à fond. Le mécanisme du ciné Nizo 9 1/2 K peut fonctionner à toute allure comprise entre 8 et 64 images par seconde; il permet donc de prendre à volonté des vues accélérées, normales ou ralenties. Une manivelle amovible donne la faculté de faire des prises vue par vue, ce qui facilite l’exécution des titres.
- Il existe de ce modèle une
- Fig. 5.
- Ciné Kinecam pour film de 16 mm.
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- variété pourvue d’un revolver à trois objectifs permettant de changer instantanément la distance focale, d’adapter l’angle de champ à l’étendue de la scène à cinématographier sans avoir à déplacer l’appareil.
- Nizo a également présenté un nouveau projecteur très bien conçu dont le mécanisme est rendu silencieux par l’application d’engrenages hélicoïdaux, et qui comporte un système d’entraînement interchangeable permettant de projeter à volonté des films de 8 mm, de 9,5 mm ou de 16 mm. Ce projecteur peut, suivant la surface de l’écran à éclairer, être équipé avec une lampe de 250, 375 ou 400 w. Bien entendu, il ne faut pas lui demander de projeter des films de 8 mm avec la même luminosité que des bandes à images plus grandes.
- Le Filo s’est légèrement perfectionné; il est maintenant muni d’un nouveau condensateur dont l’une des lentilles, en verre très légèrement bleuté arrête la plupart des radiations calorifiques.
- Nous rappelons que cet appareil particulièrement intéressant admet les films de 9,5 mm et de 16 mm; un adapteur pour film de 8 mm est d’ailleurs en préparation.
- Fig. 6. — Ciné Super-Kinecam (16 mm.)
- LE MATÉRIEL POUR FILM DE 16 MILLIMÈTRES
- Lorsque l’on est à même de faire passer au second plan la question du prix de revient, le film de 16 mm est préférable.
- Nous citerons, parmi les appareils de prise de vues permettant l’emploi de ce film YEnsign Kinecam (fig. 5) qui admet les bobines de 15 m et peut en dérouler 7 m avec un seul remontage du ressort moteur. Ce cinégraphe peut travailler à volonté à la cadence de 16 ou de 8 images par seconde; on obtient, à cette dernière allure un effet d’accélération qui, en certains cas, est des plus curieux.
- Un autre modèle, beaucoup plus complet, le Super-Kinecam (fig. 6) admet les bobines de 15 et de 30 m, possède cinq vitesses : 8, 12, 16, 32 et 64 images par seconde et est pourvu d’un revolver sur lequel peuvent prendre place trois objectifs de distances focales variées. Ce cinégraphe est également muni d’un viseur spécial comportant trois optiques à substitution instantanée, de sorte que l’on peut toujours délimiter très
- Fig. 7. — Projecteur Ensign. 100 B. pour film de 16 mm.
- exactement le champ couvert, quel que soit l’objectif utilisé; signalons qu’un dispositif prismatique spécial corrige exactement le parallaxe entre l’objectif et le viseur, ce qui présente un intérêt certain sur un appareil dont l’échelle de mise au point descend jusqu’à 30 cm.
- Les objectifs ont diverses distances focales comprises entre 20 et 100 mm; il existe également des télé-objectifs; certains de ces derniers ont une distance focale de 305 mm. Si l’on considère comme normal le foyer de 25 mm, ceux de 10 et de 305 mm procurent respectivement des amplifications de 4 et de 12 fois.
- Le projecteur Ensign 100 B (fig. 7) est caractérisé par une présentation originale : il fait corps avec son coffret, ce qui facilite le transport et réduit au Fjgr. S. — Projecteur à grande puissance minimum les opé- Ampro.
- rations accessoires.
- Lorsqu’il est fermé, cet appareil a l’aspect d’un phonographe portatif. Il suffit d’un seul mouvement pour mettre les deux bras porte-bobine en position de travail; ils se rentrent, après usage, avec la même facilité. Une soufflerie puissante et silencieuse assure, dans d’excellentes conditions le refroi-dissement de la lampe, du moteur et du film; on peut, sans le moindre risque, arrêter le film pendant la projection.
- Signalons enfin un
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- projecteur à grande puissance, VAinpro (fig. 8) ; son mécanisme, silencieux, est combiné de façon à assurer automatiquement le rebobinage : il suffit d’appuyer sur un bouton pour provoquer le retour rapide du film à sa bobine de départ.
- L’Ampro est équipé d’une lampe spéciale de 400 \v à deux rangs de filaments qui permet d’obtenir, aux plus grands rapports, une projection d’une intensité incomparable, totalement exempte de scintillement, même lorsque le mécanisme tourne au ralenti.
- LE MATÉRIEL POUR FILM DE 17,5 MILLIMÈTRES
- Le film de 17,5 ne fait pas, comme on pourrait le croire, double emploi avec celui de 16 mm. Grâce à une heureuse disposition des perforations, la surface sensible est beaucoup mieux utilisée; sur la bande de 16 mm, les images ne mesurent que 7,5 X 10; sur celle de 17,5, elles atteignent 9 X 13: l’augmentation, si elle n’est que de 10 pour 100 sur la largeur du film est de 50 pour 100 sur la surface de l’image.
- Le film de 17,5 est, aussi bien en ce qui concerne la dimension de l’image que le pas de la perforation et la largeur de la
- bande, un sous-multiple du film normal de 35 mm; on peut par conséquent utiliser pour le développement et, le cas échéant, pour le tirage des bandes positives, les machines spécialement établies pour le traitement du fi 1 m de 35 mm.
- C’est là une facilité qui a une très heureuse influence sur le prix de revient.
- Le format de 17,5 a été créé par la maison Pathé, surtout pour permettre au ciné de pénétrer dans les localités où l’exploitation du film normal ne serait pas rémunératrice.
- Fi y. U. — Soufflet Parasol-Ci néatn. La chambre de prise de
- vues est, à peu de chose près, semblable à la « mo-tocamera » Pathé-Baby. Au projecteur muet Pathé-rural du début, vient de succéder un modèle tout différent : le Pathé-Natan 175, qui est parlant. Avec les moyens actuels, l’enregistrement du son sur le film n’est pas à la portée de l’amateur, mais on trouve en location des réductions en largeur de 17,5 d’un grand nombre de films parlant de 35 mm.
- Le Pathé-Natan 175 comporte deux parties essentielles : d’une part le projecteur proprement dit comprenant le dispositif d’éclairage et le mécanisme d’entraînement ; d’autre part le bloc de lecture et d’amplification du son.
- L’éclairage est fourni par une lampe tubulaire de 140 w à axe horizontal ; une turbine assure une énergique ventilation de la lampe.
- Le mécanisme d’entraînement présente une intéressante particularité : la griffe pousse le film au lieu de le tirer, ce qui
- a permis de faire fonctionner les divers organes de transmission dans un bain d’huile.
- Le film de 17,5 comporte, lorsqu’il est muet, une perforation bilatérale; lorsqu’il est parlant, une perforation unilatérale. La masse à entraîner étant quatre fois moindre que dans le cas du film de 35 mm et la vitesse linéaire étant deux fois moins grande, aucun inconvénient ne résulte de cette disposition qui, par ailleurs, a permis de ménager une piste sonore de 1,8 mm. A capacité égale, cette piste est moitié moins longue que celle du film normal : elle se prête à l’enregistrement de toutes les fréquences inférieures à 6000 périodes par seconde; c’est dire qu’elle est bien supérieure à la piste sonore du film de 16 mm. Autre avantage : elle est aussi large que la piste du film normal, ce qui lui permet de donner la même intensité sonore avec la même amplification, sans que l’on risque, par conséquent, de produire un bruit de fond gênant.
- On sait que la lecture du son est faite par une cellule photoélectrique recevant, à travers les dents ou les stries de la piste, la lumière d’une lampe excitatrice réduite par un système optique et une fente à une ligne extrêmement fine. Ici, c’est la lampe de projection qui joue le rôle d’excitatrice. La lumière est projetée par un objectif dont le foyer est de 6 mm sur une fente très étroite dont l’image réduite atteint la piste sonore; la lumière est ensuite réfléchie par un miroir concave sur une cellule au cæsium. Il importe que le film reste, devant la fente, toujours'rigoureusement à la même cote; ce résultat est obtenu grâce à un dispositif qui rétrécit le passage du film, oblige celui-ci à s’incurver de part et d’autre de son axe et le met en état d’adhérer parfaitement, malgré le débord de la piste, à un galet régulateur monté sur pointes et pourvu d’un volant.
- LES ACCESSOIRES
- Comme accessoire utile à la prise de vues, nous signalerons lé soufflet-parasoleil Cinéam (fig. 9) qui rappelle ceux utilisés par les professionnels et permet de réussir les contre-jours les plus hardis. Ce dispositif peut d’ailleurs recevoir des filtres colorés, de grands caches, un iris réglable pour réalisation de fondus, en somme tout ce qui est nécessaire pour pratiquer des truquages.
- L’écran pour projection s’est notablement amélioré; jadis on n’utilisait guère que l’écran de tuile blanche, par la suite on a eu recours aux écrans métallisés et- à ceux de papier blanc, on en est maintenant à l’écran « diamanté » Atlanta. Il s’agit d’une surface blanche recouverte d’une couche de verre pilé; cet écran est nettement supérieur aux autres.
- Par ailleurs, l’écran se présente aujourd’hui sous une forme beaucoup plus pratique que par le passé : la surface tendue entre deux rouleaux dont l’un devait être suspendu fait place à l’écran en coffret prismatique que l’on met simplement sur un support quelconque, sur une table par exemple, au moment de l’emploi. Il suffit de tirer de bas en haut le couvercle qui forme l’un des côtés du prisme et aussitôt l’écran se dresse, vertical et bien tendu. Lorsque la séance est terminée, on roule l’écran dans son coffret, simplement en ramenant le couvercle de haut en bas jusqu’à fermeture. Il semble difficile de concevoir un écran plus pratique. Ce type d’écran se fait en toile blanche, en toile métallisée et en toile diamantée.
- André Bourgain.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ENTRETENONS NOS GOMMES A EFFACER
- L’emploi des gommes à effacer se justifie par leur aptitude à fixer toutes les impuretés qu’elles rencontrent, en particulier le graphite des crayons, il est donc tout naturel qu’elles fixent également
- toutes les poussières, de sorte qu’au lieu de nettoyer la feuille de papier, elles la salissent malencontreusement.
- Le remède heureusement est très simple, puisqu’il suffit de savonner quelques minutes, puis de bien rincer la gomme souillée; immédiatement, elle recouvre ses propriétés primitives et peut faire un nouvel usage jusqu’à usure complète.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’univers en expansion, par Sir 4rthur Eddington, traduit de l’anglais par J. Rossignol. 1 vol., 166 pages. Hermann et Cie, éditeurs. Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Nous avons signalé l’apparition de l’édition originale. Le célèbre professeur de Cambridge y montre comment les observations de Ilubble sur les nébuleuses éloignées, interprétées à la lumière de la théorie de la relativité, ont fait naître la nouvelle conception de l'univers en expansion. Chemin faisant, il aborde quelques-unes des questions les plus profondes et les plus difficiles que la science moderne pose à la métaphysique. Ce sujet d’apparence si ardue est traité avec un extraordinaire brio, et d’une façon si lumineuse que le lecteur le moins préparé a l’impression de comprendre. 11 faut remercier M. Rossignol d’avoir rendu la lecture de ce beau livre accessible au public français; sa traduction n’a pu conserver tout l’éclat du style de l’original, mais elle est élégante et fidèle.
- Rayons cosmiques ; aspect des phénomènes et méthodes expérimentales, par L. Leprince-Ringuet. préface de Maurice de Broglie. 1 broch., 46 pages, 16 fig., 4 pl. hors texte. Hermann et Cie. Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- De découverte récente, ces rayons cosmiques d’une prodigieuse énergie dans lesquels nous sommes plongés constituent l’un des plus extraordinaires phénomènes révélés par la physique contemporaine. Les mystères de leur origine et môme de leur nature ne sont pas encore élucidés. L’auteur à qui l’on doit de beaux travaux sur la question expose ici, avec une parfaite clarté, les théories proposées ainsi que le principe des méthodes d’investigation aujourd’hui employées et il résume les faits essentiels actuellement acquis.
- La notion de corpuscules et d’atomes, par P. Lan-gevin. 1 brochure, 48 pages. Hermann et Cie. Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Cette brochure reproduit une brillante conférence prononcée le l(i octobre 1933 à la séance d’ouverture de la réunion internationale de chimie physique. L’auteur montre tout d’abord comment l’expérience de ces dernières années a imposé la notion corpusculaire pour représenter la constitution de la matière, de la lumière et de l’électricité ; il donne un aperçu des découvertes récentes de constituants nouveaux dans le domaine intra-atomique : neutrons, électrons positifs. Mais le mode de représentation des phénomènes par cette image de corpuscules ne va pas sans présenter de redoutables difficultés théoriques; l’auteur montre que celles-ci touchent aux conditions mêmes de la connaissance; jetant un coup d’œil sur les mécaniques nouvelles, créées pour concilier les notions d’ondes, de corpuscules, de cpianta, il s’arrête au fameux principe d’indétermination de Iieisenberg, sur lequel certains s’appuient aujourd’hui pour proclamer la faillite du déterminisme scientifique. M. Langevin garde au contraire une foi ardente dans le déterminisme; il en proclame ici les raisons.
- Le « pipe line » sous les murs de Ninive, par Victor Forbin, 1 vol., 286 pages. Editions Baudinière, Paris. Prix : 12 fr.
- Nos lecteurs n’ont pas oublié les beaux articles de M. Forbin, parus ici même, sur le pétrole de l’Irak. Notre collaborateur y résumait une documentation recueillie sur place, pendant un voyage au cours duquel, tantôt en avion, tantôt en automobile, il suivit à l’aller comme au retour tout le trajet du pipe line, au Nord à travers les montagnes de Syrie et le désert de sable, au sud après un crochet sur Bagdad, à travers le désert de laves et la Palestine. Voici le récit complet de ce voyage : narration animée et pittoresque, souvent relevée d’une pointe d’humour, elle fait défiler devant nous de sauvages et grandioses paysages, des ruines classiques et majestueuses comme Pal-myre et Balbeck, et d’autres moins connues comme Djerasa, ou mystérieuses comme cet Oum el Djemmal, cité morte en plein désert (le Tranjordanie. Sur ces terres chargées de souvenirs et de vestiges de civilisations successives s’écrit aujourd’hui un nouveau chapitre d’histoire : la pose de près de 4000 kilomètres de tubes d’acier entre le Tigre et la Méditerranée est une épopée industrielle dont l’auteur, avec beaucoup de talent, fait ressortir l’audace et la grandeur.
- La lutte contre le bruit. (Études entreprises sur les matériaux dits insonores, sous les auspices du Touring Club de France, avec la collaboration du Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers.) 1 brochure, 102p., 15 fig., 9 tableaux et 1 plan hors texte. Édité par la « Revue mensuelle de la Chambre syndicale des Entrepreneurs de Maçonnerie, ciment et béton armé delà Ville de Paris et du Département de la Seine ».
- En 1930, le Touring Club constituait une commission chargée d’étudier les moyens propres à enrayer ou à supprimer les causes de bruits inutiles. Une sous-commission, composée de MM. Cellerier,
- Guillaume et Poirier entreprit l’étude des matériaux insonores; ses investigations conduites suivant une méthode expérimentale et avec des appareils dont on trouvera ici la description détaillée ont fourni des chiffres comparatifs intéressants qui sont réunis dans des tableaux annexes, et qui constituent de précieuses données pour les constructeurs. On lira en outre avec intérêt le judicieux rapport de M. Guillaume sur la lutte contre le bruit dans les hôtels.
- Petit traité pratique et théorique du tannage au Chrome, par le Dr G. Grasser, traduit par G. Marmiesse et M. Dietz. 1 vol., 246 pî.,43 fig. Gauthier-Villars, 1934. Prix : 40 1T.
- Le tannage au chrome a pris en ces dernières années une place prépondérante dans l’industrie des cuirs; aussi a-t-il fait l’objet de nombreuses recherches aussi bien théoriques que pratiques. Le présent ouvrage a le mérite d’exposer l’état actuel de cette importante question en tenant compte des travaux récents. 11 comporte deux parties bien distinctes : la première est consacrée aux questions théoriques, la seconde aux applications pratiques. Dans la première partie sont étudiés : l’action des composés du chrome sur la gélatine et la peau en tripes, I es facteurs ayant une influence sur l’action tannante des sels de chrome; la chimie des sels de chrome y est résumée; on y trouve enfin un intéressant historique du tannage au chrome. La seconde partie expose la technique du tannage au chrome et constitue pour le praticien un guide parfaitement documenté.
- Comptes rendus des journées d’agronomie coloniale, tenues à Bruxelles les 23-24 juin 1933. 1 vol. in-8, 538 p., fig. Duculot, Gembloux, 1933. Prix : 50 fr belges.
- Le merveilleux développement agricole du Congo belge est ici traité sous ses divers aspects et forme une leçon magistrale concernant les cultures coloniales et les problèmes économiques tropicaux. 58 rapports ont été présentés et discutés touchant à toutes les questions : développement et évolution de l’agriculture et des stations de recherches au Congo belge, activité de la régie des plantations, bilan scientifique, avenir des entreprises agricoles, introduction des engrais, etc.; main-d’œuvre et outillage; amélioration des plantes économiques tropicales (sélection du palmier à huile, du coton, du caféier, de la canne à sucre); le sol et les cultures (café, elaeis, plantes à parfum, plantes médicinales, cacaoyer, coton, canne à sucre); les forêts (rapports entre la forêt et l’agriculture; la forêt du Ruanda-Urundi; étude anatomique des essences; étude chimique de quelques produits forestiers); la zootechnie coloniale (amélioration du cheptel bovin; le mouton à laine et le contrôle lainier; laiterie tropicale); la phytopathologie et l’entomologie coloniales; la météorologie (formule climatique du Katanga, organisation du service météorologique au Ruanda-Urundi, bioclimats et microclimats de la haute montagne en Afrique centrale), etc.
- The souther n sea-lion. Otaria byronia (de Blain-ville), par J. E. Hamilton. 50 p., 7 fig., 13 pl. Prix : 12 sh.
- On a new species of mite of the family Halara-chnidae from the souther n sea lion, par Susan Finnegan. 10 p., 12 fig. Prix : 2 sh. 6 d.
- Scqphomedusae, par G. Stiasny. 68 p., 11 fig., 2 pl. Prix: Il sh.
- Discovery Reports,. Vol. VIII, in-4. Cambridge Univeisity Press, 1934.
- Le lion de mer de l’océan austral est bien connu des zoologistes et des anatomistes, mais il a été bien peu observé vivant. Les expéditions de la Discovery ont permis de noter son habitat, ses mœurs, son comportement, sa reproduction, ses migrations, la durée de sa vie, ses parasites, ses causes de mort, sa vitesse' de croissance et c’est ainsi que le mémoire de M. Hamilton apporte nombre de faits biologiques nouveaux qui constituent une vraie histoire naturelle de la plus grande des Otaries.
- M. Finnegan décrit spécialement un parasite nouveau de ce lion de mer qui s’accroche sur la peau.
- La très riche collection de Scyphoméduses des mers du Sud recueillie par les expéditions anglaises a permis au conservateur du musée de Leyde de reprendre l’étude de certaines espèces peu connues, de discuter leur systématique et leur répartition en surface et en profondeur et de rectifier certaines conclusions des travaux antérieurs récents.
- Guide de l’Harmas de J.-H. Fabre à Sérignan.
- 1 broch. in-8, 16 p., fig. En vente au Muséum national d’Histoire naturelle et à l’Harmas de Sérignan.
- On sait que la demeure de Fabre est devenue propriété nationale et a été attribuée au Muséum qui conserve la maison, les souvenirs, le jardin du grand naturaliste. Pour les visiteurs, M. Berland vient d’écrire ce guide; ils y trouveront leur route depuis Orange et ce qu’il faut savoir de Fabre pour évoquer pleinement son génie.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE Préparation industrielle du krypton et du xénon et applications à l’éclairage électrique par incandescence.
- M. Georges Claude vient de présenter à l’Académie des Sciences (séance de 4 juin) une intéressante communication dans laquelle il expose l’état actuel de ses travaux sur cette question. Nous la reproduisons ci-dessous :
- « J’ai la satisfaction d’annoncer à l’Académie l’aboutissement prochain, grâce à mes collaborateurs, d’idées longtemps exprimées et poursuivies par moi, touchant la possibilité de substituer le krypton et le xénon à l’argon dans les lampes à incandescence.
- Pour arriver à ce résultat, deux ordres de travaux ont dû être poursuivis depuis de longues années : d’une part, il a fallu mettre au point peu à peu des procédés capables de produire ces gaz en quantité suffisante, malgré leur extrême rareté dans l’air, seule source actuellement utilisable; d’autre part, on a dû déterminer les conditions convenables pour la meilleure utilisation de ces gaz dans les lampes à incandescence.
- Sur le premier point, mes travaux personnels, attristés en 1926 par la mort de mon jeune collaborateur Ribaud, ont été poursuivis dans la voie que je m’étais tracée dès 1907 et qui a tout d’abord abouti à l’extraction du néon et de l’hélium. Cette voie tendait, comme on le sait, à obtenir ces corps comme simples sous-produits de l’industrie de l’oxygène et de l’azote. Après de nombreux échecs dus à des anomalies de vaporisation du krypton et du xénon liquides, j’ai dit (') comment, aidé par les travaux de M. Lepape, j’ai pu arriver à extraire couramment de nos appareils 30 à 40 pour 100 du krypton et du xénon de l’air traité.
- Avec des appareils à oxygène comme ceux de nos usines de Boulogne, traitant 3000 m~’ d’air par heure, c’est la possibilité de retirer de chacun 20 à 30 1 de krypton et 3 ou 4 1 de xénon par jour. Depuis lors, les appareils ont été améliorés : on peut compter sur des rendements de 50 à 60 pour 100.
- Ces résultats faisaient déjà entrevoir la possibilité d’un commencement de réalisation pour une suggestion formulée pour la première fois en 1918 à la Société des Ingénieurs civils (Comptes rendus de la Société des Ingénieurs civils, 1918, p. 68).
- « Si l’argon, avais-je dit, doit sa supériorité dans les lampes à incandescence à sa densité, de combien doit-il être distancé par ces autres gaz énigmatiques de l’air, ce krypton, deux fois plus dense que l’argon, et cet invraisemblable xénon qui, lui, est une fois et demie plus dense que le krypton, et à quels rendements prestigieux ne pourrait-on atteindre avec eux, si leur proportion infinitésimale dans l’air ne laissait guère d’espoir d’en fabriquer jamais de suffisantes quantités... »
- Revenant sur ce sujet dans une conférence à la Sorbonne sur la Recherche scientifique (2), je m’exprimais ainsi :
- « ... On sait qu’au lieu de s’évertuer à faire dans les lampes à incandescence le vide le plus parfait possible, on les remplit maintenant d’argon : en retardant ainsi la volatilisation du filament, on peut le pousser à une température où l’augmentation énorme du rendement lumineux compense, et bien au delà, une perte par conductibilité remarquablement faible, que l’argon semble devoir à la grosseur de ses molécules. Aussi court-il le risque d’être un jour détrôné, sinon par le xénon, trois fois plus dense ( ') mais déplorablement rare, sauf la réserve ci-dessus, du moins par le krypton, encore deux fois plus dense et autre sous-produit possible de l’air liquide. »
- Cette fois, on le voit, la possibilité pratique d’employer le
- 1. Comptes rendus, 187, 1928, p. 581.
- 2. 10 octobre 1921.
- 3. J’avais dit par erreur six fois : c’était par rapport à l’air.
- krypton est nettement admise, et je n’élimine le xénon pour cause de rareté, que sous bénéfice d’une réserve formulée ci-dessus et qui est la suivante :
- « Remarquons que la rareté actuelle d’un corps n’est pas une raison suffisante pour abandonner une conception rationnelle permise par ce corps. Un corps, généralement, n’est rare que tant qu’il ne sert à rien. Le besoin démontré, l’organe suit. Le thorium et le cérium étaient des corps rares par excellence : une des anomalies les plus étonnantes de la matière, l’aptitude merveilleuse à l’incandescence du mélange de thorine avec 1 pour 100 de cérine est découverte par Auer : bientôt, les sables monazités les fourniront à profusion. Ainsi du vanadium, du tungstène, du molybdène, réclamés par la métallurgie; ainsi de l’argon et du néon, tirés de l’air liquide; ainsi de l’hélium, tiré des gaz naturels des Etats-Unis dès que les besoins de l’aéronautique en montrent l’intérêt. »
- Ainsi l’emploi du xénon m’apparaît toujours improbable en raison de son extrême rareté, mais je fais la réserve d’une de ces surprises, toujours possibles du fait des innombrables ressources de la science.
- Or cette voie prudente s’est trouvée récemment justifiée d’une manière remarquable, grâce à cet état d’esprit conservé avec ténacité et transmis à mes collaborateurs. Non seulement le krypton sera désormais accessible dans des conditions économiques qui rendront possible son emploi dans la fabrication des lampes à incandescence, mais le xénon pourra participer à cette application dans une mesure qui rendra décisive l’amélioration obtenue.
- C’est une idée très hardie de M. Gomonet qui l’a rendue possible. Tout le xénon et tout le krypton qu’on pourrait obtenir comme sous-produits de l’industrie de l’oxygène et de l’azote sont à peu près inexistants devant l’application possible aux lampes à incandescence : le principe qui m’avait guidé doit donc être abandonné. Il faut traiter d’énormes quantités d’air spécialement pour en tirer le millionième de krypton et le dix-millionième de xénon qu’il renferme,
- Or, considérant les grands progrès que l’industrie de l’air liquide a réalisés par le perfectionnement des dispositifs de rectification (') et par l’emploi de ces régénérateurs si habilement conçus et réalisés par Frankl (2), M. Gomonet a envisagé d’amener l’air traité pour ce but, apparemment si mince, jusqu’à la température de l’air liquide. Son procédé consiste, en gros, à laver des volumes d’air considérables, amenés exactement à la température nécessaire et dans des conditions convenables, par de toutes petites quantités d’air liquide, 3 à 5 pour 100 de la masse d’air gazeux à laver. Le krypton et le xénon, très peu volatils, sont retenus.
- Des essais déjà effectués sur un petit appareil traitant 800 m'1 d’air à l’heure ont permis de recueillir plus des 2/3 du krypton et du xénon. On peut envisager comme prochaine la réalisation d’appareils traitant 100 ou 200 000 m’ d’air à l’heure, et je reviendrai ultérieurement sur cette question.
- Reste à utiliser ces gaz.
- Les premiers essais d’application aux lampes remontent à ma première réalisation de la synthèse de l’ammoniaque par les hyperpressions, aux fours à coke des mines de Béthune. C’est à cette occasion que j’ai suggéré à la Société des Applications électriques d’Arras, filiale des mines de Béthune, d’entreprendre des essais en remplissant les lampes de mines de sa fabrication à l’aide du krypton qu’à cette époque, M. Lepape était déjà en mesure de fabriquer en petites quantités par l’élégant procédé qu’il a imaginé.
- 1. Comptes rendus, 182, 1926, p. 1194.
- 2. Comptes rendus, 195, 1932, p.919.
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- Ces essais furent mis en route de suite.
- Le 11 juin 1923, le directeur de cette Société m’écrivait à ce propos :
- « Nous avons fait de nouveaux essais sur deux ampoules au krypton. L’une n’a rien donné de bien saillant, l’autre a confirmé les résultats de la semaine précédente, c’est-à-dire survoltage 100 pour 100 et durée de plusieurs heures sans cchaulïement appréciable, tandis que les ampoules identiques à vide, azote ou argon, survoltées dans les mêmes conditions, n’ont duré que quelques secondes. »
- Cette lettre montre que, dès cette époque, cette question avait été nettement posée par moi sur le terrain expérimental et industriel.
- Continués par M. Lepape et M. Gomonet depuis cette date, ces essais sur les lampes ont été amenés récemment à la phase décisive par André-N. Claude, dont j’ai déjà signalé les
- Fig. 1. — La plus grande photographie transparente.
- remarquables travaux sur les tubes luminescents. Habilement secondé, en particulier, par M. Gomonet fils, il a pu préciser les conditions très spéciales dans lesquelles l’usage du krypton et du xénon donne tous ses avantages, l’augmentation de rendement pour les lampes du type de 25 watts n’étant alors pas moindre de 33 pour 100.
- L’étendue de cette Note ne me permet pas plus d’entrer dans les détails sur cette question que sur le procédé de M. Gomonet. » Georges Claude.
- PHOTOGRAPHIE
- La plus grande photographie transparente.
- Le Touring Club de France possède actuellement la plus grande photographie transparente.
- Cette photographie, exécutée par M. P. Dubu e, en joli ton sépia, représente une vue de La Meije, elle mesure 3 m 35
- ............. t..............-.= 91 =
- de hauteur, sur 2 m 68 de largeur, et donne une superficie de 9 m2 de surface sensible.
- MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION Nouveaux matériaux ligneux : le Permali et le Permig.
- Le bois, l’un des plus anciens matériaux de construction, reste encore un des plus employés, et c’est justice, car il offre des qualités précieuses : sa résistance mécanique, rapportée à son poids, est très satisfaisante; de plus il est facile à travailler et se prête à toutes décorations; il est mauvais conducteur de la chaleur et du son; il offre enfin un avantage fort appréciable en beaucoup de cas : il ne se brise pas brusquement; même lorsqu’on dépasse la charge de rupture, les tronçons restent enchevêtrés et la résistance de la pièce ne tombe pas brusquement à zéro. Par contre, très sensible aux variations d’humidité, il a le défaut de changer notablement de dimensions quand le degré hygrométrique de l’atmosphère varie; enfin, autre défaut grave, il est combustible. Cependant, on ne consomme pas moins, chaque année de 739 millions de m3 de bois de construction dans le monde. La chimie moderne offre, du reste, des moyens de remédier à ces défauts du bois, tout en en conservant ou améliorant ses qualités essentielles.
- L’imprégnation du bois par les résines synthétiques connues sous le nom de Bakélite donne à cet égard des ressources précieuses qui commencent à être exploitées d’une façon industrielle.
- Nous en avons, comme exemple, les bois imprégnés fabriqués par une société industrielle de l’Est et qui, sous le nom de Permali et de Permig, reçoivent dans l’industrie des applications nombreuses et variées Ce sont des bois imprégnés en autoclave.
- Le Permali est un bois imprégné, offrant une grande résistance mécanique et de très hautes qualités d’isolement électrique, tandis que le Permig est un bois ignifugé à très grande résistance à la flamme et à la température. Tous deux sont insensibles à l’attaque de la plupart des produits chimiques, notamment des acides.
- Le Permali, offre les caractéristiques mécaniques suivantes : résistance à la rupture par flexion 1800 kg/cm2; par compression 1500 kg/cm2. C’est un excellent diélectrique : une plaque de 5 mm d’épaisseur tient, sans être perforée, plus de 40 000 v; une tige de 300 mm de longueur résiste indéfiniment à 100 000 v. En atmosphère saturée d’humidité l’isolement entre bornes distantes de 10 mm. est supérieur à 1000 mégohms.
- On emploie le Permali dans l’industriç électromécanique pour les pièces isolantes des dynamos, des transformateurs et de l’appareillage, pour fabriquer des perches et tabourets isolants, des planches de salles d’accumulateurs, etc.
- En mécanique, on l’emploie à fabriquer des engrenages silencieux, des cales amortisseuses pour moteurs à explosion, des sabres et fouets de chasse pour l’industrie textile, etc.
- Quant au Permig, il a été réalisé surtout pour constituer un matériau difficilement inflammable; voici à cet égard des chiffres éloquents : une plaque de 20 mm d’épaisseur est perforée par la flamme en plus de 20 minutes; un barreau de 20 x 20 mm de section est sectionné par la flamme en plus de 45 min. Une planche est découpée au chalumeau sans propagation de la flamme et sans point d’ignition.
- Ajoutons que le matériau garde les propriétés de résistance mécanique du bois naturel, mais ne perd pas ses qualités avec le temps, et que, de plus, il se peint et se vernit comme le bois naturel. Pour la construction des navires, des salles de spectacles, des bureaux téléphoniques, le Permig offre donc une ressource nouvelle, que doit connaître quiconque est soucieux de la sécurité publique.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- AGRICULTURE
- Semis en lignes à profondeur variable.
- «**
- Ceux qui vantaient le semis au semoir mécanique invoquaient l’économie de semence qui est réelle, la régularité de l’épandage indépendante de l’habileté de l’homme qui est avantageuse surtout quand on n’opère pas soi-même.
- Ils vantaient aussi l’avantage de placer les graines à la profondeur idéale pour une bonne levée.
- Ce à quoi nous étions presque seul à répondre : « Vous ne savez pas d’avance quelle est la profondeur idéale. Cela dépend de la nature de votre sol au moment de semis, cela dépend de la température et des pluies qui suivront. Cela dépend un peu aussi de la vitalité de votre graine, laquelle est subordonnée à la récolte précédente, etc...
- « Donc, il y a intérêt, a priori, à ce que vos graines soient à des profondeurs variables. En fait, les semoirs sur avant-train de charrue donnent un semis en lignes assez bien réussi parce que la graine tombe sur le talus frais du sillon et s’y trouve recouverte d’épaisseur variable de terre. Toutefois un certain nombre sont perdues parce que trop profondes, ce qui n’arrive pas avec un semoir régulier.
- « A la suite d’un automne humide ou d’un hiver gélif, on s’aperçoit que les « pointes » semées à la volée dans les angles des champs préparés au semoir sont souvent plus opulentes en récolte que le semis régulier. »
- Protestation énergique des amis du semoir !
- Or on y arrive.
- Cela commence pour la betterave. Les agriculteurs beaucerons demandent aujourd’hui des profondeurs variables de 1 à 4 cm dans le même sillon.
- Pour les satisfaire, M. Doret a inventé de supporter la botte-coutre d’arrivée de la graine par une roue étoilée.
- La botte se soulève donc au passage d’une dent de l’étoile au contact du sol pour retomber ensuite. On obtient ainsi un fond de sillon ondulé dont les amplitudes sont de 1 à 4 cm. La longueur des ondes peut varier de 15 à 30 cm suivant le nombre de dents de l’étoile (4 à 6).
- M. Gougis a créé un autre dispositif où l’ondulation est obtenue par une came appliquée au rouleau fermant le petit sillon. La courbe n’est plus ici symétrique ou sinusoïdale.
- Fig. 1, — Semoir en lignes à profondeur variable.
- 1. Coutre creux recevantla graine. 2 et 3. Disque avec bêches en étoile à enfoncement limité.
- Elle forme des crochets avec enfoncement brusque. Mais peu importe.
- L’essentiel est d’avoir au moins une bonne graine placée dans les conditions optima pour l’année tous les 15 cm environ.
- Pierre Larue.
- OBJETS UTILES Le « Stop »
- Appareil pour éviter le vol des lampes électriques.
- Que faut-il pour sortir une ampoule électrique de sa douille ? Bien peu de chose. La repousser vers le fond de cette douille, la tourner à gauche, pour sortir ses ergots des encoches de la douille, et c’est tout.
- Rien donc n’est plus simple; et c’est pourquoi, dans les grands ateliers, chantiers, magasins, couloirs d’immeubles, où les lampes sont souvent à portée de la main, elles disparaissent parfois avec une rapidité, une fréquence déconcertantes, ce qui constitue, à la longue, une perte sérieuse et un grave préjudice pour le propriétaire de ces lampes.
- Il en résulte, souvent, qu’on se détermine à supprimer toutes celles dont le vol est trop facile, ce qui est par ailleurs une cause de gêne dans le travail.
- Que faut-il pour éviter ces vols? Un appareil simple, léger, d’une pose facile et rapide, d’une inviolabilité absolue, d’une durée illimitée, et... d’un prix minime.
- On a pensé à des appareils à secret ou à clé, effectivement ^0- *-Les différentes pièces
- .... . , ,, ou « Stop ».
- inviolables pour qui n a pas de-
- couvert le secret ou ne possède
- pas la clé; mais il suffit au voleur d’acheter l’un de ces appareils pour connaître le secret ou se procurer une clé, et, alors, l’inviolabilité n’existe plus pour lui.
- Le « Stop », appareil nouveau, est réellement inviolable, même pour le propriétaire des lampes qui l’a posé lui-même, et, lorsque cette lampe est usée et hors de service, il est impossible de l’enlever sans briser l’ampoule.
- Cet appareil, de plus, est d’un bon marché qui rend son emploi très avantageux.
- Il se compose de trois pièces : A, B et C, chacune de ces pièces ayant la forme d’un cylindre creux ouvert à ses deux extrémités, ou « manchon ». La pièce A est garnie de rayures circulaires intérieures en dents de scie. La pièce B, sur une longueur de 14 mm, porte 12 encoches formant des ailettes dont l’extrémité est largement évasée. La pièce C enfin, qui porte le nom de chargeur, est un simple cylindre creux.
- La pièce B — pièce à ailettes — étant complètement rentrée à l’intérieur de C ou chargeur, celui-ci est introduit à fond à l’intérieur de la pièce A. A ce moment, l’opérateur pousse la pièce B jusqu’à ce qu’elle bute sur le fond de la pièce A, puis sort le chargeur qui, à ce moment, est libéré. Le « stop » est prêt à être employé.
- Il ne reste plus qu’à l’introduire d’un côté sur la douille, à introduire la lampe à l’autre extrémité; et à fixer celle-ci comme à l’ordinaire, après quoi l’on écarte la pièce B de la pièce A.
- Les ailettes de l’extrémité de la pièce B, comprimées à l’intérieur du chargeur, ont tendance évidemment à reprendre
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- leur forme évasée. En sortant la pièce B de la pièce A, le plus possible, et jusqu’à ce que la partie inférieure de cette pièce vienne appuyer sur la partie renflée du verre de la lampe, la cartie évasée des ailettes glisse facilement sur les rainures circulaires intérieures en dents de scie de la pièce A, mais, en raison de la forme de ces dents, le mouvement contraire est impossible.
- Lors donc que les pièces sont écartées au maximum, de manière que l’unè repose sur la bague de la douille, l’autre sur la partie renflée du verre de la lampe, il n’est plus possible à qui que ce soit de remonter celle-ci, en comprimanl le? ressorts de la douille, pour sortir les ergots de la lampe des encoches de cette douille.
- Et l’on ne pourra le faire, la lampe usée, ou le filament rompu accidentellement, qu’en brisant l’ampoule, après quoi l’appareil pourra servir de nouveau pour une autre lampe, en le remontant, après avoir sorti la pièce B de la pièce A, à l’aide du chargeur, qui sert indéfiniment et permet de placer un nombre illimité de « stop ».
- Voilà donc l’appareil inviolable qui permettra d’éclairer sans crainte de vol les endroits plus ou moins déserts.
- d’amener les pointes 4 de ces branches dans la rainure glissière 2 et de pousser les branches jusqu’aux extrémités de la bande.
- ' A ce moment, sur chaque côté et en arrière, les pointes 4 pénètrent dans leurs logements 3, et le pare-boue est fixé.
- On l’enlève facilement en écartant les deux branches à l’aide des boutons (4, 5) et en le tirant en arrière, les pointes des branches glissant dans la rainure.
- En vente chez l’inventeur, M. Michon, 19, rue du Canada, Le Creusot (Saône-et-Loire).
- HYDRAULIQUE
- Fig. 4. — Le pare-boue.
- 4. Les trois pointes qui le fixent au talon. — 5. Boutons aidant au décrochage du pare-boue.
- En vente chez M. Louis Messaz, 4, Grande-Rue de la Guiliotière,
- à Lyon (Rhône).
- Pare-boue pour chaussures.
- Il n’est guère possible, par t emps de pluie, et surtout à la campagne, de sortir pour une course sans rentrer ci'ot-té « comme un barbet », suivant l’expression consacrée.
- Et, non seulement les chaussures sont couvertes de boue, mais encore les vêtements, pantalons, pour les hommes, jupes ou bas pour les femmes, ont pris leur bonne part de la distribution.
- D’autre part, avec des les petits graviers, en été, sont projetés par la marche à l’intérieur de la chaussure où leur présence est plus qu’indésirable.
- Ces multiples inconvénients ont vivement frappé un inventeur qui a trouvé un remède à tous ces maux : le « Pare-boue pour chaussures », qui n’est ni plus ridicule, ni plus embarrassant que les éperons des cavaliers, tout en étant, d’autre part, beaucoup moins dangereux.
- Ce pare-boue peut être, à volonté, fabriqué en n’importe quel métal : acier bruni, bronze, nickel, aluminium, métal argenté.
- Il peut être, en outre, pour homme, fait d’une simple lame de métal, et, pour femme, décoré avec motifs en relief.
- Chaque pare-boue s’adapte exactement sur une bande de métal dont il existe différents modèles pour les différentes formes de talons. Cette bande métallique (1, fig. 1) qui se fixe sur le talon, à ses extrémités et en arrière, à l’aide de pointes, est pourvue d’une rainure-glissière (2, fig. 1 jet de cavités (3, fig. 1) dans lesquelles viennent se loger les 3 pointes (4, fig. 4) fixées à l’intérieur du pare-boue.
- La bande de métal étant clouée sur le talon, il suffit, pour adapter le pare-boue, d’écarter légèrement ces deux branches,
- Fig. 3.
- Talon équipé pour recevoir un pare-boue.
- 1. Bande de métal clouée. — 2. Rainure glissière pour faciliter la pose. — 3. Trous de fixation pour les pointes du pare-boue.
- souliers bas, la boue, en hiver,
- Pompes bouées.
- La Nature a déjà signalé (n° 2860), une pompe flottante Slawig à moteur électrique, qui était construite en Allemagne. On fabrique maintenant en France une pompe-bouée électrique que nous tenons à signaler à son tour.
- C’est une sorte d’étouffoir en tôle jouant le rôle de « bouchon » flotteur. A la partie supérieure, il porte une poignée pour le porter, un trou d’aération, et une autre trou étanche pour le passage des fils souples. A la partie inférieure, une pompe rotative horizontale présente à sa périphérie des trous d’appel de l’eau « grille crépine» et un départ fileté qu’on peut raccorder à un tuyau de refoulement. L’axe vertical de la pompe se prolonge à l’intérieur du flotteur par celui du rotor d’un moteur électrique de 1/2 ch et d’une petite hélice ventilant l’intérieur du flotteur.
- Il n’y a donc aucune tuyauterie d’aspiration. L’ensemble pèse une quinzaine de kilogrammes. Il plonge dans l’eau sur les deux tiers de sa hauteur environ.
- Le constructeur indique une consommation de 6 hecto-watts-heure, mais sans indiquer la hauteur de refoulement.
- Si on ne branche pas d’autre moteur électrique, il faut pour l’actionner un compteur de 4 ampères sur 220 v ou de 10 ampères pour courant de 110 à 130 volts.
- Ces pompes flottantes permettent d’étendre les cultures maraîchères au bord des rivières. Par exemple, en Syrie et sur le Niger, on a intensifié les cultures, notamment celle du coton grâce aux moto-pompes, ce qui rend moins urgent l’établissement des canaux d’irrigation toujours onéreux de construction et d’entretien.
- P. Larue.
- Po mp e-boué e électrique Mors,
- 11, rue Petit, Cli-chy (Seine).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Enregistrement des sons sur fil aimanté.
- Le principe de l’enregistrement des sons sur fil métallique aimanté a été exposé dès 1900, et appliqué au télégraphone de Poulsen.
- Dans cet appareil, un microphone placé dans le circuit d une batterie agissait simplement sur un électro-aimant entre les pôles duquel on faisait passer un fil ou un ruban animé d’un mouvement de translation parfaitement constant; on obtenait ainsi des variations d’aimantation sur le ruban ou le fil correspondant aux vibrations acoustiques de la plaque du microphone. En choisissant convenablement la nature de l’acier employé, le magnétisme rémanent du ruban ou du fil demeurait assez intense pendant assez longtemps.
- En effectuant l’opération inverse, c’est-à-dire en faisant dérouler le ruban ou le fil enregistré entre les pôles d’un électro-aimant relié à un écouteur téléphonique, il se produisait des courants variables qui actionnaient l’écouteur et permettaient d’entendre les sons précédemment enregistrés, la vitesse de déroulement étant, bien entendu, rigoureusement la même qu’au moment de l’enregistrement.
- De plus, en envoyant le courant continu dans l’électro-aimant, et en faisant de nouveau dérouler la bande ou le fil enregistré à une vitesse quelconque, on effaçait, en quelque sorte, l’enregistrement précédent et la bande ou le fil pouvait alors servir à nouveau.
- Ces systèmes présentaient des inconvénients mécaniques, électriques et acoustiques dus à la fragilité du ruban ou du fil, à la faiblesse et quelquefois au peu de durée de l’enregistrement. L’emploi de nouveaux alliages et de dispositifs d’amplification à lampes de T. S. F. a permis d’améliorer beaucoup les résultats obtenus, bien que des appareils de ce genre ne soient pas encore très répandus.
- Nous en avons décrit des modèles dans la revue et, en particulier, dans le n° 2803.
- Vous pouvez également trouver des indications à ce sujet dans l’ouvrage Le Phonographe et ses merveilleux progrès, par P. Ilémar-dinquer (Masson, éditeur), ainsi que dans la revue Machines parlantes et Radio, 15, rue de Madrid, Paris.
- Il y a déjà quelques constructeurs d’appareils de ce genre. Nous vous signalons en particulier la Société des machines de bureau, 24, rue de l’Arcade, Paris. Réponse à M. Jacquet, à Lyon (Rhône).
- Montage d’un poste=récepteur.
- 1° L’avantage de la lampe bigrille utilisée comme détectrice à réaction consiste surtout dans la faible tension qu’on peut appliquer sur sa plaque pour obtenir un fonctionnement suffisant. Du moment que vous disposez d’une batterie d’accumulateurs de 200 volts, nous ne comprenons pas quel avantage vous pouvez trouver dans l’emploi d’une bigrille comme détectrice.
- En tout cas, ainsi que vous nous l’indiquez d’ailleurs, la lampe amplificatrice basse fréquence faisant suite à la bigrille doit être nécessairement une triode, en raison du faible pouvoir amplificateur d’une bigrille en basse fréquence. Il serait même encore préférable d’employer une pentode.
- Nous ne comprenons pas non plus pourquoi vous voulez faire suivre votre lampe bigrille montée en détectrice d’une lampe triode basse fréquence avec liaison par résistance-capacité. Ce système de liaison peut avoir un intérêt dans certains cas, mais dans celui que vous considérez il réduirait encore l’amplification. Il vaudrait donc mieux que vous utilisiez une liaison du type classique par transformateur.
- 2° Il y a des formules qui donnent tout au moins d’une manière plus ou moins approximative le coefficient de self-induction de bobinages en fond de panier et en nid d’abeilles, dont on connaît le nombre de spires et le diamètre moyen. Vous pouvez consulter à ce sujet l’ouvrage La Pratique radioélectrique, par P. Hémardinquer (Masson, éditeur).
- Pour calculer, en particulier, le coefficient de self-induction L de bobines en fond de panier comportant un nombre de spires n, R étant le rayon de la spire moyenne, on peut utiliser la formule suivante :
- 2 n2 R
- L =:------- en microhenrvs.
- 100
- Pour les bobines en nid d abeilles, si n est le nombre total des spires, R le rayon de la spire moyenne, L la longueur d’enroulement de la
- bobine et h son épaisseur parallèlement à l’axe, on peut adopter la formule suivante :
- , 0,315 R2 n2
- l- — •,——--------—des longueurs étant en cm.
- 0 P, + 9 1 + 10 h
- Réponse à M. Henri IIendriex, à Louvain (Belgique).
- De tout uu peu.
- M. Bloch-Laffon. — Pour les cultures des champignons, voir La Nature, n° 2837, 15 juillet 1930. — On peut acheter du blanc aux adresses suivantes : Service des blancs, 84, rue de Crimée; Quart de Lune, 8, rue de la Cossonnerie, Paris.
- IVI. Bordier, à Paris. — On peut donner aux moulages en plâlre plus de dureté en se servant pour le gâchage d’une solution de sulfate de zinc neutre à 8 ou 10° Baumé.
- Une addition de colle forte légère et tiède améliore encore la résistance, mais la prise est tant soit peu retardée.
- M. Bacchiana, à Tonnerre. — Pour enlever les taches d'huile de vaseline sur vos plans, il vous suffira de les baigner dans de l’essence de pétrole de bonne qualité ou mieux encore dans de la gazoline (éther de pétrole) en vous servant d’une grande cuvette photographique que vous couvrirez d’un carton pour empêcher l’évaporation, puis après égouttage faire sécher librement à l’air .
- N. B. — Eviter soigneusement pendant ces manipulations d’avoir à proximité une lampe allumée ou un foyer quelconque à cause de l’extrême inflammabilité des solvants, autrement dit faire de préférence ce travail pendant le jour et au dehors.
- IVI. Arabi-Verdera, à Hiza. — 1° Nous avons donné des formules de colles pour reliure dans les noS 2882, page 519 et 2896, page 46, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Les toiles dent, vous parlez sont préparées avec de l'huile de lin rêsinifiêe, l’étendage régulier nécessite tout un appareillage industriel, c’est dire qu’une semblable fabrication n’est pas à la portée de l’amateur.
- 3° Vous recollerez facilement les morceaux d'un objet en bakélite, en vous servant tout simplement de la cire à cacheter.
- 4° L’addition de glycérine à la colle forte n’est pas à recommander, car son pouvoir hygrométrique empêcherait la colle de sécher.
- M. Laborde, à Peau. — A notre grand regret nous ne pouvons entreprendre de mettre au point des fabrications commerciales, tout ce que nous pouvons faire est d’orienter les chercheurs en leur laissant effectuer le travail personnel que nécessitent leurs réalisations.
- M. Wuilliamier, à Pontarlier. — 1° Les inscriptions sur carions ardoisés s’enlèvent simplement au moyen d’une petite éponge mouillée.
- 2° Vous trouverez toutes les fournitures nécessaires pour construction des piles sèches dans les maisons suivantes : Établissements Bac, 23, rue aux Ours. Baudé, 79, rue du Temple. Vitry et Cie, 9, rue de Madrid. Broulin, 27, rue des Ardennes. Lévy, 14, passage des Soupirs, à Ménilmontant. Grangé, 115, rue Oberkampf.
- 3° Fournisseurs de miroiterie métallique : Goujon, 70, rue d’Angou-lême. Voillot et Cie, 1, Impasse des Orteaux (20e). Établissements Festa, 73, rue Pascal. Verdun, 18, rue du Goulet, à Aubervilliers. Sauvage, 114, rue de Montmorency, à Soisy-sous-Montmorency.
- M. Servier, à Orléans. — 1° Vous éviterez très facilement que les gouttelettes d’eau ne ternissent les vitres de votre auto, en les frottant légèrement avec un morceau de savon transparent du commerce désigné sous le nom de savon à la glycérine, ce qui permet aux gouttes de se réunir et de couler à la partie inférieure de la vitre où elles ne gênent plus la visibilité.
- 2° Les cônes platinés des appareils formolateurs sont constitués par de la terre de pipe cuite après moulage, que l’on trempe dans une solution de chlorure de platine concentrée, sèche puis porte au rouge pour mettre le platine en liberté.
- M. Le Dr Quénot, à Laignes, Côte-d’Or. — La cellophane se colle habituellement sans précaution préalable, avec de la colle ordinaire, toutefois si vous éprouviez quelque difficulté, elle serait facilement surmontée en passant d’abord sur la partie qui doit être encollée, ainsi que sur sa contre-partie, un pinceau imbibé d’alcool concentré à 90°-95°, ce qui assurera un mouillage immédiat par la colle.
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- (VI. Dehove, au Cateau. — Pour effectuer le tannage au chrome, on utilise l’alun de chrome, qui est un sulfate double de chrome et de potassium se présentant sous la forme de beaux cristaux de couleur améthyste.
- Dans un bain de ce sel additionné de sel marin (chlorure de sodium ) on immerge les peaux de manière qu’elles en soient bien imprégnées, puis on ajoute de la lessive de soude caustique, en quantité telle, qu’il se forme d’abord un sulfate basique de chrome, lequel cède ensuite à la peau de l’oxyde de chrome et forme avec la fibre un composé stable insoluble, qui donne des cuirs épais convenant particulièrement à l’emploi comme courroies et fortes semelles.
- (VI. Gysin, à Genève. — L'entreposage de vos filins dans une pièce régulièrement chauffée est certainement la cause du durcissement de vos films; nous pensons qu’il vous suffira pour leur redonner de la souplesse de les tremper dans une eau légèrement glycérinée.
- N. B. — Bien entendu n’employer que de la Gltjcérine neutre, exempte par conséquent de toute acidité.
- A. P., aux Rousses, Jura. — Si on constitue un circuit électrique au moyen de deux fils de métaux différents soudés en deux points et si un galvanomètre est intercalé dans le circuit, il indique la présence d’un courant dès qu’il y a une différence de température entre les soudures.
- M. Le Châtelier a utilisé ce phénomène thermoélectrique pour constituer un pyromètre dont les couples à soudure autogène, sont formés de platine et de platine rhodium; la graduation du galvanomètre est faite expérimentalement au moyen d’alliages ayant un point de fusion connu, déterminé par la méthode de Violle ou méthode calorimétrique.
- M. Gabay, à Stamboul. — Vous pourrez préparer une crème à
- raser, en opérant ainsi :
- Prendre :
- Acide stéarique......................................100 grammes
- Eau distillée........................................ 800 —
- Glycérine............................................ 60 —
- Lessive de soude caustique à 15° B................... 30 —
- Faire fondre au bain-marie, l’acide stéarique, puis y ajouter la lessive de soude, laisser quelques minutes en contact. Verser ensuite la glycérine et l’eau.
- Abandonner au repos jusqu’à solidification et chauffer à nouveau, pour obtenir une nouvelle fluidité faire refroidir, en battant constamment, ajouter pendant cette opération .le parfum choisi, par exemple :
- Héliotropine cristallisée porphyrisée......................4 grammes
- Musc artificiel............................................2 —
- Glycérine pour homogénéiser................................5 —
- Mettre en pot, recouvrir d’une feuille d’étain ou d’aluminium, fermer hermétiquement, conserver en lieu frais.
- N. B. — Le second chauffage est indispensable à une bonne réussite, le battage pendant le refroidissement doit être de préférence effectué mécaniquement (malaxeur Savy).
- M. de Moissac, à Lavoux. — Le meilleur produit à employer pour l'entretien des cuirs est le « moellon » qui provient des peaux cha-moisées et foulées à la presse hydraulique; il renferme avec l’huile de poissons servant au chamoisage, des matières organiques provenant des peaux, qui constituent une véritable « nourriture » du cuir et maintiennent sa souplesse. Il vous suffira de vous adresser à un chamoiseur de votre région pour vous procurer ce produit d’obtention courante.
- M. Le Dr Wilhem, à Oran. — Pour dessécher l’atmosphère de vos vitrines de collection, vous disposez d’abord des moyens classiques qui sont de placer dans des soucoupes, soit de l’acide sulfurique concentré à 66° B, soit des morceaux de chlorure de calcium fondu, mais ces procédés ont l’inconvénient de donner des liquides facilement renversables qui sont la cause des dégâts surtout avec l’acide sulfurique.
- Aussi nous vous conseillerons plutôt d’avoir recours au gel de silice beaucoup plus maniable, puisqu’il reste toujours solide et qui est aujourd’hui fabriqué industriellement en particulier par la Silica Gel Corporation, d’après les principes suivants:
- On traite entre 45° et 50° C une solution de silicate de soude SiG3 Na* de densité 1 200 par de l’acide chrlorhydrique au l/10e, ce qui donne une précipité de silice qu’on lave soigneusement, puis sèche à 100° C après l’avoir soumis à une pression de 200 à 250 atmosphères; on pousse enfin lentement la température jusqu’à 350° C, ce qui donne un gel granulé en globules de 1,5 à 2 millimètres de diamètre, que l’on peut
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- alors utiliser comme absorbant de l’humidité, des gaz et des couleurs.
- Nous pensons que vous pourrez vous procurer ce produit chez Neveu-Fontaine, 20 rue Gay-Lussac, qui livre de petites boîtes, toutes garnies pour mettre dans la cage des balances de précision afin d’en assécher l’air.
- IVI. Gasser-Coze, à Toulon. — 1° Les fragments d’écaille véritable se recollent au moyen de la préparation suivante :
- Gomme laque blonde..................................15 grammes
- Résine mastic.......................................io __
- Térébenthine de Venise.............................. 2 ___
- Alcool à 95° @o cent. cub.
- N. B. — La Résine mastic est la résine de Lentisque (Pistacca den-ttscus).
- 2° Les crèmes à raser du commerce sont des produits savonneux, vous en trouverez une formule dans la réponse précédente faite à M. Gabay à Stamboul.
- 3° Le vernis dont vous parlez est un vernis à l’acétate de cellulose voisin du type suivant :
- Acétate de cellulose...................................... 30 grammes
- Tétraclilorethane........................................ 360 —
- Triacétine................................................. 3 __
- Alcool à 95°.............................................. 40 __
- 4° La colle servant à rejoindre les bandes de films est composée de :
- Acétate d’amyle.....................................100 cent, cubes
- Acétone............................................. 50 __
- Acide acétique cristallisable ...................... 10 —
- Faire dissoudre dans ce mélange une quantité de celluloïd transparent, en quantité suffisante pour obtenir une consistance sirupeuse.
- La bande ayant été grattée sur une largeur de deux centimètres environ, on applique cette mixture avec un pinceau sur la partie grattée qui devient visqueuse, il ne reste plus qu’à réunir et à maintenir le contact par pression quelques instants.
- IVI. Cousin, à Nîmes. — Pour peindre sur verre, on se sert d’un excipient constitué par :
- Gomme laque blanche............................. 10 grammes
- Alcool à 95°....................................100 cent, cubes
- Dans celui-ci on fait dissoudre la couleur d’aniline choisie et on réalise ainsi, en petits flacons, la gamme des teintes que l’on a prévu d’employer. Ces flacons devront bien entendu être bouchés au liège, car avec le bouchage à l’émeri, un collage serait inévitable.
- L’application des teintes demande un peu d’habileté. Si on veut éviter les empiétements, mais avec de l’habitude, ou y parvient sans difficulté, le modèle étant placé sous la vitre.
- M. Guilloteau,à Romorantin.—Les petites piles sèches se réalisent en agglomérant autour d’un charbon cylindrique un mélange de coke et de bioxyde de manganèse en grains, le tout est enveloppé d’un tissu à large mailles et glissé dans un cylindre de zinc qui contient une pâte épaisse à base de sel ammoniac.
- On ferme alors le tube au moyen d’une couche de goudron, en ayant soin de ménager la sortie des gaz par un tube capillaire emprisonné dans la masse.
- La tête du crayon de charbon dépasse seule, on la coiffe d’un petit culot de laiton qui consistuera le pôle positif, l’enveloppe de zinc formant le pôle négatif.
- La solution immobilisée est formée de :
- Eau ordinaire................................... 1000 cent, cubes
- Chlorhydrate d’ammoniaque....................... 200 grammes
- Agar-agar....................................... 20 »
- Faire gonfler préalablement l’agar-agar dans l’eau froide, liquéfier en chauffant doucement et faire dissoudre en dernier le sel ammoniac.
- Mme de Fontenay, à Suzy, Nièvre. — Pour répondre utilement à votre question, il serait nécessaire que nous connaissions la nature du support qui doit recevoir votre plaque de verre.
- Gomme dans la plupart des cas, le silicate de potasse du commerce réussit à donner une adhérence; nous vous conseillons d’en faire l’essai.
- M. Le Dr Leray, à Genevilliers. — Le liquide employé dans les formolateurs à cône platiné est simplement de l’alcool méthylique parfumé, et coloré, vous pouvez prendre comme type de préparation :
- Solution de carmin d’indigo......................‘ 5 centî cubes
- Teinture de safran du Codex........................... 5 —
- Esseripe de Verveine (Lemon-grass)................... 40 —
- Alcool méthylique.................................. 1000 —
- Tout autre parfum peut, bien entendu, être substitué à l’essence de verveine suivant les préférences de chacun.
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- INAUGURATION DU MUSÉE DE LA VOITURE, A COMPÏEGNE
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- Fig. i
- Un spécimen des véhicules qui ‘assuraient le service Madeleine-Bastille aux environs' de 1900.
- Fig. 2. — Une voilure de la présidence : le landau Élysée.
- Fig. 3. — Coupé voyage du Maréchal Maison, du début du XIX0 siècle.
- Fig. 4. — Une calèche-vasislas 1820.
- Fig. 5.— Voiture automobile Amédèe Bollée 1878.
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- Fig. 6. — Le coupé Fould.
- Fig. 7. — Berline coupé Louis XVI, remorquée par une auto, et emmenée au musée de Compiègne.
- Photos Roi.
- Le Gérant : G. Masson.
- 5?3[. — lmp. Laiiure, 9, rue de Fleuras, Paris. — i57-19^4. — Publishedin France.
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- LA NATURE
- Paraît le Ier et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 fran
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (J{. C. Sein*: tS.tij) Tel. Danton 56,11.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 90 fr. ; — 6 mois (12 n*‘), 45 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*'), 105 fr. ; — 6 mois (12 n*') 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* 4 j '
- f OIX MOIS
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif n* 2
- Un an. Six mois
- 130 fr. 65 fr.
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge,' Costa-Bica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U.R.S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N” 2934
- 1“ Août 1934,
- LA NATURE
- LE GOUVERNAIL A PIVOT EN BOIS
- A TRAVERS LES AGES
- Ainsi que nous l’avons déjà proposé (1), on pourrait diviser l’histoire de la navigation en deux périodes bien distinctes, celle du gouvernail-rame (fig. 1, 2, 3, 4, 5), qui embrasse l’antiquité tout entière et celle du gouvernail à charnière ou période moderne.
- La figure 12 fera comprendre toute leur différence.
- dont les dimensions sont, en conséquence, proportionnées à la force d’un homme. La rame-gouvernail est parfois munie d’une manette, sorte de petite barre, qui permet de la faire pivoter'dans son estrope en cuir, ou bien, peut être et par exception, dans un trou de la coque à l’arrière. La manœuvre de l’engin était donc
- Fig. 1. — Couuernail-rame axial. Égypte, Ancien Empire. (Cl. Fried Moll.
- Au cours de la première période, l’emploi exclusif du gouvernail-rame impose à la marine la pratique, du cabotage pendant l’été, et le chômage pendant l’hiver. Au cours de la seconde, l’avènement au xme siècle du gouvernail d’étambot à charnière donne l’essor à la marine hauturière qui s’élance délibérément à la conquête des océans.
- En dehors des deux appareils de gouverne en question, dont le rôle fut prépondérant, l’homme en imagina un troisième, qui, s’il ne joua pas au cours des siècles un rôle de premier plan, mérite néanmoins une étude spéciale.
- Il s’agit du gouvernail à pivot en bois, qui fait son apparition en Égypte, sur les documents figurés du Moyen Empire.
- A cette époque la gouverne s’opère habituellement, en Égypte comme partout ailleurs, à la rame-gouvernail, jouant librement dans une estrope en cuir, et manœuvrée par un seul timonier (2), rame
- 1. La Nature, n° 2885, 15 juillet 1932.
- 2. Parce que son action gagne en efficacité lorsqu’elle avoisine la verticale.
- soit évolutive en tous sens, soit pivotante, soit un mélange des deux procédés^
- Mais, à partir de la XIIe dynastie, certains documents laissent voir, en contraste avec ces engins usuels, des rames de gouverne dont les dimensions et le poids sont tels que le timonier, ne pourrait, comme d’habitude, les manœuvrer à la seule force de ses poignets.
- Telles sont par exemple les grandes rames de poupe des figures 6, 7 et 8. Ce ne sont évidemment pas des rames-gouvernails ordinaires jouant dans leur estrope et
- dont l’action est à la fois statique et évolutive.
- Le gigantesque engin, en dessous duquel le timonier se tient debout ou accroupi, est incliné à 45°. Il est maintenu dans cette position par des ligatures qui le fixent d’une part à la poupe et d’autre part à des mâtereaux plantés sur la plage arrière, ou parfois même aux drisses de la mâture. Il est en outre suspendu au bordage par une lanière qui le maintient dans ses ligatures. Une 'tringle en bois, tenant lieu de barre, est fixée au manche, et pend verticalement en dessous.
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- Fig. 3. — Gouuernail-rame. Éggple, Ancien Empire. (Cl. Fried Moll.)
- Ainsi disposée, cette grande rame ne peut faire qu’un seul mouvement, pivoter dans ses ligatures, mouvement qui lui était imprimé au moyen de la barre, par le timonier placé en dessous. C’est un véritable gouvernail à pivot en bois dont l’action purement statique dépend de l’angle d’attaque de la pale sur l’eau, de la manœuvre de la barre, alors que la manœuvre évolutive de la rame-gouvernail ordinaire n’était qu’une variété de nage.
- La conception de l’appareil est remarquable, car elle comprend en germe les trois éléments essentiels du gouvernail moderne à charnière : la pale, la charnière (formée ici par les ligatures) et la barre.
- Mais si ingénieuse qu’elle fût, l’invention était prématurée au point de vue technique. Les Egyptiens ne connaissaient pas en effet la charnière, et l’eussent-ils connue, que leur industrie métallurgique, encore à l’état
- Fig. 4. — Gouvernail-rame, Grèce. (Cl. Ernst Pfuhl.)
- d’enfance, ne leur eût pas permis d’établir de fortes charnières en fer.
- Les liens du pivot n’offraient pas assez de résistance à l’usure, et il en était de même du pivot lui-même. En outre la position verticale ou oblique à 45 degrés de la barre ne permettait pas de l’allonger à volonté pour accroître sa puissance comme la barre horizontale du gouvernail moderne.
- En raison même de ces défauts, l’engin ne pouvait pas donner des résultats meilleurs que la rame-gouvernail usuelle. On essaya de le doubler, de le tripler (fîg. 3), mais en vain; la grande rame à pivot d’Egypte ne détermina nul progrès dans l’art de la gouverne. Les autres peuples du monde antique ne l’adoptèrent pas, ainsi que le démontrent les documents figurés.
- Née en Égypte plus de vingt siècles avant notre ère, l’idée du gouvernail à charnière ne devait reparaître et entrer dans le domaine pratique qu’au moyen âge en Occident.
- Fig. 5.— Gouvernail-rame vers 1130. Tapisserie de Bayeux.
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- Fig. 8. — Gouvernail triple à pivot en bois. Égypte, Moyen Empire. (Cl. Giraudon.)
- Fig. 6.'— Gouvernail à pivot en bois. Égypte, Moyen Empire.
- (Cl. Fried Moll.)
- Si le gouvernail à pivot égyptien demeura étranger aux marines du monde antique, en Méditerranée aussi bien qu’en Extrême-Orient, d’autres essais se succédèrent en vue de perfectionner la rame-gouvernail classique. On la multiplia, on lui fît traverser la coque, on accrut sa longueur en perchant le timonier sur une échelle, mais tous ces essais furent vains. C’est au moyen âge qu’on reprit l’idée du gouvernail à pivot en bois. Parfois il affecte alors l’aspect d’une rame coudée dont le manche traverse la poupe, et que le timonier maintient entre ses cuisses (fîg. 9). Parfois c’est une pale à pivot comprise entre deux rames-gouvernail s antiques. C’est aussi l’appareil compliqué de la figure 10, témoignage tardif des essais tentés au cours des millénaires pour améliorer le système de gouverne. C’est une grande rame dont le manche forme pivot et traverse deux tenons en bois. Sur cette rame sont fixés deux palans à poulies qui partent du hordage. A l’extrémité du manche figure une manette. Le timonier gouvernait en faisant tourner la manette, mais celle-ci était trop courte et n’avait qu’une faible action; en outre le pivot en bois, détrempé, coinçait dans ses tenons, il s’usait et bientôt présentait des gorges de rupture. C’est, sans doute pour parer à ces inconvénients "qu’on fixait à la pale de ce gouver-
- Fig. 7.— Gouvernail à pivot en bois. Égypte, Moyen Empire. (Cl. Giraudon.
- nail, un système de palans à poulies qui permettait de changer les points de frottement avec les tenons. Très compliqué et peu efficace, le système ne constituait en rien un perfectionnement, et fut abandonné.
- C’est au xme siècle que l’invention du gouvernail axial à charnières devait clore l’ère des essais, en apportant au monde un système définitif de gouverne. Devant cet admirable engin, le gouvernail à pivot en bois disparut peu à peu, du moins en Occident, avec tous les autres systèmes sans charnière (1).
- Transportons-nous maintenant en Extrême-Orient, et nous y retrouverons le gouvernail à pivot en bois. Il n’apparaît que tardivement sur les documents figurés asiatiques. Antérieurement au xvne siècle, ceux-ci ne représentent jamais, en effet, que des embarcations gouvernées à la rame, exactement comme les navires grecs ou romains. Telles sont les barques représentées sur les bas-reliefs chinois d’époque Han (200 ans avant à 200 ans après notre ère), celles qu’on aperçoit sur d’anciens bas-reliefs en pierre noire récemment découverts au Tonkin, les vaisseaux en relief du temple de Boro Boudour à Java, les embarcations figurées sur les monnaies, sculptures et peintures hindoues, celles
- 1. La Nature, 15 juillet 1932.
- Fig. 9. — Essai de gouvernail-rame à pivot. Occident, xivc siècle. Berlin und germ. (Cl. Fried Moll.)
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- Fig. 10. •— Essai d'un gouvernail à pivot en bois, manette et palans. Basilique St-Eustargio, Milan, xv' siècle. (Cl. Giraudon.)
- enfin qu’ont représentées les voyageurs européens et les géographes sur les portulans.
- Gouvernée exclusivement à la rame, la marine d’Extrême-Orient était impérieusement vouée à la pratique du cabotage, sauf pendant les moussons périodiques, qui poussaient les embarcations vent en poupe, dans les mers des Indes et de Chine.
- Quand Vasco de Gama et ses émules eurent établi la navette entre l’Europe et l’Asie en contournant l’Afrique, les navigateurs extrême-orientaux connurent le puissant gouvernail à charnière qui seul rendait possibles ces traversées immenses et régulières. Ils cherchèrent à imiter cet engin, de même qu’ils imitaient le système
- Fig. 12.-—Avec le gouvernail-rame antique, le timonier tient un levier de même longueur ou plus court que celui qui plonge dans Veau, et se trouve ainsi désavantagé. Avec le gouvernail moderne à charnière, il tient
- , BC
- au contraire un levier multiplicateur de sa force dans la proportion —— •
- AB = BC
- ABCBC
- d’attelage moderne, venu également d’Occident. C’est de là, vraisemblablement, que naquit le gouvernail des jonques. Nul document ne le représente avant le xvne siècle, mais à partir de cette époque, on le rencontre partout en Extrême-Orient (Indes, Malaisie, Chine et Japon).
- L’engin comprend, comme le gouvernail d’Occident, une large pale et une barre horizontale, mais il ne possède, au lieu de charnière, qu’un pivot en bois. Celui-ci traverse la poupe, dans une tubulure, ou des tenons en bois (fig. 11).
- Il est aisé de se rendre compte que le pivot, lorsqu’il est détrempé, est sujet à coincer dans ses tubulures ou tenons, que le frottement bois sur bois produit une usure rapide, des gorges de rupture, en sorte que le pivot en question est beaucoup plus fragile que la charnière en fer ou acier du gouvernail occidental. C’est pour parer à ces inconvénients que le gouvernail des jonques est souvent consolidé par des lienk qui le relient à la quille, ou à la poupe. Mais en dépit de ces palliatifs, la
- Fig. 11. — Gouvernail à pivot en bois. Jonque de guerre, Japon.
- (Coll. Paris-Louvre.)
- copie est loin de valoir l’original, et c’est pourquoi les jonques ne sont encore de nos jours que des barques de cabotage, sauf exception pendant la mousson. C’est encore pourquoi ces vaisseaux indigènes abandonnent à ceux d’Occident le monopole du commerce hauturier entre l’Asie, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique.
- On se demandera peut-être pour quelle raison les peuples d’Extrême-Orient n’adoptèrent pas tel quel le gouvernail à charnière en fer des Européens, au lieu de se contenter d’un à peu près à pivot en bois. La cause, à notre avis, gît dans les conditions techniques du milieu. De même qu’en Occident au cours de la période antique, la métallurgie asiatique ne fut en effet jusqu’au xixe siècle (*) qu’une industrie au compte-gouttes, justiciable du marteau à main, et par conséquent incapable de forger en série de puissantes charnières en fer.
- Il ressort à nos yeux de ces quelques données, qu’en Extrême-Orient, ainsi que dans le monde méditerra-1. Antérieurement à l’essor industriel du Japon.
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- néen, les progrès de la navigation, ceux des rapports entre peuples, et par conséquent ceux de la civilisation générale, furent entravés pendant des millénaires par ce même fait insignifiant en apparence : l’absence de charnière en fer reliant le gouvernail à l’étambot. Cela permet de mesurer l’influence d’un détail purement technique sur l’évolution économique et sociale.
- Si quelque lecteur s’inquiète, à nous voir ainsi mettre en relief la puissance des facteurs matériels dans l’histoire, nous le prions de considérer que notre étude est strictement objective. Nous constatons des faits, nous cherchons à dégager, dans leur nudité, les conséquences qu’ils entraînent, sans méconnaître, pour autant, la beauté, la grandeur, et la souhaitable influence des fac-
- . =======- : :. ; = 101 =====
- teurs spirituels et moraux. Nous ne prétendons pas réduire à l’unité d’un système la complex itédéconcer-tante de la vie.
- Ainsi que l’écrivait à ce sujet un délicat et savant lettré (1), la technique sans la conscience « est ruine de l’âme », mais la conscience sans la technique est trop souvent impuissance. L’outil créé par l’homme appartient à l’homme, est de l’homme même; l’humanisme doit intégrer l’histoire des techniques... Prométhée n’est pas le moins émouvant des héros et ses conquêtes sont pour nous des victoires.
- C1 Lefebvre des Noettes.
- 1. Georges Moulinier. Bulletin Guillaume Budé, avril 1933.
- : MARCHE DÉMOGRAPHIQUE ï DES POPULATIONS MONDIALES
- Rien n’est plus instructif (et plus douloureux parfois) que de comparer le croît des différentes populations humaines. En connaissant la progression suivie depuis dix ans (de 1922 à 1932), on peut (par un simple calcul) savoir quels seront à peu près les accroissements des susdites populations dans dix ans, en 1942.
- Certes, de multiples et graves événements peuvent survenir, qui changeront notablement les choses : guerres, révolutions, cataclysmes, famines, épidémies. Pourtant, de tous les nombres qu’on présentera le plus probable (et même le seul probable) est celui qui suppose un croît futur (pendant dix ans) égal à l’ancien croît observé depuis dix ans.
- Cette extrapolation est donc parfaitement légitime, à condition toutefois q’uon ne la prolonge pas trop. Elle serait tout à fait absurde si l’on prétendait aller jusqu’à un avenir de deux siècles.
- Le croît d’une nation dépend de quatre éléments, d’inégale importance :
- Fig. 1. — Natalité des peuples américains du Centre et du Sud (métis).
- La natalité du Brésil n’a pas été indiquée par les statistiques. En Argentine il n’y a que des blancs. Combien de naissances actuelles par mille habitants ?
- 1° L’immigration.
- 2° L’émigration.
- 3° La natalité.
- 4° La mortalité.
- I. - IMMIGRATION ET ÉMIGRATION
- Il y a des pays, — et des époques —• où immigration
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- Fig. 2. —Natalité des peuples européens de l'Europe Occidentale. Comparer à la figure 1.
- et émigration jouent un rôle prépondérant. Pour toutes les nations américaines, la prospérité et le croît sont dus exclusivement aux immigrations allemandes, espagnoles, italiennes, hollandaises, Scandinaves, irlandaises.
- Les populations de l’Amérique sont des colonies européennes.
- Mais aujourd’hui, pour des raisons qui ne me paraissent pas très judicieuses : crainte des chômages et protection
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- du travail national, il y a interdiction de l’immigration dans presque tous les pays d’Amérique.
- Les Républiques américaines ont oublié qu’elles doivent tout à l’immigration européenne.
- Pour les peuples de la vieille Europe, il se fait actuellement peu de changements par des immigrations et des émigrations. Il n’y a pas d’exception, même pour les Italiens. Pourtant, le nombre des Italiens vivant à l’étranger est considérable (neuf millions six cent mille en 1932).
- Mais beaucoup de ces Italiens se rapatrient. En 1932, pour une émigration de 83 000, il y eut' rapatriement de 73 000.
- Quant au Japon, on aurait pu croire, vu la surpopulation, que l’émigration serait considérable, mais il n’en est pas ainsi. Peut-être les Japonais auraient-ils voulu émigrer en masse aux États-Unis, mais l’entrée des travailleurs Japonais aux États-Unis est aujourd’hui presque totalement interdite.
- De fait, si de grands mouvements démographiques ont été dans le cours du xixe siècle, déterminés par des immigrations et émigrations continuelles et prolongées, ils ne le sont plus aujourd’hui et (sauf exception), c’est le rapport entre la mortalité et la natalité qui, presque seul, détermine le croît plus ou moins rapide des populations européennes.
- Fig. 3. — Natalité de l'Europe orientale (slaves et balkaniques).
- Comparer aux figures 1 et 2.
- II. - LA NATALITÉ (')
- La natalité est, selon les divers pays, variable (plus que du simple au double). Malheureusement les chiffres manquent pour l’indiquer, d’une manière même approximative, dans certains pays. Pour la Chine, par exemple, nous n’avons absolument rien. Pour le Brésil et les Indes, les statistiques de la natalité font défaut. Pour la Russie, il ne faut accepter qu’avec quelque réserve les nombres donnés par le gouvernement bolcheviste.
- Voici la natalité annuelle (pour mille habitants) dans les j dernières années (1930 ou 1931, ou 1932). Nous donnons les chiffres ronds, car en pareille matière les décimales n’ont pas d’importance :
- Guatemala.........................46
- Costa Rica........................46
- 1. Nous empruntons tous nos chiffres à l’admirable Almanach du Gotha (J, Perthes, 1934.)
- Russie................................45
- Mexique...............................44
- Salvador..............................41
- Indes Anglaises.......................36
- Yougoslavie...........................35
- Philippines...........................35
- Égypte................................34
- Chili.................................34
- Roumanie..............................33
- Japon................................ 32
- Bulgarie..............................31
- Colombie..............................30
- Portugal..............................30
- Venezuela............................ 30
- Pologne...............................29
- Grèce.................................28
- Pérou.................................28
- Lithuanie.............................27
- Espagne...............................24
- Italie................................24
- Canada................................23
- Hongrie...............................23
- Pays-Bas..............................22
- Tchécoslovaquie.......................21
- États-Unis............................19
- Finlande..............................19
- Lettonie..............................19
- Belgique..............................18
- Australie.............................17
- France................................17
- Suisse................................17
- Norvège...............................17
- Grande-Bretagne.......................16
- Allemagne.............................16
- Autriche................*..........16
- Suède.................................15 Q)
- Malgré des graves lacunes (Chine, Brésil, Indes Hollandaises), on peut déjà formuler quelques conclusions générales.
- Alors, pour synthétiser, faisons les divisions suivantes :
- 1° Les peuples de l’Europe occidentale.
- 2° Les peuples slaves et balkaniques.
- 3° Les peuples asiatiques.
- 4° Les peuples de l’Amérique anglaise et de l’Australie où il n’y a que des populations de race blanche.
- 5° Les peuples de l’Amérique espagnole où la race blanche pure de tout métissage est en minorité (en moyenne 30 pour 100, sauf en Argentine où la population est presque complètement blanche).
- A. Peuples de VAmérique Espagnole. (Métis nombreux).
- Natalité en 1932 (pour 1 000 habitants).
- Guatemala. ..........................46
- Costa Rica...........................46
- Mexique..............................44
- Salvador.............................41
- 1. La natalité de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne était assez forte il y a douze ans, mais, depuis la crise économique, elle a baissé rapidement.
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- Chili..................................34
- Venezuela..............................30
- Colombie...............................30
- Pérou..................................28
- La moyenne (schématique et imparfaite) est de 38.
- A ce coefficient de natalité comparons celui que donnent les peuples de l’Europe occidentale (la plus cultivée assurément).
- B. Europe Occidentale.
- Natalité en 1932 (pour mille habitants).
- Portugal 30
- Espagne 24
- Italie 24
- Pays-Bas 22
- Finlande 19
- Belgique 18
- France 17
- Suisse 17
- Norvège ....'. 17
- Grande-Bretagne 16
- Allemagne 16
- Autriche 16
- Suède 15
- La moyenne (encore plus arbitraire que la précédente, car le chiffre de la population est très différent) est de 20; c’est-à-dire sensiblement la moitié de la natalité des peuples de races mixtes métissés d’indiens et de nègres (Amérique espagnole).
- Cherchons la cause de cette différenciation profonde.
- Ce n’est pas une question de races, ni de langages. Car, si nous prenons la natalité des races blanches (balkanique et slave) de l’Europe orientale, nous trouvons :
- Europe Orientale et Slave :
- Russie................................46
- Yougoslavie...........................35
- Roumanie..............................33
- Bulgarie..............................31
- Pologne...............................29
- Grèce............................... 28
- Lithuanie.............................27
- Hongrie.............................. 23
- Tchécoslovaquie.......................21
- Lettonie............................ 19
- Moyenne 35.
- Les Tchécoslovaques sont des Slaves, et des blancs, tout comme les Russes. Mais, les Russes, ayant une bien moindre culture, ont une natalité double.
- La moyenne de natalité pour ces peuples de race blanche (slave et balkanique) est à peu près de 30; mais, par suite de l’importance énorme de la Russie, on peut la porter à 35 environ, assez arbitrairement.
- Populations Asiatiques :
- (Jaunes et Malais).
- Indes Anglaises.........................36
- Philippines.............................35
- Japon...................................32
- Moyenne : 35.
- Il nous manque la connaissance de la natalité en Chine. Et cependant l’importance de la population chinoise est
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- énorme par son nombre. En tout cas nous pouvons supposer que la natalité chinoise moyenne est de 32, probablement à peu près la même que la natalité japonaise.
- Pour l’Amérique du Nord et l’Australie, c’est-à-dire des populations de race blanche pure (quoiqu’il y ait aux États-Unis un peu plus de onze millions de nègres)
- nous avons :
- États-Unis............................23
- Canada................................19
- Australie.............................17
- De sorte que la moyenne est à peu près de 20 comme celle de l’Europe, ce qui n’est pas surprenant, puisque la civilisation est la même.
- L’examen de ces chiffres nous autorise à établir quelques conclusions.
- 1° L’influence du climat ne peut être invoquée, puisque sur le même plan on voit la Russie glacée et le Mexique torride.
- 2° On ne peut pas supposer quelque influence à la race. Il semble bien que toutes les races humaines (pures ou métissées) sont à peu près également fécondes et que les croisements le sont aussi.
- La fécondité des races blanches, notamment des Canadiens français, a été jadis considérable. Actuellement, en Europe, le Portugal, la Roumanie, la Pologne, ont une natalité qui est à peu près deux fois plus forte que dans l’Europe occidentale. Cependant il s’agit toujours, pour le Portugal, la Roumanie, la Pologne, de races blanches très pures.
- 3° Ce n’est pas non plus la densité qui joue un rôle. Le Japon a une
- densité grande Fig. 4. — Croît absolu en dix ans (en (169 habitants par millions d’hommes) pour les peuples de plus
- i. pe 40 millions d’âmes.
- km2), et pourtant sa
- natalité est forte (32 pour 100). La France, dont la densité est faible, comparée à celle du Japon (76 habitants par km2) a une natalité très faible (17 pour 100).
- Il faut donc, pour expliquer ces grandes différences de natalité, trouver une explication autre que le climat,la race et la densité des populations.
- En vérité, l’explication est très simple. Je crois bien que tout le monde la connaît sans vouloir la proclamer.
- Mais je n’aurai pas cette timidité et
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- j’oserai dire ceci : c’est qu’il y a des populations qui ne réfléchissent pas (ne savent peut-être pas ?) ne calculent pas, et alors les époux ont des enfants autant qu’ils peuvent et comme ils peuvent.
- Mais tel n’est jamais le cas des Européens occidentaux. Il h’est pas de ménage en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, qui ignore les moyens de n’avoir pas d’enfants.
- Et cela entraîne une conséquence grave : la natalité dans nos pays à civilisation raffinée, cesse d’être un phénomène physiologique, cest un phénomène psychologique. On a le nombre d’enfants qu’on veut avoir.
- Théoriquement, en admettant pour la femme, après la naissance d’un enfant, une période d’allaitement de neuf mois, six mois de repos, et neuf mois d’une nouvelle grossesse, il y a le chiffre physiologique — moyen — d’un enfant tous les deux ans. Or, comme en général les femmes se marient à vingt ans, si l’on admet qu’à quarante ans elles ne peuvent plus avoir d’enfants, la moyenne physiologique normale est de dix enfants par ménage, chiffre qui a été au xvme siècle dépassé, et souvent largement dépassé.
- Nous voilà bien loin du chiffre misérable de trois enfants par ménage, qui n’est pas atteint par les familles actuelles de l’Europe occidentale ! ! Si donc la natalité par 1000 habitants y est seulement de 15, 16, 18, c’est parce que la volonté formelle des ménages a été de ne pas avoir plus de trois enfants.
- Il est bien entendu (encore que j’aie là-dessus une opinion arrêtée) que je ne discute pas ici la question de savoir si c’est un bien, ou si c’est un mal.
- Les religions chrétiennes interdisent la limitation volontaire du nombre des enfants, mais les préceptes qu’elles
- prêchent ne sont guère suivis que par un nombre minuscule de familles très scrupuleusement religieuses.
- Donc, pas plus que la race, ou le climat, ou la densité, la religion n’influe d’une manière efficace sur la natalité d’un peuple.
- Elle est exclusive -ment fonction de la volonté de ce peuple.
- Voilà ce qui donne aux chiffres que nous présentons ici toute leur valeur. Ils révèlent la mentalité des différents habitants de la terre. Nous pénétrons ainsi dans l'intimité de l'âme populaire.
- Remarquons bien que la natalité physiologique moyenne ne peut être que supérieure
- à la natalité effective. Car, même pour les populations incultes de la Russie, il y a sans doute, par ci par là, quelques restrictions à la natalité physiologique normale.
- Donc, cette natalité physiologique normale (moyenne), nous pouvons très schématiquement l’évaluer à 50 pour mille. Certes, ce n’est qu’un nombre assez arbitraire, mais il se rapproche beaucoup de la réalité.
- D’ailleurs, pour bien juger de la vraie natalité, il faudrait prendre non pas le rapport des naissances avec la population totale, mais le rapport du nombre des naissances avec le nombre des femmes nubiles de 15 à 45 ans ou même de 20 à 40 ans. On aurait alors un chilfre de natalité vraie. Mais si à la rigueur nous pouvons dresser cette statistique pour quelques pays à statistiques détaillées et correctes, nous ne le pourrions certainement pas faire pour beaucoup d’autres, de sorte qu’il faut se contenter des chiffres que nous présentons ici si l’on veut faire des comparaisons très étendues.
- III. - MORTALITÉ
- La mortalité (plus ou moins forte) dans telle ou telle nation, dépend de bien des causes. Mais il en est une dont il faut tenir grand compte : c’est la proportion relative des vieillards.
- Mettons les choses à l’extrême. Supposons un pays où il n’y aurait que des gens âgés de plus de 80 ans, la mortalité serait énorme par rapport à la mortalité d’un pays où il n’y aurait que des jeunes gens de 25 ans.
- Cette supposition d’un pays composé uniquement de vieillards et d’un pays composé uniquement de jeunes gens est tout à fait absurde, mais elle montre que dans les pays, comme la France, par exemple, où le nombre des vieillards est plus grand qu’ailleurs (parce qu’il y a peu d’enfants) la mortalité (pour cette seule raison) doit être forte, même si les conditions d’hygiène sont excellentes. Il faudrait comparer dans chaque pays la mortalité suivant les âges. Mais, pour établir partout cette statistique, les chiffres comparatifs nous font défaut.
- Quoi qu’il en soit, nous pouvons dresser le tableau suivant de la mortalité (mortalité au-dessus de 20 pour 100) par mille habitants :
- Indes Anglaises........................27
- Égypte.................................26
- Mexique................................26
- Chili .................................23
- Salvador...............................22
- Philippines ...........................21
- On voit que les mortalités maximales seraient chez les peuples non européens, car en Europe assurément les lois de l’hygiène sont plus respectées. Pour ne pas multiplier trop les chiffres, je ne donnerai que les pays à mortalité inférieure ou égale à 10 :
- Canada.............................10
- Pays-Bas...........................9,2
- Australie......................... . 8,2
- Quoi qu’il en soit, voici (pour 1000 habitants) l’excédent des naissances sur les décès, en 1932 :
- Fig. 5. — Comparaison des peuples slaves et asiatiques (sauf la Chine) el des peuples de l’Europe occidentale.
- La largeur indique le rapport numérique entre les deux groupes de populations; la hauteur indique le croît.
- 800.000.000
- Europe Occidentale et Nord Amérique 4-00.000.000
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- Russie..............................26
- Mexique.............................19
- Salvador............................19
- Venezuela...........................18
- Colombie............................16
- Argentine ..........................16
- Yougoslavie.........................16
- Pérou...............................15
- Bulgarie............................15
- Pologne.............................14
- Portugal............................13
- Japon.......................... 13
- Canada..............................13
- Pays-Bas ...........................13
- Roumanie............................13
- Uruguay.............................12
- Lithuanie...........................12
- Chili...............................11
- Grèce...............................10
- Indes Anglaises..................... 9
- Italie.............................. 9
- Espagne............................. 8
- États-Unis.......................... 8
- Egypte.............................. 8
- Australie........................... 8
- Danemark............................ 7
- Finlande............................ 6
- Hongrie............................. 5,5
- Norvège............................. 5,5
- Suisse.............................. 4,5
- Belgique............................ 4,5
- Allemagne........................... 4
- Grande-Bretagne..................... 3,5
- Suède............................... 3
- France................................ 2,5
- Autriche............................ 1,5
- Ici nous ferons une remarque importante.
- II ne me paraît pas que (pour les populations européennes tout au moins) la diminution de la mortalité, grâce aux progrès de l’hygiène privée et publique, doive exercer une grande influence pour déterminer l’excédent des naissances sur les décès.
- En effet, ainsi que nous l’avons démontré plus haut, la proportion des naissances est un phénomène de volonté. Par conséquent les ménages vont conformer exactement le nombre de leurs enfants vivants à la natalité consentie. S’ils veulent n’avoir que trois enfants, ils n’en auront pas plus de trois, mais, si un de leurs enfants vient à mourir en bas âge, ils en auront un quatrième.
- Qu’on me comprenne bien. Ce n’est pas une raison du tout pour ne pas donner tous ses soins à l’hygiène de la première enfance. Il est honteux, pour un pays civilisé, que les enfants de moins d’un an aient une mortalité forte.
- Mais ne nous faisons pas d’illusions. Au cas où la mortalité actuelle des jeunes enfants, laquelle, grâce à de sages mesures, a baissé partout énormément, baisserait encore, on verrait parallèlement baisser la natalité, car les parents n’auraient, en fait d’enfants vivants, que le nombre par eux résolument voulu. „
- Ainsi que nous l’avons vu pour la natalité, nous constatons, au point de vue de l’excédent des naissances sur les décès, la triste déficience de l’Europe occidentale et civilisée.
- Il n’y a que le Portugal et les Pays-Bas où l’excédent soit supérieur à 10 ; le Portugal par sa natalité forte, la Hollande par sa mortalité faible.
- La France tient toujours le dernier rang. Il est évident qu’elle ne veut pas croître. C’est comme si, au milieu des populations croissantes, elle ne voulait pas vivre (!!).
- CROIT ABSOLU DES PEUPLES DEPUIS DIX ANS ET DANS DIX ANS
- Fig. 6. — Comparaison Donnons le tableau du croît de l'Europe el de l’Asie. absolu des divers peuples car Croît total en dix ans. nous pouvons avoir les chiffres
- complets à peu près exacts pour la Chine (?) très exacts pour le Brésil et les Indes hollandaises.
- Résumons ces chiffres en ne prenant que les nations ayant plus de 40 millions d’habitants.
- En millions d'habitants :
- 1922 1932 1942 (extrapolation) croît en 10 ans.
- Chine 430 480 530 50
- Indes Anglaises . . 325 350 375 25
- Russie 130 160 190 30
- États-Unis 115 123 131 8
- Japon 77 91 105 14
- Indes Hollandaises. 50 61 72 11
- Allemagne 62 65 68 3
- Brésil 28 44 60 16
- Grande-Bretagne. . 44 46 48 2
- Italie 38 41 44 3
- France . . . .'. . 39 41 43 2
- Ces chiffres probables sont vraiment effarants.
- En effet, si nous prenons la totalité des Asiatiques et des Russes, nous arrivons à un chiffre (en 1942) d’environ 1 300 millions, alors que les nations occidentales avec les États-Unis compteront à peine 300 millions d’habitants.
- Voilà ce dont, au lieu de fomenter d’absurdes et infâmes guerres, les Européens devraient tous être convaincus (je parle de ceux qui ont le respect de la civilisation). Dans un siècle, s’il n’y a pas quelque réforme profonde dans nos mœurs, l’Europe ne sera plus qu’une colonie asiatique.
- Et même dans moins d’un siècle, si les Européens s’entretuent.
- Charles Richet, v Membre de l’Institut.
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- = QU’EST-CE QUE LE TEMPS? =
- LA POSITION MÉTAPHYSIQUE ET LA POSITION SCIENTIFIQUE DU PROBLÈME
- (Suite du N° 2933)
- LE TEMPS SIDÉRAL
- Contradictions dans la mesure du temps des horloges. —- La définition du temps des horloges se résume en ceci : exprimés au moyen de ce temps, les phénomènes qui se reproduisent toujours dans les mêmes
- Fig. 10. — Régularité du mouvement apparent des étoiles.
- Sur la plaque photographique d’un appareil orienté de telle façon que l’objectif soit dirigé vers le pôle céleste, les étoiles décrivent des arcs de cercle concentriques, tous de même ouverture.
- conditions ont une période constante. Nous avons cité quelques-uns des moyens de réaliser effectivement la mesure de ce temps : les horloges et les révolutions célestes.
- Très vite l’homme s’aperçut que cette définition du temps comportait des contradictions.
- Deux horloges marchant à la même allure et synchronisées à un certain moment ne marquent pas tout à fait la même heure au bout de plusieurs jours. Cela tient au fait qu’il est difficile de vérifier si le phénomène pério-
- dique utilisé pour mesurer le temps se reproduit toujours dans des conditions identiques.
- Limitons-nous aux horloges modernes pour simplifier; on sait que ia température agit sur la longueur du balancier, et qu’une horloge non compensée va d’autant plus lentement que la température moyenne est plus élevée.
- Ce fait avait été remarqué déjà par Wendelin au xvne siècle; un pendule à tige de fer de 1 m de long, battant la seconde en hiver à une température moyenne de 4°, fera 10 oscillations de moins par jour en été par une température moyenne de 24°. Même un pendule en invar fait environ une oscillation de moins dans les conditions précédentes.
- On sait maintenant que les variations de pression modifient la marche des pendules ainsi qu’un grand nombre de causes plus ou moins prévisibles. Cette influence de la pression est inférieure à celle de la température. Une augmentation de pression de 2 à 3 cm de mercure, c’est-à-dire de l’ordre des variations possibles en un lieu, provoque un retard d’un pendule à seconde d’environ 0,1 seconde par jour.
- On est parvenu, par comparaison avec d’autres phénomènes qui ne subissent pas les mêmes influences, comme les révolutions des astres, à étudier ces perturbations et à démêler leurs lois. On a pu atténuer les effets de la température et de la pression sur une horloge et on peut généralement calculer d’une manière approchée la grandeur de cet effet; on peut ainsi perfectionner le temps défini par une horloge, mais les horloges les plus parfaites dont nous parlerons tout à l’heure ne peuvent donner une précision de plus d’un centième de seconde en quelques jours, et surtout ne permettent pas de mesurer avec précision des intervalles de temps longs de plusieurs centaines d’années.
- Irrégularité de certains mouvements astrono= miques. — Les phénomènes astronomiques paraissent plus réguliers que les phénomènes terrestres, et le vent, la pression, la température, le frottement ne paraissent pas les influencer. Nul doute que la vue des mouvements célestes a donné à l’homme l’idée de déterminisme et que pour mesurer le temps les astres n’aient été préférés aux horloges, surtout, comme nous l’avons montré plus haut, pour mesurer de grands intervalles de temps.
- Cependant l’homme s’est aperçu assez tôt que les périodes de révolution de quelques astres n’étaient pas constantes.
- On peut avec une bonne horloge, munie d’ùn pendule battant la seconde, mesurer les durées de quelques révolutions pouvant servir à mesurer le temps, et voici ce que l’on trouve.
- La durée du jour solaire, c’est-à-dire de l’intervalle de temps qui sépare deux passages du Soleil au méridien
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- n’est pas constante, elle varie au cours de l’année d’une manière presque identique tous les ans, la figure 12 montre la variation de durée du jour solaire au cours de l’année. Celle-ci est minimum fin mars (23ll59m41s) et mi-septembre (23h 59m 38s) et maximum fin juin (24h 0m 13s) et fin décembre (24h0"'30s). Elle n’est exactement de 24 heures que vers le 11 février, le 13 mai, le 27 juillet et le 3 novembre.
- L’amplitude de variation de la durée du jour est de près de une minute, elle n’est pas perceptible en temps biologique, mais elle est parfaitement mesurable au moyen d’une horloge, et cela depuis longtemps.
- Nous savons donc que l’heure mesurée au moyen du mouvement diurne du Soleil, ou, si on préfère, au moyen d’un cadran solaire, ne s’accordera pas avec l’heure lue sur une bonne horloge.
- Quant au jour qu.e l’on pourrait appeler lunaire, c’est-à-dire l’intervalle de temps qui sépare deux passages de la Lune au méridien, il varie encore plus ; son minimum est de 22'1 50"1 environ et son maximum de 23h30'“ environ, soit une amplitude de variation de 40 minutes. Cette variation du jour lunaire est beaucoup plus complexe que celle du jour solaire, elle dépend principalement du jour de la lunaison, de la date de l’année et d’une période de 18 ans.
- Constance de la rotation terrestre. — Nous venons de signaler que l’étude comparée des phénomènes périodiques qui se présentent naturellement à nous révèle des divergences entre les temps définis par ces divers phénomènes.
- Cependant un phénomène, la rotation diurne apparente des étoiles, paraît se produire toujours dans le même temps lorsqu’on le mesure par exemple au moyen du temps défini par les oscillations d’un très grand nombre de pendules compensés aussi exactement que possible.
- A ceci s’ajoute cette constatation que le mouvement apparent des étoiles est dû à la rotation de la Terre sur elle-même, et que celle-ci nous paraît être un des phénomènes de la nature le plus simple et le moins troublé qui se puisse trouver; alors que, par exemple, le mouvement apparent du Soleil sur la sphère céleste paraît être lié à son éloignement qui est variable.
- La constatation de constance de vitesse de la rotation de la Terre sur elle-même par rapport aux étoiles étant faite d’une manière approchée au moyen du temps des horloges a été érigée en loi absolue :
- Le jour sidéral, intervalle de deux passages d’une même étoile au méridien, est constant.
- Définition du temps sidéral. — Une fois cette loi admise, nous disposons d’un étalon de mesure du temps; sa division est chose facile puisque, comme nous l’avons dit, les horloges nous donnent un moyen simple et suffisant pour le faire, et sa multiplication se fait automatiquement par la rotation de la Terre.
- Le temps sidéral est celui qui est défini de cette manière :
- La Terre tourne sur elle-même par rapport aux étoiles d’un mouvement uniforme.
- A vrai dire, on définit le temps sidéral, non pas par les passages d’une étoile au méridien, mais par ceux d’un
- Fig. 11. — Variation des heures de passage du Soleil au méridien (équation du Temps).
- point fictif. Ce point est le point y ou point vernal, intersection de l’équateur et de l’écliptique; il n’est pas tout à fait fixe par rapport aux étoiles, mais est animé par rapport à celles-ci d’un lent mouvement uniforme et rétrograde de 50" 26 par an. Comme ce mouvement est uniforme, le temps défini par le point vernal est proportionnel à celui défini au moyen des étoiles et cela revient donc au même de dire que le temps sidéral est défini par la rotation de la Terre par rapport au point y ou par rapport aux étoiles.
- On appelle plan horaire d’une étoile ou d’un point de la sphère céleste, le plan qui passe par la ligne des pôles et cette étoile. L’angle horaire de l’étoile est l’angle de son plan horaire avec le méridien, cet angle augmente constamment par suite de la rotation apparente de la sphère céleste. En tout lieu, à tout instant, le temps sidéral est une quantité proportionnelle à l’angle horaire du point y. Si le coefficient de proportionnalité est choisi de telle sorte qu’un angle de 360° corresponde à 24 heures, le temps est exprimé en heures, minutes et secondes sidérales.
- En pratique, on définit bien ainsi la variable temps, mais on la mesure en temps moyen en multipliant le temps sidéral par le facteur :
- 0,9972695 -
- 231’ 56‘" 4S 091 24r~
- Fig. 12. — Variation de la durée du jour solaire.
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- == 108 .................= ............-.....=-=
- choisi de telle manière que le jour solaire moyen, c’est-à-dire la moyenne des durées des jours solaires au cours d’une année soit de 24 heures. De plus on ajoute à ce temps une constante choisie de telle sorte que le Soleil passe en moyenne au méridien à midi.
- On a ainsi une définition précise du temps par les étoiles, et une mesure commode pour la vie courante.
- Remarque sur l’origine du temps sidéra1. — Pourquoi la définition adoptée pour le temps est-elle celle du temps sidéral? C’est parce que, en utilisant le temps des horloges, on a constaté d’une manière approchée la constance du jour sidéral. Une fois cette constatation faite approximativement, on l’a érigée en loi absolue et elle permet de définir le temps d’une manière beaucoup plus précise que les mesures du temps qui
- Pôle N
- Pô/e S.
- Fig. 13. — La sphère céleste: l’écliptique, le point y et Vangle horaire h d’une étoile E
- avaient permis de l’établir. Elle supplante même le temps des horloges dont elle est issue.
- Nous retrouvons le même processus que pour passer du temps biologique au temps des horloges.
- Détermination pratique du temps sidéral. — Le temps sidéral est encore celui qui sert de base à ce que l’on appelle le temps civil, c’est-à-dire le temps officiellement adopté.
- Les anciens déterminaient les heures de la nuit au moyen des positions et particulièrement au moyen des levers et couchers des étoiles, mais c’étaient là des évaluations assez imprécises.
- Au xvne siècle, l’heure utilisée dans les observations astronomiques était l’heure sidérale. Ainsi Gassendi et Bouillaud, qui firent de nombreuses observations d’occultations d’étoiles de 1621 à 1652, parla Lune, déterminaient
- l’heure de l’occultation par le procédé suivant : au moment de l’occultation l’observateur faisait un signe à un aide qui déterminait immédiatement la hauteur d’une belle étoile au-dessus de l’horizon ; comme la position de l’étoile sur la sphère céleste était bien connue, de sa hauteur on pouvait déduire son angle horaire, d’où l’heure sidérale. La précision obtenue était d’une trentaine de secondes.
- Un peu plus tard, Hévélius, qui fit des observations de la Lune, de 1639 à 1683, déterminait l’heure enlisant une pendule, mais il mettait plusieurs fois sa pendule à l’heure au cours de la nuit, ou plus exactement déterminait la correction à apporter à la pendule, en observant des hauteurs d’étoiles. La précision obtenue était d’une vingtaine de secondes.
- Mais à partir de 1680 on commence à utiliser des instruments méridiens et depuis cette époque, c’est par l’observation méridienne des étoiles qu’on détermine l’heure.
- Rappelons rapidement en quoi consiste l’observation méridienne des étoiles.
- Un instrument méridien se compose d’une lunette mobile autour d’un axe horizontal de direction est-ouest, et d’une pendule.
- En tournant autour de son axe la lunette vise successivement tous les points du méridien. Un fil placé dans le plan focal de la lunette fixe le méridien.
- L’observation méridienne d’un astre consiste à déterminer l’heure de la pendule à laquelle l’astre passe derrière le fil.
- Les nombreuses observations méridiennes des étoiles et du Soleil faites depuis deux siècles ont permis de connaître exactement les positions de toutes les étoiles par rapport au point y; en sorte que lorsqu’une étoile passe au méridien on sait exactement quelle est la position du point y par rapport à celui-ci, et par conséquent l’heure sidérale conforme à la définition que nous avons donnée.
- Comme on a observé l’heure du passage de l’étoile à la pendule adjointe à la lunette méridienne, on a la correction qu’il faut apporter à cette pendule pour obtenir l’heure sidérale.
- En déterminant aussi souvent que possible cette correction, on peut connaître l’heure à chaque instant en apportant à l’heure de la pendule la correction interpolée.
- C’est Picard qui, en 1669, proposa le premier de déterminer les positions des étoiles et l’heure sidérale au moyen d’un instrument placé dans le méridien, et d’une pendule. Cet instrument fut réalisé dans les observations de Paris et Greenwich quelques années après, sous la forme du quart de cercle mural, il fut perfectionné par Rœmer en 1691. Dès le début du xvme siècle, l’emploi de la lunette méridienne donne l’heure avec une précision de 2 secondes.
- Depuis cette époque la lunette méridienne a constamment reçu des perfectionnements.
- Instruments méridiens modernes. — Actuellement, on emploie comme instruments méridiens des lunettes de 1 à 2 m de foyer et d’une quinzaine de centimètres d’ouverture, le corps de la lunette est en fonte
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- et porte deux tourillons cylindriques en acier, parfaitement travaillés, Taxe des tourillons est perpendiculaire
- La vis du micromètre porte des dents qui à chaque tour viennent toucher un contact électrique et ainsi, lorsque le fil du micromètre se trouve dans certaines positions connues une fois pour toutes, un courant est lancé dans un fil électrique.
- Le chronographe imprimant inscrit automatiquement les instants où ces courants se sont établis. Il se compose de plusieurs roues mues par un mouvement d’horlogerie et tournant la première en 1 seconde, la seconde en 1 minute, la troisième en 1 heure; elles portent sur le pourtour, la première cent caractères d’imprimerie de 0 à 99 et les deux autres chacune 60 caractères de 0 à 59. Lorsqu’un courant électrique est établi par la vis du micromètre, une bande de papier imprimant se trouve violemment appliquée en un point de
- à celui de la lunette. Les tourillons reposent dans deux coussinets orientés est-ouest.
- On place dans le plan focal de la lunette un fil vertical, passant par l’axe optique ; la ligne de visée définie par ce fil décrit presque exactement le méridien.
- Pour déterminer l’heure du passage d’une étoile à ce fil, on emploie aujourd’hui le procédé très perfectionné du micromètre à fil entraîné, branché sur un chronographe imprimant.
- Au lieu de placer dans le plan focal de la lunette un fil fixe, on y place un fil mobile monté sur un cadre de micromètre, ce cadre se déplace horizontalement sous l’action d’un moteur; lorsqu’on observe une étoile au méridien, on voit celle-ci traverser le champ par suite du mouvement diurne.
- On règle le moteur de manière que la vitesse du fil entraîné soit presque exactement la même que celle de l’étoile dans le plan focal.
- Le fil et l’étoile restent donc voisins au cours de l’observation; le rôle de l’observateur consiste à les faire coïncider en donnant au fil de petits déplacements au moyen d’un différentiel monté sur le mouvement d’entraînement du fil.
- ces roues par l’intermédiaire d’un électro-aimant, et l’instant de l’établissement du courant est inscrit au centième de seconde.
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- Pour comparer le chronographe à une pendule quelconque, on emploie un procédé analogue en faisant envoyer un courant électrique dans le chronographe par la pendule, au moment où celle-ci marque une certaine heure.
- Il importe de signaler qu’en pratique l’axe optique de la lunette n’est pas exactement perpendiculaire à l’axe des tourillons, que celui-ci n’est pas exactement horizontal ni dirigé est-ouest, d’où un certain nombre de corrections qu’on détermine en observant des étoiles voisines de l’équateur et d’autres voisines du pôle et en reprenant les observations après avoir retourné les tourillons et tout l’instrument bout pour bout.
- Service de Vheure à P Observatoire de Paris. — A l’Observatoire de Paris, un service assure la détermination, la conservation et l’émission ra-diotélégraphique de l’heure.
- Décrivons succintement les rouages de ce service, qui, depuis le 23 mai 1910, émet l’heure plusieurs fois par jour, par l’intermédiaire de la Tour Eiffel.
- Ce service comprend trois parties :
- Les pendules garde-temps;
- Les instruments méridiens;
- Une salle des pendules et une salle d’enregistrement.
- Les pendules garde-temps, au nombre de quatre, sont placées dans les caves de l’Observatoire, à 27 m de profondeur, où règne une température constante (11°,86), au cours non seulement d’une journée, mais de l’année. Ces pendules oscillent
- dans l’air dont la pression est maintenue constante; on modifie la marche des pendules à volonté, en changeant cette pression.
- On ne s’approche qu’exceptionnellement de ces pendules qui sont remontées électriquement à distance. A chaque seconde la pendule agit sur un contact électrique qui envoie un bref signal dans un circuit téléphonique; de la salle des pendules, pour « lire » l’heure sur les pendules de la cave, on écoute les signaux électriques avec écouteur téléphonique; la seconde zéro de chaque minute ne comportant pas de signal, on ne saurait se tromper sur le numéro des secondes.
- La salle des pendules est le lieu d’où on écoute les pendules de la cave et d’où l’on émet des signaux journaliers de T. S. F. d’envoi de l’heure. C’est une grande salle octogonale, tout le long des murs sont placées des pendules auxiliaires et des appareils d’émission reliés au poste de T. S. F. de la Tour Eiffel. L’opérateur est dans un blockhaus central d’où il peut lire toutes les pendules de la salle et écouter à la fois les pendules de la salle et celles des caves. Il peut avancer ou retarder électriquement les pendules de la salle à distance. La salle d’enregistrement contient des appareils qui permettent de contrôler par des procédés automatiques les observations faites dans la salle des pendules. De plus elle reçoit par T. S. F. les signaux émis par la Tour Eiffel et les envoie à la salle des pendules qui contrôle l’exactitude de l’heure d’émission.
- Fig. 16. — Le service de l'heure à l’Observatoire de Paris Au fond les pendules sidérales. Au premier plan le poste d’observation d’où la marche des pendules est suivie à la lunette.
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- Les instruments méridiens dont les pendules sont en liaison avec la salle des pendules et la salle d’enregistrement, ont pour rôle la détermination de l’heure au moyen des étoiles.
- Voici comment fonctionne ce service :
- Plaçons-nous pendant une période de beau temps. L’observation des étoiles aux instruments méridiens fournit la correction à apporter aux pendules de la cave, pour que celles-ci donnent l’heure juste. Une fois cette correction connue, un observateur écoute les pendules de la cave et celles de la salle des pendules et met les pendules d’émission de la salle des pendules à l’heure exacte. Automatiquement celles-ci envoient à diverses heures des signaux de T. S. F. par l’intermédiaire de la
- .....—......-.------------r-— 111 =
- tour Eiffel. Ces signaux reçus par la salle d’enregistrement sont écoutés en même temps que les pendules de la cave et on peut vérifier s’il n’y a pas eu d’erreur dans l’émission. f.
- Pendant les périodes de mauvais temps on ne peut déterminer les corrections des pendules de la cave au moyen des étoiles. On se contente alors d’étudier la marche de ces pendules pendant la période précédente et d’extrapoler la courbe obtenue.
- L’heure sidérale est ainsi connue avec une précision d’un centième de seconde.
- (A suivre.) Henri Mineur,
- Astronome à l'Obseivatoire de Paris
- = LE TRANSPORT ET LA CONSERVATION =
- DU POISSON DE MER
- EN DEHORS DU SÉCHAGE, DU SALAGE ET DU FUMAGE
- La 2e commission du Conseil municipal de Paris vient d’effectuer dans les ports de pêche de la Manche un voyage d’étude dont les bonnes intentions sont certaines. Son programme consistait dans la recherche des moyens à employer pour augmenter l’approvisionnement de la capitale en poissons de mer.
- Etant donné l’attitude nettement ichtyophobe, qu’avait prise, il y a peu d’années, ce même Conseil municipal, quand il ne renouvela pas l’autorisation d’établir temporairement des friteries sur les places et chaussées de Paris, on ne peut que féliciter nos édiles, d’être revenus, vis-à-vis du poisson, à des meilleurs sentiments. Cette 2e commission, qui s’occupe des halles et marchés, est présidée par M. Maurice Quentin, ancien président du Conseil municipal, qui est élu par le quartier des Halles. Nos édiles, venant de Dieppe, arrivèrent à Boulogne à 8 h 1/4, le 17 avril dernier.
- Ils assistèrent d’abord à la vente à la criée, qui était moins importante ce jour-là que la veille, où elle avait atteint 600 tonnes.
- On leur fit admirer l’ingéniosité du système de transbordement et de transport par wagonnet, pour cette vente aux enchères, qu’on retrouve en France, dans tous nos ports de pêche, comme premier échelon indispensable de cette cascade d’intermédiaires, qui ne cessent pas de traumatiser cette denrée fragile, dont ils augmentent ainsi progressivement le prix, alors que la valeur de la marchandise devrait logiquement diminuer, puisque la qualité va, au contraire, en diminuant.
- On ne saurait trop insister, sur l’erreur qui est ainsi commise, au point de vue de l’hygiène alimentaire, par cette première vente à la criée, plus ou moins tôt après son débarquement, d’une marchandise périssable entre toutes, dont le départ pour les lieux où elle sera consommée, se trouve ainsi forcément retardé de plusieurs heures, même
- à Boulogne où cependant tout est organisé pour que le temps perdu soit réduit au minimum, par ce premier freinage dans la marche du poisson de mer vers nos tables.
- Il faut reconnaître, d’ailleurs, que les inconvénients que présente cette première vente à la criée initiale, sont, en raison de la bonne organisation de cette première étape, moins grands à Boulogne, que dans la plupart des autres ports de pêche de France.
- C’est donc avec raison que les Boulonnais ont fait admirer à nos conseillers municipaux la façon dont ils avaient résolu le problème de cette vente initiale.
- Mais si nos édiles avaient été au courant de la question, ils auraient beaucoup moins admiré la rapidité avec laquelle sont effectuées ces premières manipulations commerciales, et se seraient demandé avec raison, ce qu’elles peuvent être dans un petit port de pêche comme Le Tréport, par exemple, où elles ont lieu en plein air, sur le sol même d’une place publique, exposées à toutes les intempéries (soleil et pluie) et aussi aux bousculades de la foule, qui ne se prive pas à certains jours d’affluence de piétiner sans scrupules la marchandise qui se trouve à sa portée.
- Nos édiles auraient donc été bien inspirés, dès ce premier contact avec le grand marché de poissons de Boulogne, d’émettre un vœu : c’est que soit supprimée cette première vente à la criée.
- A 11 h 30 M. Quentin et ses collègues furent reçus à l’Hôtel de Ville par le maire, M. Warluzel, puis, après une courte réception à la Chambre de commerce, tout le monde se rendit au buffet de la gare maritime, où était préparé un banquet, offert par la municipalité de Boulogne à la muncipalité de Paris.
- Mais ce n’est qu’au siège du Syndicat des armateurs, de 16 h à 17 h, qu’on travailla véritablement; car la presque totalité des armateurs et mareyeurs boulonnais
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- étaient présents à l’exposé des questions qui furent ensuite discutées avec animation.
- Cette discussion fut surtout conduite par M. Sarraz, le très distingué président du Syndicat des armateurs, qui insista avec raison, sur le rôle si important qu’avait joué, pour le développement de l’ichtyophagie en France, le Comité Boulonnais de Propagande pour la consommation du poisson. Il déplora que la marée fût grevée d’un prix de transport trop élevé pour assurer à l’heure actuelle la prospérité de l’industrie de la pêche tout au moins avec la technique de conservation actuelle.
- Cette question du transport est capitale, en effet, puisque c’est à elle qu’on se heurte, dès qu’on aborde le problème, qui peut se poser de la façon suivante : le poisson capturé ne doit pas seulement être transporté d’un point à un autre du territoire; mais ce transport doit être effectué dans des conditions telles que cette denrée, essentiellement périssable, arrive au consommateur dans un bon état de fraîcheur.
- Or tout le monde sait, depuis un temps immémorial — et le professeur Armand Gautier l’a bien montré scientifiquement à la fin du siècle dernier — que rien n’est plus putrescible que le poisson.
- Armand Gautier a établi, en effet, qu’en été, en l’absence de toute précaution conservatrice spéciale, la putréfaction commençait, sous forme d’autolyses, deux heures après la mort du poisson et progressait plus ou moins rapidement, suivant l’état atmosphérique et notamment suivant la température et qu’il peut constituer, au bout d’un certain temps, un aliment toxique, dont la consommation peut même devenir dangereuse, par suite de production de phosphures.
- C’est pour cela qu’avant l’ère des chemins de fer le poisson de mer était considéré comme un aliment de luxe à Paris, et dans les villes éloignées de la mer.
- Le poisson de Paris venait de Dieppe, Fécamp, Hon-fleur, le Havre, Boulogne, etc.
- Il y était amené par de légères charrettes à 2 roues,
- auxquelles on donnait le nom de chasse-marée, qui faisaient le trajet en une nuit, grâce à un système de relais. La traction se faisait par 4 ou 6 chevaux. On comprend que ces transports rapides et nocturnes devaient comporter beaucoup d’aléas dans les heures d’arrivée à Paris, le plus souvent dans la matinée du vendredi, d’autant que, parmi 6 chevaux constamment au galop, les chutes ne devaient pas être rares.
- Ces chasse-marée, qui paraissent avoir débuté sous le règne de Saint-Louis, ont continué leurs randonnées nocturnes jusqu’à l’avènement des chemins de fer.
- Mais ce mode de transport rapide n’était utilisé que pour transporter à Paris la marée, des ports de mer peu éloignés de la capitale.
- Grâce à l’obligeance de M. Eugène Altazin, je peux vous montrer (fig. 2), la reproduction d’un de ces attelages, d’après une gravure de date inconnue signée : Dupassage.
- D’après les costumes, il semble bien qu’il s’agisse d’un chasse-marée roulant au xvme siècle.
- Mais, pour les transports de la marée à des points moins éloignés de la côte que Paris, on se servait de chevaux de bât, qui ne nécessitaient pas l’organisation de relais, mais qui ne pouvaient transporter que des charges réduites.
- C’est certainement à ce dernier mode de transport que Vatel eut recours, quand il commanda, pour les réceptions qui avaient lieu au château de Chantilly, en l’honneur de Louis XIV, du poisson de mer pour le vendredi 24 avril 1671. Je dois à l’obligeance de M. de Fleurey, de pouvoir vous montrer (fig. 1) une gravure que j’emprunte au n° du 20 mai 1934, du journal Boulogne-marée, qui représente ce mode de transport de la marée à faible distance.
- On sait que Vatel se donna la mort à Chantilly, ce même vendredi matin, non pas parce que la marée n’était pas arrivée, mais parce que, en raison du retard dans l’arrivée de la plupart des chevaux de bât qui devaient amener cette marée à Chantilly, il a pu croire qu’elle n’arriverait pas, et que cette carence du poisson de mer un vendredi, à la table du roi, porterait à son honneur un coup fatal.
- Voici, en effet, ce qu’on lit à ce sujet, dans les deux lettres que Mme de Sévigné écrivit coup sur coup à sa fdle Mme de Grignan, pour relater ce grand événement : le suicide de Vatel.
- « 24 avril 1671 (le jour même « du drame) chez M. de Laro-« chefoucauld. Voici ce que j’ap-« prends en entrant ici, dont je « ne puis me remettre et qui fait « que je ne sais plus ce que je « vous mande : c’est qu’enfin « Vatel, maître d’hôtel de M. Fou-
- Fig. 1. — Le transport de la marée sur chevaux de bât au xvue siècle.
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- « quet (l), qui l’était présentement de « M. le Prince (de Condé), cet homme d’une « capacité distinguée de toutes les autres,
- « dont la bonne tête était capable de conte-« nir tout le soin d’un état; cet homme doux,
- « que je connais, voyant que le matin, à « 8 heures, la marée n’était pas arrivée, n’a « pu contenir l’affront qu’il a cru qui allait « l’accabler, et, en un mot, il s’est poignardé.
- « Vous pouvez penser l’horrible désordre « qu’un si funeste accident causa dans cette « fête.
- . « Songez que la marée était peut-être ar-« rivée comme il expirait. Je n’en sais pas « davantage présentement. Je pense que vous « trouverez que c’est assez. C’est une chose « fâcheuse... Je ne sais pas comme j’ai le « courage - de vous parler d’autre chose que - de Vatel. »
- On peut se demander si la charmante marquise n’ironisait pas, quand elle attribuait ainsi une si grande importance au suicide de ce grand cuisinier.
- Car enfin de quelle utilité était cette seconde lettre, que reçut 3 jours après Mme de Grignan, et dans laquelle il n’est encore à peu près question que de ce suicide dramatique, et des circonstances qui l’ont préparé ?
- « A 4 heures du matin Vatel s’en va partout; il trouve « tout le monde endormi; il rencontre un petit pour-« voyeur, qui lui apporte seulement deux charges de « marée; il lui demande : est-ce là tout? Il lui dit : Oui « Monsieur.
- « Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous les « ports de mer (1). Il attend quelque temps : les autres « pourvoyeurs ne viennent point; sa tête s’échauffait; « il croit qu’il n’aura point d’autre marée; il trouve « Gourville et lui dit : « Monsieur, je ne survivrai pas à « cet affront-ci; j’ai de l’honneur et de la réputation « à perdre...
- « Vatel monte .à sa chambre, met son épée contre la « porte et se la passe au travers du cœur ; mais ce ne fut « qu’au troisième coup, car il s’en donna deux qui « n’étaient pas mortels : il tombé mort.
- « La marée cependant arrive de tout côté; on cherche « Vatel pour la distribuer; on va à sa chambre..., on le « trouve noyé dans son sang. »
- L’avènement des chemins de fer supprima l’industrie des chasse-marée, comme celle des diligences, et permit à des ports de plus en plus éloignés, de participer au ravitaillement de Paris, notamment pendant le carême.
- Mais on peut affirmer que le ravitaillement régulier
- 1. Notons, en passant, que la Royauté avait été moins tendre, pour le Stavisky de l’époque, que ne le tut en 1934, la République pour celui qui joua le même rôle fastueux, en même temps que corrupteur et démoralisateur que Fouquet.
- 1. Cette narration montre bien que le maître d’hôtel du Prince de Condé, recevant le Roi-Soleil, n’avait pas eu recours aux services des chasse-marée venant de Boulogne, qu’il aurait pu arrêter au passage par ordre du Roi. Il avait trouvé qu’il était préférable pour sa réputation, de montrer son savoir-faire, en organisant lui-même son ravitaillement en poisson de mer.
- Aussi comprend-on que cet échec, qu’il croyait complet, l’ait violemment contrarié.
- Fig. 2. — Un chasse-marée au xvme siècle.
- de Paris en poisson de mer frais ne date que de l’emploi de la glace comme procédé de conservation de cet aliment éminemment putrescible.
- C’est la glace qui a permis, en effet, de conserver pendant un certain temps à bord le poisson capturé, et une fois celui-ci ramené à terre, de l’expédier à d’assez grandes distances, dans un état de fraîcheur sinon parfaite, du moins suffisante, surtout depuis qu’on emploie simultanément, pour ces expéditions, les wagons isothermiques lesquels, depuis près de 15 ans, rendent les plus grands services aux mareyeurs.
- Ce n’est qu’en 1873, qu’un armateur de Boulogne, M. Fourny-Cherie, eut l’idée de faire venir de Norvège de la glace naturelle, qui devait servir à la conservation du poisson à bord de ses chalutiers. C’était la première fois qu’un moyen de ce genre était employé en France tout au moins.
- Cette glace était amenée par des voiliers en blocs cubiques qui pesaient près de 150 kg chacun. Or, cette innovation eut le sort de toutes les innovations qui bouleversent forcément les pratiques routinières : elle fut vivement critiquée : on alla jusqu’à prétendre que la glace nuisait à la bonne conservation du poisson, ce qui était absurde.
- D’ailleurs, ce sont surtout les marins qui se faisaient l’écho de ces préjugés stupides, et cela parce que cette nouvelle pratique entraînait, pour eux, un surcroît de travail à bord qu’ils voyaient d’un très mauvais œil, d’autant plus que leurs salaires n’étaient pas élevés à cette époque. La résistance des marins finit cependant par mollir, devant l’insistance des mareyeurs à déclarer qu’on se trouvait vraiment dans la voie d’un progrès général, dont tout le monde devait bénéficier largement : pêcheurs, mareyeurs et acheteurs (en gros aussi bien qu’en détail), sans parler du consommateur, qui se rendit bientôt compte qu’il avait tout de même, pendant les jours dits maigres, moins de chances de ne se trouver en présence que de poissons de fraîcheur discutable, pour ne pas dire plus. On peut donc dire, sans exagération, que la magnifique prospérité de l’industrie de la pêche à
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- Boulogne date du jour où un armateur avisé modifia heureusement sa technique, en ce qui concernait la conservation de cette denrée périssable entre toutes.
- C’est grâce à l’emploi de la glace naturelle, en effet, que furent considérablement augmentés, dès 1875, sans trop de frais, les périmètres des zones de pêche et des zones d’expédition du poisson de mer.
- Mais les armateurs s’aperçurent bien vite que le développement de leur industrie exigeait qu’ils ne fussent plus tributaires des transports de glace norvégienne.
- Aussi, dès 1880, une usine de glace artificielle fut-elle créée dans les dépendances du château dit impérial, parce que Napoléon III y habita, paraît-il, quelque temps. Cette usine appartient aujourd’hui à la Continental Pure Ice and C° Itd.
- Naturellement cette innovation ne rencontra au début que des adversaires : nos marins, et même un certain nombre d’armateurs, déclarèrent ouvertement que les produits chimiques qui étaient employés pour la fabrication de cette glace, s’incorporaient dans ses cristaux, et avaient pour effet, non pas de retarder, mais bien d’activer la putréfaction du poisson, qui était mis au contact de cette glace artificiellement produite.
- Pour vaincre cette méfiance, les fabricants de glace ne se contentèrent pas de montrer à leurs adversaires, que cette eau congelée n’entrait à aucun moment en contact avec les éléments producteurs de cette congélation, ils firent mieux : ils vendirent leur glace 60 francs, puis 25 francs les 100 kilogrammes (alors que la glace de Norvège valait 150 francs), et enfin, cette glace déjà concassée était embarquée directement sur le bateau par un plan incliné, de la même façon que le charbon (par camion à fond incliné).
- Ce dernier avantage est précieux en tout temps ; mais il est surtout apprécié au moment de la harengaison, quand les drifters sont obligés de se ravitailler rapidement, pour ne pas perdre le contact avec les bancs de poissons. Après la guerre, quand fut passée la période difficile de remise en train de la pêche en France, la pêche boulon-naise prit un nouvel et magnifique essor, qui exigea la production de plus en plus grande de glace, alors que les 3 usines, qui avaient travaillé à force pendant la guerre, voyaient leur rendement baisser, par suite d’usure du matériel, et aussi parce que l’eau de la ville n’arrivait plus qu’irrégulièrement.
- C’est à ce moment qu’une de ces usines n’hésita pas, et fora audacieusement un puits artésien sous son terrain.
- Malgré cela, il fallut recourir de nouveau, dans des conditions particulièrement onéreuses, à l’importation de la glace norvégienne. Mais l’adduction de l’eau municipale s’étant améliorée, on vit se joindre 2 nouvelles usines de production de glace artificielle.
- Et dans le même temps, les usines déjà existantes améliorèrent leur rendement, à un point tel que bientôt on put fabriquer à Boulogne 500 tonnes de glace par jour, alors qu’actuellement, 250 tonnes suffisent au fonctionnement normal de l’industrie de la pêche. Doit-on admirer une telle orgie de production de glace, dont une bonne partie d’ailleurs, est destinée à fondre
- en cours de route, après avoir nécessité le paiement d’un port élevé au moment de l’expédition ?
- La conservation du poisson au moyen de la glace concassée devrait céder le pas au procédé de la réfrigération à l’aide d’un mélange de saumure et de glace, dont le pouvoir réfrigérant — et partant conservateur — est notablement supérieur à celui de la glace seule.
- Depuis 1927, à la suite du concours qui a été ouvert par VInstitut Océanographique, avec le programme suivant : des moyens à employer, pour augmenter la consommation du poisson de mer en France, je me suis constamment intéressé à l’étude de ce problème. Encouragé par le regretté Louis Forest, ce grand remueur d’idées, et par M. Oscar Dabi, armateur à la Rochelle, j’ai écrit, en faveur du développement de l’ichtyophagie en France, une série d’articles dans la Vie Médicale d’abord, puis dans la Presse Médicale ensuite. Ces articles ont eu un certain retentissement. Nos ménagères et cuisinières ayant toujours manifesté de la répugnance — notamment à cause des odeurs dégagées — pour la cuisson du poisson à domicile, j’ai plaidé la cause des friteries, qui existent d’ailleurs dans le monde entier, et qui jouent notamment un rôle considérable en Angleterre, et aussi en Belgique. J’y ai défendu notamment la cause des friteries ambulantes à Paris, que Y Institut Océanographiqueavait patronnées de son mieux. Malgré ce puissant appui moral, cette œuvre de propagande ichtyophagique sombra lamentablement au bout de peu d’années, pour de multiples raisons, parmi lesquelles l’opposition qu’elle rencontra auprès du Conseil Municipal de Paris joua un rôle prépondérant.
- Je tiens, en effet de mon collègue et ami le Dr Félix Lobligeois — qui fut odieusement matraqué le 6 février dernier — que ses collègues de toutes nuances du Conseil municipal s’étaient opposés au maintien des friteries ambulantes, à cause des mauvaises odeurs qu’elles dégageaient dans la Ville Lumière, dont il convenait de respecter la pureté de l’atmosphère. En réalité, ce veto a eu surtout pour origine les réclamations de ceux de leurs électeurs qui s’adonnent aux commerces de bouche.
- J’ai défendu également, dans quelques-uns de ces articles, le principe de la conservation du poisson au moyen de sa réfrigération immédiate, dès sa sortie de l’eau, c’est-à-dire à bord même du chalutier, par le procédé du bain de saumure glacée dont j’ai parlé précédemment, et qui, pour de multiples raisons, remplacera certainement, à un moment donné, le procédé suranné de la glace concassée.
- Il existe 5 ou 6 variantes du procédé du bain de saumure, qui est à l’étude, depuis plusieurs années, dans le monde entier, et plus particulièrement peut-être en Russie, où il paraît être entré dans la pratique courante.
- En France, M. Oscar Dahl a mis sur pied, il y a de cela déjà plusieurs années, une technique qui lui permettait d’obtenir des poissons de longue conservation, auxquels il donnait le nom de poissons givrés, à cause de leur aspect extérieur. Mais le public français ayant fait mauvais accueil à ces produits — qui lui rappelaient les frigos, dont le souvenir était, pour lui, inséparable de celui de
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- 4 années de guerre — M. Dahl s’est remis au travail, en prenant pour objectif, le principe suivant : le poisson ainsi conservé ne doit pas présenter plus de modification dans son aspect extérieur que dans ses qualités gustatives.
- Ce n’est qu’à ce prix, en elfet, que ce procédé de conservation du poisson rendra les Français ichtyophages, surtout s’il a comme conséquence — ce. qui est presque certain — de stabiliser les prix des frutti di mare, d’une façon tout au moins analogue à ce qui se passe pour la viande de boucherie, pour la volaille, et pour les fruits de la terre.
- Je ne saurais mieux terminer cet article, qu’en reproduisant la réponse que je viens de recevoir de M. Oscar Dahl, à une lettre dans laquelle je lui demandais où il en était de ses recherches sur la conservation du poisson par les procédés modernes.
- « Nous comptons apporter à notre procédé de réfri-« gération des modifications importantes. L’opinion « publique, contre laquelle je n’ai pas l’intention de « continuer à lutter, m’ayant démontré surabondam-« ment, la vérité du vieux dicton : le mieux est Vennemi « du bien. Puisque nous pouvons faire autrement, pour-« quoi contrarier le public ?
- « C’est donc sur la base d’une conception nouvelle, « que nous allons repartir, et regagner le temps perdu. »
- 11 me semble qu’on ne saurait trop féliciter M. Dahl de sa ténacité, qui prouve une fois de plus que si la première partie de la pensée qu’on attribue à Guillaume d’Orange, dit le Taciturne, est très discutable, il n’en est plus de même de la seconde partie.
- Qu’il me soit permis de rappeler, pour ceux qui l’ont oubliée, cette phrase mémorable : « 11 n’est pas nécessaire « d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persé-« aérer ».
- 11 semble d’ailleurs — et ce doit être, pour M. Dahl, un encouragement — que le principe même de la conservation du poisson frais, par le seul procédé de la glace concassée, ne soit plus intangible, tout au moins à Paris. .
- Ne voyons-nous pas, en effet, beaucoup de grandes poissonneries mettre en vente, à certains moments, du saumon frigorifié canadien ou soviétique, dont la qualité, au point de vue gastronomique, ne vaut évidemment pas celle du saumon frais, mais dont le prix est tellement inférieur (quelquefois de plus des 3/4) à ce dernier, que beaucoup d’amateurs de cet excellent poisson s’en contentent ?
- Enfin l’Assistance Publique de Paris, à laquelle j’ai eu l’honneur d’appartenir pendant 32 ans, comme externe, interne et chef de service, n’a-t-elle pas renoncé depuis 2 ans, à s’approvisionner aux Halles, pour recourir au poisson frigorifié, qu’elle reçoit directement ?
- M. Sarraz le lui a ironiquement reproché à Boulogne, le 17 avril, par l’intermédiaire de M. Maurice Quentin et de ses collègues de la 2e Commission.
- Quant à moi, je ne peux que féliciter le Dr Mourier, Directeur de l’Assistance Publique de Paris, de l’appui qu’il a donné ainsi à la thèse que je soutiens : que le procédé de conservation du poisson de mer au moyen de la glace concassée n’est réellement plus à la page.
- Dr L. Bouchacourt.
- LA SIGNALISATION DANS LES CHEMINS DE FER
- Le terrible accident de Lagny att’ra encore l’attention sur le problème de la signalisation dans les chemins de fer.
- Et les quotidiens ont publié, à ce sujet, nombre d’articles plus ou moins précis et dont quelques-uns, même, entachés d’erreurs assez grossières.
- Autant qu’il est possible de le faire en une courte étude, nous allons montrer les dispositions adoptées sur les chemins de fer pour assurer la sécurité des voyageurs, et, ne pouvant reproduire tous les signaux utilisés par les differents réseaux, nous figurerons ceux qui sont employés sur le Réseau P.-O., et dont les autres ne diffèrent que par leur forme, le principe restant le même.
- Nous laisserons de côté les signaux des gares et bifurcations (carrés à damier rouge et blanc d’arrêt absolu, disque rouge d’arrêt différé, signaux de ralentissement, etc.), et ne nous occuperons que des signaux du block-system, assurant la protection des trains en circulation.
- LE PRINCIPE DU BLOCK-SYSTEM
- Toutes les grandes lignes à trafic important sont divisées en cantons dont 1^ longueur varie avec la densité de la circulation; d’un maximum de 6 à 8 km, ces cantons
- peuvent descendre, dans la banlieue de Paris, jusqu’à 1000, 800, et même 500 mètres. Toujours, et à l’entré3 de chaque canton est placé un appareil appelé sémaphore (fig. 1). Il consiste en un bras peint en rouge qui peut retomber verticalement le long de son mât, en laissant apparaître la nuit un feu blanc, et indiquant ainsi que la voie est libre, ou occuper une position horizontale, semblant barrer la voie, qu’il ferme, laissant ainsi apparaître, la nuit, un feu rouge et un feu vert.
- Dans cette dernière position, il commande l’arrêt, bloquant le canton devant le train qui arrive pour y pénétrer, d’où le nom de Bloch-System donné à ce mode de protection.
- Il doit rester fermé aussi longtemps que ledit canton est occupé par un train, et, sauf exceptions prévues par les règlements, et dans des conditions minutieusement précisées, il interdit à tout train de poursuivre sa route sur le cantojr^suivant.
- Il est donc impossible, théoriquement, que deux trains se trouvent, en même temps, sur le même canton.
- Mais il est évident qu’un train lancé à grande vitesse ou arrivant, dans une courbe, devant un sémaphore fermé, ne pourrait toujours s’arrêter avant de le franchir, et si le train précédent se trouvait en panne à peu de
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- Fermé
- Jour Nuit
- (Bras rouge horizontal) ( Feu rouge et feu vert)
- Sémaphore (Réseau P.O) Ouvert
- Jour Nuit
- (Bras rouge vertical) (Feu blanc)
- Fig. 1. — Signaux sémaphoriques placés à l’entrée de chaque canton (réseau du P.-O.). (A gauche fermé, à droite ouvert).
- distance de ce sémaphore, il pourrait encore y avoir collision malgré ce signal d’arrêt.
- Aussi, et toujours, ce sémaphore est précédé d’un autre signal (fig. 2), dit signal d’avertissement, qui, comme son nom l’indique, a pour but d’avertir le mécanicien qu’il- approche d’un sémaphore et de lui faire savoir, dès sa rencontre, si le sémaphore qu’il va trouver plus loin est ouvert ou fermé.
- Ce signal d’avertissement, en principe, est placé à 1000 mètres en avant du sémaphore. Dans ce cas, toujours sur le P.-O., il a la forme d’un carré aux angles abattus, posé sur un côté, partagé, suivant ses médianes, en 4 panneaux, deux verts et deux blancs, opposés par leurs sommets.
- Perpendiculaire à la voie, il montre, le jour, son carré, et, la nuit, deux feux verts sur ligne horizontale. Il indique ainsi que le sémaphore placé à 1000 mètres au delà est fermé, et que le mécanicien doit prendre ses dispositions pour arrêter son train avant d’arriver à ce
- sémaphore. Par contre, lorsque la voie est libre, il s’efface et ne laisse apparaître, la nuit, qu’un feu blanc.
- Si ce signal est placé à moins de 1000 mètres du sémaphore, il a la forme d’un carré régulier aux angles non abattus, divisé comme ci-dessus, mais posé sur un de ces
- angles (fig. 3).
- Ce dernier signal est toujours accompagné d’un chiffre qui indique le nombre d’hectomètres,
- arrondi à l’hectomètre inférieur, qui sépare ce signal du sémaphore. Fermé, la nuit, il laisse
- apparaître deux feux verts sur ligne verticale, ainsi que le chiffre des hectomètres fortement éclairé. Ouvert, comme tous les signaux, il présente un feu blanc.
- Lors donc qu’un train pénètre dans un canton, le garde-sémaphore installé dans son poste, au point de jonction des deux cantons, met immédiatement à l’arrêt signal d’avertissement et sémaphore qu’un enclanchement
- oblige à manoeuvrer dans cet ordre.
- Il est donc impossible qu’un train arrive sur un signal à l’arrêt sans avoir été prévenu, assez longtemps à l’avance pour s’arrêter avant de le franchir, qu’il va le trouver à l’arrêt.
- Et ce signal restera à l’arrêt, et le signal précédent à l’avertissement, aussi longtemps que le train ne sera pas sorti du canton que ferme ce sémaphore. Il ne sera remis à l’ouverture que sur une manœuvre de reddition de voie faite par le poste sémaphorique suivant, manœuvre qui, à ce dernier poste, sera d’ailleurs subordonnée au passage effectif du train et à sa couverture, ou à son garage.
- Fig. 3. — Signaux d’avertissement.
- Fig. 2. — Signaux d’avertissement (réseau du P.-O. placé à 1.000 m du signal annoncé.
- Damier placé à moins de 1000 m du signal annoncé.
- (Le chiffre éclairé la nuit indique le nombre d’hectomètres, arrondi à l’hectomètre inférieur, qui sépare le damier du signal qu’il annonce).
- acé à moins de 1000 T1 du signal annoncé
- Damier
- Ouvert
- 0 u vert
- Nuit Un feu blanc
- Jour Damier parallèle à la voie
- Nuit Deux feux verts sur ligne verticale
- Nuit Jour Deux feux Damier
- verts sur parallèle
- ligne horizontl6 à la vote
- Jour
- Damier perpendiculaire à la voie.
- Damier per-
- Un feu
- pendiculaire
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- Si les gardes-sémaphores et les mécaniciens font exactement leur service, et si tous les appareils fonctionnent de façon parfaite, il est donc impossible, encore une fois, que deux trains se trouvent à la fois sur le même canton, et il doit y avoir entre eux un intervalle au moins égal à la longueur d’un canton. Un accident comme celui de Lagny n’arriverait donc jamais si ni agents, ni signaux, n’avaient de défaillances.
- Nous avons indiqué plus haut que le sémaphore, à de certaines conditions, pouvait cependant être franchi. Alors que certains réseaux, dont le P.-O., ont le bloc absolu, d’autres ont le bloc permissif, dans lequel, sur ordre écrit du garde-sémaphore ou du chef de train, le mécanicien, après un arrêt d’une certaine durée, variable suivant les réseaux, peut franchir le sémaphore fermé et continuer sa route dans le canton bloqué en faisant de la marche « à vue », ou marche prudente, de façon à pouvoir s’arrêter dans la partie de voie qu’il découvre devant lui, et en s’attendant toujours, ainsi qu’il est dit dans les règlements des chemins de fer américains, à trouver dans le canton « un train (x), un rail cassé, — sur les voies où existe le block automatique, — un obstacle ou une aiguille en mauvaise position ».
- LA SIGNALISATION ÉLECTRIQUE
- La signalisation précédente, « block manuel », qui est
- encore en usage sur tous les réseaux, date cependant un peu. L’électricité, certes, y joue un rôle, mais l’intervention de l’homme y est encore indispensable, et l’homme, s’il est intelligent, alors que la machine ne l’est pas, peut être sujet à de plus nombreuses défaillances. Aussi, et tout en conservant la même signalisation, les compagnies ont tendance aujourd’hui à la rendre automatique.
- Sur les lignes électrifiées du P.-O., où le courant alternatif triphasé à 50 périodes, à 150 000 et 90 000 volts, est transformé dans des sous-stations, le courant nécessaire à la signalisation automatique est emprunté à ce courant transformé. Sur les lignes non électrifiées, il
- 1. Lorsqu’un premier train est en panne, entre deux sémaphores, ou arrêté devant un sémaphore fermé pour une raison quelconque, le sémaphore qu’il a franchi en dernier doit prescrire l’arrêt, et il le prescrira aussi longtemps que ce premier train n’aura pu se remettre en marche et pénétrer dans le canton suivant.
- Si, après avoir marqué l’arrêt, le second train franchit le sémaphore et continue en marche lente, ainsi qu’il est prescrit, et de façon à s’arrêter dans la partie de voie visible devant lui, il ne pourra évidemment y avoir collision. Pour plus de sûreté, cependant, dans le block manuel, un train obligé de s’arrêter entre deux sémaphores doit se couvrir, et, pour cela, un agent de ce train doit se porter en arrière, et autant que possible à 1000 mètres environ du train arrêté, porteur, en jour, d’un drapeau rouge déployé, la nuit, d’une lanterne à feux rouges qui, tous deux, commandent l’arrêt immédiat. Il doit, de plus, poser sur les rails des pétards qui détonent au passage du train et avertissent le mécanicien. *
- Rai! Rait
- J 1 / A- p & 1 h*
- Rai! Rai!
- Fig. 5. — Jonction électrique des rails. A, B, connexions aux abouts des rails.
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- Fig. 4.
- Groupe redresseur-accumulateur.
- T, transformateur ayant son primaire en P, son secondaire en S ; R, redresseur, BB’, accumulateurs, CC’, circuit de signalisation.
- peut être emprunté au réseau électrique desservant la région.
- 11 peut même être produit par des piles.
- Dans les deux premiers cas, le courant alternatif peut être utilisé directement, dans les circuits de voie, après abaissement de la tension à la valeur convenable.
- (L’emploi du courant alternatif est obligatoire sur lignes électrifiées). Il peut aussi, sur lignes non électrifiées, être envoyé dans des groupes-redresseurs accumulateurs (fig. 4), qui donnent du courant continu aux tensions désirées. Le secondaire d’un transformateur débite sur le redresseur R, c’est le « Elevating-Systcm ». Une batterie d’accumulateurs est branchée en BB' et le circuit de signalisation connecté en CC'. Le courant débité par le redresseur charge la batterie et alimente le circuit. Avec un seul élément d’accumulateur, la différence de potentiel entre B et B' est d’environ 2 v, avec une puissance de 1
- d’ampère. Si le courant vient à manquer au primaire,
- le redresseur empêche la batterie de se décharger à travers le secondaire et l’oblige à débiter sur le circuit de signalisation, assurant ainsi en tout temps le courant nécessaire à ce circuit, et qui est envoyé dans les deux rails dont les abouts, à cet effet, sont reliés par des connexions que l’on peut apercevoir sur les voies, entre ces deux rails (fig. 5), et qui assurent le passage du courant d’un rail au suivant à l’endroit des éclissages, et sur toute la longueur du circuit, chaque circuit étant séparé du suivant par des joints isolants.
- Un moteur de faible puissance, — une fraction de cheval, — actionné sous 10 v, commande d’autre part la manœuvre des signaux d’arrêt ou d’avertissement.
- Le courant circulant dans les rails, par l’intermédiaire d’un « relais », électro-aimant, pour courant continu — ou petit moteur, pour courant alternatif, — ouvre ou ferme, comme il va être dit ci-dessous, le circuit d’alimentation des signaux, ou circuit de signalisation.
- Lorsque le canton est libre, le courant circule librement dans les rails, les relais sont excités, et leurs contacts hauts envoient le courant aux moteurs du sémaphore et du signal d’avertissement.
- Grâce à ces moteurs, le bras du sémaphore conserve une position verticale et le signal
- Fig. 6. — Panneau du P.-O. pour signalisation automatique lumineuse.
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- Fig. 7. — Signaux lumineux en gare des Aubrais.
- d’avertissement se maintient parallèle à la voie, tous deux montrant ainsi qu’elle est libre.
- Fig. S. — Jeu de relais produisant l’allumage et l’extinction des lampes dans la signalisation automatique lumineuse (P.-O.). L’occupation de chaque canton 1...4, se traduit par la désexcitation d’un relais de voie R(...R4.
- Chaque relais de voie R,... R4 a un relais répétiteur R',... R'4 près du relais précédent.
- A hauteur de chaque signal, on a ainsi 2 relais matérialisant les conditions d’occupation des 2 cantons suivants. Quand ces deux cantons sont libres, les 2 relais sont excités, et l’on a allumage du feu blanc. (Cas de Sj.) Quand le 1er canton est libre, et le 2e occupé, on a allumage des feux verts (cas de S2). Quand le canton qui suit immédiatement le signal est occupé, on a allumage des feux rouges, (cas de S3, où le train est dans le 3e canton).
- Un train est donc toujours couvert par un premier signal au rouge et un deuxième au vert.
- B ( Feu blanc)
- (Feux rouges)
- Dès qu’un train pénètre dans ce canton, ses essieux court-eircuitent les deux rails. Le relais de voie, privé de courant, est désexcité, les contacts tombent, privant de courant les moteurs des signaux. A ce moment des contre poids entrent en action, le bras du sémaphore prend une position horizontale, et le damier du signal d’avertissement qui le précède se place perpendiculairement à la voie.
- Et il en est ainsi tant que la dernière voiture du train n’est pas sortie du canton.
- Il semble donc, là encore, matériellement impossible que deux trains se rejoignent, et la simplicité du mécanisme, l’étanchéité des coffrets métalliques renfermant relais et moteurs, les précautions prises pour éviter les pertes de courant paraissent donner une sécurité absolue. 11 peut arriver, cependant, que des signaux mécaniques, se coincent ou ne fonctionnent pas par la gelée. C’est pourquoi les compagnies de chemins de fer, dans la mesure où elles le peuvent, ont commencé à substituer à cette signalisation mécanique une signalisation lumineuse qui, basée sur le même principe, présente l’avantage d’être plus visible, même en jour, et de donner mêmes indications de jour que de nuit.
- LA SIGNALISATION LUMINEUSE
- Là encore, la voie est divisée en cantons, divisés eux-mêmes en circuits, et les panneaux lumineux (hg. G), placés à l’entrée de chaque canton, soit horizontalement, soit verticalement, et dont la forme peut différer quelque peu, comportent tous, en principe, les mêmes indications, et peuvent donner un feu blanc, des feux verts et des feux rouges.
- Comme précédemment, le courant, par l’intermédiaire d’un premier transformateur, alimente les rails sous une tension d’environ 2 v. Un second transformateur, sous une tension de 6 à 8 v, alimente des lampes de 15 w qui donnent les signaux lumineux colorés.
- Afin de renforcer la puissance de ces feux, la lumière des lampes est concentrée dans un angle de quelques degrés et les lampes, placées au foyer d’une lentille ou d’un système de deux lentilles, donnent des feux visibles en plein jour, à une distance de 800 à 1000 m.
- Là encore, l’allumage et l’extinction des lampes se font par un jeu de relais (schéma fig. 8), qu’excite le courant circulant dans les rails, et que désexcite le train dans sa marche. Le panneau lumineux, qui porte un feu blanc lorsque la voie est libre, passe au rouge dès qu’un train le franchit. Lorsque la queue du train ou, quelquefois, sur le P.-O., un circuit de 400 à 600 m de longueur placé à l’aval du panneau suivant, appelé « sverlap », ou « chevauchement », et qui n’existe pas sur tous les réseaux, dégage le panneau suivant, lui-même au rouge, le premier passe au vert, et, enfin, revient au blanc lorsque le suivant passe lui-même au vert. Chaque panneau passe donc ainsi du blanc au rouge, du rouge au vert, et, enfin, du vert au blanc.
- En réalité, l’arrêt absolu et infranchissable, aux abords des gares et des bifurcations, est commandé par les deux feux rouges 1 et 1, correspondant'désignai carré rouge et blanc. Ces deux feux rouges, et le feu vert 2,
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- indiquent l’arrêt sémaphorique, correspondant à l’arrêt du sémaphore. Les feux 3 et 3 sont les feux d’avertissement correspondant au damier vert et blanc, et, enfin, le feu 4, assez exceptionnel, prescrit le ralentissement. Le chiffre 7 indique le nombre d’hectomètres qui séparent ce panneau du suivant. La figure 6 montre les différents aspects donnés par un panneau lumineux sur le P.-O.
- Cette signalisation permet donc de concentrer sur un même panneau différents feux susceptibles de donner des indications en nombre quelconque, et de ne laisser apparaître que la plus impérative, car l’indication d’arrêt absolu, par exemple, rend évidemment toutes les autres inutiles. Il est indispensable, d’autre part, que les quatre signaux soient tous ouverts pour qu’apparaisse le feu blanc.
- On pourrait craindre, avec ce système, soit la panne de courant, soit l’usure prématurée ou le bris du filament d’une lampe. Pour parer au premier danger, le P.-O. dispose d’un circuit de secours qui entre automatiquement en jeu dès que le circuit en service vient à manquer. Il est possible également, ainsi qu’on le fait aux Etats-Unis, d’adopter un dispositif (fig. 9) qui permet d’alimenter le circuit de voie et le circuit d’alimentation des feux du signal, et de charger des batteries d’accumulateurs susceptibles de remplacer le courant défaillant.
- On a adopté, en ce qui concerne les lampes, deux dispositions fort judicieuses. Tout d’abord, on ne les laisse pas vieillir, et l’on a soin de les remplacer avant le moment où, normalement, l’usure les mettrait en péril. (Nous avons vu à ce propos, à la gare de Juvisy, un dispositif très ingénieux qui permet de connaître à chaque instant l’âge des lampes, et qui signale celles qui doivent être renouvelées). On emploie, enfin, partout, des lampes à double filament, le second donnant une indication suffisante, quoique faible, après rupture du premier, tout en signalant cette rupture par sa faiblesse.
- Cette signalisation lumineuse, mise à l’essai sur le P.-O. en 1924, est établie maintenant sur la section à 4 voies Paris-Brétigny, ainsi que dans un certain nombre de gares. Elle l’a été tout dernièrement sur la ligne Orléans-Tours où fonctionne aujourd’hui la traction électrique, et son installation est prévue dans les gares les plus importantes de la ligne Paris-Montauban.
- LE CROCODILE
- Il convient d’ajouter, et bien que la sécurité repose surtout sur l’observation visuelle et directe des signaux optiques, que le signal d’avertissement d’un sémaphore fermé, ainsi que le feu vert d’un panneau lumineux, qui pourraient être parfois difficilement visibles, comportent un dispositif sonore qui les double. Au même niveau que ces signaux, et allongée dans l’axe de la voie, se trouve une longue pièce de fer, « le crocodile », qui est chargée par un courant électrique en même temps que les signaux se mettent à l’avertissement. Un balai conducteur, placé à la partie inférieure de la locomotive, capte au passage le courant qui actionne un sifflet strident placé près du mécanicien. De plus, un sémaphore à l’arrêt est appuyé par des pétards et un panneau lumineux est conjugué avec un détonateur dont une cartouche explose quand un
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- Fig. 9. — Alimentation du circuit de voie et du circuit d’alimentation des feux des signaux avec batteries d’accumulateurs de secours. (Dispositif employé aux États-Unis).
- T. Transformateur à deux secondaires : S. Fournit 8 v; R. redresseur; B. Batterie à un élément; C. circuit de voie (environ 2 v).
- S', deuxième secondaire. Fournit 20 v; R'redresseur ; B', batterie [à 4 éléments; C', circuit de ligne (environ 8 v).
- T', transformateur spécial. Fournit 8 v au circuit C" qui alimente les feux du signal; E, relais.
- Si le courant manque, le relais E se désexcite, les contacts bas D et D' se ferment et la batterie de ligne B' fournit le courant.
- train franchit le signal au rouge. Il semble donc bien que toutes dispositions optiques et acoustiques soient prises pour avertir le mécanicien même le moins vigilant.
- Fig. 10. — Signaux lumineux de block automatique en gare de Juvisy
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- Fig. 11. — Signaux lumineux en gare de Vierzon.
- Et l’on sait que les mécaniciens, et surtout ceux des rapides, sont choisis parmi une élite.
- Ajoutons encore qu’il a été édicté, pour renforcer la sécurité, des prescriptions sévères concernant les signaux. C’est ainsi qu’un signal dont le mécanicien n’a pu reconnaître nettement la nature doit être considéré comme un signal d’arrêt.
- Si, sa nature ayant été reconnue, l’indication qu’il donne reste douteuse, il doit être considéré comme commandant l’arrêt si c’est un signal d’arrêt, comme fermé s’il s’agit d’un signal d’avertissement, et comme commandant le ralentissement si c’est un signal de ralentissement.
- Une signalisation ainsi comprise, doublée d’aussi sages prescriptions, ne devrait évidemment permettre aucune collision de trains.
- Peut-être un jour, à l’aide des ondes courtes, assurera-t-on une liaison constante entre les trains qui circulent l’un après l’autre sur une même voie.
- Il existe d’ailleurs déjà quelque chose de ce genre, car on a des systèmes donnant une notion continue des circuits de voie sur les machines, « cab signaling américain » qu’on va essayer en France.
- On renforcerait encore ainsi la sécurité. Mais, hélas, le mécanisme le plus parfait, de même que l’homme le plus parfait, sont toujours sujets à des défaillances, et le temps est encore bien loin, sans doute, où la sécurité sur les chemins de fer, déjà très grande, quoi qu’on en dise, et malgré de terribles catastrophes qui semblent prouver le contraire, pourra être assurée de façon vraiment absolue.
- Georges Lanorville.
- UN APPAREIL CAPTEUR D’INSECTES
- « Va-t’en, chétif insecte, excrément de la terre », dit un jour le lion au moucheron qui, furieux, lui déclare immédiatement la guerre.
- Et le chétif insecte se montre, à la fois, si brillant stratège, si sagace tacticien, que, rendu presque fou, le roi des animaux écume, que son œil étincelle, et que, bientôt, le voilà « sur les dents ».
- Ne peut-on, en vérité, transposer cette fable, et nous l’appliquer à nous, humains, rois de la terre, qui nous croyons si puissants, mais que les attaques répétées d’une mouche, d’un moucheron, cousin, moustique ou autre insecte suceur ont tôt fait de mettre, comme le lion, « sur les dents ».
- Indépendamment de ces suceurs de sang, si désagréables pour l’homme, et parfois si dangereux, puisque nombre d’entre eux sont les agents de transmission de maladies, combien, tels les taons, s’attaquent plus spécialement à nos animaux domestiques, chevaux et bœufs. Combien d’autres encore, hannetons, noctuelles, cétoines, cicca-delles, courtilières, pyrales, cochylis, lasiodermes, bruches, charançons, sont les ennemis de nos cultures, ou de nos
- récoltes. Combien, enfin, et notamment les différentes variétés de dermestes et de teignes, s’attaquent à nos vêtements, nos tapisseries, nos fourrures, nos pelleteries.
- Si nous pouvons, assez facilement, contre-attaquer les poux, puces et punaises, qu’on ne trouve pas, d’ailleurs, dans les maisons bien tenues, et qui ne peuvent se soustraire à nous par leur vol, il n’en est pas de même des insectes pourvus d’ailes. Les divers pièges à mouches nous débarrassent bien de quelques-uns de ces insectes diui*nes, mais combien il est difficile de capturer les insectes nocturnes ! Tout au plus pouvions-nous, jusqu’à ce jour, les combattre à l’aide d’insecticides et de fumigations, procédés qui ont, certes, donné des résultats, mais encore très insuffisants, ce qui a conduit à chercher d’autres moyens de lutter contre ces ennemis aussi redoutables qu’ils sont innombrables.
- Chacun de nous a remarqué combien la lumière, en général, attire les insectes, et nous les avons tous vus, autrefois, venir brûler leurs ailes au-dessus des lampes à huile et à pétrole. Et c’est ce qui a donné l’idée de les attirer, afin de les capturer, à l’aide de radiations lumi-
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- neuses puissantes, et notamment des radiations ultraviolettes, beaucoup plus efficaces que les radiations ordinaires, ainsi que l’a constaté, en 1911, et de façon indiscutable, le Professeur von Abrech.
- Il avait installé, dans un parc, où elle attirait nombre d’insectes, une lampe électrique de 3000 bougies. Il alluma alors, à 30 mètres de cette lampe, une lampe à vapeur de mercure, d’une intensité de 800 bougies seulement, mais émettrice, évidemment, de rayons ultra-violets. Or, les insectes qui entouraient la lampe de 3000 bougies la quittèrent immédiatement, et se rassemblèrent autour du tube à vapeur de mercure, d’une puissance lumineuse cependant près de quatre fois moindre.
- Hess a d’ailleurs constaté, chez les mêmes insectes nocturnes, semblable augmentation d’attirance par les lumières plus riches en rayons ultra-violets.
- Est-ce directement, et en raison de la production de ces rayons ultra-violets, que ces lampes attirent ainsi les insectes ? Non. Chez aucun animal, les yeux ne peuvent être impressionnés par cette lumière. Mais ces radiations sont absorbées par les milieux transparents et les membranes internes, qui deviennent fluorescents, et elles donnent naissance à des radiations visibles, parce que de plus grande longueur d’onde que la lumière incidente, et
- Fig. 1. — Le capteur d’insectes, type moyen, monté et prêt à l’emploi.
- ..'...........-= 121 =
- d’une valeur d’autant plus excitante pour la rétine que cette lumière fluorescente est de couleur verdâtre.
- Les insectes, en effet, ont une prédilection pour les radiations jaunes et vert clair, presque de même longueur d’onde, et qui dominent dans les lampes productrices de rayons ultra-violets.
- Les yeux des insectes nocturnes, cantharides, cétoines, hannetons, lucioles, papillons, etc., par exemple, donnent des images par superposition, alors que les yeux des insectes diurnes, guêpes, mouches, papillons diurnes, donnent des images par apposition. Or les yeux avec images par superposition, en raison du nombre de cônes cristallins, environ cinq fois plus grand, sont beaucoup plus lumineux que les yeux avec images par apposition. On en peut même déduire que, chez les insectes nocturnes, l’acuité visuelle est dix fois plus grande que chez les insectes diurnes.
- Des excitations lumineuses, produites sous un certain rythme par des oscillations, occasionnent chez l’insecte une réaction oscillatoire de la rétine qui peut être considérée comme un phénomène de contraction. Et, lorsqu’une lumière est suivie, immédiatement et rapidement de pénombre, les images qui se succèdent si rapidement se superposent. Il en résulte, pour la rétine, un trouble
- Fig. 2. — Le même capteur, démonté, montrant ses divers organes.
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- Fig. 3. — Le capteur d’insectes employé pour la capture du « Lasioderme du tabac » (Photo Eichacker).
- momentané, et l’insecte n’est plus capable d’apprécier à quelle distance il se trouve du foyer lumineux.
- Le capteur d’insecte « Ciparuv », tenant compte de toutes ces données, attire les insectes par photo-réaction motrice, excitation lumineuse, et contraction, grâce à une lampe de puissante intensité émettant des rayons ultra-violets de grande longueur d’ondes, les plus recherchés par les insectes, et il permet de supprimer le brûleur à vapeur de mercure, dangereux, coûteux, et difficile à manier.
- Il les attire, en outre, par un dispositif permettant d’obtenir des rayons lumineux qui complètent les longueurs d’ondes acquises des rayons ultra-violets, et qui détermine un système d’éclipsage gradué, régulier, chromatique, et
- Fig. 4. — Petit capteur électroculeur de mouches.
- mécanique, produisant sur la rétine ce trouble momentané dont il a été question ci-dessus.
- Enfin cet appareil comporte deux bassins où viennent tomber les insectes non aspirés : a) une coupe en verre cristal placée sur le haut de l’appareil; b) un bassin circulaire placé au-dessous de la lampe et à hauteur de la bouche d’aspiration; c) Un panier en toile métallique, placé dans la cage de l’appareil et qui recueille les insectes capturés; d) Un aspirateur actionné par un moteur électrique produisant une puissante aspiration.
- L’appareil en régime consomme 70 watts, avec une vitesse de ventilateur de 1.200 tours-minute, et un débit de 8 m3 minute.
- Sa hauteur totale est de linSO, son diamètre de 0 m 450.
- Cet appareil a fait merveille à l’usine et à la cité d’El Alia, en Algérie, appartenant à la Société des Lignes Télégraphiques et Téléphoniques, à Port-Saïd et aux environs, où il a été fait des essais, en 1.932, sous les auspices de la Compagnie Universelle du Canal de Suez, essais au cours desquels furent capturés de nombreux insectes identifiés par le Muséum d’Histoire Naturelle, et notamment, en quatre heures, le 15 octobre, 3 kg 500 de phlébotomes, moucherons et autres insectes.
- Enfin des expérimentations officielles ont été effectuées en Algérie sous le contrôle de M. l’Inspecteur de la Défense des Cultures. Elles ont porté sur 30 nuits, du 15 juin au 22 juillet 1933, au cours desquelles furent comparés des pièges à rayons ultra-violets (P.U.-V.), et des pièges à incandescence, à panneaux englués (P.I.P.), et ont fait l’objet d’un rapport extrêmement complet de M. Lepigre, Directeur adjoint de l’Insectarium d’Alger. Il résulte de ce rapport que, pour la capture du « Lasioderma serricor-nis » ou Lasioderme du tabac, adulte, qui cause de grands dégâts dans les balles de tabac, et qui s’attaque également aux petites semences et au foin, ainsi qu’aux farines et pâtes alimentaires, le capteur « Ciparuv » s’est montré de cinq à sept fois plus efficace que les pièges ordinaires.
- A la suite d’expérimentations comparatives faites en plein air, du 12 au 14 juillet 1933, à Bérard, pour la capture du « Galerucella Luteola Mull » il fut constaté que la puissance d’attraction du « Ciparuv » était 23 fois supérieure à celle du piège ordinaire.
- A rendement égal, la dépense, avec Ciparuv, est environ 12 fois moindre qu’avec les pièges ordinaires. Il semble donc que nous sommes, enfin, en possession d’un appareil vraiment efficace, et susceptible de rendre les plus grands services dans la lutte contre les insectes nuisibles, piqueurs-suceurs de sang, et destructeurs de nos récoltes.
- Indépendamment de cet appareil à grand rendement, le même inventeur, afin de nous permettre de lutter contre les insectes ennemis de notre repos, a construit également des appareils domestiques.
- « L’Électrocuteur de Mouches » détruit plus spécialement ces insectes, si désagréables et si dangereux en été, en les attirant par appâts placés à l’intérieur de l’appareil, et en les étourdissant, soit par un premier circuit enveloppant horizontalement l’extérieur du capteur, soit par un circuit vertical placé à l’intérieur. Dans l’un comme dans l’autre cas, elles tombent dans un
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- bassin contenant un liquide dans lequel elles se noient.
- « L’électrocuteur de moustiques, anophèles et culex est assez semblable au précédent, mais comporte, de plus, un dispositif placé sur le haut de l’appareil, qui capte également des moustiques, et dont on ferme les portes vers 20 ou 21 heures. Le matin, les moustiques enfermés dans cette cage se font électrocuter en voulant s’échapper par les ouvertures du bas. On le place, devant les fenêtres, sur la façade à l’abri du vent pour les anophèles, et, au contraire, sur la façade non abritée pour les culex.
- Eniin, un autre appareil plus complet, à rayons ultraviolets et tous rayons lumineux, permet d’exterminer non seulement ces insectes, mais plusieurs autres encore.
- 11 existe donc toute une gamme de capteurs adaptés à tous les besoins, et le temps viendra où ils feront partie du mobilier domestique au même titre que les réchauds, fers, aspirateurs électriques, et autres appareils dont l’usage se répand de plus en plus.
- G. L.
- Fig. 5. — Petit capteur éledroculeur de moustiques.
- LE CRI DU BUTOR
- Un jour, une nuit plutôt, les ouailles d’un prêtre normand qui vivait en 1864, je crois, sur les bords du marais Vernier en Seiire-Inférieure, vinrent le supplier d’exorciser le marais, car le diable ne cessait de gémir d’une voix menaçante du fond des criques et des roseaux. Le digne homme fut forcé d’obéir, mais, sceptique pour cette fois, il fit passer ses bénédictions sur la tête de ses paroissiens qui en avaient grand besoin, comme en mainte province de France.
- A vrai dire, le diable persista à se faire entendre jusqu’au jour où mon vieux maître, Arcade Noury, tua un magnifique butor et connaissant l’histoire, alla dire au bon curé que le diable était mort; il lui montra, en effet, une superbe naturalisation de ce grand héron fauve flammé de noir et lui dit qu’il pouvait engager ses fidèles à rire de ce démon-là.
- Mais il est une légende sur le dit oiseau dont je puis offrir le témoignage le plus sûr pour essayer de la détruire. Ce cri de bœuf, ce mugissement sourd qui porte à plusieurs kilomètres, doué d’ubiquité comme la voix d’un ventriloque, a été interprété, par des gens qui ne voulaient pas y aller voir, comme un son produit grâce à la précaution que cet échassier prendrait d’enfoncer son bec dans Veau pour crier.
- Lorsque vous êtes, en été, en fin fond de Camargue ou dans quelque grand étang de Sologne ou de Brenne, écoutez dans la nuit ce « boû... hou » « boû-hou » mystérieux ; vous songez à la légende et pensez qu’en effet cet insolite gémissement dans
- l’ombre du soir n’est ni près, ni loin, qu’on pourrait s’en effrayer s’il était poussé brusquement à votre passage, qu’il est fixé en un point du marais d’où il ne
- Fig. 1. —- Attitudes du Butor étoilé.
- Au vol; avalant un poisson; marchant; observant en avant, le cou et le bec verticaux. Il crie au-dessus, de l’eau : après avoir happé l’air 8 ou 10 fois, son cou est gonflé et à bec fermé, contractant ses épaules et ses poignets sur son thorax, il émet deux éructations sourdes : boû-hou, boû-hou, reprend un instant son manège et recommence ce cri une seule fois.
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- décale des heures de jour ou de nuit durant, reprenant à intervalles lointains et qu’il est si étouffé malgré sa force de portée que c’est bien un enfant de la vase qui s’exprime en un tel vocable si affilié aux bruits des batraciens, des râles et des fauvettes d’eau, si harmonique enfin du milieu; vous seriez presque de l’avis de la légende s’il n’était possible de se convaincre du contraire sur les oiseaux captifs. En effet, c’est en Hollande que j’eus la complète et éclatante vérification, l’éclaircissement bien net de ce mystère.
- Bien des oiseaux, peuvent chanter à bec clos : la Huppe, le Coucou sont du nombre; le Nandou, le Tétras lyre aussi; le roucoulement des Pigeons est de cet ordre. Le son de trompe du Butor aussi. J’ai assisté, crayon en main, au jardin zoologique d’Amsterdam en juin 1930, à la pariade du Butor. Sur une douve pittoresque renfermant foulques, poules d’eau, grèbes, brantes, nyrocas et autres oiseaux d’étang, il y avait un butor mâle et quatre femelles ou j eunes.
- J’avais sous les yeux l’oiseau généralement invisible que j’avais précédemment fait lever dans les roseaux de Camargue où me dirigeant sur son cri, je mis le couple au vol tout près d’un nid en achèvement.
- LA YERBA MATÉ
- L’intéressante étude de M. de Noter sur la yerba ou maté, m’a fait revivre en pensées quelques belles années passées en Argentine au milieu des « yerbateros... »
- 11 y a toutefois cette différence, que le « yerbatero » argentin n’est pas l’ouvrier attaquant la yerba naturelle en forêt à coups de « machette » des provinces du sud brésilien ou du Paraguay, mais le propriétaire de « yer-bales » ou plantations de yerba, qui se sont développées depuis une vingtaine d’années dans le territoire de Misiones.
- Ce territoire, qui doit son nom aux anciennes missions jésuites dont on retrouve encore d’intéressants vestiges, est situé à l’extrême nord de l’Argentine entre les deux fleuves Parana et Uruguay, frontières respectives du Paraguay et du Brésil. C’est là que furent créées de nombreuses plantations de yerba par des colons pour la plupart Européens, dans l’espoir qu’une yerba nationale supplanterait aisément sur le marché argentin les yerba d’importation brésilienne ou paraguayenne* car si l’Argentine consomme énormément de yerba, elle n’en produit pas, sauf dans ce petit territoire de Misiones.
- Il y a lieu de distinguer, le « yerbal de Campo » ou plantation en prairie, et le « yerbal de Monte » ou plantation en forêt. Le premier s’établit sur l’immense prairie qui au sud du territoire s’étend entre les deux fleuves Parana et Uruguay. On commence par ouvrir la prairie par un profond labour au tracteur effectué après la saison des pluies, en octobre et novembre. Ce travail terminé, de nombreuses équipes de « peons » procèdent au piquetage de la future plantation et au creusement
- L’observation se répétait ici dans les conditions mêmes de la nature, mais à découvert.
- U erreur réside en ce qu’on a mal observé. L’oiseau, en effet, abaisse son bec vers V eau ou vers le sol indifféremment, après une vive extension du cou. Aussitôt il happe l’air une huitaine de fois; sa fraise, en même temps, se gonfle, se distend ; il ferme le bec et en une brusque et sonore éructation il dégonfle son œsophage. Il recommence une seconde fois, avalant quelques gorgées d’air et les exhale en un nouveau boû... hou final identique, étouffé, profond et sourd.
- Il s’avançait vers une femelle qui esquivait son avance en progressant à grands pas de ses tarses bas aux doigts allongés et verts comme son bec, verts comme les plantes fraîches qui croissaient dans l’enclos, puis elle reprenait son attitude méfiante, le cou et le bec verticalement alignés dans l’axe du corps, immobile et mimétique.
- Le mâle s’avançait de nouveau, les plumes du dos soulevées, la fraise étalée, projetée en avant et recommençait ce mystérieux manège sans jamais enfoncer son bec dans l’eau. La multiple expérience de la vie reconstituée m’avait livré son secret.
- Roger Reboussin.
- EN PLANTATIONS EEEE
- de trous de 40 cm de profondeur, espacés de 3 m avec interlignes de 3,5 m. Ces travaux doivent être enlevés durant les mois d’été, de décembre à fin mars afin que tout soit prêt avant l’hiver, époque de la plantation.
- Le yerbal de Monte s’établit en forêt, après que celle-ci a été exploitée pour ses bois de valeur. Le travail est différent. La forêt est abattue, en. commençant par le sous-bois, qui sèche, pendant que l’on coupe les grandes futaies. Après cinq ou six semaines, on met le feu et c’est alors un immense incendie dont la fumée voile complètement le ciel. Celui-ci terminé il ne reste sur le sol que quelques gros troncs fumants, qui souvent sont laissés en place et entre lesquels on plante la yerba sans autre préparation que les trous, faits en alignement, aussi droits que le permet ce terrain chaotique, couvert de souches non extirpées qui pourriront rapidement.
- La petite plante de yerba, destinée à être mise en pleine terre, s’obtient par semis en pépinière dite « Alma-ciga ». La graine, semée en février-mars, est longue à germer. Elle passe l’hiver en terre, et ne lève qu’en septembre. Vers la fin d’octobre, les jeunes plants sont repiqués dans une seconde pépinière beaucoup plus grande, espacés de 10 cm et abrités du soleil par une toiture à claire-voie faite de roseaux. C’est le «vivero». Ils y restent l’été durant soigneusement arrosés et sont repris en mai pour la plantation définitive.
- Il est important de choisir pour la mise en pleine terre un temps humide, voire même pluvieux. Les plantations qui réussissent le mieux sont souvent celles qui sont faites par pluie battante.
- Chaque plant est pris au « vivero » avec sa motte
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- de terre, maintenue au moyen d’un petit appareil analogue à un tuyau de poêle de 30 cm de long que l’on enfonce en terre et que l’on sort avec la jeune plante. Transportée ainsi sur le lieu de la plantation, la yerba est mise en terre et abritée des gelées éventuelles aussi bien que du soleil par un « poncho », petite botte d’herbe sèche fixée à un tuteur.
- Durant quatre ans, il n’y aura d’autres travaux que les labours de printemps et d’été faits dans le but de maintenir la fraîcheur du sol et d’empêcher l’envahissement des mauvaises herbes.
- C’est en moyenne au bout de quatre ans que l’on peut commencer une première petite récolte. Il est à noter que la yerba plantée en forêt sur terrain profond et riche, est beaucoup plus précoce que la yerba de campo. J’ai eu l’occasion de voir une plantation de forêt de trois ans aussi avancée qu’une plantation de campo de 7 ans. Les premières récoltes doivent être très modérées, et plutôt considérées comme tailles destinées à conduire le jeune arbuste, car ce n’est que vers la neuvième année que les plantes sont aptes à produire normalement.
- La récolte ou « cosecha » commence en avril et suivant l’importance de la plantation dure jusqu’en août et septembre. Le peon, au moyen du sécateur, rabat tous les rameaux de l’année, ne laissant à l’arbuste que les feuilles venant à même les grosses branches.
- Il faut toutefois veiller à ne pas trop effeuiller afin de ne pas trop affaiblir la plante qui peut souffrir de gelées hivernales toujours possibles. Les rameaux coupés sont à leur tour effeuillés et seuls ceux ne dépassant
- Fig, 2. — Yerba de 8 ans après la récolte.
- Les rameaux de l’année ont été coupés et sont déjà remplacés par de jeunes pousses qui feront l’objet de la prochaine récolte.
- Fig. 1. — Jeune plante de yerba, un an après sa mise en pleine terre. Dans sa croissance, elle s’est dégagée du a poncho * qui l’abritait contre les gelées ou moment de la plantation.
- pas la grosseur d’un crayon sont conservés avec les feuilles pour la préparation de la yerba séchée. Ce sont les « palitos ».
- Dès lors, les différentes phases de la préparation de la yerba sont à peu près celles décrites par M. de Noter.
- La feuille doit être d’abord flétrie, pour éviter qu’elle ne devienne noire à la dessication. Le flétrissage empêche une décomposition de la chlorophylle et conserve à la feuille séchée et à la poudre une belle couleur verte. Dans ce but, le yerbatero argentin fait passer les feuilles dans un grand cylindre rotatif, légèrement incliné, faisant suite à un foyer dont la flamme vient lécher l’entrée supérieure. Un simple et rapide passage de la feuille dans cette flamme la flétrit suffisamment.
- Les feuilles sont ensuite jetées sur de grands dômes en hois, à claires-voies construits au-dessus de bouches de chaleur, reliées par des cheminées souterraines à de gros foyers situés en contre-bas. Grâce à un violent tirage la fumée de trouve éliminée par une combustion complète Ces dômes ou « barbaena » sont chargés toutes les vingt-quatre heures, avec 2000 kg de feuilles vertes dont il reste 600 kg une fois la dessication complète opérée.
- Enfin, c’est la pulvérisation des feuilles et des palitos séchés par de gros cylindres dentés, tournant dans un manège et la mise en sacs pressés pour l’expédition aux moulins d’où la poudre de yerba sortira très fine, pour être livrée au marché.
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- La verba est vraiment la boisson par excellence des Argentins. On prend son maté à toute heure du jour et de la nuit, à trois heures du matin, devant le « raneho », les peons accroupis se passent le maté avant de se mettre en selle pour courir le campo. A midi,, en pleine chaleur, un maté bouillant et amer étanche la soif et fortifie et rien n’est si bon que de passer sa soirée près d’un feu sur lequel chante la « pava » pleine d’eau bouillante et de déguster son maté avant de s’endormir enveloppé dans son poncho. Il semble alors que l’on ne pourra plus jamais se passer
- de son maté, et pourtant... J’ai quitté Buenos-Ayres en compagnie d’un Argentin qui s’en venait en France, emportant son maté, sa bombilla et son petit sac de yerba. Nous avons ensemble pris le maté durant tout le voyage. Mais, à Marseille, son plaisir de voir un Européen rentrer chez lui sans abandonner le maté se trouva bien atténué lorsque je lui dis :
- « Mille regrets, mais maintenant que me voilà revenu au pays du bon vin, je crois qu’une fine bouteille me sera infiniment plus agréable. » Edouard de Coulon.
- L’ÉLEVAGE DES PETITES TORTUES
- TERRESTRES
- Les petites Tortues terrestres, que l’on apporte fréquemment en France appartiennent à deux espèces, originaires du sud de l’Europe : la Tortue grecque et la Tortue mauri-tanique. Ces dei-x espèces peuvent s’acclimater et se reproduire dans notre midi, spécialement dans les départements du littoral de la Méditerranée. Mais en les préservant du froid, pendant l’hiver, il est facile de les conserver longtemps, en toute région.
- La Tortue grecque présente une carapace dorsale se terminant en arrière par deux plaques cornées symétriques. Tandis que chez la Tortue mauritanique, il n’y a qu’une seule plaque terminale impaire. L’une et l’autre atteignent trente centimètres de longueur et un poids de 2 kg.
- C’est la Tortue grecque, importée de l’Italie du sud, qui s’est acclimatée dans notre midi et qui, protégée, pourrait s’y multiplier librement. Je crois que la Tortue mauritanique ne s’est reproduite qu’en captivité.
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- La Tortue mauritanique est la plus communément vendue sur les marchés; c’est elle que l’on élève généralement dans les jardins ou en appartement. Comme la Tortue grecque, elle est originaire du nord de la péninsule balkanique d’où elle a été importée dans le nord de l’Afrique et en Espagne; c’est pourquoi on la nomme Testudo mauritanica ou T. ibera. La plupart de ces petites Tortues vendues en France proviennent d’Algérie.
- La Tortue mauritanique se nourrit principalement de végétaux, d’herbes, de salades, de racines, de certains fruits : dans les jardins, cette jolie petite Tortue recherche la laitue et se régale de fraises. Mais ce n’est pas une végétarienne absolue, loin de là, elle mange les petits mollusques qu’elle rencontre, les limaces, les escargots, ainsi que les insectes, des vers, ce en quoi, elle se rend utile.
- En captivité à la ville, la Tortue mauritanique est nourrie de laitue et autre salade tendre, de petites feuilles de chou, de pain au lait, de fraises. Pour remplacer les invertébrés que la Tortue trouverait dans un jardin, à la campagne, on pourrait lui offrir des vers de farine ou un peu de viande hachée.
- Mais les Tortues, comme tous les Reptiles, ne s’alimentent que pendant la belle saison. Leur période de grande activité est le mois de juin, c’est alors qu’elles sont le plus agiles et qu’elles mangent le plus abondamment.^L’appétit diminue ensuite, jusqu’à disparaître complètement quand arrive la saison d’hivernage.
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- Dans un grand jardin, une Tortue bien adulte et robuste
- pourra se creuser elle-même sa retraite hivernale. Ou bien, dans un endroit abrité, on lui ménagera une épaisse couche de fumier, de feuilles, de paille, qui la protégera de la gelée.
- En ville, la Tortue peut hiverner dans une caisse sablée, mise dans une bonne cave. Elle peut, également, passer l’hiver dans un appartement ou dans un local quelconque chauffé. A la Ménagerie du Muséum, les Tortues terrestres n’hivernent pas. Dans ce cas, les Tortues se conservent très bien, quoique ce régime anormal abrège probablement leur vie.
- De toutes façons, en hiver, la Tortue ne s’alimente plus ou presque plus. Parfois, elle accepte de la laitue, mais toujours elle aime à boire, il faut donc avoir soin de mettre de l’eau pure à sa disposition.
- M. Ch. Mailles a su élever des Lézards et les maintenir en bonne santé, sans les faire hiverner, en leur donnant à boire un peu de bouillon de Liebig 1res léger. Je ne sais si la Tortue accepterait ce breuvage. On doit tenir compte de ce fait que la digestion, chez les Reptiles, est très lente et très défectueuse pendant la saison froide.
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- Lorsqu’on élève de petits animaux en captivité, et surtout quand il s’agit de jeunes sujets, la grande difficulté consiste à leur donner l’humidité nécessaire. La sécheresse leur est funeste, et cependant, l’humidité ne doit pas être trop forte non plus. La mise au point de l’ambiance est délicate, elle s’acquiert par expérience, par tâtonnement. C’est là l’écueil de la plupart des élevages et la cause des insuccès... La chaleur sèche des appartements modernes n’est certainement pas favorable à la santé des petits Reptiles d’agrément.
- Dans les terrariums, cages et petits parcs à Reptiles, il est recommandé de placer un lit de sable, puis au-dessus, une couche de mousse humide et dessus encore une couche de mousse sèche et de sable sec.
- Les Reptiles aiment le soleil, mais tamisé par le feuillage ou l’herbe. Des Reptiles posés sur du sable sec, en plein soleil, s’en trouveraient fort mal.
- Pour en revenir à la Tortue mauritanique, en particulier, quelques soins attentifs suffisent à maintenir en bon état une petite bête douce, familière, douée de mémoire, somme toute sympathique. En général, la Tortue s’habitue rapidement à venir manger dans la main de son maître et à se laisser caresser le cou.
- Les jeunes sujets doivent être mis à l’abri des attaques possibles des Chats. De plus* leur carapace, assez mince, peut s’écraser, elle peut se briser dans une chute.
- A. F.-B.
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- L’ŒUVRE DE MADAME CURIE (1867-1934)
- Etrange et cruelle destinée : Madame Curie qui s’éteignit, le 4 juillet 1934, dans un sanatorium de Sancellemoz près de Sallanches, a été tuée par sa découverte ! Atteinte depuis plusieurs années d’une profonde anémie, causée par les émanations du radium dans l’ambiance desquelles elle vivait, elle était venue demander au tonifiant climat de la Haute-Savoie le rétablissement de sa santé. Mais hélas la mort la guettait comme si les terribles rayons voulaient se venger de la téméraire chercheuse qui avait dévoilé le secret de leur mystérieure nature !
- Nous avions connu l’illustre savante quand elle s appelait encore Marie Sklodowska, jeune Polonaise fraîchement débarquée dans la Capitale pour préparer sa licence ès sciences à l’Université de Paris. Un était alors en 1890 et comme notre future physicienne naquit à Varsovie, le 7 novembre 1867, elle avait donc 23 ans. Dans ces temps déjà lointains, l’élément féminin n’occupait pas la moitié des amphithéâtres de la Sorbonne. Si j’ai bonne mémoire, aux cours du perspicace mais distrait Lippmann, du vénérable Friedel à la barbe blanche et du débonnaire Troost que nous suivions ensemble, se trouvaient seulement deux représentantes du beau sexe : une Française (qui, je crois, abandonna ultérieurement la science pour la musique) et une étrangère Marie Sklodowska. Les deux étudiantes s’asseyaient l’une à côté de l’autre pour se sentir les coudes et comme cette dernière ne saisissait pas encore très bien les nuances de notre langue, elle éprouvait une certaine difficulté pour prendre les leçons des professeurs. Aussi ses camarades lui passaient leurs cahiers afin qu’elle pût corriger les passages incorrects ou mal cQmpris. Mais grâce à sa vive intelligence et à son labeur opiniâtre, elle put passer brillamment son examen à la fin de l’année scolaire. Pourvue de son diplôme de licenciée, elle entra peu de temps après au laboratoire de Pierre Curie, à l’École de physique et de chimie industrielle delà Ville de Paris. L’éminent professeur l’associa alors à ses recherches et l’épousa en 1895.
- Dès l’année suivante, Henri Becquerel découvrait les rayons uraniques et en les considérant comme un « phénomène de l’ordre d’une phosphorescence invisible » de longue durée, il avait ouvert de nouveaux horizons aux physiciens. On sait aujourd’hui que ces rayons accom-
- pagnent une transformation profonde et spontanée des atomes de la substance étudiée. Rutherford démontra, en 1899, la complexité des dits rayons uraniques, qui déchargent les corps électrisés, par l’intermédiaire des ions produits et il les partagea en deux catégories distinctes : les rayons alpha aisément absorbés par la matière et les rayons ht la doués d’une plus grande puissance de pénétration. En 1900 P. Villard reconnut l’existence de rayons gamma encore plus pénétrants que ces derniers. Entre temps, Madame Curie et son mari avaient entrepris une série de recherches afin de se rendre compte si d’autres
- minéraux naturels pouvaient, à l’instar de l’uranium, émettre un rayonnement sans excitation extérieure. Toutefois au lieu d’utiliser le procédé photographique et purement qualitatif de Becquerel, les savants expérimentateurs de la rue Lhomond eurent l’idée de s’adresser à une méthode électrique quantitative en mesurant les courants d’ionisation au moyen du quartz piézoélectrique. Au cours de ces remarquables expériences, Marie Curie découvrit que deux roches : la pechblende (oxyde d’uranium) et la chalcolite (phosphate double de cuivre et d’uranyle) sont beaucoup plus actives que ne saurait le faire supposer leur teneur en uranium. Ils en conclurent que ces substances minérales renfermaient une matière infiniment plus active que l’uranium.
- Cette hypothèse ne devait pas tarder à trouver sa confirmation expérimentale. Le 18 juillet 1899 Pierre et Marie Curie annonçaient, dans une note à l’Académie des Sciences de Paris,l’existence d’une nouvelle substance radioactive : le polonium, qu’à la suite d’un grand nombre de dissolutions et de précipitations fractionnées, ils étaient parvenus à retirer de la pechblende. Ils se guidaient sur l’intensité du rayonnement ionisant ou « activité », qu’ils observaient à l’aide d’un électromètre très sensible.
- G. Bémont, chef de travaux à l’École de Physique et de C himie, prêta ensuite son concours pour les traitements chimiques ultérieurs et, le 26 décembre 1898, une note très courte, signée par les trois savants collaborateurs, annonçait à l’Académie des Sciences de Paris la découverte du radiumLe fractionnement du chlorure de baryum leur avait permis d’aboutir à un nouveau produit 900 fois plus actif que l’uranium bien qu’il ne renfermât qu’une
- Fiy. 1. — Mme Curie en 1932, (Ph. J. Boyer).
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- Fig. 2. — M. et Mme Curie dans leur laboratoire de l’Ecole de Physique et Chimie, rue Lhomond, au moment de leurs travaux sur le radium (1903).
- trace de radium. Malgré son rayonnement colossal et durable, qui constituait un puissant instrument de travail pour les physiciens, cette découverte ne fit pas grand bruit. Après l’uranium, le thorium et le polonium, les spécialistes eux-mêmes ne virent alors dans le radium qu’un élément radioactif de plus.
- Mais le Gouvernement autrichien ayant mis à la disposition de Pierre Curie et de sa femme des résidus de fabrication des -sels d’uranium extraits de la pechblende des célèbres mines de Joachimstal (Bohême), A. Debierne fut chargé de les traiter et il y décela la présence de l’actinium, nouvelle substance radioactive qui précipitait avec les métaux du groupe du fer. On connaît actuellement 38 radioéléments, qu’on divise en 3 familles rattachées chacune à un radioélément primaire : l’uranium, le thorium et le troisième, encore ignoré, dans la catégorie duquel on range l’actinium.
- Quoi qu’il en soit, M. et Mme Curie au cours de ces mémorables travaux finirent par obtenir, en quantité appréciable, des sels de radium qui leur permirent d’observer que toute matière, séjournant dans le voisinage de ceux-ci, acquiert une radioactivité induite, mais diminuant très rapidement et disparaissant même au bout de quelques heures. La savante physicienne, continuant à approfondir le sujet, détermina le poids atomique du radium, soutint brillamment sa thèse de doctorat, partagea le prix Nobel avec son mari (1904) et à la mort de ce dernier, qui périt écrasé par un camion sur le quai Conti près du Pont-Neuf (1906), elle lui succéda à la Sorbonne d’abord comme « chargée de cours », puis comme professeur titulaire (novembre 1908). Cette chaire fut transformée ultérieurement en Institut du radium qui, installé rue Pierre-Curie, fonctionne depuis avril 1919 et qu’elle sut diriger avec autorité.
- La brusque disparition de Pierre Curie n’arrêta pas, du reste, la production scientifique de sa brillante collaboratrice. Aidée de M. Debierne, elle parvint, en
- 1910, à- isoler le radium par électrolyse de son chlorure,en employant une cathode de mercure. Par une distillation dans le vide, les expérimentateurs chassaient de l’amalgame le prestigieux métal qui blanc, brillant, fondant à 700 degrés et très altérable à l’air, ressemblait au baryum. A cette époque, elle condensa ses travaux et ceux de ses émules sur le sujet dans les deux volumes de son magistral Traité de radioactivité et en 1922 elle fut élue à l’Académie de médecine de Paris en remplacement d’Edmond Perrier. Mais toujours modeste, Marie Curie ne tirait pas vanité de ces honneurs mérités. Elle continuait ses recherches originales, perfectionnant la technique expérimentale, donnant des conférences, guidant ses élèves et en particulier sa hile Irène, mariée à un physicien de talent F. Joliot qui semble vouloir marcher sur les traces de son illustre initiatrice.
- En 1925, elle proposa de substituer au radium lui-même, les émanations des radioéléments : le radon, le thoron et Yactinon dont les propriétés scientifiques ainsi que les applications thérapeutiques paraissent extrêmement importantes. Elle écrivit, en outre, une attachante biographie de son mari, un érudit ouvrage sur Ylsotopie (1924) dans lequel elle indique l’évolution de cette notion fondamentale et résume nos connaissances actuelles sur la structure des atomes.
- L’illustre épouse de Pierre Curie, récemment inhumée dans le calme petit cimetière de Sceaux, le 7 juillet 1934 et qui a voulu, selon les termes mêmes de son testament, « descendre dans la tombe en silence », rendit «d’éminents services à la Science et à l’Humanité » comme le dit fort justement un communiqué du Gouvernement français. Aussi notre pays, qui s’honore d’avoir été sa seconde patrie, ne saurait-il oublier cette physicienne aussi géniale que modeste. Jacques Boyer.
- Fig. 3. — M. et Mme Curie et leur fille Irène en 1906.
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- LES CHAUVES-SOURIS ROUSSETTES VIVANTES
- AU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
- Au Muséum National d’Histoire Naturelle, les collections d’animaux vivants viennent de s’augmenter d’un petit lot de Roussettes; et, à ma connaissance, c’est la première fois que l’on peut y voir des sujets vivants appartenant au groupe des grandes Chauves-Souris frugivores.
- Acquis au mois de mars dernier, six sujets sont logés dans la cage qu’occupaient •— dans la Rotonde des Eléphants — les Makis wari, ceux-ci étant actuellement en plein air, dans la nouvelle pergola.
- Il s’agit de l’espèce dite Chien ou Renard Volant. C’est la Roussette de l’Inde (Pteropus médius Temminck). Elle n’est pas des plus grandes puisqu’elle ne dépasse pas 80 cm d’envergure. Elle se trouve non seulement dans l’Inde, mais aussi en Indochine et à Ceylan, où elle vit en grandes troupes. Elle passe la journée à sommeiller et se réveille le soir pour aller se nourrir de fruits.
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- Les Roussettes du Muséum se tiennent suspendues au sommet de leur cage, la tête en bas, accrochées aux barreaux par les ongles d’une patte.
- Elles replient leurs ailes de manière à envelopper complètement leur poitrine et leur ventre. La tête même est cachée sous l’aile, pour protéger les yeux de la lumière.
- Du pelage, on ne voit que le dos; il est d’une belle couleur : jaune, pour la partie antérieure, les épaules, et brun-roux pour le reste du corps. La face est rousse avec le bout du nez et les oreilles noirs.
- Car les Roussettes ne dorment pas profondément et lorsqu’on cherche à attirer leur attention par un appel — comme on le ferait pour des Oiseaux — les curieuses sortent la tête et montrent leur gentille physionomie, aux grands yeux éveillés. Leur museau allongé et pointu, leurs oreilles sans oreillon, les font ressembler beaucoup plus à des Makis ou à de petits Chiens, qu’aux autres Chauves-Souris.
- Mais, dans le jour, les Roussettes se contentent de regarder leurs visiteurs sans se décider à se déplacer. C’est le soir seulement qu’elles deviennent actives et qu’elles descendent faire honneur aux mets servis sur le plateau de la cage; ces mets comprennent des pommes, des dattes et surtout des bananes épluchées et coupées en morceaux.
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- En somme, les Roussettes sont sympathiques; elles sont volontiers familières : le soir même de leur arrivée au Muséum, elles sont venues prendre des bananes dans la main du Dr E. Dechambre, sous-directeur de la Ménagerie.
- D’ailleurs, nous, savons qu’à la Malmaison l’impéi'atrice Joséphine eut des Roussettes apprivoisées parmi les nombreux animaux qu’elle se plaisait à élever.
- Les Roussettes sont certainement les Chauves-Souris les plus faciles à conserver en captivité, à cause de leur régime frugivore.
- Elles sont mangeuses de fruits et cependant l’examen de leur dentition, qui rappelle singulièrement celle des Makis, semble faire croire qu’elles pourraient se nourrir de proies. Elles doivent manger des insectes, et l’on a nourri de chair des Roussettes captives, pendant leur transport, mais il paraît qu’elles ne touchaient plus à la viande dès qu’elles voyaient des fruits.
- Peut-être sont-elles devenues frugivores par adaptation.
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- Les Cynoptères ou Roussettes appartiennent à l’Ancien Monde, spécialement à l’Indo-Malaisie, à Madagascar, à l’Afrique (Sénégal, Égypte).
- Ces grandes Chauves-Souris peuvent atteindre 1 m 50 et plus d’envergure.
- La Roussette édule, des Iles de la Sonde, par exemple, dépasse 1 m 65.
- On remarque chez les Roussettes, que la queue est petite ou manque totalement, et que la membrane inter-fémorale se réduit à une étroite bordure. A la main, outre le pouce, le doigt indicateur porte une griffe.
- Pendant le jour, en leur pays, les Roussettes aiment à se tenir dans un grand arbre; accrochées par un pied, elles dorment dans l’ombre d’un épais feuillage. Au soir tombant, la société s’anime et part à la recherche de ses aliments favoris. Sans doute, les Roussettes doivent trouver à leur goût les fruits sauvages qui abondent sous leur chaud climat; mais elles s’abattent aussi dans les vergers et, vu leur nombre, elles causent d’importants dégâts dans les exploitations fruitières. A Java, notamment, il paraît qu’on protège les arbres par des filets ou par des sortes de corbeilles tressées en lames de Bambou.
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- A part leur amour des fruits cultivés, les Roussettes n’ont aucun défaut. Quoique leur taille rende leur aspect assez impressionnant, elles sont inoffensives. Elles n’ont aucun rapport avec les Vampires, lesquels, d’ailleurs, sont de dimensions beaucoup moindres, et dont l’habitat est le Nouveau Monde. (Le Vampire spectre de la Guyane, le plus grand de la famille, n’a que 40 cm d’envergure.)
- Par les spécimens montés de Roussettes et de Vampires conservés dans la galerie de Zoologie du Muséum, on peut se rendre compte des différences essentielles qui existent entre ces familles de Chauves-Souris.
- Rappelons en passant, qu’au Musée du duc d’Orléans, dans le panorama de l’Afrique orientale (Kénia, Ouganda), figurent des Roussettes accrochées aux arbres, dans la position du repos diurne.
- Et, avant de quitter le Muséum, je citerai le rôle que l’on fait jouer au grand Papillon Caligo contre les Chéiroptères frugivores. Dans l’admirable collection Frühstorfer, exposée dans la Galerie de Zoologie, le beau Caligo bleu du Brésil montre sa face inférieure d’un brun fauve tacheté de noirâtre, et marquée de deux grandes ocelles foncées; or, la face inférieure retournée, tête en bas, simule parfaitement une tête de Chouette, et les indigènes tirent parti de cette ressemblance pour effrayer certaines Chauves-Souris frugivores : ils accrochent de ces Papillons dans les plantations fruitières. (Ici, il s’agit probablement d’une espèce de Chauve-Souris du groupe des Vampiriens mais volontiers frugivore : le Sténo-derme à lunettes, friand de Sapotilles.)
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- Les Roussettes répandent une forte odeur musquée, qui doit se communiquer à leur chair; mais cette particularité n’empêche point les indigènes de les chasser pour les manger et de les déclarer excellentes...
- D’gutre part, les grandes Chauves-Souris ont de tous temps
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- excité la curiosité de l’Homme. Mille légendes ont été créées à propos de ces étranges animaux.
- De nos jours encore, la Roussette est considérée comme un animal sacré, totémique, très souvent employé dans la symbolique chez les peuples océaniens. En Nouvelle-Calédonie, la Roussette est regardée comme protectrice du foyer.
- A la section d’art mélanésien, au Musée d’Etlinographie du Trocadéro, des ornements rituels sont exposés qui montrent l’emploi fréquent des poils de Roussette. On en fait des cordelettes rituelles, des ceintures, des colliers finement tressés, où s’entremêlent, non sans grâce, de jolis coquillages.
- A. Feuillée-Biolot.
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1934 (l)
- En septembre, un peu tard dans la soirée, apparaissent déjà les constellations d’hiver : le Bélier, le Taureau, Andromède. L’arrivée dans notre ciel de ces astérismes nous rappelle que l’année s’avance. On trouvera, ci-après, la physionomie astronomique de ce mois-ci.
- I. Soleil. — En septembre, la déclinaison du Soleil passe de -f- 8° 27 le 1er, à —2°38'le 30. Le moment où elle atteint la valeur 0“,0’ marque l’équinoxe d’automne. Cette année, l’équinoxe se produira le 23 septembre, à 18“, ce sera le commencement de l’automne astronomique.
- La durée du jour est fonction de la déclinaison du Soleil. Celle-ci diminuant beaucoup ce mois-ci, la durée du jour décroît aussi fortement. Elle sera de 13“27“ le 1er septembre et de 11“45“ le 30. La diminution du jour est surtout sensible le soir.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées, lorsqu’il est midi vrai, ou si l’on veut, plus précisément, lorsque le Soleil est exactement au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage. Dates Heure du passage
- Septembre 1er 111 50“ 46s Septembre 17 11 “45“ 20s
- — 3 11 50 8 — 19 11 44 37
- — 5 11 49 29 — 21 11 34 55
- — 7 11 48 49 — 23 11 43 13
- — 9 11 48 8 — 25 11 42 31
- — 11 11 47 27 — 27 11 41 50"
- — 13 11 46 45 —. 29 11 41 9
- — 15 11 46 3
- Ce tableau fait bien comprendre la diminution de la durée du jour, surtout sensible le soir. Le Soleil, à la fin du mois se trouvant au méridien vers 11“ 40m, il en résulte qu’il s’écoule encore 20m jusqu’à midi de nos horloges. Ainsi la matinée est plus longue que la soirée de près de 40m. Le 30 septembre, par exemple, le Soleil se lève à 5“ 48m et se couche à 17h 33“. De 5“ 48™ à midi, il s’écoule 6!l 12 “ ; de midi au coucher, il s’écoule 5“33m, la matinée est plus longue que la soirée de 39 minutes.
- Observations physiques. — Continuer chaque jour l’observation du Soleil (dessiner les taches en position sur le disque et en détail, prendre des photographies). L’observation par projection sur un écran blanc est la plus facile à réaliser. Pour le dessin détaillé des taches, l’observation directe à l’oculaire (muni de verre noir) est préférable.
- Ephémérides permettant l’orientation des dessins et des photographies :
- 1. Toutes les heures figurant au présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de O’1 à 24h à partir de O'1 (minuit). L.'heure d’été étant en vigueur ce mois-ci, ajouter lhà toutes les heures mentionnées ici.
- Dates. P. B0 L„
- Septembre 1er + 21»,00 + 7»,20 329»,34
- — 6 + 22», 23 + 7»,25 263»,30
- — 11 + 23»,30 + 7», 24 197»,28
- — 16 + 24»,23 + 7»,19 131»,26
- — 21 + 25»,00 + 7»,08 65»,26
- — 25 + 25»,50 + 6»,96 12»,16
- — 26 + 25»,61 + 6»,92 359»,27
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. •— La lumière zodiacale devient bien visible le matin, avant l’aube. La période la plus favorable pour l’observer sera celle de la nouvelle Lune au premier quartier, c’est-à-dire du 7 au 20 septembre.
- La lueur anti-solaire est encore assez basse sur l’horizon. On essaiera de la rechercher, vers le 10 septembre, dans la région voisine de Verseau.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de septembre, se produiront comme suit :
- N. L. le 9, à 0h 20m P. L. le 23, à 4» 19“
- P. Q. le 16, à 12“ 26“ D. Q. le 30, à 12“ 29“
- Age de la lune, le 1er septembre, à 0“ (T.U.) = 21),6;le 9 septembre = 0j,0. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, à 0“, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 9.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 2, à 0“ + 27°6' ; le 6, à 12“ — 27»0'; le 29, à 9“ + 26°55'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 5 septembre, à 6“. Parallaxe = 54'4". Distance = 405 570 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 21 septembre à 1“. Parallaxe = 60'27". Distance =362 750 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 17 septembre, belle occultation de l’étoile a du Sagittaire (2“,1). Immersion à 20“13“,0; émersion à 21“11“,5. Ce sera lelendemain du premier quartier; l’étoile disparaîtra derrière le bord obscur de la Lune, rendu légèrement visible par la lumière cendrée. Elle réapparaîtra au bord sud-ouest éclairé. Observation à faire avec une petite lunette.
- Le 19 septembre, occultation de l’étoile 21 du Capricorne (6“,5) ; immersion à 22“ 49“,0.
- Le 20 septembre, orientation de 151 B. Capricorne (6“,1) ; immersion à 18“18“,0.
- Le 26 septembre, occultation de 26 Bélier (6“,2) ; émersion à 3“51“,0.
- Le 28 septembre, occultation de y Taureau (5“,8) ; émersion à 3“35“,0.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le matin, du 4 au
- 6 septembre, époque où elle sera très intense.
- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 8 au 12 septembre, et sutout du 21 au 27, au moment de la pleine Lune.
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- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest et Le Havre :
- Dates. Marée du matin. Marée du soir.
- A Brest. Au Havre. Coeffic. A Brest. Au Havre. Coeffic,
- Sept. 21 . 2“12” 7“34” 0,81 14“36” 19“54m 0,90
- — 22 . 2 59 8 13 0,97 15 21 20 31 1,03
- — 23 . 3 41 9 49 1,08 16 2 21 7 1,11
- — 24 . 4 21 9 25 1,12 16 41 21 44 1,11
- — 25 . 5 0 10 2 1,08 17 19 22 21 1,04
- — 26 . 5 37 10 40 0,99 17 54 22 58 0,92
- — 26 . 5 37 10 40 0,99 17 54 22 58 0,92
- — 27 . 6 13 11 19 0,85 18 32 23 40 0,77
- Par suite de la très grande amplitude de ces marées d’équinoxe, le phénomène du mascaret se produira fréquemment. Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, du 22 au 25 septembre les heures approximatives d’arrivée du mascaret :
- Dates. Coefficient Arrivée du Mascaret à :
- de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Sept. 22 . . 1,03 19“ lm i9“38» 19“47”
- — 23 . . 1,08 7 19 7 56 8 5
- — 23 . . 1,11 19 37 20 14 20 23
- — 24 . . 1,12 7 55 8 32 8 41
- — 24 . . 1,11 20 14 20 51 21 0
- — 25 . . 1,08 8 32 9 9 9 18
- — 25 . . 1,04 20,51 21 28 21 37
- Le maximum se produira le lundi 24 septembre, mais le dimanche 23, le phénomène sera déjà important, et nous en recommandons l’observation aux automobilistes, qui auront là un but d’excursion tout indiqué.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, que nous avons dressé à l’aide des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion, renferme les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de septembre 1934.
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- Mercure s’est trouvé en conjonction supérieure avec le Soleil le 26 août, et sa plus grande élongation ne se produira que le 10 octobre. Il est donc invisible ce mois-ci.
- Vénus, au début du mois, se lève près de deux heures avant le Soleil. Elle est donc visible, le matin, dans l’aurore. Elle s’achemine vers sa conjonction supérieure •— qui aura lieu en novembre prochain — et son diamètre apparent diminue de plus en plus.
- Elle présente maintenant, au milieu du mois, une phase analogue au dessin n°8 de la figure du Bulletin astronomique du n° 2928.
- Voici d’ailleurs le tableau de la phase de Vénus:
- Dates. Fraction du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Septembre 3 0,940 10",6 — 3,3
- .— 8 0,948 10",5 — 3,3
- .— 13 0,955 10";4 — 3,4
- .— 18 0,962 10",3 — 3,4
- .— 23 0,968 10",2 — 3,4
- — 28 0,973 10",2 — 3,4
- Mars devient bien visible avant l’aurore, mais en raison de son éloignement de la Terre, il présente encore un diamètre très petit (d’un peu plus de 4"), qui ne permet d’effectuer, avec les instruments moyens, aucune observation utile des détails de sa surface.
- Jupiter va se trouver en conjonction avec le Soleil le 27 octobre prochain. On pourra le reconnaître à l’horizon ouest aussitôt l’arrivée du crépuscule. Les observations des détails de sa surface seront bien difficiles.
- Malgré la position très défavorable de cette planète, on pourra encore essayer d’observer, ce mois-ci, près de l’horizon, le commencement de passage du IIe satellite devant Jupiter, le 5 septembre, à 18“44”. Ce sera le dernier phénomène présenté par les satellites que l’on pourra observer pour cette période de visibilité de Jupiter.
- Saturne, dont l’opposition est arrivée le 18 du mois dernier, est encore visible presque toute la nuit. Voici les éléments de l’anneau, pour le 14 septembre :
- ASTRE Dates : Septemb. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- i 5 5“ 12m 11 11 49” 29® 18“ 26” 10“ 54” + 6* 59' 31'47",0 Lion \
- Soleil . . . J 15 5 26 11 46 3 18 5 11 30 + 3 12 31 52 ,0 Lion > »
- ( 25 5 41 11 42 31 17 44 12 6 — 0 41 31 57 ,4 Vierge )
- 5 6 1 12 25 18 50 11 27 + 4 50 4,8 P Vierge
- Mercure . . 15 6' 56 12 46 18 35 12 27 — 2 50 5,0 y Vierge Inobservable.
- 25 7 43 13 0 18 17 13 21 — 9 47 5,4 a Vierge
- 5 3 24 10 38 17 51 9 40 + 14 57 10,6 7] Lion
- Vénus. . .< 15 3 53 10 46 17 40 10 28 + 10 55 10,4 a Lion / Le matin avant l’aube.
- 25 4:; 22 10 53 17 25 11 15 + 6 22 10,2 a Lion
- 5 1 37 9 21 17 4 8 24 + 20 23 4,2 Y Cancer ,
- Mars. . . . 15 1 32 9 7 16 42 8 50 + 18 53 4,2 o Cancer \ Le matin avant l’aube.
- 25 1 27 8 53 16 18 9 15 17 13 4,4 Cancer '
- Jupiter. . . 15 8 25 13 48 19 11 13 33 — 8 32 29,4 a Vierge Presque inobservable.
- Saturne . . 15 17 7 21 57 2 47 21 43 — 15 17 16,8 o Verseau Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 15 19 18 2 13 9 8 1 56 + 11 15 3,6 \ Baleine Toute la nuit.
- Neptune . . 15 4 35 11 13 17 50 10 57 + 7 42 2,4 y Lion Inobservable.
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- Grand axe extérieur................................ 42",08
- Petit axe extérieur................................ 9",53
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. + 15° ,09 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 11° ,77
- Voici les élongations de Titan, le principal satellite de Saturne. (Visible avec une lunette d’au moins 0m05 de diamètre) :
- Dates. Élongation. Heure.
- Septembre 6 Orientale 12»,2
- — 14 Occidentale 17»,3
- — 22 Orientale 10»,0
- — 30 Occidentale 15»,2
- Dates. Passage. Heure (T. U.). Temps sidéral à 0» (T. U.) (*)
- Septembre 8 Supérieur 2»24“57“ 23» 5“28‘
- •—. 18 — 1 45 46 23 44 54
- .— 28 .— 1 6 33 0 24 19
- Etoiles variables. •— Minima d’éclat de l’étoile Algol ([3 Per-sée), variable de 2“,2 à 3m,5, en 2*20*48“; le 2 septembre, à 23*22'»; le 5, à 20*10“; le 20, à 4*13“; le 23, à 1*2“; le 25, à 21*51“.
- Le 30 septembre, maximum d’éclat de R Lion, variable de 5“,0 à 10“,5, en 315 jours.
- Etoiles filantes. — Voici, d’après l'Annuaire du Bureau des Longitudes le tableau, dû au regretté W.-F. Denning, des radiants actifs en septembre :
- Uranus va se trouver en opposition avec le Soleil le 23 du mois prochain. Il est visible presque toute la nuit. Pour le trouver, employer une bonne jumelle et se servir de la petite carte spéciale que nous avons donnée au Bulletin astronomique du n° 2930.
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil, le 5 septembre, à 10*. Il est donc inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5, à 12*, Mars en conjonction avec la Lune, à 0° 29 N.
- Le 7, à 10*, Vénus Le 8, à 5*, Mercure Le 8, à 21», Neptune Le 10, à 8», Mercure Le 12, à 7*, Jupiter Le 20, à 18», Saturne Le 21, à 6», Vénus Le 22, à 3», Vénus Le 25, à 12», Uranus Le 25, à 15», Vénus Le 29, à 13», Mercure
- — à 2» 39' N. p Vierge (3“,7), à 0» 12' N.
- la Lune, à 4° 6' N.
- — à 5° 9' N.
- — à 6° 34' N.
- — à 2» 24' S. Neptune, à 0° 30' N.
- / Lion (4“,8), à 0» 1'N. la Lune, à 6° 2' S. a Lion (4“,2), à 0° 19' S. Jupiter, à 2° 57' S.
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Epoque. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Septembre 1er 282» + 41” 7. Lyre
- — 3 354“ + 38“ 14 Andromède
- •— 3 au 14 346“ + 3° jâ-y Poissons
- — 6 au 8 62“ + 37“ "s Persée
- — 8 au 10 78“ + 23“ Ç Taureau
- — 13 68“ + 5“ P. IV 236
- •— 15 et 20 10“ -F 35° P Andromède
- — 15 et 22 6“ + 11° y Pégase.
- •— 20 et 21 103“ + 68“ 42 Girafe.
- — 21 et 22 74» + 44° a Cocher
- — 21 et 25 30“ -F 36“ (ü Triangle
- — 21 31“ -F 18“ a Bélier
- — 29 et 30 24“ + 17“ y Bélier
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er septembre, à 23», ou le 15, à 22», est le suivant :
- Au Zénith: le Cygne; Céphée; Cassiopée.
- Au Nord: La Petite Ourse; le Dragon; la Grande Ourse. Au Nord-Est : le Cocher.
- A l’Est: Le Bélier; le Taureau; Andromède; Persée.
- Au Sud: Pégase, le Verseau; le Capricorne, le Poisson Austral, avec Fomalhaut, très basse sur notre horizon sud.
- A l’Ouest : La Lyre; Hercule; la Couronne boréale; l’Aigle; Ophiuchus. Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR DONNER AU PLATRE L’ASPECT DE L’IVOIRE
- On peut facilement donner aux objets en plâtre blanc l’aspect de l’ivoire, en répandant à la surface de ceux-ci un peu de talc en poudre très fine, puis frottant doucement avec une petite brosse, neuve autant que possible et ne devant servir qu’à cet usage.
- Au début il faut prendre soin d’humecter légèrement la surface avec l’haleine, pour augmenter l’adhérence de la poudre; on termine par un polissage à sec à la flanelle blanche, ce qui donne bientôt le brillant désiré.
- Si on veut obtenir un ton plus chaud, il suffit d’ajouter au talc avant emploi une pointe d’ocre jaune en rendant bien homogène et on s’assurera par un essai préalable sur un plâtre sacrifié que la teinte cherchée est bien réalisée.
- POUR CONSERVER LA FRAICHEUR AU SAUCISSON D’ARLES
- Lorsque des rondelles de ce saucisson restent exposées à l’air, leur surface se ternit, devient grisâtre et d’un aspect peu engageant.
- Voici, d’après un fabricant de ce produit si réputé, le tour de main
- à employer pour conserver aux rondelles non consommées immédiatement toutes leur fraîcheur.
- Les placer dans une soucoupe assez creuse contenant un peu de bonne huile de table et en imbiber soigneusement les deux faces, de manière qu’elles soient préservées de l’oxydation.
- Un peu avant de servir, on laissera égoutter l’excès d’huile et au besoin, on tamponnera avec un linge propre.
- N. B. —• Le procédé est également applicable au saucisson de Lyon dont la préparation se fait dans des conditions analogues de séchage rapide qui assurent la conservation.
- PATE A NETTOYER LES GANTS
- DES CAMELOTS '
- Cette pâte de composition très élémentaire s’obtient en prenant : Savon blanc de Marseille en copeaux .... 100 grammes
- Eau ordinaire non calcaire.......... 50 —
- Faire fondre au bain-marie, rendre homogène et couler en boîtes de fer-blanc.
- Pour l’emploi mettre un peu de pâte sur un morceau de flanelle propre, frotter la tache et essuyer avec un chiffon de toile également très propre.
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- .. L’AUTOMOBILE PRATIQUE Z.... .
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS TECHNIQUES
- LA CALAMINE ET .SES INCONVÉNIENTS
- En argot d’automobile, on appelle calamine un dépôt en général très dur formé essentiellement de charbon de cornue, qui se produit à l’intérieur des cylindres, et y provoque divers troubles.
- Le mélange d’essence et d’air servant à la carburation ne brûle pas toujours complètement; les produits lourds char-bonnent en produisant du noir de fumée, mais le charbon produit par cette combustion incomplète se présente sous la forme pulvérulente. Il détermine une fumée noire, très caractéristique, et un dépôt sur les bougies; on ne peut considérer pourtant qu’il est la cause essentielle de la calamine.
- Celle-ci provient surtout de l’huile de graissage déposée Je long des parois des cylindres ou des pistons et qui brûle incomplètement en donnant une fumée bleuâtre caractéristique.
- Une grande partie de ces résidus est entraînée par les gaz d’échappement, mais une portion plus ou moins importante se colle contre les parois du cylindre et le fond du piston; elle y forme un dépôt charbonneux, dont l’épaisseur s’accroît par couches successives.
- La remontée d’huile dans les cylindres est donc une cause du calaminage. Mais cette remontée d’huile est, dans des limites déterminées, nécessaire pour la lubrification du piston. On peut donc dire que le calaminage d’un moteur est un phénomène inévitable, l’huile introduite dans la chambre d’explosion ne retournant au carter qu’en faible partie.
- Si les remontées d’huile sont-trop importantes, le calaminage s’accélérera et sera d’autant plus rapide que les segments sont moins étanches, et le graissage plus abondant. La qualité de l’huile et sa fluidité jouent également un rôle important. Il y a enfin certains moteurs qui « brûlent l’huile » plus ou moins complètement. Les systèmes d’allumage utilisés, le taux de compression, le brassage plus ou moins complet du mélange carburant, jouent un rôle à cet égard.
- Enfin les poussières de la route aspirées par le carburateur peuvent s’ajouter aux résidus de la combustion. L’emploi d’un filtre d’air est donc toujours recommandable, bien qu’il ne faille pas s’exagérer l’importance de cette cause accessoire.
- La calamine se dépose surtout sur les parties les plus froides des cylindres; c’est ainsi que la soupape d’aspiration, qui reste toujours beaucoup plus froide, est généralement recouverte d’un dépôt épais de calamine, alors que la tête de la soupape d’échappement est beaucoup moins encrassée.
- L’inconvénient essentiel de la calamine consiste dans la réduction du volume de la chambre de compression. L’élévation du taux de compression qui en résulte rend possible les phénomènes de cognement, de cliquettement, dus à l’auto-allumage. L’auto-allumage se produit d’autant plus aisément que la masse de calamine mauvaise conductrice de la chaleur reste constamment incandescente.
- Le moteur ne rend plus comme à l’habitude, chauffe d’une manière anormale et use plus d’essence pour un même service.
- Le procédé le plus simple et le plus rapide pour décalaminer un moteur est de recourir à l’oxygène. On allume une parcelle de calamine, et on dirige à l’intérieur du moteur un jet d’oxygène provenant d’une bouteille dans laquelle il est comprimé; on assure ainsi la combustion de toute la calamine du cylindre. Il faut d’abord chauffer le moteur en le mettant en marche quelques minutes, et, en prenant les précautions nécessaires, on procède ensuite au nettoyage par l’oxygène.
- On pourrait craindre que ce procédé ne détériore les cylindres ou les pistons. Il n’en est rien, la calamine brûle tellement rapidement qu’elle ne peut échauffer les parois d’une manière dangereuse.
- Le démontage de la culasse du moteur, lorsque cette opération est possible, permet le nettoyage de toutes les parties de la culasse et du bloc dans les meilleures conditions. Il permet aussi d’examiner pistons et soupapes. C’est le procédé le plus complet, et, sans doute, le plus recommandable, mais il esL relativement lent et coûteux et nécessite, en particulier, le remplacement des joints de culasse. Il ne peut évidemment être mis en œuvre que par un mécanicien (fig. 1).
- A côté de ce procédé qu’on pourrait appeler chirurgical, il existe toute une thérapeutique assez variée en vue d’empêcher la calamine de se former ou de la faire disparaître, sans avoir à intervenir sur les organes calaminés. A cet effet on mélange à l’essence certains produits dissolvants.
- Un procédé simple et peu coûteux consiste à mélanger du camphre végétal naturel à l’essence; suivant que l’on veut obtenir un résultat rapide ou simplement une action préventive, on emploie 1 à 6 gr par litre.
- Le camphre se dissout rapidement dans l’essence. Il suffit de faire dissoudre dans un bidon la quantité cor-respondant à la contenance totale du réservoir, et de vider la solution ainsi préparée dans le réservoir. lia richesse en oxygène du camphre permet, en même temps, d’améliorer la combustion Fig- 1. — Comment s’effectue le décalaminage et d’obtenir généra- ® 1 oxygène.
- lement une augmen- Introduction du bec du chalumeau dans un tation du rendetnent cylindre,
- du moteur.
- Les essences actuelles contiennent obligatoirement de l’alcool, depuis quelque temps ; ces mélanges dont la plupart des automobilistes se plaignent auraient des propriétés décala-minantes certaines, grâce surtout, semble-t-il, à la proportion d’eau contenue dans l’alcool, et qui se dissocie en hydrogène et oxygène.
- Pour obtenir un décalaminage plus actif, on peut, d’ailleurs, employer un mélange comportant deux tiers d’alcool et 1/3 de benzol. Ce mélange ne peut être utilisé dans les villes, car la carburation n’est alors possible que lorsque le moteur est chaud, et il faut un gicleur d’un diamètre un peu plus fort que le diamètre normal. Quelques heures de marche avec ce carburant suffiraient à assurer un décalaminage complet.
- Le calaminage dépend, d’ailleurs, non seulement du type de moteur mais encore du service normal de la voiture. Dans les villes, par exemple, il est plus accentué, parce que la marche au ralenti favorise la remontée d’huile.
- Mentionnons le procédé de décalaminage par mélange de vapeur d’eau au gaz carburé, procédé peu coûteux évidemment mais assez délicat à utiliser. On sait, enfin, qu’il existe dans le commerce de nombreux produits assurant un décalaminage lent ou rapide. Nous en avons indiqué déjà quelques-uns dans des chroniques précédentes d’automobile pratique.
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- Un produit de ce genre, de création récente, se présente sous la forme de tablettes de petites dimensions. Pour déca-laminer complètement le moteur, il suffit de mettre deux tablettes par 5 litres pendant environ 200 kilomètres, et ensuite 1 tablette par 5 litres. Ce produit évite l’encrassement, fait disparaître généralement le cliquetage, et le cognement, et assure une meilleure combustion du mélange gazeux. Les tablettes contiennent également une huile spéciale graissant la partie haute des cylindres et le siège des soupapes, ce qui permet, en même temps, un super-huilage facile à obtenir.
- LA VENTE DES VOITURES NEUVES DURANT L’ANNÉE 1933
- Malgré la crise économique, le nombre des immatriculations des véhicules neufs de marques françaises en 1933 n’a pas diminué dans des proportions considérables. Il était en effet de 173 394enl931,155661 en 1932, etils’estélevéà 166127 enl933.
- Les statistiques des exportations à l’étranger et aux colonies sont également relativement satisfaisantes. Le nombre des véhicules exportés en 1931 a été en effet de 26 318, de 19 206 en 1932 et de 25 461 en 1933.
- Le Bulletin officiel de la Chambre syndicale des Constructeurs d’automobiles a publié également le relevé des véhicules automobiles ayant fait l’objet d’une déclaration de mise en circulation durant l’année 1933. Voici ce relevé en ce qui concerne les voitures de tourisme :
- MOIS TOURISME
- Français Etrangers Ensemble
- Janvier 10.847 522 11.369
- Février 10.535 530 11.065
- Mars 15.239 801 16.040
- Avril 14.830 1.016 15.846
- Mai 15.847 919 16.766
- Juin 14.903 995 15.898
- Juillet 13.229 942 14.171
- Août 9.135 658 9.793
- Septembre 7.217 476 7.693
- Octobre 8.361 491 8.852
- Novembre 10.708 510 11.218
- Décembre 9.784 469 10.253
- Totaux. . . . 140.635 8.329 148.964
- Une légère diminution des ventes semble s’être manifestée vers la fin de l’année; d’ailleurs en janvier 1934, le total ne s’est élevé qu’à 9484, et en février à 10 703, chiffres inférieurs à ceux de l’an dernier.
- UNE CARROSSERIE CONDUITE INTÉRIEURE PANORAMIQUE
- Les carrosseries les plus répandues aujourd’hui sont à conduite intérieure. On leur demande non seulement le confort, l’élégance, la solidité, le moins possible de résistance à l’avancement dans l’air; mais encore, elles doivent assurer une bonne visibilité au conducteur, condition nécessaire pour éviter les accidents.
- ” Le défaut de visibilité provient souvent de l’écran opaque, en quelque sorte, constitué par les montants de carrosserie reliant à l’avant le toit à l’auvent. Ces montants, plus ou moins larges, peuvent créer de chaque côté de la voiture, pour le conducteur, une véritable zone aveugle. Cette dernière est formée par les rayons visuels tangents aux parois des montants, et divergents vers l’avant de la voiture, c’est-à-dire qu’elle s’élargit de plus en plus avec la distance (fig. 2).
- Pour atténuer cet inconvénient, on a diminué l’épaisseur de ces montants dans les carrosseries modernes, mais il faut néanmoins les placer normalement à l’angle de l’auvent, et leur conserver une rigidité suffisante pour soutenir le toit, fixer solidement le pare-brise, et même servir d’encastrement à la porte. Il est donc bien difficile, sans diminuer la solidité et la durée de service des carrosseries, de réduire dans de grandes proportions l’importance de ces montants, même lorsqu’ils sont métalliques.
- Pour conserver la solidité et la rigidité de la carrosserie, tout en supprimant l’inconvénient optique produit par les montants de la forme ordinaire, un constructeur a eu récemment l’idée de modifier complètement leur forme. Au lieu d’employer un seul montant opaque plus ou moins large, il le remplace par un large panneau transparent formé d’une glace de sécurité arrondie et sertie entre deux montants étroits en acier.
- Chacun de ces montants étroits détermine une zone aveugle limitée par les rayons visuels tangentiels, mais ces rayons convergent derrière les montants au lieu de diverger, de sorte qu’à une certaine distance, la zone aveugle se rétrécit au lieu de s’élargir. Par un curieux phénomène d’optique, à une distance des yeux inférieure à 2 mètres, toute zone noire disparaît, grâce à la vision binoculaire. La visibilité est intégrale, parce que toute partie d’un objet qui n’est pas aperçue par l’un des yeux est aperçue par l’autre.
- La sécurité de conduite y gagne; c’est le point essentiel; les passagers de la voiture ont en outre l’agrément de jouir, eux aussi, d’une visibilité intégrale et d’une luminosité accrue (fig. 3).
- UN SYSTÈME PRATIQUE POUR EFFECTUER LES RACCORDS DE PEINTURE
- Les vernis automobiles sont aujourd’hui presque exclusivement à base de produits cellulosiques; bien appliqués, ils sont de longue durée, ils sont beaucoup plus résistants et plus faciles à appliquer que les anciens vernis. Il arrive pourtant, que par suite de choc, ou d’usure il soit nécessaire d’effectuer quelques raccords. Les ailes, les roues, les bavolets, plus exposés aux chocs et aux intempéries, réclament de temps à
- Fig. 2. — Formation de la zone aveugle pour le conducteur.
- A gauche : carrosserie ordinaire. A droite ; carrosserie panoramique.
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- autre cette mise à neuf. L’automobiliste peut exécuter lui-même ces opérations.
- Toutefois à l’application au pinceau qui donne des surfaces inégales et d’aspect peu plaisant, on préférera la pulvérisation.
- Un constructeur a établi récemment à cet usage un matériel spécial et peu coûteux pouvant être employé sans connaissances spéciales.
- L’appareil se compose essentiellement d’un bidon de peinture cellulosique sur lequel est placé un pulvérisateurs à raccords qu’il suffit de relier à une poire ou à une simple pompe quelconque, de bicyclette tmu d’automobile, un gonfleur, une bouteille d’air, etc...
- 4).
- Il est nécessaire cependant d’observer quelques précautions si l’on veut obtenir une surface polie et durable. On nettoie d’abord la partie raccordée, soit a. gauche à l’alcool, soit à l’essence; puis, on la ponce soigneusement à l’aide de papier abrasif trempé au préalable dans l’eau légèrement savonneuse. S’il se présente des fissures ou des creux, on les bouche au mastic,
- Fig. 4. — Bidon de vernis cellulosique muni d’un pulvérisateur à raccords type Sprido.)
- de manière à obtenir une surface très plate. Dans ce cas, après séchage, on ponce de nouveau avec du papier abrasif employé humide pour obtenir une surface unie et lisse. On applique ensuite la peinture à l’aide du bidon pulvérisateur, en une ou deux couches, en laissant sécher dix à quinze minutes et on termine en lustrant la surface raccordée au moyen de pâte à polir spéciale.
- SYSTÈME INTÉGRAL DE SIGNALISATION LUMINEUSE DE BORD
- On a déjà proposé un très grand nombre de systèmes lumineux de signalisation, bien peu malheureusement, sont efficaces. Un signalisateur pratique doit, en effet, tout d’abord, assurer les divers signaux avec le minimum de mouvements, libérer les mains et les pieds du conducteur qui peuvent être occupés avant et pendant les virages et fonctionner, en quelque sorte, par simple réflexe. Il faut, en outre, que le dispositif comporte des moyens de contrôle de répétition du signal lumineux sans complexité mécanique ni électrique, et enfin, il doit assurer la sécurité complète aussi bien vis-à-vis du véhicule qui suit que de celui qui dépasse ou de celui qui vient à la rencontre de la voiture.
- Fig. 3. — Carrosserie panoramique Panhard.
- visibilité avec une carrosserie panoramique Panhard. visibilité avec une carrosserie ordinaire.
- A droite
- On emploie souvent des bras sémaphoriques montés sur les montants du pare-brise, mais ce système n’est visible que par le conducteur d’une voiture déjà en dépassement, ou d’une automobile située à grande distance. Il n’est pas visible pour le conducteur placé à petite distance, et, de même, il peut arriver que l’indicateur lumineux arrière placé généralement très bas ne possède pas une visibilité suffisante pour attirer normalement l’attention du conducteur suivant (fig. 5).
- Un constructeur lyonnais a établi un système de signalisation un peu plus complexe, mais qui présente sur les dispositifs actuels l’avantage d’une visibilité intégrale, et d’une commande plus aisée.
- Il comporte un signal lumineux, destiné à avertir le conducteur de la voiture qui suit;.il est placé derrière la glace de custode à l’abri de la poussière et de la boue, donc sa luminosité est toujours égale. Il peut être simplement appliqué contre la glace à l’aide de ventouses, et son contrôle est facile pour le conducteur, car il aperçoit sa lueur dans la glace du rétroviseur réglementaire (fig. 7).
- Un signal avant lumineux à bras mobile est en outre disposé sur l’aile gauche, le plus en avant possible de manière à couvrir le conducteur vis-à-
- vis d’une voiture ayant commencé à le dépasser et dont le conducteur ne peut plus voir le signal arrière (fig. 5).
- Ces signaux lumineux sont mis en action par un contac-teur de commande fonctionnant par réflexe, sans l’action des mains ni des pieds, par un simple déplacement du genou de quelques millimètres d’amplitude, et donnant, en même temps que le signal lumineux de direction avant et arrière, le signal « stop » et le signal sonore (fig. 6.).
- Ce contacteur à charnière prend ap-
- Fig. 5.
- Visibilité du signal de changement de direction.
- A, Avec un simple bras lumineux.
- B, Avec un bras et un signal arrière.
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- Fig. 6. — Signalisaieur monté derrière la glace de cuslode et sur l’aile avant de la voiture (type F. U. P. .
- pui sur la colonne de direction par un collier de pose facile. Il comporte un boîtier central pivotant avec voyant de rappel, et deux manettes de manœuvre superposées. La manette supérieure met en action l’avertisseur sonore, et la manette inférieure est reliée aux signaux lumineux (fig. 7).
- Si l’on pousse l’ensemble avec le genou de quelques millimètres, on fait seulement fonctionner l’avertisseur; si l’on pousse l’ensemble jusqu’au bout de la course, on met en marche avertisseur et signaux lumineux.
- Le son cesse aussitôt, alors que les signaux lumineux restent en action le temps voulu. Ainsi, avec le genou gauche on peut déterminer le signal sonore, l’allumage de la flèche gauche, du stop et du bras placé à gauche. Avec le genou droit, on peut mettre en action le signal sonore, la flèche droite et le stop. Ce système semble donc donner plus de garanties que les appareils employés jusqu’à présent, et augmenter, en même temps, la facilité de la manoeuvre pour le conducteur.
- UN AMORTISSEUR HYDRAULIQUE A THERMO-RÉGLAGE AUTOMATIQUE
- On emploie depuis longtemps des amortisseurs à friction et des amortisseurs hydrauliques. La vogue s’est manifestée tantôt pour les uns, tantôt pour les autres, l’amortisseur hydraulique semble aujourd’hui préféré. Il permet un freinage souple et efficace, qualité indispensable sur les voitures modernes comportant des ressorts de très grande flexibilité. Pour que le résultat obtenu soit satisfaisant, il faut cependant, tout
- d’abord, que le freinage produit par l’amortisseur soit régulier, et même puisse varier suivant le poids de la voiture chargée, la vitesse à laquelle on roule, les variations du sol, etc. De là, d’ailleurs l’étahlissement d’amortisseurs pouvant être réglés en marche par le conducteur.
- Le fonctionnement des amortisseurs hydrauliques ordinaires repose sur l’écoulement de l’huile à travers un orifice étroit. Il dépend donc de la fluidité de l’huile. En hiver, celle-ci est faible, l’amortisseur est donc très résistant, et la suspension est trop dure. En été, au contraire, l’huile est très fluide, la résistance est peu appréciable, et l’amortissement inefficace.
- D’ailleurs, l’amoi'tisseur ordinaire ne s’adapte évidemment pas aux diverses allures, et à l’état des routes, et il est difficile d’éviter complètement les fuites d’huile.
- Pour atténuer ces inconvénients, un constructeur a établi un appareil hydraulique qui comporte un dispositif de thermoréglage automatique et un compensateur mécanique agissant suivant les variations de l’état de la route.
- La commande thermostatique du système a pour but de faire varier le diamètre de l’orifice de freinage en raison inverse de la température de l’huile, de manière à obtenir toujours la même résistance à l’écoulement, quelle que soit la fluidité. L’amortisseur est réglé pour une température de 20°; un thermostat ferme automatiquement la valve de réglage d’une quantité déterminée correspondant à l’élévation de la température, et, inversement, la valve s’ouvre de façon déterminée suivant l’abaissement de la température.
- D’un autre côté, le système oscillant est muni d’une ailette à grande surface, et de profil étudié de manière à augmenter automatiquement la puissance de freinage, en raison directe de l’augmentation de vitesse de cet organe dans la cuvette de l’amortisseur.
- Sur de bonnes routes et à petite allure, le système se déplace lentement et légèrement, la résistance est faible; sur mauvaise routé et aux grandes allures, les déplacements sont rapides et importants, et le freinage est beaucoup plus accentué.
- On peut comparer ce phénomène à celui qui se produit lorsqu’on tire une rame enfoncée dans l’eau. Si le mouvement est large et lent la résistance est facilement vaincue; si on la tire rapidement, la résistance augmente en même temps que la vitesse.
- La cuvette de l’amortisseur contient au centre un palier dans lequel tourne l’extrémité inférieure de l’arbre à ailettes. La
- Fig. 7, —. Signa F. U. P. Disposition du contacteur au genou et des signaux lumineux.
- Conta et eu r au genou
- Rètrovision du répétiteur arrière
- Ce que voit le conducteur qui va dépasser
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- Fig. 8. — Amortisseur hydraulique Srtubbers.
- De gauche à droite : la cuvette, le segment et l’arbre à ailettes.
- plaque de palier avec les parois de la chambre de réserve et le segment de la chambre de compression forme un assemblage d’une seule pièce mécanique comme le montrent les figures 8 et 9.
- La plaque de palier principale comporte, en outre, le dispositif thermostatique consistant en une pièce de profil en U
- Fig. 9. — Amortisseur hydraulique Snubbers.
- La commande îhermostatique et l’arbre monté sur le segment.
- en bimétal, à l’extrémité de laquelle est attaché un piston maintenu par un double joint universel. Le métal, sous l’action de la chaleur, fait mouvoir le piston, de telle sorte que l’orifice de passage de l’huile se modifie à chaque degré de variation de température.
- Une rainure disposée autour de l’arbre, et qui correspond avec la chambre de réserve par un canal, ramène l’huile par un dispositif de succion lors de chaque déplacement du levier de l’amortisseur. Un filtre est placé entre les chambres de réserve et de compression; l’huile qui passe de l’une dans l’autre à chaque mouvement des leviers est purifiée constamment et conserve sa viscosité.
- UN VÉRIFICATEUR DE BOUGIES IMPROVISÉ
- Quelle que soit leur marque, les bougies doivent être nettoyées et ajustées de temps en temps, de façon à leur assurer un fonctionnement aussi satisfaisant que si elles sont neuves. Pour s’assurer que le fonctionnement d’une bougie est normal, on peut accélérer légèrement le moteur, et se servir d’un tournevis à manche en bois. On appuie la tige du tournevis sur une partie métallique quelconque du bloc moteur, et l’on rapproche l’extrémité de l’outil de la bougie
- que l’on veut essayer. Si aucune étincelle ne se produit entre l’outil et la bougie, c’est que celle-ci ne fonctionne pas. Cette opération peut également être effectuée au moyen d’un marteau à manche isolant.
- On peut aussi utiliser plus facilement encore un petit appareil à tube luminescent au néon, dont on trouve maintenant des modèles pratiques à des prix très modiques, mais il y a des systèmes vérificateurs d’allumage de fortune plus simples encore qui peuvent rendre de grands services.
- On peut en constituer un, très rapidement, comme le montre la figure 10 à l’aide d’un simple crayon, de préférence d’assez gros diamètre. Le crayon est taillé sur ses deux côtés et on effectue une entaille en biseau vers une extrémité. Le fonctionnement du système est alors facile à comprendre. On applique une des pointes du crayon sur la bougie, et l’autre pointe sur le bloc moteur. L’étincelle jaillit alors dans l’entaille en biseau entre les deux parties conductrices de la mine en graphite qui ont été interrompues, et on peut se rendre compte si l’étincelle produite est normale ou non.
- POUR ÉVITER LES FUITES DES RADIATEURS
- Certains radiateurs peuvent présenter des fuites légères qui ne nécessitent pas une réparation importante. Différents systèmes ont été recommandés pour éviter ces fuites, en particulier l’emploi de graines de lin, ou de produits plus ou moins spéciaux et coûteux.
- On peut, semble-t-il, arriver aux mêmes résultats par un moyen plus simple. Il suffit d’employer un blanc d’œuf battu en neige par la méthode habituelle bien connue des cuisinières, de le mélanger à un litre d’eau, et de verser le tout dans le
- Fig. 10. — Vérificateur d'allumage de fortune établi avec un crayon.
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- POUR PROTÉGER LES COINS DES CAPOTS
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- Tube en caoutchouc
- Fig. 11. — Protection facile des coins de capots.
- radiateur. Lorsque l’eau s’échauffe, la coagulation se produit et suffit, en général, à éviter ces fuites.
- Lorsqu’on relève les capots des moteurs, les coins intérieurs peuvent détériorer la peinture, ou même, dans certains modèles, les phares. On évite cet inconvénient en recouvrant ces coins de dispositifs protecteurs en caoutchouc ou en cuir, plus ou moins complets mais il suffit bien souvent, comme le montre la figure 11, d’entourer seulement ces coins d’un petit bout de tube de caoutchouc fendu que l’on peut faire adhérer, s’il y a lieu, avec un peu de ciment. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Tablettes Carbohyd, 111, boulevard Magenta, Paris (10e).
- Carrosserie panoramique Panhard, 24, av. des Champs Elysées, Paris-
- Pulvérisateur de peinture Sprido, 64, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- Signalisaleur intégral, ateliers F.U.P.,11 6/s, rue de St-Gervais, Lyon.
- Amortisseurs à thermo-réglage automatiqueq Snubbsrs. Établissements Mertens, 75 bd Gouvion-St-Cyr, Paris.
- A PROPOS de la MACHINE A PRODUIRE LES ECHOS
- Nous avons décrit dans le numéro du 15 mai 1934 de La Nature une machine électro-acoustique destinée à produire artificiellement des effets d’échos, et due à M. Hickman, ingénieur des Laboratoires Bell.
- M. Léon .Gaumont a bien voulu nous faire connaître à ce sujet qu’il s’était occupé de questions analogues, et avait pris en juin 1931, en commun avec la Compagnie Radio-Cinéma, un brevet relatif à un dispositif de ce genre.
- Lorsque dans une grande salle, les sons sont renforcés par des hauts-parleurs situés à des distances assez importantes les uns des autres, les sons émis directement par l’orateur ou par l’orchestre sont perçus par les auditeurs éloignés avec un retard qui, en raison de la vitesse de propagation du son, dépend de la distance entre le point d’émission et le point où se trouve l’auditeur. Si cette distance est notable, ce retard peut atteindre plusieurs dixièmes de seconde, ce qui est suffisant pour provoquer des interférences.
- L’invention de M. Léon Gaumont avait principalement pour but de remédier à ce défaut en faisant émettre par les haut-parleurs éloignés les sons musicaux ou les paroles avec un certain retard, fonction de la distance entre le haut-parleur considéré et l’endroit où le son est émis directement. L’invention a, en outre, pour but plus général de mettre en oeuvre la méthode indiquée pour réaliser un enregistrement, même seulement momentané des sons, et reproduire ces derniers au bout d’un laps de temps convenable. Elle se rapproche donc sur ce point de la méthode Hickman décrite précédemment.
- Comme M. Hickman, M. Léon Gaumont a eu l’idée d’utiliser l’enregistrement par un procédé électromagnétique sur fil d’acier doux, ou plutôt sur un cercle ou un anneau d’acier doux. L’intervalle de temps entre l’enregistrement et la reproduction ne variant que d’une fraction de seconde, le cercle peut n’avoir qu’un diamètre très restreint.
- Ce cercle ou anneau passe donc d’abord dans un champ magnétique soumis aux variations du courant microphonique, puis, plus ou moins loin de là, sous le système reproducteur, et enfin dans un champ magnétique puissant et constant permettant de faire disparaître toute trace des ondes sonores enregistrées, sur la partie de l’anneau qui va se représenter sous l’inscripteur.
- La figure 1 montre, à titre d’exemple, le principe de réali-
- sation d’un système de ce genre. Un cercle d’acier doux ou de tout alliage, à propriétés magnétiques bien homogènes, est animé d’un mouvement de rotation uniforme, et soumis à l’action d’un dispositif enregistreur produisant une aimantation de l’anneau, variable suivant les sons émis.
- Un dispositif reproducteur traduit les variations d’aimantation du noyau en un courant musical, susceptible, après amplification convenable, d’actionner un ou plusieurs haut-parleurs éloignés. Un dispositif souffleur permet de ramener le métal à l’état magnétique initial. Un dispositif de guidage constitué, par exemple, par un cercle à crémaillère, permet de caler le reproducteur à la position convenable, soit à la main, soit au moyen d’un moteur commandé à distance.
- P. H.
- Fig. 1. — Schéma du dispositif proposé par M. L. Gaumont.
- Enregistreur
- Jüercie en acier doux
- Système
- souffleur
- Reproducteur
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’électron magnétique (théorie de Dirac), par Louis de Broglie, 1 vol., 31G p., 2 pl. hors texte. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 100 fr.
- Les théories physiques se succèdent avec une étonnante rapidité : la dernière née, celle de Dirac, a retenu l’attention des physiciens, par le succès avec lequel elle a expliqué des laits importants que les théories plus anciennes des quanta et de la mécanique ondulatoire n’avaient pas réussi à faire entrer dans leurs cadres : comme la structure fine des spectres de rayons X et des spectres optiques en général, ou les anomalies de l’effet Zeemann. Elle a même permis de prévoir l’électron positif, dont la découverte ultérieure peut être considérée comme un brillant succès à son actif.
- La théorie de Dirac dérive de la mécanique ondulatoire, telle que l’ont créée MM. de Broglie et Schordinger, combinée avec les idées, relativistes et quantiques. M. de Broglie en donne ici un brillant exposé mais dont la lecture n’est permise qu’aux lecteurs déjà initiés aux développements des théories qui l’ont précédée.
- Cet exposé est précédé par une introduction du plus haut intérêt qui occupe la moitié de l’ouvrage et qui est consacrée à montrer les succès et les échecs des théories quantiques et de la mécanique ondulatoire primitive; on aperçoit là les raisons profondes qui ont provoqué la naissance et guidé l’évolution de théories nouvelles dont le dernier aboutissement est celle de Dirac.
- Phénomènes photo-électrochimiques. Action de la lumière sur le potentiel métal-solution, par
- R. Audubert. 1 brochure, 34 p., 5 fig., Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 8 fr.
- Intéressante et originale étude sur l’effet photovoltaïque. L’auteur, s’appuyant sur de nombreuses expériences, propose la théorie suivante : dans la pile photovoltaïque le rayonnement intervient, non pas par un dégagement photoélectrique d’électrons, mais en déplaçant les équilibres d’oxydo-réduction dont les électrodes sont le siège, en agissant sur l’eau de la solution où celles-ci sont plongées, probablement par un processus secondaire dans lequel l’hydrogène et l’oxygène mis en liberté interviennent sur l’électrode.
- La locomotion chez les animaux. — I. Le vol des insectes, par le Dr A. Magnan. 1 vol. in-4, 186 p., 209 fig., 36 pl. Fondation Singer-Polignac. Hermann et Cie, Paris, 1934.
- Si les problèmes de l’avion sont maintenant à peu près connus, il n’en est pas de même à beaucoup près du vol par battements, qu’il s’agisse des machines ou des animaux. Le professeur du Collège de France a consacré de longues et importantes études au vol des oiseaux et des insectes. En naturaliste, il a mensuré les diverses espèces, déterminé leur poids, leur surface, leurs lignes, leurs profils; il a observé leur envol, dans les champs et l’a provoqué au laboratoire; en mécanicien, il a enregistré leurs mouvements et soumis ces données à l’analyse mathématique. Le sujet était neuf, car Marey avait à peine réussi à l’aborder, mais nécessitait un grand effort pour perfectionner l’outillage et se libérer des formules classiques (tel KSV^) qui ne rendent plus compte du réel. L’auteur a su créer de toutes pièces des appareils nouveaux : un cinématographe ultra-rapide donnant jusqu’à 25 000 images par seconde, une balance aérodynamique et une soufflerie minuscules pour ailes d’insectes, un anémomètre à fil chaud, des dispositifs optiques révélant les moindres mouvements de l’air. Et c’est ainsi qu’il a pu analyser les vols de nombreux insectes, compter leurs battements, comprendre leur sustentation, leur propulsion, aboutir à une théorie satisfaisante des mécanismes en jeu. Ce livre expose la méthode suivie et rassemble tous les résultats déjà acquis.
- Le vol ve rtical, par le Lt-Colonel Lamé. 1 vol. illustré, 242 p. Blondel-la-Rougery. Paris, 1934. Prix : 45 fr.
- Le colonel Lamé a toujours été un défenseur de l’hèlicoptère. En 1926, il publiait une excellente étude sur ce sujet. Le présent volume en est une nouvelle édition, complétée par des nouveaux développements théoriques relatifs aux dispositifs conçus et réalisés en ces dernières années, et par la description des appareils expérimentés depuis lors. Après un aperçu rapide de l’histoire de l’aéronautique, l’auteur consacre une large place à la théorie des sustentateurs hélicoïdes, de l’avion hélicoptère, et des voilures tournantes, et il examine rapidement la question des roues à aubes. Il ne s’agit pas ici de théories purement abstraites, mais de déductions fondées avant tout sur les expériences de laboratoire. L’auteur passe ensuite en revue les différents appareils avec lesquels on a tenté, depuis l’origine de réaliser le vol vertical. Les résultats peuvent paraître de faible importance en valeur absolue; on doit constater cependant de très sérieux progrès en ces derniers temps, et ils justifient l’optimisme que l’auteur témoigne à l’égard de l’avenir du vol vertical.
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- Eléments de chimie organique biologique, Introduction chimique à l’étude de la biologie générale, par Michel Polo-
- novski et AlbertLESPAGNOL. 1 vol. in-8, 594 p., fig. Masson et C'e Paris, 1934. Prix : 100 fr.
- La chimie biologique marche à pas de géants. Songez qu’il n'y a que 5 ans que la structure des sucres fut bouleversée et que les conceptions de la cellulose viennent de changer tout récemment. 11 est fort heureux que les deux professeurs de l’université de Lille aient eu le courage d’écrire un ouvrage tout à fait à jour à l’usage de, étudiants et des chercheurs qui risquaient de se trouver en retard sur les conceptions actuelles. Entre le traité de chimie organique et celui de chimie biologique, ils jettent un pont. Renonçant à parler des innombrables composés qui forment la matière vivante, ils développent surtout les grands groupes des glucides (sucres), des terpènes et des pigments, des lipides (graisses), des amines et des protides (substances azotées), des alcaloïdes. Chaque chapitre se termine par un appendice décrivant les meilleures techniques analytiques. C’est sur beaucoup de points un rajeunissement et un renouvellement des notions classiques.
- Précis de toxicologie, par E. Kohn-Abrest, 1 vol. in-8, 388 p., 55 fig. Doin et Cie, Paris, 1934. Prix : 50 fr.
- Directeur du laboratoire de toxicologie de la Préfecture de Police, chargé des cours pratiques de toxicologie à l’Institut médico-légal de la Faculté de Médecine, l’auteur est particulièrement qualifié pour donner aux médecins légistes les règles techniques d’expertises. Il le fait, depuis le prélèvement jusqu’au rapport. Les méthodes analytiques qu’il décrit sont celles qu’il emploie parce que les plus sûres et les plus sensibles. Il étudie ainsi successivement les gaz toxiques, les poisons volatils, les poisons métalliques, les acides, les corrosifs, les antiseptiques, les alcaloïdes.
- Les poissons et le monde vivants des eaux, par le
- Dr Louis Roule. Tome VIL L’abîme des grands fonds marins. 1 vol. in-8, 326 p., 83 fig., 16 planches en couleurs. Delagrave, Paris, 1934. Prix : 42 fr.
- Continuant son œuvre, le professeur du Muséum présente le 7° volume consacré aux poissons et au monde vivant des eaux. Cette fois-ci, il explore les profondeurs, où la succession des jours, des saisons, des climats, est inconnue, où régnent éternellement le silence et la nuit. De ses souvenirs de croisières, de ses réflexions de zoologiste, il tire l’image de ces abîmes qu’il trouve plus effrayants que ceux souterrains explorés par Martel. Après les avoir évoqués, il présente leurs étranges habitants, inimaginables sans les nombreuses figures et les belles planches en couleurs qui accompagnent le texte, et, comme toujours, par quelques chapitres de méditations il termine son œuvre.
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- A travers V Afrique-Equatoriale sauvage, par Jean Thomas, 1 vol. in-4, 223 p., 17 fig., 36 planches, 1 carte. Larose, Paris, 1934.
- Jean Thomas était un explorateur né. Soit seul, soit avec sa femme et même son tout jeune enfant, il avait déjà traversé plusieurs fois l’Afrique du Nord et l’Afrique-Occidentale, dans les parties les plus difficiles et les moins connues. La Nature a publié plusieurs des études qu’il fit ainsi. En 1929, il repartait dans l’Afrique-Equatoriale sauvage et remontait jusqu’au Tchad, à la fois pour enseigner aux indigènes l’art de la pêche et la préparation du poisson, afin de remédier à leur nourriture insuffisante, et pour recueillir des animaux et des poissons destinés à l’Exposition coloniale. Il fit d’amples récoltes de toutes sortes qu’il put ramener vivantes au prix d’énormes difficultés (dont les dernières, au débarquement à Bordeaux, par la faute des règlements et surtout des hommes, firent quelque bruit). Peu après, il mourait brusquement alors qu’on espérait tant de son intelligence et de son audacieuse activité. In memoriam, voici le récit de son dernier voyage, vivant, alerte, évocateur de la forêt tropicale et de la brousse, et qui montre une dernière fois toutes ses qualités d’homme et de savant.
- Les moûts concentrés de raisins, par R. Brunet, 1 vol., 128 p. 15 fig. J.-B. Baillière. Paris 1934. Prix : 15 fr.
- La concentration des moûts de raisins est une technique très répandue dans certains pays viticoles : Etats-Unis, Italie notamment et elle y rend de signalés services. Elle l’est beaucoup moins chez nous, en raison de la législation qui a longtemps empêché les concentrations de moûts à plus de 10 pour 100. La situation légale est aujourd’hui modifiée et cet obstacle n’existe plus. La concentration des moûts peut donc se développer en France, avec l’avantage non seulement d’améliorer certaines techniques de vinification, mais surtout de créer à la viticulture des débouchés nouveaux : jus de raisins, miel de raisin, etc. Le petit livre de M. Brunet explique très clairement l’état actuel de la législation et de la fiscalité réglant en France la fabrication des moûts concentrés, et il décrit les principaux appareils aujourd’hui en usage pour effectuer cette concentration.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE M. Baillaud.
- L’ancien directeur de l’Observatoire de Paris est mort, le 8 juillet dernier, à Toulouse. Il était né à Chalon-sur-Saône le 14 février 1848. Entré à l’École Normale supérieure en 1866 il fut de 1878 à 1908 professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse et directeur de l’Observatoire Astronomique de cette ville. En 1908, il quitte Toulouse pour prendre la direction de l’Observatoire de Paris et est nommé, la même année, membre de l’Académie des Sciences.
- A Toulouse, il organisa une large participation de l’Observatoire à la carte photographique du ciel, ce qui lui donna l’occasion de collaborer étroitement à cette organisation internationale et d’y rendre d’éminents services. Entre temps, il développa l’Observatoire de Toulouse et créa l’Observatoire astronomique du Pic du Midi.
- Cette lourde besogne administrative, qui devait encore s’accroître et s’amplifier lorsqu’il dirigea, avec une autorité particulière, l’Observatoire de Paris, n’empêcha pas Baillaud de poursuivre ses recherches personnelles.
- « Sa Thèse, dit M. Émile Borel, dans l’éloge qu’il a prononcé le 9 juillet à l’Académie des Sciences, avait été consacrée à la méthode de Gyldén pour le développement des perturbations des comètes; il s’était ensuite attaché au calcul numérique des intégrales définies et aux quadratures mécaniques à la théorie des satellites ; il avait publié un excellent Cours d’Astromonie. »
- En outre, on lui doit de nombreuses contributions à l’astronomie d’observation.
- IRRIGATION
- Les « rhétaras » dans la région de Marrakech au Maroc.
- Tout le monde sait que presque toutes les parties de notre empire Nord-Africain présenteraient une fertilité au-dessus de la moyenne si elles recevaient suffisamment d’eau.
- J’ai exposé, ici même, à plusieurs reprises, les grandes lignes de la politique de l’eau dans cette partie de notre domaine colonial et j’ai décrit quelques travaux en cours ou en voie d’achèvement.
- Il y a déjà plusieurs siècles, les Arabes avaient réalisé une installation d’amenée d’eau dans la région de Marrakech extrêmement curieuse et intéressante. Cette installation avait été créée en utilisant comme main-d’œuvre les prisonniers européens faits tant sur les côtes de la Méditerranée que sur l’océan Atlantique.
- Les Arabes avaient établi au bord des oueds, au pied de l’Atlas, des prises d’eau, soit directes, soit par infiltration, puis avaient creusé des galeries souterraines à même la terre dont les déblais furent évacués par des séries de puits verticaux espacés de 50 à 100 m.
- Ces galeries avaient une pente faible mais suffisante pour
- assurer .un cheminement de l’eau jusque dans la plaine. Là les puits d’évacuation de déblais servaient à puiser l’eau au moyen d’outres qui étaient remontées par un animal (âne, bœuf ou chameau) au moyen d’une corde et d’une poulie.
- Lorsque nous avons occupé Marrakech, nous avons trouvé de ces rétharas jusqu’aux portes de la ville, amenant, depuis des centaines d’années, l’eau de l’Atlas sur des longueurs considérables. Mais certaines s’étaient bouchées plus ou moins par suite d’éboulements et n’avaient pas été entretenues. Le service des travaux publics décida, il y a quelques années, de les remettre peu à peu en état et il y arrive fort bien.
- Voici comment s’opère le travail.
- On commence par déblayer les galeries, à bras, en ne remontant à la surface que le déblai absolument indispensable, le reste devant être utilisé comme nous allons le voir.
- Ceci fait, on descend dans la galerie des dalles en béton armé qui ont été moulées d’avance sur des chantiers organisés et fonctionnant à la manière de petites usines.
- Les dalles en question mesurent 1 m 50 à 2 m 50 de long, sur environ 1 m de large. Elles sont armées soit de métal déployé, soit de quadrillages en fers ronds.
- Elles sont de deux formes différentes. Les unes, comme l’indique la figure, portent deux nervures formant épaulement de butée pour les autres : ce sont les dalles de fond. Les autres, s’arc-boutant d’une part sur les nervures, d’autre part entre elles, forment des éléments de voûte.
- Le déblai qui n’a pas été remonté au jour sert à remblayer imparfaitement derrière les voûtes.
- On a, de cette façon, déjà remis en service de nombreux kilomètres de rétharas pour le plus grand bien de vastes terrains aux environs de Marrakech qui sont susceptibles maintenant, grâce à l’arrosage méthodique, de fournir des récoltes rémunératrices.
- Le système des rétharas, quoique coûteux, est souvent à retenir pour amener de l’eau, sans évaporation, sur des parcours assez importants : il pourrait, vraisemblablement, être généralisé. J. Sers.
- LÉGISLATION
- La définition légale des mots « crème, fromages, lait en poudre, Ice Cream ».
- On sait que notre législation s’applique à protéger de plus en plus étroitement les produits naturels du sol et à défendre le public contre les appellations trompeuses.
- Signalons à ce point de vue la loi récente qui donne une définition légale à un certain nombre de produits laitiers.
- Nous en reproduisons ci-dessous l’art. I.
- Il est interdit de fabriquer, d’exposer, de mettre en vente ou de vendre, d’importer, d’exporter ou de transiter :
- 1° Sous la dénomination de « crème » suivie ou non d’un qualificatif, ou sous une dénomination de fantaisie quel-
- Fig. 1 (à gauche). — Coupe longitudinale schématique d’une réthara.
- Fig. 2 (à droite). — Coupe transversale schématique d’une réthara réparée. G. Galerie; V. Dalles de voûte; S. Dalles de sol; R. Remblais.
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- conque, un produit présentant l’aspect de la crème, destiné aux mêmes usages, ne provenant pas exclusivement du lait, l’addition de matières grasses étrangères étant notamment interdite;
- 2° Sous la dénomination « fromage » suivie ou non d’un qualificatif ou sous une dénomination de fantaisie quelconque, un produit ne provenant pas exclusivement du lait, de la crème ou de fromages fondus, l’addition pour ceux-ci de sels dissolvants et émulsionnants non nocifs nécessaires à cette fonte restant autorisée dans une proportion de 3 pour 100 et l’addition de matières grasses étrangères étant notamment interdite;
- 3° Sous la dénomination « lait en poudre », « lait concentré » suivie ou non d’un qualificatif, ou sous une dénomination de fantaisie quelconque, un produit présentant l’aspect de lait en poudre ou lait concentré destiné aux mêmes usages, et ne provenant pas exclusivement de la concentration ou de la dessication de lait ou de lait écrémé sucré ou non, l’addition de matières grasses étrangères étant notamment interdite;
- 4° Sous la dénomination « crème glacée », « Ice cream », « glace à la crème », ou sous une dénomination de fantaisie quelconque, un produit présentant l’aspect de ces produits, destiné aux mêmes usages et ne provenant pas exclusivement du lait ou de ses dérivés, l’addition de matières grasses étrangères étant notamment interdite.
- L’emploi des mots « beurre », « crème »,
- « lait », est interdit dans toute publicité verbale ou écrite, de quelque forme que ce soit, en faveur de la margarine ou des graisses préparées.
- INDUSTRIE FRIGORIFIQUE
- La conservation des denrées par le froid artificiel.
- Le froid artificiel est de plus en plus employé pour conserver les denrées périssables et notamment les substances alimentaires. Ce mode de conservation remonte aux célèbres expériences de transport de viande réfrigérée effectuées par Tellier, voici plus d’un demi-siècle, à bord d’un navire muni de chambres froides.
- Depuis cette époque, la même méthode a été appliquée à une' foule de produits : poissons, fruits, légumes, œufs, produits laitiers; elle a élargi, aux dimensions du globe terrestre, le domaine ouvert aux échanges de ces denrées entre les pays producteurs et les pays consommateurs; en même temps qu’elle a permis d’en régulariser le débit par des stockages de longue durée.
- Mais il a fallu, pour chacun d’eux, déterminer exactement l’échelle des températures les mieux appropriées à la conservation. A ce travail méthodique se sont consacrés, dans tous les pays, de nombreux expérimentateurs.
- Fig. 3. — Température de stockage et de transports de différentes denrées alimentaires.
- D’après Guide to the Réfrigération Exhibition, avec l’autorisation du i Controller of His Britannic Majesty’s. Stationery Office ».
- La figure ci-dessus résume, d’une façon frappante, ces travaux.
- Elle a été établie par un spécialiste anglais du froid M. J. Piqué, de Cambridge, et publiée dans le guide si intéressant que vient d’éditer Science Muséum à l’occasion de l’exposition du froid, ouverte au Musée de South Kensington à Londres, d’avril à août 1934.
- Nous la reproduisons ci-dessous avec l’aimable autorisation de l’éditeur de cette brochure : His Majesty’s Stationery Office, Adastral House Kingsway-London.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OBJETS UTILES
- Un modèle pratique de laveuse électrique.
- Le problème de la construction des machines à laver pratiques est assez délicat, surtout s’il s’agit de mettre à la dis-dosition du public un appareil économique, pouvant être employé par des particuliers pour le lavage d’une quantité de ling'e réduite, avec la plus grande facilité et la plus grande rapidité.
- Une bonne laveuse électrique ne doit pas simplement être établie suivant les principes anciens des machines à laver à la main; elle doit fonctionner suivant une méthode particulière de lavage.
- Une société française, spécialisée dans la construction des appareils d’électi-icité domestiques vient de réaliser un modèle pratique de machine à laver et préconiser, en même temps, une méthode de lavage, qui l'end vraiment pratique l’emploi de cette nouvelle machine.
- Fig. 1. — Machine à laver Suzg, type Calor.
- Dans les machines ordinaires, on utilise des battoirs, des pilons, des brosses, dont l’action combinée avec celle de la cuisson et des produits chimiques destinés à stériliser et à blanchir, amène plus ou moins rapidement la destruction du linge.
- Pour obtenir un résultat satisfaisant, il n’est cependant pas indispensable d’avoir recours à des méthodes aussi brutales et aussi ruineuses.
- Quel est le résultat à obtenir, en effet ? Il faut faire disparaître les taches et les poussières qui se sont fixées à la surface ou dans la masse même des tissus. La plus grande partie de ces taches est constituée par des albumines et des graisses, autour desquelles se sont agglomérées les multiples poussières dont nous sommes environnés.
- Pour nettoyer le linge, il faut donc, avant tout, dissoudre les albumines et les graisses.
- Les albumines sont dissoutes à l’eau froide ou à l’eau tiède, d’où la nécessité du trempage préalable.
- Les graisses sont ensuite dissoutes dans les alcalis contenus
- dans le savon, grâce à l’eau chaude qui augmente leur pouvoir dissolvant.
- Il est nécessaire, enfin, d’agiler vivement, l’eau par un moyen approprié, afin de provoquer des remous qui permettent la pénétration dans les coins du tissus, désagrègent, et expulsent toutes les matières dissociées.
- La nouvelle machine à laver du type indiqué par la figure 1 comporte tout d’abord une cuve laveuse munie d’un agitateur électromécanique et dans laquelle s’effectuent le lavage et le rinçage.
- D’autre part, la machine comporte, sur le même bâti, une essoreuse dans laquelle on transfère le linge lavé pièce par pièce, le bec tournant de cette dernière étant orienté soit sur l’évier, soit sur la cuve laveuse. Le linge est essoré une minute, et est ensuite prêt à être étendu.
- Les opérations à effectuer avec cette machine sont donc assez différentes de celles auxquelles sont habituées les ménagères. Quelques précisions à cet égard ne seront pas inutiles.
- Un trempage préalable avant le lavage doit d’abord être effectué pendant 5 ou 6 heures dans l’eau froide, ou même dans l’eau tiède.
- Les pièces trempées sont placées dans la cuve laveuse remplie aux trois-quarts d’eau bouillante savonneuse, sauf pour les lainages et les soieries, dont la température ne doit pas dépasser 40°, et l’agitateur est mis en marche.
- En quelques minutes, tout le contenu de la cuve, soit 2 kgs 500 de linge pesé à sec, est nettoyé, et la même eau savonneuse sert généralement pour six masses de linge successives, en ajoutant simplement une poignée de savon chaque fois pour maintenir l’action du bain.
- Le linge est, en réalité, maintenu simplement en suspension dans cette cuve laveuse aux parois procelainées.
- Il ne subit donc aucun frottement et, par conséquent, son usure est réduite au minimum.
- Les pièces de linge sont ensuite transférées dans l’essoreuse; l’eau et le savon sont extraits par la force centrifuge sans frottement et sans comjnession.
- Ce système est particulier, puisque dans d’autres modèles de machines, l’essorage est effectué au moyen de rouleaux de caoutchouc actionnés mécaniquement.
- Après avoir fait évacuer l’eau de la cuve laveuse, et l’avoir remplacée par de l’eau claire, le rinçage est effectué de la même façon que le lavage, mais à l’eau courante. Un dernier essorage final effectué en une minute permet d’obtenir le linge prêt à être étendu pour le séchage.
- La plupart des ménagères s’étonneront qu’on puisse ainsi obtenir un lavage parfait sans porter le linge à l’ébullition. Il faut cependant se rendre compte que la cuisson du linge peut l’altérer peu à peu, et même le détruire prématurément. L’action des produits chimiques est encore plus nuisible. Et cette cuisson n’a même pas l’avantage d’assurer une stérilisation parfaite.
- En réalité, pour obtenir, une aseptie complète, il faudrait une température de plus de 100°, bien rarement réalisée. Il est facile, d’ajouter lors du rinçage quelques gouttes d’eau de Javel ou de formol qui n’ont aucune action nuisible sur le linge, pour réaliser uixe stérilisation absolue.
- Une machine de ce genre paraît donc capable de rendre de grands services dans la plupart des ménages, car elle est d’un emploi très pratique et économique, et évite surtout l’usure prématurée du linge si coûteux à l’époque actuelle.
- L. Picard.
- Constructeur : Établissement Calor, à Lyon (Rhône).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Vérification d'un tir contre avion. (N° du 1er juillet 1934).
- Nous recevons de M. Guinepied,lieutenant-pharmacien de réserve, la lettre suivante:
- « Je lis dans le n°du 1er juillet du journal La Nature, la description d’un correcteur de tir sur avions. Je ne sais à quelle époque les premiers appareils ont été construits à Varsovie, mais je puis vous
- dire qu’en avril 1915 j’ai présenté à la S. T. A. un correcteur basé sur le même principe : visée sur un écran perpendiculaire à l’axe des lunettes, correction de direction de pointage donnée par la situation du nuage d’éclatement et celle de l’avion à ce même instant, correction de trajectoire pour les angles de site inférieurs à 70°. La correction de hauteur devant être faite par les méthodes ordinaires.
- Cet appareil n’a pas été construit mais il est curieux d’en voir principe appliqué maintenant'
- QUESTIONS ET REPONSES
- Système de liaison d’un microphone.
- 1° Le microphone à charbon de type allemand que vous possédez doit avoir une résistance de l’ordre de 200 ohms, et le courant qui le traverse a une intensité de 20 à 30 milliampères.
- Pour obtenir de bons résultats musicaux, c'est-à-dire éviter une chute rapide des fréquences élevées, il est bon d’adopter un transformateur de liaison d’un rapport de l’ordre de 1/20°.
- La tension alternative fournie par ce microphone, très fidèle mais relativement peu sensible pour un appareil de ce type, est de l’ordre de 1/3 de millivolt seulement, alors qu’elle est normalement de l’ordre du volt pour les pick-up sensibles. Il faut donc utiliser avant l'amplificateur de puissance normal, deux étages de préamplification, de préférence à résistances.
- 2° Si vous voulez faire des essais d’enregistrement phonographique individuels avec un microphone électrodynamique, vous pouvez fort bien essayer d’utiliser très simplement comme microphone un haut-parleur électro-dynamique à aimant permanent. Ce système est en général suffisamment sensible pour permettre un fonctionnement suffisant sans étage d’amplification, et en montant simplement le secondaire du transformateur de liaison de haut-parleur à la place du pick-up ordinaire, si sa liaison est prévue sur l’amplificateur considéré.
- Plusieurs constructeurs français de haut-parleurs livrent déjà, pour un prix relativement modique, des systèmes de haut-parleurs de ce genre spécialement employés comme microphones.
- Réponse à M. Jacobi, à Genève (Suisse).
- Organisation de la radiodiffusion française.
- Nous avons donné des renseignements détaillés sur l’organisation technique et artistique des stations françaises de radio-diffusion dans les numéros spéciaux de T. S. F. de La Nature, de septembre 1932 et septembre 1933. Le numéro spécial de septembre 1934 contiendra les plus récents détails sur les nouvelles stations françaises qui seront mises en service dans le courant de la saison 1934-1935.
- En ce qui concerne les questions de puissance et de longueur d’onde, il est impossible, d’ailleurs, d’indiquer à l’avance les caractéristiques tout à fait définitives, car les décisions finales de l’administration des P. T. T. seront prises évidemment d’après les résultats obtenus qu’on ne peut prévoir à priori de façon absolument précise.
- Réponse à M. Saint-Andrieu, Le Havre Seine-Inférieure).
- Montage d’un poste récepteur tous courants.
- Le poste super-secteur tous courants décrit dans la chronique de Radiophonie Pratique du numéro du 15 avril 1934 est un montage sensible et sélectif qui pourra certainement vous donner satisfaction, si vous le réalisez avec soin, et d'après les indications que nous avons données.
- Ainsi que nous l’avons indiqué, il peut, d’ailleurs, fonctionner avec un haut-parleur séparé, ce qui permet d’accroître encore la qualité musicale de l’audition, et d’éviter un des inconvénients que présentaient les modèles primitifs de postes miniatures tous secteurs.
- Le poste fonctionne, comme nous l’avons montré, à l’aide d’un courant continu ou alternatif de 110 ou de 220 v. Les éléments chauffants des lampes et de la valve sont alimentés respectivement avec des courants d’une tension de 6,3 v et de 25 v, et ils sont
- montés en série de façon à réduire autant que possible la chute de tension qui doit être obtenue au moyen d’une résistance de l’ordre de 120 ohms dans le cas du courant 110 v; cette résistance peut être placée dans le câble d’alimentation.
- Vous semblez croire, malgré les précisions que nous avons données, que l’appareil monté de la façon indiquée pourrait fonctionner à l’aide d’une batterie de chauffage de 12 ou de 25 v. C’est là une erreur. Pour obtenir ce résultat, il faudrait, en effet, que les éléments chauffants des lampes soient montés en parallèle, modification qui n’est, d’ailleurs, pas très difficile à concevoir.
- Vous savez d’ailleurs qu’il existe à l’heure actuelle quelques modèles de postes pouvant servir indifféremment sur le courant d’un secteur continu ou alternatif ou sur une automobile. Le schéma de montage de ces appareils est tout à fait analogue à celui que nous avons signalé, mais les éléments des lampes peuvent être placés en parallèle, et, pour le fonctionnement sur une automobile, l’alimentation plaque peut être fournie au moyen d’un vibrateur alimenté par la batterie d’allumage et d’éclairage de la voiture qui fournit du courant alternatif redressé par la valve du poste. Réponse à M. Allègre, à Oran (Algérie).
- Appareils de T. S. F. de construction anglaise.
- Nous avons signalé plusieurs fois, en effet, que les constructeurs anglais continuent d’étudier avec‘plus de soin que les fabricants français les perfectionnements des récepteurs alimentés par batteries, munis de lampes ordinaires à chauffage direct et à faible consommation.
- Parmi les représentants en France de lampes et de postes-récepteurs de marques anglaises, nous pouvons vous signaler :
- La Cla française du Gramophone, 7. boulevard Haussmann, Paris.
- Les établissements Cattanes (Cossor) 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- La « General Electric » de France, 10, rue Rodier, Paris.
- Réponse à M. Fauvel, à Vire (Calvados).
- Transmissions sur ondes courtes.
- 1° Les longueurs d'onde des émissions de Radio-Pontoise sont de 19,68 m pour l’onde de jour, et de 25,20 m pour l’onde de nuit (fréquences 11 905 et 15 244 kilocycles).
- 2° D’assez nombreuses stations transmettent des signaux horaires sur ondes courtes. C’est seulement depuis quelques années, d’ailleurs, que le développement des transmissions sur ondes courtes a déterminé l’extension du service des signaux horaires à ces gammes d’ondes destinées généralement aux communications à grande distance.
- Parmi les stations assez nombreuses qui transmettent quotidiennement des signaux horaires, on, peut citer particulièrement les grands postes suivants : (Heures d’émission G. M. F.)
- La station d’Arlington, aux Etats-Unis émet sur 24,90 m de 2 h 55 à 3 h; de 7 h 55 à 8 h et de 16 h 55 à 17 h.
- Cette même station, sur 37,40 m émet de 7 h 55 à 8 h; de 16h 55 à 17 h et de 2 h 55 à 3 h. Sur 74,50 m, enfin, elle émet de 2 h 55 à 3 h; de 7 h 55 à 8 h et de 16 h 55 à 17 h. Son indication est N. A. A.
- La station de Cavité, aux Iles Philippines (indicatif N. P. O.), transmet sur 22,54 m de 2 h 55 à 3 h, et de 13 h 55 à 14 h. Sur 33,81 elle émet de 13 h 55 à 14 h et de 2 h 55 à 3 h.
- Le poste de Saigon (indicatif H. Z. A.) émet des signaux sur 25 m de longueur d’onde de 19 h à 19 h 05.
- Le poste de Radio-Pontoise transmet sur 28,35 m, de 7 h 56 à
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- 8 h 06 et de 19 h 56 à 20 h 06, tandis que la station de la Tour Eiffel (F. L. J.) envoie des signaux horaires sur 32,50 m de 7 h 56 à 8 h et de 19 h 56 à 21 h.
- La station de San-Francisco, aux États-Unis (indicatif N. P. G.) émet sur 37,40 m, de 5 h 55 à 6 h et de 19 h 55 à 20 h.
- Le poste de Rio de Janeiro (indicatif P. P. E.) fonctionne sur 34 m 40 et émet de 0 h à 0 h 3, etc...
- Réponse à M. le Dr Tera, Ile de Saint-Barthélemy (Guadeloupe).
- Livres de montage de postes de T. S. F.
- Nous pensons que vous désirez établir un appareil récepteur au moyen de pièces que vous pourrez vous procurer dans le commerce-
- Vous ne nous indiquez pas si vous désirez construire un récepteur alimenté par batterie ou par courant redressé, ou un poste-secteur.
- Parmi les ouvrages dans lesquels vous pourrez trouver des indications complètes sur les récepteurs de types récents, nous pouvons vous indiquer :
- Les récepteurs radiophoniques modernes à la portée de tous, par M. Duroquier (Masson, éditeur).
- Les récepteurs modernes de T. S. F., par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur).
- Nous vous signalons que le premier ouvrage contient seulement des montages à batteries ou à courant redressé, tandis que le deuxième contient également la description des récepteurs-secteur, à lampes à chauffage indirect.
- M. Cavalier, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- De tout un peu.
- Société Philomatique, à Bordeaux. —- 1° L’imperméabilisation des tissus à l'acétate d’alumine se pratique ainsi :
- Prendre :
- Alun pulvérisé..................................... 1000 grammes
- Eau chaude ordinaire................................. 12 litres
- Ajouter à la solution ainsi obtenue, la suivante :
- Carbonate de soude cristallisé....................... 50 grammes
- Eau chaude............................................ 2 litres
- Agiter puis, lorsque l’effervescence a cessé, y verser une troisième solution composée de :
- Acétate de plomb................................... 1000 grammes
- Eau chaude............................................ 8 litres.
- Il se produit un abondant précipité de sulfate de plomb, l’acétate d’alumine restant dissous, après' repos de vingt-quatre heures, on décante le liquide clair qui est prêt pour l’imperméabilisation.
- Le bain étant froid on y plonge les étoffes qu’on y laisse jusqu’à ce qu’elles soient bien imprégnées, on les essore modérément et fait sécher dans une étuve dont la température doit être voisine de 50° à 60° C, condition indispensable à réaliser pour que l’alumine soit fixée sur la fibre.
- A défaut d’étuve on peut se servir d’un fer à repasser convenablement chauffé, mais il est évident que le résultat ne présente pas la même sécurité d’imperméabilisation parfaite et uniforme.
- 2° L'imperméabilisation totale, c’est-à-dire l’obstruction des pores du tissu, ce que ne fait pas le procédé à l’alumine, ne peut s’obtenir que par l’application de caoutchouc dissous dans la benzine, il nécessite l’emploi de machines spéciales et n’est pas à la portée de l’amateur.
- 3° La pierre a frotter sur les étoffes pour les imperméabiliser après passage d’un fer chaud, est un mélange de paraffine et de cire, elle présente l’inconvénient de manquer de régularité et laisse à la surface des traces de fâcheux aspect, ce ne peut être qu’un moyen de fortune.
- M. Desbrière, à Paris. —• Nous avons traité la question de l’extraction de la caféine dans le n° 2770, page 336, réponse à T. V. D. V. à Bruxelles. Celle de la préparation des Extraits de café dans le n° 2878, page 335, réponse à M. Risch à Nantes. Veuillez bien vous y reporter.
- IVllle Rousselet, à Rennes. — Nous ne possédons pas de données autres que celles mentionnées dans notre article sur la guérison du strabisme.
- A notre avis tout opticien est en mesure d’adapter sur une monture les verres rouge et vert qu’il est facile de tailler dans les verres du commerce.
- Quant à l’usage, nous pensons qu’il doit être constant puisqu’il s’agit d’une rééducation de l’œil, l’effort qui lui est demandé doit donc être soutenu.
- IVI. Larue à Enfidaville, Tunisie.—Le développement après fixage
- n’est applicable qu’à des plaques ayant subi une surexposition de Tordre de quatre à cinq fois la pose normale, on opère de la manière suivante :
- Le cliché ayant été fixé dans une solution d’hyposulflte décime de la solution habituelle, soit 2 % environ, on lave à fond et procède au développement en se servant d’un mélange de deux solutions constituées par :
- lre solution :
- Azotate d’argent à 10 %............................... 7 cent, cubes
- Sulfite de soude anhydre............................. 20 grammes
- Eau distillée....................................... 100 —
- 2» solution :
- Paraphénylène diamine................................. 2 grammes
- Sulfite de soude anhyde............................... 2 —
- Eau distillée....................................... 100 —
- Le mélange se fait en prenant :
- Première solution................................... 150 cent, cubes
- Deuxième solution................................ 30 —
- Le développement se poursuit comme d’usage et se termine par une immersion prolongée dans l’hyposulfite concentré à 20 pour 100 afin d’assurer une élimination totale du bromure d’argent.
- Cristalleries du Val Saint-Lambert, à Jemeppe. — Les capsules pour bouteilles dont vous parlez ne sont pas en bakélite, mais en viscose, elles sont obtenues de la façon suivante :
- La cellulose est imprégnée d’une solution de soude caustique à 17,5 pour 100, centrifugée de manière que la masse contienne deux parties de lessive pour une partie de cellulose, puis l’alcali-cellulose est laissé douze heures au repos, ensuite on ajoute du sulfure de carbone, ce qui donne du xanthate de cellulose; celui-ci est dissous dans une lessive alcaline à 4 pour 100 fournissant,' après maturation, une masse sirupeuse que l’on coule en lamelles sur un marbre et coagule finalement dans un bain légèrement acidulé par un acide minéral. Ce sont ces pellicules qui amollies dans l’eau s’appliquent avec facilité sur le goulot des bouteilles.
- M. Clerc, à Puplinge, Suisse. — Le procédé le plus pratique pour extraire l’or de votre sable aurifère est la cyanuration ou méthode de Mac-Arthur et Forrest qui est basée sur l’emploi d’une solution de cyanure de sodium pour la dissolution de l’or, ce qui a lieu d’après les réactions suivantes.
- 2 Au + 2 CyNa + H20 +0 = 2 [AuCy] + 2 Na OH 2 AuCy + 2 CyNa = 2 [AuNaCy2]
- Autrement dit, il se forme un cyanure double d’or et de sodium très soluble, que Ton sépare facilement du sable insoluble.
- Il ne reste plus qu’à précipiter l’or en ajoutant des fragments de zinc.
- 2 ["AuNaCy2) + Zu = ZuCy2,2 Na Cy + 2 Au
- On peut également précipiter l’or par électrolyse si on dispose d’un générateur de courant continu.
- M. Boucek, à Prague. — Vous trouverez des renseignements très complets sur les différentes façons de réutiliser les déchets de caoutchouc, dans l’ouvragé « La technique du Caoutchouc Souple par R. de Fleury, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte, à Paris.
- Bibliothèque d’Arles. — 1° Nous n’avons pas connaissance d’une bibliographie spéciale sur la reproduction des plans. 2° L’indication que vous nous donnez est insuffisante pour nous rendre compte du procédé auquel vous faites allusion.
- Collège del Pilar,à Madrid. —L’enduit qui recouvrait les cylindres des anciens phonographes était constitué par un mélange de cire d’abeilles, de paraffine et d’une matière inerte telle que le kaolin en proportions variables suivant le climat de la région où ils devaient être employés, seule l’expérience guidait les fabricants sur les quantités relatives des constituants.
- Boissy Saint-Léger. — La coloration brune de vos faïences, après séjour en cave, est due à un développement de moisissures dont les secrétions colorées se sont infiltrées dans les fissures. Vous pourrez très probablement les solubiliser, en faisant bouillir vos assiettes dans de l’eau additionnée d’environ 5 pour 100 de lessive de soude caustique du commerce, connue sous le nom courant de « potassium des peintres ».
- M. Ch. Douënne, à Lyon. — Il s’agit effectivement de grains de képhyr, nous avons traité cette question d’une façon très étendue dans les numéros 2871, page 574, 2897, page 95 et 2908, page 174.
- MM. Balandrau et Desseux. — Vous trouverez toute documentation sur les parquets sans joints dans les numéros suivants de notre ournal : n° 2752, page 6, n° 2850, page 144, n° 2896, page 47.
- Le Gérant : G. Masson.
- 5760. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1-8-1934- — Published in France.
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- LA NATURE
- AR B HITECTU
- IVJ /*V FI CF
- N° 2935 — 15 Août 1934
- Parait le Ier et le i5 de chaque mois.
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- pour la vente en France.
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- LA NATURE
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- N° 2935
- LA NATURE
- 15 Août 1934.
- LE NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE
- BUT ET ORIGINES DE CE SERVICE SON ORGANISATION ACTUELLE SON IMPORTANCE UTILITAIRE ET SCIENTIFIQUE
- Les services centraux du Nivellement général de la France viennent de s’installer dans un confortable immeuble construit par M. R.-H. Expert, architecte des Bâtiments civils et Palais nationaux, sur un terrain sis à Paris, en bordure des rues Gay-Lussac et Louis-Thuillier, dans le quartier du Panthéon. L’actualité nous invite donc à consacrer une rapide étude à cet organisme technique, presque totalement ignoré du grand public. A l’heure actuelle cependant, nombre d’ingénieurs, d’entrepreneurs, d’administrations départementales ou de municipalités réclament le précieux concours de ces savants géodésiens avant d’exécuter des travaux de génie civil.
- DÉFINITION ET BUT DU NIVELLEMENT
- Le nivellement d’une région est la détermination de son relief, autrement dit la mesure des altitudes d’un certain nombre de points du sol par rapport à une même surface horizontale, qu’on nomme surface de référence. Une telle opération s’affirme indispensable pour étudier le tracé des routes, la construction des chemins de fer ou des canaux, ^aménagement des forces hydrauliques, l’adduction des sources, la recherche des affaissements du sol dûs aux exploitations minières, etc. Enfin l’établissement des cartes géographiques, la réfection d’un plan cadastral, les triangulations géodésiques ou les simples levés topographiques nécessitent également des nivellements précis pour leur exécution correcte. Or dans un pays où n’existe aucun organisme d*État s’occupant de la questioo., il faut, avant d’entreprendre un des travaux ci-dessus énumérés, faire un nivellement spécial et fort onéreux. En outre, tous ces nivellements particuliers rapportés
- à des surfaces horizontales différentes et calculés individuellement sans plan d’ensemble ne concorderaient pas. D’ailleurs, ils ne laisseraient bien souvent aucune trace
- durable sur le terrain. Pour tous ces motifs, ils ne pourraient servir chacun qu’à une seule entreprise.
- Le Service du Nivellement général de la France a pour but de remédier à un si déplorable état de choses ; il évite ce gaspillage d’efforts individuels en couvrant l’ensemble du pays d’un réseau cohérent et suffisamment dense de repères d’altitude, rapportés tous à une même surface horizontale bien définie. Ces repères en fonte sont scellés dans des constructions solides, inventoriés avec soin et officiellement surveillés. On consigné ensuite leurs emplacements, leurs altitudes et autres caractères signalé-tiques sur un répertoire dont les intéressés peuvent se procurer sans grands frais les feuilles imprimées. En conséquence, les nivellements particuliers se bornent à de brèves opérations de rattachement à ces repères principaux, établis une fois pour toutes.
- Le Service du N Nettement général de la France, qui ne grève le budget national que d’un million de francs par an, constitue donc un office technique de grande importance pour la collectivité, sans compter son intérêt scientifique. N’est-ce pas, en effet, grâce à la réitération de nivellements précis que les géodésiens ont pu déterminer les brusques dénivellations du sol à la suite de tremblements de terre, qu’ils commencent à déceler les mouvements lents d’affaissement ou d’exhaussement de la croûte terrestre, enfin qu’ils espèrent se rendre compte des minuscules et lentes variations de la direction de la pesanteur en certains points du globe?
- Fig. 1. — Paul-Adrien Bourdaloüe (1798-1866).
- On doit à ce savant ingénieur le premier réseau de nivellement précis.
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- Fig. 2. — Le Colonel Goulier (181S-1S91).
- Célèbre comme rénovateur des méthodes et des instruments topographiques.
- ŒUVRES DE BOURDALOÜE (1798-1866) ET DE CHARLES LALLEMAND. HISTORIQUE DU SERVICE DU NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE (1884-1934)
- La première idée de créer en France un réseau étendu et cohérent de nivellement remonte au Second Empire et Paul-Adrien Bourdaloüe en fut le génial promoteur. Cet éminent spécialiste prit part à divers travaux importants de 1817 à 1832 d’abord comme conducteur des
- Fig. 3. -v- Ch. Lallemand.
- Qui fonda le Service du Nivellement général de la France en 18S4 et le dirigea jusqu’en 1928. (D’après une eau forte de Salles.)
- Ponts et Chaussées puis comme faisant fonction d’ingénieur. Placé ensuite en congé illimité, il collabora aux études des canaux de Beaucaire et des Landes, aux tracés de plusieurs lignes de chemins de fer dans le Gard, le Midi et l’Algérie. Au cours de ses nombreuses randonnées, il imagina de remarquables perfectionnements techniques. Il montra, en particulier, qu’en raccourcissant les visées à une centaine de mètres, on obtient des nivellements beaucoup plus précis. Il construisit la mire parlante qui permet à l’opérateur lui-même de faire, dans la lunette de son instrument, des lectures de chiffres d’où il déduit les différences de niveaux. Il eut l’idée d’adjoindre à chaque observateur un aide appelé « lecteur », qui inscrit en double et contrôle les chiffres du premier, de façon à supprimer les fautes inévitables, d’où réduction considérable des erreurs commises. Ces travaux ayant mis Bourdaloüe en relief, il fut placé en 1847 à la tête de la brigade topographique, chargée du nivellement de l’isthme de Suez en vue du percement du canal. Grâce à ses méthodes précises, il parvint à constater l’égalité des niveaux moyens entre la Méditerranée et la mer Rouge alors qu’un nivellement effectué au début du xixe siècle, à l’occasion de l’expédition d’Égypte avait fait croire à l’existence d’une dénivellation d’environ 10 m entre les deux océans. Revenu en 1850 à Bourges, sa ville natale, Bourdaloüe entreprit à ses frais le nivellement général du département du Cher, œuvre à laquelle il consacra six années de labeur et 80000 francs de ses propres deniers. Mais au cours de ses voyages et de ses opérations, le sagace « niveleur » n’avait cessé de regretter l’absence de cartes altitudinales pour toute la France. Vers cette époque, il proposa donc de couvrir notre pays d’un réseau analogue à celui dont il avait doté le Berry. Le 6 avril 1857, le Conseil général des Ponts et Chaussées adopta ses vues, auxquelles Rouher alors Ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics accorda le patronage officiel. Le gouvernement impérial confia l’exécution du vaste programme à Bourdaloüe lui-même qui, avec ses aides et sous le contrôle de l’ingénieur en chef Breton de Champ, commença ses opérations sur le terrain, le 29 septembre 1857. Moins de sept ans plus tard 15 000 km de bases se trouvaient nivelés avec une précision remarquable et 15 000 repères étaient mis en place. L’éminent ingénieur français qui avait mené à bien une si formidable besogne n’avait sous ses ordres qu’un personnel restreint mais il lui avait communiqué le feu sacré, donné d’excellentes directives et des instruments parfaits pour l’époque.
- Le succès même de l’œuvre de Bourdaloüe ne devait pas tarder à montrer la nécessité de faire plus encore. Il ne suffisait pas, en effet, d’établir, une fois pour toutes, un réseau fondamental de nivellements ; il fallait encore l’entretenir, c’est-à-dire remplacer régulièrement sur le terrain les repères venant à disparaître ; il fallait l’adapter, chaque année, aux besoins nouveaux que faisait naître l’industrialisation progressive du pays, industrialisation impossible à prévoir longtemps d’avance. Pour une tâche si considérable, un organisme permanent s’avérait nécessaire. Aussi en vue d’étudier ce problème, de Freycinet, ministre aux vues larges, institua en 1878 une importante
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- Commission interministérielle, qui travailla pendant de nombreuses années et qui comptait dans son sein, entre autres personnalités de valeur, le colonel du génie en retraite Goulier.
- Sous les auspices de cette commission, fut institué, en 1884, le Service du Nivellement général de la France. Le principal mérite de la fondation revient au secrétaire de la dite commission M. Charles Lallemand, jeune ingénieur qui venait alors de sortir de l’École des Mines et qui ne tarda pas à jouer un rôle essentiel. Chargé, en effet, d’organiser le nouveau Service, il le dirigea depuis cette époque jusqu’à sa retraite (1928). Aussi savant théoricien qu’habile technicien, M. Charles Lallemand, aujourd’hui membre et ancien président de l’Académie des Sciences de Paris, mit au point de nouvelles méthodes d’opérations, perfectionna les instruments, modernisa les repères, réalisa un ensemble de réseaux beaucoup plus dense et sensiblement plus précis que celui de Bourdaloüe. Avec l’aide du géomètre Maurice d’Ocagne qui lui fut adjoint de 1893 à 1901 (et qui est également membre de l’Académie des Sciences), il simplifia beaucoup les procédés de calcul. Actuellement, sous la direction de son digne successeur, M. Jean Vignal, professeur à l’École nationale des Mines et président de la Commission internationale des Nivellements, ce service reste en bonnes mains.
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS ACTUELLEMENT EMPLOYÉS
- Jusque vers le milieu du xix® siècle, les altitudes de points répartis sur un assez vaste territoire se déduisaient des opérations géodésiques concurremment avec la longitude et la latitude des dits points. Ces mesures altimétriques manquaient d’exactitude car la réfraction atmosphérique dévie sensiblement les visées de triangulation, longues parfois de plusieurs kilomètres. Bourdaloüe, Ch. Lallemand et leurs successeurs s’efforcèrent de remédier à ces causes d’erreur, en apportant divers perfectionnements aux méthodes et aux appareils ainsi que nous l’avons noté plus haut.
- Aujourd’hui on effectue un nivellement de précision avec un niveau et des mires. Le niveau est une lunette astronomique à fort grossissement, munie d’une nivelle à bulle d’air très sensible et disposée de manière à fournir des visées horizontales. Quant aux mires, ce sont de longues règles divisées portant aussi de petites nivelles sphériques à bulle d’air de façon à pouvoir se placer bien verticalement. Pour déterminer la différence entre 2 points fixes du sol, constitués d’ordinaire par des piquets enfoncés solidement et surmontés d’un clou à tête ronde, on dispose verticalement 2 mires sur ces 2 points fixes et on a soin d’installer le niveau à peu près au milieu de l’intervalle. On déduit instantanément, des lectures faites sur les 2 mires à l’aide de 2 visées horizontales, la différence d’altitude entre les 2 points fixes. Cette opération constitue une nivelée dont la longueur varie entre 50 et 200 m. Une série de nivelées effectuées ainsi de proche en proche, le long de cheminements (routes, lignes ferrées, canaux, etc.) fournit les différences d’altitude d’un ensemble de points fixes du sol, sur lesquels on place les mires. Parmi ces points fixes, on intercale, de distance en distance, un
- Fig. 4. — Jean Vignal.
- L’actuel directeur du Service de Nivellement général de la France.
- repère en fonte, qu’on scelle dans le mur d’un bâtiment ou d’un ouvrage d’art. Les repères du Nivellement général de la France portent un ou deux alvéoles destinés à recevoir des plaquettes en porcelaine ou en bronze (rectangulaires, le long des voies ferrées et rondes pour les routes). Sur ces plaquettes se lisent les altitudes ainsi
- Fig. 5. •— Le niveau employé actuellement par le Service du Nivellement général de la France pour les levés de haute précision.
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- = 148 =:...........
- qu’un, ensemble de lettres et de chiffres constituant le matricule du repère.
- Cependant si le nivellement est simple, en principe, son application à un territoire étendu comporte de multiples difficultés théoriques et pratiques entraînant des erreurs accidentelles ou systématiques qu’il est nécessaire de réduire au minimum et de corriger (réfraction atmosphérique, variation quotidienne de la longueur des
- mires, corrections à apporter aux différences de niveau brutes trouvées de repère à repère, compensation du non parallélisme des surfaces de niveau, etc.
- PROGRAMME GÉNÉRAL, ORGANISATIONS ET RESULTATS DES TRAVAUX
- La Commission du nivellement de la France a élaboré un programme d’organisation systématique qui se pour-
- suit sans arrêt depuis un demi siècle. Suivant ces directives, on a subdivisé le réseau général en quatre réseaux de plus en plus denses qui s’exécutent successivement. De 1884 à 1891, on a établi un réseau de premier ordre très précis, complété en Alsace-Lorraine (1920-1922) et en Corse (1926-1928); il compte actuellement 12 700 km de longueur, répartis entre 34 polygones fermés de 550 km de périmètre moyen et dont l’erreur de fermeture moyenne ne dépasse pas 6 cm. Or si l’on fait le tour de la France en suivant les cheminements extérieurs du réseau primitif terminé en 1891, on trouve après un parcours total de 3900 km, une erreur finale de fermeture de 5 cm. De tels chiffres attestent la précision réalisée.
- Sur cette ossature fondamentale, s’appuie un réseau de 2e ordre réalisé de 1892 à 1898, complété en Alsace-Lorraine (1922) et en Corse (1926-1934). Il comprend un peu plus de 18 000 km de cheminements nivelés, en employant des méthodes moins minutieuses et des tolérances plus larges. Le réseau de 3e ordre plus compact et encore moins précis que. le précédent, a été achevé en 1925 sauf pour la Corse, sa longueur totale avoisine 50000 km. Enfin à l’intérieur de celui-ci s’exécute actuellement un réseau de 4° ordre qui atteindra 270 000 km sur lesquels 77 000 km sont déjà nivelés. Après l’achèvement de cette colossale besogne, chacune des 38 000 communes de France sera traversée par une ligne au moins de nivellement et portera au minimum 3 repères. Mais comme le service ne nivelle guère maintenant plus de 2500 à 3 000 km nouveaux par an, il faudra 70 à 75 ans pour terminer les opérations du réseau du 4e ordre !
- En attendant l’achèvement de cette tâche colossale, voyons maintenant à l’œuvre le personnel du Service du Nivellement général de la France, qui comprend, au Bureau central de Paris et sur le terrain, une cinquantaine d’agents : ingénieurs et ingénieurs-adjoints des Travaux publics de l’État, adjoints techniques des Ponts et Chaussées ou des Mines, auxiliaires permanents et temporaires, ouvriers porte-mires et poseurs de plaquettes. Au commencement de chaque année, le Directeur
- N G L £
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- N C H E
- ’Châlone
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- faïence
- Haches
- Légende
- ILE DE CORSE
- Rattachements aux réseaux etrangers. Stations marémétriçues Limites d’états.....
- • Echelle :ewiron 1/6.800.000
- Fig. 6. — Carie des réseaux de 1er et de 2e ordre du Nwellemeni général de la France.
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- élabore un plan de campagne et le répartit entre les diverses brigades d'opérations, en s’efforçant de tenir compte le plus possible des nivellements demandés soit par les services publics (ponts et chaussées, navigation, cadastre, ministères divers, départements et communes, office national météorologique, institut de physique du globe, etc.) soit par des sociétés particulières importantes. Ce programme n’est, du reste, pas intangible. La clémence ou la rigueur du temps, des changements inopinés dans le personnel, des opérations supplémentaires urgentes, des erreurs décelées par les calculs effectués au Bureau central et maintes autres circonstances fortuites apportent souvent des modifications aux besognes et aux itinéraires prévus.
- D’une façon générale, dès que la température s’adoucit (fin de février ou première quinzaine de mars), de 6 à 12 brigades se dirigent vers les divers coins de la France qu’on leur a respectivement assignés et y séjournent jusqu’aux grands froids. Chacune de ces petites équipes se compose d’un chef de brigade, ingénieur de l’État ou fonctionnaire technique du Ministère des Travaux Publics et de 2 porte-mires, engagés pour la durée des opérations et choisis, de préférence, parmi les robustes montagnards des Alpes ou des Pyrénées. Le chef de brigade organise le travail, fixe les cantonnements et paye les salaires. Chemin faisant, il s’entend avec les autorités locales, recueille tous les renseignements nécessaires à sa mission, choisit les emplacements des repères, dont il relève les positions et les situe sur la carte; il procède lui-même aux lectures de niveau, qu’il inscrit sur un carnet avec tous renseignements utiles. De leur côté, les porte-mires ont pour mission de transporter le matériel, d’enfoncer dans le sol les piquets destinés à supporter les mires, qu’ils maintiennent verticales pendant les visées. En outre, ils scellent les repères dans les maçonneries, aux emplacements prévus, le long de chaque itinéraire et préalablement aux opérations de nivellement.
- Ces « chemineaux » cartographes mènent une vie des plus saines mais très rude. Indépendamment de l’habileté expérimentale requise, les chefs de brigades doivent, comme les porte-mires; faire preuve d’une endurance physique à toute épreuve, se lever dès l’aube, se coucher tard, prendre souvent leurs repas en plein air et dormir sous la tente. Par exemple, une brigade opérant dans la région de la Grave (Isère) pour rattacher au réseau général le glacier du mont de Lans, qui domine la haute vallée de la Romanche, est montée à 3287 m.
- Aussi quand les chefs de brigades rentrent à Paris pour passer l’hiver ils ont quelque droit de se reposer de leurs fatigues estivales ! Mais là encore la besogne ne leur manque pas. Ils trouvent pour s’occuper maints travaux de classement et de statistique
- Ftg. 7. — Brigade d’opérations effectuant un nivellement dans la région des Alpes françaises.
- Fig. 8. — Extrait d’un plan de détail exécuté par le Service du Nivellemenl général de la France.
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- Fig. 9. — Repères du Nivellement général de la France.
- A gauche : type employé sur les voies ferrées. A droite : type employé sur routes.
- restés en souffrance durant leur séjour sur le terrain. Ajoutons qu’en dehors de certaines vérifications indispensables, les chefs de brigades n’effectuent sur le terrain aucun calcul, ni aucun contrôle. Ils se bornent à inscrire à l’encre de Chine et au moment même des visées, leurs lectures sur des carnets, envoyés au fur et à mesure au Bureau central, où des calculateurs émérites épluchent sans retard les chiffres notés, procèdent aux corrections théoriques nécessaires et arrêtent les altitudes des repères posés. Lorsque ces vérifications révèlent des
- Fig. 10. — Le Marégraphe installé à Marseille.
- erreurs, font apparaître une faute ou permettent de suspecter la précision de certaines nivelées, on envoie à la brigade intéressée l’ordre de recommencer les mesures douteuses. Grâce à des procédés graphiques de calcul, imaginés par M. Ch. Lallemand sous les noms d'abaques hexagonaux, les employés du Bureau central exécutent à présent, d’une manière rapide et partant très économique, ces longs et fastidieux calculs relatifs aux altitudes.
- Afin de mettre à la disposition de tous les intéressés, les résultats de ses opérations, le Service du Nivellement général de la France publie un Répertoire graphique des repères avec cartes et texte. Sur les cartes se trouvent inscrits les cheminements nivelés et sur chacun d’eux, les emplacements des repères désignés par leur matricule. Quant au texte il fournit, pour chaque repère, en dehors de son matricule et de son altitude, sa position kilométrique sur la voie où il se trouve, ainsi que le croquis et la désignation précise de l’édifice qui le porte.
- Enfin pour assurer la conservation des repères sur l’étendue entière du territoire français, le Service du Nivellement entretient des relations avec tous les services des Ponts et Chaussées, tous les services vicinaux et tous les services de contrôle des Chemins de fer. Une fois par an, chacun de ces organismes lui envoie un procès-verbal de visite des repères de son ressort. Au Bureau central, on dépouille ces renseignements pour mettre à jour le Répertoire. De leur côté, les services locaux rétablissent les repères isolés, détruits ou endommagés, sous le contrôle du Service de Nivellement qui vérifie les calculs et arrête les altitudes des nouveaux repères; mais s’il s’agit de remplacements trop nombreux, le Service du Nivellement en charge une de ses brigades.
- OBSERVATIONS MARÉMÉTRIQUES ET SPÉCIALES
- D’autre part, comme les cheminements du Nivellement général de la France aboutissent en de nombreux points de la Manche, de l’Océan et de la Méditerranée, on a réparti 21 médimarémètres (système Ch. Lallemand) sur les côtes françaises et un marégraphe à Marseille. Chacun des premiers appareils fort simples et économiques, permet de calculer le niveau moyen de la mer pour tout intervalle de temps d’une durée au moins égale à quelques mois. Le second instrument, beaucoup plus perfectionné mais incomparablement plus coûteux, est mû par un flotteur. Il trace la courbe du niveau de la mer à chaque instant et donne également, grâce à un délicat agencement de roulettes totalisatrices et à quelques lectures très simples, le niveau moyen de la mer pendant une durée quelconque. Sur les rivages de diverses de nos colonies se trouvent installés, en outre, 12 autres médimarémètres dont le Service du Nivellement général de la France contrôle également le fonctionnement, relève et vérifie les calculs.
- Indépendamment des résultats pratiques très utiles pour la navigation, les observations marémétriques ont permis à M. Ch. Lallemand de prouver, contrairement à l’opinion jusqu’alors régnante, que le niveau moyen de la
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- mer, le long des côtes, demeurait constant, à de minimes irrégularités près ne dépassant pas quelques décimètres. Au moyen des renseignements amassés depuis de longues années, grâce à ces mêmes instruments, Ch. Lallemand et E. Prévôt ont pu découvrir, à côté des marées connues, dues aux mouvements diurne, mensuel et annuel de la Lune et du Soleil, une série de 7 autres marées d’une amplitude de quelques centimètres seulement et se produisant à de très longs intervalles. La plus longue période mise en évidence par ces savants est de 93 ans et l’amplitude totale de l’oscillation correspondante égale seulement 3 cm.
- Notons encore pour terminer, qu’en dehors des opé-
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- rations énumérées au cours de cette rapide esquisse, ce Service d’Etat exécute certains travaux demandés par des administrations publiques. Il dresse, en particulier, les profils en long de nombreux torrents et cours d’eau, en vue de l’aménagement des forces hydrauliques et a même effectué des levés de plans détaillés pour faciliter l’étude de projets de dérivations ou de barrages. En définitive, depuis un demi-siècle, le personnel d’élite du Nivellement général de la France poursuit, avec une incomparable maestria, une œuvre de longue haleine d’une grande utilité pratique pour notre pays et en outre d’un vif intérêt pour la science.
- Jacques Boyer.
- POMMES AMERICAINES : ET POMMES FRANÇAISES
- L’invasion des Pommes américaines, depuis quelques années, semble avoir provoqué, dans l’industrie fruitière de notre pays, une réaction d’heureux présage. Quand on
- Fig. 1. — Le Calville blanc.
- pense que la France, dans cette branche de l’activité commerciale — tout au moins pour certains fruits qui ne prospèrent bien que dans nos régions tempérées — serait capable d’approvisionner le quart du monde entier, si elle était rationnellement aménagée, il ne nous reste que l’amer regret de n’avoir pas songé à suivre, en temps voulu, l’exemple des Américains et des Canadiens; c’est le cas, nul n’en doute, pour nos vieilles et délicieuses Pommes; et, peut être aussi, à bref délai, pour nos Poires.
- La Pomme, il n’y a pas encore bien longtemps, dans certaines campagnes arriérées de nos provinces, était considérée comme un produit négligeable; le petit fermier,
- Fig. 2. — La Reinette franche.
- de-ci de-là, par habitude autant que par nécessité, en utilisait seulement quelques kilos, pour fabriquer une boisson informe qu’il appelait du Cidre, mais qui n’avait du Cidre que le nom; cette boisson ne servait d’ailleurs que pour la consommation familiale. Quant aux Pommes dites à couteau, si quelques-unes d’entre elles étaient admises, parfois, sur la table des bourgeois (!), la masse consommante, elle, n’en faisait aucun cas; c’était banal..., et trop commun !
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- Comme les temps ont changé ! Ce passé, dont les besoins étaient si réduits, semble aujourd’hui bien révolu. Le Cidre et la Pomme, de nos jours, sont à l’honneur, et, c’est justice.
- Tout progrès, cependant, entraîne avec lui un certain nombre de difficultés. Certes, alertés par la concurrence, nous nous sommes vite aperçus, qu’en fait de Pommes et de Poires, nous étions en possession de variétés aussi belles et aussi bonnes — meilleures même — que celles dont les Américains nous inondent ; mais, nous ne savions en aucune manière les exploiter. Nous ne savions même pas les présenter : nos Calvilles si fins, nos incomparables Reinettes, presque toujours tavelées ou véreuses, faisaient triste figure à côté des rutilants Winesap et des Jonathan...
- Hâtons-nous de dire que nous sommes en train de réagir; et cela est très heureux. Des groupements locaux, désintéressés et actifs — ce sont même les plus désintéressés qui ont fait la meilleure besogne — se sont constitués; ils s’efforcent, par l’enseignement et par une propagande intensive, de ramener l’attention de tous, tant producteurs que consommateurs, vers le fruit français, l’une des sources les plus claires de notre fortune nationale ('). Comme il n’est pas inutile de faire connaître ces bienfaisants groupements, citons : la Société pomologique de France; Y Association française pomologique ; les Comités et Syndicats pomologiques de Bretagne et de Normandie; et, combien d’autres!
- Mais, chose bizarre, inattendue, tous ces groupements si allants, si pleins de bonne volonté, se heurtent à une énorme difficulté; nous sommes trop riches! On évalue, mais je crois qu’on exagère, à près de 100 000 le nombre des variétés de Pommes à Cidre cultivées sur l’étendue de notre territoire métropolitain. Les Pommes à couteau sont, heureusement, moins nombreuses; néanmoins, le Catalogue de Metz, dans un recensement qui remonte à l’année 1895 (1 2), en mentionnait quelque chose comme 1130 variétés. Comment s’orienter dans une pareille multitude? car, il ne faut pas l’oublier, il n’y a, en réalité, au point de vue scientifique, aucune distinction à faire entre les Pommes à cidre et les Pommes de table; si les praticiens admettent une catégorie intermédiaire dite de Pommes à deux fins, le naturaliste, lui, ne connaît que la Pomme, fruit du Pommier; et c’est tout!
- Classer toutes les variétés connues, fut considéré pendant longtemps comme une tâche impossible ; et, de fait, la plupart des auteurs qui s’y sont appliqués semblent y avoir, de très bonne heure, renoncé; on s’est contenté, jusqu’à nos jours, de classifications pratiques, basées sur la couleur des fruits, leur saveur, les différences dans les époques de maturité, etc., etc. Ce fut René Desfontaines, notre illustre botaniste breton, né à Tremblay (Ille-et-Vilaine) qui essaya, le premier, d’établir pour les Pommes des groupements rationnels. A l’époque où il écrivait (1809), il était déjà bien difficile de fixer, d’une façon simple, la systématique des fruits.
- 1. Il nous est agréable de signaler, à ce sujet, l’article si intéressant, si exact et si parfaitement documenté, que vient de publier La Revue de France (15 avril 1934, p. 631), sous la signature de M. François Robin.
- 2. On n’a pas, que je sache, de Catalogue plus complet ni plus récent.
- L’un des plus grands obstacles aux progrès de la nomenclature résulte de la multiplicité des noms qui ont été donnés au hasard, sans méthode, par fantaisie et pure ignorance le plus souvent, aux variétés nouvelles ou prétendues telles. M. Georges Bellair signalait précisément ce fait dans l’un des derniers numéros de la Revue horticole (avril 1934, p. 77), pour les cas du Calville blanc et du Court-pendu-rouge ; l’un et l’autre n’ont pas moins de trente noms différents; et, il en est ainsi pour la grande majorité des anciennes variétés.
- C’est dans ce chaos à peine exploré qu’il est question de remettre un peu d’ordre aujourd’hui; comme il convient de ne s’y avancer qu’avec prudence, nous nous bornerons, pour ce premier coup d’œil, à considérer le cas des Pommes sous sa plus grande généralité.
- Nous ne savons pas si les anciens avaient une idée tant soit peu nette des catégories naturelles; cela n’est pas impossible; en tout cas, ils avaient l’excellente habitude de rattacher les fruits nouveaux à des types connus et ils réalisaient ainsi, d’instinct, des groupements parfaitement acceptables. Une chose est certaine, c’est que, dès le xive siècle, le nom de Reinette, au sens collectif, était déjà très employé, par les amateurs érudits, pour désigner certaines catégories de pommes qui passaient alors, selon les conceptions du temps, pour être comme des Reines (;reinette = petite reine) parmi les autres. Le nom de Reinette a persisté; malheureusement, comme le dit André Leroy, ce nom a été si malencontreusement prodigué, que, sur les 163 variétés auxquelles il est encore aujourd’hui réservé, il y en a bien les trois quarts « qui sont indignes de le porter ».
- Le siècle suivant vit apparaître les Calvilles, probablement aussi connues et aussi anciennes que leurs rivales Reinettes, mais dont la fortune fut plus tardive parce que nées, on le suppose du moins, en province, dans la plantureuse Normandie. Et ainsi de suite, nous voyons interminablement apparaître, dans la succession des ans, des noms, des noms..., qui se mélangent, se contredisent, s’enchevêtrent sans ordre et sans méthode. On ne sait même plus aujourd’hui s’il y a des limites entre les principaux groupements; de nombreux Calvilles sont dénommés Reinettes; et, à l’inverse, plus de cinquante pommes appelées Reinettes sont des Calvilles, indiscutablement; depuis plus de cent ans tout le monde déplore cet état de choses.
- Actuellement cependant, presque tous les auteurs modernes sont d’accord pour admettre qu’une classification méthodique et rationnelle n’est pas impossible; et que, pour les Pommes et les Poires tout au moins, elle doit reposer, en premier lieu, sur l’aspect et sur la forme extérieure des fruits. Partant de là, nous posons en principe ce qui suit :
- Il ny a, en réalité, dans la multitude immense des Pommes que deux très grandes catégories de fruits : les Reinettes et les Calvilles; seules, ces deux'{ grandes subdivisions sont susceptibles d’être définies par des caractères fixes, précis, faciles à apprécier.
- Cette délimitation comportera encore nous le savons bien, une certaine dose d’incertitude; telle qu’elle est, pourtant, il faudra s’en contenter; car, comme le dit le
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- célèbre pomologue anglais, Edward A. Bunyabd : « Une classification, même imparfaite, vaut mieux que rien du tout.»
- Nous proposons donc de définir ainsi, sous réserves d’indications plus détaillées, les Reinettes et les Calvilles.
- I. Reinettes. — Nous donnons le nom de Reinettes à un groupe de Pommes sphériques ou sphériformes, dont le diamètre transversal est sensiblement égal au diamètre vertical; légèrement aplaties à leurs deux pôles; mais surtout, dont le pourtour de la cavité oculaire est uni, parfaitement régulier, sans traces de bosselures, de côtes ou de mamelons ('). Telle était, dans l’esprit des Anciens, et’telle doit être la Reinette théorique (fig. 2).
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- égal ou très peu supérieur au diamètre vertical; mais, dont le pourtour de la cavité oculaire est fortement accusé par des côtes, des bosselures ou des mamelons développés plus ou moins, et se prolongeant parfois, sur les côtés du fruit, jusqu’à sa base.
- Tel doit être le Calville théorique (fig. 1).
- Dans notre pomone, le type Calville se trouve parfaitement représenté par le Calville blanc, le Calville rouge d'hiver, le Calville de St-Sauveur, etc., etc.
- Ces règles doivent être entendues au sens absolu. C’est à cette condition, et à cette condition seule, qu’il sera possible d’en donner des définitions fixes et des représentations schématiques utilisables.
- Nous pensons toutefois que, dans la plupart des cas,
- Fig. 3. — LeCalville blanc {PI. LIX, p. 159). Fig. 4. — L'une des formes primitives du Pommier commun (PI. XL1II ;.
- (D’après Loiseleur-Deslongcliamps : Traité des arbres fruitiers. Nouveau Duhamel; Paris, 1815. t. VI.)
- Le type de cette Reinette théorique se trouve assez bien réalisé par quelques-uns de nos beaux et excellents fruits : Reinette de Caux, Reinette de Blenheim, Reine des Reinettes, Reinette Bauman, Châtaignier, Borowitsky, etc, etc. (1 2).
- IL Calvilles. — Nous donnons, de même, le nom de Calvilles, au groupe des pommes sphériformes ou légèrement coniques, dont le diamètre transversal est
- 1. On ne devra pas tenir compte de certains plissements, en général peu accentués, qui se manifestent parfois autour de l’œil.
- 2. Nous choisissons, à dessein, nos exemples parmi les fruits qui figurent au Catalogue descriptif de la Société pomologique de France, édit. 1927.
- l’obligation de faire cadrer la rigidité apparente de ces définitions avec la variabilité infinie des formes naturelles, ne présentera pas des difficultés insurmontables. Les Calvilles et les Reinettes, conformes à nos conceptions théoriques, ne sont pas tellement rares dans la nature; s’il y a, par ailleurs , quelque hésitation, nous sommes convaincu que l’horticulteur, ou l’amateur tant soit peu averti, surtout s’il s’est entraîné à examiner comparativement un grand nombre de fruits avec attention, pourra toujours arriver à cataloguer une pomme donnée, soit dans le groupe des Reinettes, soit dans celui des Calvilles.
- C. Houlbert.
- Conservateur au Musée d’Histoire naturelle de la ville de Rennes.
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- L’ARCHITECTURE ET LES ARTS INDIGÈNES
- EN AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE
- Fig. — Construction de la case Bougbou (région Mobaïe-AlindaoJ.
- L’Afrique Equatoriale française aime à se dire, non sans gloriole, « la Cendrillon des Colonies françaises ».
- 11 est de toute évidence que, la colonisant, nous avons dû parer d’abord au plus pressé. La tâche à accomplir était considérable, remplie de difficultés, presque surhumaine. Son importance nous excuse d’avoir trop souvent, pour ne pas dire toujours, bâti au Gabon, dans le Moyen Congo, dans l’Oubanghi-Chari et au Tchad, n’importe comment, n’importe quoi, n’importe où, sans songer à faire de l’A. E. F. une belle Colonie, sans même chercher à lui conserver le reflet extérieur de ses très anciennes civilisations.
- Mais les années ont passé tandis que nous nous répétions inlassablement, pour justifier un provisoire qui menaçait de devenir éternel, que l’on était « à la Colonie ». 11 en est résulté une sorte de « je m’en fiehisme » héroïque dont les conséquences sont lamentables.
- Lorsque, sous l’impulsion d’un Gouverneur général à l’image de Lyautey, la « Cendrillon » prendra la résolution, — secouant son insouciance des choses de l’art, — de se décrasser, elle aura bien du mal à retrouver son
- Fig. 2. — Cases Bougbou.
- splendide visage d’africaine, à masquer ce je ne sais quoi de faubourien qui est incrusté dans ses traits, en un mot à se refaire une beauté.
- En vérité, la situation de l’art indigène en A. E. F., se révèle, en effet, sinon irrémédiable du moins extrêmement douloureuse. Au fur et à mesure que nous avons apporté à l’indigène les bienfaits matériels de notre civilisation, nous l’avons vu, — par suite de son extraordinaire mais superficielle faculté d’adaptation, — les accepter, parfois avec enthousiasme, les assimiler rapidement; et renier du même coup, abandonner systématiquement, tout ce qui lui semblait être le témoignage de son état de civilisation passé, qu’il considérait, dès lors, comme extrêmement inférieur.
- Hypnotisé par tout ce qui, extérieurement, nous différencie à ses yeux de lui-même, égaré par un désir avide de satisfaire son amour-propre en faisant sien tout ce qui lui paraît susceptible de contribuer à accroître sa supériorité sur ses congénères, l’indigène rêve, avant tout, de se vêtir à l’européenne et de faire usage de quantités d’ustensiles, superflus pour la plupart, dont l’emploi est souvent incommode et qui ne répondent nullement à ses besoins réels. Persuadé, désormais, de ne plus appartenir à la civilisation qui fut celle de ses aïeux, quel intérêt peut-il porter à tout ce que, depuis toujours, les siens ont façonné de leurs mains : à la case familiale, à tous les menus objets créés pour répondre aux exigences matérielles et spirituelles de la vie journalière et dans lesquels survivent, conservés par la force de la coutume, les vestiges d’un brillant autrefois ? Comme ils comptent peu, hélas, comparativement à la tôle ondulée, à la cuvette émaillée, au parasol à baleines, à la lampe électrique de poche!
- La situation de l’indigène du Congo français est, actuellement, celle dans laquelle se trouve tout peuple traversant une période d’évolution précipitée par des influences qui lui étaient antérieurement étrangères.
- C’est ainsi que le Japon, à la suite de la révolution de 1848, affectant de s’adonner entièrement à la civilisation occidentale, dispersa aux quatre coins de l’univers les trésors innombrables que lui avaient légués plusieurs siècles de civilisation profondément raffinée et artiste.
- Notre Afrique noire traverse actuellement une crise analogue, avec cette différence toutefois que le Japon offrait à cette époque l’exemple d’une civilisation sinon à son apogée, du moins en possession de toutes ses forces intellectuelles et morales, alors que les civilisations centre-africaines se trouvaient, à la suite d’un concours de circonstances défavorables, à peu près totalement annihilées lorsque nous vînmes à elles.
- Si l’on considère, en outre, que les manifestations de la religion et de l’art sont intimement liées, et que nous avons dû par nécessité combattre le fétichisme, on ne s’étonnera pas que l’art indigène soit agonisant. Demain, en terre africaine, il n’en restera même plus le souvenir; ce dont il est facile de se rendre compte d’après les alar-
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- ruantes constatations des fonctionnaires qui, après un assez long congé passé en France, s’en reviennent occuper leur poste à l’intérieur de la Colonie.
- Nous devrions tout tenter pour parer à cette crise dont nous sommes, en 1rès grande part, responsables.
- A défaut de tout organisme olliciel compétent, certains colons ou fonctionnaires se sont intéressés aux dernières manifestations locales de l’art indigène et font, certes, de louables efforts pour l’empêcher de disparaître. Mais il faut bien admettre qu’un « blanc » qui n’occupe, en principe, son poste cpie durant deux années après lesquelles il rejoint la métropole pour y passer un congé indispensable, et qui, à l’expiration de celui-ci, est, en règle générale, affecté à un nouveau poste (parfois extrêmement éloigné du précédent) ne peut réellement rien faire d’utile et de durable dans ce but; d’autant plus que son successeur ne poursuivra pas, obligatoirement, son œuvre. 11 n’est d’ailleurs pas souhaitable que les Gouverneurs généraux donnent mission aux administrateurs, missionnaires, militaires ou colons de s’efforcer de provoquer une restauration des arts locaux. Cette initiative serait inopérante, sinon désastreuse; car on ne peut raisonnablement demander à tout colonial, si intellectuel soit-il, d’être
- Fig. 4. — Taia du chef à Bangadji.
- Fig. G. — Grenier du chef à Bartgad
- Fig. 3. — Construction de l’obus Massa (\lala, sur le Logon).
- un homme de goût et de comprendre même l’indigène (je n’ose pas dire l’aimer) suffisamment pour être en mesure d’influencer heureusement sa production artis-
- Fig. 5. — Greniers à mit du lata de Bangadji.
- Fig. 1. — Entrée de case et petit moulin à mil à Bangadgi.
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- tique. Son action se bornerait le plus souvent à suggérer,
- -— ou imposer, — à l’artisan, des modèles européens.
- Mais l’heure est venue d’étudier ce qu’il conviendrait que nous tentions avec quelques chances de succès.
- Il importerait que le Gouvernement général de l’A. E. F. créât, sans tarder, une direction des Beaux-Arts, Arts indigènes et Antiquités à Brazzaville. De cette direction dépendraient deux services : l’un d’architecture et de censure, l’autre d’étude et conservation des arts indigènes et antiquités. Chacun d’eux, bien que possédant l’autonomie d’action vis-à-vis de l’autre, pourrait recourir à sa collaboration le cas échéant.
- Le premier s'efforcerait de créer un style et une architecture qui répondent parfaitement à toutes les exigences du pays, de son climat et de ses habitants, — européens et indigènes. Il étudierait les plans d’établissement, embellissement ou extension des villes et de toutes les constructions officielles de la Colonie, ceci avec la collaboration des services locaux des travaux publics. Service de censure il veillerait à ce que rien ne vienne porter atteinte à la beauté et au caractère propre de la Colonie. Nul ne pourrait construire quoi que ce soit sans lui en avoir auparavant soumis les plans; ceux-ci seraient approuvés, rendus pour modifications ou rejetés. Ce n’est qu’au prix d’une telle dictature artistique que l’on peut espérer parvenir à doter l’A. E. F. d’un art architectural personnel et original.
- D’aucuns disent qu’il n’y a pas, au Congo, d’architecture indigène et que par conséquent il est impossible d’y créer un style architectural colonial d’inspiration centre-africaine. C’est là un lieu commun. En réalité, partout où le noir a eu à sa disposition un matériau lui ouvrant quelques possibilités et suffisamment durable — ainsi sur le Logone septentrional — il se révéla capable de construire, non sans art, des habitations répondant exactement à ses besoins. Seule l’absence de ce matériau a vraisemblablement empêché les anciennes civilisations de l’Afrique Équatoriale de nous léguer des spécimens d’art architectonique d’un intérêt égal à celui des diverses autres manifestations de leur génie artistique dont de
- Fig. S. — Potière de Sara Manda.
- nombreux exemples ont subsisté jusqu’à nos jours.
- Les populations vivant sur les rives du Logone et dans le Maïo-Kebbi, qu’il m’a été donné d’étudier au cours de mon voyage au Tchad, les Banda de TOubanghi-Chari, les Mangbetou du Congo belge, les Maboum du Cameroun, entre beaucoup d’autres, construisent et décorent leurs habitations avec beaucoup de goût, d’esprit, et de sens pratique; enfin, au nord du Tchad, nous trouvons des constructions : Tata de chefs, mosquées ou cases d’un style extrêmement intéressant que Ton a appelé style Soudanais ou de « Tombouctou »; dans ces dernières l’inspiration mulsulmane arabo-berbère apparaît indiscutablement, mais l’apport du noir s’y révèle néanmoins considérable. Es-Saheli, architecte arabe originaire de Grenade, construisit en 1325 pour satisfaire au désir exprimé par l’empereur du Mali Gongo Moussa, une mosquée à Gao; elle fut le point de départ de l’architecture soudanaise. La rapidité de l’extension de ce style à travers toute l’Afrique noire islamisée, son évolution même, d’une part; les influences lointaines et mystér rieuses que laissent percevoir les habitations des Foulbé et autres peuples du Maïo-Kebbi ou du Logone, par exemple, de l’autre; tout cela révèle un goût latent de l’indigène pour l’architecture, — goût qui lui a permis d’adapter esthétiquement, et conformément à ses besoins, des éléments d’architectures d’origines étrangères.
- Une de nos grandes erreurs a été d’imposer à cet indigène, sous un vain prétexte d’hygiène, une case type, —-de plan circulaire ou rectangulaire, — anonyme et sans caractère. Il eût été préférable et tout aussi aisé de l’inciter à rendre son habitation plus confortable, mieux aménagée et aérée, en tenant compte que la santé d’un individu dépend moins de son logis que de la manière dont il y vit. En exploitant habilement, par des concours bien organisés et bien compris, l’esprit d’émulation de l’indigène, il serait facile de l’amener à s’intéresser à l’aspect extérieur de sa case — et de son village.
- De même que dans chaque tribu, griots et anciens sont, depuis toujours, les dépositaires de la littérature nègre orale, — qui se perpétue ainsi à travers les âges, — d’autres hommes se sont transmis et se transmettent encore, de générations en générations, les traditions architectoniques de leur race. Je ne pense pas, si paradoxal que cela puisse paraître à certains, qu’il nous soit impossible de créer un style architectural colonial, d’inspiration nettement africaine, en ayant recours à la collaboration de ces hommes, lorsque nous leur aurons toutefois apporté le secours de la nôtre.
- Si nous les aidions à régénérer leur art de construire, à se ressouvenir des architectures d’un autrefois dont ils ne sont pas sans conserver maintes réminiscences, si nous leur apportions, en outre, l’aide d’un matériau souple et durable; nous assisterions à une renaissance rapide et normale de l’architecture centre-africaine. Il nous serait dès lors aisé d’y trouver les éléments propres à nous servir de bases pour créer le style architectural colonial français que réclame TA. É. F.
- Quant au Service des Antiquités et Arts indigènes, son rôle consisterait à rechercher, dans tout le territoire, — et à sélectionner, — les spécimens intéressants de la pro-
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- duction artistique indigène, afin d’en constituer des collections-types, desquelles il dégagerait tout ce qui lui paraîtrait propre à la revivifier tout en la maintenant dans la saine tradition de son passé.
- Parallèlement il rechercherait les foyers d’art, épars à travers les quatre colonies du groupe, — et qui sont actuellement plus nombreux et intéressants que l’on serait tenté de le croire. Conseillant et encourageant les vieux artisans il les aiderait également à former des élèves. Peut-être pourrait-il même leur enseigner quelques nouvelles techniques?
- Ainsi l’art indigène, sauvé de la dégénérescence, refleurirait. L’artisan, se sentant soutenu et guidé, mettrait tout son amour-propre, — qui est très grand, —- à se surpasser. Et lorsqu’il'aurait retrouvé les belles techniques délaissées, que nous lui aurions inculqué le goût de ce qui est vraiment beau et que les inévitables perturbations, inhérentes au bouleversement social provoqué par notre colonisation, lui ont fait perdre, nous verrions les métiers d’art de notre A. É. F. évoluer vers une destinée nouvelle, source de résultats matériels et moraux inestimables.
- G. Geo-Fourrier.
- Fig. 9. — Poterie du Bahr Sara, dite Burma.
- = QU’EST-CE QUE LE TEMPS? =
- LA POSITION MÉTAPHYSIQUE ET LA POSITION SCIENTIFIQUE DU PROBLÈME
- (Suite des N°® 2933 et 2934).
- LE TEMPS MÉCANIQUE
- La notion de temps sidéral a suffi très longtemps et suffit encore largement pour les usages courants. Le temps sidéral a cette propriété commode de pouvoir être déterminé en pratique d’une manière précise et d’être conservé automatiquement par la rotation de la Terre. Si toutes les pendules s’arrêtaient un jour on retrouverait l’heure sans peine au moyen des étoiles.
- La notion de temps sidéral a en outre l’avantage théorique d’être d’une définition simple, et en fait dans les traités d’astronomie on définit le temps comme le temps sidéral.
- Cependant dans les recherches théoriques de mécanique on fut amené à adopter une notion de temps différente quant à son principe de celle du temps sidéral. Le plus curieux est sans doute que l’on fit cette substitution du temps mécanique, comme nous l’appellerons, au temps sidéral, sans bien s’en apercevoir.
- Les lois de la mécanique. — Les lois de la mécanique ont été découvertes par Galilée et par Newton. Le premier a posé le principe d’inertie, d’après lequel un corps soustrait à toute action extérieure est animé d’un mouvement rectiligne uniforme; il l’a établi par
- l’étude des mouvements des corps sur un plan incliné, en remarquant que, lorsque le plan incliné devient horizontal, le corps n’est plus abandonné à son poids et que la loi de son mouvement devient celle d’un mouvement uniforme.
- Le second a découvert ce que l’on appelle la loi fondamentale de la dynamique, c’est-à-dire la relation entre le mouvement d’un corps et la force totale qui lui est appliquée. Il a ajouté à cette loi de la dynamique, la loi appelée depuis, loi de Newton, qui donne l’expression des forces exercées par les astres les uns sur les autres.
- C’est par l’étude des mouvements des planètes, dont Copernic et Képler avaient fixé les mouvements que Newton parvint à la découverte de ces lois. Ceci est important à noter car, pour introduire la loi de la dynamique et la loi de Newton, il fallut se servir de la notion du temps utilisée alors; cette notion était en définitive celle de temps sidéral bien que sa définition ne fût pas encore nettement précisée.
- Énoncé de la loi de la dynamique. — Bornons-nous d’abord, pour simplifier le langage, au cas d’un mobile M de masse donnée m, se déplaçant sur une ligne droite sous l’action d’une force F dirigée suivant cette même ligne droite.
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- Fig. 17. — Isnac Newton, le créateur des lois de la dynamique, d'après une gravure du XVIIIe siècle. (Doc1 J. Boyer.)
- On repère la position de M par sa distance x = OM à un point fixe O de la droite décrite par M. La connaissance du mouvement de M est la possibilité de calculer x pour une valeur quelconque du temps t, en d’autres termes d’exprimer x en fonction de t.
- On appelle vitesse du mobile, que l’on désigne par d.r
- v = —» le quotient du chemin dx, décrit par le mobile
- pendant le temps infiniment petit dt, par ce temps dt.
- t dæ .
- La notation — est justifiée par cette définition; le
- mot « temps infiniment petit dt » signifie qu’on considère da;
- ce quotient — pour un intervalle de temps fini, et qu’on
- prend sa valeur lorsque cet intervalle de temps tend vers zéro.
- On appelle accélération du mobile, que l’on désigne par d2x . de
- — le quotient — de 1 accroissement de de vitesse mobile
- pendant le temps infiniment petit dt, par ce temps dt.
- La loi de la dynamique s’énonce ainsi : le produit de la masse m du mobile M par son accélération est égal à la force qui agit sur lui, elle se traduit par l’équation : d2.* n d t2
- Lorsque le mobile se déplace dans l’espace et non
- plus sur une ligne droite, la loi précédente est valable, M désignant la projection du mobile sur une droite fixe quelconque et F la projection de la force sur la même droite.
- On repère d’ordinaire un point P dans l’espace en prenant trois axes rectangulaires, ox, oy, oz, en projetant ce point sur ces axes et en adoptant comme coordonnées du point les distances x, y, z de l’origine O aux trois projections. On repère également une force F en donnant les grandeurs X, Y, Z, de ses trois projections sur les mêmes axes.
- Les équations de la dynamique pour un point mobile dans l’espace s’écrivent :
- ,,, d2x xr d2y d2z
- (1 m—-=\. m— = Y. m —— — Z •
- v ' d t2 d t2 d t2
- La loi de Newton et la mécanique céleste. — La
- loi de Newton dit que si on a dans l’espace un certain nombre de mobiles réduits à des points, chaque mobile exerce sur chaque autre une force attractive, dirigée suivant la droite qui les joint, de grandeur proportionnelle au produit des masses des deux mobiles et à l’inverse du carré de leur distance.
- L’un quelconque des mobiles considérés est soumis à une force qui est la résultante des attractions de tous les les autres mobiles.
- On conçoit que la réunion de ces deux lois : loi de la dynamique et loi de Newton, permette de calculer le mouvement d’un nombre quelconque de mobiles s’attirant suivant la force d’attraction newtonienne.
- La loi de Newton donne en effet l’expression de la force agissant sur chaque mobile en fonction de sa position et de celle des autres corps; la loi de la dynamique donne ensuite l’accélération du mobile. Par un procédé mathématique appelé intégration d’un système différentiel, on peut en déduire les coordonnées x, y, z, de chaque mobile en fonction du temps t.
- Or, ce problème n’est autre que celui des mouvements des planètes; le Soleil et les planètes ont une forme de révolution symétrique par rapport à un centre et, en ajoutant quelques petites corrections, on peut, au point de vue de leuis actions mutuelles, les assimiler à des points. Les mouvements de ces points sont exactement déterminés par la loi de la dynamique et la loi de Newton; la mécanique céleste est la partie de l’astronomie qui se propose d’effectuer le calcul des mouvements planétaires sur la base de la loi de Newton.
- On sait combien elle y a réussi : si le système solaire se composait d’un soleil et d’une planète de masse très petite, la trajectoire de celle-ci consisterait en une ellipse ayant son foyer au soleil, et décrite suivant la loi des aires. Un tel mouvement est conforme aux lois des mouvements planétaires que Képler avait trouvées par l’observation directe.
- En réalité, le système solaire se compose, outre le Soleil, d’une dizaine de grosses planètes, mais la masse du soleil est prépondérante, de telle sorte qu’en première approximation on peut ne tenir compte que de la masse du Soleil et considérer les mouvements planétaires comme
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- ayant lieu suivant des ellipses képlériennes. On introduit l’action mutuelle des planètes en apportant au mouvement lcéplérien de petites corrections, appelées perturbations; le principal but de la mécanique céleste est le calcul des perturbations qui fut poussé à un très haut degré de perfection par les successeurs de Newton, en particulier par Laplace.
- On peut dire, qu’à part les quelques exceptions que nous signalerons plus loin, la mécanique céleste explique les mouvements des planètes avec une approximation égale à celle de nos mesures, et c’est là un des grands succès de la science.
- On sait que la mécanique céleste a remporté une fois un succès encore plus grand. Non seulement elle a permis d’expliquer ce que l’on observait, mais elle a permis à Le Verrier de découvrir la planète Neptune que l’on n’avait jamais vue, simplement par l’étude mathématique des perturbations qu’elle exerçait sur la planète Uranus.
- Définition du temps mécanique. — On appelle temps mécanique ou temps newtonien, la variable t qui figure dans les équations (1) de la mécanique.
- Le temps mécanique se trouve ainsi entièrement défini par les mouvements célestes par exemple, ou par l’étude du mouvement d’un système mécanique quelconque.
- Nous avons vu en effet que si on se donne les masses, positions et vitesses initiales de tous les corps du système solaire, on peut, en partant des équations (1), calculer les coordonnées de ces corps en fonction du temps t, c’est-à-dire pour toutes les valeurs du temps. Le temps au moyen duquel ces positions sont calculées est la variable t qui figure dans les équations (1), puisque c’est par l’intégration de ces équations que l’on a obtenu ces positions.
- Ainsi, par voie théorique, on peut calculer les positions des corps du système solaire par exemple en fonction du temps mécanique.
- Réciproquement, l’observation de ces corps nous permet de mesurer le temps mécanique, puisque nous savons pour quelle valeur du temps mécanique les corps du système solaire occuperont certaines positions.
- Nous montrerons plus loin comment cette mesure du temps mécanique a été faite effectivement.
- Temps mécanique et temps sidéral. — En fait, malgré que les équations (1) soient connues depuis plus de deux siècles, on n’a considéré que tout récemment le temps mécanique et on a admis que le temps mécanique et le temps sidéral coïncidaient.
- On avait d’abord une raison théorique de le faire. Si on étudie au moyen des équations (1) le mouvement de rotation de la Terre sur elle-même, en tenant compte des conditions initiales, on trouve que cette rotation se fait avec une vitesse angulaire constante. En d’autres termes, l’une des conséquences des équations de la dynamique est que l’angle dont la Terre a tourné à tout instant est proportionnel au temps mécanique. Comme cet angle est, par définition, proportionnel au temps sidéral, ceci établit l’identité du temps mécanique et du temps sidéral.
- ............................- = 159 =
- A ceci s’ajoute un fait d’observation. Le temps utilisé pour les observations astronomiques, et en particulier pour celles du Soleil, de la Lune et des planètes, est le temps sidéral. Or, comme nous l’avons dit, on constate que les conséquences théoriques des équations de la dynamique sont conformes à l’observation. Ceci prouve : d’une part que les lois de la dynamique sont bien les équations (1) et aussi que le temps sidéral et le temps mécanique sont confondus, car les observations sont exprimées en temps sidéral, et les conséquences théoriques des équations (1) sont exprimées en temps mécanique, la concordance de l’observation et de la théorie n’aurait pas lieu si ces temps différaient.
- C’est pourquoi jusqu’en 1924 on ne se préoccupa pas du temps mécanique et on se contenta du temps sidéral, parce que la distinction entre le temps sidéral qui était le plus commode à mesurer et le temps mécanique qui intervenait dans les théories basées sur les équations de la mécanique ne paraissait pas nécessaire.
- Contradictions entre l’observation et la théorie.
- — Nous avons dit que les lois de la dynamique jointes à la loi de Newton donnaient des résultats conformes à l’observation si on adoptait le temps sidéral dans la pratique de l’observation des astres.
- Cependant vers le début du xixe siècle on avait constaté des divergences entre l’observation et la théorie qui avaient paru inexplicables.
- Ces divergences sont au nombre de deux :
- Mouvement du périhélie de Mercure, supérieur de 43" par siècle à celui que prévoit la théorie;
- Différences systématiques et à variation lente entre la longitude calculée et observée de la Lune.
- La première divergence a été constatée clairement pour la première fois par Le Verrier vers 1850. La seconde a été mise nettement en évidence vers la même époque par Adams et par Delaunay.
- Fig. 18. — Trajectoire elliptique d'une planète autour du Soleil.
- Grand
- Orbite.
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- Fig. 19. •— Le Verrier, célèbre astronome français (1811-1877). Collection J. Boyer.
- Disons tout de suite que l’inégalité du mouvement de Mercure a été expliquée par Einstein en 1917, et constitue la preuve la plus précise de la relativité généralisée. Depuis Einstein les mouvements de Mercure ne présentent pas d’anomalies par rapport à la théorie.
- Il ne nous reste donc à examiner que les divergences présentées entre la théorie et l’observation du mouvement de la Lune.
- Mouvement de la Lune en longitude. — La position de la Lune est fixée par sa longitude et sa latitude écliptiques, on définit la longitude et la latitude d’un astre au moyen de l’écliptique, comme on définit les coordonnées analogues d’un point de la terre au moyen de l’équateur. Nous nous occuperons seulement de la longitude de la Lune qui augmente constamment par suite de la rotation de notre satellite autour de la Terre, alors que sa latitude ne fait qu’osciller.
- La théorie de la Lune est l’une des plus difficiles de la mécanique céleste, car le système Soleil-Terre-Lune présente un cas du problème des trois corps dans lequel les approximations successives sont plus difficiles que dans tout autre. Aussi notre satellite a-t-il toujours fait le désespoir des astronomes.
- Laplace avait fait, à la fin du xvme siècle, une théorie de la Lune qui représentait alors assez bien l’observation. Mais vers 1850, les divergences entre l’observation et les tables obligèrent les astronomes à reprendre ce problème. Hansen construisit de nouvelles tables, Adams recalcula l’accélération séculaire de la longitude et Delaunay mit sur pied une théorie très précise et très ingénieuse du mouvement de notre satellite.
- Actuellement c’est la théorie de Delaunay, modifiée et perfectionnée par Tisserand, Andoyer, Newcomb, Hill et Brown qui est utilisée.
- D’après cette théorie, la longitude de la Lune À, exprimée au moyen du temps mécanique t se présente sous la forme :
- 1 — 70 + nt -j- n' t2 -f P (t)
- où n et n1 sont des constantes et P (t) une somme de fonctions périodiques du temps; dans la suite nous prendrons comme unité de temps pour mesurer t le siècle de 36 625 jours.
- La théorie permet de calculer ces constantes et les coefficients de P. En particulier la constante n' appelée accélération séculaire de la longitude de la Lune, est, d’après la théorie :
- n’ = 7",12
- si t est exprimé en siècles.
- Cette accélération du mouvement de la Lune prévu par la théorie est en quelque sorte le contre-coup de la diminution progressive de l’excentricité de l’orbite terrestre.
- L’observation de la Lune révèle que la longitude de la Lune est bien une fonction du temps de la forme (2), mais :
- 1° Le coefficient observé de t2 (accélération vraie de la longitude de la Lune), est 11",91, supérieur de 4",79 à sa valeur théorique;
- 2° La longitude observée contient un terme périodique supplémentaire, d’une période de 260 ans et d’une amplitude de 13",60, la variation de ce terme est représentée sur la figure 23.
- On s’est demandé longtemps si ces divergences entre la théorie et l’observation sont réelles. La théorie de la Lune, est en effet, si difficile et si longue à développer que l’on est en droit de se demander si elle a été poussée assez loin et si l’écart observé ne provient pas de son insuffisance.
- C’est ce que Le Verrier pensait, en 1850, et il n’hésitait pas à le reprocher véhémentement à Delaunay.
- Le Verrier, comme beaucoup d’astronomes, avait la réputation d’avoir très mauvais caractère, de son côté Delaunay ne laissait pas accuser sa théorie de la Lune sans riposter et il accusait à son tour d’insuffisance les tables de Mercure dressées par Le Verrier.
- En 1860 la discussion entre ces deux astronomes prit une allure de violente polémique.
- Dans une note publiée le 5 mars 1860 aux Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, Le Verrier dit ceci :
- « Monsieur Delaunay est intervenu dans une discussion qui lui était étrangère, de la manière la plus inutile et la plus regrettable. Mais Monsieur Delaunay peut demander une explication, je suis prêt à la lui donner nette et précise : il a trouvé 6" pour l’accélération séculaire du moyen mouvement de la Lune, tandis que Hansen a montré que l’observation la donne de 12" et plus. »
- Delaunay réplique : « ... le résultat que vous donniez dans la dernière séance, je l’avais communiqué à l’Académie il y a plus d’un an. Et d’ailleurs Le Verrier a bien trouvé pour Mercure une accélération du périhélie supérieure de 38" à celle de la théorie. »
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- On voit que la discussion était sans aménité et il est très curieux de voir ces deux grands astronomes se reprocher mutuellement des divergences entre la théorie et l’observation qui sont réelles et qui conduiront plus tard à deux grandes découvertes. La différence, constatée par Delaunay, entre l’accélération calculée et l’accélération observée de la Lune le conduira à constater que le temps sidéral diffère légèrement du temps mécanique, et le résidu de 38", trouvé par Le Verrier, dans le mouvement du périhélie de Mercure, devait constituer 57 ans plus tard la meilleure preuve de la théorie d’Einstein.
- La théorie de la Lune de Delaunay a été, en effet, portée depuis cette époque à un très haut degré de perfection par Brown et la réalité des différences entre cette théorie et l’observation ne fait plus de doute, nous le vérifierons du reste tout à l’heure.
- Explication de la différence'de l’accélération du moyen mouvement. — Il est commode, pour expliquer les anomalies observées dans la longitude de la Lune de prendre séparément l’anomalie sur l’accélération n' et l’anomalie périodique que nous avons signalée.
- Considérons d’abord l’anomalie sur n' :
- Comme nous l’avons dit, la théorie donne 7",12 pour ce coefficient, et l’observation 11",91. D’après cela la longitude de la Lune augmente plus vite que ne le prévoit la théorie et comme n' est multiplié par le carré du temps, la divergence entre les positions observées et calculées de la Lune augmente rapidement avec le temps.
- Supposons qu’on fasse la théorie de la Lune en accord avec les observations modernes. Dans un siècle la Lune aura parcouru en longitude 4",79 de plus que ne le prévoit la théorie; dans 200 ans cette différence sera de 20" et dans 2000 ans de 32', c’est-à-dire du diamètre même de notre satellite, quantité fort appréciable. On peut exprimer cette différence autrement en cherchant combien de temps avant l’heure prévue par la théorie la Lune passera en un certain point de son orbite.
- Au bout d’un siècle la Lune sera en avance de 8",78 sur l’horaire prévu par la théorie, au bout de deux siècles de 35", 18, et au bout de 2000 ans de lh environ.
- Si, au contraire, on cherche à remonter dans le passé, on trouve que la Lune paraît avoir été dans le passé en retard de quantités identiques aux précédentes.
- Etant donné l’ordre de grandeur des écarts que nous venons de signaler, on comprend que l’étude des positions de la Lune observées depuis un siècle à 1" près, et l’étude des éclipses observées par les anciens aient permis de mettre en évidence cet écart entre la théorie et l’observation.
- Les observations anciennes sont très imprécises, mais utiles tout de même, car l’effet à mettre en évidence croît avec le carré du temps.
- On peut dire d’une autre manière que l’anomalie observée sur n' consiste en une diminution progressive de la durée de la lunaison, chaque lunaison étant plus courte que la précédente de un dix millième de seconde environ.
- '...................= 161 =
- Ralentissement progressif de la rotation terrestre.
- — Les divergences entre la théorie et l’expérience ou l’observation se rencontrent parfois en science et on cherche toujours à les expliquer en reprenant la théorie et en cherchant si on n’a pas oublié ou négligé quelque chose.
- En particulier de nombreux astronomes cherchèrent à expliquer la valeur observée pour n' en modifiant la loi d’attraction de Newton, ou en supposant le Soleil légèrement aplati aux pôles, ou en introduisant une attraction magnétique hypothétique entre la Terre et la Lune, ou en introduisant l’attraction de l’essaim des Léonides... Toutes ces tentatives échouèrent.
- C’est alors qu’on envisagea une explication proposée déjà par Kant en 1752, mais sans preuves expérimentales à l’appui.
- Le mouvement de rotation de la Terre sur elle-même se ralentit lentement par suite du frottement exercé sur notre globe par les marées.
- Nous allons montrer que ce ralentissement de la rotation terrestre explique l’accélération excessive du mouvement de la Lune.
- 11 ne faut pas oublier, en effet, que les observations de la Lune sont effectuées avec le temps sidéral; en effet une observation de la Lune consiste à dire : à l’heure sidérale t la Lune se trouvait en tel point, puisque les horloges des astronomes sont réglées depuis toujours
- Fig. 20. — Delaunay, astronome français (1816-1872).
- Auteur d’une théorie de la Lune qui fit l’objet d’une violente polémique avec Le Verrier.
- Portrait tiré de sa biographie, par A. Thevenot. Troves, 1878. Collection J. Boyer.
- * * *
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- = 162 ................... ............. — —
- sur le temps sidéral, comme nous l’avons expliqué.
- Or la mesure du temps sidéral est basée sur l’hypothèse de la constance de rotation de la Terre sur elle-même, et si la Terre tourne de moins en moins vite les horloges réglées sur le temps sidéral auront un retard progressif.
- Ainsi, le ralentissement de la rotation terrestre doit provoquer un retard du temps sidéral.
- D’autre part, la théorie de la Lune donne la position de notre satellite en fonction du temps mécanique puisque cette théorie s’obtient en intégrant les équations (1).
- Les divergences observées entre la théorie et l’observation du mouvement de la Lune proviennent donc dans cette hypothèse, non pas d’une insuffisance de la théorie de la Lune, mais de ce que cette théorie est faite avec le temps mécanique, alors que les observations sont faites avec le temps sidéral qui retarde progressivement par rapport au premier.
- Dans un siècle ce n’est pas la Lune qui sera en avance de 12", 15 sur l’horaire, c’est l’horloge sidérale ou si l’on préfère l’horloge Terre qui sera en retard de cette quantité.
- Nous verrons plus loin qu’en réalité le phénomène est un peu plus complexe que nous venons de le dire.
- Ainsi le ralentissement progressif de la rotation terrestre expliquerait qualitativement le supplément de 5" par siècle de l’accélération lunaire. Montrons que le frottement produit par les marées peut provoquer un tel ralentissement et cherchons quelle correction il faut apporter au temps sidéral pour rétablir l’accord entre la théorie et l’observation.
- Action du frottement des marées. — Bornons-nous à la marée lunaire; si la Terre ne tournait pas, l’attraction de la Lune sur les océans' donnerait à leur surface une forme allongée dans la direction de notre satellite et dans la direction opposée.
- En réalité ces deux bourrelets de la marée se trouvent partiellement entraînés par la rotation de la Terre (fig. 21), le résultat de l’attraction de la Lune et de cet entraînement partiel des bourrelets est que ceux-ci ne sont pas dirigés exactement vers la Lune et dans la direction opposée, mais se trouvent légèrement à l’est de ces positions.
- On constate, en effet, qu’en pleine mer la marée lunaire ne se produit pas exactement au moment où la Lune passe au méridien, mais deux ou trois heures après.
- L’attraction de la Lune sur ces deux bourrelets produit un couple qui s’exerce sur les océans en sens inverse de la rotation de la Terre et tend par conséquent à ralentir celle-ci.
- Si on préfère, les océans sont en quelque sorte traînés à la surface de notre globe et agissent par frottement, un peu comme le ferait un frein dynamométrique, pour ralentir la rotation terrestre.
- On peut donc prévoir que l’action freinante des marées permettra d’expliquer l’accélération apparente du mouvement de la Lune par le ralentissement de la rotation terrestre.
- En réalité, le phénomène est plus complexe encore que nous ne venons de l’exposer.
- La Lune va agir sur les bourrelets de marée situés un peu à l’est de la direction Terre-Lune, et va ralentir la rotation terrestre, mais en revanche ces deux bourrelets vont exercer eux aussi leur action de gravitation sur la Lune et modifier son mouvement.
- Quelle est cette modification du mouvement de la Lune? Nous n’exposerons pas la théorie de ce phénomène bien qu’elle soit assez simple (voir Andoyer : Annuaire du Bureau des Longitudes, année 1929, note A, p. 19 à 28), nous nous contenterons de signaler le résultat. L’action sur notre satellite des bourrelets de marée placés à l’est de la direction Terre-Lune a pour résultat de ralentir le mouvement de la Lune. En sorte que le phénomène de l’accélération du mouvement lunaire va être la somme de deux phénomènes de même origine (bourrelet de marée) et agissant en sens contraire :
- a) Une augmentation apparente de la vitesse du mouvement lunaire dû à ce que l’on mesure ce mouvement au moyen de rotation de la Terre qui diminue:
- b) Une diminution réelle de la vitesse du mouvement lunaire.
- En réalité le phénomène est encore plus compliqué que nous venons de le dire, car la Lune n’est pas seule responsable des marées, le Soleil intervient aussi dans ce phénomène quoique pour une plus faible part.
- L’action attractive du Soleil sur les bourrelets de marée tend à freiner la rotation terrestre, et l’action du bourrelet de marée sur le Soleil tend à ralentir la vitesse de rotation de la Terre sur son orbite ou, si on préfère, en langage d’observation, à ralentir le mouvement apparent du Soleil.
- Ainsi, pour déceler au moyen des mouvements de la Lune et du Soleil les irrégularités de la rotation terrestre, il faut tenir compte de ce fait que l’accélération observée du mouvement lunaire, 4",8 par siècle est la superposition de l’elïet dû au ralentissement de la rotation terrestre et d’une accélération négative réelle du mouvement lunaire et du mouvement apparent du Soleil.
- L’examen mathématique des dates et des grandeurs des éclipses de la Lune, des occultations et des positions de la Lune et des observations d’équinoxes a permis de déterminer, tout au moins provisoirement, les grandeurs numériques de ces phénomènes.
- L’excès de l’accélération lunaire sur la valeur prévue par la théorie est 4//,8, qui se décomposent ainsi :
- Elfîet du ralentissement de la rotation terrestre : 9",1;
- Accélération négative réelle du mouvement lunaire dû à l’attraction du bourrelet de marée : 4",3.
- On a bien :
- 4,,,8 = 9",1 — 4", 3
- L’accélération observée du mouvement solaire est 0",7 par siècle, se décomposant en :
- Effet du ralentissement de la rotation terrestre, 0",7;
- L’accélération négative réelle du Soleil paraît négligeable.
- Les marées peuvent=elles produire ce ralentisse= ment? — Il est intéressant de chercher, d’après ce que
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- nous savons des marées, si leur action dissipative d’énergie est numériquement suffisante pour produire cet effet de ralentissement de la Terre.
- Pour expliquer la diminution séculaire précédemment trouvée du jour sidéral, l’énergie dissipée en chaleur par le frottement des marées devrait être de 1,5.KP ergs par seconde.
- On a tenté d’évaluer directement l’énergie dissipée par le frottement des courants de marée sur le bord des continents et les fonds des mers. Pour les océans profonds, cette énergie est négligeable (101(l ergs par seconde) à côté du chiffre à atteindre; mais pour les mers peu profondes et resserrées comme la mer d’Irlande (3.101'), la Manche, la mer du Nord, la mer de Bering, le détroit de Malacca, le canal de Fox..., la chaleur dissipalive est produite par le frottement du courant de marée sur le fond de la mer et l’énergie dissipée atteint un total de 1,1.10Iy ergs par seconde, c’est-à-dire d’un ordre conforme à ce qu’il fallait trouver.
- Le frottement des marées permet donc d’expliquer quantitativement l’excès de l’accélération lunaire.
- Valeur du ralentissement de la rotation terrestre.
- — L’analyse précédente révèle donc que le mouvement lunaire se trouve expliqué si on admet que la rotation de la Terre diminue avec le temps, et nous donne la valeur numérique de la partie de l’accélération du moyen mouvement lunaire imputable au ralentissement terrestre: 9",1. On en déduit sans peine la grandeur du ralentissement de la rotation de la Terre.
- Au bout d’un siècle la Lune paraît, par suite de ce phénomène, avoir fait 9//,l de plus que ne le prévoit la théorie, ou, comme elle met 16",58 à parcourir ce chemin, on peut dire que la Lune est en avance de 17",51 sur son horaire. En réalité nous interprétons cette avance de la Lune par un retard de notre horloge : la Terre. Donc, au bout d’un siècle l’horloge Terre retardera de 17",51.
- Au bout de deux siècles de l'6".
- Au bout de 2000 ans de 1"50'32" et de un jour au bout de 76 siècles.
- Substitution du temps mécanique au temps sidéral. — Ainsi le temps sidéral ne coïncide plus avec le temps mécanique, la différence entre ces deux temps a été mise en évidence en comparant deux horloges. La première est la Terre qui, par sa rotation sur elle-même, définit le temps sidéral; la seconde est la Lune dont on peut faire la théorie en introduisant le temps mécanique; ce que Ton avait cru être un défaut de la théorie de la Lune n’était qu’un défaut du temps sidéral.
- En pratique les astronomes continuent et continueront longtemps à régler leurs horloges sur la rotation de la Terre. Pour l’étude des mouvements célestes qui exigent une grande précision et s’étendent sur un long intervalle de temps, il suffira d’apporter une correction calculée d’après le ralentissement connu de la rotation terrestre.
- Si on appelle t le temps mécanique exprimé en siècles de 36 525 jours, et 8 le temps sidéral, on a :
- 8 — t = (16,58 t2) sec
- Variations périodiques de la rotation terrestre
- — Nous avons dit que la différence entre l’observation et la théorie de la Lune se décomposait en :
- Un excès de 4",8 de l’accélération de la longitude;
- Un terme périodique de période 200 ans et d’amplitude 13,60 dans la longitude lunaire.
- Une fois qu’on a ajouté à la théorie de la Lune le terme 4”,8 tz provenant de l’action des marées sur la Terre et sur la Lune, il reste en effet, entre cette théorie et l’observation, une différence qui paraît varier périodiquement, elle est représentée sur la figure 22.
- On a d’abord pensé qu’il s’agissait d’une erreur de la théorie ou d’une action céleste oubliée. Mais la théorie de la Lune a été poussée à un très haut degré de perfection par Brown en 1924, et il ne reste guère de doute sur la réalité de l’écart entre cette théorie et l’observation.
- On pensa alors à expliquer cette inégalité par des variations périodiques de la rotation terrestre, par le même processus que Ton avait expliqué l’accélération excessive de la Lune :
- Si en effet la vitesse de rotation de la Terre subit des variations périodiques, l’horloge 'Terre sur la rotation de laquelle nous réglons le temps sidéral avancera et reculera périodiquement. Comme dans le cas de l’accélération du mouvement lunaire, les variations périodiques de la Lune s’expliqueront, non pas en disant que la Lune est en avance Fi;j_ ,21 _ HepréscnUllion Mnalique OU en retard sur son des bourrelets de marée provoqués par horaire, mais en disant Vaiiraciion lunaire.
- que c’est le temps sidéral qui retarde ou qui avance. Le mouvement de la Lune sert en quelque sorte d’horloge pour le temps mécanique, plus exactement l’orbite lunaire joue le rôle de cadran, et la Lune d’aiguille.
- En pratique, on adoptera comme horloge. la rotation terrestre, et on apportera des corrections à l’heure sidérale de manière que la position de la Lune sur son orbite soit à chaque instant conforme à la théorie.
- Nous supposons qu’on a déjà apporté au temps sidéral la correction provenant de l'accélération de la longitude lunaire, et nous nous occupons ici uniquement de la correction à apporter au temps sidéral par suite de l’inégalité périodique.
- La Lune parcourant 360° en 27 jours 7ll43M.l",5, il lui faut 1 821 secondes de temps pour parcourir 1" d’arc de son orbite, donc si nous voyons la Lune en avance de p secondes d’arc sur son orbite à un instant donné, nous en concluerons que l’horloge retarde de p fois 1821 secondes.
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- Fig. 22. — Courbe représentant l’inégalité de la longitude lunaire depuis 1650 jusqu’à 1930.
- La Lune nous fournit donc un moyen simple de corriger le temps sidéral pour le ramener au temps mécanique.
- Cependant, avant de conclure comme nous venons de le faire, il convient de se demander si, comme dans le cas de l’accélération séculaire, une partie de cette irrégularité du mouvement lunaire n’est pas réelle, le reste seulement étant imputable aux irrégularités de la rotation terrestre.
- Supposons en effet que ces irrégularités de la rotation terrestre viennent en partie au moins des variations dans le frottement des marées; nous avons signalé précédemment que le frottement des marées avait deux conséquences : un ralentissement de la rotation terrestre et un ralentissement du mouvement lunaire.
- Les variations de ce frottement produiront donc des inégalités dans la rotation terrestre et des inégalités réelles dans le mouvement lunaire. S’il en était ainsi, le raisonnement que nous venons de faire pour calculer la correction à apporter à l’heure sidérale d’après l’écart de la Lune par rapport à l’éphéméride serait faux, car une partie seulement de l’écart lunaire serait imputable aux variations de la rotation terrestre.
- De Sitter a étudié cette question, en comparant le
- Fig. 23. — Écarts entre les positions observées et calculées de Mercure.
- mouvement de la Lune à ceux du Soleil, de Vénus et de Mercure. Il a conclu qu’une très faible partie seulement de l’inégalité lunaire observée était réelle et provenait de l’action irrégulière de notre planète sur la Lune, et que la plus grande partie de l’inégalité périodique lunaire était apparente et provenait des variations de la rotation terrestre.
- ». ; En sorte qu’en première approximation la règle de trois que nous avons faite pour calculer le retard ou l’avance du temps sidéral est exacte.
- Nature des variations de la rotation terrestre. —
- Il apparaît assez clairement à l’aspect de la figure 22 que la courbe représentant l’inégalité de la longitude lunaire est approximativement formée de trois lignes droites, correspondant aux intervalles de temps :
- 1650 — 1787 1787 — 1898 1898 —
- Ceci montre que pendant chacun de ces intervalles, compte tenu du ralentissement progressif dû aux marées, la rotation de la Terre est restée constante, puisque le mouvement de la Lune a été uniforme, comme si l’horloge Terre avançait ou retardait tous les jours de la même quantité.
- Dans la première période, de 1650 à 1787, la Lune a avancé de 35" en 140 ans, donc l’heure sidérale a retardé pendant cette période d’une quantité qui a augmenté proportionnellement au temps de 0" à 19",2, soit 0",139 par an.
- La rotation terrestre est restée constante de 1650 à 1788 et inférieure de 0",00038 à la valeur moyenne.
- De même de 1788 à 1898, soit en 110 ans, le temps sidéral a avancé linéairement de 18'',1, soit 0",163 par an; la rotation terrestre était plus rapide de 0,00045 par jour.
- Enfin depuis 1898 le temps sidéral retarde linéairement de 0",153 par an, la rotation de la Terre étant plus lente de 0,00042 par jour.
- Il semble donc qu’en 1788 et en 1898, il se soit produit des cataclysmes qui ont modifié brusquement le mouvement de la Terre autour de son axe, et par conséquent changé sa vitesse de rotation sur elle-même.
- Quels peuvent être ces cataclysmes ?
- Le moment d’inertie de la Terre semble être changé d’environ le cent millionième de sa valeur, ce qui est considérable et ne peut être expliqué par une perturbation locale, comme un tremblement de terre. Pour expliquer une variation du moment d’inertie de l’ordre de celle que l’on constate, par un phénomène local, il faudrait, en effet, imaginer par exemple que tout le massif de l’Himalaya se trouve brusquement effondré au niveau de la mer.
- On imagine plus facilement une variation de l’ensemble de notre globe, par exemple une légère variation du rayon. Le calcul montre qu’une élévation ou un abaissement du sol de quelques centimètres suffit à expliquer les variations constatées du moment d’inertie de la Terre.
- Vérification de la variation de la rotation
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- terrestre. — Nous avons admis jusqu’à présent que les inégalités du mouvement lunaire sont dues aux inégalités de la rotation terrestre. Mais est-ce bien la seule explication ? Il serait intéressant d’avoir des vérifications des inégalités de la rotation terrestre. Pour cela il suffit d’avoir un phénomène dont l’évolution peut être prévue en fonction du temps mécanique, et d’observer ce phénomène au moyen du temps sidéral; la comparaison de la théorie et de l’observation permet de comparer les deux temps.
- Les phénomènes les plus purs répondant à cette condition sont les mouvements planétaires.
- On peut, en effet, faire la théorie des planètes, obtenir la position de chacune d’elles en fonction du temps mécanique et considérer cette planète comme une horloge, sa position sur son orbite donnant le temps mécanique, en d’autres termes procéder avec cette planète comme nous venons de le faire avec la Lune.
- Il est important de voir quelle précision on peut attendre de chaque planète par ce procédé. Il est évident que la précision sera d’autant plus grande que le déplacement apparent de l’astre en un temps donné sera plus élevé.
- Voici les déplacements moyens des divers astres en
- un jour :
- Lune.......................................13° 11'
- Mercure (passages sur le Soleil)........... 2° 17'
- Vénus (passages sur le Soleil).............. 4° 7'
- Vénus (moyen).............................. 1° 36'
- Soleil. . /..............................59' 8"
- Mars.......................................31'
- Jupiter.................................... 5'
- 5e satellite de Jupiter (passage sur la planète) équivalent à.....................Il'
- 1" satellite de Jupiter (passage sur la planète) équivalent à..................... 8'
- Saturne. ................................... 2'
- Uranus......................................42"
- Neptune.....................................21"
- Pluton......................................14"
- D’après ce tableau la Lune est l’astre dont le mouvement donnera le temps avec le plus de précision, les passages de Vénus sur le Soleil donnent une précision seulement trois fois moindre, mais sont malheureusement trop rares, ceux de Mercure donnent une précision six fois moindre, et le mouvement du Soleil une précision 13 fois moindre.
- Ce tableau nous fait comprendre pourquoi les inégalités du temps sidéral ont été mises en évidence par l’étude du mouvement de la Lune avant tout autre.
- On ne doit attendre des mouvements de Mercure, de Vénus et du Soleil que des vérifications des inégalités de la rotation terrestre. Ces vérifications ont été tentées et en voici le résultat :
- Les mouvements de ces trois astres présentent des inégalités qui s’expliquent parfaitement par les variations de la rotation terrestre que nous avons déduites de la théorie de la Lune.
- Par exemple, la figure 23 représente comme la figure 22
- 165
- la grande inégalité périodique de la longitude lunaire, et on a porté sur le graphique les écarts entre les positions observées et calculées de Mercure, multipliés par le
- rapport
- 791
- Ï37
- des moyens mouvements de la Lune et de
- Mercure, de manière à réduire ces écarts à ceux que doit présenter la Lune, s’ils sont vraiment dus à des inégalités du temps sidéral.
- L’accord est suffisant étant donnée l’incertitude des observations de Mercure. Ainsi le doute n’est plus permis.
- I°9.e
- +2
- +1
- 0
- -1
- -2
- date - -300 O dOO lOOO 1500 2000
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- Fig. 24. — Précision de la mesure du temps au cours de l’histoire.
- Ce graphique a été fait en portant horizontalement les dates et verticalement le logarithme de la précision (plus exactement de l’erreur moyenne) des mesures du temps à chaque époque.
- L’échelle logarithmique s’obtient en attribuant aux extrémités d’intervalles égaux les chiffres 1000, 100, 10, l, 0,1, 0,01...
- Voici la précision de la mesure du temps à diverses époques.
- DATE . -300 900 1640 1660
- Erreur moyenne d’une détermination du temps (en secondes) 500 240 30 20
- Logarithme de cette erreur moyenne . 2,70 2,38 1,47 1,30
- DATE 1700 1800 1850 1933
- Erreur moyenne d’une détermination du temps (en secondes) 2 0,3 0,1 0,01
- Logarithme de cette erreur moyenne . 0,30 -0,53 -1 -2
- On voit qu’un progrès constant a lieu depuis l’an 1500.
- La rotation de la Terre sur elle-même n’est pas constante, elle diminue régulièrement par suite du frottement des marées, et subit en plus de cette diminution des sauts brusques et peut-être périodiques.
- Le temps sidéral, admis jusqu’à il y a quelques années comme donnant une mesure suffisante du temps, n’est plus utilisable en astronomie que comme intermédiaire; il faut lui substituer le temps mécanique.
- Caractère du passage du temps sidéral au temps mécanique. — Il est intéressant de constater que la
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- = 166 : ====
- substitution du temps mécanique au temps sidéral s’est faite par le même processus que la substitution du temps des horloges au temps biologique, et du temps sidéral au temps des horloges.
- En admettant la constance du jour sidéral, c’est-à-dire l’uniformité de la rotation de la Terre, les astronomes ont pu étudier les mouvements des astres en fonction du temps sidéral.
- De ces études ils ont déduit les lois de la mécanique qui font intervenir le temps ; on peut donc dire qu’au début le temps qui intervenait dans les équations (J) était le temps sidéral lui-même, puisque c’est grâce à lui que ces équations furent établies.
- Puis on s’aperçut que ces équations et l’observation des mouvements célestes permettaient de définir le temps que nous avons appelé temps mécanique. Mais l’accord qui continuait entre la théorie déduite de ces équations
- et les observations n’obligeait pas à utiliser cette nouvelle définition, on conservait le temps sidéral.
- Au bout de près de deux siècles, des contradictions sont apparues entre la théorie et l’observation et au lieu de reprendre les choses au début et de modifier la théorie en conservant le temps sidéral, on a conservé la théorie, rejeté le temps sidéral et on lui a substitué le temps mécanique.
- C’est ainsi que la notion de temps sidéral après avoir donné naissance aux lois de la mécanique et au temps mécanique a été détrônée par ceux-ci parce qu’ils représentaient une conception plus précise et plus conforme à l’observation.
- Nous reviendrons à la fin de cet article sur cette évolution des concepts scientifiques.
- (A suivre.) Henri Mineur,
- Astronome à l'Observatoire de Paris.
- =EErEï L’ICHT Y OPH AGIE =
- EN FRANCE ET DANS NOS COLONIES
- Fit7. 1. — Pirogue de pêche du lac Alaslra (Magadascar).
- Depuis des siècles que les pêches hauturière et côtière puisent à l’aveugle dans le grand vivier des mers d’Europe poissons sédentaires et migrateurs, depuis surtout qu’on a perfectionné les engins de pêche, que les flotilles de chalutiers, cordiers, senniers se sont accrues, les eaux territoriales et de haute mer se sont appauvries. La pêche est moins fructueuse, les poissons adultes se font rares, les « classes de recrutement » des jeunes générations de poissons paraissent moins denses. Des biologistes clairvoyants recensent les contingents annuels de plies, de soles, de sardines, de harengs et d’autres espèces, proclament que le coefficient de destruction par l’homme a dépassé le coefficient de multiplication des poissons; ils annoncent que des mesures nationales et internationales ne tarderont pas à devenir nécessaires dans l’Atlantique
- Nord pour la conservation de la faune marine qui alimente l’Europe.
- Il ne faut pas s’étonner qu’il en soit ainsi; sur mer comme sur terre le perfectionnement des engins a pour effet de raréfier le gibier. La race blanche, avec les moyens de destruction que les inventeurs ont mis entre ses mains, a massacré le gibier de la forêt et de la savane américaines, puis de la forêt et de la steppe africaines. Les gouvernements, pour que certaines espèces échappent à la disparition, ont dû créer des parcs de refuge, des zones interdites aux chasseurs. Il faut agir de même pour la protection des espèces marines, réserver des zones où frai et alevins soient en sécurité, puissent se développer avant d’essaimer dans les lieux de pêche.
- Dans l’Atlantique Nord jusqu’au golfe de Gascogne les espèces du fond, traquées sans répit, ont cherché refuge dans les grands fonds inaccessibles aux engins actuels. Il faut donc augmenter la puissance des engins traînants ou aller chercher fortune sur des fonds vierges, hors des mers européennes.
- Depuis des siècles déjà l’Europe achète aux autres parties du Monde les produits alimentaires et industriels de leur sol et de leur sous-sol ; aujourd’hui elle est amenée, pour assurer la subsistance de ses populations trop denses, à exploiter les mers tropicales.
- Il y a vingt ans que Port-Etienne en Mauritanie prépare du poisson sec pour le ravitaillement de l’Afrique noire, que nos langoustiers fréquentent les côtes de Mauritanie où ils remplissent leurs viviers de langoustes royales (Palinurus regius) bien connues aujourd’hui sur nos marchés.
- Depuis ces dernières années quelques-uns de nos grands chalutiers vont au large de la côte atlantique du Maroc remplir leurs cales de dorades, de merlus, de pagres, etc., concurrençant, au profit de la consommation
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- française, les pêcheurs canariens qui travaillent de longue date dans les mêmes eaux. Le navire de recherches de l’Office des pêches maritimes vient d’y faire un voyage pour continuer l’étude nautique, hydrographique et faunistique de ces parages où nos pêcheurs devront aller chercher ce qu’ils ne trouvent plus sur nos côtes.
- La grande pêche française a donc commencé l’exploitation des prairies sous-marines et de surface de l’Atlantique marocain et mauritanien. Ses navires n’opèrent guère que dans les eaux internationales plus sûres pour leur coque et pour leurs filets que les eaux territoriales. Ils ne sont donc pas des concurrents pour les pêcheurs indigènes qui conservent la jouissance de leur domaine maritime traditionnel et qui ne s’aventurent jamais en haute mer. Ce sont, au contraire, ces pêcheurs indigènes qui portent préjudice à la grande pêche par la destruction massive des jeunes poissons des grandes espèces qui passent leurs premières années près des côtes.
- Si en Europe la population est dense et la pêche intensive, la situation est inverse dans les mers tropicales et équatoriales. Les populations sont clairsemées et la pêche peu active reste en deçà de la capacité ichtyologique
- Fig. 3. — Relèvement des nasses posées sur un barrage, dans uiï canal d’irrigation à Tananarive.
- des eaux. Malgré l’avidité pour le poisson des races qui peuplent notre Afrique noire et Madagascar, la pêche maritime et fluviale n’a pas l’importance qu’elle devrait avoir. En mer, les populations côtières ne pêchent qu’à proximité du rivage, laissant intacts les effectifs des poissons du large. Dans les eaux douces la pêche n’est exercée le plus souvent que pour la consommation familiale.
- 11 est hanal de dire que les indigènes de notre Afrique noire et de Madagascar sont sous-alimentés, surtout en azote animal. Une meilleure exploitation de la pêche en eaux salées et en eaux douces pourrait remédier pour une bonne part à cette carence de la ration carnée. Cette amélioration n’est pas seulement affaire de laboratoire, dosage de calories et de vitamines. Il ne faudrait pas qu’après avoir déterminé les unes et les autres on s’arrêtât là, comme on fait si souvent en matière d’antipaludisme; après avoir établi les index splénique et plasmodique « fait le point », on stoppe avec la satisfaction du devoir accompli. Une ration scientifiquement composée peut avoir un intérêt pratique pour des animaux de laboratoire,
- Fig. 2. — Pêche à la foene dans une rivière d'Afrique Occidentale.
- elle n’en a guère pour l’homme et le bétail qui vivent en liberté et se nourrissent à leur guise.
- Plus que des produits de conserve importés et coûteux, l’indigène est avide des aliments carnés et végétaux de production locale dont il a l’habitude. Ce sont ceux-ci qu’il faut lui apprendre à multiplier par de meilleures méthodes de culture, d’élevage et de pêche. C’est le rôle de moniteurs d’agronomie, de pêche maritime et fluviale patronnés par l’Administration.
- Pour ce qui concerne la pêche, quelques précurseurs n’ont pas attendu que la question de l’alimentation des indigènes soit à l’ordre du jour, ce sont eux qui l’y ont
- Fig. 4. — Pose d'un filet à anguilles entre deux roches, au déversoir
- du lac Alaska.
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- Fig...£, Pêche au barrage mobile dans un canal d'irrigation à Tananarive.
- inscrite, ils en ont de longue date tracé le programme et commencé la réalisation. Gruvel, le promoteur de Port-Etienne, a écrit d’utiles études sur la faune marine du Maroc et de l’Ouest-Afrique. Th. Monod et J. Thomas ont fait l’inventaire des poissons de mer et de rivière du Cameroun, décrit les méthodes de pêche dans les bassins fluviaux du Cameroun, du Niger, du Tchad, du Logone et du Chari et enseigné aux indigènes de ces pays de meilleurs procédés de conservation du poisson. J. Briaud a fondé une Ecole de pêche maritime à Souelaba (Cameroun).
- G. Petit a parcouru le littoral malgache, fait l’inventaire des richesses des eaux salées et des eaux douces.
- Les deux remarquables ouvrages de J. Pellegrin, « les Poissons des eaux douces de l’Afrique-Occidentale » et « les Poissons des eaux douces de Madagacar » sont
- Fig. 6. — Chaluls à main en usage dans la bouche du Niger (Haute Voila).
- des guides précieux pour les administrateurs, les forestiers, les hygiénistes et les colons.
- Faut-il rappeler que J. Legendre a, en 1913, créé à Tananarive la première station de pisciculture qui ait existé dans nos colonies, qu’il a élucidé les mystères de la ponte de la perche malgache (Paratilapia Polleni Bl.) et d’un éléotris (E. Legendrei J. Pell), transporté des perches dans de nombreuses régions de l’île où elles étaient inconnues et où elles sont abondantes aujourd’hui, en particulier dans les lacs de la station thermale d’Antsi-rabé, qu’il a établi et révélé les possibilités considérables de la rizipisciculture pour l’alimentation et pour l’assainissement, qu’il a introduit de France à Tananarive, en 1914, la carpe-miroir qui s’y est admirablement acclimatée et dont on pêche aujourd’hui des spécimens de 11 kilos.
- Je n’omettrai pas Louvel qui a, en 1922, introduit la truite arc-en-ciel dans les cours d’eau des hauts plateaux de la grande île.
- L’Océan Atlantique, qui baigne les côtes de notre Afrique-Occidentale et Equatoriale, et l’Océan Indien, qui entoure Madagascar sont riches en poissons, crustacés et mollusques comestibles ; les rivières, les lacs et les grandes mares permanentes contiennent des espèces ichtyologiques nombreuses et abondantes, de quoi satisfaire aux besoins des populations si la capture, la conservation et la distribution en étaient mieux assurées. Pour la pêche en mer et dans les lagunes on ignore le chalut, mais on fait usage de la senne et de l’épervier qui sont d’importation européenne. En eaux douces, l’épervier et la senne sont inconnus, on n’emploie presque partout que des engins rigides faits de brins ligneux, nasses fixes qu’on pose dans un passage ou dans un barrage, nasses mobiles ou petits chaluts à main avec lesquels on gratte les petits fonds.
- A Ouagadougou (boucle du Niger) j’ai importé un épervier dont la manœuvre fut enseignée aux gardes sanitaires pour capturer rapidement et sans les blesser des poissons larvivores à déposer dans les puits et les mares. Cet engin peut être confectionné sur place et rendre des services importants pour la pêche alimentaire. A part le carrelet à bascule porté par des antennes sur les pirogues du Logone (Afrique-Equatoriale), à part le filet en forme de poche muni d’ailes dont on se sert pour capturer les anguilles au déversoir du lac Alaotra (Madagascar) le matériel de pêche des indigènes est de petit rendement, c’est un matériel à usage individuel pour approvisionner la consommation familiale. Il est nécessaire de le compléter en vue d’une capture plus abondante et de l’exportation de l’excédent, à l’état sec ou fumé, vers les districts insuffisamment pourvus.
- Par suite de l’hygrophilie du sel les salaisons se conservent mal dans ces climats à degré hygrométrique élevé pendant la saison des pluies. Les indigènes préfèrent le poisson simplement séché au soleil ou fumé, c’est pourquoi ils recherchent le haddock de Norvège malgré son prix. Il ne s’agit en somme que de perfectionner les procédés de conservation dont les pêcheurs ont déjà l’habitude. Ce sera l’affaire du service des pêches maritimes pour les poissons de mer, du service de la conser-
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- vation et de l’exploitation des eaux douces pour les poissons fluviaux...; ce service devra enseigner aussi la pisciculture en eaux closes ou en eaux libres des espèces de grand rendement.
- L’amélioration de la pêche maritime et fluviale est une des formes des progrès techniques que les coloni-
- =-.......... - - ----------- = 169 =
- sateurs ont le devoir d’enseigner aux races dont ils ont la tutelle. La sous-alimentation des indigènes n’est pas imputable à l’infertilité du sol et des eaux, mais à une exploitation défectueuse ou insuffisante de ces deux éléments.
- l)r J. Legendre.
- LA DEFENSE DU MINEUR CONTRE LE GRISOU
- %
- I. — EXPOSÉ
- De douloureuses catastrophes minières viennent de rappeler que, malgré sa vigilance et sa science, le mineur n’a pas encore réussi à vaincre définitivement son vieil ennemi le grisou. L’émanation trop souvent instantanée de ce gaz déjoue les plus habiles précautions.
- Par exemple, dans un pays voisin, le nombre total d’accidents par inflammation du grisou ou des poussières par les explosifs au cours de la période 1891-1920, soit 30 ans, est de 22. Ils ont causé 90 morts. Pendant la période 1921-1928, on compte 6 explosions, 26 ouvriers furent tués. L’année suivante, en 1929, dans le même pays, deux catastrophes eurent lieu dont l’une a causé 23 morts.
- Il suffit de compulser les périodiques spéciaux, en particulier la Reçue de la Société de l’Industrie Minérale, pour apprécier l’effort constant des compagnies minières et de leurs ingénieurs pour écarter les risques d’accidents dus au grisou.
- II. — DÉFINITION DU GRISOU ET DE SES LIMITES D’INFLAMMABILITÉ
- Le grisou, comme il est bon de le rappeler, est formé d’un mélange de méthane d’azote, et d’anhydride carbonique. Sa densité s’élève approximativement à 0,70. Il est incolore, généralement inodore et non toxique.
- La combustion du grisou commence à partir d’une teneur de 6 pour 100 dans l’atmosphère — c’est la teneur limite inférieure d’inflammabilité — et se propage dans toute la masse. Si la proportion de grisou dépasse 16 pour 100, l’inflammation s’éteint sans allumer la masse environnante.
- Ces limites varient avec la température. Vers 650°, la combustion se propage quelle que soit la teneur.
- Ce chiffre de 650° représente la température d’inflammation du mélange grisouteux. Elle est particulièrement importante à connaître.
- Afin de se prémunir, dans une certaine mesure, contre les risques d’explosion du grisou, on utilise l’une de Ses propriétés qui correspond au retard à l’inflammation. Elle fut découverte en 1883, par Mallard et Le Châtelier. En voici l’essentiel.
- Si la masse d’air grisouteux est en contact avec une source de chaleur, dont la température est de 650°, l’inflammation ne se produit pas instantanément. Il faut que le contact dure au moins une dizaine de secondes.
- Quand la température de la source de chaleur augmente, ce retard diminue et il est presque nul vers 1.000°. On
- a utilisé ce principe pour le choix des explosifs de sûreté, comme nous le montrerons plus loin d’une manière détaillée. La température d’explosion de ces corps est très supérieure à 1.000°, mais, en raison de leur détente rapide, les gaz produits tombent rapidement en température de sorte qu’ils ne peuvent pas provoquer l’inflammation du grisou.
- Lorsque la teneur en grisou est voisine des limites précitées d’inflammabilité de 6 ou 7 pour 100, la propagation de l’inflammation est lente, si la masse d’air est au repos. Mais, si la teneur est voisine de 9 ou 10 pour 100, ou si l’inflammation se produit dans une masse brassée par un courant d’air ou par le souffle d’un coup de mine, la propagation est très rapide et se transforme en explosion dont les effets sont plus ou moins désastreux.
- Les causes principales d’inflammation du grisou dans les mines sont les lampes, les feux souterrains, les coups de mine chargés avec des explosifs déflagrants ou mal bourrés, des imprudences comme l’emploi d’allumettes ou de briquets. Interviennent aussi les étincelles électriques, en raison de leur température élevée. Dans un chapitre spécial, nous mentionnerons les précautions prises pour déceler et doser le grisou contenu dans l’atmosphère des mines. D’ores et déjà indiquons qu’en aucun point accessible de la mine la concentration en grisou ne doit dépasser 2 pour 100 et que pour les chantiers, là où généralement il y a une densité de personnel plus grande, la teneur du courant d’air qui le traverse ne doit pas atteindre 1 pour 100, s’il s’agit de chantiers normaux, et 1,5 pour 100, s’il s’agit de chantiers de reconnaissance ou de traçage.
- Si, à un moment donné, les teneurs limites sont atteintes en un point donné, la circulation et le travail sont interdits dans la zone suspecte, sauf naturellement au personnel nécessaire à l’exécution des travaux d’assainissement indispensables.
- III. — DÉGAGEMENT DU GRISOU
- Généralement, la formation de grisou augmente avec la profondeur. Le dégagement de ce gaz peut être lent et continu sur toute la surface du charbon découvert, c’est le cas normal, ou rapide et intense par une cassure, dénommée soufflard, ou exceptionnellement brusque et abondant. Il offre alors les apparences d’une sorte d’explosion de la masse de charbon. On désigne ce phénomène par le terme de dégagement instantané.
- Relativement au processus de dégagement du grisou, l’hypothèse qui serre de plus près la réalité part de ce
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- principe, démontré par les expériences de Ruelle, que le grisou se trouve dans la houille sous forme de polymère qu’adsorbe le charbon et qu’il y a dépolymérisation au dégagement. Ainsi s’expliquerait une augmentation de rolume plus considérable que dans le cas d’une simple détente.
- Autrement dit, quand l’adsorption cesse pour une cause quelconque, les molécules libérées s’espacent et il y a une augmentation de volume considérable à peu près comme quand une goutte d’eau est projetée sur une tôle incandescente et que l’eau passe brusquement de l’état liquide à l’état gazeux.
- En tout cas, le dégagement du grisou de la houille se manifeste comme un phénomène complexe régi par deux sortes de facteurs : ceux qui se rapportent à la nature propre de la houille ou à son pouvoir grisouteux et ceux qui ont trait à la nature et à l’intensité des actions de pression, de choc ou d’ébranlement exercées sur cette bouille.
- Fort heureusement, les dégagements instantanés du grisou ne se manifestent que dans des bassins miniers relativement peu nombreux, parmi lesquels il convient de citer le Gard, la région de Mons, la Hongrie et la Haute-Silésie. Ces phénomènes sont impressionnants, car ils se manifestent par la projection de masses considérables pouvant atteindre jusqu’à plus de 3 000 tonnes de charbon. Celui-ci se présente alors sous la forme d’éléments de moins d’un millimètre. L’extrémité du talus de projection est constituée par des poussières fines ou folle farine, véritables suies, traversant entièrement le tamis 200.
- En réalité, il faut distinguer entre dégagements instantanés de grisou et dégagements instantanés de gaz carbonique, les seconds étant nettement plus importants que les premiers.
- Ce gaz carbonique est d’origine externe. Il a imprégné la houille en venant en contact avec elle par de vieilles cassures, ou par un réseau de failles faisant communiquer le bassin avec une région où l’activité volcanique n’est pas éteinte.
- Et la houille adsorbe, à volume égal, dix fois plus environ de gaz carbonique que de grisou. En effet, quand on fait le vide au-dessus d’un morceau de charbon, celui-ci dégage un volume donné de gaz carbonique en dix fois moins de temps que pour le volume de grisou.
- On conçoit donc très bien que les manifestations de dégagement de gaz carbonique soient beaucoup plus violentes. (Le gaz carbonique se trouve dans les charbons de Rochebelle et Nord d’Alès qui sont tout près des micaschistes. Trélys qui est un peu plus loin présente la particularité de dégagements mixtes : gaz carbonique -b grisou. Enfin, Molières (Ressèges) n’a que des dégagements de grisou.)
- En raison de la masse considérable de gaz mis subitement en liberté et qui peut atteindre jusque 100 fois le volume du charbon projeté, les effets mécaniques sont extrêmement violents et le souffle les fait s’étendre souvent en avant de la zone de projection. Cependant, l’ébranlement n’est généralement pas perceptible de la surface.
- On conçoit tout le danger qui résulte pour les mineurs
- de la manifestation de ce phénomène puisque en sus du risque de leur ensevelissement, la teneur en grisou de l’atmosphère des galeries de mines peut atteindre brusquement la teneur correspondant à l’inflammabilité du mélange détonant ainsi formé.
- Au cours de ces quinze dernières années, on a recherché à définir le mécanisme des dégagements instantanés. Les facteurs qui interviennent principalement paraissent être : les tensions préexistantes dans le massif, les actions de terrains déterminées par les travaux d’exploitation, les tensions gazeuses préexistantes dans la bouille en place, le pouvoir grisouteux et carbonique de cette houille en place, les forces de cohésion du charbon, l’adhérence aux épontes, la pression atmosphérique. On admet généralement que les tensions initiales du massif et les actions de terrain résultant des travaux d’exploitation jouent un rôle souvent primordial.
- En tout état de cause, comme nous le verrons plus loin, on se prémunit contre ces dégagements instantanés du grisou en réglant le sens et la répartition du régime des tensions de terrain. On les exagère dans les zones où se développent des surpressions positives et on les diminue dans le cas contraire. Ainsi on s’efforce de reporter ou d’annuler, dans le temps et dans l’espace, les manifestations instantanées afin qu’elles n’exposent plus le personnel à des dangers.
- Ce délicat problème, comme nous le verrons plus loin a été spécialement étudié par M. Royer, directeur de la Société Houillère du Nord d’Alès, et par M. Laligant, ingénieur en chef de la Compagnie Houillère de Ressèges. Les méthodes du bassin du Gard pour prévenir les effets dangereux des dégagements instantanés de grisou sont devenues d’une application courante là où elles s’imposent.
- IV. — RECHERCHES DU GRISOU OU GRISOUMÉTRIE
- Le grisou ne manifestant sa présence ni par une odeur caractéristique, ni en provoquant des malaises comme le fait l’oxyde de carbone, il faut employer des moyens spéciaux pour déceler sa présence et pour s’assurer que sa teneur ne se rapproche pas dangereusement de la limite d’inflammabilité.
- Pour reconnaître la présence du grisou dans les mines, on utilise le fait que les limites d’inflammabilité varient avec la température de la masse gazeuse.
- Le procédé employé de tous temps pour reconnaître la présence du grisou dans le cas de teneur supérieure à 2 ou 3 pour 100, repose sur l’abaissement de la limite d’inflammabilité. En baissant la flamme des lampes ordinaires de mine, de façon qu’elles ne produisent qu’une toute petite flamme bleue non éclairante, on observe, en portant cette lampe dans des mélanges d’air et de grisou non inflammables, une auréole bleue au-dessus dé la flamme de la lampe d’autant plus grande que le mélange gazeux est plus riche en gaz combustible, comme le montre la figure 1.
- La limite d’inflammabilité inférieure d’un mélange de gaz combustible et d’air s’abaisse et tend vers zéro au fur et à mesure que la température de la masse gazeuse se rapproche de la température d’inflammation.
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- Autour de la llamme de la lampe, il y a des zones chaudes de température décroissante; l’inllammation se propage dans le milieu grisouteux jusqu’à la zone de température limite à laquelle il est encore combustible avec sa composition particulière.
- En employant la llamme de l’hydrogène qui n’est pas du tout éclairante ou celle de l’alcool, on est arrivé à augmenter beaucoup la sensibilité de la méthode ancienne et à reconnaître le grisou jusqu’à 0,25 pour 100. En France, la lampe grisoumétrique adoptée est celle de M. l’inspecteur général Chesneau. Le combustible employé est de l’alcool méthylique à 92,5° auquel on a ajouté, par litre, 1 gr d’azotate de cuivre et 1 gr de liqueur des Hollandais (bichlorure d’éthylène). Quand le grisou est
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- reils électriques, du genre des lampes portatives à accumulateurs. Elles donnent des indications nettes et rapides.
- Four chaque manipulation, la teneur en grisou dans l’air ambiant se traduit :
- — soit par la résistance d’un circuit et la déviation correspondante de l’aiguille d’un galvanomètre : grisou-mètre Léon-Montluçon.
- — soit par la réduction du volume traité et la dénivellation correspondante d’un manomètre, à liquide : grisou-mètre Daloz-Arras.
- Comme pour les lampes de sûreté, ces appareils électriques sont de construction plus complexe que les anciens à llamme, mais d’un usage plus simple et plus sûr. Il suffit de quelques soins, en particulier sur le bon état de
- Fig. 1. — Auréole bleue, au-dessus de la flamme d’une lampe ordinaire de mine, qui esl d’aulanl plus grande que le mélange gazeux
- esl plus riche en gaz combustible.
- présent dans l’atmosphère où cette lampe est plongée, il se forme une auréole bleue au-dessus de la flamme de la lampe. Par exemple, sa hauteur est de 15 mm pour 0,1 pour 100 de grisou, 34 mm pour 1 pour 100 et 140 mm pour 3 pour 100. Ces données numériques font ressortir la sensibilité de la lampe grisoumétrique Chesneau.
- Mentionnons aussi le « Grisouscope Ringrose » d’origine anglaise, qui comporte une ampoule-signal rouge, s’allumant dès que la teneur-étalon en grisou est dépassée, grâce à un contact à diaphragme et à la dépression créée, dans une chambre à paroi poreuse, par la combustion permanente du gaz ambiant.
- Depuis quelque temps, on tend à employer des appa-
- l’aceumulateur et du filament, pour être assuré de fournir journellement au fond les indications ou mesures désirables, avec une précision très suffisante.
- Par mesure complémentaire de sécurité, dans tous les charbonnages, on analyse l’air des mines. Les prises-d’essai se font au moyen de bouteilles spéciales, descendues pleines d’eau et vidées à l’endroit voulu, puis refermées soigneusement.
- Pour mesurer la teneur en grisou de ces prises d’essais, on emploie fréquemment la méthode des limites d’inflammabilité dont le principe est le suivant : on recherche combien il faut ajouter de gaz combustible (par exemple, de gaz d’éclairage, dont la limite d’inflammabilité a été préalablement mesurée) à l’air grisou-
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- teux de la mine, pour atteindre la limite d’inflammabilité du mélange (').
- V. — MÉCANISME DE L’INFLAMMATION DE GRISOU
- Les conséquences d’une inflammation de grisou diffèrent considérablement suivant que les gaz produits peuvent se dégager facilement ou sont au contraire gênés dans leur expansion. Par exemple, lorsqu’une inflammation commence à l’entrée d’une galerie ou impasse, elle a des chances de se prolonger lentement jusqu’au fond de celle-ci. Au contraire, si une flambée se produit au fond de l’impasse, l’inflammation se transformera rapidement en explosion.
- VI. — DÉFENSE DU MINEUR CONTRE LES COUPS DE GRISOU
- Essentiellement, la précaution prise consiste à superposer deux ordres différents de précaution dont une seule serait largement suffisante en théorie. Par exemple :
- emploi de lampes de sûreté parfaite et suppression du grisou par la ventilation. On ne peut pas annuler les erreurs commises dans l’énumération des facteurs du danger ou les négligences imprévues, mais on peut les diminuer considérablement. Si la probabilité de ces erreurs est de 1/1000 pour chacun des modes de préservation employés, la probabilité de la rencontre de ces deux erreurs, indispensable pour la production d’un accident, sera seulement égale à la seconde puissance de la probabilité sur chaque opération isolée, soit 1/1000 000, c’est-à-dire une quantité négligeable.
- Chacun connaît les lampes de sûreté à essence, d’un usage général dans les mines de houille. Elles sont essentiellement constituées par une source lumineuse qui est séparée de l’extérieur par des tamis en acier ou en laiton à mailles serrées. Ceux-ci sont formés par une toile dont les fils ont 1/3 de millimètre. On y compte 144 mailles
- 1. Le poids d’air aspiré au cours d’une journée par la ventilation d’une mine bien équipée représente 4 à 5 fois le tonnage journalier extrait.
- par centimètre carré. On peut la considérer comme l’assemblage d’une infinité de petits tubes de 0,5 mm de diamètre et autant de longueur.
- Ces lampes ne présentent pas encore une sécurité complète. On leur attribue des explosions anciennes et récentes. Par exemple, pour la période de 1899 à 1923, en Prusse, 61 pour 100 des explosions de grisou ont été causées par des lampes à flamme. Parmi leurs principales causes de défectuosités, il convient de mentionner : le défaut d’étanchéité entre le verre et le pot; la rupture du verre ; le passage de flamme à travers les tamis ; la dégradation des tamis; la fermeture défectueuse des lampes.
- C’est pourquoi, une diminution de l’aérage pendant un temps très court peut permettre un accroissement suffisant de la teneur en grisou de l’atmosphère de la mine, pour provoquer une explosion.
- Depuis quelques années, les lampes de sûreté à essence tendent à être remplacées par des lampes électriques portatives. Grâce aux perfectionnements apportés aux accumulateurs, leurs poids ne dépasse pas 2 kg. Elles sont ainsi sensiblement plus lourdes que la lampe Marsault à essence qui pèse 1,438 kg.
- Les lampes électriques portatives se composent essentiellement d’un réservoir contenant les accumulateurs, surmonté d’un couvercle qui se visse et qui porte des contacts transmettant le courant à une ampoule, protégée elle-même par un manchon en verre.
- Les lampes électriques portatives donnent un éclairage meilleur que les lampes à essence et pourvu que l’ampoule soit protégée par un verre suffisamment solide, elle isole complètement la source lumineuse de l’air environnant. Dans les lampes modernes, les accumulateurs sont, soit au plomb et acide sulfurique, soit au cadmium-nickel avec électrolyte alcalin (potasse). La durée d’éclairage est d’au moins 10 heures. A chaque fin de poste, les lampes sont rendues à la lampisterie où l’on recharge les accumulateurs.
- Les lampes électriques portatives ne permettent pas de déceler la présence du grisou. C’est pourquoi, le chef de chantier est muni d’une lampe grisoumétrique susceptible de déterminer très facilement une teneur de 1 pour 100 de grisou et d’indiquer automatiquement si l’atmosphère qui l’entoure est à une teneur dangereuse.
- Conjointement à l’emploi de lampes de sécurité, la seconde précaution essentielle à prendre pour défendre le mineur contre le grisou consiste, comme nous l’avons vu, à ventiler les galeries de manière que l’air qui y circule contienne 1 pour 100 au maximum de grisou. On doit en particulier se préoccuper d’empêcher les accumulations de grisou, notamment dans les culs-de-sac, dans les chantiers terminés et au voisinage des toits où il a tendance à se rassembler en raison de sa faible densité.
- Les courants d’air, comme le montre la figure 2, doivent toujours aller en montant, tout particulièrement quand
- Fig. 2. — Courants d’air devant aller en montant quand l’air a passé à travers une section où il a pu s’enrichir en grisou.
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- l’air a passé à travers une section où il a pu s’enrichir en grisou.
- On prévient encore les explosions de grisou en n’utilisant que des explosifs de sûreté. Leur choix est basé sur cette propriété du retard à l’inflammation du grisou qui est de 10 secondes environ à 650° et de moins d’une seconde à 1000°. Sans cette découverte, qui fut faite en 1883 par Mallard et Le Chatelier, il eût été impossible de réaliser un explosif dont les gaz de décomposition ne dépasseraient pas 650°, le problème des explosifs de sûreté serait insoluble.
- Pour qu’un explosif soit sans danger dans un mélange d’air et de grisou, il faut, comme nous l’avons montré plus haut, que les gaz produits se refroidissent assez rapidement, sous l’effet de la détente, pour que leur température soit tombée au-dessous de 1000° en une fraction de seconde, et au-dessons de 650° en moins de dix secondes.
- On obtient ce résultat en se servant non d’explosifs déflagrants (poudre noire) mais d’explosifs détonants.
- En France, on distingue les explosifs-couche et les explosifs-roche que l’on utilise respectivement pour l’abatage du charbon et pour le percement aux rochers à l’exclusion des coupages de voie.
- Les deux tableaux suivants indiquent la composition des explosifs employés dans les mines françaises : on dépense suivant les mines de 60 à 80 gr d’explosifs par tonne de houille extraite.
- tanés du grisou doit être telle qu’elle provoque la détente des zones dans lesquelles la pression atteint une valeur dangereuse par suite, soit des conditions naturelles, soit des surtensions résultant de l’exploitation elle-même.
- Par exemple, au puits Molières de la Compagnie Houillère de Bessège, on recourt aux grands fronts montant inclinés à mi-pente. Ils paraissent déterminer des actions de terrains plus atténuées et plus progressives que les fronts de niveau.
- Dans tous les cas, pour les mêmes vides d’exploitation, l’action des terrains y est diluée sur un front allongé et plus oblique.
- Un moyen plus sûr consiste à provoquer la dislocation des massifs en abattant le charbon par des coups de mine. On dénomme « tirs d’ébranlement » la méthode correspondante.
- Pour appliquer cette méthode, on organise le tir en deux séries de volées imbriquées, c’est-à-dire s’intercalant l’une et l’autre, et formant ainsi une sorte de damier dont l’unité comprend généralement douze mines, espacées d’environ 1 m. Les volées de la première série sont tirées simultanément après le premier poste d’abatage et celles de la deuxième série, après le deuxième poste ou le lendemain. De cette façon, on réduit de moitié le nombre de mines d’un même tir et on atténue l’action générale sur les massifs, tout en la répartissant sur l’ensemble du front.
- Composition des explosifs-couche.
- Nitrate de potasse. Trinitro- naphtaline. Nitrate Ammonique. Nitro- glycérine. Nitro- coton.
- Grisou naphtalite couche « 5 95 » )>
- Grisou naphtalite couche salpêtrée 5 5 90 )) »
- Grisou dynamite couche » » 87,5 12 0,5
- Grisou dynamite couche salpêtrée 5 « 82,5 12 0,5
- Composition des explosifs-roche.
- Nitrate de potasse. Binitro- naphtaline. Nitrate ammonique. Nitro- glycérine. Nitro- coton.
- Grisou naphtalite roche » 8,5 91,5 » »
- Grisou naphtalite roche salpêtrée 5 8,5 86,5 » »
- Grisou dynamite roche )) )) 70 29 1
- Grisou dynamite roche salpêtrée 5 » 65 29 1
- La température de détonation de la grisounite-couche est de 1445°. Elle est notablement plus basse que celle de la grisounite-roche, laquelle se monte à 1 770° (1).
- VII. - MÉTHODES PRÉVENTIVES CONTRE LES DÉGAGEMENTS INSTANTANÉS DE GRISOU
- La méthode d’exploitation à appliquer dans un gisement sujet à des phénomènes de dégagements instan-
- 1. Suivant les mines la consommation totale d’explosifs représente 60 à 80 gr par tonne de houille extraite.
- En raison des dégagements considérables de gaz qui accompagnent les phénomènes de dégagements instantanés du grisou, on doit particulièrement soigner l’aérage des mines où ils se manifestent. En outre, on double les traçages des galeries importantes et la circulation des mineurs ne se fait que par celles des galeries qui servent d’entrée d’air.
- Enfin, on maintient dégagés les abords du chantier afin de permettre la fuite rapide des ouvriers en cas de danger.
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- loin dans des endroits sûrs, en apparence, et éloignés de la nappe de l'eu. Cette fumée peut aussi asphyxier les équipes de sauvetage travaillant primitivement dans l’air pur. Pour détourner les courants d’aérage, il suffit parfois d’une différence minime de température.
- Que la mine soit grisouteuse ou non, les explosions pendant un incendie sont toujours possibles. Ceci provient de ce que le charbon distille, au cours de son échaulfement, de sorte que les produits de la combustion renferment de l’hydrogène et des hydrocarbures. Tout cet ensemble constitue un mélange détonant.
- En juste connaissance de cause, la législation du travail dans les mines de tous les pays interdit l’emploi de lampe ouverte dans les quartiers de production en feu et aussi dans les galeries par lesquelles passe la fumée.
- Il résulte également de ces observations, qu’en cas de détournement du courant, si la fumée mélangée avec l’air frais se dirige de
- VIII. — LA LUTTE CONTRE LES FEUX SOUTERRAINS
- La cause normale des feux souterrains provient de la combustion spontanée du massif de charbon en place sous l’effet de l’oxydation par l’air. Interviennent ensuite les causes accidentelles, prenant pour origine l’inflammation de bois, de matières grasses, de paille, etc...
- La méthode générale suivie pour lutter contre les feux souterrains consiste à supprimer l’arrivée de l’air jusqu’au foyer en établissant des chemisages d’argile ou des barrages en planches ou en sacs, au besoin en maçonnerie, qui obstruent les fissures par lesquelles l’air se dirige vers le point menacé.
- Si la masse de charbon enflammé est trop importante pour permettre son dépilage, il faut commencer par étouffer le feu.
- On peut partager l’action contre l’incendie souterrain en deux phases principales :
- 1° L’accès au feu en garantissant les voies de retour des opérateurs.
- 2° L’isolation de la partie en feu.
- Comme l’ont prouvé récemment de douloureuses catastrophes, deux phénomènes peuvent survenir brusquement lois d’un incendie souterrain et avoir de graves conséquences.
- Le premier est constitué par le phénomène de renversement des courants d’aérage. Il s’explique comme suit :
- L’élévation de température et le changement de composition de l’air pendant l’incendie favorisent la formation d’une dépression naturelle. Le travail correspondant, s’additionnant algébriquement à celui du ventilateur, peut augmenter ou diminuer la quantité d’air passant par la mine. Il peut aussi provoquer le renversement de la direction primitive des courants dans les voies naturelles et, par suite, remplir de fumées ou de gaz telles parties de la mine qui devraient, selon toute vraisemblance, se trouver en sûreté. Ce renversement du courant d’aérage risque de déterminer l’asphyxie d’hommes occupés au
- nouveau vers le feu, le danger de l’explosion devient très menaçant.
- Pour rendre plus concrètes toutes ces observations, nous allons résumer brièvement les constatations faites, il y a longtemps, lors d’un incendie souterrain dans un charbonnage.
- Comme le montre la figure 3, cette mine était aérée à l’aide de deux puits S et S2. Le foyer de l’incendie avait été localisé en A et avait obligé à suspendre l’exploitation dans le quartier ouest.
- Quand on voulut ouvrir le quartier sinistré, on mit en service le ventilateur S , mais le feu se déclara à nouveau et la fumée commença à se dégager du puits S . On crut affaiblir l’incendie en arrêtant le ventilateur S . En réalité on ne réussit qu’à provoquer le détournement du courant d’air, vers la partie inférieure du puits, comme le montre la figure 4 et à provoquer l’envahissement de la mine par les fumées s’infiltrant par les barrages entre les puits S, et S . Sept ouvriers succombèrent à l’étage de 320 mètres et six autres furent trouvés morts dans le quartier est, le long de la galerie BC.
- L’enquête a établi que le courant I, 2, 3 manquait'jde
- Fig. 4. — Détournement accidentel du courant d’air vers la partie inférieure du puits.
- S,
- 257
- Retour
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- * Y
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- vers te quartier Ouest
- 4 I
- fumées vers le quartier Est
- XXXXX x x
- 7 ouvriers asphyxiés
- Entrée d'air*
- -O Sortie dair
- X 'X x x x x
- 6 ouvriers asphyxiés
- Quartier Est Soû Sortie dair
- Sens
- du pendage
- Fig. 3.— Accident minier dû à un renversement du courant d’aérage.
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- stabilité. Le feu A provoqua une dépression concordant avec la dépression du puits S , par suite, le ventilateur du puits S„ exerça sur la direction du courant correspondant une influence diamétralement opposée à celle du puits S,. 11 s’ensuivit l’envahissement par les fumées des galeries du quartier est.
- En conclusion, on n’aurait jamais dû arrêter le ventilateur du puits Sp mais il convenait, soit d’arrêter le ventilateur S , soit de poser en 2 un barrage régulateur des courants d’air.
- Cet exemple classique, qui se rapporte à une catastrophe datant d’une quarantaine d’années, confirme le principe qu’il ne faut, en aucun cas, arrêter le ventilateur par lequel passe la fumée ou celui qui sert à conduire l’air frais vers le feu.
- CONCLUSIONS GÉNÉRALES
- Toute catastrophe dans l’industrie minière cause une profonde impression. Elle émeut en raison du caractère toujours atroce d’un drame qui se joue dans l’obscurité et qui ne laisse pas toujours la possibilité de remonter au jour ses victimes. Elle montre comment, malgré les progrès de la science et ses efforts acharnés, l’homme reste faible devant les forces déchaînées de la nature.
- De semblables catastrophes font également ressortir la fraternité des mineurs. Ingénieurs, porions et mineurs, de toutes classes et de toutes nationalités savent mourir, côte à côte, héroïquement pour la sauvegarde de l’oeuvre commune.
- Ch. Berthelot.
- LE TUNNEL SOUS LA MERSEY
- On vient de mettre en service, entre Liverpool et Birken-liead, un tunnel routier passant sous la Mersey; c’est, actuellement, le plus grand tunnel sous rivière qui existe au monde. Les travaux commencés en 1925, ont duré 9 ans et ont coûté environ 7 millions de livres sterling, soit plus d’un demi-milliard de francs.
- Ce tunnel, destiné uniquement à la circulation automobile, comporte un souterrain principal, donnant passage à 4 voies de voitures et long de 3430 m environ; sur ce tunnel s’embranche, de chaque côté de la rivière, un tunnel à deux voies, ce qui porte la longueur totale de chaussée à 4630 m. La capacité du tunnel est estimée à 4150 voitures à l’heure à la vitesse de 32 km à l’heure; un véhicule franchit le tunnel en 6 minutes et demie environ.
- Sous le lit de la rivière le sol du tunnel est à 52 m au-dessous du niveau des hautes eaux; au-dessus du sommet du tunnel on trouve une épaisseur de 9 à 10 m de roc, de sable et d’argile.
- Le tunnel est circulaire; son diamètre intérieur est de 13 m 40; les tunnels du même genre de plus grande section
- étaient jusqu’ici le tunnel Rotberhile à Londres, dont le diamètre est de 9 m 15 et le tunnel Holland, à New-York, dont le diamètre intérieur est de 9 m 30.
- La chaussée du tunnel repose sur deux murs qui divisent la partie sous-jacente en trois zones : la zone centrale servira peut-être plus tard au passage d’un tramway électrique. Les zones latérales servent à la ventilation.
- Celle-ci a été étudiée avec un soin tout particulier; plus de trois millions de véhicules traverseront le tunnel chaque année; il est indispensable d’évacuer complètement et rapidement les gaz d’échappement des moteurs, sous peine de rendre rapidement l’atmosphère irrespirable.
- La condition imposée aux constructeurs a été que la teneur
- 4
- de l’air en oxvde de carbone ne dépasse iamais --------- aux
- j J 10 000
- heures les plus chargées.
- Plus de 30 ventilateurs électriques répartis en 6 bâtiments et débitant 280 000 nr’ à la minute, refoulent de l’air frais et aspirent l’air usé.
- UN BEL OISEAU DE FRANCE : LE PIC-VERT
- La vue du pic-vert est toujours un véritable plaisir pour les yeux, car il est particulièrement beau. Il a le dos d’un beau vert jaunâtre, le ventre d’un vert clair, la face noire, le sommet de la tête et la nuque d’un gris cendré, varié de rouge carmin; une ligne qui passe au-dessus de la joue, rouge chez le mâle, noire chez la femelle; les rémiges d’un brun noir terne, marquées de taches transversales jaunâtres ou d’un blanc brunâtre; les rectrices d’un gris vert, rayées de noir. Le bec est gris plomb à pointe noire, les pattes sont gris de plomb verdâtre.
- La femelle porte, à peu près, la même robe que le mâle, il lui manque seulement le bonnet carmin et la ligne rouge passant au-dessous de la joue de son conjoint se marque en noir chez elle.
- Quant aux oisillons, ils ont le dos gris vert, tacheté de blanc, le ventre blanchâtre, tacheté de noir. On peut déjà reconnaître les mâles à une petite tache rouge située à la base de la mâchoire inférieure.
- Mais le pic n’est pas seulement intéressant au point de vue du plumage, il l’est encore par la conformation de sa queue, de ses pattes, de son bec et, surtout, de sa langue, tout spécialement adaptés à son genre de vie si spécial.
- Sa queue est composée de dix pennes raides, fléchies en dedans, tronquées à la pointe, garnies de soies rudes; elle lui sert de point d’appui dans l’attitude souvent renversée qu’il est forcé de prendre pour grimper et frapper avec avantage (fig. 1).
- Ses pattes sont garnies de quatre doigts épais, nerveux, tournés deux en avant, deux en arrière, celui qui représente l’ergot étant le plus allongé et même le plus robuste (fig. 2), armés de gros ongles arqués, implantés sur un pied très court et puissamment musclé, lui servant à s’attacher fortement et grimper en tous sens, autour des trpncs d’arbres.
- Son bec tranchant, droit, en forme de coin, carré à la
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- Fig. 1. — La queue du pic-vert.
- base, cannelé dans sa longueur, aplati et taillé verticalement à sa pointe, comme un ciseau, est l’instrument dont il perce l’écorce et entame profondément les bois des arbres, où les insectes ont déposé leurs œufs. Ce bec, d’une substance solide et dure, sort d’un crâne épais. De forts muscles commandent et dirigent les coups réitérés que le pic porte incessamment, pour percer le bois et s’ouvrir un accès jusqu’au cœur des arbres.
- Enfin, la langue du pic est tellement particulière qu’elle mérite d’être étudiée en détail (fig. 3).
- La langue proprement dite n’est que cette pointe osseuse qui paraît en faire l’extrémité : ce que l’on prend pour la langue est l’os hyoïde, lui-même engagé dans un fourreau membraneux, prolongé en arrière en deux longs rameaux d’abord osseux, puis cartilagineux, lesquels après avoir embrassé la trachée-artère, fléchissent, se courbent sur la tête, se couchent dans une rainure tracée dans le crâne et vont s’implanter dans le front, à la racine du bec. Ce sont ces deux rameaux ou filets élastiques qui pourvoient à l’allongement et au jeu de cette espèce de langue qui peut saillir de plusieurs pouces hors du bec.
- Tout le faisceau de cet appareil est enveloppé dans une gaine, une membrane qui est le prolongement de celle
- Fia. 3. — La langue étendue.
- dont est tapissée la mandibule inférieure du bec, de manière qu’elle s’étend et s’effile comme un ver, lorsque l’os hyoïde s’élance et qu’elle se ride et se replie en anneaux, quand cet os se retire.
- La pointe osseuse qui tient seule la place de la véritable langue est implantée immédiatement sur l’extrémité de cet os hyoïde et recouverte d’un cornet écailleux hérissé de petits crochets tournés en arrière.
- Et, pour que rien ne manque à cette espèce d’aiguillon, il est naturellement enduit d’une glu que distillent dans le fond du bec deux canaux excrétoires venant d’une paire de glandes muqueuses.
- Dès que la rosée matinale commence à disparaître, le pic quitte sa retraite et se met à parcourir son domaine.
- Tant que l’amour ne le transporte pas, il s’inquiète peu de son conjoint : il vaque solitaire à sa tâche dure et pénible qui consiste à grimper le long des troncs d’arbres pour chercher,dans les interstices de l’écorce, les fourmis nuisibles, à percer des trous dans les parties gâtées du tronc lui-même, pour en extraire les larves rongeuses.
- Et dire qu’il existe toutes sortes de préjugés vulgaires contre ce rude travailleur ailé !
- Nombre de personnes lui reprochent d’abîmer les arbres de la forêt et, par conséquent, nos bois de charpente.
- Mais, si l’on examine de près l’arbre sur lequel le pic est à l’ouvrage on reconnaît que ce n’est point par méchanceté, ni pour son bon plaisir qu’il coupe l’écorce des arbres et qu’il creuse son chemin dans l’épaisseur du tronc, car, l’arbre sain et bien portant est le moindre objet de son attention.
- Les arbres malades infestés d’insectes malfaisants, de parasites insatiables, voilà ses favoris.
- Sur ceux-là, le véritable ennemi, le mortel ennemi de la végétation, l’insecte a creusé un logement entre l’écorce et le bois tendre, pour boire la sève vitale de l’arbre.
- Ce sont les ravages de cette vermine que le pic se charge d’enrayer, il est le médecin de l’arbre malade, ou si vous aimez mieux, le chirurgien.
- Il abat, tranche, fouille les membres malades et sauve le patient, en détruisant la cause de la maladie : le néfaste parasite.
- Fig. 2. — La langue et la patte du pic-vert et l'attitude de celui-ci sur un arbre.
- L. Kuentz.
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- = LA MARCHE A LA LUNE =
- POUR Y PARER, CRÉONS DES RÉSERVES SINON DES PARCS NATIONAUX
- S’il est dans l’ordre d’aller, sans cesse, de l’avant, les yeux fixés sur l’avenir avec objectivité, il faut aussi savoir regarder dans le passé, non pas seulement pour mesurer le chemin parcouru; mais pour honorer du souvenir qu’ils méritent les précurseurs. Il m’est arrivé assez souvent d’y insister. D’ailleurs la chose est aujourd’hui de tradition, par exemple, à la Revue des Eaux et Forêts (2) qui a instauré depuis peu, dans ce sens une rubrique pleine d’attrait et d’utilité pour chacun. C’est ainsi qu’il m’a semblé intéressant d’extraire d’une étude du grand spéléologue E.-A. Martel quelques citations précieuses : Redde Cæsari quæ sunt Cæsaris. Et cela pour appuyer, si nécessaire, le mouvement d’idées dont je parlerai comme conclusion à ces quelques lignes.
- « L’Arbre et l’Eau. Ce ne sont point seulement la frondaison « et le courant, où le vulgaire touriste va chercher l’ombre et « la fraîcheur !
- « Ce sont deux entités étroitement unies dans une solidarité « telle que sans l’Arbre, il n’y aurait point d’Eau, sans eau « pas d’arbre, et que leur indissoluble dualité constitue Y agent « essentiel de la vie terrestre...
- « L’Arbre et l’Eau c’est... l’agriculture, c’est l’industrie... « c’est l’existence des nations... c’est la préservation du monde « terrestre ! Avec le dernier Arbre, écrit Michelet, disparaîtra « le dernier homme.
- « On ne fait plus qu’enfoncer une porte ouverte en montrant « les terribles conséquences de la destruction des forêts, en « adjurant les pouvoirs publics à bout de ressources, et les « mauvaises volontés particulières, d’enrayer un mal, dont le « progrès persiste à surpasser le correctif des insuffisants « remèdes qu’on lui applique! »
- Cette porte il semble que nul n’ose la franchir. C’est qu’elle est solidement défendue par l’odieuse routine... ou la cupidité matérielle. Dix sociétés plaident désespérément la cause de l’Arbre et de l’Eau.
- « Ce que la terre exécute actuellement, dit Martel, en « grande partie par suite de l’abandon auquel on livre crimi-« nellement l’Arbre et l’Eau, c’est la Marche à la Lune, la « course à la mort par dessication. »
- Ainsi l’auteur insiste-t-il sur l’influence des Arbres sur la quantité des sources et leur action sur la qualité des eaux potables.
- Il est certain que, partout, à la surface de la sphère terrestre, les preuves abondent de la déchéance de la circulation des eaux depuis les anciennes époques géologiques.
- Bien des facteurs, sans doute, concourent à cet état de fait; mais « une chose demeure assurée, c’est la désastreuse influence des déboisements inconsidérés sur le régime des eaux en général ».
- « Fiévreusement l’on s’agite pour sortir victorieux de cette « nouvelle bataille à la fois naturelle et sociale : la lutte contre « la soif et pour la sauvegarde de l’eau potable. »
- Or si l'insuffisance du filtrage (3) est à peu près générale, les exceptions favorables sont réalisées précisément dans les régions qui n’ont pas perdu leur couvercle de forêts.
- Et c’est ainsi que l’auteur en vient à mettre en relief que « la déforestation continuelle a surtout une répercussion
- 1. Congrès de Limoges : L’Arbre et l’Eau, 1907, E. A. Martel.
- 2. Revue des Eaux et Forêts. Berger Levrault, éditeur, 5, rue Auguste Comte, Paris (6e).
- 3. Ne pas confondre filtrage avec infiltration.
- lamentable sur la contamination des sources, en augmentant par disparition du sol végétal, le nombre des méats libres »... Au contraire, le boisement continu pérenne, recompose sans cesse le feutre qui obstrue les fissures et augmente d’autant les chances de filtrage des résurgences.
- « Il est prouvé que celles-ci sont d’autant moins dangereuses « que leur bassin d’alimentation est plus boisé. »
- Et M. Martel d’indiquer « que les collaborateurs de la carte « géologique, dans leurs rapports officiels sur les projets de « captage des sources, font le plus grand état de la situation « de celles qui sont en-dessous et en aval des forêts ».
- Non seulement l’Arbre augmente l’eau de la source; mais il la purifie.
- Puis l’auteur apporte la preuve que « par reconstitution du sol végétal, des eaux courantes pourraient être régénérées sur les plateaux calcaires aujourd’hui si secs du Languedoc et des Préalpes françaises ».
- Ainsi suis-je amené à penser avec M. Martel que la « consé-« quence toute naturelle des faits constatés est la preuve maté-« rielle que la reconstitution d’un manteau de débris de végé-« taux (humus, terreau) retiendra efficacement l’humidité à « la surface des sols calcaires ».
- Il va de soi que la chose ira d’autant plus vite et d’autant mieux que les formations végétales, intentionnelles à la forêt, seront plus rapidement et complètement soustraites aux actions néfastes du « parasitisme humain » (de Peyerimofï).
- C’est ainsi que, logiquement, je suis poussé à dire que, sur tout le pourtour de la Méditerranée, il faut rechercher sans plus tarder, avec discernement et science, là où l’économie rurale extensive ne risque pas d’être par trop gênée, des ténements, à vocation essentiellement forestière, aussi vastes que possible pour les mettre en réserve.
- Comme il ne s’agit nullement ici de briser la puissance dévastatrice des torrents, il ne sera absolument pas question de reboisement. R importe d’y insister.
- Tout autre est, en effet, le chemin à suivre pour arriver au but.
- En pareille position, ni les particuliers, ni les communes propriétaires de bois ne sont aptes à mener à bien l’œuvre dont il s’agit. Celle-ci est de celles dont Vauban a dit « qu’elle était œuvre de Prince ».
- C’est donc à l’Administration des Eaux et Forêts, seule qualifiée pour l’œuvre de patience et de méthode, qu’il s’agit de dresser, qu’appartient le soin de constituer les réserves envisagées avec le concours de tous les organismes régionaux (sociétés savantes, chambres d’agriculture, syndicats de tourisme, etc...) qui ne sauraient se désintéresser de la question.
- Là le forestier s’ingéniera, dans le plus pur esprit de l’École de Nancy, avec toute la science voulue, à aider la nature à s’orienter vers ses fins de « reforestation propre », selon sa loi naturelle, celle « du moindre effort » (Léon Dumas) non sans y apporter, selon mon opinion constante, les adjuvants utiles qualifiés parce que choisis avec soin.
- De telles réserves d’études biologiques, si on le veut, peuvent se constituer, dans tous nos départements du Midi, relativement à peu de frais, sur des terres actuellement sans valeur.
- Ces réserves auront pour destination de composer des parcs régionaux ou nationaux, je l’ai dit, aussi vastes que possible. Il conviendra d’en constituer en moyennes et basses montagnes entre Espagne et Italie, des Pyrénées aux Alpes, mais
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- d’en composer aussi avec la garrigue et le maquis ainsi que la chose a été déjà demandée par un ancien Président de l’Académie de Nîmes
- La chose, ainsi qu’il convient, se fera sous le signe supérieur de l’Union internationale des sciences biologiques pour la protection de la Nature et sous la haute autorité du Muséum national d’Histoire naturelle qui leur donnera toute leur valeur dans le principe.
- « Le Muséum national d’Histoire naturelle, la chose est « bonne à rappeler, s’est donné pour tache d’encourager et de « favoriser la création de toute institution de conservation de la « Nature. »
- La Métropole ne doit pas plus longtemps rester en arrière de ce qui s’est fait, dans ce sens, à l’étranger et (pour l’honneur des forestiers de ses colonies) en Indochine, en Algérie, à Madagascar.
- C’est en particulier dans la grande île de Madagascar qu’ont été créés les parcs qu’il faut citer comme des modèles du genre.
- Au Maroc, apprendra-t-on avec satisfaction ('), on se préoccupe de créer également des Parcs Chérifiens, réserves naturelles, biologiques et botaniques, destinées à soustraire certaines régions aux abus humains.
- Des vœux ont été émis dans ce sens par l’Institut scienti-
- 1. Des diverses formations biologiques mondiales par MM. Georges Carie et Jean Gattefossé.
- fique Chérifien, par la Société des Sciences naturelles et par la Société de Géographie et cela en accord parfait avec la Direction des Eaux et Forêts. C’est dans ce sens que s’oriente dans le Midi l’opinion du grand public, c’est dans cette voie qu’il faut maintenant entrer de plein pied, pour passer aussi vite que possible à l’exécution par des propositions fragmentaires... concrètes.
- Or la Direction générale des Eaux et Forêts du ministère de l’Agriculture (à tout seigneur tout honneur) a marqué dans ce sens, au cours des dernières années et de 1933, ses intentions en suspendant les exploitations dans son domaine forestier de la Chartreuse de Yalbonne dans le Gard (1400 hectares).
- Par là au titre du marché au bois, et toutes considérations scientifiques de base mises à part, elle a permis de rétablir un certain équilibre sur le marché local du charbon de bois, des écorces et du bois à brûler. Loin de moi la pensée de présumer ce qui pourra être fait, dans ce sens, de l’Aude au Alpes-Maritimes, dans les Cévennes, au Ventoux, en Provence et dans les Maures et l’Esterel tout au long de la Côte d’Azur.
- A ce mouvement les Amis des Arbres apporteront, j’en ai la conviction, tout leur puissant appui :
- « Sempre per la Beuta »
- « Dou terraire encan ta. » Roger Ducamp,
- Ancien directeur du service forestier de l’Indochine.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LE TRAITEMENT ABORTIF EFFICACE DU PANARIS
- Le panaris, appelé vulgairement tourniole, a pour cause une blessure légère, piqûre ou écorchure faite à l’extrémité d’un doigt, généralement pouce ou index, avec un instrument sale qui apporte une infection sous-cutanée; il en résulte peu de temps après une inflammation aiguë d’abord superficielle, se manifestant par de la rougeur, un peu de gonflement par lymphangite, à la face dorsale du doigt, au pourtour de l’ongle, accompagnée d’abord de démangeaisons, puis de douleurs vives quand la peau est soulevée par de la sérosité.
- En général tout ce que l’on peut faire est de laisser évoluer le mal, en immergeant le doigt pendant une demi-heure à une heure dans un bain d’eau tiède maintenue à 4o°-50° C, puis après un nettoyage au savon, de panser avec des compresses imbibées d’alcool concentré à 95°, que l’on recouvre d’ouate et de taffetas gommé.
- Il faut avoir assisté aux souffrances éprouvées par le malade, pour se rendre compte de sa situation pénible; c’est pourquoi, tout dernièrement, ayant eu notre attention attirée par la publication dans un quotidien, du procédé employé par le docteur Guinier de Montpellier, dans le cas qui nous occupe, nous en avons fait l’essai au début d’une manifestation très nette de panaris évoluant.
- Le traitement consiste simplement à humecter légèrement d’eau toute la surface rouge, douloureuse, ainsi que les parties saines latérales, puis à y promener lentement l’extrémité d’un crayon de nitrate d’argent cristallisé, en continuant le frottement assez longtemps pendant une minute au moins de façon que le sel dissous traverse bien l’épiderme.
- On laisse sécher sur place le liquide saturé de nitrate d’argent et on constate que la peau d’abord brune, devient ensuite complètement noire, charbonnée et brillante. Une seule application est suffisante.
- A partir de ce moment, le mal est enrayé, la douleur disparaît et le seul inconvénient est de conserver, pendant quelques jours, une extrémité de doigt complètement noire; mais on en prend facilement son parti, heureux de ne plus souffrir, d’autant qu’au bout de quelques jours, l’épiderme s’écaille, en laissant apparaître une peau rose normale et saine.
- D’aucuns diront peut être, qu’il n’y a pas là une nouveauté, car le crayon de nitrate d’argent faisait autrefois partie du garnissage de la trousse de tout médecin; quoi qu’il en soit, nous avons tenu à faire connaître à nos lecteurs qu’ils disposent d’un moyen efficace d’éviter les souffrances prolongées; notre expérience personnelle nous ayant donné satisfaction nous espérons qu’il en sera de même pour eux, si le malencontreux panaris venait troubler leur repos.
- CONTRE LA VERMOULURE DU BOIS
- M. Robert Regnier, directeur du Muséum de Rouen, vient de publier dans Mouseion une excellente étude sur la protection des meubles et des bois sculptés contre les insectes destructeurs, présentée à la Commission d’études des ennemis des arbres et des bois du Ministère de l’Agriculture.
- La vermoulure des bois est le fait de petits coléoptères dont les uns sont des Lyclus et les autres des Vrillettes proprement dites (Anobium, Oligomerus, Plilinus). Les adultes pondent de la mi-avril à août des œufs très petits qu’ils déposent sur le bois, souvent à l’orifice des trous existants. Les œufs donnent des larves qui se mettent à creuser des galeries sans détruire la surface. On voit alors apparaître au pied des objets des petits tas de sciure et de déjections larvaires qui sont la preuve et l’indice de l’attaque.
- On peut éviter ces dégâts en désinfectant les bois au moyen de dichlo-robenzène solide, d’orthodichlorobenzène liquide ou de cyanure de calcium (toxique) enfermé avec les objets dans une caisse ou une chambre étroite pendant une dizaine de jours. On n’altère ainsi ni les cuivres, ni les dorures.
- Quand les insectes ont commencé leurs ravages, il faut en badigeonner les surfaces non vernies avec le mélange suivant :
- Alcool dénaturé ............................ 250 grammes
- Bichlorure de mercure (sublimé corrosif). . . 5 »
- Benzol.................................... 750 »
- On complète le traitement par un bon encausticage.
- Sur le bois traité et redevenu sec, on peut appliquer le vernis suivant :
- Vernis blond à l’alcool................... 5 litres
- Benzol..................................... 500 grammes
- Benzo.naphtol................................ 50 »
- Alcool dénaturé............................. 500 »
- Bichlorure de mercure......................... 5 »
- On dissout le sublimé dans l’alcool, le benzonaphtol dans le benzol et on mélange avec le vernis. On applique deux couches successives. On recommence chaque année à l’époque dangereuse, de mai à août.
- Les objets trop vermoulus peuvent être consolidés au moyen d’une colle au parchemin préparée en faisant dissoudre des morceaux de parchemin dans l’eau bouillante (un litre pour un kg) à laquelle on ajoute 1 pour 100 de sublimé. La colle chaude est injectée dans les trous de vrillettes au moyen d’une seringue.
- Ces conseils sont particulièrement précieux pour les meubles et bois sculptés conservés dans des pièces chauffées c ù l’activité des vrillettes est plus considérable.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUIN 1934,
- Mois chaud et sec avec insolation en léger excédent.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de la pression barométrique, 762 mm 8, ramenée au niveau de la mer, est sensiblement normale (excès de 0 mm 2 seulement) et celle de la température, 18°,3, dépasse de 1°,8 la normale et classe ce mois parmi les mois de juin chauds. Sauf pendant une période un peu fraîche, du 3 au 8, et pendant quelques rares journées au cours desquelles la chaleur a été plus modérée, les températures journalières ont toutes été en excédent. Cet excédent a atteint 9°,0 le 18,journée la plus chaude du mois avec maximum absolu de 34°,9, supérieur de 4°,2 au maximum absolu moyen. Le minimum absolu, 7°,6 supérieur de 1°,6 à la normale a été enregistré le 8. Les extrêmes de la température ont été, pour la région, 5°,0 à Trappes et 36°,9 à Brévannes. Les pluies, dont la fréquence a été un peu supérieure à la moyenne (13 jours de pluie appréciable au lieu de 12, nombre moyen), n’ont fourni qu’une hauteur totale de
- 29 mm 2, hauteur qui ne représente que 53 pour 100 de la normale. Cette sécheresse, sans avoir rien d’exceptionnel, mais venant s’ajouter à celle d’avril et surtout de mai, a été très sensible à la végétation. En fait, le bilan pluviométrique du printemps 1934 se solde par un déficit de 52 pour 100.
- A l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale de pluie,
- 25 mm 9, est inférieure de 53 pour 100 à la normale des 50 années 1873-1922; plus de la moitié de cette hauteur a été fournie par l’averse orageuse du 27 au 28. La durée totale de chute, 10 h 5 m, est inférieure de 67 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Les hauteurs maxima en 24 heures ont été pour Paris, 23 mm 2 à la Porte d’Ivry, et pour les environs,
- 30 mm 3 à Rosny, du 27 au 28. On a signalé des brouillards matinaux et locaux tous les jours du mois, soit 30 jours au lieu de 11, nombre moyen. L’excès porte exclusivement sur les brouillards faibles notés 28 jours au lieu de 8. Des obscurcissements ont eu lieu le 1er, le 6 et le 25 au Champ de Mars, le 7 à Bois-Colombes et le 20 à Montsouris.
- Quelques orages locaux se sont produits : le 2, dans la banlieue N. à O., le 7, au N. de Paris, le 20, en banlieue S. à S. le 25, en banlieue O. à N., le 28, dans le N. et l’E. Seuls, les orages du 15 et de la nuit du 27 au 28 ont affecté toute la région.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques 260 h 30 m d’insolation, durée supérieure de 20 pour 100 à la moyenne des 40 années (1894-1933). Il n’y a pas eu de jour sans soleil. A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne
- A PARIS
- mensuelle de l’humidité relative a été 64,6 pour 100 et celle de la nébulosité 50 pour 100. On y a constaté : 6 jours d’orage, 22 jours de brume lointaine, 14 jours de rosée.
- LA TEMPÉRATURE EN JUIN depuis 1757 jusqu’à nos jours.
- Mois froids. MOIS CHAUDS
- Moyennes Minima Moyennes Maxima
- mensuelles absolus mensuelles absolus
- inférieures inférieurs supérieures supérieurs
- Aimées. à I4°5. à — 4°. Années. à 19°0. à 33°.
- 1797 13o,8 1757 33o,l
- 1881 2o,l 58 20°,3 34o,4
- 90 2°,7 59 19°,4
- 93 2o,6 60 20°,0
- 1916 13°,6 61 19o,5
- 62 19°,9
- 1923 14o,l 63 35o,0
- 64 190,4 34o,4
- 65 19°, 4
- 72 20°,9 35o,6
- 74 19o,6
- 75 2lo,4
- 80 330,5
- 82 33o,5
- 90 340,6
- 1804 33o,8
- 18 19o,2
- 22 21°,2 33o,8
- 26 33o,l
- 39 19o,l
- 42 19°,9 35o,5
- 46 20o,5
- 58 20o,5 33o,5
- 88 34o,5
- 1901 33o,2
- Comme mois très froids on n’en compte que trois; comme mois très chauds : en 18 ans, de 1758 à 1775, dix, dont cinq en 5 dans, de 1758 à 1762; en 42 ans, de 1776 à 1817, aucun; en 41 ans, de 1818 à 1858, six, et depuis 1859 jusqu’à 1934 soit 76 ans, aucun. Em. Roger.
- INTÉRESSANTE APPLICATION DE LA T. S. F.
- L’APPEL DES POMPIERS
- Dans l’immense majorité des villes de France, il n’existe pas de pompiers professionnels réunis en caserne. Les défenseurs de la cité contre le feu sont des volontaires, dont les demeures sont dispersées dans la ville. Quand ,un sinistre se produit, ils sont avertis soit par le tocsin, soit par l’appel d’une sirène. Mais ces signaux sonores ont l’inconvénient d’alerter en même temps la population qui se précipite sur le lieu du sinistre et y gène les sauveteurs. La ville d’Asnières, sur l’initiative d’un jeune pompier, M. Guichard, a eu recours à une solution plus élégante. Un poste émetteur de T.S.F., de faible puissance, sur
- ondes courtes lance l’appel d’alarme et celui-ci actionne chez chaque pompier une sonnerie électrique.
- En outre, la ville d’Asnières, pour avoir à tout moment à sa disposition un effectif de pompiers suffisant, a recruté une équipe de pompiers ouvriers du bâtiment qu’elle paie et loge avec leur famille dans une caserne-atelier juxtaposée au dépôt des pompes.
- La voiture de premier départ, dirigée sur le lieu du sinistre, porte elle aussi un poste émetteur de T. S. F. qui permet, s’il y a lieu, de demander à la caserne un renfort immédiat.
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- 180 NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES
- Fig. 1. — Paysage de la pièce Ali-Baba.
- Jusqu’à présent les présentateurs de marionnettes se sont attachés surtout à inventer des moyens de donner du naturel ou bien du fantastique à leurs petits personnages de bois et à part quelques sujets qui doivent leur originalité à la complication des fils qui les font mouvoir (tels que le squelette, le jongleur avec les pieds, etc., que nous aurons à décrire) les meilleures marionnettes doivent la vie à l’habileté de celui qui tient les ficelles. La marionnette, limitée dans ses mouvements sur les planches, n’a pas beaucoup encouragé ses operateurs à la présenter avec les ressources modernes de la mise en scène, mais le guignol, maître de ses mouvements, ne dépendant d’aucun fil gênant, ne pouvant espérer aucun perfectionnement dans sa structure, se devait de demander à la décoration en tous genres une nouvelle vie en rapport avec les exigences actuelles du luxe et de la science. Un artiste de talent, Robert Desarthis, au théâtre des Marionnettes du Luxembourg, a compris que tout en laissant à Guignol sa liberté d’allures et de langage, il était possible de le faire entrer dans des scénarios se prêtant à la mise en scène, et aux exhibitions, cortèges, etc., mis à la mode par les music-hall.
- Actuellement les théâtres de marionnettes et de guignol sont en faveur et plusieurs sociétés d’amateurs ont adopté ces troupes d’acteurs qui ne demandent ni la vedette, ni les
- Fig. 2. •— Un décor de féerie aux marionnettes.
- dédits et ne sont jamais malades. Aussi vais-je leur indiquer quelques idées de Robert Desarthis qu’ils pourront mettre à profit. Une vaste scène permettant à cinq ou six opérateurs de se mouvoir, et assez profonde pour présenter des décors à plusieurs plans se présente avec deux rideaux d’avant-scènes. Comme dans tous les théâtres, des rideaux-draperies, des gazes teintées, argentées, des toiles de fond se logent au-dessus de la scène dans un cintre imposant. Les coulisses accessoires s’équipent sur des tiges carrées de fer, mobiles, fixées suivant les besoins dans des trous du sol; et ces tiges ont une grande utilité car dans ce théâtre beaucoup de décors sont en relief. Ce sont de véritables modelages et cette innovation donne par des éclairages diversifiés des effets inattendus. La fig. 1 représente un des décors de la pièce Ali Baba. Tous les plans de ce décor sont en relief et les projections de couleurs produisent des modifications d’aspect surprenantes dont on n’a pas idée avec le décor à plat.
- Naturellement l’installation électrique est de premier ordre, éclairages divers, projecteurs, haut-parleurs, graplios, rien ne manque ; ce qui permet de présenter des féeries dont la fig. 2 peut donner une idée. On a sous les yeux une Inde fantastique avec des perroquets géants dans une végétation de rêve peuplée d’une faune variée : ours, singes, crocodiles, boas, etc.
- Quant aux personnages, ce sont ceux du guignol ordinaire, mais fortement grossis et avec les bras plus longs que ceux ordinairement accordés.
- Quelques-uns ont un mécanisme spécial. Par exemple les derviches tourneurs qui forment tout un ballet et qui tournent à perdre baleine grâce à une simple manivelle fixée à leur tige de support.
- Don Quichotte monté sur Rossinante (fig. 3) est une bien amusante invention surtout lorsqu’il est accompagné de l’ineffable Sancho conduisant son âne que l’on aperçoit dans un coin.
- Cette photographie a été prise au moment de la construction des personnages et des accessoires et elle nous permet de voir les moulins et aussi les fils qui (incursion dans le domaine de la marionnette à pédale) font mouvoir les pattes de Rossinante.
- Inutile de parler de l’originalité avec laquelle ont été exécutées les têtes bien typiques de tous les personnages et de la richesse des costumes. Les quelques aperçus ci-dessus pourront donner aux amateurs des idées sur l’importance que l’on peut donner à un théâtre de Guignol. George Sand,dansle sien, n’avait pensé qu’à la littérature ; Robert Desarthis y a ajouté la grandeur et la somptuosité.
- Fig. 3. — Don Quichotte, Sancho Pança ci les moulins.
- Le prestidigitateur Alber.
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- UN ARBRE QUI PRODUIT DU SUCRE = 181
- C’est du Caroubier (Ceratonia siliqua) dont il s’agit, non de l’érable à sucre. C’est un grand arbre de la famille des Légu-mineuses-Césalpiniées, portant le nom d’Algarrobo, en Espagne. 11 est originaire d’Arabie et de l’Orient, mais il est naturalisé dans toute la zone méditerranéenne, depuis les temps les plus anciens, car les Kabyles, descendants des Celtes, prétendent qu’il fut introduit en Afrique du Nord, par leurs ancêtres primitifs. Il y a, dans les montagnes du Petit Atlas •— où je les ai vus — des Caroubiers datant d’avant les Phéniciens certainement, dont les troncs ont plusieurs mètres de diamètre. Ce sont des géants qui portent bien leur âge et même assez allègrement, puisqu’ils donnent encore de fort belles récoltes.
- Sur les côtes de Provence, le Caroubier croît à l’état demi-sauvage, je crois bien que jamais aucun méridional n’a eu l’idée d’élever cet arbre superbe, dont l’ombre épaisse pourrait être favorable pour régulariser et répartir l’eau tombant du ciel.
- Les Orientaux, plus pratiques, en ont fait quelques plantations et les fruits ou Caroubes leur sont utiles pour l’élevage de leurs animaux.
- L’histoire nous apprend que, dans la Thébaïde, les solitaires vivaient de ligues et de caroubes : tel saint Jean-Baptiste qui, dit-on, s’en nourrissait exclusivement; c’est pourquoi on donne à la gousse de ce beau végétal le nom d'Arbre à pain de Saint-Jean; les allemands l’appellent Joannis Brodt Baum, et les Anglais : Saint John’ s bread. En latin les Caroubes portaient le nom de locusta qui signifie Sauterelles, ce qui a pu faire croire aux commentateurs de la Bible que saint Jean se nourrissait de cet acridien.
- Suivant les terrains cet arbre atteint de 8 à 15 mètres et un diamètre énorme, quand il est très âgé, portant une tête arrondie en dôme. En Provence, il reste touffu avec un très gros tronc. Les feuilles sont coriaces, luisantes et persistantes; les fleurs petites, peu apparentes, se montrent en automne et en hiver; il leur succède de grandes siliques aplaties, plus ou moins courbées en cornes de béliers — d’où le nom grec de kératia — dont les graines sont noyées dans une pulpe sucrée, qui est rigoureusement comestible et dont bien des populations pauvres de l’Asie Mineure et de l’Afrique du Nord, font leur consommation.
- En règle générale, la véritable utilité de la Caroube, jusqu’à présent, a été de servir à la nourriture du bétail qui, avec elle, engraisse rapidement.
- Les Espagnols introduisirent cet arbre peu de temps après leurs conquêtes en Amérique du Sud, particulièrement dans les terres tempérées du Mexique, où il s© reproduit de lui-même, par ses graines tombées à terre.
- Les Crétois, les Chypi’iens et Siciliens, en firent de grandes plantations et exportent d’énormes quantités de fruits, partout en Europe, où ils sont recherchés.
- Le Caroubier est certainement plutôt un arbre pour le climat marin que pour la montagne; en Provence il ne joue aucun rôle économique, la plus grande altitude à laquelle il peut atteindre ne dépassant pas 300 mètres. C’est probablement pour cette raison qu’on ne s’en est pas préoccupé davantage dans les régions méridionales de la France. En Afrique du Nord, au contraire, il en existe d’immenses plantations, évaluées à plus de 400 000 sujets, dont 80 000 environ sont greffés, et le plus grand nombre se trouvent dans le département de Constantine.
- En Tunisie il existe plus de 15 000 Caroubiers, dont les fruits, pour près de 250 000 kg, sont exportés.
- Dans tous les cas, cet arbre appartient encore, presque exclusivement, à l’agriculture indigène, qui possède les plus
- anciens massifs de ces arbres greffes, car la greffe fut connue des Arabes depuis la plus haute antiquité.
- Le bois du Caroubier est d’une grande valeur pour l’ébé-nisterie, étant richement coloré de rouge, comme l’acajou, de plus, il est d’une dureté remarquable, peut être poli et verni. Enfin, en cas de besoin, c’est un bon bois de chauffage, qui dégage beaucoup de chaleur.
- Les lapins, chèvres, etc., mangent assez volontiers le feuillage, mais ils sont bien plus friands des fruits ou caroubes, qui semblent être la seule production utile de cet arbre magnifique. Ses gousses atteignent, dans les bonnes variétés 0 m 25 et plus, mais la moyenne ne dépasse pas 0 m 15, avec les variétés non greffées. Quand un arbre est en plein rapport, on ne peut s’imaginer ce qu’est sa production, les branches sont alors littéralement cachées par les gousses d’un brun chocolat intense.
- L’analyse de la Caroube a donné une teneur en sucre extraordinairement élevée, et quoiqu’en disent certains pessimistes grincheux, cette gousse pourrait rendre de hoirs services dans l’alimentation de l’homme, aussi bien que dans celle des animaux.
- Des analyses faites par MM. G. Rivière et Baillache avec les bonnes Caroubes récoltées dans les plantations indigènes des environs de Bougie, en Algérie, il résulte qu’elles contiennent les éléments suivants :
- Eau Caroubes sèches sèches sans graines avec graines . . . 1,40 1,00 fraîches avec graines 13, 00
- Matières azotées. . . . . 2,10 2,50 2,30
- Azote corresp. (0,332) 0,40 0,35
- Sacchai'ose .... . . . 21,46 19,00 16,69
- Glucose . . . 19,62 17,00 14,94
- Amidon . . . 4,60 9,60 8,43
- Cellulose . . . 19,50 23,40 20,58
- Matières grasses. . . . . 0,25 0,50 0,44
- Matières extractives terminées. . . . indé- . . . 31,07 27,00 23,74
- A. Muntz donna des chiffres plus élevés : 30 pour 100 de sucre de canne et 14 pour 100 de glucose; se rapprochant de la teneur en sucre des Caroubes provenant de l’île de Chypre.
- Voici comment les Crêtois et les Kabyles d’Algérie opèrent la multiplication de cet arbre de première grandeur si utile par la production de ses fruits.
- Ils établissent une planche dans une tei-re légère, qu’ils fertilisent avec du terreau provenant du fumier de chèvres ou de moutons. Ils ne connaissent pas le système du semis en rayons et répandent les graines à la fin de l’hiver à la volée, mais après les avoir préalablement fait tremper 48 heures dans l’eau, afin d’en hâter la germination. A la levée, lorsque les plants montrent leurs premières feuilles, ils éclaircissent, en laissant en place ceux qui sont les mieux placés, à 0 m 10 en tous sens.
- L’an d’après, ces plants sont arrachés, puis repiqués dans une nouvelle pépinière, après en avoir retranché le pivot de la racine, pour obtenir un système radiculaire mieux établi. Ce plant est mis en terre à 0 m 50 ou 0 m 60 en tous sens et, deux ans plus tard, ils sont greffés en tête, rarement en pied. C’est toujours sur des sujets de 3 à 4 ans qu’ils opèrent •— en employant la greffe en écusson -— à œil poussant, en mai-juin, à œil dormant, fin mars-avril; dans le plus grand nombre de cas, les écussons ne débourrent que l’année d’après, parfois même deux ou trois ans plus tard, parce que les greffeurs,
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- tout en connaissant la greffe en pied, ignorent cette particularité, que pourtant ils ont dû constater depuis toujours.
- Le greffage en pied — c’est-à-dire à ras du sol — que ces peuples connaissent et qu’ils emploient quelquefois, fait sur des sujets de deux ans est bien préférable; l’arbre est plus vigoureux et se conduit tout aussi bien que franc de pied. La greffe en fente, rez-terre réussit avec plus de succès, en Kabylie où les greffeurs ont pris les méthodes européennes.
- Ce qui est surprenant, c’est que les indigènes d’Algérie utilisent la greffe en couronne sur de vieux Caroubiers millénaires dont ils ont rabattu toute la charpente et sur les moignons desquels, un ou deux ans plus tard, ils posent deux bons greffons, d’une variété de choix.
- Quand les arbres de semis sont en bonne voie, les cultivateurs, qui ont préparé leurs trous en novembre, les mettent en place de janvier à fin mars, à racines nues lors du départ de la végétation; ou en motte, ce qui est plus avantageux, mais exige plus de peine, ce à quoi ces peuples, quoique un peu indolents, ne regardent pas.
- Ils arrosent fortement pour assurer la reprise des arbres qui sont espacés de 12 à 15 m en tous sens. Au cours de l’été les arrosements sont copieux et la végétation est ainsi assurée. En hiver, au pied de chaque sujet, ils ouvrent une cuvette d’un mètre de diamètre au moins, afin d’imbiber fortement le sol. L’année d’après, c’est-à-dire à la sixième pousse, grâce à tous les soins et aux labours donnés, les Caroubiers prennent un grand développement et leur mise à fruit parfois est ainsi très avancée.
- Le Caroubier n’est pas toujours l’arbre qui se contente des mauvais sols; au contraire, s'il a un bon fond, peu ou pas glaiseux, il devient superbe en peu d’années et quelquefois même, sa fructification est avancée sérieusement. Il craint les sols argileux qui retiennent les eaux, car il est sujet au pourridié dès qu’il se trouve dans un terrain qui lui est contraire. Il y a une chose certaine, c’est que le Caroubier n’a pas l’extrême rusticité de l’Olivier, quoique vivant très vieux.
- Dans les régions, telles que la Côte d’Azur, l’Afrique du Nord, etc., cet arbre peut être et est employé pour border les routes ou en créer des avenues de toute beauté, en les écartant de 8 à 10 m entre eux.
- C’est vers la dixième ou onzième année, que le Caroubier de semis donne déjà une récolte de gousses assez importante; néanmoins, ce n’est qu’à la quinzième que le rendement augmente; vers la vingtième, c’est la récolte abondante dans toute son acception. Comme on le voit les Orientaux ont de la patience, car en plantant cet arbre de semis ils se préparent des revenus pour 20 ans plus tard.
- Les gousses mûrissent à la fin de l’été; on en fait la récolte en les gaulant lorsqu’elles sont brunes. On étend ces gousses à l’ombre, habituellement (car au soleil elles fermenteraient à cause de leur richesse en sucre). Quand les Caroubes sont à point, on les rentre dans un lieu sec et sain, où, de temps en temps, on les retourne à la pelle, jusqu’au moment de les ensacher.
- La fructification du Caroubier est plus abondante une année sur deux : de toute manière, on peut compter sur une moyenne de récolte de 300 à 400 kg de Caroubes par arbre, mais on l’a vue certaines années atteindre 800 à 900 kg. Le prix en est toujours rémunérateur pour le cultivateur : 20 à 25 fr les 100 kg rendus en gare ou au port le plus proche.
- On a constaté, par l’analyse donnée plus haut, la richesse en sucre de la Caroube : c’est du sucre de canne et du glucose, qui convient à l’élevage de tous les animaux : bœufs, chevaux, vaches, cochons, moutons, chèvres, lapins, etc., habituellement cette provende est mêlée à d’autres produits végétaux, tous broyés ensemble.
- De fait, la Caroube contient 66 pour 100 de sucre et de gomme : ce qui est superbe !
- L’industrie a essayé, il y a une cinquantaine d’années, d’en retirer divers produits : sirops, caramels, des imitations de chocolat et même, le croirait-on... du café. Enfin, on en retira un alcool, d’une saveur spéciale, qui ne plut pas aux... alcoolisants et lés choses en restèrent là.
- Les Kabyles d’Algérie ont obtenu dans des semis faits, il y a peut-être des centaines (Vannées, des variétés de Caroubes de grande valeur, à pulpe très épaisse, ne dépassant pas 0 m 20 de longueur, mais ne formant qu’un morceau de sucre : ce sont ces types qu’il faudrait multiplier.
- R. de Noter.
- E£ VASES DE RESONANCE
- UTILISÉS DANS LES EGLISES AU MOYEN AGE
- Les archéologues savent depuis longtemps que l’usage des echea (*), ou vases acoustiques, était connu des anciens pour le renforcement de la voix dans les théâtres en plein air, recouverts seulement du velarium.
- Indépendamment des masques en métal qui donnaient plus d’ampleur et de sonorité au débit des acteurs, on avait adopté l’usage de placer le long des murs de la scène des vases de résonance en bronze ou en terre cuite destinés à donner plus d’harmonie aux sons des différents instruments de musique.
- Vitruve nous donne à ce sujet des détails très intéressants : « ces vases d’airain, dit-il, que les Grecs appellent y\yzïv., sont placés dans des alvéoles creusées dans les murs ou pratiquées sous les degrés. Ils répondent par résonance à la quarte, à la quinte, ou à l’octave des différents sons musicaux, selon leur dimension respective, de telle sorte que la voix de l’acteur renforcée arrive plus claire et plus harmonieuse à l’oreille des spectateurs.
- 1. Du grec fp/sïxv, qui veut dire son, bruit.
- « Le nombre de ces vases, ajoute-t-il, doit être proportionné à l’étendue du théâtre. Il y aura deux rangées parallèles de treize vases chacune, placées horizontalement, si le théâtre n’est pas très grand... si, au contraire, le théâtre est vaste, on placera trois rangées de vases également espacées. » D’après une gravure antique ces echea avaient la forme parabolique et étaient inclinés, de manière que tout son partant de la scène vint frapper le fond du vase. Il y en avait de différentes grandeurs : « car, dit P. Perrault (1681), ces vaisseaux étoient accordez chacun à l’un des tons où la voix de l’homme peut s’étendre, afin que la voix se réfléchissant dans tous ces vases, ceux qui se rencontroient à l’unisson de la voix ou qui étoient accordez, pour y faire une consonnance, pussent par leur proportion convenable, en augmenter la force. »
- Memmius ayant fait démolir un théâtre à Corinthe, en transporta les vases d’airain, pour les consacrer dans le temple de la Lune. En outre, toujours d’après Vitruve, plusieurs habiles architectes romains choisis pour la construction de théâtres dans des villes peu fortunées, avaient remplacé
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- les echea en bronze par de simples vases en terre cuite (ficlilibus doliis) et, en les disposant à la manière des Grecs, en avaient obtenu les résultats les plus satisfaisants I1).
- Enfin, vers 1835, Charles Texier, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, chargé de mission en Asie Mineure, reconnut dans les ruines du théâtre de la ville d’Aizani, en Phrygie, l’existence d’alvéoles creusées dans un seul bloc de marbre, groupées deux à deux, au nombre de douze, selon les prescriptions de Vitruve, et destinées à recevoir des vases acoustiques en airain.
- Les anciens ne s’étaient pas bornés à l’emploi des echea dans les théâtres; ils les plaçaient aussi dans les temples; les comédies de Térence font plus d’une fois allusion à « ces vases sonores dans lesquels s’engouffre la voix humaine, pour en sortir plus harmonieuse et plus agréable à l’ouïe et aux dieux. »
- De là à l’emploi des vases de résonance dans les églises chrétiennes, la transition était toute naturelle, et l’usage en est. arrivé jusqu’en France avec l’architecture byzantine. Cette origine paraît incontestable après la découverte de très nombreux echea dans les églises russes antérieures à notre art roman.
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- La première découverte de vases acoustiques en France, ne date que de 1842 ; elle eut lieu à Arles, dans l’antique église St-Blaise. Ces vases en terre cuite avaient la forme de trompettes ou cornets mesurant 30 cm de longueur sur 3 cm de diamètre moyen. Ils étaient placés de distance en distance dans un mur de la première travée bâtie en 1280. Les pavillons disposés en saillie, étaient brisés depuis longtemps (fig. 2).
- D’autre part, on trouva dans le voisinage des echea, en forme de cornets, d’autres vases, de 22 cm de diamètre, placés dans l’épaisseur du mur et dont la forme était celle de Voila romaine, ou marmite à col rétréci. Cette découverte intéressante fut communiquée par son auteur, M. Huard, directeur du musée d’Arles, au Comité des Arts et Monuments. Mais quelques membres émirent l’opinion que ces objets en poterie n’étaient destinés qu’à rendre les voûtes de l’édifice plus légères. Toutefois ils durent reconnaître qu’en pareil cas, ces vases forment l’appareillage de la voûte
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- cm de hauteur
- Fig. 1 à 7.
- 1. Echea décrit par Vitruve. — 2. Vase acoustique de l’église St-Blaise d’Arles.-—3. Vase de l’église d’Ainay, à Lyon. — 4. Vase de l’église des Cordeliers à Châlons-sur-Marne.— 5. Vase de l’église de Fry. — 6, Vase de l’église St-Avit d’Issoire. — 7, 7 bis. Vase du choeur de Montivilliers.
- elle-même et sont le plus souvent emboîtés les uns dans les autres, comme à Ravenne, dans l’église St-Vital, dont la coupole centrale est entièrement construite en poteries; tandis que les vases acoustiques sont placés isolément à une certaine distance les uns des autres et fréquemment à la naissance des voûtes et même dans la partie supérieure des murs.
- En 1843, semblable découverte fut faite près de Rouen dans le chœur de l’église du Mont-aux-Malades (xne siècle). En 1844 deux echea furent découverts dans l’église abbatiale d’Ainay, à Lyon, consacrée en 1106 (fig. 3).
- En 1846, on démolit l’église des Cordeliers à Chalon (S.-et-L.), monument du xve siècle et plusieurs vases acoustiques furent découverts à la gauche du chœur, à la naissance de la 1. Vitruve, liv. V, chap. V.
- voûte (fig. 3). Ces vases mesurent et leur forme, sans anse, indique bien qu’ils n’ont pu avoir qu’une simple destination acoustique.
- Parfois les echea, étaient dissimulés derrière des corniches, des moulures ou autres motifs d’architecture; on en a même trouvé dont l’orifice était caché par les feuillages sculptés des chapiteaux.
- En d’autres églises on utilisait comme vases de résonance de simples poteries domestiques; tels sont les quatre vases en grès trouvés dans l’église de Fry (fig. 5) et les nombreux vases découverts lors de la démolition des restes antiques de l’église St-Avit, à Issoire (Puy-de-Dôme). Ces derniers portaient tous un bec et une anse à leur partie supérieure et servaient sans doute au même usage que nos bouteilles actuelles (fig. 6).
- Enfin, un curieux texte tiré de la chronique des Céleslins de Metz, publié en 1886 par M. Vachez, tranche définitivement la question relative à l’usage acoustique de ces echea.
- « En cest année dessus dict (1432) au mois d’aoust, la vigile de l’Assomption Nostre-Dame, Ode Leroy prieur de céans fist ordonner de mettre les pots au cuer (chœur) de l’église de céans, portant qu’il avait veu altre part en aulcune esglise, pensant qu’il y feroit meilleur chanter et qu’il cy resoneroit plus fort, et furent mis en ung jour; on print tant d’ouvriers qu’il suffisoit. »
- Depuis que l’attention des archéologues a été attirée sur les echea, vers le milieu du siècle dernier, il ne se passe pas d’année sans qu’on en découvre un certain nombre soit en France, soit dans quelque autre partie de l’Europe; et il n’est pas un musée qui n’en possède un ou plusieurs spécimens.
- Pour nous résumer sur cette intéressante question, nous pouvons conclure que, du xue au xvne siècle, les echea ont été en usage surtout dans les monuments religieux appartenant à l’architecture romane et cette tradition se retrouve aussi en Suède, en Danemark, en Russie, en Suisse et sur les bords du Rhin. Si l’emploi de ces curieux résonateurs a persisté pendant des siècles, c’est évidemment que l’observation avait fait remarquer que l’air, en s’engageant dans l’intérieur des vases accroissait ses vibrations, renforçait la voix de l’orateur et donnait aux chants religieux une ampleur et une puissance remarquables. Si leur rendement a été contesté à partir du xvne siècle, cela ne provient-il pas du changement opéré dans le mode de construction ou les proportions des édifices religieux, à l’époque de la Renaissance?
- Quoi qu’il en soit, les lois de la résonance si bien établies par Helmholtz, Kœnig et tant d’autres savants, ne permettent pas, théoriquement, de douter du renforcement des sons obtenu par ces résonateurs en terre cuite. Nos physiciens devraient reprendre cette question intéressante, en lui donnant des bases scientifiques et expérimentales. Telle enceinte très ingrate au point de vue acoustique, ne ferait plus, grâce à l’emploi judicieux des echea, le désespoir des orateurs ou des chanteurs. J. Ciiataing.
- Quelques spécimens de vases de résonance.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les preuves expérimentales de la mécanique ondulatoire, par J.-J. Trillat. 1 brochure, 14 fig., Hermann et C“>. Paris, 1934, Prix : 12 fr.
- Les conceptions théoriques sur lesquelles repose l'édifice de la mécanique ondulatoire associent des ondes aux corpuscules matériels. Elles ont reçu, a posteriori, une éclatante vérification expérimentale, lorsque Davisson et Germer montrèrent que les électrons peuvent être diffrac-tés, tout comme des ondes lumineuses. Ce sont ces expériences, et les expériences postérieures de G. Thomson, de Ponte, de Stem, Knauer, Estermann que M. Trlilat décrit ici, avec une parfaite clarté, après avoir rappelé brièvement les principes essentiels de la mécanique ondulatoire.
- Organisation et principes de l'enseignement en
- LJ. R. S. S., par J.-J. Trillat. 1 brocli., 70 pages, 10 fig. Hermann et Cle, Paris, 1933. Prix : 12 fr.
- L’auteur, professeur à l’Université de Besançon, a étudié sur place en Russie l’organisation aujourd’hui très complète de l’enseignement à ses divers échelons. Il montre ici comment est constitué, et comment fonctionne ce grand service, et il met en évidence les grands résultats déjà obtenus. La science en Russie est également encouragée et dirigée en vue spécialement de collaborer au développement de l’économie du pays et aux progrès de la technique. L’auteur dégage l’esprit des institutions fondées dans ce but et décrit rapidement chacune d’elles. Cet aperçu, bref, mais substantiel, doit être lu par quiconque veut se former une opinion sur l’état actuel de la Russie.
- Notions de cosmographie, par P. Schmets. 1 brochure G4 p., 40 fig. G. Doin. Paris, 1934. Prix : 7 fr. 50.
- Cet opuscule présente sous une forme très condensée, mais dans leur ordre logique et avec toute la précision nécessaire, les définitions essentielles et les notions fondamentales de la cosmographie élémentaire : forme et mesure de la Terre, mouvements réels de la Terre, et leurs conséquences, le temps et ses divisions, les mouvements de la Lune et leurs conséquences, les éclipses, les étoiles et le système solaire. Ce résumé sera très utile aux élèves des classes de philosophie et de mathématiques élémentaires.
- L’excitation électrique des tissus. Essai d’interprétation physique, par A.-M. Monnier. 1 vol. in-8, 326 p., 86 fig. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 85 fr.
- L’irritabilité étant une des caractéristiques fondamentales de la vie, l’excitabilité nerveuse a donné lieu à un nombre croissant de travaux depuis que lloorveg, Weiss, Lapicque ont établi les lois physiques qui la régissent. Nulle question de physiologie n’est peut-être plus étudiée actuellement. On lui a cherché des analogies électriques, notamment dans la polarisation de membrane et imaginé des modèles hydrauliques qui en rendent compte approximativement. Le récent travail de M. Monnier, sorti du laboratoire du professeur Lapicque, fait faire un grand pas à la question. Partant de deux hypothèses physiques déjà étayées par de nombreux faits, il a pu intégrer les phénomènes et les rapprocher d’un système d’oscillations apériodiques, amorties, se produisant dans un conducteur ayant une polarisation, et il a pu calculer les caractéristiques du système. Il explique ainsi beaucoup de faits déjà établis par Lapicque : les lois d’excitation, la chronaxie, l’isochronisme, la subordination nerveuse, etc.
- Les procédés employés dans l'industrie contre la déperdition de la chaleur et du froid, par j.-s. Cam-merer, traduit de l’Allemand par A. de Riva-Berni, 1 vol., 276 p., 91 fig. •— Ch. Béranger. Paris, 1934. —- Prix : relié, 85 fr.
- Cet ouvrage a pour but de rassembler toutes les connaissances acquises aujourd’hui dans le domaine du calorifugeage industriel et d’en faciliter l’utilisation pratique au moyen de procédés de calcul simples et en particulier par l’emploi de tables numériques. L’ouvrage débute par un exposé concis et concret des lois physiques qui président aux échanges de chaleur; il examine ensuite les propriétés des matériaux calorifugeants, puis définit les différents coefficients de transmission qui interviennent dans les problèmes pratiques, et montre comment on les mesure. La deuxième partie de l’ouvrage, essentiellement pratique, est consacrée à l’explication des calculs d’installations.
- Les matériaux modernes (supplément au Bulletin Technique du Bureau Véritas). 1 brochure illustrée, 128 pages. Paris, 1934.
- A l’occasion de l’inauguration des nouveaux laboratoires du Bureau Véritas à Levallois, l’excellent organe technique de cette institution, le « Bulletin Technique » dirigé par M. Delimal, publie une brochure consacrée aux Matériaux Modernes. Elle réunit les exposés dus à des techniciens éminents : il suffira de les énumérer pour faire comprendre l’intérêt de cette publication : pour les produits métallurgiques,
- M. Portevin étudie les aciers spéciaux, M. Le Thomas : les fontes résistantes utilisées dans la construction des machines; M.Bellay:les fontes spéciales; M. Cournot : les alliages industriels du cuivre; M. Bastien : les alliages ultra-légers; M. De Leiris : les bronzes d’aluminium; M. Sourdillon : les matériaux de frottement. Pour les produits non métallurgiques, signalons tout particulièrement une belle étude de M. Guinier sur le bois et son utilisation rationnelle, suivie d’exposés de M. Buisson sur les bitumes comme matériaux d’étanchéité, de M. Le-prince sur les liants hydrauliques, de M. Rabaté sur les peintures et vernis. M. A. Nessi donne une savante étude sur l'isolation thermique des bâtiments. On trouvera en outre une description des nouveaux laboratoires de Véritas, outillés de la façon la plus moderne et des monographies techniques sur divers matériaux intéressants.
- Laque d'Indochine. La laccase et le laccol, par Georges Brooks. 1 vol. in-8, 100 p., 7 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 18 fr.
- Bonne monographie de la laque : botanique et culture de la plante (Rhus succedanea), récolte du latex, histoire des utilisations, isolement des constituants : laccase et laccol dont la réaction provoque la formation de la pellicule de laque. L’auteur y ajoute ses recherches personnelles sur la constitution du laccol et son oxydation, qui ajoutent à la connaissance chimique encore imparfaite d’un produit aux multiples applications.
- Les légumes de France : leur histoire, leurs usages alimentaires, leurs vertus thérapeutiques, par Henri Leclerc. 2° édition revue et augmentée.
- I vol. in-8, 282 p. Amédée Legrand, Paris, 1934. Prix : 18 fr.
- L’ouvrage qu’a consacré le Dr Henri Leclerc aux légumes produits par le sol de notre pays offre, pour chacun d’eux, un chapitre contenant tout ce qui concerne leur histoire, leurs caractères morphologiques, leur composition chimique, leur valeur nutritive, leurs vertus thérapeutiques. Si l’auteur, comme dans ses autres ouvrages, a donné une place à la partie littéraire et anecdotique, il n’a pas négligé le côté pratique que comporte le sujet qu’il traite : c’est ainsi que le lecteur trouvera des recettes culinaires, la plupart inédites, qui lui permettront de joindre l’agréable à l’utile et de tirer le parti le meilleur des nombreuses ressources des potagers, des champs et des forêts. Une place importante est, en outre, réservée aux « légumes qui guérissent » : l’ail dans le traitement de la tuberculose et de l’hypertension, l’oignon diurétique, la courge vermifuge, l’artichaut cholagogue, la laitue sédative, le cresson contre la calvitie, le radis antiarthritique, la carotte pourvoyeuse de vitamines, l’épinard hématopoïétique, etc. C’est un livre pour les érudits, les lettrés, les gastronomes, les diététiciens et les thérapeutes.
- Les ultravirus pathogènes et saprophytes, par le
- Dr Paul Hauduroy. 1 vol. in-8, 462 p., 15 fig. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 60 fr.
- II y a 5 ans, l’auteur faisait un premier exposé du sujet, mais les recherches se sont tellement multipliées depuis et les idées s’en sont trouvées si modifiées qu’il a fallu tout écrire à nouveau. La question est d’importance : non seulement elle éclaire d’un jour tout nouveau certaines maladies épidémiques sans microbes visibles (sans parler des formes filtrables de certaines bactéries, dont celle de la tuberculose), mais encore elle fait deviner une matière vivante non organisée en cellules et à des dimensions plus faibles que tout ce que nous voyons. Ce livre est une mise au point ordonnée de l’état actuel de nos connaissances. Il débute par une description précise des techniques de filtration et d’ultrafiltration, de transport électrique et d’adsorption, de culture et de coloration. Puis vient la longue énumération de tous les ultravirus connus, saprophytes et pathogènes, des plantes, des bactéries, des insectes, des oiseaux, des mammifères, de l’homme. Leurs principaux caractères, leur physiologie, leurs affinités cellulaires, sont ensuite méthodiquement classés et cela conduit à une notion nouvelle d’épidémiologie et aussi à des hypothèses sur la nature et l’origine possible des ultravirus. L’ouvrage est donc aussi nouveau et intéressant à lire pour le biologiste théoricien que pour le médecin praticien.
- Pour se préserver des dangers de la foudre et de l'électricité, par Maurice-Denis Papin. 1 vol. in-16, 208 p., 23 fig. Doin et Cie, Paris, 1934. Prix : 18 fr.
- Rappel des effets des courants électriques, des précautions à prendre contre les électrocutions et des premiers secours en cas d’accidents conformes à la réglementation récente. La deuxième partie est consacrée à la foudre et aux moyens d’en préserver les habitations et les lignes électriques. C’est un guide pratique et utile qui contribuera à diffuser dans le public des notions indispensables.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MINÉRALOGIE
- Découverte de diamant en Guinée Française.
- M. F. Blondel, dans sa Chronique coloniale de la Revue de VIndustrie Minérale, annonce que le diamant a été découvert par des prospecteurs privés dans la région montagneuse et forestière de la Haute-Guinée, sur le versant libérien. En 1933, une première campagne n’avait donné aucun résultat. Les efforts de 1934 ont été couronnés de succès. La région intéressante semblerait être le bassin du fleuve Makona. Il est des plus probables que la région minéralisée s’étend au cercle de Guélcédou, qui appartient au même bassin et est limitrophe du district de Kono (Sierra Leone) où nos voisins ont découvert le diamant en 1931 et d’où ils ont déjà sorti, l’an dernier, 32 000 carats.
- Les diamants de Guinée, recueillis jusqu’ici, sont assez petits, comme ceux de Sierra Leone; toutefois, une pierre de plusieurs carats aurait été trouvée.
- PHYSIQUE DU GLOBE Nouvelle ascension stratosphérique.
- La National géographie Society de Washington et l’U. S. Army Corps avec le concours d'un certain nombre de donateurs, ont fait les préparatifs d’une nouvelle ascension stratosphérique avec un ballon de 85 000 m3. L’ascension a eu lieu le 29 juillet 1934. Le ballon était monté par le major Keptne et les capitaines A.-W. Stevens et Anderson. Il a atteint l’altitude de 18 200 m. L’étoffe du ballon est de coton imprégné de caoutchouc; la nacelle sphérique est en alliage d’aluminium et de magnésium; elle a 2 m 50 de diamètre. Le poids total du ballon en ordre de marche est de près de 8 tonnes. Le ballon était gonflé à l’hydrogène.
- La soupape à gaz au sommet du ballon était manœuvrable, à l’aide d’air comprimé, à partir de la nacelle.
- ÉLECTRICITÉ
- Le nouveau téléviseur Telefunken à rayons cathodiques.
- On s’apprête, en Allemagne, à inaugurer un service d’émissions de télévision, par ondes ultra-courtes (7 m), à 180 lignes et, par conséquent, à grande richesse de détails. L’émetteur optique destiné à ce service sera, très prochainement, en état de fonctionner. Les émissions acoustiques concomitantes seront empruntées à l’émetteur à ondes ultra-courtes, fonctionnant, depuis quelque temps déjà, à Witzleben et qui, jusqu’ici, était disposé pour 90 lignes.
- Afin de rendre ces émissions accessibles à des abonnés aussi nombreux que possible, la Sté Telefunken vient de mettre au point un téléviseur cathodique dont le nombre de circuits et de lampes se trouve réduit au minimum, mais qui n’en permet pas moins des réceptions d’une netteté remarquable. La synchronisation de ce récepteur avec l’émetteur aura lieu d’après une méthode spéciale.
- On a l’intention de faire, avec ce téléviseur, des essais de diffusion dont les résultats montreront si la télévision par ondes ultra-courtes est déjà mûre pour un service de radiodiffusion pratique ou s’il faudra auparavant de nouveaux perfectionnements techniques. La plupart des experts en la matière sont d’avis que les récepteurs ne sont pas encore suffisamment simples pour pouvoir être confiés à des profanes. D’autre part, il faudra, du côté émetteur, de grands efforts
- pour assurer une portée suffisante et, en même temps, la réduction voulue des zones de fadirig. Afin d’éliminer tout à fait le tremblotement des images, on a porté à 36-40 le nombre d’explorations par seconde. Ce progrès, de peu d’importance en apparence, soulève des problèmes assez sérieux.
- Il s’agira aussi d’étudier la possibilité du fonctionnement en série de plusieurs émetteurs visuels. A. Gradenwitz.
- ALIMENTATION
- Pour conserver le café torréfié.
- Le « Mellon Institute » a entrepris en 1929 une série de recherches en vue de mieux assurer la conservation du café torréfié.
- Fig. 1. — Récepteur de télévision à rayons cathodiques ( Telefunken).
- En voici les résultats, d’après Journal of the Franklin Institute.
- Le café vert peut, moyennant certaines précautions, être conservé fort longtemps. Il n’en est pas de même du café torréfié qui commence à se détériorer dès sa torréfaction, et dont la détérioration s’accentue rapidement quand il est moulu. L’arome du café est un mélange complexe de composants volatils formés lors de la désintégration par la chaleur des composants de l’amande du café vert.
- Les principes solubles non volatils subissent également une désintégration par la chaleur et les substances caramélisées qui en résultent donnent du corps à la boisson préparée à partir du café torréfié. Le café contient aussi une huile grasse qui subit quelques altérations pendant la torréfaction. Le café s’évente par suite de la volatilisation et de l’oxydation de l’arome, ainsi que par l’oxydation et le rancissement de l’huile du café.
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- La torréfaction donne naissance à une quantité considérable de gaz parmi lesquels prédomine le gaz carbonique. Une grande partie en est retenue par l’amande grillée et lorsque l’on moud celle-ci, les gaz s’échappent peu à peu entraînant avec eux une grande partie de l’arome. Si on essaye de préserver le café fraîchement torréfié en l’enfermant aussitôt en vase clos, les gaz accumulés donnent naissance à une pression assez considérable pour briser le récipient, si on ne l’a pas choisi d’une résistance suffisante. Si d’autre part on fait le vide dans le récipient, on n’arrive pas à en enlever tout le gaz occlus. Celui-ci rétablit peu à peu la pression dans le récipient, puis quand on ouvre, se précipite au dehors en entraînant l’arome.
- Les chercheurs du Mellon Institute ont constaté qu’en appliquant une pression élevée au café moulu aussitôt après torréfaction, on pouvait expulser environ 90 pour 100 de gaz occlus sans rien perdre, en pratique, de l’arome. On applique cette
- Fiq. 2. — Gazomètre sphérique.
- pression avec un moulin à cylindre qui transforme les particules de café en flocons minces et plats d’environ 1,5 mm de diamètre et 0,08 mm d’épaisseur. Le café sous cette forme peut être enfermé dans des récipients hermétiquement clos, au contact d’une atmosphère d’acide carbonique; il y conserve pendant deux ans au moins les qualités du café frais. Ces flocons de café, à cause de leur grande surface, se prêtent mieux que le café moulu ordinaire à la préparation de la boisson chaude; les constituants solubles en sont plus rapidement et plus complètement extraits.
- CONSTRUCTION Un gazomètre sphérique.
- Pour les distributions de gaz à distance, on a besoin de réservoirs capables de loger, sous une pression élevée, des quantités de gaz considérables.
- La figure 2 montre une intéressante solution de ce problème : c’est un gazomètre à haute pression, construit pour la ville d’Ostende et qui, lors d’un concours international, s’est vu donner la préférence.
- Il s’agit, en l’espèce, d’une sphère énorme, de 18 m 75 de diamètre et d’une contenance de 20000 m5; le gaz s’y trouve placé sous une pression de 6 atmosphères.
- La sphère est la figure qui donne le plus grand volume pour une surface donnée; c’est donc la forme idéale pour réaliser un gazomètre offrant le minimum de poids pour le maximum de contenance.
- L’enveloppe du gazomètre d’Ostende ne se compose que de 48 tôles, pesant chacune environ 4 000 kg.
- En raison de la qualité fort mauvaise du sol, cette sphère repose sur trois piliers, en sorte que, même dans le cas d’un affaissement en un point, le bâtiment ne perdrait jamais sa base statiquement définie. Celle-ci repose, à son tour, sur des pieux en béton de 14 m de long, au nombre de trois sous chaque pilier.
- Une échelle transportable permet d’accéder sur toute la surface de l’enveloppe et d’en surveiller l’état à tout moment.
- A. G.
- Constructeur : F. A. Neuman, à Eschweiler (Allemagne).
- BOTANIQUE
- Observations météorologiques.
- Pour aider le botaniste s’occupant des maladies des plantes, M. C. Foister a proposé à la Conférence des météorologistes de l’Empire britannique de fournir les renseignements suivants sur le micro-climat auque lia plante est soumise
- 1. Température de l’air
- a) au-dessus de la plante;
- b) au niveau des sommités, par exemple des épis;
- c) à mi-hauteur de la plante;
- d) à la base;
- e) dans le sol.
- 2. Teneur en eau du sol et pluie diurne et nocturne.
- 3. Humidité relative de l’air, degré hygrométrique :
- a) au-dessus de la culture;
- b) au niveau des cimes;
- c) pour les plantes élevées, à chaque quart de leur hauteur;
- d) à la base.
- Avec comparaison au-dessus d’un sol découvert aux mêmes niveaux.
- Et il serait utile de relever ces données toutes les trois heures !
- 4. Etat du ciel : nuages, héliométrie visant la pénétration de la lumière dans l’épaisseur de la culture.
- 5. Pénétration des pluies dans la masse de récolte et durée du séjour de l’eau sur le feuillage.
- 6. Dépôts de rosée à différentes hauteurs, densités de feuillage et suivant les températures et les degrés hygrométriques de l’air.
- 7. Pénétration du vent suivant sa vitesse, ses relations avec la répartition de l’humidité, de la température et des spores de cryptogames.
- 8. Humidité et température de l’air au-dessus de 30 mètres.
- 9. Observations relatives aux directions des vents et à la dispersion des spores.
- Il est à espérer qu’on pourra conclure avec moins d’observations, car on n’arrivera jamais à posséder tous ces chiffres en complément des observations physiologiques!
- Pierre Larue.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CAMPING
- La couchette démontable Roleco.
- Le camping est entré dans nos mœurs; la vie libre, au grand air, en pleine campagne, pendant la belle saison est pour les citadins une véritable cure physique et morale qui trouve des adeptes plus nombreux chaque année. Encore faut-il, pour pratiquer le camping avec agrément et sans danger, disposer d’un matériel approprié. Le problème du couchage est un des plus difficiles à résoudre; les soldats de la grande guerre, astreints pendant de longs mois à un camping forcé en ont fait la dure expérience; les explorateurs l’éprouvent également. Pour dormir en plein air, il faut une couchette isolée du sol, et offrant au corps un support élastique; et comme les campeurs sont essentiellement nomades, il faut que cette couchette soit facilement transportable, donc légère, démontable et peu encombrante.
- Ce problème est résolu par la couchette Roleco avec une élégante simplicité.
- Elle comporte une forte toile de treillis munie sur chacun de ses longs côtés d’un solide ourlet, formant gaine; des tubes démontables et des ressorts d’acier servant de supports et de tendeurs.
- Au moment du montage, on emmanche les tubes les uns dans les autres pour former deux longerons qu’on enfile dans les gaines de la toile; on a ainsi formé un cadre entoilé; des agrafes solidaires de la toile et prenant appui sur les extrémités des longerons maintiennent la toile tendue dans le sens de la longueur.
- On place alors les ressorts, transversalement à la toile; repliés à leurs extrémités en crochets qui saisissent les tubes à travers des échancrures ménagées à dessein dans l’ourlet, ils tendent solidement la toile dans le sens transversal en même temps qu’ils forment les pieds de la couchette.
- Rien n’est plus simple que cette manœuvre de montage; rien de plus simple également que le démontage; pas d’assemblages difficiles ou compliqués; pas de pièces délicates ou susceptibles de s’égarer.-
- Quand la couchette est démontée, tous ses organes trouvent place dans une valise de toile qui se porte aisément à la main.
- Le modèle normal mesure, monté, 1 m 90 X 0 m 70 X 0 m 27 ; démonté et plié dans sa valise, il mesure 0 m 75 X 0 m 27 X 0 m 10; le tout pèse moins de 8 kg.
- Il existe également un modèle à tête relevée, à peine plus lourd et un modèle colonial, plus haut et renforcé, qui pèse 12 kg 5. La toile étant entièrement indépendante peut être facilement lavée en cas de besoin.
- La couchette, bien entendu, peut en dehors du camping, rendre bien d’autres services. C’est dans un appartement un lit de secours toujours prêt sur lequel il suffit de poser un mince matelas pour en faire une couche confortable et qui a le mérite de ne pas encombrer l’appartement. Rien n’empêche même de l’utiliser pour le couchage normal.
- En vente chez H. Peyron, 4, rue des Mariniers, Paris (14°).
- ÉLECTRICITÉ
- Un appareil de protection contre le vol et l'incendie.
- Il existe un grand nombre de dispositifs électro-mécaniques de protection contre le vol, contre l’incendie, etc... et qui font appel à des principes très divers : vibrations mécaniques, effets photoélectriques, etc.... Toujours ingénieux et sensibles, ils n’ont pas tous la robustesse et la simplicité désirables. Un système récent étudié par une société lyonnaise présente
- La couchette Roleco en service.
- Fig. 1.
- d’une part l’avantage d’être très robuste, d’être parcouru par des courants de tension normale, et, d’autre part, tout en étant très simple, de se prêter à des usages multiples.
- L’organe essentiel est un relais magnétique du type indiqué par la figure 3. Il comporte un électro-aimant avec noyau plongeur dont l’enroulement n’est parcouru par le courant qu’au moment de la mise en action du dispositif.
- L’attraction du noyau relié à une armature pivotante avec crochet détermine la libération, sous l’action d’un ressort, d’une lame de contact circulaire, qui peut déterminer la mise en action de plusieurs appareils lumineux ou sonores reliés à différents circuits venant aboutir à des plots disposés tout autour du système, comme le montre la figure 3.
- La première application du dispositif se rapporte à la protection d’un appartement, d’un immeuble, ou d’une usine contre le vol.
- Sur les portes d’entrée, celles des armoires, des coffre-forts, etc.
- Fig. 2. — La couchette Roleco repliée et portée à la main, dans sa valise.
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- Fig. 3. — Les principaux organes du dispositif Électro-Garde.
- A gauche : relais magnétique; à droite : de bas en haut : détecteur d’incendie; électro contact; détecteur d’incendie monté dans un capot de protection.
- on dispose des contacts montés en parallèle à la fois simples et sensibles, et qui sont connectés comme le montre le plan de la figure 4.
- Dès qu’un de ces contacts vient à entrer en action, les différents signaux lumineux et sonores déterminent un avertissement immédiat aux endroits où se trouvent les veilleurs. L’installation fonctionne avec le courant du secteur qui n’est d’ailleurs utilisé qu’au moment où l’appareil est en fonctionnement.
- Un dispositif de protection tout aussi simple peut être placé sur une automobile. Son fonctionnement est commandé à distance à l’aide d’un simple petit interrupteur qui se place au gré du conducteur en un endroit connu de lui seul, sous le
- Fig. 4. — Schéma d’une installation contre le vol alimentée par courant
- de secteur.
- Contacts
- Eleci ro
- Compte u
- Intel pl oteur qén ér. il
- San ne ni)
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- Sirène Klaxon etc...
- iternu
- oteurs
- Lampes
- siège du conducteur, sous la pédale du démarreur, sous la pédale de débrayage, ou tout simplement sur chaque porte. L’appareil est mis en état de veille par la simple manœuvre d’un interrupteur.
- Dès que le système entre en action, il coupe la distribution du courant au tableau de distribution, ce qui empêche la mise en marche du moteur et éteint les appareils d’éclairage ; de plus, un klaxon auxiliaire peut être mis en fonctionnement.
- Le branchement du système varie avec chaque voiture suivant l’installation électrique de celle-ci. La figure 5 montre un exemple simple de disposition, et, d’ailleurs, l’installation est facile et peu coûteuse.
- Un système du même genre peut assurer la protection contre l’incendie. Les contacts sont remplacés par des détecteurs d’incendie simples et robustes. Us sont du type à rnaxima, c’est-à-dire qu’ils entrent en action pour une température extérieure fixée à l’avance.
- Us comportent essentiellement une lamelle métallique formée de deux parties indépendantes reliées entre elles par un rivet
- Bobine
- d'allumage
- / Phares
- Contact dallumage
- Ej/ectro-
- Ddham
- Am pi rem être
- Batterie
- Fig. 5. — Installation contre le vol sur une automobile.
- I, interrupteur; IM. interrupteur de klaxon.
- en alliage spécial ayant la propriété de se ramollir à une certaine température (fig. 3).
- La lamelle est fixée d’un côté à une colonnette fixe et de l’autre à une colonnette mobile pouvant basculer autour d’un axe horizontal sollicité par un ressort. Quand la température atteint le point de fonctionnement, le rivet est cisaillé et la colonnette mobile est libérée. Elle bascule, et vient frapper alors une lame élastique formant le contact d’un circuit local comportant un signal sonore ou lumineux, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un relais électromécanique multiple.
- Enfin, un système du même genre assure la protection contre les gaz nocifs tels que le gaz d’éclairage et l’oxyde de carbone. Le détecteur employé est un système à mousse de platine, dont l’installation est également aisée.
- U y a donc là tout un ensemble d’appareils robustes et simples qui peuvent assurer à peu de frais une protection efficace contre le vol, l’incendie, l’asphyxie et les explosions.
- Constructeur : Société Électro-Garde, 46, rue de Sèze, à Lyon (6e).
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- AGRICULTURE
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- Wagonnets à chenilles.
- L’avantage des rails est l’économie de traction. A plat un cheval tire une charge dix fois plus forte sur rails que sur route et vingt fois plus forte au moins que sur terre à l’automne.
- Mais les rails ne sont pas pratiques en cultures; une voie, même légère, exigerait un immense matériel pour un bien faible mouvement dans les champs. Même un système de pose rapide de tronçons de voie ne résoudrait pas le problème. On en est arrivé à imaginer des chemins de roulement par patins successifs placés sous les roues. C’est le principe de la « chenille » que tout le monde connaît à cause des chars de combat de la dernière guerre et des expéditions lointaines en terrains variés.
- On a adopté la chenille pour beaucoup d’appareils de chantiers à marche lente comme grues, dragues et camions de déblai, tracteurs forestiers, etc.
- Les ateliers de Poclain viennent d’adapter la chenille à des wagonnets remplaçant les tombereaux agricoles, au moins dans le service des champs de racines.
- L’effort de traction par chenilles est égal à la moitié de celui d’un tombereau de même capacité. Le wagonnet peut-être amené latéralement sur l’arête du terrassement d’un silo horizontal et y être basculé.
- Signalons en passant que, par temps sec, les tombereaux peuvent également se décharger par-dessus un bourrelet de terre bordant le silo.
- Mais l’économie de traction n’est pas le seul avantage de la chenille.
- La terre, n’étant pas tassée comme par les tombereaux en temps humide, est plus fertile pour le blé; et les attelages devenus disponibles permettent de hâter les semailles.
- C’est donc le blé qui paye le wagonnet betteravier.
- Le type représenté ci-contre pèse 550 kg, sa benne, si elle n’était pas à claire-voie pour dégager la terre, pourrait contenir 1350 litres d’eau.
- t Enfaitelée » elle porte 1400 kg de betteraves que peuvent tirer, en terrain un peu mou, 2 chevaux ou 2 bœufs jusqu’au silo placé en bordure de la route.
- Constructeurs : Ateliers de Poclain, le Plessis-Belleville (Oise).
- CHAUFFAGE
- Tisonnier perfectionné pour foyer.
- Les systèmes de tisonnier permettant de faire tomber les cendres en-dessous du foyer dans les cuisinières, les poêles à feu continu, etc... la plupart du temps sont en fonte. Ils sont rigides et peuvent quelquefois être coincés par des morceaux de mâchefer, ce qui peut même les mettre hors de service, si l’usager est trop brutal.
- Un dispositif ingénieux et simple, établi récemment, paraît présenter sur ces systèmes de réels avantages. Il est formé d’un ensemble de tôles parallèles de 15/10“ de millimètres d’épaisseur et flexibles, de la forme indiquée sur les photographies, et tournant autour d’un axe, de manière à venir s’engager sous l’action d’une tirette à travers les barreaux en fonte de la grille du foyer.
- Il ne séjourne pas à l’intérieur du foyer comme les systèmes ordinaires, et au repos, il n’est soumis à aucun échaufîement, ce qui fait qu’il ne rougit jamais et ne se détériore pas. Son action ne consiste pas à produire un déplacement latéral, il soulève par-dessous le brasier, et le secoue de bas en haut pour
- Fig. 6. — Wagonnet à chenilles.
- en détacher la cendre. Il ne peut donc se coincer, car les tôles fléchissent facilement grâce à leur élasticité; il revient ensuite à sa position d’attente par son propre poids (fig. 7).
- La manœuvre de l’appareil est très rapide; deux ou trois mouvements d’aller et venue sont suffisants, les lames explorant d’un seul coup et sur toute leur longueur les espaces libres entre les barreaux de la grille, ce qui fait tomber la cendre.
- Ce dispositif robuste semble donc susceptible de donner de bons résultats pour les foyers d’appartement.
- Constructeur : M. Paul Faleur, 11. avenue Aristide Briand, Le Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise).
- Fig. 7. — Le tisonnier automatique à Saines de tôles mobiles.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Qu*est=ce que les Pouzzolanes?
- Les Pouzzolanes dont le nom vient de Pouzzoles, petit port d’Italie d’où s’en fait l’exportation, sont des produits naturels qui par mélange avec une quantité convenable de chaux grasse et’sans cuisson préalable sont susceptibles de faire prise, au bout d’un temps plus ou moins long, lorsqu’ils sont gâchés avec de l’eau.
- Les pouzzolanes naturelles sont des argiles siliceuses que l’on rencontre dans les terrains volcaniques actuels ou anciens, au pied des coulées de laves, parfois entre deux coulées successives, leur aspect peut être pulvérulent, boursouflé ou semi-fondu, caractérisant leur formation pyrogénée, leur couleur est rouge brun, des couches importantes ont pù être exploitées aux environs de Pouzzoles, en Auvergne et dans les Ardennes, pour l’utilisation comme mortiers hydrauliques.
- D’après Berthier, la Pouzzolane italienne à une composition voi-
- sine de la suivante
- Silice.............................. 45 %
- Alumine............................. 15 —
- Chaux............................... 10 —
- Magnésie............................. 5 —
- Oxyde de fer........................ 10 —
- Potasse.............................. 2 —
- Soude................................ 3 —
- Eau................................. 10 —
- 100
- On fabrique aujourd’hui, d’une façon courante, des pouzzolanes artificielles par cuisson convenable rappelant la formation naturelle, dans des fours, d’argile sèche, réduite en poudre, que l’on porte au rouge, en faisant intervenir dé l’air, condition essentielle au développement de la qualité qu’on peut lui faire acquérir.
- Réponse à M. Dalmasso, à Monaco.
- De tout un peu.
- (Vf. Cuvillier, à Bahusi, Roumanie. — 1° Le repolissage d'une glace d’auto ternie par le passage du balai s’effectue facilement au moyen d’un tampon de linge fin en toile imbibé d’un mélange d’huile et de potée d’étain.
- 2° Les peintures ignifuges sont essentiellement constituées par du linoléate de plomb sec dissous dans l’essence de térébenthine ou la benzine, que l’on épaissit au moyen d’un mélange à parties égales d’amiante en poudre, blanc de céruse et phosphate ammoniaco-magnésien, puis coloré par un pigment.
- Vous pourrez vous procurer ce genre de peintures chez Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin (Seine).
- 3» Les fissures dans la fonte se bouchent au moyen d’un ciment obtenu en prenant
- Fleur de soufre............................... 90 grammes
- Limaille de fer.............................. 600 —
- Après avoir rendu bien homogène, on délaye de façon à former une pâte avec une solution composée de
- Sel ammoniac.................................. 20 grammes
- Vinaigre fort................................. 20 —
- Eau ordinaire.................................960
- et on applique sur la fonte préalablement mouillée avec la même solution.
- M. Dukers , à Alger. — Le moyen le plus pratique pour imperméabiliser les tissus est de les imprégner d’une mixture composée de :
- Vaseline...................................... 10 grammes
- Lanoline anhydre..............................100 —-
- Tétrachlorure de carbone..................... 500 —
- Essence d’auto............................... 500 —
- Laisser ensuite sécher au grand air.
- IV. B. — Ce procédé a l’avantage de ne pas empêcher le passage de l’air, par suite de ne pas gêner la transpiration.
- D. G., E. T. P., à Alger. — La neige étant constituée par un mélange de cristaux de glace et d’air emprisonné en quantité plus ou moins grande, il est évident que sa densité est de ce fait extrêmement variable.
- Lorsque la couche de neige est épaisse, les couches supérieures comprimant les inférieures, cet air est expulsé peu à peu et la masse devenant de plus en plus compacte tend vers la formation d’un bloc
- de glace homogène dont la densité maxima est de 917 k. 6 au mètre cube.
- De ces considérations, il résulte que la constatation faite d’un poids de 300 kg au mètre cube est tout à fait normale et correspond à la présence d’un tiers seulement de glace non aérée.
- G. c. — Pour vieillir artificiellement votre pierre de taille , il vous suffira de la badigeonner avec un liquide obtenu en délayant un peu de noir de fumée dans de l’eau alcalinisée par S pour 100 environ de carbonate de soude ou cristaux du commerce.
- IVI. Legrand, Chanteloup (Seine-et-Oise). — Le gaz combustible dont vous avez constaté la présence dans vos canalisations de chauffage central par l’eau chaude, n’est autre que de l’hydrogène,
- On sait en effet d’après les recherches de Kuhlmann que l’hydrate ferrique (rouille existant toujours dans les tuyaux) forme avec le fer un couple voltaïque qui produit une décomposition de l’eau, surtout si la température est élevée. L’oxygène de l’hydrate ferrique, oxyde le fer libre, l’hydrogène qui se dégage gagne les parties hautes de la canalisation où il s’accumule, c’est ainsi que vous avez pu observer qu’il était évacué par les robinets de purge.
- IVI. Favre, à Vaucresson. — Tout dépend de la nature du terrain dans lequel a été foré votre puisard :
- Si le terrain est calcaire, il vous suffira très probablement, pour le décolmater, d’y verser quelques litres d’acide chlorhydrique ordinaire ou esprit de sel que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs; sous l’action de l’acide, le calcaire est décomposé et il se dégage de l’acide carbonique qui soulève les dépôts visqueux, en libérant la surface absorbante.
- Au cas où le terrain serait argileux, il n’y aurait d’autre remède que de faire repiquer le fond de votre puisard, ce qui est un travail courant pour les professionnels et même le plus souvent pour les entrepreneurs de maçonnerie.
- IVI. Prangé, à Asnières. — Il ne nous est pas possible * à distance» de présumer de la composition d’un article, l’examen d’un échantillon serait indispensable.
- Veuillez-vous soumettre un fragment du produit qui vous intéresse et nous vous ferons connaître ce que nous pensons de sa constitution.
- IVI. Jouffroy, à Arradon. — 1° Une fosse septique doit fonctionner « naturellement » par écoulement d’une quantité de liquide équivalente à celle qui y entre.
- Si votre fosse ne se comporte pas ainsi, c’est qu’il y a obstruction du siphon qui doit être démonté et nettoyé.
- 2° Nous n’avons pas connaissance de la spécialité dont vous parlez.
- M. Herpe à Orléansville. — Pour précipiter la chaux qui se trouve en quantité trop grande dans votre eau de blanchissage, le mieux est de l’additionner préalablement d’environ un demi-gramme de phosphate trisodique par litre d’eau (voir notre article sur l’épuration par ce sel dans le n° 2863, p. 167). Laisser le dépôt gagner le fond par repos suffisant et décanter.
- Si la consommation d’eau est importante, vous auriez intérêt à faire une petite installation pour épurer par la Permutite de Phillips et Pain, ou la Zéolithe d’Egrot, 28, rue Mathis, Paris, 19°. (Voir à ce sujet notre réponse, n° 2887, p. 191.
- M. Cottrez, à Ramillies (Nord).—T® Vous pourrez facilement dépolir vos ampoules électriques en les exposant aux vapeurs d’acide fluorhydrique.
- Il suffit pour cela de mélanger du fluorure de calcium et de l’acide sulfurique en fort excès dans une cuvette en plomb, puis de recouvrir d'une feuille également en plomb, portant des encoches à la dimension des lampes qui fermeront ainsi les ouvertures. Les lampes seront retournées de temps à autre de manière que toute leur surface reçoive l’action des vapeurs rongeantes. — Finalement rincer à grande eau.
- Si on le désire, on peut réaliser des dessins et inscriptions, en faisant des réserves avec de la cire d’abeilles, appliquée fondue, au moyen d’un pinceau.
- 2° Pour redonner le poli du neuf au laiton, se servir simplement de laine métallique, puis passer une légère couche de vaseline pour éviter une altération ultérieure.
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- M. Le Dp Mathis, à Dakar. — La colle incolore, inodore, transparente au début, contenue dans les tubes que vous possédez doit être simplement du silicate de soude.
- Lorsqu’il vient d’être préparé, le silicate présente la composition Si5 O7 Na*, mais avec le temps, il se sépare de la silice qui rend la masse gélatineuse et inemployable.
- Pour remettre cette silice en dissolution, il vous suffira très probablement de chauffer légèrement avec une quantité de soude caustique à déterminer par expérience, suivant le degré d’avancement de la dissociation.
- E. M., à Saint-Ouen. — 1° Nous n’avons pas encore eu en mains la préparation dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- 2° La mousseline chimique qui disparaît sous l’action du fer chaud, n’est autre chose que du colon nitré, c’est-à-dire du coton transformé en nitrocellulose sous l’action d’un bain approprié constitué par un mélange en proportions convenable d’acide nitrique et d’acide sulfurique, contact qui ne doit durer qu’un temps très court et qui doit être suivi d’un rinçage à fond.
- Dans les conditions d’emploi, la nitro-cellulose ainsi préparée, brûle, instantanément, sans résidu dès que la température atteint 170° à 180°.
- M. Boucher, à Bordeaux. — 1° Pour enlever les enduits anciens qui recouvrent vos meubles, le procédé le plus pratique est d’employer l’eau seconde des peintres, chaude; (solution de soude caustique à 5° B), puis après contact plus ou moins prolongé de rincer à l’eau également chaude.
- Si la matière pigmentaire a pénétré profondément dans les pores du bois, le résultat sera forcément imparfait et un grattage subséquent s’imposera pour faire disparaître les dernières traces.
- 2° En général, il est interdit aux riverains de déverser les eaux usées sur la voie publique, seule une tolérance locale vous permettrait de le faire. Le mieux est de vous renseigner à la mairie sur les usages dans la commune.
- Imprimeur, à Chambérien. — 1° Après avoir fait usage de la pâte à polycopier, on enlève les caractères en frottant doucement la surface avec une petite .éponge mouillée.
- 2° Pour éviter la dessiccation de la pâte, il suffit d’imbiber la surface avec un peu de glycérine, puis de recouvrir la boîte, aussitôt après son emploi, avec un couvercle préparé pour cela, qui assure une fermeture hermétique.
- Une fois le polissage réalisé, on encaustique avec la cire blanche dissoute dans l’essence de térébenthine.
- M. Tanbé, à Beyrouth. — 1° Vous pourrez préparer un savon économique en prenant:
- Suif bonne qualité........................ 5000 grammes
- Huile de palme............................ 1000 —
- Résine en poudre.......................... 2000 —
- Lessive de soude caustique à 25° B........ 7000 —
- Faire fondre les corps gras à douce chaleur, puis y verser 6 kgs sur 7 de la soude caustique, sous forme de filet, en remuant.
- Porter à l’ébullition quelque temps , ajouter le complément de lessive, puis la résine par petites portion.
- Cuire enfin, jusqu’au moment où la masse devient fluide et transparente.
- Couler dans les formes appropriées et brasser jusqu’à consistance pâteuse avant d’abandonner au refroidissement final.
- 2° Le Cirage-crème suivant vous donnera très probablement satis-
- faction
- Prendre:
- Cire de Carnauba.............................100 grammes
- Ozokerite....................................100 —
- Faire fondre au bain-marie et ajouter
- Essence de térébenthine..................... 500 grammes
- Incorporer en dernier lieu:
- Noir animal. ................................ 50 grammes
- Rendre homogène par agitation, couler dans les boîtes et refroidir celles-ci rapidement pour éviter le dépôt au fond, du noir animal-N. B. — S’abstenir de remplacer la cire de carnauba par de la cire d’abeilles qui ne donnerait pas un aussi beau brillant.
- M. Guy de la Haye, à Lille. — Les images photographiques que 'on veut transférer sur porcelaine sont d’abord tirées sur papier à la celloïdine, autrement dit sur papier pyroxylé.
- On humecte l’objet qui doit servir de support au moyen d’une
- ...... ............' = 191 ==
- solution très faible d’acide nitrique, puis on y presse l’image à reporter.
- Après séchage, on passe au four, le papier se consume intégralement et l’image argentique se trouve incorporée à la couverte d’une manière inaltérable, sans que l’on puisse l’enlever, autrement que par usure de la couche superficielle.
- J. P. G., à Paris. — Nous avons traité la question des savons liquides dans le n° 2897, page 95, veuillez bien vous y reporter.
- IVIIVI. Bezard, à Clichy et Lafarge,à Juvisy. — La désodorisation du pétrole par le chlorure de chaux se pratique ainsi :
- A cinq litres de pétrole, on ajoute 100 gr de chlorure de chaux (vulgairement poudre de chlore) et quelques centimètres cubes d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) ou ferme le récipient et agite fortement à plusieurs reprises.
- Après repos, on transvase dans un autre récipient contenant que! • ques cuillerées de chaux vive pulvérisée, ce qui a pour but de neutraliser l’acidité.
- On laisse reposer à nouveau et décante le pétrole désodorisé lequel doit être parfaitement neutre.
- N. B. — 1° A cause de l’emploi d’acide, ne pas se servir de vases métalliques.
- 2° Ce traitement ne modifie en aucune façon les propriétés sol-vantes du pétrole.
- IVI. Bouvier, à Casablanca. — Le ciment employé pour la réparation des objets anciens en faïence est simplement constitué par un mélange en proportions convenables de silicate de potasse à 36° Baumé et blanc d’Espagne finement pulvérisé. La pâte ainsi obtenue durcit promptement à l’air et devient d’une solidité extrême, elle est d’un blanc pur.
- Suivant les besoins de la décoration, on incorpore à ce mélange pour le teinter, les couleurs suivantes également en poudres très fines : sulfure d’antimoine (noir), limaille de fer ou poudre de zinc (gris), carbonate de cuivre (vert clair) — oxyde de chrome (vert foncé) — Bleu de cobalt (bleu de roi). Mine orange (orangé). Carmin rouge violet). Cinabre (rouge vif).
- Frigo-Lille. — Le Salpêtrage des murs a une cause profonde qui est presque toujours non dans la constitution du mur lui-même, mais dans la présence à proximité de matières nitriûables telles qu’écoule-ments d’urines d'écuries ou d’étables voisines.
- La première chose à faire est donc, si cela est possible, de transférer ailleurs ces écuries, puis de dégager le piétement des murs, de ce côté jusqu’à la base et de le cimenter pour empêcher le retour des infiltrations.
- Une fois le ciment bien pris, avant de remblayer la tranchée, arroser la terre d’une solution de formol à 5 pour 100 pour détruire la bactérie nitrifiante qu’elle renferme.
- M. Rambeau, à La Frette. •— Il existe bien quelques préparations pour renickeler avec un tampon imbibé de la mixture, mais la réparation est de peu de solidité à cause de la faible épaisseur de la couche. En ce qui concerne votre chauffe-bain, le mieux serait à notre avis de le faire repasser à l’atelier de nickelage, en demandant un dépôt suffisamment épais.
- M. F. G., à Nancy. — N’ayant pas encore eu en mains cette spécialité, nous ne savons quelle en est la composition et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Mintaru, à Nîmes. — Les diamants utilisés pour la coupe du verre sont simplement des éclats à arêtes vives encastrés dans la monture par un alliage de plomb et d’antimoine. Toute la difficulté est dans la pose de manière que l’arête se trouve bien placée, en vue de la coupe, ce qui demande une grande pratique. Encore faut-il ajouter que chaque employeur doit se familiariser avec son instrument, pour en faire une bonne utilisation, son voisin étant presque toujours incapable de s’en servir immédiatement.
- Quant à l’emploi de la molette, qui aujourd’hui est d’un prix insignifiant, il ne donne de résultats satisfaisants que si elle est presque neuve et trempée à point ce qui n’est pas toujours réalisé, le déchet qu’elle donne bientôt coûte plus cher que l’acquisition immédiate d’un bon diamant qui est inusable.
- M. Leflon, à Compïègne. — Le dégagement de chaleur dans l’appareil que vous indiquez étant dû, d’une part à la combustion du carbone, d’autre part à celle de l’hydrogène contenus dans le combustible, il est évident qu’il y a formation de vapeur d’eau comme résultat de cette dernière :
- C + Oa = CO H- + O = H-0
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- ———— 192 == ::.1 — ............-—=
- Comme la combustion est fort lente, cette production de vapeur d’eau est très petite dans l’unité de temps, il est probable que l’aération naturelle, sauf conditions spéciales d’emploi, est suffisante pour en assurer l’élimination.
- M. Gauthier, à Paris. — Le nettoyage des soieries blanches s’effectue habituellement dans un bain au bois de Panama, un peu chaud en tamponnant dans la main, sans frotter; on rince à l’eau d’abord tiède, puis froide.
- Le blanchiment s’effectue alors en immergeant quelques heures dans un second bain préparé avec
- Acide sulfureux liquide du commerce à 5°B. 200 cent, cubes
- Eau ordinaire.............................. 300 —
- on rince à deux eaux et procède à un apurage léger au bleu de blanchisseuses (outremer) et laisse sécher à l’air.
- École normale de Mallorca. — 1° La pâte pour le nettoyage des
- chaussures jaunes se prépare ainsi ;
- Prendre:
- Savon de Marseille blanc en copeaux .... 100 grammes
- Eau non calcaire.............................. 50 —
- Faire dissoudre le savon dans l’eau au bain-marie, puis ajouter une quantité de blanc d’Espagne suffisante pour former une pâte onctueuse. Colorer, si on le désire, par addition d’un peu de Vésuvine.
- Pour l’emploi, prendre un peu de pâte sur un morceau de flanelle, frotter les parties tachées et essuyer avec un autre fragment de flanelle bien propre.
- 2° Pour décolmaler les bougies de filtres Pasteur, il suffit de les laisser tremper quelques heures, jusqu’à disparition des matières organiques dans un bain à 5 pour 100 de permanganate de potasse chaud, acidulé par un peu d’acide sulfurique.
- Finalement pour enlever la teinte brune due au dépôt de peroxyde de manganèse, immerger dans un second bain de bisulfite de soude du commerce et aussitôt que la coloration a disparue rincer à grande eau avant de remonter la bougie.
- 3° Encre noire à tampon pour timbre en cuivre. Broyer ensemble longuement :
- Noir de fumée...............................15 grammes
- Huile de lin cuite..........................81 —
- N. B. — Il est essentiel d’employer de l’huile de fin cuite, c’est-à-dire siccativée.
- tVI. Berthier, à Chambéry. — 1° Les masses poreuses en caoutchouc sont obtenues en incorporant préalablement à la gomme additionnée ou non de matières inertes colorantes y compris le soufre de vulcanisation du carbonate d'ammoniaque qui lors de cette vulcanisation donne naissance à des gaz qui provoquent les pores, ceci à la dose de 10 à 15 pour 100 du poids total en général, on associe à ce sel environ 20 pour 100 de carbonate de potasse comme régulateur.
- Une condition essentielle de réussite est une préparation préalable de la gomme avant addition par des cylindrages répétés suivis d’une maturation de plusieurs jours, au repos.
- On met alors en moules talqués et cuit en montant lentement à 2 k 5, 3 k de pression en une heure. On laisse au repos quelques minutes pour redescendre à 1 k. puis remonte à 2 k. que l’on maintient environ une heure, finalement on laisse redescendre à 0 en un quart d’heure, l’augmentation de volume est d’environ deux pour un de primitif, soit un volume final de trois.
- Il ne reste plus qu’à laver à l’eau tiède pour éliminer l’ammoniaque et les sels solubles.
- Comme référence sur ce genre de fabrication, vous pourrez utilement consulter l’ouvrage très complet de Fernand Jacobs. « L’Industrie du Caoutchouc ». Editeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- 2° A notre grand regret, nous n’avons pu trouver de littérature spéciale récente sur les Piles thermoélectriques et ne connaissons que des chapitres consacrés à cette question dans les ouvrages qui suivent un peu anciens : Traité des Piles hydro et thermo-électriques de Donato Tommasi. Les Piles électriques et thermo-électriques par W. Hanck traduction de G. Fournier. Eéditeur Gauthier-Villars, 53, quai des Grands Augustins.
- M. de IVIontarbé, à Choisy-au-Bac. — Votre entrepreneur a parfaitement raison. Seul un rebouchage au ciment pourra résister aux attaques des rats et des souris, un rebouchage à la sciure de bois et à la colle forte serait totalement inefficace, surtout si le milieu est humide.
- Il conviendra même d’ajouter au ciment quelques débris de verre tranchants, car les rongeurs sont opiniâtres.
- Quant à la dissimulation de ces rebouchages, elle sera facile, en ajoutant à la masse un pigment approprié, ocre jaune ou rouge, noir de fumée de façon à adapter sa couleur à celle du plancher ou des plinthes.
- (VI. Imbert, à Saint-Étienne. — 1° Le décapant pour peinture dont vous parlez est constitué de la façon suivante
- Acétone....................................150 grammes
- Paraffine.................................... 20 —
- Benzine...................................... 550 —-
- Alcool méthylique............................ 280 —•
- Badigeonner l’ancienne peinture de la mixture en répétant l’addition deux ou trois fois s’il est besoin jusqu’à ce que l’enduit soit suffisamment gonflé et ramolli pour être enlevé au couteau.
- 2° Adresse pour petit appareillage de Meunerie. Maison Tripette et Renaud, 37, rue Jean-Jacques-Rousseau, Paris (lor).
- M. Savarit, à Paris. — Le ciment à l’oxychlorure de zinc nécessite l’emploi d’éléments de constitution bien définie en particulier, concentration du chlorure de zinc, laquelle est assez variable dans les produits du commerce, nous pensons que vous obtiendrez un meil-
- leur résultat en prenant:
- Chaux éteinte en poudre tamisée...............10 grammes
- Kaolin........................................10 —
- Bien mélanger, puis délayer avec une quantité de blanc d’œuf suffisante pour obtenir une pâte onctueuse. Enduire de celle-ci les fragments de porcelaine à joindre, serrer fortement par une ligature et sécher quelques jours.
- N. B. — La chaux employée doit être de préparation récente et non carbonalêe.
- Immédiat, à Joinville-le-Pont. — Adresse demandée pour l’analyse des caoutchoucs : Laboratoire Cillard, 49, rue des Vinaigriers, à Paris.
- M. Hoestlandt, à Bergues. — La concentration de l’Engrais flamand (matières fécales brutes) se détermine habituellement non avec un densimètre, mais avec l’aréomètre Baumé.
- Lorsque l’engrais est pur, il ne doit pas marquer moins de 3°B. s’il marque 2° ou 1°, il a été fraudé par addition d’eau.
- Il n’existe aucune disposition légale snr la question.
- N. B. — Une simple lecture sur la tige de l’appareil vous fera voir la mention densimètre ou aéromètre Baumé.
- IVIme Boas, à Paris. — Ce sont les goudrons résultant de la distillation du bois de l’allumette qui ont produit la tache sur votre marbre, ils doivent disparaître en frottant avec un chiffon imbibé de benzine.
- IVI. Blanc, à Limoges. — Pour teinter vos sacs en fibres de coco, dans leur ensemble, il vous suffira de les faire bouillir dans un bain monté avec une couleur directe, par exemple le Bleu coton Poirrier C3B de la Manufacture de Matières colorantes de Saint-Denis qui teint sans mordançage, en prenant bien soin de rincer à fond, si vous ne voulez pas qu’il y ait dégorgeage sur la glace emmagasinée. En tous cas des traces de bleu ne seraient pas d’un effet aussi fâcheux qu’avec du jaune.
- A notre avis, vous pourriez vous contenter de marquer le sac avec une solution d’une couleur au stéarate dans la benzine; une fois le solvant évaporé, la couleur serait tout à fait insoluble dans l’eau.
- Vous trouverez les matières colorantes sus indiquées chez Pelliot, 24, place des Vosges à Paris (3°).
- M. Maunoury, à Paris. — Pour obtenir un joint résistant à l'alcool et à l’essence, il vous suffira de vous servir de rondelles de carton enduites de colle forte assez épaisse additionnée de sciure de bois très fine, puis de serrer fortement et d’attendre une dessiccation complète avant de mettre en service.
- M. Baillieu, à St-Maur. — 1° Le prix de l'éther sulfurique est trop élevé pour qu’il soit économique de faire entrer ce produit dans le mélange que vous avez en vue; d’autre part ses vapeurs étant extrêmement inflammables l’utilisation serait dangereuse.
- 2“ Le moyen le plus pratique pour détruire les mauvaises herbes dans les allées de jardins est de répandre du Crudammoniac ou matière d’épuration (mélange de Laming) que vous trouverez facilement à bas prix dans l’usine à gaz la plus proche.
- M. Benoit, à Dammarie. — Les éléments colorants de l’encre sont détruits par l’emploi du permanganate utilisé pour faire disparaître l’écriture, cela d’autant plus qu’il s’agit fréquemment d’une couleur d’aniline, on ne peut donc espérer faire réapparaître les caractères effacés.
- Le Gérant : G. Masson.
- 5785. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.— 15-8-1934 — Published in France.
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- LA NATURE J-'**"""Im
- l'age héroïque de la radiophonie =
- I. — A L’AUBE DE LA RADIOPHONIE
- Il n’y a guère qu’une douzaine d’années que des transmissions de radiodiffusion sont assurées régulièrement. Pourtant, que les débuts de la radiophonie nous semblent déjà lointains et flous! C’est à peine si l’amateur de la première heure se souvient de ses indicibles tâtonnements par lesquels la radiophonie est sortie du néant et devenue en peu de temps une chose formidable.
- La tâche est ingrate d’essayer de reconstituer le chemin parcouru, car il faut remonter des pistes differentes qui souvent se perdent ou s’embrouillent. Nous en avons d’ailleurs l’image dans les conférences et conventions internationales : la télégraphie a engendré la téléphonie qu’elle a considérée comme une parente pauvre. Puis télégraphie et téléphonie n’ont pas accueilli avec bienveillance la radiotélégraphie, qui dans les débuts fut regardée comme une intruse. Par la suite les relations s’améliorèrent, mais télégraphie et radiotélégraphie durent faire à la radiophonie d’abord et à la radiodiffusion ensuite, une place toujours croissante. A vrai dire, les télécommunications ont pris un développement inattendu et, quoique dernière venue, la radiodiffusion présente au point de vue culturel, économique et social une importance bien supérieure à ses sœurs aînées.
- Il est donc inexact de penser qu’un jour on découvrit la radiophonie qui se développa rationnellement suivant un schéma établi. Radiotélégraphie, radiophonie, radiodiffusion sont plutôt comme des bourgeons qui se sont successivement épanouis sur un même rameau.
- Les difficultés de réalisation de la radiophonie furent considérables. Au début, on essaya de moduler des ondes amorties, les seules qu’on savait alors produire. Les résultats furent franchement mauvais, comme l’on pouvait s’y attendre. Les premiers succès remontent à la découverte de l’arc électrique, qui permit la production d’ondes entretenues. Un microphone transmettait au circuit de l’arc les modulations de la voix par l’intermédiaire d’un transformateur. En principe l’alternateur à haute fréquence peut aussi convenir à la transmission radiophonique, mais les grandes longueurs d’onde qu’il suppose sont un obstacle à ce genre d’émission.
- Et même après l’utilisation des ondes entretenues, la modulation présenta des difficultés considérables, car le microphone était en général intercalé directement dans le circuit d’antenne ou dans le circuit du générateur. On songea donc à placer des batteries de microphones en
- série-parallèle. Deux techniciens italiens, MM. Majorana et Vanni, proposèrent des microphones à écoulement d’eau acidulée. Deux officiers français, MM. Colin et Jeance utilisaient trois ou quatre arcs montés en série et alimentés en courant continu à 650 v. Les microphones — il y en avait neuf — étaient placés dans un circuit en dérivation entre l’inductance d’antenne et la prise de terre (fig. 1). Pour augmenter leur sensibilité, ces microphones étaient munis de pavillons qui concentraient les ondes sonores. Ce poste permit de réaliser une portée de 200 km, entre Paris et Mettray, portée considérable pour l’époque.
- Dès avant la guerre, le roi des Belges, Albert Ier, s’intéressait à la téléphonie sans fil. Il avait fait monter un poste émetteur au château royal de Laeken, près de Bruxelles. C’est de ce poste, installé par M. Raymond Braillard, que fut transmis le premier concert officiel par radiotéléphonie.
- La radiophonie restait encore une curiosité, alors que la radiotélégraphie assurait déjà des services réguliers, tant entre stations terrestres qu’entre navires.
- Deux circonstances ont certainement contribué à retarder l’essor de la radiophonie : d’abord le fait que les radiotélégraphistes ne la prenaient pas au sérieux et la considéraient comme une amusette — ils n’ont d’ailleurs pas changé d’avis depuis vingt ans— ; et ensuite, la guerre.
- Pendant la guerre de 1914-1918, presque tous les efforts des techniciens portèrent sur la radiotélégraphie qui, pour la transmission des ordres, présentait sur la radiophonie au moins les avantages suivants : sécurité de la liaison, moins délicate que par radiophonie; puissance plus considérable, la portée de la manipulation étant beaucoup plus grande que celle de la modulation; enfin, secret des transmissions, la télégraphie permettant l’emploi du chiffre. Et puis les ondes amorties utilisées à peu près uniquement à cette époque ne convenaient pas au trafic téléphonique.
- Pourtant un nouvel essor fut donné à la radiophonie par l’application courante des lampes triodes à partir de 1917 environ. Au laboratoire de la Tour Eiffel, Lucien Lévy, alors lieutenant du génie, avait mis au point un premier poste d’émission radiophonique de notable puissance, travaillant avec six grosses lampes triodes dont les plaques de molybdène possédaient des ailettes de refroidissement. Cette station, installée devant l’École Militaire à remplacement du bassin actuel, se composait
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- Fig. 1. — Schéma de l’émelteur à arc de Colin et Jeance, pour diffusion radiophonique.
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- Fig. 2. — Mme Yvonne Brolhier, de l’Opé ra-Comique, chante devant le microphone de la station de Sainte-Assise, le 26 novembre 1921, à l’occasion du Centenaire des découverles^d’Ampère.
- de deux baraques renfermant l’une l’émetteur proprement dit, l’autre le groupe électrogène : un moteur à essence actionnant une dynamo à deux collecteurs, haute et basse tension pour les fdaments et les plaques des lampes.
- L’application des lampes représentait un progrès considérable. Elle réalisait un certain nombre de conditions que l’arc et l’alternateur ne pouvaient donner : la régularité de fonctionnement, la souplesse, la possibilité d’atteindre une meilleure syntonie, et surtout d’émettre sur toutes longueurs d’onde, particulièrement sur les petites ondes. On peut donc affirmer que la radiophonie est réellement entrée en pratique du jour où l’on a utilisé le poste à lampes.
- II. - LES ORIGINES DE LA RADIODIFFUSION EN FRANCE
- Nous venons de voir ce que fut à ses débuts la radiophonie. Dès lors qu’elle disposait de ces instruments souples et sûrs que sont les postes émetteurs et récepteurs à lampes, on pouvait songer à faire de la « radiodiffusion ». Le terme ne fut d’ailleurs introduit que beaucoup plus tard que la chose. On disait alors « broadcasting » comme
- les Américains. Pendant longtemps, comme M. Jourdain faisait de la prose, le Français moyen fit de la radiodiffusion sans le savoir, Après l’hiatus de la guerre, les premières tentatives de radiodiffusion proprement dite remontent à l’année 1922. Cette période fut précédée par un certain nombre de démonstrations et d’expériences, dont le caractère fut beaucoup plus social que technique, fl s’agissait de montrer au public ce à quoi l’on pouvait utiliser la radiophonie naissante.
- Le 26 juin 1921, un radiotechnicien distingué, Armand Givelet, vice-président du Radio-Club de France, organisait à la Société des Ingénieurs civils un concert radiophonique en l’honneur d’Edouard Branly. L’expérience consistait à capter les ondes sonores d’un phonographe au moyen d’un microphone — le pick-up et l’enregistrement électrique n’existaient pas encore — et à transmettre par ligne téléphonique ces modulations à un émetteur à lampes de 10 w installé à l’usine de Levallois de la Société française radioélectrique. La réception était obtenue dans la salle de concert au moyen d’un récepteur à lampes du modèle de la télégraphie militaire, relié à une antenne de fortune tendue sur le toit de la salle et complété par un écouteur téléphonique puissant, auquel on avait adapté un large pavillon conique. Inutile de dire que cet équipement ne possédait aucune des qualités qu’on a coutume d’exiger maintenant du moindre récepteur radiophonique : sélectivité, musicalité surtout et puissance lui étaient totalement étrangères. Mais l’auditeur émerveillé n’en demandait pas tant!
- Une seconde audition solennelle de radiodiffusion fut donnée le 26 novembre 1921 à l’issue du banquet organisé à l’occasion du centenaire des découvertes d’Ampère et pour célébrer l’adhésion du millième membre de la Société amicale des Ingénieurs de l’Ecole supérieure d’Électricité. L’installation était en progrès sur la précédente. Le phonographe avait été remplacé par une excellente artiste, Mme Yvonne Brothier, de l’Opéra-Comique, qui chantait devant le microphone au Centre radioélectrique de la Compagnie Radio-France, à Sainte-Assise. La distance était cette fois de 40 km. L’émetteur de 2 kw rayonnait sur une antenne trifdaire supportée par un traversier tendu entre deux mâts haubanés de 250 m de hauteur. Dans ces conditions, l’émission radiophonique pouvait porter à 1500 km.
- Il est amusant de regarder sur la figure 2 les caractéristiques de l’installation. Le poste émetteur était un meuble en bois, duquel émergeaient les boîtiers en ébonite des instruments de mesure. Sur la table, des relais, des galvanomètres, des inverseurs et des manipulateurs, car le poste servait aussi à la télégraphie. Sur le meuble, la self-inductance d’antenne à prises mobiles, puis le départ de l’antenne à travers le carreau d’ébonite du plafond. Remarquons enfin que Mme Brothier chante devant un pavillon en forme de cornet. Les microphones de 1921 n’étaient pas très sensibles et il était prudent de concentrer préalablement les ondes sonores destinées à les impressionner.
- L’année 1921 vit encore une belle démonstration. Le 15 décembre, M. A. Givelet, renouvelant son expérience du mois de juin, organisait au Théâtre des Champs-
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- Élysées un gala dont la musique était transmise par radiophonie de la station de Sainte-Assise.
- Là prend fin la période préparatoire. En janvier 1922, un émetteur américain du type Western Electric Company était monté comme appareil de démonstration à l’École nationale supérieure des Postes et Télégraphes. Cet émetteur était caractérisé par sa longueur d’onde de 500 m environ : on disait alors qu’il travaillait sur « onde courte »!
- Le premier service régulier de radiodiffusion fut assuré par la Tour Eiffel à partir du 16 février 1922. C’est au général Ferrié, désireux d’illustrer toutes les applications des ondes électromagnétiques, qu’on doit cette initiative. A ce moment, la technique était aux ondes longues. On ne s’étonnera donc pas que la Tour Eiffel ait conservé à ses débuts pour la radiophonie l’onde dont elle se servait pour la diffusion radiotélégraphique des signaux horaires et des bulletins météorologiques. Les émissions étaient faites sur 2600 m avec une puissance de 1 à 1,5 kw, considérable pour l’époque. Les auditions, consistant en « météos » et en airs de phonographe, pouvaient être entendues sur poste à galène dans un rayon de 200 km.
- Ce service radiophonique, bien accueilli, fut complété petit à petit. Dans l’année 1922, le service de la navigation
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- aérienne transmit aussi des bulletins météorologiques pour l’aviation sur 900 m de longueur d’onde.
- La radiodiffusion existait en fait, sinon en droit. Les « amateurs », comme l’on disait encore à cette époque, appelaient de leurs vœux la réalisation de concerts radiophoniques réguliers. Mais les pouvoirs publics, méfiants et remplis de misonéisme pour cette chose nouvelle, qui n’avait même pas encore de nom, hésitaient à accorder les autorisations qui leur avaient été demandées par des compagnies privées, dès le printemps de 1922.
- Il fallait pourtant donner satisfaction à l’opinio'n publique. Le Radio-Club de France, qui tel un apôtre s’attachait à vulgariser la radiodiffusion, organisait le 25 mai 1922 une démonstration définitive devant un auditoire de quatre mille personnes réunies au Trocadérô. L’expérience était faite avec le concours d’un émetteur de 2 kw installé à Levallois et alimenté par un alternateur à fréquence musicale dont le courant était redressé par diodes. Quatre microphones donnaient la modulation. Pour la réception, une antenne en nappe à deux brins avait été tendue entre les deux tours du Trocadéro. Du milieu de l’antenne tombait la descente. Le récepteur avait deux circuits accordés, constitués par des bobines avec commutateurs à plots et des condensateurs réglables
- Fig. 3. — L'orchestre des Concerts Radiola en 1922 : de gauche à droite, on distingue Mlle Renié, harpe; Lucienne Radisse, violoncelle; Marcel Laporte (Radiola); le maître Victor Charpentier ; M. Camol, piano; Jane Tronche, violon M. Grécourt, violon et Lucie Dragon, flûte.
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- Fig. 4. — La comtesse de Nouilles dit un de ses poèmes devant le microphone de Radiola, le 22 novembre 3 922.
- à air. L’étage d’amplification à haute fréquence était suivi de la détectrice, puis d’un étage d’amplification à basse fréquence suivi de quatre amplificateurs de puissance en parallèle, chacun d’eux comportant dix lampes triodes dont les filaments étaient alimentés sous 4 v et les anodes sous 120 v. Ces amplificateurs avaient eux-mêmes trois étages en cascade, les deux premiers à une seule lampe, le troisième avec huit lampes en parallèle. Cette disposition paraîtra étrange et formidable : quarante et une lampes de basse fréquence ! Songeons qu’à cette époque il n’existait qu’un seul type de lampe de réception, à forte consommation et à faible amplification. La lampe de puissance n’était pas née. Trente-deux haut-parleurs, commandés chacun par l’une des dernières lampes finales de basse fréquence des amplificateurs, reproduisaient l’audition dans l’immense salle.
- Des services expérimentaux furent créés. A partir du 15 juillet 1922, la Tour Eiffel transmit trois fois par jour, à 4 h 50, 12 b 15 et 18 h 10. Elle donnait même parfois des concerts à 17 h et à 21 h.
- La station de Sainte-Assise se mit à émettre matin et après-midi sur 1900 m.
- C’est au mois de novembre 1922 que les émissions de la station de « Radiola » furent autorisées par l’administration des P. T. T. Leur puissance était limitée à 1,5 kw, la permission n’était accordée qu’à titre « précaire et révocable »^J)es çiijçcerts réguliers étaient donnés le. soir 20 h 45 à 22 h"'sur l’onde de 1565 m. Le poste
- émetteur était installé à Levallois, à l’usine de la Société française radioélectrique. L’auditorium était dans les caves du siège social, boulevard Maussmann, sous le magasin de Radiola. Bien curieux, ce premier auditorium, dont la figure 3 reproduit l’aspect. On y aperçoit un groupe des premiers artistes qui eurent le courage de se consacrer à la technique nouvelle. Et il fallait aux artistes beaucoup de courage et de foi à cette époque, car les appareils récepteurs étaient mauvais, la parole et les ondes sonores ne « passaient » pas bien et les musiciens se faisaient un malin plaisir de dénigrer la radiophonie. Mais la voix de Paris était religieusement écoutée et la province était émue jusqu’aux larmes lorsqu’au milieu du concert elle distinguait la corne d’un taxi passant sur le boulevard.
- Ce même mois, le 22 novembre 1922, la comtesse de Noailles reçut à Radiola le baptême des ondes. La figure 4 nous la montre lisant un de ses immortels poèmes. Le microphone, minuscule et monté sur un manche rappelant
- Fig. 5. — Mme Georgette Leblanc chante en s'accompagnant sur son radiopiano ».
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- Fig. 6. — Boîte de réception à galène système Magunna (1919) pour ondes de 150 à 3 500 m.
- les combinés téléphoniques, se balançait au bout d’une potence en fer, dont le bras horizontal était réglé à bonne hauteur. Sur ce bras étaient enfilées une série de petites bobines. Le récitant devait amener vers lui, pour mieux se faire comprendre, le microphone peu sensible.
- Un autre témoignage bien curieux de cette époque révolue nous est donné par la figure 5. On y remarque Mme Georgette Leblanc, assise à son «radiopiano ». Cet instrument de musique, unique en son genre, comportait outre un piano droit, un récepteur radiophonique dont on aperçoit les boutons à gauche du panneau. Le collecteur d’ondes était un cadre en losange surmontant le piano. Mme Georgette Leblanc chantait en s’accompagnant à la fois — ou successivement — avec le piano et avec la musique des ondes.
- La même année 1922 vit une éclosion de concerts radiophoniques. Vers la lin de l’année, la station de Lyon-la-Doua, alors station radiotélégraphique de l’administration des P. T. T., monta un petit poste émetteur de 200 w fonctionnant sur 3100 m. Primitivement destinée à la Foire de Lyon, cette station devint par la suite le poste régional du Sud-Est.
- Enfin, vers la même époque, les stations de Bordeaux-Croix-d’Idins et de Palaiseau avaient entrepris des essais de radiophonie sur 1500 m environ.
- Comme on peut le remarquer, la radiodiffusion, dès sa naissance, apparaît à la fois dans les services militaires,
- dans les services des Pos-
- Fig. 9. — Poste horaire mural, tes et Télégraphes et dans de la Société française radioélectrique ]eg organismes privés
- (1919)' A partir de 1923, les
- deux réseaux, officiel et privé, connurent un développement parallèle.
- A Radiola (1922), devenu Radio-Paris, succédaient Radio-Toulouse (juillet 1923, mis en service le 15 avril 1925), puis le Poste Parisien (13 avril 1924), Bordeaux-Sud-Ouest (juillet 1924), Radio-Lyon (1er septembre 1924), Radio-Agen (15 septembre 1924), Radio-Béziers (novembre 1924), Nice-Juan-les-Pins
- Fig. 7 (à puuche).
- Poste récepteur horaire de ta Société des Télégraphes Multiplex. Fig. 8 (à droite). — Poste récepteur mural, système Magunna.
- (1926). Remarquons en passant que la plupart de ces stations sont méridionales et qu’elles ont été créées dans les régions qui comptent la plus faible densité d’auditeurs.
- L’administration des P. T. T. installait de son côté des stations à Marseille (juillet 1925), Toulouse-Pyrénées (1925), Alger (15 mars 1926), Bordeaux-Lafayette (mars 1926), Limoges (janvier 1927), Radio-Maroc (1928), Strasbourg (11 novembre 1930).
- La radiodiffusion était née, mais elle ne se développait que lentement. La faiblesse de la puissance rayonnée, le manque de sensibilité des récepteurs rendaient l’écoute difficile et peu agréable. Les caractéristiques des stations étaient flottantes. Les interférences nombreuses, car les longueurs d’onde étaient choisies au petit bonheur. Les problèmes techniques ne purent être résolus que par le temps et l’expérience. Il y a dix ans seulement, en 1924, on considérait comme une performance remarquable la transmission, par la station de Paris P. T. T., des débats de la Société des Nations; 600 km de lignes téléphoniques non aménagées pour la radiodiffusion représentaient un obstacle presque insurmontable pour la modulation.
- III, - LES PREMIERS POSTES RÉCEPTEURS D’AMATEURS
- La physionomie de l’amateur et de ses appareils est peut-être ce qui a le plus évolué dans la radiodiffusion.
- L’usager d’aujourd’hui ignore parfois complètement ce que fut l’amateur d’autrefois.
- Et cet « autrefois »
- Fig. 10. — Poste horaire à cadre accordé de la Société des Télégraphes Multiplex (1920).
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- remonte à quinze ans à peine !
- Dès avant la guerre, l’amateur de T. S. F. sévissait déjà sous la forme du galéniste. Il avait toutes les qualités du hardi pionnier et d’autant plus de mérite qu’il n’y avait pas grand’ chose à entendre. Bien entendu, il n’était pas question de radio-concerts.
- En 1910 se produisit un grand événement : la transmission régulière par la Tour Eiffel de signaux horaires, qui furent ensuite codifiés en octobre 1912 par la Conférence de l’heure.
- Les signaux horaires ordinaires, précis au quart de seconde, faisaient l’objet de trois émissions quotidiennes à 9 h 25, 10 h 44 et 23 h 44. Nous n’en rappellerons pas le détail. La Tour Eiffel les émettait en 1920 sur 2600 m de longueur d’onde par étincelle musicale, avec une puissance de 100 kw. La station de Lyon-la-Doua émettait aussi à 9 h des signaux horaires, mais en ondes entretenues de 15 000 m et avec 150 kw.
- L’audition de la Tour Eiffel resta longtemps la préférée, les ondes amorties permettant l’emploi d’un simple détecteur à galène.
- Le plus souvent, l’amateur était une manière de technicien qui « bricolait » lui-même son poste et savait en obtenir un rendement insoupçonné. L’emploi de la galène limitant la sensibilité, la qualité de l’écoute était surtout fonction de l’antenne. Une antenne immense, haute et bien dégagée, tel était le rêve du sans-filiste d’alors. En ville et à Paris surtout, il devait rabattre ses prétentions, mais en faisant appel à toute sa sagacité : canalisations d’eau, de gaz, de chauffage central et d’élec-
- Fig. 13. — Premier poste à lampes construit par les Ateliers Ducretet
- en 1920.
- tricité firent alors d’excellentes antennes de fortune et prises de terre, qui sont parfois encore actuellement en service.
- Pour aller au plus vite et au plus facile, beaucoup d’amateurs se contentaient d’installer, entre les tuyaux d’eau et de gaz, un simple détecteur à galène en série avec lequel on intercalait un écouteur téléphonique de faible résistance électrique (200 à 500 ohms) shunté par un condensateur fixe de 0,001 microfarad qui assumait le passage du courant de haute fréquence.
- A la campagne, certains sans-filistes avaient eu l’idée d’utiliser une excellente antenne toute montée : la ligne téléphonique. Mais il en résulta des accidents de service et l’administration des P. T. T. fit savoir aux intéressés que cet usage de ses lignes était abusif et strictement interdit. Fort à propos d’ailleurs, car si la galène était assez inoffensive, il n’en était pas de même des postes à lampes, qui provoquaient parfois des retours de modulation sur les lignes.
- Il va sans dire qu’avec ces installations rudimentaires l’écoute était difficile et pénible. Pour obvier au défaut de syntonie, l’amateur commença à monter des systèmes d’accord utilisant des bobines à curseurs et des condensateurs fixes ou réglables. La bobine *et le condensateur fixe étaient rois, car on pouvait les confectionner soi-même à peu de frais. Mais le condensateur variable fut considéré pendant longtemps comme un luxe byzantin.
- Dès après la guerre, quelques constructeurs — bien peu nombreux — se mirent à étudier des postes récepteurs pour' amateurs.
- Il y en avait pour tous les goûts et pour toutes les bourses.
- La figure 6 nous montre une boîte de réception complète datant de 1919. On aperçoit de chaque côté un détecteur à galène en boîtier de verre qui abrite le cristal de la poussière. En outre, au centre, le condensateur variable surmonté d’une barrette court-circuitant le condensateur fixe d’appoint. Sur le panneau du bas, un commutateur petites ondes-grandes ondes, flanqué de deux commutateurs à plots pour le réglage des bobines du transformateur Tesla. A la partie inférieure, deux mâchoires, permettant d’introduire la fiche terminant le cordon du casque d’écoute.
- Mais il y avait des postes beaucoup plus rudimentaires. Voici, de la même époque (fig. 7) un récepteur très simple pour signaux horaires, essentiellement composé d’une imposante bobine flanquée de deux curseurs à réglette, surmontée du détecteur et terminée à sa base par un écouteur téléphonique : accord du circuit d’antenne et du circuit secondaire sur la même bobine, formant autotransformateur, c’est le montage Oudin.
- Au réglage continu était parfois substitué le réglage
- Fig. 11.
- Première lampe de T. S. F. du type « télégraphie militaire ».
- Fig. 12. — Première lampe de T. S. F. du type « radiomicro » à faible consommation.
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- discontinu par commutateur à plots. C’est le cas des postes des figures 8 et 9, postes horaires muraux destinés à être suspendus. Tous ces appareils, à curseurs ou à plots, présentaient l’inconvénient des « bouts-morts », c’cst-à-dire des extrémités de bobines reliées, quoique non en circuit, mais qui introduisaient un amortissement néfaste au rendement et à la sélectivité.
- Signalons encore une « nouveauté » de l’époque (1920) : un poste horaire à galène, mais à cadre, accordé par un condensateur fixe de 0,002 microfarad, sur l’onde de la Tour Eiffel (fig. 10).
- Ce n’est que deux ans plus tard que commencèrent les radio-concerts, inaugurés en février 1922 par la Tour Eiffel. Mais l’auditeur de signaux horaires était paré, puisque le simple détecteur à galène permettait d’entendre aussi bien la radiophonie que les ondes amorties. Il remarquait seulement la moindre sensibilité de son
- récepteur.
- Cette circonstance l’orienta sans difficulté vers la radiophonie, qui l’intéressait davantage, et le détourna de l’aridité de la télégraphie par ondes entretenues, qui nécessitait l’emploi d’un modulateur spécial (tilcker ou hétérodyne).
- Mais le poste à lampes, utilisé pendant la guerre par l’armée et la marine, fit bientôt son apparition parmi l’appareillage d’amateur. Il n’existait d’ailleurs à l’époque qu’un seul type de lampe de réception, la lampe dite de la télégraphie militaire, type T. M. (fig. 11) qui, consommant environ 0,7 ampère sous 4 v pour son chauffage, avait vite fait de vider les accumulateurs des plus fortes capacités! Ce n’est que plusieurs années après (1923) qu’elle fut détrônée par la fameuse « radiomicro » (fig. 12), qui ne consommait que douze fois moins (0,06 ampère). Ce fut une révolution dans la réception.
- Le poste put recevoir plusieurs lampes sans inconvénient. Les batteries d’accumulateurs diminuèrent de poids et de volume.
- Les premiers postes à lampes ne ressemblaient guère à ceux que nous sommes accoutumés à voir tous les jours. Il suffit pour s’en convaincre de regarder la figure 13, qui représente le premier poste à lampes de Ducretet, en 1920. Le dessus du boîtier plat était constitué par une planche d’ébonite portant les trois lampes, quatre paires de bornes correspondant à l’alimentation (4V, 80v), à l’antenne, à la terre et aux cordons de l’écouteur; un commutateur permettant d’introduire la se-
- conde lampe d’amplification à basse fréquence et un dispositif d’accord, gradué de 0 à 50.
- En 1920 également, la Société des Télégraphes Multiplex se mit à construire, non seulement des postes à lampes, mais aussi des amplificateurs à basse fréquence (fig. 14) et des hétérodynes (fig. 15).
- Sur l’amplificateur à basse fréquence, comprenant une détectrice et trois amplificatrices, on remarque la suspension élastique des supports, mettant les lampes à l’abri des chocs, et la fiche des écouteurs. Sur l’hétérodyne on aperçoit l’oscillatrice, le condensateur d’accord, les shunts des condensateurs fixes et le commutateur de bobines.
- L’amateur de la première heure reprenait ses droits en faisant lui-même ses montages à l’aide des pièces détachées qui commençaient à faire leur apparition dans le commerce, sous forme de blocs de liaison, de condensateurs variables, de bobines, de transformateurs. La figure 16 représente le « montage sur table » d’un amateur averti. De gauche à droite, on distingue un récepteur tout monté, des écouteurs, quelques condensateurs réglables, dont un grand commandé par tige d’ébonite pour éviter l’influence de la capacité du corps humain, des piles, des « blocs » à une lampe, formant chacun un étage, un variocoupleur et des bobines en nid d’abeille, le tout surmonté de deux haut-parleurs.
- Pour terminer nous indiquerons deux réalisations industrielles impressionnantes par le nombre des boutons et des accessoires. Le récepteur de la figure 17 fait appa-
- 16. — La labié de montage d’un amateur de la première heure.
- Fig. 15. — Hétérodyne de la Société des Télégraphes Multiplex, pour réception de 200 à 24 000 m.
- Fig. 14. — Amplificateur û basse fréquence système Magunna (1920).
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- Fig. 17.
- Poste commercial à réaction, à quatre lampes... et huit boutons.
- Fig. 18. •— Un ancêtre impressionnant : quatre étages... de hauteur, cinq étages d’amplification et... vingt réglages.
- raître de haut en bas les « hublots » des lampes, les cadrans des trois condensateurs de réglage, les rhéostats de chauffage des lampes, les commutateurs primaire-secondaire, accord et résonance, au total huit réglages. Mais celui de la figure 18 est certainement beaucoup mieux dans le genre.
- Surmonté de cinq lampes, dont quatre « à cornes », il montre d’abord une série de trois condensateurs variables, puis une batterie de cinq rhéostats de chauffage, enfin tout un choix de cadrans, commutateurs uni- et multipolaires, variocoupleurs, etc., complété par un magasin de bobines et un écouteur à pavillon. En egardant ce témoin impressionnant des âges révolus, on
- se demande avec angoisse comment le courant pouvait bien faire pour retrouver son chemin à l’intérieur de cet... immeuble et l’on conclut, comme le sergent instructeur : « Je n’en sais rien, mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il se débrouille ! »
- Nous ne reverrons plus cette période héroïque, qui nous incite déjà à la mélancolie des jours écoulés. Mais il est bien certain qu’avant longtemps, nos enfants nous rendront la monnaie de notre pièce en se moquant de l’allure de nos postes-secteur les plus modernes !
- Michel Adam, Ingénieur E. S. E.
- LE RESEAU DE RADIODIFFUSION FRANÇAIS
- CE QU’IL EST, CE QU’IL SERA EN 1935
- La taxe établie en France sur les postes récepteurs et les lampes à vide doit, en principe, servir uniquement à améliorer le réseau national de radiodiffusion et les programmes des émissions, à assurer la protection des auditeurs contre les perturbations radiophoniques.
- Le produit des redevances dépasse déjà 60 millions de francs, puisque le nombre de déclarations des postes récepteurs s’est élevé au début à plus de 1 300 000; le nombre des lampes vendues chaque année est de l’ordre de 8 000 000 et la taxe correspondante est de 3 fr en moyenne par lampe. Les sommes ainsi encaissées doivent donc suffire, dès maintenant, à couvrir les dépenses d’exploitation, et même à amortir le capital engagé. Les améliorations de la radiodiffusion doivent, d’ailleurs, permettre d’augmenter encore le nombre des auditeurs déclarés et, par là même, seront utiles au bien commun.
- Les auditeurs de T. S. F. français ont le droit d’être tenus au courant des progrès apportés au réseau national de radiodiffusion, et des projets d’amélioration que l’Administration des P. T. T. entend y apporter dans un avenir prochain.
- C’est le bilan actuel de la radiodiffusion française, tant au point de vue technique qu’artistique, qu’il nous a paru utile de mettre sous les yeux de nos lecteurs au début de la saison 1934-1935. Les caractéristiques et les perfectionnements des nouvelles stations qui entreront en fonctionnement successivement dans quelques mois sont pour eux peut-être encore plus intéressants.
- Nous avons demandé à M. Pellenc, directeur général de la Radiodiffusion française, à M. Lœb, ingénieur au service de la Radiodiffusion, ainsi qu’aux constructeurs de matériel radioélectrique destiné aux nouvelles stations, en particulier à M. Bouvier de la Société Française
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- Radio-électrique, et à M. Poncet, de la Société Indépendante de T. S. F., de bien vouloir nous communiquer les documents nécessaires à cette étude. Grâce à leur amabilité, dont nous tenons à les remercier ici, nos lecteurs trouveront dans l’exposé qui va suivre, les détails les plus récents sur le développement de la radiodiffusion d’Etat.
- LE PLAN INITIAL
- Les régimes auxquels est soumise la radiodiffusion dans les divers pays sont très variés : liberté presque entière avec de simples mesures de surveillance et de police, comme aux Etats-Unis, exploitation d’Etat, exploitation par des compagnies privées, système mixte. Chaque nation a, en général, adopté une réglementation convenant le mieux à ses possibilités et à son caractère national.
- Une commission technique, présidée par le regretté général Ferrie, avait été chargée par les précédents
- Fig. 2. —• Le réseau des câbles de radiodiffusion (d’après T. S. F. Tribune.)
- 9 LILLE , Stations maintenues . (§) NICE " à créer .
- O Radio-Nimes " réservées J
- LILLE P.T.TV
- Radio Normandie (Fécamp)
- PARIS
- Radio Vitus
- STRASBOURG/
- •/
- LIMOGES P.T.T.
- Radio Sud-Ouest
- BORDEAUX P.T.T.
- oRadio Agen
- //?=>
- Radio Lyon <*! \
- * (
- LYON P.T.T. '
- GRENOBLE f.T.T.V
- . - Radio Nîmes
- adloToulouS^ MONTPELLIERç/ NICE P.T.T.
- OULOUSE P.T.T.
- Radio
- -Bézieni
- 150 k.
- —j —
- Juan-les Pins
- ®St ation émettnice .
- • Stations de répéteurs.
- tant un circuit radio dans les deux sens
- tant un circuit radio dans un sens .
- ______Câbles en
- cours d'équipement.
- ______Câbles en
- projet ou en cours de pose .
- Fig. 1. — La réparlition des stations de radio-diffusion en France.
- gouvernements, de dresser un premier plan d’ensemble et d’indiquer quelle devait être l’ossature essentielle des émissions françaises de radiodiffusion.
- Le régime actuel comporte, on le sait, des postes d’Etat et des postes privés, et le premier échelon du réseau d’Etat devait comprendre :
- 1° Un poste national à ondes longues remplaçant hors Paris l’émission de la Tour Eiffel;
- 2° Un poste de la région parisienne remplaçant l’émetteur actuel de l’Ecole supérieure des P. T. T.;
- 3° Un poste dans la région de Marseille;
- 4° Un poste dans la région de Lyon;
- 5° Un poste dans la région de la Bretagne.
- Ce projet initial a reçu diverses modifications ; tout d’abord, il a été décidé de créer des postes émetteurs à Toulouse, à Nice, et à Lyon, les puissances mises en jeu variant de 60 à 120 kw-antenne. On semble
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- avoir renoncé à la suppression de la station de la Tour Eiffel, primitivement envisagée; on se contenterait de ramener la longueur d’onde de ses émissions aux environs de 200 m. On sait, enfin, que le poste de Radio-Paris est devenu station nationale d’Etat.
- Pour la répartition des stations, une idée essentielle a servi de guide : concentrer les possibilités artistiques et financières sur un petit nombre de stations dont la puissance est portée au maximum raisonnable.
- On voulait qu’en chaque point du territoire, il fût possible d’entendre de grandes manifestations d’intérêt régional, national ou international, et d’en assurer la diffusion locale, nationale, ou internationale.
- En principe, le territoire a donc été divisé en un certain nombre de circonscriptions radiophoniques, à l’intérieur de chacune desquelles doit fonctionner un poste régional établi, de préférence, en dehors de toute agglomération. La puissance du poste émetteur est déterminée en tenant compte des caractéristiques particulières des longueurs d’onde, de l’étendue de la zone à desservir, et des parti-
- Fig. 3. — Projet du bâtiment de la station de Villejust (Paris P. T. T.)
- cularités géologiques ou géographiques de la région considérée.
- Par la suite, l’expérience peut amener à constater l’existence de zones d’affaiblissement ou même de silence; le réseau pourrait donc être ultérieurement complété par des postes émetteurs locaux de très faible puissance, et de rayon d’action limité à quelque dizaine de kilomètres, fonctionnant sans inconvénient sur des zones de longueurs d’onde communes à plusieurs régions (fig. 1).
- L’ORGANISATION DU RÉSEAU D’ÉTAT
- Dans l’organisation actuelle, à peu près définitive, du réseau d’Etat français, tout auditeur, en tout point du territoire, doit pouvoir recevoir deux programmes simultanés : un programme national et un programme régional.
- Le programme national est transmis, en fait, par la station d’État de Radio-Paris, qui a remplacé le nouvel émetteur dont la construction était envisagée; sa puissance renforcée jusqu’à 150 kw, limite supérieure déterminée par les conventions internationales, lui permettra sans peine d’être entendue sur tout l’ensemble du territoire.
- Chaque région doit, en outre, être desservie par un émetteur local qui permettra d’entendre un second
- programme, et qui transmettra sur une longueur d’onde moyenne. Tous ces émetteurs locaux doivent être placés à une vingtaine de kilomètres des grandes agglomérations urbaines.
- Voici la liste de ces émetteurs avec leur puissance et l’indication de la zone qu’ils doivent desservir :
- Emplacement du poste Villes voisines Puissance Zone desservie
- Camphin-en-
- Carembault. Lille . . . 60 kw Région du nord de la France.
- Villejust . . Paris . . . 120 — Ile - de - France,
- Normandie, Picardie, Ardennes, Vosges, Dijon-nais, sud de la Loire.
- Brumath. . Strasbourg. 60 — Alsace.
- Tramoyes. . Lyon. . . 100 — Vallées du Rhô-
- ne et de la Saône, Franche - Comté, Lyonnais.
- Grenoble. . Grenoble . 20 — Alpes.
- Réaltor. . . Marseille . 100 — Provence.
- Montpellier. Montpellier 30 — Languedoc.
- Muret . . . Toulouse . 120 — Pyrénées, Vallée
- de la Garonne.
- Près de Bordeaux. . . Près de Li- Bordeaux . 60 — Gironde, Landes.
- moges . . Rennes . . ' 100 — Massif Central.
- Thourie . . < Nantes . . > . 120 — Bretagne, Anjou,
- Angers . . ' Touraine, Basse-Normandie.
- Antibes. . . \ Nice . . . , ) Cannes . . i ) 60 — i Côte d’Azur, Corse.
- L’efficacité du réseau ne dépend pas seulement de la puissance et des qualités techniques des postes d’émission, mais aussi des longueurs d’onde employées. Cette longueur d’onde ne peut être déterminée a priori, ni même d’après des considérations uniquement techniques, elle dépend d’accords internationaux établis afin d’éviter des brouillages entre les différentes émissions ; l’administration des P. T. T. a dû ainsi, suivant l’accord de Lucerne, procéder à des changements de longueurs d’onde dans les stations déjà existantes, et déterminer également les longueurs d’onde des nouvelles stations.
- Il a été prévu, en plus du réseau de radiodiffusion continental, une organisation permettant la diffusion coloniale. Des radio-concerts destinés aux colonies sont déjà transmis par le poste de Pontoise, mais ce poste n’est que provisoire. De nouveaux émetteurs à ondes courtes, de puissance supérieure, doivent être installés à Villejust, dans les mêmes bâtiments que la nouvelle station régionale de Paris sur ondes courtes.
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- L’administration des P. T. T. a étudié en même temps un réseau téléphonique complet spécial, auxiliaire indispensable de tout service de radiodiffusion.
- Ce réseau comprend des circuits réunissant au poste émetteur régional, les divers studios placés dans une même circonscription radiophonique.
- D’autres circuits servent à assurer la connexion entre divers postes émetteurs, de manière à permettre des radiodiffusions simultanées, soit nationales, soit par groupes.
- Enfin, une troisième catégorie de circuits relie les postes émetteurs aux grandes lignes téléphoniques internationales pour assurer les grandes radiodiffusions internationales. Tous ces circuits doivent être établis en câbles souterrains (fig. 2).
- Pour la liaison entre les studios et les émetteurs, il faut, bien entendu, que les câbles permettent la transmission des sons musicaux sur une gamme très étendue entre 25 et 12 000 ou 15 000 périodes par seconde.
- Les circuits destinés à l’inter-connexion des postes émetteurs entre eux ou à la liaison avec les grandes lignes internationales sont incorporés dans les circuits téléphoniques ordinaires ; on a prévu un équipement spécial avec appareils amplificateurs à lampes à vide permettant une bonne transmission jusqu’à 8000 à 10 000 périodes par seconde.
- Il existe, dès à présent, au bureau central téléphonique interurbain des Archives à Paris, une installation spéciale appelée centre de distribution de courant modulateur, où aboutissent tous les câbles, comme le montre, d’ailleurs, la carte de la figure 2.
- Chaque station du réseau peut actionner le centre modulateur, et, par son intermédiaire, toutes les autres stations. On peut, d’ailleurs, raccorder une localité placée en dehors d’un câble souterrain par l’intermédiaire d’un circuit aérien. Grâce aux circuits, spéciaux vers la Belgique, l’Allemagne, la Suisse l’Espagne, l’Angleterre, le centre modulateur peut être relié à un réseau européen pour participer aux radiodiffusions internationales.
- LES FUTURES STATIONS DU RÉSEAU D’ÉTAT
- Les stations régionales du réseau d’État, qui sont à l’heure actuelle en construction et entreront en fonctionnement en 1934-1935, sont au nombre de sept : la nouvelle station de Paris-Régional qui doit remplacer le poste des P. T. T., est la station de Villejust avec 120 kw.
- Cette station émettra sur 431,66 m (695 kilo-cycles).
- La station de Lyon-Tramoyes aura une puissance de 100 kw, et émettra sur 463 m (643 kilocycles) ; celle de Marseille-Réaltor émettra sur 100 kw avec une longueur d’onde de 400 m (750 kilocycles); celle d’Antibes, sous 60 kw sur une longueur d’onde de 233 m (1185 kilocycles). La station de Toulouse P. T. T. est édifiée à Muret ; sa puissance sera de 120 kw
- et sa longueur d’onde de 386 m; celle de Rennes P. T. T. travaillera sous 120 kw sur une longueur d’onde de 285 m; enfin la station de Lille-Camphin-en- Carembault émettra avec une puissance de 60 kw sur une longueur d’onde de 241 m (1211 kilocycles).
- Toutes ces stations seront équipées avec du matériel exclusivement français fourni en partie par l’industrie privée, et toutes leurs antennes seront d’un système anti-
- Fig. 4 (en haut). Slations d’Élat de Villejust et Rennes. Circuit oscillant de l'avant-dernier étage.
- Fig. 5 (en bas). Stations d’État de Villejust et Rennes. Ensemble des petits étages du poste émetteur.
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- Eventail 6 fils—'
- Cerceau de sommet
- Cordage de manœuvre-
- Descente 3 fi/s_ (câble de 4 J m/m )
- Cordage de manœuvre
- Cerceau de sommet \
- Dispositif de tension cons-
- Dispositif spécial de compensation de variation de longCducâble chanvre
- Isolateur
- Fig. 6. — L'antenne de la station de Villejust.
- fading, dont nous avons d’ailleurs expliqué les avantages dans le numéro spécial de La Nature, de septembre 1933.
- A quel moment ces nouvelles stations entreront-elles en fonctionnement ? Il est probable que la station de Villejust émettra vers janvier 1935, celle de Lyon P. T. T. vers octobre 1934, celle de Marseille P. T. T. vers la fin de 1934, celle d’Antibes commencera son trafic vers
- Fig. 7. — Le montage du pylône d'antenne de la station de Lyon-Tramoyes (Photo Petit Radio.)
- novembre 1934, et il en sera de même de la station de Toulouse-Pyrénées; la station de Radio P. T. T. Nord enfin, sera mise en service vers janvier 1935 et celle de Rennes P. T. T. vers avril 1935.
- A ce moment, sera terminée une première tranche importante de la radiodiffusion d’État; il restera ensuite à transférer le poste colonial à Villejust, à renfomer la puissance des stations de Radio-Strasbourg, de Bordeaux, de Limoges, et de Radio-Paris, et enfin à établir la grande Maison de la Radio de Paris, et les Maisons de la Radio en province ; ce sont là évidemment des réalisations d’un avenir plus lointain.
- Nous allons maintenant, pour montrer les progrès accomplis dans la construction des nouvelles stations de radiodiffusion, décrire quelques-uns des postes émetteurs en construction.
- LE CENTRE RÉGIONAL DE PARIS A VILLEJUST
- La future station de l’Ecole supérieure des P. T. T. est établie dans la région sud de Paris, à 3 km de Palaiseau, sur un plateau qui domine Orsay et la route d’Arpa-jon, sur un terrain de 80 ha environ.
- Le bâtiment de la station comprendra deux ailes reliées par un corps de bâtiment central. Dans l’une des ailes, se trouvera le poste à ondes moyennes, dans l’autre on disposera le poste à ondes courtes de la station coloniale, et, enfin, le bâtiment central contiendra les pièces communes à l’exploitation des deux stations (fig. 3).
- Pour la première fois, en France, cette station emploiera des lampes de très grande puissance; le dernier étage ne comprendra, en effet, que quatre lampes qui permettront d’obtenir la puissance antenne de 120 kw. L’émetteur proprement dit comprendra les petits étages à faible puissance et de modulation et les gros étages d’amplification à grande puissance de courant à haute fréquence (fig. 4 et 5).
- Les petits étages seront constitués par un maître oscillateur à quartz maintenu à température constante et équipé avec une triode de 20 w. Un étage séparateur équipé avec une triode de 75 w permet de faire travailler le quartz au minimum. Les amplificateurs suivants permettent d’amener les courants à la tension voulue pour agir sur deux étages symétriques successifs équipés avec des triodes à circulation d’eau de 16 kw pour l’avant-dernier, et de 80 kw pour le dernier. Le dernier étage est couplé à un circuit filtreur d’harmoniques couplé lui-même avec l’antenne.
- Les lampes utilisées sur le dernier étage sont refroidies par une circulation d’eau, ce qui a exigé une série de dispositions particulières. Il a fallu, malgré la présence d’eau autour de la lampe, maintenir entre celle-ci et la terre un isolement suffisant pour une tension de 20 000 v
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- appliquée à la plaque. Dans ce but, on a ménagé entre la pompe qui assure la circulation et la lampe, une colonne d’eau assez longue pour que les courants dérivés deviennent négligeables. L’eau employée est très pure et les serpentins en porcelaine ont une longueur d’une vingtaine de mètres.
- Le système de modulation est du type à déphasage que nous avons déjà eu l’occasion d’indiquer en décrivant particulièrement la station de Radio-Luxembourg dans le numéro de la revue du 1er septembre 1933. Les variations déterminées par la modulation dans les oscillations de haute fréquence ne sont plus des variations d’amplitude, mais des variations de phase. Il devient ainsi possible de faire fonctionner les lampes jusque dans les régions courbes de la caractéristique sans craindre les distorsions. Le rendement est amélioré et varie de 55 à 65 pour 100 suivant la longueur d’onde utilisée, alors que dans les systèmes existants jusqu’alors on ne pouvait guère dépasser un rendement de 30 pour 100.
- On se rendra compte de l’intérêt d’un tel système en songeant que la puissance totale prise au secteur en modulation normale par une telle station est de l’ordre de 373 kw; l’économie de courant réalisée peut ainsi atteindre plusieurs centaines de mille francs par an.
- Le système d’alimentation-plaque des lampes présente des particularités intéressantes. Étant données les puissances nécessaires pour obtenir la tension de 20 000 v sur les plaques, le seul appareil réellement pratique devenait le redresseur à vapeur de mercure comportant un transformateur polyphasé débitant dans le circuit d’utilisation par l’intermédiaire de valves redresseuses à vapeur de mercure. Le refroidissement des éléments s’effectue par ventilation.
- Un perfectionnement intéressant a été apporté à ces valves. Elles comportent, en plus de la cathode et de ses trois anodes classiques, trois électrodes supplémentaires, ou grilles, destinées à permettre la variation progressive de la tension débitée par le redresseur.
- Si l’on intercale une grille entre l’anode et la cathode d’un redresseur à mercure, et si l’anode est positive par rapport à la cathode, le courant ne peut passer que si la grille elle-même est positive par rapport à la cathode; mais, une fois l’arc établi, aucune variation du potentiel de la grille n’est capable de changer l’intensité du courant débité; même si le potentiel de la grille devient négatif, l’arc ne s’éteint pas. Si, à ce moment-là, le potentiel de l’anode devient négatif, l’arc s’éteint, et si la grille restant toujours négative, le potentiel de l’anode redevient positif, l’arc ne peut se rétablir. Il se rétablit seulement
- ==:::==:......= 205 =
- lorsque le potentiel de la grille devient à son tour positif.
- Dans un redresseur à vapeur de mercure, -chaque anode débite à son tour quand l’alternance du courant produit par le transformateur a un sens convenable.
- Si l’on applique entre la grille et la cathode une tension alternative rigoureusement synchrone avec la tension de l’anode, le redresseur fonctionne comme un redres-
- seur ordinaire dépourvu de grille. Si l’on retarde systématiquement l’apparition de la tension positive sur la grille de façon à ne la laisser positive que pendant une partie du temps pendant lequel l’anode est positive* l’anode débite moins que s’il n’y avait pas de grille.
- On a ainsi réalisé un moyen de faire varier la tension continue moyenne redressée et, d’un autre côté, en rendant toutes les grilles du redresseur négatives, on empêche
- Fig. 8. — L’antenne de Lyon-Tramuyes sera en parapluie à pylône unique, du genre de celle du Scottish Régional représentée sur cette photographie. (Photo B. B. C.);»
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- l’allumage des circuits d’anode. Ce phénomène peut être déclenché par l’effet d’une surintensité dans le circuit d’utilisation, et on obtient ainsi un disjoncteur extrêmement rapide capable de limiter les courants de court-circuit.
- On évite ainsi l’effet « Rochy-Point », ainsi nommé parce qu’il a été observé dans la station de Rocky-Point servant au service radiophonique entre les États-Unis et l’Angleterre. Ce phénomène, dont les causes ne sont pas encore exactement déterminées, consiste en un appel brusque de courant dans les lampes, et se produit au moment des pointes de modulation, ce qui a pour résultat
- de faire sauter les appareils de protection; le nouveau système permettra d’éviter ces inconvénients.
- .L’antenne de la station est un prisme de hauteur voisine de la moitié de la longueur d’onde, soit plus de 200 m, et soutenu par deux pylônes métalliques d’une hauteur de 220 m (fig. 6).
- Les pylônes sont des mâts en treillis de section triangulaire depuis le bas jusqu’en haut, maintenus verticaux par quatre couronnes de haubans coupés tous les 50 m par des isolateurs. Ces pylônes seront construits au moyen d’acier chrome-cuivre à haute résistance, résistant bien à l’oxydation, et, pour éviter les courants induits par l’antenne, ils seront écartés de 320 m l’un de l’autre.
- Pour éviter le fading, on s’arrange pour avoir un nœud d’intensité à une hauteur comprise entre le 12e et le 20e de la longueur d’onde au-dessus du sol;
- l’antenne s’épanouit, d’ailleurs, en forme de balai, de façon à augmenter la capacité terminale, et à localiser le nœud d’intensité; les pylônes sont isolés à la hase et le fût est lui-même sectionné par des isolateurs.
- Les stations de Rennes également, d’une puissance de 120 kw, et de Lille d’une puissance de 60 kw, présentent les mêmes caractéristiques techniques; seul le système d’antenne diffère, et nous en indiquons plus loin les caractéristiques.
- LA STATION DE LYON-TRAMOYES
- La station de Lyon se trouve à Tramoyes, dans l’Ain, à 17 km du centre de la ville. Le poste émetteur est du type classique à amplification de la haute fréquence modulée ; un dispositif nouveau permet éventuellement d’améliorer le rendement du dernier étage.
- Le système d’antenne, adopté, d’ailleurs, par toutes les stations régionales, est du type en parapluie, formé de trois brins disposés symétriquement autour d’un pylône de 220 m de hauteur. C’est le système déjà utilisé en Angleterre qui permet d’obtenir le meilleur résultat avec le maximum d’économie et le minimum d’encombrement (fig. 7 et 8).
- Les mâts sont isolés et supportés par des séries d’isolateurs fixés dans la fondation. La prise de terre consiste en un certain nombre de câbles de cuivre nu enterrés à quelque dizaine de centimètres de profondeur.
- LES STATIONS DE MARSEILLE ET DE NICE
- La construction des émetteurs de Marseille et de Nice a été confiée à la Société Indépendante de T. S. F.
- La station de Nice est placée à la Brague, à 4 km d’Antibes, sa puissance dans l’antenne sera de 60 kw, sa longueur d’onde de 233 m. Elle est bâtie sur un espace relativement étroit et comporte donc une antenne en parapluie avec un seul pylône de 120 m de hauteur reposant Sur un bloc de granit.
- La station de Marseille, dont la longueur d’onde est de 400 m, et la puissance antenne de 120 kw est située au bord du bassin de Réaltor. Le type d’antenne sera analogue à celui adopté pour la station de Lyon. Les plans de ces stations sont dus à M. Audoul, elles sont situées ainsi chacune assez loin des grandes villes, les terrains de Réaltor étant placés à une vingtaine de kilomètres au nord de Marseille (fig. 9 et 11).
- L’équipement radio-électrique de ces deux stations comporte une innovation intéressante dans le système de modulation.
- On sait qu’un transmetteur moderne de radiodiffusion comprend, à l’origine, un oscillateur pilote de très faible puissance, émettant des oscillations d’une fréquence maintenue aussi constante que possible; cet oscillateur est suivi par un certain nombre d’étages amplificateurs, dont la puissance va progressivement en croissant, et
- Fig. 9. —• Perspective de la station de Marseille-Réallor.
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- dont le dernier transmet à l’antenne les oscillations à haute fréquence modulées par les courants microphoniques.
- Pour effectuer cette modulation, dans la majorité des postes de radiodiffusion, on faisait agir le courant modulateur sur un seul des étages de la chaîne amplificatrice, soit sur un étage de basse puissance, soit, tout au contraire, sur un étage dit « de puissance ».
- Avec un système de ce genre, la fidélité du transmetteur est satisfaisante tant que le taux de modulation ne dépasse pas une certaine valeur de l’ordre de 70 pour 100; au delà, il y a distorsion, c’est-à-dire que l’amplitude des oscillations à haute fréquence ne reste plus proportionnelle à l’amplitude de la tension régulatrice, d’où une déformation dans la parole ou la musique transmise. Pour éviter cet inconvénient, on évite que le taux de modulation ne dépasse la valeur critique, mais le transmetteur est alors mal utilisé.
- Le dispositif dit de modulation multiple consiste à appliquer le courant modulateur à tous les étages de la chaîne amplificatrice du transmetteur (fig. 10).
- Le courant modulateur, après avoir été suffisamment amplifié, est appliqué à la grille de chacun des étages amplificateurs 1, 2, 3, 4. La difficulté résultant de la nécessité de moduler en phase tous les étages successifs est résolue en alimentant les divers étages modulés au moyen d’un transformateur unique et un système de compensateurs de distorsion permet de donner à l’émetteur une excellente qualité de reproduction.
- La modulation s’effectue dans chacun des circuits par variation de la tension préalable de grille. Chaque étage affecte l’oscillation haute fréquence qui lui est appliquée d’un taux de modulation propre, et la modulation est renforcée d’étage en étage.
- Finalement, l’oscillation à haute fréquence transmise à l’antenne est modulée à un taux qui est la résultante des taux propres aux différents étages, et qui peut atteindre sans difficulté 100 pour 100, la modulation restant parfaitement linéaire. On obtient ainsi une augmentation notable du rendement, et une qualité satisfaisante de transmission.
- Ces postes seraient équipés, d’autre part, avec des lampes démontables à grande puissance, à vide entretenu, dont les caractéristiques sont indiquées dans un autre article de ce même numéro.
- Le problème de la lampe démontable à grande puissance est extrêmement intéressant pour une station de ce genre, si l’on veut bien simple-
- Uhf
- Fig. 10. — Schéma d’un émetteur radioiéléphonique à modulation multiple.
- Uhf. Tension à haute fréquence émanant d’un oscillateur pilote non représenté.
- 1, 2, 3, 4. Étages amplificateurs à haute fréquence.
- 5. Étage amplificateur de courant modulé.
- Um. Tension modulée émanant d’un microphone.
- P, Pj P;J P/(. Potentiomètres pour le dosage de la tension modulatrice appliquée à chaque étage.
- Fig. 11. — Perspective de la station de Nice P. T. T.
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- Fig. 12. — M: Pellenc, directeur général de la Radiodiffusion française. (Phot. G.-L. Manuel frères).
- ment considérer qu’une lampe de 100 kw coûte plus de 80 000 fr!
- L’AMÉLIORATION DES PROGRAMMES
- On peut compter, nous l’avons dit, sur des recettes annuelles de l’ordre de 70 millions au minimum, pour le service de la radiodiffusion. Des dépenses de l’ordre d’une trentaine de millions sont à prévoir pour l’entretien des stations émettrices; d’autre part, il faut payer l’intérêt des capitaux engagés pour la construction et faire face à leur amortissement; il resterait, pour les programmes, une somme de l’ordre de 20 millions.
- Fig. 13.— M. Gentien, nouveau chef des services musicaux des postes d’Etat.
- (Pb. G.-L. Manuel frères).
- Le décret du 10 août 1933 a renforcé la tutelle de l’administration sur les associations d’auditeurs qui étudiaient les radio-programmes; ces associations doivent désormais comprendre des représentants de l’administration des P. T. T., des collectivités publiques locales, associations d’intérêt général, et des groupements intéressés au développement de la radiodiffusion, et enfin des auditeurs. Le contrôle financier et technique de l’État est très strict. Le Poste National Radio-Paris a reçu un statut différent; le Conseil d’administration n’a qu’un rôle consultatif et on a organisé un conseil des émissions surveillant l’exploitation artistique du poste, ainsi qu’un comité de coordination qui constitue le véritable comité directeur de la radiodiffusion française; enfin un comité des informations est chargé d’organiser le service des informations de presse.
- M. Mallarmé, à son arrivée au Ministère des P. T. T., a placé des spécialistes à la tête de chacun des services. Les services généraux des postes d’État sont désormais dirigés par M. Brémond, universitaire et journaliste, et les services musicaux par M. Gentien, ancien éditeur de musique, conseiller et collaborateur du chef d’orchestre Walter Straram.
- Le nouveau directeur musical aurait l’intention de donner une assez grande importance à la musique légère réclamée par la majorité des auditeurs, sans pour cela supprimer l’orchestre national de 80 exécutants dirigé par M. Ingelbrecht. Il tenterait de faire connaître surtout l’ensemble de la carrière des grands compositeurs, et essayerait de donner aux postes nationaux la primeur d’œuvres inédites, sans pour cela oublier les grandes radiodiffusions internationales, et la propagande si nécessaire à l’étranger, en faisant appel à des artistes en renom, grands instrumentistes et grands chanteurs.
- Les dates que nous avons indiquées pour la mise en service des nouvelles stations du réseau d’État ne sont évidemment qu’approximatives. Le fonctionnement régulier de postes émetteurs de grande puissance ne peut commencer sans des essais de mise au point parfois très longs, et des difficultés imprévisibles peuvent se présenter à ce moment.
- Nous avons montré, d’ailleurs, que plusieurs de ces stations comportaient des dispositifs techniques originaux et différents des solutions classiques. L’essai de ces nouveaux dispositifs, et surtout des systèmes de modulation, peut ainsi entraîner des retards imprévus, mais qui resteront, il faut l’espérer, dans des limites restreintes.
- L’édification de la future Maison de la Radio, dont le projet serait, paraît-il, déjà établi, permettra de donner, enfin, à la radiodiffusion française des studios et un quartier général dignes de la place qu’elle doit occuper dans le monde.
- Par les détails que nous venons de donner, et malgré le caractère naturellement sceptique du Français, enclin à sous-estimer les efforts accomplis dans son propre pays, les auditeurs peuvent se rendre compte qu’en 1935 le réseau de radiodiffusion français pourra figurer à un des premiers rangs parmi les organisations européennes.
- P. Hémardinquer.
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- LE STUDIO DE RADIOVISION DES P. T. T.
- ET LES PROGRÈS DES ÉMISSIONS
- La radiovision ne peut présenter d’intérêt pour les amateurs qu’avec des émissions régulières. Des émissions ont déjà lieu à Paris plusieurs fois par semaine, mais sans caractère officiel; elles ne s’effectuent pas dans la soirée, c’est-à-dire au moment le plus favorable pour la majorité des amateurs. L’administration des P. T. T. a pourtant reconnu l’intérêt de la question; l’organisation d’un service régulier est prévue dans les projets du réseau de radiodiffusion d’Etat, et de la Maison de la Radio.
- La radiovision attend toujours le progrès révolutionnaire qui lui permettra de multiplier à volonté ses émissions ; elle est encore dans l’enfance ; telle qu’elle est, elle peut déjà cependant intéresser bien des amateurs.
- La transmission d’images peu détaillées à 30 lignes ou à 00 lignes, sur une longueur d’onde moyenne ou courte, de l’ordre de 200 à 500 m, donne des résultats déjà satisfaisants pour l’amateur moyen et n’exige que des appareils très simples.
- La transmission d’images détaillées, en télécinématographie, par exemple, ne peut être effectuée qu’avec 120 ou 180 lignes d’exploration. Il semble bien que dans ce cas il soit indispensable de recourir aux longueurs d’onde très courtes, de l’ordre de 6 à 10 m, si l’on ne veut pas gêner la réception radiophonique; c’est, d’ailleurs, cette solution qui a été adoptée en Allemagne et en Angleterre.
- La réception de ces émissions n’offre pas de difficultés très grandes, car il s’agit essentiellement de diffusions locales; il n’en est pas moins nécessaire d’utiliser des amplificateurs un peu spéciaux, en raison de la très large bande des fréquences transmises. Au point de vue de la réception des images proprement dites, seul l’oscillographe cathodique semble offrir une solution, peut-être provisoire, mais présentant déjà des qualités précieuses.
- Les progrès des tubes cathodiques, des systèmes de modulation du pinceau électronique et surtout des dispositifs de synchronisme ont été considérables en ces derniers mois. Le récepteur cathodique n’est pas encore un appareil très simple et bon marché, maniable par le premier venu. Mais on peut entrevoir le moment où il possédera ces qualités.
- Constatons donc que l’on peut transmettre actuellement des images peu détaillées sur une longueur d’onde relativement élevée, et les recevoir aisément avec un appareil simple à intégrateur électro-mécanique. On peut, d’autre part, transmettre, à l’aide d’ondes hertziennes très courtes, des images déjà détaillées qu’on recevra à l’aide de récepteurs à oscillographe cathodique.
- Il est assez probable que l’administration des P. T. T. française adoptera une solution mixte pour les essais de télévision, et effectuera simultanément des émissions Sur ondes moyennes destinées aux usagers, et des émissions sur ondes très courtes à l’intention des techniciens et des amateurs avertis. C’est, d’ailleurs, une solution du même genre qui paraît adoptée dès à présent en Angleterre.
- Actuellement, un studio d’émission complet pour émissions sur ondes moyennes, d’images peu détaillées, a été installé à l’Ecole supérieure des P. T. T. rue de Grenelle, par M. Barthélemy, dont nous avons déjà décrit les beaux travaux en télévision. Des émissions régulières ont lieu deux fois par semaine, le lundi et le vendredi, à partir de 16 heures, sur la longueur d’onde ordinaire du poste des P. T. T.
- L’image est de format rectangulaire du type standard,
- Fig. 1. — Le premier émetteur fixe de radiovision du studio des P. T. T.
- (Ph. Petit Radio).
- explorée de haut en bas, et de gauche à droite; l’analyse est effectuée par 30 lignes, et le rapport des dimensions est de 3 à 4 environ. Le système employé pour l’émission présente, d’autre part, des particularités intéressantes.
- Deux procédés peuvent être adoptés, on le sait, pour réaliser l’émission en radiovision au moyen d’un dispositif électro-mécanique. On peut tout d’abord éclairer fortement le sujet et projeter son image réelle au moyen d’un système optique sur le dispositif d’analyse; ce dernier balaye, en quelque sorte, les éléments de l’image, et transmet les variations lumineuses correspondantes
- * *
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- Fig. 2. — Une émission de radiovision exécutée avec la caméra portative de M. Barthélemy.
- A droite, vu par derrière : l’appareil sur son trépied; — au centre le sujet éclairé; à gauche le micro. (Ph. Petit Radio.)
- à une cellule photo-électrique reliée au poste émetteur, c’est le procédé le plus direct et le plus simple.
- On peut également ne pas éclairer directement le sujet, et le faire balayer, en quelque sorte, par un faisceau lumineux très fin et mobile distribué au moyen d’un dispositif d’analyse et d’un objectif. Les rayons se réfléchissent sur le sujet; ils sont modulés par les différentes teintes de ce dernier et agissent sur des cellules photoélectriques disposées tout autour et reliées au poste émetteur.
- Jusqu’à présent, on employait généralement dans les studios de télévision le deuxième système, en raison des inconvénients du premier consistant surtout dans l’éclairage trop intense du sujet. Les progrès des systèmes optiques, et, en particulier, la très grande ouverture des objectifs récents, la sensibilité de plus en plus grande des cellules à vide, rendent désormais pratique également l’adoption de l’éclairage direct.
- C’est donc un dispositif de ce genre que M. Barthélemy a adopté au studio des émissions des P. T. T. Le système comporte un disque analyseur qui permet d’explorer l’image de toute la surface de l’objet à radioviser fortement éclairé; on emploie une seule cellule sur laquelle vient agir le faisceau lumineux de balayage (fig. 1 et 2).
- Fig. 3. — A gauche
- Tout l’appareil analyseur est portatif et monté sur un chariot à roulettes qui permet de le déplacer en tous sens, comme une véritable caméra cinématographique, dont elle présente l’aspect réduit.
- Dans le même ordre d’idées, nous pouvons noter la réalisation d’une caméra de télévision due àM.Chauvierre, également très portative et très réduite, et qui comporte un système optique avec disque à lentilles au lieu d’un disque ordinaire, ce qui permet l’emploi d’un objectif d’ouverture plus réduite et, par conséquent, moins coûteux.
- Un de nos lecteurs de Suisse, M. ITaefeli, a établi à l’aide de pièces détachées du commerce, un bloc récepteur complet à disque de Nipkow entraîné par un moteur à induction, et permettant de recevoir indistinctement les images à analyse horizontale ou à analyse verticale examinées à l’aide d’un des blocs optiques que l’on aperçoit sur la photographie de la figure 3. Cet appareil comporte à la fois un dispositif de réglage électrique et mécanique de la vitesse de rotation du disque; un gros bouton moletté permet d’obtenir une action très démultipliée sur un feutre qui appuie sur l’arbre du disque.
- La crise économique a ralenti dans le monde entier les recherches sur la télévision, faute d’un débouché industriel immédiat; il ne faudrait pas croire que le problème soit abandonné par les techniciens, ou même par les amateurs. Les progrès de la télévision cathodique que nous décrirons sous peu sont déjà très remarquables, et le réseau de radiodiffusion français ne serait pas complet, si l’on n’y avait pas prévu l’organisation d’émissions régulières de radiovision.
- P. IIémardinquer.
- Poste récepteur électromécanique de télévision établi par M. Haefeli.
- : le châssis; à droite l’appareil dans son ébénisterie (on aperçoit à
- gauche le bouton moletté pour le réglage mécanique de la vitesse du disque.)
- LES LAMPES D’EMISSION MODERNES
- L’industrie des lampes d’émission fournit un exemple typique d’industrie technique moderne, obligée de s’adapter immédiatement aux nécessités que lui imposent les besoins toujours renouvelés des émissions de télégraphie sans fd, que ce soit pour la radiodiffusion, la radio-
- téléphonie ou la radiotélégraphie. L’examen des progrès, et par conséquent des efforts que l’on a dû faire dans cette voie depuis quinze ans révèle la rapidité extraordinaire avec laquelle les études et les fabrications ont dû se plier aux circonstances nouvelles : cet article
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- a pour but de décrire rapidement ces transformations et de montrer le point atteint à l’heure actuelle, où il serait désirable que l’on puisse s’arrêter quelque temps.
- En 1919, la seule lampe couramment utilisée était la lampe T. M., lampe de dimensions comparables à celles des lampes de réception actuelles. Elle n’était pas destinée à un but défini et remplissait toutes les fonctions : à l’émission, elle équipait les petits émetteurs mobiles destinés à des communications rapprochées et la puissance qu’on pouvait lui appliquer sans dommage était très faible, de l’ordre d’une dizaine de watts au maximum.
- La pratique courante, lors de l’emploi de ces tubes à l’émission, était de « pousser » le filament, c’est-à-dire de le survolter considérablement, ce qui avait pour résultat d’abréger la vie de la lampe en l’amenant à peu de dizaines d’heures. Tout le trafic radiotélégra-phique était prévu et fonctionnait sur ondes très longues, produites le plus généralement par alternateurs ou arcs avec des puissances considérables, de plusieurs centaines de kilowatts.
- Les grandes possibilités des émetteurs à lampes furent bien vite reconnues et le problème de leur puissance se posa dès la fin de la guerre. La seule ressource qu’eurent les constructeurs de lampes du moment fut de faire les lampes les plus grosses possible, avec une technique du même genre que celle des lampes de cette époque-là, c’est-à-dire avec une enveloppe extérieure complètement en verre. On est cependant très vite limité dans cette voie par les dimensions prohibitives auxquelles on est conduit.
- Les lampes entièrement en verre les plus puissantes qu’il soit possible de construire — et cela même avec la technique moderne — ne peuvent dissiper avec sécurité sur leur anode que 1500 w environ, 2000 w étant un maximum. Leurs dimensions sont cependant considérables, ce qui est dû à la faiblesse
- de la capacité de refroidissement par l’air qui entoure l’enveloppe extérieure et au désir de ne pas augmenter d angereusement pour le verre la température de celle-ci. La hauteur de ces lampes est déjà de l’ordre de 50 cm et il n’est guère praticable de construire des édifices entièrement en verre qui aient des cotes encore plus grandes.
- Les constructeurs d’émetteurs eurent alors recours à la solution qu’ils doivent adopter lorsque la technique des lampes ne « suit » pas suffisamment; vite : ils mirent — déjà — des quantités de lampes en parallèle soit sur
- l’émetteur même, soit sur le redressement qui lui fournissait la haute tension.
- Cette disposition n’était qu’un pis aller pour les constructeurs d’émetteurs, et un très gros progrès fut apporté vers 1924-25 par l’apparition de lampes où l’anode métallique constitue la plus grande partie de l’enveloppe; l’ampoule est soudée directement sur le
- Fig. 1.— Les lampes d’émission modernes.
- Le châssis des lampes du dernier étage de la station Radio-Luxembourg, (lampes de 100 kilowatts).
- Fig. 2. — Vue intérieure de la station Radio-Luxembourg.
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- == 212 '
- tube ’fet’ sert à soutenir la grille et le filament,. En fonctionnement, l’anode, généralement en cuivre, est plongée dans une cuve à circulation d’eau forcée qui la refroidit et la quantité de watts qu’il est ainsi possible d’éliminer est de 15 à 20 fois celle qui ne saurait être dépasséç dans les lampes à refroidissement par air.
- Les premières lampes de ce type étaient adaptées aux modestes ambitions des émetteurs : leur puissance nominale était faible : elles pouvaient dissiper cinq kw par exemple (10 kw utiles) et leur tension anodique était peu élevée, 6 à 8000 v. La puissance de chauffage du filament était en proportions : 500 w. Les postes de radiodiffusion et de trafic furent montés avec des modèles de ce genre.
- Le premier progrès qui dût être accompli fut amené peu d’années après par l’emploi des ondes courtes qui se généralisait de plus en plus pour les communications transcontinentales et qui posait des problèmes de construction extrêmement ardus. Les diélectriques et les enrobages des conducteurs sont, en effet, soumis à de rudes épreuves par la haute fréquence et il fallut mettre au point des verres spéciaux et des techniques nouvelles.
- En même temps, les puissances nominales augmentaient légèrement, allant jusqu’à 25 kw utiles par lampe avec des tensions anodiques de 12 000 v.
- Nous sommes ainsi conduits vers 1930, époque où les
- Fig. 3. — Une lampe d'émission de 130 kilowatts sous tension anodique de 20 000 volls.
- (Le chauffage du filament, à lui seul, consomme 9 kilowatts).
- besoins de la radiodiffusion obligèrent les constructeurs à produire des lampes de plus en plus puissantes. En effet, le nombre total d’émetteurs qu’il est possible d’exploiter sans qu’ils se trouvent gênés les uns par les autres est très limité si l’on n’emploie pas de systèmes spéciaux difficiles à mettre en œuvre. Comme, d’autre part, la réception d’un émetteur en un point exige, pour pouvoir être écouté avec agrément, un champ suffisamment élevé, dû au rayon direct, on est amené à prévoir dans chaque pays un nombre relativement restreint d’émetteurs puissants. Les diverses mesures de champ effectuées et les résultats des essais ont montré que des puissances porteuses de 120-150 kw à 60 kw, des ondes longues aux ondes moyennes, convenaient bien.
- Ces chiffres supposent, avec les modulations très profondes des émetteurs modernes, que les lampes finales de l’émetteur peuvent donner en pointe de modulation de 600-480 à 240 kw, soit, puisque les émetteurs sont toujours symétriques, 300 à 120 kw par lampe.
- Les fabricants de lampes ne purent répondre immédiatement à ces besoins et — de nouveau — les constructeurs des émetteurs durent associer en parallèle les lampes les plus puissantes dont ils pouvaient disposer. On vit naître des postes dont le dernier étage comportait douze et même vingt-quatre lampes de puissance. Les stations ainsi construites peuvent fonctionner — et sont exploitées — dans des conditions tout à fait satisfaisantes et, en France, nous avons des stations de radiodiffusion qui sont équipées ainsi. Cependant, le problème du groupement de cette quantité de lampes en parallèle n’a pu être résolu sans que de grosses difficultés soient rencontrées, et les solutions trouvées ont en général l’inconvénient de réduire la puissance utile qu’on pourrait tirer de chaque lampe prise isolément. En même temps, le rendement de l’étage final augmentant à mesure que la tension anodique croît, la tendance de la technique des émetteurs est de travailler à des tensions de plus en plus élevées, allant jusqu’à 20 000 v. Or, jusqu’ici au moins, il a été impossible de faire tenir une pareille tension à un très grand nombre de lampes de faible puissance en parallèle.
- C’est ainsi que, il y a trois ans environ, les constructeurs de lampes furent amenés à fournir un très gros effort pour étudier et construire des lampes de puissance nominale très élevée. En France, par exemple, alors que leur lampe la plus puissante du début de 1932 était une lampe de 35 kw utiles, les Laboratoires de la Compagnie Générale de T. S. F. et de la Radiotechnique et les ateliers d’émission de cette dernière sortaient en 1932 une lampe de 100 kw utiles. Des problèmes très délicats durent être résolus, dont les plus ardus furent notamment les soudures de toute espèce qui portent sur des diamètres considérables : le joint anode verre a un diamètre de 10 cm environ et les passages du filament sont formés de barres de 10 mm de diamètre directement enrobées dans le verre. Le pompage d’une lampe de pareilles dimensions, qui a près d’un mètre de hauteur, a nécessité la solution de questions de physique, de mécanique et d’organisation industrielle très complexes puisque le
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- pompage dure plusieurs jours sans interruption. On pourra se rendre compte des dimensions de la lampe et de son allure générale en examinant les photographies 1 et 2 prises dans un grand émetteur moderne, la station de Radio-Luxembourg, où ces lampes sont utilisées au dernier étage. Il y a déjà loin de cette lampe à son ancêtre, la lampe T. M. Et cependant, cette lampe n’a pas été le point final. Il a fallu faire un tube encore plus puissant, et c’est lui qui est représenté fig. 3 où ses dimensions sont mises en évidence. Cette lampe est capable de fournir 130 kw utiles sous une tension anodique de 20 000 v, et son anode peut « dissiper », c’est-à-dire supporter sans défaillance la chaleur qui correspond à une énergie de 90 kw. Le filament, à lui tout seul, consomme déjà près de 9 kw.
- Et, déjà on commence à préparer et annoncer des lampes plus puissantes encore : il ne faut cependant pas se dissimuler que la limite maxima de puissance qu’on peut demander à un seul tube ne doit pas être reculée sans cesse. Car ces lampes sont, au point de vue absolu, des instruments d’un prix élevé qui se justifie amplement par leurs difficultés d’études et de fabrication, et le matériel énorme qu’il faut pour leur pompage et leurs essais.
- Les durées des lampes d’émission actuelles qui se chiffrent en milliers d’heures, permettent cependant une exploitation économique, mais les accidents fortuits aux lampes, indépendants de celles-ci, pourraient amener des pertes redoutables dès que les unités deviendraient par trop puissantes : ce sera, par exemple, le cas des accidents de manipulation des lampes à l’émetteur même. II semble donc qu’on arrive à peu près vers la limite à laquelle il faudra stabiliser la puissance des lampes émettrices.
- Les questions de puissance et de risque nous amènent naturellement à parler sommairement d’un type de lampes qui a pris naissance en France avec les travaux de Ilolweck (x), qui a été étudié récemment de divers côtés, et notamment par nos laboratoires : c’est la lampe démontable. L’idée d’une lampe dans laquelle les éléments pourraient être changés avec facilité est séduisante à première vue, mais les recherches et les études d’exploitation montrent que la lampe n’est pas aussi économique qu’on le penserait tout d’abord. D’autre part, ses propriétés la limitent actuellement à des problèmes spéciaux tels que les ondes courtes (en télégraphie) et les
- 1. Brevet français, n* 557899. Six additions.
- Fig. 4. — Une lampe démontable de 100 kilowatts construite par la Société Française Radioélectrique. (Brevets Holweck-C. S. F.).
- puissances extrêmement élevées, en télégraphie également. Rien n’interdit cependant de penser que les recherches permettront d’étendre les domaines d’application des lampes démontables lorsque leur exploitation aura été simplifiée; la fig. 4 montre une lampe démontable de 100 kw S. F. R., dont le filament consomme 10 kw et où la tension anodique peut être poussée à 10 000 volts en oscillation.
- M. Ponte,
- Dr ès sciences.
- Directeur du Département des Lampes de la Sté Française Radioélectrique.
- LE “CHAMP” DES SIGNAUX ET DES PARASITES
- SA MESURE
- LE «CHAMP» ÉLECTROMAGNÉTIQUE
- La notion de « champ électromagnétique » ne fait que préciser celle, tout intuitive, des auditeurs, sur la « force » des réceptions. Tout le monde a observé que certaines stations paraissent fortes, d’autres moins fortes, d’autres
- faibles... un grand nombre sont même trop faibles pour être audibles. Cette « force » peut s’évaluer avec précision en mesurant, par exemple, la force électromotriœ produite par le champ le long d’un élément de conducteur rectiligne. Si, pour un mètre de fil, on recueille E volts, on dira que le champ est de E « volts par mètre ». En pratique
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- d’ailleurs, on emploiera plus souvent les sous-multiples : millivolt et microvolt par mètre.
- Nous voudrions montrer ici, d’abord l’intérêt que présente la connaissance précise des valeurs du champ aussi bien pour les signaux que pour les brouilleurs et parasites. Ensuite, comment on peut mesurer ou évaluer ce champ. Enfin, nous donnerons quelques exemples typiques des résultats obtenus.
- IMPORTANCE DES VALEURS DU CHAMP
- La connaissance de la valeur du champ a pu paraître, dans les débuts de la T. S. F., une curiosité scientifique, un luxe. On construisait, en effet, les émetteurs au mieux
- santés de champ non absolument essentielles au but proposé. Enfin, il n’est plus possible de s’en remettre au hasard pour déterminer les qualités d’un récepteur : suivant le service requis, telles ou telles performances sont nécessaires, qui résultent directement de la connaissance du champ utile et des champs brouilleurs.
- A plus forte raison, quand il s’agit d’établir un règlement, national ou international, dans le domaine radioélectrique; quand il s’agit de limiter le taux des parasites artificiels, ce qui met en jeu les intérêts de toute une industrie; quand il s’agit de remanier le plan de radiodiffusion européen, d’équilibrer les besoins des différents services et des differents Etats, la seule base d’un travail
- Fig. 1. — Rayonnement du poste de la Tour Eiffel (antenne moyenne '/. = 1445 ni). Cotes en millivolts!mètre.
- des possibilités de l’époque, sans prévoir au juste leur portée, que l’on souhaitait aussi grande que possible, et que l’expérience se chargeait de définir. De même, pour les récepteurs, on recherchait les meilleurs circuits, les plus grandes amplifications, mais avec une idée très vague do la sensibilité et de la sélectivité qui seraient obtenues.
- Les temps sont changés. Les radiocommunications se sont multipliées à tel point qu’il faut nécessairement beaucoup plus de prévisions quantitatives. Les émetteurs puissants sont devenus si coûteux qu’il importe d’en tirer le maximum de rendement, c’est-à-dire le maximum de champ dans la zone à desservir. D’autre part, les brouillages sont si nombreux, que l’on doit exiger de chaque émetteur la limitation stricte de toutes les compo-
- solide est la connaissance du champ que peuvent produire les émetteurs, du champ que peuvent recevoir ou éliminer les récepteurs.
- C’est ainsi que, de gré ou de force, et sous peine de tomber dans la plus arbitraire fantaisie, la législation française sur les parasites, de même que certaines décisions des conférences internationales de Madrid (1932) et Lucerne (1933), ont dû faire intervenir des considérations techniques à l’aspect peut-être un peu rébarbatif.
- PROGRÈS DES ÉMETTEURS
- L’efficacité d’un émetteur se mesure, en dernière analyse, non point au nombre de kilowatts dissipés, à la hauteur de ses pylônes ou à l’ampleur du capital investi...
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- mais à l’intensité du champ créé à la station réceptrice, ou dans la zone à desservir.
- Evidemment des considérations théoriques permettent d’établir une relation entre ce dernier facteur et les précédents; mais les problèmes posés sont si compliqués, qu’ils ne peuvent être traités en toute rigueur, et une vérification expérimentale est toujours la bienvenue. Il y a même des éléments dont le calcul ne permet guère de tenir compte : forme de l’antenne, isolement des pylônes, voisinage d’obstacles conducteurs de formes variées... Comment, par exemple, pourra-t-on prévoir a priori le rendement d’une antenne de navire, avec les mâts, les cheminées, les innombrables agrès qui l’environnent? Seule une mesure effective du champ permettra de le connaître et de l’améliorer par tâtonnements.
- Des bizarreries de rayonnement peuvent même être révélées par la mesure dans des cas moins compliqués. Nous citerons le curieux exemple d’une station de radiodiffusion nationale, placée, il est vrai, dans des conditions particulières : c’est la Tour Eiffel, qui utilise une nappe d’antenne oblique en éventail à partir d’un pylône unique de 300 m de hauteur. On avait bien pensé que la masse métallique de la Tour devait provoquer une déformation dans le diagramme de rayonnement, mais on s’attendait à ce qu’elle portât « ombre » en arrière, vers le nord-ouest. Au contraire, l’expérience a montré que le rayonnement dans cette direction est presque aussi intense que vers le sud-est; c’est dans la direction perpendiculaire que l’on observe un double minimum très net, même à grande distance (lig. 1). L’antenne de la Tour Eiffel rayonne donc à la manière d’un cadre.
- Ce n’est pas tout : le mérite d’un poste émetteur n’est pas seulement de rayonner une onde utile, mais aussi, pour ne pas produire de brouillages excessifs, il doit autant que possible ne rien rayonner d’autre. C’est ainsi que l’on a proscrit successivement les postes à ondes amorties, dont le « spectre de fréquences » était exagérément étalé; les postes à onde « de contre-manipulation » qui occupaient inutilement une longueur d’onde; les arcs, à cause de leur émission impure et des « bruits de souffle» résultants.
- Avec les postes modernes à lampes, les émissions « non essentielles » sont bien plus réduites. Il reste pourtant encore les harmoniques de la fréquence transmise : c’est-à-dire qu’un émetteur sur 1800 m (onde fondamentale), pourra, par suite de la forme non sinusoïdale du courant, être entendu sur 900 m (bande de l’aéronautique), sur 600 m (onde de détresse en mer), sur 450,
- 360, 300 m, etc. (gamme de radio-diffusion).
- Vu l’encombrement des radiocommunications, les nouveaux règlements se montrent de plus en plus sévères pour ces émissions nuisibles, que l’on s’efforce de réduire au millième ou au dix-millième de l’amplitude fondamentale : c’est-à-dire qu’un poste rayonnant 100 kw sur l’onde fondamentale, ne rayonne pas plus d’un dixième ou un millième de watt sur les harmoniques. ||î‘
- 7 Kw. rayonné
- Terre . (J = 10
- Kilomètres
- Fij. 2. — Graphique de la propagation des ondes sur terre (d’après la conférence de Madrid).
- Les valeurs « de sol » sont un minimum, valable en été à midi. En d’autres saisons, les valeurs observées sont comprises entre celles « de sol » et « de nuit ». — La courbe des champs « de nuit » indépendants de la longueur d’onde, représente la valeur « probable », c’est-à-dire atteinte ou dépassée la moitié du temps.
- Bien entendu, cette question échappe entièrement au calcul et c’est seulement par mesure directe que les harmoniques peuvent être évalués.
- — « Générateur étalonné à haute fréquence » pour mesures de champ (modèle du Laboratoire National de Kadio-électricité).
- A. gauche, émetteur blindé.
- A droite, affaiblisseurs à trois transformateurs sinusoïdaux.
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- PROPAGATION DES ONDES
- La connaissance du champ au voisinage de l’émetteur est certes un élément fondamental du problème. Mais c’est encore le plus simple. Car intervient ensuite l’affaiblissement des ondes en fonction de la distance : c’est la question la plus difficile et la plus mal connue encore en radiotechnique.
- Cette propagation dépend en effet, d’un nombre considérable de facteurs, dont certains sont variables avec le lieu, l’heure, le jour, la saison. Tenir compte de la conductibilité imparfaite du sol, de la courbure de la Terre, c’était déjà un beau problème de mathématiques. Mais nous savons aujourd’hui, à n’en point douter, que l’ionisation de la haute atmosphère joue un rôle capital, surtout pour les ondes courtes, et que les gaz raréfiés à 200 ou 400 km de hauteur, réfléchissent nos signaux comme le ferait un mur métallique. Naturellement il est encore bien plus malaisé de mettre ce phénomène en équation; nous pouvons reproduire en laboratoire certaines des conditions de la haute atmosphère, mais peut-être pas toutes, et en tout cas à une échelle ridiculement réduite.
- Ce n’est donc pas un déshonneur pour les radiotechni-ciens que de faire un large appel à l’expérience pour établir les formules de propagation, et celles qu’ils emploient sont en fait, pour la plus grande part, empiriques. Elles résultent des séries de « mesures de champ » faites dans différents pays, soit par des laboratoires de recherches, soit par des compagnies d’exploitation. A titre d’exemple, la figure 2 reproduit un graphique de la propagation des ondes sur terre, en fonction de la longueur d’onde d’abord, et ensuite de l’heure et de la saison. Un autre graphique serait valable pour la propagation sur mer. Ces courbes ont été établies par un comité d’experts à la Conférence internationale de Madrid.
- Dernier aspect de la question : tout ceci suppose la propagation en terrain libre, découvert. Qu’advient-il
- Fig. 4. — Récepteur transportable pour mesures de champ.
- parmi des obstacles, c’est-à-dire des corps conducteurs, parmi des bâtiments plus ou moins métalliques ou traversés de nombreuses conduites métalliques et lignes électriques? Quel est, autrement dit, l’affaiblissement du champ dans les villes ? C’est encore une question presque inaccessible au calcul : de nouveau et toujours, il faut des mesures de champ.
- Ces mesures ont montré deux choses : d’abord, au voisinage de tels obstacles, le champ est complètement déformé; le vecteur électrique n’est plus dans sa direction normale, et il n’est plus en rapport fixe avec le vecteur magnétique. Autrement dit, le rapport des f. e. m. reçues par une antenne verticale et par un cadre, n’est plus du tout certain. En général, l’antenne est désavantagée par rapport au cadre. De plus, la grandeur du champ est diminuée. Dans un immeuble moyen, elle diminue progressivement des étages supérieurs (réduction de 30 à 50 pour 100) aux étages inférieurs (où elle peut tomber au 1/3 ou au 1/10 de sa valeur normale). Dans ces immenses constructions métalliques que sont les « buildings » américains, on a observé des réductions encore plus fortes, et qui s’étendent en dehors et en arrière du bâtiment à plusieurs centaines de mètres.
- Nous n’avons pas en France de gratte-ciel, mais parfois de beaux monuments plus simplement appelés « cathédrales ». Leurs parois, bien moins conductrices, sont relativement « transparentes » aux ondes, et l’affaiblissement que nous avons pu mesurer derrière celles de Strasbourg et de Chartres ne dépasse pas la moitié ou le tiers du champ normal. Au point de vue radiotechnique, comme au point de vue artistique, il ne faut donc pas confondre une cathédrale avec un « sky-scraper ».
- Des réductions de champ également appréciables sont à prévoir — et d’autant plus que les ondes sont plus courtes — derrière les collines ou montagnes, dans les fonds de vallées, dans les bois, etc. Cependant, dans les terrains très accidentés, il peut se produire des phénomènes d’interférences avec renforcement de certaines ondes en certains endroits.
- Il est clair que la connaissance de la propagation des ondes est nécessaire pour calculer la zone desservie par telle station avec un champ donné, ainsi que la limite de la zone où elle peut brouiller des signaux de fréquence voisine. Ces considérations sont fréquemment intervenues dans l’établissement du « Plan de Lucerne ».
- PROGRÈS DES RÉCEPTEURS
- La construction des récepteurs tend à s’établir, comme celle des émetteurs, sur une base quantitative relativement précise : performances de sélectivité et de sensibilité en rapport avec les champs utiles et nuisibles à prévoir. Dans des commandes et des concours importants pour les administrations publiques, les chiffres obtenus servent au classement des appareils présentés. Et nous souhaiterions que le grand public des auditeurs — ou du moins la partie la plus éclairée de ce public — comprenne le sens de ces performances, de même qu’un amateur de photographie appréciera la courbe de sensibilité chromatique de sa plaque favorite, un automobiliste la courbe d’accélération et de freinage de la voiture’convoitée.
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- Il ne s’agit plus de juxtaposer au petit bonheur des circuits et des étages, pour obtenir une sensibilité ou une sélectivité dix fois supérieures à ce dont on a besoin, ou dix fois moindres, si la malchance le veut. Un bon récepteur est un harmonieux compromis entre des qualités contradictoires : il faut les doser avec soin. C’est une question d’étude et de laboratoire : les constructeurs qui en ont vu l’importance ont acquis une supériorité manifeste.
- MESURE PRATIQUE DU CHAMP DES SIGNAUX
- Considérons d’abord le cas simple d’un champ stable, produit par une station à ondes moyennes ou longues à des distances pas trop grandes : le vecteur électrique est vertical, le vecteur magnétique horizontal : on déduira immédiatement leur valeur de la f. e. m. produite dans une antenne ou un cadre de formes géométriques simples.
- La seule difficulté de l’opération tient à ce que cette f. e. m. est à haute fréquence et d’amplitude très faible (millivolt et moins). Nous ne possédons pas d’appareil de mesure capable de la lire directement. Il faudra donc l’amplifier. Mais comme un amplificateur est un organe complexe et instable, nous serons obligés de l’étalonner chaque fois au moment de la mesure, en introduisant à l’entrée une f. e. m. locale connue. La mesure du champ est donc une opération analogue à une double pesée : on compare, dans un amplificateur, l’effet du signal avec celui d’une f. e. m. locale de même fréquence et dont on peut ajuster l’amplitude.
- Maintenant, comment se procurer cette f. e. m. auxiliaire, connue?
- Puisqu’on ne peut la mesurer directement, on emploiera un artifice. On commencera par produire une tension ou un courant beaucoup plus grands que le nécessaire, assez pour être, eux, directement mesurables sur un appareil thermique, par exemple. On aura ainsi la grandeur absolue de départ. Puis on affaiblira dans un rapport réglable et connu, jusqu’à obtenir le niveau plus faible désiré.
- L’étalonnage de l’appareil thermique soulève peu de difficultés. La réalisation de l’affaiblisseur est plus délicate, parce qu’il s’agit de haute fréquence, où les capacités parasites, les résistances et pertes diélectriques, prennent beaucoup d’importance. On emploie souvent des affai-blisseurs potentiométriques à résistances, — parfois à capacités. En France, on préfère souvent l’affaiblisseur « à transformateurs sinusoïdaux » du Laboratoire National de Radio-Électricité : il comprend, en cascade, trois transformateurs à induction mutuelle variable et proportionnelle à l’angle de rotation des bobines mobiles. Ces trois transformateurs peuvent être étalonnés et vérifiés séparément, ce qui est favorable à la précision et à la sécurité des mesures.
- Enfin, précaution essentielle : il faut éviter toute action du générateur sur le récepteur, par toute autre voie que l’affaiblisseur réglable et en particulier par induction directe : il faut donc des blindages très soignés, des filtres très efficaces sur les fils d’alimentation, etc.
- Les figures 3, 4, représentent le matériel en usage au Laboratoire National de Radio-Électricité : malgré
- CD
- c.
- Hn)
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- 1 volt
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- 3
- Champ à 2 km. dune station de 100 kw.
- Champs très forts.
- en ville
- Limite des bonnes réceptions radio-
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- à là la campagne
- téléphoniques sur ondes moyennes.
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- Limite des champs utilisables en télégraphie sur ondes moyennes.
- Limite des champs utilisables sur ondes courtes avec des récepteurs simples.
- Utilisables encore en ondes courtes avec réflecteurs et récepteurs très soignés.
- Fig. 5. — Champs nécessaires à différents services radio-électriques.
- l’encombrement et le poids d’un appareil de précision, l’ensemble est aisément transportable en voiture, bateau, avion... et même en certains cas sous forme de deux valises.
- Nous avons supposé, au début de ce paragraphe, un champ stable en direction et en grandeur. Il peut en être autrement; en particulier la grandeur du champ peut varier assez vite sous l’effet du « fading ». Il est alors illusoire de faire des mesures instantanées, mais on peut actionner à la sortie du récepteur un appareil enregistreur que l’on gradue directement en « champ » : l’étude de la courbe tracée fournit alors des indications utiles sur les valeurs moyennes, maxima, ou probables (c’est-à-dire qui ont une certaine probabilité d’être atteintes pendant une fraction du temps).
- Pour les ondes courtes, non seulement la grandeur, mais la direction du champ — sa polarisation — changent à chaque instant. La valeur trouvée dépend donc du type d’antenne employé, et la question devient bien complexe; il ne semble pas que l’on en ait tiré grand’chose pour le moment.
- RÉSULTATS
- Nous avons déjà indiqué, chemin faisant, quelques-uns des résultats fournis par les mesures de champ.
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- = 218 -----------------—- :..................... .....=
- Voici deux autres exemples : la figure 5 donne sous forme de graphique le « niveau » des champs nécessaires à divers services, suivant la longueur d’onde et la nature du trafic. C’est évidemment un simple ordre de grandeur, car ce champ varie avec les circonstances.
- D’autre part, le tableau suivant indique les champs produits en moyenne à Paris, en 1933, par quelques stations de radiodiffusion. Il peut être utile pour montrer à quelle qualité de service correspondent des valeurs données de champ.
- des températures ? Par la dilatation des corps, avec des repères fixes, c’est-à-dire par l’effet de la chaleur sur les corps, de même que nous définissons le parasite par son effet sur le récepteur. Mais les corps ne se dilatent pas tous pareillement : on en choisira donc arbitrairement un, l’hydrogène, pour constituer le thermomètre normal. De même, nous choisirons arbitrairement un récepteur étalon et nous constituerons des points fixes en mesurant sa sensibilité par rapport à un type de signal donné, susceptible, lui, de définition précise.
- Champs mesurés à Paris (1933).
- Valeur approchée du champ (en milliv/m.)
- Station. Longueur d'onde. De nuit
- De jour. —— —
- Maximum. Moyenne. Minimum.
- Radio-Paris 1725 m 30 à 40 Comme de jour
- Poste Parisien 328 m 10 à 30 »
- Luxembourg 1191 m 3 à 4 6 à 7
- Daventry 1554 m 1 à 2 2 à 3
- Huizen 1875 m 0,5 à 1
- Langenberg 472 m 2 à 3, parfois 8 0,5 à 1 Parfois 0,5
- Londres 356 m 3 à 4 0,2 à 0,5 Faible
- Daventry 261 m 1 à 2 0,2 à 0,5 Très faible
- New-York 348 m 0,1 à 0,4
- Il est naturellement impossible de donner des chiffres pour les postes situés dans la capitale même : la distribution du champ y est très inégale.
- MESURE SUR LES CHAMPS PARASITES
- Les difficultés signalées plus haut pour la mesure des ondes courtes se retrouvent, singulièrement aggravées, pour la mesure des parasites : la quantité à mesurer est perpétuellement variable et mal définie.
- Qu’ils proviennent en effet des perturbations atmosphériques ou des appareils industriels, les parasites sont des chocs irréguliers, complexes, à forme bien éloignée de la sinusoïde, et n’ayant rien qui ressemble à une fréquence propre. Comment donc définir quelque chose d’aussi capricieux ? Les comités scientifiques, les commissions législatives se sont heurtés à une difficulté insoluble. En toute rigueur, mesurer le champ des parasites est une entreprise désespérée.
- Fort heureusement, il est possible de tourner la difficulté en la prenant d’un autre côté.
- En effet, à quoi bon s’exténuer à vouloir déterminer le champ parasite en lui-même P Cela n’a pas d’intérêt, en pratique du moins. La seule chose qui ait de l’importance, c’est l’influence du parasite sur les récepteurs. C’est tout différent. Cette influence n’a pas une valeur absolue, elle dépend du récepteur; mais, si l’on définit un récepteur-type suffisamment voisin des récepteurs réels, la quantité mesurée aura un sens et sera utilisable.
- A tout bien considérer, cette définition arbitraire a des précédents en physique. Comment définit-on l’échelle
- Nous pourrons ainsi dire, en abrégé, que le champ parasite « vaut » un millivolt par mètre, ou « est équivalent » à cette valeur, s’il produit, à la sortie du récepteur étalon — par exemple, sous forme de courant ou de tension dans le haut-parleur — le même effet qu’un signal de un millivolt par mètre, modulé de telle et telle façon.
- Dans le cas où l’on veut protéger une réception radio-téléphonique, il sera même plus logique et plus conforme à la réalité de ne pas chercher l’équivalence entre le signal et le parasite, ce qui correspondrait évidemment à un brouillage excessif. On dira que le niveau du parasite admissible est celui qui donne à la sortie du récepteur une certaine fraction de ce que donne le signal à protéger.
- Telle est la solution actuellement adoptée par la législation française : le champ à protéger est de 1 mv-m, ce qui correspond à la réception de Radio-Paris dans la région de Toulouse, par exemple, c’est-à-dire au service national de radiodiffusion dans tout le pays.
- Supposons un récepteur réglé sur cette sensibilité, c’est-à-dire donnant aux bornes du haut-parleur une certaine tension U, lorsque le signal de cette force est modulé à la fréquence 800 per : sec et au taux de 30 pour 100. Si le parasite agissant seul produit une tension supérieure à U/20, la réception est considérée comme brouillée.
- Le chiffre de 1/20 correspond, en fait, à une petite gêne pour une réception musicale de qualité. Mais il ne nuit pas à la compréhension de la voix; et de plus il faut noter que la protection ainsi visée s’applique au champ limite de 1 mv-m, sur lequel la réception de qualité est
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- souvent illusoire en raison des atmosphériques et des brouillages par postes émetteurs voisins. On ne peut donc se montrer trop difficile; d’ailleurs cette protection, un peu juste peut-être pour ce champ, correspond à un résultat meilleur pour les champs plus forts, et pratiquement parfait à partir de 5 mv-m.
- On voit que cette définition, d’apparence un peu compliquée, se justifie aisément; on ne pouvait guère faire plus simple sans lui enlever toute sa rigueur.
- RÉSULTATS
- L’établissement des règles précédentes n’a pas été, bien entendu, sans l’exécution des mesures nécessaires pour acquérir la certitude qu’elles sont efficaces, et, dans bon nombre de cas, tout au moins, pratiquement applicables.
- Leur mise en application semble devoir exiger aussi le secours fréquent des mesures de champ.
- S’il existe, en effet, des cas simples, tels ceux des petits appareils ménagers, où les perturbations produites dépassent peu le niveau admis, et où l’adjonction de condensateurs antiparasites suffit généralement à les ramener en-dessous de ce niveau, cependant on n’en sera jamais tout à fait sûr, et on ne pourra le garantir officiellement, sans avoir effectivement mesuré ces perturbations suivant la méthode prescrite. Aux usagers comme aux constructeurs, il faut cette sécurité.
- Et d’autre part, il ne faut pas perdre de vue certains cas, moins nombreux mais plus gênants, où le problème technique de l’élimination des parasites n’est pas encore
- :... ----------------------------— 219 =
- résolu, du moins dans les limites de simplicité et de prix que l’on peut raisonnablement exiger. Tels sont, par exemple certains gros moteurs à collecteurs, les contac-teurs des ascenseurs, les tramways électriques à ligne aérienne, les appareils médicaux de diathermie, différents appareils industriels qui, par leur principe même, comportent des ruptures ou du moins des variations rapides dans des courants intenses. Sans doute, on n’est pas complètement désarmé, et des résultats partiels ont été souvent obtenus. Mais il ne faut pas généraliser trop vite; on a maintes fois observé que des dispositifs antiparasites efficaces dans certains cas et à certains jours, ne le sont plus à d’autres.
- Les « parasites » sont des perturbations complexes, produites dans des appareils et ensembles de conducteurs complexes : il serait imprudent de sous-estimer la difficulté que l’on peut avoir à les éliminer dans tous les cas et sur toutes les longueurs d’ondes.
- 11 nous semble que pour voir clair dans cette question délicate, pour isoler les facteurs essentiels, pour réaliser simplement les schémas protecteurs, en vérifier ensuite l’efficacité pratique, pour trancher les contestations possibles, les « mesures de champ » sont encore ici bien nécessaires, et qu’elles peuvent jouer dans la question des parasites le même rôle bienfaisant qu’elles ont déjà joué dans l’étude des émetteurs, des récepteurs et de la propagation des ondes.
- Pierre David,
- Docteur ès sciences,
- Ingénieur en chef au Laboratoire national de Radio-Électricité.
- LA PRODUCTION DES ONDES ULTRA-COURTES
- PAR LES MAGNÉTRONS
- L’évolution de la technique de la télégraphie sans fil entraîne actuellement les laboratoires — et déjà l’exploitation — dans le domaine des ondes de fréquence de plus en plus élevée. Elle ne fait ainsi que continuer dans la voie qu’elle a prise depuis la naissance des premiers émetteurs; les longueurs d’onde, primitivement très grandes (alternateurs), ont, en effet, progressivement
- Fig. 1 gauche). — Un modèle de magnélron.
- Fig. 2 (à droite). — Deux autres modèles de magnétrons.
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- Fig. 3. — Principe du magnétron.
- diminué; on eut ainsi le domaine des ondes longues (au-dessus de 1000 m par exemple), puis celui des ondes maintenant appelées moyennes (200-1000), puis, après un temps d’arrêt un peu marqué, les ondes courtes (10-200 m).
- Tout le domaine qui se trouve au-dessous de 10 m et qui va jusqu’aux ondes qui sont absorbées par l’air (5 cm environ) est désigné par le nom de « domaine des ondes ultra-courtes » et il est actuellement l’objet d’un grand nombre de recherches causées par les besoins toujours renouvelés de la technique des communications par radio. Cette gamme d’ondes est d’ailleurs d’une étendue considérable puisqu’en fréquence (et il n’y a que cela qui compte !) elle va de six milliards à trente millions
- de cycles, alors que toutes les autres gammes n’en couvrent que trente millions. Si cette question intervenait seule, on serait presque tenté de dire qu’on ne connaît encore rien en radio puisque le domaine actuel des ondes de trafic est négligeable devant celui des ondes ultra-courtes !
- Lorsqu’on cherche à produire ces ondes nouvelles avec les lampes ordinaires, les difficultés commencent aux environs de 5 m; il faut de préférence utiliser des montages symétriques, les rendements diminuent progressivement et, finalement, vers 1 m 50, la production des ondes avec des lampes normales n’est plus praticable. Il est possible d’engendrer des ondes qui peuvent aller
- Fig. 4. — Production d’oscillations à haute fréquence au moyen du magnétron.
- jusqu’à 12 cm par des lampes à grille positive et l’exploitation d’un système de ce genre a été annoncée et décrite dans cette Revue. La faiblesse du rendement de ces systèmes qui n’atteint que quelques centièmes au maximum ne les rend intéressants que pour les ondes les plus courtes (10-20 cm par exemple) que l’on peut concentrer très efficacement avec des dispositifs d’encombrement relativement restreint.
- Dans la région intermédiaire, il est très avantageux d’employer des émetteurs qui utilisent des tubes spéciaux dits « magné-trons » et ces appareils couvrent actuellement la gamme de 70 à 450 cm. Les « magnétrons » sont des tubes relativement simples qui sont placés dans un champ magnétique constant : d’où le nom un peu barbare qui leur a été donné en 1920 par Hull qui étudia le premier l’effet statique du champ magnétique sur le courant d’un tube. Le magnétron est constitué essentiellement par la lampe la plus simple qu’il soit possible de s’imaginer, ce qui est vraiment étonnant lorsqu’on le compare aux lampes modernes munies de quatre, cinq ou six grilles. Il
- Fig. 5 (à gauche). — L’intérieur d’un poste générateur d’ondes ultra-courtes par magnétron suivant le schéma de la fig. 4. (Longueur d’onde 4 m, puissance 40 à 50 w).
- Fig. 6 (à droite). — Vue extérieure du poste.
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- se compose, en effet, d’un filament entouré d’une anode cylindrique (fig. 1 et 2). La seule complication permise a été la division longitudinale de l’anode en deux parties par deux fentes diamétralement opposées, le diamètre de l’anode va de 20 mm pour les plus grandes ondes à 5 pour les plus petites.
- Nous pouvons chauffer le filament F (fig. 3) pour lui faire émettre des électrons qui, si nous appliquons à l’anode une tension positive, sont captés par elle après avoir décrit des trajectoires FE. A l’aide d’une bobine ou d’un électro-aimant, nous allons créer maintenant
- un champ magnétique qui soit parallèle à F. On sait que tout électron qui se déplace dans un champ magnétique subit une force telle que sa trajectoire s’enroule autour des lignes de force de ce champ. Ce phénomène que Villard avait étudié dans ses belles publications sur les rayons cathodiques se rencontre très souvent en physique; qu’il nous suffise de citer son rôle dans les aurores polaires dont les aspects peuvent s’expliquer par l’action du champ magnétique terrestre sur des électrons rapides lancés dans notre haute atmosphère. Ici, les électrons vont se comporter de la même façon et leurs trajectoires s’incurvent suivant FD; si le champ est suffisamment intense, la trajectoire se courbe tellement, suivant Fc, que l’électron ne pourrait plus atteindre l’anode. C’est là qu’intervient la fente / qui a été pratiquée dans celle-ci; si pour une raison ou pour une autre, les deux moitiés anodiques A( A2 se mettent à osciller autour de leur tension moyenne et cela en opposition de phase, c’est-à-dire que le potentiel de l’une monte lorsque celui de l’autre descend, le champ électrique ainsi produit en / s’empare des électrons et les ramène soit sur Ag soit sur At. La répartition des courants entre A1 et A2 est d’ailleurs telle que l’entretien d’oscillations est possible, c’est-à-dire qu’il suffit de relier les extrémités d’une self et d’une capacité aux anodes At et A2 pour qu’on observe un courant haute fréquence dans le circuit (fig. 4).
- La figure 5 montre un oscillateur de cette espèce. On reconnaît en L la self, en C la capacité du circuit oscillant. Le magnétron (celui de la fig. 1) est en M, le champ magnétique est produit par la bobine B dont l’axe est parallèle au filament du tube. Cet oscillateur peut aller de 2,50 à 4,50 m et plus, la puissance disponible à 4 m étant de 40 à 50 w. L’ensemble extérieur de l’émetteur modulé pour des communications télégraphiques est représenté sur la figure 6.
- Fig. 7. — Les organes d’un poste à magnétron générateur d’ondes de 0 m 70 à 0 m 90.
- La figure 7 montre une autre disposition qui permet de descendre jusqu’à 70 cm. Les éléments sont représentés par les mêmes lettres que sur la figure 5, mais, dans ce
- Fig. 9. — Antenne en « quart d’onde » pour communications peu dirigées sur 0 m 80 à 1 m de longueur d'onde.
- Fig. 8.
- Vue extérieure du poste de la figure 7.
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- Fig. 10. — Aérien directif à brins en zigzag pour ondes ultra-courtes associé à un réflecteur plan (poste de la Tour Eiffel).
- Photo prise en arrière de l’aérien.
- cas, la self se réduit à deux petites tiges de cuivre réunies par un pont coulissant; le champ, de l’ordre de 750 gauss, est produit par un électro-aimant. Avec ce système, il est possible d’avoir 10 w oscillants sur 85-90 cm, ce qui est suffisant pour réaliser une liaison téléphonique à 100 km. L’ensemble de l’émetteur correspondant est représenté figure 8.
- La puissance de ces émetteurs permet de les employer en combinaison avec diverses antennes simples. L’encombrement de ces aériens est très réduit. La figure 9 montre une antenne « en quart d’onde », destinée à des communi-
- Fig. 11. — Vue de côté de l’aérien directif de la fig. 10.
- cations peu dirigées sur 80-100 cm de longueur d’onde : elle est constituée par une tige centrale qui n’a que 20 à 25 cm de haut, à la base de laquelle se trouvent, sur le tube d’alimentation, des tiges de la même longueur, disposées perpendiculairement. Les quelques tiges supplémentaires sont destinées à donner à l’ensemble un faible effet directif, c’est-à-dire à favoriser légèrement l’une des directions du plan horizontal. Elles peuvent être omises et on voit que l’aérien ainsi construit est de toutes petites dimensions; il est aisément dissimulable si besoin est. 11 permet cependant des communications téléphoniques en vision directe à 15 km.
- Pour des liaisons à distance plus considérable, il est facile de concentrer le faisceau dans une direction donnée qui est ainsi privilégiée, par des aériens de dimensions faibles, puisque les ondes sont courtes. Nous avons utilisé des antennes qui — toutes proportions gardées — sont identiques aux antennes de trafic sur ondes courtes; elles sont constituées par des brins en « zigzag » formant une suite de V placés les uns à côté des autres. Un nombre total de douze brins de 40 à 45 cm de longueur suffit. La plus grande partie de l’énergie est alors concentrée dans un faisceau dont le demi-angle au sommet est voisin de 30°.
- Enfin la petitesse de l’antenne complète qui est inscrite dans un rectangle de 70 sur 200 cm permet de lui associer, à une distance égale au quart de la longueur d’onde (c’est-à-dire 20 à 25 cm) et à l’opposé du point à atteindre, un « réflecteur » plan, formé d’une simple toile métallique tendue. Le rayonnement de l’antenne dans la direction opposée à celle de la liaison à assurer est ainsi éliminé et la bonne direction est encore favorisée. Les figures 10 et 11 représentent une antenne de cette espèce installée au sommet de la Tour Eiffel lors de l’établissement d’une liaison téléphonique avec Pontoise. L’antenne qui est représentée est celle du poste récepteur, située à la Tour, mais l’antenne d’émission était identique. La figure 10 est prise en arrière de l’antenne, c’est-à-dire face à Pontoise, l’antenne étant partiellement masquée par la cabine de la Tour où se trouve le récepteur; la figure 11 représente la même antenne vue de côté. On reconnaîtra en a.a, les brins de l’antenne, en r le réflecteur et en / le feeder qui relie l’antenne au récepteur dont on aperçoit la boîte en R. La liaison ainsi assurée a fourni des communications téléphoniques d’intelligibilité égale à celle des bonnes liaisons par câbles et, en faisant tourner l’antenne à l’émission, on a pu se rendre compte de ce que le matériel de liaison (antennes, émetteur et récepteur) était capable d’assurer, sur ces ondes ultra-courtes et en visibilité directe, des communications à 100 km au moins.
- C’est là une limite supérieure très acceptable pour la plupart des problèmes de liaison en vision directe, pour lesquels le facteur le plus gênant — et inévitable — est la courbure de la terre. Notre globe est, en effet, bien petit : l’horizon d’un point aussi élevé que la Tour Eiffel est constitué par un cercle dont le rayon n’a que 60 km !
- Nous avons pu ainsi montrer que les émetteurs à
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- magnétron constituent d’excellentes sources d’ondes ultra-courtes dans un domaine qui descend jusqu’à 70 cm et que, dans cet intervalle de longueurs d’onde, leur puissance les rend aptes à la solution de tous les problèmes de liaison en vision directe, sans être obligé de concentrer les faisceaux par des dispositifs trop volumineux. Nous
- ................................... - 223 =
- espérons donc que ces émetteurs pourront rendre des services importants dans l’exploitation des ondes ultra-courtes qui n’est encore qu’à ses débuts mais qui offre les plus belles promesses.
- M. Ponte,
- Docteur ès sciences.
- LA RADIO-DISTRIBUTION PAR FILS
- ET LES PROGRÈS DU THÉATROPHONE
- Il existe tout un public qui, négligeant la chasse aux postes lointains, se satisferait de recevoir, dans les meilleures conditions musicales possibles, avec un récepteur simple et peu coûteux, quelques radio-concerts bien sélectionnés. Pour ces auditeurs, le problème de la radio-distribution et même du théâtrophone, à Paris, présente un grand intérêt.
- LA RADIO-DISTRIBUTICN A L’ÉTRANGER
- La radio-distribution, ou rediffusion, permet de distribuer par fil, à domicile, des radio-concerts, de la même manière qu’on distribue du gaz, ou de l’électricité.
- Ce système est évidemment très simple pour l’usager, puisqu’il lui évite tout achat et entretien d’appareil complexe, et tout souci de réglage. Son inconvénient est le nombre réduit de programmes qui peuvent être ainsi distribués. Encore a-t-on étudié au moins sur le papier, des systèmes qui permettraient la distribution à volonté par un bureau central, de toute émission captée par ce bureau.
- Dans tous les systèmes pratiquement utilisés l’abonné est relié à un bureau central; dans l’appartement, sa ligne aboutit à des prises de courant murales où l’on peut brancher la fiche d’un haut-parleur.
- La station réceptrice centrale doit être installée avec soin et loin des sources d’interférence possibles, pour être soustraite, en particulier, aux parasites industriels; il est préférable qu’elle soit en dehors de la ville; la réception sera ainsi, généralement exempte de troubles, ce qui est encore un avantage appréciable.
- Dans les premières installations, un seul programme était distribué avec un seul fil et le retour était réalisé par la terre. Les installations actuelles permettent d’obtenir quatre programmes au choix de l’abonné.
- Il semble que les premiers essais de redistribution aient eu lieu en Hollande vers 1927. Ils se sont, d’ailleurs, heurtés à des difficultés techniques, administratives et financières, en raison de l’hostilité évidente des constructeurs d’appareils de T. S. F.
- En Hollande, les concessions ont été cependant accordées par l’administration des P. T. T. pour une période de 5 ans renouvelable pour la même durée, et toutes les exploitations de ce genre sont soumises à des règlements très précis et très stricts. Un Comité consultatif, composé de fonctionnaires de l’État et de membres délégués par l’association des exploitants des réseaux, examine
- les questions qui se rapportent aux problèmes de la radio-distribution.
- En Angleterre, il y aurait 130 compagnies se livrant
- Condensateur de liaison et de protection
- Réseau triphasé haute-tens "
- Réseau d'éclairage basse tens ?
- Fig. 1. — Poste émetteur haute fréquence et poste récepteur montés sur un réseau de lumière.
- à ce genre d’exploitation, et les autorisations d’exploitation ont été accordées par le Ministère des Postes pour une période allant jusqu’à la fin de 1936, et susceptible de renouvellement.
- Il y aurait en Allemagne trente stations distributrices de programmes et, en Belgique, des négociations ont été entreprises entre le Gouvernement et quelques compagnies.
- Deux grands consortiums ont le monopole de l’exploitation des postes de relais en Suisse, mais le Ministre des Postes et Télégraphes les a obligés à utiliser exclusivement des câbles souterrains.
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- En France, rien d’analogue jusqu’ici.
- Dernièrement, la municipalité de La Rochelle avait reçu une proposition d’installation d’un réseau de distribution à domicile par une Société d’études et d’exploitation dite « Radio-bloc ».
- Cette Société voulait organiser une centrale de réception perfectionnée, analogue à celle de la ville de Rotterdam qui compte 70 000 abonnés; le prix de l’abonnement aurait été très faible et de l’ordre de 35 francs par mois pour une prise de réception à 6 directions, la ville bénéficiant d’autre part d’une redevance annuelle, et de l’attribution gratuite de plusieurs postes.
- Il ne semble pas malheureusement que ce projet, ni d’autres du même genre, puissent avoir une suite, car l’administration des P. T. T. lui est actuellement, catégoriquement hostile, en raison des répercussions que pourraient avoir de telles organisations sur le rendement de la taxe qui frappe aujourd’hui, au profit de la radiodiffusion, les postes et les lampes de réception. Il ne paraît pourtant pas impossible de trouver un compromis donnant satisfaction aux usagers et assurant, d’autre part, au service des P. T. T. une compensation pour les pertes possibles dans les taxes qu’elle escompte.
- LA TECHNIQUE DE LA RADIO-DISTRIBUTION
- L’établissement des réseaux de radio-distribution ne semble pas se heurter à des difficultés très grandes, d’autant plus qu’il s’agit généralement de lignes relativement courtes. On a déjà essayé, aux États-Unis notamment, d’utiliser le réseau d’éclairage pour la transmission de la téléphonie haute fréquence en employant alors, il est vrai, un poste récepteur simple, mais cependant à lampes de T. S. F. Le poste émetteur peut avoir une puissance réduite de l’ordre de 50 w, et comporter par exemple une lampe oscillatrice et une lampe de modulation actionnée par une lampe amplificatrice commandée
- Fig. 4. — Circuit d’une ligne d’abonné du théâtrophone.
- multipliage
- multipliait
- Domicile de l'abonné
- Central Théâtrophone
- Ligne . , _e
- d'audition Central intermed .
- Central de l'abonné
- Ligne
- auxiliaire
- par le microphone. Le récepteur avec couplage en tesla comporte une détectrice et deux lampes amplificatrices basse fréquence. Les schémas indiqués sur la figure 1, et qui datent déjà de plusieurs années, peuvent évidemment être modifiés suivant les progrès de la technique. On emploie une longueur d’onde assez élevée, de l’ordre de 3 800 m et on peut obtenir une audition pure et intense dans un rayon d’une dizaine de km au minimum. Des essais analogues ont lieu en ce momant en Angleterre.
- En général, pour la redistribution basse fréquence, il ne semble même pas nécessaire d’avoir recours aux câbles spéciaux utilisés pour la radiodiffusion simultanée et tels qu’on les emploie normalement désormais (fig. 2). Il suffit pour la distribution ordinaire à fréquence musicale d’employer de bons amplificateurs basse fréquence ayant une courbe de réponse satisfaisante entre 50 et 8000 périodes par seconde et du genre de ceux qu’on adopte également pour la radiodiffusion simultanée (fig. 3).
- LES PROGRÈS DU THÉÂTROPHONE
- Clément Ader réalisa la première installation théâtro-phonique à l’exposition de 1881 et Jules Grévy fut le
- Kers autres étages p^sh^pull
- Compensateur
- Volume
- contrôle,
- 0.8mfd
- 20 Henrys
- *" B. T. *
- + H.T.
- Fig. 3. — Amplificateur basse fréquence pour la transmission sur lignes téléphoniques.
- premier à offrir à ses invités l’audition de l’Opéra à domicile. La première société d’exploitation du Théâtrophone fut créée en 1889, du nom de l’appareil récepteur automatique imaginé par MM. Marinovitch et Szarvady. Cet appareil portait deux écouteurs téléphoniques, et fonctionnait par l’introduction d’une pièce de 0 fr 50; l’audition durait 10 minutes; un voyant indiquait le théâtre que l’on pouvait écouter, et prévenait des entr’actes. Ces appareils furent mis en service à l’exposition de 1889, puis ensuite placés dans les foyers des théâtres, les cafés, les cercles, les hôtels, etc... et enfin chez les particuliers. Leur succès fut surtout de curiosité, car l’audition était faible et de qualité musicale imparfaite. On chercha donc bientôt à employer des haut-parleurs, soit avec des microphones multiples, soit, à partir de 1913, avec des relais microphoniques genre Brown.
- Dès 1918, on essaya les amplificateurs à lampes et il fallut choisir, pour les mettre en œuvre, entre l’emplacement au poste de réception chez l’abonné, ou la centralisation de l’amplification dans un bureau centi’al.
- La première solution risque d’amplifier les bruits parasites de la ligne, la deuxième supprime ces inconvénients, mais présente le danger de gêner les lignes télé-
- Gaine extér'.6 Couches de papier
- en plomb et câbles téléphonM Couches
- i \ \ isolantes de ggBfcsWv J/aP\er Ecran/ J méfa/Rque y
- En veloppe Conduct^pour cour
- de papier de radio-diffusion
- Fig. 2.
- Câble pour diffusions simultanées.
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- phoniques voisines par induction mutuelle. Dans l’installation actuelle du théâtrophone parisien, située 23, rue Louis-le-Grand, et qui est reliée aux différents théâtres, salles de concert, et studios d’émission par des câbles directs, on emploie un amplificateur central; il n’y a pas d’induction mutuelle à craindre tant qu’on ne dépasse pas une intensité de 5 milliampères par récepteur.
- L’abonné peut ne pas employer d’amplificateur, ou, s’il veut une audition très intense, utiliser simplement un étage d’amplification basse fréquence alimenté par le secteur, et qui n’exige aucun entretien ni aucun réglage.
- On voit sur la figure 4 le schéma d’une ligne d’abonné en audition au théâtrophone sans amplificateur de réception.
- A l’extrémité du cordon d’abonné, se trouve une fiche 1 que l’opérateur enfonce dans un jack par où arrive le courant amplifié du microphone. Le courant passe dans le primaire d’un translateur 3 qui permet d’alimenter la ligne par une batterie centrale.
- La ligne arrive à un jack à double rupture, et ensuite au répartiteur. Le jack permet à l’opérateur d’entrer en ligne en coupant l’audition et de pouvoir parler à l’abonné; il sert, d’autre part, à contrôler l’établissement correct de la ligne de l’abonné. Au central, la boîte de concentration 11, connecte directement la ligne d’audition à une ligne auxiliaire, de sorte que la ligne de l’abonné est directement reliée au central du théâtrophone.
- La ligne arrive chez l’abonné et elle est connectée à son installation téléphonique; elle se place en dérivation sur cette dernière sans la modifier, et comporte simplement un condensateur de 2 microfarads avec une prise de courant, l’ensemble étant placé en dérivation sur la ligne. On intercale directement la fiche du haut-parleur dans la prise 16, ou bien on intercale un amplificateur, comme nous l’avons indiqué.
- La technique de la distribution théâtrophonique a bénéficié de tous les progrès obtenus en radiodiffusion, et, en particulier, en radiodiffusion théâtrale, sur laquelle nous avons donné des détails dans le numéro spécial de 1933. On utilise un seul microphone ou deux microphones convenablement accouplés, une fois pour toutes, soit du type à charbon, soit électrostatique; le courant provenant du microphone arrive au central dans un amplificateur à 4 étages, la dernière lampe de cet amplificateur débite sur la résistance fixe d’un potentiomètre, dont la partie variable alimente les circuits de grille des lampes des distributeurs.
- Ces derniers comportent chacun une lampe d’une puissance dissipable de 10 w, dont le circuit de plaque débite sur le primaire d’un transformateur dont le secondaire peut alimenter 10 abonnés avec 10 enroulements différents. Le courant reçu par chaque abonné est indé-
- = SIGNAUX HORAIRE
- HISTORIQUE
- L’une des applications les plus précieuses, mais certainement les plus mal connues de la télégraphie sans fil est la mesure du temps, ainsi que les mesures géodésiques qui en découlent.
- pendant de celui des autres placés sur le même distributeur, et il ne peut être affecté par la mise en court-circuit ou la rupture d’un circuit quelconque.
- Un seul microphone peut alimenter plusieurs centaines d’abonnés, à la condition de prendre certaines précautions contre les effets de capacité des lampes distributrices, surtout sensibles dès qu’on atteint une dizaine de lampes. Avec un type de haut-parleur électro-magnétique à diffuseur, l’audition sans amplification à la réception est
- Fig. 5. — Tableau d’amplificateur du théâtrophone.
- assez puissante pour être écoutée à 4 ou 5 m de l’appareil. Au lieu d’employer un amplificateur auxiliaire à la réception, il est d’ailleurs, possible d’utiliser les étages d’amplification basse fréquence d’un poste récepteur de T. S. F. ou d’un phonographe électrique.
- Le théâtrophone, qui peut être considéré en quelque sorte comme le doyen des systèmes de distribution de concerts à domicile, a donc été ainsi, on le voit, notablement perfectionné grâce à sa jeune rivale, la radiophonie. P. Hémardinquer.
- INTERNATIONAUX =
- Il est évident, en effet, que le temps mis par un signal radio-télégraphique, qui se propage à la vitesse de 300 000 1cm par seconde, pour faire le tour de la Terre, et a fortiori pour n’en décrire qu’un arc de cercle, est généralement négligeable. En comparant l’heure locale à celle d’un autre lieu transmise
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- FYL.FYB FLE FH.F7B
- 07h5B 19h56
- 07h57 09“27 I9h57
- 07h58 09**28 19h58
- 07**59 09“?9 i9**59
- 08h00 09h30 20**00
- 08h01 09h3) 2OH0l
- 08h02 09h32 ?0h02
- 08H03 09*133 20H03
- 08H04 09H34 20H04
- 08h05 09*135 20h05
- 08h06 09H36 20h06
- 15 20
- ^ APPEL ^
- 40 45 50
- FLE FILFIB FLE .
- 09“28 I9**58 22**28
- 09*129 19159 22 **29
- 09h30 20*100 22“30
- 09**32 20H02 22**32
- 09^33 20^3 22h33
- 09K34 20**04 22*134
- 09*135 20*t)5 22**35
- 09**36 20**06 22**3B
- Signaux rythmésde neg/agesi
- 6!battements par minute SOcourtsetun long à chaque minu-I te ronde i i i
- I I I I I il
- Fig. 1. •— Schéma des signaux horaires internationaux émis par tes stations françaises.
- radioélectriquement, on peut donc en déduire la différence de longitude entre ces deux lieux. Inversement, de la connaissance de l’heure on peut déduire celle du lieu.
- Dès 1912, peu avant la guerre, la mesure du temps avait déjà permis de rendre d’importants services aux astronomes, aux navigateurs pour la connaissance de l’heure et du lieu,
- aux explorateurs et circumnavigateurs pour la détermination des longitudes.
- La seule réglementation existant alors en matière de T. S. F., était celle de Berlin (1906), qui ne s’était pas préoccupée d’établir un plan d’ensemble des signaux horaires. C’est ainsi que chaque pays avait fait à sa fantaisie, si bien que des signaux
- Fig. 2. — Diagramme de signaux horaires.
- Les chiffres de I à VII se rapportent aux chiffres I à 7 portés dans la colonne « Diagramme » du tableau I, p. 227.
- Secondes 0
- i i i i
- i i i i
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- i i i, ,i—
- 56°Minute 57° „ 58° » 59° »
- 60° 77
- 55?Minute — 56° .7
- 57° 77 _
- 58° .7 59° 77 _
- 58° 77
- 2° 77
- 3° .7
- 58° 77
- 57° .7
- 58° *,
- 56° »
- .59° 77
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- horaires faisant double emploi étaient souvent émis à peu de temps les uns des autres, tandis qu’à d’autres moments il n’y avait aucune émission de cette nature.
- En 1912, la Conférence radiotélégrapliique internationale de Londres décida de s’en remettre de ce soin à une conférence
- .............. ::........:.... = 227 =
- Mais la durée de chaque série de ces signaux fut limitée à 10 minutes.
- Dans la suite, la Convention de Washington invita à transmettre les signaux horaires sur ondes amorties ou entretenues modulées, pour faciliter leur réception par les postes les plus
- TABLEAU I
- Tableau des stations mondiales transmettant des signaux horaires en moyennes ondes
- et en grandes ondes.
- HORAIRE DES TRANSMISSIONS
- Longueur d’onde en mètres STATIONS Indi- catif PAYS
- 434,5 Arlington NAA États-Unis
- 600,0 Sydney VIS Australie
- 600,0 * — —
- 600,0 Melbourne .... VIM --
- 600,0 — — —
- 600,0 Cape-Town .... VNC Afrique du Sud
- 600,0 Ponta Vermelha. . CRZ Mozambique
- 600,0 — . . — —
- 600,0 Clioshi JCS Japon
- 600,0 — —
- 600,0 Colombo VPB Ceylan
- 600,0 Perth VIP Australie
- 600,0 —
- 600,0 Adélaïde VIA —
- 600,0 — •
- 1.000,0 Darsena Norte . . LIH Argentine
- 1.000,0 Valparaiso .... CCE Chili
- 1.200,0 Massana IRG Erythrée
- 1.200,0 — —
- 1.200,0 Athènes SXA Grèce
- 2.000,0 San-Carlos .... EBY Espagne
- 2.000,0 Calcutta VWC Indes
- 2.250,0 Mogadisco .... ISG Somalie Italienne
- 2.271,0 Colon NAX Panama
- 2.271,0 — —
- 2.300,0 Colombo VPB Ceylan
- 2.650,0 Paris FLE France
- 2.650,0 — —
- 2.677,0 Astoria NPE États-Unis
- 2.677,0 Arlington NAA —
- 2.828,0 Pearl Harbour . . NPM Iles Hawaï
- 2.883,0 Eurêka NPW États-Unis
- 2.939,0 San-Diego NPL —
- 3.100,0 Nauen POZ Allemagne
- 4.558,0 San-Francisco. . . NPG États-Unis
- 6.518,0 Balboa NBA Panama
- 6.518,0 — —
- 7.005,0 San-Francisco. . . NPC États-Unis
- 7.700,0 Funabashi .... JJC Japon
- 7.700,0 — — —
- 9.804,0 San-Diego .... NPL États-Unis
- 11.490,0 Pearl Harbour . . NPM Iles Hawaï
- 15.600,0 Malabar PKX Java
- 15.600,0 — —
- 17.040,0 Annapolis NSS États-Unis
- 17.040,0 — —
- 18.060,0 Nauen POZ Allemagne
- 18.900,0 Bordeaux LY France
- 18.900,0 • —
- Nature Dia Heure de Greenwich Heure locale
- de l'onde gr. Temps du début Temps de la fin Temps du début Temps de la fin
- H. Mn. Sec H. Mn. Sec H. Mn. Sec. H. Mn. Sec.
- O. E. I. 4 16 55 00 17 00 00 11 55 00 12 00 00
- • 7 02 55 00 03 00 02 12 55 00 13 00 02
- 7 10 55 00 11 00 02 20 55 00 21 00 02
- 6 01 57 00 02 00 00 11 57 00 12 00 00
- — 13 57 00 14 00 00 23 57 00 24 00 00
- • — 20 57 55 21 00 00 22 57 55 23 00 00
- E. • 07 57 00 08 00 00 09 57 00 10 00 00
- — 18 57 00 19 00 00 20 57 00 21 00 00
- 3 02 00 00 02 04 00 11 00 00 11 04 00
- — — 12 00 00 12 04 00 21 00 00 21 04 00
- O. E. I. 2 16 57 00 17 00 00 22 27 00 22 30 00
- — — 02 57 00 03 00 00 10 57 00 11 00 00
- — — 14 57 00 15 00 00 22 57 00 23 00 00
- • — 02 27 00 02 30 00 ii 57 00 12 00 00
- — • 14 27 00 14 30 00 23 57 00 24 00 00
- O. E. 6 13 45 00 14 00 00 09 45 00 10 00 00
- E. 5 00 55 00 01 00 00 20 12 13,7 20 17 13,7
- — 1 04 52 00 05 00 00 07 52 00 08 00 00
- • 1 23 52 00 24 00 00 02 52 00 03 00 00
- • 6 21 57 00 22 00 00 23 57 00 24 00 00
- O. E. 2 12 56 00 13 00 00 12 56 00 13 00 00
- E. — 08 27 00 08 30 00 13 57 00 14 00 00
- O. E. I. i 08 52 00 09 00 00 11 52 00 12 00 00
- — 4 03 55 00 04 00 00 22 55 00 23 00 00
- — 17 55 00 18 00 00 12 55 00 13 00 00
- O. E. I. 2 05 57 00 06 00 00 11 27 00 11 30 00
- — 6 09 26 00 09 30 00 09 26 00 09 30 00
- O. E. I. — 22. 26 00 22 30 00 22 26 00 22 30 00
- O. E. A. 4 19 55 00 20 00 00 11 55 00 12 00 00
- — — 02 55 00 03 00 00 21 55 00 22 00 00
- O. E. I. 23 55 00 24 00 00 13 25 00 13 30 00
- — 19 55 00 20 00 00 11 55 00 12 00 00
- — _ 16 55 00 17 00 00 08 55 00 09 00 00
- E. 2 11 56 00 12 00 00 12 56 00 13 00 00
- O. E. A. 4 05 55 00 06 00 00 21 55 00 22 00 00
- O. E. •— 03 55 00 04 00 00 22 55 00 23 00 00
- — — 17 55 00 18 00 00 12 55 00 13 00 00
- O. E. A. 19 55 00 20 00 00 11 55 00 12 00 00
- O. E. 3 02 00 00 02 04 00 11 00 00 11 04 00
- — 12 00 00 12 04 00 21 00 00 21 04 00
- — 4 16 55 00 17 00 00 08 55 00 09 00 00
- O. E. I. — 23 55 00 24 00 00 13 25 00 13 30 00
- O. E. 2 16 27 00 16 30 00 21 27 00 21 30 00
- — — 00 57 00 01 00 00 08 17 00 08 20 00
- — — 02 55 00 03 00 00 21 55 00 22 00 00
- 16 55 00 17 00 00 11 55 00 12 00 00
- — 2 23 56 00 24 00 00 00 56 00 01 00 00
- _ 6 07 56 00 08 00 00 07 56 00 08 00 00
- — 19 56 00 20 00 00 19 56 00 20 00 00
- Obser-
- vations
- (1)
- (2)
- (1)
- spéciale, la Conférence de l’Heure, qui se réunit à Paris (1912-1913) où elle institua à l’Observatoire le Bureau international de l’Heure.
- La Convention de Londres stipula que, en principe, les stations radiotélégraphiques susceptibles de brouiller les signaux horaires devaient à ce moment suspendre leur émission.
- rudimentaires en usage à cette époque sur les navires. Elle spécifia, dans son article 31 A du règlement général annexé, que les signaux horaires devaient être transmis conformément à un horaire déterminé, de préférence aux heures où peuvent les recevoir les stations n’ayant qu’un seul opérateur. La vitesse de transmission doit être choisie de telle manière que
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-
-
- = 228 —r...................................=
- la lecture des signaux soit possible à un opérateur ne possédant que le certificat de deuxième classe.
- LES SIGNAUX HORAIRES FRANÇAIS
- Conformément aux prescriptions du Bureau international de l’Heure, rattaché à l’Union astronomique internationale, les signaux horaires internationaux sont émis en France depuis janvier 1931, dans les conditions suivantes, par les trois stations de Bordeaux-Croix-d’llins, la Tour Eiffel et Pontoise.
- Bordeaux-Croix-d’Hins (FYL) émet en ondes entretenues sur 18 900 m de longueur d’onde, au moyen d’un arc ou d’un alternateur.
- La Tour Eiffel (FLE) émet en ondes entretenues modulées sur 2650 m de longueur d’onde.
- émissions horaires par jour (24 h), et, en général, au plus quatre.
- Le tableau I ci-dessus de la page 227 indique, en heure du méridien de Greenwich (heure française d’hiver) et en heure locale, quel est l’horaire de ces stations transmettant sur ondes moyennes et longues, c’est-à-dire de 434 à 18 900 m de longueur d’onde.
- Pour simplifier l’écriture, les abréviations suivantes, concernant la nature de l’émission, ont été adoptées : O. E., ondes entretenues; O. E. I., ondes entretenues interrompues; O. E. A., ondes entretenues vibrées; E. étincelles. Dans la cinquième colonne figurent des numéros qui renvoient au type de diagramme adopté par la station pour ses émissions.
- Ces différents schémas de diagrammes horaires, au nombre de sept, sont représentés sur la figure 2.
- La colonne « observations » porte les remarques suivantes :
- TABLEAU II
- Tableau des stations transmettant des signaux horaires internationaux sur ondes courtes.
- Long, d’onde en mètres STATIONS NATIONALITÉ Indicatif HEURES
- Début Fin
- 22,540 Cavité Iles Philippines NPO 02,55 03,00
- » I) 1) » y 13,55 14,00
- 24,900 Arlington États-Unis NAA 02,55 03,00
- » » .) 07,55 08,00
- » » » 16,55 17,00
- 25,000 Saigon Indochine HZA 19,00 19,05
- 28,350 Pontoise France FYB 7,56 . 19,56 8,06 20,06
- 33,810 Cavité Iles Philippines NPO 13,55 14,00
- » » » » » 02,55 03,00
- 32,500 Paris France FLJ 07.56 08,00
- » » » y 19,56 20,00
- 34,400 Rio de Janeiro Brésil PPE 00,00 00,30
- 34,900 San Francisco États-Unis NPG 05,55 06,00
- » » )) y 19,55 20,00
- 37,400 Arlington » NAA 07,55 08,00
- » » « y 16,55 17,00
- <( » » y 02,55 03,00
- 55,000 Massua Erythrée IRG 03,56 04,00
- 1) » « y 17,56 18,00
- » Mogadsicio Somalie ISG 21,56 22,00
- 74,500 Arlington États-Unis NAA 02,55 03,00
- » » y 07,55 08,00
- y » » 16,55 17,00
- (Heure en T. M. G.)
- Pontoise (FYB) émet en ondes entretenues pures sur 28,35 m.
- Envoyés directement de l’Observatoire de Paris, les signaux expriment les heures en temps moyen du méridien de Greenwich, c’est-à-dire en heure d’hiver française.
- Le schéma ci-dessus (fig. 1) montre comment, pour chacune de ces émissions, se répartissent les signaux, seconde par seconde, au cours des dix minutes que dure chaque émission. Le bulletin horaire du Bureau international de l’Heure publie d’ailleurs tous les renseignements complémentaires relatifs à l’émission de ces signaux.
- SIGNAUX HORAIRES SUR ONDES MOYENNES ET LONGUES
- Quelques dizaines de stations radiotélégraphiques mondiales assument la charge d’émettre un système de signaux horaires tel qu’en tout point du monde il est possible de capter, même avec un récepteur de sensibilité moyenne, au moins deux
- (1) Ne fait pas d’émission le dimanche; (2) N’émet pas de signal aux 10e, 30e et 50e secondes.
- SIGNAUX HORAIRES SUR ONDES COURTES
- Depuis quelques années, le développement des transmissions sur ondes courtes a motivé l’extension des signaux horaires à ces gammes d’ondes, dont la portée est généralement plus étendue.
- Le tableau II, ci-dessus, donne ces émissions horaires pour la' gamme de 20 à 80 m de longueur d’onde.
- Ainsi l’on peut affirmer que grâce à ce triplé réseau d’émissions, aucun endroit de la terre, si isolé soit-il, ne peut manquer d’être touché par un signal horaire. C’est une des formes les plus originales des bienfaits de la civilisation.
- Michel Adam, Ingénieur E. S. E.
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- .== LES COLLECTEURS D’ONDES = 229
- ET LES PARASITES
- PRINCIPES ET EMPLOI DES ANTENNES ANTI-PARASITES
- LES DIFFICULTÉS DE LA LUTTE DIRECTE CONTRE LES PARASITES
- La lutte contre les parasites industriels de la radiophonie est entrée enfin dans une phase active depuis la promulgation des décrets et des arrêtés du ministère des P. T. T. qui vont être appliqués complètement à partir du 1er octobre 1934.
- Quoiqu’encore imparfaits, ils constituent dans bien des cas une base efficace pour contraindre les perturbateurs à corriger leurs appareils défectueux par des systèmes antiparasites convenables. On dispose à cet effet, aujourd’hui d’un matériel spécialement efficace.
- Cependant, malgré ces moyens juridiques et techniques, il est vain d’espérer que partout et toujours il sera possible de supprimer complètement les parasites industriels à leur source même; bien souvent encore on ne pourra compter que sur les moyens de lutte indirects qui consistent, non pas à empêcher la naissance ou la propagation des parasites, mais à atténuer autant que possible l’influence qu’ils peuvent avoir sur le poste récepteur.
- LES DISPOSITIFS RÉCEPTEURS ANTI-PERTURBATEURS
- On a déjà proposé presque depuis les débuts de la T. S. F., des dispositifs auxiliaires spéciaux pour séparer dans le récepteur le signal et le parasite supposés recueillis tous deux par le collecteur d’ondes; cette opération était bien difficile en raison du mélange intime et de la similitude de formes du signal et des pai’asites.
- Les appareils proposés visaient uniquement la réception radio-télégraphique, et les résultats obtenus n’ont jamais été très brillants. Il nous semble pourtant intéressant de signaler ici un système très récent et original inventé par un chercheur belge, M. de Monge, qui semble tout au moins présenter des particularités assez originales.
- Son but est d’éviter l’action de parasites puissants correspondant à un champ électro-magnétique plus intense que celui du signal, mais de courte durée.
- Ceci ne signifie pas toujours que le bruit parasite paraisse dans le haut-parleur beaucoup plus fort que l’audition utile; l’amplification du parasite par le récepteur peut être, en effet, moins forte que celle du signal. Le parasite peut être composé d’impulsions élémentaires très courtes, d’une durée de l’ordre de 1/100 000e de seconde, par exemple, mais fréquemment répétées, de sorte qu’il peut avoir, le cas échéant, une apparence continue.
- M. de Monge considère qu’il faut arrêter les perturbations parasites dès l’entrée du récepteur, au moment où elles se différencient fortement des signaux utiles; pour opérer cette séparation, il a recours à la caractéristique essentielle du parasite qui est sa grande amplitude. Il place donc avant le récepteur un montage destiné à supprimer toute pointe de tension dépassant la limite de modulation normale; la petite perturbation qui résulte de cette opération sur le signal lui-même est tellement courte qu’elle est inaudible.
- La figure 1 montre le schéma de principe du montage employé. Une première lampe d’entrée E amplifie l’ensemble recueilli par le collecteur d’ondes, et qui comprend le signal utile et le parasite, pour amplifier en même temps leur différence,
- Vers le poste réceptf
- Fig. I. — Principe du système antiparasite de de Monge.
- et faciliter ainsi leur séparation. L’élimination est effectuée par les diodes VI et V2, connectées en dérivation sur le circuit, et dans le sens opposé. Ces tubes sont polarisés à une valeur réglable par une batterie B créant des chutes de tension dans les résistances ri, r2. On détermine ainsi un seuil de fonctionnement, et, pour toute tension dépassant cette limite, il se produit un écoulement direct à la terre des alternances positives par le tube V2, et des négatives par le tube VI.
- Le résultat n’est pas encore suffisant à cause de la résistance interne des diodes; on reprend donc à l’aide d’une résistance R une partie des parasites dérivés par l’ensemble VI V2, et à l’aide de la lampe triode F, on la réintroduit sur une inductance S, ainsi en opposition de phase avec le résidu de parasites, qui reste encore mélangé au signal utile. Cette inductance S diminue en même temps la valeur relative de la résistance des valves sur la branche dérivée.
- Le système ne peut cependant être très efficace que moyennant certaines précautions; c’est ainsi qu’il a fallu accorder
- Fig. 2. -— Propagation des parasites produits par les tramways.
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- 230.
- le circuit d’entrée, pour éliminer l’effet nuisible possible des émissions locales. La capacité interne des diodes doit être aussi réduite que possible, de façon à ne pas laisser pas-sagedirec tement à la haute fréquence, ce qui pourrait rendre difficile l’emploi du système pour la réception des ondes courtes; les courants haute fréquence re-
- . , , , , cueillis par 1 antenne ne
- a deux électrodes a gaz rare. *
- doivent pas évidemment
- parvenir directement au récepteur sans passer par le système anti-parasite; il faut donc prévoir des connexions sous écran et des blindages, dont l’action doit être complétée par celle d’un filtre haute fréquence secteur.
- LE PRINCIPE DES COLLECTEURS D’ONDES ANTI-PARASITES
- Le procédé de lutte indirect le plus simple est celui qui consiste à recourir à un collecteur d’ondes recevant normalement les ondes issues du poste à écouter, mais insensible ou peu sensible aux ondes ayant une autre origine. Disons tout de suite que ce moyen ne peut assurer l’élimination absolue des parasites; plus un poste récepteur est sensible, plus il est exposé à l’action des perturbations, de même qu’il peut recevoir plus facilement les émissions faibles ou lointaines.
- Voici une expérience facile à faire et parfaitement démonstrative. Considérons un poste récepteur sensible du type superhétérodyne, par exemple, et remplaçons le collecteur d’ondes normal par un petit bobinage de quelques centimètres de diamètre. Dans ces conditions nous pourrons recevoir encore un assez grand nombre d’émissions, mais l’appareil subit également l’influence des perturbations parasites; bien plus, le niveau des perturbations paraît avoir augmenté par rapport à l’énergie utile recueillie. Dans certains cas, en court-circuitant la prise d’antenne avec la prise de terre, on constate encore l’action des parasites industriels.
- Dans de telles conditions, il est malheureusement évident que ce n’est pas l’emploi d’un collecteur d’ondes spécial qui peut supprimer complètement les parasites. Les résultats pratiques peuvent pourtant être très satisfaisants, d’autant plus qu’on peut, non seulement réduire au minimum l’influence des parasites, mais encore augmenter l’énergie utile recueillie, afin d’élever le rapport signal-parasite.
- Ce ne sont pas, en tout cas, les systèmes d’accord qui
- Fig. 4. — Quelques modèles d’antennes spéciales.
- A. Antennes-cadres plates ou en tambour.
- B. C. D. Antennes sphérique, tubulaire, à plateaux empilés.
- E. Antennes verticales unifilaires et prismatiques.
- peuvent avoir une influence bien grande. Si l’on considère un montage d’accord quelconque sur antenne, par exemple, un montage en Bourne ou en Tesla, on constate le plus souvent qu’en accordant le circuit pour la réception d’une émission quelconque, on augmente l’intensité de l’audition utile en même temps que celle des bruits parasites. La plupart des oscillations parasites, en effet, n’ont pas une fréquence propre définie, elles agissent par choc. De même, Iorsqu’avec plusieurs instruments métalliques quelconques, nous frappons une branche d’un diapason, une corde de piano, ou de violon, nous entendons toujours la même note musicale déterminée par les caractéristiques de l’instrument de musique frappé et non par celle de l’instrument frappeur.
- Inversement, lorsqu’on produit un désaccord dans le système d’accord du poste, on constate le plus souvent une réduction, en proportions à peu près identiques, de l’intensité du signal utile et des oscillations perturbatrices. On obtient des résultats un peu plus marqués en désaccouplant les bobinages d’antenne et de secondaire; l’emploi de résistances dans l’antenne augmenterait d’autre part la différence d’amortissement entre les courants produits par les émissions utiles et les courants produits par les émissions parasites.
- Mais ce sont essentiellement l’emplacement, la forme et les caractéristiques du collecteur d’ondes qui interviennent dans son action anti-parasite.
- L’EMPLOI DU CADRE DE RÉCEPTION
- Le cadre est aujourd’hui abandonné par la majorité des auditeurs, au profit de l’antenne qui capte plus d’énergie et est moins encombrante.
- Les effets anti-parasites du cadre, plus ou moins discutés d’ailleurs, proviennent essentiellement de ses qualités directives, et de l’autonomie qu’il permet de donner au récepteur en supprimant la prise de terre. Dans les postes-secteur, pour rendre au cadre son effet directif complet, il faut d’abord supprimer l’effet d’entenne produit par le secteur, et essayer de mettre l’appareil dans les mêmes conditions qu’un appareil alimenté par batteries, en le séparant du réseau d’alimentation au point de vue haute fréquence.
- Le procédé classique bien connu consiste, rappelons-le, à relier chacun des fils d’alimentation à une armature de condensateur d’une capacité de l’ordre de 0,1 microfarad bien isolé, et essayé pour une tension continue de 500 v s’il s’agit d’un secteur 110 v.
- Les deux armatures libres des condensateurs sont reliées ensemble et à une prise de terre d’aussi bonne qualité que possible; on peut perfectionner ce système en employant en outre deux bobines de choc qui s’opposent à la propagation des oscillations haute fréquence perturbatrices, et les rejettent sur les condensateurs de fuite.
- Le cadre ordinaire peut être plus ou moins modifié de manière à augmenter ses propriétés anti-parasites; c’est ainsi qu’on peut utiliser des cadres à prise médiane, équilibrés ou blindés, ou à la fois équilibrés et blindés.
- LES ANTENNES ANTI-PARASITES
- Lorsqu’on considère uniquement le problème de la réception radiophonique, la descente d’antenne ne joue pas évidemment un rôle essentiel; il n’en est plus de même quelquefois, et surtout dans les villes, lorsqu’on veut réaliser une antenne antiparasites. Bien souvent, en effet, c’est la descente d’antenne qui joue spécialement le rôle de collecteur de parasites.
- Dans les villes, les perturbations produites par les appareils industriels se propagent, en effet, rarement à une grande hauteur au-dessus du sol, et tout au moins directement, à une grande distance autour de la source de production. Les pertur-
- D/*» »*/» fn t i rJ r* n
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- bâtions cessent ainsi d’être gênantes, en principe, à une hauteur de l’ordre de 5 à 6 m au-dessus de la source.
- Il en est ainsi, par exemple, pour les parasites des tramways, comme le montre la ligure 2. Les ondes perturbatrices sont attirées vers la terre, et si l’on l'ait un graphique indiquant la propagation des parasites, on trouve généralement des courbes qui ont plus ou moins la forme de parapluies. j
- Le support qui véhicule ces parasites est constitué généralement alors par des réseaux de conducteurs horizontaux assez longs; ce sont eux qui augmentent le rayonnement direct, et transmettent les perturbations aux appareils placés dans les étages supérieurs des immeubles.
- Ces perturbations ne sont donc pas produites à une distance dépassant 3 ou 4 m autour des conduteurs rayonnants, tels que conduites de chaulîage central, armatures métalliques, toitures en zinc, circuits téléphoniques, etc., et l’action perturbatrice s’effectue alors uniquement sur la descente d’antenne et non sur l’antenne elle-même. On peut donc se contenter dans ces conditions d’utiliser une antenne bien dégagée, aussi soustraite que possible à l’influence des perturbations, et de réaliser une descente d’antenne particulière, construite de telle sorte qu’elle échappe à l’influence de ces perturbations.
- Cadrejjrientable
- 100-1500
- le récepteur
- — Combinaison simple d'une antenne el d’un cadre.
- Dans d’autres cas, en province et à la campagne, il n’en est plus de même; les perturbations qu’on a à éliminer proviennent d’une source bien définie, de lignes haute tension, par exemple, et peuvent avoir une influence directe sur l’antenne. Il faut donc utiliser un collecteur d’ondes de forme spéciale, ou spécialement disposé, et la descente d’antenne a souvent une importance plus secondaire.
- L’emploi d’une antenne spéciale conjuguée avec une descente d’antenne anti-parasites peut évidemment rendre dans les cas les plus difficiles les meilleurs services. Les moyens que nous possédons pour établir une antenne anti-parasites sont donc assez divers.
- On peut disposer l’antenne d’une manière spéciale, et variable, d’ailleurs, suivant les cas, de façon à éviter autant que possible l’influence des perturbations, et le moyen est d’autant plus recommandé que la source de perturbations est mieux déterminée. On peut, d’autre part, établir un dispositif de forme spéciale moins sensible à l’action des oscillations perturbatrices qu’à celle des ondes radiophoniques.
- Les procédés compensateurs qui permettent d’annuler ou tout au moins, de diminuer l’action perturbatrice, au moyen d’une action de caractère identique et d’intensité correspondante mais s’effectuant en sens inverse, sont plus complexes et moins sûrs, mais peuvent rendre dans certains cas des services utiles.
- Enfin l’adoption d’une descente d’antenne spéciale est un complément souvent indispensable de la construction d’une antenne anti-parasites.
- pli—
- " lîOTMîi basse
- fers le récepteur Prise de terre
- (§) Câble blindé^yers
- ____/________iP
- Récepteur ' blindé
- 5 spirales longul totale 25 mètres
- Antennes isolées et enterrées à 50 ou 60 cm. de profondeur
- Fig. 5. — Antennes basses cl souterraines.
- A. Schéma de montage. — B. Trois formes d’antennes souterraines.
- LES PRÉCAUTIONS GÉNÉRALES
- Quel que soit le système d’antenne employé, il est indispensable de prendre pour l’installation de l’antenne ou de la descente, et aussi pour le réglage du récepteur, en général, quelques précautions toujours utiles à rappeler.
- Recevoir uniquement les émissions puissantes est une solution qui simplifie toujours les problèmes d’élimination des parasites, parce que c’est le rapport anti-parasite de l’intensité de l’émission utile à l’intensité des perturbations qui importe essentiellement.
- Une grande partie des troubles de réception à grande distance se traduisent par des oscillations à fréquence musicale de l’ordre de 4000 à 4500 périodes par seconde. Lorsque l’action des parasites est particulièrement à redouter, il est donc opportun de limiter la réponse du récepteur radiophonique à cette valeur limite. Cela détermine sans doute un certain manque de « brillant » et de naturel de l’audition, mais ce compromis regrettable est encore préférable à une réception constamment troublée. Les récepteurs actuels sont munis de filtres et de régulateurs de tonalité qui permettent d’abaisser la fréquence des sons musicaux, même quelquefois au delà du résultat désirable.
- La majeure partie des parasites, dont la plupart proviennent initialement d’étincelles électriques, parviennent au récepteur par l’intermédiaire de canalisations d’électricité, d’eau et de gaz et en grande partie par induction directe à courte distance. L’emploi d’une antenne intérieure dans ces conditions est tout à fait défavorable, et l’antenne extérieure est toujours à recommander. Quant à l’antenne de fortune, fil d’un secteur de distribution ou prise de terre, elle est complètement à proscrire; c’est un collecteur de parasites tout autant que d’ondes utiles.
- L’antenne extérieure, lorsqu’elle est d’un type classique, ne doit pas être forcément très longue, mais surtout élevée, et aussi éloignée que possible des conducteurs pouvant transmettre les perturbations. Le bout libre particulièrement doit
- Fig. 7. — Montage à compensation basse fréquence de De Groot.
- peme c » récepteur r >
- réceptf
- , Résistance
- ‘____i:—___+
- d'amortissem t
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-
-
-
- 232
- Récepteur de T.S.F
- 0,25/ma
- Xle récepteur
- Fig, S. — Montage à deux prises de terre.
- être protégé autant que possible contre toute influence nuisible.
- Le fait de placer l’antenne hors de la zone parasitaire n’est pas toujours aussi aisé qu’on pourrait le croire a priori. Il faut, en particulier, éviter complètement l’emploi d’haubans en métal pour soutenir les mâts supports, et n’utiliser que de la ficelle enduite; la difficulté de placer dans de bonnes conditions une antenne aussi élevée que possible attire souvent l’attention sur les dispositifs de forme spéciale qui seront indiqués plus loin.
- Il est évident, d'autre part, que l’orientation de l’antenne horizontale classique doit être déterminée toujours dans le même but; c’est ainsi que lorsqu’on aura à redouter l’influence d’une ligne de distribution quelconque à haute ou à basse tension, il conviendra que l’antenne soit disposée perpendiculairement à cette ligne.
- A cette catégorie de précautions, il convient de rattacher celles que l’on doit prendre contre les risques de décharge atmosphérique. Une charge dangereuse dans l’antenne doit être dérivée vers la terre avant qu’elle atteigne l’appareil récepteur, le danger n’existe pas seulement par temps d’orage, mais aussi par suite d’autres influences atmosphériques, telles que grêle, neige, etc., et même par contact accidentel avec les lignes de distribution.
- Le commutateur antenne-terre offre l’inconvénient de n’être pas automatique, et les cartouches à gaz rare qu’on peut trouver dans le commerce sous divers types paraissent maintenant préférables (fig. 3).
- Dès qu’une tension de 120 à 180 v se produit dans l’antenne la cartouche de gaz rares entre en fonctionnement jusqu’à ce que la tension ait été ramenée à une valeur normale, et un éclateur est prévu au cas où il se produirait des décharges plus
- Fig. 9. — A. Antenne à brins compensés.
- A. Antenne à brins compensés.
- B. Montage d’accord à deux antennes.
- Isolateurs
- Ifers le récepteur
- fortes. Le fil de terre utilisé pour la protection de l’antenne, dans tous les cas, ne doit pas passer à l’intérieur de l’appartement, ainsi qu’on a le tort de le croire la plupart du temps ; un fil de terre extérieur est toujours préférable, et il en est, d’ailleurs, de même pour tous les systèmes de collecteurs d’ondes anti-parasites dans lesquels on doit utiliser une prise de terre.
- La descente d’antenne, même lorsqu’elle n’est pas particulièrement d’un modèle spécial, doit être soignée; le fil sera écarté de 1 m au moins des murs de la maison, et ne se rapprochera pas des gouttières ou des canalisations électriques.
- La connexion à la terre est beaucoup plus importante qu’on ne le croit généralement. La liaison à une canalisation de gaz ou de chauffage central est, en réalité, peu recommandable. Toutes les fois qu’on le peut, la prise de terre doit être constituée par un fil de cuivre ou un grillage métallique enterré dans un sol humide au-dessous du récepteur. A défaut de cette solution, le branchement sur la canalisation d’eau est seul logiquement indiqué.
- Rappelons, enfin, les filtres haute fréquence intercalés sur les câbles d’alimentation et dont l’emploi est toujours indispensable pour les postes-secteur.
- L’emploi de collecteurs d’ondes de forme un peu spéciale, échappant en partie, par cette forme même, à l’influence des parasites, peut constituer dans bien des cas un moyen simple d’atténuer leur influence.
- Parmi les nombreux systèmes possibles citons d’abord les antennes-cadres qu’on place généralement à l’extrémité de perches en bambou de 5 à 8 m de hauteur au-dessus du toit. On peut constituer un système de ce genre au moyen d’une toile métallique de 6 cm de largeur et de 70 cm de côté, en fil de bronze phosphoreux, tendue sur un cadre en bois (fig. 4). L’enroulement peut être plus simplement établi avec du fil métallique isolé ou non.
- L’antenne-cadre en cage cylindrique a aussi donné de bons résultats dans les villes. Un tel collecteur d’ondes a un diamètre de l’ordre de 1 m, et il est formé de fils de cuivre enroulés en diagonale, fixés entre deux cerceaux également en fil de cuivre en gros diamètre et écartés d’au moins 0 m 50.
- Les collecteurs d’ondes tubulaires verticaux employés dans les débuts de la T. S. F. sont maintenant de nouveau utilisés avec succès; c’est ainsi que des constructeurs français ont recommandé à leurs clients d’adopter comme antennes des tubes de cuivre verticaux placés au bout d’une perche, correspondant généralement avec des descentes d’antenne blindées.
- On peut employer de la même manière des corps plus ou moins sphériques ou aplatis, en cuivre, laiton ou aluminium, c’est ainsi que l’antenne sphéroïde en aluminium d’une trentaine de centimètres de diamètre, montée sur un isolateur en porcelaine, paraît avoir beaucoup de succès en Belgique et en Hollande. Indiquons enfin, dans le même ordre d’idées, les collecteurs d’ondes formés d’une série de disques horizontaux fixés sur une perche isolée et éloignés les uns des autres de quelque dizaine de centimètres.
- A cette catégorie d’antennes spéciales, on peut rattacher les antennes souterraines et immergées, utilisées dès les débuts de la T. S. F., de même que les antennes basses généralement de grande longueur.
- Les antennes unifilaires longues peu élevées au-dessus du sol employées au début de la réception des ondes courtes, du type Beverage, par exemple, avaient une extrémité libre réunie à la terre par une résistance de quelques centaines d’ohms, et leur autre extrémité connectée au primaire apériodique d’un dispositif d’accord relié à l’appareil de réception (fig. 5).
- L’effet de ces antennes est très directionnel; leur longueur pourrait sans doute être ramenée à une cinquantaine de mètres avec les longueurs d’onde actuelles; elles exigent pour-
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- tant évidemment un emplacement suffisant à la campagne.
- Les antennes souterraines ont le mérite d’être encore plus faciles à installer; une tige de cuivre d’environ 1 m de long, dans laquelle on enfile 25 disques de cuivre de 25 cm de diamètre, espacés de 2 cm, le tout étant enfoncé dans le sol humide, peut constituer un collecteur d’ondes de fortune donnant quelquefois des résultats intéressants.
- Une antenne souterraine normale est constituée avec du câble soigneusement isolé comportant également une extrémité isolée; ce câble est disposé suivant plusieurs spirales séparées; on a également utilisé deux fils de terre en sens contraire, l’un servant d’antenne et l’autre de prise de terre. Leur elïet directionnel est très net. Des cadres enterrés orientés de l’extérieur ont été également essayés, mais, avec tous ces systèmes, il est nécessaire d’employer des récepteurs blindés et des câbles blindés de liaison, si l’on veut obtenir des résultats réellement efficaces.
- On a fait aussi des essais de réception depuis bien longtemps à l’aide de fils isolés immergés dans une nappe d’eau, ce procédé n’est évidemment pas à la portée de tous les auditeurs!
- 11 faut enfin rappeler les antennes verticales, unifilaires ou à plusieurs brins, d’emplacement réduit, d’installation facile et dont l’emploi, malgré tout, paraît trop peu généralisé. Une antenne verticale est dans bien des cas préférable à une antenne horizontale trop basse, au point de vue de l’élimination des parasites. Si une induction nuisible émane d’un réseau quelconque de distribution à câbles horizontaux, l’antenne verticale y est beaucoup moins sensible.
- On peut monter les antennes verticales à un seul brin en prisme ou même en nappe (fig. 4 E) ; on peut se contenter aussi d’enrouler du câble isolé autour d’un mât support assez élevé.
- Si l’on dispose, à la ville, de la cour d’un immeuble, il est facile de monter une antenne verticale assez haute, généralement admise par le propriétaire, parce que moins visible ; le brin vertical servant de descente d’antenne doit passer autant que possible dans Je milieu de la cour, et le brin horizontal très court et isolé sera fixé aux deux parois latérales, sur le toit si possible. A la campagne, on peut tendre une antenne verticale entre la chambre où est placé le poste et une branche d’arbre très élevée; si l’on dispose de deux arbres, le brin horizontal support sera fixé à ces poteaux improvisés.
- Dans tous les cas, la partie inférieure du brin vertical de l’antenne constitue la descente du collecteur d’ondes classique, il faut donc prendre garde de ne j:>as l’entourer d’un blindage de protection, car, par ce moyen même, on supprimerait toute réception.
- Ainsi, si l’antenne verticale ne peut être placée à une hauteur suffisante, on ne doit pas l’employer lorsqu’il faut éviter spécialement l’action des courants perturbateurs sur la descente d’antenne. L’installation est donc plus indiquée généralement à la campagne que dans les villes.
- LES SYSTÈMES D’ANTENNES COMPENSÉES
- /lAntenne supf
- Antenne supï
- Antenne
- Antenne
- borne antenne
- /ers le récepteur
- /ers le récepteur
- à= borne terre ~n a /i nnn
- Vers la grille
- ’/m////, Tesla'de liaison
- Fig. 10. —- Montages à deux antennes de hauteurs différentes ou de même hauteur.
- facilement. Grâce à l’emploi d’un inverseur, on peut faire varier le sens du couplage entre le primaire et le secondaire du système d’accord, et d’autre part, faire varier l’orientation du cadre jusqu’à ce que l’effet obtenu soit le meilleur possible.
- Dès 1907, Fessenden avait proposé une combinaison différentielle de deux circuits, soit fonctionnant avec une seule antenne, soit au moyen de deux antennes réceptrices séparées, et d’autres inventeurs, tels que Marconi, avaient proposé le montage en dérivation entre antenne et terre, d’une combinaison de capacités et d’inductances, ou même simplement d’un bobinage de valeur convenable.
- De Groot avait également proposé un système de compensation non plus en haute fréquence, mais en basse fréquence assez original, mais complexe. Deux antennes réceptrices de même forme et de même dimension étaient placées à une distance suffisante l’une de l’autre pour éviter l’influence mutuelle; la première est accordée à l’aide d’un système en Tesla et la deuxième très amortie; elles agissent chacune sur un récepteur différent, la première étant accordée sur la longueur d’onde à recevoir, et l’autre sur une longueur d’onde un peu plus grande (fig. 7).
- Les deux récepteurs sont reliés à un transformateur de sortie comportant deux primaires en opposition et un seul secondaire relié au haut-paiieur, les deux récepteurs ont une sensibilité équivalente.
- Les perturbations parasites agissent sur les deux récepteurs, et si les primaires égaux du transformateur sont enroulés en sens opposé, les effets basse fréquence produits sont plus ou moins annulés; les signaux utiles agissant d’une manière inégale sur les deux antennes continuent à être entendus sans un affaiblissement trop marqué.
- Signalons également les essais de shunt du bobinage d’antenne par un dispositif cohéreur, à contact carborundum acier par exemple. Une perturbation forte rend le système conduc-
- Fig. 11. — A gauche : montage compensé haute fréquence et trois circuits intermédiaires (Telefunken); à droite : principe d’un système compensé basse fréquence.
- Dans ces dispositifs, on s’efforce d’atténuer l’influence perturbatrice, par une autre action de même nature, et agissant en sens contraire.
- Certains systèmes comportent une combinaison de deux collecteurs d’ondes différents. L’un de ceux-ci est plus spécialement destiné à recueillir les ondes utiles, tandis que l’autre permet d’obtenir l’action compensatrice.
- On a proposé aussi la combinaison d’une antenne intérieure et d’une antenne enterrée; mais on a adopté surtout des combinaisons d’antennes et de cadres. On voit ainsi sur la figure 6 un montage simple de ce genre qui peut être essayé
- w/m
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- 1er I oeme
- récepteur... ........ récepteur
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- Antenne unifilaire
- Cage écran
- Borne antenne » terre
- Cage mise à la terre
- _ Z Béceptt
- Antenne écran électrostatique
- Antenne de réception
- jRécepteur
- résistance
- Fig. 12. — Antennes blindées.
- A. Antenne verticale dans une cage blindée.
- B. Antenne horizontale unifilaire protégée.
- C. Antenne en nappe disposée comme écran.
- teur et laisse passage au courant vers la terre, sans gêner d’une façon sensible la réception des signaux ordinaires.
- Tous ces dispositifs compliqués ont été essayés autrefois en radio-télégraphie, l’avènement de la radiophonie les a fait abandonner; on a cherché à les simplifier pour les cas de la radiophonie.
- Nous citerons, dans cet ordre d’idées, les antennes horizontales généralement unifilaires à deux prises de terre. Le brin d’antenne est relié d’un côté au poste comme à l’habitude, avec sa prise de terre normale; l’autre extrémité libre de l’antenne est également reliée à une prise de terre au moyen d’un fil de cuivre de grosse section de 12/10e à 16/10e de mm de diamètre afin de diminuer au minimum la résistance (% 8).
- Les deux prises de terre doivent avoir une résistance aussi faible que possible. On peut les constituer chacune par une plaque de zinc de 1 m2 disposée horizontalement à une profondeur de l’ordre de 1 m dans le sol humide. Dans ces conditions, la résistance de chacune des prises de terre est normalement inférieure à 40 ohms. Au lieu de plaques de zinc, on peut d’ailleurs utiliser des plaques d’un autre métal, mais, si le terrain est sec, il faut augmenter la surface de ces plaques et
- Fig. 13. — Descente d’antennes compensées.
- A. Réalisation d’une deuxième descente compensatrice.
- B. Système de liaison au récepteur.
- C. Système de descente torsadée et sa liaison au récepteur.
- Descente d'antenne normale
- Descente
- \libre
- Descente
- libre
- Vers le poste
- récepteur
- employer un lit de coke arrosé périodiquement.
- L’accord du récepteur est effectué en Tesla et le montage peut être simplifié en utilisant simplement un condensateur d’une capacité de l’ordre de 0,25/1000 en série dans le fil de descente du récepteur. On a intérêt à utiliser un câble d’une résistance aussi faible que possible en haute fréquence, du câble à brins isolés, par exemple.
- Les véritables antennes compensées peuvent être disposées suivant le principe employé par les amateurs américains dans les lignes dites à transposition. Les deux lignes parallèles sont croisées de distance en distance sur des isolateurs spéciaux, les courants induits dans les bouts ainsi formés se compensent sensiblement et évitent l’influence des lignes électriques voisines (fig. 9).
- Le montage à deux antennes de hauteur inégale, proposé depuis longtemps, peut mériter un essai pratique en raison de sa simplicité. Il comporte deux antennes à peu près identiques, situées à des hauteurs différentes; l’effet antiparasite est d’autant plus marqué que la différence des hauteurs est plus considérable (fig. 10). La liaison au récepteur s’effectue à l’aide d’un système d’accord en Tesla avec un primaire spécialement disposé, formé, par exemple, par une bobine cylindrique à une couche avec deux systèmes de prises. Aux deux extrémités, sont connectées les deux antennes et le retour à la terre s’effectue par le point milieu déterminé par expérience; dans le secondaire, on place une inductance supplémentaire en série pour ne pas effectuer l’accord simplement à l’aide du bobinage S.
- Ce montage peut être légèrement simplifié, comme le montre la figure 10, et on peut de même utiliser, non pas deux antennes superposées mais deux antennes situées dans le prolongement l’une de l’autre. Le système de liaison est en Tesla, la masse de l’appareil est réunie à la terre; on atténue de cette manière le trouble apporté par une ligne haute tension.
- ün peut aussi, en général, placer en dehors de la zone perturbée, un contrepoids faisant en quelque sorte écran entre l’antenne et la zone perturbée; il est évident que la descente d’antenne ne doit pas, en ce cas, être soumise à l’influence des perturbations.
- On a pu essayer avec une seule antenne de réaliser des effets du même genre. On a fait agir les signaux recueillis sur un secondaire S, à travers deux circuits primaires PI et P2 comportant des résistances d’amortissement qui permettent d’atténuer l’influence des parasites grâce à l’inversion du sens de connexion d’une des bobines de couplage. Un troisième circuit P 3 sert de filtre. En général, deux antennes égales et montées sur des condensateurs en série peuvent agir sur deux primaires couplés avec un même secondaire et reliés au poste récepteur à l’aide de couplages convenables, les influences des parasites produites sur l’une et l’autre s’annulent mutuellement dans le secondaire (fig. 11).
- La compensation en basse fréquence déjà indiquée plus haut paraît bien complexe, car elle exige l’emploi de deux collecteurs d’ondes et de deux récepteurs. Il suffit, en tout cas, à cet effet de prendre un transformateur de sortie à deux primaires et de relier chacun des primaires à la dernière lampe d’un récepteur, dans un sens tel que l’action des courants s’annule dans le secondaire. L’opposition pourrait être réalisée à l’entrée du premier transformateur basse fréquence, ce qui simplifie un peu le montage des amplificateurs.
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- LES ANTENNES BLINDÉES
- C’est une idée ancienne que celle de blinder partiellement les antennes, pour les rendre moins sensibles à l’action des parasites.
- Dieckmann avait proposé des cages constituées par des boucles horizontales métalliques tout autour de l’antenne et espacées de 50 cm, reliées les unes aux autres ainsi qu’à la terre, par des résistances, pour empêcher l’écran d’absorber une trop grande proportion d’énergie utile.
- De Groot, de même, avait songé à employer des antennes protégées en combinaison avec le système compensateur à basse fréquence indiqué précédemment.
- L’antenne était constituée par un fd vertical de 30 m de long et la cage d’une même longueur formée par des cadres carrés horizontaux de 0 m 50 de côté tendus sur quatre cordes de chanvre verticales.
- Ces cadres étaient connectés l’un à l’autre et à la terre à l’aide de résistances.
- On peut donc constituer l’antenne par un simple fil isolé vertical.
- Autour de ce fil, et supportés par des cerceaux de 30 à 40 cm de diamètre, on dispose un réseau de 5 à 6 conducteurs de fils de cuivre isolés du fil central, de manière à former une sorte de cage de Faraday.
- La descente d’antenne elle-même est blindée et Je blindage est relié à la terre par l’intermédiaire d’une résistance variable d’une valeur de l’ordre de 50 000 ohms. On fait varier la valeur de cette résistance suivant l'effet anti-parasite que l’on veut obtenir (fig. 12 A).
- Le système peut d’ailleurs être disposé horizontalement et disposé d’une manière un peu différente comme le montre la figure 12 B.
- Sans employer un dispositif aussi complexe, on peut disposer simplement au-dessus de l’antenne ordinaire un écran électrostatique dérivant vers le sol les charges qui pourraient être induites par les perturbations provenant de lignes aériennes élevées.
- Au-dessus de l’antenne unifilaire, par exemple, et à une hauteur de 2 ou 3 m, on tend une antenne trifîlaire réunie au sol directement à une de ses extrémités, et indirectement de l’autre (fig. 12 C).
- Il faut, d’ailleurs, là comme dans tous les autres systèmes d’antennes blindées, prendre quelques précautions de manière à éviter l’influence des parasites, mais à ne pas affaiblir en même temps la réception des émissions utiles.
- LES DESCENTES D’ANTENNES COMPENSÉES
- Il est nombre de cas où l’emploi d’une antenne bien dégagée et d’une descente d’antenne établie spécialement suffit pour donner les meilleurs résultats.
- Lorsque la descente d’antenne est d’une longueur relativement réduite, on peut également lui appliquer le principe de la compensation, et la constituer par deux brins compensés parallèles l’un à l’autre, l’un servant normalement à transmettre les ondes recueillies par l’antenne, l’autre exerçant un effet compensateur, ayant une extrémité libre et formant une boucle à la partie inférieure.
- Le système est couplé inductivement avec le récepteur, comme le montre la figure 13.
- Ce couplage s’effectue par un système en Tesla; pour qu’il soit efficace, il faut qu’il n’existe pas de capacité nuisible entre les bobines.
- On emploie, à cet effet, des écrans métalliques et une boîte blindée. Les deux bobinages primaires sont bobinés en sens
- A /ers l'antenne
- Tresse
- métallique
- Enveloppe
- de
- caoutchouc
- Blindage à la terre
- __ Bande
- protectrice
- cen tra I JSs® (cuivre)"^
- Caoutchouc
- Vers le récepteur
- Fig. 14. — Principe des antennes blindées; câble Siemens et câble Feria.
- inverse, de manière que les tensions parasites induites dans les deux fils de descente s’annulent dans les bobines intermédiaires.
- Dans un système analogue, la descente d’antenne est constituée par un conducteur bifilaire torsadé recouvert d’un vernis.
- A une extrémité, un des fils est soudé normalement à l’antenne, l’autre est coupé 20 cm plus bas, et laissé libre; les deux extrémités inférieures du fil sont connectées à un transformateur haute fréquence spécial analogue au modèle précédent (fig. 13 C).
- LES DESCENTES BLINDÉES
- Le moyen le plus simple, en principe, de soustraire la descente d’antenne à l’action des perturbations parasites haute fréquence consiste à la placer dans une cage de Faraday constituée par un tube métallique, mis à la terre. Le fil conducteur central relié au collecteur d’ondes, transmet les courants haute fréquence recueillis par l’antenne; le blindage reçoit les perturbations parasites locales et les écoule directement à la terre (fig. 14).
- Il vient d’abord à l’esprit d’utiliser pour constituer la descente un câble à fort isolement formé, par exemple, par un fil de magnéto et recouvert d’une chemise de plomb mise à la terre ; un tel blindage serait sans doute efficace au point de vue anti-parasite, mais présenterait le très grave inconvénient d’avoir une capacité très grande et, par conséquent, de livrer en même temps passage aux courants utiles recueillis par l’antenne, en affaiblissant complètement les réceptions.
- Cette capacité très grande des câbles blindés est le principal inconvénient des descentes d’antenne de ce genre et les constructeurs se sont efforcés de l’atténuer par la réalisation de câbles spéciaux.
- Le câble doit, en outre, être facile à poser, suffisamment robuste pour éviter les déformations mécaniques que pourraient déterminer un rapprochement du conducteur à haute tension et
- Fig. 15.
- Réalisation d’une descente blindée (câble Feria).
- Antenne
- Boite de soutien
- J" Cible blindé
- lAers prise
- de terre
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- Auto- transforma t! abaissF de tension
- Auto-transformat élévatfde tension
- Antenne bien dégagée
- Elément
- antenne
- Câble blindé
- Câble sous plomb 2conduct?torsa -dés plomb à la -terre.
- Transffélévatl ÏÏ.Borne tension,
- 5 terre T§ £T\l.
- Transffabaisseur de tension
- i-------
- Réçepteur
- Elément réceptl
- K borne terre
- v. borne antenne
- Fig. 16. — Descentes d’antennes basse tension.
- A. A auto-transl'ormateur.
- B. A transformateurs.
- C. A prises médianes.
- D. A circuits compensateurs.
- du blindage, d’où des augmentations de capacité en un point déterminé et une perte en haute fréquence. Pour qu’un tel système soit efficace, il faut, d’ailleurs, qu’il soit établi avec le plus grand soin depuis le niveau soumis aux perturbations.
- Parmi les modèles de câbles les plus récents, on peut citer ainsi le câble Siemens et le câble Feria; ce dernier type utilise Pair comme isolant, le conducteur central est recouvei't d’une gaine de caoutchouc se prolongeant en trois cloisons radiales, le diélectrique est réduit au minimum par la formation de ces trois compartiments et le blindage est constitué par une armature en aluminium spiralé. Sa capacité n’est que d’environ 25 millionièmes de microfarad par mètre. Un tressage extérieur recouvert d’un enduit spécial protège le câble contre les intempéries.
- La pose de ces câbles est facile, moyennant quelques précautions : éviter pour les câbles extérieurs de faire des angles aigus et d’écraser le câble; les angles brusques doivent, de même, être proscrits pour les câbles à l’intérieur des appartements; les extrémités doivent être protégées pour éviter l’intro'duction de l’humidité (hg. 15).
- transformateurs, ou deux auto-transformateurs.
- Le premier placé à proximité immédiate de l’antenne, abaisse la tension des courants recueillis et augmente leur intensité; il les envoie dans une descente blindée. Près du poste, les courants ainsi transformés agissent sur un deuxième élément élévateur de tension qui permet de leur restituer leurs caractéristiques initiales avant, de les transmettre au récepteur (fig. 16).
- On peut ainsi avoir des descentes de l’ordre de 200 m environ au maximum, sans redouter l’affaiblissement par capacité entre la ligne et le blindage, puisque les courants traversant la ligne sont à basse tension.
- Ce système peut être réalisé de plusieurs manières différentes, généralement assez simplement et à peu de frais.
- Le câble de liaison utilisé est de petit diamètre et assez souple pour permettre une installation facile; la gaine est recouverte d’un tube de plomb ou d’une tresse métallique qui forme blindage; on peut le trouver à l’heure actuelle très facilement chez de nombreux fabricants de câbles.
- La liaison s’effectue à l’aide de deux autotransformateurs, ou de transformateurs, ainsi que nous l’avons indiqué, montés dans des boîtiers blindés; l’amateur peut les établir lui-même, mais il les trouve facilement dans le commerce à l’heure actuelle.
- Un tel système permet même d’alimenter plusieurs postes à l’aide d’une seule antenne suffisamment efficace; on peut constituer une antenne commune pour tout un immeuble, et ce n’est que dans le cas où l’on veut utiliser un très grand nombre de récepteurs dans un hôtel ou une administration, par exemple, qu’il faut avoir recours à une amplification préalable haute fréquence (fig. 17).
- Les solutions offertes ainsi aux auditeurs pour l’établissement d’une antenne anti-parasites sont donc fort nombreuses.
- La plus employée, et aussi la plus sûre, consiste dans l’emploi d’une antenne classique aussi dégagée que possible, ou plus spéciale, combinée avec une descente d’antenne blindée à liaison directe ou non, mais, parmi les montages un peu plus complexes que nous avons indiqués, et doni la réalisation est d’ailleurs bien rarement coûteuse, il en est qui méritent d’être essayés, tout au moins dans les cas où leur construction est possible, c’est-à-dire surtout en province et à la campagne.
- P. H F.MARDINQUER.
- LES DESCENTES D’ANTENNES BASSE TENSION
- Lorsque la descente d’antenne est très longue, il est difficile de recourir à une descente blindée à liaison directe, en raison de la capacité de cette dernière qui provoquerait un déréglage important.
- En général, on préférera éviter les inconvénients de la descente blindée, et pour cela recourir à un principe classique pour la transmission d’énergie à haute fréquence, à savoir employer une double ligne et deux
- Fig. 17. •— Descentes d'antennes basse tension établies pour combattre l’influence des lignes haute tension et des tramways et pour utiliser une antenne commune (type Pival).
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- COMMENT CHOISIR UN POSTE DE T. S. F.?
- AMATEURS ET USAGERS
- Le problème du choix d’un poste est essentiel pour tout auditeur de T. S. F., mais il ne se présente pas dans les mêmes conditions pour un amateur averti ou pour un usager. Pour l’usager il s’agit d’obtenir dans les meilleures conditions possibles, pratiques et musicales, des auditions déterminées avec le minimum de difficultés de réglage; il ne possède pas, la plupart du temps, les connaissances nécessaires pour discerner les particularités des différents montages. Il examine seulement la présentation extérieure de l’appareil, son aspect esthétique, sa facilité d’installation et de réglage, et ne peut guère se rendre compte que par une audition directe de la qualité musicale de la réception. Le prix du poste, la réputation du constructeur, les conseils des amis sont souvent les éléments décisifs de son choix.
- L’amateur averti hésite sans doute aussi beaucoup devant les multiples appareils qui lui sont proposés chaque jour, mais il a, au moins, la ressource de discerner rationnellement les avantages et les inconvénients des differents systèmes, et, si le montage choisi ne lui donne pas toute satisfaction, il peut quelquefois se rendre compte de ses défauts, et l’améliorer sans trop de frais.
- La question du choix d’un poste par un amateur peut donc être étudiée rationnellement, mais elle exigerait un développement assez long, pour être traitée avec la précision nécessaire. Nous nous contenterons donc, et c’est d’ailleurs là un problème qui intéresse un très grand nombre de nos lecteurs, à en juger par l’abondante correspondance dont ils veulent bien nous honorer, d’exposer comment l’usager peut, lui aussi, se guider suivant des règles logiques.
- LES QUALITÉS DES RÉCEPTEURS
- On a souvent comparé l’industrie radio-électrique à l’industrie de l’automobile, et, en fait, la plupart des postes de T. S. F. sont désormais construits en série, comme les automobiles. Suivant l’expression vulgaire bien connue, «toutes les voitures marchent » à l’heure actuelle. Quels que soient le modèle et la marque qu’on a choisis, on peut, en tout cas, être assuré d’un service régulier quotidien, sans trop craindre de fâcheuses pannes.
- De même, dans l’état de perfectionnement auquel est parvenue l’industrie radio-électrique, il est bien peu de récepteurs qui ne fonctionnent pas. Tout récepteur radiophonique de bonne marque, comportant un nombre d’étages d’amplification suffisants et adapté à un collecteur d’ondes convenable, permet de recevoir une grande partie des émissions européennes. Ce sont seulement les qualités de sensibilité, de sélectivité, et de musicalité des récepteurs qui sont extrêmement variables, et, par suite, la qualité essentielle de l’audition varie suivant les modèles considérés.
- Rappelons à ce propos qu’un récepteur est plus sensible qu’un autre s’il permet, avec la même antenne, de recevoir des émissions en plus grand nombre provenant de postes plus lointains ou plus faibles. Il est sélectif, s’il assure la réception unique de l’émission qu’on veut entendre, sans qu’elle soit troublée par les émissions d’autres postes; il est musical, enfin, si l’audition est naturelle et agréable à l’oreille.
- A ces qualités essentielles, il faut joindre les perfectionnements qui correspondent, en quelque sorte, au confort de l’automobile. Le réglage peut être assuré d’une manière plus ou moins aisée à l’aide de systèmes de repérage plus ou moins perfectionnés; le récepteur peut être muni ou non de disposi-
- tifs additionnels, tels que boutons de réglage permettant de faire varier la tonalité de l’audition en lui donnant un caractère général plus ou moins aigu ou plus ou moins grave. Un système de réglage progressif de l’intensité sonore, un dispositif anti-fading permettent d’atténuer les variations d’intensité d’audition dues aux conditions particulières de propagation des émissions sur ondes courtes, des prises additionnelles pour l’emploi d’un haut-parleur additionnel, et d’un pick-up phonographique, augmentant l’agrément de l’auditeur. Enfin, il faut faire entrer en ligne de compte l’aspect plus ou moins esthétique de l’appareil, son encombrement, son poids, etc..
- CE QUE DOIT EXAMINER L’USAGER
- Avant de choisir un radio-récepteur, l’usager doit d’abord examiner les éléments dont il peut disposer pour Valimentation du récepteur : secteur de distribution électrique continu ou alternatif, accumulateurs ou piles.
- Il doit ensuite évidemment déterminer tout au moins d’une manière approximative la somme qu’il peut consacrer à l’achat de son appareil et à son entretien.
- Il doit connaître également les conditions dans lesquelles il pourra installer son appareil, c’est-à-dire le type de collecteur d’ondes qu’il pourra adopter, antenne extérieure ou intérieure, ou à la rigueur antenne de fortune ou cadre; cette question a moins d’importance que par le passé; elle est cependant encore essentielle lorsque le récepteur se trouve à proximité do sources de parasites industriels violents et qu’il importe d’essayer d’atténuer l’influence de ces perturbations.
- Dans une grande ville, où se trouvent des postes émetteurs, le choix d’un poste ne s’effectue pas comme en province ou à la campagne. Si l’on veut recevoir des émissions étrangères, il est alors plus difficile d’obtenir ce résultat dans de bonnes conditions sans employer un appareil sélectif qui permette d’éliminer des émissions locales qui pourraient troubler la réception.
- Avant tout, l’usager doit se préciser à lui-même ce qu’il désire entendre et dans quelles conditions. Bien des personnes veulent recevoir beaucoup d’émissions, et surtout beaucoup d’émissions étrangères; d’autres, également nombreuses, se contenteraient de recevoir dans de bonnes conditions les émissions nationales ou même les émissions locales. Un poste parfait, qui permet de recevoir dans les meilleures conditions les émissions lointaines, permet a fortiori d’entendre les émissions locales ou nationales; inversement, il est inutile d’adopter un poste sensible et coûteux, si l’on se contente d’une audition restreinte.
- Beaucoup, d’auditeurs ne savent pas proportionner leur ambition, légitime peut-être, à leurs moyens financiers. Le prix de vente des récepteurs a sans doute beaucoup diminué; un appareil très sensible et très sélectif, d’excellente construction, et surtout de bonne qualité musicale est pourtant encore d’un prix relativement élevé. Si l’on n’a à sa disposition qu’une somme minime, il vaut mieux choisir un appareil robuste et sûr permettant d’obtenir les auditions musicales des principales stations européennes, ou simplement nationales, plutôt que d’employer un appareil plus sensible peut-être, mais de qualité musicale moins satisfaisante et de construction moins soignée.
- LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES DE RECEPTEURS
- ' A tort ou à raison, les constructeurs français ne construisent plus guère que des postes-secteur, c’est-à-dire des appa-
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- = 238 :.—
- reils alimentés par le courant d’un secteur de distribution continu ou alternatif. Les seuls appareils de modèle récent à batteries sont destinés à être utilisés sur des automobiles et alimentés par la batterie d’accumulateurs de la voiture d’une tension de l’ordre de 12 v, et à forte capacité. L’usager qui ne dispose pas du courant électrique, et qui ne veut pas se résoudre à employer des batteries de forte capacité, du genre des batteries des automobiles, doit donc se contenter d’un récepteur d’un modèle un peu ancien, ou acheter un poste de fabrication étrangère.
- Parmi les postes-secteur, on peut distinguer, d’ailleurs, les appareils tous courants pouvant être alimentés à volonté par le courant d’un secteur continu ou alternatif, et les postes destinés à être alimentés spécialement par le secteur continu, ou par le courant d’un secteur alternatif.
- L’usager qui ne dispose que du courant continu a, en réalité, plus d’avantages, semble-t-il, à adopter un récepteur tous courants; au contraire, celui qui ne dispose que du courant alternatif a avantage à choisir un poste destiné spécialement au courant alternatif. C’est seulement s’il pense avoir à se déplacer dans des régions où le secteur est continu, ou bien s’il veut réduire les frais d’achat de son appareil, qu’il pourra se contenter d’un récepteur tous courants.
- La forme universelle du récepteur est constituée par ce qu’on appelle la présentation Midget, c’est-à-dire un ensemble bloc renfermant dans un même boîtier en ébénisterie ou en matière moulée, le récepteur avec ses organes d’alimentation, ainsi que le haut-parleur.
- On peut également obtenir quelques modèles de postes-meubles et surtout des radiophonographes, récepteurs combinés avec des phonographes à reproduction électrique. Ces radiophonographes sont maintenant souvent de dimensions assez réduites, et il en existe même de portatifs.
- Les postes Midget les plus courants sont de dimensions assez variables; il en est de presque aussi volumineux que des petits meubles et d’autres vraiment miniatures, aussi portatifs que des appareils photographiques; ces derniers sont, d’ailleurs, des appareils « tous courants ». Il est bon de se rappeler, à ce propos, que l’ébénisterie du poste a un rôle musical à remplir, rarement un appareil trop petit est un appareil très musical, et un auditeur mélomane doit donc, en général, se contenter d’un récepteur d’encombrement moyen.
- Quelle que soit la forme sous laquelle sont présentés les récepteurs actuels, ils sont toujours établis avec commande unique de réglage. Il suffit de manœuvrer un bouton principal pour entendre l’émission désirée, simplement d’après les indications d’une aiguille de repère se déplaçant devant un cadran ou un tambour éclairé, gradué en longueurs d’onde, ou en noms des stations. En raison des changements assez fréquents des longueurs d’onde des émissions, la graduation en longueurs d’onde est préférable au point de vue technique; la graduation directe en noms des stations paraît encore plus simple à l’usager, mais il faut alors bien vérifier si le cadran est aisément démontable et interchangeable.
- COMMENT ESSAYER UN POSTE DE T. S. F.
- On ne peut demander à des usagers d’étudier rationnellement un poste d’après des principes déterminés, le seul critérium en la matière doit être, d’une part l’audition directe en ce qui concerne les qualités actuelles du poste, d’autre part les garanties données par le vendeur et la renommée même de la marque de l’appareil en ce qui concerne la solidité et la durée de service.
- L’essai doit être exécuté autant que possible dans des conditions analogues à celles dans lesquelles l’installation sera réalisée; l’essai à domicile est donc toujours préférable, mais
- certains fabricants ou vendeurs ont établi des auditoriums très bien aménagés permettant des expériences efficaces.
- L’auditeur doit se rendre compte ainsi des différentes qualités de l’appareil : sélectivité, sensibilité, puissance et musicalité.
- La sélectivité s’observe en essayant de séparer deux émissions de longueur d’onde très voisines, par exemple l’émission de Rome et celle des P. T. T. La sensibilité s’observe par la recherche des émissions lointaines; la puissance est reconnue immédiatement par l’intensité d’audition.
- Enfin, pour la musicalité, il faut s’en tenir la plupart du temps aux indications de l’oreille, bien que ce soit un instrument de mesure assez peu précis. On écoutera de préférence successivement plusieurs émissions de caractères differents, chants de ténor, de soprano et de basse, musique d’orchestre, solo d’instrument à corde et d’instrument à vent, et enfin évidemment paroles. On agira sur le dispositif de réglage de la tonalité, s’il existe, au cours de ces auditions, et on pourra en même temps tenter de reproduire quelques enregistrements phonographiques, ce qui permettra de se rendre compte assez exactement des qualités des étages basse fréquence et des haut-parleurs.
- NE PAS DEMANDER L’IMPOSSIBLE
- Quels que soient les progrès de la technique, il y a encore des résultats impossibles à obtenir avec un poste récepteur, si perfectionné soit-il. Il est ainsi extrêmement difficile de recevoir en plein jour des émissions lointaines sur ondes courtes, surtout si elles proviennent d’un poste émetteur de faible puissance. Il est techniquement impossible de séparer deux émissions dont les longueurs d’onde ne diffèrent pas du minimum réglementaire; il est également impossible, lorsqu’on ne peut faire disparaître directement les perturbations parasites industrielles, de recevoir parfaitement et sans aucun trouble des émissions lointaines, surtout sur grandes longueurs d’onde, etc...
- A notre époque, les personnes les plus ignorantes des questions scientifiques sont tellement habituées à tous les miracles de la science moderne, qu’elles ne s’étonnent plus guère des résultats les plus merveilleux qu’on peut obtenir; bien plus, elles sont souvent beaucoup plus exigeantes que les techniciens et voudraient voir réaliser déjà aisément ce qu’il est rationnellement impossible d’obtenir.
- Si l’auditeur de T. S. F. a donc le droit d’exiger à l’heure actuelle que son récepteur possède un minimum de qualités, il ne peut demander trop sous peine d’être déçu par la suite, s’il a ajouté foi aux promesses trop audacieuses d’une publicité tapageuse. « Qui trop embrasse mal étreint » est un proverbe très vulgaire qu’il devrait se rappeler à l’occasion.
- La plupart des constructeurs indiquent que leurs postes récepteurs sensibles permettent de recevoir la majorité des grandes émissions européennes. Ils ne peuvent promettre davantage, d’autant plus que la qualité de la réception dépend essentiellement des conditions de l’installation et de l’antenne utilisée. Promettre qu’on recevra toutes les émissions existantes, ou même simplement toutes les émissions européennes, ne peut être considéré comme une affirmation sérieuse, parce que ce résultat est tout à fait impossible, étant donné l’éloignement et la faible puissance de certaines stations. L’intérêt de la réception de certaines des stations faibles ou éloignées est, d’ailleurs, uniquement « sportif », car plusieurs d’entre elles sont des relais, et on peut entendre les mêmes émissions dans des conditions bien meilleures en écoutant simplement celles des grands postes européens.
- P. Hémardinquer.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES EE==::.::::. : 239
- QUELQUES FORMULES DE PRODUITS ANTI-HÂLE
- Nous inspirant des Archives de la Droguerie Pharmaceutique (avril-mai 1934), nous réunissons ci-dessous quelques formules de produits atténuant le hâle.
- Ces produits anti-soleil, à base de matières organiques, ont ceci de particulier que tout en étant incolores, ils absorbent les rayons ultraviolets et protègent la peau. Parmi les substances les plus en usage, nous citerons le sulfate de quinine (}) et l’esculine (glucoside de marron d’Inde). Le salicylate de pliényle ou salol, le p-amino-benzoate d’éthyle, le p-amino-benzoate d’isobutyle, l’o-oxy-esculine, certains dérivés de la coumarine, l’oxy-quinoléine absorbent également les^ rayons ultra-violets et sont employés dans les produits anti-liâle. Le tannin, qui a la môme capacité d’absorption des radiations ultra-violettes, a l’inconvénient de tacher la peau et de réagir avec le métal des colliers, bracelets, etc.
- Nous rappelons d’abord la formule classique de vasolanoline à la quinine, préventif de l’érythème solaire (Darier, Précis de Dermatologie, p. 1051).
- Grammes
- Vaseline............................................10
- Graisse de laine anhydre............................ 5
- Solution aqueuse de bromhydrate neutre de quinine
- au 1/15°..........................................15
- Appliquer avant de s’exposer à la lumière et poudrer avec :
- Grammes
- Talc................................................15
- Sulfate basique de quinine.......................... 1
- Crème au sulfate neutre de quinine {Tédé) :
- pour 100
- Tégine..............................................10
- Vaseline américaine blanche (P. F. 40-45 c.)....... 18
- Huile de paraffine blanche..........................18
- Sulfate neutre de quinine........................... 4
- Dissous dans :
- Eau distillée.......................................4S
- Lanoline anhydre................................... 10
- Parfum solide aux acides.........................
- On colore éventuellement avec des colorants inoffensifs. Deux formules de crèmes pour teint clair et teint foncé:
- I. — Pour teint clair.
- Grammes
- Sulfate neutre de quinine.......................... 5
- Lanoline anhydre..................................1,5
- Ocre jaune........................................2,5
- Oxyde de zinc...................................... 9
- 1. La quinine serait plus active à l’état de sulfate de quinine neutre qu’à l’état de sulfate de quinine basique ou de chlorhydrate de quinine.
- Carbonate de magnésium.............
- Talc................................
- Amidon de riz........................
- IL — Pour teint foncé.
- Sulfate neutre de quinine...........
- Ocre jaune..........................
- Bol.................................
- Lanoline anhydre.................. .
- Oxyde de zinc.......................
- Carbonate de magnésium..............
- Talc................................
- Amidon de riz.......................
- Grammes
- 9
- . 18 . 55
- Grammes
- 5
- 3
- 1.5
- 8
- 8
- 16
- 53,5
- Crème à l’esculine et à la tormentille {Avis) :
- Grammes
- Agar-agar............................................ 4
- Glycérine............................................40
- Eau de rose..........................................60
- Esculine............................................. 5
- Extrait de tormentille...............................40
- Crème au salol {Tédé):
- pour 100
- Salol............................................. 7
- Excipient genre cold-cream........................93
- Le salol est dissous préalablement dans les constituants liquides du cold-cream. En donnant cette formule son auteur fait à son sujet des réserves. Le salol est un absorbant très actif des radiations ultraviolettes. Mais son absorption par la peau peut provoquer des phénomènes toxiques.
- Lotion au sulfate neutre de quinine {Tédé) :
- pour 100
- Sulfate neutre de quinine............................ 3
- Glycérine diuréepure 28°B............................20
- Eau distillée........................................76
- Parfum solide aux acides............................. l
- Pour éviter l’irritation de la peau, on enduira celle-ci pour la nuit d’une crème grasse.
- Huile à l’oléale de quinine :
- pour 100
- Oléate de quinine.................................. 4,5
- Huile d’olive....................................30
- Huile d’arachide....................................64,5
- Essence de cassia................................... 0,5
- Parfum.............................................. 0,5
- On dissout l’oléate de quinine dans l’huile d’arachide et l’on ajoute les autres huiles et le parfum. On peut colorer avec une quantité adéquate de pigment brun.
- Dr E. Juster.
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Pollet, à Valenciennes. — Nous ne connaissons pas la spécialité dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous renseigner. Pourriez-vous nous en soumettre un échantillon, si vous disposez d’un peu du produit ?
- Air liquide, à Paris. — L'imprégnation du papier par le chlorure de cobalt vous permettra de vous rendre compte de son humidité, ce sel ayant la propriété d’être bleu à l’état sec et rose à l’état humide avec des teintes intermédiaires suivant son hygroscopicité.
- Vous pouvez prendre comme base de préparation :
- Chlorure de cobalt............................. 1 gramme
- Eau distillée.................................100 —
- Gélatine blanche............................. 10 —
- Après séchage, il suffira d’étalonner les teintes par pesée de la feuille de papier.
- M. Duperrier, à St-Germain-en-Laye. — 1° Pour démasliquer les vitres, il suffit d’imbiber le vieux mastic d’acide sulfurique concentré, le carbonate de chaux se trouve ainsi décomposé et il se forme une crème que l’on enlève au couteau.
- 2° L’enlèvement des taches de rouille sur le granit, se fait facilement au moyen de la solution suivante :
- Eau ordinaire......................... 1.000 cent, cubes
- Protochlorure d’étain................. 50
- Acide tartrique....................... 5 —
- Laver ensuite à grande eau pour enlever le fer solubilisé.
- 3° Pour faire disparaître les souillures de carbonyle déposer sur celles-ci une pâte obtenue en délayant du plâtre sec dans la benzine, laisser en contact 24 heures et répéter l’opération, jusqu’à obtention du résultat, ce qui peut demander plusieurs jours.
- École d’agriculture de Château-Salins. — Le vernis suivant
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- ncolore vous permettra de protéger efficacement le nickelage peu épais de votre équipement automobile.
- Celluloïd non chargé................... 15 grammes
- Acétone..............................100 —
- Acétate d’amyle......................100 —
- Benzine..............................100 —
- Ether acétylacétique................... 20 —
- N. B. — La présence de l’éther acétylacétique est indispensable, il est destiné à empêcher le voile, au moment de l’évaporation des solvants.
- M. Vergues, à Vaissac. — Le moyen le plus pratique pour débarrasser vos plants de choux des fourmis est de faire un arrosage au jus de tabac que l’on trouve chez tous les débitants de tabac des chefs-lieux d’arrondissement avec notice explicative. Préférer le jus riche qui est à 100 grammes de nicotine par litre et que l’on étend pour l’usage d’environ cent fois son volume d’eau.
- L’une des formules conseillées, très efficace, est la suivante :
- Jus de tabac riche.............. 1 000 cent, cubes
- Savon noir......................... 1000 grammes
- Eau ordinaire....................... 100 litres
- M. A. Pittas, à Athènes. — On peut prendre comme type de vernis pour ampoules électriques la formule suivante :
- Acétate de cellulose................. 60 grammes
- Alcool éthylique.................... 125 —
- Acétone............................. 675 —
- Benzine............................. 125 —
- Alcool benzylique.................... 15 —-
- L’alcool benzylique agit comme gélatinisant des acéto-celluloses et donne d’autre part du brillant aux pellicules.
- Ce vernis peut être coloré à volonté par toute couleur dite d’aniline soluble dans l’alcool. Si on désire imiter le dépolissage il suffit de l’additionner d’un pigment opaque tel que kaolin, talc, sulfate de baryte, carbonate de chaux, en quantité suffisante.
- M. Plassard, à Paris. — Nous avons traité la question des nuages artificiels pour la protection contre les gelées blanches dans le n° 2875, page 191; veuillez bien vous y reporter.
- J. M., à Bruxelles. — 1° Le savon spécial pour le nettoyage des mains utilisé par les automobilistes est établi sur les bases suivantes :
- Savon blanc en copeaux............... 60 grammes
- Eau non calcaire.....................100 —
- Laisser en contact quelques heures, puis rendre homogène en chauffant au bain-marie de façon à obtenir une pâte, laisser refroidir, puis ajouter à celle-ci en remuant constamment :
- Alcali volatil....................... 15 grammes
- Benzine............................. 450 —
- 2° Les encres pour duplicateurs séchant rapidement sans donner de taches grasses sont généralement à base de savon mou additionné d’un peu de glycérine, on y incorpore le pigment, le plus souvent violet de Paris, dissous dans quelques centimètres cubes d’alcool.
- J. M., à St-G. — Vous trouverez des essences naturelles ou synthétiques en toutes quantités à la Société des Produits aromatiques Gattefossé à Lyon.
- M. Guillerd, à Paris. — Les liquides désodorisants qu’on laisse librement s’évaporer, sans combustion, sont simplement des solutions alcooliques de formol additionnées d’un parfum au choix.
- M. de Jocas, à Bédarrides. — Ainsi que nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, le liquide employé dans les lampes formolatrices est simplement de l’alcool méthylique qui au contact du cône platiné incandescent donne naissance à du formol. (Voir n° 2926, page 335.)
- M. Tremblais, à Paris. — Le liquide conservateur des cornichons au sel est une saumure à 25 gr par litre de sel marin.
- Après avoir bien brossé les cornichons on commence par les faire dégorger en les recouvrant d’abord d’une poignée de sel sec et on laisse ainsi pendant vingt-quatre heures.
- Au bout de ce temps on les fait égoutter dans une passoire, on les range dans des bocaux ou des pots de grès puis on recouvre de la saumure ci-dessus et ferme hermétiquement le récipient pour empêcher l’évaporation du liquide.
- IVI. Bouilloux-Lafont, à St-Cloud. — La transparence d’une plaque pour une radiation donnée, dépend de son épaisseur, on a constaté que l’intensité de la radiation décroît en progression géométrique, quand l’épaisseur croît en progression arithmétique, si l’épaisseur traversée est assez grande, l’intensité de la radiation tend vers une valeur nulle.
- D’autre part, le pouvoir absorbant pour la radiation contenue dan® un faisceau incident ne dépend pas seulement des propriétés absorbantes du corps pour la radiation considérée, il dépend aussi de son pouvoir réflecteur, de son pouvoir diffusif et par suite de l’inclinaison du faisceau incident.
- Si on désigne par 1 l’intensité du faisceau incident, par r l’intensité de la radiation réfléchie, par d celle de la radiation diffusée, et par t celle de la radiation transmise, la quantité d’énergie absorbée par seconde est 1 — (r + d + t).
- La société « Le Pyrex » fabrique actuellement toute une gamme d’écrans-filtres monochromatiques étalonnés en angstroms qui permettent de sélectionner à volonté la partie du spectre que l’on veut utiliser. (Adresse, 8, rue Fabre-d’Eglantine, Paris (12°).
- M. Gaucher, à Clichy. — 1° L'enlèvement du tartre déposé dans les chaudières est subordonné à sa constitution, autrement dit à la nature des éléments calcaires ou magnésiens qui le composent. Vous trouverez dans les Formules de l’Ingénieur, par François, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte, une étude très complète sur cette question des désincrustants.
- 2° Nous pensons que le tétrachlorure de carbone conviendrait particulièrement pour le dégraissage que vous avez en vue.
- 3° Bibliographie : Les Produits d’entretien, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Dictionnaire de Chimie de Villon et Guichard, éditeur Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustins
- 4° Seul le chimiste praticien est en mesure de se rendre compte du temps nécessité pour ses opérations.
- M. Chavret, à Lyon. — La formule à laquelle vous faites allusion n° 2929, page 480, relative aux carrosseries d’auto, concerne bien les vernis cellulosiques, qu’elle avait particulièrement en vue.
- M. Mignon, à Paris. — Il est de notoriété médicale que les sels de thallium sont des dépilatoires très énergiques; la formule que nous avons publiée est celle du Docteur Sabouraud de l’hôpital St-Louis, expérimentée maintes fois, nous ne pouvons donc nous expliquer votre insuccès.
- Pour plus de détails sur la question, consulter la brochure de Chaplet, supplément à la Parfumerie moderne, 1912 et l’article de Vallier paru dans la Revue générale de Chimie 1913.
- M. Usunier, à Epernay. — Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, la préparation des vernis de choix, ne se fait pas uniquement par mélange de constituants, elle comporte une pyrogénation préalable des gommes copals, ce qui constitue une opération délicate que seule l’expérience peut enseigner.
- A notre avis le mieux est de faire l’acquisition du vernis tout préparé dans une maison sérieuse, en lui indiquant d’une façon très exacte quel emploi est en vue. MM. Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé à Montreuil-sous-Bois, Seine, vous donneront certainement toute satisfaction, dans ces conditions.
- M. van Valsen, à Marseille. — Les papiers attrape-mouches se préparent de la façon suivante.
- Prendre un demi-litre d’huile de lin et la cuire à feu doux, en évitant le débordement de la mousse, jusqu’à épaississement suffisant, puis lui incorporer successivement 600 gr de colophane en poudre, 200 gr de miel et 50 gr de glycérine. Finalement enduire de la mixture chaude les feuilles de papier support.
- M. Kreifmann, à Paris. — Le bronzage du plâtre s’effectue ainsi : on prend d’abord de la poudre de sanguine ou craie rouge et l’on en frotte le plâtre; quand celui-ci a pris une couleur rouge peu foncé, on continue à frotter avec de la plombagine (vulgairement mine de plomb) également en poudre fine, en humectant de temps à autre avec l’haleine, excepté en finissant, jusqu’à ce que l’objet ait pris une teinte bronze.
- Si on veut que la couleur soit moins foncée, on ajoute préalablement à la plombagine environ un quart de son poids de sanguine, on peut ainsi obtenir à volonté des teintes variées.
- N. B. — Avant d’opérer sur l’objet lui-même, se faire la main par quelques essais sur un plâtre sacrifié.
- M. Perron et Cie, à Roanne. — Vous pouvez prendre comme type de colle à la caséine la formule suivante:
- Poudre de chaux éteinte............ 300 grammes
- Carbonate de soude cristallisé . . . 200 —
- Caséine............................ 500 —
- Bien broyer et mélanger intimement.
- Pour l’emploi, délayer dans l’eau tiède, appliquer sur les parties à joindre et serrer fortement.
- Le Gérant : G. Masson.
- 58i3. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleuras, Paris.
- 1-9-1934. — Published in France.
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- N° 2937
- LA NATURE
- 15 Septembre 1934.
- LES ÉROSIONS MARINES
- Sous le choc incessant des vagues de l’océan, les côtes s’effritent, la mer démolit les roches, envahit les plages, ruine les jetées. En Angleterre, certain cap de la Mer du
- inattendu : le territoire du Royaume-Uni avait augmenté de surface. Les alluvions apportées par les fleuves, comblant les estuaires, et surtout certains travaux d’endi-
- Fig. 1 à 4. — Quatre aspects successifs des r
- 1. Vers 1860. A droite, la villa « Eugénie » construite par Napoléon III.
- 2. Vers 1867. Le « port des pêcheurs » vient d’être construit. Au maisons viennent d’être construites.
- 3. Vers 1885. L’ancien aquarium a été incorporé au port des pêcheurs.
- 4. Vers 1910. A droite, l’église russe. A côté, la villa « Eugénie » villas et les hôtels ont envahi toute la côte.
- Nord a reculé de 330 m en 47 ans, soit 7 m par an. Pendant une période de 25 ans, on estimait que près de 2700 ha avaient été engloutis. L’opinion s’émut. Une ordonnance royale du 9 juillet 1906 chargea une commission d’établir exactement le bilan des pertes, travail long et minutieux qui aboutit à un résultat
- ochers du groupe des « Channings », à Biarritz.
- On voit l’extrémité d’un mur sinusoïdal bordant un aquarium, fond, à gauche, le plateau du phare et le cap Saint-Martin où quelques
- agrandie, surélevée et transformée en hôtel du « Palais Biarritz ». Les
- guement et d’assèchement avaient compensé et au delà les invasions de l’océan.
- En France les journaux nous apprennent périodiquement que dans la Manche une portion de falaise s’est écroulée. Le mécanisme de l’érosion est connu. Au pied des falaises crayeuses, on trouve une plage de galets.
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- Ceux-ci pris et repris par les lames viennent en saper la base, creusant une excavation sans cesse grandissante. Le plateau supérieur se crevasse, une fente augmente, puis un jour de gros temps tout un pan s’éboule sur la plage. Changeant de méthode, la mer en amenuise les débris, dissolvant la craie, libère les rognons de silex inclus. La plage de galets se reforme, elle les utilise de nouveau comme projectiles pour excaver la base. Le cycle recommence.
- Sur la côte basque l’océan emploie des moyens analogues, le sable use les talus argileux qui s’éboulent. Dans d’autres points, au sud du Socoa, il procède comme dans la Manche, excavant le pied des falaises calcaires. La force des vagues est du reste énorme. Il y a quelques années, un coup de mer refoula toute la superstructure de l’Artha, cette digue qui contribue à protéger la rade de Saint-Jean-de-Luz. Le volume de maçonnerie pleine ainsi déplacé mesure 6 à 8 m de largeur, à peu près autant de hauteur, sur une longueur de plus de 60 m. Cette masse fut déportée de 3 à 4 m vers l’intérieur d’un seul morceau (environ 10 000 tonnes). Plus récemment, la mer souleva un des blocs de quarante tonnes qui servent d’assises à la jetée du Socoa, il franchit cette digue et retomba dans la rade, la digue du Socoa est sensiblement plus haute que la précédente. Quelle est donc cette force qui joue au foot-ball avec des blocs de quarante tonnes !
- A quelque distance de la côte les roches ne sont plus soumises qu’aux chocs de l’eau pure, je veux dire, ne contenant aucun corps solide en suspension. Ce n’est plus dès lors une action mécanique qui désagrège les roches, l’action dissolvante entre en jeu. Cependant certaines tempêtes brassant le fond de la mer soulevant les vases, ainsi que les apports des limons fluviaux amenés par l’inondation, viennent souvent troubler l’eau. Ces mille infiniment petits, tenus en suspension, deviennent, projetés par la vague, de nouveaux moyens mécaniques d’érosion. La roche de pleine mer est ainsi attaquée.
- J’ai eu le bonheur de retrouver une petite série de
- vues, dont la plus ancienne remonte à l’aurore de la photographie, toutes prises sensiblement du même point. Leur examen permet de suivre les méfaits de l’érosion marine sur une certaine roche du groupe « les Channings » de Biarritz. Les quatre vues que nous donnons montrent une masse rocheuse stratifiée obliquement, d’où émergent deux excroissances dont la forme rappelle vaguement — si j’ose ainsi dire — deux pâtés en croûte.
- Vers 1860 (fig. 1), on y voit nettement les deux appendices.
- Dans la figure 2, vers 1867, la forme reste très sensiblement la même, les jetées du port des Pêcheurs ont été construites dans l’intervalle.
- Vers 1885 (fig. 3), l’appendice de droite a été très fortement entamé.
- Enfin vers 1910 (fig. 4), cette excroissance a totalement disparu.
- Durant une période de 50 ans, cette roche a été arasée de plusieurs mètres cubes, et cependant elle n’est pas battue de plein fouet par les lames, elle se trouve en grande partie protégée par le promontoire de l’Atalaye qui atténue sensiblement leur puissance.
- A Biarritz, encore, Napoléon III voulut créer de toutes pièces un port, dit port de refuge, pour y abriter son yacht « l’Aigle ». Une jetée, fondée sur blocs immergés, fut amorcée et prolongée sur plus de cent mètres. Peu après la chute de l’Empire, les travaux furent abandonnés. Aujourd’hui on n’en soupçonne plus que des vestiges. En 60 ans la mer a eu raison de cet obstacle.
- La mer n’est pas seule coupable dans la disparition des plages, l’homme intervient aussi soit en prélevant du sable et des galets pour la construction, soit sur certains points en empiétant sur le rivage. Par beau temps, en effet la plage est manifestement trop large, certaines municipalités découvrent que c’est là un terrain inutilisé et en outre qu’il ne coûte rien. On y bâtit un établissement de bains, un casino. Survienne une tempête combinée avec une grande marée, la mer reprenant ses droits bouscule la construction et l’on s’étonne !
- J. Maussier-Dandelot.
- NOS BELLES POMMES DE FRANCE
- REINETTES ET CALVILLES
- Le caractère qui nous a permis de réaliser la séparation des Pommes en deux grandes catégories (sections) (1), est, sans contredit, essentiel et fondamental; de plus, comme nous l’avons indiqué, il doit être accepté au sens absolu. Les types théoriques, Reinette et Calville ainsi définis nej sont cependant pas des abstractions ; ils existent réellement dans la nature ; et tous les pomologues exercés ont eu, certainement, bien des fois, l’occasion de les observer.
- Nous devons ajouter néanmoins que Vabsence ou la présence de côtes au pourtour de la cavité oculaire, ne sont 1. Voir : La Nature, n° 2935, 15 août 1934, p. 151.
- pas les seules indications auxquelles un observateur expérimenté devra recourir pour distinguer certaines Reinettes d’avec certains Calvilles (1). Dans de nombreux cas, le parfum, la saveur, les qualités de la chair, pourront utilement venir en aide pour lever quelques-unes des plus subtiles difficultés. On a noté, par exemple, que dans les Calvilles, la chair est généralement fine, fragile, très tendre; le parfum est qualifié « d-agréablement rafraîchissant »; dans les Reinettes, au contraire, la chair est
- 1. En ce qui concerne ce nom, « la question du masculin a été soulevée, discutée et établie ne varietur », au Congrès de la Société pomo-loffique de France à Paris, en 1889.
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- 1. Parmaine écarlate (d’après Mas. Préc. 30). 2. Reine des reinettes (d’après nature).
- 3. Reinette grise d’automne d’après Mas. Préc. 18).
- plutôt ferme, « tassée », à saveur vineuse plus ou moins sucrée, et douée d’un « parjura pénétrant » (1).
- On se rendra facilement compte, toutefois, que ces propriétés, si caractéristiques qu’elles soient, re peuvent être employées qu’en seconde ou troisième ligne dans une classification rationnelle ; il en est de même de la couleur, du volume ou du poids des fruits, de l’époque de maturité. Bien évidemment, ces considérations ne sauraient être négligées au point de vue pratique; mais, comme elles Sont très variables et qu’elles ne peuvent ni se définir exactement ni se représenter par le dessin, leur valeur réelle, en systématique, se trouve, de ce fait, bien amoindrie.
- Tout le monde n’apprécie pas le goût et la saveur de la même façon; dans les Expositions, nous avons vu fréquemment des fruits, présentés comme « doux et
- 1. Les chimistes savent préparer artificiellement l’essence de pommes de reinette, qui n’est autre que l’acétate d’éthyle.
- #
- sucrés », alors qu’ils étaient franchement acides (a).
- C’est pourquoi, d’accord avec la très grande majorité des auteurs qui se sont appliqués à la classification des Pommes, nous donnerons, à l’aspect et à la forme extérieure du fruit, le premier rang dans la hiérarchie taxinomique. Ces caractères sont d’ailleurs les seuls qui puissent être utilisés dans les Ccncoürs, puisque là, ce sont les fruits isolés, sans recours possible à l’arbre qui les a produits, qui sont soumis à l’appréciation des observateurs et des membres des jurys.
- *’*
- Lorsque nous examinons, comparativement, diverses variétés de Pommes, en cherchant à les rattacher, soit aux Reinettes soit aux Calvilles — définis de la façon que noua
- 2. Les fumeurs, notamment, dont les organes gustatifs et olfactifs sont empoisonnés à l’état chronique, par la nicotine, n’apprécient jamais, d’une façon correcte, ni l’odeur, ni la saveur d’un fruit.
- Fig, 2. — Un groupe de Calvilliformes.
- 1. Calville rouge du Mont d’Or (Fr. XXe, p. 466). 2. Royale d’Angleterre (Fr. XXe, p. 516) (3).
- 3. Rambour franc (d’après nature).
- 3. Les meilleurs Fruits au début du XXe siècle. Soc. nat. d’Horticulture de France; Section pomologique. Paris, 1928.
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- A
- Fig. 3. — Coupe longitudinale d’une pomme.
- A. Cavité oculaire (œil). R. Faisceaux apportant la nourriture aux deux premiers verticilles floraux. C. Carpelles. D. Endocarpe. E. Pédoncule. O. Mésocarpe réceptaculaire. GH. Grand axe horizontal.
- avons indiquée dans notre article précédent, c’est-à-dire par l’aspect uni ou côtelé de la cavité oculaire — nous ne pourrons pas manquer de remarquer que leur forme générale, établie par des mensurations précises, peut néanmoins être fort variable. Toutes ne seront pas sphériques exactement comme notre Reinette type, ni conico-sphé-roïdales comme les Calvilles-, nous trouverons des allongées, des ovoïdes, des coniques franches; d’autres, en très grand .nombre, seront plates, discoïdales ou distinctement surbaissées en dessus.
- Nous dirons toutefois, de celles qui manifestent, en réelle évidence, le caractère essentiel et dominant des Reinettes, qu’elles sont reinettiformes ; et, de celles qui présentent le caractère dominant des Calvilles, qu’elles sont calvilliformes. Ces expressions, assez générales pour être acceptées par les observateurs les moins documentés, vont nous servir maintenant à désigner les deux grandes subdivisions dans lesquelles viendront se ranger toutes les variétés de pommes que l’on puisse imaginer : pommes à cidre, pommes de table ou pommes à deux fins. Cette nomenclature a donc l’avantage de s’appliquer indistinctement à l’ensemble des fruits du Pommier, sans supprimer les distinctions pratiques dont le commerce et l’industrie sont obligés de tenir compte.
- En résumé, nous basant sur les manifestations extérieures et fondamentales de forme que peuvent présenter les diverses variétés de Pommes; élargissant un peu, par ailleurs, le sens des caractères que nous avons assignés à nos deux types théoriques, nous dirons maintenant que toutes les variétés de Pommes susceptibles d'être rencontrées dans la nature, peuvent être distribuées dans les deux grandes sections définies ci-dessus : les Reinettif ormes et les Calvillif ormes.
- 1° Les REINETTIFORMES (fig. 1). — Les Reinet-tiformes, à notre point de vue, se subdiviseront à leur tour en six groupements secondaires théoriques, assez faciles à définir et que nous dénommons dès maintenant :
- les Disconnes, les Cyrtonnes, les Reinettes (proprement dites), les Parmaines, les Passeronnes et les Lagonnes.
- 2° Les CALVILLIFORMES (fig. 2).— Comporteront de même, en quelque sorte symétriquement, six subdivisions secondaires équivalentes, auxquelles nous proposons d’appliquer les noms qui suivent : Apionnes, Rambours, Postophes, Calvilles (au sens restreint), Dolitonnes et Pigeonnets.
- Nous n’ignorons pas que le rattachement d’un fruit donné à l’une des catégories énumérées ci-dessus ne soulève parfois de très grandes difficultés; mais il en est ainsi dans toutes les branches de la systématique. Ces difficultés cependant ne nous paraissent pas d’un ordre supérieur à celles que rencontre journellement l’entomologiste, lorsqu’il entreprend de classer des Insectes extrêmement petits, dont le nombre, à n’en pas douter, est infiniment plus considérable que toutes les nuances de formes réalisées dans la pomone d’une région restreinte, ou même par celle d’un grand pays.
- Fig. 4 d 9. — Diverses formes de Pommes.
- En haut, G H. grand axe : Pommes plates, dont le contour peut être inscrit dans un rectangle couché (horizontal).
- Au milieu : Pommes spliéroïdales dont le contour peut s'inscrire dans un carré.
- En bas : Pommes allongées, dont le contour s’inscrit dans un rectangle dressé (vertical).
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- Puisque c’est sur la forme extérieure du fruit que reposent les bases de la classification des Pommes, à quel critérium nous adresserons-nous, en premier lieu, pour fixer les subdivisions secondaires auxquelles nous nous Sommes arrêté? Ici, c’est notre ancien et savant collègue, malheureusement disparu, l’éminent pomologue de Trou-ville, M. A. Truelle, qui va nous répondre.
- « J’entends, dit-il, par forme d'un fruit (fig. 3), le résultat de la comparaison entre les mesures des deux diamètres, vertical et transversal, entre sa hauteur et sa largeur. J’appelle diamètre vertical, la droite qui va de l’œil au pédoncule, et diamètre transversal ou horizontal la perpendiculaire tirée sur le diamètre vertical à une hauteur telle qu elle rencontre les deux points extrêmes de la courbe du fruit. En d’autres termes, cette mesure des diamètres est ramenée à celle des côtés d’un rectangle dans lequel le fruit serait inscrit. » (Q.
- La situation de l’axe transversal est sujette à de notables variations; et, suivant les cas, ce grand diamètre, qui doit joindre les deux points extrêmes de la courbe, se trouvera, soit au milieu du fruit (fig. 4, 6, 8), soit au-dessous de ce niveau (fig. 5, 7, 9). L’observation a d’ailleurs montré que ce grand axe transversal, chez les Pommes, ne peut occuper que ces deux positions.
- La silhouette exacte d’un fruit nous étant toujours donnée par sa section dans un plan vertical passant par l’axe, il va dès lors nous être facile d’établir les figures schématiques englobant les différents problèmes que nous aurons à élucider. Trois cas principaux se présentent; et, soit dans les Reinettiformes, soit dans les Calvilliformes nous aurons :
- 1° Les plates (ellipsoïdales, bi-tronquées et anse de
- 1. Truelle (A.). L’Art de reconnaître les fruits de pressoir: pommes et poires, Paris, 1893, vol. in-12, p. 11.
- ................-....™: ..-...........= 245 =
- panier de Chasset), au contour pouvant être inscrit dans un rectangle couché (horizontal) (fig. 4, 5). Etant, d’autre part et, en général, fortement comprimées à leurs deux pôles, ces pommes prennent : les unes, un aspect discoïdal qui caractérisera nos Disconnes et nos Apionnes; les autres, une forme arrondie, plus ou moins surbaissée en dessus, qui distinguera nos Cyrtonnes et nos Rambours.
- 2° Les sphéroïdales (sphériques bi-tronquées ou conoïdes de Chasset), chez lesquelles la largeur est sensiblement égale à la hauteur et dont le contour, par suite, peut être inscrit dans un carré (fig. 6, 7). Selon la situation du diamètre transversal, caractère que nous venons de préciser précédemment, nous aurons, s’il s’agit de reinettiformes ; les Reinettes (stricto sensu) et les Parmaines; au contraire, s’il s’agit de calvilliformes, nous aurons les Postophes et les Calvilles au sens restreint.
- 3° Les allongées (cylindriques et ovoïdes de Chasset; coniques de Truelle), chez lesquelles la hauteur est toujours supérieure à la largeur; leur contour peut être inscrit dans un rectangle dressé (vertical) (fig. 8, 9). Quelques-unes de ces Pommes se présentent sous un aspect ovalaire, à peu près régulier; reinettiformes ou calvilliformes, suivant la position du grand axe transversal, elles deviendront respectivement pour nous : les Passeronnes ou les Dolitonnes.
- L’aspect, au contraire, devenant conico-cylindrique par abaissement du diamètre transversal, nous aurons, dans les mêmes conditions : les Lagénonnes (Lagonnes, par abréviation), et les Pigeonnets.
- Ce sont là les seules combinaisons théoriques que l’on puisse imaginer; et, mathématiquement, toutes les variétés de Pommes devront pouvoir être rangées dans l’une ou l’autre de ces douze catégories.
- C. Houlbert,
- Conservateur du Musée d’Histoire Naturelle de la Ville de Rennes.
- = QU’EST-CE QUE LE TEMPS? =
- LA POSITION MÉTAPHYSIQUE ET LA POSITION SCIENTIFIQUE DU PROBLÈME
- (Suite des n0* 2933, 2934 et 2935).
- LE TEMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUE
- Vélectromagnétisme. — L’électromagnétisme date du début du xixe siècle; sans en faire un exposé complet rappelons rapidement les lois qui sont à sa base :
- 1° La première loi d’Ampère donne le champ magnétique produit par un courant électrique fermé; on peut, à la rigueur, lui substituer la première loi de Laplace qui donne le champ magnétique produit par un élément de courant ouvert.
- 2° La loi de l’induction, découverte par Faraday, qui donne le courant induit dans un circuit fermé, par une
- variation donnée du champ magnétique qui règne au voisinage de ce circuit;
- 3° La première loi de Coulomb qui donne le champ électrique produit par une charge électrique donnée, ce champ obéit à une loi analogue à celle qui régit la force attractive newtonienne ;
- 4° La seconde loi de Coulomb qui donne le champ magnétique produit par des masses magnétiques données.
- C’est en se basant sur ces lois que Hertz, puis Maxwell formèrent les équations qui portent leurs noms.
- Ils supposèrent que dans tout espace où régnent un champ électrique et un champ magnétique, il se crée, en
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- = 246 , ..= .=
- plus du courant de conduction ordinaire, un courant dit « courant de déplacement » produit par la variation du champ électrique et que ce courant a les mêmes propriétés qu’un courant de conduction.
- Ceci admis, les variations dans le temps et dans l’espace des champs électriques et magnétiques sont liées par les quatre lois que nous avons rappelées, et en écrivant ces lois on obtient les équations de Maxwell-Hertz.
- Lorsqu’on fait ces opérations, on raisonne avec les notions classiques, en particulier avec la notion de temps mécanique, et on admet que les actions électromagnétiques se propagent instantanément. Ce point est important à noter.
- Voici les équations de Maxwell-Iiertz écrites en mesurant le champ électrique et le courant en unités électrostatiques et le champ magnétique en unités magnétiques :
- rot E
- rot H div H
- dis' E
- t temps ;
- E champ électrique;
- H champ magnétique;
- p densité électrique;
- K pouvoir inducteur spécifique ;
- u perméabilité magnétique;
- a- conductivité;
- c rapport des unités électrostatiques aux unités magnétiques (3.10l!1 cgs).
- Je m’excuse auprès des lecteurs non familiarisés avec les notations vectorielles d’écrire les équations de Maxwell-Hertz, elles nous serviront seulement à fixer notre pensée.
- Vérifications expérimentales de la théorie élec= tromagnétique. — Ces vérifications sont très nombreuses et ne concernent pas seulement le domaine de l’électrodynamique. L’une des conséquences les plus importantes des équations (3) est la propagation des ondes électromagnétiques avec la vitesse c dans le vide; or cette vitesse coïncide avec celle de la lumière; on en a déduit que les ondes lumineuses n’étaient autres que des ondes électromagnétiques et on peut considérer toute l’optique physique comme une vérification expérimentale des équations (3).
- Temps électromagnétique. — Nous ne tirerons qu’une conséquence des équations (3) : le temps y figure.
- Nous en déduirons la définition suivante :
- Le temps électromagnétique est la variable t qui figure dans les équations (3).
- Des méthodes de mesure du temps électromagnétique peuvent se déduire de ces équations, comme des méthodes de mesure du temps mécanique se déduisaient des équations de la mécanique (équations (1) de l’article précédent). Il suffit de considérer un phénomène électromagnétique, de prévoir au moyen des équations (3) son évolution théorique en fonction de la variable t qui y
- c c't
- K'!;
- c r et
- = O = 4^
- figure, et d’observer l’évolution réelle du phénomène pour en déduire à chaque instant le temps électromagnétique.
- Initialement on a procédé différemment. On n’a pas jugé nécessaire d’introduire dans la science cette nouvelle notion de temps, et on a continué à utiliser le temps mécanique, particulièrement dans les recherches théoriques, et à admettre, très souvent sans s’en rendre compte, que la variable t qui figure dans les équations (3) n’est autre que le temps mécanique. N’était-ce pas naturel puisque, pour établir ces équations, on s’était basé sur le temps mécanique ?
- Contradictions. — À la fin du xixe siècle une contradiction entre la théorie et l’observation apparaît.
- Si on admet les équations (3) il doit être possible, par des expériences électromagnétiques ou optiques faites à la surface de la Terre, de mettre en évidence et de mesurer le mouvement de translation de la terre dans l’espace.
- L’expérience est tentée par Michelson en 1887, reprise en 1904, 1905 et 1921 par Miller, elle ne donne pas le résultat attendu. La Terre semble fixe dans J’espace lorsqu’on fait appel aux conséquences expérimentales des équations (3) pour mettre son mouvement en évidence.
- On déduit même de ces expériences, et de quelques autres, une loi un peu plus étendue :
- L’expérience montre que les équations (3) ne changent pas de forme quand on les écrit par rapport à un observateur animé d’un mouvement de translation uniforme.
- Or la théorie montre le contraire.
- Comme toujours, on a cherché d’abord à modifier la théorie ; on a admis par exemple, que les corps en mouvement se contractaient dans le sens du mouvement.
- Le temps électromagnétique diffère du temps mécanique. — C’est Einstein qui, en 1905, trouve la véritable interprétation à donner aux expériences que nous venons de citer :
- Le temps électromagnétique diffère du temps mécanique.
- Einstein va plus loin, il lui répugne de constater la coexistence de deux temps, mécanique et électromagné* tique, il veut n’en laisser subsister qu’un, il rejette les équations (1) et par conséquent la définition qu’elles donnent du temps mécanique, il admet l’exactitude des équations (3) et appelle temps la variable t qui y figure.
- Ceci admis, Einstein puis Langevin, montrèrent que les équations de la mécanique devaient être remplacées par les équations (4) voisines des équations (1) lorsque les vitesses des mobiles sont petites, mais diffèrent néanmoins de celles-ci :
- 1- m0 dx
- dt i dt
- , _V1-5
- 1 d m0 dy
- J dt , ^2 dt
- j A/l — -
- ! L V
- 1 d m0 dz
- dt 1^ >
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- Substitution du temps électromagnétique au temps mécanique. — Nous avons dit qu’Einstein a rejeLé le temps mécanique et admis comme conforme à l’observation, définissable et mesurable d’une manière unique, le temps électromagnétique.
- C’est cette nouvelle manière de définir le temps que l’on appelle la théorie de la relativité restreinte.
- J’ai étudié cette question d’une manière plus rapide et plus superficielle que les autres, car, pour entrer dans plus de détails et pour donner des précisions, il faudrait étudier en même temps la notion d’espace et cela m’aurait entraîné trop loin du sujet. J’étudierai cette question une autre fois.
- Pour l’instant je me contenterai de dire que, dans l’édifice de la relativité restreinte, l’espace et le temps ne peuvent plus être séparés, alors qu’ils l’étaient auparavant. On est obligé maintenant d’étudier non pas le temps seul et l’espace seul, mais l’espace-temps.
- Avant de tirer les conclusions de cette étude, remarquons que le temps électromagnétique s’est substitué au temps mécanique suivant le même processus que nous avons déjà rencontré.
- Des expériences concernant les phénomènes électriques, faites en prenant pour notion de temps le temps mécanique, ont permis d’établir les lois de l’électromagné-tisme. Ces lois étaient établies avec une certaine approximation, nous les avons supposées rigoureuses, et elles nous ont permis de définir le temps d’une nouvelle manière.
- L’expérience nous a révélé des contradictions entre la notion de temps mécanique et l’électromagnétisme ; nous avons abandonné le temps mécanique et adopté l’élec-tromagnétisme ainsi que la nouvelle notion de temps qui en découle.
- ÉVOLUTION D’UN CONCEPT SCIENTIFIQUE
- A la lueur de l’étude que nous venons de faire de la notion de temps, montrons de quelle manière évolue un concept scientifique.
- Une notion de temps résulte d’une possibilité de mesure et n’est qu’approchée. — Nous constatons tout d’abord que chacune des notions de temps qui se sont succédé est caractérisée par sa définition, c’est-à-dire par le procédé qui permet de mesurer, d’expérimenter le temps. Le temps mécanique diffère du temps sidéral en ce qu’il est défini par les équations de la mécanique et peut se mesurer au moyen du mouvement de la Lune, alors que le second est défini par la rotation de la Terre sur elle-même, et peut se mesurer par la rotation diurne apparente des étoiles.
- Les hommes n’auraient sans doute jamais eu la notion de temps sidéral s’ils n’avaient pas vu les étoiles tourner, ni celle de temps mécanique s’ils n’avaient pu établir les équations (1) par l’observation.
- Il en résulte un point très important à noter : une notion de temps est toujours approximative, puisqu’elle est définie par des mesures expérimentales qui ne peuvent être infiniment précises. On ne peut pas comprendre l’évolution d’un concept scientifique comme celui de temps si on perd de vue que ce concept ne peut jamais
- ..247 =
- avoir un sens parfaitement précis, mais seulement un sens approximatif. On traduit numériquement cela en disant qu’une mesure de temps comporte une certaine erreur, et l’on appelle erreur moyenne, la moyenne arithmétique des erreurs obtenues en mesurant un très grand nombre de fois un même intervalle de temps.
- Nous constatons ensuite que la définition du temps varie au cours des âges par une succession d’étapes qui présentent toutes les mêmes caractères.
- Établissement des lois au moyen de la notion de temps. — Partons d’une notion de temps que j’appellerai A, et qui est définie par certains procédés expérimentaux ; soit sv l’erreur moyenne d’une mesure. La notion de temps A permet d’étudier les phénomènes et de déduire de l’observation les lois auxquelles obéissent ces phénomènes et où le temps intervient. Nous appellerons ces lois L.
- Ces lois ne sont établies qu’avec une certaine approximation, puisque les expériences qui servent à les démontrer comportent des mesures de temps avec la notion A et que ces mesures ne sont qu’approchées.
- Mais l’homme énonce ces lois et les considère comme vérifiées avec une approximation supérieure à celle avec laquelle elles furent établies.
- Dans une certaine mesure, c’est là une induction, elle est cependant justifiée par deux choses :
- Les moyens «matériels se perfectionnant, l’erreur moyenne sA des mesures du temps diminue ; on établit donc1 les lois L avec une précision croissante et on les trouve toujours vérifiées; on est ainsi entraîné à considérer à chaque époque les lois L comme établies d’une manière plus précise que les observations qui permettent de les démontrer.
- Il y a plus : on jaeut vérifier les lois L par des observations qui ne font pas intervenir le temps, en éliminant celui-ci entre deux phénomènes, et en se bornant à comparer les phénomènes sans faire intervenir le temps.
- Par exemple la loi de Newton fut basée sur la notion de temps sidéral et sur des observations assez imprécises des planètes, l’erreur moyenne des mesures du temps au xvne siècle était d’une dizaine de secondes et l’erreur moyenne d’une erreur de position, de quelques minutes d’arc.
- La loi de Newton fut considérée cependant comme rigoureusement exacte jusqu’en 1917 et ceci non seulement par induction, mais aussi parce que depuis le début du xvme siècle jusqu’à nos jours la précision des mesures n’a cessé d’augmenter et que la loi de Newton a été vérifiée à chaque époque avec la précision dont on disposait à ce moment, à part quelques exceptions dont nous avons parlé. Au début du xixe siècle, l’erreur moyenne d’une mesure de temps était de 0,1 seconde et celle d’une mesure de position, de 0",5.
- On peut remarquer aussi que certaines vérifications de la loi de Newton ne font pas intervenir le temps mais l’éliminent au contraire entre deux phénomènes; tel est le cas des mesures de corde pendant les éclipses de Soleil, c’est-à-dire de la position des cordes de la partie
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- = 248 .— =;.
- visible du Soleil; la grandeur de la phase maximum de l’éclipse peut s’en déduire : la mesure et le calcul de cette phase maximum ne font pas intervenir le temps.
- Les lois physiques servent de définition au concept de temps. — Ainsi les lois physiques L sont établies par l’expérience et en adoptant pour mesurer le temps la notion de temps que nous avons appelée A ; puis ces lois sont admises comme plus précises que la notion de temps A et les observations qui leur ont donné naissance. On constate alors que ces lois L peuvent donner naissance à une notion nouvelle de temps que nous désignerons par B pour la brièveté du langage.
- En effet, le temps intervient dans l’expression des lois L, et l’étude expérimentale d’un phénomène soumis à ces lois donne un procédé de mesure du temps.
- Par exemple, la loi de Newton permet de définir le temps que nous avons appelé temps mécanique par l’observation du mouvement de la Lune et la comparaison de l’observation à la théorie.
- D’abord on n’y prend pas garde et on continue à penser que la notion qui intervient dans les lois L est toujours la notion A.
- On le fait parce que, au début de l’établissement des lois L, l’expérience vérifie cette manière d’opérer.
- Contradictions. — Les progrès techniques augmentent constamment les possibilités de mesure et par conséquent les vérifications des lois L. Il arrive un jour où, l’erreur moyenne des mesures ayant atteint une certaine valeur que je nommerai eB, les lois L ne se vérifient plus, et des contradictions de plus en plus graves apparaissent entre la théorie et l’observation. Par exemple, dès 1860, la position de la Lune présente des écarts avec les éphémérides, supérieurs aux erreurs de mesure.
- Alors les savants cherchent à perfectionner la théorie, généralement en introduisant dans celle-ici des influences qu’ils avaient négligées jusque-là, ou même en lui faisant subir des modifications plus ou moins profondes. Si cette opération réussit la notion A et les lois L sont sauvées, et tout rentre momentanément dans l’ordre.
- Mais quelquefois ce « replâtrage » demeure impossible malgré les efforts des chercheurs.
- On en arrive à faire des constructions qui ne sont que des compromis entre la théorie et l’expérience : la science traverse ce que l’on appelle une crise et n’en sort que par de profondes modifications des notions de base.
- Substitution de la notion B à la notion A. —
- On se rend compte alors que la contradiction est entre la notion de temps A et les lois L qu’on a édifiées grâce à elle. Il faut choisir entre celles-ci. Les tentatives de modification des lois L ont échoué : alors on conserve les lois L, et on cherche si, en abandonnant la notion A, on ne pourrait pas supprimer ces contradictions.
- Si on conserve les lois L, il y a une notion de temps qui s’impose, c’est la notion B qui est justement définie par ces lois.
- Ainsi une nouvelle notion de temps apparaît et se substitue à l’ancienne. Elle est toujours définie avec une
- erreur moyenne e„ inférieure à l’erreur moyenne sA de l’ancienne notion.
- Évolution dialectique de la science. — Bécapitulons la filiation entre A et B :
- La notion de temps A et l’observation permettent d’établir les lois L.
- La notion A, les lois L sont en accord un certain temps avec l’observation, puis des contradictions naissent entre celles-ci; la solution de ces contradictions est la suivante : on conserve les lois L et on s’aperçoit que ces lois permettent de définir une nouvelle notion de temps B qui se substitue à A.
- Puis la notion B et l’observation permettent d’établir de nouvelles lois L' et un cycle analogue au précédent recommence.
- C’est ainsi que pour la notion de temps nous observons un certain nombre de cycles schématisés ci-dessous :
- Temps biologique .
- Temps des horloges. Temps sidéral. . .
- Temps mécanique.
- Identité de durée d’un phénomène périodique.
- Constance du jour sidéral.
- Lois de la dynamique et de Fat-traction newtonienne.
- Temps électromagnétique ....
- Théorie de Maxwell-Hertz.
- Nous constatons donc les points suivants :
- 1° Les concepts fondamentaux de la science sont à étudier dans leur évolution, et non pas comme des choses fixées une fois pour toutes. Chacune des notions de temps ne peut se comprendre et se définir que si on la situe à l’époque où elle naquit et se développa, et si on considère qu’elle ne représente qu’une étape dans l’évolution de l’idée de temps.
- 2° Dans les sciences tout est lié, les concepts fondamentaux (temps, espace...), et les lois ne sont pas séparables.
- Une loi s’établit par l’expérience quand on est parvenu à trouver la définition expérimentale d’un concept qui y intervient et réciproquement une fois la loi établie le concept peut être défini par elle.
- Nous ne sommes pas en présence de compartiments bien définis, concepts, lois et expériences, mais d’un mélange dont les éléments sont trop intimement liés pour que notre pensée puisse les considérer séparément.
- Cependant l’expérience apparaît comme dominant les notions fondamentales de la science et ses lois, car celles-ci en sont tirées.
- 3° L’évolution se produit en partie graduellement par des perfectionnements techniques, mais surtout par révolutions dans le domaine théorique. Chaque révolution est le résultat de l’opposition entre une thèse et une antithèse, opposition qui se résout dans une synthèse. Par exemple, la définition du temps sidéral et les lois de la mécanique étaient une thèse, et l’observation l’antithèse, une opposition entre cette thèse et cette antithèse s’est
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- produite : différence entre la théorie et l’observation du mouvement de la Lune. La synthèse a été la notion de temps mécanique. Les mots thèse, antithèse, synthèse ne jouent du reste en cela que le rôle d’un langage commode, permettant d’exprimer brièvement les circonstances de passage d’une notion de temps à une autre.
- Cette manière de considérer les choses s’appelle la dialectique.
- Histoire de la dialectique. — Le mot dialectique était déjà employé par les philosophes grecs et Aristote lui-même expose la dialectique dont il attribue la découverte à Zénon. Mais le mot dialectique avait, dans l’antiquité, un sens différent de celui que nous lui donnons ici : c’était alors l’art d’exposer des arguments, des preuves, l’art de raisonner extérieurement pour convaincre les axitres. Cependant déjà apparaissait l’idée de raisonner par thèse, antithèse et synthèse.
- La philosophie moderne s’est détachée de la dialectique pour se porter vers la pensée métaphysique dont nous avons parlé au début de cet article. La dialectique fut reprise par Hegel, qui créa une dialectique idéaliste, puis par Engels qui créa une dialectique matérialiste.
- Opposons rapidement les caractères de la pensée métaphysique et de la pensée dialectique.
- Pour le métaphysicien, les choses et les concepts scientifiques sont isolés, à considérer l'un après l’autre, l’un sans l’autre. Dans son raisonnement deux antithèses s’opposent sans intermédiaire et sans que leur opposition puisse se résoudre autrement que par la victoire de l’une sur l’autre. C’est ce que l’on appelle le sens commun. Cette conception métaphysique se heurte à des contradictions étonnantes parce que, comme le dit Engels « elle devient exclusive, bornée, abstraite et s’égare en des contradictions insolubles, parce que les objets qu’elle considère isolément lui font oublier leurs relations réciproques, leur être lui fait oublier leur devenir et leur finir ».
- En dialectique au contraire, on constate que lorsque l’on soumet à l’examen la nature, l’histoire de l’humanité et notre propre activité mentale, on est en présence d’un enchevêtrement de relations entre tous les phénomènes, •et d’un monde qui apparaît comme un processus de perpétuel devenir.
- La dialectique ne rejette pas le passé comme faux, mais le considère comme un stade nécessaire de la pensée humaine. Par exemple, la notion de temps sidéral et les lois de la mécanique newtonienne ont été, de 1700 à 1860, un stade nécessaire de la notion de temps, stade dépassé depuis.
- La dialectique ne place pas au-dessus de la connaissance scientifique une philosophie qui la résume et la domine ; elle considère toutes les sciences et tous les concepts comme mêlés, et prend conscience du rôle de chacun d’eux dans la connaissance évolutive de l’univers.
- Penser dialectiquement c’est étudier une question en ne perdant jamais de vue ces bases de la dialectique : toutes les choses sont liées entre elles et évoluent par thèse, antithèse et synthèse.
- La dialectique conduit ainsi à étudier un phénomène
- ....—..... -==..........= 249 =
- dans ses rapports avec tous les autres et à trouver ainsi ses causes véritables. C’est ainsi que, dans cette étude de la notion de temps, j’aurais dû étudier les relations entre l’évolution de la notion de temps et l’évolution technique et sociale de l’humanité. Une telle étude aurait par trop augmenté la longueur de ces articles; j’espère la reprendre une autre fois.
- A ses débuts la science a conduit d’abord à adopter la manière de penser métaphysique, parce que, devant la complexité de la nature, il a fallu simplifier et classer les phénomènes tant soit peu arbitrairement, avant de les étudier; d’où les sciences séparées les unes des autres, d’où les concepts comme le temps, l’espace, la masse... séparés les uns des autres, et des lois auxquelles ils obéissent.
- Mais depuis peu on s’est livré à l’étude de l’histoire des sciences, et on a constaté que celles-ci avaient évolué dialectiquement. C’est d’abord dans l’étude des sociétés, dans celle de la morale et dans la science de la vie que la dialectique est apparue clairement. Nous avons donné dans cet article un exemple d’évolution dialectique en physique.
- Si ou ne pense pas dialectiquement, on ne peut pas comprendre certains des faits que nous avons cités.
- Revenons par exemple, au passage d’une notion de temps A à une autre notion B par l’intermédiaire des lois L.
- Cette manière de passer de A à B peut paraître contradictoire et illogique à certains, car la notion B est définie par les lois L, et ces lois L sont établies grâce à la notion A. La notion B est donc en quelque sorte la descendante, la conséquence, de la notion A, et on a l’impression qu’en reconnaissant comme fausse la notion A on va faire écrouler tout l’édifice. En tout cas, il semble qu’on ne puisse plus se baser sur les lois L pour définir la notion B. On croit assister à une faillite de la science qui paraît se contredire elle-même.
- Mais on ne voit là une contradiction que parce qu’on pense métaphysiquement; cette contradiction disparaît dès que l’on pense dialectiquement, dès que l’on se rend compte que les concepts et les lois auxquelles ils obéissent ne sont jamais, à un instant, ce qu’ils étaient auparavant et évoluent en liaison étroite les uns avec les autres.
- Dialectique matérialiste. — La dialectique d’Engels est matérialiste, car celui-ci trouve le ressort moteur de l’évolution dialectique dans les conditions matérielles qui influencent cette évolution. 11 serait trop long de montrer que l’évolution du concept de temps a eu lieu sous l’influence de facteurs économiques et techniques; nous nous trouverions entraînés dans l’étude des rapports de la science et de la technique, de la vie économique et de la société. Signalons deux faits seulement.
- La notion de temps sidéral et la découverte des lois de la mécanique sont les conséquences de la nécessité économique de naviguer en mer, dans laquelle s’est trouvée une partie du monde européen aux xve et xvxe siècles. La découverte du temps mécanique a son origine dans un grand nombre de causes techniques, car on n’a découvert ce tempis que parce que l’on avait
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- des positions assez précises de la Lune et on n’avait ces positions que parce que la technique de l’optique et de la mécanique de précision était assez avancée.
- Les concepts nous viennent de Vexpérience. —
- Enfin l’origine des concepts scientifiques est à chercher non dans notre esprit mais dans la nature.
- L’étude dialectique de la notion de temps par exemple nous montre que celle-ci a changé plusieurs fois. Elle est passée par cinq stades, et cela sous l’influence de l’expérience.
- On ne peut donc pas soutenir que la notion de temps est, a priori, dans notre esprit, comme un cadre imposé à notre conception du monde, car, s’il en était ainsi, la notion de temps n’aurait pas changé.
- On pourrait objecter que le passage du temps biologique au temps des horloges, ou de celui-ci au temps sidéral, ou de ce dernier au temps mécanique, ne sont que des perfectionnements dans la définition et la mesure matérielle d’une notion de temps idéale dont on se rapprocherait par approximations.
- Mais cela ne peut être dit du passage du temps mécanique au temps électromagnétique. Le second ne peut être considéré comme un perfectionnement du premier, la transformation est cette fois trop profonde.
- Nous ne pourrons le montrer qu’après une étude de la relativité restreinte et de la notion de groupe ; nous ferons sans doute cette étude dans un prochain article.
- Henri Mineur,
- Astronome à l'Observatoire de Paris.
- L’EMPAQUETAGE ET LE DOSAGE MECANIQUES
- DES PRODUITS ALIMENTAIRES, CHIMIQUES ET PHARMACEUTIQUES
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L’EMPAQUETAGE MÉCANIQUE
- Le choix d’un empaquetage approprié à telle ou telle marchandise, s’adaptant parfaitement à l’état physique, au mode de transport, de conservation et de vente de celle-ci, ne va pas sans difficultés pratiques. L’expérience peut seule déterminer la nature, la forme et les dimensions des enveloppes adéquates à la préservation de substances dures ou molles, semi-fluides, liquides, volatiles ou gazeuses. On conçoit donc la variété des problèmes que pose aux techniciens le conditionnement des produits naturels ou manufacturés. En outre, là comme ailleurs, l’économie s’impose aujourd’hui plus que jamais. Aussi
- au cours des dernières années, les spécialistes s’efforcèrent de remplacer par d’ingénieux appareils mécaniques les « emballeurs » de tous genres.
- Nous nous bornerons à signaler les principales machines à fonctionnement semi-automatique ou automatique, qui servent à empaqueter de grosses quantités d’articles alimentaires, chimiques et pharmaceutiques. La mise au point de leurs organes, aux gestes précis et sûrs, nécessite la réalisation de mouvements alternatifs, oscillants, rotatifs ou discontinus, assez compliqués, obtenus généralement en transformant une rotation
- Fig. I el 2. — Mouleuse Benz et Hilgers en service à l'usine de la Société laitière Maggi, à Paris.
- A gauche, les mottes de beurre introduites dans la machine sont poussées par deux hélices dans une filière qui les met en barre qu’un sectionneur découpe en morceaux. A droite, sortie des pains marqués et enveloppés.
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- simple, grâce à des mécanismes dits « à courbes directrices ». Il faut, dans chaque cas particulier, étudier l’allure de celles-ci et tracer la courbe de came correspondante. Comme l’a fait remarquer l’ingénieur allemand Maul, ces courbes, ouvertes ou fermées, jouissent de la propriété de transmettre les mouvements perpendiculairement à la direction de leur axe; le galet se monte à l’extrémité d’une tige ou d’un levier.
- Parmi les combinaisons possibles de courbes fermées, le plateau à rainures paraît le plus avantageux car il donne le minimum de jeu avec la plus faible masse oscillante, mais en revanche, comme il exige un grand diamètre, sa fabrication est coûteuse. Dans les mécanismes à double courbe directrice, on adopte le levier car dans les systèmes à tige, la fourche terminant celle-ci frotte sur les faces intérieures des deux cames, sur les arbres desquelles elle exerce, en outre, une pression. Les courbes à cames ouvertes s’emploient dans certains types d’empa-queteuses, vu leur construction bon marché et la suppression du mouvement suivant l’une des deux directions. Dans le troisième genre de courbes directrices, constitué par une rainure fermée ou ouverte tracée sur un tambour, le mouvement du galet se trouve généralement transmis à la pièce à commander par un organe réducteur.
- L’application de ces considérations théoriques sur les cames aux machines à empaqueter comporte nécessairement de nombreuses variantes impossibles à détailler dans un court article, notons-en cependant quelques-unes. Un premier dispositif général adopté consiste à ne déclencher une opération qu’après réalisation d’un certain nombre de conditions préliminaires, par exemple l’encollage de la bande d’un paquet après le remplissage et la fermeture de celui-ci; préparation, impression ou décoration de l’enveloppe extérieure d’une boîte après sa garniture intérieure, etc.
- Pour la réalisation de ces conditionnements, on remplace parfois les cames par des organes exclusivement rotatifs. Tel est, en particulier, le cas des sacs. Les feuilles
- Fig. 3. — Mouleuses enveloppeuses pour le beurre, système Kuslner frères, à l'usine parisienne de la Société laitière Maggi.
- de papier servant à les confectionner se trouvent maintenus par un index et passent successivement entre les cylindres où s’effectue l’encollage, mais des pièces munies de ressorts immobilisent le dernier de ceux-ci jusqu’à ce que la feuille de papier soit engagée sous les cylindres encodeurs. Après cette préparation automatique, les sacs sont entraînés au-dessous des petites trémies d’où tombe la matière à empaqueter (cacao en poudre ou autre masse pulvérulente). Le remplissage peut s’opérer également en plusieurs fois. Tantôt après un premier versement approximatif, les paquets passent sur une balance où se termine le remplissage exact; un arbre tournant à la demi-vitesse de la machine et sur lequel se trouvent trois cames effectue alors le dosage. Tantôt la matière est comprimée au préalable dans le sac tandis que des guides rigides maintiennent automatiquement celui-ci sur ses quatre côtés afin d’éviter sa déformation.
- Fig. 4 et 5. — Machines Chambon à confectionner, remplir et imprimer les étuis pour produits granulés ou pulvérulents, en usage
- à la Société « Elesca », Paris.
- A gauche, côté de l’embobinage et de l’impression du papier. A droite, côté des moteurs et sortie des étuis pleins.
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- D’autres fois, des mécanismes, combinés souvent avec des dispositifs d’impression, assurent le découpage du papier servant à la confection des sacs. Ainsi nous avons vu fonctionner dans des maisons parisiennes des machines Chambon utilisant le papier ou le carton en bobines et pouvant imprimer de 1 à 5 couleurs ; elles permettent le traçage de plis en long ou en travers et par l’emploi d’éléments appropriés la coupe rectangulaire, le découpage à la forme et le rebobinage. Dans d’autres appareils Chambon, on entasse verticalement les feuilles d’enve-loppage et les deux lames de pliage sont animées d’un mouvement alternatif obtenu en utilisant seulement deux cames de grand diamètre en acier durci par nitruration.
- Certaines machines de ce genre se trouvent aujourd’hui dans les chocolateries, les brûleries de café, les ateliers de façonnage de pains de savons, de lessives et autres établissements de manutention de substances granuleuses ou pulvérulentes. Grâce à elles, les industriels fabriquent eux-mêmes des boîtes ou étuis simples, qu’ils
- Fig. 6. — Remplissage semi-automalique des boîtes de cacao de la Société « Elesca».
- Les boîtes vides descendent de l’étage supérieur sur une table où des ouvriers les remplissent au moyen de trémies-doseuses.
- impriment, remplissent et ferment automatiquement avec une main-d’œuvre des plus réduites. Les divers organes généraux et annexes se montent d’ordinaire sur la table de la machine ainsi que les deux cylindres portant l’un une bobine de carton imprimé à l’avance et l’autre une bobine de papier blanc destiné à la doublure. Ces deux bandes passent à travers des appareils d’encollage, de traçage des plis et de découpage des fentes puis arrivent au centre sur une roue à mandrin où se forment soit une boîte, soit un étui. Ces récipients vides, fermés d’un côté et ouverts de l’autre, se présentent ensuite au dispositif de remplissage dont la trémie supérieure renferme la matière à distribuer. Une fois pleins, ils passent devant les mécanismes qui les ferment, les encollent, plient leur patte supérieure et ils arrivent finalement sur un convoyeur. Là, une surveillante groupe et emballe, souvent
- à la main, les paquets remplis dans des caisses en nombre voulu. Donnons un chiffre pour fixer les idées. Une machine Chambon (Type OME-OMR) de ce genre produit, à la minute, 45 boîtes d’échantillons de 250 grammes de lessive, confectionnés, imprimés, remplis et fermés; elle exige la force minime d’un cheval-vapeur pour l’actionner et deux personnes pour la servir.
- MOULEUSES-ENVELOPPEUSES POUR BEURRERIES SAVONNERIES ET CONFISERIES
- Voyons maintenant à l’œuvre les très originales mouleuses-enveloppeuses spécialement destinées aux beur-reries et fromageries. Diverses machines de cette catégorie, construites par la maison allemande Benz et Hilgers, se voient dans l’usine parisienne de la Société laitière Maggi (fig. 1 et 2). Elles réalisent non seulement une importante économie de main-d’œuvre mais aussi un grand progrès hygiénique puisqu’elles permettent de soustraire presque complètement le beurre aux mains des ouvrières. Un homme prend les mottes dans le magasin puis les porte au fur et à mesure dans la machine. Dès son entrée dans la mouleuse, deux hélices s’emparent du beurre et l’acheminent par l’ouverture d’une filière vers une goulotte inclinée. Un découpeur automatique (ou parfois un découpeur à main) sectionne alors la barre de beurre en morceaux de 125 grammes, de 250 grammes ou d’une livre suivant le réglage préalable de l’engin. Ces pains roulent ensuite vers l’entrée du dispositif d’enveloppage, qui conduit successivement chacun d’eux jusqu’à une des alvéoles vides garnissant le pourtour d’une table métallique rotative. Celle-ci tourne par saccades et à son premier arrêt le pain de beurre s’introduit dans la forme vide; au deuxième, il subit un contrôle puis il reçoit une marque ; à la troisième station, un doigt métallique l’éjecte et finalement il sort de la machine tout enveloppé.
- Près de chaque empaqueteuse, une ouvrière assise devant une table s’empare des pains et en pèse quelques-uns de temps en temps afin de les vérifier par surcroît de précautions, car la machine doit éliminer automatiquement tous les paquets qui diffèrent de 1/2 gramme du poids fixé.
- D’autres types de machines Kustner frères (fig. 3) ou Benz et Hilgers moulent et enveloppent des rouleaux de beurre de 40 grammes. Ce travail, très pénible à la main, s’exécute rapidement, grâce à elles, avec une propreté et une exactitude remarquable à raison de 60 à 65 rouleaux par minute.
- Dans les savonneries, on emploie également diverses empaqueteuses semi-automatiques. Une ouvrière place les pains dans des sortes de godets constituant une chaîne d’alimentation qui se déplace devant des mécanismes effectuant automatiquement les quatre opérations suivantes : 1° disposition de chaque savon dans un papier de soie provenant d’un rouleau et coupé à la longueur voulue au moment de l’enveloppement; 2° enroulement autour de chaque morceau, d’un prospectus, ou d’un carton empilé d’avance dans un approvisionneur annexe ; 3° emballage et pliage du paquet, au moyen d’une autre
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- Fig. 7 et S. — Emballages de la lessive à la Société « Phénix ».
- A gauche, machines à envelopper et remplir les paquets de lessive. A droite, machine Chambon pour confectionner les échantillons.
- bande de papier, de façon que les pointes pliées se trouvent rabattues en même temps, et 4° apposition automatique d’un cachet qui, encollé à l’avance, sert à réunir les pointes. Un tel engin empaquette 60 à 80 savons à la minute.
- Dans les confiseries, des machines à peu près similaires permettent d’emballer d’une façon très hygiénique, les caramels, les chocolats fondants et autres sucreries de consistance molle. Ces bonbons, formés généralement par passage de la pâte dans un laminoir spécial, viennent s’y placer automatiquement dans les encoches d’une roue d’alimentation. Celle-ci, en se déplaçant, rencontre un mécanisme, qui entoure chaque bonbon d’une feuille de papier paraffiné provenant d’un rouleau et sectionnée mécaniquement à la longueur voulue. Deux pinces placées de chaque côté de la roue saisissent alors l’extrémité du papier et effectuent un tour complet, chacune dans un sens différent. Après cette rotation, une tige éjecte automatiquement le caramel ou le fondant qui, artistement enveloppé, sera digne, en tous points, du palais d’un fin gourmand !
- EMPAQUETAGE MÉCANIQUE DES PRODUITS PHARMACEUTIQUES
- Mais c’est surtout dans l’empaquetage des produits pharmaceutiques que le machinisme triomphe aujourd’hui. La thérapeutique moderne faisant appel à des médicaments d’origines très diverses et souvent d’une préparation délicate, ceux-ci se fabriquent maintenant dans de vastes laboratoires très bien outillés ou dans des ateliers spécialisés. Ces établissements industriels fournissent aux officines soit des éléments minéraux (iode, brome, sels de potasse ou de magnésie, sulfate de soude ou calomel, etc.), soit des extraits végétaux, soit des combinaisons complexes de chimie organique, soit des composés opothérapiques tirés des glandes animales. L’arsenal thérapeutique s’augmente, du reste, chaque jour et on présente aux malades, sous des formes de plus en plus... alléchantes, les « pilules » qu’ils doivent absorber!
- L’industrie pharmaceutique met donc en œuvre des traitements très variés ressortissant à la chimie, à la physique, à la physiologie et à la microbiologie.
- Nous n’avons pas l’intention de visiter ces usines où se confectionnent des dragées médicamenteuses, où s’agitent des broyeurs perfectionnés, des tamiseurs mélangeurs centrifuges, qui permettent d’incorporer aux poudres des colorants et des liquides pendant leur fabrication. Nous allons tout bonnement nous attacher à décrire le très remarquable matériel de conditionnement qu’emploient les laboratoires pharmaceutiques importants qui, en France plus peut-être qu’ailleurs, savent présenter maintenant leurs produits avec art. Il faut donc une fois les remèdes fabriqués, soit les empaqueter seuls, en vue de leur vente, dans des récipients appropriés et
- Fig. 9. — Presses Cogez fabriquant les comprimés aux Établissements Février, Decoisy et Cie, Paris.
- Ces machines produisent de 1800 à 30 000 comprimés par heure.
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- élégants (pots de porcelaine, boîtes spéciales en carton, bois ou métal, enveloppes cellulosiques, flacons ou ampoules de verre, étuis rigides ou mous), soit les mélanger avec certaines substances destinées à faciliter leur ingestion, soit les enrober simplement dans une mince et esthétique cupule de pain azyme.
- Assistons d’abord à la naissance des comprimés qui se font aujourd’hui avec des machines à simple compression. Les matrices ont des formes carrées, rectangulaires ou ovales et un distributeur à secousses les charge automatiquement. Le réglage de la compression se fait au moyen de l’excentrique, celui du volume ou du poids des comprimés par un cône et la tige d’extraction détermine l’affleurement des poinçons inférieurs. La production horaire de ces machines varie de 1800 à 30 000 comprimés selon les dimensions des pastilles et la nature des produits. On les empaquette dans des boîtes ou dans des tubes.
- Pour contenir les vaselines, pommades et pâtes médicamenteuses, on utilise depuis longtemps déjà les tubes en étain. Mais aujourd’hui on se sert aussi de boîtes rigides en aluminium pour renfermer les comprimés, cachets, pilules et dragées. Ce métal se prête à l’emboutissage et grâce à lui, on réalise des étuis parfaitement étanches, portant la marque de la firme ainsi que l’indication du médicament. L’impression se fait avec des vernis gras et on les ferme soit au moyen de couvercles maintenus par des bandes de sparadrap ou de papier gommé, soit à l’aide d’un capuchon vissé sur l’extrémité filetée de l’étui; une mince couche de liège ou de feutre assure l’étanchéité du récipient.
- Jadis dans les officines, les pharmaciens remplissaient à la main leurs flacons ou leurs tubes, mais dans les usines ou laboratoires pharmaceutiques actuels, on s’adresse au remplissage automatique qui offre de précieux avantages surtout pour les masses pâteuses, les liquides huileux ou visqueux.
- Divers types de machines permettent l’introduction
- Fig. 10. — Machine doseuse pour le remplissage pneumatique de flacons avec des solutions de neurotrophol, aux Établissements Bgla à Gentilly.
- des pâtes médicamenteuses dans les tubes d'étain qu’elles ferment ensuite automatiquement. En principe, une pompe réglable pousse une même quantité de matière dans chacun de ceux-ci et leur fermeture s’opère sur un plateau-revolver. La « Main-d’œuvre mécanique » construit trois modèles de ces remplisseurs pour pâtes fluides, pour pâtes molles et pour pâtes dures. Dans le modèle pour pâtes fluides, le réservoir est horizontal avec orifice bouché par un couvercle, un bec plonge au fond du tube à remplir et s’élève pendant le remplissage de manière à éviter la production de bulles d’air. L’ouvrier ou l’ouvrière place successivement les tubes vides dans les alvéoles d’un plateau revolver et les retire, quand ils reviennent pleins et fermés devant elle.
- Pour les pâtes molles comme les dentifrices, le réservoir, conique et muni d’un simple couvercle, se trouve placé verticalement au-dessus de la pompe. L’ajutage de remplissage est également vertical et on l’enfonce à la main dans le tube qu’àprès remplissage on insère dans une alvéole du plateau-revolver d’où un doigt l’éjecte après fermeture. Enfin pour les pâtes dures, qui se pompent difficilement, les remplisseuses employées ressemblent à celles de la catégorie précédente, mais le réservoir est cylindrique et fermé par un couvercle jointé, car on doit faire intervenir une certaine pression d’air pour faciliter la descente de la substance à entuber.
- Dans le cas de certaines préparations biologiques ou opothérapiques liquides, il faut avant de les mettre en flacons ou en tubes, les fdtrer d’abord sous pression. Les Établissements Byla de Gentilly ont réalisé, dans ce but, et construit eux-mêmes une sorte d’étagère sur roulettes comprenant à sa base un autoclave de Radais, muni d’un manomètre, d’une soupape de sûreté et d’un tube par lequel une valve permet l’admission d’un gaz neutre (fig. 11). Un tuyau de nickel établit la communication entre ce récipient et le réservoir filtrant. Ce dernier, situé au sommet de l’appareil, contient 18 bougies Chamberland montées sur un disque de bronze perforé et se termine par une coupole de bronze qui s’applique au moyen d’un petit ajutage sur chaque bougie. Des disques de caoutchouc permettent le serrage de la coupole sur la partie inférieure du réservoir et un tube de nickel amène le liquide filtré dans un ballon de verre, sis à l’étage intermédiaire. Là il s’emmagasine en attendant qu’on l’en extraie au moyen du tube inférieur de distribution. Avant de mettre l’appareil en marche, on stérilise le ballon collecteur, les bougies, la coupole et son tube, puis on envoie du gaz neutre (azote ou acide carbonique), par le tube d’admission, dans l’autoclave, à une pression variant avec la nature du médicament biologique ou opothérapique; sous l’action de la pression, ce liquide monte dans le récipient supérieur, traverse les bougies qui arrêtent tous les germes, puis le liquide stérile monte dans la coupole en bronze d’où il se déverse en menu filet dans le ballon réservoir.
- REMPLISSEUSES ET DOSEUSES DE LIQUIDES
- Le remplissage des flacons à niveau constant s’obtient au moyen de machines à pédales qu’on règle aisément; elles se construisent à un, deux ou quatre postes. On
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- A gauche, appareil à filtration des solutions de vitamines sous pression avant leur mise en ampoules, aux Établissements Byla, à Genlilbj. A droite, remplissage automatique de flacons avec une solution huileuse de vitamines antirachitiques, à la même usine.
- emploie également des remplisseuses pneumatiques pour embouteiller les sirops, les préparations épaisses ou huileuses, les produits mercuriels, iodés, chlorés, bromés, acétiques ou autres corrosifs et pour charger les stilligouttes à orifices étroits. La machine aspire directement le liquide dans les fûts, bonbonnes ou récipients quelconques disposés sur le sol et après avoir relié son réservoir à une source de vide, il suffit d’engager le flacon sur le bec et de manœuvrer la manette pour que le plateau s’élève et que le remplissage s’opère immédiatement. Aux Établissements Byla, nous avons vu une ouvrière remplir avec une de ces machines 1200 flacons de neuro-trophol à l’heure (fig. 10).
- On a également mis au point des machines-dos eus es spéciales pour médicaments en poudre ou pour granulés, actionnées avec des moteurs. L’ouvrier présente la boîte vide sous l’embouchure de l’entonnoir et actionne en même temps une pédale d’embrayage. La machine se met alors en marche, le remplissage s’effectue et s’arrête automatiquement quand la quantité voulue de matière s’est écoulée dans le récipient. Le réglage s’opère sans difficultés pour des dosages quelconques. Il existe aussi des remplisseuses à vis ou à tapotage avec compteurs pour distribution automatique de pilules, comprimés ou dragées médicamenteuses dans des récipients quelconques.
- Leur organe principal se compose d’un plateau percé d’alvéoles de forme convenable pour obtenir des comptages différents. Un petit moteur électrique, monté entre les pieds d’un bâti tubulaire supportant l’ensemble du mécanisme, actionne, d’ordinaire, ces remplisseuses-calculatrices.
- SOUDEUSES D’AMPOULES
- De leur côté, les ampoules pharmaceutiques se soudent maintenant non plus à la main mais au moyen de machines qui effectuent automatiquement ce délicat travail. La soudeuse Meyer (fig. 14) se compose d’un bâti en fonte, émaillé blanc, supportant un moteur électrique de 1/3 cheval avec réducteur de vitesse commandé par courroie, et un plateau tournant sur la périphérie duquel se trouvent disséminés de 6 à 20 cylindres creux pour insérer les ampoules. En outre à sa partie supérieure une tige soutient un dispositif de chalumeau à flamme très chaude fonctionnant indifféremment à l’air ou à l’oxygène, grâce à une tuyauterie munie de robinets individuels qui règlent l’arrivée des gaz. Automatiquement chaque ampoule à souder vient se placer devant le chalumeau puis une pince saisit sa pointe ramollie par la chaleur, l’étire et éjecte son extrémité inutile tandis que la soudure s’arrondit en se refroidissant. Le rôle de l’ouvrière se borne à enlever
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- Fig. 13. — Capsuleuse ou seriisseuse automatique « Iiermelicos » fermant les étuis dans le vide.
- successivement chaque ampoule fermée et à la remplacer par une de celles à souder, empilées dans une boîte sise devant elle. La production de cette machine atteint 1800 à 2000 ampoules à l’heure alors qu’une bonne ouvrière ne peut en souder guère plus de 150 à 300 pendant le même temps.
- BOUCHAGE ET CAPSULAGE
- Examinons à présent les boucheuses automatiques de bouteilles, flacons, tubes en verre ou en métal d’un usage
- Fig. 14. — Machine Meyer à souder automatiquement les ampoules pharmaceutiques.
- courant dans l’industrie actuelle. Certaines de ces machines travaillent sans poussée, ni pression, le bouchon resserré latéralement étant refoulé dans le tube-guide qui pénètre dans la bouteille et qui s’extrait automatiquement quand le bouchon est en place tandis que l’air s’échappe.
- D’autre part, comme certains produits chimiques et pharmaceutiques s’évaporent, s’oxydent, s’hydratent, se décolorent ou se conservent mal au contact de l’air, on tend à remplacer de plus en plus les anciens procédés de fermeture (liège, paraffne, etc.) par le bouchage par le aide. Ce système s’applique maintenant, d’une façon courante, aux granulés et comprimés solides facilement altérables, aux révélateurs photographiques qui doivent rester transparents, à diverses essences parfumées très volatiles, aux solutions vitaminées particulièrement oxydables, aux diverses huiles médicinales qui rancissent à la longue, etc.
- La capsuleuse « Hermeticos » (fig. 13) est une des plus simples et des plus robustes de ces machines à boucher. Elle se compose d’un bâti de fonte dont la colonne verticale supporte à sa partie supérieure l’organe essentiel, la boîte à aide qui contient le dispositif de sertissage actionné par une tige. Une console intermédiaire s’appuyant aussi sur le fût central soutient et guide le plateau d’appui du récipient à boucher. Une pédale commande toute la manœuvre. Le jeu de soupape de la boîte pneumatique assure le vide et l’admission de l’air à la fin de l’opération dont un manomètre permet de contrôler l’exactitude. En outre, grâce à des ressorts de compensation, cette machine peut boucher hermétiquement tous flacons, pots et tubes à capuchons sertis jusqu’à 80 mm de diamètre à la bague. Le bouchage s’effectue en deux temps : vidange de l’air et bouchage hermétique par sertissage de la capsule sous le vide. L’ouvrier commence par mettre, sur le plateau de la machine, le récipient coiffé, puis en actionnant la pédale, il détermine l’élévation du plateau. Le flacon ou le tube prend alors contact avec la boîte à vide dans l’intérieur de laquelle pénètre son goulot. Ce premier mouvement provoque également l’abaissement du levier de sertissage qui, appuyant sur la soupape d’aspiration, met en communication la pompe à vide avec la boîte pneumatique. Au deuxième temps, la pédale continuant sa course élève encore le récipient. Celui-ci entraîne le collier coulissant, son goulot appuie fortement sur un mandrin intérieur qui épouse la forme de la capsule. La tige de sertissage s’abaisse et comprime une bague de caoutchouc emboutissant étroitement le couvercle sur le pot, le flacon ou le tube. Une came maintient le plateau en place et son ressort compense les variations inévitables dans des récipients fabriqués en série. L’ouvrier lâche alors la pédale qu’un boudin de rappel ramène à sa première position, la bague de sertissage se trouve libérée, la soupape d’admission s’ouvre provoquant la rentrée d’air atmosphérique dans la boîte à vide et le récipient fermé redescend avec le plateau. La capsuleuse « Hermeticos » bouche ainsi 500 à 600 pots ou flacons à l’heure sous aide profond et une autre machine conçue sur le même principe permet le sertissage sous le aide à la molette en deux passes (roulage et écrasage)
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- de boîtes métalliques rondes ordinaires de tous calibres jusqu’à un diamètre maximum de 120 mm sur 150 mm de hauteur à la cadence horaire de 300 pièces.
- DOSAGE ET CONFECTION AUTOMATIQUES DES CACHETS AZYMES
- Enfin un ingénieur, Henri Wierzbinski, a construit récemment des machines capables de doser automatiquement des produits pharmaceutiques en poudre et de les enfermer dans des cachets azymes par fermeture humide. Les deux modèles que nous avons vus aux laboratoires R. Chantereau à Arcueil (Seine) reposent sur le même principe, mais dans le premier l’ouvrière place les
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- un des trous de la couronne et elle arrive sous le doseur qui y dépose la pastille de poudre légèrement comprimée, tandis qu’une autre cupule, après son passage sur le mouilleur, parvient sous le cacheteur et va servir de couvercle à la précédente. Ces mouvements s’effectuent grâce à un dispositif de cliquet et à un jeu d’engrenages; la couronne centrale avance d’un trou à chaque mouvement de la machine, entraînant d’un quart de tour les croisillons du doseur et du cacheteur. Le mouillage nécessaire à la soudure des deux parties des azymes s’opère au moyen d’un rouleau baignant dans l’eau d’une boîte et après lequel s’humecte la cupule-couvercle à chaque évolution du cacheteur. Finalement une aspira-
- Fig. 15 el 16.
- Machines Wierzbinski à fabriquer les cachets azymes aux laboratoires Chantereau, à Arcueil.
- A gauche, machine automatique opérant à l’abri des poussières et débitant de 1000 à 3000 cachets à l’heure.
- A droite, machine semi-automatique.
- cupules directement dans les plateaux tandis que dans le second, la distribution des dites cupules se fait d’une fagon entièrement mécanique (fig. 15 et 16).
- La machine Wierzbinski semi-automatique se compose d’un bâti circulaire dans lequel peut tourner une couronne portant des alvéoles, de distance en distance. Sur une oreille tabulaire sise vers la gauche du bâti, l’ouvrière déverse les cupules d’azymes. Afin que celles-ci se présentent convenablement et aux moments voulus sous les mécanismes doseurs et cacheteurs, un doigt commandé par une came les laisse passer une à une, ouverture en bas, et la couronne les emporte. Un crochet tournant cueille successivement chaque cupule au passage, la dépose sur un culbuteur qui la met en la retournant dàns
- tion d’air soulève le cachet terminé, l’arrache de son alvéole et le dirige vers une goulotte inclinée qui le projette hors de la machine. En somme, le rôle de l’ouvrière se borne à pousser les cupules d’azyme sur la machine et à alimenter de temps en temps le doseur. Ce dernier mécanisme comprend un réservoir avec cuvette tournante comme fond et un croisillon porteur d’organes compresseurs. On verse, dans l’entonnoir du réservoir, le médicament pulvérulent que la cuvette entraîne lentement dans son mouvement rotatif. Une plaquette qu’on peut à volonté monter ou descendre, grâce à une vis, permet de régler l’épaisseur de la couche pulvérulente entraînée. D’autre part, un croisillon latéral soutient 4 compresso-doseurs identiques. Chacun d’eux est formé
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- d’un cylindre dans lequel se déplace un piston. Un poids ou un ressort, placé sur une tige et convenablement actionné par une came, comprime la poudre au moment du chargement et repousse le comprimé dans la période de déchargement.
- L’autre type de machine Wierzbinski est complètement automatique; tous ses organes, cames, leviers, aspirateur ainsi que son moteur électrique se trouvent complètement enfermés dans un bâti métallique, à l’abri des poussières. La plaque supérieure en acier nickelé porte à gauche la trémie du doseur alimentant en poudre les compresso-doseurs et au centre se voit le plateau porte-azymes que l’ouvrière a seulement la peine de garnir
- de temps à autre, mais la distribution des cupules s’y fait automatiquement, ainsi que nous le remarquions ci-dessus. L’adjonction de quelques pièces suffit à modifier la vitesse de marche et la grandeur des cachets fabriqués par ces remarquables machines à raison de 1000 à 3000 par heure.
- On le voit par ce rapide aperçu dans lequel, bien entendu, nous n’avons pu signaler que les principaux types de machines actuellement employées, l’empaquetage et le dosage mécaniques s’opèrent vite, proprement et d’une façon économique dans les industries alimentaires, chimiques et pharmaceutiques.
- Jacques Boyer.
- = L’ENERGIE THERMIQUE DES MERS =
- ET LA PRODUCTION DE LA GLACE A BORD D UNE USINE FLOTTANTE CLAUDE-BOUCHEROT
- M. Georges Claude vient d’équiper un grand navire pour capter Vénergie thermique des mers et l’utiliser à la production de la glace. Il est parti au mois d’août dernier pour effectuer sur la côte du Brésil les essais de cette audacieuse usine. Avant ce départ, M. Claude a exposé à ses confrères de l’Académie des Sciences les caractéristiques de cette usine flottante. Nous reproduisons ci-dessous l’essentiel de sa communication.
- J’ai indiqué précédemment (1) mon intention de réaliser une première usine Claude-Boucherot sur un bateau de 10 000 t de déplacement et 6500 t de port en lourd, le Tunisie, et d’y installer également la fabrication de la glace grâce aux conditions techniques excellentes qu’y permettra la présence à bord de l’eau très froide des profondeurs.
- L’installation de ce bateau est actuellement à peu près terminée par les soins des Ateliers et Chantiers de France, et j’ai eu le plaisir d’y recevoir, le 28 juillet, quelques-uns de nos Confrères, avant son départ imminent vers les côtes brésiliennes.
- Je crois utile de donner ci-après les principales caractéristiques de ces installations.
- Tout d’abord, il faut remarquer que le tube vertical sous-marin ne sera pas fixé au bateau; il faut que celui-ci puisse s’en dégager en cas de tempête : amarré au fond de la mer par un caisson lourdement chargé, le tube sera suspendu à un flotteur présentant un grand excès de flottabilité qui dotera l’ensemble d’une grande rigidité verticale. Grâce à celle-ci, le bateau pourra s’amarrer sur le flotteur comme sur un solide corps mort et puiser l’eau froide dans le tube par une liaison facilement amovible. Le dessus du flotteur étant à 15 m sous l’eau, l’ensemble (tube, flotteur) sera à l’abri de la tempête. Le dispositif d’amarrage, spécialement étudié par
- I. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 197, 1933, p. 567.
- MM. Milne et Gardie, est tel que le bateau, maintenu debout à la lame, pourra prendre les mouvements que lui infligeront la houle ou les vagues. On estime, en effet, que l’usine pourra fonctionner même par mer assez agitée.
- Une sphère en tôle de 9 m de diamètre constituera le flotteur. Un puits central y permettra le. passage du tube, constitué par des tôles soudées de 3 mm 5 dans le haut, 3 mm dans le bas. Diamètre du tube : 3 m 50, profondeur atteinte 700 m, ce qui, dans les mers à cet égard privilégiées du Brésil, lui suffira pour ramener de l’eau à 5° C. Le tube, formé de tronçons de 6 m que réuniront des brides épaisses munies de 100 boulons, sera descendu dans la mer élément par élément, grâce à un puissant appareil de levage installé commodément sur la solide plate-forme que constituera la partie supérieure du flotteur.
- L’usine thermique proprement dite comporte une enceinte cylindrique de 25 m de long et de 6 m de diamètre, placée au-dessus du pont supérieur, son axe horizontal à 10 m environ au-dessus du niveau de la mer. Le vide sera maintenu dans cette enceinte par l’extracteur centrifuge des gaz dissous, étudié pour moi par notre regretté confrère Rateau (1). Ainsi l’eau chaude et l’eau froide monteront dans cette enceinte, sous l’action du vide, par des colonnes barométriques, aidées d’ailleurs dans leur circulation par des pompes centrifuges.
- Avant d’entrer dans l’enceinte, cette eau froide et cette eau chaude traverseront des dégazeurs reliés aux étages supérieurs de l’extracteur des gaz.
- L’enceinte, constituée par des tôles soudées de 12 mm, est divisée, par des cloisons transversales qui augmentent sa solidité, en quatre compartiments d’ébullition et cinq compartiments de condensation. Les torrents de vapeur produits dans chacun des compartiments d’ébullition par
- 1. Comptes rendus, 194, 1932, p. 1778.
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- l’eau de surface, qui éclatera, en quelque sorte, à son entrée dans le vide, passeront par des ouvertures circulaires de 2 m 50 de diamètre pratiquées au haut des cloisons, cette vapeur étant en effet aspirée par l’eau froide qui circule dans les deux compartiments de condensation adjacents. Cette vapeur actionnera, en passant, des turbines placées dans ces ouvertures. Il y aura donc huit turbines, placées sur un arbre unique et elles donneront chacune 275 kw pour un écart de températures eau chaude-eau froide de 22°. Ces turbines ont été réalisées, sur nos dessins, par les Établissements Malicet et Blin. En bouts d’arbres, extérieurement à l’enceinte, sont placés un alternateur de 800 kw et un compresseur rotatif d’ammoniaque de 1300 kw. L’eau chaude sera prise en surface de la mer par un tuyau de 2 m de diamètre, dans lequel puiseront les pompes, à raison de deux par compartiment d’ébullition. L’eau froide sera semblablement puisée par des pompes dans une conduite de 2 m de diamètre, aboutissant au puits d’eau froide de 3 m de diamètre, connecté lui-même au tube sous-marin par un tuyau de toile en accordéon prévu pour la légère dépression, et aisément amovible par scaphandrier. Débit d’eau chaude prévu pour la pleine charge : 6 m3/s; d’eau froide : 5 m8/s. L’eau usagée sera renvoyée à la mer sous la surface par un collecteur unique de 2 m 80 de diamètre.
- Une partie de la condensation se fera par mélange, le reste par des condenseurs à surface : ceux-ci fourniront Veau distillée, dont la nécessité apparaîtra ci-après.
- Une turbine auxiliaire, actionnée par des chaudières du bateau et attelée à un alternateur de 250 kw, fournira l’énergie nécessaire pour le démarrage de l’usine.
- Aussitôt terminée l’installation du tube sur la côte brésilienne, en un lieu qui sera déterminé par l’appareil Langevin à ultra-sons du bord, on procédera à la mise en route et à l’essai en charge au moins partielle de l’usine thermique ci-dessus, indépendamment de l’utilisation de l’énergie produite. C’est seulement après qu’on aura cette usine bien en main et que les mesures nécessaires auront été faites, qu’on passera au démarrage de l’usine d'utilisation de Vénergie, dont je vais parler.
- C’est qu’en effet, comme je l’ai dit (loc. cit.), ma conception d’une usine sur bateau a entraîné une sujétion. Cette usine sur bateau est trop peu importante pour qu’on puisse songer à envoyer à la côte l’énergie produite.
- Il faut utiliser sur place cette énergie. Or, parlant d’une application spécialement indiquée en ces régions : la fabrication de la glace destinée à lutter contre la chaleur pour améliorer la vie, j’ai dit que la mer y aura la particularité précieuse et très curieuse d’agir, en quelque sorte, au second degré. Non seulement, en effet, la mer sera la source de l’énergie, mais elle permettra de l’utiliser incomparablement mieux qu’on ne pourrait le faire à terre.
- En effet, le nombre de frigories que peut produire l’unité d’énergie dépend de l’écart de températures qu’on doit réaliser. Or, dans les usines à glace de cette région, on ne dispose que d’eau à 25 ou 30°, d’où un écart de températures de plus de 35° pour la fabrication de la
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- glace, tandis que cet écart ne sera que de 12 à 15° sur mon bateau, grâce à la présence de l’eau du fond à 5°. De là des rendements de glace triples de ceux possibles sur la côte.
- La production frigorifique sera assurée par un compresseur rotatif d’ammoniaque réalisé par la maison Rateau, aspirant à 3,3 atm absolus et refoulant au condenseur à 5,8 atm absolus seulement, grâce au refroidissement par l’eau du fond. Le rendement effectif ressortira ainsi au chiffre remarquable de 8000 frigories par kw-h mécanique appliqué sur l’arbre, l’énergie mécanique étant en effet fournie ici directement, sans aucune transformation, par les turbines génératrices.
- Le compresseur aspibera l’ammoniaque en voie d’évaporation dans deux congélateurs très spéciaux Chacun de ces congélateurs comporte une virole cylindrique de 5 m 50 de diamètre, fermée haut et bas de deux plaques tubulaires en acier de 4 cm d’épaisseur, fortement entretoisées. Dans ces plaques sont dudjonnés 12 000 tubes tronconiques de 1 m 40 de long, 24 mm de diamètre dans le bas et 30 mm dans le haut, dans lesquels l’eau se congèlera.
- Le congélateur se continue au-dessus de la plaque tubulaire supérieure en un réservoir de 2 m de haut, plein d'eau distillée glacée venant des condenseurs à surface. L’eau remplira donc automatiquement les tubes. La congélation s’effectuera en un temps très court, 15 à 20 minutes, grâce aux faibles dimensions des tubes. On refoulera alors dans l’ammoniaque liquide du congélateur l’ammoniaque gazeuse et chaude refoulée par le compresseur Rateau. La liquéfaction de ce gaz relèvera rapidement, en 2 ou 3 minutes, la température du bain au-dessus de zéro, ce qui déterminera le décollement. des cierges de glace, qui remonteront à la surface du réservoir d’eau; là, ils seront happés par des râteaux vers un tapis roulant qui les déversera dans le chaland en chargement. Pendant ce temps, les tubes se trouvant automatiquement chargés en eau, une nouvelle congélation recommencera, et ainsi de suite, à raison de trois opérations par heure, si nos prévisions sont correctes.
- Ainsi seront réduites à leur extrême limite les manipulations, malgré la production considérable, les deux congélateurs étant capables de 10001 de glace en 24 heures. Ceci n’est cependant que la moitié de ïa puissance de production permise par l’usine thermique et que compléteront, pour l’avenir, en cas de succès, deux autres congélateurs.
- J’ajouterai que le bateau prêt à l’exploitation coûtera 9 millions; qu’une seconde édition coûterait évidemment moins cher, soit au plus 8 millions. Mais ceci est à la fois le prix de l’usine de force motrice et de l’usine d’utilisation. La part de celle-ci est d’environ 2,5 millions. Reste pour l’usine Claude-Boucherot 5,5 millions pour 2000 kw environ, soit 3000 f le kw.
- Si donc les résultats espérés sont obtenus, on voit que le prix de moins de 2000 f par kw que j’ai avancé pour les grosses usines de l’avenir semble justifié.
- Georges Claude, Membre de l’Institut.
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- FORCE MOTRICE des VAGUES ET DE la HOULE
- LA NOUVELLE STATION D’ESSAIS D'HYDRODYNAMIQUE MARITIME DU PHARE DE BIARRITZ
- Une station d’expériences est actuellement en construction en l’un des points les plus exposés de la cote de Gascogne, au milieu des rochers du phare de Biarritz en vue d’étudier un nouveau système de moteur maritime basé sur le principe du bélier-siphon à chambre barométrique (fig. i, 2 et 3).
- Sans vouloir porter sur cette curieuse entreprise un
- jugement qui serait nécessairement prématuré nous devons constater que ce système élimine d’une façon très ingénieuse une partie des graves difficultés qui s’étaient jusqu’ici opposées à l’emploi de la houle maritime comme moteur; nos lecteurs pourront en juger eux-mêmes d’après ce bref exposé.
- LES TROIS SOURCES D’ÉNERGIE MARITIME
- Pour utiliser une partie des immenses ressources d’énergie que renferme la masse d’eau des océans, on peut s’attaquer soit à Yénergie thermique, comme l’ont fait MM. Georges Claude et Bouche rot, soit aux marées à l’aide d’usines « marémotrices » comportant d’immenses bassins d’accumulation, soit enfin aux mouvements plus rapides : houle, vagues, ressac.
- La méthode de MM. Georges Claude et Boucherot consiste, comme on sait, à utiliser l’ébullition de l’eau de mer tiède des tropiques (eau de surface) sous pression réduite, pour alimenter des turbines, le condenseur étant
- refroidi par de l’eau relativement froide, puisée dans la profondeur. De justes espoirs ont été fondés sur ce système dont le champ d’action, il faut bien le remarquer, reste néanmoins circonscrit aux régions équatoriales et tropicales; nos côtes-de France et de l’Afrique du Nord, en particulier, ne présentent pas, entre leurs couches marines superficielles et profondes les différences de température indispensables au fonctionnement des usines de ce type.
- Avec les usines marémotrices, la difficulté est d’un autre ordre; il faut trouver un point de la côte où les dénivellations de la marée soient considérables et où la topographie se prête à l’établissement de bassins d’accumulation très importants. Les quantités d’eau mises en jeu doivent être énormes, eu égard à la faible hauteur de chute ; on est conduit à des dimensions de turbines excessives que viennent limiter les possibilités de transport. Du reste, le principe de ces usines les oblige à marcher sous hauteur de chute variable; toutes ces conditions sont contraires au rendement, et la production est nécessairement réduite à quelques heures par jour. Des essais sont néanmoins en cours ou en projet sur nos côtes bretonnes dans l’estuaire de la Rance, à l’Aber-Vrach et en Ecosse.
- En mettant les choses au mieux, on voit que les usines thermomaritimes et marémotrices présenteront toujours un caractère un peu exceptionnel et qu’elles laissent un large champ libre sur nos diverses côtes françaises et coloniales pour un système plus universel et plus régulier.
- On est ainsi conduit à tenter d’utiliser la puissance des vagues et de la houle.
- PUISSANCE DE LA MER PAR GROS TEMPS
- Que les vagues marines, surtout par temps de tempête, mettent en jeu des forces et des puissances également colossales, c’est là un fait bien connu dans son ensemble mais qui a été peu étudié dans ses détails.
- Nos photographies figures 4 et 5 montrent les dégâts causés à la jetée d’Hendaye-Plage par des vagues venant se briser par choc direct avec un très fort déferlement vertical; la figure 6 représente une vague de ce type photographiée au môle de Saint-Sébastien. L’aspect « en explosion », avec ses geysers quasi rectilignes, trahit l’apparition de pressions instantanées énormes. Si l’on songe aux effets d’un modeste « coup de bélier » dans une conduite de moyen diamètre, on se rendra compte des
- Fig. 1. — Photographie aérienne du phare de Biarritz montrant l’emplacement du laboratoire d’hydrodynamique maritime construit dans la falaise de la Chambre d’Amour (Phot. Cie
- Aérienne française).
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- Fig. 2. — Les travaux d’achèvement de la paroi extérieure en béton du laboratoire montrant les formes incurvées destinées à amortir le choc des lames.
- poussées que peuvent exercer de semblables vagues sur des surfaces de parement se chiffrant par dizaines de mètres carrés.
- Stevenson, en 1844, avait pu obtenir des mesures assez précises de ces poussées au moyen de dynamomètres marins à ressort. Il a donné les chiffres de 1600 kg par m2 pour des beaux temps d’été et de 33 000 kg pour les tempêtes ; ce dernier chiffre semble du reste pouvoir être dépassé car on aurait observé des pressions de 50 t par m2, par mer absolument démontée.
- Des percussions locales d’une intensité presque inexplicable ont été observées à Biarritz lors des grandes tempêtes d’équinoxe. Notre ligure 7 montre une perforation complète effectuée par la mer dans l’épaisse murette de la jetée de la Côte des Basques; sur les figures 9 et 10 on voit les déformations considérables infligées à des barres de fer atteintes par les vagues.
- Il est très important de remarquer que les pièces de fer ne sont pas seulement faussées par la dislocation et l’entraînement des blocs de scellement mais par le choc direct de l’eau; la preuve en a été faite à Biarritz où l’on a pu observer, au cours de plusieurs tempêtes successives, des échelons, des barres cylindriques et même des profilés qui ont été courbés et tordus par des chocs purement hydrauliques; les profilés pouvaient même être brisés par les vagues quand leur porte-à-faux était suffisant.
- De tels efforts semblent correspondre, au bas mot, à des surpressions localisées de l’ordre de 10 à 20 atmosphères (100 à 200 t par m2) provenant de la rencontre de masses d’eau animées de très grandes vitesses. M. de Rouville, dans son ouvrage sur la Construction des tours en mer, indique que de pareilles rencontres peuvent se produire fortuitement, entre des lames, sur le parement des tourelles, en produisant des effets mécaniques presque sans limites; ainsi s’expliquerait que les débris d’une tourelle recépée au niveau de la fondation ne soient plus déplacés par la mer après leur chute.
- Dans d’autres cas, on observe les effets classiques résultant de poussées uniformément réparties (fig. 8) ; les obstacles larges et pleins comme les murs sont alors très éprouvés, tandis que des objets à claire-voie, tels que des bancs, ne paraissent pas avoir souffert. M. de Rouville insiste sur le danger des bandeaux, terrasses évasées et encorbellements comme on en plaçait autrefois en haut des colonnes de phares ; il se produit, au moment des grands jaillissements, un effort d’arrachement qui peut disloquer la construction.
- Exceptionnellement, on a pu étudier l’érosion produite par une « mitraille » de sable projetée par la mer. Les galets et les débris rocheux, moins mobiles, semblent moins actifs (1) mais le « ragage » des chaînes fixées par une extrémité produit des érosions considérables ; on
- 1. Virgile parle de ce mouvement des pierres dans les tourbillons de Charybde:
- « At gemitum ingentem pelagi, pulsataque saxa.
- « Audimus longe, fractasque ad littora voces.»
- peut utiliser ce système pour détruire les algues sur les rochers où l’on désire bâtir.
- Fig. 3. — Les travaux du laboratoire uns du côté est.
- Au premier plan, ouverture destinée à la conduite d’évacuation.
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- Fig. 4. — Destruction de la jetée d'Hendaye-Plage par des « effets de presse hydraulique » qui ont soulevé les dalles et aidé à l’action directe des masses d'eau en mouvement.
- L’EXPLOSION DE LA VOUTE DE LA ROCHELLE
- Une autre action extrêmement puissante est 1*effet de presse hydraulique, qui prend naissance lorsqu’une surpression se produit dans une cavité complètement remplie d’eau et offrant de grandes surfaces de parois. Ainsi, dans une fente ou faille de rocher présentant des surfaces en regard de 10 m2, il suffira d’une surpression modérée de 1 atm, provenant d’un coup de mer direct sur l’ouverture, pour faire apparaître un effort de séparation de 100 tonnes.
- A la jetée de la grande plage de Biarritz, au Casino de Dieppe, à la chaussée d’Hendaye-Plage (fig. 4 et 5), on a observé des destructions dues à cet effet « explosif »; couronnements arrachés, dallages soulevés, qui viennent s’ajouter aux ravages directs des grandes vagues.
- Un exemple très frappant prouve du reste que de telles destructions peuvent se produire par temps calme, sous la simple action du ressac. Il s’agit de l’éclatement, vers 1830, de la voûte de La Rochelle, portant la vanne d’alimentation à la mer des anciens fossés de la place (1).
- 1. Du mouvement des Ondes et des Travaux hydrauliques maritimes, par A. R. Emy, colonel du Génie en retraite, ex-directeur des Fortifications de La Rochelle et de Bayonne, 1831.
- Fig. 5. — Destruction de la jetée d’Hendaye-Plage, ruines de la voie du tramway.
- Cette voûte, établie très au fond de la baie et très en arrière des vestiges de la digue de Richelieu, avait été prolongée par des bajoyers, formant un canal courbe à ciel ouvert, destiné à diriger l’impulsion du flot vers les fossés.
- Construite en pierres de taille soigneusement appareillées, mesurant 2 m 50 de longueur, 2 m de largeur et
- I m 20 d’épaisseur à la clef, pesant au total 28 000 kg, la voûte de La Rochelle fut néanmoins soulevée de 0 m 60 par mer calme et entièrement détruite en 48 h, c’est-à-dire en l’espace de quatre marées.
- Le colonel Emy attribuait l’accident initial à une véritable « lame de fond », qui ne serait peut-être qu’une exagération des mouvements locaux, due à des interférences d’ondes. Des efforts colossaux ont été également enregistrés dans un endroit abrité, notamment à La Pallice où d’énormes portes d’écluses ont été faussées et arrachées.
- Des impulsions mécaniques très importantes peuvent donc traverser, sous forme ondulatoire, des masses considérables d’eau en repos apparent; et ceci nous amène à parler des ressources d’énergie disponibles en profondeur.
- ÉNERGIE DE LA HOULE DE PROFONDEUR
- Une critique que l’on fait souvent aux installations d’hydrodynamique maritime est que la puissance recueillie sera nécessairement nulle par temps de calme plat.
- Ceci est probablement vrai pour les installations utilisant des rotors ou roues à palettes; elle l’est déjà moins pour les appareils à flotteurs qui, comme on peut le constater, ne demeurent jamais complètement au repos. Mais il semble bien que si l’on s’adresse aux couches situées à une certaine profondeur, l’énergie disponible reste toujours considérable.
- Le professeur Aimé, en 1844, procéda à de très curieuses expériences en vue de déterminer — assez grossièrement — l’ordre de grandeur des impulsions périodiques à diverses profondeurs de la mer. Son appareil consistait en une plaque de plomb au centre de laquelle était attachée, par une cordelette de 20 cm de longueur, une sphère en bois dont l’équateur était hérissé de pointes.
- II put ainsi constater qu’à 8,18 et 28 m de profondeur, la sphère était venue marquer fortement la plaque de plomb d’une couronne d’empreintes. Il existerait ainsi, tout au moins en certains points, une véritable houle de fond.
- Le commandant Charcot a lu récemment à l’Académie une note de M. Idrac qui a constaté qu’ « en Méditerranée dans la baie de Villefranche, il se produisait des mouvements de masses d’eau, formant parfois une sorte de petite tempête, à des profondeurs telles qu’il n’en résultait aucune agitation à la surface ».
- Un phénomène classique décèle parfois ces tempêtes de la profondeur : c’est l’apparition du trouble à la surface, qui peut se produire avec une extrême soudaineté sur les atterrages présentant des ressauts sous-marins. Au phare d’Ar-Men, où un tel ressaut existe, la tour eut à souffrir de ces lames de fond par temps calme, qui occasionnèrent la mort d’un gardien. Nos photographies figures 1 et 13, prises par un même avion à quelques
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- minutes d’intervalle, montrent avec quelle rapidité change l’aspect de la mer autour du phare de Biarritz. Il est à prévoir que dans une mer d’aspect tranquille, comme celle de la figure 3, il existe des quantités d’énergie importantes que l’on pourrait capter dans la profondeur.
- Résumons ici ce que l’on peut dire sur la distribution des mouvements rapides de la mer.
- En surface et au large, on rencontre la grande houle classique, dont il existe une théorie mathématique très complète. Dans la houle-type, les molécules d’eau décrivent des circonférences verticales, leur vitesse étant dirigée dans le sens du mouvement de l’onde au sommet de la lame et en sens inverse dans le creux.
- Aux atterrages, la proximité du fond exerce sur la base des lames un effet de freinage qui se traduit par le déferlement de la partie supérieure. La vague finit par chavirer et se brise, en produisant une percussion intense. Réfléchies par un obstacle à peu près vertical, les lames peu à peu brisées, reviennent interférer avec les nouvelles
- Fig. 7. — Perforation d'une muretle épaisse par la mer à la Côte des Basques de Biarritz. (11 novembre 1931V
- vagues en produisant le ressac, dans lequel le mouvement des molécules s’effectue suivant des verticales.
- Pour soutirer aux vagues une partie importante de leur énergie, il est souhaitable de mettre à profit l’énergie cinétique des masses d’eau en même temps que l’augmentation de pression que produit, même sans déferlement, le passage de la houle.
- L’apport d’énergie maritime en surface, tout au moins sur nos côtes de l’Atlantique, est assez élevé. Des recherches récentes, effectuées par le Service maritime du Maroc, permettent d’évaluer la puissance brute de la houle à 200 ch par mètre linéaire de rivage en hiver, 70 ch en été et 135 ch en moyenne. Toutefois, cette puissance peut varier dans le rapport de 1 à 30 et c’est précisément ce qui en rend la captation difficile.
- En profondeur, les phénomènes paraissent plus constants, mais ils ont été étudiés assez peu et surtout dans leurs répercussions à la surface. De là l’intérêt de la méthode que nous décrivons aujourd’hui, qui se prête à l’étude des énergies sous-marines tout en permettant une utilisation appréciable.
- Fig. 6. — Coup de mer direct sur le pavement du môle de Saint-Sébastien par gros temps d'équinoxe.
- Les geysers ri’eau « en explosion » témoignent d’une pression instantanée énorme. Au premier plan, un ressac commence à se former par interférence de la vague réfléchie.
- PRINCIPE DE LA CHAMBRE BAROMÉTRIQUE MARITIME
- Imaginons qu’à 7 ou 8 m au-dessus du niveau des basses mers, nous installions un réservoir en acier ou en ciment parfaitement hermétique et jaugeant quelques mètres cubes; par une large conduite, également étanche, ce réservoir communique avec la mer en un point situé notablement au-dessous de la surface.
- Si nous faisons le vide dans le réservoir au moyen de pompes, l’eau s’élèvera jusqu’à un niveau correspondant au degré atteint par le vide, mais — et ceci est fort important — ce niveau ne restera pas immobile : il suivra fidèlement toutes les oscillations du niveau extérieur, la distance verticale de ces deux niveaux restant rigoureusement constante.
- Pratiquement, la chambre barométrique ne décèlera pas seulement les variations de la pression statique au point où débouche la conduite, mais les à-coups de
- Fig. 8. — Effets classiques des grands coups de mer sur les obstacles pleins et ajourés.
- Les murettes ont été enlevées, cassées et projetées de l’autre côté de la chaussée; le banc à claire-voie et relativement flexible est resté en place (Biarritz, jetée de la Grande Plage, 11 novembre 19311
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- Fig. 9. — Destruction d’une murelte, dislocation des scellements, barres de fer courbées, plancher arraché (Biarritz, Côte des Basques,
- 11 novembre 1931).
- pression dynamique provenant des houles profondes et des interférences d’ondes, ainsi que les impulsions cinétiques directes si l’ouverture de la conduite est tournée du côté où arrivent les vagues.
- Rien ne nous empêche, maintenant, de munir notre réservoir d’une seconde conduite débouchant en un point abrité et de placer un clapet dans la conduite d’admission ; un courant d’eau continu pourra ainsi être obtenu, grâce à la régularisation introduite par le réservoir.
- Remarquons du reste qu il n’est pas indispensanle de disposer, pour le débouché de la conduite de fuite, d’un
- emplacement abrité; il suffira que cet emplacement se trouve à une distance de l’entrée de la conduite d’admission égale à la distance moyenne qui sépare une crête de houle du creux voisin; dans ce cas, un clapet de sortie sera nécessaire. On pourra également prévoir plusieurs conduites d’admission, munies de clapets individuels et s’ouvrant en des points différents, de façon à disposer de plusieurs arrivées d’eau successives pour chaque houle; on utilisera ainsi au mieux les impulsions produites tout autour de la roche, tout en « polypliasant » l’adduction, dont le flux deviendra plus régulier.
- Nous avons là tous les éléments d’une station d’études qu’il suffira de compléter par une turbine, montée sur la conduite de fuite, pour obtenir une petite usine d’essais.
- Fig. 10 . — F.arres de fer faussées, dont plusieurs courbées et tordues par le choc direct des lames et non par l’entraînement des blocs de scellement.
- LES INSTALLATIONS DE BIARRITZ
- Le « laboratoire d’hydrodynamique maritime de Biarritz » (fig. 1 et 3) a été installé en un point de la côte judicieusement choisi, sur le revers nord du cap Saint-Martin qui porte le phare. Sur cette face, qui reçoit en plein le choc de la mer par vent de norois, la falaise est à peu près accore, à l’inverse de l’extrémité du cap, qui présente des plateaux où la mer déferle irrégulièrement suivant l’heure de la marée (1). Notre photographie montre comment la construction a pu être encastrée dans un angle de la muraille rocheuse, sur un petit plateau naturel, et reliée au terre-plein de phare par des escaliers extérieurs.
- Le gros œuvre en béton, seul terminé actuellement, présente la forme incurvée classique des ouvrages appelés à supporter
- 1. Le laboratoire hydrodynamique se trouve presque à l’emplacement de la célèbre grotte appelée « Chambre d’Amour », en mémoire de deux amants qui s’y seraient laissé surprendre par la marée montante, et qui a donné son nom à toute la plage jusqu’à la Barre de l’Adour.
- Fig. 11. — Coupe d’ensemble du projet d’usine hgdro-électrique telle qu’elle pourrait être installée dans la station-laboratoire du phare de Biarritz.
- A, B, conduite d’admission avec ouverture évasée, C clapet, D réservoir, E tuyau d’alimentation des turbines, F turbines, G tuyau d’évacuation des turbines, Iv machines électriques, I tube d’aspiration de la pompe à vide, H trop-plein, L laboratoire, N conduite générale d’évacuation, O vanne de la conduite de dérivation, O « by-pass »,
- P vanne.
- La forme donnée au réservoir a pour objet d’obtenir une régularisation différente suivant la hauteur de la marée. On remarquera la vanne de dérivation ou « by-pass » permettant d’évacuer directement les masses d’eau par gros temps (Brevets Paul Grasset).
- I Pompe
- Sàcbines électriquet
- Turbines
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- l’effort direct des vagues; construit en un point où les coups de mer sont particulièrement dangereux, il constitue un renforcement appréciable pour la falaise, mais on a été conduit à lui donner une masse beaucoup plus importante que ne le comportait le projet primitif, en vue de lui assurer la stabilité nécessaire.
- Nos figures 11 et 12, reproduites d’après les plans de M. Grasset, montrent clairement la disposition intérieure projetée du laboratoire-usine. On notera, outre la conduite de trop-plein, une vanne de by-pass, autrement dit de passage direct, permettant, en cas de gros temps d’évacuer les masses d’eau engouffrées sans les faire passer par le réservoir ; cette vanne sert également pour obtenir l’arrêt complet de l’usine.
- PROPRIÉTÉS DU SIPHON A COLONNE BAROMÉTRIQUE
- Pour nous faire une idée correcte des avantages et des inconvénients du dispositif à chambre barométrique, il est commode de remarquer que ce dispositif est totalement équivalent, pour les échanges d’énergie et la circulation de l’eau, au bassin à ciel ouvert que représente la figure 14.
- L’eau de la mer agitée pénètre par la conduite O, soulève le clapet C et entre dans le bassin A ; de là elle s’écoule à travers la turbine T dans une anse en mer calme B. Il est clair que la création d’une défiression barométrique n’a d’autre effet que de surélever artificiellement le niveau de A mais ne fournit ni n’absorbe aucune énergie mécanique.
- Le fonctionnement de la turbine repose sur la différence de hauteur h qui existe entre le niveau moyen, de la mer en B et le niveau plus élevé qui existe dans le bassin A du fait des impulsions (dynamiques et hydrostatiques) de la mer dans la conduite d’entrée O.
- Ceci nous montre tout d’abord que l’on ne pourra utiliser la totalité des impulsions, jusqu’aux plus petites, mais uniquement les maxima d’impulsion suffisants pour ouvrir le clapet C, c’est-à-dire dépassant la différence de niveau à; de plus, nous n’utiliserons pas les dépressions, provenant des oscillations de la mer; on y arriverait cependant en faisant déboucher la turbine dans un bassin inférieur communiquant avec la mer agitée par des clapets de sortie et où s’établirait un niveau inférieur au niveau moyen de la mer.
- Par contre, n’opérant que sur des différences ce système est totalement insensible à la marée et ceci sans aucun artifice d’ « usine flottante » ; de plus, les appareils de mesure et la turbine sont soustraits à l’action destructrice de la mer et alimentés par un courant d’eau régulier. Ces
- Fig. 12. — Plan des conduites de l’usine lujdro-élecirique à « bélier siphon » maritime (Brevets Paul Grasset).
- avantages sont communs au système à ciel ouvert représenté figure 14 et au dispositif barométrique, mais ce dernier, grâce à la dénivellation qu’il permet d’établir, peut être installé à peu près n’importe où sans digues de protection coûteuses.
- Il est à remarquer que des systèmes à clapets ont été appliqués sur la côte de la Méditerranée, notamment en
- Fig. 13. — Vue aérienne du phare de Biarritz el de la station d’essais par calme plat apparent.
- La comparaison de cette photographie et delà photographie fig. 1, qui ont été prises à quelques minutes d’intervalle par le même avion, permet de se faire une idée des véritables tempêtes sous-marines qui viennent parfois crever à la surface (Pbot. Cie Aérienne
- française).
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- Conduite de captation
- Turbine
- ,Digue de protection
- calme
- Fig, 14. — Bassin moteur maritime à ciel ouvert et à clapet équivalent, au point de vue des échanges d'énergie, au bélier-siphon à chambre barométrique.
- Sous l’influence des impulsions de la mer agitée, l’eau pénètre par la conduite O dans le bassin A en soulevant le clapet; elle s’écoule ensuite dans la mer calme en B, à travers la turbine. Seules pénètrent les masses d’eau dont l’impulsion l’emporte sur la différence de niveau h entre le bassin A et le niveau moyen de la mer; la turbine peut fonctionner à toute heure de la marée.
- « Coustière » près de Fos-sur-Mer, pour favoriser la vidange des eaux littorales des étangs dans la mer. Grâce à de larges clapets battants, on peut théoriquement abaisser le niveau d’un étang au-dessous du niveau moyen
- de la mer, au voisinage du niveau le plus bas des dépressions qui se produisent devant des clapets.
- Une question importante est celle de Yentretien du vide qui ne se conservera nullement de lui-même à cause de l’intense dégagement d’air dissous qui se produira nécessairement dans l’eau de mer. Les chiffres fournis par MM. Claude et Boucherot, qui opéraient avec un vide beaucoup plus poussé, de l’ordre du 300e d’atmosphère, permettent d’espérer qu’on ne dépensera guère, pour le fonctionnement de la pompe à vide, plus de 10 pour 100 de l’énergie captée.
- AVENIR ET POSSIBILITÉS IMMÉDIATES
- En résumé, le système à chambre barométrique permet d’expérimenter sur des mers très violentes tout en maintenant les expérimentateurs et les appareils à l’abri; il recueille les énergies cinétiques aussi bien qu’hydrostatiques des vagues (d’où le nom de « bélier-siphon ») ; il doit fournir un courant d’eau régulier, sous une hauteur de chute réglable par la manœuvre du by-pass, ce qui permettra d’opérer les mesures par temps calme aussi bien que par gros temps.
- Quand il s’agira d’équiper la station avec des turbines, celles-ci pourront être d’un type courant et peu coûteux utilisé pour les petites chutes de faible hauteur. Ainsi au point où en sont actuellement les travaux, les aléas matériels sont des plus réduits.
- Comme bien des choses en France, à l’origine, cette intéressante entreprise a été entièrement l’œuvre de l’initiative privée. Nous souhaitons que la petite Société d'études du « Laboratoire hydrodynamique marin » puisse trouver les moyens financiers du reste peu considérables, qui lui permettront de terminer sa tâche dans le cadre modeste qu’elle s’est assigné.
- Au point de vue scientifique comme au point de vue de l’économie nationale l’expérience mérite d’être menée à bien.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- TYPES D’HABITATIONS RURALES EN RUSSIE
- Fig. 1. — Izba du centre de la Bussie, avec toit en chaume.
- M. Dauzat a récemment étudié dans La Nature (n° 1884 1er juillet 1932) la répartition en France et dans les régions voisines des anciens types d’habitations rurales et montré qu’elle dépend à la fois de la géographie et de l’histoire.
- Il m’a paru intéressant d’étudier pareillement une autre région d’Europe que je connais bien et dont les conditions sont toutes différentes : la Russie.
- Son vaste territoire peut être divisé en trois parties : la zone des forêts, au nord, dans une partie du centre et en Russie blanche ; la petite Russie ou Ukraine couverte de steppes ou de terre noire déboisée, et enfin, au sud, le Caucase et la Crimée, montagneux. Dans la zone des forêts, presque toutes les habitations sont construites en bois (fig. 1).
- Au nord, ce sont des conifères : pin ou sapin; dans les
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- Fig. 2. — Habitation récente d’un paysan aisé de la Russie Blanche. Les poutres sent couvertes de planches; la toiture est en tôle.
- provinces centrales des bois feuillus, tendres : bouleau tremble ou tilleul. Ces maisons, bien connues sous le nom d’izba, sont construites avec des troncs d’arbres découpés, pelés et légèrement équarris sur deux côtés seulement de la poutre reposant sur une autre; avant leur extrémité les bouts des poutres sont munis de découpures arrondies qui maintiennent solidement la charpente (sroube en russe). Les maisons sont presque toujours carrées ; elles ont de 4 à 5 m 50 de côté selon la longueur des poutres employées. Aux quatre coins, les premières basses poutres sont croisées et posées sur de grosses pierres à 50 cm environ au-dessus du sol. On ne pratique ni déblaiements ni fondations, et une fois la construction terminée, on bouche les jours entre le sol et les premières basses poutres avec un simple rempart de terre. Entre les poutres on calfate avec de la filasse de chanvre, mais cette opération ne s’effectue généralement qu’un an après l’édification de la charpente, afin de laisser au bois le
- Fig. 4. — Intérieur d’une izba de la Russie centrale.
- Fig. 3. — Toiture en lames de bois (Schepa).
- temps de sécher et de se tasser. Les fenêtres, au nombre de deux ou même parfois d’une seule, sont pratiquées toujours sur la face donnant sur la rue. Dans les provinces du nord où le bois est presque pour rien, les maisons ont une toiture en planches ; dans les provinces centrales où le bois a plus die valeur, les maisons ont leur toiture en chaume (fig. 1). Ces toits sont un fléau, pour la Russie : quand un incendie éclate dans un village, les maisons flambent l’une après l’autre comme des torches. Le moindre vent amène la destruction de rues entières ; parfois des villages entiers sont exterminés par le feu et la statistique constate qu’en dix années la Russie entière est consumée par le feu. Depuis les dernières années de l’empire russe, le gouvernement ne cesse d’encourager les paysans à employer pour les toitures le chaume mélangé de glaise, ou mieux la tôle (fig. 2). Parfois les maisons ont une toiture faite de petites et minces lames de bois (.schepa en russe) (fig. 3). Les poutres des maisons des paysans riches sont parfois recouvertes extérieurement
- Fig. 5. — Plan d'une izba.
- A. Pièce principale; B. Resserre; C. Couloir où on loge les harnais, les barriques, etc.; 1. Four; 2. Lit du maître; 3. Table; 4. Bancs: 5. Escabeaux; 6. Porte donnant sur la rue; 7. Porte donnant sur la cour, le potager et l’enclos où sont les meules de blé. 8. Fenêtres.
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- Fig. 6. — Izba du nord, couverte en planches.
- de planches peintes et ornées de planches sculptées. Intérieurement les izbas ont le même aspect qu’exté-rieurement; on y voit les poutres nues calfatées au chanvre (fig. 4).
- Les izbas ne comprennent intérieurement qu’une seule pièce, avec un énorme four occupant presque un quart de la place. Ce four sert à la fois pour la cuisine et le chauffage; ses parois sont recouvertes de plusieurs épaisseurs de briques qui, une fois chauffées, conservent très long-
- Fig. 8. — Mur de pierre d'une maison du Caucase. A droite, fenêtre
- sans vitres.
- temps la chaleur. Le sommet n’atteint pas le plafond; il laisse une niche d’une cinquantaine de centimètres de hauteur où se couchent les vieillards en hiver.
- L’ameublement se compose d’une table, un ou deux longs bancs placés le long du mur et un ou deux escabeaux. Le lit rustique en bois, du maître de la maison, se trouve toujours dans une espèce d’alcôve formée par deux murs et le four (fig. 5). Les jeunes gens et les enfants se couchent sur les bancs ou bien par terre.
- Dans certaines provinces du nord où le bois abonde et est bon marché, les maisons sont plus vastes (15g. 6) : elles ont deux ou trois pièces, souvent même un rez-de-chaussée et un étage. Dans le même district, on rencontre des maisons où le rez-de-chaussée est occupé par des étables, une grange et une resserre, les chambres de maître se trouvant au dessus ; d’autres ont l’habitation
- Fig. 7.— Puits dans un village en Ukraine.
- des maîtres au rez-de-chaussée et au premier étage un grenier très surélevé servant de grange.
- Dans la petite Russie ou l’Ukraine, pauvre en bois, les maisons (hata ou mazanka), sont construites en briques non cuites, faites avec un mélange composé de paille hachée et de glaise. Elles sont toujours blanchies extérieurement et intérieurement à la chaux, la toiture est faite de chaume mélangé de glaise. Leurs habitants, les cosaques, étant plus aisés que les paysans d’autres régions, ces maisons sont plus propres et plus confortables que les izbas (fig. 7).
- En Crimée et au Caucase, les habitations des villages sont construites en pierres (fig. 8). Souvent même la maison (saclia) s’appuie au roc et n’a que trois murs appareillés (fig. 9). Cependant dans certaines régions boisées du Caucase on rencontre des constructions ressemblant aux izbas mais plus bizarres (fig. 10). Comme
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- Fig. 9. — Village de Crimée dont les maisons s’appuient au roc.
- le climat du sud est très clément ces habitations ne possèdent presque jamais de vitrages aux fenêtres et souvent les portes même restent béantes. C’est aussi à cause du manque de bois et de la clémence du climat que le sol battu remplace le plancher ou le parquet dans ces
- Fig. 10. — Maison en bois du nord du Caucase.
- habitations. Les maisons riches de ces pays ont leurs murs recouverts intérieurement de tapis. Quant à l'ameublement il est presque nul; on s’assoit et on se couche à terre sur des tapis ou sur des nattes. Le four manque aussi presque toujours; on fait la cuisine dehors sur un feu de fagots ou de bouses de vache séchées.
- Il reste à étudier plus en détail les modalités de ces trois types d’habitations rurales et à établir la carte de leur répartition, de leurs limites. W. Kazeeef.
- LA METEOROLOGIE DANS L’ “ ODYSSEE
- Dans le n° de La Nature du 21 mai 1892, nous avons publié un article sur le Cyclone de l’Enéide, examiné à la lumière de la science météorologique moderne. Le savant commandant Rouch, dont nous avons eu plusieurs fois l’occasion de signaler les curieuses études météorologiques s’occupe aujoux-d’hui (l) de la météorologie d’Homère dans VOdyssée.
- On a beaucoup étudié Homère depuis uix siècle et M. Victor Bérard, dans une longue suite d’ouvrages, a pu démontrer que la vérité géographique de l'Odyssée est comparable à celle de nos « instx'uctions nautiques ».
- M. Roucli est allé en Grèce et c’est là, sur place, après avoir subi lui-même les difîéi'ents phénomènes climatériques et en s’aidant des ti’avaux du directeur de l’Observatoire d’Athènes, M. Eginitis, qu’il a commencé et mené à bonne fin son étude météorologique que, très rapidement, nous allons î-ésumer.
- La très grande majorité des passages ayant un caractère météorologique ont trait aux vents ou. tempêtes : très peu de chose pour la tempéx*ature. On remarque que les notations se rapportent toutes à une sensation de froid, ce qui peut paraître étrange; sans doute Ulysse et ses compagnons étaient plus sensibles à une baisse de température même légèi'e, qu’à une longue séi'ie de journées étouffantes.
- Au chant XX, il est fait allusion à un phénomène assez rare :
- « O ZeusTe Père, tu as tonné fortement du haut du ciel étoilé. Pourtant, pas un nuage. »
- 1. Cf. Revue générale des sciences. 15 mai 1934.
- Dans les observations modernes, M. Rouch ne cite qu’un coup de tonnerre observé le 13 juillet 1788, au parc de Versailles par un ciel complètement pur.
- Les vents tiennent la plus grande place dans le récit d’Homère, les 4 vents : Boreas, Notos, Euros, Zephiros. Il faut attendre au iic siècle avant J.-C. pour voir introduire les huit vents figurés sur l’horloge d’Andronikos, Chi'ystès, à Athènes, appelée Tour des vents : Boreas, Kaikias, Notos, Apheliotes, Euros, Lips, Zephyros et Skiron.
- « Dans les bas-reliefs de la Tour du vent, éci'it Victor Hugo, les vents glacés sont hideux ou poilus, ont l’air stupide et sont vêtus comme des barbai'es. Les vents chauds et doux sont habillés comme des philosophes grecs. »
- M. Rouch a pu constater plusieurs fois la coïncidence curieuse entre le récit homérique et les instructions nautiques pour les mers grecques. On a pu trouver dans ces mêmes instructions la justification du long voyage d’Ulysse, avec vent favorable en été.
- Notre auteur commente au point de vue de la météorologie la fameuse tempête du chant V dite la « tempête de l’Odyssée », comme Saint-Marc-Girardin l’a commentée au point de vue littéraire. « Homère sait bien, dit Saint-Marc-Girardin, que ce ne sont pas les lames noires ou blanches qui nous intéressent, mais les sentiments de son héros ! et notre officier de marine de répondre : « Au contraire, ce sont ces lames noires ou blanches que je discute ».
- Deux ou trois autres tempêtes sont encore analysées, ainsi que la célèbre anecdote de l’outre d’Eole, d’où se sont échap-
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- pés tous les vents qu’y avait enfermés le dieu protecteur d’Ulysse.
- Notre savant auteur a réussi à expliquer ou à justifier les moindres allusions météorologiques du poète : en tout, cent vers environ.
- C’est évidemment peu pour une époque maritime. Mais
- pendant 3000 ans ces cent vers ont, été la science météorologique des écrivains qui n’ont fait que les recopier.
- Il faut féliciter vivement M. le commandant Rouch de cette nouvelle et importante contribution à l’histoire de la météorologie.
- Virgile Bkandicourt.
- LE COGNAC
- Chacune de nos provinces a son visage, mais toutes ont un visage plaisant. Rien n’est plus expressif, par exemple, que la campagne charentaise, entre Angoulême et Cognac par une belle matinée d’automne éclairée de soleil.
- Partout, aussi loin que porte le regard, les vignes s’étendent, déjà dépouillées de leurs feuilles, en des alignements d’une rigidité militaire qui montent à l’assaut des collines, descendent au fond des vallées, encadrent les routes.
- L’ensemble de ces vignes, le vignoble charentais englobe la majeure partie des départements de la Charente et de la Charente-Inférieure ainsi que plusieurs communes des Deux-Sèvres et de la Dordogne.
- •' Les cépages. —- Les principaux cépages que l’on cultive dans ce vignoble sont: la Folle, le Colombas, le Saint-Émilion.
- Ainsi que nous l’apprend M. Prioton dans sa Culture de la vigne en Charente, les préférences actuelles vont à ce dernier cépage dont la végétation est plus tardive, ce qui l’expose moins à l’atteinte des gelées, et qui, de plus, est très fructifère.
- Les vins du vignoble — on en récolte, en bonne année une moyenne de 2 500 000 hectolitres — sont peu recherchés pour la consommation; ils sont durs, âpres, légèrement acidulés.
- En revanche, ils produisent une eau-de-vie incomparable, le cognac, connu au moins depuis trois cents ans et dont la réputation est universelle.
- Les façons culturales. — Il n’existe guère dans les Charentes de pratiques culturales spéciales inconnues à d’autres régions vinicoles.
- Le nombre moyen de ceps à l’hectare varie de 4 500 à 5000. Autrefois on plantait souvent en carré à 1 m 50 de distance, ce qui représentait 4444 souches à l’hectare. Actuellement, les plantations nouvelles se font surtout à grands écartements: de 2 m sur lm (5000 pieds). Ces grands écartements facilitent le passage des instruments de culture mécaniques, des pulvérisateurs et des tracteurs. Des piquets de châtaignier ou d’acacia, maintenus aux extrémités des rangs par des « culées » solidement établies sont placés tous les quatre ou cinq ceps. Sur ces échalas sont tendues des rangées de fils de fer au nombre de deux ou très souvent de trois.
- Les vendanges. — Dans les Charentes on procède à la récolte lorsque la maturité complète est réalisée sans chercher à atteindre la période de surmaturation; on évite de vendanger trop tôt, afin de ne pas obtenir un vin trop vert que plusieurs cépages ont naturellement
- tendance à donner, et, de plus, on cherche à produire le degré maximum d’alcool.
- Les divers cépages sont évidemment vendangés à part et lors de la cueillette on ne prend guère de précautions particulières, si ce n’est quelquefois de séparer les parties de raisins avariées des parties saines.
- Les vendangeurs font usage d’un petit sécateur et rassemblent les raisins coupés dans.des paniers de bois ou de tôle galvanisée.
- Le plus souvent les cuves sont amenées aux extrémités des rangs de vigne et la vendange y est conduite par des porteurs de hottes recueillant le contenu des paniers au fur et à mesure de leur remplissage.
- Dans les vignobles modernes on a aménagé des allées où les charrettes chargées de leur cuve peuvent s’engager; les vendangeurs à l’appel du chef d’équipe vident leurs paniers des deux côtés de l’allée successivement en faisant la « chaîne ». Le chef exerce ainsi un contrôle sur le travail de chacun, d’où une émulation possible, et, de plus, la tâche se trouve coupée par un léger repos après chaque remplissage des paniers.
- La vinification. — Suivant l’importance des vignobles le matériel destiné au traitement de la vendange est très variable. Dans presque toutes les petites exploitations existent un fouloir et un pressoir à vis; dans les exploitations importantes on rencontre souvent un outillage très perfectionné, comparable à celui des grands vignobles du Midi.
- Des précautions sont à prendre dans le traitement de la vendange avec les appareils à grand travail, pour ne pas diminuer la valeur des vins et par suite, celle de l’eau-de-vie.
- Les raisins qui ne sont pas égrappés sont passés d’abord au pressoir. On procède ensuite au pressurage. Celui-ci s’exécute souvent avec des pressoirs ordinaires ou des pressoirs à charge remontante et munis de ressorts accumulateurs de pression, permettant l’écoulement du moût pendant un temps assez long.
- Le moût obtenu par le pressurage est mis à fermenter dans des récipients divers. On utilise assez fréquemment des foudres tronconiques appelés « tonneaux », ou bien encore dans presque tous les vignobles de quelque importance des cuves en ciment armé.
- La distillation. — La fermentation terminée, le jus de la vigne est mis dans la chaudière, c’est-à-dire dans l’alambic.
- L’appareil de distillation en usage dans les Charentes est resté le même à travers les âges, sauf quelques perfec-
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- tionnements de détail. Les premiers « brûleurs » charen-tais, les ancêtres, les créateurs lointains du cognac de nos jours, y reconnaîtraient, à peu de chose près, les appareils rudimentaires qu’ils utilisaient eux-mêmes.
- Notons en passant que le plus grand nombre de viticulteurs vendent leur récolte à des bouilleurs de profession travaillant {jour le compte des maisons de commerce.
- Pour l’obtention du cognac, on pratique deux chauffes successives dont la première donne les « bouillis ». Ceux-ci sont repris pour constituer la « bonne chauffe », au cours de laquelle s’obtient le cognac.
- C’est une opération délicate que cette « bonne chauffe » pendant laquelle le feu doit être bien réglé, pour que la condensation des vapeurs se fasse régulièrement; elle ne demande pas moins de 12 à 14 heures, en moyenne.
- Au début, on obtient les produits de « tête » que l’on met à part; ils renferment des essences particulières et sont fréquemment accompagnés de produits cuivreux, de sulfures noirs provenant de la tuyauterie.
- Le «cœur» est ensuite recueilli; il pèse au début de 77° à 80° environ et le degré baisse ensuite progressivement.
- Au sortir de l’alambic, le cognac est un liquide incolore de 68° à 72° d’odeur agréable, mais sensiblement différente, toutefois, de celle du vieux cognac qui, du temps, recevra surtout sa suprême perfection.
- Il est placé dans des fûts de chêne où il se teinte lentement en dissolvant les produits tanniques du bois; en même temps, le bouquet se développe peu à peu, par suite de réactions complexes au sein du liquide.
- La qualité du bois de chêne est une condition essentielle pour le bon vieillissement : c’est le chêne du Limousin qui est préféré. Son grain est plus serré et il en résulte une très faible porosité du bois que l’eau-de-vie imprègne davantage en s’oxydant sans doute quelque peu. Par suite, elle vieillit plus vite, sa couleur et son bouquet se développent mieux que si elle était logée dans du chêne d’autre provenance.
- Ainsi conservé, le cognac prend à la longue une belle couleur dorée et son degré baisse jusque vers 45° ou 50°, au bout d’une vingtaine d’années de conservation en fût.
- L’évaporation ne laisse pas de se traduire par une perte sensible. Telle grande maison de cognac la chiffre annuellement par 8000 bouteilles. Ce n’est qu’après plusieurs années que le cognac est jugé digne d’être mis en bouteille. Quelquefois, on lui impose un stage de vingt à trente ans. C’est dans la tiède retraite des chais qu’il acquiert ses qualités essentielles qui sont, avec
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- l’âge, la « finesse », c’est-à-dire la rectitude et la distinction perçues par la dégustation, et le « corps », c’est-à-dire l’épanouissement lent et puissant de la saveur du bon cognac.
- Les différents crus. - Ainsi que nous l’apprend M. Simard, président du Conseil d’arrondissement de Cognac, comme la qualité des vins et eaux-de-vie varie suivant les régions de production, on distingue sept crus principaux qui, par ordre de mérite, sont les suivants :
- La « Grande Champagne » qui comprend 21 communes de l’arrondissement de Cognac. Elle fournit des eaux-de-vie remarquables par leur ensemble de qualités.
- La « Petite Champagne » dont le territoire ceinture presque complètement celui de la Grande et qui produit des eaux-de-vie de même caractère avec des qualités moins accentuées;
- « Les Borderies » situées au nord de la Grande Champagne, donnant des eaux-de-vie d’un arôme quelque peu atténué ;
- « Les Fins Bois » dont le territoire beaucoup plus
- étendu entoure les trois régions précédentes; leurs eaux-de-vie n’ont pas le parfum, l’ampleur, la consistance des champagnes et des borderies ;
- A mesure que, des Fins Bois, on se dirige vers l’Océan on traverse les territoires des « Bons Bois », des « Bois Ordinaires » et des « Bois à Terroirs ».
- Les eaux-de-vie qu’ils produisent sont courtes et sèches; elles diminuent de qualité en se rapprochant du terroir.
- L’appellation « Cognac » s’applique exclusivement à toutes ces eaux-de-vie de provenance déterminée, récoltées dans une région soumise au même climat tempéré et humide, dont le sol est essentiellement calcaire, où des cépages semblables sont greffés et où des procédés de distillation identiques sont mis en œuvre. C’est pourquoi le professeur de l’école nationale de Montpellier, M. Ravez, a pu écrire très exactement : « Le cépage peut être cultivé partout et d’après les mêmes méthodes que dans les Charentes, la distillation peut être faite partout comme à Cognac avec les mêmes alambics, l’eau-de-vie peut être logée dans des fûts identiques à ceux que l’on emploie dans cette région. Mais le terrain et le climat ne peuvent nulle part ailleurs se présenter ensemble et avec les mêmes caractères, et dès lors aucune autre région ne peut produire du cognac. »
- Consommation. — La consommation du cognac est mondiale et sa production (elle est en moyenne de 130 000 hectolitres en alcool pur) serait facilement
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- absorbée si les propriétaires et les négociants ne faisaient pas des réserves du tiers environ delà production et ceci à bon escient, car si les eaux-de-vie conservées en fut perdent en degrés par suite d’évaporation, elles augmentent en valeur d’environ 100 francs par année; c’est dire que les eaux-de-vie de Grande Champagne de 1914 valent, environ 2950 francs l’hectolitre et que l’eau-de-vie de 1920 vaut 2350 francs.
- Mais dans le commerce, les eaux-de-vie présentées à la
- sons sérieuses ont, pour ceux désignés par des étoiles entre quatre et quinze ans, et pour ceux désignés par des lettres, c’est-à-dire pour les qualités supérieures, entre quinze et cinquante ans.
- Dans son pays d’origine, le cognac est un peu le remède à tous les maux et il abonde dans les recettes curatives de campagne, c’est notamment un cordial bien connu. Il trouve un emploi fréquent en cuisine et en pâtisserie, pour la confection des liqueurs de ménage,
- Fig. 2 à 5.
- Fig. 2. — Un chai de vieillissement. Fig. 3. — Grands tonneaux de vieillissement. Fig. 4. — Mise en bouteilles. Fig. 5. — Emballage du cognac.
- (Pliotos Martell et Cie, Cognac).
- vente sont des coupages où entrent différents types d’eaux-de-vie de différentes années.
- De même que les grandes firmes de Champagne font subir au vin la préparation classique et présentent des cuvées, c’est-à-dire des mélanges judicieusement choisis et dosés de vins issus de différents crus des vignobles délimités, de même les cognacs sont des résultantes obtenues en mélangeant savamment les crus de différentes récoltes, car suivant les années les eaux-de-vie d’une même commune varient de qualité.
- Signalons enfin que les cognacs employés par les mai-
- des grogs, de boissons rafraîchissantes, avec de l’eau sucrée, pour le « dosage » du Champagne et pour la préparation de quantité de mets ou de boissons auxquels il apporte son parfum.
- Dilué dans le café, le thé, les boissons chaudes, le cognac fournit également un grog parfumé ; étendu d’eau sucrée ou non, il constitue une boisson agréable.
- Mais il est surtout bu en nature, après les repas qu’il termine au gré des gastronomes.
- L. Kuentz.
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- T-.. RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES = 273
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE ”
- DU 1er JUIN 1934 (N° 2930)
- Rappelons les données des problèmes.
- Problème A.— Déterminer en nombres entiers les côtés d’un triangle rectangle tel que son périmètre soit égal au nombre qui exprime sa surface et que son hypoténuse et le grand côté de l’angle droit soient exprimés par des nombres consécutifs.
- Problème B. — Un imprimeur avait à imprimer le produit de deux puissances a1' ca : le compositeur a imprimé simplement abc ', un nombre de 4 chiffres ; par extraordinaire, ce nombre est le même que celui du produit ci-dessus. Quel est ce nombre ?
- Une coquille s’est glissée dans l’énoncé, on a imprimé abcd alors qu’il fallait abca. Beaucoup de lecteurs ont rectifié d’eux-mêmes.
- Problème C.—• Deux tours A et B, hautes l’une de 30 pas, l’autre de 40, sont distantes de 50 pas. Entre elles se trouve une fontaine F vers laquelle se dirigent deux oiseaux animés de la même vitesse et qui y parviennent en même temps. — Quelle est la distance horizontale du centre de la fontaine à la base des deux tours ?
- Solutions.
- Problème A. — J’appelle le petit côté a, le grand côté b, l’hypoténuse b -f- 1.
- Alors «2 + 62 = {b + f)2, d’où 2 b + i = a2.
- Le périmètre est a -f- b -f- b -f- 1 ; la superficie s’exprime a b
- par — ; ces deux grandeurs sont équivalentes :
- <ib
- 2b + 1 + a = — • Je remplace 2b + 1 par la valeur trouvée plus haut.
- db .
- a2 + a — --; je simplifie d -f- 1 — —i 2d -(- 2 — b.
- Les trois côtés du triangle sont maintenant exprimés par : d, 2a -j- 2, 2a + 3 entre lesquels existe la relation
- a2 + (2 a + 2)2 = (2a + 3)2 d’où je tire a2 — 4a •— 5 = 0
- a = 2 + 3
- Susceptible de la seule valeur a = 5.
- Solution : d = 5 , b = 12 , c — 13.
- Solution de M. Huyghebaert, à Anvers.
- Problème B. — J’ai établi la grille suivante, des premiers chiffres aux différentes puissances de manière qu’en multipliant une puissance quelconque par le plus petit carré, soit 4, l’on n’obtienne qu’un nombre de 4 chiffres. Exemple d’élimination : 7l (= 2401) X 7 = 16 807. 16 807 pour 7^681 éliminé étant de 5 chiffres, contraire au problème.
- puissance 2 3 4 5 6 7 8 9
- 2 4 8 16 1 321 64 128 256 512
- 3 9 27 (»1) 243 729 2187
- 4 16 64 256 1024
- 5 25 125 625 Le nombre cherché est :
- 6 36 216 1296 32 = = 22
- 7 49 343 2401 2 ’ 92 X 81 = = 92
- 8 64 512 32
- 9 g 81 729 256
- 2592
- En prenant 81 (qui est 92) et 31, il fallait trouver le produit de deux puissances qui aurait 92 ou 34 soit deux chiffres sur les quatre en multipliant ce 81 par les autres puissances de la grille jusqu’au résultat désiré. En multipliant 81 par 32 l’on obtient 12 592 soit 92 et comme 32 est 2!î, 2592 est bien le chiffre demandé, étant le produit de 25 X 92.
- Solution de M. Boulier, à Paris.
- Problème C. — Puisque les oiseaux partent en même temps de A et de B, animés d’une même vitesse et arrivent en même temps en F, c’est que BF = AE.
- On peut donc écrire la relation
- 402 + MF2 = 302 + (50 — MF)2.
- En développant on trouve :
- 100 MF = 900 + 2500 — 1600 = MF = 18 : FN = 32.
- Ont envoyé des solutions justes pour les trois problèmes :
- MM. Sibille, juge à Forbach; Vladimir Piatrutzky, Sao Paulo (Brésil); Alban B., Collège Champagnat à Alep; Madame Béguin, Neuchâtel (Suisse) ; Croguennec Marcel, au Port de Sucy-en-Brie; Chagnaud, Thiais (Seine); Mercx, à Ways (Belgique) ; Lieutenant Lacroix, Cercle militaire, Verdun (Meuse) ;
- Lenoir, élève de Math.
- Elem., Paris; Huyghebaert, rue de l’Ancienne-Eglise, à Anvers (Belgique) ; José-M. Aymat, École supérieure de guerre, Madrid (Espagne) ; Ducoté, rue de Cré-qui, Lyon; Duesmmin,
- Zurich (Suisse) ; Marius Houlier, Paris ; Pierre Aus-senis, ingénieur, àWoluwe,
- Bruxelles; Port, ingénieur-mécanicien honoraire, à Brest; Coquebert, ingénieur, à Nantes ; Henri Morand, professeur, Institut Ste-Marie, à Riom (Puy-de-Dôme); Daniel Bonnefoy, à Paris; Thiébaud, à Porrentruy (Suisse); Commandant Baud, à Sarrebourg; Fr. P..., Porto Alegre (Brésil).
- Pour les Problèmes A et C. — MM. Carty, Boston Street, à Londres; Ferdinand de Vignet de Vendeuil,à Mussidan (Dordogne) ; Gonzague du Breil de Pontbriand, élève de Math. Élém., Paris; M. Roger Marin, instituteur à Artoux (Saône-et-Loire) ; Gardner, chirurgien de bateaux, Cherbourg; Henry Lorenzi, à Alger; Tomas.de Palacio, et José Rovisa, Institut chimique de Barcelone (Espagne) ; Villers, 62, rue Jules-Lejeune, Ixelles, Belgique; commandant Schultz, à Metz; Jurgensen, élève de lre A au Lycée Charlemagne; Vincent Bieswal, ingénieur technicien, Bruxelles ; Arnaud André, à Marseille; Henri Jourdan, Château de Colat, par Bougé Chambalud (Isère) ; M. Fortunet, ingénieur T. P. E., Oran; M. Fr. Gelario, à Barquisimeto (Venezuela).
- Pour le Probl. C. — MM. Vincent Jacq, École N.-D. Bon Secours; Plonéour, Lauvery (Finistère).
- Problèmes proposés.
- Problème A. — Trouver deux nombres a b c d e f et g h k Imn, tels que leur multiplication donne les produits partiels curieux que voici :
- Problème C.
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- a b c d e f g h k 1 m n
- a b c d e f f a b c d e e f a b c d d e f a b c c d e f a b b c d e f a
- M. l’abbé Huelle, aumônier, Lycée d’Amiens.
- Nos lecteurs retrouveront là une vieille connaissance qui nous a déjà beaucoup occupés.
- Problème B. — On donne deux bois carrés dont les côtés respectifs sont 241 m et 357 m.
- On les échange contre 4 autres bois, carrés eux aussi, égaux deux à deux, dont on représente les surfaces par les lettres, a2, a2, b2, b2.
- Quelle est la valeur de a et de b, sachant que la somme des quatre surfaces 2a2 -f- 2à2 est équivalente à la somme des surfaces des deux premiers bois ? E. Huelle.
- Problème C. — Un mariage célèbre fut l’occasion du quatrain suivant :
- « Nous voyons d’ces mariages-là Bien souvent à la Courtille.
- Le matin, on ross’ le papa,
- Le soir, on épouse la fille ».
- Le millésime de l’année où eut lieu ce mariage est multiple de 5.
- Le millésime de l’année suivante est la somme de deux nombres consécutifs dont le plus petit est multiple de 181. De quel mariage s’agit-il ?
- M. Cornet, Directeur bureau d’Iiygiène, Amiens.
- Virgile Brandicourt.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA DÉSINFECTION DU SOL
- De nombreux amateurs de jardins, et des professionnels aussi, se désolent souvent devant des plantes donnant des signes de dégénérescence, ou plutôt de refus de croissance, sans raison apparente.
- Ils cherchent généralement un réconfort dans des pulvérisations plus ou moins quelconques, dans des applications de sulfate de fer ou d’engrais spéciaux, comme si la technique des transformations qui s’effectuent dans le sol et notamment la désinfection du sol, n’avait pas progressé au même titre que les autres connaissances humaines.
- Des lois déjà anciennes établissent le processus de formation de matières assimilables pour les plantes, en partant d’éléments inassimilables contenus dans les sols. Pour ne prendre que l’évolution la plus connue, citons la nitrification sous l’influence des bactéries qui fournit l’azote assimilable en partant de matières azotées contenues dans les terres ou y incorporées.
- Depuis longtemps aussi il était établi que des ennemis mordants, des protozoaires notamment, ces intermédiaires entre l’animal et le végétal, s’attaquaient aux bactéries nitrifiantes au point de ne plus laisser en exercice suffisamment de ces infiniment petits pour assurer un minimum d’azote assimilable, alors que les matières azotées étaient en quantité largement suffisante, mais sous forme non assimilable.
- On a dès lors songé à la stérilisation du sol, à sa désinfection par des agents chimiques, on a même cherché le résultat par la chaleur (vapeur d’eau surchauffée).
- Une objection a aussitôt été faite par les praticiens de l’agriculture : en tuant les protozaires et autres êtres vivants végétaux ou animaux, ne détruisait-on pas aussi les microbes nécessaires au bon fonctionnement du laboratoire qu’est la terre?
- Les essais se sont poursuivis sur de nombreuses variétés de champignons pathogènes, particulièrement virulents, Rhizoctonia, Moni-liopsis, etc... et sur les protozoaires avec de nombreux produits et des procédés divers.
- On a essayé notamment l’eau à 98°, le formol, le sulfure de carbone, le sulfocarbonate de potasse, le chlorophénate de mercure, l’acide sulfurique, l’acide acétique, etc...
- Comme destructeurs de champignons, le formol et le chlorophénate de mercure et le sulfocarbonate de potasse se sont montrés très aGtifs. Par contre, l’eau chaude, les acides sulfurique et acétique sont inexistants comme fongicides, le sulfure de carbone lui-même est très peu actif.
- Mais il est bon de considérer aussi les inconvénients que peuvent avoir ces fongicides pour les sols ou les plantes. Il ressort des expériences poursuivies que seuls le formol et le sulfure de carbone, non seulement ne nuisent pas aux plantes, mais donnent même une recrudescence de la végétation. Le sulfure de carbone n’étant malheureusement pas un fongicide efficace, comme nous l’avons vu plus haut, seul le formol peut être retenu.
- Dans la lutte contre les protozoaires, les mêmes méthodes et produits ont été aussi longuement expérimentés. Là aussi, le formol s’est avéré le seul désinfectant vraiment intéressant pour l’hygiène du sol : tout en ayant une action bactéricide très grande, il provoque après quelques semaines une forte intensification du travail microbien dans le sol et la pullulation des bactéries nitrifiantes et des azotobacters.
- Ces expériences, qui présentent tant d’intérêt pour une évolution plus rationnelle des cultures, et pour une sécurité plus grande des
- résultats escomptés, ont été l’objet de comptes rendus détaillés,notamment par M. Staehelin et Berthe Porchet, dans l’Annuaire Agricole de la Suisse (1933). On en trouve aussi une étude dans les Annales Agronomiques publiées par l’Institut National de Recherches Agronomiques.
- Il est agréable, réconfortant, de trouver à la tête de ce progrès une industrie française : la Compagnie des Mines de Béthune qui avait déjà créé à l’usage des arboriculteurs un produit à la fois fongicide et insecticide puissant, à base de formol, le Tinggl Horticole, destiné aux traitements d’hiver qui ont tant d’importance pour la santé des arbres et des fruits, a mis au point un Tinggl désinfectant pour la désinfection du sol, des couches à semis, la régénération des terrains de culture.
- Le Tinggl désinfectant, préparation de formol, spécialement adaptée aux usages agricoles peut être utilisé également pour la désinfection des logements d’animaux et autres locaux, l’épuration et la désodorisation des eaux résiduaires, et la désinfection des grains et tubercules de semences.
- On peut se procurer le Tingyl chez MM. Guichard Chatenay et Cie, 26, rue Vavin, Paris VI0, agents de la Compagnie des Mines.de Béthune.
- POUR ASSURER L’ÉTANCHÉITÉ DES CUVES
- EN BOIS
- Voici d’après la Photo-Revue comment il faut procéder pour obtenir une étanchéité parfaite des cuves en bois :
- Prendre :
- Gutta-percha............................100 grammes.
- Pierre ponce pulvérisée................ 300 —
- Poix de Bourgogne...................... 600 —
- On commence par amener à fusion lente la gutta-percha, puis on y incorpore, en remuant,la pierre ponce en poudre très fine, enfin la poix de Bourgogne, en continuant à chauffer doucement sans enflammer le mélange.
- Ce dernier étant maintenu fluide au bain-marie, on enduit au moyen d’un pinceau l’intérieur de la cuve, de façon que toutes les parties soient bien imprégnées, sans en négliger aucune.
- L’attention doit particulièrement porter sur les joints et les coins, pour garnir ceux-ci, on coulera au moyen d'une cuiller un peu de la composition et lissera avec un fer à souder suffisamment chauffé.
- Pour terminer on enduira l’extérieur de la cuve avec un bon vernis à la gomme laque ou un vernis gras.
- COMMENT ON PEUT MAINTENIR UNE PELLICULE PLANE DANS UN BAIN DE DÉVELOPPEMENT
- La Photo-Revue dans son numéro du lor janvier 1934 indique le petit tour de main suivant, qui peut rendre grand service aux amateurs.
- Au moyen de quatre petits morceaux de ruban chatterton, employé par les électriciens, on fixe la pellicule sur une plaque de verre de dimensions voisines et on pratique le développement comme s’il s’agissait d’un cliché ordinaire; grâce à cet artifice, on suit sans difficulté la venue de l’image par transparence devant la lanterne puis on fixe dans le bain d’hyposulfite lavé comme d’habitude et fait sécher sur le même support.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1934 (l)
- Nous signalerons surtout, ce mois-ci, deux observations importantes à faire : 1° L’occultation des Pléiades par la Lune, le 24 octobre. Cette fois, Alcyone, la plus brillante étoile des Pléiades, sera éclipsée par la Lune. 2° Ne pas manquer d’observer le ciel le soir du 9 octobre pour le cas où il se produirait encore une chute des Draconides; on se rappelle que, le 9 octobre 1933, il se produisit une merveilleuse pluie d’étoiles filantes. D’ailleurs tous ces phénomènes sont décrits, en détail, ci-après.
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — C’est la période favorable pour l’observation de la lumière zodiacale, le matin, avant l’aube. Les observations pourront, de préférence, être faites du 6 au 16 octobre, période pendant laquelle la Lune ne gênera pas.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée du 8 au 15, dans les Poissons, juste à l’opposé du Soleil.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pendant le mois d’octobre :
- I. Soleil. — En octobre, la déclinaison du Soleil diminue fortement et passera de — 3°1' le 1er à — 13°59' le 31. La durée du jour décroît d’une manière importante ce mois-ci : elle sera de ll“42m le 1er et de 9u57m le 31.
- Les jours, en octobre, diminuent fortement le soir; comme nous l’avons exposé le mois dernier, cela tient à ce que le Soleil passe au méridien bien avant midi (26 minutes le 31). Ce jour-là, le Soleil se lève à 6“36m et se couche à 16“33m. La matinée dure donc 5“24m et la soirée 4“33m, soit une différence de 51 minutes au profit de la matinée.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. Heure du Passage.
- N. L. le 8, à 15“ 5» P. Q. le 15, à 19“29“
- P. L. le 22, à 15“ lm D. Q. le 30, à 8“22“
- Oct. 1 er 11“ 40“ 30*
- — 3 11 39 52
- •—• 5 11 39 15
- — 7 11 38 40
- — 9 11 38 6
- — 11 11 37 34
- .— 13 11 37 4
- — 15 lï 36 36
- — 17 11 36 10
- — 19 11 35 47
- — 21 11 35 26
- •— 23 11 35 7
- — 25 11 34 51
- — 27 11 34 38
- — 29 11 34 28
- — 31 11 34 21
- B
- • . iS 26 • . /•
- ..*..-X... •
- . 10 •
- V. * yj t TRIANGLE-.
- * * • ••
- • •
- • 7* •
- Fig. 1. — Marche de la petite planète Bamberga (n° 324), sur le ciel pendant sa période d’opposition (du 10 octobre au 19 novembre 1934).
- (Carte dressée d’après VAtlas de la Société astronomique Tchèque).
- Age de la Lune, le 1er octobre, à 0“ (T. U.) = 22J,0; le
- 9 octobre = 0J,4. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre
- date du mois, même heure, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 9. Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 13, à 15“ = •— 26°47'; le 26, à 15“ = -f- 26°41\ Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le
- 2 octobre, à 22“. Parallaxe = 54'11,/. Distance = 420 206 1cm.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 18 octobre, à 14“. Parallaxe = 59'34". Distance = 368128 1cm. Apogée de la Lune, le 30 octobre, à 17“. Parallaxe = 54'15". Distance =419 670 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 1er octobre, occultation de m Gémeaux (5m,2) ; immersion à 0“54m,0.
- I Le 15, occultation de 53 Sagittaire (6m3) ; immersion à 20“15m,5.
- I* Le 15, occultation de 274 B. Sagittaire (6m,l) ; immersion à 20“21m5.
- Le 24, occultation des Pléiades :
- Occultation de 23 Taureau (Mérope) (4m,3) ; immersion à 19“27m,0; émersion à 20“23m,5.
- Observations physiques. •— Ne pas manquer l’observation quotidienne du Soleil. Le minimum d’activité est passé et de belles taches peuvent apparaître à des latitudes élevées. Les petites lunettes suffisent pour l’observation des taches solaires. La méthode par projection est fort commode.
- Nous donnons ci-après les éphémérides pour l’orientation des dessins et des photographies du Soleil :
- Dates. P B0 L0
- Octobre 1er -f 26°,05 + 6°,71 293°,28
- — 6 + 26»,32 + 6°,44 227»,31
- — 11 + 26»,40 + 6°, 13 161°,35
- — 16 + 26°,31 + 5»,78 95»,40
- — 21 + 26»,02 + 5»,38 29»,44
- — 23 + 25»,85 + 5»,20 3»,07
- — 26 + 25°,54 + 4»,94 323»,50
- 1. Toutes les heures mentionnées au présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0“ à 24“, à partir de 0“ (minuit). Pendant les quelques jours pendant lesquels l’heure d’été sera encore appliquée, ajouter 1 heure à toutes les heures données ici.
- Occultation de y, Taureau (Alcyone) (2m,9) ; immersion à 20“ 2“,0; émersion à 20“ 56m,5.
- Occultation de 27 Taureau (Atlas) (3m,7); immersion à 20“ 39m 5; émersion à 21“ 41m,0.
- Occultation de 28 Taureau (Pléione) (5m,2) ; émersion à 21“46m,0.
- Pour suivre ces diverses occultations, consulter la carte des Pléiades que nous avons donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2932 du 1er juillet 1934.
- La Lune sera en phase décroissante, au surlendemain de son plein. Uuiliser une petite lunette fixée sur un pied stable. Observation importante à faire.
- Le 26, occultation de 125 Taureau (5m,l); émersion, à 20“28m,5.
- Le 28, occultation de e Gémeaux (3m,2) ; immersion à 0“8m,5; émersion à 0“ 56m,0. La Lune sera à l’avant-veille du dernier quartier; l’étoile disparaîtra derrière le bord éclairé et réapparaîtra, au Nord-Ouest, au bord obscur.
- Le 31, occultation de 81 Cancer (6m,4) ; émersion à 1“ 18m,5.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le matin, avant l’aube, les 4 et 5 octobre.
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- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au moment de la pleine Lune du 22 octobre. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées pour Brest et Le Havre (heure de la pleine mer) :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates.
- A Brest. Au Havre. Coeffic. A Brest. Au Havre.
- Oct. 20 1» 49“ 7“ 16 0,82 14“ 12“ 19“ 34“
- — 21 2 35 7 53 0,94 14 57 20 11
- — 22 3 17 8 28 1,01 15 36 20 44
- — 23 3 56 9 2 1,02 16 15 21 19
- — 24 4 34 9 37 0,97 16 53 21 55
- — 25 5 12 10 14 0,90 17 30 22 32
- 0,88
- 0,98
- 1,02
- 1,01
- 0,94
- 0,85
- Heures approximatives de l’arrivée du Mascaret
- Dates. Coefficient de la marée. Arrivée du mascaret à :
- Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Octobre 22 1,01 6“ 58“ 7“ 35“ 7h 44111
- — 22 1,02 19 14 19 51 20 0
- — 23 1,02 7 32 8 9 9 18
- — 23 1,01 19 49 20 26 20 35
- III. Planètes. — Le Tableau suivant a été établi à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1934.
- Il renferme les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’octobre 1934 :
- Fraction du disque Magnitude
- Dates. illuminée. Diamètre. stellaire.
- Octobre 3 0,732 5”, 9 + 0,1
- — 8 0,663 6,4 + 0,2
- — 13 0,573 6,7 -j- 0,2
- — 18 0,453 7,6 + 0,4
- — 23 0,298 8,5 + 0,7
- — 28 0,124 9,5 + 1,4
- Vénus est encore un peu visible le matin dans l’aurore.
- Elle présente du 16 au 20 octobre, une phase analogue au
- dessin n° 9 de la figure du « Bulletin astronomique Voici d’ailleurs le tableau de la phase de Vénus » du n° 2928.
- Fraction du disque Magnitude
- Dates. illuminée. Diamètre. stellaire.
- Octobre 3 0,978 10”, 1 — 3,4
- — 8 0,983 10,0 — 3,4
- — 13 0,987 10,0 — 3,4
- — 18 0,990 9,9 — 3,4
- — 23 0,993 9,9 — 3,4
- — 28 0,995 9,9 — 3,5
- Mars devient bien visible le matin, se levant, le 15, près de cinq heures avant le Soleil. Son diamètre augmente et dès maintenant on va pouvoir commencer les observations de sa surface avec des instruments puissants.
- Bamberga, la petite planète n° 324, découverte en 1892 par Palisa, passera en opposition avec le Soleil le 28 octobre. Au moment de l’opposition, elle atteindra la magnitude 7,6, c’est-à-dire qu’elle sera visible dans une bonne jumelle ou dans une petite lunette. La petite carte de la figure 1 montre son déplacement sur le ciel du 10 octobre au 19 novembre. Voici d’ailleurs quelques positions où l’on pourra la rechercher ;
- ASTRE Dates : Octobre. Lever à Paris. Passage, au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- ^ 5 5“ 55“ Il1 39“15s 17“ 22“ 12“ 42“ 4« 34' 32’ 3”,8 Vierge
- Soleil . . . < 15 6 10 11 36 36 17 2 13 19 — 8 22 32 7, 8 Vierge • »
- ( 25 6 26 11 34 51 16 43 13 57 — 11 58 32 13,8 Vierge
- \ 5 8 20 13 9 17 57 14 9 — 15 34 6,0 Vierge > Le soir, plus grande élon-
- Mercure. . 15 8 40 13 7 17 35 14 48 — 19 30 7,2 a Balance ; gation le 10 octobre.
- 25 8 14 12 36 17 3 15 1 20 3 9,0 a Balance
- \ 5 4 51 11 0 17 9 12 1 + 1 30 10,0 Vierge t
- Vénus ... 15 5 20 11 6 16 53 12 47 — 3 29 10,0 Y Vierge / Le matin, dans l’aurore.
- 25 5 52 11 14 16 36 13 33 — 8 22 10,0 a Vierge
- 5 1 22 8 38 15 54 9 40 + 15 23 4,4 n Lion j
- Mars . . . 15 1 16 8 22 15 28 10 3 + 13 27 4,6 a Lion Le matin, avant l’aurore.
- 25 1 9 8 5 15 1 10 26 + 11 26 4,8 p Lion
- Jupiter . 15 7 2 12 14 17 26 13 56 — 10 48 28,6 m Vierge Inobservable.
- Saturne . . 15 15 6 19 54 0 42 21 38 — 15 41 16,2 5 Verseau Première partie de la nuit.
- Uranus. . . 15 17 18 0 11 7 4 1 52 + 10 52 3,6 0 Poissons Toute la nuit.
- Neptune . . 15 2 42 9 18 15 55 11 1 + 7 19 2,4 /. Lion Le matin, de bonne heure.
- Mercure sera visible au début du mois, il arrivera à sa plus grande élongation du soir, le 10 octobre, à 18“, à 25°3' à l’Est du Soleil. On pourra observer Mercure du 1er au 15 ou 16 octobre.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Octobre 10 2“ 24> ",7 + 35» 44’
- .— 18 2 18 ,1 + 36 30
- — 26 2 10 ,3 + 36 50
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- Pallas, la deuxième petite planète, découverte par Olbers en 1802, passera en opposition le 13 novembre prochain et atteindra la magnitude 7,6, comme la précédente. Mais elle sera fort basse sur l’horizon. Voici une position où l’on poui’ra
- la trouver :
- Date. Ascension droite. Déclinaison
- Octobre 26 3“ 25”,2 — 23“25'
- Jupiter va se trouver en conjonction avec le Soleil le 27 octobre, à 17“. Il est donc inobservable ce mois-ci.
- Saturne est encore bien visible dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 12 octobre 1934 :
- Grand axe extérieur................ 40",43
- Petit axe extérieur................ -f- 9",53
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau................. + 13°,65
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau.................-f- 11°,36
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, pourra être recherché au moment de ses élongations. Il est de la magnitude 8,5, et une lunette de 0m,05 suffit pour le voir. Voici les élongations de Titan :
- Dates. Élongation. Heure.
- Octobre 8 Orientale 8“,0
- — 16 Occidentale 13,5
- — 24 Orientale 6,4
- Uranus va se trouver en opposition avec le Soleil le 23 oc-lobre, à 13“. Il est donc visible toute la nuit.
- Uranus est facilement visible dans une petite jumelle, on le trouvera aisément en s’aidant de la petite carte spéciale <[iie nous avons donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2930.
- Neptune devient visible le matin, avant l’aurore. On le recherchera au moyen de la petite carte de son mouvement sur le ciel parue au « Bulletin astronomique » du n° 2922.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 10h, Mars en conjonc. avec la Lune, à 2°41' N
- Le 6, a 6h, Neptune Le 7, à 22“, Vénus Le 8, à llh, Vénus Le 9, à 23h, Jupiter Le 10, à 18“, Mercure Le 18, à 0“, Saturne Le 22, à 20h, Uranus
- — à 4»15' N.
- — à 6°14/ N. r, Vierge (3m,9), à 0°6' N.
- la Lune, à 6°27' N.
- — à 2°15' N.
- — à 2°57' S. à 5“56' S.
- Etoile Polaire; temps sidéral. •— Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage. Heure (T. U.). Temps sidéral à 0“ (T. U.) (J).
- Octobre 8 Supérieur 0“ 27”18s 1“ 3“ 458
- — 14 — 0 3 46 .—
- ----- 14 — 23 59 50 .—
- — 18 —- 23 44 7 1 43 10
- — 28 — 23 4 49 2 22 36
- Etoiles variables. •— Minima d’éclat de l’étoile variable
- Algol (jü Persée) , variable de 2”,2 à 3”,5 en 2> 20“ 48”, le
- 15 octobre, à 23h 32m; le 18, à 20“ 20m.
- Le 10 octobre, maximum d’éclat de RR Sagittaire, variable de 5”,8 à 13m,3 en 330 jours.
- Le 20 octobre, maximum d’éclat de R Serpent variable de 5m,6 à 13m,8 en 353 jours.
- Le 23 octobre, maximum d’éclat de S Hercule, variable de 5m,9 à 13m,l, en 313 jours.
- Etoiles filantes. — Le 9 octobre 1933 entre 18“ et 21 “, se produisit une magnifique pluie d’étoiles filantes, provenant des débris de la Comète Giacobini-Zinner. (Voir à ce sujet les deux articles que nous lui avons consacrés dans La Nature, n08 2916 et 2927.) Le radiant des Draconides était situé près de l’étoile v Dragon, par 265° -f 55°. Nous avons montré que les matériaux de la Comète sont très disséminés le long de l’orbite. Bien que la comète soit à présent fort loin de la Terre, il est possible que, le 9 octobre, nous rencontrions encore quelques débris et qu’il se produise des étoiles filantes. Donc, ne pas manquer d’observer le ciel le soir du 9 octobre.
- Voici les divers radiants actifs en octobre :
- Epoque. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Oct. 1er au 9 24“ + 17“ y Bélier
- — 7 31“ + 18° a Bélier
- — 8 43“ + 56“ T| Persée
- — 9 265“ -f 55“ v Dragon
- — 15 et 29 108“ + 23“ o Gémeaux
- --- 18 au 20 o O O + 15° v Orion
- —- 18-27 108“ + 12“ p Petit Chien
- — 20-27 328“ + 62“ a Céphée
- — 21-25 112“ + 30“ [i Gémeaux
- — mois 29“ + 8“ E Baleine
- — 31 43“ + 22“ e Bélier.
- V. Constellations. — Voici l’aspect de la Voûte céleste le 1er octobre, à 21“, ou le 15 octobre, à 20“ :
- Au Nord: La Grande Ourse; la Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- A l’Est: Andromède; le Bélier; Persée; le Taureau.
- Au Sud-Est : La Baleine.
- Au Sud: Pégase; le Verseau; le Capricorne; près de l’horizon sud, Fomalhaut, a du Poisson austral.
- A l’Ouest : Le Cygne; la Lyre; l’Aigle; Hercule; Ophiuchus; le Serpent.
- Aucune étoile brillante ne marque le zénith.
- Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
- LOCOMOTION EN PARACHUTE EN MONTAGNE
- C’est un sport nouveau dont M. Hubert Garrigue, physicien de l’Observatoire du Pic du Midi, recommande la pratique aux alpinistes. Voici, d’après une note qu’il a publiée dans la Revue du Club alpin français, en quoi il consiste. On utilise un parachute à ouverture automatique et on lui adjoint un véhicule constitué par des skis ou mieux par un traîneau autostable très léger. Avec ce système de fortune, M. Garrigue
- et son collaborateur Marcel Fourcade, montagnard skieur ont fait d’intéressants essais'en 1934; ils ont réalisé de belles descentes sur des pentes enneigées à 45°, à grande vitesse, et sans accidents; M. Garrigue se propose d’utiliser le même dispositif pour remonter des pentes enneigées en utilisant les courants dynamiques ascendants créés par la réflexion du vent sur les versants de la montagne.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUILLET 1934, A PARIS
- Mois très chaud et très ensoleillé dans son ensemble avec total pluviométrique en excédent. Il fut exceptionnellement sec pendant les deux premières décades.
- La pression barométrique moyenne, au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 762 mm 6, est presque exactement égale à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 21°,1 présente un excédent de 2°,9 et le classe parmi les mois de juillet très chauds. Depuis 1874 on n’en compte que deux qui ont été plus chauds; en 1921 (21°,7) et en 1900 (21°,6). La chaleur a été continue sans présenter aucun caractère excessif : parmi les moyennes journalières de la température, une seule, celle du 24, a été légèrement inférieure à la normale. Le jour le plus chaud a été le 11. Le maximum de ce jour, 33°,8, maximum absolu mensuel, a été dépassé maintes fois en juillet; par contre le minimum absolu, 11°,4, noté le 5, est tout à fait exceptionnel; c’est le plus élevé que l’on ait enregistré en juillet à St-Maur depuis 1874. Le maximum absolu a atteint dans Paris, 36°,5 à Montmartre et dans les environs, 37°,0 à Ivry.
- Le début du mois a été extrêmement sec. A la date du 22 on n’avait enregistré que 7 mm 4 d’eau fournis par les pluies du 13 et du 14, insuffisantes pour remédier à la sécheresse du sol. Les averses orageuses qui se sont succédé du 22 au 25 et qui ont repris le 31 ont été plus abondantes et ont atténué heureusement, quoique bien tardivement, les effets de la sèche- ' resse. Le total mensuel de la hauteur d’eau recueillie, 70 mm 1 au cours de 7 journées de pluie, — appréciable au lieu de 13 que l’on compte en moyenne —est supéi'ieur de 19 pour 100 à la normale : les 85 centièmes de ce total sont tombés pendant les dix derniers jours.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie du mois a été de 40 mm 2 seulement et est inférieure de 36 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922. La durée totale de chute, 16h40, est de 42 pour 100 en dessous de la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Les brouillards ont été faibles et presque tous localisés dans la proche banlieue N. E., à l’exception d’un brouillard matinal épais, par places, le 2. Les orages ont été peu nombreux et peu intenses, sauf celui du 12 qui a donné de la grêle en banlieue Nord où l’on a signalé d’importants dégâts, particulièrement à La Courneuve.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 328h 25 de Soleil, durée supérieure de 44 pour 100 à la moyenne des 40 années (1894-1933). II n’y a pas eu de jour sans Soleil.
- Il est à signaler la rareté des vents d’entre S. et O.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur la moyenne mensuelle de la nébulosité a été de 44 pour 100 et celle de l’humidité relative 60,4 pour 100, cette dernière est remarquablement basse. Elle correspond à une sécheresse de l’air qui n’a été dépassée qu’une fois, en juillet 1921, depuis le début de la série des observations. Le nombre de jours d’orage et de tonnerre y a été de 4, d’éclairs seuls 1, de brume 13, de rosée 7.
- LA TEMPÉRATURE EN JUILLET depuis 1757 jusqu’à nos jours.
- MOIS FROIDS. Mois chauds.
- Moyennes Minima Moyennes Maxima
- mensuelles absolus mensuelles absolus
- inférieures inférieurs supérieures supérieurs
- Années. à 16°5. à 7°0. Années. à 20»5. à 36»0.
- 1795 15°,5 4°,2 1757 24°,6 ? CO 1 VT
- 1809 6U,2 59 23»,9 ?
- 16 15°,6 60 21»,6
- 41 16°,1 61 21»,4
- 60 16°,1 62 23»,3 ?
- 75 6°,0 64 21»,3
- 77 6°, 2 66 20»,8
- 79 15°,6 68 20»,9
- 81 6», 9 71 20»,6
- 83 6»,3 75 21»,5
- 86 5°,9 ' 76 21°,5
- 88 15°,7 6°, 5 83 21»,4
- 90 16°,3 94 22»,6 ?
- 1906 6°,5 1803 36e,8
- 07 16°,3 5°,6 07 21»,8
- 09 15°,7 08 21»,6 36»,2
- 10 16°, 3 25 3 6»,3
- 11 6°,2 26 20»,7
- 13 16°, 2 6°,6 35 21»,1
- 19 15°,2 6°,3 52 21».5
- 29 6»,0 59 22»,0
- 68 20»,6
- 70 20»,5
- 74 20»,5 37»,fi
- 81 38»,4
- 81 38»,4
- 1900 21»,6 37»,7
- 04 21»,1 36»,9
- 11 21»,0
- 21 21»,7 38»,4
- 33 3 6», 2
- 34 21»,1 36»,2
- Comme mois froids : en 22 ans, de 1795 à 1816, deux; en 24 ans, de 1817 à 1840 aucun; en 20 ans, de 1841 à 1860, deux; en 27 ans, de 1861 à 1887, un; en 46 ans, de 1888 à 1934, sept, dont cinq en 13 ans, de 1907 à 1919; comme mois chauds : en 38 ans, de 1757 à 1794, treize, dont six en 12 ans, de 1757 à 1768; en 32 ans, de 1795 à 1826, trois; en 25 ans, de 1827 à 1851, un; en 23 ans, de 1852 à 1874, cinq; en 25 ans, de 1875 à 1899, aucun et en 35 ans, de 1900 à 1934, cinq, dont trois en 12 ans, de 1900 à 1911.
- Em. Roger.
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES DE 1934-1935
- Les transformations des montages récepteurs sont dues de plus en plus à l’apparition des nouveaux modèles de lampes, et c’est bien souvent après la réalisation de la lampe qu’on a eu l’idée d’adapter un montage, sinon nouveau, du
- moins établi sous une forme nouvelle; ainsi les postes sont étudiés pour les lampes, et non pas les lampes pour les postes.
- Les nouveaux types de lampes sont de plus en plus nombreux. Après la lampe à écran ordinaire, puis la lampe à
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- écran à pente variable, nous avons eu la pentode haute fréquence, puis la binode, la double diode-triode, la double diode-pentode, l’hexode modulatrice, l’hexode anti-fading, la pentagrille américaine et les multiples modèles de lampes américaines correspondants, sans compter les nouveaux modèles de pentode basse fréquence, de valves redresseuses, etc... L’heptode européenne et surtout l’octode viennent de faire leur apparition et sont employées désormais sur les nouveaux modèles du Salon 1934, comme nous l’indiquons plus loin.
- D’ailleurs, à côté des lampes à chauffage indirect pour courant alternatif, nous avons également vu apparaître de nouvelles séries de tubes destinées à équiper les postes universels « tous courants » et la diversité de disposition des culots et des broches est ainsi devenue assez grande.
- Il est difficile désormais pour un amateur non technicien de suivre très complètement la fabrication européenne et américaine des tubes, et de connaître avec exactitude toutes les caractéristiques des nouveaux modèles dont la liste continue d’ailleurs à s’allonger.
- Cette complication, source de confusion, est la rançon des progrès remarquables accomplis en ces derniers mois. Les changements rapides, dans les types des lampes, créent du reste une grande gêne à l’industrie de la construction qui n’a plus le temps d’écouler ses modèles avant qu’ils se soient démodés et qui n’ose aborder, franchement, la construction en série, grâce à laquelle elle pourrait abaisser le prix de revient et multiplier le nombre des auditeurs.
- Sur un nombre de plus en plus grand d’appareils, on voit désormais adopter des lampes américaines, ou du moins de type américain, puisque de nombreux constructeurs fabriquent en France des lampes suivant les principes américains.
- Les constructeurs ont sans doute adopté ces lampes surtout pour des raisons d’ordre économique et industriel. Elles sont moins coûteuses et de caractéristiques « moins poussées », elles permettent donc d’établir des montages dont la mise au point est plus aisée et plus rapide, même s’il faut employer un nombre plus grand d’étages pour obtenir un résultat analogue.
- La première caractéristique des récepteurs récents consiste ainsi généralement dans une fabrication industrielle très étudiée, qui permet d’abaisser le prix de revient dans de très grandes proportions.
- LES RÉALISATIONS NOUVELLES
- Quoique plus jeune que l’automobile, la radiotechnique voit comme la technique automobile, reparaître, après un temps d’oubli, des solutions momentanément abandonnées.
- L’histoire des montages à changement de fréquence en est une preuve intéressante.
- Les premiers postes superhétérodynes qui avaient, d’ailleurs, été inventés pendant la guerre, comportaient une première lampe détectrice-modulatrice et un système hétérodyne séparé couplé par induction ou par capacité. Pour recevoir des émissions radiotélégraphiques en ondes entretenues, on employait même une deuxième hétérodyne séparée et l’ensemble était complexe et encombrant.
- Pour remédier à cet inconvénient, les constructeurs de la super-hétérodyne en France établirent des appareils monobloc avec hétérodyne alimentée par les mêmes batteries.
- Le système radiomodulateur à lampe bigrille unique remplaça quelque temps, du moins en France, le dispositif à deux lampes séparées et présentait du moins l’avantage de la simplicité (fig. 1).
- On reconnut cependant peu à peu les inconvénients de cette
- \Grifl • ose.
- o> >© gJ Îo
- Y 1 T.M.F. Masse
- Terre F Masse
- ., Masse au volume contrôle manuel 100 V ou automatique
- Fig. 1. — Changement de fréquence par bigrille d chauffage indirect avec présélection (bloc Gamma,.
- lampe : faiblesse d’amplification, phénomènes irréguliers de blocage au-dessous de 300 mètres de longueur d’onde, sélection insuffisante due à la faible résistance interne de la lampe, déterminant l’amortissement du circuit primaire du tesla de liaison, sifflements dus à une sélection insuffisante et à la production d’harmoniques, etc...
- Ces défauts devinrent de plus en plus nets et gênants lorsque le nombre des émissions augmenta et qu’on dut utiliser sur les postes-secteurs des lampes à chauffage indirect, et remplacer le cadre par une antenne, même avec système d’accord à pré-sélecteur.
- Le montage radiomodulateur à une lampe bigrille fut ainsi à peu près abandonné, et l’on revint au système à deux lampes, dont l’une modulatrice et l’autre oscillatrice, par un retour de principe au montage primitif à hétérodyne séparée. La lampe modulatrice est cependant généralement formée par une lampe à écran ou une pentode, tandis que la lampe oscillatrice est restée une triode. Comme toutes ces lampes sont à chauffage indirect, le couplage entre les deux lampes peut-être obtenu d’une manière tout à fait nouvelle, par l’intermédiaire de la cathode émettrice d’électrons (fig. 2). Ce système complexe en apparence, mais d’un fonctionnement régulier, permet la réception sur une gamme étendue de longueurs d’ondes, sans risque de blocage.
- Pour obtenir un rendement encore meilleur, et simplifier l’ensemble du poste, on étudia des montages à une seule lampe radiomodulatrice possédant les avantages des dispositifs à lampe bigrille sans en présenter les inconvénients.
- Le tube idéal pour cet usage serait constitué par une lampe à multiples électrodes, à forte résistance interne et à fort
- Fig. 2. — Changement de fréquence par deux lampes précédées d’un étage haute fréquence à présélection (bloc Gamma).
- (Modulatrice)
- \/Antenne
- zbov.
- ZOO V
- Masse ou contrôle automatique
- ]Ç.K IGrosc.j PI. ose.
- “vr Pol.
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- pouvoir amplificateur, permettant une séparation parfaite des circuits d’hétérodyne et de modulation.
- On a employé successivement à cet elïet des pen-todes haute fréquence, des hexo-des modulatri-ces, et des pentagrilles américaines, et voici maintenant qu’apparaît l’octode européenne.
- L’hexode à quatre gi-illes et à une plaque a fait son apparition en 1933, les deux premières grilles et la cathode de cette lampe sont montées comme la grille et la plaque d’une triode ordinaire oscillatrice, la seconde grille est portée à une tension positive élevée ; elle attire les électrons émis par la cathode. Par le fait que cette seconde grille n’est pas de la forme ordinaire, un certain nombre d’électrons la traversent, il se forme en quelque sorte autour d’elle un nuage -d’électrons, et ainsi ces électrons peuvent s’échapper vers la plaque, si le potentiel de la troisième grille devient légèrement positif.
- On peut considérer, en théorie, la lampe comme formée de deux ensembles distincts, le premier constitué par le système oscillateur et le deuxième par le système modulateur; la cathode de ce système modulateur est en quelque sorte virtuelle, et modulée continuellement par les oscillations du premier système (fig. 3).
- La pentagrille américaine qui comporte 5 grilles, comme son nom l’indique, a fait son apparition à peu près au même moment; elle renferme une cathode, cinq grilles, 1, 2, 3, 4, 5, et une plaque. La grille 5 et la grille 3 sont reliées entre elles à l’intérieur de la lampe, la grille 4 est connectée à une prise au sommet de l’ampoule (fig. 4).
- L’osciilation peut être obtenue entre les grilles 1 et 2 prises comme anode. Cette grille G2 détermine la formation d’une cathode virtuelle et produit une émission électronique modulant la tétraode constituée par la grille 4 entourée de G3 et de G5 et la plaque. Les oscillations incidentes sont appliquées sur la grille 4 (fig. 5).
- Ces lampes produisent non seulement un effet de changement de fréquence, mais aussi un effet d’amplification, et nous
- Fig. 5. — Montage d’une pentagrille en radiomodulatrice (bloc Gamma).
- Cathode
- 7l\.Plaque
- Antenne
- c.v.
- circuit
- filtrage
- I 'U
- Masse ou
- H.TJ Y//-71,
- Masse
- sommes ainsi revenus au montage radiomodulateur à une lampe proposé en 1925 avec la lampe bigrille.
- 1934 a amené la réalisation de l’octode ou octaode, dont nous indiquons plus loin les caractéristiques, et qui semble présenter des avantages certains sur l’hexode radiomodulatrice.
- La faveur des appareils à changement de fréquence va du reste en s’accentuant.
- Il ne faut pas considérer seulement dans les superhétérodynes les transformations du changement de fréquence, mais également les autres modifications du montage : emploi d’un dispositif de pré-sélection avec une lampe haute fréquence, pour éviter les brouillages, adoption de transformateurs moyenne fréquence passe-bande avec ou sans noyau de fer divisé, accordé sur une longueur d’onde beaucoup plus basse que par le passé, de manière à éliminer le deuxième battement, adoption du système de détection linéaire, et du dispositif anti-fading, d’un système de réglage unique souvent complété par un dispositif de réglage visuel, etc...
- La seule comparaison d’un superhétérodyne de 1934 à un modèle de 1922 suffit pour faire ressortir les progrès de la construction; les principes sont les mêmes, mais la transformation industrielle est complète.
- Quelles sont par ailleurs les caractéristiques générales des appareils de 1934 ? Le succès des postes tous courants, noté plusieurs fois, ne s’est pas ralenti ; leur technique s’est modifiée, et nous avons vu apparaître de nouveaux types dans cette catégorie, en particulier le récepteur d’automo -bile.
- Les postes toutes ondes permettant la réception des émissions de 15 à 2000 m de longueur d’onde ne sont plus des exceptions, les systèmes de repérage sont de plus en plus perfectionnés, et complétés par les dispositifs de réglage visuels rendant plus aisé le réglage « au son » sur les appareils munis de dispositifs anti-fading. On voit quelques systèmes de commande à distance, du moins sur les appareils étrangers.
- Le combiné radiophonographique n’est plus désormais un appareil très coûteux et encombrant réservé à une clientèle privilégiée; il est souvent de dimensions aussi réduites que celles d’un poste Midget, et son prix le met à la portée de l’auditeur moyen.
- Il semble, d’ailleurs, que le constructeur étudie désormais avec plus d’attention le problème de l’adaptation ultérieure d’un système phonographique et d’un haut-parleur auxiliaire au châssis.
- La forme Midget classique, avec haut-parleur disposé verticalement dans la paroi avant au-dessus du tableau de repérage n’est plus seule utilisée; bien souvent on adopte la forme allongée avec haut-parleur dans le même plan que le châssis.
- Dans une nouvelle forme, heureuse et plus originale, le haut-parleur est même placé en dessous du châssis, ce qui permet, en particulier sur quelques postes, de prévoir l’emplacement dans la partie inférieure d’un ensemble phonogra-
- Fig. 3. — L’hexode.
- I, représentation schématique; C, cathode : 3,2, 3, 4, grilles; P. plaque; II et III, triode et lampe à écran pouvant être considérées comme formant l’hexode; C' cathode virtuelle.
- Fig. 4. — La pentagrille (heptode).
- I, représentation schématique; II et III, triode et pentode pouvant être considérées comme formant l’heptode.
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- phique, avec moteur tourne-disques et pick-up (Postes Integra).
- HEXODE ET OCTODE
- L’hexodepeut être considérée, comme nous l’avons indiqué, par l’association d’une triode oscillatrice et d’une lampe à écran modulatrice à cathode virtuelle, et le couplage entre ces deux lampes est ainsi réalisé d’une manière électronique (fig. 3). On peut de même considérer la pentagrille américaine ou heptode européenne comme constituée par une triode oscillatrice et une pentode modulatrice, avec cathode virtuelle (fig. 4).
- Cette pentode comporte bien trois grilles; mais n’est pas constituée de la manière normale avec grille de sûreté disposée entre l’écran et la plaque, on pourrait donc plutôt la considérer comme une lampe à écran.
- La lampe octode comporte non plus 5 grilles, mais 6 grilles, comme l’indique la figure 6. La cathode chauffée par un filament intérieur est entourée par une première grille; la troisième électrode est en réalité une anode auxiliaire constituée par deux petites tiges se trouvant presque en dehors du flux électronique.
- La troisième grille est une grille normale, mais la 5e est construite comme celle des lampes à pente variable, c’est-à-dire que le pas des spires n’est pas constant.
- La 5e grille reliée à la 3e est encore une grille normale, et la
- l’ordre de 1200000 ohms pour l’oc-tode et de 300 000 ohms pour la pentagrille. En principe, la sélectivité et la sensibilité obtenues sont donc plus grandes si les circuits oscillants sont convenablement étudiés.
- La lampe octode est, d’ailleurs, établie soit pour poste à courant alternatif, soit pour poste tous courants, et elle paraît également présenter des avantages de stabilité et de facilité d’emploi par rapport à l’hexode, dont l’utilisation était quelquefois délicate.
- Nous voyons ainsi cette année cette nouvelle lampe pour changement de fréquence adoptée sur les superhétérodynes les plus récents.
- L’EMPLOI DES DÉTECTEURS CUIVRE-OXYDE DANS LES RÉCEPTEURS
- L’octode.
- ], représentation schématique; II et III, triode et liexode pouvant être considérées comme formant l’octode.
- Transformateurs MF.
- ^a=D
- _ / § to _ / IVestector y- cf t> ?-r o, £> *
- O.OOOIpF.
- Self île choc H.F.
- '//?///, Prise pour volume
- 0,0001il F
- , 0,01 p. F.
- s vers étage
- B. F.
- contrôle automatique
- Fig. 1. — Emploi d’un détecteur à oxyde de cuivre dans un poste à changement de fréquence avec prise pour polarisation de lampe à pente variable permettant Veffet anlifading.
- 6e est reliée intérieurement à la cathode. Enfin, la plaque n’offre pas de particularité très grande.
- On peut considérer cette lampe comme formée d’abord d’une triode constituée par la cathode, la lre grille de commande, et l’anode auxiliaire. Si nous comparons le 2e élément à cathode virtuelle à celui qui lui correspond dans une pentagrille, nous voyons qu’il en diffère par l’adjonction d’une grille de sûreté complémentaire entre la 5e et la plaque, la différence est donc la même qu’entre une lampe à écran et une pentode haute fréquence.
- L’octode est plus facile à utiliser que la pentagrille parce que l’anode auxiliaire et l’écran fonctionnent sous une même tension, de l’ordre de 70 à 100 v, alors qu’il est nécessaire d’utiliser deux tensions différentes dans la pentagrille, comme le montre la figure 5.
- L’emploi de l’électrode supplémentaire de freinage 6 évite des émissions secondaires, et rend l’emploi de la lampe beaucoup plus sûr; on peut ainsi sans danger utiliser une tension écran voisine de la tension de plaque, cette tension écran peut être fixée à l’aide d’une simple résistance en série.
- Au point de vue électrique, le coefficient d’amplification est plus élevé, la pente plus importante, et la résistance interne plus grande; elle est de
- Nous avons déjà eu l’occasion d’indiquer comment on pouvait employer des redresseurs à oxyde de cuivre spéciaux, bien connus des sans-filistes comme redresseurs de courant, pour la détection des courants haute fréquence dans les récepteurs. Il existe d’ailleurs des types pouvant redresser, soit l’une, soit les deux alternances du courant.
- Le problème de la détection dans les postes sensibles est un de ceux qui ont le plus attiré l’attention des techniciens depuis quelque temps. La détection par caractéristique de grille, dispositif sensible et classique, peut donner des résultats insuffisants pour la réception des signaux puissants; la détection plaque, au contraire, permet d’obtenir de bons résultats pour la réception des émissions puissantes, mais est beaucoup moins sensible.
- La détection par diode est la solution généralement adoptée aujourd’hui, parce qu’elle produit un redressement linéaire
- Fig. 8. — Le récepteur Midget superhélérodyne Marconi-Six à détecteur cuivre oxyde de cuivre [Cie Fse du Gramophone).
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- sans harmoniques. Comme il y a alors redressement et non amplification, il faut prévoir généralement l’adoption d’un étage basse fréquence supplémentaire, d’où l’emploi de lampes complexes, dont nous avons décrit différents modèles, et qui permettent à la fois la détection linéaire par diode, et cette amplification.
- L’utilisation d’un redresseur cuivre-oxyde, simple et peu coûteux, permet de réaliser la détection linéaire sans avoir recours à une lampe supplémentaire ou complexe et on peut ainsi faire suivre le système détecteur d’une lampe basse fréquence séparée.
- Ce système se prête à de multiples combinaisons, et il permet en intercalant une résistance dans le circuit, de polariser les grilles des étages précédents de manière à obtenir un effet de contrôle antifading (fig. 7). Ce système a été adopté sur différents modèles de récepteurs et, en particulier, sur les appareils Marconi (fig. 8).
- Le « Marconi 6 » est ainsi un poste superhétérodyne à 6 lampes comportant une lampe haute fréquence à pente variable avec présélecteur, une lampe oscillatrice modula-trice pour le changement de fréquence, une lampe moyenne fréquence à pente variable, un élément oxymétal détecteur
- agissant sur un système antifading, une lre lampe basse fréquence, une lampe de sortie pentode et une valve de redressement (fig. 8). Le haut-parleur électrodynamique perfectionné à membrane et bobine mobile d’une seule pièce est à excitation par électro-aimant.
- UN POSTE ÉCONOMIQUE PERFECTIONNÉ
- . Deux méthodes peuvent être adoptées, on le sait, pour établir à l’heure actuelle les appareils sensibles de qualité. La première consiste à adopter le changement de fréquence, et nous venons d’exposer les modifications les plus récentes du superhétérodyne, et la deuxième conserve l’amplification haute fréquence directe en utilisant les modèles de lampes les plus récents.
- La construction des superhétérodynes est devenue certainement plus complexe qu’elle l’était autrefois, et les modèles de postes à changement de fréquence, même les plus réduits, établis avec des lampes à électrodes multiples, comportent au moins 4 lampes, sans compter la valve.
- Sans déprécier en rien les qualités du superhétérodyne que nous avons encore rappelées précédemment, on peut donc constater qu’à l’heure actuelle on peut établir aisément, et
- pour un prix de revient relativement bas, un poste sensible à amplification directe de bonne qualité musicale, qui peut présenter seulement une sélectivité un peu moins poussée dans certains cas.
- Le schéma de la figure 9 représente ainsi le montage d’un poste de ce genre; il comporte 2 étages haute fréquence avec accord et liaison établis à l’aide de 3 transformateurs haute fréquence identiques, dont les secondaires sont accordés par un condensateur variable triple à 3 éléments de 0,5/1000 de microfarad.
- Les deux premières lampes haute fréquence sont des lampes à écran, à pente variable, du type américain 35, et on règle le degré d’amplification au moyen d’un potentiomètre permettant de faire varier la polarisation des cathodes et monté en série avec la chaîne des résistances RI, R2, R3 reliées aux -f- haute tension.
- La tension des écrans est également obtenue à l’aide de cette chaîne de résistance, et les découplages sont réalisés par des condensateurs de forte capacité, Cl, C2 de 0,5 microfarad.
- La détectrice est une lampe à écran du type 24 à montage par utilisation de la courbure de plaque. Comme il s’agit en même temps d’obtenir la détection, et de permettre l’utilisation d’un pick-up dans les meilleures conditions mucicales, on utilise deux valeurs de polarisation, l’une élevée pour la détection, et l’autre réduite pour l’amplification basse fréquence; le commutateur général de l’appareil peut-être placé sur trois positions : petites ondes, grandes ondes et pick-up. Dans cette dernière position, le pick-up peut être intercalé en série dans le circuit de grille de la lampe, et la résistance complémentaire R5 est mise en court-circuit.
- La liaison entre la détectrice et la pentode basse fréquence 47 est obtenue par résistance-capacité, un filtre constitué par les condensateurs Cl et C6 et la résistance R8 joue le rôle de bobine de choc pour les courants haute fréquence qui ont pu traverser la détectrice. Enfin, un condensateur C9, qu’on peut mettre en service dans le circuit plaque de la lampe finale, joue le rôle de correcteur de tonalité.
- Le système d’alimentation est classique, mais on remarquera sur le primaire du transformateur les condensateurs fixes jouant un rôle antiparasites.
- Cet appareil peut être établi ou monté sous la forme Midget ou sous la forme radiophono, et pour un prix relativement très réduit. Un amateur constructeur peut également très aisément le réaliser à l’aide de pièces détachées fournies par le constructeur, sans grandes difficultés, grâce à la simplicité du montage et à la mise au point préalable des pièces ; le même constructeur établit, d’ailleurs, des appareils encore plus simples à un étage haute fréquence seulement et aussi des postes superhétérodynes.
- (A suivre.) P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Postes Marconi, Cic Française du Gramophone, 7, boulevard Hauss-mann, Paris.
- Poste Michigan 4, M. J., 19, rue Claude-Bernard, Paris (5e).
- Établissements Integra, 6, rue Jules-Simon, Boulogne-sur-Seine.
- HF35
- Ecran
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- Fig. 9. — Schéma du Super-Michigan IV bis à 2 étages d’amplification haute fréquence.
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- = L’EXPLORATION DE LA STRATOSPHÈRE
- Fig. 1. — M. M. C'isyns au hublot de sa nacelle avant le départ. (Pli. N. Y. T.).
- Fig. 2. — Le ballon F. N. 1t. S. photographié après son départ à Ilour-Havenne. (Ph. N. Y. T.).
- L’ASCENSION STRATOSPHÉRIQUE DE MAX COSYNS ET VAN DER ELST
- L’ascension stratosphérique que M. Max Cosyns, l’élève du Pr Pic-eard, préparait depuis 1932, a eu lieu le 18 août dernier avec plein succès.
- Les deux belles ascensions du pr Piecard ont, comme on le sait, suscité une heureuse émulation qui s’est manifestée par plusieurs tentatives en différents pays. Parmi toutes les ascensions effectuées depuis lors, celle de Cosyns est sans conteste la mieux réussie. Le ballon a pu atteindre l’altitude de 1G000 m : ce n’est pas un record puisque les aéronautes russes Prolcapiev, Gou-donev et Birnbaum ont atteint 22 607 m. Mais l’aérostat belge a pu rester plusieurs heures entre 11 000 et 16 000 m et ses passagers ont pu se livrer ainsi, avec tout le soin désirable, aux observations scienti-iiques que comportait leur programme.
- Ce succès récompense une longue et minutieuse préparation, au cours de laquelle M. Cosyns, instruit par l’expérience de l’ascension faite en compagnie du Pr Piccard, a déployé beaucoup de science et d’ingéniosité pour perfectionner l’équipement de son ballon.
- Comme pour les ascensions du P1' Piccard, les frais de celle de Cosyns ont été supportés par le Fonds National de Recherches scientifiques de Belgique, créé par le regretté roi
- Albert. M. Cosyns, dans son ascension, était accompagné par un jeune ingénieur belge, M. Van der Elst.
- Le départ eut lieu à Hour-IIàvenne, petit village à 20 km. de Dinant, le 18 août à 6 h 19. A 7 h 30 l’aérostat entraîné
- Fig. 3. — Les préparatifs du départ à Hour-Havenne. (Ph. N. Y. T.).
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- Fig. 4. — A leur retour à Bruxelles, les slratonaules sont félicités par
- M. Adaislriau, ministre des Arts et des Sciences de Belgique.
- De gauche à droite : MM. Maistriau, Van der Elst et Cosyns.
- (Ph. N. Y. T.).
- vers le Sud-Est atteignait 11 000 m. Un vent de 60 km à l’heure, l’entraînait vers l’Allemagne du Sud. Les liaisons prévues par T. S. F. sur ondes courtes de 40 m fonctionnèrent mal ; aussi eut-on, vers la fin de la journée, quelques inquiétudes sur le sort des hardis stratonautes.
- A 18 h 55 le ballon était signalé à Gratz, à l’altitude de 3000 m. A 19 h 40, il franchissait la frontière entre l’Autriche et la Yougoslavie. Le lendemain seulement, on apprenait que l’atterrissage s’était effectué sans accidents de personne ni de matériel à Zénalvje, dans le canton de Morska Soboto, en Yougoslavie, non loin de la frontière d’Autriche. L’enveloppe du ballon était celle du fameux F. N. R. S. de Piccard.
- Parmi les particularités qui distinguent l’aérostat de Cosyns il faut signaler un dispositif de stabilisation, sur lequel nous n’avons pas encore de détails précis, qui permet aux aéronautes de commander de l’intérieur de la nacelle l’évacuation du gaz sans recourir à la soupape. Il consiste en un cylindre placé à l’intérieur du ballon et que le pilote fait remonter ou descendre à volonté.
- La nacelle sphérique, en aluminium, a 2 m 50 de diamètre, sa paroi a une épaisseur de 3,5 mm. Elle pèse 150 kg. La demi-sphère inférieure est peinte en noir, la demi-sphère supérieure en blanc. Rappelons qu’une autre nacelle, en alliage de magnésium, avait été construite en 1933. Mais elle éclata lors des essais de résistance. Cet accident, qui entraîna mort d’homme, retarda d’un an la tentative de Cosyns.
- La nacelle du « F. N. R. S. » était pourvue d’un parachute pour ralentir la descente en cas d’accident et laisser aux aéronautes le temps de se lancer dans le vide avec leurs parachutes individuels. En outi'e, les savants avaient emporté de nombreux petits parachutes qui devaient leur permettre, en cas de besoin, de larguer leurs appareils de physique et de sauver ainsi les résultats de leurs observations. Le lest emporté était fait de 8 sacs de sable disposés autour de la nacelle et largables électriquement. En outre, sous la nacelle, était placé un sac de 80 kg d’eau salée mêlée de glycérine.
- Le programme scientifique comportait surtout des mesures de rayons cosmiques et d’ionisation, ainsi que des observations spectrographiques. Bien entendu, il faut attendre le dépouillement des observations pour établir le bilan scientifique de cette belle ascension.
- Plusieurs semaines de travail seront nécessaires avant que ces résultats puissent être publiés.
- L’ASCENSION STRATOSPHÉRIQUE DU MAJOR AMÉRICAIN KEPNER
- Dans notre numéro du 15 août 1934 nous avons signalé l’ascensidn qui, le 29 juillet dernier, a atteint l’altitude de
- Fig. 5. —- Départ du ballon stratosphérique américain. (Ph. N. Y. T.). Fig. 6. — La chute du ballon américain.
- (Ph. N. Y. T.)
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- 18 200 m. Elle a failli avoir une issue tragique, l’enveloppe du ballon s’étant déchirée au cours de la descente. Les aéro-nautes, Kepner, Anderson et Stevens ont échappé à la mort en sautant en parachute. Nos photographies montrent l’une le départ du ballon près Rapid City (Dakota du Sud), l’autre sa chute et la déchirure de l’enveloppe.
- L’EXPLORATION DE LA STRATOSPHÈRE PAR BALLONS-SONDES
- L’exploration de la stratosphère est à l’ordre du jour de la physique depuis que l’on espère arracher à ces hautes régions le secret des rayons cosmiques. Les deux magistrales ascensions du Pr Piccard ont provoqué un mouvement d’émulation, voire de compétition sportive; mais la science se soucie peu de sport. En fait, aucun des ballons montés qui, après celui de Piccard, ont atteint les régions stratosphériques, n’a réussi à en ramener une moisson d’observations comparables à celles du savant professeur de Bruxelles.
- L’exploration de la stratosphère par ballons montés apparaît donc comme fort coûteuse, esclave du temps, praticable en de rares moments et par des aéronautes qui soient à la fois des spécialistes du ballon monté et des spécialistes de l’observation physique. On conçoit qu’il est rare de trouver toutes ces conditions réunies.
- On comprend donc que les laboratoires se soient préoccupés de porter leurs investigations dans la stratosphère par des moyens moins aléatoires et plus fréquemment utilisables. Ils font appel, dans ce but, au ballon-sonde. Il y a bien longtemps déjà que l’on sait faire atteindre la stratosphère à des ballons-sonde porteurs d’instruments d’observation. Mais en ces derniers mois, on s’est attaché, dans les divers laboratoires météorologiques, à équiper des ballons-sondes susceptibles de faire automatiquement et d’enregistrer les observations essentielles que l’on désire recueillir, et, mieux encore, de rester pendant toute leur ascension en relation avec la terre, par T. S. F. On évite ainsi le principal inconvénient des ballons-sondes : l’ignorance de leur point de chute et le risque de voir se perdre ou se détruire sans profits un engin porteur d’utiles renseignements, et, au surplus, assez coûteux. Autrefois, le savant ne pouvait compter que sur le hasard pour retrouver un ballon-sonde; avec les nouveaux dispositifs, le ballon-sonde peut se perdre : les renseignements qu’il a recueillis auront été transmis et l’engin aura rempli son rôle.
- Sur notre figure ci-contre, on aperçoit le Pr A. Compton de
- Chicago et un de ses assistants examinant une chambre d’ionisation précisément destinée à un ballon-sonde de ce genre. Un petit poste radio-émetteur avec ses accumulateurs est fixé aux parois de la chambre, ainsi qu’un baromètre et un thermomètre.
- Le poste transmettra les chocs de rayons cosmiques en même temps que les indications de pression (donc d’altitude) et de température correspondantes.
- Fig. 7. — Celle chambre d'ionisation,^pour ballon-sonde stralosphérique, radiolélégrapliiera automatiquement les observations qu'elle enregistrera.
- (Ph. N. Y. T.).
- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La production du caoutchouc synthétique en U. R. S. S.
- L’industi'ie soviétique, dit la Technique Moderne, fait de grands efforts pour produire du caoutchouc synthétique. Le caoutchouc synthétique est actuellement produit par trois procédés différents.
- Le premier consiste à extraire le caoutchouc de l’alcool par le procédé inventé par le professeur Lebedew, membre de l’Académie des Sciences, qui vient de mourir.
- Le second tend à obtenir le caoutchouc des gaz du naphte
- de cracking, et le troisième repose sur une méthode découverte par l’Institut de Chimie appliquée.
- Trois fabriques sont actuellement occupées à ces extractions, et on évalue à 12 000 t la quantité de caoutchouc synthétique qu’elles produiront en 1934.
- Les trois usines en question, situées à Yoroslaw, à Yoro-nèje et à Jeiremowo sont actuellement en voie d’agrandissement, et leur capacité de production sera portée à 30 000 t.
- Pour 1935, on a fixé le contingent de caoutchouc à produire à 25 000 t, et calculé qu’en 1934 la production de caoutchouc synthétique épargnera à l’U. R. S. S. une exportation d’or de 6 millions de roubles.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La cristallisation des métaux, par N. T. Beuiew. l vol.
- in-8, 128 p., 75 microphotographies et dessins. Institut de Soudure autogène, 32, boulevard de la Chapelle, Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- Le colonel Belaiew, ancien professeur à l’Académie d’Artillerie Michel de Pétrograd, s’est spécialisé dans les recherches sur la structure des métaux et alliages, résultant des conditions de leur cristallisation. Cet ouvrage est constitué par quatre conférences qu’il avait faites à Londres, entièrement revues et mises à jour, sur la cristallisation à partir de l’état liquide, la cristallisation à l’état solide, la cristallisation des eutectiques et eutectoïdes, l’équilibre structural à l’état solide. C’est un remarquable ensemble de documents pour les scientifiques et les techniciens qui s’intéressent à la métallurgie et à la métallographie.
- Short Wawe Wireless Communication, par a. W.
- Ladner et C. R. Stoner. Chapman and Hall, Londres, 1934. Prix : 15 s.
- Voici la seconde édition complètement refondue d’un livre publié en novembre 1932.
- On y trouve un exposé très précis et très documenté de la question des radio-communications par ondes courtes pour les transmissions commerciales. On n’y trouve pas d’études sur la radiodiffusion par ondes courtes ni, à plus forte raison, sur le problème de l’émission ou de la réception d’amateur.
- Après une brève introduction, les auteurs exposent un historique sommaire de l’emploi des ondes courtes et très courtes. Les travaux de M. Marconi sont, en particulier, décrits avec soin dans leur ordre chronologique. Le rôle des amateurs émetteurs français vers 1922 n’est peut-être pas pourtant mis suffisamment en évidence en toute impartialité.
- Après avoir rappelé les théories de la propagation des ondes électromagnétiques, les auteurs indiquent les hypothèses les plus modernes expliquant les phénomènes de la propagation des ondes courtes à grande distance. Ce chapitre est très complet et fort intéressant.
- Les chapitres suivants sont consacrés aux différents problèmes qui se posent pour l’établissement d’une station d’émission à ondes courtes : modulation des ondes haute fréquence, théorie des bandes latérales, suppression d’une bande latérale, etc..., puis réalisation des circuits d’oscillation et de modulation. Les auteurs montrent ensuite comment on établit les différents systèmes de liaison entre le poste et l’antenne, comment sont montés les systèmes d’antennes et, en particulier, les antennes directives. Ce dernier chapitre contient la description des différents dispositifs anglais et américains, mais omet celle des modèles français Chireix-Mesny, malgré leur intérêt indiscutable.
- Les chapitres suivants sont consacrés aux problèmes de la réception, à l’exposé des principes adoptés dans les différents systèmes de récepteurs commerciaux, et aux détails d’établissement des circuits de transmission et de réception.
- Le dernier chapitre enfin contient une étude sur la propagation des ondes ultra-courtes, leur production, et utilisation.
- L'ouvrage, composé avec soin, et accompagné d’une bibliographie très détaillée, sera consulté avec intérêt par tous les spécialistes radiotecliniciens. 11 se rapporte cependant presque uniquement aux dispositifs ang'ais et américains.
- Pour le sans-fîliste. Guide de l’amateur de T. S. P. théorie de la radio moderne. Construction des postes de réception, par L.-D. Fourcault et R. Tabard. 1 vol. iv-256 p., 12 x 18, 246 fig. Dunod, Paris, 1934. Prix : broché 18 fr.
- L’ouvrage de MM. Fourcault et Tabard rappelle brièvement les principes de la radiophonie, sans tomber dans la vulgarisation facile, qui a répandu trop de notions confuses et ne suffit plus à expliquer, par exemple, le rôle complexe des différentes lampes dont les caractéristiques multiples et l’utilisation sont ici clairement exposées. A un moment où les nombreux modèles lancés sur le marché rendent le choix très difficile, ces renseignements intéresseront vivement l’amateur et le professionnel.
- Les diodes modernes, à vide et à gaz, par le professeur G. Reyt. La T. S. F. Moderne. Paris, 1934. Prix: 5 fr.
- On trouvera ici une étude élémentaire, mais précise et assez complète des valves de redressement utilisées dans les postes de T. S. F. alimentés par le secteur.
- L’auteur a divisé son exposé en deux chapitres : diodes à vide; diodes à gaz.
- Dans le premier, il étudie plus spécialement les kénotrons à cathode de tungstène, puis à cathode thoriée, et finalement à cathode à
- oxyde; il indique leurs propriétés, et les différents montages correspondants.
- Pour les redresseurs à gaz, l’ouvrage indique les caractéristiques fort intéressantes de quelques-uns de ces tubes, et, en particulier, des valves à vapeur de mercure des types les plus récents, dont les avantages paraissent déjà très grands pour l’alimentation des amplificateurs de puissances très diverses, grâce à leur rendement élevé.
- Manuel pratique de l’ajusteur-mécanicien, par
- F.-H. Weiss. 1 vol. 248 pages, 180 fig. Garnier frères, Paris 1934. Prix relié toile 9 fr.
- Le travail de l’ajusteur, fondamental en mécanique, est un art véritable qui ne s’acquiert que par une longue pratique. L'initiation est difficile et il faut qu’elle soit intelligemment guidée. A cet égard, le clair manuel de M. Weiss, d’une lecture facile, d’un prix modique, rendra de précieux services. Le lecteur y trouvera l’exacte description des outils essentiels de l’ajusteur : l’étau et la lime, les outils de mesure et de traçage, la manière de les utiliser et de les entretenir; il y trouvera également des indications utiles sur l’outillage mécanique d’un atelier d’ajusteur, et la description,chemin faisant, de combinaisons originales et pratiques, ainsi que de tours de main commodes. L’ouvrage se termine par des notions rapides, mais utiles de forge,de soudure et brasure.
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- Etats Scandinaves et régions polaires boréales,
- par Maurice Zimmermann, 1 vol. in-4°, 326 p., 66 ligures et carte, 56 planches photographiques et Une carte en couleurs. Collection « Géographie universelle », Paris, Armand Colin. Broché : 90 fr.
- Dans ce volume sont étudiés tour à tour le Danemark, la Suède, la Norvège, avec les caractéristiques physiques, économiques et sociales de chaque pays. La partie la plus neuve et peut-être la plus attrayante est consacrée aux régions polaires arctiques, avec l’historique des explorations polaires, des considérations générales sur les phénomènes géologiques, le climat, la population, et des études régionales sur l’Islande, le Groenland, les archipels polaires.
- La vie des reptiles de la France centrale, par Raymond Rollinat, 1 vol. in-8, 3-43 pages, 24 fig., 24 pl. en noir, 11 pl. en couleurs. Delagrave, Paris, 1934. Prix : broché, 75 fr. ; relié, 110 fr.
- Voici un livre qu’il faut mettre dans sa bibliothèque à côté de ceux de Fabre sur les insectes. Il est de la même venue, quoique moins brillant de style. L’auteur a passé toute sa vie à Argenton, dans la Creuse, à chasser, observer, élever les animaux qu’on néglige généralement de regarder, la Cistude, les Lézards et surtout les Serpents. Son ami, le DrLegros, a déjà rappelé ses dons de naturaliste lors de sa mort, en 1931 (La Nature, n° 2875); il évoque sa vie dans l’introduction à ce volume. Viennent ensuite 15 chapitres où se trouvent décrits les caractères, les moeurs, la reproduction des reptiles de France qu’il faisait vivre près de lui. Comme le dit Mme Phisalix dans la préface, « observateur attentif et assidu, chaque jour, en toute saison et parfois même dans la nuit, il a pu noter les moindres gestes, les plus subtiles particularités, les manifestations affectives et instinctives de ses pensionnaires, et prendre de nombreux clichés de scènes de leur vie courante ou du dressage auquel il les soumettait. Un souci de l’exactitude, de la précision, de la minutie dans les détails, confère aux observations de Rollinat un cachet de certitude et de scrupuleuse sincérité qu’on ne rencontre nulle part ailleurs ».
- L’ours brun, roi de la forêt, par W. N. Kazeeff. l vol. in-16, 224 pages, 12 fig. Stock, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Cette étude des mœurs de l’ours brun est le fruit des patientes recherches sur plus de 100 ours que l’auteur a chassés durant quinze ans et sur onze sujets apprivoisés qu’il a possédés et gardés en liberté. Nos lecteurs connaissent les dons d’observation et d’évocation de M. Kazeeff, par les articles qu’il a déjà publiés dans La Nature. L’ours méritait cet ouvrage vraiment neuf qui révèle sur beaucoup de points ses mœurs, sa vie, son intelligence, encore assez mal connues.
- Les auberges de France, Reportages gastronomiques du Club des Sans-Club, par Paul Poulgy. 1 vol. in-16, 520 p. Club des Sans-Club, 42, rue de Trévise. Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- Chaque année le Club des Sans-Club publie cette liste des auberges et des restaurants qu’on rencontre sur les routes de France, ou plus exactement la liste annotée, commentée, des lieux qui méritent qu’on s’y arrête, pour leur cuisine et leur bon accueil. C’est le complément obligé des guides et des cartes routières. On y apprend tous les bons endroits, leurs spécialités, leurs prix. Œuvre collective tenue à jour par les renseignements de ses lecteurs, elle est le livre d’or des hôtels, le conseil des touristes, le vade-mecum très précieux de tous les gastronomes.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum. •— Par suite d’une légère erreur de mise en page, une inversion de clichés s’est produite dans l’article consacré au réseau de Radiodiffusion français paru dans le n° 2936. En réalité, le cliché de la figure 8 représente la perspective de la station de Marseille-Réaltor, et celui de la figure 9, l’émetteur anglais du Scottish Régional, à l’inverse de ce qui était indiqué.
- Construction d’une antenne anti=parasites.
- Une descente d’antenne anti-parasites à basse tension constitue, en effet, un excellent modèle et peut être établi relativement à peu de frais. Il comporte un transformateur abaisseur de tension disposé près de l’antenne, et un autre élévateur de tension placé près du poste.
- Vous pouvez trouver des renseignements à ce sujet dans l’article paru dans le n° spécial de La Nature du 1er septembre 1934.
- Il est possible d’essayer d’établir soi-même des transformateurs élévateurs et abaisseurs de tension, en plaçant les bobinages qui les constituent dans un boîtier en métal, non magnétique, aluminium ou cuivre de préférence. Le primaire du 1er transformateur, qui constituera évidemment le secondaire du 2°, pourra être formé par un petit bobinage en nid d’abeilles de 250 spires, en fil de cuivre de 2/10e de nun de diamètre isolé à la soie, et les deux portions du secondaire dans le 1er cas, du primaire dans le 2e, seront constituées par une cinquantaine de spires du même fil enroulées sur un mandrin cylindrique.
- Le secondaire du 2 e transformateur sera réuni à la borne « antenne » du poste par une capacité de l’ordre de 5/100 000° de microfarad.
- Les deux transformateurs seront reliés par du câble torsadé placé sous une gaine de plomb réunie à la terre. On peut essayer de constituer un câble de ce genre au moyen de deux fils du type employé par les électriciens pour les moulures d’appartement, mais on peut également trouver maintenant dans le commerce du câble tout préparé pour un prix assez modique, ainsi, d’ailleurs, que des transformateurs élévateurs et abaisseurs de tension. Vous pouvez vous adresser, par exemple, à ce sujet, aux Établissements Pival, 26, rue Arthur Rozier, à Paris.
- Pour constituer un bloc d’arrêt haute fréquence pour poste-secteur, vous pouvez employer un bloc de deux condensateurs de 0,1 microfarad chacun, essayé pour 500 ou 1000 v suivant la tension du secteur, et dont les deux armatures communes sont reliées à une prise de terre, autant que possible séparée, les armatures libres aux deux fils d’arrivée du courant.
- Si ce moyen n’est pas suffisant, on peut intercaler dans les fils d’alimentation des bobinages d’arrêt haute fréquence. On peut ainsi enrouler sur des tubes de bakélite ou de carton gomme-laqué de 6 cm de diamètre, par exemple, une centaine de spires de fil de cuivre isolé au coton, de 10/10e à 12/10e de mm de, diamètre. Ces deux bobinages, qu’on peut facilement dissimuler dans un petit blindage, seront intercalés dans les fils d’arrivée du secteur.
- Vous pouvez également trouver des blocs d’arrêt haute fréquence fout préparés chez des constructeurs spécialisés et en particulier aux Établissements Hewittic, 11, rue du Pont à Suresnes (Seine).
- Réponse à M. C. N. à Toulouse.
- Construction d’un poste à batteries perfectionné.
- Ainsi que nous l’avons indiqué plusieurs fois dans la revue, les constructeurs français de lampes de T. S. F. ne semblent plus guère porter leur attention du côté de l’établissement de lampes perfectionnées pour postes à batterie. Les amateurs qui désirent monter des appareils de ce genre avec des lampes à chauffage direct doivent donc s’adresser à des maisons étrangères, et, en particulier, à des maisons anglaises.
- Vous pouvez donc consulter la General Electric de France, 10, rue Rodier, à Paris, ou les Établissements Cattaneo, 94, rue Saint-Lazare, Paris (9 e).
- Pour l’établissement d’un système antifading, vous pouvez d’ailleurs utiliser une lampe séparée, comme on le faisait lorsqu’on ne possédait pas encore de lampes multiples, et également suivant un procédé encore utilisé dans certains postes-secteur.
- Réponse à M. R. H. à Montigny (Aisne).
- Enregistrement sur fil aimanté.
- Nous avons décrit à plusieurs reprises dans la revue, les procédés Poulsen perfectionnés par différents chercheurs et en particulier par le Dr Stille, qui permettent d’enregistrer les sons sur un ûl ou une bande d’acier aimanté.
- Ce mode d’enregistrement a déjà permis d’obtenir certains résultats pratiques, du moins pour les travaux de bureau et l’enseignement, mais il ne semble pas qu’on puisse l’utiliser facilement toutes les fois qu’il est nécessaire de conserver longtemps l’enregistrement obtenu en raison du prix élevé du fil ou de la bande utilisée. 11 faudrait alors songer à un report de l’enregistrement sur un autre support, ce qui serait complexe et délicat.
- Le procédé du « ruban sonore », ou tout autre système analogue du type mixte électro-mécanique et photographique, ou simplement photographique, permet évidemment d’obtenir des résultats très supérieurs, des enregistrements de meilleure qualité musicale, et d’une durée aussi longue qu’on le désire. Les machines qui permettent d’obtenir ce résultat sont cependant assez coûteuses, et sont quelquefois d’un réglage assez délicat pour un opérateur non spécialisé.
- Réponse à M. Schmitt, à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône).
- De tout un peu.
- M. Colas, à Patras. —• 1° La chloropicrine, est un liquide huileux, incolore qui irrite très fortement les muqueuses, elle ne peut donc être respirée sans graves inconvénients.
- 2° Ainsi que nous l’avons signalé, le produit généralement employé pour neutraliser la nicotine vaporisée pendant la combustion du tabac, est simplement une solution diluée de perchlorure de fer, soir emploi est tout à fait inoffensif.
- 3° L'imprégnation des cheveux par les coiffeurs avant exécution de l’ondulation de la permanente, se fait avec une solution légèrement ammoniacale.
- 4° Vous trouverez tous ouvrages concernant VŒnologie, chez Salle-ron, 24, rue Pavée, Paris (4e).
- A. O. M. — A notre avis le moyen le plus pratique pour désodoriser la pièce servant de salon de coiffure, est d’y faire fonctionner pendant la nuit une lampe génératrice de formol du genre de la lampe Berger.
- M. Pedoro, à Burgos. •— 1° Le papier transparent que l’on colle sur les vitres n’est autre chose que du papier dit « simili-sulfurisé » il est obtenu par un « engraissement » prolongé de la pâte à papier (hydrolysation de la cellulose), dans la pile hollandaise; ce type de papier se trouve couramment dans le commerce, il s’imprime comme le papier ordinaire, sans préparation spéciale.
- 2° La Cie VAérographe est 18, rue Réaumur à Paris, vous trouverez d’autres adresses dans le n° 2917, page 480.
- Abonné Nantais. —• 1° Pour donner aux statuettes de plâtra l’aspect de la terre cuite, il suffit de les badigeonner avec un peu de colle de pâte étendue d’eau et légèrement colorée par un peu de rouge d’Angleterre.
- Faire quelques essais préalables sur une partie non visible, intérieur du socle, par exemple, pour se rendre compte de ce que sera la teinte après séchage, procéder de préférence par applications successives jusqu’à obtention de l’intensité désirée.
- 2° Nous avons donné dans le n° 2891, page 384 une formule de pâte dépilatoire qui, pensons-nous, vous donnera satisfaction. Si vous désirez un produit tout préparé, vous pourrez faire usage de la « Duvelia » que l’on trouve chez la plupart des pharmaciens et en particulier à la Pharmacie de Rome, 15, rue de Rome, Paris.
- M. Maligo, à Buenos Ayres. — Le ruban dit Chatterton, employé par les électriciens se prépare en enduisant du ruban jaconas de la mixture suivante chaude :
- Goudron de Norvège...................100 grammes
- Colophane en poudre..................100 —
- Gutta-percha.........................300 —
- N. b. — Le chauffage doit s’effectuer très doucement pour ne pas altérer les composants et avec précautions pour éviter l’inflammation.
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- 288 = PHOTOGRAPHIES ÉN INFRA-ROUGE
- Comme complément à l’article « Infra-rouge et Photographie » (N" 2932) notre collaborateur L. Rudaux nous communique quelques autres exemples de clichés ainsi obtenus par lui en 1932, sur plaques « Crypta » (procédé Cahavara) de Guille-minot, avec écrans Wood.
- 1 et 5. Effet d’inversion totale d’un paysage estival qui semble entièrement recouvert de neige devant la mer et le ciel noirs; à l’horizon, à 18 km, les îles Chausey, noyées pour l’œil dans la brume, ressortent avec évidence grâce au même effet déterminé par la couverture végétale partout où elle existe. — 2. Image du même point, prise au foyer d’une lunette : elle permet, malgré les vagues aériennes s’opposant à la netteté du cliché, d’apprécier la possibilité d’enregistrer le caractère et la nature des lointains. — 3 et 4. Contrastes des nuages sur le ciel.
- Le Gérant : G. Masson.
- 5828. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 15-9-1934. — Published in France.
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- N° 2938
- LA NATURE
- Octobre 1934*
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- ; J VERIT AB L E HORLOGE
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- DECOUVERTE DE
- DU PAPE SYLVESTRE II (GERBERT) DE L’AN 1000
- Depuis environ quatre-vingts ans, les historiens scientifiques du moyen âge mettent en doute l’existence de l’horloge mécanique inventée par Gerbert, sans rien d’ailleurs prouver dans un sens ou dans un autre. Et pourtant quels efforts d’imagination ont dépensés les encyclopédistes et leurs disciples pour reconstituer les rouages compliqués de ce chef-d’œuvre, de la fin du xe siècle !
- Ne serait-il pas plus simple d’étudier dans son ambiance le texte historique qui relate cette invention et de le comparer aux ligures correspondantes que peuvent nous donner les manuscrits de l’époque ?
- Après bien des recherches, nous avons eu la bonne fortune de trouver à la Bibliothèque Municipale de Chartres un manuscrit du xne siècle (ms. lat. 214) dont la gravure du feuillet 31 illustre remarquablement le texte de Ditmar sur Gerbert.
- Nous remercions M. Jus-selin, archiviste départemental, de nous avoir obtenu de la maison Laillet une reproduction très nette du parchemin. Qu’étaient au juste Gerbert et son invention ?
- LA VIE DE GERBERT
- Issu d’une humble famille, Gerbert serait né en Auvergne vers 945, dans la vallée de la Jordanne, à Belliac, canton d’Aurillac, selon une antique tradition que d’ailleurs aucun document écrit n’a jusqu’ici établie, ou à Saint-Céré (Lot), selon l’hypothèse de M. Farges. Recueilli par les Bénédictins d’Aurillac, dont Géraud de Saint-Céré fut le Père Abbé pendant dix ans, il se laissa séduire par l’étude et revêtit l’habit de l’ordre. Puis accompagnant le comte de Barcelone, Borel, en
- Espagne, il alla étudier les mathématiques, l’astronomie et la médecine sous la direction d’Atton, évêque de
- Vich, et des maîtres arabes des écoles de Séville et de Cordoue où avec Barcelone la culture gréco-latine reprenait vie sous l’influence des nouveaux conquérants. C’est durant un séjour à Rome qu’il fit la connaissance de l’empereur Othon le Grand, qui le conduisit à Reims où il devint écolâtre et confident de l’archevêque Adal-béron. Là il prit une part active à la révolution dynastique qui donna la couronne aux Capétiens, ce qui le fit nommer par ses adversaires « moine, faiseur et défaiseur de rois », tout en continuant avec ardeur ses études astronomiques, restaurant l’école de Reims et devenant précepteur du futur Robert le Pieux. Il composa alors son célèbre traité de l’Astrolabe et son arithmétique : Régula de ahaco computi. Ce traité basé sur le système décimal mit l’usage du zéro en vogue. Mais ce fut Boèce, au ve siècle, qui l’employa le premier. Son Eptateuchon donne l’usage de chiffres nouveaux. Un abaque illustre sa démonstration. Sur une première ligne horizontale se lisent 10 caractères spéciaux dont le dixième est un cercle. Gerland et Thierry (1150) ont un abaque identique. Les Arabes, en empruntant ce système, l’enseignèrent en Espagne, et Gerbert, qui n’en est pas l’inventeur, le vulgarisa dans ses écrits latins qui eurent un succès retentissant. En 983 il est nommé Abbé de l’abbaye de Bobbio. Lorsque le successeur d’Adalbéron, Arnoul, fils naturel de Lothaire, eut été déposé comme coupable de trahison, sur la demande de Hugues Capet, le concile de Saint-Basle, près de Reims, nomma 1 illustre savant archevêque de Reims en 991.
- Fig. 1. — Statue de l’astronome Gerbert, sur la place d’Aurillac (premier pape français, mort à Rome en 1003, sous le nom de Sylvestre II). Ph. abbé Curti.
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- Mais le pape Jean XV, trompé par la rumeur publique qui avait transformé ses vastes connaissances astronomiques en opérations magiques et démoniaques, refusa de ratifier l’acte royal. Vainement Gerbert soutenu par la Cour essaya de fléchir la puissance pontificale, lorsque Robert l’abandonna en 996.
- En butte à toutes sortes de vicissitudes, Gerbert s’expatria et fut recueilli par l’empereur d’Allemagne qui le nomma précepteur du jeune Othon III. Ce dernier lui prouva sa gratitude en le faisant nommer à l’archevêché de Ravenne en 997, qu’il ne quitta que pour aller à Rome recevoir la tiare papale, succédant à Grégoire V sous le nom de Sylvestre II, en 999. C’est là qu’il mourut au milieu de ses travaux en 1003. Les cendres de ce premier pape français reposent aujourd’hui à Saint-Jean-de-Latran.
- Le grand mérite de cet homme, que l’imagination populaire entoura vite de fantastiques légendes, est d’avoir fait connaître en France, en Italie et en Allemagne, la synthèse des sciences exactes que les Arabes,
- dont il possédait parfaitement la langue, avaient fait très fortement progresser. En reconnaissance, son pays natal lui a fait élever, sur la principale place publique d’Au-rillac, une magistrale statue dont on peut voir la reproduction à la figure 1.
- Ditmar évêque de Mersebourg, qu’on peut considérer comme un de ses Fig. 2.-—Montre de poche du XVIIP siècle plus judicieux bioserran? à indiquer l'heure, la nuit, à l’aide de graphes, vante ses
- l’éloile Polaire. (Collection Boucart, Paris).
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- tronomie. Etant à la cour d’Othon III, à Magdebourg, il rapporte que Gerbert exécuta un « horologium » qui était réglé sur l’étoile polaire qu’on pouvait examiner à travers un tube. « Gerbertus in Magadaburg orologium fecil, illud recte constituens, considerata per fistulam quadam Stella nautarum duce. » (Ditmarus. Chronici libri VIII.)
- HORLOGE DONNANT L’HEURE PAR
- L’OBSERVATION DE L’ÉTOILE POLAIRE
- Sans doute Ditmar est le seul écrivain qui rapporte ce fait important : mais vivant dans l’ambiance de la pensée du Maître, nous n’avons aucune raison de mettre en doute ce témoignage qui paraît sincère. L’interprétation du texte est plus délicate et pour le comprendre plus judicieusement il faut décrire le principe de l’invention à l’aide d’un instrument analogue et issu de celui de Gerbert. M. Roucart que La Nature a déjà mentionné ici (n° 2807, 15 avril 1929), nous a envoyé la repro-
- duction d’une pièce du xvme siècle de sa collection (voir fig. 2). Ce cadran nocturne donne les heures de la nuit à l’aide de l’étoile polaire. Il est basé sur la connaissance du mouvement journalier que font autour du pôle (ou de l’étoile polaire qui n’en est éloignée que de 1°37' environ) les deux étoiles a, (3 ou gardes de la Grande Ourse, ou l’étoile y de la Petite Ourse (voir fig. 3), nommées étoiles circumpolaires. En connaissant l’ascension droite de ces étoiles et les jours de l’année où elles se trouvent dans le même cercle horaire que le Soleil (méridien), ce qui se trouve par le calcul astronomique, ou par observation directe avec un simple III à plomb suspendu devant la Polaire, on obtient l’heure cherchée.
- On trouvera, par exemple qu’en 1725 l’ascension droite de la Polaire était de 0° 39' 30” à la longitude 24° 48' 02”, latitude 66° 03' 20”.
- Le 21 septembre l’ascension droite du Soleil était à 11 h 54'03”.
- L’ascension droite de a Grande Ourse était de 162° 50' 40” à 10 h 50' 21”.
- L’ascension droite de jîJ Grande Ourse était de 177° 55' 45” à 11 h 51' 43”.
- L’ascension droite de y Petite Ourse était de 147° 34' 20” à 9 h 50' 34”.
- Le 31 mars l’étoile Polaire passait au méridien à 24 h 01' 55” ou à midi 01' 55”.
- Le 30 octobre l’étoile Polaire passait au méridien à 24 h 02' 52” ou à midi 02' 52”.
- Le 17 août, l’étoile y Petite Ourse passait au méridien à 24 h 03' 23” ou à midi 03' 23”.
- Le 13 février, l’étoile y Petite Ourse passait au méri-'dien à 24 h 01' 46” ou à midi 01' 46”.
- Donc il y a deux jours de l’année où ces étoiles, passant au méridien, marquent les mêmes heures et minutes que le Soleil. Mais les étoiles fixes en marche vers ce méridien sont chaque jour en avance de 1° soit 4 m d’heure sur le Soleil ou 2 h par mois. La construction de l’instrument se déduit de ces observations.
- Sur une plaque d’argent circulaire, d’un diamètre de 6 cm, munie d’un manche à main sont marqués les 12 mois de l’année accompagnés de leur signe zodiacal correspondant; chaque mois est lui-même divisé en 6 parties de 5 jours chacun, et sur le rebord extérieur 360 divisions représentent les 365 jours annuels. Le milieu du manche correspond au jour de l’année auquel l’étoile circumpolaire dont on se sert a la même ascension droite que le Soleil.
- Pour notre appareil c’est le 21 novembre. Avec les exemples donnés plus haut, nous mettrions le milieu de ce manche au 21 septembre en pi’enant les deux gardes de la Grande Ourse, et le 17 août ou le 13 février pour l’étoile y de la Petite Ourse, souvent nommée la Claire. Aussi le manche est-il souvent mobile sur le cadran et on l’y fixe par deux petites vis.
- A frottement doux glisse sur ce fond métallique une roue de diamètre plus étroit, divisée en 24 parties correspondant aux 24 heures du temps concrétisées en 24 dents. Chaque dent porte son heure gravée et souvent l’espace est encore divisé en quarts. Sur la figure 2, le constructeur a supprimé 9 dents qui sont les heures diurnes inutiles
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- puisque la nuit commence en hiver vers 5 h et se termine vers 7 h.
- La dent méridienne plus longue sert de repère pour compter les heures sans lumière avec le simple toucher; c’est d’ailleurs la raison d’être d’avoir des dents si découpées. Une règle enfin appelée alidade, dépassant le tout de quelques centimètres, joint les deux pièces ensemble et possède en son centre un orifice pour viser l’étoile Polaire.
- L’usage de l’instrument est simple. On tourne la roue dentée, jusqu’à ce que le repère 12 soit sur le jour du mois en cours. Par l’orifice central on vise l’étoile Polaire en tenant l’instrument par le manche de façon qu’il soit perpendiculaire au sol. On amène alors la réglette jusqu’à ce que son sommet rase la Claire de la Petite Ourse. L’heure est donnée par la dent de la roue des heures, qui sera couverte par cette règle, et sans lumière on compte les dents depuis la plus grande jusqu’à celle qui est désignée par la règle.
- Cet instrument de poche qui a reçu ses derniers perfectionnements dans le cours du xvne siècle a été employé couramment depuis que Sébastien Munster l’a fait connaître au public dès 1531 dans son ouvrage : Compo-sitio Horologiorium, in piano muro, Iruncis, anulo concavo, cylindro et variis quadrantibus... Mais c’est surtout Apian qui l’a vulgarisé dans son. traité de 1543 : Cosmographia, Pétri Apiani per Gemmant Frisium.
- Il en donne une figure où l’instrument plus rudimentaire garde cependant la même forme identique : la roue dentelée avec ses 24 heures égales, le manche, ici fort grand et évasé, destiné à recevoir un fil à plomb, et la règle de visée (voir fi g. 4).
- L’ensemble formait un appareil lourd et peu commode; mais il n’est qu’une variante des nocturlabes des anciens navigateurs catalans et majorquins, qui à la fin du xme siècle trouvaient l’heure la nuit par la hauteur des étoiles, selon l'affirmation de Raymond de Lulle, qui écrivit en 1295 son ouvrage : Arte de Navigar.
- L’HORLOGE DE GERBERT
- Un témoignage plus ancien est celui d’Hermann le Perclus (1013-1054) qui donne le moyen de trouver les heures de la nuit par la hauteur des étoiles fixes; il se sert pour cela de l’astrolabe, sorte de quadrant muni sur le côté rectiligne d’une alidade à deux pinnules au travers desquelles l’observateur vise l’étoile fixe. L’heure s’obtenait sur cet instrument en superposant le sommet de l’étoile sur l’Almucantarah qui donnait l’heure solaire.
- En retranchant le degré d’ascension droite de l’étoile considérée avec le nadir du Soleil (c’est-à-dire avec le point opposé à sa position dans le zodiaque), on obtenait l’arc horaire parcouru depuis le coucher du Soleil.
- Cet arc divisé par la valeur de l’heure inégale de nuit, donnait ainsi l’heure inégale au moment de l’observation. C’est ce que veut dire Hermann quand il dit : sed hoc observa ut per nadir solis horas diei, per gradus solis, horas noctis discas.
- Or Hermann le Perclus est né dix ans après la mort de Herbert; il lisait et parlait l’arabe aussi couramment que lui et tout ce que l’un avait appris, l’autre l’avait
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- Fig. 3. — Schéma de constellations circumpolaires"1 lire d'un ouvrage du xvme siècle.
- réappris par les mêmes manuscrits arabes ou les traductions latines que Gerbert en avait données.
- Avec de telles connaissances astronomiques obtenues par l’astrolabe il était facile à Gerbert d’inventer un instrument plus simple, et spécifiquement horaire. C’est ce qu’il fit. Il remplaça l’alidade par un tube de façon à rendre plus net encore le point lumineux de l’étoile. Les recherches historiques semblent indiquer qu’on s’est servi fort anciennement d’instruments analogues à des lunettes pour observer les astres. Ainsi dans le deuxième chapitre du Chou-King. il est rapporté que Chun (2255 ans av. J.-C.) héritier de l’empire chinois, au premier jour de la première lune de printemps, examina un « instrument de pierres précieuses représentant les
- Fig. 4. — Cadran nocturnal du xvie siècle donnant toutes les heures
- de la nuit.
- (L’observateur règle l’appareil sur l’étoile Polaire et les gardes du Grand Chariot). Tiré de Cosmographia Pétri Apiani, 1543.
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- astres et le tube mobile qui servait à les observer ». Rien d’étonnant que Gerbert se soit servi d’un tel instrument; mais sans verres grossissants puisque c’est Bacon le premier qui mentionna les avantages insoupçonnés du télescope astronomique. (F. R. Bacon o. m. Opus ma jus ad Clem. quartum, Londres, 1733, Samuel debb, p. 357.) Il modifia l’astrolabe sphérique en usage depuis un temps immémorial chez les Chaldéens et perfectionné par Era-tosthène et Ilipparque, instrument de grande dimension et peu transportable qu’on appelait au xe siècle sphère armillaire astrolabe.
- Or ce que nous rapporte Ditmar dans sa phrase laconique correspond exactement au texte du manuscrit 214 (fig. 5), qui explique l’emploi de cette « rotella sphæ-
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- Fig. 5. — Tracé à la plume sur parchemin du xn0 siècle de l’Horloge de Gerbert.
- En haut : brève notice sur l’usage de l’instrument. Au centre l’astronome vise la Polaire et son doigt indique l’heure trouvée avec la rotella (hora tertia). Ph. Laillet.
- rea », petite roue de forme sphérique. Voici la reconstitution du texte et sa traduction proposée :
- Sequens p[rae] ci (pio) fieri (h) emiciclum et meum fistula (m) miam (— meam) [variante : maiam pour magnam) p(er) qua (m) polus possit uideri cum ultima Stella minoris arcturi ad cognosce (n) das horas noctis. Qu(ae) omni (a) p (er) astrolapsù (m) probare poteris. Sic horas noctis polus indic(at) (cum) ultima plaustri. Sic circu(m)cise, sic(ut) fistula. juncta rotsll(ae).
- « Pour connaître les heures de la nuit, je prescris de « construire la demi-sphère suivante et ma grande (?) « lunette avec laquelle on pourra voir en même temps « que la dernière étoile du petit Bouvier, l’étoile Polaire. « Et vous pourrez vérifier toutes ces heures par l’Astro-« labe. C’est ainsi que l’étoile Polaire indique les heures « de la nuit par la dernière étoile du Chariot.
- « Tel est en résumé l’usage du tube fixé à la petite « roue. »
- Le biographe de Gerbert emploie le même terme de fistula, long tuyau étroit et creux. Cette longue vue sans lentille était soudée (juncta) à la sphère et traversait la calotte de part en part en son centre. Sur la demi-sphère (hemicyclum, rotella sphærea) semblable au cadran solaire portant le même nom et surnommé en grec scaphé, étaient gravés douze fuseaux horaires égaux correspondant aux 12 heures temporales de la nuit. Le commencement, le milieu et la fin de la nuit (inilium, media, finis æquinoc-tialis) sont marqués d’une croix de Jérusalem, influence des croisades du temps; c’étaient les divisions primordiales de la nuit, la première heure (prima hora) commençant à la chute du jour. Cette division nocturne en heures équinoctiales est recommandée par Hermann le Perclus.
- (P. L. 143-399.)
- Un anneau semi-circulaire enfin, percé de 12 orifices de visée, situé au milieu de chaque fuseau, peut-être même garni de petits tubes comme pourrait le faire croire le point central noté à chaque cercle, coupait les lignes horaires à moitié course.
- Pour trouver l’heure il fallait viser l’étoile Polaire par la lunette tout en stabilisant l’appareil, de manière que la ligne XII-I fût bien parallèle à l’équateur. Un fil à plomb devait sans doute faciliter l’opération. Alors à ce moment l’œil cherchait par les trous de l’anneau la dernière étoile du Chariot (cum ultima plaustri) ou toute autre étoile circumpolaire. Ici le manuscrit la nomme Corguza; au xe siècle Hermann se servait de la même étoile, mais il l’appelait Bénénaz (Herm. Cont. Ch. XVII); c’est l’étoile 7] de la Grande Ourse. L’orifice où se voyait l’astre lumineux qui correspondait toujours à un fuseau horaire, donnait l’heure cherchée.
- Le dessin, qui d’ailleurs n’est qu’un schéma théorique, renferme plusieurs erreurs. Entre autres, comme la Polaire appartient nécessairement au Petit Chariot, il faut admettre que c’est majus plaustrum, le Grand Chariot et non le Petit qu’il faut lire. L’astronome figuré au centre, le visage encadré d’une barbe et coiffé d’un bonnet, représente sans doute Ptolémée. Le P. Mabillon rapporte qu’il a trouvé dans un manuscrit du xme siècle une figure qui reproduisait Ptolémée regardant à travers un tube. Ce manuscrit aurait été copié sur un original du xie siècle. Serait-ce le nôtre ?
- Quoi qu’il en soit, cette horloge nocturne inventée par Gerbert est tout à fait de mise dans l’ambiance du temps.
- Les cadrans lunaires étaient déjà en usage depuis deux siècles, comme nous l’avons prouvé par l’épitaphe de Pacificus de 800 (Uadolescent au cadran solaire de la cathédrale de Strasbourg, Paris, 1932) et l’heure, la nuit, se trouvait par l’astrolabe que l’on dirigeait vers les étoiles fixes. Gerbert ne fit que perfectionner et rassembler ces divers éléments astronomiques en inventant un appareil qui pouvait les utiliser, appareil qui, une fois lancé, s’est perfectionné à travers les âges pour donner l’instrument nocturnal de la figure 2.
- Cependant un doute pourrait subsister. Les moines d’Aurillac admirent longtemps que leur illustre confrère avait doté l’horloge de leur monastère d’une sonnerie. Et ils la décorèrent de cette inscription : « Ante Gerbertum, horologium nostrum tacebat » (Avant Gerbert notre horloge
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- se taisait). Il faut voir là l’expression de leur estime fraternelle entée sur les nombreuses légendes qui circulèrent sous le couvert de l’anonymat, mais rien de plus. Car si la clepsydre de Charlemagne avait apporté en Europe au ixe siècle la connaissance de l’heure indiquée par la sonnerie, ce n’est qu’au xme siècle qu’on peut établir historiquement l’invention du rouage de la sonnerie des horloges.
- Il semble maintenant prouvé que l’horloge construite par Gerbert est loin d’être une horloge à rouages dont aucun manuscrit ne fait mention, mais un simple cadran nocturne dont la plus simple reconstitution pourrait être celle de la ligure G. La chose est d’autant plus vraisemblable que l’auteur inconnu de ce manuscrit insiste pour que l’on vérilie par l’astrolabe l’exactitude de cette horloge, ce qui prouve que la rotella sphærea n’est pas un astrolabe, mais un instrument tout nouveau.
- Un pourrait épiloguér longtemps sur sa précision. 11 pouvait l’être; il suffisait de rendre mobile la couronne métallique, de la diviser en degrés et faire de même des fuseaux horaires. Tous les croquis de ces époques sont d’une brièveté déconcertante et sont loin de reproduire les objets tels qu’ils étaient en réalité, témoin le carnet d’esquisses de l’architecte Villard de Honnecourt (1250). Mais faute de documents nous ne pouvons rien affirmer de plus.
- Voilà un problème en suspens depuis des siècles qui semble avoir trouvé une solution définitive.
- Loin de rabaisser l’œuvre et le mérite de Gerbert,
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- ti(j. 6. — Reconstitution de l’horloge de Gerbert d'après les données du manuscrit de Chartres.
- notre compatriote, il ne fait que mettre en lumière le génie pratique de ce savant astronome qui fut l’instigateur de la renaissance intellectuelle du xme siècle.
- André Glory,
- Sociétaire de la Conservation des monuments historiques d’Alsace.
- L’AEROGYRE DE CHAPPEDELAINE
- Le déplacement d’une aile en translation à une certaine incidence n’est pas le seul moyen d’obtenir une sustentation des ' appareils aériens, d’autres systèmes utilisant des rotations peuvent être également employés. Les autogyres, les hélicoptères possèdent des voilures dont les éléments d’ailes tournent autour d’un axe sensiblement perpendiculaire à leur plan tandis que le nouvel appareil baptisé Aérogyre, construit par MM. de Chappedelaine et Desgranchamps, relève des systèmes à rotors cylindriques utilisant une rotation d’éléments autour d’un axe parallèle à leur envergure.
- La conception de cette machine aérienne dérive des phénomènes d’autorotation qui s’apparentent eux-mêmes à l’effet Magnus bien connu en balistique et en mécanique des fluides. L’application directe ou indirecte de l’effet Magnus au problème de la sustentation fut tentée à diverses reprises, mais sans donner jusqu’ici de résultats pratiques. Pourtant la théorie et des expériences de laboratoire montrent que si on fait tourner un cylindre dans un courant en translation, il se produit une réaction susceptible d’être utilisée comme force sustentatrice. Le schéma de la figure 1 représentant la distribution des lignes de cou-
- rant d’un écoulement plan à deux dimensions autour d’un cylindre en rotation indique que l’incurvation de ces lignes par analogie avec celle d’un écoulement autour d’un profil d’aile (fig. 1), peut créer une force sustentatrice.
- Le principe du cylindre ou rotor appliqué par l’ingénieur Flettner à la propulsion des bateaux a donné lieu à quelques tentatives d’emploi en aviation. Ces essais ont échoué, croyons-nous, à cause de la trop grande résistance à l’avancement engendrée par le rotor. En associant à un profil d’aile un rotor remplaçant le bord
- Fig. 1. —-A gauche : Représentation des lignes de courant-d’un écoulement plan autour d’un cylindre en rotation.
- A droite : Schéma flguratii' des filets fluides contournant un profil d’aile placé à une certaine incidence dans un courant fluide en translation.
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- * avec ioiD S’attaque ( * * * )
- Fig. 2.'— Courbe polaire (portance et résistance) d’un système mixte: Rotor cylindrique et profil d’aile, essayé par MM. Wolf et Koning au laboratoire aérodynamique d’Amsterdam.
- d’attaque, MM. Wolf et Koning ont obtenu au laboratoire d’Amsterdam des résultats indiquant un bon coefficient de portance maximum (100 Cz max) pour une traînée beaucoup plus faible que celle d’un cylindre employé
- u
- seul. Il est évident que le rapport — de la vitesse péri-
- phérique u du cylindre à la vitesse V de déplacement a une grande importance et que, pour un modèle déterminé, ce rapport doit avoir une valeur optiina.
- Pour bénéficier du grand coefficient de sustentation donné par un système tournant sans être gêné par une traînée prohibitive, M. de Chappedelaine, s’inspirant des phénomènes d’autorotation mis en lumière par M. Riabou-chinsky, au laboratoire de lvoutchino, il y a un quart de siècle, conçut dernièrement un appareil très particulier baptisé « Aérogyre». Son fonctionnement peut être divisé en deux étapes; en vol normal, la voilure de l’appareil calée à un angle d’incidence déterminé remplit son effet susten-tateur comme celle d’un avion classique — à l’atterrissage, et accessoirement au décollage, tout ou une partie de la voilure entre en autorotation autour d’un axe parallèle à l’envergure, produit un accroissement sensible de la portance et permet ainsi une réduction de la vitesse d’atterrissage.
- De plus, la pente de plané qui précède la prise de contact avec le sol est beaucoup plus grande qu’avec un avion normal, ce qui permet l’utilisation de terrains de petites dimensions.
- ESSAIS DE LABORATOIRE
- En collaboration avec l’ingénieur Desgrandschamps, une série d’essais méthodiques fut effectuée au laboratoire Eiffel pour déterminer la valeur des coefficients de portance, de traînée et calculer la position de la résultante pour des ailes en rotation autour de leur grand axe.
- Les expériences portèrent sur des profils à intrados concave, plat ou convexe, puis sur des profils à double symétrie qui accusèrent une bonne régularité cyclique, tout en donnant une forte portance maxima en autoro-
- Fig. 3. — La maquette de l’Aéroygre de Chappedelaine, vue de (ace.
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- tation (100 Cz max = 232,5). Des points relevés à des vitesses de vent variables montrèrent que la portance
- w
- 100 Cz était une fonction régulière de — : rapport de la
- vitesse tangentielle du profd en rotation à la vitesse du vent.
- Cette intéressante constatation conduisit à intensifier la valeur de w sans changer V, c’est-à-dire à activer par des moyens mécaniques (un petit moteur électrique en l’occurrence) la vitesse de rotation du profil. Pour le w
- rapport — = 3,65 la portance atteignit la valeur remarquable de 100 Cz = 329 (fig. 5).
- Des essais effectués il y a plusieurs années au laboratoire de Gottingen sur des rotors cylindriques ont montré que l’on pouvait améliorer notablement le rendement aérodynamique d’un rotor d’un certain allongement en le munissant de disques à chacune de ses extrémités. Ce résultat fut appliqué au cas des profils en autorotation et diverses expériences portèrent sur la détermination de leur diamètre optimum.
- Les caractéristiques aérodynamiques de la voilure fixe ou en autorotation étant connues, on passa à l’étude de l’emplacement et du calage d’une ailette fixe destinée à porter les ailerons de gauchissement et à assurer un centrage identique lorsque les profils sont fixes ou en rotation. La maquette complète fut présentée au tunnel et les résultats concernant la polaire et les stabilités longitudinales et de route furent encourageants.
- DESCRIPTION DE L’APPAREIL
- Afin de gagner du temps, la construction de la première machine d’étude fut réalisée le plus simplement possible, en ne prévoyant que l’autorotation des ailes principales, le fonctionnement en rotation activée étant réservé aux appareils ultérieurs. L’Aérogyre de Chappedelaine CD n° 1, comporte deux voilures tournantes d’une surface totale de 12 m2 dont la charpente est constituée par un longeron tubulaire reposant sur un longeron-poutre par l’intermédiaire de roulements à billes et à aiguilles, des haubans extérieurs assurant la rigidité en flexion. Chaque aile possède deux disques de 1 m 50 et 1 m 30 de diamètre diminuant les pertes marginales. Un système mécanique permet soit d’immobiliser les ailes sous un angle de 2°, soit de les laisser tourner en autorotation à la même vitesse au moyen d’un arbre de conjugaison; une roue à rochet les astreignant à tourner toujours dans le même sens.
- L’ailette fixe trapézoïdale, portant les ailerons, a une surface de 6 m2 tandis que le fuselage et les empennages sont classiques. La construction a été effectuée par la maison Caudron, qui a équipé cette nouvelle machine d’un moteur Renault de 100 ch employé couramment sur les avions de tourisme.
- Les performances calculées étaient les suivantes, au poids total de 670 kg : vitesse de vol, 140 km-h; vitesse d’atterrissage, 35 km-h; longueur de roulement à l’atterrissage, 45 m.
- L’appareil, terminé il y a quelques mois, a commencé ses
- 100 Cz
- Polaire
- profil en rotation
- Polaire profil fixe
- 100 Cæ
- Fig. 4. — Polaires de la maquette de VAérogyre pour divers modes de fonctionnement.
- Profil fixe, profil en rotation, aile tournant seule.
- w
- Fig. 5. — Courbe des portances en fonction du rapport — de la vitesse périphérique du rotor à la vitesse du vent.
- On distingue trois périodes : freinage, autorotation (le rotor tourne librement dans le vent), activation (le rotor est entraîné par un
- moteur).
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- Fig. 6.
- Plan d’ensemble de l’Aêrogyre de Chappedelaine type CD n° 1.
- essais en vol dernièrement. Les premiers vols en « voilure fixe » ont confirmé les essais de laboratoire et montré que le centrage et la stabilité étaient satisfaisants ; de plus, la vitesse prévue de 140 km-h fut facilement obtenue. Malheureusement, au début des essais en a voilure tournante», une descente brutale de 4 m endommagea assez sérieusement l’appareil.
- Les créateurs de l’Aêrogyre ne doivent pas se laisser décourager par cet incident; il est extrêmement rare que la mise au point d’une machine entièrement nouvelle se fasse sans aléa; c’est ainsi que l’Autogyre « La Cierva », qui a mis près de quinze ans pour arriver à sa forme actuelle, a subi de multiples modifications à la suite de plusieurs casses d’appareils.
- Si, comme il faut le souhaiter, l’Aêrogyre de Chappedelaine poursuit avec succès son programme expérimental, divers perfectionnements serônt envisagés dans les appareils futurs :
- Suppression de l’ailette porte-aileron en adoptant un différentiel capable de changer la vitesse de rotation d’une aile par rapport à l’autre, ce qui engendrera un moment de roulis nécessaire au virage correct de l’appareil. On pourra également, par ce dispositif, faire varier le calage des plans pour les adapter à la meilleure incidence de vol.
- Activation de la vitesse de rotation au moyen d’un embrayage relié au moteur à certains moments, de façon à majorer l’hypersustentation de la voilure quand le besoin s’en fait sentir. Lors de l’atterrissage des avions normaux, la puissance du moteur est inutilisée puisque les gaz sont réduits à l’extrême ralenti; dans le cas de l’Aêrogyre, au contraire, cette puissance servira à faire tourner les rotors pour augmenter la sustentation et permettre des atterrissages très lents, peut-être même presque à la verticale.
- A ce sujet, il va sans dire que ce nouveau principe offre un grand intérêt aux yeux du pilote de tourisme et des aviations militaire et maritime qui utiliseraient l’appareil pour l’observation terrestre et marine et pour l’atterrissage sur des terrains de fortune ou des ponts de navires porte-avions.
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- Félicitons MM. de Chappedelaine et Des-granchamps de s’être attaqués à la recherche de l’hypersustentation par éléments mobiles : ce domaine à peine exploré mérite une expérimentation méthodique.
- L’avion actuel malgré de nombreux perfectionnements tels que l’aile à fente, les volets de courbure ou d’intrados ne résout pas encore la question de l’atterrissage à faible vitesse. Il est probable que dans un temps plus ou moins lointain les essais de dispositifs à voilures tournantes accuseront dans cette voie des résultats beaucoup plus féconds. Espérons que la mise au point de l’Aêrogyre se poursuivra normalement et que bientôt de brillants résultats couronneront les efforts des créateurs de l’appareil.
- Jean Lacaine.
- Fig. 7.
- Vue arrière de l’Aêrogyre de Chappedelaine sur le terrain de Guyancourt où il a effectué ses premiers vols.
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- L’ACTION DE L’ELECTRICITE SUR LES PLANTES
- HISTORIQUE
- L’idée de faire appel à l’électricité pour activer la production agricole semble remonter au milieu du xvnie siècle. Elle est le résultat d’observations nombreuses dont la plus populaire est l’accroissement très sensible des végétaux après les orages.
- Vers 1750, l’abbé Bertholon de Saint-Lazare attribuait la supériorité de l’eau de pluie sur l’eau ordinaire à des particules électrisées dont elle se serait chargée dans l’air. D’autre part, il avait remarqué que des jasmins situés dans un jardin à l’endroit où la chaîne du paratonnerre s’enfonçait en terre s’élevaient beaucoup plus haut que d’autres placés dans les mêmes conditions de sol et d’orientation, mais plus éloignés.
- ACTION DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Vers 1861, Hervé Mangon constata que la lumière électrique pouvait déterminer la formation de chlorophylle tout comme la lumière solaire. Prillieux, Siemens, Deherain, Maquenne et Demoussy, Bonnier confirmèrent cette action.
- Von Siemens, le premier, eut l’idée d’essayer la lumière de l’arc voltaïque pour la culture des plantes, puis on essaya la lampe à incandescence et tout dernièrement le professeur hollandais Roodenburg a prouvé le développement rapide de la tige aux radiations caloriques. On a donc eu l’idée d’éclairer les plantes par des tubes au néon à cathode incandescente, surtout pendant la nuit (fig. 1 et 2). Les plantes se sont développées plus vite : la floraison et la fructification ont été favorisées.
- Les rayons ultraviolets, de leur côté, ont une action sur les cultures végétales. Dès 1910, on la signalait. Il y a une relation intime entre l’assimilation chlorophyllienne des plantes et le rayonnement ultraviolet.
- ACTION DU COURANT DANS LE SOL
- On a essayé de faire passer du courant électrique dans le sol, sous forme de courant continu ou alternatif. Longtemps les résultats furent incertains. En 1846, :Sheffard constata une amélioration sensible des plantes à racines et un dépérissement rapide des fourrages placés près des électrodes métalliques. Eichtner et plus tard Gauthier obtinrent au contraire une augmentation de rendement de 25 pour 100.
- ACTION DES DÉCHARGES INDUCTIVES
- L’emploi des décharges inductives à travers l’atmosphère ambiante a donné des résultats plus encourageants. Quel que soit le dispositif employé, on a obtenu une augmentation de récolte.
- Dans le dispositif le plus employé, la terre contenant les graines ou les plantes à électriser est en communication avec l’un des pôles d’une source d’électricité à haute tension; l’autre pôle est relié à un réseau conducteur complètement isolé du sol à l’aide de poteaux en bois et se termine par des tiges métalliques dirigées vers la terre.
- pig. i. — Eclairage artificiel des plantes aux Elats-Unis. (Ph. Wide World.)
- La différence de potentiel peut atteindre 60000 volts pour une distance de 4 à 5 m entre les pointes des tiges et le sol. L’électricité va des tiges métalliques vers la terre en exerçant son action sur les plantes.
- UTILISATION DIRECTE DE L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. — ÉLECTROCULTURE
- Les premières expériences faites en utilisant directement l’électricité atmosphérique n’ont pas été très décisives. Dès 1783 Bertholon avait inventé un appareil pour capter l’électricité, appelé électrovégétomètre, qui tomba dans l’oubli. Puis on utilisa un géomagnétifère avec une tige en forme de paratonnerre et un conducteur souterrain. Des expériences furent faites à Beauvais par le Frère Paulin.
- pig, 2. — Radiateur au néon pour la culture artificielle des plantes. (Ph. Philipps.)
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- Fig. 3. — Collier de prise électrique à pointes appliqué sur un arbre fruitier. (Ph. Truffaut.)
- Fig. 4. — Expériences de Truffaut sur le Leonitis Leonurus.
- De gauche à droite : plante ayant reçu de façon discontinue un courant électrique positif à la partie supérieure de la tige.
- Plante soumise à un courant discontinu (pôle négatif en haut de la plante).
- Plante soumise de façon continue à un courant de même sens que pour la plante de gauche (pôle positif en haut de la plante).
- Plante témoin.
- Le lieutenant Basty utilisa de petits paratonnerres formés d’une tige métallique terminée en pointe de 0 m 80 à 2 m de long, enfoncés dans le sol jusqu’à la profondeur atteinte normalement par les racines. La zone d’action est un cercle dont le rayon est égal à la hauteur de la tige au-dessus du sol. Il obtint une germination plus rapide et une augmentation de la précocité et du rendement pour des épinards, des petits pois et des fraises.
- Christoflcau capte l’électricité atmosphérique en élevant au-dessus des cultures un bouquet de pointes métalliques en des treillages conducteurs. L’électricité est ensuite amenée au sol au moyen de conducteurs métalliques. Ces antennes métalliques sont complétées par une barre de fer doux qui, placée dans le sens de l’aiguille de la boussole, est immédiatement parcourue par un courant électrique. Christofleau y ajoute deux couples cuivre et zinc, l’un formant pile thermoélectrique fonctionnant chaque fois qu’il fait du soleil, l’autre constitué par une cuvette de zinc, dans laquelle trempe une plaque de cuivre recueillant l’eau de pluie et devenant alors pile voltaïque. Cet appareil utilise ainsi toutes les circonstances favorables pour produire ou capter l’électricité.
- EXPLICATION DES RÉSULTATS OBTENUS
- On a cherché à expliquer ces résultats qui assimilent l’action de l’électrisation artificielle des plantes à celle des pluies d’orages. Jean Escard a proposé les explications suivantes.
- Sous l’action des décharges électriques atmosphériques ou artificielles, il se forme de l’ozone qui exerce une action très excitante sur le développement des plantes.
- En agissant sur l’air humide et sur l’eau contenue dans le sol, l’électricité joue un rôle électrochimique et il se forme des oxydes d’azote et des nitrates, directement assimilables par les plantes. D’où nutrition plus active.
- Enfin, on constate une action sur les phénomènes d’osmose : l’ascension de la sève et des sucs nutritifs est accélérée.
- LE MÉCANISME D’ASCENSION DE LA SÈVE
- C’est en étudiant l’action de l’électricité dans le mécanisme d’ascension de la sève que Georges Truffaut a essayé une nouvelle méthode d’électrisation des végétaux : l’action par contact.
- Il existe entre les points d’une plante des différences de potentiel variables en grandeur, mais constantes en signe. La partie supérieure des plantes et le feuillage sont chargés négativement par rapport à fa terre. Par contre, au voisinage du collet, hase de la tige, le potentiel est toujours positif. Les différences sont de quelques volts par mètre de hauteur. Il doit en résulter, en raison inverse de la résistance des tiges, un écoulement d’électricité. La résistance très grande en hiver diminue quand la sève monte. Le transport de la sève indique donc un déplacement d’électricité.
- On a cru pendant longtemps que la sève montait des racines aux feuilles par simple capillarité, mais la capillarité, tout en jouant un rôle, ne suffit pas à expliquer l’ascension. La cause principale de l’ascension de la sève
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- est l’osmose qui met en jeu les forces moléculaires, les enveloppes des cellules vivantes étant des parois semi-perméables qui laissent passer l’eau pour rétablir l’équilibre lorsqu’il y a une différence de concentration saline de part et d’autre. L’eau étant constamment évaporée dans les feuilles, le mouvement s’entretient de proche en proche.
- Mais l’ascension de la sève fait intervenir aussi des phénomènes électriques (dissociation de molécules, libération d’ions) et crée des différences de potentiel. C’est le grand botaniste indien Sir Jagadis Chunder Pose qui a démontré l’existence de ces courants électriques et les a mesurés.
- LES EXPÉRIENCES DE GEORGES TRUFFAUT
- Georges Truffaut et son collaborateur Pastac se sont livrés à des recherches fort intéressantes sur les rapports entre l’électricité et les plantes. Elles ont donné lieu à une communication du professeur Mangin à l’Académie des Sciences, le 9 avril 1934. Ayant observé les différences de potentiel qui existent entre les différents points d’un même végétal, Truffaut a étudié sur les mouvements de la sève, Y action de forces éleclromotrices extérieures appliquées directement sur les plantes par contact.
- Le feuillage et les parties supérieures des plantes sont chargés négativement par rapport à la terre ; la grandeur absolue de ces charges varie au cours des 24 h journalières.
- Ceci posé, une force électromotrice de courant continu, appliquée entre la terre et la partie supérieure de la plante, change le potentiel naturel de celle-ci. Elle agit sur le mouvement de la sève et peut l’augmenter, le diminuer ou l’arrêter, selon le sens et l’intensité du courant.
- Les courants alternatifs n’ont aucune action.
- Pour les courants continus, la façon dont le contact est établi a une grande importance.
- Un bon contact doit permettre le passage facile et régulier du courant vers les vaisseaux conducteurs de la sève et au travers des écorces qui constituent de bons isolants, sans introduire dans la sève des éléments nuisibles.
- Il vaut mieux un contact par collier métallique (fig. 3) serrant des feutres humidifiés que par aiguilles en acier inoxydable qui peuvent léser les tiges. L’intensité du courant qui passe à travers les tissus varie proportionnellement à l’imbibition des feutres. Malheureusement, sous l’influence du courant et de l’humidité, les écorces des tiges des arbres fruitiers pourrissent.
- Aussi Truffaut préconise-t-il, notamment pour les arbres fruitiers, l’emploi de colliers à vis, en acier inoxydable, serrables, résistant à Télectrolyse, munis intérieurement de petites pointes qui, traversant l’écorce, facilitent le passage du courant vers les faisceaux libéro-ligneux.
- Si Ton soumet des cerisiers, pêchers, pruniers, poiriers de trois ans, cultivés en pot, à l’action d’un courant continu constant, il ne faut pas dépasser quelques dixièmes de milliampère par cm2 de section de tige. Les mêmes arbres supportent parfaitement, par contre, un courant plus intense mais discontinu.
- Le maximum de courant que peut supporter une plante est inversement proportionnel à la durée d’applica-
- Fig. 5.
- Expériences de Truffaut.
- A. gauche un pommier dont la floraison a été avancée par le passage d’un courant continu; à droite, pommier témoin dont la floraison est sensiblement en retard.
- tion, mais en inversant le sens du courant on peut tuer la plante.
- En faisant varier les temps d’application, on peut arrêter tout ou partie de la végétation d’un arbre. Ainsi en reliant deux parties de la branche d’un arbre et en égalisant le potentiel entre ces deux parties, on arrête la végétation de la sève dans cette zone et on fait mourir la branche en moins de 12 h.
- Pour étudier l’influence du sens du courant, Truffaut a appliqué un courant électrique continu sur des Leonitis Leonurus, tiges de 1 m de hauteur. Sur la figure 4 on voit les résultats obtenus.
- La plante de gauche a reçu à la partie supérieure l’application du pôle positif d’une batterie de 40 v (0,1 milliampère par cm2), de façon discontinue (4 h par jour) ; elle est plus développée que la plante témoin de droite. Mais en soumettant une plante identique (plante du centre droit) au même courant pendant 24 h de façon ininterrompue, la partie supérieure de la
- Fig. 6.
- Expériences de Truffaut.
- Les trois branches supérieures de ce cerisier reliées à un collier ont reçu pendant 24 jours d’une manière continue un courant négatif sous
- 80 volts.
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- = 300 ----------...:::......=
- plante a été tuée. Si on applique pendant 4 h par jour le pôle négatif à la partie supérieure des Leonitis, la végétation des plantes traitées est très en retard sur celle des témoins (plante du centre gauche).
- Ainsi le courant descendant est favorable au développement de la plante, le courant ascendant défavorable.
- On peut donc à volonté activer ou retarder la végétation des plantes. Dans la revue Jardinage, Trufîaut précise que les courants électriques ondulés, obtenus dans les valves de redressement qui servent dans la pratique à
- charger les accumulateurs, paraissent plus actifs sur la végétation que les courants normaux débités, soit par des piles, ou mieux par des accumulateurs, et il conclut en envisageant pour l’avenir les applications de courants électriques pour protéger les cultures fruitières contre les gelées printanières et permettre ainsi à des essences assez délicates, comme abricotiers ou pêchers, de donner des récoltes normales, dans des régions où, trois années sur quatre, leurs fleurs gèlent.
- Jean Hesse.
- = LE PROJET DE TOUR DE 2000 METRES =
- ET LES LIMITES ACTUELLES DE LA HAUTEUR DES TOURS
- Un projet d’une singulière hardiesse et qui serait appelé à modifier profondément la physionomie de Paris, est actuellement soumis à l’examen des pouvoirs publics. Il s’agit de la construction, au centre du terrain d’Issy-Les Moulineaux, d’une tour en béton armé haute de 2000 m... près de sept fois la hauteur de la tour Eiffel !
- Indiquons tout de suite que nous n’avons nullement affaire ici à une improvisation hâtive, mais à un avant-projet technique, mûrement étudié, dont les auteurs sont M. Faure-Dujarric, architecte et M. Henri Dossier, le spécialiste bien connu du béton armé. M. Henri Dossier a du reste donné récemment, soit sous forme de conférences, soit dans la presse technique, des aperçus extrêmement curieux sur les limites actuelles de la hauteur des tours et de la portée des ponts (fig. 4, 5 et 10) ; il est certain qu’à côté de ces tours de 10 000 m de hauteur et des ponts de 5000 m de portée, l’actuel projet de M. Henri Dossier paraît d’une modération relative !
- Quant à l’utilité d’une telle construction, elle serait d’ordre surtout militaire. Pour la défense aérienne de la capitale, le rôle de l’artillerie est à peu près illusoire et il en est de même pour les avions de chasse, qui ne peuvent contre-attaquer efficacement qu’après s’être élevés à l’altitude des avions ennemis, ce qui exige un temps considérable. Da nouvelle tour permettrait d’effectuer des tirs dans des conditions très différentes tout en offrant la possibilité de lancer des avions instantanément à grande hauteur.
- C est donc un gigantesque « aérodrome vertical », soigneusement caparaçonné contre les bombes et assurément fort peu vulnérable aux gaz toxiques qu il s’agit d’ériger aux portes de Paris.
- VISITE A LA TOUR DE 2000 MÈTRES
- Da future tour de 2000 m se compose d’une colonne centrale conique et de trois plates-formes situées à 600 m, 1300 m et 1800 m au-dessus du sol (fig. 1 et 6). Chaque plate-forme comporte un plancher horizontal circulaire et une immense toiture tronconique ondulée qui offre un curieux aspect de fraise godronnée et de champignon (fig. 1) ; sur le pourtour, des ouvertures de 30 m de hauteur et de 50 ni de largeur, fermées par des portes à manœuvre
- électrique permettent aux avions de s’envoler dans toutes les directions et de « décoller » avant d’atteindre le bord.
- Da saillie en encorbellement de chacune des plates-formes est de 150 m, ce qui donne 357 m de diamètre pour la plus élevée, 400 m pour la deuxième et 459 m pour la plus basse. Des hauteurs de toiture sont également considérables; elles sont de 300 m pour la plate-forme inférieure et de 200 m pour les deux autres. Il existe donc, au-dessus de chaque plate-forme, un espace tronconique important où l’on pourrait loger des ateliers, des bureaux, des logements, des infirmeries et des stations météorologiques : toute une ville aérienne !
- Da circulation verticale doit, bien entendu, être assurée par des moyens mécaniques; cinq ascenseurs sont prévus, dont deux pour les avions et trois pour les personnes. Cependant une rampe en pente douce spiro-tyélicoïdale a été jugée nécessaire comme secours : sa longueur —-ceci donne une idée de l’échelle de l’édifice — est de 12 kilomètres !
- COMMENT SERA CONSTRUITE LA TOUR GEANTE
- Passons maintenant au mode de construction de la tour (fig. 6 et 7).
- Les formes sont simples et géométriques, ce qui facilite l’exécution et permet de « standardiser » les coffrages pour le béton. Le corps vertical mesure 210 m de diamètre extérieur à la base et 40 m au sommet; l’épaisseur part de 12 m à la base et diminue à mesure qu’on s’élève tout en restant proportionnée aux charges en chaque point et aux efforts du vent qui reste le principal ennemi d’une construction aussi gigantesque.
- Ce corps vertical constitue ainsi un solide d'égale résistance, ce qui signifie que les matériaux supportent en chaque point le même effort par cm2; la rigidité ainsi obtenue est du reste améliorée par de puissantes nervures intérieures croisées, dirigées les unes de haut en bas et les autres horizontalement, en forme de cercles.
- Avec la construction des plates-formes, nous entrons dans le domaine de Vacier réticulé (fig. 6 et 7). L’ossature se compose de vastes rayons divergents partant du corps central et construits en poutrelles croisées comme un
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- pont métallique à « poutre droite ». A leur extrémité, ces rayons viennent s’attacher à de longues poutres inclinées, également réticulées, qui forment les nervures
- de la toiture. Des voûtes en béton armé s’appuient sur ces poutres inclinées pour former la toiture, tandis que des dalles « raidies » par des nervures et posées sur les
- Fig. 1. — Vue par anticipation de la tour de 2000 m érigée au centre du terrain d'Issy-Les Moulineaux. Les hauteurs des trois plates-formes sont de 600, 1300 et 1800 m.
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- LE PROBLÈME DU VENT
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- Fig. 2. — M. Henri Lossier, auteur du projet de tour de 2000 m.
- poutres horizontales, forment Faire de départ des avions.
- A l’intérieur des volumes tronconiques des plates-formes, nous trouvons encore des poutres horizontales à mi-hauteur, supportant les étages intermédiaires et des écrans destinés à limiter l’effet d’éclatement d’un projectile qui pénétrerait malgré l’épaisseur et l’inclinaison de la couverture.
- La hase de la tour ne repose pas directement sur le sol mais sur une énorme « semelle » en béton armé de 400 m de diamètre dont la section, très spéciale, présente des évidements considérables. Complètement enterrée, cette large semelle assure la parfaite stabilité de l’ensemble sans transmettre au terrain des charges par m2 exagérées. Au centre de la tour et à la base se trouve une centrale-électrique autonome qui envoie son courant à des sous-stations réparties aux différents étages,pour l’éclairage et la manœuvre des nombreux moteurs auxiliaires.
- On sait que la tour Eiffel, de même que la plupart des grands monuments métalliques, est entièrement construite avec des « fers » courants du commerce. Ce caractère se retrouve dans la tour de 2000 m, où l’on envisage l’emploi d’un béton ordinaire de bonne « granulométrie » (graviers bien calibrés), fabriqué avec du ciment Port-land de première catégorie; les armatures sont prévues en acier dur et mi-dur, les métaux spéciaux n’intervenant que pour les ossatures métalliques des plates-formes, établies en acier au chrome-cuivre ou au nickel.
- Une inconnue redoutable se pose dans le calcul de la tour géante : c’est la poussée du vent.
- Pour les constructions courantes, telles que les cheminées d’usines, il est fort rare que l’on table sur plus de 300 kg par m2, tout au moins sous nos latitudes ; mais ce maximum, basé sur des observations exécutées au voisinage du sol, ne saurait s’appliquer à une altitude de 2000 m. Il en est de même de la formule classique du ministère de l’Air qui conduirait à une pression constante de 225' kg par m2 au-dessus de quelques centaines de mètres (fig. 8).
- M. Lossier a pu faire une étude spéciale du problème en se basant sur les observations de différentes stations météorologiques. De plus, on a admis l’hypothèse que dans une « zone de turbulence » mesurant environ 1000 m d’épaisseur et où se fait encore sentir l’influence des inégalités du sol, la vitesse du vent croissait suivant une loi d’allure logarithmique; au-delà de cette limite, l’accroissement serait seulement linéaire. La loi de la décroissance de densité de l’air étant d’autre part bien connue, on peut alors calculer la poussée par m2 à chaque altitude.
- On est ainsi conduit à la courbe de la figure 8 qui indique, pour le sommet de la tour, une poussée de l’ordre de 450 kg par m2, cet effort se trouvant du reste réduit aux deux tiers environ par suite de la forme arrondie de la tour.
- Nous ferons grâce à nos lecteurs du calcul complet des efforts, qui a été minutieusement établi pour toutes les sections de la tour, en vue de réduire au minimum le cubage de béton nécessaire. Indiquons seulement que Veffort tranchant total, c’est-à-dire la force qui tendrait à entraîner la tour si elle était montée sur des roulettes, atteint 95 450 tonnes ; quant au moment de renversement il atteint le chiffre colossal de 92 millions de tonnes-mètres.
- Par contre, et ceci est essentiel, grâce à l’énormité de la base et au poids de la construction, la semelle ne tend pas à se soulever du côté d’où vient le vent, l’effort vertical sur le sol restant partout dirigé vers le bas. Quant à la contrainte maxima supportée par le béton (du fait de cet effort du vent) elle ne dépasse nulle part 26,5 kg par cm2 ce qui est très modéré.
- INFLUENCE DU RECUL DE L’ARTILLERIE
- Reste la question du recul des canons, qui peuvent être amenés à faire feu à peu près simultanément au cours d’une alerte. Ici se place un calcul assez curieux. On suppose que 100 canons de 105 tirent ensemble du même côté; la poussée de recul sur chaque affût est évaluée à 6 tonnes, mais on est conduit à prendre 12 tonnes pour tenir compte d’une certaine loi des oscillations de double amplitude que l’on peut concrétiser très simplement comme suit.
- Fig. 3. —- Principales tours et édifices existant actuellement.
- Tours de Porcelaine de Nankin, pyramide de Khéops, tour Eiffel, Empire State Building.
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- Prenons un ressort à boudin placé verticalement, tel un ressort de sommier, et déposons sur son extrémité un poids de 1 kg; quand les oscillations verticales ont cessé, on constate que le ressort se trouve comprimé, par exemple, de 5 cm. Otons maintenant le poids, puis replaçons-le, sans appuyer, sur l’extrémité du ressort et lâchons-le brusquement : à l’aide d’un repère quelconque, nous constaterons que l’écrasement maximum du ressort au cours de la première oscillation atteindra exactement 10 cm, soit le double de la flexion statique.
- Cette loi, qui dérive immédiatement de la dynamique des systèmes oscillants isochrones, est extrêmement générale. Elle explique, par exemple, que les véhicules de chemin de fer exécutent, à l’entrée des courbes non raccordées, un chavirement double de celui que l’on observe sur les courbes à raccordements paraboliques,où la force centrifuge n’apparaît que progressivement. Ici, il se passe quelque chose d’analogue, la tour se trouvant emportée par son élan au delà de la position statique d’équilibre.
- Tous calculs faits, et en supposant les canons distribués à mi-hauteur des toitures coniques de chacune des plates-formes, on trouve que le moment de renversement produit est environ 6 pour 100 du moment dû au vent, Y effort tranchant (3600 t) n’étant de son côté que de 4 pour 100 de refï'ort dû au vent. Tous deux sont donc négligeables.
- DÉFORMATIONS ÉLASTIQUES DE LA TOUR
- Voici maintenant quelques déformations non permanentes prévues pour la tour sous l’influence de divers agents physiques; on sait que de tels déplacements sont observés journellement sur la tour Eiffel, mais ils vont prendre ici une ampleur infiniment plus grande.
- Sous l’influence du vent, le centre de gravité de la tour se déplacera au maximum de 7 m 70, ce qui est extrêmement peu eu égard au diamètre de base de 210 m; le recul des canons ne produira qu’un déplacement de 0 m 41.
- Sous l’action des rayons solaires, la tour se dilatera d’un côté en s’incurvant à la façon d’un « bilame »; on estime à 1 m le déplacement horizontal qui en résultera pour le sommet.
- Quant au poids total de la -tour, on peut l’évaluer à 10 millions de tonnes, soit le poids de 25 grands transatlantiques; rappelons que la tour Eiffel, construite suivant des principes très différents, pèse un peu plus de 7000 tonnes.
- ROLE SCIENTIFIQUE DE LA TOUR DE 2000 MÈTRES
- Nous n’insisterons pas sur la technique de l’exécution pour laquelle les auteurs du projet préconisent les procédés les plus modernes : vibration des coffrages obtenue au moyen de marteaux pneumatiques spéciaux, pervibration produite par des marteaux vibreurs enfermés dans des flotteurs placés sur. le béton, désaération du béton destinée à extraire les bulles qui donneraient de la porosité au béton.
- On sait que ces différents procédés se traduisent par
- 303
- Fig. 4. — Hauteurs limites des tours pyramidales en béton armé.
- A, béton armé ordinaire; B, béton renforcé (frettes en acier, noyaux fonte; C, acier à haute résistance. A gauche, la pyramide de Khéops,
- 38 m.
- une ausmentation de la densité et de la résistance du matériau. La vibration et la pervibration permettent de faire pénétrer le béton dans les plus petits interstices des armatures, ce qui assure une adhérence parfaite. La pervibration, notamment, est d’une efficacité extraordinaire; quand des flotteurs ou une « herse » à pervibration sont en fonctionnement sur une cuve à béton, celui-ci reste fluide comme de l’eau: mais dès que la pervibration s’arrête, le liquide se prend en masse avec une telle rapidité qu’une canne plongée dans la cuve ne peut plus être retirée !
- En ce qui concerne les applications scientifiques, le rôle’ de la nouvelle tour ne peut manquer d’être fort important. L’observation méthodique et simultanée du régime des vents à différentes altitudes, l’étude des rayons cosmiques, du champ électrique et de l’ionisation de l’atmosphère pourraient être exécutées ici — le mot fait image — sur une immense échelle. Bien que contenant dans son épaisseur une armature métallique, l’influence perturbatrice du corps de la tour serait sans doute moins sensible qu’à la tour Eiffel. La T. S. F., de son côté, trouverait dans la tour de 2000 m un pylône démesuré, à moins que, par un procédé d’isolement à
- Fig. 5. — Hauteurs limites pratiques pour des tours d'égale résistance.
- A, tour en béton armé; B, tour en béton renforcé (frettes acier et noyaux fonte); C, tour en acier à haute résistance. A gauche, la tour
- Eiffel.
- , ï T M t Everest 8.839 m. ,
- MtBfanc 4.8IÛ1?1 f l ^ 1 8 §i a • i'Pl g». a;i iA i ^ A B C
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- la base qui reste à trouver, on ne puisse faire osciller électriquement la tour tout entière comme une gigantesque antenne verticale.
- UNE « TOUR-SANATORIUM »
- Un point extrêmement intéressant mérite d'être signalé, car les auteurs du projet ne semblent pas l’avoir mis en
- Fig. 6. — Ensemble de la tour de 2000 m, montrant les proportions des différentes plates-formes.
- évidence; c’est l’aspect médical, à la fois expérimental et thérapeutique, d’une construction haute de 2000 m.
- Les expériences classiques du Dr Hénocque à la tour Eiffel ont montré les transformations prodigieuses qui se produisent, en un temps très bref, dans l’organisme d’un individu qui se transporte par ses propres moyens à la troisième plate-forme ; ces expériences pourraient
- être désormais reprises avec une différence d’altitude près de sept fois plus considérable. Les ascenseurs de la tour de 2000 m permettraient d’autre part d’expérimenter sur des variations de niveau ultra-rapides, que la tour Eiffel, avec ses 300 m fractionnés en quatre trajets, est loin de pouvoir fournir.
- Les perspectives sont particulièrement séduisantes en ce qui concerne la thérapeutique. On sait que la tendance actuelle, dans la construction des nouveaux hôpitaux, consiste à placer aux étages supérieurs les malades justiciables du sanatorium; c’est ce qui a été fait à Nouveau-Beaujon, à Clichy, où les tuberculeux occupent les 10e et 11e étages (voir La Nature, n° du 15 juillet 1933). On recherche ainsi un meilleur ensoleillement, une plus forte proportion de rayons ultra-violets, une teneur supérieure de l’atmosphère en ozone et surtout la raréfaction de cette « vase atmosphérique » formée de poussière, de microbes, de poisons physiologiques et industriels qui stagne au voisinage du sol dans les grandes villes.
- Cette amélioration, que l’on espère obtenir avec une faible « altitude » de 11 étages, se retrouve très nette aux premières plates-formes de la tour Eiffel. Le Dr Hénocque, qui avait lancé l’expression du «climat de la Tour Eiffel», avait même proposé d’y faire de véritables cures.
- Malheureusement, il se produit ce phénomène paradoxal que si le « climat » de la deuxième plate-forme est excellent, celui de la troisième l’est souvent beaucoup moins parce qu’elle plonge en plein dans la nappe de suie et de brouillard noirâtre qui plafonne à peu près en permanence à 250 m au-dessus de la capitale.
- Dominant de haut ce fâcheux écran insalubre, présentant jusqu’au voisinage du sommet de vastes espaces, la tour de 2000 m offrirait toutes les conditions nécessaires pour établir, moyennant certaines transformations, de véritables sanatoria d'altitude.
- Nous signalerons une autre possibilité, capable d’intéresser également les mécaniciens et les physiologistes. Il est incontestable que nous ne connaissons que très imparfaitement le comportement des corps vivants lors d’une suppression totale de la pesanteur et M. Esnault-Pelterie, en particulier, a fait les plus expresses réserves sur la possibilité de faire voyager des « astronautes » dans un véhicule interplanétaire courant sur son élan, sans propulseur, à travers l’espace. De là l’intérêt d’expérimenter sur la chute libre.
- Un projet qui n’eut pas de suite avait été publié jadis, comportant l’installation d’une cabine que l’on aurait laissé tomber de la deuxième plate-forme de la tour Eiffel et qui aurait été freinée, à l’arrivée au sol, pour éviter une catastrophe par trop radicale ! Avec ses dimensions énormes, la nouvelle tour permettrait d’opérer dans des conditions très favorables, c’est-à-dire pendant des temps considérables (de l’ordre de 15 secondes) et avec une course de freinage suffisamment longue.
- QUELLE EST LA LIMITE DE LA HAUTEUR DES.TOURS?
- Actuellement, les trois plus hauts édifices du monde sont : la tour Eiffel (301 m), le <c Chrysler Building », à
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- Coupe a b
- _______________________________________I
- Coupe cd
- nfrm
- T..T".f i
- TT"I.f
- Fig. 7. — Coupe des plaies-formes el des loilures en béton armé suivant ab et cd (fig. G).
- New-York (323 m), et 1’ « Empire State Building », également à New-York, qui mesure 381 m.
- On peut se demander, d’un point de vue strictement technique, de combien ces hauteurs pourraient être dépassées, à l’aide des moyens actuels. Nous empruntons à une très intéressante note de M. Lossier, les indications qui vont suivre.
- Trois matériaux principaux peuvent être utilisés. Le « béton faiblement armé », qui est un bon béton courant pervibré, possédant une résistance de 600 kg par cm2 et une densité de 2,5; le « béton fortement armé », comportant des frettes en acier (système
- Zone de turbulence
- Formu/e\du Ministère de latin i i -------fy-------1\—-----i----1——I
- >0 4000 6000 8000
- Hauteur en mètres au-dessus du sol
- Fig. 8. — Courbes indiquant la pression maxima probable du vent suivant l’altitude.
- La courbe en trait plein a été établie par M. Lossier en vue des calculs de résistance de la tour de 2000 m.
- Gizeh, près de 150 m de hauteur (hauteur actuelle 138 m).
- Une pyramide peut être construite pleine ou creuse, l’épaisseur des parois diminuant linéairement avec la hauteur, ce qui signifie que le vide intérieur a également la forme d’une pyramide. Dans les deux cas, la contrainte du matériau à la base (charge par cm2) est proportionnelle à la hauteur. On est ainsi conduit aux limites ci-après (fig. 4) :
- Pour une pyramide en « béton faiblement armé » : 1400 m ;
- Avec le « béton fortement armé » : 2400 m ;
- Avec l’acier à haute résistance : 4800 m.
- Une forme spéciale, un peu différente de la pyramide, permet d’atteindre la hauteur maxima : c’est le profil d’égale résistance. Ici on est limité par l’évasement croissant de la base qui conduit à une dépense de matériaux exagérée. De là les maxima ci-dessous (fig. 5) :
- Béton faiblement armé : 2500 m ;
- Béton fortement armé : 6000 m ;
- Acier à haute résistance : 10 000 m.
- Il semble qu’en l’état actuel, conclut M. Lossier,
- Considère) et des noyaux longitudinaux en fonte spéciale (système de Emperger), avec une résistance de 1200 kg par cm2 et une densité de 3 ; enfin les aciers à haute résistance (chrome-cuivre, silicium ou nickel) avec une résistance élastique de 3600 kg par cm2 et une densité de 8.
- Passons maintenant à la forme; celle-ci sera nécessairement amincie vers l’extrémité supérieure, et l’on est ainsi conduit à la forme en pyramide qui a permis aux architectes de Khéops d’atteindre, à
- Fig. 9. — Viaduc de Plougastel sur l’estuaire de l’Elorn; route et voie ferrée sur trois arches de 187 m d'ouverture, record du monde pour le béton armé (Projet de E. Freys-sinet, construit par l’Entreprise Limousin).
- * *
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- l’avantage économique pourrait revenir au béton faiblement armé pour les tours de moins de 1000 m, puis au béton fortement armé jusqu’à 2000 m et ensuite à l’acier.
- Utf PONT SUSPENDU DE 5000 MÈTRES
- Il n’est pas sans intérêt de comparer avec ces hauteurs maxima des tours les portées maxima des ponts actuellement réalisables, qui nous réservent également bien des surprises. Nous empruntons ces quelques chiffres à la même source.
- Actuellement, les records sont les suivants (fig. 10). Pour les ponts-poutres en béton armé, 138 m (passerelle d’Ivry) et 187 m pour les arches en béton armé (Plougas-tel, fig. 9) ; 534 m pour les ponts-poutres ou en canti-leoers en métal (pont de Québec, sur le Saint-Laurent), et 510 m pour les ponts sur arc métallique (Kill-van-Kull, près de New-York); enfin la plus grande portée
- possible de déterminer les portées-limites actuellement réalisables avec ces différents procédés. On arrive ainsi aux chiffres suivants (fig. 10) :
- Ponts-poutres en béton armé : 500 m ;
- Arcs en béton armé : 1400 m ;
- Poutre continue métallique : 1600 m;
- Arcs métalliques avec tablier supérieur ou inférieur : 2600 m ;
- Ponts suspendus : 5000 m.
- Ajoutons que le prix de revient du mètre carré de tablier, non compris le prix des culées et des piles, s’accroîtrait très rapidement au delà de 400 et 800 m pour les bétons faiblement et fortement armés, 1000 m pour les arcs métalliques et 1500 m pour les ponts suspendus.
- Avec les 1280 m du futur pont de Golden Gâte, les ingénieurs américains arriveront donc près du « point critique économique » des ponts géants. Néanmoins, ici
- NEW-YORK
- ---1067 ?-----
- 5000'P.
- QUEBEC
- 503T-
- SYDNEY
- PL0UGASTEL
- Fig. 10. -— Records actuels et portées limites cte différents types de ponts.
- En haut, le pont sur l’Hudson; à gauche le pont de Sydney, dépassé lui-même de 7 m par le pont de Kill-van-Kull près de New-York; à droite le pont de Québec, formé d’une poutre droite entre deux cantilevers « équilibrés »; en bas le viaduc Albert Louppe à Plougastel;
- voir aussi fig. 9 (Document Génie Civil.)
- actuellement réalisée est celle du pont suspendu sur l’Hudson, avec 1067 m, ce record étant lui-même menacé par les futurs 1280 m du pont suspendu de Golden Gâte, en construction près de San Francisco.
- Par des calculs qui ne sauraient trouver place ici, il est
- comme pour les tours, des questions de prestige peuvent intervenir, il n’est nullement impossible que nous voyions un jour des ponts suspendus de plusieurs kilomètres de longueur. . Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- E EMPLOI DES CHARBONS MENUS
- POUR L’ALIMENTATION AUTOMATIQUE DES CHAUDIÈRES DE CHAUFFAGE CENTRAL
- générale, on utilise à cet effet des chaudières dans lesquelles le charbon est chargé à la main et les combustibles employés sont constitués quelquefois par des semi-cokes ou des anthracites artificiels mais, le plus souvent,
- I. — EXPOSÉ
- Au cours de ces dernières années, les installations de chauffage central pour les immeubles et même les appartements se sont considérablement développées. En règle
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- par de la noix d’anthracite. En raison de sa dureté, la qualité la plus appréciée est celle du Pays de Galles. Elle répond approximativement au calibre 40-60 mm. Elle renferme 7 pour 100 de matières volatiles et 5 à 6 pour 100 de cendres.
- Ainsi compris, un poste de chauffage central revient très cher eu égard au coût élevé de la noix d’anthracite, ce qui se justifie d’ailleurs, car ce calibre ne représente qu’une toute petite quantité de l’extraction d’une compagnie minière productrice de charbons maigres et anthra-citeux, lesquels sont généralement friables, par surcroît.
- La différence est constituée par du charbon en gros morceaux puis, essentiellement, par des fines que nous définirons un peu plus loin.
- Pour cette raison, et comme la majeure partie de la production houillère de la France est représentée par des houilles bitumineuses, nous devons importer, spécialement de Grande-Bretagne environ 3 millions de tonnes de noix d’anthracite afin d’assurer nos besoins domestiques dont la demande totale représente environ 22 millions de tonnes de charbon.
- II. — LE COÛT DU CHAUFFAGE CENTRAL DANS UN GRAND IMMEUBLE PARISIEN
- Rendons plus concrètes ces observations en notant que, pour le chauffage d’un immeuble parisien comportant 72 pièces, on consomme, durant les cinq mois de l’hiver, de 50 à 60 t de noix d’anthracite, ce qui représente une dépense de l’ordre de 20 à 25 000 fr, en se basant sur un cours de 400 fr pour la tonne de noix d’anthracite, rendue en cave Paris.
- Le prix de revient du million de calories ressort ainsi à 60 fr environ.
- Dans ces conditions, les dépenses de chauffage d’un appartement pourvu du confort moderne représentent fréquemment de 25 à 30 pour 100 du loyer total.
- 11 y a là une anomalie peu connue mais trop exacte, malheureusement.
- Cette observation pratique permet de juger de l’incidence fort appréciable du coût du chauffage sur le montant des loyers d’appartements pourvus du chauffage central.
- En tout état de cause, depuis quelques mois, plusieurs installations ont été réalisées en vue de faire servir les fines de houille qui sont bien meilleur marché, à l’alimentation des foyers servant au chauffage central. A titre d’indication générale, à cette époque-ci, d’après les mercuriales, les fines industrielles valent en moyenne 70 fr la t, tandis que les criblés et classés domestiques se vendent environ 140 fr.
- Ces prix s’entendent pour la houille prise sur wagon au départ de la mine. Ils sont à peu près triplés pour la marchandise rendue en cave Paris, bien que les frais totaux de transport par fer, octroi, camionnage et livraison ne représentent pas plus de 120-130 fr.
- Cette anomalie mise à part, on retiendra l’importaace de l’économie réalisable en utilisant pour le chauffage -central des fines au lieu de calibrés. Il faut pour cela une installation spéciale que nous décrirons ici. ; :
- Rappelons que l’on désigne sous le nom de « fines » les catégories de charbons ayant un calibre inférieur à
- Trémie
- Moteur
- Chapeau de visite
- j Yis à tcharbon
- Tuyères de 'soufflage Plaques à
- Chambre de
- 'soufflage
- Levier de débrayage
- Fig. 1. — Brûleur automatique Auiocalor à combustion renversée.
- 15 ou à 20 mm, ces différences dépendant de la terminologie en usage dans les différents arrondissements minéralogiques.
- Néanmoins, pour que le chauffage au moyen de fines soit réellement avantageux, il convient d’utiliser la portion des fines dont le calibre est inférieur à 10 mm.
- Récemment, à propos d’une étude que La Nature a consacrée aux méthodes d’épuration des charbons (1), nous avons montré qu’il existe sur tous les marchés houillers d’abondantes disponibilités de fines, lesquelles croîtront en raison de la désaffection du public et principalement des industriels pour la qualité de charbon tout-venant, laquelle comprend, suivant les qualités, de 50 à 75 pour 100 de charbons fins, la différence étant représentée par des morceaux plus gros que 50 mm.
- Par sa composition, telle qu’elle vient d’être définie, le tout-venant constitue le type des combustibles granulo-métriquement hétérogènes. Il ne convient donc plus aux foyers modernes dont le bon fonctionnement et partant le rendement thermique dépendent du calibre uniforme des particules de houille qu’on y charge.
- D’ici un petit nombre d’années, si ce courant persiste, comme il est probable, le marché français sera encombré de 3,5 à 4 millions de fines aux utilisations incertaines.
- Il paraît donc attrayant de modifier les foyers de chauffage central de manière à pouvoir utiliser ces fines. Même en les préparant et en les conditionnant soigneusement, afin qu’elles ne renferment pas plus de 8 pour 100 de cendres et qu’elles soient exemptes de poussier, leur prix de revient en cave Paris ne dépasserait probable-1. 15 juillet 1934.
- Fig. 2. — Foyer automatique Volcan.
- A. Trémie; B. Vis d’Archimède; C. Cuve-foyer; D. Tuyères débitant de l’air qui brûle les matières volatiles dégagé.es;^u charbon.
- E. Charbon cokefié. en, combustion. A
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- ment pas 200 fr la t. Autrement dit, elles coûteraient deux fois moins cher que la noix d’anthracite en usage courant jusqu’ici.
- Par surcroît, cette orientation apporterait une aide précieuse non seulement à notre industrie houillère nationale dont les mineurs chôment actuellement un ou deux jours par semaine, mais elle permettrait encore d’améliorer notre balance commerciale. A ce propos, il convient de rappeler que le ravitaillement de la France en produits minéraux pour lesquels sa production propre est insuffisante lui a coûté, en 1S29, plus de 10 milliards de fr. Avec la crise, ce chiffre a un peu diminué. Néanmoins, en 1932, il dépassait encore 5 milliards de fr. Sur ces chiffres la valeur des importations nettes de houille, c’est-à-dire tout compte tenu des exportations, représentait 3654 millions en 1S29 et 2244 millions de fr en 1932. Il n’est pas exagéré de dire que là se trouve une des faiblesses les plus sérieuses de notre économie nationale.
- Nous allons rechercher dans cette étude quels sont les moyens qui permettent d’utiliser les fines à l’alimentation des chaudières de chauffage central.
- Il faut par là comprendre non pas seulement les fines de charbons anthraciteux susceptibles de contenir de 7 à 4 2 pour 100 de matières volatiles et brûlant sans fumée, mais encore les autres qualités de fines plus riches en matières volatiles.
- Dans les foyers de chauffage central que l’on charge périodiquement à la main, cette dernière qualité de houille serait inutilisable parce qu’elle dégagerait beaucoup trop de suie et de fumées.
- Ces données acquises, nous allons dégager les principes de construction qui permettent d’utiliser les fines à
- l’alimentation des chaudières servant au chauffage des grands immeubles.
- III. - PRINCIPES DE CONSTRUCTION ET DE FONCTIONNEMENT DES CHAUDIÈRES MODERNES SERVANT AU CHAUFFAGE CENTRAL
- Dans les installations modernes de chauffage central, on remplace la grille ordinaire, chargée périodiquement à la main, par un dispositif mécanique qui proportionne automatiquement l’alimentation aux besoins.
- Pour répondre exactement aux besoins de la clientèle, l’agencement de ces dispositifs doit être combiné de manière à permettre :
- 1° L’emploi des chaudières actuellement en service sans qu’il soit besoin de leur faire subir une transformation importante. En outre, par l’économie réalisée, en raison de la substitution d’un combustible se vendant très cher : noix d’anthracite, à un autre revenant bon marché : les fines, il faut pouvoir amortir la nouvelle installation et les frais correspondants de modification, en un temps très court, par exemple, en deux ou trois années;
- 2° L’utilisation de toute la gamme des houilles, depuis les anthracites jusqu’aux flénus ou autrement dit de tous les charbons dont la teneur en matières volatiles est comprise entre 5 et 42 pour 100;
- 3° L’emploi de charbon d’un calibre inférieur à 10 mm mais exempt cependant de particules de dimensions inférieures à 3 mm. En effet, les catégories d’un calibre supérieur à 10 mm répondent déjà à un prix plus élevé que les fines proprement dites. Par ailleurs, la présence d’éléments poussiéreux dans les fines serait susceptible de troubler le fonctionnement d’un foyer de chauffage central où on les consommerait. En particulier, ces pulvérulents en réduiraient la puissance thermique et la formation de cendres très ténues obligerait à des ramonages trop fréquents, nuisibles, par conséquent, à la régularité de chauffage des immeubles;
- 4° Des réparations facilement et rapidement exécutables;
- 5° Une grande souplesse de fonctionnement afin de se prêter aux exigences de la clientèle, sans qu’il y ait cependant à redouter une extinction du feu à la suite d’une mise en veilleuse provoquée pour une cause quelconque et de durée indéterminée.
- Pour résoudre ce problème délicat, les constructeurs se sont évidemment inspirés de l’expérience acquise à propos des grilles mécaniques de générateurs de vapeur, lesquelles sont mises au point depuis une vingtaine d’années. Toutefois, il convient de remarquer que l’adaptation des grilles mécaniques au chauffage domestique présente des difficultés redoutables. Elles sont dues à l’exiguïté des installations, à l’inexpérience usuelle du personnel qui en assume le service et à la nécessité rigoureuse d’assurer un service absolument satisfaisant durant toute la période d’hiver.
- Fig. 3. — Vue d’un foyer automatique Volcan.
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- Les modèles en service satisfont généralement à r= la première condition.
- Les dispositifs « Autocalor » (modèle à vis) ou à combustion renversée (Volcan, etc.), sont également adaptés pour remplir la seconde condition. Dans ce but, le charbon frais pénètre dans le foyer d’une manière continue, sous la couche de combustible en cours de combustion et les cendres formées s’éboulent naturellement, sous l’action de la gravité, sur les côtés du foyer. On les en retire périodiquement à la main.
- L’avantage de la combustion renversée, c’est de rendre possible l’emploi des charbons à forte teneur en matières volatiles.
- Ce mode d’alimentation permet un brassage continu du combustible et évite les localisations de température. Par suite, on évite le collage des mâchefers. Corrélativement, le décrassage en est rendu plus aisé.
- Par contre, dans le cas des dispositifs où le chargement du foyer s’effectue par gravité ou par pelletage continu mécanique, on ne peut utiliser que des [L anthracites et des charbons maigres. Cette classe d’appareils offre, par conséquent, des possibilités d’approvisionnement en combustibles beaucoup plus réduites que celles à combustion renversée.
- Enfin, les constructeurs assurent que leurs dispositifs permettent l’usage soit de fines 0-15 ou 0-20, soit mieux encore de fines 5-10 (ou 4-10). Néanmoins, les intéressés devront demander des garanties à ce sujet. Elle représente, en effet, la raison fondamentale basée sur l’économie de charbon à réaliser, qui milite en faveur de la transformation éventuelle de leur poste de chauffage central.
- Intervient, à présent, la question de la flexibilité ou souplesse de fonctionnement.
- On réalise cette condition au moyen du thermostat qui, en agissant sur une boîte de vitesses, permet de proportionner le débit de charbon et celui de l’air, par conséquent, aux besoins du chauffage. Dans ce but, on fait uniquement usage, d’ailleurs, d’air soufflé.
- Le thermostat est constitué par un appareillage électrique de contrôle et de sécurité qui permet automatiquement de modifier le pouvoir chauffant de l’installation.
- Cet organe régulateur que l’on place dans une pièce témoin modifie la vitesse du moteur commandant la distribution du charbon sous la grille et le débit du ventilateur en fonction des variations de la température dans la pièce témoin. Les thermostats, d’un usage peu courant en France, sont toujours employés aux États-Unis. Ils permettent d’accroître le confort des appartements en y évitant toute variation appréciable de température.
- Un organe essentiel d’une installation de chauffage central est la boîte de vitesses sur laquelle agit directement le thermostat. Il doit permettre plusieurs débits de charbon et il doit être combiné de manière que le volume d’air soufflé dans un temps déterminé soit exactement proportionné à la quantité de charbon alimenté dans le foyer à l’instant considéré.
- Piston pousseur
- Moteur électrique
- Cylindre distribut!' du combustible
- Ventilât!et sa tubulure fTexible
- jue de fermeture Valve de réglage dadmiss11 d'air
- Fig. 4. — Brûleur automatique à gravité combiné avec un poussoir. (Système Autocalor).
- Nous allons indiquer les principes constructifs des procédés les plus connus.
- On distingue essentiellement deux catégories de brûleurs :
- Le brûleur automatique à combustion renversée ;
- Le brûleur automatique à gravité combiné avec un pelleteur ou poussoir mécanique.
- Le brûleur automatique à combustion renversée (fig. 1), comprend essentiellement : une cuve-foyer, sorte de pot, qui constitue la grille proprement dite. Elle reçoit le charbon d’une trémie, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, placée dans un carter tubulaire horizontal, reliant la trémie à la cuve-foyer. L’air est soufflé par un ventilateur commandé par moteur électrique, lequel entraîne la vis sans fin et le ventilateur, suivant le régime établi par la boîte de vitesses. L’air de combustion amené dans la chambre de soufflage est réparti sur la grille au moyen de tuyères.
- L’épaisseur moyenne de la couche de charbon dans la cuve-foyer doit être d’environ 40 cm pour permettre la distillation des matières volatiles contenues dans le charbon et leur combustion, lors de leur passage à travers la masse incandescente de combustibles.
- Quant aux cendres et mâchefers, ils s’accumulent en une couche superficielle qui s’éboule sur des plaques à cendres latérales. On les évacue périodiquement. Toutefois, dans les installations très importantes, on les élimine, d’une manière continue, au moyen d’une vis qui les rejette dans un élévateur à godets. Il convient cependant de retenir que les résultats obtenus avec les appareils à évacuation automatique de cendres sont peu satisfaisants, étant donnée la température de fusion de cendres des charbons français. Non seulement, le système d’évacuation des cendres s’enraye fréquemment au bout, de
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- Fig. 5. — Four Fama.
- A. Trémie amovible; B. Robinet de réglage de la vitesse d’introduction du charbon; C. Cylindre à huile sous pression commandant le poussoir à charbon; E. Porte de façade; F. Canalisations d’huile; G. Cuve-fover surmontée de tuyères de soufflage; H. Registre de réglage de l’arrivée d’air sous pression; I. Groupe moteur électrique — pompe — ventilateur.
- quelque temps de marche obligeant l’usager à piquer la croûte de scories avec un ringard, mais également les racloirs destinés à a écrémer » les cendres entraînent avec celles-ci une proportion assez sensible de charbon non brûlé.
- Aussi ces appareils ne sont-ils à employer que pour des petites installations et à condition de brûler un charbon tout à fait choisi et par conséquent plus coûteux que les qualités courantes dont s’accommodent, en général, les brûleurs à charbon.
- A titre indicatif les figures 1 et 2 représentent les brûleurs « Autoealor » et « Volcan » qui appartiennent à la classe de foyers dont nous venons de décrire le principe.
- Le deuxième type de brûleurs que représente la figure 4 est le brûleur automatique à gravité combiné avec un poussoir.
- Suivant ce dispositif, une trémie tronconique, animée d’un mouvement très lent de rotation destiné à faciliter la descente du combustible, dirige ce dernier vers un bac-foyer à fond plat. Le charbon contenu dans ce réservoir descend dans un cylindre distributeur qui, d’une façon régulière, le projette sur toute la surface de la grille.
- Un ventilateur actionné par un moteur électrique souille l’air verticalement de haut en bas et directement au cœur de la masse de combustible.
- Dans cette classe de foyers, on peut également ranger le four « Fama » que représente la figure 5.
- Si l’agencement rationnel du foyer constitue fine condition primordiale du rendement thermique et de la possibilité d’utiliser une gamme variée de houille de diverses
- qualités, la construction de la boîte de vitesses influe sur la souplesse et partant sur la régularité de marche du poste de chauffage central. Elle doit suivre toutes les variations de température que fait apparaître le thermostat et permettre de les compenser rapidement.
- Primitivement, pour la transmission du mouvement entre le moteur et la vis d’amenée du charbon dans le foyer, on utilisait des boîtes de réduction à commande par cliquet.
- Ce dispositif possédait les avantages d’un fonctionnement sûr et se prêtait à l’obtention d’une gamme étendue de débit de combustible. Par contre, il offrait l’inconvénient de manquer parfois de précision, de fonctionner avec bruit, d’engendrer des vibrations, puis d’entraîner une fatigue rapide du matériel et du moteur, qui travaillait sans cesse en pointe et par saccades.
- Un peu plus tard, on a remplacé les boîtes à cliquet par des boîtes à engrenages, mais ces organes ne comportent en général que trois vitesses de telle manière que l’on ne pouvait point approprier le débit de charbon aux besoins réels du chauffage.
- Actuellement, « Autoealor », en particulier, a mis en service des boîtes de vitesses qui permettent une gamme étendue de débit d’alimentation en combustible par la simple manœuvre d’un croisillon extérieur à la boîte et que représente la figure 6.
- Ce dispositif permet encore d’imprimer à la masse de combustibles un mouvement pulsatoire lequel favorise la pénétration de l’air au sein de la masse de charbon.
- Un autre point considéré se rapporte à la sécurité de
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- fonctionnement de ' l’organe d’alimentation. Fréquemment, afin de couper éventuellement la liaison entre le mécanisme moteur et la vis d’alimentation, on se sert d’une simple goupille en acier doux laquelle se cisaille en cas de résistance anormale.
- Ce dispositif présente l’avantage d’être peu coûteux. Par contre, il offre l’inconvénient d’immobiliser l’appareil pendant un temps qui peut être long en cas de rupture de cette goupille. Or, dans ces installations domestiques, on n’a pas toujours une goupille de rechange sous la main non plus que les outils permettant d’extraire les débris de goupille du logement dans lequel ils restent matés.
- Par suite, pour s’assurer contre les risques de détérioration du mécanisme et du moteur en cas de présence de corps durs dans le charbon, le meilleur moyen consiste à interposer un dispositif d’embrayage avec limiteur d’effort entre l’arbre principal de la boîte de vitesses et la vis d’alimentation.
- Quand un corps étranger est présent dans le charbon et provoque une résistance anormale, ce dispositif se déclenche et rompt la liaison entre le mécanisme moteur et la vis d’alimentation.
- Dès ce moment, on peut retirer le corps étranger par une fenêtre se trouvant à la base de la trémie et il n’y a plus pour remettre l’appareil en service qu’à pousser simplement un levier de manœuvre extérieur à la boîte, lequel permet de rétablir la liaison entre le mécanisme moteur et la vis d’alimentation.
- Enfin, pour assurer la sécurité d’un service semblable, on établit la vis en un métal très résistant et pratiquement inusable, tel qu’un acier au chrome molybdène.
- IV. — CARACTÉRISTIQUES ESSENTIELLES DES FINES A EMPLOYER POUR LE SERVICE DES CHAUDIÈRES DE CHAUFFAGE CENTRAL
- Nous l’avons vu, pour qu’une semblable installation se prête à un fonctionnement économique, il faut pouvoir l’alimenter avec des charbons fins, mais exempts cependant de particules trop ténues. Il convient également de prendre une catégorie que toutes les mines puissent livrer sans avoir besoin de soumettre le charbon à une préparation mécanique spéciale.
- Nous avons vu que la catégorie la plus appropriée répond, d’une manière approximative, au calibre 4-10 mm. Autrement dit, la totalité, à une certaine tolérance près, de cette qualité de charbon doit demeurer sur un tamis à mailles écartées de 4 mm et passer en totalité sur un tamis à mailles distantes de 10 mm les unes des autres.
- Par ailleurs, afin que ce charbon ne se bloque pas dans la trémie d’alimentation, il doit contenir au maximum 5 pour 100 d’humidité, à moins que l’on ne dispose d’un agitateur rotatif qui facilite la descente de ces charbons dans la trémie et évite tous bourrages. Et par raison d’économie, il doit renfermer un maximum de 8 pour 100 de cendres.
- Toutes les compagnies houillères françaises se trouvent en mesure de fournir du charbon répondant à ces caractéristiques générales.
- ........................ —- 311 =
- La teneur en matières volatiles du charbon à utiliser dépend, comme nous l’avons vu, des conditions d’aménagement du foyer. Dans les foyers à combustion renversée, on peut utiliser indifféremment des charbons maigres ou des charbons gras. Toutefois, on devra rejeter, autant que possible, l’usage des charbons agglutinants. Non seulement, ils sont plus chers, mais encore leur passage à l’état plastique dans le foyer nuirait à la régularité de la combustion. Bref, il vaut mieux se servir de charbons maigres ou bien de houilles flénues non agglutinantes.
- Enfin, dans la seconde classe de foyers, on ne peut se servir que de charbons maigres et par le fait même non agglutinants puisqu’ils ne se prêtent pas à une combustion parfaite des éléments goudronneux que la houille distille.
- Retenons que, lorsque la construction du foyer s’y prête, il est souvent plus pratique d’utiliser des charbons gras parce qu’ils se réallument un peu plus aisément que les anthracites.
- Il faut, en outre, considérer qu’un dispositif d’alimentation d’un foyer par gravité et par poussoir mécanique coûte environ un tiers en moins que le dispositif à combustion renversée, lequel offre une plus grande complication mécanique.
- A priori, par conséquent, on ne peut pas recommander un modèle de foyer plutôt qu’un autre.
- V. — CONDITIONS GÉNÉRALES DE FONCTIONNEMENT DU CHAUFFAGE CENTRAL ALIMENTÉ AVEC DES FINES
- Quand une installation de cette nature est bien comprise, la quantité de calories transmise par mètre carré et par heure de surface de chauffe de la chaudière peut atteindre 10 000 unités en bonne moyenne et 12 000 exceptionnellement. Autrement dit, pour le service d’un immeuble parisien consommant en moyenne 16 kg de charbon par heure, la surface de chauffe doit être de l’ordre de 12 m2. Dans ces conditions-là, le tirage à la cheminée correspond, en général, à une valeur de 2,5 mm en colonne d’eau. La température des fumées ne doit pas excéder 260°.
- Fig. 6. —• Boîte de vitesses Autocalor.
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- Quant à la teneur en imbrûlés des cendres et mâchefers, elle correspond, en bonne marche, à 25 pour 100 du poids de ces derniers.
- Bien conçue, une installation de chauffage central, alimentée avec des fines 5-10 doit assurer un rendement thermique de l’ordre de 78 pour 100. On doit retenir que la perte principale est due à la chaleur perdue par les fumées. Elle représente de 15 à 18 pour 100 du pouvoir calorifique de la houille mise en œuvre. Quant aux pertes par rayonnements et par imbrûlés, elles ne s’élèvent respectivement et en bonne moyenne qu’à 4 et 2 pour 100.
- Dans ces conditions, le chauffage au moyen des fines peut concurrencer aisément le chauffage au mazout bien qu’il se prête à un rendement thermique de 85 pour 100. D’ailleurs, en se servant de fines, on peut atteindre ce rendement de 85 pour 100 quand on dispose d’un foyer bien proportionné et bien aménagé.
- En revanche, le mazout coûte 450 fr la tonne, tandis que les fines 5-10 mm ne reviennent qu’à 200 fr la tonne. C’est leur prix réduit qui assure finalement leur supériorité économique.
- CONCLUSIONS
- Depuis deux ans environ, le chauffage central des immeubles au moyen des fines a fait l’objet de progrès considérables. C’est un résultat heureux pour la houillère nationale qui trouvera là des débouchés nouveaux. C’est un résultat heureux aussi pour les locataires qui, à la suite d’une économie réalisable de 11 000 fr environ par an, sur les dépenses annuelles de chauffage d’un immeuble parisien, pourront espérer à juste titre une réduction de leur loyer, ce qui s’impose en cette période de déflation générale et nécessaire de tous les prix, afin d’éviter l’asphyxie de notre économie et de notre commerce extérieur.
- En définitive, le prix de revient du million de calories mis en œuvre pour le chauffage d’un immeuble parisien s’établissait comme suit en avril 1934 :
- Prix de revient
- Combustibles employés. du million de calories.
- Noix d’anthracite anglais .... 60 fr
- Mazout............................. 50 —
- Fines de houille (Q................ 40 —
- Le chauffage au moyen des fines permet donc de réaliser des économies fort appréciables. 11 est douteux que le chauffage urbain puisse concurrencer les postes particuliers de chauffage équipés comme nous venons de l’exposer.
- A ce propos, rappelons que quand on recourt au chauffage urbain, le comptage se fait pour les grosses quantités à l’aide de compteurs de chaleur, et, pour les locataires, à l’aide de répartiteurs « Calorius ». Les tarifs varient suivant l’usage et l’importance du raccordement. Pour l’industrie, le prix du million de calories peut aller de 55 à 65 fr; pour le chauffage des bâtiments particuliers, il varie de 65 à 100 fr et il est d’environ 120 fr pour la chaleur fournie aux locataires.
- Cette infériorité relative du chauffage urbain se conçoit aisément. Il a cessé d’être attrayant à partir du moment où l’emploi de charbons bon marché est devenu possible pour les besoins des immeubles. Par surcroît, il est grevé de nombreuses servitudes, il donne lieu à des pertes de chaleur en cours de transport qui représentent usuellement 20 pour 100 des quantités de chaleur distribuées. Il faut des conditions spéciales, telles que celles des grandes villes américaines, pour que ces pertes s’abaissent à quelques unités pour cent. Ch. Berthelot,
- Ingénieur-Conseil.
- 1. Tout compte tenu de l’entretien et de la dépense de force motrice qui est égale à 0,5 kw-h pour le service d’un grand immeuble.
- PROGRÈS RECENTS DES METHODES DE MESURE
- RELATIVES A LA DURÉE D’INSOLATION
- La durée de l’insolation, c’est-à-dire du temps pendant lequel le soleil n’est pas masqué par des nuages, constitue un facteur météorologique important aussi bien pour la connaissance du climat que pour les études relatives à la végétation et aux applications médicales. Cette durée d’insolation était jusqu’ici mesurée dans les stations météorologiques par un certain nombre d’héliographes dont le plus répandu est celui de Campbell.
- On sait, que cet appareil se compose d’une sphère massive de verre qu’on place sur un support horizontal, dans un lieu découvert de tous côtés, de manière que' la vue du soleil n’y soit jamais masquée par aucun obstacle. Une bande de carton est disposée derrière la boule, sur une monture sphérique concentrique, à une distance telle que le foyer fourni par les rayons solaires traversant
- la boule se forme sur la bande. Le carton est carbonisé à l’endroit où se forme l’image du soleil et, au cours du mouvement diurne, la trace noire dessine un arc de cercle continu si le soleil s’est manifesté sans interruption, interrompu et constitué par des taches séparées si le soleil a été plus ou moins caché par les nuages.
- Cet appareil a rendu et rend encore des services, mais les résultats qu’il fournit manquent souvent de précision et de netteté. C’est ce qui a amené M. Pers, professeur agrégé au Lycée de Grenoble, dont nous avons exposé ici même, les recherches pluviométriques (l), à imaginer un modèle d’héliographe d’un fonctionnement beaucoup plus régulier et dont les indications sont d’une interprétation plus facile.
- 1. La Nature, Ier décembre 1933.
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- DESCRIPTION DE L’HÉLIOGRAPHE DE M. PERS
- Le principe optique de l’instrument est très simple.
- Considérons un réflecteur sphérique convexe R (fîg. 1) ayant son axe OA orienté suivant la ligne des pôles PP' et une lentille convergente L placée devant ce réflecteur, son axe coïncidant également avec OA.
- Les rayons SI et SI' issus du soleil se réfléchiront sur le miroir en IJ et I'J' et sembleront alors provenir d’une image virtuelle S'. Si les rayons réfléchis, IJ, I'J', tombent sur la lentille, ils donneront une image réelle S" qu’on pourra fixer sur un papier sensible E.
- Par suite du mouvement apparent de rotation du soleil autour de PP', l’image virtuelle S' décrit un cercle autour de PP' et l’image finale S'' un cercle autour de l’intersection O" de l’axe PP' avec le papier sensible E. L’arc inscrit sur ce papier présentera des coupures correspondant aux interruptions de l’insolation. Chaque journée sera donc représentée par un arc de cercle plus ou moins interrompu suivant la durée d’insolation.
- La partie fondamentale de l’appareil est évidemment le réflecteur. Il doit être limité par une surface de révolution très régulière et être en outre inaltérable sous l’action des agents atmosphériques. On ne pouvait songer à utiliser des surfaces métalliques ou argentées. M. Pers a résolu la difficulté d’une manière très simple.
- Un cylindre de verre V est creusé sur une de ses bases d’une cavité sphérique C dont le centre est sur l’axe du cylindre (fîg. 2). L’autre base est plane ou concave et la cavité sphérique est hermétiquement fermée. Le cylindre est placé devant la lentille L, fixée sur le tube T
- Fig. 2. — Schéma du réflecteur ulilisê dans l'héliographe de M. Pers.
- Fig. 1. — Schéma indiquant le principe de l’héliographe de M. Pers.
- de l’appareil (fig. 3 et 4). Les surfaces cylindriques et sphériques sont travaillées optiquement, ce qui donne une grande netteté aux graphiques obtenus.
- Un rayon SI provenant du soleil est réfracté en II' (fig. 2). La pièce cylindrique a été calculée de manière que l’angle d’incidence II'R soit supérieur à l’angle limite, quelle que soit l’époque de l’année, et par conséquent la déclinaison du soleil. Dans ces conditions, le rayon II' subit la réflexion totale suivant I'I" et tombe finalement sur l’objectif L, qui donne sur le papier sensible une image S" du soleil. La réflexion totale en U rend inutile l’emploi d’une surface argentée. Le réflecteur est ainsi pratiquement inaltérable et très facile à nettoyer.
- Grâce à la faible ouverture de l’objectif, les effets d’astigmatisme provenant des diverses réfractions et réflexions sont tout à fait négligeables : l’image obtenue en S” est très fine et donne à l’inscription un trait parfaitement net. Les cercles enregistrés ont environ 80 mm de diamètre en été et l’épaisseur des traits est de l’ordre du quart de millimètre. La figure 5 représente le dispositif enregistreur utilisé par M. Pers. On aurait pu se contenter d’un enregistrement quotidien et changer chaque jour la feuille de papier sensible; mais il était préférable d’obtenir un enregistrement hebdomadaire, comme cela a lieu habituellement pour la température, la pression ou l’humidité. M. Pers y est parvenu en juxtaposant sept diagrammes circulaires quotidiens sur une seule bande. Il suffit pour cela de dérouler chaque jour le papier sensible d’une petite longueur (environ le rayon du cercle d’inscription). La figure 6 reproduit deux enregistrements hebdomadaires ainsi obtenus.
- Afin de pouvoir utiliser l’héliographe sous toutes les
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- Fig. 3. — Schéma représentant l'ensemble de l’hétiographe de M. Pers.
- Fig. 4. — Vue d’ensemble de l’héliographe de M. Pers.
- latitudes, son axe optique a été rendu orientable. L’hélio-giaphe peut tourner autour d’un axe horizontal A (fig. 3), un cercle gradué G permettant de fixer l’orientation à la valeur nécessitée par la latitude du lieu. Un fil à plomb I, mobile devant ce cercle gradué, rend ce réglage rapide et précis. On peut, ainsi, sans modifier l’inclinaison du pied, employer l’appareil entre les latitudes 70° nord et 70° sud, donc pratiquement sur tous les lieux du globe.
- Signalons enfin, pour terminer, la disposition utilisée par M. Pers pour l’enregistrement. L’impression se fait sur du papier au citrate d’argent, en bande de 9 cm sur 30 cm. Cette feuille est collée sur une bande de papier jaune ou rouge, enroulée en bobine. Le décalage quotidien de la feuille sensible est obtenu en déroulant une petite partie de la bande, de façon à amener dans une fenêtre F (fig. 3 et 5) le jour de la semaine imprimé au dos de cette bande.
- Le rouleau de papier sensible est d’un type très simplifié et ne comporte aucune bobine spéciale. La bande est simplement enroulée sur elle-même. Ce rouleau est introduit dans un cylindre fendu C (fig. 5). Le papier sort du cylindre par cette fente, puis est guidé par une glissière GG '. A l’autre extrémité de la glissière le papier s’enroule sur un tube fendu T qui tourne dans deux supports S et S'. A la fin de l’enregistrement, on enroule complètement la bande sur le tube T. Il suffit alors de retirer ce tube de ses supports S et S'; la bande enregistrée reste libre, entre S et S', enroulée sur elle-même. Le tube T est en relation avec une clé extérieure B.
- INTERPRETATION DES GRAPHIQUES
- La figure 6 reproduit un graphique obtenu avec l’héliographe de M. Pers. L’interprétation de ces graphiques n’offre aucune difficulté et fournit des résultats précis.
- Ayant tracé sur un papier transparent un cercle de même rayon que le cercle enregistré par la photographie, il suffit d’appliquer ce cercle sur chaque graphique pour pointer les centres correspondant à chaque jour. Un rapporteur (tracé sur papier calque, celluloïd ou plaque photographique), gradué de 15° en 15°, et de 1° 30' en 1° 30', permet de mesurer facilement les heures et dixièmes d’heure qui correspondent à chaque arc.
- Cette mesure est en général rapide et sûre car les arcs sont, le plus souvent, très nettement limités et assez longs; l’erreur relative, faite sur un jour, dans l’estimation des petits arcs, est presque toujours très faihle:
- INFLUENCE DES OBSTACLES : MÉTHODES DES HÉLIORAMAS
- Comme pour tous les héliographes, il importe que l’appareil soit installé dans un lieu parfaitement dégagé. Toutefois si les obstacles sont de faible importance et n’arrêtent le soleil que pendant un temps relativement court, on peut utiliser les résultats de l’enregistrement à condition de multiplier la durée mesurée par un coefficient de correction K représentant le quotient entre la durée possible d’insolation au-dessus de l’horizon du lieu et la même durée réduite par les obstacles.
- Ce coefficient K est variable avec l’époque de l’année et son évaluation est assez délicate. M. Pers a mis au
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- Fig. 5. — Schéma représentant le dispositif enregistreur de l’héliographe
- de M. Pers.
- point, pour le déterminer, une méthode très ingénieuse à laquelle il a donné le nom de méthode des hélioramas. En voici le principe :
- Fig. 7.— Schéma donnant le principe de la méthode des hélioramas.
- JUILLET
- AOUT
- AOUT
- JUILLET
- Fig. 6. — Enregistrements obtenus au moyen de l’héliographe de M. Pers à la station météorologique de l’Isère, à Grenoble, en juillet et août 1932.
- Considérons un miroir sphérique convexe R (fig.7), dont l’axe optique OS soit dirigé exactement suivant la ligne des pôles PP' et un appareil photographique A disposé de manière que son axe optique CI coïncide exactement avec OS. L’appareil permet de photographier l’image virtuelle et déformée (anamorphose), que le miroir sphérique fournit du paysage. Sur la photographie obtenue, la ligne d’horizon ainsi que les principales lignes droites, sont en général des courbes assez complexes. Mais, par suite de la symétrie axiale de l’appareil autour de la ligne des pôles, deux classes importantes de lignes ne sont pas déformées (fig. 8) :
- 1° Les cercles parallèles à l’équateur qui sont représentés par des cercles CC'C" concentriques, et de rayon croissant du pôle sud au pôle nord. Le centre de ces cercles est l’intersection I de l’axe de l’appareil avec la plaque P;
- Fig. 8. — Réseau de cercles tracés pour les deux solstices et l’équinoxe, ’ et réseau des rayons horaires.
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- 2° Les plans passant par la ligne des pôles qui sont représentés par des droites issues de I.
- Il s’ensuit, d’une part que les trajectoires apparentes du soleil dans le ciel sont représentées chaque jour par des cercles, de rayon variable avec l’époque de l’année et fonction de la déclinaison; d’autre part que les positions atteintes par le soleil aux mêmes heures solaires vraies (midi vrai correspondant au passage du soleil au méridien) se trouvent sur des rayons issus de I et décalés de 15° par heure.
- La figure 8 montre le réseau de cercles, tracés pour les deux solstices et l’équinoxe, ainsi que le réseau des
- P,; cette planche P peut être orientée à l’aide d’une boussole de déclinaison B ; un niveau N permet de rendre l’axe O' horizontal. Un cercle gradué G muni d’un ûl à plomb sert à donner à la planchette P une inclinaison correspondant à la latitude du lieu. La planche P, est fixée sur un pied à rotule L permettant d’effectuer rapidement cette orientation.
- Comme réflecteur, M. Pers a utilisé une simple lentille de verre plan-convexe, de la forme dite demi-sphère ; pour supprimer l’image supplémentaire fournie par les rayons qui, après avoir pénétré dans la lentille sont réfléchis par la base, il suffit de recouvrir la face plane
- Fig. 9. — En haut, à gauche : I-Iéliorama obtenu par M. Pers à La Courrerie. (Massif de la Grande Chartreuse.)
- Fig. 10. —- En haut, à droite : Héliorama obtenu par M. Pers à la Chartreusetle. (Massif de la Grande Chartreuse).
- Fig. 11. — En bas, à gauche : Héliorama obtenu par M. Pers au Billon. (Massif de la Grande Chartreuse).
- Fig. 12. — En bas, à droite : Héliorama obtenu par M. Pers à Saint-Pierre-de-Chartreuse, station climatique largement ensoleillée, même en hiver).
- rayons horaires; elle contient, en outre, la courbe d’horizon pour une latitude de 45° nord. Ces courbes peuvent être tracées une fois pour toutes sur un papier transparent qu’on reportera sur la photographie du paysage. L’intersection de la silhouette du paysage avec les cercles solaires et les rayons horaires fait connaître sans difficulté les heures de passage du soleil derrière les obstacles, quelle que soit l’époque de l’année.
- L’appareil A (fig. 7) et la tige T sur laquelle est fixé le réflecteur sphérique sont portés par une planchette P pouvant basculer autour d’un axe O' fixé à une planche
- d’un vernis noir dont l’indice de réfraction soit voisin de celui du verre ; la lentille de verre fonctionne alors comme un miroir sphérique et donne par photographie des images très nettes à condition d’adopter un objectif de faible ouverture. Il convient de poser de 10 à 30 secondes avec des plaques ortho et un écran jaune moyen.
- M. Pers a donné le nom d’hélioramas aux photographies obtenues par le procédé qu’il a imaginé. Les figures 9, 10, 11 et 12 reproduisent quelques-uns de ces hélioramas qu’il a bien voulu nous communiquer; ils
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- sont, comme on le voit, d’une très grande netteté. Au centre de l’épreuve, on aperçoit distinctement l’image par réflexion de l’appareil, avec son objectif. C’est le centre de l’image de l’objectif qui repère exactement le point I, centre des cercles solaires et des droites horaires. Un gabarit permet de tracer rapidement le réseau de cercles et de droites qui, par son intersection avec le paysage, donnera très simplement l’insolation du lieu. Un compas dont une pointe est placée en I et l’autre sur le cercle c, permet sans difficulté de connaître l’insolation à la date indiquée sur c.
- ...- - ..= 317 =
- Ainsi, grâce à l’appareil (x) très ingénieux de M. Pers, il est extrêmement facile d’obtenir des documents permettant de connaître exactement, à toute époque de l’année, l’insolation maxima d’une station climatique, d’un immeuble, d’une cour, d’une rue, ce qui est du plus grand intérêt pour les hygiénistes, les médecins et les architectes. A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Membre du Comité météorologique international.
- 1. L’appareil fournit directement des clichés 6 1/2 x 9 ou 9 x 12 qu’on agrandit ensuite au format 13 x 18.
- LE CANAL DE LA MER BALTIQUE A LA MER BLANCHE
- O CH!AN GLACIAL
- Canal VOLGA - DON t en construction ) .
- Canaux des Maris . nranr (existants déjà) .
- ---Canal de la Mer Blanche.
- Voie ferrée Mourmansk-- Léningrad .
- Leningrad
- Rybinsk
- Moscou
- \Stajingrad
- POLOGNE
- Astral
- Rostov
- OcÆssa
- ''ROUMANIE
- MLR
- 500 k.
- Fig. 1. — Carie montrant remplacement du canal de la Baltique à la mer Blanche et son importance pour la Bussie.
- L’U. R. S. S. a récemment inauguré le canal de navigation qui réunit Leningrad à la mer Blanche et qui ouvre, aux bateaux qui sillonnent ses rivières comme à ceux qui parcourent la mer Baltique, une sortie libre vers l’Océan.
- La Russie d’Europe, au midi comme au nord, est limitée par des bassins fermés. L’Ukraine, la Crimée, la Colchide, le Caucase, s’allongent bien autour de la mer Noire, mais cette mer peut être cadenassée deux fois, au Bosphore, aux Dardanelles.
- Au nord-ouest, la fenêtre sur l’Europe de Pierre le Grand, Leningrad, ne donne que sur la Baltique dont les îles danoises tiennent les clés.
- A l’extrême nord cependant, l’océan Glacial baigne de longs rivages inhospitaliers, gelés en hiver et fort éloignés du centre de la Russie. Arkhangelsk demeure longtemps bloqué par les glaces et seul Mourmansk reste accessible au fond de son fiord étroit.
- Lors de la grande guerre, les Allemands et leurs alliés ayant verrouillé la Baltique et la mer Noire, les Alliés ne pouvaient plus ravitailler la Russie,
- Aussi créa-1-on Mourmansk, ses entrepôts de bois étagés sur la colline, ses quais faits de troncs d’arbres et sa voie ferrée mal posée sur ses remblais vacillants.
- Le chemin de fer de Mourmansk, qui descend droit du nord au sud, put fonctionner dès novembre 1916; j’eus l’occasion de le parcourir en 1918 et de constater qu’au long de la voie, les wagons disloqués, gisant au bas des remblais, représentaient un total peut-être plus grand que celui des wagons en service.
- La découverte des vastes gisements d’apatites, dans la presqu’île de Kola, souligna la précarité, la médiocrité de ce mode de transport.
- Déjà pour les transports de gros tonnage, des bateaux partaient de Leningrad, chargés de blés, de pétroles, pour les échanger contre les bois d’Arkhangelsk ou de Mourmansk. Ils devaient alors obliquer vers l’ouest et contourner toute la presqu’île Scandinave.
- Le canal de la Baltique à la mer Blanche réduit de dix jours la durée du voyage.
- Or, tandis que chez nous les bateaux comme les hommes connaissent le chômage, l’Union Soviétique dispose d’un matériel insuffisant si bien qu’une réduction du délai de transport se traduit par une augmentation inversement proportionnelle du trafic, permettant l’intensification des transports.
- Ce canal ouvre une nouvelle issue vers la mer Glaciale aux bateaux qui circulent sur toutes les artères liquides de l’immense plaine russe.
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- Par le. réseau des Maris, fait de rivières et de canaux, la Volga communiquait déjà avec le lac Onéga; cette voie contournait les lacs Onéga, Ladoga, pour rejoindre Leningrad. Ce long parcours exigeait un mois et demi de navigation.
- Restait à réunir, par un canal, le lac Onéga à la mer Blanche. La distance est de 200 km.
- L’exécution du travail fut confiée à la police politique, le célèbre G. P. OU.
- De nombreux détenus politiques et de droit commun avaient été déportés dans l’extrême Nord; le G. P. OU. désirait les utiliser comme main-d’œuvre pour un ouvrage d’utilité publique.
- On travailla sans matériel perfectionné, sans machines, avec la pelle et la pioche et cependant un an et demi plus tard, en mai 1933, on pouvait ouvrir les écluses au vapeur officiel le Karl-Marx.
- Le canal sur 227 km forme une ligne droite et presque
- plane allant de Povénetz, au nord de l’Onéga, jusqu’à Soroki, port de la mer Blanche, desservi par le chemin de fer de Mourmansk. Il réduit à 914 km le trajet des bateaux de Leningrad à la mer Blanche, au lieu de 4000’ km autour de la presqu’île Scandinave.
- Les travaux ont duré de novembre 1931 à juin 1933, employant jusqu’à 20 000 ouvriers (relégués, condamnés). A la fin des travaux ils ont bénéficié de réductions de peines et 500 ont été libérés.
- Les chiffres suivants indiquent l’importance du travail :
- Déblais....................... 9 960 000 m3
- Roches extraites.............. 2 514 000 —
- Remblais..................: . 8 412 000 —
- Béton coulé................... 390 000 —
- La ligne de Mourmansk a dû être par endroits reculée de 100 km.
- On a utilisé des matériaux locaux autant que possible; beaucoup de bois : 2 800 000 poutres sont entrées dans la construction des digues.
- Après l’inauguration la nouvelle voie fut immédiatement mise en service. Mais la gelée suspend son fonctionnement pendant tout l’hiver.
- La saison de 1933 a permis de transporter 900 000 t de marchandises et 110 000 passagers. Pour 1934, les programmes envisagent un mouvement de 1 375 000 t.
- La région côtière de la mer Blanche peut fournir à la Russie ses poissons, ses bois, ses pâtes à papier, ses minerais, ses minéraux et notamment les apa-tites.
- Elle reçoit, en échange, le matériel industriel nécessaire à l’équipement, au fonctionnement de ses usines, la houille, le pétrole, le blé, les tissus, les objets fabriqués.
- Car la zone qui borde l’océan Glacial n’est pas déserte.
- Arkhangelsk compte 80 000 habitants, Pé-trozovodsk 30 000, Mourmansk 10 000 et sur les déserts de Khibin, autour des carrières d’apatite, une grande ville se forme rapidement.
- Les apatites de Khibin, au seuil des régions polaires, doivent jouer le même rôle que nos phosphates au seuil du grand désert saharien. C’est une matière première pour les engrais, pour la fabrication de l’aluminium. C’est une monnaie d’échange car son exportation s’accroît rapidement, enfin son extraction anime une région particulièrement déshéritée.
- Et, lorsqu’en 1918, sur la voie ferrée qui s’allonge étroitement pincée entre le beau lac d’Imandra et les monts de Khibin, en contemplant leurs pentes couvertes de lichens et de maigres sapins, j’étais loin de meffiouter qu’un jour, là. naîtrait une industrie nouvelle et puissante.
- Mais ce pays présente bien d’autres ressources ; les minerais de fer abondent et l’on trouve des gisements métalliques de toutes sortes.
- Les belles pierres de la région sont bien connues et Leningrad va trouvé les marbres de sa cathédrale Isaac, de son palais d’hiver.
- Le sarcophage de Napoléon est fait d’un granit qui vient de là-bas.
- On entrevoit la création dans la région d’une usine d’aluminium (16 000 t annuelles), de plusieurs fabriques de pâtes de papier pour utiliser la force motrice des barrages du canal.
- A Tolomskaia déjà s’élève peu à peu la centrale hydroélectrique qui fournira l’énergie nécessaire à l’électrification du tronçon nord de la ligne de Mourmansk.
- Car si le canal s’allonge sur une région généralement plate, il n’en comporte pas moins 14 barrages, 11 déversoirs, et ses 19 écluses sont les plus considérables de l’Union.
- Enfin, 40 digues de longueurs diverses permettent de traverser les zones marécageuses.
- L’œuvre est donc d’envergure; il est remarquable qu’on ait pu l’achever en moins de deux ans, mais l’importance du but justifiait un tel effort. J. Cotte.
- Fig. 2. — Le Canal de la Baltique à la Mer Blanche. L’écluse du lac Onéga. (Ph. Union photo.)
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- LA STRUCTURE DE L’ÉCLAIR
- Un savant sud-africain, le Dr Schonland, a fait récemment,, en collaboration avec M. H. Collens, d’intéressantes observations photographiques sur les éclairs. Les auteurs se sont servi, pour photographier l’éclair, d’une chambre à deux lentilles tournantes permettant de prendre sur un même plan un grand nombre d’images successives du phénomène. Voici ce qu’ils ont constaté. La plupart du temps les éclairs sont constitués par une faible décharge descendante allant du nuage à la terre, et qui constitue une véritable étincelle pilote; aussitôt qu’elle a atteint la terre, elle est suivie d’une décharge brillante et puissante allant de la terre au nuage, suivant le trajet amorcé par l’étincelle pilote; la première décharge a une vitesse moyenne de 11 000 km à la seconde; la décharge suivante dite « composante pi'incipale » a une vitesse six fois supérieure environ.
- La plupart des éclairs ne sont pas ramifiés. Les auteurs ont.
- pu cependant étudier quelques éclairs ramifiés. Les ramifications se développent à l’intérieur de la composante principale avec une vitesse de même ordre.
- Les expériences du Dr Schonland ont été reprises aux États-Unis par les ingénieurs du Laboratoire des hautes tensions de Pittsfield, appartenant à la General Electric C°. Les constatations ont été les mêmes. Au cours de ces investigations, ils ont pu observer un éclair particulièrement intéressant, qui ne comprenait pas moins de dix décharges successives sur le même parcours : une première décharge pilote, suivie immédiatement de la composante principale, comme il vient d’être expliqué; puis le plan montre une illumination d’une durée de 500 microsecondes; après un court arrêt, une nouvelle étincelle pilote se déclenche, suivie aussitôt de sa composante principale; et le même mécanisme se reproduit dix fois de suite en une fraction de seconde. A. T.
- L’INDUSTRIE ALGERIENNE DU CRIN VEGETAL
- La grande famille des palmiers n’est représentée, dans la flore indigène de l’Afrique du Nord, que par un arbre de fort médiocre apparence : le chamérops, vulgairement appelé palmier nain ou palmier éventail. Il mérite l’une et l’autre de ces désignations.
- Le tronc est, pour ainsi dire, inexistant. ILparaît que, grâce à un ensemble de circonstances (terrain fertile, bonne exposition au soleil, protection contre les vents violents), la tige peut atteindre une hauteur de 1 à 2 m; mais ce n’est là qu’une exception. En règle générale, les feuilles, qui mesurent de 30 à 35 cm dans leur plus grande largeur et ont réellement la forme d’un éventail, surgissent du sol, groupées en bouquets.
- Par contre, les racines sont puissamment développées. Elles s’ancrent profondément au sol, enfonçant leurs bras dans toutes les directions. Ces palmiers nains formant toujours des touffes très serrées, les racines des divers individus s’enchevêtrent les unes dans les antres et offrent un sérieux obstacle au défrichement. ’
- Les charrues à tracteur en viennent facilement à bout. Mais les premiers colons algériens ne disposaient que d’un outillage sommaire, et ces petits arbres mirent leur courage à 'de rudes épreuves. Un notable de Mostaganem, M. Francis Biscuit, m’a conté, à ce sujet, un souvenir familial.
- Ancien soldat de l’armée d’Afrique, son grand-père avait obtenu un poste de cantonnier dans le district où se trouvait sa concession de terrain. Les règlements lui accordaient trois heures de repos au milieu de la journée. Mais il avait hâte d’ensemencer son bien et, renonçant à la sieste, il s’acharnait, en plein soleil, contre ces maudits palmiers, arrachant les racines à coups de pioche, avec l’aide de son fils aîné, besogné qui confinait, si l’on ose dire, à l’héroïsme. On peut,) certes, envier la situation de maints colons algériens de la troisième génération; mais il faut s’incliner devant les origines de ces fortunes, issues du travail et de la ténacité.
- Adeptes de la théorie du moindre effort, les Arabes ne s’attaquent guère à ces touffes de palmiers, dont l’arrachement est si laborieux. A l’encontre des cultivateurs français qui mettent leur point d’honneur à couvrir leurs champs de sillons rectilignes, ils font dévier leur charrue primitive et contournent l’o.bstacle. Ce détail permet d’identifier, sans plus d’examen, les terrains cultivés par les indigènes, parmi les champs et plantations appartenant à des colons.
- Avant la conquête, le rôle utilitaire du chamérops était restreint et quasi spasmodique. En temps de famine, quand le sirocco avait brûlé le blé naissant, les indigènes tiraient de l’embryon de tige une moelle féculente et très nutritive, d’un goût agréable rappelant celui du sagou. Ils en mangeaient aussi les jeunes pousses et les fruits.
- Ce fut un des premiers colons algériens, M. Averseng, qui, dès 1845, découvrit que la plante pouvait avoir une utilité industrielle. Tapissier de son ancien métier, il se promenait un jour dans le bled, quand, cueillant une feuille de palmier nain, il se mit à la déchiqueter, d’un geste machinal.
- « Il remarqua tout de suite, conte un auteur algérien, qu’elle se composait de nombreux fils qui lui rappelèrent le crin animal. Il observa encore que ces filaments, s’ils n’avaient pas l’élasticité de ce dernier, étaient doués d’une grande solidité, et il eut aussitôt l’idée que, peigné, cordé et teint, ce textile pourrait avantageusement remplacer le crin animal, dont le prix élevé rendait la profession de tapissier très difficile. »
- M. Averseng (dont les descendants vivent encore en Algérie) tenta d’utiliser sur place sa découverte : les feuilles fournissaient une filasse qui conservait sa « frisure » et pouvait servir à des usages variés (fabrication de corde, de ficelle, de nattes, de paniers).
- Quelques années plus tard, il monta une petite usine à Toulouse, sa ville natale. Bien que l’outillage méca-
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- Fig. 1. — Le palmier nain,
- Ph. de Mme André Gendrot.
- nique y fût rudimentaire, sa production annuelle de « crin végétal », nom qui fut donné dès lors au nouveau produit, s’éleva rapidement à 2000 t. Encouragé par les demandes du commerce, M. Averseng revint en Algérie et y installa une usine plus importante. Tels furent les débuts d’une industrie exclusivement algérienne qui n’allait pas tarder à prendre un grand développement.
- Dans son Algérie agricole, M. Victor Démontés nous apprend que les pourvoyeurs de l’usine furent d’abord les colons, défricheurs de terre et arracheurs de palmiers nains. Jusqu’en 1880, soit jusqu’au moment où la création de vignobles imposa le défrichement rapide des coteaux du Sahel et engendra, dans la région, une prospérité jusqu’alors inconnue, les familles de colons vécurent de la fabrication du crin végétal :
- « Femmes et enfants récoltaient les feuilles, leur faisaient subir un premier traitement, et, tous les mois, des chariots transportaient le produit à Alger, ramenant en échange de la farine et des vêtements... »
- D’après les statistiques que nous puisons dans la brochure de M. Jean Blot-tière, attaché commercial à l’Office de l’Algérie, une centaine d’établissements, occupant environ 3000 ouvriers, et dont le‘s plus importants se trouvent dans le département d’Alger, traitent les feuilles du palmier nain.
- La production annuelle de crin végétal était inférieure à 50 000 t, avant la guerre; elle est actuellement de plus de 60 000 t représentant, à l’exportation, une valeur d’une soixantaine de millions de francs.
- Sur cette quantité, la France n’achète que 5000 t ; 20 000 prennent le chemin de l’Allemagne et de l’Europe Centrale; l’Italie en absorbe de 15 000 à 20 000 t ; le surplus est partagé entre la Belgique,
- la Hollande, l’Angleterre, les Etats-Unis et autres pays.
- Les procédés de fabrication ne sont pas compliqués.
- Cueillies par les indigènes, les feuilles sont défibrées par une machine appropriée; triées et séchées, les fibres sont livrées au commerce sous la forme de cordes d’une longueur de 2 m.
- On les teint parfois en noir; en cet état, il faut être expert pour les distinguer du crin animal.
- Elles ont, sur celui-ci, ce double avantage : elles se vendent à plus bas prix et résistent mieux aux attaques des insectes et à la moisissure.
- On s’en sert surtout pour la fabrication des matelas et autres rembourrages (sellerie, bourrellerie, tapisserie).
- Sans aller jusqu’à dire que les jours de cette industrie soient comptés, on peut s’inquiéter sur son avenir.
- Loin d’être une plante désertique, le palmier nain ne pousse que sur les terrains fertiles de l’Atlas Tellien, où les constants progrès de la colonisation rétrécissent rapidement ses domaines.
- Déjà, plusieurs usines de la région d’Alger réduisent leur production, devant la rareté de la matière première, et d’autres ont dû être transportées dans le sud-ouest de l’Oranie, près de la frontière marocaine, où survivent de vastes peuplements de chamérops.
- Le crin végétal est de ces marchandises qui doivent une part de leur succès à l’infériorité de leur prix de revient; et l’on peut redouter que sa position économique ne soit alourdie par une augmentation des frais de transport. Pour une raison analogue, on ne saurait songer à créer des plantations de palmiers nains.
- Victor Forbin.
- Fig. 2. — Moulons dans un champ de céréales fauchées.
- (Ce champ cultivé par des Arabes n’a pas été complètement débarrassé des palmiers nains.) (Ph. de Mme André Gendrot.)
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES1
- XVI. — L’INFLUENCE D’UNE FORTE CULTURE GÉNÉRALE
- Dans la quasi-impossibilité de savoir ce que les enfants deviendront plus tard, les parents agissent sagement en leur faisant donner, à tout hasard, une culture générale très solide qui les met à même de pouvoir aborder, après la fin de leurs études classiques, la voie dans laquelle, dès lors, ils se sentent attirés. Cette manière de procéder est, de nos jours, celle que l’on suit le plus souvent... lorsque les ressources familiales le permettent. Mais on peut aussi en citer des cas dans les temps plus ou moins anciens, cas qui donnèrent les meilleurs résultats, par exemple ceux de Viète, Borda, Lagrange, Lavoisier, Malus, Gay-Lussac, Chevreul.
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- F. Viète (1540-1603) fut, en son temps (sous Henri IV), un remarquable mathématicien, chose d’autant plus méritoire qu’à l’époque où il vivait l’instruction était tenue en piètre estime et, même, dédaignée. Pour se rendre compte de l’état d’esprit d’alors, il suffit de lire le pamphlet ci-après qu’écrivit un contemporain anonyme au sujet de l’augmentation du nombre des collèges : « Je veux croire que l’intention de ceux qui nous ont amené ce nombre effréné de collèges a été bonne, mais l’expérience fait voir que les effets en sont très pernicieux. Les sciences ne sont bonnes que pour les grands esprits. Si elles en polissent quelques-uns, elles en affaiblissent mille autres. Si, dans un bourg, quelqu’un a appris à écrire et à savoir trois mots de latin, soudain il ne paye plus la taille, ne veut être soldat, marchand, artisan ou laboureur, dédaigne les arts mécaniques, devient ministre de chicane, procureur, tabellion ou sergent, et, par ce moyen, ruine ses voisins. » Heureusement, tout le monde n’avait pas les mêmes idées exprimées dans cette profession de foi... bolchevik. Le père de Viète, qui était procureur, désira que, comme son propre père l’avait fait pour lui-même, son fils François (né à Fonte-nay-le-Comte, capitale du Bas-Poitou), eût une solide instruction. D’après ce qu’en dit Joseph Bertrand (2), ce dernier commença, ainsi qu’on le faisait alors, par apprendre le Caton, recueil de sentences latines bien choisies, que les enfants, à force de les épeler, de les relire, de les copier, de les réciter, de les entendre citer, finissaient par comprendre à peu près et par savoir imperturbablement. Le Caton donnait aux enfants, pour toutes les circonstances de la vie, de sages conseils. Son père l’envoya, ensuite, chez les Coi'deliers de Fontenay qui, sans transformer leur couvent en collège, instruisaient volontiers les enfants, riches ou pauvres, désireux d’apprendre et de s’instruire. Une aumône payait chaque leçon. On apprit ainsi le grec à Viète, mais il semble s’être instruit lui-même sur les mathématiques en étudiant Euclide, Archimède et Apollonius, qu’il lisait dans le texte. Ce n’était, sans doute, pour lui qu’un hors-d’œuvre, destiné à satisfaire son esprit, car, à 19 ans, après avoir fait son droit à l’Université de Poitiers, il revint à Fontenay comme avocat. Il faut croire que les causes qu’il plaida ne furent pas très lucratives, car, découragé, il accepta de faire l’éducation d’une petite fille protestante de 11 ans, très douée, Catherine de Parthenay, ce qui, par la même occasion lui permit de se perfectionner dans les mathématiques au point d’être regardé, parfois, •— avec un peu d’exagération — comme l’inventeur de l’Algèbre et de la Géométrie.
- 1. Voir La Nature depuis le n" 2808.
- 2. Éloges académiques. Hachette, édit. Paris 1902.
- Il vint ensuite à Paris comme conseiller intime d’Henri III, puis de Henri IV, qui l’apprécièrent fort. « Bien entendu, écrit M. Maurice d’Ocagne ( ), le séjour de Viète dans l’atmosphère parisienne avait été éminemment favorable au plein épanouissement de son génie mathématique, d’autant plus que ses augustes maîtres ne lui marchandaient pas les loisirs acquis par le développement de ses études. Simple, modeste, peu soucieux de la gloire, Viète n’avait pas cherché à donner à ses découvertes le retentissement qu’elles eussent mérité. Cela fut la cause d’un incident qui vaut la peine d’être retenu. Certain jour, le plus célèbre mathématicien de l’époque, Adrien Romain, professeur à l’Université de Louvain, lança, suivant les habitudes du temps, un défi, à propos d’une question difficile (résolution de certaine équation d’ordre supérieur), aux principaux mathématiciens d’Europe, par lui nommément désignés. L’ambassadeur des Etats de Hollande, portant, en novembre 1594, le fait à la connaissance d’Henri IV lui fit observer que, sur cette liste, ne figurait aucun nom français, pour en conclure que la France ne possédait alors aucun mathématicien digne d’une haute réputation. « Si, si, riposta le bon roi, justement piqué, j’en ai un et très excellent. Qu’on aille chercher M. Viète. » Venir immédiatement à bout de la question, dont il découvrit, au reste, nombre de solutions que n’avait pas entrevues Adrien Romain lui-même, ne fut pour Viète qu’un simple jeu, ce qui procura au roi la satisfaction de triompher haut la main de l’injuste dédain de l’ambassadeur hollandais. II faut, au surplus, reconnaître qu’Adrien Romain, saisi d’une sorte de stupeur en face d’un pareil tour de force intellectuel, entreprit le voyage en France tout exprès pour venir faire amende honorable à François Viète et lui exprimer sa profonde admiration en le proclamant le premier géomètre de l’époque. »
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- * *
- Charles de Borda (1733-1799), dont tout le monde connaît le nom, qui a été donné à l’ancien vaisseau-école de l’École navale, était né à Dax d’un père, seigneur de la Batut, qui eut onze enfants et dont les ascendants s’étaient distingués surtout comme hommes de guerre. Il fut dirigé, d’abord pour succéder, plus tard, à un de ses « oncles pourvu d’une charge de président de Parlement. « Charles avait fait d’abord dans un collège de Barnabites, de son pays, puis à La Flèche, chez les Jésuites, les plus brillantes études, étonnant ses maîtres par la force et la souplesse de son intelligence, et annonçant dès son plus jeune âge tout ce qu’il devait être un jour. Une fois ses humanités terminées, son père, poursuivant son idée, voulut lui faire faire ses études de droit; mais les Digestes et les Pandectes n’eurent pas le don d’exercer le moindre attrait sur notre étudiant, qui, grâce aux instances de sa mère, secondée par un bon religieux ami de la maison, finit par obtenir de son père l’autorisation de renoncer à toute visée du côté de la magistrature pour se destiner au métier d’ingénieur militaire. Ce métier offrait aux yeux du jeune homme le double avantage de le faire participer à la vie militaire, dont il avait le goût, tout en lui fournissant l’occasion de recherches scientifiques par lesquelles il se sentait irrésistiblement attiré (-).
- Ce goût pour la science s’affirma dès l’âge de vingt ans, car, en 1753, il remit un mémoire de géométrie pure à d’Alembert qui en fut si émerveillé qu’il dit de lui : « Ce sera un très grand sujet à coup sûr. » II ne s’attarda pas cependant à la science pure, mais s’engagea résolument dans la science appliquée, et,
- 1. Hommes et choses de sciences, lrc série. Vuibert, édit., 1930.
- 2. Maurice d’Ocagne, Hommes et choses de sciences, lre série, Vuibert édit., Paris, 1930.
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- en 1756, par exemple, il lut, à l’Académie des sciences un travail traitant du mouvement des projectiles dans l’hypothèse d’une loi quadratique de résistance de l’air. Plus tard, au cours d’un séjour à Dunkerque, il s’intéressa à l’architecture navale et à la résistance des fluides en mouvement des solides qui s’y trouvent immergés.
- Si, de nos jours, on n’ignore rien des travaux de Borda, par contre on n’a aucun document sur sa physionomie, car, toujours modeste, il n’eut jamais l’idée de faire fixer ses traits, ce qui, lorsqu’on lui érigea une statue à Aix, obligea de la pourvoir d’une tête de fantaisie.
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- Louis Lagrange (1736-1813), le père de l’analyse, était né à Turin, mais était de vieille souche française et, plus spécialement, tourangelle.
- Il commença de très bonne heure, dans cette ville, ses études et les fit, avec distinction; cependant, il ne montra pas d’abord l’extrême passion qui l’entraîna depuis vers les mathématiques. On enseignait alors les éléments de cette science dans la classe appelée « de philosophie ». Lagrange y assista une première année sans goût et sans fruit : les' études littéraires lui plaisaient davantage, mais, ayant été obligé d’y apporter plus d’attention en seconde année, son génie s’éveilla et se
- développa rapidement. A seize ans, il était professeur de mathématiques à l’école d’artillerie. Ses premières recherches eurent pour objet la propagation du son. De Turin, il reçut les lettres du grand Euler; à la vérité, ces lettres étaient encore d’un maître à son disciple. Mais, bientôt, toute inégalité disparut. A 24 ans, il publia le Calcul des variations, qu’il possédait déjà depuis quelque temps (').
- Il est à noter, en passant, que Lagrange ne se confinait pas toujours dans les mathématiques et se distrayait par divers violons d’Ingres, en particulier l’histoire des religions, la métaphysique, la botanique, la musique.
- A propos de celle-ci, une curieuse observation peut être faite en ce qui le concerne. Cet art, où régnent la mesure, le rythme, l’harmonie, exerce comme on sait, un attrait puissant sur les mathématiciens; pour Lagrange, il y a encore autre chose, savoir un véritable excitateur de l’inspiration mathématique. Voici comment il s’est exprimé lui-même à ce sujet : « je l’aime (la musique) parce qu’elle m’isole; j’en écoute les trois premières mesures; à la quatrième je ne distingue plus rien; je me livre à mes réflexions; rien ne m’interrompt et c’est ainsi que j’ai résolu plus d’un problème difficile » (2).
- (A suivre.) Henri Coupin.
- 1. Biot. Mélanges scientifiques et littéraires, t. 3, 1838.
- 2. Maurice d’Ocagne, loc. cit., p. 89.
- = LES ULTRA-PRESSIONS = ET LA SYNTHÈSE DU DIAMANT
- Alors qu’on a réussi depuis longtemps la fabrication de pierres précieuses artificielles, comme le rubis, le saphir, celle du diamant a jusqu’ici défié les efforts des chercheurs. Moissan a bien réussi, autrefois, dans une expérience célèbre à obtenir de très petits cristaux de carbone cristallisé qui lui ont paru être du diamant. Mais, même sous cette forme qui était bien loin d’une réalisation industrielle, l’expérience n’a jamais pu être répétée.
- On a souvent pensé que pour faire cristalliser le carbone sous forme de diamant, il faudrait procéder sous de très hautes pressions.
- M. J. Basset dont nos lecteurs connaissent le laboratoire et le matériel d’ultra-pressions (voir n° 2933, 15 juillet 1934), vient de soumettre cette idée au contrôle de l’expérience.
- Il a effectué plus de 300 essais sous des pressions comprises entre 3000 et 25 000 kg par cm2 et les résultats ont été entièrement négatifs.
- Dans une récente conférence à la Société Française de Physique, M. Basset a exposé le détail de cette série d’expériences. Elles peuvent se répartir en six groupes.
- Les expériences du premier groupe, au nombre de 115, ont consisté à produire par réduction d’oxydes métalliques un métal carburable fondu à très haute température, sous très haute pression (3000 à 25 000 kg-cm2) en présence de carbone provenant soit d’une adjonction préalable dans les matières à réagir, soit de la décomposition des carbures gazeux constituant le milieu ambiant. Les métaux expérimentés étaient le fer, le nickel, l’argent, le baryum, le bismuth.
- Une deuxième série d’expériences au nombre de 28, utilise des réactions analogues aux précédentes mais en partant de carbonates métalliques seuls, ou en combinaison avec des
- oxydes : pressions employées : 5000 à 16 500 kg-cm2; métaux expérimentés : fer, nickel, argent, baryum, strontium, lithium
- Dans la troisième série d’essais, au nombre de 89, l’expérimentateur a décomposé des carbures liquides, soit par la chaleur, soit par réactions chimiques, soit très lentement, soit brusquement, dans toute la gamme des pressions comprises entre 3000 et 23 000 kg. Les carbures employés étaient : la benzine, l’alcool, l’acétone, les carbonyles métalliques.
- Dans une autre série comprenant 26 essais, le carbone était obtenu par décomposition, soit très lente, soit rapide, de ses composés halogénés ou sulfurés, à haute ou basse température, soit par la chaleur, soit par réactions chimiques, sous des pressions comprises entre 6000 et 25 000 kg-cm2.
- Le carbone a été encore préparé par décomposition à haute température, sous très haute pression, de carbures métalliques soit en milieu gazeux, soit en milieu liquide par action des chlorures ou de la vapeur d’eau. Les carbures étudiés ont été ceux de calcium, baryum, strontium, silicium; pression de 4000 à 14 000 kg-cm2.
- Enfin, M. Basset a étudié au cours de 16 essais, la décomposition de produits gazeux, notamment la décomposition lente de l’oxyde de carbone sous des pressions de 2000 à 8000 kg-cm2.
- Dans ces diverses conditions, le carbone s’est toujours déposé sous forme de graphite. Les résidus de quelques expériences ont fourni parfois des cristaux microscopiques, mais en quantité insuffisante pour permettre de déterminer leur nature exacte.
- Il semble bien que cette large série d’expériences fasse le tour de toutes les hypothèses où l’on a pu faire intervenir les hautes pressions pour expliquer l’origine du diamant. Il faut maintenant chercher cette explication dans une autre voie.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 323
- LA VOUTE CELESTE EN NOVEMBRE 1934
- Encore une occultation des Pléiades, le 21 novembre, mais cette fois seules les étoiles 17 et 23 Taureau seront occultées.Très nombreuses conjonctions de planètes; nombreux minima d’Algol. Jupiter revient, et l’on pourra déjà observer quelques phénomènes produits par les satellites. Plus grande élongation de Mercure, le 19, et opposition de Pallas, le 13. Telle est, rapidement esquissée, la physionomie astronomique du mois de novembre 1934.
- On recherchera la lueur anti-solaire, Soleil, aux positions ci-aprcs:
- Ascension droite.
- Dates.
- Novembre 6 — 16
- — 26
- juste à l’opposé du
- Déclinaison.
- 2h 44“
- 3 24
- 4 6
- + 15» 52' + 18 39 + 20 52
- plus en - 14» 18'
- I. Soleil. — En novembre, le Soleil descend de plus dans l’hémisphère austral. Sa déclinaison, de — le 1er, tombera à — 21° 35' le 30.
- La durée du jour diminue fortement. De 911 54m le 1er, elle ne sera plus que de 8» 35m le 30.
- La remarque que nous faisions le mois dernier au sujet de l’inégalité du jour, par rapport à midi, est encore exacte ce mois-ci. Ainsi le 30, le Soleil se lève à 7U 22m et se couche à 15» 57m. De 7» 22m à midi, il s’écoule 4» 38“ ; de midi à 15“ 57“, il s’écoule 3h 57“. La matinée surpasse donc la soirée de 41 minutes. Voici le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure exacte du passage du Soleil au méridien de Pari .
- Dates. Heure du passage.
- II. Lune. — Les phases produiront comme il suit :
- N. L. le 7, à 4* 44“
- P. Q. le 14, à 2h 39“
- de la Lune, en novembre, se
- Novembre '[et 11» 34“ 19»
- — 3 11 34 17
- — 5 11 34 18
- — 7 11 34 23
- — 9 11 34 31
- — 11 11 34 42
- — 13 11 34 57
- •— 15 11 35 15
- —. 17 11 35 36
- — 19 11 36 0
- — 21 11 36 28
- — 23 11 36 59
- — 25 11 37 33
- — 27 11 38 11
- — 29 11 38 51
- Fig. 1. — Marche sur le ciel de la petite planète Pallas pendant sa période d’opposition.
- (Du 26 octobre au 5 décembre 11934.)
- Observations physiques. — Continuer, chaque jour, l’observation de la surface solaire : taches, facules. Une petite lunette suffit. Communiquer dessins et observations à la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris.
- Pour l’orientation des dessins et des photographies, utiliser le tableau ci-après :
- P. L. le 21, à 4» 26“
- D. Q. le 29, à 5» 39“
- Age de la Lune, le 1er novembre, à 0» (T. U.) = 231,4; le 8 novembre, même heure = O1,8. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter aux chiffres ci-dessus, 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 8.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 9, à 21“ = — 26° 35'; le 23, à 0» = + 26° 32'. On remarquera la très grande hauteur de la Lune dans le ciel le 23 novembre,
- vers lh du matin.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) ,1e 12 novembre, à 1311. Parallaxe = 59'18". Distance =369 780 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 27 novembre, à 14». Parallaxe = 54' 12". Distance — 404 570 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. •— Le 2 novembre, occultation de 35 Sextant (6“,1) ; émersion à 2“ 43“,0.
- Le 16, occultation de 22 Poissons (5“,8); immersion à 18» 23“,0.
- Le 18, occultation de 101 Poissons (6“,2) ; immersion à 19» 7“,9.
- Pléiades : 17 Taureau (3“,8) ;
- à 6»41“; 23 Taureau (4m,3) ;
- Le
- des
- émersion
- Dates. P B « L0
- Novembre 1er + 24»,70 + 4»,35 244»,38
- — 6 + 23»,79 + 3°,83 178»,45
- 11 + 22»,68 + 3»,28 112»,54
- — 16 + 21»,38 + 2»,70 46»,62
- — 19 + 20»,51 + 2»,34 7»,08
- — 21 + 19»,89 + 2»,10 340»,71
- — 26 + 18»,22 + 1»,48 274»,81
- a
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. •— La lumière zodiacale est bien visible le matin, avant l’aube, en ce mois de novembre. La meilleure période sera celle de la nouvelle Lune, du 6 au 15 novembre.
- 1. Toutes les heures indiquées ici sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0» à 24» à partir de 0» (minuit).
- 21, occultation immersion à 6» 4 immersion à 6» 29“.
- La Lune sera pleine et le phénomène se produira dans l’aube, déjà lumineuse, la Lune étant à une assez faible hauteur au-dessus de l’horizon.
- Le 25, occultation de 58 Gémeaux (6“,0) ; émersion 5» 1“,95.
- Marées, mascaret. •— Les principales marées du mois se produiront au moment de la nouvelle Lune du 7 novembre et de la pleine Lune du 21. Ces marées seront peu importantes, leur coefficient maximum atteignant 92 centièmes.
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. •— Le tableau suivant, qui a été dressé à l’aide des données contenues dans l’Annuaire astronomique Flammarion, renferme les renseignements les plus utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de novembre 1934.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du matin, le 19 novembre, à 14», à 19° 27' à l’Ouest du Soleil. On pourra
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- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à au iiieriuicii à sion et VISIBILITÉ.
- Novemb. Paris. UtJ Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- Paris
- ^ 6 6* 45“ il 34“ 29s 16“ 23“ 14“ 44“ 15“ 52' 32'20",2 Balance
- Soleil . . . 16 7 1 il 35 25 16 9 15 24 — 18 39 32 24,4 Balance ))
- j 26 7 15 il 37 52 15 59 16 6 — 20 52 32 28,2 Scorpion
- Mercure . . 6 6 6 il 7 16 7 14 18 — 13 14 9,6 a Balance Le matin, plus grande élongation, le 10.
- 16 26 5 5 11 32 10 10 23 27 15 15 36 21 14 14 11 52 — 10 14 42 28 7,4 5,8 t Vierge a Balance
- 6 6 26 11 23 16 21 14 30 •— 13 49 9,8 a Balance j
- Vénus . . .< 16 6 56 11 33 16 11 15 20 — 17 44 9,8 y Balance } Inobservable.
- 26 7 26 11 46 16 6 16 11 — 20 53 9,8 p Scorpion
- 6 1 0 7 44 14 28 10 52 •— 8 58 5,0 y Lion ^
- Mars. . . . 16 0 54 7 26 14 0 11 13 — 6 53 5,2 a Lion Seconde partie de la nuit.
- 26 0 42 7 7 13 31 11 33 + 4 50 5,6 A Vierge j
- Jupiter. . . 16 5 34 10 35 15 36 14 23 - 13 9 28,8 A Vierge Un peu visible le matin.
- Saturne . . 16 13 1 17 49 22 38 21 39 — 15 34 15,2 y Verseau Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 16 15 5 21 56 4 47 1 47 + 10 26 3,6 o Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune . . 16 0 41 7 16 13 50 11 4 + 7 2 2,4 y Lion Seconde partie de la nuit.
- surtout voir Mercure une dizaine de jours après son élongation maximum. L’observation de Mercure est commode à faire en plein jour, car alors la planète est haute dans le ciel. On emploiera utilement des écrans colorés (allant du jaune au rouge) pour atténuer l’éclat du fond du ciel et augmenter les contrastes des faibles détails de la surface de la planète.
- On consultera avec grand intérêt, pour l’étude de cette planète, la brochure spéciale sur La planète Mercure et la rotation des satellites, que vient de publier M. E.-M. Anto-niadi (*). Cet ouvrage met complètement au point toutes les questions relatives à cette petite planète.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure, en
- novembre : Dates. Fraction du disque illuminée. Diamètre. Magnitude stellaire.
- — — — —
- Novembre 2 0,006 9",94 + 2,8
- — 7 0,058 .9", 44 + 1,8
- — 12 0,266 8",30 + 0,6
- — 17 0,502 1", 16 — 0,1
- — 22 0,683 6", 30 — 0,4
- — 27 0,804 5",72 — 0,5
- Vénus est inobservable, elle va se trouver en conjonction supérieure avec le Soleil le 19 novembre, à 0“. Son diamètre sera réduit à 9",8 et la fraction du disque illuminée atteindra l’unité.
- Mars se lève à présent un peu après minuit et devient bien visible avant l’arrivée du jour. Son diamètre augmente et bientôt, avec de puissantes lunettes, on pourra commencer l’étude des détails de sa surface.
- Pallas, la seconde des petites planètes, découverte par Olbers le 28 mars 1802, va se trouver en opposition avec le Soleil le 13 novembre. Elle atteindra, cette fois, la magnitude 7,6 au moment de l’opposition. Voici quelques positions où l’on pourra trouver Pallas :
- 1. Demander ce volume à M. C. Boulet, Société astronomique de France, 7, rue Suger, Paris. Prix : 18 francs.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Novembre 3 3“ 19“ ,5 — 25“ 27'
- — 11 3 12 9 — 27 5
- — 19 3 6 1 — 28 15
- — 27 2 59 7 — 28 56
- La petite carte de la figure 1 aidera beaucoup à chercher cette planète. Une bonne jumelle ou une petite lunette suffiront pour la voir. Mais sa déclinaison, fortement australe, sera un obstacle, surtout dans le Nord de la France, pour la trouver.
- Jupiter devient un peu visible le matin, se levant, le 15, plus d’une heure avant le Soleil. On pourra déjà, à l’aide d’une petite lunette, observer les quelques phénomènes suivants, produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Novem. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Novem. Heure. Satel- lite. Phéno mène.
- 18 6“ 0“ III P. f. 27 6“ 11“ I E. c.
- 20 6 52 I Em. 28 5 30 I O. f.
- 21 6 8 II E. c. 28 6 1 I P. f.
- 25 6 39 III O. c. 30 6 8 II O. f.
- Saturne est visible dès l’arrivée de la nuit. Il va atteindre sa quadrature orientale avec le Soleil, le 14 novembre, à 21“. On le trouvera un peu au-dessus des étoiles B et y du Verseau. Voici les éléments de l’anneau à la date du 13 novembre :
- Grand axe extérieur................................ 38",60
- Petit axe extérieur................................ -f- 9",04
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. -f- 13°,55 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. . -f- 10°,99
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- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, sera visible lors de ses élongations maxima :
- Dates. Élongation. Heure.
- Novembre 1er Occidentale 12\1
- — 9 Orientale 5\3
- 17 Occidentale 11“,2
- — 25 Orientale 4“,6
- Uranus, qui est passé en opposition le 23 oelobre, est encore visible presque toute la nuit. Pour le trouver, utiliser une bonne jumelle et la petite carte spéciale de son mouvement sur le ciel, que nous avons donnée au Bulletin astronomique du n° 2930.
- Neptune se lève maintenant peu après minuit et peut être observé avant l’arrivée du jour.
- En novembre, il sera un peu au-dessous de l’étoile y du Lion. Pour le trouver, il faut une petite lunette et se servir de la carte de son mouvement sur le ciel (voir Bulletin astronomique du n° 2922, fig. 1).
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 2“, Vénus en conjonction avec Jupiter, à 0° 3' N.
- Le 2, à 6“, Mars — la Lune, à 4° 49' N.
- Le 2, à 16“, Neptune — la Lune, à 4° 31' N.
- Le 4, à 15“, Mercure — Vénus, à 0° 58' S.
- Le 6, à 15\ Mercure — X Vierge (4m,7) à 0° 14' N.
- Le 6, à 17“, Mercure — Jupiter, à q° 16' S.
- Le 6, à 18“, Mercure — la Lune, à 6° 6' N.
- Le 6, à 18“, Jupiter — la Lune, à 6° 23' N.
- Le 7, à 3“, Vénus — la Lune, à 6° 10 N.
- Le 10. à 12“, Mars -— y Lion, à 0° 20' N.
- Le 11, à 6“, Mars — Neptune, à 0° 49' N.
- Le 14, à 6\ Saturne — la Lune, à 3° 13' S.
- Le 18, à 6“, Mars — a Lion (4“,2), à 0» 2'N.
- Le 19, à 3“, Uranus — la Lune, à 5° 59' S.
- Le 20, à 18“, Mercure — Jupiter, à 1° 23' N.
- Le 30, à 2“, Neptune — la Lune, à 4° 50' N.
- Le 30, à 23“, Mars — la Lune, à 6° 35' N.
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages
- de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
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- Dates.
- Novembre 7
- — 17
- — 27
- Temps sidéral
- Passage. Heure (T. U.), à 0“ (T. U.) (l).
- Supérieur 22h 25m 29s 3h 2“ 2“
- — 21 46 7 3 41 27
- — 21 6 43 4 20 53
- Etoiles variables. — Minirna d’éclat de l’étoile Algol (fl Persée), variable de 2“,2 à 3m,5 en 2J 20h 48“ : le 2 novembre, à 4“ 24m; le 5, à 1“ 13m; le 10, à 18“ 51m; le 22, à 6“ 7m; le 25, à 2h 56“ ; le 27, à 23“ 45“ ; le 30, à 20“ 34“.
- Le 28 novembre, maximum d’éclat de R Bouvier, variable de 5m,9 à 12“,8 en 225 jours.
- Etoiles filantes. — Deux essaims célèbres par les chutes météoriques qu’ils ont données autrefois sont encore actifs en novembre : les Léonides (radiant Ç Lion) qui donnent du 14 au 18 des météores rapides, avec traînées; les Andromédides (radiant y Andromède), qui donnent, du 17 au 23, des météores lents, avec traînées.
- Voici, d’ailleurs, la liste des radiants plus ou moins actifs en novembre (d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes) :
- Epoque. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Novembre 1er au 4 43“ + 22“ e Bélier
- — 1er au 8 58 + 29 A Taureau
- — 13 et 14 53 + 32 o Persée
- — 13 au 18 149 + 23 £ Lion
- — 13 et 14 279 + 56 2348 Bradley
- — 16 au 28 154 + 40 ix Grande Ourse
- —- 20 et 27 62 -f 22 o Taureau
- — 17 au 23 25 + 43 y Andromède
- — 28 328 + 62 a Céphée
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er novembre, à 21“ ou le 15 novembre, à 20, est le suivant : Au Zénith : Cassiopée; Andromède; Persée.
- Au Nord: La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux; le Cocher; le Taureau; Orion.
- Au Sud: Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine; le Poisson Austral.
- A l’Ouest : Le Cygne; l’Aigle; la Lyre; le Capricorne.
- Em. Touchet.
- 1. Pour le médidien de Greenwich.
- LE BUREAU VERITAS
- Le Bureau Veritas qui possédait déjà, rue Fortuny, à Paris, un laboratoire bien outillé, consacré à des études générales, vient de mettre en service à Levallois-Perret un nouveau laboratoire outillé plus particulièrement en vue des analyses chimiques des matériaux de construction en général, et surtout des métaux; on y pratique également des analyses de combustibles. Le nouveau laboratoire possède en outre des salles équipées avec un outillage perfectionné pour les essais physiques et mécaniques des métaux et des matériaux de construction; il possède enfin un laboratoire de métrologie des plus modernes. Le développement des laboratoires d’essais du Bureau Veritas s’explique par les tâches de plus en plus nombreuses et diverses qu’a assumées cette institution aujourd’hui plus que centenaire.
- Créée à l’origine pour le contrôle et la vérification des constructions navales, elle a depuis étendu son activité à toutes les constructions, notamment au bâtiment et à tous ses accessoires. C’est ainsi, en particulier, qu’elle vient d’éditer un précieux opuscule fixant les règles de réception des installa-
- tions de chauffage central. En 1922, elle a été accréditée pour la vérification et la classification des aéronefs. Plus récemment, à la suite des incendies qui ont désolé notre marine marchande, elle a été chargée par le ministère de la Marine marchande des essais de peintures et de matériaux de sécurité à imposer à bord des navires à passagers. A côté des techniciens spécialisés qui constituent le personnel de ses laboratoires, à côté des contrôleurs qui assurent les services extérieurs, le Bureau Veritas a créé, en outre, il y a 7 ans, un centre d’études techniques, fonctionnant sous la direction de M. Léon Guillet, membre de l’Institut, assisté de plusieurs techniciens de haute valeur. Cet organisme a déjà entrepris et mené à bonne fin des travaux très importants, tels que l’étude des propriétés mécaniques des métaux à haute température. Les nouveaux laboratoires lui permettront de développer davantage encore ses recherches.
- Ce rapide exposé montre combien sont vastes et variés les domaines dans lesquels le Bureau Veritas exerce aujourd’hui sa bienfaisante activité.
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- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES DE 1934-1935
- (Suite et fin)
- UN POSTE A RÉGLAGE AUTOMATIQUE VISUEL
- Les constructeurs s’efforcent constamment d’augmenter la facilité de réglage des postes récents, et, en particulier, dans les appareils antifading, adoptent des systèmes de réglage visuel permettant à l’auditeur d’effectuer un repérage précis des émissions recherchées, non plus seulement au son. mais également par la vue; nous aurons, d’ailleurs, l’occasion d’indiquer les principes de ces dispositifs ingénieux, comportant soit des armatures mobiles électromagnétiques, soit des lampes à luminescence. Ils se sont efforcés souvent en même temps d’améliorer encore la disposition du tableau de repérage.
- Un poste qui vient de faire son apparition sur le marché français présente, à ce point de vue, des caractéristiques très originales méritant d’être décrites; c’est un poste à changement de fréquence, à octode, à commande unique, accord visuel silencieux, et à commande automatique de sensibilité. Il permet de recevoir des émissions de 15 à 2 000 m de longueur d’onde.
- Le tableau de repérage, de grande surface et rectangulaire,
- lQà12/1Q IJSO spires 2/10\
- Vers filaments du récepteur tous en parallèle)
- ___5375 spires 12/10 J
- §
- Batterie BV • Pôle isolé de la batterie
- Fig. 10. •— Bloc d'alimentation pour récepteurs d’automobiles (d’après T. S. F. Revue).
- qui se trouve sur le devant de l’appareil, est complété à droite et à gauche par deux petites ouvertures éclairées.
- Dans la fenêtre de gauche, les indications « petites ondes », << grandes ondes », « ondes courtes » et « pick-up » apparaissent successivement, éclairées par des lumières colorées différentes, suivant que le bouton de commande lui-même a déterminé les connexions correspondantes du commutateur; ainsi aucune erreur n’est possible.
- Le tableau de repérage central est gradué en longueurs d’onde, et les principales stations sont repérées et indiquées. Le repérage exact s’effectue à l’aide d’un point lumineux éclairé de manière différente suivant les longueurs d’onde et qui parcourt successivement toutes les échelles.
- Enfin, la fenêtre de droite sert à l’accord silencieux; une ombre se profile sur un petit écran, et indique par sa déviation la détection d’une onde porteuse d’autant plus intense que la déviation est plus forte. Il est donc facile de trouver ainsi l’accord exact pour une station déterminée; le bouton de droite du système permet de mettre hors circuit le haut-parleur et ainsi d’effectuer la recherche dans un silence absolu, ce qui accroît beaucoup l’agrément du poste. Il s’agit donc d’un appareil de luxe, de précision, mais qui pourtant, par son prix relativement réduit, demeure à la portée de l’auditeur moyen. (Type Brunet)
- LES PROGRÈS DES PICK-UP
- L’emploi des phonographes électriques n’a peut être pas fait de grands progrès en France, mais l’avenir de la reproduction électrique des disques, combinée avec la réception radiophonique, demeure toujours aussi intéressant. Comme nous l’avons montré, les constructeurs semblent spécialement se soucier cette année de ce complément de la réception, en étudiant des dispositifs qui doivent servir à l’adaptation rationnelle des pick-up.
- Les progrès des pick-up, pour être moins connus que ceux des récepteurs, n’en sont pas moins réels. Ils portent sur l’augmentation de la sensibilité, l’amélioration des systèmes de réglage de l’armature qui ne nécessitent plus d’entretien, la diminution des résonances propres qui augmente la qualité musicale de la reproduction, et diminue le bruit d’aiguille. De plus, leur prix de vente a été généralement notablement abaissé, et ils sont pourvus de systèmes additionnels, tels que bras horizontal à arrêt automatique qui en augmentent encore les qualités pratiques.
- Parmi les modèles récents de pick-up, on peut ainsi noter le modèle 12 4 W. E. présenté en France parles établissements Sidley. Cet appareil à aimant à 38 pour 100 de cobalt a une résistance en courant continu de 1700 ohms, et une impédance à 1000 périodes de 13 000 ohms. Les tensions obtenues sont très considérables et très satisfaisantes; elles sont de 6 v à 50 périodes, de 4, 8 v à 150 périodes, de 6 v à 3500 périodes et de 2,5 v à 5000 périodes.
- D’autre part, au point de vue mécanique, l’appareil comporte un bras articulé équilibré diminuant au minimum l’usure du disque. Pour le remplacement de l’aiguille, le bras articulé est placé en position d’équilibre stable.
- Le pick-up Max Braun également, permet d’obtenir une tension jusqu’à 2,6 v, et sa courbe de réponse est très satisfaisante; il est monté dans un boîtier en matière moulée avec tête réversible comportant généralement un potentiomètre placé sur l’axe de rotation lui-même, ce qui assure un emploi pratique encore plus agréable.
- Nous avons déjà eu l’occasion de décrire, d’ailleurs, dans la revue le système de pick-up enregistreur et reproducteur établi par ce constructeur, et qui permet aux amateurs de réaliser les enregistrements radiophoniques et microphoniques dans les meilleures conditions possibles, et avec une mise au point réduite au minimum.
- L’ALIMENTATION DES POSTES SUR AUTOMOBILES
- Les appareils tous courants fonctionnant sur le secteur continu ou alternatif peuvent également être établis pour être alimentés simplement à l’aide d’une batterie d’automobile. Dans ce cas, les éléments chauffants des lampes à chauffage indirect sont montés en parallèle et l’alimentation plaque est assurée par un vibrateur fonctionnant sur le courant 6 v ou 12 v de la batterie d’automobile, ce qui permet d’obtenir un courant haute tension alternatif qu’on redresse ensuite à l’aide d’une valve comme s’il s’agissait d’un courant alternatif du secteur.
- L’appareil comporte ainsi : un vibrateur blindé permettant d’obtenir 2 pulsations de courant pour une oscillation complète; un dispositif de bobinages et de capacités évite l’influence des parasites haute fréquence qui pourraient être causés par ces vibrateurs. Un transformateur élève la tension des pulsations de courant fournies par les vibrateurs, et envoie ce
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- courant dans un circuit de correction et de filtrage utilisant une valve chauffée en parallèle sur la batterie, 2 bobines de choc, et 3 condensateurs électro-chimiques. Le débit du courant nécessaire est de l’ordre de 1 ampère pour une batterie de 12 v et de 2 ampères pour une batterie de 6 v (fig. 10).
- Avec un appareil de ce genre, on peut obtenir une tension redressée et filtrée de 180 v, 40 milliampères; l’encombrement du boîtier blindé est généralement réduit, et le montage très simple.
- Un tel appareil pourrait également servir à la rigueur pour faire fonctionner un récepteur à batteries sans l’aide d’une batterie haute tension, et, dans tous les cas, où l’on a à sa disposition un accumulateur à forte capacité ou faible tension. Un modèle spécial de ce genre peut ainsi fournir un débit total de 40 milliampères avec des tensions de 160, 80 et 40 v, et une prise de 15 v est prévue pour la polarisation.
- UN NOUVEL APPAREIL DEMESURE UNIVERSEL
- De plus en plus, le radio-électricien amateur ou professionnel a besoin d’effectuer des mesures électriques diverses pour obtenir par lecture directe la valeur de la tension d’un courant, d’une résistance ou d’une capacité, aussi bien en courant continu qu’en courant alternatif, depuis l’apparition des postes-secteur.
- Le Polymètre est un nouvel appareil très pratique, à cet effet. Il comporte deux galvanomètres à cadre mobile de conception nouvelle; une suspension élastique absorbe les chocs et rend le système particulièrement robuste. Pour chaque galvanomètre, un inverseur à double poussoir permet l’utilisation en continu ou en alternatif, grâce à l’emploi d’une cellule de redressement sèche, à grand coefficient de stabilité thermique.
- La consommation propre de l’appareil est très réduite, un milliampère pour les sensibilités tension (galvanomètre de gauche) et 150 micro-ampères pour l’ohm-capacimètre (galvanomètre de droite). Chaque équipage mobile est muni d’unsystème de remise à zéro accessible de l’extérieur.
- Les échelles de lecture de 75 divisions sont très développées, ce qui facilite beaucoup les mesures.
- Cet appareil permet d’abord des mesures de tension et d’intensité avec le galvanomètre de gauche de 1 à 1000 microampères, de 1 centième à 1 000 milliampères, et de 1 centième à 7,5 ampères, de 1 centième à 750 v, de 1 à 1000 milli-volts. Il permet, d’autre part, à l’aide du galvanomètre de droite de mesurer les résistances, de 0,5 à 1 mégohm avec 3 sensibilités, et de mesurer les capacités en courant alternatif, 115 v, 50 périodes de 0 à 5 microfarads. Enfin, il peut servir pour la mesure de très faible intensités de 0 à 100 micro-ampères avec une précision de l’ordre de 0,5 micro-ampères, ce qui est très précieux pour certaines applications spéciales, par exemple pour la vérification des cellules photo-électriques.
- Tout l’ensemble est contenu dans un boîtier plat pouvant se glisser dans la poche, et les connexions instantanées sont réalisées par fiches.
- LE DÉVELOPPEMENT DES POSTES TOUS COURANTS
- Une des caractéristiques essentielles de la construction radiotechnique consiste dans la généralisation des postes
- tous courants pouvant fonctionner sur courant continu ou alternatif d’un secteur, ou même, comme nous l’avons montré, à l’aide d’une batterie d’automobile.
- L’avantage essentiel du système consiste donc dans son alimentation omnibus qui lui permet d’être utilisé par l’auditeur n’ayant à sa disposition que du courant continu ou qui se déplace souvent.
- Une assez grand nombre de sans-filistes qui ont à leur disposition le courant alternatif, ont cependant adopté également ces appareils. L’avantage consiste ici simplement dans une simplification du montage qui a pu déterminer un prix de revient plus réduit, et dans un encombrement généralement moindre de l’appareil très souvent présenté sous la forme portative. **
- Cependant, les avantages de ces appareils sont, en réalité, moins marqués dans ce dernier cas; l’adoption d’un transformateur élévateur de tension permet encore d’obtenir une audition de meilleure qualité et plus puissante, malgré l’amélioration des types de lampes de puissance spéciaux pour ces postes. L’adoption de ce transformateur présente, d’autre part, l’avantage d’amener une séparation plus ou moins efficace du récepteur avec le réseau, en
- s’opposant plus ou moins à la transmission des parasites.
- Cette généralisation des montages tous courants est, d’ailleurs, accompagnée d’une transformation de la technique de leur construction, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir. On trouve, d’abord, désormais, non plus seulement des lampes américaines chauffées sous une tension de 6,3 v ou de 25 v, mais des lampes européennes, en particulier les séries des lampes Philips et Dario alimentées avec un courant de 13 v et une intensité de 200 milliampères; ces lampes de dimensions réduites permettent de construire des postes de faible encombrement, et elles sont munies d’un culot à contacts très perfectionnés. On trouve dans cette série les types les plus récents, tels que les pentodes haute fréquence à pente variable et les octodes. Enfin, rappelons que les lampes plein voltage ou total secteur sont alimentées directement à la tension du réseau, et évidemment leurs éléments sont montés en parallèle.
- On peut désormais distinguer dans les postes tous courants deux catégories essentielles; d’abord, les postes de modèle très réduit essentiellement portatifs, munis d’un haut-parleur électro-dynamique dont le diamètre n’excède pas une douzaine de centimètres.
- Ces modèles plus ou moins « miniature », sont destinés
- fi. £43
- (Pentode)
- M.F.78
- (Pentode)
- Diode détecte 6 B. 7
- H. F. 78
- 6 A.7 oscitlmodul. (Ch.de fréquence)
- ( Pentode)
- Q3| /mo
- 0,2/l.00L
- 50.000 ic
- sss. n.r
- fbobmemobiie)
- fgfs =r
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- Commande unique '
- Châssis et masse
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- Fig. 11. — Schéma d’un poste tous courants à sélectivité et musicalité accentuées (Jackson VI).
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- essentiellement au voyage, et quelques-uns, malgré leurs dimensions réduites, sont très perfectionnés; nous avons eu d’ailleurs l’occasion d’en décrire. L’emploi d’un montage à changement de fréquence assure une sensibilité et une sélectivité suffisantes, à l’aide d’une antenne de quelques mètres constituée par un fil isolé.
- Quelques appareils sont présentés dans une ébénisterie de forme originale, avec partie avant formant pendulette, des systèmes de réglage à réflexion, etc.
- A cette catégorie d’appareils réduits, se rattachent les postes pouvant être employés sur automobiles. Un récepteur proprement dit est disposé sous l’auvent de la voiture et un bloc de réglage fixé à la direction, de sorte que les bou-
- Fig. 12. — Le poste tous courants « Marconi Cinq # d 4 lampes et 1 valve, détection par élément oxymétal, filtres de bande à fer divisé. Cadran lumineux à lecture directe.
- tons de commande sont à portée de la main du conducteur.
- Des constructeurs se sont aperçus pourtant de la nécessité d’améliorer encore la qualité musicale des auditions fournies par ces appareils lorsqu’ils étaient destinés à des usages fixes, de là l’apparition de modèles intermédiaires entre les appareils miniature et les postes Midget ordinaires. Le principe du montage tous courants est conservé et le châssis comporte un nombre de lampes un peu plus grand avec système de présélection, dispositif antifading, dispositif de repérage plus précis avec cadran éclairé assez large, gradué en longueurs d’ondes, etc. (fig. 11).
- Ce châssis est disposé dans une ébénisterie de surface plus grande, soit allongée, soit en hauteur, le haut-parleur électro-dynamique utilisé a un diamètre plus important de l’ordre de 15 à 20 cm ou même plus; on peut ainsi obtenir une audition plus intense et surtout plus fidèle sur la gamme des notes graves (fig. 12).
- Certains constructeurs ingénieux ont même eu l’idée d’établir des châssis pouvant à volonté être placés dans une ébénisterie réduite avec petit haut-parleur pour l’usage mobile ou dans une ébénisterie Midget normale avec grand haut-parleur pour l’usage fixe. Nous avons même vu apparaître également quelques postes tous courants du type « toutes ondes », et la vogue de ce genre d’appareils semble bien correspondre à une demande réelle du grand public.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Pick-up Sidley, 86, rue de Grenelle, Paris.
- Pick-up Braun, 31, rue de Tlemcem, Paris.
- Polymètre, Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet, Paris.
- Établissements Jackson, 164, route de Montrouge, Malakoi'f (Seine).
- Postes et alimenteur Brunet, 5, rue Sextus-Michel, Paris (15e).
- Alimenteur Ferrix, 98, avenue Saint-Lambert, Nice.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- EN QUOI CONSISTE LE PROCÉDÉ OZOFER
- Le procédé Ozofer ou graphitique permet de transformer une couche de gélatine en planche phototypique par simple application d’un bleu non développé.
- En effet le papier au ferro-prussiate après exposition à la lumière sous le calque à reproduire contient deux sortes de sels de fer : ceux qui ont été réduits par la lumière et qui n’agissent pas sur la gélatine; ceux qui protégés par les opacités du phototype sont restés dans leur état primitif, possédant la propriété de rendre la gélatine imperméable.
- Il s’ensuit que cette gélatine mouillée, pourra être encrée comme une photocollographie; ce procédé perfectionné par M. H. Claude a reçu de lui le nom de graphitique; le mode opératoire est le suivant :
- Pour préparer la couche de gélatine, prendre :
- Gélatine blanche......................... 200 grammes.
- Eau distillée............................ 800 —
- Laisser la gélatine se gonfler à froid pendant deux ou trois heures, liquéfier au bain-marie puis y incorporer une solution composée de :
- Sulfate de fer............................ 10 gramme^
- Eau distillée............................ 200 —
- Une fois le mélange bien homogène, couler dans une cuvette plate en zinc aux dimensions appropriées au format prévu.
- Quand la couche est refroidie et ne colle plus au toucher, on y applique l’épreuve au ferro-prussiate; celle-ci doit être employée telle qu’elle est au sortir du châssis-presse sans lui faire subir aucun lavage.
- L’application s’effectue simplement à la main ou en s’aidant d’une raclette mais il faut passer celle-ci légèrement et rapidement.
- L’épreuve au prussiate ne doit pas séjourner longtemps sur la pâte, on doit l’enlever aussitôt que le contact intime a été réalisé.
- Pour obtenir des reproductions indélébiles, il suffit de passer sur la
- pâte un rouleau garni d’encre phototypique et d’y appliquer la feuille de papier sur laquelle doit s’effectuer l’impression; la pression de la main seule permet d’obtenir immédiatement une épreuve.
- On encre ensuite à nouveau et on continue le tirage qui peut fournir une centaine d’épreuves.
- N.-B. —- Une note très intéressante sur cette question a paru dans la Phoio-Bevue n° 22 du 15 novembre 1933, on y trouvera l’explication des petits mécomptes que l’on pourrait éprouver dans l’exécution du procédé.
- NICKELAGE DE L’ALUMINIUM
- Voici, d’après un article de M. Clergeot, dans la Technique Moderne un procédé récemment mis au point pour le nickelage de l’aluminium et de ses alliages, grâce auquel on peut obtenir des dépôts épais très adhérents.
- On réalise tout d’abord, en surface des pièces, un dépôt extrêmement mince de fer par déplacement : dépôt très adhérent sur lequel le nickel s’accroche parfaitement.
- Les pièces sont, à cet effet, en premier lieu dégraissées électrolyti-quement dans une solution de carbonate de soude à 10 pour 100. Après rinçage, elles sont placées 10 à 30 secondes dans une solution portée à l’ébullition ou à une température voisine et ayant la compo-
- sition suivante :
- Eau..............................................100 litres
- Solution de perchlorure de fer à 43° B........... '3 litres
- Acide chlorhydrique de densité 1,18.............. 1 ' litre
- Au sortir de cette solution les pièces sont rincées puis nickelées. L’emploi de bains chauffés travaillant à moyenne ou forte densité de courant est recommandé lorsqu’on désire des dépôts épais ou lorsque le nickelage doit être suivi d’un chromage.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉTÉOROLOGIE
- Arc=en=ciel double et arcs surnuméraires.
- Un abonné de La Nature a été récemment témoin d’un beau phénomène d’optique atmosphérique. « Le 22 juillet 1934, dit-il, à Durtal (Maine-et-Loire), entre 20 h et 20 h 30 (heure d’été), est apparu, à la suite d’une ondée, un arc-en-ciel de toute beauté. En raison de l’heure tardive, il était très haut. « Comme il arrive souvent, il était double, mais l’arc-en-ciel principal, circonstance particulière, présentait, en partant de l’extérieur, les colorations suivantes : Rouge, jaune, vert, violet; rouge, jaune, vert, violet; etc. Les couleurs allaient en diminuant d’intensité au fur et à mesure que les cercles se rapprochaient du centre. Il n’y avait pas trace de bleu.
- « En somme, le météore était composé de plusieurs arcs-en-ciel superposés, le bleu et le violet de chaque arc extérieur se superposant avec le rouge de l’arc suivant pour donner du violet.
- « J’ai pu observer, dit notre correspondant, jusqu’à quatre arcs nettement distincts ; on en percevait même cinq par instants. L’arc secondaire présentait le même aspect (les couleurs naturellement étaient inversées), mais on ne pouvait guère distinguer que deux arcs superposés ».
- — L’observation, très précise, qu’on vient de lire, est d’un, grand intérêt. Elle se rapporte à un bel arc-en-ciel double avec arcs surnuméraires.
- La théorie de l’arc-en-ciel a été donnée par Descartes et complétée par Newton. On sait que les deux arcs principaux s’expliquent très facilement par la réfraction et la réflexion des rayons solaires à l’intérieur des gouttes de pluie. L’arc intérieur, qui est, en quelque sorte, le véritable arc-en-ciel, montre la couleur rouge à l’extérieur, le violet à l’intérieur. Au contraire, dans l’arc extérieur, les couleurs sont inversées, le rouge est au dedans, le violet au dehors. Les rayons solaires qui produisent l’arc intérieur ne subissent qu’une réflexion dans les gouttes de pluie; ceux qui produisent l’arc extérieur en subissent deux, ce qui explique, en partie, le moindre éclat de cet arc. Le soleil présentant un diamètre d’environ un demi-degré, chaque point du Soleil produit un arc-en-ciel, les couleurs chevauchant, s’atténuent en partie, et il n’y a guère que les couleurs extrêmes, rouge et violet, qui soient pures.
- L’arc-en-ciel est centré sur la ligne qui joint le centre du Soleil à l’œil de l’observateur : ainsi chaque observateur voit son arc-en-ciel.
- Ce qui se passe pour une goutte se passe pour toutes les gouttes qui ont le même écart angulaire avec la ligne Soleil-observateur. Ceci explique bien la forme circulaire de l’arc-en-ciel. L’arc intérieur a un rayon de 40° 17' pour le violet et de 42° 1' pour le rouge, soit une largeur de 1° 54'.
- L’arc extérieur a 50° 59’ pour le rouge et 54° 9'pour le violet, soit une largeur de 3° 10'.
- D’autres arcs peuvent être visibles, notamment entre le Soleil et l’observateur, mais en général ils( sont trop faibles et passent inaperçus.
- Certains de ces arcs ont été observés et leur distance au Soleil concorde exactement avec les mesures faites sur des arcs artificiels; on est ainsi arrivé à reconnaître l’existence de 19 arcs complémentaires ( expériences faites sur un fdet d’eau). L’observation attentive de l’arc-en-ciel, surtout de certains arcs remarquables (il faut pour cela un Soleil très brillant, et aussi, peut-être, des gouttes bien sphériques, d’une certaine grosseur et d’un diamètre régulier) révèle, à l’intérieur de l’arc interne, ou à l’extérieur du second arc,
- une série de franges colorées. Ces franges ont été signalées en 1722 par Laugwith, et ont reçu le nom d’arcs surnuméraires.
- Elles semblent la répétition de l’arc principal sur une largeur moindre, et rappellent les franges de diffraction d’un écran à bord rectiligne. On doit à Young l’explication de ce phénomène. Il a montré, le premier, que les arcs surnuméraires sont dus à l’interférence des rayons qui émergent parallèlement entre eux, après avoir suivi les chemins différents dans les gouttes.
- C’est à ce dernier phénomène des arcs sui’numéraires qu’on doit rapporter l’observation très curieuse faite par notre abonné. E. T.
- PHYSIQUE
- Un nouvel effet photoélectrique. •— La désintégration nucléaire par les rayons y.
- On sait que parmi les rayonnements émis par les substances radioactives, on a déjà réussi à utiliser le rayonnement a pour provoquer des désintégrations d’atomes. Le rayonnement a est une projection de particules matérielles, chargées positivement qui ne sont autre chose que des noyaux d’atomes d’hélium. Ces particules, lancées à grande vitesse, se comportent comme des projectiles qui, lorsqu’ils^réussissent à atteindre un noyau d’atome, le brisent et en projettent au loin les débris. Il a été tiré grand parti en ces dernières années de cette arme puissante, pour étudier la constitution du noyau atomique.
- Les substances radioactives émettent aussi, très souvent, un rayonnement y de nature bien différente; celui-ci n’est plus une émission de particules matérielles, mais d’ondes électro-magnétiques. Les rayons y sont de la lumière, comme les rayons X,'mais de la lumière de très courte longueur d’onde, beaucoup plus courte que celle des rayons X les plus durs que l’on sache produire en laboratoire.
- On sait que l’on peut obtenir l’ionisation d’un atome, c’est-à-dire le détachement d’un ou plusieurs de ses électrons extérieurs, par bombardement à l’aide de particules cathodiques ou électrons, ou encore par la lumière. Il était, par analogie, naturel de se demander si la lumière, ou tout au moins les radiations lumineuses de très grande énergie, ne pourraient provoquer la rupture d’un noyau d’atome.
- Telle est la question que s’est posée un savant anglais le Dr Chadwick. Des expériences, faites en collaboration avec M. Goldhaber, et dont la revue Nature de Londres donne le compte rendu permettent de répondre par l’affirmative.
- Le Dr Chadwick s’est adressé aux rayons y du Thorium CT", (de quantum hv = 2,62 X 10° électrons-volts), comme au rayonnement le plus énergique pouvant fournir l’intensité désirée; et pour des raisons théoriques, il a choisi comme cible l’hydrogène lourd. Une chambre d’ionisation était remplie d’hydrogène lourd à 95 pour 100 de pureté et connectée à un amplificateur et un oscillographe. Quand l’hydrogène lourd était exposé au .rayonnement y, l’oscillateur enregistrait un certain nombre de déviations brusques. Les mesures montrèrent que celles-ci devaient être attribuées aux protons provenant de la décomposition du noyau d’hydrogène lourd (diplon ou deuton).
- La même expérience répétée avec le rayonnement y du radium, n’ayant provoqué qu’un très petit nombre de chocs sur l’oscillographe, les expérimentateurs ont pu en déduire que la désintégration nucléaire observée par eux exige des rayons d’un quantum l’énergie de 1,8 X 10e électrons-volts au minimum.
- La découverte de MM. Chadwick et Goldhaber présente
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- un très grand intérêt théorique sur lequel nous ne pouvons nous étendre ici pour l’instant.
- L’expérience sera répétée sur d’autres atomes que celui de l’hydrogène lourd et les constatations auxquelles elle donnera lieu contribueront, sans aucun doute, à préciser et étendre nos connaissances sur la structure des noyaux atomiques.
- PHYSIQUE DU GLOBE Depuis quand la Terre est=elle ce qu’elle est?
- Ce titre est celui d’une intéressante conférence faite récemment à la Société Astronomique de France, par M. P. Lemoine, directeur du Muséum. On y trouve des aperçus qui vont à l’encontre de bien des théories admises et qu’il nous paraît utile de résumer ici.
- Les physiciens et les géologues, par diverses méthodes, ont réussi à calculer approximativement Page de la Terre, la durée des époques géologiques, l’âge de formation des différents étages géologiques.
- C’est ainsi que l’on a trouvé que les plus anciennes couches géologiques sédimentaires que nous puissions étudier à fond, les couches du Cambrien à l’aube des temps primaires, datent d’environ 200 à 300 millions d’années. La dernière période d’invasion glaciaire remonte à 10 ou 12 000 ans. L’époque néolithique, c’est-à-dire l’époque de la pierre taillée la plus proche de nous remonte à environ 50 000 ans. Pour les périodes nous laissant les traces les plus anciennes de la vie humaine, on arrive à 250 000 ans environ.
- L’étude approfondie des terrains qui jalonnent les stades successifs de la vie de notre globe a permis des constatations de nature à bouleverser bien des idées reçues. C’est ainsi que depuis le Cambrien jusqu’à nos jours, on ne trouve aucune preuve du refroidissement progressif de la Terre. On enseignait autrefois, on enseigne encore qu’à l’époque carbonifère, il régnait un climat extrêmement chaud; cette affirmation est exacte pour les régions européennes ; mais à la même époque, dans tout l’hémisphère Sud (continent de Gondwana), il y avait des glaciers. La température moyenne du globe ne devait pas être très différente de ce qu’elle est aujourd’hui. On retrouve des traces de glaciers à des époques plus reculées encore que celle du carbonifère : aux époques dévonienne, cambrienne et même précambrienne.
- Les animaux que nous connaissons aux époques cambrienne et précambrienne sont, au fond, très analogues aux animaux actuels; on connaît des radiolaires presque identiques aux radiolaires actuels; les annélides fossiles, d’âge cambrien, découverts par Walcott en un admirable état de conservation sont presque identiques, dans leur système nerveux et leur tube digestif aux annélides d’aujourd’hui. De même pour un certain nombre de méduses. Ainsi des millions et des millions d’années se sont écoulés sans que ces espèces évoluent.
- Une autre conclusion s’impose; les annélides étant extrêmement sensibles aux variations de salinité, la salure des mers où ils vivaient autrefois n’a pas dû se modifier beaucoup au cours des âges. Les travaux récents dù géologue belge Lliœst confirment cette conclusion.
- Les espèces animales ont, semble-t-il, peu changé pendant cette succession de siècles, les poissons existaient déjà à l’époque silurienne, une des plus anciennes; la faune cambrienne, la plus ancienne connue, contient tous les embranchements, déjà très différenciés du règne animal (sauf les vertébrés).
- Ainsi notre Terre a, au fond, assez peu changé, et les êtres vivants qui la peuplent n’ont, eux-mêmes que fort j>eu évolué. Nulle part on ne trouve trace d’une évolution à partir d’une cellule initiale unique. Cette idée, chère aux savants et plus
- encore aux philosophes de la fin du xixe siècle, doit être définitivement abandonnée.
- Cependant, dira-t-on, la surface de la Terre est en perpétuelle transformation; nous en avons la preuve par la formation des chaînes de montagnes et la subdivision des continents. M. Lemoine rappelle que ce sont là des phénomènes cycliques, se reproduisant régulièrement et qui ne peuvent prouver une évolution régulière et dans un sens déterminé du globe terrestre.
- Et ce n’est sans doute pas seulement pendant 200 à 300 millions d’années que la Terre est restée à peu près ce qu’elle est aujourd’hui, mais pendant un laps de temps bien plus long encore. Car il y eut des époques antérieures au Cambrien. Nous savons très peu de choses sur elles. Mais nous savons cependant, par les traces de fossiles observées, qu’il existait déjà des représentants de la plupart des animaux actuels. C’est peut-être depuis un milliard d’années ou plus que la Terre est approximativement ce qu’elle est aujourd’hui.
- OPTIQUE
- Le brouillard et les phares d’automobiles.
- M. le Dr A. IL Stuart, dans Engineering, rend compte d’intéressantes expériences qu’il a elîectuées pour étudier comment se comportent, par rapport au brouillard, les diverses radiations du spectre visible. C’est un fait d’observation courante qu’une lumière blanche vue à travers le brouillard apparaît avec une couleur orange, d’autant plus accentuée que le brouillard est plus dense et que l’épaisseur traversée est plus grande. Le brouillard a donc exercé une sélection sur les radiations qui composent la lumière blanche en favorisant les radiations de grande longueur d’onde.
- M. Stuart a précisé les conditions qui président à ce phénomène eu examinant, dans un spcctrophotomètre de large ouverture, un faisceau lumineux émanant d’une source de lumière blanche, et traversant un brouillard avant de pénétrer dans l’appareil. Il a constaté que les radiations comprises entre 7500 unités Angstrom (frontière de la visibilité du côté du rouge) et 5200 Angstrom subissent une absorption qui dépend de la densité du brouillard et de la longueur traversée; tandis que depuis 5200 unités Angstrom jusqu’à 4000 Angstrom (frontière de la visibilité du côté d u violet) l’absorption est très élevée et correspond en pratique à une extinction totale.
- Que devient la lumière dite absorbée, c’est-à-dire non transmise ? Une partie seulement est absorbée au sens propre du mot, c’est-à-dire transformée en chaleur par son passage à travers la matière du brouillard; le reste est difîracté sur les fines gouttelettes du brouillard. D’après une formule de feu Lord Rayleigh, l’intensité difîractée est proportionnelle au carré du volume de la particule difîractante et inversement proportionnelle à la 4e puissance de la longueur d’onde. Cette formule n’est du reste rigoureusement vraie que lorsque les dimensions des particules sont petites par rapport à la longueur d’onde, ce qui n’est en fait jamais le cas pour le brouillard; car les plus petits diamètres observés pour des gouttelettes de brouillard sont de l’ordre de 5 microns, c’est-à-dire 10 fois supérieurs à la longueur d’onde moyenne du spectre visible. Quoi qu’il en soit, la formule de Rayleigh donne une idée approximative du phénomène et révèle une diffraction environ 10 fois plus forte pour les radiations violettes que pour les rouges.
- Cette lumière difîractée produit le halo bien connu des automobilistes qui essayent d’utiliser leurs phares dans le brouillard. Ce halo a un effet aveuglant sur le conducteur et le prive du bénéfice du peu de lumière que ses phares ont réussi à faire pénétrer dans le brouillard.
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- Pour remédier à ce défaut, M. Stuart propose donc de filtrer la lumière des phares de façon à supprimer toutes radiations comprises entre 5400 et 6500 unités Angstrom; il laisse ainsi subsister dans le spectre les radiations pour lesquelles l’œil est le plus sensible (vers 5500 U. A.) et celles pour lesquelles l’œil a le plus de pouvoir séparateur (entre 6250 et 6500 U. A.). M. Stuart a d’abord essayé des fdtres liquides; puis il a réussi à faire préparer, par MM. Pilkington Brothers Ltd, un verre ayant une courbe d’absorption répondant à ces conditions.
- Ce verre est actuellement vendu à Londres sous le nom de Nebulite.
- OCÉANOGRAPHIE A plus de 900 mètres sous la mer.
- C’est à 922 m. 90 au-dessous du niveau de la mer que vient de descendre le Dr N. Beebe, directeur des recherches tropicales à la Société zoologique de New-York.
- Pour atteindre cet extraordinaire record, il s’est placé, accompagné de son collaborateur Barton, dans une sphère assez solide pour résister à la pression d’une telle colonne d’eau; la sphère que l’on suspend à des câbles pour la descendre au fond de la mer est munie de hublots de construction spéciale, permettant d’illuminer les profondeurs environnantes à l’aide d’un phare électrique.
- C’est aux Iles Bermudes que les deux explorateurs ont ainsi utilisé la « bathysphère », tel est le nom donné à ce nouveau type de cloche à plongeurs dont La Nature a déjà eu l’occasion d’entretenir ses lecteurs.
- Les dépêches de presse qui signalent les essais du Dr Beebe annoncent qu’il a aperçu, à 840 m de profondeur, un poisson d’environ 6 m de long qui brillait de centaines de petites lumières, causées probablement par des parasites phosphorescents.
- On fera bien d’attendre les mémoires que ne manque-
- Fig. 2. — M. Beebe au hublot de la balhysphère. (Ph. N. Y. T.).
- Fig. 1. — La plongée de la balhysphère du Beebe el Barlon. (Ph. N. Y. T.).
- ront pas de publier le Dr Beebe et M. Barton pour se faire une idée plus précise de la faune des grandes profondeurs océaniques.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Le iluosilicate de baryum insecticide.
- D’après Scientific American, l’emploi du Iluosilicate de baryum comme insecticide se répand rapidement aux États-Unis où il tend à supplanter les produits arsenicaux. D’après les essais effectués, le Iluosilicate de baryum a une grande efficacité contre les insectes qui vivent sur le feuillage des plantes.
- Comme les autres insecticides utilisés en pareil cas, il s’emjdoie en pulvérisations.
- Il n’est pas nécessaire que l’insecte mange une feuille imprégnée du poison; il suffit qu’il passe à travers un peu du produit sur le sol ou sur la plante pour se trouver en danger de mort immédiat.
- Si le Iluosilicate de baryum est plus toxique que l’arséniate de plomb pour nombre d’insectes, il est par contre beaucoup moins dangereux pour l’homme et ce n’est pas un mince avantage; il est treize fois moins toxique que le sel arsenical.
- La présence d’un insecticide toxique sur les fruits est un danger sérieux pour le consommateur.
- Avec le Iluosilicate de baryum ce danger se trouve don bien atténué.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Conductibilité électrique et thermique des métaux, par L. Brillouin, 1 brochure, 78 pages, 18 fig. Hermann et Cle, Paris, 1934. Prix : 18 fr.
- L’explication de la conductibilité électrique et thermique des métaux est un des écueils sur lesquels s’est brisée l’ancienne théorie de la constitution électrique de la matière. M. Brillouin propose ici / une nouvelle théorie s’appuyant sur la mécanique quantique; il en développe les méthodes de calcul et en lait ressortir les conséquences essentielles. Il tente également une explication du phénomène toujours mystérieux qu’est la supra-conductibilité.
- Kleine Meteoritenkunde, par Fr. Heide, l vol., 120 p. 92 fig. Julius Springer, éditeur, Berlin, 1934. Prix relié: RM. 4,80.
- Ce petit livre d’excellente vulgarisation résume d’une façon extrêmement attrayante tout ce que l’on sait actuellement sur les météorites. Il explique tout d’abord les phases de la chute des météorites, met au point la question des cratères météoriques, et donne l’historique des principales chutes de météores observées. Puis il étudie la composition chimique et la structure physique des météorites; il montre qu’elles posent de captivants problèmes non encore résolus. Enfin, il résume les remarquables travaux de Paneth qui détermine l’âge des météorites d’après la teneur en hélium; l’âge ainsi trouvé (3 milliards d’années au maximum) est du même ordre de grandeur que l’âge de formation des minéraux terrestres; résultat qui renforce l’hypothèse que ces messagers du ciel ont leur origine dans notre système solaire.
- Machines automatiques, mécaniques et électriques, P. Maurer. 1 vol., 42 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1934. Prix : broché, 10 fr. 50.
- L’automatisation, tout au moins pour les machines industrielles, exige la présence de mécanismes complexes asservis entre eux, et dépendant d’organismes spéciaux qui reproduisent les actions humaines. Le but de l’ouvrage de M. P. Maurer est d’étudier l’automatisation de ces machines.
- L’auteur établit tout d’abord les bases de la classification des machines et de la théorie générale des mécanismes. Les procédés d’automatisation des machines font ensuite l’objet d’une étude spéciale qui permet d’établir des règles précises s’adaptant aux différents types de machines mécaniques et électriques. L’ouvrage se termine par un exposé des principes de fonctionnement des principales machines automatiques que l’on rencontre dans l’industrie.
- Fraises et plateaux à coquilles pour le travail du bois, par R. Fontaine. 1 vol., 96 p., 15 fig. Dunod, Paris, 1934. Prix : broché,15 fr.
- L’ouvrage est destiné aux contremaîtres et aux ouvriers spécialisés qui utilisent les fraises et les plateaux à coquilles pour le travail du bois à la toupie et à la tenonneuse. Il contient des renseignements et des conseils pour la plupart inédits, et indique des procédés très précieux relatifs au travail du bois proprement dit.
- Il expose sur quels points doit porter la vérification des fraises et des plateaux à coquilles, dès leur réception, comment ils doivent être employés et entretenus pour fournir le meilleur rendement. Dans des tableaux extrêmement clairs, il indique un à un chaque défaut de fonctionnement et la cause probable qui le détermine.
- Répertoire des Mines et Gisements de France et de l’Afrique du Nord (sous-sol de la France), par MM. Léon Laffite et Victor Ciiarrin. 1 vol. cartonné, 25 x 16,700 p. Mines, Carrières, édit. Prix : 100 fr.
- Cette troisième édition du sous-sol de la France constitue la docu-'mentation la plus abondante qui existe sur les gisements de toute nature de notre pays : charbons, schistes, hydrocarbures, mines de fer, zinc, plomb, or, mines de sel gemme, etc.
- On y trouve, en ordre alphabétique, toutes les concessions tant actives qu’inactives ou renoncées, avec leur étendue, leur situation, les dates d’institution ou de renonciation, la production, etc. Une liste est donnée des concessions par département et une autre par matière.
- L’ouvrage contient encore au complet la législation minière pour la France, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, la liste de tous les fonctionnaires formant le personnel des mines, la liste des communes de France sur lesquelles peuvent exister ou ont existé des concessions, et enfin un répertoire d’environ 2000 noms et adresses de tous les propriétaires.
- C’est un très sérieux travail que nous devons aux auteurs. Mais M. Léon Lallile avoue très modestement dans sa préface qu’ils ont été aidés dans leur tâche par de nombreux collaborateurs, dont un certain nombre appartiennent à l’Administration des Mines.
- La technologie moderne, par A. Chaplet, 1 vol. 488 pages, 511 fig. Delagrave, éditeur, Paris 1934.
- Cet ouvrage est destiné à donner une vue d’ensemble sur les techniques et méthodes de l’industrie moderne. Il décrit d’abord brièvement l’appareillage industriel en général : machines motrices, pompes, fours, appareils à concentrer, à évaporer, etc., et donne quelques notions d’organisation du travail. Puis il passe en revue les diverses industries qu’il classe en industries extractives, industries préparatoires (industries métallurgiques, industries chimiques, industries du bois), industries alimentaires, industries du vêtement et de la toilette, technique du logement, industries concernant les besoins intellectuels (papier, imprimerie, photographie, cinéma, techniques du son). En résumé : une série de brèves, ruais substantielles et instructives leçons de choses.
- Leçons de zoologie et de biologie générale, par
- Georges Bohn. Tome III (Cœlentérés et Vers). 1 vol. in-8, 102 p., 60 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934.
- Nous avons déjà dit comment d’année préparatoire aux études médicales s’est transformée de F\ C. N. en P. C. B., l’histoire naturelle descriptive ayant fait place à la biologie explicative. Le professeur Bohn, chargé de cet enseignement nouveau, publie son cours dont voici le 3° fascicule. 11 est consacré à divers groupes d’invertébrés : Cœlentérés, Éponges, Annélides, Vers aberrants, Trématodes, Cestodes, Nématodes. Riche d’idées personnelles et générales, tenant compte des faits nouvellement acquis, didactique et intéressant dans toutes ses parties, ce cours est une très heureuse initiation dont la lecture est à recommander non seulement aux médecins présents et futurs, mais à tous ceux qui veulent connaître sans effort les tendances actuelles de la biologie et de la zoologie.
- Michel Adanson, voyageur, naturaliste et philosophe, par Aug. Chevalier. 1 vol. in-16, 171 pages, 5 pl. Collection des médaillons coloniaux. Larose, Paris, 1934.
- Génie méconnu, Adanson, ayant déjà acquis toutes les connaissances zoologiques et botaniques de son époque, vécut au Sénégal de 1749 à 1753, recueillant les plantes, traçant des croquis des côtes, apprenant la langue ouolof, puis il rentra en France où il mena une vie laborieuse) pénible, à peu près sans rien publier, si bien que ses travaux furent oubliés puis reparurent souvent sous d’autres noms. Bien des idées neuves de Lamarck, de Cuvier, de Pasteur avaient déjà été exprimées par lui. Il avait rêvé d’une encyclopédie plus savante et plus complète que celle de son époque. Il avait clairement compris les principes de la classification naturelle, la notion d’espèce, la variabilité de celle-ci. Tout cela fut ignoré et aurait été perdu sans l’étude d’un autre Africain, botaniste, ethnographe lui aussi, qui a découvert les manuscrits d’Adanson et fait revivre avec sympathie cette grande figure.
- Cent champignons reproduits en couleur d’après les aquarelles de E A. Seguy, par R. Le Cerf, i vol., 86 pages, 16 pl. en couleur. Éditions Duchartre, 13, rue Ernest-Cresson, Paris. Prix : 20 fr.
- La cueillette et l’étude des champignons sont pleines d’attrait pour les amateurs de la nature, même non spécialisés. Mais les néophytes sont souvent rebutés par les difficultés du début et par les dangers que fait courir l’ignorance en matière de mycologie. Le beau livre de Le Cerf et Seguy donne aux débutants en mycologie une excellente initiation pratique. Il débute par une brève et claire notice générale sur les champignons et leur classification ; puis il donne la description de 100 espèces fréquentes dans nos régions, en adoptant une classification bien commode pour l’amateur généralement plus gastronome que botaniste : comestibles excellents, mortels ou vénéneux, comestibles (plus ou moins appréciables), curieux. Chaque espèce décrite est représentée sur l’une des belles aquarelles qui accompagnent l’ouvrage.
- Méditerranée, péninsules méditerranéennes,
- lro partie, généralités, Espagne et Portugal, par Max Sorre et Jules Sion. Paris, A. Colin, collection « Géographie universelle », gr. in-8, 234 p., 55 cartes, 113 photos et une carte en couleur hors texte, broché 70 fr.
- Les auteurs ont su renouveler un sujet qu’on pouvait croire connu. L’étude du cadre méditerranéen dans sa structure géographique et son évolution est une synthèse remarquable. La péninsule ibérique, riche en contrastes, est caractérisée de main de maître et étudiée région par région; l’auteur insiste particulièrement sur les types de peuplement, les formes de vie, les conditions économiques et la situation actuelle du pays.
- Riche et variée, l’illustration, aussi neuve que le texte, compte des vues aériennes particulièrement frappantes.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ
- Le « Coupatan » interrupteur automatique.
- Les petits appareils de chauffage électrique utilisés aujourd’hui dans les ménages sont de plus en plus nombreux : fers à repasser, bouilloires, cafetières, grille-pains, etc. Leur commodité et leur élégance ont été rapidement appréciées. Leur usage serait encore plus pratique si l’on n’avait pas à craindre de les oublier sur le courant; et si en conséquence, on n’était pas obligé de les surveiller sans cesse pendant leur fonctionnement.
- Le « Coupatan », son nom l’indique, a été conçu pour supprimer cette sujétion. Ce petit appareil automatique se chai'ge de couper le courant, au bout du temps qui lui a été assigné. C’est une minuterie réglable, combinée à un interrupteur; on la branche simplement sur la prise de courant; elle est elle-même munie d’une prise de courant dans laquelle il suffit d’enfoncer la fiche de l’appareil de chauffage.
- On amène l’index d’un bouton de manœuvre devant un chiffre du courant indiquant les temps; et l’appareil, au bout du temps indiqué, coupera le courant.
- La figure 1 représente une coupe schématique de l’appareil. Il comprend tout d’abord un interrupteur dont le couteau est monté sur un bras oscillant A, et dont les contacts lixes sont en C, C2; le couteau est maintenu en position de fermeture par le ressort axial B.
- Dans l’axe du bras oscillant A est monté l’arbre principal du mouvement d’horlogerie de la minuterie, représenté schématiquement par les roues dentées G, H, l’échappement F, et le ressort K, monté sur l’arbre principal de la minuterie.
- Ce ressort travaille en opposition par rapport au ressort B.
- Tout le mécanisme est contenu dans un boîtier, d’où émerge l’arbre principal de la minuterie; sur sa tête est monté le bouton de manœuvre J, se déplaçant devant un cadran gradué dont chaque division correspond à une minute.
- L’interrupteur et le mouvement d’horlogerie sont liés l’un à l’autre par une manivelle M solidaire de l’arbre du rouage; cette manivelle .vient heurter un ergot E solidaire du couteau de l’interrupteur. Le ressort K du mouvement a un couple beaucoup plus important que le ressort B du couteau de l’interrupteur; de sorte qu’au repos le ressort K maintient l’interrupteur ouvert. Le repère est alors devant le zéro du cadran.
- Si on tourne le bouton de manœuvre J, pour amener l’index par exemple devant une division du cadran, la manivelle M ferme l’interrupteur; d’autre part, la roue dentée G s’embraye avec un des rouages du mécanisme d’horlogerie, consti'uit de telle sorte que si on abandonne le bouton J, celui-ci ainsi que l’arbre de la minuterie et la manivelle M qui sont solidarisés avec lui, ne peuvent plus revenir immédiatement au zéro sous l’action du ressort K; mais ne le pourront que lorsque le mouvement d’horlogerie aura décompté le nombre de minutes indiqué sur le cadran, en face du repère.
- Fig. 1. —• Coupe schématique du « Coupatan ».
- A ce moment, le pignon G et son ressort K sont libérés et ouvrent brusquement l’interrupteur. Le bruit sec que produit cette manœuvre avertit l’usager que l’appareil cesse d’être sous courant; il le constate, du reste, en voyant que l’index est revenu au zéro.
- Cet appareil très soigneusement construit est muni en outre d’un fusible sous verre, et d’une dragonne de sécurité qui permet de l’accrocher à un piton près de la prise de courant murale, pour éviter sa chute si on tirait par mégarde sur le cordon de l’appareil d’utilisation.
- Enfin le fond de l’appareil peut recevoir des inscriptions au crayon; on peut y indiquer, par exemple, les durées de fonctionnement des divers appareils auxquels s’adaptera le Coupatan.
- Le Coupatan étant capable de couper 700 watts peut trouver d’autres applications que les applications domestiques; dans les laboratoires en particulier, il pourra rendre souvent de grands services, en interrompant automatiquement un chauffage au bout d’une durée prédéterminée.
- Il peut servir aussi à commander de petits moteurs industriels.
- Construction : Ateliers Coupatan, 11 bis, rue du Commandant Rivière, Colombes (Seine).
- PHOTOGRAPHIE
- Support Fig. 3. — Support oscillant pour développement
- oscillant pour photographique.
- développement photographique.
- Le développement des pellicules ou des plaques ne peut se faire dans de bonnes conditions que si les bains sont soumis à une certaine agitation.
- Il y a divers systèmes d’appareils à développement automatique qui sont intéressants , mais qui nécessitent malgré tout l’intervention de l’opérateur si l’on veut que le bain soit agité.
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- Fig. 4 (à gauche). — Chaîne-support pour plaques.
- Fig. 5 (à droite). — Support pour filins.
- L’inventeur de la cuve à développement automatique que nous avons déjà décrite ici même a imaginé un bâti oscillant qui supporte ses cuves à développement automatique ou toute autre cuvette de manière à agiter constamment le bain.
- Ce bâti-support comporte une ceinture qui est fixée à des couteaux reposant sur des supports placés à la partie supérieure du bâti.
- On met la cuve (ou les cuves) en place, car les bâtis sont prévus pour recevoir plusieurs cuves, et l’on donne un mouvement d’oscillation à l’ensemble.
- Grâce au poids des cuves et des bains, l’oscillation se continue pendant un temps suffisant au développement.
- Il suffit d’une impulsion à donner pour permettre le brassage du liquide.
- L’inventeur a aussi imaginé des cuves plus importantes avec plusieurs compartiments dans chaque cuve, do manière à réaliser un appareil industriel de développement.
- Il a imaginé également des chaînes de paniers qui peuvent contenir des plaques de manière à favoriser le développement en grande série.
- Avec un groupe de trois cuves, on peut alors prévoir la cuve de développement, celle de lavage, celle de fixage. Les rayonnages constitués par des poignées en fil de fer pour les plaques formant les éléments d’une chaîne contenant les plaques et suspendues dans la cuve.
- D’autres systèmes dérivés de l’étrier primitif permettent d’enrouler une très grande longueur de film et de développer ainsi des films cinématographiques.
- Enfin, si l’on veut utiliser des cuvettes ordinaires pour le bain, le bâti s’y adapte également au moyen d’une petite mo di fi cation, une cuve étant placée à la partie supérieure au niveau des couteaux, et une cuve étant prévue à la partie inférieure du bâti qui comporte alors des étriers pour maintenir cette cuve placée dans le bas.
- Consortium Inventions modernes, 14, rue Chalgrin, Paris.
- HYGIÈNE
- Filtre hygiénique sans pression « Épuro ».
- Le filtre « Opur », que
- Fig. 6. •— Utilisation des cuvettes ordinaires.
- nous avons signalé à la rubrique « Inventions et Nouveautés », dans notre numéro 2931, a été établi pour filtrer l’eau sous pression.
- A la campagne, malheureusement, et surtout aux colonies, on dispose rarement de cette eau sous pression, et l’on y doit, le plus souvent, se contenter d’eaux de sources, plus ou moins contaminées; de puits, souillées par des infiltrations, ou de pluie, recueillies dans des citernes, après qu’elles ont lavé les toits, chargés do toutes sortes de poussières et de déjections d’oiseaux.
- Si l’on en excepte les eaux de pluie, ces eaux, la plupart du temps, sont extrêmement calcaires.
- Elles contiennent, de plus, nombre de microbes, notamment le colibacille, et, trop souvent, les microbes de la fièvre typhoïde et du choléra.
- A la demande de nombreux clients habitant la campagne, et les colonies, et de citadins, de mamans en villégiature, soucieuses de la santé de leurs enfants, et qui, si elles sont sûres, à la campagne, de la pureté de l’air, le sont moins de la pureté de l’eau, le même constructeur a établi un autre modèle de filtre, le filtre « Epuro », donnant, sans pression, une eau pure et cristalline grâce à son passage à travers une masse filtrante en céramique poreuse, cuite à haute température.
- Ce filtre Epuro peut être établi avec simple ou double filtration pour le même appareil.
- Avec simple filtration, il donne un litre d’eau pure en 10 à 15 min.
- Si l’on ajoute, à l’intérieur du filtre, une seconde masse filtrante de même nature, que la première, la filtration est double, l’eau est. Fig. 7. — Filtre sans pression plus épurée, mais le «Épuro».
- débit est évidemment plus lent, et il faut
- compter de 15 à 20 minutes pour en obtenir un litre.
- Le même modèle peut donc servir pour une simple et une double filtration, celle-ci, toujours utile, n’étant indispensable que pour des eaux extrêmement souillées, et aux colonies.
- La figure ci-jointe montre bien le fonctionnement de l’appareil. On verse l’eau à filtrer dans le réservoir placé sur le trépied, dont la contenance est de 2 litres, et l’on place entre les branches de ce trépied une carafe préalablement lavée à l’eau bouillie, ou stérilisée à la vapeur.
- Ce filtre, évidemment, se charge plus ou moins vite d’impuretés.
- Il suffit, pour nettoyer la ou les masses filtrantes, de les sortir du récipient, de les plonger dans un bain d’acide chlorhydrique, ou esprit de sel, et de les rincer longuement à l’eau épurée, après quoi elles peuvent servir à nouveau, et indéfiniment.
- Le filtre Épuro est en vente chez M. Bourguet, 13, rue Clément-Forissier, à Saint-Étienne (Loire).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Acier magnétique à Valuminium. Aciéries Jacob Hullzer, 43, rue des Marais, Paris.
- Marathon, 1, rue Poulie, Paris (acier CErstiet 500).
- Plusieurs lecteurs nous ont demandé à la suite de l’article publié AG/P| 46, rue de la Victoire, Paris (acier anglais Eclipse),
- dans notre n° 2928 du 1er mai 1934 où l’on pouvait se procurer ces
- aciers. Le brouillard et les phares d’automobiles.
- Voici des adresses : Le verre Nébulite est vendu par Thé Dondon Motor Aecessories C°,
- Forges d’Allcvard, 12, rue La Rochefoucauld, Paris. 19, Charing Cross Road, London W. C. 2 (Angleterre).
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. le Dr Tholose, à Montbard. — Le camphre a été effectivement préconisé pour lutter contre les encrassements à la dose de 1 à 2 pour 100, son emploi est sans inconvénient, mais son efficacité a été discutée.
- M. Robert, à Paris. — Nous n’ignorons nullement l’emploi de la gomme adraganle dans la préparation des fixateurs pour la chevelure et avons donné une formule de ce genre dans le n° 2913, page 288, veuillez bien vous y reporter.
- G. K., à Paris. — 1° L’Iiuile de foie de morue doit ses propriétés curatives à la présence de l’iode physiologique et aussi d’après les considérations actuelles à des vitamines.
- Le degré de ilaminisation se mesure par expérimentation sur l’animal, en l’espèce, le rat ou la souris en compensant un régime avi-taminé jusqu’à suppression des phénomènes de carence.
- 2° Nous ne pensons pas que l'huile de sarrasin ait fait l’objet de recherches spéciales, au point de vue apport de vitamines.
- M. Raffy,à la Ferté-Hauterive.— 1° La Cire de Carnauba, se comporte dans les solvants habituels, d’une façon analogue à la cire d’abeilles, vous pouvez prendre comme type d’une encaustique de ce genre, la formule qui suit :
- Cire de Carnauba................. 50 grammes
- Cérésine.........................120 —•
- Paraffine........................120
- While Spirit..................... 450 cent, cubes
- Essence de térébenthine .... 250 —
- 2° La récupération des produits absorbés par les charbons actifs et la régénération de ceux-ci, se font en chauffant légèrement la matière et en y faisant passer un courant de vapeur d’eau surchauffée;
- Voir sur cette question, l’article que nous avons publié dans le n° 2709 du 6 mars 1926, ainsi que le Bulletin de l’Association des Anciens Élèves de l’École de Physique et Chimie industrielles, n°425, novembre 1930.
- M. Wybailiîe, à Sequedin, Nord. — L’arome que présente le café torréfié dépend de deux éléments, l’origine et la torréfaction.
- L’influence de l’origine est incontestable et la réputation y est subordonnée. Suivant le goût du consommateur, on offre à celui-ci les cafés pâles et jaunes de Bourbon, Malabar, Moka, Java ou les cafés verts de la Martinique, Guadeloupe, Porto-Rico, Haïti. Le plus souvent an procède à des mélanges pour associer les qualités diverses.
- Quant à la torréfaction, elle a pour but de développer la production d’une huile brune, plus dense que l’eau, un peu soluble dans l’eau bouillante, la caféone.
- Pendant cette opération, il y a une perte de 16 à 20 pour 100 du poids du café; pour conserver à celui-ci le maximum d’arome par la torréfaction, il ne faut pas dépasser la teinte rousse légère, avec une freinte maxima de 15 pour 100.
- A. E., à Quadalajara, Mexique.—-1° Vous trouverez tous renseignements sur la distillation des mélasses de cannes dans le Manuel des Fabricants d’alcools, par Barbet et Aracliequesne, éditeur Bernard, 53 1er, quai des Grands-Augustins.
- 2° Le Journal La Distillerie, 3, rue Richelieu, à Paris, vous permettra de vous tenir au courant de toutes questions concernant la distillerie.
- F. Z., à Toulouse. — La maison Scory, 162, faubourg St-Martin, vous fournira tous verres colorés susceptibles d’absorber les rayons
- calorifiques rouges et infra-rouges, sous forme de vitres utilisables dans l’habitation.
- S’il s’agit de travaux de laboratoire, s’adresser à la société Pyrex, 8, rue Fabre d’Eglantine, Paris (12e), qui fabrique toute une gamme d’écrans-filtres, bien étalonnés en unités Angstrtm pour les différentes parties du spectre.
- M. Besary, à Clichy. — Les vernis alcooliques à la gomme laque par dissolution directe sont troubles à cause de la présence des cires laques; on peut obtenir des vernis très transparents en môme temps que presque ininflammables par addition de tétrachlorure de carbone.
- Pour cela on met à digérer à froid 10 gr de gomme laque blonde en paillettes dans l’alcool dénaturé (100 cm5) jusqu’à dissolution complète, puis on ajoute 5 à 10 pour 100 de tétrachlorure de carbone.
- On obtient ainsi un liquide facile à filtrer et donnant une solution limpide qui s’étend facilement en couches très transparentes.
- La Procure, à Namur. — Les spécialités suivantes vous permettront de faire de petites réparations au fer à souder, sur Valuminium : Soudure Goliath, chez Jacquet, 65, rue de Verdun, à Suresnes, Seine. Soudure Alusin aux établissements Contai, 64, rue Comte Raoul, à Amiens.
- M. de la Meillaie, à Paris. •— Vous détruirez facilement les végétations cryplogamiques qui se sont développées sur votre mur en pulvérisant sur celui-ci une solution à 5 pour 100 de chlorure de zinc, s vous tenez à conserver la teinte blanche, ou une solution à même concentration de sulfate de cuivre (vitriol bleu), si une légère teinte bleutée ne déplaisait pas.
- Opérer bien entendu par temps sec de façon que les agents utiles ne soient pas entraînés par les pluies.
- M. Cinquin, à St-Pourçain-sur-Siouie. — 1° Nous avons donné dans le n° 2902, page 336, la formule d’une colle analogue à celle qu; vous intéresse, veuillez bien vous y reporter.
- 2° La composition de la spécialité dont vous parlez nous est actuellement inconnue.
- M. Mallecourt, à Lyon. — Pour graver le verre au moyen de l’acide fluorhydrique, on doit utiliser celui-ci à l’état gazeux, l’acide liquide ne produisant qu’une gravure transparente.
- Afin de dégager l’acide sous cette forme, on mélange du fluorure de calcium et de l’acide sulfurique en fort excès, dans une cuvette de plomb, puis on dispose au-dessus l’objet à graver, recouvert d’une couche de cire d’abeilles, dans laquelle au moyen d’un stylet, en a pratiqué des relevages pour mettre le verre à nu.
- L’acide sulfurique déplaçant l’acide fluorhydrique, les vapeurs de ce dernier viennent corroder le verre; quand on juge l’attaque suffisante, on rince l’objet à l’eau claire, puis on le débarrasse de sa couche de cire, par essuyage, après l’avoir chauffé légèrement.
- N. B. — Dans le but d’activer la réaction, on peut placer la cuvette et son contenu sur un bain-marie, pour en élever la température, sans toutefois amener la fusion de la cire, qui protège les parties à réserver.
- M. Parisot, à Bartow-Floride. — 1° L’étymologie que vous avez envisagée est bien exacte, le nom de kerosine étant une modification de cérésine qui désigne actuellement la cire minérale extraite du pétrole, c’est donc bien le mot grec « Keros » signifiant cire, matière cireuse qui est à l’origine.
- 2° Nous sommes tout à fait de votre avis au sujet de l’introduction
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- de l’os de seiche dans les préparations médicinales, par exemple, la bouillie lactée, il a en effet été nettement constaté que les éléments minéraux sont beaucoup mieux assimilés quand ils constituent déjà de la subsistance organisée, autrement dit un organe, ayant participé au fonctionnement normal d’un être vivant.
- Cercle du Creusot. — l°.La préparation des toiles à tableaux s’effectue ainsi.
- La toile étant bien fixée sur le châssis par de menus clous ou semences, on y passe une couche de colle de peau et laisse bien sécher.
- Ensuite on ponce légèrement à la pierre ponce en poudre fine, pour faire disparaître les rugosités: on passe alors une couche épaisse de couleur blanche préparée à l’huile, dont le pigment sera constitué par parties égales de sulfate de baryte, argile blanche, oxyde de zinc et blanc d’Espagne. (Éviter le blanc de céruse qui noircit aux émanations sulfureuses).
- Après séchage parfait, on donne un dernier ponçage pour uniformiser.
- N. B. — On peut ajouter, si on désire un ton crème, une pointe de terre de sienne.
- 2° Le vernis dit Maltolain pour la retouche des clichés se prépare en faisant séparément les deux solutions suivantes :
- a) Alcool a 95°. ........ SO cent, cubes
- Sandaraque pulvérisée. .... 15 grammes
- Térébenthine ....................... 5 cent, cubes
- Huile de lavande............... 4 •—
- b) Alcool à 95°................ 25 cent, cubes
- Éther sulfurique. ....... 2 •—•
- Camphre cristallisé........ 4 grammes
- Eau distillée.............. 10 cent, cubes
- Mélanger les deux solutions plusieurs jours à l’avance, puis décanter et filtrer.
- G., à Rennes. — 1° Pour verdir à nouveau le dos de vos livres, il vous suffira d’y passer une légère couche de vernis blanc français étendu d’un peu d’alcool coloré en vert par une couleur d’aniline à choisir suivant le ton désiré.
- 2° Lorsque le cuir des fauteuils esl éraflé, si on essaye d’appliquer un vernis directement, celui-ci fait des taches plus foncées aux endroits où les éraflures ont rendu le cuir poreux.
- Pour éviter cet inconvénient, il suffit, avant de vernir, de faire un encollage léger, avec de la gélatine, ou plus simplement de la colle forte un peu épaisse.
- Après séchage, on polit légèrement au papier de verre puis on applique un des vernis pour cuir, de la couleur appropriée, que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs.
- 3° Les pâtes à raser sont simplement des savons dans lesquels la saponification n’a pas été complète et où il reste de l’acide stéarique libre.
- 4° La formule suivante d’engrais complet vous donnera certainement satisfaction pour l’entretien de vos plantes :
- Nitrate de potasse................0 gr. 500
- Sulfate d’ammoniaque............. 1 gramme
- Superphosphate de chaux. ... 5 grammes
- Sulfate de potasse................0 gr. 500.
- Faire dissoudre dans un litre d’eau et employer en arrosages ménagés de temps à autre, en alternance avec les arrosages habituels à l’eau pure.
- M. de Laat,à Bruxelles. — 1° La décoloration des résidus de pétroles se pratique habituellement au moyen de la terre à foulon qui est une variété d’argile.
- 2° Vous trouverez tous renseignements sur la question qui vous intéresse dans l’ouvrage- Les Lubrifiants : Fabrication, raffinage, confection des mélanges, contrôle chimique et applications pratiques, de Fritsch; éditeur Legrand, 93, boulevard Saint-Germain.
- 3° L’ouvrage de Michel ayant pour titre Coloration des métaux, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, vous donnera très probablement satisfaction.
- J. H., à Belfort. — Si les touches de votre piano sont réellement en galalithe, le moyen le plus pratique pour les nettoyer est d’employer, avec ménagement de l’eau rendue ammoniacale par quelques centimètres cubes d’alcali volatil. Rincer ensuite soigneusement et polir à la flanelle bien propre.
- [VI. Prévost, à Sancellemoz. — Lorsqu’on veut supprimer les poussières d’un local, il suffit de pulvériser sur le sol à un jour d’intervalle, une solution de chlorure de magnésium à 30° Baumé, ce sel
- étant hygrométrique, la poussière ne vole plus et peut-être balayée facilement, l’action persiste paraît-il six mois au moins; un litre de la dite solution permet d’imprégner environ six mètres carrés.
- Lycée Gassendi, à Digne. — 1° Dans le n° 2927, page 363, nous avons indiqué que le Maté contenait une quantité d’alcaloïdes, théo-bromine ou caféine égale à celle du thé noir soit 1,90 pour 100 et à peu près double de celle du café de première qualité.
- 2° Nous n’avons pas connaissance du phénomène de phosphorescence dont vous parlez, en ce qui concerne les arbres; mais il est fréquent pour les végétaux inférieurs.
- IVI. Régnier, à Sousse, Tunisie. — Pour reboucher les trous de vriUetles dans le bois, il suffit de se servir de cire d’abeilles additionnée d’un peu d’ocre jaune ou rouge et de noir de fumée de manière à réaliser une teinte analogue à celle du meuble.
- En ajoutant une trace de sublimé (bichlorure de mercure à la mixture, on détruit en môme temps la larve de l’Anobium qui est dans la cavité.
- IVI. Castanet, à Alès, Gard. — Vous pourrez facilement donner à la basane dont vous disposez la couleur qui vous plaira en vous servant des couleurs dites aux stéarates que l’on trouve aujourd’hui d’une façon courante dans le commerce et qui ont la propriété de se dissoudre dans la benzine.
- Comme type d’une préparation de ce genre vous pouvez prendre :
- Couleur au stéarate............. 15 grammes
- Benzine lourde.................. 85 —
- Ce procédé a l’avantage de ne pas mouiller le cuir et de faire prendre la couleur sur celui-ci môme si le cuir est gras.
- A titre d’indication, vous trouverez des couleurs aux stéarates au détail chez G rangé, 54, rue des Francs-Bourgeois ou par quantités industrielles, chez Pelliot, 24, place des Vosges, Paris.
- IVI. Bertran, à Cambrits-Tarragone. — 1° Pour récupérer l'or qui se trouve dans les feuilles minces servant à la dorure, les dissoudre dans l’eau régale (2 volumes d’acide chlorhydrique et un volume d’acide azotique) évaporer à sec au bain-marie, reprendre par l’eau et précipiter à l’ébullition l’or par l’acide oxalique ou le sulfate ferreux, celui-ci de préférence.
- Filtrer l’or, le laver à fond, puis le redissoudre dans l’eau régale, ce qui donnera une solution de chlorure d’or pur.
- 2° La préparation des boîtes devant servir à conserver les insectes ou les papillons, consiste d’abord à enduire toutes les parties de la boîte d’une solution à 5 pour 100 de naphtol dissous dans l’alcool. Ensuite on colle sur le fond une plaque de liège au moyen de colle forte additionnée de 0,5 pour 100 gr de sublimé (Bichlorure de mercure).
- Après séchage on donne également au liège un badigeonnage avec la solution de naphtol.
- La boîte est alors prête à l’emploi.
- 3° Ainsi que nous l’avons déjà signalé, la coloration rouge de la croûte du fromage de I-Iollande est obtenue au moyen du tournesol.
- 4° La plupart des couleurs d'aniline sont par leur constitution inoffensives, toutefois par les produits ayant servi à leur fabrication et dont elles ne sont pas complètement débarrassées, leur consommation peut ne pas être sans inconvénients; on ne doit donc se servir pour colorer les produits alimentaires que des'matières colorantes autorisées et dont une liste précise a été dressée.
- 5° Le bleu de méthylène qui appartient au groupe des thiazines, est effectivement employé en badigeonnages de la région tapissée de membranes; dans l'angine de Vincent, la formule du Soluté est la suivante :
- Bleu de méthylène................... 2 grammes
- Eau bouillie.......................100 —
- 6° Le rhume de cerveau peut souvent être jugulé au début par pulvérisations au moyen de l’appareil de Vaast, d’huile goménolée au vingtième.
- 7° Pour se débarrasser des engelures, le mieux est de les badigeonner en se servant d’un pinceau, avec une mixture composée de :
- Alcool camphré.....................100 cent, cubes
- Sous-acétate de plomb à 30° B. . 100 —-
- 8° La préparation de plaques photographiques ne vous conduirait qu’à des insuccès, il est préférable d’acheter ces plaques toutes préparées, en adaptant la marque aux opérations que vous avez en vue.
- Port de Safi. — Vous trouverez dans l’ouvrage Travail du Bois, par Michel, une documentation très complète sur tous les procédés qui ont été préconisés pour la conservation des bois. Éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- Le Gérant : G. Masson.
- 5849. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.
- 1-10-1934. — Published in France.
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- Paraît le l*r et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Ci#, Editeur*, 110, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (7{, C. Seine : Tel, Danton 56.11,
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarit intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n**), 90 fr. ; — 6 mois (12 n**), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
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- N° 2939
- LA NATURE
- 15 Octobre 1934.
- UNE GRANDE VICTOIRE
- DE LA BACTÉRIOLOGIE FRANÇAISE
- LE SÉRUM CONTRE LA SEPTICÉMIE A STREPTOCOQUES
- LE STREPTOCOQUE
- Le streptocoque identifié par Pasteur en 1880 se range parmi les microbes les plus répandus. Ce microbe présente l’aspect de petits grains sphériques, disposés en chaînettes plus ou moins longues et qui sont toujours constituées par un nombi’e pair d’éléments (fig. 2). Sa morphologie et ses caractères de culture ne permettent pas de le confondre avec d’autres microbes.
- Il sécrète des toxines redoutables et lorsqu’il a réussi à pénétrer dans le sang, l’organisme devient impuissant à se défendre contre l’infection et l’intoxication également graves. 1 .’liomipç/-.-otiiçe , une grande récep tivil^^bS#? agent pathogène <^|//ppur ses "'£ toxines ; le streptoe(||[^e'®pénètre * par la moindre piq[p^ë; la plu4#^ minime blessure ou é’à^re'Jp.iire. trouve un terrain favofa^e‘‘‘a’s.h;^‘ multiplication et, arrivé dans le sang, il provoque la septicémie, laquelle entraîne presque toujours la mort.
- Le streptocoque existe partoùt autour de nous; les médecins et
- les chirurgiens savent que les objets malpropres ou même ceux qui semblent être propres, mais qui ne le sont pas au point de vue médical, c’est-à-dire non stérilisés, le recèlent fréquemment. Il serait impossible d’évaluer, même approximativement, le nombre d’infections chirurgicales survenues à l’époque où l’asepsie et l’antisepsie étaient encore inconnues. Tous les médecins quinquagénaires se rappellent quels danger représentèrent jadis les opérations de laparotomie, de trépanation, les interventions pour arthrites suppurées et même les grandes amputations. Il est indiscutable qu’à cette époque-là la plupart des complications de ces opérations, très souvent avec une issue mortelle, ont été dues aux infections du champ d’opération par le streptocoque. Et sija science a su donner, depuis lors, aux chirurgiens des moyens pour protéger contre ce microbe leurs
- Fig. 1. — Le P1 Ii. Vincent, professeur au Collège de France, membre de l’Institut et de l’Académie de Médecine, dans son laboratoire du Collège de France.
- patients lors de l’opération, il nous reste cependant infiniment difficile de nous défendre contre lui dans notre vie quotidienne, car il nous . est pratiquement impossible d’avoir nos habitations constamment aseptisées ainsi que tous les objets avec lesquels nous sommes journellement en contact !
- Nous portons normalement ces microbes dans la bouche et le pharynx; on cite des cas nombreux de septicémie due aux infections buccales ou dentaires. 11 a été enregistré des cas de septicémie foudroyante provoquée par une simple piqûre faite avec une aiguille souillée de la salive de la propre victime. Le même et dangereux microbe existe sur la peau ; des infections mortelles dues à une excoriation des doigts ou du pied ont été maintes fois constatées. En dehors des blessures, les streptocoques pénètrent aussi en nous par d’autres voies : muqueuses buccale, naso-pharyngée, oti-tique, intestinale, génitale, appareil pulmonaire, etc.
- Ce microbe guette toute occasion pour pénétrer dans notre secondairement, au cours d’un maladies, et, dans* ce cas, il
- corps. Il intervient grand nombre d’autre devient notre principal adversaire : c’est lu qui porte souvent le dernier coup mortel. Combien de fois les statistiques officielles de décès comme, par exemple, les morts consécutives à une pneumonie, une rougeole, une scarlatine, une otite compliquée, une endocardite, etc., dissimulent le vrai coupable, le streptocoque! Ce microbe joue un rôle néfaste dans la mortalité humaine.
- LA DÉFENSE DE L’ORGANISME CONTRE LE STREPTOCOQUE
- Empressons-nous toutefois d’ajouter que notre sang, dans un certain nombre de cas, est susceptible de vaincre cet intrus, au moment de son invasion. Par quels moyens ? Nos connaissances concernant les propres moyens de
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- notre organisme pour sa défense contre tous les microbes en général et le streptocoque en particulier ne sont pas encore complètes. On fait intervenir une transformation spécifique survenant dans les humeurs aboutissant à la formation d’anticorps, la sécrétion d’antitoxines, de bactériolysines, l’intervention des phagocytes. Tous ces facteurs défensifs nous protègent plus ou moins efficacement contre les infections. Il semble cependant que l’organisme vivant se défende plus facilement contre l’invasion du streptocoque par une écorchure ou une blessure très superficielle, que par une piqûre ou une blessure profonde. Citons comme exemple frappant l’expérience de Pasteur, lors de ses recherches sur le vaccin antirabique. Tous les chiens inoculés par lui avec de la salive de chiens enragés moururent de septicémie à streptocoques, avant que le virus de la rage ait manifesté son action ! Par contre, on n’observe que rarement le cas d’un chien mort de la septicémie due aux morsures ou aux blessures. Pour que le streptocoque puisse provoquer la septicémie, il lui faut trouver un terrain favorable, notamment chez les sujets anémiés, en état d’avitaminose, affaiblis par une maladie intercurrente, chez les alcooliques, etc. Enfin n’omettons pas de signaler que le streptocoque est l’agent le plus habituel de la fièvre puerpérale, de la broncho-pneumonie des adultes, de la plupart des phlegmons diffus, des angines phlegmoneuses, de beaucoup d’abcès et de lymphangites; il est une cause fréquente des arthrites purulentes dont le pronostic est si grave, des pleurésies purulentes, des péricardites purulentes, de la méningite qui complique les otites, les fractures du crâne, etc. (fig. 3 et 4). Il se multiplie, ainsi
- Fig. 3. Fig. 4.
- Streptocoques : méningite. Streptocoques : pus pleural.
- qu’on l’a constaté, chez les femmes infectées au cours de l’accouchement, car l’état de grossesse crée une anergie certaine.
- LA SEPTICÉMIE
- Par ses signes généraux extérieurs la septicémie est aussi traîtresse que son agent. Bien que la température dépasse souvent 40° et qu’il existe parfois une impotence complète des extrémités (bras et pieds), comme c’était le cas de l’auteur de ces lignes atteint de septicémie à la suite d’une piqûre anatomique, le malade ne paraît pas toujours déprimé; il est plutôt agité et parfois même, euphorique. Il n’empêche qu’après cette période il s’endort, pour ne plus se réveiller, à la suite d’un arrêt du cœur infecté par les streptocoques ou par leurs toxines. Signalons aussi un signe assez caractéristique de septicémie : la langue du malade est presque toujours fuligineuse, c’est-à-dire chargée d’un enduit marron ou brun.
- Toutes les médications pratiquées jusqu’ici contre cette redoutable maladie telles que salicylate de soude, les métaux colloïdaux, les arsenicaux, grands enveloppements chauds, etc. (x) ont été si peu efficaces que le monde médical s’était habitué à considérer presque comme un miracle la guérison de la septicémie strepto-coccique. Il existe des guérisons, mais il s’agit d’infections fugaces ou dues à des microbes très atténués.
- Et ajoutons encore aux méfaits de ce mal que ses rares survivants sont fréquemment atteints de myocardite ou d’endocardite. Déplus, à l’encontre de la plupart d’autres maladies d’origine microbienne, qui confèrent l’immunité aux malades guéris, l’infection à streptocoques non seulement n’immunise pas ses victimes, mais au contraire affaiblit la résistance de ses survivants qui restent exposés à une nouvelle infection due non seulement au streptocoque, mais encore au staphylocoque et à d’autres microbes pathogènes. Ils doivent se soumettre à des précautions spéciales, à un régime alimen-» taire sobre et prendre garde à l’infection de la moindre blessure ou écorchure, car ils sont, d’ordinaire, porteurs de microbes.
- Chacun de nous compte peut-être parmi ceux qu’il a connus des morts dues à cet empoisonnement du sang. S’il était possible d’additionner tous les décès dus à l’infection streptococcique on verrait quels ravages considérables détermine ce microbe dans l’espèce humaine. C’est pourquoi, depuis 1890, de nombreux et méticuleux travaux de laboratoire ont été effectués en vue d’obtenir contre le streptocoque un sérum constamment efficace. Ces recherches ont été particulièrement difficiles, étant donné que les animaux sont peu sensibles au streptocoque parce qu’ils ne sécrètent pas nettement d’anticorps, enfin en raison de la multiplicité des races du streptocoque. Par contre, l’homme présente pour cet agent pathogène une réceptivité véritablement élective.
- Plusieurs sérums et vaccins ont ét préparés depuis cette époque, notamment par H. Roger, Marmorek,
- 1. Quant au traitement par les injections de térébenthine, il amène souvent dans les streptococcémies des complications très graves.
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- Besredka, Delbet et Moser, mais l’application pratique de ces médications a révélé leur constante inefficacité à l’égard des différentes infections à streptocoques chez l’homme. Par passages successifs chez l’animal, notamment chez lejapin (Marmorek), le streptocoque acquiert une virulence très grande pour ces animaux, mais le sérum thérapeutique préparé avec ces streptocoques n’a pas d’action dans les septicémies de l’homme.
- LE NOUVEAU SÉRUM DU Pr H. VINCENT
- Le Professeur H. Vincent (fig. 1), a repris cette étude et, se fondant sur de nombreuses expériences préliminaires chez les animaux et sur des vérifications sur l’homme, il a pu obtenir, chez les chevaux fournisseurs de sérum (fig. 5 et 6), la production d’un sérum très riche en anticorps microbiens et en antitoxines. Ce sérum est polyvalent et s’adresse à toutes les races de streptocoques propres à l’homme.
- Après avoir mis au point, en 1928, son sérum anti-
- treptococcique, le Professeur H. Vincent, obéissant aux règles élémentaires de la prudence scientifique, se contenta de tenir le monde savant au courant de ses travaux par quelques communications isolées, faites en particulier à l’Académie des Sciences, attendant les résultats plus étendus des applications pratiques de son sérum. Ces résultats ne tardent pas à lui parvenir de divers points du monde entier. Le 22 mai dernier, dans une communication retentissante à l’Académie de Médecine qui a suscité l’enthousiasme de ses collègues, il a résumé la statistique générale de ces résultats dans la septicémie et la méningite à streptocoques. Le pourcentage des guérisons réalisées par son sérum antistreptococcique est près de quatre-vingt-deux pour cent (82 pour 100). Or, avant la découverte du Professeur H. Vincent, le pourcentage de la mortalité due à cette infection dépassait beaucoup celui des guérisons actuellement obtenues par la nouvelle méthode sérothérapique.
- Ces chiffres parlent mieux que des mots.
- Les observations cliniques qui ont servi de base à l’établissement du pourcentage ci-dessus (guérisons et décès) ne sont pas personnelles au Professeur H. Vincent. Toutes ont été recueillies dans les périodiques français ou étrangers, ou bien elles ont été transmises au Professeur Vincent par les médecins ou les chirurgiens qui ont
- Fig. 6. — Saignée du cheval pour obtenir le sang fournissant le sérum.
- Fig. 5. — Inoculation du cheval avec la toxine.
- soigné ces malades. Soulignons ici encore deux points :
- 1° Dans la statistique des décès, le Professeur H. Vincent, par un excès de rigueur, a fait figurer des cas de malades traités très tardivement par son sérum ou avec des doses notoirement insuffisantes, ce qui grève certainement la statistique de cas qui auraient pu être écartés;
- 2° Parmi les malades guéris, certains ont présenté quelques-unes des complications très redoutables, considérées jadis toujours mortelles, telles que l’endocardite aiguë à streptocoques traitée à son début (7 cas signalés avec 6 guérisons) — non dans l’endocardite lente maligne — telles encore que la méningite déterminée
- par ce micro-organisme.
- Nous ne nous arrêterons pas ici sur les détails techniques de la sérothérapie par le sérum du Professeur H. Vincent, ce domaine étant de la compétence des médecins. Notons simplement que le sérum doit être injecté sous la peau, dans les muscles ou, s’il est possible, dans la veine. On doit pratiquer ces injections sans retard, avant même que la septicémie soit confirmée par l’exa-
- men bactériologique du sang et sans attendre la réponse du laboratoire, lorsque les symptômes cliniques apportent la présomption d’un envahissement du sang par le streptocoque. Cette règle est d’ailleurs générale en sérothérapie : plus le traitement est précoce, plus il est efficace. Les injections de sérum antistreptococcique doivent être faites
- I. D’après le Pr G. Sana-relli, plus de 60 maladies ou localisations morbides peuvent être déterminées par l’association fuso-spiroché-tienne de H. Vincent.
- Fig. 7. — Symbiose microbienne de II. Vincent : Bacillus fusiformis et Spirochæla Vincenti, découverts par ce savant dans l’angine qui porte son nom, dans la gangrène ou pourriture d’hôpital, dans l’ulcère des pays chauds, la gangrène pulmonaire, etc. (1) Dessin autographe du Pr H. Vincent.
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- à hautes doses (100 cm5 ou davantage) et poursuivies tant que les symptômes infectieux persistent et, même, pendant trois ou quatre jours après la chute de la fièvre (mais à doses plus faibles 30 cm3, puis 20 cm3 par jour). La nécessité d’un tel traitement sans défaillance se justifie par l’indifférence à peu près absolue qu’oppose le streptocoque à toutes les autres médications et par la gravité excessive du pronostic dans cette infection du sang.
- Actuellement cette méthode est entrée dans la pratique courante. Ce sérum est employé non seulement à titre curatif, mais aussi à titre préventif, et avec les résultats les plus favorables, notamment dans les services hospitaliers, chez les femmes suspectes d’infection lors de l’accouchement, chez les blessés atteints de fracture du crâne, dans les otites à streptocoques et dans les divers cas spéciaux où l’on peut craindre l’intervention du même microbe.
- Toutefois, malgré cette grande découverte, n’oublions pas le bon proverbe : « mieux vaut prévenir que guérir » et ne négligeons pas de désinfecter la moindre écorchure, blessure ou piqûre. Si on n’q^pas sous la main la simple teinture d’iode ou l’eau fai^fêment javellisée, désinfeetons-les aussitôt avec l’alcqjïîf l’eau de Cologne ou même, à la rigueur, avec de l’eau savonneuse.
- N’oublions pas que les moindres piqûres et les minimes blessures peuvent passer maintes fois sans aucune suite, mais qu’on n’est jamais assuré d’avance de cette immunité. Comme exemples, parmi tant d’autres morts dues aux infections streptococciques, nous pouvons citer
- Fig. 9. •— Laboratoire de vaccination antityphoïdique et de sérothérapie de l’Armée au Val-de-Grâce.
- celle du roi Alexandre de Grèce à la suite d’une morsure faite par son singe ; celle de l’explorateur Bruno de Labo-rie à la suite des blessures faites par les griffes d’un lion ; celle d’un prince russe à la suite d’une piqûre faite avec une épine d’un rosier; celle des morphinomanes à la suite d’une piqûre faite avec la seringue Pravaz à travers la manche du vêtement ou même directement, sous la peau, etc., etc. L’auteur a observé aussi une infection mortelle d’un chasseur à la suite d’une petite écorchure du doigt faite à l’occasion du nettoyage de son fusil; une infection mortelle chez un collégien ayant voulu simuler un suicide : sa blessure, tout à fait bénigne, fut infectée par un lambeau du vêtement entraîné par la balle. Je citerai enfin une infection très grave à la suite d’une piqûre faite avec la soie d’un pinceau. Par ces exemples on peut constater que nul ne peut savoir quand et comment il peut être frappé par ce néfaste microbe.
- LES TRAVAUX DU Pr H. VINCENT
- Le Professeur H. Vincent était, plus que tout autre savant, préparé à réussir là où les autres avaient échoué. Il est tout juste de rappeler ici sa vie de labeur scientifique jalonnée de découvertes dont une seule suffirait à la gloire d’un bactériologiste.
- Né à Bordeaux le 22 décembre 18G2, Hyacinthe Vincent, dès ses premières heures études, se révèle comme le grand savant qu’il devait être jusqu’au bout. Reçu le premier au concours de l’Internat, entré et sorti premier au Val-de-Grâce, il s’orienta aussitôt vers les recherches de laboratoire. Dans sa Thèse de doctorat, il rectifie déjà une conclusion erronée de Claude Bernard sur les causes de la mort dans l’hyperthermie, en démontrant qu’elle était due non à l’arrêt du cœur, mais à l’arrêt de la respiration. Peu après il étudie une angine spéciale, dont il découvre l’agent (fig. 7) et qui portera le nom d’Angine de Vincent. Il fut nommé professeur agrégé, puis professeur au Val-de-Grâce et chef de service à l’hôpital. Lors de ces fonctions, il démontra qu’il était non seulement un grand savant, mais aussi un grand clinicien.
- Il était élu à l’âge de 45 ans membre de l’Académie de Médecine. Son nom devait être connu du monde entier à la suite de la découverte de son vaccin contre la fièvre typhoïde (fig. 8). Sa découverte, comme c’est presque toujours le cas, rencontra, au début, moins de partisans et d’admirateurs que de détracteurs. Pendant plusieurs années, le professeur Vincent doit répondre non seulement aux attaques et critiques, mais revenir, sans cesse, à la charge pour montrer l’importance pratique de sa méthode. A ceux qui voulaient représenter le vaccin comme dangereux, il répond en se faisant vacciner lui-même ainsi que sa femme et ses deux enfants.
- Enfin la suprême justice de la science donne, avec un éclat remarquable, raison à ce grand savant. Dès le début de la grande guerre, le Professeur H. Vincent prévoit avec une sage clairvoyance que les maladies typhoïdes vont ravager les armées combattantes. Il organise au Val-de-Grâce un grand laboratoire de préparation du vaccin antityphoïdique et anti-paratyphoïdique (fig. 9). Et lorsqu’à la fin de 1914 l’épidémie, comme il l’avait
- Fig. 8. — Microbes de la fièvre typhoïde.
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- Jty Yuuenl
- Fig. 10.— Résultats de la vaccination antiiypho-paratyphique aux armées françaises du front pendant la grande guerre 1914-1918. Courbe delà mortalité par maladies typhoïdes aux Armées.
- prévu, se déclare menaçante dans tous les corps de l’armée française, et particulièrement aux environs de Verdun, des millions de doses de vaccin préparé par ses soins sont envoyées au front pour combattre l’épidémie. Le résultat ne se fit pas attendre : à partir du mois d’avril 1915, la fièvre typhoïde diminua dans une proportion énorme aux armées, en chute presque verticale (fig. 10). On put fermer, en quelques mois, tous les hôpitaux spéciaux de typhoïsants. Ces résultats magnifiques de l’application du vaccin du Professeur II. Vincent ont motivé cette appréciation flatteuse du Maréchal Foch : « Des milliers de soldats ont été, grâce à Vincent, cet homme extraordinaire, préservés de la maladie meurtrière. >> On peut estimer que ce grand savant a préservé au moins un million de personnes de la maladie ou de la mort, avant, pendant et après la guerre mondiale. N’était-t-elle pas, cette victoire, la juste récompense de celui à qui appartiennent ces paroles si nobles et si belles : « Lorsque à force de méditation et de travail, on est parvenu à sauvegarder, dans une mesure aussi faible qu’elle soit, des existences humaines, nulle joie intime n’est comparable à celle-là. » N’oublions pas que l’on doit à ce savant un grand nombre d’autres découvertes, en particulier, en sérothérapie, le sérum anticolibacillaire.
- Le Professeur H. Vincent était élu en 1922, à l’Aca-
- démie des Sciences et depuis 1925 une chaire spéciale a été créée pour lui, au Collège de France. Enfin le 14 juillet dernier, il était élevé à la dignité de Grand-Croix dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, hommage suprême que pouvait accorder le gouvernement à ce bienfaiteur de l’humanité dont le nom restera dans la postérité à côté de ceux des pures gloires de la bactériologie française comme Pasteur, Roux et Calmette dont chaque Français doit être fier. W.-N. Kazeeff.
- RECHERCHES EN AVION SUR LA FAUNE
- DE L ATMOSPHÈRE
- S’il est généralement admis que l’atmosphère et les courants aériens servent à la dispersion des êtres vivants, nos connaissances précises sur ce point sont restées presque nulles jusqu’à une époque toute récente.
- En effet, les moyens d’investigation manquaient jusqu’à ce que l’aviation ait pris son développement actuel. Ce n’est que pendant la grande guerre que les aéroplanes ont pu communément atteindre d’assez hautes altitudes ; mais à ce moment on avait autre chose à penser, aussi des recherches dans le sens de l’exploration biologique n’auraient-elles guère pu être entreprises que depuis une dizaine d’années. En fait même, elles ne l’ont été que tout récemment, comme on va le voir.
- Il suffit d’avoir regardé des avions au repos, à la belle saison, pour se rendre compte que le bord d’attaque, l’avant du fuselage, et l’hélice elle-même, sont couverts d’une couche d’insectes qui s’y sont collés. Mais à vrai dire tous ces insectes doivent avoir été pris au niveau du sol, ou à une très faible hauteur, — comme c’est
- le cas en réalité, — et l’on pouvait douter qu’il en existât dans les hautes couches de l’atmosphère.
- Fig. 1. — Le filet de chasse; longueur : 70 cm; diamètre de Vouverture : 30 cm.
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- C’est à des entomologistes américains, notamment à M. Coad, du Bureau d’entomologie des États-Unis, que revient le mérite d’avoir apporté les premières indications sur ce sujet, comme je l’ai signalé ici-même, il y a quelque temps {La Nature, n° 2919, 15 décembre 1933, p. 564).
- Au courant de ces travaux, j’ai pensé qu’il pouvait y avoir quelque intérêt à entreprendre en France des recherches de ce genre, et c’est ce que j’ai réalisé au cours des mois qui précèdent, grâce à l’appui que m’a donné la Caisse des Recherches scientifiques. Je voudrais exposer ici sommairement les premiers résultats obtenus.
- LE MATÉRIEL
- Une difficulté résultait de ce que mes ressources étaient relativement très faibles. Les entomologistes américains disposaient entièrement d’avions qui leur servaient à des travaux d’entomologie appliquée : épandage d’insecticides, etc... Ils pouvaient par conséquent y installer
- des appareils de capture fixes, ce qui m’était interdit par les frais qu’aurait entraînés l’immobilisation d’un avion, ou même une pose trop compliquée.
- I. Aussi n’est-ce pas leur appareil — très ingénieux et très efficace d’ailleurs — que je décrirai ici, mais celui que j’ai imaginé, en ayant constamment en vue de réaliser un dispositif le plus simple possible, et qui puisse être installé dans le minimum de temps sur à peu près n’importe quel avion.
- Au lieu d’une caisse avec des écrans mobiles, commandés de la carlingue, l’idée qui venait tout de suite à l’c.-'prit était celle du filet, instrument familier aux entomologistes.
- t Une objection m’avait été faite : aucun filet — croyait-on — ne résisterait à l’énorme pression de l’air, résultant de la vitesse d’un avion. Cela serait vrai s’il s’agissait d’un filet ordinaire en tulle ou en gaze, mais il existe heureusement un tissu spécial, la gaze à bluter (ou soie à bluter), fait de soie pure, dont la résistance est très
- grande, et qui offre l’avantage d’être tissé de manière à être pratiquement indéformable; de plus on peut en avoir avec des mailles aussi fines que l’on veut. La firme Tripette et Renaud, qui a la spécialité de ce tissu, à usage de meunerie, se trouve justement habituée à confectionner des « filets à plancton » pour les laboratoires maritimes, bien que ce soit évidemment un très faible à-côté de sa fabrication ; aussi m’a-t-elle établi sans difficulté des filets tels que celui représenté par la figure 1, et qui, en réalité, offrent une grande ressemblance avec les filets à plancton, utilisés pour les pêches pélagiques.
- Cet instrument mesure 30 cm. d’ouverture, et 70 cm. de longueur; de forme légèrement conique, avec un sommet arrondi, il est fait de deux parties, la première en gaze à mailles larges (trame 40) afin de faciliter l’écoulement de l’air, la seconde à mailles très fines (trame 60). Je l’avais d’abord fait faire tout entier à mailles larges, mais j’eus la désagréable surprise de constater que d’assez nombreux insectes, sous la pression de l’air, étaient passés à travers, et n’avaient laissé que des traces méconnaissables.
- Le cercle qui maintient l’ouverture béante est rigide, bien entendu; le filet s’y rattache par une forte tresse, où sont placés 4 œillets servant à l’accrochage; l’appareil est complété par une patte d’oie à 4 branches, en corde, avec 4 mousquetons qui s’engagent dans les œillets, les branches étant réunies au sommet par un autre mousqueton.
- Avant l’emploi in situ, je pus essayer le filet à une soufflerie de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, grâce à l’obligeance de M. Toussaint, directeur de cet établissement. Un souffle, équivalant à peu près à 120 km à l’heure, montra que l’appareil semblait devoir se tenir à merveille, et qu’il résistait très bien à la pression.
- Je puis ajouter tout de suite qu’il m’a donné dans la pratique entière satisfaction, et que je n’ai pas eu à le modifier, sauf en ce qui concerne la finesse des mailles. Je me sers toujours du même filet qui, après avoir servi une quinzaine de fois, et par conséquent avoir parcouru un nombre de km assez élevé, est toujours en très bon état.
- Restait à l’essayer sur un avion.
- L’INSTALLATION DU MATÉRIEL DE CAPTURE A BORD DE L’AVION
- A ce moment se présentaient d’autres difficultés, qui étaient principalement de deux ordres : le risque de déséquilibrer l’avion, et celui de voir tous les insectes balayés latéralement par l’hélice, et par suite de n’en capturer aucun, en admettant qu’il s’en trouvât.
- La première objection était sérieuse. S’il est sans inconvénient de traîner un filet en mer, il n’en est pas de même dans l’air, les appareils volants présentant à l’extrémité du fuselage les gouvernails, avec des commandes souvent extérieures, de sorte qu’on ne doit pas
- Fig. 2. •— Le filet, avant le départ, fixé sur le Potez-43.
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- s’exposer au risque de voir les cordes, ou le filet, venir s’y engager. Sans doute la question du remorquage par avion est-elle de pratique courante : remorquage d’un planeur, d’un panneau-réclame, d’une cible, etc...; elle a reçu des solutions diverses, et satisfaisantes, mais qui exigent toujours un dispositif assez compliqué, et par conséquent coûteux, de sorte qu’il m’était interdit.
- Aussi n’est-ce que pour les premiers essais, à faible altitude, que je plaçai le fdet dans l’axe de l’appareil, à une courte distance de la carlingue, simplement dans le but d’observer son comportement à l’air libre. Je dois dire que cet examen fut entièrement satisfaisant, et que je pus me rendre compte que le fdet résistait très bien; de plus il se tendait d’une façon qui semblait parfaite, et cependant la pression résultant du déplacement dans l’air n’entraînait pas une résistance aussi forte qu’on aurait pu le penser : estimée au jugé, elle ne dépasse pas l’équivalent de quelques kg, c’est-à-dire qu’on peut rentrer le fdet à la main avec un effort qui n’est guère supérieur à celui qu’il faut pour lever un poids de 5 kg. Pour un moteur de 100 à 130 ch, c’est une surcharge insignifiante. Comme il a été constaté par la suite, il n’y a aucun déséquilibre de l’appareil, et le pilote ne ressent aucune réaction dans les commandes.
- Restait l’objection suivante : l’hélice doit chasser latéralement tout ce qu’elle rencontre et si l’on reste dans son cône d’action, on a peu de chances de capturer quoi que ce soit. Personnellement, je croyais assez peu à cet effet : si l’on regarde un avion au point fixe, c’est-à-dire les roues calées alors que le moteur tourne, on constate par le balayage de l’herbe que l’hélice chasse derrière elle, et non latéralement. A plus forte raison cela est-il vrai quand l’avion est au vol, et se déplace à plus de 30 m à la seconde. Mais des essais étaient nécessaires pour avoir des notions précises. Ceux que j’ai faits dans ce but trouvent leur place ici, bien que ce ne soit pas exactement leur ordre chronologique.
- J’ai d’abord fixé un filet à une faible distance de la carlingue latéralement, et l’avion, un Farman, a parcouru le champ d’aviation sans décoller, ou en décollant à
- peine : en moins de deux minutes le filet était plein
- d’insectes (qui abondaient sur la plaine à ce moment).
- Dans un second essai, sur un biplan Caudron-Luciole, j’ai fixé non pas un, mais quatre filets, que je désignerai par les lettres A, B, C, D, et qui étaient aux emplacements suivants : A, juste en avant de la carlingue, derrière l’hélice et à un mètre de celle-ci; B, le long du fuselage, attaché au premier mât; C, entre les deux mâts, attaché aux croisillons, c’est-à-dire à environ 1 m 50 de la carlingue; D, au mât le plus éloigné, soit à environ 3 m de la carlingue (dans la figure 3, on voit, pris au
- vol, de la carlingue, les filets C et D).
- Dans cet état, un vol de 20 minutes a été fait, à très faible altitude (environ 100 m) pour être sûr de balayer une zone où les insectes sont nombreux. Comme résultat, l’abondance des insectes capturés s’inscrivit ainsi qu’il suit, en ordre décroissant : D, C, A. C’est-à-dire que le filet le plus éloigné (D) en avait capturé le plus, le suivant (C) et, ce qui est plutôt inattendu, celui qui est dans l’axe de l’hélice et derrière celle-ci (A) étaient,à
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- peu près équivalents; quant au fdet B, placé le long du fuselage, il ne contenait rien, étant évidemment dans une zone neutre. J’avais de cette manière une précieuse indication sur l’emplacement qu’il convient de choisir pour le filet, si l’on veut avoir les meilleurs résultats.
- L’expérience montrant qu’il est préférable de placer le filet à une certaine distance de la carlingue, ces conditions peuvent se rencontrer aisément sur un biplan, où l’on trouve des mâts verticaux unissant les deux ailes. Elles sont plus difficilement réalisables sur un monoplan. Toutefois c’est sur un appareil de ce dernier type que j’ai fait la plupart de mes vols, ma bonne étoile m’ayant fait utiliser dès le début un appareil présentant les conditions optima, c’est-à-dire le Potez-43, que possède l’Aéro-Club de l’Ile-de-France, dont l’aérodrome est à Saint-Cyr.
- Je saisis cette occasion pour remercier de leur bon accueil et de l’assistance qu’ils m’ont apportée, les dirigeants de ce club actif, notamment M. Régnier qui en est le Directeur, M. Gaudin, chef-pilote, et M. Créter,
- Fig. 3. — Deux des quatre filets attachés au Caudron-Luciole; photo prise au vol, de la carlingue.
- pilote. Je dois une reconnaissance toute particulière à M. Créter, qui a été constamment mon pilote, et je lui sais gré d’avoir accepté sans hésitation de faire des essais qui sortaient de ses occupations habituelles, et qui comportaient une certaine part d’inconnu. Je lui dois d’ailleurs de précieux avis, et c’est en plein accord que nous avons mis au point la question de fixation du fdet.
- J’ai fait également quelques vols à l’aérodrome Farman, à Toussus-le-Noble, et là aussi j’ai reçu le meilleur accueil, en particulier de M. Guay, Directeur.
- Le Potez-43 présente, à trois mètres de la carlingue, et de chaque côté, un anneau qui sert à le fixer au sol en cas d’atterrissage prolongé en pleine campagne. C’est juste la distance qu’il faut. Un va-et-vient de cet anneau à la carlingue serait aisément réalisable, mais un peu compliqué, et il suffit d’accrocher le filet avec une corde de longueur convenable (corde : 2 m, patte d’oie : 1 m, soit en tout 3 m), puis de munir le cercle d’une corde de rappel qui part de la cabine. Ce dispositif si simple s’est révélé entièrement satisfaisant»
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- Voici comment je procède. Nous convenons, par exemple, d’explorer une couche d’air entre 1000 etl500 m d’altitude. Le filet est accroché ainsi que montre la figure 3, puis rentré dans la carlingue. On part, et l’altimètre indiquant 1000 m, le pilote réduit légèrement les gaz, je sors le filet par la portière, je le file doucement en lâchant petit à petit la corde de rappel; quand il atteint la position déterminée par la longueur de sa corde, il se tend par la pression de l’air, comme le montre la figure 4. On peut, alors reprendre la vitesse normale d’environ 120 km-h, et il n’y a plus qu’à voler pendant un certain temps, entre 1000 et 1500 m.
- Sans doute la première fois que j’ai sorti le filet (c’était à 500 m) nous demandions-nous, M. fréter et moi, comment il allait se comporter. Nous avons vite été rassurés. La force qui le tend n’est pas excessive, comme je l’ai dit plus haut, mais elle est suffisante pour lui donner une excellente tenue dans l’air. Il n’oscille jamais, et sa corde est si bien tendue qu’elle se comporte comme un corps rigide; le tout est solidaire de l’avion, et le suit dans tous ses mouvements. Au cours des virages ou même des « coups de tabac », le filet ne s’est jamais rapproché du fuselage, et il n’a même jamais frotté le bord de l’aileron, dont il n’est séparé, cependant, que de 5 cm à peine, comme le montre la figure 5.
- Pour éviter que les insectes capturés soient frottés et mis en pièces dans le fond du filet, je garnis ce fond d’une couche de coton à usage chirurgical, c’est-à-dire très pur et que, pour être sûr de ne rien introduire d’étranger, j’extrais d’un paquet ouvert seulement au moment de l’usage. De cette manière les insectes et corpuscules rencontrés sont pris dans les fibres de coton, et restent en bon état.
- Ce système si simple me paraît présenter de grands avantages, qui le rendent même peut-être à certains égards supérieur à un appareil plus compliqué. En effet, on peut rentrer le filet pour l’examiner aussi souvent que l’on veut, et on pourrait de cette manière analyser la faune de l’air avec une grande précision, en faisant des prises à chaque instant et à des altitudes exacte-
- Fig, 4. — Le filet, photographié au vol, à 1500 m d’altitude.
- On distingue les détails de la patte d’oie qui le relie à la corde d’attache (à gauche), et à la corde de rappel (à droite).
- ment connues. On peut aussi connaître les résultats de cette chasse, tout au moins sommairement, au cours du vol, et par conséquent se conformer aux indications qu’il donne, c’est-à-dire abandonner une zone qui se révèle infructueuse, ou inversement.
- J’ai fait jusqu’à présent une quinzaine de vols, en juin et en juillet, pour la plupart d’environ une heure, et jusqu’à l’altitude de 2300 m.
- LES RÉSULTATS
- Les résultats obtenus ont, je puis le dire, dépassé mes espérances. Pour préciser, je mentionnerai, par exemple, que je ne suis jamais revenu sans des captures, ce que certes ne pourraient dire, au sol, ni le meilleur chasseur, ni le meilleur pêcheur. Si l’on veut bien prendre en considération l’extrême petitesse de mon filet par rapport à la couche d’air qui est explorée dans trois dimensions, on conviendra que l’atmosphère est très abondamment peuplée d’organismes divers.
- Un calcul très simple montre, en effet, que, si l’on explore une couche d’air de 500 m d’épaisseur pendant 1/2 heure et à la vitesse de 120 km à l’heure, ce qui est la moyenne de mes vols, la proportion de l’air qui est passé dans le filet atteint à peine quelques cent-millièmes par rapport au volume de l’espace parcouru.
- Les insectes capturés sont très variés. L’étude détaillée n’en est pas encore faite, mais je puis indiquer actuellement, par ordre de fréquence : des Diptères, de Thysa-noptères, des Hémiptères (Pucerons, Cicadelles), des Hyménoptères (Chalcidides, Braconides), des Psoques, un Coléoptère, et même des Collemboles, c’est-à-dire des insectes aptères. Bien entendu ce ne sont pas des cadavres desséchés que je trouve dans le filet, mais des insectes frais, et si la plupart d’entre eux sont tués par les chocs qu’ils subissent, quelques-uns sont parfaitement vivants. Tous sont d’ailleurs de très petite taille, ne dépassant pas 2 ou 3 mm de longueur, et je n’ai jamais capturé de gros insectes, ni même d’insectes de taille moyenne; la mouche domestique, qui est répandue partout, ne s’y trouve pas, ni en général aucun insecte bon voilier. J’ai l’impression dès maintenant que la faune entomologique terrestre ne dépasse jamais en altitude quelques mètres. Mais, par contre, il existe une autre faune, dont on pourrait dire qu’elle est spécialisée, qui existe aussi mélangée à la précédente au niveau du sol, mais se rencontre également dans l’atmosphère bien au-dessus de la faune terrestre et jusqu’à une altitude très élevée. Elle est composée d’insectes très petits, très légers, et en outre n’ayant qu’une très faible puissance de vol.
- Ce sont les courants d’air chaud ascensionnels et, je pense, au moins autant les vents, qui les arrachent au sol et les élèvent dans l’atmosphère. Arrivés à une certaine altitude, ils flottent indéfiniment au gré des courants aériens, et se comportent comme un vrai plancton, nom qui leur convient parfaitement.
- Par contre, les insectes lourds, ou bons voiliers, peuvent résister par leurs propres moyens, et c’est pourquoi on ne les trouve jamais dans l’atmosphère, car ils ne se laissent pas arracher au sol.
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- Avec les insectes se trouvent des débris végétaux ou des corpuscules minéraux qui font aussi partie du plancton. Ce sont, dans le règne végétal, des étamines de graminées, déhiscentes ou non, des épillets de graminées, de nombreuses libres végétales; même, à la grande surprise de M. Créter et de moi-même, nous avons pris à plusieurs reprises, entre 1500 et 2000 m, des brins d’herbe, épis de Lolium avec une certaine longueur de la tige, mesurant près de 15 cm de longueur, et par conséquent d’un poids non négligeable.
- Le Coton placé au fond du filet est parfois couvert d’une fine poussière minérale, et j’y ai trouvé aussi de petites parcelles minérales de près de 1 mm de diamètre.
- L’atmosphère est donc richement habitée, comme le montrent les résultats déjà obtenus, et que je considère comme entièrement satisfaisants. Us m’ont permis, en effet, d’établir en peu de temps qu’un filet résiste très bien à la pression de l’air, et qu’on peut le faire traîner par un avion à une vitesse de 120 km à l’heure, en le plaçant latéralement, et cela sans risque, ni sans déséquilibre de l’avion. J’ai pu mettre au point un dispositif extrêmement simple qui permet de fixer cet appareil en quelques secondes.
- Mes recherches ne sont qu’à leurs débuts, mais je ne doute pas qu’en les poursuivant je ne parvienne à augmenter les données acquises.
- 11 y aurait lieu, en particulier, de continuer systématiquement cet inventaire de la biosphère, de rechercher quelle est la densité de sa faune, et quel en est le plafond (les entomologistes-aviateurs américains le fixent à
- LES CLIMATS
- Notre intention n’est pas de traiter aujourd’hui dans son ensemble l’importante question de la climatisation des salles et des immeubles. C’est là un très vaste sujet auquel nous désirerions apporter une simple contribution sur deux points particuliers : le chauffage électrique par accumulation centrale et la régulation automatique qui marche de pair avec les installations de ce genre.
- Nous signalerons notamment un très curieux procédé de régulation du « climat » intérieur au moyen d’une véritable « image thermique » artificielle du corps humain.
- Il y a, dans cette notion des « images » matérielles, qui a déjà été utilisée pour les automates électriques, une tendance technique nouvelle et des plus intéressantes.
- PRINCIPE DE L’ « ACCUMULATION » THERMIQUE
- Longtemps stationnaire, le chauffage électrique connaît un développement rapide, depuis que les Compagnies se sont décidées à créer des tarifs dégressifs qui permettent aux abonnés d’acquérir le courant à très bon compte aux « heures creuses » où la consommation est faible.
- La figure 4, que nous reproduisons d’après un document de la Compagnie parisienne de Distribution de Chaleur, montre l’avantage considérable qu’il y a à n’utiliser que ce courant de déchet.
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- Fig. 5. — Autre vue montrant une partie de la corde d'attache; au sol le parc de Versailles, avec au milieu le Grand Canal.
- près de 5000 m), et cela en fonction des saisons et' des régions différentes.
- Les éléments immédiatement visibles de cette faune sont des insectes, mais il n’est guère douteux qu’elle renferme aussi de nombreux microorganismes, de sorte que ces recherches peuvent intéresser aussi bien la biogéographie que l’entomologie, pure ou appliquée, mais également peut-être l’épidémiologie. Il est même permis de penser que l’étude des courants aériens y pourrait trouver des indications utiles. Lucien Berland,
- Sous-Directeur du Laboratoire d’Entomologie au Muséum.
- ARTIFICIELS ................
- Toute une technique spéciale s’est ainsi créée en vue de réaliser un chauffage constant et régulier malgré les interruptions de courant imposées par le passage des « heures chères ». Le problème comprend deux parties distinctes : brancher et débrancher automatiquement les appareils aux heures de changement de tarif, et accumuler la chaleur pour la restituer à température constante.
- La question du branchement automatique peut être aujourd’hui considérée comme résolue par l’emploi d’horloges à sectionnement automatique; on peut aussi utiliser des relais sectionneurs commandés par des courants spéciaux à fréquence musicale envoyés de l’usine par les câbles électriques ordinaires en superposition avec le courant principal. C’est, en somme, un à-côté du problème des compteurs change-tarifs, pour lequel nous prierons le lecteur de se reporter à notre article sur les sélecteurs oscillants (voir La Nature, n°2913, 15 septembre 1933).
- Le problème de l’accumulation (ou éventuellement, de la « semi-accumulation ») peut être résolu de plusieurs façons selon qu’on s’efforce de réaliser une accumulation locale, dans les appartements et salles à chauffer, ou qu’on emploie un dispositif d'accumulation centrale.
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- TROIS MODES DE CHAUFFAGE INDIVIDUEL
- Rappelons brièvement qu’il existe actuellement trois modes de chauffage électrique pour les locaux habités.
- Le chauffage direct utilise le courant au moment précis où l’on désire obtenir le chauffage; précieux par son extrême rapidité de mise en train, il conduit à des frais d’exploitation élevés, du fait qu?il consomme du courant à tous les prix. Son emploi est, par suite, limité aux petites puissances.
- On emploie pour le chauffage direct soit des appareils à incandescence, tels que le parabolique (dont la puissance chauffante est généralement très faible) et les appareils circulaires ou rectangulaires allant jusqu’à 5 kw, soit des appareils à chaleur obscure, tels que les tubes
- blocs de pierre, de brique ou de fonte chauffés, vers 400°, pendant les heures de nuit, par des résistances et percés de canaux verticaux obturés par des volets réglables; il suffit d’ouvrir ces volets pour utiliser la chaleur grâce au tirage naturel qui s’établit dans l’air de la pièce. Plusieurs combinaisons sont ici possibles selon qu’on manœuvre ces volets à la main où qu’on les fait commander par thermostat ; on peut aussi calorifuger imparfaitement les parois des poêles, qui fournissent alors un flux de chaleur continu par rayonnement et convection.
- Les planchers chauffants ne comportent pas de canaux ; ils se composent de résistances électriques englobées dans des matières accumulantes qui se déchargent par rayonnement direct.
- L’accumulation sèche individuelle présente ce défaut
- Fig. 1. — Vue aérienne de l’hôpital de Munich qui possède une installation de chauffage électrique à accumulation de vapeur de 12 000 kw
- sous 500 volts; volume d’accumulation 175 m:! sous 14 atmosphères.
- La plupart des photographies qui illustrent cet article nous ont été communiquées par la Cie parisienne de distribution de chaleur.
- chauffants posés au bas des murs, les radiateurs mobiles genre électro-vapeur et les panneaux chauffants logés dans les murs ou le plafond.
- Le chauffage par semi-accumulation comporte des appareils à matière accumulante qui permettent de continuer à chauffer pendant deux à trois heures sans courant (généralement entre 16 et 19 h) pour « passer la pointe ». Ici, on consomme du courant à tarif moyen, en sorte que l’économie n’est pas encore aussi grande qu’on pourrait le souhaiter.
- U accumulation sèche individuelle fournit l’économie maxima réalisable avec installation autonome par local à chauffer. On peut utiliser soit des poêles, soit des planchers chauffants.
- Les poêles, en l’état actuel, sont constitués par des
- de principe que l’appareil doit « se vider » de toutes ses calories dans la journée; il faudrait donc prévoir un système de réglage qui serait modifié chaque soir selon la température extérieure prévue pour le lendemain.
- Ceci n’est pas possible, en général, avec une précision suffisante, en sorte qu’on est conduit soit à chauffer exagérément les locaux, soit à surcharger le poêle en le remettant en circuit le soir, alors qu’il est encore chaud. Dans les deux cas, il y a une dépense de courant exagérée.
- Il convient du reste d’indiquer que des études techniques actuellement très poussées permettent d’envisager la mise au point à peu près parfaite des poêles à accumulation individuelle.
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- ACCUMULATION CENTRALE « HUMIDE «
- Vis-à-vis des installations à poêles ou planchers chauffants autonomes, une installation à accumulation centrale se trouve à peu près dans la situation d’une puissante usine hydroélectrique à lac artificiel vis-à-vis d’une simple usine sur barrage en rivière.
- Installés dans les caves de l’immeuble, les accumulateurs centraux, grâce à leur poids énorme, permettent d’emmagasiner la chaleur pour des jours entiers, voire des semaines. Plus faciles à calorifuger puisqu’on n’est entravé ici par aucune considération de place ou d’esthétique, ils sont également favorisés par cette propriété géométrique classique que le rapport de la surface au volume diminue quand on passe d’un petit objet à un objet semblable mais de plus grandes dimensions. Par ailleurs, l’expérience prouve que la possibilité d’avoir un réglage unique pour la températurè du fluide chauffant (air, eau, vapeur) conduit à une exploitation notablement plus économique.
- Deux types d’accumulateur ont été employés jusqu’ici avec succès : le type à eau chaude, où l’accumulation se fait à 120° et le type à briques chaudes où les calories sont emmagasinées à 400°, ce dernier système convenant pour le chauffage à air chaud. Dans les deux cas, la régulation est opérée automatiquement en mélangeant au fluide très chaud, avant de l’envoyer aux locaux à chauffer, une partie du fluide refroidi qui en revient.
- COMMENT FONCTIONNE LA RÉGULATION AUTOMATIQUE
- Chauffé par une chaudière à électrodes, qui peut fonctionner, si besoin est, à haute tension (10 000 v), l’accumulateur à eau chaude joue, par rapport aux radiateurs, le rôle d’une chaudière ordinaire à charbon ou à mazout. Rien n’empêche de prévoir une alimentation de secours (ou semi-normale) de l’accumulateur par des chaudières ordinaires, qui peuvent du reste alimenter l’accumulateur concurremment avec la chaudière électrique (fig. 6). Ce système a été appliqué au sanatorium de Briançon (ait. 1800 m), desservi par une ligne haute tension unique et où l’arrêt accidentel du chauffage aurait des conséquences désastreuses.
- L’accumulateur peut être réalisé sous la forme d’un réservoir cylindrique recouvert d’une couche de plâtre, une couche épaisse de liège (10 cm), une couche de briques à couvre-joints et un revêtement extérieur en toile (installation de l’agence de l’Ouest-Lumière à Boulogne-sur-Seine). L’eau est chauffée par des blocs à résistances en nickel-chrome d’une centaine de kw chacun, connectés par barrettes et que l’on peut retirer sans vider l’accumulateur.
- Pour la commande du courant, nous trouvons un premier « étage » d’automatisme comportant :
- Fig. 2. — Accumulateur à eau chaude de 20 nv\
- Bureau du Sud-Lumière, à Bourg-la-Reine.
- Des conjoncteurs-disjoncteurs commandés par une horloge et destinés à mettre les résislances en circuit uniquement aux heures de tarif minimum.
- Des thermostats commandant l’ouverture de ces
- Fig. 3. — Schéma du chauffage électrique par « accumulation centrale humide » (C. P. D. C.)
- Vases d’expansion
- Colonne
- d'expansion
- Eau de retour
- !lé Triple jhermostat
- W Pompes I tde ci routai loi
- Tableau
- électrique
- Accumulateuç
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- Fig. 4. •— Proportion des trois tarifs distincts dans le système triple tarif : prix du kilowatt (C. P. D. C.).
- mêmes disjoncteurs quand la température de l’eau atteint 112°, 116° et 120° à differents niveaux; à ces températures, l’eau ne peut bouillir, car elle est en charge de toute la hauteur de l’immeuble, soit 20 à 30 m.
- L’appareillage général de sécurité tel que les fusibles.
- Ce premier « étage » d’automatisme a uniquement pour but de maintenir constante la température de l’eau dans l’accumulateur quelle que soit la consommation des radiateurs. Il nous reste maintenant à examiner le second « étage » qui assure la régulation automatique
- Fig. 5. — Chaudière électrique à haute tension. (Bureaux de l’Ouest-Lumière à Puteaux).
- de la température de l’eau envoyée aux radiateurs en opérant par mélange.
- Matériellement, cette régulation est assurée de la façon suivante. La circulation de l’eau dans les tuyauteries est assurée par un poste de pompes électriques (fig. 6), ces pompes aspirant un mélange d’eau de retour venant des radiateurs et d’eau d’appoint à 102° venant de l’accumulateur. Le débit de cette eau d’appoint est réglé par une valve électro-magnétique placée à la sortie de l’accumulateur (fig. 8).
- Le principe de la régulation repose sur deux thermostats différents dont l’un modifie le réglage de l’autre. Tant que la température extérieure reste constante, le thermostat n° 1, placé sur le départ des tuyauteries à la sortie de la pompe, agit sur des valves électromagnétiques pour faire varier la quantité d’eau très chaude fournie par l’accumulateur; à cette eau vient se mélanger de l’eau de retour. Si la température extérieure varie, un thermostat n° 2, placé sous abri du côté nord de l’immeuble (fig. 9), intervient pour déplacer le point de réglage du rhéostat n° 1. Ainsi, la température de l’eau de circulation se trouve automatiquement proportionnée à la température extérieure, les locataires n’ayant par suite nullement à se préoccuper du temps qu’il fait pour régler leurs radiateurs (fig. 10).
- Comme il faut cependant laisser à chacun la possibilité de modifier à son gré la température des pièces, les radiateurs sont munis de robinets, un compteur étant monté à l’entrée de l’appartement. Ces compteurs sont du type enregistreur d’intensité ou du type électrolytique, basés sur la différence de température entre l’eau d’entrée et l’eau de sortie.
- Le comptage de l’installation centrale s’effectue à l’aide de compteurs de puissance électrique, type magnétique triple tarif, qui fournit 1’ « intégrale » des sommes dépensées et d’un compteur de calories qui intègre le produit des volumes d’eau par les différences de température.
- AVANTAGES DE L’ACCUMULATION HUMIDE
- Les avantages de l’accumulation centrale humide découlent précisément du fait que l’installation générale ne diffère pas d’une installation ordinaire avec chaudière à charbon ou à mazout. La corporation des entrepreneurs de chauffage central, aujourd’hui répandue partout, est donc à même de poser et de réparer toute la partie non électrique.
- Dans la chaufferie, une propreté absolue et une température très modérée (20°) due à l’excellente calorifuga-tion de l’accumulateur, contrastent avec l’aspect peu agréable de nombreuses chaufferies du type thermique.
- La comparaison des enregistrements met d’autre part en évidence un rendement global très élevé, de l’ordre de 98 pour 100.
- Le système est particulièrement avantageux et agréable à la demi-saison, quand il suffit de faire circuler l’eau aux environs de 35°. A pareille époque, on peut demeurer des jours entiers sans recharger l’accumulateur, les quantités de courant consommées restant par suite extrêmement réduites.
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- CHAUFFAGE VAPEUR-ÉLECTRICITÉ
- Les installations de radiateurs à vapeur se prêtent parfaitement à l'électrification centrale. Il suffit de substituer à l’accumulateur à eau chaude un accumulateur de vapeur.
- Nous citerons seulement l’installation extrêmement considérable de l’hôpital de Munich, qui comporte 12 000 kw de puissance installée en deux chaudières à 5000 v; la vapeur est emmagasinée, sous 15 atmosphères, dans un accumulateur de 175 mr’ installé en plein air.
- Plusieurs installations sont actuellement en cours en France.
- L’ACCUMULATION A 800°
- En donnant aux poêles à accumulation d’appartement un volume beaucoup plus considérable, de l’ordre de 2 m 50 de côté pour le chauffage d’un immeuble, on peut accumuler de la chaleur sèche en batterie centrale.
- Un excellent calorifugeage (35 cm d’épaisseur pour l’accumulateur de l’Ouest-Lumière à Puteaux) et une construction particulièrement étudiée permettent ici de pousser la température d’accumulation jusque vers 800° (fig. 11 et 12).
- Le courant d’air est aspiré à travers le poêle, puis amené dans une chambre de mélange où il se mêle avec de l’air de retour provenant des locaux à chauffer et avec une certaine proportion d’air frais extérieur destiné à renouveler l’atmosphère des pièces. Ce mélange triple est dosé par des thermostats, compte tenu de l’absorption de chaleur qui sera produite ultérieurement dans l’humidificateur.
- L’air ainsi mélangé passe ensuite dans un filtre dégros-sisseur à manche, puis dans un coffre humidificateur contenant des paniers remplis d’anneaux et arrosés par un système de pulvérisation d’eau à régulation automatique; il traverse ensuite un appareil analogue, mais sec, qui forme filtre à choc, puis un filtre à huile comportant une toile métallique sans fin, huilée automatiquement par trempage, et parvient au ventilateur qui l’envoie dans les gaines de distribution; la jonction entre le ventilateur et les gaines est assurée par des manches en toile empêchant la transmission des vibrations.
- En été le poêle peut être mis hors circuit et la reprise d’air supprimée; on a alors une ventilation avec léger rafraîchissement de l’air par humidification.
- Le chauffage électrique par accumulation centrale sèche présente l’avantage de renouveler l’air des pièces, qu’il ne dessèche pas comme les poêles autonomes non munis d’un bac à eau spécial; l’encombrement dans les pièces est moindre qu’avec l’accumulation humide du fait de la suppression des radiateurs.
- POUR MESURER LE CONFORT,
- VOICI UN « HOMME ARTIFICIEL »
- Les appareils de régulation automatique pour le chauffage central et la climatisation mériteraient une large étude que nous ne saurions entreprendre ici. On a
- Fig. 7. — Éléments caractéristiques d'une chaufferie électrique à accumulation centrale humide. (C. P. D. C.)
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- Fig. 8. — Vue de valves automatiques de régulation. (Accumulation centrale, Sud-Lumière.)
- toujours affaire à des thermomètres et à des hygromètres à contacts (ou à variation de résistance, lîg. 9), agissant sur des relais, les hygromètres pouvant du reste être remplacés par une combinaison des thermomètres sec et humide agissant d’une façon différentielle.
- Voici maintenant un appareil régulateur très ingénieux, Yeupathéostat dont le principe technique paraît susceptible de vastes applications.
- Fig. 10. — Agrandissement d’un diagramme d’enregistrement journalier de la température d’eau de circulation dans l'installation de Boulogne-sur-Seine.
- Par ce ternie un peu barbare, les constructeurs ont voulu indiquer que l’appareil doit maintenir constante non une température, comme un thermostat, ou un degré hygrométrique, comme un hygrostat à fibres de coton, par exemple, mais une certaine fonction complexe que l’on pourrait appeler 1’ « agrément de l’ambiance », ou pour employer le terme aujourd’hui classique : « le confort ».
- On sait que ce « confort » dépend d’un assez grand nombre de variables parmi lesquelles figurent au premier rang la température de l’air et son degré hygrométrique. Pratiquement on utilise les indications du thermomètre sec et du thermomètre mouillé; on constate qu’il peut exister entre ces deux grandeurs une certaine compensation, ce qui signifie que le corps humain supporte mieux une chaleur sèche qu’une chaleur humide, du
- Fig. 9. — Thermostat directeur agissant par variation de résistance.
- Placé à l’extérieur, ce thermostat intervient pour changer le réglage du thermostat intérieur chargé de commander les valves automatiques, afin de maintenir constante la température du fluide de circulation.
- fait d’une évaporation accrue à la surface de la peau.
- Toutefois, l’étude des thermomètres sec et humide est loin d’épuiser le problème total du confort. Citons parmi les autres facteurs dont l’importance est très grande, le mouvement de l’air et le rayonnement des parois et des fenêtres. Ce rayonnement peut lui-même être positif ou négatif : dans le cas général, le corps humain perd de la chaleur rayonnée, mais il en reçoit quand il se trouve au voisinage d’une source de chaleur.
- Finalement, le confort peut se définir comme un équilibre thermique entre un objet déterminé : le corps humain, qui renferme une source de chaleur propre, et le milieu ambiant, ce dernier comprenant non seulement l’air, mais les solides; les échanges s’effectuent par la convection et la conductibilité (très faible) de
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- l’air, par l’évaporation cutanée et par rayonnement réciproque.
- Ueupathéostat a pour objet de mesurer le confort ainsi défini, ou tout au moins d’en « reconnaître » une valeur bien déterminée en vue d’agir automatiquement sur des relais électriques pour la commande des organes de réglage. Ce résultat est obtenu — dans une mesure rudimentaire, mais déjà fort intéressante — au moyen d’un véritable « homme artificiel » qui possède une source de chaleur intérieure et qui perd régulièrement cette chaleur par rayonnement et convection tout comme un corps humain véritable. ^
- COMMENT FONCTIONNE L’ « EUPATHÉOSTAT »
- L’appareil est construit de la façon suivante.
- Une sphère creuse en métal noirci (fig. 13) possède un prolongement inférieur cylindrique entouré par une résistance chauffante; l’ensemble est hermétiquement clos et contient un liquide volatil qui peut être du chlorure d’éthyle.
- Sous l’influence de la chaleur dégagée par la résistance, le liquide distille et vient se condenser à l’intérieur de la sphère, ruisselle contre les parois et retombe dans le houilleur. Le « principe de la paroi froide » nous apprend que ce mouvement continuera indéfiniment,
- Fig. 12. — Vue d'ensemble de la chaufferie de l’installation de Puleaux avec accumulation centrale sèche (C. P. D. C.).
- Air frais
- Air chaud _ climatisé
- , f Poêle à accumulation
- Humidificateur
- Ventilateur
- Thermomètre'
- Fig. 11. — Principe du]chauffage à'^accumulaiion centrale sèche.
- la pression restant d’autre part fonction, avec une grande sensibilité, de la température de la sphère.
- Il suffira donc que cette sphère soit en communication avec un tube courbe élastique en cul-de-sac ou tube de Bourdon, pour que celui-ci se décourbe plus ou moins sous l’action de la pression interne et agisse sur
- Fig. 13. — Vue d'un teupalhéoslat» relié à des appareils d'enregistrement.
- A droite, eupatliéostat avec sa sphère noircie, thermomètre de plafond et de muraille; au centre, boîte de relais et enregistreur général; à gauche, couple de thermomètres sec èt mouillé sous boîtier (Alsthom).
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- des contacts électriques. Cette disposition présente ceci de remarquable qu’il n’existe aucun joint ni presse-étoupe, ce qui assure une conservation indéfinie du liquide volatil. Les contacts présentent un dispositif de rupture brusque constitué par un simple aimant permanent qui tend à retenir la lamelle de contact; quand celle-ci « décolle », elle s’éloigne franchement.
- Examinons maintenant l’équilibre thermique de la sphère. Sa température propre étant maintenue constante et égale à 24°,5 environ par la spirale chauffante, elle perd de la chaleur par les trois voies suivantes :
- — Radiation de la sphère vers les murs, le plafond, le sol, les fenêtres et les objets contenus dans la pièce, cette déperdition étant d’autant plus considérable que
- les corps en question sont plus froids.
- — Convection naturelle due à l’ascension de l’air autour de la sphère.
- — « Convection forcée » provenant des autres mouvements de l’air et notamment dé la ventilation. Cette déperdition est fonction de la température de l’air et de sa vitesse, et elle peut même se transformer en un gain de chaleur dans le cas d’un chauffage par air chaud.
- D’autre part, la sphère reçoit de la Fig. 14. — Enregistreur de la fig. 13 donnant chaleur des appâtes courbes des températures et les différences reils de chauffage, hygrométriques (Alsthom). et,éventuellement,
- du soleil, cette
- chaleur étant apportée par rayonnement intercepté et par convection.
- Le mode de sensibilité de la sphère est ainsi très diffé-
- rent de celui d’un thermomètre ordinaire ou d’un thermostat, qui se bornent à se mettre en équilibre de température avec l’air ambiant. La sphère rayonne comme un corps vivant et ses indications sont différentielles. Elle fonctionne à température constante, sa capacité calorifique propre n’ayant par suite aucune influence. Les relais interviennent « à maximum et minimum » pour corriger les données extérieures : températures diverses, ventilation, de telle façon que la sphère perde de sa chaleur précisément à la vitesse que Von a choisie comme définition du confort.
- On remarquera que l’évaporation ne figure pas parmi les variables dont l’eupathéostat opère la synthèse; c’est une lacune que l’on pourrait, semble-t-il, combler en habillant une partie de la sphère avec une étoffe mouillée formant mèche ; mais il semble plus simple de combiner électriquement l’action de la sphère avec celle des deux thermostats à réservoirs sec et mouillé.
- L’eupathéostat peut être réglé au moyen d’une résistance variable insérée dans le circuit de chauffage, ce circuit pouvant être coupé automatiquement, en été, par un dispositif purement thermométrique, en vue d’éviter la consommation de courant, du reste très faible (5 w).
- On pourra rapprocher de ce curieux appareil d’autres images thermiques qui ont été utilisées comme disjoncteurs de sécurité sur certains tableaux électriques automatiques (voir La Nature, n° 2911, 15 août 1933). Ces disjoncteurs comportent un enroulement placé sur un noyau de fer massif et parcouru par le courant (ou une fraction déterminée) alimentant le moteur à surveiller; les proportions de l’enroulement et du noyau, ainsi que de leurs surfaces de rayonnement sont telles que le disjoncteur se trouve toujours à la même température que le moteur. Un bilame suffit alors pour produire, éventuellement, le déclenchement en temps utile.
- Nous ferons également remarquer, ici, en terminant, un principe très général, qui est l’extrême sensibilité et commodité que l’on se procure, dans toutes les installations d’automatisme, en consentant une perte continue d’énergie. L’eupathéostat et le régulateur Area à fuite d’eau que nous avons décrits précédemment (même numéro), reposent sur ce principe ainsi que le classique pont de Wheatstone, bien connu de tous.
- Pierre Devaux, ancien élève de l’École Polytechnique.
- L’ÉLEVAGE EN ALGÉRIE
- Dans les années normales, quand une sécheresse prolongée n’a pas décimé les ovins, on peut évaluer à quelque douze millions de têtes l’importance du cheptel algérien, en ajoutant aux moutons et aux chèvres, les bœufs, les chevaux, les ânes, les chameaux et les porcs. Les colons ne possèdent que la dixième partie de ce total; et c’est constater là que l’élevage reste presque
- exclusivement aux mains des indigènes. Comme nous le verrons plus loin, d’heureuses expériences démontrent que les Européens pourraient entreprendre avec succès l’industrie pastorale.
- Il est certain qu’elle se heurte, en Algérie, à des difficultés qu’ignorent les éleveurs de France, et dont la plus grave est la sécheresse, qui entraîne la destruction des
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- Fig. 1. — Campement de nomades algériens et leurs troupeaux de moulons.
- pâturages. Les indigènes la conjurent avec leur système de la transhumance, dont s’accommodent leurs mœurs nomadiques. C’est un continuel va-et-vient des tribus et de leurs troupeaux, entre la région des hauts plateaux et la région des plaines, déplacements que règlent les saisons.
- Ces allées et venues à la recherche de pâturages sont de véritables migrations qui s’effectuent sur des distances parfois considérables. On m’a cité le cas de la tribu des Laarba qui, deux fois l’an, parcourent plus de 550 km entre leurs quartiers d’hiver et leurs quartiers d’été. Comme leurs ancêtres l’ont fait depuis des temps immémoriaux, ces nomades vivent exclusivement, pour la plupart, des produits de leurs troupeaux. La viande et le lait assurent leur alimentation; ils se confectionnent chaussures, selles, harnachements, avec les peaux ; ils se tissent des vêtements, des tentes et des tapis avec la laine de leurs moutons ou le poil de leurs chèvres et de leurs chameaux. Ils trouvent facilement l’occasion de vendre le surplus de leur laine pour acheter des dattes, des armes, des outils, ou encore du blé dur pour la confection du couscousse. Bien rarement, ces pasteurs condescendent à faire un peu de culture : ils gratteront la terre autour de leur campement, sèmeront du blé ou dé l’orge et attendront la récolte pour se remettre en route.
- LE MOUTON ALGÉRIEN
- L’importance numérique du troupeau ovin d’Algérie varie considérablement, d’une année à l’autre, du fait des épizooties et des intempéries qui peuvent combiner leur action pour le décimer. Les statistiques nous livrent des chiffres dignes d’attention.
- Quand se succèdent des années favorables, la multiplication se poursuit par bonds prodigieux, grâce aux qualités prolifiques des brebis, qui ont communément deux portées par an. De 1881 à 1891, on vit le nombre des ovins passer de 6 à 11 millions de têtes. Par contre, de 1919 à 1921, l’effectif fut diminué de 2 200 000 animaux. Il en perdit encore près d’un million, de 1921 à
- 1923. Ainsi, en quatre années, plus de 3 millions de moutons avaient disparu. Mais, durant les deux années suivantes, on pouvait accuser un gain de 1 200 000 ovins. Actuellement, le troupeau est évalué à 6 millions et demi, ce qui nous éloigne du chiffre d’avant guerre, qui se maintenait entre 8 et 10 millions. On ne sait comment expliquer la constance de cette diminution, qui touche d’autant plus la France continentale qu’elle a perdu le tiers de son propre cheptel ovin, tombé, depuis la
- guerre, de 15 millions de têtes à 10 millions.
- L’espèce est remarquable par sa rusticité, par sa
- résistance aux intempéries et aux fatigues. Vivant
- Fig. 2. — Bélier (race indigène). Station de Tadnit.
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- toujours à l’air, elle supporte les grandes chaleurs et les hivers rigoureux. On m’a dit que les bergers, surpris par le froid, font tourner leur troupeau en rond, la nuit comme le jour, pour empêcher les bêtes de geler. L’habitude quasi constante de la marche a développé les membres, plus longs que chez les espèces européennes. On reproche au mouton algérien son faible rendement en viande bouchère, ce qu’expliquent la médiocrité des
- pâturages, le manque de soins, les centaines de kilomètres qu’il lui faut parcourir, le plus souvent par la route, pour atteindre le port d’embarquement.
- Mais la preuve est faite qu’il lui suffit d’un repos de 6 à 8 semaines et d’une alimentation abondante pour récupérer ses forces et engraisser à vue d’œil. Dans maintes régions, les colons achètent des indigènes des milliers de moutons maigres, à la lin de l’hiver, et les revendent pour l’exportation à la fin de l’été, après les avoir engraissés sur les pâturages printaniers, puis sur les chaumes, après la récolte des céréales. Il en est d’autres qui s’adonnent à la production d’agneaux de lait, en achetant aux nomades des brebis pleines.
- Sur les 6 millions et demi de moutons qui composent le troupeau algérien, les éleveurs européens ne possèdent guère qu’un demi-million de bêtes. Ce sont soit des animaux importés de France, soit des produits de croisements entre les races métropolitaines et l’espèce indigène. Dans les deux cas, les moutons, .améliorés comme bêtes de boucherie, se montrent bien moins résistants que cette dernière aux écarts de température; ils passent l’hiver à l’étable.
- LE MEILLEUR CLIENT DE L’ALGÉRIE
- On ne sait pas, à des centaines de milliers près, combien de moutons sont consommés en Algérie : c’est la viande de boucherie que préfèrent les indigènes. Nous sommes mieux renseignés sur le nombre de moutons que la France achète à l’Algérie : il est actuellement de plus
- Fig. 4. — Mostaganem, le port moutonnier d'Algérie.
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- de 600 000, mais il a dépassé fréquemment un million par an. On calcule que, à ce taux actuel d’exportation, c’est une centaine de millions de francs que la métropole verse annuellement à sa grande colonie africaine.
- Mostaganem est l’un des principaux ports d’expédition. C’est là qu’aboutissent les contingents ovins de la plaine du Chéliff et des hauts plateaux de Frenda, Trézel et Tiaret. Grâce à la voie ferrée qui relie Tiaret à Mostaganem, plusieurs districts moutonniers du département d’Alger trouvent avantage à diriger leurs troupeaux vers ce port, qui draine également les régions d’élevage des territoires du Sud (Colomb-Béchar, Saïda, les Maâlil's).
- La Chambre de Commerce de Mostaganem a fait construire, aux abords de la ville, un parc à moutons qui est un modèle du genre. Sa superficie est de 54 hectares; pourvu d’abreuvoirs alimentés d’eau potable, il héberge les moutons jusqu’à l’arrivée du navire qui les emportera à Marseille. Il comporte un « parc à visite » où tous les ovins sont inspectés par des vétérinaires, avant leur embarquement.
- En principe, ils doivent avoir été vaccinés dans le pays de provenance depuis au moins 15 jours contre la variole ovine (ou clavelée), que redoutent extrêmement les moutons de la métropole.
- « Cette vaccination, lisons-nous dans une brochure éditée par la Chambre de Commerce de Mostaganem, est attestée par une médaille placée à l’oreille droite du mouton, compostée du numéro de la circonscription du vétérinaire qui a vacciné, ainsi que de la date à partir de laquelle le mouton peut être embarqué (date de la libre pratique). Cette médaille est fixée à travers le cartilage de la conque et résiste généralement bien au temps. Au reste, la vaccination n’est valable que pendant onze mois. Par ailleurs, des certificats, détachés de registres à souches, sont remis aux propriétaires et mentionnent les indications portées sur les médailles de vaccination. »
- Introduit dans le « parc à visite », le troupeau est soumis aux investigations des douaniers. Ils s’assurent que le nombre des moutons correspond au nombre des certificats de vaccination; ils vérifient, sur la dixième
- Fig. 5. — Troupeaux de moutons et de chèvres près d’une source, sur les hauts plateaux.
- partie du troupeau, si les dates des certificats et des médailles concordent. Puis tous les animaux défilent, un par un, dans un couloir, sous les yeux de vétérinaires prompts à dépister tout indice de maladies contagieuses qui dénierait le droit d’embarquement au troupeau entier. Les douaniers se saisissent des animaux dépourvus de médaille, pour les consigner dans un petit parc auxiliaire. Désormais, le troupeau peut être acheminé vers le port, distant d’un kilomètre. Normalement, une moyenne de 3500 moutons peuvent être ainsi inspectés en une heure.
- Plusieurs navires, spécialement équipés dans ce but, assurent le transport des moutons à dates fixes, soit vers Marseille, soit vers Sète. Certains peuvent charger jusqu’à 12 000 moutons. J’ai visité le Figuig, de la Compagnie Générale Transatlantique, dont la capacité est de 7500 animaux. Ils sont logés dans un entrepont où l’aération est parfaite, et la mortalité est extrêmement réduite, sinon nulle. J’ai recueilli cette curieuse information : les gardiens ont soin de ne permettre à aucune bête de se coucher pendant la traversée, car elle serait piétinée et succomberait à l’étouffement.
- La propreté méticuleuse qui règne dans ces étables
- Fig. 6. — Bœufs et porcs dans une ferme européenne.
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- Fig. 7. — Mêiis de race indigène et de zébu malgache.
- flottantes et le manque absolu d’odeurs font que les cabines à passagers, installées sur le pont-promenade, sont retenues longtemps à l’avance par les Mostagané-mois, qui peuvent ainsi se rendre à Marseille dans le plus agréable confort, et sans escale.
- CUIR, LAINE ET TAPIS
- La laine des moutons algériens est très estimée sur le marché métropolitain; mais la moitié environ de la tonte annuelle, qui est de 200 000 quintaux en moyenne, est absorbée par les besoins locaux, pour la fabrication des vêtements, des tapis, des tentures. Le surplus est exporté en France et rapporte à la colonie une centaine de millions de francs. A ce chiffre s’ajoute la valeur (soit de 35 à 40 millions) des 30 000 quintaux de peaux en toison, provenant des abattoirs, et qui sont égale-
- Fig. 8. — Jument pur sang arabe.
- ment expédiés en France. Les peaux délainées s’exportent peu; les tanneries algériennes (conduites par des indigènes ou par des Européens) les traitent pour les besoins de l’industrie locale.
- D’après les statistiques que nous empruntons à la brochure de M. Jean Blottière, ingénieur agronome, le cheptel ovin, tout en satisfaisant aux besoins de la population, alimente un commerce d’exportation de près de 400 millions de francs, représentant le dixième de la valeur des exportations totales de la colonie. Il convient d’ajouter à ce chiffre les 15 millions de francs que rapportent annuellement à l’Algérie les tapis qu’elle exporte. Cette industrie, exclusivement exercée par les femmes et les fillettes indigènes, était en pleine décadence, à la fin de siècle dernier. La création d’écoles techniques dans de nombreuses villes lui donne actuellement un nouvel essor; inférieures à 100 quintaux en 1901, les exportations de tapis algériens dépassent aujourd’hui 2000 quintaux, dont la France est la meilleure acheteuse.
- CHÈVRES, BŒUFS ET PORCS
- Le troupeau caprin de l’Algérie est considérable : il dépasse 3 millions de têtes, dont 2 millions de femelles adultes. Il appartient presque exclusivement aux indigènes, les animaux possédés par des Européens n’entrant dans ce nombre que dans la proportion de 2 pour 100.
- Les autochtones considèrent avant tout leurs chèvres comme des bêtes laitières, et leur lait joue un rôle important dans l’alimentation des petits cultivateurs et des nomades. Le rendement est, cependant, médiocre : tout au plus un demi-litre par jour, et seulement pen-dans une saison qui ne dure que 5 mois. On a tenté d’améliorer la race, mais, jusqu’ici, sans résultats appréciables. Les chèvres élevées par les Européens sont des maltaises ou des espagnoles; elles fournissent de 2 à 3 litres de lait par jour, mais exigent l’abri de l’étable. En outre, le lait des premières contient trop souvent les germes de la « fièvre maltaise », et, si les informations que j’ai recueillies à Mostaganem et dans d’autres centres de l’Oranie sont exactes, cette maladie engendre trop souvent des cas mortels parmi les Européens.
- Caprins et ovins sont « élevés » conjointement par les indigènes, en ce sens qu’un contingent des premiers accompagne toujours les troupeaux de moutons. Au cours des migrations de la transhumance, ce sont les chèvres qui, plus intelligentes et plus agiles, conduisent les ovins vers les pâturages et les empêchent de s’attarder sur un terrain où ils resteraient jusqu’à la disparition du dernier brin d’herbe. Arabes et Kabyles sont friands de la chair des caprins. Les peaux leur fournissent un cuir dont ils fabriquent leurs sandales et babouches; les poils servent à tisser des vêtements et à tresser des cordes. L’exportation de chèvres vivantes est à peu près nulle : moins de 3000 têtes par an. Par contre, l’Algérie exporte annuellement une moyenne de 20000 quintaux de peaux et de 3000 quintaux de poil, pour une valeur de 40 millions de francs.
- Le cheptel bovin d’Algérie a subi une régression marquée, depuis la guerre, ce que l’on explique par le lourd tribut qu’il a payé aux armées alliées. En 1914,
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- il comptait 1200 000 têtes; en 1919, il était descendu au-dessous de 700 000; il doit dépasser actuellement 900 000.
- Sur ce nombre, les Européens ne possèdent que 126 000 animaux, dont une minorité descend des races françaises ou suisses, qui s’acclimatent aisément et conservent, notamment, leurs qualités de laitières. La race indigène, elle, a dégénéré, du fait du manque de soins et d’une sous-alimentation qui se poursuit depuis l’invasion arabe. La taille est si médiocre que j’ai vu des taureaux à peine aussi grands qu’un chien de Terre-Neuve. Les vaches ne doivent pas donner plus de 4 litres d’un lait si clair qu’on pourrait accuser le vacher de l’avoir copieusement mouillé; et c’est le seul que l’on puisse trouver dans maintes villes algériennes. Par contre, à Relizane, un éleveur européen livre, grâce à ses vaches françaises, un lait de première qualité; il est vrai qu’il a créé une prairie artificielle où ses bêtes trouvent un excellent pâturage, ce qui justifie l’axiome : tel fourrage, tel bétail.
- Des essais d’amélioration de la race indigène, remarquable par sa rusticité, et qui fournit aux autochtones de robustes bêtes de labour, ont donné des résultats encourageants. Il faut signaler surtout des croisements avec le zébu de Madagascar. Enfin, on parle beaucoup de la race dite de Guelma, qui, d’origine indigène, a gagné en taille et en poids, grâce aux efforts poursuivis par des éleveurs européens depuis un demi-siècle.
- Le cheptel bovin est loin de suffire aux besoins de la population, puisque l’Algérie importe de France 60 000 quintaux de lait,'de beurre et de fromage, valant une soixantaine de millions. La viande de veau, très recherchée par les Européens, leur est apportée de France par les navires pourvus de chambres frigorifiques. L’Algérie n’exporte annuellement qu’une moyenne de 2500 boeufs vivants, chiffre auquel s’ajoutent 22000 quintaux de peaux brutes.
- L’élevage du porc est conduit presque exclusivement par des Espagnols, qui l’exercent surtout en Oranie, où l’on compte 62 000 animaux sur un total de moins de
- Fig. 9. — Ane étalon de Vie (Espagne).
- 90 000, dont la France importe annuellement 20 000 têtes. D’une façon générale, les troupeaux vivent à la lisière des bois et regagnent, à la nuit tombante, des étables qui, le plus souvent, ne sont que des enclos. J’ai recueilli, sans pouvoir en vérifier l’exactitude, cette curieuse information : les accouplements entre les sangliers (qui pullulent dans maintes forêts algériennes) et les truies donnent naissance à des métis toujours féconds, alors que les croisements entre sangliers d’Europe et cochons domestiques ne produisent que des animaux stériles.
- CHEVAUX, ANES ET CHAMEAUX
- Le cheval a été, pendant des siècles, l’objet d’un véritable culte chez les Arabes : n’avait-il pas été, grâce à ses jarrets rapides, le meilleur ouvrier de la conquête
- Fig. 10. — Une foire de chameaux à El Golea.
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- musulmane ? Jusqu’à notre époque, les chefs de tribu se livrèrent avec dévotion à son élevage et se disputèrent les plus beaux étalons... Maintenant, ils ne se déplacent plus qu’en automobile, et beaucoup possèdent même des voitures de grand luxe. Dans les villes d’Algérie, la vue de cavaliers est un spectacle rare; on n’en rencontre plus que loin des centres de population, quand une fête religieuse attire les foules musulmanes aux abords d’un « marabout » vénéré.
- L’élevage chevalin est donc en décroissance. Avant la guerre, on comptait en Algérie plus de 220 000 chevaux; leur nombre est tombé à 161 000 en 1927; il tend, à augmenter, depuis que, pour répondre aux demandes des colons, on s’occupe de produire un cheval agricole en croisant la race indigène (le barbe) avec le breton. D’autre part, dans les haras et jumenteries, on améliore le barbe, comme cheval de guerre et comme cheval de courses, par des croisements avec l’arabe et le syrien.
- Les statistiques dressées pour 1928 nous donnent de curieux détails sur la répartition du cheptel chevalin.
- Fig. 11. — Aspect d’ensemble des bâtiments de la ferme des Maâlifs.
- Sur 164 019 têtes, les indigènes en possédaient 115 442; les Européens, 48 577 ; ce qui révèle que l’.élevage est surtout conduit par les premiers. On remarque encore que les Européens, qui recherchent avant tout des bêtes de trait et de labour, possèdent plus de mâles que de femelles : 26 560 contre 22 017. La proportion est renversée, pour les indigènes, qui recherchent les poulinières : 75 075 juments contre 40 377 chevaux.
- Quant aux ânes, les 279 525 têtes recensées en 1928 appartiennent presque exclusivement aux indigènes, puisque la part des Européens n’est que de 5.930. Une sous-alimentation, dont l’espèce souffre depuis des siècles, a réduit sa taille, mais sans entamer, semble-t-il, sa résistance. Rappellerons-nous que plusieurs milliers de ces braves petites bêtes jouèrent leur rôle dans la guerre, en transportant vivres et munitions aux premières lignes ?
- La production de mulets est une branche importante de l’élevage algérien : en 1928, on comptait 164 107 mulets ou mules, dont 59 178 appartenant à des Européens. Longtemps, la production fut monopolisée par les auto-
- chtones. Certains colons se livrent désormais à cet élevage pour leurs besoins personnels, et d’autres font venir des mulets de France ou d’Espagne. En 1928, le nombre des bêtes importées s’est élevé à 4952.
- Il nous reste à consacrer quelques lignes aux chameaux, dont l’élevage est en régression et qui est confiné aux Territoires du Sud. On en comptait plus de 204 000 en 1919; après être descendu à 146 000 en 1923, à la suite de plusieurs années de grande sécheresse, le chiffre s’est relevé progressivement à 172 817, en 1928. Tous appartiennent aux nomades, à l’exception de 358 appartenant à des Européens.
- Dans sa belle étude sur L’Algérie agricole, M. Victor Démontés nous rappelle que, sans le chameau et sans le palmier-dattier, les régions sahariennes seraient inhabitables. Outre ses qualités de monture et d’animal de bât, la précieuse bête offre aux nomades sa chair, sa peau, son poil, qui entre dans la confection des burnous et des toiles de tente. La chamelle produit quotidiennement une dizaine de litres de lait, dont le tiers est prélevé pour l’alimentation des gardiens.
- UNE FERME MODÈLE
- J’ai eu l’occasion de visiter, dans le sud de l’Oranie, l’une des fermes européennes les plus prospères : ses 4000 hectares s’étendent sur le plateau des Maâlifs, à l’altitude de 1150 m. Longtemps, elle fut l’exploitation agricole la plus rapprochée des régions sahariennes et conséquemment la plus exposée aux attaques des nomades du désert. Édifiés en 1903, les bâtiments témoignent des risques qu’affrontaient alors les colons : ils forment un vaste quadrilatère de murailles massives, et des tourelles crénelées se dressent aux quatre coins. L’abondance des chacals et les visites occasionnelles des hyènes sont d’autres indices sur le caractère de la région.
- Depuis 1919, la propriété appartient à la Compagnie agricole oranaise, fondée par M. Hervey, sénateur de l’Eure, au capital de 2 200 000 fr. Avant la crise économique actuelle, les actionnaires recevaient un dividende de 10 pour 100, tombé à 6 pour 100 pendant deux ans, mais qui s’est relevé à 7 pour 100 en 1933. Son premier directeur fut M. Duhamel, ingénieur agricole de grande expérience.
- Dirigée par un homme jeune, actif, intelligent, M. Gellée, ingénieur agricole, la ferme comporte un personnel de 50 Européens (presque tous Français de France) et de 150 ouvriers indigènes, outre une main-d’œuvre saisonnière de plusieurs centaines de fellahs. La force motrice employée par les ateliers de réparations mécaniques et de bourrellerie, ainsi que l’éclairage, sont fournis par la Compagnie Lebon, cette providence des colons dans les régions même les plus isolées; le courant provient de la centrale d’Alger, distante de 420 km, qui a pour auxiliaire, pendant plusieurs mois de l’année, l’usine hydro-électrique d’Oued-el-Berd, située à 140 km d’Alger, dans le massif du Djurdjura, à l’altitude de 2308 m. Deux puits, profonds de 12 m, donnent de l’eau saumâtre, qu’on utilise au nettoiement des étables et autres locaux. Une immense citerne emmagasine l’eau douce (pluie et neige fondue); elle en contient assez pour
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- répondre aux besoins pendant trois ans; on en distribue même aux indigènes du voisinage.
- Quelques lecteurs pourraient s’étonner que la neige tombe dans le Sud Algérien; qu’ils se souviennent que l’altitude du plateau des Maâlifs est de 1150 m. Durant l’hiver dernier, du 6 novembre au 24 avri 1, les chutes de neige y ont totalisé une épaisseur de 1 m 90. M. Gellée m’a communiqué d’autres chiffres qui montrent les étranges écarts de la température. Le 15 avril 1934, il a enregistré 53° au soleil et 4° la nuit suivante. Le 1er mai, les maxima ont été de 3° pour le jour et de 1° pour la nuit. Au cours d’hivers exceptionnellement rigoureux, le thermomètre descend fréquemment, la nuit, à — 8°, en janvier et en février. Les grosses tombées de neige sont fatales au cheptel indigène; dans l’impossibilité d’atteindre l’herbe sous la couche, les animaux meurent de faim par milliers.
- La ferme des Maâlifs s’occupe simultanément de culture et d’élevage. Elle produit annuellement une moyenne de 23 000 quintaux de blé tendre et d’orge. Pour le blé, elle renouvelle périodiquement ses semences, en important de la tuzelle de Provence. La moitié des champs est laissée en repos pendant un an; on se contente de travailler la terre pour qu’elle emmagasine plus d’humidité. M. Gellée poursuit actuellement, sur une échelle réduite, une expérience d’assolement en semant de la gesse qui, outre qu’elle enrichit le sol en azote, est un aliment précieux pour l’engraissement des porcs. 11 se propose de conduire cet essai pendant deux ans et, si les résultats sont satisfaisants, d’appliquer le système à l’ensemble du domaine.
- La vigne réussit bien sur ces hauts plateaux; la ferme en tirait jadis du vin qui titrait 14°. Près des bâtiments s’étend un joli verger; les pommiers y prospèrent, et le jeune directeur m’a dit qu’il avait fabriqué, au dernier automne, 800 litres d’excellent cidre. J’ajouterai que la compagnie a contribué à la construction d’une coopérative agricole dont les silos peuvent recevoir 30 000 quintaux de grain; une capacité de 20 000 quintaux est réservée aux colons du voisinage.
- L’élevage du porc est l’une des principales ressources de la ferme : 5 verrats et 75 truies produisent annuellement 800 petits qui, après engraissement, sont expédiés aux villes de la côte, principalement à Alger et à Oran.
- Les animaux sont de la race indigène, améliorée par la sélection des reproducteurs, mais surtout par une bonne alimentation. Les porcheries sont bien conditionnées : chaque truie et sa portée disposent d’une chambre fermée et d’un enclos baigné de soleil. Les bêtes à l’engraissement sont conduites chaque jour au champ par des garçonnets qui consentent volontiers, en échange d’un salaire, à surveiller ces maudits hallouf que le Coran désigne à leur dégoût. De retour à la porcherie, les cochons s’ébattent dans l’eau limpide d’un bassin. Sur ma question, M. Gellée m’apprend que les porcins ont des habitudes de propreté qu’ignorent certaines populations primitives. Il me dit encore que ses élèves sont tous vaccinés contre le rouget après le sevrage, quand ils ont de 2 mois et demi à 3 mois. La castration suit
- Fig. 12. — M. Iierueg, sénateur de l’Eure, fondateur de la Cie Agricole Oranaise, assistant à l'examen d’un mouton.
- 8 jours plus tard, et l’on n’épargne que de jeunes femelles soigneusement sélectionnées.
- L’élevage moutonnier porte sur 30 béliers et 1 200 brebis, de race indigène améliorée ; on conserve aussi 300 ante-naises (agnelles sevrées qui n’ont pas été au bélier). La production annuelle est de 1200 agneaux, que l’on vend à 3 mois d’âge. La tonte des brebis et des béliers ajoute aux profits. Une partie de la laine est vendue à bas prix aux indigènes de la ferme; après des lavages dans l’eau courante, la laine, qui a perdu 50 pour 100 de son poids, leur sert à tisser des burnous.
- La direction a renoncé, depuis quelques années, à l’emploi de tracteurs mécaniques ; la traction animale a diminué les prix de revient d’une façon sensible. Dans ce but, la ferme a entrepris la production de mulets; j’ai admiré l’âne étalon qu’elle a fait venir de Vie, en Espagne, et qui lui a coûté 15000fr. J’avoue que j’ignorais que l’espèce asine pût produire d’aussi beaux animaux : il a la taille d’un cheval arabe.
- Comme j’achevais la visite des bâtiments, la curiosité m’attira vers un groupe de tentes, dressées à l’orée d’un bois de pins. Par bonheur, notre hôte m’accompagnait, car plusieurs molosses à longs poils jaunâtres (ces redou-
- Fig. 13. — Après une chute de neige sur le plateau des Maâlifs.
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- tables chiens arabes, qui ne connaissent que leur maître) se précipitaient sur moi, et M. Gellée cria aux hommes, en leur langue, de rappeler leurs bêtes. Je voulus savoir si c’était ma qualité d’étranger qui me désignait à leur attaque ; mais j’appris que, quelques semaines auparavant, ils avaient lacéré à mort un indigène qui s’était approché des gourbis.
- Je recueillis là d’autres informations qui peuvent prendre place, à la fin de cet article. Ce petit camp, où un homme achevait d’écorcher un mouton, où plusieurs jeunes femmes nous souriaient à visage découvert, tandis qu’une vieille attachait les chiens après les avoir corrigés à coups de bâton, était habité par trois ou quatre familles dont presque tous les membres travaillaient à la ferme. Fidèles au nomadisme ancestral, ces Arabes ont refusé les logis que M. Gellée leur offrait dans les bâtiments, à l’abri des intempéries.
- Ces familles possédaient de la terre, qu’elles ont vendue. A travailler ainsi pour les Européens (depuis le père
- jusqu’aux bambins de cinq à six ans, ces petits porchers que j’ai vus à l’œuvre), elles n’ont jamais gagné autant d’argent. Et je m’enquiers : elles doivent faire des économies ?... Je prouve là mon ignorance du monde arabe ! Et mon guide m’éclaire : quand un chef de famille a quelques sous devant lui, il les consacre... à l’achat d’une deuxième ou d’une troisième femme, et des bijoux que réclame la nouvelle élue !
- Sur une autre de mes questions, le jeune ingénieur déclare qu’il suffit d’être juste, envers les indigènes, et que l’on en fait ce que l’on veut. A l’appui de son raisonnement, il me conte une curieuse anecdote. Un jour, surprenant sur sa vigne un Arabe qui volait du raisin, il lui administre une correction. L’homme vient le voir, le lendemain, et... pour le remercier : « Tu as bien fait de me battre, hier, puisque je prenais ton bien ! »
- Ce sens de la justice est le secret des bonnes relations entre colons et indigènes.
- Victor Forbin.
- = LA DENSITE DES ETOILES E
- DANS LA RÉGION DU SYSTÈME SOLAIRE
- La parallaxe d’une étoile est l’angle sous lequel un observateur placé au centre de l’étoile verrait le demi-grand axe de l’orbite terrestre, ce demi-grand axe étant supposé placé perpendiculairement au rayon visuel.
- Cet angle est excessivement petit, car aucune parallaxe n’atteint ï". Cette extrême petitesse rend très difficile la détermination des parallaxes et les valeurs obtenues présentent généralement une grande incertitude relative : il n’est pas rare que l’erreur sur la parallaxe atteigne zh O^ô.
- Les parallaxes sont uniquement déterminées par des procédés photographiques. On photographie deux fois une étoile et les étoiles voisines à 6 mois d’intervalle; on compare sur les deux clichés la position de l’étoile à celle des étoiles voisines ; le calcul permet de déterminer la parallaxe quand elle est perceptible.
- La parallaxe oc étant connue, la distance d de l’étoile au Soleil est donnée par un calcul simple.
- d = p tang-|
- où p est le demi-diamètre de l’orbite terrestre, la distance de la Terre au Soleil.
- Il est commode d’exprimer d en années-lumière. La lumière parcourt 300 000 km en une seconde et l’année-lumière a pour valeur :
- année-lumière — 9 460 000 000 000 km.
- On peut rapprocher ce nombre du rayon de l’orbite terrestre : distance de la T erre au Soleil = 150 000 000 km ou 8m 20“ lumière.
- On peut aussi prendre pour point de comparaison la planète Pluton, 40 fois plus éloignée du Soleil que ne l’est la Terre:
- le diamètre de l’orbite de Pluton = 1 200 000 000 km ou 1111 6m 40® lumière.
- Eh bien, l’étoile la plus proche du Soleil est Centaure Ç), petite étoile de 10e grandeur, qui est à la distance
- 3 ans — de lumière ;
- ü
- Cette distance est pratiquement la même de l’étoile au Soleil et de l’étoile à la Terre, et il en est de même pour toutes les étoiles, puisque la distance de la Terre au Soleil est 8m20s seulement.
- Vu de cette petite étoile, le Soleil serait à peu près comme la Polaire est pour nous, de 2® à 3e grandeur.
- Si l’on représentait l’ensemble du Soleil et des orbites des planètes jusqu’à Pluton compris par un point de un millimètre de diamètre, l’étoile la plus proche, cette
- petite étoile du Centaure, à 3 ans — de lumière, serait
- O
- distante du point figurant le système solaire de : 2 m 88 cm.
- L’étoile la plus proche ensuite du Soleil est a Centaure, belle étoile de grandeur 2, qui est voisine de la précédente; elle en est à :
- 2
- - années-lumière, ou 244 jours-lumière, ou 5856 heures-Ô
- lumière; a Centaure est à 4,35 années-lumière du Soleil Ces distances sont immensément plus grandes que la distance Soleil-Pluton = 5h 33m lumière.
- Viennent ensuite 11 étoiles dont les distances au
- 1. Annuaire du Bureau des Longitudes : parallaxes des étoiles les plus proches du Soleil.
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- <------------------2«æ--------------------->
- SS £T
- Fig. 1. — Le système solaire jusqu’à la planète Pluton 40 fois plus éloignée du Soleil que la Terre, étant représenté par un point SS de 1 mm de diamètre, la plus proche étoile E serait à 2 m 88 cm de SS.
- Soleil s’échelonnent de 7,76 ans à 11,24 ans, puis 20 autres de 11,64 ans à 18,10 ans, puis d’autres beaucoup plus éloignées.
- Parmi les 20 étoiles précédentes, il en est trois qui sont relativement proches les unes des autres : tj, p, 0 Cassiopée : leurs distances respectives en jours et leurs distances au Soleil en années sont indiquées ci-dessous.
- Grandeurs. 'n 0
- S 13a,58 13a,58 14a,17
- ô 3,6 522 o 416 5
- p. 5,3 220 o
- Q 4,5
- Vues de l’une d’elles, les deux autres étoiles brillent
- d’un éclat splendide.
- Une représentation qui frappe assez vivement l’esprit est celle-ci : en comptant pour une seule les deux étoiles relativement proches l’une de l’autre (0an69) du Centaure, les 12 étoiles les plus proches du Soleil sont aux 12 sommets d’un icosaèdre irrégulier, dont le Soleil occuperait le centre et dont les côtés seraient de l’ordre de 12 années-lumière.
- L’arête de l’icosaèdre régulier a la propriété unique, pour les 5 polyèdres réguliers, de différer fort peu du rayon de la sphère circonscrite, puisqu’elle a pour longueur : Rayon de la sphère X 1,05 1462...
- Cela fait qu’un espace quelconque à 3 dimensions peut être à peu près exactement rempli par des icosaèdres réguliers, égaux, disposés symétriquement, deux d’entre eux ayant une arête commune, recouverts par d’autres icosaèdres identiques, l’un d’entre eux ayant un sommet au centre de la sphère circonscrite à un icosaèdre du premier jeu, à la manière des hexagones du plan.
- Soit maintenant une portion S du volume de la sphère, limitée par des plans passant en son centre. Nous évaluerons S en douzièmes du volume de la sphère : cela est commode, puisque les étoiles les plus proches sont
- Fig. 2. — La constellation CASSIOPÉE.
- ï 40 20
- Grandeur des éhoiles • •
- 2 3 4 5 6
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- à peu près aux 12 sommets d’un icosaèdre inscrit dans la sphère centrée au Soleil.
- Ces 12 étoiles sont de grandeur — 1,6 (Sirius) à 10,5 (* Barnard) ; de ces 12 étoiles, 7 sont de grandeur — 1,6 à 6 inclus, donc au moins de 6° grandeur :
- Si la densité des étoiles jusqu à la 6° grandeur était la même dans l’espace sidéral entier qu’aux environs du Soleil, une sphère de v fois 12 années-lumière de rayon, environnant le Soleil, contiendrait 7v3 étoiles de grandeur 6 ou supérieure à 6; elle en contiendrait donc
- dans chacune de ses 12 parties et
- 7 .
- n V —
- dans un volume égal à ses n douzièmes.
- Si A est le nombre d’étoiles, jusqu’à la 6e grandeur, de la portion S — en volume — de la sphère, A et v sont iés par la relation
- nXHv! = A
- où l’unité de longueur v est 12 années-lumière.
- 1
- Par exemple, si, dans une portion de — de douzième
- de sphère, on trouve 42 étoiles (c’est le nombre moyen des étoiles jusqu’à la 6e grandeur incluse, en comptant 5000 pour la totalité du Ciel),
- " = *>_ Eô'/ = 42 v5 = 740 v = 9>1
- et puisque l’unité de v est 12 années-lumière,
- R = 12 v = 109 années-lumière.
- Faisons maintenant le calcul avec les 17 étoiles de grandeur — 1,6 à 6 inclus distantes du Soleil de 18 ans (18,10 ans) lumière au plus. Puisque 17 étoiles sont dans
- 1
- la sphère de rayon 18 ans-lumière, dans — de sphère
- 10
- 17 , .
- il y en aura - et on écrira
- J 120
- 17
- ^2qv'5 =.42, v'3 = 296, V = 6,7
- R' = 18 v' = 120 années-lumière, car ici v' est rapporté à l’unité 18 ans-lumière.
- Le peu de différence des deux nombres 109 et 120 montre que les densités des étoiles sont voisines, dans les sphères 12 ans-lumière et 18 ans-lumière centrées au Soleil, si l’on ne va pas au delà de la 6e grandeur. Nous trouverons plus loin un résultat analogue pour les étoiles des 9 premières grandeurs.
- Observons que si la densité moyenne des étoiles dans tout l’espace, jusqu’à la 6e grandeur, était la même qu’aux environs du Soleil, la sphère centrée au Soleil, contenant toutes les étoiles jusqu’à la grandeur 6 incluse aurait, de ce chef, 109 à 120 années-lumière de rayon.
- Or on a calculé, avec une large place laissée d’ailleurs à l’incertitude, que cette sphère a pour rayon 234 années-lumière (*).
- 1. Annuaire du Bureau des Longitudes pour l’an 1908. Note de M. Bigourdan sur les parallaxes stellaires (in finem).
- Nous en tirerons plus loin une conséquence d’un haut intérêt au sujet de la concentration particulièrement intense des étoiles qui se manifeste ainsi dans la région où se trouve le Soleil.
- Soient x et y les rayons en années-lumière des sphères contenant respectivement 7 étoiles jusqu’à la grandeur 6, et 17 étoiles jusqu’à la grandeur 6 aussi.
- En reprenant par la lin les calculs précédents, nous écrirons :
- R = xv — 234 avec v = 9,1 R' = yv> = 234 avec v' = 6,7, ce qui donne :
- x = 26 années-lumière (au lieu de 12 effectivement).
- y = 35 années-lumière (au lieu de 18 effectivement).
- Voici l’explication de cette discordance.
- Pour le ciel entier, la grandeur lumineuse d’une étoile est fonction : 1° de l’éclat vrai de l’étoile, 2° de son éloignement.
- Pour les étoiles les plus proches du Soleil, la grandeur lumineuse est principalement fonction de l’éclat vrai, puisque les étoiles en cause sont à des distances du Soleil comparables les unes aux autres.
- On peut constater qu’il y a à peu près proportionnalité, comme nous l’avons déjà remarqué, entre les nombres d’étoiles les plus proches du Soleil et les cubes des distances : 12 ans et 18 ans-lumière. En effet, jusqu’à la 9e grandeur, il y a 11 étoiles jusqu'à 12 ans-lumière du Soleil et 29 étoiles jusqu’à 18 ans-lumière; or,
- 29 : 11 = 2,6 et 183 : 123 = 3,4 nombres comparables.
- Cette proportion n’existe pas pour le ciel entier; on estime en effet qu’il y a 5000 étoiles jusqu’à la 6e grandeur et (Secchi) 200000 étoiles jusqu’à la 9e grandeur; que les étoiles jusqu’à la grandeur 6 sont à la distance 4,35 ans à 234 ans-lumière, que les étoiles jusqu’à la grandeur 9 sont dans une sphère centrée au Soleil de 556 ans-lumière; ici
- 200 000 : 5000 - 40, 5563 : 2343 = 13,
- où 40 et 13 sont des nombres forts différents l’un de l’autre. C’est l’éloignement des étoiles qui cause ici la discordance.
- Nous retenons de ceci que le Soleil est le centre d’une région de 36 années-lumière de diamètre où, malgré l’énormité des distances qui le séparent des étoiles qui s’y trouvent, celles-ci sont réparties de façon beaucoup plus dense qu’elles ne le sont moyennement dans l’espace. La découverte de nouvelles étoiles, sises à moins de 18 ans-lumière du Soleil, qui est parfaitement possible, renforcerait encore cette conclusion.
- Note.— Sur les 309 observatoires astronomiques du monde, 12 s’occupent des parallaxes stellaires; Allemagne : Konigsberg; Angleterre : Cambridge, Greenwich, Salcombe Regis; Afrique du Sud : Le Cap; Etats-Unis : Charlottesville, Middletown, surtout Mount Wilson, Yale à New-Haven, Pittsburgh, Swarthmore, Yerkes (x).
- R. de Montessus de Ballore, Docteur ès sciences.
- 1. Index Generalis 1935.
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- UN TRANSMETTEUR DE PHOTOTELEGRAPHIE
- PORTATIF
- L’information photographique rapide est aujourd’hui une nécessité pour les journaux. Bien souvent, l’envoi des photographies par la poste n’est plus assez rapide, et il faut avoir recours à la transmission télégraphique par fil, ou même par sans fil.
- La plupart des grands journaux d’information, et des grandes agences, possèdent des récepteurs phototélégraphiques. On trouve, d’autre part, dans les principaux bureaux de poste, des services de phototélégraphie à la disposition du public (belinogrammes).
- Les appareils émetteurs et récepteurs ont été normalisés, suivant les prescriptions des Comités Consultatifs Internationaux Télégraphiques, de manière à rendre possibles l’émission et la réception, même avec des appareils de marques différentes.
- Cette industrialisation a été rendue possible par les progrès accomplis dans les systèmes d’exploration de l’image, à la réception comme à l’émission, et dans les systèmes de synchronisation.
- L’exploration de l’image à l’émission s’effectue généralement de la façon suivante : l’image est enroulée sur un cylindre tournant à vitesse constante et se déplaçant d’un mouvement transversal régulier sous l’action d’un moteur synchronisé; elle passe sous un faisceau lumineux issu d’une lampe à incandescence et concentré par une lentille; la lumière réfléchie par un élément de l’image est renvoyée vers une cellule photoélectrique enfermée dans un boîtier protecteur. Afin de les amplifier par des moyens simples, on module les courants continus provenant de la cellule, en les interrompant à fréquence constante, de l’ordre de 1000 périodes-seconde, à l’aide d’un disque tournant d’un mouvement continu. Le courant reçu est donc un courant alternatif à fréquence constante, et il est modulé suivant les différences de teinte des éléments de l’image.
- A la réception, on emploie un système de traduction courant-lumière qui peut être un dispositif électromécanique, une cellule de Kerr ou une lampe à luminescence, et qui permet de retranscrire les éléments de l’image sur une feuille sensible portée par le cylindre reproducteur actionné par le moteur synchronisé.
- Le cylindre du transmetteur et celui du récepteur doivent être en parfait synchronisme. On emploie généralement à cet effet des diapasons entretenus électriquement, et placés dans des caisses assurant une protection thermique aussi complète que possible, avec à l’intérieur de la caisse un dispositif régulateur de température.
- Le diapason est entretenu au moyen d’un électroaimant, comme l’armature d’une sonnerie électrique, et il sert à produire un courant de fréquence constante qui est utilisé pour agir sur le moteur synchronisé.
- L’ÉMETTEUR PORTATIF PHOTOTÉLÉGRAPHIQUE BELIN
- Les postes d’émissions phototélégraphiques fixes sont relativement peu nombreux encore par suite du prix et de
- la complexité des appareils employés. Aussi, lorsqu’un événement important se produit dans une région assez éloignée de l’un de ces postes, le transport des photographies jusqu’au plus proche d’entre eux peut déterminer des retards de transmission assez importants.
- Pour remédier à cet inconvénient, M. Belin a eu l’idée d’établir un appareil émetteur portatif en valise, pouvant être utilisé par le reporter photographe.
- Cet appareil, d’un modèle unique jusqu’à présent, peut permettre de transmettre immédiatement n’importe quelle photographie d’un endroit quelconque, aussitôt après la prise et le développement des clichés, sans aucune installation spéciale, et en reliant simplement l’appareil à une ligne téléphonique ordinaire.
- Le dispositif comporte deux valises pesant chacune environ 30 kg seulement.
- La première valise renferme l’appareil de transmission proprement dit; la deuxième les organes d’alimentation et le synchronisateur.
- Le cylindre C sur lequel on enroule le document à transmettre a 66 mm de diamètre et 130 mm de longueur, ce qui permet de transmettre des épreuves 13 X 18 cm. La durée de transmission par document est de 11 minutes.
- Fig. 2. — La valise phototélégraphique Belin.
- C, Cylindre transmetteur. L, Levier d’embrayage. B, Système de contrôle. O, Objectif d’exploration de l’image.
- Ampoule
- d'éclairage
- Cellule photoélectrique
- Disque perforé actionné par le moteur et coupant le faisceau lumineux, à une fréquence musicale
- Cylindre sur lequel est fixé le document à transmettre
- Fig. 1. — Principe d’un dispositif d’émission photographique avec exploration de l'image par réflexion.
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- Fig. 3, — La valise phototélêgraphique Belin vue par dessous.
- Un embrayage à dents, commandé par le levier L peut occuper deux positions : l’une correspondant au pas d’avancement de 3 mm, c’est-à-dire à la transmission normalisée, l’autre est d’un pas voisin de 1/4 de mm, c’est-à-dire correspondant à une transmission spécialement avec les dispositifs Belin.
- Le moteur à courant continu qui permet l’entraînement du cylindre est alimenté par une batterie d’accumulateurs cadmium-nickel d’une tension de 4 volts 6 et d’une capacité de 45 ampères-heure qui assure une durée de 10 heures de fonctionnement. Cette batterie est contenue dans la deuxième valise, comme on le voit sur la figure 4.
- Sur l’arbre du moteur, est calé le système alternateur qui permet la synchronisation par diapason à une fré-
- Fig. 4. — La valise auxiliaire.
- Q, Accumulateur. M, Instruments de mesure. D, Boîte contenant le diapason.
- quence de 400 périodes-seconde. D’autre part, le moteur entraîne également le disque perforé qui assure la modulation du faisceau lumineux d’exploration à une fréquence de 1000 périodes-seconde.
- L’exploration de l’image s’effectue suivant le principe indiqué, à l’aide d’un faisceau lumineux projeté par l’objectif O et qui est réfléchi vers une cellule photoélectrique à gaz, au potassium.
- Dans la première valise est également contenu l’amplificateur à trois lampes, à liaison résistance-capacité et transformateur, qui assure l’amplification des courants produits par la cellule photoélectrique.
- Ces courants sont transmis à la ligne téléphonique par l’intermédiaire de deux cellules de filtre passe-haut qui laissent passage aux courants d’une fréquence de 400 à 1700 périodes-seconde. D’ailleurs, des systèmes de blocage sont convenablement disposés afin d’éviter les effets d’induction.
- La deuxième valise comporte le diapason et son amplificateur de synchronisation, les sources d’alimentation, c’est-à-dire l’accumulateur de 4 éléments au cadmium-nickel, une pile de tension plaque de 90 volts, les batteries de polarisation ainsi que les organes de contrôle et de mesure de ces tensions.
- Ainsi le fonctionnement de toute l’installation s’effectue sans avoir recours à une source d’alimentation supplémentaire extérieure.
- L’amplificateur de synchronisation comporte, comme l’amplificateur photoélectrique, trois étages.
- La liaison entre le premier étage et le deuxième s’effectue par résistance-capacité, alors que la liaison entre le deuxième étage et le troisième s’effectue par transformateur.
- Le courant provenant du diapason est amplifié par les étages successifs, et il sert à alimenter l’alternateur de synchronisme, de manière à assurer une vitesse parfaitement constante du cylindre de transmission.
- On ne peut utiliser ici un dispositif thermostatique pour maintenir constante la température du diapason, et en soustraire les vibrations aux effets des variations de température.
- Ce dispositif serait ici trop encombrant. Il faut se contenter d’un système moins parfait.
- On emploie un système de shunt magnétique variable sous l’effet de la température, et produisant une compensation suffisante.
- Enfin, un microphone disposé sur la première valise permet la transmission avec le correspondant par l’intermédiaire de la ligne téléphonique, de manière à assurer la liaison avec le système récepteur.
- Cet appareil intéressant est déjà utilisé normalement par un grand nombre de journaux français et anglais. Les photographies reçues sont d’ailleurs de qualité égale à celles que transmettent les appareils fixes ; il est bien difficile, du reste, de distinguer sur la publication imprimée les clichés effectués à l’aide de photographies télégraphiées des clichés obtenus avec des épreuves ordinaires.
- P. Hémardinquer.
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- LES TREMBLEMENTS DE TERRE EN FRANCE
- DE 1930 A 1933
- MM. J. Lacoste et J.-P. Rothé ont communiqué récemment à l'Académie des Sciences le bilan des tremblements de terre ressentis en France de 1930 à 1933.
- Nous croyons intéressant de reproduire cette note dans sa quasi-intégralité.
- Plaine d’Alsace et Vosges. — Deux séismes ayant leur épicentre dans le Jura Souabe sont ressentis en Alsace, surtout au voisinage de la faille vosgienne jouant en relais, le 7 octobre 1930 à 23 h 27 mn et le 21 février 1933 à 15 h 45 mn. Un troisième a son épicentre à Kandern (Bade) le 15 octobre 1930 à 22 h 19 mn et s’étend aux environs de Mulhouse (Haut-Rhin) et aux Vosges du Sud; enfin une quatrième secousse plus importante (degré VII) ayant son épicentre dans le fossé rhénan près de Rastatt, le 8 février 1933 à 7 h 07 mn, s’étend à l’Alsace et aux Vosges : les schistes et les grauwackes amortissent sa propagation, favorisée au contraire par les massifs granitiques des Vosges; la faille vosgienne cette fois ne paraît jouer aucun rôle.
- Massif armoricain. — Le 9 janvier 1930 à 19 h 40 mn, faisant suite aux secousses du 3 janvier et du 30 octobre 1929, un violent séisme (degré VII) dont l’épicentre est en bordure du golfe de Morbihan, s’étend à l’ensemble des terrains primaires, de la Vendée au Cotentin; le 7 février 1932, à 3 h 30 mn, une secousse plus réduite affecte les environs de Pontivy. Les quatre séismes du 9 juillet 1930, à 22 h 45 mn, du 11 novembre 1930, à 18 h 27 mn, du 16 novembre 1930, à 15 h 52 mn, et du 12 avril 1933, à 14 h 31 mn, ont un épicentre commun entre Jersey et la côte du Cotentin. Leur extension toujours analogue est limitée à la côte ouest du Cotentin.
- Le 26 août 1930, vers 4 h 10 mn, une faible secousse ébranle le massif granitique du Horps (Mayenne). Enfin, le 14 novembre 1932, vers 19 h, le 22 décembre 1932 vers 19 h, et le 6 juillet 1933 à 19 h 27 mn, trois séismes affectent les terrains primaires aux environs de Nantes.
- Massif central et Poitou. — Les secousses sont fréquentes, mais toujours très localisées^ Chinon, le 15 avril 1931 à 21 h 5 mn; marais poitevin, le 16 juin 1931 à 19 h 30 mn; Moncourant (Deux-Sèvres), le 20 septembre 1933 à 18 h 50 mn; Creuse, le 3 juillet 1933 à 22 h 10 mn; Urciers (Indre), le 6 juillet 1933 à 21 h 20 mn; Saint-Éloi-les-Mines (Puy-de-Dôme), le 3 août 1933 à 8 h 33 mn; Haute-Lozère et Gévau-dan (Vallée du Bès), le 19 janvier 1933 à 21 h, et le 29 janvier 1933 à 20 h 45 mn.
- Pyrénées. — 20 secousses ont été notées au cours de ces quatre dernières années; les unes n’affectent que la bordure de terrains secondaires prépyrénéens entre Lourdes et Bagnères; les autres, au contraire, intéressent tout le massif du Pic du Midi et sa couverture. Souvent, dans les secousses successives, les zones ébranlées sont voisines les unes des autres, une rupture d’équilibre d’un bloc de l’écorce entraînant une reprise d’équilibre des blocs voisins. Les dates de ces secousses paraissent montrer comme pour les secousses
- antérieures un maximum de fréquence pendant la saison d’hiver. Toutes ont été inscrites à l’Observatoire de Bagnères :
- 12 février 1930, à 7 h 29 mn; 28 juin 1930 à 2 h 13 mn; 22 septembre 1930 à 5 h 54 mn; 26 septembre 1930 à 2 h 27 mn; 2 octobre 1930 à 8 h 37 mn; 4 octobre 1930 à 17 h 8 mn; 13 octobre 1930 à 18 h 45 mn (plus étendue, degré VI) ;
- 14 novembre 1930 à 2 h 23 mn; 4 avril 1931 à 21 h 20 mn;
- 15 avril 1931 à 17 h 55 mn; 14 novembre 1932 à 23 h 5 mn; 22 décembre 1932 à 14 h 2 mn; 4 janvier 1933 à 22 h 43 mn;
- 6 janvier 1933 à 6 h 19 mn; 5 février 1933 à 18 h 9 mn; 22 octobre 1933 à 5 h 40 mn, et 29 novembre 1933 à 14 h 54 mn.
- Une secousse a été ressentie dans l’Ariège le 3 mai 1930 vers 17 h et plusieurs peu importantes, aux environs de Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales), les 23 et 24 décembre 1932.
- Alpes et Provence. — Le 4 juillet 1930, à 21 h 06 mn, une secousse importante suivie le 6 juillet d’une réplique, a son épicentre dans le massif de la Vanoise. A noter que les massifs hercyniens de Belledonne et du Pelvoux n’ont rien ressenti. Les autres secousses ont une faible extension :
- Grande-Chartreuse, 11 septembre 1931 à 22 h 30 mn; environs de Briançon, le 19 janvier 1932 à 21 h 30 mn, Sisteron, le 13 mars 1933 à 16 h 42 mn; Ubaye, le Lauzet (Basses-Alpes), les 19, 21 et 23 septembre 1933; Vizille (Isère), le
- 7 novembre 1933 à 9 h 48 mn; enfin Grasse, 25 octobre 1933 à 2 h 26 mn.
- Méditerranée. •— Le séisme du 1er mai 1932 à 2 h 40 mn qui a été ressenti sur toute la côte de Provence a son épicentre en Méditerranée (').
- Bassin Parisien et Nord. — Le 7 juin 1931 à 0 h 25 mn un séisme ayant son épicentre dans la mer du Nord est faiblement ressenti dans la plaine de Flandre; sa propagation s’arrête à la ride de l’Artois. Une seule secousse a son épicentre dans le Bassin de Paris, à l’est d’Orléans, le 3 octobre 1933 à 7 h 54 mn.
- Est du Bassin Parisien. — Néant.
- Bassin d’Aquitaine. — Néant.
- Couloir rhodanien et Languedoc. •— Néant.
- La répartition géographique de ces différentes secousses, en concordance avec les grandes unités géologiques, fait ressortir l'individualité des bassins sédimentaires, complètement exempts de secousses, à l’exception du séisme d’Orléans signalé plus haut. Pour ce dernier il convient de remarquer que son foyer, qui se trouve à une profondeur de plusieurs kilomètres, est sensiblement sur l’axe de l’anomalie magnétique du Bassin de Paris. Ainsi ce séisme aurait son origine dans la ligne de rebroussement des plis hercyniens (2) et devrait être rattaché, ainsi que les tremblements de terre du détroit du Poitou, aux autres secousses ayant affecté les massifs anciens.
- 1. Voir J. Lacoste, Comptes rendus, 195, 1932, p. 815.
- 2. J.-P. Rothé, Comptes rendus, 191, 1930, p. 1144.
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- . LA NOUVELLE SINGERIE ....;.
- DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
- L’ancienne Singerie du Muséum National d’Histoire Naturelle a été démolie et reconstruite sur de nouveaux plans. Les Singes ont été transportés dans un bâtiment provisoire que nous avons décrit dans La Nature (n° 2806, du 1er avril 1929).
- La vieille rotonde datait de 1835. Près de cent ans après, sur le même emplacement, un superbe Palais des Singes a été reconstruit et inauguré.
- L’emménagement définitif a eu lieu en mars dernier. Les Singes logés dans le pavillon, tout au bout de l’Allée des Reptiles, ont été amenés dans leur maison neuve, et nul doute qu’ils n’aient été émerveillés de se trouver dans un local aussi confortable.
- La somptueuse Singerie couvre une superficie totale de 2000 m2. Elle a 60 m de longueur et 40 m de largeur. La façade étant orientée bien au sud, elle présente au nord des cages extérieures vitrées, ainsi que des annexes : cuisine, service médico-chirurgical, chauffage, magasin, etc.
- La disposition en est des mieux étudiées. Autour d’un hall central qui forme jardin d’hiver, sont placées les cages intérieures, pourvues de chambres de repos où les animaux peuvent se retirer lorsqu’ils sont las de jouer ou de s’exhiber devant le public.
- Les cages intérieures communiquent avec les cages extérieures — abritées et grillagées — par une loggia sous laquelle court un couloir de service qui dessert les
- annexes. Lorsque le temps est favorable, les animaux peuvent circuler librement et se rendre à leur gré de l’intérieur à l’extérieur.
- Les cages sont aménagées de manière que les Singes ne puissent être en contact avec le public. De la sorte, ils sont préservés des maladies contagieuses, telles que la grippe à laquelle les Singes sont extrêmement sensibles, en même temps que sont évitées les intoxications provoquées par l’ingestion d’aliments suspects, ou par l’abus de friandises.
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- Quand on entre dans la Singerie par la porte principale, on pénètre dans un vestibule où sont exposées des œuvres peintes ou sculptées représentant des Singes qui ont vécu au Muséum. C’est, en somme, une rétrospective !... Là, on reconnaît le fameux Boubou-le-Chimpanzé, mort d’indigestion, et l’Orang-Outang au beau pelage roux, au regard de vieux bonze...
- Ensuite se déploie le lumineux jardin d’hiver, égayé par une vasque de mosaïque bleue où nagent des Poissons exotiques, vasque encadrée par des massifs de plantes vertes. Le hall est éclairé par une verrière joliment colorée.
- Sur ce jardin d’hiver, de forme ovale, regardent
- Fig. 1. — L’entrée principale de la nouvelle Singerie (côté nord).
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- Fig. 2. — L'une des rotondes où les Singes s’ébattent en plein air.
- les cages intérieures. Faisons-en rapidement le tour.
- A droite, en entrant, sont logés les Singes d’Afrique. D’abord, des Cercopithèques, Mandrills et Drills. Après quoi, viennent les trois jeunes Gorilles. Plus loin, encore, des Cercopithèques de Brazza, Hocheurs et Mones. Ensuite, voici le groupe important des jeunes Chimpanzés, dont un couple de Chimpanzés à face blanche, à la mine si amusante et expressive. Les Magots et les Mangabeys terminent la collection africaine.
- Les Singes d’Asie sont représentés par les Orangs-Outangs, les Gibbons, les Macaques, les Ouandérous et par un groupe de Semnopithèques d’Anderson des plus curieux.
- Enfin, la faune simienne d’Amérique comprend des Lagotricbes et les gentils Sajous qui paraissent enchantés de regarder les visiteurs humains...
- Nous nous bornons aujourd’hui à nommer les espèces, puisque nous les avons décrites dans notre précédent article sur la Singerie provisoire.
- Actuellement, la nouvelle rotonde des Singes abrite cent cinquante individus, parmi lesquels les Anthropomorphes occupent une place fort honorable.
- Et n’oublions pas qu’il reste à transférer ici les Singes
- logés dans la Rotonde des Éléphants, avec l’admirable collection des Makis.
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- A l’issue de l’Assemblée Générale annuelle de la Société des Amis du Muséum, le 18 mars dernier, une visite inaugurale de la nouvelle Singerie a eu lieu, sous la conduite de M. le Professeur E. Bourdelle, Directeur du Laboratoire de Mammalogie et de la Ménagerie du Muséum.
- Les assistants ont loué les organisateurs de la Maison des Singes, dont les locaux, clairs et spacieux, sont outillés selon le perfectionnement le plus moderne, et avec le souci constant d’une hygiène parfaite.
- En parcourant le couloir qui sépare les cages intérieures des cages extérieures, on se rend compte de l’aménagement rationnel du matériel. Les Singes ne pourront plus renverser leurs plats et s’en coiffer comme le faisait si drôlement l’Orang-Outang... Ceux-ci se placent dans les glissières qui les maintiennent fixés, mais qui permettent de les placer et de les retirer facilement du dehors.
- Sur le couloir s’ouvrent l’infirmerie-lavabo, la cuisine, nettes et blanches. Au premier étage est situé le magasin
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- d’alimentation. Au second, le Laboratoire et le logement du gardien.
- Les appareils de chauffage et de ventilation sont au sous-sol, et ce ne sont pas les moins intéressants. Le système adopté est celui à air chaud. Il permet de chauffer l’atmosphère et de la renouveler. Chaque cage intérieure est pourvue d’une bouche d’arrivée d’air chaud et d’un orifice d’aspiration de l’air vicié qui est rejeté à l’extérieur.
- En outre, l’air est humidifié, de 40 à 70 pour 100, à
- de nombreux et beaux animaux, en parfait état de conservation, qui certainement vont devenir plus vigoureux encore dans leur nouveau palais.
- Un tel résultat est dû à la compétence de la Direction du Muséum aidée dans sa tâche par la Société des Amis du Muséum.
- Mais il reste encore beaucoup à faire, dans cette voie. Et je souhaite, pour ma part, que les Oiseaux délicats aient aussi leur palais chauffé. D’autre part, il est urgent d’édifier une Fauverie. Espérons que grâce à la générosité
- Fig. 3. — Le hall central de la Singerie formant ardin d’hiver.
- volonté. De plus, il peut être imprégné de vapeurs aromatiques et antiseptiques.
- Le procédé de chauffage, si ingénieux, est économique, en ce sens qu’il permet l’emploi de charbon d’un prix peu élevé. Mais il reste subordonné à l’emploi de l’électficité.
- En été, ce sera de l’air frais qui circulera dans les cages. Tout a été prévu pour assurer aux habitants de la Singerie une température égale et une atmosphère des plus saines.
- On peut dire qu’à présent le Muséum possède une Singerie modèle, vraiment digne de Paris. Elle est peuplée
- des amis des bêtes, ces deux bâtiments pourront être rapidement construits !...
- Ainsi, peu à peu, sans perdre son charme initial, notre vieux Jardin des Plantes se transformera en un Établissement zoologique modèle qui honorera à la fois le Muséum National d’Histoire Naturelle et notre pays.
- L’ouverture de la Singerie n’a été qu’un prélude aux nombreuses améliorations que va recevoir la Ménagerie du Jardin des Plantes, dont les collections d’animaux ne cessent de s’enrichir de sujets très intéressants.
- A. Feuillée-Billot.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES '
- XVI. — L’INFLUENCE D’UNE FORTE CULTURE GÉNÉRALE
- Lavoisier (Laurent-Antoine) (1743-1794), le grand chimiste qui devait mourir sur l’échafaud révolutionnaire, appartenait à une famille modeste, originaire de Villers-Cotterets (Aisne). IJn de ses ancêtres, Antoine Lavoisier, qui mourut en 1620, était postillon, chevaucheur des écuries du roi; parmi ses descendants, il faut citer Jean-Antoine Lavoisier, qui, envoyé à la Faculté de droit de Paris, prit le titre d’avocat et devint procureur au parlement de Paris; marié à Mlle Punctis, fille dé Clément Punctis, avocat, il eut une fille et un fils, Laurent-Antoine —- celui qui devait illustrer à jamais le nom de Lavoisier —; devenu veuf en 1748, il alla loger chez sa belle-mère, Mme Punctis, qui habitait alors ce qui est aujourd’hui la rue de Vauvilliers, avec sa fille, Mlle Constance Punctis, laquelle, dès lors, devint une seconde mère, à l’affection très chaude et très intelligente, pour le futur chimiste. La famille Punctis, étant riche, put envoyer Lavoisier au collège Mazarin, où il. suivit les cours en qualité d’externe.
- Gai, affectueux, comme le montrent ses lettres de jeunesse, plein d’ardeur pour l’étude, il eut de nombreux succès et obtint, en 1760, le second prix de discours français, au Concours général, dans la classe de rhétorique. A ce moment, la maison de Mme Punctis fut attristée par un deuil cruel : la sœur de Lavoisier mourut, à peine âgée de quinze ans; dès lors, toutes les affections se concentrèrent sur Antoine-Laurent, tous les rêves d’avenir se réunirent sur ce jeune homme dont le cœur aimant, la vive intelligence, les succès de collège, devaient consoler de leurs douleurs les trois êtres qui ne vivaient que pour lui [-).
- Chose curieuse, Lavoisier eut, d’abord, l’idée de se consacrer à la littérature ; il ébaucha même un drame en prose et chercha à remporter les prix d’éloquence proposés par les académies de province.
- Cette période d’essais littéraires fut de courte durée; dès son année de philosophie, il avait pris le goût des sciences. Au sortir du collège, il suivit les cours de la Faculté de droit et se fit recevoir avocat au parlement; mais, à la même époque, il se constituait ce fonds solide et étendu d’instruction qui lui permit d’être éminent dans toutes les branches des sciences où le conduisit son génie. Il étudiait les mathématiques et l’astronomie avec le savant abbé de la Caille, qui, après avoir passé quatre ans au Cap de Bonne-Espérance pour mesurer l’arc du méridien, déterminer la longueur du pendule et dresser un catalogue d’étoiles, avait installé un petit observatoire au collège Mazarin; il apprenait la botanique avec Bernard de Jussieu et l’accompagnait dans ses herborisations; Guettard lui enseignait la minéralogie et la géologie; enfin, il suivait, au Jardin du roi, les cours de Rouelle et s’exerçait, dans son laboratoire, aux manipulations de la chimie. Rouelle était alors dans tout l’éclat de sa renommée : professeur plein de verve et de passion, il exposait les faits de la science dans un langage précis, en dehors des théories obscures et infécondes dont tous les savants se plaisaient à les envelopper. Sa réputation était immense, les auditeurs de tout âge accouraient, de toutes les parties de l’Europe, aux cours du Jardin du roi; parmi eux, l’enthousiaste Diderot. Quoique les leçons de Rouelle n’aient jamais été imprimées, elles étaient dans les mains de tous les chimistes; ses élèves rédigeaient avec soin les notes recueillies au cours; l’un de ces rédacteurs était Diderot, dont le manuscrit, multiplié par la copie, répandait
- 1. Voir La Nature depuis le n° 280S. •
- 2. Edouard Grimaux, Lavoisier, F. Alcan, édit. Paris, 1888.
- les doctrines du maître. Si Rouelle marqua peu par ses travaux originaux, il eut néanmoins une grande influence sur les progrès de la chimie; ses disciples furent les chimistes les plus éminents de la fin du xvm® siècle : Macquer, Bucquet, Bayen, Darcet et Lavoisier. Celui-ci, au sortir des leçons de Rouelle, les revoyait dans une des copies de la rédaction de Diderot et méditait sur les sujets qu’il venait d’entendre; déjà il jetait sur le papier de courtes réflexions où il exposait ses premières vues sur la nature des corps et des éléments. Enfin, ne négligeant aucune des branches des sciences, il étudiait aussi l’anatomie et acquérait, sur la structure du corps humain, les connaissances qui devaient lui permettre de devenir plus tard le rénovateur de la physiologie comme il le fut de la chimie (Grimaux).
- A vingt ans, Lavoisier semble avoir voulu se vouer aux mathématiques, surtout à la météorologie, dans le but de découvrir les lois qui président aux mouvements de l’atmosphère, question qu’il poursuivit, d’ailleurs, toute sa vie sans en tirer des notions très nettes, résultat, au total, que cette science décevante devait réserver à bien d’autres qu’à lui.
- C’est alors qu’il entra en relation avec un savant qui fréquentait chez lui, Guettard. Celui-ci, d’abord botaniste, s’était spécialisé dans la géologie et la minéralogie, se proposant notamment, d’établir des cartes minéralogiques indiquant par des caractères spéciaux, la nature du sol, les mines et les carrières, Guettard, pour se faciliter cet immense travail, s’adjoignit Lavoisier, qui avait alors vingt ans, et, tous deux, pendant trois ans, parcoururent la Brie, le Yexin, le Soisson-nais, la Champagne, les environs de Paris. Durant les vacances, il allait à Villers-Cotterets, chez ses parents, et y poursuivait, seul, des études minéralogiques. C’est de cette époque que date son premier travail original, lequel portait sur les différentes espèces de gypse et la cause de la prise du plâtre. Ce ne fut là, comme la confection de la carte minéralogique de la France, qu’un incident dans son existence scientifique. Ce n’est guère qu’avec l’année 1770, c’est-à-dire alors qu’il avait vingt-sept ans, que commença l’ère de ses grandes découvertes en chimie et en physiologie, qu’il poursuivit jusqu’à sa mort tout en s’occupant — pour son malheur -— de fonctions administratives publiques (ferme générale), qui devaient l’amener à périr sur l’échafaud, éternelle honte de la Révolution française.
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- Malus (1775-1812), l’auteur de la découverte de la polarisation de la lumière, était né à Paris. Sa jeunesse (son père était trésorier de France) se ressent de la période troublée durant laquelle elle s’écoula; nous allons la faire connaître d’après Biot (') :
- Elevé dans sa famille même, il y reçut une éducation dans laquelle l’étude approfondie des lçttres et celle des mathématiques ne se trouvaient point séparées. Par l’heureux effet de cette éducation, qui n’avait laissé aucune de ses facultés oisives, Malus eut le bonheur de conserver toute sa vie le goût et l’intelligence de l’antiquité qui lui avaient fait sentir les premiers plaisirs de l’imagination; et l’ardeur avec laquelle il les avait étudiées retarda si peu ses progrès dans des études plus austères qu’à l’âge de dix-sept ans, en 1792, il fut en état d’être admis par examen à l’école du génie militaire. Ses dispositions tout à fait extraordinaires pour les mathématiques le firent bientôt remarquer; et il allait être fait officier lorsqu’un ordre du ministre Bouchotte le fit renvoyer
- 1. Biot. Mélanges scientifiques et littéraires, t. 3, 1858, et Biographie universelle, 1820.
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- eomme suspect, probablement parce que son père avait possédé une charge de trésorier de France. Cette interdiction lui fermait la carrière du génie, à laquelle il était préparé, et pouvait d’ailleurs compromettre sa famille, il se réfugia, comme bien d’autres, dans les rangs de l’armée, fut incorporé dans le quinzième bataillon de Paris et employé, pendant quelque temps, comme simple soldat, aux réparations du port de Dunkerque. L’ingénieur qui présidait à ces travaux, M. Lepère, le remarqua et, lorsque après la Terreur de 1793, le gouvernement, sur les instances de Monge, fit chercher partout des jeunes gens déjà instruits pour former l’Ecole Polytechnique, M. Lepère saisit cette occasion de tirer Malus du rang des soldats et de l’envoyer à Paris. Monge, qui l’avait connu et jugé à l’Ecole du génie, le mit aussitôt dans le petit nombre de ceux qu’il destinait à devenir les instructeurs des autres élèves et qu’il se plut à instruire et à préparer lui-même, pendant trois mois, avec un zèle inépuisable. Plusieurs autres savants distingués le secondaient dans cette tâche et Lagrange même daigna quelquefois la partager. Que l’on se figure vingt jeunes gens, assez instruits déjà pour sentir le prix d’un enseignement pareil, entourés de tous les moyens de travail imaginables; comblés de soins, d’encouragements, tour à tour et continuellement occupés de mathématiques, de dessin, de physique, de chimie; n’ayant enfin à songer qu’au développement de leur intelligence, et cela dans un temps où nulle autre occasion de s’instruire n’existait plus : on concevra facilement tout ce qu’un pareil concours de circonstances doit exciter en eux d’émulation. La même ardeur se communiqua bientôt à la nombreuse jeunesse qui vint composer l’Ecole polytechnique, et qui, ayant pu terminer en grande
- partie ses études littéraires avant la ruine des établissements d’instruction publique, se trouva ainsi singulièrement bien préparée pour recevoir les vérités des sciences. Il est impossible que ceux qui ont assisté à ces premiers cours de l’Ecole polytechnique n’aient pas conservé un profond souvenir de l’enthousiasme qu’elle présentait, et surtout du spectacle consolant qu’offrait cette élite de la jeunesse s’empressant de ressaisir avec avidité les trésors de la civilisation et des sciences qu’une anarchie stupide avait été sur le point d’anéantir dans -leur patrie. De tous les élèves admis en même temps que lui à l’École polytechnique, Malus se montra le premier pour l'application, l’intelligence et les connaissances acquises. Pendant les trois années qu’il y resta, il dévora, plutôt qu’il ne lut, tous les ouvrages de mathématiques les plus difficiles. Il commença même à montrer ses propres forces par d’élégantes applications de l’analyse à des questions de géométrie; et, ce qui mérite d’être remarqué, le plus étendu de ces essais avait pour objet la détermination de la route que suivent les rayons lumineux lorsqu’ils sont réfléchis ou réfractés par des surfaces de courbure quelconque. Ainsi les propriétés de la lumière qui devaient rendre le nom de Malus à jamais célèbre dans les sciences, étaient dès lors l’objet favori de ses secrètes pensées. Ce fut pendant ce temps trop court de tranquillité et de bonheur intérieur que la passion de Malus pour les sciences, n’étant plus combattue par l’activité de sa vie, se développa tout entière.
- Ce n’est qu’en 1810 qu’il s’occupa de la double réfraction, sujet qui avait été proposé pour prix de physique par l’Académie des sciences, bel exemple de l’utilité des prix scientifiques.
- (A suivre.) Henri Courin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COMMENT ON AUGMENTE LA DURÉE DU SERVICE DES BALAIS DE PAILLE
- A côté du balai de crins, à action douce sur les parquets, se trouve presque toujours accroché le balai en paille de sorgho (Sorghum vulgare ou millet à balais), dont l’effet énergique est généralement réservé aux sols plus grossiers, malheureusement les extrémités très sèches de ce dernier deviennent cassantes et se brisent assez facilement au bout de peu de temps, de sorte qu’il ne reste à l’extrémité du manche qu’un bloc compact inutilisable.
- On peut augmenter considérablement la durée du service, en mettant à profit les propriétés hygrométriques du chlorure de magnésium, qui conserve à la fibre sa souplesse et l’empêche de se rompre.
- Pour cela, il suffit, aussitôt faite l’acquisition du balai, de l’imbiber complètement d’une solution obtenue en ajoutant à 250 grammes de chlorure de magnésium un litre d’eau, après quoi, on laisse à l’air libre, sans laver bien entendu.
- Si on considère que le chlorure de magnésium ordinaire, lequel n’a pas besoin d’être pur, vaut environ 1 f. 50 le kilogramme, on voit que, grâce à cette petite précaution, on aura longtemps en main, et à peu de frais, un instrument souple,empêchantlapoussièrede s’envoler, et qui fera un excellent usage.
- QUE FAUT-IL FAIRE EN CAS D’EMPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX ?
- Les empoisonnements par les champignons vénéneux sont malheureusement si fréquents que nous croyons utile de rappeler à nos lecteurs qu’il existe aujourd’hui un moyen sûr et scientifique d’annihiler leur action, en appliquant le traitement parfaitement mis au point par le savant docteur Limousin, professeur à l’École de Médecine et de Pharmacie de Clermont-Ferrand, dont les travaux ont eu pour base initiale l’observation si importante que le lapin domestique est réfractaire à toute ingestion de ces dangereux cryptogames.
- Presque toujours ce sont les Amanites qui sont la cause d’une fâcheuse confusion, qu’il s’agisse de l’amanite phalloïde, confondue avec le champignon de couche, de l’amanite tue-mouche ou fausse oronge, que l’on prend presque toujours pour l’oronge, célèbre sous
- le surnom d’oronge des Césars, de l’amanite citrine, qui ressemble au tricholome soufré, ou enfin de l’amanite panthère qui est prise fréquemment pour l’agaric champêtre.
- Qu’il s’agisse de l’une ou l’autre de ces amanites, voici, d’après le Dr Limousin lui-même, comment il faut opérer :
- Faire absorber au malade, dès qu’on le pourra, sept cervelles fraîches et crues de lapins domestiques quelconques, mélangées avec trois estomacs vidés et finement hachés, crus également, sans être lavés, prélevés sur les mêmes animaux, le tout intimement mélangé.
- En cas de vomissements de ce mélange par les malades, tâcher de calmer ces vomissements par de la glace ou une potion de Rivière, et redonner ensuite la même quantité du mélange.
- Dans la pratique, du reste, ce mélange est bien toléré, et on peut le rendre plus acceptable au malade à l’aide de confitures, gelée de pommes, par exemple, ou bien en l’incorporant à de la purée de pommes de terre tiède, ou bien enfin, en le donnant dans du bouillon tiède.
- Il ne faut pas oublier, en appliquant ce traitement, que « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », et l’essayer même dans les cas tardifs et désespérés comme il l’a fait parfois.
- N. B. — La potion antivomitive de Rivière est ainsi constituée :
- Sirop de limons........................ 30 grammes
- Suc de citrons......................... 15 —
- Bicarbonate de potasse.................. 2 —
- Eau ordinaire.......................... 90 —
- POUR EMPÊCHER LA PRISE EN MASSE DU SEL
- DE TABLE
- D’après les expériences de H. V. Moss ( Food Ind. 1933-5-133), les meilleurs produits comme efficacité sont le phosphate tricalcique ou le carbonate basique de magnésie employés à la dose de 1 1/2 pour 100.
- Le phosphate tricalcique est un bon élément, puisqu’il fournit en même temps à l’organisme du calcium et du phosphore; quant au carbonate, par la magnésie qu’il apporte, il constitue une mesure préventive du cancer, qui ne peut être que favorable, sa solubilisation étant assurée par l’acidité du suc gastrique, qui le transforme en chlorure.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AOUT 1934, A PARIS
- Mois sensiblement normal quant à la température et à la pluie quoique cette dernière ait été assez fréquente, et déficitaire au point de vue insolation.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 761 mm ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, est inférieure de 1 mm 4 à la normale.
- Celle de la température, 17°,84 est sensiblement égale à la moyenne d’août des 60 années 1874-1933, 17°,78. Les moyennes journalières ont oscillé autour de leurs normales respectives sans présenter d’écarts remarquables. La nébulosité élevée a réduit de plus de 1° l’amplitude moyenne de la variation diurne de la température : cette réduction a affecté aussi bien les maxima que les m’mima. Elle a fait sentir aussi son influence sur les extrêmes mensuels. Le maximum absolu, 28°,7, le 10, est inférieur de 2°,6 au maximum absolu moyen; le minimum absolu, 8°,5, le 31, est supérieur de près d’un degré au minimum absolu moyen. Les extrêmes absolus de la température, pour la région parisienne ont été : 5°,7 à Trappes le 21 et 31°,0 à Ivry le 19.
- On a compté 16 jours de pluie appréciable (au lieu de 12, nombre moyen) sans qu’aucun d’eux ait fourni un total de précipitation remarquable. Le plus fort total en 24 h correspond à l’orage du 4 pendant lequel la pluie, accompagnée de grêle, a versé sur le sol 9 mm 4 d’eau.
- Les pluies se sont interrompues entre le 15 et le 23, mais même pendant cette période aucune journée n’a été complètement sans nuages. Malgré la fréquence des précipitations, le total pluviométrique mensuel, 50 mm 8, reste un peu au-dessous de la normale et présente un léger déficit de 7 pour 100.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie, 66 mm 6, est supérieure de 35 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922 et le nombre de jours de pluie, 15, est supérieur de 1 au nombre moyen. La durée totale de chute, 31 h 10 m, dépasse de 14 pour 180 la moyenne des 25 années 1898-1922. La hauteur maxima de pluie recueillie en 24 h a été, pour Paris, de 27 mm 3 à Vaugirard, du 24 au 25 et, pour les environs, de 27 mm 0 à Vaucluse du 6 au 7.
- Les brouillards ont été quotidiens, mais généralement faibles, matinaux et localisés, seuls, ceux du 8 et du 24 ont été épais, par places.
- Des orages assez intenses ont affecté toute la région les 4, 6, 13 et 31 ; ceux des 4, 13 et 31 ont été accompagnés de chutes de grêle et, le 13 à 14 h, la foudre est tombée à Sevran et, dans Paris, à la Halle aux Vins, le 31 dans l’après-midi. D’autres orages, plus faibles et localisés à quelques points de la banlieue Est ou Ouest, ont été observés les 8, 9 et 25.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 225 h 30 m de soleil, durée sensiblement normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été 72,5 pour 100 et celle de la nébulosité 65 pour 100. On y a observé : 1 jour de grêle, 5 jours d’orage ou de tonnerre, 3 jours de brouillard, 18 jours de brume, 19 jours de rosée.
- ERRATUM
- Au mois météorologique, Juin 1934, à Paris (n° 2935, p. 179), à la 11e ligne, il faut lire : avec maximum absolu de 34°,0 et non 34°,9, et aux mois chauds depuis 1757 jusqu’à nos jours, il faudrait y lire : année 1934, maximum absolu, 34°,0.
- Au mois météorologique, Juillet 1934, à Paris (n°2937, p. 278), aux mois chauds depuis 1757 jusqu’à nos jours, le maximum absolu 36°,2 porté en regard de l’année 1934 et de la moyenne mensuelle 21°, 1 n’y doit pas figurer. Em. Roger.
- LA TEMPÉRATURE EN AOUT depuis 1757 jusqu’à nos jours.
- MOIS FROIDS. MOIS CHAUDS.
- Moyennes Minima Moyennes Maxima
- mensuelles absolu ; mensuelles absolus
- inférieures inférieurs supérieures supérieur
- Années. à 16<>0. à -(- 6”5. Années. 2ü°0. à 35°0.
- 1782 15°,8 1758 20°,8
- 85 16°,0 59 20»,4
- 61 21°,9
- 99 6°,4 63 21°,7 36”,2
- 65 22»,4 35”,3
- 1816 15°,5 66 20°,7
- 67 20°, 5
- 39 6°,3 68 20”,1
- 70 20”,8
- 44 15°, 1 72 20”, 2
- 73 20”,9 35”,3
- 45 15°,5 74 20”,6
- 75 20”,9
- 76 5°,9 78 20”,1
- 79 21”,0
- 81 6»,3 80 22”,7
- 81 20”,5
- 83 6-,4 1800 20”,1 35”,5
- 02 21”,9 36”,4
- 85 5°,3 07 21”,4
- 21 20”,1
- 87 5°, 8 26 21”,2 36”,2
- 32 20”,8
- 91 16°,0 37 20»,1
- 42 22”,0 36»,7
- 96 15°, 8 5°,9 56 20»,4
- 57 36”,2
- 1907 6°,1 59 20»,4
- 63 35»,9
- 12 14°,9 71 20”,1
- 76 35”,3
- 15 6°,4 92 35”, 2
- 93 35”,7
- 20 15°, 8 6°,0 98 20»,2 •
- 99 20»,8 35”,7
- 23 6°,0 1911 21»,4 36”,5
- 23 35",4
- 24 15°, 4 32 21»,2 3 5”,7
- 33 20»,4
- Comme mois froids : en 35 ans, de 1782 à 1816, trois; en 27 ans, de 1817 à 1843, aucun; deux de suite, en 1844 et en 1845; en 45 ans, de 1846 à 1890, aucun; en 22 ans, de 1891 à 1912, trois; en 22 ans, de 1913 à 1934, deux; comme mois chauds : en 24 ans, de 1758 à 1781, dix-sept; en 18 ans, de 1782 à 1799, aucun; en 43 ans, de 1800 à 1842, huit; en 29 ans, de 1843 à 1871, trois; en 26 ans, de 1872 à 1897, aucun; en 37 ans, de 1898 à 1934, cinq.
- Em. Roger,
- Membre de la Société Météorologique de France.
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- PRESTIDIGITATION
- LA LITIÈRE MAGIQUE
- Oa présente dans une féerie américaine un truc qui eut beaucoup de succès autrefois à Paris au Châtelet, mais qui a été un peu rajeuni et perfectionné.
- Dans la pièce américaine, un jeune prince est comme dans toutes les féeries à la poursuite d’une jeune femme. Au moment où il va l’atteindre, elle monte dans une litière portée par quatre hommes. A ce moment le magicien ennemi fait baisser les stores qui protègent l’intérieur de la litière des rayons du soleil. Le jeune prince s’écrie : « Je l’ai vue, elle est là, elle est à moi ». — « Pas encore », dit le magicien et en effet, les stores sont relevés et la litière est vide.
- La disparition est effectuée si rapidement alors que la litière est loin du plancher sur les épaules des porteurs qui ne s’arrêtent pas, que les spectateurs sont véritablement surpris et cependant le truc est simple : la jeune femme est logée dans le dais qui couvre la litière mais tout a- été calculé pour que cela ne puisse paraître possible. Le dais ne mesure guère que 0 m 25 cm d’épaisseur à sa hauteur la plus grande, y compris un baldaquin de passementerie qui semble n’être là que pour l’ornementation. De plus il est peint de couleurs vives avec des ajours en trompe l’œil. L’ensemble de la litière a été combiné pour donner une grande impression de légèreté et le dais a été fixé très éloigné du plateau. La jeune femme étant revêtue d’un costume oriental bouffant, et munie d’un éventail volumineux, il semble impossible qu’elle puisse se dissimuler en quelques secondes ; et en quel endroit le pourrait-elle? La figure 1 nous donne l’explication : le plateau S sur lequel la jeune femme vient s’étendre est
- OA J
- SS R *2 (rR
- 1p
- s pp
- M
- Fig. 1.— Le mécanisme de la litière.
- mobile. Il est supporté à chaque angle par un cordon souple dissimulé par la tige de support (M) du dais. Les 4 cordons passent sur des poulies A cachées dans de grands panaches de plumes légères placés aux angles et aboutissent à des contrepoids P parfaitement équilibrés avec le poids du plateau et de la jeune femme. Ces contrepoids consistent en deux barres de fer plates placées l’une à la tête, l’autre au pied de la literie. Lorsque deux aides ont tiré les stores face et arrière, ils tirent les stores des extrémités mais en même temps agissent sur les contrepoids. Ils n’ont à vaincre que la faible résistance des poulies de renvoi R. Les contrepoids (sous les stores) viennent en PP et le plateau en SS.
- Tout cela peut se faire presque sans arrêt de la marche de la litière ce qui augmente l’étonnement produit par la disparition. Le prestidigitateur Albeh,
- Fig. 2. — La litière magique.
- =LUN PROGRES MUSICAL \
- LE HAUT-PARLEUR INTÉGRAL ET LES RECEPTEURS DE T. S. F.
- STÉRÉOPHONIQUES
- Nous étudierons ici quelques progrès récents dans la construction et l’emploi des haut-parleurs, puis, plus particulièrement, les applications de ces progrès aux récepteurs de T. S. F.
- Les haut-parleurs constituent, en réalité, des traducteurs de sortie permettant de transformer les oscillations électriques amplifiées en ondes sonores restituant en fréquence et en intensité les ondes sonores initiales qui sont venues fi'apper la plaque du microphone d’enregistrement ou de transmission. Il est donc essentiel que leur fidélité soit parfaite, compte tenu, bien entendu, des compensations acoustiques qui peuvent être parfois apportées par l’emploi de dispositifs d’amplification spécialement adaptés.
- Le haut-parleur, malgré ses progrès récents, est resté un appareil relativement imparfait, et, sans même faire entrer
- en ligne de compte les distorsions possibles linéaires ou non, on peut constater qu’il ne permet pas une reproduction intégrale des fréquences musicales.
- La cinématographie sonore a impérieusement imposé la l'echerche du haut-parleur parfait. On a réussi déjà à obtenir là des résultats remarquables, soit en associant plusieui’s haut-parleurs de caractéristiques différentes, soit en employant des modèles extrêmement perfectionnés.
- En radiophonie, le problème est un peu différent, parce qu’il ne s’agit pas de l’eproduire uixe gamme musicale aussi étendue qu’en cinématographie sonore. Malgré les progrès de la modulation, on ne peut étendre au delà de 5000 à 6000 périodes-seconde la bande des fréquences transmises, si l’on veut éviter les brouillages, et, même, en pratique,
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- a-t-on été souvent obligé de réduire cette bande à 4500 périodes-seconde seulement. En fait, beaucoup de haut-parleurs jusqu’à présent ne permettaient même pas de reproduire les notes aiguës au delà de 3000 à 3500 périodes.
- Il convient bien souvent, d’ailleurs, non seulement de modifier la construction des haut-parleurs, mais encore leur disposition : en cinématographie, on a l’habitude de les placer directement derrière un écran perméable au son; des effets sonores plus originaux et plus naturels peuvent pourtant être produits en les disposant à certains moments en un point quelconque de la salle; nous verrons plus loin qu’en i-adio-phonie également on ne se contente plus dans les appareils très perfectionnés d’employer un seul haut-parleur classique avec diffuseur encastré dans la paroi avant du coffret.
- LES SYSTÈMES DE HAUT-PARLEURS
- Les haut-parleurs utilisés aujourd’hui sont presque toujours électrodynamiques. Le moteur transformant les oscillations électriques en oscillations mécaniques comporte une bobine très légère parcourue par les courants musicaux, et placée dans le champ d’un électro-aimant puissant.
- Cette bobine mobile actionne directement un diffuseur conique encastré dans un écran acoustique qui a pour but de
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- sonore par leur face postérieure. Il faut donc prendre garde de ménager en arrière de la face convexe un volume d’air suffisant pour éviter la formation de résonateurs acoustiques.
- Pour obtenir une puissance acoustique déterminée, la puissance modulée varie suivant le type du haut-parleur utilisé. C’est ainsi qu’avec un haut-parleur à pavillon, il suffit, dans une petite salle, d’une puissance modulée de 5 w, tandis qu’avec un haut-parleur à diffuseur, la puissance pourra être de l’ordre de 20 w.
- Le haut-parleur à pavillon est, en général, plus recommandable pour les grandes salles que pour les petites. On peut le remplacer aussi par des combinaisons de haut-parleurs à diffuseurs, ou bien on adopte des ensembles de haut-parleurs à diffuseurs, et de haut-parleurs à pavillon.
- En radiophonie, on utilise uniquement, on le sait, à l’heure actuelle, des modèles à diffuseurs. Leur apparition a constitué un immense progrès, parce qu’ils permettaient de reproduire assez fidèlement les notes graves, ce qui n’était pas possible avec les modèles électromagnétiques mal établis. La plupart des haut-parleurs électro-dynamiques à diffuseurs mal étudiés présentent cependant le défaut contraire, c’est-à-dire une résonance exagérée sur les notes graves. Quelques-uns pourtant, il est vrai de diamètre très réduit, ne permettent guère
- Fig. 1. — Trois types de haut-parleurs à diffuseurs pour différentes gammes musicales. De gauche à droite : médium; parole; notes aiguës; notes suraiguës (Types Stellor).
- permettre la reproduction des notes graves en allongeant le parcours des ondes sonores entre la face antérieure et la face postérieure du diffuseur.
- Pour les modèles puissants surtout, on continue cependant à employer des diaphragmes très légers, solidaires de la bobine mobile, et combinés avec un pavillon acoustique de section exponentielle.
- Le haut-parleur à pavillon a un rendement relativement élevé, si, du moins, on peut parler de rendement dans le cas d’un haut-parleur. En tout cas, sa sensibilité à puissance modulée égale est plus grande que celle d’un appareil à diffuseur.
- Les pavillons acoustiques modernes doivent avoir une grande surface, et sont assez encombrants, si l’on veut obtenir une bonne reproduction des notes graves; leurs pouvoirs directifs sont, en général, plus accentués que ceux des modèles à diffuseur.
- Un seul haut-parleur à pavillon peut permettre de diffuser une puissance modulée de 15 à 20 w, alors, qu’en général, le haut-parleur à diffuseur est moins puissant, et présente, d’autre part, une résonance marquée sur les notes graves.
- Si les haut-parleurs à diffuseurs sont moins encombrants, il ne faut pas oublier qu’ils rayonnent également de l’énergie
- sur des postes « miniature » que de reproduire des notes aiguës au-dessus de 200 ou 300 périodes-seconde.
- Beaucoup d’auditeurs de T. S. F. s’étaient habitués à une audition de tonalité générale trop grave qui présentait, par ailleurs, l’avantage relatif de supprimer plus ou moins les bruits de fond provenant du poste récepteur lui-même, ou de quelques parasites industriels et compris dans la zone des fréquences aiguës au delà de 8500 périodes. Mais on est devenu plus difficile et les connaisseurs exigent non seulement les notes graves, mais encore la totalité des aiguës de la bande de fréquences radiophoniques.
- LES COMBINAISONS DE HAUT-PARLEURS
- L’idée des combinaisons de haut-parleurs de caractéristiques différentes, et dont les défauts se compensent plus ou moins les uns les autres, n’est pas nouvelle. L’emploi de plusieurs haut-parleurs combinés a le plus souvent pour but d’étendre vers les deux extrémités du spectre musicàl la gamme des fréquences reproduites, bien plus encore que d’atténuer les périodes de résonance propres des divers appareils.
- On construit aujourd’hui des haut-parleurs à pavillon ou à diffuseur spécialement adaptés à la reproduction des notes aiguës qu’on peut combiner avec un haut-parleur à diffuseur;
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- Fig. 2. — Disposition de plusieurs haut-parleurs à diffuseurs pour les diverses gammes musicales.
- de même, les haut-parleurs électrostatique ou piézoélectrique, encore assez peu employés, sont particulièrement propres à la reproduction des fréquences aiguës, alors que les haut-parleurs à diffuseurs seraient plutôt recommandables pour la reproduction des notes graves.
- Malgré ses qualités indéniables, le moteur électrodynamique est encore imparfait. Le rendement électromécanique d’un haut-parleur d’excellente qualité ne dépasse guère 25 pour 100 pour les fréquences graves; il atteint péniblement 5 pour 100 pour les fréquences aiguës, mais c’est surtout le fonctionnement du diffuseur qui est très insuffisant.
- La longueur d’onde sonore est, en général, très grande par rapport aux dimensions des membranes pour les notes graves, et ainsi la forme de ces dernières ne joue pas un rôle important. Inversement, pour les notes très aiguës, la longueur d’onde est très faible vis-à-vis de la hauteur du diffuseur, et, pour les longueurs d’onde de cette catégorie, les différents points de la membrane sont rarement susceptibles de se déplacer simultanément et en phase.
- Si l’on veut reproduire intégralement la gamme des fréquences musicales, il est bien difficile d’utiliser un seul haut-parleur avec diffuseur de diamètre moyen. Pour la reproduction des notes graves, ce diamètre est trop petit, et, pour la reproduction des notes aiguës, il est trop grand. Avec plusieurs haut-parleurs combinés de diamètres différents, le résultat peut être meilleur.
- Des dispositifs de ce genre ont été étudiés en France, par MM. Toulon et Charlin. Ces techniciens utilisaient généralement trois types de haut-parleurs. Le modèle médium avait une membrane de quelque 23 cm de diamètre et de 8 cm de profondeur. Pour les notes graves, on utilisait côte à côte plusieurs haut-parleurs de 60 cm de diamètre, dont la membrane pouvait se déplacer de près de 1 cm. Pour les fréquences comprises entre 10 et 300 périodes-seconde, on peut admettre que ces membranes se déplacent de façon rigide, et que les divers points restent en phase dans le temps et dans l’espace (fig. 1).
- Pour, les fréquences aiguës, au delà de 2000 périodes-seconde, une membrane de dimension moyenne n’est plus suffisante; elle n’est plus assez rigide, et produit des effets d’interférence. On adopte donc des membranes très petites et très rigides de 3 à 5 cm de diamètre et de 15 mm de hauteur de cône. Le décalage de phase entre les divers éléments est alors très faible.
- Les courbes de la figure 3 montrent comment on peut amplifier séparément les fréquences correspondantes aux divers
- Fig. 3. — Courbes de répartition des fréquences pour différents haut-parleurs.
- f*2500
- O 30 60 100150 600 1000 2000 4000 8000
- Fréquences
- haut-parleurs, et il faut que chaque haut-parleur reçoive la bande de fréquences qui lui est destinée, et celle-là seulement.
- Un haut-parleur spécial pour notes graves n’est pas capable, en effet, de reproduire les notes aiguës ; il produit des bruits parasites et des distorsions dues à des effets de résonance; de même, un haut-parleur pour notes aiguës n’est pas capable de reproduire les notes graves, la course de la bobine mobile n’est plus suffisante, et des distorsions apparaissent.
- On utilise donc, en général, des haut-parleurs de ce type avec des filtres et deux amplificateurs, l’un de sons aigus et l’autre do sons graves. On peut même employer quatre amplificateurs différents, et quatre types de haut-parleurs.
- Les deux amplificateurs « passe-bas », laissant passer les fréquences de 0 à 300 périodes, sont reliés chacun à deux haut-parleurs contrebasse à grande membrane. Les deux amplificateurs « passe-haut » de 20 à 3000 périodes sont reliés chacun à un jeu de trois haut-parleurs : médium, ténor, ultrà-aigu. Aux bornes de ces haut-parleurs, sont disposés d’autres filtres destinés à répartir les fréquences : 300 à
- Fig. 4. •— Association d’un haut-parleur contrebasse et d’un haut-parleur aigu.
- 1000 pour le médium, 1000 à 3000 pour le ténor; au-dessus de 3000 pour l’ultra-aigu.
- La disposition des haut-parleurs doit être choisie avec soin. Le haut-parleur de notes très aiguës fournissant des effets directifs maximum est disposé exactement au centre; tout autour, on place les haut-parleurs médium; et, enfin, les haut-parleurs pour notes graves peuvent être disposés à une grande distance sans inconvénient (fig. 2 et 4).
- LE HAUT-PARLEUR INTÉGRAL
- Les dispositifs précédents donnent pratiquement des résultats déjà remarquables, mais ils sont assez complexes. On a été plus loin, et on a pu récemment établir des modèles de haut-parleurs, assurant l’un la reproduction des sons jusqu’à environ 12 000 périodes-seconde, l’autre, au contraire, servant à la reproduction des notes très graves jusqu’à 60 périodes-seconde. Ces haut-parleurs spéciaux sont destinés à être associés indifféremment à des haut-parleurs du type à écran acoustique ou à pavillon, de manière à assurer alors une
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- reproduction vraiment intégrale de toute la gamme musicale.
- Mais on ne peut encore, semble-t-il, à l’aide d’un seul haut-parleur à diffuseur, reproduire intégralement toute la gamme musicale. Des progrès cependant peuvent encore être cherchés tout spécialement dans le perfectionnement des diffuseurs et de leurs bobines mobiles.
- Parmi les recherches récentes les plus intéressantes et qui aboutiront sans doute prochainement à des résultats utiles, nous pouvons citer l’appareil Yoigt à double diffuseur (fig. 5). Cet appareil comporte un petit cône auxiliaire libre, fixé directement à la bobine mobile, et qui a pour but la reproduction des notes de fréquence supérieure à 3000-4000 périodes-seconde. On aurait pu ainsi obtenir la reproduction suffisante des fréquences de 7 à 8000 périodes, en employant, il est vrai, un baffle en forme de pavillon.
- M. Oison, de la Radio Corporation of America, a établi un modèle de haut-parleur à diaphragme plissé et à bobine mobile en deux parties, reliées par un anneau élastique qui permettrait une reproduction satisfaisante entre 60 et 10 000 périodes. Ces recherches sont particulièrement intéressantes pour les
- auditeurs de T. S. F., puisqu’elles peuvent permettre d’aboutir à l’établisse-m ent d’un type de haut-parleur amélioré permettant la reproduction d’une gamme étendue avec le moins decom-plications possible.
- Si le rendement des haut-parleurs électro dyna -iniques devient très faible, en général, aux très hautes fréquences, c’est parce que la masse du diaphragme et de l’équipage mobile produit une réactance apparente très grande qui diminue la vitesse de vibration. Il n’existe pas de diffuseur et de bobine assez légers tout en étant résistants, pour supprimer cet inconvénient.
- L’emploi des pavillons acoustiques permet d’améliorer le rendement de radiation d’un diaphragme et d’améliorer les conditions de fonctionnement de l’appareil en diminuant l’amplitude des vibrations nécessaires ; dans ce cas, cependant, la chambre de compression placée entre le diaphragme et l’orifice du pavillon acoustique agit comme un accouplement élastique qui tend à réduire la vitesse de vibration de ce diaphragme.
- Pour réduire les phénomènes d’interférence à l’intérieur de la chambre de compression, la surface du diaphragme ne doit pas être trop grande, car le diamètre devient dans ce cas du même ordre de grandeur que la longueur d’onde sonore. La masse du diaphragme doit, d’autre part, être aussi petite que possible.
- Il faut cependant que la profondeur de la chambre de
- Chambre de compression
- Diaphragme
- Bobine mobile
- Fig. 6. — Coupe d’un haut-parleur à pavillon pour notes aiguës.
- compression soit assez grande pour permettre au diaphragme de vibrer avec l’amplitude nécessaire pour les sons intenses. Pour une même puissance sonore diffusée, cette amplitude est inversement proportionnelle à la fréquence et la profondeur de la chambre de compression doit être telle qu’il soit possible d’obtenir la puissance sonore désirée à la plus basse fréquence pour laquelle le haut-parleur est prévu.
- Dans la plupart des cas, les valeurs exigées pour la puissance sonore sont telles qu’il est bien difficile de réaliser une chambre de compression permettant une sensibilité suffisante pour des fréquences supérieures à 3000 ou 4000 périodes-seconde.
- Les conditions de reproduction des notes graves sont ainsi en opposition avec celles qu’exige la reproduction des notes aiguës. Il paraît donc logique d’étudier plutôt des combinaisons de haut-parleurs spécialisés pour les notes aiguës et les notes graves.
- Pour un haut-parleur à notes aiguës, la profondeur de la chambre de compression peut être ramenée à une valeur très faible. L’exclusion de la reproduction des notes graves permet également d’établir un diaphragme plus délicat et plus élastique. C’est la solution adoptée dans le haut-parleur à notes aiguës des laboratoires Bell-Jensen, dont la coupe est indiquée sur la figure 6.
- Le diaphragme est une pièce de duralumin de 5/100e de mm d’épaisseur présentant une partie centrale emboutie de forme sphérique de 2,5 cm de diamètre, destinée à assurer sa rigidité. La partie périphérique constituant le bord de cette partie centrale est plane.
- Une bobine mobile constituée par un enroulement sur champ de ruban d’aluminium, et suffisamment rigide pour éviter l’emploi de supports, est fixée directement sur le
- Fig. 7. —- Haul-parleur à haute fréquence avec son pavillon.
- Fig. 5.— Haut-parleur éleclrodynamique à diffuseur à cône auxiliaire libre pour la reproduction des notes aiguës.
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- 11.000
- 5.000
- Fréquences en périodes sec.-
- 500 1000 5000 10000
- Fréquences en périodes sec.
- 50 100
- Fig. 8. — Courbes de réponse du haut-parleur pour notes très aiguës et de l’ensemble formé par ce haut-parleur associé à un appareil pour notes graves.
- diaphragme, sur la circonférence qui ielie la partie emboutie à la partie plane. La masse du diaphragme et de la bobine mobile est seulement de 16 cgr. La fréquence limite supérieure est ainsi de 10 000 périodes-seconde au minimum, et la fréquence inférieure de 6500 périodes-seconde (fig. 7).
- La figure 8 montre la courbe de réponse de ce haut-parleur pour des fréquences au-dessus de 2000 périodes-seconde, et jusqu’à 10 000 périodes.
- On a pu, d’auti'e part, établir, de même, des haut-parleurs à sons très graves, en créant une enceinte formant écran acoustique, disposée de telle sorte que la durée de cheminement de l’onde sonore soit considérable. La figure 8 B montre une courbe de réponse obtenue en employant un liaut-parleur à haute fréquence, conjointement avec un haut-parleur à pavillon exponentiel d’une fréquence limite inférieure à 60 périodes. Normalement, ce petit haut-parleur peut être suspendu à l’entrée de l’embouchure du pavillon pour notes graves.
- La réalisation du haut-pârleur pour notes aiguës n’a pas seulement été faite, d’ailleurs, avec des moteurs électrodynamiques; on a eu recours avec plus de succès encore, à des moteurs qui, par leur nature même, se prêtent particulièrement bien à la reproduction des notes aiguës. C’est ainsi qu’on voit sur la figure 9 un modèle de haut-parleur ultra-aigu à moteur piézoélectrique et à pavillon acoustique très réduit.
- L’emploi de haut-parleurs spécialisés, ne permet pas seulement d’augmenter la reproduction sonore, il peut également diminuer la puissance électrique nécessaire pour obtenir une puissance sonore donnée. La spécialisation des rôles joués
- par chaque élé-
- Fig.Q. — Haut-parleur pour notes aiguës ment est encore ici à moteur piézoélectrique. recommandable.
- LE RELIEF SONORE
- Il ne suffit pas d’étendre la gamme des fréquences musicales audibles, il faut encore augmenter par tous les moyens possibles le naturel de l’audition.
- On a souvent
- reproché à la musique mécanique de manquer de relief, et on la compare à une projection sur un écran de photographies d’objets à trois dimensions.
- Ce reproche est évidemment justifié, en général, et la perspective acoustique naturelle n’est souvent recréée que par un effort de notre imagination. Il faudrait donc réaliser en acoustique ce qu’on a fait avec la stéréoscopie pour la photographie, et ce qu’on essaye de faire avec le cinématographe en relief. En donnant à chaque instrument de l’orchestre, lors des auditions musicales, sa valeur relative, il faudrait essayer de lui restituer également sa place dans l’orchestre, en donnant à l’auditeur une impression analogue à celle qu’il éprouve en écoutant directement l’exécution du même morceau de musique dans une salle de concert.
- Il semble évidemment difficile d’arriver à ce résultat d’une façon simple. Nous avons déjà décrit l’an dernier, dans un numéro de cotte Revue, les intéressants dispositifs d’essai employés par « l’American Telegraph and Telephon Company » et les Laboratoires Bell pour la transmission d’un concert
- Fig. 10. — Groupement de haut-parleurs pour audition intégrale de la gamme musicale et effet stéréophonique.
- symphonique exécuté à Philadelphie et retransmis par câble à Washington. L’impression de relief acoustique était obtenue en employant plusieurs microphones et plusieurs systèmes de transmission séparés, et des groupes spéciaux de haut-parleurs correspondant aux groupes de microphones. Chaque groupe de haut-parleurs comportait un modèle à large membrane pour les sons graves et deux modèles à pavillons spéciaux, divisés en sorte de cellules pour les sons aigus, de manière à obtenir un effet directif particulier (fig. 10).
- LES RÉCEPTEURS STÉRÉOPHONIQUES
- On ne saurait songer à associer aux récepteurs de T. S. F. des systèmes d’amplificateurs musicaux et de haut-parleurs complexes de grandes dimensions. Les recherches que nous venons de résumer ont cependant attiré l’attention des constructeurs sur le grand intérêt que présente la qualité des haut-parleurs dans les récepteurs perfectionnés,l’étude de la disposition de ces haut-pai’leurs, et'celle du système d’amplification musicale.
- Signalons l’apparition d’assez nombreux modèles de postes
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- récepteurs Midget ou meubles, dans lesquels le haut-parleur n’est pas disposé de la manière classique connue (fig. 11). Dans certains de ces appareils, le diffuseur est disposé verticalement et les ondes sonores émises par lui sont réfléchies horizontalement par le couvercle de la boîte. Dans d’autres modèles, on trouve une table de résonance en bois de lutherie, améliorant la qualité de l’audition musicale, surtout pour la musique d’orchestre. Dans des postes-meubles, enfin, le haut-parleur électrodynamique à diffuseur est combiné avec un système de réflexion à pavillon de section parabolique permettant d’obtenir une audition à la fois plus ample et plus en relief.
- Cependant, l’effort porte surtout sur l’emploi simultané de deux haut-parleurs, l’un destiné plus spécialement à la reproduction des notes graves et des notes médium, l’autre à la reproduction des notes aiguës. Chacun de ces deux haut-parleurs est de préférence actionné par un système d’amplification musicale séparée, de manière à lui transmettre plus particulièrement les notes auxquelles il est sensible, et à pouvoir régler séparément l’intensité sonore sur cette gamme (fig. 12).
- De plus, l’ébénisterie du poste est étudiée de manière à
- former écran acoustique efficace, et la disposition des haut-parleurs l’intérieur de cette
- Fig. 11. — Deux récepteurs radiophoniques originaux.
- A gauche : Arodgne Gaveau à diffuseur vertical. A droite : Stradivox Laberte et Magnié à table de résonance.
- ébénisterie de façon à réaliser un effet stéréophonique suffisant.
- Il est certain, tout d’abord, que par la mise en série ou en parallèle d’un haut-parleur supplémentaire avec le haut-parleur ordinaire d’un poste, on peut déjà obtenir souvent une amélioration sensible de la qualité musicale de l’audition; en particulier, on diminue de cette façon l’influence des résonances propres gênantes, puisque l’impédance d’un des haut-parleurs devient maxima au moment de ces résonances, et qu’ainsi l’intensité sonore du deuxième au même moment est fortement diminuée.
- Un grand nombre de postes récepteurs actuels comportent une prise de haut-parleur supplémentaire, et l’adaptation de ce haut-parleur est donc aisée. On a même souvent intérêt à utiliser comme deuxième haut-parleur un modèle électromagnétique bon marché qui permet justement particulièrement la reproduction des notes aiguës, alors que le haut-parleur électromagnétique à diffuseur ordinaire reproduit mieux les notes graves. La question du couplage d’un deuxième
- Fig. 12. — Récepteur stéréophonique Lemouzg à deux haut-parleurs.
- haut-parleur est, d’ailleurs, intéressante en pratique, mais exigerait un assez long développement, si l’on voulait en indiquer les détails.
- L’emploi d’un haut-parleur d’un type un peu spécial, par exemple piézoélectrique, monté simplement en parallèle permettrait ainsi dans quelques cas une amélioration marquée. Il y a cependant intérêt à avoir toujours recours, lorsque cela est possible, à un système de filtres souvent assez simple permettant de transmettre plus particulièrement la gamme musicale convenant au haut-parleur déterminé. On voit ainsi sur la figure 13 B un schéma très simple avec deux transformateurs de liaison et une bobine de choc renvoyant plus particulièrement les notes aiguës vers un haut-parleur électrodynamique spécial.
- Pour obtenir un résultat complet, il est utile, en principe,,.d’utiliser deux systèmes d’amplification, de façon qu’un des haut-parleurs reçoive uniquement les notes graves et l’autre les notes aiguës. Ce système double d’amplification est disposé dans le récepteur à la suite de la lampe détecti’ice (fig. 14).
- Il est assez facile, d’ailleurs, à tout amateur d’adapter un système de ce genre à un récepteur même existant, et à la rigueur à batteries. On voit sur la figure 15, d’après un docu-
- Fig. 13. — Systèmes de couplage simple pour un seul amplificateur
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- Fig.
- 14. — Schéma d’un système de plage à double amplification.
- ment anglais, comment on peut ainsi établir une deuxième liaison pour haut-parleur avec une lampe de sortie supplémentaire et une liaison à résistance.
- On peut, comme l’a fait M. Boursin dans le poste « Musical 5 » adopter à cet effet un étage de sortie push-pull à deux lampes un peu spécial, qui s’écarte de la théorie par laquelle le système doit être complètement équilibré, mais qui permettrait en pratique d’obtenir une audition très améliorée.
- Comme on le voit sur la figure 7, cet appareil comporte une lampe haute fréquence, une détectrice, et un étage de sortie à deux lampes push-pull établi avec des lampes triodes.
- La liaison entre la détectrice et l’étage push-pull est effectuée à l’aide d’un transformateur à prise médiane, dont le primaire est monté en dérivation. Les extrémités du secondaire sont reliées aux grilles des deux lampes, avec prise médiane à la masse.
- La portion du secondaire agissant sur la première lampe est shuntée par un condensateur de manière à favoriser la reproduction des notes graves, et dans le circuit de plaque de cette même lampe se trouve un condensateur de 50 millièmes de microfarad, pour la même raison. Les deux haut-parleurs sont montés en série, et on peut, bien entendu, faire varier la capacité suivant le résultat atteint.
- Il s’agit là d’un montage plus ou moins de fortune; dans les récepteurs plus complexes, le montage d’amplification double est également plus complet. Il en est ainsi dans le stéréo-phone Ariane, qui est un superhétérodyne à huit lampes, dont une penthode haute fréquence, une radio-modulatrice, une moyenne fréquence, une détectrice diode formant en même temps première basse fréquence aiguë, une deuxième basse fréquence aiguë, une première basse fréquence grave, une deuxième basse fréquence grave et enfin une redresseuse. Dans cet appareil, le haut-parleur pour les sons aigus a un diamètre de 21 cm et le haut-parleur pour les sons graves un diamètre de 32; étant donné leurs dimensions, tout l’ensemble est contenu dans un meuble d|une certaine importance, qui peut, d’ailleurs, recevoir un système phonographique.
- L’étude de l’adaptation des haut-parleurs stéréophoniques doubles a été particulièrement poussée aux Etats-Unis, même sur les modèles de prix relativement moyen.
- Fig. 15. — Adaptation d’un 'deuxième haut-parleur avec étage séparé sur un poste à batteries.
- Fig. 16. — Schéma d’un poste secteur à un étage H F, dit « Musical 5 comportant un étage de sortie, push-pull pour alimenter deux haut-parleurs en série.
- C’est ainsi qu’on voit sur la figure 17 un système d’amplification musicale double pour notes aiguës et notes graves qui représente un excellent type du genre à l’heure actuelle.
- A la suite de la détectrice, se trouvent deux ensembles d’amplification musicale nettement séparés, l’un pour notes aiguës, l’autre pour notes graves, et tous deux à deux lampes. Chaque groupe agit sur un haut-parleur électrodynamique, dont les diffuseurs sont de diamètres très différents, et, ce qui est surtout très important, chacun d’eux comporte un système de réglage distinct de l’intensité sonore, ce qui permet à l’auditeur, suivant la nature de la réception radiophonique, d’augmenter à volonté la proportion des notes aiguës ou des notes graves, de jouer le rôle de véritable chef d’orchestre, et de jouer en quelque sorte de la radiophonie, de même que le possesseur d’un piano mécanique perfectionné peut modifier, à son gré, et suivant son goût artistique, la reproduction d’un morceau. On voit, d’ailleurs, également sur la figure les courbes des réponses des deux groupes d’amplification.
- Le récepteur radiophonique tend donc à devenir de plus en plus un appareil vraiment musical, et l’on voit que les constructeurs commencent à se soucier à la fois de l’amélioration des haut-parleurs et du perfectionnement des systèmes d’amplification, qui seuls permettent d’obtenir un résultat réel.
- P. IiÉMARDINQUER.
- Fig. 17. — Système d’amplification musicale double pour notes aiguës et notes graves type Hollister et courbes de réponse obtenues. (D’après Radiocraft.)
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- LIVRES NOUVEAUX
- Sur le problème de Vindéterminisme, par sir Arthur Eddington, traduit de l’anglais par E. Neculcea, 1 brochure, 26 p. Hermann et Cie. Paris 1934. Prix : 6 fr.
- Depuis que Heisenberg a posé son fameux principe d’incertitude comme un des piliers fondamentaux de la physique moderne, de nombreux savants ont mis en doute le principe de causalité lui-même. Eddington se range délibérément parmi eux; dans la spirituelle et mordante conférence dont voici une élégante traduction, il fait le procès du déterminisme. La sentence n'est peut-être pas sans appel; mais les attendus en intéresseront quiconque veut suivre le mouvement intellectuel de notre époque.
- Les phénomènes périodiques de la chimie. —
- I. Les périodicités de structure, par Suzanne Veil. 1 vol. in-8, 32 p., 8 fig., 8 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Le plus bel exemple de périodicité de structure est constitué par les anneaux de Liesegang, mais on connaît d’autres rythmes de diffusion, d’évaporation, de solidification et on en observe même dans les gaz. Leur interprétation est difiicile et a donné lieu à maintes théories. Il y a lieu également de les rapprocher des structures périodiques naturelles, minéralogiques et biologiques. L’auteur donne une bonne mise au point de la question.
- Polarisation et dépolarisation cellulaires, par
- M. Dubuisson. 1 broch. in-8, 47 p., fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- On a fait bien des hypothèses sur les échanges de la cellule avec son milieu et depuis quelques années on s’efforce d’y appliquer les données de la chimie physique : polarisation, interphases, tension de surface, perméabilité, équilibres de membranes. On trouve ici une mise au point des faits observés et des théories proposées, encore imparfaites.
- Fluorescence analysis in ultra-violet light, by
- J. A. Radley and Julius Grant. 1 vol., 220 p., 18 fig., 6 pl. hors
- texte. Chapman & Hall, Ltd, London, 1933. Prix : 15 sh. _
- La fluorescence par les rayons ultra-violets offre au chimiste un moyen d’analyse très pratique et qui dans nombre de cas rend de précieux services. Le présent ouvrage après avoir exposé brièvement les notions théoriques nécessaires pour bien comprendre ce qu’on entend par rayons ultra-violets, et après avoir décrit rapidement les sources actuellement en usage pour les produire, examine les diverses techniques d’examen des corps en lumière ultra-violette. La partie principale du livre est consacrée à l’étude des applications de ces méthodes; elle offre un bon résumé des nombreux travaux actuellement publiés sur ces questions : voici les principaux sujets ainsi examinés : contrôle des produits agricoles, examens bactériologiques, contrôle des produits pharmaceutiques, des produits alimentaires, des matières colorantes, des peintures et vernis, des papiers, des minéraux et pierres précieuses; études physiologiques et biologiques, police criminelle, identification des tableaux anciens, etc. L’ouvrage rassemble ainsi une utile documentation, complétée par une bibliographie étendue.
- Les fosses septiques, par A. Builder, 1 voi. 175 pages, 153 fig. Ch. Béranger, Paris, 1934. Prix : 35 fr.
- Jusqu’à présent, la littérature technique française ne possédait aucun ouvrage d’ensemble sur ce sujet si important. Le présent ouvrage, d’une lecture accessible à tous, comble cette lacune.
- Après étude des phénomènes biologiques assurant l’épuration des matières fécales, il contient la description des nombreux modèles imaginés par divers inventeurs; il donne des conseils pratiques sur le choix des fosses septiques du commerce, ainsi que sur la construction pratique des fosses; il termine par des renseignements utiles concernant le contrôle de la marche des installations, ainsi que sur la législation française les concernant.
- Pour et contre le transformisme. Darwin-Vialle-ton, par le Dr A. Mignon, 1 vol. in-8, 521 p. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 50 fr.
- La querelle transformiste n’est pas près de cesser. L’auteur oppose en les analysant l’œuvre de Darwin et celle de Vialleton, toutes différentes, le premier biologiste observateur, le second anatomiste et embryologiste. Le premier a été frappé par la variété des formes et il a tenté de l’expliquer par l’adaptation et la sélection; le second a senti ce qu’a d’immuable l’hérédité et admet tout au plus l’apparition successive de groupes n’ayant pas de liens directs entre eux. L’auteur analyse fort bien les points de vue qu’il oppose; il a la sagesse de ne pas se prononcer.
- Aperçus touchant les oiseaux, les insectes et les plantes. Trois mondes d'une vie intense autour de nous, par le Dr A. Guéniot. 1 vol. in-16, 224 p. Baillière et fils, Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- L’alerte centenaire de l’Académie de Médecine distrait ses jours en observant la nature et charme les jeunes en leur contant ce qu’il voit, car il voit bien et le dit délicieusement. Il regarde ce qui vit intensément autour de nous, les oiseaux d’abord, et cela nous vaut des récits sur le chardonneret, le rouge-queue, le rouge-gorge, le troglodyte, le moineau, des aperçus pris en instantané sur des merles contre un chat, des poules contre un renard, le bain des hirondelles, etc. Puis viennent des insectes et enfin des tableaux de campagne où les plantes vivent bien plus qu’il ne paraît.
- Early Forerunners of Man. A morphological study of the evolutionary origin of the Primates, par W. E. Le Gros Clark. 1 vol. in-8, 296 p., 89 fig. Baillière, Tindall et Cox, London, 1934. Prix : relié, 15 sh.
- L’auteur, professeur d’anatomie à Oxford, connaît parfaitement la morphologie des vertébrés supérieurs et il s’en sert pour comprendre l’évolution de l’homme. Par une comparaison minutieuse de la tête, des dents, du cerveau, des organes sensoriels, digestifs, reproducteurs, des espèces actuelles et fossiles, en commençant par les plus inférieures et en considérant les animaux d’aujourd'hui comme des aboutissements qui ne dérivent pas les uns des autres, il réussit à présenter avec de grandes précisions sa conception des voies qui ont conduit aux Primates actuels et à l’homme en particulier. Rarement une étude des origines de l’homme est aussi construite et appuyée sur des faits.
- Au seuil du m y stère, par Charles Richet. 1 vol. in-16,189 p. Peyronnet et Cie, Paris, 1934.
- Après avoir publié maints livres de science stricte, le professeur Charles Richet présente les faits les plus audacieux de la métapsy-chique sous la forme d’un roman. Cette œuvre d’imagination aborde les questions de la survie et bien qu’elle soit de pure invention, elle paraît d’autant plus curieuse et passionnante qu’elle émane d’un grand savant.
- Les âges de l'intelligence, par Léon Brunschwicg, 1 vol, in-16, 151 p. Nouvelle encyclopédie philosophique. Alcan, Paris. 1934. Prix : 10 fr.
- L’esprit humain est-il en progrès? Va-t-il vers sa maturité ou sa décrépitude ? Savants et philosophes parlent d’irrationnel, de réel non intelligible; la mathématique s’est peuplée d’imaginaires. L’auteur discute le préjugé ancien de l’intelligible, le fantôme de l’irrationnel, oppose l’univers du discours basé sur la logique formelle à l’univers de la raison basé sur les lois physiques et mathématiques et termine en affirmant sa foi en l’intelligence éternelle.
- Mouvement des prix depuis la stabilisation du franc, publié par la Statistique générale de la France, 1 vol., 328 p. Imprimerie Nationale. Paris, 1934.
- Cette récapitulation du mouvement des prix en France depuis 1928 constitue un travail précieux pour tous ceux qui, à un titre quelconque, s’intéressent aux problèmes économiques de notre temps. Il a été établi avec la conscience et le soin qui caractérisent tous les travaux de la Statistique générale de la France, savant organisme trop peu connu, et doté de trop faibles ressources. On trouvera rassemblés dans ce volume non seulement les indices habituels caractérisant les variations d’ensemble des prix, mais surtout de nombreuses séries de prix de gros et de détail, constituées, à l’aide de sources très diverses, toujours scrupuleusement indiquées. On y trouvera également des comparaisons de prix de gros entre la France, l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis, et enfin les annexes législatives résumant les principales mesures de réglementation du commerce extérieur, de protection douanière, de contingentement, et de réglementation interne imposées de 1928 à fin 1933. C’est un tableau fort édifiant.
- Manuel du dessinateur industriel, par Numa Morise (Tome II). 1 vol., 700 p., 890 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1933. Prix : cartonné, 35 fr.
- Ce volume est consacré à la pratique du dessin. Il commence par une utile description de l’outillage du dessinateur : papiers, planches et tables à dessins, instruments de mesure, instruments de tracé, encres; il indique ensuite comment on exécute croquis cotés, dessins d’ornements, dessins graphiques, écritures, etc. De nombreux exemples et exercices complètent et illustrent les excellents conseils donnés par l’auteur. Après un chapitre consacré aux calculs graphiques et à la statique graphique, l’auteur aborde les dessins de construction, les dessins topographiques. L’ouvrage se termine par un exposé des méthodes de reproduction et de conservation des dessins.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- RADIOPHONIE
- Uâge héroïque de la Radiophonie.
- L’article de M. Adam, publié dans notre n° du l0r septembre 1934, nous a valu une intéressante lettre de M. Gouineau, rédacteur en chef de « Je sais tout ».
- Elle apporte à l’article de notre collaborateur un utile complément qui contribuera à mieux faire ressortir le caractère de cette période « héroïque » au cours de laquelle M. Gouineau, alors jeune ingénieur, a joué un rôle de précurseur qu’il serait injuste d’oublier.
- « J’ai lu avec attention, dans le dernier numéro de La Nature, un article sur l’Age héroïque de la Radiophonie.
- Toutefois, le chapitre intitulé : « Les origines de la radiodiffusion en France », contient une lacune importante, que je me permets de vous signaler, sachant combien votre revue tient à l’exactitude de ce qu’elle imprime.
- Je n’aurais garde de méconnaître l’intérêt qu’offrirent à cette période les deux expériences tentées par mon ami Armand Givelet. J’en dirai de même en ce qui concerne la transmission du Colonel Brenot du 26 novembre 1921.
- Toutefois, il est juste de remarquer que ces trois diffusions ont eu lieu à faible distance (Sainte-Assise-Paris : une quarantaine de kilomètres). Par ailleurs, l’une d’elles prit place à la fin d’un banquet et s’est trouvée réduite à la transmission d’un morceau de chant. D’autre part, la première fut entièrement phonographique et prit la forme d’expérience faite au cours d’une conférence technique. Enfin la troisième s’intégra dans un gala dont elle ne constituait qu’une partie.
- La radiodiffusion que votre excellent collaborateur, Michel Adam — qui est aussi le mien — a passée sous silence s’est présentée différemment. Il s’agit du radio-concert Paris-Lille, que j’ai organisé le 22 décembre 1921 en collaboration avec les Universités de Paris et de Lille et lé plus entier concours du général Ferrié.
- De quarante kilomètres, on sautait à 200, et vous savez ce que cette distance signifiait en 1921... Avec la faible puissance de l’émetteur de la Tour Eiffel, nous étions obligés d’avoir à l’arrivée une telle amplification que les parasites locaux menaçaient de tout couvrir. A ce propos, je puis maintenant révéler une anecdote restée jusqu’ici secrète puisque trois personnes seulement la connaissaient : le Préfet du Nord, l’Ingénieur en Chef des Travaux de Lille et moi-même.
- Le Théâtre municipal de Lille est situé au centre d’une place entourée de lignes de tramways électriques. Ces derniers dataient d’avant la guerre et avaient fait toute l’occupation allemande. C’est dire qu’ils étaient dans un état déplorable et qu’ils constituaient, par leurs roulettes de prise de courant et par leurs collecteurs de moteurs, d’effroyables sources parasitaires. Dès les premiers essais, nous nous aperçûmes que rien ne serait possible dans ces conditions. Pour éviter la catastrophe, le Préfet du Nord, sur mes instances, s’entendit avec la Compagnie des Tramways pour qu’une panne «inopinée» ait lieu au début du radio-concert. Pendant deux heures, les Lillois furent privés de leur moyen de transport habituel, mais le premier radio-concert d’Europe à longue distance réussit admirablement.
- Treize ans ont passé et on peut rendre publique cette première et amusante mesure contre les parasites de tramways par l’arrêt pur et simple de ceux-ci.
- Très différent par la portée, le radio-concert Paris-Lille
- le fut également par le programme. Les 2000 personnes qui avaient loué leur place au Théâtre municipal étaient venues presque uniquement pour le radio-concert. Il y avait bien ma conférence de présentation, mais son intérêt était négligeable vis-à-vis du véritable gala qui devait suivre : Lucien Guitry déclamant plusieurs poèmes, Sacha Guitry racontant des histoires drôles, plusieurs morceaux de musique interprétés par Brun, premier violon de l’Opéra, id. pour Dutreix, ténor de l’Opéra, id. pour Jeanne Hatot également de l’Opéra, le tout couvrant deux heures environ. Au surplus, vous trouverez dans le compte i'endu publié à cette occasion par l’Illustration tous les détails sur cette manifestation qui fut, quantitativement et qualitativement la première d’Europe.
- Dois-je ajouter que toute la recette (plus de 10 000 francs) fut versée par mes soins à la Caisse Nationale des Recherches Scientifiques ? » M. Gouineau.
- PHYSIQUE
- Les champs centrifuges intenses appliqués à la sédimentation.
- Quand des matières solides sont en suspension dans un liquide plus léger, elles finissent, plus ou moins lentement, par se rassembler au fond du récipient qui les contient. La vitesse de chute, en vertu de la loi de Stolces, est proportionnelle à la différence de poids spécifique entre le solide et le liquide.
- On comprend que par ce moyen on puisse analyser un mélange par la mesure des vitesses de sédimentation de ses composants; ou encore séparer par sédimentation les composants d’un mélange.
- Mais la vitesse de chute sous l’action de la pesanteur est généralement trop lente; aussi a-t-on depuis longtemps songé à recourir à des champs de forces bien plus intenses que celui de la pesanteur, pour accélérer la chute de petites particules en suspension : la centrifugation en offre le moyen; elle est employée dans l’étude des suspensions colloïdales, et surtout quand il s’agit de substances organiques délicates qui n’admettent pas de traitements faisant intervenir la chaleur ou les réactions chimiques.
- Le savant suédois The Svedberg, paraît avoir atteint les records de l’hypercentrifugation.
- Dans une note récente que publie notre confrère de Londres : Nature, il rend compte des essais faits par lui dans cette voie.
- L’an dernier il a construit un rotor en acier pour supporter une éprouvette en quartz contenant une colonne du liquide à étudier haute de 6 mm et à 36 mm de l’axe de rotation.
- Le rotor a été essayé à 135 000 tours par minute (750 000 fois le champ de la pesanteur) ; mais peu de temps après il faisait explosion.
- Le savant, non découragé, a entrepris au début de cette année la construction d’un autre rotor de dimensions analogues. Il a été essayé àl60000 tours par minute (1100000 fois le champ de la pesanteur) et a permis de faire normalement à 145 000 tours d’intéressantes expériences sur l’hémoglobine. Malheureusement, ce nouveau rotor a fait, lui aussi, explosion.
- Il a néanmoins démontré la possibilité de créer des champs centrifuges d’intensité supérieure d’un million de fois au moins à la pesanteur; ce qui n’avait jamais été obtenu jusqu’ici.
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- AÉRONAUTIQUE
- Un tunnel d’essais aérodynamiques à grande vitesse.
- On peut envisager aujourd’hui, sans excès d’audace ni d’imagination, la construction d’avions atteignant des vitesses de l’ordre de 600 à 800 km à l’heure. Mais aucun des tunnels d’essais actuellement existants n’est capable de fournir un courant d’air ayant une vitesse supérieure à 350 km à l’heure.
- Le « National Advisory Committee for Aeronautics » aux Etats-Unis, a réuni les fonds pour construire un tunnel capable de donner un courant d’air d’une vitesse de 800 km-h. Il sera construit à Langley Field (Etat de Virginie). Construit en béton armé revêtu d’une garniture en plaques d’acier, il mesurera 36 m de long, 7 m 50 de haut; 15 m 50 de large. Il assurera un courant d’air de 800 km-h dans une chambre d’essais de 2 m 40 de diamètre.
- Il ne faudra pas moins d’une puissance de 8000 ch pour atteindre cette vitesse.
- TÉRATOLOGIE
- Une monstruosité double très rare : un Chat thoradelphe.
- Les monstruosités doubles chez le Chat ne sont pas très rares, en général. Mais celles qui ressortissent au groupe des Adelphes ou Monstres en Lambda de Mathias Duval sont tout à fait exceptionnelles, surtout quand la soudure a lieu au niveau du thorax (Thoradelphe) ou du pelvis (Pélvadelphe). J’ai eu récemment l’occasion d’observer un fait de thora-delphie, extrêmement intéressant, car le sujet était de forme très pure, sans atrophie d’un membre quelconque, et né à terme fin juillet 1934 d’une portée de trois petits. Il était du sexe masculin.
- C’est le second cas connu seulement, le premier ayant été publié par MM. Lesbre et Guinard en 1894 (').
- Dans son traité de Tératologie ('-), M. le Pr. Lesbre a affirmé que les Thoradelphes chez les animaux n’étaient pas viables et qu’on n’en connaissait pas d’exemple chez l’homme !
- C’est là une erreur manifeste; car on a publié un fait de thoradelphie pour une truie vivante, âgée de huit mois (Nature, 7 juillet 1888) (cas de M. Charles Brogniart) et un autre chez l’homme avec photographies de l’être en question, d’abord enfant, puis adulte : Cas de Mistress B... (Broolcs H. Wells. — Am. J. of. Obst., 1888, p. 1265, 1871, 5 fig., 1 pi. en couleurs).
- Actuellement, on ne connaît que les deux exemples, pour le chat, indiqués ci-dessus. I. G. Saint-Hilaire en a cité deux autres pour le chien, et deux autres pour le veau, auxquels il faut, naturellement, ajouter la truie de 1888.
- J’ai retrouvé récemment un fait relatif au scorpion non mentionné par les auteurs (Pavesi. R. Ist. Lomb. di. Se. e letti Rendi c., Milano, 1881, 2e siècle, XIV, 329-332.)
- Si l’on ajoute à ces huit observations chez les divers animaux celles, si extraordinaires de Brooks H. Wells, pour la femme, on obtient un total de neuf faits, dont deux sujets (une truie et une femme), ont vécu assez longtemps, puisque Mistress B... était adulte quand elle a succombé !
- Il semble résulter de cette statistique aussi que comme d’ordinaire cette monstruosité est plus fréquente dans le sexe féminin.
- 1. Journal de l'Anat. et phys., dar., 1894, XXX, 126-132.
- 2. Traité de Tératologie. Paris, Vigot, 1927, 252 fig.
- Fig. 1. — Le chat thoradelphe de Vendée, 1934. (Vu par la face dorsale).
- La thoradelphie est désormais très opérable au moins par parties, en plusieurs temps.
- Ce qui constitue le grand intérêt du fœtus que j’ai pu examiner, c’est qu’il était à terme, en très bon état de conservation et plus remarquable dans sa constitution que celui publié par M. le Pr. Lesbre, vu l’égalité absolue des quatre membres postérieurs et de deux queues, normalement développées. Aucune anomalie dans la partie antérieure du corps où la fusion des deux êtres était absolument complète.
- Les Allemands appellent ces monstres des Dipygus dorsalis (Gurlt).
- On connaît aussi un chat Pelvadelphe, c’est-à-dire avec soudure plus accentuée et comprenant le pelvis ; il est reproduit dans le Traité de Lesbre.
- Ce type de monstruosité est extrêmement rare, car je n’ai vu que cet exemplaire depuis 50 ans que je m’occupe de monstres doubles, tandis que les Déradelphes sont beaucoup plus fréquents. Mais il avait bien été prévu dès 1836 par Isidore Geoffroy St-Hilaire.
- Il fallait, évidemment, radiographier cette pièce. Mais je n’ai pas pu procéder à cette opération, faute de laboratoire de radiographie au Musée de Plein Air de Croix-de-Vie (*).
- Dr Marcel Baudoin.
- 1. Extrait d’une communication présentée à l’Académie des Sciences parle Pr. Ch. Richet, le 20 août 1934.
- Fig. 2. •— Le chat thoradelphe de Vendée.
- (Vu parla face ventrale, montrant 4 pattes postérieures et 2 queues).
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — Schéma montrant les appareils de signalisation montés au-dessus du garde-boue du camion.
- AUTOMOBILISME
- Signaux électron-optiques pour dé= passer les camions ou trains automo= biles.
- Les automobiles rapides qui suivent un camion cherchent nécessairement à doubler ce véhicule dont le voisinage est peu agréable.
- Mais rien n’est plus dangereux, le conducteur du camion est généralement sourd aux appels sonores de la voiture qui le suit, et il ignore l’approche de celle-ci.
- Ce problème préoccupe toutes les autorités charge d’assurer la sécurité de la route.
- Il est intéressant à cet égard de signaler une solution proposée en Allemagne. Elle se rapproche de celle qui a été préconisée en France par la Préfecture de Police en ce sens que le véhicule doubleur provoque, par voie lumineuse, la mise en marche d’un signal sur le camion. Ce signal est ici exclusivement optique.
- Les usines optiques Cari Zeiss, à Iéna, viennent de mettre au point un dispositif donnant des signaux perçus avec certitude par le conducteur, en même temps qu’une confirmation absolument sûre de son consentement au dépassement.
- Ce dispositif se monte sur l’aile gauche de la roue avant du camion (fig. 1); il comporte une petite lampe à incandescence d’environ 25 watts émettant, à travers un filtre rouge, des rayons d’une lumière peu visible. Ce rayonnement est modulé par
- Fig. 3. — Les appareils de signalisation montés sur le garde-boue de la roue antérieure gauche du camion.
- qui ont
- un disque perforé, qui lui communique un rythme donné.
- La voiture équipée pour dépasser des camions porte un miroir triple qui, en raison de son polissage spécial, n’a point besoin d’être orienté, mais qui renvoie tous les rayons frappant sa face antérieure suivant la direction d’où ils lui parviennent.
- C’est un système de trois miroirs plans disposés, les uns par rapport aux autx-es, de la même manière que les faces adjacentes de l’angle d’un cube; on en utilise le côté concave; l’observateur y aperçoit invariablement son image renversée, de quelque façon que l’on tourne et retourne ce système de miroirs.
- Or, dans le cas de ce nouvel appareil de signalisation, les rayons — presque invisibles, donc nullement aveuglants •— qui frappent le triple miroir, sont renvoyés vers le dispositif émetteur (monté sur le camion), de façon qu’à leur retour, ils viennent frapper deux cellules photo-électriques, disposées, l’une immédiatement au-dessus, l’autre immédiatement au-dessous de la lampe incandescente.
- Le courant émis par les cellules photo-électriques, dûment amplifié, déclenche, au poste du conducteur, un signal optique. Pour empêcher, toutefois, les rayonnements accidentels de
- Fig. 2. — de celui-ci
- Une voiture qui va doubler le camion réfléchit sur les appareils de signalisation un faisceau lumineux rouge qui va déclencher le fonctionnement des appareils avertisseurs optiques placés devant le conducteur du camion.
- donner lieu à des perturbations, tout a été prévu pour ne faire agir sur les cellules que les rayons modulés, donc uniquement les rayons renvoyés par le miroir triple.
- La figure 2 fait comprendre le fonctionnement de cet intéressant appareil : les rayons rouges recouvrent en arrière le côté gauche de la route.
- On fait tourner le miroir triple, monté sur le côté gauche de la voiture désireuse de passer près du camion, de façon à placer son ouverture en avant.
- La voiture à allure plus rapide doit, au préalable, passer à gauche, dans le cône de rayons rouges émis par la lampe incandescente.
- Les rayons renvoyés par le triple miroir vont frapper les deux cellules photo-électriques, un relais entre en fonctionnement et met en circuit une petite lampe-signal placée immédiatement devant le conducteur, en même temps qu’une petite lampe jaune, s’éclairant au dispositif à signaux, avise le chauffeur de la voiture que le signal est parvenu au camion.
- Si le conducteur de ce dernier consent à se laisser dépasser, il actionne un commutateur spécial, qui éteint sa lampe-signal et la lampe jaune, en même temps que s’illumine une petite lampe verte disposée à côté de cette dernière.
- Assuré du consentement du conducteur du camion, le chauffeur n’hésite plus à dépasser celui-ci, après quoi
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- le conducteur met la petite lampe verte hors circuit.
- Le même principe peut s’appliquer à la construction d’appareils assurant un réglage parfaitement automatique de la circulation; les cellules photo-électriques se relient alors à un commutateur actionnant trois lampes-signaux verte, jaune et rouge. Une autre application fort intéressante pourra se faire aux signaux de chemins de fer. A. Gradenwitz.
- OBJETS UTILES Le « Securit Gaz Jeffery ».
- Les statistiques sont parfois impressionnantes.
- Savez-vous à combien s’est élevé le nombre d’asphyxies accidentelles, suivies de mort, par le gaz d’éclairage, en 1932 ?
- A 766. Et ce nombre, en 1933, s’est élevé à 843.
- Que nous réserve 1934 ?
- Car le gaz, dit d’éclairage, qui, à à la maison, est surtout employé maintenant pour le chauffage, est un gaz éminemment toxique.
- Evidemment, lorsqu’on a soin de fermer, chaque soir, le robinet du compteur, et à moins de fuite dans la canalisation,
- •— ce qui est rare, — il ne peut se produire d’accident. Mais, souvent, le compteur est dans la cave, ou le sous-sol, on ne se donne pas la peine de descendre, on ferme, en principe, et lorsqu’on y pense, le robinet placé à l’entrée de la conduite alimentant l’appartement, on l’oublie un beau soir, le jour, précisément, où un robinet du réchaud ou de la cuisinière a été laissé entr’ouvert, et, le lendemain... c’est un fait divers de plus pour les journaux.
- Le « Securit Gaz Jeffery » a pour but d’éviter ces accidents.
- Il consiste en un récipient unique, d’un encombrement de 90 X 150 X 280 mm qui se branche immédiatement après le compteur, si celui-ci est dans l’appartement, ou à l’entrée de la conduite dans cet appartement, et d’une petite pompe spéciale (fig. 4).
- Ce récipient (fig. 5 et 6) est partagé dans le sens de sa hauteur, par une cloison horizontale, formant ainsi deux compartiments, l’un supérieur A, l’autre inférieur B, qui communiquent sur la droite du récipient, au moyen d’un tube C, ouvert à ses deux extrémités, et, au centre, d’un tube O ouvert à sa partie inférieure, sa partie supérieure, au niveau de la cloison horizontale, étant extrêmement rétrécie.
- Deux tubes, E et S, descendent à gauche dans l’appareil. Le gaz de ville arrive par le tube E pour repartir par le tube S.
- Ce récipient contient un liquide visqueux qui, lorsque l’appareil est au repos, remplit presque complètement le compartiment B. L’extrémité inférieure des tubes E et S plonge alors dans ce liquide dont le niveau est assez bas pour vaincre la pression du gaz de ville. Celui-ci ne peut donc sortir de l’appareil, qui fonctionne à ce moment comme un joint hydraulique (fig. 5).
- Si, à ce moment, au moyen de la pompe aspirante P, reliée au sommet de l’appareil par un tube capillaire, de 2 mm de diamètre, on crée une dépression dans le compartiment supérieur A, le liquide visqueux s’élève dans ce compartiment par l’ouverture O de la cloison horizontale et par le tube C. En même temps, le niveau du liquide s’abaisse dans le compartiment inférieur B, dégage enfin les orifices inférieurs des tubes E et S, et le gaz peut sortir de l’appareil pour se rendre à la cuisinière, ou au réchaud (fig. 6).
- Mais, pendant que ce gaz est utilisé, le liquide visqueux, par l'orifice O, retombe goutte à goutte dans le compartiment inférieur B, où il s’élève peu à peu, jusqu’à ce qu’il atteigne
- Fig. 4.— Installation de l’appareil Securil-Gaz.
- le niveau de repos, obstruant à nouveau l’orifice inférieur des tubes E et S, et arrêtant ainsi l’écoulement du gaz de ville.
- Le temps pendant lequel le gaz peut passer librement n’étant nullement fonction de la quantité de gaz employé, mais bien de la quantité de liquide élevé du compartiment B dans le compartiment A, il est facile, après essais, de régler le temps pendant lequel le gaz pourra s’écouler librement, par exemple de 6 h à 22 h après quoi l’appareil arrêtera automatiquement cet écoulement, même si tous les robinets sont restés ouverts.
- Le Laboratoire d’Essais du Conservatoire des Arts et Métiers résume ainsi les conclusions d’un essai de cet appareil :
- 1° Le gaz de ville ne peut passer lorsque l’appareil est au repos (fig. 5).
- 2° Il passe lorsque le niveau du liquide visqueux est au-dessous des orifices des tubes E et S (fig. 6).
- 3° Un coup de pompe correspond, approximativement, à une heure d’utilisation de gaz.
- Cet appareil, garanti pendant 20 ans, donne donc la plus entière sécurité. Il a obtenu un grand prix, plus une médaille du Conseil général des Bouches-du-Rhône, à la Foire de Marseille de 1933. Lanobville.
- En vente à la Cie Méridionale de distribution d’eau et d’éclairage, 5, rue de Forbin, Marseille.
- Fig. 5 et 6. — Fonctionnement du Securit-Gaz.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- MM. H. et B., à Paris.— On peut effectivement utiliserune matière colorante, pour déceler la présence d’un élément dans un mélange, en s’adressant à une matière colorante soluble dans cet élément et insoluble dans l’autre.
- Si le produit colorant est en excès par rapport à la saturation de son solvant, il est évident qu’une détermination colorimétrique permettra d’évaluer la proportion du solvant.
- Dans le cas particulier de l’alcool et de l’essence la plupart des couleurs d’aniline répondront à ce desideratum.
- M. Curtenay, à Vongy-Thonon. — L’industrie du Bois courbé, utilise pour la ramollissement du bois, avant la mise dans les formes, l’intervention de la vapeur d’eau; mais il faut tenir compte que ce procédé, s’il rend le bois plus souple, lui fait perdre une partie de la matière constitutive, en l’espèce les gommes qui assurent la liaison entre les fibres du bois, ce qui lui enlève beaucoup de son élasticité.
- On peut rendre plus rapide cet assouplissement en faisant macérer au préalable le bois dans un bain additionné de 2 à 3 pour 100 de soude caustique, mais il est de toute évidence que l’inconvénient signalé plus haut sera accentué, autrement dit l’accroissement de souplesse sera au détriment de la solidité.
- M. Bernhardt, à Boulogne-sur-Mer. — Nous pensons que vous obtiendrez l’effet désiré, en faisant bouillir vos plaques d’aluminium, dans une solution alcalinisée par un peu de potassium des peintres. Quelques essais systématiques seront bien entendu nécessaires pour déterminer la concentration optima, ainsi que la durée de l’immersion.
- M. Primault, à Dubendorf, Suisse. — Les produits fumigènes employés pendant la dernière guerre ont surtout été le chlorure de titane ou le chlorure d’étain, lesquels en présence du gaz ammoniac donnent des fumées persistantes et opaques, la mise au point en a été faite par M. Urbain au moyen d’appareils construits par M. Verdier.
- M. Kalorovitch, à Casablanca. — Le mastic pour aquarium se compose habituellement de :
- Gutta percha...................100 grammes
- Poix de Bourgogne................ 600 —
- Pierre ponce pulvérisée........ 300 —
- Faire fondre à feu doux la gutta et la poix puis y incorporer la pierre ponce. Appliquer chaud sur les parties à relier parfaitement sèches.
- Vous pourriez également utiliser la préparation suivante :
- Brique pilée...................... 30 grammes
- Litharge.......................... 10 —
- C.éruse........................... 10 —
- Huile de lin...................... 50 —
- Laisser bien durcir avant de faire intervenir l’eau.
- M.Cazin,à Vire.— l°Les petits pois secs sont obtenus de la façon suivante : Après épluchage, ils sont passés dans l’eau bouillante rapidement, égouttés, puis placés en couches minces sur des claies que l’on introduit dans des étuves où on assure au moyen d’un ventilateur une circulation d’air qui enlève en peu de temps toute humidité. On les conserve ensuite en lieu bien sec.
- 2° Pour la revivification (pois régénérés), il suffit de (faire tremper les pois secs pendant 24 heures dans de l’eau salée à lp our 100, au besoin légèrement alcalinisée, puis de pratiquer la cuisson par l’un des procédés suivants :
- Pois au naturel. Les graines sont plongées dans l’eau salée en pleine, ébullition jusqu’à cuisson complète, puis égouttées, lavées à l’eau froide. Après un dernier égouttage on met en boîte avec de l’eau renfermant 2 pour 100 de sel.
- Pois à l’étuvée (eau de cuisson conservée). Cuisson en partant de l’eau froide à 1 pour 100 de sel, on ajoute de la laitue, du persii, ainsi que deux oignons par boîte. On se débarrasse ensuite du persil et de la laitue. Les boîtes sont remplies avec les pois et l’eau de cuisson que l’on additionne d’un peu de jus de sarriette.
- Pour les deux préparations, on termine après fermeture des boîtes par une stérilisation à l’autoclave entre 110° à 120° C suivant matériel employé.
- p.-S. — Nous ne connaissons pas la nature de l’épice ou des épices employées dans la fabrication de la spécialité de biscuit (Zwieback),
- dont vous parlez, une dégustation attentive vous permettra certainement de préciser s’il s’agit de l’un des éléments suivants : anis, cannelle, gingembre, girofle, muscade, macis, vanille, safran, cumin, carvi, fenouil, coriandre.
- M. Duvat, à Paris. — Tous les mouleurs en plâtre, dont vous trouverez les adresses dans le Bottin, seront à même de vous fabriquer en série et à bon marché des pigeons artificiels, en suivant les indications que nous avons données dans le n° du 1er mai 1934, p. 423.
- M. Blanc, à Aïn-Temouchent. — 1° Dans les conditions d’emploi que vous indiquez, il est préférable d’utiliser l’huile de lin cuite du commerce (huile cuite plusieurs heures avec de la litharge) et de substituer au sulfate de baryte inerte du sulfate de plomb qui immobilisera l’huile, lorsqu’il y aura élévation de température. La formule qui suit vous donnera très probablement satisfaction :
- Bioxyde de manganèse.......... 300 grammes
- Sulfate de plomb.............. 300 —
- Broyer avec la quantité d’huile de lin cuite juste suffisante pour obtenir un mastic de consistance convenable.
- N. B. — Conserver en récipient bien clos, pour éviter l’oxydation à l’air et par suite un durcissement anticipé.
- 2° Pour l’astiquage de vos colonnes à distiller en cuivre employer la pâte à brillanter dont nous avons donné la formule dans le n° 2893, page 478.
- 3° Si l'épurateur fonctionne bien, l’eau doit sortir à peine alcaline et sans action sur le cuivre. A notre avis, il serait préférable de se resservir des eaux sortant des condenseurs, en les envoyant sur un réfrigérant à fascines peu coûteux à établir.
- 4° La librairie Vuibert et Nony, 63, boulevard St-Germain, Paris, 5e, vous fournira les ouvrages de mathématiques en question.
- M. Picard, à Boom, Belgique. — Les extincteurs à mousse utilisent l’action protectrice d’une mousse analogue à celle des bulles de savon, dans laquelle le gaz est l’acide carbonique, qui constitue aussi une nappe séparant les matières combustibles de l’oxygène de l’air.
- Le produit émulsif est essentiellement la saponine, soit à l’état de pureté commerciale, soit telle que la nature la met à notre disposition dans le bois de Panama ou le Sapindus; le liquide étant à un état de concentration suffisante pour que les bulles soient persistantes.
- Quant à l’acide carbonique, il résulte de sa mise en liberté dans le bicarbonate de sodium, au moyen d’un acide ou d’un sel faisant double décomposition avec lui, par exemple le sulfate d’alumine d’après la réaction :
- 6 CO3 NaH + A1* (So4)3 = 6C02 + 3 Na2 So4 + Al2 (oH)° l’alumine à l’état gélatineux ayant l’avantage de donner de la consistance à l’émulsion.
- Généralement on fait à sec le mélange de bicarbonate de sodium et de sulfate d’alumine, ce n’est que par l’intervention de l’eau, que la réaction se produit au moment voulu, la proportion de saponine représente le plus souvent environ le dixième du poids du mélange dont les éléments sont calculés d’après la réaction ci-dessus.
- N. B. —- L’emploi de la mousse est contre-indiqué dans le cas de feu d’origine électrique, à cause de sa grande conductibilité qui amorcerait de nouveaux courts-circuits.
- M. Renaud, à Rueil. — 1° Vous trouverez tous renseignements sur les procédés Borel et autres dans la « Technique photographique », par L.-P. Clerc, éditeur Montel, 79, Faubourg Saint-Jacques, à Paris.
- 2° Adresses de papier au charbon pour procédés photomécaniques : Cie Autotype de Londres, chez Guilleminot, 22, rue de Châteaudun et comme fabrication française : Gaillard, à Taverny, Seine-et-Oise.
- M. La Boulaye, au Martenet. — A notre connaissance, le seul moyen pratique d'éviter les piqûres d’abeilles, lors des manipulations apicoles, est de se couvrir la tête et les mains, au moyen de voiles et gants que livrent couramment les maisons de fournitures pour l’apiculture.
- M. Berthe, à Paris. — L’auteur du procédé n’ayant pas à ce jour publié la composition des produits employés, nous n’avons pas connaissance de leur nature et regrettons vivement de ne pouvoir vous renseigner.
- Le Gérant ; G. Masson.
- 5891. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 15-10-1934. — Published in France.
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- N' 2940
- 1er Novembre 1934
- LA NATURE
- L'AURORE DE LA PRÉHISTOIRE
- BOUCHER DE PERTHES11
- La Préhistoire est l'ensemble des recherches entreprises pour reconstituer l’évolution des races et des civilisations humaines antérieurement à la découverte de l’écriture qui seule permit d’assurer la fixation des traditions. Elle se fonde sur l’étude des débris des représentants primitifs de l’humanité, et des témoignages qui ont subsisté de leur industrie.
- C’est au xixe siècle seulement que cette science s’est trouvée en possession de sa méthode et ce sont les découvertes de Boucher de Perthes qui en ont été l’origine et lui ont donné son orientation. Nous allons donner la prodigieuse histoire de ce précurseur.
- Quelques mots sur le père de Boucher de Perthes éclaireront cette histoire.
- Jules-Armand-Guillaume Boucher de Perthes était directeur des Douanes et comme beaucoup de fonctionnaires du xvme siècle s’intéressait aux sciences : il était surtout botaniste et possédait en outre un « cabinet de curiosités et d’antiquités ». 11 était lié avec tous les savants de l’époque et en 1800 devenait membre correspondant de l’Institut. En 1834 il publiait sa « Flore d’Abbeville ». Il herborisait partout, même à Paris et le fils raconte de son père le trait suivant :
- « En 1784 ou 1785, herborisant autour de Montmartre, il rencontra un personnage de tournure assez vulgaire, occupé aussi à recueillir des plantes. Ils se rapprochèrent et en herborisant l’étranger l’engagea à venir chez lui. La connaissance se trouva ainsi liée ; ils causèrent botanique, et, invité par son hôte à revenir, il le lui promit. Lorsqu’il fut parti il s’aperçut qu’il avait oublié de s’enquérir du nom de son nouvel ami ; il retourna sur ses pas et le demanda; c’était Jean-Jacques Rousseau ».
- Jean-Jacques lui-même a raconté ses herborisations autour de Paris : en ce temps, au niveau du boulevard on entrait dans la campagne et les champs, et Jean-
- 1. Alcius le Dieu. Boucher de Perthes, Abbeville, 1885. Boucher de Perthes. La mâchoire humaine de Moulin-Quignon, Paris, 1864. Henri de Varigny. Les débuts de la Préhistoire, Revue générale des Sciences, 31 mars 1934.
- Jacques a maintes fois herborisé sur les pentes de Montmartre.
- Jules-Armand-Guillaume a été parmi les fondateurs de la Société d’Emulation d’Abbeville, il en fut longtemps le président, et quand il mourut en 1845, vingt ans après avoir pris sa retraite de directeur des Douanes, il laissait un herbier de 25 000 plantes, œuvre de 50 années, plus de 20 000 gravures anciennes et des médailles et monnaies en grande quantité.
- Ce fut incontestablement un sage, un très honnête homme, fonctionnaire exemplaire, et avec cela très instruit et cultivé. Auprès d’un pareil père, Jacques ne pouvait guère être autre que ce qu’il fut. Le père explique le fils à merveille.
- Victor Meunier a parfaitement fait ressortir ce fait dans un ouvrage qui est capital pour l’histoire de l’homme fossile : « Les Ancêtres d’Adam », publié en 1900 (Edition Thieullen, libraire Fischbacher). Mêmes caractères, goûts, culture : « On pourrait croire que les deux hommes n’en font qu’un, maladroitement dédoublé par un biographe distrait », et en fait l’erreur a été commise : il a fallu qu’un journal d’Abbeville la rectifiât.
- Jacques Boucher de Perthes naquit à Rethel (Ardennes), le 10 septembre 1788. En 1792, son père fut nommé directeur des douanes à Abbeville; toute la famille s’y fixa définitivement.
- A cette époque troublée, les écoles étaient rares. Cependant, il y avait à Abbeville une ex-religieuse que l’on nommait la citoyenne Gosse, mais qui ne voulait s’appeler que sœur Gosse. Elle avait conservé son costume de religieuse, à quelques modifications près. Elle en était fière; et ce noble entêtement, qui eût pu lui être fatal, lui attira l’admiration de tous, des meneurs comme des poltrons. Jacques devint l’un des soixante enfants qui fréquentaient cette école.
- Il passa les sept années suivantes dans une autre école, où de grands déboires l’attendaient.
- Il n’était pas dépourvu d’intelligence, mais il manquait de mémoire. Quand il fallait réciter sa leçon, il hésitait,
- Fig. 1. — Boucher de Perihes (1788-1868).
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- balbutiait, puis restait court. Le maître prononçait alors son arrêt : tête dure. Il n’apprit rien de la langue latine et oublia le peu qu’il avait su chez la Sœur. Il avait conservé le souvenir de la férule dont la bonne sœur se servait pour faire entrer le « rudiment » dans les jeunes cerveaux.
- Par contre, il avait beaucoup de succès avec les maîtres de musique, de dessin, de danse et de gymnastique, que son père lui donnait en dehors de l’école.
- A sa sortie de collège, à 14 ans et demi, comme il savait peu de chose en dehors de l’écriture et de la lecture, on le plaça dans les bureaux de son père comme surnuméraire des douanes.
- Nous ne suivrons pas notre héros dans les postes —et ils sont nombreux — qu’il a successivement occupés (Marseille, Gênes, Livourne) où il eut la chance de faire la connaissance du grand violoniste Paganini, si maigre, si sec et dont Boucher de Perthes écrit dans une de ses lettres : « Quand il jouait dans un salon on craignait toujours qu’il ne prît feu, tellement il était sec; aussi y avait-il toujours un seau d’eau ».
- D’Italie il revint en Bretagne et enfin à Abbeville en 1825, qu’il ne quitta qu’à sa mort (1868).
- Le jeune homme, accoutumé dès l’enfance à entendre parler de fossiles, ne pouvait que s’intéresser à la géologie. Il cherchait partout des fossiles et plus particulièrement cultivait la paléontologie de l’homme en vertu du raisonnement suivant. Le déluge qui avait submergé la terre
- Fig. 2. — Le monument de Boucher de Crèvecœur de Perthes à Abbeville.
- et fait périr tant d’humains avait laissé partout des traces de son passage dans des terrains qu'on nommait justement diluviens. C’est dans ces terrains qu’il fallait chercher et des ossements humains et des restes de l’industrie humaine de l’époque : outils, armes, etc. On devait y trouver aussi des ossements fossiles, des animaux contemporains de l’homme. Aujourd’hui des hommes fossiles se rencontrent un peu partout dans des parages fort éloignés les uns des autres : le R. P. Teilhard du Chardin, savant jésuite, explorateur et préhistorien, en a rencontré au fin fond de la Chine. Mais il y a cent ans, le plus grand savant, Cuvier tout le premier, n’y croyait pas.
- Cuvier intitulait un des chapitres de son Discours sur les Révolutions du Globe : « 11 n’y a pas d’os humains fossiles ». Il eût été plus sage d’écrire : « On ne connaît pas... » Mais il était bien imprudent de faire reposer un dogme sur un fait négatif, et Elie de Beaumont s’est plutôt rendu ridicule en proclamant que « l'opinion de Cuvier est une création du génie : elle n’est pas détruite ». On sait ce qu’est devenue la « création du génie ».
- Après l'arrivée de Boucher de Perthes à Abbeville, on exécuta dans les faubourgs divers travaux qui nécessitaient l’ouverture de tranchées très profondes : tels furent la création d’un canal navigable depuis Abbeville jusqu’à Saint-Valery-sur-Somme ; l’établissement des lignes du chemin de fer; la réfection des fortifications, et enfin les terrassements d’un champ de manœuvre pour la troupe. Boucher de Perthes, amateur d’antiquités, suivait ces travaux avec assiduité. Il remarqua des outils en silex dans la couche du terrain qu’il appelle diluvium, c’est-à-dire dans la couche d’alluvions quaternaires qui repose sur les autres formations géologiques et n’est recouverte que par le sol arable. Or, jusqu’à cette époque, on n’avait remarqué dans ce terrain que des débris d’animaux et jamais de débris portant la trace d’un travail humain. C’était une première découverte; la seconde fut l’observation de B. de Perthes que ces silex différaient notablement des haches de pierre remarquées jusqu’alors; ils étaient façonnés plus grossièrement, ils devaient donc être plus anciens et provenir d’une autre époque moins civilisée. Enfin, le même géologue annonça qu’on ne tarderait pas à découvrir dans les mêmes couches non plus seulement les outils humains, mais les ossements mêmes des hommes qui les avaient façonnés.
- Comment les découvertes, de M. de Perthes furent-elles accueillies dans le monde des savants ? On n’avait jamais trouvé dans le diluvium des instruments accusant un travail humain; on discuta avec passion l’authenticité des silex de Boucher de Perthes : certains prétendirent que ces outils devaient leur forme à des chocs accidentels, mais c’était bien à tort, car ces pierres, taillées en forme d’amande et longues ordinairement de 10 à 25 cm, attestent d’une façon indubitable le travail de l’homme qui ' les avait façonnées pour s’en servir comme outils; d’autres dirent que ces pierres provenaient du sol arable et qu’elles avaient été mélangées par les ouvriers avec les débris des couches inférieures. Cependant, les découvertes du savant Abbevillois le conduis
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- saient â cette conséquence, que l’ancienneté de l’homme remontait à une époque plus reculée qu’on ne l’avait cru jusqu’alors.
- Boucher de Perthes envoya à l’Institut un rapport détaillé de ses travaux, priant les membres de cette illustre assemblée de venir surveiller par eux-mêmes l’extraction des silex, soit à Abbeville (aux carrières de Menchecourt et de Moulin-Quignon), soit à Amiens (carrières de Saint-Roch et de Saint-Acheul), soit à Paris même (carrières de l’avenue de La Motte-Picquet). Il leur montrerait les silex in situ, et l’on se rendrait facilement compte qu’on les trouve à 4 m, à 6 et à 7 m de profondeur, et non pas dans la terre arable.
- L’Institut nomma deux Commissions composées, la première, de MM. L. Cordier, Dufresnoy et Elie de Beaumont; la seconde, de MM. Jomard et Rochette. Malheureusement, ces académiciens ne consentirent pas encore à visiter les carrières d’Abbeville, d’Amiens ou de Paris; M. Gosse, de Genève, explora les fouilles de l’avenue de La Motte-Picquet, et ses découvertes confirmèrent celles de Boucher de Perthes. Les Anglais, les premiers visitèrent les carrières de la vallée de la Somme ; MM. Falconer, Prestwich, John Evans, Ch. Lyell furent gagnés à la cause de Boucher de Perthes. Quelques Français peu après le furent aussi, et les « vieux» actuels ont conservé le souvenir des luttes que, contre les adversaires puissants et officiels de Boucher de Perthes, soutinrent Gaudry, de Quatrefages, Lartet, Milne-Edwards. La cause était entendue en 1860 et, depuis, la Préhistoire a marché à pas prodigieux. D’abondantes collections d’ustensiles en pierre, en os, etc..., recueillis dans les couches préhistoriques, témoignent de l’activité, de l’ingéniosité de nos devanciers et la Préhistoire est devenue une science officiellement reconnue et que l’on peut pratiquer sans encourir de foudres. Et maintenant, on le sait, il est abondamment établi, et tous les jours par un amas plus considérable de documents, non seulement que l’homme fossile a existé, mais qu’il en a existé plusieurs races, comme il ressort des explorations en Europe, en Asie, en Afrique. L’homme fossile a existé, des races humaines aussi dont les noms sont sans cesse prononcés et écrits; leurs os ont été retrouvés, bien datés géologiquement.
- En 1844, Boucher de Perthes écrivait à Brongniart que certainement on mettrait la main sur les restes, les débris, de l’homme préhistorique dans les couches contenant ses ustensiles et outils. « Quant à ses os on les trouvera là où ailleurs : c’est une affaire de temps ». Il avait parfaitement raison. Et il a même cru tenir ces os, sous les espèces de la « Mâchoire de Moulin-Quignon ». Il faut reconnaître toutefois que cette pièce n’a pas été admise par les préhistoriens compétents. « Il semble bien, dit Marcellin Boule, dans « Les Hommes fossiles », il semble bien que l’illustre et honnête archéologue fut, cette fois, victime d’une supercherie ».
- Cette étonnante histoire de fraude est racontée tout au long par M. Vayson de Pradenne (Q : elle ne comporte pas moins de 40 pages, nous allons la résumer rapidement:
- 1. Les fraudes en archéologie. Nourry (éditeur).
- Fig 3. — La fameuse mâchoire de Moulin-Quignon et la coupe du terrain où elle gisait en a, d’après le mémoire de Boucher de Perthes.
- Boucher de Perthes avait à plusieurs reprises récolté dans la carrière du Moulin-Quignon des os brisés et roulés dans lesquels il avait cru reconnaître des débris humains; mais les anatomistes à l’examen desquels il les avait soumis déclarèrent qu’ils étaient trop détériorés pour qu’ils pussent les reconnaître. L’obstiné chercheur voulait à toute force trouver des ossements humains. Les ouvriers, stimulés par lui, apportaient fréquemment des haches en silex : il promit une forte récompense, 200 francs pour le premier fossile humain trouvé dans le diluvium. La tentation était forte pour des ouvriers qui gagnaient 2 à 2 fr 50 par jour.... Cette fois-là Boucher de Perthes fut mystifié.
- Notre préhistorien raconte dans son ouvrage « Les Antiquités celtiques et diluviennes », tome III, les différentes circonstances de la découverte de la mâchoire de Moulin-Quignon précédée de celle de quelques molaires (23 mars 1863).
- La mâchoire fut extraite d’une masse de sable de 5 m au-dessous du sol et cela en présence des docteurs Hec-quet et Dubois et d’un dentiste, qui certifièrent que la mâchoire devait appartenir à un homme d’une race tout autre que la nôtre.
- La nouvelle annoncée révolutionna le monde des anthropologistes : M. de Quatrefages et d’autres savants français accourent à Abbeville et se rencontrent avec Falconer et Carpenter de la Société Royale d’Angleterre. Le 20 avril, M. de Quatrefages communique à
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- l’Académie des Sciences de Paris une note sur la fameuse mâchoire — qui se termine ainsi : « Les précautions prises par M. Boucher de Perthes m'ont fait regarder la mâchoire de Moulin-Quignon comme authentique ».
- Depuis que le Dr Rigollot avait trouvé à Amiens-Saint-Acheul des haches diluviennes semblables à celles de Boucher de Perthes, de nombreux visiteurs, d’Angleterre surtout, venaient dans les carrières de la Somme et achetaient aux ouvriers des silex taillés. Ceux-ci avaient d’abord monté les prix, puis fabriqué des pièces fausses. Falconer s’aperçut bientôt que les haches qu’il avait rapportées de MouliniQuignon étaient fausses.
- Le savant paléontologistéipublia dans le Times une note déclarant que toutes les haches venant de Moulin-Quignon étaient faussesœt que les savants français avaient été dupes d’une supercherie. Sans attendre
- une étude scientifique plus complète, une campagne de presse se déclencha : les journaux brouillèrent tout, excitèrent les passions et rendirent les questions inextricables.
- Et Boucher de Perthes ? Il avait confiance en ses ouvriers. Il pensait que moralement, et matériellement une fraude n’était pas possible. Il avait dégagé la mâchoire de ses propres mains et n’avait rien remarqué de . suspect. Et puis comment abandonner ce qui constituait la découverte dont il rêvait depuis sa jeunesse? A l'âge de 75 ans, il y trouvait enfin le couronnement de son œuvre, la récompense de sa clairvoyance et de sa prodigieuse ténacité.
- Des conférences eurent lieu alors entre savants français et anglais, qui se prolongèrent plusieurs mois. La question fut tranchée pour les savants anglais par une lettre du célèbre Evans (4 juillet 1863) : elle faisait état
- surtout des résultats obtenus par un fouilleur anglais, Ixeeping, qui avait découvert lui-même cinq haches ; il avait pu prouver qu’elles étaient fausses, les avait montrées à Boucher de Perthes qui ne voulut ni rien voir ni rien entendre. La lettre d’Evans se terminait ainsi « ...il ne peut y avoir que peu de doute sur la valeur réelle de la découverte, et j’espère sincèrement que la mâchoire de Moulin-Quignon pourra dorénavant être reléguée dans l’oubli (sic) : Requiescat in pace ».
- La controverse se prolongea en France où les champions de l’authenticité — on l’a vu plus haut— s’étaient engagés.
- A 76 ans, Boucher de Perthes, si tenace pour la recherche de la vérité, se montra aussi opiniâtre dans la défense de l’erreur. 11 faut lire comme des modèles de dialectique mise au service de l’erreur, ses longues notices sur :
- « Découverte d’une mâchoire humaine dans le diluvium ».
- Ces observations confirmèrent les savants français dans leurs opinions. Et voici qu’un an plus tard, les ouvriers étant restés au service de M. Boucher de Perthes, il eut tout naturellement le plaisir de trouver une nouvelle mâchoire. La découverte ne fit pas grand bruit. Les Anglais fixés sur la première pensèrent qu’il s’agissait encore d’une fraude. Les Français virent dans la nouvelle découverte une confirmation de leurs opinions et n’en parlèrent point ou prou...
- Seule une petite phalange de vieux partisans de la mâchoire, dont M. de Quatrefages, ne voulurent jamais en démordre. Même en 1908, à l’inauguration du monument Boucher de Perthes, le docteur Baudoin, alors Président de la Société préhistorique française, citait la trouvaille de Moulin-Quignon comme un des plus beaux fleurons du grand découvreur.
- L’affaire de la mâchoire qui a secoué profondément le monde savant paraît d’un côté assez triste. C’est le fondateur même des recherches préhistoriques, c’est l’élite des naturalistes français qui ont été dupés.
- Elle a eu ce résultat paradoxal de convaincre les principaux naturalistes de l’existence de l’homme quaternaire. Le très autoritaire Elie de Beaumont, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, après avoir méconnu et nié pendant vingt-cinq ans les très authentiques découvertes du savant abbevillois, déclara que la mâchoire et les haches de Moulin-Quignon étaient contemporaines et authentiques. Par l’activité qu’elle a fait déployer autour de l’homme fossile, l’affaire du Moulin-Quignon a été un stimulant heureux pour les études préhistoriques.
- La découverte eut son côté plaisant : les caricatures allèrent leur train à Paris et à Londres; loin de s’en fâcher, Boucher de Perthes en riait en compagnie de ses
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- jeunes neveux. Dans l’une, du Journal pour rire, on fait discourir la fameuse mâchoire de Moulin-Quignon; elle déclare être celle d’un rempailleur de chaises mort depuis dix ans. Une autre représente le Moulin avec Boucher de Perthes qui passe la tête par la fenêtre; or, on l’a affublé d’une tête d’âne. A Paris, les spirites évoquèrent l’homme dont on possédait la mâchoire; lui, déclara se nommer Joé et être mort depuis deux cents siècles.
- Boucher de Perthes avait réuni une importante collection de meubles anciens, d’antiquités et de silex. Il l’offrit à l’Etat en 1845 pour le musée de Cluny, que l’on venait d’inaugurer. Après de longs pourparlers, ce don ne fut pas accepté, faute d’un emplacement assez vaste, car la plupart de ces vieux meubles avaient de très grandes dimensions. Vingt ans plus tard, sa proposition fut acceptée pour le musée de Saint-Germain, seulement pour sa collection de silex taillés; Boucher de Perthes alla lui-même les mettre en ordre dans une galerie qui fut mise à sa disposition.
- Boucher de Perthes ne s’en tint pas à la géologie et à ses trouvailles de silex en nombre indéfini, il se mêla encore d’économie politique et sociale : la protection des pauvres, les retraites ouvrières, le libre-échange dont il était grand partisan.
- 11 fut l’un des promoteurs de l’idée des expositions universelles.
- Il savait l’anglais, l’italien, l’allemand, l’espagnol et dès l’année 1845 il réclamait plusieurs modifications à l'orthographe.
- Boucher de Perthes n’avait pas étudié la médecine; cependant, grâce à son esprit d’observation, il a émis et pratiqué des théories qui sont devenues monnaie courante à la fin du xixe siècle.
- « Le virus de la vache préserve de la petite vérole; d’autres virus pourront nous sauver d’autres choses.
- « J’ai toujours cru que les épidémies, les pestes étaient produites par de tout petits animaux. Mais ces animaux-poison doivent avoir leur contre-poison, c’est-à-dire d’autres créatures leur donnant la chasse, comme les hirondelles la donnent aux mouches. La difficulté est de distinguer, parmi ces infiniment petits, nos amis de nos ennemis.
- « Ne vous y trompez pas, les êtres les plus redoutables ne sont pas les plus gros. »
- Ceux qui ont connu les découvertes de l'illustre Pasteur parleraient-ils autrement ?
- Boucher de Perthes pratiquait pour lui-même le traitement par l’eau froide, qui est la base de toutes les cures vulgarisées par le prélat-médecin Mgr Kneipp.
- De très bonne heure, Boucher de Perthes prit l’habitude de se baigner presque tous les jours et en toute saison. Après sa rentrée à Abbeville, ses bains devinrent plus réguliers. Le Pâtis était le lieu ordinaire de ses exercices nautiques. Quand l’eau de la Somme se trouvait gelée, il faisait casser la glace. II lui arriva de se baigner alors que le thermomètre marquait dix-sept degrés centigrades au-dessous de zéro. Dans ses différents voyages, il ne manquait jamais de prendre son bain partout où il y avait de l’eau : dans la mer, dans les fleuves, dans les rivières ou dans les lacs. Prenant un
- Fig. 5. — Quelques haches en silex du musée.
- bain froid tous les jours, il le prenait à peu près dans tous les états de santé : lorsqu’il était enrhumé, qu’il avait la fièvre, la courbature, des douleurs rhumatismales, etc.; jamais son mal n’empira, mais, au contraire, se trouva souvent adouci.
- Boucher de Perthes eut plusieurs fois l’occasion de
- Fig. 6. — L’escalier du musée.
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- constater que l’effroi causé par l’ablution d’eau glacée est basé bien plus sur l’imagination que sur la réalité, puisque, en effet, la différence de la température de l’air avec celle de l’eau est moins grande en hiver qu’en été. Il conserva l’habitude de se baigner tous les jours jusqu’à la fin de l’été de 1864; il avait alors atteint sa soixante-seizième année. Doué d’une constitution robuste, il attribuait la conservation de sa santé autant à sa sobriété qu’à son bain quotidien.
- En se baignant dans la Somme, il lui arriva plusieurs aventures, dont l’une d’elles faillit lui devenir fatale. Le père du sculpteur abbevillois Nadaud (x) chassait le gibier un jour d’hiver. En côtoyant la Somme, il aperçut dans le courant un objet qu’il prit pour un canard sauvage. « J1 allait tirer, a raconté Boucher de Perthes, lorsque, bien qu’il fût à petite portée, il crut, en avançant encore, être plus sûr de son coup. Se glissant le long de la rive et parvenu à moins de vingt pas, ajustant de nouveau, il avait le doigt sur la détente et le coup allait partir, quand, tout nageant « le baigneur sortit un bras hors de l’eau. Alors, reconnaissant un homme, il fut frappé d’une telle stupeur que son fusil lui tomba des mains, et il manqua s’évanouir ». Depuis ce temps, M. Nadaud père ne put jamais entendre prononcer le nom de Boucher de Perthes sans être en proie à la plus grande émotion.
- On a qualifié de manie l’habitude que notre baigneur avait prise de se jeter à l’eau tous les jours, mais il considérait ce bain quotidien d’abord comme excellent au point de vue hygiénique et comme un exercice rempla-
- 1. Ce fut M. Nadaud fils qui exécuta plus tard le monument funéraire de Boucher de Perthes.
- çant avec avantage celui du cheval, qui lui faisait perdre beaucoup de temps et l’exposait à plus de dangers, parce qu’il ne trouvait d’agrément qu’à monter des chevaux difficiles.
- Napoléon III avait témoigné le désir de voir le savant Abbevillois et d’entendre de sa bouche le récit de ses découvertes préhistoriques : il se rendit à Compiègne le 21 novembre 1862. 11 avait emporté avec lui les principaux échantillons de sa collection. Il fut reçu par l’empereur et le jeune prince impérial, qui s’amusa beaucoup à considérer les silex et les poteries.
- Ce fut l’un des derniers voyages de B. de Perthes; il fut pris de douleurs rhumatismales qui devinrent très violentes au commencement de l’année 1868, sa robuste constitution s’affaiblissait, la vie s’éteignait en lui; après plusieurs syncopes il mourut le 2 août 1868. Il allait avoir quatre-vingts ans.
- Ce fonctionnaire douanier avait sans doute des loisirs et aussi une grande facilité de travail, car il a publié près de 50 volumes (49 exactement) sur les sujets les plus divers : économie politique, tragédies, comédies, ballades, satires, récits de voyages. C’est le polygraphe dans toute l’acception du mot.
- Il disait plaisamment « je n’ai jamais réussi à me marier, encore que j’aie eu plusieurs partis, ni à faire jouer une de mes pièces de théâtre ».
- En résumé, un des esprits les plus originaux que la Province ait connus à cette époque du Second Empire.
- Virgile Brandicourt,
- Ancien président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- LA CHALEUR ET LES CIMENTS
- Nous sommes à l’âge du ciment (-1). Ce liant qui durcit sous l’eau et résiste aux intempéries entre dans toute structure moderne; on l’emploie parfois jusque dans les machines, notamment pour la fabrication de presses ultra-résistantes sous forme de béton fretté et traité. La prochaine tour, la plus haute, sera en béton. Cette fine poussière blanche, dont les propriétés sont si précieuses, a cependant un grave inconvénient, surtout dans les maçonneries épaisses, comme celles des hauts barrages hydrauliques, particulièrement dans les pays tropicaux : l’excessive chaleur qu’elle développe pendant la prise et le durcissement.
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- Cette chaleur excessive cause une dilatation des maçonneries suivie de retrait à l’air, phénomène qui est d’ailleurs dû à d’autres actions mais que la chaleur précipite. (Une baguette de ciment frais placée contre un radiateur prend un retrait de 5 millimètres par mètre en moins d’une heure.) Le retrait entraîne des fissures et des
- 1. Cf. Les Liants (Gauthier-Villars).
- dislocations ou, du moins, crée des contraintes intérieures qui peuvent avoir des résultats fâcheux.
- Des mesures photoélasticimétriques nous ont permis de vérifier (*) que la pression intérieure en un point d’une plaquette de ciment durci peut atteindre couramment, par suite du retrait, une intensité de 100 kg par centimètre carré.
- Mais la chaleur n’excite pas seulement le retrait.
- Lors de l’hydratation, les réactions vives peuvent provoquer l’évaporation d’une partie de l’eau nécessaire au processus de prise et de durcissement, de sorte que celui-ci ne s’achève pas.
- CARACTÉRISTIQUE THERMIQUE
- Nous avons donc poursuivi, au laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées, une série d’essais qui ont abouti à un appareil d’étude très simple, susceptible de donner de précieuses indications.
- On voit (fig. 1), sur une tablette, une boîte de bois
- 1. Essais effectués par M. Lucas au Laboratoire des Ponts et Chaussées.
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- devant laquelle se trouve un petit récipient tronconique ; contre le mur se trouvent deux appareils à cadran.'
- Ces deux appareils sont des enregistreurs de température à mercure, tels que ceux que l’on voit, l’été, à la porte des salles de spectacle pour engager le promeneur à y goûter une fraîcheur relative. Le tube thermométrique en métal aboutit à un réservoir inférieur qui plongera dans la masse de ciment; on aura soin d’ailleurs d’empêcher l’adhérence en interposant une feuille de clinquant convenablement enroulée et de l’ouate.
- Le ciment est gâché à la consistance normale; il est aussitôt introduit dans le récipient tronconique déjà signalé (la vis de pression, visible du côté de la petite base à gauche, est destinée à faciliter le démoulage après essais).Le récipient contenant la pâte étant mis dans la boîte soigneusement ealorifugée, on place, comme il a été dit, le réservoir thermométrique dans cette pâte après avoir eu soin d’introduire le tube métallique faisant communiquer ce corps thermométrique et l’enregistreur, dans le trou du couvercle de la boîte qui fait ollice de marmite norvégienne. On rabat soigneusement le couvercle également calorifugé.
- On a donc, dans une enceinte pratiquement imperméable à la chaleur, une masse de 1 kg de ciment plus
- Fig. 2. — Armoire à température et degré hygrométrique réglables pour l’étude de la prise des ciments.
- Le prisomètre amplificateur et enregistreur est vu au-dessus du pupitre vitré.
- Fig. 1. — Appareil Marcotte pour déterminer la caractéristique thermique
- des ciments.
- 250 gr environ d’eau, dont l’évolution thermique va être enregistrée.
- Quoique les réactions de durcissement se prolongent très longtemps et que toutes soient exothermiques, des expériences préalables nous ont permis de vérifier que la plus grande partie de la chaleur se trouve dégagée en 1, 2 ou 3 jours suivant la nature du ciment.
- Le ciment portland artificiel peut être jugé ainsi en 48 heures et même moins.
- Les diagrammes thermiques enregistrés sont en coordonnées polaires qu’il est facile de transformer en coordonnées cartésiennes.
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- Avec l’appareil qui a été décrit et qui n’est pas rigoureusement imperméable à la chaleur, la courbe des températures s’élève d’abord lentement, puis plus rapidement, c’est alors le commencement de prise; celle-ci se développant, la montée devient raide, jusqu’au moment où les réactions chimiques se ralentissent et donnent à la courbe un point d’inflexion après lequel la pente s’accroît. Bientôt la chaleur dégagée est juste égale à la chaleur perdue, la courbe passe j:>ar un maximum, après quoi elle rejoint lentement l’axe des temps.
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- Fig. 3. — Bain-marie à température réglable pour l’étude des mortiers.
- La forme générale est celle dite en chapeau de gendarme; mais celui-ci est plus ou moins aplati. Son sommet est aigu pour le ciment fondu, très bas au contraire pour le ciment de laitier dont la caractéristique s’étale avec le temps. Les superartificiels, les portlands artificiels, les ciments naturels, les ciments métallurgiques ont des courbes thermiques intermédiaires, mais chaque ciment a, dans le même état et les mêmes circonstances, la même courbe caractéristique des températures de prise.
- En corrigeant la caractéristique brute suivant la loi des pertes calorifiques très sensiblement données par la branche descendante de la courbe, on a une caractéristique rectifiée, qui tend vers une asymptote horizontale indiquant la température limite d’un massif de ciment infini, ou d’une masse de ciment rigoureusement isolée.
- Il est d’ailleurs inutile de faire cette rectification pour tirer de la courbe de précieux renseignements ainsi qu’on va Je voir.
- FIN DE PRISE. RÉSISTANCE PROBABLE
- D’abord la courbe étant bien une caractéristique permet de reconnaître la nature du ciment, son état d’évente-ment, ses altérations ou les falsifications s’il y a lieu.
- Nous venons d’indiquer comment la caractéristique définit le commencement de prise avec beaucoup plus de précision que l’aiguille de Yicat.
- Fig. 4. — Armoire à cuve pour la conservation prolongée, à Vail-humide ou sous l’eau à 40°, d’éprouvettes de béton.
- Pour la fin de prise, lorsqu’il s’agit du mortier d’une maçonnerie, le maçon s’en aperçoit au moment où le pouce qui s’y appuie ne laisse plus aucune trace. C’est la fin de prise pratique, qui dépend beaucoup de la température et de l’hygrométrie ambiantes.
- Lorsqu’on achète un ciment, on se soucie de savoir les temps du commencement et de la fin de prise, le vendeur indique les durées nécessaires à ces manifestations quand la température est normale, 15 à 18° d’après les normes françaises.
- Mais aucune détermination ne donne lieu à autant d’écarts ou d’erreurs expérimentales. La caractéristique thermique présente le meilleur moyen de définir la prise.
- Il suffirait de cela pour rendre indispensable la détermination de la caractéristique thermique sur tout chantier important, car toute manutention du mortier ou du béton doit cesser avant tout commencement de prise.
- La caractéristique donne, en outre, un renseignement précieux : elle permet de prévoir immédiatement les résistances à la traction, à la compression, etc., du mortier normal à 7 et à 28 jours, déterminations jusqu’à présent longues et onéreuses. Le diagramme des températures entre l’origine et le maximum détermine une aire température-temps qui est proportionnelle à la résistance mécanique future.
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- Il suffît d’avoir déterminé les coefficients ou paramètres d’équivalence pour un assez grand nombre d’échantillons du ciment ainsi essayé.
- autres déterminations
- En introduisant dans la marmite norvégienne du ciment et de l’eau à différentes températures, on peut élucider l’influence de la température initiale sur les phénomènes.
- On peut, de même, étudier l’influence de certaines additions, soit à l’eau de gâchage, soit au ciment.
- Mais il vaut mieux, pour une étude plus précise, faire les préparations et les conservations dans l’armoire à hygrométrie et température variables et réglables à volonté que nous avons imaginée (fig. 2) avec un appareil enregistreur des enfoncements successifs de l’aiguille de Vicat.
- La courbe des enfoncements de l’aiguille dans la pâte, qui se présente toutes les dix minutes après avoir tourné sans choc avec son récipient pour changer l’impact, ressemble d’ailleurs à la caractéristique thermique rectifiée.
- Lorsqu’on veut étudier les conséquences d’une exposition prolongée, soit dans l’eau, soit à l’air, à une température donnée, il convient de disposer d’une cuve bain-marie surmontée d’une capacité à peu près saturée d’humidité, convenablement calorifugée, chauffée par des résistances électriques auxquelles le courant est distribué par un régulateur de température (fig. 3).
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- Cette cuve nous a servi à étudier la résistance et la perméabilité de mortiers de divers ciments conservés longuement dans l’eau ou dans l’air à 40°. Nous avons pu notamment étudier des ciments amaigris résultant du broyage simultané de clinkers et de sable, et trouver particulièrement que le sable du Niger est de beaucoup préférable à la bauxite de Pébougou comme amaigrissant des ciments qu’on aurait à mettre en œuvre dans les ouvrages hydrauliques projetés dans cette région.
- L’étude en question devait être parachevée par des essais sur bétons immergés ou conservés à l’air humide à 40°. L’armoire (fig. 4) permet dans ces conditions de conserver aisément une centaine de cubes ou d’éprouvettes tronconiques de perméabilité.
- D’autres mesures enfin donnent le moyen de voir l’influence de chaque élément ou substance chimique sur la chaleur dégagée. Sans reproduire les diverses méthodes employées en Angleterre, aux Etats-Unis, etc., nous pouvons dire que le ciment des ouvrages massifs doit être spécialement fabriqué en vue de réduire les pourcentages en aluminate et en silicate tricaîciques au profit du silicate dicalcique.
- Les recherches en question ne font que commencer; elles provoqueront des progrès sensibles. Les résultats d’ores et déjà acquis sont précieux pour les grands tra-
- vaux- Edmond Marcotte,
- Lauréat de l’Institut,
- Chef de la Section des essais physiques et mécaniques des Ponts et Chaussées.
- LE VOLCANISME EN ARMÉNIE SOVIÉTIQUE
- L’Arménie soviétique possède une parure incomparable : ce sont ses volcans. Véritables joyaux enchâssés au cœur de son territoire par des racines profondes, ils prêtent au pays une richesse, une grandeur et une variété de formes d’une émouvante originalité.
- Elle est en Transcaucasie ce qu’est le Japon en Extrême-Orient : le pays qu’ont façonné les forces souterraines et qui leur doit ses contours, sa structure, et l’aspect de son relief.
- Tout comme le Japon, elle est parcourue par des lignes de fracture de l’écorce terrestre, particulièrement dans sa partie centrale vers Erivan, dont la principale est celle par où s’écoule l’Araxe, tandis que les autres, latérales à la rivière, forment des ravins sauvages.
- A partir de la plaine de l’Araxe, les formations volca-
- niques s'élèvent d’abord en pentes douces, souvent cultivées; de petites rivières, dont la transparence laisse
- Fig. 1. — Carie volcanique de l’Arménie.
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- Fig. 2. — Le Massif de VAraral vu d'Erivan. A gauche: le petit Ararat (3900 m); à droite : le grand Ararat (5165 ni).
- voir les truites, courent et jasent entre ses murailles de lave et de basalte. Bientôt ces formations brandissent, se dressent plus fortes et plus lourdes, plus imposantes, s’arrondissent à l’horizon comme d’énormes cloches. Les unes couvertes d’une herbe fine, tendre, parsemée de violettes, offrent de gros pâturages; les autres, sèches et décharnées, avec de rares pariétaires, ressemblent à des pylônes de fer que dévore la rouille; quelques-unes pailletées d’oligiste flamboient au soleil, et l’on croirait un feu comme aux jours de leur antique igni-tion.
- Déjà l’on distingue entre tous, l’Ararat, avec sa cime blanche qu’il lance à plus de cinq mille mètres d’altitude, leur incomparable maître.
- Fig. 3. — Le cratère d’AUaghÔz (4100 m).
- LE MASSIF DE L’ARARAT
- Le massif de l’Ararat se divise en deux sommets à partir de l’altitude de 2650 m. Le moins élevé ou le petit Ararat, situé au sud-est, n’atteint que 3936 m de hauteur; il a la forme d’un cône presque régulier, légèrement arrondi à la cime et forme avec le point de partage des eaux une sorte de selle entre les deux montagnes. Le grand Ararat présente également, au nord-ouest du massif, l’aspect d’un grand cône avec d’innombrables irrégularités. Ces deux gigantesques sommets, très distants l’un de l’autre, se réunissent à leur partie inférieure, tels les mâts d’un titanesque bateau, dans un même énorme bloc de coulées volcaniques. L’œil suit la ligne douce de leurs flancs jusqu’à cette cime d’une blancheur immaculée où la légende fait arrêter l’arche de Noé. On comprend très bien que cette masse étonnante, qui jaillit brusquement de la vaste plaine de l’Araxe pour s’élever à plus de 5000 m dans les airs, ait inspiré de tout temps les plus grandes admirations comme les plus invincibles terreurs.
- LE MASSIF D’ALLAGHÔZ
- Vers le nord-est d’Erivan, apparaissent les quatre cornes ou dents de l’Allaghôz, le géant, de grandiose et noble prestance. Au pied de ce colosse, paraissent d’autres volcans. Mais ceux-ci, vassaux immédiats de l’Allaghôz, sont effacés dans l’ombre de ce dominateur.
- C’est une région géographique spéciale, non moins distincte du reste de l’Arménie, par ses produits, ses cultures, un monde à part.
- L’Allaghôz dresse sa tête neigeuse au-dessus des autres monts qui lui font cortège. Aussi les anciens le croyaient-ils la plus haute montagne du Caucase.
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- Il s’élève d’ailleurs à 4100 ru de hauteur. Situé sur l’axe du géo-synclinal arménien de la Méditerranée gigantesque des temps tertiaires, où s’élaborèrent les derniers plissements de l’Arménie, il était pour eux le pilier du ciel, le clou de la terre. l’Allaghoz : l’œil bleu de Dieu.
- L’ensemble du massif occupe une superficie d’environ 2200 km2. Il a 200 km de tour et trois grandes dépressions marquées par trois importantes rivières : l’Araxe, l’Arpatchai, la Kasak, l’isolent de tous les côtés.
- Dans l’antiquité, ses réveils furent fréquents et les coulées de laves issues du grand volcan s’étendirent très
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- L’âge de ce massif paraît remonter aux temps miocènes. L’homme primitif assista à ses derniers paroxysmes vers l’aurore des temps quaternaires, et mêla ses ossements aux scories des cratères flamboyants.
- Actuellement l’Allaghoz est en sommeil.
- LE MASSIF D’ARA
- Un peu plus loin, au sud-est, surgit le massif d’Ara, cœur d’Arzni-les-Bains et la clef du plateau volcanique d’Egvart dont la Kasak et la Zenga creusent les frontières. Il se laisse facilement gravir, et découvre un panorama magnifique. Bientôt de l’énorme gorge du
- Fig. 4. — Le canon volcanique de la Zenga, ses coulées et ses colonnades.
- loin vers l’Araxe comme des promontoires dans la plaine, où leurs extrémités ont toujours l’air d’une muraille déchirée, dont le pied est jonché de débris.
- De loin l’aspect de l’Allaghoz est trompeur et lorsqu’on explore ses flancs, il offre de terribles blessures : notamment les arrachements et les égueulements gigantesques de son cratère principal dus évidemment à de formidables explosions volcaniques : ce sont d’énormes morceaux du cratère qui ont disparu à une époque reculée. La partie supérieure du volcan est légèrement aplatie et parfois semée de flaques d’eau dues à la fonte des neiges. Sur ce plateau s'enfle un grand cône évasé, aujourd’hui transformé en lac.
- cratère, on voit surgir la lourde stature du monstre débonnaire, volcan déchu, effondré, morne, sur lequel^ au lieu de flammes éclatantes, planent des nuées lugubres. Autour de lui, des cornes pareilles aux pointes d’une mitre d’évêque, dessinant ses flancs d’une large ceinture dentelée, se prolongent jusqu’au niveau d’un haut plateau secondaire, en longues traînées et coulées de basalte, de phonolithe, les unes aplanies et devenues des pâturages, les autres droites et souvent pareilles à des murailles cannelées. Entre ces traînées, ces coulées, s’insinuent de rares sources limpides et fraîches. Ses contreforts orientaux boisés sont la grâce et le charme d’une contrée surtout rude et grandiose, ils forment
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- Fig. 5. — Zanguézour : Pittoresque habitation adossée à des formations volcaniques.
- un contraste délicieux avec les masses puissantes et sombres, aux aspérités brusques, avec la violence des lignes, des contours et des reliefs de la partie occidentale, tracés suivant les lois compliquées de la pesanteur par les éruptions séculaires.
- Tout près de ce volcan, le long des rives du canon de Kasak, une verdure intense, avivée par la rivière et les innombrables ruisseaux ou sources jaillis de la base
- Fig. 6. •— Zanguézour : Le monastère de Tatève (xe siècle) bâti sur un
- des falaises volcaniques, éclate par touffes sur des tons verdâtres ou cendrés.
- L’archéologue et le touriste iront parcourir cette rivière bordée d’églises ou monastères antiques qui du haut des falaises se mirent dans les eaux clairesde la Kasak. Des grottes creusées par les troglodytes de l’âge du silex se montrent sur les versants abrupts de la gorge; leurs voûtes, selon diverses conjectures, abritèrent les premiers hommes qui s’amusèrent à tailler sur les parois de leurs demeures des dessins schématiques de bouquetins ou chèvres ou des Ovibos chargeant de petits personnages fuyant devant eux.
- LE PLATEAU VOLCANIQUE D’ACHTARAG
- Vers le plateau volcanique d’Achtarag s’étend le pays des vins généreux. Voici déjà ses grands crus : Parbi aux vins blancs délicieux, Puragan, Kézel-Temour, Ochagan où leurs ceps fameux mûrissent dans une sèche campagne sur des tertres isolés, sur de lourds coteaux et la vue n’en est pas moins récréative.
- Si l’on arrive à Achtarag par la route de Dalma, celle-ci en bordure du bourg développe un tableau d’une belle ampleur et d’une séduisante beauté. Un pont en ogive surmonté d’un parapet étagé, des maisons surplombant les falaises verticales, des grottes à droite, des coulées gigantesques de basalte, d’énormes blocs de rochers dans le lit de la rivière la forçant à se jeter précipitamment, rapide et lumineuse comme l’éclair, dans les failles des falaises si étroites et si profondes qu’il faut, pour les voir, se pencher au bord de l’abîme.
- Le bourg offre une remarquable curiosité, le monument antique perché sur un culot volcanique, d’un étrange aspect, dont les hautes murailles portent des meurtrières semblant, comme des yeux, guetter au loin pour assurer la tranquillité des citoyens vivant dans le bourg.
- Au delà d’Achtarag, vers Abaran, on roule à travers un terrain volcanique largement ondulé et couvert partout de vignes, de vergers et d’arbres fruitiers.
- LE PLATEAU VOLCANIQUE D’AKMANGAN
- Et plus on avance vers Akmangan, plus deviennent nombreuses les manifestations des volcans dont les cratères vomirent les coulées de laves aujourd’hui cristallisées par endroits en « chaussée de géants », puis surgissent les colonnes, les pyramides, les obélisques de trachytes, les orgues de phonolithe et les prismes de basalte,
- culot volcanique.
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- Fig. 7. — La ville de Gherussi.
- énormes cônes tronqués, volcans hier encore en activité lors des dernières grandes convulsions, et que rejoignent encore les flots de laves qu’ils épanchèrent autour d’eux.
- Et lorsque, longeant la rive occidentale du lac de Sévang, on se dirige vers le sud-est, vers le Karabagh central qui n’est d’ailleurs que la continuation géologique du premier, le pays prend un aspect de plus en plus rude et impressionnant. Morne et monotone paysage que ce haut plateau immense et maigre, hérissé d’innombrables volcans, battu des vents, se prêtant mal à la culture par suite de la jeunesse du relief, qui s’étend à perte de vue jusqu’aux contreforts violacés des chaînes de Zanguézour.
- Plus de cent géants épars dorment d’un sommeil plein de menace. Volcans éteints ? Non pas. Ils se reposent. Ces monts d’ailleurs sont dissemblables, de matières les plus diverses, de formes les plus variées, de couleurs les plus riches. Les basaltes, les trachytes, les domites, les phonolithes, les obsidiennes, les ponces, les tufs, les scories, les coulées de laves capricieusement dégorgées sur le sol par leurs antiques éruptions, s’arrondissent en coupoles, en chaudrons, s’effilent en pyramides, en obélisques, en aiguilles, en dykes rougeâtres, en tables grisâtres ou noirâtres, se contournent en cerceaux, se carrent en tables, s’érigent en piliers monstrueux. Mais ce qui les distingue surtout, c’est qu’ils ne sont point stériles. Ils vivent, ils vivifient, par leurs sources, leurs cascades, leurs fontaines et les lacs contenus dans les vasques profondes et grandioses de leurs sommets. Ils fournissent de plus des eaux chaudes ou froides, aux précieuses propriétés thérapeutiques ; la terre féconde des plateaux nourrit une flore que butinent les abeilles, et des pâturages frais et parfumés où paissent vaches, brebis et chèvres, dont les fromages enrichissent le pays.
- LE PLATEAU VOLCANIQUE DU KARABAGH CENTRAL
- Plus loin, sur le haut plateau volcanique du Karabagh Central, situé à plus de 1600 m d’altitude, on n’a plus devant les yeux que l’horizon des cônes volcaniques couleur de cendre. Un ciel bas, tout chargé de nuages pesants, déroule sur ces désolations son étendue monotone.
- De temps à autre, perdues dans cette solitude hostile, des ruines antiques perchées sur des culots volcaniques émergent çà et là, comme une épave de navire sur une mer subitement figée. Le contraste entre la désolation actuelle du site et le luxe des vestiges contribue à l’étonnement du visiteur. Le temps a marqué des jours innombrables au sablier que le vent emplit et vide dans son vol infatigable sur l’étendue volcanique. Il a recouvert à demi d’une nouvelle poussière de cendre les ruines et les traces d’anciennes forêts que la curiosité et la générosité des hommes et de la nature avaient relevées sur ce plateau
- que jonchent un peu partout leurs derniers débris, sans cesse déplacés par les frissons d’un sol mal endormi.
- A l’est de cette étrange région, et au delà de Kara-Kilissé, s’étend le morne plateau de Vagoudi parsemé
- Fig. 8. — Champignon volcanique modelé par l’érosion.
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- Fig. 9. — Puramide volcanique servant d'habitation.
- d’énormes cônes volcaniques, à la fois bizarres et impressionnants, dont les sombres et imposantes silhouettes semblent barrer l’horizon comme une draperie funéraire.
- L’aride et désert terrain d’Utch Tépélère en toute saison est balayé par les vents.
- Il y a encore dans cet étonnant pays de l’Arménie des coins et des phénomènes géologiques si angoissants, qu’ils ont donné aux hommes qui y demeurèrent le tourment de l’infini et l’obsession du divin. Non loin de Kara Kilissé, à seize cents mètres d’altitude, entre des coulées volcaniques aux formes singulières, on voit surgir le fameux « rocher de la fécondité », un singulier piton volcanique dessinant admirablement la forme d’un gigantesque mamelon contre lequel, d’après une superstition millénaire, les femmes stériles venaient se frotter pour obtenir la maternité.
- LA RÉGION DE GHERUSSI
- L’uniformité de ces traits extérieurs ne se modifie qu’aux environs du Gherussi tchaï, quand après avoir contourné le groupe principal des volcans du plateau, on chemine vers la vallée de cette rivière. Le panorama qu’on aperçoit de là est admirable. On contemple la
- vallée d’environ six cents mètres de hauteur, à travers une déchirure grandiose. A mesure que l’on avance, on découvre un décor féerique, un panorama émouvant. Est-ce un bois ? Peut-être, bien qu’ici domine le tuf volcanique au modelé tourmenté. Est-ce un jet fantastique de rocs ? Sans doute, mais recouverts par endroits de taillis étonnants et de maigres chênes projetant leurs fûts biscornus dans les positions les plus imprévues.
- La route se poursuit au-dessous d’un fouillis impénétrable de rochers, de géants, de personnages de pierre grossièrement mais puissamment sculptés, tantôt debout, inclinés, couchés, à genoux, tantôt simulant une attaque, une fuite, des gestes de menace et de désespoir, ils illustrent le travail d’érosion mécanique et chimique subi parles tufs, les gra-nito-diorites et les coulées volcaniques qui leur ont donné naissance.
- LE FEU ET L’EAU
- Après les éruptions, d’autres forces lentes mais redoutables ont modelé le chaos engendré par le feu terrestre : le travail patient et continu de l’eau pendant des millénaires démantela les cratères, disséqua les coulées en pylônes, en obélisques, en aiguilles, en pyramides, en plateaux bordés par des précipices au fond desquels grondent les torrents. Et les rocs entraînés, roulés, attaqués par les eaux fougueuses se brisèrent dans les rapides, les cascades, puis, finalement réduits en poussière, ils donnèrent la terre féconde des plaines et la boue des profondeurs sous-marines. S. Abdalian ,
- Professeur à l’Université d’État d’Arménie.
- Fig. 10. — Cavernes habitées dans des formations volcaniques.
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- Fig. 1. — La locomoUue électrique 2Q2-AE-4.
- LES LOCOMOTIVES ELECTRIQUES DU P.-L.-M.
- La compagnie P.-L.-M. désirant procéder, sur la ligne de Culoz à Modane, à des essais comparatifs de locomotives électriques à grande vitesse, avait commandé quatre machines différentes à divers constructeurs.
- Ces machines furent essayées, en 1925-1926, sur la section, longue de 25 km, comprise entre Chambéry et Saint-Pierre d’Albigny, et équipée avec rail conducteur
- à 1500 volts. Avec une charge maximum de 500 tonnes, ces locomotives devaient fournir une vitesse légèrement supérieure aux vitesses obtenues par traction à vapeur.
- L’une des machines mises à l’essai, la locomotive 242-BE-l, avait été étudiée, pour la partie mécanique, par la Société de Constructions des Batignolles, et construite par la Compagnie générale de Constructions de
- Fig. 2. — La locomotive électrique 2Q2-AE-1 attelée à un train en montagne.
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- Fig. 3. —• Essieu moteur. Sa roue dentée, son arbre creux, ses bielles élastiques.
- Locomotives dans ses ateliers de Nantes. L’équipement électrique, en tous points remarquable, avait été fourni par la Société Oerlikon.
- Sur une partie de ligne qui comporte des déclivités de 20 à 25 mm par mètre entre St-Jean-de-Maurienne et St-Michel, et une rampe presque continue de 30 mm de St-Michel à Modane, cette machine permit des vitesses de 54 à 59 km à l’heure suivant le régime.
- En diminuant le rapport de réduction de ses engrenages, on pourrait faire développer à cette locomotive 242-BE-l sa puissance maximum à des vitesses de 80 à 90 km/h sur des lignes n’ayant pas de rampes supérieures à 8 pour 1000, ce qui est le cas, non seulement des lignes de la Côte d’Azur, de Marseille à Vintimille, mais aussi de la ligne de Paris à Marseille. Il en est de même, d’ailleurs, de la ligne projetée, d’Avignon aux Arcs, qui éviterait aux voyageurs allant de Paris à Nice le détour
- Fig. 4. — Arbre creux avec ses tiges d’accouplement.
- par Marseille, et qui serait immédiatement électrifiée.
- Cependant, en raison de l’augmentation continuelle du poids des voitures à bogies, et de la majoration des compositions des trains nécessaire pour accroître le confort des voitures, il parut indispensable à la Direction de la Compagnie P.-L.-M. de demander à la Société Oerlikon les plans d’une machine pouvant remorquer un rapide de 700 t, à 90 km à l’heure, en rampe de 8 pour 1000.
- La machine prévue par la Société Oerlikon pour répondre à ces conditions pouvait donner en outre, en palier, avec un train de 700 t, une vitesse de 108 km à l’heure au premier cran de shuntage, et de 116 km à l’heure au deuxième cran de shuntage.
- Cette locomotive, la 262-AE-l, suivie bientôt de 3 unités semblables, les 262-AE-2, 3, 4, est actuellement la plus puissante machine de France, et l’une des plus puissantes du monde.
- Elle comporte une caisse unique, d’une seule pièce, construite, comme une poutre tubulaire, de tôles et de profilés, et reposant sur deux trucks articulés pourvus, chacun, de trois essieux à moteurs jumelés, et d’un bogie à deux essieux. Le diamètre des roues motrices est de 1 m 600, celui des roues des bogies de 1 m 010.
- Les deux châssis étant accouplés au moyen d’une articulation à rotule, la caisse ne supporte aucun effort de traction.
- Un train d’engrenages unilatéral et la commande d’essieu individuelle, à bielles élastiques, du système Oerlikon, qui attaque les deux roues motrices, transmettent aux essieux le couple moteur.
- La caisse comporte 3 compartiments : deux cabines de manœuvre, — une à chaque extrémité, — communiquant entre elles par deux couloirs latéraux, et, entre ces cabines, un grand compartiment central, qui renferme tout l’appareillage électrique, à l’exception des prises de courant et de l’équipement des cabines de manœuvre. Le toit et les parois de ce compartiment central sont amovibles.
- Cet appareillage électrique et les canaux pour câbles sont fixés sur un plancher surélevé, en tôle, limité par deux longerons percés chacun de 15 ouvertures ovales permettant d’accéder aux appareils. Les couloirs latéraux sont disposés entre ces longerons et les parois extérieures.
- Contre l’un des couloirs — celui par lequel les cabines communiquent — sont montés les tableaux des relais, la batterie d’accumulateurs, et des groupes compresseurs et ventilateurs pour moteurs de commande, tous appareils qui ne présentent aucun danger de mort.
- Les appareils de couplage à haute tension, montés librement, sont le long de l’autre couloir, mais les portes d’entrée de ce couloir ne peuvent être ouvertes que lorsque les interrupteurs principaux sont ouverts, et les prises de courant abaissées. Il ne peut donc y avoir aucun danger de contact avec les parties sous tension. Ce dispositif ingénieux rend inutiles les grillages de protection; il permet de mieux voir les appareils de couplage et d’y accéder plus facilement.
- La caisse complète, avec son appareillage, pèse environ 50 t, réparties sur les châssis des trucks par deux pivots et huit appuis latéraux élastiques.
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- La locomotive est munie de deux dispositifs distincts pour captation du courant : deux prises à pantographes pour ligne aérienne, avec pression sur la ligne de contact d’environ 10 kg, et, de chaque côté de la locomotive, quatre contacts pour troisième rail, ces contacts, en hiver, pouvant être remplacés par des contacts à verglas, munis de lames d’acier pour en débarrasser le rail.
- Ces locomotives 262-AE-1 à 4 comportent six moteurs de traction jumelés, avec ventilation artificielle, à six pôles principaux et six pôles auxiliaires par moteur simple.
- Ces moteurs étant bobinés poiir une tension aux bornes de 900 v par moteur double, 3 induits, avec leurs inducteurs, sont toujours connectés en série, et peuvent fournir les quatre combinaisons suivantes :
- Couplage série = 12 induits en série;
- Couplage série-parallèle -- 6 induits en série,
- 2 groupes en parallèle;
- Couplage parallèle-série = 4 induits en série,
- 3 groupes en parallèle;
- Couplage parallèle = 3 induits en série,
- 4 groupes en parallèle.
- Deux échelons de réduction : 1° valeur du coefficient pour le premier cran de shuntage, 30 pour 100, soit 70 pour 100 du champ, et 2° valeur du coefficient pour le deuxième cran de shuntage, 45 pour 100, soit 55 pour 100 du champ, utilisables sur la dernière position de chaque groupement, peuvent donner 12 vitesses économiques.
- Les résistances servant au démarrage sont refroidies par le courant d’air naturel dans le lanterneau où elles sont logées.
- La plupart des contacteurs sont à commande électro-pneumatique par arbre à cames, ainsi que les deux inverseurs qui règlent le sens de rotation des moteurs ou servent, en cas d’accident, à mettre un ou plusieurs groupes de moteurs hors circuit.
- Les prises de courant à pantographe, ou les sabots de contact, peuvent être coupés par des sectionneurs à commande électro-pneumatique qui peuvent également servir à interrompre les courts-circuits.
- L’équipement électrique total étant divisé en deux parties, on peut toujours marcher avec l’une des deux parties en cas d’accident à un appareil quelconque principal, mais à vitesse réduite, et en utilisant uniquement le couplage en série.
- Les appareils de protection contre les surcharges trop importantes comprennent : 1 relais à maximum pour le courant total de la- machine; 1 dans chaque circuit du moteur ; 1 à tension nulle ; 1 de surtension ; enfin, une résistance de mise à la terre pour les surtensions d’origine "atmosphérique. Par le montage individuel ou par groupes des principaux appareils sur supports isolants, on obtient une double isolation qui donne le maximum de sécurité.
- Des contacteurs à commande électro-magnétique raccordent la tension de la ligne aux circuits auxiliaires protégés par des coupe-circuits à cartouche.
- Ces circuits comprennent deux groupes ventilateurs pour les moteurs de traction, deux groupes compresseurs comprimant chacun, à 8 atmosphères, les 1450 litres d’air aspirés à la minute, enfin îe chauffage des cabines
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- de manœuvre, canaux de ventilation et soufflets étant disposés sous le plancher des appareils.
- Une batterie d’accumulateurs au fer-nickel, branchée entre les moteurs auxiliaires et la terre, et chargée avec le courant de ces moteurs, fournit un courant d’environ 00 v pour la commande et l’éclairage.
- Dans chaque cabine existe un pupitre de commande qui comporte trois manettes : prise de courant; régime; accélération, ou manette principale.
- La première commande : la coupure de tous les circuits ; l’alimentation par frotteurs de rails ; par pantographes ; par frotteurs et pantographes.
- La seconde, en plus du cran de repos, commande la marche en avant normale; avec shuntage à 30 pour 100; avec shuntage à 45 pour 100; enfin, la marche en arrière.
- La manette d’accélération sert à l’élimination des résistances de démarrage, et assure les différents couplages des moteurs. Elle compte cinq crans principaux :
- Fig. 5. — Moteurs jumelés des locomotives électriques 262-AE de la Compagnie P.-L.-M.
- cran de repos ; marche normale en série ; marche normale en série-parallèle; marche normale en parallèle-série; marche normale en parallèle.
- Cette locomotive, avec une longueur hors-tout de 23 m 80, une largeur de 2 m 916 et une hauteur de 4 m 275, pèse en ordre de marche 159 t. L’empattement total de cette machine est de 20 m 80, l’empattement fixe, 4 m 60, l’empattement des .bogies porteurs, 2 m 10, la distance des pivots des bogies étant de 15 m 28. Son rapport de transmission est de 1/3,185. •
- Du type 2 Co Co 2, elle développe, sous 1500 v, une puissance horaire à la roue de 5400 ch, un effort de traction de 18 200 kg et une vitesse de 80 lcm-h. Sous 1350 v, sa puissance continue à la roue est de 3750 ch, son effort de traction 13 020 kg, et sa vitesse 78,5 km/h. Sa vitesse maximum peut atteindre 130 km-h, son effort de traction maximum 36 000 kg. Son poids, enfin, est de 29 kg par cheval-unihoraire. Georges Lanorville.
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- = LE VOL DE PARIADE DE LA BÉCASSINE =
- Le chevrotement du vol de la Bécassine ordinaire a été interprété jusqu’ici dans le sens même où Meves, le savant suédois qui vivait il y a cent ans environ, a infléchi l’opinion.
- En regardant au printemps le mâle de la Bécassine ordinaire voler au-dessus des marais abritant son nid, il fit une première observation : il remarqua que le vol nuptial de la Bécassine étant accompagné d’un chevrotement particulier, celui-ci était visiblement causé par les rectrices latérales de l’oiseau qui s’écartent notablement des intermédiaires également étalées, mais moins nettement cependant. Ce fait le frappant, il en conclut que le bruit ainsi causé, dû au frémissement des deux rectrices extrêmes et si libres d’ailleurs, pouvait être répété expérimentalement.
- Il ficha verticalement deux rectrices latérales de Bécassine dans les côtés d’un bouchon, à des points diamétralement opposés et, traversant d’une ficelle le liège en son centre, il anima le petit appareil d’un mouvement de fronde.
- La rotation obtenue produisit un bruit ronflant qui satisfit tellement l’expérimentateur que la chose se répandit comme un article de foi, et je connais pour ma part un Français, deux ou trois Anglais, et un Allemand qui ont réimprimé la chose dans les dix dernières années.
- Est-il utile de dire que l’expérience ici est mal construite ?
- En Vendée, en juin 1921, j’avais fait une première observation de plein air. Explorant le marais vendéen avec le remarquable capteur d’oiseaux qu’est mon ami Plocq, celui-ci me mit sous les yeux ce vol nuptial.
- Les conditions d’observation étaient mauvaises. Le vent couvrait presque le bruit de l’oiseau, mais cependant l’œil se portait aux ailes et non à la queue de l’échassier qui randonnait violemment dans un ciel mouvementé en faisant des plongées pendant lesquelles exclusivement se produisait le bruit de bêlement qui fait donner par les Anglais à la Bécassine, le nom de Bêleur de Bruyères.
- il fallut que je lève en Sologne, en mai 1928, un mâle en pariade, pour connaître par beau temps calme, les phases de ce vol d’amour; mais c’est spécialement chez moi, la même année 1928, en juin, que je pus, de même
- que les 8 et 14 juillet 1930, être complètement favorisé par les meilleures conditions d’observation, prolongées et indubitables cette fois.
- Je pus même dans ces deux dernières observations, analyser les performances de plusieurs vols caractéristiques et identiques, se corroborant donc mutuellement.
- Ces phases de vol n’ayant jusqu’alors jamais été décrites, je les publie suivant mes propres notes afin que leur diffusion, grâce à La Nature, atteigne le plus grand nombre d’observateurs.
- Le 8 juillet 1930, à 10 heures du matin, au-dessus de la prairie dite du Marais à Sargé (Loir-et-Cher), j’observe une Bécassine levée par un faucheur; parti, il me laisse le loisir de braquer pendant une heure mes jumelles sur
- cetteBécassine qui tout de suite, me montre que ce vol a des phases définies. Circulaire dans l’ensemble, sur un trajet de 250 m de rayon, ayant probablement comme centre une couvée, le vol se répète invariablement avec ses inflexions spéciales et régulières.
- L’oiseau vole, de droite à gauche ou inversement, pendant au moins un quart d’heure avant tout atterrissage. Ces atterrissages furent par deux fois sur le même andain de foin, le 8 juillet, l’attestation de l’inquiétude de l’oiseau; mais je n’en pus découvrir, même avec mon chien d’arrêt, le motif précis, nid ou couvée éclose. En tout cas, en juin 1921, j’ai vu le mâle très agité, dont je venais de déranger la femelle couvant quatre œufs dans une brande en bordure d’étang en Sologne, faire ces mêmes démonstrations avec la ponctualité impressionnante dont je pus étudier posément à Sargé toutes les incidentes.
- Le bruit chevrotant ne se produit que dans les « piqués» que l’oiseau fait sur son trajet circulaire en étalant ses rectrices et particulièrement les deux latérales, mais celles-ci n’y participent en rien, n’ayant ici que le rôle de stabilisateurs, de même que, chez le Macareux moine de nos îlots bretons, l’oiseau supplée à l’exiguïté de sa queue en étalant de part et d’autre de celle-ci ses palmes orangées ; son gouvernail est ainsi notablement élargi et son fuselage équilibré plus sûrement.
- De plus, le vol se complique d’une acrobatie, ce qui explique la nécessité d’un gouvernail parfait.
- Fig. 1.
- Le manège de la Bécassine.
- CC' Trajectoire circulaire du mouvement général de manège.
- SS'S Trajectoire propre de l’oiseau.
- F La Bécassine franchit le cercle de manège.
- P. Plongée (les 2 rectrices latérales très étalées).
- R. Ressource (rectrices fermées).
- V. Vol centripète ramenant l’oiseau à la longue montée d’où il reprendra le trajet centrifuge F P de la chute typique avec chevrotement.
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- Or il est net que chez beaucoup d’Échassiers, le même besoin de frissonnement des ailes est constant. On s’étonne que Meves et ses disciples n’y aient pas immédiatement pensé quand le Courlis cendré, la Barge à queue noire, le Chevalier à pieds rouges, pour ne citer que ceux-ci, jouent en l’air soit en frémissant, soit en piquant en plongée comme la Barge particulièrement, quand le Vanneau, qui doit son nom au bruit de van de ses amples ailes soutenant son vol accéléré dans une première montée, le rompt par une culbute au ras de l’herbe en chantant son joyeux chant de printemps.
- La Bécassine ne chante pas ; le bruit de ses ailes lui suffit.
- Elle a gagné un palier de 50 m par une montée à 30°. Alors commence une giration annulaire composée de montées accélérées au bout desquelles, pendant une courte chute faite à l’extérieur de son manège, elle plonge en émettant le fameux bruit voilé, chevrotant comme la « voix céleste » de l’orgue, en gamme chromatique descendante brusquement coupée à la fin de la descente par une ressource prompte où la queue se replie, l’oiseau gravissant en longue pente une montée sur l’air qui la rapproche de son cercle général; elle le chevauche un peu avant de replonger vers l’extérieur pour reprendre avec dix battements d’ailes de peu d’amplitude le frissonnant murmure d’ivresse équilibré par le rythme spasmodique de ses interruptions en montée.
- L’atterrissage observé deux fois se produisit au contraire les ailes presque au corps, l’oiseau piquant obliquement à l’herbe à toute vitesse, si bien que je le vis à terre sans avoir pu discerner son rétablissement à l’arrivée ; le second atterrissage seul se termina en voltigeant sur les cinq mètres finals, pattes pendantes, tandis qu’il prenait après un brusque rétablissement un plan de palier exactement dans l’attitude d’un râle au cul-levé ou de sa cousine la Bécassine sourde.
- Dans toutes mes observations du vol nuptial, l’œil se localisa, à toutes les chutes, sur les pointes des ailes. On observe alors que l’oiseau se portant extérieurement et en descente par rapport à son mouvement circulaire, d’entraînement, dirai-je, fait une chute en torsion qui, biaise; et, par le concours de multiples résistances (ailes
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- projetées en avant, braquement extérieur, virage en torsion, mouvement précipité et de faible amplitude des ailes faisant frein), s’engendre le bruit désiré.
- Aucune position de l’oiseau envisagé comme un curseur aux réactions mécaniques absolument régulières, aux chutes et aux ressources se compensant mutuellement, aucune position, dis-je, ne révèle qu’il suive de ligne droite à aucun moment, mais ses courbes s’éloignent de la circonférence générale de giration qu’il chevauche tant à la montée légèrement centripète qu’à la chute nettement centrifuge. Il décrit donc, sans le couper jamais, un mouvement courbe tangent à un grand anneau cylindrique dont il frôlerait la partie supérieure jusqu’à son sommet et un peu au delà ; dans sa descente il épouserait assez étroitement la forme de ce cylindre jusqu’au-dessous de son 90° degré d’où, tangent, il plonge encore.
- Les chutes se répètent à chaque tour au-dessus des mêmes points de la prairie. C’était d’une régularité saisissante.
- Notons aussi que, dans ce vol, le mâle fut suivi pendant un quart de tour par la femelle durant l’observation du 14 juillet 1930, mais qu’elle ne participa nullement aux acrobaties périodiques des glissades centrifuges, — accompagnant seulement son conjoint en traçant derrière lui le cercle virtuel que ses fantaisies ne font qu’effleurer de leurs courbes décroissant de vitesse jusqu’au moment où elles se ranimaient dans le mouvement suivant.
- En juillet 1931, en Norvège, aux îles Lofoten, j’ai vu la Bécassine double effectuer son vol de pariade et la sonorité était plus forte; à côté de l’évidence de mes remarques sur la localisation des yeux à la pointe des ailes, source du bruit, il est net que la différence de taille des rectrices externes dans les deux espèces ne pourrait, par quelques millimètres en plus dans le cas de la Double, influencer à ce point le mystérieux chevrotement.
- Je souhaite que d’autres observateurs puissent me dire comment se comporte en pariade telle Bécassine d’Extrême-Orient qui a des rectrices externes extrêmement réduites, Gallinago stenura.
- Roger Reboussin.
- LE “ HORS-BORD ” DE COMPETITION
- SES CARACTÉRISTIQUES ET POSSIBILITÉS
- D’importantes épreuves moto-nautiques se sont déroulées ces derniers mois à Paris, en banlieue, et en Province, mettant en lumière les étonnantes qualités d’un canot automobile d’un type particulier dit : « hors-bord » (Meeting international annuel du Yacht Moteur Club de France, Paris, Herblay, 30 juin-ler-2-3 juillet; Fêtes de la vitesse organisées par Le Journal, lac du Bois de Boulogne, 6, 7, 8 juillet; « Derby de l’Océan — Royan — 11-12 août», « Meeting international de Cannes, 31 août-5 septembre»). Ces deux épreuves organisées par le grand-
- club « Y. M. C. F. » qui fait tant pour le sport nautique.
- Nous délaisserons ici quelque peu le point de vue purement sportif et nous attacherons surtout à l’examen de la partie mécanique.
- Nous passerons en revue les différents modèles de « hors-bord » tout en réservant une plus large part au type compétition, comparable à la voiture de course, à l’avion de performance....
- Qu’est-ce qu’un « hors-bord » ? Que signifie ce mot composé quelque peu barbare ?... Ce mot est la tra-
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- Fig. 1. •— bn ensemble propulseur dit : « hors-bord », moteur de 30 cli, 2 cylindres, permettant une vitesse de 50 km/h, avec coque appropriée, poids total : 53 kg-,
- duction littérale de l’anglais « outboard » : qui est hors, en dehors du bord ; pour être correct, c’est « outboard’s motor » qu’il faudrait dire... le moteur qui se trouve placé en dehors du bord (lisez : du bateau). D’ailleurs voici la définition technique : « Un hors-bord est un groupe propulseur mécanique (fig. 1) pouvant être enlevé à bras d’homme en un seul bloc, monté et démonté sur toute coque d’embarcation et dont la transmission ne passe dans ladite coque à aucun endroit, coque et moteur doivent être d’une indépendance telle que le moteur hors-bord et tous ses accessoires puissent être démontés de la coque, celle-ci étant à flot, sans l’emploi d’outillage
- Fig. 2. — Avant la course, un concurrent procède à la mise en marche du moteur à l'aide de la cordelette. (On distingue nettement la poulie spéciale munie d’une gorge). (Photo J. A. Nunès).
- spécial, et réunis en un groupe compact; ce groupe une fois enlevé et posé sur le sol doit pouvoir être mis en route, son alimentation s’effectuant à l’aide de son réservoir habituel. On voit que le mot « hors-bord » s’applique essentiellement au seul groupe propulseur; mais afin de simplifier et alors qu’il faudrait dire, pour employer un meilleur style : bateau à moteur hors-bord, le mot « hors-bord » est utilisé pour désigner l’embarcation complète (coque et moteur) ; il existe différents types de « hors-bord ». Ceux qui ne connaissent le « hors-bord » que par les extraordinaires racers qu’ils ont pu admirer dans les courses de vitesse et de sport ne savent certes pas que la première coque venue du plus vulgaire canot constitue un « hors-bord » et en porte le nom dès l’instant où elle est équipée d’un propulseur répondant à la désignation précitée. Les divers modèles se différencient soit par le moteur, soit par la coque. C’est ainsi que barques de pêche, de plaisance, de promenade, bateaux de passeur, canots de tourisme et de sport comportant plusieurs places et dont la coque n’offre aucune particularité remarquable deviennent des « hors-bord » du seul fait que l’on y monte un groupe moteur indépendant; la vitesse et la capacité de telles embarcations sont régies par la finesse de leur coque, leur poids et la puissance de leur moteur; on utilise pour leur propulsion des moteurs allant de 1,5 ch à 30 ch selon le travail à fournir; dans tous les cas, de tels « hors-bord » constituent un moyen de transport éminemment pratique — leur moteur étant amovible avec autant de facilité qu’un aviron — simple, économique, maniable et toujours prêt au service.
- LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE « HORS-BORD »
- La création du « hord-bord » ne date pas d’hier ! Il nous faut, en effet, remonter de 25 ans en arrière, soit en 1909, pour voir sortir en Amérique du Nord le premier moteur « hors-bord » par une firme bien connue maintenant (Evinrude), tandis qu’en France, vers la même époque un appareil similaire était réalisé (Motogodille)-, ces propulseurs qui sillonnent aujourd’hui mers, lacs et rivières à d’innombrables exemplaires devaient servir de prototypes aux moteurs modernes de rendement prodigieux qui sont montés sur les « hors-bord » de course dans les compétitions internationales et dont le principe est resté le même, Jadis, leur puissance était de l’ordre de 1,5 à 2 ch ; par la suite les constructeurs spécialisés furent amenés à établir une gamme de moteurs allant de 2 ch à 31 ch, parmi lesquels on trouve même un modèle entièrement électrique (Outboard Motors Corporation) dont nous dirons un mot plus loin. Ces moteurs ont un, deux ou quatre cylindres, leur régime est compris entre 3250 et 4000 tours-minute, ils peuvent fournir des vitesses maxima de 17 à 60 km/h selon leur puissance par rapport au poids et au profil de la coque qu’ils équipent — certain « hors-bord » français de tourisme avec coque normale équipée d’un moteur série de 4/5 ch pouvant transporter de 2 à 5 passagers atteint près de 55 km/h (De Saever) ; — le poids de ces moteurs (groupe propulseur complet) varie de 13 à 57 kg; ils sont utilisés pour la pêche, les
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- Fig. 3. —- Le * hors-bord » de compétition Dupuy-Soriano, piloté par M. Jean Dupuy.
- promenades familiales, le sport (rallyes nautiques, courses de tourisme) et tous usages auxiliaires de travail.
- Le modèle électrique a été conçu pour un usage courant, uniquement dans un but de simplification; il reçoit son énergie d’une batterie de 6 volts, 280 AH, installée à l’arrière de la coque; il permet — sur bateaux légers — une vitesse maximum de 7 km à l’heure et pèse 27 kg; il a un rayon d’action d’une durée de 8 h sans recharge, cette dernière s’effectue pendant les heures de non-utilisation à l’aide d’un redresseur. Sur tous ces groupes propulseurs, les organes — sans exception — sont entièrement protégés contre les intempéries et les projections d’eau (carburateur, bougies, dispositifs d’allumage sont hermétiquement abrités), ce qui leur assure durée, propreté et netteté de lignes ; le réservoir de carburant (essence) est placé au-dessus du moteur, il est horizontal — et fait partie intégrante du groupe; la mise en marche s’effectue par l’intermédiaire d’une cordelette, on enroule celle-ci dans la gorge prévue à cet effet sur la poulie-moteur spéciale située horizontalement au sommet du groupe (fig. 2); après avoir amené le moteur sur un point de compression, on tire à soi la cordelette d’un mouvement brusque et aussi rapide que possible; ce dispositif un peu simpliste fut utilisé naguère sur certaines automobiles (Beddia et autres...); nous nous en sommes personnellement servis en 1916-1917. Il faut lui reconnaître un sérieux avantage : celui de la fidélité... il est toujours prêt à fonctionner ! Toutefois il peut être remplacé par un démarreur électrique alimenté par batterie, celle-ci fournit alors le courant nécessaire à l’alimentation de feux de bord, klaxon, poste radio, etc., mais en revanche quel poids mort supplémentaire ! La conduite de ces embarcations est très simple : une manette d’admission de gaz permet le contrôle de la vitesse, la direction s’effectue à l’aide d’une barre à main horizontale qui, solidaire du groupe, sert à le faire pivoter de gauche à droite ou vice versa, déplaçant ainsi plus ou moins l’angle de l’hélice ; la marche arrière peut être obtenue par retournement complet du groupe, l’hélice devient alors tractive, ce qui équivaut' à un renversement de marche. Ces moteurs « hors-bord » sont à 2 ou 4 temps (plus souvent à 2 temps), ils comportent, généralement, un montage horizontal à cylindres opposés du type dit : flat-twin, néanmoins il en est dont les cylindres sont parallèles et non opposés (Elto-Evinrude). Ce dispositif assure, semble-t-il, une grande souplesse dénuée de vibrations; en règle générale, le refroidissement est toujours effectué par l’eau puisée dans l’élément même de navigation, aspirée par une pompe centrifuge et immédiatement rejetée après circulation autour des cylindres; cette opération est ainsi accomplie avec une efficacité plus grande que sur tout autre véhicule; l’allumage est fourni, soit par batterie et distributeur, soit par magnéto; la transmission du moteur à l’hélice se fait par arbre et pignons d’angle entièrement protégés
- sous carter et l’hélice — à 2 ou 3 pales suivant les modèles — est montée sur un arbre muni d’un ressort spiralé formant amortisseur de chocs et procurant silence et robustesse. Le groupe propulseur est fixé à la coque par le truchement d’un dispositif particulièrement simple, celui-ci consiste en un serrage de l’ensemble sur chaque face de la partie verticale arrière de ladite coque, il est complété par un système de réglage facultatif de l’incidence d’attaque de l’hélice; le montage ou le démontage ne demandent guère plus d’une minute et le groupe propulseur peut être facilement amené ou emporté par tout moyen de locomotion (train, automobile, etc.).
- LE HORS-BORD DE COMPÉTITION
- Terminons, ici, ces considérations, sur les divers modèles et passons à... la voiture de course..., à l’avion d’acrobatie... nous avons nommé : le « hors-bord » de compétition ! Ici — infiniment plus que dans tous les cas précédents — la coque joue, et c’est bien le cas de le dire, un rôle de tout premier plan ; elle sera de conception très spéciale et étudiée de façon à obtenir un profil et
- Fig. 4. — Mlle G. de Saeuer, la plus jeune « hors-bordiste » de France sur son hors-bord à moteur Johnson-350 cc. (Classe B).
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- une finesse tels que la résistance à l’avancement puisse être réduite au strict minimum. Il n’est pas exagéré de représenter le « hors-bord de compétition » à l’image d’un flotteur d’hydravion rendu habitable et que l’on aurait muni d’un moteur nautique et d’une direction d’automobile ! A vrai dire, nous nous trouvons effectivement en présence d’un véritable glisseur ou hydroplane. Donc, cette coque sera, soit en bois, soit métallique (Dupuy-Soriano), son profil pourra varier : canot, « pelle à charbon » (De Saever), mais elle sera toujours aussi légère que possible sans préjudice pour sa stabilité qui fera l’objet d’une recherche toute particulière ; sa forme tendra vers la ligne aérodynamique idéale, elle n’aura pas de quille mais portera à sa partie inférieure une dérive, parfois deux (Dupuy-Soriano). Le « hors-bord compélition » est monoplace — à de rares exceptions près — les facteurs poids et stabilité étant ici primor-
- Fig. 5. — L’avanl caractéristique du « hors-bord » italien Pinetto-Mio 250 cc. (Photo J. A. Nunès).
- diaux. Quant au moteur, comme tous ceux destinés à la course, il va sans dire qu’il devra fournir un rendement bien supérieur et peser beaucoup moins pour une même puissance nominale; c’est ainsi que des types spéciaux « compétition » (néanmoins : « de série ») de 6 ch tournant à 5000 tours-minute, pesant 17 kg, de 30 ch tournant à 6000 tours-minute, pesant 42 kg, de 59 ch tournant à 5500 tours-minute, pesant 61 kg, permettent en course des vitesses maxima respectives de plus de : 48, 100 et 111 km à l’heure (Outboard Motors Corporation). D’autre part, la barre de direction ne pouvant convenir pour la conduite d’un «hors-bord de compétition», celle-ci s’effectue au moyen d’un volant agissant sur des câbles qui sont reliés par l’intermédiaire de poulies aux côtés du groupe propulseur, toutes les commandes (gaz, avance — lorsque celle-ci n’est pas automatique —) sont à proximité de la main du pilote et l’équipement
- est complété par un compte-tours du type aviation qui donne le contrôle constant du moteur et de la vitesse. Dans cette catégorie, il est juste de citer les résultats remarquables obtenus par un « hors-bord » français et d’en indiquer les caractéristiques très personnelles ; ce racer (Dupuy-Soriano) (fig. 3) possède une coque entièrement en aluminium d’un profil particulièrement étudié; cette coque comporte deux dérives, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, elle forme châssis à sa partie arrière afin de permettre le montage du groupe qui repose ainsi sur un véritable berceau; le moteur, fruit d’une étude et d’une expérience de plusieurs années, pèse 85 kg, c’est un flat-twin dont la puissance nominale de 6 ch s’élève à 110 ch au frein, sa cylindrée est de 993 cm3 (course 55,5, alésage 68); il est à 4 temps et se compose d’un bloc de six cylindres opposés horizontaux disposés par groupes parallèles de trois cylindres superposés; les soupapes à culbuteurs sont commandées par double arbre à cames en tête; ce moteur est alimenté par un compresseur de fabrication Soriano et une pompe électrique A.M. d’aviation qui reçoit son énergie d’une petite batterie, le carburateur utilisé est un Zénith aviation, l’allumage est assuré par une magnéto Scintilla-Vertex à avance automatique, la commande des gaz se fait par un accélérateur au pied, un compte-tours de grand diamètre assurant une parfaite visibilité est fixé sur un tablier formant coupe-vent à sa partie antérieure, la direction est commandée par un large volant bien en main porté perpendiculairement par ce même tablier; ce « hors-bord» possède deux hélices montées toutes deux sur un même plan et dans le même axe; le poids total (coque et groupe) en ordre de marche est de 220 kg. Tout l’ensemble est d’une très belle venue et l’aspect mécanique est particulièrement remarquable par sa netteté alliée à des particularités techniques véritablement très personnelles. Une des caractéristiques de la construction Dupuy-Soriano réside dans le fait que cette firme fabrique entièrement ses « hors-bord » (coque et moteur), alors que d’une façon générale l’une et l’autre sortent d’un producteur différent. Au cours des épreuves effectuées sur le lac du Bois de Boulogne, un « hors-bord » Dupuy-Soriano courant la Coupe du Marquis Soriano de Ioanrey (tentative de record) réussit sur un tour du lac (1 km) la vitesse moyenne de 85 km à l’heure, performance d’autant plus magnifique que celle-ci était établie sur un parcours exigu avec deux virages difficiles. Mentionnons, également, une coque spéciale de « hors-bord compétition » digne de retenir l’attention, principalement par ses qualités de stabilité ; cette coque d’un dessin différent dit « pelle à charbon » mesure 3 m 60 X 1. m 60; conçue et réalisée par un autre constructeur français (De Saeoer) (fig. 4), elle est détentrice de nombreuses victoires; le moteur qui l’équipe n’est pas de même fabrication, il est choisi dans la production mondiale dont il sera question au cours des lignes suivantes. Dans les épreuves sportives, les « hors-bord de compétition » sont répartis en 4 classes qui diffèrent les unes des autres uniquement par la cylindrée des moteurs employés ; le poids, la forme, la matière et les dimensions de la coque ne sont tributaires d’aucune restriction et n’entrent pas en ligne de compte :
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- 1° La classe A pour moteurs jusqu’à 250 cm'1 de cylindrée inclus.
- 2° La classe B pour moteurs de 250 cm1 à 350 cm’ de cylindrée inclus.
- 3° La classe C pour moteurs de 350 cm'* à 500 cm1 de cylindrée inclus.
- 4° La classe X pour moteurs de 500 cm'1 à 1000 cm3 de cylindrée inclus.
- La suralimentation par compresseur est autorisée dans les deux dernières classes seulement; les classes A et B impliquent obligatoirement l’emploi de moteurs de série; liberté est laissée à ce sujet pour les classes C et X. Un « hors-bord » de série doit être identique à celui qui aura été mis sur le marché commercial un mois au minimum avant la compétition et devra, en outre, être référencé sur le catalogue du constructeur comme fabrication usuelle; dans cet ordre d’idées, les Américains sont particulièrement sévères : il existe un organisme, le N.O.A. (National Outboard Association) qui établit les caractéristiques servant à désigner chacune des classes de moteurs et contrôle, d’autre part, tous les essais avant la livraison à l’acheteur. En cas de course « toutes catégories » en une seule épreuve, il est évident que chaque bateau court dans sa classe respective. Chaque classe se distingue, dans les épreuves officielles, par les couleurs du numéro de chaque bateau concurrent. Ce sont : pour la classe A, noir sur fond jaune; pour la classe B, blanc sur fond bleu; pour la classe C, blanc sur fond rouge; enfin pour la classe X, noir sur fond blanc; en outre les côtés du réservoir d’essence qui se trouve au-dessus du groupe moteur doivent être peints aux mêmes couleurs de fond; d’autre part la nationalité est définie par une lettre d’immatriculation précédant le numéro; ce sont là des décisions internationales.
- QUELQUES CHIFFRES
- Une rapide statistique donnera une idée de l’intérêt suscité par le « hors-bord » dans tous les pays. Ne citant que les plus importants constructeurs, nous trouvons quatorze maisons spécialisées dans la fabrication de moteurs « hors-bord », dont six marques françaises (Motogodille, Dupuy-Soriano, Goiot, Archimède, Echard-Lutetia, Neptune), une marque italienne (Laros), deux marques anglaises (Sharland-Jay, Water-Motor), et cinq marques américaines (Johnson, Elto, et Evinrude, produits de Outboard Motors Corporation, Bolinders, Locwood); certaines de ces maisons poussent le souci de pouvoir satisfaire à toutes les utilisations et dans ce but vont jusqu’à sortir de 13 à 28 modèles échelonnés de 1,5 à 59 ch (Johnson, Elto, Eoinrude). D’autres nations s’intéressent de près au « hors-bord », telles la Belgique, l’Allemagne, qui construisent leurs coques mais s’adressent à l’extérieur pour la fourniture des groupes propulseurs. Nous compléterons cet exposé en montrant la répartition des marques de moteurs « hors-bord » et leur nationalité parmi les compétiteurs d’une grande épreuve (Meeting du Bois 'de Boulogne). Sur 45 engagés au total : 7 moteurs français, 10 moteurs italiens, 1 moteur anglais, 27 moteurs américains comprenant en totalité
- Fig. 6. — Ce « hors-bord » de compélilion (classe C), français par sa coque (De Saever), est équipé d'un moteur italien Laros. (On voit ici le compte-tours et le volant de direction). (Photo J. A. Nunès.)
- 9 marques différentes dont 2 françaises, 1 italienne (fîg. 5), 1 anglaise et 5 américaines.
- Il serait regrettable de conclure sans accorder au côté sportif une place, si minime soit-elle ! Par ce chiffre de 45 concurrents réunis en une même manifestation, nous avons pu nous faire une opinion sur l’importance prise, à l’heure actuelle, par le «hors-bord de compétition»; voici quelques performances et quelques chiffres résultant des Fêtes de la Vitesse. Etant donné les difficultés du parcours et son faible développement (tour du lac inférieur) : 2 km, chaque épreuve n’admettait que 3 à 5 concurrents en présence, ceux-ci devaient effectuer de 2 à 4 tours, soit de 4 à 8 km suivant leur catégorie (départ lancé, bien entendu); en classe A 7 bateaux sont au départ, la classe B réunit 13 partants, il y a 21 concurrents en classe C, enfin 4 « hors-bord » disputent la course réservée à la classe X; neuf nations sont en présence : la France, l’Italie, la Suisse, l’Angleterre, la Belgique. l’Amérique, l’Allemagne, l’Egypte, l’Argentine (eu égard à la nationalité des pilotes). Dans l’épreuve, classe C,
- Fig. 7. —- Un « hors-bord » de compétition classe B muni d’un groupe moteur américain monté sur coque française (Chauvière). (Photo J. A. Nunès).
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- dont le départ s’effectuait en 5 groupes chaque 6 minutes, six compétiteurs se classent brillamment, la première place est remportée par un « hors-bordiste » anglais en 3 m 50 s, soit à la moyenne horaire de 62 km 608, les 2e et 4e places de cette même course étant gagnées sur «hors-bord » français (De Saever) dans les temps respectifs de 3 m 58 s et 4 m 30 s, moyenne 60 km 504 et 52 km 533.
- Ouvrons ici une parenthèse pour féliciter nos charmantes « sportswomen », brillantes pilotes de « hors-bord compétition » (Mlles De Saever, de Jong, Mme Galopin) qui ont su nous montrer avec maestria que la pratique de ce sport hardi n’était pas, forcément, l’apanage du sexe fort !
- Tout ce qui vient d’être dit prouve combien est grande la place occupée par ce remarquable instrument de performances et de sport; bénéficiant d’une vogue sans cesse croissante et amplement justifiée, le « hors-bord de compétition » constitue un sport splendide, vraiment complet, tenant tout à la fois de l’avion, de l’automobile et du bateau ! Son pilotage procure des sensations et des joies parfaitement neuves; au ras des flots, même sans dépasser
- 50 km à l’heure, l’impression est infiniment plus intense qu’à bord d’un avion ou d’une voiture lancés à quelque cent cinquante kilomètres à l’heure; les virages se prennent très vite et à peu près sur place, l’accélération dans les reprises est foudroyante et équivaut à un véritable arrachement ! La résistance à l’avancement, pourtant considérable sur toute surface liquide, est quantité négligeable pour un «hors-bord de compétition «convenablement profilé. Sans cesse déjaugée, sa coque, en pleine action, effleure l’eau à l’exemple du caillou que l’on fait ricocher.
- Du point de vue spectaculaire, l’impression ne le cède en rien, elle correspond assez exactement à l’émotion profonde que nous cause l’hydravion filant plein moteur à l’instant précédant son décollage. Pour peu qu’une épreuve groupe une quarantaine de partants — ce fut le cas en Seine (traversée de Paris et bassin d'Herblay), le spectateur, averti ou non, se trouve irrésistiblement captivé par cette extraordinaire chevauchée.
- J.-A. Nunès.
- FREINAGE ÉLECTRIQUE DES AUTOMOBILES
- Sur tous les véhicules automobiles actuels, l’effort de freinage nécessaire pour obtenir un arrêt rapide, comme les conditions du trafic routier y obligent, est trop important pour qu’il puisse être fourni directement par le conducteur. La cause en est due, soit à la vitesse de marche qui pour les voitures de tourisme est élevée, soit au poids de l’ensemble en mouvement qui pour les camions et tracteurs est parfois énorme. Dans les deux cas la force vive, ou l’énergie emmagasinée par inertie dans la masse mobile, est considérable. Cette énergie doit être dissipée en quelques secondes; elle est transformée en chaleur par frottement. Les freins actuels permettent d’obtenir cette action, il y a d’ailleurs maintenant un frein sur chaque roue, mais le travail nécessaire pour arrêter la voiture est hors de proportion avec celui que peut fournir un homme; il faut faire appel au concours d’une force mécanique extérieure, à un dispositif « de service », ici à un « servo-frein ».
- LES SERVO-FREINS
- Le système de freinage par bande souple s’appliquant à l’extérieur ou à l’intérieur d’un tambour cylindrique lié à la roue constitue déjà par lui-même un servo-frein et il est universellement adopté sur tous les véhicules. L’effort de freinage est bien supérieur à l’effort d’application de la bande sur le tambour, mais cet effort d’application est encore important et dans la plupart des cas le conducteur de l’automobile ne peut le fournir. En outre c’est évidemment un progrès que de diminuer autant qu’il se peut la fatigue du conducteur.
- On emploie donc un appareil servo-frein proprement dit, indépendant du frein lui-même, et qui tire sur la timonerie commandant l’application de la bande de frein sur le tambour de roue.
- Le servo-frein à dépression a eu un succès mondial ; il est à très peu près employé sur tous les véhicules automobiles : voitures de tourisme ou «camions.
- Rappelons que dans un tel servo-frein l’effort de freinage est fourni par l’effort d’aspiration du moteur à explosions. L’appareil comporte essentiellement un cylindre de large diamètre relié par une canalisation à la tubulure d’aspiration du moteur, à travers une soupape commandée par la pédale de freinage. Le large cylindre est fermé par un piston coulissant librement et lié mécaniquement avec la tringlerie de commande de freins.
- Lorsqu’on ouvre la soupape en appuyant sur la pédale, il se produit par l’effet de l’aspiration un vide partiel dans le cylindre; la face intérieure du piston supporte donc une pression moindre que la face extérieure qui reste soumise à la pression atmosphérique. Et le piston s’enfonce dans le cylindre en tirant sur la tringlerie et en opérant le freinage des roues.
- Ce système est indiscutablement intéressant; on l’a reconnu implicitement comme le meilleur puisqu’il est employé partout. Il a cependant divers inconvénients qui se manifestent principalement sur les véhicules industriels.
- En premier lieu, pour que le servo-frein agisse, il faut que le moteur tourne; si ce dernier est arrêté, tout l’effort de freinage doit être fourni par le conducteur. Ceci est très grave dans le cas des poids lourds notamment où l’effet d’inertie est dû plus à la masse transportée qu’à la vitesse. Ainsi lors d’une manœuvre dans une route étroite et en déclivité, si le conducteur «cale» son moteur, ce qui n’est pas exceptionnel, il ne peut plus exercer qu’un freinage insuffisant. Quelques accidents graves en sont d’ailleurs résultés.
- Pour obvier à cet inconvénient, on a été amené à
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- monter sur le véhicule un réservoir de vide (si Ton peut ainsi s’exprimer) qui muni d’une double soupape constitue une réserve d’énergie. Mais le système y perd sa simplicité.
- A un autre point de vue, il devient de plus en plus indispensable, étant donné l’accroissement de la vitesse, de freiner les remorques tirées par tracteur et dont l’usage se multiplie. Avec l’emploi du l'rein à dépression il faut alors relier la remorque au tracteur par une canalisation souple et étanche et équiper la remorque avec un servofrein analogue à celui du tracteur. La canalisation de raccord est forcément peu protégée et fragile. Le gros inconvénient est que si par usure, accident, elle se rompt, non seulement la remorque n’est plus freinée, mais encore le servo-frein du tracteur cesse d’agir. La sécurité est donc relative.
- LES AVANTAGES DU FREINAGE ELECTRIQUE
- Il est assez curieux de noter qu’industriellement les efforts ont surtout été dirigés vers la mise au point de dispositifs pneumatiques de freinage, et que bien rarement on a fait appel à l’énergie électrique.
- Tous les véhicules possèdent pourtant maintenant un équipement électrique qui fonctionne correctement et qui comprend une batterie d’accumulateurs; celle-ci est une sérieuse réserve d’énergie.
- On a confié à l’électricité une foule de petites fonctions, outre l’éclairage et l’allumage, sur les voitures on n’en est pas encore venu à lui confier le freinage. Pourtant l’électricité est d’un transport facile et est transformée aisément en énergie mécanique.
- Certains disent que la batterie n’est pas encore un organe bien sûr, qu’elle peut se décharger sans qu’on s’en aperçoive, et c’est alors la disparition du freinage. Il faut avouer que c’est une objection assez sérieuse, quoiqu’une batterie ne puisse se décharger rapidement, sauf accident grave.
- Un progrès notable dans la fabrication des batteries serait un gros point en faveur .du freinage électrique, et pourtant telle que cette batterie est constituée actuellement il y aurait intérêt, sans perte de sécurité, à l’utiliser pour le freinage.
- Les avantages suivants du freinage électrique sont surtout à citer. Le fonctionnement des freins est indépendant de celui du moteur à explosions; on obtient donc le freinage maximum même à l’arrêt de ce moteur. Il est possible, comme pour certains des modèles imaginés, d’obtenir le resserrage automatique des freins lorsqu’à l’arrêt il y a tendance au desserrage. Cela éviterait qu’une voiture abandonnée, en côte, ne puisse partir d’elle-même
- à la dérive lorsque, les organes mécaniques des freins s’étant refroidis, le blocage n’est plus total; c’est là un accident courant causant chaque année quelques dommages.
- Le freinage des remorques devient très simple avec la commande électrique; il suffit d’un câble (plus robuste qu’un tube) pour relier le camion et les remorques multiples. Si ce câble se rompt, les remorques ne sont plus évidemment freinées, mais le tracteur reste, lui, dans les conditions normales.
- Il est en outre possible de commander le freinage à la main, par un clavier, un jeu de boutons, une manette, placés sur le volant ou à proximité. L’effort physique à accomplir par le conducteur arrive à être à peu près nul. On peut aussi remarquer que les véhicules automobiles ont trois pédales alors que nous n’avons que deux pieds. Les pédales de frein et d’accélérateur sont commandées par le même pied; il est rare en effet qu’on freine et qu’on accélère en même temps le moteur; il arrive néanmoins qu’on y soit obligé dans certaines manœuvres délicates, comme lors du départ en forte côte; les conducteurs
- font alors usage du frein à main, à levier mais cela n’est guère commode. La commande des freins par un contact sur le volant est alors une aide précieuse.
- Le frein électrique sera aussi particulièrement intéressant sur les voitures modernes munies de « roues indépendantes ». Les roues ont alors une position très variable avec le châssis qui supporte les commandes mécaniques de freins, et les efforts de freinage, malgré les systèmes de bielles et de rotules qui sont utilisés, sont rarement égaux sur toutes les roues. Notons que pour les roues avant notamment, les dispositifs mécaniques les meilleurs donnent un effort qui varie avec l’angle de braquage ; certains modèles freinent d’eux-mêmes lorsqu’on braque à fond, ce qui devrait être inadmissible.
- Le frein électrique doit donner un freinage égal sur toutes les roues. Cependant il faut pour cela qu’il soit réellement un frein électrique et non pas seulement un servo-frein électrique.
- Le problème du freinage électrique n’est pas en effet, lorsqu’on y réfléchit bien, un problème facile. Il ne suffit pas, comme on pouvait le penser à première vue, de disposer un moteur électrique qui, mis en marche, exerce une traction sur les commandes d'un frein mécanique classiquè. On ne réalise là qu’un servo-frein, ce qui est déjà intéressant, mais il faut scnger qu’on doit obtenir à volonté la progressivité ou l’instantanéité de freinage, le freinage à l’arrêt, le défreinage automatique...
- Le frein électrique logé dans l’emplacement du frein
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- Boutons
- Boite à relais
- Fig. 1. — Servo-frein Greberl. (Installation sur camion).
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- de roue actuel est d’ailleurs nettement préférable au servo-frein puisque toutes les commandes mécaniques disparaissent alors.
- Les chercheurs ont imaginé d’assez nombreux modèles de servo-freins et de freins électriques, et certains de ces modèles sont utilisés sur voitures; néanmoins aucun n’a encore été couronné d’un succès éclatant et cela pour des raisons très diverses. La principale est une méfiance un peu injustifiée à l’égard de l’électricité. Les constructeurs de voitures sont surtout des mécaniciens, et ils aiment les solutions mécaniques qui évidemment tombent
- Fig. 2.
- Vue de profil et en plan du servo-frein Grebert.
- A. Moteur électrique de démarrage. — B. Arrivée du courant au moteur. — C. Accouplement élastique. — D. Réducteur à engrenages. — F,. Friction réglable. — F. Pignon de chaîne. — G. Chaîne de commande tirant sur le palonnier de frein. — H. Roue à rochet. .—- I. Cliquet de retenue. — K. Arrivée du courant à F électro-aimant.
- — L. Ressort de rappel du cliquet.
- mieux sous le sens. Cependant quelques-unes de ces inventions mériteraient un sort meilleur. Il n’y a guère qu’aux Etats-Unis qu’on trouve l’exemple d’un frein électrique, le frein Warner, monté en série sur des tracteurs et sur les remorques qu’ils doivent entraîner; son emploi satisfaisant semble s’étendre. Nous donnons plus loin la description de cet appareil intéressant.
- Auparavant nous voudrions montrer au lecteur deux modèles de servo-freins électriques pris parmi les plus remarquables et qui ont fonctionné (ou fonctionnent encore) avec satisfaction sur voitures.
- SERVO-FREINS ELECTRIQUES
- Un servo-frein électrique a l’avantage pratique de pouvoir être installé sur n’importe quel camion ou voiture puisqu’il utilise la timonerie existante, mais il ne présente pas, nous l’avons noté, autant d’intérêt que le frein électrique.
- a) SerVo=frein Grebert. — Nous examinerons en premier lieu le servo-frein, Grebert, très simple et- qui a été étudié pour utilisation surtout sur les poids lourds. C’est un appareil robuste; il a eu d’assez nombreuses applications dans le Nord de la France.
- La ligure 1 donne une vue générale de l’installation de ce servo-frein; la figure 2 montre le servo-frein lui-même de profil et en plan.
- Il comprend un moteur électrique du type série, analogue à un démarreur de voiture, moteur qui entraîne, par un train d’engrenages réducteur, une poulie-treuil. Sur cette poulie-treuil s’enroule un câble ou une chaîne qui tire la tige de commande de la timonerie des freins. Il suffit donc d’envoyer par un commutateur le courant électrique dans le moteur pour obtenir le freinage. Lorsque le courant est coupé, les ressorts de freins et de timonerie sont assez puissants pour rappeler le système en arrière en entraînant le réducteur et le moteur en sens inverse.
- Pour obtenir la progressivité du freinage, on règle l’intensité du courant envoyé dans le moteur à l’aide d’un rhéostat que manœuvre le conducteur, on peut encore alimenter le moteur sous des tensions croissantes par diverses prises faites sur la batterie; pour ce dernier cas il est avantageux d’utiliser des relais électromagnétiques mis en action par des touches ou des boutons situés près du conducteur, comme dans la figure 1.
- Lors d'un freinage de longue durée, dans une descente par exemple, il n’est pas admissible de dépenser continuellement du courant dans le moteur, il en est de même lorsqu’il faut réaliser un freinage à l’arrêt. Un dispositif de retenue mécanique, visible sur la figure 2, est pour cela prévu.
- Ce dispositif comporte une roue à rochet calée sur un des arbres du. démultiplicateur, un cliquet se présente en face de cette roue à rochet; il en est normalement tenu écarté par l’action d’un ressort mais peut être attiré par un électro-aimant commandé par un contac-teur spécial. Pour obtenir la retenue il faut fermer ce contacteur puis couper le courant d’alimentation du moteur. Le courant peut être aussitôt coupé également dans l’électro-aimant par le contacteur spécial, car le cliquet, maintenu en prise par l’effort des freins, ne peut échapper. Pour dégager le cliquet il suffit d’augmenter pendant un instant le freinage, à l’aide du rhéostat; la roue à rochet tourne d’un petit angle supplémentaire et le cliquet rappelé par le ressort est libéré.
- Enfin il a été nécessaire de prévoir dans le démultiplicateur un dispositif à friction, réglable, qui limite les efforts, notamment lorsqu’à fin de course le moteur lancé à pleine vitesse est arrêté assez brusquement par la résistance de freinage.
- b) Servo=frein Bénier. — Quelque peu plus compliqué
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- Fig. 3. — Seruo-frein élastique Bénier. Coupes longitudinale et transversale.
- est le servo-frein Bénier dont la figure 3 montre les différents organes. Il présente des détails fort ingénieux; sa commande s’effectue par pédale comme dans les freins classiques, ce qui ne change pas les habitudes du conducteur. Il ne comporte pas de rhéostat, la retenue mécanique s’opère automatiquement et n’entraîne plus aucune dépense de courant dès que la valeur de freinage correspondant à la position de la pédale est atteinte. 11 possède une tige de traction qui est accouplée à la timonerie de frein, il peut se monter sur toute voiture même de tourisme, car son encombrement est plus faible que celui d’un servo-frein à dépression. L’énergie nécessaire est comme dans le cas précédent fournie par un moteur électrique du type série mais qui est un peu spécial, car il doit pouvoir tourner dans les deux sens de rotation.
- On voit en se rapportant aux chiffres inscrits sur la ligure 3 que ce moteur fixé sur le carter (1) du servo-frein attaque par un pignon (2) un train d’engrenages (3) mettant en rotation une vis (4) dont les fdets sont en dents de scie et sur laquelle se visse un écrou (5). La tige de traction (6) porte un palonnier (7) oscillant sur un axe transversal (8) et lié : d’une part à l’écrou (5) d’autre part, à la pédale de frein (9) par la tige articulée (10). L’oscillation du palonnier est limitée à un certain angle par l’axe (11) qui passe avec un jeu donné dans le trou (12).
- Lorsque pour freiner on exerce une pression sur la pédale de frein, cette action a pour premier résultat d’incliner le palonnier; ce dernier en s’inclinant fait fonctionner par l’aide d’un levier coudé (13) un contac-teur qui envoie le courant électrique dans le moteur. Le sens de rotation du moteur est tel que l’écrou se visse sur la tige filetée (4) dans le sens du déplacement de la pédale de frein; il aide donc directement au déplacement de cette pédale.
- Le moteur continue son action tant que le palonnier reste incliné, donc tant qu’on presse sur la pédale. Lorsque la pédale est arrêtée dans une position déterminée l’écrou en se vissant redresse le palonnier qui commande le contacteur et le courant est coupé dans le moteur. Cependant l’effort de freinage conserve sa valeur puisque, l’écrou étant maintenu en position par la vis (4), l’effort sur la tige de traction (6) est lui aussi maintenu constant.
- La pédale étant alors lâchée, le palonnier s’incline en sens inverse du sens précédent; il agit toujours par le levier coudé (13) sur le contacteur qui à ce moment alimente le moteur en sens inverse du sens précédent; le moteur qui est, nous l’avons dit, spécial tourne en sens inverse, il entraîne la vis (4), l’écrou (5) revient en arrière et le freinage est supprimé.
- Pour obtenir le blocage des freins à l’arrêt il suffît de couper par un interrupteur spécial la ligne, d’alimentation électrique lorsque l’appareil est dans la position de freinage.
- Notons que la vis ne doit tourner que d’un petit
- nombre de tours pour réaliser le freinage et le défreinage ; l’action est, en fait, aussi immédiate que celle d’un servofrein à dépression.
- FREINS ÉLECTRIQUES
- Parmi les réalisations de freins électriques, et non plus de servo-freins, qui ont fait l’objet d’une utilisation sur voiture, on ne rencontre que des systèmes électromagnétiques. Un moteur électrique est, en effet, peu facilement logé dans une roue.
- a) Frein Eclair. •— Nous citerons d’abord un précurseur, le frein Eclair, qui a vu le jour il y a 6 ou 7 ans au moment où le montage de freins sur roues avant devenait la règle. Les voitures déjà en usage ne possédant que les
- Fig. 4. — Vue en coupe du servo-frein Eclair.
- Sortie du courant
- Anneau enfante
- Bobines de lëlectro<
- Si Cuvette carter
- Goujon a ressort
- dudisque
- Embase
- Goujon à ressort
- en tôle
- Goujon à ressort
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- Ressort de rappel de la bande de frein
- Bande de frein Armature Bobine
- Supp. en matière non magnétique
- Fig. 5. — Eléments constitutifs du frein électrique Warner.
- freins arrière étaient en état d’infériorité par rapport aux nouvelles voitures et il en résultait un danger; la situation est en effet mauvaise lorsque la voiture que l’on a devant soi s’arrête plus rapidement que celle que l’on conduit. Ce frein Eclair a donc été monté en supplément, sur roues avant, à Paris notamment.
- La figure 4 en donne le principe de construction; l’action de freinage est fournie par l’attraction magnétique d’une bobine.
- Dans un carter monté sur la fusée fixe de la roue est disposé un double U circulaire en fer dans les gorges duquel sont logées les spires de la bobine; l’enroulement est mis à la masse à une extrémité et relié à l’autre extrémité à une borne d’alimentation; cet enroulement est recouvert d’un ciment spécial qui le garantit des attaques de l’huile, de la boue, de l’eau.
- Face à l’électro-aimant ainsi constitué tourne un large anneau plat en fonte douce. Dans cet anneau sont vissés des goujons qui le rendent solidaire, en rotation, d’un disque fixé sur le moyeu de la roue. Chaque goujon
- est muni d’un
- Fig. 6. — Frein Warner pour gros poids-lourd. ressort qui permet le déplacement de l’anneau suivant l’axe de la roue et rappelle cet anneau contre le disque ; l’effort est réglable à l’aide d’un écrou.
- Lorsque le courant est envoyé dans la bobine, l’anneau de fonte tournant avec la roue est attiré et se plaque sur le circuit magnétique fixe en U de cette bobine. Il en ré-
- sulte une friction et un effort de freinage. L’intensité du freinage correspond à l’intensité du courant dans la bobine, courant qui est réglé par un rhéostat lié à la pédale de frein. On peut aussi par trois vis de poussée régler l’entrefer d’attraction ou distance de l’anneau au circuit magnétique, et i'égler l’action des ressorts de rappel placés sur les goujons.
- Pour uniformiser l’usure et favoriser le refroidissement, le circuit magnétique de la bobine est excentré comme il apparaît sur la figure. Néanmoins l’évacuation de la chaleur se produit mal, la surface de frottement est faible et un tel dispositif ne pouvait constituer un frein suffisamment puissant pour être appliqué aux poids lourds.
- b) Frein Warner. — Un progrès très sensible par rapport au modèle précédent est réalisé dans le frein Warner, qui peut convenir à tous usages. Il est, aux Etats-Unis, appliqué particulièrement aux trains de remorques, et son. succès montre qu’il est sorti du domaine de l’expérience pour entrer dans celui de l’utilisation courante.
- Les différents organes, peu nombreux, du frein Warner sont représentés sur la figure 5. On voit qu’il comporte un tambour de freinage de type habituel, fixé sur la roue ou son moyeu, et tournant avec elle. Dans le fond de ce tambour est maintenu par des lames de ressort en bronze un anneau, ou armature, en fer, qui tourne avec le tambour mais peut se mouvoir axialement grâce à l’élasticité des lames.
- La partie non rotative du frein se compose d’un support circulaire de forme spéciale, en métal non magnétique, qui est monté sur l’essieu ou l’axe fixe de la roue. Ce support s’introduit dans le tambour de freinage; il comporte une large gorge dans laquelle est placée une bobine en forme d’anneau et qui est tenue en place par un petit ressort; la section du fer de cette bobine est en forme d’U; l’enroulement est logé dans cet U ; une des extrémités du bobinage est à la masse, l’autre reliée à la borne d’alimentation; le tout est protégé par un ciment spécial. Les deux branches de F U se présentent face à l’armature en fer maintenue dans le fond du tambour. Enfin une bande de frein souple, garnie de ferrodo, à peu près semblable aux bandes utilisées dans les freins mécaniques classiques, est placée à l’extérieur de la gorge du support; elle peut donc frotter à l’intérieur de la partie cylindrique du tambour de frein. La bande de frein n’est pas entièrement circulaire; elle présente une coupure; un ressort de rappel tend à rapprocher les deux bords de la coupure; chaque bord présente un bec qui s’appuie sur le support fixe pour un sens de rotation et en outre dans la coupure se présente un doigt métallique soudé sur la périphérie de l’U en fer contenant la bobine.
- Le fonctionnement est le suivant. En marche normale, l’armature en fer liée au tambour frotte très faiblement sur la bobine. Si un courant électrique est envoyé dans
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- la bobine, celle-ci attire l’armature, le frottement entre l’armature et la bobine est augmenté et la bobine est entraînée dans le sens de la rotation. Le doigt périphérique que porte la bobine pousse ainsi une des extrémités de la bande de frein ; cette bande s’ouvre, car son autre extrémité est retenue par son bec, et elle vient s’appliquer sur le tambour de frein en provoquant le freinage. Ce freinage est renforcé par auto-serrage puisque la bande est poussée dans le sens du mouvement.
- Encore ici l’intensité de freinage est en relation avec la valeur du courant envoyé dans la bobine par un rhéostat; plus le courant est grand, plus important est l’entraînement de la bobine et plus énergique le freinage.
- Le courant étant coupé, le ressort de rappel de la bande de frein ramène cette bande hors du contact avec le tambour et le ressort de la bobine ramène celle-ci en place.
- Le fonctionnement est exactement le même pour les deux sens de rotation de.la roue ; le doigt que porte la bobine pousse l’une ou l’autre des extrémités de la bande de frein.
- Il est à remarquer que le dispositif n’a en lui-même pas besoin de réglage, car si la bande de frein s’use, l’usure est automatiquement rattrapée par le déplacement de la bobine qui est simplement un peu plus grand. Comme les bobines sont toutes semblables, le freinage est équilibré sur toutes les roues quel que soit l’état des patins de frottement et cela sans l’intervention de trin-gleries, de palonniers ou de ressorts de compensation.
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- Le montage d’un tel frein sur voiture devient très simple; la commande se réduit à un câble électrique par roue.
- La figure 6 représente un modèle pour gros poids-lourds, démonté; le tambour de freinage est enlevé. On aperçoit la bande de frein qui comporte ici 6 patins séparés, de 10 X 20 cm chacun. La double articulation permettant l’insertion du doigt de commande de la bobine est visible à la partie supérieure, ainsi que le ressort de rappel. La surface latérale de la bobine formant un anneau circulaire lisse est aussi bien visible. Ce frein est parmi tous ceux qui existent, et qui ont le même encombrement, celui qui est à la fois le plus léger, le plus puissant et qui présente la plus grande surface de frottement. Il ne consomme pourtant que 2 ampères sous 12 volts; par suite du phénomène d’auto-serrage, la dépense d’électricité est, on le voit, très faible.
- On est fondé à croire devant ce résultat que le freinage électrique des automobiles, qui en est à ses débuts, sera de plus en plus employé, étant donné d’une part les avantages qu’il présente et d’autre part la sécurité de fonctionnement des équipements électriques actuels. Peut-être, par timidité, passera-t-on par le stade du servo-frein électrique qui n’est pourtant qu’une solution incomplète.
- On a pu voir d’après les exemples donnés que ce problème, qu’il s’agisse de servo-frein ou de frein électrique, est complexe. Il y a certainement, dans ce domaine, encore quelques belles inventions à faire.
- A. Touvy.
- OISEAUX DE CAGE ET DE VOLIERE
- L’ÉLEVAGE DES ASTRILDS ET DES SPERMÈTES
- D’abondants arrivages de petits Oiseaux exotiques, le prix modique de certaines espèces — et même des distributions gratuites en prime !—-ont eu pour résultat de répandre l’élevage de ces charmantes créatures; mais bien peu de personnes savent les soigner et les conserver. Pourtant avec un peu de bonne volonté, rien n’est plus facile que de garder longtemps et en parfait état ces petits granivores.
- Que de fois voyons-nous quelques malheureux Oiseaux, enfermés dans une cage trop étroite, condamnés à sauter d’un barreau sur l’autre, exposés aux courants d’air ou au plein soleil, nourris de millet et d’eau : c’est vraiment là un régime de prisonnier!... Et l’on pense à l’exclamation de V. Hugo : « Mais qu’ont donc fait tous ces innocents-là ? »
- Puisque j’élève des Astrilds depuis plus de vingt ans, qu’il me soit permis de résumer ici le fruit de mon expérience, en vue d’être utile aux éleveurs, — et pour répondre à celui de nos lecteurs qui demande comment soigner le « Bec de corail » ou Astrild gris et la « Nonnette » ou S perluète à capuchon.
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- Le premier est le type des Astrilds et le second le type des Spermètes ou, pour employer le langage des marchands, l’un est le type des « Bengalis » — nom très impropre car la majorité de ces Fringilles vient d’Afrique — l’autre, celui des « Sénégalis ».
- L’Astrild gris est communément importé, il vit très bien en captivité, mais il ne s’y reproduit qu’exceptionnellement. C’est l’un des plus difficiles à faire nicher. Ce joli petit Oiseau dont le plumage gris est délicatement relevé de rose, doit son nom à son bec d’un rouge corail; un trait, semblable à un coup de pinceau, de même couleur corail, part du bec et va jusqu’à l’oreille. Mais j’ai vu désigner sous le nom de « Bec de corail » un oiseau beaucoup plus gros et très différent : le Tisserin travailleur (Quelea quelea).
- L’Astrild gris (Astrilda cinerea) habite toute l’Afrique tropicale.
- Comme toutes les espèces du groupe, il est doux, très sociable, aimant la nombreuse compagnie. Ce petit monde
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- mange et se baigne en bande, sans disputes; le repos s’effectue en brochettes bien serrées. Il y a des intermèdes de danse et de chant, une plume au bec.
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- La cage sera assez grande pour que les Oiseaux puissent voleter, de forme simple, rectangulaire, sans ornements inutiles, elle sera très peu encombrée de perchoirs. Ceux-ci seront de différentes grosseurs, et les meilleurs sont des branchettes avec leur écorce sur lesquelles les ongles des Oiseaux s’usent normalement. Les perchoirs seront nettoyés et changés souvent.
- Le plateau de la cage doit être garni de papier gris, de sable ou de sciure de bois, bien propres et renouvelés chaque jour.
- Il est bon de donner, dans un récipient plat, un peu de terre dans laquelle les captifs iront fouiller.
- Les baignoires vitrées s’accrochent à l’extérieur, devant les portes; elles sont très pratiques et évitent que le plateau ne soit mouillé.
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- La nourriture des Astrilds consiste en un mélange de millet blanc, de millet de Bordeaux (petit et jaune), et de moha. On y ajoute un peu d’alpiste. Dans un petit récipient, on donnera de l’œillette bleue ou grise.
- De plus, les petites graines de salade sont bien accueillies, ainsi que les graines de Plantain, et celles d’herbes fraîches ou séchées. Les Astrilds aiment à chercher ces graines dans le sable de leur plateau. Et lorsqu’on leur apporte une touffe de Graminées ou de Renouée, chargée de graines mûres, c’est un plaisir de les voir se suspendre aux tiges minces, qu’ils font à peine ployer, pour se régaler des menues graines qui leur rappellent celles de leur pays. Si les plantes sont couvertes de petites chenilles, la fête est complète.
- La salade, surtout la laitue, est indispensable. Les fruits, également. Ils seront bien mûrs. Cerises et raisins doux, poires et pommes, bananes et oranges sont généralement appréciés. Une figue sèche, ouverte en deux, plaît à beaucoup d’Astrilds.
- La pâtée de biscotte au lait, saupoudrée d’œillette, de consistance épaisse, et dont j’ai déjà parlé dans l’article sur le Liothrix (n° 2889 de La Nature), est un bon aliment qui convient à tous les petits Oiseaux. Au moment de la mue, on peut leur donner aussi un peu de pâtée au jaune d’œuf dur, •— et un peu de chènevis broyé.
- Les Vers de farine (Larves de Ténébrion), les Ephémères, les Mouches et autres Insectes sont fort recherchés des Astrilds qui ne sont certainement pas de purs granivores, loin de là;
- Avant de manger une feuille de salade, vous les verrez toujours chercher à découvrir des Pucerons, de minuscules Limaces ou Vers.
- Un os de Seiche, une coquille d’œuf fraîchement cassé, sont très utiles. De l’eau bien pure, fréquemment renouvelée, complète un régime dont s’accommoderont presque tous les petits Oiseaux de cage.
- L’eau sei*a donnée dans un « canari » ou dans une bouteille plate dite « fontaine ». Pour les Astrilds, il faut choisir un modèle à goulot étroit afin qu’il leur soit impossible d’y enfoncer la tête ; j’ai perdu un Joues-orange, qui n’ayant pu retirer sa tête après l’avoir introduite dans le goulot, est mort asphyxié. Il faut qu'ils puissent seulement tremper le bec dans l’ouverture de la bouteille.
- Un nettoyage des bouteilles au gros sel et au vinaigre assurera la parfaite propreté exigée.
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- La question de température est aussi importante que celle de l’alimentation. Les Astrilds doivent être maintenus, jour et nuit, dans une température assez chaude ('), égale surtout. Les courants d’air doivent être soigneusement évités, de même que l’exposition directe au plein soleil, sans abri. Il faut se rappeler qu’en leur patrie, les Bengalis se tiennent cachés pendant les heures chaudes du jour.
- Autant que possible, je permets à mes Oiseaux de sortir de leurs cages pour prendre un peu d’exercice dans l’appartement. Les Astrilds sont intelligents et, très vite, ils savent sortir de leur cage respective et y rentrer après s’être promenés. J’ai eu, notamment, un Bec de corail qui allait et venait, sans se tromper, une heure après son achat!...
- Les Oiseaux nouvellement importés — ce sont pour la plupart de jeunes sujets — demandent à être l’objet de soins particuliers. En effet, ils arrivent épuisés par les fatigues et les frayeurs d’un long et pénible voyage. Ils ont besoin de chaleur, de tranquillité et d’une bonne nourriture.
- Une fois acclimatés, les Astrilds peuvent vivre très longtemps en captivité. Les miens vivent huit, dix, douze et quatorze ans, même les espèces les plus délicates. (L’un de mes Cordons bleus a vécu douze ans; et un Amarante, douze ans également.)
- Condition essentielle : afin de supporter la mauvaise saison, les petits Oiseaux, obligés de manger souvent •— d’autant plus souvent qu’ils sont plus petits — doivent être éclairés pendant les longues soirées d’hiver. Cette précaution prolonge sensiblement la vie de l’Oiseau.
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- Les Sénégalis doivent être traités comme les Bengalis, quoiqu’ils soient un peu moins délicats. Ils sont plus granivores et leurs petits sont plus faciles à élever.
- A moins d’avoir une très grande volière, il ne faut pas mettre des Sénégalis avec des Bengalis. Les Spermètes sont taquines, elles tourmentent sans cesse les Astrilds et même les blessent et les tuent, car leur bec est robuste.
- La Nonnette à capuchon (Spermestes cucullala), originaire de la Sénégambie et du Congo, est vive et amusante. J’ai eu une femelle, très intelligente et familière, qui faisait la loi à toute une cagée de Serins. Elle couvait les œufs et gardait les jeunes. Elle se promenait à travers l’appartement et se laissait caresser.
- A. Feuillée-Billot.
- 1. 15° à 20°.
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- LA MAISON DE LA CHIMIE
- Dans quelque temps, le Président de la République inaugurera la Maison de la Chimie, édifiée à l’aide d’une souscription internationale qui, ouverte en 1927, lors de la célébration du centenaire de Marcellin Berthelot, réunit près de 24 millions de francs en moins de trois années. Les comités, constitués dans les différents pays pour commémorer la naissance du célèbre chimiste, résolurent, en effet, de perpétuer sa mémoire non par une banale statue mais par une œuvre durable. Aussi, grâce à ces fonds, on put créer une remarquable fondation, reconnue d’utilité publique le 12 août 1928. De son côté, le Gouvernement français ne voulut pas demeurer étranger à cet élan universel et déposa à la Chambre des Députés un projet de loi dans le but de faire acquérir par l’Etat l’hôtel de La Rochefoucauld d’Estissac, sis 28, rue Saint-Dominique, à Paris.
- Le dit projet de loi, qui donnait la jouissance perpétuelle de ce bel immeuble,d’une part, à la Maison de la Chimie, et d’autre part, au Foyer international universitaire, fut adopté à l’unanimité par le Parlement, et par acte du 1er octobre 1929, l’État français se rendait acquéreur, moyennant 15 millions de francs, de cette importante propriété d’une superficie de 5000 m2.
- Après quelques conventions et pourparlers divers entre les représentants du Gouvernement et l’Université de Paris, le Conseil d’administration de la Maison de la Chimie prit possession, le 1er février 1931, des locaux qui lui étaient affectés, puis se hâta de les approprier à leur future destination.
- Avant de visiter l’établissement si habilement transformé, rappelons rapidement le passé de cette demeure historique. Jusque vers le milieu du xvne siècle, le faubourg Saint-Germain, autrement dit l’espace compris entre la Seine, la rue Bonaparte actuelle et la région des Invalides, Comprenait seulement des jardins, des prés et des vergers au milieu desquels s’élevaient de rares maisons. Depuis le Moyen Age, cet immense territoire appartenait à l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés sauf la longue bande du Pré-aux-Clercs, que possédait la Sorbonne. Durant longtemps, cette région maraîchère « conserva son primitif aspect campagnard », comme l’écrit M. Fran-
- çois Boucher, le distingué conservateur adjoint du Musée Carnavalet. Mais au début du xvnie siècle, lorsque les revers militaires, les difficultés économiques et les deuils princiers firent pâlir l’étoile du Grand Roi, Versailles étant détrôné, Paris rayonna de nouveau. Dès 1704 on traça des boulevards dans le quartier des Invalides et en moins de vingt ans, sur les terrains du faubourg Saint-Germain, s’élevèrent de somptueuses habitations; en particulier, l’ancien Hôtel d? Auvergne construit par Cailleteau dit Lassurance, élève de Mansart et grand bâtisseur parisien, se distingua entre tous ces remarquables édifices. Après être passé entre les mains de divers propriétaires, après avoir appartenu au fils de Frédéric Maurice de la Tour, dit le comte d’Auvergne et lieutenant général, « ressemblant pas mal à un sanglier », selon Saint-Simon, il abrita entre autres Mme de Caraman, qui y offrait des soupers demeurés légendaires. L’Hôtel d’Auvergne fut ensuite vendu à Alexandre François, comte de La Rochefoucauld, en 1820, et demeura dans cette famille jusqu’au jour où l’Etat français en fit l’acquisition (1er octobre 1929). Tout en lui redonnant un regain de jeunesse, les transformations actuelles conservent à cet élégant édifice sa physionomie générale.
- Les architectes de la Maison de la Chimie ont reconstruit les deux ailes donnant sur la cour d’honneur dans le même style que celui du corps de bâtiment principal, car leurs dispositions intérieures se prêtaient mal au but poursuivi. Maintenant le rez-de-chaussée comprend des salons de réception, un hall, des salles de fêtes et d’exposition, des dépôts des livres et documents. Au premier étage du bâtiment central ou des ailes, se trouvent les bureaux administratifs de la Maison de la Chimie-, au second, les services de Y Union internationale de Chimie et de YOffice international de Chimie. Ses petites salles de conseils ou de commissions, ses salles de conférences dont certaines ont 500 places, ses salles de banquets susceptibles de recevoir 450 convives, son amphithéâtre capable de contenir 225 auditeurs et sa grande salle des Congrès, où plus de 1000 personnes peuvent se réunir à l’occasion, forment un ensemble répondant à toutes
- Fig. 1. — Façade de la Maison de la Chimie sur la rue St-Dominique, à Paris.
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- Fig. 2. — Un coin de la salle des services techniques à la Maison de la Chimie.
- les exigences des diverses manifestations de l’activité scientifique contemporaine.
- D’autre part, l’aile droite du monument abrite les différents services du Centre de documentation chimique, qui comprend cinq grandes divisions :
- A. Département des consultations documentaires;
- B. Département des publications documentaires;
- C. Département des informations scientifiques et techniques;
- D. Département des informations économiques;
- E. Département de l’expansion chimique.
- L’activité de cet Office international, unique actuellement dans le monde, s’étend à toutes les branches de la chimie :
- Chimie pure : Chimie physique;^ Chimie minérale; Chimie organique; Chimie biologique.
- Laboratoire et usine: Chimie analytique; Équipement et outillage du laboratoire; Equipement et outillage de l’usine; Chauffage industriel; Chauffage domestique; Éclairage; Force motrice; Graissage; Industries frigorifiques; Eaux; Hygiène industrielle.
- Combustibles : Combustibles solides ; Combustibles gazeux; Combustibles liquides et produits dérivés.
- Industries minérales : Gîtes minéraux; Sidérurgie; Métaux lourds non ferreux; Métaux légers; Métaux précieux; Électrométallurgie; Électrochimie; Grande industrie chimique; Petite industrie chimique; Terres rares; Corps radioactifs; Chaux, ciments, matériaux de construction; Verrerie; Céramique; Émaillerie.
- Industries organiques: Produits organiques intermédiaires; Matières colorantes; Produits pharmaceutiques ; Produits photographiques ; Poudres et explosifs ; Produits de combat non explosifs; Essences et parfums, Parfumerie; Résine naturelle ; Caoutchouc et succédanés; Matières grasses, savon, bougies, glycérines; Couleurs,
- encres, laques, vernis, cires et produits d’entretien ; Cellulose, papiers; Matières plastiques; Textiles artificiels; Textiles naturels; Blanchi-men ’, teinture, impression et apprêts.
- Agronomie et Industries agricoles :
- Extraits tinctoriaux et tannants; Industries de la tannerie et annexes; Colles et Gélatine; Sucrerie; Glucoserie, féculerie, amidonnerie; Industries des fermentations; Œnologie; Cidrerie; Distillerie; Brasserie, malterie; Industrie des boissons non fermentées ; Matières alimentaires; Boulangerie; Laiterie; Charcuterie; Conserves; Technologie chimique, agricole, sols, utilisation des engrais, parasiticides, zootechnie.
- Economie chimique : Organisation scientifique (enseignement, recherche) ; Organisation industrielle; Organisation commerciale; Organisation sociale; Législation; Sources et débouchés; Transports; Douane.
- L’affiliation de la Maison de la Chimie à Y Union française des organismes de documentation ainsi que sa bibliothèque, ses archives techniques, la collaboration de spécialistes autorisés et ses services de diffusion permettront à la nouvelle institution de répondre aux demandes des spécialistes, de suivre l’évolution (aujourd’hui si rapide) de la science et même, en donnant aux chercheurs de précieuses directives, de provoquer parfois — il faut l’espérer — d’utiles découvertes.
- Enfin, indépendamment des buts nationaux qu’elle poursuivra, la nouvelle création offrira, le cas échéant, une collaboration bénévole aux ententes générales susceptibles de rapprocher entre eux les savants et les techniciens du monde sans vouloir toutefois imposer sa tutelle aux institutions similaires internationales.
- Jacques Boyer.
- Fig. 3. — Une partie du dépôt des livres et documents de la Maison de la Chimie. (Les rayons et les montants de cette bibliothèque sont métalliques et interchangeables).
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- LES PASSAGES DE LIBELLULES EN 1934
- Les 13, 16, 17, 18, 19 septembre 1934, j’ai pu observer un énorme passage de Libellules de l’espèce Sympetrum sanguineum (Muls.), dans ma localité de St-Geniès-de-Malgoirès (Gard) et sur le territoire des communes limitrophes. Cet exode s’est continué à peu près tous les jours de beau temps qui furent les plus nombreux jusqu’au 2 octobre 1934.
- Les journées des 13 et 16 septembre connurent les passages les plus abondants, et l’on pouvait voir défiler dans un rayon qui n’excédait pas 40 m de chaque côté de l’observateur, au moment du plein passage, de 10 h à 11 h 1/2, environ 200 à 300 couples par minute, car ces insectes étaient tous accouplés. A peine pouvait-on apercevoir un individu isolé sur plusieurs milliers de couples unis. Le 29 septembre, à 11 h, il défilait encore au moins 100 couples à la minute sur les 80 m du rayon visuel.
- Le champ de nos observations a porté sur un front de 3 km, et la vitesse des émigrantes devait être d’environ 12 km à l’heure. Toutes suivaient la direction Nord-Ouest-Sud-Est. La hauteur de vol était d’ordinaire de 1 m 50 à 8 m, bien qu’un certain nombre passassent à plus de 25 m.
- Quand des obstacles se dressaient sur la route des voyageuses : maisons, rideaux d’arbres, arbres isolés, etc., les Libellules les franchissaient en prenant de la hauteur, sans jamais les contourner. La direction suivie était immuablement Nord-Ouest-Sud-Est.
- La capture de ces insectes au filet était peu aisée. Les couples évitaient le chasseur, qu’ils dépistaient à courte distance, au même titre qu’ils esquivaient les Hirondelles, fort abondantes en ces jours de migration. Cependant ces oiseaux ne paraissaient leur en vouloir nullement. Quand un coup de filet les rasait de très près, quelques rares couples se dissociaient.
- C’est de 9 h à 12 h qu’on observait les passages, qui s’arrêtaient complètement dans l’après-midi.
- Pendant cette période, la température est restée lourde et orageuse, les chutes d’eau peu fréquentes; la sécheresse était intense, et les cours d’eau à sec sauf en de très rares gourgs, qui, avec les mares minuscules nées les jours de pluie, attiraient quelques couples de Libellules, venant, d’un vol saccadé et comme en cadence, effleurer la nappe liquide du bout de l’abdomen delà femelle. Même aux jours de passages restreints, les points d’eau étaient aussi fréquentés qu’aux heures des défilés massifs ; et le 1er octobre, les eaux polluées par les égouts du village, qui coulent dans la rivière l’Esquielle traversant la localité, étaient abondamment survolées par des voyageuses accouplées.
- Dans l’après-midi, on trouvait partout, dans les champs, dans les garrigues, de nombreuses Libellules non accouplées; au coucher du soleil, les pointes des grilles entourant les habitations, les fils télégraphiques ou téléphoniques, ceux des antennes de T. S. F. ou simplement destinés au séchage du linge et aux clôtures du bétail, étaient garnis de Sympetrum sanguineum, parfois par 8 ou 10 au mètre courant.
- Après des pluies nocturnes, les matins de brouillards, les Libellules ne passaient que lorsque le soleil avait un peu séché le sol.
- En prenant des points de repères sur la route suivie, et en posant une règle sur la carte du département et des régions avoisinantes, la direction suivie passait exactement sur Saint-Gilles-du-Gard et traversait le grand étang du Vaccarès, qui couvre plus de 6500 ha. C’est donc vers les pays marécageux du Gard et de la Camargue que se dirigeaient les Libellules. Poursuivront-elles plus loin ?
- Des renseignements recueillis en dehors du département
- du Gard, il résulte que leur passage a été observé à Laroque (Hérault), à Vébron (Lozère), où elles suivaient la vallée du Tarnon; dans les Bouches-du-Rhône, aux abords de l’étang de Berre, et le journal Marseille-Matin signalait dans son numéro du 23 septembre 1934, en un entrefilet d’une trentaine de lignes : « Une nuée de Libellules sur Marseille » le 22 septembre.
- M. Talion, directeur de la Réserve zoologique et botanique de Camargue, questionné, a pu nous répondre que le garde de Badon avait observé un déplacement de Libellules pendant une demi-heure le 4 septembre, en direction Sud-Nord, par individus isolés et non accouplés, et celui de La Capelière, une volée suivant la direction Sud-Ouest-Nord-Est. Le front tenait des cabanes de La Capelière à la cabane Romieu, soit 2 km environ. A Trinquetaille, faubourg d’Arles-sur-Rhône, on observa le passage des Libellules le même jour. R est très i-egrettable qu’aucun exemplaire de ces insectes n’ait été capturé afin de pouvoir déterminer l’espèce de cette migration précoce.
- D’où venaient et où allaient toutes ces colonnes d’émigrantes qui nous paraissent avoir suivi certaines veines dans leurs déplacements. L’accouplement du plus grand nombre ne doit-il pas faire penser que cette armée cherchait un lieu de ponte favorable ?
- R est difficile de mettre un chiffre pour exprimer le total des sujets en déplacement, mais on peut l’estimer à plusieurs centaines de millions. Une partie de la population Libellules d’Europe a-t-elle pu survoler les Cévennes, le Bas Languedoc et la Provence ? Les renseignements nous manquent pour les régions au nord des premiers causses cévenols. Nous serions heureux de les voir compléter par les entomologistes de tous les pays, et en particulier par ceux du bassin du Rhône.
- Déjà, en 1921, j’avais observé le 12 octobre, entre 17 h 30 et 18 h, une bande ininterrompue de Libellules Sympetrum sanguineum survolant la ville de Nîmes. M. G. Cabanès, conservateur du Muséum d’Histoire naturelle de Nîmes, avait à la même heure vu passer ces insectes qui suivaient la direction Sud-Nord. Nous avions présenté, sur ce sujet, une note à la séance du 18 octobre 1921, de la Société d’Etude des Sciences naturelles- de Nîmes, pai’ue dans le Bulletin, tome XLIII, page IX.
- Les Libellules n’étaient pas accouplées; un grand nombre s’arrêtèrent, et le lendemain, toutes les pointes des grilles qui entourent et ferment la célèbre fontaine Pradier sur l’Esplanade de Nîmes, l’escalier du Palais de Justice, les portes des Arènes, étaient surmontées d’une Libellule, ce qu’on n’avait point vu la veille. Ailleurs, dans toute la ville, ces Névroptères pullulaient.
- En 1922, MM. Lichtenstein et Grassé, professeurs à Montpellier, publiaient dans le Bulletin de la Société enlomologique de France une note sous le titre : « Une migration d’Odonates ». Les faits relatés avaient été constatés le 8 octobre 1921 (quatre jours avant les observations de MM. Cabanès et Hugues à Nîmes) sur le littoral méditerranéen, entre les étangs de Pérols et de Mnuguio, non loin de la plage de Carnon (Hérault). Le vol était composé de Sympetrum meridionalis (Selys) et de Œschna mixta (Latr.) ; la direction suivie était Ouest-Est.
- Dans une étude parue dans le Bulletin de la Société d’Étude des Sciences naturelles de Nîmes, années 1928-1929, tome XLVI, pages 119 à 123, le lieutenant-colonel Jean-Jean présentait une communication au sujet de passages de Libellules observés sur Nîmes et sa banlieue dans la journée du 30 septembre 1928. Ce sont encore les Sympetrum sanguineum qui étaient
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- de beaucoup les plus nombreuses. Au début, ces insectes étaient accouplés, la direction suivie : Sud-Nord. Des Cordulegaster annulatus (Latr.) ou peut-être des Œschna affînis (Muls.) auraient fait partie de la troupe.
- J’ai relevé, dans mes souvenirs et notes de jeune naturaliste, vieux de 45 ans au moins, que mon père me signala une après-midi d’octobre le passage d’une colonne de Libellules qui défila pendant plusieurs heures, dans le territoire de Gajan, limitrophe de la ville de Nîmes, en suivant une direction Sud-Nord.
- Malgré leur fréquence relative, les passages de Libellules ont été jusqu’à nos jours peu observés. M. le professeur Giard, dans les comptes rendus de la Société de Biologie (séance du 15 juin 1889, page 423), mentionne les notes de l’abbé Chappe, que le naturaliste allemand Brehm a également reproduites : « L’abbé Chappe, qui se rendait, en 1761, en Sibérie pour observer le passage de Vénus, vit à Tobolsk un de ces convois de Libellules large de 500 aunes et long de cinq lieues ; M. Uhler, de Baltimore, a relaté que dans l’Amérique du Nord, notamment dans le Wisconsin, les convois de ce genre s’observent assez souvent. Les échantillons expédiés prouvent indubitablement que l’espèce américaine est identique à la nôtre; on a observé les mêmes phénomènes dans l’Amérique du Sud. La puissance de vol de ces insectes est indiquée par ce fait que des vaisseaux en ont rencontré en pleine mer à 600 milles anglais de la côte...
- « En juin 1852, par une belle journée, le naturaliste Hagen apprit que depuis 9 h du matin un immense essaim de Libellules pénétrait dans Kœnigsberg en passant par-dessus la porte royale. »
- Marcel de Serre en avait signalé en 1837, M. J. Bermier à Vimereux le 6 juin 1889, et M. Manier à Watten le 7 juin. La direction de ces vols était toujours Sud-Nord.
- C’est aux espèces : Libellula quadrimaculata, Crocothemys erythræ, Libellula depressa et Hemaniax ephippigerus, cette dernière de l’Afrique du Nord, que sont attribués les vastes déplacements.
- Sympetrum sanguineum est à ajouter à la liste, et la direction suivie en 1934 : Nord-Ouest-Sud-Est, diffère des migrations déjà observées. A ce titre elle présenterait un grand intérêt, si un faisceau d’observations permettait de coordonner les faits recueillis dans toute la France et à l’étranger.
- Le terme «migration » dépasse peut-être le cadre du phénomène, mais nous avons cru devoir l’employer, les meilleurs auteurs s’en sont servis. Brehm a fait remarquer que « depuis 1673 on a signalé plus de 14 convois formés pour la plupart de Libellula quadrimaculata, quelquefois de Libellula depressa, une fois enfin d'Agrions ».
- En août dernier, les Libellules étaient abondantes autour des lavagnes, seuls points d’eau des causses de la Lozère. Mon compagnon d’excursion, très familier de ce pays, s’en étonnait beaucoup; nous étions à 1100 m environ d’altitude.
- Pendant l’année 1934, les Libellules ont été extrêmement communes dès la fin juin, jusque dans la région, pourtant particulièrement sèche, des garrigues. L’automne est venu m’en donner une preuve, encore plus convaincante par les cohortes formidables que nous avons vues défiler.
- Albert Hugues.
- L’ACTIVITÉ CINÉMATOGRAPHIQUE
- EN FRANCE
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France vient de publier les statistiques établies par la Chambre syndicale française de la cinématographie sur l’activité de cette industrie en ces dernières années.
- On sait que les films sont d’abord tournés, puis présentés à la censure avant d’être édités et projetés.
- En 1933, 572 grands films (de plus de 1200 m) ont été soumis à la censure, 149 avaient été tournés en France et 9 à l’étranger par des maisons françaises. 230 autres provenaient des Etats-Unis, 113 d’Allemagne, 34 d’Angleterre, 17 d’Italie, 6 de Tchécoslovaquie, 5 d’Espagne, 4 de Pologne, 2 de Russie, 1 de Danemark et 1 de Belgique. 17 étaient des versions françaises de films allemands et 190 films étrangers avaient été doublés. Comme le doublage doit être légalement réalisé en France, cela porte à 365 le nombre des films parlants français.
- Le nombre des films français présentés à la censure qui n’était que de 68 en 1924 a donc fortement progressé en ces dernières années, en partie par suite des mesures dé protection qui ont été prises et du contingentement qui a été imposé. Le décret du 24 juin 1934 fixe à 94 le nombre des films étrangers doublés en France, qui pourront être projetés pendant le second semestre de l’année et n’autorise la projection de versions originales que dans 5 salles du département de la Seine et 10 des autres départements.
- La statistique d’édition des grands films (de plus de 1400 m) fournit le chiffre de 419 films pour l’année 1933, qui se répartissent de la façon suivante : 174 parlants français, 143 doublés
- en français et 2 films sonores d’une part; 153 projetés en version originale d’autre part. Le total de 419 est obtenu après déduction des doubles emplois (53 films doublés, projetés également en version originale).
- Les principaux pays fournisseurs sont les Etats-Unis (175 films), la France (143), l’Allemagne (59) et l’Angleterre (21); 43 firmes françaises ont édité en 1933, mais 21 d’entre elles n’ont donné qu’un film chacune alors que les 3 principales en totalisent 49.
- Le montant des capitaux investis dans l’industrie cinématographique s’est élevé de 52 475 000 francs en 1932 à 73 689 000 fr en 1933, dont 3 430 000 concernent 19 augmentations de capital et 70 259 000 la création de 228 sociétés nouvelles.
- 58 sociétés ont, par contre, été mises en liquidation ou en faillite pour un capital total de 23 125 000 fr.
- Les importations en France de bandes impressionnées, positifs et négatifs, se sont élevées à 37 millions en 1933
- contre 30 en de 27 millions 1932, tandis que les exportations n’ont en 1932 et 29 en 1933. été que
- Depuis dix suivants : ans, la censure a opéré sur les nombres de films
- 1924 . . . .... 693 1929 437
- 1925 . . . .... 704 1930 478
- 1926 . . . .... 565 1931 453
- 1927 . . . .... 581 1932 496
- 1928. .. . .... 583 1933 572
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES*1*
- XVI. — L’INFLUENCE D’UNE FORTE CULTURE GÉNÉRALE
- Gay=Lussac (1778-1850), une des gloires de la physique et de la chimie, n’eut cependant pas une jeunesse favorable à la vocation scientifique, ainsi que nous allons le voir d’après sa biographie par Biot (*).
- Il naquit à Saint-Léonard, petite ville du département de la Haute-Vienne, où son père exerçait la charge de procureur du roi (son grand-père était médecin). La révolution de 1789, qui éclata lorsqu’il sortait de l’enfance, contraignit sa famille à le garder près d’elle, durant les années où il aurait pu recevoir une éducation classique. Ce ne fut qu’en 1795, lorsqu’il avait déjà 16 ans révolus qu’un peu de sécurité étant revenue, ses parents se décidèrent à l’envoyer à Paris pour y faire quelques études et se préparer aux examens d’admission à l’École polytechnique. Malheureusement, une grande disette étant survenue, le chef de l’établissement où il était entré se vit forcé de congédier tous ses pensionnaires. Mais les rares dispositions de Gay-Lussac et l’aménité de son caractère lui ayant inspiré une vive affection, il le garda, plutôt comme un fils que comme un élève. Grâce à cette heureuse association des qualités morales avec les dons de l’intelligence qui le distingua toujours, il fut en état, en 1797, d’être admis à la Grande École, d’où il sortit, en 1800, pour entrer, comme les meilleurs, dans le service des ponts et chaussées. Berthollet était alors professeur de chimie à l’École polytechnique. Il remarqua ce jeune homme si bon, si zélé, si intelligent. Il en fit son répétiteur et, bientôt, le fixa près de lui dans sa délicieuse retraite d’Arcueil, où, entouré de tous les instruments du physicien et du chimiste, il travaillait à son grand ouvrage sur la statique chimique, éclairé et soutenu par les entretiens journaliers de son ami Laplace dont, plus tard, la résidence touchait la sienne. Ce fut sous l’influence de ces deux hommes que Gay-Lussac prit son essor. Ils dirigèrent d’abord son jeune talent vers ce champ de recherches commun à la physique et à la chimie que le génie inventif de Dalton avait commencé à explorer avec une activité si féconde dans un mémoire qu’il publia en 1801 (Experimental Essays). C’était, en effet, à cette époque, le sujet qui pouvait être le plus fructueux et le plus utile, puisque les recherches expérimentales étaient alors ignorées ou imparfaitement établies. Obéissant à cette inspiration, Gay-Lussac fit, dans la même année (1801), son premier travail sur la dilatation des gaz et des vapeurs; puis une foule de recherches sur le perfectionnement des thermomètres et des baromètres, la tension des vapeurs, leur mélange avec les gaz, l’appréciation de leur densité, l’évaporation, l’hygrométrie et la mesure des effets capillaires.
- Dans ce que nous venons de relater sur Gay-Lussac, il n’a guère été question de la jeunesse proprement dite du grand savant. C’est qu’en effet les renseignements sont rares à ce sujet et il n’y a guère qu’Arago (5) qui y ait fait allusion en rapportant, à son sujet, deux anecdotes qui, à vrai dire, n’ont qu’un intérêt assez médiocre, mais que nous allons citer à titre de simple curiosité.
- « Ceux qui ont eu l’occasion, écrit-il, de remarquer la froide réserve qui caractérisait Gay-Lussac dans l’âge mûr, s’étonneront sans doute de m’entendre dire que, dans son enfance, il était bruyant, turbulent et très aventureux. Pour justifier cette appréciation, je citerai un fait entre mille que j’ai recueilli de la bouche même de Gay-Lussac et que m’ont aussi relaté
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. Biot, Mélanges scientifiques et littéraires, t. 1, 1858, et Journal des savants, déc. 1850.
- 3. Œuvres complètes, Paris, 1859, t. III.
- ses plus proches parents. Un vénérable curé, son oncle, habitait une maison qui n’était séparée de celle occupée par la famille de Gay-Lussac que par une petite cour; il avait établi son fruitier dans une pièce sur laquelle plongeaient les regards partant de la chambre où Gay-Lussac étudiait avec son frère, moins âgé d’un an. Le désir de goûter le fruit défendu s’empara de Gay-Lussac. Il pose momentanément, avec toutes les difficultés que chacun concevra, une perche entre la fenêtre de sa chambre et celle du bon curé, et armé d’un bâton, à l’extrémité duquel était fortement attachée une lame de couteau, il se place à califourchon sur le pont fragile; parvenu au terme de son excursion aérienne, il brise un carreau, pique avec son arme les plus beaux fruits, rentre triomphalement, sain et sauf, dans son appartement. Cette manœuvre, qui pouvait lui coûter la vie, fut répétée plusieurs fois de suite à de courts intervalles. Enfin, les parents de Gay-Lussac soupçonnèrent la vérité et les deux frères furent conduits chez l’ecclésiastique pour lui faire des excuses. La première idée de l’enfant fut de nier, mais la démonstration de sa culpabilité devint évidente; Gay-Lussac éprouva une telle humiliation d’être surpris en flagrant délit de mensonge qu’il résolut de ne plus jamais trahir la vérité, engagement qu’il a religieusement rempli pendant le reste de sa vie. Les personnes qui aiment à saisir dans la première enfance des hommes supérieurs des indices du caractère qu’ils montreront plus tard me pardonneront si je raconte encore une anecdote que Gay-Lussac se rappelait avec une satisfaction bien naturelle; il y sera aussi question de pommes. Il était venu à Paris; le directeur de la pension dans laquelle il fut placé s’aperçut un jour qu’on avait entièrement dépouillé plusieurs pommiers de son jardin. Le méfait ne pouvant, croyait-il, être attribué aux élèves puisque, pour aller de la cour au jardin, il fallait franchir des murs élevés, il résolut d’expulser les domestiques. Gay-Lussac l’apprend, sollicite une audience, et, là, il s’écrie : « Les domestiques sont innocents; ce sont les élèves qui ont pris vos fruits; je ne vous dirai pas qui faisait partie de l’expédition, mais je suis sûr du fait car j’en étais ! » Ajoutons que la franchise exceptionnelle du jeune Gay-Lussac n’eut pour lui, en cette circonstance, aucune conséquence fâcheuse. Elle lui valut, au contraire, l’affection toute particulière du directeur de la pension et de sa femme qui, à partir de cette époque, lui prodiguèrent des soins vraiment paternels. »
- * *
- Chevreul (1786-1889) est connu des savants par ses remarquables études sur la chimie et la vision des couleurs, et du public parce qu’il vécut jusqu’à l’âge de 103 ans — à 100 ans il se plaisait lui-même à revendiquer le simple titre de doyen des étudiants •— longévité qu’il tenait, en partie de sa mère, morte à 93 ans, et de son père, mort à 91 ans; celui-ci était médecin, chirurgien et gynécologue; il n’était pas sans valeur ainsi que le montre sa nomination de correspondant de l’Académie de médecine en 1825. Son fils, Michel-Eugène Chevreul, naquit à Angers.
- Voici, d’après Berthelot ('), ce qu’on sait de sa jeunesse. Il fut élevé à Angers qu’il ne quitta pas avant l’âge de 17 ans. A 14 ans, il entra comme élève à l’École centrale — autrement dit le lycée d’Angers, — où il fit trois années d’études des plus sérieuses. A 17 ans, sa famille l’envoya à Paris compléter son instruction dans le laboratoire de chimie de Vauquelin (s),
- 1. Mémoires de l'Académie des sciences, t. 47.
- 2. Vauquelin était venu faire une conférence à Angers et avait, tout de suite, été frappé par la remarquable aptitude du jeune homme à l’esprit de recherche, ce qui était exceptionnel pour son âge et son époque.
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- savant consciencieux dont il fut, d’abord, l’élève, puis le préparateur (au Muséum). Chevreul garda toujours de ce premier maître un souvenir très reconnaissant, qui contrastait avec son peu de sympathie pour Fourcroy, auquel il gardait rancune d’un jugement porté par ce savant et Thénard : « Tous ces jeunes gens sont de nulle valeur », prophétie outrecuidante qui fut bientôt démentie. Au Muséum, Chevreul entreprit de nombreuses recherches de laboratoire, que la situation politique du moment ne favorisait guère, cependant. C’était l’heure où l’Empire commençait à décliner. Toute la jeunesse française, sans distinction de classes sociales, était appelée aux armées par les injonctions les plus vigoureuses. Chevreul avait l'âge militaire; sa haute taille, sa forte constitution, sa santé florissante, semblaient le désigner entre tous. « Voici un robuste gaillard! Comment se fait-il qu’il ait échappé au service militaire? » Tel était le langage tenu par un visiteur étranger à M. de Champagny, ministre de l’Inté-
- rieur. « Oh ! ne m’en parlez pas, répondit le ministre, c’est un grand risque que je cours là, pour être agréable à cette famille. Si l’Empereur le savait, il me traiterait avec la dernière brutalité. » Voilà comment Chevreul entra dans le corps des pages du roi de Rome et échappa à cette conscription fatale qui moissonna tant de jeunes Français. Cependant, il poursuivait lentement la carrière qu’il avait choisie, utilisant pour la culture des sciences les loisirs que lui procurait la fortune patrimoniale. En 1809, Vauquelin lui confia la suitei d’un enseignement spécial, fondé par Fourcroy, et que Chevreul continua jusqu’en 1818. Plus tard il fut nommé professeur au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, où l’on peut voir sa statue (M.
- Henri Couihn.
- 1. Pour plus de détails sur la vie intime de Chevreul, voir (éditions Spôs) l’opuscule que lui a consacré une petite-fille du célèbre chimiste, Mme de Champ.
- PLIAGES DE PAPIER
- L’IRIS
- Fig. 1. — Différentes phases de la construction de l’iris.
- Les pliages de papier qui nous ont permis de faire un crabe, une grenouille, un oiseau, etc., vont nous donner aujourd’hui une fleur, et même une fleur assez compliquée, l’iris. Nous obtiendrons le résultat sans grande difficulté avec un peu d’attention. Comme je l’ai déjà dit, il ne faut pas chercher les proportions dans les dessins; par suite des pliages et dépliages successifs, les proportions changent et il aurait fallu partir d’un croquis beaucoup trop grand pour arriver au dessin définitif en suivant proportionnellement les états successifs.
- Prenons comme toujours un papier léger assez résistant. Pour produire un iris de grandeur raisonnable nous couperons dans ce papier un carré de quinze centimètres de côté. Plions ce carré en deux suivant la diagonale AB (fig. 1) ce qui donne le triangle rectangle ACB qu’il faudra plier en deux suivant CD et qu’il faudra encore plier en deux par le milieu ce qui produira le petit triangle CEO, quart du premier et véritable point de départ du travail. Ce petit triangle est composé de huit épaisseurs : dépliez-le complètement et placez-le à plat sur la table de façon à avoir une des lignes médianes dont le creux du pli soit du côté de la table. Saisissez les deux extré-
- mités de ce pli, rapprochez-les l’une de l’autre par en haut et vous formerez un triangle qui sera de la grandeur du second obtenu en commençant le pliage (II). Prenez maintenant ce triangle entre le pouce et l’index de la main gauche au point marqué X ; de la main droite poussez en dedans la ligne OD de façon qu’elle vienne en OR et donne la figure III. Faites de même, en poussant successivement les trois lignes OB, OA, OC pour qu’elles viennent aussi en OR rejoindre OD.
- Ici un petit mouvement plus difficile à expliquer qu’à exécuter s’impose : pliez la pointe D en deux de façon que DS (fig. IV) vienne toucher DR. Faites-en de même pour la pointe C afin d’avoir CS sur CR. Ce faisant, vous verrez la pointe R s’abaisser et prendre la position de la fig. V. Faites de même pour A, puis pour B en prenant l’autre face du pliage. Ouvrez entre les deux faces et faites la même chose pour les pointes; vous aurez alors la figure V sur quatre faces. Repliez les 4 pointes R vers le haut, suivant HH. Placez le pliage sur la table et tout le long des bords ON repliez une petite languette dans la direction du centre du pliage. Vous aurez à faire 8 fois ce pliage puis à appliquer pour chaque face N sur N, la ligne RO étant la charnière. Cela vous donnera une figure en forme de losange allongé, à quatre faces, sans pli. Prenez chaque pointe qui figure un des pétales (de la fleur d’iris et courbez-la extérieurement. Comme il n’en faut que trois vous replierez entièrement une des feuilles vers O et au besoin vous la fixerez dans cette position avec de la colle. Cette fleur d’iris est assez curieuse. Exécutée en nombre, en papier violet, fixée sur une tige agrémentée de feuilles vertes elle fait un effet décoratif imprévu.
- Le prestidigitateur Alber.
- Fig. 2. —- L’iris terminé.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 421
- LA VOUTE CÉLESTE EN DECEMBRE 1934 ^
- Décembre marque le début de l’hiver astronomique. Il sera peu chargé en phénomènes célestes importants. Notons le retour de Jupiter et de Vénus. Mais la plupart des planètes se présenteront dans des conditions peu favorables pour l’observation.
- A signaler l’essaim des Géminides, à observer dans la première quinzaine du mois, puis un certain nombre de conjonctions de planètes et de minima de l’étoile Algol. Enfin, le maximum d’éclat de Mira Ceti, la « merveilleuse de la Baleine », à observer spécialement et à déterminer avec la plus grande précision possible.
- I. Soleil. •— Le Soleil, en décembre, va atteindre sa plus forte déclinaison australe. Celle-ci sera de *— 21° 45' le 1er décembre, de •— 23° 27' du 21 au 23 et remontera à — 23° 8' le 31. Le solstice d’hiver se produira le 22 décembre, à 13“ ; ce sera le commencement de l’hiver astronomique.
- La durée du jour, de 8*33“ le lor décembre, diminuera jusqu’au moment du solstice : 8*11“ du 21 au 25 pour remonter un peu : 8*15“ le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges quand il est vraiment midi (moment du passage du centre du Soleil au méridien de Paris) :
- J
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient bien visible le soir, en décembre, surtout dans le midi de la France. La période la plus favorable pour l’observer sera celle du 1er au 8 décembre, et celle du 25 au 31, la Lune ne gênant pas alors par son éclat.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée juste à l’opposé du Soleil, du 1er au 10, puis à la fin du mois, du 28 au 31. Voici deux positions où l’on pourra essayer de l’apercevoir :
- Dates.
- Décembre
- 5
- 29
- Ascension
- droite.
- 4* 45“
- 6 31
- Déclinaison.
- + 22°20' + 23°16'
- Région
- céleste.
- Taureau.
- Gémeaux.
- IL Lune. •— Les phases de la Lune, pendant le mois de décembre, se produiront comme il suit :
- N. L. le 6, à 17* 25“ P. Q. le 13, à 10* 52“
- Dates. Heures du passage.
- Décembre -J er 11* 39* a 34.
- — 3 11 40 20
- .— 5 11 41 8
- .— 7 11 41 59
- — 9 11 42 51
- .— 11 11 43 46
- — 13 11 44 42
- .— 15 11 45 39
- — 17 11 46 37
- — 19 11 47 36
- — 21 11 48 35
- .— 23 11 49 35
- .— 25 11 50 34
- — 27 11 51 34
- .— 29 11 52 33
- — 31 11 53 31
- La connaissance du temps
- longitude d’un lieu considéré
- Fig. 1.— Courbe de lumière de l’étoile variable Algol (|3 Persée.) (D’après J. Stebbins).
- Tous les 20* 48“ 55s se produit un minimum d’éclat que l’on peut facilement constater à l’œil nu (voir le texte).
- P. L. le 20, à 20* 53“
- D. Q. le 29, à 2* 8“
- Age de la Lune, le 1er décembre, à 0* (T. U.) = 231 8; le 7 décembre, à 0* = 01 3. Pour toute autre date du mois, à 0h, l’âge de la Lune s’obtiendra en ajoutant, aux chiffres ci-dessus, 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 7.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en décembre :
- Le 7, à 6* =—26° 31'; le 20, à 6* = + 26° 30'.
- On remarquera la grande élévation de la Lune dans le ciel, le 20 décembre, vers minuit.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 9 décembre, à 8*. Parallaxe = 60'7". Distance = 364763 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 25 décembre, à 10*. Parallaxe =54'6". Distance =405 320 km.
- iyen à midi vrai et de la rapport à Paris permet de calculer l’heure du passage du Soleil au méridien de ce lieu et par suite, au moyen de l’ombre d’un fil à plomb, de tracer la méridienne sur le sol.
- Observations physiques. — Voir à ce sujet le précédent a Bulletin astronomique ». Pour l’orientation des dessins ou des photographies du Soleil, on se servira des données du Tableau ci-après :
- Dates.
- Décembre
- Lune. émersion à
- Le 23 décembre, 20* 23“ 5.
- Occultation occultation de
- d’étoile par 0 Cancer (5“
- la
- 5);
- P B„ L„
- •fer + 16°,39 + 0°,85 208°,91
- 6 + 14°,40 + 0°,21 143°, 02
- 11 + 12°, 28 — 0°,43 77°, 14
- 16 + 10°,05 — 1°,07 11°, 26
- 21 + 7°,73 — 1°,70 305°,39
- 26- + 5°, 34 — 2°,32 259°,53
- Marées; Mascaret. •— Les plus fortes marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune (du 6 au 9 décembre) puis de la pleine Lune (du 20 au 22). Ces marées seront peu importantes, leur coefficient maximum ne dépassant pas 90 centièmes.
- Le Mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, que nous avons établi à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion contient les renseignements les plus utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de décembre 1934 :
- 1. Toutes les heures indiquées dans le présent « Bulletin Astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0* à 24*, à partir de 0* (minuit).
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- ASTRE Dates : Décemb. Lever à Pari s. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- L 6 7» 29m 11» 41” 33® 15l 53“ 16» 49“ . 22» 27' 32/31",2 Ophiuchus i
- Soleil . . . 16 7 40 11 46 8 15 53 17 33 — 23 18 32 33, 6 Ophiuchus / »
- J 26 7 45 11 51 4 15 57 18 18 — 23 23 32 34, 8 Sagittaire
- 6 6 17 10 46 15 15 15 50 19 16 5,0 6 Balance ^ .
- Mercure . . 16 7 3 11 11 15 18 16 54 — 22 58 4,8 Scorpion Inobservable.
- 26 7 43 11 40 15 36 18 3 — 24 48 4,6 p. Sagittaire '
- 6 7 53 12 0 16 7 17 5 — 23 1 9,8 0 Sagittaire A la lunette, à la fin du
- Vénus . . .< 16 8 14 12 15 16 16 18 0 .— 24 1 10,0 Sagittaire mois dès le coucher
- 26 8 28 12 31 16 33 18 55 — 23 46 10,0 q Sagittaire du Soleil.
- 6 0 31 6 47 13 2 11 53 + 2 51 5,8 [3 Vierge (
- Mars.... 16 0 19 6 26 12 33 12 12 + 0 57 6,2 Vierge Seconde partie de la nuit.
- 26 0 5 6 4 12 3 12 29 — 0 49 6,6 Vierge '
- Jupiter. . . 16 4 10 9 1 13 52 14 47 — 15 3 29,8 a Balance Avant l’aurore.
- Saturne . . 16 11 6 15 58 20 50 21 46 — 14 58 14,6 o Capricorne Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 16 13 5 19 55 2 45 1 44 + 10 9 3,6 o Poissons Première partie de la nuit.
- Neptune . . 16 22 44 5 19 11 53 11 5 + 6 56 2,4 y Lion Seconde partie de la nuit.
- Mercure sera invisible ce mois-ci. Il se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil le 31 décembre, à 3h.
- Vénus commence à devenir un peu visible le soir, dès le coucher du Soleil. On sait qu’elle est passée en conjonction supérieure avec le Soleil le 19 novembre. On pourra donc l’observer, avec une lunette, à la fin du mois. Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire de Vénus :
- Fraction du disque
- Dates. illuminée. Diamètre. Magnitude.
- Décembre 2 0,999 9",84 — 3,5
- — 7 0,997 9 ,86 — 3,5
- — 12 0,995 9 ,88 — 3,4
- — 17 0,994 9 ,92 — 3,4
- .— 22 0,991 9 ,96 — 3,4
- — 27 0,988 10 ,00 — 3,4
- Mars devient maintenant bien visible, se levant, à la fin du mois, vers minuit. Son diamètre augmente, mais est cependant bien réduit par la distance. Il faut encore de très grands instruments pour faire des observations utiles de sa surface.
- Pallas, la seconde des petites planètes, dans l’ordre des découvertes, pourra être encore observée. On utilisera pour la rechercher, la petite carte de la figure 1 du précédent « Bulletin astronomique ». Voici encore une position où l’on pourra la rechercher :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- Décembre 5 2» 54m 2 — 29° 8'
- La petite planète Pallas se trouve, actuellement, dans la constellation du Fourneau chimique, au Sud de l’Eridan, très basse pour la latitude de Paris. Dans le midi de la France, elle sera bien plus facilement observable.
- Jupiter devient un peu mieux visible, le matin, avant l’arrivée du jour. Une petite lunette suffit pour voir son disque
- aplati et reconnaître les bandes nuageuses qui le traversent.
- Elle suffit aussi pour suivre les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de la planète et observer les divers phénomènes qu’ils présentent. En voici la liste, pour le mois de décembre :
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Déc. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Déc. Heure. Satel- lite. Phéno -mène.
- 5 5» 14“ I O. c. 21 5» 38“ I O. f.
- 5 5 51 I P. c. 21 6 29 I P. f.
- 6 5 22 I Em. 23 5 40 II E. c.
- 7 6 19 II O. c. 25 5 0 II P. f.
- 12 7 8 I O. c. 28 5 23 I O. c.
- 13 6 21 III E. f. 28 6 18 I P. c.
- 13 7 22 I Em. 29 5 50 I Em.
- 16 7 5 II Em. 31 4 12 III O. f.
- 20 6 21 I E. c. 31 6 14 III P. c.
- Saturne est encore visible, dès l’arrivée de la nuit. On pourra commencer les observations dans le crépuscule. Une lunette munie d’un objectif de 0m04 permet déjà de deviner l’anneau, mais des objectifs plus grands (0m07) et mieux 0“108 sont nécessaires pour bien voir l’anneau. Voici les éléments de cet anneau à la date du 15 décembre :
- Grand axe extérieur.............................. 36",67
- Petit axe extérieur.............................. -)- 8",08
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan del’anneau . + 12°,76
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. . -f- 10°,57
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations. Il faut pour cela une lunette d’au moins 0“05 d’objectif.
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- Dates. Élongation. Heure.
- Décembre 3 Occidentale 10»,7
- — 11 Orientale 4,3
- — 19 Occidentale 10,5
- Uranus est encore bien visible dès l’arrivée de la nuit. On sait qu’une jumelle suffit pour le voir et pour suivre son déplacement sur le ciel. La petite carte que nous avons donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2930 permettra de le trouver facilement parmi les étoiles.
- Dans une bonne lunette, Uranus présente un petit disque bleuâtre de 4" environ de diamètre.
- Neptune se lève à présent avant minuit. U sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 7 décembre, à 8\ Neptune se déplacera très peu sur le ciel pendant tout ce mois-ci. Il sera stationnaire le 17 décembre, à 8». On le trouvera à environ 1 degré au Sud-Est de l’étoile y du Lion, comme on le voit d’ailleurs sur la petite carte de son mouvement sur le ciel, parue au n° 2922 (« Bulletin astronomique », fig. 1).
- le 23, à 19» 7m (on ne donne ici que les minima qui se produisent la nuit. Ces minima sont observables à l’œil nu).
- Ajoutons que la variation d’éclat d’Algol est due à un satellite dont le plan orbital passe à peu près par la Terre, et qui, périodiquement produit des éclipses de l’étoile principale. C’est ce qui apparaît clairement de l’examen de la courbe de lumière d’Algol (fig. 1).
- Lorsque l’étoile satellite passe devant Algol, elle en cache la lumière, et on observe un minimum. Quand, au contraire, l’étoile satellite, un peu lumineuse par elle-même et par la lumière que lui envoie l’astre central, passe derrière, on observe un minimum secondaire (entre 30 et 40 heures après le minimum principal.
- Le 22 décembre, maximum d’éclat de T Baleine, variable de 5m,2 à 6m,0 en 156 jours.
- Le 26 décembre, maximum d’éclat de o Baleine (Mira Ceti), variable de 2m,0 à 10m,4 en 329 jours.
- Étoiles filantes. •— Quelques essaims sont actifs en décembre d’après M. W.-F. Denning. En voici la liste :
- Epoque. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions : Décembre 1er 43° + 56° Persée.
- — 1er au 14 117 + 32 a-(i Gémeaux
- Le 4, à 13h, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 6“ 20' N. — 6 80 + 23 ; Taureau.
- Le 5, à 19», Mercure — à 5° 29' N. 6 au 13 149 + 41 Piazzi IXh 254.
- Le 7, à 2h, Vénus — à 3» 18'N. — 9 au 12 107 + 33 -j. Gémeaux.
- Le 11, à 14h, Saturne — à 3° 35' S. — 10 au 12 130 + 46 Grande Ourse
- Le 27, à 10h, Neptune Le 29, à 12», Mars
- à 6“ 8' S. à 5° 4' N. à 7° 48' N.
- Les Géminides donnent, surtout du 8 au 14 décembre, des météores rapides, à trajectoires courtes. Radiant y. Gémeaux.
- Étoile Polaire; Temps sidéral. — L’Etoile Polaire passera au méridien de Paris aux heures ci-après (nous ne donnons les passages que de 10 en 10 jours) :
- Dates. Passage. Heure (T. U.). Temps sidéral à 0h (T. U.) (l)
- Décembre 7 Supérieur 20» 27“ 188 5h 0“ 18s
- — 17 — 19 47 50 5 39 44
- — 27 — 19 8 21 6 19 9
- Etoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile Algol (8 Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2* 20“ 48m : le 3 décembre, à 17“ 23“ ; le 15, à 4» 40“ ; le 18, à 1» 29m; le 20, à 22» 18m;
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er décembre, à 21», ou le 15 décembre, à 20», est le suivant :
- Au Zénith : Persée (Algol); Andromède; Cassiopée.
- Au Nord: La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Le Cocher; le Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Petit Chien; le Taureau (Pléiades); Orion.
- Au Sud : Les Poissons; le Bélier; la Baleine (Mira Ceti); l’Éridan.
- Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase; le Cygne.
- La Lyre avec Véga est presque à l’horizon Nord-Ouest.
- Em. Touchet.
- RECRUDESCENCE DE LA SCARLATINE
- La section d’hygiène de la Société des Nations constate une augmentation notable de la fréquence de la scarlatine durant l’hiver 1933-1934 dans les pays d’Europe occidentale et aux Etats-Unis.
- Au • contraire, en Europe orientale, cette maladie est en diminution.
- En Allemagne, le nombre de cas de scarlatine au cours des trois dernières années a été successivement : 46 980, 55 268 et 76 749 au cours de 1933. Le maximum a été atteint en novembre 1933.
- En Angleterre et dans le Pays de Galles, le nombre de cas relevés entre le 31 décembre 1933 et le 27 janvier 1934 a été de 13 897 contre 7203 pour les quatre
- premières semaines de l’année précédente et 6113 cas en janvier 1932.
- En France, pendant les trois derniers mois de l’année écoulée, le nombre des cas a été successivement de 1621, 2476 et 2518 avec un total annuel de 22 615 contre 16 985 cas en 1932.
- En Tchécoslovaquie on a relevé 26 197 cas en 1933 contre 22 362 en 1932 et 15 965 en 1931.
- Enfin aux Etats-Unis, le maximum de fréquence de la scarlatine a été enregistré en octobre 1933, soit 18 543 cas, chiffre supérieur à tous ceux qui avaient été enregistrés dans les cinq années précédentes.
- W.-N. Kazeeff.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le nouvel esprit scientifique, par Gaston Bachelard, 1 vol. in-16, 181 p. Nouvelle encyclopédie philosophique. Alcan, Paris, 1934. Prix : 10 Ir.
- Les progrès étonnants et rapides de la science contemporaine déterminent-ils un esprit scientifique vraiment nouveau ?
- Sans entrer dans le détail technique des théories, l’auteur résume les grands dilemmes des sciences mathématiques et physiques. Il examine successivement de ce point de vue très général la géométrie non euclidienne, la mécanique non newtonienne, les thèmes complémentaires de la mécanique ondulatoire et de la mécanique corpusculaire, du déterminisme et de l’indéterminisme. Sur cette base dialectique, M. Bachelard dégage une épistémologie non cartésienne propre à donner une mesure de la complexité des pensées scientifiques contemporaines.
- Conductometric Analysis. Principes, technique, applications, par Hubert T. S. Britton. 1 vol.in-8, 178 p., 49 fig. Mono-graphs on applied chemistry. Chapman and Hall, London, 1934. Prix: cartonné toile, 12 sh. 6 d.
- Les mesures de la conductibilité des solutions sont un moyen très sûr et très rapide de connaître les variations d’état qui se produisent pendant une titration, une réaction chimique ou une opération industrielle et elles se multiplient depuis quelques années. L’auteur, qui avait déjà fait dans la môme collection un exposé des mesures de pH, entreprend ici la même mise au point pour la conductométrie. Il commence par indiquer la préparation de l’eau de conductivité, puis décrit les appareils nécessaires, y compris les plus récents à amplificateurs. Il suit ensuite la neutralisation des acides et des bases, forts, faibles, à plusieurs valences, le dosage des alcaloïdes, les réactions comportant des précipitations. Il montre ensuite la généralité de cette méthode par des exemples d’application à la recherche scientifique et à diverses industries.
- La fluorescence des molécules diatomiques, par
- P. Swings.
- I. Molécules homopolaires des groupes V, VI, VII, du tableau périodique, 1 broch., 30 p., 6 fig., 3 pi. hors texte. Prix : 10 fr.
- IL Phénomènes complexes. 1 broch., 32 pages, 1 pi. hors texte. Prix : 10 fr. Hermann et C10, Paris, 1934.
- Dans ces deux brochures, l’auteur indique comment on produit les spectres de fluorescence; il donne et discute les résultats obtenus avec un grand nombre de corps appartenant à des groupes déterminés.
- Amiante chrisotyle au Canada, par J. Gordon Ross. 1 vol., 160 p., 34 planches hors texte. J. O. Patenaude, Imprimeur du roi, suppléant. Ottawa, 1933. Prix : 25 cents.
- Le Canada est au monde le plus grand producteur d’amiante. Dans ce travail, M. Gordon, du ministère des Mines du Canada, après avoir exposé les propriétés physiques, la composition chimique et l’origine de l’amiante, fait connaître en détail la technique mise en œuvre au Canada pour l’extraction du minéral et la préparation du produit commercial; il passe en revue les différents gisements exploités ou connus dans le pays; il étudie la fabrication des fibres, tissus, produits moulés à base d’amiante, et en indique les usages industriels.
- Die natürlichen Pflanzenfamilien, par A. Engler et K. Prantl. 2e édition par A. Engler, continuée par H. Harms. Band 16e, Angiospermae, Reihe Centrospermae, 1 vol. in-8, 599 p., 224 ûg. Wilhelm Engelmann, Leipzig, 1934. Prix : 76 M.; relié, 82 marks.
- Suite de l’immense inventaire des espèces végétales commencé par Engler, continué aujourd’hui par Harms. On sait qu’on y trouve toutes les plantes du globe et pour chacune ses caractères, son histoire, sa répartition géographique. Le présent volume comprend une étude d’ensemble des Centrospermae, par Harms, puis la révision des familles suivantes, dont certaines intéressantes comme ornementation florale, ou en pharmacie, ou dans l’industrie : Amarantacées, par Schinz; Nyctaginacées, Phytqlaccacées, Gyrostemonacées, Acha-tocarpacées, par Heimerl; Aizoacées, Portulacacées, par Pax et Hoffmann; Basellacées, par Ulbrich; Dysphaniacées, Caryophyllacées, par Pax et Hoffmann; Thelygonacées, Chénopodiacées, par Ulbrich.
- Features in the architecture of physiological function, par Joseph Barcroft, I vol. in-8, 368 pages, 106 fig., Cambridge comparative Physiology. Cambridge Univer-sity Press, London, 1934. Prix : cartonné toile, 20 sh.
- Chaque œuvre du professeur de Cambridge est une joie pour le lecteur. Il y trouve nombre de faits précis, nouveaux, dont beaucoup sont des acquisitions personnelles de l’auteur; il les voit présentés, d’une manière originale et vivante qui ajoute à leur intérêt et oblige à réfléchir; enfin, de leur groupement se dégagent quelques idées générales, directrices qui dépassent même la physiologie expérimentale.
- Les premiers chapitres ont pour titre une phrase de Claude Bernard : « La fixité du milieu intérieur est la condition de la vie libre». Sans s’arrêter à la deuxième partie, l’auteur montre la précision de la première par toute une série d’exemples, la régulation du sang, de la circulation, de la respiration, de la température du corps, de la teneur en sucres, en graisses, en albumines, en oxygène, en fer, en cuivre, etc. Ce milieu intérieur tend à se modifier, à s’altérer constamment; il doit se modifier selon les conditions extérieures; son adaptation est toujours une intégration. Cela pose de multiples questions : les réponses sont-elles graduelles ou en tout ou rien ? quelle est l’unité fonctionnelle, la cellule, l’organe ? comment concevoir les antagonismes et l’activité maximale, et les compensations, et les commandes multiples et supplétives ? L’auteur termine en examinant la probabilité que les phénomènes aient un sens, un but, et préfère croire ainsi plutôt qu’à des accidents sans signification.
- Les textiles anciens du Pérou et leurs techniques,
- par Raoul d’IlARCouRT. 1 vol. in-4, 170 p., 81 fig., 109 planches.
- Éditions d’art et d’histoire, 3 et 5, rue du Petit-Pont, Paris, 1934.
- Prix : ISO fr.
- On doit déjà à l’auteur et à Mme d’Harcourt quelques études fondamentales de l’américanisme péruvien, notamment sur l’argenterie, la céramique, les tissus, la musique, sans parler d’un recueil de chants incas qui fut une révélation. Cette fois-ci, il aborde les textiles et le tissage d’après les pièces qu’il a recueillies et celles qui existent dans quelques rares collections. Son enquête porte sur les parties centrale et méridionale de la côte du Pérou, les mieux connues et aux techniques les plus variées. On est surpris de voir l’habileté de ces tisserands, avant la conquête espagnole et même bien avant l’arrivée des Incas. Ils tissaient les fibres d’agave, le coton, la laine des lamas, des alpacas et des vigognes, et faisaient des fils d’une grande finesse; leurs métiers étaient simples, mais ils savaient teindre et incorporer aux tissus des cheveux, des fils d’argent et d’or, des plumes, des coquillages. Us connaissaient de très nombreux points : le reps, les armures les plus variées, les brochés, la gaze, les jours, les bouclettes, la tapisserie, les broderies, les tresses, etc.; seuls le tricot et le crochet sont encore inconnus. On peut distinguer dans leurs étoffes 11 réseaux différents dont le point bouclé et le point de tige avaient pris un énorme développement. L’auteur décrit d’abord tous les types, les ornements et les garnitures (revêtements, franges, bordures, pompons, glands), puis les intéressants modèles qu’on connaît et qui sont magnifiquement reproduits dans les 109 planches qui terminent l’ouvrage.
- Pour l’ethnographe, ce travail est un document de choix ; il est un exemple de ce que peut donner l’étude attentive d’une technique; il servira de base et de comparaison pour d’autres recherches à faire dans d’autres régions ; pour le filateur et le tisserand, il peut être non moins précieux en attirant leur attention sur des modes oubliés ou négligés, d’agencement des chaînes et des trames, sources de nouveaux tissus.
- Face au couchant. Brest, la côte et les îles, par
- Auguste Dupouy. 1 vol. in-16, 254 pages, 4 pl. Renaissance du
- Livre, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Orné de deux dessins originaux de Méheut, ce livre est un nouveau monument élevé à la gloire de la Bretagne. Écrit par un Breton fort instruit, il trace de la pointe du Finistère une image vivante, détaillée, qui diffère sensiblement des artifices d’un provincialisme traditionnel. L’histoire de Brest est pleine de grandeur, comme sa rade, et des plus mouvementées. L’histoire de France s’y inscrit tout entière, depuis les légendes celtiques, l’effort d’unité qui aboutit après tant de luttes contre l’Anglais au mariage de la reine Anne, puis les grands desseins de Richelieu, de Vauban, en passant par les drames révolutionnaires, jusqu’à la grande guerre et au désir actuel d’utiliser un port unique au monde. C’est un livre vivant, profondément vécu et senti, qui révèle une vie réelle, intense, courageuse, bien différente dans son réalisme des bretonneries de convention dues à des observateurs trop superficiels.
- Index generalis, Annuaire général des universités, publié sous
- la direction de R. de Montessus de Ballore. 1 vol. in-16, 2435 p.
- Éditions Spès, Paris, 1934.
- Tous les ans, VIndex generalis donne la liste des universités et des écoles supérieures du monde entier en indiquant les cours professés, les noms des professeurs, l’organisation de chaque établissement. Puis viennent les observatoires, les bibliothèques, les instituts scientifiques, les académies, les sociétés savantes des divers pays civilisés. Grâce à une organisation remarquable, les plus grands détails sont donnés dans le minimum de place, et tous les renseignements sont revus et mis à jour. Des tables copieuses fournissent la liste alphabétique de plus de 60 000 personnalités scientifiques et littéraires et les ressources intellectuelles de chaque ville. Aucun autre ouvrage ne peut lui être comparé et la France peut être fière de la réalisation si parfaite d’un si précieux instrument de travail et de documentation.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- L'Office national des combustibles liquides et la construction des moteurs.
- La rénovation de l’industrie du raffinage des pétroles en France, que rendirent possible les lois du 16 mars 1928 sur le régime douanier des produits pétrolifères et celle du 30 mars 1928 sur l’importation de ces produits est aujourd’hui un fait accompli.
- Avec l’année 1934, se termine en effet le délai imparti aux raffmeurs pour la mise en route de leurs usines qui, de l’huile brute, peuvent tirer, par distillations fractionnées, une gamme de produits dont les plus utilisés sont : essences, pétroles, gas-oils, huiles combustibles et huiles de graissage, brais, asphaltes.
- Mais si l’essence trouve facilement acquéreur, il n’en est pas de même des autres produits.
- Cela tient à ce que nous avons été mal préparés en France à l’utilisation des huiles lourdes et que nous nous sommes laissé distancer par l’étranger dans la construction des moteurs à combustion interne et des appareils de chauffage au mazout.
- Or, de 6 millions de tonnes d’huiles brutes, chiffre qui correspond à peu près à nos besoins actuels, on extrait environ 3 millions de tonnes d’essence et 2 millions de tonnes d’huiles combustibles.
- En vue d’assurer des débouchés à cette fabrication, et de rattraper notre retard en ce qui concerne la technique de la construction des moteurs et appareils à huile lourde, ce qui permettra à l’industrie française de concurrencer sur ce point l’industrie étrangère, l’Office national des Combustibles liquides, 85, boulevard du Montparnasse, à Paris, a fondé en 1930 une école destinée à spécialiser des ingénieurs dans la. technique des applications industrielles des combustibles liquides.
- Nul n’était mieux qualifié que M. l’Inspecteur général de l’Aéronautique Dumanois, l’éminent technicien du moteur à combustion, pour présider à l’organisation de cette école. Ajoutons que, malgré le peu de loisirs que lui laissent ses hautes fonctions actuelles, il a accepté de diriger les travaux dés élèves.
- Le Ministère de l’Air, particulièrement intéressé par la question d’utilisation des carburants, apporte son utile concours au fonctionnement de l’école en mettant à sa disposition les clairs locaux de l’Ecole nationale supérieure d’Aéro-nautique, 32, boulevard Victor.
- Les élèves, dont le nombre est limité à 10, sont admis sur titres et recrutés parmi les ingénieurs diplômés des grandes écoles techniques.
- La durée des cours y est d’une année et l’enseignement porte principalement sur les propriétés des combustibles liquides, la combustion, la construction des moteurs à explosion et à combustion interne et leurs applications à la traction sur routes et voies ferrées, à l’aviation, à la navigation et à la production d’énergie, etc...
- Ces cours, d’une technicité supérieure, sont mis en application, soit dans des laboratoires spécialement outillés, soit dans des ateliers d’usines obligeamment prêtés par l’industrie.
- L’école cherche en effet à établir un lien étroit entre l’industrie et l’enseignement, de façon à mettre les élèves en contact direct avec les difficultés de la réalisation et lesexi-gences de la pratique.
- ÉLECTRICITÉ
- Une nouvelle cellule photoélectrique à grande sensibilité et son emploi en photométrie.
- Nous avons indiqué dans des articles de La Nature, les avantages des cellules photoélectriques à contact imparfait, qui transforment directement l’énergie lumineuse en énergie électrique, sans emploi d’une source d’énergie auxiliaire. Ces cellules robustes, à débit relativement élevé, à faible résistance interne, peuvent ainsi être connectées directement à un appareil de mesure, ou à un relais, sans aucune batterie ni amplificateur séparé.
- La nouvelle cellule Photronic Weston est montée dans un support en bakélite moulée de 57 mm de diamètre, muni d’une fenêtre en verre ou en quartz, selon qu’elle est destinée à être utilisée pour le spectre visible et infra-rouge, ou pour l’ultra-violet. Elle est munie de deux broches de connexion du même type que les lampes de T. S. F.
- Courant pour résistance , extérieure faible \
- Résistance de la cellule pour une résistance extérieure faible
- Courant pour une résistance extérieure égale a celle de ~ la cellule
- S-gPOP
- Résistance delà cellule pour une résistance extérieure égale à celle de la cellu/e
- 2500
- 1000 1400 I80C
- Eclairement en lux
- Fig. 1. —- Courant moyen et résistance de la cellule en fonction de l'éclairement.
- Cette cellule a un débit d’environ 120 microampères par lumen, soit 0,13 microampère par lux. Ce débit est pratiquement proportionnel à l’intensité de l’éclairement lorsque la résistance extérieure est faible par rapport à celle de la cellule.
- Les courbes de la figure 1 indiquent la variation de résistance en fonction de l’éclairement, et le débit pour des éclairements allant jusqu’à 2400 lux. Les courbes de la figure 2 montrent, d’autre part, la sensibilité chromatique de la cellule, munie d’une fenêtre en quartz jusqu’à 4000 angstroms, et en verre ordinaire au-dessus de 4000.
- Cette cellule n’est pas sujette à des altérations physiques ni chimiques, et elle ne nécessite ni liquide, ni vide, ni gaz spécial. Elle n’est pas endommagée si on lui fait débiter un courant permanent, et la lumière, même celle du soleil, n’a pas d’influence nuisible sur elle. Elle ne se détériore pas en restant inactive, car elle ne débite aucun courant dans l’obscurité.
- Ces cellules se prêtent à de nombreuses applications en
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- Réponse de la cellule
- Courbe de sensibilité.
- de /œil
- Ultra-violet Violet Bleu Vert Jaune Orange Rouge Infra Angstroms rou9e
- Fig. 2. — Sensibilité chromatique de la cellule.
- photométrie ou en télémécanique, c’est-à-dire toutes les fois qu’il est intéressant d’utiliser un système sensible pour traduire la lumière en courant, mais d’une inertie relativement élevée.
- On a réalisé ainsi avec cette cellule un illuminomètre pour mesurer directement l’intensité lumineuse sans aucune comparaison avec un étalon. L’intensité lumineuse se lit simplement au moyen d’une aiguille se déplaçant sur un cadran gradué directement en lux, et, cette mesure n’exige aucune connaissance technique spéciale.
- On emploie également cette cellule comme posemètre, pour mesurer avec précision, et directement, le temps de pose en photographie et en cinématographie. L’appareil permet de mesurer la brillance du sujet, et avec un calculateur de manœuvre facile, on en déduit le temps de pose exact.
- Enfin, un dispositif de commande de télémécanique, composé d’une ou plusieurs cellules de ce type, avec un système de relais sensible combiné ou non avec des relais de puissance, peut être employé pour les applications les plus variées, grâce à sa simplicité due à l’absence de tout système d’amplification intermédiaire.
- On peut se procurer la nouvelle cellule photoélectrique à grande sensibilité à la Société Le Matériel Téléphonique, 46, quai de Boulogne, à Boulogne-Billancourt.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE Thermostat d’appartement à grande sensibilité.
- Dans une étude récente relative à l’emploi des charbons dans les installations de chauffage central, La Nature & montré que la souplesse de fonctionnement de ces postes dépend du thermostat. Cet organe régulateur agit, en effet, sur la vitesse du moteur commandant la distribution du charbon et le débit de l’air sous la grille.
- En général, le principe de fonctionnement des thermostats consiste à déterminer un arrêt plus ou moins prolongé du chauffage à partir du moment où l’on a atteint la température requise dans l’appartement. Ce dispositif laisse à désirer car, à partir de la remise en route, il faut un certain temps pour revenir à la température de régime. On constate ainsi des écarts de température des locaux, susceptibles d’atteindre plusieurs degrés. Le confort de l’appartement en souffre.
- Récemment, on a jugé préférable d’assurer la mise en marche périodique du brûleur ainsi que la coupure du courant, à intervalles périodiques d’une durée de 15 à 20 minutes par exemple, le temps de marche du brûleur variant seul pendant la durée de ce cycle, suivant les appels du thermostat. Il en résulte qu’entre deux périodes de marche, l’installation de
- chauffage reste toujours en régime et que la conduite du foyer est également beaucoup plus aisée puisque le brûleur est remis en fonctionnement après des temps d’arrêt relativement courts.
- Le dispositif correspondant comporte une résistance chauffante placée à l’intérieur du thermostat, à côté de l’organe sensible (soufflet).
- Cette résistance électrique chauffe donc la partie sensible du thermostat pendant la période de fermeture : inversement, cette partie sensible se refroidit pendant la période d’ouverture du courant.
- Le schéma suivant représente, à titre d’exemple, le fonctionnement de l’appareil Autocalor.
- La température de la salle à maintenir constante est représentée par une horizontale. Si nous supposons le thermostat placé dans la salle et partant de la température de celle-ci on le voit s’échauffer pendant le passage du courant, par suite de la résistance électrique. L’échaull'ement se fera suivant une courbe I montant rapidement, puis devenant asymptote à une horizontale dont la température sera de x° au-dessus de la température de la salle. Inversement, le thermostat étant échauffé, si nous coupons le courant électrique, le refroidissement du thermostat se fera suivant une courbe II, descendant rapidement, puis devenant asymptote à l’horizontale figurant la température de la salle. Ceci suppose, bien entendu, que le courant passe dans le thermostat pendant toute la durée d’échaufîement et qu’on le coupe pendant toute la durée de refroidissement.
- Supposons que les coupures se fassent automatiquement d’après la construction du thermostat, avec une sensibilité de 1° par exemple. Admettons que le régime d’équilibre se soit établi de telle façon que le thermostat soit porté à une température t au moment de l’établissement du circuit, et à une température t -j- 1 au moment de la coupure du circuit. On voit que le thermostat va s’échauffer suivant l’arc de courbe a, + 6, comprise entre les horizontales de t et t + 1. Cet arc de courbe sera parallèle à l’arc intercepté par les horizontales t et t -f 1 sur la courbe I d’échaufîement ; arrivé au point à, •— c, parallèle à l’arc de la courbe II correspondant.
- On voit que la durée totale du cycle correspond à la différence des abscisses de «, et de cr que la période de marclie-correspond à la différence des abscisses de bi et di; le cycle se renouvelle ensuite suivant c, —• d, — e, etc...
- Supposons que la position de régime du thermostat au lieu de se trouver en A, se trouve en R, au voisinage de la température de la salle. On voit tout de suite que la durée du cycle sera beaucoup plus longue, mais que, par contre, la durée du temps de fonctionnement sera très courte et que la durée du temps d’arrêt sera très longue. Inversement, si le point de fonctionnement du thermostat se trouve en C, au maximum de la courbe d’échaufîement, la durée du cycle sera
- Fig. 1. — Courbes de la température en fonction du temps dans un appartement à chauffage réglé par thermostat.
- Température de la salle
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- également longue, mais on aura un grand temps de marche et un faible temps d’arrêt.
- Tel est le principe de ces appareils, encore peu connus en France, mais d’un usage courant dans l’Amérique du Nord où la rigueur du climat nécessite des précautions spéciales dans l’aménagement des postes de chauffage central.
- Ch. Berthelot.
- HYGIÈNE
- La diminution de la mortalité en France.
- Si la question de la diminution de la natalité chez nous se dresse toujours menaçante, nous sommes heureux d’apprendre que depuis 1901 la mortalité accuse une notable diminution.
- La mortalité moyenne annuelle qui fut de 19,6 pour 1000 habitants pour la première période quinquennale de 1901 à 1905 ne fut que de 16,4 pour la période quinquennale de 1928 à 1932, et empressons-nous d’ajouter qu’elle ne fut que 15,8 pour l’année 1932 (diagramme n° 1).
- Cette amélioration procure théoriquement au pays un gain annuel de plus de 180 000 vies humaines, mais le gain effectif est bien supérieur, car la diminution de la mortalité est surtout obtenue parmi les enfants et les adolescents, c’est-à-dire parmi les sujets susceptibles de concourir à la propagation de la race.
- En effet la diminution de la mortalité enregistrée serait de 46 pour 100 pour l’âge de 0 à 1 an, de 50 pour 100 pour l’âge de 1 à 4 ans, de 37 pour 100 pour l’âge de 5 à 14 ans et de 22,6 pour 100 pour celui de 15 à 24 ans, ce qui représente en chiffres ronds une diminution de plus de 59 000 décès pour l’âge de 0 à 1 an, 25 000 pour l’âge de 1 à 4 ans, près de 8000 pour l’âge de 5 à 14 ans et de 9500 pour celui de 15 à 24 ans (diagramme n° 2).
- En Europe la mortalité maximum pour 1000 habitants est relevée à Salonique, avec 21,3; puis viennent la Hongrie, avec 17,8; le Portugal et l’Espagne avec 17,7. La Suisse a une moyenne de 12,2; l’Angleterre et le Pays de Galles s’inscrivent avec une moyenne de 12 et l’Allemagne avec 11,2; la Norvège a une moyenne de 10,7. La mortalité minima en Europe est constatée dans les Pays-Bas avec une moyenne de 9.
- En Asie la mortalité atteint le maximum dans la Mésopotamie avec 38,5 tandis que la mortalité minima est enregistrée dans Bihar et Orissa avec 12 environ.
- En Afrique les chiffres de la mortalité maxima se rencontrent en Haute Egypte, soit 36,8 et la mortalité minima est relevée dans les villes de résidence européenne de l’Afrique du Sud avec 10,6 pour Durban et 12,1 pour Johannesburg et Le Cap.
- En Amérique du Nord la mortalité maxima est celle du Mexique avec 26,8 tandis que dans le reste de l’Amérique du
- Fig. 2. — Diminution de la mortalité dans chaque sérié d’âge entre les périodes 1896-1905 et 1925-1928.
- Oâ 1 , ......... K,5%
- 1 â 4 _______ M°/n
- 5âl4 —____________________________________36.3°/o
- S 15é 24 ——:____________________22,6%
- t 25 à 34 ______________________23,1 %
- § ?k?°/n
- « 45 a 54 -______________15,8%
- ^ 55 à 64 13%
- 65à 74 Ié°/o
- ^ 75a 84 ------5,5%
- Année Nombre de décès pour Looo habitants
- 19.5
- 19.4
- 19.9
- 18.9 17.8
- 17.5
- 18.5
- 17.4 22.3 19,0
- 17.7 163'
- 17.5
- 16.5
- 15.6
- 15.8
- * Accroissement exceptionnel des décès dus à l'épidémie de la mauvaise grippe
- Fig. 1. — Variations du taux de mortalité de 1901 à 1932.
- Nord la moyenne qui est de 11,2 paraît inférieure à celle de l’Europe.
- Et enfin l’Océanie représente la moindre mortalité des autres parties du monde, carie chiffre maximum de mortalité constaté à Perth n’atteint que 10 tandis que toutes les autres villes oscillent autour de 7,9 à 9.
- Ajoutons qu’en France on constate surtout l’abaissement de la mortalité due aux maladies infectieuses •— ceci grâce aux applications des découvertes pasteuriennes, de Boux, Cal-mette et d’autres, et nous ne pouvons que nous réjouir du fait que c’est notre pays qui a tant besoin de conserver sa race qui profite largement des découvertes de ses glorieux savants.
- W. N. K.
- ÉLEVAGE
- Veaux sans cornes.
- Il est des pays comme la Suisse où l’on préfère les animaux à. cornes régulières et symétriques; on en est arrivé à casquer les veaux dont les cornes sont irrégulières avec un « hornführer », directeur ou coniormateur de cornes.
- Dans d’autres pays, comme le Canada, on considère les cornes comme un accessoire dangereux.
- On les empêche donc de croître en cautérisant les « bourgeons » crâniens quand le veau n’a que quelques jours et on répète l’opération au cours de la deuxième semaine.
- La cautérisation peut se faire avec un crayon de nitrate d’argent, ou bien par l’acide nitrique fumant, ou bien par des thermocautères.
- Elle est complétée par le nettoyage de la plaie, c’est-à-dire le découpage des parties « mortifiées ».
- Pierre Larue.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Les appareils Elax et Exacta.
- Il y a quelques années, alors que l’amateur ne trouvait pas sous forme de film en bobine toutes les variétés d’émulsion nécessaires, certains constructeurs d’avant-garde ont établi des appareils utilisant pour la photographie le film de ciné, dont le grain était alors plus fin, l’orthochromatisme plus poussé, la sensibilité plus grande. Aujourd’hui on trouve en bobine toutes les émulsions dont on peut avoir besoin. Aussi, un vif mouvement de réaction — qui se traduit par l’établissement de nouveaux appareils •— se dessine-t-il contre l’emploi du film de ciné en photographie.
- Le film en bobine a sur celui de 35 mm de large l’avantage d’autoriser des formats plus grands que le 18 X 24 mm ou le 24 X 36 mm, celui de répondre beaucoup mieux aux besoins de l’amateur, celui enfin de se trouver beaucoup plus facilement dans le commerce. Une bande de 1 m 60 à 2 m, permettant d’enregistrer de 36 à 100 vues selon le format, a une capacité trop grande dans la plupart des cas; il est tout naturel que l’amateur accorde la préférence à la petite bobine pour 8 poses 4x6 1/2, si légère, sur laquelle on peut faire 16 vues 3 X 4.
- Fig. 1. —• L'appareil «Elax » de la Société Lumière.
- Appareil Elax. — Voici deux appareils de types assez différents d’ailleurs, qui utilisent cette bobine : 1 ’Elax de Lumière et YExacta, de Ihages.
- L’Elux (fîg. 1) est un appareil pliant extrêmement léger et si petit que l’on peut, sans difficulté aucune, le loger dans une poche de veston ou dans un sac de dame. C’est cependant un instrument de haute précision pourvu d’un objectif Flor Berthiot dont la distance focale est égale à 50 mm et l’ouverture maxima à F/3,5; l’obturateur, qui est du type focal, permet d’opérer à des vitesses chronométrées comprises entre 4 secondes et l/1000e de seconde, aussi bien qu’à la pose de durée indéterminée, celle-ci étant sous la dépendance absolue de l’opérateur.
- La mise au point se fait par déplacement de l’objectif le long d’une rampe hélicoïdale à fdets multiples : ce procédé est préférable, pour un appareil de haute précision, à celui qui consiste à avancer seulement l’élément frontal de l’objectif. En raison de la faible distance du foyer à l’objectif, l’opérateur n’a à se préoccuper de la mise au point que dans les cas où l’objet se trouve à une distance inférieure à une dizaine de mètres.
- L’obturateur de l’Elax présente de très intéressantes particularités. Il est entièrement métallique (acier inoxydable), ce qui garantit la durée et la régularité du fonctionnement sous tous les climats. La durée de l’éclairement de la surface
- sensible se règle par variation de la largeur de la fente, la vitesse de déplacement de celle-ci étant invariable. On l’arme en faisant tourner le bouton qui commande la bobine réceptrice : grâce à cet artifice, un seul mouvement suffit pour faire deux opérations distinctes et on évite tout risque de surimpression. La fente se déplace à moins de 1 mm de la surface sensible, de sorte que le rendement est très voisin de l’unité. Enfin, l’obturateur est pourvu d’un mécanisme de déclenchement dill'éré permettant à l’opérateur d’aller se placer dans le champ de l’objectif : ce mécanisme provoque le fonctionnement de l’obturateur 15 secondes après le déclenchement et procure, outre les vitesses précédemment indiquées, des poses chronométrées de 1, 2, 3 et 4 secondes. Le viseur de cet appareil est constitué par une minuscule lunette de Galilée qui est extrêmement claire et donne le champ exact.
- De volume si réduit qu’on jjeut le porter constamment sur soi, se mettant instantanément en batterie par simple pression sur un bouton, l’Elax peut être considéré comme un véritable bloc-notes.
- Appareil Exacta — L’Exacta procède d’une conception très différente : il appartient au type réflex. Il existe aujourd’hui beaucoup de petits appareils que l’on dénomme réflex à tort : ce sont tous ceux qui utilisent, pour la visée, un objectif auxiliaire, combinaison qui implique inéluctablement un supplément de poids et de volume et ne permet pas de faire, pour toutes les distances, une « mise en page » absolument exacte sans recourir à une correction, l’erreur de parallaxe étant d’autant plus grande que l’objet à photographier est plus proche.
- L’Exacta est un appareil rigide très réduit qui comporte, tout comme les réflex de grand format, un miroir projetant sur une glace dépolie l’image formée par l’objectif et s’effaçant automatiquement lorsque l’on déclenche l’obturateur, ce qui permet à l’image de se dessiner alors sur la surface sensible. Ce miroir, qui est formé par une couche d’argent protégée contre toute altération par un vernis, rend la mise au point très facile, car il permet, jusqu’au dernier moment, de contrôler la netteté et la profondeur de champ en même temps que la mise en page.
- La forme de l’Exacta paraît a priori quelque peu bizarre (fîg. 2); en réalité, elle est justifiée par la conformation des mains : entr’ouvertes, celles-ci circonscrivent une surface-trapézoïdale semblable à la projection verticale de l’Exacta.
- L’appareil est muni d’un obturateur focal à fente de largeur invariable donnant toutes les vitesses comprises entre 1/1000 de seconde et 12 secondes. Le déclenchement est obtenu par pression sur un bouton ou un flexible; il peut être immédiat ou différé; dans ce dernier cas, il se produit 15 secondes après la pression. Un seul mouvement suffît pour armer l’obturateur et faire avancer le film de la largeur d’une image.
- L’objectif est monté sur un tube à filets hélicoïdaux qui, en position de repos, bloque le mécanisme de déclenchement de l’obturateur. Pour mettre l’appareil en état de fonctionner, il faut tourner la bague de la monture de droite à gauche jusqu’à ce que l’on entende un déclic.
- Une pression sur un bouton déclenche un capuchon métallique articulé qui se dresse aussitôt sur la face supérieure de l’appareil et laisse apercevoir la glace dépolie qu’il protège de la lumière ambiante : on y voit l’objet, exactement tel qu’il serait photographié si l’on opérait à ce moment. Si l’image n’est pas parfaitement nette, ce qui arrive toutes les fois que l’objet est à moins d’une dizaine de mètres, on dégage le ressort de blocage du tube porte-objectif et on tourne la bague de ce tube jusqu’à ce que l’on ait obtenu une netteté parfaite. On peut, grâce à une loupe qu’une pression sur un petit levier
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- amène devant la glace dépolie à la distance voulue, faire une mise au point extrêmement précise.
- Le dispositif de visée et de mise au point comporte un miroir auxiliaire permettant de travailler, non seulement à hauteur de la poitrine, mais aussi à hauteur des yeux, au-dessus de la tête et même sur le côté, dans une direction perpendiculaire à celle à laquelle on semble s’intéresser. On peut encore rabattre le miroir auxiliaire et n’utiliser que le cadre de la face antérieure du capuchon qui joue alors le rôle d’ieonomètre : cette dernière façon d’opérer, qui oblige à faire la mise au point de la même façon que dans le cas d’un appareil ordinaire, au moyen de l’échelle des distances, est très appréciée de certains reporters.
- L’Exacta peut recevoir des objectifs de caractéristiques variées. Normalement, on utilise sur cet appareil l’objectif de 75 mm de distance focale d’ouverture maximum égale à 1/3, 5. Lorsque l’on ne dispose que d’un faible recul, on a intérêt à recourir à un grand angulaire de 55 mm de distance focale. Pour la photographie des objets éloignés, il y a avantage à monter un téléobjectif d’une distance focale de l’ordre de 155 mm. Enfin, on peut encore monter surl’Exacta un objectif à très grande ouverture tel que le Biotar 1 : 2 permettant l’instantané nocturne. Ajoutons que le tube porte-objectif
- Fig. 2. — L'appareil « Exacla », pourvu d'un téléobjectif.
- peut recevoir des rallonges grâce auxquelles il est possible d’opérer à très faible distance et d’obtenir des reproductions à des rapports voisins de l’unité.
- Dans tous les cas, le réflex permet de voir sur la glace dépolie le champ couvert exactement et le degré de netteté; c’est seulement avec le véritable réflex que ce résultat peut être obtenu sans complications optiques ou mécaniques; à lui seul il justifie la faveur avec laquelle l’Exacta a été accueilli dès son apparition.
- L’Exacta est un instrument très complet, capable de donner toujours entière satisfaction; son poids et son volume sont suffisamment faibles pour n’être jamais un obstacle à son emploi. L’Exacta est un appareil réellement universel qui s’impose à l’attention de l’artiste, de l’explorateur et du reporter sportif tout autant qu’à celle du touriste. André Bourgain.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Elax : Société Lumière, 82, rue de Rivoli, Paris (4e).
- Exacla : Société Télos, 35, rue de Clichy, Paris (9e).
- ÉLECTRICITÉ
- Un fer à repasser automatique perfectionné.
- La nature même des fibres du tissu à redresser par l’opération du repassage détermine la nécessité d’effectuer ce travail à des températures diverses suivant qu’il s’agit de
- Fig. 3. — Fer à repasser automatique Alslhom, poignée enlevée.
- On aperçoit l’index et le cadran de réglage sous l’écrou supérieur.
- soieries, de tissus de laine, de coton ou de fil. Notons, par exemple, que les soieries doivent être repassées vers 170° centigrades, et la toile de fil vers 350° centigrades.
- Il y a sans doute des limites de tolérance en dessous et en dessus de la température optima. Si la température est trop
- K\N\\S Courant consommé 1 1 Economies
- a Rupture du courant b Rétablissement du courant
- Fig. 4. — Courbe de fonctionnement du fer peur un réglage de 250°.
- basse, un effet suffisant peut être obtenu en laissant plus longtemps le fer à chaque endroit, ou en appuyant plus fortement; si elle est trop élevée, il faut, au contraire, travailler très vite et très légèrement.
- Avec un fer ordinaire, dont la température est difficile à maintenir à une valeur optima déterminée. il est donc indispensable que la personne chargée du repassage ait une certaine habileté. De là, l’intérêt du fer électrique automatique qui possède un dispositif de réglage permettant d’amener et et de maintenir exactement sa température à la valeur optima nécessaire pour un travail déterminé.
- Un bon fer automatique doit donc posséder un dispositif thermostatique réglable, capable de
- Fig 5. —• Schéma du montage du fer à repasser.
- Connecteur
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- Fig. 6. — Détail du système thermostatique.
- maintenir automatiquement chacune des températures de repassage nécessaires pour chaque nature de tissu.
- Un fer automatique de ce genre doit avoir une puissance suffisante pour repasser sans interruption les plus gros tissus humides. Cette puissance est de l’ordre de 500 watts. Pour les tissus de plus en plus légers, le courant ne sera ainsi admis que pendant une fraction de plus en plus réduite du temps normal. Ce réglage est obtenu automatiquement à l’aide d’un thermostat, sans nécessiter d’autres manœuvres que le déplacement d’un index devant la graduation correspondant à la température désirée.
- Considérons par exemple un des modèles les plus récents d’appareils de ce genre (fig. 3). En mettant l’index de repérage sur l’indication « fil » correspondant à 250°, le courant d’alimentation sera contrôlé suivant la courbe de la figure 4, et il sera coupé pendant la moitié du temps environ.
- La partie principale d’un fer électrique de ce genre est le thermostat (fig. 6). Il est constitué par deux lames bimétalliques 1 et 2. Le courant entre par l’une des lames et sort par l’autre, grâce aux grains d’argent 3 et 4 normalement en contact. Par contre, les lames sont isolées en 5.
- La vis indiquée en 6 sert au réglage. Elle est entraînée par les cannelures 7 sous l’action de la manette de réglage extérieure, et sa pointe isolée 8 peut s’élever ou s’abaisser.
- Il est facile dans ces conditions de se rendre compte du fonctionnement du système.
- Les lames bimétalliques sont chauffées par la semelle du fer qui contient la résistance chauffante, et proportionnellement à sa température. Elles se déforment donc.
- Elles tendent ainsi à se resserrer; la lame extérieure étant plus longue pressera sur la lame intérieure, ce qui assure une forte pression aux contacts 3 et 4.
- A un moment donné, la lame extérieure étant plus longue vient buter contre la vis de réglage 8.
- La lame intérieure continue donc seule à se déformer, et le contact en 3-4 est rompu, le courant est coupé.
- Le fer se refroidit, ainsi que les lames. La lame intérieure reprend sa position, le contact se rétablit, et ainsi de suite autant de fois qu’il est nécessaire pour maintenir constante la température de la semelle du fer, le système de réglage étant très précis.
- Ainsi que le montrent les essais effectués au
- moyen d’un couple thermo-électrique soudé sur la semelle et un système enregistreur, on peut obtenir, pendant des temps suffisamment longs, des températures qui ne varient pas de plus de 5° centigrades, ce qui permet d’assurer un résultat extrêmement satisfaisant dans tous les cas à considérer, non seulement pour les emplois ménagers, mais encore pour les usages professionnels.
- Fer automatique Alsthom, 38, avenue Kléber, Paris (XVIe).
- OBJETS UTILES
- Appareil anti=monte lait et cuiseur à la vapeur.
- Cet appareil anti-monte lait permet aussi de cuire les légumes à la vapeur. Il comporte un récipient A qui, dans sa moitié supérieure a un plus grand diamètre et dans lequel on peut placer un récipient à fond perforé B comportant également quelques trous sur sa surface latérale. Ce récipient ne descend pas au fond du récipient A, mais il reste au niveau de la partie supérieure. Un couvercle C permet de fermer l’appareil qu’on place sur un fourneau ou sur un réchaud quelconque.
- Le lait à faire bouillir est versé dans le récipient A. Le récipient amovible est placé par dessus et l’on soumet le lait à l’ébullition. On ne met pas le couvercle pour cette opération. Le lait bout, il cherche à s’échapper, il passe par les ouvertures du fond perforé, et il déborde par les ouvertures latérales, il se rassemble sur la surface annulaire entre le récipient perforé et le récipient extérieur; le lait ne peut donc pas s’échapper. On peut donc faire bouillir le lait sans surveillance, même sur un feu violent.
- Il est inutile d’insister sur les propriétés du lait soumis à un traitement de ce genre. Il est'bon que le lait soit maintenu en ébullition. Si on le retire du feu lorsqu’il commence à monter, en général la température est bien inférieure à celle de l’ébullition et la stérilisation n’est pas suffisante.
- Si l’on veut faire cuire des légumes à la vapeur, on les place dans le panier amovible B et on verse de l’eau dans la partie A. On ferme l’appareil avec le couvercle C et les légumes cuiront à la vapeur d’une façon rationnelle, conservant toutes leurs propriétés et leur saveur.
- Constructeur : M. Bonoron, 26, allée Verte à Livry-Gargan.
- Fig. 7. — Appareil anti-monte lait et cuiseur à la vapeur.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Toujours le serpent de mer.
- M. le l)r Cordier, de Bègles, veut bien nous communiquer l’extrait ci-dessous d’une lettre écrite récemment par M. P. R..., sous-officier au Camp militaire de Vat Chay, par Hongay (Tonkin).
- o J’étais descendu à llongay surveiller le ravitaillement. En revenant, j'étais dans le sampan militaire en compagnie de plusieurs Européens caporal-chef Ch..., caporal Mot, etc.) et de cuisiniers et de tirailleurs indochinois. Nous étions à peu près au milieu du Cua lûc (bras de mer d’environ 650 à 700 m de largeur qui sépare l’lie aux Buissons de la presqu’île de Hongay, et fait communiquer Port-Courbet et la Baie d’Along). On entend comme un jaillissement d’eau et nous tournons la
- tête vers Hongay; à environ 35 ou 40 m., une masse grise émerge, puis se met à flotter avec des mouvements ondulatoires dans le plan horizontal, au gré des vagues. Nous nous apercevons que la masse est composée de plusieurs parties, certainement formant un tout en partie immergé. Cet immense boyau, long d’environ 30 ou 35 mètres (au jugé, distance entre les deux pointes extrêmes), avait un diamètre de 0,50 cm, une circonférence d’environ 1 m 50. Couleur gris pâle, plus terne que brillante; je n’ai pu distinguer la tête. Les mouvements de cet animal l’entraînaient vers la Baie d’Along. Il n’est nullement question d’animaux qui se succédaient et j’ai eu pendant près du 3 minutes la vision nette d’un monstre inconnu.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Réception des émissions téléphotographiques.
- Nous avons donné récemment quelques indications sur l’horaire et les caractéristiques des émissions téléphotographiques de la Tour Eiffel. La principale modification qui a été apportée à ces émissions consiste dans le changement du système de synchronisme. La « remise à l’arrêt » des cylindres émetteur et récepteur s’opère désormais au moyen d’une variation de la fréquence du signal transmis.
- Nous espérons cependant pouvoir donner à ce sujet quelques indications dans une prochaine chronique de Radiophonie Pratique de La Nature. Réponse à M. Siadbci, à Jassy (Roumanie).
- Enregistrement et fabrication des disques de pho= nographe.
- Les disques de phonographe sont enregistrés uniquement aujourd’hui par un procédé électrique, avec emploi d’amplificateurs à lampes à vide de T. S. F. actionnant un outil graveur par l’intermédiaire des courants microphoniques amplifiés.
- La fabrication des disques s’effectue généralement au moyen d’une composition à base de gomme laque. Les disques actuels ne contiennent jamais de cire; ils peuvent être formés d’une composition plastique homogène formée de gommes convenablement choisies, de craie, de sable fin ou de sciure de bois, de bourre de cpton, et d’un colorant, généralement du noir de fumée.
- Plusieurs fabricants importants utilisent un « corps » de disque en matière moulée très ordinaire, recouvert des deux côtés de feuilles de papier, portant des couches de gomme laque de première qualité qui, seules, reçoivent l’impression phonographique.
- Vous pouvez trouver des renseignements détaillés sur la composition des disques phonographiques, et sur les opérations d’enregistrement, dans l’ouvrage : Le Phonographe et ses merveilleux progrès, par P. Hémardinquer (Masson et C'c, éditeurs). Des notions complémentaires sur cette question sont contenues également dans Le Livre du Disque, du même auteur (E. Chiron ,éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Réponse à M. L. Bonneton, à Oyonnax (Ain).
- Graissage des hauts de cylindres dans une auto= mobile.
- Nous avons donné à plusieurs reprises, dans la revue, des détails sur les avantages du graissage supplémentaire de la partie supérieure des cylindres dans une automobile, par mélange avec l’essence d’une huile spéciale.
- Il est certain que le mélange d’huile à l’essence augmente beaucoup l’efficacité du graissage des pistons, surtout lorsque l’huile du carter est froide. L’huile employée pour effectuer le mélange doit cependant être choisie avec soin, et la proportion exactement déterminée, car un mélange mal dosé ou composé avec de l’huile trop visqueuse peut déterminer un encrassement des chambres d’explosion, des troubles de carburation, et un départ difficile.
- L’huile employée doit se mélanger instantanément à l’essence ou à l’essence-alcool; malgré sa fluidité, elle doit garder une grande onctuosité aux températures élevées auxquelles elle est soumise.
- L’huile ajoutée au carburant est mélangée également aux fines gouttelettes vaporisées dans le carburateur. Elle se dépose sur la partie supérieure des cylindres et des pistons ainsi que sur les soupapes,, ce qui constitue une protection additionnelle des pièces en mouvement les plus chaudes.
- Le mélange de l’huile à l’essence s’effectue sans précautions spéciales, et la proportion est, d’ailleurs, très faible, de l’ordre de 1 pour 100 par exemple. Le procédé est donc très économique. On emploie soit simplement des huiles minérales très légères, soit des composés plus complexes, comportant à la fois de l’huile légère, du graphite sous la forme colloïdale, et même un décalaminant, comme-le camphre végétal. Vous pouvez vous adresser à ce sujet, par exemple, aux Etablissements Maury, 7, rue de Normandie, à Asnières (Seine).
- Nous ne pensons pas que l’huile de vaseline pure puisse vous donner de bons résultats, et vous conseillons d’utiliser de préférence un mélange spécial, d'ailleurs peu coûteux.
- Réponse à M. Bondil, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Projecteur cinématographique à déroulement continu.
- La projection cinématographique s’effectue pratiquement à l’heure-actuelle par saccades au moyen du système à croix de Malte. Il serait sans doute fort intéressant de remplacer ce procédé par un système permettant le déroulement continu du film positif, de manière à remplacer une image par une autre, sans secousses, et avec une cadence-assez rapide pour permettre le phénomène normal de la persistance de l’impression rétinienne.
- Différents procédés plus ou moins complexes ont été proposés pour-permettre d’obtenir ce résultat, qui présente essentiellement l’avantage d’augmenter la durée de service du film. De nombreux brevets-ont été pris sur la question, et des appareils industriels déjà réalisés. Malheureusement, aucun d’eux ne semble encore pratiquement utilisé. Des études sur ce sujet ont déjà paru dans La Nature. Vous pouvez trouver également des indications dans La Technique Cinématographique (17, rue des Acacias, Paris).
- Réponse à M. L. M. à Lyon.
- Questions diverses sur le perfectionnement d’un poste récepteur.
- 1° Pour augmenter la sélection obtenue avec un petit poste récepteur de 1. S. B. très peu sélectif, sans modifier en rien le montage-intérieur de 1 appareil, vous pouvez utiliser, s’il s’agit simplement d’éliminer une émission locale ou régionale, un circuit bouchon intercalé dans la connexion d’antenne, et formé d’un bobinage et d’un, condensateur variable à air.
- S il s agit, au contraire, d’augmenter d’une manière générale la sélectivité du récepteur, il faut employer un dispositif de présélection, à deux circuits accordés, à liaison par capacité ou par bobinage-capacité. Ces deux circuits sont accordés à l’aide d’un condensateur double a deux « rotors » accouplés.
- Vous pouvez trouver le schéma d’un appareil de ce genre, ainsi que
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- son mode de construction, dans l’ouvrage : Les Récepteurs Modernes de T. S. F. (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Il est certain qu’une telle adaptation ne peut vous permettre d’obtenir des résultats analogues à ceux qui sont réalisés avec un récepteur de construction spéciale moderne, mais l’amélioration peut déjà être importante. Nous pensons cependant évidemment que votre poste comporte au moins un étage d’amplification haute fréquence en avant de la dé tectrice.
- 2° Le dispositif le plus simple pour permettre le chauffage des filaments des lampes d’un poste à l’aide du secteur continu et sans accumulateurs, consiste à abaisser la tension du courant à l’aide de résistances, ou simplement de lampes à incandescence montées en série, et à filtrer ensuite le courant ainsi obtenu dans un circuit comportant des bobinages haute fréquence, et de fortes capacités.
- Vous pouvez trouver des schémas de montage de dispositifs de ce genre dans l’ouvrage « Le Problème de VAlimentation par le Secteur » (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- 3° Il est théoriquement possible de remplacer dans un poste des lampes à chauffage direct, à filament à faible consommation, par des lampes à chauffage indirect du type secteur alternatif ou « tous secteurs ». Mais, en réalité, cette transformation exige des modifications de montage nombreuses, et c’est l’ensemble même du système qui doit être changé, d’autant plus que les lampes à chauffage indirect ont un effet calorifique beaucoup plus intense que les lampes à faible consommation.
- Nous ne vous conseillerons donc pas cette modification, et nous vous recommandons, soit de conserver vos lampes actuelles avec alimentation par courant filtré, soit de construire un autre poste disposé spécialement pour l’emploi des lampes à chauffage indirect.
- 4° Il est facile de reconnaître si l’élément chauffant d’une lampe à chauffage indirect du type pour secteur alternatif, ou tous courants, est détérioré, simplement à l’aide d’un voltmètre et d’une petite pile ou d’un accumulateur de 4 volts.
- Mais cette vérification élémentaire ne démontre pas que la lampe soit en bon état. Il faut encore mesurer son courant de plaque, la pente de sa caractéristique, et se rendre compte s’il n’existe pas de contact accidentel entre l’élément chauffant et la cathode, ou entre la cathode et la grille, par exemple. Ces vérifications sont faciles à effectuer au moyen d’un milliampèremètre et d’un voltmètre suivant les procédés classiques que nous rappelons dans nos chroniques.
- Réponse à M. Fauvel, à Vire (Calvados).
- De tout un peu.
- M. M. M., Constantine. —- Pour la prospection géophysique du pétrole, veuillez consulter l’ouvrage de M. Alexanian : Prospection géophysique, traité pratique à l’usage des géologues et des ingénieurs des mines. 1 vol. in-16, colombier, 268 pages. 133 figures, 2 planches, prix 62 fr. Librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris.
- IVI. Portelès, à Magallon. — Les matières colorantes bleues qui conviennent le mieux pour une teinture d'amateur sont les couleurs diamines ou colorants substantifs, qui ont l’avantage de se fixer directement sur la fibre de coton, laine ou soie sans intervention de mordant, d’où une grande simplicité comme mode d’emploi, bon marché et bonne pénétration ; elles conservent au tissu le toucher, le brillant, la souplesse, mais sont un peu moins solides à la lumière.
- Les proportions pour une robe, soit I kg de fibre à teindre, sont les suivantes :
- a) Teintes claires :
- Eau . . 20 iitres
- Savon . . 20 grammes
- Sel ordinaire . . 20
- Colorant . . 0,5 à 1 —
- b) Teintes moyennes :
- Eau . . 20 litres
- Soude Solvay . . 10 grammes
- Sulfate de soude ou sel . . . . . 50
- Colorant . . 5 à 10
- c) Teintes foncées :
- Eau . . 20 litres
- Sel Solvay . . 25 grammes
- Sulfate de soude ou sel . . . . . 100 —
- Colorant . . 15 à 20 —
- Le savon empêche la couleur de monter trop rapidement, au contraire
- le sulfate de soude ou le sel font tirer à la fin de l’opération.
- Ajouter d’abord au bain le savon ou le carbonate de soude (sel Solvay), puis le colorant, enfin le sulfate de soude.
- Entrer le tissu vers 40-50° C, chauffer doucement jusqu’à l’ébullition, teindre en moyenne une heure au bouillon.
- La Manufacture lyonnaise de Matières colorantes, à Lyon, vend comme bleus diamines :
- Bleu diamine 3 B.
- — oxydiamine R et G.
- — diaminéral R qui imite l’indigo
- — Chicago 6 B.
- — pur diamine.
- — azodiamine.
- — diamine G.
- Ces trois derniers sont surtout employés pour l’obtention des bleu marine.
- IVI. IVI..., à Paris. — La peinture blanche dans les laboratoires, pour ne pas être modifiée par les émanations d’hydrogène sulfuré, doit s’effectuer uniquement avec les pigments à base de zinc, le sulfure de zinc de formation éventuelle étant lui-même blanc.
- Le pigment à recommander est le blanc de zinc sans mélange (oxyde de zinc). On peut aussi utiliser le lilhoponc qui est une association de sulfure de zinc et de sulfate de baryte, obtenue par réactions, mais les lithopones du commerce, s’ils ne noircissent pas, ont quelquefois l’inconvénient de jaunir.
- Condition essentielle de réussite : surveiller le peintre qui exécutera le travail, car croyant bien faire, pour mieux couvrir ou obtenir un plus beau blanc, il aura presque toujours la tentation de faire intervenir le blanc de céruse (carbonate de plomb), ce qui serait désastreux.
- Pour s’assurer de la bonne exécution, se munir d’un petit flacon de sulphydrate d'ammoniaque, un tampon de coton imbibé du produit ne doit pas donner de tache noire sur la peinture.
- M. F. R., à Paris. — Vous pourrez facilement dégager l’intérieur de votre récipient en aluminium, du tartre qui s’y est déposé, en y faisant bouillir pendant quelque temps de l’eau contenant environ 5 pour 100 de phosphate tri-sodique. Le léger dégagement d’hydrogène, dû au milieu alcalin, facilitera le détachement de la ci’oûte, mais il sera peut-être nécessaire de répéter l’opération plusieurs fois, si cette croûte est trop dure et constituée par du sulfate de chaux.
- M. Guidamour, à Montréal. — Il a paru dans le n° 39, page 948, en 1933, du Zeitschrift-Electrangewandte Phys. Chim., une étude très poussée de G. Grube et E. Kesting, sur 1 obtention des dépôts électrolytiques de rhodium; cette étude, qui a porté sur i utilisation du sulfate, du boro-silicate, du fluosilicate, du perclilorate, du phosphate, de l’oxalate, etc., a montré que le phosphate convenait particulièrement à cette réalisation. Vous trouverez dans ce travail tous les éléments utiles pour l’application que vous avez en vue.
- M. Soléo, à Survilliers. — 1° L’inventeur ayant disparu, nous regrettons de ne pouvoir vous indiquer où trouver son appareil, pour la fabrication ménagère du vinaigre, mais il vous sera facile, en vous inspirant de la figure page 19, des « Recettes de la Maison », d établir quelque chose d’analogue en vous servant d’un ancien petit tonneau à cognac, l’entonnoir étant de verre ainsi que le tube plongeur et le flotteur constitué par une rondelle de bois de chêne. Eviter d employer un métal en quelque endroit. Son action pourrait être fâcheuse.
- 2° En général l’ensemencement en mycoderma vitii, se fait seul, si l’opération est bien conduite comme nous l’avons indiqué dans le n° 2901, page 288. Si toutefois vous désirez employer un ferment pur, vous pourrez vous adresser à l’Institut La Claire, au Locle, par Morteau (Doubs).
- M. Chardin, à Pantin. — S’il s’agit de donner de l'opacité à votre colle, vous obtiendrez économiquement ce résultat en y ajoutant d’abord quelques centimètres cubes d’une solution de chlorure de baryum à 5 pour 100, puis après brassage également quelques centimètres cubes d’une solution de sulfate de soude à même concentration; par réaction, il se formera dans la masse du sulfate du baryte blanc et opaque.
- Quelques essais préalables seront, bien entendu, nécessaires pour déterminer les proportions convenables.
- Cercle des Armées de terre et de mer, à Paris. — La préparation suivante vous donnera très probablement satisfaction pour réaliser un fixateur de la chevelure:
- Gomme adragante........................ 50 grammes.
- Borax pulvérisé......................... 5
- Eau de roses......................... 1000 cent, cubes.
- Le Gérant ; G. Masson.
- 5g5i. — lmp. Lahure, 9, rue de Fieurus, P ris.— i-ii-iq34.— Published in France.
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- N° 2941
- LA NATURE '5N°v,nbre|,m
- LA POLÉSIE, PAYS DES MARAIS DE PINSK
- Polésie... A ce nom d’un exotisme trompeur une image apparaît, se précise, grandit... Une image sans limite, faite de tout le ciel, de tout l’horizon : les Marais de Pinsk.
- Un abîme d’ennui et de désespoir se dégage de la solitude morne de ces vastes marécages. A perte de vue, autour de Pinsk, parmi les herbes courtes, luisent d’innombrables canaux, cours d’eau, bras du Pripet, semés de nénuphars d’or. Des bouquets d’osier, des touffes de roseaux et de joncs se dressent comme des îlots sur une mer calme. Pas d’arbres hauts. De loin en loin des parcs de bestiaux. D’immenses troupeaux vivent en liberté dans les pâturages.
- Us ont une telle habitude du marais qu’ils ne s’enlisent jamais et traversent à la nage de profonds cours d’eau. De vétustes moulins à vent, qui semblent oubliés dans la plaine, lui communiquent l’aspect, des classiques paysages hollandais.
- L’ensemble des Marais de Pinsk occupe une surface de plus de 100 000 km2. Cette région peut être enfermée dans un triangle dont le sommet serait tourné vers le nord (Brzesc-sur-le-Bug, autrefois Brest-Litowsk) et dont la base s’appuierait à l’est sur le Dniepr. La frontière polono-soviétique coupe la Polésie en deux parties, la plus importante restant du côté bolchévique.
- Ce pays devait être complètement immergé à l’époque tertiaire. Aujourd’hui, c’est un immense marécage, traversé dans sa longueur par le Pripet qui réunit la Polésie au Dniepr à l’est, tandis qu’à l’ouest, tout un réseau de canaux la relie aux affluents de la Vistule et du Niémen (fig. 1).
- Peu de routes, encore moins de voies ferrées, cela rend les communications très difficiles dans cette contrée où tous les déplacements se font par eau. Dès la plus haute antiquité, les marchands byzantins empruntaient le Dniepr, puis le Pripet, pour se rendre à la Baltique. Cet itinéraire était alors une des « routes de l’ambre ».
- D’après les statistiques officielles, un tiers de ce vaste territoire, d’une superficie totale de 42 280 km2 est occupé par le marécage, un dixième environ par la forêt et un huitième par les terres cultivables. La population
- y est peu dense, 875 400 habitants, c’est-à-dire 20 habitants par km2.
- Les marais. — Au printemps, la Polésie offre l’aspect d’une vaste mer de plus de 200 km de long et 80 km de large, que survolent avec des cris sauvages des bandes de mouettes et de canards sauvages.
- Lorsque les eaux se retirent en mai, le marécage présente alors des aspects variés.
- C’est tantôt une plaine herbeuse, ponctuée de joncs et de roseaux, s’étendant à l’infini. Sorte de steppe
- ruisselante d’eau, dans laquelle les meules placées sur pilotis n’interrompent pas la grande ligne uniforme, amoindries qu’elles sont par cet espace illimité d’horizons pâles et de ciel ouvert.
- L’été venu, alors que les marais sont à sec et que la vase noire se crevasse à la grande chaleur, la moindre étincelle peut enflammer la prairie. La tourbe se consume parfois jusqu’à plus d’un mètre de profondeur, formant ainsi de gigantesques entonnoirs qui s’emplissent d’eau en automne et par les froids les plus rigoureux ne gèlent jamais. En hiver, sur la grande plaine neigeuse, ils apparaissent couverts de brumes et de vapeurs légères, noirs comme l’agate et luisants d’un froid éclat de mercure. C’est le paradis des canards sauvages.
- Au bord des cours d’eau, le marais perd cette aridité. Sur les rives où l’eau affleure, toutes vertes d’herbe fine et veloutée, s’étale une flore originale et charmante, une gamme ravissante de bleus et de rouges, le yert délicat des arbustes au feuillage grêle et sur les eanx tranquilles, les coupes d’or des nénuphars.
- De distance en distance, sur un coin de terre sèche, un kuren (1) dégage son toit de branchages ou d’osier. C’est là que le Poleszuk (2) s’embusque pour chasser le gibier d’eau. Il passe des semaines entières à l’affût. De loin, le rayonnement des vagues attire les bandes de canards, de hérons, de bécasses, etc. Il pose des lignes de fond dans les cours d’eau poissonneux, tend des filets, pêche à la nasse. Le poisson est séché sur place et c’est par centaines que les brochets, les carpes, les
- 1. Sorte de hutte de branchages.
- 2. Prononcer Poléchoult.
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- Brest -Litpwsk
- Fig. 1. — La Polésie, région des marais de Pinsk.
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- anguilles sont enfilés sur les brochettes d’osier. Parfois aussi, une glacière primitive, mais extrêmement ingénieuse reçoit le poisson destiné à être expédié frais : des blocs de glace, à demi enfouis dans le sol et recouverts de terre battue... voilà un excellent « frigidaire » capable de résister aux plus grandes chaleurs.
- La forêt. — A mesure qu’on s’avance vers la frontière soviétique, on découvre d’épaisses forêts, le plus souvent immergées et à peu près impénétrables. Là croît une flore exubérante, riche de toutes les essences sylvestres et de fougères monstres. Il existe, prétendent les Poleszuks, une sorte de fougère qui fleurit un court instant dans la nuit de la Saint-Jean. Sa fleur merveilleuse a l’éclat d’une étoile. Celui qui la cueillera aura tous les pouvoirs. Mais les esprits malins défendent la fleur magique et nombreux furent ceux qui s’enlisèrent en voulant la ravir...
- Pas de chemins. Pour circuler dans les endroits trop marécageux, le paysan abat des arbres et saute de tronc en tronc. Il se glisse comme il peut, au iisque de s’envaser
- Fig. 2. — Pinsk : la cathédrale et le port.
- dans ces boues mouvantes. Ici, encore de place en place, sur un terrain sablonneux et sec, se dresse un kuren, nouveau relais dans l’existence vagabonde de ces hommes.
- C’est une région sans vent. Pas une feuille ne bouge, aucun souffle n’agite la forêt, figée dans une immobilité sinistre. Triste et pénible vie que celle de ces êtres condamnés à vivre pendant les mois d’été dans une atmosphère oppressante, lourde de miasmes qu’épaississent encore des tourbillons de moustiques. Ils sifflent et chantent une sorte de mélopée qui est un appel au vent.
- « Lève-toi, lève-toi, petit vent, Apporte-nous ta fraîcheur ! »
- Le soir, un monde mystérieux s’éveille dans la solitude. Chaque bête pousse son cri. C’est l’heure où les élans vont boire... Tous les esprits de la forêt vont et viennent librement. Il y a dans l’air des frôlements, des bruits imperceptibles, des cris légers. Ce sont les Rusalkis, fines et blanches, aux longs cheveux flottants, couleur de lin; plus cruelles que les loups, plus redou-
- tables que les sorcières un soir de Sabbat... Elles poursuivent les hommes, les ensorcellent et les torturent jusqu’à la mort. Il arrive parfois de voir sur le sable un triple cercle dessiné grossièrement à l’aide d’un couteau. Soyez assuré qu’un Poleszuk s’est réfugié dans cette figure magique afin d’échapper à l’atteinte des Rusalkis.
- Le caractère de la Polésie change rapidement à notre époque : les terres cultivables sont conquises sur la forêt que l’on défriche et sur les marécages que l’on a déjà asséchés partiellement, grâce à des canaux d’écoulement. Depuis une dizaine d’années, le projet de l’assèchement total des Marais de Pinsk est envisagé par le gouvernement polonais. Tâche gigantesque, puisqu’il s’agit de conquérir près de 2 millions d’hectares de terres fertiles, et qui ne trouve son équivalent que dans l’assèchement du Zuyderzée par les Hollandais. Malheureusement le problème est ici d’une extrême complexité et sa réalisation se heurte à de nombreuses difficultés aussi bien d’ordre technique que financier.
- Les Poleszuks. — Les villages sont situés à l’intérieur du marais, au bord des cours d’eau, là où les rives sont assez élevées, sur des îlots sablonneux très éloignés les uns des autres. Plus on s’enfonce vers l’est, plus le pays devient sauvage. Il y a quelques années à peine, on découvrit des agglomérations tout à fait perdues au cœur des marécages, complètement isolées et dont les habitants, vivant à l’état primitif, ne possédaient aucun état civil. Il en était d’autres encore où les autochtones n’avaient rien su de la guerre et ignoraient totalement ce qu’était un train ou même un escalier...
- Sur cette terre ingrate, la civilisation a à peine pénétré. Ces hommes rudes ont pris à la solitude quelque chose de son aspect. Leur visage tanné, crevassé et farouche garde l’empreinte des misères de leur pauvre existence. Taciturnes, silencieux comme les solitaires, ignorants, superstitieux, les Poleszuks constituent le plus arriéré de tous les groupes ethniques de la Pologne actuelle. Us parlent un idiome mi-blanc russien, mi-polonais et s’il vous arrive de héler l’un d’eux par ces mots : « Eh l’homme !... », attendez-vous à cette réponse non moins naïve que déconcertante : « Je ne suis pas un homme, je suis Poleszuk ! »
- Aux xe et xie siècles, la Polésie était habitée par différentes tribus slaves qui furent pour la plupart exterminées à la suite des guerres contre les Tartares et les Ruthènes. Une seule peuplade subsista, celle des Derew-lans, de laquelle sont issus les Poleszuks actuels. Ils formaient alors de petites principautés dont Pinsk et Brzesc étaient les capitales. Au xive siècle les Tartares, après avoir anéanti cette contrée, furent enfin repoussés par un prince de Lithuanie — unie alors à la Pologne —qui annexa la Polésie. Le pays dépeuplé fut alors colonisé par des paysans provenant de ses autres possessions et aussi par des prisonniers de guerre, entre autres les Tartares, dont on retrouve ici souvent le type asiatique.
- Les rois de Pologne favorisèrent cette colonisation en octroyant des titres de noblesse, ainsi que de nombreux privilèges aux paysans, aux plus vaillants guerriers auxquels ils distribuèrent ces terres arides. Il existe
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- actuellement des hameaux dont une partie bien distincte est habitée par de vieilles familles appartenant à cette petite noblesse polonaise. Appauvris, ces nobles-paysans mènent une existence aussi misérable que celle des Poleszuks, dont ils ne se distinguent que par la langue : pur polonais, la religion : catholique romaine —
- Poleszuks...................43 °/o
- Polonais....................25 »
- Blancs-Russiens.............17 »
- Juifs.......................10 »
- Autres nationalités. ... 5 »
- Le costume des Poleszuks est des plus simples : les
- Fig. 3 à S. — En haut, deux aspects des marais de Pinsk. —- Au milieu : à gauche, un village au bord des marais; à droite, bateau et engins de pêche. — En bas, à gauche, les transports; à droite, l'arrivée au village un jour de marché.
- alors que les Poleszuks sont pour la plupart orthodoxes — et les traditions. D’ailleurs toutes les grandes propriétés foncières n’ont jamais appartenu qu’à des familles polonaises; les princes Radziwill possèdent ici une propriété de près de 200 000 hectares.
- D’après le dernier recensement, les différentes populations de la Polésie se répartissent ainsi :
- hommes portent une chemise brodée en grosse toile blanche, sur le pantalon de même étoffe. Les plus aisés lui substituent en hiver le pantalon de bure. Une longue houppelande brune, serrée à la taille par un galon rouge, ou une chaude touloupe complète, avec le bonnet de fourrure, leur pittoresque équipement hivernal.
- Les chemises de femme sont égayées par d’originales
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- broderies noires et rouges que l’on retrouve également sur les tabliers. Les paysannes s’entourent la tête d’un mouchoir, le plus souvent d’un rouge éclatant qui de loin les fait prendre pour de gigantesques coquelicots.
- Pour circuler dans les marécages, les habitants se confectionnent des chaussures primitives, lapcie, convenant à leur existence amphibie. Ces sandales ultralégères, faites d’écorce de bouleau tressé, permettent, tout en protégeant les pieds enroulés dans des bandes de toiles, l’écoulement de l’eau.
- Les habitations. — Le Poleszuk ignore la vie séden-
- sont bons au Poleszuk pour quitter sa demeure. Elle n’est point pour lui le foyer autour duquel gravite sa vie, mais un abri provisoire, une halte assez primitive, dans son existence vagabonde.
- Une route — une piste serait plus juste — traverse le village polésien. Des deux côtés, de misérables chatas i^1) y alignent leurs toits de chaume, la façade tournée vers la cour. Là-bas, au carrefour, une haute croix de bois s’élance vers le ciel. Les babas (2) y ont suspendu des ex-voto : serviettes, tabliers, linges brodés... Tout cela, au moindre souffle va flottant, comme des pans de drapeaux.
- taire. Son existence se passe sur l’eau, dans les lointains marécages et dans la forêt. C’est un nomade qui n’est dans sa propre maison qu’un hôte de passage.
- Dès les premiers beaux jours, bêtes et gens quittent les villages. Ils passent quatre ou cinq mois dans les herbages, dormant à la belle étoile dans les kurens, vivant de chasse et de pêche. Seuls les vieillards et les infirmes restent dans les siolos (x).
- Au premier frisson de l’automne, on rentre au bercail, pour d’ailleurs en repartir bientôt, car tous les prétextes
- 1. Villages.
- Arrivée de bétail à Pinsk.
- Au dessus,
- Vaches traversant le Pripet à la nage.
- Les chatas faites de gros rondins reposent très souvent sur pilotis. Le Poleszuk a construit lui-même sa bicoque et à l’intérieur, pas un meuble, pas un ustensile qui ne soit son ouvrage, depuis sa couche de planches jusqu’aux gonds en bois de la porte. L’habitation ne comprend généralement qu’une seule chambre : ïizba, dont le sol est en terre battue. Le poêle est gigantesque, comme d’ailleurs dans toutes les demeures slaves : 2 m 50 de long par 2 m de large et 2 m 50 de hauteur. En guise de lit, un large tréteau en plan incliné reçoit tous les membres valides de la famille. On y dort tout habillé, recouvert de sacs, de touloupes ou de vieilles loques. Le lit ne se rencontre que dans les chatas aisées, mais partout, la place privilégiée sur le poêle est réservée aux vieux et aux malades.
- 1. Maisons. — Prononcer ha tas.
- 2. Femmes.
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- Dans un angle, une table au-dessus de laquelle sont accrochées de naïves icônes et un long banc de bois courant autour des deux murs, complètent le sommaire mobilier de l’izba, où le jour pénètre par une lucarne grande comme un mouchoir. La lampe à pétrole est un luxe. On ne la trouve que dans les villages proches des grands centres. Ailleurs, on se contente d’un bois résineux que l’on fait flamber sur une sorte de petite grille carrée suspendue au plafond (lucznik).
- En hiver, les orifices sont soigneusement calfeutrés dans l’izba, aussi le matin l’air y est-il irrespirable. « Il est si dense, disent les Poleszuks, qu’on y peut accrocher la hache ! »
- « L’ours ne se lave jamais et il se porte bien ! ». Cet aphorisme résume en sa forme concise toute leur conception de l’hygiène. Leur toilette est vite expédiée : un peu d’eau dans la bouche qu’on crache ensuite dans ses mains et avec laquelle on se frotte le visage. A défaut de serviette, eh bien, on suit résolument le conseil du poète et l’on se sert du... pan de sa chemise !
- Les produits de la chasse et de la pêche, le laitage, la farine de gruau constituent la base de leur alimentation : le sol très pauvre ne produisant guère que le seigle, l’orge, l’avoine, le sarrasin et les pommes de terre.
- Ils placent leurs ruches dans la forêt et avec le miel confectionnent un plat dont ils sont extrêmement friands, le kucja (1), mélange d’orge ou de blé cuit, de miel et de grains de pavot.
- Au printemps, les paysans recueillent la sève du bouleau et par fermentation obtiennent une boisson savoureuse qu’ils préfèrent même à l’hydromel.
- La vie sur Veau. — Tous les déplacements se font en barques. Ces embarcations, longues et étroites comme des pirogues (5 m de long et 0 m 50 à 0 m 70 dans la plus grande largeur) sont fréquemment creusées dans un tronc d’arbre. Ce n’est point un spectacle banal que de voir, sillonnant les myriades de canaux, ces légions de petites barques, munies parfois d’un rudiment de voile et manœuvrées à l’aide de longues gaffes par des hommes debout, obéissant à un rythme toujours égal.
- Chacun s’est fait toute une collection de canots de différentes tailles et avec lesquels il se déplace, va, vient, transporte le foin, les provisions, le bois, etc.
- Pour se rendre dans la prairie, éloignée souvent d’une dizaine de kilomètres, le cheval et le chariot d’osier sont hissés dans la barque et, en route! On croise de longs trains de bois sur lesquels les flotteurs ont installé tout un camping et même de petites cabanes d’osier et de roseaux.
- Les jours de marché, il est surprenant de voir ce que ces frêles embarcations parviennent à. transporter : hommes, femmes, enfants y voisinent avec toute une cargaison de bétail et les poules dans leur cage font amitié avec d’énormes chapelets d’oignons ou de volumineuses citrouilles.
- Les jarmarks (foires sur l’eau) offrent un tableau fort curieux. Celles de Pinsk, capitale des Marais, comptent parmi les plus pittoresques. Au pied des églises baroques,
- Fig. 12. — Un village polésien.
- des clochetons bulbeux qui le dominent de très haut, le port, sur le canal central, offre un spectacle extraordinairement bigarré et original. Les Poleszuks, venus d’une centaine de kilomètres à la ronde, ont quitté souvent depuis plusieurs jours leurs villages. Vêtus de leurs longues houppelandes, le regard méfiant abrité sous le bonnet de fourrure, ils tirent de leurs embarcations des denrées de toute nature.
- Pour beaucoup d’entre eux, la monnaie est supprimée. Ils pratiquent la loi de l’échange et troquent leurs; produits contre les objets les plus imprévus. C’est là évidemment une manière ingénieuse, parce que simple, de résoudre la crise économique. Dans les coins perdus du Marais, les habitants vivent d’ailleurs, sans le savoir, selon les principes du penseur américain Torreau : chaque individu se suffit à lui-même, se passant fort bien de l’industrie moderne. La laine et le lin sont filés par les babas, puis tissés sur des métiers en bois extrêmement primitifs. Rien n’a changé au cours des siècles... Ce pays échappe au rythme de la civilisation.
- La chasse. — Vrai trappeur de terre et d’eau, on peut voir le Poleszuk dans les brumes d’aube ou de crépus-
- Fig. 13. — Le marché de Pinsk.
- 1. Prononcer koutsia.
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- cule, caché pour l’affût parmi les roseaux ou bien immobile dans sa barque, occupé à surveiller ses nasses.
- Certaines régions de la Polésie sont extrêmement riches en gros gibier : lynx, sangliers, cerfs, renards, castors, martres, visons, loups y abondent. Les ours tendent à disparaître, mais on y rencontre encore les élans, bêtes curieuses, à tête énorme. Parfois dans la brume du petit jour, à l’intérieur du marais, on voit passer leurs fantastiques silhouettes, fantômes errants
- Le printemps est la saison de la chasse au grand tétra et au coq de bruyère. On chasse ce dernier au moment de ses amours. Par les belles nuits de clair de lune, le chasseur profite des instants où l’oiseau perché sur une branche chante éperdument pour s’approcher de lui. Arrivé à bonne portée, iJ tire le coq qui meurt en plein chant d’amour.
- Croyances et coutumes.-— La Polésie est sans doute la région de la Pologne où la sorcellerie a le plus intimement
- Fig. 14 à 18. — Types polésiens.
- En haut, une mendiante rembourrée de haillons pour se protéger des loups; un pâtre tressant des sandales en écorce de bouleau. A droite, en haut, un rassemblement au village; au centre, la fêle de la moisson; en bas, un tisserand et son métier.
- d’un autre âge. Dès les premiers flocons de neige, les chasses d’hiver commencent : chasse aux sangliers, aux lynx, aux loups. Les paysans se contentent bien souvent de poser des pièges à travers la forêt. Quant aux amateurs de « belles chasses », ils arrivent nombreux de tous les points du territoire.
- Les intrépides chasseurs s’entassent au petit jour dans les traîneaux. Empaquetés dans de grosses pelisses, le bonnet enfoncé sur les yeux, ils peuvent ainsi braver un froid de 40 degrés. Les rabatteurs suivent la piste des loups et les cernent dans un étroit espace. Ils entourent ensuite cette enceinte d’une corde munie de petits fanions rouges... Cercle enchanté que les loups effrayés n’osent franchir. Ils sont ainsi prisonniers et c’est alors un jeu, pour les chasseurs à l’affût, que de les abattre.
- La chasse au lynx est tout aussi passionnante. Ces animaux parcourent des espaces considéi’ables et c’est chose difficile que de les dépister. On les chasse comme les loups à l’aide de banderoles rouges.
- mélangé ses racines à l’âme profonde de la race. Chaque Poleszuk possède tout un répertoire de formules magiques, de signes cabalistiques, d’incantations propres à conjurer l’Esprit du Mal. Il croit aux mystérieux jeteurs de sorts qui tarissent le lait des vaches, font périr le bétail, etc., et n’est pas moins convaincu de la vertu des breuvages et des herbes magiques.
- Dans la nuit de la Saint-Jean, les Czarownicas Q)
- 1. Sorcières.
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- célèbrent leur Grand Sabbat. Elles parcourent les champs, traversent les villages, jettent des sorts... Cette nuit-là, elles possèdent un pouvoir infernal. Garçons et filles allument au crépuscule un grand feu de joie au bord de l’eau, et sur un appel des tambourins commence autour de la flamme une ronde folle qui durera jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Au cours de cette sarabande, les gars sautent au-dessus du brasier, chantent, crient, hurlent, lancent des tisons ardents dans les ténèbres afin de conjurer les maléfices.
- « Le moujik, dit un de leurs proverbes, est bête comme une corneille et malin comme le diable ! »
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- ici survécu avec leur sens profond et émouvant : cultes de la Terre, du Feu, des Ancêtres.
- « La terre féconde, la Sainte Terre est notre mère. »
- « Au printemps, la terre est en gestation. Ne la maltraite pas ! »
- N’est-ce point là un des reflets de l’âme humaine aux temps des poètes védiques ?
- Le Poleszuk se signe en allumant le feu; celui-ci ne doit jamais s’éteindre. Dans chaque foyer, un vase de terre déposé sur le poêle est rituellement destiné à recevoir la braise que l’on recouvre de cendres. Ne se croirait-on pas reporté à l’aube de la race blanche, alors
- Fig. 19 à 22. — En haut, à gauche. Départ pour la chasse; à droite, un sanglier; en bas, à gauche, un loup; à droite, un lynx.
- Ignorants, superstitieux, ils sont assez peu attachés à leur religion (orthodoxe), dont ils ne possèdent que de vagues notions. « Dieu ne se mêle pas dans les affaires humaines; il se contente de fixer à l’avance le sort de chacun contre lequel il est inutile de se révolter ! ». C’est bien là cette pure doctrine de la « non-résistance » au mal, ce fatalisme, cette passivité qui déconcertent les esprits occidentaux. La misère, la maladie, etc., sont regardées comme des maux du ciel, absolument inévitables, irrémédiables, devant lesquels il n’y a qu’à s’incliner sans rien dire, sans rien faire !
- Les vieux cultes païens, éclos au matin du monde, ont
- que des forêts de l’antique Scythie surgissait le premier créateur de la religion aryenne portant haut dans sa main le Feu sacré, le Feu mystique ! Et le culte des* Ancêtres, est-ce autre chose que la vieille loi de Rama ? La fête des Dziady (') est célébrée quatre fois l’an. La famille se rend au cimetière où des serviettes brodées sont accrochées à la croix et des pots remplis de victuailles déposés sur la tombe, car alors « les vieux reviennent en ce monde et soupent ».
- La fête des Moissons est encore une curieuse et charmante coutume.
- 1. Ancêtres.
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- Le dernier jour des moissons — celles-ci en raison du climat se terminent beaucoup plus tard qu’en France — on laisse un peu de blé ou de seigle non coupé autour d’une pierre, bien apparente dans le champ. C’est 1 ’oblega. Celle qui a été proclamée la plus jolie des moissonneuses s’esquive alors avec sa faucille et coupe rapidement le blé de l’oblega tout en chantant :
- « Je vous appelle à l’oblega Avant que je ne la quitte.
- Un, deux, trois,
- Imbécile, qui ne vient pas... »
- Moissonneurs et moissonneuses tressent ensuite une couronne d’épis entremêlés de fleurs et d’herbes odorantes. Tous en chœur :
- « O première moissonneuse, aie pitié, aie pitié,
- Ne fatigue point trop tes serviteurs !
- Nous portons la récolte, la récolte !
- Dieu ait soin de toi, alouette,
- Nous portons la couronne à notre maître.
- Nous avons coupé le seigle et le froment,
- Maître, ne nous refusez ni pain, ni vin, etc... »
- Le cortège se forme, ayant à sa tête la première moissonneuse couronnée, et l’on se rend à la demeure du maître où les chants recommencent, incitant ce dernier à la générosité.
- On mange, on boit, on danse, puis chacun s’embarque pour son lointain clocher. Sur les eaux calmes les barques glissent alourdies par les sacs de grain, prix d’un rude labeur.
- Bientôt le crépuscule noie le marécage sur lequel vient s’abattre une nuée d’oiseaux. La brume, comme un habile prestidigitateur, étend un voile qui escamote toutes choses. On ne perçoit plus qu’un faible clapotis auquel semble répondre un lointain bruissement d’ailes se perdant peu à peu dans l’infini du marais.
- Suzanne Girod.
- LES MINES D’OR ET LES GISEMENTS AURIFÈRES DE FRANCE
- « Ce n’est pas sans quelque scepticisme que le public entend parler de mines d’or en France. »
- C’est par ces mots que commençait dans La Nature, numéro du 2 octobre 1909, un article sur les mines d’or en France.
- Il n’est pas certain que l’opinion se soit vraiment modifiée depuis un quart de siècle. Cependant il y a quelque chose de changé dans les milieux officiels où l’on regarde aujourd’hui sans ironie les demandeurs de permis d’exploitation ou de concessions aurifères. Il ne saurait en être autrement quand on sait qu’on a extrait en France 40 000 kg d’or depuis 1905 et que sa production, en hausse constante, dépasse cinquante millions de fr pour 1933, total supérieur à celui fourni par la Guyane !
- Les deux principaux groupes de mines aurifères sont le Limousin et la Montagne Noire.
- Nous ne referons pas l’historique de la découverte de l’or dans la Mayenne, le Maine-et-Loire et le Plateau Central, ce qui a été fort bien fait ici en 1909. Nous dirons quelques mots sur la découverte de l’or dans l’Aude, où se trouve, pour le moment, la plus importante production française du métal précieux.
- Il est curieux de rappeler les dates des concessions accordées, — Salsigne en 1877, Villanière en 1898, Lastours en 1902, Malabau en 1913, Villardonnel et Le Pujol en 1922, — et de signaler ce fait que l’on savait depuis plus d’un siècle et demi que toute cette région était grandement minéralisée. En effet, de Genssane (*) cite au-dessus du village de Salsigne, à peu de distance des mines de fer, plusieurs filons de cuivre qui paraissent
- 1. De Genssane, Histoire naturelle du Languedoc, 1774.
- intacts. Il s’agit des filons cuprifères de Limousis et du Pujol. Mais de Genssane signale en outre, aux mêmes lieux, « un filon arsenical de plus de quatre pieds de largeur ».
- Et nous lisons dans Caillaux (*) : « César d’Ascons, dans son mémoire de 1667 sur les mines dont il eut la direction pour le service du roi, rappelle qu’à la Caunette il y avait une mine d’argent, que le seigneur du lieu y avait fait travailler jusqu’à ce qu’elle fût inondée. »
- Les chroniques nous apprennent que ces mines de fer avaient été exploitées de tout temps. Nous reviendrons une autre fois sur ce point d’histoire.
- Dès 1892 un ingénieur de Carcassonne, Esparseil (2), effectuait des recherches dans la Montagne Noire et les premières analyses qu’il fit faire décelèrent, sur les terres provenant des chapeaux de fer, des teneurs allant jusqu’à 150 à 200 gr d’or à la tonne. L’année suivante, il vendait à l’usine d’Eguilles, appartenant à la Société des Cuivres de France, 29 tonnes de minerai de cuivre provenant de ses fouilles à Limousis (permis de l’Administration du 11 juillet 1893), minerai dont l’analyse indiquait des teneurs de 3 à 10 pour 100 de cuivre et des teneurs en or variant de 9 à 33 gr d’or et 549 à 2832 gr d’argent à la tonne.
- 1. Caillaux. Tableau des mines métalliques et des combustibles minéraux de la France, 1875.
- 2. Plus tard Marius Esparseil vendit sa part de la concession de Villanière à M. Diederichs, celui-ci apportant ses connaissances industrielles et ses capitaux, Esparseil apportant ses gisements. Mais en même temps, ce dernier vendait la concession de Salsigne à M. Gayet qui fut, avec M. Diederichs, l’initiateur de l’industrie aurifère dans la Montagne Noire.
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- AUDE
- Toutes les concessions aurifères de ce département sont situées dans la Montagne Noire. La structure du sol est celle d’un massif ancien, granité, gneiss et schistes métamorphiques avec bandes de calcaires cristallins. Les plis, orientés à peu près du S.-S.-O. au N.-N.-E. ne se traduisent par aucun accident topographique important.
- Traversée par d’innombrables fdons métallifères, la
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- Malabau (Concession de 725 ha, du 9 août 1913).
- Cette concession paraît englober la fin du filon de mispickel des concessions voisines. Malheureusement ces filons sont enclavés dans des schistes complètement bouleversés, ce qui se traduit par une série de failles et de rejets préjudiciables à la régularité du gîte.
- La concession est inactive.
- Le Pujol (Concession de 934 ha, du 1er janvier 1923).
- Cette concession est traversée par plusieurs filons de
- Fig. 1. •— Concessions de la Montagne Noire.
- I. Le Pujol. — IL Malabau. — III. Villardonnel. — IV. Villanière. — V. Salsigne. — VI. Lastours. — VIL La Caunette.
- (Dans le haut de la carte à droite : recherches de Cabrespine).
- région est riche en gisements de mispickel aurifère et a donné lieu, à ce jour, à l’octroi, pour ce minerai, de six concessions formant ensemble une surface de près de 4000 hectares.
- Lastours (Concession de 884 ha, du 18 juin 1902).
- Cette concession, qui appartient au propriétaire de Villanière, est actuellement inexploitée. Il y avait là une limonite cupro-aurifère à teneur élevée en or, et une série de filons E.-O. cuivreux et plombeux. Le gisement est loin d’avoir épuisé ses possibilités.
- cuivre. Le gîte a été exploité à l’est, sur trois niveaux alignés sensiblement est-ouest. Il recoupe les schistes siluriens. Le remplissage est constitué presque toujours par deux mètres de quartz dans lesquels on trouve des rognons ou des traînées cuivreuses en placages. La minéralisation est constituée par de la chalcopyrite, sans traces de métaux précieux. La teneur varie de 3 à 5 pour 100 de cuivre.
- Cette concession est présentement inactive. Mais on y a repris récemment des recherches et découvert des
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- filons inconnus jusqu’à ce jour; les analyses ont décelé des teneurs en or qui permettent d’envisager la reprise des travaux dans un avenir rapproché.
- Salsigne (Concession de 278 ha, 30, des 6 février 1877 et 24 décembre 1897).
- L’exploitation se fait sur deux grands liions principaux orientés N.-N.-E. et S.-S.-O., entre le précambrien au N.-E. et le silurien au S.-E. Ces filons sont souvent traversés par des croiseurs E.-O.
- La puissance de ces liions est importante à tous les étages, atteignant 20 à 25 m de puissance au troisième étage, 45 m au cinquième niveau — sans parler de plu-
- partiellemcnt enrichi. Les résidus de la laverie et une partie du tout-venant sont envoyés à la flottation. Les concentrés qui en proviennent contiennent en moyenne 40 à 48 gr d’or à la tonne, selon le rendement du tout-venant, 4 à 5 t de tout-venant donnent de 0,800 à 1 t de concentrés. Les minerais lavés et les concentrés agglomérés sont envoyés dans un water-jacket à 30 tuyères. 11 en sort des mal les de première fusion qui sont concentrées dans un second water-jacket pour obtenir des mattes marchandes donnant à l’analyse de 800 à 1200 gr d’or à la tonne, 2500 à 3000 gr d’argent, et 20 à 24 pour 100 de cuivre. Ces mattes sont envoyées à Hoboken pour rafii-
- Fig. 2. •—• Usine de Salsigne (Aude).
- sieurs lentilles permettant une extraction considérable.
- L’exploitation porte sur cinq étages de 25 m chacun. La profondeur atteinte à ce jour est de 150 m.
- Les épontes sont des schistes contenant encore des sulfures complexes souvent riches en or.
- Le minerai est toujours du mispickel (arsénio-sulfure de fer), avec une moyenne de 12 à 15 gr d’or à la tonne et 150 gr d’argent.
- Une usine de traitement (fig. 2) est située à 4 km de la mine, à laquelle elle est reliée par un transporteur aérien.
- L’extraction se fait à la cadence de 500 t de tout-venant par 24 h. Le minerai est passé à une laverie qui élimine les parties stériles en produisant un minerai lavé
- nage. Il est intéressant de noter que depuis la reprise de Salsigne par la Société actuelle — Société des Mines et Usines de Salsigne — il a été produit, de 1926 à fin 1933, 5503 kg d’or. Si on ajoute à ce total une quantité évaluée à 3000 kg au minimum extraite par le concessionnaire précédent, Gayet, c’est 8503 kg d’or qui ont été extraits du gisement de Salsigne, soit pour une valeur de cent quarante-quatre millions de francs au cours de ce jour, 17 000 fr le kg.
- En 1933, Salsigne a vendu 1549 kg, 482 gr d’or. Cette quantité sera dépassée en 1934, puisque les usines produisent maintenant environ 160 kg d’or par mois.
- Villanière (Concession de 684 ha, du 11 août 1898).
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- C’est par l’exploitation de ce gisement que l’industrie aurifère a débuté dans la Montagne Noire. Il y a là plusieurs fdons parallèles, orientés un peu plus N.-S. que sur Salsigne. Le minerai est le même qu’à Salsigne, mais un peu plus riche en cuivre. Le traitement est le même : fusion au water-iacket produisant des mattes aurifères
- Villamère est la propriété de M. Diederichs, celui-là même qui eut, avec Esparseil, l’initiative du traitement par les procédés encore employés au même endroit, ainsi qu’à Salsigne et à Villardonnel.
- La production en or varie fort peu et tourne autour de 80 kg par an — 78 kg, 765 gr pour 1933.
- Villardonnel (Concession de 386 ha, du 4 mai 1922).
- Cette concession renferme plusieurs liions intéressants de mispickel aurifère et, sur une certaine longueur, un iilon de cuivre venant de la concession voisine du Pujol. Trois liions de mispickel ont été étudiés jusqu’à ce jour, mais sur une profondeur insuffisante. Aussi de nouveaux traçages et un approfondissement du puits principal sont-ils en cours pour assurer le développement de la mine en profondeur (fig. 4).
- Un essai fut effectué en 1932 sur un water-jacket pouvant assurer un traitement de 30 à 50 t par jour.
- AVEYRON
- Camarès (Concession de 2195 ha, du 10 décembre 1855 (fig. 5).
- L’histoire de cette concession est assez curieuse. Accordée pour cuivre, on y a trouvé quelques filons, les uns de chalcopyrite, d’autres de cuivre carbonaté, azurite fou chessylite). Elle a donné quelques minerais qui furent triés à la main et expédiés. Petite affaire qui était à la veille d’être reprise il y a trois ans. Mais la crise survint.... Un ingénieur-prospecteur, plus curieux et plus instruit que ses devanciers, prospecta tout ce gisement, de 22 km2, et eut la surprise de trouver de l’or sur un point qui n’avait pas été étudié.
- Des travaux de reconnaissance furent faits dans les terrains de transition. Une galerie de 5 m de longueur en travers-banc fut creusée sans sortir des mêmes terrains dont l’épaisseur est de 50 m sur le point étudié.
- La moyenne des teneurs des échantillons prélevés, tant sur les parois qu’au ciel de cette galerie, est de 29 gr d’or à la tonne brute, avec 117 gr d’argent. Une série de prélèvements faits dans les affleurements a donné des teneurs allant de 1 à 16 gr à la tonne. La concession paraît prête à entrer en exploitation.
- ISÈRE
- Le Pontet=la=Gardette (Concession de 225 ha, du 15 février 1831, remaniée par décret du 23 septembre 1904).
- C’est une des rares concessions instituées immédiatement pour or. Louis de Launay écrit : « Le filon de la Gardette représente un type intéressant de filon complexe ayant incrusté les fractures post-liasiques de la chaîne alpestre. Ce filon contient de très belles géodes de quartz avec blende, galène, pyrite, panabase, pyro-morphite et or natif ».
- Fig. 3. — Usine et mines de Villanière (Aude).
- Et il y a vraiment de l’or natif, et de nombreuses analyses, faites au laboratoire de l’Ecole des Mines en 1895 et 1896, ont donné des chiffres qui paraissent invraisemblables. Mais la concession est inactive précisément parce que l’or s’y trouve à l’état natif, trop visible. L’affaire ne saurait être industrialisée pour cette seule raison, car on ne pourrait pas exiger en France la fouille des mineurs comme en Afrique du Sud !
- CREUSE ET HAUTE-VIENNE
- Bausriraud (Concession de 274 ha, instituée le 1er janvier 1923).
- A cheval sur deux départements, le gisement est compris dans les schistes à gneiss de la région du nord du Limousin qui sont granulitisés et renfeiunent de très nombreux filons de quartz avec minerais complexes : mispickel, blende, pyrite, galène, le tout aurifère toujours à des teneurs intéressantes. De nombreuses analyses (Ecole des Mines et Campredon) ont indiqué des teneurs en or variant de 10 à 50 gr, en moyenne. Sur 34 lots pris en divers points des trois étages, on a prélevé 34 échantillons qui, analysés par Campredon, ont donné une teneur moyenne de 38 gr. Si nous retirons les lots dont les analyses ont donné une teneur supérieure à
- Fig. 4. — Mine et usines de Villardonnel (Aude).
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- Fig. 5. —- Mine de Ccimarès (Aveyron). Le Pic de Rostes.
- 100 gr, la teneur moyenne est encore de 22 gr 5. Dans le rapport du service des Mines concluant à la concessibilité du gîte, nous lisons : « Les teneurs constatées varient de 10 à 175 gr.... La teneur moyenne de la région explorée peut être évaluée à peu près à 15 gr au niveau de 27 m et aux environs de 100 gr au niveau de 100 m ».
- Cependant cette concession est inactive à la date où nous rédigeons ces lignes.
- CREUSE
- Le Châtelet (Concession de 781 ha, du 29 juillet 1907).
- Le gisement du Châtelet est caractérisé par des champs de fractures très complexes, formant des réseaux veinés enchevêtrés. L’exploitation porte sur un groupe de neuf liions occupant en largeur environ 500 m et une longueur
- de 1600 m. Ces fdons, sensiblement parallèles entre eux, se rejoignent par un réseau de veines secondaires transversales qui constituent un stockwerk très étendu et très complexe (Paul Chevauché).
- Le minerai qui constitue le remplissage est du quartz ou de la pegmatite. Le quartz est très complexe et rappelle les quartz de Kalgoorlie (Australie). Les minéraux qui l’accompagnent sont la stibine en mouches ou en paillettes, mais surtout la pyrite de fer, très abondante, et enfin le mispickel contenu à l’état d’imprégnations très ténues, et qui est le véhicule de l’or. La pyrite de fer est stérile. Mais l’or ne peut être séparé du mispickel même après broyage, par lavage ou amalgamation. Aussi les minerais sont traités par flottation, et les concentrés obtenus — représentant le dixième du tonnage extrait — sont séchés et grillés avant d’être envoyés à la flottation (Filippini).
- L’or récupéré représente à peu près 94 pour 100 de l’or contenu dans le minerai.
- Le Châtelet a produit 282 kg 154 d’or en 1933, et, depuis 1909 jusqu’à fin 1933, 7774 kg 489 soit pour 131 544 000 fr (fig. 6).
- La Petite=Faye (Concession de 314 ha, du 4 janvier 1921).
- On a reconnu là un filon quartzeux imprégné de mispickel aurifère, paraissant très régulier et d’une teneur constante de 15 gr d’or à la tonne. Depuis qu’y furent faits les travaux de démonstration qui ont donné lieu à l’octroi de la concession, aucune exploitation n’a été entreprise.
- On trouve dans cette région, dont le sous-sol est granitique, de nombreux vestiges de très anciens travaux
- datant de l’époque celtique, de la Tène probablement.
- DORDOGNE
- Le Tindeix (Concession de 342 ha du 1er janvier 1924).
- Tout comme dans le Limousin, on a encore trouvé là, un peu partout, des vestiges d’anciennes exploitations. Plusieurs filons ont été reconnus dont la teneur moyenne est d’environ 20 gr d’or à la tonne, dans une gangue généralement quartzeuse ou formée de roches cristallines.
- Aucun travail n’y a été entrepris depuis l’installation de la concession.
- MAINE-ET-LOIRE
- Saint=Pierre= Montlimart
- (Concession de 508 ha, du 5 juin 1905).
- La concession est connue sous le nom de La Bellière, du nom du château du premier concessionnaire. Le gîte principal comprend
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- trois filons est-ouest encaissés dans les phyllades de Saint-Lô (précambrien). L’un de ces filons a une puissance exceptionnelle de 14 ni. Le remplissage consiste en quartz minéralisé par du mispickel, de la pyrite, avec une petite quantité de galène. La teneur en or est de 11 gr 3 à la tonne.
- Un premier traitement donne une partie de l’or par amalgamation. Les boues et sables résiduaires sont ensuite passés à la cyanuration.
- Cette concession fut celle qui, très bien conduite dès le premier jour, donna le plus rapidement des résultats intéressants. En effet la Société, constituée en 1905, vendait ses premiers lingots à la Banque de France dès 1907.
- Elle a produit 388 kg 041 d’or en 1933 et au total 8778 kg 087 gr depuis sa fondation à fin 1933, soit, au prix actuel de l’or, pour 148 370 000 fr (% 7).
- Fig. 7. — Usines de la Bellière.
- (Concession de St-Pierre-Montlimart (Maine-et-Loire).
- MAYENNE
- La Lucette (Concession de 841 ha, du 1er avril 1899).
- La découverte de l’or dans cette concession, accordée pour antimoine et or, date de 1903. Le gîte est constitué par plusieurs filons de quartz recoupant des schistes et des grès micacés. Le pendage des filons, dont la direction varie entre 15 et 40° N.-E., est presque vertical. La minéralisation se trouve dans chaque filon sous forme d’une lentille unique, mais il n’y a jamais de serrée totale de minéralisation. Le remplissage est formé de stibine au centre, et de pyrite et mispickel en cristaux, disséminés dans une gangue quartzeuse. L’or se trouve en majeure partie à l’état libre dans le quartz et dans la pyrite, très probablement aussi dans le mispickel, en particules collées aux cristaux de ces minéraux. La teneur en est de 12 à 20 gr à la tonne.
- La production de cette mine consiste surtout en antimoine. Vers 1905-1906 la production de cette mine représentait le quart de la production mondiale d’antimoine. Le métal précieux n’est considéré, à la Lucette, que comme un produit accessoire. L’or est extrait par traitement sur table à secousses après broyage au tamis de 20, et amalgamation.
- En 1933 il a été ainsi produit 39 kg, 780 gr et 3116 kg, 725 gr depuis 1906 (fig. 8).
- Port=Brillet (Concession de 734 ha, du 4 septembre 1909).
- Comme la précédente, dont elle est limitrophe à l’Ouest, cette concession fut donnée pour antimoine et or. La principale minéralisation est constituée par de la stibine, associée au quartz. Le remplissage des filons contient en outre du cuivre gris, de la blende et de l’or. Mais le métal précieux y est à une teneur si faible — de 1 à 3 gr à la tonne — que la concession, depuis longtemps inactive, est en instance de renonciation.
- PUY-DE-DOME
- Pontvieux (Concession de 940 ha, du 9 juillet 1847).
- C’est la plus vieille concession de France accordée pour or.
- 11 y avait sur ce gisement, au milieu des micaschistes et des gneiss, de très anciens travaux, datant de plusieurs époques. On y a reconnu cinq filons de quartz minéralisé en minerais complexes aurifères et argentifères. Il y a du mispickel, de la blende, de la galène, un peu de stibine, mais surtout de la pyrite et de la jamesonite (antimonio-sulfure de plomb), ces deux derniers minerais étant ici les plus riches en or.
- Six galeries pénètrent, à liane de colline, à l’intérieur du gisement, deux sur un filon de pyrite aurifère, une
- Fig. 8. —- Usine de La Lucelle (Mayenne)
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- autre suit un filon de jamesonite fort bien minéralisé, — qui est le filon principal, — les autres sont ou effondrées ou sans importance.
- Les teneurs en or sont élevées, 70 gr à la tonne selon Baudin, Max Braun, et Berthier. Mais ce minerai, trop complexe, ne pouvait pas être traité avec profit avant la découverte de la flottation. Le gisement, toujours en sommeil, serait à la veille d’être mis en exploitation.
- PYRÉNÉES-ORIENTALES
- Qlorianes (Concession de 1585 ha, du 1er janvier 1923).
- Le gisement est compris dans la zone accidentée qui forme les contreforts N.-N.-E. du Canigou.
- C’est dans cette zone, constituée par des schistes passant par endroits aux quartzites, que se trouvent intercalés des lentilles allongées et des filons quelque
- LES IDÉES MODERNES
- C’est Franklin qui établit, en 1770, la première carte où figurait, dans l’Atlantique Nord, un courant rapide et chaud se déversant, du canal de la Floride, vers le Nord, et occupant à peu près l’espace compris entre la mer des Sargasses et la côte orientale des Etats-Unis.
- Ce courant reçut de lui le nom de Gulf-Stream (courant du Golfe) parce qu’il avait paru à Franklin qu’il ne pouvait provenir que du golfe du Mexique.
- Mais, antérieurement, ce courant du détroit de Floride avait déjà été observé, notamment en 1513, par Francesco de Alaminios, pilote de l’expédition de Ponce de Léon, qui avait éprouvé de sérieuses difficultés à faire passer sa flotte des Bahamas à la côte de Floride (').
- Maury, l’incomparable précurseur américain, fit une étude approfondie du Gulf-Stream, mais les moyens rudimentaires dont il disposait ne lui permirent pas d’émettre sur l’origine de ce courant une autre hypothèse que celle de Franklin. De son fait, cette hypothèse s’installa dans les conceptions géographiques modernes et, pendant de longues années, il resta entendu que le courant si remarquable, qui coulait en torrent dans le canal de la Floride, y roulait les eaux du golfe du Mexique.
- Jusqu’à nos jours, on a considéré en outre que le Gulf-Stream constituait une sorte de fleuve d’eaux relativement chaudes, qui, prenant sa vitesse dans le canal étroit de la Floride, se déversait à travers l’Atlantique Nord vers les latitudes moyennes de l’Europe dont il baignait les côtes de ses eaux tièdes, leur apportant ainsi le bienfait d’un climat plus doux que ne le comportent ces latitudes.
- De l’ouvrage de Maury, où elle est traitée sous une forme relativement scientifique, l’hypothèse passa dans
- 1. J’ai pour cette étude, très largement puisé dans le magnifique et savant ouvrage de M. Camille Vallaux, examinateur honoraire d’admission à l’Ecole navale: La Géographie des Mers (Editeur, Félix Alcan), où le sujet qui nous occupe est traité de façon magistrale, avec tant d’autres des plus intéressants.
- peu irréguliers de quartz et de mispickel aurifère, ceux-ci plus récents que ceux de quartz.
- Les travaux sont très étendus et trois filons y présentent une belle apparence. Dans l’un on a effectué un millier de mètres de galeries ou de travers-bancs. La puissance réduite du filon y est d’environ 1 m et coïncide avec sa puissance.
- Le minerai, formé de mispickel à gangue de sidérose, contient 12 pour 100 d’arsenic et de 20 à 25 gr d’or à la tonne. Un certain nombre de lots, dont le total se chiffre par 1200 t, a donné une teneur moyenne de 21 gr,7 d’or à la tonne.
- La mine est malheureusement située à 1000 m d’altitude et assez mal desservie, ce qui explique en partie qu’elle soit actuellement en sommeil.
- (A suivre.) Léon Laffitte.
- SUR LE GULF-STREAM
- la littérature avec la Mer, de Michelet. Cet admirable écrivain en imprégna l’imagination populaire.
- Il se créa ainsi une sorte de légende, dans laquelle, comme il arrive le plus souvent, le vrai se mêle au faux.
- Dès le siècle dernier, ce qui dans le système de Maury n’était qu’illusion, fut ébranlé par les observations patientes et détaillées d’un grand nombre de travailleurs et de chercheurs, enfin munis d’instruments perfectionnés.
- De l’ensemble de ces travaux, il ressort que les eaux sortant rapidement du détroit de Floride, qui paraissent venir du golfe du Mexique, ne sont en réalité que des eaux provenant du courant sud-équatorial.
- Ce courant, comme son nom l’indique, se forme dans le sud de l’équateur et chemine de l’est vers l’ouest; sa vitesse maximum est de 78 milles (x) (144 km) par jour, sa vitesse moyenne restant de 45 à 55 km.
- Du nord au sud, il présente une sorte de périodicité qui s’harmonise avec l’oscillation de l’équateur thermique; mais dès le 10e degré de longitude ouest la majeure partie de ses eaux passe au nord de l’équateur. Lorsque ces eaux viennent buter contre le continent sud-américain, elles se divisent en deux masses dont la plus importante, prenant la direction nord-ouest, forme le courant de Guyane, dont la vitesse est de 30 à 60 milles par jour.
- Les eaux de ce courant de Guyane rejoignent celles du courant nord-équatorial, beaucoup moins rapide qui, lui, prend naissance dans la région des vents alizés du Nord-Est.
- Cette masse conjuguée pénètre, par tous les détroits des petites Antilles, jusque dans la mer des Caraïbes. La température de surface de ces courants varie de 24 à 28 degrés centigrades (fig. 4).
- Continuant sa route infléchie vers le nord-ouest, la masse franchit le canal du Yucatan, bute contre celle des
- 1. Un mille marin = 1852 mètres.
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- eaux du golfe du Mexique, et entre avec une vitesse croissante dans le canal de Floride.
- Sur le méridien de La Havane, la largeur du détroit est de 150 km, sa profondeur de 1800 m.
- Le Gulf-Stream, puisque ce nom doit lui être conservé, en occupe toute la surface sauf une petite bande littorale de chaque côté, mais en profondeur il ne descend pas plus bas que 800 m.
- Au point le plus étroit du canal, entre Gun-Ray et les Fowey-Rocks, à l’accore du grand banc de Bahama, la largeur du canal n’est plus que de 80 km avec une jirofondeur de 800 m.
- C’est dans ce goulet où il s’étrangle, en occupant tout l’espace libre, qu’il prend sa plus grande vitesse : 148 km en 24 heures (fig. 3).
- Ses eaux, disent les Pilot-Charts américains, sont alors d’un bleu indigo profond. Ses lignes de jonction avec l’eau de mer ordinaire se reconnaissent aisément, lorsque le temps est calme, par le clapotis léger et les remous qui en marcruent les limites.
- Immédiatement après l’étranglement des Bahamas, le fleuve s’élargit. A ce moment, sa vitesse s’est modérée. A 500 km du maximum noté à Gun-Ray elle n’est plus que de 33 milles (61 km) en 24 heures.
- A 500 milles dans l’est du méridien de Terre-Neuve elle est à peine perceptible, mais la largeur du courant a si considérablement augmenté qu’on ne sait si on peut la fixer à 1200 ou 1800 km (x).
- Mais même dans sa partie la plus resserrée, il ne baigne pas directement la côte américaine. La masse du courant s’infléchit à la surface vers le nord-est et en profondeur vers la mer des Sargasses. Ces effets généraux de la rotation terrestre sont sensibles surtout à partir du 30e degré de latitude nord.
- La ligne de démarcation entre le bord occidental du Gulf-Stream et les eaux littorales de la côte américaine est très nette. On la nomme le Cold Wall (mur froid). Sur le bord oriental, on rencontre également ce mur, mais de façon discontinue.
- Les différences de température entre les eaux du courant et celles du Cold Wall sont très sensibles. Elles atteignent 8° C au sud du cap Hattaras, et 12 à 15° à la latitude de New-York. Ceci se vérifie en hiver. Au printemps ces différences s’atténuent et deviennent 4-5° au sud d’Hatteras, 5-8° devant New-York. En été on ne constate plus de différences.
- La rencontre du Gulf-Stream avec le courant général de giration de l’Atlantique Nord, appelé courant des Antilles, qui p:isse en dehors des grandes Antilles, se produit par 30° latitude nord et 79° longitude ouest.
- La quantité d’eau apportée par le Gulf-Stream est le double de celle que fournit le courant des Antilles.
- Le grand courant se change alors en une dérive sans cesse élargie, où se produisent de grands remous et de nombreuses girations secondaires et dont le bord oriental est à peu près indiscernable. En réalité, à partir de ce
- 1. La Théorie du Gulf-Stream. Ed. le Danois, Directeur de l'Office scientifique des Pêches maritimes, Président du Comité du Plateau continental atlantique.
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- Fig. 1. — La première carte du Gulf-Stream établie par Benjamin
- Franklin.
- point, il n’est plus permis de dire que c’est encore le Gulf-Stream qui continue sa route vers l’Est, mais bien la masse de ses eaux mélangées à celles de l’Atlantique Nord qui se déplacent plus ou moins rapidement vers les côtes d’Europe sous l’effet de la rotation terrestre.
- « Le courantomètre, écrit le Commandant Beaugé (x) révèle effectivement la permanence d’un important mouvement d’eau dans l’océan Atlantique, depuis le golfe du Mexique jusque par 50° de longitude ouest et 40° de latitude Nord.
- Les limites de ce déplacement sont sensibles, au milieu des eaux environnantes, mais le débit et la vitesse en
- 1. L’évolution des idées dans la pêche moderne. Revue maritime, février 1934.
- Fig. 2. — Les courants de surface de l'Atlantique nord, d’après Krümmel. En traits pleins, les courants chauds; en pointillé, les courants froids.
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- Fig. 3. — Bathymétrie du Canal de Floride, a'après l’ouvrage de Vallaux : Géographie générale des mers.
- sont essentiellement variables avec les saisons d’abord, et périodiquement avec les années. .
- A l’Est du 50e degré de longitude, cette progression du sud-ouest vers le nord-est, cesse d’être perceptible ; les eaux sont encore en mouvement, mais l’intensité et la direction de ce mouvement sont tellement variables qu’il est impossible de le considérer
- comme la continuation ou la conséquence du rythme précédent. »
- Le Gulf-Stream, en tant que courant homogène, est donc parfaitement discernable jusqu’au 50e degré de longitude ouest et, à l’est de ce méridien, comme il a déjà été dit plus haut, la dérive marine s’élargit en éventail sous la forme de stries d’eau tiède, dans presque toutes les directions. C’est le delta du Gulf-Stream,
- La masse des eaux encore en mouvement s’infléchit à ce moment vers l’est et le sud-est.
- « Ce mouvement, dit M. Vallaux, est démontré par la marche de ces épaves de navires, abandonnés de leurs équipages qui sous le nom de « derelicts », continuent à flotter, en général parce que leur chargement de bois les maintient à flot très longtemps, quelquefois pendant des années. Leur déambulation à travers l’Atlantique Nord a pu être suivie par les navires spéciaux que le Gouvernement américain détache pour les retrouver et essayer de supprimer le danger qu’ils constituent pour la navigation. Le plus célèbre de ces « derelicts », le schooner Fan-ny Wolston, naufragé en oc-tobre 1891, accomplit en 3 années un parcours de 14 000 km autour de la mer des Sargasses, avant de sombrer en octobre 1894 sous le poids des mollusques et des végétations marines.
- D’autres dérivèrent p e n -
- Fig. 4. — Jonction du courant de Floride et du courant des Antilles, d’après l’ouvrage de Vallaux : Géographie générale des mers. Les flèches à un trait empenné indiquent les courants de moins de 20 cm/sec. ; celles à 3 traits les courants de plus de 60 cm/sec. ; celles à 2 traits les courants intermédiaires.
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- dant plusieurs années des Antilles aux Açores, et même jusqu’en Ecosse.
- Mais parmi les 230 épaves annuelles suivies de 1900 à 1907, aucune ne remonte franchement vers le nord, à l’est de Terre-Neuve. »
- Comment donc expliquer le phénomène, dont on ne peut cependant nier l’existence, qui fait régner sur une grande partie des côtes occidentales de l’Europe un climat dont la douceur ne correspond pas à la latitude?
- M. E. Le Danois l’attribue à un mouvement périodique des eaux marines, dénommé par lui transgression et dont il a reconnu l’existence à la suite de longues et difficiles recherches. Dans une conférence à l’Institut océanographique et dans de nombreuses publications, il en a donné, comme suit, la théorie.
- « L’eau de mer, dit-il, suivant sa température et sa salinité, présente des caractères qui font s’opposer deux nappes d’eaux voisines.
- Elles se juxtaposent, elles se déplacent l’une par rapport à l’autre, elles ne se mélangent pas. C’est le principe fondamental de l’immiscibilité des eaux : Des eaux de température et de salure différentes ne se mélangent pas entre elles quand elles sont en grande masse.
- Il y a friction entre ces masses d’eaux différentes, et cette friction même détermine, tellement l’individualité des eaux est bien gardée, des courants en sens inverse de la part de chaque nappe; celles-ci s’évitent pour ne point se mélanger.
- Or, continue M. Le Danois, lorsque le continent Nord Atlantique se rompit, les eaux de l’ancienne mer centrale s’affrontèrent avec les eaux polaires; ce heurt n’a jamais cessé.
- De nombreuses observations permettent d’aflirmer que les eaux équatoriales sont les éléments actifs d’un mouvement périodique, d’amplitude variée, amenant un empiétement momentané sur les eaux d’origine polaire. C’est la transgression.
- Les eaux d’origine transgressive ont toujours une salinité supérieure à 35 pour 100 et sont, en général, plus chaudes que les eaux sur lesquelles elles empiètent.
- A partir de février, chaque année, le mouvement se dessine au large des Canaries. Vers mai il atteint la côte portugaise, et s’infiltre en juin dans le golfe de Gascogne. En juillet les eaux du large atteignent la Grande Sole et remontent rapidement en août et septembre jusqu’aux Iles Britanniques et la mer du Nord, pour atteindre en novembre le Spitzberg et la mer de Barentz. Dans la saison d’hiver, les eaux équatoriales se voient refoulées par les eaux continentales ; consolidées par les apports de la banquise et des grands fleuves, elles perdent leur force d’action et reculent.
- Ce mouvement d’aller et de retour, d’extension et de régression, caractérise essentiellement le phénomène transgressif, qui amènerait, jusqu’au contact des côtes,, des eaux à haut indice thermique provenant de l’Atlantique équatorial. »
- Sur la valeur de cette hypothèse, M. Vallaux s’exprime comme il suit :
- « Ed. Le Danois, qui refuse toute influence aux eaux du courant de Floride et du courant des Antilles sur le
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- réchauffement des eaux de surface de l’Atlantique Nord, ne paraît pas admettre davantage ce qui constitue pour nous la vraie cause de l’indice thermique de la dérive Atlantique : le réchauffement direct des eaux de surface par les courants atmosphériques. 11 admet un mouvement général vers le N.-E. dû, en hiver, à l’extension de la banquise, à l’apport de ses eaux de fusion et au cours des grands fleuves, et, en été, un mouvement de transgression estivale, causé par la dilatation des eaux équatoriales. 11 nous paraît impossible d’admettre la première cause, qui ne rend pas compte de l’indice thermique de tiédeur hivernale sur les côtes d’Europe. Quant à la seconde, elle ne tient pas compte de la continuité réelle du phénomène, malgré les variations qu’il présente ».
- M. Vallaux dit encore : « Quelle que soit la déviation à dominante sud-est imposée par la rotation de la terre, les eaux de l’Atlantique Nord, en relation avec la marche des principales perturbations atmosphériques, suivent en grande partie la direction de l’est et du N.-E. vers les côtes tempérées entre le 43e et le 60e degré de latitude nord. Celte dérive superficielle des eaux se ferait, nous l’avons déjà indiqué, des abords de Terre-Neuve à ceux de l’Europe en l’espace de 20 mois. La diffusion de la chaleur des latitudes moyennes vers les hautes latitudes d’ouest en e^t à travers l’Atlantique Nord est un fait constaté et certain.
- En moyenne annuelle, la température à St-Jean-de-Terre-Neuve est de -j- 5°; c’est aussi celle des côtes d’Islande. Cet isotherme passe donc de la latitude 45° nord (St-Jean-de-Terre-Neuve) à la latitude 65° nord (celle de la côte sud d’Islande), soit un gain de 20° de latitude vers le Nord.
- Au mois de juillet les températures moyennes de Terre-Neuve et celle du nord de l’Ecosse sont les mêmes, soit -f- 12°,8, avec une différence de latitude de 13°. Mais c’est de novembre à février que le réchauffement des côtes d’Europe se fait plus particulièrement sentir. Ces températures tièdes s’accompagnent de basses pressions et, en fait, entre 55 et 65° de latitude nord, il se forme d’ouest en est, un lit de dépressions presque continu et constant, régime qui implique des coups de vent nombreux et souvent de longue durée. »
- En somme, la dérive de l’ouest à l’est des eaux de l’Atlantique Nord ne fait aucun doute, pas plus que leur indice thermique élevé, cause du refoulement vers le nord de la lisière arctique ou ligne de fonte des glaces flottantes (*).
- Ces eaux atlantiques ne sont donc pas poussées par celles du courant de Floride. Mais leur mouvement représente un phénomène d’un autre ordre, avec ses variations et ses lois particulières, dans lesquelles interviennent, dans une proportion difficile à déterminer, une poussée des eaux de l’Atlantique central due en partie à la rotation terrestre et une dérive sous le souffle des vents des dépressions atmosphériques, dont le mouvement général se produit de façon presque constante du sud-ouest vers le nord-est.
- Il ne m’est pas permis de prendre position dans une controverse où s’affrontent des hommes de science de 1. Ct Romdellux. La Dépêche de Brest, 8. novembre 1933.
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- Fig. 5. —Le derelict Euerell Webster rencontré et photographié par 41 degrés de latitude Nord et 57 degrés de longitude Ouest, le 29 avril 1907.
- haute valeur, comme ceux dont je viens de rapporter les opinions, controverse qui paraît rester ouverte.
- Mais nous pouvons dire, en résumé, que la vieille hypothèse d’un Gulf-Stream amenant jusqu’aux côtes d Europe ses eaux dont la chaleur s’est quelque peu dissipée au cours de ce long voyage est désormais ruinée.
- Ce roi des courants ne règne pas plus loin que le 50e degré de longitude ouest et le 40e degré de latitude nord en un point où il se dilue et se perd dans la masse des eaux de l’Atlantique Nord.
- Mais ces eaux elles-mêmes restent sans aucun doute animées d’un mouvement lent de l’ouest vers l’est qui les amène tièdes encore jusque sur nos côtes européennes, où elles maintiennent un climat particulièrement doux. C est là un fait certain dont les causes ne sont, comme on le voit, pas encore parfaitement déterminées. Le seront-elles jamais ?
- On peut l’espérer, si on veut considérer que la science de l’océanographie, encore dans les limbes il y a 40 ans, a progressé, depuis, de façon presque prodigieuse, sous les efforts tenaces de savants parmi lesquels le prince
- Fig. 6. — Parcours de l’épave du Fannie-F.-Wolslon, du 15 octobre 1891 au 21 octobre 1894.
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- Fig. 7. — Deux cartes de E. Le Danois représentant la transgression estivale à droite et la régression hivernale à gauche.
- de Monaco, Nansen, Otto Petterson, Sir John Murray, Johs. Schmidt, Vallaux, et bien d’autres, ont joué un rôle particulièrement important.
- Je n’ai pu qu’effleurer ici cette question du Gulf-Stream. Les problèmes qu’elle pose ont suscité de très nombreux et remarquables travaux; en voici une nomenclature succincte à laquelle nos lecteurs pourront se rapporter :
- G. Schott und B. Schultz. Die Forschungsrcise. S. M. S. Mowe im Jahre 1911. Océanographie. Archiv der deutschen Seewarle, 1914.
- G. Schott. Géographie des Atlantischen Ozeans. 2. Aufl., Hamburg, 1926.
- J.-P. Jacobsen. Contribution to the hydrography of the Nortb Atlantic Danish « Dana » Expéditions. Report n° 3, Copenhague, 1929.
- C. O’D. Iselin. The development of our conceptions of the Gulf Stream System. Trans. Amer. Geophysical Union. 14th meeting. Nat. Academy of Sciences, Washington, 1933.
- Une étude de II. A. Mariner : The Gulf Stream and its problems, parue en 1929 dans The Geographical Review, New-York, page 457.
- Un article publié dans la Revue hydrographique de mai 1931, p. 243, par le Bureau hydrographique international sous le titre « Le Gulf-Stream », extrait du discours prononcé par Georg Wüst, à l’Université de Berlin, le 15 novembre 1929.
- Je ne veux pas oublier, non plus, de mentionner ici la très importante contribution de notre service hydrographique français à ce problème comme à tout ce qui touche à l’étude de la mer.
- Doté d’un personnel qui comprend à l’heure actuelle à peu près le même nombre d’ingénieurs qu’il y a un siècle, ce service poursuit la réfection des cartes côtières et la recherche des hauts fonds sur les 3800 milles des côtes de la métropole et les 14 000 milles de nos côtes coloniales.
- En outre, il a, dans ces 10 dernières années, exécuté d’importants travaux parmi lesquels je citerai : la détermination des grandes profondeurs (jusqu’à 2000 m) devant les côtes d’Algérie, et dans le golfe du Lion, contribution à la détermination des longitudes mondiales en 1926 et 1933 ; etude de la gravité en mer avec les appareils de M. Venig-Meinez qui se poursuit actuellement en Méditerranée ; amélioration continuelle des procédés de sondage et de repérage acoustique et ultra-sonore ; préparation de la mission française de l’Année Polaire au Scoresby-Sund et participation à la croisière du navire de recherches scientifiques « (Président-Théodore-Tissier » en 1933.
- Ct Sauvaire-Jourdax.
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- POUR PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE A LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE
- Actuellement on utilise de plus en plus les poudres éclairantes dans la photographie dite « instantanée ». Si l’emploi de ce mode d’éclairage, si pratique pour la photographie d’intérieur, ne s’était pas plus répandu jusqu’ici, c’est à cause de la fumée abondante qu’il produisait.
- La combustion du magnésium et de l’aluminium qui, jusqu’à ces dernières années, étaient les seuls métaux entrant dans la composition des poudres éclairantes, donne lieu, en effet, à la production d’une fumée assez abondante qui ne se dissipe que lentement et empêche de faire plusieurs photographies successives dans un même local. On remédiait à cet inconvénient en faisant brûler les poudres sous une hotte vitrée,, munie d’une cheminée d’évacuation qui éliminait la fumée à l’extérieur, ou bien en faisant la combustion sous un sac en
- mousseline ignifugée (avale-fumée), ayant un volume suffisant pour contenir toute la fumée produite pendant la combustion; on vidait ensuite le sac à l’extérieur.
- Non seulement ces moyens nécessitent l’emploi d’appareils fixes ou mobiles, encombrants à transporter, mais ils absorbent une quantité plus ou moins grande de lumière, ce qui diminue le rendement lumineux.
- Aussi cherchait-on, depuis longtemps, des produits éclairants dont la combustion donnât une fumée peu abondante et se dissipant rapidement de façon à permettre la prise de plusieurs clichés successivement dans le même local.
- Le zirconium, ainsi que son hydrure ZrH2 répondent à ces conditions. L’hydrure de zirconium s’obtient par réduction de l’oxyde dans un courant d’hydrogène.
- L’oxyde de zirconium est préparé à partir du minerai
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- naturel la zircone qui est le silicate de zirconium.
- L’hydrure de zirconium, utilisé pour la préparation des poudres éclairantes sans fumée, est une poudre noire très dense qui, mélangée en proportions convenables avec les oxydants habituellement employés avec le magnésium jou l’aluminium, tels que le nitrate de baryte, le bioxyde de manganèse, le permanganate de potasse, etc. peut être facilement enflammée, pari 'intermédiaire d’un fil de coton-poudre, d’une amorce ou d’une étincelle électrique.
- Le produit de la combustion est un oxyde très dense qui est porté au rouge éblouissant et émet des radiations lumineuses dont l’actinisme est comparable à celui de l’aluminium, mais inférieur à celui du magnésium. La combustion de la poudre a lieu avec production d’une très légère fumée bleuâtre, qui se dissipe instantanément et permet de faire brûler successivement plusieurs charges de poudre dans le même local sans que l’atmosphère perde sa transparence et que les personnes présentes soient incommodées.
- Les produits de la combustion sont inodores et dépourvus de toxicité.
- L’emploi du zirconium pour la préparation des poudres éclairantes, malgré son prix environ trois fois plus élevé que celui du magnésium, a pris une grande extension pour la photographie d’intérieurs et pour toutes les opérations où la fumée doit être prohibée.
- Une autre solution pour la suppression de la fumée a été réalisée en faisant brûler de l’aluminium en feuilles très minces dans une ampoule de verre fermée, remplie d’oxygène, de la grosseur d’une lampe à incandescence de 50 watts (lampe Vacublitz). Cette ampoule est fixée sur une petite douille à vis, qui peut être facilement vissée sur une lampe de poche à la place de l’ampoule éclairante. Pour produire l’éclair, on établit le contact qui allume normalement la lampe de poche : le filament qui est à l’intérieur de l’ampoule rougit, et comme il est en contact avec la feuille d’aluminium l’élévation de température provoque la combustion spontanée du métal. La durée de la combustion est évaluée à l/25e de seconde environ. Il n’y a donc ainsi aucune production de flamme ou de fumée à l’air libre, mais ce mode
- = = 451 =
- d’éclairage est beaucoup plus coûteux que le précédent, car l’ampoule ne sert qu’une fois, sa capacité lumineuse n’est pas très grande et on ne peut pas construire de gros modèles.
- Pour éclairer une scène d’une certaine importance, il faut employer un grand nombre de lampes, et faire brûler les divers éclairs simultanément. Il est donc nécessaire de transporter un grand nombre d’ampoules si l’on veut photographier successivement différentes scènes.
- Le transport de ces ampoules fragiles est peu commode. L’évacuation des ampoules usagées ne peut se faire facilement, celles-ci constituant un résidu très encombrant pour l’opérateur.
- Néanmoins, dans le cas où la fumée et les projections d’étincelles doivent être rigoureusement prohibées, c’est le meilleur système d’éclairage artificiel transportable.
- La commodité de l’allumage des charges de poudre au moyen du filament incandescent d’une lampe de poche a conduit à une autre invention. On a fixé sur des culots métalliques, pouvant être vissés sur une lampe de poche, des charges de poudre sans fumée, dans lesquelles est inclus un filament de lampe monté sur la tige du culot. Ce filament rougit dès que le contact de la lampe est établi et enflamme la poudre (lampe Solar). Ce système présente sur le précédent l’avantage d’être beaucoup moins coûteux et très peu encombrant, car les culots renfermant les charges de poudre peuvent être transportés par douzaines dans de très petites boîtes, et il n’y a aucune crainte de rupture comme avec les ampoules.
- On peut même être absolument à l’abri de toute projection d’étincelles, bien qu’en principe la lampe Solar n’en donne pas, en adaptant au culot un manchon évasé transparent, non fragile, en cellophane par exemple, qui capte les étincelles qui pourraient être projetées à l’extérieur, et peut être utilisé un grand nombre de fois.
- On voit que la production de lumière artificielle, sous forme d’éclairs sans fumée, a réalisé, dans ces derniers temps, de gros progrès grâce auxquels ce système d’éclairage s’est rapidement généralisé pour la prise de vues photographiques d’intérieurs et pour le reportage.
- A. Seyewetz.
- Sous-Directeur de l’Ecole de Chimie de Lyon.
- METHODES MODERNES DE MESURE
- DE LA DURETÉ
- L’expérience journalière nous apprend que les solides ne se laissent pas tous pénétrer avec la même facilité. Nous traduisons ce fait en disant qu’ils sont plus ou moins durs. Lorsqu’on veut préciser cette notion, on rencontre des difficultés considérables. On peut même dire que dans l’état actuel de nos connaissances, il est absolument impossible de donner une définition précise de cette propriété des solides.
- Malgré ces difficultés, l’industrie a cherché à étudier la
- dureté des corps. Cette propriété est en effet en rapport étroit avec la résistance offerte par la substance à l’attaque des outils : limes, fraiseuses, perceuses, etc. D’autre part, certaines transformations des métaux s’accompagnent de variations de dureté : c’est par exemple le cas de la trempe, du recuit, de l’écrouissage. On pourra suivre la marche de ces transformations en mesurant la > dureté des pièces. Ce procédé de contrôle ne sera applicable que si l’on peut déterminer les variations de dureté
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- Fig. 1. — Scléromètre à rayure.
- d’une façon rapide et assez précise. Ces méthodes de contrôle présenteront un intérêt particulier quand on étudiera des modifications superficielles des échantillons, comme celles produites par la cémentation ou la nitruration. Les méthodes industrielles n’ont pas la prétention de mesurer une grandeur physique. Leur but est de classer les corps par ordre de dureté, c’est-à-dire d’après la résistance offerte par leurs parties superficielles à la
- Fig. 2. — Scléromèire Shore. Essai par rebondissement.
- pénétration. On caractérise la dureté du corps par la force nécessaire pour produire un certain déplacement des molécules superficielles de ce corps. Les procédés de mesure employés dans la pratique diffèrent les uns des autres par le mode de pénétration et la nature de la déformation envisagés.
- Les méthodes indiquées ci-dessous peuvent se classer en trois groupes :
- Les méthodes de rayure ou méthodes selérométriques.
- Les méthodes de rebondissement.
- Les méthodes de pénétration statique.
- On n’a pas pu obtenir jusqu’à ce jour de relations entre les nombres de dureté obtenus pour un même corps par ces différentes méthodes. Par contre, ces méthodes ne sont utilisables que dans les limites où elles sont concordantes, c’est-à-dire que le classement des corps d’après leur dureté doit être le même, quelle que soit la méthode employée.
- MÉTHODE SCLÉROMÉTRIQUE
- Elle consiste à appuyer avec une force connue une pointe de diamant contre l’échantillon et à déplacer cette pointe. On peut mesurer la dureté par la force nécessaire pour laisser une trace de largeur donnée. Cette largeur est mesurée à l’aide d’un microscope à oculaire micrométrique. Dans l’appareil Martens la pointe est placée à l'extrémité d’un levier. Au-dessus de la pointe se trouve un plateau sur lequel on dépose des poids. Un dispositif permet de déplacer l’échantillon. Cette méthode présente un défaut de fidélité, les nombres de dureté trouvés dépendent de la vitesse de déplacement de la pointe. Par contre, cette mesure a l’avantage de localiser l’essai à la surface de l’échantillon. On pourrait penser à étudier par cette méthode la dureté des corps en couches minces.
- MÉTHODE DE REBONDISSEMENT
- Tandis qu’à l’aide du scléromètre on produisait un déplacement des molécules parallèlement à la surface de l’échantillon, on produira dans les méthodes de rebondissement et de pénétration statique des déplacements normaux à la surface.
- La méthode de rebondissement consiste à laisser tomber d’une hauteur fixe, sur la surface de la pièce à essayer, un petit marteau terminé par un cône arrondi en diamant. La dureté est mesurée par la hauteur de rebondissement. Dans l’appareil Shore le petit marteau est enfermé dans un tube de verre gradué, sur lequel on peut lire directement la hauteur du rebond, c’est-à-dire le nombre de dureté. La chute du petit marteau est provoquée par un dispositif pneumatique manœuvré à l’aide d’une poire. Cet instrument présente un grave défaut : la dureté n’est certainement pas la seule propriété qui règle la hauteur du rebond, en particulier l’élasticité intervient d’une façon notable. La conséquence est que dans certains cas la méthode conduit à des résultats manifestement faux : par exemple la hauteur de rebondissement est plus grande avec le caoutchouc qu’avec le laiton.
- MÉTHODE DE BRINELL
- Les méthodes basées sur les phénomènes de pénétration statique semblent être celles qui donnent les meilleurs résultats. En particulier la machine Brinell est de beau-
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- coup l’appareil le plus employé à l’heure actuelle. Elle est basée sur le principe suivant : on comprime avec une force connue contre le métal étudié une bille d’acier dur,
- pratiquement indéformable dans les conditions de l’expérience. Cette bille laisse à la surface de l’échantillon une empreinte que l’on peut assimiler à une petite calotte sphérique. Brinell définit la dureté de l’échantillon par le
- rapport : A =
- F
- de la force de pression mesurée en kilo-
- grammes à la surface en millimètres carrés.
- Le rapport A est appelé « dureté à la bille » ou « chiffre de Brinell ».
- Cette définition de la dureté n’aurait une valeur scientifique que si le chiffre de Brinell était une constante indépendante des conditions de l’expérience, c’est-à-dire si, d’une part, la surface de l’empreinte était proportionnelle à la force de pression et si, d’autre part, A était indépendant du diamètre de la bille. Or dans la très grosse majorité des cas il n’en est rien.
- Voici par exemple des résultats fournis par un bronze d’aluminium :
- Forces de pression. Diamètre de la bille. A
- 1000 kg 10 mm 95
- 30 kg 10 mm 61
- 30 kg 3 mm 67
- Fig 4. — Machine Brinell Alpha.
- Au point de vue pratique on tourne ces difficultés en choisissant arbitrairement une force de pression et un diamètre de bille. Ces données arbitraires varient d’ailleurs avec le type d’alliage étudié. Par exemple pour les fers et les aciers on utilise une bille de 10 mm de diamètre et une force de 3000kg. L’empreinte a alors un diamètre voisin de 5 mm. Par contre, pour les bronzes d’aluminium on a utilisé des billes de 3 mm et une force de 30 kg. Le diamètre de l’empreinte i‘este alors inférieur à 2 mm.
- On a donné des formes variées aux appareils servant à mesurer la dureté Brinell.
- Dans certains de ceux-ci la pression est exercée à l’aide d’une pompe à huile ; on
- peut alors opérer sous des pressions variables mesurées à l’aide d’un manomètre métallique; le type de ce premier groupe est la « machine Brinell Alpha » représentée par la fîg. 4. Dans d’autres appareils la force dépréssion est obtenue par la compression d’un ressort taré. Guillery utilise comme ressort un empilement de rondelles Belleville. Ce dernier dispositif est plus simple que le précédent, mais on est forcé d’opérer avec une force fixe : celle pour laquelle le ressort a été taré.
- On déduit la surface de l’empreinte d’une mesure de son diamètre. Cette mesure peut être faite à l’aide d’un microscope à oculaire micrométrique ou plus simplement à l’aide de la réglette Le Châtelier. Celle-ci est une règle de verre sur laquelle on a tracé deux droites faisant entre elles un petit angle. On inscrit l’empreinte entre ces deux traits. L’un d’eux porte une graduation qui donne directement la surface de l’empreinte.
- On peut présenter à cette méthode diverses critiques.
- F
- Nous avons déjà indiqué que le rapport — n’est pas indé-
- O
- Fig. 3.
- - Scléromèlre de « La Précision mécanique pour essai par rebondissement.
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- Fig. 5. — Coupe d’une machine Brinell Alpha.
- Fig. 6. — Appareil à bille Guillery.
- pendant de la force de pression. Or si l’on veut obtenir sur l’acier des empreintes notables, il faut employer des pressions considérables. Au contraire, si l’on faisait des essais dans ces conditions avec les alliages monétaires, les flans seraient traversés par les billes. Il faut exercer des forces variant avec la nature de l’alliage, il y a donc lieu d’établir des tables de correspondance entre des mesures faites avec des pressions aussi différentes.
- D’autre part la mesure n’a de sens que si la bille est pratiquement indéformable dans les conditions de l’expérience. Or cette condition est loin d’être réalisée dans le cas des alliages très durs, tels que les aciers pour outils.
- Par suite on ne peut avec cet appareil mesurer de duretés Brinell supérieures à 400.
- La bille pénétrant dans le métal écrouit celui-ci d’une façon notable. Cet écrouissage est d’autant plus grand que la force utilisée est plus grande. Cet effet devient extrêmement gênant lorsqu’on veut mesurer la dureté d’un métal recuit; on ne mesure en effet à l’aide de la bille que la dureté du métal écroui. Certains considèrent que cette variation d’écrouissage est la cause de la variation du chiffre de Brinell avec la pression. Cette hypothèse semble confirmée par le fait que la dureté Brinell du plomb
- est indépendante des conditions expérimentales, or on sait que le plomb ne s’écrouit pas à la température ordinaire.
- La méthode de Brinell ne peut être utilisée pour la mesure précise de la dureté de couches minces comme celles qui se forment à la surface des métaux dans la cémentation ou la nitruration ou celles que l’on dépose à la surface des pièces par électrolyse. En effet le support de ces couches joue certainement un rôle dans la résistance offerte par la pièce à la pénétration de la bille.
- Une dernière critique que l’on peut adresser à la méthode de Brinell est la suivante : la mesure du diamètre de l’empreinte est faite lorsque la bille a cessé son action. On néglige donc la réaction élastique de l’échantillon.
- On a cherché à construire des appareils évitant les défauts indiqués ci-dessus.
- Appareil Vickers. — L’appareil Vickers se différencie de l’appareil Brinell par deux caractéristiques essentielles. D’une part le corps d’épreuve n’est plus l’acier mais le diamant; on peut atteindre ainsi, sans déformation sensible du corps d’épreuve, des duretés Brinell de l’ordre de 900. D’autre part la bille sphérique est remplacée par une pyramide à base carrée. Dans ces conditions les empreintes sont géométriquement semblables et le nombre de dureté trouvé est à peu près indépendant de la pression. La base de l’empreinte est alors un carré. On déduit sa surface d’une mesure de la diagonale, cette mesure est faite au microscope à la 1
- précision du ------ de mm.
- r 1000
- Appareil Rockwell. — Dans l’appareil Rockwell la dureté est mesurée conventionnellement par l’inverse de la profondeur de l’empreinte laissée à la surface de l’échantillon par une bille ou par un cône de diamant.
- Cette profondeur est mesurée au comparateur. On commence par appuyer le pénétrateur contre l’échantillon avec une force petite, 10 kg par exemple. L’empreinte possède alors une profondeur d (fig. 9). Après avoir amené le comparateur au zéro on applique une charge de 150 kg, le corps d’épreuve s’enfonce de D. Cette profondeur D est lue directement sur le cadran du comparateur. On retire alors les 140 kg ajoutés précédemment, le pénétrateur remonte de f, le comparateur marque alors :
- T = D — t
- t caractérise la réaction élastique du métal dans les conditions de l’expérience. T sera d’autant plus grand que la dureté du corps sera plus faible. Aussi pour pouvoir faire une lecture directe de la dureté, inverse-t-on la graduation du comparateur.
- Les figures 8 et 9 montrent l’appareil. L’éprouvette k est placée sur un support réglable en hauteur. En élevant ce support on comprime le pénétrateur b jusqu’à ce qu’il s’efface. Dans ces conditions on a comprimé un ressort taré à 10 kg. On amène alors le comparateur c au zéro ; puis l’on déclenche un poids qui par l’intermédiaire du levier m exerce la force de 140 kg.
- On voit donc que toutes ces méthodes dérivées de l’idée de Brinell éliminent systématiquement l’influence de la réaction élastique de l’échantillon étudié. D’autre part elles nécessitent une homogénéité en profondeur de l’échantillon. Il faut que la couche homogène ait au
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- moins sept fois l’épaisseur de l’empreinte pour que disparaisse l’influence du support. Les méthodes pendulaires décrites ci-dessous tiennent compte au contraire de la réaction élastique et nécessitent des couches homogènes beaucoup plus minces.
- MÉTHODES PENDULAIRES
- Un pendule est constitué par un corps solide, mobile autour d’un axe horizontal. Cet axe est généralement constitué par l’arête d’un couteau. On a observé que la période du pendule dépendait de la nature des plans sur lesquels repose cette arête. Ces supports interviennent par la résistance qu’ils offrent à la pénétration du couteau, c’est-à-dire par leur dureté. L’amortissement du pendule est d’ailleurs également fonction de cette dureté.
- Cet effet est très faible. Pour un pendule à seconde il se traduit par des diminutions de période voisines de 0 sec 00001, 0 sec 001, 0 sec 01 suivant que les plans de suspension sont en fer doux, en aluminium ou en plomb. Cet effet est considérablement augmenté si on remplace le couteau de suspension par un cylindre ou par un système de deux billes sur lesquelles repose'le pendule. La perturbation apportée au mouvement du pendule par la réaction des plans de suspension peut être caractérisée par la différence : T0 — T, entre la période T0 calculée par les méthodes ordinaires de la mécanique en supposant le plan parfaitement indéformable et la période T déterminée expérimentalement.
- D’une étude systématique du phénomène, M. Le Rolland a déduit en particulier les lois suivantes :
- 1° L’effet est d’autant plus marqué que l’amplitude est plus petite. Il devient négligeable si l’amplitude est
- supérieure à
- 1
- 500
- de radian.
- 2° L’effet est d’autant plus marqué que le centre de gravité du pendule est plus voisin de l’axe d’oscillation.
- 3° On peut caractériser la dureté des plans de roulement par la différence T0 — T, définie plus haut ou par l’un quelconque de ses multiples.
- Pendule Herbert. — C’est sur la seconde de ces remarques qu’est basée la méthode de Herbert. Elle utilise un pendule dont le centre de gravité est très voisin de l’axe de suspension : 0 mm 1 environ. Dans ces conditions la période du pendule devient très longue : 10 secondes par exemple et les perturbations dues à la dureté des plans de suspension atteignent 1 seconde. On peut donc les mesurer directement au chronomètre.
- Le pendule est formé par une masse arquée, il repose sur l’échantillon par l’intermédiaire d’une bille en acier ou en rubis de 1 mm de diamètre. L’échantillon est réglé à l’horizontalité grâce à un système de vis calantes ; cette horizontalité est vérifiée à l’aide de deux niveaux fixés au pendule.
- On amène le centre de gravité du pendule à coïncider avec le centre de la bille. Enfin en déplaçant, à l’aide d’une vis micrométrique graduée, une masselotte, on
- 1
- abaisse le centre de gravité de — de mm. Le réglage de
- l’appareil se contrôle en faisant osciller le pendule sur un plan de verre choisi arbitrairement comme étalon de
- Fig. 7. — Appareil à bille avec microscope pour mesure de l'empreinle. Fin. S. — Durom'elre Alpha pour essai Rocluvell.
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-
- = 456
- dureté : 100 oscillations du pendule réglé durent 100 sec. si le pendule repose sur le plan de verre. L’ensemble du réglage demande environ une demi-heure à un observateur expérimenté.
- Cet appareil a été utilisé dans divers laboratoires industriels. Il présente, en plus de la longue durée du réglage, au moins deux graves inconvénients, qui sont tous deux la conséquence de la petitesse de la distance : centre de gravité — axe de suspension. D’une part l’énergie du pendule écarté de sa position d’équilibre est très petite, par suite l’amortissement sera très rapide. D’autre part la stabilité du pendule est faible et la moindre variation de température ou le moindre choc modifieront les résultats expérimentaux dans des proportions notables.
- Pendule Le Rolland. — La méthode de Le Rolland évite ces inconvénients. On utilise encore un pendule. Mais ici la distance entre le centre de gravité et l’axe de suspension est calculée de façon que le pendule ait son maximum de stabilité. Dans l’appareil usuel cette distance est environ 15 cm. L’amortissement est alors très faible et l’appareil parfaitement stable; mais les variations relatives de la période en fonction de la dureté des plans de roulement deviennent trop petites pour pouvoir être mesurées directement au chronomètre. Elles sont en
- 1 1 , .
- effet de l’ordre du — ou du —— • On les détermine par
- Fig. 10. — Vue de l’appareil Rockwell.
- la méthode des coïncidences. Par suite l’appareil comprendra deux pendules aussi semblables que possible. De cette façon les perturbations dues à des variations de température ou de pression n’influent pas sur la différence de leurs périodes.
- Le premier pendule sera le pendule garde-temps, il est monté sur deux billes reposant sur des plans; billes et plans sont faits avec un matériau de grande dureté, « le métal Widia » dont la dureté est voisine de celle du diamant. Le second pendule oscille également sur deux billes, l’une en métal Widia repose sur un plan de même nature, l’autre en métal Widia ou en diamant i'cpose sur le corps à éprouver. Un système de cames permet d’écarter également les deux pendules de leur position d’équilibre et de les abandonner sans vitesse initiale. Pour déterminer l’écart entre les deux périodes on mesure le temps écoulé entre deux coïncidences successives. Dans ce but le pendule d’essai porte à sa partie supérieure un lil lin tendu. Celui-ci est éclairé par derrière et un dispositif optique en donne une image droite sur une division transparente portée par le pendule garde-temps. A chaque coïncidence l’image du fil paraît immobile sur celte graduation. L’échantillon est posé sur un plateau qu’on soulève progressivement. Lorsque cet échantillon arrive au contact de la bille d’épreuve,la came libère les pendules et met en marche un chronomètre que l’observateur arrête lorsqu’il observe la coïncidence suivante. Le chiffre indiqué par ce chronomètre est proportionnel à T0 — T. Il peut donc servir à caractériser la dureté de l’échantillon. On voit donc que l’appareil est pratiquement indéréglable et que l’automatisme du fonctionne-
- Fig. 11. — Pendule de dureté Le Rolland. (Pli. Georges Allié.)
- Fig. 9.
- Pénétration de la bille Rockwell sous différentes charges.
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- ment réduit au minimum la durée de l’expérience, ainsi que l’habileté exigée de l’observateur. Cette méthode classe les matériaux dans le même ordre que les autres procédés de détermination de la dureté : en particulier que la méthode de Brinell. Il y a cependant entre la méthode de Brinell et la méthode pendulaire une difle-rence théorique nette : Brinell mesure l’empreinte après qu’a cessé l’effort exercé sur le pénétrateur, tandis que les modifications de période observées dans la méthode pendulaire sont fonction, non seulement de la déformation permanente, mais aussi de la déformation élastique de l’échantillon.
- Les appareils pendulaires présentent sur la machine Brinell divers avantages. D’abord pour la mesure des grandes duretés on a beaucoup moins à craindre les déformations du corps d’épreuve, car celui-ci est soumis à des forces beaucoup plus petites.
- Cette petitesse de la force de pression rend également négligeable l’écrouissage du métal sous l’action de la bille et elle permet d’étudier des dépôts minces sans que l’influence du support soit notable.
- Enfin la petitesse du corps d’épreuve permet de localiser l’essai. Ainsi on a pu, dans des alliages, déterminer séparément la dureté des divers constituants que décèle la microphotographie.
- *
- * *
- On voit que l’industrie a à sa disposition un grand nombre d’appareils qui permettent de classer les corps d’après leur dureté. Suivant le but recherché on utilise de préférence tel ou tel appareil. Mais aucune de ces méthodes n’a la prétention de mesurer une grandeur physique. Leur but unique est de permettre un classement. Un grave défaut est que l’on n’a pas encore établi de tables de concordance complètes entre les résultats de ces diverses méthodes et qu’aucune relation théorique ne
- Fig. 12. — Pendule Le Rolland.
- Suspension du pendule d’essai et dispositif d’observation des coïncidences. (Ph. G. Allié).
- relie ces résultats entre eux. Ceci est une conséquence de l’impossibilité où l’on se trouve à l’heure actuelle de donner une définition scientifique de la dureté.
- Les méthodes de mesure qui conservent encore un caractère empirique devront être comparées entre elles. On devra s’attacher à distinguer leurs caractères communs, et à éliminer par contre les effets dus à d’autres propriétés des solides comme la malléabilité ou l’élasticité. C’est là un travail fort long qui nécessite la comparaison de résultats expérimentaux nombreux.
- Plusieurs chercheurs ont orienté leurs travaux dans ce sens. On peut espérer que leurs efforts seront couronnés par le succès, et que bientôt on pourra définir une échelle de dureté avec une précision égale à celle avec laquelle on définit aujourd’hui une échelle des températures.
- J.-A. Cahour.
- = LES NOUVELLES SUSPENSIONS A ROUES = INDÉPENDANTES DES AUTOMOBILES
- Exception faite de perfectionnements ingénieux relatifs à la transmission de la poussée et à l’amortissement des oscillations, la suspension ordinaire des automobiles était, jusqu’à présent, pour le plus grand nombre des voitures, une image plus compliquée du dispositif très simple employé pour la suspension des voitures à traction animale.
- Les propositions et les réalisations qui étaient présentées depuis, longtemps pour améliorer ce schéma ont maintenant la faveur du public. Le dernier Salon de l’Automobile présente un progrès marqué à ce point de vue. Les roues avant indépendantes sont sur un grand nombre de châssis et donnent des résultats remarquables, surtout avec les pneus à très basse pression (1,2 kg).
- Nous nous proposons d’examiner jusqu’à quel point ces nouvelles solutions sont justifiées, et de faire connaître
- les avantages respectifs des différentes réalisations. Nous étudierons, successivement, les points suivants :
- 1° Comment se pose, rationnellement, le problème ' de la suspension;
- 2° différents types de suspensions à roues indépendantes ayant été proposés ;
- 3° dernières solutions.
- LE PROBLÈME DE LA SUSPENSION
- Les essieux rigides sont soumis, sur des chaussées non unies, à des chocs d’autant plus intenses que les dénivellations sont plus marquées, que les voitures marchent plus vite et que la masse des essieux est plus considérable.
- Tout choc faisant fléchir le ressort d’une roue est transmis partiellement à Vautre roue par l’intermédiaire
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- de l’essieu, ce qui fait fléchir aussi le ressort de cette dernière.
- Comme pendant ce temps, le châssis chargé garde une position sensiblement horizontale, structures et ressorts subissent des efforts répétés de torsion pour lesquels ils ne sont pas toujours suffisants à la longue.
- Suivant les anciens errements, tout choc faisait travailler, les fusées des roues, les ressorts, les jumelles de ressort, leurs attaches et enfin les essieux. Supprimer une partie de ces intermédiaires en simplifiant le châssis et en l’allégeant à résistance égale, en diminuer le prix de revient, accroître la vitesse tout en augmentant le confort des voyageurs, tels sont les buts des nouvelles suspensions à roues indépendantes.
- Il s’agissait de réaliser une grande flexibilité afin d’atténuer les chocs; de diminuer le poids des masses non
- Fig. 1. — Châssis Peugeot 601 à roues indépendantes.
- suspendues et de parer à l’excès d’inertie des organes élastiques; d’empêcher toute répercussion d’un choc d’une roue à l’autre; d’abréger la durée pendant laquelle une roue abandonne le contact avec le sol après passage d’une dénivellation; de faire travailler le ressort de la manière la plus rationnelle, c’est-à-dire à la flexion simple seulement si c’est un ressort à lames, au cisaillement si le ressort est à enroulement ; de compléter enfin la suspension par un système amortisseur assurant, si possible, une flexibilité variable, diminuant quand la charge augmente, de sorte qu’il soit possible d’obtenir l’indépendance du système en ce qui concerne le braquage des roues. Le seul moyen de résoudre le problème ainsi posé est de rendre, pratiquement au moins, les roues avant indépendantes l’une de l’autre.
- Les avantages se comprennent aisément. D’abord, la simplification du châssis grâce à la suppression de toute
- torsion intense. A cet avantage primordial qui permet à la fois d’alléger le châssis et de le rendre plus solide, s’ajoutent : le confort des voyageurs, obtenu notamment grâce aux facilités que les nouveaux dispositifs ont de se compléter par un système amortisseur simple et parfaitement efficace; la sécurité, notamment aux virages, même pour des conducteurs peu exercés; enfin, une diminution considérable de l’usure des pneus, tant dans la direction transversale que dans la direction longitudinale.
- Nous ajouterons encore que la diminution de la masse non suspendue, qui résulte de ces nouvelles suspensions, économise le travail du moteur et, par conséquent, la consommation d’essence. En mettant en équation le mouvement d’une voiture automobile, il est facile d’établir que les résistances comportent un terme additionnel qui, ne dépendant que de la masse non suspendue, peut se réduire à peu de chose, puisque les roues indépendantes diminuent, autant qu’il est possible, la masse non suspendue. Sans entrer dans les considérations mathématiques assez longues qui permettraient de démontrer ce que nous avançons, nous donnerons une idée de l’avantage de l’indépendance des roues en étudiant simplement ce qui se passe lorsqu’une roue arrive sur le bord d’une flache.
- Nous supposerons que le bandage de la roue ne possède aucune élasticité, ou, ce qui revient au même, nous supposerons que la dimension de l’obstacle est diminuée de la valeur dont fléchit le pneu. Au bord de la flache, ou après l’obstacle, la roue quitte le sol; elle amorce un mouvement de chute libre de l’essieu arrière. Si la course du ressort est assez longue par rapport à la profondeur de la flache, ou à la hauteur du saut, on peut considérer la force appliquée à la roue par le ressort comme constante. La hauteur z dont s’abaisse le centre de cette roue en un temps t, pendant lequel la voiture a parcouru une longueur x, est :
- I / x 2 P
- 2 ° \ V j p
- V désigne la vitesse de la voiture supportant une charge suspendue P. Le poids non suspendu, roue et essieu compris est p.
- De l’équation précédente, nous pouvons tirer :
- V2z p
- - •
- g p + p
- Ce qui nous prouve que, pour une hauteur de chute z la distance x sera d’autant plus faible que la vitesse est
- p
- faible, ce qui était évident; et que le rapport p ^ ^
- p
- ou, ce qui revient à peu près au meme; — sera plus petit, ce que nous voulions faire remarquer.
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- * *
- Les suspensions à roues indépendantes, seules, per-
- mettent de diminuer le rapport p
- en reporta t, notam-
- ment, le poids toujours considérable du pont-arrière, dans la charge suspendue. Donc, elles abrègent — et de beaucoup — le temps pendant lequel la roue perd le contact du sol.
- Que se passe-t-il alors ? La roue libérée de toute résistance passive acquiert une vitesse d’autant plus grande qu’elle est plus longtemps libre. Quand elle retombe au contact, le pneu est râpé énergiquement jusqu’à ce que sa vitesse soit redevenue égale à la vitesse V du véhicule. En outre, il a une action de dégradation notable dans la chaussée, de sorte que les (lâches, une fois formées, tendent à s’agrandir très rapidement. Les essieux rigides sont donc les plus agressifs pour les routes et le Service des Ponts et Chaussées devrait provoquer la création de primes en faveur des suspensions à roues indépendantes.
- L’usager, d’ailleurs, bénéficie déjà d’économies substantielles sur les pneus et sur la consommation d’essence.
- Nous pourrions écrire à peu près les mêmes équations lorsque la roue rencontre un obstacle en saillie. Ici les suspensions indépendantes constituées par un dispositif à flexibilité variable, analogue à une manivelle, favorisent l’effacement devant l’obstacle de la roue, qui ne perd jamais le contact du sol ni au moment où elle reçoit le choc, ni après dépassement de l’obstacle puisque le ressort bandé énergiquement du fait de sa flexion colle cette roue au sol dès que l’obstacle est franchi.
- LES PRÉCURSEURS
- Amédée Bollée. — Dès 1898, A. Bollée construisit une voiture à pétrole « VObéissante » à roues avant indépendantes. Le dispositif était fort simple. Au-dessus du châssis ordinaire et sur le même plan, ogival à l’avant, se trouvait un faux châssis limitant le tablier de la voiture.
- Les longerons des 2 châssis, inférieur et supérieur, étaient assemblés à la pointe de l’ogive par une pièce sur laquelle étaient encastrés les 2 ressorts transversaux, qui partaient ainsi des longerons de chacun des châssis où ils étaient encastrés pour aboutir aux extrémités de pivot tourillonnant sur la fusée de chaque roue. Le braquage était facile, l’axe de pivotement de chaque roue étant l’axe des points d’articulation des ressorts.
- Suspension Gauthier. — En 1909, M. Gauthier de Blois, réalisa une voiture dite « auto-fauteuil » comportant un dispositif très original de roues indépendantes.
- Chaque roue avant est montée sur une fusée occupant l’extrémité d’une des branches d’un levier double articulé sur le longeron du châssis. La branche où se trouve la fusée de la roue est sensiblement horizontale, tandis que l’autre branche, à peu près verticale, agit sur un ressort à boudin logé dans un cylindre situé un peu au-dessus du châssis. En faisant varier la position du fond du cylindre, on peut régler la tension du ressort.
- En plan, tout l’ensemble peut pivoter suivant les moyens habituels pour permettre le braquage des roues :
- ..—........- :=: = 459 =
- les leviers, le cylindre avec son ressort, les fusées et le double levier tournant autour du pivot.
- Les roues non directrices sont également rendues indépendantes par un dispositif du même genre ne comportant pas de pivot.
- Dans ces conditions, si la roue rencontre un obstacle, le double levier tourne autour de son point d’articulation, ce qui permet immédiatement la levée de la roue de la hauteur correspondant à l’obstacle rencontré. En même temps, le ressort, qui se trouve comprimé par l’autre branche du levier, absorbe le choc et ramène ensuite la roue à sa position normale dès que l’obstacle est franchi.
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- Nous avons personnellement expérimenté cette voiture avec M. Gauthier, notamment dans une ballastière voisine
- Fig. 2. — La roue avant indépendante de la Peugeot 301.
- de la Loire. Cette ballastière était à 3 m en contre-bas de la route avec laquelle elle était raccordée par un talus à 45°. La voiture, tournant court, descendait le talus et évoluait avec aisance dans la ballastière où se trouvaient pourtant des rigoles et des banquettes de l’ordre de 50 cm de hauteur. Pour franchir ces obstacles, il suffisait de prendre l’élan convenable; les roues restaient constamment en contact avec le profil.très tourmenté du sol. Cet exercice qui semble, a priori, très dangereux, se faisait au contraire sans la moindre difficulté.
- Tout ce qu’on pouvait reprocher au dispositif de M. Gauthier, c’était, peut-être, une trop grande indépendance des roues, lorsque la voiture se déplaçait sur une route unie.
- Ensuite; ce constructeur proposa d’autres dispositifs. Dans l’un, la roue est montée à l’extrémité d’un fléau articulé sur une chaise fixée sur le longeron du châssis.
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- Deux ressorts à lames articulées sur cette chaise et dont les extrémités s’appuient sur le fléau par des rouleaux à des distances égales de l’axe vertical de la chaise, constituent le dispositif d’amortissement. La roue peut toujours monter ou descendre suivant les hosses ou les creux de la route en oscillant à l’extrémité du fléau. Les ressorts la ramènent vite dans sa position normale.
- Un autre dispositif ne comportait qu’un seul ressort, soit en bas, soit en haut, monté d’un côté avec un galet, de l’autre avec une jumelle. Dans un dernier dispositif, enfin, il y avait deux ressorts dont le montage était la combinaison des deux montages précédents.
- DISPOSITIFS PLUS MODERNES Suspension Beck. — La suspension Beck, qui était exposée au premier Salon d’après guerre, ressemblait beaucoup au dispositif Gauthier.
- Le ressort à boudin était disposé verticalement, et comprenait un système amortisseur à glycérine freinant
- Fig. 3. — Le dispositif de la roue indépendants Citroën.
- le retour de la roue à sa position normale en créant un frottement considérable.
- Plus tard, M. Beck remplaça le ressort à section circulaire par un ressort à fil méplat enroulé sur un cylindre. La partie inférieure de ce ressort est ensuite tournée suivant 2 troncs de cône dont les petites bases sont communes. Ce dispositif assure une flexibilité variable. Les spires extrêmes, dont la section est minimum et dont le diamètre d’enroulement est le plus grand, fléchissent au fur et à mesure que l’effort augmente; elles finissent par se bloquer. A partir de ce moment, seules fléchissent les spires centrales dont la flexibilité est plus faible parce que leur section est plus grande et le diamètre d’enroulement plus petit.
- Suspension Sizaire et Naudin. — Avec la suspension Naudin, nous arrivons aux dispositifs qui ressemblent aux dispositifs actuellement en service.
- Les roues sont montées sur des fusées solidaires d’une pièce coulissant dans des glissières, elles-mêmes portées par une traverse de châssis.
- Un ressort transversal encastré au milieu sur le châssis appuie ses extrémités sur les pièces coulissantes.
- Une traverse représente l’essieu; entièrement suspendue, d’ailleurs, elle ne peut participer au mouvement des roues.
- Le graissage des glissières était très délicat.
- Suspension Krieger. — Le châssis repose sur deux ressorts transversaux encastrés au milieu à l’aide d’une traverse solidaire des longerons du châssis. Les extrémités des ressorts tourillonnent sur des axes solidaires d’un pivot inférieur. La roue est maintenue par deux biellettes en forme d’Y qui s’articulent sur un pivot supérieur, d’une part, et sur un support fixé aux longerons du châssis, d’autre part.
- Dans un choc, l’extrémité du ressort intéressé fléchit, l’axe solidaire du pivot inférieur décrit une courbe, en même temps que le support fixé sur les longerons décrit; une circonférence autour de son point d’articulation. Il est facile de combiner ce système pour que les deux courbes soient telles que l’axe de la roue garde toujours la même position, quelle que soit la valeur de la flexion.
- Ce dispositif supprime radicalement tout essieu rigide.
- Suspension de la Société d’Applications Electro= Mécaniques. — Dans cette suspension, les roues avant sont à la fois motrices et directrices.
- Le carter du différentiel du châssis repose sur la partie encastrée des deux ressorts situés dans le même plan vertical, l’un au-dessus, l’autre au-dessous des arbres de transmission.
- Plus tard, le ressort supérieur a été remplacé par deux demi-ressorts encastrés sur le carter du différentiel, demi-ressorts qui jouent à peu près le même rôle que les biellettes de la suspension précédente.
- Suspension Lancia. — Il s’agit ici uniquement des roues avant.
- L’essieu est remplacé par un cadre trapézoïdal formé par des tubes reliés entre eux et fixés au châssis par l’intermédiaire du cadre du radiateur.
- Ainsi, l’axe de pivotement de la roue guidé dans le raccord des tubes est vertical. La fusée inclinée par rapport à son axe suivant le carrossage voulu est solidaire du collier, qui se déplace le long de l’axe de pivotement, d’après les mouvements verticaux de la roue en comprimant un ressort à boudin. Les déplacements de la roue sont rigoureusement verticaux.
- Le dispositif s’adapte facilement au freinage sur roues avant.
- Suspension Sizaire Frères. — Ce dispositif est destiné aux deux essieux, avant et arrière.
- La rigidité du châssis est renforcée par un tube de fort diamètre placé dans l’axe.
- A l’avant, le châssis repose sur un robuste ressort transversal encastré en son milieu sur un patin fixé au tube longitudinal. Les extrémités de ce ressort, soit 2 ou 3 lames, sont attachées dans des pièces articulées par rotule à la partie inférieure de la fusée de chaque roue.
- Nous retrouvons ici les deux biellettes en tôle en forme d’Y, articulées au moyen de rotules : d’une part, à la partie supérieure de la fusée; d’autre part, à un point invariablement lié avec l’essieu par des tubes transversaux. En ce dernier point d’articulation se trouve un système amortisseur à frottement utilisant le ferodo.
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- On constitue ainsi un essieu souple à grand moment d’inertie; le dispositif des différentes pièces est calculé de sorte que les libertés permises aux extrémités de la fusée soient telles que l’axe de pivotement reste toujours à peu près invariable dans le débattement de la roue, quelle que soit la valeur de la flexion. Le point de contact du pneu sur le sol est donc très sensiblement une ligne droite, de sorte que le bandage à peu d’usure transversale. Le dispositif de l’essieu arrière est a peu près le même.
- Suspension Emile Paulet. — La suspension Emile Paulet, qui s’applique uniquement aux roues avant, offre un dispositif tout particulier.
- Les longerons se terminent à l’avant par une fourche portant des douilles sur lesquelles sont montées les fusées des roues.
- Sur la douille supérieure se trouve monté un cylindre comportant un ressort que comprime un piston lorsque la roue tend à monter.
- Ce piston est invariablement lié à un autre piston coulissant dans un cylindre monté sur la douille inférieure comprimant un ressort à lames.
- Lorsque la roue rencontre un obstacle, le ressort principal à lames fléchit et les galets se déplacent sur leur chemin de roulement respectif. Le ressort supérieur est comprimé. Les deux ressorts antagonistes constituent un amortisseur de choc.
- Suspension Ed. Parvillé. — Cette suspension ressemble à la suspension Gauthier, mais la flexibilité diminue quand la charge augmente.
- Le dispositif s’applique aux 4 roues. Chaque roue est fixée sur une fusée qui tourne sur roulements à l’intérieur du maneton d’une manivelle, laquelle peut osciller autour d’un axe fixé sur les longerons du châssis.
- L’organe élastique est un demi-ressort à lames, pi’enant appui sur la manivelle d’une part, et encastré à l’autre extrémité sur un support solidaire des longerons.
- Ainsi la manivelle porte tout le poids de la voiture sans autre intermédiaire que le ressort.
- En outre, elle transmet la poussée et supporte le couple de freinage.
- La longueur fléchissante du ressort varie, de sorte que, comme la flexibilité est sensiblement proportionnelle au cube de la longueur fléchissante, le coefficient de flexibilité diminue assez rapidement avec l’augmentation de' la charge.
- Par exemple, si au début L = 500 mm, la flexibilité est 44 pour 100; si L devient 470 mm, la flexibilité n’est plus que 36,5 pour 100.
- Lorsque la roue rencontre un obstacle, le ressort se trouve automatiquement freiné et réagit avec plus de puissance pour ramener ensuite la roue en contact avec la chaussée.
- Suspension Angély. — Cette très intéressante suspension comprend un double ressort transversal dont les lames sont croisées. C’est là une caractéristique de ce dispositif qui offre, également, les avantages des parallélogrammes articulés que nous avons signalés précédemment.
- Fig. 4. *— Boue avant indépendante Citroën.
- RÉALISATIONS MODERNES
- Les roues avant indépendantes ont été mises au point dans ces dernières années. Cette recherche a été particu-
- Fig. 5. — Détail du dispositif Citroën
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- lièrement bien poursuivie par la Maison Peugeot. Ses études vont nous permettre de préciser encore la position de la question.
- Lb tenue de route. — La vitesse n’étant plus limitée sur les routes, en dehors des agglomérations, que par l’obligation qu’a le conducteur de rester toujours maître de sa manœuvre, liberté qui crée en même temps sa responsabilité, les vitesses, d’année en année, augmentent... 80,100, bientôt 120 km et davantage. Dans ces conditions, comment le conducteur restera-t-il maître d’arrêter pour éviter un accident, comment pourra-t-il même se diriger avec précision pour éviter les obstacles qui peuvent survenir; comment enfin, passera-t-il les tournants et virages ? En dehors du verglas contre lequel il n’y a rien à faire que de s’arrêter, et la tempête, contre laquelle lutte l’adhérence des pneumatiques, la voiture doit résister à toutes les irrégularités du pavage ou des nids de poule d’une chaussée mal entretenue, irrégularités qui sont plus dangereuses dans les virages à cause de la force centrifuge, surtout dans les virages qui ne sont pas relevés. Le bombement trop prononcé d’une chaussée
- Fig. 6.
- Suspension indépendante Rosengarl.
- suffit, d’ailleurs, à faire passer l’arrière d’une voiture à l’avant. L’adhérence des roues au sol, en effet, varie constamment d’une roue à une autre, soit parce que le caoutchouc glisse sur la chaussée trop grasse, soit surtout à cause des bondissements et rotations à vide des roues d’une automobile lancée à grande vitesse sur une surface inégale.
- Mais le principal ennemi de la tenue de route, c’est, en général, la voiture elle-même.
- Effets gyroscopiques des roues directrices. — Le défaut capital des anciens errements, c’est l’essieu avant, barre rigide par laquelle les roues sont sous la dépendance l’une de l’autre. Ces actions mutuelles incessantes sont d’autant plus graves que les roues fonctionnent comme des gyroscopes.
- Le gyroscope est, essentiellement, un élément d’inertie, c’est-à-dire un stabilisateur. Toutefois, cette qualité a une limite assez étroite; dès qu’on la franchit, il est au contraire un élément éminemment capricieux. M. Baudry de Saunier explique ainsi très simplement ces propriétés :
- « Prenons une roue de bicyclette, tenons-la à deux
- mains devant nous par les deux bouts de son axe, puis, prions un ami de la faire tourner, de la lancer le plus vite possible... Si nous levons où abaissons la main en même temps et de la même quantité, la roue se déplace aussi dans le même plan vertical, et nous ne percevons aucune réaction. Mais si nous voulons la braquer, c’est-à-dire la faire passer à droite ou à gauche, dans un plan faisant un angle avec celui où elle se trouve, ou bien si nous tentons simplement de l’incliner sur le plan dans lequel elle tourne, nous ressentons immédiatement dans les mains une résistance très grande, et la roue prend même brusquement des positions tout à fait imprévues. »
- Une voiture ordinaire ne peut ainsi braquer, en dépit de ses 2 roues, puissants gyroscopes aux réactions déconcertantes, que grâce à la réaction de la chaussée.
- Les effets gyroscopiques ne se produiraient pas sur une route plane avec des roues supportant constamment la même charge. Cette condition est irréalisable comme le montre l’analyse mathématique des mouvements de shimmy, de galop, etc.
- L’interdépendance des roues fixées au même essieu a d’ailleurs pour effet (car le point de contact de chaque roue avec le sol est, en quelque sorte, le centre d’un cercle que l’autre amorce dans l’espace, en montant ou en descendant suivant les bosses et les creux de la chaussée), de provoquer le déplacement des roues en dehors du plan où elles tournaient précédemment; elles décrivent une succession d’arcs de cercle, d’où de brutales réactions gyroscopiques. Les braquages qui tendent aussi au changement du plan de rotation des roues provoquent eux-mêmes des à-coups.
- Les ressorts sont attachés de façon rigide à l’essieu. Ils tendent à s’opposer aux mouvements que nous venons d’analyser sommairement. Certains constructeurs ont évité ces perturbations à l’aide de ressorts courts et durs, qui suppriment tout confort à l’avant, et qui n’empêchent pas les torsions et les oscillations du châssis.
- La maison Peugeot a commencé par établir un châssis rationnel pour diminuer, au minimum, les déformations élastiques, puis, comme cela ne suffisait pas, elle s’est arrangée pour assurer l’indépendance des roues directrices. Les roues ne décrivent plus d’arcs de cercle l’une autour de l’autre, mais montent et descendent, chacune parallèlement à elle-même, c’est-à-dire dans son plan de rotation. Les ressorts de suspension, travaillant chacun isolément, ne supportent plus de torsions, de sorte qu’on peut leur donner toute la souplesse qui assure le confort; l’amortissement des oscillations est d’ailleurs assuré à l’aide d’amortisseurs spéciaux à huile agissant sur les lames flexibles. La voiture jouit ainsi d’une grande maniabilité.
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- L’effet gyroscopique contre lequel on a ainsi lutté victorieusement n’est pas à dédaigner puisque, lorsqu on déplace un gyroscope dans un plan autre que le plan de rotation, la réaction s’exerce dans une nouvelle direction qui n’est pas à l’opposé de la direction première, mais à 90° de celle-ci. Cette remarque illustre certains accidents autrement inexplicables : voiture qui tourne brusquement
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- pour aller contre un mur latéral ou dans un canal, etc.
- M. Pol Ravigneaux donne un exemple concret. « Supposons, dit-il, qu’une des roues avant ait à franchir une bosse provoquant une élévation de 6 cm, compte tenu de l’absorption du pneu, et que la pente d’accès ait une longueur de 30 cm, le véhicule marchant à 100 km à l’heure. Le calcul prouve que, dans ce cas tout à fait normal, l’elîort au filet de la vis de direction atteint 1740 kg, soit le double du poids de la voiture. Sous de tels efforts sans cesse renouvelés, les roues tendent à se braquer d’un côté ou de l’autre. Toutes les pièces de la direction, depuis le volant jusqu’à la roue, fléchissent plus ou moins. L’adhérence est, à chaque instant, rompue. La fatigue physique et nerveuse du conducteur peut, sur certains trajets, devenir considérable.
- Dispositif Peugeot. — Un ressort avant à rouleaux est encastré en son milieu dans le châssis. Chaque extrémité du ressort s’articule à la partie supérieure du support de fusée.
- Ainsi chaque moitié de ressort constitue le bras supérieur d’un système articulé.
- Quant au bras rigide inférieur, il est articulé, d’une part, à la partie inférieure du support de fusée et, d’autre part, au centre du châssis.
- De chaque côté, une jambe de force arc-boute sur le châssis le système articulé. Ces jambes de force supportent surtout les efforts du freinage. La roue se déplace toujours parallèlement à elle-même.
- En résumé, dans le train avant Peugeot à roues indépendantes, on voit un double parallélogramme articulé, dont les 4 branches horizontales très longues sont constituées : en haut, par les deux bras du ressort transversal; en bas, par les deux jambes de force en acier forgé, reliées au centre du châssis et aux deux supports de fusée par des articulations.
- L’ensemble, parfaitement mobile dans le plan vertical, permet d’utiliser des ressorts très simples; en outre, il est maintenu fermement pour résister aux réactions transversales et longitudinales de la route. Ce dispositif permet d’avoir toujours le point de contact des roues avant sur le sol, dans le prolongement de l’axe de pivotement de fusée, ce qui assure une grande sécurité dans le freinage, solution qu’on ne peut pas enregistrer toujours avec toutes les roues avant indépendantes. Les efforts sur le volant de direction sont ainsi très réduits ; le conducteur « sent » tous les défauts de la roue et peut manœuvrer en conséquence, pour en prévenir les effets sur la trajectoire de sa voiture.
- Voiture Delage. — M. Louis Delage,-le célèbre constructeur qui a gagné tant de courses, reconnaît que c’est l’essai d’une 201 Peugeot qui l’a conduit à appliquer les roues avant indépendantes à sa voiture de 11 ch. Voici le dispositif adopté pour les roues avant indépendantes. La liaison mécanique des roues au châssis est assurée par des bielles à la fois légères et robustes articulées sur silentblocs d’une part au châssis, et d’autre part, au support de fusée.
- Le choix des points d’articulation après études, recherches et essais, a permis de supprimer l’effet gyro-scopique dû aux inégalités du chemin, et de conserver
- Fig. 7. — Moniage de la roue Rosengarl.
- constante l’adhérence au sol quel que soit le débattement.
- Un ressort transversal de grande flexibilité relie les roues et le châssis.
- La suspension arrière est assurée par des ressorts étroits longitudinaux. L’amortissement de la suspension est assurée par les ressorts eux-mêmes. Le frottement des lames est réglé par des étriers agissant sur des lames flexibles disposés de sorte que le freinage, minimum dans les faibles débattements, augmente progressivement avec l’amplitude de ceux-ci.
- Berliet. — Les voitures 9 et 11 ch Berliet sont munies d’une suspension à roues avant indépendantes.
- Les supports du niveau des roues sont articulés à la partie supérieure sur un bras oscillant autour d’un
- Fig. S. — Roue avant indépendante Delage.
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- amortisseur. Ce dernier est boulonné sur le longeron et à travers l’intérieur du châssis.
- Les mouvements de débattement des roues sont ainsi guidés à la fois par le ressort transversal et par les bras de l’amortisseur. Ces bras constituent d’ailleui's un robuste triangle ayant à sa base l’axe de l’amortisseur et capable de résister aux coups dus aux réactions du freinage.
- La voiture garde une situation invariable quelles que soient les positions relatives des roues. 11 n’y a donc jamais glissement des pneumatiques sur le sol, ce qui réduit —- et de beaucoup — leur usure.
- Cottin et Desgouttes. — Dans la voiture Collin et Desgouttes, la suspension avant est réalisée au moyen d’un seul ressort transversal qui supporte le châssis en son milieu et s’appuie sur le pivot de fusée des deux roues indépendantes.
- Ce dispositif procure des démontages faciles et facilite le graissage par Técalémit.
- Il s’agit de voitures dont la puissance fiscale est de 12 ou 16 ch, le mo-
- Fiy. 9. — Suspension Talbot :
- (A gauche : vue eu élévation de profil; à droite, vue en élévation de face).
- A. Support central. — B. Articulation représentant un point fixe. — C. Support de l'usée. — 11. Biellette. — B. Levier de réaction articulé. — F. Bras articulé commandé par la
- barre de direction.
- leur tournant normalement à 3000 ou 3300 tours par minute respectivement.
- Mathis. — Le dispositif des roues indépendantes Mathis est des plus intéressants; il est sanctionné par une longue pratique.
- Citroën.
- Tout le monde connaît les dispositions adoptées par Citroën. Les explications que nous avons données permettront à nos lecteurs de comprendre, d’un coup d’œil, la perfection des systèmes illustrés par les figures 3, 4 et 5.
- Rosengart. — La nouvelle voiture 10 ch, dite supertraction, comprend aussi des roues indépendantes dont les figures 6 et 7 définissent les caractéristiques.
- Suspension Talbot. —• Nous retrouvons, dans la suspension Talbot, des principes que nous avons déjà vu appliquer autrement par d’autres firmes. Un support central à l’avant du châssis tient lieu de traverse'(fig. 8). Ce support, en acier estampé, se termine en bas par un patin sur lequel vient se fixer le ressort transversal. Les extrémités latérales de la traverse se terminent par une articulation représentant le point fixe déjà considéré dans des dispositifs précédents. De même, le support de fusée comporte deux articulations à ses extrémités; l’une, supérieure, sur laquelle s’articule la biellette reliée d’autre part au point fixe; l’autre, inférieure, est une articulation pour le ressort transversal. En plan, nous voyons une pièce de réaction articulée sur le longeron, à une certaine distance de la traverse. Cette bielle destinée à absorber le
- couple de freinage relie le support de fusée au longeron.
- Le point d’articulation, les longueurs des bielles et du ressort et, d’une manière générale, tout le dispositif, sont calculés pour que la voie au sol reste sensiblement invariable. Dans les battements, le support de fusée se déplace en effet suivant un arc de cercle centré sur l’articulation de la bielle de réaction. Il en est de même pour le support de fusée de l’autre roue.
- La chasse des roues, variable, augmente avec la charge ce qui a 1 avantage de ramener les roues dans leur position normale avec d’autant plus d’intensité que la charge est grande; cela aussi compense le frottement du pneu dû à l’écrasement.
- Toutes les articulations fonctionnent à la manière de Cardans. Des silenlblocs assurent le graissage. Les amortisseurs sont montés entre les biellett.es et les ressorts. Un des bras est boulonné au châssis et l’autre fixé au support de fusée par l’intermédiaire d’une petite jumelle.
- Quant à la barre d’accouplement, elle comporte deux
- parties articulées sur une même rotule d’un des bras du levier double. Le deuxième bras de ce levier est lié à la direction par une biellette normale.
- Celle -ci, ne participant pas au déplacement de la roue, ne supporte aucune réaction, de sorte que la direction est très douce.
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- Quoique d’autres systèmes soient employés avec succès, à l’étranger, en Amérique notamment, nous arrêterons ici notre étude qui montre l’intérêt de l’indépendance des roues et le succès que cette formule a rencontré récemment, sous la poussée des clients, chez beaucoup de constructeurs.
- Quelques-uns pourtant restent réfractaires parce que, disent-ils, l’indépendance des roues n’est pas sans présenter quelques dangers pour les modèles les plus puissants.
- Nous ne pouvons les approuver complètement; car s’il vaut mieux s’abstenir que de présenter des dispositifs imparfaits, il paraît désirable d’étudier, même pour les grandes puissances, une adaptation convenable de l’indépendance des roues, ne serait-ce que pour le vrai confort et les économies diverse? à réaliser, y compris la modération de l’usure des routes.
- Edmond Marcotte,
- Lauréat de l'Académie des Sciences.
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- L’ŒUVRE DE FRANK BROCHER
- Pour tant que vous ayez l’amour des sciences naturelles, l’œuvre de Frank Brocher n’est pas de celles que vous pourriez penser produire à vos moments perdus, durant les loisirs que vous laisserait votre profession, surtout si cette profession était celle de médecin de campagne. Jusqu’à près de 40 ans Frank Brocher exerça la médecine à Vandœuvres, petit village de la campagne genevoise. B l’y exerçait avec un dévouement uni à une délicatesse de scrupules dont témoigne un ouvrage par lui publié en 1909 sous le titre de VInutile Labeur. C’est à la fois, ce petit livre, un examen de conscience, un testament professionnel, car lors de la publication il y avait bien trois ans que l’auteur, malade de la poitrine, n’exerçait plus : « j’avais cependant toujours l’espérance de guérir et de reprendre mon activité. Mais en 1907 un confrère me fit part de son intention de s’établir à Vandœuvres. Je me décidai alors à renoncer définitivement à la carrière médicale. Je me défis de mon matériel professionnel et, à partir de ce moment, je me considérai comme n’étant plus un médecin, mais un naturaliste. »
- Naturaliste, M. Frank Brocher ne l’avait encore été qu’au sens de préparateur d’animaux. Adolescent, il avait commencé une collection d’oiseaux chassés par lui et préparés de sa main; il l’avait continuée pendant deux années, de 1885 à 1887, passées à la Faculté des Sciences de Genève. La première année, élève du professeur Vogt, il suivait dans le laboratoire de ce maître les travaux pratiques d’anatomie comparée. La seconde, il fréquentait le laboi'a-toire de chimie et faisait aussi quelques travaux pratiques de botanique : dissection de fleurs sous la loupe montée et détermination.
- En octobre 1889, tandis qu’il poursuivait ses études médicales, une hémoiragie pulmonaire l’obligea d’aller passer six mois sur la Côte d’Azur. Il s’installa à Villefranche près de Nice, parce qu’il y avait un laboratoire de zoologie marine où il allait travailler chaque matin. Puis, sa santé devenue meilleure et son diplôme obtenu, il s’établit médecin en février 1895.
- Outre VInutile Labeur, maints mémoires confiés à des revues scientifiques suisses, françaises, belges, allemandes et Regarde un tout récent abrégé familier de son œuvre dont je parlerai plus loin, Frank Brocher a publié deux ouvrages. Le premier, Observations et Réflexions d'un Naturaliste dans sa campagne a deux volumes, l’un paru en 1928, l’autre en 1931 ('). Cette campagne, depuis 1895, son propriétaire ne l’a point quittée, et du jour où il dut ne plus être un médecin, il y joua, par la force des choses, un personnage voisin du J.-H. Fabre « ermite de Sérignan ». Mais, bien loin de jouir jamais de la robustesse de Fabre, il fut pendant plusieurs années contraint de garder souvent, très souvent, la chambre : ainsi s’explique le titre de l’Aquarium de Chambre, publié en 1913.
- 1. Ces deux volumes, ainsi que Regarde, sont édités par la Librairie Kundig, à Genève; L'Aquarium de Chambre, par la Librairie Payot, à Paris.
- Tenant à étudier l’animal vivant, selon la méthode esquissée par Réaumur et poussée à la perfection par J.-H. Fabre, c’est-à dire vivant en captivité dans des conditions équivalentes à celles où la nature le fait vivre, sur quels êtres M. Frank Brocher devait-il jeter son dévolu ? Sur des animaux qui consentissent à partager la chambre où il lui fallait demeurer. J’entends la partager... dans un aquarium d’assez faible dimension pour rester sur une table de la dite chambre en décorant celle-ci « comme un bouquet toujours frais »; un aquarium dont l’eau, moyennant quelques précautions chimiques et botaniques (précautions faciles à prendre, du moins l’observateur nous l’assure), ne fût pas à renouveler. Animaux d’eau douce, donc : la même eau stagnante (ce qui ne signifie pas sale) ou à faible courant que celle des étangs, des mares, des fossés, bassins, ruisselets, bords immédiats des lacs ou des rivières; animaux de petite taille et considérés, comme « grands » dès qu’ils atteignent trois centimètres, animaux autres que les poissons, les batraciens et les
- reptiles : toute cette faune que le passant, s’il veut lui donner un nom, traitera d’insectes aquatiques. Et il est vrai que l’Insecte en constitue, lui et sa larve, la partie majeui’e, si bien qu’ils occuperont les deux tiers des quatre cents pages de l’Aquarium de Chambre. — Mais la caisse de verre mince et transparente contenant cinq ou six litres d’eau et quelques plantes que l'aconte Frank Brocher, est ouverte aussi aux Protozoaires (rhizopodes et infusoires), aux Bryozoaires (dont la Plumatelle en polypier, « un des plus beaux et des plus délicats ornements de l’aquarium »), ouvert aux Cœlentérés (dont l’Hydre), aux Vers, aux Crustacés, aux Arach-nidés (représentés par l’Argyro-mètre et quelques Acariens), aux Mollusques. Quant aux Insectes, leurs divers ordres y figureront tous peu ou prou : très peu s’il s’agit de l’hyménoptère ou du lépidoptère, énormément s’il s’agit du coléoptère, car c’est là, de beaucoup, l’insecte qui à l’état d’imago fréquente le plus nos eaux douces.
- Cette faune n’a pas attendu M. Frank Brocher pour intéresser les naturalistes; si nous ne l’avions pas su, son livre, nous l’aurait dit, car il est documenté bibliographiquement de façon parfaite : l’auteur n’ignore aucun de ses prédécesseurs ni aucun des spécialistes que publient les revues, annales ou bulletins zoologiques des deux mondes. Mais elle n’avait jamais été étudiée dans son ensemble par le même naturaliste et, surtout, elle n’avait jamais été regardée en train de vivre dans un milieu tout semblable au sien. En fait, elle avait été beaucoup plus décrite qu’observée. Ce qu’on savait de ses mœurs était souvent peu de chose et un peu de chose où l’erreur îxe manquait pas; quant à son organisation elle-même, si l’on en connaissait bien l’anatomie, sa physiologie en exercice était mal connue puisque cet exei'cice ne se produit que dans l’eau, milieu où, pour qui s’adresse à la nature, l’observation est quasi impossible. Sa grande boîte vitrée, flanquée de petites pour l’étude de tel ou tel animal en particulier, a permis à Frank Brocher non seulement de réunir
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- ce que M. F .-A. Forel, préfacier de V Aquarium de Chambre, appelle un «trésor de faits»,mais de résoudre ou d’approcher -de leur solution des problèmes généraux, essentiels, à peine effleurés avant lui, parfois, ou médiocrement traités. Par exemple celui du maintien dans Veau des insectes aquatiques.
- A ce point de vue, les Insectes aquatiques, larves ou imagos, rentrent dans deux catégories : ceux qui savent nager et — si étonnante que la chose paraisse — ceux qui ne savent pas nager, ceux qui ne sont point organisés pour la natation.
- Les premiers sont... comme des poissons dans l’eau; les seconds n’y circulent qu’en marchant sur les végétaux submergés, qu’en se tenant sous et contre la surface de l’eau (sans parler de ceux que nous nous imaginons voir nager sur l’eau, alors qu’ils ne font qu’y marcher), ou qu’en restant — c’est le cas de beaucoup de larves — au fond de l’eau.
- Pourquoi ? Parce que leur poids spécifique est inférieur ou supérieur au poids de l’eau, et en général il est inférieur à cause du bagage d’air qu’ils transportent.
- La plupart des Hydrophiles ne peuvent nager. Chez ces coléoptères le plastron d’air qui revêt toute la face abdominale rend le corps plus léger que l’eau et tend constamment à le ramener à la surface. Ils sont donc forcés de s’accrocher aux plantes. Si au moyen d’un compte-gouttes on aspire l’air qui constitue le plastron, l’animal n’a plus tendance à flotter, il tombe au fond de l’eau.
- Les Dytiques, eux, sont des nageurs. Leur corps étant, grâce à l’air qu’il porte, plus léger que l’eau, ces coléoptères ont une tendance à remonter à la surface, tendance qu’ils combattent naturellement par des mouvements natatoires. Qu’on aspire cet air au moyen d’un compte-gouttes, l’insecte trop lourd ne peut, si bon nageur qu’il soit atteindre à la surface pour y respirer; il se noie.
- En somme, il résulte des travaux de Frank Brocher que, contrairement à ce que l’on croyait, l’air que les insectes aquatiques à l’état d’imagos portent sur eux ou emportent autour d’eux n’est pas là surtout pour la nécessité de leur respiration. Il ne leur est pas indispensable, puisque étant amphibies comme la Grenouille, comme le Castor, ils peuvent comme eux aller respirer à la surface, les uns en s’aidant des plantes qui atteignent à la surface, les autres à l’aide de mouvements natatoires. Cet air est là surtout pour la nécessité de leur maintien au sein de l’eau.
- Frank Brocher nous conduit à cette conclusion par une série d’expériences qui constituent le clou, si je peux dire, de VAquarium de Chambre.
- Au mérite de ce clou M. F.-A. Forel rend-il un hommage suffisant en l’appelant : « l’une des découvertes les plus élégantes de ces dernières années »? — Non. C’est l’une des grandes découvertes de la biologie des Insectes aquatiques qu’il faut dire. Et il le faudra d’autant plus que l’on adjoindra à VAquarium de Chambre, les chapitres d’Observations et Réflexions d’un Naturaliste et les mémoires non recueillis où l’auteur poursuit l’étude des phénomènes capillaires dans la biologie aquatique et celle du système respiratoire des insectes aquatiques : physique et physiologie.
- Chez un coléoptère bien souvent traité avant lui, la Nèpe cendrée, Frank Brocher a découvert la présence d’une couche d’air dans l’espace compris entre les élytres et la face dorsale de l’abdomen. Comment de l’air peut-il occuper cette région du corps qui est toujours immergée, l’insecte ne prenant contact avec l’atmosphère que par l’intermédiaire du tube respiratoire dont il est pourvu à la partie postérieure de son corps ? La 2e série des Observations et Réflexions nous l’explique. Touchant les mouvements respiratoires de l’Hydrophile, il corrige les conclusions de Plateau (1884), bon observateur mais qui eut le tort d’expérimenter sur des
- insectes aquatiques tenus à l’air libre, tandis que notre naturaliste procède toujours en maintenant ses sujets dans l’eau. Se basant sur les expériences de Plateau, on croyait que les coléoptères aquatiques respirent d’une manière ininterrompue, alors qu’ils viennent à la surface de l’eau et dans l’eau. Frank Brocher démontre qu’ils agissent comme tous les animaux amphibies, qu’ils ne respirent que quand ils viennent remplir d’air leur système respiratoire. Il pense que ce n’est pas une provision d’air pur que l’insecte emporte avec lui, pour l’utiliser lorsqu’il est immergé, et que son bagage d’air en plastron ou sous les élytres est constitué, au moins en grande partie, par l’air vicié que l’animal expire pendant son séjour au fond de l’eau.
- Certains coléoptères, les Hoemonia, les Elmidês se différencient de tous les insectes dits aquatiques en ce que, de l’état d’œuf à l’état d’imago, ils vivent dans le fond de l’eau sans jamais venir respirer à la surface et sans que rien d’apparent dans leur organisation puisse expliquer ce genre de vie. Ce fait constitue dans le monde entomologique un phénomène aussi extraordinaire que le serait, dans le monde ornithologique, celui d’un canard vivant caché dans la végétation au fond de l’eau : « J’avoue que cet insecte a toujours été pour moi un problème vivant... comment peut-il respirer sous l’eau ? demandait Forel en parlant des Iioemonia. Frank Brocher (Observations, IP Série) a résolu le problème. Pour réoxygéner leur provision d’air, les Hoemonia mettent cet air par l’intermédiaire de leurs antennes en contact avec les bulles d’oxygène dégagées par les plantes aquatiques. Quant aux Elmidés, un de ses mémoires (Ann. de Biologie lacustre, 1912), établit qu’ils récoltent, avec certaines pièces de leur bouche garnies de poils hydrofuges, les bulles d’oxygène qui suintent des algues qu’ils broutent.
- Sur la circulation du sang, M. Frank Brocher a produit aussi des travaux de conséquence, parmi lesquels je signalerai pour ce qui est d'Observations et Réflexions, deux études : l’une sur le Sphinx du liseron, dans la lr3 série; l’autre, dans la 2e Série, sur le Frelon. La mécanique qui conduit l’œuf à la larve chez les insectes terrestres comme chez les aquatiques, et la larve à l’imago lui donne l’occasion de produire son ingéniosité expérimentale et sa sûreté de main; aussi n’est-ce pas sans fondement qu’il intitulera tel de ses chapitres : « Une belle expérience. » Nous avons avec lui un physiologue de l’Insecte dans la pure acception de ce mot, ce ne sont pas les agissements de l’animal qui l’occupent, sauf pour entrer en matière, mais les agissements de ses organes.
- Physiologie et non psychologie. Grand admirateur de J.-H. Fabre, et un admirateur militant, Frank Brocher n’est pas de ces entomologistes qui comme Ferton, par exemple, auront poussé dans la voie ouverte par J.-H. Fabre, expérimentateur de la mentalité de l’insecte. Son œuvre relate sans doute des traits de mœurs, mais non pas des traits de caractère et n’apporte ainsi que rarement sa contribution à l’étude du problème de l’Instinct. La chose est fâcheuse parce que ce maître physiologiste trouve tout de même l’occasion de laisser croire que les deux cordes fabriennes étaient à son arc; elle l’est surtout en ce qui concerne les insectes aquatiques puisque l’auteur des Souvenirs les a laissés en dehors des investigations. Mais, comme dit le proverbe, on ne peut être à la fois à la grange et au moulin : il est déjà étonnant, que dans les conditions où il a dû la produire, l’auteur ait pu donner à son œuvre tant d’ampleur et de valeur.
- La lre Série d'Observations et Réflexions suit les étapes de la convalescence de l’auteur qui ne sera vraiment en bonne santé « à condition que je prenne de continuelles précautions» qu’en 1920. Dans la maison; Sur la terrasse; Dans la prairie ; Dans le verger-, Dans le fossé-, Dans la haie-, Chez
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- le voisin : tels sont les titres des chapitres. Comme Jean-Jacques herborisait sur son unique fenêtre, cet autre Genevois entomologise d’abord sur celles des différentes pièces de son logis spacieux. Il y voit le Cloé diptera, ce névroptère à figure de diptère, hôte longtemps immobile des plafonds, se coller, lorsque la ponte le presse, contre les vitres qui s’opposent à son passage, car il ne peut pondre qu’au contact de la surface de l’eau, cette eau fût-elle contenue dans un simple verre de montre. Il voit, laissant une de ses fenêtres grande ouverte et les volets clos, nidifier dans les encoignures, si la pièce leur est d’autre part ouverte, et VEurnene pomiformis et V Agenia punctum. La première de ces guêpes paralysatrices emmagasine des chenilles dans ses amphores pourvues d’un goulet évasé et, depuis les Souvenirs entomologiques, ses façons sont assez connues, les tonnelets de la seconde le sont moins, chacun approvisionné d’une araignée, et M. Frank Brocher, dont les démonstrations sont abondamment accompagnées de dessins, reproduit les diverses phases du repas des larves. Voilà pour le chapitre premier. Maintenant installé sur la terrasse, dans sa chaise longue, l’entomologiste observe le manège carnassier de la larve du Fourmi-lion et les allées et venues de divers hyménoptères fouisseurs : Odynères, les Tachysphex, Halictes jusqu’à ce que le Sphinx du Liseron l’arrache à ces bagatelles, souvent décrites, pour lui offrir un sujet physiologique de choix. Puis ragaillardi par cette dissection, il transportera la loupe montée dans la prairie qui regarde sa terrasse et corrigera, touchant la larve de la Cicadelle écumeuse, l’une des très rares erreurs de fait que J. II. Fabre ait commises à une époque (observe le correcteur) où nos yeux octogénaires ne disposaient, en fait d’instruments d’optique, que d’une pauvre loupe à main. Le liquide que fait sourdre cette larve, et qui forme l’amas d’écume au milieu duquel elle disparaît, ne sort pas, ainsi que Fabre l’a cru, du point de la tige où elle s’abreuve; il lui sort de l’anus : c’est bien de la sève mais de la sève digérée. Cependant l’harmas tout entier de l’ermite lui est permis. Le voici dans son verger dont les « arbres blessés » lui fourniront, larves et imagos, en coléoptères, hémiptères, hyménoptères, lépidoptères, de quoi réjouir ses pinces, aiguilles, ciseaux et scalpels. Longeant le fossé plein d’eau qui borde le fond du domaine, il peut compléter sur les Dytiques et les Hydrophiles certains passages de VAquarium, en rectifier certains. Ses haies l’invitent alors à travailler sur la larve du Ver luisant, une douzaine d’insectes habitants de la ronce et surtout sur un ich-neumon, le Perithous mediator. Cet insecte parasite la larve d’un hyménoptère. A l’aide d’une interminable tarière il va déposer un œuf sur cette larve logée en plein bois. L’étonnante ponte des ichneumons a-t-elle jamais été décrite avec autant de clarté et de précision, illustrée de dessins aussi parlants;?
- J’en doute, mais maintenant que reste-t-il à faire au convalescent sinon entrer chez ses voisins ? Il y pénètre et, dans une gravière abandonnée, digne de Fabre lui-même par sa foison d’hyménoptères, il revit les heures que « l’observateur inimitable » passa en la compagnie de VHalicte, du Philanthe, du Cerceris, du Pompile : « Ce que j’ai vu et ce que j’ai ressenti concorde pour ainsi dire mot à mot avec sa description, dont j’ai pu ainsi constater l’exactitude et partager les sentiments. »
- Non moins riche de faits que la première et de faits choisis, de faits comportant presque toujours la qualité de problèmes, la IIe série à’Observations offre un caractère plus strictement physiologique, un peu plus aquatique aussi. En outre ses derniers chapitres nous montrent arrangée de façon à s’appeler terrarium, c’est-à-dire remplie d’un terreau emprunté au tronc de vieux saules, produit de la décomposition du bois,
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- la caisse vitrée que nous savons flanquée de nombreux micro-terrai'iums; nous y voyons grouiller la plupart des animaux qui vivent dans le terreau : Campodes, Géophyles, Scolopen-drelles, petites Araignées et Cloportes. Ils s’y trouvent d’autant mieux chez eux que, par une astuce qui enfonce la fabrienne, l’éleveur a pris soin d’y faire entrer un Lombric : « En circulant dans le sol, le ver y laisse des galeries que les autres animaux utilisent. » Ici M. Fr. Brocher ne devient pas précisément psychologue, mais il se fait historien précieux et neuf (voir notamment les études sur le myriapode dit Poly-desme aplati, sur le Glomeris, sur le Cloporte), toujours sans préjudice du physiologiste. Et ce serait tort si à côté de l’entomologiste il n’y avait pas un botaniste. Peut-on être vraiment l’un sans être l’autre ? Peut-on connaître les mœurs de la Bête et ignorer la Plante qui lui sert de nourriture et l’habitat sans laquelle, pour ce qui est des insectes aquatiques, il ne pourrait ni respirer, ni même parfois circuler ? Et quand on est un physiologiste assidu de l’une, peut-on ignorer la physiologie de l’autre ? Un bon tiers des Observations est botanique et souvent présente ensemble l’insecte et le végétal auquel la nature l’a lié. Ainsi dans la lre série, la Dent de lion (exemple topique de la diffusion au loin, à l’aide du vent, de graines pourvues à cet effet d’une aigrette de poils) et le Ceuthorynchus punctiger, un charançon qui parasite son inflorescence; ainsi le Xylocope, ce gros hyménoptère en velours noir proposé à la fécondation des papillonnacées et le Pois sauvage dont la fleur paraît avoir été établie pour permettre au botaniste une claire démonstration du mécanisme compliqué de la fécondation végétale par voie animale. Lorsque 1 ’Utriculaire absorbe les vers, les larves, les petits crustacés qui la broutent, les capture-t-elle ou bien ne fait-elle que profiter de la mort d’organismes qui se sont fourvoyés dans ses utricules ? Un chapitre de cette même série résout ce problème controversé en faveur de la première hypothèse et, chemin faisant, il établit, contrairement à ce que l’on croyait, que les utricules ne servent pas de flotteurs à la plante, que le gaz qu’on observe parfois à leur intérieur n’est que de l’air qui s’y est introduit inopinément, accident qui ne survient que quand on sort la plante de l’eau. Cette série I étudie le Colchique pour lui-même, en raison du caractère singulier de sa fleur composée d’une partie supérieure
- qui seule sort de terre et comprend les pétales, les étamines
- et les styles, et d’une partie inférieure qui est souterraine et dans laquelle se trouve l’ovaire. Mais à propos du Dytique notre naturaliste signalera le même phénomène que chez le Colchique : germes mâles ici, reçus en automne, restant tout l’hiver inactifs et n’opérant la fécondation cellulaire intime qu’au printemps; là, pollen arrivé vers l’ovaire en automne et y restant en état de vie ralentie jusqu’au printemps.
- Quant à la IIe série je ne pense pas que le Gui, véritable
- original de la botanique, « où tout est disposé ou se passe
- différemment que chez les autres végétaux » ait eu un meilleur démonstrateur de ses divers phénomènes que Frank Brocher. Et c’est à lui qu’on doit de savoir « de certaine science » (comme dit le Fabuliste) que si la Draine, qui se nourrit des baies du Gui, transporte les graines y contenues, ce n’est pas par excrémentation, mais par réjection. Cette grive en effet n’avale pas la baie entière, elle l’écrase dans son bec et rejette la peau et la graine comme,lorsqu’un délicat mange des raisins, il en crache les pépins avec la peau. Autre joli problème, non pas résolu celui-là mais débattu, dans cette même série II : le Badhamia follicola est-il un animal ou un végétal, un gigantesque amibe ou un champignon ? Faut-il l’appeler un myxomycète ou un mycétozoaire ? i
- Animé, lorsqu’il observe et lorsqu’il relate, d’un esprit scientifique du genre le plus austère, — homme de laboratoire,
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- comme on dit — Frank Brocher au nom de cet esprit fait volontiers profession de mépriser la littérature. Il ne pardonne pas au collège de la lui avoir enseignée aux dépens de tant de science qu’il eût pu lui faire acquérir ! et les qualités d’écrivain que certains lui reconnaissent et qui, selon lui, se réduisent à écrire avec clarté, c’est, proteste-t-il : « à mes études scientifiques que je les dois,non à mes études classiques». Je protesterai contre cette protestation. Observations et Réflexions ont quelques chapitres qui seraient plutôt le fait d’un homme de bibliothèque que d’un homme de laboratoire s’il ne valait pas mieux dire d’eux qu’en même temps que d’un savant ils sont le fait d’un homme à qui rien d’intellectuel n’est étranger. Le plus court de ces chapitres, Colloque avec une Corneille ( lr- série) rend un émouvant hommage à la nature pour les bienfaits que distribue son étude, école de patience, de résignation, de persévérance, de tranquillité et qui nous enseigne la Beauté si son spectacle hélas ! ne nous montre pas la Bonté...
- Le plus étoffé Temporis acti memor (2e série) constitue une façon d’auto-biographie analogue à la partie des Souvenirs entomologiques où J.-IL Fabre s’étend sur la formation et le développement de son esprit et de son œuvre. Il offre certes moins d’agrément littéraire, je le concède, à son sévère auteur, que cette partie des Souvenirs. Mais à la lire on comprend que Frank Brocher, si adverse aux belles lettres qu’il se croie, ait défendu vigoureusement Fabre contre « la campagne de dénigrement systématique » dont il fut l’objet voici dix ans, en raison surtout des hautes qualités littéraires mêlées à ses hautes qualités scientifiques.
- Cette défense, nous la trouvons dans deux chapitres : VEvolution du Transformisme et J.-H. Fabre. (lre Série); A propos de Darwin, de Fabre et de quelques autres (2e Série).
- L’auteur y a d’autant plus de mérite qu’il ne partage pas
- toutes les idées de Fabre. D’une part il ne croit pas que l’intelligence animale (car Fabre n’a jamais soutenu que les animaux ne fussent pas intelligents) diffère par essence de l’intelligence humaine.
- D’autre part, s’il n’est pas plus partisan que Fabre du transformisme lamarko-darwinien, il se trouve plus évolutionniste que Fabre qui pour l’être se cantonne strictement sur le terrain de la géologie. Frank Brocher ne croit pas à la fixité des espèces; le mutationisme, conception à l’antipode des théories de Lamarlc, de Geoffroy Saint-Hilaire et de Darwin, lui sourirait. Ses observations physiologiques de la Nèpe lui font admettre que cet insecte qui, tout en gardant des ailes ne vole pas, est en train de devenir aptère, et il donne un assez net coup d’épaule aux travaux de Ferrière (1914) et de Poisson (1924) qui voient chez des hémiptères voisins de la Nèpe : Naucores, Notonectes, Cerises, Ranatres, des êtres évoluant, de la même façon qu’elle, vers de nouvelles espèces.
- Belle vie pour la Science; dure vie pour le savant ! Depuis trois ans M. Frank Brocher est contraint à un absolu repos, condamné à garder une chambre où ni aquarium, ni terra-riums ne sont possibles ! Son activité intellectuelle est toujours puissante; il a pu dicter à l’usage de la jeunesse un résumé de la partie la plus accessible de son œuvre. « Regarde, sous-titre « Promenades dans la campagne et observations d’histoire naturelle dans le cours de l’année ».
- La Société de vulgarisation scientifique « Les Naturalistes belges » a tenu à honneur d’éditer ce livre après le x-efus de la Ligue suisse pour la protection de la Nature, triste application du proverbe que « nul n’est prophète dans son pays ! »
- Il prépare un ouvrage qui (nous écrit-il) « si ma santé le permet, paraîtra dans quelques années : Observations et Réflexions d’un Naturaliste malade et alité. Marcel Coulon.
- LE NOUVEAU TRAITEMENT DES FURONCLES
- DE LA LÈVRE SUPÉRIEURE PAR LES RAYONS X
- Fig. 1. — Le staphylocoque.
- Tout le monde connaît cette maladie, la furonculose, appelée vulgairement les clous. Elle débute par l’apparition sur la peau d’un bouton saillant, d’un rouge-violacé, livide et douloureux et se termine par la sortie d’un amas de matière purulente, demi-solide, le bourbillon.
- L’agent de cette maladie est le staphylocoque, microbe découvert, en 1880, par Pasteur. Il se présente en amas formant des « grappes de raisin » (fig. 1).
- Les furoncles ont une étiologie mal définie, ils apparaissent généralement à la base d’un poil ou sur une excoriation de la peau et se reproduisent souvent en série.
- Le pronostic de cette maladie devient très réservé pour ne pas dire très grave quand il s’agit du furoncle de la lèvre supérieure ou du nez.
- Après le Dr Baensch, de Leipzig, qui a tenté le premier la méthode du traitement de ces furoncles par la rœntgenthé-i*apie, les docteurs Beaulieu, Faure, Gibert et Solomon ont obtenu des résultats favorables par ce traitement. Dans leur communiqué à la Société médicale des hôpitaux, ils montrent qu’après la première séance de traitement (souvent restée unique),on note une recrudescence des signes locaux,physiques et fonctionnels suivie d’un évidement du bourbillon et une régression en quelques jours. Sur 103 cas de furoncles de la face ainsi traités on n’enregistra que 1,9 cas mortels (parce que traités trop tard) alors que, pour 103 autres cas témoins traités chirurgicalement, on enregistra une mortalité de 10,7 pour 100. W. N. Kazeeff.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- SEPTEMBRE 1934, A PARIS
- Mois exceptionnellement chaud. Pluie un peu moins fréquente mais au total plus abondante que d’ordinaire. Insolation satisfaisante, très peu supérieure à la normale.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, 763 mm 6, ne dépasse la normale de septembre que de 0 mm 3 et celle de la température, 17°,73, lui est supérieure de 2°,9 et n’est inférieure que de 0°,1 à la moyenne du mois précédent. Aussi septembre 1934 se place-t-il au 3e rang parmi les plus chauds observés à Saint-Maur, immédiatement après septembre 1895 (18°,70) et septembre 1929 (18°,69). Mais alors que ces derniers ont été anormalement secs et ensoleillés, le mois qui vient de s’écouler n’a présenté qu’un faible excès (10 pour 100) d’insolation et sa pluviosité, à peu près normale au point de vue de la fréquence, est en excès de 38 pour 100 en ce qui concerne la quantité des précipitations, 66 mm, 1. La journée du 19 a fourni, à elle seule, 31 mm d’eau, soit les 47 centièmes du total mensuel. Les températui’es moyennes journalières se sont maintenues supérieures à leurs normales respectives à partir du 6 avec des écarts atteignant 8°,1 le 7 et le 8 et dépassant fréquemment 5°. Celles des 8, 15, 28 et 29 sont les plus élevées, observées à pareille date depuis le début de la série des observations du Parc Saint-Maur. Les températures extrêmes ne présentent aucun caractère exceptionnel. Le maximum absolu, 31°,7, le 7, est supérieur de 3°,7 au maximum absolu moyen, mais il a été dépassé 8 fois depuis 1874. Le minimum absolu, 6°,0, est supérieur de 2°,0 au minimum absolu moyen. La végétation favorisée par la chaleur et l’humidité a subi un regain d’activité et l’on a pu constater des secondes floraisons.
- Les extrêmes absolus de la température dans la région parisienne, ont été : 3°;5 à Vaucluse le 1er et 34°,5 à Ville-Evrard le 7. La première gelée blanche de la saison a été constatée le 2 à Fresnes et à Jouy-en-Josas.
- La hauteur totale de pluie à Montsouris, 53 mm,6, est supérieure de 11 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922. La durée totale de chute, 30 b 25 m, est sensiblement normale. Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 31 mm,5 à Charonne et, pour les environs, 31 mm, 2 à Montreuil, du 18 au 19.
- Les brouillards, généralement faibles, se sont localisés en quelques points de la banlieue. Ceux du 1er, du 4 et du 5 ont été épais, par places.
- Les orages des 4, 8, 12, 15, 29 et 30 ont été faibles et n’ont affecté également que quelques points de la banlieue. Le 19, deux oi'ages successifs assez intenses, accompagnés de grêle par endroits, ont sévi sur l’ensemble de la région.
- On a enregistré, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 207 h 55 m de soleil, durée supérieure de 16 pour 100 à la moyenne des 40 années 1894-1933. Il n’y a pas eu de jour sans soleil. Les vents d’entre N. et E., qui dominent ordinairement en septembre, ont été cette année les plus rares.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle
- de l’humidité relative a été de 76,9 pour 100 et celle de la nébulosité de 55 pour 100. On y a observé : 12 jours de pluie appréciable, plus 4 jours de gouttes, 5 jours d’orage, 5 jours de brouillard, 18 jours de brume, 22 jours de rosée.
- LA TEMPÉRATURE EN SEPTEMBRE depuis 1757 jusqu’à nos jours.
- Mois froids. Mois chauds.
- Moyennes Minima Moyennes Maxima
- mensuelles absolu mensuelles absolus
- inférieures inférieurs supérieures supérieurs
- Années. à 13’,5. à + 2o,0. Années. à 17»,5. à 31»,5.
- 1764 lo,9 1759 17°,7
- 60 18°,7
- 92 12°,9 61 18°,3 31°,9
- 65 18°,6
- 93 13°,0 66 17o,9
- 1807 12°,9 67 31°,6
- 70 19°,1
- 09 1°,7 72 18°,0
- 73 17°,7
- 72 lo,9 75 19°,4
- 79 17°,9
- 77 llo,9 0o,6 80 320,5
- 95 18°,5
- 82 13°, 4 1804 18°,2
- 85 0°,7 10 17°,6
- 34 17°,6
- 25 17o,9
- 87 12°,7 39 31°,9
- ” 41 18°,1
- 89 1°,0 65 19o,4
- 68 17o,7
- 97 1°,9 74 33o,8
- 86 31°,6
- 1904 13°,0 95 18°,7 35o,5
- 98 33o,2
- 12 llo,4 0°,9 99 32°,7
- 1906 32°,6
- 22 13°,3 11 350,8
- 19 32°,7
- 25 12°,7 26 31 °,6
- 29 18°, 7 CO CO ^0 OO
- 31 12°,3 1°,7 34 17o,7 31°,7
- Comme mois froids : en 16 ans, de 1792 à 1807, trois; en 69 ans, de 1808 à 1876, aucun; en 27 ans, de 1877 à 1903, trois, et en 31 ans, de 1904 à 1934, cinq; comme mois chauds : en 21 ans, de 1759 à 1779; dix; en 40 ans, de 1795 à 1834, cinq; en 28 ans, de 1841 à 1868, trois; en 26 ans, de 1869 à 1894, aucun et en 40 ans, de 1895; à 1934, trois.
- Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ABREUVAGE A L’EAU TIÈDE
- En profitant du bon marché de l’électricité pendant la nuit, M. Joliet, maire de Tart-l’Abbaye (Côte-d’Or), a eu l’idée de faire tiédir l’eau dans l’auge d’abreuvage.
- Pour amener 300 litres d’eau de la température de 6 degrés à celle de 20 degrés, il dépense 10 kw-h.
- Il économise non seulement du combustible, mais aussi de la main-
- d’œuvre, car le courant électrique se charge aussi du pompage.
- Buvant tiède, les vaches donnent, paraît-il, trois litres de lait en plus par jour, et l’abreuvage sert pour une douzaine de vaches.
- Il est inutile de caloriluger l’abreuvoir dans lequel on introduit la résistance chauffante. Cela provient du fait de la douceur de la température dans l’étable.
- On pourrait approcher de ce résultat en remplissant les auges le soir et y ajoutant un seau d’eau bouillante le matin.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE ' ' =.
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS TECHNIQUES
- LES NOUVEAUTÉS TECHNIQUES AU SALON DE 1934
- Malgré la crise économique, les ventes de voitures en France, et même dans les pays étrangers, en Amérique surtout, ont beaucoup moins diminué qu’on n’aurait pu le craindre. L’industrie automobile est ainsi une de celles dont les capacités productives demeurent encore les plus grandes.
- Sans doute, le maximum de production constaté en 1929, et qui atteignit à ce moment 650 pour 100 de la production d’avant guerre, est-il désormais tombé aux environs de 450 pour 100, mais il est heureusement déjà remonté depuis le début de 1933. La moyenne mensuelle de la vente des voitures automobiles de tourisme en France, qui était de l’ordre de 20000 en 1929, s’était abaissée en janvier 1933 à 9000; elle s’est presque régulièrement accrue, depuis ce moment, malgré la variation saisonnière inévitable. C’est ainsi que de 14 000 en avril 1934, elle est montée à 17 000 en juillet 1934.
- Ces statistiques montrent donc qu’à l’heure actuelle la
- Fig. 1. — Une voilure Renault avec une curieuse carrosserie profilée de Labourdetle. (Photo Roi.)
- diminution de la production provient surtout de l’écoulement des stocks de voitures anciennes et de la diminution de l’exportation. Les transformations récentes des châssis, et surtout des carrosseries, vont sans doute amener une demande encore plus importante de voitures neuves et déterminer une nouvelle augmentation de la production (fig. 2 et 3).
- Il est réconfortant, d’ailleurs, de constater que, malgré la crise, les constructeurs français n’ont pas arrêté les recherches techniques entreprises pour les perfectionnements des châssis et des carrosseries (').
- Il est bien difficile aujourd’hui d’innover totalement en matière de construction automobile. Les solutions, dites nouvelles, dérivent généralement de conceptions qui ne le sont pas, mais que des circonstances nouvelles ont permis de reprendre et de mettre au point.
- A cet. égard le Salon de 1934 est riche en nouveautés, qui s’écartent nettement des solutions naguère classiques.
- 1. Il n’y a cependant pas lieu d’être trop optimiste. La production totale française en 1934 ne sera sans doute pas supérieure à 170 000 voitures; la moyenne mensuelle des ventes en Allemagne en juillet 1934 était de 20 000, donc supérieure à la moyenne en France. D’ailleurs, le nombre des constructeurs français exposant au Salon de 1934 n’était plus que de 23 au lieu de 90 en 1933!
- En ce qui concerne le moteur, les modifications sont peu nombreuses. Le nouveau système fiscal poussant à diminuer la consommation en essence et en huile, le moteur à 4 cylindres retrouve sa suprématie pour les voitures utilitaires. De nouveau, quelques constructeurs accordent leur préférence aux moteurs à soupapes à culbuteurs, plus difficiles à construire sans doute, mais plus « nerveux », aux accélérations plus vigoureuses.
- Le moteur à faible cylindrée, à vitesse de régime fort élevée, entraînant la voiture par l’intermédiaire d’un système à forte démultiplication, est moins en faveur; ce fait est dû certainement aussi au nouveau régime fiscal.
- La cylindrée d’un moteur influe relativement peu désormais, en effet, sur le budget de l’automobiliste, du moment que l’encombrement de la carrosserie reste le même. Il n’y a d’augmentation à considérer que pour le prix de la police d’assurances, et cette augmentation est généralement minime.
- Un moteur de cylindrée moyenne de l’ordre de 2 litres, tournant à vitesse relativement réduite, et entraînant la voiture avec une démultiplication raisonnable, ne consomme pas beaucoup plus d’essence qu’un moteur de 1 litre 500 de cylindrée, tournant beaucoup plus vite, et à démultiplication plus élevée. La différence de consommation aux 100 km est, en moyenne, de l’ordre de 2 litres, ce qui est faible, car ce désavantage est compensé par une usure moins rapide du moteur, un fonctionnement plus silencieux et plus agréable.
- Alors que la voiture de 7 à 8 ch. était le type moyen de 1932-1933, nous voyons ainsi deux catégories assez nettes se former parmi les voitures utilitaires de 1934. D’une part, la voiture populaire, de prix d’achat réduit, à carrosserie également de dimensions réduites, et à consommation minima, avec un moteur d’une puissance fiscale de l’ordre de 6, 7 ou à la rigueur 8 ch, et d’une cylindrée de l’ordre de 1 litre 500 maximum. De l’autre, la voiture moyenne utilitaire, robuste, à la carrosserie relativement spacieuse, conçue pour transporter dans des conditions agréables 4 à 5 passagers, et munie d’un moteur d’une puissance fiscale de l’ordre de 10 à 11 ch, et d’une cylindrée de l’ordre de 2 litres 500.
- Si la disposition des moteurs est restée classique, celle du châssis et des sytèmes de transmission a été dans bien des cas profondément modifiée.
- La plupart des grands constructeurs ont conservé la disposition classique du moteur à l’avant, avec transmission par arbre à la cardan et roues motrices à l’arrière. Ils se sont contentés de renforcer le châssis en employant, par exemple, des tubes au lieu de longerons en U, ce qui assure une plus grande sécurité et évite les flexions. L’emploi des roues avant indépendantes est également une solution relativement simple, présentant des avantages nombreux que nous avons déjà signalés dans nos chroniques.
- D’autres constructeurs, et parmi eux, un des plus grands, ont cependant présenté des solutions beaucoup plus audacieuses. Le moteur reste à l’avant, mais les roues avant deviennent tractrices, les roues arrière indépendantes, la suspension par ressorts est remplacée par une suspension par barres de torsion, et, enfin, le châssis est supprimé, grâce à l’emploi d’une carrosserie-bloc estampée et soudée électriquement, qui assure une rigidité suffisante. Cette dernière solution est évidemment rendue possible par la suppression des roues arrière motrices, du pont arrière, et de l’arbre de transmission.
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- On a présenté cette année des solutions, en apparence encore plus originales, telles que le moteur à l’arrière avec roues motrices à l’arrière, ce qui paraît rationnel, telles aussi que le moteur à l’arrière et les roues motrices à l’avant, ce qui semble moins indiqué, puisqu’il serait alors encore nécessaire d’avoir recours à un arbre de transmission !
- Dans ces recherches les constructeurs n’ont pas été guidés seulement par le désir d’augmenter la sécurité et le confort et de réduire la consommation. Il leur faut aussi abaisser au maximum le prix de revient, à égalité de qualité. A ce point de vue, l’emploi du moteur avant avec roues avant tractrices simplifiant le système de transmission et la suppression du châssis peuvent constituer un facteur décisif, du moins lorsque cette nouvelle fabrication sera parfaitement au point.
- Un avenir assez prochain nous renseignera sur les résultats obtenus dans cette voie.
- Les constructeurs se sont ingéniés, d’autre part, à augmenter l’agrément de conduite et la sécurité. Les boîtes de vitesses synchronisées à fonctionnement silencieux sont bien accueillies par tous les automobilistes, et surtout par les conducteurs novices. Sur les voitures de luxe, on voit apparaître des systèmes de changement de vitesse à présélection, ou électromécaniques, en attendant sans doute le changement de vitesse automatique, dont l’intérêt serait, d’ailleurs, à notre avis, assez discutable.
- A l’économie de carburant, toujours de plus en plus recherchée, contribuent des carburateurs de plus en plus perfectionnés, mais il y a encore beaucoup à faire pour tirer un meilleur rendement des mélanges employés. L’emploi des moteurs plus lents et moins démultipliés, à forte compression, les carrosseries plus légères et aérodynamiques, constituent sous ce rapport un facteur favorable.
- La plupart des voitures actuelles à carrosseries, très légères malgré leur robustesse, avec leurs profils carénés, leurs châssis réduits, leurs moteurs de cylindrée relativement grande, possèdent une réserve de puissance considérable, qui permet les accélérations rapides et une vitesse en palier élevée, de l’ordre aisément de 90 à 100 1cm à l’heure. La sécurité, dans ces conditions, ne peut être assurée que si la voiture a une excellente tenue de route, et si les freins sont étudiés avec soin.
- Les recherches sur l’emplacement optimum du moteur et sur la suspension ont abouti à améliorer la stabilité de la voiture, même à grande vitesse. L’emploi des systèmes de freinage à servo-frein mécanique et les dispositifs hydrauliques à égalisation automatique des efforts sur les quatre roues offrent, sous ce rapport, des avantages certains. Il y aurait certainement beaucoup à faire encore en ce qui concerne les dispositifs empêchant le blocage des tambours.
- L’usager de l’automobile exige de plus en plus, à tort ou à raison, des voitures atteignant rapidement des vitesses élevées; il n’a pas toujours la sagesse de proportionner sa vitesse aux conditions locales de la route. Si l’on veut réduire le nombre des accidents et éviter, d’ailleurs, aux automobilistes prudents d’être les victimes de leurs confrères trop « sportifs », il faudra se résoudre, quelque jour, soit à promulguer un nouveau règlement de la route, et à le faire respecter, ce qui paraît difficile, soit à ne livrer que des voitures présentant un coefficient de sécurité encore accru.
- Les solutions adoptées pour la construction des châssis, et même des moteurs, varient beaucoup suivant les constructeurs; par contre, la forme générale des carrosseries n’est désormais plus guère discutée. Le Salon de 1933 était le Salon de la Voiture aérodynamique, celui de 1934 est le Salon des nouveautés techniques et de la voiture super-aérodynamique, pourrait-on dire.
- -S 350
- 1932 1933 1934
- 1928 1929 1930 1931
- 1923 1924 1925 1926 1927
- Fig. 2. — Courbe de la production des voilures automobiles en France-de 1923 à juin 1934.
- • Nous avons expliqué dans des chroniques précédentes quels étaient les avantages réels de la carrosserie aérodynamique, en ce qui concerne la diminution de la résistance de l’air. A vitesse moyenne, sur route, de l’ordre de 50 1cm à l’heure,, par exemple, et a fortiori pour le service de ville, l’avantage est faible. Pour qu’il soit réel, même à grande vitesse, il faut que le modèle soit vraiment aérodynamique, sans aspérités visibles au-dessus de la carrosserie, et même en dessous. Il faut ainsi que les phares soient noyés dans l’épaisseur desailes; car dans les systèmes ordinaires ils sont responsables: d’une fraction importante de la résistance de la voiture à l’avancement.
- Quoi qu’il en soit, les constructeurs ont décidé de ne plus construire que des carrosseries aérodynamiques, et les usagers: de l’automobile doivent s’accoutumer à ces nouvelles carrosseries.
- Les modèles établis en France sont, d’ailleurs, élégants, et avec leurs formes élancées donnent bien l’impression de la légèreté et de la vitesse.
- On peut seulement regretter quelquefois une diminution du volume intérieur de la carrosserie, et, par conséquent, du cube d’air réservé à chaque voyageur. Les glaces de portières, et même du pare-brise, ont généralement moins de hauteur, par suite de l’abaissement du plafond de la carrosserie. Toutes les carrosseries sont notablement plus basses que l’an dernier, il faut craindre sous ce rapport quelques exagérations.
- Quelques constructeurs ont eu, enfin, l’idée si attendue, d’améliorer l’aération intérieure de la carrosserie. Leur exemple n’a pas été suivi par tous; regrettons-le pour cette année. Ce progrès sera imposé tôt ou tard sans doute par la clientèle, qui désire, non pas seulement une voilure rapide et élégante, mais encore une carrosserie vraiment confortable,, hygiénique et aérée.
- Fig. 3. — Courbe des ventes mensuelles de voitures automobiles-en France de 1929 à juillet 1934.
- 1929 1930 1931 1932 1933 Jany. Févr. Mars Avril Mai
- Juin Juil.
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- Fig. 4. — Correcteur de carburation Michel.
- UN CORRECTEUR DE CARBURATION TRÈS SIMPLE
- On a proposé des systèmes très divers d’économiseurs d’essence. La plupart ont simplement pour effet de réaliser un mélange plus intime et plus homogène du carburant air-essence, et on peut employer, comme nous l’avons montré dans des chroniques précédentes, soit des systèmes fixes, soit des systèmes mobiles à hélice tournante, par exemple, intercalés sur la tubulure d’admission.
- Un petit système, qui vient d’être présenté au Salon, se compose simplement d’un volet intermédiaire placé sur le raccord du carburateur comme le montre la figure 4; l’épaisseur de ce volet n’est que de 2 mm. Des ailettes au centre du volet impriment au mélange carburant une rotation qui provoque une homogénéité plus grande. Le système a, en tout cas, le grand avantage de la simplicité et d’un prix réduit.
- UN DISPOSITIF SIMPLE POUR L’ENTRETIEN ET LA RÉPARATION DES VOITURES
- Dans les grands garages, on trouve maintenant des fosses, avec système de tremplin à rails ou des « bras d’Hercule » permettant aisément, et avec le minimum de fatigue, un examen et une réparation des parties inférieures du châssis. Ces systèmes pratiques et perfectionnés sont cependant coûteux; ils ne peuvent donc être employés par les petits réparateurs, et a fortiori par les automobilistes propriétaires.
- Voici un dispositif qui peut rendre de grands services, malgré sa simplicité. C’est un tremplin métallique de la forme indiquée par la figure 5. Léger et peu encombrant, il est très facile à employer, ce petit appareil est muni de cales en caoutchouc évitant le glissement sur le sol, ce qui assure une adhérence suffisante et permet de l’utiliser pour tous les usages. En faisant glisser la voiture par ses propres moyens sur le plan incliné jusqu’au moment où les roues avant reposent sur la partie incurvée supérieure, on obtient rapide-
- Fig. 5. — Coupe schématique d’un Auto-Tremplin.
- ment l’élévation de la voiture à 58 cm au-dessus du sol, ce qui rend aisé l’ac-cès des organes inférieurs sous la voiture.
- UN VOLET ORIENTABLE D’AÉRATION
- Comme nous venons de le rappeler plus haut, l’aération rationnelle des carrosseries conduite intérieure est une nécessité, surtout pour les voitures carénées à plafond surbaissé.
- Dans les modèles ordinaires, lorsque le conducteur laisse les glaces fermées, la chaleur à l’intérieur de la carrosserie, surtout l’été, peut devenir insupportable. Lorsqu’on ouvre le pare-brise et les glaces des portières avant et arrière, il peut se produire des courants d’air et des remous à l’arrière de la carrosserie.
- Certains constructeurs ont prévu l’installation d’un volet d’entrée d’air sous l’auvent, mais il est bon que l’air ainsi introduit n’arrive pas directement dans l’intérieur de la voiture. Dans quelques modèles, l’air circule ainsi dans un espace réservé entre le tablier d’avant et le moteur. Cette disposition est très rationnelle; sans qu’il existe de courant d’air dans la voiture, celle-ci est alors isolée du moteur, et bien refroidie.
- Nous avons déjà signalé l’avantage qu’on pourrait obtenir en employant des systèmes de glaces mobiles orientables extérieures, permettant à volonté de dévier les courants d’air, de supprimer les remous et de produire, s’il y a lieu, un appel d’air renouvelant l’atmosphère à l’intérieur de la carrosserie, en assurant l’évacuation des gaz viciés.
- Des fabricants d’accessoires français ont étudié ce problème. On a pu voir ainsi au dernier Salon des systèmes de volets orientables pouvant être actionnés de l’intérieur par mani-
- Fig. 6. — Volets mobiles « Proleclor » permettant l’aération sans remous des voilures à conduite intérieure.
- velle. Le modèle le plus pratique comporte un volet fixe se déplaçant de la manière habituelle, mais de dimensions plus réduites que la glace normale et un volet orientable se raccordant au volet fixe.
- Par le jeu du volet orientable, on obtient ainsi en élevant plus ou moins la glace fixe, tous les effets divers d’aération que l’on désire en évitant complètement la formation des remous (fig. 6).
- L’UTILISATION PRATIQUE DU GRAPHITE DANS LES MOTEURS D’AUTOMOBILE
- Nous avons déjà signalé les avantages que présentait l’emploi des huiles graphitées dans les moteurs d’automobile, soit pour le super-huilage des hauts de cylindres, et principalement dans la période de rodage, soit pour l’entretien normal. Plusieurs lecteurs nous ont demandé des renseignements pratiques à ce sujet.
- Le résultat à obtenir, lorsqu’on utilise de l’huile graphitée, consiste à réaliser, au moyen des particules de graphite, et par fixation sur les surfaces frottantes, des surfaces graphoïdes sans épaisseur mesurable, extrêmement résistantes, et de coefficient de frottement réduit.
- Ces surfaces graphoïdes qui sont douées d’une grande affinité pour l’huile facilitent la répartition de celle-ci sur les surfaces en contact. Le film d’huile est ainsi mieux formé, le graissage plus efficace et les usures réduites.
- D’un autre côté, les surfaces graphoïdes sont auto-lubrifiantes, ce qui leur permet de lubrifier les surfaces, si l’huile vient à manquer accidentellement.
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- Comment utilise-t-on le graphite, en pratique, dans un moteur ?
- Pendant la période de rodage, on peut employer dans le carter de l’huile graphitée à 2 pour 100, ce qui permet au film graphoïde de se l'ormer rapidement sur les surfaces; et on assure une grande sécurité de marche.
- Quand les « films » sont ainsi formés, on peut diminuer la proportion de graphite dans l’huile, ou encore cesser l’utilisation de graphite pendant quelque temps, pour le reprendre périodiquement. Il est essentiel, d’ailleurs, d’utiliser un graphite colloïdal assurant toute sécurité qui est connu désormais sous le nom d’Oildag.
- Au lieu d’employer le graphite mélangé à l’huile du carter, on peut utiliser un mélange d’huile légère et de graphite, que l’on additionne à l’essence, afin d’ohtcnir, en particulier, une meilleure lubrification des hauts de cylindres. Ce mélange peut, avec avantage, être additionné d’un produit anti-cala-minant, par exemple un peu de camphre végétal. On vend dans le commerce pour un prix modique des produits suivant cette formule.
- POUR LE NETTOYAGE RAPIDE DE LA CARROSSERIE
- Pour nettoyer rapidement une carrosserie, à défaut de produits spéciaux qui Remplacent plus ou moins bien l’eau ordinaire, le moyen le plus simple et le plus rapide est encore d’employer un jet adapté à l’extrémité d’un tuyau de caoutchouc. Pour éviter les éclaboussures, et éviter que la violence du jet d’eau ne fasse pénétrer l’eau dans la carrosserie ou dans le moteur, on peut simplement prendre la précaution de placer l’extrémité du tube à l’intérieur d’une éponge, après avoir fait une ouverture suffisante correspondante. En donnant
- Fig. 8. — Pour empêcher le grippage du bouchon de radiateur et pour protéger l'avertisseur électrique extérieur.
- au jet une intensité moyenne, il suffit de passer l’éponge ainsi constamment imbibée d’eau renouvelée sur la surface de la carrosserie pour effectuer un lavage rapide et dans les meilleures conditions.
- Tablier
- Ressort à boudin
- Tampot. de coton
- Jauge d'huiie
- Monceau de bois
- POUR FACILITER 1.......
- L’USAGE DE LA JAUGE ^ig. 7. — Pour essayer facilement
- une jauge d’huile.
- Lorsqu’on examine le niveau d’huile d’un moteur, il faut
- généralement retirer la tige graduée verticale servant de jauge. La plupart du temps, cette tige est entièrement recouverte d’huile, par suite des mouvements du carter, et on ne peut discerner exactement le niveau réel. Si l’on n’a pas de chiffon sous la main, l’essuyage est plus ou moins malaisé.
- Une bonne précaution pour éviter cet inconvénient consiste à fixer un tampon de coton ou de papier sous le capot à l’aide du système de ressorts qu’indique la figure 7. Au moment de se servir de la jauge, on peut ainsi toujours l’essuyer rapidement.
- DE BONNES PRECAUTIONS
- Sous l’influence de la chaleur, les bouchons de radiateur trop serrés sont souvent très difficiles à ouvrir, sans l’aide d’un outil que l’on n’a pas quelquefois sous la main. Il est bon, pour éviter cet inconvénient, d’employer une rondelle de caoutchouc que l’on met à l’intérieur du bouchon. Cette rondelle assure une étanchéité absolue, et évite la nécessité d’un serrage trop énergique qui rend malaisé le démontage.
- Une précaution du même genre consiste à recouvrir d’un fin treillage métallique la plaque antérieure perforée des avertisseurs électriques des voitures modernes qui sont disposés très près du sol et qui sont ainsi exposés aux projections de petits cailloux, de poussières ou même d’insectes projetés par le déplacement d’air (fig. 8). L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Correcteur de carburation. Michel, 53, rue Edith-Cavell, Courbevoie. Auto-Tremplin. Etablissements Le Bigot, 25 bis, rue Emile-Duclaux, Suresnes (Seine).
- Volets d’aération Proiector. Dupré-Perrin, 15, rue Louis-Blanc. Levallois-Perret (Seine).
- Graphite colloïdal. Etablissements Paul Maury, 7, rue de Normandie, Asnières (Seine).
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE RAFFINAGE DES HUILES
- DE PÉTROLE
- Le procédé le plus employé pour raffiner les huiles de pétrole consiste à y incorporer une certaine quantité d’acide sulfurique, puis à brasser intimement le tout, soit par l’air comprimé, soit au moyen d’une turbine, de manière à diviser l’acide en particules aussi fines que possible.
- On a songé à améliorer la division de l’acide et celle de l’huile, en injectant simultanément sous pression des quantités dosées d’huile et d’acide, dans une chambre hermétiquement close. L’huile et l’acide, réduits en brouillard, entrent en réaction; le mélange et le contact, poussés ainsi à leur maximum, donnent des résultats supérieurs à ceux obtenus par les méthodes habituelles. Le mélange d’huile et d’acide va ensuite dans des décanteurs où les goudrons se déposent.
- Ce procédé a été rendu continu : il suffit, en effet, d’envoyer d’une manière continue l’huile et l’acide dans la chambre à réaction.
- Le mélange passe ensuite dans une série de décanteurs dans lesquels il arrive par le bas, les goudrons et l’acide en excès se déposent dans le fond, alors que l’huile raffinée surnage; elle s’écoule d’une manière continue par une goulotte située dans le haut du décanteur. Le mélange des goudrons et de l’acide est évacué d’une façon continue au moyen d’un tube ayant la forme d’un siphon et placé à la base du décanteur.
- Par ce procédé on arrive à produire, avec un matériel réduit, des quantités considérables d’huiles raffinées.
- H. Soyer.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les nouvelles méthodes d’analyse (La lumière de Wood), par J. Seyevvetz. 1 vol., 251 pages, 34 fig., J.-B. Baillière et C10, Paris, 1934. Prix : 30 l'r.
- Cet ouvrage résume les résultats des différents travaux sur l’analyse par fluorescence dans les différents domaines des sciences, de l’industrie, de l’alimentation, ainsi que pour la recherche des fraudes.
- Les méthodes de prévision du temps à courte et longue échéance, par H. Chrétien, 1vol. 436 pages, 22 fig. Ch. Lavauzelle et Cie, Paris, 1934. Prix : 25 fr. '
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- Pour prévoir le temps avec certitude, il faudrait tout d’abord connaître les causes et le mécanisme des phénomènes météorologiques; et notre science à cet égard est encore bien incertaine. Le capitaine Chrétien, officier aviateur, et de ce fait aux prises quotidiennement, avec les caprices du temps, commence son utile ouvrage par une claire description des phénomènes essentiels qui constituent le temps; il s’essaie à son tour à les expliquer et présente des hypothèses toutes personnelles et fort intéressantes, sur leur origine, qu’il suppose de nature électrique : mais les arguments de l’auteur manquent de force démonstrative. A propos de l’étude du vent, il donne un exposé complet des règles de prévision du temps de M. Guilbert auxquelles il donne son entière adhésion. Après cet exposé général, l’auteur passe aux méthodes de prévision du temps ; il montre, exemples à l’appui, comment on utilise les documents de l’O. N. M. pour la prévision rapprochée; puis il énumère rapidement les divers indices qui servent de bases à d’autres méthodes de prévision et qui fournissent parfois des indications utiles; l’auteur cite ainsi, sans trop affirmer la valeur du pronostic, les cris ou les gestes d’animaux annonçant tempête ou beau temps, et rappelle quelques dictons qui ne peuvent avoir qu’une valeur locale. Ce curieux et original ouvrage se termine par une étude de l’influence du temps sur l’organisme humain.
- Les bases physiques de la télévision, par B. Kwal. 1 vol. de 170 pages. E. Cliiron, éditeur, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- La télévision est une technique encore dans l’enfance. Pour la faire progresser, il faut faire appel à toutes les ressources de la physique moderne. M. Kwal a donc eu une heureuse idée en présentant, dans les deux premières parties de son ouvrage, une étude très claire des phénomènes électriques ou lumineux susceptibles d’intervenir en télévision : constitution de la matière, propriétés fondamentales de la lumière, polarisation de la lumière, décharge électrique dans les gaz, étude des divers effets photoélectriques. La troisième partie est consacrée à un historique rapide et à une excellente mise au point de l’état actuel de la technique. L’auteur y met clairement en évidence les difficultés qui retardent aujourd’hui la solution pratique du problème.
- Traité de chimie minérale (tome XII) (Radioéléments. Gaz rares. Étude générale des alliages), publié sous la direction de P. Pascal; Secrétaire général, Paul Baud. — 1 vol., 856 pages, 484 fig. Masson et Cle, éditeurs. Paris, 1934. Prix : 160 francs.
- Ce volume qui clôture la publication du magistral traité de Pascal est consacré à des questions complètement neuves en chimie; la chimie des éléments radioactifs d’une part, dont la naissance ne remonte qu’à 1896, date de la découverte de la radioactivité par Becquerel, et la chimie des alliages qui n’a commencé à se constituer en corps de doctrine que vers la môme époque. L’ouvrage débute par un très clair exposé d’ensemble de nos connaissances actuelles sur les radioéléments, il est dû à MM. M. Curie et J. Escher-Desrivières. Après des explications générales sur la radioactivité,’ les auteurs étudient, par famille, les propriétés physiques et chimiques des divers radioéléments, les procédés de préparation et les méthodes de dosage. M. A. Lepape, le spécialiste des gaz rares, traite, en un intéressant chapitre où abondent les détails inédits, de l’hélium, du néon, de l’argon, du krypton, du xénon et du radon. On trouve ensuite, rédigée par M. Portevin, une magistrale étude générale de la chimie des alliages métalliques : celle-ci relève aujourd’hui de la chimie physique et repose surtout sur l’étude des diagrammes d’équilibre. L’exposé très complet de M. Portevin constitue pour le lecteur un guide précieux. L’auteur le termine par des aperçus sur la difficile et importante question de la corrosion. Cette introduction est suivie d’une série de monographies traitant de divers groupes d’alliages : alliages des métaux légers par H. Forestier, alliages des métaux fusibles lourds par A. Roux, alliages de cuivre par Sanfourche, alliages de fer par E.-L. Dupuy, alliages de nickel, de cobalt, de manganèse, par P. Chevenard, alliages de métaux réfractaires par M. Oswald, alliages de métaux précieux par le même auteur. Il est inutile d’insister sur l’importance non seulement scientifique, mais industrielle que présentent ces exposés méthodiques et complets. L’ouvrage se termine par deux intéressants addenda, l’un de P. Pascal sur l’hydrogène lourd, l’autre de G. Chaudron sur l’application de la mécanique chimique à la métallurgie du fer.
- Les fleurs de jardins, par A. Guillaumin. Tome III. Les Fleurs d’été. Volume II, 210 pages, 71 fig., 64 pl. coloriées. Encyclopédie pratique du naturaliste. Lechevalier, Paris, 1934. Prix : cartonné toile, 36 fr.
- L’encyclopédie du naturaliste groupe, sous un format commode et aisément transportable, une série de monographies de sciences pures et appliquées. Voici le 3° volume du professeur de culture du Muséum qui continue son exposé de l’ornementation des jardins. La première partie traite des corbeilles, des plates-bandes, des mosaïques de fleurs annuelles, du choix de leur composition selon les saisons, des jardins de fleurs vivaces, des gazons, des pièces d’eau, des jardins alpins, japonais, de plantes grasses, de la décoration des maisons et des fenêtres. La seconde partie décrit les principales espèces et donne pour chacune les caractères, les variétés, les soins de culture et de multiplication. D’excellentes planches en couleurs figurent les types les plus intéressants.
- Nouvelles scènes de la vie animale, par Léon Binet. 1 vol. in-16, 173 pages, Nouvelle Revue française, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Le professeur de physiologie de la Faculté de Médecine de Paris se repose de ses travaux en écrivant de délicieux récits, fruits de ses recherches et de ses lectures, sur les plus étonnants problèmes posés par la vie des animaux. Cette fois-ci, il conte des fêtes nuptiales, les voyages de l’anguille, les danses de l’escargot, les couleurs des oiseaux et des poissons, les mœurs des fourmis et des termites, l’éducation musicale du grillon, les soins maternels des chauves-souris, la thérapeutique des poissons, d’autres faits encoise, tous merveilleux, fruits d’observations patientes, sagaces, précises.
- Biologie der Fortpflanzung im Tierreiche, par
- Ulrich Gerhardt. I vol. in-16, 147 pages, 47 fig. Julius Springer, Berlin, 1934. Prix : cartonné toile, 4,80 marks.
- Exposé élémentaire des processus de reproduction dans le règne animal, depuis la division cellulaire jusqu’aux modes les plus complexes de générations alternées, en passant par la parthénogenèse, la pédogenèse, la néoténie, etc. Le tableau est bien présenté, ordonné et à jour. •'‘vi-À:
- La farine de poisson, par Ch. Olivari. l vol. in-4, 172 pages. Extrait de la Revue des travaux de l'Office des Pêches maritimes. Blondel La Rougery, Paris, 1933.
- La farine de poisson est obtenue à partir des poissons inutilisés et des déchets, et peut servir d’engrais ou d’aliment du bétail. C’est une industrie peu connue qui gagnerait à être développée puisqu’elle utilise et valorise des sous-produits. L’auteur rassemble ici tout ce qu’on sait de cette matière : origines diverses, composition, procédés de fabrication, propriétés, situation des marchés, conditions en France. C’est une vaste documentation intéressant toutes les industries de pêche et les ports.
- Quelques travaux complémentaires relatifs à la propagation de la tuberculose, 3° fascicule, par Auguste Lumière. 1 vol. in-8, 125 pages. Imprimerie Sézanne, Lyon, 1934.
- L’auteur réunit ici les articles récents qu’il a publiés à l’appui de sa thèse que la tuberculose est beaucoup plus héréditaire que contagieuse. On y trouve un grand nombre de faits et d’arguments qui montrent non seulement comme la question appelle de nouvelles recherches, mais aussi combien la documentation est encore imparfaite en ce qui concerne l’hygiène sociale.
- The story of Kalaka, par W. Norman Brown. Texts, history-legends and miniature paintings of the Svetambara Jain hagio-graphical work the kalaka'caryakatha. 1 vol. in-4, 149 pages, 15 pl. en noir et en couleurs. Smithsonian Institution, Washington, 1933.
- L’auteur, professeur de sanscrit à l’université de Pennsylvanie, avait acquis à Bénarès un manuscrit enrichi de figures en brillantes couleurs. C’était une version de l’histoire de Kalaka, œuvre de l’école occidentale de l’Inde. Depuis, d’autres versions ont été recueillies aux Indes et dans des musées d’Europe. L’histoire a pu être datée; les anecdotes qui la composent peuvent remonter avant l’an 1000; leur suite apparaît groupée dès le ixe siècle. C’est une série de légendes, transmises d’abord oralement, puis écrites à diverses reprises, dont les textes et les figurations forment un très précieux document. On trouve ici les textes, leurs variantes, leur traduction, leur commentaire et la reproduction dans de magnifiques planches des miniatures consacrées aux principaux épisodes de la vie de Kalaka.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Ramon y Cajal.
- M. Caullery a rappelé devant l’Académie des Sciences la vie et l'œuvre du grand histologiste espagnol dans les termes suivants :
- « Santiago Ramon y Cajal, correspondant pour la section d’anatomie et zoologie, depuis le 26 juin 1916, décédé à Madrid il y a quelques jours, était né à Pétilla en Navarre le 1er mai 1852. Tout d’abord médecin militaire, il avait fait partie, en 1874, d’un corps expéditionnaire à Cuba, d’où, gravement atteint par le paludisme, il avait été contraint de rentrer en Espagne et de quitter l’armée. Il fut alors successivement aide d’anatomie et professeur aux universités de Saragosse (1879), Valence (1883), Barcelone (1887) et enfin Madrid (1892), où il occupait la chaire d’histologie et anatomie pathologique. Depuis 1901 il dirigeait en outre l’Institut national d’hygiène, équivalent de notre Institut Pasteur.
- « Ramon y Cajal s’est illustré par ses recherches sur la structure du système nerveux. Elles ont ouvert, dans ce domaine, une époque nouvelle et réalisé un progrès capital. A partir de 1888, il s’était attaché à perfectionner la technique précédemment imaginée par Golgi et qui consiste à imprégner d’un précipité ar-gentique, dans les centres nerveux, un certain nombre d’éléments isolés, à l’exclusion des autres. Cela permet de déchiffrer des rapports autrement inextricables. Appliquant avec une grande habileté et perfectionnant cette méthode sur des animaux très variés, surtout pendant le développement postembryonnaire, explorant par elle toutes les parties' jdu système nerveux (cerveau, cervelet, moelle épinière, ganglions spinaux et du grand sympathique, appareil olfactif et visuel, organes sensoriels), Cajal a établi, de manière indiscutable et générale, que les cellules composant les centres nerveux restent des unités distinctes, des centres élémentaires, sans aucune continuité les uns avec les autres, au lieu de réaliser un réseau continu comme on l’avait cru jusque-là et comme l’admettait, en particulier, Golgi. Il a définitivement mis en évidence la structuré générale et les formes particulières très diverses et compliquées des cellules nerveuses, dont les prolongements cytoplasmiques et le cylindre axe (avec ses ramifications collatérales) servent les uns et les autres à la conduction de
- l’influx nerveux. La propagation se fait d’une cellule à l’autre par contact, aux extrémités de ces prolongements divers.
- « Dès 1894, la généralité de cette constitution du système nerveux et les particularités de structure des divers centres, exposées dans un ouvrage d’ensemble et dans une Croonian Lecture à la Société Royale de Londres, étaient vérifiées et admises par la plupart des histologistes. Elles ont été symbolisées par le terme de neurone, désignant la cellule nerveuse, telle que Cajal l’avait révélée, terme créé par Waldeyer et universellement adopté, comme la conception qu’il traduit. Les mérites de Cajal ont été, dès cette époque, reconnus de
- la façon la plus éclatante par de nombreuses sociétés savantes d’Europe et d’Amérique, consacrés finalement en 1906 par un prix Nobel partagé avec Golgi. On peut résumer l’œuvre de Cajal, à cette première période, en disant qu’il nous a fait connaître Varchitecture du système nerveux.
- « Cajal a fait faire ultérieurement un autre progrès décisif à l’histologie de ce système, en mettant en évidence, par des préparations d’une netteté et d’une beauté admirables, dans toute l’étendue des neurones, à l’aide d’une technique spéciale inspirée des opérations de développement de la plaque photographique, un système de fibrilles. Ces neurofibrilles forment un système propre à chaque neurone et non un système général continu, comme l’a soutenu l’histologiste hongrois Apathy, qui l’avait de son côté décelé par d’autres procédés, chez les Hirudinées. »
- MÉTÉOROLOGIE
- Deux étés chauds : 1933 et 1934.
- L’été de 1934 a été prévu plusieurs années à l’avance. — Après les saisons pluvieuses de 1930, 1931 et 1932, nous avons eu deux étés, 1933 et 1934, dont la température moyenne est supérieure à la normale; toutefois, ces deux étés, quoique ayant présenté des températures moyennes peu différentes (à Bordeaux, moyenne de l’été : 21°,2 en 1933 et 21°,6 en 1934) ne se ressemblent pas. En 1933, le mois de juin a été frais et pluvieux, les hautes températures se sont montrées à partir de la 2e quinzaine de juillet et pendant le mois d’août. En 1934, les hautes températures ont commencé dans la 2e quinzaine de mai et ont continué en juin et juillet; le mois d’août a été marqué par des journées fraîches et un total de pluie assez élevé.
- Si la différence entre les deux saisons est peu sensible en ce qui concerne la température moyenne, 1934 l’emporte au
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- point de vue de la sécheresse qui a été excessive non seulement sur l’ouest de l’Europe, mais sur un grand nombre d’autres régions du globe, principalement aux Etats-Unis où elle a occasionné de véritables désastres.
- On se trouve donc en présence de deux étés chauds consécutifs, celui de 1934 plus chaud dans l’ensemble et notablement plus sec, le mois d’août 1934, à Bordeaux, comptant seulement 5 jours de forte pluviosité.
- Prévision. •— L’été chaud de 1934 a été prévu par une méthode astronomique et annoncé à diverses reprises depuis plusieurs années.
- Cette méthode est basée sur la durée des périodes solaires combinée avec une période solaire et météorologique de 100 ans.
- Il y a lieu de remarquer que les étés chauds forment deux
- Fig. 1. — Le gonflement du vêtement de l’aviateur Wileg Post avant son ascension stratosphérique. (Ph. Keystone.)
- séries présentant une allure périodique. La première série est celle qui correspond aux années des maxima de la période des taches solaires : 1929, 1928, 1918, 1906, 1904, 1893, 1892, 1881, 1870, 1859, 1848, 1837, etc. La deuxième série comprend des étés chauds intermédiaires, mais séparés également par des intervalles d’une durée égale à celle de la période solaire : 1934, 1933, 1921, 1911, 1900, 1899, 1887, 1876, 1865, 1856, etc.
- Une autre remarque s’impose : la plupart des saisons anormales reviennent aux mêmes dates d’un siècle à l’autre :
- Hivers froids en 1789 et 1888;
- Étés chauds en 1793 et 1893;
- Hivers froids en 1795 et 1895;
- Étés chauds en 1800 et 1900;
- Années chaudes de 1804 à 1806 et de 1904 à 1906;
- Etés chauds en 1811 et 1911, en 1822 et 1921;
- Étés frais et pluvieux en 1827 et 1927;
- Etés chauds en 1828 et 1928-29;
- Hivers froids en 1729, 1829 et 1929, etc.
- Au Congrès de l’Association française pour l’Avancement des Sciences (Le Havre, juillet 1929), j’ai exposé qu’en tenant compte de la durée variable des périodes solaires (de 9 ans à 13 ans), l’été chaud de la série intermédiaire après celui de 1921 devait se placer en 1934, l’intervalle court entre les étés de 1900 à 1911 et de 1911 à 1921 devant être suivi d’un intervalle long, c’est-à-dire 12 à 13 ans, ce qui donnait 1933 ou 1934 après 1921.
- Mais, au siècle dernier, l’été chaud de cette série étant survenu en 1834, il y avait lieu de fixer à 1934 la date du prochain été chaud après 1929.
- A la suite des étés frais et pluvieux de 1930 et 1931, cette prévision de l’été chaud de 1934 a été renouvelée par une note à divers journaux et revues scientifiques, en date du 3 septembre 1931 (insérée notamment dans la Revue générale des Sciences, 1931, pp. 497-498).
- Enfin, cette prévision a été rappelée au Congrès de l’Association française pour l’Avancement des Sciences, tenu à Chambéry, en juillet 1933.
- Période solaire de 100 ans. —- Cette période peut s’expliquer de la manière suivante : la durée moyenne de la période undécennale des taches solaires étant de 11 ans, 1, il en résulte qu’il y a exactement 9 périodes solaires dans un siècle. Si les phénomènes du Soleil exercent réellement une influence en météorologie, on doit retrouver, d’un siècle à l’autre, un état atmosphérique sensiblement le même, correspondant à la même phase d’une période solaire. C’est ce que montre l’observation.
- L’analogie des variations atmosphériques, aux mêmes dates dans chaque siècle, ne peut être complète, en raison de ce que les périodes solaires ne présentent pas exactement les mêmes variations de taches.
- D’autre part, cette période séculaire des taches solaires s’affirme par deux faits d’observation : en premier lieu, les dates des minima et des maxima de la période undécennale des taches sont les mêmes d’un siècle à l’autre (quelquefois, avec une différence d’un an); en outre, les périodes solaires ne se ressemblent pas, ni comme durée, ni comme intensité; or les périodes de plus courte durée (9 à 10 ans) se montrent aux mêmes époques dans chaque siècle.
- Il paraît possible, dès à présent, de fixer la date du prochain été chaud après celui de 1934, à l’année 1937 (maximum probable des taches de la période solaire actuelle), correspondant à l’été chaud de 1837 (maximum d’une période undécennale des taches solaires).
- Henry Mémery, Observatoire de Talence (Gironde).
- AVIATION
- Un. vêtement stratosphérique.
- L’aviateur Américain Wiley Post a récemment atteint en avion l’altitude de 12 200 m.
- Il est encore loin du record établi par Donati, monté à 14 433 m. Mais il a l’intention de repartir prochainement à l’attaque de ce record d’altitude.
- Il a inauguré, lors de cette ascension, un vêtement fort curieux; c’est une sorte de scaphandre, en caoutchouc, gonflé à l’air.
- La photographie ci-eontre montre le gonflement avant le départ.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES La stéréoscopie.
- Il est démontré que l’image obtenue au moyen de la chambre noire ne peut rendre exactement la perspective géométrique qu’à la condition d’être examinée à une distance très voisine de la longueur focale de l’objectif utilisé. Si l’on veut bien remarquer que celle-ci est, pour les appareils 6x9 aujourd’hui si répandus, de l’ordre de 105 mm, alors que la distance minimum de vision distincte est d’environ 300 mm, on est obligé de reconnaître que la petite image ne peut présenter une bonne perspective; il est nécessaire, pour la contempler sous l’angle voulu, de l’examiner à travers une loupe ou de l’agrandir.
- Il est par ailleurs un moyen très simple d’obtenir de la nature une image photographique toujours fidèle : c’est d’opérer à l’aide d’un appareil pourvu de deux objectifs séparés par un intervalle du même ordre que celui compris entre les deux yeux, autrement dit d’un appareil stéréoscopique, et d’exaçniner les photographies dans un stéréoscope.
- La stéréoscopie présente, sur la photographie ordinaire, un autre avantage bien plus important encore : elle nous procure la sensation du relief. Celle-ci résulte de la fusion des impressions transmises par les images quelque peu différentes perçues simultanément par les deux yeux.
- Par l’association des sensations de perspective correcte et de relief, la stéréoscopie donne la notion des distances et fait voir en vraie grandeur. L’impression est tellement vive que très souvent les personnes qui, pour la première fois examinent une photographie au stéréoscope, s’écrient : « C’est merveilleux! »
- C’est merveilleux, mais ce qui l’est plus encore, c’est l’extraordinaire facilité d’opération que procure l’appareil stéréoscopique.
- Grâce à la faible distance focale des objectifs employés, l’opérateur n’a à se préoccuper de la mise au point que dans les cas relativement rares où le sujet se trouve à moins de 5 mètres.
- La simplicité des manœuvres à effectuer réduit au minimum les risques d’erreur et les qualités propres des images positives transparentes conjuguées permettent de tirer un bon parti de clichés qui, en (photographie monoculaire, seraient inutilisables.
- Cependant, la stéréoscopie a été, au cours de ces dernières années, quelque peu délaissée. La faute en est surtout aux constructeurs qui n’ont pas établi, aussitôt qu’il eût été désirable, des appareils stéréoscopiques légers, pliants et disposés pour l’emploi du film en bobine. Il y avait là une lacune que la Société Lumière vient de combler de très heureuse façon par la création du Stérélux.
- Cet appareil (ûg. 1) se présente sous l’aspect bien connu de l’appareil pliant à pellicules; ses dimensions, qui sont inférieures à 21 cm de long sur 9 cm de large et 4 cm d’épaisseur, son poids, qui est seulement de 800 gr, n’excèdent pas ceux de certains appareils 6 1/2 X 11.
- Grâce à lui, l’amateur de photographie stéréoscopique a maintenant les mêmes facilités que celui qui se contente de faire de la photographie monoculaire au moyen d’un appareil à bobines.
- La Société Lumière a pensé, avec juste raison d’ailleurs, qu’il était préférable de ne r.<;\s créer de bobines spéciales à cet appareil et de l’établir/ie telle façon qu’il puisse être chargé au moyen de bandef pelliculaires d’un type déjà très
- répandu; elle a adopté le film pour 8 poses 6 1/2 X 11 que l’on trouve partout et qui a l’avantage de permettre d’obtenir des vues stéréoscopiques carrées, tout en utilisant au mieux la surface sensible.
- Une explication est ici nécessaire.
- La distance séparant normalement les axes des deux yeux est voisine de 65 mm; pour obtenir un relief normal il faut ménager entre les objectifs un écartement égal, ce qui a naturellement conduit à adopter, pour la surface sensible, une longueur double, soit 13 cm. Compte tenu des marges, chacune des images a ainsi une largeur de 6,2 cm. Or, il est démontré que la forme à adopter, pour tirer le meilleur parti de l’image projetée et utiliser au mieux la surface sensible, c’est le carré.
- Le Stérélux permet d’obtenir des images de 6,2 cm de haut; il procure ainsi les mêmes avantages que les appareils stéréoscopiques 7 X 13.
- Nous avons dit que le Stérélux utilise les mêmes bobines que les appareils 6 1/2 X 11; il permet de faire sept photographies stéréoscopiques de 13 cm de long sur une bande pelli-culaire prévue pour recevoir huit vues monoculaires; il y a donc lieu de prévoir, après chaque pose, un décalage dans
- Fig. 1. —• Le Stérélux.
- l’avancée du film. Celui-ci est obtenu grâce à une fenêtre oblongue pratiquée dans le dos de l’appareil, le long de laquelle sont imprimés sur la gainerie, de 2 en 2 cm, les nombres de 1 à 7 ; il suffit, pour faire avancer le film exactement de la quantité voulue, de faire coïncider le numéro de pose indiqué sur le papier de la bobine avec le nombre correspondant imprimé sur la gainerie.
- Toutefois, avec les bobines Lumicolor de 4 poses, spéciales pour la photographie des couleurs, il y a lieu de toujours faire coïncider le numéro imprimé sur le papier avec le chiffre 2, l’intervalle ménagé entre les vues étant, sur ce film, plus grand que sur les bandes ordinaires.
- La planéité du film est assurée par un dispositif spécial et la planchette porte-objectif est reliée au corps par quatre tendeurs articulés qui garantissent un rigoureux parallélisme avec la surface sensible; le Stérélux permet ainsi d’obtenir, sur film en bobine, des images aussi fines que celles procurées par les plus précis des appareils rigides utilisant les plaques.
- Les objectifs, dont la longueur focale est de 75 mm et qui sont décentrés de 5 mm vers le haut, sont ouverts à 1/4,5 ou à 1/6,3 et pourvus de diaphragmes à iris accouplés par une bielle intérieure; les lentilles frontales sont montées sur des rampes hélicoïdales permettant la mise au point
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- Fig. 2. — Cases de transplantation.
- depuis lm50 jusqu’à l’infini, elles sont reliées par une bielle extérieure.
- L’obturateur fonctionne entre les lentilles et donne la pose en 1 ou en 2 temps et trois vitesses chronométrées : le 1/25, le 1/50 et le 1/100 de seconde.
- Cet appareil est pourvu de deux viseurs, l’un direct, l’autre à réflexion, de sorte que l’on peut, à volonté, viser à hauteur de l’œil ou à hauteur de la poitrine.
- Les images jumelles obtenues avec le Stérélux peuvent aisément être séparées, ce qui permet de transposer avant le tirage et d’imprimer chaque positif en une seule opération; grâce à une encoche ménagée dans l’encadrement de la fenêtre d’exposition, un index est imprimé, lors de la prise de vue, au-dessus de l’image de gauche, de sorte que toute interversion est impossible.
- Le Stérélux, qui est l’une des grandes nouveautés de l’année, remportera un vif succès auprès des amateurs de photographie et permettra à la stéréoscopie, ce merveilleux procédé, de reprendre la place à laquelle elle a^droit.
- André Bourgain.
- AGRICULTURE
- Cases de transplantation.
- Dans les cultures de luxe, on emploie des milliers de petits pots de terre cuite dits godets, au point qu’on vend des petites presses à fabriquer les godets au jardin. Ces vases en terre sèche ne peuvent servir qu’une fois; ils manquent aussi un peu de stabilité et sont encombrants. En Italie, le système Perucci emploie des cellules de terre cuite qui méritent d’être connues. Soit à faire un premier repiquage de tabac ou de tomates, on commence par ouvrir une jauge de dix centimètres de profondeur et y ranger les cellules en blocs de cinq. En réalité elles n’ont que trois faces, mais le verso de la suivante forme la quatrième face. En alignant les blocs par deux, on a un rang de 10 ce, qui facilite le corhptage.
- On fabrique également des casiers de 25 cases en matériaux inoxydables.
- Ils sont de démontage facile, car formés de plaques mi-fendues analogues aux boîtes en carton à expédier les œufs.
- Les racines de la jeune plante ainsi placée en case viennent se plaquer sur les parois comme dans un pot. Elles maintiennent la terre entre elles.
- Pour la mise définitive en place, il faut creuserî des trous carrés à l’emporte-pièce.
- La plante ne souffre pas lors de sa mise en place définitive, ce qui hâte la récolte de 10 à 15 jours.
- Les dimensions des cellules vont de 27 à 60 millimètres de largeur sur 50 à 85 millimètres en profondeur.
- Les plus petites servent aux céréales : blé, maïs, les plus grandes aux plantes racines ou à feuillage opulent (tabac).
- AGRONOMIE
- Le pH=mètre des sols.
- On sait que le pH (potentiel d’hydrogène) est l’expression par la concentration en ions hydrogène de l’acidité et de l’alcalinité des solutions.
- On sait aussi quelle importance de premier ordre cette notion joue dans tous les phénomènes biologiques et les activités économiques qui les utilisent.
- Notamment, en agriculture, on sait maintenant que chaque plante ne pousse qu’entre certaines limites de pH du sol et qu’elle est à son optimum de rendement à un pH donné.
- La pratique des amendements a justement pour but de rectifier le degré d’acidité du sol et les engrais, les fumures ne doivent pas le modifier défavorablemeixt.
- L’agriculteur a donc le plus grand intérêt à connaître et à contrôler périodiquement le pli des terres qu’il cultive.
- Il ne peut pratiquer ces mesures avec les appareils délicats qu’on trouve dans les laboratoires et il n’a d’ailleurs pas besoin de leur très grande sensibilité.
- Le pH-mètre Hellige résout pour lui la question. C’est un instrument très simple qu’on peut transporter dans sa poche et qui n’exige qu’un seul soin : sa propreté.
- Comme on le voit sur la figure 3, il ne comporte qu’une plaque de porcelaine et un petit flacon compte-gouttes. La plaque de porcelaine blanche présente une cuvette et un petit canal.
- Le long de ce dernier est une échelle de couleur allant du rouge au bleu, en passant par l’orange, le jaune et le vert, et à côté de chaque teinte colorée des chiffres indiquent les degrés PH, c’est-à-dire les degrés d’acidité active.
- L’essai consiste à mettre une pincée de terre dans la petite cuvette, à l’imbiber de quelques gouttes d’une solution, puis au bout d’une minute à incliner la plaquette pour faire venir un peu de solution dans le canal; la couleur nouvelle qu’elle a prise, et que l’on compare à l’échelle colorimétrique voisine, donne l’indication cherchée.
- Rouge..........................
- Rouge orange.................
- Jaune........................
- Vert olive.....................
- Vert bleuâtre................
- Bleu.......................
- Plaquette et flacon sont logés dans une petite boîte plate qui se met dans la poche comme un porte-cigarettes, et, l’on peut en se promenant faire autant d’essais qu’on le veut, en essuyant ou lavant la cuvette entre chaque opération.
- Le pH-mètre Hellige est vendu en France par les établissements Cogit, 36, boulevard Saint-Michel, Paris, et M. Jules Peter, 11, rue de la République, Lyon.
- pli 4, sol fortement acide
- pH 5, sol acide
- pli 6, sol faiblement acide
- pH 7, sol neutre.
- pH 8, sol alcalin
- pH 9, sol fortement alcalin.
- Fig. 3. — Le pH-mètre Hellige.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du caroubier (n° 2935)
- M. Juan Arabi Verdera, d’Ibiza (Iles Baléares) nous signale que la Société Industrias agricolas de Mallorca, à Palma de Mallorca, a trouvé aux caroubes de multiples applications qu’elle exploite : empois et apprêts de fils et tissus; colles pour bois; liant pour peintures, linoléum, etc.; substitut de la gélose. Elle extrait aussi de ces graines de l’alcool, des farines, etc.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Progrès récents des méthodes de mesures relatiues à la durée d'insolation (n° du 1er octobre 1934).
- L’héliographe Pers, décrit dans cet article, est construit par M. Tas-sero, fabricant d’instruments de précision, 1, rue Montorge, Grenoble.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Qu’est=ce qu’un obturateur de plaque ?
- Théoriquement, l’obturateur focal, improprement désigné sous le nom d’« obturateur de plaque » a, sur l’obturateur central, l’avantage d’un rendement beaucoup plus élevé aux grandes vitesses, dû à ce que, dès sa mise en action, il éclaire la surface sensible par bandes successives, alors que le fonctionnement du second comporte une période d’ouvei--ture progressive, une période de pleine ouverture et une période de fermeture progressive. Le rendement de l’obturateur central est d’autant plus faible que la vitesse est plus grande, caron ne peut agir que dans une très faible mesure sur la durée de la première et de la troisième période. Pratiquement, le rendement n’atteint guère que 60 pour 100 aux vitesses supérieures à 1/100° de seconde et on ne peut, avec ce type d’obturateur, que très difficilement dépasser le l/400e de seconde.
- Le rendement de l’obturateur focal est indépendant de la vitesse d’obturation; il serait de 100 pour 100 si la fente pouvait se déplacer au contact de a surface sensible; s’il est moindre, c’est uniquement parce qu’il faut ménager un espace entre le rideau obturateur et la surface sensible. Le rendement est d’autant plus élevé que cet espace est plus faible; pratiquement il peut atteindre 90 pour 100.
- De ce qui précède, on peut conclure que l’obturateur focal a, sur l’obturateur central, une supériorité manifeste, surtout aux grandes vitesses.
- Avec l’obturateur focal on peut faire varier la vitesse d’obturation soit en agissant sur la vitesse de translation de la fente, soit sur sa largeur; on peut d’ailleurs, ainsi qu’on le fait sur les appareils de reportage, combiner ces deux moyens. Le maniement d’un obturateur focal à double réglage exige naturellement une plus grande attention, aussi sur les appareils destinés aux amateurs se contente-t-on ordinairement de prévoir une fente de largeur invariable.
- On peut reprocher à l’obturateur focal de donner des images déformées lorsque l’on repère sur un mobile animé d’une grande vitesse, ceci en raison du fait que la surface sensible n’est pas impressionnée partout au même instant. Dans ces cas l’obturateur central ne permettrait d’obtenir qu’une image entièrement floue ou considérablement sous-exposée, floue avec les instruments du commerce, sous-exposée par suite de l'insuffisance du rendement avec les obturateurs centraux plus rapides qu’il serait aujourd’hui possible de construire.
- Constitution d’une antenne anti=parasite.
- Le dispositif que vous avez employé pour constituer les transformateurs abaisseur et élévateur de tension destinés à l’établissement de votre descente d’antenne anti-parasites à basse tension paraît bien établi. Le nombre de spires des bobinages primaire et secondaire est conforme à celui qu’on emploie d’habitude.
- Cependant, il faut placer du côté de la connexion reliant l’extrémité du secondaire du transformateur élévateur à la borne antenne du poste un condensateur fixe d’une capacité de 0,05/1000e à 0,2/1000° de microfarad.
- Même dans le système à basse tension, le câble de descente doit être établi avec assez de précaution, surtout lorsque la descente est assez longue, comme c’est le cas'. Vous pouvez maintenant trouver dans le commerce du câble spécialement destiné à cet usage pour un prix assez modique. Nous vous signalons, par exemple, à nouveau, le câble de type Pival. /
- A défaut, on peut employer fi la rigueur des fils torsadés, du type
- utilisé par les électriciens sous les moulures d’appartement, à raison de 12 ô 15 torsades par mètre. Ce double fil serait enfilé dans un tube métallique genre tube Berkmann, comportant à l’intérieur une chemise isolante de protection contre l’humidité.
- Réponse à M. L. R..., à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
- Procédé d’enregistrement phonographique sur dis= ques.
- 1° Il n’existe pas de manuel consacré exclusivement à l’enregistrement des disques de phonographe. Vous pouvez trouver des notions utiles à ce sujet dans le livre « Le Phonographe et ses merveilleux progrès » (Masson éditeur) ou dans « Le Livre du Disque » (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) ainsi que dans la revue « Machines parlantes el Radio », 15, rue de Madrid, Paris.
- 2° Pour exécuter des enregistrements de haute qualité musicale, il est utile d’avoir recours à un auditorium spécialement aménagé au point de vue acoustique, et comportant des parois avec matériaux absorbants, ou des cloisons mobiles permettant de diminuer l’intensité trop grande des réflexions sonores.
- Tout dépend cependant de la chambre que vous pouvez utiliser pour l’enregistrement, et du genre d’enregistrement que vous voulez exécuter. Dans une chambre de dimensions assez réduites, dont le plancher est recouvert de tapis, on peut fort bien obtenir des enregistrements de paroles de qualité suffisante, en disposant simplement sur les murailles, s’il y a lieu, quelques rideaux de velours judicieusement placés.
- 3n Pour exécuter des enregistrements sur disques, il suffit seulement, en principe, d’employer un microphone, un amplificateur à lampes à vide à fréquence musicale, un système enregistreur comportant un moteur tourne-disque assez puissant assurant un entraînement parfaitement régulier. Ce dispositif est complété évidemment par un graveur électro-mécanique, dont le burin est actionné par les courants microphoniques amplifiés. Ce graveur est également entraîné d’un mouvement latéral parfaitement régulier sous l’action du moteur tourne-disques, de manière que la pointe du burin trace sur la surface du disque des sillons spiraloïdes à pas constant.
- Bien que vous ne nous donniez pas d’indications à ce sujet, nous pensons que vous désirez enregistrer, non des disques en composition, à base de cire servant à l’édition normale de disques épreuves à base de gomme laque, mais simplement des disques permettant une reproduction immédiate, et exécutés à un seul exemplaire.
- Les modèles de ce genre les plus employés comportent actuellement une âme en métal recouverte d’une couche de nitrate de cellulose. Ils permettent, à l’aide d’une aiguille en acier spéciale, une reproduction immédiate, après avoir été gravés à l’aide d’un burin en acier ou en saphir. On peut également utiliser des disques recouverts d’une composition bakélisée, relativement molle, qu’on fait durcir après enregistrement, par un traitement thermique approprié.
- Il n’existe pas, par contre, de systèmes pratiques permettant encore l’enregistrement sur bande recouverte d’une matière plastique. Le seul procédé utilisé comporte un dispositif photographique, permettant, en quelque sorte, de photographier les sons sur un film sensible se déroulant d’un mouvement parfaitement constant. Ce dispositif est employé, comme vous le savez sans doute, en cinématographie sonore, mais son emploi est encore très délicat et coûteux.
- Pour la fourniture de matériel d’enregistrement sur disques, vous
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- pouvez vous adresser aux établissements Max Braun, 31, rue de Tlemcen, à Paris, ou aux établissements S. E. S., 9, rue de Pontbieu, à Paris. Réponse à M. Lamoti-ie, à Tarbes.
- Constructeurs de transformateurs pour descente d'antenne antiparasite.
- Vous pouvez trouver, dans le numéro spécial de La Nature du 1er septembre 1934, des indications détaillées sur les différents systèmes d’antennes anti-parasites à descente à basse tension.
- Dans ces procédés on utilise généralement deux transformateurs identiques, mais disposés d’une manière différente.
- Le premier est abaisseur de tension. Son primaire est relié d’une part à l’antenne, d’autre part, à une prise de terre. Son enroulement secondaire est connecté à la descente d’antenne double. Il est disposé évidemment près de l’antenne.
- Le deuxième transformateur est identique,mais élévateur de tension; l’enroulement comportant le nombre de tours le plus élevé qui, dans le premier système servait de primaire, sert alors de secondaire. Il est réuni aux bornes « antenne » et « terre « du récepteur, alors que l’enroulement. primaire est connecté aux deux extrémités de la descente d’antenne double constituée par un double ûl torsadé à fort isolemenL et blindé.
- On peut constituer l’enroulement comportant le nombre de spires le plus élevé, c’est-à-dire le primaire du transformateur d’antenne abaisseur de tension, et le secondaire du transformateur de récepteur élévateur de tension, par un bobinage de petit diamètre en nid d’abeilles de 250 spires en lil de 2/10 de mm isolé à la soie.
- L’autre enroulement, c’est-à-dire le secondaire du transformateur abaisseur d’antenne et le primaire du transformateur élévateur de récepteur, est constitué par deux bobinages en hélice de 50 spires, disposés sur un mandrin cylindrique, de part et d’autre du premier bobinage en nid d’abeilles. L’ensemble est enfermé dans un boîtier métallique ou même en bakélite.
- On ne reliera cependant pas directement les extrémités du secondaire du transformateur élévateur aux bornes antenne et terre du récepteur, et on intercalera dans la connexion d’antenne un condensateur fixe de 0,05/1000 à 0,2/1000 de microfarad, suivant la sensibilité du récepteur.
- Réponse à M. Vanderhaygen, à Lille (Nord).
- De tout un peu.
- M. A. H., à Chaville. — Vous enlèverez facilement les taches produites sur les doigts par les couleurs dites d’aniline, en trempant dans la mixture suivante:
- Eau ordinaire..............................75 cm*
- Extrait de Javel...........................20 —
- Acide chlorhydrique........................ 5 —
- Par extrait de Javel, il faut entendre les eaux de Javel concentrées à 30-35° chlorométriques; quant à l’acide chlorhydrique, il est inutile de prendre un produit pur, l’acide muriatique du commerce convient parfaitement.
- Bien entendu, laver ensuite abondamment à l’eau claire, lorsque les taches auront disparu.
- M. Chardin, à Pantin. — Lardécoloration des bouillons de colles animales s’effectue soit par oxydation au moyen d’oxydants tels que l’eau oxygénée, le peroxyde de sodium, les perborates de sodium ou de magnésium, soit par les réducteurs : amalgame d’aluminium, hydrosulfite de zinc, ou acide sulfureux.
- Généralement c’est ce dernier procédé qui est préféré, à cause de sa simplicité et de son bon marché, puisqu’il suffît de faire passer dans le bouillon un courant de gaz sulfureux que l’industrie met à la disposition des usagers sous forme de gaz comprimé, en bouteilles d’acier.
- M. Bard, à Rimont (Saône-et-Loire). — La composition dont on imprègne les papiers hygrométriques est la suivante :
- Chlorure de cobalt...................... 1 gramme.
- Eau ordinaire..........................100 _
- Gélatine blanche....................... 10 _
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant 12 h, liquéfier au bain-marie, puis ajouter le chlorure de cobalt; tremper le papier dans la mixture, puis laisser sécher à l’air libre.
- IVI. Thïessard, à Paris. — La ponte des femelles de punaises s’effectue pendant la période la plus chaude, de mai à août, elles déposent de 5 à 15 œufs dans les endroits sombres, sous les tapis et dans
- les fissures des sommiers; ces œufs ont 1 mm de long et un 1/2 mm de large, leur forme est cylindrique, leur couleur gris perle. Ils éclosent environ une semaine après la ponte, et donnent naissance à de petites larves, dont le développement dure onze mois, ce qui explique l’apparition annuelle de ces fâcheux insectes.
- 11 résulte de ces observations que le soufrage, moyen le plus sûr de destruction, doit être répété une seconde lois quinze jours à trois semaines après la première opération, pour détruire les larves fraîches écloses avant leur enkystement, forme sous laquelle elles sont très protégées.
- Nous rappelons que toutes les fissures de la pièce doivent être hermétiquement closes par des bandes de papier collées sur les chambranles des portes et à la jonction des battants de fenêtres avec les embrasures; enfin que le gaz sulfureux doit séjourner au moins deux ou trois jours avant d’aérer.
- D’autre part, il sera prudent de faire étuver les matelas à l’étuve municipale (rue du Terrage, pour Paris), et de badigeonner tous les assemblages des bois de literie avec une solution composée de :
- Sublimé corrosif....................... 20 grammes.
- Sel ammoniac........................... 20 —
- Eau ordinaire........................ 1000 cent, cubes.
- En opérant ainsi et en obseivant soigneusement ces précautions, on peut être assuré d’une destruction complète, bien entendu il y a là un travail un peu long à effectuer, mais la réussite sera au bout et es nuits du dormeur seront désormais tranquilles.
- M. Prieur, à Chamonix. — 1° La préparation en poudre que vous avez utilisée pour blanchir votre plafond devait être à base de caséine non additionnée d’un antiseptique. C’est cette caséine qui a subi la fermentation putride qui est la cause de la mauvaise odeur constatée.
- A notre avis, il serait préférable d’agir radicalement et de lessiver à fond le plafond avec de l’eau chaude alcalinisée par du carbonate de soude (cristaux du commerce), puis d’appliquer un badigeon, cette fois de bonne qualité.
- Peut-être pourriez-vous essayer auparavant de placer dans la pièce des soucoupes contenant du formol, mais il est à craindre que la désodorisation ne soit que momentanée, la cause première, caséine, existant toujours sur le plafond.
- 2° En ce qui concerne la persistance de l’odeur d’acide sulfureux après soufrage, vous la ferez facilement disparaître par vaporisation d’ammoniaque (alcali volatil), également placé dans des soucoupes.
- 3° Pour rendre à vos robinetteries nickelées noircies leur bel aspect, employer un mélange à parties égales de perborate de soude et de blanc d’Espagne, humecté au moment de l’emploi seulement, par quelques centimètres cubes d’eau.
- M. Mathieu, à Cartagena (Colombie). — A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre d’analyser les spécialités qui existent sur le marché, pour en faciliter une répétition commerciale; nous considérons qu’il est de stricte honnêteté de laisser aux inventeurs le bénéfice de leurs recherches et des travaux de mise au point qu’ils ont eu à effectuer. Notre but est seulement de faciliter aux chercheurs les dits travaux, en les engageant dans la bonne voie, mais là se limite notre rôle.
- M. Séverin, à Nice. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2932, page 41. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Kaeppelin, au Poiré-sur-Velluire. — Les meilleurs produits pour empêcher ta prise en masse du sel de table, sont le phosphate trical-cique ou le carbonate basique de magnésie à la dose de 1 1/2 pour 100.
- Le phosphate tricalcique présente en particulier l’avantage de fournir à l’organisme deux éléments utiles, le phosphore et le calcium ; quant à la magnésie, vous savez sans doute le rôle important qu’on lui attribue en ce moment.
- M. Renaud, à Rueil.— 1°Bibliographie sur les Encres. Traité de la fabrication des encres, par Gouillon. Éditeur : Garnier frères, 6, rue des Saints-Pères. — Manuel pratique de la fabrication des encres, par Desmarest et Lehner. Éditeurs : Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- 2° Les encres au vanadium ne sont détruites complètement par aucun procédé chimique, les caractères Hjle l’écriture restant toujours très visibles; c’est pourquoi on considère l’encre au vanàdate comme la plus sérieuse encre de sûreté. \
- 3° Les encres aux couleurs d’aniline\sont facilement décolorées soit par les hypochlorites légèrement acidulés, soit par le permanganate également acide des préparations commerciales.
- 0o8i. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.— 15-11-1934.— ’Published in France.
- Le Gérant : G. Masson.
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- LA NATURE
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- N° 2942
- 1" Décembre 1934.
- LA NATURE
- L'INDUSTRIE VINICOLE EN ALGÉRIE
- On peut s’aventurer à dire que la culture de la vigne est pratiquée, en Afrique du Nord, depuis la plus haute antiquité : les autochtones s’y livraient bien des siècles avant les premières incursions arabes. Dans le Tell, les Kabyles entretenaient de vastes vignobles que la conquête musulmane et l’hostilité du Coran envers le « jus de la treille » vouèrent à l’abandon. Mais ils ne cessèrent pas complètement de cultiver la plante et d’en manger le raisin. A notre arrivée en Algérie, des grappes d’excellente qualité se vendaient sur les marchés publics et les premiers colons qui voulurent tenter la fabrication du vin plantèrent des ceps indigènes, avant d’en faire venir de France.
- Les débuts d’une industrie qui serait, un siècle plus tard, l’une des richesses de l’Algérie, furent modestes, voire dé-courageants. On cite cette phrase du maréchal Bugeaud, écrite vers 1845 :
- « Jusqu’ici, il n’a été fait que quelques échantillons de vin, plutôt par curiosité
- que par spéculation. Ce vin est en général très médiocre et il ne se conserve pas... »
- Parmi ces colons, beaucoup étaient originaires de nos régions vinicoles; mais ils ne soupçonnaient pas que le^j méthodes françaises de vinification étaient inopérantes sous le climat algérien et qu’une mauvaise fermentatiib, causée par la chaleur ambiante, empêchait le sucre du raisin de se transformer intégralement en alcool. Les*" vins obtenus étaient aigres.
- Il convient d’ajouter que, pendant près d’un demi-siècle, le gouvernement français eut pour politique de détourner les colons de toute culture ou industrie existant déjà dans la métropole. Mais, avec cet esprit d’initiative et cette ténacité qui sont deux des traits du caractère algérien, ils n’attendirent pas le bon vouloir
- de l’Etat pour constituer des vignobles et rechercher de meilleures méthodes de fabrication.
- Le mouvement prit son essor à partir de 1870. Deux ans plus tard, la superficie plantée en vignes mesurait déjà 10 069 hectares, et la production de vin s’élevait à 227 840 hectolitres. Simultanément, les procédés de vinification s’étaient améliorés : à l’Exposition de Vienne (Autriche), en 1873, un jury proclamait que « les vins
- d’Algérie avaient acquis de la qualité » — premier certificat qui, bien que timidement, inaugure le livre d’or de ces jeunes crus.
- LES CONSEQUENCES D’UNE CATASTROPHE
- L’apparition du phylloxéra dans le Midi de la France et la rapide destruction des deux tiers de nos vignobles renversèrent, presque soudainement, la situation. Après avoir, si longtemps, tenté de décourager les vignerons algériens, l’Etat les pressait maintenant d’étendre leurs cultures. Dès 1877, par la voix du Gouverneur général, il en prônait le développement afin de venir au secours de la production métropolitaine et d’attirer en Algérie « une partie des populations si cruellement atteintes par le phylloxéra ». Il confiait à une mission scientifique le soin de rechercher si notre possession africaine pouvait ^devenir un grand centre vinicôle. Après une enquête jmprofondie, le chef de la mission, M. Djernon, déposait rapport où il disait, notamment : « J’ai la conviction que le développement de cette culture, en Algérie, doit être, pour la colonie, le produit le plus important et que, avant peu de temps, la vigne deviendra le commanditaire de toutes les autres cultures ».
- Nous pourrions multiplier ces citations d’encouragements officiels : elles mettent en relief l’injustice commise
- Fig. 1. — Les vendanges à Fonlaine-du-Génie.
- Les vendanges en Algérie sont toujours faites par des hommes et souvent (c’est ici le cas) ^ par des Marocains.
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- envers ces vignerons algériens, quand l’État, après les avoir poussés à étendre leurs plantations, se laisse imposer des mesures qui en restreignent la production et qui, pour la satisfaction d’intérêts particuliers, cimentés par des exigences électorales, ne tendent à rien moins qu’à anémier une industrie dont ce même État tire de gros profits.
- Ce patronage officiel eut des conséquences immédiates : de 1881 à 1891, la surface complantée passait de 30 482 hectares à 109 459, et la production s’élevait de 288 549 hectolitres, à 3 418 969. L’essor se poursuivait magnifiquement : en 1901, 166 916 hectares et 5 737 272 hectolitres. La décade suivante accuse une régression ; le phylloxéra a envahi l’Oranie, puis le département de Constantine et, finalement, la région algéroise. Dès l’apparition du fléau, les colons réagissent avec vigueur; bientôt, le vignoble, reconstitué sur cépages américains, reprend sa marche ascendante : en 1921, 165 892 hectares et 5 025 439 hectolitres; en 1931, 311 986 hectares et 15 053 462 hectolitres, pour aboutir, en 1933, à 373 095 hectares et 16 730 956 hectolitres.
- Cette progression est-elle illimitée ? C’est la question que j’ai posée à maints viticulteurs d’Oranie, et leurs réponses sont de nature à dissiper les inquiétudes de nos méridionaux. L’aire de la vigne, en Algérie, adopte le littoral et ne s’en éloigne guère ; à moins de 100 km à l’intérieur, les plants ne prospèrent plus. L’opinion générale est que toutes les terres à vignes sont désormais en culture; l’augmentation de rendement ne pourrait provenir que des vignobles appartenant aux indigènes, qui se contentent, le plus souvent, de méthodes périmées.
- Une autre cause contribuera à cette augmentation. A l’origine, les plantations avaient été établies sur des terres qui n’étaient défrichées que superficiellement. On a reconnu, depuis lors, que la végétation était plus vigoureuse, et la fructification plus abondante, lorsque le sol avait été labouré à une profondeur de 0 m 60. Les progrès de la motoculture favorisent cette amélioration.
- Il n’est pas inutile de faire remarquer aussi que le vignoble algérien, en se développant, s’est partiellement déplacé, Le choix du terrain n’avait pas toujours été judicieux; des capitalistes, venus de France pour mettre à profit les hauts prix des vins, après la dévastation des vignobles de la métropole, plantèrent de la vigne n’importe où, par centaines et par milliers d’hectares; de vastes domaines s’établirent notamment dans ces plaines de la région mostaganémoise où l’eau salée affleure presque au sol et où les vignes ne pouvaient que dépérir. La reconstitution du vignoble algérien, au début de ce siècle, a permis de corriger de telles erreurs ; les dépressions irrigables furent désormais réservées à des cultures devenues rémunératrices (primeurs, oranges, citrons, tabac), grâce au développement du commerce et à l’amélioration des transports.
- Ainsi que l’exprime M. Victor Démontés dans son Algérie agricole, « le vignoble actuel ne. ressemble plus à l’ancien; il en diffère par son emplacement, ses conditions de plantation et de culture, son encépagement », et, ajouterons-nous, par ces méthodes de vinification dont nous allons parler.
- LA SCIENCE AU SECOURS DE LA VIGNE
- Comme nous l’avons indiqué, les premiers colons, bien qu’ils fussent, en majeure partie, vignerons de père en fils, durent se résigner à reconnaître que leurs notions quasi ataviques étaient prises au dépourvu, dans leur nouvelle patrie. L’apprentissage qui leur fut imposé dura longtemps : plus d’un demi-siècle. Le phénomène qui rendait leurs vins aigres-doux demeurait insoupçonné. La science vint enfin à l’aide de leurs tâtonnements : de savants œnologues de la métropole, mais aussi des savants du terroir (tel M.âJ.-Henri Fabre, professeur de chimie et d’œnologie à l’Institut agricole d’Algérie), s’attaquèrent au problème. Ils ne le résolurent qu’au début de ce siècle en faisant cette découverte, que nous avons énoncée brièvement plus haut : la température constitue un agent physique d’une importance considérable sur le développement des levures, végétaux inférieurs dont Pasteur fut le pre mier à révéler le rôle dans la fermentation. Rappelons en quoi consiste ce rôle : les levures se nourrissent du sucre que contient le moût (qu’il s’agisse d’orge, de pommes, de raisin, etc.) et excrètent à la fois de^ l’alcool et du gaz carbonique.
- Sans pouvoir traiter ici la question avec le développement qu’elle mériterait, je la résumerai en empruntant quelques lignes à la nouvelle édition du Traité encyclopédique des oins, le magistral ouvrage de M. J.-Henri Fabre. Après avoir noté que ces levures alcooliques, en leur forme sporulée, peuvent supporter sans dommage des abaissements de température atteignant —200° C., mais qu’un chauffage de quelques minutes à -J- 70° suffit pour tuer des spores maintenues humides, le savant continue :
- « A l’état de oie actioe, les levures alcoo-
- Fig. 2. — Aspect d’un vignoble algérien.
- Vignoble de M. Biscuit à Aboukir (ph. de Mme André Gendrot).
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- Fig. 3. — Vue aérienne de la cave de M. E. Faure, dans la région de Mostaganem.
- liques témoignent d’une sensibilité beaucoup plus grande aux variations de température : elles ne se développent guère à moins de -f- 12°. Les températures de H- 20° à H- 35° leur sont très favorables.
- Elles souffrent au-dessus de -f • 36° et meurent dans le moût (ou dans le vin incomplètement fermenté) à 42°.
- « C’est à la suite de semblables écliauf-fements qu’il se produit parfois des accidents d’arrêt de fermentation, dus à la mort des levures. Ce genre d’accident est toujours sérieux, car les vins obtenus conservent du sucre non fermenté et demeurent doux; lorsque la période des fermentations viniques est achevée, ils deviennent habituellement la proie de bactéries diverses, capables de transformer ce sucre résiduaire en acides organiques de goût détestable, les rendant imbuvables ».
- La cause du mal étant désormais connue, le remède s’indiquait de lui-même : prendre des mesures pour que le moût en fermentation ne dépasse pas cette température de -f- 35° au delà de laquelle les ferments perdraient de leur vitalité ou mourraient. Ce refroidissement est, en somme, la principale fonction de ces caves que nous allons décrire. Disons tout de suite qu’il peut s’effectuer de deux façons : la réfrigération physique du moût ou l’action régulatrice de certains corps chimiques.
- DANS UNE CAVE ALGÉRIENNE
- Si, dans notre langage courant, ce terme ne s’applique qu’au local où se logent barriques et bouteilles de vin, il sert à désigner, en Algérie, un bâtiment plus ou moins spacieux qui, ne comportant presque jamais de chambres souterraines, sert à la fois d'usine et de chai. Le bâtiment mériterait parfois le nom d’édifice, moins encore pour ses dimensions que pour l’art architectural, à la fois élégant et sobre, qui a présidé à sa construction. On calcule que le coût d’une de ces caves (bâtisse, vaisselle vinaire et machinerie tout compris) est de 80 francs par hectolitre de vin produit et logé. C’est indiquer là que le prix varie considérablement, d’une cave à l’autre, selon la capacité de production. Dans la région de Mostaganem, j’en ai visité qui, exploitant de grands domaines, reviennent à trois ou quatre millions de francs.
- Je consignerai d’abord quelques observations d’ordre général. Jadis, la nécessité d’élever les vendanges jusqu’à l’orifice du fouloir contraignait les constructeurs à bâtir les caves sur un terrain en pente. L’utilisation d’un machinisme approprié a supprimé cette obligation, mais l’expérience en a dicté d’autres. Il convient, notamment, que la cave soit exposée aux vents frais de la région, qu’elle dispose, surtout pendant la période de vinification, d’une abondante quantité d’eau potable, et qu’elle ne soit pas éloignée de la route (ou de la voie ferrée), tout en se rapprochant du centre du vignoble.
- Dans l’ouvrage que nous avons mentionné, M. J.-Henri Fabre insiste sur la question de l’eau : pour fabriquer
- de bons vins en Algérie, il est indispensable de disposer de beaucoup d’eau, au moment des vinifications.
- « En premier lieu, note le savant auteur, cette eau est nécessaire pour assurer la propreté minutieuse de tous les appareils et de tous les récipients vinaires, car, dans les pays chauds, on voit se multiplier, avec une rapidité infiniment plus grande qu’en pays tempérés, les germes redoutables du My coder ma aceti : ce champignon microscopique se nourrit d’alcool, et il excrète de l’acide acétique, en provoquant dans les vins un accroissement fâcheux de ce que l’on appelle Yacidité volatile. Ce sont les moucherons des caves ou mussets (Droso-phila celeris), que l’on croit d’ordinaire inoffensifs parce qu’ils ne piquent point les hommes ou les animaux, qui transportent ces germes. On ne peut empêcher leur développement qu’en procédant à des lavages fréquents de tous les appareils vinaires, ainsi que de tous les recoins des caves sur lesquels il tombe accidentellement de petites quantités de moût ou de vin. »
- On calcule que, pour une bonne installation moderne en Algérie, il faut prévoir, pour cette période des vinifications (en août ou septembre, selon la région), une quantité d’eau trois fois plus grande que la quantité de vin à produire. Certains procédés permettent de récupérer et de refroidir une notable partie de l’eau qui vient de réfrigérer le moût. L’industrie livre même, depuis peu, des réfrigérants à évaporation qui abaissent de 7° C la température de l’eau usagée sans en perdre, pour ainsi dire, une goutte, la déperdition n’étant que de 0,5 pour 100.
- LE CYCLE DU VIN
- Ne nous attardons pas sur le chapitre de la vendange : elle est exécutée par des indigènes (des hommes exclusivement) ; en Oranie, on emploie surtout des Marocains, qui viennent du Rif pour la saison, par petites bandes que
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- commande un chef, et qui sont beaucoup plus laborieux que les Arabes.
- Le raisin est convoyé à l’entrée de la cave dans des chariots appelés pastières : ce sont de grands coffres de tôle de fer qui, traînés par des chevaux, peuvent transporter jusqu’à 2000 kg de grappes. L’intérieur est tapissé d’une bâche de toile imperméable ou enduite d’une épaisse couche de peinture ou de vernis. Si le moût qui s’écoule des raisins, pendant le transport, entrait en contact avec du fer nu, le vin pourrait contracter une maladie appelée casse ferrique.
- La pastière bascule son contenu dans le conquet, bassin établi en ciment, à parois lisses, le fond étant incliné à
- et d’autres maladies; si on le juge utile, on a toujours la ressource d’ajouter une certaine quantité de rafles saines aux moûts déjà logés dans les cuves à fermentation.
- PROCÉDÉS DE VINIFICATION
- C’est à deux vignerons du département de Constantine que l’on doit l’invention d’un ingénieux système qui permet de transporter rapidement dans ces cuves le moût qui sort du l'ouloir : il tombe dans un bassin d’où un appareil de pompage, désigné, selon le modèle, de différents noms (foulo-pompe, foulo-grappes à piston, refouloir à palettes, etc.), le pousse le long de tuyauteries de cuivre.
- 45° vers l’entrée de la cave; il est construit en contre-bas du sol environnant et doit être assez vaste pour emmagasiner la cueillette de raisins faite pendant une journée entière par les équipes de vendangeurs dont on dispose. Un auvent le protège contre les eaux de pluie. C’est en glissant sur le plan incliné que les raisins atteignent le fouloir.
- Les types de cet appareil sont nombreux, mais se ramènent à deux catégories : ceux qui écrasent et triturent tous les éléments de la grappe (y compris son pédoncule et ses pédicelles, formant la rafle), et ceux qui n’ont d’action que sur les grains, la rafle étant alors expulsée automatiquement de la masse semi-visqueuse constituée par la pulpe des grains et par leurs pellicules déchirées. Les deux systèmes ont leurs avantages respectifs. Pendant la fermentation des moûts, les rafles ligneuses leur cèdent une appréciable quantité de tanin; il n’en est pas de même si elles sont vertes ou charnues, car elles peuvent communiquer au vin un goût herbeux qui est loin d’ajouter à ses qualités. En outre, les fouloirs-érafloirs expulsent, avec les rafles, les grains gâtés, qui entraîneraient dans les moûts des germes de moisissures
- Ces canalisations tubulaires sont nettoyées à chaque interruption de travail : il suffit d’y faire circuler quelques seaux d’eau. Si l’installation a été bien comprise, si les coudes des tuyaux n’épousent pas des angles trop brusques, on peut transporter ainsi la vendange à des distances relativement considérables, ce qui permet de donner aux caves d’amples dimensions qui facilitent le travail.
- Les cuves à fermentation, comme aussi les amphores où s’emmagasine le vin, sont désormais construites en ciment armé; les parois intérieures sont revêtues d’une couche de mortier de ciment, épaisse de 2 cm, et dont la surface est lissée avec des soins méticuleux; s’il a été mal fait, cet enduit ne tarde pas à se fendiller, et l’étanchéité des récipients se trouve compromise. Cuves et amphores peuvent recevoir une forme parallélépipédique, disposition qui permet de les juxtaposer par batteries, ce qui économise la superficie disponible et rend le nettoyage de la cave plus commode, en supprimant les recoins. Mais la forme cylindrique a ses partisans : elle est d’une con-
- Fig. 4. •— En haut, à gauche. La cave Avillach à Marengo.
- Fig. 5. — En haut, à droite. Cave construite en 1933 par M. Pujol, maire de Mazagran.
- Fig. 6. — En bas. La cave coopérative de Fontaine-du-Génie.
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- struction plus commode, outre qu’elle oli’re plus de résistance à la pression des liquides intérieurs.
- Mais voici la phase à la fois la plus délicate et la plus importante de la vinification : le climat algérien la rend beaucoup plus laborieuse pour le vigneron que dans nos pays tempérés. Refoulé par la pompe, le moût est distribué, par la tuyauterie, à plusieurs cuves dont la capacité ne doit pas dépasser 200 hectolitres ; il est sage de les isoler sur des piliers pour qu’elles soient constamment baignées d’air frais et puissent se refroidir par rayonnement; la hauteur des supports a cet autre avantage qu’elle facilite la manœuvre des maies, petits chariots transportant les pressoirs qui recueillent les marcs fermentés, évacués par la porte inférieure de la cuve.
- Les levures alcooliques, que les pellicules des grains, sur
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- ment. La masse spongieuse, chaude et humide qui flotte alors sur la cuve, offre un idéal « champ de culture » aux germes du Mycoderma aceti; et, d’autre part, les pellicules, qui renferment dans leurs cellules la quasitotalité des matières colorantes du raisin, se trouvent soustraites à la dissolution. Il faut donc « replonger » la masse dans le liquide aussi fréquemment que possible ou, mieux, l’empêcher d’émerger.
- Dans le premier cas, le remède employé n’a rien de scientifique; il n’en est pas moins efficace, s’il est appliqué avec soin et vigilance. Installé sur le bord de la cuve, un homme appuie sur le « chapeau » avec une perche, une sorte d’échelle courte ou un pilon de bois; il se fatigue moins s’il se contente de piétiner le radeau, de ses pieds nus, mais s’expose à des risques de « baignade », quoiqu’il
- Fig. 7. — La nouvelle cave de-MM. Astorg près de Mostaganem, au milieu des vignobles.
- lesquelles elles vivent, ont introduites dans le moût, ne tardent pas à entrer en action, tout en s’y multipliant. Au début, le mélange reste à peu près homogène, bien que ses divers éléments (pulpe semi-liquide, pellicules plus ou moins déchiquetées, pépins, et, le cas échéant, rafles) n’aient pas la même densité. Mais, dès que la fermentation commence, le gaz carbonique, excrété par les levures, gonfle les pellicules incomplètement déchiquetées et les remonte à la surface, où elles forment graduellement un matelas, appelé chapeau de marc. Simultanément, la plus grande partie de ce gaz s’échappe avec une telle violence que, penché sur la cuve, l’observateur a l’illusion qu’un foyer fait bouillir le liquide.
- A mesure que la fermentation se poursuit, le « chapeau » prend de l’épaisseur; il n’est plus immergé que partielle-
- puisse se retenir à deux traverses placées sur la cuve. Que la besogne soit « manuelle » ou « pédestre », elle doit être complétée par un remontage de moût, que l’on tire par le robinet inférieur et qu’une pompe fait retomber en pluie sur le « chapeau ».
- Dans le second cas, deux solutions s’offrent. La plus simple est l’emploi d’une claie de bois, que l’on fixe solidement au ras du moût. Dès que la fermentation commence, ce dernier augmente de volume; ainsi, le chapeau de marc est arrêté par la claie et reste constamment et complètement immergé, le liquide en ébullition pouvant passer entre les lattes et s’accumuler au-dessus de lui. L’amas de pellicules, lessivé sans cesse par la montée et la descente du moût, ne court aucun risque d’acétification, et les matières colorantes se dissolvent
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- dans la naasse. Le gros inconvénient de ce système est que, s’imbibant de vin, les claies et les madriers qui les fixent favorisent la culture duMycoderma aceti et peuvent, malgré tous les soins de nettoyage, contaminer les moûts des futures vendanges.
- La seconde méthode, dite à lessivage automatique, est, croyons-nous, d’invention algérienne : c’est une ingénieuse adaptation de la « lessiveuse de ménage ». Nous ne pouvons accorder ici au procédé qu’une description sommaire. La partie supérieure de la cuve est arrondie en forme de dôme et est couronnée par une cuvette, qui communique avec elle par un trou. A faible distance au-dessous de cet orifice, une claie de bois est prête à retenir le chapeau de marc. Un tube de cuivre, dont l’extrémité inférieure est découpée en dents de scie, est placé verticalement au centre de la cuve, son extrémité supérieure dépassant légèrement l’orifice. Le gaz carbonique, produit par la fermentation, force le moût à monter dans le tube jusqu’à la cuvette, d’où il redes-
- cend en traversant et la claie et le chapeau de marc. Le liquide circule ainsi pendant toute la durée de la fermentation, assurant, dans des conditions idéales, la défense contre le Mycoderma aceti et la dissolution des matières colorantes.
- UNE OPÉRATION CAPITALE
- Nous avons vu que la fermentation du moût de raisins dégage une chaleur qui, dans les pays chauds, met en péril la multiplication des levures alcooliques et leur existence même, èt que ce fut à cette cause que les vins d’Algérie durent leur première « réputation », fort peu enviable, mais qui n’est plus qu’un souvenir. Dans les « caves » algériennes, une surveillance méthodique supprime désormais cette menace. Dès que le moût est encuvé, on vérifie sa température à l’aide d’un thermomètre; on mesure sa densité et sa richesse en sucre, avec un mustimètre, et l’on peut déterminer scientifiquement quelle sera la richesse alcoolique du vin fait; d’autres instruments permettent de mesurer l’acidité du moût,
- calcul d’importance en Algérie, où il arrive assez souvent que les moûts ne soient pas suffisamment acides. Or, en pareil cas, les levures alcooliques se développent mal; les matières colorantes pâlissent ; le vin est moins tonique et d’un goût moins agréable. On corrige cette pauvreté en ajoutant au moût du jus de grapillons verts, riche en acide tartrique, ou encore une certaine quantité d’acide citrique.
- Pendant la période de fermentation qui, en Algérie, dépasse rarement 60 heures, le vinificateur, technicien qui a la haute main sur les opérations, vérifie matin et soir la température du moût de chaque cuve et sa densité, qui doit décroître régulièrement, si la fermentation se comporte bien. Ces observations quotidiennes, ainsi que celles du début, sont notées sur les « feuillets-formules » d’un cahier dit « de vinification ». Il incombe à ce vinificateur (rôle que remplit parfois le propriétaire même de l’établissement) de prendre toutes les mesures capables d’améliorer une fermentation défectueuse.
- L’échaufîement du moût, je le répète, est la grosse préoccupation de l’industrie vinicole algérienne; mais elle sait maintenant se défendre. Dès que la température du contenu d’une cuve menace de dépasser 35° C, on a recours au réfrigérant, appareil qui, dans les grandes caves que j’ai visitées en Oranie (celle de M. Francis Biscuit, à Aboukir; celle de M. Ferdinand Pujol, à Mazagran; celle de MM. Nastorg, à Mostaga-nem; celle de MM. Bories et de Bussy, à Cas-saigne, etc.), est fixe; dans les caves de moindre importance, il est mobile : un chariot peut le transporter devant les diverses cuves.
- Le réfrigérant dit tubulaire est constitué par un tube en cuivre étamé, d’une longueur variant entre 20 et 30 m, et qui est replié plusieurs fois sur un bâti de fer. A l’aide d’une pompe et d’une tuyauterie, on fait circuler le moût échauffé dans ce tube, sur lequel ruisselle une eau aussi fraîche que possible.
- Dans un autre système (dit type Laurence), c’est le contraire qui se produit : l’eau fraîche passe entre deux cloisons parallèles et ondulées, faites de cuivre étamé, et le moût ruisselle sur leur surface. Quel que soit le système employé, si l’appareil a été bien construit, un seul passage suffit pour abaisser de 5° C la température du moût.
- Nous ne nous étendrons pas sur le second procédé de refroidissement : l’intervention de l’anhydride sulfureux (SO2), qui ralentit l’activité des levures alcooliques et provoque conséquemment un abaissement de la température. En Algérie : ce système a perdu de la vogue qu’il connut au début du siècle, et l’on revient de plus en plus à l’emploi des appareils réfrigérants.
- LE « FINISSAGE DU VIN »
- En France, tout au moins dans les régions à vins fins, on prolonge le cuvage. En Algérie, où les raisins sont très riches en sucre, en couleur et en tanin, l’expérience a démontré que le vin devait quitter la cuve de fermentation dans un délai de 60 heures au maximum, alors
- Fig. 8. — La pastière déchargeant les grappes à l'entrée de la cave où les attend le pressoir. (Ph. de Mme André Gendrot.)
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- Fig. 9. — Intérieur de la cave Avillach.
- Au centre : les cuves de fermentation. — Sur les côtés : amphores de conservation. Equipement fourni par les Etablissements L. Billiard, d’Alger.
- qu’il contient encore une certaine quantité de sucre, ainsi que l’indique sa densité de 1025, enregistrée par le mus-timètre. On le transvase aussitôt (par pompe et tuyauterie) dans les amphores d?achèvement, opération qui refroidit le liquide et stimule l’activité des levures : en 10 ou 12 jours, les derniers grammes de sucre sont transformés en alcool.
- Durant cette période, le vin est soumis à une surveillance constante. Sa température doit se maintenir d’abord aux environs de 31° C, puis s’abaisser d’un demi ou d’un degré par 24 heures.
- La densité, elle aussi, diminue progressivement, à mesure que les levures parachèvent leur travail. Quand le musti-mètre enregistre la densité de 996, la preuve est faite que le vin est parfait et qu’il se conservera bien. Mais il est facile, si l’on s’y prend à temps, de corriger une fermentation défectueuse et d’obtenir un produit fini : il suffit de « secouer la paresse » des levures alcooliques par des opérations appropriées (aération du vin par soutirage et remontage, brassage répété des lies, etc.).
- Dès que ce chiffre fatidique de 996 est atteint, le liquide est transvasé dans les amphores de conservation (on dit plus volontiers de logement), dont la capacité varie entre plusieurs centaines et plusieurs milliers d’hectolitres. Sous l’action du refroidissement progressif, le vin se contracte pendant une quinzaine de jours, et force est de procéder à un ouillage quotidien : on remplit le vide en introduisant du vin par le trou de bonde. Cet orifice est bouché soit par un liège entouré de toile, soit par un boulet : il laisse s’échapper le gaz carbonique, mais s’oppose au contact de l’air et du vin, adversaires irréconciliables.
- « L’air est Vennemi du vin », me rappelait M. Francis Biscuit, pendant ma visite de sa belle cave d’Aboukir.
- Ce serait nous écarter de notre sujet et donner à cet article une longueur démesurée que de vouloir exposer à fond la question des marcs : après la fermentation et le soutirage, ils représentent de 25 à 35 pour 100 du poids du raisin traité. Leur masse est imbibée de vin (dit de presse) que l’on extrait en la soumettant à l’action de pressoirs; la déperdition est considérable, puisque l’on ne peut récupérer ainsi que 50 pour 100 du jus. Mais la distillerie se chargera, plus .tard, de combler le déficit. En attendant l’opération, conduite généralement. par des distillateurs ambulants, le marc pressuré est entassé dans une grande fosse, aménagée hors de la cuve-
- rie et au ras du sol. Celle que j’ai inspectée à la cave d’Abouldr pouvait en recevoir 2000 quintaux. Les parois sont en ciment armé, avec coins arrondis, disposition qui contribue à empêcher l’aération. C’est dans le même but que le marc, après emplissage de la fosse, est fortement pressé à l’aide d’une barrique remplie d’eau, et qu’on le recouvre de papier goudronné, puis d’une couche de terre
- Fig. 10. — A la coopérative cle Novi.
- Le chapeau de marc sur une cuve pleine de moût en fermentation.
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- de 25 à 30 cm. Si toutes ces mesures ont été bien appliquées, le marc ensilé évite la moisissure et l’acétification ; on le retrouve intact après une année de silo, et davantage. M. J.-Henri Fabre a vu retirer d’un silo, à Sidi-bel-Abbès, des marcs qui étaient en parfait état, après trois années de* conservation.
- Il nous resterait à parler de la fabrication des mistelles, l’une des grandes ressources du vignoble algérien (plus spécialement de celui de l’Oranie). Ce terme s’applique à des moûts dont la fermentation a été arrêtée par addition d’alcool. Les vins ainsi obtenus sont très sucrés, mais d’un degré alcoolique très faible. En Algérie même, on utilise une partie de la production à fabriquer des vins de liqueur. Le surplus (soit 125 000 hectolitres de moyenne annuelle) est exporté, principalement en France.
- CAVES COOPÉRATIVES
- Grâce au concours financier de l’État, l’Algérie a vu se multiplier rapidement ses caves coopératives, qui ne diffèrent des caves de propriétaire que par leur administration. En 1920, on n’en comptait que 19; successivement, elles passaient au nombre de 60, en 1925, à celui de 92, en 1928. A la fin de 1933, le chiffre s’élevait à 167, dont 93 dans le département d’Alger, 57 dans celui d’Oran, 17 dans celui de Constantine.
- On feint de croire, parmi les adversaires des viticulteurs algériens, qu’ils sont tous de gros capitalistes. Certes, il en est qui possèdent des vignobles étendus : la Société agricole de Blad-Touaria exploite 938 hectares; M. Louis Bories, dont toute l’Oranie déplore la perte, car il fut pour elle un génial animateur, en possédait 700 à Aïn-Tédélès; et les propriétaires de 150 à 250 hectares sont relativement nombreux. Mais la majorité est faite de petits viticulteurs. Une statistique que j’ai sous les yeux m’apprend que les 92 coopératives de 1928 formaient un total de 2145 membres pour une production vinaire de 1 281 000 hectolitres. L’étendue des domaines respectifs de ces personnes variait entre un hectare et une centaine. A cette époque, l’hectare de vignes valait
- 25 000 fr; il se vend maintenant jusqu’à 35 000 fr; on m’a même affirmé que, récemment, dans la commune de Rivoli (proche de Mostaganem), un vignoble a trouvé acheteur au prix de 50 000 fr l’hectare.
- Ces caves coopératives offrent de grands avantages à leurs membres : d’abord avec le bon aménagement de leurs installations vinicoles et les services de jeunes techniciens, initiés aux méthodes les plus scientifiques et les plus rationnelles; puis, avec la suppression des intermédiaires; enfin, avec la vente des sous-produits de la vinification (marc, alcool de marc, lies et tartres) dont un petit vigneron a bien de la peine à se débarrasser.
- Depuis 1929, les nouvelles caves coopératives jouissent d’un régime que nous allons exposer sommairement. Les dépenses de premier établissement se couvrent de la façon suivante :
- Subvention gratuite de la Colonie : 1/10®.
- Avance de la Colonie, amortissable en onze annuités et productive d’un intérêt de 2 pour 100 : 6/10®8.
- Versements des sociétaires : 3/10®8.
- Ces versements, qui rapportent au titulaire un intérêt de 6 pour 100, lui sont remboursés, s’il quitte la société, par la personne qui lui succède; et c’est donc là un placement avantageux. Chaque adhérent doit souscrire proportionnellement au « logement » qu’il se réserve (soit selon l’étendue de son vignoble et sa production). Chaque année, il verse sa quote-part de la taxe destinée à couvrir les frais généraux et à rembourser l’annuité due à la Colonie.
- Chaque coopérative a son conseil d’administration, dont le président se voit investi, le plus souvent, de pouvoirs discrétionnaires. Souverain maître de la cave, il en surveille le fonctionnement, reçoit les offres du commerce, fixe les prix de vente du vin et des sous-produits de la vinification, effectue toutes les démarches utiles et, en clôture d’exercice, répartit les bénéfices entre les sociétaires, au prorata des poids de raisins apportés par chacun d’eux. Les fonctions sont gratuites et la tâche est ingrate. Ainsi que l’observe M. J.-Henri Fabre, dans l’ouvrage déjà mentionné, il faut que le titulaire de la charge soit un véritable apôtre de la coopération : s’il n’a pas vendu les vins au cours le plus élevé de l’année, il peut s’attendre à des reproches qui, parfois, lassent son dévouement et l’amènent à démissionner.
- Le régime administratif n’est pas uniforme. Dans certaines coopératives, les membres conservent le droit de vendre leur vin quand il leur plaît et au prix qui leur convient. Dans d’autres, tout en conservant ce droit de vente individuelle, les sociétaires sont avisés par le président des offres d’achat qu’il reçoit; la cave est parfois munie d’une sirène qui les convoque au rapport.
- Dans une magnifique cave coopérative, tout battant neuf, que j’ai visitée cet été (elle a été mise en service cet automne), le gérant m’a expliqué le rôle de deux cuves cylindriques, d’une capacité respective de 150 et 200 hectolitres, installées dans un
- Fig 11. — Intérieur de la cuverie toute moderne de M. Assorin où le vin fait esl emmagasiné dans des amphores souterraines. (Photo de Mme André Gendrot.)
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- Fig. 12. — Cave de MM. Lafforgue à Mercier-Lacombe.
- On voit les presses servant à pressurer le marc après la fermentation. (Équipement installé par les établissements Louis Billiard.)
- coin de l’immense cuverie : elles contiendront le vin réservé à la consommation familiale, pour les membres de la société.
- A quelque catégorie qu’elles appartiennent (privées ou coopératives), les caves bien équipées utilisent l’électricité tant pour l’éclairage que pour la force motrice. Elle leur est fournie par deux sociétés, dont l’une fut fondée à Alger, en 1844, date qui fait d’elle la plus ancienne des entreprises françaises installées en Afrique du Nord, sur le triple domaine de l’éclairage, du chauffage et de la force motrice.
- Ce serait nous aventurer dans des considérations d’ordre... gastronomique que d’énumérer ceux des crus algériens qui sont en voie de conquérir une renommée mondiale. Mais nous croyons avoir démontré que la qualité des vins de notre belle colonie africaine ne doit pas être exclusivement attribuée à son climat ensoleillé. L’esprit d’initiative de ses viticulteurs, leur ténacité, devant des débuts pénibles et quasi désastreux, leur promptitude à renoncer à la routine en faveur de méthodes scientifiques, tels sont les véritables facteurs de leur succès.
- Un triomphe qui peut être un objet d’envie pour certains, mais que la grande majorité de la communauté
- française doit applaudir comme la juste récompense d’un long et bel effort.
- Victor Forbin.
- COMMENT ON ÉTUDIE LA RADIOACTIVITÉ DES EAUX NATURELLES
- LA RADIOACTIVITÉ DANS LA NATURE
- La radioactivité n’est pas une propriété aussi rare qu’on a pu le croire pendant longtemps. Sans doute ne connaît-on sur notre globe qu’un petit nombre de gisements de produits fortement radioactifs, et encore la proportion des éléments radioactifs, comme le radium dans ces minerais, est-elle si faible que les frais d’extraction sont toujours très élevés. Mais on peut dire que la radioactivité existe partout à des degrés divers : dans l’atmosphère, dans l’eau des fleuves, des mers, des sources thermales ou minérales, dans la plupart des minéraux et des roches de l’écorce terrestre.
- Cette radioactivité est produite par la présence d’un certain nombre de radio-éléments. Il est à peine besoin de rappeler que, parmi les corps simples connus avant la découverte de la radioactivité, l’uranium et le thorium sont les seuls nettement radioactifs, et que les premiers radio-éléments nouveaux qui ont été découverts sont le polonium, le radium et l’actinium. On connaît aujourd’hui une trentaine de radio-éléments qui sont engendrés
- continuellement par les premiers, chacun d’eux étant caractérisé par sa vie moyenne ou sa période de désintégration, ces vies moyennes et ces périodes variant, suivant les éléments, d’une fraction de seconde à la durée d’une époque géologique. En se désintégrant, le radium, l’actinium et le thorium donnent naissance à trois radioéléments gazeux qu’on appelait autrefois émanations du radium, de l’actinium, du thorium, et qu’on désigne aujourd’hui sous les noms de radon, actinon et thoron pour rappeler les analogies de ces gaz avec les gaz rares de l’atmosphère : néon, argon, krypton et xénon. Introduites dans des récipients clos, ces émanations se détruisent peu à peu en abandonnant sur la paroi du récipient qui les contient une sorte d’enduit invisible appelé dépôt actif. L’émanation du radium est beaucoup moins stable que le radium et, séparée du radium qui lui a donné naissance, elle disparaît assez vite, de moitié en 3, 8 jours; les émanations du thorium et de l’actinium sont encore plus fugitives que celles du radium.
- Tout élément radioactif éprouve une transformation atomique qui atteint successivement l’ensemble des
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- Fig. 1. — Appareil de Chéneveau et Laborde pour l'élude de la radiu-arlivité des solides.
- Électroscope à feuilles surmontant la chambre d'ionisation h plateau. Le solide finement pulvérisé est disposé sur l’un des plateaux. — F, feuille d’aluminium fixée sur un support air moyen d’un ressort de pression /. Le support de la feuille d’aluminium est isolé et à son extrémité inférieure communique avec la tige de déperdition T. :—d, petit porte ballon de verre rempli d’anhydride phosphorique destiné à dessécher l’air. •— 6 e, pièce de métal manœuvrée de l’extérieur et coulissant dans la paroi de la cage; elle permet le calage de la feuille de l’électroscope pendant le transport. — l, tige de métal qu’on met en contact avec le ressort X du support de la feuille d’aluminium pour charger l’électroscope. — M, microscope à micromètre oculaire, permettant d’observer les mouvements de la feuille d’aluminium. — P : porte fermant la chambre d’ionisation à plateau permettant d’y introduire les disques recouverts uniformément avec la matière à examiner, p, col fileté par lequel la chambre d’ionisation peut être vissée sur l’électroscope.
- atomes dont il se compose, et au cours de laquelle il émet, soit des rayons a, soit des rayons (3. Une particule a est un atome d’hélium ayant perdu ses deux électrons satellites et par suite électrisé positivement, tandis que les particules jâ se confondent avec l’électron négatif. Particules a et particules j3 sont animées de vitesses considérables et ionisent les molécules des gaz qu’elles rencontrent en leur arrachant des électrons. Les radio-éléments émettent encore des rayons y de nature ondulatoixe et électro-magnétique, dont l’émission est provoquée par la perturbation que produit, dans l’atome, l’émission des particules a ou des particules [5. Les rayons y sont également d’importants agents d’ionisation. Aussi l’étude des radio-éléments a-t-elle été faite en utilisant l’ionisation qu’ils déterminent dans les gaz, ionisation qui rend ces gaz conducteurs de l’électricité et augmente la vitesse de déperdition de l’électricité par les corps chargés qui y sont plongés.
- RADIOACTIVITÉ DES EAUX NATURELLES
- Les radio-éléments se trouvant disséminés à peu près dans toutes les roches, on conçoit que les eaux naturelles
- circulant dans le sous-sol puissent dissoudre ces éléments et devenir ainsi radioactives. Ce sont surtout les diverses émanations et principalement le radon qui, très solubles dans l’eau, communiquent aux eaux naturelles la plus grande partie de leur radioactivité. La radioactivité du radon disparaît, suivant la loi de désintégration de cet élément, de moitié en quatre jours, et devient pratiquement nulle un mois environ après l’embouteillage de l’eau. En faisant bouillir l’eau aussitôt après sa sortie du griffon de la source ou en la faisant traverser par un lent courant d’air, on peut éliminer totalement le radon qu’elle contient en solution. Toutefois, après ces opérations, l’eau conserve encore les sels de radium, thorium, actinium, etc., qu’elle renfermait initialement à l’état de solution ou de suspension. Le radium qu’elle contient dégage peu à peu du radon et au bout d’un mois la proportion de radon dans l’eau a atteint sa valeur limite, valeur d’ailleurs toujours très faible, car la teneur des eaux naturelles en radium est extrêmement petite, même pour les plus radioactives.
- On peut donc, dans une eau minérale, considérer : 1° une radioactivité dite permanente due aux composés de radium, thorium et actinium qu’elle contient en dissolution ou en suspension; 2° une radioactivité temporaire due aux émanations dissoutes, principalement au radon.
- On conçoit tout l’intérêt que peut présenter à bien des égards l’étude précise de cette radioactivité. De nombreuses mesures de ce genre ont été faites, notamment en France par M. Adolphe Lepape et ses collaborateurs, sur les principales eaux minérales. Ces mesures nécessitent toute une technique spéciale que MM. Geslin, assistant au Collège de France, et Chahnazaroff, privat-docent à l’université de Ljubljana, viennent d’exposeravec beaucoup de clarté, dans une publication qui sera de la plus grande utilité pour tous les spécialistes (-1).
- N ous n’insisterons pas sur les détails de ces déterminations, mais il nous a paru intéressant d’en indiquer le
- 1. Geslin et Chahnazaroff. — Mesure de la radio-activité des eaux et des gaz naturels. Annales Guebhard-Séverine, Seyon 4, Neuchâtel (Suisse). — Les lecteurs que ces questions intéresseraient pourront obtenir gratuitement un tirage à part de l’étude de MM. Geslinet Chahnazaroff en s’adressant aux Annales de Guebhard-Séverine.
- Fig 2. — Cylindre de déperdition pour l’étude de la radio-activité des gaz.
- R, cylindre de déperdition en cuivre (3 litres) muni de deux robinets r et r’ destinés à faire le vide et à introduire l’air chargé de radon à étudier. — /•" col lîleté sur lequel se visse l’électroscope. — ï tige de déperdition.
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- principe et de mentionner quelques-unes des multiples précautions qu’elles nécessitent.
- MESURE DE LA RADIOACTIVITÉ DES EAUX MINÉRALES
- Pour étudier la radioactivité des eaux minérales, on conçoit, d’après ce qui précède, qu’il soit essentiel d’opérer aussitôt que possible après la sortie des eaux au griffon de la source. Il en est de même d’ailleurs toutes les fois qu’on veut utiliser cette radioactivité à des fins thérapeutiques. « On pourrait dire à cet égard, d’une eau minérale, écrivait Charles Moureu, surtout si elle est fortement radioactive, qu’elle est vivante à la source et qu’elle meurt lentement dans les bouteilles où on la conserve. » Pratiquement les mesures de radioactivité doivent être faites dans les 24 heures qui suivent les prélèvements.
- Comme il se dégage, au griffon des sources thermales, des gaz, dits spontanés, qui sont souvent riches en radon, il importe, lorsqu’on effectue un prélèvement d’eau naturelle en vue d’en étudier la radioactivité, d’éviter toute introduction de ces gaz spontanés dans l’eau prélevée. D’un autre côté, pour se mettre à l’abri de toute perte de radon, il faut avoir soin d’éviter la moindre agitation de l’eau avant ou pendant le prélèvement.
- Les mesures de radioactivité d’une eau naturelle s’effectuent, non sur l’eau elle-même, mais sur les gaz qu’on peut en extraire par ébullition ou par barbotage d’air. L’air ainsi chargé de radon et, d’une manière générale, des diverses émanations radioactives extraites des eaux, est ionisé sous l’influence des rayonnements émis par ces émanations et il est devenu conducteur de l’électricité. S’il est enfermé dans une chambre dite chambre de déperdition dont la paroi conductrice communique avec le sol tandis qu’une électrode centrale isolée de la paroi est mise en relation avec un électroscope électrisé, on constate que l’électroscope se décharge plus ou moins rapidement, la vitesse de chute de la feuille de l’élec-troscope étant liée à la conductibilité du gaz introduit
- dans la chambre.
- Cette décharge tient à ce que l’électrode capte peu à peu les ions dont le signe est contraire à celui de l’électroscope.
- On observe habituellement la vitesse de chute de la feuille au moyen d’un petit viseur muni d’un oculaire micrométrique et on note le temps que met cette image à parcourir l’espace compris entre deux divisions toujours les mêmes d’une échelle graduée. On obtient une évaluation de la radioactivité du gaz en valeur relative, que l’on compare à celle que donne une quantité connue d’une matière radioactive convenablement choisie, par exemple l’oxyde d’urane.
- La radioactivité permanente d’une eau s’évalue par la quantité de radium que renferme un litre de cette eau, cette quantité étant toujours extrêmement faible, de l’ordre du milliardième de milligramme. La radioactivité temporaire étant produite par le radon, on pourrait l’évaluer par le volume qu’occuperait, dans les conditions normales de température et de pression, le radon que renferme un litre de l’eau étudiée, mais on adopte généralement, pour cette évaluation, l’unité de radioactivité connue sous le nom de curie. Cette unité aujourd’hui universellement utilisée représente la quantité de radon qui se trouve en présence d’un gramme de radium (ou d’une quantité d’un sel de radium renfermant un gramme de cet élément) lors-qu’est atteint l’équilibre radioactif, c’est-à-dire lorsque, dans un temps donné, il se forme autant de radon par désintégration de radium qu’il s’en détruit pour donner naissance aux divers éléments constituant le dépôt actif du radium.
- Le volume de radon correspondant au curie est extrêmement faible : environ 0,6 mm3, le gaz étant
- Fig. 3 — Ballon de verre utilisé pour recueillir l’eau destinée à être étudiée sur place.
- Le bouchon de caoutchouc porte deux trous cylindriques dans lesquels on introduit un tube de verre a, légèrement étiré à son extrémité inférieure, de longueur telle qu’il touche presque le fond du ballon ; ù sa partie extérieure ce tube porte un court morceau de caoutchouc à vide, fermé par une pince h servant ultérieurement à régler une entrée d’air destinée à régulariser l’ébullition et à balayer le radon par un courant d’air. Dans l'autre trou du bouchon on introduit un tube de verre c muni d’un raccord de caoutchouc (fermé par la pince d) qui relie le ballon et le réfrigérant quand on fait ultérieurement bouillir l’eau. Pour effectuer un prélèvement on fait dans le ballon un vide de 5 à 15 mm de mercure et l’on aspire, par l’une des tubulures du ballon, l’eau située entre 50 et 100 cm de distance de la surface du niveau de l’eau à l’émergence ; on mu ni t, pour cela l’une des tubulures du ballon d’un tube de verre suffisamment long pour prélever l’eau à la profondeur indiquée.
- Fig. 4. — Méthode utilisée pour effectuer un prélèvement d’eau destinée à être envoyée au laboratoire, lorsque le griffon est libre et que la température de l’eau permet d’y plonger la main.
- Quand la bouteille est remplie, on enlève le bouchon et les tubes de verre. On bouche sous l’eau en ne laissant qu’un minimum d’air. L’eau monte lentement dans la bouteille par b, l’air est chassé par a et c.
- Fig. 5. — Méthode utilisée pour effectuer un prélèvement d'eau destinée à être envoyée au laboratoire lorsque l’accès au griffon est libre et que la température ne permet pas d’y plonger la main.
- On enfonce dans l’eau la bouteille supportée par un anneau de soutien. Quand la bouteille est remplie, on bouche la conduite a avec une pince; on sort la bouteille et on remplace rapidement le bouchon de caoutchouc par un bouchon de liège paraffiné, toujours en ne laissant qu’un minimum d’air.
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- Fig. 6. — Méthode utilisée pour effectuer un prélèvement d’eau destinée à être envoyée au laboratoire lorsque le griffon est inaccessible et que l’eau s’écoule par un robinet. 11er procédé.)
- On fait le prélèvement au fond d’un seau après avoir laissé couler le robinet immergé dans l’eau courante pendant 10 à 15 minutes. Si cela est nécessaire, on utilisera une cloison A constituée par une planchette pour séparer plus facilement l’eau à prélever des gaz spontanés G.
- mesuré à zéro degré et sous la pression normale. Le curie est cependant une unité radioactive très considérable dont on envisage le plus souvent des sous-multiples : le millicurie qui vaut un millième de curie, le microcurie qui vaut un millionième de curie et le milli-microcurie qui vaut un milliardième de curie.
- La radioactivité temporaire d’une eau naturelle s’exprime en millimi-crocuries par litre d’eau à l’émergence (*).
- ÉLECTROSCOPE UTILI'SÉ POUR LES MESURES DE LA RADIOACTIVITÉ
- oculaire, permet d’observer les mouvements de la feuille d’aluminium.
- L’appareil de déperdition à plateau, destiné à l’étude de la radioactivité des corps solides, est représenté sur la figure 2. Il est constitué par une cage cylindrique métallique, munie d’une porte P, pour y introduire les disques recouverts uniformément avec la matière à examiner. Le couvercle de cette cage porte un col fileté p sur lequel on peut visser l’électroscope.
- Le cylindre de déperdition (fig. 2) destiné à l’étude de la radioactivité des gaz est formé d’un récipient en cuivre R d’environ 3 litres muni de deux robinets r et r' pour permettre d’y faire le vide et d’y introduire l’air chargé de radon à étudier. Le couvercle du cylindre porte un col fileté r" sur lequel
- Fig. 7. — Méthode utilisée pour effectuer un prélèvement d’eau destinée à être envoyée au laboratoire lorsque le griffon est inaccessible et que l’eau s'écoule par un robinet (2° procédé). On relie le robinet d’écoulement par un tuyau de caoutchouc avec le fond de la bouteille; on laisse l’écoulement libre pendant 10 à 15 minutes ; l’écoulement doit être normal, ni trop rapide, ni trop lent.
- se visse l’électroscope.
- Pour l’étude pratique de la radioactivité des solides ou des gaz, on utilise des appareils mis au point par Pierre Curie et perfectionnés ultérieurement par Chéne-veau et Laborde.
- La figure 1 représente l’électroscope lui-même ; la cage en est formée par un cylindre métallique dont les deux ouvertures sont limitées par des glaces de verre.
- La feuille d’aluminium F est fixée sur un support isolé qui est relié à la tige de déperdition T. Pour éliminer l’influence de l’humidité de l’air ambiant, la cage de l’électroscope est desséchée à l’aide d’un petit ballon de verre d, rempli d’anhydride phosphorique. On
- charge l’appareil au moyen d’un bâton d’ébonite, d’un petit électrophore ou d’une batterie d’accumulateurs par l’intermédiaire d’une tige de métal f, qu’on met un instant en contact avec le ressort X du support de la feuille d’aluminium. Un microscope M, à micromètre
- 1. On a également étudié sur beaucoup d’eaux thermales la radioactivité des gaz qui se dégagent spontanément au griffon des sources; cette radioactivité se mesure encore en millimi-crocuries par litre de gaz recueilli, le volume étant ramené à zéro degré et sous la pression normale.
- CORRECTIONS A INTRODUIRE DANS LES CALCULS
- Les mesures de radioactivité par les appareils précédents sont toujours assez complexes. II faut tenir compte tout d’abord de la vitesse de décharge naturelle de l’instrument, due à l’ionisation de l’air ambiant et à l’imperfection de l’isolement, qui peut varier d’un jour à l’autre : cette vitesse de décharge spontanée doit être retranchée de celle observée en présence du corps radioactif, afin d’obtenir la vitesse de décharge due à l’ionisation produite par le seul corps radioactif.
- Mais l’une des corrections les plus importantes à introduire lorsqu’on mesure une radioactivité produite par du radon tient à la destruction spontanée et graduelle de ce gaz. Nous avons vu qu’il se désintègre de moitié en 4 jours et qu’il n’en reste pratiquement plus au bout d’un mois. Lorsqu’on mesure la radioactivité d’une eau, il faut donc tenir compte de l’âge de l’eau, c’est-à-dire du temps qui s’est écoulé depuis le prélèvement de l’échantillon au lieu d’émergence, jusqu’au moment où l’on mesure au laboratoire la radioactivité des gaz extraits de cette eau. Il existe des tables permettant, à partir de la valeur obte-
- Fig. 8. —- Méthode utilisée pour effectuer un prélèvement d’eau destinée à être envoyée au laboratoire lorsque le captage est tel qu’on ne peut remplir qu’une cruche.
- On remplit la bouteille en évitant tout brassage nuisible entre l’eau et l’air.
- Fig. 9. — Méthode utilisée pour effectuer un prélèvement d’eau destinée à être envoyée au laboratoire lorsqu'on ne peut recueillir l’eau que près d’une vasque où débordent les eaux d'une source.
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- Fig. 10. — Appareil utilisé pour la détermination de la radioactivité d’une eau par la méthode de l’ébullition. (Dispositif de M. Adolphe
- Lepape).
- 1. Brûleur à gaz ou fourneau à pétrole surpressé genre Primus. —
- 2. Ballon de verre pour recueillir l’eau à analyser; le bouchon de ce ballon est muni de deux tubes de verre pourvus de tubes de caoutchouc à vide, fermés par des pinces; le tube de caoutchouc le plus long sert à raccorder le réfrigérant (3) et le tube le plus court à donner l’accès de l'air libre à l’intérieur du ballon, pendant l’ébullition du liquide. — 3. Réfrigérant. — 4. Tube de verre rempli d’anhydride phosphorique. — 5. Cloche en verre plongée dans du mercure, servant à aspirer le gaz radioactif du ballon et à le renvoyer dans le cylindre de déperdition. — 6. Tube de verre rempli d’anhvdride phosphorique. — 7. Tube à coton de verre. — 8. Cylindre de déperdition préalablement vidé. Les flèches indiquent le sens de la circulation des
- gaz radio-actil's.
- nue au moment de la mesure, de connaître la quantité de radon que contenait l’échantillon étudié lors du prélèvement et, par suite, d’évaluer en millimicrocuries par litre la radioactivité de l’eau débitée par la source.
- D’autres corrections doivent être faites pour tenir compte du rôle de la pression atmosphérique dans la mesure et de la pression du gaz carbonique dans le gaz étudié. A. Boutaric.
- LES MINES D’OR ET LES GISEMENTS AURIFÈRES DE FRANCE(s,iitel)
- HAUTE-VIENNE
- Ce département est celui qui renferme les concessions les plus nombreuses (fig. 1). Toutes sont dans les granu-lites ou les gneiss granulitisés. Les filons sont tantôt de quartz aurifère, tantôt de quartz minéralisé par du mispickel, de la pyrite, avec blende, galène, etc...
- L’Auriéras. — (Concession de 280 ha, du 2 avril 1912.)
- Située au sud de la Roche-1’Abeille, il y avait en ce lieu des fosses remontant à la préhistoire et toutes ouvertes sur un filon de quartz très puissant de 10 km de longueur. Le gisement est présentement inactif.
- Beaune. — (Concession de 354 ha, du 2 avril 1912.)
- Au bord du ruisseau de Léchoisier, on trouvait encore naguère les vestiges de nombreuses excavations où Cail-laux voyait les preuves de travaux remontant aux Gaulois. En effet la petite vallée qui se trouve au bas de ces excavations est hérissée d’éminences (cavaliers, en terme de mines) formées par les stériles du lavage des minerais. Des puits ont permis d’explorer des filons quart -zeux mouchetés de mispickel. Après en avoir retiré 268 kg d’or, pour 4 529 000 fr, les travaux ont été suspendus. Champvert. — (Concession de 383ha, du 13 août 1913.)
- Gisement riche, prospecté par un puits de 100 m. Mais le filon est encaissé dans une roche altérée et tout le gîte est bien disloqué, d’où la nécessité d’aménagements coûteux. Ceci explique peut-être la suspension des travaux (fig. 2).
- Cheni. — (Concession de 406 ha, du 21 février 1913.)
- Les Celtes d’abord, et peut-être les Gallo-Romains ensuite, ont exploité la partie supérieure des filons en
- 1. Voir La Nature, n° 2941, 15 novembre 1934.
- creusant à la surface de vastes entonnoirs. On exploite depuis plusieurs années deux filons parallèles de 0 m 50 à 5 m de puissance, de quartz aurifère, encaisés dans des gneiss amphiboliques, d’une teneur moyenne de 12 gr d’or à la tonne. Les travaux de reconnaissance et préparatoires se poursuivent aux étages de 190, 220 et 250 m.
- Un nouvel étage a été ouvert à la profondeur de 190 m. Le gisement porte sur des lentilles puissantes, l’exploitation se fait par étages de 30 m pris en descendant, et dans chaque étage on dépile par tranches horizontales montantes de 2 m. Une cheminée d’introduction des remblais est prévue tous les 30 m. La mine de Cheni est reliée à l’usine de traitement des Farges par un câble aérien qui assure l’évacuation des minerais. Elle a produit 4815 kg 658 gr d’or pour 81 350 000 fr jusqu’à fin mai 1934. Ce minerai est traité à l’usine des Farges appartenant à la Compagnie centrale des Mines et de Métallurgie (ce groupement est composé des Mines de Cheni, Beaune, Nouzilléras, l’Auriéras et Moissac).
- Dans cette usine le minerai, concassé et broyé, passe d’abord sur des tables d’amalgamation où l’or libre est retenu. Les boues, partiellement asséchées sont ensuite brassées en présence de cyanure et envoyées dans des pachucas où l’air comprimé est injecté.
- La solution est envoyée dans des boîtes à zinc dans lesquelles se fait la précipitation de l’or. Celui-ci est ensuite fondu et coulé dans des lingotières.
- L’usine des Farges (fig. 3 et 4) a produit 435 kg 720 gr d’or en 1932 et 447 kg 088 gr en 1933.
- Drouly. — (Concession de 500 ha, du 15 octobre 1920.)
- Le gisement est compris dans les schistes et gneiss de la région de Saint-Yrieix, qui sont granulitisés, et renferment de très nombreux filons de quartz avec mispickel,
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- blende, pyrite, même de la galène, le tout aurifère à teneurs variables.
- La région est marquée par de nombreuses fosses et de grandes quantités de déblais provenant d’anciennes exploitations signalées par Guntz.
- A la Tournerie, un puits de 30 m et un puits de 60 m ont démontré l’existence d’un gîte exactement identique à celui de la Fagassière.
- La concession est en exploitation (fîg. 5).
- La Fagassière. — (Concession de 325 ha, du 4 février 1914.)
- Gisement très intéressant aux deux points de vue géologique et minéralogique. Le filon principal est encaissé
- appartenant à la Cie industrielle de Mines d’Or en France. Pour la première année (1932) la production d’or fin a été de 72 kg 905 et pour 1933 de 73 kg 559. Ce groupement comprend encore les concessions de Lecuras, La Petite Paye, Le Gendre, Lacaud, Le Tindeix.
- Le Gendre. — de 476 ha, du 16 avril 1923, Lacaud, de 258 ha, du 20 février 1913, et Lecuras, de 315 ha, du 1er janvier 1922, sont comprises dans les schistes et gneiss de la région de St-Yrieix, qui sont granutilisés, et renferment de nombreux filons très minéralisés, ayant donné des teneurs élevées en or et argent. Mais elles sont encore inactives.
- Moissac. — (Concession de 297 ha, du 8 juillet 1914.)
- Fig. 3. — Carte partielle des concessions de la Haute-Vienne.
- I. Chêne. — II. Nouzilleras. — III. Lécuras. — IV. L’Aurieras. — V. Le Gendre. — VI. Drouly. — VII. Lacaud. — VIII. La Fagassière.
- (D’après la carte d’État-Major du Service géographique de l’Armée.)
- dans une amphibolite au milieu d’assises alternées de gneiss et de micaschistes recoupés par un grand nombre de filons grapulitiques aurifères dans toute leur étendue. Les exploitations antiques, ou préhistoriques plutôt, avaient porté sur des veines quartzeuses dont la teneur en or paraît avoir été assez élevée.
- Trois puits ont été ouverts dans le gîte. Le puits dit de Gareilles n° 1 a recoupé un filon de sept mètres de puissance avec deux larges bandes de quartz aurifère fortement minéralisé. Un autre, filon a été recoupé par le puits de Gareilles n° 2.
- Le minerai sorti de cette concession (fig. 6), ainsi que celui des concessions de Drouly et de Champvert, sont traités dans une usine centrale située à la Fagassière et
- Les fosses de cette région avaient été quelque peu étudiées par Mallard et Carnot : ils y avaient reconnu d’anciennes exploitations gallo-romaines, — pour or et étain, — mais là aussi il faut remonter plus haut dans la préhistoire. Il y a ici plusieurs filons et la teneur moyenne en or y est assez élevée : 18 gr à la tonne.
- Concession inactive en 1932.
- Nouzilléras. — (Concession de 290 ha, du 21 février 1913).
- Ce qui est dit pour la concession précédente peut se répéter ici, du point de vue historique.
- On continue là recherches et traçages. En 1927, on a retiré du quartz contenant une moyenne de 13 gr à la tonne, soit au total 121 kg d’or.
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- Maranas. — Permis d’exploitation du 22 juin 1929> sur 370 ha.
- Ce gisement a donné lieu à l’établissement d’un des premiers permis d’exploitation accordés suivant la loi du 28 juin 1927.
- Filon de quartz aurifère reconnu sur 270 m environ par puits de 80 m et trois étages de galeries. Le gisement n’est pas de formation puissante, l’épaisseur de la couche à enlever dépassant rarement 1 m 50, mais cette épaisseur restreinte est rachetée par une teneur en or assez élevée.
- La lentille nord donne une teneur moyenne de 47 gr et la lentille centrale est de 190 gr à la tonne. D’autres lentilles donnent des analyses moyennes de 11 à 16 gr.
- Il y a là une mine parfaitement équipée et des plus intéressantes.
- GISEMENTS ANCIENS RECHERCHES NOUVELLES
- Un inventaire des mines d’or en France serait incomplet si on passait sous silence les recherches qui s’y font ou s’y sont faites depuis quelques années, si on ne parlait pas aussi des gisements abandonnés à la suite d’insuccès. Mais ces insuccès peuvent ne rien prouver contre la richesse des gîtes, car ils sont souvent causés par le manque de capitaux ou plus souvent encore, une direction incompétente.
- Ariège. — Il est assez curieux de constater que ce département n’a pas d’exploitation aurifère sur la vingtaine de concessions qu’il comporte. Les orpailleurs y exerçaient en nombre leur industrie au xvi® siècle, si bien que le nom de la rivière, Aurigera, apparaît pour la première fois dans l’histoire latine des comtes de Foix, publiée en 1540. Dans une étude parue aux Annales des Mines, en 1870, Mussy indiquait la richesse de ce département en ressources minérales de toutes substances, or, argent, étain, cuivre, si bien qu’il appelle Indes Françaises ces Pyrénées Ariégeoises. Il y a eu des ingénieurs au Corps qui furent optimistes, mais il n’en existe plus !
- En 1911, Vieira, ingénieur en chef des Mines alors en retraite, avait tenté de former une société pour poursuivre des recherches qu’il avait commencées sur un gisement situé près la Bastide-de-Sérou et à la Coustalade. Son collègue Mettrier, également ingénieur en chef au Corps des Mines, avait trouvé des teneurs de 250 gr d’or à la tonne dans des prélèvements faits par lui-même aux gîtes ci-dessus.
- Caillaux cite encore une certaine montagne des Escanarades où Dietrich rapporte qu’en 1775 on avait trouvé un gisement de cuivre très aurifère.
- Il serait étonnant qu’en ces temps d’or cher, quelques fouilles sérieuses ne soient pas faites dans ces montagnes.
- Aude. -— Nous avons donné plus haut un aperçu historique sur la découverte de l’or dans la Montagne Noire.
- S’il faut en croire les historiens, les tradi-
- Fig. 2. — Champuerl (Hte-Vienne). Ateliers et centrale.
- tions orales se perdent avec une telle rapidité qu’il n’est pas étonnant qu’on n’ait pas gardé le souvenir des très anciennes exploitations de la Montagne Noire. « On prétend que les Romains avaient des mines d’or dans ces Montagnes », écrit Expilly dans son Dictionnaire géographique (1765). Les Celtes avaient travaillé là bien avant la venue des Romains, qui n’étaient d’ailleurs ni mineurs ni métallurgistes.
- Caillaux, dans son Tableau des Mines métalliques de la France (1875), écrit : « L’or existe réellement dans le cours de l’Aude, et, en 1672, Colbert forma une compagnie qui rechercha les mines d’or avec beaucoup de soin. On avait fait venir des mineurs suédois et on ne découvrit que des filons cuivreux ». Assurément les mineurs suédois pouvaient ignorer, au xvin® siècle, la
- Fig. 3. — Usine des Farges (Hte-Vienne). Broyeur mobile.
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- Fig. 4. — L’usine des Farges.
- composition du mispickel aurifère. Depuis, il y a Boliden !
- On a vu plus haut quelles sont aujourd’hui les concessions aurifères existantes dans la Montagne Noire. Il serait assurément douteux que le succès de ces mines n’ait pas suscité des recherches autour des concessions existantes. Or ces recherches sont assez nombreuses.
- Ainsi, au sud de Salsigne, à l’est de Villardonnel, des fouilles sont faites par une société voisine et par un prospecteur averti. Les premiers travaux ont permis de rencontrer des mouches de pyrite et des rognons de mispickel, tous minerais aurifères dans ce gîte.
- A l’est de cette région, sur les bords du Clamoux, une société travaille depuis plusieurs années dans un chapeau de fer remarquablement puissant et assez aurifère. Malheureusement l’or y est inégalement disséminé et l’analyse moyenne, — sur plus de 200 dosages, — indique une teneur de 7 à 8 gr d’or à la tonne. Les recherches
- continuant, il est permis d’espérer la rencontre de fdons aurifères plus riches.
- Il y a quelque autres fouilles dans l’Aude qui donneront peut-être des résultats un jour prochain, mais il serait prématuré de signaler des travaux qui se réduisent aujourd’hui à quelques grattages superficiels et appuyés sur un trop petit nombre d’analyses.
- Corse. —- On avait signalé la découverte, — vers 1929, — de terrains aurifères à Conca, village du canton de Por-tovecchio. Des travaux assez importants avaient été commencés autour de ce gros village, mais sans succès.
- Il en a été de même à Grossa, canton de Sartène, où des travaux ont été faits à la suite de découverte de minerais aurifères, mais ces travaux n’eurent aucune suite.
- Creuse. — Un petit gîte de mispickel aurifère existe à l’ouest de la Vallade, aux lieux dits le Rocher d’Argent et la Côte de Breugeolles, au sud de la Celle-Dunoise, dans une zone de gneiss granu-litisé. Des analyses effectuées ont indiqué des teneurs assez intéressantes, 20 à 25 gr, mais les recherches entreprises et une prospection géophysique n’ont donné aucune indication favorable.
- Hérault. — Il y aurait des pages à reproduire en reprenant les textes de Genssane sur la description du Languedoc (1774). Ce naturaliste exalte la richesse des sables de l’Hérault, où il voyait alors les orpailleurs travailler au-dessous de St-Bausille-le-Putois. « L’or existerait là dans les fêlures d’un calcaire ocreux régnant dans toute la plaine de St-Bausille au niveau de la rivière. »
- Ayant pratiqué un sondage en cet endroit, il en tira un sable noir qui, lavé, laissa voir « quantité de très belles paillettes d’or mêlées dans le sable noir, au fond du plat ». Ce sable contiendrait, d’après le sieur de Genssane, « depuis une jusqu’à deux onces au quintal tout au plus ». Tout au plus est bien ! En prenant, avec Caillaux, le quintal ancien à 48 kg et l’once à 30 gr on aurait donc une teneur de 600 à 1200 gr environ à la tonne !
- Comment de pareilles richesses n’ont-elles pas éveillé d’intérêt ? A la vérité plusieurs tentatives d’exploitation ont eu lieu, mais aucune ne fut faite sérieusement. Méconnaissant ce que la loi de 1810 a de sage, on a demandé une concession avant d’avoir démontré l’existence du gisement. Eberlués à la lecture du vieux de Genssane qu’ils venaient de découvrir à la Bibliothèque Nationale, ou à celle de Montpellier, les demandeurs ont cru qu’il suffisait de citer les textes anciens à l’appui de leur demande pour obtenir la concession !
- Et aussitôt les voilà établissant, en 1911, une demande de concession sur les communes de Ganges, Moulés, Cazilhac, Laroque, Agouès, St-Bauzille-le-
- Fig. 5. — Droulg (Hie-Vienne). Mine de la Tournerie.
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- Fig. 6. — Mine de la Fagassière (Iile-Vienne).
- Putois et Brissac ! Simple petite concession de 2900 hectares, de quoi utiliser, pour le moins, quelque cent à deux cents millions de francs de capitaux, des francs de 1911 !
- Loire. — Il y eut une mine d’or à St-Martin-la-Plaine, affirme Caillaux(x). L’or fut découvert en 1602 près du hameau de Bissieux. Il y aurait eu là une mine d’où fut tiré l’or ayant servi à faire une coupe qui fut offerte à Marie de Médicis et qui figura dans le trésor de l’abbaye de St-Denis.
- On fit des travaux en ce point en 1745, mais sans résultats. Cependant Gruner, dans sa Géologie de la Loire, signale la présence à la surface du sol d’un quartz blanc jaunâtre différant entièrement du quartz blanc et qui peut provenir d’anciens travaux. Des recherches faites encore en 1913 ne donnèrent aucun résultat sérieux. On trouva seulement un peu de stibine.
- Lot. — Nous ne connaissons qu’un gisement d’or signalé dans ce département. C’est celui de Lacapelle-Marival, chef-lieu de canton, qui marque à peu près la limite occidentale du Massif Central. On a trouvé là, au milieu des grès triasiques, au nord du village d’Anglars un îlot dioritique aurifère, d’une quarantaine d’hectares de superficie environ, donnant des teneurs de 10 à 12 gr à la tonne. « Il semble y avoir un champ d’action assez vaste sur ce gisement, peut-être trop tôt abandonné... » éci'ivait ici même Victor Charrin (voir La Nature, 1er avril 1934, p. 330). Que de recherches ainsi abandonnées, par ignorance ou légèreté, et faute de vouloir faire faire des analyses suffisantes !...
- Nièvre. — Sur la commune de Dun-sur-Grandry, dans la Nièvre, il y a un filon atteignant 1 m à 1 m 50 de puissance environ, aux affleurements découverts, encaissés dans des roches microgranulitiques et porphy-riques, non loin de la grande faille du Morvan.
- La gangue du minerai est un conglomérat de quartz laiteux ou gris bleuté et le minerai est un composé de sulfures complexes, chalcopyrite, galène, pyrite...
- Des échantillons prélevés près de la surface, c’est-à-dire entre 2 et 4 m de profondeur, ont accusé une teneur de 50 gr d’or et de 400 gr d’argent à la tonne. La pyrite, également aurifère, sillonne, en veinules fines, les roches encaissantes.
- Gisement assurément des plus intéressants, mais où aucune recherche sérieuse et suivie n’a été faite pour connaître la valeur réelle ou probable du gîte. Mais comment s’intéresser à une mine située à moins de 300 km de Paris ?
- Puy=de=Dôme. — Ce département, formé en majeure partie de roches cristallines, paraît avoir été travaillé pour or aux époques préhistoriques. Quelques fouilles faites à Usson, près de Sauxillanges, n’ont donné aucun résultat.
- Il n’en est pas de même à La Bessette, où ont persisté longtemps les traces de très anciens travaux. Les innombrables cuvettes ou fosses qui existent là ont fait donner à ce lieu, à une époque où l’on ne pouvait concevoir que le monde fût né avant les Romains, le nom de Camp de César, qu’il garde encore.
- 1. Caillaux, op. cil.
- Ce gisement a donné lieu à de nombreuses études et, contrairement à ce qui s’est passé ailleurs, à d’innombrables analyses. Il nous paraît que l’étude la plus sérieuse est celle qui fut faite en 1913 par M. de Chalonge, ingénieur de la Compagnie des Mines de La Lucette.
- Des teneurs fort intéressantes furent trouvées par cet ingénieur sur les échantillons prélevés par lui-même, — 10 gr au filon n° 1, — 14 gr sur le stock du filon n° 2, — 108 gr sur 8 t et 208 gr sur 45 t au filon 3.
- Les analyses des prises faites par le Service des Mines ont donné des chiffres tout aussi élevés. Mais jusqu’à ce jour le tonnage mis à la vue n’a pas permis à l’Administration de donner un avis favorable à l’octroi de la concession.
- Basses^Pyrénées. — D’après Hellot, cité par Caillaux, il y aurait eu, près d’Isturitz, une très ancienne mine d’or où se voyaient encore au moyen âge des restes de très importants travaux et trois grosses tours. Rien n’a permis de vérifier le bien-fondé de cette tradition.
- Haute=Vienne. — C’est dans le Limousin qu’on a constaté peut-être le plus grand nombre de ces fosses dont la vue avait permis à Mallard, ingénieur au Corps des Mines, de reconnaître les traces d’exploitations antiques. A la vérité c’est en Maine-et-Loire et dans une propriété qui devint l’origine de la mine de La Bellière que Burthe, ingénieur civil des Mines, conclut, à la vue d’une de ces fosses, à l’existence d’un gîte métallique en cet endroit.
- Fig. 7. — Exploration des carrières Latrille, près de Beaune (File-Vienne). Le puits Deschamps.
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- Dès lors on explora les fosses du Limousin, origine de quelques-unes des concessions que nous avons citées plus haut, et on continue d’en explorer tous les jours.
- Quelques années avant la guerre, des recherches avaient été faites sur les territoires des communes de la Porcherie et de La Croisille, à quelques kilomètres à l’est de la concession de Champvert, sur deux fosses contiguës, existant au sud du hameau de Reneix. Un puits de 33 m fut creusé, à partir duquel un travers-banc a été dirigé vers le tréfonds des fosses. On a trouvé quelques fdonnets d’une teneur de 18 à 24 gr d’or à la tonne. Mais le cube de minerai à la vue n’a pas permis à l’Administration, en 1922, d’accorder la concession.
- Au début de 1910, la Société des Mines d’Or d’Auvergne explorait les aurières Latrille, sur la commune de Cheptelat, à 2 km à l’ouest de Beaune. On fit un puits, appelé puits Deschamps (fig. 7), dans une propriété de ce nom. On recoupa des filets de quartz un peu aurifère. Des galeries et des travers-bancs donnèrent quelques résultats. Des analyses sur des minerais prélevés aux avancements donnèrent sur l’est 70 gr, sur l’ouest 90 gr. Un échantillon moyen sur 90 t de minerai sorti montra une teneur de 120 gr à la tonne.
- A 167 m du puits on recoupa une cassure. On la suivit et on rencontra un filon dirigé S. 73° O ayant 50 à 60 cm de quartz minéralisé. Les échantillons analysés chez Campredon donnèrent 67 gr et 27 gr d’or par tonne.
- Cependant l’affaire n’eut pas de suite industrielle.
- Comme on le voit par ce très rapide examen fait un
- peu à vol d’oiseau, on peut, on doit conserver l’espoir de voir de nouvelles mines d’or exploitées en France. Encore n’avons-nous pas voulu parler de gisements sur lesquels nous n’avons aucune donnée. Dans les Études et Notes de Géologie appliquée de notre regretté maître le professeur Michel (Paris, Béranger, 1922), nous lisons les noms des lieux où on aurait trouvé de l’or, le Ry, près Douarnenez (Finistère), St-Aubin-du-Cormier (Ille-et-Vilaine), Looronan (Morbihan), Louargat (Côtes-du-Nord). Nous n’avons trouvé aucune indication sur ces gisements.
- La carte géologique indique la présence de l’or dans les sables stannifères de Piriac et de Pénestin (Loire-Inférieure). Nous avons eu l’occasion de faire faire une cinquantaine d’analyses par Campredon, mais aucune n’a indiqué pour l’or autre chose que néant ou traces. D’autres points encore, en nombre considérable, ont donné de l’or à l’analyse, dans les Pyrénées et le Plateau Central. Mais l’or est tellement répandu en teneur infinitésimale dans toutes les roches éruptives, qu’il est naturel qu’on en trouve quelquefois à cet état de « concentration anormale » qui permet l’exploitabilité, pour employer les expressions chères à M. L. de Launay.
- Diodore de Sicile écrivait il y a deux mille ans :
- Il y a beaucoup d’or dans la Gaule. L’or y sert à la parure des femmes aussi bien qu’à celle des hommes, car ils en font des anneaux qu’ils portent aux poignets et aux bras, ils en fabriquent des colliers massifs, des bagues et même des cuirasses. Léon Laffitte.
- UN CRABE CHINOIS EN EUROPE
- Dans ces dernières années on a signalé qu’un Crabe de Chine importé en Allemagne s’y était parfaitement naturalisé dans la mer et les eaux douces.
- Cet intrus est YEriocheir sinensis H. Milne Edwards (famille des Grapsidae), appelé vulgairement « Crabe aux mains velues» (à cause delà forte pilosité, constituée par de longues soies très denses, qui garnit les pinces, surtout chez le mâle) : il offre une coloration vert-olive et sa carapace atteint ou même dépasse une largeur de 7cm,5.
- Dans sa patrie, ce Crabe habite les eaux saumâtres, mais peut remonter loin dans les rivières : il a été capturé dans le Yang-Tse-Kiang, à 1300 km de l’embouchure.
- Cet animal est capable de vivre un certain temps hors de l’eau, ce qui lui permet d’aller faire des incursions par voie de terre : on a vu des Eriocheir grimper aux arbres ou pénétrer dans les maisons, comme récemment à Hambourg.
- Il oppose une grande résistance aux changements de salinité et peut supporter le passage brusque de l’eau de mer à l’eau douce. Mais dans les rivières on ne trouve que des exemplaires âgés et notamment des femelles privées de frai. Toutes celles qui sont gravides ne se rencontrent que dans l’eau saumâtre des estuaires. C’est donc, semble-t-il, seulement dans ces bas-fonds marins, et non dans les rivières, que s’effectue la reproduction.
- Lorsque l’époque en est venue, les adultes doivent
- regagner la mer pour y pondre sur les côtes : là, après l’éclosion des œufs, les larves subissent leurs métamorphoses. Puis les jeunes Crabes, constituant la nouvelle génération, pénètrent dans les estuaires et remontent le cours des fleuves.
- L’immigration dans les eaux allemandes a dû commencer à la fin de la première décade du xxe siècle ou au début de la 2e, mais on ne sait pas exactement comment s’est faite cette introduction.
- Très vraisemblablement cette espèce a été transportée dans le golfe d’Helgoland, en restant accrochée, parmi des Algues, des Hydraires et des Anatifes, aux flancs de quelque navire venant de l’Asie orientale.
- Elle s’est ainsi trouvée transplantée dans une région qui est géographiquement fort éloignée de son pays d’origine, mais où elle a rencontré des conditions de milieu lui permettant de subsister et de s’acclimater.
- Le plus ancien exemplaire notoirement connu date de 1912 et provient de l’Aller, affluent de droite du Weser.
- En 1923, des spécimens recueillis par des pêcheurs dans l’Elbe inférieure furent remis au Musée zoologique de Hambourg et déterminés scientifiquement.
- En 1925, ce Crabe, qui avait pénétré dans le Weser inférieur jusqu’à l’Aller, avait remonté l’Elbe jusqu’à la Havel, où il avait atteint Brandenburg. D’autre part, il avait gagné l’Ems inférieure.
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- En 1926, il a été trouvé dans l’Elbe près de Magde-bourg.
- En 1929, il était déjà connu de plus de 30 localités du bassin de l’Elbe et de ses affluents, dans la province de Saxe et dans l’Anhalt. Il était alors parvenu aux portes de Berlin.
- Dans ces trois bassins de l’Ems, du Weser et de l’Elbe, il ne s’agit pas de présences isolées, mais d’un élément permanent de la faune. Le peuplement le plus intense est celui de l’Elbe inférieure avec les bas-fonds marins adjacents.
- Au début de 1931, on trouvait ces Crabes aux environs de Dresde, presque au contact de la frontière tchécoslovaque, soit à environ 500 km en amont de Hambourg. Au mois de juillet 1932, ils avaient même pénétré en Bohême.
- Ils ont été aussi rencontrés dans le Schleswig et ont envahi le Danemark en 1933.
- Ils ont fait leur entrée également dans le Wittensee, près du canal de Kiel, qui réunit la Mer du Nord à la Baltique, et sont arx-ivés dans le Mecklembourg en 1934.
- D’autre part, ces Crustacés ont pénétré dans les bassins de l’Oder et de la Yistule, soit en passant d’une rivière à une autre par les canaux de communication, soit en émigrant le long des côtes pour entrer dans les estuaires des grands fleuves.
- Dans le bassin de l’Oder VE. sinensis a été indiqué à l’automne de 1928 près de Lüben (Silésie).
- Dans celui de la Vistule, en mai 1929, un exemplaire a été capturé dans un cours d’eau (l’lige) qui aboutit à la Drewenz, affluent de droite de la Vistule, et en 1931 cette espèce a été retrouvée dans un affluent de gauche, la Radaune. En juillet 1932, elle avait envahi le Frisches Hafï et, en janvier 1933, la Prusse orientale.
- A l’Ouest, après les bassins de l’Elbe et du Weser, celui du Rhin se trouve également attaqué, car on a pris, en juillet 1933, des Eriocheir dans le lac de Constance.
- Ces Crustacés ont été aussi rencontrés en Belgique (février 1931), en Hollande (Frise orientale) (août 1932), et on a même signalé leur apparition en Angleterre (juillet 1934).
- On peut s’attendre à ce que cet Eriocheir continue à envahir progressivement de nouveaux cours d’eau, dans nos régions occidentales, en utilisant les canaux de navigation par lesquels l’Homme a réuni artificiellement les bassins fluviaux.
- Le fait que, si ce Crabe vit indifféremment en eau douce, saumâtre ou salée, il se reproduit seulement en mer, devrait restreindre la pullulation de l’espèce et surtout assigner une limite à son extension dans les fleuves et les rivières. Mais ses migrations se développent si rapi-
- dement et couvrent des espaces si vastes qu’elles sont devenues alarmantes.
- On avait cru d’abord pouvoir tolérer cet intrus comme n’étant pas directement nuisible à la pisciculture, car il ne vit pas aux dépens du poisson vivant : on pensait même que ce Crustacé, mouvant fournir aux Oiseaux aquatiques une proie abondante, les détournerait d’attaquer les Poissons et interviendrait ainsi indirectement en faveur des pêcheurs.
- Puis l’idée était venue de l’employer pour le nourrissage des Truies et des animaux à fourrure.
- Il y avait même eu quelque espoir qu’il pourrait être utilisé par l’Homme comme aliment, car il fournit 43 grammes d’une chair qui n’est pas à dédaigner.
- Mais actuellement la pullulation du Crabe chinois, qui est très prolifique (la femelle pondant en moyenne 500 000 œufs), l’a rendu un véritable fléau.
- Il fait, dans la recherche de la nourriture, une sérieuse concurrence aux Poissons et il cause des dégâts consi-
- dérables aux filets de pêche, dans lesquels il se prend en masse. C’est, d’autre part, un fouisseur redoutable, qui dégrade les berges en les creusant de multiples galeries parfois si nombreuses que le terrain se trouve complètement miné et qu’il peut y avoir danger pour les constructions hydrauliques.
- On a essayé d’arrêter la migration ascendante des jeunes en aménageant, sur les cours d’eau, des barrages de façon que les Eriocheir soient obligés d’emprunter la voie de terre et se trouvent dirigés sur des fosses de capture qui ont 1 m 50 de longueur et 1 m en largeur et en profondeur : au barrage de Graz, sur la Havel, en aval de Rathenow (à 70 km à l’ouest de Berlin), on a pu ainsi, du 29 mai au 22 août 1933, recueillir 1078000 jeunes crabes. Malheureusement cette destruction s’est encore montrée insuffisante : on ne voit actuellement aucun moyen pratique de lutter contre cet envahisseur et d’enrayer son extension. Marc André,
- Assistant au Muséum national d’Histoire naturelle.
- Fig. 1. — L’Eriocheir sinensis. H. Milne Edwards.
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- CIVILISATIONS AGONISANTES DU TCHAD 11
- IL LES MOUNDANG DU MAÏO-KEBBI
- Le Maïo-Kebbi (1 2)... on en parla beaucoup à l’époque où, cherchant la route du Tchad, on envisageait la possibilité de la trouver en remontant le cours du Niger et celui de son affluent, la Bénoué, — de laquelle on espérait gagner le Logone en passant par la dépression du Tou-bouri.
- De nombreuses missions s’y succédèrent. Elles s’intéressèrent surtout, ce qui était normal étant donné le but poursuivi, à l’hydrographie de cette région et en délaissèrent à peu près totalement l’ethnographie.
- Sorte de hernie des territoires du Tchad pénétrant dans ceux du Cameroun, la région à laquelle le Maïo-Kebbi a donné son nom apparaît sur la carte sous la forme d’un triangle équilatéral dont l’un des angles est dirigé vers
- Fig. 1. — Jeune fille Moundang {Léré).
- le sud, les deux autres pointant respectivement vers l’ouest et l’est.
- C’est par l’angle est, —- qui vient buter contre le fleuve Logone entre les villages d’Ham et de Kim situés au sud du Bongor, — que le Maïo-Kebbi communique avec les autres régions du Tchad.
- La route qui relie Bongor à Fianga, après avoir franchi le Logone, coupe transversalement l’extrémité du bec du « canard camérounien ». Long ruban de glaise desséchée, elle longe la Kabbia, traversant une immense plaine verdoyante d’où émergent au loin,—se découpant à peine sur le bleu du ciel en silhouettes diaphanes et bleuâtres, presque immatérielles, — les pitons rocheux de Fianga; plaine de riches pâturages qu’irriguent les eaux de la
- 1. « Civilisations agonisantes du Tchad. I. Les Mousgou du Logone». G. Geo-Fourrier, La Nature, n° 2918, 1er décembre 1933.
- 2. Il s’agit ici de toute la contrée à laquelle le Maïo-Kebbi, affluent de la Bénoué, a donné son nom.
- Kabbia et que paissent d’innombrables troupeaux de bêtes à cornes. Bœufs du Tchad et Borroro, ils sont là des milliers pâturant. Aux heures lourdes de la journée où le soleil embrase l’atmosphère, fait éclater le sol et rend les eaux fulgurantes sous le ciel blanc de lumière, ils se réfugient par centaines, — serrés à s’écraser les uns contre les autres, — à l’ombre des quelques rares arbres, palmiers et petites fermes Banana et Moundang, épars à travers la plaine.
- Çà et là, un énorme ficus au feuillage sombre, des épineux, ponctuent l’étendue, — parfois issus d’autres arbres, auxquels ils donnent des aspects tourmentés ; — des arbustes étiques brandissent vers l’azur de longues chevelures parasites de lianes vertes ; des uns aux autres vont et viennent des volées d’oiseaux étranges : sortes de toucans, aux becs pesants et au vol maladroit; moineaux noirs traînant derrière eux une paire d’étroits et blancs rubans caudaux...
- De Fianga, — petit poste propre et avenant, aux cases soigneusement alignées, et que dominent des entassements de rocs volcaniques, arrondis et noirâtres, entre lesquels s’accroche une végétation dantesque, — à Palla, autre poste situé à l’est, au fond d’une cuvette qu’entoure un cirque de monts embroussaillés, la piste ne rencontre que de misérables villages habités par des Moundang. Par contre, entre Palla et Léré, plus au nord, la contrée qu’elle traverse paraît extrêmement riche; à proximité des pâturages se trouvent d’importantes agglomérations Foulbé, comme M’Bourao et Momboré ; la brousse environnante, que hantent des troupeaux d’autruches noires et blanches, des hardes d’antilopes et des singes, est sillonnée par le lit desséché de la Kabbia (x) dont le sable clair, qui recouvre ses eaux souterraines, contraste puissamment avec l’argile gris sombre de la piste. Puis les palmiers abondent, le paysage devient nettement Tchadien et les habitations Moundang réapparaissent.
- Le poste de Léré occupe le sommet d’une colline aux pentes abruptes et domine le pays entier. Au petit matin, de longues caresses d’air frais l’éveillent doucement. Des coqs chantent. Le pas scandé de la milice indigène martèle le sol qui résonne. Quelques commandements lancés d’une voix rauque et une inénarrable sonnerie de clairon saluent les couleurs qui, — grandes comme une serviette de table, — sont hissées en haut d’un mât. Au loin, le lac brille comme une lame sur la plaine encore noire de l’ombre des monts.
- A 2 kilomètres environ de distance du poste, le village Moundang est bâti, lui aussi, sur une élévation de terrain accidenté. Extrêmement pittoresque et curieux ce village qu’André Gide, — crui y fut souffrant, --a trouvé laid (2),
- 1. Ces notes ont été prises, dans le Maïo-Kebbi, en avril 1931; l’aspect du pays doit être évidemment tout différent à la saison des pluies, époque où je n’y étais pas.
- 2. Cf. «Le Retour du Tchad ». André Gide. Éditions de la Nouvelle Revue Française, Paris, 1930.
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- est aussi extrêmement beau. Entre le poste et lui, une piste grisâtre, constellée de pierres blanches aux arêtes vives, franchit le vallon. De tous côtés s’espacent d’énormes blocs rocheux, des épineux, des palmiers, qui sentent le lion, mais un peu avant Léré une petite oasis,
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- en travers des épaules un mince croissant noir, y viennent s’abreuver, conduits par des enfants qui les montent drôlement : les uns se tiennent juchés à califourchon à l’extrême arrière de la croupe, les autres allongés à plat ventre sur l’échine.
- massif de verdure d’où jaillissent des hauts rôniers, — dont les troncs. brillants reflètent, au-dessus du fouillis des palmes, la teinte nickelée du ciel où frémissent leurs transparentes cocardes, — évoque le Sud Algérien. Des troupeaux de bourricots gris au poil lisse et qui portent
- Sous les murs du village, — véritable Carcassonne africaine en banco (1), mélange de paille hachée et argile
- 1. Le banco est un mélange d’eau, argile, paille hachée et excréments d'animaux, formant une sorte de torchis; lissé à la main, il acquiert parfois le poli et la patine du bronze.
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- grossière, couleur de la terre et, comme elle, blanchie, crevassée, éclatée par le feu du ciel et ravinée par les tornades, — des quantités de petits cabris au pelage panaché de noir, blanc et roux, caracolent, apeurés, à travers les éboulis. Ses cases moundang, rectangulaires et basses, couvertes d’un chaume épais chargé d’une lourde couche de banco qui forme terrasse, alternent régulièrement avec ses greniers à mil qui sont, eux, de forme cylindrique et surmontés chacun d’une coupole hémisphérique, percée à quarante-cinq degrés d’une ouverture circulaire dont le diamètre est tout juste suffisant pour permettre le passage d’un corps humain. Cases et greniers sont accolés les uns aux autres et forment ainsi des enceintes qui rappellent les fortifications féodales. Deux d’entre elles, concentriques, qui groupent quarante cases de femmes et autant de greniers, entourent une grande case ronde précédée de quelques salles rectangulaires, bâties en enfilade et auxquelles donne accès un portail monumental. '
- Dans les ruelles circulaires du Tata du chef des Moundang, — que constitue cet ensemble, — errent cabris et poulets; les femmes y pétrissent le banco ou écrasent; le mil. Des séries de gros troncs fourchus, en forme d’Y, portant des encoches en dents de scie, et dont les deux branches supérieures embrassent chaque grenier, permettent de monter sur les toits des cases. Sur ces terrasses, hommes et femmes s’affairent, nus, autour des réserves de bois, qu’ils mettent à sécher au soleil, ou des greniers à mil dont l’ouverture close par une natte, qui pivote autour d’une cheville, se découvre parfois pour laisser apparaître le buste du propriétaire; vision qui achève de faire songer, devant cette curieuse architecture, — originale et personnelle, — à un gigantesque travail de mouche-maçonne. Leurs corps robustes, luisants de sueur, enveloppés de lumière, se détachant sur l’écran du ciel, ils se livrent à leurs occupations avec l’aisance et la noblesse de bêtes puissantes et libres. Les rayons de l’astre dardent sur leurs crânes étroits, aux cheveux rasés, accusent sa petitesse par rapport à l’ensemble de leur corpulence, et modèlent splendidement les hanches larges, fortes et ensellées des femmes, accroupies à 20 cm du sol sur d’étroits petits bancs de bois sculpté. Coquettes et prolifiques Vénus noires, dont les reins et le col sont ornés de nombreux rangs de perles multicolores, les femmes Moundang se plantent dans l’aile droite du nez, tantôt un fétu, tantôt un menu plumet de crins; non mariées, elles vont, nues, ne se voilant d’une étroite bande de cotonnade rougeâtre qu’après leur union (officielle) avec l’homme.
- Celui-ci, jadis, ignorait le vêtement mais veillait à l’occlusion de son méat urinaire, — par où peut pénétrer l’esprit mauvais, source de tous les maux, — par le port d’un étui en paille tressée, tenue qu’il conserve encore actuellement, dans la brousse (1), mais les Foulbé lui ont apporté la mode du vêtement, du long boubou de gabak, teint à l’indigo, qui suit en Afrique la marche envahissante de l’Islam. A ses bras brillent des bracelets
- 1. Les races Kirdi portent également l’étui pénien en paille tressée. Cf. Docteur Gaston Muraz : « Les cache-sexe du Centre Africain », Bull, clés Africanistes, Paris, 1932.
- de métal; à ses doigts quelque anneau d’ivoire ou d’os complète sa parure; et lorsqu’il est riche, son chef s’abrite d’une calotte de tissu, également d’importation islamique.
- Mêlés à Léré, aux Haoussa, aux Foulbé et Borroro (1), qui tous ont dans ce village leurs quartiers propres bien à part, ils y font figure d’autochtones au type nettement différencié de ceux de leurs voisins immédiats. Contraste qui est particulièrement saisissant parmi la foule du marché indigène, qui se tient devant le portail d’entrée du Tata Moundang sur une place qu’ombragent quelques arbres magnifiques : de ces arbres monstrueux que l’on rencontre avec étonnement, de loin en loin, mystérieusement solitaires, dans les régions pétrées du Tchad. Là, des femmes Moundang, nues, des Arabes au profil sémitique, à la chevelure finement tressée, drapées avec recherche dans de grands pagnes blancs, des Foulbé vêtues d’indigo, la coiffure en cimier, une perle rouge dans l’aile du nez, parées de bijoux d’argent et de boules d’ambre, sont assises à terre, côte à côte, devant quelques vanneries ou calebasses, — de très belles calebasses qui sont, soit teintes en rouge vif et semblent laquées, soit décorées au feu, jaunes et noires rehaussées de vermillon. Elles vendent du beurre, de l’huile, du sel, du sucre, du mil, des poissons secs ou fumés, des épices, du parfum, des fruits, des graines, des herbes, des allumettes, des verroteries, des foulards, des pacotilles; et des choses indéfinissables, étranges et inconnues : toutes les extraordinaires et habituelles denrées qui se vendent, d’Alger au Cap et de Dakar à Djibouti, sur tous les souk et marchés d’Afrique.
- Dans cette foule qui criaille sous le soleil, nimbée de mouches et de poussière, qui dégage une âcre odeur de transpiration et de beurre rance, et dont les couleurs semblent éteintes à force de violence, circulent splendides de beauté et de grâce naturelles, aussi hères que sordides, quelques femmes Borroro; de toute leur personne se dégage un charme indiscutable; au milieu de ce grouillement africain, elles sont visiblement d’un monde à part, et le savent; sous leurs longs cils recourbés, dans l’éclat de leur regard, se mêle au mystère du pays noir l’énigme asiatique.
- A travers les siècles passés, sous la grande lumière enivrante et cruelle du Centre Africain, combien de vagues successives d’humanité, — migrations ou invasions, — sont venues dans le creuset Tchadien, se heurter et se fondre inextricablement ? Quelles sont les vraies races arborigènes si seulement elles ont subsisté ?
- Je me posais cette question, un soir, en regagnant les hauteurs du poste de Léré; sur la piste je croisais le Lamido des Borroro, Si Bardé, lourdement enturbanné, vêtu d’amples boubou brodés de soie verte, ostensible: ment paré des sachem, gris-gris et chapelets du Prophète, cavalier superbe et racé ; le soleil se couchait rapidement dans une gloire de tons délicats, tandis qu’à l’horizon, dans les noirs nuages d’une tornade menaçante, apparaissait une large trouée bleu clair et zigzaguaient des
- éclairs... ç Geo-Fourrier.
- 1. Cf. « Les Borroro, pasteurs nomades du Tchad », G. Geo-Fourrier, La Nature, n» 2922, 1er février 1934.
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- LA LUMIÈRE JAUNE ET LES PHARES
- D’AUTOMOBILES
- L’éclairage sur route est devenu un problème essentiel, en raison de l’accroissement de la circulation automobile et de la vitesse de plus en plus grande des véhicules. Ce problème est double; il faut un éclairage puissant pour rendre visibles les obstacles à distance suffisante, mais il faut aussi éviter Y éblouissement des piétons ou des conducteurs des autres automobiles rencontrées.
- Obtenir l’éclairage à une centaine de mètres en avant de l’automobile par tous les temps est déjà un problème difficile, surtout par temps humide; la suppression de l’éblouissement est encore plus malaisée à obtenir.
- Il parait y avoir deux causes principales à l’éblouissement : vision directe de la source lumineuse brillante, rayons venant frapper perpendiculairement les yeux de l’observateur. On a donc été amené soit à atténuer momentanément l’éclat de la source lumineuse, soit à dévier momentanément le faisceau lumineux normal. De là, l’apparition des systèmes de « phare-code », ainsi appelés parce que leur fonctionnement est déterminé par les prescriptions du « Code de la Route ».
- Depuis quelque temps, on préconise une solution nouvelle, pour réduire considérablement l’éblouissement en éclairage normal, et augmenter la visibilité par temps de brouillard. Cette solution consiste à substituer une lumière jaune monochromatique à la lumière blanche ordinaire.
- Beaucoup de techniciens avaient nié, au début, l’efficacité de ce système, et même prétendu que l’emploi de la lumière jaune ne permet pas d’obtenir, à égalité d’intensité de la source lumineuse, un éclairage aussi efficace. Il semble désormais, au contraire, que les avantages de l’éclairage en lumière jaune soient bien établis, et il est fort intéressant d’indiquer en quoi ils consistent exactement.
- LE PHÉNOMÈNE DE LA VISION ET LES COULEURS
- La gamme des couleurs formant le spectre visible comprend les radiations de longueur d’onde comprises entre 3500 et 7500 angstroms. Au dessus de 7500 ang-strôms se trouvent les radiations infra-rouges et au-dessous de 3800 les radiations ultra-violettes. Lorsqu’on trace la courbe représentant la sensibilité relative de l’œil pour les diverses radiations, on constate que le maximum de sensibilité est atteint pour le jaune verdâtre, correspondant à Une longueur d’onde voisine de 5550 angstroms, et le facteur de visibilité relative diminue rapidement de part et d’autre, vers le rouge et le bleu (fig. 1).
- Les rayons ultra-violets, violets et même indigo sont nuisibles pour la rétine. On sait, d’ailleurs, qu’on emploie des lunettes à verres jaunes pour éviter la fatigue de l’œil, et obtenir une sensation de meilleur éclairage et de repos.
- On peut distinguer sur la rétine deux régions : la région centrale constituée de cellules en cône, et la région périphérique comportant des cellules en bâtonnets. Le diamètre moyen de ces cellules est de 5 microns.
- Les cônes et les bâtonnets ne sont pas également sensibles à la lumière ; les cellules en cône sont les plus sensibles, et elles sont, d’ailleurs, surtout sensibles aux radiations de grande longueur d’onde, c’est-à-dire vers les rayons rouges.
- Les bâtonnets, au contraire, colorés en rose par le pourpre rétinien facilement décom-
- posable par la lumière, sont sensibles aux radiations de courte longueur d’onde vers les rayons bleus. Si l’on éblouit l’œil par une forte lumière, la réadaptation à la vision normale est très rapide pour les cônes et beaucoup plus lente pour les bâtonnets.
- -?o/e£ Bleu Vert dauneOrangé Rouge
- Longueurs d'onde en angstroms
- Fig. 1. •—- Variation du facteur de visibilité relative en fonction de la longueur d'onde des radiations visibles.
- LA LUMIÈRE JAUNE ET L’ÉBLOUISSEMENT
- Se basant sur ces considérations physiologiques, M. André Blondel, dont on connaît, d’ailleurs, les remarquables travaux en d’autres matières, a montré en mai dernier dans une communication à l’Académie des Sciences comment l’emploi de la lumière sélective pouvait, tout d’abord, servir à atténuer l’effet d’éblouissement!
- Lorsqu’on regarde un projecteur en action, la partie périphérique de la rétine sur laquelle se forme l’image du projecteur éblouissant est sensible à la partie la plus réfrangible du spectre, comme nous venons de l’indiquer, parce qu’elle est très riche en bâtonnets entourés de pourpre rétinien.
- Toute image trop brillante projetée sur la rétine détruit rapidement cette substance, et c’est le temps de reconstitution de celle-ci qui constitue la période de réadaptation de l’œil. Le docteur Eldridge Green a montré ainsi, il y a quelques années, qu’en observant un signal lumineux blanc brillant, on le voit d’abord disparaître, il réapparaît quand le processus de reconstitution du pourpre rétinien s’est
- Fig. 2. — Le phénomène de Purkinje. Ces deux courbes montrent que lorsqu’on augmente, dans de mêmes proportions, l’éclairage de deux surfaces blanches au moyen d’une lumière rouge ou bleue, l’éclairage rouge paraît moins intense pour les faibles intensités, plus intense pour les grandes.
- Intensités objectives
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- amorcé suffisamment. Au contraire, si l’image brillante est jaune, la fatigue de la rétine est moindre; à brillance égale, la destruction du pourpre rétinien est moins complète et, par conséquent, la réadaptation de la rétine est plus rapide.
- A égalité d’éclairement sur la pupille, l’éblouissement est donc moindre avec une lumière dépourvue de radiations de courte longueur d’onde qui n’insensibilise pas les bâtonnets. Après un éblouissement possible par une telle lumière, les bâtonnets conservent [leur sensibilité et les cônes retrouvent rapidement leur sensibilité initiale, qui varie normalement très peu.
- L’expérience a montré qu’à 100 m en avant d’un projecteur muni de lampes de route normales jaunes, on peut
- les fixer assez facilement, et sans gêne excessive. Avec un éclairage code, on a pu constater une diminution très sensible de l’éblouissement.
- Le temps de réadaptation nécessaire à la vision nor-male après un éblouissement prolongé en lumière blanche étant de 40 secondes, il est tombé à 4 secondes en lumière sélective ; dans une autre expérience, le temps de réadaptation est passé de 25 secondes en lumière blanche à 5 secondes en lumière sélective.
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- Fig. 3. — Différence des effets sélectifs produits respectivement par un verre bleu pare-soleil laissant passer le violet, par un verre jaune ordinaire laissant passer plus de rouge que de violet, et par un verre spécial pour phare.
- AUGMENTATION DE L’ACUITÉ VISUELLE
- Un effet favorable de la lumière jaune paraît être également l’augmentation notable de l’acuité visuelle. Il y a, d’ailleurs, déjà longtemps qu’on a signalé les avantages de la lumière monochromatique rougeâtre, utilisée en particulier dans les lampes stroboscopiques au néon à lumière rougeâtre. La lumière monochromatique donne sur la rétine une image nette, contrairement à ce qui a lieu avec la lumière blanche.
- L’absorption des radiations bleues, indigo et violettes du spectre est un avantage aux faibles éclairements. La pupille de l’œil est alors très dilatée; par suite de l’aberration chromatique, les images correspondant aux diverses radiations ne se projettent pas exactement aux mêmes endroits, la visibilité est moins bonne. En rendant la lumière monochromatique, les objets apparaissent avec une plus grande netteté. Cette augmentation de l’acuité visuelle serait de l’ordre de 10 pour 100.
- La visibilité, c’est-à-dire la faculté d’apprécier les
- formes d’un objet, est également accrue, et l’augmentation des contrastes est très nette.
- Les rayons violets et bleus sont, en effet, surtout nuisibles sous ce rapport ; les surfaces faiblement éclairées par ces rayons paraissent plus claires, par suite de l’effet de Purkinje, qu’elles ne le sont en réalité. Les obstacles, les petites branches, les pierres se détachent moins nettement sur le revêtement de la route qu’avec un éclairage sélectif (fig. 2).
- Dans une atmosphère claire, en lumière blanche, les impuretés en suspension dans l’air déterminent une diffusion du faisceau lumineux qui diminue l’effet de contraste ; dans une atmosphère brumeuse cette diffusion est encore plus gênante.
- Avec la lumière sélective, la diffusion est moindre, et, par temps de pluie même, les gouttelettes d’eau ne produisent plus d’effet gênant. Enfin, les contrastes sont augmentés en lumière jaune par suite de la prédominance des nuances jaunes et vertes dans la nature.
- LA LUMIÈRE JAUNE ET LE BROUILLARD
- Le brouillard est constitué par des gouttelettes d’eau très petites, dont le diamètre moyen est de l’ordre de 1/50® de mm, et qui sont séparées les unes des autres par une distance de l’ordre de 2 mm. La brume, les nuages et le brouillard sont, d’ailleurs, les trois formes d’un même phénomène. Quelques indications ont été données dans un numéro récent de La Nature sur la pénétration des rayons de diverses longueurs d’onde à travers le brouillard. Les expériences entreprises ont montré que les radiations de courte longueur d’onde sont plus diffractées que les radiations de grande longueur d’onde et, ainsi, on a intérêt à supprimer les radiations violettes, indigo et bleues lorsqu’on veut éclairer à travers une atmosphère brumeuse. Ces dernières sont particulièrement réfléchies par les gouttes d’eau, suivant la théorie de lord Rayleigh, et produisent l’effet le plus gênant du « halo ».
- L’EMPLOI PRATIQUE DE LA LUMIÈRE SÉLECTIVE
- Les avantages de la lumière sélective sont ainsi bien démontrés; il ne semble pas d’ailleurs que le flux émis par une lampe sélective soit notablement inférieur à celui émis par une lampe à ampoule incolore. Il y aurait plutôt une adaptation de l’œil du conducteur à effectuer, et, d’ailleurs, on a déjà imaginé des dispositifs ingénieux pour atténuer cet inconvénient peu grave.
- Pour obtenir un résultat efficace, il est essentiel d’utiliser un faisceau de lumière convenablement filtré. Il est inutile de supprimer les radiations à partir du vert, et on peut conserver les radiations du vert au rouge, les rayons vert-jaune étant les plus utiles. On supprimera donc uniquement les rayons nuisibles, bleus, indigo, violets, ultra-violets, et on conservera les autres.
- La plupart des verres colorés employés, par exemple dans les chemins de fer, ne possèdent pas ces qualités, et on a dû fabriquer des verres absorbant complètement les rayons de courte longueur d’onde sous une faible épaisseur en présentant une coloration se rapprochant du vert
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- jaune. Cette coloration ne doit pas non plus se confondre avec celle des signaux du code international, vert et orange (fig. 3).
- M. Blondel avait déjà montré, avant la guerre, pour les projecteurs à miroir métallique doré, les avantages pratiques du système. Le miroir doré a une courbe de pouvoir réflecteur fortement sélective, et élimine en grande partie les rayons verts, bleus et violets, particulièrement réfléchis par les vésicules du brouillard, et qui produisent un halo gênant. Ces systèmes étaient donc intéressants pour la marine et le service des phares et balises.
- Quand on remplaçait le miroir doré par un miroir argenté avec une glace transparente jaune, les résultats étaient moins bons, parce que les verres jaunes au soufre de cette époque avaient une courbe d’absorption beaucoup moins sélective. La création des verres jaunes au sulfure de cadmium ou de cadmium et sélénium a permis avec des épaisseurs de verre assez faibles de 3/10® à 5/10® de mm d’obtenir une élimination presque absolue de toute la partie du spectre de longueur d’onde inférieure à 0,520 micron, comme avec les miroirs dorés.
- On voit ainsi sur la figure 4 la courbe indiquant le facteur de transmission pour un verre sélectif fabriqué en France, et d’une coloration jaune d’or par transparence.
- Ce verre filtre toutes les radiations de longueur d’onde supérieure à 0,53 micron avec une absorption minime, et arrête intégralement les radiations de longueur d’onde inférieure à 0,48 micron. Il est caractérisé par une diminution brusque du facteur de transmission pour les radiations de longueurs d’onde comprises entre 0,51 et 0,49 micron.
- La couleur du rayonnement obtenu avec ce verre sélectif est définie par une radiation de longueur d’onde de 0,582 micron, avec un facteur de pureté, de 0,98. La lumière obtenue ne peut donc être confondue avec celle des feux verts ou orangés réglementaires.
- COMMENT EMPLOYER LA LUMIÈRE SÉLECTIVE
- On peut se demander si l’on pourrait utiliser des lunettes jaunes en conservant des projecteurs à lumière blanche. Le procédé serait plus incommode, et ne protégerait pas l’œil des rayons latéraux diffusés par les objets voisins. Cet éclairage latéral est gênant à cause de la sensibilité plus grande de la partie périphérique de la rétine pour la lumière blanche, ou riche en rayons bleus et verts. Il ne faut, d’ailleurs, pas comparer l’effet d’éblouissement produit par un projecteur à lumière jaune à celui d’un projecteur à lumière blanche observé à travers des lunettes jaunes. Les lunettes sélectives ne permettent d’observer la route qu’avec une brillance réduite, et laissent passer sans réduction nouvelle le faisceau éblouissant débarrassé de sa partie la plus réfran-gible. Le seul moyen pratique est donc de disposer le système sélectif sur le phare d’automobile lui-même.
- Un inventeur, M. Sirot, a établi récemment un système de lampe permettant à volonté de fournir un faisceau de lumière blaqche ou de lumière jaune par la simple manœuvre d’un commutateur.
- Fig. 4. — Courbe du facteur de transmission du verre sélectif Yvel.
- Le résultat est obtenu par l’emploi de deux filaments. Le filament 1, destiné à la lumière blanche, est placé au foyer géométrique de la parabole du réflecteur (fig. 5).
- Le filament 2, destiné à la lumière jaune, est situé en avant du précédent, à une distance déterminée. Il est recouvert à sa partie supérieure par une coupelle 3. Les rayons émanant de ce filament sont réfléchis par un miroir sphérique de couleur jaune constitué par la paroi intérieure de la lampe (4), et se concentre en 5.
- La partie inférieure arrière de la lampe reste transparente, et permet le passage normal des rayons blancs produits par le filament 1. Les rayons réfléchis par le miroir sphérique jaune ne peuvent remonter directement vers la parabole, parce qu’ils sont interceptés par la coupole 3. Ainsi, on peut obtenir un éclairage en lumière blanche normale sur route, et un éclairage en lumière jaune, lors du croisement d’une voiture, ou par temps de brouillard.
- L’emploi d’un système d’éclairage à lumière sélective est, en général, facile sur une voiture, et peu coûteux; il semble donc qu’il soit destiné à accroître la sécurité de la route.
- L. Picard.
- Fig. 5. — Ampoule de M. Sirot à deux filaments permettant d’utiliser la lumière blanche pour l’éclairage ordinaire et la lumière jaune pour l’éclairage code par temps de brouillard.
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- VOL EN AVION ET GÉOGRAPHIE
- Au cours d’un premier vol, en général on ne voit, on n’admire pas grand’chose, quoique bien peu de gens osent l’avouer en descendant de la carlingue. C’est que, aux abords de Paris par exemple, lors d’un virage, quand on voit la tour Eilïel monter dans le ciel au-dessus de sa tête, on perd un peu ses notions d’équilibre et d’orientation. Puis viennent les premiers étonnements, en particulier de ces constructions qui vous apparaissent au-dessous comme autant de pièces de bergerie qui servent de jouets aux enfants.
- Mais très vite en somme l’accoutumance se fait;.vous
- du point de vue et l’extension du champ de vision qui en résulte offrent au voyageur aérien des perspectives inconnues de l’automobiliste et du piéton. Si elles n’atteignent pas les limites de l’horizon théorique, qui pour la simple altitude de 1000 m dépassent déjà 100 km, néanmoins leur ampleur est à elle seule souvent grandiose.
- Certes les bruits de la terre ne viennent pas jusqu’à vos oreilles, ces bruits proches ou lointains qui, suivant les heures ou les saisons, donnent aux paysages une signification particulière. Mais il est aisé de se rendre compte que, sur ce champ si vaste, la nature vous apparaît sous
- Fig. 1. — Le Puy de Dôme vu en avion. (Cliché Compagnie aérienne française).
- cessez de juger les choses par comparaison avec les aspects qu’elles ont au sol et avec les images que vous avez gardées dans la mémoire; vous les voyez telles qu’elles apparaissent à l’observateur aérien. Vos regards ne se fixent plus uniquement sur ce qui est en bas à la verticale ; ils se promènent sur toute cette étendue qui leur est offerte, la vision se libère de ses entraves habituelles et s’élargit avec les dimensions de la carte qui se déploie sous vos ailes. Vous êtes en mesure désormais de saisir, d’apprécier, d’admirer.
- Les sujets d’admiration sont multiples. La hauteur
- des aspects très divers qui ne peuvent manquer d’émouvoir votre sensibilité ou d’éveiller la curiosité de votre esprit.
- Les lignes, les formes, les couleurs prennent une signification que nous ne leur connaissions pas. Les paysages même en apparence les plus déshérités, les plus noirs, les plus tristes et qui, au sol, nous ont semblé le moins faits pour l’agrément du touriste, telles régions industrielles par exemple où parmi l’éploiement des voies ferrées se pressent les usines et les puits de mine avec leurs crassiers et leurs hautes cheminées, sont suscep-
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- tibles d’acquérir, vus d’en haut, un sens, un intérêt, une grandeur inattendus.
- Les effets d’ombre et de lumière, qui sont souvent une joie pour les yeux, nous procurent de ces révélations dont il nous semble qu’on peut se faire une idée en se rappelant les cris de surprise qui jaillissaient de la foule à la vue de Notre-Dame de Paris surgissant la nuit pour la première fois sous les projecteurs.
- Mais le vol en avion ne nous permet pas seulement, dans certaines conditions d’altitude, d’atmosphère, d’éclairage et d’obliqojté de vision, d’admirer ces beaux ‘ spectacles dont la photographie aérienne, malgré l’absence des couleurs, apporte l’éclatante démonstration; il nous fournit des enseignements d’une valeur inappréciable,, particulièrement en ce qui concerne la géographie : géographie physique, économique, humaine.
- C’est à ce point de vue de la géographie que nous indiquerons brièvement les ressources qu’est susceptible de nous fournir l’avion comme moyen d’investigation et d’étude.
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- Tout le monde sait la difficulté qu’il y a, lorsqu’on visite une ville, à se rendre compte de sa disposition générale, de son mode de développement, de l’orientation de ses voies, de la division de ses quartiers ; l’impossibilité où ,1’bn se trouve souvent, lorsqu’on veut admirer un ^rhbnüment, d’avoir le recul nécessaire pour l’embrasser d’un seul regard. Si l’on désire avoir une idée d’ensemble d’une cathédrale par exemple, du moins en ce qui concerne l’extérieur, on est dans l’obligation de chercher une suite de vues fragmentaires qu’il est d’autant plus malaisé de rapprocher dans son esprit qu’elles sont espacées par tout le temps qu’il faut à pied, et par bien des détours, pour effectuer les déplacements qui s’imposent. Pour les superstructures, il ne vous est pas toujours loisible de trouver le point d’observation qui conviendrait.
- Si l’on cohsidère non plus les édifices humains mais les reliefs naturels, il est à peine besoin de le dire, l’étude et l’observation se heurtent à des difficultés du même ordre : accès ardu ou impossible, vues limitées ou trop éloignées, cheminement lent ou détourné permettant mal de dégager les idées d’ensemble de la complexité des détails, la structure générale de l’accident.
- D’un avion nous pouvons observer une ville ou un monument dans leur ensemble, distinguer le plan de leur construction, la proportion et le rôle de leurs différentes parties. La même ressource s’offre au géographe; qu’il s’agisse des côtes, des montagnes, des fleuves, des voies de communication, de la physionomie des grandes régions, s» de l’activité économique, il pourra du haut des airs et grâce à l’étendue du champ de vision discerner les caractères généraux, les tendances, les orientations, les liens des parties entre elles, les groupements, la constitution ety’évolution des systèmes. Lors même que des vues successives seraient nécessaires à une synthèse, leur succession même est si rapide qu’elles se complètent et se reconstruisent en un tout dans son esprit, sans qu’il
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- soit nécessaire d’un effort. Enfin ce que ses yeux n’auraient pas eu suffisamment le temps d’observer, la photographie l’enregistre et lui fournit un document précieux dont il pourra ensuite poursuivre l’étude.
- C’est ainsi que sur les côtes, les vues aériennes dans telle ou telle région permettent de suivre l’évolution du littoral et, si l’on observe le déversement des eaux dans la mer, font apparaître comment se sont exercées les
- Fig. 2. — L’aiguille de la Chapelle Saint-Michel, au Puy. (Cliché Compagnie aérienne française).
- influences opposées des courants marins et des courants fluviaux. L’enseignement si lumineux à ce sujet de M. de Martonne y trouve sa confirmation et son complément (1).
- Des observations, souvent difficiles avec les moyens habituels, sont susceptibles également d’être faites, grâce à l’avion, d’être enregistrées, et de constituer une
- 1. Traité de Géographie physique, par E. de Martonne, professeur à la Sorbonne.
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- documentation importante en ce qui concerne l’étude des couches successives qui se sont formées au fond des mers anciennes; car les côtes, comme les montagnes, offrent cet avantage d’offrir parfois ce que M. Camille Vallaux appelle « des paysages géologiques », où le sol est comme « tranché à vif » en sorte que les coupes tracées en pointillés dans les livres deviennent des réalités (1).
- A toutes les remarques que nous ne faisons qu’indiquer à ce sujet, à celles que nous pourrions ajouter notamment en ce qui concerne les fleuves, dont la vie, l’âme en quelque sorte, s’affirment le long de leur parcours, au fur et à mesure des luttes qu’ils ont à soutenir pour rejoindre la
- qui nous paraissent avoir une certaine valeur démonstrative. Ils concernent la montagne et sont pris l’un en Auvergne, l’autre en Provence.
- La vue aérienne du Puy de Dôme (fig. 1) fait ressortir d’une façon saisissante les caractéristiques de la chaîne des Dômes qui s’allonge au nord-est des Monts Dores entre l’Ailier et son affluent la Sioule.
- Suivant Elisée Reclus, les Monts Dores constituent un immense massif volcanique; le puy de Sancy et les puys voisins faisaient tous partie d’un même grand cratère d’éruption et la disposition étoilée du réseau hydrographique actuel, qui serait si frappante à observer d’un
- Fig. 3. — La montagne de Sainte-Victoire. (Cliché Compagnie aérienne française).
- mer et se manifestent avec quelque clarté aux yeux de l’observateur aérien, à toutes ces remarques il faudrait ajouter la démonstration de photographies aériennes; nous l’avons tenté ailleurs (2). Pour ne pas sortir du cadre limité d’un article, nous nous bornerons à deux exemples
- 1. La géologie et la géographie physique, par Camille Vallaux. Revue de la Société de Géographie, février 1923.
- 2. Les idées résumées ici sont développées dans l’ouvrage : Le vol en avion. Ses joies et ses leçons, 1 vol. in-4, 360 p., dont 150 photographies aériennes prises dans toutes les régions de la France, en Algérie, en Tunisie, au Maroc et au Canada. En souscription chez Frazier-Soye, 168, boulevard du Montparnasse, Paris.
- avion, atteste, d’après M. de Martonne, l’existence de ce puissant massif.
- Les Dômes, au contraire, forment une chaîne de puys successifs échelonnés au nombre de plus de 60 sur une longueur de 30 km; ils s’élèvent à une altitude variant de 150 à 500 m au-deâsus d’un piédestal granitique qui a lui-même une élévation moyenne d’un millier de mètres. Ils ont des apparences très diverses de dômes, de cônes tronqués, d’entonnoirs; leur variété s’explique en partie par leur différence d’âge qui s’échelonnerait, disent les géologues, sur sept périodes, du miocène inférieur au pléistocène. A la hauteur de Cler-
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- mont-Ferrand, « le dominateur de toute la chaîne, le Puy de Dôme, composé de trachyte ou de « domite », sorti du sol à l’état de pâte molle, ne s’ouvre point en forme de cratère. Il a bien la forme d’une coupole... La régularité de sa forme, la fertilité de la plaine qui s’étend à sa base en ont fait une sorte de patron du pays et les paysans voient en lui un géant protecteur... L’antique sanctuaire qui avait été consacré au sommet de la montagne à Mercure Arverne, s’était transformé au moyen âge, dans l’imagination populaire, en un lieu infernal : c’est là que venaient se réunir au sabbat tous les sorciers de France ».
- Sur la photographie que nous reproduisons, et qui nous paraît la juste illustration de ces lignes, on remarquera au dernier plan la fuite des dômes successifs, dont l’avion permettrait de suivre des yeux la chaîne complète. L’observateur aérien verrait davantage encore; apercevant à la fois la chaîne des Dômes et la chaîne des monts du Velay, il saisirait « le groupement des appareils volcaniques en deux lignes parallèles correspondant à des dislocations tectoniques ». Il pourrait au cours de son vol suivre avec M. de Martonne l’évolution des reliefs volcaniques et en remontant la vallée jusqu’à la ville du Puy, il constaterait ces étonnants effets d’érosion qui ont produit parfois « une véritable inversion du relief » en ne laissant plus debout qu’une aiguille isolée telle que celle sur laquelle s’est perchée à 95 m d’altitude la chapelle Saint-Michel et que l’on voit se dresser en arrière de la cathédrale sur la figure 2. Cette aiguille serait le témoin d’un cratère disparu dont seule la cheminée, remplie de laves solidifiées, est restée debout. Nous allons voir maintenant une inversion en sens contraire.
- En Provence, dans la région d’Aix, la photographie aérienne que nous donnons (fig. 3) de la montagne Sainte-Victoire fournit un exemple assez curieux de ce que M. de Martonne appelle un « relief monoclinal calcaire et une cuvette synclinale perchée ».
- Cette montagne, dont le point le plus élevé atteint environ 1000 mètres, fait partie des chaînes calcaires de la Provence que l’on voit s’allonger de la gauche à la droite de l’image. Le soulèvement est orienté d’une manière générale de l’ouest à l’est; les géologues le rattachent au système pyrénéen.
- Sur la vue que nous offrons à gauche une crête gazonnée, inclinée vers l’ouest, est brusquement interrompue par une cassure de roches se raccordant plus bas à une cuvette dont la bordure rocheuse apparaît de même nature.
- L’ensemble du relief est monoclinal; l’inclinaison des couches qui le constituent est marquée par la pente gazonnée du sommet et par certaines lignes parallèles que l’on distingue au flanc de la paroi rocheuse.
- La cuvette, dont les lignes arrondies sont si parfaitement dessinées, est de ce type de cuvette perchée dont on trouve d’assez nombreux exemples dans les Alpes, notamment au N.-O. de Sisteron près de Laragne, à l’est de Montélimar dans la forêt de Saou, dans l’Al-pette, etc...
- La formation de ces cuvettes est due à l’érosion, et aussi parfois à l’inclinaison des couches qui, lorsqu’elle
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- est le plus accentuée sur l’horizon, donne lieu à ce qu’on appelle « des plis couchés ».
- L’érosion arrive à faire disparaître la tête des plis couchés aussi bien qu’à dénuder un dôme, à le décaper même jusqu’à en inverser le relief au sommet. Il en résulte alors autour de la cuvette ainsi formée une crête circulaire constituée d’une muraille calcaire comme celle qu’on observe sur la photographie.
- La montagne domine cette vallée de l’Arc où, 100 ans avant Jésus-Christ, Marius tailla en pièces les Teutons qui se disposaient à envahir l’Italie; son nom, les feux de joie qu’on y alluma pendant longtemps aux jours de fête, rappelleraient, au dire d’Elisée Reclus, la Victoire des Romains.
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- Les photographies aériennes — qui ne sont que l’enregistrement sur une plaque de ce que les yeux auraient vu de la même altitude — fournissent une confirmation vivante des textes, les complètent, les rendent plus explicites, et entraînent la conviction en substituant la réalité d’une image à la suggestion des mots. Celles que nous avons présentées nous ont paru suffire à en donner une idée. Les vues aériennes ou leurs projections sont d’ailleurs utilisées de plus en plus souvent dans les ouvrages ou dans les conférences de géographie. Si l’emploi cependant en est encore relativement limité, c’est qu’il n’est pas toujours facile de trouver les prises de vue répondant à ce que l’on cherche. Celles qui existent dans le commerce sont, comme il est naturel, plus souvent réalisées pour le plaisir des yeux que pour un enseignement déterminé. Il faudrait qu’un plan fût établi pour guider les sociétés aériennes dans l’exécution méthodique des photographies nécessaires.
- Ce qui serait utile pour confirmer, préciser, démontrer ce que l’on sait déjà, ne le serait pas moins pour rechercher ce qu’on ignore ou ce qu’on connaît mal. Il ne manque pas, surtout en montagne, d’endroits peu accessibles, qu’il est difficile ou impossible de voir du sol, où le géographe et le géologue ne peuvent aller eux-mêmes, où parfois nul ne va jamais parce qu’ils n’ont pas d’attrait pour les touristes, et qui cependant sont susceptibles d’intéresser hautement les savants. Si ces derniers n’ont pas la facilité ou le goût d’aller voir eux-mêmes en avion, ils peuvent, avec la photographie, se faire apporter dans leur bureau le terrain qu’ils veulent étudier, qu’ils ont ensuite tout loisir d’examiner et dont la stéréoscopie peut en outre leur révéler les particularités (-1).
- A ce dernier point de vue des investigations nouvelles, il appartient aux géographes de déterminer les zones et de fixer les buts; c’est encore un plan d’ensemble qu’il conviendrait d’envisager et qu’à noire avis des efforts individuels ne sauraient suffire à réaliser.
- Général A. Mollandin.
- 1. L’étude est bien facilitée par l’emploi de stéréoscopes comme il en existe aujourd’hui, permettant d’utiliser deux photographies grand format, prises à des altitudes différentes, et non découpées.
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- LA MAISON DES BRONGNIART
- On célèbre la mémoire d’un homme de génie en créant un musée de souvenirs où sont réunis des objets qui lui furent familiers. Le plus souvent c’est un hôtel ou un appartement où il passa une partie de sa vie, parfois quelques années seulement.
- Je donnerai ici un exemple plus complet, plus instructif, celui d’une famille de savants célèbres au xixe siècle, les Brongniart, qui se sont illustrés de père en fils durant plusieurs générations.
- Le plus souvent le génie dans une famille n’est tiré qu’à un seul exemplaire.
- On cite comme (x) dynastie de musiciens les Bach, de mathématiciens les Bernouilli, qui eurent aussi un naturaliste, le chirurgien Alfred Richet eut pour fils le biologiste Charles, et le chimiste Régnault le peintre Henri Régnault (1 2).
- Fig. 1. — Lamuisondu Vert-Buisson construite par Alexandre Brongniart vue en 1S34. La famille Brongniart a possédé la même
- demeure pendant plus d’un siècle, et la possède encore. En 1831, Alexandre Brongniart, professeur de minéralogie au Muséum d’histoire naturelle et directeur de la manufacture de porcelaine de Sèvres, désireux de se créer un asile de repos assez proche de Paris, fut attiré par le charme de la campagne normande de Gisors, où le grand-père de sa femme, l’architecte Hazon possédait le domaine de Cantiers. Il acheta le bois Prieur à Bézu Saint-Eloi, et, au lieu-dit le Vert-Buisson, il bâtit un chalet (fig. 1).
- Pour se déplacer entre ses divers centres de résidence et de travail, le Muséum, Sèvres, son hôtel de la rue Saint-Dominique et Bézu Saint-Eloi, il avait une berline aménagée et équipée à sa convenance, toujours prête au départ, car il accoutumait de coucher le soir au lieu même de son occupation du lendemain.
- Mort en 1847, à l’âge de 77 ans, il eut pour successeur son fils Adolphe (1801-1876), professeur de botanique au Muséum, un des fondateurs de la paléontologie végétale, qui avait travaillé avec lui à la création du Vert-Buisson, et qui continua son œuvre.
- Puis ce fut le tour de son petit-fils, Edouard Brongniart (1830-1903), artiste peintre et inspecteur de la Ville de Paris. Son arrière-petit-fils, Charles (1859-1899), assistant au Muséum, que j’ai bien connu, mourut avant son père d’une infection contractée en soignant la plaie d’un oiseau.
- En 1903, à la mort de son grand-père Édouard, André Brongniart (né en 1888), architecte, hérita du Vert-Buis-
- 1. Ou peut-être plus modestement : lignée.
- 2, J’ai habité quelques années avec mes parents, à la fin du siècle dernier, le pavillon du chimiste Régnault à Auteuil, 54, rue La Fontaine. J’y ai vu sur les murs d’une chambre du second étage des ébauches de jeunesse du peintre Henri Régnault. La propriétaire de cette maison, unique descendante du chimiste, habitait à côté un petit château avec un vaste jardin. Je ne sais ce que sont devenues les ébauches. Elles auraient été conservées si l’on avait converti ce pavillon en musée dédié au père et au fils.
- Fig. 2. — La maison du Vert-Buisson dans son état actuel.
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- son. Il en fit sa résidence préférée, et s’attacha à l’embellir, tout en lui conservant son aspect primitif.
- Tel le représente une peinture sur porcelaine cuite à Sèvres, vers 1834, tel il est aujourd’hui, seuls les arbres ont grandi. C’est un chalet suisse construit au flanc d’un coteau assez escarpé, qui domine plusieurs vallées parallèles couvertes de prairies et de bois. Au milieu du panorama, les ruines du donjon féodal de Neaufles-Saint-Martin meublent ce paysage romantique qu’encadrent des deux côtés quelques-uns des grands arbres du Vert-Buisson (fig. 2).
- On a conservé au chalet sa couleur ocre d’autrefois. Il présente deux étages sur une terrasse qui surmonte une véranda vitrée. Avez-vous annoncé votre visite, comme il y a cent ans, on hisse sur le grand mât à gauche le pavillon aux armes de la famille. Sur les murs vous lisez des maximes qu’y inscrivit le fondateur; dans la salle à manger : « 11 vaut mieux être invité à manger des herbes avec affection qu’à manger le veau gras lorsqu’on est haï »; au salon : « La confiance fournit plus à la conversation que l’esprit »; sur la façade un vers d’Horace : « Ille terrarum mihi præter omnes angulus ridet » (‘), exprime bien la pensée des possesseurs du lieu.
- Dans le salon, au premier, vous admirez les meubles anciens, les livres et les portraits qui proviennent des résidences parisiennes de la famille.
- Vous pouvez ainsi connaître les ascendants et les alliés des Brongniart, toute une page de l’histoire de l’art et de la science français aux xvme et xix9 siècles.
- Un très beau portrait peint par le baron Gérard représente les traits du premier aïeul, Alex. Théodore Brongniart {1759-1813), l’architecte célèbre à la fin du règne de Louis XVI, qui construisit la Bourse de Paris en 1810 (fig. 4).
- On voit aussi Alexandre Brongniart enfant, peint en miniature par Hall (fig. 3) ainsi que sa sœur Emilie qui épousa l’ambassadeur baron Pichon.
- D’Emilie on remarque encore un très beau buste en terre cuite par Couasnon; jusqu’en 1899, époque de la cession au Louvre par Édouard Brongniart, des célèbres bustes, par Houdon, d’Alexandre et de Louise Brongniart enfants, le gracieux portrait d’Emilie était demeuré en compagnie de ceux de son frère et de sa sœur : aujourd’hui, de bonnes reproductions de ceux-ci la consolent de cette séparation. Il y a aussi Emilie, par Mme Vigée-Lebrun.
- Une peinture faite vers 1806 par Mme Chaudet nous montre Adolphe Brongniart enfant, habillé en mameluck, selon le goût militaire du premier Empire.
- Deux très beaux pastels, par Voiriot, rappellent les visages de Barthélemy Hazon et de son épouse Made-
- 1. Ce petit coin de terre me plaît entre tous.
- leine de Malinghuehen, grands-parents de Cécile Coquebert de Montbret, femme du fondateur du Vert-Buisson. Il y a encore beaucoup d’autres souvenirs, œuvres d’artistes connus tels que Sicardi, Boilly, Lemoyne, Vincent, David d’Angers, Steuben, etc.
- Rappelons encore la mémoire des familles alliées, qui elles aussi comptèrent des savants célèbres : le chimiste J.-B. Dumas, le naturaliste Audouin, l’agronome Hervé Mangon, le botaniste Maxime Cornu et son frère le physicien.
- Si le Vert-Buisson mérite l’attention de l’historien qui étudie la vie des grands hommes et de l’artiste qui admire les chefs-d’œuvre du temps passé, il offre un intérêt d’un autre ordre et plus important parce que social.
- La futaie qui s’étend en arrière du chalet et l’encadre, montre ce que peut donner un
- Fig. 3. — Le portrait de l'architecte Alexandre Théodore Brongniart peint par Gérard.
- Fig. 4 (à gauche). — Le minéralogiste, Alexandre Brongniart, enfant (pastel de Hall).
- effort intelligent, continué dans le même sens pendant plusieurs générations et apporte ainsi une précieuse-contribution au problème du reboisement.
- Quand en 1831 Alexandre Brongniart acheta le bois. Prieux, non seulement il en conserva les plus beaux arbres,. — il en est qui atteignent maintenant deux cents ans, et plus — mais encore il y ajouta des essences variées sur-les quelque vingt-cinq hectares de friches qu’il boisa entièrement.
- Lui et ses successeurs n’abattirent que les arbres qui croissaient mal ou dépérissaient : leurs coupes favorisaient ainsi la sélection des sujets les plus robustes.
- Ce n’était ni l’exploitation brutale par coupes rases, qui aboutit au taillis et à la broussaille, ni l’exploitation rationnelle des forestiers qui divise la forêt en nombreux lots qu’on coupe successivement lorsque les arbres sont bien venus; c’était l’exploitation esthétique !
- Grâce à elle nous admirons aujourd’hui cette haute futaie qui couvre 50 hectares (fig. 5).
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- Fig. 5. — La futaie du Vert-Buisson.
- Déjà, à l’entrée du Yert-Buisson, s’impose à la’vue un cèdre centenaire; bien que plus jeune que celui du Jardin des Plantes, il a un tronc plus gros, il n’est pas étêté et il possède ses ramures inférieures (fig. 6).
- Dans le bois nous trouvons des chênes, des pins sylvestres, des sycomores, des charmes, des hêtres, des peupliers blancs de Hollande —- ceux-ci ont la vie courte, ils ne dépassent pas quatre-vingts ans — tous géants robustes et bien venus, sans compter une superbe allée de pins laricios dressant leurs énormes fûts à plus de 30 mètres de hauteur.
- Les arbres les plus beaux sont dédiés à des membres de la famille et en prolongent ainsi la mémoire.
- Il m’a paru utile de montrer qu’une lignée de savants, célèbres dans notre histoire, a édifié cette haute futaie, tandis que les bois des alentours, coupés à blanc, devenaient taillis, que la forêt de Gisors prenait le même aspect, et combien d’autres disparaissaient en France !
- C’étaient des bois privés qui constituaient un capital dont ont usé les propriétaires pressés par des besoins d’argent, ou encore des héritiers pour le partage des successions. C’étaient des bois communaux qui ont servi à combler les déficits. C’étaient même des forêts de l’Etat que celui-ci n’a pu défendre contre les bergers qui les ravagent et les brûlent, ou même qu’il a dû couper pendant la grande guerre parce qu’il fallait étayer les tranchées.
- Je ne rappellerai pas l’importance du boisement pour assurer la régularité des pluies et l’écoulement des eaux. Tout pays qui détruit ses arbres tombe en décadence : ainsi est-il arrivé des grands empires d’Asie, de la Grèce, de l’Espagne. Avant la guerre on calculait que la Russie avait 40 pour 100 de son territoire boisé, l’Allemagne 24, la France 16, l’Italie à peu près autant, alors que le Portugal n’en avait que 6, l’Espagne 3, la Perse 5. Préserver les forêts, reboiser est une nécessité sociale.
- L’actuel propriétaire du Vert-Buisson, André Bron-gniart l’a compris; il a respecté la propriété de ses aïeux, il l’a agrandie par l’achat de quelques enclaves et entourée d’une solide clôture, ce qui lui permet d’y conserver diverses espèces d’animaux, notamment des chevreuils. Il a planté aussi plusieurs hectares.
- Le Vert-Buisson n’entend pas le bruit des villes, ni le tapage des automobiles sur les grandes routes ; il est à l’écart dans le silence et la paix, comme il était il y a un siècle.
- Et l’on comprend mieux encore qu’autrefois la nécessité pour un penseur, un chercheur, d’un tel repos, dans une campagne, où il puisse se remettre des agitations de la ville. Dr Félix Régnault.
- Sur l’œuvre scientifique d’Alexandre et d’Adolphe Brongniart, on pourra lire l’éloge prononcé par Jean-Baptiste Dumas, le 23 avril 1877, devant l’Académie des Sciences.
- Fig. 6. — Le cèdre centenaire du Vert-Buisson.
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- QUELQUES SOUVENIRS DE PLEIN AIR =513
- Couleuvre à collier. — Un après-midi dans un jardin en bordure de la forêt d’Ermenonville, je suis avec Paul V.., un philosophe. Au milieu d’une allée, une couleuvre à collier (Tropidonotus natrix), digère, engourdie. Vers le milieu du corps, elle nous montre un renflement presque aussi gros que le poing. Notre arrivée la sort un peu de sa torpeur et elle gagne, sans hâte, à deux mètres de là, un trou dont l’orifice est large comme une pièce de deux francs. Elle s’y engage; toute la partie antérieure du corps disparaît; mais, arrivée à la bosse, impossible d’aller plus loin. Elle n’insiste pas, sort et revient en arrière à la place qu’elle occupait. Alors, une contraction la secoue et fait avancer la tumeur de plusieurs centimètres; une seconde contraction l’amène à la base du cou. Il y a un arrêt et il semble impossible que la boule puisse jamais traverser cette partie rétrécie. Contraction nouvelle plus puissante que les précédentes et une ondulation parcourt le corps depuis la queue jusqu’à la tête; les mâchoires s’ouvrent à éclater et, en un clin d’œil, rejettent un crapaud. La couleuvre disparaît alors sans peine.
- Il y a eu là, sans doute possible, un raisonnement. La couleuvre, je pense, a pu se dire : a Ce trou est mon seul refuge; je ne puis y pénétrer avec ce que j’ai dans l’estomac. Il faut que je me débarrasse, sinon je suis victime de ma gloutonnerie et de mon imprudence ». Son parti est pris ; elle revient en arrière et d’un vigoureux effort qui n’a pas été sans mal, elle rejette son déjeuner. Le crapaud était encore vivant mais en très mauvais point, sanguinolent, une patte arrachée. Il put se traîner seulement quelques pas; le lendemain, je le retrouvais mort au même endroit.
- A l’automne, on rencontre souvent,'des couleuvres de cette espèce déjà engourdies et qui sont parfois aussi insensibles qu’un Orvet. En les excitant, on parvient à les éveiller et, sans chercher à fuir, elles se dressent, dardent leur langue et sifflent avec fureur. Tout cela est banal; mais, ce qui l’est moins et ce que les auteurs indiquent à peine, c’est qu’elles peuvent, lorsqu’elles sont bien en colère, dilater dans le sens transversal la peau au-dessous du cou qui s’élargit ainsi et s’amincit comme des ailerons; on a aloi's sous les yeux un vrai serpent d’allure féroce comme un Naja.
- Hermine. — Nous sommes trois ou quatre dans le parc d’Ermenonville, assis sur les débris du Temple de la Philosophie et causant, lorsqu’une Hermine, en quelques bonds, saute dans le cercle que nous formons. Elle tient dans sa gueule un jeune lapin beaucoup plus gros qu’elle et qui n’est cependant qu’un fardeau insignifiant. Elle a un moment d’hésitation, abandonne sa proie et disparaît, nous laissant interdits. A quelques jours de là, dans le même parc, une Buse qui a sûrement perdu la tête vient déposer, cette fois, un gros lapin à mes pieds.
- Le Lézard est l’ami de l’Homme. —• La scène se passe dans le midi pyrénéen. Des étudiants sont venus pour les vacances de Pâques au laboratoire Arago et ont été explorer les grottes de Pouade d’où ils rapportent des Chauves-Souris variées. Un instant, ils se reposent de chaque côté du sentier rocailleux qui serpente à travers les charmantes collines des environs de Banyuls. Ce matin même, un Américain du laboratoire me disait : « C’est tout à fait la Californie ». Le groupe est assez nombreux et gai, par conséquent sans nul souci d’être silencieux ou calme. Mon voisin de gauche me fait un signe :
- « Ne bougez pas et passez la main sur votre joue ». J’exécute le geste indiqué et « cueille » un charmant petit Lézard. Je n’avais absolument rien senti.
- Ecureuils. — On connaît leur souplesse, leur agilité et aussi leur confiance; j’en ai eu à un mètre de moi. Ils sont curieux et se moquent, je crois, du passant inofïensif. Un Ecureuil campé
- sur un tronçon de branche comme sur un piédestal me suit des yeux en grognant; je l’ai très bien vu hausser les épaules à plusieurs reprises. Je garde encore l’étonnement de deux sauts extraordinaires : un Ecureuil, poursuivi dans la forêt de Chantilly, grimpe sur un Charme élevé. L’arbre est assez jeune pour être violemment secoué et l’animal finit par lâcher prise et tombe. On le croit par terre, mais après une chute de plusieurs mètres, il a l’adresse de s’agripper à une branche basse que son élan courbe jusqu’au sol et il se sauve. Un autre s’est réfugié sur un Pin absolument isolé et résiste longtemps aux secousses; il se voit forcé de faire un bond incroyable, ou plutôt un vol, jusqu’à un autre Pin si éloigné qu’on ne pensait pas qu’il pût être atteint. Je regrette surtout pour ce saut de n’avoir pas mesuré la distance, elle était énorme. L’Ecureuil trouve un maître dans l’Oiseau, j’en ai été le témoin amusé. Je vais parfois me mettre à l’affût dans un épais bouquet de Houx dominé par de grands arbres; sous la branche d’un haut Bouleau, il y a un trou de Pic-vert habité. Vers la fin de la journée, mon Pic reste aux environs en faisant tout le bruit possible. Brusquement il se tait et je sais qu’il va rentrer chez lui. Avec précaution, en silence, il s’approche en inspectant les alentours et se pose sur une branche près de son nid ; mais il est guetté par l’Ecureuil qui grimpe, caché par le tronc, jusqu’à sa hauteur; il se démasque alors et bondit, moins rapide cependant que l’Oiseau qui lui échappe encore une fois.
- Un piège à retardement. Lapins. — En franchissant un sentier de piégeage profondément encaissé dans une butte de sable du « Désert » d’Ermenonville, je fais partir un Lapin qui se dirige vers un piège à trappe; je le crois pris ! Pas du tout, le Lapin le traverse au galop et tandis que, chacun de notre côté, nous continuons notre chemin, j’entends un déclic; c’est le piège qui se ferme avec une demi-minute de retard. On trouve, du reste, de tout dans ces boîtes, des Ecureuils, des Hérissons, des Oiseaux, Merles, Pics-verts... parfois aussi des Putois et des Hermines. Les Lapins sont trop souvent bien désagréables par les dégâts qu’ils commettent, mais il faut reconnaître aussi qu’ils sont bien amusants et il y aurait trop à dire sur leurs tours. Qui n’en a pas trouvé de pris au collet, la tête déjà enflée, les yeux vitreux et ressuscitant dès qu’ils sont dégagés du nœud coulant ? J’ai vu aussi combien le timide Lièvre pouvait avoir la dent dure. Sur une pente de sable où quelques arbustes poussent, un Lièvre qui se débat sur place attire mon attention. Il est pris au collet. Mon approche lui fait faire des bonds désespérés, puis il se couche et paraît mort. Je vais mettre la main sur lui (tel un braconnier) lorsqu’il se relève et d’un coup de dent tranche net la tige en fil de laiton.
- Le chant de la glace. — Ce dernier souvenir, tout différent des précédents, remonte aux premiers mois de la guerre. Le 27 novembre 1914, je suivais la chaussée qui borde le grand étang de Châalis, lorsque arrivé au lieu dit « les GrandesVannes » je fus surpris par un son fort et plein d’harmonie qui semblait s’exhaler de l’air même. Rien dans les environs ne pouvait m’en indiquer l’origine. Ce ne fut qu’après un moment, en portant les yeux sur l’étang, que l’explication me fut donnée. Quelques jours auparavant le froid avait été assez vif pour faire prendre la surface de l’eau, puis le dégel était survenu laissant, de grandes plaques de glace que le vent avait accumulées dans un angle de l’étang. Sa surface était à ce moment agitée et offrait cet état particulier qu’on qualifie de « clapoteux ». Tous ces glaçons se heurtant les uns contre les autres et s’entrechoquant étaient devenus parfaitement ronds et leur écrasement réciproque avait formé à la périphérie un petit remblai de neige régulier. Tout le pourtour était ainsi relevé comme une grande feuille de Victoria regia et cette friction remplissait l’air d’un son extrêmement agréable et harmonieux pour
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- lequel le terme de « cristallin » venait s’appliquer de lui-même. C’est surtout sur le charme du son produit et sur sa pureté qu’il faut insister. J’ai lu, depuis, bien des récits de voyages aux régions polaires sans y rien trouver d’analogue.
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- J’ai parlé, plus haut, du « Désert » d’Ermenonville qui méritait alors son nom. Plus je vais et plus je me persuade que la destination de ce magnifique domaine est faussée. Nous avons trop peu de parcs de réserve en France, et si loin ! Le « Désert » ne devrait pas être seulement un lieu de promenade pour des centaines de touristes qui le visitent sans le comprendre et lui font perdre son caractère. Ce fut, pendant de longues années, l’asile du calme et de la nature sauvage ; le promeneur solitaire pouvait y surprendre sur le vif les
- scènes les plus variées de la vie animale dans la sécurité. Et quelle différence d’allure, par exemple, entre un Renard qui chasse pour son propre compte, se sachant en sûreté, et un Renard poursuivi; ou encore le Chevreuil que nous sommes habitués à considérer comme un animal craintif devient, lorsqu’il sent un danger tout proche encore invisible, un animal plein de fierté et de hardiesse, relevant la tête, tandis que son cri si désagréable se transforme en un cri de colère. Rien alors, dans le « Désert », ne troublait ses grands animaux, ses Hérons, ses Buses, ses bandes de Canards sauvages et ses nuées d’Etour-neaux. Les étangs, les rochers, les bruyères, les roseaux, la faune et la flore, tout formait un ensemble harmonieux et un précieux champ d’études. C’était'—ce pourrait être encore — le parc de réserve idéal créé pour l’artiste et le naturaliste.
- Dr L.-J. Moreau.
- LA SCIENCE ET LES CHARLATANS
- LES MIROIRS PLATINÉS
- Les lecteurs de La Nature connaissent certainement les miroirs platinés de MM. Dodé dont il a été parlé il y a déjà
- Fig. 1 et2.—Agauche : Une femme se regarde dans la glace et voit son image. A droite : Puis elle voit se substituer à son image la silhouette d'un homme.
- quelques années. Ces miroirs, dont le détail de fabrication nous entraînerait trop loin, sont obtenus après de nombreuses manipulations, au moyen d’une dissolution concentrée de platine amenée à l’état de chlorure cristallisable.
- Ces miroirs, placés dans un panneau de porte ajourée, reflètent comme une glace ordinaire l’image d’une personne placée dans une pièce éclairée; la pièce située de l’autre côté de la porte étant dans l’obscurité. Mais si l’éclairage change et que ce soit la pièce arrière qui soit éclairée et celle où se trouve le spectateur dans l’obscurité, la glace devient simple plaque de verre et toute image disparaît. Je n’avais pas entendu parler depuis longtemps de ces curieux miroirs, lorsque dernièrement j’ai eu l’occasion de les voir reparaître. Une somnambule, magnétiseuse, prédiseuse d’avenir, etc., ajoutant à son métier un peu de pseudo-spiritisme, a eu l’idée d’évoquer pour ses riches clients et clientes des images de personnes qui leur sont chères, alors qu’elles sont décédées ou absentes.
- Dans la salle de consultation qui n’a rien du cabinet de l’alchimiste ou du sorcier, mais qui est meublée très sévèrement, se trouve une grande glace.
- La somnambule après avoir fait parler le client, ce qui est
- une manière de se renseigner, lui dit qu’elle peut lui faire voir telle ou telle personne qui lui tient au cœur et comme la pythonisse d’Endor qui évoquait pour Saül l’ombre de Samuel, elle fait apparaître l’ombre de la personne désirée. Pour faire cette évocation, un médium, tantôt un homme, tantôt une femme, vient l’endormir. Le client regarde dans la glace où il se reflète : la chambre est mise dans une demi-obscurité et peu à peu il voit son image s’effacer, disparaître et il aperçoit une image assez vague, de la personne, homme ou femme, qu’il a voulu voir.
- Au bout d’un instant tout disparaît et il revoit sa propre image. Le sujet se réveille et l’opération est terminée.
- Les lecteurs connaissant la propriété des glaces platinées ont compris sans plus d’explications comment se font les apparitions. Ajoutons que derrière la glace est un écran à glissière qui empêche toute fuite de lumière avant le commencement du changement d’éclairage.
- Une autre face de l’opération est la suivante.
- La voyante demeure avec son mari et une servante. Si l’apparition doit être masculine, c’est là servante qui joue le rôle de médium et si c’est une apparition féminine qui doit se produire, c’est le mari qui est médium. La voyante, grâce à une télégraphie orale semblable à celle employée pour la double vue, fait savoir, par sa conversation à ses comparses aux écoutes, l’aspect que devra revêtir l’apparition.
- On se rappelle certainement le procès du photographe Buguet qui fixait d’avance sur la plaque sensible la silhouette qui devait apparaître plus tard : il se servait d’une collection de mannequins costumés. Ici la voyante ou du moins ses comparses ont à leur disposition toute une collection de costumes, perruques, à désespérer Fregoli lui-même. Une légère buée produite sur l’envers de la glace permet de donner au spectateur une illusion plus complète.
- Le prestidigitateur Alber.
- Cloison
- Ecran
- /mobile
- Fourneau pour la vapeur d'eau
- Fig. 3. — Comment l’effet est obtenu.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- L’année 1935 s’annonce très bien, au point de vue astronomique s’entend, par le nombre et l’intérêt des phénomènes célestes qui se produiront.
- L'Annuaire astronomique Flammarion m’en apporte le programme complet et je suis heureux de remercier ici Mme G. Camille Flammarion qui, chaque année, m’en communique les bonnes feuilles en temps utile.
- Ainsi la nouvelle année s’ouvre sous d’heureux auspices astronomiques : nos vœux sincères sont qu’il en soit ainsi dans tous les domaines de l’activité humaine et notamment dans celui de la paix des peuples.
- I. Soleil.— Le Soleil, en janvier, remonte très sensiblement vers le Nord, puisque sa déclinaison qui sera de •—-23° 4/ le 1er janvier, atteindra — 17°34' le 31.
- La durée du jour augmentera en ce mois de lh 3m : elle sera de 8h16m le 1er janvier et de 9h 19m le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que doivent marquer les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- EN JANVIER Dates. 1935 (») p Bu L0
- — — — —
- Janvier 1er + 2o,43 — 3o,03 160°,50
- — 6 0“,00 — 3°,60 94°,65
- — 11 — 2°, 42 — 4°, 15 28°, 81
- — 13 — 3°,38 — 4°,36 2°,47
- — 16 — 4», 80 — 4o,66 322o,97
- — 21 — 7°,12 — 5°,14 257o,13
- — 26 — 9o,36 — 5o,57 191“,30
- — 31 — 11°,50 — 5°,96 125o,47
- Dates.
- Heure du passage.
- Janvier 1er 11'1 54» " 0B
- — 3 11 54 56
- — 5 11 55 52
- — 7 11 56 45
- — 9 11 57 37
- — 11 11 58 26
- •— 13 11 59 13
- — 15 11 59 57
- — 17 12 0 39
- — 19 12 1 18
- — 21 12 1 54
- — 23 12 2 27
- — 25 12 2 57
- — 27 12 3 23
- — 29 12 3 47
- — 31 12 4 8
- Fig. 1 (en haut). — Trajectoire de la petite planète Cérès sur le ciel du 29 décembre 1934 au 3 mars 1935.
- Fig. 2 (en bas). — Marche de la petite planète Eunomia sur le ciel du 29 décembre 1934 au 7 février 1935.
- méridien presque à midi
- On remarquera que du 15 au 17 janvier, le Soleil passera au précis.
- Observations physiques. — Nous recommandons l’observation régulière et quotidienne du Soleil autant, bien entendu, que l’état de l’atmosphère peut le permettre.
- Le Tableau suivant est utile pour orienter convenablement les dessins ou photographies du Soleil : P est l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté vers l’Est, à partir du point Nord du disque; B0 et L0 désignent respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque solaire ou, si l’on préfère, du centre de la Terre vu du centre du Soleil.
- 1. Toutes les heures mentionnées dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de 0h (minuit). C’est le temps légal en France.
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient bien visible en janvier. On pourra l’observer le soir, aussitôt après le crépuscule, vers le Sud-Ouest, loin des lumières artificielles et en l’absence du clair de Lune. La meilleure
- période sera celle du 1er au 7 janvier (nouvelle Lune le 5), puis du 23 janvier à la fin du mois.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée, par les nuits très pures, à peu près aux mêmes dates, juste à l’opposé du Soleil : le 5 janvier, vers minuit, à mi-distance des étoiles o à |j. Gémeaux; le 28 janvier, à minuit, près de o Cancer.
- Eclipse partielle de Soleil. — Nous relatons ici cette minuscule éclipse pour que ce Bulletin soit complet. Car même serions-nous placés au point de la Terre dans lequel ce phénomène atteindra son maximum, aurions-nous le temps le plus idéal, que nous ne la verrions pas... ou si peu !
- En effet, cette éclipse qui se produira le 5 janvier sera minuscule. Sa grandeur maximum sera seulement de 0,0014, le diamètre du Soleil étant pris pour unité. Si l’on représentait le Soleil par un disque de lm, la Lune n’en cacherait seulement que |mm,4. p;i]e ne durera que 10 minutes, de 5|!30S (T. U.) à 5h40œ, le maximum se produisant à 5h35m. Ajoutons que cette éclipse sera seulement perceptible dans l’Océan Antarctique et qu’il n’est aucunement question d’envoyer des expéditions pour l’observer.
- L’année 1935 sera favorisée au point de vue des éclipses, il y en aura 7 en tout, 5 de Soleil et 2 de Lune. Deux seulement seront visibles, en France.
- II. Lune. — En janvier, les phases de la Lune se produiront aux époques ci-après :
- N. L. le 5, P. Q. le 11,
- à 5b20m à 20h55m.
- P. L. le 19, à 15h44m. D. Q. le 27, à 19h59“.
- Age de la Lune, le 1er janvier, à 0h (T. U.) = 25J,3; le 6 janvier = 0h,8. Pour toute autre date du mois, à O'1, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 6.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier : le 3, à 15h =—26°32';lel6, à 12'1 =+ 26“33'; le31, à3h=—26«33'.
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- ASTRE Dates : Janvier. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. I Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ.
- \ 1 7“ 46m 11“ 54m 08 16“ 2m 18“44“ — 23“ 4' 32'35",0 Sagittaire
- Spleil . . . 13 7 42 11 59 13 16 16 19 37 — 25 35 32 34,6 Sagittaire
- ! 25 7 32 12 2 57 16 35 20 28 — 19 7 32 32,6 Capricorne
- 1 8 1 11 58 15 56 18 45 — 24 51 4,6 cr Sagittaire /
- Mercure . . 13 8 22 12 36 16 51 20 10 — 22 14 5,0 Sagittaire / A la fin du mois le soir.
- 25 8 20 13 9 17 59 21 31 — 16 2 5,8 y Capricorne
- [ 1 8 31 12 40 16 48 19 27 — 23 3 10,0 Sagittaire , Le soir, Hans le
- Vénus . . . J 13 8 32 12 56 17 22 20 31 — 20 20 10,2 Capricorne ) crépuscule.
- [ 25 8 22 13 10 17 58 21 32 — 16 13 10,4 y Capricorne
- i I 23 54 5 50 11 45 12 39 — 1 48 7,0 y Vierge .
- Mars. . . . 13 23 33 5 21 11 8 12 58 — 3 35 7,6 0 Vierge / Seconde partie de la nuit.
- î 25 23 8 4 50 10 30 13 13 — 5 2 8,4 0 Vierge
- Jupiter. . . 13 2 45 7 30 12 15 15 6 — 16 25 31,6 '. Balance. Le matin avant l’aurore.
- Saturne . . 13 9 21 14- 18 19 15 21 56 — 14 4 14,2 o Capricorne Dès le crépuscule.
- Uranus. . . 15 11 7 17 57 0 46 1 43 + 10 6 3,6 o Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . 15 20 45 3 20 9 55 11 4 + 7 2- 2,4 y Lion A partir de 21 “.
- On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel, à son passage au méridien, le 16 janvier, vers 21“50m et le 17 vers 22“40m.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 6 janvier, à 12h. Parallaxe = 60'59". Distance = 359 570 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 21 janvier, à 22“. Parallaxe = 53'59". Distance — 406 200 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 12, occultation de 47 B. Bélier (6m,5) ; immersion à 23h27m.
- Le 14, occultation des Pléiades :
- 17 Taureau (Electre) (3m,8) ; Immersion à 16h47m,0;
- 16 Taureau (Celæno) (5m,4) ; Immersion à 17h0m,5;
- 30 Taureau (Maïa) (4m,0) ; Immersion à 17h35m,0;
- T| Taureau (Alcyone) (3m,0) ; Immersion à 18h22m,0; émersion à 19hllm,5.
- La Lune aura une phase intermédiaire entre le premier quartier et la pleine Lune, les étoiles disparaîtront derrière le bord obscur et réapparaîtront au bord éclairé.
- Pour suivre cette belle occultation, utiliser la carte des Pléiades publiée au n° 2932, du 1er juillet 1934, page 35.
- Le 16, occultation de 125 Taureau (5m,0) ; immers, à 18“57m,5.
- Le 24, occultation de 388 B. Lion (6m,3) ; émersion à 5“8m,0.
- Eclipse totale de Lune. — Le 19 janvier, belle éclipse totale de Lune, en partie visible à Paris. L’Est de l’Europe, l’Asie, l’Australie profiteront de ce beau spectacle céleste en entier. La grandeur de l’éclipse sera de 1,355, le diamètre de la Lune étant pris pour unité. Voici, d’après VAnnuaire astronomique Flammarion, toutes les particularités de ce phénomène :
- Entrée de la Lune dans la pénombre..........12“39m
- Entrée de la Lune dans l’ombre..............13h53m
- Commencement de l’éclipse totale............15h 4m
- Milieu de l’éclipse............................15h47m
- Lever de la Lune à Paris.....................16“23m
- Coucher du Soleil à Paris...................16“25m
- Fin de l’éclipse totale.....................16“31m
- Fin du crépuscule civil à Paris.............17“ 2m
- Fin du crépuscule astronomique, à Paris . . . 17“20m
- Sortie de l’ombre..............................17“41m
- Sortie de la pénombre......................... 18h55m
- A Paris, la Lune se lèvera donc complètement éclipsée et seules les dernières phases pourront être observées.
- Marées. •— Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque* de la Nouvelle Lune du 5 puis à celle de la Pleine Lune du 19. Le coefficient maximum atteindra 1,00, le 7 janvier, à la marée du soir, qui se produira, au Havre, à 22h46m (haute mer).
- III. Planètes. — Le Tableau ci-dessus, que nous avons dressé à l’aide des données contenues dans l'Annuaire astronomique Flammarion, renferme les renseignements utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de janvier 1935.
- Mercure s’est trouvé en conjonction supérieure avec le Soleil le 31 décembre. Il sera donc invisible pendant la plus grande partie de janvier 1935. On pourra essayer de le rechercher le soir à la fin du mois, sa plus grande élongation du Soleil se produisant le 1er févier. Les conditions d’observation de cette petite planète seront peu favorables, en raison de sa déclinaison australe assez forte.
- Vénus commence à s’écarter du Soleil et devient bien visible dans le crépuscule. Elle va briller comme un phare dans nos-soirées jusqu’à l’été prochain.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus en janvier :
- Dates. Phase (l). Diamètre. Magnitude.
- Janvier 1er 0,985 10",1 — 3,4
- — 6 0,981 10",1 — 3,4
- — 11 0,977 10",2 — 3,4
- — 16 0,973 10",2 — 3,4
- — 21 0,968 10",3 — 3,4
- — 26 0,962 10",4 — 3,4
- — 31 0,957 10",5 -3,4
- Mars va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleiî le 1er janvier, à 2“. Il devient maintenant bien visible, se
- 1. C’est le rapport de la partie éclairée du diamètre au diamètre entier. (Annuaire astronomique.1
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- levant avant minuit. Son diamètre augmente, il sera de 7",0 le 1er janvier et de 8",9 le 31. On peut commencer les observations de cette planète avec les instruments moyens.
- Mars, cette année, sera plus favorablement placé pour les observations qu’en 1933, son diamètre atteignant cette fois 15", 1 contre 13", 9 à la précédente opposition, mais il sera un peu plus bas sur l’horizon à l’époque de son opposition, qu’en 1933.
- Cérès, la petite planète n° 1, découverte par Piazzi le 1er janvier 1801, va passer en opposition le 18 janvier. Son éclat atteindra la magnitude 7,1 et elle sera visible dans de très bonnes conditions. On pourra la suivre avec une petite lunette ou même avec une bonne jumelle. M. Quénisset, de l’Observatoire de Juvisy, recommande dans l’Annuaire astronomique de profiter de ces circonstances exceptionnelles pour la voir et la photographier. En prenant un cliché de la région où elle se trouve avec un appareil fixé sur une monture équatoriale, avec une pose de 1 heure ou un peu plus, et en suivant bien exactement le mouvement des étoiles, la planète s’inscrira comme un petit trait sur le cliché, qui la fera immédiatement reconnaître parmi les étoiles.
- Notre carte (fig. 1) permettra de trouver Cérès sur le ciel.
- Eunomia, la petite planète n° 15, découverte par Gasparis en 1851, arrivera en opposition le 20 janvier et brillera comme une étoile de magnitude 8,4. Nous donnons (fig. 2) sa trajectoire parmi les étoiles. Le jour de l’opposition, la planète sera située à moins de 1° au Nord-Ouest de Ç Cancer.
- Jupiter devient mieux visible le matin. On pourra déjà observer quelques uns des phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète. En voici la liste :
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates : Janv. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates : Janv. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 S'^O” II P. c. 20 5 h 31m I O. c.
- 1 5 46 II O. f. 20 6 39 I P. c.
- 4 7 16 I O. c.
- 5 4 36 I E. c. 21 2 51 I E. c.
- 6 3 54 I O. f. 21 6 10 I Em.
- 7 4 55 I P. f. 22 3 17 I P. f.
- 7 6 16 III O. c. 24 5 12 II E. c.
- 8 5 57 II O. c. 25 4 12 III E. c.
- 10 4 38 II Ern. 25 6 6 III E. f.
- 12 6 29 I E. c. 26 2 45 II P. c.
- 13 3 38 I O. c. 26 2 46 II O. f.
- 13 4 43 I P. c. 26 5 8 II P. f.
- 13 5 47 I O. f. 28 4 44 I E. c.
- 13 6 52 I P. f. 29 3 4 I P. c.
- 14 4 14 I Em. 29 4 1 I O. f.
- 17 7 20 II Em. 29 5 13 I P. f.
- 18 4 56 III Im. 30 2 34 I Em.
- 18 6 44 III Em.
- Saturne est encore un peu visible, dès le crépuscule. Il sera en conjonction avec le Soleil le mois prochain. Voici les éléments de l’anneau, le 12 janvier :
- Grand axe extérieur............................... 35",48
- Petit axe extérieur......................... + 7",13
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau -f- 6°, 45
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau -f- 10°, 20
- = 517 =
- Uranus va se trouver en quadrature orientale avec le Soleil le 18 janvier, à 141'.
- Notre petite carte parue au Bulletin astronomique du n° 2930, sur laquelle on reportera sa position donnée plus haut, permettra de le trouver. Une bonne jumelle suffit pour le voir.
- Uranus sera stationnaire le 6 janvier*, à 6h.
- Neptune approche de son opposition. Il est visible presque toute la nuit.
- Voici quelques positions de cette planète, qu’il suffira de reporter sur la carte donnée au n° 2922.
- Diamètre
- Époque. Ascension droite. Déclinaison. apparent.
- Janvier 5 111 + 6°59' 2",4
- — 15 11 4 -f 7° T 2",4
- — 25 11 3 + 7» 1' 2",4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 9h, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 6°19' N.
- Le 5, à 11h, Mercure — — à 0°46' S.
- Le 6, à 2h, Vénus — — à 0°50' S.
- Le 8, à 2h, Saturne — — à 3°55' S.
- Le 12, à 13h, Uranus — — à 6°14' S.
- Le 23, à 16'1, Neptune — — à 5“ 7' N.
- Le 26, à 16h, Mars •— •— à 8°24/ N.
- Le 26, à 18h, Mercure — avec Vénus, à 0°37' N.
- Le 29, à 111, Jupiter — avec la Lune, à 6°15' N.
- Le 31, à 10h, Mercure •— avec Saturne, à 1°28'N.
- Le 31, à 121', Vénus — avec Saturne, à OMO' S.
- Le 31, à 23h, Mercure — avec Vénus, à 1046' N.
- Nous recommandons spécialement l’observation à la jumelle des conjonctions du 26 janvier et du 31 janvier : Rapprochement intéressant des planètes Mercure, Vénus et Saturne.
- Temps sidéral. — Voici quelques valeurs du temps sidéral, à 0h, pour le méridien de Greenwich (pour le méridien de Paris, ajouter : 9m21s) :
- Temps sidéral.
- Dates. à 0h (T. U.)
- Janvier 1er 6h38m52B
- — 11 7 18 18
- — 21 7 57 43
- — 31 8 37 9
- Etoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile Algol ([1 Per-sée) variables de 2m,2 à 3ra.5, en 2j20h48ni: le 7 janvier, à3h26m; le 10, à 0h16m; le 12, à 21'*5”; le 15, à 17h54“; le 30, à 2hl“.’ Ces minima sont visibles à l’œil nu.
- Etoiles filantes. — Les 2 et 3 janvier, observer les Bootides (radiant (1 Bouvier). Cet essaim donne des étoiles filantes rapides, à longues trajectoires.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er janvier à 21h, ou le 15 janvier, à 20h, est celui-ci :
- Au Zénith : Le Cocher, Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; le Dragon.
- A l’Est : Le Lion; le Cancer; Les Gémeaux.
- Au Nord-Est : la Grande Ourse.
- Au Sud : Orion, le Taureau; le Grand Chien; l’Eridan.
- A l’Ouest : Andromède; Pégase; le Bélier; la Baleine.
- Em. Touchet.
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- .= LA RADIOPHONIE PRATIQUE E^EEE
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- LES NOUVEAUTÉS DE 1935
- On a pu dire que le Salon de la T. S. F. de 1934 était essentiellement le « Salon du poste bon marché ». Sans rien exagérer dans ce sens, les constructeurs ont tenté un très gros effort pour diminuer le prix de vente des récepteurs; malgré la crise économique, le développement normal de la radiophonie en France en sera facilité.
- Au point de vue technique, nous avons déjà signalé l’emploi pratique de la lampe octode pour le changement de fréquence; elle donne au poste super-hétérodyne sa forme la plus moderne ; d’ailleurs, la suprématie de plus en plus nettp des superhétérodynes constitue bien une des caractéristiques essentielles des récepteurs de 1935.
- Sur ces super-hétérodynes, encore perfectionnés, de multiples améliorations de détail sont sans cesse appliquées. Les transformateurs à noyau de fer divisé, les systèmes de présélection perfectionnés, les dispositifs d’amplification basse fréquence double actionnant deux haut-parleurs, afin d’accentuer le relief sonore, constituent des avantages divers d’ordres assez différents qui concourent à la réalisation d’appareils de qualités radioélectrique et musicale de plus en plus satisfaisantes.
- L’idée du monoréglage intégral, c’est-à-dire de la diminution du nombre des boutons de réglage, semble attirer de plus en plus l’attention des constructeurs. Cette simplification de plus en plus « poussée » du réglage peut être obtenue, soit par des moyens mécaniques, soit par des moyens radioélectriques. On a pu ainsi, pour la première fois, établir des postes super-hétérodynes permettant de recevoir les émissions sur toute la gamme de radiodiffusion, de 200 à 2000 m de longueur d’onde, sans l’aide d’un commutateur de bobinage.
- La forme générale du poste récepteur n’a pas été modifiée sans doute, mais la disposition des organes varie bien souvent. On voit ainsi un certain nombre de postes midget, dans lesquels le haut-parleur est placé dans la partie inférieure del’ébénis-terie, en dessous du tableau de réglage, ébénisterie souvent remplacée par un coffret en bakélite.
- Les tableaux de repère ont subi de notables modifications. De plus en plus, on s’efforce de rendre la manœuvre de la recherche des postes presque absolument automatique. Il existe même des appareils entièrement automatiques, dont la manœuvre est encore plus facile que celle des postes téléphoniques du réseau. Il suffit, en effet, de placer une fiche dans une douille en regard de l’indication du nom d’une station pour entendre immédiatement l’émission correspondante !
- Un nombreux public continue à prêter attention aux progrès des pièces détachées, et même à entreprendre la construction de montages récepteurs.
- Deux causes, regrettables en elles-mêmes et d’ordres différents, seraient, d’ailleurs, de nature à accroître à l’heure actuelle le nombre des amateurs constructeurs et des auditeurs de T. S. F. en général.
- Par suite du chômage et de la diminution générale des heures de travail, beaucoup d’ouvriers, et même d’employés, ont des loisirs forcés qu’ils occupent utilement, et même quelquefois de manière lucrative, en construisant ou en réparant des radio-récepteurs. D’autre part, une crise grave atteint l’industrie du phonographe; nombreux sont les discophiles qui désormais n’achètent plus de disques, et réservent tous leurs moyens
- pour l’installation ou le perfectionnement d’un radio-récepteur.
- L’amateur constructeur d’aujourd’hui se contente, la plupart du temps, d’assembler des pièces détachées achetées dans le commerce, et ces pièces sont réalisées avec une ingéniosité et un « fini » de plus en plus grand. En dehors des châssis et des éléments de montage habituels, transformateurs et bobinages, il faut désormais utiliser des blocs de condensateurs variables avec système de compensation, commande d’aiguilles de repère et cadrans de plus en plus complexes; des potentiomètres simples ou combinés, des combinateurs, devenus également de plus en plus complexes, constituent désormais des pièces essentielles du récepteur; c’est de la qualité des contacts obtenus par leur intermédiaire que dépend, en effet, tout le fonctionnement de l’appareil. Il en existe désormais de remarquablement ingénieux que nous aurons l’occasion de décrire.
- Nous voyons apparaître également des accessoires d’un genre nouveau adaptés aux perfectionnements des montages, tels les indicateurs de réglage visuels, soit électro-magnétiques, soit à luminescence, que nous aurons également l’occasion de décrire.
- Remarquons, enfin, un fait curieux et fort intéressant : une renaissance limitée encore, mais très nette, du poste à batteries.
- Depuis quelques années, le poste à batteries était complètement banni des salons de la T. S. F., et aucun constructeur ne voulait lui accorder la moindre attention.
- Il y a pourtant encore des auditeurs qui n’ont pas à leur disposition le courant d’un secteur électrique; il est aussi des régions où les perturbations parasites sont tellement violentes qu’il est difficile d’y employer des postes-secteur. Enfin, dans les colonies, ou même dans certains pays de l’Europe centrale, il est souvent difficile d’avoir à sa disposition le courant d’un secteur.
- Quelques postes à batteries modernisés ont donc fait leur apparition cette année. Les modèles présentés fonctionnaient, d’ailleurs, surtout avec des piles, même pour l’alimentation-plaque. Si l’on parvient à réduire encore la consommation du courant de chauffage des lampes à faible consommation, l’emploi des piles peut alors devenir très peu coûteux et présenter des avantages sur celui de l’accumulateur plus lourd, plus encombrant, et d’un entretien toujours délicat.
- LES DISPOSITIFS D’ESSAIS DANS LES SALONS DE T. S. F.
- Les visiteurs des expositions de T. S. F. doivent évidemment pouvoir se rendre compte par une audition directe des qualités musicales des appareils exposés. L’examen visuel peut renseigner plus ou moins le technicien sur les caractéristiques des postes, mais il n’a qu’un intérêt relativement sécondaire pour l’auditeur. C’est là un problème difficile à résoudre pour les organisateurs de ces expositions.
- Dans les premiers Salons de la T. S. F. français, les exposants n’avaient pas le droit de faire fonctionner leurs appareils. Dans les salons de la musique, organisés à la Foire de Paris, chaque année, les constructeurs étaient tenus de faire toutes les démonstrations musicales dans des cabines isolées acoustiquement. La plupart du temps pourtant, ils n’hésitaient pas à mettre leurs appareils en fonctionnement en dehors des
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- cabines, d’où une véritable cacophonie, insupportable poulies visiteurs et même pour les exposants !
- En 1934, le Comité d’organisation du Salon de la Musique, sur l’initiative de l’auteur, avait eu l’idée de faire établir pour la première fois un système complet de distribution musicale fort intéressant.
- Ce système devait permettre, d’une part l’essai des récepteurs de T. S. F., et, d’autre part, celui des phonographes électriques et des haut-parleurs, sans risques de troubles radio-électriques ou acoustiques.
- L’installation réalisée était double. Les courants haute fréquence modulés transmis par un petit poste émetteur local de T. S. F. étaient envoyés par sans fil, et destinés à actionner les récepteurs de T. S. F. accordés sur la longueur d’onde de ces émetteurs, comprise entre 250 et 500 m. D’autre part, des courants basse fréquence également modulés et transmis par des lignes de distribution aboutissant aux différents stands servaient à alimenter des amplificateurs ou les haut-parleurs eux-mêmes.
- L’installation comportait un centre modulateur commun à deux plateaux tourne-disques avec pick-up, tandis qu’un microphone rendait possibles les annonces verbales (fig. 1). Les courants musicaux produits par le pick-up ou le microphone étaient transmis à un amplificateur assurant simultanément la modulation de la station d’émission et la modulation directe au moyen de fils de transmission d’une vingtaine d’amplificateurs placés dans les stands. Chacun de ces stands était muni d’une boîte de contrôle avec transformateur de liaison et dispositif potentiométrique.
- Ainsi, comme tous les haut-parleurs, soit des postes de T. S. F., soit des phonographes, faisaient entendre en même temps le même enregistrement, le résultat obtenu était satisfaisant au point de vue musical, tout en permettant aux visiteurs d’apprécier d’une manière déjà suffisante les qualités musicales ou même radio-électriques des appareils. Le Comité d’organisation avait, en outre, sagement limité la puissance sonore maxima de chaque haut-parleur.
- Enfin, pour éviter tout risque de trouble acoustique, les phonographes électriques ou mécaniques fonctionnant séparément ne devaient jouer qu’en cabine insonore.
- Les bons résultats obtenus, à peu de frais, par ce dispositif, l’ont fait adopter dans les expositions françaises subséquentes. Il y avait au Salon de la T. S. F. de 1934, au Grand Palais, un système de distribution de courants musicaux modulés qui permettaient d’actionner les étages basse fréquence des appareils ou les haut-parleurs directement. L’émission locale par T. S. F. n’avait pas été adoptée, sans doute à cause des difficultés particulières d’installation dans un bâtiment à armature métallique; malgré cette restriction, le résultat atteint fut déjà très satisfaisant.
- Il est certain désprmais que nous ne verrons plus en France
- Fig. 1. — Schéma de système de distribution musicale du Salon de la Musique en 1934.
- Centre modulateur phonographique
- Postes de distribution
- Amplificateur de modulation
- 0 Q 0Q —lr
- Poste émetteur local
- Signe de distribution à fréquence musicale
- Alimentation haute et basse tension
- cette exposition peu convaincante que constitue un Salon de la T. S. F. muet !
- LE RÉGLAGE VISUEL DES RÉCEPTEURS
- Depuis quelque temps, les récepteurs de T. S. F. sont munis de dispositifs de réglage dits indicateurs visuels ou optiques.
- Nous avons décrit dans une récente chronique, par exemple, un poste très perfectionné, muni d’un système de ce genre. Le but du système répond bien à son nom; il permet, en effet, de régler le récepteur sur l’émission que l’on veut entendre non plus, comme on le fait d’habitude, par un moyen acoustique, et, en faisant appel à l’appréciation de l’oreille, mais par un moyen optique.
- Comme pour beaucoup d’autres réalisations industrielles, le principe du dispositif n’est nullement nouveau. Il y avait déjà, il y a 8 ou 10 ans, des appareils récepteurs perfectionnés comportant comme systèmes de réglage auxiliaire des milli-ampèremètres intercalés, par exemple, dans le circuit de plaque de la lampe détectrice. La position de l’aiguille de l’appareil de mesure variait suivant que le système était accordé ou non sur une émission déterminée, et on pouvait ainsi se rendre compte si le réglage était ou non correctement effectué, même sans avoir recours à l’audition ordinaire.
- Ces systèmes simples avaient paru pourtant inutiles et leur intérêt n'est apparu, à nouveau, que depuis l'emploi des dispositifs anti-fading.
- Ces dispositifs ont pour but, on le sait, de faire varier la sensibilité du récepteur selon l’intensité des signaux recueillis par le collecteur d’ondes; la sensibilité doit être d’autant plus grande que l’énergie utile recueillie est plus faible. Lorsque aucun signal n’agit sur l’appareil, l’amplification doit être maxima. Inversement, en l’absence de toute émission, les bruits parasites seraient amplifiés au maximum. On munit donc, en général, l’appareil d’un dispositif de montage particulier, dit « réglage silencieux », et qui permet, en quelque sorte, le blocage de l’amplification à ce moment.
- Le réglage de ces appareils sensibles anti-fading sur l’émission désirée ne peut être quelquefois obtenu qu’après l’audition de bruits parasites plus ou moins désagréables. Il importe, d’autre part, d’accorder exactement le récepteur sur l’émission, si l’on veut éviter les distorsions désagréables. De là, l’utilité de ces indicateurs de résonance visuels qui permettent des réglages plus précis.
- Le système d’accord visuel peut être auxiliaire; il simplifie encore les manœuvres de réglage au son, et permet d’augmenter leur précision. Il peut aussi remplacer complètement le système d’accord ordinaire acoustique, en évitant d’avoir recours aux indications de l’oreille.
- Quel est le principe de fonctionnement, d’ailleurs, très
- Lampes haute fréquence ou moyenne fréquence anti fading
- Système de réson
- ï indicateur lance visuel
- Masse
- Fig. 2. — Schéma d’un indicateur de réglage visuel dans le circuit de plaque de lampes anti-fading.
- Ici l’indicateur serait à luminescence.
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- simple des appareils d’accord visuel actuels ? Rappelons d’abord qu’ils sont montés uniquement sur les récepteurs munis d’un système anti-fading; ces appareils constituent, d’ailleurs, la majorité. Le régulateur anti-fading est commandé, en principe, par les variations du courant de plaque de la lampe détectrice. L’intensité de ce courant varie elle-même en correspondance avec les tensions des signaux qui agissent sur la grille de la lampe.
- Le dispositif anti-fading agit en appliquant sur une lampe ou plusieurs lampes moyenne fréquence à pente variable une tension de polarisation négative variable, suivant que les signaux sont plus ou moins intenses. Inversement, l’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence fournie par ces lampes à pente variable est d’autant plus intense que les signaux sont plus faibles, et elle est maxima lorsque aucun signal n’agit sur l’appareil.
- Qu’en résulte-t-il pour le courant plaque total de ces lampes anti-fading ? Lorsque les signaux à xecevoir sont intenses, la polarisation des grilles augmente et le courant de plaque diminue. Inversement, lorsque les signaux sont faibles, la polarisation diminue et le courant de plaque augmente.
- Ainsi la diminution du courant de plaque est le plus accentuée au moment de la résonance, c’est-à-dire au moment où le signal est le plus intense. On peut la mettre en évidence au moyen d’un dispositif intercalé dans le circuit de plaque de la lampe, et ce dispositif constitue un indicateur de résonance, ou d’accord visuel (fig. 2).
- Les appareils qu’on peut utiliser pour le réglage visuel sont donc extrêmement simples en principe. Les plus rudimentaires sont, sans doute, les systèmes électro-mécaniques, qui rappellent les premiers milliampèremètres employés dans le même but, mais on peut également utiliser des lampes à luminescence, ou même des ampoules à incandescence. On a même proposé des dispositifs assez complexes tels que des oscillographes cathodiques simplifiés. Nous aurons l’occasion, dans nos chroniques, de décrire plus particulièrement les types intéressants de ces nouveaux accessoires, qui deviennent, à l’heure actuelle, presque indispensables sur les postes modernes perfectionnés.
- LES NOUVELLES APPLICATIONS DU GRAPHITE EN T. S. F.
- Les premières résistances utilisées dans les amplificateurs de réception étaient généralement établies d’une manière très rudimentaire, au moyen d’une couche de graphite étendue sur une plaquette isolante. Les résistances actuelles, d’une fabrication évidemment beaucoup plus perfectionnée, sont pourtant formées encore bien souvent de compositions à base de graphite.
- Nous avons déjà montré comment on peut utiliser, dans ce cas, le graphite dispersé à l’état colloïdal dans l’eau distillée, ou « Àquadag ».
- Les solides plongés, brossés, ou enduits au pistolet avec des solutions aqueuses de ce genre, conservent, après séchage, des films adhérents de graphite. Ces films sont opaques, onc-
- tueux, inertes au point de vue chimique, possèdent à un degré élevé les propriétés de corps noir, et n’ont pas d’effet photoélectrique.
- On a donc songé à employer ces enduits pour recouvrir, dans certains cas, les grilles et les plaques des lampes de T. S. F., en vue de diminuer l’émission secondaire des électrons, nuisible pour le fonctionnement normal de la lampe. Ces enduits rayonnent, d’autre part, efficacement la chaleur, et contribuent ainsi à maintenir les électrodes à une température relativement basse.
- On peut enduire également les parois intérieures des ampoules d’une composition de ce genre, de manière à dissiper les charges électriques qui peuvent éventuellement s’y accumuler.
- Le graphite colloïdal a également trouvé une application sur les ampoules des tubes à rayons cathodiques, de plus en plus employés pour des applications diverses, en permettant de réaliser des anodes de concentration plus efficaces.
- Lorsque ces anodes sont constituées par de l’argent, ou par tout autre métal similaire, la surface est brillante, et elle altère donc la brillance de l’image, en réfléchissant la lumière qui peut être émise par les éléments du tube pendant son fonctionnement, ou qui peut être diffusée au travers de la matière translucide constituant l’écran.
- La substance convenant le mieux pour les anodes de concentration est opaque, et présente une surface mate et sombre. Les films de graphite paraissent avantageux pour cette application. Ils sont conducteurs de l’électricité, et, à l’encontre de l’argent, peuvent être appliqués sur tous les tubes de verre avec la même facilité.
- Ce corps peut être également utilisé dans la fabrication des cellules au sélénium pour la constitution des électrodes, car il possède sur le métal l’avantage de ne pas former de composé avec le sélénium.
- Il peut également servir de pâte conductrice pour la fixation des filaments aux entrées de courant, dans les lampes à filaments de carbone.
- D’un autre côté, les dilutions concentrées de graphite colloïdal dans l’eau sont employées comme lubrifiant pour les filières, dans l’étirage à chaud du tungstène, du molybdène et du tantale, qui servent, on le sait, pour la fabrication des filaments.
- Pour la constitution des téléphones et microphones bon marché, les films de graphite peuvent être constitués sur les parois des logements des granules de charbon. Enfin, le graphite constitue, mélangé à l’huile, un lubrifiant de choix pour les petits dispositifs mécaniques des récepteurs de T. S. F., tels que condensateurs variables, combinateurs, variomètres, etc., exposés généralement à la chaleur.
- (A suivre.) P. Hémardinquer.
- Adresse relative aux appareils décrits :
- Graphite colloïdal Aquadag. Etablissements Maury, 7, rue de Normandie, Asnières (Seine).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- RESTAURATION DES PHOTOGRAPHIES PASSÉES
- Voici d’après la Photo-Reuue un procédé pour restaurer les épreuves passées, qui a valu à son auteur, M. Landaurek, la grande médaille d’or de la Société photographique de Vienne.
- On prépare les deux solutions :
- A. Eau distillée........................ 1000 cent, cubes
- Tungstate de soude....................... 20 grammes
- B. Eau distillée........................ 400 cent, cubes
- Carbonate de chaux........................ 4 grammes
- Chlorure de chaux......................... 1 —
- Chlorure d’or et de sodium .... 4 —
- Le mélange B doit être préparé au moins vingt-quatre heures à
- l’avance, puis la solution est filtrée dans un flacon en verre jaune afin d’en assurer la conservation.
- Les épreuves à traiter sont lavées à fond puis plongées dans un bain composé de :
- Solution A........................... 250 cent, cubes
- Solution B...........................6 à 12 —
- Au bout de dix minutes environ, et lorsqu’elles sont d’un pourpre clair, on les lave et les met à finir dans un bain constitué par :
- Solution A........................... 250 cent, cubes
- Hyposulfite de soude cristallisé. . . 25 grammes.
- Les épreuves doivent séjourner dans ce bain jusqu’à complète disparition de la teinte jaune, ce qui peut demander parfois deux à trois heures, puis on lave soigneusement et on sèche.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité théorique et pratique de topométrie, par
- E. Prévost et P. Cottinet. 1 vol. 620 p., 353 fig. J.-B. Baillière et üls. Paris, 1934. Prix : 130 fr.
- Ce traité est le développement du cours professé par M. Prévost à l’École des Mines de Paris. Une première partie consacrée aux mesures donne la description et l’étude critique des instruments avec la manière de les utiliser. La seconde partie expose la technique de la planimétrie et de l’altimétrie. La troisième partie traite des levés spéciaux : levés tacliéométriqucs, levés des plans parcellaires et cadastraux, levés photographiques, levés souterrains. Ce traité pédagogique facilitera la formation de bons topographes.
- Equilibre des massifs à frottement interne, par
- A. Caquot. 1 vol., 96 pages, 53 lig. Gauthier-Villars. Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- L’étude des massifs à frottement interne est un problème de mécanique appliquée dont l’importance est très grande soit pour les applications directes à la stabilité des terres, soit pour la prévision des modes de rupture par glissements des matériaux employés dans les constructions.
- La mécanique des masses pulvérulentes ou cohérentes a fait déjà l’objet des études théoriques de Coulomb, Rankine, M. Lévy et Considère, Boussinesq et Resal. Mais ces travaux aboutissaient à des contradictions avec l’expérience.
- L’auteur a repris l’analyse intime des phénomènes; il montre que dans l’écoulement des terres pulvérulentes, il y a lieu de tenir compte d’un coefficient de frottement apparent provenant de l’enchevêtrement des particules et différent du coefficient de frottement physique. Avec des moyens mathématiques simples l’auteur établit ensuite d’importantes formules relatives aux murs de soutènement, aux fondations, aux souterrains, aux enceintes de palplanches, formules qui s’accordent bien avec les résultats observés et par suite pourront être employées avec sécurité par l’ingénieur.
- Cours pratique d’électricité industrielle, par L. Bou-thillon et M. Goudonnet. 1er vol. 2» édition. 1 vol. illustré, 306 p., Gauthier-Villars. Paris, 1934. Prix : 25 fr.
- Le succès du cours de MM. Bouthillon et Goudonnet est justifié par ses qualités de clarté et de simplicité. Dans ce premier volume consacré aux lois fondamentales de l’électricité, tout l’essentiel est exposé, d’une façon fort logique, en partant des notions de courant et d’énergie. La loi d’Ohm est acceptée comme une vérité expérimentale d'où découle naturellement la loi de Joule. Les lois expérimentales de l’électrodynamique' et celles du magnétisme exposées, les auteurs abordent la théorie du champ électrostatique et, après un rappel rapide des propriétés des fonctions sinusoïdales, donnent une excellente étude élémentaire du courant alternatif. Leur livre est un excellent guide auquel les débutants peuvent se confier.
- Comment supprimer les parasites et les brouillages en T. S. F., par Michel Adam (3° édition). 1 vol., 112p., 52 fig. Éditeur Radio-Magazine, 61, rue Beaubourg. Paris, 1934, Prix : 5 fr.
- Cette troisième édition, entièrement mise à jour, d’un ouvrage aussi clair que pratique et utile, renferme, outre les renseignements techniques et pratiques indispensables, tous les éléments juridiques, administratifs et législatifs nouveaux : toute la jurisprudence : 25 jugements rendus en faveur des auditeurs; les arrêtés municipaux au nombre de 200 environ; la législation et la réglementation-, lois, décrets, arrêtés ministériels. Les auditeurs et les perturbateurs ont intérêt à lire l’étude de M. Adam.
- Seismology. 1 vol., 224 pages. National Academy of Sciences. Washington D. C. 1933. Prix : 2 $.
- Cet ouvrage a été établi par un sous-comité du comité de physique terrestre du National Research Council des États-Unis. Plusieurs spécialistes américains, MM. Wood, Macelwane, Reid, Anderson, Byerlij, ont collaboré à sa rédaction, dans le but de faire connaître l’état actuel d’un certain nombre des questions dont se préoccupe la science séismologique.
- Précis de chimie d’après les théories modernes,
- par J. Martinet. 1 vol., 934 p. G. Doin, éditeur. Paris, 1934. Prix : 52 fr.
- Cet ouvrage destiné aux étudiants des facultés des sciences et de pharmacie débute par un clair exposé des lois fondamentales de la chimie, suivi de notions sur la constitution de l’atome, l’architecture moléculaire, la mécanique chimique et la chimie physique. Ces précisions sur des questions toutes modernes seront un guide précieux pour les jeunes étudiants à qui elles permettront de comprendre l’orientation des recherches et des conceptions chimiques actuelles. L’ouvrage passe ensuite en revue les corps de la chimie minérale, classés suivant l’ordre
- des familles naturelles d’éléments et se termine par l’étude de la chimie organique. Dans ses exposés l’auteur a cherché à grouper, le plus possible, les faits autour d’un petit nombre d’idées directrices; c’est là en effet le moyen le plus efficace pour initier rapidement les débutants.
- Malterie. Brasserie, par Eugène Boullanger. 3° édition, entièrement refondue. 1 vol. in-16, 350 p., 58 üg. Encyclopédie agricole. Baillière et fils. Paris, 1934. Prix : cartonné, 24 fr.; broché 18 i'r.
- L’auteur consacre maintenant deux volumes aux industries de la malterie et de la brasserie; en outre, il réduit les notions de bactériologie et de chimie biologique à l’étude des phénomènes qui intéressent tout particulièrement les brasseurs : fermentation alcoolique et saccharification diastasique de l’amidon.
- Après quelques notions statistiques, commerciales et législatives sur l’industrie de la brasserie, l’auteur étudie les matières premières : eau, orge, houblon, matières amylacées diverses, matières sucrées, produits accessoires. Il suit ensuite toutes les phases de la fabrication du malt : travail préparatoire des orges, trempe, germination, touraillage; l’étude de la malterie est complétée par l’exposé des procédés d’appréciation du malt. Abordant l’industrie de la brasserie, il étudie la phase très importante du brassage, avec ses diverses opérations : concassage, méthodes de brassage, soutirage et lavages, puis la cuisson et le houblonnage.
- C’est un exposé remarquable et bien à jour, indispensable aux praticiens.
- Alcaloïdes et glucosides, par Gabriel Mayer. 1 vol. in-8, 71 p. Béranger, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- L’auteur passe en revue les principaux corps de cette série si importante en thérapeutique. Pour chacun, il donne les principaux caractères, les conditions de récolte de la plante, la préparation des extraits et leurs usages. Il complète ainsi utilement les indications du Codex.
- Classification universelle systématique et coordonnée des connaissances humaines, par Maurice Phusis. 1 vol. in-8, 143 p., Amédée Legrand. Paris, 1934. Prix :
- 10 fr.
- Après avoir, dans un essai de discours sur la logique, rappelé toutes les faillites de la science, de la moralité, du spiritualisme et du capitalisme , l’auteur veut réhabiliter la science en commençant par une classification universelle de tout le connu pour orienter la recherche. Et il crée une terminologie pour grouper, selon son plan, toutes les données concernant l’espace, les corps cosmiques, la terre, la vie, l’homme, la cérébralité, les civilisations, les nations, l’univers, la philosophie universelle.
- « Regarde ». Promenades dans la campagne et observations d'histoire naturelle dans le cours de l’année, par le Dr Frank Brocher. 1 vol. in-8, 149 p., 40 fig. Les Naturalistes belges, Bruxelles, et Kundig, Genève.
- 11 n’est rien de tel pour apprendre l’histoire naturelle aux enfants et leur donner le goût de l’observation directe que de leur montrer tout ce qu’on peut voir dans la campagne quand on sait regarder. Malheureusement les guides sont rares, surtout en langue française, et les meilleurs, tel Fabre, ne s’adressent pas aux jeunes. Il faut donc savoir gré au Dr Brocher, l’excellent naturaliste de Genève, d’avoir pris la peine d’écrire ce livre. Il y présente un mentor averti qui va se promener aux champs avec un jeune ami aux divers mois de l’année; ensemble ils observent et l’aîné explique les innombrables curiosités qu’on rencontre : les arbres, les fleurs, les oiseaux, les insectes, les bêtes des champs, des bois, des mares. Et comme la campagne où ils se trouvent est la même que chez nous, tous les faits notés peuvent aisément être retrouvés par tout enfant à qui l’on voudra dire :
- « Regarde ».
- Les grandes formes de la vie mentale, par H. Delacroix. 1 vol. in-16, 189 p. Nouvelle encyclopédie philosophique. Alcan, Paris, 1934. Prix : 10 fr.
- Cette nouvelle collection dont voici le 3e volume est dirigée par M. Delacroix, professeur de philosophie à la Sorbonne et doyen de la Faculté des Lettres. Elle se propose de présenter au public, dans une forme simple, sans appareil pédant, sans préventions d’école, les grands problèmes philosophiques. Ce livre prouve combien elle y réussit. En une série de chapitres, l’auteur pose les questions fondamentales de la conscience, de l’activité, de la personnalité, puis les formes de la conscience, l’instinct, les tendances, le sentiment, le plaisir et la douleur, l’habitude, la mémoire, l’intelligence, l’attention, l’effort, la volonté. Philosophe très classique, professeur remarquable, il sait montrer clairement la saine position qui consiste à opposer et unir tout ensemble le moi et le monde.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. ]. — Les machines les plus petites du monde.
- MÉCANIQUE v
- Les machines les plus petites du monde.
- Quatre machines minuscules, confectionnées par un ingénieur et inventeur, M. E. Schramm, à Pirna-Neundorg (Allemagne), ont provoqué la curiosité des visiteurs de l’exposition du travail qui s’est tenue récemment à Berlin.
- Signalons, en premier lieu, la plus petite locomobile du monde, miniature de seulement 22 mm de longueur, mais qui n’en comporte pas moins tous les organes d’une grande machine et qui fonctionne parfaitement. Elle a un cylindre immobile, muni d’un distributeur à détente ; son alésage est de 1,2 mm et les tuyaux à vapeur ont 0,2 mm de diamètre intérieur.
- Comme organes accessoires elle comporte : un régulateur centrifuge, une soupape de sûreté, un robinet de jauge et un manomètre. La chaudière comporte un tube-foyer et une porte de foyer mobile. Cette petite machine fonctionne soit à la vapeur, soit à l’air comprimé.
- Une locomobile de taille quelque peu supérieure à la précédente est d’une longueur de 31 mm; elle comporte les
- mêmes organes que l’autre, à l’exception du manomètre, remplacé par une pompe d’alimentation.
- La principale curiosité de cette petite collection, c’est un petit électro-moteur de 4 mm de hauteur; son induit en T, à 3 pièces, a 2 mm de diamètre. Son enroulement est constitué par 3 X 90, soit 270 tours d’un fil qui n’a que 2 centièmes de mm de grosseur, c’est-à-dire qui est plus mince qu’un fil d’araignée. Pour donner une idée de la minceur de ce fil, disons qu’il en faut une longueur de 400 km soit la distance de Dresde à Hambourg, pour faire un poids de 1 kg.
- Le collecteur de ce moteur électrique n’a que 1 mm de diamètre. Ses balais — à l’égal de ceux d’une génératrice ou d’un moteur à courant continu de dimensions noi males — sont montés sur un balancier susceptible de tourner. Les inducteurs sont répartis sur deux bobines. Ce moteur nain actionne une foreuse à colonne de conception moderne, mais de dimensions aussi minimes — de 11 mm de hauteur ; les différents arbres de cette foreuse sont actionnés par des roues coniques vraiment microscopiques, mais dont les dents n’en sont pas moins rabotées comme celles des roues coniques normales. Il y a en tout 6 roues pareilles.
- Pour créer ces petits chefs-d’œuvre, M. Schramm a dû, tout d’abord, confectionner un jeu d’outils spéciaux — alésoirs, outils de tour et forets aux dimensions minuscules. Son mérite est d’autant plus grand, son œuvre paraît d’autant plus merveilleuse, qu’il est complètement aveugle de l’œil gauche, alors que son œil droit, hautement myope, manque du pouvoir d’accommodation d’un œil normal : ce n’est qu’à 10 cm de distance qu’il distingue tous les détails voulus; à cçtte distance, son acuité visuelle est, à la vérité, parfaite et les modèles exposés le prouvent.
- A. Ghadenwiïz.
- AVIATION
- Nouveau refuge flottant pour les vols transatlantiques.
- On vient de mettre en service un second refuge flottant, destiné à assurer un service hebdomadaire régulier d’hydravions entre l’Allemagne et le Brésil : Le « Schwabenland », bateau de 8188 tonnes, actionné par deux moteurs Diesel, chacun de 1800 ch, qui lui impriment une vitesse de 12 nœuds, à double hélice, de 142 m 7 de long, par 18 m 4 de large, présente sur son aîné, le « Westfalen », l’avantage d’une construction et d’un aménagement nettement perfectionnés. Désormais, il y aura, aux deux têtes de ligne transatlantiques, Afrique et Amérique du Sud, des bateaux-catapultes, assurant, même par un temps peu favorable, le départ des hydravions Dornier-Wal.
- Le chemin de glissement, disposé à la partie arrière du navire, facilite, grâce à sa plate-forme tournante, le déplacement des hydravions, qui sont pris à bord et lancés par la poupe; il n’est situé qu’à 1 m 8 (au lieu de 4 m dans le cas du «Westfalen ») au-dessus du pont, ce qui permet de réduire les poids, nécessitant des contrepoids.
- $ La catapulte a été conçue pour lancer un poids volant de 14 000 kg au maximum, lui imprimant, avec une accélération maxima de 3 gr 5, une accélération moyenne de 2 gr 8 et 1 sec, 52 de durée d’accélération, une vitesse, au départ, de 150 km à l’heure. Le parcours d’accélération a une longueur de 31 m 6 ; le parcours de freinage une longueur de 5 m 75; la longueur totale de la catapulte (sans le dispositif d’essai) est de 41 m, 5.
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- L’air emprunté aux moteurs Diesel, est, dans un compartiment-réservoir, comprimé à 60 atmosphères; un compresseur supplémentaire le comprime à 160 atmosphères et le dirige vers le compartiment à air comprimé de la catapulte. La grue servant à prendre les avions à bord du navire est disposée à la poupe de ce dernier; sa puissance est de 12 tonnes. Un projecteur de 60 millions de bougies, installé sur la grue, facilite, la nuit, les travaux de prise à bord. Un bateau à moteur permet, le cas échéant, d’assister les hydravions lors de leurs manœuvres en pleine mer. Une voile-traîne d’une construction brevetée sert à assurer la prise à bord des avions, même par une mer houleuse.
- Le « Schwabenland » comporte une installation de T. S. F. très puissante et un poste de relèvement sans fil. Il a également à bord une station météorologique et océanographique de la «Seewarte» allemande.
- Même avant la mise en service de ce second refuge flottant, on a, sur cette ligne, depuis février de cette année, fait 22 vols transatlantiques, transportant, chaque fois, une moyenne de 20 000 lettres. Les temps de vol fixés n’ont été jamais dépassés; au contraire, on est presque toujours resté en dessous des temps prévus. Dr A. G.
- ZOOLOGIE
- Le Rhinocéros blanc.
- L’Afrique possède deux espèces de Rhinocéros, le rhinocéros noir, espèce commune, ne dépassant pas un mètre cinquante au garrot, avec deux défenses formées de poils agglutinés, et le rhinocéros blanc, géant à la masse formidable, dont aux environs de 1900 on estimait les représentants à quelques types isolés errant au sud du Zambèze.
- Précisément à cette époque des chasseurs anglais, parcourant les rives peu connues du Haut-Nil, dans l’ancienne enclave du Lado, eurent la bonne fortune de retrouver cette espèce rarissime. Aujourd’hui, cette bête précieuse pour la science est protégée sur Je territoire des Parcs nationaux au Congo Belge, au nord du lac Albert. On estime qu’il en existe également quelques spécimens sur la rive droite du Nil, alors que la majorité des sujets habitent la rive gauche de ce fleuve.
- La taille de cet animal, qui est le plus gros mammifère terrestre après l’éléphant, atteint aisément 2 mètres. La tête très longue est terminée par un fort mufle aplati et plissé. Le nez est armé de deux longues défenses cornées. La première de ces armes est longue, mince et arrondie et peut atteindre 1 m de longueur. La seconde, située en arrière, est plus courte, plus ou moins aplatie et émoussée. Toute la peau est gris blanchâtre, ce qui lui a valu son nom de rhinocéros blanc. Essentiellement herbivore, il pâture en plein jour à la façon d’une bête bovine. Il se déplace très peu, gêné dans sa marche par sa masse volumineuse, dort à l’ombre des buissons et des arbres durant les heures chaudes de la journée. La vue est très faible, l’ouïe mauvaise ; seul l’odorat est, paraît-il, subtil. Ce caractère pacifique a fait de la bête une cible de pxédilection pour de nombreux amateurs de chasses peu dangereuses. Aussi, cette bête nonchalante aurait-elle disparu depuis longtemps, si les pouvoirs publics, tant au Congo que sur les territoires anglais, n’en avaient interdit la destruction. G. R.
- TERATOLOGIE
- A propos de thoradelphie.
- ^Dans le n° de La Nature du] 15 octobre 1934, le Dr Marcel Baudoin relate un exemple de thoradelphie chez le chat, et
- La grue du Schwabenland pose un Dornier Wal sur le traîneau de la catapulte.
- fait remarquer que cette monstruosité est extrêmement rare, puisqu’on n’en connaît à l’heure actuelle que deux cas.
- Nous sommes heureux de pouvoir en signaler un troisième. Il s’agit d’un chat né à Recouvrance (faubourg de Brest), en 1932, d’une portée de quatre petits; il n’a vécu que quelques heures; son propriétaire en a fait don au Musée de l’hôpital maritime de Brest, où il est conservé.
- La photographie ci-dessous prouve que ce monstre appartient incontestablement au type thoradelphe pur décrit par le Dr Baudoin; sa symétrie est remarquable; les quatre pattes antérieures et les quatre pattes postérieures sont normalement développées, et semblables deux à deux. Les queues sont de même longueur. Jean Huitric.
- Fig. 4. — Chai thoradelphe de Recouvrance, conservé au Musée de l’Hôpital maritime de Brest (Cliché J. Huitric).
- Fig.3.
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- HYGIENE
- Nature de la grippe.
- La grippe est connue depuis 1742, c’est-à-dire depuis près de deux cents ans; à cause de ses rapports avec le froid, on l’appelle aussi l’influenza.
- Elle se manifeste toujours par des épidémies plus ou moins rigoureuses, dont l’extension est très rapide à cause d’une brève période d’incubation, qui ne dure généralement que f quelques heures. Le mode de contagion est direct. Les malades, ^ porteurs des microbes, les propagent par les gouttes liquides expulsées par la toux, les éternuements et même en parlant. Toutes les agglomérations de personnes : dans les théâtres, les cinémas, les écoles, les transports en commun, etc., favorisent la propagation de l’épidémie. Le contage indirect par les objets infectés a très peu d’importance et la possibilité de transmission à grande distance par l’eau ou l’air n’est pas observée. En outre, il est reconnu que le bacille de la grippe est peu résistant en dehors de l’organisme et qu’il meurt rapidement.
- "**' La gravité de la grippe réside surtout dans ses complications dont la plus fréquente est la pneumonie. Selon les observations en Amérique, les complications de la pneumonie s’observent dans 11,7 pour 100 des cas et la mortalité
- due à ces complications dépasse 25 pour 100.
- La grippe n’est ni liée au climat ni à la situation démographique ; elle s’attaque à toutes les races avec la même rigueur. Cependant l’état de résistance de l’organisme, dépendant beaucoup de la condition sociale et des conditions de vie, a une grande importance dans le développement de la contagion. En effet, selon F. Hoder, lorsde l’épidémie del918 à Bombay, le nombre de décès pour 1000 habitants fut de 61,6 dans les classes pauvres, 18,9 chez les Hindous des classes supérieures, 19,2 chez les mahométans et 8,3 seulement chez les Européens. Et Sy-denstricker trouve pour la même épidémie de 1918 en Amérique, sur 100 000 cas enregistrés, 25,2 pour 100 dans la classe aisée, 27 pour 100 dans la classe moyenne et 36,4 pour 100 dans la classe pauvre. D’ailleurs cette épidémie de 1918, connue sous le nom de grippe espagnole, fut une des plus graves, car on estime qu’elle frappa la moitié du genre humain.
- Jusqu’ici la question de l’étiologie de la grippe n’est pas résolue de façon certaine. On a attribué la cause de ce mal au bacille de Pfeiffer (fig. 5), qu’on rencontre toujours chez les malades et souvent même chez les personnes saines en période d’épidémie. Pour expliquer la relation qui existe entre une épidémie et la suivante on admet que le bacille de Pfeiffer persiste dans les périodes intercalaires, vit presque à l’état saprophyte et qu’il acquiert périodiquement une extrême virulence. Mais comme les animaux communs de laboratoire ne se prêtent pas à l’étude de l’infection grippale, même les singes chez qui la maladie se manifeste sous des formes semblables à celles de l’homme, les recherches bactériologiques, jusqu’à ces derniers temps, n’avaient pas donné beaucoup de résultats.
- Duval et Harris ont pratiqué des essais d’immunisation active au moyen de cultures pures de bacille de Pfeiffer; ils
- constatèrent que l’infection était moins sévère et moins fréquente chez les vaccinés. Stoltenberg obtint de meilleurs résultats avec un vaccin mixte composé de bacilles de Pfeiffer, pneumocoques, staphylocoques, diplocoques, streptocoques et pneumobacilles. Cependant ces essais n’ont pas été tous indéniablement positifs. Et les échecs ont fait croire à l’existence d’autres microorganismes, agents secondaires qu’on suppose être des virus filtrants qui augmentent et exaltent l’action du bacille de Pfeiffer.
- Les nouvelles études de la grippe exposées dans le rapport annuel pour 1932-1933 du Conseil médical britannique sont d’un haut intérêt. En inoculant la grippe à des furets, les docteurs Laidlaw, Andrewes et Wilson ont pu faire des recherches très importantes et précises. Ces études connexes à celles poursuivies en Amérique sur la grippe du porc permettent de conclure que la grippe serait due à un virus accompagné d’un bacille (de Pfeiffer ou analogue), le premier infectant et le second envahissant.
- Selon ces études, l’infection suroient généralement et même on peut dire exclusivement par voie nasale. Le remède préconisé depuis la grande épidémie de grippe de 1918 qui consiste à mettre de la vaseline goménolée dans les narines constitue donc une excellente mesure pour se protéger contre Vinfection lors de la mauvaise saison ou de l’épidémie. f
- Ajoutons que les virus découverts par ces savants, après avoir été soumis à la lumière dans des conditions spéciales, perdent leur pouvoir d’infection, mais gardent celui d’immuniser les animaux auxquels ils sont injectés. Il y a donc lieu d’espérer qu’un vaccin pourra être prochainement mis au point, qui permettra de lutter contre cette maladie si dangereuse et si répandue. W. N. Kazeeff.
- HYDRAULIQUE
- Les réserves d’énergie hydraulique de l’Afrique.
- Le bureau du service géologique des Etats-Unis a publié jadis un remarquable travail sur les réserves d’énergie hydraulique du Monde entier. Nous y trouvons, en résumé, les capacités suivantes comparées à ce que l’homme utilise déjà.
- 1. Amérique :
- a) Amérique du Sud. .
- b) Amérique du Nord .
- 2. Europe...............
- 3. Asie.................
- 4. Afrique..............
- 5. Océanie..............
- Puissance Puissance
- utilisée. disponible.
- 12 200 000 ch 62 000 000
- 450000 45 000 000
- 9 000 000 45 000 000
- 2 000 000 71 000 000
- 25 000 190 000 000
- 150000 17 000 000
- Ce qui frappe dans l’examen de ce tableau, c’est l’énorme réserve de l’Afrique qui à elle seule dépasse de beaucoup la puissance totale des autres continents. De plus, cette énergie aujourd’hui presque entièrement perdue est concentrée pour plus de 70 pour 100 dans l’Afrique Equatoriale. D’après la même source, les réserves du bassin du Congo seraient :
- Au Congo français................. 35 000 000
- Au Congo belge.................... 90 000 000
- Ces immenses ressources sont à peine entamées aujourd’hui. On conçoit quel sera pour la zone équatoriale le profit que retirera l’industrie de la mise en valeur de ces richesses aujourd’hui perdues. Au Ixatanga l’Union Minière qui exploite de vastes gisements de cuivre étudie la possibilité (elle est déjà passée à un commencement de réalisation) d’équiper les nombreuses chutes d’eau de la région en vue du traitement électrolytique des minerais. Cette énergie électrique est d’autant plus précieuse que les réserves de houille dans ce territoire sont, comme on le sait, des plus minimes.
- G. Remacle.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CONSTRUCTIONS D’AMATEURS
- Un petit jet d’eau à la température de l’air en hiver et très rafraîchissant en été.
- Voici un petit ornement de salon ou même de salle à manger qui a parfaitement son utilité. Il ajoute au plaisir des yeux une puissance rafraîchissante en été. C’est aussi un ornement mouvant; et rien n’est joli comme sa projection d’eau dans laquelle se jouent les rayons de lumière. Il ne faut pas que cette eau soit coûteuse. Venue des tuyaux souterrains de la concession, ce serait le cas. Mais elle est toujours la même, ramenée par une petite pompe 1 (fig. 1). L’eau, sortie du trop-plein du récipient 2 par un tuyau 3, passe dans la cave (mais il faut une cave fraîche). L’eau vient successivement s’étendre dans les récipients de zinc superposés 4, 5, 6, 7 à bord peu élevés, en commençant par le plus haut. L’eau passe de 4 à 5 par le tuyau 8, de 5 à 6 par le tuyau 9, de 6 à 7 par le tuyau 10. Lorsque l’eau arrive en bas, elle a du fait de ses passages successifs en larges nappes, regagné des frigories perdues dans son beau panache entre les deux vases de fleurs. Lorsqu’elle quitte le récipient le plus bas, elle est délicieusement froide.
- C’est dans ce récipient 7 que le tuyau 11 l’aspire, sous l’influence de la pompe. Elle jaillit par le tuyau 12 jusqu’à la tubulure 13, et nous avons le charmant panache irisé 14. Puis cela recommence...
- L’hiver, il serait navrant que l’eau du jet d’eau fût froide. Pourquoi apporter dans la pièce des frigories destinées à être chassées ensuite à l’aide de l’installation de chauffage ? En ce cas on ferme les robinets 15 et 17 qui, en été, sont ouverts, et l’on ouvre le robinet 16 qui, en été, est fermé. Le circuit est alors tout petit et ne comprend plus la stagnation froide des récipients 4, 5, 6, 7. >
- Mais on met alors en action une seconde pompe toute petite 25, presque un jouet, la première pompe 1 ne fonctionnant plus.
- Ce qu’il faut pour faire cette installation. — Il faut : 1° Du plomb de 0,010 à eau pour les tuyaux 11 et 12, et du simple plomb de 0,010 à gaz pour le reste de la tuyauterie, quelle qu’elle soit. On peut aussi employer de la tuyauterie de fer de petit diamètre, en ajoutant tous les coudes et raccords nécessaires. Les joints, en ce dernier cas, doivent être bien étanches.
- 2° Quatre robinets 15, 16, 17, 18 et 25, une tubulure de lance d’arrosage 13, et une pomme 24 (üg. 2 B).
- Les quatre robinets dans les deux cas de tuyauterie, plomb ou fer, doivent être, eux aussi, parfaitement étanches.
- 3° Du zinc de force moyenne pour la vasque 2 ainsi que pour les récipients 4, 5, 6, 7.
- Les dimensions de 2 doivent être à peu près proportionnées à ce que l’on voit sur le dessin où le récipient 2 peut être comparé à la hauteur de la table.
- Il n’y a pas non plus de grandeur bien définie pour les autres récipients. Donnez-leur 1 mètre de long comme dimension minima, et, comme dimension maxima ce que vous voudrez : 1 m 50 par exemple. Il est évident que plus la surface de réfrigération totale en cave sera grande, plus la fraîcheur du jet d’eau 14 sera grande aussi.
- 4° Une petite pompe électrique aspirante et foulante dont nous avons indiqué l’emplacement en 1 sur la fig. A, pour aspirer le liquide dans le récipient 7, et le lancer par la tubulure 13 en petit jet d’eau.
- 5° Des fers de soutien 19, 20 et 21, à enfoncer en partie en terre. Le fer à T 19 aura 4 centimètres de large, 4 centimètres de haut et 5 mm d’épaisseur; les fers cornières 20 et 21 auront
- Fig. 1.
- 4 cenlimètres de large pour chaque côté et 5 mm d’épaisseur. Il faut des équerres pour relierles fers desoutien auxré-cipients, d’autres équerres encore,
- 22, pour le mur du fond.
- 6° Des colliers de fer feuillard pour tenir les tuyaux le long du mur, tous semblables à 29.
- 7° Une table, que l’on réservera spécialement à cette installaient.
- 8° Une plaque métallique 23, ornementée si possible, destinée à garantir la muraille des écla -b o u s s e m en t s d’eau qui pourraient se produire.
- Exécution du travail. — Installons d’abord la table dans la pièce du rez-de-chaussée que nous avons choisie, fixons-en les pieds au sol, et mettons sur cette table le récipient 2 qui a la forme d’un cylindre plat. Il est fait d’un fond :et d’un rebord soudé sur
- ce fond. La fig. B Fig_ 2 à 6.
- nous montre ce récipient en perspective. Sur cette fig. B, on voit aussi en 3 le tuyau de trop-plein. Le fond du récipient 2 est tenu sur la table par quatre vis serrant sur des rondelles de plomb.
- Nous aurons dans le récipient 2, un jet ou une aspersion d’eau semi-sphérique selon que nous mettrons, sur le raccord du tuyau, j^o la pomme d’arrosoir 24 (fig. B) ou lalance 13(fig. A).
- Le raccord supportant la lance du jet sera soudé
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- sur le tuyau 12 et sur le fond du récipient 2. Ce raccord et son tuyau traversent la table et le tuyau atteint le robinet 17 qui sert à régler la quantité d’eau projetée, une fois pour toutes, lors du premieressai avec la pompe 1. Il faut deux soudures sur ce robinet; puis c’est la traversée du plancher.
- Dans la cave, le tuyau 11 va vers le mur du fond, arrive ensuite à la pompe 1, puis va vers le récipient 7. Le tuyau 11 va plonger dans une partie creuse du récipient 7. Là, un dernier robinet d’arrêt 18 termine cette canalisation. Nous avons, en somme, dans ce tuyau 11, quelque chose ressemblant à une conduite d’aspiration dans un puits. Eu ce cas, le robinet 18 rend les mêmes services qu’un clapet de pied dans une conduite de ce dernier genre, puisque l’on peut fermer ce robinet lorsque le jet d’eau 14 ne marche pas. La conduite 11 reste amorcée, surtout si nous fermons également 17.
- Il sera bon de mettre un petit filtre grillagé assez largement à la base du robinet 18 formant crépine.
- L’emplacement exact de la pompe 1 doit être un peu cherché afin que sa force d’aspiration et la puissance du jet soient bien égalisées. Le robinet 17 servira seulement à mettre au point, à fignoler la puissance du jet.
- La fig. C représente un des récipients, celui du haut, 4. On voit comment les fers 20, 19 et 21 — dont n’est visible qu’une partie — sont placés, ainsi que les trois équerres 22 de devant, toutes trois semblables.
- Les équerres du fond 22 sont visibles sur la fig. A. Le fond
- du zinc des récipients est simplement posé dessus.
- La fig. C montre aussi le premier trop-plein 8. On remarquera sur la fig. D, qui représente un des trop-pleins en plus gros plan, que la partie haute du tube recour-Fig. 7. bé est seule libre: cela
- maintient un niveau de l’eau toujours le même dans les récipients 4, 5, 6 (pour 7, nous verrons plus loin); une petite plaque mi-circulaire soudée cache la partie inférieure. L’eau ne passe qu’en haut. La partie basse de chaque trop-plein recourbé, laquelle partie basse passe, elle aussi, dans la paroi des récipients, a son orifice libre.
- Les fig. E et F sont l’image d’un des coins du récipient 4 avant pliure et en cours de pliure, et conséquemment avant soudure.
- La partie plus creuse du récipient 7 où plonge le robinet aspirateur 18, est vue, en plus gros plan également, sur la fig. G. C’est un récipient de zinc 28, à bords rabattus, sur deux côtés que l’on enfonce complètement dans l’ouverture 27 et que l’on soude pour parfaite étanchéité.
- Le tuyau 3 de trop-plein des eaux, en plomb mince ou en fer, a son extrémité supérieure visible en 3 (fig. B) où l’on veut que soit le niveau supérieur de l’eau. Il traverse le fond du récipient 2, auquel il est soude. Il traverse la table, le plancher, se soude au robinet 15, et arrive au récipient 4 où tombe son eau.
- Au-dessus du robinet 17 se trouve l’empattement de tuyauterie, qui relie les tuyaux 12 et 3 pour le jet d’eau d hiver. La petite pompe, presque un jouet, est placée à 25. Il faut que ce raccordement soit, comme le reste, en parfaite étanchéité.
- Il y a, à 29 (fig. A), une échancrure dans le bord du récipient 7. Lorsque tout le système est plein, l’eau doit affleurer là, si le robinet d’aspiration 18 est fermé. Les pompes 1 et 25 doivent être bien étanches.
- Il est évident que votre installation pourra être, comme forme et dimensions, différente de celle décrite ici; mais le principe doit être le même.
- Marius Monnier.
- OPTIQUE
- Microscope de poche « Mic=poc ».
- Comme on a dans sa poche un crayon ou un stylographe, on peut avoir maintenant un microscope et même le fixer à la poche du gilet. Il a son objectif, son oculaire, une vis de mise au point et présente un champ rectangulaire dont le grossissement est suffisant pour bien des observations. S il fait jour, il suîfit de braquer son orifice d’éclairage vers le ciel; s il fait sombre, on peut brancher sur le tube latéral une minuscule lampe en verre teinté lumière du jour. La lampe se connecte par un fil souple à une douille à vis de lampe de poche. C est dire qu’on peut l’employer partout.
- Son prix est minime, son encombrement réduit. C’est dire qu il rendra service à tous ceux qui veulent observer, rapidement, sur place, avec un certain grossissement, et ils sont légion : ingénieurs, médecins, étudiants, écoliers, zoologistes, botanistes, minéralogistes, graveurs, photographes, horlogers, tisserands, contrôleurs, policiers, que sais-je encore ?
- En vente chez Hermagis, 1, rue Nicolas-Berthot, Dijon.
- HYDRAULIQUE Pompe centrifuge à vis.
- Qu’on suppose un cylindre rotatif long imitant un piston, mais ne se déplaçant pas dans le sens longitudinal. Qu’on lui creuse une rainure hélicoïdale et place dans cette rainure des plaques de bronze dites palets.Qu’on entraîne le tout à tourner, les plaques libres tendront à s’échapper parla force centrifuge et viendront faire joint sur la face interne du cylindre. Si donc un liquide remplit l’intervalle, il sera poussé par cette vis sans fin. Tel est le principe de la pompe figurée ci-dessous.
- Elle présente sur les pompes centrifuges ordinaires l’avantage que le liquide n’est pas entraîné à tourner, mais suit un chemin à peu près rectiligne, ce qui diminue les effets de barattage et d’émulsion pouvant dénaturer les laits ou les vins.
- Constructeurs : S. A. M. et Maroger, 23, rue Saint-Gilles, Nîmes.
- Fig. 9. — Pompe rotative à vis.
- 1. Corps de pompe. — 2. Bride d’aspiration. — 3. Bride de refoulement. — 4. Tambour. — 5. Arbre. — 6. Flasque d’aspiration. — 7. Flasque de refoulement. — 8. Filet de vis.
- Lig. 8. — Le * Mic-Poc •.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- M. G. Pou-Dubois, ingénieur, 5, avenue Sœui'-Rosalie, Paris, nous écrit :
- « Je possède dans ma bibliothèque un petit opuscule imprimé à Lyon, vraisemblablement au commencement du siècle dernier et portant le titre suivant :
- PROPHÉTIES PERPÉTUELLES Très curieuses et très certaines de THOMAS JOSEPH MOULT Natif de Naples Astronome et Philosophe Traduites de l’Italien en Français Qui ont cours dès l’an 1269 et qui dureront jusqu’à la ûn des siècles Faites à Saint-Denis en France, l’an de Notre Seigneur 1268, du règne de Louis IX le Quarante-deuxième.
- A LYON
- Chez LAMBERT-GENTOT Imprimeur Libraire, rue Mercière, n° 29.
- L’auteur expose d’abord que ses observations sont basées sur la marche du Soleil qui, dit-il, fait son tour par 28 nombres solaires qui contiennent chacun 9 années pendant le cours desquelles ses prédictions doivent se réaliser, et il ajoute : « Je laisse à mon lecteur le soin d’observer les années qu’elles doivent arriver et de faire ses remarques ».
- C’est ce que j’ai fait, et j’ai relevé les très curieuses « coïncidences » suivantes choisies parmi les plus typiques :
- « Pour l’an 1301 : Démêlés d’un Roi avec Notre St-Père le Pape » (Philippe le Bel et Boniface VII).
- « Pour l’an 1515 : Avènement d’un grand Prince ».
- (François Ier).
- « Pour l’année 1525 : Un Roi fait prisonnier ».
- (François Ier à Pavie).
- « Pour l’an 1524 : Un Grand Prince se sépare de l’Eglise Catholique ». (Henri VIII d’Angleterre).
- « Pour l’an 1584 : Une Grande Flotte sur mer ».
- (L’Armada de Philippe II).
- « Pour l’an 1589 : Un grand Prince monte sur le Trône ».
- (Henri IV).
- « Pour l’an 1610 : Mort subite d’un grand Prince ».
- (Assassinat d’Henri IV).
- « Pour l’an 1672 : Fameux passage sur un Fleuve ».
- (Le passage du Rhin sous Louis XIV).
- « Pour l’an 1715 : Perte d’un Grand Prince Catholique ».
- (Mort de Louis XIV).
- « Pour l’an 1789 ( La Noblesse donne à un Roi les preuves de son attachement.
- (Les 5 Mai et 4 Août).
- « Pour l’an 1801 : Un Grand Prince imite Alexandre et César ». (Bonaparte-Napoléon).
- « Pour l’an 1830 : Révolution dans un Etat Chrétien ».
- (La Révolution de Juillet).
- « Pour l’an 1839 : Invention d’un grand art ».
- (Daguerre, la Photographie).
- «Pour l’an 1870 : Déclaration de Guerre entre des Princes chrétiens (Guerre Franco-Allemande).
- « Pour l’an 1875 : Nouvelle forme de gouvernement pour les lois d’un grand pays ».
- (La Constitution de 1875).
- QUESTIONS
- Choix d’un poste récepteur de T. S. F.
- Les conditions locales dans lesquelles vous voulez installer votre appareil, sont, en effet, particulièrement défectueuses. Le seul dispositif que l’on puisse tenter d’utiliser est l’antenne verticale, l’antenne sphérique, ou en cadre avec descente d’antenne blindée. On peut, par
- « Pour l’an 1914 : Grands combats.
- 1916 : Grande Guerre entre les Princes Chrétiens dite
- 1917 : (La Grande Guerre).
- « Pour l’an 1918 : Les Généraux d’Armée s’observeront ». (L’Armistice).
- « Pour l’an 1919 : La Paix générale dans la Chrétienté :
- (La Paix de Versailles).
- Etc., etc.
- Je passe sous silence les prédictions relatives aux années postérieures à 1934, ne voulant pas être un oiseau de mauvais augure...
- Malgré mes recherches, je n’ai trouvé nulle part trace de ce THOMAS JOSEPH MOULT dont les prédictions laissent bien loin derrière elles celles du fameux NOSTRADAMUS.
- Peut être un de vos lecteurs sera-t-il plus heureux que moi. »
- Le véritable ancêtre des hors-bords : la Motcgo-dille. — M. G. Trouche, créateur de la Motogodille, nous écrit, à propos de l’article du 1er novembre, sur ce sujet, la lettre suivante, que nous publions très volontiers :
- « La Motogodille est le premier propulseur réellement amovible et commercial. Les premiers brevet et marque déposés sont du 31 août 1904. Mon premier constructeur était la Maison Buchet, spécialisée dans la construction des moteurs à essence de toutes puissances. La Motogodille participa, fin 1904, au Salon d’Automobiles et Navigation maritime, l’un au Grand-Palais et l’autre aux Serres de la Ville de Paris, dont une dans un stand et l’autre sur bateau sur la Seine, à la disposition des visiteurs.
- Souvent, dans des articles de journaux et autres, on m’a fait l’honneur de m’appeler le « Père des propulseurs amovibles ».
- Naturellement les Américains du Nord cherchent à s’attribuer la priorité de toutes les inventions mondiales; mais, en tout, les dates des brevets et de réalisations commerciales seules font foi. De plus, la Motogodille a pris part à tous les meetings internationaux de Monaco, de 1906 à 1914, en 2 ch 1/2, 5 ch, 8 ch et 10 ch.
- Elle est toujours restée un instrument simple et robuste, apprécié pour les petites embarcations de promenade et par les travailleurs sur l’eau. Quand les propulseurs américains de compétition sont apparus en France après la guerre, leurs puissants moyens de construction et de vente à l’exportation les ont rendus impossibles à concurrencer avec nos faibles moyens financiers et le peu d’engouement des Français pour les promenades nautiques.
- Avant-guerre, et après-guerre, jusqu’en 1929, environ 80 pour 100 de ma production allaient principalement chez les Américains du Sud. Quant à l’Amérique du Nord, ces malins ont toujours maintenu les droits de douane à 45 pour 100 ad valorem, tandis qu’ils entrent leurs propulseurs en France à raison de 150 fr environ les 100 kg. Ce qui ferme leur marché pour nous.
- Actuellement, nos Colonies et les travailleurs sur l’eau, passeurs-bacs, pêcheurs, ostréiculteurs, etc., et quelques plaisanciers en France sont mes seuls clients. »
- Erratum. — La société Télos, concessionnaire des appareils « Exacta », décrits dans le n° du 1er novembre (p. 428), nous signale qu’on utilise sur cet appareil le Tessar Zeiss de 75 mm de distance focale, d’ouverture maximum égale à 1/2,8, tandis que le Teissar Zeiss 1/3,5 n’a que 70 mm de distance focale.
- ET RÉPONSES
- exemple, disposer assez simplement une antenne verticale dans le tuyau d’une cheminée inutilisée.
- Il existe d’autre part comme nous .l’avons indiqué dans le numéro spécial de La Nature de septembre 1934, deux catégories de descentes blindées. Les premières sont à liaison directe avec le poste récepteur; les deuxièmes, dites à basse tension, comportent un transformateur
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- abaisseur de tension disposé près de l’antenne, et un transformateur élévateur disposé près du poste.
- 2° Le choix d’un poste-récepteur est toujours difficile; il dépend des préférences personnelles de l’auditeur, tout autant que de facteurs techniques.
- Il est d'abord indispensable de savoir quel est le montant de la somme que vous désirez affecter au maximum à l’achat d’un récepteur, ce qui vous permettra de délimiter la catégorie de récepteur robuste et bien établi que vous pouvez choisir.
- Il faut également savoir si vous voulez un appareil permettant uniquement de recevoir les émissions de radiodiffusion normales, de 200 à 2000 mètres de longueur d’onde, ou bien si vous voulez un appareil dit « toutes ondes » permettant également de recevoir les émissions sur ondes très courtes, de 15 à SO mètres de longueur d’onde environ. Vous pouvez noter à ce propos que, sur cette gamme, l'influence des parasites industriels est, en général, très peu sensible, ce qui serait particulièrement intéressant dans votre cas.
- Enfin, il est indispensable de savoir si vous voulez un radio-récepteur permettant seulement de recevoir les radio-concerts, ou bien un ensemble musical complet assurant l’audition des radio-concerts, et permettant également de « jouer » des disques de phonographe.
- Réponse à M. B... à Doulon (Loire-Inférieure).
- Réception d’émission sur ondes courtes.
- 1° Il n’est nullement impossible de recevoir sur cadre les émissions sur ondes courtes et moyennes de la gamme que vous indiquez, et comprises entre 15 et 250 mètres environ. 11 faut simplement employer un cadre comportant pieu de spires, et d’assez grande surface. Un cadre à une spire donne les meilleurs résultats.
- En général, pourtant, on n’emploie pas de cadre, d’abord parce que le cadre n’est plus guère utilisé à l’heure actuelle, et ensuite parce qu’il ne permet pas de recueillir autant d’énergie que l’antenne, surtout si l’on emploie une antenne extérieure. D’ailleurs les avantages possibles du cadre pour la réception des émissions sur ondes courtes paraissent beaucoup moins grands que pour la réception des émissions sur ondes moyennes. Les avantages de sélection dus au pouvoir directionnel du cadre et l’atténuation possible des parasites industriels présentent, en effet, beaucoup moins d’intérêt, l’influence des parasites industriels étant ici moins sensible sur cette gamme de ongueurs d’onde.
- 2° Pour recevoir les émissions sur ondes courtes sur cadre, il est simplement recommandé de choisir un poste récepteur suffisamment sensible, en raison justement de la faiblesse de l’énergie recueillie. On peut ainsi utiliser un appareil superhétérodyne, soit à simple changement de fréquence, soit même à double changement de fréquence. Vous pouvez donc consulter à ce sujet les livres donnant la description des récepteurs à ondes courtes les plus récents : Les ondes courtes et ultra-courtes et leurs applications, par P. Hémardinquer et H. Piraux (Dunod, éditeur), soit le livre Ondes courtes et ondes très courtes, par L. Chrétien (Chiron, éditeur).
- 3Ü Comme ouvrage sur la radiogoniométrie, vous pouvez consulter le livre du commandant Mesny (Chiron, éditeur).
- Réponse à M. Robine, à Béthune (Pas-de-Calais.)
- Changement de tonalité dans un récepteur.
- La modification de tonalité de l’audition dans un récepteur peut avoir pour but d’améliorer la qualité musicale de l’audition suivant les goûts de l’auditeur et la nature du radio-concert, en favorisant plus ou moins les notes aiguës ou graves. Elle peut également servir à diminuer les notes aiguës au-dessus d’une certaine limite, de manière à essayer d’atténuer les sons parasites qui se manifestent généralement sur une gamme aiguë au delà de 4000 à 4500 périodes-seconde, par exemple.
- Il existe désormais des systèmes de réglage de la tonalité complets permettant à volonté de favoriser l’amplification des notes aiguës ou des notes graves, et on peut, dans ce but, utiliser deux systèmes de sortie différents commandés séparément, et agissant chacun sur un haut-parleur électrodynamique distinct. Des dispositifs de ce genre ont été décrits dans un récent article de La Nature, consacré aux progrès du haut-parleur intégral.
- Dans le cas qui vous intéresse, nous pensons cependant que vous désirez uniquement pouvoir à volonté réduire l’importance des notes aiguës sans modifier la reproduction des notes musicales de fréquence
- moyenne ou grave. Il est donc inutile d’adopter un dispositif complexe, bien que ce dernier soit toujours préférable.
- Le système classique déjà indiqué dans les chroniques de La Nature consiste alors à employer un condensateur d’une capacité de l’ordre de 1/100° de microfarad en série avec une résistance variable. Le système est disposé, par exemple, dans le circuit de plaque de la lampe de sortie en parallèle sur le primaire du transformateur de sortie alimentant le haut-parleur électrodynamique. Des dispositifs de ce genre sont désormais adoptés sur la plupart des postes récepteurs perfectionnés de types récents.
- Pour éliminer les sons aigus parasites d’une fréquence assez bien déterminée, on peut également avoir recours à un montage comportant un bobinage et une capacité en série, et fonctionnant suivant le principe bien connu de la résonance-série. Il laisse passage à des courants musicaux de fréquence assez bien déterminée, et on obtient ainsi une atténuation très nette des sons aigus qu’on veut éliminer. Un tel système peut être placé dans le circuit de la lampe de sortie ou sur la lampe déteclrice, avant le premier étage d’amplification basse fréquence.
- L’emploi de ces différents systèmes peut rendre sans doute de grands services. 11 faut pourtant se rendre compte qu’il n’est pas désirable, en général, d’atténuer par trop les sons aigus. Les émissions radiophoniques ne permettent déjà que de transmettre des sons d'une fréquence qui ne dépasse guère 4500 périodes-seconde, alors qu’en réalité, pour obtenir une émission vraiment intégrale, il faudrait considérer les fréquences musicales beaucoup plus élevées, de l’ordre de 8 000 ou même 10 000 périodes-seconde. Si l’on veut conserver à l’audition tout son naturel et tout son brillant, il faut donc essayer de ne pas atténuer encore les sons aigus toutes les fois que cela est possible. Réponse à M. D..., à Melun (Seine-et-Marne).
- De tout un peu.
- M. Caron, à Cannes. — Le problème que vous nous posez n’est pas de notre ressort. Nous ne pouvons donner les éléments de construction d’une machine aussi délicate et spéciale qu’une soudeuse électrique.
- Pour transformer du courant continu en alternatif-, dans le cas d’un courant d’une intensité élevée comme celle que vous envisagez, il faut recourir à une commutatrice ou à un groupe moteur-générateur.
- M. Roussel, à IVloissac. — Les poissons artificiels pour la pêche « au lancer » désignés sous le nom de « Devon » (comté d’Angleterre), sont-caractérisés par la présence d’hélices, qui provoquent dans l’eau un mouvement de rotation de l’appât, produisant l’imitation du « vif ».
- Généralement, les devons sont en cuivre ou en laiton argenté, doré ou peint; il est en effet nécessaire qu’ils présentent un certain poids. On peut également les établir en celluloïd, en nacrolaque, voire même en bois dur (teck), mais ils ont moins de tenue à la ligne, s’ils ne sont pas lestés.
- Sur ces données, il vous sera facile de mettre au point une petite fabrication de ce genre, soit en utilisant des alliages facilement fusibles, étain ou soudure des plombiers, pouvant être coulés dans des moules en plâtre bien sec, soit en constituant la masse de moulage par un mélange de sciure de bois dur tamisée, de kaolin ou de talc délayé au moyen d’une mixture constituée par :
- Acétate de cellulose.........../. . 10 grammes.
- Acétone............................ 100 cent, cubes.
- Enfin, vous pourriez envisager un estampage de celluloïd ramolli dans l’eau chaude et comprimé également dans un moule approprié.
- pp___A notre avis la galalithe ne vous donnerait pas satisfaction,
- car malgré le traitement au formol qu’elle a subi, sa résistance à l’eàu est peu considérable; au bout d’un certain temps de trempage la caséine devient complètement souple et se déforme.
- M. Jean de IVIatha, Instituto San José. — 1° Les couleurs pour aquarelle sont simplement des pigments broyés avec un mélange d’eau gommée et de glycérine. Vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce genre :
- Bleu de cobalt.........................130 grammes.
- Glycérine.............................. 50
- Eau gommeuse........................... 50
- L’eau gommeuse est elle-même constituée par une partie de gomme du Sénégal dissoute dans deux parties d’eau.
- 2° Nous ne connaissons pas la composition de la spécialité en
- question.
- Le Gerant : G. Masson.
- ôiii. - lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1-12-1934. — Published in France.
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- LA NATURE
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- Tarit intérieur, France et Colonies .12 mois (24 n**), 90 fr. ; — 6 mois (12 nM), 45 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n°*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n**) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n’1
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Irak, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N” 2943
- LA NATURE
- 15 Décembre 1934.
- COMMENT EXPLORER L’UNIVERS
- L’ÉVOLUTION DES TÉLESCOPES
- Les qualités optiques nécessaires en astronomie.
- — Depuis les débuts de l’astrophysique, les recherches ont porté de plus en plus sur les méthodes de spectro-scopie et de photométrie, qui suivent les rapides progrès de la physique moderne. La question des grands instruments astronomiques, permettant de faire reculer les limites de. l'univers observable, n’en reste pas moins primordiale.
- Pour obtenir de bonnes images, il est d’abord nécessaire d’atténuer autant que possible, l’effet de l’atmosphère: le choix de l’emplacement est, pour un observatoire, un grave problème. Le voisinage des grandes villes, très utile au point de vue outillage et documentation, ne va pas sans une réverbération qui voile les plaques photographiques. Actuellement, la tendance est de rechercher des altitudes assez hautes, de façon à être débarrassé de la couche la plus gênante de l’atmosphère. Le jour où 1 astronautique permettra aux astronomes de prendre
- sur la lune des clichés du ciel, ils pourront obtenir des
- photographies d’une richesse incomparable s’ils ne perdent pas, par les imperfections de leur optique, les avantages de leur nouveau site, dénué d’atmosphère.
- Quelles sont ces imperfections ? Un instrument qui fournit des images où l’on peut distinguer de fins détails est dit posséder un grand pouvoir séparateur. En astronomie, le pouvoir séparateur est défini par l’inverse du plus petit angle que l’instrument permet de séparer.
- La théorie des ondes montre qu’un système optique, aussi bien corrigé soit-il des aberrations géométriques, fournit, comme image d’un point lumineux, non pas un point, mais une tache d’autant plus grande que la section du faisceau utilisé est plus petite. Pour que les images de deux points voisins n’empiètent pas, il faut que l’objectif ait un grand diamètre.
- Pour pouvoir effectivement profiter du pouvoir séparateur de l’objectif, il faudra encore imposer au système récepteur certaines conditions. Si un observateur examinait à l’œil nu l’image fournie par l’objectif, le pouvoir séparateur de son œil (1 minute pour une vue excellente)
- serait insuffisant ; c’est pourquoi il faut utiliser un oculaire, système optique adjoint à l’œil, et qui en augmente le pouvoir séparateur.
- L’oculaire a une distance focale courte, et le rapport des distances focales de l’objectif et de l’oculaire définit le grossissement de l’instrument. Ce grossissement peut prendre des valeurs très grandes, et qui frappent l’imagination. Mais ce n’est pas lui qui mesure la valeur d’un instrument; il est assez-facile aujourd’hui de fabriquer des oculaires puissants. Dans le cas de l’observation photographique, il faudra de même, pour utiliser tout le pouvoir séparateur de l’instrument, employer des émulsions à grain fin. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point.
- D’autre part, il faut que les images reçoivent le plus de lumière possible, ou, comme on dit, que l’instrument possède une grande luminosité. Cette condition se traduit de manière différente suivant que l’objet a un diamètre apparent insensible (étoile) ou sensible (planète, comète, nébuleuse).
- Dans le premier cas, la luminosité est proportionnelle à D2, dans le second à D2/F2, D et F étant respectivement le diamètre et la distance focale de l’objectif. Le rapport D/F est le rapport d’ouverture. Dans les instruments modernes, on a tendance à réaliser de grandes valeurs de ce rapport, qui est en général supérieur à 1/10 et peut atteindre jusqu’à 1/2.
- Les instruments destinés à l’observation visuelle ont un champ très faible; on corrige complètement l’objectif pour les rayons centraux (suppression de l’aberration sphérique).
- Mais dès que la direction du faisceau incident s’écarte de l’axe, l’image se gâte par suite de l’apparition de l’aberration appelée coma ou aigrette. L’exiguïté du champ n’est d’ailleurs pas, dans ce cas, un grave inconvénient, car on peut braquer l’instrument, avec une grande précision, dans une direction donnée.
- Mais, lorsqu’il s’agit d’observations photographiques, il est nécessaire de corriger la coma.
- Par exemple, les astrographes réfracteurs de la Carte du
- Oculaire
- Fig. 1. —• Schéma du télescope type Grégory.
- M, grand miroir; m, petit miroir elliptique (on voit qu’une partie du faisceau incident est arrêtée par m et son support).
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- Fig. 2. — Schéma du télescope type Cassegrain.
- M, grand miroir; m, petit miroir hyperbolique. Le télescope est
- plus court que celui de Grégory pour une même distance focale.
- Ciel utilisent un champ de 2°. Les instruments dont nous parlerons plus loin, fondés sur des principes récemment découverts, permettront d’obtenir des images excellentes sur une étendue de champ beaucoup plus vaste.
- Emploi du film gaufré. — Avant de passer aux instruments proprement dits, disons quelques mots du fdm gaufré, imaginé par Gabriel Lipp-mann, et dont nous avons examiné l’emploi au cinéma en couleurs (La Nature, 1er décembre 1930).
- Ce film, utilisé d’une façon spéciale, permet, d e multiplier par un facteur important la lumi-nosité des instruments. Nous reviendrons une autre fois sur ce point. Retenons pour le moment, que l’astronomie possède là indépendamment du progrès des instruments eux-mêmes et de ceux des émulsions photographiques, un moyen pour observer des objets célestes jusqu’à présent inobservables.
- LES DIFFÉRENTS TYPES D’INSTRUMENTS ASTRONOMIQUES
- Au point de vue du système de coordonnées, les instruments se divisent en deux classes; les premiers admettent pour plan fondamental l’horizon, et servent à mesurer des azimuts et des hauteurs; ce sont le théodolite et l’altazimut; les autres admettent pour plan fondamental Fia- 4-l’équateur, et servent à mesurer les ascensions droites et les déclinaisons; ce sont les instruments équatoriaux. Les instruments les plus puissants sont tous de ce type. Le système objectif est tantôt réfracteur (lunettes), tantôt réflecteur (télescopes). Ces derniers sont de types assez divers.
- Le premier en date est celui de Grégory. Il est constitué
- Fig. 3. — Schéma du télescope de Newton.
- (Dans les instruments de ce type construits par Foucault, le prisme à réflexion totale est remplacé par un miroir plan).
- par un miroir sphérique M percé d’une ouverture. Les rayons, après réflexion sur ce miroir, se réfléchissent sur un deuxième miroir m, qui est elliptique et fournit, du foyer du miroir M, une image accessible à l’observation. D’où l’emplacement de l’oculaire V (fig. 1).
- Le télescope de Cassegrain diffère de celui de Grégory par le petit miroir qui est hyperbolique, au lieu d’être elliptique.
- Le foyer du grand miroir M joue à son égard le rôle d’objet virtuel (fig. 2).
- Ces deux types de télescopes sont à vision directe. Quelques années après Grégory, Newton imagina de renvoyer l’image latéralement par un miroir plan. Il employa d’ailleurs comme miroir plan, le prisme à réflexion totale, dont c’était la première utilisation.
- Enfin Herschel supprima le deuxième miroir, en recevant, sur le bord du tube du télescope, l’image prove-
- Le grand réfracteur de l’Observatoire Yerhes pendant son montage.
- (Ph. J. Boyer.)
- nant d’un faisceau incliné sur 1 axe optique du miroir M. Cette solution est séduisante, mais, quand on se propose de corriger les aberrations, elle complique les équations de condition.
- Dans les premiers télescopes, cette question n’était pas abordée. Jusqu’au milieu du xixe siècle, le miroir M était un simple miroir sphérique. C’est Lord Ross, qui, le premier, en 1842, s’est écarté de cette forme pour réduire les aberrations.
- Les miroirs, à part le prisme à réflexion totale de Newton, dit « miroir de verre », étaient des miroirs métalliques. Foucault leur substitua les miroirs de verre, recouverts d’une argenture, qui présentent de nombreux avantages : poli plus parfait, par conséquent meilleur pouvoir réfracteur, et moindre altérabilité par l’action de l’air.
- Par contre, il est nécessaire de procéder à des réargentures fréquentes.
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- AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES RÉFRACTEURS ET DES RÉFLECTEURS
- Le principal avantage des télescopes est d’être rigoureusement achromatiques.
- Au contraire, l’achromatisme des lunettes n’est jamais parfait. Il nécessite l’emploi de plusieurs verres, c’est-à-dire un très long travail de surfaçage. L’achromatisme à réaliser n’est pas le même selon que l’instrument doit servir à l’observation visuelle ou à l’observation photographique. Et, pour un astrographe, les résidus d’aberrations chromatiques varient avec la courbe de sensibilité des émulsions utilisées. Ces inconvénients peuvent être atténués par l’emploi de filtres colorés, mais on perd alors de la luminosité. De plus, si un miroir bien argenté absorbe encore 5 pour 100 de la lumière incidente, l’emploi des réfracteurs entraîne des pertes plus importantes par absorption dans la masse du verre et surtout par réflexion partielle sur les surfaces successives.
- Dans le cas d’un miroir, comme la lumière ne traverse pas le verre, celui-ci n’a pas besoin d’être très homogène. Dans les lunettes, la moindre hétérogénéité, la moindre
- Fig. 6. — Photographie de la Comète de Halley, prise le 5 mai 1919 à l'observatoire du Mont Wilson, avec le réflecteur de 60 pouces. Durée d'exposition 8 minutes.
- Document communiqué par M. le Pr Chrétien.
- Fig. 5. — Le grand télescope de 100 pouces de l'Observatoire du Mont-Wilson.
- trempe, se traduit par un défaut de l’image. Et il est très difficile de couler des blocs de verre de grandes dimensions sans défaut. Non seulement le télescope peut être construit dans des dimensions beaucoup plus grandes que la lunette, mais encore son prix de revient est beaucoup moins élevé.
- Les télescopes peuvent être construits avec des rapports d'ouverture très grands : par exemple, l’Observatoire de Meudon possède un réflecteur excellent, ouvert à f/3. L’ouverture des lunettes est beaucoup plus faible. L’introduction de fortes courbures augmente les épaisseurs de verre à obtenir. La correction du chromatisme exige que le rapport d’ouverture diminue à mesure que le diamètre de l’objectif augmente. Avec les verres dont dispose l’opticien moderne, quand on a satisfait aux équations d’achromatisme, il reste toujours un résidu d’aberration, dit spectre secondaire, c’est-à-dire une tache de diffusion. Pour la rendre le plus faible possible il faut des rayons très peu inclinés sur l’axe, c’est-à-dire une grande longueur focale et un grand encombrement.
- Malgré ces avantages, depuis la découverte | de l’achromatisme par Dollond, en 1757, permettant d’atténuer le principal inconvénient des lunettes, et jusqu’à ces dernières années, les réflecteurs ont été délaissés au profit des réfracteurs, surtout en Europe. Pourquoi ? Est-ce, comme le disait M. Paul Henry, que « le miroir était traité en parent pauvre ; à cause
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- Fig. 7. — Miroir cellulaire vu en coupe et vu de dos, la paroi enlevée.
- Sur la vue en coupe on voit des ouvertures ménagées dans les cloisons, pour la circulation de l’air.
- de la différence du prix des parties optiques, les montures de télescopes étaient moins soignées que celles des
- lunettes » ? Il semble que, malgré son humour, cet argument soit insuffisant. En réalité, nous n’avons discuté que la question de l’aberration chromatique. Or, nous verrons, à propos du télescope aplanétique, que, jusqu’à ces tout derniers temps, les systèmes réflecteurs présentaient, à un autre point de vue, une infériorité notable par rapport aux lunettes. Avant d’étudier ce défaut et de montrer comment sa solution récente a définitivement désigné le télescope comme l’instrument de l’avenir, nous allons rapidement passer en revue les principaux instruments dont disposent, actuellement, les observatoires modernes.
- Les grands instruments actuels. — Parmi les lunettes, la plus puissante à l’heure actuelle est celle de Yerkes (États-Unis) qui date de 1897. Sa distance focale est de 21 m et son diamètre est de 1 m 02.
- En Europe, les plus grandes lunettes sont celles de Potsdam en Allemagne, de Poulkovo en Russie, de Meudon et de Nice. (La lunette de Meudon a 16 m 15 de distance focale et 0 m 83 de diamètre.)
- Du côté des télescopes, il faut citer : le télescope de 100 pouces de l’Observatoire du Mont-Wilson (Etats-, Unis) et le télescope de 72 pouces de Victoria (Canada), qui datent tous deux de la fin de la guerre. Dans le premier, le grand miroir a un diamètre de 2 m 54, une épaisseur de 32 cm et une distance focale de 12 rn 60.
- LE TÉLESCOPE APLANÉTIQUE
- Le télescope de Newton, avec le grand miroir de forme parabolique, fournit, sur l’axe, des images excellentes. Mais, dès qu’on s’en écarte, apparaît une aberration (l’aigrette ou coma), qui réduit le champ utilisable à une très faible valeur. La correction de cette aberration, réalisée pour la première fois par le grand opticien allemand Abbe, se traduit, pour les instruments réfracteurs, par une relation supplémentaire entre les courbures des diverses surfaces. Un congrès international avait décidé que les instruments destinés à l’élaboration de la Carte
- Fig. 8. — Comparaison à la même échelle de la longueur des tubes et du diamètre des coupoles de divers instruments ayant la même ouverture, soit 1 m.
- De gauche à droite : Réfracteur équatorial type Yerkes, coupole de 2G m de diamètre intérieur. — Télescope réflecteur équatorial, type Schwartzschild, coupole de 11 m de diamètre. — Télescope réflecteur équatorial type Mont-Wilson, coupole de 11 m de diamètre. — Télescope réflecteur équatorial type Ritchey-Chrétien, coupole de 5 m 50 de diamètre. (D’après VAstronomie.)
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- du Ciel devraient être aplanétiques, e’est-à-dire corrigés de la coma.
- Pour les réflecteurs, le problème est plus difficile; il n’y a que deux surfaces, et, si la question du chromatisme ne se pose pas, le fait d’imposer à l’instrument d’assurer une bonne imagerie dans un champ notable pose un problème difficile. La solution consiste à donner, aux surfaces des deux miroirs, des formes qui ne sont pas simples (sphériques, paraboliques, elliptiques ou hyperboliques), mais qui satisfont à certains développements en série. La disposition générale reste la même. Au type Grégory correspond la solution de Schwartzschild, et au type Cassegrain le télescope Ritchey-Chrétien. Le télescope de Schwartzschild a l’avantage de pouvoir donner, avec un rapport d’ouverture de 1/3,5, une image plane jusqu’à 1° 1/2 de l’axe. Mais le plan focal est inaccessible à l’observation visuelle et, de plus, l’instrument est très encombrant.
- Le télescope Ritchey - Chrétien est, au point de vue de l’optique pure, moins avantageux que le type Schwartzschild, La courbure de champ est en effet élevée, de sorte que, pour tirer de l’instrument le meilleur parti, il faudrait employer des plaques courbes. Et la courbure est trop forte pour pouvoir être obtenue par succion pneumatique sur des plaques planes, comme on l’a fait à Harvard au télescope de 1 m 50.
- Il faudrait couler l’émulsion sur des plaques effectivement sphériques.
- La complication ainsi introduite est négligeable, en face des économies que cet instrument permet de réaliser, tant en frais d’installation qu’en frais d’utilisation.
- Car le télescope Ritchey-Chrétien, tout en réalisant sur les télescopes actuels un progrès optique très important, présente, au point de vue construction, de grands avantages. Tout d’abord, l’observation, soit visuelle, soit photographique, y est des plus commodes. D’autre part, à distance focale égale, l’ensemble est beaucoup plus court que ne le serait un télescope de Schwartzschild. La figure 8 montre le peu d’encombrement.
- Les miroirs cellulaires. — Les disques nécessaires à la fabrication des grands télescopes doivent avoir, pour assurer leur rigidité, une épaisseur égale environ au septième de leur diamètre. La coulée et le recuit de ces énormes masses de verre présentent de grandes difficultés. D’ailleurs, il faut quand même compenser par des contrepoids l’action déformante de la pesanteur. Mais ces précautions une fois prises, il reste une cause de déformation : le verre est très mauvais conducteur de la chaleur et les différents points d’une grande masse de verre ne sont pas tous rigoureusement à la même température. Il en résulte des dilatations locales, qui altèrent la forme du miroir. Or la forme théorique doit être respectée avec une précision de l’ordre du l/10e de micron. '
- Le système des miroirs cellulaires supprime d’une
- part la difficulté de fabrication, d’autre part l’inconvénient des dilatations locales.
- 11 consiste à constituer le miroir proprement dit par un plateau mince, de 15 à 20 mm, relié par des cloisonnements à un second plateau, qui forme le dos du miroir (fig. 7). Ce cloisonnement permet une circulation d’air, qu’on peut d’ailleurs activer artificiellement, et qui assure l’équilibre de température. Les cloisons sont collées entre elles et aux plateaux par un ciment inaltérable (bakélite).
- Le Professeur américain Ritchey a consacré de longues années à l’étude et à la mise au point des miroirs de ce système. Ses recherches ont été effectuées partie aux Etats-Unis, partie à l’Observatoire de Paris en ces dernières années.
- Télescopes à lame correctrice. — Depuis peu, on
- étudie, en Allemagne, en Amérique et en France, un nouveau type de télescope. Au centre de coui’bure du miroir principal est placée une lame dite correctrice, constituant la pupille d’entrée du système, que la lumière traverse avant la réflexion. Elle a pour rôle de transformer l’onde plane incidente en une onde de forme géométrique moins simple, mais telle que la réflexion la transforme en onde quasi sphérique pour un champ assez étendu.
- Elle doit assurer l’aplanétisme sans introduire les défauts de chromatisme propres aux systèmes réfracteurs. Son calcul et sa réalisation sont assez compliqués. Mais les résultats déjà obtenus par ce moyen (télescope Schmidt) sont très encourageants.
- Nous espérons bientôt exposer les résultats de recherches approfondies entreprises en France dans cette voie.
- J.-L Lagrula.
- Fig. 9. — Le P1 Ritchey vérifiant le travail de polissage d’un miroir de 40 pouces destiné à un observatoire des Etats-Unis. (Ph. Wide-World.)
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- ORGANES ET TACTIQUES DE DÉFENSE
- CHEZ QUELQUES ARAIGNÉES
- La frêle araignée qui essaime rompt tous les liens qui l’attachaient à ses compagnons de nid. Elle conquiert la liberté nécessaire aux chasses futures, mais elle se condamne à lutter, sans l’espoir d’une aide familiale. Et les aventures qu’elle courra, solitaire (1), seront rudes.
- Dès son premier jour, ce sera le vent qui détruira le fdet, ce sera la pluie qui empêchera toute capture de gibier, ce sont les traumatismes, les brusques variations de température. Plus tard, il lui faudra se soustraire aux ennemis de sa race. Sphex, Pompiles, Pélopées la chasseront pour en nourrir leurs larves. Les Agénies ponctuées feront de même, si elle appartient aux Clubo-nies, aux Drassides. LTchneumon introduira, peut-être, dans son cocon, un œuf d’où sortiront des agents dévastateurs.
- La pauvrette n’éviterait point tant de périls, si un protecteur mystérieux ne lui fournissait les ébauches de moyens de défense, fort curieux à étudier.
- Homochromie mimétique.— L’homochromie représente la forme de mimétisme la plus fréquente, dans le vaste monde arachnéen (2). Tout un lot de Thomisidés s’identifie, par la coloration, au milieu qu’il hante. Xys-ticus, ami des écorces, se confond avec les branches lui servant de repaire, grâce à son corps effilé, couvert de poils jaunâtres. Pisticus truncatus, d’un roux sombre, se différencie mal des feuilles mortes. Le beau corselet vert de Dixa dorsata femelle n’attire guère l’attention, lorsque la bête erre sur des feuilles naissantes. Philodromus margaritatus se dissimule sans peine, parmi les lichens. Uloborus Walknaerius se distingue peu, après sa ponte, des sommités fanées des bruyères.
- Cette défense chromatique, fort imparfaite chez les jeunes, s’accroît, chez les adolescentes, à mesure que s’accusent la formation des poils, s’il en existe, et le développement des pigments du derme, pigments rouges (du rose au rouge vif), jaunes (du citrin au bouton d’or), noirs (du gris très clair au noir cirage), disposés, les uns et les autres, de cent manières. Indiquer une si riche palette n’est pas, hélas, expliquer l’étrange et encore secrète harmonie que nous constatons entre la teinte et l’habitat. Les causes du mimétisme restent obscures, quoique souvent démontrées !
- Vitesse. — Protégées ou non, par un camouflage naturel, les araignées bénéficient, presque toutes, d’une arme défensive excellente : la vitesse. Elles déguerpissent avec tant de prestesse qu’elles s’escamotent. On les a, sous les yeux, et les voilà évanouies, par magie. La rapidité les sauve, bien des fois, des Hyménoptères, d’incidents graves et des imprudents naturalistes qui ouvrent une cage, sans se rappeler les diableries dont elles sont capables.
- 1. Les cas remarquables de sociabilité signalés par H. Coupin, chez des araignées américaines, sont exceptionnels. Rev. scientifique, 1900, 1er sem., p. 308.
- 2. D’après E. Simon, on compte plus de cent mille espèces d’araignées.
- Au lieu de marcher, certaines sautent, comme des clowns. Il en est qui bondissent, si follement, qu’elles s’exposent à la mort. Peu importe. Une irrésistible force les entraîne à éviter, avant tout, la catastrophe immédiate : perte de la liberté, paralysie, assassinat.
- Tegenaria domestica m’en instruit. Après avoir relégué ma captive dans un flacon à col étroit et long, je renverse cette prison, à 3 m au-dessus d’un baquet rempli d’eau. L’araignée n’hésite pas un instant; elle s’élance par le goulot, tombe dans le baquet, se traîne à la surface du liquide, gagne le bord du récipient et libère son céphalothorax. Je la saisis pour la réintégrer dans le flacon que je renverse, à nouveau, à la même hauteur. Aussitôt, deuxième chute, deuxième bain; mais, fatiguée, elle se dirige péniblement vers la rive. Je la tire d’affaire et la replace dans le bocal qu’un dispositif va maintenir, désormais, fond en haut, goulot en bas. Elle se fixe sur les parois, immobile, ruisselante. Réfléchit-elle à l’inutilité de ses tentatives ? Non, car après un répit de deux heures, elle se précipite et se noie.
- T. parietina a, simplement, attendu la récupération d’une partie de ses forces et l’évaporation de l’eau qui l’alourdit. L’effroi de la geôle l’a déterminée, ensuite, à fuir à tout prix. Ses malheurs ne lui ont rien appris.
- Escalades. — Quand le hasard conduit Tegenaria agrestis, fille des champs, près d’une fenêtre de nos maisons, la nouvelle venue, pressée par un danger, ne peut emprunter la vitre poussiéreuse dont l’escalade la sauverait.
- Lycosa radiata, Gnaphosa lucifuga, Segestria floren-tina sont aussi empêtrées qu’elle. On les voit, bouleversées, incapables de s’agripper, tomber et devenir la proie de l’adversaire. Il y a donc des araignées qui, même menacées de mort, ne parviennent pas à grimper sur une surface polie.
- D’autres, par contre, se jouent des difficultés qu’offre un plan uni, fût-il vertical. Micrommata virescens, grim-peuse émérite, déambule, sur une glace, aussi alerte qu’au milieu de ses prairies.
- Cette faculté d’ascensionner ne serait-elle pas due à la finesse des griffes tarsiennes qui se cramponneraient aux inégalités non apparentes, aux infimes corps étrangers adhérents aux parois ? Afin de nous en assurer, choisissons un large vase de verre, dont les parois intérieures sont recouvertes d’une couche de poussière. Enlevons celle-ci, au quart supérieur, et laissons-la, ailleurs (fig. 1). Jetons là dedans une Tegenaria parietina femelle. Immédiatement, l’animal grimpe jusqu’au quart supérieur des parois. Arrivé à ce point, il semble rencontrer le vide; ses deux pattes antérieures cherchent en vain quelque chose, de toutes parts. Lasse de ses efforts infructueux, T. parietina rétrograde, remonte, renouvelle l’exploration à plusieurs reprises et finit par se blottir en un coin de la région inférieure. Il est évident que dans la zone poussiéreuse, les délicates griffes de ses huit pattes ont découvert, çà et là, collés au verre, des corpus-
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- cules divers favorisant l’escalade. La surface nettoyée ne lui ayant offert aucun appui, elle a dû battre en retraite.
- Mieux adaptée, Micrommata virescens franchit l’obstacle que n’a pu surmonter T. parietina, mais elle ne s’échapperait pas si je l’isolais dans un récipient à parois parfaitement lisses. En vérité, il ne lui est point nécessaire de vaincre de si exceptionnels obstacles, puisqu’en ses domaines elle n’évolue, comme ses congénères, que sur des feuilles plus ou moins vernissées. Et c’est au moyen de feuilles qu’il serait rationnel de rechercher les araignées grimpeuses et les non grimpeuses. Mais l’expérimentation par le verre permet des résultats bien plus simples.
- Organes ïyriformes. Audition. — Nos bestioles disposent-elles d’organes rudimentaires, susceptibles de les renseigner, par le son, sur ce qui se passe autour d’elles, de les mettre ainsi en garde contre des attaques ? Gaubert attribue des fonctions auditives aux microscopiques organes, dits Ïyriformes, que l’on découvre à l’extrémité supérieure de six articles des pattes, aux chélicères et au tronc. Leurs fentes, couvertes d’une mince membrane, sélectionneraient les ondes sonores.
- Les organes Ïyriformes apparaissent, quels que soient l’espèce et le sexe, en nombre invariable, sous l’aspect de minces raies parallèles à l’axe longitudinal du segment qui les porte (fig. 2). On les distingue, aisément, chez les jeunes, d’une vingtaine de jours, à un grossissement de 30 diamètres, mais on n’en perçoit les détails qu’à 100 diamètres. Ils affectent, chez Zilla x-notata, la forme d’un peigne, d’un bouclier, non d’une lyre. Toujours situés au bout de l’article, de nombre pair ou impair, de teinte brune, mesurant quelques millimètres, plus longs que larges, ils sont constitués par des plaques incurvées et offrent de deux à dix cannelures, rarement nodulaires (fig. 2).
- Je les vois répartis de la façon suivante (fig. 4), chez une Zilla, âgée de six semaines :
- 1° Pattes ambulatoires. — Hanche : un, médian.
- Trochanter : trois, presque semblables, situés au bord .supéro-interne.
- Fémur : deux; l’un externe, l’autre externe.
- Patella : trois; deux géminés, au côté externe (fig. 3), un petit, au côté interne.
- Tibia : trois; deux, au côté interne; un au côté externe.
- Métatarse : un.
- 2° Pattes mâchoires. — Mêmes dispositions, aux quatre premiers articles, qu’aux pattes ambulatoires.
- 3° Chélicères. — Deux, au côté interne de la tige, près de la courbure du crochet.
- 4° Tronc. — Imparfaitement examiné (fig. 4).
- Ils s’incurvent, peu à peu, et deviennent presque tous ovalaires, au 101e jour, quelle que soit la région.
- Que sont ces petites choses ? Convient-il, vraiment, avec Gaubert, de les qualifier « organes d’audition » ? Les avis diffèrent. En attendant qu’histologistes et physiologistes décident, j’ajouterai quelques observations aux éléments du problème.
- En mai, par temps sec, je me poste à 2 m de la toile où une grosse E pair a diademata fait le guet, le dos tourné vers moi. Aucun bruit parasitaire ne troublant le silence du heu où j’opère, je produis, avec un diapason, des vibrations violentes. L’araignée recule, contracte ses pattes et revient, à sa position première.
- Elle a réagi, elle a donc perçu. Autres vibrations de l’instrument, mais plus faibles.La patiente remue à peine. Un écran de verre mince de 0 m 35 X 0m 35 est interposé entre la bête et l’observateur. Le diapason vibre, d’abord avec force,puis doucement. E. diademata ne bronche pas. Les ondes sonores s’irradient, pourtant, au delà de l’écran; tout animal ayant un appareil auditif les enregistrerait. Je me hasarde à supposer : 1° que pendant la phase initiale de l’expérience, les vibrations ont été recueillies par l’intermédiaire des poils : il n’y a eu que des sensations tactiles banales ; 2° que pendant la seconde phase nul appareil adapté à la réception des ondes sonores n’a fonctionné.
- Par suite, si on accepte l’audition comme un moyen de défense, les organes Ïyriformes ne concourraient sans doute pas à protéger l’araignée, du moins au titre d’organes auditifs. Il resterait à leur trouver un emploi. Peut-être, président-ils à l’olfaction. Les individus arachnéens possèdent ce sens, probablement. Voyez, sur la route, Atypus piceus qui va, trottinant, du côté d’un camp de femelles de son espèce, logées sous des pierres plates, à 1 km de là. Pèlerin d’amour, il ne gagne point, de manière sûre, la demeure de sa fiancée de demain, sans que des indications le guident. Ses organes lyri-formes ne captent-ils pas les effluves lointains de la
- 2. -—• Organes ïyriformes, schématisés et vus de face, chez une Zilla x-nolala, de 30 jours.
- Fig.
- A. Parallèle à l’axe longitudinal de l’article. Huit cannelures égales. — B. Oblique au même axe. Quatre cannelures égales. — C. Oblique au même axe. Cinq cannelures inégales. — D. Parallèle au même axe. Huit cannelures inégales. — E. Parallèle au même axe. Quatre cannelures inégales. — F. Parallèle au même axe. Quatre cannelures dont deux nodulaires.
- Fig. 1. — L'impossible ascension.
- A. Paroi poussiéreuse du vase. — B. Paroi nettoyée. — C. Limite infranchissable où s’arrête l’araignée.
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- future épouse ? Il n’est certes pas plus téméraire de songer à cette possibilité que d’invoquer l’instinct, marque de notre ignorance.
- Chute perpendiculaire.— Chez les fileuses, il se rencontre des cas où la fuite, à grandes enjambées, compromettrait la situation, loin de l’améliorer. L’astuce se substitue alors à la vitesse. Voici, précisément, une Argyope Bruennichi, au centre d’une toile encombrée de gouttes de rosée. Effrayons-la, pour l’amener à déguerpir. Ce n’est pas facile. Si nous l’agaçons, elle ne s’émeut nullement. Si nous la maltraitons, elle garde une indifférence surprenante. Secouons son piège. Oh ! tout de suite, sans réfléchir, elle prend la résolution qui lui coûte le plus, elle abandonne son domicile et tombe subitement sur le sol, selon une ligne verticale. On la croirait foudroyée. Attendons une dizaine de secondes et nous voyons l’élégante amie des haies exhiber son manteau d’or niellé d’argent. Elle remonte à son centre par le chemin qu’elle a suivi, dans sa chute. Elle avance tantôt la patte droite, tantôt la patte gauche, semblable, par sa technique, à l’homme qui grimpe à une corde : son point d’appui est le fil extrait de ses filières pendant la descente. Que se passe-t-il ? Ceci. Alertée par les trépidations de son filet, A. Bruennichi a cru à un assaut grave exigeant le départ. Comme les gouttes de rosée l’empêchaient de fuir, par sa toile, elle a « piqué une tête », avec le souci de se préparer une commode voie de retour. Rassurée, elle revient à son centre, avec lenteur, prête à tomber, en bien d’autres circonstances. Qu’un ennemi l’effarouche, même à distance, elle décampera, sans nous raconter ce qu’elle craint. Cette cause psychique de chute perpendiculaire s’observe, quelquefois, à la même heure,- chez tous les membres d’une colonie. En voici un exemple. En juillet, je traversais un taillis de jeunes chênes, au lever du soleil. Arrivé à une sorte de clairière, j’aperçus une centaine de toiles d'Argyope Bruennichi, chargées d’étincelantes perles d’eau. Je m’approchai de l’une d’elles : la maîtresse du lieu se précipita sur le sol. J’allai
- Fig. 4. — Pâlie de Zilla x-notata et ses organes lyriformes.
- A. Hanche. — B. Trochanter. — C. Fémur. — D. Patella. — E. Tibia. — F. Métatarse. — G. Tarse pourvu de trois griffes : deux grandes et
- une petite.
- à une autre : même chute, extrêmement rapide. Une vingtaine de femelles tombèrent de la sorte, à ma simple apparition.
- Nous comprenons que l’araignée se jette hors d’un filet dont les obstacles l’empêtreraient, nous sommes plus surpris de la voir tomber d’un piège non encombré : ce que fait Linyphia triangularis. Celle-ci choit, aux heures les plus ensoleillées, alors que rien n’embarrasse sa nappe; sa chute perpendiculaire ne survient, il est vrai, qu’assez rarement, sous l’influence d’une peur, de qualité spéciale, ne s’accommodant pas de la fuite ordinaire.
- On a voulu expliquer cette disparition soudaine par la stupeur qui mettrait la bête en état hypnotique et la réduirait à une masse inerte, tombant selon les lois de la pesanteur. Le fil de retour que se ménage la fuyarde ruine l’allirmation de l’hypnose. Il est d’ailleurs facile de montrer que, dans sa chute, l’araignée conserve le contrôle de ses actes. Enroulez, autour d’une baguette, l’extrémité supérieure du fil qu' Epeira diademata a laissé derrière elle en tombant. E. diademata se hâte d’ascensionner. Au moment où elle va atteindre la baguette, épouvantez-la par un brusque mouvement de votre tige de bois. Vous constatez que le « sujet » tombe, le corps vertical, les pattes écartées, qu’il s’arrête à 0 m 10, 0 m 15, par exemple, du point de chute, qu’il remonte ensuite dans l’espoir de retourner à sa toile. Effrayez à nouveau l’animal, vous verrez se répéter la scène précédente.
- Dans ce cas expérimental, comme dans sa chute spontanée, E. diademata ne tombe pas inconsciente, frappée d’un anéantissement pathologique, semblable à un simple corps inerte. Elle tombe en retirant de ses filières, avec ses pattes postérieures, un fil qui l’aidera dans son ascension. Et sa chute rapide, rectiligne, ressemble à un bond volontaire.
- Mort apparente. — Lorsque la fuite n’est possible d’aucune façon, l’araignée prend, parfois, l’attitude qu’elle aura, à peu près, à sa mort. A peu près, non exactement. Ses pattes se recroquevillent sur le plastron et l’épigastre, les tarses et les tibias fléchis sur les fémurs. Quand elle trépassera, ses pattes se rétracteront aussi, collées sur les mêmes régions, mais les tarses convergeront vers l’épigastre ou seront projetés au hasard (x).
- A ces particularités somatiques s’ajoutent des manifestations physiologiques : le froid, la chaleur, les piqûres n’exercent plus d’action. Je promène la flamme d’une allumette sur l’abdomen d’un Amaurobius ferox : rien. Je lance en l’air l’individu : rien. Je roule son corps entre mes doigts : toujours pas de réaction. Un cadavre est sous mes yeux. Subitement, le cadavre détale. Le même A. ferox n’en agit pas constamment ainsi. Mis sur la paume de ma main, il court. Arrêté et roulé sous un doigt, il ne bouge plus. Si le mouvement cesse et si le doigt s’écarte, il s’élance. Rattrapé et roulé à nouveau, il s’immobilise. Ainsi de suite, de deux ou trois secondes en deux ou trois secondes. Je me lasse du jeu plus tôt que lui.
- 1. Ce caractère de dispersion ne constitue pas un signe certain de la mort, puisque je le trouve parfois chez mes araignées profondément anesthésiées.
- Fig. 3.— Patella de Zilla x-notata, de 42 jours, schématisée.
- A. Axe transversal de l’articulation fémoro-patellaire. — B. Bord articulaire. — C. C’. Organes lyriformes ovalaires.
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- La mort apparente a ses caprices. On ne sait jamais si elle va se produire, et si elle survient, on ignore quel temps elle durera. Mes constatations ne cessent de me le prouver.
- Dans une allée où abondent les Epeira diademata, j’examine, chaque soir, en septembre, une série de femelles. Je les enlève de leur piège, pour les projeter sur une large plaque de carton. Certains jours, mes prisonnières momentanées s’empressent de s’évader. A certains autres, elles s’immobilisent toutes, en mort apparente, soit dès mon approche, soit à leur capture. Surprises, pendant leur promenade, au milieu de l’allée, et un peu molestées, elles restent alors sur place, ventre en l’air, exposées aux gens, au bétail, aux charrettes. Sotte imprudence, pense-t-on. En réalité, elles évitent le pied ou la roue, par une fuite opportune, après 25 minutes, 1 heure, 1 h 10 d’immobilité (x).
- Couch, Preyer et leurs partisans voient dans cet état singulier (et dans les chutes perpendiculaires) des états d’hypnose qu’ils dénomment cataplexie chez les invertébrés et chez les vertébrés. Romanes admet l’hypnose chez ceux-là et non chez ceux-ci. Les deux premiers auteurs exagèrent, tout au moins en étiquetant « phénomènes hypnotiques » la mort apparente de tous les animaux. Quant à Romanes, pourquoi, en présence de faits similaires, accorde-t-il la simulation aux uns et la refuse-t-il aux autres ?
- Les objections contre l’hypnose n’ont pas convaincu. Cet état morbide, consécutif à l’épouvante, apparaît si séduisant par son originalité scientifique ! Il se heurte cependant à des critiques. Tout d’abord, nous concevons difficilement qu’un petit être puisse, en des fractions de seconde, passer de l’état d’hypnose à l’état de veille et renouveler cet exercice un nombre de fois presque indéterminé. On ne saisit pas les raisons pour lesquelles une araignée en péril perdrait ses armes de défense, à l’instant où elle en a le plus grand besoin. On ne s’explique point, enfin, qu’une bête, menacée seulement, soit livrée inerte à son ennemi par un mauvais génie.
- Les défenseurs de l’hypnose, chez les invertébrés, rejettent l’argumentation et proclament : « La mort apparente de l’araignée ne diffère pas de la mort apparente du canard qui, la tête sous l’aile et bercé, dort d’un profond sommeil artificiel et ressemble à un canard mort. Même effet, même cause. » Non. La cause n’est pas la même. Chez l’araignée, la mort apparente survient spontanément, sans l’intervention d’un expérimentateur, et si celui-ci touche à la bête, ce n’est que pour hâter les événements. Un oiseau, au contraire, ne tombe pas, de lui-même en mort apparente sous l’influence d’un choc émotionnel. Il ne s’hypnotise pas, on l’hyp-notise, grâce à une technique. L’homme doit lui placer la tête sous l’aile, lui imprimer des oscillations. On ne peut, en conséquence, expliquer la mort apparente d’une araignée comme la mort apparente d’un canard, d’une oie ou d’une poule.
- Ce n’est pas tout. Fabre prétend que l’araignée ne
- 1. Un Theridion formosum, mâle, adulte, un Mangora acalypha mâle, adolescent, restent 45 minutes, en mort apparente.
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- saurait simuler la mort, parce qu’elle n’a nulle notion de la mort. Sans doute, mais la jeune Epeire qui tisse sa première toile connaît-elle la spirale logarithmique dont elle développe impeccablement la courbe ?
- Le génial observateur attribue à l’instinct cette spirale, merveilleuse arme offensive; pourquoi n’accorde-t-il pas au même instinct la mort apparente, cette ruse de défense, efficace et prompte ?
- Autotomie. — Jusqu’à présent il n’a été question que d’araignées terrorisées, mais libres de leurs mouvements. Or beaucoup pâtissent de violences nuisibles à leurs pattes. C’est un tibia écrasé, un tarse retenu par un adversaire, un fémur accroché en un coin. Si l’empêtrée ne se dégage pas, la situation peut devenir alarmante. Par bonheur, le dénouement le plus inattendu
- Fig. 5. — Epeira diademata détruit, volontairement, une partie de son piège.
- AO et OB. Rayons intacts auxquels s’arrête la destruction. — CO, DO, EO, FO, GO, HO. Rayons détruits ainsi que les échelons qu’ils supportent.
- termine parfois la scène : une patte se détache du corps et l’araignée s’éloigne. Il y a eu autotomie.
- L’autotomie s’opère toujours au niveau de l’articulation coxo-fémorale, quel que puisse être l’article lésé. Elle n’offre les caractères ni de l’arrachement, ni de l’amputation. C’est une désarticulation décidée par l’araignée et faite subitement. La seule trace qui en subsiste se réduit à une gouttelette de liquide citrin, adhérent à la surface articulaire.
- La délivrance ainsi obtenue coûte cher, parce que la perte d’un membre crée une infériorité calamiteuse. Néanmoins, à la première patte traumatisée ou prisonnière, la malheureuse mutilée renouvelle son sacrifice, tant est vif son inconscient désir de vivre, pour perpétuer sa race.
- Ces offrandes à la descendance sont assez connues.
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- On les provoque en pinçant les tarses. Les pattes tombent.
- Tegenaria domestica, déjà privée d’une patte mâchoire, me livre, unité par unité, ses trois paires ambulatoires. En abusant de la sorte, d’un moyen de défense, elle s’est condamnée à mort, sans possibilité d’agir autrement. Il lui a fallu appliquer, à chaque désarticulation, l’inflexible règle qui la régit : patte violentée, patte à autotomiser.
- Le destin des araignées autotomisées varie. Celles qui n’ont perdu qu’une patte de la 2e ou de la 3e paire continuent à chasser, quoique très entravées. Celles auxquelles manque une patte de la 2e ou de la 4e paire languissent et ne tardent guère à périr. Les infortunées, plus maltraitées encore, sont croquées par le premier ennemi qui passe.
- Les mutilations n’iraient pas toujours jusqu’à la catastrophe, elles ne se traduiraient, assurent certains, que sous la forme d’impotences temporaires, accompagnées de régénération totale. Je n’ai jamais constaté
- une telle repousse. Des Epeires, des Tégénaires autotomisées d’une patte ambulatoire et mises en cage trois mois (Epeires), sept mois (Tégénaires) subsistent, infirme s, comme devant. Quelques-unes ont mué, sans que les articles sacrifiés aient reparu. Trois femelles de Phol-cus phalangioides réduites, l’une à 5 pattes, les deux autres à 7 pattes sont emprisonnées, le 29 août; le 22 février suivant, aucune n’a récupéré ses pertes. Quels que soient l’âge, le sexe, la vigueur des sujets, la durée de l’observation, je n’obtiens que des résultats négatifs.
- En principe, l’autotomie devrait comporter la régénération. Un animal qui se débarrasse, volontairement, d’organes essentiels à sa vie ne prononce sans doute point sa sentence de mort; il songe à un moyen de salut., non au suicide. De ce que des pattes autotomisées ne repoussent jamais, dans mes cages étroites, je me garde de conclure qu’elles ne se reconstituent pas davantage dans les champs où rien ne restreint l’activité des claudicantes.
- Destruction voulue d’une partie du piège. — Apportons une Epeira diademata adulte, sur le fdet d’une camarade adolescente, occupée à son centre. A la vue de l’étrangère dodue, la jeune « porte croix » se précipite à l’extrémité d’un rayon, après avoir laissé la proie qu’elle dévorait. Malgré cet abandon du poste central, malgré les échelons, les rayons qui lui rappellent les siens, l’intruse manifeste de la défiance et se réfugie sur le câble
- suspenseur de l’établissement. J’en suis étonné. D’habitude, une Épeire attaque toute sœur moins robuste qu’elle-même. Craignant que les deux peureuses ne s’observent plusieurs heures, j’oblige la matrone à revenir sur le réseau et à cheminer vers le centre. Aussitôt, l’adolescente atteint ce lien sacré, y saisit les rayons compris entre A-B et, d’un geste superbe, presque humain, les tire de son côté. Tout craque de A à B. Rayons, échelons et nouvelle venue s’abattent sur le sol (fig- 5). ...
- L’Epeire victorieuse a détruit le quart de sa toile, mais elle vit et conserve son logis. Si elle avait osé combattre, elle aurait été vaincue et mangée. Son émotion dissipée, elle poursuit son repas interrompu.
- Argyope Bruennichi emploie la tactique à’E. diademata, ainsi qu’on va le voir. Saisissons, avec une pince, un frelon vivant et engluons ses tarses à des échelons de la jolie fdeuse. C’est fait. De terribles secousses ne tardent pas à convulsionner le piège : notre victime s’efforce de se désengluer. A. Bruennichi regarde, alarmée. Elle estime que le monstre va tout démolir et se résout à une décision héroïque. Les griffes d’une de ses pattes antérieures (lre paire) s’emparent méthodiquement des quatre rayons de la région où se démène l’hyménoptère et tirent l’ensemble vers le centre. Secteurs, frelons sont à terre ! Les échelons, les rayons ont été détachés, de manière si délicate, que le reliquat du fdet n’a pas subi le plus faible dommage.
- Battement de la toile. — La destruction partielle d’un piège a l’inconvénient de diminuer l’étendue du terrain de chasse. Les araignées fdeuses n’usent de cette tactique qu’à la dernière extrémité. Dans les circonstances ordinaires, elles se montrent plus économes. Désirent-elles expulser un indésirable, rejeter un objet douteux, s’assurer de l’engluement d’une proie : elles battent leur toile à la manière de notre habituelle E. diademata dont nous allons suivre la manœuvre.
- Jetons sur sa toile neuve une guêpe morte. L’Epeire accourt près de la chose bizarre, l’inspecte, ne perçoit pas de trépidations et se rassure. Elle ne s’inquiète plus que de l’encombrement causé par la guêpe. Elle remédie bien vite à cet ennui. Elle déploie ses pattes, agrippe ses griffes à quatre rayons, puis imprime à tout son engin d’amples oscillations, de 5 à 10°, d’un rythme trépidant (fig. 6). On songe aux pulsations folles d’une artère imaginaire. Le calme statique se rétablit, après 10, 20, 40 secondes d’agitation. Résultat : le cadavre a disparu, le piège est intact. E. diademata, satisfaite, s’installe à son centre, et s’y tient à l’affût.
- Beaucoup d’Argiopidées se servent, à tout âge, en tout temps, de ce moyen de défense peu onéreux. Je l’observe, en particulier, chez Linyphia triangularis, Epeira umbra-tica, Epeira quadrata, Epeira dromedaria, surtout chez Argyope Bruennichi. Celle-ci, batteuse ardente, agite son appareil à maints moments : pour se débarrasser de ce qui la gêne, pour lutter contre un ennemi invisible que nous croyons illusoire, pour se rendre compte de l’engluement, bon ou mauvais, d’un insecte. Si je frôle un de ses rayons avec une aiguille, elle bat; si je souffle sur son réseau, elle bat encore. Non point par crainte personnelle,
- Fig. 6. — Battement de la toile d’Argyope Bruennichi.
- AOB. Toile de chasse. — ACB. Position de la toile, après le premier mouvement imprimé par l’araignée. •— ACB. Position de la toile, après le deuxième mouvement. Le troisième mouvement ramène la toile en ACB, le quatrième, en AC’B. Ainsi de suite.
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- car elle n’est pas peureuse; en secouant son filet, elle veut défendre un domaine de chasse et protéger sa réserve de ballots de gibier, suspendus aux rayons.
- Le but utilitaire du battement nous apparaît évident mais le mécanisme nous intrigue. Comment, en effet, Argyope Bruennichi réussit-elle à donner, subitement, une impulsion considérable, répétée, à un objet auquel elle reste fixée ? Deux facteurs semblent favoriser sa besogne : 1° la légèreté et l’élasticité de sa toile; 2° sa puissance musculaire.
- Armes dans les combats. — Les démêlés entre grosses et petites araignées, de n’importe quelle espèce, se règlent promptement. Les premières tuent et absorbent les secondes.
- En janvier, mois de disette, j’introduis une Tege-naria agrestis, femelle adulte, dans une cage et lui octroie pour compagne, une autre agrestis de moindre taille. L’aînée saute sur sa cadette, la mord, s’en repaît et me rappelle ainsi que le peuple arachnéen est cannibale.
- Ces mœurs contraignent les mâles, plus gringalets en général que les femelles, à ne s’approcher des amoureuses qu’avec une infinie prudence, à la veille des pariades, et après. Ils en désirent et en redoutent l’intimité. Tous attendent des signes secrets pour se hasarder à conter fleurette. Leur mission terminée, ils s’esquivent à. vive allure.
- Les querelles intestines entrœ personnages de même taille offrent plus d’intérêt et permettent d’apprécier la valeur combative des pattes, à la fois armes défensives et offensives. Deux Meta segmentata, femelles adultes, prêtes à se battre, nous invitent au spectacle. Les rivales s’affrontent à 3 cm de distance, les pattes des deux premières paires levées. Elles s’attaquent à coups de tarses, frappés subitement à intervalles irréguliers. De temps en temps, une pose d’une trentaine de secondes interrompt les hostilités. Les combattantes se regardent alors, immobiles, figées. À la reprise, les tarses jouent de la même façon. Pas de corps à corps. Nouvelle interruption, nouvelle reprise. Après dix minutes de boxe, la moins vigoureuse des championnes replie ses pattes et simule la mort. L’adversaire cesse aussitôt ses coups; elle maintient toutefois ses pattes antérieures dressées, afin de parer à l’imprévu. Brusquement, les deux M. segmentata détalent. Trois témoins assistaient au duel : un Thanatus mâle, une Epeira quadrata, une jeune femelle, indéterminée. La majorité des rencontres finit de la sorte, sans plaie ni bosse, sauf dommages des griffes. Les chélicères n’entrent en jeu que dans les duels sérieux. Les Amaurobius les manient fougueusement, dit-on; j’ai excité ces guerriers, par centaines, sans jamais obtenir un engagement digne d’être conté.
- Venin. — Fourni par une glande du céphalothorax, le venin alimente un réservoir d’où il sort par un petit canal communiquant avec le crochet que loge la rainure de la chélicère.
- Il joue, dans l’attaque et la défense, un rôle essentiel et non secondaire, comme on le prétend parfois. Certes, il y a des araignées expertes -en l’art de découvrir les ganglions moteurs, de les traumatiser et de paralyser ainsi leurs victimes. Mais, pendant que la pointe du
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- crochet s’enfonce dans le tissu nerveux, le canal de ce crochet n’est pas vide; il y passe une quantité variable de venin qui atteint le ganglion et par celui-ci le système nerveux. L’action du toxique l’emporte, à n’en pas douter, sur l’action traumatique du crochet. Le crochet semble n’avoir été créé que pour frayer un passage au venin.
- Au surplus, de nombreuses araignées ignorent la topographie des centres moteurs. Les Tégénaires, les Agelènes sont de celles-là; aussi poignardent-elles où elles peuvent, à l’abdomen, au céphalothorax. Je vois des Tegenaria parietina qui implantent leurs chélicères entre l’abdomen et le sternum et s’ingénient à les y enfoncer malgré les soubresauts de la proie; l’une d’elles les a introduites dans la cavité buccale ! Des Agelènes se défendent à coups de chélicères, portés en très grand nombre à l’abdomen de leur agresseur.
- En toutes occasions, la quantité de venin injectée dépend du volume du partenaire et du but à obtenir. A la chasse, un coup de chélicère furtif suffit à l’anéan-
- Fig. 7.
- A. Araignée au fond d’une cage dont les parois ne permettent pas une escalade. — B. Fil lancé par l’araignée. — C. L’araignée agrippée au fil qui flotte librement.
- tissement d’un moustique. Il faut à la mouche une injection de plusieurs secondes. Une Epeira quadrata consacre une vingtaine de secondes à paralyser une abeille emmaillotée de soie, et bien plus, si elle éprouve le besoin de la tuer avant de l’envelopper. Lorsqu’un gros insecte, assailli, avise de riposter, les coups de chélicères se précipitent; les uns glissent sur la chitine, d’autres ne produisent qu’une déchirure insignifiante; quelques-uns, heureux, se terminent par un retrait hâtif du crochet. Tout cela s’oppose à l’évaluation de la durée de l’attaque utile. Cette attaque utile est quelquefois nulle, quoique la fureur des antagonistes atteigne un maximum d’intensité, comme dans le cas suivant. Deux Agelènes, femelles adultes, en sont à un corps à corps diabolique. Les chélicères fonctionnent avec une telle impétuosité que j’ai à peine le temps de les compter. Et les deux ennemies se séparent indemnes ; elles reprennent, frétillantes, leurs occupations. Il en va rarement de même, dans les fréquentes batailles que les araignées se livrent. Une des combattantes succombe, puis sert de
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- pâture à l’autre. La survivante croque sa victime, sans éprouver le plus léger malaise. Le venin n’a exercé ses ravages que sur le tissu nerveux et ce tissu, empoisonné, ingéré par la voie digestive, n’empoisonne pas à son tour.
- Le venin des araignées, terrible pour les adversaires et les proies, est-il nocif pour l’homme ? Oui, en principe, mais en France, à l’exception de la Lycose de Narbonne, les diverses espèces de nos régions ne commettent pas de méfaits. La faible réserve de toxique, les chélicères assez peu vigoureuses ne doivent pas inspirer d’inquiétude.
- Fil aérien, moyen de défense contre la réclusion.
- — Les adultes, trop lourds, n’y pensent pas. Les jeunes y ont recours, volontiers, quand elles gisent en une prison sans toit. Une petite Epeire que je viens de reléguer au fond d’un bocal ouvert va nous démontrer ce qu’est ce genre d’évasion (fig. 7).
- La recluse, affolée, court, d’abord, de tous côtés. Elle cherche, vainement, une issue; elle essaie de grimper sur les parois, sans y parvenir. Ayant inspecté, palpé, cent fois, le rez-de-chaussée de son logis exigu, elle relève l’abdomen et retire de ses filières un fil ténu qu’emporte l’air. L’extrémité supérieure dépasse l’orifice du récipient et flotte, au loin. A ce moment, l’Épeire grimpe le long du fil qui, libre à ses deux bouts, se met à errer dans l’atmosphère. Il s’accrochera peut-être à une feuille; il sera peut-être transporté, par un tourbillon, à des kilomètres de son point de départ. Rien ne fait prévoir comment finira le voyage de l’aviatrice.
- Cachettes. — Combien d’autres moyens de défense !
- Pour ne pas en prolonger l’énumération, je ne mentionnerai que les cachettes.
- Les cachettes sont des abris, d’architecture variée, qu’établissent les araignées sédentaires, près de leurs pièges. A 0 m 20, 0 m 30 de sa toile, Epeira quadrata amasse des brindilles, des fragments de feuilles et les groupe en une sorte de dôme du volume d’un pois. Elle tapisse de soie l’intérieur de la cabane. C’est là sa maison. Assurée de s’y soustraire aux malintentionnés, de s’y protéger des intempéries, elle se délecte de ses venaisons, tout en surveillant ses rets, au moyen du fil qui relie ses filières à son centre de chasse.
- Zillax-notata tisse, non loin de son filet, un réduit tubuliforme qui s’enfonce dans l’interstice de deux pierres, de deux planches. Afin de mieux garantir sa tranquillité, elle édifie un barrage de fils croisés, à sa porte.
- Theridion formosuma attache à son réseau de soie une feuille de rien qu’il dispose en cupule et où il vit ignoré. Qui donc serait assez perspicace pour le dénicher, sous un tas d’objets disparates ?
- Tout le monde connaît la résidence stratégique d'Age-lena similis : un canal tortueux ouvert à ses deux extrémités destinées à la chasse, en haut, à la fuite, en bas.
- Atypus piceus se loge, dans la terre, en un soyeux couloir de 0 m 15 à 0 m 45 de longueur dont une barricade de fils encombre l’entrée.
- Voilà des armes, des stratagèmes de nos araignées. L’usage qu’en font ces bestioles n’indiquerait-il pas une lueur d’intelligence ? Dr Vincent.
- PARIS A LE “ CHAUFFAGE URBAIN
- Des travaux importants sont actuellement en cours à Paris, dans le quartier Saint-Paul, en vue d’otendre jusqu’au delà de l’Hôtel de Ville le réseau de chauffage urbain déjà existant dans le quartier de Bercy (fig. 1, 2 et 5). Une artère principale ou feeder de 2800 m de longueur (fig. 2), comportant une conduite de 180 mm pour le retour de l’eau condensée vient d’être achevée et mise en service. Sur ce feeder viendront s’embrancher les conduites secondaires de distribution et les branchements des divers immeubles.
- Ainsi se crée progressivement, sous nos yeux, une nouvelle « toile d’araignée » souterraine, le réseau de distribution de chaleur à domicile, qui se superposera aux^ immenses réseaux du gaz, de l’électricité et du téléphone. Notre pays a du reste, dans ce domaine, un retard considérable à rattraper. En Europe, la ville de Hambourg possède un transport de 700 mm de diamètre, long de 4 km, fonctionnant sous 4 atm, et un autre transport de 800 mm de diamètre et de 4 km également de^ longueur, fonctionnant sous 6 atm; Copenhague possède un transport de 300 mm de diamètre et de 2 1cm de longueur, fonctionnant à 23 atm; en tout 17 villes allemandes sont déjà équipées de réseaux plus ou moins importants. Dans l’Amérique du Nord (Canada, États-
- Unis, Mexique), 165 villes sont pourvues du chauffage urbain; pour les États-Unis seuls, le développement des canalisations atteint 1400 km et le capital investi dépasse 5 milliards de francs.
- Le réseau de New-York, le plus important du monde, a un développement de 120 1cm et dessert une zone de 14 1cm de longueur; il livre 2500 tonnes de vapeur par heure, avec un débit annuel de 5 millions de tonnes.
- A Paris, nous ne possédions jusqu’ici qu’un ensemble relativement modeste, qui constituait plutôt un réseau de démonstration. Reprise par laCPCUQ), l’ancienne centrale électrique du Métropolitain, située quai de la Râpée, a été utilisée pour alimenter un ensemble de canalisations dont le développement actuel est de 2 1cm; ces canalisations desservent pratiquement tous les immeubles situés en bordure des voies canalisées et possédant le chauffage central. La pression de distribution varie de 2 à 6 atm. suivant la saison. Concurremment avec la construction du nouveau feeder vers l’Hôtel de Ville, on a installé dans cette centrale de nouvelles chaudières à grand débit, type R L à ailettes, timbrées à 18 atm.
- 1. » Compagnie parisienne de chauffage urbain », à qui nous sommes redevables des photographies qui illustrent le présent article.
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- AVANTAGES DE LA « DISTRIBUTION DE CHALEUR »
- Les avantages de la distribution de chaleur à domicile par un service public ne sont pas absolument évidentes a priori. Pour une forme « noble » de l’énergie, telle que l’électricité, des raisons de rendement militent évidemment en faveur de la concentration de la production dans les usines; mais un tel argument perd beaucoup de son poids lorsqu’il s’agit de la chaleur, qui peut être créée dans chaque immeuble à l’aide de chaudières très perfectionnées. Le prix de ces chaudières n’est du reste pas extrêmement supérieur, en moyenne, à celui d’un simple poste d’arrivée et de régulation, qui assure la jonction entre la conduite urbaine et les tuyauteries de l’immeuble (fig. 3).
- Voici les principaux avantages réels offerts par le chauffage urbain à ses usagers :
- — Suppression complète des approvisionnements en combustible (charbon ou mazout), de l’enlèvement des cendres, des risques d’incendies et d’asphyxie; suppression totale de la surveillance, les régulateurs du poste d’arrivée étant rigoureusement automatiques (fig. 10).
- — Récupération des 9/10 de l’espace occupé par les chaufferies (fig. 4).
- — Réglage facile et instantané de la chaleur, à volonté, dans les locaux; le fluide chauffant arrivant aux radiateurs à une température constante (ou mieux réglée automatiquement, au poste d’arrivée, en fonction de la température extérieure), pour une ouverture donnée des vannes de réglage, on a un chauffage bien déterminé, ce qui est rarement le cas avec le chauffage central par immeuble, où la conduite du feu est irrégulière (fig. 10, 12 et 13).
- — Grande sécurité de fonctionnement par temps froids, l’installation n’étant pas « surmenée » par son débit plus considérable. (Cf. les diagrammes de la fig. 12.)
- — Le chauffage urbain permet des économies tout d’abord par le réglage à main, très supérieur à celui que l’on peut obtenir avec le chauffage par immeuble, et surtout par la régulation automatique de la pression et de la température du fluide chauffant, régulation obtenue à l’aide d’appareils automatiques installés au poste d’arrivée et qui peuvent être-eux-mêmes, soumis à l’action dirigeante d’un thermostat placé à l’extérieur (fig. 10).
- — La tarification ou comptage de la chaleur vendue est généralement facile avec le chauffage urbain, ce qui constitue une solution plus équitable que le forfait actuelle ment adopté pour les chauffages d’immeubles (fig. 10).
- Fig. 1. — Réseau de chauffage urbain de Paris La Râpée : pose des couvercles de caniveaux du « feeder » principal.
- On distingue à droite la conduite de vapeur calorifugée et à gauche la conduite de retour de l’eau condensée.
- (Phot. Cie Parisienne de Chauffage urbain.)
- Fig. 2. — Travaux d’extension du réseau de chauffage urbain de La Rapée-Bercy.
- En traits discontinus, le réseau actuel, avec la centrale de La Râpée; en traits pleins, le nouveau feeder qui dépasse l’Hôtel de Ville.
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- Ajoutons que le chauffage urbain permet le raccordement, sans modifications à l’installation intérieure, de tous les systèmes de chauffage central déjà existants : chauffage à vapeur (haute ou basse pression), à air chaud, à eau chaude ainsi que réchauffage de l’eau pour usages domestiques (fig. 8 et 11). Il suffit d’employer, suivant les cas, des échangeurs de température, appareils inertes formés de faisceaux de tubes. L’avantage, pour la simplicité et l’encombrement, est ici tout en faveur du chauffage urbain contre le chauffage électrique à accumulation centrale, qui exige un appareillage assez impor-
- Fig. 3. — Poste de raccordement d’immeuble chauffant à la vapeur et branché sur un réseau urbain à vapeur; le personnage donne l'échelle des appareils.
- Derrière l’ouvrier, la vanne d’arrivée et le détendeur.
- tant et un « accumulateur » de plusieurs mètres cubes (voir La Nature n° 2939).
- COMMENT PURIFIER L’ATMOSPHÈRE URBAINE?
- Si nous envisageons maintenant les avantages généraux procurés à la collectivité par l’extension du chauffage urbain, le principal est sans conteste la réduction des fumées produites par les foyers domestiques.
- On sait que la pollution croissante de l’atmosphère des villes constitue un véritable fléau social, qui a fait l’objet de nombreux congrès... mais qui reste, pour l’instant, sans remède efficace.
- Calmette a montré que les particules charbonneuses qui entrent dans les voies digestives avec les aliments souillés pénètrent en partie dans le sang, qui les dépose dans les poumons; ceux-ci, déjà souillés par la respiration de l’air impur, deviennent ainsi le véritable « dépotoir à charbon » de tout l’organisme. L’action malfaisante des particules se trouve très augmentée par les matières chimiques et goudronneuses qu’elles contiennent et qui proviennent d’une combustion incomplète.
- Un autre danger des produits de combustion est leur teneur considérable en gaz sulfureux, provenant des houilles soufrées. Ce gaz s’oxyde rapidement à l’air humide en donnant de l’acide sulfurique.
- Cinquante mille tonnes d’acide sulfurique, exprimées en acide concentré, telle serait la quantité déversée annuellement dans l’atmosphère parisienne ; on se doute de ce que peut devenir cette atmosphère, dans les soirs d’hiver et de brume, où le vent est nul, l’oxydation rapide et où toutes les cheminées fument à plein rendement!
- Une preuve matérielle de cette dangereuse diffusion de l’acide sulfurique est fournie par la corrosion des monuments, qui met actuellement en péril nos trésors d’architecture. Notre-Dame, par exemple, a plus souffert depuis 1880 qu’elle ne l’avait fait durant sept siècles. Les aiguilles de pierre de la Sainte-Chapelle sont rongées par les fumées du calorifère du Palais de Justice. Pour tous les monuments publics, il a fallu raccourcir de plus en plus l’intervalle des ravalements des façades, noircies, délavées et profondément, corrodées par les brumes acides.
- Le mécanisme de cette corrosion a été très étudié. Elle se produit en deux temps. Les poussières charbonneuses et goudronneuses s’agglomèrent sur les saillies de la pierre où elles forment un conglomérat spongieux et adhérent; l’humidité, provenant des pluies et des brumes, imprègne en permanence cette substance poreuse qui constitue un milieu oxydant idéal pour le gaz sulfureux. L’acide sulfurique se forme ainsi d’une façon continue et baigne la pierre, qui se trouve délitée et réduite à l’état pulvérulent jusqu’à une profondeur de plusieurs centimètres. Les revêtements imperméables ont donné peu de résultats pour la protection.
- Il n’est pas jusqu’au climat général des grandes villes qui ne soit fâcheusement altéré par la pollution charbonneuse de l’air. Il suffit d’observer l’agglomération parisienne, du haut de la terrasse de Meudon, pour distinguer nettement, au-dessus de la capitale, un écran brunâtre de fumées diffuses qui flotte à peu près en permanence à 250 m de hauteur. Cet écran arrête une grande partie des rayons ultra-violets et compromet rétablissement des courants verticaux, dus à l’insolation, qui constituent la «respiration» naturelle des zones habitées. Il y a là encore une répercussion néfaste sur la santé publique.
- Si nous ajoutons que les quatre cinquièmes des fumées produites dans Paris proviennent de foyers domestiques, on comprendra tout l’intérêt que présente le remplacement de ces foyers par des générateurs collectifs placés, si possible, en banlieue et surtout équipés d’une façon rationnelle en vue de la suppression totale des fumées.
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- Du point de vue strictement hygiénique, les foyers industriels, tels qu’on peut les utiliser pour le chauffage urbain, présentent l’avantage de ne jamais donner de particules goudronneuses et de pouvoir être équipés en fumivores ou à l’aide de dépoussiéreurs électriques, à lavage, etc. Le lavage arrête également le gaz sulfureux.
- Finalement ces foyers ne laissent échapper dans l’atmosphère que des gaz inoffensifs et invisibles, à l’extrémité d’une cheminée au moins trois fois plus élevée que celles des foyers privés.
- Par ailleurs, il est bien évident qu’on ne saurait, pratiquement, imposer une « fumivorité » efficace aux foyers privés, même importants, d’une grande ville. La progression du coke et celle du mazout (qui donne du reste des « lumignons » très désagréables en cas de mauvais réglage de la combustion) ne constitue ici qu’un palliatif borné et qui n’approche nullement des améliorations massives que l’on est en droit d’attendre d’une grande extension du chauffage urbain.
- RÉALISATION MATÉRIELLE D’UN RÉSEAU DE CHAUFFAGE
- Passons maintenant à la réalisation matérielle des réseaux de chauffage urbain.
- L’ensemble des installations comprend trois parties : la centrale génératrice, des tuyauteries spéciales placées sous la voie publique, et les postes d'arrivée ou de raccordement, logés dans les caves des abonnés. Dans la centrale, il y a également lieu de distinguer les appareils de production de la vapeur (ou de l’eau chaude) et le poste de départ et de régulation générale, dont le rôle est très important.
- La vapeur peut être soit produite, par des chaudières spéciales, soit prélevée, dans certaines conditions, aux turbines de groupes générateurs électriques; nous examinerons plus loin ce dernier procédé. Quel que soit le mode de génération adopté, il convient de transformer le fluide « brut » fourni par les générateurs en un fluide propre à la distribution.
- Si ce fluide est la vapeur, il est nécessaire d’en régler la pression et la température, au départ, à chaque instant, à une valeur telle que le point le plus éloigné du réseau reçoive encore cette vapeur à une pression permettant d’assurer un chauffage correct. L’un des organes les plus importants du tableau de départ sera, par suite, l'indicateur à distance de température et de pression correspondant à ce point le plus éloigné; on sait que l’électricité permet aujourd’hui de résoudre ce problème de transmission automatique.
- La surchauffe de la vapeur, nécessaire pour diminuer les condensations dans les conduites, ne doit pas être excessive, afin de ne pas exagérer les pertes de chaleur par les parois. Si le fluide de distribution est de l’eau chaude et que le réseau comporte des abonnés utilisant le chauffage par la vapeur, il est nécessaire, pour le fonctionnement des « échangeurs » d’abonnés, que cette eau possède une température très supérieure à 100°; il suffît pour cela de la maintenir à une pression supé-
- Fig. 4. — Vue comparative d’un poste de raccordement de chauffage urbain pour une puissance de 1 million de calories et des chaudières qui ont été remplacées par ce même poste.
- Le gain d’encombrement est de l’ordre des neuf dixièmes.
- rieure à la pression atmosphérique. On peut ainsi aller jusqu’à 200°.
- Les chaudières doivent également se prêter à une
- Fig. 5. — Travaux de mise en place du calorifuge autour d’une conduite de vapeur urbaine.
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- Fig. 6. — Principaux types de canalisations.
- En haut, conduite calorifugée unique sur lit de cailloux ou en caniveau (États-Unis); en bas, conduite en caniveau avec conduite de retour de l’eau condensée.
- régulation rapide; les chaudières du réseau de Bercy sont capables de faire face à des variations de débit presque instantanées de l’ordre de 30 pour 100.
- Fig. 7. •— « Lyre » de dilatation destinée à donner de l’élasticité longitudinale aux conduites.
- Ainsi, des chaudières (à vapeur ou à eau) très souples; un poste de départ comportant des appareils de mesure de pression, de température et de débit; enfin un ensemble de commandes semi-automatiques, recevant leurs ordres des thermomètres et manomètres locaux et à distance pour la conduite automatique des chaudières et des vannes de départ, de détente ou de mélange, tel est le plan schématique d’une centrale de chauffage urbain. Il convient d’ajouter un nombre important de moteurs et d’appareils auxiliaires, tels que les pompes de circulation dans le cas d’une distribution par l’eau chaude et les pompes de récupération lorsqu’on a affaire à une distribution par vapeur avec retour de l’eau condensée.
- LE PROBLÈME DES CANALISATIONS
- Les canalisations calorifiques sont l’âme d’une distribution de chauffage urbain (fîg. 1, 5 et 6).
- « Le public non technicien, dit l’éminent spécialiste M. Schereschewsky, accepte difficilement l’idée qu’on puisse transporter de la chaleur à une distance de plusieurs ldlomètres sans en perdre une portion excessive. »
- Or l’expérience d’un grand nombre d’années et d’un kilométrage important de conduites prouve, tout au contraire, que ces pertes sont relativement faibles, malgré une épaisseur d’isolant modérée, de l’ordre de 8 à 9 cm. Le rendement des canalisations dépasse couramment 85 pour 100 (soit 15 pour 100 de pertes) et il peut dépasser 95 pour 100 quand le débit et la pression sont élevés ; c’est le cas du réseau de Rochester, dans l’Etat de New-York, avec une pression de 28 atmosphères.
- De plus — et c’est là une anomalie non moins curieuse — le rendement des réseaux étendus est sensiblement équivalent à celui des réseaux de moindre importance. Ceci s’explique par la composition classique de ces réseaux qui comprennent un feeder central de gros diamètre et de grande longueur (le développement total du transport New-York est de 14 km) sur lequel s’embranchent des conduites de moindre diamètre ne dépassant guère 1 km de longueur. Les feeders principaux ne donnent lieu, pratiquement, qu’à des pertes relatives extrêmement faibles, en sorte que les pertes globales restent proportionnelles au développement des embranchements.
- A cette précieuse propriété des conduites de gros diamètre, il existe deux causes : l’une géométrique : c’est que la section croît plus vite que le périmètre; l’autre physique : c’est le meilleur écoulement des fluides, par unité de section, dans les gros tuyaux. Pratiquement le débit d’un tuyau est proportionnel au cube du diamètre, alors que la surface extérieure ou surface refroidissante, est simplement proportionnelle au diamètre. On s’explique ainsi le prodigieux rendement de certains feeders de grandes dimensions, qui atteint 98 pour 100.
- Les canalisations sont constituées par des tubes en acier doux, revêtus de plusieurs centimètres d’isolant et placés sous la voie publique dans des caniveaux étanches; ces caniveaux sont généralement non visi-tables, c’est à dire qu’il faut défoncer le sol pour accéder
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- 1 Vanne
- 2 Détendeur
- 3 Soupape de sûreté
- 4 Appareil de régulation
- 5 thermostat
- 6 Réservoir d'eau chaude
- 7 Séparateur de vapeur
- 8 Compteur
- 9 Bêche
- 10 Groupe électro-pompe
- 11 Vapeur haute pression
- 12 Vapeur détendue
- 13 Arrivée d'eau froide
- 14 Départ d 'eau chaude
- Tuyau de vapeur.___Tuyau de retour d'eau condensée____Tuyau d eau
- Fig. 8. — Schéma du raccordement d’un immeuble chauffé par radiateurs à vapeur et possédant une distribution d’eau chaude pour usages domestiques.
- aux conduites ; cependant, on utilise aussi la disposition en galeries.
- Les dilatations jouent naturellement un rôle très important dans le comportement de ces conduites. Des dispositifs compensateurs, adaptés au diamètre de la conduite, à la température et à la pression doivent être prévus, de distance en distance; ce sont des joints glissants, des soufflets, des lyres (fig. 7), etc. Entre ces compensateurs, les conduites sont portées, sur tout leur parcours, par des chariots de roulement espacés de quelques mètres.
- Notre figure 6 montre quelques dispositions utilisées en Europe et en Amérique. Il est à remarquer qu’aux États-Unis on renonce généralement, dans les distributions par vapeur, à ramener l’eau condensée, qui est évacuée à l’égout, chez les abonnés, au moyen de purgeurs.
- En Europe, on préfère récupérer cette eau chaude (75° environ) et très pure, puisque distillée, en vue d’éviter l’épuration d’une grande quantité d’eau pour l’alimentation des chaudières.
- Les tuyauteries de vapeur vive doivent posséder des joints de purge, donc des pentes bien déterminées, du reste très faibles, ne donnent pas lieu à des difficultés d’installation spéciales, même dans un sous-sol très encombré comme celui de Paris.
- Ajoutons que la perte de charge, autrement dit la diminution de pression subie par le fluide en marche dans les conduites, du fait du frottement, ne dépasse pas quelques centaines de grammes sur le réseau de Bercy, à 1 km du point de départ, pour une pression au départ de 2 kg 500 et un débit de 15 tonnes de vapeur à l’heure.
- RÉGULATION AUTOMATIQUE
- Les postes de raccordement sont un organe très important dans les réseaux de chauffage urbain, mais il est difficile d’en donner une idée générale à cause de leur extrême variété. Le réseau actuel de Bercy, par exemple, dessert des immeubles d’habitation, des immeubles de bureaux, des hôtels de différentes catégories, un garage, une piscine et la gare du P.-L.-M., dont le service comporte le réchauffage préalable des trains une heure avant leur départ ! De plus, le fluide de distribution peut être lui-même de l’eau chaude ou de la vapeur à différentes pressions.
- Prenons le type le plus fréquent, qui est le poste de raccordement vapeur-vapeur; le poste comporte, alors : une vanne d’arrêt, un détendeur, des appa-
- reils de régulation automatique et un compteur. Tous les éléments de ces installations sont du domaine de la technique classique, en sorte qu’elles peuvent être exécutées par des entrepreneurs de chauffage central non spécialisés (fig. 9, 10 et 14).
- Quand l’eau de condensation doit être renvoyée à la centrale, il est nécessaire de prévoir également une pompe électrique de refoulement (fig. 10 et 11). Ces pompes fonctionnent d’une façon discontinue en vidant périodiquement un bac où s’accumule l’eau condensée; elles peuvent aussi être entraînées par de petites turbines
- Fig. 9. — Principaux organes d’un poste de raccordement simple, vapeur-vapeur. Au centre, le détendeur à mercure qui abaisse la pression de la vapeur pénétrant dans le réseau intérieur de l’immeuble.
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- Fig. 10. — Poste de raccordement vapeur-vapeur avec régulation automatique électrique.
- On remarquera au centre le bac où retombe l’eau condensée provenant des radiateurs, en traversant un compteur; la pompe d’évacuation, visible à gauche, puise périodiquement dans ce bac en refoulant sur la conduite de retour.
- simplifiées, alimentées par la vapeur du réseau. Il est parfois possible d’obtenir le refoulement automatique de cette eau par la pression de la vapeur.
- L’eau condensée joue un rôle important pour le comptage de la chaleur dépensée, chaque lulog de vapeur condensée représentant une quantité de chaleur exactement déterminée (fig. 10 et 14).
- Dans le cas où les radiateurs fonctionnent à l’eau chaude, le comptage est plus difficile, car il s’agit d’intégrer le produit des débits d’eau par les différences de température; l’intégration, en elle-même, ne présente pas de difficultés spéciales, mais on sait que la mesure des débits est peu précise pour les débits faibles.
- Dans les réseaux où le fluide de distribution est de l’eau chaude, il est utile d’installer dans chaque poste de raccordement un dégazeur à paille de fer, destiné à absorber l’oxygène qui pourrait s’introduire dans le circuit; on protège ainsi les conduites contre la corrosion. Il suffit de renouveler la matière active une fois par an (la figure 11 montre un tel dégazeur au second plan).
- La régulation automatique comporte deux aspects. On peut obtenir une régulation fonction de la température extérieure, à l’aide de thermostats placés sur la façade et qui agissent sur le point de réglage du thermostat principal qui règle l’admission du fluide chauffant; mais il est également possible d’obtenir un réglage horaire, de façon à chauffer par exemple, fortement le matin et le soir, mais modérément l’après-midi et la nuit.
- Le régulateur Pendleton, adapté au chauffage à vapeur, opère par de courtes périodes de chauffage séparées par des arrêts ; ces périodes sont trop brèves pour être perçues par les habitants, qui ont l’impression d’un chauffage ininterrompu (fig. 12). A cette régulation discontinue s’oppose la régulation continue, utilisée pour le chauffage par l’eau chaude : ici, c’est la température de l’eau qui varie sous l’influence du régulateur.
- Le régulateur système Raymond cumule les avantages des dispositifs horaires et des systèmes à thermostat extérieur. On a affaire ici à des « duo-stats », procurant une véritable régulation différentielle. Notre figure 13 représente un graphique de température enregistré par un de ces appareils agissant sur un chauffage à vapeur. Avant 9 h du matin, on a commencé par un chauffage continu d’environ
- Fig. 11. -— Poste de raccordement d'un immeuble chauffé à l’eau chaude sur un réseau urbain
- à vapeur.
- Le cylindre noir horizontal, visible au premier plan, est l’échangeur de températures, du type à contre-courant; immédiatement en arrière le petit cylindre noir vertical est un dêgazeur à paille de 1er, qui absorbe l’oxygène dissous dans l’eau. A gauche, bac d’eau condensée et pompe.
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- une heure, destiné à assurer la « mise en température » rapide de l’immeuble. Ensuite commence une période de chauffage discontinu automatique, les périodes de chauffe durant environ 10 minutes avec des intervalles de 10 minutes également. A mesure que le soleil s’élève et surtout à partir de midi, les périodes de chauffe s’espacent pour se resserrer de nouveau à l’entrée de la nuit.
- CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE OU CHAUFFAGE URBAIN?
- Un aspect extrêmement intéressant du problème est celui des rapports du chauffage urbain avec les distributions d’électricité.
- De prime abord, il semble y avoir rivalité complète entre la distribution de chaleur par canalisations chauffantes et le chauffage électrique avec accumulation centrale. La quasi-totalité des avantages que nous avons cités à l’actif du chauffage urbain et notamment la précieuse régulation automatique, qui évite les gaspillages, est commune aux deux systèmes, qui se présentent vraiment comme deux frères ennemis.
- Au fond, il ne saurait toutefois y avoir là une véritable concurrence, comme le prouve un bref calcul; les statistiques établies maison par maison révèlent qu’il faut distribuer, à Paris, environ 70 millions de calories par km2 et par heure; pour un arrondissement moyen, mesurant 4 km2, il faudrait donc distribuer 280 millions de calories par heure, soit, si la distribution se faisait sous forme électrique, 300 000 kw. Or la puissance électrique nécessaire au service (lumière et moteurs) d’un arrondissement moyen est de l’ordre de 150 000 kw. seulement, soit 50 pour 100 du chiffre précédent.
- Il semble donc que le chauffage électrique à accumulation ne puisse résister à une offensive sérieuse du chauffage urbain, mais ce serait perdre de vue l’énorme diffusion actuelle de l’électricité, qui permet des installations immédiates. D’autre part, la quasi-nécessité, pour les compagnies productrices, de céder leur courant à bas prix aux « heures creuses » (heures de nuit, principalement) en vue d’équilibrer le fonctionnement des centrales, permet aujourd’hui une production avantageuse de la chaleur électrique accumulée.
- Et ceci nous amène à l’une des nouveautés les plus curieuses et, du point de vue économique, les plus fertiles en ressources, de la nouvelle technique : 1’ « interconnexion » des centrales électriques et des réseaux de chauffage urbain.
- UNE SOLUTION D’AVENIR :
- L’« INTERCONNEXION THERMO-ÉLECTRIQUE »
- Malgré le développement, sur notre territoire, de nombreuses usines hydro-électriques, ce n’est nullement un mystère que cette source d’énergie n’est pas suffisante pour satisfaire aux besoins croissants de la consommation nationale. Par suite, des centrales thermiques extrêmement importantes ont été créées encore récemment, notamment dans la région parisienne, pour doubler les anciennes usines productrices devenues insuffisantes.
- Or, c’est malheureusement une conséquence inéluc-
- JOURNALIER DE CHAUFFAGE
- D'UN IMMEUBLE PARISIEN OCCUPE DE JOUR SEULEMENT
- TEMPÉRATURES
- EXTÉRIEURES
- HEURES
- i dessous or 5*
- de -1 â + Z 2
- Fig. 12. — Programmes journaliers de chauffage d'un immeuble occupé seulement de jour, suivant les températures extérieures.
- Les radiateurs fonctionnent par « pointes » de chauffe plus ou moins fréquentes, sous le contrôle des appareils de régulation automatique.
- table du principe de Carnot, que ces centrales, malgré leur perfection technique, dilapident dans leurs condenseurs d’énormes quantités de chaleur, rejetées à la Seine sous forme d'eaux tièdes. Sans doute, avec les dispositions actuelles, les calories ainsi abandonnées sont complètement « dégradées », c’est-à-dire à température trop basse pour pouvoir être utilisées ; mais rien n’empêche de les obtenir à une température plus élevée, permettant l’alimentation rationnelle d’un réseau de chauffage urbain.
- Deux solutions radicalement différentes sont ainsi possibles pour cette « interconnexion thermique ». On peut, soit utiliser les calories résiduelles de la vapeur détendue qui a travaillé dans les turbines, soit se borner à prendre de la vapeur vive, aux « heures creuses » où la consommation électrique s’abaisse ; dans le premier cas, les turbines fonctionneront à contre-pression, le réseau de chauffage urbain prenant la place du condenseur; dans le second cas, le même réseau sera branché directement, mais momentanément aux chaudières. Les
- Fig. 13. — Diagramme réel de chauffage intermittent, système « duostat » Raymond, relevé sur Venregistreur d’un immeuble du réseau de Bercy.
- COMPACNiE PARVIENNE DE CHAUFFACE URBAIN
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- Fig. 14. — Poste de raccordement à vapeur montrant, au centre, la soupape de sûreté, puis la vanne principale et le détendeur ; à droite, le compteur d’eau condensée.
- tate que leurs formes sont très différentes. Au moment de la seconde « pointe » électrique, soit aux environs de 18 h, toutes les chaudières de la centrale sont utilisées pour la production du courant, mais la vapeur détendue est fournie en abondance par les turbines et peut satisfaire à la consommation du réseau de chauffage, qui est modérée à ce moment.
- Pour la « pointe » matinale, la situation est inverse, la consommation du réseau de chauffage, beaucoup plus importante, pouvant être fournie directement par les chaudières, dont la moitié environ reste disponible. Ici, on récupère, non plus de la vapeur perdue, mais le volant thermique des chaudières, dont on n’est plus obligé de laisser tomber la pression, en même temps qu’on améliore le « rendement financier » du capital investi dans les chaufferies.
- Ainsi la réunion, en une seule station génératrice, d’une centrale électrique et d’une centrale de chauffage urbain, se traduit par une réduction des frais de premier établissement et, bien entendu, de personnel et d’entretien. De plus, la consommation globale de charbon se
- deux méthodes sont donc complémentaires, ce qui offre une grande souplesse d’adaptation.
- Si l’on se reporte aux diagrammes journaliers (fig. 15), représentant la consommation de vapeur d’une centrale électrique et d’un réseau de chauffage urbain, on cons-
- Fig. 16. •— Plan de la région parisienne montrant la possibilité d’utiliser les centrales électriques actuellement existantes pour le chauffage de la
- capitale.
- La vapeur serait prélevée, suivant les heures, à la sortie des turbines ou directement aux chaudières (comparer les deux courbes de la fig. 15). Les plus grandes distances ne dépassent pas 6,5 km, ce qui
- est modéré.
- GenneviUiers
- S-Ouen \
- Fig. 15. — Courbes journalières comparées des consommations de vapeur d’une centrale électrique parisienne (à droite) et d’une centrale de chauffage urbain (à gauche).
- trouve considérablement réduite; on peut admettre qu’une centrale mixte, produisant 100 000 kw et distribuant 200 millions de calories par heure, consommerait par an 140 000 t de charbon, contre 175 000 t pour deux usines distinctes.
- APPLICATION A LA VILLE DE PARIS
- A Paris, le problème se présente d’une façon un peu différente du fait qu’il existe plusieurs usines très importantes, « bouclées » par des feeders d’interconnexion électrique et qui se prêtent un mutuel appui au cours de leurs variations de régime. Une étude approfondie conduit à envisager l’utilisation, pour la production du chauffage, de trois groupes séparés de centrales (fig. 16) ; l’usine d’Issy-Les Moulineaux alimenterait les 15e, 16e et une partie des 7e et 14e arrondissements ; les usines de Saint-Denis et Saint-Ouen desserviraient les 17e, 8e et une partie des 9e et 20e arrondissements; et tout le reste serait tributaire des centrales du sud-est (Bercy, Ivry et Vitry). Les longueurs maxima de feeders nécessaires ne dépasseraient pas 6500 m, ce qui n’a rien d’excessif, des portées de 8000 m étant actuellement réalisées.
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- Après l’expérience du réseau de Bercy et étant donnés les précédents existant dans le monde (la ville tchécoslovaque de Brno vient de créer de toutes pièces une usine mixte avec turbines à soutirage), il semble que ce grand projet entre tout à fait dans le domaine des possibilités pratiques. Il présente ce grand avantage de n’exiger qu’une mise de fonds réduite, puisqu’il n’y a pas d’usines nouvelles à construire, et de pouvoir être exécuté progressivement, en bénéficiant de l’expérience acquise. L’extension des nouveaux quartiers périphériques, sur l’ancienne zone militaire, offre du reste un champ d’action bien moderne et peu éloigné des centrales.
- Du point de vue de la salubrité publique, une amélioration sensible pourrait être ainsi apportée assez rapidement à la composition de l’atmosphère parisienne, car
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- il n’y aurait pas à créer de nouveaux foyers générateurs de fumées. Les chaufferies des centrales transformées évacueraient assurément une quantité de gaz brûlés supérieure à leur débit actuel, mais ces gaz bénéficieraient de toute l’épuration déjà existante dans ces usines; de plus, il ne faut pas oublier que les centrales parisiennes possèdent des cheminées très élevées et se trouvent en banlieue.
- Il y a là tout un ensemble d’heureuses circonstances ou, pour employer une expression à la mode, une « conjoncture » exceptionnellement favorable et qui permet d’espérer un large développement, à Paris, du chauffage urbain.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École polytechnique.
- NOUVELLE METHODE D’EXPLICATION QUALITATIVE DU GYROSCOPE
- Le gyroscope ne demeure mystérieux que par la façon obscure dont on l’explique. La plupart, il est vrai, ne
- s’y intéressent que par amour du mystère; que ceux-là donc évitent soigneusement de chercher à comprendre ; mais tous les autres peuvent, avec un petit effort, saisir l’essentiel.
- DÉFINITIONS PRÉLIMINAIRES
- Trois mots à
- connaître pour éviter les confusions. Prenons une toupie (fig. 1) ; elle pivote en se balançant lentement en rond : le mouvement de la toupie sur elle-même, c’est la rotation; le mouvement de balancement c’est la précession, et enfin l’angle de balancement, c’est Y angle de nutation.
- IDÉE FAUSSE ET IDÉE EXACTE DE L’EFFET GYROSCOPIQUE
- On se figure volontiers que le gyroscope maintient son axe fixe dans l’espace, en sorte qu’il suffirait de planter une grosse toupie verticale dans une voiture pour qu’elle puisse marcher sur une seule roue; c’est tout à fait faux. Voici ce qui en est : quand on veut dévier un gyroscope, il commence toujours par céder un peu, mais il prend aussitôt un mouvement à angle droit
- et résiste alors à la poussée. Autrement dit, en langage mécanique, tout mouvement de nutation provoque une précession (et c’est réciproque).
- MÉTHODE D’EXPLICATION
- Au lieu de prendre une théorie générale, commençons au contraire par le cas le plus simple ; c’est celui où il y a un tour entier de précession pendant qu’il y a un tour de rotation. Nous allons alors constater deux faits : 1° un point quelconque pris sur le bord du gyroscope ne décrit pas un cercle, mais une courbe en forme de huit; 2° sa vitesse n’est pas uniforme, elle est ralentie aux sommets du 8, et elle est accélérée au milieu. Or nous savons tous par expérience que : 1° quand notre auto fait un virage, nous sommes jetés de côté; 2° quand elle ralentit brusquement nous nous sentons jetés en avant et quand elle accélère, il nous semble être tirés en arrière. Toute l’explication du gyroscope est là. Reprenons cela en détail :
- Fig. 2 et 2 bis. — Le cercle en précession engendre une surface sphérique.
- Fig. 1. — Rotation, précession, nutation.
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- Fig. 3. — Trajectoire d’un point du gyroscope.
- THÉORIE DU CAS LE PLUS SIMPLE
- Nous supposons, comme nous l’avons déjà dit, qu’il y a un tour de précession pendant qu’il y a un tour de rotation. Mais de plus nous considérons un gyroscope tournant, non pas comme la toupie autour de sa pointe, mais autour de son centre, c’est-à-dire un gyroscope pivotant sur lui-même sans changer de place.
- Première remarque : Quand la précession est nulle (fig. 2) il est évident que chaque point du gyroscope décrit simplement un cercle puisque tout se passe alors comme dans une roue; mais dès qu’il y a de la précession (fig. 2 bis), ce cercle tourne sur lui-même et engendre donc une surface sphérique. Donc, tout point du gyroscope se promène sur la surface d'une sphère.
- Deuxième remarque : C’est donc sur une sphère que nous allons étudier la marche d’un point du gyroscope (fig. 3). Vous pouvez utilement le faire sur une
- petite balle en caoutchouc, en y dessinant à l’encre ce qui est sur notre globe : tracez huit méridiens en marquant plus fort ceux qui sont à angle droit (pour plus de facilité dans l’observation) ; tracez ensuite un équateur, puis, entre cet équateur et chaque pôle, trois cercles à égale distance ; tout cela vous donne une sorte de globe
- géographique. Partons de l’équateur, au point 4, et remontons. Le point mobile remonte vers le niveau 3, mais comme il a fait un cran de précession en même temps qu’un cran de rotation, il a monté en oblique et arrive au point 3 sur le méridien suivant; puis de même, il passe en 2, puis en 1, puis au pôle; là il continue, tourne en revenant passer à l’équateur au point 4 et part vers l’autre pôle. Et ainsi nous avons un trajet en forme de 8.
- Conclusion de la 2e remarque. — Que fait une auto lancée sur une piste circulaire ? Elle subit un effet de force centrifuge qui vous lance de côté, d’autant plus fortement que la courbe est plus accentuée. Supposons donc une auto lancée sur la piste en forme de 8 (vous voudrez bien supposer qu’elle y reste collée par une puissante attraction analogue à ce que fait la pesanteur pour les êtres qui circulent à la surface de la Terre); elle
- Fig. 4. — Report sur un seul méridien.
- subira des effets de force centrifuge à angle droit par rapport à sa direction. Et où donc cette force sera-t-elle le plus grande ? là où la courbe est le plus accentuée, c’est-à-dire au pôle de notre globe.
- Marquons (fig. 4) d’abord par des flèches blanches sur le huit les effets de la force centrifuge, et reportons t.out cela sur un seul méridien, car tous les points de la roue gyroscopique font partie d’un seul méridien; au pôle, rien n’a à bouger; pour l’effet au niveau 1, transportons en E la flèche blanche qui est en 1; transportons de même 2 en 2', puis 3 en 3', 4 en 4'; attention à'ne pas nous tromper ici : 5 va en 5', etc., de sorte que, pour aller en T, la flèche 7 est transportée de presque un tour. Nous obtenons ainsi l’ensemble de flèches de la figure 5, où il est clair qu’elles tendent à faire basculer le disque à angle droit par rapport au mouvement de précession.
- Vérification de l’existence de la courbe en 8. — Pour bien montrer que ce raisonnement ne contient aucune erreur, j’ai construit (fig. 6) un appareil dans
- Fig. 5. — Effet total de la déviation des trajectoires.
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- lequel une roue portant de petites lampes tourne d’un tour sur elle-même tandis que son support tournant fait lui-même exactement un tour aussi. J’ai photographié le système tournant dans l’ombre; les lampes allumées traçaient elles-mêmes leurs parcours; une première épreuve a eu lieu avec une seule lampe allumée, la deuxième avec les cinq lampes allumées ; c’est ainsi qu’on a obtenu les courbes photographiques des figures 7 et 8. La figure 7 justifie le raisonnement sur la courbe en 8; la figure 8 montre que les divers points de la roue portent des trajectoires justifiant notre report en 1', 2', 3', etc. Il ne reste plus qu’à crier victoire ou plutôt « Eurêka », comme Archimède.
- Une déception dans Vexplication. — Hélas, il ne faut pas encore crier. Car si les mathématiciens mettent en formule l’elîet des déviations dont nous avons fait la théorie, ils ne trouveront pas un résultat conforme aux expériences : ils en trouveront la moitié. Nous n’avons donc trouvé que la moitié de l’explication. L’autre moitié, nous allons la dénicher dans une troisième remarque.
- Fig. 7. — Trajectoire expérimentale d'un point.
- Mais auparavant, notons un gros avantage de notre première explication : connaissant le sens d’une rotation, nous devinons facilement la déviation (au pôle de notre boule en caoutchouc) provoquée par la précession, et ainsi nous devinons à coup sûr comment va se comporter le gyroscope dans un cas déterminé.
- Troisième remarque. — En cheminant sur la courbe en huit, le point en mouvement change continuellement de vitesse. A première vue, cette affirmation paraît absurde, puisque tous les points de la roue gyroscopique sont liés entre eux : comment l’un peut-il aller plus vite que son voisin ?
- Regardons de près (fig, 9 et 9 bis, qui reproduisent simplement deux fragments de la houle de la fig. 3) : nous y voyons que les longueurs l, qui sont la distance d’un cercle à l’autre, sont toujours semblables; mais que la déviation de précession varie suivant les niveaux : au niveau 1, elle est égale à d, tandis qu’à l’équateur elle est égale à D. Donc le trajet x près du pôle est voisin
- Fig. 6. — Appareil montrant directement les trajectoires.
- de la longueur l, tandis que le trajet T près de l’équateur quoique effectué avec le même temps est plus long, étant voisin de l’hypoténuse du triangle TDf
- Ainsi nous voyons qu’il y a ralentissement vers le pôle et accélération vers l’équateur, en sorte que les voyageurs de notre auto imaginaire sont lancés en avant lorsqu’ils montent vers le pôle, et comme tirés vers leur dossier (donc également vers le pôle), tandis qu’ils redescendent vers l’équateur. Si nous représentons ces efforts par des flèches blanches comme nous l’avions fait à la
- Fig. 8. — Trajectoires simultanées.
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- figure 4, nous aurons des flèches differentes des premières (car leur direction sera dans le sens de la marche et leur maximum sera non plus au pôle mais de ns une zone intermédiaire), mais qui, reportées sur un même méridien, donneront encore un ensemble basculeur de même sens que celui dû aux déviations. Des mathématiciens ont calculé l’effort dû à ces variations de vitesse (Hirn aussi a fait ce calcul) et ils ont trouvé exactement la moitié de l’effet constaté à l’expérience.
- Cette fois donc, crions « Eurêka » : l’effet gyroscopique est dû, pour la moitié, à une déviation de direction des molécules, et pour l’autre moitié à des variations de leurs vitesses.
- EXTENSION A TOUS LES CAS
- Première extension de notre théorie. — Nous avons supposé que la rotation et la précession sont égales pour avoir le cas le plus frappant aux yeux. Il faut voir maintenant les autres cas.
- Si la rotation est plus rapide que la précession (c’est le cas normal) la courbe en 8 ne se ferme plus ; mais le raisonnement reste le même. En effet, il y a simplement que la courbure de la trajectoire au pôle est moins accentuée, mais continue à exister; de même la différence de vitesses à chaque tour est diminuée aussi, mais n’en demeure pas moins réelle; en revanche, dans un temps égal, les passages au pôle seront plus fréquents. Faisons confiance aux calculateurs qui nous démontrent que l’effet gyroscopique est proportionnel au nombre de tours par seconde; d’autant plus que l’expérience leur donne pleinement raison.
- Et si c’était la précession qui fût augmentée, le
- Fig. 11. — Trajectoire d’un point.
- nombre de passages au pôle resterait le même, mais la courbure au pôle s’accentuerait fortement, et la distance D de la figure 9 serait très augmentée aussi; les chiffres seraient changés, mais le raisonnement resterait toujours le même que dans le cas examiné en premier lieu.
- Deuxième extension. — Nous voilà éclairés sur le cas du gyroscope basculant sur lui-même ; mais comment passerons-nous de là au cas de la toupie ? De deux manières :
- Première manière. — Le raisonnement mathématique nous permet de considérer le nouveau mouvement comme la superposition de deux autres : le basculage, qui n’a rien de changé; et le déplacement qui ajoute ses effets propres par simple addition. Mais peut-être préférerez-vous un raisonnement plus direct :
- Deuxième manière. — Supposons cette fois que le centre de rotation soit très loin du centre de la roue gyroscopique (fig. 10). Dès lors les points du gyroscope ne circuleront plus sur une sphère, mais sur une surface voisine d’un cylindre (ou plus exactement sur une surface rappelant la tranche bombée des fromages de Gruyère).
- Fig. 10 et 10 bis. — Quand le centre de rotation devient extérieur, la piste sphérique s’ouvre et tend vers le cylindre.
- Le disque du gyroscope est alors comme une roue qui roulerait sur le plafond. (Rappelez-vous qu’une roue a une vitesse nulle au contact du sol, tandis que l’autre côté va deux fois plus vite que le moyeu.) Donc au point h, vitesse nulle (si un tour de précession correspond exactement à un tour de rotation), ou ralentie; au con-* traire, en b la vitesse est maximum et donc la force centrifuge est augmentée (voir la flèche c de la fig. 10 bis) ; de même les variations de vitesse donneront les forces a et v', qui tendent également à relever le gyroscope vers le haut.
- Vérification expérimentale de la courbe. — Dans l’appareil de la figure 6, il a suffi de faire glisser la roue porte-lampes vers le bout du support tournant (en choisissant évidemment le côté correspondant au mouvement de précession d’une toupie gyroscopique ayant lé même sens de rotation). La photographie avec une, puis cinq lampes, a donné les figures 11 et 12. Les lampes paraissent se promener sur la surface latérale d’un fromage de Hollande; et les courbes photographiques justifient visiblement la théorie de la figure 10.
- Fig. 9 et 9 bis. — Cause des v.ariations de vitesse.
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- Telle est la démonstration élémentaire que je propose. Elle est purement qualitative; malgré cela, elle ne sera pas inutile aux mathématiciens (x) : le traité de Bogaert signale en effet les « notions étranges et inexactes » qu’on trouve, même chez les « techniciens avertis », au sujet de l’effet gyroscopique. J’espère avoir montré que cet effet, de plus en plus important dans les machines modernes, et dont on n’ose pas aborder l’explication
- 1. Voici une formule simplifiée et approximative, pour ceux qui veulent simplement prévoir l’importance de tel ou tel mouvement gyroscopique, dans le cas où le gyroscope est assez voisin d’un anneau (l’angle de nutation étant de 90°) :
- P. r'K 4.Ü .(0 = C où P = Poids en k logs;
- r — Rayon de la roue en mètres ;
- SJ = Tours par seconde, de rotation; w = Tours par seconde, de précession;
- C = Effort en kilogs x mètres.
- (C désignant un « moment », je crois qu’on pourrait donner un nom à l’unité kilog x mètre, pour éviter des^expressions qui embrouillent facilement les débutants. Je me sers de l’expression : « kilog-moment »).
- Fig. 12. •—- Trajectoires simultanées.
- dans les manuels élémentaires, est certes un phénomène curieux, mais qui ne cache aucune action mystérieuse et inabordable. Paul Dapsence.
- LE PLUS GRAND PONT SUSPENDU DU MONDE
- SE CONSTRUIT ACTUELLEMENT DANS LA BAIE DE SAN FRANCISCO
- En 1825, le premier pont suspendu fut jeté, en France, par Marc Seguin, au-dessus du Rhône, entre Tain et Tournon. Mais ce système dut subir d’importants perfectionnements avant de pouvoir s’appliquer économiquement à une aussi grande portée que celle de l’ouvrage actuellement en cours d’exécution aux États-Unis et qui reliera San Francisco à Oakland, située de l’autre côté de la baie. A vol d’oiseau, ces deux agglomérations urbaines se trouvent seulement séparées par une dizaine de kilomètres tandis que le trajet par terre entre les deux cités atteint 100 km environ. Jusqu’à présent des ferry-boats, qui transportent bon an mal an 50 millions de voyageurs et 4 millions de véhicules, assurent les communications entre les deux villes. Ce chef-d’œuvre du génie civil a pour but de remplacer les bacs et sera pendant quelque temps le plus grand pont du monde, puisqu’il aura 3140 m 45 entre ses deux culées extrêmes ; celui du Tay (Écosse), qui jusqu’ici détenait le record en l’espèce, mesure seulement 3136 m de longueur.
- En principe, les ponts suspendus comprennent aujourd’hui des câbles en fils d’acier qui, en décrivant une courbe parabolique, franchissent l’espace à couvrir et auxquels on suspend le tablier au moyen de tirants. Ces câbles s’appuient sur les sommets des robustes maçonneries des diverses travées et redescendent au delà des piles de chaque rive, afin de s’ancrer dans le sol. Pour équilibrer les composantes horizontales des tractions exercées sur une pile par les deux travées adjacentes, également chargées par mètre courant de tablier, il faut que les courbes décrites par les câbles soient des arcs d’une même parabole.
- Le grand pont suspendu construit entre New-York et Brooklyn, sur un des bras de T Hudson et mis en service en 1883, mesurait 860 m de longueur, mais, comme tous les ouvrages similaires, il était extrêmement déformable. Pour remédier à ce défaut des ponts suspendus, leur donner la stabilité nécessaire et leur permettre de livrer passage à de lourds camions automobiles avec des essieux chargés à plus de 12 tonnes, les ingénieurs américains remplacèrent d’abord les câbles par des poutres formées de deux chaînes à éléments linéaires articulés, rendues solidaires par des barres de triangulation. Puis ils ajoutèrent souvent à ces poutres des haubans reliant les sommets des piles aux différents points du tablier et complétèrent ces moyens de fixation par l’adjonction de câbles horizontaux de contre^ventement, amarrés sur le prolongement des culées. En outre, afin d’obtenir une rigidité complète, ils remplacent souvent les câbles
- Fig. 1. — Emplacement du pont suspendu à travers la baie de San Francisco.
- Ponl en construi
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- principaux par des poutres inflexibles articulées sur leur pile et que réunit parfois une articulation disposée au milieu de la portée. Plus récemment, divers techniciens transatlantiques ont encore apporté de très utiles perfectionnements dans ce domaine, entre autres dans le pont suspendu sur la Delaware à Philadelphie (1926), dont la longueur totale atteint 2971 m 70, et dans celui qui relie New-York au village de Fort Lee (New Jersey) avec une travée centrale de 1067 m, mesurée entre les centres des tours (1932). Ces améliorations consistent surtout dans la suppression des haubans, l’articulation des tabliers métalliques à leurs extrémités, l’emploi de tabliers de faible rigidité, la suppression des chariots de dilatation, l’usage de pylônes métalliques très rigides dans le sens transversal et suffisamment flexibles dans le sens de l’ouvrage.
- Les recherches théoriques habituelles concernant les ponts suspendus établis de la sorte sont, en outre, vérifiées
- torons élémentaires, au moyen d’une série de presses hydrauliques disposées en couronne et ils constituent alors un câble unique sur lequel on met des colliers pour la fixation des suspentes et qu’on entoure, dans les intervalles, d’un fil d’acier galvanisé.
- LE PONT SUSPENDU DE SAN FRANCISCO
- Étendons-nous maintenant un peu plus longuement sur le grand pont suspendu de San Francisco, dont le projet a été établi par M. C. H. Purcell, ingénieur en chef du Département des Travaux Publics de l’Etat de Californie, et que l’on érige actuellement. Non seulement il sera le « the greatest bridge in the world », mais son audacieux architecte le construit d’une façon économique, en utilisant les méthodes préconisées par ses savants devanciers, que son expérience personnelle lui a permis de perfectionner encore.
- Le nouveau pont aura, comme nous l’avons déjà
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- OAKLAND
- Fig. 2. — Dispositions principales du pont suspendu de San Francisco à Oakland ( États-Unis).
- par des observations rigoureuses faites en étudiant à l’aide d’instruments de mesure les réactions qui s’exercent entre les éléments associés : entretoises, longerons et sous-longrines de leurs diverses sections. On contrôle expérimentalement et sur le tablier même d’un pont, si les résultats pratiques concordent avec les calculs. La méthode généralement adoptée consiste en pesées directes exécutées sur les tiges de suspension de l’ouvrage au moyen de romaines en l’air. Sous le passage d’une charge donnée, la tension dans les différentes suspentes se trouve presque uniformément répartie sauf au voisinage des pylônes ; il en est de même des moments fléchissants provoqués dans les diverses sections du tablier. Enfin une autre modification très importante apportée dans la construction de certains ponts suspendus rigides construits au cours des dernières années en Amérique réside dans l’emploi de câbles formés de torons parallèles en fils d’acier galvanisé. On serre ensemble tous ces
- noté ci-dessus, 3140 m 45 entre ses culées extrêmes. Il passe par T île de Yerba Buena, sise au milieu de la baie, et se compose de 2 parties. Le tronçon entre San Francisco et l’île comporte deux travées suspendues, de 704 m 10 d’ouverture chacune, entre lesquelles se trouve une pile-culée d’ancrage où aboutissent les câbles de suspension. Ceux-ci portent des travées d’approche de 353 m 55 de portée.
- Les pylônes auront 158 m 50 de hauteur au-dessus des massifs de fondation, qui eux-mêmes s’élèveront à 12 m au-dessus du niveau de la mer. Trois des piles reposent sur de gigantesques caissons foncés à l’air comprimé et la pile-culée centrale est un monolithe de béton mesurant 29 m 55 de largeur sur 58 m 50 de longueur. Chaque pile d’ancrage est un colossal bloc de 8410 m3 de maçonnerie. D’autre part, un tunnel réunit les deux parties du viaduc à travers l’île de Yerba Buena. Là, s’édifieront ultérieurement les bâtiments d’une
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- Fig. 3. — Vue aérienne montrant l'état des travaux du nouveau pont, en octobre 1934.
- exposition internationale qui doit s’ouvrir en 1937.
- Pour la partie orientale du pont, les constructeurs ont dû aller chercher le bon sol très profondément afin de pouvoir s’appuyer sur le roc solide. En sorte que les assises de la pile la plus profonde se trouvent à 68 m 40 au-dessous du niveau des basses eaux et à 430 m environ de l’île de Yerba Buena.
- Cette travée du type cantilever aura 426 m 70 de portée. Quant à ses fondations, elles s’exécutent au moyen de caissons réunis par une ossature unique.
- On amène ces caissons par flottage jusqu’à leurs emplacements respectifs, puis ou les échoue dans la vase. Une fois enlisés suffisamment, on enlève leurs couvercles et on achève l’excavation de la masse boueuse à l’intérieur de chacun d’eux, grâce à des bennes preneuses de forme appropriée. Finalement on coule du béton sur la base de chaque caisson et sur toute la hauteur dans les intervalles des cylindres, l’intérieur de ceux-ci restant vide afin d’alléger l’ensemble de la charpente métallique.
- La construction de ce pont colossal qui, d’après les prévisions de M. C. H. Pur-cell, sera livré à la circulation dans l’été de 1936, occupe plus de 6000 personnes,
- comporte la mise en oeuvre de 170 0001 d’acier et de câbles, de 20 000 t de barres d’armatures, de 1 million de barils de ciment (de 163 kg chacun), de 765 000 m3 de sable et de cailloux, de 10 millions de mètres linéaires de planches de bois sans compter les autres matériaux
- Fig. 4. — Une des plus profondes piles du pont en cours de construction. (Ses fondations sont à 68 m 40 au-dessous du niveau des plus basses eaux.)
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- accessoires. Mais, il y a beau temps que l’audace des successeurs des Perronet et des Eiffel ne connaît pas de bornes !
- Bientôt ce record technique sera battu dans une autre partie du monde. Sous le climat torride et pestilentiel de l’Est africain s’édifie, en effet, un pont encore plus colossal, sur le Zambèze, puisqu’il aura 12 000 pieds de longueur (3600 m environ), entièrement au-dessus des eaux pendant les périodes de crue. Commencé en 1931, on pense l’achever en 1935. Ses 36 travées métalliques, sensiblement égales, auront une portée voisine de 80 m et reposeront sur de solides piles de béton armé. L’absence de grands fonds et surtout la présence de terrains sablonneux, permettant d’utiliser des points d’appui assez rapprochés, facilitent la construction de ce colossal ouvrage, dont la longueur dépassera celles des fameux ponts de Hell’s Gâte aux États-Unis, du Forth ou de la Fig. 5. — Vue aérienne d'un des grands caissons du pont de San Francisco, en cours de montage. TaY en Ecosse. JACQUES BoYER.
- LA LUTTE CONTRE LA FIEVRE JAUNE
- Depuis le xvi° siècle jusqu’à nos jours, la fièvre jaune n’a cessé de faire dans certains pays tropicaux de très nombreuses victimes, parmi lesquelles les individus appartenant à la race blanche occupent dans les statistiques la plus grande place, car ces statistiques négligent souvent les indigènes qui cependant meurent aussi de fièvre jaune. Cette affection reste un des principaux obstacles à l’essor colonial. Loin de régresser, elle multiplie ses atteintes et paraît envahir des régions où elle n’avait pas encore été signalée.
- Il est démontré maintenant que. les moyens actuels de communication, plus nombreux et plus rapides qu’autrefois (bateaux, chemins de fer, automobiles et avions) ont favorisé dans certains cas le transport du virus dans des contrées jusqu’alors considérées comme indemnes. Ces constatations font craindre l’extension plus intense encore de la maladie, non seulement dans les pays tropicaux, mais aussi aux Indes, dans l’Afrique du Nord et le Sud de l’Europe.
- C’est pourquoi des médecins et des savants recherchent, avec ténacité, les moyens efficaces de lutter contre ce fléau. Le grand philanthrope américain Rockefeller a doté sa fondation de ressources pécuniaires presque illimitées pour ces recherches : les laboratoires de l’International Health Division de la Rockefeller Foundation sont installés à New-York, dans le nord du Brésil, à Bahia, à San Salvador, au Lagos, en Afrique occidentale, et cette institution aide dans leurs recherches divers savants étrangers dont les Français. Ces savants échangent des visites et se tiennent aussi, par correspondance,
- au courant de leurs travaux. L’Office international d’Hygiène publique, prenant aussi intérêt à cette question, a institué une Commission de la fièvre jaune, dont la dernière réunion a eu lieu le 8 octobre dernier à Paris pour examiner la question de la vaccination contre cette maladie.
- Historique. — La fièvre jaune est probablement une maladie d’origine américaine. Les premiers Blancs qu’elle frappa furent les troupes de Christophe Colomb, en 1492, lors de leur séjour dans l’île d’Hispanola. Les premiers Européens qui vinrent s’installer au Mexique et aux Antilles (1519-1521) souffrirent cruellement de la même affection.
- Elle accompagna les colons et les esclaves le long des fleuves et des rivières, elle les suivit sur tous les points de la côte où ils débarquaient et passa finalement dans l’ancien continent. L’Afrique fut atteinte de très bonne heure. La fièvre jaune trouva dans ce pays des conditions favorables à son développement; elle s’y installa définitivement, formant un foyer mouvant compris entre les bouches du Sénégal et celle du Congo.
- Au cours de la guerre hispano-américaine, une épidémie grave éclata parmi les troupes américaines à Cuba.
- Notons aussi qu’une des causes principales de l’échec des travaux du canal de Panama par Ferdinand de Lesseps fut, avec le paludisme-, la fièvre jaune, qui faucha les ouvriers et surtout les ingénieurs blancs difficilement remplaçables. Par contre, l’entreprise américaine réussit bien plus grâce aux mesures sanitaires draconiennes qu’aux techniques de travaux. C’est aussi ce fléau qui
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- incita la France à abandonner sa colonie de Saint-Domingue.
- A plusieurs reprises, la fièvre jaune pénétra en Europe, provoquant des épidémies parfois graves. En 1701, de Cadix, elle se répandit dans toute la péninsule ibérique. L’épidémie de 1821 à Barcelone frappa 80 000 personnes et causa 20 000 décès. On estime qu’en l’espace de cent ans, tant en Espagne qu’au Portugal, elle fit périr plus de 300 000 personnes. Au xixe siècle, elle apparut en Italie et fît à Livourne plus de 2000 victimes, avec plus de 700 décès. En France, quelques petits foyers furent observés à Saint-Nazaire. Enfin le point le plus septentrional qu’elle ait atteint est Swansea, en Angleterre. Si elle n’a pas fait en Europe un plus grand nombre de victimes, c’est que, comme nous le verrons, les conditions n’étaient pas favorables à son développement.
- La fièvre jaune. — On J’appelle typhus d’Amérique, typhus ictéroïde, peste occidentale, maladie de Siam, vomito negro, yellow fever (anglais), Gelb-Fieber (allemand). Son nom scientifique est Typhus amaril, car le nom de fièvre ne désigne, à proprement parler, qu’une manifestation de cette maladie parmi beaucoup d’autres.
- Elle débute brusquement par une fièvi’e qui s’élève rapidement jusqu’à 39°5-40°, température qui reste pendant trois jours en plateau. Elle s’accompagne de vomissements, d’abord alimentaires, puis bilieux, de céphalalgie intense et de douleurs lombaires si vives qu’elles ont fait donner à la maladie le nom de « coup de barre ». L’albuminurie est son symptôme le plus caractéristique. Selon le Prof. E. Marchoux, « on trouve de l’albumine dans l’urine, dès le premier jour, dans les formes graves; le deuxième ou troisième, dans des cas moyens; la quantité d’albumine marque assez bien la gravité de la maladie ». Ensuite le malade éprouve une sensation d’amélioration, qui est pour quelques-uns le début de la convalescence. Le plus souvent ce soulagement n’est que le prélude des accidents graves de la deuxième période. Le malade est repris de nouveau de vomissements, cette fois-ci noirs, hémorragiques, qui justifient l’appellation de vomito negro. Il s’en produit du côté de la muqueuse nasale, des lèvres et des gencives. La peau prend une teinte ictérique, qui s’accentue de plus en plus jusqu’à la mort. L’albuminurie'augmente et la tension artérielle tombe à un niveau extrêmement bas (10, 8 et même 6). La circulation du sang se ralentit, des taches livides apparaissent sur le corps, et le malade meurt quelquefois dans un dernier vomissement noir. Le pronostic de la deuxième période est généralement grave, sans toutefois être désespéré, car on observe parfois la guérison après les accidents les plus dramatiques. La mort, quand elle survient, n’arrive jamais avant le troisième jour, mais elle peut se produire au commencement du quatrième. Elle est encore fréquente entre le cinquième et le huitième jour, rare après le dix-huitième.
- L’aspect extérieur du cadavre frappe par la couleur jaune citron de la peau, d’où le nom de fièvre jaune. On constate une dégénérescence graisseuse du foie, souvent
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- si marquée que cet organe prend une couleur chamois caractéristique.
- « Maladie démoralisante, à rémissions trompeuses; maladie particulièrement décimante, puisque deux tiers au moins des cas, disent les statistiques actuelles, suivent une évolution fatale; maladie enfin qui, ainsi qu’en témoignent toutes les observations, affecte une prédilection spéciale pour la race blanche, la fièvre jaune est un véritable fléau, dont les coloniaux ont peur avec juste raison » telle est l’image sinistre que trace Cazanove.
- Ajoutons que, suivant le pays et l’individu frappé, la fièvre jaune se manifeste parfois sous une forme légère; pour que les règles sanitaires n’interviennent pas, elle échappe alors à la statistique.
- L’agent transmetteur. — Jusqu’au xixe siècle, les causes de la fièvre jaune restèrent inconnues. On l’attribua d’abord aux conditions atmosphériques ou climatiques. Puis quand arriva l’ère microbienne, les recherches s’aiguillèrent vers l’infection.
- Les médecins brésiliens avaient fait des constatations curieuses et même incompréhensibles : par exemple, à Rio-de-Janeiro, ville construite au bord de la mer, dans un grand cirque de montagnes, beaucoup d’habitants vont chercher la fraîcheur sur les hauteurs environnantes, à Petropolis en particulier, où ils montent tous les soirs, pour en redescendre chaque matin ; la fièvre jaune n’éclate jamais parmi ces diaros, comme on les appelle, sauf s’ils ont été retenus la nuit dans la capitale. Les malades transportés à Petropolis ne sont pas infectants pour leur entourage. Enfin deux ou trois semaines s’écoulent entre l’apparition des premiers cas de fièvre jaune et les suivants.
- Nott, le premier, en 1848, expliqua logiquement ces particularités curieuses en supposant que la maladie n’était pas directement contagieuse et qu’elle devait être transmise par un hôte intermédiaire qui pouvait être un insecte.
- Daniel de Beauperthuis, en 1858, accusa un moustique, mais ce fut surtout Carlos Finlay qui non seulement soutint cette opinion, mais incrimina, en 1883, le Culex mosquilo.
- Fig. 1. — Prélèvement de sang chez les enfants nègres, en A. O. F., Mission Stefanopoulo.
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- En 1899, trois savants américains, W. Reed, J. Carrol, J. W. Lazeard, et un savant cubain, A. Agramonte, établirent définitivement par l’expérience que le moustique Culex calopus, alias C. mosquito, est le seul agent de transmission de la fièvre jaune. Il serait injuste de ne pas relater ici ces expériences, pour lesquelles plusieurs personnes ont donné leur vie avec une noble abnégation.
- Ces savants firent piquer par des moustiques des malades à différents jours de la maladie; puis, à des dates plus ou moins éloignées, ces moustiques furent posés sur des personnes saines, qui s’étaient prêtées bénévolement à ces dangereux essais. Sur onze personnes ainsi piquées, deux tombèrent malades, celles qui avaient été piquées par des moustiques gorgés, douze jours auparavant, du sang des fiévreux dans les premiers jours de la maladie ; le Dr Carroll était une des deux. Cependant son confrère le Dr Lazeard, qui ne s’était soumis à aucune
- piqûre expérimentale, contracta aussi la fièvre jaune et en mourut, si bien que l’expérience ne fut pas considérée comme démonstrative.
- Pour se mettre à l’abri de contaminations fortuites, les savants américains établirent un camp dans la montagne, à un endroit indemne de fièvre jaune, qu’en souvenir de leur collègue ils appelèrent le camp Lazeard. Ils y enfermèrent et soumirent à une quarantaine de douze à dix-huit jours un certain nombre de personnes qui voulurent bien se soumettre aux expériences. Ils firent alors piquer douze personnes par des moustiques nourris, douze jours auparavant, sur des malades ayant un début de fièvre jaune. Sur ces douze personnes, dix furent atteintes de quarante-quatre heures à trois jours plus tard. Le rôle vecteur du moustique était, dès lors, indéniablement établi. Il ne restait qu’à juger aussi de la possibilité de contagion par des objets souillés par des malades. Les savants firent construire une maison inten-
- tionnellement malsaine, n’ayant d’autre ouverture que la porte, et où était entretenue une chaleur humide. Pour ne pas laisser passer les moustiques, la porte était munie d’une toile métallique fine. Ils entreposèrent dans cette maison des vêtements, des couvertures et différents objets de literie de malades morts de fièvre jaune. Pendant trois semaines des personnes enfermées bénévolement dans cette maison manipulèrent tous ces objets, sans fâcheuse suite.
- Enfin pour contrôler définitivement les deux expériences, les savants américains firent construire une autre maison qui, au contraire de la précédente, avait des ouvertures nombreuses et opposées, fermées également par des toiles métalliques fines. Cette maison fut partagée en deux par une toile métallique qui allait du plafond jusqu’au sol. D’un côté, furent déposés des objets souillés, comme dans la première maison, et de l’autre côté, furent lâchés quelques moustiques auparavant gorgés du sang de malades. Comme précédemment, les personnes qui manipulèrent des objets souillés ne furent pas contaminées. Par contre, le jeune docteur américain Moran, qui séjourna quelque temps dans le second compartiment, fut piqué plusieurs fois par les moustiques et contracta la fièvre jaune.
- C’était là la démonstration la plus nette. Le moustique est le seul agent de transmission de la maladie; quant aux objets souillés, ils ne présentent aucun danger pour la propagation de la maladie.
- Plus tard on constata que la contamination peut être parfois contractée mécaniquement par un dépôt du virus sur une blessure ou une écorchure.
- Notions biologiques sur le moustique vecteur. — Ce moustique, le Stegomyia fas-ciata, qu’on appelle aussi Stegomyia fasciatus, Culex elegans, Culex fasciatus, Culex calopus, et enfin Aedes aegypti est un moustique citadin : il ne vit que dans les agglomérations et leurs alentours immédiats.
- C’est la femelle seule qui pique, par besoin de l’azote du sang vivant pour mûrir ses œufs. Quant au mâle, il porte une trompe et il se nourrit du suc des fleurs.
- Le moustique ne peut transmettre le virus s’il ne s’est pas nourri préalablement du sang d’un malade et il ne devient infectant en principe que douze jours après avoir piqué le jauneux. Pendant l’incubation chez le moustique, sa piqûre ne produit pas la maladie ; cependant cette incubation peut être écourtée quand la température la favorise.
- La femelle vit de deux à trois mois et elle reste infectante jusqu’à la fin de sa vie, mais le virus ne se transmet pas à sa descendance. Cependant Marchoux cite le cas d’un patient qui a contracté la fièvre jaune par piqûres de Stegomyia, issues d’œufs pondus par des femelles infectées.
- Le moustique mâle peut se contaminer au contact
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- Fig. 2. — Carte des recherches de foyers de fièvre jaune en A. O. F.
- (Mission Stefanopoulo, 1931-1932). Les localités prospectées sont [marquées par des cercles; le secteur noir de chaque cercle représente le pourcentage des habitants immunisés par les infections amariles antérieures.
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- de la femelle et contaminer à son tour une femelle saine.
- La femelle pond dans les flaques d’eau, même petites et souillées. Toute réserve d’eau oubliée ou négligée est dangereuse : pots à eau, récipients quelconques des terrains vagues, vieilles boîtes de conserves, culots de bouteilles cassées, coquilles vides, tessons fixés sur le faîte des murs, et même l’eau qui se rassemble à l’aisselle des feuilles, parfois aussi celle des bénitiers.
- L’évolution complète du moustique, depuis l’œuf jusqu’à l’insecte parfait, dure au minimum, et dans les meilleures conditions, onze jours. Quand la femelle sort de la pupe, sa métamorphose extérieure est parfaite, mais celle de l’intestin reste incomplète. Ce n’est que vingt-quatre heures après que son tube digestif lui permet de s’alimenter. A ce moment, pressée par un besoin impérieux de se nourrir, elle se met en chasse. Ce sont ces jeunes Stegomyia qui piquent l’homme le jour, elles prennent leur premier repas et, en conséquence, leurs piqûres ne peuvent être infectantes.
- Quant à la femelle adulte, elle pique, par prudence, la nuit seulement. Exceptionnellement, elle peut piquer le jour, dans les recoins obscurs, sous les tables ou sous les fauteuils, quand le sujet est immobile.
- Elle pique, selon Marchoux, plus volontiers les enfants que les adultes, les blancs que les noirs, et les blonds que les bruns. Les constatations suivantes ont été recueillies lors des manifestations amariles de l’année 1932 en A. O. F. La proportion dans ces régions de la population féminine européenne par rapport à la population masculine est environ de 1/25. Selon cette proportion on devrait retrouver un cas de fièvre jaune féminin pour 25 cas masculins. Or il y eut 12 cas féminins contre 30 masculins !
- Et voilà encore un méfait de la mode : avec le cou nu, les bras nus, les bas de soie, les chaussures découvertes, la femme se prête généreusement aux piqûres des moustiques ! Ajoutons que sur les 12 cas féminins, 1 seul se termina par la guérison, tandis que sur les 30 cas masculins 4 guérirent.
- Les nourrissons souffrent peu de la fièvre jaune, qui leur cause à peine un léger malaise, et leurs affections passent inaperçues. Ces nourrissons piqués deviennent immunisés contre la fièvre jaune, de même que les adultes guéris. Lors d’une épidémie tous ces sujets immunisés ne souffrent que de fièvre fugace.
- D’autre part, on a supposé, sans le prouver, qu’une piqûre après un repas insuffisant du moustique, ou avec le virus du jauneux après le troisième jour de sa maladie n’occasionne qu’une manifestation légère; d’autres prétendent que le virus provenant de la piqûre d’un malade atteint d’une forme grave n’occasionne qu’une fièvre
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- fugace et que, par contre, le virus provenant de la piqûre d’un malade atteint d’une forme légère provoque une affection très grave. Toutefois il est indiscutablement prouvé qu’en général une seule piqûre d’un Stegomyia infecté suffit pour provoquer une contamination grave chez l’homme.
- Si la fièvre jaune épargne les nourrissons, il faut dire qu’elle se rattrape ensuite avec usure : en effet, ce sont les enfants échappant au contrôle médical qui sont les véritables réservoirs de virus que les Stegomyia transmettent de tous côtés.
- Jusqu’en 1927, on croyait couramment à l’immunité naturelle de la race noire vis-à-vis du typhus amaril. Cependant, le Prof. E. Marchoux écrivait déjà en 1910 : « Les nègres sont sensibles au virus comme les blancs. Quand ils sont originaires de pays indemnes, on les voit, dans les foyers épidémiques, présenter des formes de maladie aussi graves que les individus de race blanche. Pour eux comme pour tous, il n’y a de réelle que l’immunité acquise ». La réceptivité de la race noire au virus amaril est aujourd’hui solidement établie.
- Notons aussi que ce néfaste moustique ne prospère que dans les pays où la température ne tombe jamais au-dessous de 20°. Il est incapable de se reproduire au-dessous de cette température, ce qui explique la limitation des épidémies de fièvre jaune à certaines régions.
- Depuis son identification, le Stegomyia fut considéré comme seul transmetteur de la fièvre jaune, mais, récemment, J. H. Bauer a démontré expérimentalement que deux autres moustiques, Aedes luteocephalus et Aedes apicoannulatus, transmettent la fièvre jaune exactement de la même façon. Une pareille supposition pèse aussi sur YEretmopotides chrysogaster, ainsi que sur d’autres espèces de moustiques.
- Les foyers de la fièvre jaune et les gîtes à Stego= myia. — L’absence de cas de fièvre jaune dans une localité d’un pays dont les conditions climatiques sont favorables à la reproduction de Stegomyia ne signifie nullement qu’une telle localité est indemne. Le Dr G. Stefanopoulo, chargé de mission pour l’étude de la fièvre jaune en A. O. F., en 1931, l’a prouvé par des réactions sériques. Les indigènes adultes sont fréquemment
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- Foyers endémiques de la fièvrejaune. a et b
- Fig. 3.
- Les régions du globe à fièvre jaune et à Stegomyia, entre les isothermes de 20°.
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- immunisés, depuis leur enfance, par les piqûres de moustiques infectés, mais leurs enfants ont souvent dans le sang du virus. Il cite, parmi quelques autres, un village situé au bord d’une grande route intercoloniale, lieu de passage de camions et rendez-vous de commerçants, Dioula. On n’avait jamais signalé de cas de fièvre jaune dans ce village. Cependant, ayant effectué 14 prélèvements de sang chez les enfants (fig. 1), le Dr Stefano-poulo a obtenu 21,4 pour 100 de cas positifs. Ce village doit ainsi être considéré comme un foyer récent et occulte de fièvre jaune. Un nouveau venu s’expose à y contracter la fièvre, ou bien les moustiques, gorgés du sang de ces enfants et transportés par des autos dans une autre localité, peuvent y déclencher une épidémie.
- Les foyers de fièvre jaune sont donc les régions où se trouvent des porteurs de virus et des insectes transmetteurs. Ces foyers sont marqués en noir sur le planisphère de la figure 3.
- Les gîtes à Stegomyia se trouvent en dehors et dans l’intérieur des habitations. Selon les dernières recherches, .leur répartition est voi-
- à Stegomyia, et l’on est réduit parfois à brûler un village pour supprimer le réservoir de virus qu’il constitue
- (fig- 5)-
- L’examen de la répartition des gîtes par quartiers dans la ville de Dakar a permis les constatations suivantes: quartier européen du port, 8 gîtes; quartier mixte européen et indigène, 141 gîtes; quartier indigène, 305 gîtes. Il résulte de cet examen que dans les quartiers qui possèdent l’eau courante, les Stegomyia ont tendance à disparaître; par contre, la presque totalité des gîtes se localise dans les quartiers où l’insuffisance du système de canalisations et de distribution d’eau potable rend obligatoire la constitution de réserves d’eau domestique. Par contre, au Congo belge le relevé comparatif de l’indice stégomyien dans le village indigène et l’agglomération européenne de Léopoldville est en défaveur de celle-ci. Certaines considérations permettent de s’expliquer cette différence. L’indigène occupe individuellement une étendue de terrain peu importante, sa case est entourée de terre battue; les puits sont presque inexistants et le stockage de l’eau
- - Gîtes à Stegomyia auprès d’un village en A. O. F.
- Au centre : La recherche de gîtes à Stegomyia en Guinée.
- Photos du Dr Stefanopoulo.
- Fig. 5. — Un village nègre reconstruit à la place d'un village reconnu comme un foyer continu de fièvre jaune, qu’on fut obligé de brûler entièrement.
- sine de 25 pour 100 pour ceux du dehors et de 75 pour 100 pour ceux du dedans. Les premiers sont les puits creusés dans les cours, les récipients et matériaux de toute nature pouvant retenir le moindre dépôt d’eau, souvent dispersés dans les terrains vagues, les pirogues, etc.
- Les gîtes des habitations sont surtout les « canaris », grandes jarres en terre d’une contenance moyenne de 30 litres (fig. 4), les gongs, les cuves à vin de palme, les barriques ou autres récipients de même nature.
- L’indigène ne vide, en effet, pour ainsi dire, jamais ces récipients, le « canari » notamment, qui est à la fois trop lourd, trop fragile et de maniement difficile, surtout lorsqu’il est encastré dans un sol de sable ou de terre battue.
- Comme ces récipients contiennent la réserve d’eau potable de la maison et comme les prises d’eau et les fontaines manquent dans les villages et ne sont pas encore assez nombreuses dans les villes, il n’est pas possible d’envisager la suppression de ces récipients, vrais gîtes
- ne se pratique guère. L’Européen recherche la pelouse, les fleurs, souvent cultivées en pot; il a une basse-cour avec cuvette-abreuvoir, il use plus que l’indigène des conserves, des boissons en bouteille, dont les vidanges sont abandonnées . et constituent autant de gîtes, il récolte fréquemment l’eau de pluie pour l’arrosage ou le lessivage, ses maisons ont des gouttières à écoulement imparfait, formant par endroits de petites flaques.
- Uagent pathogène. — Si l’action du moustique vecteur est maintenant bien connue, la nature du virus qu’il inocule est encore incertaine. On n’y voit au microscope aucun aspect cellulaire ou bactérien. Il traverse les bougies Chamberland F, mais non les bougies B; c’est donc un virus filtrant à structure assez grosse; il devient inactif quand on le chauffe à 50°. Il reste aussi mal défini que les autres virus et subit peut-être une transformation ou une évolution dans le corps de l’insecte.
- (A suivre.) W. N. Kazeeff.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 15 SEPTEMBRE 1934 (N° 2937,
- Reprenons l’énoncé des problèmes.
- Problème A. — Trouver deux nombres a b c d ef et. g h k l m n tels que leur multiplication donne le curieux produit suivant :
- a b c d e f f a b c d e e f a b c d d e f a b c c d e f a b b c d e f a
- Problème B. — On donne 2 bois carrés dont les côtés respectifs sont 241 m X 357 m. On les échange contre 4 bois carrés eux aussi, égaux 2 à 2 dont on représente les surfaces par o2, a2; b2, b2.
- Quelle est la valeur de a et de b sachant, que la somme des 4-surfaces 2a2 -f 2b2 est équivalente à la somme des surfaces des 2 premiers bois.
- Problème C. — Un mariage célèbre fut l’occasion du quatrain suivant :
- « Nous voyons d’ees mariages-là Bien souvent à la Courtille ;
- Le matin, on ross’ le papa,
- Le soir, on épouse la fille ».
- Le millésime de l’année où eut lieu ce mariage est multiple de 5 ; le millésime de l’année suivante est la somme de deux nombres consécutifs dont le plus petit est multiple de 181.
- De quel mariage s’agit-il ? A quelle date exacte (jour, mois, année) eut-il lieu ?
- Solutions.
- Problème A. — Dans un précédent problème de La Nature nous avons rencontré le nombre 142 857 qui présente la curieuse propriété suivante : ses 6 premiers multiples sont composés des mêmes chiffres disposés dans le même ordre à condition d’opérer une transposition de chiffres. Ces 6 premiers multiples sont :
- 142 857, 285 714, 428 571, 571 428, 714 285, 857 142.
- Dès lors la solution est immédiate puisque les produits partiels cherchés sont ces 6 premiers multiples dans l’ordre suivant : le 1er, le 5e, le 4e, le 6e, le 2e, le 3e.
- Donc réponse : 142 857
- 326 451
- 142 857 714 285 571 428 857 142 285 714 428 571
- Problème B. — On connaît les produits remarquables suivants :
- [a + b)2 = a2 + b2 + 2 ab [a—b)2 = a2 + b2 — 2ab
- Par addition on obtient : (a + b)2 + [a — b)2 = 2a2 + 2 b2 Une application immédiate de cette formule au problème donne :
- ou
- c’est-à-dire
- (357)2 + (241 )2 = 2a2 -f 2b2 (a + b)2 = (357)2 (a —b)2 = (241 )2 a b — 357 m a —b — 241 m.
- Enfin par addition et soustraction membre à membre on obtient :
- 2a = 357 m -f 241 m. 598 m
- a = —— = 299 m.
- 2b = 357 m Réponse :
- 241 m = 116 m; b = 58 m.
- a = 299 m
- 58 m.
- Problème C. On a :
- Soit a le millésime de l’année du mariage.
- a-f-l = x + (æ-f-1) = 2æ + l a — 2 x
- a, étant multiple de 5 et multiple de 2, est multiple de 10. a
- x = — est multiple de 5; comme x est aussi multiple de 181
- il est multiple de 181 X 5 = 905.
- x ne peut être que 905 (pour x = 1810, le millésime de l’année cherchée serait 3620, réponse inadmissible).
- Donc : a = 2 x = 1810.
- Il s’agit donc du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche, qui eut lieu le 1er avril 1810, et qui provoqua l’amusant quatrain ci-dessus.
- Ci-après la liste des abonnés qui ont résolu les problèmes :
- Les problèmes A, B, C. — MM. Villers, ingénieur à Ixelles (Belgique) ; Ch. Daël, Ledeberg-lez-Gand (Belgique) ; Mme Béguin, Neuchâtel (Suisse); Jacques Bouleau, Grou (Yonne); Legrand, à Tilff-lez-Liège (Belgique) ; Edoin Grimbunal-Gasterkets-Vostâder, Malmô (Suède); Arnaud, à Marseille (B.-du-R.) ; Jean Vessereau, Châteauroux (Indre) ; P. Ducoté, à Lyon; Abbé Lapied, curé à Magny-s.-Moselle; Bodar, Nice (Alpes-Maritimes) ; Juan Arabi-Verdera, à Ibiza (Iles Baléares) ; Mercx, Ingénieur à Ways (Belgique) ; Dr Cornet, directeur du Bureau d’Hygiène, à Amiens; Abbé Manique, École Bossuet, à Brive (Corrèze); Saccardy, Louis à Constantine; Marius Houliez, Paris; Huggeboaert, à Anvers (Belgique); Thiebaud, Porrentruy (Suisse) ; Chagnaud, Ingénieur des Arts et Manufactures à Thiais (Seine) ; Croguennec, au Port de Sucy-en-Brie (S.-et-O.) ; Piatnitzky, État de Sao Paulo (Brésil) ; Mazoné, Professeur d’histoire à l’École normale, Nice (A.-M.).
- Problèmes A et C. — MM. Guet G., à Viroflay; Cosson, Notaire à Mézeray; M. Sautini,
- Ingénieur à Paris ; Commandant Baud, 25e R.T.A.|
- Problèmes B et C. — M. Bar-rola, Ingénieur, Lyon (Rhône).
- Problème A. — M. Soisson, professeur à l’École pratique de Douai.
- Problème B. — M. Gorel, Ingénieur à Angers.
- Nouveaux problèmes proposés.
- Problème A. — Deux échelles sont placées de la façon indiquée, entre deux murs : le point de croisement est à 3 m de la terre : les échelles sont longues de 5 et de 4 m respectivement :
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- = 562 —........... =
- Quelle est la distance entre les deux murs ?
- Ne pas trop se fier à l’apparente simplicité de ce petit problème. (M. Bolitho, Paris).
- Problème B. — Remplacer les lettres et les croix par des chiffres, afin que l’addition suivante soit possible :
- a b c d e
- -f- e d c b a
- = 8 X 6 X X
- Sachant qu’on a : a >> b, b >> c, c d, d >> e
- et que : a2 -f- d2 = b2 + c'1 + e2.
- (M. Arnaud, Marseille).
- Problème C. — Cinq rentiers : MM. Dupont, Toutain, Broute, Jacob et Chapelle, habitent 5 maisons numérotées de 1 à 5.
- Ils ont comme fournisseurs 5 commerçants dont les noms sont également : Dupont, Toutain, Broute, Jacob et Chapelle et qui sont : fruitier, laitier, charbonnier, épicier et boucher.
- Sur les rentiers et leurs familles on sait que :
- 1° Mme Toutain et Mme Chapelle sont sœurs.
- 2° M. Dupont habite à 2 maisons de l’homonyme du laitier.
- 3° M. Broute a un beau-frère qui habite au n° 5.
- 4° M. Toutain se rend parfois chez l’homonyme de l’épicier.
- 5° M. Toutain‘habite à 2 maisons de M. Chapelle.
- 6° L’homonyme du charbonnier n’a pas de parents (les autres en ont).
- 7° M. Broute et l’homonyme du boucher sont voisins.
- 8° L’homonyme de l’épicier habite au n° 3.
- 9° L’homonyme du charbonnier et l’homonyme de l’épicier sont voisins.
- 10° La somme des numéros des maisons de M. Dupont et de M. Toutain égale 5.
- D’après cela, trouver les noms du fruitier, celui de l’épicier, celui du charbonnier, celui du laitier et celui du boucher.
- (M. Sautini, Paris).
- Problème D. — La 11e puissance d’un nombre a 22 chiffres; la 12e puissance de ce même nombre en a 23. Trouver ce nombre. (Le Sphinx.)
- Virgile Brandicourt.
- PRESTIDIGITATION
- LE SINGE ÉCHAPPÉ
- C’est une très jolie présentation de music-hall composée de trucs pas absolument nouveaux, mais bien combinés
- pour faire de l’effet. Au lever du rideau, la scène est tendue d’étoffe claire à larges plis retombants. Au milieu, se trouve une cage légère en métal nickelé longue d’environ trois mètres. Cette cage n’a de barreaux que sur le fond et les côtés, le devant est à jour, mais au milieu deux panneaux pleins qui s’avancent vers le public forment une sorte de niche large de 0 m 50 environ. La cage est élevée de 1 m au-dessus du sol par des pieds légers et des lampes éclairent parfaitement le dessous.
- Un grand singe (représenté par un acrobate) est dans la niche.
- Quelques personnes sont invitées à venir voir le singe et à visiter la cage. Lorsque ces personnes tournent autour de la cage, les spectateurs restés dans la salle les voient bien passer
- derrière les barreaux du fond. Le prestidigitateur fait alors apporter un petit escalier léger et prie quelques visiteurs de monter dans la cage et de l’examiner. Lorsque tout cela est fait et que les spectateurs ont regagné leur place, le prestidigitateur annonce que son singe qui est toujours dans la niche centrale est tellement agile et rapide dans ses mouvements qu’il passe à travers l’espace sans être aperçu.
- Pour que tous les spectateurs puissent bien le voir une dernière fois, le prestidigitateur fait glisser à l’intérieur de la cage les deux panneaux pleins qui forment la niche. Le singe fait quelques gambades; les panneaux sont ramenés sur les côtés de la niche. A ce moment, le prestidigitateur qui s’est muni d’un écran léger (carré de bambous recouvert de soie) place cet écran devant la niche dont il a la grandeur exacte, compte assez rapidement jusqu’à six, retire l’écran, le singe a disparu ! Au bout de quelques instants, il apparaît au fond de la salle, court et fait de l’acrobatie sur le rebord des loges et des balcons.
- Fig. 2.
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- Planche
- Fig. 1.
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- On se demande comment le singe a pu s’évader invisiblement car les spectateurs voient constamment le vide sous la cage, le vide derrière la cage, et ils aperçoivent le fond de la cage, les uns par la droite de la niche, les autres par la gauche alors que l’écran est mis devant la niche.
- Tout le mystère réside dans les deux panneaux pleins qui forment la niche. Ces deux panneaux sont creux et l’enferment chacun une glace étamée double ou, pour être plus exact deux glaces placées dos à dos. Lorsque les panneaux sont poussés en arrière pour dégager les côtés de la niche, ils
- ........ ——--........... = 563 =
- glissent sur coulisses jusqu’au fond de la cage. Au bout de leur course, pour chacun d’eux, la glace double est saisie par une pince à ressort et reste en place. Le panneau vidé de son contenu revient en place et les glaces reflètent pour les spectateurs les barres du fond tout en permettant au singe de gagner ce fond où les barres s’ouvrent et se referment comme une porte. Une légère ouverture pratiquée dans la tenture et ouverte au bon moment lui permet de sauter hors de la scène et de courir là où il doit réapparaître.
- [ Le prestidigitateur Alber.
- NOUVELLE! APPLICATION DE la RADIOTECHNIQUE
- LES*! MANŒUVRES DANS LES GARES DE TRIAGE
- On sait produire aujourd’hui des ondes hertziennes de l’ordre du mètre, ou même des micro-ondes de l’ordre du centimètre. Les gammes des longueurs d’onde radioélectriques sont devenues ainsi de plus en plus larges, et s’étendent continuellement. L’importance et la diversité de leurs applications se sont également accrues dans d’incroyables proportions.
- On a tenté de les utiliser pour guider les navires et les avions, dans l’obscurité ou le brouillard, ou même pour commander à distance des mécanismes quelconques à l’aide de dispositifs de télémécanique. Dans les conditions actuelles de la technique, elles seules également nous offrent la possibilité d’effectuer des émissions de radiovision d’images assez détaillées sans troubler les autres émissions télégraphiques ou téléphoniques de longueurs d’onde voisines.
- Sans considérer des applications aussi spéciales, et d’un avenir plus ou moins lointain, il en est nombre d’autres d’un intérêt immédiat qui chaque jour entrent en pratique.
- Ainsi, dans les gares de marchandises de triage, l’agent des chemins de fer chargé du débranchement doit pouvoir transmettre téléphoniquement ses ordres aux mécaniciens des locomotives en manœuvre. Inversement, les mécaniciens doivent pouvoir causer avec le chef de manœuvre et accuser réception des ordres re-çus.
- Il était jusqu’à présent, on le conçoit, impossible d’obtenir une liaison satisfaisante au moyen de lignes téléphoniques ordinaires, attendu qu’il fallait assurer des communications entre un poste fixe et des locomotives constamment en mouvement.
- Ce résultat n’a pu être obtenu récemment qu’au moyen d’appareils émetteurs et récepteurs de T. S. F.
- Des essais ont été faits pour la signalisation au moyen de postes émetteurs de T. S. F. à ondes courtes et un avenir prochain déterminera leurs possibilités exactes.
- Des postes émetteurs et récepteurs radiotéléphoniques à ondes courtes sont, d’autre part, également en essai. Depuis quelque temps déjà, des liaisons téléphoniques sans fil sont couramment obtenues dans les gares de triage, et, en particulier, à la gare de triage du Bourget. Ces liaisons sont déjà fort intéressantes, mais elles sont réalisées uniquement au moyen de courants modulés musicaux. Il nous paraît intéressant de donner ici quelques détails sur cette première installation. ,
- Un poste fixe est placé à l’endroit où l’agent dirige le débranchement, et le chef de manœuvre donne ses ordres dans un microphone. La masse des rails est utilisée comme contrepoids; les fils d’antenne longent les voies où circulent
- les locomotives de manœuvre. Sur chaque locomotive de manœuvre se trouve une antenne couplée inductivement avec le fil longeant la voie.
- L’énergie ainsi recueillie permet d’actionner un haut-parleur placé à proximité du mécanicien, et les communications sont réversibles. Le mécanicien peut, à son tour, parler devant un microphone et se faire entendre dans un haut-parleur disposé près du chef de manœuvre.
- L’installation au poste fixe est composée d’un microphone relié à un amplificateur à fréquence musicale de 5 watts à deux étages d’amplification en push-pull. Cet amplificateur est alimenté par le courant du secteur, et sert, soit pour l’émission, soit pour la réception. Dans ce dernier cas, il actionne un haut-parleur.
- Sur chaque locomotive se trouve un collecteur d’énergie constitué par deux fils d’antenne isolés tendus entre la cheminée et l’abri du mécanicien. Les extrémités de ces deux fils sont reliées à un fil collecteur connecté à une borne d’entrée de l’amplificateur. L’autre borne est reliée à la masse de la locomotive.
- L’amplificateur monté sur la locomotive comporte également deux étages avec lampes montées en push-pull. Il est alimenté par des batteries de piles sèches et par une batterie d’accumulateurs. Il peut servir également pour l’émission, et, dans ce cas, il est connecté à un microphone, ou pour la réception, et alors il actionne un haut-parleur.
- L’ensemble du matériel est placé dans une caisse métallique avec grillage de protection dans l’abri du mécanicien.
- Les fils qui suivent les voies et transmettent des courants musicaux modulés sont tendus parallèlement aux rails isolés par des chaînes d’isolateurs et placés à environ 5 mètres du sol.
- Grâce à l’emploi de la liaison par courants basse fréquence l’audition n’est pas troublée par les parasites atmosphériques ou industriels. Ainsi les lignes de transport de force et les arcs d’éclairage ne produisent pas de bruits parasites. Les inductions du courant à fréquence acoustique sont plus gênantes, mais l’adjonction d’une antenne auxiliaire permet, s’il y a lieu, leur atténuation.
- Système de principe simple et d’application relativement facile, les radiocommunications par courants modulés à basse fréquence permettent donc, on le voit, d’obtenir des liaisons sûres dans le cas où la téléphonie par fil n’est pas utilisable. Il est probable que l’emploi des liaisons par ondes hertziennes courtes permettra bientôt d’obtenir, là aussi, des résultats complets.
- L. P.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1934, A PARIS
- Mois chaud, très fortement couvert, avec une pression barométrique phis élevée que d’habitude, une fréquence de la pluie plus grande que de coutume et cependant avec une quantité d’eau très sensiblement normale.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, a été de 764 mm 2, supérieure de 2 mm 3 à la normale, et celle de la température, 12°5, en excédent également de 2°3 sur la normale. Cet excédent est dû principalement à la faiblesse du refroidissement nocturne. Sauf trois refroidissements passagers, le 6, les 15, 16 et 17, et le 31, la température est restée constamment supérieure à la normale avec des écarts dépassant assez souvent 4° et atteignant jusqu’à 6° (le 25, température moyenne 14°7, la plus élevée notée à pareille date depuis 1874). Ce mois se classe au 3e rang parmi les plus chauds de la série du Parc Saint-Maur, c’est-à-dire depuis 1874 (en 1921, 14°0 et en 1906, 13°0). La moyenne mensuelle des maxima, 15°6, ne présente qu’un excédent de 0°6; celle des minima, 9°2, est supérieure de 2°9 à la normale. En moyenne on compte en octobre 5 jours de gelée blanche et 2 jours de gelée. Cette année on n’a noté aucune gelée blanche et le minimum absolu du mois, 3°9, a été enregistré le 15 (les extrêmes ont été -f- 4°1, en 1886 et —4°8, en 1887). Le maximum absolu, 23°6, a été noté le 1er et a été souvent dépassé en octobre.
- Les extrêmes absolus de la température pour la région parisienne ont été : 0°7 à Trappes (le 17) et 25°1 dans Paris, à Vaugirard (le 1er).
- Le nombre de jours pluvieux, 22, est supérieur de 7 au nombre moyen (15). C’est aux dates du 23, du 31 et du 4 que l’on a relevé les plus forts totaux pluviométriques recueillis en 24 heures : 13 mm 5, 10 mm 7, et 8 mm 3. Ceux des 19 autres journées pluvieuses ont oscillé entre 0 mm 1 et 4 mm 2. Aussi malgré la fréquence des précipitations, la hauteur d’eau mensuelle, 62 mm 1, ne dépasse la moyenne que de 2 pour 100.
- A l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale de pluie, 56 mm 9, est sensiblement normale. La durée totale de chute, 59 h 50 m, est supérieure de 29 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 20 mm 5 à l’hôpital Saint-Louis et, pour les environs, 21 mm 5, à Saint-Denis, du 22 au 23. Le 15, au Bourget, entre 12 h 55 et 13 h 40, la pluie et la grêle étaient accompagnées d’un peu de neige.
- Brouillards quotidiens, généralement faibles, matinaux et peu étendus. Ceux du 6 et du 8 ont été assez épais, par places.
- Orages faibles, très localisés, sur quelques points de la région les 2, 5 et 15. Le dernier seul a intéressé la ville elle-même.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 87 h 35 m de soleil, durée inférieure de 30 pour 100 à la moyenne des 40 années 1894-1933. Il y a eu neuf jours sans soleil (normale cinq), dont six au cours de la seconde décade.
- Les vents de S.-O. ont été très dominants et ceux de la moitié Est de l’horizon, très rares.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été de 84,3 pour 100 et celle de la nébulosité de 83 pour 100, supérieure de 23,6 à la normale d’octobre
- (59.4) et dépassant même de 9,5 la normale de décembre
- (73.5) le mois le plus couvert de l’année. C’est du reste depuis le début de la série des observations du Parc, soit 61 ans, le mois d’octobre qui fut le plus fortement couvert; 1907 (année des grandes inondations du Midi de la France), avec une moyenne de nébulosité 77 pour 100, tenait le premier rang
- jusqu’alors. Le mois d’octobre 1934 se classe au 3e rang parmi les moins ensoleillés que l’on ait eus depuis 1881. On y a observé : 1 jour de grésil, 12 jours de brouillard, 12 jours de brume, 16 jours de rosée, 3 jours d’orage et on n’y a plus vu d’hirondelles après le 3.
- LA TEMPÉRATURE EN OCTOBRE depuis 1757 jusqu’à nos jours.
- Mois FROIDS. MOIS CHAUDS.
- Moyennes Minima Moyennes Maxima
- mensuelles absolus mensuelles absolus
- inférieures inférieurs supérieures supérieurs
- Années. à 8»,5. à 2°,0. Années. à 12°,5. à 24°,5.
- 1759 12o,6
- 62 25o,6
- 65 13o,0
- 66 13o,5 24o,7
- 1757 8°,2 67 13o,2
- 84 7°,4 68 12o,7
- 85 — 2o,l 72 14o,4
- 86 8°,2 — 3o,l 73 13o,3
- 1805 — 3o,5 76 13o,3
- 13 — 2o,4 79 14o,0
- 17 7°,3 87 12°,9
- 42 8°,1 95 140,4
- 69 — 3o,3 1807 12o,8
- 71 — 2°,1 11 14o,6
- 77 — 3o,9 22 13o,2
- 80 — 40,3 26 13o,4
- 81 70,2 — 2°,7 27 13o,l
- 87 6o,7 — 4o,8 31 14o,7
- 88 7°,6 —3o,0 34 240,8
- 90 .—. 4.0,2 59 25°,0
- 91 — 2°’ 5 61 13o,0
- 95 ~2o,l 62 12o,6
- 97 — 2°,1 73 25o,6
- 1905 6°,8 — 30,9 76 240,7
- 08 — 2o,5 86 25o,6
- 12 — 2o,8 91 240,9
- 19 7o,2 1900 26°,4
- 22 7o,5 —3o,8 06 13o,0 25o,4
- 25 — 2o,l 08 26°,4
- 31 — 3o,4 17 26°,5
- 20 26°,0
- 21 14o,0 28°,2
- 23 24o,8
- 26 25o,2
- Comme mois froids : en 60 ans, de 1757 à 1816, trois ; en
- 26 ans, de 1817 à 1842, deux ; en 38 ans, de 1843 à 1880, aucun ; en 25 ans, de 1881 à 1905, quatre; en 29 ans, de 1906 à 1934, deux; •— comme mois chauds : en 73 ans, de 1759 à 1831, dix-sept, dont huit en 15 ans, de 1765 à 1779 et trois en 6 ans, de 1826 à 1831 ; en 29 ans, de 1832 à 1860, aucun; en 46 ans, de 1861 à 1906, trois; en 28 ans, de 1907 à 1934, un seul.
- Em. Roger.
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- = LA RADIOPHONIE PRATIQUE .........:Ez
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- UNE FORME ORIGINALE DE RADIO-PHONOGRAPHE
- Le radio-phonographe constitue la forme la plus complète de l’appareil de musique électrique actuel, puisqu’il permet à la fois de recevoir les émissions radiophoniques, et de « jouer » les disques au moyen d’un pick-up dans les meilleures conditions musicales.
- Les radio-phonographes récents sont généralement de dimensions assez réduites, et aussi de prix plus bas que les premières machines du même genre construites il y a quelques années. Il ne faudrait pourtant pas que ces modifications soient acquises aux dépens de la qualité, mais on peut constater avec plaisir que la plupart des modèles présentés ont conservé leurs qualités radio-électriques et musicales même améliorées, tout en étant d’un emploi plus pratique.
- Les constructeurs se sont cependant ingéniés à donner à leurs appareils des formes particulièrement élégantes, et d’un emploi facile, tout en perfectionnant le montage au point de vue technique.
- Un constructeur bien connu a ainsi réalisé, récemment, un modèle de phonographe de volume réduit et d’une forme très originale qu’indique la figure 1.
- La section du coffret contenant l’ensemble du système est polygonale ; sur le panneau antérieur se trouve le grand tableau de réglage « full-vision » avec au-dessus l’indicateur de résonance visuel; ce cadran est gradué en longueurs d’onde et en noms des stations. Les dimensions extrêmes sont de 9 X 46 X 28 cm seulement.
- Sur la partie supérieure se trouve le plateau porte-disque avec dispositif d’arrêt automatique. Le moteur est du type synchrone, réglé pour 78 tours sans aucun réglage. Le plateau tourne-disque a 25 cm de diamètre, ce qui permet l’emploi facile des disques de 30 cm.
- Le châssis de réception proprement dit comporte 6 lampes; il est du type superhétérodyne avec lampe changeuse de fréquence octode, montée suivant le principe strobodyne de M. Lucien Chrétien, une lampe diode pour la détection et une pentode de 9 watts pour la basse fréquence. Un système anti-fading efficace accroît encore la qualité musicale de l’audition.
- Fig. 2. — Trousse d’outillage pour le réglage des blocs de condensateurs des postes de T. S. F. (Modèle Dyna.)
- Fig. 1. — Radiophonographc de iijpe réduit. (Modèle Bouchet et Aubignat.)
- On remarquera également la position du haut-parleur électro-dynamique, dont le diffuseur a un diamètre de 22 cm, et qui est disposé sur un côté de la boîte. Sans augmenter l’encombrement, on peut ainsi améliorer les qualités acoustiques du haut-parleur.
- On voit, par cet exemple, que le radio-phonographe actuel peut être un appareil très complet au point de vue musical, et pourtant de dimensions relativement réduites et d’emploi extrêmement pratique.
- QUELQUES OUTILS UTILES
- Le nombre des amateurs-constructeurs a peut-être diminué réellement beaucoup moins qu’on ne le croit souvent, pour les raisons que nous avons déjà eu l’occasion d’exposer. En dehors des revendeurs, il est, d’ailleurs, nombre d’usagers qui désirent pouvoir, sinon construire constamment de nouveaux montages, du moins entretenir leur poste et même, s’il y a lieu, effectuer des réparations de peu d’importance.
- Il est alors indispensable que ces derniers aient à leur disposition quelques outils très simples, et à notre époque, il n’est plus guère d’hommes, ni même de femmes, qui hésitent à faire une petite réparation électrique ou mécanique sur un appareil tel qu’un poste de T. S. F. ou un appareil d’électricité ménager !
- » Parmi les outils les plus pratiques que l’on peut utiliser, il faut citer un jeu de clefs à tubes qui constitue un outil extrêmement commode pour le serrage des écrous utilisés en T. S. F., appareillage électrique ou petite mécanique. Le
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- Fig. 3.
- Fer à souder à résistance
- « pannes » interchangeables. (Modèle Dyna).
- dispositif indiqué sur la figure 2 est particulièrement pratique. Le jeu de clefs se compose d’une clef-mère et d’embouts amovibles.
- La clef-mère est un tube d’acier matricé à froid et cémenté, goupillé sur un manche d’une forme permettant d’avoir l’outil bien en main. Sa longueur de 210 mm permet de visser les écrous, même éloignés, et elle peut être utilisée droite ou coudée par l’intermédiaire d’un embout conique qui sert également de tourne-à-gauche. C’est, en réalité, une véritable clef universelle, puisque quinze outils différents peuvent s’y ajuster instantanément, un verrouillage à ressorts les immobilisant d’une façon complète.
- Un jeu d’outils avec une clef-mère peut être ainsi disposé sur un socle en bois, les mettant à portée de la main dans
- un espace réduit, et dans un ordre facilitant le travail.
- On peut également les placer dans une trousse contenant sous un volume restreint tout l’outillage permettant d’exécuter la totalité des petits travaux à envisager. Une trousse de ce genre est particulièrement précieuse pour le dépannage.
- Les modifications de la construction des postes exigent, d’autre part, l’emploi d’outils un peu spéciaux. C’est ainsi qu’il devient utile d’avoir à sa disposition des outils permettant de régler les petits condensateurs ajustables des blocs d’accord des appareils à réglage unique et dits «trimmers, et «paddings».
- La clef à trimmer est tout en ébonite, la partie supérieure étant constituée par une couronne molletée de grand diamètre et la partie inférieure étant un petit embout en acier matricé à 6 pans. Un tournevis passe à travers la clef.
- Le tournevis isolant permettant d’éloigner la main par une grande largeur d’isolant, et comportant simplement une lame faite de quelques millimètres d’acier suédois, assure facilement le réglage des paddings.
- P. Hémardinqueu.
- Adresses relatives aux appareils décrits
- Nouveau radiophonographe. Etablissements Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy (15e).
- Outillage pour T. S. F. Etablissements Dyna, 43, rue Richer, Paris (9e).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CONSERVATION DU CAOUTCHOUC
- On sait comme les objets de caoutchouc s’altèrent vite parfois, perdent leur souplesse et même se craquôlent. Cela dépend de beaucoup de facteurs, de la qualité de la gomme, des charges, de la vulcanisation, etc., et aussi des conditions de stockage, de la température, du contact de l’air, etc. Quoi qu’il en soit, il est fort désagréable, dans un laboratoire de chimie, de voir les tuyaux de caoutchouc à gaz durcir et se fendiller; il est plus grave, dans les pays chauds, de ne pouvoir conserver longtemps les gants de caoutchouc, les sondes et tout le matériel médical et chirurgical. Et dans les masques à gaz dont on veut doter la population civile dès le temps de paix, il est fâcheux que les soupapes de caoutchouc risquent de tomber en poudre bien avant qu’on ait à en faire usage.
- On a essayé empiriquement les moyens les plus divers de conserver au caoutchouc la souplesse, l’élasticité qui font toute son utilité et de nombreuses recettes ont déjà été proposées.
- Récemment, M. le pharmacien colonel Bruère a préconisé les précautions suivantes :
- Les objets de caoutchouc qui doivent être stockés ne doivent jamais être montés sur des appareil s pour leur éviter toute tension, tout tiraillement. Pour la même raison, ils ne doivent être ni ficelés, ni pliés, ni pendus. Le caoutchouc se conserve à plat, non entassé.
- On augmente la durée de conservation en enduisant la face extérieure des objets de caoutchouc d’un peu d’huile de paraffine appliquée à l’aide d’un tampon de coton ou d’un pinceau plat, on laisse un quart d’heure en contact, puis on essuie et on talque largement avant la mise en caisse, à l’abri de la lumière. Par précaution, on peut renouveler ce traitement tous les trimestres.
- Les objets non encore soignés et qui commencent à durcir peuvent être assouplis de la manière suivante : on chauffe de l’huile de paraffine au voisinage de 115°; on applique l’huile chaude avec un pinceau plat sur les parties à assouplir; on masse ensuite le caoutchouc en évitant d’intervenir sur les régions craquelées. Au besoin, on ferme l’extrémité des tubes, des sacs et on les gonfle à plusieurs reprises pour les déplisser. On termine par un talcage.
- Le traitement à chaud doit être considéré comme exceptionnel et ne peut être fréquemment répété. Par contre, le traitement d’entretien à froid doit être répété à chaque visite de contrôle.
- CEINTURAGE DES BRANCHES
- Il est des arbres qui poussent obliquement ou dont les branches maîtresses s’écartent au point que leur attache risque de casser, d’éclater.
- La première pensée qui vient à l’esprit est de pourvoir ces grosses
- branches de colliers qu’on relie, par des tringles ou des chaînes, au tronc principal ou à d’autres branches. Parfois, on donne à ces colliers une possibilité d’extension, mais on ne peut guère les élargir plus tard, ou bien on n’y pense pas, ou bien ils sont peu accessibles.
- Comme un arbre vit par son liber qui est immédiatement sous l’écorce, les vaisseaux transportant la sève finissent toujours par être comprimés et l’arbre par souffrir. Fig. 1. — Nouveau mode de ceinturage.
- L’expérience montre qu’il est moins dommageable de
- percer franchement des trous de tarière et d’y passer des boulons à tête en œillet ou en crochet servant à raccorder les tendeurs (fig. 1 ) que de ceinturer l’écorce.
- POUR RECONNAITRE S’IL Y A DE L’ALCOOL DANS L’ESSENCE ET LE DOSER
- Préparer un tube de verre de 0 m 35 de long fermé à la lampe à une extrémité.
- On marque trois traits A, B, C, à 10, 20 et 30 cm à partir du fond.
- On verse dans les 10 premiers centimètres une solution saturée de chlorure de sodium dans l’eau, colorée par de l’éosine. On remplit ensuite jusqu’au trait C avec l’essence à essayer.
- On ferme le tube avec le pouce et on agite en retournant 3 ou 4 fois.
- Tout l’alcool passe dans la solution saline.
- Si le niveau de la solution colorée remonte de 2 cm en N : il y a
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- d’alcool.
- Fig. 2.
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- Colonel de Bony.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Notions de photogrammétrie terrestre et aérienne, par Ch. Abduli.au. 1 vol., 872 p., 103 fig. J.-B. Baillière et Cie, Paris, 1934, Prix : 35 fr.
- La photogrammétrie, née en France avec Laussedat, a été quelque peu négligée dans notre pays pendant de longues années. Elle a heureusement retrouvé des adeptes. L’ouvrage élémentaire de M. Abdul-lah contribuera à instruire ceux qui s’intéressent à cette technique. 11 explique clairement le principe des méthodes et donne une description facile à lire des appareils actuellement en usage.
- Le laboratoire de physique d'enseignement, par
- L. Quevron. 1 vol. in-8, 559 p., 474 fig. Librairie de l’Enseignement technique. Paris, 1934. Prix : 85 fr.
- Il n’est pas d’enseignement scientifique sans expériences de laboratoire. L’auteur, professeur à l’École des Arts et Métiers de Paris, décrit l’installation et le fonctionnement de ces expériences. Il commence par les salles, l’outillage, les sources de courant, les tableaux de distribution, la plate-forme d’essais, les sources de lumière, le laboratoire de photographie, et il aborde les méthodes de travail : établissement des graphiques, calculs, pesées, photographies, mesures électriques, vide, air comprimé, tubes à effluves, oscillographes, etc. Puis il termine par la description des expériences de cours : mécanique, chaleur, optique, mouvements vibratoires, radiation, polarisation, électricité, T. S. F. Combien de professeurs seront heureux de trouver dans ce livre tous les détails pratiques utiles à l’organisation de leurs démonstrations et de leurs travaux pratiques.
- Photométrie des lumières brèves ou variables,
- par Mm0 M. Moreaij-Hanot. 1 vol., 126 p., 63 fig. Édition de la Revue d’Optique, Paris, 1934. Prix relié : 25 fr.
- La plupart des études des radiations sont faites dans le cas où le rayonnement agit d’une manière permanente, avec une intensité invariable. Le cas des flux variables rapidement avec le temps est cependant en pratique fort intéressant. C’est à ce problème qu’est consacré l’ouvrage de Mme Moreau-Hanot. Il débute par une étude générale de l’action sut- l’œil des éclairements brefs; il continue par leur étude photographique; puis il passe en revue les méthodes de mesure des durées très brèves (par l’étincelle électrique ou la biréfringence électrique); il étudie ensuite en détail la photométrie des éclairements variables par les cellules photoélectriques et termine en montrant l’application de ces questions aux problèmes de télévision et de cinéma sonore.
- L’équipement électrique des véhicules automobiles à moteurs à huiles lourdes Diesel, par
- I-î. Lanoy. 1 vol., 50 p., 45 fig. Desforges, Girardot et Cie, éditeurs, Paris, 1934. Prix : 8 l'r.
- L’équipement électrique d’un moteur Diesel présente certaines particularités techniques et son rôle est primordial pour la mise en marche du moteur, ainsi que pour l’éclairage et le fonctionnement des accessoires. L’auteur passe en revue la composition des équipements électriques des moteurs Diesel modernes des diverses marques avec leur entretien, le contrôle et la vérification de l’installation, les incidents de fonctionnement, etc. Il donne en outre d’utiles conseils pour la meilleure utilisation de l’équipement électrique et du moteur lui-même.
- Traité de chimie minérale, publié sous la direction de P. Pascal; secrétaire général P. Baud. Tome VI. (Métaux alcalins, Calcium, Strontium, Baryum), en 2 fascicules, 1336 p., 338 fig. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 240 fr.
- L’apparition du tome VI, consacré aux métaux alcalins et alcalino-terreux, clôture la publication du grand Traité de chimie minérale de Paul Pascal. Ce volume est digne de ceux qui le précèdent. L’ensemble forme aujourd’hui un ouvrage magistral, qui résume sous une forme relativement peu encombrante une masse immense de travaux et de données tout en faisant clairement ressortir la physionomie générale prise par la chimie minérale en ces dernières années.
- M. Hackspill traite ici les chapitres de l’élément 87, du rubidium, et du cæsium, M. Rollet ceux du potassium et du sodium, M. Chrétien ceux des sels de potassium et de sodium, M. Rollet traite également le lithium et ses sels, M. Chassevent étudie le calcium et ses composés, M. Maillard le strontium et le baryum. A côté de ces chapitres de caractère scientifique, il faut citer les deux belles études de chimie industrielle de H. Pinck et de Paul Baud consacrées, la première à l’élaboration industrielle des métaux alcalins, la seconde aux oxydes et aux sels alcalins dont on sait l’importance primordiale dans l’industrie chimique.
- Traité de climatologie biologique et médicale,
- publié sous la direction de M. Piéry. 3 vol. in-8, 2715 p., 458 fig.
- Masson et Cie, 1934. Prix : 330 fr.
- Voici le premier traité d’une nouvelle science. L’idée que le climat agit sur les êtres vivants et notamment sur la santé de l’homme est vieille comme le monde, mais ce n’est que depuis peu qu’on s’applique à analyser patiemment les divers facteurs qui peuvent être en cause et à juger de leurs effets. C’est une matière extrêmement vaste et encombrée d’observations insuffisantes ou erronées, si bien qu’il faut savoir gré au Dr Piéry, professeur d’hydrologie thérapeutique et de climatologie à la Faculté de Médecine de Lyon, d’avoir su rassembler un nombre considérable de collaborateurs et d’avoir obtenu de chacun qu’il expose la question qu’il connaît particulièrement bien. C’est ainsi qu’a pu naître ce nouveau traité, véritable somme de nos connaissances actuelles, riche d’innombrables suggestions pour l’avenir. Le livre premier, écrit en grande partie par des physiciens du globe, expose les éléments météorologiques, cosmiques et telluriques des climats et propose leur classification. Le livre II, plus géographique, passe en revue les climats d’Europe et du globe. Le livre III, écrit par des biologistes, traite de la distribution géographique des plantes et des animaux. Le livre IV aborde la climatologie humaine : psychologie, races, phénomènes sociaux. La suite, physiologique, analyse l’effet des divers facteurs sur les diverses fonctions de l’organisme et conduit à la climatopathologie. Tout naturellement, on en vient à considérer l’action thérapeutique des divers milieux, à préciser les techniques de cure, et c’est ainsi qu’on aborde l’étude des stations climatiques françaises et étrangères, leurs organisations, leurs effets, leurs indications et contre-indications. On trouve dans ces trois volumes tout ce qui permet de comprendre, de choisir, de prescrire les multiples moyens que la nature met à notre disposition pour conserver la santé, guérir nombre de malades, réconforter les débilités. C’est dire que ce traité intéresse savants de diverses catégories aussi bien que curieux des effets des divers milieux et hommes soucieux de vivre au mieux, c’est-à-dire tout le monde.
- Leçons de zoologie et de biologie générales, par
- Georges Bohn. VI. Vertébrés inférieurs (Poissons, Batraciens,
- Reptiles). 1 vol. in-8, 96 p., 60 fig. Actualités scientifiques et
- industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Continuant de publier les leçons qu’il professe à la Faculté des Sciences de Paris, l’auteur aborde dans ce 6° fascicule l’étude des Vertébrés inférieurs. Il dégage les notions essentielles sur leur classification, leur anatomie, leur biologie et attire très heureusement l’attention et la curiosité sur les problèmes d’ordre général : formes ancestrales et formes dégénérées des poissons; développement des ascidies, métamorphoses des batraciens, embryologie expérimentale sur les axolotls et les têtards de grenouille, grandeur et décadence des reptiles, etc. Comme nous l’avons déjà dit, ce cours répond très heureusement à son but qui est d’initier les jeunes gens sortant du lycée et se préparant aux études de médecine ou de sciences naturelles à une vue générale et diverse du monde animal, sous ses multiples aspects.
- Histoire de la marine française illustrée, par Ch. de
- la Roncière et G. Clerc-Rampal. 1 vol., in-4, 408 p., 790 fig..
- 6 planches en couleurs. Larousse, Paris, 1934. Prix : 110 fr.;
- relié : 155 fr.
- On connaît le soin et le luxe de présentation des grands ouvrages illustrés de la collection Larousse. Celui-ci est particulièrement attrayant par le sujet qu’il traite et par la parfaite documentation des deux auteurs, tous deux de l’Académie de Marine, tous deux historiens pleins d’autorité auxquels on doit nombre de découvertes et d’interprétations judicieuses des grands faits touchant la marine, les cartes et les voyages d’autrefois. Sait-on que le blocus continental fut déjà réalisé par Philippe le Bel, que Louis XI envoya chercher de grandes tortues de mer pour guérir sa lèpre, que Catherine de Médicis équipa une flotte pour conquérir le Brésil, que le surintendant Fouquet complota une guerre maritime contre le roi, que Vauban défendit la frontière du Nord en ouvrant les écluses de Nieuport et en faisant donner l’assaut à Dixmude ? M. de la Roncière parcourt ainsi l’histoire, jugeant des choses et des hommes, notant les progrès qui ont conduit des barques grecques et égyptiennes aux vaisseaux à ponts, du cabotage de jour aux grands voyages de découvertes. M. Clerc-Rampal continue l’étude, de Louis XV à nos jours; il conte les guerres coloniales, les expéditions lointaines, les traits d’héroïsme si nombreux pour aboutir à la dernière guerre et à nos forces navales actuelles; chemin faisant, il rencontre les débuts des navires à vapeur, puis les accroissements de puissance, de vitesse, d’armement, l’adjonction à la flotte de surface des sous-marins et des hydravions. C’est un merveilleux tableau d’histoire, semé d’histoires particulières, de portraits de marins illustres, d’anecdotes, de témoignages, que rehaussent et qu’animent d’admirables documents iconographiques dont beaucoup étaient encore peu connus et peu répandus.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. 1. — Visualisation de filets gazeux chauds.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Étude des mouvements de convection par la méthode de visualisation des gaz.
- Dans nos numéros des 15 octobre 1932 et 1er décembre 1933, nous signalions à nos lecteurs le pi’incipe et les caractéristiques d’un nouveau mode de chauffage qui a pris un développement considérable puisque ses qualités d’économie et de sécurité
- l’ont fait adopter, non seulement par de nombreuses personnes pour leurs appartements, mais par l’Aéronautique pour les cabines des avions et par les Compagnies de chemins de fer pour les compartiments de leurs auto-rails, le chauffage par catalyse Therm’x.
- Dans les appareils Tlierm’x, il n’y a production d’aucune flamme, d’aucune incandescence, ni d’aucune fumée et rien ne rend visible leur fonctionnement, sauf la perception de la chaleur produite. Cependant il est extrêmement important, pour l’étude des formes à donner aux différentes parties d’un appareil de chauffage par catalyse, de rendre visibles les mouvements et les parcours, soit des filets de l’oxygène de l’air qui doit avoir accès sur les différentes régions du tamis catalyseur, soit des filets de gaz chauds émanant de ce tamis après l’opération de combustion catalytique. Malheureusement, l’œil ne perçoit pas ces mouvements d’air et l’on en resterait réduit à des hypothèses s’il n’avait été découvert assez récemment une méthode permettant de réaliser optiquement la vision des mouvements des gaz incolores tels que l’air chaud : c’est la méthode dite de visualisation des gaz.
- Le principe de cette méthode réside dans la vaiûation des indices de réfraction des gaz (et notamment de l’air) suivant leur température, bien que cette vai’iation soit extrêmement faible; elle est en effet de l’ordre de quelque dix-millièmes seulement pour des différences de température d’une centaine de degrés.
- Cette méthode a été employée, dans son laboratoire du Collège de France, par M. le Docteur Magnan qui a réalisé un dispositif fort ingénieux dans le but de matérialiser au point de vue optique des filets gazeux en mouvement et de rechercher les déviations de ces filets sous l’influence du battement des ailes de certains insectes, afin d’étudier les conditions de sustentation et de progression de ces insectes dans l’air, à titre de contribution aux études aéronautiques.
- Un dispositif assez différent, bien que basé sur un principe initial analogue, a été créé dans les laboratoires de la Société lyonnaise des réchauds catalytiques et sert au contrôle des études de ses modèles d’appareils de chauffage par catalyse pour permettre une réalisation et un fonctionnement parfaits.
- Fig. 2, 3 et 4. — Visualisation des mouvements des gaz autour d’un fer à repasser.
- Fig. 2, à gauche : fer à température ambiante (+ 20°). Fig. 3, au centre : fer chauffé à + 150°. Fig. 4, à droite : fer refroidi à — 40°.
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- Le cliché ci-contre, obtenu par photographie de la projection sur un écran avec visualisation des gaz d’un appareil « Therm’x » numéro 42 en fonctionnement, montre le cheminement sur les parois coniques de la chambre à gaz de l’air comburant qui sert à maintenir froides les parois du réservoir, se réchauffe au coui's de ce cheminement et balaie complètement l’intégralité de la surface du tamis catalyseur. Il montre également l’ascension des gaz chauds produits par la combustion catalytique.
- Il y a lieu d’insister sur le fait que, dans l’emploi de cette méthode de visualisation des gaz, absolument aucun mouvement n’est visible et l’on s’en convaincra aisément en se reportant à l’examen des trois clichés photographiques ci-dessus qui représentent respectivement sous projection de visualisation des gaz un même fer à repasser :
- A la température ambiante environ 20° (lig. 2) ; refroidi par un séjour dans la carboglace (fig. 4), chauffé pour emploi au repassage du linge (üg. 3).
- Dans le premier cliché, on aperçoit seulement la silhouette du fer.
- Dans le deuxième cliché, on voit descendre les fdets d’air refroidi au contact du fer.
- Dans le troisième cliché, on distingue les fdets ascendants de l’air qui s’est échauffé au contact du fer chaud.
- Or, sans l’emploi de cette méthode de visualisation des gaz, chacun sait qu’il est impossible de distinguer à l’œil, dans une atmosphère à 20°, un fer à repasser à cette température d’un même fer refroidi à — 40° ou chauffé à + 150° environ.
- Il en est de même pour un appareil « Therm’x » qui, soit en fonctionnement, soit à l’arrêt, présente le même aspect et n’émet ni fumées ni gaz visibles à l’œil.
- OPTIQUE
- L’emploi de la lumière jaune dans les phares maritimes ou d’aviation.
- Un article récent paru dans La Nature a montré l’intérêt que présentait l’adoption de la lumière jaune dans les phares d’automobile. Dans une communication récente à l’Académie des Sciences, M. André Blondel a indiqué comment se présente la question pour les phares maritimes ou d’aviation à la suite d’un travail exécuté pour le Service des Phares et Balises.
- L’emploi des systèmes d’éclairage modernes : manchon Auer à incandescence par le gaz ou à vapeur de pétrole, lampe à acétylène, lampe électrique à fdament ou à arc, a beaucoup augmenté dans les faisceaux lumineux des phares la proportion des rayons plus réfrangibles par rapport aux rayons moins réfrangibles; mais il faut noter que la question se présente ici d’une manière assez différente de celle qu’on a pu déterminer pour les phares d’automobile.
- La réflexion de la lumière sur le brouillard ou les vésicules d’eau de l’atmosphère qui est très gênante pour les usagers de la route dans le cas de l’automobile devient, au contraire, à grande distance, plutôt favorable pour le navigateur. Par un temps légèrement brumeux, les faisceaux du phare sont ainsi visibles de plus loin, et, même quand le temps est clair, la position d’un phare est signalée quand la vision directe est empêchée par la courbure de la ligne d’horizon.
- A faible distance, pourtant, les faisceaux blancs sont aveuglants, comme ils le sont dans le cas des automobiles. Ces inconvénients sont surtout sensibles dans le cas des feux peu élevés, et lorsque les faisceaux lumineux rencontrent la surface de la mer à faible distance.
- On peut alors réduire beaucoup l’éblouissement au moyen de glaces ou de manchons dé verre absorbant les rayons violets et ultra-violets les plus nuisibles.
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- Pour les feux de port, de portée plus ou moins réduite et destinés uniquement à assurer une vision directe, on peut utiliser comme pour les automobiles des verres colorés en jaune plus ou moins caractérisé. Les verres au sélénium-cadmium employés actuellement sur les projecteurs d’automobile et qui ne laissent pas passage aux radiations à partir de 4750 ou 5000 ansgtroms ont une coloration jaune d’or, convenant pour des signaux maritimes à faible portée. Pour les autres, on peut s’arrêter à 4750 ou 4500 angstrôms, et la couleur correspondante est jaune serin.
- Les pertes sont de deux sortes. Ce sont, d’une part, les réflexions sur les surfaces d’entrée et de sortie, d’autre part, l’absorption globale des rayons transmis par le verre coloré. La lumière perdue est surtout empruntée aux rayons plus réfrangibles que le jaune, c’est-à-dire à ceux qui seraient le plus absorbés par la brume : ainsi le rendement utile n’est guère modifié.
- En comparant un feu blanc avec un feu coloré en jaune serin, on constate que le deuxième ne réduit la portée que d’environ 10 pour 100. L’interposition d’un brouillard réduit de 50 peur 100 la portée d’un feu blanc alors que la réduction de portée produite par les verres colorés est très faible.
- La coloration jaune ne donne aucune confusion avec un signal rouge et peut même présenter un réel avantage comme caractère distinctif, par exemple pour les feux de port actuellement blancs en évitant qu’on puisse les confondre avec les lampes électriques de la voie publique ou des installations lumineuses privées.
- Ainsi la coloration en jaune coxxvenabîement choisie paraît devoir améliorer la signalisation maritime, et il en serait, de même, semble-t-il, pour les feux des ports d’aviation.
- P. H.
- ZOOLOGIE
- Oiseaux et Serpents.
- On sait que les Vipères, si elles détruisent beaucoup de petits rongeurs, attaquent aussi beaucoup d’Oiseaux. Elles chassent surtout les jeunes des espèces qui nichent à terre ou à peu de distance du sol.
- En feuilletant des revues étraixgères, je retiens quelques observations récentes.
- Dans British Birds, M. V. Wenner signale que, dans le nord du Pays de Galles, la Vipère bérus se nourrit principalement de jeunes Grouses (Lagopus scolicus scoticus), de jeunes Pipits des prés (Anthus pratensis) et de jeunes Merles à collier (Turdus torquatus torquatus). L’auteur a pris quatre clichés montrant l’attaque d’un nid de Merle à collier par une Vipère. La scène se passe au début de juin 1932. Le Serpent, aux aguets, se met à siffler et se glisse sur le nid, jetant l’émoi chez les pauvres petits Oiseaux — déjà emplumés — qui se sauvent aussi vite qu’ils peuvent et se cachent dans l’herbe. Mais l’un d’eux, — le plus jeune, sans doute — ne peut échapper à l’agresseur, il n’a pas l’air de comprendi'e le danger ou bien, au contraire, il est totalement paralysé par la frayeur. Toujours en sifflant, le Serpent s’approche du petit Oiseau et brusquement le mord à l’épaule, après quoi il s’enroule auprès de sa victime, atteixdant sa mort... Le venin ne tarde pas, en effet, de produire ses ravages : bientôt le petit Merle ferme les yeux. Il mourut vingt minutes après avoir été mordu. Mais la Vipère ne put manger sa proie, effrayée qu’elle fut par l’approche de l’observateur.
- Une autre fois, une Vipère fut surpi’ise avalant un jeune Pipit des prés. La déglutition fut, d’ailleurs, très longue. Un cliché montre les mâchoires du Serpent extrêmement distendues.
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- Dans la même revue, M. Philips Price relate que son garde tua. une Vipère, en juin 1933. Le Serpent fut ouvert : il venait d’avaler tout entiers quatre jeunes Rouges-gorges prêts à quitter le nid.
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- Les Oiseaux n’ont pas à craindre que les Vipères; d’autres Serpents leur font la guerre, ainsi qu’en témoigne l’observation suivante, citée par la revue Aquila.
- Dans le parc d’une école militaire, un couple de Gobe-mouches à collier (Muscicapa collaris), occupait un nichoir. Un jour de la fin de mai de 1927, on entendit les Oiseaux faire un tapage insolite. Les deux Gobe-mouches voletaient autour du nichoir, puis descendaient sur le gazon, en poussant des cris d’effroi et de colère : là, se trouvait une Couleuvre d’Escu-
- Fig. 3. — Un tronçon de la canalisation d’accès de 9 m de diamètre, mise en service au Boulder Dam (ph. N. Y. T.).
- lape, de grande taille, qui menaçait le nid. L’auteur tua le Serpent, — dont l’estomac contenait deux petits Chardonnerets emplumés, presque intacts, qui venaient d’être avalés. La Couleuvre se proposait certainement de compléter son repas par la nichée des Gobe-mouches; mais les cris et la tactique des parents déjouèrent ses plans.
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- D’ailleurs, les Oiseaux adultes savent se défendre contre les Serpents. Il n’est pas rare qu’ils déploient un héroïque dévouement lorsqu’il s’agit de la défense du nid. Quelquefois, la victoire récompense leur courage. Voici un exemple, pris dans
- Bird-Lore, qui montre combien les Oiseaux peuvent agir avec intelligence et faire preuve d’esprit de solidarité.
- Dans une touffe de Ronces et de Vignes, plusieurs couples d’Oiseaux s’étaient établis. Chacun s’affairait pour élever sa famille, sans s’ocuper du voisin. Par une chaude matinée de juillet, le buisson retentit de cris et de bruissements d’ailes. L’observateur s’approcha et vit un petit Serpent qui, se coulant dans la Vigne, se préparait à attaquer un nid de Catbird (Durnetella carolinensis), Grive de la Caroline.
- L’observateur allait chasser le Serpent, lorsqu’il vit que celui-ci, tenu en respect par les Oiseaux, faisait mine de battre en retraite.
- En effet, aux cris des Catbirds, d’autres Oiseaux étaient accourus. Une douzaine, d’espèces diverses qui, d’ordinaire, se dédaignent ou se disputent, se sont réunis pour combattre l’ennemi commun. Le Catbird, dont le nid était menacé, crie de toutes ses forces; mais le défenseur le plus brave est une Grive rousse qui braque son long bec pointu sur le Serpent. Ce dernier s’empresse de descendre à terre et de fuir, poursuivi par la Grive rousse, tandis que les autres Oiseaux continuent de crier.
- A. Feuillée-Billot.
- TRAVAUX PUBLICS Le barrage du Boulder Dam,
- Les Etats-Unis ont entrepris l’œuvre gigantesque de la régularisation du cours du Rio Colorado, en vue, d’une part, d’éviter des inondations désastreuses, d’autre part de permettre l’irrigation des vastes régions actuellement désertiques de l’Arizona, de la Californie et du Mexique, et enfin de capter la force motrice du fleuve.
- On édifie actuellement sur le Colorado, au fond du Canon Noir, un gigantesque barrage réservoir, dit du Boulder Dam qui mettra en œuvre plus de 7 millions de tonnes de béton, et qui créera un lac artificiel de plus de 184 km de long.
- De ce lac débouchera un canal d’irrigation de 130 km de long sur lequel se brancheront des artères secondaires.
- Au pied du barrage du Boulder Dam, au fond même du Canon, sera édifiée une usine hydroélectrique capable de développer plusieurs centaines de milliers de chevaux-vapeur.
- L’eau sera amenée aux turbines par des canalisations souterraines; de même les trop-pleins sont évacués par des tunnels contournant l’usine.
- En raison de la nature calcaire des terrains et de la grande hauteur de charge (le niveau du lac artificiel sera à près de 180 m au-dessus des turbines au moment des hautes eaux), on a craint que la roche n’ait pas la solidité suffisante pour résister aux pressions, et l’on a décidé de revêtir tous ces tunnels d’une tuyauterie en acier. Certaines sections de ces canalisations auront 9 m de diamètre intérieur et 7 cm d’épaisseur.
- Ce sont les plus grands diamètres réalisés dans le monde pour des tubes de cette nature; l’ensemble de ce revêtement d’acier ne mesure pas moins de 4350 m de long et pèse au dotal près de 45 000 tonnes.
- Il a fallu une machinerie spéciale pour amener, décharger, et mettre en place ces tubes gigantesques.
- Notre figure 3 représente un tronçon du tube de 9 m de diamètre installé à Denver à titre décoratif, par les ingénieurs du « Réclamation Bureau ».
- L’immeuble devant lequel il se dresse permet de juger de son diamètre inaccoutumé. i
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHAUFFAGE
- Un robinet régulateur pour radiateurs d’appartement.
- Les radiateurs d’appartement à eau chaude ou à vapeur nécessiteraient des réglages très fréquents, en raison des variations souvent continuelles de la température. Par suite de la difficulté de ces réglages, l’usager se résigne bien souvent à subir dans les pièces de son appartement une température trop élevée ou trop basse.
- L’emploi d’un système automatique assurant le réglage du chauffage d’après la température de la pièce serait donc très utile, mais, jusqu’à présent, il n’existait pas de dispositif assez simple et assez peu coûteux pour remplir cet office.
- Un robinet régulateur automatique s’adaptant très facilement sur n’importe quel radiateur à eau chaude vient d’être établi. Il est d’un prix relativement modique, et paraît donc pouvoir être d’un usage pratique, car il permet un réglage suffisamment constant de la température de la pièce chauffée, quelles que soient les variations de la température extérieure, les poussées des chaudières, l’ouverture et la fermeture des fenêtres, etc...
- Ce dispositif est composé essentiellement d’un thermostat placé dans l’air du local chauffé, et qui transmet ses variations à une soupape réglant le débit d’arrivée d’eau chaude au radiateur.
- Le thermostat est isolé caloriffquement du radiateur et de la tuyauterie d’eau chaude, et n’est influencé que par la température de l’air de la pièce chauffée.
- Quand la température désirée dans la pièce est atteinte, la soupape du robinet régulateur se ferme complètement et la circulation d’eau chaude dans le radiateur est interrompue. Dès que la température de la pièce baisse de 0°5, la soupape commence à s’ouvrir, rétablissant ainsi le débit d’eau chaude dans le radiateur, et, par suite, le degré de température à l’intérieur du local, et ainsi de suite.
- L’appareil comporte un cadran gradué portant des indications de + 16° à -f- 26°. Il suffit de placer l’aiguille de repère sur le chiffre correspondant au degré de température que l’on désire obtenir.
- La précision obtenue serait de + ou — 1° d’après le constructeur, et son emploi procurerait, d’autre part, une notable économie de combustible, par suite de la fermeture du circuit d’eau chaude toutes les fois que le chauffage ne doit plus être aussi intense.
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- Fig. 1. — Aspect et dimensions du robinet régulateur.
- On voit ainsi enregistrées sur les courbes de la figure 2 les variations de la température extérieure et celles de la température d’une pièce pendant un jour.
- Le robinet se monte, d’ailleurs, immédiatement au lieu et place du robinet ordinaire de chauffage central, et c’est dire que sa pose est très facile.
- Etablissements Gilbert, Louis Ternier et Cie, 24, rue Camille-Pelle-tan, Levallois.
- Un nouveau modèle de radiateur électrique : le radiateur soufflant.
- Beaucoup de radiateurs électriques de petites dimensions et à faible puissance servent uniquement comme moyens de chauffage auxiliaire et momentané. La plupart de ces modèles comportent une résistance chauffante placée à l’intérieur d’un réflecteur métallique de forme plus ou moins parabolique.
- La chaleur est alors surtout localisée dans le cône de rayonnement. En se plaçant dans ce cône de rayonnement orientable à volonté, grâce à la rotation du réflecteur, on bénéficie instantanément d’une élévation de température locale, alors même que le reste de l’atmosphère de la salle reste froid; le rapprochement ou l’éloignement de l’appareil permet de graduer l’intensité de la chaleur. Ce procédé est économique, puisque la chaleur produite est concentrée en grande partie dans le cône de projection, et c’est pourquoi ces modèles sont employés comme appareils d’appoint.
- Ce système est, par contre, imparfait lorsqu’on veut obtenir un chauffage uniforme plus ou moins intense d’une pièce. Il y a toujours déséquilibre au profit de la zone de rayonnement, et c’est aux appareils à convection, à action beaucoup plus lente, qu’il faut alors avoir recours.
- L’air qui vient au contact des sur-
- Fig. 2. — Courbes indiquant'les effets du régulateur.
- En bas : courbe des températures extérieures. En haut : courbe des températures
- dans l’appartement.
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- faces chaudes de ces appareils s’échauffe lui-même par contact, d’autant plus vite que la température de ces surfaces est plus élevée. Cet air chaud s’élève, l’air froid prend sa place et il s’établit une circulation permanente qui provoque réchauffement progressif et plus ou moins uniforme de toute l’atmosphère de la pièce.
- Tous les appareils de chauffage, tels que radiateurs, poêles, etc., ont une surface aussi grande que possible, et sont maintenus à une température limitée afin de rendre leur effet plus régulier et plus économique.
- Avec un radiateur électrique, il est bien difficile par les procédés ordinaires d’obtenir le chauffage total d’une pièce. Il faut utiliser des appareils de grande surface, lourds ou encombrants, et de prix élevé; d’ailleurs, ces appareils ne permettent même pas d’obtenir généralement une répartition uniforme de la chaleur. Il y a le plus souvent une surchauffe
- inutile de l’at -mosphère supérieure des appartements.
- Un constructeur a eu, pour cette raison, l’idée originale d’établir, au lieu d’un radiateur électrique à convection libre, un radiateur à convection forcée. Cet appareil comporte des résis -tances chauffantes, soit tubulaires et parallèles, soit placées en cercle, et, en arrière de ces éléments chauffants, un ventilateur électrique silencieux projetant horizon ta le ment 1 ’air qui s’est échauffé au contact des surfaces chauffantes.
- Le ventilateur entre automati -quement en fonction dès que les résistances sont traversées par le courant et il est à régime lent, calculé pour assurer réchauffement convenable de l’air projeté. L’air trop chaud s’élève rapidement vers le plafond et ne produit pas d’échauffement uniforme; la production d’air tempéré est donc plus recommandable. Ce résultat ne peut être obtenu normalement qu’en augmentant beaucoup les surfaces de chauffe.
- Avec ce système, l’air est tempéré au degré convenable grâce à la lenteur relative de son passage sur les éléments chauffants, et il est projeté en nappe horizontale sur la partie basse de la pièce où il va porter sa chaleur. Il s'élève ensuite lentement en se refroidissant progressivement, sans apporter un excès de chaleur au plafond. La répartition uniforme de la chaleur est ainsi meilleure à tous les niveaux, et le procédé est en même temps plus économique.
- Il est certain qu’un modèle de ce genre ne peut donner de résultats suffisants avec une consommation de 500 à 600 watts. Il faut en général, au minimum, 1200 ou 1400 w, et les modèles de 2500 à 3000 w peuvent, bien entendu, chauffer une pièce de plus grandes dimensions.
- Il ne s’agit donc plus là seulement d’un appareil de chauffage auxiliaire, mais d’un système de chauffage électrique perfectionné permettant un service continu.
- On peut, d’ailleurs, déterminer a priori le modèle convenable pour chauffer une pièce de dimensions données, à une température déterminée.
- Il suffit, en effet, suivant des règles empiriques indiquées par le constructeur, de multiplier le volume de la pièce par l’élévation de la température désirée par rapport à la température extérieure et de doubler le résultat trouvé pour trouver le nombre de watts à faire absorber par les résistances.
- Supposons, par exemple, qu’on veuille chauffer à 20°, par une température extérieure de 0°, une pièce de 5 m X 5 m et de 3 m 20 de hauteur. L’élévation de la température de 0° à 20° est de 20°, le volume de la pièce, soit 5 X 5 X 3,20, est de 80 m5; le produit de ces deux nombres est 1600; en le doublant, on trouve 3200 qui est le nombre de watts cherché.
- Bien entendu, cette règle empirique n’est pas absolue; en général le rendement du chauffage est meilleur dans les grandes pièces au-dessus de 60 m3 que dans les petites, et il faut aussi tenir compte de l’expositiou de la pièce. On prendra donc un chiffre un peu plus fort ou un peu plus faible suivant les cas. Lorsque les canalisations ne limitent pas le débit du courant, il est d’ailleurs préférable de prendre un appareil réglable de puissance un peu plus grande.
- Lorsqu’on veut utiliser un de ces radiateurs comme appareil d’appoint, pour obtenir une élévation régulière de la température insuffisante procurée par un mode de chauffage ordinaire on peut faire le même calcul empirique en déterminant simplement l’élévation de température à obtenir.
- Si l’on veut ainsi chauffer une pièce de 100 m", dans laquelle le chauffage ordinaire par radiateurs à eau permet d’obtenir, par température rigoureuse extérieure, une température intérieure de 10°, et qu’on veuille obtenir une température de 20°, l’élévation de température à obtenir sera de 10°. Il ne faudra pas doubler le nombre des watts, et on pourra se contenter alors d’un radiateur de 1000 w, parce que les pertes de chaleur sont compensées par le chauffage antérieur.
- Radiateurs Calor, 200, rue Boileau, à Lyon (Rhône).
- ÉLECTRICITÉ Le réflecto=lampe Niam.
- Quand on se-reporte à une vingtaine d’années en arrière, la lampe électrique moderne à incandescence apparaît comme un grand progrès. Le filament de charbon venait d’être détrôné par le filament de tungstène qui avait fait tomber des deux tiers la consommation de courant. Mais bientôt devait apparaître la lampe à filament de tungstène spiralé et à atmosphère d’argon; le règne des lampes dites demi-watt devait commencer. Depuis lors, il n’y a plus de progrès saillants à signaler dans l’histoire de la lampe à incandescence. Cependant si le rendement actuel de ces lampes apparaît excellent vis-à-vis de celles d’autrefois, il reste encore très faible quand on compare l’énergie électrique consommée à l’énergie lumineuse rayonnée. Le souci de l’économie est aujourd’hui, plus que jamais, la préoccupation dominante de l’usager. Un spécialiste de l’éclairage, M. Main, a compris que si la lampe à incandescence actuelle n’est peut-être plus très perfectible dans ses organes internes, elle l’est encore par l’extérieur; et c’est ce dont personne avant lui ne semblait s’être préoccupé.
- Les meilleures lampes à incandescence sont victimes de deux
- Fig. 3. — Coupe du radiateur soufflant.
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- parasites qui absorbent une bonne partie du flux lumineux qu’elles émettent; parfois plus de 50 pour 100. C’est d’abord la poussière qui est comme attirée par l’ampoule chaude; entraînée par l’air chaud et visqueux qui lèche les parois du verre, elle se dépose sur celui-ci; non seulement elle absorbe une partie importante de la lumière, souvent plus de 30 pour 100, mais en rendant l’ampoule partiellement opaque, elle contribue à en élever la température interne, accroît la vaporisation du filament et abrège la vie de la lampe.
- L’autre cause importante de pertes est la mauvaise répartition de la lumière dont une grande partie est envoyée sur les murs ou le plafond, où elle est généralement inutile. Pour éviter cet inconvénient, on recourt aux réflecteurs qui doivent renvoyer la lumière vers le sol ou sur les objets que l’on tient à éclairer. Mais le réflecteur usuel se salit vite; il s’empoussière pour les mêmes raisons que la lampe elle-même et devient alors partiellement inefficace. Enfin il perd assez vite son pouvoir réfléchissant et il faut alors le remplacer.
- M. Main a imaginé un dispositif qui remédie à la fois aux deux inconvénients que nous venons de signaler.
- Le Réflecto-Lampe « Niam » est un réflecteur de grand rendement qui épouse étroitement la forme de la lampe et qui projette sur le plan utile toute la lumière qui, autrement, serait perdue sur les murs et le plafond.
- Mais ce n’est pas là son seul rôle; épousant la forme de l’ampoule en verre et relié à celle-ci d’une façon étanche au moyen de joints maintenus par sertissage, il interdit à l’air de circuler entre lui et la paroi extérieure de l’ampoule. Les rayons émis par le filament et réfléchis par la paroi interne du Réflecto-Lampe, retraversent le verre de l’ampoule, tombent sur le plan à éclairer. On peut ainsiréaliser de très importantes économies qui compensent rapidement le prix de l’appareil.
- Notons aussi que les ampoules qui garnissent les Réflecto-Lampes sont fabriquées et contrôlées avec un soin minutieux, de sorte que l’ensemble constitue une lampe de qualité, assurant un service économique et de longue durée.
- Constructeurs : G. Main et Cie, 91, avenue de Clichy, Paris.
- Interrupteurs automatiques pour récepteurs de T.S.F.
- Un technicien horloger suisse, doublé d’un sans-filiste de mérite, M. Henri Froidevaux, vient de mettre au point un appareil permettant la mise en marche et l’arrêt, à des heures prédéterminées, des récepteurs de T.S.F. C’est un interrupteur automatique grâce auquel on peut, dans le programme d’émission d’une station émettrice, opérer une sélection préalable des numéros qu’on veut ou qu’on ne veut pas écouter. Avec lui, plus d’émission intéressante manquée par oubli de l’heure, plus de récepteur laissé sous tension par inadvertance.
- L’interrupteur est actionné par un mouvement d’horlogerie ancre de 8 jours. Le disque horaire rotatif à mouvement continu porte sur son pourtour de petits taquets qu’on déplace facilement et qui, à l’aide d’une vis, se fixent sur l’heure choisie pour la mise en marche ou l’arrêt. Ces taquets, par l’intermédiaire d’un encliquetage, communiquent un mouvement de rotation intermittent à une came à rainure sinueuse, qui, par un organe guidé dans cette rainure, actionne le mécanisme interrupteur, au moment où un taquet vient à passer devant l’index fixe disposé au bas du cadran.
- On branche cet appareil sur la prise de courant à l’aide d’un cordon à fiche, en même temps que la fiche du cordon du récepteur se branche à l’arrière de l’interrupteur.
- Ceux qui disposent de cet appareil pourront désormais préparer, pour une journée entière, le programme d’une station émettrice donnée. L’appareil s’interrompra automatiquement à l’heure précise, pour ne reprendre sa marche que pour le prochain morceau intéressant son possesseur,
- Fig. 4. — Le réfleclo-lampe « Niam ».
- En dehors du modèle transportable que nous venons de décrire, l’inventeur a prévu un modèle mural à interrupteur à mercure, destiné à la mise en circuit et hors de fonctionnement automatique des éclairages de vitrines, des enseignes lumineuses, au chauffage électrique, etc. Une réglette à prises de contact multiples permet, dans ce cas, de brancher simultanément plusieurs groupes d’appareils.
- Constructeurs : Société horlogère Reconuilier, à Reconvilier (Suisse).
- Fig. 5. — Le sélecteur de programme.
- Récepteur de T.S.F. relié à un interrupteur automatique.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Potion antivomitive de Rivière (n° 2939, p. 370).
- Un étudiant en pharmacie nous prie de rectifier une recette que nous avons publiée et nous écrit
- « J’ai lu dans le n° 2939 p. 370 (Recettes et procédés utiles) de La Nature, une formule de la potion antivomitive de Rivière, ainsi
- constituée
- Sirop de limons...................................30 gr.
- Suc de citrons....................................15 gr.
- Bicarbonate de soude.............................. 2 gr.
- Eau ordinaire.....................................90 gr.
- Je m’attendais, dans l’un des numéros suivants, à une correction de la part d’un pharmacien ou d'un médecin.
- Étudiant stagiaire en pharmacie, je ne peux laisser subsister une formule non seulement surannée mais encore erronée.
- La formule du Codex français 1908 est ainsi constituée :
- Potion n° 1. Alcaline.
- Bicarbonate de soude............................. 3 gr. 50
- Eau distillée......................................100 gr.
- Sirop simple....................................... 30 gr.
- Potion n° 2. Acide.
- Acide citrique....................................... 4 gr.
- Eau distillée.......................................100 gr.
- Sirop de limons..................................... 30 gr.
- On administre une cuillerée à soupe de la potion n° 1 au moment des nausées et une cuillerée à soupe de la potion n° 2, de suite après le n° 1.
- L’emploi de cette potion est basé sur l’action anesthésique exercée localement par le gaz carbonique sur la muqueuse stomacale. On produit ce gaz carbonique dans l’estomac même par action d’acide citrique sur le bicarbonate de soude. Ainsi s’explique l’exécution de cette préparation en 2 flacons distincts. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Thérapeutique par les larves de mouches.
- Les larves de mouches sont surtout utilisées pour le traitement de l’ostéomyélite. Cette thérapeutique n’est toutefois appliquée que dans des cas très particuliers. Nous ne connaissons que trois services hospitaliers à Paris, où ce traitement est appliqué : Clinique chirurgicale de l’Hôpital Cochin (Prof. Lenormant), Clinique chirurgicale infantile de l’Hôpital des Enfants-Malades (Prof. Ombrédanne), Service du Dr Gernez à l’Hôpital Tenon. Les larves proviennent d’un élevage du Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine (Prof. Brumpt). Réponse à M. P. V..., Reims.
- Choix d’un poste récepteur de T. S. F.
- Vous ne nous avez pas indiqué la fréquence du courant alternatif de votre secteur; nous pensons qu’il doit s’agir d’un courant alternatif 100 v 50 périodes. Il serait, en tout cas, indispensable de préciser ce point au moment de la commande de votre appareil, car les circuits de filtrage ne sont pas les mêmes pour le courant à 25 périodes et pour celui à 50 périodes.
- Dans les conditions locales très difficiles d’installation que vous nous avez indiquées, toutes les précautions possibles doivent être prises pour éviter l’action des parasites industriels, mais, pour établir une antenne blindée, il ne suffit pas simplement d’utiliser un tube métallique entourant la descente d’antenne. En effectuant cette opération sans précaution, on risquerait sans doute d’obtenir un résultat déplorable et de gaspiller la plus grande partie de l’énergie utile recueillie par l’antenne, par effet de capacité entre la descente et le tube métallique mis à la terre.
- Ainsi que nous l’avons indiqué dans le numéro de La Nature du 1er septembre 1934, il y a deux systèmes de descente d’antenne antiparasites : l’un à liaison directe, l’autre à transformateur. Le deuxième semble beaucoup plus facile à employer. Il y aurait intérêt, dans votre cas, à adopter un modèle d’antenne le plus élevée possible, et du type vertical, de manière à réduire les inductions. Les dispositifs spéciaux tubulaires, sphériques, ou en cadres, donneraient sans doute de bons résultats.
- De même, en raison de la nécessité absolue d’éliminer l’action des parasites industriels, nous ne pouvons vous conseiller l’adoption d’un appareil tous courants sans transformateur, et il vaut mieux choisir un poste pour secteur alternatif alimenté au moyen d’un transformateur, qui filtre au moins en partie les parasites.
- La réception des émissions sur ondes courtes sur la gamme de 15 à 80 m environ étant beaucoup moins sensible à l’action des perturbations, il y a, d’autre part, intérêt à adopter un appareil permettant de recevoir les émissions sur cette gamme. On peut trouver désormais des appareils récepteurs à changement de fréquence « toutes ondes » possédant cette particularité, et conservant en même temps les qualités normales des postes récents.
- L’emploi d’un cadre, et surtout d’un cadre compensé, avec prise médiane à la terre, permet également, dans bien des cas, d’obtenir d’excellents résultats, en atténuant l’action des parasites, tout en évitant l’installation d’une antenne anti-parasites. Il faut cependant s’efforcer de ne pas utiliser un cadre avec un poste-secteur à lampes à chauffage indirect. Le meilleur résultat semble devoir être obtenu avec un appareil à changement de fréquence, par exemple, alimenté encore par le secteur, si l’on ne veut pas se résoudre à l’emploi de batteries, mais comportant des lampes à filament à faible consommation à chauffage direct, et alimenté, en courant redressé, à la fois poulie chauffage de ces filaments et pour la tension plaque.
- Réponse à M. B..., à Doulon (Loire-Inférieure).
- Réception des ondes hertziennes ultra=courtes.
- Les montages récepteurs pour ondes ultra-courtes sont à peu près identiques, en principe, à ceux qui sont employés pour les ondes plus longues de l’ordre de quelques mètres. Cependant on emploie avec succès des récepteurs à super-réaction pour les ondes de quelques centimètres. On a même pu engendrer et recevoir pratiquement des ondes encore plus courtes de l’ordre de 3 cm en utilisant les propriétés des magnétrons.
- Ces tubes sùr lesquels les premières recherches ont été effectuées dès 1920, ont été décrits dans La Nature. Il s’agit de tubes très simplifiés comportant seulement un filament et une plaque séparée en deux parties. Les deux anodes sont placées dans un champ magnétique produit au moyen d’un électro-aimant.
- Vous pouvez trouver des renseignements sur la réception et l’émission des ondes ultra-courtes de T. S. F., de l’ordre de 0 m 10 de longueur, dans l’ouvrage : Les ondes courtes et ultra-courtes, par P. Hémardinquer et H. Piraux (Dunod, éditeur).
- Réponse à M. Gabriel Lallemant, à Bertincourt (Pas-de-Calais).
- Choix d’un poste récepteur musical.
- Nous avons donné des renseignements dans La Nature sur les progrès récents des haut-parleurs, l’emploi de plusieurs haut-parleurs combinés et la question du « relief acoustique ».
- Les dispositifs antifading ne sont pas destinés, en principe, à agir sur la qualité de l’audition, mais seulement sur l’intensité. Ils servent, en effet, à faire varier la sensibilité, du récepteur en raison inverse de l’énergie utile recueillie par le collecteur d’ondes. Plus les signaux sont faibles, plus la sensibilité du récepteur est grande, en principe, et l’intensité d’audition est maintenue à une valeur moyenne, qui demeure stable si le dispositif est bien étudié.
- Un système antifading mal établi peut, par contre, diminuer la musicalité d’un récepteur, en produisant des bruits parasites et même des distorsions, si l’accord n’est pas exactement réalisé sur l’émission qu’on veut entendre. C’est, en partie, pour permettre de réaliser avec
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- précision cet accord avec plus de facilité qu’on utilise les dispositifs de réglage visuel qui ont été décrits dans les chroniques de Radiophonie pratique.
- On peut établir, à l’heure actuelle, de bons récepteurs de T. S. F. avec un seul haut-parleur électro-dynamique. L’emploi de plusieurs haut-parleurs permet d’augmenter encore la gamme des notes musicales reproduites, d’améliorer le relief musical et le naturel de l’audition. L’appareil devient pourtant généralement d’un prix plus élevé, et d’un encombrement un peu plus grand.
- Sans vous donner ici de renseignements d’ordre strictement commercial, nous pouvons indiquer que le prix d’un très bon récepteur de T. S. F. avec un haut-parleur électrodynamique de qualité est au maximum de l’ordre de 2000 à 3000 fr. Les appareils comportant deux haut-parleurs sont généralement d’un prix un peu plus élevé.
- Il y a deux formes de radio-phonographes. Les uns comportent dans un même meuble le châssis récepteur avec ses haut-parleurs, le moteur tourne-disque et le pick-up; les autres comportent un dispositif récepteur séparé et un châssis phonographique avec moteur et pick-up distincts, pouvant trouver place dans l’ébénisterie du récepteur, ou dans une ébénisterie séparée qu’on peut placer en dessous de cet appareil.
- En dehors du pick-up électromagnétique qui a été notablement perfectionné, et, d’ailleurs, étudié dans nos chroniques de Radiophonie pratique, on peut utiliser désormais pratiquement le pick-up piézoélectrique, mais son emploi n’est nullement indispensable. Il y a, à l’heure actuelle, des modèles de pick-up électromagnétiques à la fois sensibles et fidèles.
- La très grande majorité des récepteurs à l’heure actuelle est du type superhétérodyne. Ce système est presque le seul qui puisse être appliqué en raison de la nécessité d’employer des récepteurs très sélectifs. Mais ce dispositif de changement de fréquence a été notablement perfectionné grâce à l’emploi des nouvelles lampes à grilles multiples, et, en particulier, des lampes octodes. En raison de leur sensibilité, ces appareils peuvent fonctionner avec une antenne intérieure ou extérieure de courte longueur, môme peu dégagée, à condition, bien entendu, que l’action des parasites ne soit pas trop à craindre.
- Parmi les constructeurs de récepteurs à grande musicalité à plusieurs haut-parleurs et de modèles de radio-phonographes de types récents, nous pouvons vous citer, par exemple :
- Établissements Lemouzy, 63, rue de Charenton, à Paris (12e).
- Établissements Ariane, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- Établissements Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, Paris.
- Pour les modèles de pick-up de types récents, vous pouvez vous adresser, par exemple, aux :
- Établissements Sidley, 86, rue de Grenelle, Paris.
- Établissements Max Braun, 31, rue de Tlemcen, Paris.
- Réponse à M. R..., à Saint-Servan-sur-Mer (I.-et-V.).
- Poste récepteur de T. S. P. à accumulateurs.
- Ainsi que nous l'avons plusieurs fois expliqué dans la Revue, il y a peu de maisons françaises construisant, ou même vendant, des appareils récepteurs de type récent, munis de lampes à filament à faible consommation à chauffage direct.
- Nous pouvons constater cependant avec plaisir que depuis peu de temps quelques constructeurs, encore rares, d’ailleurs, ont commencé à étudier cette question. Nous donnerons à ce sujet des indications dans nos chroniques de Radiophonie pratique.
- Nous pouvons vous signaler ainsi :
- La Compagnie General Electric de France, 10, rue Rodier, à Paris.
- Établissements Radio-Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- Établissements Hydra, 165, rue du Président-Wilson, à Levallois.
- Réponse à M. de C...-F..., à Platela-Kretyngos (Lithuanie).
- Ouvrage sur le cinéma sonore.
- Pour pouvoir étudier les problèmes techniques qui se posent dans l’enregistrement et la fabrication des films sonores, il faut d’abord avoir une certaine culture générale correspondant au niveau de l’enseignement secondaire. Il est bon ensuite de lire des ouvrages donnant l’éducation des principes généraux optiques et acoustiques du cinématographe sonore, ainsi que la description des appareils employés. Vous pouvez ainsi consulter les différents volumes du Cours préparatoire de cinématographie (édités par La Technique cinématographique, 14, rue de Marignan, Paris). Vous pouvez, d’autre part, consul-
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- ter les ouvrages techniques et pratiques complets plus spécialisés tels que Le cinématographe sonore (Librairie de l’Enseignement technique, éditeur).
- Il existe, d’autre part, une École d’Enseignement technique officielle qui organise des cours réguliers et délivre un diplôme aux élèves ayant satisfait aux examens de fin d’études. C’est l’École technique de Photographie et de Cinématographie, 85, rue de Vaugirard, à Paris. Cette école n’admet que des élèves ayant une instruction suffisante et n’organise pas de cours par correspondance.
- Réponse à M. P..., à Alençon (Orne).
- Irrégularité de fonctionnement d’un récepteur.
- La construction des différents modèles de lampes de T. S. F. a été notablement perfectionnée depuis l’apparition des lampes à chauffage indirect. Il est encore possible, malgré tout, que certaines lampes aient une durée de service inférieure à la normale, mais il est maintenant extrêmement rare de constater, dans un même groupe de lampes montées en môme temps sur un même poste, la mise hors service de plusieurs lampes au même moment, après, un fonctionnement d’une durée relativement réduite.
- Sans rien pouvoir affirmer, à ce propos, a priori, il est possible que les irrégularités de fonctionnement constatées dans vos lampes soient dues aux variations de tension du courant de votre secteur.
- Il est ainsi utile de déterminer si ces variations sont lentes et périodiques, ou, au contraire, très rapides et absolument irrégulières. Un tel examen peut être effectué simplement à l’aide d’un voltmètre pour courant alternatif.
- Dans le premier cas, il est possible d’utiliser avec succès un survol-teur-dévolteur; dans le deuxième, il vaut mieux choisir un dispositif permettant de s’opposer immédiatement, et sans effet d’inertie, aux variations de tension. On peut aussi utiliser un dispositif à lampe à filament de fer dans l’hydrogène ou un régulateur magnétique.
- Parmi les constructeurs d’appareils régulateurs de tension, nous vous signalons, par exemple:
- Les Établissements Solor-Ferrix, 5, rue Mazet, à Paris (6e).
- Établissements Hewittic, 11, rue du Pont, à Suresnes (Seine).
- Réponse à M. H..., à Marseille (B.-du-R.).
- De tout un peu.
- Un petit propriétaire de l’Aunis. — Contre les termites, vous pourriez consulter : Jean Feytaud. La cité des termites; ses ravages; sa destruction. Féret, 9, rue de Grassi, Bordeaux; Charles A.-Kofoid. Termites and termite control. Universityof California Press, Berkeley (États-Unis). Les Américains conseillent d’assécher, de ventiler et d’employer des bois rendus toxiques par injections de créosote, de chlorure de zinc, de fluorure de sodium, de sublimé corrosif.
- M. Bernède, à Bordeaux. — Vous pouvez prendre comme type de peinture sous-marine, destinée à protéger la coque des bateaux contre le développement de la faune et de la flore aquatiques, la formule Suivante, vulgarisée par M. Carbonelii, professeur à l’École navale de
- Gênes :
- Savon de mercure...................... 15 grammes.
- — de plomb.......................... 15 —
- Colophane............................ 20 —
- Huile de lin.......................... 20 —
- Essence de térébenthine............... 15 -—
- Vert de Schweinfurth.................. 15 —
- 100 —
- Il s’agit, en réalité, d’une peinture à la colophane, dont le pigment vert joint son action toxique à celle des savons de mercure et de plomb.
- Mme J. Rehm, à Nancy. — Comme dépilatoire inoffensif, pour peau délicate, mais à action lente, nous vous conseillons d’enduire pendant un mois avec une décoction concentrée de feuilles de bouleau.
- Éviter durant ce temps l’emploi de toute crème ou pâte qui nuirait à l’action du dépilatoire.
- Apetix, à Lille. — Les préparations anglaises à base de moutarde, vinaigre et condiments divers sont de compositions trop variables pour que nous puissions en donner une formule type, chaque fabricant a la sienne établie suivant le goût du consommateur; nous regrettons vivement de ne pouvoir vous donner de précisions à ce sujet.
- Collège St-Jean, à Bruxelles. — Nous avons répondu à votre question dans le n° 2932, page 48. Veuillez bien vous y reporter.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1, 2, 3. — Nouveaux membres de l’Académie des Sciences :
- 1. Le physicien Langevin (ph. Boyer); 2. Le chirurgien J.L. Faure (ph. Boyer); 3. L’ingénieur A. Caquot (ph. N. Y. T.).
- Fig. 4. — Pavage en fer, expérimenté sur une route près de Milan
- (ph. Keystone).
- Fig. 5. — Un appareil à rayons X sous 220 000 volts pour l’examen interne de plaques d’acier jusqu’à 10 cm d’épaisseur
- (ph. N. Y. T.).
- Fig. 6. — Modèle d'aéro-train expérimenté en Russie (ph. H. Daniel).
- Fig. 7.— Réargenture du miroir du grand télescope de 100 pouces du Mont-Wilson (ph. N. Y. T.).
- Fig. 8. — Pour conserver les poires, le département de i Agriculture des Etats-Unis préconise l’emballage dans un papier imprégné d'une solution d’un sel de cuivre (ph. N. Y. T.).
- Fig. 9.- Lecèdre bicentenaire de Moniigny-Lencoup (32 m de haut, 7 m 90£de tour) (ph. Roi).
- Le Gerant : G. Masson.
- 6189. ” lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 15-12-1934 — Published in France.
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- LA NATURE
- SOIXANTE-DEUXIÈME ANNÉE — 1934
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abreuvage à l’eau tiède, 469.
- Acier magnétique à l’aluminium, 335. Aérogyre de Chappedelaine, 293. Aérodynamique : tunnel d’essais à grande vitesse, 381.
- Afrique équatoriale française : architecture et arts indigènes, 154.
- Afrique tropicale : énergie hydraulique, 524. Agneau mystique de Van Eyck, 33.
- Algérie : élevage, 352.
- Algérie : industrie vinicole, 481.
- Aluminium : nickelage, 328.
- Antenne anti-parasites, 287, 479.
- Apennins : tunnel, 44.
- Araignées : organes et tactiques de défense, 534.
- Arbres : croissance et fructification, 44. Arc-en-ciel double et arcs surnuméraires, 329* Arménie : volcanisme, 393.
- Astronomie : bulletin, 35, 130, 275, 323, 421, 515.
- Automobiles à roues indépendantes, 457. Automobiles : freinage électrique, 408. Automobiles : phares à lumière jaune, 503. Automobile pratique, 133, 470.
- Avion et géographie, 506.
- Avion : faune de l’atmosphère, 341.
- B
- Baillaud : nécrologie, 140.
- Balais de paille : entretien, 370. Barrage du Boulder Dam, 570.
- Batliysphère à 900 m sous la mer, 331. Batterie de chauffage pour T. S. F., 47. Bécassine : vol de pariade, 402.
- Bois : contre les vermoulures, 178. Boucher de Fertiles, 538.
- Branches : ceinturage, 566.
- ji*eVetiv3‘-’,îity e n t i o n en France en 1933, 44. 465.
- ïvongniart fmimson, 510.
- c
- Caoutchouc : conservation, 506.
- Champ des signaux et ses parasites, 213. Champignons : empoisonnement, 370. Charbon : épuration, 73.
- Charbons menus en chauffage central, 306. Chat thoradelphe, 381.
- Chauffage urbain, 540.
- Chauves-souris au Muséum, 129.
- Chemins de fer : signalisation, 115.
- Chimie : Maison, 415.
- Ciments et chaleur, 390.
- Cinéma : activité en France, 418.
- Cinéma sonore, 574.
- Cinématographe à déroulement continu, 431. Cinématographe d’amateur, 85.
- Climats artificiels, 345.
- Cognac, 270.
- Collecteurs d’ondes et parasites, 229. Compiègne : musée de la voiture, 96. Conservation des denrées par le froid artificiel, 141.
- Convection : visualisation, 567.
- Couchette démontable Koleco, 187. Coupatan, 333.
- Crabe chinois en Europe, 498.
- Crème, fromages, etc. : définition légale, 140.
- Crésylol sodique : préparation, 41.
- Crin végétal : industrie algérienne, 319. Cuiseur et anti-monte-lait, 430.
- Curie (Mme) : œuvre, 127.
- Cuves en bois : étanchéité, 274.
- Café torréfié : conservation, 185.
- Cajal : nécrologie, 475.
- Canal de la Baltique à la Mer Blanche, 317. Caoutchouc synthétique en U. R. S. S., 285. Capteur d’insectes, 120.
- Carbure de calcium, insecticide agricole, 41. Caroubier, 181, 479.
- Cases de transplantation, 478.
- Cellule photoélectrique et photométrie, 425.
- D
- Désinfection du sol, 274.
- Désinsectisation des végétaux, 21.
- Détecteurs cuivre-oxyde, 281.
- Diamant en Guinée française, 185.
- Diamant : synthèse aux ultra-pressions. 322 Disques de phonographe, 481,
- Disques de plloncer , ' < <• : ‘
- 4,'5.
- Disques pour enregistrum-nl a mimu ur, -t, . Dosage et empaquetage mécaniques, 250. Dureté : méthodes modernes de mesure, 451.
- Supplément au n° 2913 de La Nature du 15 Décembre 1934.
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- E
- Eau de Javel : préparation, 41.
- Eaux : radioactivité, 489.
- Échos : machine à produire, 138.
- Éclair : structure, 319.
- Électricité : action sur les plantes, 297. Électricité : appareil de mesure universel, 327. Élevage en Algérie, 352.
- Empaquetage et dosage mécaniques, 250. Empoisonnement par les champignons, 370. Énergie thermique des mers, 258.
- Épuration du charbon, 73.
- Érosions marines, 241.
- Essence : dosage de l’alcool, 566.
- Étés chauds, 475.
- Étoiles : densité dans le système solaire, 360.
- F
- Faune de l’atmosphère en avion, 341.
- Fer à repasser automatique, 429.
- Fièvre jaune : lutte, 556.
- Filtre à eau Épuro, 334.
- Fluosilicate de baryum insecticide, 331.
- Force motrice des vagues, 260.
- France : mines d’or, 493.
- Freinage électrique des automobiles, 408. Froid artificiel : conservation des denrées, 141.
- Furoncles de la lèvre : traitement par rayons X, 468.
- G
- Gants : pâte à nettoyer, 132.
- Gares de triage et radiotechnique, 563. Gazomètre sphérique, 186.
- Géographie et vol en avion, 506. Gommes à effacer : entretien, 88. Gouvernail à pivot en bois, 97. Graissage des hauts de cylindres, 431. Grippe, 524.
- Grisou : défense du mineur, 169.
- Guinée : jardin d’essais, 49.
- Gulf Stream : idées modernes, 446. Gyroscope : explication qualitative, 549.
- H
- Habitations rurales en Russie, 266. Hâle : produits protecteurs, 239. Haut-parleur intégral, 372. Héliochronomètre, 63.
- Hexodes, 281.
- Horloge du Pape Sylvestre II, 289.
- Horloges parlantes de l’Observatoire, 24. Hors-bord : ancêtre, 527.
- Hors-bord de compétition, 403. Hydrogénation catalytique sous pression, Cl.
- I
- Iclithyophagie, 166.
- Industries : naissance curieuse, SI. Infrarouge et photographie, 14.
- Insectes : capteur, 120.
- Insolation : mesure, 312.
- Interrupteurs automatiques de T. S. F., 573.
- J
- Jardin d’essai de Guinée, 49. Jet d’eau, 525.
- K
- Kiosque du mystère, 82.
- Krypton : préparation industrielle, 90.
- L
- Lampes électriques : appareil pour éviter le vol, 92.
- Lampes d’émission modernes, 210.
- Laveuse électrique, 142.
- Libellules : passages en 1934, 417.
- Litière magique, 372.
- Livres nouveaux, 42, 89, 139, 184, 286, 332, 379, 424, 474, 521, 567.
- Locomotives électriques du P.-L.-M., 399. Lucimétrique : mesure de l’indice, 63.
- M
- Machine à produire les échos 138. Machines les plus petites du monde, 522. Main de fer, 9.
- Maison de la Chimie, 415.
- Marbre : polissage, 41.
- Marche à la lune, 177.
- Marionnettes : naissance et vie, 180. Mathématiques : récréations, 273, 561. Maroc : pétrole, 1.
- Matériaux ligneux nouveaux, 91.
- Mersey : tunnel, 175.
- Météorologie agricole, 186.
- Météorologie dans l’Odyssée, 269. Météorologie : mois, 83, 179, 278, 371, 469. Microphone : système de liaison, 143. Microscope de poche « Mic-poc », 526.
- Mines d’or en France, 440, 493.
- Mitrailleuse centrifuge, 47.
- Mortalité, diminution en France, 427. Moundang, 500.
- N
- Navire refuge pour vols transatlantiques, 522. Nécrologie : Baillaud, 140.
- Nécrologie : Cajal, 475.
- Nickelage de raluminium, 328.
- Nivellement général de la France, 145.
- O
- Objectif le plus lumineux, 45.
- Observatoire : horloges parlantes, 24. Obturateur de plaque, 479.
- Octodes, 281.
- Odijssée : météorologie, 269.
- Office national des combustibles liquides et construction des moteurs, 425.
- Oiseaux de cage et de volière, 413.
- Oiseaux et serpents, 569.
- Ondes courtes : réception, 528, 574.
- Ondes courtes : transmission, 143.
- Ondes ultra-courtes : production par les magnétrons, 219.
- Or : mines en France, 440, 493.
- P
- Panaris : traitement abortif, 178.
- Parachute en montagne, 277.
- Parasites et collecteurs d’ondes, 229.
- Parc zoologique du Bois de Vincennes, 30. Pare-boue pour chaussures, 93.
- Pellicule plane dans un bain de développement, 274.
- Pétrole au Maroc, 1. pH-mètre des sols, 478.
- Phares d’auto et brouillard, 330.
- Phares d’auto et lumière jaune, 500.
- Phares : lumière jaune, 569.
- Photoélectricité : désintégration nucléaire, 329.
- Photographie : appareils Elax et Exacta, 428. Photographies : documents, 96, 576. Photographie et infrarouge, 14. Photographies passées : restauration, 520. Photographie transparente, la plus grande, 91. Pliotométrie et cellule photoélectrique, 425. Phototélégraphie : transmetteur portatif, 363. Pic-vert, 175.
- Pick-up : progrès, 326.
- Planètes : reproduction du système, 45.
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- Planeur : construction, 84.
- Plantes : action de l’électricité, 297.
- Planté, inventeur de l’accumulateur, 44. Plâtre : aspect d’ivoire, 132. jlein air : souvenirs, 513.
- Pliages de papiers, 420.
- Pneumatiques : supériorité, 78.
- Poisson : consommation à la campagne, 47. Poisson de mer : transport et conservation! 111.
- Polésie, 433.
- Polissage du marbre, 41.
- Pommes américaines et françaises, 14. Pommes de France, 242.
- Pompes bouées, 93.
- Pompe centrifuge à vis, 52G.
- Pompiers : appel par T. S. F., 179.
- Pont suspendu de San Francisco, 553. Populations mondiales : marche démographique, 101.
- Poste à batteries perfectionné, 287.
- Poste à réglage automatique visuel, 326. Poste récepteur : choix, 527, 574.
- Poste récepteur : montage, 94, 143.
- Poste récepteur : perfectionnement, 431. Postes tous courants : développement, 327. Poste tous secteurs réduit, 40.
- Potion antivomitive de Rivière, 574. Pouzzolanes, 190.
- Prédictions, 527.
- Préhistoire : débuts, 385.
- Prestidigitation, 82, 372, 514.
- Procédé Ozofer, 328.
- Produits éclairants sans fumée, 450. Protection contre le vol et l’incendie, 187.
- R
- Radiateurs : robinet régulateur, 571. Radiateur soufflant, 571.
- Radioactivité des eaux, 489.
- Radiodiffusion française : organisation, 143. Radiodiffusion : réseau français, 200. Radiodistribution par fils, 223.
- Radiophonie : âge héroïque, 193, 380. Radiophonie pratique, 38, 278,326,518,565. Radiotechnique : nouveautés, 27S, 326. Radiotechnique et gares de triage, 563. Radiovision : studio des P. T. T., 209. Raffinage des huiles de pétrole, 473.
- Rayons y : désintégration nucléaire, 329. Rayonnement cosmique, 6.
- Récepteur : changement de tonalité, 528. Réflecto-lampe Niam, 572.
- Résistance de forme nouvelle, 38.
- Rhétaras de Marrakech, 140.
- Rhinocéros blanc, 523.
- Ruche-tourniquet vitrée, 79.
- Russie : bahitations rurales, 266.
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- S
- San Francisco : pont suspendu, 553. Saucisson d’Arles : pour conserver sa fraîcheur, 132.
- Savants-quand ils étaient jeunes, 321, 369, 419.
- Scarlatine : recrudescence, 423.
- Sculpture cinématographique, 34.
- Securit-gaz Jeffery, 382.
- Sédimentation par champs centrifuges intenses, 380.
- Sel de taille : pour empêcher la prise en masse, 370.
- Semis en lignes à profondeurs variables, 92. Septicémie à streptocoques : sérum, 337. Serpent de mer, 431.
- Serpents et oiseaux, 569.
- Serre-jardinière Primaflora, 46.
- Sérum contre la septicémie, 337. Signalisation dans les chemins de fer, 115. Signaux électro-optiques pour autos, 382. Signaux horaires internationaux, 225.
- Singe échappé, 562.
- Singerie du Muséum, 366.
- Sol : désinfection, 274.
- Sons : enregistrement sur fil aimanté, 94, 287.
- Stratosphère : exploration, 283.
- Stratosphère : nouvelle ascension, 185. Stratosphère : vêtement, 476.
- Stéréoscopie, 477.
- Streptocoques : sérum, 337.
- Supercentrifuge à 1 200 000 tours, 44. Support oscillant pour développement photographique, 333.
- Surdité : nouveaux appareils radiotechniques, 39.
- Suspensions à roues indépendantes, 457.
- T
- Tchad : civilisations agonisantes, 500.
- T. S. F. : alimentation sur autos, 326.
- T. S. F. : appareils anglais, 143.
- T. S. F. : appel des pompiers, 179.
- T. S. F. : choix d’un poste, 237.
- T. S. F. : livres, 144.
- T. S. F. : récepteurs stéréophoniques, 372. Téléphotographie : réception, 431. Télescopes : évolution, 529.
- Téléviseur Telefunken à rayons cathodiques, 185.
- Temps, 53, 106, 157, 245.
- Terre : stabilité, 330.
- Thérapeutique par larves de mouches, 574. Thermostat d’appartement, 426. Thoradelphie, 381, 523.
- Tir contre avions : vérification optique, 27, 143.
- Tisonnier perfectionné pour foyer, 189. Tortues terrestres : élevage, 126.
- Tour de 2000 m, 300.
- Transformateurs d’antennes, 480. Tremblements de terre en France, 365. Tunnel des Apennins, 44.
- Tunnel sous la Mersey, 175.
- U
- Ultra-pressions, 67.
- Ultra-pressions et synthèse du diamant, 322.
- V
- Vagues : force motrice, 260.
- Van Eyck : Agneau mystique, 33. Vases de résonance, 182.
- Veaux sans cornes, 427. Vermoulures du bois, 178.
- Vin en Algérie, 481.
- Voiture : musée de Compiègne, 96. Volcanisme en Arménie, 393.
- w
- Wagonnets à chenilles, 189.
- X
- Xénon : préparation industrielle, 90.
- Y
- Yerba maté en plantations, 124.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Abdai.ian (S.)- — Le A'olcanisme en Arménie soviétique, 393.
- Adam (Michel). — L’âge héroïque de la radiophonie, 193. — Signaux horaires internationaux, 225.
- Auber. — Le kiosque du mystère, 82. — Naissance et vie des marionnettes, 180. — L’iris, 420. —- Les miroirs platinés, 514. — Le singe échappé, 562.
- André (Marc). — Un crabe chinois en Europe, 498.
- Baudoin (Dr Marcel). — Un chat tlioradelphe, 381.
- Bercy (André). — h’Agneau. mystique, de van Eyck, 33.
- Berland (Lucien). — Recherches en avion sur la faune de l’atmosphère, 341.
- Berthelot (C1l). — L’épuration du charbon, 73. •— La défense du mineur contre le grisou, 169. — Emploi des charbons menus en chauffage central, 306. — Thermostat d’appartements à grande sensibilité, 426.
- Bordier (l>r Henri). •—• Mesure et variations de l’indice lucimét.rique, 63.
- Bouchacourt (Dr L.). — Transport et conservation du poisson de mer, 111.
- Bourgain (André). — Le cinématographe d’amateur, Su —- Les appareils Elax et Exacta, 428. —• La stéréoscopie, 477.
- Boutaric (A.). —• Mesures d’insolation, 312. — Comment on étudie la radioactivité des eaux naturelles, 489.
- Boyer (Jacques). — Nouvelles stations françaises de désinsectisation des végétaux, 21. — Nouvelle ruche-tourniquet vitrée, 79. — L’œuvre de Mme Curie, 127. — Le nivellement général de la France, 145. — Empaquetage et dosage mécaniques, 250. — La Maison de la Chimie, 415. — Le plus grand pont suspendu du monde, 553.
- Brandicourt (Virgile). — La météorologie dans l’Odyssée, 269. — L’aurore de la préhistoire : Boucher de Perthes, 385. — Récréations mathématiques, 273, 562.
- Caiiour (J.-A.). — Méthodes modernes de mesure de la dureté, 451.
- Cerisaie (Jean de la). — Le parc zoologique du Bois de Vincennes, 30.
- Chataing (J.). — Vases de résonance, 182.
- Claude (Georges). — Préparation industrielle du crypton et du xénon et applications à l’éclairage électrique par incandescence, 90. — L’énergie thermique des mers, 258.
- Cotte (J.). — Le canal de la Baltique à la Mer Blanche, 317.
- Coulon (Édouard de). — La yerba maté en plantations, 124.
- Coulon (Marcel). — L’œuvre de Frank Brocher, 465.
- Coupin (Henri). —• Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 321, 369, 419.
- Dapsence (Paul). — Explication qualitative du gyroscope, 549.
- David (Pierre). — Le champ des signaux et ses parasites, 213.
- Devaux (Pierre). — Les ultra-pressions, 67. — Force motrice des vagues, 260. — Projet de tour de 2000 m, 300. — Les climats artificiels, 345. •— Paris a le chauffage urbain, 540.
- Ducamp (Roger). •— La marche à la lune, 177.
- F.-B. (A.). — L’élevage des petites tortues terrestres, 126.
- Fage (Jacques). — Construction d’un planeur, 84.
- Feuillée-Billot (A.). — Les chauves-souris vivantes au Muséum, 129. — La nouvelle singerie du Muséum, 366. — Oiseaux de cage et de volière, 413. •— Oiseaux et serpents, 569.
- Forbin (Victor). •— Le pétrole au Maroc, L — L’industrie algé-
- rienne du crin végétal, 319. — L’élevage en Algérie, 352. — L’industrie vinicole en Algérie, 481.
- Fourrier (G. Geo). — L’architecture et les arts industriels en Afrique équatoriale française, 154. — Civilisations agonisantes du Tchad, 500.
- Franche (G.). — Le carbure de calcium insecticide agricole, 41.
- G. (A.). — Un gazomètre sphérique, 186. — Refuge flottant pour vols transatlantiques, 522.
- Girod (Suzanne). — La Polésie, 433.
- Glory (André). — Une main de fer, 9. •—• La découverte de la véritable horloge du Pape Sylvestre II, 289.
- Gouineau (M.). —• L’âge héroïque de la radiophonie, 380. Gradenwitz (Dr Alfred). — Hydrogénation catalytique sous pression, 61. — Nouveau téléviseur Telefunken à rayons cathodiques, 185. •— Signaux clectro-optiques pour dépasser les autos, 382. — Machines les plus petites du monde, 532.
- H. (P.). — Les nouvelles horloges parlantes de l’Observatoire, 24. — Système de sculpture cinématographique, 34. •— A propos de la machine à produire des échos, 138.
- Hémardinquer (P.). —• Radiophonie pratique, 38, 278, 326, 518.
- — Le réseau français de radiodiffusion, 200. — Le studio de radiovision des P. T. T., 209. — Radiodistribution par fils, 223.
- — Collecteurs d’ondes et parasites, 229. •— Comment choisir un poste de T. S. F., 237. — Nouveautés radiotechniques de 1934-1935, 278. — Transmetteur de phototélégraphie portatif, 363. — Haut-parleur intégral et récepteurs stéréophoniques, 372.
- Hesse (Jean). •— Naissance curieuse de certaines industries, 81. •— L’action de l’électricité sur les plantes, 297.
- Houlbert (C.). — Pommes américaines et pommes françaises, 151.
- — Nos belles pommes de France, 242.
- Hugues (Albert). —• Passages de libellules en 1934, 417.
- Huitric (Jean). — A propos de thoradelphie, 523.
- Juster (Dr E.). — Quelques formules de produits anti-hâle, 239.
- K. (W. N.). — Diminution de la mortalité en France, 427.
- Kazeeff (W.). — Types d’habitations rurales en Russie, 266. —
- Le sérum contre la septicémie à streptocoques, 337. —• Recrudescence de la scarlatine, 423. •—• Nouveau traitement des furoncles de la lèvre supérieure par les rayons X, 468. —• Nature de la grippe, 524. — La lutte contre la fièvre jaune, 553.
- Ivuentz (L.). — Le pic vert, 175. — Le cognac, 270.
- L. (G.). •—• Appareil capteur d’insectes, 120.
- Lacaine (Jean). — L’aérogyre de Chappedelaine, 293.
- Laffitte (Léon). — Les mines d’or en France, 440, 493.
- Lagrula (J.-L.). •— L’évolution des télescopes, 529.
- Lanorville (Georges). — La signalisation dans les chemins de fer,
- 115. —• Le Securit-gaz Jeffery, 383. — Les locomotives électriques du P.-L.-M., 399.
- Larue (Pierre). — Semis en lignes à profondeurs variables, 92. — Pompes bouées, 93. •— Observations météorologiques, 186. — Veaux sans cornes, 427.
- Lefebvre des Nouettes (Comm1). — Le gouvernail à pivot en bois, 97.
- Legendre (Dr J.). — L’ichthyophagie, 166.
- Lesage (Marc). — Le rayonnement cosmique, 6.
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- Marcotte (Edmond). — La chaleur et les ciments, 390. — Nouvelles suspensions à roues indépendantes, 457.
- Maussier-Dandelot (J.). — Les érosions marines, 241.
- Mémery (Henry). —• Deux étés chauds, 475.
- Mineur (Henri). — Qu’est-ce que le temps? 53, 106, 157, 245.
- Mollandin (Général). — Vol en avion et géographie, 506.
- Monnier (Marius). — Impressionnante reproduction du système planétaire, 45. — Petit jet d’eau, 525.
- Montessus de Ballore (R. de). — La densité des étoiles dans la région du système solaire, 360.
- Moreau (Dr L.-J.). — Quelques souvenirs de plein air, 513.
- Motard (René). — Infrarouge et photographie, 14. — Vérification optique du tir contre avions, 27.
- Noter (R. de). —- Un arbre qui produit du sucre, 181.
- Nunès (J.-A.). •— Hors-bord de compétition, 403.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 133, 470.
- P. (L.). — Un modèle pratique de laveuse électrique, 142. — La lumière jaune et les phares d’automobile, 503. — Radiotechnique dans les gares de triage, 563.
- Ponte (M.). — Les lampes d’émission modernes, 210. — Production des ondes ultra-courtes par les magnétrons, 219.
- R. (G.). — Le rhinocéros blanc, 523.
- Reboussin (Roger). — Le cri du butor, 123. — Le vol de pariade de la bécassine, 402.
- Régnault (Dr Félix). — La maison des Brongniart, 510.
- Remacle (G.). — Réserves d’énergie hydraulique de l’Afrique équatoriale, 524.
- Richet (Charles). — Marche démographique des populations mondiales, 101.
- Roger (Ein.). — Le mois météorologique, 83, 179,278, 371, 469,564.
- Sauvaire-Jourdan (Comin1). •— Les idées modernes sur le Gull’ Stream, 446.
- Schunck de Goldfiem (Jean). — Le jardin d’essais de Guinée, 49.
- Sers (Jean). — Les « rhétaras » dans la région de Marrakech, 140.
- Seyewetz (A.). — Produits éclairants brûlant sans fumée, 450.
- Soyer (H.). — Nouveau procédé de raffinage des huiles de pétrole, 473.
- T. (A.). —• La structure de l’éclair, 319.
- T. (E.). •— Arc-en-ciel double et arcs surnuméraires, 329.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 35, 130, 275, 323, 421, 515.
- Touvy (A.). — Freinage électrique des automobiles, 408.
- Vincent (Dr). — Organes et tactiques de défense chez quelques Araignées, 534.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Les nouvelles horloges parlantes de l’Observatoire (P. IL). . 24
- Qu’est-ce que le temps? (H. Mineur) ... 53, 106, 157 245
- La densité des étoiles dans la région du système solaire
- (R. de Montessus de Ballore).............................360
- L’évolution des télescopes (J.-L. Lagrula)..................529
- Récréations mathématiques (V. Brandicourt) .... 273, 562
- Bulletin astronomique (E. Touchet), 35, 130, 275, 323, 421, 515
- II. — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique.
- Supercentrifuge à 1 200 000 tours par minute.................. 44
- Planté, inventeur de l’accumulateur............................... 43
- Les ultra-pressions (P. Devaux).................................. 67
- Préparations industrielles du crypton et du xénon et applications à l’éclairage électrique par incandescence (G. Claude) 90
- L’œuvre de Mme Curie (J. Boyer)...............................127
- Vases de résonance (J. Chataing)..................................182
- Nouveau téléviseur Telefunken à rayons cathodiques (A. Gra-
- denwitz).......................................................185
- Mesures d’insolation (A. Boutaric)...............................312
- La structure de l’éclair (A. T.).................................319
- Désintégration nucléaire par les rayons y...................329
- Les champs centrifuges intenses et la sédimentation,.............380
- Méthodes modernes de mesure de la dureté (J.-A. Cai-iour). 451 Comment on étudie la radioactivité des eaux naturelles (A. Boutaric)...........................................................489
- Explication qualitative du gyroscope (P. Dapsence).............549
- Visualisation de la convection....................................568
- Lumière jaune dans les phares.....................................569
- 2. Chimie.
- Hydrogénation catalytique sous pression (A. Gradenwitz) 61
- Pour conserver le café torréfié...............................185
- Caoutchouc synthétique en U. R. S. S..........................285
- Les ultra-pressions et la synthèse du diamant.................322
- La Maison de la Chimie (J. Boyer).............................415
- Nouveau procédé de raffinage des huiles de pétrole (H. Soyer) 473
- III. — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du Globe.
- Le rayonnement cosmique (M. Lesage)........................ 6
- Mesure et variations de l’indice lucimétrique (H. Bordier). . 63
- Le nivellement général de la France (J. Boyer).............145
- La marche à la lune (R. Ducamp)............................ 177
- Découverte de diamant en Guinée française..................185
- Les érosions marines (J. Maussier-Dandelot)................241
- L’énergie thermique des mers (G. Claude)...................258
- L’exploration de la stratosphère...........................283
- Arc-en-ciel double et arcs surnuméraires (E. T.)...........329
- Depuis quand la Terre est-elle ce qu’elle est?.............330
- Les tremblements de terre en France de 1930 à 1933 .... 365
- 2. Météorologie.
- Observations météorologiques (P. Larue)...................186
- La météorologie dans YOdyssée (V. Brandicourt)............269
- Deux étés chauds (H. Mémery)..............................475
- Le mois météorologique (E. Roger). 83, 179, 278,371,469, 564
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Le parc zoologique du Bois de Vincennes (J. de la Cerisaie) 30
- Nouvelle ruche-tourniquet vitrée (J. Boyer).................. 79
- Appareil capteur d’insectes (G. L.)..........................120
- Le cri du butor (R. Reboussin)...............................132
- L’élevage des petites tortues terrestres (A. F.-B.)..........126
- Les chauves-souris vivantes au Muséum (A. Feuillée-Billot) 129
- Le pic vert (L. Kuentz)......................................175
- Fluosilicate de baryum insecticide...........................331
- Recherches en avion sur la faune de l’atmosphère (L. Berland) 341 La nouvelle singerie du Muséum (A. Feuillée-Billot) . . 366
- Un chat tlioradelphe (Dr M. Baudoin).........................381
- Le vol de pariade de la bécassine (R. Reboussin).............402
- Oiseaux de cage et de volière (A. Feuillée-Billot) .... 413
- Passages de libellules en 1934 (A. Hugues)...................417
- L’œuvre de Frank Brocher (M. Coulon).........................465
- Un crabe chinois en Europe (M. André). ......................498
- Quelques souvenirs de plein air (Dr L.-J. Moreau)............513
- A propos, de tlioradelphie (J. Huitric)......................523
- Le rhinocéros blanc (G. R.)..................................523
- Organes et tactiques de défense des Araignées (Dr Vincent). 534 Oiseaux et serpents (A. Feuillée-Billot).......................569
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Nouvelles stations françaises de désinsectisation des végétaux
- (J. Boyer)................................................... 21
- Croissance des arbres et fructification...................... 44
- Le jardin d’essais de Guinée (J. Schunck de Goldfiem) . . 49
- La yerba maté en plantations (E. de Coulon)..................124
- Pommes américaines et pommes françaises (C. Houlbert) . . 151
- Un arbre qui produit du sucre (R. de Noter)..................181
- Nos belles pommes de France (C. Houlbert)....................242
- Le cognac (L. Kuentz)...........................................270
- L’action de l’électricité sur les plantes (J. Hesse).........297
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- 584
- L’industrie algérienne du crin végétal (V. Forbin).............319
- L’éLvage en Algérie (V. Forbin)................................352
- Veaux sans cornes (P. Parue)...................................427
- L’industrie vinicolc on Algérie (V. Forbin'....................481
- IV - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- L'Agneau mystique de van Eyck (A. Bercy)................... 33
- Naissance curieuse de certaines industries (J. Hesse) .... 81
- Marche démographique des populations mondiales (C. Richet) 101
- L’architecture et les arts indigènes en Afrique équatoriale
- française (G. Geo-Fourrier).............................154
- Types d’habitations rurales en Russie (W. Kazeeff).........266
- Canal de la Baltique à la Mer Blanche (J. Cotte)...........317
- L’aurore de la préhistoire : Boucher de Pertlies (V. Brandicourt) 385
- Le volcanisme en Arménie soviétique (S. Abdalian)..........393
- La Polésie (S. Girod)......................................433
- Les idées modernes sur le Gulf Stream (C‘ Sauvaire-Jourdak) 446
- Civilisations agonisantes du Tchad (G. Geo-Fourrier) . . 500
- V. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Transport et conservation du poisson de mer (Dr L. Bouciia-
- court).................................................... 111
- Définition légale des crèmes, fromages, etc...................140
- L’ichthyophagie (Dr J. Legendre)..............................166
- Quelques formules de produits anti-hûle (Dr E. .1 ester) . . 239
- Le sérum contre la septicémie à streptocoques (W. N. Kazeeff) 337
- Recrudescence de la scarlatine (W. N. Kazeeff).............423
- Diminution de la mortalité en France (W. N. K.)............427
- Nouveau traitement des furoncles de la lèvre par les rayons X
- (W. N. Kazeeff)............................................468
- Nature de la grippe (W. N. Kazeeff)...........................524
- La lutte contre la lièvre jaune (W. N. Kazeeff)............556
- VL — SCIENCES APPLIQUÉES I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- L’épuration du charbon (C. Berthelot)....................... 73
- Nouveaux matériaux ligneux.................................. 91
- Conservation des denrées par le froid artificiel............141
- Gazomètre sphérique.........................................186
- Empaquetage et dosage mécaniques (J. Boyer).................250
- Le Bureau Veritas...........................................325
- L’Office, national des combustibles liquides et la construction
- des moteurs..............................................425
- Machines les plus petites du monde (A. Gradenwitz) . . . 522
- 2. Photographie.
- Infrarouge et photographie (R. Motard)...................... 14
- Système de sculpture cinématographique (P. II.)............. 34
- Le cinématographe d’amateur (A. Bourgain)................... 85
- La plus grande photographie transparente....................... 91
- L’activité cinématographique en France.........................418
- Les appareils Elax et Exacta (A. Bourgain)..................428
- Produits éclairants sans fumée (A. Seyewktz)................450
- La stéréoscopie (A. Bourgain)..................................477
- 3. Électricité.
- Machine h produire les échos (P. IL).......................138
- Appel des pompiers pur T. S. F............................. 179
- L’âge héroïque de la radiophonie (M. Adam).................193
- Le réseau français do radiodiffusion (P. Ilémardinouer). . . 200
- Le studio de radiovision des P. T. T. (P. Hémardinouer). . 209
- Les lampes d’émission modernes (M. Ponte)..................210
- Le champ des signaux et ses parasites (P. David)...........213
- Production des ondes ultra-courtes par les magnélrons
- (M. Ponte).................................................219
- Radiodistribution par fils (P. Hémardinquer)..................223
- Signaux horaires internationaux (M. Adam)......................225
- Collecteurs d’ondes et parasites (P. Hémardinouer)............229
- Comment choisir un poste de T. S. F. (P. Hémardinouer). . 237
- Transmetteur de photo télégraphie portatif (P. Hémardinouer) 363 Haut-parleur intégral et récepteurs stéréophoniques (P. Hémardinquer) .....................................................372
- L’âge héroïque de la radiophonie (M. Gouineau)................380
- Nouvelle cellule photoélectrique à grande sensibilité .... 425
- La radio technique dans les gares de triage (L. P.)........563
- Radiophonie pratique (P. Hémardinouer) :
- Résistance de nouvelle forme............................. 38
- Surdité : nouveaux appareils............................. 39
- Poste tous secteurs réduit............................... 40
- Nouveautés radiotechniques................... 278, 326, 518
- Hexode et octode..........................................281
- Détecteurs cuivre-oxyde...................................281
- Poste à réglage automatique visuel........................326
- Pick-up : progrès........................................326
- Alimentation sur autos....................................326
- Appareil de mesure universel..............................327
- Postes tous courants.........................'. . . . 327
- Essais dans les Salons de T. S. F. . . ...................518
- Graphite en T. S. F.......................................520
- Radioplionographe de forme originale......................565
- Outils utiles.............................................565
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Le pétrole au Maroc (V. Forbin).......................... . 1
- Le tunnel des Apennins...................................... 44
- Les « rhétaras » de la région de Marrakech (J. Sers) .... 140
- La défense du mineur contre le grisou (C. Bertiielot). . . . 169
- Force motrice des vagues (P. Devaux).....................260
- Projet de tour de 2000 m (P. Devaux)..................‘ 300
- Emploi des charbons menus en chauffage central (C. Berthelot) 306
- Les climats artificiels (P. Devaux)..........................345
- La chaleur et les ciments (E. Marcotte)......................390
- Thermostat d’appartement à grande sensibilité (C. Berthelot) 426
- Les mines d’or en France (L. Laffitte).............. 440, 493
- Réserves d’énergie hydraulique de l’Afrique tropicale
- (G. Remacle).............................................524
- Paris a le chauffage urbain (P. Devaux). . ..............540
- Le plus grand pont suspendu (J. Boyer)...................553
- Barrage du Boulder Dam.......................................570
- 5. Transports.
- Supériorité des pneumatiques................................ 78
- Inauguration du musée de la voiture à Compïègne............. 96
- La signalisation dans les chemins de fer (G. Lanorvillk) . . 115
- Le tunnel sous la Mersey....................................175
- Le brouillard et les phares d’automobile....................330
- Les locomotives électriques du P.-L.-M. (G. Lanorville), . . 399
- Freinage électrique des automobiles (A. Touvy)..............408
- La lumière jaune et les phares d’automobile (L. Picard) . . 503
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- Automobile pratique (L. Picard) :
- Calamine....................................................133
- Voitures : vente en 1933 .................................. 134
- Carrosserie panoramique.....................................134
- Raccords de peinture........................................134
- Signalisation lumineuse de bord.............................135
- Amortisseur.................................................136
- Vérificateur de bougies.....................................137
- Fuites de radiateurs........................................137
- Capots : protection des coins...............................138
- Nouveautés techniques au Salon............................470
- Correcteur de carburation...................................472
- Auto-tremplin...............................................472
- Volet d’aération............................................472
- Graphite en graissage.......................................472
- Jauge.......................................................473
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Vérification optique du tir contre avions (R. Motard) ... 27
- Construction d’un planeur (J. Face)......................... 84
- Nouvelle ascension stratosphérique.............................185
- Locomotion en parachute en montagne............................277
- L’aêrogyre de Chappedelaine (J. Lacaine).......................293
- Tunnel d’essais aérodynamiques à grande vitesse.............380
- Nouvelles suspensions à roues indépendantes (E. Marcotte) 457
- Vêtement stratosphérique.......................................476
- Vol en avion et géographie (Général Mollandin).................506
- Rel'uge flottant pour vols transatlantiques (Dr A. G.) .... 522
- 7. Guerre et Marine.
- Le gouvernail à pivot en bois (Cl Lefebvre des N dettes) 97
- Bathysphère à 900 m sous la mer............................331
- llors-bord de compétition (J.-A. Ni nés)...................403
- VII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Une main de fer (A. Glory)................................ 9
- Les brevets d’invention en France en 1933................... 44
- Découverte de la véritable horloge du Pape Sylvestre 11
- (A. Glory)............................................... 289
- La maison des Brongniart (Dr F. Régnault)..................510
- Nécrologie :
- Baillaud................................................140
- Ramon y Cajal...........................................475
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (IL Coupin) 216, 339, 419
- VIII. - VARIA
- Pliages de papiers : l’iris (Alber). . . . , Naissance et vie des marionnettes (Alber)
- Prestidigitation (Alber)
- Le kiosque du mystère....................
- La litière magique....................
- Les miroirs platinés..................
- Le singe échappé.........................
- IX. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES I. Inventions et Nouveautés.
- Système planétaire : reproduction........................... 45
- Objectif le plus lumineux...................»............ 45
- Serre-jardinière Primaflora................................. 46
- Semis en lignes à profondeurs variables.................... 92
- Appareil contre le vol des lampes électriques............... 92
- Pare-boue pour chaussures................................... 93
- Pompes-bouées............................................... 93
- Laveuse électrique..........................................142
- Couchette démontable Roleco.................................187
- Appareil de protection contre le vol et l’incendie .... 187
- Wagonnets à chenilles.......................................189
- Tisonnier perfectionné pour foyer...........................189
- Interrupteur automatique Coupatan...........................333
- Support oscillant pour développement photographique . . 333
- Filtre à eau Epuro..........................................334
- Signaux électro-optiques pour dépasser les autos............382
- Securit-Gaz Jefïerit........................................383
- Appareils lilax et Exacta...................................428
- Fer à repasser automatique..................................429
- Anti-monte lait et cuiseur..................................430
- Stérôoscopie................................................475
- Cases de transplantation....................................476
- p H-mètre des sols..........................................478
- Jet d’eau...................................................525
- Microscope de poche « Mic-poc ».............................526
- Pompe centrifuge à vis......................................526
- Régulateur pour radiateur...................................571
- Radiateur soufflant.........................................571
- Réflecto-lampe Niam.........................................571
- Interrupteur automatique de ’f. S. F....................... 573
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Carbure de calcium insecticide agricole.................... 41
- Crésylol sodique : préparation............................. 41
- Eau de Javel : préparation................................. 41
- Polissage du marbre........................................ 41
- Gommes à effacer : entretien.............................. 88
- Plâtre : aspect de l’ivoire................................132
- Saucisson d’Arles : conservation de la fraîcheur...........132
- Gants : pâte à nettoyer....................................132
- Panaris : traitement abortif...............................178
- Vermoulure du bois.........................................178
- Désinfection du sol........................................274
- Étanchéité des cuves en bois...............................274
- Pellicule plane dans le bain de développement..............274
- Procédé Ozol’er............................................328
- Nickelage de l’aluminium...................................328
- Balais de paille : entretien...............................370
- Empoisonnement par les champignons.........................370
- Sel de table : pour empêcher sa prise................370
- Abreuvage à l’eau tiède....................................469
- Restauration des photographies passées.............. . . . 520
- Conservation du caoutchouc.................................566
- Ceinturage des branches....................................566
- Alcool dans l’essence......................................566
- 420
- 180 3. Boîte aux Lettres.
- Mitrailleuse centrifuge 47
- 82 Poisson : consommation à la campagne. . . 47
- 372 Disques pour enregistrements d’amateur . . 47, 431, 479
- 515 Batterie de chauffage pour T. S. F 47
- 562 Enregistrement des sons sur fil aimanté . . . . . 94, 287
- p.585 - vue 601/602
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- Poste récepteur : montage...................... 94, 143, 431
- Tir contre avion.........................................143
- Microphone : liaison........................................143
- Radiodiffusion française : organisation.....................143
- T. S. F. : appareils anglais................................143
- Ondes courtes : transmission................................143
- T. S. F. : livres...........................................144
- Pouzzolanes.................................................190
- Antennes anti-parasites............................ 287, 479
- Poste à batteries perfectionné..............................287
- Acier magnétique à l’aluminium..............................335
- Serpent de mer..............................................431
- Téléphotographie : réception................................431
- Graissage des hauts de cylindres............................431
- Cinéma à déroulement continu................................431
- Caroubier...................................................431
- Obturateur de plaque........................................479
- Transformateur d’antenne.................................. 480
- Prédictions.................................................527
- Hors-bord : ancêtre...................................... 527
- Poste récepteur : choix....................................527
- Ondes courtes : réception.......................... 528, 574
- Tonalité d’un récepteur....................................528
- Potion de Rivière..........................................574
- Thérapeutique par larves de mouches........................574
- Poste récepteur musical....................................574
- Cinéma sonore : ouvrages...................................575
- Poste de T. S. F. : choix..................................575
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux 42, 89, 139, 184, 280, 332, 379, 424, 474, 521, 567
- 5. Documents photographiques.
- Pages d’actualités........................... 96, 576
- Le Gèranl : G. Maîsow. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1934—Published in France.
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